Vous êtes sur la page 1sur 2

PAT H O L O G I E D U B Â T I M E N T

60
Chute de pierres minces
attachées
Les revêtements en pierres minces dures ont toujours été utilisés pour dissimuler des maçonneries
de façade beaucoup moins présentables. Cette technique, qui associe des matériaux différents,
impose d’attacher le parement au mur porteur par divers procédés.
Aujourd’hui, ceux-ci relèvent du DTU 55.2 NFP 62.202-1 et 2, édition octobre 2000,
et certaines attaches des AT du GS n° 1.

Les caractéristiques importantes des matériaux sont


les mêmes.
Pierres (XPB 10.601)
• Masse et dimension des pierres
(surface max. 1 m2, L ≤ 1,40 m).
• Porosité et résistance au gel.
• Coefficient de dilatation thermique, coefficient d’absorption
␣ du rayonnement et gonflement à la reprise d’eau.
Attaches
• Caractéristiques mécaniques et anticorrosion des attaches
(§ 4.3, 4.4 et 4.5 du DTU).
Mur porteur
• Cohésion (résistance caractéristique ≥ 15 MPa), compati-
bilité avec les attaches au point de vue anticorrosion (béton
exempt de composés chlorurés).
Attention à la nature pétrographique des pierres : toutes
n’offrent pas un vieillissement acceptable quand elles sont
débitées en pierres minces et exposées aux intempéries
(ex : schistes, certains marbres, etc.).
Désordres
Parements à joints calfeutrés
Chute d’une pierre d’angle sur la chaussée. Le principal désordre est la mise en compression des pierres
avec ses conséquences : dégradations des joints (avec
risques de rétention d’eau derrière le parement et gel),
dégradation des pierres aux attaches (en général agrafe
avec polochon), ou aux points faibles (veines ou fils, pierres

L a qualité de la liaison entre la pierre dure de parement et


l’élément porteur est fonction de la nature des attaches et de
étroites mal tenues ou mal collées).
On pense, à tort, que la pierre, matériau naturel, est beau-
coup plus stable que les produits élaborés par l’homme ; les
la façon plus ou moins aisée dont elles se fixent d’une part variations dimensionnelles des pierres sous les effets du
dans les pierres, et d’autre part, dans les structures por- soleil ou de la pluie sont très variables et peuvent être plus
teuses, qui peut être une ossature intermédiaire métallique. importantes que celles du béton ou de la céramique, d’où la
Il y a deux grandes familles d’attaches : celle des agrafes nécessité de joints souples efficaces, en partie courante et
scellées ou chevillées, avec polochon, toujours utilisées, et aux accidents de façade.
celle des pattes à ergot.
Quant au parement, il est à joints libres, ou, au contraire, Coefficient de dilatation linéaire des roches.
les pierres sont rejointoyées en laissant des joints souples
␮m/m/°C -5 0 5 10 15 20
pour permettre la dilatation.
Grès
Ces techniques posent donc les problèmes suivants : Calcaires
Travertins
• Résistance aux attaches des pierres de parement (NFB Dolomies
10.514).
• Résistance du support à la fixation de celles-ci (§ 4.4 du Ardoises
DTU - tableau de compatibilité entre attaches et support, Schistes
et cahier du CSTB n° 1661 du 7.8.1980). Quartzites
Gneiss
• Résistance de l’attache aux efforts et à la corrosion. Serpentinites
• Fiabilité de la mise en œuvre. Marbres calcaires
Marbres dolomitiques
Les sollicitations auxquelles ce revêtement est exposé sont
Granites
les mêmes que dans la fiche précédente (n° 59) : les effets Basaltes
du climat avec, en plus, les risques de corrosion atmosphé- Tufs volcaniques
rique sur les attaches métalliques.
Extrait CTB n° 167 12.95
PAT H O L O G I E D U B Â T I M E N T 60
Attache métallique réglable chevillée au support Agrafe scellée

