Vous êtes sur la page 1sur 133

COURS DE RESISTANCE DES MATERIAUX

OBJECTIF PEDAGOGIQUE
L’étudiant devra n’avoir aucune difficulté à déterminer les sollicitations dans un élément
quelconque d’un ouvrage courant du Génie Civil (en particulier pour les systèmes
isostatiques), le calcul des structures en quelque matériau que ce soit ne pouvant se faire
sans de solides connaissances en R.D.M.

I. RAPPELS SUR LES VECTEURS – NOTION DE FORCE

 x1   x2 
   
Soit deux vecteurs V1 y1
 y1
et V2 y2 
 y2 
et un réel a:
   

I.1 Définitions:
1.11 Vecteur : un vecteur est une grandeur définie par une direction, un sens et une
intensité.

I.2 Coordonnées cartésiennes d’un vecteur : ce sont les valeurs x, y, et z.


 x 
 
I.3 Norme d’un vecteur : soit un vecteur V y 
 y 
. La norme de V notée V
 

ou V et vaut x 2  y 2  z 2 .
I.4 Addition et soustraction de deux vecteurs
 x1  x 2 
   
a) Analytiquement : V1  V2   y1  y 2
z


 1  z2 
 x1  x 2 
   
V1  V2   y1  y 2 
 z  z2 
 1 

b) Vectoriellement :
I.5 Formules utiles pour l’addition des vecteurs

1
I.6 Produit scalaire de deux vecteurs :

I.7 Produit d’un scalaire par un vecteur :

I.8 Produit vectoriel de deux vecteurs :


I.9 Projections sur les axes 
0. REPERE - CONVENTIONS

Repère orthonormé :
Y
Dans toute la suite du cours de
mécanique on prendra comme
repère de l'espace le TRIEDRE
DIRECT ci-contre : O X
Z

Y X Y
En
représentation
plane du trièdre, Z Y X
on aura les O X O Z O Z
différentes
représentations :

Sens positif :

Nous serons amenés à définir des déplacements (translations, rotations) dans l'espace ainsi
que des projections de grandeurs mécaniques diverses dans le repère direct. Par convention,
nous prendrons les sens positifs suivants :

pour les translations : pour les rotations :

Y Y

O X O
X
Z Z

2
I. PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA STATIQUE

1.1 STATIQUE ANALYTIQUE

1.1.1 Rappels de mathématiques


Voir photocopie.
1.1.2 Principe fondamental de la statique
a) Les actions mécaniques

On appelle action mécanique toute cause susceptible de maintenir un corps au repos, de


créer ou de modifier un mouvement, de déformer un corps.

Notion de force

On appelle force l'action mécanique qui s'exerce mutuellement entre 2 particules


élémentaires pas forcément en contact.

La force est modélisée (représentée) par un VECTEUR qui sera entièrement défini par les
caractéristiques suivantes :
A
- point d’application
- direction
- sens
- module ou norme ou
intensité

b) Moment d'une force

La seule notion de force est insuffisante pour représenter une action mécanique. En effet
suivant le point d'application d'une force, un solide peut tourner ; cet effet peut être
caractérisé par le moment de la force en un point.

La définition du moment la plus pratique à utiliser était la suivante :


d On appelle moment d'une force F par
Y rapport à un point I la grandeur égale au
F 
produit de la norme de F par la valeur du
"bras de levier" affectée du signe de la
A I rotation possible autour de I.
O X

 
M F   F  d
I

Cette définition est insuffisante pour la détermination de moments dans l'espace. On est
amené à considérer la définition vectorielle du moment.

On appelle moment d'une force F par rapport à un point I le VECTEUR égal au produit
vectoriel :


  
MI F  F  AI

3

(A point d'application de F )
c) Méthode pratique de calcul des coordonnées du VECTEUR moment :

 YF yI  y A  On dispose les coordonnées


XF   xI  xA  Z sous forme de déterminants
  zI  zA 
F  YF  ; AI  yI  y A   ;
   F en commençant à YF et yI-
 XF xI  xA  yA et on détermine les
 ZF   zI  zA   
 YF yI  y A  différentes coordonnées du
produit vectoriel en
calculant les déterminants
2x2.
 
 
  YF yI  y A  
 ZF zI  z A 

 
  XF   xI  x A   
   ZF zI  z A  
F  AI  
 
MI F    y  y  
 YF   I A  
xI  x A 

      XF 
 ZF   zI  z A   
 
XF xI  x A  
 YF yI  y A 

 

 


Relation fondamentale : Si l'on veut calculer le moment de F en un autre point de
l'espace on peut utiliser la relation suivante :

 
   
MB F  MI F  F  BI

d) Modélisation de l'action mécanique d'une force sur un solide :

A12 Soit un système (1) soumis à l'action d'une


2 
R 1
force A 12 appliquée en A. On pourra
représenter l'action mécanique de la force
 
A 12 sur le système (1) par le vecteur R12 et

MOA12 le moment  tels que:
M O A 12
 
R12  A12


   
Moment de A 2 en O point de l’espace et accessoirement origine du
MO A 12  A 12  AO 1

repère



L'ensemble de ces 2 vecteurs est appelé TORSEUR de l'action mécanique de la force A 2
1


sur le système matériel (1) au point O et est noté 2
(A )
O 1

Plusieurs écritures sont possibles suivant les calculs à mener :

4
 O

2
1
 2 2  X A 2 L O 
R1  A1   1 
( A )       YA 2 MO 

 M A 2  Z 2 N 
1

 O 1   A1 O 
X 2   LO 

 A1
 
A1   YA 2  ; MO A1  MO 
2 2
1
Z 2  NO 
 A1 

L'écriture sous forme de torseurs des actions mécaniques n'ajoute rien quant aux acquis de
première et terminale. C'est seulement une façon synthétique d'écrire ces actions. Elle
paraît peut-être lourde au premier abord mais c'est une méthode très efficace pour éviter
d'oublier des actions mécaniques dans la résolution d'un problème de statique.

e) Modélisation de l'action mécanique d'un système de forces sur un système matériel

Il est rare qu'un système matériel soit soumis à une seule force, si l'on veut déterminer
 
l'action mécanique de n forces Fi , il faut déterminer le vecteur somme des forces Fi
ainsi que la somme des vecteurs moments en un point commun.
   

On obtient ainsi le torseur de l'action mécanique du système de forces  F1,F2 ,........,Fn  .
    
R  F1  F2  ........  Fi  ..... Fn
   
    
MO  MO F1  MO F2  .......  MO Fi  .......  MO Fn

R est appelé la résultante du torseur de l'action mécanique du système de forces appliqué
sur le système matériel étudié.

MO est appelé le moment résultant au point O du torseur de l'action mécanique du
système de forces appliqué sur le système matériel étudié.

 
Le TORSEUR


 O
  
(F1, F2 , ....., Fn ) modélise l'action mécanique du système de forces

(F1, F2 , ....., Fn ) sur un système matériel. Ses éléments de réduction au point O est :

 2 n 

 O
  
 R1   Fi

(F1, F2 , ....., Fn )  

i 1

n  

MO   MO (Fi )
 i 1

N.B. La droite servant de support ou ligne d’action à la résultante est unique et la position du
point d’application sur cette droite est sans importance.

5
Il y a des systèmes de forces qui ne sont pas réductibles à une seule force ; cependant tout
système peut être réduit à un ensemble (force +couple).

g) Les différentes liaisons 

Dans un problème donné, les types d’appui sont définis par des considérations
technologiques (constructives).
Les forces extérieures (charges) étant données, on peut alors déterminer les réactions
d’appui par la statique. Si le problème est hyperstatique, on fait appel aux équations de
déformation.
Il est indispensable de bien définir quels sont les types d’appuis d’une poutre avant d’écrire
les équations d’équilibre.
g1) Appui simple ou appui libre (sans frottement) 
Le système matériel (S) est simplement appuyé sur un système (0). L’appui simple est une
liaison qui supprime le déplacement relatif suivant une seule direction (souvent la verticale)
entre les solides en contact.

- Nous supposerons le contact ponctuel (linéique dans l’espace)


Hypothèses: - Nous considérerons que les frottements ne pourront pas gêner
la translation et la rotation permise.

Schématisation Modélisation Torseur Exemple


 0 0
 0 
A (0 / S)  YA S 0
 0 0 

g2) Articulation cylindrique :

En chacun des points de contact, il y a une action dont le support passe par le centre O de
l’articulation. Toutes ces actions constituent donc un système de forces concourantes en O.
L’articulation

Le système matériel (S) est en contact avec le système (0) suivant une portion de surface
cylindrique ou par l’intermédiaire d’un axe d’articulation. L’articulation est une liaison qui
supprime toute translation dans le plan xOy mais autorise la rotation Rz. L’articulation peut
être considérée comme une succession d’appuis simples d’axes concourants en un même
point.

L’action de liaison peut alors être considérée aussi comme une succession d’efforts
ponctuels concourants en un même point, le centre de l’axe d’articulation A. Tous les
supports de ces actions passant par A, la résultante qui sera l’action de liaison de

l’articulation A 0 , aura le support qui passera par A elle aussi mais sera de direction
S
quelconque.

6
Contact
L’articulation introduit
donc 2 inconnus statiques:
A
(S) (S) les 2 coordonnées du
(0) 
vecteur A 0 ou sa direction
S
(0) et sa mesure algébrique.

Hypothèse: Nous considérerons que les frottements ne pourront pas gêner la rotation
permise.


XA S0 0
 0 
A (0 / S)   YA S 0
 0 0
 

g3) Encastrement :
Le contact entre les systèmes matériel (S) et (0) est tel qu’il empêche tout déplacement relatif
d’un des 2 systèmes. L’encastrement empêche donc Tx, Ty et Rz dans le plan.

L’encastrement peut-être considéré comme une


succession d’appuis ponctuels d’axes non
concourants.

L’action de liaison peut donc être modélisée par un


torseur de vecteurs quelconques dans le plan xOy. Ce
torseur pourra être représenté par ses éléments de

réduction soit sa résultante A 0 et son moment
S

résultant M 0 .
AS

Le moment résultant M 0 est le moment d’encastrement. Ce moment d’encastrement est
AS
un effort qui va s’opposer à la rotation Rz et l’empêcher. Un encastrement nous introduit

donc 3 inconnus: les 2 coordonnées du vecteur A 0 et la mesure algébrique du moment
S
d’encastrement MA.

7

XA S0 0 
 0 
A (0 / S)   YAS 0 
 0 N 0
 AS 

Principe fondamental de la statique (PFS) :

Enoncé général

Pour qu'un système matériel soit en équilibre, il faut et il suffit que le torseur des actions
extérieures qui lui sont appliquées soit égal au torseur nul en tout point de l'espace.

Traduction analytique : Cela signifie que les éléments de réduction du torseur des
actions extérieures sont nuls :
- la résultante est nulle
- le moment résultant est nul en tout point.

  


  Fext  0
 
ext
(Fsyst )  
O
    


 MO (Fext )  couples  0



X Fext 0 L
O 0
 Y Fext 0 M
O  0

 Z Fext 0 N
O  0

On obtient 6 EQUATIONS d'équilibre dans l'espace.


Problèmes plans :

L'énoncé précédent reste bien entendu valable, mais son écriture et son exploitation se
simplifient. Le solide et le système d'actions sont alors supposés être dans le même plan.

Si ce plan est le plan (O, x, y) le P.F.S. s'écrit :

 O

  XFext  0

(F )    YFext  0
ext
syst
 


  NO  0

On obtient 3 EQUATIONS d'équilibre dans le plan.

8
Etude de l'équilibre :

1) Isolement :

Avant de procéder à toute mise en équation, on veillera à bien délimiter le système matériel
ou l’ensemble de systèmes matériels que l'on veut étudier.

Isoler un système matériel signifie : distinguer les actions extérieures au système, écrire
tous les torseurs des actions extérieures au même point (condition impérative pour le
P.F.S.).

2) Inventaire des actions extérieures :

On distinguera plusieurs types d'action :

- les actions mécaniques de contact


- ponctuelles définies par la connaissance de leur point d’application, de leur direction, de
leur sens et de leur intensité.
- linéiques uniformes ou non, exprimées en kN/m transmises suivant une génératrice
(poutre, voile)
- surfaciques réparties sur une surface (plancher, toiture), exprimées en kN/m²
- les actions à distance ou actions de volume résultant d'effets magnétiques ou de
pesanteur. On considère qu'elles s'appliquent au centre de gravité de l'élément considéré.

3) Repère d'étude :

Quand nous étudierons une structure complète, nous serons amenés à considérer soit
l'ensemble de la structure soit un de ses éléments. En conséquence, nous devrons utiliser
soit un repère mécanique général, soit un repère mécanique local plus pratique pour
l'étude.

Repère mécanique général : C’est un repère en général lié au sol.

B C F Exemple : soit une structure


composée de trois barres et
Y de 4 nœuds A, B, C, D
soumise à un effort ponctuel
A X D F.
O Dans lerepère général
  
( O, X, Y ) la force F s'écrit :
 F 
F   
0 

Repère mécanique local :

9
y2 Si maintenant on veut
x2 y3 étudier chaque barre
séparément, on utilisera
x3 F alors les repères locaux
liés aux barres.
 
Dans ( A, x1, y1 ) la force
x1

  0 
y1 F s’écrit: F   F 

  
 F 
Dans ( B, x2 , y 2 ) la force F s’écrit: F   
0 
  
 0 
Dans ( C, x3 , y 3 ) la force F s’écrit: F   
F 

Méthode de travail :

Les changements de repère sont parfois générateurs d'erreurs. Pour éviter cela, nous
adopterons la même méthode dans le repérage de la structure étudié.

Le repère général lié au sol sera noté en MAJUSCULES.

Les repères locaux liés aux barres seront notés en minuscules indicées. L'indice
correspondra au numéro de la barre considérée.

NOUS APPLIQUERONS LE P.F.S. EN RAISONNANT DANS UN SEUL REPERE.


(Les coordonnées entrant dans une équation doivent être exprimées dans le même repère)

II. ANALYSES DES STRUCTURES

Isostatisme d’un système matériel

Définition générale

Avant de se lancer dans la résolution d'un problème de statique sur une structure plane, il
est nécessaire de déterminer si le problème est résoluble par le seul principe fondamental
de la statique.

En d'autres termes, cette recherche va nous amener à définir le nombre d'équations


possibles et le nombre d'inconnues du système. La différence entre ces 2 valeurs s'appelle
degré d'hyperstaticité de la structure.

Degré d'hyperstaticité L = Nombre d'inconnues I - Nombre d'équations Eq

Si L = 0 la structure est isostatique

10
Si L > 0 la structure est hyperstatique d'ordre L

Si L < 0 la structure est hypostatique, c'est un mécanisme à rejeter ou à transformer


par le concepteur.

Nombre d’équations possibles

1) Décomposer la structure en b barres, une barre étant définie par un nœud origine et
un nœud extrémité.

2) Pour chaque barre, il est théoriquement possible d'écrire 3 équations (Principe


fondamental de la statique P.F.S.).

