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Notes de cours des Finances publiques I

Filière : sciences économiques et gestion


Semestre 4, groupes : D, E et F
Professeur : Anas BENJELLOUN
Éléments bibliographiques

 Agnés Bénassy-Quéré, Benoiit coeuré, Pierre Jacquet et Jean Pisani- Ferry : «


politique économique », de Boeck, 2011.

 Nathalie Choumette et Frédéric Choumette : « les politiques économiques »,


ellipses, 2008.

 Olivia Montel –Dumont : « la politique économique et ses instruments », la


documentation française, 2010.

 Joseph Deiss et Philippe Gugler : « politique économique et sociale », de Boeck,


2012.

 Carine Bouthevillain, Gilles Dufrénot, Philippe Frouté et Laurent Paul : « Les


politiques budgétaires dans la crise », de Boeck, 2013.

 Michel Lascombe et Xavier Vandendriessche, « Finances publiques », édition


Dalloz, 2009.

 Florence Huart, « Economie des finances publiques », édition Dunod, 2012.

 Joël Mekhantar , « Finances publiques : le budget de l’Etat », 3iéme édition,


Hachette, 2001.

 Ministère de l’économie et des finances « projet de loi de finances pour l’année


2016 ».

Remarque

 Ces notes de cours ne peuvent en aucun cas remplacer les séances qui vous ont
été dispensé ce semestre.
Introduction
Les finances publiques (FP) désignent la science qui s’attache à l’étude des règles qui
régissent la détermination des charges et des ressources publiques et les moyens pour les
satisfaire.

A- Les FP classiques:

 Nées dans le cadre de l’ État libéral, c’est à dire intervenant le moins possible dans la
vie économique « État gendarme », les finances classiques sont simplement destinées
à financer les activités essentielles de l’État (diplomatie, justice, défense et police).
L’État se contente alors d’assumer ces fonctions régaliennes, c’est-à-dire, à l’origine,
attachées à l’autorité royale :

 La diplomatie (prévention) et l’armée (en cas de conflit) pour veiller à la sécurité


extérieure ;

 La police, qui assure la sécurité publique intérieure ;

 La justice qui tranche les différends et interprète le droit ;

 L’émission de la monnaie, notamment par le biais d’une banque centrale.

Remarque : ces fonctions non économiques ont des répercussions sur l’activité : par exemple,
les dépenses militaires qui représentaient une part importante du budget des États avaient un
effet d’entrainement sur les industries qui y étaient liées (armement, textile, construction,
alimentation….).
 Il n ya pas de raison de diminuer les dépenses des services étatiques en fonction des
résultats de la conjoncture. Il n’est que dans les périodes critiques comme les guerres
qu’elles augmentent sensiblement.
 Les FP ne doivent se porter au secours de secteurs en difficulté.

 L’emprunt est très peu utilisé. Pour les classiques, il est une facilité provisoire et
risque de gêner les entreprises privées en détournant du circuit productif des capitaux
qui peuvent ensuite lui faire défaut.

 selon l’orthodoxie classique, le budget de l’État doit être équilibré : Les dépenses
doivent être égales aux ressources définitivement acquises, c’est-à-dire aux impôts
effectivement perçus.

 Les dépenses ne doivent pas être supérieures aux recettes.

 Les recettes ne doivent pas être supérieures aux dépenses car seules les dépenses à
effectuer pour les missions que l’État a obligation d’accomplir sont nécessaires.

 Il s’agit en fait de ne ponctionner que les fonds qui sont indispensables. L’excédent
conduirait à des prélèvements de liquidités qui ne seraient donc plus disponibles pour
l’économie.

 La théorie des classiques ne peut plus être soutenue actuellement, l’État étant devenu
interventionniste.

B- Les finances publiques modernes

 La première guerre mondiale touche pour la première fois, non seulement les
militaires mais tous les civils.

 L’État sera progressivement conduit à pallier les carences du secteur privé


(ravitailleur, transporteur ou assureur). Cette guerre a consacrée l’État comme un
acteur de premier plan, garant de l’intérêt général.

 On se préoccupe, avant toute décision financière, de son incidence économique et


sociale. Par exemple l’État peut, même s’il n a pas besoin d’argent, prélever des
impôts pour lutter contre l’inflation. Des dépenses d’investissement, type « grands
travaux », peuvent être mise en œuvre pour lutter contre le chômage et déclencher une
reprise des affaires. Enfin par la masse de ses commandes l’État joue un rôle
économique déterminant.
 si le total des rentrées n’est pas suffisant on utilise l’un des autres moyens de
financement (emprunt) ou l’on établit un budget en déséquilibre.
 Le rôle économique de l’État est par ailleurs réduit du fait des privatisations
d’entreprises publiques. (Ne dispose plus de leviers d’intervention).

 Ce sont les défaillances et l’imperfection du marché qui légitiment l’action de la


puissance publique dans l’économie.

 L’État a jouté une fonction supplémentaire à son arsenal : la stabilisation économique.


Les objectifs sont bien entendu de soutenir la croissance économique, tout en limitant
le chômage, l’inflation et les déséquilibre extérieurs. C’est ce qu’on appelle le carré
magique de Nicolas Kaldor.

 Nicholas Kaldor (1908-1986), économiste britannique, a schématisé les objectifs de la


politique économique sous la forme d’un carré magique, représentant les principaux
objectifs de la politique économique.

 La croissance économique évaluée par le taux de croissance du PIB. La politique


économique cherche à stimuler la croissance.

 L’emploi, mesuré par le taux de chômage. la politique économique cherche à réduire,


directement ou indirectement, le taux de chômage.

 L’inflation, mesurée par le taux d’inflation. La politique économique cherche à


garantir le pouvoir d’achat des agents économiques en garantissant une stabilité des
prix, donc en maitrisant l’inflation.

 L’équilibre de la balance commerciale, mesuré par le solde de la balance commerciale.


La politique économique cherche à favoriser les exportations d’une économie.

À son tour, Richard Musgrave (1989), distingue usuellement trois fonctions


essentielles de la politique économique :

 l’allocation des ressources c’est-à-dire leur affectation entre les différents usages
possibles : investissements, éducation, protection de l’environnement, etc.

 La stabilisation macroéconomique face à des chocs exogènes qui éloignent l’économie


de l’équilibre, c’est-à-dire la réduction des écarts par rapport à cet équilibre est le rôle
que les économistes keynésiens attribuent usuellement aux politiques monétaires et
budgétaires.

 la redistribution entre agents ou entre régions c’est-à-dire la modification de la


réparation des revenus : c’est ce que vise la politique des transferts sociaux par
exemple.

 La politique structurelle vise à agir, sur le long terme, sur les structures économiques
du pays, sur le fonctionnement des différents marchés.

 Cette définition laisse apparaitre le caractère extrêmement large des politiques


structurelles et les difficultés d’une approche exhaustive : politique agricole, politique
industrielle, de la recherche, politiques sociales, politique de l’emploi, politique
commerciale, politique environnementale ou de développement durable.

 Exemple : suppression d’un monopole étatique sur l’énergie, ouverture du marché du


gaz et de l’électricité à la concurrence.

 La politique conjoncturelle : vise à orienter, sur le court terme, l’activité économique


dans différents domaines. Elle est fondée essentiellement sur des instruments de
natures financières.

II- Les lois de finances et le budget de l’État

 Le budget décrit, pour une année, l’ensemble des recettes et des dépenses budgétaires
de l’État. Ainsi la LF (loi de finance) autorise ce que le budget se borne à décrire. La
LF constitue donc un acte d’autorisation : le gouvernement est autorisé à percevoir les
recettes publiques et à mettre en œuvre les dépenses publiques.

