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COURS D’ECONOMIE A L’INTENTION DES CANDIDATS AU

CONCOURS DE L’ENAM
Extrait du Bréviaire d’Economie pour candidats à l’ENAM, 4ème édition
Par
Fabrice ASSOUMOU ZAMBO
Inspecteur des Prix Poids et Mesures
Doctorant en sciences économiques, Université de Yaoundé II-soa
E-mail : fabriceassoumouzambo@yahoo.fr

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Première partie : Considérations d’ordre générale
Thème 1 : Méthodologie de la dissertation économique au concours de
l’ENAM
Thème 2 : Les grands courants de pensée ou théories économiques

Deuxième partie : Analyse des principaux problèmes économiques


des pays
Thème 1 : La croissance économique

Thème 2 : Le développement

Thème 3 : Le sous-développement et la pauvreté

Thème 4 : Le chômage et l’emploi

Troisième partie : Grands thèmes d’actualité économique au


Cameroun

Thème 1 : Le partenariat public privé au Cameroun

Thème 2 : La régulation de l’Economie par l’Etat

Thème 3 : Les accords de partenariat économique (APE) : une analyse en

contexte camerounais

Thème 4 : L’Economie numérique au Cameroun

Thème 5 : Le budget de l’Etat

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THEME 2 : LES GRANDS COURANTS DE PENSEE OU THEORIES
ECONOMIQUES

Le mot économie inventé en 1615 par le mercantiliste Antoine de Montchrestien a


une origine étymologique de deux mots grecs : « oikos » et « nomos » qui signifient la
gestion de la maison. Cette conception fut élargie à l’administration de la cité toute entière.
Pourtant, pour gérer les hommes, il faut gérer les ressources ; or, celles-ci sont rares. La
science économique étudie donc la manière donc les ressources sont allouées et réparties entre
les individus dans la société. C’est pourquoi on la considère comme la science de la gestion
des ressources rares en vue du bien être général. Mais aucune définition ne saurait être
complète pour être universalisée. C’est ainsi que John Stuart Mills considère l’économie
comme la science pratique de la production, de la consommation et de la distribution des
richesses. L’économiste français Germain Garnier quant à lui pose que l’économie est une
« science de la richesse » c’est-à-dire, une science qui étudie comment la richesse doit être le
plus rationnellement produite, échangée, repartie, employée dans l’intérêt des individus et de
la société toute entière.
Tout bien considéré, l’économie est donc partout et chaque jour, les sujets
économiques occupent une place importante dans les médias, de sorte que certains disent que
l’économique a pris le pas sur le politique. Parmi les problématiques soulevées par cette
discipline, nous avons par exemple : la croissance, le chômage, le développement, l’emploi,
l’émergence, la pauvreté, les investissements, etc. L’économie a donc à traiter de multiples
questions :
- certaines ont trait aux individus ou aux groupes d’individus. C’est la
microéconomie qui étudie le comportement des agents économiques pris
individuellement (individus, ménages, entreprises…) ;
- d’autres questions ont trait à l’économie dans son ensemble, sans distinction des
entités qui la composent. C’est la macroéconomie qui s’intéresse au
comportement de l’économie dans son ensemble et à celui de variables agrégées
telles que le chômage global, la production totale, la croissance de l’économie, le
niveau général des prix…
Aussi, l’économie, en tant que discipline, est bâtie sur un ensemble de théories
fournissant des explications alternatives aux problèmes économiques contemporains.
L’histoire de la pensée économique permet de mettre en évidence plusieurs théories ou
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courants de pensée économique. La présente thématique consiste à analyser quelques-unes en
insistant sur le courant libéral (A), le courant keynésien (B) et le courant monétariste (C).

A. Le courant libéral

Il convient d’abord d’évoquer les précurseurs du courant libéral (1) avant de présenter les
différentes théories de ce courant (2).

1. Les précurseurs du courant libéral


Le mercantilisme et la physiocratie sont les deux écoles de pensée qui peuvent être
considérées comme étant les précurseurs du courant libéral.

a. Mercantilisme
Représentants : Jean Bodin, Antoine de Montchrestien, Jean Baptiste Colbert, Robert
Cantillon, David Hume, William Petty.

Pour ce courant monarchique, la richesse et la puissance d’un Etat reposent sur la richesse
et la puissance de son prince. Il faut donc à tout prix vendre en achetant le moins possible
pour permettre une entrée d’or dans le pays. Ce courant prône donc le commerce.

b. Physiocratie
Représentants : François Quesnay, Mirabeau, Dupont de Nemours, Robert Turgot

Les physiocrates reconnaissent déjà les bienfaits de la propriété privée mais restent tout de
même pré-libéraux à cause de leur considération que l’agriculture est la seule activité
productive car la production agricole étant supérieure à la « richesse avancée », on peut
dégager un résultat net ce qui n’est pas le cas de l’artisanat par exemple qui ne fait que
transformer la richesse sans l’augmenter. Pour les physiocrates, les artisans ont donc une
activité stérile.

2. Principales théories du courant libéral


D’une manière générale, les libéraux estiment que l’Etat perturbe le marché qui doit se
réguler par lui-même. Chaque individu cherche à satisfaire son intérêt personnel en
s’appuyant sur la propriété privée. Le courant libéral est composé de la théorie classique et de
la théorie néoclassique.

a. La théorie classique

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Les fondateurs de cette théorie sont : Adam Smith, David Ricardo, John Stuart Mills,
Jean Baptiste Say et Thomas Robert Malthus. Ces auteurs sont pour le libre-échange et
pensent que l’Etat ne devrait pas intervenir dans la sphère économique au même titre que les
entreprises privées. Son rôle doit se limiter à ses missions régaliennes (justice, police, armée,
diplomatie, émission de la monnaie). On parle ainsi de l’Etat non interventionniste ou de
l’Etat gendarme ou encore de l’Etat régulateur.

b. La théorie néoclassique
Les principaux auteurs de ce courant sont : Carl Menger, Stanley Jevons et Léon
Walras. Bien qu’ils approfondissent et rénovent la pensée classique, ces derniers défendent
les mêmes idées que les auteurs classiques. Les questions qui les intéressent sont entre autres :
comment se forment les prix des biens et des facteurs de production ? Comment la richesse
produite est-elle répartie entre les facteurs de production ? (Salariés, propriétaires, Etat).

B. Le Courant keynésien
Ce courant a pour chef de file John Maynard Keynes. Dans son livre intitulé Théorie
générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie publié en 1936, cet économiste britannique
s’oppose au courant libéral et pense que le marché, livré à lui-même, peut générer des crises
et du chômage. L’Etat devrait donc intervenir dans la sphère économique au même titre que
les entreprises privées afin d’assurer le plein emploi et soutenir la croissance. Ainsi, l’Etat
peut relancer la croissance économique en augmentant ses investissements (dépenses
publiques d’investissement) ou en favorisant la consommation (à travers la diminution des
impôts ou l’augmentation des transferts sociaux) : c’est un Etat interventionniste ou un Etat
providence.

C. Le monétarisme
Le monétarisme est né dans les années 1950 et il se pose comme une alternative à
l'analyse keynésienne. Son chef de file est Milton Friedman, prix Nobel d’économie en
1976. L'essentiel de l'analyse monétariste réside dans l'excès d'émission monétaire comme
explication centrale de l'inflation. La lutte contre l'inflation repose donc sur la politique
monétaire.

