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Matière : Acteurs et outils du

commerce international
Niveau: 1ère année
INSTITUT UNIVERSITAIRE DE TECHNOLOGIE TERTIAIRE
Session: Semestre 2

Chapitre N°3

Les entreprises dans le commerce international

La mondialisation n’est pas un phénomène nouveau. Les gains de productivité et l’accroissement des
capacités de production ont permis des baisses de prix favorables à l’exportation, et les importations
de biens ont progressé dans les secteurs moteurs de l’industrialisation. Surtout, les innovations
technologiques ont permis une diminution des coûts de transport et de communication (outre une
intensification des flux migratoires), avec l’installation du câble transatlantique en 1860, la machine à
vapeur, l’essor du transport fluvial, ferroviaire et maritime (le prix du fret maritime est divisé par
sept), tandis que l’institution d’une économie de marché a ouvert de nombreuses économies locales à
la concurrence mondiale.
En quoi les firmes (FTN ou FMN ?) sont-elles des acteurs majeurs de la mondialisation ? Dans quelle
mesure une entreprise peut-elle réussir à l’international ?

I. Les entreprises dans la mondialisation

A. Les entreprises et la mondialisation

Firme Multinationale (FMN): Il s’agit d’une grande entreprise nationale qui possède ou contrôle une
ou plusieurs filiales de production à l’étranger. Elle est composée d’une société mère qui se situe la
plupart du temps dans le pays d’origine et de l’ensemble des entreprises contrôlées ou détenues dans
des pays étrangers et que l’on nomme filiale.
Firme Transnationale (FTN): C’est une entreprise implantée dans de nombreux pays et qui réalise la
majeure partie de son chiffre d’affaire en dehors de son pays d’origine.
La principale différence entre ces deux termes est le fait que les FMN sont composées d’une maison-
mère avec des filiales dans plusieurs pays alors que les FTN sont plutôt formées de plusieurs
entreprises en partenariat sur le plan international.
Une firme est dite multinationale lorsqu’elle réalise un investissement direct à l’étranger, c’est-à-dire
une prise de participation significative dans le capital d’une entreprise étrangère, lui donnant un
certain contrôle sur les décisions de la firme (les conventions internationales retiennent le seuil de 10
% du capital).
L’investissement direct à l’étranger (IDE) peut se faire selon deux modalités principales, la
construction d’un site de production ex nihilo (on parle alors d’investissement Greenfield) ou le rachat
d’un site de production existant (on parle alors d’une fusion et acquisition internationale).
En effet, les FMN sont naturellement des entreprises très actives sur les marchés mondiaux ; d’après
les estimations de la CNUCED, elles sont impliquées dans près des deux tiers des relations
commerciales internationales, si bien que les réflexions sur le développement du commerce mondial

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ne peuvent plus négliger aujourd’hui l’influence de ces acteurs du processus d’internationalisation des
économies.

B. Effets de la multinationalisation sur les pays

Investissements Directs à l’Etranger (IDE)


Les analyses théoriques de l’impact des multinationales sur le commerce extérieur des pays d’origine
et d’accueil mettent en évidence deux types d’effets : des effets de substitution et des effets de
complémentarité.
Les effets de substitution soulignent l’impact négatif que le flux d’IDE entre deux pays peut avoir, tant
sur le commerce bilatéral entre le pays d’origine et le pays d’accueil, que sur les relations
commerciales de ces deux économies avec le reste du monde (substitution du flux de commerce par
un flux de capital).
Les effets de complémentarité regroupent les impacts positifs que ce même flux d’IDE peut avoir sur
les échanges entre le pays d’origine et le pays hôte, ainsi que sur les relations commerciales avec le
reste du monde (complémentarité entre flux de commerce et flux d’IDE qui viennent renforcer la
dotation factorielle du pays).
IDE et emploi

L'impact direct des délocalisations est le plus souvent négatif en terme d'emploi. L’augmentation de
l’IDE se traduit aussi par un accroissement du nombre d’emplois dans les filiales étrangères des
multinationales.
Pour les pays développés, si les IDE sortant ne semblent pas engendrer de réduction de production, ils
doivent cependant modifier la demande de travail aux dépens des travailleurs les moins qualifiés en
charge des tâches qui sont délocalisées ; cette évolution impose donc la mise en place de politiques
d’accompagnement social et d’investissement dans l’éducation et la formation professionnelle.
Pour les pays en développement, l’attraction d’investissements directs peut constituer un moteur de la
croissance et faciliter l’insertion dans l’économie mondiale.

