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PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 645


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE 4

Alinéa 4

Remplacer cet alinéa par deux alinéas ainsi rédigés :

II. – La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie finance des crédits exceptionnels visant à
compenser les surcoûts exceptionnels liés au renfort de personnels, à l’achat de matériels et aux
pertes de recettes de participation financière des bénéficiaires de l’allocation personnalisée
d’autonomie et de la prestation de compensation du handicap des services d’aide et
d’accompagnement à domicile relevant des 6° et 7° du I de l’article L. 312- 1 du code de l’action
sociale et des familles, dans la limite de 265 millions d’euros. Ces crédits sont prélevés sur les fonds
propres de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.

Ces crédits sont répartis entre les départements, en fonction des dernières données disponibles
portant sur le volume total d’activité réalisé par les services d’aide et d’accompagnement à domicile
aux titres des allocations prévues aux articles L. 232-1, L. 245-1 et L. 231-1 du même code. Les
départements doivent verser ces crédits aux services d’aide et d’accompagnement à domicile
relevant des 6° et 7° du I de l’article L. 312-1 dudit code selon des modalités fixées par décret.

OBJET

La seule mesure concrète du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour les services
d’aide et d’accompagnement à domicile intervenant auprès de personnes âgées et de personnes en
situation de handicap (SAAD), sont les 80 millions d’euros d’aide de la CNSA au financement par
les départements d’une prime Covid et cela en abrogeant le dispositif prévoyant un fonds de 50
millions d’euros pour 2020 correspondant aux engagements du Gouvernement prévus par la feuille
de route « Grand Age » du 30 mai 2018.

Si l’engagement des SAAD durant la crise Covid, dans des conditions difficiles, a été reconnu par
tous, il n’en demeure pas moins que ces services ont subi des pertes financières importantes,
aggravant une situation économique déjà fortement dégradée. Ainsi, les services ont dû acheter des
Suite amdt n° 645
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équipements de protection individuelle en complément des dotations versées par les ARS qui ne
concernaient que les masques et seulement à partir du mois d’avril jusqu’au 30 septembre. Et si les
services doivent percevoir un maintien de leur financement public au titre de leur perte d’activité
due à la Covid, comme tous les ESMS, ils n’ont obtenu aucune compensation de la perte de recettes
des participations financières des bénéficiaires de l’APA ou de la PCH qui ont vu leurs interventions
réduites. A titre de comparaison, les EHPAD, pourtant de la compétence conjointe des départements
ont bénéficié de telles compensations. Ainsi, dès le mois de juin 2020, le Gouvernement a alloué
une enveloppe de 1,017 milliards d’euros pour les ESMS intervenant ou accueillant des personnes
âgées, financés ou cofinancés par l’assurance maladie (506 millions pour la prime Covid, 231
millions pour compenser les surcoûts exceptionnels des EHPAD et des SSIAD/SPASAD liés au
renfort de personnels, à l’absentéisme pour les structures publiques et à l’achat de matériels, 280
millions pour compenser les pertes de recettes d’hébergement) auxquels les SAAD n’ont pas eu
accès. A ce titre, il est regrettable que, concernant le secteur de l’aide à domicile, le Gouvernement
n’apporte qu’une aide de 10 millions d’euros pour l’année 2020 car sur les 80 millions, 50 millions
sont une réutilisation de fonds déjà prévus par la LFSS 2020 et 20 millions avaient été annoncés par
le Ministre des Solidarités et de la Santé en février 2020 !

En conséquence, au vu des difficultés rencontrées par le secteur des services d’aide et


d’accompagnement à domicile dans un contexte de reprise de l’épidémie de la Covid 19, le présent
amendement vise à débloquer les crédits compensant les pertes que ces services ont subis en 2020
comme cela a été fait pour les autres ESMS, tout en maintenant les fonds prévus par le XI de
l’article 25 de la loi n°2019-1446 de financement de la sécurité sociale pour 2020.

Cette mesure est d’autant plus nécessaire dans le contexte de la création d’une nouvelle branche
« autonomie » qui doit pouvoir garantir la pérennité des SAAD qui mettent en œuvre le souhait des
français de vivre à domicile quel que soit leur handicap ou leur perte d’autonomie due à l’âge.

Le financement étant assuré par les fonds propres de la CNSA existants, pour l’année 2020, dans
son budget précédant la mise en place de la branche « Autonomie », il ne s’agit pas d’une dépense
nouvelle nécessitant une compensation par des recettes spécifiques.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 610


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE 16

Alinéas 37 à 40

Supprimer ces alinéas.

OBJET

Dans le cadre de la mise en place de la nouvelle branche autonomie, l’article 16 du présent projet de
loi restructure le budget de la CNSA. Cette refonte met fin à l’affectation par la loi des recettes de la
CNSA à certaines dépenses et repose sur les préconisations du rapport Vachey qui indique :

Ce principe d’encadrement de l’affectation des recettes aux sections fait obstacle aux possibilités de
réallocations entre sections :

- Plusieurs sections étant alimentées par différentes recettes, le calcul du volume global attendu pour
chaque section est une addition d’hypothèses de rendements et d’hypothèses d’affectations ;

- Cet encadrement ne permet toutefois pas de sanctuariser des financements puisqu’il est fondé sur
des fourchettes larges ou des seuils faibles d’affectation de recettes aux sections, des arrêtés
déterminant les répartitions des recettes entre sections ;

- Le principe d’équivalence entre les ressources allouées au financement de l’APA et de la PCH et


les montants de ces concours rend impossible un prélèvement sur fonds propres pour maintenir leur
niveau en cas de baisse des recettes propres.

Pour autant le 6° de l’article 16 rétablit une limite aux affectations des recettes de la CNSA au
financement de l’APA. Au vu des évolutions démographiques, cette limitation est incompréhensible
et incohérente avec la structure d’ensemble du budget de la caisse et doit être supprimé.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 570


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 16

Après l’article 16

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Le Gouvernement remet, dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi,
un rapport évaluant l’impact sur les finances sociales d’un transfert de charges depuis le forfait
hébergement vers les deux autres forfaits socialisés en vue de diminuer le reste à charge. Ce rapport
évalue en outre les effets directs anticipés de ce transfert en ce qui concerne l’évolution des recettes
et des dépenses de la sécurité sociale.

OBJET

Le financement des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes se fait via trois
sections budgétaires : le panier « hébergement », le panier « dépendance » et le panier « soins ».
Dans le cadre des réflexions qui se font jour concernant la prise en charge du grand âge et de la perte
d’autonomie, il convient de lutter contre les restes à charge astronomiques des résidents d’EHPAD.
Comme l’observe le rapport de mars 2018 des députés Monique Iborra et Caroline Fiat, une telle
évolution nécessite de transférer certains postes aujourd’hui financés par le résident sur la section «
hébergement » vers les sections qui bénéficient de financements publics. Il pourrait s’agir par
exemple des dépenses d’animation et d’une partie des dépenses d’administration générale et
d’amortissement de l’immobilier. Par cet amendement, nous demandons à ce que le gouvernement
envisage un transfert de charges depuis le forfait hébergement vers les deux autres forfaits socialisés
en vue de diminuer le reste à charge des résidents.
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FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 571


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 18

Après l’article 18

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Le VIII de l’article L. 241-13 du code de la sécurité sociale est ainsi rétabli :

« VIII. – La réduction est supprimée lorsque l’employeur n’a pas conclu d’accord ou de plan relatif
à l’égalité professionnelle dans le cadre des obligations définies aux articles L. 2242-1 et L. 2242-3
du code du travail. Cette diminution de 100 % du montant de la réduction est cumulable avec la
pénalité prévue à l’article L. 2242-5-1 du même code. »

OBJET

En France, les femmes gagnent en moyenne 24 % de moins que les hommes en moyenne. On
estimait l’an dernier, qu’à partir du 5 novembre, en raison des inégalités salariales, les femmes
travaillaient bénévolement jusqu’à la fin de l’année. Elles représentent 80 % des travailleurs pauvres
et la course à la précarisation les touche de plein fouet. Malgré les lois successives en matière
d’égalité professionnelle, les écarts en termes de salaire cessent de se réduire. Face à ce constat
inadmissible, les auteurs de cet amendement proposent de supprimer les exonérations de cotisations
sociales patronales aux entreprises ne respectant pas leurs obligations en matière d’égalité salariale.
L’égalité salariale est non seulement nécessaire par principe. Mais elle améliorerait en plus les
conditions de vie de nombreuses personnes et permettrait de renflouer les caisses de la Sécurité
sociale gravement mises à mal par les mesures d’austérité et les mesures d’exonérations des
gouvernements successifs. Parce qu’il faut en finir avec la culture patriarcale, la mesure que nous
proposons, fortement dissuasive pour les entreprises ne respectant pas l’égalité salariale, permettrait
des avancées décisives.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 646


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE 25 A

I. – Alinéa 1

Remplacer les mots :

verse une aide aux départements finançant

par le mot :

finance

II. – Alinéa 2

Rédiger ainsi cet alinéa :

« Ce financement de 200 millions d’euros par an est versé chaque année par la Caisse nationale de
solidarité pour l’autonomie au titre du 1° de l’article L. 14-10-5 du code de l’action sociale et des
familles dans sa rédaction issue de la loi n°….du …. de financement de la sécurité sociale pour
2021. »

III. – Alinéa 3

Remplacer les mots :

Elle est répartie

par les mots :

Il est réparti
Suite amdt n° 646
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IV. – Alinéa 4

Remplacer les mots :

l’aide aux départements qui le financent

par les mots :

ce financement

V. – Alinéa 6

Remplacer les mots :

la limite est ramenée

par les mots :

ce financement est ramené

OBJET

La problématique majeure que rencontrent les services d’aide et d’accompagnement à domicile


depuis plusieurs années et qui a été mise en exergue par l’épidémie de la Covid 19, concerne le
recrutement et le maintien dans l’emploi des salariés d’intervention et, plus largement, le manque
d’attractivité des métiers du domicile. Cette situation obère de plus en plus significativement leur
possibilité d’accompagner les personnes en perte d’autonomie.