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THEME 3 : LA CROISSANCE ECONOMIQUE

La croissance économique constitue, pour un pays, un enjeu de première importance


car c'est elle qui conditionne l'amélioration du niveau de vie de ses habitants. Elle représente,
pour les pouvoirs publics, l'objectif principal de la politique économique. En effet, le taux de
croissance économique apparait chaque année comme un indicateur de réussite ou d’échec
pour un pays donné. On peut définir la croissance économique comme l'augmentation
soutenue, sur une période longue, de la production de biens et de services d'un pays.
Pour l’économiste français François Perroux, la croissance est définie comme
« l’augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues d’un indicateur de
dimension, pour une nation, le produit global net en termes réels ». Elle est mesurée
quantitativement par l’augmentation du produit intérieur brut (PIB) exprimé en termes réels.
L’analyse du concept de croissance que nous nous proposons de faire ici appelle cinq (5)
principaux arrêts à savoir :
- typologie de croissance économique (I) ;
- sources ou facteurs de la croissance économique (II) ;
- bien-fondé et limites de la croissance économique (III) ;
- les conditions pour faire de la croissance économique un levier du
développement (IV);
- principaux freins à la croissance économique des pays d’Afrique noire (V).

I. TYPOLOGIE DE CROISSANCE ÉCONOMIQUE

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Selon l'utilisation qui est faite des facteurs de production et des fruits même de la
croissance économique, on distingue : 
- la croissance extensive : elle renvoie à une augmentation du PIB réel due à
l’augmentation du volume des facteurs de production.
- la croissance intensive : elle désigne une augmentation du PIB réel sans
augmentation du volume des facteurs de production. Elle correspond à des gains de
productivité obtenus par des changements structurels, l’amélioration de la qualité, la
rationalisation des méthodes, etc.
- la croissance appauvrissante: mise en exergue par l’économiste indo-américain
Jagdish Bhagwati, elle désigne une croissance qui ne parvient pas à satisfaire les
besoins de la population. De manière plus simple, on assiste à une augmentation de la
richesse nationale (PIB) mais, cet accroissement entraine plutôt une stagnation voire,
une aggravation de la pauvreté. Elle est caractérisée par un taux faible, une mauvaise
redistribution et une augmentation des inégalités;
- la croissance enrichissante: comme son nom l’indique, c’est une croissance de
prospérité. Celle-ci s’accompagne d’une modernisation des infrastructures, de la
bonne redistribution et de la réduction de la pauvreté. Bref, cette croissance entraine
une amélioration des conditions de vie des populations.

II. LES PRINCIPAUX FACTEURS DE LA CROISSANCE 


Une meilleure présentation des sources de la croissance peut être faite en distinguant
l’analyse traditionnelle (A) de l’analyse moderne (B).

A. L’analyse traditionnelle des sources de la croissance


Traditionnellement, la croissance économique dépend de l’utilisation des facteurs de
production. Les différences dans l’accumulation des facteurs de production expliquent la
diversité des taux de croissance. Ces facteurs de production sont le capital et le travail.
Le facteur travail renvoie à la quantité de travail utilisé, il est donc lié à la population
active ainsi qu’à la durée du travail, mais aussi à la qualité du travail et au savoir-faire
accumulé par le travailleur (ce qu’on appelle le capital humain).
Le facteur capital regroupe les biens ou services qui peuvent être utilisés lors de
plusieurs cycles de production. On peut distinguer : le capital physique (les machines, des
outils, des matériels de transport, des bâtiments, le matériel de communication, etc.), le capital
humain, le capital naturel, le capital financier, le capital technologique, etc.

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B. L’analyse moderne des sources de la croissance

Inspirée des théories de la croissance endogène, l’analyse moderne de la croissance


économique distingue 4 facteurs qui se rapportent tous au capital :
- le capital physique constitué des équipements et biens de production ;
- le capital technologique ou immatériel formé d’un ensemble de connaissances
relatives aux activités associées à la production et à la transformation des matériaux ;
- le capital humain : mis en évidence par deux économistes de l’Ecole de Chicago,
Theodor Schultz et Gary Becker, et est au centre des études menées par Lucas (1988).
Il désigne le stock de connaissances valorisables économiquement et incorporées aux
individus c’est-à-dire les qualifications, l’état de santé, l’hygiène et l’alimentation.
Tous ces éléments accroissent leur efficacité productive ;
- le capital public : il correspond aux infrastructures réalisées par l’Etat qui sont au cœur
du modèle élaboré par Barro (1990). En théorie, le capital public n’est qu’une forme
de capital physique. Il résulte des investissements opérés par l’Etat et les collectivités
locales. Le capital public comprend également les investissements dans les secteurs de
l’éducation et la recherche.

III. BIEN FONDÉ ET LIMITES DE LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE

Nous présentons d’abord l’importance de la croissance pour un pays (A) avant de


formuler les limites de celle-ci (B).

A. De l’importance de la croissance économique pour un pays

 La croissance économique, c’est à dire l’augmentation de la production des richesses, est
favorable à une amélioration du bien-être social des populations, au renforcement de la
cohésion sociale et à l’affermissement du processus démocratique d’un pays dans la mesure
où elle permet de dégager les ressources nécessaires à des investissements publics
indispensables à la satisfaction de leurs besoins. En réalité, les recettes supplémentaires
provenant de la croissance peuvent rendre possible des dépenses d'investissement en capital
humain de la part de l'État. Ces dépenses peuvent être des dépenses d'éducation à travers
notamment la construction d’écoles et la formation des enseignants. Ceci aura pour vocation
d'améliorer le taux d'alphabétisation et de scolarisation, mais aussi de diminuer le travail des
enfants. La productivité de la main d'œuvre va donc augmenter, le progrès technique

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deviendra alors possible, ce qui in fine va favoriser en retour la croissance économique. Les
dépenses susceptibles d’être effectuées par l’Etat à la faveur de la croissance peuvent aussi
être des dépenses de santé à savoir : la construction d'hôpitaux, de dispensaires, le planning
familial, etc. Ces dépenses peuvent conduire à l'amélioration de l'état sanitaire de la
population, ce qui va favoriser l'augmentation de l'espérance de vie, et par conséquent la
baisse de la mortalité infantile. Les richesses supplémentaires peuvent également servir à
développer les infrastructures du pays : construction de routes et de voies de communications
(qui favorisent le développement des échanges et l'extension des marchés et stimule la
croissance économique), construction des réseaux d'électricité, d’eau, d’assainissement qui
améliorent les conditions de vie de la population et ainsi font progresser l'hygiène et
augmentent l'espérance de vie. Au final, une croissance élevée donne des armes efficaces pour
réduire les inégalités. Plus un pays créera de la richesse, plus il pourra en faire profiter ses
habitants en la partageant le plus équitablement possible via les investissements publics. En
améliorant leurs conditions de vie, la croissance peut aussi permettre à ces populations de
participer plus activement à la vie publique et de renforcer l’unité nationale car les
économistes ont démontré, au cours des dernières années, que plusieurs conflits en Afrique
sont favorisés par la pauvreté.
En peu de mots, il s’avère, au regard de ce qui précède, que la croissance constitue un
« levier » pour le développement d’un pays. Cependant elle n’assure pas toujours le
développement et peut en effet dissimuler l’existence d’inégalités importantes, d’autant plus
qu’elle agit négativement sur l’environnement.