3) Pour chaque liaison intérieure, il est théoriquement possible d’écrire 3E + 2A + P


équations (Principe des actions mutuelles P.A.M.).

P = nombre d’appuis simples


A = nombre d’articulations
E = nombre d’encastrement

Appui simple: Articulation: Encastrement:


Une équation de forces en 2 équations de forces en 2 équations de forces en
projection sur l’axe projection sur Ox et Oy projection sur Ox et Oy et
parallèle au déplacement une équation de moments
empêché sur Oz

Eq = 3b + P + 2A + 3E
Nombre d’inconnues

Pour déterminer le nombre d'inconnues, il suffit d'isoler chaque noeud (extrémités des
barres) et d'analyser le type de liaison des barres sur le noeud.

José OUIN propose que le nombre d’inconnues i de liaison soit le suivant :


 Liaison articulation : i = 2(n -1)
 Liaison encastrement : i = 3(n -1)

2 barres articulées
Démonstration
b a rre 2
4 L'action de la barre 1 sur le noeud A = 2
A inconnues inconnues
L'action de la barre 2 sur le noeud A = 2
inconnues

3 barres articulées

11
Démonstration

6 L'action de la barre 1 sur le noeud A = 2


inconnues inconnues
b a rre 2 L'action de la barre 2 sur le noeud A = 2
inconnues
L'action de la barre 3 sur le noeud A = 2
A inconnues

2 barres encastrées + 1 barre articulée


Démonstration
barre 3 barre 3
A 8 L'action de la barre 1 sur le noeud A = 3
A inconnue inconnues
s L'action de la barre 2 sur le noeud A = 3
inconnues
L'action de la barre 3 sur le noeud A = 2
inconnues

III. METHODE DE RESOLUTION DES PROBLEMES DE STATIQUE

OBJECTIF DU PROBLEME : Déterminer complètement les actions


mécaniques exercées

Extraire le système matériel de la construction


Dessiner le système matériel seul dans la même
position géométrique

Repérer toutes les zones de contact entre le système


matériel et les autres systèmes matériels de la construction
Colonne
rassemblant tous
les vecteurs Schématiser les actions mécaniques correspondant aux
modélisant toutes zones de contact précédentes, leur donner un nom
les actions 12
mécaniques
extérieures 1
VecteurAmodélisant
S Point d’application ou Direction Sens3000
et intensité
N
l’action mécanique A du support
point Verticale
Inventaire des actions de contact, ajouter les actions à distance (poids )
Faire l’analyse de toutes les actions agissant sur le système matériel

Test
Résoudre
Déterminer d’autres NON La résolution est-elle OUI graphiquement ou
éléments ( en isolant possible à partir des éléments
analytiquement
d’autres systèmes et de l’analyse précédente
Choisir la
en faisant intervenir méthode la plus
le PRINCIPE DES performante
ACTIONS
MUTUELLES

RESULTATS: Le problème est terminé lorsque toutes les actions agissant sur le système matériel
sont complètement connues

Remarques: Faire l’analyse des actions mécaniques sur un système isolé, c’est comptabiliser toutes
les actions de contact et à distance. C’est ensuite faire l’inventaire de tout ce qui est connu et
inconnu. Les inconnues du problème sont en général les inconnues relatives aux vecteurs
modélisant les actions mécaniques. Les grandeurs: direction, intensité et sens, point d’application
représentent chacune une inconnue (un vecteur possède 3 inconnues potentielles).
Par commodité, il peut-être intéressant de faire l’analyse sous la forme d’un tableau

IV. STATIQUE GRAPHIQUE

Généralités 
 Objet de la statique graphique : La statique graphique a pour objet la
détermination des efforts et des conditions d’équilibre au repos des corps soumis à
des forces. Nous admettons que toute force peut être représentée par un vecteur
glissant caractérisé par :
 une ligne d’action ou directrice ;
 sa longueur ou intensité du vecteur ;
 une orientation ou un sens.
 Pour résoudre un problème graphiquement, il faut toujours se donner :
 une échelle des longueurs ;
 une échelle des forces. Ces échelles tiendront compte des dimensions de la
feuille sur laquelle on travaille et de la précision qu’on veut atteindre. Plus les

13
échelles seront grandes, plus la précision sera bonne, mais plus on aura
besoin d’espace.

Système soumis à deux forces.


Pour qu’un système soumis à deux forces F1 et F2 soient en équilibre, il faut et suffit
que les deux forces aient :
- la même intensité ;
- la même directrice ;
- des sens opposés.

Système soumis à trois forces.


Un système de trois forces est en équilibre lorsque :
- soit les trois forces sont concourantes ; soit les 3 forces ont des directrices
parallèles et leur somme vectorielle est nulle ;
- la somme vectorielle des 3 forces est nulle.

F2

F2+F3 = F1 F1
F1

F3
F2
F3

Système soumis à quatre forces (Méthode de CULMAN).

14
Soit quatre forces F1, F2, F3, F4 : on appelle droite de CULMAN toute droite joignant deux
points d’intersection des lignes d’action de ces quatre forces prises deux à deux. Il y a 3
droites de CULMAN pour 4 forces ayant des droites d’action concourantes deux à deux.
Soit AB l’une d’entre elles. La résultante des deux forces passant par A doit être de même
intensité, de sens opposé et portées sur cette droite de CULMAN (AB).

JL Fanchon P50

Définitions : Dynamique, funiculaire, Ligne de fermeture, pole et rayons polaires :

Dynamique ou Polygone dynamique


Soit un système de forces coplanaires F1 , F2 ,…, Fn . Par A0, un point arbitraire du plan,
menons un vecteur A0 A1 équipollent à F1 , puis de A1 menons un vecteur A1 A2
équipollent à F2 , et de proche en proche nous faisons  Ai 1 Ai équipollent à Fi …et
An 1 An équipollent à Fn  ; le contour polygonal A 1…Ai…An est appelé dynamique associé
aux forces Fi . La forme du dynamique ne dépend pas du point A 0, mais de l’ordre d’examen
des forces. Le vecteur A0An est équipollent à la résultante des forces Fi, il ne dépend pas du
classement des forces Fi .

Rayons polaires
Joignons tous les sommets Ai à un pôle P choisi arbitrairement dans le plan ; les droites AiP
appelés « i » sont les rayons polaires. Par un point a1 arbitrairement choisi sur la directrice
de F1, menons un segment de droite 0’ parallèle au rayon polaire 0, puis de a 1 menons une
parallèle 1’ au rayon polaire 1 et ainsi de suite ; faisons de même pour toutes les forces F i
jusqu’à Fn.
Funiculaire  : Le contour polygonal 0’1’2’…n’ est appelé funiculaire associé au pôle P.

La ligne de fermeture   : c’est la ligne joignant l’origine du premier vecteur à l’extrémité du


dernier vecteur ; elle est équipollente à la résultante du système.

Résultante d’un ensemble de forces fi

Théorème :
Tout système plan de forces est équipollent à un système de deux forces ayant pour
directrice le premier et le dernier côté du funiculaire est équipollent au premier et au dernier
rayon polaire du dynamique ; le 1er rayon (0) étant parcouru du dynamique vers le pôle P et
le dernier du pôle vers le dynamique.
Deux situations peuvent se présenter :
i) le dynamique est ouvert  : cela veut dire que les sommets A0 et An sont distincts. Par
ailleurs, les rayons polaires 0 et n sont différents et les droites 0’ et n’ sont

15
concourantes en un point I. La résultante R n des forces Fi est équipollente au vecteur
A0 An et passe par I.

ii) le dynamique est fermée : cela veut dire que A0 = An. les côtés 0 et n sont alors
confondues.

 Si 0’ et n’ sont distincts alors le funiculaire est dit ouvert. L’ensemble des forces
est réductible à deux forces d’intensité égales, de sens opposées et portées par
deus droites parallèles : elles forment donc un couple.

 Si 0’ et n’ sont confondus, le funiculaire est dit fermé ; l’ensemble des forces est
donc réductible à deux forces d’intensité égale, de sens opposé et portées par la
même droite.

Exercices d’application

V. SYSTEMES TRIANGULES PLANS

Objectif spécifique de la leçon :


Au terme de cette leçon, l’étudiant sera être capable de déterminer les efforts sollicitant
chaque barre dans un système triangulé. Il pourra utiliser tant la méthode des nœuds (ou de
Cremona) que celle des sections (ou de Ritter).

Définitions :
 On appelle système articulé ou treillis, un assemblage de pièces droites ou courbes,
appelées barres assemblées entre elles à l’aide des rotules ou des articulations, en des
points appelés nœuds,
 On appelle système triangulé ou treillis, un assemblage de pièces droites appelées
barres assemblées entre elles en des points appelés nœuds, dont la figure de base est
un triangle. Un nœud est donc la rencontre de plusieurs barres.

Hypothèses :
 Les assemblages sont supposés géométriquement invariables; les barres sont rigides et
indéformables ;
 Les déformations sont un uniquement dues aux allongements ou aux
raccourcissements des barres et sont toujours négligeables.
 Toutes les forces sont supposées contenues dans le plan de la structure et appliquées
aux nœuds ;
 Le poids des barres est négligé ;
 Les nœuds sont supposés équivalents à des liaisons pivots.

16
Compte tenu de ces hypothèses les barres sont soumises soit à la traction soit à la
compression.

Méthode des nœuds (Cremona)


Cette méthode, dont l’objectif est la détermination des actions dans toutes les barres d’une
même structure, consiste à étudier l’équilibre des nœuds successifs en appliquant le
principe fondamental de la statique. Et la résolution de l’équilibre des nœuds se fait
graphiquement.

Résolution graphique par l’épure de Cremona

Principe: La méthode de Cremona est une méthode graphique. Chaque nœud est en
équilibre sous l’action des barres y aboutissant. Au lieu d’écrire les équations d’équilibre
d’un nœud, on construit le polygone dynamique fermé des forces, actions de contact des
barres sur le nœud.

On notera que la fermeture d’un polygone de forces (équilibre statique) n’est possible que si
le nombre de forces inconnues est au plus égal à 2 (les directions étant connues puisque le
support est connu: c’est la barre).

Mode opératoire:
Il est pratique de commencer par les cinq points suivants

1. Déterminer les réactions aux appuis ;


2. Choisir une échelle pour le dynamique des forces et une échelle de longueurs puis
dessiner le système (figure de position) à l’échelle choisie ;
3. Après avoir positionné sur la figure de position les actions extérieures (connues et
calculées), délimiter les régions : les frontières sont soit les barres, soit les forces ;
donner un nom à chaque région : par exemple, a, b, c, … ;
4. Numéroter les barres dans un ordre logique des nœuds. Nous serons guidés
par le fait que la méthode de Cremona ne peut s’utiliser que si le nombre d’inconnues
à un nœud est inférieur ou égal à deux ;
5. Se fixer un sens de circulation autour des nœuds qui doit être identique pour
tous les nœuds (sens trigonométrique par exemple) ;
6. Construire de proche en proche le dynamique des forces autour de chaque
nœud en équilibre ; on étudie l’équilibre de chaque nœud qui constitue la structure
sur un même graphique ;
7. En tournant autour de chaque nœud dans le sens choisi, chaque fois que l’on
passe d’une région à l’autre on intercepte la ligne d’action d’une force. On reporte le
vecteur de modélisation sur le dynamique en affectant respectivement à son origine et
à son extrémité les lettres qui désignent les 2 régions séparées par cette force, dans
l’ordre où elles se présentent ;
8. Il faut choisir le point de départ de façon à intercepter en dernier lieu les barres où
l’effort est inconnu. Après l’étude du 1er nœud, on trace le dynamique du suivant en
repartant sur les vecteurs du dynamique du précédent. On part de la zone qui permet
de rencontrer en 1er lieu les forces connues.
9. La grandeur des efforts dans les barres est mesurée sur l’épure de Cremona en
considérant l’échelle des forces choisie.

17
Barretendue

Ni Ni barrei Ni Ni

A B

A barretendue B

Barrecomprimée

Ni Ni barrei Ni Ni

A B

A barrecomprimée B

Pour connaître la nature des efforts : traction + ou compression – il suffit de lire sur le
dynamique le sens des forces dans la logique de l’équilibre et le reporter sur le nœud de la
figure de position.

Si la barre tire sur le nœud, la barre est tendue.


Si la barre pousse sur le nœud, la barre est comprimée.

L’épure de Crémona ne donne pas directement l’effort dans une barre mais l’équilibre d’un
nœud.

Exemple: Soit une ferme de 8m de long et 2m de haut. Cette ferme est articulée en A sur un
poteau et appuyée en B. Elle est constituée de 9 barres et 6 nœuds et soumise à 3 efforts de
4KN sur les nœuds D, C et E.

Le système est isostatique et les actions de liaison en A et B égales à 6KN.

Schémamécanique Figuredeposition
4KN
4KN
4KN C 4KN
1m
b C
c
D E
4KN 4KN
3 7
1m
a D
5
E d
A
I
B
1
4 g h 6
f i 9
A B
2m 2m 2m 2m 2 I 8

6KN e 6KN

Etudions l’équilibre du nœud A puis continuons sur le même graphique pour les nœuds D,
C, I et E.

18
d
NoeudA

c g
e N2 f
f e
i
b
6KN h
N1

a a EpuredeCrém
ona

Barre Repère Intensité Nature de l’effort


1
2
3
4
5
6
7
8
9

Remarque: La méthode de Cremona est intéressante lorsqu’on doit déterminer les efforts
dans toutes les barres d’un système triangulé. Elle est particulièrement lourde lorsqu’un
seul effort dans une barre est recherché car on doit alors calculer pratiquement tous les
efforts.
Dans ce dernier cas, on emploie d’autres méthodes et en particulier la méthode de RITTER.

Méthode des sections ou de Ritter

Principe: C’est une méthode analytique. On coupe la poutre triangulée par une section
fictive qui la sépare en deux tronçons distincts, et qui rencontre au plus trois barres dont
les sollicitations sont inconnues.
On isole l’un des tronçons et on écrit qu’il est en équilibre sous l’action des forces connues
et des forces inconnues (forces extérieures à la barre) dans les barres coupées.

En appliquant le P.F.S. sur la portion isolée, on obtient 3 équations à 3 inconnus que nous
savons résoudre, mais la résolution est parfois complexe. Il est intéressant de pouvoir écrire
3 équations indépendantes de telle façon qu’on ait qu’une seule inconnue par équation ;
pour cela on calcule à chaque fois les moments par rapport à un point de rencontre des
deux barres coupées.

Règle de RITTER:

On choisit une section fictive coupant


les barres 2, 3 et 4 et on isole le
tronçon de gauche.

Il est en équilibre sous l’action des


forces connues ( ici les charges 6KN et
4KN ) et des forces inconnues ( les
19
actions dans les barres N2, N3 et N4 ).
N3 d2-4
4KN
P3-4 3 Pour obtenir un effort dans une barre
P2-4 coupée (N4 par exemple), on prend
4
d3-4 1 D N2
comme pole des moments le point
A
2
d’intersection des 2 autres barres
coupées (intersection des barres 2 et 3
N4 P 2-3).
6KN P2-3

d2-3

Soit Fi les forces extérieures connues

2 
M
i 1
P 23
Fi  N4  d23  0

 4KN  2m  N4  1789
. m  0 donc N4 = 4.47 KN en compression ( signe - )
Pour trouver la nature des efforts (traction ou compression), il est conseillé de diriger les
efforts inconnus Ni vers l’extérieur soit les considérer comme des tractions. Lorsque le calcul
amène à une valeur positive, il s’agit alors effectivement d’une traction. Dans le cas
contraire, si le signe est négatif, il s’agit d’une compression.

