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Institut National du Bâtiment

et des Travaux Publics

Mécanique des Fluides et Hydraulique General


Ecoulement des fluides réels

Par Prof. Dr. Ndamuso

Janvier 2020
Note sur l’ensemble du cours
➢Le cours a été subdivisé en 10 modules
▪ NB: Certains modules ont une grande pondération que d’autres
➢Les modules sont représentés/expliqués à l’aide des différents diapos
• Incluant des recherches faites à l’aide des apports des éléments scientifiques
➢Faisant recours à:
1. Des livres et des cours des auteurs scientifiques reconnus
2. Des journaux scientifiques publiés
3. Des liens des sites scientifiques plausibles publiés sur internet
4. Des apports des expériences personnelles du Professeur
➢Dans le cas (1) à (3), des références sont ajoutées sur le bas des pages
• Pour permettre aux étudiants de pouvoir revoir les ouvrages utilisés par le
professeur
• Des recommandations sont aussi énumérées à la fin du module, souvent incluant les
livres/ouvrages/liens utilisés par le professeur lors de la préparation du cours
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Plan du Cours

I. Caractéristiques des fluides VII. Caractéristiques et régimes des écoulements

II. Hydrostatique VIII. Equation de l’Energie

III. Cinématique des fluides Parfaits IX. Ouvrages de contrôle

IV. Dynamique des fluides parfaits X. Introduction aux écoulements transitoires

V. Ecoulement des fluides réels

VI. Ecoulements en conduites sous pression


Ecoulement des fluides réels

• Viscosité des fluides

• Expérience de Reynolds

• Loi de Poiseuille-Hagen

• Écoulement turbulents

• Etude des couches limites

• Efforts sur les obstacles


Écoulement des fluides réels
➢Viscosité des fluides
▪ Le viscosimètre est constitué de deux cylindres coaxiaux
▪ L'un est mis en rotation avec la vitesse angulaire ω.
▪ L'autre est entraîné par les forces de viscosité et est maintenu immobile par l'application d'un couple C.
▪ L'espace entre les deux cylindres est faible et rempli du fluide dont on veut mesurer la viscosité.
▪ On appelle R1 et R2 les rayons des cylindres et e la différence R1 – R2.
▪ e est très petit de telle façon que l'on puisse considérer la répartition des vitesses comme linéaire
entre les cylindres.
▪ On montre que la force de frottement est proportionnelle au gradient de vitesse soit
Écoulement des fluides réels
▪ Le coefficient de proportionnalité μ est appelé viscosité dynamique du fluide
▪ V/e représente le gradient de vitesse d’une particule de fluide en contact avec une paroi a sa vitesse.

▪ Vitesse d'une particule de fluide en contact avec la paroi mobile :


𝑽 = 𝑹𝟏 𝝎

▪ Vitesse de la particule en contact avec la paroi immobile : zéro

▪ Comme la répartition des vitesses est linéaire, le gradient de vitesse est égal à

𝑽−𝟎 𝑽
=
𝒆 𝒆

▪ L'expérience de Couette permet la mesure du coefficient de viscosité par la mesure du couple C :


Écoulement des fluides réels
➢Viscosité cinématique
▪ 𝜇 : viscosité dynamique
▪ 𝜌 : masse volumique du fluide
▪ Dimensions : 𝑣 =𝐿−2 𝑇 −1
▪ Unités : système international : m2.s-1, système CGS : le stokes symbole : st

1𝑚2 . 𝑆 −1 =104 st

▪ Le rapport entre la viscosité dynamique et la masse volumique est appelée viscosité cinématique.
▪ Variations de la viscosité dynamique avec la pression
▪ Cas des liquides

▪ Influence de la pression

▪ Avec 𝜇𝑝 et 𝜇0 les viscosités aux pressions P et 𝑃0


▪ Pour les huiles minérales, a = 1.003
𝑇0 𝑚
▪ Influence de la température 𝜇 = 𝑒 𝑇 𝑙𝑜𝑔𝜇0 avec 𝜇0 la viscosité a la température 𝑇0
Equation de mouvement d'un fluide incompressible réel
➢Pour connaître la loi de comportement du fluide, il est indispensable de préciser
la relation existant entre le tenseur des contraintes et le tenseur des taux de
déformation.
➢Fluide de Stokes
▪ Le tenseur des contraintes est une fonction continue des taux de déformation et de l'état
thermodynamique local. Il est indépendant de la rotation et de la translation de l'élément de
fluide.