Les multinationales peuvent offrir des salaires plus élevés et éventuellement de meilleures conditions
de travail parce qu’elles sont plus productives, grâce à un plus grand savoir-faire technologique et des
pratiques modernes de management qui leur permettent d’être efficaces sur les marchés étrangers
malgré le coût qu’implique la coordination de leurs activités entre différents pays. Bien qu’elles soient
plus productives, rien ne permet de penser que les multinationales offrent en général de meilleures
rémunérations ou conditions de travail que leurs homologues locales à des travailleurs présentant des
caractéristiques identiques.
Elles seront plus susceptibles de pratiquer des salaires d’efficience. Par exemple, elles peuvent décider
de verser des salaires plus élevés que leurs concurrents locaux dans l’espoir que cela réduise la
rotation de la main-d’œuvre et par conséquent le risque de voir leur avantage de productivité fuir vers
les firmes concurrentes.
Les délocalisations n’ont pas seulement des effets néfastes sur le pays d’origine. La création d'une
filiale à l'étranger peut entraîner, de la part de cette filiale, des flux d'importations en provenance du
pays d'origine, notamment de produits semi-finis ou de technologie. Ces importations soutiennent,
voire développent, l'emploi dans la production de biens intermédiaires ou de biens d'équipement,
dans la recherche, l'ingénierie et la gestion.
Développant par ailleurs l'emploi et les revenus dans le pays d'accueil, ces IDE peuvent être à l'origine
d'une demande de produits issus des pays développés, dynamisant ainsi leurs exportations. Enfin, la
baisse des coûts de production des activités délocalisées profite aux consommateurs des pays

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développés sous la forme de baisses de prix accroissant leur pouvoir d'achat. Ce gain de pouvoir
d'achat peut être déversé sur de nouvelles consommations, notamment des services aux particuliers,
créateurs d'emplois, car plus difficilement délocalisables (loisirs, culture, restauration, etc.).
L'effet sur l'emploi d'une délocalisation est variable. Si:
La production de la filiale étrangère remplace une production nationale, il y a un effet direct de
déplacement d'emplois du pays d'origine vers le pays hôte.
La filiale étrangère se fournit en produits (tels que des consommations intermédiaires ou du
capital fixe) auprès de la société mère, il y a un effet indirect de création d'emplois dans le pays
d'origine, lié à la production de ces produits.
La production délocalisée à l'étranger entraîne l'augmentation des tâches de supervision ou de
recherche et développement de la société mère, à la perte d'emplois peu qualifiés se superpose
une création indirecte d'emplois qualifiés dans le pays d'origine.

II. Les stratégies des firmes

A. Les déterminants des stratégies d’internationalisation

1. L’importance de l’environnement économique


Lorsqu’on demande aux dirigeants de FMN quels sont les critères qui interviennent dans la décision
de localisation des filiales, 52 % donnent un rôle déterminant aux infrastructures
logistiques et transports et 49 % à la qualification de la main-d’œuvre (Source: Baromètre Ernst &
Young de l’attractivité de l’Europe, 2009). Ainsi, ces facteurs qualitatifs qui favorisent, directement ou
indirectement, la productivité des FMN expliquent en grande partie l’implantation de filiales dans les
pays développés. Ces « filiales-relais » sont destinées à produire pour les marchés des régions ou pays
dans lesquels elles sont implantées.
Le plus souvent, les localisations dans les pays développés répondent à une volonté d’améliorer
la compétitivité hors prix grâce à l’innovation et à la qualité de la production. Ainsi, le développement
de pôles de compétitivité dans certains pays (en France par exemple) favorise la concentration des
filiales de FMN. Disposant d’une main-d’œuvre qualifiée, ces filiales se constituent en réseaux
favorisant la diffusion de l’innovation et la maîtrise des nouvelles technologies.

2. La stabilité politique et sociale


Dans la décision de localisation des activités d’une FMN, la stabilité de l’environnement politique et
social est un facteur important. Ainsi, 49 % des décideurs internationaux font de la stabilité et de la
transparence de l’environnement politique et légal un critère important, et 41 % considèrent que la
stabilité du climat social ne peut qu’être positive pour inciter les FMN à s’implanter dans un pays
(Source: Baromètre Ernst & Young de l’attractivité de l’Europe, 2009).
Il est clair que les institutions peuvent jouer un rôle essentiel pour le bon fonctionnement
du marché car sans règles claires, concernant les droits de propriété notamment, les échanges peuvent
être entravés. La stabilité politique et sociale réduit l’incertitude pour les acteurs économiques. Ainsi,
un système législatif stable qui protège et respecte la propriété privée ainsi que les droits des
individus favorise l’implantation des filiales de FMN. De même, des politiques
gouvernementales favorables à l’économie de marché encouragent les investissements directs à
l’étranger (IDE). C’est surtout vrai pour les pays en développement et les anciennes économies
socialistes qui connaissent le processus de transition vers l’économie de marché.