Ce constat a été exposé sans ambiguïté par le rapport El Khomri et est partagé par le Gouvernement.
A ce titre, s’il convient de reconnaitre l’importance de l’engagement de l’Etat, à hauteur de 200
millions d’euros par an, il nous apparait nécessaire de signaler certaines réserves :

Le dispositif de l’article 25 A se fonde sur les mêmes principes que celui adopté par le
Gouvernement pour le déploiement du cofinancement de la prime Covid pour les SAAD. Or, ce
dispositif n’est pas adapté aux revalorisations salariales et cela pour les raisons suivantes :

La prime Covid est un dispositif facultatif et il revient à chaque gestionnaire de SAAD de décider de
la verser ainsi que de déterminer son montant. Une revalorisation salariale, fixée par accord collectif
national, s’imposera de manière homogène à tous les SAAD de France relevant de la même
convention collective. A ce titre, il serait injuste de conditionner ces fonds à un engagement que
pourrait décider unilatéralement chaque conseil départemental alors qu’indépendamment de cet
engagement les SAAD devront appliquer la revalorisation. En d’autres termes, il serait inacceptable
qu’il n’y ait ne serait-ce qu’un seul département où il n’y ait pas de financement des accords
collectifs.

Dans le champ des SAAD, les accords collectifs doivent être agréés pour entrer en vigueur et être
opposables aux financeurs. En rédigeant ainsi l’article 25 A, le Gouvernement remet en cause cette
opposabilité en permettant à chaque département de financer ou non des dispositifs de soutien aux
professionnels des SAAD. Ce dispositif n’est donc pas cohérent avec le principe légal (mis en place
par l’article L. 314-6 du code de l’action sociale et des familles) de l’agrément national des accords
collectifs. A ce titre, il serait donc contraire à la loi d’adopter un déploiement équivalent à celui d’un
dispositif facultatif ne reposant pas sur un accord collectif.

L’article 25 A ne met pas en place un montant fixe mais uniquement un plafond de 200 millions. Le
montant final annuel dépendra donc des engagements financiers de chaque département. Cela n’est
donc pas conforme à la rédaction des missions de la CNSA, issue de la présente loi, en ce que la
caisse doit garantir l’équité territoriale.

Cet amendement rationalise donc le dispositif du Gouvernement en rendant son déploiement


uniforme en précisant que la somme de 200 millions d’euros qui y est mentionnée est un montant
fixe réparti entre tous les départements.

De plus, la rédaction actuelle de l’article ne tient pas compte de la nouvelle structure du budget de la
CNSA dans le cadre de la mise en place de la branche « Autonomie ». le présent amendement vient
pallier à cet incohérence.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 572


2021
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AMENDEMENT
C
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G
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ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 25 A

Après l’article 25 A

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Les établissements de santé mentionnés au a de l’article L. 162-22-6 du code de la sécurité sociale


bénéficient, en cas de crise sanitaire majeure ou d’état d’urgence sanitaire, par dérogation aux
articles L. 162-22-6, L. 162-22-8, L. 162-22-13, L. 162-23-15, L. 174-1-1, L. 162-23-8 du même
code, d’une garantie de financement. Le niveau mensuel de cette garantie est déterminé en tenant
compte du niveau de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie concernant les
établissements de santé de l’année en cours et des recettes perçues l’année précédente par
l’établissement, au titre de ses activités, des forfaits annuels et des dotations. Cette garantie est
étendue aux pertes d’exploitation liées aux recettes ne relevant pas de l’assurance maladie et aux
surcoûts liés aux dépenses supplémentaires engagées pour faire face à la crise.

OBJET

La crise sanitaire actuelle a démontré l’impérieuse nécessité de sécuriser les ressources des
établissements publics de santé afin d’éviter les tensions voire les ruptures de trésorerie.
L’inscription de cette crise sanitaire d’une ampleur inédite dans la durée conduit à s’interroger sur la
mise en œuvre d’un dispositif pérenne permettant de mobiliser à tout moment une garantie de
ressources aux établissements ainsi que la couverture des surcoûts engagés.

Ce dispositif doit être plus simple et plus large que le dispositif mis en place dans l’urgence en 2020.
Il doit intégrer toutes les ressources des hôpitaux publics (activité, dotations, forfaits…), et, au-delà
des recettes assurance maladie, doit également couvrir les recettes diverses et les facturations aux
organismes complémentaires. Le dispositif doit également garantir le financement intégral des
surcoûts liés aux dépenses complémentaires engagés par les établissements (investissement, renforts
en personnels, matériel et médicaments…).
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 647


2021
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AMENDEMENT
C
présenté par

G
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_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 25 A

Après l’article 25 A

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Pour 2020, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie finance l’application rétroactive de
l’avenant 44/2020 à la convention collective de la branche de l’aide, de l’accompagnement, des
soins et des services à domicile, dans la limite de 85 millions d’euros. Ce financement est assuré par
des crédits prélevés sur les fonds propres de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.

Ce financement est réparti entre les départements en fonction des dernières données disponibles
portant sur le volume total d’activité réalisé par les services d’aide et d’accompagnement à domicile
aux titres des allocations prévues aux articles L. 232-1, L. 245-1 et L. 231-1 du code de l’action
sociale et des familles.

OBJET

La problématique majeure que rencontrent les services d’aide et d’accompagnement à domicile


depuis plusieurs années et qui a été mise en exergue par l’épidémie de la Covid 19, concerne le
recrutement et le maintien dans l’emploi des salariés d’intervention et, plus largement, le manque
d’attractivité des métiers du domicile. Cette situation obère de plus en plus significativement leur
possibilité d’accompagner les personnes en perte d’autonomie.

Ce constat a été exposé sans ambiguïté par le rapport El Khomri et est partagé par le Gouvernement.
Pour autant, aucune mesure de revalorisation salariale n’est prévue dans la loi de finance alors
qu’1,4 Md d’euros sont débloqués pour revaloriser les rémunérations des professionnels en EHPAD
financés par la nouvelle branche « autonomie ».

A ce titre, les pouvoirs publics exigent que les accords collectifs soient rétroactifs à compter du 1 er
janvier de l’année de leur agrément qui permet leur opposabilité aux financeurs des services à
domicile. Or, l’avenant 44 à la convention collective de la branche de l’aide, de l’accompagnement,
Suite amdt n° 647
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des soins et des services à domicile qui prévoit une hausse de l’indice salarial, doit être agréé en
2020 et sera donc rétroactif au 1er janvier de cette année faisant peser sur les services une obligation
de régularisation des salaires qui, à ce jour, n’est pas financée par les dispositifs de tarification de
droit commun ni par les dispositifs d’urgence de maintien des financements et d’activité partielle.
Ainsi, si aucune mesure n’est adoptée, au vu de la situation financière dégradée des services à la
suite de l’épidémie de la Covid 19, beaucoup d’entre eux ne pourront pas faire face à cette
obligation. C’est pourquoi cet amendement vise à mettre en place un fonds permettant de financer
l’application rétroactive de l’avenant 44. Le cout de cette application rétroactive est estimé à 85
millions d’euros.

Le financement étant assuré par les fonds propres de la CNSA existants pour l’année 2020, dans
son budget précédant la mise en place de la branche « Autonomie », il ne s’agit pas d’une dépense
nouvelle nécessitant une compensation par des recettes spécifiques.

Cet amendement ne remet pas en cause la compétence des départements quant aux services à
domicile comme le prouve le IV de l’article 25 du présent projet de loi qui porte sur les
revalorisations salariales en EHPAD. En effet, cet article permet au forfait soins du budget des
EHPAD, financé par la CNSA, de financer les revalorisations salariales des professionnels
émargeant sur les forfaits dépendance et hébergement alors que ces deux forfaits sont de la seule
compétence des conseils départementaux. Dès lors, cela prouve que la CNSA peut également
assumer le financement des revalorisations salariales des SAAD, cela ayant déjà été fait par la loi
d’adaptation de la société aux vieillissement du 28 décembre 2015.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 573


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

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C
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G
Mme LIENEMANN
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ARTICLE 25

Compléter cet article par un paragraphe ainsi rédigé :

.... – La révision des traitements et pensions des soignants et personnels des établissements publics
médicaux est, dans l’année, revue à la hausse pour permettre un rattrapage du gel du point d’indice.