▪ Conséquences :
▪ Le fluide n'est pas élastique
▪ Le fluide est homogène (le tenseur des contraintes ne peut pas dépendre explicitement des
coordonnées)
▪ Le fluide est isotrope
▪ Lorsque 𝑇ധ = 0 le tenseur des contraintes se réduit à celui créé par une pression
hydrostatique.
Equations de Navier-Stokes
➢ D'un point de vue Lagrangien, le théorème des quantités de mouvement s'écrit :
▪ la dérivée du torseur des quantités de mouvement d'un domaine de fluide que l'on suit dans son
mouvement = à la somme des forces extérieures appliquées au domaine.

▪ Cette égalité entre deux torseurs conduit naturellement à deux égalités vectorielles :
▪ l'égalité des résultantes générales des torseurs
▪ l'égalité des moments résultants des torseurs.
▪ Ces égalités fournissent les équations dynamiques et les équations de moment.
Égalité des résultantes générales

Égalité des moments résultants

▪ M est un point dans le volume, N est un point sur la surface, O est un point fixe dans le repère galiléen (par
exemple l'origine)
▪ Le projection de la première de ces relations dans le repère donnera les équations dynamiques locales.
Equations de Navier-Stokes Equation locale
▪ Projetons l'équation représentant l'égalité des résultantes sur trois axes trirectangulaires, on
obtient trois équations intégrales

▪ où 𝑢𝑖 𝐹𝑖 𝑇𝐼 sont respectivement les projections de la vitesse, de la densité volumique de force et de la


force superficielle.

▪ L'objectif est de transformer cette relation pour obtenir une équation locale (vraie en chaque
point du fluide) représentant l'équation dynamique.
Équations de Navier-Stokes Écoulements rampants
➢ Ce sont des écoulements à très faibles vitesses, dans ce cas les forces de viscosité sont très supérieures aux forces
d'inertie

➢ L'équation de Navier Stokes devient

▪ Ici ρgz est le potentiel U lorsque les forces de volume se réduisent aux forces de pesanteur.
▪ En utilisant l'identité vectorielle :

▪ Le fluide est incompressible donc div𝑉 = 0


▪ En remplaçant le laplacien par sa valeur on obtient :

▪ Prenons la divergence des deux membres

▪ Un écoulement rampant est un écoulement qui obéit à l'équation de Laplace, on dit qu'il est à potentiel des
pressions
Equations de Navier-Stokes - Notion de perte de charge

➢Hypothèses
▪ L'écoulement est permanent :

▪ Les forces de volume se réduisent à la pesanteur :

▪ Le fluide est incompressible :


Equations de Navier-Stokes - Notion de perte de charge
➢Écrivons l'équation de Navier Stokes

▪ Prenons la circulation élémentaire sur une ligne de courant :

Variation de charge

▪ Ce résultat montre que la charge totale de l'écoulement n'est pas constante le long d'une ligne de courant.

ce terme représente la perte de charge linéaire le long de la ligne de courant en J.m-3


Equations de Navier-Stokes

➢ NB: Résoudre les équations de Navier Stokes est souvent impossible en particulier pour les
écoulements turbulents.
▪ On ne trouve des solutions exactes que dans des cas particuliers de mouvements lents de fluide et dans
des conduits de faibles épaisseurs
➢ Méthode
▪ On choisit le système de coordonnées qui convient à la symétrie du problème
▪ On projette l'équation de Navier Stokes dans le repère
▪ On tient compte des symétries (certains termes s'annulent)
▪ On tient compte de l'équation de conservation de la masse (div = 0)
▪ On obtient une équation différentielle qu'il faut intégrer
▪ L'intégration fait apparaître des constantes que l'on détermine à l'aide des conditions aux limites
Ecoulement dans un conduit bidimensionnel
➢ Hypothèses
▪ On considère un conduit bidimensionnel infini, d'épaisseur 2b faible,
l'axe x coïncide avec l'axe de symétrie du conduit.
▪ Le fluide est considéré comme newtonien, incompressible en
écoulement stationnaire (permanent) selon l'axe x.