Polochon

≥ 25 mm

≥ 5 mm

1/2 1/2 ≥ 50 mm

La résistance des fixations Défauts du support


présente deux types de défauts : • Mauvaise tenue des chevilles ou attaches, situées trop
• La pierre n’a pas la résistance suffisante aux points de fixa- près du bord ou au voisinage d’armatures.
tion de l’agrafe ; elle supporte le poids de la pierre corres- • Défauts ou absence de fixations. C’est en particulier le cas
pondante et les effets du vent sur celle-ci, mais pas la mise des petites pierres mal fixées ou mal collées.
en charge par les joints d’une partie importante du pare- Conclusion : Cette technique nécessite la connaissance
ment comprimé. précise de la nature pétrographique de la pierre choisie et de
• La résistance aux attaches de la pierre est bonne, mais ses caractéristiques, en particulier le coefficient de dilatation
l’agrafe est mal posée ou absente, défaut invisible sur le thermique et le gonflement à l’eau, et pour certaines
parement. Ceci n’est pas rare dans les zones difficiles (marbres, granites...), la susceptibilité à la décohésion gra-
(tableau et voussure de baie, arête...). nulaire.
Les pierres sont en principe tenues par quatre agrafes (deux Il convient de préférer la pose à joints libres, en particulier
porteuses et deux antidéversement), mais pour les pierres avec les pierres foncées, mais surtout de respecter méticu-
étroites, il n’y en a souvent que deux ou un simple collage, leusement, tant pour les concepteurs que les poseurs, les
fixations qui doivent être sans défaut. Règles de l’Art, et de contrôler à la pose les points délicats
(arêtes, encadrements de baies, joints souples...).
Les autres désordres concernent les points suivants :
• Plaques fixées de part et d’autre d’un joint de structure
(joints de dilatation ou joints d’acrotère et liaison entre Leçons
matériaux différents (§ 8.1.1 du DTU) ). 1. La chute ou la menace de chute, d’une pierre fis-
• Fragilité au choc des parties basses (NFP 08.301). surée ou présentant des éclats aux attaches, présente
un risque grave pour les personnes circulant aux
Parements à joints ouverts abords de la façade. Il appartient alors au maître
Cette technique plus sûre évite le report des charges entre d’ouvrage et à ses conseils, de prendre les disposi-
pierres, elle utilise surtout les pattes à ergot, ce qui permet tions conservatoires pour éviter un accident (protec-
l’isolation par l’extérieur. tion des accès, interdiction des abords...).
Les pattes sont, soit scellées, soit chevillées, imposant une
implantation très rigoureuse. Pour certaines, le réglage est 2. Il est très difficile de se prononcer sur la sécurité du
possible, ce qui impose alors des dispositifs antiglissement, revêtement, en particulier si les joints sont calfeutrés.
un serrage parfait, et une grande rigidité, surtout avec l’iso- la présence des attaches est décelable (détecteur de
lation par l’extérieur. métaux), mais la qualité de la fixation ne peut être
vérifiée qu’en déposant la pierre.
Mise en compression
Elle est encore constatée dans deux cas : 3. La mise en sécurité des zones douteuses ou, sou-
• Les pattes sont trop souples et fléchissent sous le poids vent, de la totalité, peut se faire par cloutage (§ 7.5.3
des plaques (surtout quand le parement est très écarté du du DTU).
mur porteur).
• Lors de la pose, les pierres sont calées et ces cales, sou-
vent dures, ne sont pas retirées après la pose.

Défaut dans la pierre aux points d’attache


Il s’agit d’éclats ou de fissures au voisinage des trous forés 9, boulevard Malesherbes
dans la pierre, dus à plusieurs causes que la mise en com- 75008 Paris
pression :
• Mauvaise implantation des pattes.
• Mauvais perçage.
• Défaut de la pierre (résistance aux attaches insuffisante, 114, avenue Émile Zola
Michel HOUEIX

ponctuelle ou plus générale). 75739 Paris Cedex 15


• Efforts à la mise en œuvre ou en service (nacelle d’entre-
tien des façades). R EPRODUCTION INTERDITE SANS AUTORISATION DES ÉDITEURS

Vous aimerez peut-être aussi