 Pour simplifier on peut énumérer les lois de finances suivantes :

1- La LF de l’année,

2- La LF dite rectificatives (LFR) : (données nouvelles rendent caduques certaines


dispositions, changement politique induit par modification du gouvernement, opérer un
changement de la politique budgétaire comme c’était le cas après la crise financière)
3-La loi de règlement : elle arrête le résultat financier de chaque année civile et approuve
définitivement les différences entre les résultats d’exécution tels qu’ils apparaissent et les
prévisions telles qu’elles étaient contenues dans la LF de l’année et rectifiée par les LFR. Les
dépassements constatés doivent résulter de circonstances de force majeure et être dument
justifiés.

 Quatre principes ont été arrêtés pour asseoir (assister) le régime parlementaire.

A- Le principe de l’unité : « toutes les recettes et toutes les dépenses doivent être retracées
sur un compte unique, intitulé budget général ». Le budget d’une personne morale de
droit public doit être constitué d’un document unique.

 Ce principe est assorti d’exception, puisque des opérations de certains services de


l’Etat ne sont pas retracées dans le budget général mais dans des budgets annexes ou
des comptes spéciaux.

B- Le principe de l’annualité : Cette règle suppose que le budget est voté chaque année.

 L’exercice budgétaire peut coïncider avec l’année civile (Maroc, France, Belgique…)
ou correspondre à une autre période comme du 1 juillet au 30 juin par exemple pour
la GBR, Canada, le Danemark, …

 L’exécution du budget (perception des recettes et paiement des dépenses) doit se


dérouler au cours de l’année pour laquelle le budget a été voté. Ce principe vise à
assurer un contrôle régulier des finances de l’ État par le parlement.

 Cependant il est assorti d’exception parce qu’une application stricte nuirait à la


souplesse nécessaire aux activités de l’État et à une gestion pluriannuelle des finances
publiques. Le budget doit tenir compte donc des programmes prévus sur plusieurs
années.

- les reports de crédits :

 Les autorisations de dépenses expirent en principe à la fin de l’année budgétaire, ce


qui implique l’annulation des crédits qui n’ont pas été utilisé au 31 décembre.
 Cependant, une application stricte de cette règle risque d’inciter les responsables de
services à consommer en fin d’année tous leurs crédits non encore utilisés, de crainte
qu’ils ne soient annulés ou que les crédits autorisés l’année suivante ne soient réduits.

 Pour éviter cela des reports de crédits sont autorisés (un crédit non utilisé en fin
d’année peut être ajouté au budget de l’année suivante) mais dans certaines limites (3
% ou 5% par exemple).

- La continuité des opérations budgétaires :

 Le principe de l’annualité ne permet pas une approche budgétaire pluriannuelle de la


dépense. C’est pourquoi la loi de finance déroge parfois à cette règle.

- la comptabilisation des opérations budgétaires :

 Deux types de comptabilisation des recettes et des dépenses sont concevables :

 Dans la comptabilité de l’exercice (ou logique des droits constatés), les recettes et les
dépenses sont imputées à la loi de finances qui les a autorisées et non à celle de
l’année au cours de laquelle elles ont été exécutées.

 Dans la comptabilité de gestion (ou logique de caisse), les recettes et les dépenses
sont au contraire, enregistrées au titre de l‘année au cours de laquelle elles sont été
exécutées, quelque soit la loi de finances qui les a autorisées.

C- le principe d’universalité : le principe d’universalité impose que les montants des recettes
et des dépenses doivent apparaître dans le détail et que les recettes ne sont pas affectées à des
dépenses précises. Ce principe comporte deux règles d’application : la règle de non
contraction des recettes et des dépenses (dite aussi règle du produit brut ou de la non-
compensation) et la règle de non affectation des recettes.

1- la règle de non contraction des recettes et des dépenses : dite aussi du produit
brut ou de la non compensation impose d’inscrire le montant exact et total des
encaissements (en recettes) et des décaissements (en dépenses), y compris les
sommes dépensées pour encaisser les recettes.
 Il est donc interdit de ne faire figurer dans le document budgétaire que des soldes de
compensation.
 Cette règle a pour but de donner une information claire et complète des opérations
budgétaires et d’éviter que certaines dépenses ne soient dissimulées.
 En pratique cette règle n’est pas parfaitement respectée, puisqu’elle ne s’applique pas à un
certains comptes spéciaux.

2- La règle de non affectation des ressources : Impose que c’est l’ensemble des dépenses
qui va assurer le financement de l’ensemble des dépenses.

 Lorsque le citoyen verse de l’argent à l’État, sous quelle forme que ce soit, il ne doit
pas pouvoir connaitre à quoi la somme en question servira précisément.

 Dans le cadre du budget de l’État, la non affectation se traduit au niveau comptable


par la règle de l’unité de caisse : toutes les recettes quelle que soit leur origine, sont
confondus dans la caisse des comptables publics. Exception (les comptes
d’affectations spéciales, ou les fonds de concours)

D- le principe de spécialité : les dépenses sont destinées à une fin spécifique et ne peuvent être
utilisés à d’autres fins.

 Tout crédit ouvert dans la loi de finances doit être explicitement affecté à une dépense
précise, à savoir un programme (ou une dotation).

 Le principe de spécialité vise à donner une information précise au Parlement pour


qu’il puisse contrôler le budget.

Remarque : on pourra ajouter un cinquième principe susceptible d’être introduit par la


LOLF. Il s’agit du principe de sincérité qui englobe les principes de lisibilité et de
transparence, c’est un objectif qui consiste à préparer des budgets accessibles et
compréhensible pour chaque élu (voir chaque citoyen) sans que celui-ci soit spécialiste en
finances publiques.

 La procédure budgétaire :

Le budget est préparé et exécuté par le gouvernement. Il est approuvé par le


parlement et d’autres institutions. La procédure est soumise à certaines règles et suit
un calendrier précis. Elle concerne :
 La préparation

 Le vote

 L’exécution

 Le contrôle du budget

a- La préparation du Budget : le projet de loi de finances est préparé dés le début de


l’année précédant son exécution, et ce en plusieurs étapes.

 Au début de l’année t, le gouvernement doit préparer le projet de loi de finance ( PLF)


de l’année t+1 en faisant une évaluation des recettes et des dépenses de l’année t+1
avant même que ne soit complètement connue l’exécution du budget de l’année t-1 ( la
loi de règlement du budget t-1 est votée au cours de l’année t) ni a fortiori celle du
budget de l’année en cours.

 Repose sur les grandes orientations gouvernementales et les prévisions du contexte


économique national et international.

 C’est le ministère chargé du budget qui se trouve au centre de la procédure


d’élaboration de la LF même si elle se déroule sous l’autorité du premier ministre.

 L’élaboration du PLF par le gouvernement suppose une succession d’étapes dans


lesquelles le parlement est associé par le jeu du débat d’orientation budgétaire (DOB).

 Le DOB vise à associer le parlement à la préparation du budget en lui permettant de


s’exprimer sur :

 Les évolutions économiques constatées.

 les grandes orientations de la politique économique.

 L’évaluation des charges et des recettes de l’État.

 La liste des programmes et des missions et des indicateurs de performances associés à


chacun de ces programmes.

 Le projet de budget est presque une version légèrement retouché du projet en cours.