▪ On choisit un repère cartésien, la projection de l'équation de Navier Stokes donne :

▪ Symétrie : dans tout plan xOy, on a le même profil


donc w = 0
▪ Il n'y a pas de composantes de la vitesse suivant y
donc v = 0
▪ L'équation de continuité div 𝑉 = 0 impose
Ecoulement dans un conduit bidimensionnel
➢ Équation différentielle
▪ On projette l’équation de Navier-Stocks sur les axes de coordonnés
▪ Comme l'épaisseur est faible, on peut considérer que le terme
représentant les forces de pesanteur est négligeable.
▪ On obtient une équation différentielle simple a intégrer.

➢ Le profil des vitesses dans le conduit est donc donné par la résolution de l'équation différentielle suivante :

Comme u ne dépend que de y, on peut remplacer la dérivée partielle de la


vitesse par une dérivée totale.

𝜕𝑃
avec 𝜇 et des constantes
𝜕𝑥

En intégrant deux fois on obtient :


Ecoulement dans un conduit bidimensionnel
➢ Détermination du gradient de pression
▪ K et K' sont des constantes d'intégration, elles sont déterminées grâce aux conditions aux limites sur la
vitesse (une particule de fluide en contact avec une paroi possède la vitesse de la paroi)

𝒖 𝒃 = 𝒖 −𝒃 = 𝟎

On obtient : 𝟏 𝝏𝑷 𝟐
𝒌 = 𝟎 𝒆𝒕 𝑲′ =− 𝒃
𝟐𝝁 𝝏𝒙
Ecoulement dans un conduit bidimensionnel

▪ Le gradient de pression peut être évalué, en effet si on néglige les forces de pesanteur :

▪ donc

▪ On peut donc écrire en appelant P1 et P2 les pressions à l'entrée et à la sortie de la conduite :

▪ l est la longueur de la conduite, P1 >P2.

Il suffit de mesurer les pressions correspondantes pour déterminer le gradient de pression.


Ecoulement dans un conduit bidimensionnel

➢Vitesse moyenne de l'écoulement


▪ La vitesse moyenne de l'écoulement est définie par :

▪ S : section du conduit, 𝑞𝑉 : débit en volume

▪ Le débit en masse par unité d'aire :

▪ Pour le conduit bidimensionnel, on trouve :

▪ La vitesse maximale :

▪ La vitesse moyenne :

▪ Le débit en masse par unité d'aire :


Ecoulement de Poiseuille
▪ Hypothèses
▪ On étudie l'écoulement d'un fluide visqueux, incompressible, newtonien, à vitesse lente. Le conduit est
cylindrique de rayon R petit. L'écoulement est permanent dans la direction z.

▪ La pesanteur est négligée, la symétrie du conduit impose l'utilisation des coordonnées cylindriques
(r,θ,z) les composantes correspondantes de la vitesse sont (u, v, w).

Equation de Navier Stokes en coordonnées cylindriques

Direction radiale

Direction tangentielle

Direction Axial

Equation de continuité
Écoulement de Poiseuille
▪ L'équation différentielle devient :

▪ Les conditions aux limites sont : 𝜔=0 pour r = 𝑅 et 𝜔(0) est fini.

▪ L'intégration donne :

En tenant compte des conditions aux limites, on a

▪ Le profil des vitesses est parabolique et le gradient de pression


- dP / dz est (P - P ) / l
▪ on le suppose connu par la mesure des pressions à l'entrée et à la sortie de la conduite.
La loi de Poiseuille- Hagen
▪ la vitesse est maximale sur l'axe de la conduite :

𝑞𝑣
▪ La vitesse moyenne est :
𝑠

▪ Le débit en volume est :

▪ Soit
Force de frottement sur la paroi

▪ La force de frottement par unité de surface sur la paroi est :

▪ Pour toute la surface, on obtient :

𝑭 = 𝑺∆𝑷
Le nombre de Reynolds
➢Perte de charge linéaire
▪ Hypothèses : conduit cylindrique de diamètre D. On étudie l'écoulement permanent
d'un fluide incompressible visqueux. L'écoulement est suivant z.

▪ Par définition la charge totale de l'écoulement est :

▪ Cette charge (l'énergie par unité de volume) diminue le long d'une ligne de courant.

▪ La perte de charge est en général exprimée en mètre soit :


Le nombre de Reynolds
➢Cas de l'écoulement de Poiseuille
▪ La vitesse moyenne s'écrit :

▪ La variation élémentaire de charge sur un élément de ligne de courant est égale à :

▪ L'intérêt de cette écriture est de mettre en évidence des nombres sans dimension :

▪ Le coefficient de perte de charge linéaire λ a cette expression uniquement pour les


écoulements lents dits laminaires.