B. Les limites de la croissance

1. La croissance peut s’accompagner d’inégalités criantes

La croissance économique n’est pas obligatoirement synonyme de développement. En


effet, elle peut entraîner un mal développement, ainsi qu’un appauvrissement du niveau de vie
des populations dû aux inégalités dans la répartition des richesses. En effet, certains pays
bénéficient d’une forte croissance, mais leur développement reste limité. C’est notamment le
cas des pays du golfe qui sont dans une situation particulière. Ils bénéficient d’une rente
pétrolière, c’est-à-dire que leurs ressources proviennent majoritairement du pétrole. Le pétrole
leur donne donc un niveau de richesse élevé. En 2002 par exemple, le PIB par habitant de
l’Arabie Saoudite était de 12 650 dollars. Cependant, son niveau de développement reste
limité. Cela est dû au fait qu’en Arabie Saoudite, le partage de la richesse reste très limité.
Elle reste principalement concentrée entre les mains de l’élite du pays, c’est-à-dire la famille
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royale et quelques privilégiés. Ils usent cet argent dans leur intérêt et pour accroître leur
prestige. Ainsi, la population est reléguée au second plan. Les inégalités restent persistantes
car l’éducation et le système de santé sont peu développés. Les pays en développement
d’Afrique connaissent également ce genre d’inégalités dans la répartition des fruits de la
croissance. De plus, dans le cas d'économies extraverties (tournées vers les exportations), les
revenus supplémentaires créés par la croissance ne profitent qu'à une minorité de la
population employée dans le secteur moderne, laissant de côté l'ensemble du secteur
traditionnel. Par ailleurs, la croissance peut entrainer des transformations qui déstabilisent
l'équilibre social et se traduisent par des conditions de vie difficiles pour une partie de la
population. Par exemple, en Chine, le progrès agricole (une des sources de la croissance)
détruit un bon nombre d'emplois (exode rural et révolte dans les campagnes par exemple).
Cela va engendrer une dégradation des conditions de vie, contraire au processus de
développement (montée de la délinquance et de la violence, insécurité, etc.).

2. La croissance peut être porteuse d’externalités négatives sur l’environnement

Une croissance trop soutenue peut détruire le développement car elle dégrade
l’environnement. Les pays connaissant une forte croissance ont souvent tendance à abimer
leur environnement car ils considèrent que leur développement et leur modernisation passent
avant le respect de l’environnement : c’est le cas des nouveaux pays industrialisés (NPI).
L’Inde, la Chine et le Brésil par exemple, cherchent à rattraper leur retard sur les pays
développés grâce à leur industrie. Cette industrie a des effets de plus en plus pervers sur
l’environnement. Ainsi, dans beaucoup de grandes villes chinoises comme Pékin et Shanghai,
l’air devient de plus en plus irrespirable. Toutes ces atteintes à l'environnement sont
susceptibles d’avoir un impact négatif sur la santé et les conditions de vie des populations.
Finalement, s’il est vrai que qu’une croissance économique forte est une condition
nécessaire pour réduire la pauvreté et améliorer le bien-être social des populations, il n’en
demeure pas moins que cette contribution reste soumise à certaines conditions au regard de
certaines limites présentées supra.

IV. LES CONDITIONS NECESSAIRES POUR FAIRE DE LA CROISSANCE


UN LEVIER DU DEVELOPPEMENT

Pour constituer un levier du développement, les Etats doivent favoriser une croissance
économique inclusive c’est-à-dire une croissance qui soit forte, durable, créatrice d’emplois
(A) et qui permet d’améliorer le bien-être des populations (B).

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A. Adopter des politiques publiques qui favorisent une croissance forte et durable
créatrice d’emplois (croissance inclusive)
1. Favoriser une croissance inclusive c’est-à-dire qui concerne un large éventail de
secteurs et de vastes pans de la population active.
2. Favoriser les politiques de diversification de l’économie, au-delà des secteurs
traditionnels, pour favoriser une croissance forte et durable qui permet de créer des
emplois décents et de réduire la pauvreté.
3. Investissements dans les infrastructures productives (énergie, routes, ports,
aéroports, etc.) dont ont besoin les entreprises pour fonctionner.
4. Amélioration du climat des affaires.
5. Favoriser l’utilisation des TIC dans le secteur productif et dans la création d’emploi.
6. Eviter l’épuisement des ressources non renouvelables et penser aux générations
futures.
7. Eviter la pollution de l’eau, de l’air, du sol, etc. nuisible à la santé des populations
et donc à leur bien-être (la recherche de la croissance ne doit pas se faire au
détriment de la protection de l’environnement).

B. Adopter des politiques publiques qui réduisent les inégalités et accroissent


l’égalité des chances
1. Investissements dans les infrastructures en zones rurales.
2. Favoriser autant que faire se peut les projets HIMO (Haute Intensité de main
d’œuvre) et les projets ciblant spécifiquement les pauvres et les personnes défavorisés
(Projets filets sociaux).
3. Adopter des politiques favorisant l’égalité des chances et la lutte contre la précarité
(accès à l’éducation, à la santé, à l’eau,) la participation à la vie politique pour les
personnes défavorisées…).
4. Promouvoir la bonne gouvernance en luttant contre les détournements des deniers
publics.
5. Adopter des politiques de protection des travailleurs (code de travail ; convention
collectives, protection contre les accidents du travail ; indemnisation des travailleurs ;
assurance maladie ; lutte contre les licenciements abusifs, etc.)

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V. LES PRINCIPAUX OBSTACLES A LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE
DES PAYS D’AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pour un examen judicieux des différents obstacles à la croissance économique des pays
d’Afrique subsaharienne, on peut utiliser les données de l’analyse moderne.

A. Obstacles relatifs au capital physique


- absence d’industrie de bien de production ;
- inadéquation des équipements par rapport au marché (sous-utilisation) et par rapport
à l’environnement ;
- équipement souvent de seconde main ;
- insuffisance de l’épargne et de l’investissement.

B. Obstacles relatifs au capital technologique


A ce niveau, on peut juste parler d’une technologie inappropriée en agriculture
notamment dans la Recherche-Développement qui est inexistante à cause des moyens
financiers et humains.
C. Obstacles relatifs au capital humain
- système éducatif inadéquat, problème de l’inadéquation Formation-Emploi ;
- faiblesse des capacités institutionnelles et humaines en Afrique ;
- croissance démographique accélérée ;
- comportements mentalistes en marge de la rationalité économique (rites, croyances et
autres données culturelles, corruption.)

D. Obstacles relatifs au capital public


- faiblesse des infrastructures de communication et de télécommunication;
- mauvaise allocation du capital existant ;
- gestion désastreuse du capital public (mauvaise gouvernance).

E. Les obstacles relatifs aux facteurs :


- la spécialisation dans la production des produits agricoles, de rentes et les produits
miniers;
- faiblesse des relations entre les différents secteurs de l’économie;
- faible développement des échanges entre les pays d’Afrique au Sud du Sahara;
- problèmes politiques (micro nationalisme, tribalisme fragmentaire, etc.);
- liens de dépendance coloniale ;
- absence de conscience nationale et de l’intérêt public ;

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- mauvaise utilisation des ressources.
En conclusion, de nombreux obstacles retardent la croissance économique des pays
africains au Sud du Sahara. Ils sont pour l’essentiel sociopolitiques et économiques, internes
et externes.