3. Le coût du travail et la fiscalité

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Pour 45 % des décideurs internationaux, les coûts de la main-d’œuvre sont un critère important de
localisation d’une nouvelle implantation d’une filiale. En effet, le coût salarial est le coût principal de la
production, surtout pour des activités fortement utilisatrices de main-d’œuvre peu qualifiée. Ce coût
explique les délocalisations dans l’industrie textile, le coût horaire d’un salarié pakistanais étant plus
de 60 fois moins élevé qu’en Allemagne. Cependant, il faut nuancer cet écart de coût salarial car
la productivité des salariés allemands du textile est plus élevée que celle des salariés pakistanais,
réduisant ainsi les différences de coût salarial unitaire.
Au coût du travail, on peut ajouter une fiscalité avantageuse permettant un niveau d’imposition moins
élevé des profits des filiales de FMN. Ainsi, 42 % des décideurs internationaux considèrent qu’une
faible taxation des entreprises est un critère important pour la localisation des filiales des FMN.
Certaines filiales profitant de faibles prix de transfert pour accroître leurs profits vont localiser leurs
productions dans des pays où le taux d’imposition est faible.

4. Le coût du transport
Une grande partie de la production des filiales est destinée à être exportée vers des pays où le pouvoir
d’achat est élevé, ce sont les filiales-ateliers implantées dans les pays disposant d’une main-d’œuvre
peu coûteuse.
Mais les gains obtenus grâce à la faiblesse du coût salarial ne doivent pas être annulés par des coûts de
transport trop élevés. Entre 1970 et 1990, période de fort développement de la multinationalisation
des firmes, la part des coûts de transport dans le prix des importations a baissé d’environ 5,5 points.
Cependant, cette baisse relative des coûts de transport semble s’interrompre à partir du début des
années 1990. On assiste même à une hausse de ces coûts au cours de la seconde moitié des années
1990. On peut l’expliquer par l’évolution des coûts de l’énergie et des mesures prises pour lutter
contre l’insécurité, ou par l’évolution du secteur des transports, de moins en moins concurrentiel. Si ce
phénomène perdure, on pourrait assister dans les années à venir à un mouvement
de relocalisation des activités. Même s’ils semblent moins déterminants, les critères liés à la baisse des
coûts de production jouent un rôle important dans les stratégies de localisation des FMN.

B. Les stratégies mises en œuvre

1. La stratégie d’approvisionnement
Une entreprise peut s’installer à l’étranger pour se rapprocher d’une source d’approvisionnement en
matière première ou de ses fournisseurs afin de contrôler et sécuriser ses approvisionnements mais
aussi maitriser le coût et la qualité.
C’est l’exemple des compagnies pétrolières qui ont des filiales dans les pays où elles extraient le
pétrole.

2. Stratégie de marché
L’objectif de cette stratégie est de conquérir de nouveaux marchés afin de gagner en part de marché.
L’entreprise peut créer des filiales-relais dans les pays d’accueil pour profiter d’une hausse du pouvoir
d’achat des populations ou d’un important bassin de consommateurs.

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3. Stratégie de rationalisation
Les stratégies de rationalisation mises en œuvre par les FMN pour réduire les coûts de production se
traduisent par une DIPP (Décomposition internationale du processus productif) à l’échelle mondiale :
les unités de production sont localisées dans les PED ou les PECO (Pays d'Europe centrale et orientale)
disposant d’une main-d’œuvre peu coûteuse et/ou offrant aux FTN des avantages spécifiques
(exonérations fiscales, prise en charge d’une partie de l’investissement, facilité de crédit…). La
spécialisation de ces pays est alors confortée mais avec des conditions de production qui s’améliorent
(progrès technique, accès facilité au marché mondial…).
La Décomposition internationale du processus productif (ou parfois Division internationale du
processus productif) désigne le phénomène qui consiste à décomposer la fabrication des diverses
pièces d'un produit dans des pays différents en fonction de leurs avantages comparatifs. Elle a donné
naissance à un commerce international de pièces et de composants et à des réexportations de produits
finis après montage.