OBJET

Nos personnels de santé ont cruellement souffert des mesures d’austérité prises sur la santé ces
dernières décennies et notamment du gel du point d’indice depuis 2010. Les postes vacants sont
légions. Actuellement, sur le site de la FHP (fédération hospitalière de France) il y a environ 6700
postes de soignants à pourvoir dans nos hôpitaux. Malgré le Ségur de la Santé, la France demeurera
à la traine par rapport aux autres pays de l’OCDE en matière de rémunération. Le porte-parole du
Syndicat National des Professionnels Infirmiers, Thierry Amouroux, observe que « Les
professionnels infirmiers réclamaient 300 euros pour atteindre le salaire moyen européen, le
Gouvernement ne daigne leur accorder que 183 euros, en 2 temps. Du coup les jeunes quittent
l’hôpital pour aller exercer à l’étranger ou dans le libéral ». Pour rattraper la sous-indexation et les
gels de pension de ces dernières années, nous demandons par cet amendement, une revalorisation
des traitements et pensions des soignants et personnels des établissements publics médicaux.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 575


2021
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ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 25

Après l’article 25

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Dans un délai de trois mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet
un rapport au Parlement évaluant les effets sur la loi de financement de la sécurité sociale d’une
embauche massive de personnel dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées
dépendantes. Ces embauches doivent permettre d’assurer un taux d’encadrement auprès des
résidents d’au moins un personnel pour un résident et 0,6 soignant pour un résident. Elles doivent
également permettre d’anticiper l’augmentation du nombre de personnes âgées dans les années à
venir.
OBJET

Si les personnes âgées résidents dans nos établissements d’hébergement pour personnes âgées
dépendantes pouvaient manifester, il est fort à parier qu’elles seraient nombreuses dans la rue à crier
à l’injustice. Les conditions d’une prise en charge digne de nos aînées sont très loin d’être réunies
tant les budgets qui leur sont destinés sont contraints. Et la situation pourrait s’empirer si un plan
massif à leur destination n’est pas mis en place. En effet, d’après la Drees, à l’horizon 2050, le
nombre de personnes âgées de plus de 85 ans pourrait être multiplié par trois ! Pourtant malgré les
promesses de la Ministre Agnès Buzyn puis désormais du Ministre Olivier Véran, aucun effort n’a
été fait en ce sens depuis le début du quinquennat. Les rapports se succèdent sans que rien ne change
pour les premiers concernés. Et la nouvelle branche de la Sécurité sociale censée prendre en charge
la perte d’autonomie ne fait que récupérer des crédits déjà existants. Par cet amendement, nous
demandons au Gouvernement de remettre un rapport au Parlement évaluant les effets sur la loi de
financement de la Sécurité sociale d’une embauche massive de personnel dans les EHPAD. Ces
embauches doivent permettre de mettre fin à la maltraitance institutionnelle en assurant un taux
d’encadrement auprès des résidents d’au moins un personnel pour un résident et 0,6 soignant pour
un résident. Elles doivent également permettre d’anticiper l’augmentation du nombre de personnes
âgées dans les années à venir. Au total, ce sont plus de 210 000 embauches qui sont nécessaires. Il y
a urgence !
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 574


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ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 25

Après l’article 25

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

La troisième phrase du 1° du I de l’article L. 314-2 du code de l’action sociale et des familles est
complétée par les mots : « et fait l’objet d’une majoration pour les établissements et services
majoritairement habilités à recevoir des bénéficiaires de l’aide sociale ».

OBJET

Cette proposition de disposition législative vise à mettre en place le principe d’une compensation
tenant compte des charges de service public associées à l’habilitation majoritaire à l’aide sociale des
EHPAD.

Les établissements habilités à l’aide sociale effectuent non seulement une mission d’accessibilité
aux plus vulnérables mais également au plus grand nombre et sur l’ensemble des territoires.

La tarification non libéralisée des EHPAD habilités à l’aide sociale constitue la garantie d’un reste à
charge maitrisé pour les personnes âgées et leurs familles, en adéquation avec les principes d’égalité
et d’accessibilité propres au service public mais il en découle des moyens de fonctionnement
nettement plus contraints que dans le secteur à tarification libre.

Les missions de service public, le principe d’accueil inconditionnel doivent être défendus et
valorisés financièrement au risque de voir les déshabilitations se multiplier.

Il est donc proposé d’assoir une majoration de service public pour les EHPAD dont la majorité des
places sont habilités à l’aide sociale, dont les modalités (majoration du forfait, attribution de
financement complémentaires au-delà des financements) seraient déterminées par décret en Conseil
d’État.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 576


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ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 25

Après l’article 25

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Après la deuxième phrase du V de l’article L. 313-12 du code de l’action sociale et des familles, est
insérée une phrase ainsi rédigée : « Au titre de ces prescriptions, l’établissement perçoit un
financement complémentaire dans des conditions fixées par décret. »

OBJET

Les EHPAD sont confrontés à un effet de ciseaux dangereux entre des résidents de plus en plus poly
pathologiques et une véritable démédicalisation dans les EHPAD qui ne disposent souvent pas de
médecins salariés. 20 à 30% des résidents d’EHPAD n’ont pas de médecin traitant en zone urbaine
(comptes non tenus de ceux dont le médecin traitant n’est de fait plus en mesure d‘assurer un suivi
régulier). La possibilité de prescrire, notamment en cas d’absence de médecin traitant, reconnue aux
médecins coordonnateurs par le décret du 5 juillet 2019 constitue un progrès mais doit être
accompagnée d’un financement complémentaire versé à l’établissement.

Il est donc proposé de verser aux EHPAD un « forfait médical minimal » pour rémunérer des
médecins et assurer ainsi un suivi minimum. Ce forfait pourra naturellement couvrir les honoraires
des médecins coordonnateurs pour leur activité de prescription. Les modalités de versement seraient
définies par voie réglementaire et le versement de ce forfait serait réservé aux EHPAD en « tarif
partiel » (près des 2/3 des EHPAD) et permettrait ainsi de financer une à deux vacations médicales
par semaine. Le coût de cette mesure peut être évalué entre 70 et 100 M€ et serait financé par
transfert d’enveloppe (de l’ONDAM soins de ville vers la 5ème branche autonomie). Elle n’aurait
donc pas de coût pour notre système de santé et pourrait même permettre de réaliser des économies
sur les dépenses des établissements de santé en réduisant les hospitalisations des personnes âgées en
EHPAD dont le suivi médical aurait été amélioré.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 577


2021
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AMENDEMENT
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ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 25

Après l’article 25

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

I. – Un complément de traitement indiciaire est instauré pour les fonctionnaires de la fonction


publique hospitalière exerçant leurs fonctions au sein des établissements mentionnées à
l’article L. 6111 3 du code de la santé publique.

II. – Le montant de ce complément de traitement indiciaire est égal à celui fixé pour les
fonctionnaires de la fonction publique hospitalière exerçant leurs fonctions dans les établissements
publics de santé.

III. – Le complément est également versé aux agents contractuels de droit public relevant du décret
n° 91 155 du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels
des établissements mentionnés à l’article 2 de la loi n° 86 33 du 9 janvier 1986 modifiée portant
dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, recrutés dans les établissements
mentionnés aux I et II du présent article. Son montant est équivalent à celui du complément de
traitement indiciaire, après déduction des cotisations salariales et des prélèvements sociaux.

IV. – La perte de recettes résultant pour l’État du I est compensée, à due concurrence, par la création
d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.

OBJET

Le décret n° 2020 1152 du 19 septembre 2020 relatif au versement d’un complément de traitements
indiciaires devait normalement mettre en application les mesures annoncées lors du Ségur de la
Santé. Or, à sa lecture, nous constatons que la liste des établissements pouvant bénéficier d’un
complément de traitement indiciaire exclue les Centres de soins, d’accompagnement et de
prévention en addictologue (CSAPA), les Maisons d’Accueil Spécialisées (MAS), les Services
d’éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD), les Établissement de Services et d’Aide au
Suite amdt n° 577
- 17 -

Travail (ESAT), les Sections Annexes d’Établissements et Services d’Aide par le Travail
(SAESAT) et les Services d’Accompagnement à la Vie Sociale (SAVS). Cette absence est
incompréhensible compte-tenu de l’exposition et de l’engagement dont font preuve les soignants
dans ces différents lieux touchés par l’épidémie. De plus, dans un contexte de perte d’attractivité du
secteur médico-social, cela créé des inégalités au sein d’un même centre hospitalier et au sein d’un
même département pour une même fonction.

