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THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur

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Chapitre 3

Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur.

3.1 Introduction

Nous considérerons uniquement dans ce qui suit, des milieux isotropes, homogènes, de
caractéristiques thermiques λ et a constantes, et où la puissance thermique par unité de
volume p des sources internes est indépendante de la température.

Résoudre l’équation de la chaleur dans un tel milieu, limité à un volume V par une surface
S, c’est déterminer la fonction température T(M, t) qui satisfera à chacune des 3 conditions
suivantes:

1∂ T p(M, t)
∆T - + = 0 , M dans V, t > 0
a ∂ t λ
T(M, 0) = T0 ( M) , M dans V ou sur S, t = 0 (3.1)
∂ T
T + α = f (M, t) , M sur S, t >0
∂ n

La première est l’équation de la chaleur elle-même.


La seconde est la condition initiale imposant la connaissance de l’état thermique du milieu
étudié à l’instant t = 0.
La troisième exprime la condition de transfert de chaleur convectif régnant sur la limite S
du milieu 1.

Le système d’équations ci-dessus étant linéaire, il est possible de ramener sa résolution à


celle de problèmes élémentaires plus simples, en séparant conditions initiales et
conditions aux limites, puis en superposant linéairement les solutions partielles obtenues.

1 Voir page 43, la loi de Newton (2.31)

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3.2 Régime permanent

En régime permanent, la température en chaque point du milieu est indépendante du


temps.

L’équation générale se réduit à l’équation de Laplace (2.28) pour un milieu sans sources,
et à l’équation de Poisson (2.29), lorsque le milieu comporte des sources internes.

3.2.1 Cas monodirectionnel

Lorsque le problème est à une seule dimension, il existe généralement une solution
analytique assez simple. Nous avons ainsi développé au chapitre précédent les cas
élémentaires des murs simples ou multicouches.

Bien que très schématique, ce modèle a de nombreuses applications pratiques:

• perte thermiques à travers les parois d’un four;


• bilan thermique approché d’un bâtiment;
• mesure de la conductivité thermique;
etc...

3.2.2 Géométries en 2D ou 3D

Dès que l’on abandonne le cas unidirectionnel, la moindre tentative de résolution


analytique devient vite inextricable. En fait, les calculs théoriques qui ont été les seuls
disponibles pendant de nombreuses années ont cédé la place aux méthodes numériques
qui détiennent aujourd’hui un quasi monopole. Des codes de calcul spécialisés sont même
disponibles sur micro-ordinateurs, dans des versions d’emploi accessible et convivial.

Une seule technique fait peut-être exception, du fait de ses mérites en termes d’élégance
et de pédagogie: c’est l’analogie électrique. Son domaine d’application est toutefois limité
aux problèmes bidimensionnels avec des conditions de surface relativement simples:
température imposée, flux nul, condition mixte.

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3.2.3 Analogie électrique

Nous avons déjà défini une grandeur thermique analogue à une grandeur électrique: la
résistance thermique 2. Plus généralement, lorsque deux phénomènes physiques sont
régis par des équations identiques et que l’un d’eux est facilement accessible aux
mesures, on peut avec profit utiliser ces mesures pour étudier l’autre phénomène.

Ainsi, les équations de Laplace (2.28), Poisson (2.29) et Fourier (2.30) sont communes à
la thermique et à l’électricité. Le réseau des équipotentielles, E = Constante, correspond
au réseau des isothermes T = Constante.

Le tableau 3.1 résume l’identité formelle entre les équations et les grandeurs qui régissent
les phénomènes de conduction thermique et électrique.

Equations Phénomène Phénomène


et Grandeurs thermique électrique
en régime permanent
grandeur étudiée température T potentiel E
Equation générale ∆T = 0 ∆E = 0
densité de flux ou de courant ϕ = - λ grad T i = - γ grad E
flux ou courant Φ = ϕS I = iS
conductivité λ γ
résistance Rt = L / (λ S ) Re = L / (γ S )
loi d’Ohm T2 - T1 = Rt Φ E2 - E1 = Re I

Tableau 3.1 - Analogie entre conduction thermique et conduction électrique

Les problèmes mono et bidirectionnels se traitent très simplement en réalisant des


modèles électriques à l’aide de feuilles conductrices telles que le papier conducteur
Télédeltos.

2Voir § 2.3.1, page 32

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A titre d’exemple, nous allons étudier la répartition des températures dans l’enveloppe
d’un four présentant, en régime permanent, les caractéristiques de fonctionnement
suivantes:

• la température de la paroi interne S1 est une fonction connue de l’abscisse


suivant l’axe du four: TP1 = f(x)

• la paroi latérale externe S2 est à une température uniforme TP2 = 50 °C

• le flux de fuite à travers les sections droite est négligeable

Figure 3.1 - Four de traitement thermique axisymétrique

Ce problème 3D peut être ramené en 2D en étudiant des tranches successives


d’épaisseur ∆x, pour lesquelles la condition de température sur le contour externe est
uniforme.

On peut ainsi étudier la tranche x = 0 pour laquelle TP1 = 1150 °C, à l’aide d’un modèle
électrique en papier conducteur à l’échelle convenable. La disposition générale est celle
illustrée par la figure 3.2

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Figure 3.2 - Modèle analogique du four à températures de parois imposées

Les distributions de températures recherchées se déduisent directement du potentiel


électrique mesuré en chaque point du modèle.

3.2.4 Codes de calcul 2D ou 3D-axisymétrique stationnaires

De telles méthodes analogiques restent cependant, il faut le reconnaître, des curiosités de


laboratoire. Dans l’industrie, les seuls outils qui ont droit de cité sont aujourd’hui les codes
numériques.

Le principe des méthodes de résolution numérique appliquées dans les codes de calcul
est de transformer l’équation de la chaleur et les conditions aux limites en un système
d’équations aux différences finies ou aux éléments finis.

A titre d’exemple, nous allons appliquer un code de calcul aux éléments finis, disponible
sur micro-ordinateur dans une version 2D stationnaire 3, à la résolution du problème
précédent du four à températures de parois imposées.

