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PAT H O L O G I E D U B Â T I M E N T

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Les infiltrations
d’air parasites
Le manque d’étanchéité de certaines parties de l’enveloppe d’un bâtiment
crée des infiltrations d’air.
Conséquences : des salissures à l’intérieur du bâtiment et des déperditions thermiques
plus importantes.

• Les flux d’air parasites dus à :


- la perméabilité à l’air des parois opaques,
- la perméabilité à l’air d’éléments d’équipement tels que :
porte palière, porte-fenêtre, châssis de toit, trappes d’ac-
cès aux combles, coffres de volets roulants…
- des défauts d’exécution : absence ou défaut de mise en
œuvre des joints de calfeutrement, situés notamment entre
gros œuvre et baies ou équipements directement incorporés.

Conséquences des flux d’air


Mises en évidence par la pollution atmosphérique urbaine,
les circulations d’air se traduisent souvent pour l’occupant
par des salissures affectant, outre les organes directement
concernés (entrées et sorties d’air) :
- les moquettes,
- les revêtements muraux (tissus sur molleton…),
- les cloisons (notamment au droit des percements ou jonc-
tions).

Principales causes
de pénétration parasite d’air non contrôlée
Les infiltrations parasites peuvent être importantes au pour-
tour des coffres de volets roulants. • Défaut de calfeutrement entre le “dormant” des baies et le
gros œuvre, que ce soit au niveau de la pièce d’appui, des
montants ou de la traverse supérieure.

• Défaut d’étanchéité à l’air des coffres de volets roulants


vis-à-vis de l’intérieur de la pièce (pénétration directe), ou
plus sournoisement vis-à-vis de la lame d’air située dans

s i l’homme a toujours tenté de limiter les courants d’air


dans les locaux où il séjourne (notamment en hiver), cette
l’épaisseur des plots de colle des doublages isolants sur les
murs extérieurs.

préoccupation est renforcée dans les années soixante-dix La mise en pression de cette lame d’air entraînant des traces
par la “chasse au gaspi” (gaspillage) déclenchée par l’aug- noirâtres chaque fois qu’il y a un passage possible :
mentation du prix du pétrole. - sur la moquette en pied de cloison si l’espace pied de cloi-
son/sol n’a pas été calfeutré,
C’est véritablement à partir de cette période que les - autour des prises de courant si les boîtes électriques incor-
constructeurs, sous l’impulsion des pouvoirs publics, se porées aux doublages et leurs pénétrations de câbles n’ont
sont attachés à réduire les déperditions des logements dont pas été étanchées,
celles par renouvellement d’air que l’on peut décomposer en - ponctuellement, ou linéairement au droit de certains joints
plusieurs catégories : de plaques mal calfeutrés.

• Les flux d’air souhaités et maîtrisés au travers des équipe- • Dans le cas des combles aménagés : mise en communi-
ments prévus à cet effet : entrée d’air, bouches d’extraction. cation de l’air correspondant à la sous-toiture, nécessitant
pour l’éviter un calfeutrement particulier (figure 2).
• Les flux d’air supplémentaires dus à des conditions clima-
tiques temporaires et à l’exposition des logements. En effet,
si en l’absence de vent, on constate que l’air entre de façon Cas particulier des gaines techniques
uniforme par les entrées d’air, en fonction de leur débit maxi- comportant des conduits VMC
mal, il en est tout autrement par grand vent où les effets de Les mêmes types de désordres sont parfois constatés à
pression/dépression dus au vent sur les parois extérieures proximité des gaines VMC si l’étanchéité entre éléments de
du logement créent des “flux traversants” (figure 1). conduit et de piquage n’a pas été assurée lors de la
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Comble habité

1 Couverture S S
2 Lame d’air continue

3 Isolant thermique

4 Pare-vapeur 5
2
4
5 Parement intérieur 1 3
E Dispositif d’entrée d’air

S Dispositif de sortie d’air

E E

figure 2

construction. En effet, ces malfaçons créent une dépression


Variation des flux d’air dans la gaine réalisée le plus souvent en cloison sèche, et un
en fonction des conditions climatiques
appel d’air vers elle.
et de l’exposition du logement
En conclusion : plus que la perméabilité résiduelle à l’air
des bâtiments, c’est bien souvent sa conséquence en
matière de salissures qui est mal ressentie par les occu-
pants, et seul le traitement des points singuliers permet d’en
limiter les effets.
Vent nul
La leçon : de par la conception de ses composants,
un bâtiment est perméable à l’air. Nous ne pouvons
tout au plus qu’essayer d’en limiter l’importance et les
conséquences.

Vent faible

Vent fort

9, boulevard Malesherbes
75008 Paris

Courant traversant
114, avenue Émile Zola
Michel HOUEIX

Façade en dépression Façade en pression 75739 Paris Cedex 15


figure 1
R EPRODUCTION INTERDITE SANS AUTORISATION DES ÉDITEURS

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