Infirmiers, aides-soignants, éducateurs et autres professionnels de ses structures qui sont investis
dans leur mission auprès des polyhandicapés, des personnes autistes et de nombreux autres publics,
sont choquées de n’être pas considérés par ce Gouvernement alors que leurs conditions de travail
sont déjà dégradées, difficiles physiquement et moralement. Cet amendement entend revenir sur
cette mesure discriminante et scandaleuse qui crée une rupture d’égalité. Il accorde le versement
d’un complément des traitements indiciaires à l’ensemble des structures citées ci-dessus.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 592


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
présenté par
C
G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 25

Après l’article 25
Insérer un article additionnel ainsi rédigé :
L’article L. 162-5 du code de la sécurité sociale est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« …° Les modalités de versement d’un complément de rémunération aux salariés relevant de la
convention collective du personnel des cabinets médicaux. »

OBJET

Le Ségur de la santé , qui s’est terminé il y quelques semaines, par un accord salarial pour les
hôpitaux va se traduire par une augmentation légitime et substantielle des salaires de tout le
personnel hospitalier. Ceci concerne l’ensemble des salariés des hôpitaux publics mais également
des établissements de soins privés.
En oubliant les salariés des médecins libéraux, ceci créé une situation d’iniquité et de déséquilibre,
qui concerne tout particulièrement les centres de radiologie, les laboratoires d’anatomie pathologie,
mais aussi tous les cabinets médicaux qui ont des salariés quelle que soit la nature professionnelle
telle que infirmière, infirmière anesthésiste, infirmière de bloc, secrétaire, etc.
Si rien n’est fait pour ces salariés, cela va rapidement créer une inégalité de traitement entre des
personnels qui travaillent souvent côte à côte.
Les tarifs des actes médicaux n’ayant pas évolué depuis plusieurs années, les médecins libéraux
employeurs ne peuvent assumer seuls financièrement ces augmentations de salaire. Il est donc
fondamental qu’un mécanisme d’accompagnement ciblé, négocié dans le cadre conventionnel,
puisse permette de mettre à niveau les salaires de leurs salariés, comme cela se fait pour l’ensemble
du secteur hospitalier.
Au même titre que le dispositif prévu dans l’avenant 7 à la convention médicale, avec la mise en
place d’une aide financière à l’embauche des assistants médicaux dans les cabinets libéraux, une
nouvelle aide pourrait être créée en faveur du personnel des cabinets médicaux. Cela pourrait se
traduire par une évolution du forfait structure qui intégrerait cette aide pour les seuls médecins
employeurs et serait conditionnée à la conclusion d’un accord de branche à la convention collective
du personnel des cabinets médicaux, permettant ainsi d’en assurer le reversement aux salariés.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 1042


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mmes COHEN, APOURCEAU-POLY, LIENEMANN
et les membres du groupe communiste républicain citoyen et écologiste
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 25

Après l’article 25

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Dans un délai de trois mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet
un rapport au Parlement relatif aux nouvelles embauches nécessaires dans l’hôpital public.

OBJET

Selon le Dr Eric Henry, Président de l’association Soins aux Professionnels de Santé, un soignant
sur deux est ou a été concerné par l’épuisement professionnel au cours de sa carrière. Au lieu de
former de nouveaux infirmier.es, de nouveaux médecins selon les besoins de la population pour
pallier la démographie vous poursuivez les fermetures de lits et de services.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 648


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 25

Après l’article 25

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Le premier alinéa de l’article L. 314-6 du code de l’action sociale et des familles est complété par
une phrase ainsi rédigée : « Le financement des conventions ou accords agréés à compter
du 1er octobre 2020 fait l’objet d’une compensation aux autorités compétentes en matière de
tarification par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie au titre du I de l’article L. 14-10-5
du présent code. »

OBJET

La problématique majeure que rencontrent les services d’aide et d’accompagnement à domicile


depuis plusieurs années et qui a été mise en exergue par l’épidémie de la Covid 19, concerne le
recrutement et le maintien dans l’emploi des salariés d’intervention et, plus largement, le manque
d’attractivité des métiers du domicile. Cette situation obère de plus en plus significativement leur
possibilité d’accompagner les personnes en perte d’autonomie.

Ce constat a été exposé sans ambiguïté par le rapport El Khomri et est partagé par le Gouvernement.
Pour autant, aucune mesure de revalorisation salariale n’est prévue dans la loi de finance alors
qu’1,4 Md d’euros sont débloqués pour revaloriser les rémunérations des professionnels en EHPAD
financés par la nouvelle branche « autonomie ».

Cet amendement vient mettre fin à cette carence incompréhensible tant pour les professionnels des
services que pour les français qui plébiscitent la possibilité de vivre à domicile quel que soit leur
handicap ou leur perte d’autonomie dû à l’âge.

Or, la problématique persistante du secteur de l’aide à domicile est que les accords collectifs ne
deviennent opposables aux financeurs qu’après un agrément ministériel ce qui peut créer une
tension sur le budget des départements peu compatible avec les besoins du secteur en terme de
Suite amdt n° 648
- 21 -

revalorisation salariale. A ce titre et dans le cadre de la création de la branche autonomie et de la


refonte du budget de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) par la présente loi,
cet amendement permet la mise en place d’une compensation aux financeurs par la nouvelle branche
du coût des accords collectifs agréés à compter du 1er octobre 2020. Il s’agit de garantir un
financement pérenne des revalorisations salariales sans les laisser à la seule charge des
départements.

Cet amendement ne remet pas en cause la compétence des départements quant aux services à
domicile comme le prouve le IV de l’article 25 du présent projet de loi qui porte sur les
revalorisations salariales en EHPAD. En effet, cet article permet au forfait soins du budget des
EHPAD, financé par la CNSA, de financer les revalorisations salariales des professionnels
émargeant sur les forfaits dépendance et hébergement alors que ces deux forfaits sont de la seule
compétence des conseils départementaux. Dès lors, cela prouve que la CNSA peut également
assumer le financement des revalorisations salariales des SAAD, cela ayant déjà été fait par la loi
d’adaptation de la société aux vieillissement du 28 décembre 2015.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 612


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
présenté par
C
G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE 26

I. – Alinéa 4
Après le mot :
services
insérer les mots :
sociaux et
II. – Alinéa 6
Compléter cet alinéa par les mots et une phrase ainsi rédigée :
et sociale. Les établissements et services mentionnés au I de l’article L. 312-1 du code de l’action
sociale et des familles sont éligibles au fonds pour des projets liés aux systèmes d’information et aux
parcours de santé des publics accueillis selon des conditions fixées par décret.

OBJET

Les 600 millions d’euros du programme ESMS numérique, issus du Ségur de la Santé, doivent
permettent d’accompagner l’ensemble des établissements et services sociaux et médico-sociaux en
matière de systèmes d’information, car tous sont concernés par l’obligation de mise en conformité
avec les normes d’interopérabilité selon l’article 44 de la loi d’organisation et de transformation du
système de santé de 2019, et ce d’ici le 1er janvier 2023.
Le numérique doit également pouvoir être un levier au service des parcours de santé des jeunes de
l’ASE ou des personnes en situation de précarité ou d’addictions accueillies par les établissements
du secteur de la protection de l’enfance, de l’accueil hébergement insertion et des ESMS dits
spécifiques (CSAPA, CAARUD, LHSS, LAM, ACT). Ces parcours de santé doivent pouvoir
également être travaillés dans le cadre du virage numérique en santé, au même titre que ceux des
publics accueillis par les ESMS des secteurs personnes âgées et personnes en situation de handicap,
déjà inclus dans la première phase du programme.
Le présent amendement vise à inclure l’ensemble des établissements et services sociaux et médico-
sociaux dans le périmètre du fonds pour la modernisation et l’investissement en santé, afin qu’ils
soient éligibles aux crédits dédiés au programme ESSMS numérique.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 593


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

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AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE 26

Alinéa 4

Après les mots :

des structures d’exercice coordonné

rédiger ainsi la fin de cet alinéa :

et des établissements et services médico-sociaux » ;

OBJET

Cet article prévoit que le fonds pour la modernisation et l’investissement en santé, qui sera doté de 6
milliards d’euros, dont plus de la moitié sera consacré à l’investissement numérique en santé, soit
réservé, en sus des établissements de santé, services médico-sociaux et groupements de coopération
sanitaire, aux structures d’exercice coordonné de type CPTS, équipes se soins primaires et équipes
de soins spécialisés. Or, limiter l’accompagnement aux structures d’exercice coordonné n’est pas
favorable au développement du DMP.

Ne pas inclure également les cabinets libéraux hors CPTS, équipes de soins primaires, équipes de
soins spécialisés, aura d’une part, pour conséquence de ralentir la modernisation des systèmes
d’informatisation en médecine de ville, et d’autre part, ne permettra pas d’inciter les médecins à
s’investir dans le remplissage du volet médical de synthèse.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 614


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

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AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE 28

I. – Après l’alinéa 2

Insérer un alinéa ainsi rédigé :

...) Le deuxième alinéa du I de l’article L. 160-13 est complété par une phrase ainsi rédigée : « La
participation de l’assuré n’est pas due au-delà d’un montant annuel fixé par décret. » ;

II. – Après l’alinéa 21

Insérer un alinéa ainsi rédigé :

...° Le troisième alinéa de l’article L. 174-4 est complété par une phrase ainsi rédigée : « Le forfait
journalier n’est pas dû au-delà d’un montant annuel fixé par décret. » ;

OBJET

La question des restes à charge hospitaliers a été particulièrement mise en lumière lors de la crise
Covid avec des restes à charge facturés aux patients hospitalisés pouvant s’élever parfois à des
milliers d’euros.

La problématique se pose essentiellement pour les personnes ne bénéficiant pas d’une


complémentaire santé, qui représente environ 3 millions de personnes (soit 5 % de la population) et
parmi elles de nombreuses personnes en situation de précarité (12 % des 20 % de personnes les plus
pauvres sont sans complémentaire santé, y compris sans CSS).