Remarque: Si les 2 autres barres sont parallèles, on écrit alors une équation des forces en
projection sur un axe perpendiculaire au support des 2 forces parallèles.

Exercices

VI. CARACTERISTIQUES GEOMETRIQUES DES SECTIONS

Définition d'une poutre


y
Une poutre est un solide engendré par
une surface plane (  ) dont le centre de
gravité G décrit une courbe ( C ), (  ) G(s) x
restant constamment normale à cette B
courbe ( C ).  (C)

A
(  ) est la section droite ou section z
G(0)
transversale de la poutre. Si la courbe (C)
est plane et si le plan de (C) est un plan de
symétrie de (  ), la poutre sera dite à plan
moyen de symétrie (voir ci-dessous).
20
y y y

z G z G z G
x x x

Système de référence:

La section (  ) d'une poutre ainsi que les contraintes agissant dans cette section sont
repérées par rapport à un repère (G, x, y, z) mobile que l'on nomme repère local, défini par:

- G(s), défini par son abscisse curviligne s: s = longueur de l'arc G(0) G(s)

- ( G, x ) est orienté suivant la tangente à la fibre moyenne et dirigé suivant le sens de


parcours préalablement choisi sur ( C ) (généralement de la partie gauche vers la partie
droite de la poutre),

- (G,y) et (G,z) sont orientés suivant les axes principaux d'inertie de (  ) et de manière
que le trièdre (G,x, y, z) soit direct.

-le repère OXYZ est le repère global, (ou repère de la statique), fixe.

Les dimensions de la section droite (  ) sont petites devant la longueur de la poutre.


Ordre de grandeur: longueur de la ligne moyenne > 10 fois la plus grande dimension
transversale

La section droite () peut varier progressivement : la poutre est dite alors à inertie variable
(ex: tablier de pont, arc lamellé-collé,.....)

Remarque: on se limitera au cas ou ( C ) est un ensemble de tronçons de barres droites,


pour le sens de parcours on choisira par exemple A, B, C, D, chaque tronçon sera nommé et
affecté d'un repère dont l'origine sera placée à l'extrémité gauche.

21
y2
C
B
x2 S2 C y3

x3
S1
S2
S3
x1 y1

x2

y2
A x1
y1 A D
S1 B

y
Pour toute notre étude, nous prendrons le repère
Y
classique des mathématiques: Oxy et un repère basé sur
le centre de gravité de la section GXY.
Par contre, dans une section droite de poutre, nous
avons le repère Gyz z G
Pour passer du 1er au second il suffit de remplacer GX x X
par -Gz, GY par Gy.

Aire d’une section (notation A)


y
Soit le repère orthonormé Oxy
ym
ax
Dans un repère cartésien dA = dx dy dy
dA

A  dx  dy dx
y

Cette intégrale peut se ramener à une O x


intégrale simple si l'on peut exprimer la
largeur de la surface dA = dxdy, à la cote y, en ym
in
fonction de y: soit b(y) cette largeur.

22
y

ym
ax
dA = b(y).dy dy

b(y)
y
y max

A  . dA   . b( y). dy
surface A
y min O x
A
ym
in

Moment statique d'une section droite (notation S)

Définitions:

C'est une grandeur géométrique qui permet de déterminer la position du Centre de Gravité
d'une section droite, de plus elle intervient dans l'expression des contraintes tangentielles
due à l'effort tranchant Vy.

Définitions: On appelle moment statique y


d'une section droite A par rapport à un axe

( O, x ) la quantité: ym
ax dy
dA

S0 x  A    y. dA   y. dx. dy dx
y
surface A surface A

de meme, le moment statique par O x


rapport un axe axe ( O, y )la
quantité : ym
in
S Oy  A   x.dA   x.dx.dy
surface A surface A

Le moment statique est un nombre


algébrique, ayant la dimension d'un
volume
Unité: mm3, cm3, m3,...

23
y
Cette intégrale peut se ramener à une
intégrale simple si l'on peut exprimer la
ym
ax
largeur de la surface dA, à la cote y, en dy
fonction de y: soit b(y) cette largeur.

dA = b(y).dy b(y)
y

y max O x
S0 x  A    y. dA   y. b( y). dy A
y min ym
in
surface A

Théorèmes - Propriétés:

La principale difficulté réside dans la détermination de b(y). Pour des sections simples
(rectangulaires, en I, on procédera plus simplement en appliquant la relation suivante qui
fait intervenir les coordonnées du CdG:

THEOREME :
Le moment statique d'une section droite A par rapport à un axe Ox (Oy) situé dans son
plan est égal au produit de l'ordonnée du C. de G. yG ( xG ) par rapport à cet axe par
l'aire A de la section droite.
S0 x  A   yG . A
S0 y  A   xG . A

x G ,y G correspondent aux coordonnées de G par rapport au repère Oxy.

Attention: ce sont des valeurs algébriques.

Définition du centre de gravité:


y yg

ym
ax
AireA
S Gxg  A   0
S Gyg  A   0
G xg
Le moment statique d'une section droite par yG
rapport à un axe passant par G est nul. O x
xG
Cette définition est parfois utilisée pour ym
in
déterminer G

Remarque : Le CDG G est le barycentre des points matériels Ai affectés des coefficients
égaux à leurs masses élémentaires dmi. On peut donc écrire :

OG = ∑ (OAi*dmi)/ ∑dmi.

24
Théorèmes de GULDIN.

:
1er théorème  « L’aire S de la surface
engendrée par une ligne tournant autour d’un
axe de son plan mais ne la traversant pas est
G d
égale au produit de la longueur de la ligne par
l f
la longueur de la circonférence décrite par le
centre de gravité de cette ligne ». S = lƒ x 2πd.
Axe

2ème théorème :
« Le volume engendré par une
surface tournant autour d’une axe
de son plan mais ne le traversant G d
pas est égal au produit de la surface
par la longueur de la circonférence
décrite par le centre de gravité de
cette surface ». V = S x 2πd Axe

Changement de repère: translation:

Connaissant le moment statique par rapport à un axe ( O' , x' ), on peut déterminer rapidement
sa nouvelle valeur par rapport à un axe parallèle au précédent ( O , x ). on utilisera la relation suivante:

y
y
EMBED Equation
S0 x  A   yO  . A  S0  x   A  AireA

S0 y  A   xO  . A  S0  y   A 

G (x,Gy) G
O'
x
yo'
O x

xo'

Moment statique d’une section droite A par rapport à un axe de symétrie:

25
y
Si Oy est axe de symétrie de A, on démontre
que:
AireA
S0 y  A   0

Or si
G
S 0 y  A   0  xG . A
yG
O x
EMBED Equation xG  0  G  axe de symétrie
Oy

Moment quadratique d’une section droite (notation I)

Définitions: Moment quadratique par rapport à un axe Ox d'une section droite

y
On appelle moment quadratique d'une section
droite A par rapport à un axe (Ox) ou (Oy), les
quantités: ym
ax dy
dA
EMBED Equation
IOx  A    y
2
. dA   y
2
. dx. dy dx
surface: A surface: A
y

EMBED Equation O x
IOy  A   
2
x . dA  
2
x . dx. dy
surface: A surface: A
ym
in

Ces quantités sont toujours positives.

y
A la cote y, si l'on connaît la largeur b(y) de la
surface élémentaire dA exprimée en fonction
ym
ax
de y, cette intégrale peut se ramener à une dy
intégrale simple.

b(y)
y
y max

IOx  A    y
2
. dA  y
2
. b( y). dy O x
surface: A y min A
ym
in

Moments quadratiques par rapport à des axes parallèles:

26
y
y  yO  y y

 2. y O  . S O  x   A  AireA
2
IOx  y 2 . dA  yO . A  IO  x 
A 

IOx  I
2
 yO   A G (x,Gy) G
O  x O'
x
yo'
Théorème de HUYGENS O x

xo'

Cas ou le repère Ox’y’ est le repère G,xg,yg y yG

AireA

IOx  A   y G  A  IGxg  A 
2

G(x,Gy) G
xG

yG
O x

xG

Moment quadratique produit ou produit d'inertie:

Définition:
y
Le produit d'inertie d'une section droite A par
rapport aux axes (0x) et (0y) est égal à:
dA

IOxy  A    x. y. dA   x. y. dx. dy
surface: A surface: A
y

Attention cette quantité peut être O x


négative.

x
Théorèmes - Propriétés:

27
Théorème:
Si A est un rectangle et si les axes sont parallèles aux cotés du rectangle, alors l'intégrale
peut être calculée simplement.

 xmax   y max 
IOxy  A   
x. y. dA  
x. y. dxdy   x. dx .  y. dy  
   
surface: A surface: A  xmin   y min 

IOxy  A   A. xG . y G

Changement de repère par translation:

y
y

Relation entre les produits quadratiques: I Oxy  A  et


AireA
I Oxy  A 

G (x,y)
G G
O' x
I Oxy  A   x O .y O .A  x O .S Ox  A   y O .S Oy  A   I Oxy  A 
yo'
O x

xo'

y yG

AireA
Cas ou le repère O'x'y' est le repère G, xg, yg

G(x,y
G) G
xG
IOxy  A   xG . y G . A  IGx G y G  A 
yG
O x

xG

Moment quadratique polaire (Notation Io):

28
y
On appelle moment quadratique polaire, le
moment quadratique par rapport à un point O
d'une section droite A Cette quantité toujours
positive est utilisée en torsion, son expression est dA
la suivante:

r
IO  A    r
2
. dA
surface: A

O x
r 2  x2  y 2
A
IO  A    r   x 
2 2
. dA   y 2 . dA
surface: A surface: A

IO  A    x
2
. dA   y
2
. dA
surface: A surface: A

IO  A   IOx  A   IOy  A 

Le moment quadratique polaire est donc égal à la somme des moments quadratiques
par rapport aux axes Ox et Oy.

IO  A   IOx  A   IOy  A 

Tous les moments quadratiques ont la dimension d'une [longueur] 4 unité mm4, cm4,

Variation des moments quadratiques: les axes appartenant a un repère mobile


tournant autour de O.

Supposons que le plan moyen d’une section y1 y


droite fasse un angle  avec l’horizontale.
AireA

Les inerties dans le repère lié à la section dA


Ox1y1 sont égales :
G
x1
 y . dA
2
IOx1  1


A

  x . dA
2
IOy1 1
A
O x
IOx1y1   x . y . dA 1 1
A

x1  x. cos   y. sin 
y1   x. sin   y. cos 

IOx 1  IOx . cos 2


    2 
IOy . sin 2
IOy 1  IOx . sin 2     2 
IOy . cos 2

IOx 1y 1  (IOx  IOy ) . sin  . co s   I O

29
Détermination des axes principaux d’inertie et des moments quadratiques principaux

Il existe 2 axes orthogonaux (G, X), (G, Y) pour lesquels le produit d'inertie IGXY est nul.
De plus pour ces 2 axes, les moments quadratiques IGY et IGX sont extremums:

y X
Si IGY est maximum alors IGX est Y
minimum, et réciproquement si IGX est
maximum IGY est minimum.

Ces axes sont appelés axes principaux 


d'inertie ou directions principales G x
d'inertie.

2IGxy
Soit  1 tel que tan 2 1  IGy  IGx avec  1   Gx, GX 
 

IGX  IGY IGY  IGX


IGx   cos 2 1
2 2
IGX  IGx. cos 2  1  IGy. sin2  1  IGxy . sin 2 1 IGX  IGY IGY  IGX
; IGy   cos 2
IGY  IGx. sin2  1  IGy. cos 2  1  IGxy . sin 2 1 2 2
IGY  IGX
IGxy  sin 2 1
2

En RDM, l'axe des X passe par le centre de gravité de la section droite et correspond à la
ligne moyenne, les axes OY, OZ dans le plan de la section droite ne sont pas pris
quelconques, mais correspondent aux axes principaux d'inertie.( ceci permet de simplifier
les expression des contraintes )

Cercle de MOHR des inerties : La relation liant les moments quadratiques relatifs aux axes
principaux avec les moments quadratiques d'axes quelconques peut se traduire
graphiquement par un cercle appelé cercle de Mohr des inerties.

Axedesproduitsquadratiques

I Gxy M Le rayon du cercle


est égal à :
21
I GX I Gx I GY (IGY - IGX) / 2
I Gy Axedesmomentsquadratiques
Son centre à pour
-I Gxy abscisse:
I GX + I GY
2 (IGX + IGY) / 2

Du cercle de Mohr on peut tirer les relations suivantes:

30
2
IGx  IGy  IGy  IGx  2
IGY      I Gxy
2  2 
2
IGx  IGy  IGy  IGx  2
IGX      I Gxy
2  2 

Moments quadratiques de quelques sections usuelles :

Moments quadratiques par rapport :


Sections
à l’axe GX à l’axe Gy au point G
Section rectangulaire
y

bh 3
IGx 
G x 12
h
hb 3 bh( b 3  h 3 )
IGy  IG 
 12 12
bh3
I 
3
b

Section carrée

y a4 a4 a4
I Gx  IGy  IG 
12 12 6

G x
a4
a I 
 3

a
Section circulaire

y IGx 
D4 IGy 
D4 IG 
D 4
64 64 32
D

G x
I Gx 
R4 IG 
R4
4 2

Section triangulaire

bh3 hb3 bh( b3  h3 )


IG x  IGy  IG 
36 36 36

31
y
bh3
I 
12
h x
G

Tableau de présentation de l’étude d’une section droite de poutre  :


Travaillons sur le petit élément de mur de soutènement préfabriqué de 1.5 m de hauteur.
Les calculs sont effectués avec un tableur sur la page suivante.

Ces calculs sont effectués à partir des étapes suivantes :

1ère étape : Décomposition de la section en n sections élémentaires Ai ( carrés, rectangles,


triangles ou cercles dont on connaît les caractéristiques géométriques d’après le tableau
précédent ).

Définition d’un repère local (Gi, xi, yi) centré sur le centre de gravité de la section Ai.

2ème étape : Calcul des aires Ai de chacune des sections.

3ème étape : Définition d’un repère global (O, x, y). En général, on prendra le point O en bas
à gauche de la section pour travailler en positif.

4ème étape : Calcul des moments statiques Sx et Sy de la section totale et détermination de


la position du cdg dans le repère global (O, x, y). Pour cela :

- détermination des coordonnées (xi, yi) des cdg Gi des sections élémentaires Ai
- calcul des moments statiques élémentaires (Ai  yi) et (Ai  xi) de chacune des sections
élémentaires
- calcul de la somme des (Ai  yi) et (Ai  xi) soit Sx et Sy
- calcul des coordonnées xg et yg du cdg G dans le repère global (O, x, y) ;

5ème étape : Calcul des moments et des produits d’inertie Ixi, Iyi et Ixiyi des sections
élémentaires dans les repères locaux.