Sujets de réflexion :

1. Les principaux obstacles à la croissance économique des pays africains au sud du


Sahara
2. Une croissance économique plus forte aboutirait-elle automatiquement à une
réduction durable de la pauvreté au Cameroun  ?
3. Commentez ces propos de S.E M. Paul Biya lors de son discours d’ouverture de la
conférence économique « investir au Cameroun  » du 17 au 18 mai 2016 : « La
croissance n’est pas une fin en soi. Bien plus, il est reconnu, y compris par les plus
grandes institutions économiques internationales, qu’il faut aller au-delà de la
mesure numérique du taux de croissance, pour rechercher une amélioration
palpable des conditions de vie des populations ».
4. Selon vous, que faut-il faire pour accélérer le rythme de la croissance économique
au Cameroun ?
5. «  Une croissance qui ne s’accompagne pas des mesures efficaces de lutte contre la
pauvreté ne peut engendrer le développement ». Christine Lagarde, Directrice du
FMI. Commentez ces propos à la lumière des économies des pays africains et celle
du Cameroun (ENAM 2019, Magistrature des comptes).
6. «  L’objectif de croissance économique demeure une priorité du gouvernement
camerounais, c’est un passage obligé sur la voie d’émergence ». Qu’en pensez-
vous ?

THEME  3 : LE DÉVELOPPEMENT
Pour définir le développement, on se réfère souvent à la définition devenue classique
proposée par l’économiste français François Perroux en 1961. Pour lui, le développement
c’est « la combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population qui la rendent
apte à faire croître cumulativement et durablement son produit réel et global ». Cette
définition implique deux faits principaux : si la croissance peut se réaliser sans forcément
entraîner le développement (partage très inégalitaire des richesses, captation des fruits de la
croissance par une élite au détriment du reste de la population), il y a tout de même une forte
interdépendance entre croissance et développement (le développement est source de

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croissance et nécessite une accumulation initiale). Enfin, le développement est un processus
de long terme, qui a des effets durables. Ce faisant, une période brève de croissance
économique ne peut ainsi être assimilée au développement. Le développement englobe donc
des bouleversements plus grands (valeurs et normes sociales, structure sociale, etc.) que le
simple processus de croissance économique. Il est par nature un phénomène qualitatif de
transformation sociétale (éducation, santé, libertés civiles et politique, etc.) alors que la
croissance économique est seulement un phénomène quantitatif d’accumulation de richesses.
Donc : Développement = croissance + une distribution plus égalitaire des revenus grâce à une
modification des structures économiques et sociales. Au demeurant, le développement renvoie
donc à un processus continu au cours duquel les variables économique, sociale, politique,
culturelle et environnementale d’un pays changent où se modifient dans le but d’améliorer les
conditions de vie de ses populations. Ces précisions étant faites, il importe dès lors de se poser
un certain nombre de questions. D’abord, quels sont les contours et le contenu du concept de
développement ? Ensuite, quels sont les obstacles au développement des pays africains ?
Enfin, quelles sont les nécessaires mesures d’accompagnement susceptibles de booster le
développement des pays d’Afrique ?

I. Les contours et le contenu du développement


Dans ce paragraphe, il incombe tout d’abord d’apporter des précisions sur le concept de
développement (A) et de présenter ensuite les principaux indicateurs du développement (B)
A. Précisions sur le concept de développement
Le développement est une notion multidimensionnelle qu’il convient d’appréhender sur le
plan théorique (1) pour présenter ensuite, les différentes facettes qu’il revêt (2).
1. Les étapes théoriques du développement ou étapes de Rostow
L’économiste américain Walt Rostow définit cinq étapes de croissance que les pays
doivent connaître pour se développer. Ces étapes sont :

 la « société traditionnelle ». Cette étape est caractérisée par une économie de


subsistance, sans accumulation, spécialisée dans les activités agricoles. La plupart des
techniques utilisées sont rudimentaires et l’économie connaît, de ce fait, un taux de croissance
très faible ;
 les « préalables au développement ». Inspirée de l’observation des sociétés
européennes des XVIe et XVIIe siècles, cette étape consiste en un changement des mentalités
vers l’accumulation et l’accroissement du taux d’épargne. Par ailleurs, une structure
économique et sociale tournée vers la croissance économique se met en place (début de
l’industrialisation et émergence d’une bourgeoisie commerçante) ;
 le « take-off » (décollage). Cette phase renvoie à l’apparition du progrès
technique ; le taux d’investissement augmente fortement, ce qui lance la croissance
économique. Cette période est assimilée à la révolution industrielle des pays développés des
XVIIIe et XIXe siècles ;
 la « marche vers la maturité ». Elle renvoie à la diversification des secteurs
de production par la diffusion du progrès technique, accroissement des gains de productivité.
Cette phase correspond à l’émergence.
 « l’ère de consommation de masse ». Cette ultime phase se réfère à
l’accroissement des revenus de la population qui lui permet d’atteindre un niveau de vie élevé
basé sur la consommation de masse : biens d’équipement, loisirs, etc. C’est le dernier stade
qui correspond aux pays industrialisés ou développés.
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2. Les différentes facettes du développement
Le développement revêt cinq principales dimensions. Parmi celles-ci, nous avons :

 la dimension économique. Elle renvoie aux indicateurs économiques tels que


l’augmentation des richesses, le dynamisme du secteur privé, le développement des échanges
commerciaux, le développement des infrastructures, un niveau suffisamment élevé
d’industrialisation et d’exportation des produits industriels, la réduction des déficits, etc. ;
 la dimension sociale. Sur ce plan, le développement se traduit par
l’amélioration des conditions de vie des populations à travers l’accès aux services sociaux de
base (tels que les soins de santé, l’éducation, le logement, l’eau, l’électricité, etc.), la
réduction du coût de la vie, l’autosuffisance alimentaire et la réduction des inégalités ;
 la dimension politique. Ce volet renvoie au renforcement de l’Etat de droit et
de la démocratie à travers la garantie et la protection des droits et libertés fondamentaux des
populations ;
 la dimension culturelle. Sur ce plan, le développement renvoie à l’essor du
tourisme d’un pays ;
 la dimension environnementale du développement. Celle-ci renvoie à la
protection de la nature et de l’environnement à travers notamment la protection de la diversité,
de la faune, de la flore et des écosystèmes. Elle est encore qualifiée de développement durable
(c’est-à-dire un développement qui répond aux besoins des générations présentes sans
compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs).