Cette problématique va au-delà de crise Covid sachant qu’une étude sur les restes à charge
hospitaliers (Ticket modérateur + Forfait journalier) réalisée sur la base des données PMSI de l’AP-
HP, effectuée en 2016[1], révélait que le reste à charge moyen par séjour se situait autour de 250€
mais celui des personnes non exonérées de ticket modérateur était de 785€. Par ailleurs une analyse
Suite amdt n° 614
- 25 -

du dernier décile des restes à charge les plus élevés fait état d’un reste à charge moyen pour les
personnes de plus de 70 ans assujetties au ticket modérateur de 2475€ et pour les enfants soignés
pour une bronchiolite ou problèmes digestifs, de 1741€.

Par ailleurs les coefficients de transition nouvellement créés vont retarder la baisse des tarifs des
établissements dont les tarifs sont au-dessus du tarif national, alors que les établissements dont les
tarifs se situent en dessous, vont eux augmenter leurs tarifs dès 2012, engendrant ainsi une hausse
des tickets modérateurs. Nous demandons donc que des dispositions permettant d’exonérer les
personnes hospitalisées du ticket modérateur et du forfait journalier (notamment pour les personnes
en ALD qui bien qu’exonérées du TM dans le cadre de leur ALD peuvent avoir des frais élevés de
forfait journalier liés à des séjours prolongés ou itératifs) au-delà d’un plafond annuel à déterminer.

[1] https://www.hospinnomics.eu/wp-content/uploads/2019/05/Recto_verso_n11-les-RAC.pdf
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 613


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

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AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE 28

Alinéa 4, avant-dernière et dernière phrases

Remplacer ces phrases par une phrase ainsi rédigée :

Cette participation est supprimée dans les cas prévus aux 3°, 4°, et 13° et 18° de l’article L. 160-14
et à l’article L. 371-1 du présent code ainsi qu’à l’article L. 212-1 du code des pensions militaires
d’invalidité et des victimes de guerre, à l’article L. 160-9, aux 11° et 15° de l’article L. 160-14 ainsi
qu’aux articles L. 169-1 et L. 16-10-1 du présent code.

OBJET

La simplification de la tarification des urgences par la création d’un forfait unique remplaçant les
différents tickets modérateurs existants ne peut se traduire par un recul de droit pour les usagers.

Or cette disposition vient créer un reste à charge jusqu’ici inexistant pour les personnes
bénéficiaires du dispositif de l’affection longue durée lorsque leur passage aux urgences est lié à un
soin relevant de leur ALD. Cela revient à nier le principe même du régime de l’ALD, dont les
bénéficiaires sont déjà soumis, en valeur absolue, aux restes à charge les plus élevés du fait de leurs
besoins de santé (franchises médicales, participations forfaitaires, dépassements d’honoraires, frais
non pris en charge etc.).

Cet amendement vise donc le maintien des situations d’exonérations existantes concernant le forfait
unique nouvellement créé.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 578


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

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AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 28

Après l’article 28

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Au plus tard un an après la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un


rapport évaluant les potentiels effets sur les assurés d’un passage à 100% de remboursement par la
sécurité sociale des soins de santé et, par conséquent, sur la suppression des complémentaires santé.

OBJET

Cette crise du COVID nous a montré à quel point il était essentiel d’avoir un système de santé
accessible au plus grand nombre. Accessible au plus grand nombre signifie en partie que chaque
citoyen qui ressent le besoin d’être soigné puisse y aller sans craindre pour ses finances. Par
exemple, est-ce que quelqu’un qui ressent des symptômes proches de ceux du COVID doit se priver
d’aller au médecin parce qu’il n’a pas les moyens ?

En 2019, France Assos Santé, qui regroupe 85 associations de malades a réalisé une enquête dont le
résultat est cinglant : 63% des enquêtés ont avoué avoir renoncé à se soigner notamment à cause
d’un reste à charge trop important. C’est un chiffre alarmant qui est une conséquence de la non prise
en charge à 100% et le difficile accès aux complémentaires, qui marchandent la santé.

La DREES a démontré qu’au début de l’année 2019, c’est près de 3 millions de personnes qui
n’avaient pas accès à une complémentaire. C’est à dire près de 5 % de la population. Dans une autre
étude de 2014, la DREES avait mis en lumière que 16% des chômeurs se déclaraient non couverts.
Ces complémentaires font de la santé un luxe, alors que cela doit être un droit pour toutes et tous.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 579


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

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AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
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ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 28

Après l’article 28

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

L’article L. 162-20-1 du code de la sécurité sociale est complété par un paragraphe ainsi rédigé :

« .... – La prestation d’hébergement en chambre particulière est intégrée dans les tarifs nationaux
journaliers de prestation. »

OBJET

La crise sanitaire a engendré un isolement plus fréquent des patients (contaminés, contaminants, en
attente des résultats de tests, symptomatiques…) en chambre individuelle afin de limiter les risques
de contamination. Les chambres doubles peuvent ainsi être transformées en chambres seules.

Le respect strict de ces protocoles sanitaires implique la réduction de la facturation de prestations


hôtelières et notamment de chambres particulières.

Il est également constaté une tendance lourde, sur le long terme, à privilégier, dans les constructions
ou rénovations lourdes, les chambres particulières, ce qui impacte les surfaces et les coûts de
construction à la hausse.

Les chambres particulières ne peuvent ainsi plus être considérées comme une prestation hôtelière
sur demande particulière du patient mais comme une prestation de soins, complémentaire des soins
médicaux et para-médicaux.

Il est donc proposé de les intégrer dans les tarifs de prestations servant de base à la facturation aux
organismes complémentaires.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 580


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

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AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 29

Après l’article 29

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

À titre expérimental, dans des établissements publics de santé définis par décret et pour une durée
maximale de deux ans, le Gouvernement assure une dotation suffisante aux agences régionales de
santé pour permettre à ces dits-établissements de reconstituer leurs stocks d’équipements de
protection individuelle. Un décret fixe les conditions d’application du présent article notamment
pour les agences régionales de santé concernées par cette expérimentation.

OBJET

L’article 29 permet aux établissements publics d’expérimenter de nouvelles méthodes pour obtenir
de nouveaux financements. Nous en proposons une qui n’a certes rien d’original, mais correspond
aux missions de service public qui sont dévolues à l’État et aux Agence régionales de santé : donner
suffisamment de fonds pour permettre aux établissements publics de reconstituer leurs stocks
d’équipements de protection individuelle, au lieu d’imaginer que les établissements soient placés
sous surveillance mais "rendus autonomes" pour aller jouer leur budget sur les marchés financiers.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 581


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

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AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
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ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 30

Après l’article 30

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Le Gouvernement remet au Parlement, dans un délai de six mois à compter de la publication de la


présente loi, un rapport sur l’extension du dispositif « engagement maternité » à l’ensemble du
territoire, son financement par une dotation populationnelle et sur le renouvellement des indicateurs
de périnatalité nécessaires.

OBJET

L’engagement maternité avait été annoncé par l’ancienne ministre des solidarités et de la santé pour
organiser des schémas de prise en charge pour les parturientes qui résident à plus de 45 minutes
d’une maternité.

Mais il doit devenir une réalité dans chaque territoire peu importe la distance avec la maternité. Il
doit définir dans chaque territoire les schémas d’accès aux soins, de prévention, les prises en charge
pré et post-partum, la permanence des soins périnataux et les mécanismes de prise en charge des
urgences. Il doit permettre de définir des parcours lisibles pour les femmes et leur garantir la liberté
de choix.

Si la logique est la même dans tous les territoires, les enjeux et les outils nécessaires pour y répondre
sont différents. Ainsi, pour des territoires à longue distance des maternités, des outils spécifiques
doivent être développés.

D’autre part, pour réduire les inéquités de l’offre de soins et répondre aux besoins spécifiques des
populations dans chaque territoire, de nouvelles modalités de financement doivent être envisagées.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 582


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

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AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE 31

Alinéa 2
1° Après le mot :
médicalisé
insérer les mots :
sans reste à charge supplémentaire
2° Après le mot :
patients
insérer les mots :
, et leurs accompagnants éventuels,

OBJET

Cet amendement constitue une mesure de repli et d’encadrement du dispositif prévu à l’article 31
dont nous ne voulons pas. Deux mesures sont indispensables pour encadrer les dérives de cette
disposition.
D’une part, il est nécessaire de prévoir d’emblée un dispositif d’hébergement sans reste à charge
supplémentaire pour les patients en référence au montant qui serait resté à leur charge s’il y avait eu
hospitalisation.
Par ailleurs, certains patients, notamment en situation de handicap, nécessitent d’être accompagnés
par un aidant lors de leur hospitalisation. L’accès aux hôtels hospitaliers doit donc leur être ouvert.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR


2021
N° 615
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020
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AMENDEMENT
présenté par C
G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE 33 TER

Alinéa 3
1° Première phrase
Remplacer les mots :
l’ouverture des centres de santé ou l’accroissement d’activité par le recrutement d’un nouveau
professionnel de santé salarié
par les mots :
l’installation des centres de santé
2° Seconde phrase
Compléter cette phrase par les mots :
et en fonction de l’accessibilité socio-économique de l’offre de soins sur les territoires