 Les prévisions de recettes par exemple sont faites d’une manière empirique.
 La prévision des dépenses courantes en générale et celle de fonctionnement en
particulier ne pose aucun problème.

 pour les dépenses d’investissement et en l’absence d’un véritable plan de


développement à moyen et long terme, les prévisions sont faites projet par projet,
selon les priorités du moment et les possibilités budgétaires.

b- Le vote du budget : sous l’autorité de premier ministre, le ministre chargé des


finances prépare les projets de loi de finances.
 La lettre de cadrage invite les ministres à élaborer leurs prévisions budgétaires pour
l’année suivante toute en fixant le montant total à budgétiser.

 Les projets de budget sont souvent le résultat d’un compromis entre les crédits
demandés et les dotations proposées par le ministère des finances.

 Le parlement doit être saisi 60 jours avant la fin de l’année budgétaire en cours.

 Discours du ministre des finances devant le parlement+conjoncture économique et


sociale et les orientations que l’État entend poursuivre.

 les ministres + leurs proches collaborateurs, viennent expliquer, justifier et défendre


leur budget devant la commission des finances qui consigne ses observations et ses
recommandations dans un rapport qu’elle remet aux parlementaires.

 Si avant le 31 décembre la loi n’est pas votée la constitution autorise le premier


ministre à ouvrir, par décret, les crédits nécessaires au fonctionnement des services
publics et ce, dans la limite des propositions soumises au parlement.

 les propositions et amendements formulés par le parlement ne sont pas recevables


lorsque leur adoption aurait pour conséquence, par rapport à la loi de finance, soit une
diminution des recettes publiques, soit la création ou l’aggravation d’une charge
publique » .le droit d’amendement du parlement est limité par cet art 51 de la
constitution.

c- l’exécution du budget : l’exécution du budget consiste à réaliser les opérations de


recettes et de dépenses, à les percevoir ou à les payer.
 Les opérations d’exécution sont effectuées selon le principe de la séparation des
ordonnateurs et des comptables.

 Les premiers (ministres, responsables de programmes,..) prescrivent l’exécution des


recettes et des dépenses. Les seconds ont la responsabilité des opérations
d’encaissement et de paiement.

 L’existence de deux catégories d’agents permet un contrôle de l’un sur l’autre et


interdit l’action de l’un sans l’autre. Cette dichotomie se justifie d’une part par la
volonté d’éviter les malversations et fraudes, et d’autre part par le souci de séparer des
taches par natures différentes.

a- Les ordonnateurs : ce sont des administrateurs qui prescrivent l’exécution des dépenses
et des recettes et établissent les titres qui, juridiquement, permettront au comptable de
procéder aux opérations. Il existe une classification des ordonnateurs qui distingue :

1-les ordonnateurs principaux : c à d les autorités auxquelles les documents budgétaires


accordent les crédits et les autorisations de recettes (pour le budget de l’Etat, il s’agit de
différents ministres).

2-les ordonnateurs délégués : (membres des cabinets ministériels ou haut fonctionnaires par
exemple).

3-les ordonnateurs secondaires : auxquels les ordonnateurs principaux peuvent déléguer


une partie de leurs attributions (par exemple, recteur, intendants, etc.).

4-les suppléants : ils remplacent les ordonnateurs principaux ou secondaires en cas


d’absences ou d’empêchement, ils sont investis d’une simple délégation de signature.

b- Les comptables publics : ce sont les fonctionnaires ou agents ayant qualité pour
exécuter, au nom de l’État, d’une collectivité ou d’un établissement public, des
opérations de recettes (encaissement) et de dépenses (paiement) et opèrent un
contrôle sur les ordres émanant des ordonnateurs. Il existe une classification des
comptables qui distingue :

1- Les comptables directs du trésor : sont des comptables de droit commun, ils
exécutent toutes opérations de recettes et de dépenses de trésorerie du budget général
et des comptes spéciaux. ces comptables publics relèvent de la direction générale des
finances publiques.

2- les comptables de l’administration financière : sont spécialisés dans la perception


de certaines impositions : receveurs de services fiscaux (TVA, contributions
indirectes, droits d’enregistrement, de timbres…) ou des services de douanes.

3- Les comptables spécialisés : sont chargés de maniement des fonds d’un service
déterminé (surtout les comptables des budgets annexes et des établissements publics
nationaux)

Les procédures :

A- Les procédures de dépenses:

Avant d’être payées les dépenses sont engagées, liquidées et le cas échéant ordonnancées.

L’exécution des dépenses s’effectue en quatre temps, dont les trois premiers incombent à
l’ordonnateur.

 La phase administrative : constituée de trois étapes distinctes : l’engagement, la


liquidation et l’ordonnancement. Cette phase administrative est confiée à
l’ordonnateur.

1- L’engagement est l’acte par lequel un organisme public crée ou constate à son encontre une
obligation de laquelle résultera une charge.

 acte unilatéral (nomination d’un agent, organisation d’une réception, réalisation d’une
expropriation) ou d’un contrat (passation de marché de travaux, de fournitures, etc.)
c’est dans ce cas l’acte juridique qui constitue en même temps le fais générateur de la
dette de la collectivité publique.

2-La liquidité : vérifie la réalité de la dette et détermine le montant précis de la dépense.

 Il s’agit donc dans un premier temps de vérifier l’existence et la validité des droits
dont un créancier se prétend titulaire à l’encontre d’une collectivité publique.
 L’ordonnateur doit s’assurer que la demande a bien rempli les obligations
contractuelles, la dette n’est pas, en tout ou partie éteinte, soit en raison de paiements
antérieurs, soit par application de la prescription.

3-L’ordonnancement ou le mandatement : c’est l’ordre de payer, adressé par l’ordonnateur


au comptable.

 Il doit respecter les règles de spécialité des crédits et donc imputer la dépense au bon
chapitre,

 il doit par ailleurs ne pas dépasser le montant des crédits ouverts et disponibles.

4- La phase comptable : effectuée par le comptable et constituée du paiement c’est à dire


l’acte par lequel l’organisme public se libère de sa dette. Cette phase est mise en œuvre par le
comptable qui doit préalablement effectuer un contrôle du bon déroulement de la phase
administrative.

 En plus d’être caissier, le comptable a alors le rôle de payeur.

 L’importance et la complexité des contrôles rendent pourtant cette phase longue et les
créanciers des personnes publiques s’en trouvent pénalisés.

B- Les procédures de recettes


 La perception des recettes repose sur le même principe de division de responsabilité
entre ordonnateurs et comptables.
 Les recettes publiques ont pour origines des créances qui résultent de l’application de
la loi.
 Les ordonnateurs ne créent pas les recettes publiques, ils se bornent à les constater et à
les liquider.

 L’opération d’assiette consiste à déterminer la matière imposable qui doit être imputée
à chaque contribuable.

 La liquidation consiste à chiffrer exactement le montant de la recette par application


du taux de l’impôt à la matière imposable.
 Le contrôle du budget :

Trois grandes institutions participent aux opérations de contrôle :

1) Le contrôle administratif : exercé dans chaque ministère par un contrôleur


budgétaire et comptable ministériel, dont le rôle principal est de s’assurer du
respect des autorisations de crédits et de la régularité des opérations de recettes et
de dépenses.

De sa part l’inspection générale des finances (IGF) contrôle les comptables et les
responsables de programmes.

2) Le contrôle juridictionnel : la cour des comptes examine les comptabilités des


comptables et rend des arrêts sur les comptes qu’elle a vérifié.

Dans son rapport annuel au chef de gouvernement, elle formule des observations sur
l’exécution des lois de finances en signalant les irrégularités. Elle a une mission de
certification de la régularité, de la sincérité et de la fidélité des comptes de l’Etat. Cette
certification est annexée au projet de loi de règlement.