B. Les principaux indicateurs ou mesures du développement


Les indicateurs du développement permettent de mesurer le développement. Ce dernier
étant, comme nous l’avons dit supra, un phénomène complexe et multidimensionnel, sa
mesure quantitative à travers les indicateurs est difficile. Plusieurs générations d’indicateurs
de plus en plus riches se sont donc succédé. De nos jours, les plus utilisés sont l’indicateur de
développement humain (1) et l’indice de pauvreté humaine (2).
1. L’IDH
L’IDH (Indicateur de Développement Humain) est élaboré depuis 1990 par le PNUD
(Programme des Nations Unies pour le Développement). Il donne une image plus nuancée du
niveau de développement d’un pays en utilisant des indicateurs à la fois économiques et
sociaux. C’est un indicateur composite qui prend en compte les critères suivants : la durée de
vie (captée par l’espérance de vie à la naissance), le niveau d’éducation (capté par le taux
d’alphabétisation) et le niveau de vie (mesuré par le PIB réel par habitant). L’IDH résulte de
leur combinaison et donne une valeur entre 0 et 1. Plus il est élevé, plus un pays est
développé. Selon le dernier rapport du PNUD sur le développement humain, le Cameroun
occupe le 23e rang en Afrique et le 153e rang dans le monde en matière d’IDH (cet indicateur
se situe à 0,512).

2. L’indice de pauvreté humaine


L’indice de Pauvreté humaine a été créé par le PNUD en complément de l’IDH. Pour les
pays en développement il repose sur trois variables : le risque de mourir avant 40 ans ; le taux
d’analphabétisme des adultes ; les conditions de vie mesurées par l’accès aux services de
santé, à l’eau potable et la sous-nutrition chez les enfants de moins de cinq ans.

II. Les obstacles au développement des pays d’Afrique


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Parlant des obstacles réels au développement des pays d’Afrique, ceux-ci peuvent être,
sans toutefois être exhaustif, endogènes (A) mais aussi exogènes (B).
A. Les obstacles endogènes
Les obstacles endogènes sont ceux qui relèvent de la responsabilité des africains dans
leurs propres pays. Nous pouvons citer, sans être exhaustif, la mauvaise gouvernance
(détournements de fonds et corruption), les inégalités sociales criantes, le manque d’une
vision commune régional et continental, le mauvais climat des affaires, l’instabilité politique,
les pandémies, l’explosion démographique, etc.
B. Les obstacles exogènes
Parmi les obstacles exogènes (qui proviennent de l’extérieur), nous pouvons citer entre
autres, le poids de l’histoire, le poids de la dette extérieure, l’échange inégal et le système de
commerce international.

 Le poids de l’histoire (traite négrière et colonisation).


Par-là, nous voulons dire que les occidentaux sont mis à l’index car, considérés comme
ayant une volonté farouche de maintenir, mais sous une autre forme, le système colonial ou
encore qui souhaitent perpétuer un modèle économique impérialiste avec pour objectif de
maintenir les pays pauvres dans le dénuement. Une façon d’obliger ceux-ci à rester
dépendants des pays riches tout en laissant à ces derniers tout le loisir de piller les ressources
naturelles sans véritable contrepartie.

 Le poids de la dette extérieure.


De nos jours, le service de la dette représente une part importante des budgets des Etats
africains. Cela a des conséquences sur le financement des services sociaux de ces pays comme
l’accès aux soins de santé, d’éducation, l’accès à l’eau, etc. Cette situation accroit les
inégalités de développement.

 L’échange inégal et le système de commerce international


Celui-ci continue de favoriser les pays du nord avec les multinationales au détriment des
pays pauvres (c’est le cas de la détérioration des termes de l’échange et de la baisse des cours
des matières premières par exemple).

III. Les nécessaires mesures d’accompagnement susceptibles de booster le


développement des pays d’Afrique

Pour impulser le développement de leurs pays, les acteurs de la vie socio-économique


culturelle et politique de l’Afrique doivent se mettre au travail ceci dans un climat de paix et
de sérénité afin de joindre les paroles aux actes. Pour cela, ils doivent entre autres :
 centrer tous leurs efforts sur l’amélioration des politiques d’éducation. Ceci en créant
des conditions favorables à l’éducation des jeunes, notamment la construction des écoles
primaires, secondaires, grandes écoles et universités; favoriser la professionnalisation des
études supérieures afin de garantir un emploi aux jeunes à la sortie des écoles;
 équiper des centres de santé et institutions des hôpitaux publics afin de permettre aux
populations d’avoir accès aux soins sans trop de peine. En outre, les gouvernements doivent
inciter les investisseurs à créer des hôpitaux pour assurer une couverture sanitaire à toute la
population. L’Etat a intérêt à financer les travaux de recherche scientifique dans le but de
favoriser nos chercheurs à aider la population entière ;
 placer le développement des infrastructures au centre de leurs nouvelles politiques
économiques. Dans cette perspective, non seulement ils ne doivent plus continuer à faire le
saupoudrage de leurs investissements, c’est-à-dire s’éparpiller partout sans souci d’atteindre
16
la masse critique nulle part, mais à les concentrer sur les infrastructures spécifiques
(transports, télécommunications, énergie, eau,…) pour une plus grande efficacité. A la
vérité, cela pourra permette une bonne circulation des biens, des hommes, de l’information
et donc de la richesse. Des routes aménagées par exemple qui relient les villes et villages
auront un grand impact sur la productivité agricole dans la mesure où les producteurs des
matières premières auront des moyens pour écouler leurs produits. Tout ceci aura pour
objectif d’assainir leurs économies et donc, d’augmenter leurs taux de croissance;
 promouvoir la bonne gouvernance en renforçant la lutte contre la corruption et les
détournements de fonds publics à tous les niveaux afin que la responsabilité de chacun soit
engagée. A ce propos, le professeur Touna Mama écrit : « Plus une société est tributaire
d’une bonne gouvernance, plus elle bénéficie d’un niveau de développement humain élevé et
inversement plus la mal gouvernance est pratiquée dans une société, moins le niveau de
développement de celle-ci est élevé  »;
 créer davantage un climat favorable aux investissements en allégeant par exemple la
fiscalité. Ainsi, les investisseurs étrangers et les nationaux seront encouragés à investir dans
leurs pays;
 encourager les populations rurales et urbaines à se lancer vivement dans l’agriculture
en leur donnant des moyens de financement de ce secteur;
 promouvoir l’intégration régionale et sous régionale. En effet, le fait de créer les
unions, des fédérations ou des communautés rend les Etats plus forts leur permettant de faire
face aux problèmes qui sont les leurs. A l’image du mécanisme de stabilité, l’intégration
effective des Etats d’Afrique subsaharienne pourrait aussi permettre de mettre un tel
mécanisme qui nécessitera l’apport financier de chaque Etat. Ainsi, en temps de besoin, on
pourra faire appel à ce fond pour pallier aux chocs qu’ils soient endogènes ou exogènes ;
 promouvoir des industries de transformation car elles créent véritablement de la valeur
ajoutée et réduisent les pertes qu’on subit lorsqu’on exporte les matières premières;
 développer le secteur informel pour résoudre le problème de chômage;
 lutter contre les inégalités.