3 Code THERMIQ 1.1, Copyright 1996, Jean NOEL - 69000 Lyon

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Le maillage utilisé est représenté sur la figure 3.3 ci-dessous:

Parois externes à température constante de 50 °C

Nombre de milieux: 2
Nombre de frontières: 2
Nombre de nœuds-frontière: 48
Nombre de nœuds: 112
Nombre d’éléments finis: 176

Figure 3.3 - Maillage utilisé pour le problème du four à températures de parois imposées

Les figure 3.4 et 3.5 représentent respectivement:

- une carte de températures étagées en 10 tranches de valeurs;

- une répartition de la température dans la paroi, le long d’un plan de

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coupe a - a

Figure 3.4 - Carte de températures dans la paroi du four

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Figure 3.5 Température le long de la coupe a – a

3.2.5 Un code de calcul 1D stationnaire

Afin d’illustrer d’une manière concrète les méthodes de résolution numérique des
problèmes de conduction de la chaleur, nous allons traiter entièrement un cas simple,
mais néanmoins impossible à résoudre par une méthode non numérique.

Il s’agit du problème type de conduction dans un solide, avec échange latéral vers le
milieu extérieur, généralement constitué d’un fluide au repos (échange par convection
naturelle) ou en mouvement (échange par convection forcée) 4.

Considérons une barre de section constante et de longueur très supérieure à ses


dimensions transversales, constituée d’un matériau homogène bon conducteur de la
chaleur. On chauffe la barre en permanence, à chacune de ses deux extrémités, ce qui
revient à maintenir l’extrémité A à une température constante TA et l’autre extrémité B à
une température constante TB .

4 Les transferts de chaleur convectifs seront abordés en détail dans le chapitre 5.

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La chaleur se propage selon l’axe de la barre, et radialement, pour s’écouler dans le milieu
ambiant à travers la surface latérale de la barre.

On se propose de calculer, en supposant qu’un équilibre de régime permanent est atteint,


la répartition de température le long de la barre.

3.2.5.1 Modélisation physique du problème

Nous allons préciser le problème en considérant une barre cylindrique, de diamètre d et


de longueur L, grande devant d.

∂T
La densité de flux radial est : ϕ r = − λ .
∂r
La barre étant constituée d’un matériau bon conducteur de la chaleur, la dissipation
∂T
radiale n’exige que de faibles gradients .
∂r
Comme les dimensions transversales sont petites, les variations transversales de la
température seront donc négligeables, et on peut considérer qu’une section droite
d’abscisse x est isotherme.

Le problème est donc devenu unidimensionnel, l’objet de ce problème étant de calculer la


répartition de température T(x) le long de la barre.

On s’intéresse uniquement au régime permanent. L’équilibre thermique qui caractérise ce


régime stationnaire se traduit nécessairement par une somme algébrique nulle des flux
thermiques entrants et sortants d’une tranche quelconque de la barre, comprise entre les
abscisses x et x + dx .

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Désignons par Φx le flux thermique traversant la section droite d’aire S et d’abscisse x et


par ΦL le flux thermique échangé par la surface latérale π d dx avec l’air ambiant.

Le bilan énergétique de la tranche est nul en régime permanent

Φ x − Φ x + dx − Φ L = 0 (3.2.1)

Φx est donné par la Loi de Fourier

⎡ dT ⎤
Φ x = −λ ⎢ ⎥ (3.2.2)
⎣ dx ⎦ x

Quant à ΦL le flux thermique échangé par la surface latérale, il faut pour le calculer,
introduire un coefficient d’échange thermique par convection.

Considérons sur la surface d’un corps solide un élément d’aire dS à la température Tp. Si
le corps est au contact d’un milieu fluide en mouvement caractérisé par une température
T∞, la quantité de chaleur qui traverse dS pendant le
temps dt peut s’écrire:

( )
d 2 Q = h Tp − T∞ dS dt (3.2.3)

Le coefficient h est la conductance thermique de


convection, ou coefficient d’échange thermique par convection.

h s’exprime en W/(m2.°C)

Tout calcul d’échange thermique par convection nécessite la détermination du coefficient


h, ce qui est toujours une affaire compliquée, car le transfert de chaleur par convection est
un phénomène complexe.

Pour les gaz, les coefficients de transfert par convection naturelle h sont toujours de
l’ordre de 1 à 10 W / (m2 .K) . Aussi, nous contenterons nous d’une schématisation
sommaire pour prendre en compte le transfert convectif qui va en augmentant à mesure

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que l’on s’éloigne des 2 extrémités chauffées. Nous supposerons une valeur minimale
égale à 2 W / (m2 .K) en A et B, et une valeur maximale double au milieu de la barre, d’où
la modélisation simple suivante pour le coefficient de transfert h(x), modélisation dans
laquelle on a adopté une loi de variation parabolique:

h(x) = 2 - 8x(x-1) W / (m2 .K) (3.2.4)

On adoptera donc pour ΦL l’expression:

Φ L = h ( x ) [T ( x ) − T0 ]π d dx (3.2.5)

Finalement, le bilan énergétique d’une tranche d’épaisseur dx peut s’écrire:

⎧ ⎡ dT ⎤ ⎡ dT ⎤ ⎫ πd
2
λ ⎨⎢ ⎥ − ⎢ ⎥ ⎬ − h ( x )[T ( x ) − T0 ]π d dx = 0 (3.2.6)
⎩ ⎣ dx ⎦ x + dx ⎣ dx ⎦ x ⎭ 4

ou encore:
d 2T
2
− ( T − T0 )α 2 ( x) = 0 (3.2.8)
dx

en posant:
4h( x )
α 2 ( x) = (3.2.9)
λd

α, qui a la dimension inverse d’une longueur, caractérise la rapidité avec laquelle


l’échauffement communiqué à la barre s’estompe le long de cette barre.

3.2.5.2 Discrétisation par différences finies

L’équation différentielle ci-dessus est de la forme:

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d 2 T ( x)
− 2
+ α 2 ( x) T ( x) = T0α 2 ( x) , 0< x<1 (3.2.10)
dx

La température T(x) de la barre assimilée à un segment de droite AB de longueur unité,


est solution du problème aux limites:

d 2 T ( x)
− 2
+ α 2 ( x )T ( x ) = T0α 2 ( x ) , 0< x <1 (3.2.11)
dx

T (0) = T A , T (1) = T B (3.2.12)

On peut démontrer que ce problème admet une solution et une seule. Mais cette solution
n’est pas calculable explicitement. Il faudrait pour cela que le coefficient α2 soit constant,
au lieu de dépendre de x.

On devra donc calculer une solution approchée la plus précise possible, à l’aide d’une
discrétisation permettant de remplacer tous les opérateurs continus de dérivation par des
quotients différentiels.

Nous allons à présent étudier quelques opérateurs discrets, puis en déduire une
approximation du problème monodimensionnel (3.2.11), (3.2.12). Nous raisonnerons
dans un espace à une dimension, mais tout ce qui suit est généralisable en 2D et 3D.