3) Le contrôle parlementaire : il s’exerce à l’occasion de l’adoption du budget (vote


de la loi de finance), pendant son exécution et après (vote de la loi de règlement)
Les recettes du budget général de l’Etat (BGE) :

 L’essentiel des ressources sont des recettes fiscales constituées d’impôts – directs et
indirects-

La première partie du BGE retrace les prévisions de recettes qui comprennent


conformément à l’article 11 de la loi organique :

 Les ressources fiscales (les impôts directs et indirects),

 Les revenus du domaine,

 Les produits de monopoles,

 Exploitation et participations financière de l’Etat,

 Les recettes d’emprunt,

 Les remboursements de prêts,

 Les rémunérations des services rendus,

 Le produit des cessions de biens meubles ou immeubles et les produits divers.

Remarque : Dans ce qui suit, on exposera les recettes fiscales, quant aux autres
recettes (voir le chapitre des données chiffrées, page 24)

Les impôts directs :

Les impôts sont des contributions obligatoires, sans contrepartie directe ni but déterminé.

Les impôts directs sont prélevés directement auprès du contribuable sur son revenu ou sur
son patrimoine. On pense bien sur à l’impôt sur le revenu, l’IS, les cotisations sociales et la
taxe professionnelle.

Ils sont réglés à une date fixe par les contribuables désignés (personnes assujettis à l’impôt),
dont l’identité est connue de l’administration fiscale. Il s’agit des impôts réguliers et
permanents car ils sont assis sur des matières imposables relativement permanentes.
 Pour le cas des cotisations sociales, elles sont sans contrepartie directe au sens ou les
prestations sociales reçues par les contribuables ne sont pas nécessairement
proportionnelles à leur paiement.

 L’IS est assis sur les bénéfices réalisés pendant l’exercice fiscal par toutes les
entreprises de quelque nature qu’elles soient y compris les entreprises publiques. (il
remplace la TCA et l’IBP).

 IR : porte sur les revenus de toutes sortes tels que les salaires, les revenus
professionnels, les produits de l’exploitation agricole, les loyers, les produits de
valeurs mobilières. Il est soumis à la déclaration sauf pour les salaires qui font l’objet
d’une déduction à la source. Il obéit à un taux progressif par tranche, après les
exonérations et les déductions légales.

 La taxe professionnelle (ancienne patente) : est due par toute personne physique ou
morale marocaine ou étrangère qui exerce au Maroc à titre habituel une activité
professionnelle non salariée au premier janvier de l'année d'imposition.

 Les impôts indirects :

Ils sont supportés par les personnes qui les paient dans les prix des biens et des services :
exemple (la TVA et la TIPP). Les impôts indirects sont occasionnels car ils portent sur des
matières imposables indéterminées et non permanentes. Les taxes et les redevances sont
perçues à l’occasion de la fourniture d’un service. Elles ont une contrepartie directe ( cette
contrepartie est proportionnelle au service rendu pour les redevances et non proportionnelle
pour les taxes )

 Les droits de douanes,

 Les droits d’enregistrement et de timbre,

 Les taxes intérieures de consommation (produits énergétiques et taxe sur le tabac).

Remarque: la taxe urbaine (ancienne taxe d’édilité incluse), la taxe sur les spectacles, les
droits d’abattage, de stationnement, de marché, de fourrière, etc. (ne sont pas inclus )
Les dépenses du budget général de l’Etat :

 A la fin du 19iéme siécle Adolphe Wagner avait dégagé une loi de croissance continue
des dépenses publiques. l’élasticité des dépenses publiques par rapport au revenu
national est supérieure à l’unité. Si l’on a G, la dépense publique, ∆ G, la variation de
cette dépense publique, Y, le revenu national et ∆ Y, la variation de ce même revenu,
l’élasticité est donnée de la maniéré suivante : ∆ G/G / ∆ Y/Y ˃ 1

 La mesure budgétaire ne portait que sur les mesures nouvelles à savoir les sommes
demandées afin de mettre en place de nouveaux services ou pour financer de nouveaux
investissements.

 La LOLF impose non plus un budget de moyens mais de résultat.

 Les crédits sont désormais votés par missions et spécialisées par programmes et
dotations.

 Les missions donnent la couleur et les orientations du prochain budget.

 Les programmes, leur contenu est beaucoup plus resserré puisqu’il s’agit de regrouper
au sein d’une mission les crédits nécessaires pour permettre l’exécution concrète d’une
politique.

 Chaque programme est obligatoirement attaché à un ministère.

 Les enveloppes ainsi attribuées sont ensuite affectées concrètement grâce à la mise en
œuvre des budgets opérationnels de programme.

 Les crédits sont présentés par titres indiquant la destination des crédits même s’il ne
permet pas de comprendre en détail les futures politiques publiques menées.

Les dépenses de l’État sont :

1- Les dépenses de fonctionnement et comprennent :

 les dépenses de personnels,

 les dépenses de matériels,

 les charges communes de fonctionnement (caisse de compensation et de subventions


de produits de base, la caisse marocaine des retraites, la mutuelles générale)
 les dépenses imprévues.

2- les dépenses d’investissements:

Ventilées par ministère et par projet ou programme et couvrent toutes les dépenses relatives
aux études, aux constructions et aux équipements.

3- Le service de la dette publique (amortissable et flottante) : la dette flottante est


essentiellement d’origine monétaire interne, émise pour couvrir les besoins de la
trésorerie. Elle est constituée principalement par les avances consentis par l’institut
d’émission et par les bons du trésor. Quant à la dette amortissable elle concerne les
emprunts contractés à des fins financières pour le long terme.

 La charge de la dette constitue un élément très lourd du budget, c’est pourquoi, on


utilise parfois un solde qualifié de primaire (on parle alors de déficit primaire lorsque
ce solde est négatif) pour désigner le solde d’un budget hors remboursement des
intérêts de la dette.
 Comme pour le déficit public, la dette publique est souvent présentée en pourcentage
du PIB, ce que l’on appelle le ratio d’endettement.

Les comptes spéciaux de trésor

Destinés à la prise en charge de certaines opérations particulières ou provisoires.

Le nombre de catégorie de comptes spéciaux de trésor sont six :

 1- les comptes d’affectations spéciales (affectation de certaines recettes à certaines


dépenses déterminés).

 retrace le financement provisionnel de certaines dépenses.

 son solde est toujours créditeur car la réalisation des recettes est préalable aux
dépenses.

Exemple :

- Le fonds pour le développement rural,


- Le fonds pour la promotion de l’emploi des jeunes, le fond spécial pour l’extension et
la rénovation des juridictions,
- La part des collectivités dans le produit de la TVA….etc.

 2-Les comptes d’adhésion aux organismes financiers internationaux qui retracent les
opérations réalisées avec les institutions financières internationales telles que le FMI,
la BAD, etc.

 3-Les comptes d’opération monétaires: décrivent certains mouvements de fonds


d’origine monétaire qui ne sont pas le résultat d’opérations commerciales (comme
pour la compensation des fluctuations de change).

 4-Les comptes de prêt décrivent les prêts consentis par l’Etat dans l’intérêt général
essentiellement au profit des établissements publics (ONE, ONDA, ONEP…).

 5-Les comptes d’avances : qui sont en fait, des prêts à court terme consentis pour les
collectivités locales et certains offices ou entreprises nationales.

 6-Les comptes de dépenses sur dotations: qui sont financées par des ressources
prédéterminées : comme le fond spécial de développement régional, fonds national
forestier, fonds de développement des collectivités locales et leurs groupements, etc.

Les services de l’Etat gérés de manière autonome (SEGMA) :

Ces budgets sont réservés à des services publics dont le législateur a voulu individualiser la
gestion pour leur assurer une souplesse de fonctionnement. Presque tous les départements
ministériels ont leur SEGMA, à titre d’exemple:

 Royal golf dar essalam (chef du gouvernement).