Sujets de réflexion :

1. Croissance et développement
2. Quelle appréciation faites-vous de cette affirmation : « le développement n’est rien
d’autre que nourrir les hommes, soigner les hommes, instruire les hommes et n’est
aucunement un état définitif. »

THEME  4 : LE SOUS-DEVELOPPEMENT ET LA PAUVRETÉ


Le phénomène de sous-développement apparait comme l’un des problèmes mondiaux
les plus importants dans la mesure où environ 80% de la population mondiale vit dans les
pays en développement. Dans la plupart de ces pays, la production est insuffisante pour
satisfaire les besoins fondamentaux des populations. En clair, ces économies se caractérisent
par un taux de pauvreté très élevé. Ce faisant, l’amélioration des conditions de vies des
populations et, donc, l’éradication de la pauvreté constitue de ce fait, un objectif prioritaire
des institutions internationales et des donneurs bilatéraux. Symbole de cette volonté politique,
les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ont fait de l’élimination de
l’extrême pauvreté le premier des huit objectifs ayant guidé les politiques d’aide au

17
développement de ces quinze dernières années. Par sous-développement, il faut entendre
l’état d’une société dont les caractéristiques économique, sociale, culturelle, démographique
et politique, l’empêche d’assurer à l’ensemble des individus qui la composent, les besoins
fondamentaux de la personne humaine. La pauvreté, quant à elle, renvoie à la situation d’un
individu, d’un groupe de personnes ou d’une société qui ne dispose pas de ressources
suffisantes pour lui permettre de satisfaire ses besoins fondamentaux et de se développer
moralement. Ces besoins renvoient primitivement à l’accès à la nourriture, à l’eau potable,
aux vêtements, au logement et au chauffage. Mais avec le progrès technologique et le
développement des sociétés, ils concernent également l’accès à des ressources comme
l’électricité et les communications et, de manière générale, l’ensemble des conditions de vie
incluant l’accès à des soins de santé et l’éducation. Ces précisions étant faites, il importe dès
lors de se poser quelques questions. Quelles sont les caractéristiques du sous-développement ?
Quelles sont les causes du sous-développement ? Quelles sont les principales déclinaisons du
concept de pauvreté? Qu’est-ce-qui explique la pauvreté des pays d’Afrique noire? Enfin,
quelles solutions proposées pour lutter contre la pauvreté et le sous-développement dans ces
pays?
I. Les caractéristiques du sous-développement
La notion de « pays sous-développé » a été utilisée pour la première fois par le président
américain Harry Truman en 1949 lors de son discours sur l’état de l’Union. Il justifie l’aide
que doivent apporter les pays riches aux pays pauvres afin d’endiguer la montée du
communisme. C’est donc dans un contexte de guerre froide que se forge le débat sur les
appellations des pays les plus pauvres. A la vérité, ces pays ont des caractéristiques
démographiques, sociales, économiques et même politiques qui leur sont propres. Il convient
dès lors de les examiner de manière approfondie.
A. Les caractéristiques sociales et démographiques
Les pays sous-développés se caractérisent par une explosion démographique (ils
représentaient 1,7 milliard d’habitants en 1950, près de 5 milliards en 2000, et devraient peser
entre 8 et 12 milliards en 2050 selon les prévisions de l’ONU), des taux de natalité et de
mortalité très élevés. On note par ailleurs la prolifération de la mal nutrition, de la sous-
alimentation, de l’insécurité alimentaire et des retards sanitaires criards. Le taux de
scolarisation est généralement faible en milieu rural et une persistance de la pauvreté
chronique. Enfin, on note aussi des disparités sociales importantes entre les villes et les
campagnes et la multiplication des inégalités dans la répartition des richesses. Pour tout dire,
les pays sous-développés sont donc des pays qui, sur le plan social, éprouvent des difficultés à
pouvoir satisfaire les besoins sociaux de base de leurs populations (éducation, santé,
logement, etc.).

B. Les caractéristiques économiques


Sur le plan économique, les pays sous-développés se caractérisent en guise d’illustration
par : l’extraversion de leurs économies, l’insuffisance d’une main d’œuvre qualifiée,
l’insuffisance des infrastructures modernes, la prépondérance du secteur primaire, le faible
niveau des investissements, une faible compétitivité des entreprises, la prédominance du
secteur informel, un niveau faible d’industrialisation, une production peu diversifiée et, du
fait de la faiblesse du marché intérieur, leurs exportations sont fort dépendantes de l’évolution
des cours mondiaux. Les pays sous-développés se caractérisent enfin par une faible insertion
dans le commerce international. Expressément, ils occupent une place minoritaire dans les
échanges internationaux. En guise d’illustration, ils sont à l’origine de 37 % des exportations
de marchandises mondiales en 2005, une part identique à celle de 1948 même si elle est en

18
progression depuis les années 1970. Cette part est d’autant plus faible que ces pays regroupent
80 % de la population mondiale.

C. Les caractéristiques politiques


Comme caractéristiques politiques, on peut citer l’instabilité politique et les mépris des
droits et libertés fondamentaux des citoyens.
II. Les explications théoriques du sous-développement
Trois explications s’opposent à cet égard à savoir le sous-développement comme un
simple retard au développement (A), le sous-développement comme produit du
développement (B) et le sous-développement comme phénomène naturel (C).
A. Le sous-développement comme retard au développement
Certains économistes pensent que le sous-développement est un simple retard du
développement. Pour eux en effet, les pays sous-développés n’ont pas commencé au moment
opportun, leur processus de développement, ce qui a causé l’avance des autres pays et leurs
situations économiques meilleures. Il suffit pour ces pays de suivre une thérapie de croissance
et de développement (telles que celle de Rostow) et ce, pour rattraper le retard qu’ils ont par
rapport aux autres pays.
B. Le sous-développement comme produit du développement
D’autres économistes (c’est le cas par exemple de l’économiste français François
Perroux) affirment, au contraire, que le sous-développement est un produit du développement.
En fait, ils pensent que les pays sous- développés ont été exploités et dominés par les autres
pays, aujourd’hui développés, et ce à travers la colonisation et les inégalités des échanges
internationaux.
C. Le sous-développement comme phénomène naturel
Pour les partisans de cette thèse, les pays sous-développés le sont du fait qu’ils sont
situés pour la plupart dans la zone intertropicale. La vie est difficile dans ces pays à cause du
climat, des sols dégradés, du relief hostile, de la présence d'insectes nuisibles qui transmettent
les maladies, etc.

III. Les déclinaisons de la pauvreté


La pauvreté est un concept qui revêt deux dimensions. Celle-ci peut être monétaire (A)
ou non monétaire (B).

A. La pauvreté monétaire
Principal instrument statistique de lutte contre la pauvreté, l’approche monétaire de la
pauvreté conçoit la pauvreté comme un manque de ressources monétaires, mesuré
empiriquement par les revenus ou les dépenses des ménages. La Banque mondiale estime
qu’il existe un seuil minimum de dépenses quotidiennes, considéré comme universel : c’est
l’approche privilégiée pour fixer la pauvreté au seuil de 1 dollar américain par jour 1. Selon
cette approche donc, chaque individu a une fonction d'utilité et le bien-être ne peut être évalué
que par l'individu lui-même. Elle préconise, en matière de politique, une augmentation de la
productivité, de l’emploi, du revenu, afin d’alléger la pauvreté.
B. La pauvreté non monétaire
Bien que la pauvreté ait été mesurée traditionnellement en termes monétaires, elle
possède de nombreux autres aspects. La pauvreté n'est pas seulement liée au manque de
1
Depuis 2015, ce seuil est fixé à 931 FCFA au Cameroun selon les premiers résultats d’ECAM IV.