Considérons une fonction f(x), continue et dérivable sur l’ensemble des réels ℜ. A l’aide
d’un développement en série de Taylor, on peut exprimer la valeur prise par cette fonction
en x0 + ∆x, en fonction de sa valeur en x0, et des valeurs prises par les dérivées
successives f’(x), f’’(x), etc... en x0:

∆x 2 ∆x 3
f ( x 0 + ∆x ) = f ( x 0 ) + f ′( x 0 ) ∆x + f ′′( x 0 ) + f ′′′( x 0 ) +... (3.2.13)
2! 3!

Plus on ajoute de termes à la série de Taylor, plus la précision de l’estimation de f(x) en x0


+ ∆x est grande. Sur le plan pratique, il faut bien néanmoins tronquer le développement

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après un nombre fini de termes. Si on s’arrête ainsi après le nième terme, l’erreur commise
dans l’approximation de f(x0 + ∆x) sera inférieure à :

n +1
f ∆x n +1
max
(3.2.14)
(n + 1)!

expression dans laquelle | f n+1 | max est la plus grande valeur absolue prise par la dérivée
d’ordre n+1 de f(x) sur l’intervalle ∆x. Mais, il n’est pas possible de connaître cette
majorante | f n+1 | max . Tout ce que nous pouvons dire, c’est que l’ordre de grandeur de
l’erreur commise lors de la troncature, varie comme ∆x n+1.

Nous dirons ainsi que l’erreur commise en ne gardant que n termes du développement
(3.2.13) est du même ordre de grandeur que ∆x n+1, et nous désignerons cette erreur par
la notation 0(∆x n+1).

Convenons encore que le point d’abscisse x0 sera celui de rang i, et celui d’abscisse
x0 + ∆x celui de rang i+1.

En ne conservant que le terme du 1er ordre, le développement s’écrit alors:

f i +1 = f i + f i ′∆x + 0( ∆x 2 ) (3.2.15)

En résolvant cette équation en f’i, on obtient:

f i +1 ( x ) − f i ( x )
f i ′( x ) = + 0( ∆x ) (3.2.16)
∆x

Cette approximation au 1er ordre de la dérivée revient à approximer la courbe


représentative de la fonction f(x) entre x0 et x0 + ∆x, par un segment de droite.

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La relation (3.2.16) est ce que l’on appelle un opérateur décentré avancé.

On aurait également pu calculer une variation de la fonction dans le sens des x négatifs,
ce qui aurait alors conduit à l’estimation suivante de la dérivée première:

f i ( x ) − f i −1 ( x )
f i ′( x ) = + 0( ∆x ) (3.2.17)
∆x

La relation (3.2.17) est ce que l’on appelle un opérateur décentré retardé


Selon que l’on a recours à l’un ou à l’autre de ces opérateurs pour exprimer la dérivée, on
sera conduit à un schéma explicite ou implicite pour discrétiser une équation différentielle
à l’aide de différences finies.

Considérons un instant l’équation différentielle ordinaire du premier ordre:

dy
= f ( x, y) (3.2.18)
dx

avec la condition à la limite: y = y0 pour x = x0

En utilisant l’opérateur décentré avancé (2.4.7), on peut écrire cette équation différentielle
sous forme de différence finie de la manière suivante:

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yi +1 − yi
= f ( xi , yi )
∆x

soit encore:

yi +1 = yi + ∆x[ f ( xi , yi )] (3.2.19)

Cette expression est une formulation explicite. En effet, la valeur y i+1 de y au pas i+1 se
calcule directement à partir de sa valeur y i au pas i .

La résolution numérique de l’équation différentielle est alors simple. Il suffit de partir de la


condition initiale y0 pour x0, et d’appliquer pas à pas l’algorithme (3.2.19) jusqu’à ce que
l’intervalle désiré en x soit couvert. Cette approche est connue sous le nom de méthode
d’Euler.

Par contre, en utilisant l’opérateur décentré retardé (3.2.17), l’équation différentielle se met
sous forme de différence finie de la manière suivante:

yi − yi −1
= f ( xi , yi )
∆x
soit encore:
yi − ∆x[ f ( xi , yi )] = yi −1 (3.2.20)
Cette fois, y i-1 est connu, à partir du pas de calcul précédent ou de la condition à la limite,
et on doit résoudre l’équation (3.2.20) pour calculer yi . C’est ce que l’on appelle un
schéma de résolution implicite.

Les deux opérateurs décentrés, en avant ou en arrière, ont la même précision pour
estimer les dérivées. L’erreur y est du premier ordre.

On peut préférer le schéma explicite en raison de sa simplicité. Mais nous verrons que le
choix de pas de calcul ∆x trop grands peut conduire à l’apparition d’oscillations
numériques sans signification physique. L’obtention de la stabilité du calcul conduira donc
à augmenter le temps d’exécution de ce calcul.

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Par contre, le schéma implicite ne présente pas ces problèmes de stabilité. La précision
restera cependant faible, si on se contente de pas ∆x trop grands.

Il est possible d’améliorer la précision de l’approximation par des différences finies, en


introduisant un opérateur centré.

Les développements en série de la fonction f(x) entre x0 et x0 + ∆x d’une part, et entre x0


et x0 - ∆x, d’autre part, s’écrivent:

∆x 2 ∆x 3 ∆x 4
f i +1 ( x ) = f i ( x ) + f i ′( x ) ∆x + f i ′′(x) + f i ′′′( x ) + f i ( x)
iv
+...
2! 3! 4!

∆x 2 ∆x 3 ∆x 4
f i −1 ( x ) = f i ( x ) − f i ′( x ) ∆x + f i ′′(x) − f i ′′′( x ) + f i ( x)
iv
+...
2! 3! 4!

En soustrayant membre-à-membre, on obtient:

∆x 3
f i +1 ( x ) − f i −1 ( x ) = 2 f i ′( x ) ∆x + f i ′′′( x ) +.... (3.2.21)
3

et en résolvant en f’(x):

f i +1 ( x ) − f i −1 ( x ) ∆x 3
f i ′( x ) = − f ′′′i ( x ) +...
2 ∆x 3
c’est-à-dire en définitive:

f i +1 ( x ) − f i −1 ( x )
f i ′( x ) = + 0( ∆x 2 ) (3.2.22)
2 ∆x

Cet opérateur est dit centré. On voit que l’erreur que l’on commet avec cette discrétisation
n’est plus que du second ordre, alors qu’elle était du premier ordre avec les opérateurs
décentrés.