 Service autonome de publicité (ministère de la communication).

 Les cités universitaires érigées chacune en SEGMA (enseignement supérieur).

 Complexes sportifs.

 L’ENA, l’INSEA et autres instituts de formation.


Données chiffrées extraites du « projet de loi de finances pour l’année 2015 ».

 Le PLF pour l’année 2015 intervient dans un contexte économique marqué par une
fragilité de la croissance au niveau international. Au niveau national, il est constaté
une amélioration des indicateurs macroéconomiques et le rétablissement progressif des
équilibres budgétaires. En effet, le déficit budgétaire est passé de 7% du PIB en
2012 à 5,2% en 2013. Il devrait se situer à 4,9% en 2014 et à 4,3% en 2015.

 Le PLF pour l’année 2015 se fixe comme objectif de ramener le déficit budgétaire à
4,3% du PIB, visant ensuite à réduire progressivement le déficit budgétaire pour
atteindre 3,5% du PIB à l’horizon 2017.

La structure du budget de l’État

 Le montant total des charges s’établit à 383 118 179 000 dirhams en 2015

 contre 367 201 285 000 dirhams en 2014, soit une augmentation de 4,33 %. dont :

 316 902 949 000 dirhams pour le budget général ; (83%).

 3 002 422 000 dirhams pour les services de l'Etat gérés de manière autonome(SEGMA) ;
(1%).

 63 212 808 000 dirhams pour les comptes spéciaux du Trésor (16%).

 Le montant total des ressources s'établit à 347 723 471 000 dirhams en 2015 contre
335 177 260 000 dirhams en 2014, soit une augmentation de 3,74 %. Elles se

 répartissent comme suit :

 268 101 625 000 dirhams pour le budget général (77%);

 3 002 422 000 dirhams pour les services de l' État gérés de manière autonome
(SEGMA) (1%) ;

 76 619 424 000 dirhams pour les comptes spéciaux du Trésor. (22%)
A- Les dépenses

Les dépenses du budget général sont ainsi réparties :

Dépenses de fonctionnement ………………………………..194 762 186 000 DH

Dépenses d’investissement…………………………………….54 091 026 000 DH

Dépenses de la dette amortissable et de la dette flottante ….…68 049 737 000 DH

 Total…………………………… ……………………….316 902 949 000 DH

Les dépenses de fonctionnement

 Le montant des crédits ouverts au titre des dépenses de fonctionnement s'établit à 194
762 186 000 dirhams contre 199 353 163 000 dirhams pour l'année2014. soit une
diminution de 2,3 %. Dont :

a- Dépenses de personnel : elles s’élèvent à 105 509 061 000 de dirhams contre 103 700
000 000 dirhams pour l'année 2014, soit une augmentation de 1,74 %.
b- Dépenses de matériel et dépenses diverses : le montant des crédits ouverts au titre
des dépenses de matériel et dépenses diverses s’élève à 33 629 125 000 dirhams contre
30 959 163 000 dirhams pour l'année 2014 soit une augmentation de 8,62 %.
c- Charges communes-Fonctionnement : elles s'élèvent à 52 624 000 000 de dirhams
contre 62 028 000 000 de dirhams pour l'année 2014, soit une diminution de 15,16
% par rapport à 2014.Sont destinés essentiellement à couvrir les charges de
compensation des prix des denrées de base et à financer la contribution patronale de
l'Etat à la Caisse Marocaine des Retraites.
d- Dépenses imprévues et dotations provisionnelles : Le montant des crédits ouverts
au titre de ce chapitre s’élève à 3 000 millionsde dirhams couvrant: les dépenses
exceptionnelles et les dépenses imprévues pouvant apparaître en cours d'année
(Exemple: la prise en charge des dépenses relatives aux échéances électorales prévues
en 2015).
Les dépenses d'investissement : elles sont réparties entre les cinq comptes suivant :

1- Budget Général : 54,09 milliards de dirhams.

2- Comptes Spéciaux du Trésor : 15 milliards de dirhams et portent principalement sur


le renforcement du réseau routier national, le soutien d'actions relevant des secteurs de
l'agriculture, des eaux et forêts, de l'élevage, de l'audio-visuel, de l'habitat, de la
justice, de la culture, des sports, de l'aide aux jeunes promoteurs et le financement de
programmes socio-éducatifs.

3- Collectivités Territoriales : 13 milliards de dirhams, pour améliorer les conditions de


vie des populations. Les efforts seront concentrés sur : l’extension et le renforcement
des réseaux de voirie et d'assainissement, les constructions d'infrastructures
culturelles, sportives et de loisirs, de marchés et d'édifices publics ainsi que les
aménagements de jardins et d'espaces verts.

4- Entreprises et Établissements Publics : 114,95 milliards de dirhams environ,


couvrant principalement les secteurs suivants : l’énergie, les télécommunications,
l'habitat, l'agriculture, l'électricité, l'eau potable, les phosphates et leurs dérivés, les
autoroutes et les transports aériens, maritimes et ferroviaires.
5- Services de l'Etat Gérés de Manière Autonome : les programmes d'investissement
relevant des SEGMA s'élèvent à près de 801,96 millions de dirhams. Les détails
correspondants sont exposés dans le rapport consacré aux SEGMA.

Dépenses de la dette flottante et de la dette amortissable : le remboursement du capital + le


règlement des intérêts et commissions s'élèvent à 68 049 737 000 dirhams contre 57 312 929
000 dirhams pour l'année 2014, soit une augmentation de 18,73 %.

 La dette extérieure : elle s'élève globalement à 8 184 876 000 dirhams, soit une
augmentation 6,77 % par rapport à l'année 2014, se répartissent comme suit :

 4 400 432 000 de dirhams pour le capital, en augmentation de 1,89 % ;

 3 784 444 000 de dirhams pour les intérêts et commissions, soit une augmentation de
13,06 %.
 Ainsi, les crédits inscrits au titre du service de la dette publique sont destinés à hauteur
de 87,97 % pour couvrir les charges de la dette interne et à hauteur de 12,03 % pour
couvrir les charges de la dette externe.

B- Les recettes :

 Le montant des recettes du Budget Général s'établit à 268 101 625 000 dirhams en
2015 contre 262 330 430 000 dirhams en 2014, soit une augmentation de 2,19 %.

a- Les impôts directs et taxes assimilées

 le produit de l‘IR s'élève à 36 540 000 000 de dirhams contre 35 137 000 000 de
dirhams en 2014, soit une augmentation de 3,99 %;

 le produit de l‘IS s'élève à 42 780 000 000 de dirhams contre 39 710 000 000 de
dirhams en 2014, soit une augmentation de 7,73 %.

b- Les impôts indirects


 La TVA intérieure: 22 3 390 000 000 une diminution de plus de 2,5% par rapport à
l’an dernier.

 le produit de la TVA à l'importation s'élève à 33 807 000 000 de dirhams contre 34


192 400 000 de dirhams en 2014, soit une diminution de 1,13 %;

 les recettes de la taxe sur les produits énergétiques s'élèvent à 14 350 000 000 de
dirhams contre 13 621 000 000 de dirhams en 2014, soit une augmentation de 5,35 % ;

 la taxe sur les tabacs et les succédanés de tabacs manufacturés s'élève à 8 676 000 000
de dirhams ;

 la taxe intérieure de consommation sur les bières s'élève à 770 000 000 de dirhams
contre 793 000 000 de dirhams en 2014 soit une diminution de 2,9 %.