19
revenus ou de consommation, mais aussi à des performances insuffisantes en matière de santé,
d'alimentation et d'alphabétisation, à des déficiences de relations sociales, à l'insécurité, à une
faible estime de soi-même et à un sentiment d'impuissance. Cette approche met ainsi l’accent
sur la privation et selon ses partisans, un individu est pauvre s’il n’arrive pas à satisfaire ses
besoins essentiels. Ces besoins sont plus que nécessaires à l’existence et varient suivant le
sexe et l’âge.
IV. Les causes de la pauvreté des pays d’Afrique subsaharienne
Voir thème sur le développement (les obstacles au développement des pays d’Afrique)

V. Actions pratiques pouvant être menées pour réduire la pauvreté et le sous-


développement en Afrique subsaharienne

Voir thème sur le développement

Sujets de réflexion :
1. La lutte contre la pauvreté au Cameroun relève-t-elle d’un objectif
macroéconomique  ?
2. Partagez-vous l’opinion largement répandue selon laquelle le sous-développement
constitue la cause majeure des conflits en Afrique ? (ENAM 2018, Cycle A division
administrative)
3. La problématique de la pauvreté au Cameroun

THEME 4 : LE CHOMAGE ET L’EMPLOI


Lutter contre le chômage et par ricochet promouvoir le plein l’emploi, constitue l’un
des objectifs majeurs que vise à atteindre tout gouvernement. Le chômage et l’emploi
apparaissent ainsi comme des concepts sensibles qui méritent que l’on s’y attarde quelque
peu. Pour cela, on étudiera d’abord le chômage (I) avant de s’appesantir sur l’emploi (II).
I. Chômage
La définition et les types de chômage (A), puis les causes théoriques de ce fléau (B)
constituent l’objet de cette section.
A. Définition et typologies du chômage
1. Définition du chômage
En 1954, les statisticiens du travail se sont réunis sous l’égide du bureau international
du travail (BIT) dans le cadre d’une conférence internationale et ont adopté une définition
modifiée en 1982. Selon cette définition, trois conditions doivent être remplies pour être
déclaré chômeur d’un âge spécifique durant une période de référence (généralement la
semaine qui précède l’enquête) : être sans travail (entendu emploi rémunéré), être
actuellement disponible à travailler et enfin être dans un processus de recherche active
de travail. Le taux de chômage est alors donné par le nombre de personnes qui remplissent

20
ces trois conditions en pourcentage de la population active civile (parfois population active
totale).
2. Typologie du chômage
Le chômage peut revêtir divers aspects sans prétendre à l’exhaustivité, on peut par
exemple distinguer :

• le chômage frictionnel
Ce chômage, de durée généralement courte, résulte du passage d’un emploi à un autre
emploi considéré, par l’actif, comme mieux adapté.
• le chômage conjoncturel
Ce chômage est lié à l’évolution de la conjoncture économique du pays. La conjoncture
économique désignant elle-même, l’ensemble des éléments qui caractérisent la situation
temporaire d’une économie. Quand l’activité économique du pays ralentit, le chômage
augmente.
• le chômage structurel
Ce chômage est dû aux évolutions des structures de l’appareil productif. Il provient du
fait que de nombreux chômeurs ne sont pas prêts à occuper les emplois proposés faute de
formation adaptée, d’expérience suffisante, mais aussi d’un salaire attractif. Les structures
désignent ici essentiellement tout l’appareil éducatif et de formation qui doit prendre en
charge l’adaptation des jeunes aux exigences du marché du travail. Par opposition à la
conjoncture, les structures d’une économie sont des ensembles d’éléments qui la constituent
de façon durable ou qui ne changent que très lentement ;
• le chômage technologique
Il s’agit d’un chômage dû aux nouvelles techniques. En effet, chercher à produire
davantage au moindre coût est le but de toute entreprise bien gérée. Or parmi les coûts que
supporte une entreprise, les charges de main d’œuvre sont souvent importantes. Elle s’efforce
donc d’utiliser des techniques qui économisent du travail, c’est-à-dire qu’elle va augmenter la
productivité du travail, ce qui conduit à une substitution des machines à la main d’œuvre : on
parle de substitution du capital au travail ;
• le chômage saisonnier
Il s’agit d’une inactivité forcée de la main-d’œuvre dont l’activité est tributaire des
saisons (immobilier, agriculture, etc.) ;

B. Les explications théoriques du chômage


L’analyse de la situation contemporaine du chômage a donné naissance à minima deux
types d’explications : une explication classique (1) et une explication keynésienne (2).

1. L’explication de l’école classique


Pour l’analyse classique, l’équilibre économique s’accompagne du plein emploi des
facteurs de production (travail et capital). L’offre de travail est une fonction croissante du
salaire réel. L’individu (le salarié) arbitre entre temps de travail et temps de loisir en fonction
de sa contrainte de revenu (le salaire). Pour l’analyse classique et néoclassique, le chômage

21
est lié à la volonté délibérée des agents économiques de ne pas travailler soit parce qu’ils
trouvent la rémunération insuffisante, soit parce qu’ils sont à la recherche d’un travail mieux
rémunéré. Par ailleurs, le chômage est également expliqué par les rigidités des salaires à la
baisse. Un salaire trop élevé et des organisations syndicales trop exigeantes empêchent
l’ajustement à la baisse des salaires et l’apparition du chômage.

2. L’explication de Keynes
Dans l’analyse keynésienne, une économie peut être durablement en situation de sous-
emploi si la demande globale est inférieure à l’offre. Dans ce cas, les entreprises sont
désireuses de produire plus, mais ne le font pas par suite d’une insuffisance de la demande.
L’équilibre ainsi réalisé est régressif et contribue à créer du chômage.

II. L’emploi des jeunes : cas du Cameroun


L’emploi peut être défini comme une activité professionnelle pour laquelle un individu
est rémunéré. Prosaïquement, il renvoie à l’accès à un travail. Il convient de s’intéresser à
l’emploi des jeunes au Cameroun car, les différentes politiques mises en place par les
pouvoirs publics ont pour cible l’accroissement du niveau d’emploi dans le triangle national.
Pour ce faire, nous allons d’abord nous appesantir sur les différentes politiques mises en
œuvre pour promouvoir l’emploi au Cameroun (A), ensuite nous allons dire un mot sur
l’importance de l’emploi au Cameroun (B) enfin, les caractéristiques et les limites de l’emploi
au Cameroun nous permettrons de clore notre propos (C).
A. La promotion de l’emploi au Cameroun : tour d’horizon de quelques politiques
mises en œuvre
La politique d’emploi désigne l’ensemble d’actions menées par les pouvoirs publics
pour réduire le taux de chômage. Parmi les actions entreprises par les pouvoirs publics
camerounais, nous pouvons citer :
- la création directe d’emplois par l’Etat (opérations de recrutements spéciaux : 25 000
jeunes dans la fonction publique ; 2000 enseignants du supérieur ; 1000 instituteurs, etc. et
lancement de divers concours : force armés et polices, ENAM, Ecoles normales, etc.) ;
- la mise en place des structures institutionnelles et de certains programmes pour inciter à la
création des entreprises, à l’auto emploi et à la migration du secteur informel vers le secteur
formel : Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (MINEFOP) ; Programme
d’Appui à la Jeunesse Urbaine et Rurale (PAJER-U) ; Banque des PME ; Banque Agricole ;
Programme Intégré d’Appui aux Acteurs du Secteur Informel (PIASSI), etc ;
- amélioration de l’efficacité et de la transparence du marché du travail à travers la mise en
place d’un cadre législatif et réglementaire favorisant l’emploi dans le secteur formel : loi sur
les incitations à l’investissement au Cameroun, flexibilité du droit du travail en matière de
recrutement, création d’un observatoire national de l’emploi ;
- la promotion des approches Haute Intensité de Main d’œuvre (HIMO) dans de nombreux
secteurs dont celui des BTP ;

22
- la création des structures de formation, d’encadrement des chercheurs d’emplois : lycées
professionnels ; MINEFOP ; Fond National de l’Emploi (FNE) ; Ecoles d’Ingénieurs et de
filières professionnelles dans les Universités et Grandes Ecoles, etc. ;
- le développement des secteurs porteurs en termes de création d’emploi (agriculture,
tourisme, économie numérique…).