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L’approximation réalisée consiste cette fois à remplacer la portion de courbe


représentative de f(x) entre x0 et x0 + ∆x, par la tangente au point d’abscisse x0, à la
parabole qui passe par les 3 points d’abscisses x0 - ∆x, x0, et x0 + ∆x.

La même approche peut être utilisée pour obtenir une approximation des dérivées
secondes par des différences finies.

Considérons à nouveau les développements en série de la fonction f(x) entre x0 et x0 +


∆x d’une part, et entre x0 et x0 - ∆x, d’autre part:

∆x 2 ∆x 3 ∆x 4
f i +1 ( x ) = f i ( x ) + f i ′( x ) ∆x + f i ′′(x) + f i ′′′( x ) + f i ( x)
iv
+...
2! 3! 4!

∆x 2 ∆x 3 ∆x 4
f i −1 ( x ) = f i ( x ) − f i ′( x ) ∆x + f i ′′(x) − f i ′′′( x ) + f i ( x)
iv
+...
2! 3! 4!

En les ajoutant membre-à-membre cette fois, on obtient:

∆x 4
f i +1 ( x ) − f i −1 ( x ) − 2 f i ( x ) = f i ′′( x ) ∆x + f i ( x )
2 iv
+... (3.2.23)
12

et en résolvant en f’’(x):

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f i +1 ( x ) − 2 f i ( x ) + f i −1 ( x )
f i ′′( x ) = + 0( ∆x 2 ) (3.2.24)
( ∆x ) 2

3.2.5.3 Application à la discrétisation du problème

La barre AB considérée a une longueur L que l’on représentera par le segment [0,1] de
l’axe Ox.

On partage le segment [0,1] en N+1 intervalles de longueur ∆x = 1/(N+1).

Les N+2 points de subdivision nécessaires( extrémités A et B comprises), ou nœuds xi de


ce maillage seront alors définis comme suit:

xi = i ∆x , i ∈{0,..., N + 1} (3.2.25)

Le problème discret va consister à trouver une approximation Ψi de la température T(xi)


en chacun des nœuds internes (i.e. xi , 1 ≤ i ≤ N ) du maillage, la solution étant
imposée aux bornes x0 = 0 et x N +1 = 1 de l’intervalle.

Ces différentes valeurs Ψi sont solutions du problème discret:

1
− [ Ψ + − 2 Ψ + Ψ − ] + α 2
( xi ) Ψi = T0 α 2 ( xi ) , 1 ≤ i ≤ N (3.2.26)
( ∆x ) 2 i 1 i i 1

Ψ0 = TA , Ψ N +1 = TB (3.2.27)

Ce schéma aux différences finies se substitue au problème physique modélisé


précédemment par les équations suivantes:

d 2 T ( x)
− 2
+ α 2 ( x )T ( x ) = T0α 2 ( x ) , 0< x <1 (3.2.11)
dx
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T (0) = TA , T (1) = TB (3.2.12)

3.2.5.4 Algorithme de résolution

En réordonnant les termes de l’équation (3.2.26), on met en évidence un système linéaire


de N équations à N inconnues:

1
( ∆x ) 2 {− Ψ + [2 + (∆x) α ( x )]Ψ − Ψ } = T α ( x ) , i = 1, N
i +1
2 2
i i i −1 0
2
i

La première équation prend en compte la condition imposée à l’extrémité A de la barre.


En y faisant i = 1, on fait apparaître l’influence exercée sur le premier nœud interne par
la condition d’extrémité Ψ0 = TA en i = 0:

1
( ∆x )
2 {[2 + (∆x) α ( x )]Ψ − Ψ } = T α ( x )
2 2
1 1 2 0
2
1 +
1
( ∆x)
2
TA

De même, pour i =N, la dernière équation prend en compte la condition imposée à


l’extrémité B de la barre: ΨN+1 = TB, de sorte que cette Nième équation s’écrit:

1
( ∆x ) 2
{ [ ] }
− ΨN − 1 + 2 + ( ∆x ) α 2 ( x N ) ΨN = T0 α 2 ( x N ) +
2 1
( ∆x ) 2
TB

On peut écrire sous forme matricielle le problème décrit par le système linéaire précédent,
en désignant par Ψ∆x le vecteur colonne inconnu:

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Ψ1
Ψ2
Ψ∆x = Ψi (3.2.28)
ΨN − 1
ΨN
En introduisant la matrice A ∆ x :

2 + ( ∆x ) α 2 ( x1 ) −1
2
0 0 0
−1 2 + ( ∆x ) α ( x2 ) − 1
2 2
1 0 0
A∆x =
( ∆x )2 − 1 2 + ( ∆x ) α 2 ( x N −1 ) −1
2
0 0
−1 2 + ( ∆x ) α 2 ( x N )
2
0 0 0
(3.2.29)

et le vecteur second membre b∆x :

1
T0 α 2 ( x1 ) + TA
( ∆x ) 2

T0 α 2 ( x2 )
b∆x = (3.2.30)
T0 α 2 ( x N − 1 )
1
T0 α 2 ( x N ) + TB
( ∆x ) 2

Le système linéaire à résoudre s’écrit matriciellement:

A∆x Ψ∆x = b∆x (3.2.31)

La matrice A ∆ x précédente ne contient des termes non nuls que sur sa diagonale
principale et les deux diagonales adjacentes. Pour cette raison, on dit qu’elle est
tridiagonale.

La forme générale de l’équation aux différence finies est dans ce cas la suivante:

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ESME - Sudria - 66 - Première Année


THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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ai Ψi − 1 + bi Ψi + ci Ψi + 1 = di (3.2.32)

ai = − 1 ( ∆x )
2

bi = 2 ( ∆x ) + α 2 ( xi )
2
avec: (3.2.33)
ci = − 1 ( ∆x )
2

d i = T0α 2 ( xi )

Une méthode de résolution, appelée algorithme de la matrice tridiagonale, ou algorithme


AMTD, consiste à rechercher une relation de récurrence de la forme:

Ψi −1 = ei Ψi + f i (3.2.34)

En reportant cette relation dans (3.2.32), il vient alors:

( a i ei + bi )Ψi + ci Ψi +1 = d i − a i f i (3.2.35)

d’où on tire:
− ci Ψi + 1 + di − ai f i
Ψi = (3.2.36)
ai ei + bi

Mais la récurrence (3.2.34) s’écrira aux rangs i, i+1:

Ψi = ei + 1Ψi + 1 + f i + 1 (3.2.37)

En identifiant les relations (3.2.36) et (3.2.37), on obtient les deux récurrences suivantes,
pour les coefficients e et f:

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ESME - Sudria - 67 - Première Année


THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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− ci
ei + 1 =
ai ei + bi
(3.2.38)
d − ai f i
f i +1 = i
ai ei + bi

Ceci signifie que si on connaît les coefficients ei et fi au rang i, on peut calculer ceux au
rang suivant i+1 à l’aide de ces 2 relations (3.2.38). Il suffit donc de connaître les valeurs
initiales de ei et fi pour en déduire toutes les autres valeurs.