III. Evaluation du risque de change

A. Qu’est-ce-que le risque de change ?


Le risque de change représente un gain ou une perte résultant d’une évolution favorable ou
défavorable du taux de change entre une monnaie nationale et une devise.
Cette notion est liée à la notion de position de change. Une position de change correspond à la
différence entre les devises possédées (ou à recevoir) et les devises dues (ou à livrer). Ainsi si les
dettes l’emportent sur les créances, on dit que la position est courte (short), à l’inverse on dira que la
position est longue (long).
Lorsqu’un exportateur fait des propositions de prix ou présente un devis libellé en devises étrangères,
il se trouve en risque aléatoire de change car il ne sait pas si un contrat commercial va naître suite à
cette proposition. Après la phase d’offre et de négociation, en cas d’accord, un contrat commercial
est signé entre les deux parties.
Les entreprises sont confrontées au risque de change dès qu’elles effectuent soit des opérations
commerciales avec l’étranger, importations et exportations, soit des opérations financières, transferts
de fonds.
Les entreprises peuvent gérer en interne le risque de change. Cependant, elles sont de plus en plus
nombreuses à utiliser les produits proposés par les banques ou moins fréquemment les techniques
d’assurance proposées par les assureurs crédit.
Le risque de change peut être incertain (période d’offre) ou certain (contrat commercial accepté et
entrée en vigueur du contrat). Certaines techniques sont adaptées à toutes les situations d’autres ne
sont utilisables que si le risque de change est certain.

B. La naissance du risque de change


La notion de risque de change est fortement liée à la notion de position de change qui correspond à la
différence entre les devises possédées (ou à recevoir) et les devises dues (ou à livrer). Ainsi si les
dettes sont plus élevées que les créances, on dit que la position est longue, à l’inverse on dira que la
position est courte.
La monnaie de facturation est la devise dans laquelle sera libellé le contrat d’achat ou de vente. Les
parties au contrat, qui ont la liberté de choisir cette monnaie de facturation, peuvent choisir une
devise plutôt qu’une autre afin de minimiser le risque de change. Ce choix peut être influencé par de
nombreux paramètres :

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- La monnaie de référence de l’acheteur compte tenu de la relation entre sa devise locale et le
dollar par exemple ;
- La devise des recettes export de l’acheteur ;
- Le financement en devises possible à des conditions plus avantageuses ;
- La monnaie de référence des achats du vendeur.
Une dévaluation est une mesure gouvernementale consistant à abaisser le cours d'une monnaie
nationale de manière à stimuler les exportations en volume donc à rétablir l'équilibre du commerce
extérieur.
Il s'agit donc d'une modification artificielle de parité. De très nombreuses dévaluations ont été
pratiquées pendant la période des trente glorieuses. Aujourd'hui, l'internationalisation de l'économie
rend le procédé quelque peu risqué dans la mesure où une dévaluation risque d'aboutir à l'inverse des
objectifs recherchés. Si une dévaluation permet d'améliorer la compétitivité prix des produits
nationaux à l'étranger, elle porte en elle le risque d'alourdir le prix des importations. Or certaines
importations sont incompressibles ou quasi incompressibles (pétrole par exemple). Les coûts de
production des entreprises s'en trouveront alourdis et elles répercuteront inévitablement cet
alourdissement sur leur prix de vente. Toute dévaluation comporte donc intrinsèquement un risque
inflationniste. Les états craignent l'inflation et la dévaluation n'est plus guère utilisée en tant
qu'instrument de politique du commerce extérieur.
La réévaluation est une mesure gouvernementale consistant à augmenter le cours d'une monnaie
nationale de manière à alléger le coût des importations et à favoriser les investissements directs à
l'étranger. Il s'agit donc de faciliter le placement des capitaux nationaux à l'étranger.

IV. Les réductions commerciales

La maitrise des calculs commerciaux permet à l’entreprise de fixer les coûts ou le prix et peut
constituer un atout.
A. Les réductions simples

A l’international, une réduction peut s’appliquer sur le prix de vente de l’exportateur ou sur le prix
d’achat d’une prestation (fret, prime d’assurance) ou d’un produit. Il s’agit ici d’un pourcentage qui
sera appliqué à une valeur hors taxe. Ainsi, sur un contrat on peut lire « Escompte pour règlement
comptent : 1,5% sur la valeur facturée. »
Cette réduction simple peut aussi se présenter sous forme de taux dégressif (la réduction simple par
tranche). L’entreprise fixe dans ce cas des tranches de quantités achetées qui bénéficient chacune d’un
taux de réduction augmentant avec la quantité.

B. Rabais, remise, ristourne et escompte

Le rabais est une réduction accordée exceptionnellement pour compenser un préjudice causé au client
comme par exemple un défaut de qualité ou un retard de livraison de la part du vendeur.
La remise est une réduction accordée habituellement en fonction de l’importance de la commande ou
du statut du client (importateur, revendeur, grand compte, …).
La ristourne est accordée périodiquement sur une partie ou la totalité des affaires. Il s’agit en quelque
sorte d’une « prime à la fidélité ».
L’escompte est une réduction accordée pour le paiement au comptant ou anticipé d’une facture.
L’objectif de toutes ces réductions est d’attirer les clients et les fidéliser.
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