OBJET

Si l’objectif de mettre en place des mesures de régulation de l’offre de soins, existants déjà pour
certaines professions libérales est compréhensible, une partie des dispositions de l’article 33 ter
semble aller en contradiction avec l’ambition du président de la République de « faire de l’exercice
isolé l’exception » et de développer les structures d’exercice coordonné comme il l’a évoqué au
lancement de « Ma Santé 2022 » en 2018.
L’objectif du développement des structures d’exercice coordonné (centres de santé, maison de santé
et Communautés professionnelles territoriales de santé) a été réaffirmé par la loi Santé de 2019, et le
développement de centres de santé par les conclusions du Ségur de la Santé.
Aussi le présent amendement a pour objet de ne pas freiner le développement de centres de santé, le
déploiement de l’ensemble de leurs missions, qui vont au-delà de la question du zonage, et le
regroupement de professionnels de santé. Il vise également à prendre en compte, dans les mesures
de régulation, la dimension de l’accès socio-économique aux soins car les centres de santé
pratiquent le tiers payant et le secteur 1, contrairement à certaines offres libérales sur certains
territoires.
Par ailleurs, en pleine seconde vague épidémique, alors que les structures d’exercice coordonné sont
pleinement mobilisées pour l’accompagnement et la prise en charge des patients Covid et non
Covid, et impliquées pour le déploiement des stratégies de tests – notamment les tests antigéniques,
et demain dans la stratégie vaccinale contre le Covid, ces mesures de régulation paraissent
précipitées.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 584


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DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

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présenté par

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Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 36

Après l’article 36
Insérer un article additionnel ainsi rédigé :
Dans un délai de trois mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet
au Parlement un rapport sur la suppression des jours de carence des soignantes et des soignants,
fonctionnaires ou de droit privé.

OBJET

Le 26 mars 2020, en pleine crise sanitaire, le gouvernement a fait passer un amendement instituant
le fait que : « Dans le cadre de la gestion de l’épidémie et afin d’assurer une égalité de traitement de
l’ensemble des assurés (mis en isolement, contraints de garder leurs enfants ou malades) du point de
vue de l’application d’un délai de carence pour le bénéfice de l’indemnisation des arrêts de travail, il
est proposé de supprimer, pendant la période d’état d’urgence sanitaire, l’application de cette
carence dans l’ensemble des régimes (régime général, agricole, régimes spéciaux dont fonction
publique) ». Cela n’est pas suffisant.
Alors qu’aujourd’hui la crise sanitaire que nous traversons nous a mené à une crise économique et
sociale d’ampleur, il est absolument nécessaire que le jour de carence des soignants de droit privé
soit définitivement aboli. Ils et elles ont été les premiers de corvée lors de la crise sanitaire, sur le
front jours et nuits afin d’affronter le virus et de soigner l’ensemble de nos concitoyens. Déjà sous-
payés pour un nombre d’heure incalculables, dans des conditions de travail médiocres, les soignants
souvent touchés par le virus ou tout simplement à bout de force ne doivent plus subir des coupes
dans leur salaire lorsqu’ils/elles décident de poser un arrêt de travail pour maladie. Ces suppressions
de salaire lors de congés maladie amènent beaucoup d’entre eux à ne pas s’arrêter alors que leur état
de santé l’exige. Cela peut avoir de graves conséquences pour eux comme pour l’ensemble des
personnes avec lesquelles ils/elles sont en contact.
Cet amendement vise donc à demander la suppression du jour de carence pour les soignantes et les
soignants de droit privé de façon définitive et non pas uniquement lorsque le pays est en état
d’urgence sanitaire.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 583


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
présenté par
C
G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 36

Après l’article 36
Insérer un article additionnel ainsi rédigé :
Dans un délai de trois mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet
au Parlement un rapport sur la suppression des jours de carence pour l’ensemble des assurés.

OBJET

L’épidémie nous rappelle avec vigueur le caractère néfaste des jours de carence, en ce que ce
mécanisme retient les personnes d’accéder aux soins, et de se déclarer comme malades : c’est un
vecteur important de l’épidémie. Dans une période de crise sanitaire mettant dans une situation
d’incertitude et d’inquiétude la plupart de nos concitoyens, la problématique des jours de carence se
pose de façon évidente.
En effet, en mars dernier le Gouvernement a décidé de supprimer les jours de carences via l’article
suivant : « Les prestations en espèces d’assurance maladie d’un régime obligatoire de sécurité
sociale et le maintien du traitement ou de la rémunération des périodes de congé pour raison de
santé pour les assurés mentionnés à l’article L. 711 1 et au 1° de l’article L. 713 1 du code de la
sécurité sociale dans des cas équivalents à ceux prévus à l’article L. 321 1 du même code sont
versées ou garanties dès le premier jour d’arrêt ou de congé pour tous les arrêts de travail ou congés
débutant à compter de la date de publication de la présente loi et jusqu’à la fin de l’état d’urgence
sanitaire ».
Cette mesure était juste en la période mais reste insuffisante. Les jours de carence dans l’ensemble
des corps de métiers, qu’ils soient publics ou privés, a pour conséquence de mettre les françaises et
les français en situation de précarité financière alors même que la situation sanitaire est elle-même
précaire. De nombreux syndicats, dont la CFDT a récemment appelé à la suppression : « La CFDT
réaffirme donc sa revendication d’une suppression définitive des jours de carence du public et privé,
qui nuisent à la santé publique, pénalisent les malades ou personnes fragiles sans rien régler de la
question des absences au travail. »
En effet, une telle mesure protégerait également la santé des clients et usagers, enjeu dont nul ne
peut ignorer l’importance pour la vie économique, sociale et culturelle du pays. Cet amendement
vise donc la suppression définitive des jours de carence dans l’ensemble des secteurs, privés comme
publics.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR


2021
N° 585
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020
DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
présenté par C
G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 37

Après l’article 37
Insérer un article additionnel ainsi rédigé :
Les opérations ayant pour conséquence la réduction du nombre de lits ou de places dans les
établissements de santé autorisés à pratiquer l’obstétrique ne sont valides que sur avis conforme du
conseil de surveillance de l’établissement.

OBJET

Des 814 établissements français dédiés à la naissance il y a un peu plus de vingt ans, seuls 470 sont
encore en activité, dont plusieurs menacés. Si des raisons de sécurité sont régulièrement avancées
par les autorités, la désertification obstétrique est elle-même source de risques. Selon une étude de la
Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publiée fin janvier,
167 000 Françaises vivent désormais dans un désert obstétrique.
Ces femmes « résident dans une commune sous-dense en sages-femmes ». Et si l’on prend le critère
de localisation, à savoir habiter « à quarante-cinq minutes ou plus de la maternité la plus proche »,
l’Hexagone présente environ 13 000 communes. Ce qui correspond à « près de 8,3 millions de
personnes, dont 1,6 million de femmes âgées de 15 à 49 ans, dites en âge de procréer ». De janvier
1997 à mars 2019, la France a perdu 338 maternités sur 835, selon une étude réalisée par le
géographe de la santé Emmanuel Vigneron. Ces fermetures concernent principalement des
maternités de type 1, déjà peu dotées en services face à la complexité des grossesses. Le
gouvernement avance que ces fermetures font face à de mauvaises installations dans les maternités
concernées. Soit. Dans ce cas, il faut investir pour remettre aux normes les centres de soins et
préserver une santé de proximité. Lorsqu’une maison se dégrade, on la répare, on l’entretient. On ne
la détruit pas.
Ce qui vaut pour la maison qui accueillera les nouveaux nés vaut aussi pour ce qui sera leur lieu de
naissance. En ce sens, alors qu’il faudra ré-ouvrir des maternités afin de re-créer une santé de
proximité de qualité, nous demandons déjà qu’aucune maternité ne ferme cette année ! Cet
amendement réclame que la fermeture de lits en obstétrique se fasse seulement sur avis conforme du
conseil de surveillance de l’établissement, c’est-à-dire avec son accord.
Rappelons que le conseil de surveillance réunit des élus locaux, des personnalités qualifiées
(comprenant des représentants des usagers) et des représentants du personnel médical et non
médical. L’une de ses missions principales est de donner son avis sur la politique d’amélioration
continue de la qualité, de la sécurité des soins et de la gestion des risques, les conditions d’accueil et
de prise en charge des usagers, le règlement intérieur ainsi que sur les acquisitions-cessions-
affectations-beaux relatifs à des biens et contrats de partenariats…
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 649


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 37

Après l’article 37

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Les opérations ayant pour conséquence la fermeture de sites, la réduction du nombre de lits ou de
places dans les établissements de santé ainsi ne sont valides que sur avis conforme du conseil de
surveillance de l’établissement.

OBJET

Entre 2000 et 2020, le nombre de lits d’hospitalisation en France, est passé de 7,97 pour 1000
habitants à 5,91 soit une baisse de 25,8%. Actuellement le taux de couverture est 1,35 fois supérieur
en Allemagne (source OCDE. Le nombre total de lits comprend les lits affectés aux soins curatifs,
aux soins de réhabilitation, aux soins de longue durée et autres types de soins).

Le plan santé 2022 agrée 243 hôpitaux de proximité répartis dans l’hexagone et les DOM-TOM. Si
ce nombre total a augmenté de 2 par rapport à 2017 cela ne signifie pas qu’il y a une création d’un
hôpital de proximité. Il s’agit en effet de la suppression de certains services assurés jusqu’alors
(maternité, chirurgie, urgences) qui font que l’hôpital est devenu un hôpital de proximité.