Pour ce faire, nous utiliserons les résultats du tableau précédent.

Remarque : les produits d’inertie seront fréquemment nuls.

6ème étape : Calcul des moments et produits d’inertie Ix, Iy et Ixy de la section totale A dans
le repère global (O,x,y). Pour cela :

- calcul des termes correctifs d’Huygens (Ai  xi²) , (Ai  yi²) et (Ai  xi  yi)
- Passage des inerties des sections élémentaires Ai des repères locaux (Gi,xi,yi) vers le
repère global (O,x,y) en utilisant le théorème d’Huygens

Ix  yi2  Ai  Ixi
Iy  xi2  Ai  Iyi Ixy  xi  yi  Ai  Ixiyi
32
7ème étape : Définition d’un repère global (G, xg, yg) centré sur le cdg G de la section totale A

8ème étape : Calcul des moments et produits d’inertie Ixg, Iyg et Ixgyg de la section totale A
dans le repère global (G,xg,yg). Pour cela, on réutilise le théorème d’HUYGENS :

Ixg  Ix  yg2  Ai
Iyg  Iy  xg2  Ai
Ixgyg  Ixy  xg  yg  Ai

9ème étape : Définition du repère principal d’inertie (G, X, Y) centré sur G et utilisant les
axes principaux d’inertie GX et GY.
2Ixgyg
Pour ce faire, on détermine l’angle 1 entre les axes Gx et GX tel que tan 2 1  Iyg  Ixg
 
10ème étape : Calcul des moments d’inertie principaux IX et IY de la section totale A dans
le repère principal (G, X, Y). Pour cela, on fait une construction
y
30
graphique du cercle de
MOHR ou on utilise les formules : x2 = 35

Y A2
2
Ixg  Iyg  Iyg  Ixg  2
IY      I xgyg y
2  2 

y2 = 140
SOL

Calcul s = 18 kN / m3
Ixgdes
2
 Iyg  Iyg  Ixg  G2 X

220
2
  
IXcaractéristiques   I xgyg  = 25°
220

2  2  1
250

géométriques d’un G x

élément xg
de mur de

yg

y1 = 15
soutènement

30
(en cm )
30

A1 x

O
20 30 100 x1 = 75

150
150

Section bi hi Aire Ai xi Ai  xi yi Ai  yi Ixi Ai  yi2 Ix Iyi Ai  xi2 Iy Ixiyi Ai  xi  yi Ixy


(1) (2) (3) = (4) (5) = (6) (7) = (8) (9) = (10) = (11) (12) = (13) = (14) (15) = (16) =
(1)  (2) (3)  (4) (3)  (6) (3)  (6) 2 (8)  (9) (3)  (4) 2 (11)  (12) (3)(4) (6) (14)  (15)
1 150 30 4500 75 337500 15 67500 337500 1012500 1350000 8437500 25312500 33750000 0 5062500 5062500
2 30 220 6600 35 231000 140 924000 26620000 129360000 155980000 495000 8085000 8580000 0 32340000 32340000
A= 11100 xg = 51,22 yg = 89,32 Ix = 157330000 Iy = 42330000 Ixy = 37402500
Ixg = 68764932 Iyg = 13213581 Ixg,yg = -13378378

2
I xg  I yg ( I yg  I xg ) 2
IX    I xgyg  71818937 cm4
2  I xg.yg 2 2
tan2 1 = 0,48
( I yg  I xg )

1 = 25,72 degrés Ixg  Iyg ( Iyg  Ixg )2


I    I2xgyg 
Y 2 2 10159577 cm4

Economie due à la forme des sections


Les sections des poutres les plus favorables, du point de vue du débit des matériaux,
sont celles dont la plus grande partie du matériau repose dans les parties supérieures et

33
inférieure de la section, où les contraintes sont maximales et le matériau est le mieux
utilisé. Pour l’évaluation quantitative de l’avantage que présente la section, d’après le
débit de matériau, on peut retenir la quantité sans dimension suivante  Stépine p.
206).
y

v
G x
Wx h
wx 
3
A

b

 I GX 
Soit v la distance entre la fibre neutre et la fibre la plus éloignée, la quantité Wx   
 v 
est appelée module d’inertie ou module de la résistance à la flexion. Cette dernière est
très significative dans la répartition de la matière autour du centre de gravité de la
section

VII. HYPOTHESES DE LA RESISTANCE DES MATERIAUX


HISTORIQUE DE LA RESISTANCE DES MATERIAUX (RDM):

L’apparition de la RDM en tant que branche scientifique date du XVIIème siècle et elle est
associée à Galilée. Les autres pères fondateurs furent, Hooke, Bernoulli et Coulomb,
Cauchy, Lamé, etc. qui ont énoncé certaines équations de calcul. C’est donc une science
jeune: c’est au XIXème siècle, avec les progrès techniques, que les techniciens ont éprouvé
le besoin de créer des modèles mathématiques représentant le comportement des structures
(Navier, Castigliano, Saint Venant, Coulomb, ...). Avec l’informatique, les bornes du calcul
des structures ont été repoussées et des problèmes de plus en plus complexes peuvent être
traités.

OBJET DE LA RESISTANCE DES MATERIAUX (RDM):

La construction des ouvrages et machines utilisent des matériaux qui doivent posséder
nécessairement certaines propriétés et qualités telles que, lorsqu’ils sont en service, ces
ouvrages puissent répondre aux critères de confort, de résistance et de stabilité. La RDM se
propose donc d’étudier :

1) La résistance : c’est la propriété de résister à la destruction sous l’action des charges ou


sollicitations extérieures. Cette connaissance permet de faire un choix judicieux des
matériaux et des dimensions des pièces des ouvrages.
2) Les déformations : il s’agit de déterminer les variations de la forme et des dimensions
des éléments sous l’action des charges et des sollicitations. Dans de nombreux cas ces
déformations doivent être limitées, sinon le fonctionnement normal de l’ouvrage peut
devenir impossible.
3) La rigidité : c’est la propriété d’un élément à résister à la déformation.

34
4) La stabilité : C’est la propriété d’un élément à résister sous de faibles actions
perturbatrices à la manifestation des écarts de l’équilibre non perturbé. La perte
d’équilibre se traduit par une brusque succession de formes d’équilibre.

La statique s’intéresse à l’équilibre des corps supposés indéformables.

L'objet de la RDM consiste à étudier la stabilité interne de la structure, c'est à dire


déterminer les contraintes et les déformations à l'intérieur de la matière puis vérifier
que ces contraintes ainsi que les déplacements engendrés par ces déformations ne
dépassent les limites permises. La RDM est une science approchée qui s'intéresse
exclusivement à des structures composées de poutres.

L’application des principes de la RDM permet :

a) d’assurer une économie maximale des matériaux (dimensions suffisantes et non


excessives)
b) de choisir des dispositions rationnelles qui permettent aux matériaux d’offrir un
service optimal.

La RDM est basée sur des hypothèses simplificatrices énoncées ci-dessous et vérifiées
expérimentalement.
Nous allons établir des relations mathématiques entre les paramètres définissant la
géométrie de la poutre, les contraintes, déformations et déplacements sous l'effet des actions
extérieures. Celles-ci sont connues, ou peuvent être déterminées sur les règlements en
vigueur.

HYPOTHESES SUR LES MATERIAUX:

Homogénéité. La composition physico-chimique reste inchangée quel que soit le volume


élémentaire considéré au sein du matériau.

Remarque: cette hypothèse est difficilement vérifiable pour le matériau bois. Il s'avère que
ses performances sont peu affectées par la présence de petites singularités (noeuds <5 mm).
En ce qui concerne les défauts plus importants, il en sera tenu compte dans les valeurs
admissibles données par le règlement.

Pour un matériau comme le béton, les dimensions de l'élément de volume à partir duquel
on peut le considérer comme homogène sont importantes de l'ordre de grandeur du
décimètre.

Isotropie. Les propriétés mécaniques sont les mêmes dans toutes les directions.

Remarque: Cette hypothèse ne peut être retenue pour le matériau bois. Celui-ci est un
matériau dit orthotrope. Nous serons amenés à conduire nos études suivant les trois
directions naturelles; axiale, radiale et tangentielle.

Géométrie des poutres:

35
Une poutre est un corps prismatique
long. Sa longueur doit être d’au moins
5 à 10 fois plus grande que ses
dimensions transversales.

C’est en fait un solide engendré par une


aire (  ) bornée, dont le centre de
gravité décrit une courbe (C) dans
l’espace, le plan contenant l’aire (  )
restant normal à la courbe (C).

Cas particuliers: Si (C) est une courbe


plane, la poutre est une poutre courbe
plane.

Si ( C ) est une droite, la poutre est une poutre droite ( voir schéma ci-dessus )
(  ) est appelé la section droite de la poutre. ( C ) est appelé la ligne moyenne.
Si ( C ) est plane et si le plan de ( C ) est axe de symétrie pour (  ), la poutre est à plan
moyen.
Hypothèse: Si la section (  ) est de géométrie variable, cette variation est progressive et
continue.

Hypothèses sur la déformation des poutres:

Nous nous placerons toujours dans le cas de petits déplacements:

Schém
amécanique

y Soit une console, son poids


propre est négligé, sa ligne
moyenne est initialement droite.
A Lignemoyenne B x
(1)

Si le déplacement du point B,

y
D  B est petit alors le support
F de la force n'est pas modifié
v(x=L)

pendant le déplacement de la
A x
(2) ligne moyenne.

  
Lignem
oyenne B D  B  D  L  v x  L . y
déformée

36
y

Si le déplacement du point B,

v(x=L)

(3) A F x D  B est important alors il ne
peut être négligé.
   
Lignem
oyenne B D  B  D  L  u x  L . x  v x  L . y
déformée

u(x=L)

En RDM les déplacements de G(x) sont petits devant les dimensions de la poutre. Les
supports des forces ne sont pas perturbés par la déformation de la ligne moyenne.
Tous les calculs seront menés dans la configuration initiale. (Ligne moyenne non
déformée.) Configuration 1.

Hypothèse de NAVIER BERNOULLI:

Les sections droites avant déformation restent planes après déformation.

Il n’y a donc pas de


gauchissement des sections
droites qui restent
perpendiculaires à la ligne
moyenne après déformation.

Section (x) 
avantdéform
ation

Section (x+dx)  Sur une poutre non sollicitée,


x x+dx avantdéformation traçons 2 sections droites
 ( x ) , ( x  dx ) voisines de dx
(lignes  à la ligne moyenne dans la
x
Lignem
oyenne configuration non chargée.)
avantdéform
ation G(x) G(x+dx)
Lignem oyenne
aprèsdéformation
G'(x) G'(x+dx) Lorsqu’on la sollicite, ces lignes se
déplacent, sans se déformer c'est à
dire qu'elles sont toujours droites.
On en conclut que les sections
droites restent planes, c'est
Section (x+dx)  l'hypothèse de Navier Bernoulli.
aprèsdéform
ation

Section (x)  Définir la déformation de la poutre,


aprèsdéform
ation
c'est tracer la ligne moyenne
déformée (lieu des extrémités des
vecteurs déplacement de tous les
points de la ligne moyenne.)

37
x Le point G(x) est venu en G'(x), on note
 
y D  x  GG le déplacement du point
z G(x).

x   
D  x  u x x  v x y

G(x) z
v(x) D(x) L'existence de la composante u x
traduit une déformation longitudinale de
la poutre, la composante v x une
G'(x) flexion. L'existence simultanée des 2
(x) composantes traduit la flexion dite
composée. La section droite   x vient
(x) en   x .

u(x) Pour passer de   x à    x la section



droite subit une translation D  x et

une rotation  z  x ( z  x rotation
autour de l'axe z pour la flexion
simple ou composée.)

y
Une fibre de coordonnées (y, z) s'allonge
ou se raccourcit d'une quantité:
M =M '
 M
M1M1   x ( x). dx 1
M '1
L’hypothèse de Navier-Bernouilli se y
x d x
traduit mathématiquement pour tout z
type de sollicitation dans le cas général:
z
 x ( x)  a  by  cz x

Nous en déduirons la forme des déformations associées aux sollicitations simples suivantes.

x.d x
y y
x.d x
x x
L ig n e n e u tr e
z z

Traction (ou compression) simple  ( x)  a Flexion simple  ( x)  by


38
x.d x
y L ig n e n e u tr e y L ig n e n e u t re

x.d x
x x
z z

Flexion composée  ( x)  a  by Flexion composée et déviée  ( x)  a  by  cz

La ligne neutre est le lieu des points de la section droite qui ne subissent pas de
déformations. Dans la poutre, l'ensemble de ces points constitue une surface.

Principe de l’équivalence:

Y F2 Fi Fn-1 Considérons une poutre (S) soumise


à des efforts extérieurs modélisés par
le torseur:

Poutre(S)
X
 (F ext / S)
Fn Ces efforts extérieurs sont constitués
F1
par le chargement et les actions de
liaisons de la poutre.

Y  Nous voulons étudier les efforts


TronçonS+
internes (au sein de la matière)
auxquels elle est soumise.

Pour cela, on effectue une coupure


fictive par un plan  orthogonal à
 X 
Poutre(S) l'axe moyen de la poutre ( O, x ) .

Cette coupure partage la poutre en 2


tronçons S- et S+.
TronçonS-

Torseur de cohésion: Les actions mécaniques que le tronçon S+ exerce sur le tronçon S- à
travers la section fictive (  ) sont des efforts "INTERIEURS" à la poutre ( S ).

39
Y Nous pouvons les modéliser
F2
R Fi Fn-1 par un torseur dit de
cohésion et exprimer ses
éléments de réduction au
TronçonS- G
centre de gravité G de (  ) :
X
TronçonS+

MG 

  
Section
F1 Fn
S   R 

 ( x)  
cohesion
S   
MG  G

Y
F2
R
Éléments de réduction en G de  cohesion
:

Etude de l'équilibre du tronçon de gauche S-


X
TronçonS- G Bilan des actions mécaniques:

- actions extérieures à (S) appliquées à


MG Section  S-
F1
- actions mécaniques du tronçon S+
sur le tronçon S- (efforts "intérieurs")

En appliquant le P.F.S. on obtient:

équations:
 (F ext / S-)   cohesion  0. Ce qui se traduit par les

  
F ext / S 
R 0
   
M G (F ext / S  )  MG  0

On détermine les éléments de réduction du torseur de cohésion


 
R et M G à travers la section (  ) en prenant l'opposé de la
résultante des forces de gauche et l'opposé du moment
résultant au point G des forces de gauche.

Par un raisonnement similaire sur le tronçon S+ on arrive à:

On détermine les éléments de réduction du torseur de cohésion


 
R et M G à travers la section (  ) en prenant la résultante des
forces de droite et le moment résultant au point G des forces
de droite.