 Les droits de douanes : Les droits d'importation dont les recettes s'élèvent à 7 250 000
000 dirhams contre 7 700 000 000 dirhams en 2014, soit une diminution de 5,84 %;

 le montant de la redevance du gazoduc s’est stabilisé à 2 283 000 000 de dirhams.


 Droits d'enregistrement et de timbre : concernent essentiellement les droits sur les
mutations, droit de timbre, la taxe spéciale annuelle sur les véhicules automobiles, la
taxe sur les assurances, le timbre sur les documents automobiles). ils s’élèvent à 14
875 700 000 contre 14 660 500 000 en 2014, soit une augmentation de 1,47%.

 Remarque : (ce qui suit, est la suite des recettes de la page 15 : les produits et
revenu du domaine+monopoles et exploitation+les recettes d’emprunt)

c- Les produits et revenus du domaine

Le produit des Domaines s'élève globalement à 349 500 000 dirhams dont:

Le produit des ventes d'immeubles domaniaux ruraux s'élève à 25 000 000 de dirhams;

Les revenus des immeubles domaniaux s'élèvent à 318 000 000 de dirhams.

d- Monopoles et exploitations : les principales recettes prévues à ce titre sont les


suivantes :
 les produits à provenir de Bank Al Maghrib s'établissent à 360 000 000 de dh
 les produits à provenir de l'Office Chérifien des Phosphates s'établissent à 2 000 000
000 de dirhams,

 les produits à provenir de l'Agence Nationale de la Conservation Foncière du cadastre


et de la Cartographie s'élèvent à 1 500 000 000 de dirhams ;

 les produits à provenir de la Caisse de Dépôts et de Gestion s'élèvent à 700 000 000 de
dirhams ;

 les dividendes à provenir des participations financières de l'Etat à Maroc-Télécom


s'élèvent à 1 455 300 000 dirhams ;

 les dividendes à provenir de la Société Nationale du Transport et de la Logistique se


montent à 35 000 000 de dirhams.
e- Les recettes d'emprunt :

 Les prévisions de recettes au titre des emprunts intérieurs passent de 40 000 000 000
de dirhams en 2014 à 42 000 000 000 de dirhams en 2015 soit une augmentation de 5
%;

 Les prévisions de recettes au titre des emprunts extérieurs passent de 24 000 000 000
de dirhams en 2014 à 24 350 000 000 de dirhams en 2015 soit une augmentation de
1,46 %.

SERVICES DE L'ETAT GÉRÉS DE MANIÈRE AUTONOME

 Les ressources prévisionnelles des services de l'Etat gérés de manière autonome pour
l'année 2015 s'établissent à 3 002 422 000 dirhams.

 COMPTES SPÉCIAUX DU TRÉSOR

Les ressources s’élèvent à 76 619 424 000 DH quant au plafond des charges , il s’élève à 63
212 808 000 DH.
La politique budgétaire :

Selon Paul Samuelson, la politique budgétaire est le processus consistant à manipuler les
impôts (recettes) et les dépenses publiques aux fins :

1. de contribuer à amortir les oscillations du cycle économique,

2. de favoriser le maintien d’une économie progressive, assurant un degré d’emploi


élevé, affranchie de toute poussée excessive d’inflation ou de déflation. (Samuelson,
1953).

 Le budget des administrations publiques, recouvre les budgets de l'Etat, des


administrations locales, et des administrations de la sécurité sociale, remplit à la fois
les fonctions d’allocation, de redistribution et de stabilisation. Cependant le terme de
politique Budgétaire renvoie essentiellement à la fonction de stabilisation.

Stabilisateurs automatiques : Sous ce terme, on désigne l’ensemble des mécanismes qui


font jouer à la fiscalité et aux dépenses un rôle contra-cycliques.

 Ainsi, en phase basse du cycle, les pouvoirs publics peuvent avoir recourt à une
politique budgétaire de relance pour faire redémarrer l’activité et remettre l’économie
sur sa trajectoire. Deux principales solutions s’offrent à eux :

- Augmenter le niveau des dépenses publiques, afin que la demande du secteur public
compense le niveau trop faible de la demande privée,

- Diminuer les impôts afin d’augmenter la demande des agents économiques.

 Du point de vu keynésien, l’équilibre budgétaire importe moins que le niveau de


l’équilibre macroéconomique.

 Le budget est utilisé pour compenser les déséquilibres et régulariser la conjoncture.


La relance par la hausse des dépenses ou la baisse des impôts vise à lutter contre la
récession. L’austérité par la baisse des dépenses ou la hausse des impôts vise à lutter
contre l’inflation.
 Pour Keynes cependant, dès que le plein emploi est assuré, on peut à nouveau faire
confiance aux mécanismes du marché pour assurer l’allocation optimale des
ressources et fixer les prix...

 Pour les keynésiens, l’augmentation des dépenses publiques exerce un effet positif sur
l’activité économique par le biais de multiplicateur.

 Remarque: En période d’expansion, en supposant que l’orientation de la politique


budgétaire reste inchangée, les recettes vont augmenter. En effet les revenus de
ménages et les bénéfices des entreprises augmentent, ce qui accroit les recettes issues
de l’imposition (impôts sur le revenu, l’IS, ou la TVA). De même, certaines dépenses
deviennent moins importantes dans le cas d’une conjoncture plus favorable. Au total
lors, d’une reprise de l’activité économique, les recettes ont tendance à augmenter et
les dépenses à diminuer, améliorant le solde budgétaire (réduction du déficit, voire à
un retour à un excédent budgétaire).

 L’efficacité de la politique budgétaire repose sur le principe du multiplicateur.

 Le multiplicateur d’investissement:

 Cette notion a été mise en évidence par Kahn (1931), quand il montrait que l’emploi
crée dans les industries de biens de production conduisait à une augmentation plus que
proportionnelle de l’emploi global. Ce mécanisme peut être appliqué à
l’investissement privé, mais aussi aux dépenses publiques.

 Principe:

Si les entreprises développent l’investissement, elles augmentent directement le revenu d’un


montant équivalent à la valeur des investissements. Ce revenu supplémentaire est distribué
dans l’économie, et va être en partie consommé et en partie épargné. La partie consommée va
augmenter la production de biens de consommation et donc le revenu distribué d’un montant
équivalent. Cette dernière distribution de revenu va, à son tour, alimenter la consommation et
donc la production, et ainsi de suite. L’effet final d’une augmentation de l’investissement sur
la production est donc plus important que l’effet initial.

 Le mécanisme du multiplicateur d’investissement :

 Soit une entreprise qui décide de réaliser sur le territoire national un investissement de
100 millions de dirhams. À cette fin elle commande des biens d’équipements à
d’autres entreprises, qui pour leur réalisation embauche un certain nombre de
travailleurs ce qui constitue une création d’emplois primaires ou directs.

 Cette activité productive se traduit par une distribution de revenus pour un montant de
100 millions aux propriétaires et aux salariés des entreprises fabriquant ces biens
d’équipements.

 Ces agents économiques vont ensuite utiliser ce revenu supplémentaire, en partie sous
la forme d’achat de biens de consommation (par exemple 80 millions si l’on suppose
que la proportion marginale à consommer c’est de 0.8 en moyenne).

 La proportion marginale à épargner s vaut s = 1-c = 0.2

 Si c =0.8 cela signifie que les agents consomment 80% d’une augmentation de leur
revenu, ou encore qu’une augmentation de 1 DH du revenu induit 0.8 de
consommation supplémentaire.

 Ces dépenses constituent alors des revenus pour des commerçants, leurs fournisseurs
et leurs employés (première vague de création d’emplois secondaires ou indirects).
Revenus, qu’ils dépensent à leur tour, toujours dans une proportion de 80%, soit (80
X 0.8= 64).