B. L’importance de l’emploi : cas du Cameroun


D’une manière générale, il est généralement admis que l’accroissement du niveau
d’emploi est d’une part, un facteur de stabilité économique (1) et d’autre part, un facteur de
stabilité sociale (2).

1. L’emploi comme facteur de stabilité économique


La stabilité économique renvoie au « carré magique » de Nicholas Kaldor c’est-à-dire
à l’atteinte permanente des objectifs d’une politique économique à savoir : la lutte contre
l’inflation, l’équilibre de la balance des paiements, la croissance économique et le plein
emploi. Elle caractérise ainsi une économie qui connait une forte croissance avec une inflation
maitrisée, de manière à préserver le pouvoir d’achat. Dès lors, en tant que facteur de stabilité
économique, l’emploi permet :
• de stimuler la demande
En effet, la demande joue sans aucun doute un rôle très important dans une économie
car de celle-ci, dépend la production. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle bon nombre de
pays dont le Cameroun prennent à bras le corps le problème de l’emploi en mettant sur pieds
des politiques qu’elles soient passives ou actives. En clair, l’emploi donne à un individu un
pouvoir d’achat lui conférant ainsi la latitude d’accroitre sa demande c’est-à-dire sa
consommation ;
• d’augmenter les recettes budgétaires
L’emploi stimule la production et génère des revenus pour les individus et des recettes
pour l’Etat. Le rôle de l’emploi en matière d’accroissement des recettes budgétaires peut être
perçu à deux niveaux. Premièrement, l’augmentation de la demande des individus permet aux
entreprises de collecter beaucoup de TVA et de reverser à l’Etat. Deuxièmement,
l’augmentation de la production due à l’accroissement de la demande rend les entreprises plus
riches permettant ainsi à l’Etat d’engranger un peu plus de recettes et d’accroitre ses
dépenses ;
• de renforcer le capital humain
C’est-à-dire les compétences accumulées par un individu qui sont destinés à améliorer
l’efficacité et les revenus de celui-ci ;
• d’assurer une croissance à long terme
En effet dans la théorie économique et précisément selon la loi d’Okun, le taux
d’évolution du chômage est une fonction décroissante du taux de croissance de l’économie.
Dit autrement, la loi d’Okun démontre que plus le chômage est élevé, plus le taux de
croissance d’une économie sera faible. Par conséquent, un accroissement de l’emploi serait
favorable à une croissance économique.

23
2. L’emploi comme facteur de stabilité sociale
La stabilité sociale peut être conçue comme l’état dans lequel les conditions de vie des
populations et le bien-être collectif sont acceptables de façon à assurer un contexte de
quiétude et une absence de trouble. En tant que facteur de stabilité sociale, l’emploi permet
par exemple :

• de réduire la criminalité
En effet, dès lors qu’un individu mène une activité rémunérée ce dernier devient à
l’abri d’un certain nombre de maux tels que l’ennui, le vice et le besoin. Le crime trouve un
terrain fertile lorsque l’oisiveté des uns et des autres devient la règle et non l’exception. Ce
faisant, leur incapacité à pouvoir satisfaire leur besoin par le truchement d’un emploi fait
naitre en eux des comportements déviants ;
• de réduire les inégalités sociales
En effet, la fracture liée à la rémunération au sein de la société est très souvent
résorbée par l’accroissement du niveau d’emploi. A la vérité, les inégalités sociales ont
toujours été dues pour la plupart à la faiblesse ou à l’absence des pouvoirs d’achat. Ainsi,
l’élévation du niveau d’emploi devra permettre de réduire certaines disparités liées au clivage
observé en matière de revenus limitant de ce fait le gap entre les différentes couches sociales ;

• de réduire la pauvreté et la fuite des cerveaux, etc.

Au regard des développements ci-dessus, on se rend compte que l’emploi constitue la


pierre angulaire de la stabilité économique et sociale au Cameroun. Cependant, une analyse
des caractéristiques de l’emploi de ce pays permet de poser un regard inquisiteur sur le
caractère définitif de cette opinion.
C. Caractéristiques et limites de l’emploi au Cameroun
Un diagnostic de l’économie camerounaise permet de constater que :
• l’une des caractéristiques de l’emploi au Cameroun réside dans l’inadéquation entre la
formation et l’emploi. Le déficit de professionnalisation des enseignements a pour effet de
créer une certaine raréfaction du savoir-faire qui, au regard du dynamisme du monde de
l’emploi, se trouve être pourtant un facteur difficilement contournable en matière
d’acquisition d’un emploi. Malgré la mise sur pied du système LMD depuis quelques années,
la majorité des universités continue à dispenser uniquement le savoir qui à lui tout seul est
insuffisant pour assurer l’acquisition d’un travail décent. En guise d’illustration, le profil du
chercheur d’emploi dresser par le Fonds National de l’Emploi (FNE) montre que 65% des
chercheurs d’emploi sont diplômés mais non qualifiés. Cette enquête montre aussi que 80%
sont orientés vers l’enseignement général, 15% vers l’enseignement technique et 5% vers
l’enseignement technique professionnel. Tous ces éléments expliquent cette inadéquation ;
• les emplois décents sont peu nombreux c’est-à-dire ceux qui procurent un bien être
financier et moral attendu et correspondant à l’effort de travail consenti. A titre d’illustration,
les emplois créés par le secteur moderne représentent seulement 10%. Pendant ce temps, le
secteur informel connait une excroissance avec un sous-emploi de près de 87%. Au regard de

24
ces statistiques, nous pouvons donc dire qu’au Cameroun, on assiste à une prolifération du
travail indécent ;
• la répartition des emplois par sexe est inégale. En effet parmi les travailleurs
permanents des entreprises, les hommes occupent 73% des emplois contre 27% pour les
femmes ;
• les emplois sont mal rémunérés (faiblesse des salaires surtout dans la fonction
publique) toute chose qui n’amène pas les travailleurs à se surpasser et à donner le meilleur
d’eux-mêmes d’une part, et à s’offrir un niveau de vie décent d’autre part. Or en théorie des
organisations, il est admis que la rémunération est un facteur de motivation et donc de
productivité du travailleur, etc.

Sujets de réflexion :
1. L’emploi comme facteur de stabilité économique et social au Cameroun
2. La politique de promotion de l’emploi menée par le gouvernement du Cameroun peut-
elle inéluctablement engendrer une croissance économique forte et durable ?
3. La problématique du chômage au Cameroun
4. Secteur informel et pauvreté au Cameroun

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