En 2017, est entrée en application la nouvelle politique de GHT (groupement hospitalier de


territoire). Cette politique consiste, comme son nom l’indique, à regrouper dans 135 GHT les
services chirurgie, maternité et urgences qu’assuraient jusqu’alors tous les hôpitaux. Ces services se
sont donc éloignés des populations et ont allongé les files d’attente pour se soigner.

Récemment alors que les besoins en hospitalisation ont cru dramatiquement à cause de l’épidémie
de Covid-19, le nombre de lits d’hôpitaux a encore diminué cette année à Besançon, à Paris, à Lyon,
à Clermont-Ferrand, à Rouvray- entre autres ! Ce mouvement doit s’inverser !

Les raisons invoquées pour la fermeture de lits, de place ou d’établissement relèvent de deux ordres.
Suite amdt n° 649
- 37 -

Il s’agit soit de raisons budgétaires et financières soit de raisons de sécurité (vétusté des bâtiments,
obsolescence des matériels). Dans les deux cas, les causes profondes sont liées aux choix politiques
de l’Etat soit en matière de tarification à l’activité (T2A), soit en sous-investissement chronique
pour améliorer les conditions d’accueil des patients, soit en la recherche de supposées économies
d’échelle. Dans aucun de ces points, les soignants, les soignés, les élus locaux ne sont ni consultés ni
ne prennent part à la décision finale.

Or Les conseils de surveillance qui ont remplacé les conseil d’administration sont composés de trois
collèges où siègent des représentants des collectivités territoriales, des représentants des personnels
de l’établissement et des personnalités qualifiées, dont des représentants d’usagers et leurs
présidents sont élus parmi les représentants des collectivités territoriales et les personnalités
qualifiées.

Conditionner la validité des choix de fermeture de lits, de places ou de sites à un avis conforme des
conseils de surveillance des établissements permettra une prise en compte plus grande par l’Etat des
aspirations et besoins des populations locales et des personnels.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 616


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 37

Après l’article 37

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

I. – Le code de la sécurité sociale est ainsi modifié :

1° Au dernier alinéa de l’article L. 821-1, les mots : « est marié ou vit maritalement ou est lié par un
pacte civil de solidarité et » sont supprimés ;

2° Après le mot : « intéressé », la fin du premier alinéa de l’article L. 821-3 est supprimée.

II. – La perte de recettes résultant pour les organismes de sécurité sociale du présent article est
compensée, à due concurrence, par la création d’une taxe additionnelle aux droits prévus aux
articles 575 et 575 A du code général des impôts.

OBJET

L’allocation aux adultes handicapés (AAH) est une aide financière qui permet d’assurer un
minimum de ressources aux personnes en situation de handicap afin qu’il et elle puisse gagner en
autonomie. Cette aide est attribuée sous réserve de respecter des critères d’incapacité, d’âge, de
résidence et de ressources. Or, dans le calcul des ressources, celles du ou de la partenaire (concubin-
e, pacsé-e, marié-e) sont prises en compte. Ainsi, si les ressources du ou de la partenaire de la
personne en situation de handicap atteignent 2 275 € nets par mois, elle ne peut bénéficier de
l’AAH.

Ce mode de calcul des conditions de ressources renforce la dépendance financière du conjoint ou de


la conjointe allocataire. Or, cette dépendance a été maintes fois dénoncée par les associations et les
personnes concernées. Elle va, en effet, à l’encontre de tout objectif d’autonomie des personnes et
contribue à une précarisation. Et ce, d’autant plus que le montant de l’AAH (902,70 €) est sous le
seuil de pauvreté.
Suite amdt n° 616
- 39 -

Le I. de cet amendement vise à supprimer la majoration du plafond de cumul de l’AAH avec la


rémunération garantie lorsque le bénéficiaire « est marié ou vit maritalement ou est lié par un pacte
civil de solidarité ».

Le II. de cet amendement vise à supprimer la prise en compte des revenus du conjoint dans le calcul
de l’allocation aux adultes handicapés tant au niveau du cumul des ressources avec l’AAH que du
plafond de ressources.

Cette nouvelle modalité de calcul des conditions de ressources cherche à permettre aux personnes en
situation de handicap de gagner en autonomie et indépendance.

Le III. de cet amendement vise à compenser les pertes de recettes pour les organisations de sécurité
sociale qu’induiraient ces nouvelles dispositions.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 617


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 37

Après l’article 37
Insérer un article additionnel ainsi rédigé :
Toute personne destinataire d’un commandement de payer peut, à sa demande, être examinée par un
médecin désigné par le directeur général de l’agence régionale de santé. En cas de prolongation de
la procédure d’expulsion, elle peut demander à être examinée une seconde fois. Le médecin se
prononce sur les impacts sanitaires de l’expulsion sur le ménage. Sauf en cas de circonstance
insurmontable, les diligences incombant aux huissiers de justice en application du présent alinéa
doivent intervenir au plus tard dans un délai de trois jours à compter du moment où la personne a
formulé la demande. Sauf décision contraire de la personne recevant le commandement de payer,
l’examen médical doit être pratiqué afin de déterminer l’accompagnement médico psychosocial en
vue de prévenir l’expulsion locative.
En l’absence de demande de la personne recevant le commandement de payer, un examen médical
est de droit si un membre de sa famille le demande. Le médecin est désigné par le procureur de la
République ou l’officier de police judiciaire.
Le médecin examine sans délai la personne recevant un commandement de payer. Le certificat
médical est versé au dossier transmis à la commission de coordination des actions de prévention des
expulsions locatives.

OBJET

La stratégie interministérielle de prévention des expulsions locatives prévoit une articulation entre
les problématiques de logement et de santé.
Chaque année, plus de 125000 procédures d’expulsions locatives sont prononcées dont 15000 sont
organisées avec le concours de la force publique. Parmi les ménages expulsés, certains membres
sont atteints d’une pathologie et viennent remplir les listes des demandes d’admission en
hébergement pour les personnes malades. La procédure d’expulsion locative ainsi que ses
mécanismes de prévention, ne prennent pas en compte la pathologie psychique ou chronique, qui
peut d’ailleurs constituer un facteur déclenchant l’expulsion locative pour des loyers impayés ou des
troubles de jouissance.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 586


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 38

Après l’article 38

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Le 1° du III de l’article L. 160-13 du code de la sécurité sociale est complété par les mots : « et des
médicaments génériques ».

OBJET

Des incitations financières des médecins (pour la prescription dans le répertoire du médicament
générique) et des pharmaciens (pour la substitution des médicaments princeps par le générique) ont
été mises en place pour dynamiser le déploiement du médicament générique dans notre pays.

Les patients, quant à eux, subissent une politique punitive prévoyant l’exclusion du tiers-payant en
cas de refus du générique et, depuis le 1er janvier 2020, le remboursement des médicaments princeps
sur la base du médicament générique le plus cher, provoquant un reste à charge. Cette proposition
milite pour un supplément de justice en faveur des usagers qui sont actuellement les seuls à être
soumis à des mesures de rétorsions. La suppression de la franchise sur les médicaments génériques
proposée ici complète les dispositifs incitatifs qui ne concernent à ce jour que les prescripteurs et les
pharmaciens.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 587


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 42

Après l’article 42

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Le Gouvernement remet, dans les six mois à compter de la promulgation de la présente loi, un
rapport chiffrant le coût du remboursement intégral des traitements hormonaux. Ce rapport évalue
en outre les effets directs anticipés de ce dispositif en ce qui concerne l’évolution des recettes et des
dépenses de la sécurité sociale.

OBJET

L’amélioration des techniques et produits médicaux assure un meilleur accès aux soins mais
représente un coût de plus en plus important. L’accès aux soins ne peut être réservé à ceux dont les
moyens le permettent. La Sécurité sociale, basée sur le principe selon lequel « chacun cotise selon
ses moyens et reçoit selon ses besoins » doit permettre cet accès à tous.

L’ensemble des situations qui nécessitent un traitement hormonal (hyperthyroïdie, parcours de


changement de sexe, etc.) doit donc être pris en charge par la sécurité sociale.

Les auteurs de cet amendement demandent au Gouvernement d’en étudier les effets sur les finances
de la Sécurité sociale.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 588


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 46

Après l’article 46
Insérer un article additionnel ainsi rédigé :
Dans un délai de six mois à compter de la publication de la présente loi, le Gouvernement remet au
Parlement un rapport relatif à la prise en charge par le fonds d’indemnisation pour les enfants sujets
à des pathologies liées à l’utilisation de pesticides en créant un lien de présomption entre
l’utilisation des pesticides dans la région et la forte prévalence de cancers pédiatriques locaux ou de
déformations congénitales telles que les analgésies transverses des membres supérieurs. Ce rapport
évalue les conséquences d’un tel dispositif sur le budget de la Sécurité sociale.

OBJET

Depuis 2011, plusieurs enfants sont nés avec des malformations congénitales dans le département de
l’Ain. Au moins huit cas d’agénésie transverse des membres supérieurs (ATMS) – c’est-à-dire
lorsqu’un bras ou une main ne se sont pas développés avant la naissance du bébé – ont été signalés
dans une zone relativement limitée.