▪ Entre deux points de la conduite :

▪ On peut calculer la puissance dissipée par frottement :


Le nombre de Reynolds

▪ On peut calculer la puissance dissipée par frottement :

▪ Le nombre de Reynolds est un nombre sans dimension qui permet de fixer les limites d'application des
modèles d'écoulement admettant un régime laminaire.

▪ Pour une conduite circulaire de diamètre D le nombre de Reynolds s'écrit :

▪ Le nombre de Reynolds est proportionnel au rapport entre les forces d'inertie par les forces de viscosité.
Mise en évidence des régimes d'écoulement

▪ Un colorant permet de visualiser le régime,

▪ La différence des pression a l’entrée et a la


sortie permet de définir
▪ Le Régine a laminaire quand le colorant ne se
mélange pas a l'eau.

▪ Quand on augmente la vitesse, le colorant se


mélange au fluide, l’écoulement est turbulent
Ecoulement des fluides réels
▪ Exercice
▪ On considère un fluide incompressible de viscosité dynamique μ, de masse volumique ρ au
dessus d'une plaque plane d'étendue infinie.
▪ Cette plaque effectue un mouvement oscillatoire dans son propre plan. A cause de la
viscosité du fluide, des oscillations longitudinales sont engendrées dans le fluide au dessus de
la plaque.

▪ Dans ce cas, la vitesse d'un point M du fluide n’a


▪ qu'une composante u suivant l'axe x
▪ cette composante ne dépend que de z et du temps t (u = u(z,t)) où z est l'axe vertical dans un
repère d'inertie.

▪ Les conditions aux limites sont les suivantes :

▪ pour z = 0, u(0,t) = Uexp(iωt) où U est l'amplitude de la vitesse de la plaque et ω la pulsation


des oscillations.

▪ pour
Ecoulement des fluides réels
➢Problème de Stockes
▪ Question
▪ 1 Déterminer l'équation différentielle à laquelle obéit la vitesse u(z,t)
On posera ν = μ/ρ où ν est la viscosité cinématique

▪ 2 Trouver la solution de cette équation. Pour ce faire, on procédera par la méthode de


séparation des variables en posant :

▪ où f(t) est une fonction ne dépendant que de t et de g(z) une fonction ne dépendant que de
z.
Ecoulement des fluides réels
▪ 3 En notant que

▪ calculer la distance caractéristique δ pour laquelle l'amplitude est amortie à 1/e de sa valeur en z = 0.

▪ 4 Le déplacement longitudinal qu'effectue la plaque est donnée par :

▪ a Calculer le rapport δ/L.

▪ b Quelle est la signification de ce rapport ?


Ecoulement des fluides réels

▪ Solution
▪ 1. On écrit l'équation de Navier Stokes dans le cas présent :

▪ Après quelques calculs on obtient :

▪ Les termes en couleur sont nuls :


▪ u ne dépend que de z et t.
▪ Le mouvement est oscillatoire suivant x.
▪ V n'a pas de composante verticale.
▪ On obtient donc :
Ecoulement des fluides réels
▪ Solution
▪ 2. On pose U(z,t) = f(t).g(z). On peut alors écrire notre équation :

▪ Ce qui nous donne les solutions suivantes :

▪ Avec les conditions aux limites

▪ On à alors

▪ Avec la condition à la paroi 𝜇 𝜃, 𝑡 = 𝑈𝑒𝑥𝑝 𝑖𝑤𝑡 , on obtient :


Ecoulement des fluides réels

▪ Solution
▪ 3. On remarque que :

▪ On obtient alors :

▪ On a donc un mouvement oscillatoire du fluide au dessus de la plaque (amorti


avec la distance par rapport à la plaque).

▪ On vérifie que pour


▪ l'amplitude est amortie à 𝑙/𝑒 de sa valeur en z=0.
Ecoulement des fluides réels

▪ Solution 4.a.
▪ Le calcul est simple.

▪ 4.b.
▪ On a donc
▪ L'effet de la viscosité est limité à une couche d'épaisseur relative inversement
proportionnelle à la racine carrée de R.
Ecoulement des fluides réels

• Expérience de Reynolds

• Loi de Poiseuille-Hagen

• Ecoulements en milieu poreux

• Écoulement turbulents

• Etude des couches limites

• Efforts sur les obstacles

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