Ces valeurs initiales sont fournies par la première équation du système à résoudre (i = 1).
Cette relation s’écrit en effet:

a1 Ψ0 + b1 Ψ1 + c1 Ψ2 = d 1

où la valeur Ψ0 est connue et égale à TA. On a donc:

− c1 d −a T
Ψ1 = Ψ2 + 1 1 A (3.2.39)
b1 b1

relation qui n’est autre que (3.2.34) pour i = 2:

Ψ1 = e 2 Ψ2 + f 2 (3.2.40)

En rapprochant ces 2 relations, on obtient les valeurs initiales e2 et f2 de ei et fi permettant


de calculer les valeurs de tous les autres ei et fi à partir de la relation (3.2.38):

− c1
e2 =
b1
(3.2.41)
d −a T
f2 = 1 1 A
b1
Une fois que l’on connaît toutes les valeurs de ei et fi , la relation:

Ψi − 1 = ei Ψi + f i (3.2.34)

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ESME - Sudria - 68 - Première Année


THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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permet d’obtenir les solutions cherchées Ψi .

Pour ce faire, on partira de la température TB imposée à l’extrémité B de la barre, qui


correspond au nœud d’indice N+1. Il faudra donc calculer les valeurs des ei et fi jusqu’au
rang i = N+1.

Mais cette dernière équation du système linéaire, correspondant à l’indice N dans la forme
linéaire générale:

ai Ψi − 1 + bi Ψi + ci Ψi + 1 = di (3.2.32)

a une forme particulière:

a N Ψ N −1 + b N Ψ N + 0 = d N , ( c N = 0) (3.2.41)

La récurrence:
− ci
ei +1 =
a i ei + bi
(3.2.38)
d i − ai f i
f i +1 =
ai ei + bi
impose donc:
e N +1 = 0
(3.2.42)
dN − aN f N
f N +1 =
a N e N + bN

ce qui signifie en définitive que la condition de température imposée à l’extrémité B de la


barre, détermine la température au dernier nœud interne i = N, de la manière suivante:

ΨN = e N +1ΨN +1 + f N +1 = 0. ΨN +1 + f N +1 = f N +1 (3.2.43)

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ESME - Sudria - 69 - Première Année


THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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Quant aux températures aux autres nœuds internes, elles sont calculées successivement
à partir de ΨN , à l’aide de la récurrence (3.2.38):

Ψi −1 = ei Ψi + f i (3.2.38)

3.2.5.5 Programmation

Rappelons que la barre AB considérée a une longueur L que l’on représentera par le
segment [0,1] de l’axe Ox, segment que l’on partage en N+1 intervalles de longueur:

∆x = 1/(N+1) (3.2.44)

Nous disposons désormais d’un algorithme permettant de calculer une approximation Ψi


de la température T(xi) en chacun des N nœuds internes d’abscisse:

xi = i ∆x pour i = 1, N (3.2.45)

connaissant la valeur exacte de cette température aux deux extrémités:

Pour x0 = 0 , Ψ0 = TA
Pour x N +1 = 1, ΨN+1 = TB

Après avoir élaboré une modélisation physique du problème au § 3.2.5.1, nous avons
substitué à ce modèle mathématique une discrétisation numérique (§ 3.2.5.3) qu’il reste
seulement à programmer en un code de calcul exécutable.

On trouvera en annexe le code source en langage C correspondant, nommé barre1.c, qui


conduit à un programme exécutable barre1.exe

Avec le jeu de données ci-dessous :

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ESME - Sudria - 70 - Première Année


THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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Saisie des données


------------------
Diamètre de la barre (en m): 0.010
Nombre de noeuds internes: 31
Température de l'extrémité A (en °C): 80
Température de l'extrémité B (en °C): 40
Température de l'air ambiant (en °C): 18

Coefficient de convection h(A) et h(B) ( en W/(m2.°C) ): 2.50


Coefficient de convection h(M) ( en W/(m2.°C) ): 5.00

le programme fournit les résultats suivants :

Présentation des résultats


--------------------------
Nombre de noeuds internes: 31
Distance dx entre 2 noeuds: 0.031 m

i x(i) T(i) i x(i) T(i) i x(i) T(i)


-- ---- ----- -- ---- ----- -- ---- -----
0 0.00 80.00 11 0.34 50.49 22 0.69 39.35
1 0.03 76.46 12 0.38 48.81 23 0.72 39.03
2 0.06 73.08 13 0.41 47.27 24 0.75 38.81
3 0.09 69.88 14 0.44 45.89 25 0.78 38.67
4 0.12 66.85 15 0.47 44.64 26 0.81 38.63
5 0.16 63.99 16 0.50 43.52 27 0.84 38.66
6 0.19 61.31 17 0.53 42.54 28 0.88 38.78
7 0.22 58.81 18 0.56 41.67 29 0.91 38.97
8 0.25 56.48 19 0.59 40.93 30 0.94 39.23
9 0.28 54.32 20 0.62 40.30 31 0.97 39.56
10 0.31 52.32 21 0.66 39.77 32 1.00 40.00

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ESME - Sudria - 71 - Première Année


THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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3.2.6 Comparaison de l’approximation numérique et d’une solutions exacte

Afin de s’assurer de la validité d’un modèle numérique, il est toujours souhaitable de


pouvoir comparer les résultats calculés à l’aide du modèle, à une solution exacte connue
pour un cas simple.

Revenons donc à la définition mathématique du problème physique pour lequel nous


avons développé un modèle numérique:

d 2T
2
− (T − T0 )α 2 ( x ) = 0 (3.2.8)
dx

C’est le terme de diffusion thermique α 2 ( x) qui rend impossible la résolution de cette


équation différentielle.

Mais si maintenant on suppose le terme de diffusion thermique α 2 ( x) indépendant de x,


alors il existe une solution exacte.