Plusieurs autres zones dans le Morbihan, et le Pays de Loire, ont été identifiées. Les autorités
sanitaires ont tardé à reconnaître le phénomène, laissant les parents seuls face à un problème qu’ils
croyaient isolés et dont aucune cause ne leur a été donné. C’est l’association gérant le registre des
malformations de la région Rhône-Alpes (REMERA) qui a été à l’initiative pour alerter le grand
public et les autorités nationales sur la récurrence du phénomène. Or, la piste des pesticides est la
plus crédible selon les chercheurs de l’Inserm et de l’Anses. Par ailleurs, les travaux réalisés dans le
cadre de l’expertise collective Inserm « Pesticides et santé » (2013) ont souligné la problématique
des cancers chez l’enfant en relation avec l’exposition aux pesticides.

Au vu des périls environnementaux qui pèsent sur la santé publique, et qui sont une des causes
possibles de la multiplication des cas de malformations congénitales et de cancers pédiatriques, cet
amendement demande l’indemnisation des enfants qui en sont victimes.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 589


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 46

Après l’article 46

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Dans un délai de trois mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet
un rapport au Parlement évaluant les effets attendus sur la loi de financement de la sécurité sociale
d’une interdiction d’exposer les salariés à une température excédant 33 degrés Celsius sur leurs
postes de travail sauf dérogation.

OBJET

Cet amendement vise à évaluer l’impact sur la Sécurité sociale d’une interdiction faite à l’employeur
de soumettre un salarié à une température constatée supérieure à 33 ° C sauf dérogation. Il permettra
de diminuer le nombre d’accidents du travail et de maladies professionnelles résultant d’une trop
forte exposition des salariés à la chaleur. Des économies sur la branche AT/MP de la Sécurité
sociale sont à attendre d’une telle mesure.

Météo France observe que la fréquence et l’intensité des événements caniculaires ont augmenté au
cours des trente dernières années et vont continuer d’augmenter dans les décennies à venir.

L’INRS (Institut national de recherche et de sécurité), un organisme de référence dans les domaines
de la santé au travail et de la prévention des risques professionnels, montre que certains travailleurs
sont particulièrement exposés à des contraintes thermiques fortes : les jardiniers, les salariés du
BTP, les ouvriers agricoles, les employés d’entretien et de maintenance des bâtiments…

Pour remédier aux effets de la chaleur, l’INRS recommande vivement aux employeurs d’aménager
le temps de travail pour qu’il ait lieu « durant les heures les moins chaudes ».

Les effets de la chaleur sur la santé des travailleurs peuvent se manifester par des symptômes
perturbant l’activité professionnelle tels que la fatigue, des sueurs abondantes, des nausées, des
Suite amdt n° 589
- 45 -

maux de tête, des vertiges, des crampes ; mais aussi des troubles plus importants et parfois mortels
comme la déshydratation et le coup de chaleur qui peuvent survenir selon la pénibilité de la tâche et
la durée de l’exposition.

L’INRS juge qu’au-delà du seuil de 33 ° C, ces risques sont avérés. En outre, l’exposition prolongée
à de fortes chaleurs accroît les accidents de travail. En effet, des températures élevées provoquent
une baisse de vigilance, allongent les temps de réaction et une forte transpiration peut gêner la vue et
la préhension. Les travailleurs en extérieur qui manipulent des outils lourds et techniques sont
particulièrement exposés à ces risques.

Le code du travail ne prévoit pas de température maximale au-delà de laquelle le travail doit cesser.
L’article L. 4121 1 du code du travail exige des employeurs une organisation et des moyens adaptés
à la sécurité et la santé des salariés. L’article L. 4131 1 du code du travail précise que l’employeur
ne peut demander aux salariés qui ont fait usage du droit de retrait de reprendre leur activité dans
une situation de travail où persiste un danger grave et imminent.

Toutefois ce droit de retrait est non seulement méconnu des travailleurs mais il est en plus peu
utilisé par ces derniers du fait qu’ils se trouvent bien souvent dans une situation de rapport de force
défavorable vis-à-vis de leur employeur. Ils éprouvent notamment des difficultés à légitimer
l’exercice de leur droit de retrait car les contours de la loi sont trop abstraits et peuvent être source
de litiges et de contentieux quant à leur application.

À ce jour, rien n’oblige légalement les employeurs à mettre en place des aménagements d’horaires
pour éviter de travailler lors des heures les plus chaudes de la journée ou encore à limiter les
cadences de travail avec des plages de repos plus fréquentes.

L’instruction interministérielle du 22 mai 2018 relative au Plan national canicule 2018 se contente
de conseiller les employeurs par le biais des médecins du travail quant aux précautions à prendre à
l’égard des salariés et à inciter l’inspection du travail à plus de vigilance.

Cet amendement entend donc évaluer l’impact sur la Sécurité sociale d’une interdiction faite à
l’employeur de soumettre un salarié à une température constatée supérieure à 33 ° C, sauf
dérogation. Vraisemblablement, cet impact sera positif pour la branche AT/MP qui devrait voir ses
dépenses diminuées, ou à défaut, celle de la branche maladie.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR


2021
N° 590
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020
DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
présenté par C
G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 46

Après l’article 46
Insérer un article additionnel ainsi rédigé :
Dans un délai de trois mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet
au Parlement un rapport concernant la reconstitution des stocks de médicaments qui connaissent une
situation de tension. Cette reconstitution peut passer par la relocalisation et une production publique
de médicaments, de principes actifs, de réactifs, et diagnostics. Le rapport peut aussi évoquer la
mise en place d’une garantie pour approvisionner une réserve stratégique des médicaments
essentiels.

OBJET

La crise sanitaire générée par le COVID 19 révèle les fragilités de notre système de santé et nous
enseigne la nécessité de repenser rapidement la structure de la production des produits médicaux. La
France a été au bord de la rupture de médicaments. Curare, morphine, propofol, midalozam, sont
autant de produits essentiels pour permettre la réanimation des personnes atteintes du COVID 19.
Les demandes ont bondi pour certains d’entre eux de 2 000 %. Concernant les anesthésiques et les
hypnotiques, les demandes étaient dix fois plus importantes. Et les laboratoires privés français
étaient incapables de répondre à cette demande. Cette situation risque de se reproduire avec la
deuxième vague qui menace.
Cette situation est la conséquence d’une gestion privée du médicament qui développe des stratégies
de développement décorrélées de l’intérêt général, et qui met en danger de mort les Françaises et les
Français.
Les stocks de médicaments n’ont pas été suffisants. La soumission à un système de santé hors de
contrôle n’est plus acceptable à l’heure des grands défis que nous devrons relever tous ensemble.
La France est une des premières puissances mondiales, riche, dotée des meilleurs chercheurs,
spécialistes, personnels soignants. A ce titre, il est indispensable de recentrer la production de biens
essentiels à la survie des Françaises et des Français. Il est donc le moment de fonder, pour permettre
la sortie de crise, un pôle public du médicament qui nous permette d’assurer notre indépendance,
notre souveraineté, et la qualité de notre système de soin sans tenir compte des profits qu’ils
génèrent.
La démonstration de cette inadéquation des laboratoires à remplir leur mission nous conduit à
demander ce rapport : il est nécessaire que soit repensée la gestion des médicaments en France, et
que leur production puisse être relocalisée, le tout en maintenant une politique de prix soutenables
pur l’Assurance maladie.
PROJET DE LOI

FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR N° 591


2021
DIRECTION (n°s 101, 107, 106) 6 NOVEMBRE 2020

DE LA SÉANCE

AMENDEMENT
C
présenté par

G
Mme LIENEMANN
_________________

ARTICLE ADDITIONNEL APRÈS L’ARTICLE 51

Après l’article 51

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Dans un délai de trois mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet
un rapport au Parlement évaluant les effets sur la loi de financement de la sécurité sociale et sur le
revenu des résidents en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes d’une
dotation de dix milliards d’euros à destination des établissements publics hospitaliers pour
personnes âgées dépendantes.

OBJET

Les EHPAD privés lucratifs représentent 25 % du secteur en France, une part en croissance
constante. La privatisation rampante des EHPAD fait peser une charge très lourde à nos aînés et à
leurs familles. Le coût mensuel moyen payé par le résident dans un EHPAD privé lucratif est
d’environ 2620 euros par mois, soit 820 euros par mois de plus que dans les EHPAD publics.
Pourtant les EHPAD privés lucratifs sont ceux qui comptent le moins de personnel. On compte 49
soignants pour 100 résidents en moyenne contre 64 dans les EHPAD publics (rapport d’information
de Mmes Iborra et Fiat). A bout, victimes de troubles musculo-squelettiques, les soignants
travaillent dans des conditions de stress inimaginables. Et lorsqu’ils osent en parler ouvertement
dans les médias, ils subissent des représailles, comme ce fut le cas de l’aide-soignante de 29 ans qui
a témoigné dans Envoyé spécial des conditions de vie et de travail au groupe Korian.

Cet amendement propose d’évaluer l’impact sur le budget de la sécurité sociale d’une augmentation
de la dotation à nos EHPAD publics de 10 milliards comme le proposait le rapport parlementaire
Fiat-Iborra. Il en va de la dignité de nos aînés, des conditions de vie du personnel et de la justice
sociale.

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