40
Composantes des ELEMENTS DE REDUCTION: N, V, M

    
Soit le repère local lié à la section (  ) (G , x , y , z ) . On définit les projections de R et M G
  
sur (G , x , y , z ) telles que:

Y
Vy
R
 
 Proj. sur x = Effort normal : N

  
R Proj. sur y = Effort tranchant suivant y : V y
  
X Proj. sur z = Effort tranchant suivant z : V z

G N
Vz

Section 

Z
Y

 

MY Pr oj . su r x = Mo

 
M G Pr oj . su r y= Mo
 
Pr oj . su r z = Mo

MT
X
G
MG

MZ

Y En général les calculs que nous mènerons seront


 
dans le plan ( G , x , y ) donc les seules
V M composantes que nous aurons seront:

X - N
G N - V (sous - entendu Vy )
- M (sous - entendu Mz )
Section 

Relation entre l’effort tranchant et le moment fléchissant:

Considérons une poutre droite,


q chargée uniquement dans son
plan moyen.
O A B x Isolons dans cette poutre un
x tronçon de longueur dx sur lequel
x+dx ne s'appliquent pas des charges
concentrées ou des couples.

41
Etudions son équilibre statique:

Bilan des actions sur le


tronçon isolé:

- dans la section (x) :


-V( x) et -M ( x)

- dans la section (x+dx) :


V( x)  dV( x)
et M( x)  dM( x)

- entre  (x) et  (x+dx) :


q .dx

Remarque : q en valeur algébrique est ici négatif

P.F.S. en G(x) :  V( x)  q. dx  V( x)  dV( x)  0

dx
 M( x)q.dx   M ( x)dM ( x) V( x ) dxdV ( x) dx0
2

On obtient  q. dx  dV( x)  0
finalement
 dM( x)  V( x)  dx  0 en négligeant dx² et dV(x).dx

En conclusion:
dM
M( x)    V
dx
dV
V ( x)    q
dx
d2M
M( x)    q
d x²

Contraintes:

Reprenons notre tronçon ( S- ) soumis au:


Y
F2
R - torseur des actions extérieures


(chargement et actions de liaisons calculées

X par la statique (F ext / S)


TronçonS- G
- torseur des actions internes défini
précédemment

F1
MG Section   cohesion   
( x) 
S   R 

S   

MG  G

42

Nous pouvons remplacer la résultante R et le
Y F2 
moment résultant M par un ensemble
G
d’actions élémentaires modélisées par des
da2 
vecteurs dfi s’appliquant sur des surfaces
dfi d élémentaires dai.
f2
df1 X
da1 dai dfn
dan Le torseur des actions internes pourra alors
TronçonS- da6 df6 s’écrire:

  (x) 
S 
R


  
S  
MG  G
F1 


df 1 ...

dfi ....

dfn


      
MG df1... MG dfi .... MG dfn
 G

Si nous considérons une de ces surfaces


Y y élémentaires dai de centre de gravité le point
M. Sur cette surface agit une action de
M CM 
cohésion dfi .
M
dfi
 M X Par définition, nous appellerons contrainte au
dai
point M la quantité:

z 

dfi
CM 
dai

 
CM est un vecteur de même direction et sens que dfi et son intensité est homogène à une
pression en [ N / m² ].

Ce vecteur se décompose en une projection sur l’axe Gx :

-  M  CM cos  Contrainte normale en M responsable des tractions (positives) et des


compressions (négatives).

- M  CM sin  Contrainte tangente en M responsable des cisaillements.

Loi de HOOKE:

Les contraintes sont proportionnelles aux allongements et aux raccourcissements.

  E. ( x)
En utilisant les résultats de l'hypothèse de Bernoulli on obtient:

  A  By  Cz

43
Principe de SAINT VENANT:

Les contraintes et par suite les déformations produites par un système de forces dans une
section S éloignée du point d'application de ces forces ne dépendent que de la résultante
générale et du moment résultant des actions mécaniques appliquées à gauche de S.

L’expérience montre que la répartition des contraintes au voisinage des points d’application
des efforts dans les constructions est très complexe et diffère notablement des résultats
donnés par la RDM.

Conséquence: Dans une poutre à plan moyen chargée dans son plan, les contraintes dans
une section S sont totalement définies si l'on connaît N, V, M relatifs à cette section.

Principe de superposition:

De la loi de Hooke on déduit que si 2 systèmes de forces S1 et S2 produisent respectivement


les contraintes s1 et s2 et les déplacements d1 et d2, l'action simultanée de S1 et S2
produit les contraintes (1 + 2) et les déplacements (d1+d2).

Attention: Le principe de superposition n'est valable que dans le domaine élastique du


matériau de la poutre.
L'effet dû à une cause (A + B) = L’effet du à une cause A + L’effet du à une cause B

F F
q
fe
Cause(A+B)
A B
fc

F F
q fc 2
fe 2

A B A B
fe 1
fc 1

CauseA CauseB

F Exemple de non-application:

Appliquons un effort vertical F qui


F F Cause(A+B) sollicite la poutre AB en flexion et
A B 2 efforts horizontaux F qui la
fc fc>fc1+fc2 sollicite en compression.
F
Le déplacement vertical f2 est nul
et le déplacement total f > f1. Le
CauseA principe de superposition ne
A B
s’applique pas car la compression
fc 1 amplifie la flexion.

Dans ce cas, l’effet des efforts


F F CauseB n’est pas indépendant des
A fc 2=0 B déplacements et il existe une
valeur limite de l’effort de
compression qui provoque
l’effondrement de la poutre avant

44
d’arriver à la contrainte limite en
compression et flexion.

C’est un phénomène que nous appellerons flambement.

Symétries et anti-symétries des poutres et des charges:

Dans le cas de poutres symétriques:

- Si le chargement est symétrique - Si le chargement est antisymétrique

Le graphe de l’effort tranchant est anti- Le graphe de l’effort tranchant est


symétrique symétrique
Le graphe du moment fléchissant est Le graphe du moment fléchissant est
symétrique anti-symétrique

EXEMPLE 1 : Poutre sur appuis soumise à une charge repartie.

Position du problème:

Soit une poutre droite AB de


longueur L, de section et moment
quadratique I constant réalisée
dans un matériau de module
d’élasticité longitudinal E.

Cette poutre articulée en A et sur


appui simple en B est soumise à
une charge répartie q constante sur
toute sa longueur.
Nous considérerons un repère
orthonormé Axyz direct.

Le problème consiste à rechercher les actions de liaisons en A et B par la statique,


déterminer les éléments de réduction en tous points et tracer leurs diagrammes.

Etude statique:

L’articulation en A laisse une liberté de rotation autour de Az. L’appui simple en B


bloque la liberté de translation verticale et de par là même la liberté de rotation
autour de A. Notre système AB apparaît donc isostatique.

Nous pouvons également voir que l’articulation en A génère une action de liaison

modélisée par un vecteur glissant A que l’on peut décomposer en 2 coordonnées Ax
et Ay.
L’appui simple en B génère une action de liaison modélisée par un vecteur glissant

vertical B de composante verticale By.

Nous avons donc 3 coordonnées d’actions de liaisons inconnues. Étant donné que
l’isolement du système (S) et l’application du principe fondamental de la statique
nous fournissent 3 équations dans le plan, nous pouvons en conclure que le système
isolé est isostatique.

Appliquons donc le P.F.S tout d’abord en vectoriel


45
   
A  B qL  0

  
   
MA A  MA B MA qL  0
Donnons préalablement les coordonnées des 3 vecteurs qui modélisent les efforts
appliqués:

 Ax 0  0 
   
A   Ay  B  By 

; ; qL    qL 
 0   0  
 0  

Comme nous avons:


  
   
;    ;   
MA A  AA  A  0 M A B  AB  B M A qL  AC qL

L 

AB  0 
 
Donnons les coordonnées des vecteurs AB et AC :
0 
L / 2

AC   0 
 0 

A partir des 2 équations vectorielles obtenues en appliquant le principe fondamental


de la statique, nous pouvons donner 6 équations scalaires dans l’espace et le repère
Axyz. Elles se réduisent à 3 pour notre chargement plan.
(1) Ax = 0

(2) Ay + By - qL = 0

(3) By  l - qL²/2 = 0

L’équation (3) donne By = qL/2 et donc nous obtenons en injectant cette valeur
dans (2) la valeur de Ay = qLl/2.

Remarque : Nous aurions pu obtenir ces valeurs plus rapidement: Le chargement


étant vertical et les liaisons n’induisant qu’une action horizontale, cette dernière est
obligatoirement nulle.
La symétrie du chargement nous dispense d’écrire l’équation de moments en notant
qu’alors Ay = By. L’équation (2) nous donne alors Ay = By = qL/2.

Nous pouvons donc modéliser


notre système (S) :

46
Détermination des sollicitations internes:

Nous avons convenu en cours que, lorsqu’on réalise une coupure fictive dans un système (S)
à une abscisse x, les sollicitations internes sont les actions du système situé à droite de la
coupure (S+) sur le système situé à gauche (S-) .

Ces sollicitations internes se réduisent, dans le cas d’un chargement plan à un effort normal
N(x) , un effort tranchant suivant y V(x) et un moment fléchissant suivant z M(x). L’équilibre
statique du système (S-) nous permet de dire que:

Sollicitations internes = - (efforts extérieurs appliqués au système (S))

Dans les efforts


extérieurs sont bien
entendu comprises les
actions de liaisons
déterminées par la
statique. En réalisant
une coupure fictive  et
en isolant le système de
gauche, nous obtenons:

Nous obtenons alors:

N(x) = 0

V(x) = qx - qL/2

M(x) = -qx²/2 + qLx/2 = qx/2 (L- x)

Calculons quelques valeurs particulières: V(x = 0) = VA = -qL/2 ; V(x = l) = VB =


qL/2

47
Ces valeurs n’ont en fait aucun sens
à cause de l’hypothèse de Saint
Venant qui ne nous permet de
calculer les sollicitations internes
que loin des points d’applications
des efforts ponctuels. Nous
considèrerons donc que les efforts
tranchants tendent vers ces valeurs
lorsque x tend vers 0 ou L sans les
atteindre soit x =  et x = L -  avec
 très petit.

V (xm) = 0 lorsque x = xm = L/2

Comme dM(x)/dx = - V(x) , M(x)


passe par un extremum lorsque x =
xm = L/2

M(x = L/2) = ql/4 (L - L/2) = qL²/8

Nous vérifions que lorsque x  0 et


x  L nous avons MA = MB  0

Cela donne les diagrammes ci-


contre:

Remarque: Construction graphique des diagrammes de V(x) et M(x) à partir de la


modélisation

Dans la mesure où les équations de V(x) et M(x) ne sont pas nécessaires, il est possible de
tracer les diagrammes à partir de la modélisation.

Nous traçons V(x) en remarquant que sa variation ne dépend que de q(x). Sa pente est égale
à -q(xo) en un point d’abscisse xo. Ensuite au niveau des efforts ponctuels, il y a
discontinuité avec VA = - effort à gauche = -qL/2 et ensuite nous avons une pente positive
+q sur une longueur L qui nous amène à -qL/2 + qL = qL/2 au point B. Nous obtenons ainsi
le graphe de V’x).

Nous traçons M(x) en remarquant que dM(x)/dx = - V(x). Il suffit donc d’intégrer le graphe
de -V(x) entre A et un point d’abscisse xo pour obtenir M (xo). Si la variation de V(x) est
linéaire, celle de M(x) est parabolique. La dérivé seconde de M(x) et donc la dérivé de -V(x) =
q(x) donne le sens de la concavité de M(x). Comme q(x) = -q, cette concavité est tourné vers
le bas. La surface du triangle entre A et C donne - Mmaxi soit:

1 L   qL 
Mmaxi =     = qL²/8
2 2  2 

48
Il ne reste plus qu’à
faire une construction
graphique de la
parabole passant par
3 points dont un
extrémum par la
méthode des
tangentes.

Exemple 2 : poutre encastrée soumise à une charge ponctuelle

Position du problème:

Soit une poutre droite AB de


longueur L, de section et
moment quadratique I constant
réalisée dans un matériau de
module d’élasticité longitudinal
E.

Cette poutre encastrée en A et


libre en B est soumise à une
charge ponctuelle F à une
distance a de l’encastrement.
Nous considérerons un repère
orthonormé Axyz direct.

Le problème consiste à rechercher les actions de liaisons par la statique, déterminer les
éléments de réduction en tous points et tracer leurs diagrammes.

Etude statique:

L’encastrement en A ne laisse aucun degré de liberté possible et suffit à assurer


l’isostatisme. Notre système AB apparaît donc isostatique.
Nous pouvons également voir que l’encastrement en A génère une action de liaison

modélisée par un vecteur A et un moment d’encastrement MA qui génèrent 3 inconnus: 2

coordonnées Ax et Ay pour A et une coordonnée pour MA.

Nous avons donc 3 coordonnées d’actions de liaisons inconnues. Étant donné que
l’isolement du système (S) et l’application du principe fondamental de la statique nous

49
fournissent 3 équations dans le plan, nous pouvons en conclure que le système isolé est
isostatique.

  
Appliquons donc le P.F.S tout d’abord en vectoriel A F  0 ;
 
  

M A
A M
A
F  0

Donnons préalablement les coordonnées des 3 vecteurs qui modélisent les actions
appliquées:

 Ax  0    0 
   
A   Ay  ; F   
 F  ; MA F   0 
 0  
 0  MA 

 
Comme nous avons:    
;   
M A
A  AA  A  0 M A
F  AM  F

a

  
Donnons les composantes du vecteur AM : AM  0 
0 

A partir des 2 équations vectorielles obtenues en appliquant le principe fondamental de la


statique, nous pouvons donner 6 équations scalaires dans l’espace et le repère Axyz. Elles se
réduisent à 3 pour notre chargement plan.

(1) Ax = 0 (2) Ay - F = 0 (3) MA - F a = 0

L’équation (3) donne MA = Fa et l’équation (2) la valeur de Ay = F.

Remarque : Nous aurions pu obtenir ces valeurs plus rapidement: Le chargement étant
vertical et les liaisons n’induisant qu’une action horizontale, cette dernière est
obligatoirement nulle.

Le moment d’encastrement en
A est équilibré par le moment
de la charge F soit Fa

Nous pouvons donc modéliser


notre système (S) :

Détermination des sollicitations internes:

En réalisant une coupure fictive  et en isolant le système de gauche, nous obtenons


2 cas de figure:

50
Nous obtenons alors:

N(x) = 0

V(x) = -F si x < a

V(x) = 0 si x > a

M(x) = -MA + F.x = -F ( a - x ) si x <


a

M(x) = 0 si x > a

Calculons quelques valeurs


particulières:

M(x = 0 ) = -Fa

M( x = a ) = 0

Cela donne les diagrammes ci-


contre:

Remarque: Construction graphique des diagrammes de V(x) et M(x) à partir de la


modélisation

Nous traçons V(x) en remarquant que sa variation est discontinue. Il y a discontinuité en A


avec VA = - effort à gauche = -F, ensuite nous avons une pente nulle sur une longueur a
puis une discontinuité en M de +F.

