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PAT H O L O G I E D U B Â T I M E N T

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Les désordres
sur les peintures de sol
Décollements, craquelures, usure prématurée...
Les peintures de sol sont le siège de divers désordres mettant en cause
le choix du produit, sa mise en œuvre ou la qualité du support.

riots élévateurs, engins à roulettes dures, trafic piétonnier


continuel et dense.

Toujours du fait de leur faible épaisseur, les peintures n’ont


pas pour fonction de modifier la planéité du support, d’en
améliorer les propriétés mécaniques, ou de résister à sa
microfissuration.

Principales résines utilisées en peintures de sol :


Supports

alt pe
s
ue

ph ha
x

e
au

iq

As C
all
ér

is

ét
in

Bo
M

M
Produits utilisables

Dispersions à l’eau
(vinyliques) ■ ■
(acryliques)

Huile d’oxane ■ ■

Acrylique

en solution

Caoutchouc chloré ■ ■

Alkyde
■ ■ ■
Uréthanne
Les désordres sur les peintures de sol
ont des causes très variées.
Epoxy
■ ■
monocomposant

C omme pour tous les revêtements filmogènes, l’origine


des désordres sur les peintures de sol est liée :
Polyuréthanne
monocomposant
■ ■ ■

Méthacrylique
• aux conditions de mise en œuvre des produits, ■
monocomposant
• à la qualité des subjectiles recevant les peintures,
• à l’interaction subjectile/peinture, notamment en présence

d’humidité,
Epoxy uniquement
• aux soins apportés à la mise en œuvre. ■ ■
bicomposant à l’eau ou
sans solvant
Par ailleurs, si l’on rappelle que les peintures de sol, appli-
quées en 2 ou 3 couches, donnent des films d’épaisseur
Polyuréthanne
inférieure à 500 micromètres et que la résistance à l’abrasion ■ ■ ■
bicomposant
d’un revêtement dépend de son épaisseur, il ne faut pas faire
l’erreur, parfois commise à la conception, de confondre pein-
Méthacrylique
ture de sol et revêtement industriel auto-lissant (de 3 à 4 mm ■
bicomposant
d’épaisseur).
Urée formol
L’usage des peintures de sol doit être réservé aux ouvrages ■
catalyse acide
ne subissant pas de contraintes trop sévères du type cha-
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Du point de vue des applications, c’est le DTU 59-3 qui fixe Nota : les dalles béton massives, neuves, demandent de
les conditions de réalisation des travaux. façon générale, un minimum de 3 mois de séchage, dans de
Le tableau du chapitre 3-12 du CCT, notamment, indique bonnes conditions, avant d’être mises en peinture.
les prescriptions relatives à la qualité des supports neufs.

Caractéristiques Prescriptions Méthodologie


Béton (2) Mortier Bois Métaux De référence D’investigation
Humidité (en % de la masse sèche) h<4 h<4 H<4 Séchage à 70 °C Humidimètre capacitif
Toile plastique - Solution colorée
Porosité (durée d’absorption en seconde) 60 < à < 240 60 < à < 240 Essai à la goutte d’eau
Pulvérulence (cliché de référence 2 2 NF T 30-081 Ruban adhésif
à ne pas dépasser)
Cohésion superficielle (en MPa (1)) R>1 R > 0,5 NF T 30-062 Lavage sous pression
pH De 8 à 12 De 8 à 12 Solutions colorées
Degré de soin “Projections d’abrasifs” 3à2 Echelle européenne de décapage
par projection d’abrasifs
(1) 1 MPa = 100 N/cm 2 = 0,1 kg/cm 2. (2) Y compris les zones ragréées.
Outre les obligations du DTU, il est impératif que l’applicateur malaxage, petite ou grande vitesse), temps de mûrissement,
se conforme aux exigences de la fiche technique du produit délai d’utilisation de la peinture.
utilisé : mélange des composants (pourcentage, mode de

Pathologies des peintures et vernis de sols :


Constat Causes des désordres Remèdes

Film continu. Se décolle nettement du support Application sur support humide ou réhumidification Décaper toute l’épaisseur du film attaqué.
sans entraîner la moindre trace de ce dernier. du support. Le cloquage traduit un grand excès d’humidité. Vérifier le séchage du fond.
Cloques parfois (au début du sinistre notamment). Appliquer un fixateur avant nouvelle peinture.

Même manifestation. Incompatibilité physique avec le support : ancienne peinture, Eliminer l’agent étranger. Utiliser un primaire
Aucune trace d’humidité. surface cirée, produits de cure du béton, hydrofuges… spécifique ⁄ voir fabricant.

Le film s’écaille en entraînant la fraction Support insuffisamment préparé (pulvérulence, poudrage, glacis Décaper la totalité du film. Traiter le support
superficielle du support. non traités) ou de mauvaise qualité : (sablage, rabotage, consolidation…).
ragréage* “grillé”(mal hydraté : absorption, fortes chaleurs).

Rupture entre couches du système appliqué. Application différée de la dernière couche. Eliminer la dernière couche. Traiter la première
par ponçage, solvant, ou primaire spécial.

Film craquelé, s’écaillant par miettes, Produit bicomposant surcatalysé. Eliminer le film. Le reprendre en respectant
très rapidement après pose. la fiche technique.

Film d’aspect irrégulier : couleurs moirées. Mauvaise polymérisation du film. Produit bicomposant Décaper la totalité du revêtement.
Différences de brillant. Toucher mou. sous-catalysé, mal malaxé, ou mal dosé. Reprendre les travaux correctement.
Encrassable. Phénomènes généralisés. (Vérifier l’humidité du support également.)

Même manifestation, mais très locale. Non respect du temps de mûrissement Reprendre localement après décapage.
ou, au contraire durée d’utilisation dépassée.

Usure prématurée du film. Traces, rayures Mauvais choix de produit : inadapté aux contraintes. Sélectionner le bon système. Brosser,
Manque d’épaisseur : consommations non respectées. dépoussiérer, recharger.

Film bullé, sans cohésion. Craquelures. Application par trop fortes chaleurs. Eliminer le film défaillant avant reprise.

Craquelures. Fissures en étoiles. Bulles parfois. Consommations anormalement élevées. Eliminer le film avant reprise.

Aspect du film voilé, terne, mat, irrégulièrement. Application par forte hygrométrie. Poncer la surface, si bonne cohésion
Taches bleuâtres. (sinon éliminer le film) avant reprise.

Détrempe, remontées colorées, aspect poisseux, Incompatibilité avec anciens fonds peints Eliminer l’ensemble avant les reprises.
manque de brillant. (ou chape asphalte). Réaction chimique ou de solvatation. Questionner le fabricant pour un éventuel
Désordres très rapides après l’exécution. primaire spécifique.

* Rappelons que seuls sont autorisés, sous les peintures de sol,


les ragréages de classe P3.

L’essentiel des vrais désordres sur peintures de sol provient


du non respect des Règles de l’Art, d’une part et du non res- 9, boulevard Malesherbes
pect des recommandations des fiches techniques des pro- 75008 Paris
duits utilisés, d’autre part.
La non qualification de l’entreprise chargée des travaux,
une mauvaise reconnaissance des fonds avant exécution, et
les délais déraisonnables souvent imposés à l’applicateur 114, avenue Émile Zola
Michel HOUEIX

(causes essentielles des problèmes d’humidité en travaux 75739 Paris Cedex 15


neufs) se retrouvent très souvent retenus dans les rapports
d’expertise et les jugements de tribunaux. R EPRODUCTION INTERDITE SANS AUTORISATION DES ÉDITEURS