L’équation (3.2.8) précédente se réduit à:

d 2T
2
− α 2 (T − T0 ) = 0 (3.2.46)
dx

équation différentielle du second ordre à coefficients constants dont la solution s’écrit:

T ( x ) = T0 + A1ch(α x ) + B1sh(α x ) (3.2.47)

On a appliqué le modèle numérique barre.exe au cas défini par les données suivantes:

N = 31
T ( A) = 30°C T ( B ) = 50°C T0 = 18°C

λ = 389 W/(m.°C ) h = 8,75W/ (m 2 .°C )


4h
α 2 ( x) = = 9 m -2
λd

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ESME - Sudria - 72 - Première Année


THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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La solution exacte correspondant à ces données est la suivante:

T ( x ) = 18 + 12 cosh( 3x) − 8,865 sinh( 3x) (3.2.48)

Le tableau ci-dessous permet de comparer la solution numérique approchée avec la


solution analytique exacte, dont le calcul peut être effectué automatiquement à l’aide d’un
second programme barre2 .exe, dont le code source barre2.c figure également en
annexe :

i x(i) T(i) solution T(i) solution


numérique exacte
approchée analytique
0 0.00 30.00 30.00
1 0.03 29.22 29.22
2 0.06 28.54 28.54
3 0.09 27.95 27.95
4 0.12 27.45 27.45
5 0.16 27.03 27.03
6 0.19 26.69 26.70
7 0.22 26.43 26.43
8 0.25 26.24 26.25
9 0.28 26.12 26.13
10 0.31 26.08 26.09
11 0.34 26.10 26.12
12 0.38 26.10 26.22
13 0.41 26.37 26.39
14 0.44 26.61 26.63
15 0.47 26.93 26.95
16 0.50 27.32 27.35
17 0.53 27.80 27.84
18 0.56 28.37 28.40
19 0.59 29.02 29.06
20 0.62 29.78 29.82
21 0.66 30.63 30.68
22 0.69 31.60 31.66
23 0.72 32.69 32.75
24 0.75 33.90 33.97
25 0.78 35.26 35.33
26 0.81 36.76 36.85
27 0.84 38.44 38.53
28 0.88 40.29 40.39
29 0.91 42.34 42.45
30 0.94 44.60 44.73
31 0.97 47.09 47.23
32 1.00 50.00 50.00

On constate que l’accord est excellent.

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ESME - Sudria - 73 - Première Année


THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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3.3 Régime variable

Nous nous limiterons dans ce qui suit à la résolution des problèmes thermocinétiques à
deux variables: une variable spatiale x, et le temps t.

Ceci correspond à de nombreux cas pratiques où les conditions aux limites sont
indépendantes de y et z.

L’équation de la chaleur se réduit alors à:

∂ 2T 1 ∂ T
= (3.2)
∂ x2 a ∂ t

3.3.1 Transformation de Laplace

Une première technique permettant de résoudre aisément l’équation (3.2) précédente


consiste à appliquer la transformation de Laplace.

La transformée de Laplace d’une fonction T(t) est définie, sous certaines conditions, par
l’intégrale:



T ( x, p) = 0
e − pt T(x, t) dt (3.3.1)

L’application de cette transformation à l’équation unidimensionnelle de la chaleur (3.2)


donne:

∞ ∂ 2T 1 ∞ ∂ T
∫ ) dt - ∫ e -pt (
-pt
e ( )dt = 0
0 ∂x 2
a 0 ∂ t

En utilisant la propriété de différentiation sous le signe somme pour la première intégrale,


et en intégrant la seconde par parties, on obtient la relation:

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ESME - Sudria - 74 - Première Année


THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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d2
dx 2 ∫
0

e - pt T(x, t) dt -
1⎧
[

a ⎩ T(x, t) e - pt
] t =∞

t =0
+ p ∫ e - pt T(x, t) dt ⎫⎬ = 0
0

c’est-à-dire, du fait de la définition même de la transformée de Laplace:

d2 1 p
2 ( T) - {0 - T(x, 0)} - T = 0
dx a a

En notant T0 la répartition initiale des températures T(x, 0), l’équation transformée s’écrit
en définitive:

d2 p T
2 ( T) - T = 0 (3.3.2)
dx a a

On voit alors tout l’intérêt de la transformation de Laplace: Nous étions en présence d’une
équation aux dérivées partielles dont la solution ne semblait pouvoir être obtenue, et la
méthode appliquée nous a conduit à une simple équation différentielle du second ordre
(3.3.2)

L’équation sans second membre admet comme solution:

T(x, p) = A exp (-kx) + B exp (kx)

en posant:
p
k2 =
a

Une solution particulière de l’équation différentielle avec second membre est:

-1
T = T
p 0

de sorte que la solution générale de l’équation de la chaleur transformée s’écrit:

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ESME - Sudria - 75 - Première Année


THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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T0
T(x, p) = A exp (-kx) + B exp (kx) - (3.3.3)
p

Il ne reste alors plus qu’à remonter à la distribution de température recherchée T(x, t) à


partir de la solution transformée (3.3.3) précédente. Il existe pour cela deux possibilités:
appliquer la transformation inverse, ou utiliser directement une table de transformées.

Le tableau 3.2 ci-dessous donne quelques transformées de Laplace qui seront utilisées
dans l’exemple traité à titre d’illustration de la méthode.



T(t) T(p) = 0
e -pt T(t) dt

1 1
p

a T1 (t) + b T2 (t) a T1 (p) + b T2 (p)

∂ T(t) p T(p) - T(0)


∂ t
⎛ x ⎞ e -kx p
erfc ⎜ ⎟ , k2 =
⎝ 2 at ⎠ p a
at -x 2
⎛ x ⎞ e -kx
2 e 4 at
- x erfc⎜ ⎟
π ⎝ 2 at ⎠ kp

Tableau 3.2 - Quelques transformées de Laplace

3.3.2 Mur semi-infini soumis à un saut de température

On appelle mur semi-infini le milieu défini par le demi-espace. Un exemple simple est celui
d’un sol plan dont la surface peut être soumise à diverses conditions.

Soit un tel mur semi-infini, initialement à une température uniforme T0 dans l’ensemble de
sa masse.

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ESME - Sudria - 76 - Première Année


THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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On suppose que l’on porte brusquement sa surface à une température constante T1 .