Nous traçons M(x) en remarquant que dM(x)/dx = - V(x). Il suffit donc d’intégrer le graphe
de -V(x) entre A et un point d’abscisse xo pour obtenir M (xo). Si la variation de V(x) est nulle,
celle de M(x) est linéaire. L’effort tranchant étant négatif de A à M, la pente de M(x) est
positive et sa valeur mini égale à -Fa.

VIII. SOLLICITATIONS SIMPLES


51
10.31 CISAILLEMENT OU GLISSEMENT TRANSVERSAL

10.311 Condition de cisaillement


La section HK est soumise à un effort de cisaillement si la force T , appelée effort tranchant,
située dans le plan de HK, tend à faire glisser cette section par rapport à la section
infinement voisine CD.

Hypothèses :
 T est la résultante d’un effort uniforme reparti le long de CD ;
 T agit dans le plan de la section CD (ce n’est qu’une hypothèse de calcul)
 La répartition des contraintes est uniforme sur toute le section (ceci est loin de la
réalité)

10.312 Formules relatives au glissement


mn prend la position mn’ ;
nn’= glissement absolu;
nn'
   glissement relatif;
mn
T
 τ  contrainte de glissement en daN/mm 2 ;
S
T
S  τ  G ou τ  G.γ
nn' γ
mn
G = constante = module de Coulomb ou module d’élasticité transversale ;

T
1. La contrainte moyenne de cisaillement est  
S
 (daN/mm2); T (daN); S = section cisaillée (mm2).

.
 Conditions de résistance (Inéquation d ‘équarrissage)
Pour qu’une pièce sollicitée au cisaillement puisse résister en cette sécurité, il faut :
R
τmax  Rp = S où Rg = limite d ‘élasticité au glissement.
S

d Rg
1) Poinçonnage е 
4
 Rr Observations
d 2 d 2
Effort à supporter par le poinçon :  d e.R r  Rp
4
Rp
4
Effort nécessaire =  de  Rr  d = diamètre en mm du poinçon ;
2d 3e  e = épaisseur à poinçonner, en
 е  ou d  mm ;
3 2
 Rr = résistance à la rupture par
Résistance des filets de glissement de la tôle à vis
 d = diamètre du noyau en mm poinçonner.
 D = Diamètre nom en mm
 Q = effort axial sur la vis en daN
 Rp = résistance pratique à la traction
 Rpg = résistance pratique au glissement.
 H = hauteur de l’écrou en mm.

52
πd 2
Condition de résistance à la traction : Q  Rp .
4
Condition de résistance au cisaillement des filets : Q  π.d.h.(R p)g
Rp
RP   d h (Rp) g
d 2 d
Hauteur nécessaire de l’écrou : ou h 
4
 (R p ) g
4
d
Pour l’acier doux Rp = 2 (Rp) g d’où h 
2
Pratiquement on prend, au lieu de d, D pour l’écrou normal h = 0,8 D.

Clavetage
 x = longueur clavetage
 l = Largeur de la clavette
 d = Q de l’arbre
 M = couple moteur
T
Il faut x  (RP)g
L

Exercice d’application voir NGUINDJEL RDM

VIII.1 FLEXION PURE ET SIMPLE

10.42 Moment fléchissant


10.421 Détermination des contraintes normales:
Dans le cas de la flexion pure et simple, les sections droites de la poutre ne sont sollicitées
que par des moments fléchissants passant par l’un des axes principaux de la section.

Voir stépine pp.140-141


Après déformation, les lignes 1-1 et 2-2 tournent d’un angle dθ en restant droites. On peut
poser que les sections droites de la poutre, planes avant la déformation restent planes après
la déformation (Hypothèse des sections planes).
 la fibre ab s’allonge : elle subit la traction
 la fibre ef se raccourcit : elle subit la compression
 la fibre cd ne subit ni la traction ni l’allongement ; elle est dite fibre neutre ou axe
neutre. L’intersection du plan de force avec le plan de la section s’appelle ligne de
force.
Voir stépine pp.140-141

L’allongement total de la fibre ab est b’b’’, l’allongement relatif de cette fibre est
ε = b’b’’/ab = b’b’’/ab = ydθ/ρdθ = y/ρ. Or d’après la loi de Hooke, σ = Εε = Εy/ρ. On
montre qu’en flexion pure et simple, l’axe neutre passe par le centre de gravité de la section
et que le moment fléchissant Mf = EIx/ρ ou 1/ρ = Mf/EIx. Le terme K = 1/ρ est le rayon de
la courbure de la couche neutre de la poutre. EIx = rigidité de la poutre ; d’où :
σ M  contrainte normale en M, en

 M 
M f
I x
.y
M f

 moment fléchissant dans la s
 distance entre le plan neutre e
y

I x  moment quadratiqu e de la sec

Mf = moment fléchissants de la poutre;


Ix = moment quadratique par rapport à l’axe x ;
y = distance entre la fibre neutre et un point de la section.
Remarque : Pour le cas de la flexion, l’axe neutre est confondu avec le centre de gravité de la
section.
10.423 Conditions de résistance par rapport aux contraintes normales.

53
Pour qu’une poutre résiste dans la section dangereuse (section où le moment fléchissant est
maximal), il faut que les contraintes de traction et de compression maximales ne dépassent
pas les contraintes admissibles correspondantes. Soit :

σ tmax = Mht/Ix≤ σtadm où ht = distance entre l’axe neutre et la fibre la plus tendue.

σ cmax = Mhc/Ix≤ σcadm où hc = distance entre l’axe neutre et la fibre la plus comprimée.

Prenons Wx = 2Ix/h = couple de réaction axiale ou couple de réaction à la flexion. Dans la


cas des sections simples :
- Rectangle bxh : Wx = 2bh2/(12h) = bh2/6.
- Cercle: Wx = 2Ix/d = πd2/ (64d/2) = πd3/32 ≈ 0,1d.

La condition de résistance peut donc s’écrire :

Mf
 max i  maxi
 Rp moment fléchissant maximal en Nmm;
 I GZ 
 v 
 
 Re 
Rp : résistance pratique    ; s  coefficient de sécurité;
 s 
 Mf : Moment fléchissant maximal.
 maxi
 IGz 
 v  : module d'inertie ou de résistance (en cm3) v  y maxi : distance entre la fibre neutre et la fibre
   la plus comprimée/tendue.


N.B. Pour certaines applications, on ajoute la condition de déformation ;


l (portée de la poutre)
 Pour les bâtiments : f (flèche) 
500
l (portée de la poutre)
 Pour les poutres des ponts roulants f (flèche) 
1000
Exercice d’application :

Calculer la section admissible d’une poutre à section rectangulaire dont la contrainte


admissible est σadm = 10 Mpa.

..voir cours manuscrit et AGIET p.320 exo. 1,3 ; p.321 exo 8 ; p 322. exo 13

Voir manuscrit. F 3 au verso


IV. SOLLICITATIONS SIMPLES
4.0 Relation contraintes - sollicitations

Hypothèses:

54
Isolons le tronçon de gauche S- d’une poutre S
y de section  d’aire A. La section  est soumise à
Y des sollicitations internes modélisées par le
CM torseur:
df

M
dA
M
 (x)   S 

R 

S   

MG 
G
X
G Les éléments de réduction de ce torseur sont
z égaux à:

 
R  df
  
MG   GM  df

Sollicitations

Les coordonnées de ces éléments de réduction sont:

 N   MT 
     
R   Vy  et MG   My 
 Vz  M 
   z 

Contraintes

Les coordonnées des actions élémentaires peuvent être exprimées en fonction des
  x . dA 
  
contraintes : df    y . dA 
  . dA 
 z 
L’hypothèse de Navier- Bernoulli exprime que x  a  by  cz pour un point M de
0
 
coordonnées  y 
 z 

Caractéristiques géométriques de la section

Etant donné que G est le centre de gravité de la section et GYZ le repère constitué par les
axes principaux d’inertie:

A  dA SGy   z . dA  0 SGz   y . dA  0

 y. z . dA  0  z  y
2 2
IGYZ  IGY  . dA IGZ  . dA

Contrainte normale  x :

55

N  a. dA  b. y . dA  c.   z . dA  a . A

0  x . dA  ( y.  z  z.  y ). dA   MT 
  
     
MG  GM  df   y     y . dA 
     z .  x . dA    My 
  z     y .  x . dA  M 
    z . dA 

   z 

 
M y  a. z . dA  b. z y . dA  c. z2 . dA  c . IGy 
N M My
a ; b z ; c
  
2
Mz   a. y . dA  b. y . dA  c. y z . dA   b . IGz A IGz IGy

N Mz My
x   y  z
A IGz IGy

4.1 et 4.2 Traction - Compression

Forme du torseur de cohésion:


 N 
 
(x)   
 
 G
G N X
N positif : TRACTION
N négatif : COMPRESSION

Remarque: L'effort normal N peut être


constant sur un tronçon de poutre ou
Z
être variable.

Détermination des contraintes normales:

Y Pour déterminer la contrainte normale en un


point M, utilisons les résultats précédents

N
x 
A
M

dA
G
xdA N Effort normal à l’abscisse x de la section 
A aire de la section 
Z X
Pour une section  d’abscisse x, la contrainte
normale est constante quelque soit le point M
de coordonnées ( y, z ).

56
Y Y

 >0Traction

(y) X

G(x)

(y)
X

Déformations:

Le diagramme des déformations de la section droite A se déduit du diagramme des


contraintes normales grâce à la loi de Hooke:

Y On note  x la déformation relative


ou unitaire dans une section droite:
x >0Traction
N
x 
G(x) x (y) X
E. A

Ces déformations sont, elles aussi,


constantes sur la section 
d’abscisse x.

Déplacements:

57
La relation précédente traduit que toute Y
fibre de coordonnées ( y, z ) s'allonge ou se
raccourcit dans le sens de l'axe des x
d'une valeur:

M M   . dx
M=M
'
1 1 x
du N M
1
  
x dx E  A M'1
G
Pour obtenir le déplacement relatif Z X
élémentaire entre 2 sections  (x) et  (x +
dx) distantes d’une longueur élémentaire
dx, on utilise la relation:
dx du= xdx
N
du   dx
EA

Développements facultatifs :

Nous allons étudier ici la déformation d'ensemble de la poutre soumise à une sollicitation de
traction simple (le principe étant le même en compression simple).

Nous allons déterminer le déplacement de l'extrémité de la poutre x = L


On appellera u ( x ) le déplacement du centre de gravité G(x) de la section droite située à
l'abscisse x.

Etat initial (avant déformation):

G(0) G(x) G(L)


x

0 x L
Etat final (après déformation):

G(0) G(x) u(x) G(x') G(L) u(L) G(L')


x

0 x x' L L'

58
N( x)
On a donc: du  u( x  dx)  u( x)   x . dx  dx
E. A

Pour obtenir le déplacement d'une section quelconque  à l'abscisse x, il suffit de réaliser


l'intégration des déplacements élémentaires du de 0 à x:

x
N( )
u( x)  u(0)  
0
E. A
d

A l'extrémité de la poutre pour x = L on a donc:

L
N ( x)
u ( L )  u (0)  
0
E. A
dx

soit un allongement de
L
N ( x)
L  u ( L)  u (0)   dx
0
E. A

Si N( x)  N est constant ainsi que A l'aire de la section , on a de même:

NL
L  u ( L)  u (0) 
E. A où  est la contrainte, E le module d’Young,
l N
   .E = .E =
l A
l
= l’allongement relatif, A l’aire de la section.
l

* Conditions idéales de traction – compression

-Pour la traction , on doit avoir: L  4.max(a,b)



 Pour la compression,on doit avoir:

a  b  1,5a pour les sections rectangulaires
3b£L£8a pour les sections rectangulaires

3dpLp8d pour une section circulaire.

* Formules de traction – compression

Poids propre négligé Poids propre non négligé


F F P
Contrainte constante  = Contrainte variable  +
maxi =
S S S
Allongement raccourcissement Allongement ou raccourcissement
Fl Fl 1 Pl
Δl = Δl = 
SE SE 2 SE
S = constante S = constante
Equation d’équarrissage Equation d’équarrissage
F F P
   RP    RP
S S S

E (daN/mm2 ) ; RP ( daN/mm2 );  (daN/mm2 )


59
P ou F (daN); S(mm2) l (mm)

Exercice 1

Calculer la charge admissible de la tôle d’acier soumise à la traction, affaiblie par des trous
de diamètre d = 20 mm. Contrainte admissible  adn = 160 MPa, épaisseur de la tôle t = 10
mm ; sa largeur b = 200 mm. R.Stépine p. 50.

Solution :
Déterminons la charge admissible par calcul à la résistance suivant la section affaiblie par les
trous, la rupture pouvant se produire avant out en cet endroit. L’aire des deux sections qui
affaiblissent la section est ΔA = 2x1x2 = 4 cm2. L’aire active de la section est
A = Atotal – ΔA = 20 – 4 = 16 cm2 = 16 x 10-4 m2. La charge admissible est :
Fadm  A adm = 16 x 10-4x 160 x 106 = 256 KN.

Exercice 2

Sélectionner la section des éléments du système représenté sur la figure ci-dessous et


calculer le déplacement du noeud B. Le matériau est l’acier et sa contrainte admissible est :
 adm = 160 MPa. R. Stépine p51-52.

Calculons par méthode des sections les efforts sollicitant les barres, en considérant la partie
du système au-dessus de la section a-a.
 X   N 1 sin 30  N 2 sin 45  0

  N1  N 2 2.
 Y  N 1 cos 30  N 2 cos 45  50  0

Soit N1 = 0, 0368 MN ; N2 = 0, 026 MN.

Les deux efforts sollicitent à la traction. Choisissons la section des éléments :


N1
A1 =  0,0368 / 160  0, 00023 m2 = 2,3 cm2
 adù

N2
A1 =  0,026 / 160  0, 000162 m2 = 1,62 cm2.
 adù
Déterminons le déplacement du nœud B. appliquons la méthode graphique. Menons à partir
des point D et C des arcs de rayons égaux aux tiges DB et DC (compte tenu des
allongements) Ils se coupent en B’, la nouvelle position de l’articulation B. Les déformations

60
étant faibles, les arcs peuvent être remplacés par les des B 2 et B’ B1 B’ perpendiculaires aux
directions de BC et DB. Pour obtenir une solution plus précise, la construction (le
diagramme des déplacements) doit se faire à grande échelle. Alors, à l’échelle retenue, le
segment BB’ détermine le déplacement du nœud B.
Dans notre cas il vaut  = 0,13 cm.

* Coefficient de sécurité – Contraintes admissibles

Les charges réelles appliquées à une pièce (on a une construction) peuvent différer
sensiblement de celle retenues par le calcul – les surcharges, l’hétérogénéité des matériaux,
etc., ont souvent un caractère aléatoire.
Les pièces et les constructions dans leur ensemble devant assurer aussi un service sans
aléas dans les conditions défavorables, il faut prendre des précautions correspondantes,
C’est à cet effet que les contraintes subies par une machine ou une construction
doivent être inférieures aux valeurs limites susceptibles de provoquer la rupture ou de
produire des déformations plastiques. Un matériau est défini par sa limite élastique et sa
limite à la rupture :
On adopte :

 Fe  R e : résistance limite élastique


R e  
 S0 S0 : section initiale du matériau

 R = Fr  R r : résistance limite à la rupture
 r S S : section initiale
 0  0

s = coefficient de sécurité imposé par les normes de conception des constructions.