 Cette troisième vague d’augmentation de la production dans d’autres entreprises et par


suite une augmentation du revenu national =64. Ce surcroît de revenu est utilisé en
partie pour acheter des biens de consommations d’un montant = 64 X 0.8 = 51.2 et
ainsi de suite ….Le processus se poursuit, en théorie à l’infini, c’est à dire, en fait,
jusqu’à ce que le dernier accroissement du revenu soit négligeable. (A la dixième
vague, la variation de revenu n’et ainsi plus que de 13.4 millions et à la vingtième de
1.44 millions)
 Mais c’est l’accroissement total de revenu sur l’ensemble des phases qui est supérieur
à l’accroissement de la dépense d’investissement initiale. En effectuant la somme
cumulée des accroissements successifs de revenu, on obtient au bout de 10 vague 446
.Lorsque le processus est répété indéfiniment, la variation total du revenu va
finalement tendre vers 500 millions, soit au final 5 fois la dépense initiale

La formule du multiplicateur à partir de l’exemple :

ΔY= 100 + (0.8×100) + (0.8× (0.8×100)) +…..


= 100 + (0.8 x 100) + (0.8) 2× 100 + (0.8)3 × 100 +…….
=100 + 80 + 64 + 51.2 +……On obtient donc :

 ΔY = (1 + 0.8 + (0.8) 2 + (0.8)3 + ⋯) x 100


 On reconnaît dans le crochet, la somme des termes d’une série géométrique de
raison : c = 0.8 (0<c<1) et on sait que :
 (1 + c + 𝑐 2 +𝑐 3 + 𝑐 4 + ⋯) = 1 / 1-c
 Soit: 1 / 1- 0, 8 = 1 / 0.2 = 5
 Par suite,
 ΔY = 5 X 100 = 500 millions DH.

Autrement dit, l’investissement additionnel de 100 millions de DH a donné lieu (au bout d’un
certain temps) à un accroissement de revenu national de 500 Millions, c’est à dire 5 fois plus
important.

 Plus généralement, on voit que le multiplicateur d’investissement k est donné par la


formule : K= 1 / 1-c ou encore k = 1 / s, avec, c et s désignent respectivement la
propension marginale à consommer et la propension marginale à épargner.

 L’effet multiplicateur est d’autant plus important que la propension marginale à


épargner est faible (ou que la propension marginale à consommer est forte).

 Remarque : le mécanisme du multiplicateur fonctionne aussi bien en récession qu’en


expansion : une baisse du volume d’investissement se traduit par une baisse plus que
proportionnelle de la production , ainsi dans l’exemple évoqué plus haut, il suffit
d’inverser point par point le raisonnement pour aboutir à la conclusion qu’une
diminution initial de 100 millions de l’investissement ( soit -100 à la première ligne du
tableau) conduit au final à une contraction de l’activité économique nationale de 500
MILLIONS.

Le multiplicateur des dépenses publiques :


Les dépenses publiques sont un élément comme un autre de la demande, et donc le même
effet multiplicateur que l’investissement.
Les achats supplémentaires de l’Etat augmentent directement la production, cette production
est transformée en revenu dont une partie est consommé, et le processus multiplicateur de
l’effet initial ΔG se trouve alors enclenché.
Avec : ΔG est l’investissement additionnel de l’État

Le multiplicateur des transferts publics :

À la différence des dépenses publiques, les transferts n’ont pas d’effet direct sur la
production ; il ne s’agit pas d’achats de biens et services, mais de distributions de revenus au
profit des agents privés. 100 milliards de commandes publiques engendrent directement 100
milliards de Pib, mais100 milliards de transfert font 100 milliards de revenu et seulement 80
milliards d dépenses, si la propension à consommer est égal à 0,8. L’effet initial des transferts,
à partir duquel est enclenchée la multiplication, n’est donc que de 80 milliards.

Le multiplicateur des impôts :


Les impôts agissent exactement de la même façon que les transferts (par une modification du
revenu disponible), mais en sens inverse.
La valeur absolue du multiplicateur est donc la même que pour les transferts, mais son
signe est inversé. Ainsi, par exemple, une augmentation des impôts de 100 milliards a pour
effet initial une réduction de la dépense de 80 milliards (-c ΔT).

On peut en déduire que l’effet stimulant d’une baisse des impôts sur le PIB est inférieur à
celui d’une augmentation équivalente des dépenses publiques
Le multiplicateur en économie ouverte:

Plus la consommation et l’investissement intérieurs sont élevés, plus le volume des


importations augmentent. M est une fonction du revenu intérieur (Y). On peut donc écrire une
fonction d’importation : M= mY, avec 0<m<1

Dans une économie ouverte, l’effet multiplicateur est plus faible. À chaque vague d’effet, une
partie du revenu supplémentaire alimente la demande des produits étrangers et ne stimule pas
le produit intérieur.
Le multiplicateur devient : K= 1 / 1-c+m, ou m représente la propension marginale à
importer.
Plus m est important, plus le supplément de revenus se portera sur des produits étrangers
affaiblissant la relance budgétaire.
L’introduction des échanges réduit la valeur du multiplicateur, mais ne change rien
d’essentiel dans l’analyse que nous allons mener à présent

Une efficacité sous contrainte :

L’efficacité des politiques budgétaires dépend toutefois de plusieurs paramètres. Le


mécanisme du multiplicateur keynésien est d’autant plus élevé que les fuites dans le circuit
économiques sont faibles, c’est-à-dire que les revenus supplémentaires issus de l’expansion
alimentent moins la demande à l’économie nationale. Signalant quelques critiques à
l’encontre des politiques de relance :

1- Le comportement d’épargne des agents économiques : L’épargne constitue la


première fuite dans le circuit. L’efficacité des politiques de relance est donc très liée au
comportement des agents économiques : si pour une raison ou pour une autre ils
épargnent le surcroît d’argent injecté dans les rouages de l’économie, la relance aura
un effet faible. La critique classique des politiques keynésiennes repose d’ailleurs
essentiellement sur des hypothèses différentes quant aux comportements des agents.
Ainsi, Friedman suppose en effet que le comportement de consommation des
ménages ne se fonde pas sur le revenu courant mais sur le revenu permanent. Qui
prend en compte les revenus passés et les revenus futurs anticipés. Les revenus
transitoires supplémentaires perçus à la suite d’une politique de relance auront donc
tendance à être épargnés remettant en question le mécanisme du multiplicateur.
2- La contrainte extérieure : Les importations constituent une deuxième source de
fuite. Plus une économie est ouverte, moins une expansion budgétaire sera efficace.
L’effet positif via la demande sera partagé avec les principaux partenaires
commerciaux, et l’augmentation des importations creusera le déficit extérieur.

3- L’effet d’éviction par la demande publique et par le taux de change :

 une des critiques de la politique keynésienne met en évidence un effet d’éviction de la


demande privée par la demande publique. L’idée est que le creusement du déficit
budgétaire induit (engendré) par la politique de relance provoque une augmentation de
l’offre de titres publics qui pousse le taux d’intérêt à la hausse. Il en résulte une
diminution de la demande par le canal de l’investissement, qui annule l’augmentation
initiale de la production. Le multiplicateur est toujours positif, mais plus faible
qu’auparavant car la demande privée est partiellement (juste une partie) évincé par la
demande publique.

 L’efficacité des politiques de régulation conjoncturelle est liée au degré de mobilité


des capitaux et au régime de change.