Figure 3.6 - Problème du mur semi-infini

Le système à résoudre pour calculer l’évolution des températures T(x, t) dans le mur
s’écrit:

∂ 2T 1 ∂ T
- =0
∂ x2 a ∂ t

T ( 0, t ) = T1

T ( x, 0 ) = T0

Si on introduit la nouvelle variable T* (x, t) définie par le changement d’origine des


températures suivant:
T* (x, t) = T (x, t) - T0

le système à résoudre s’écrit alors:

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ESME - Sudria - 77 - Première Année


THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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∂ 2T * 1 ∂ T *
- =0
∂ x2 a ∂ t

T * ( 0, t ) = T1 - T0 , température imposée à la surface du mur

T * ( x, 0 ) = 0 , distribution de température initiale à travers le mur

L’équation aux dérivées partielles de départ :

∂ 2T 1 ∂ T
- =0
∂ x2 a ∂ t

conduit, on l’a vu, à l’équation différentielle transformée (3.4) :

d2 p T
2 ( T) - T = 0
dx a a

En y introduisant le changement d’origine des températures :

T* (x, t) = T (x, t) - T0

on a finalement à résoudre le système d’équations suivant :

d2T * p
2 - T* = 0
dx a

T1 - T0
T * (0, p) =
p

dont la solution générale est donnée par la relation (3.3.3) :

T * (x, p) = A exp (-kx) + B exp (kx)


p
avec: k 2 =
a

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ESME - Sudria - 78 - Première Année


THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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La température T(x, t), ni sa transformée T ne pouvant tendre vers l’infini, la constante


d’intégration B est nécessairement nulle.

Quant à la constante d’intégration A, elle est imposée par la condition en x=0:

T1 - T0
T * (0, p) = A =
p

d’où l’expression de la solution transformée:

exp ( -kx)
T * (x, p) = (T 1 - T0 )
p

En consultant le tableau 3.2 ci-dessus, on constate que la solution recherchée a pour


expression:

⎛ x ⎞
T * (x, t) = ( T1 - T0 ) erfc ⎜ ⎟
⎝ 2 at ⎠

La répartition de température dans le mur semi-infini sera finalement obtenue en tenant


compte du changement d’origine de température introduit précédemment:

T(x, t) = T * (x, t) + T0

ce qui peut en définitive s’exprimer sous la forme:

T(x, t) - T0
= erfc ( u )
T1 − T0
(3.3.4)
x
en posant: u =
2 at

La fonction erfc (u) est la fonction d’erreur complémentaire, définie à partir de la


fonction d’erreur erf (u) par la relation:

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ESME - Sudria - 79 - Première Année


THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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erfc (u) = 1 - erf (u) (3.3.5)

Quant à la fonction d’erreur, elle est définie elle-même par l’intégrale:


2
exp ( - ξ 2 ) dξ
u
erf (u) = (3.3.6)
π 0

Cette fonction classique n’intervient pas seulement dans les questions de thermique, mais
également en statistiques, d’où son nom.

La fonction erf(x) est tabulée dans le tableau 3.3 suivant:

x erf x

0.0 0.0000
0.1 0.1124
0.2 0.2227
0.3 0.3286
0.4 0.4284
0.5 0.5205
0.6 0.6038
0.7 0.6778
0.8 0.7421
0.9 0.7969
1.0 0.8427
1.2 0.9103
1.4 0.9522
1.6 0.9764
1.8 0.9891
2.0 0.9953
2.2 0.9981
2.4 0.9993
2.6 0.9998
2.8 0.9999

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ESME - Sudria - 80 - Première Année


THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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Tableau 3.3 : Fonction d’erreur erf x

La figure 3.8 ci-dessous représente la variation de la fonction d’erreur erf x dont les
valeurs sont données dans le tableau 3.3 ci-contre:

erf x

0,9

0,8

0,7

0,6

0,5 Fonction d'erreur erf x

0,4

0,3

0,2

0,1

0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3

Figure 3.8 - Fonction d’erreur erf x

Application:

A quelle profondeur doit-on enterrer une canalisation d’eau pour qu’une brusque baisse de
température à - 15 °C n’entraîne pas le gel de cette canalisation au bout de 15 jours ?

Hypothèses:
- le sol est à une température initiale uniforme et égale à 5°C, sa diffusivité thermique a
vaut 2,8. 10-7 m2.s-1;

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ESME - Sudria - 81 - Première Année


THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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- la température en surface du sol chute brusquement à -15°C et se maintient à cette


valeur pendant 15 jours.

La solution de ce problème de mur semi-infini est donnée par l’équation (3.3.4)


précédente:

T(x, t) - T0
= erfc ( u )
T1 − T0
(3.3.4)
x
en posant: u =
2 at

La température initiale T0 du sol étant 5°C, l’échelon de température T1 - T0 vaut


-20°C, et la solution s’écrit:

⎛ x ⎞
T(x, t) = T0 + ( T1 - T0 ) erfc ⎜ ⎟
⎝ 2 at ⎠

Le gel de la conduite se produira à la profondeur x et au temps t, lorsque se réalise la


condition :
T(x, t) = 0

Condition satisfaite lorsque:

-T0 -5
erfc (u) = 1 - erf (u) = = = 0,25
T1 − T0 -20

c’est-à-dire encore:
erf (u) = 1 - 0,25 = 0,75

Par interpolation dans le tableau 3.3, on obtient la solution u = 0,81

Avec a = 2,8. 10-7 m2.s-1 et t = 15 jours = 15 X 24 X 3600 = 1.296.000 s, on obtient:

x = 0,81 . 2 2,8 . 10-7= . 1,296 . 106 = 1,62 0,3628 = 0,98 m

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ESME - Sudria - 82 - Première Année


THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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Enterrée à 1 m de profondeur, la conduite d’eau mettra 15 jours pour se refroidir de +5°C


à 0°C, lorsque la surface du sol passe brutalement de +5°C à -15°C.

3.3.3 Solution par la méthode de séparation des variables: séries de Fourier

On cherche s’il existe une solution particulière, à variables séparées x et t, de la forme:

T(x, t) = X(x) . Y(t) (3.3.9)

satisfaisant à l’équation de la chaleur:

∂ 2T 1 ∂ T
= (3.2)
∂ x2 a ∂ t

à laquelle on adjoint des conditions aux limites spatio-temporelles spécifiques de chaque


problème physique particulier étudié.

En reportant (3.3.9) dans (3.2), on obtient:

1
X′′(x) Y(t) - X(x) Y′(t) = 0
a

ou encore:

X′′(x) 1 Y′(t)
= (3.3.10)
X(x) a Y(t)

Le premier membre de l’équation (3.3.10) ne dépend pas de t. Le second membre ne


dépend pas de x. L’égalité des deux membres devant être vérifiée pour toutes les valeurs
de x et de t, ceci n’est possible que si chaque membre est égal à une constante.