Le coefficient de sécurité est choisi de façon à ce qu’en cours de fonctionnement normal, les
contraintes normales maximales ne dépassent pas la limite élastique Re du matériau.

Re limite élastique du matérau


s 
R p contrainte tolérée dans la structure (résistance pratique)

Pour les matériaux fragiles (béton, verre, …), pour le bois le bois et d'autres, il est souvent
préférable d'utiliser la résistance à la rupture Rr, du matériau plutôt que la limite élastique
Re, difficile ou impossible à obtenir. s est alors défini par :
R limite à la rupture du matériau
s r 
R p contrainte tolérée dans la structure

Quelques valeurs de E

61
Matériau E (daN/mm2) Matériaux E (daN/mm2)
Carbures métalliques 55 000 Zinc 8 000
Tungstène 42 000 Alliage aluminium 7 000 à 7 500
Aciers 17 000 à 28 Verre 7 000 à 7 500
000
Aciers de construction 20 000 à 22 Magnésium 4 500
000
Cuivre 12 600 Etain 4 000
Titane 10 500 Elastomère 0,3
Bronze 10 000 à 12 Béton 2 000
000
Fonte 10 000 Bois 1 000 à 3 000
Caoutchouc 0,75 Cuir 25
Laiton 9 200

4.3 Le cisaillement

4.31 Définition:

Lorsqu’une poutre est sollicitée dans le plan d’une section, par 2 efforts ponctuels égaux et
directement opposés, dirigés l’un vers l’autre, de direction perpendiculaire à la ligne
moyenne, on dit qu’elle est soumise à un cisaillement simple

F

A B A B

F
Boulonassem
blant2pièces
PièceABentre2couteauxdecisaille

Le cisaillement simple: conditions idéales:

En réalité, il est pratiquement impossible d’exercer les efforts F rigoureusement dans le


même plan . Ces 2efforts seront toujours à une distance  très petite et que l’on s’efforcera
de réduire au minimum.

Contrainte tangentielle de cisaillement:

Considérons un tronçon de poutre limité par la section  sollicitée.

62
y Les efforts appliqués sont:
- le poids négligeable
- l’effort F
- les efforts agissant sur chaque
F élément s de la section :
dA - fx =  dA
- fy =  dA
dA 
dA Les équations d’équilibre donnent:
G
z -F +   dA = 0 ;   dA = 0
x
 -F   +   dA  y = 0
Si  est très petit, -F   est nul et on démontre ainsi que la contrainte normale  est nulle
sinon il y a sollicitation de flexion et non cisaillement simple.

L’équation  s = F ne nous permet pas de connaître la répartition de contraintes et on


prend l’habitude de calculer sa valeur moyenne (contrainte tangentielle si la répartition était
uniforme sur la section d’aire A ) moy telle que:

moy = F / A

4.32 La déformation:

F L’angle de glissement  est proportionnel


 à l’effort tranchant F dans le domaine
élastique. La contrainte moyenne moy
étant proportionnelle à F, on peut écrire:


y moy = G  

G est le module d’élasticité transversal


ou module de Coulomb
F
Il est approximativement égal à 0.4E pour les
matériaux de construction usuels ; soit 8000
daN/mm2 pour les aciers

Le cisaillement en flexion simple:

Etude expérimentale:

63
Considérons une poutre constituée
fig1 d’un empilage de lames minces ( fig1 ).

F Lorsqu’on soumet cette poutre à une


flexion, on constate une déformation de
courbure et un glissement relatif des
lames les unes par rapport aux autres.
( fig 2 )
fig2

F Dans une poutre monolithique, ce


glissement est empêché par des forces
intérieures dues à la cohésion de la
matière ( fig3 ).
fig3
Ces efforts intérieurs de cohésion
entraînent le développement de
contraintes de cisaillement
Effortsintérieurs longitudinales orientées dans l’axe de la
poutre.
decohésion

4.34 Théorème de réciprocité de CAUCHY:

Isolons un élément dx  dy infiniment petit à l’intérieur d’une poutre sollicitée en


flexion simple dans le plan Oxy.

y Il est soumis aux efforts:

dftl dftt - Effort élémentaire normal dfn =   dy


 dz
-dfn dfn - Effort élémentaire tangentiel
dy
longitudinal dftl = l  dx  dz
- Effort élémentaire tangentiel
-dftt x
-dftl
transversal dftt = t  dy  dz

dx

Ecrivons l’équation d’équilibre des moments à l’origine:


dftt  dx - dftl  dy = 0 soit t  dy  dz  dx - l  dx  dz  dy = 0

t = l

Théorème de réciprocité de CAUCHY: Sur 2 facettes perpendiculaires infiniment


voisines, les contraintes tangentielles sont de même norme et leur moment par rapport à
un point est de signe opposé.

64
Il existe donc 2 configurations possibles:
 ou 

 

Expression de la contrainte tangentielle dans une section droite:

Isolons dans une poutre droite sollicitée en flexion simple un parallélépipède de


matière pris dans la partie supérieure de la poutre.

dx
V(x+dx) Dans les sections droites
1'
(x) et (x + dx), les
2' M(x+dx)
1 4'
-M(x) éléments de réduction
sont:
2 3'
4
 ( x ) : - V (x ) et - M( x )
3 -V(x)
 ( x + dx ) : V ( x + dx ) et
x dx M (x + dx)

 (x)  (x)  (x+dx)


 (x+dx)

Remarques:

- Nous considérerons V (x ) , M( x ) , V ( x + dx ) et M ( x + dx ) positifs d’où une


compression en partie supérieure de la poutre ( y positifs ).
- Nous considérerons que la largeur de la poutre b(y) peut varier sur la hauteur ( en fonction
de y ).

11' 22'
t t
(x) t t (x+dx) dA
l l l
Y 44' 55'
y

G(x) G(x+dx) G(x+dx)


X z
dx
b(y)
(x) (x+dx)

Etude facultative : Faisons le bilan des efforts agissant sur les faces du parallélépipède
isolé:
- pas d’efforts sur les faces externes
- des contraintes de compression sur les sections verticales  ( x ) et  ( x + dx )
- des contraintes tangentielles transversales sur ces mêmes sections verticales t = 
de répartition inconnue
- des contraintes tangentielles longitudinales sur la section horizontale inférieure l =
 de répartition considérée uniforme sur dx infiniment petit.

65
Ecrivons l’équation d’équilibre des efforts résultants en projection sur l’axe Ox:

 ( x)
 ( x). dA   ( x  dx )
 ( x  dx). dA    b( y)dx  0

M( x)  y M( x  dx)  y
 ( x) IGz
. dA   ( x  dx)

IGz
. dA    b( y)dx  0

M( x) M( x  dx)
et sont constants sur leurs sections  ( x ) et  ( x + dx )
IGz IGz

 M( x) M( x  dx) 

 IGz

IGz 
  y. dA    b( y)dx  0

 M( x) M( x  dx) 
  
 
 IGz IGz 

 y. dA
dx b( y)

Nous  M( x)  M( x  dx)
 
dM
 V( x) ( voir chap 3 §8 )
noterons dx dx

 y. dA 
moment statique de la surface 1-4-4’-1’ comprise entre les
SGz

ordonnées y et v’ (hauteur comprimée) et de largeur b ( y ).

Nous obtenons la formule (dite de Jouravsky):

V ( x)  SGz
  
b( y )  IGz

Application à une section rectangulaire:

Y V ( x ) = Vo constant à l’abscisse xo
b ( y ) = b constant dans le cas d’une section
rectangulaire
h/2-y IGZ = bh3 / 12
h/2
y G  h 
h     y 
Z SGZ  b    y  y   2 
2    2 
  
 

Abscissexo
SGZ 
b
8

 h2  4 y 2 
b

 y2 
 
3

Vo
 1  4  
2 b  h  h2

C’est l’équation d’une parabole en


fonction de y
66
Y
3 Vo 3
      moy
2 bh 2

G

maxi=3Vo/2bh
Abscissexo
 moy=Vo/bh

3
Attention, maxi    moy dans une section rectangulaire de poutre fléchie.
2

* Cas des poutres circulaires :


 2 2
3

 Q  ( r  y 2 2
)
 3 4T
a) Section circulaire pleine : S =  r 2   max i  pour y  0.
   4 T  3 S
 2 
r y ;
2 2
  3 r 
b) Section circulaire creuse : S =   ( R 2  r 2 )
 2 3
Q  3 ( R  r )
3

 2T
 2 . Pour un tube min ce  max i 
 
 max i  4T  R  rR  r 
2
S
 3S  R  r
2 2

Exemple :
Un profilé est réalisé à partir de trois plats rectangulaires d’épaisseur 30mm, collés
ensemble en A(liaison supérieure) et B(liaison inférieure), pour former un I dont la partie
supérieure et la partie inférieure ont respectivement our largeur 150mm et 90mm . La
hauteur de l’élément vertical est de 120mm.Si T = 135 kN, déterminons les contraintes de
cisaillement dans les joints collés. On donne I = 43,7x10 6 mm4.

On trouve :

Q  S * y  150 * 30 * 62,55
 A A A

a) Contrainte en A :   281475mm 2


 TQA 13500 * 281475
 A    2,9 MPa
 IbA 43, 7 *106 * 30


Q  S * y  90 * 30 *87, 45
 B B B

b) Contrainte en B :   236155mm 2


 TQB 13500 * 236155
 B    2, 4 MPa
 IbB 43, 7 *106 * 30

Exercice :
Une poutre en T est réalisée à partir de deux plats de 200*50 vissés en A. Si T = 13 kN,
67
i) déterminer la contrainte de cisaillement dans le joint collé.
ii) Calculer la contrainte de cisaillement maximale dans le joint.
iii) On suppose maintenant que les plats ont pour dimensions 200*50 et vissés en A
et que T = 3,2 kN et chaque vis peut supporter un effort de cisaillement de 1 kN,
déterminer l’espacement e nécessaire entre les vis.

Réponses  A  3, 24 MPa ; max  346 MPa; e  51 mm

4.4 La torsion

4.41 Torsion simple


a) Définition- conditions de torsion
Une poutre droite est sollicitée en torsion chaque fois que les actions aux extrémités A et B
se réduisent à deux couples Mt et – Mt égaux et opposés d’axe, l’axe la ligne moyenne Lm.

 Les déformations sont (petites) du domaine élastique ;


 Les sections restent planes ;
 La longueur d’une fibre est sensiblement invariable ;
 La déformation ne crée pas de contrainte normale.
b) Angle unitaire de torsion θ en rad/mm.

C’est l’angle dont tournent l’une par rapport à l’autre deux sections distantes de l’unité (1
mm). Pour une longueur L mm, α = θ.L radian. Après torsion, les spires deviennent des
hélices de même pas.

c) Contrainte dans une fibre.

Elle est proportionnelle à la distance de cette fibre au centre :


  G
  = contrainte (N/mm2 =MPa) ;
 θ = angle unitaire de torsion ;
 ρ = rayon GM (mm) ;
 G = module d’élasticité transversal (N/mm2 =MPa) .
Remarques :
 Tous les points situés sur un même cercle de centre G et de rayon ρ ont
une même contrainte.
 Les contraintes sont maximales à la périphérie : τmaxi = G .θ.R .

d) Relation entre Mt et θ.

En chaque point M de la coupure s’exerce, pour l’élément de surface ΔS autour de M, une


force Δ f   .S dont la direction est perpendiculaire à G. Le moment en G de cette force est
MG (Δ f )  .f .GM  f . . Le moment de torsion Mt est égal au moment résultant de toutes
les forces Δ f de la section (S).
Mt   M G (  f )   f.   . .S   G. . 2 .S
(S ) (S) (S) (S)

 G. .  .S  G. .   .dS  G. .I 0


2 2

(S )

 Mt : mome nt de torsi on (N/mm 2


);

θ : angl e unitaire de torsion ;
Mt  G θ I 0 
ρ : rayo n GM (mm);

I 0 : mome nt qua dratique pa r ra pport au point G (

68
e) Relation entre Mt et  .
 Mt
A partir de   G et Mt = G.θ.I0 on peut écrire, Gθ = 
 I0

Mt 
  x
 ( N / mm 2 )



 Mt ( Nmm )

( mm )

I0

I ( mm 4
)
 0

Forme du torseur de cohésion:


Y


 MT 
 
(x)   
  X
 G G

Mt

Hypothèse complémentaire:
Nous nous intéresserons de prime abord aux sections cylindriques de révolution ( arbres) de
moment quadratique polaire Mo.

Etant donné la forme du torseur de cohésion, il est obligatoire que le poids propre de l’arbre
soit négligé.

Expérimentation:

Y
x(x) Mt/d Un dispositif pratique
répondant aux hypothèses
Arbre M'
est impossible à réaliser.
M
O G A

Z X Nous utiliserons un cylindre


du matériau à étudier
Mandrin d
encastré à une extrémité
dans un mandrin et nous
x exercerons un couple à
l’autre extrémité.
L

Nous constaterons que la section reste plane (Navier-Bernouilli) et tourne d’un angle x(x).

M
t Si on trace la courbe du moment de torsion en
fonction de l’angle x, il y a analogie avec la
traction.

M
l Nous mettons en évidence une phase élastique pour
Mt < Ml et au delà, une phase plastique. Nous nous
plaçons donc par hypothèse, dans la phase
 élastique et nous constatons que :

69
Mt = K x

En phase plastique, la rupture se fera suivant une section droite par cisaillement. Ceci met
en évidence l’existence de contraintes de cisaillement.

Mt(x)
Dans l’arbre soumis au couple d’efforts Mt / d,
Mt nous avons un moment d’encastrement dans le
mandrin en O de Mt .
+
x
0 Cela donne dans cet arbre de longueur L une
L
sollicitation de torsion pure de moment de torsion
constant Mt.

Contraintes et déformations:

y Soit 2 sections voisines d’une


 B A d distance dx. Elles tournent l’une par
M
t rapport à l’autre de l’angle d.
C  D 
Prenons 2 segments de génératrice
G
0 x AB et CD de longueur dx. Nous avons
comme pour le cisaillement simple
que des contraintes tangentes.
dx

Au cours de la déformation, les génératrices tournent d’un angle  proportionnel à.

d
Nous avons   dx  R  d soit   R 
dx

d
Comme  est proportionnel à , nous avons :   GR 
dx

En un point M situé à la distance r



Mt Mt de G nous avons un état de
M cisaillement simple, toutes les
r  contraintes étant situées dans le
plan de la section. La contrainte
G G
tangentielle est :

d
R   Gr 
dx

Elle est proportionnelle à la distance r du point considéré M au centre G.

Appliquons le principe de l’équivalence:  dA  0

  r dA  Mt

70
d
Nous obtenons: G 
dx 
r 2 dA  Mt

En posant que le moment quadratique polaire de la section par rapport à son centre G ou
par rapport à l’axe du moment de torsion Io   r 2 dA :

Mt
d   dx
G  Io
Mt
  r
Io

On remarque une analogie avec les formules obtenues en flexion et nous appellerons G Io
rigidité en torsion.