Une parfaite mobilité des capitaux associée à un taux de change flexible rend par exemple la
politique budgétaire moins efficace. Supposant que les pouvoirs publics procèdent à une
expansion budgétaire. Si les capitaux sont mobiles, la hausse du taux d’intérêt induite par le
creusement du déficit public va provoquer des entrées de capitaux- du fait d’une meilleur
rémunération- conduisant à une appréciation du taux de change. Il en résulte une perte
compétitivité à l’exportation, dont l’ampleur de l’effet sur la demande globale est liée entre
autres au degré de l’ouverture de l’économie. Les effets de la politique économiques sont
alors amoindris par un effet d’éviction par le change. (Affecter négativement la compétitivité
des industries exportatrices)

4- Aucun gouvernement n’a intérêt à baisser les dépenses publiques et augmenter les
impôts (surtout dans les périodes des élections), s’agissant de mesures impopulaires à
court terme, dont les bénéfices ne sont perçus qu’à long terme.
5- Entre le moment ou les économistes constatent le retournement de la conjoncture et
celui où les mesures ont un impact sur la production et l’emploi, il s’écoule plusieurs
mois voir plus d’un an. Dans l’intervalle, il faut en effet que le gouvernement élabore
un train de mesure, que celles-ci soient discutées puis que le budget soit voté au
Parlement , qu’elles se transmettent à l’économie…La longueur de ces délais peut
aller jusqu’à rendre la politique budgétaire pro-cyclique, ce qui est contraire à son
objectif.

La politique monétaire

La politique monétaire a progressivement été préférée à la politique budgétaire pour réguler


la conjoncture, y compris par les économistes keynésiens, bien que la mouvance keynésienne
ait initialement présenté la seconde comme la plus efficace.

Les banques centrales ont le privilège de créer ce que l’on appelle la ‘’monnaie centrale’’ :
elles impriment les billets de banque, contrôlent l’émission des pièces par le trésor et
fournissent de la liquidité aux banques.

Parmi les grands domaines d’action de la politique économique, la politique monétaire a pour
mission de réguler l’offre de crédit et de monnaie, qui résulte pour l’essentiel de l’activité des
banques, afin de la rendre compatible avec une croissance de la demande et de la production
sans tensions excessives sur les prix et les équilibres extérieurs.

 Les banques centrales exercent une influence déterminante sur la liquidité du système
bancaire de la juridiction au sein de laquelle elles sont actives. En règle générale la
juridiction est nationale. Toutefois, elle peut s’étendre à un ensemble de nations,
comme dans le cas de la zone « euro », qui dispose de sa propre banque centrale, à
savoir la banque centrale européenne.

 Les principales missions de la banque centrale sont les suivantes :


- Monopole de l’émission de la monnaie fiduciaire,
- La banque centrale se trouve au cœur du système interbancaire de compensation entre
positions débitrices et créditrices des banques commerciales. Elle intervient en cas de
crise de liquidité bancaire en tant que préteur de dernier ressort,
- Mise en œuvre de la politique monétaire, en fonction d’objectifs qu’elle s’est
fixée.

Les objectifs de la politique monétaire :


Pour combe (2005), les objectifs de la politique économique s’inscrivent dans les objectifs
finaux du carré magique de Kaldor : croissance économique, plein emploi, stabilité des prix,
et équilibre extérieur. Deux approches s’opposent :
La première basée sur les travaux de Keynes, établie que la politique monétaire constitue un
instrument de la politique macroéconomique agissant sur l’activité économique. Le levier est
le taux d’intérêt. Par exemple la baisse du taux d’intérêt permettait de stimuler la demande,
donc la production et l’emploi. La seconde approche, basée sur les thèses monétaristes, part
du principe que l’objectif de la politique monétaire est celui de la stabilité des prix.
(Le rejet de toute politique de relance par le biais d’une action de politique monétaire sur les
taux d’intérêt se base sur la conception des classiques et des néoclassiques relatives à la
neutralité de la monnaie.

Les instruments de la politique monétaire

La banque centrale agit principalement au niveau de la quantité de monnaie mise en


circulation et au niveau du prix de cette monnaie (taux d’intérêt) :

1. Elle peut varier la quantité de monnaie centrale à disposition de l’économie en


retirant ou en émettant de la monnaie centrale.

2. En intervenant au niveau du taux d’intérêt, elle influence ainsi le prix de la


monnaie.
La banque centrale peut recourir à plusieurs types d’instruments dont les principaux
concernent les taux directeurs, les opérations d’open market, les facilités permanentes et les
réserves obligatoires
1- L’action sur les taux directeur : les effets de la politique des taux directeurs
s’exercent sur l’activité économique par plusieurs canaux de transmission :

- Le coût du crédit : la réduction des taux directeurs améliore les conditions de


crédit bancaire et incite, dès lors, les agents à emprunter d’avantage. ;

- L’effet de richesse : la réduction des taux directeur entraîne une baisse de la


charge de remboursement des emprunts à des taux variables. Cela induit un
« effet de richesse positif ».

- Le taux de change : si les taux de change sont flexibles, une réduction des taux
directeurs peut encourager une sortie de capitaux et, par conséquent, une
dépréciation du taux de change, ce qui peut renforcer les exportations ;

- Les contraintes de liquidité : la hausse des taux directeurs peut inciter certaines
banques à augmenter leurs taux débiteurs et à limiter les crédits à l’égard de
certains agents présentant des risques de défaut de paiement.

La banque centrale peut également influer sur le marché monétaire en agissant sur l’offre et
la demande de monnaie centrale. On distingue les opérations d’open market, les facilités
permanentes et les réserves obligatoires.

A- Les opérations d’open market : les opérations d’open market permettent à la banque
centrale de fournir des liquidités au marché monétaire ou, à l’inverse, de réduire le
volume des liquidités.
 La banque centrale cède des titres sur le marché en contrepartie de monnaie centrale :
cette intervention agit sur la quantité de monnaie en circulation en entrainant une
diminution de la quantité de monnaie centrale sur le marché.
Cette raréfaction de la monnaie centrale fait augmenter le taux d’intérêt sur le marché.

 Inversement quand la banque centrale acquiert des titres sur le marché elle provoque
une hausse de la quantité de monnaie sur le marché, ce qui tend à induire une pression
à la baisse sur le taux d’intérêt.
B- Les facilités permanentes : les facilités permanentes sont accessibles aux banques à
n’importe quel moment de la journée, particulièrement en fin de journée. On distingue
deux types de facilités permanentes : les facilités de prêt et les facilités de dépôt.

- Pour les facilités de prêt les établissements pouvant se tourner vers la banque
centrale pour emprunter dès que les taux de marché interbancaire deviennent
égaux à ceux de la facilité de prêt. Elles permettent aux banques de faire face à
un problème transitoire de trésorerie.

- Les facilités de dépôts : permettent aux établissements financiers d’effectuer des


dépôts, pour 24heures, à un taux d’intérêt déterminé d’avance lorsque ces
établissements enregistrent un excès de liquidité en fin de journée.

C- Les réserves obligatoires : les réserves obligatoires sont des dépôts que les
établissements financiers doivent effectuer auprès de la banque centrale, afin d’être
autorisée à accorder des crédits. À priori ces dépôts ne sont pas rémunérés Toute
variation des taux de réserve obligatoire entraine une modification de la liquidité
bancaire sur le marché.

Exemple : une hausse du taux de réserve renchérit le coût des ressources bancaires puisque
ces réserves ne sont pas rémunérées. Elle accroît également les besoins de monnaie centrale
des banques, ce qui provoque une pression sur le taux d’intérêt.
Les banques sont ainsi incitées à infléchir l’évolution des crédits qu’elles distribuent et à
accroitre leurs taux débiteurs.