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ESME - Sudria - 83 - Première Année


THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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Une première possibilité peut s’écrire:

X′′(x)
= α
X(x)
(3.3.11)
Y′(t)
= α
a Y(t)
Le choix de la constante α dépend du processus thermique étudié. Remarquons que
l’intégration par rapport au temps conduisant à:

Y(t) = R exp ( a α t)

la constante α ne peut être que négative, afin que la température T(x, t) ne tende pas vers
l’infini pour des temps croissants.

En posant α = - k2, on obtiendra: Y(t) = R exp (- a k2 t)

Le système (3.3.11) ne représente pas la seule possibilité de satisfaire l’égalité (3.3.10).


On peut encore imposer:

a X′′(x)
= β
X(x)
(3.3.12)
Y′(t)
= β
Y(t)

L’intégration par rapport au temps conduira cette fois à:

Y(t) = R exp ( β t)

et en choisissant comme constante β un nombre imaginaire β = i ω, on sera conduit à une


solution adaptée à la description de phénomènes périodiques en fonction du temps,
puisque Y(t) s’écrira alors:

Y(t) = R exp (i ω t) = R ( cos ω t + i sin ω t )

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ESME - Sudria - 84 - Première Année


THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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Selon la nature du problème physique, on retiendra la partie réelle ou imaginaire de la


solution complexe obtenue.

3.3.4 Application au cas du mur semi-infini en régime sinusoïdal

Les problèmes de conduction de la chaleur dans les solides dont la température subit des
variations périodiques, interviennent dans de nombreux cas tels que les suivants:
• Chauffage des locaux, en tenant compte des apports calorifiques dus à
l’ensoleillement.

• Calcul des champs de températures dans les moteurs à combustion interne,


déterminés par la nature périodique du flux thermique.

• Contrôle automatique des températures.

Nous allons étudier le cas simple du mur semi-infini soumis à une variation sinusoïdale de
la température de sa face d’abscisse x = 0.

Au bout d’un temps suffisamment long, la température du milieu évoluera autour d’une
valeur moyenne constante en chaque point d’abscisse x. On s’intéresse à la fluctuation
θ(x, t) de la température autour de cette valeur moyenne, dans ce que l’on nomme un
régime sinusoïdal établi.

Les équations gouvernant ce problème sont les suivantes:

∂ 2θ 1 ∂θ
- =0
∂ x2 a ∂ t

θ (0, t) = θ 0 cos ω t (3.3.13)

θ ( ∞, t) → 0

La température de la face x = 0 du mur oscillant sinusoïdalement avec une pulsation ω, on


va rechercher une solution de forme également sinusoïdale, avec la même pulsation ω.

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THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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On a vu que l’on devait résoudre le système (3.3.12):

a X′′(x)
= β
X(x)
(3.3.12)
Y′(t)
= β
Y(t)

dans lequel on a: β=iω


La première des deux équations (3.3.12) se met sous la forme:

β
X′′(x) - X(x) = 0
a

équation différentielle du second ordre dont la solution générale est de la forme:

⎛ β ⎞ ⎛ β ⎞
X(x) = A exp ⎜ - x ⎟ + B exp ⎜ x⎟
⎝ a ⎠ ⎝ a ⎠

La seconde équation (3.3.12) a pour solution:

Y(t) = C exp ( β t )

de sorte que la solution complexe recherchée s’écrit:

⎧ ⎛ β ⎞ ⎛ β ⎞⎫
θ i (x, t) = ⎨A exp ⎜ - x ⎟ + B exp⎜ x ⎟⎬ C exp ( β t)
⎩ ⎝ a ⎠ ⎝ a ⎠⎭

où A, B et C sont 3 constantes d’intégration.

Pour que la solution reste finie lorsque x → ∞ , il faut nécessairement que B = 0.

Sur la paroi x = 0, on doit avoir:

θ i (0, t) = A C exp ( i ω t ) = θ 0 ( cos ω t + i sin ω t)

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THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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ce qui impose la valeur θ0 pour la constante d’intégration A.C

En remarquant que:

( )
1
= (i ω) = ω2
1 1
β
2
2 2 (1 + i)

la solution complexe peut s’écrire:

⎡ ω ⎤
θ i (x, t) = θ 0 exp ⎢ - (1 + i) x ⎥ exp (iω t)
⎣ 2a ⎦

La fluctuation de température recherchée est la partie réelle de la solution complexe ci-


dessus, soit donc:

⎡ ω ⎤ ⎡ ω ⎤
θ (x, t) = θ 0 exp ⎢ - x ⎥ cos ⎢ω t - x⎥ (3.3.13)
⎣ 2a ⎦ ⎣ 2a ⎦

Application:

On suppose que les variations quotidiennes de température à la surface du sol sont


sinusoïdales. A quelle profondeur doit-on pénétrer dans le sol pour que l’amplitude de la
fluctuation de température à cette profondeur, ne soit plus que le 1/100ème de l’amplitude
en surface, sur une période de 24 heures ?

La solution (3.3.13) montre que l’amplitude des fluctuations à la profondeur x = L, a pour


valeur:

⎡ ω ⎤
θ (x = L) = θ 0 exp ⎢ - L⎥
⎣ 2a ⎦

La profondeur L recherchée sera donc donnée par la condition:

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THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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⎡ ω ⎤
exp ⎢ - L⎥ = 0,01
⎣ 2a ⎦

soit encore:

ω
L = Ln 100 = 4,605
2a

d’où on tire:

4,605
L =
ω
2a

La période de la fluctuation étant: T = 24 h = 86.400 s, on en déduit la pulsation:

ω = 2 π / T = 0,00007272

La diffusivité thermique du sol a déjà été indiquée lors d’un exemple précédent, et a pour
valeur 5:

a = 2,8. 10-7 m2.s-1

Il en résulte finalement que la profondeur L cherchée a pour valeur:

4,605 4,605
L = = = 0, 40 m
7,272 . 10-5 129,85
2. 2,8 . 10-7

3.3.5 Méthodes numériques

Nous n’avons abordé la résolution des problèmes de conduction en régime variable que
dans le cas simple d’un milieu à une seule dimension.

5 voir l’application du § 3.3.2, page 57

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THERMIQUE Méthodes de résolution de l’équation de la chaleur
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Dès que la géométrie des systèmes étudiés se fait plus compliquée, qu’elle soit à 2 ou à 3
dimensions, toute résolution de type analytique devient excessivement lourde et précaire.

Le seul outil efficace est constitué par tout un ensemble de codes de calcul numérique
spécialisés, dont la description et la théorie sortent du cadre de cet enseignement général,
mais dont le programme barre1.exe développé plus haut donne un modeste aperçu.

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