Pour un arbre cylindrique de diamètre D soumis à un moment de torsion Mt la contrainte


maxi de cisaillement sera:

16 Mt
 .max 
  D3

Torsion d’un cylindre circulaire creux:

On obtient une contrainte de cisaillement maximum:

max M
t 2 Mt  e 
 .max  1  
D e
2
D 

G
En prenant e = D / 10

 .max  22 Mt3
d D
e
D Nous remarquons que ce tube est sollicité de 38% de
plus qu’un arbre plein de diamètre D mais nécessite
2.5 fois moins de matière d’où un gain appréciable.

Torsion d’une poutre prismatique de section quelconque:

Les hypothèses ne sont plus valables en particulier les sections gauchissent.

Il est possible d’utiliser les mêmes formules en considérant une rigidité en torsion GJ
obtenue par le calcul élastique ou plutôt par l’expérimentation.

4.5 La flexion plane isostatique - Théorème de barré

4.5.1 Flexion plane isostatique


Forme du torseur de cohésion:

71
Y

Vy

 
  M
z
(x)   Vy 
 
X
 Mz G G

Détermination des contraintes normales:

Y Pour déterminer la contrainte normale


en un point M, utilisons les résultats
précédents

Mz
x   y
IGz
M

dA
G
xdA
M z Moment fléchissant à l’abscisse x
X de la section 
Z
I Gz Moment quadratique de la section

Pour une section  d’abscisse x, la


contrainte normale est proportionnelle à
l’ordonnée y du point M

DistributiondescontraintesavecM
z>0
Y

 (v')
 <0Compression
v'
G(x) (y) X Lignem
oyenne
Axeneutre
v
 >0Traction
(x) (-v)

72
Y
On définit l'axe neutre comme étant le lieu
des points où la contrainte normale est
(v') nulle.

( y) = 0  y  0.
G
Axe neutre = Fibre moyenne
(y)
Z
 est une fonction linéaire de y.
X

s (-v) Le diagramme des contraintes est du type


triangulaire dans chacune des zones
comprimée et tendue.

Condition de résistance: Si on appelle v et v' les distances par rapport à G des fibres
extrêmes tendues et comprimées. ( v et v' sont positives.)

Soit Mz ( x) > 0 par hypothèse,

Contrainte sur la fibre extrême


Y Y comprimée.
M
z>0
(v')
Mz ( x) M ( x)
X v'
(y)  ( y  v)   . v   z
IGz  IGz 
G(x)  
 v 
v

Contrainte sur la fibre extrême
(-v)
tendue.

Mz ( x) M ( x)
 ( y   v)   .   v  z
IGz  IGz 
 
 v

I  I 
Wz   Gz  , Wz   Gz  sont appelés modules d'inertie ou de flexion.
 v   v

Les contraintes maximales sont à comparer aux contraintes admissibles ( à ne pas


dépasser, repérées par le sur lignage ) du matériau constitutif de la poutre.

f Contrainte admissible de compression en flexion.


f Contrainte admissible de traction en flexion.

Déformations:
Les déformations dues à l'effort tranchant seront négligées devant les déformations dues au
moment fléchissant.

En utilisant la loi de Hooke, le diagramme des déformations se déduit de celui des


contraintes normales précédemment établi en multipliant ( y) par une constante 1 / E.

73
 ( y)
 ( y)  E.  x ( y)   x ( y) 
E

Distributiondesdéform
ationsavecM
z>0
Y

 (v')  x ( y) = -

M z ( x)
.y
 <0Raccourcissement E.I Gz

G(x) (y) X

 >0Extension
(x) (-v)
Y

 (v') On constate que la déformation est une fonction


linéaire de y.
Le plan neutre est confondu avec le plan xGz
contenant la ligne moyenne.
G

La longueur de la ligne moyenne est invariante, un


(y) point G(x) de la ligne moyenne ne peut se déplacer
Z X
que perpendiculairement à celle-ci donc le
 (-v) déplacement se limitera à une composante suivant
l'axe y.

Déplacements:
  0 
On va définir le déplacement vertical D( x)   
 v( x) d'un centre de gravité G(x) d'une section

 0  
droite.

74
Section (x)
avantdéform
ation
 Le point G(x) est venu en G'(x), on note
 
D  x  GG  le déplacement du point
Section (x+dx) 
x x+dx avantdéformation G(x).

L'inexistence de la composante u x 
Lignemoyenne G(x) G(x+dx)
x traduit une déformation longitudinale
avantdéform
ation nulle de la poutre, donc une invariance
de la longueur.
v(x)
Lignem oyenne La section droite (x) vient en ‘(x).
aprèsdéformation
G'(x) G'(x+dx) Pour passer de (x) à ‘(x) la section

droite subit une translation v  x et
une rotation z  x autour de l'axe z
Section (x+dx)  pour la flexion simple.)
aprèsdéform
ation

Le point G(x) subit une translation


Section (x)  verticale v et le point G(x+dx) une
aprèsdéform
ation
translation v + dv.

Un point M(x) d’ordonnée y subit en


plus une rotation z et son homologue
d z M(x+dx) de même ordonnée y subit une
rotation z + dz.
du
De plus le point M(x+dx) subit un
R

déplacement du par rapport à M(x).


y

M
'(x) M
'(x+dx) dv
Donc la loi de HOOKE peut s’écrire:
G'(x) G'(x+dx)
du
x   E 
dx dx

On peut aussi écrire que:

du dx dz 1 du y
dz   soit  et 
y R dx R dx R

1 dz 1 dz
Donc x   E   y et comme  , nous arrivons à x   E  y
R dx R dx
M dz Mz
Nous avons vu que x   z  y donc 
IGz dx E  IGz

Considérons une poutre AB déformée en flexion simple (les déformations sont très exagérées
pour rendre la figure lisible).

75
Y
Soit un point M d’abscisse x,
 (x)  (x+dx) subissant une rotation z et un
v+dv

v X déplacement vertical v.
A B

M(x) M(x+dx) En considérant un autre point


z(x+dx) d’abscisse x + dx subissant une
z(x) rotation z + dz et un
d
z
déplacement v + dv, nous
pouvons écrire:
dx

dv
z 
dx

d z M z ( x)

dx E.I Gz
Finalement, nous arrivons à :
d 2v M z ( x)

dx 2 E.I Gz

Nous avons ainsi une relation liant l'équation du moment fléchissant à la position des
sections droites de la poutre.

La courbe représentative de la position des centres de gravité après déformation se nomme


la déformée de la poutre.
Le terme " flèche " est plutôt réservé à la valeur absolue de la composante v x  .

Conclusion: En intégrant 2 fois cette relation on obtiendra l'équation de la déformée


v x  .
La principale difficulté sera dans la détermination des constantes d'intégration.

* Condition de résistance par rapport aux contraintes normales :

Mf
 max i  maxi
 Rp moment fléchissant maximal en Nmm;
 I GZ 
 v 
 
 Re 
Rp : résistance pratique    ; s  coefficient de sécurité;
 s 
 Mf : Moment fléchissant maximal.
 maxi
 IGz 
 v  : module d'inertie ou de résistance (en cm3) v  y maxi : distance entre la fibre neutre et la fibre
   la plus comprimée/tendue.


N.B. Pour certaines applications, on ajoute la condition de déformation ;


l (portée de la poutre)
 Pour les bâtiments : f (flèche) 
500

76
l (portée de la poutre)
 Pour les poutres des ponts roulants f (flèche) 
1000

**************

EXEMPLE 1 : Poutre sur appuis soumise à une charge repartie.

Position du problème:

Soit une poutre droite AB de


longueur L, de section et moment
quadratique I constant réalisée
dans un matériau de module
d’élasticité longitudinal E.

Cette poutre articulée en A et sur


appui simple en B est soumise à
une charge répartie q constante sur
toute sa longueur.
Nous considérerons un repère
orthonormé Axyz direct.

Le problème consiste à rechercher les actions de liaisons en A et B par la statique,


déterminer les éléments de réduction en tous points et tracer leurs diagrammes.

Etude statique:

L’articulation en A laisse une liberté de rotation autour de Az. L’appui simple en B bloque la
liberté de translation verticale et de par là même la liberté de rotation autour de A. Notre
système AB apparaît donc isostatique.

Nous pouvons également voir que l’articulation en A génère une action de liaison modélisée

par un vecteur glissant A que l’on peut décomposer en 2 coordonnées Ax et Ay.

L’appui simple en B génère une action de liaison modélisée par un vecteur glissant vertical

B de composante verticale By.

Nous avons donc 3 coordonnées d’actions de liaisons inconnues. Étant donné que
l’isolement du système (S) et l’application du principe fondamental de la statique nous
fournissent 3 équations dans le plan, nous pouvons en conclure que le système isolé est
isostatique.

Appliquons donc le P.F.S tout d’abord en vectoriel


   
A  B qL  0
  
   
MA A  MA B MA qL  0
Donnons préalablement les coordonnées des 3 vecteurs qui modélisent les efforts appliqués:

77
 Ax 0  0 
   
A   Ay  B  By 

; ; qL    qL 
 0   0  
 0  

Comme nous avons:


  
   
;    ;   
MA A  AA  A  0 M A B  AB  B M A qL  AC qL

L  L / 2
 
AB  0  AC   0 
 
Donnons les coordonnées des vecteurs AB et AC :
0   0 

A partir des 2 équations vectorielles obtenues en appliquant le principe fondamental de la


statique, nous pouvons donner 6 équations scalaires dans l’espace et le repère Axyz. Elles se
réduisent à 3 pour notre chargement plan.
(1) Ax = 0

(2) Ay + By - qL = 0

(3) By  l - qL²/2 = 0

L’équation (3) donne By = qL/2 et donc nous obtenons en injectant cette valeur dans (2)
la valeur de Ay = qLl/2.

Remarque : Nous aurions pu obtenir ces valeurs plus rapidement: Le chargement étant
vertical et les liaisons n’induisant qu’une action horizontale, cette dernière est
obligatoirement nulle.
La symétrie du chargement nous dispense d’écrire l’équation de moments en notant qu’alors
Ay = By. L’équation (2) nous donne alors Ay = By = qL/2.

Nous pouvons donc modéliser


notre système (S) :

Détermination des sollicitations internes:

Nous avons convenu en cours que, lorsqu’on réalise une coupure fictive dans un système (S)
à une abscisse x, les sollicitations internes sont les actions du système situé à droite de la
coupure (S+) sur le système situé à gauche (S-) .

Ces sollicitations internes se réduisent, dans le cas d’un chargement plan à un effort normal
N(x), un effort tranchant suivant y V(x) et un moment fléchissant suivant z M(x). L’équilibre
statique du système (S-) nous permet de dire que:

Sollicitations internes = - (efforts extérieurs appliqués au système (S))

78
Dans les efforts
extérieurs sont bien
entendu comprises les
actions de liaisons
déterminées par la
statique. En réalisant
une coupure fictive  et
en isolant le système de
gauche, nous obtenons:

Nous obtenons alors:

N(x) = 0

V(x) = qx - qL/2

M(x) = -qx²/2 + qLx/2 = qx/2 (L- x)

Calculons quelques valeurs particulières: V(x = 0) = VA = -qL/2 ; V(x = l) = VB =


qL/2

Ces valeurs n’ont en fait aucun sens


à cause de l’hypothèse de Saint
Venant qui ne nous permet de
calculer les sollicitations internes
que loin des points d’applications
des efforts ponctuels. Nous
considèrerons donc que les efforts
tranchants tendent vers ces valeurs
lorsque x tend vers 0 ou L sans les
atteindre soit x =  et x = L -  avec
 très petit.

V (xm) = 0 lorsque x = xm = L/2

Comme dM(x)/dx = - V(x) , M(x)


passe par un extremum lorsque x =
xm = L/2

M(x = L/2) = ql/4 (L - L/2) = qL²/8

Nous vérifions que lorsque x  0 et


x  L nous avons MA = MB  0

Cela donne les diagrammes ci-


contre:

Remarque: Construction graphique des diagrammes de V(x) et M(x) à partir de la


modélisation

79
Dans la mesure où les équations de V(x) et M(x) ne sont pas nécessaires, il est possible de
tracer les diagrammes à partir de la modélisation.

Nous traçons V(x) en remarquant que sa variation ne dépend que de q(x). Sa pente est égale
à -q(xo) en un point d’abscisse xo. Ensuite au niveau des efforts ponctuels, il y a
discontinuité avec VA = - effort à gauche = -qL/2 et ensuite nous avons une pente positive
+q sur une longueur L qui nous amène à -qL/2 + qL = qL/2 au point B. Nous obtenons ainsi
le graphe de V’x).

Nous traçons M(x) en remarquant que dM(x)/dx = - V(x). Il suffit donc d’intégrer le graphe
de -V(x) entre A et un point d’abscisse xo pour obtenir M (xo). Si la variation de V(x) est
linéaire, celle de M(x) est parabolique. La dérivé seconde de M(x) et donc la dérivé de -V(x) =
q(x) donne le sens de la concavité de M(x). Comme q(x) = -q, cette concavité est tourné vers
le bas. La surface du triangle entre A et C donne - Mmaxi soit:

1 L   qL 
Mmaxi =     = qL²/8
2 2  2 

Il ne reste plus qu’à


faire une construction
graphique de la
parabole passant par
3 points dont un
extrémum par la
méthode des
tangentes.

Exemple 2 : poutre encastrée soumise à une charge ponctuelle

Position du problème:

Soit une poutre droite AB de


longueur L, de section et
moment quadratique I constant
réalisée dans un matériau de
module d’élasticité longitudinal
E.

Cette poutre encastrée en A et


libre en B est soumise à une
charge ponctuelle F à une
distance a de l’encastrement.
Nous considérerons un repère
orthonormé Axyz direct.

80
Le problème consiste à rechercher les actions de liaisons par la statique, déterminer les
éléments de réduction en tous points et tracer leurs diagrammes.

Etude statique:

L’encastrement en A ne laisse aucun degré de liberté possible et suffit à assurer


l’isostatisme. Notre système AB apparaît donc isostatique.
Nous pouvons également voir que l’encastrement en A génère une action de liaison

modélisée par un vecteur A et un moment d’encastrement MA qui génèrent 3 inconnus: 2

coordonnées Ax et Ay pour A et une coordonnée pour MA.

Nous avons donc 3 coordonnées d’actions de liaisons inconnues. Étant donné que
l’isolement du système (S) et l’application du principe fondamental de la statique nous
fournissent 3 équations dans le plan, nous pouvons en conclure que le système isolé est
isostatique.

 
     
Appliquons donc le P.F.S tout d’abord en vectoriel : A  F  0 ;
M A
A M
A
F  0

Donnons préalablement les coordonnées des 3 vecteurs qui modélisent les actions
appliquées:
 Ax  0    0 
   
A   Ay  ; F   
 F  ; MA F   0 
 0  
 0  MA 
 
Comme nous avons:    
;   
M A
A  AA  A  0 M A
F  AM  F

a

  
Donnons les composantes du vecteur AM : AM  0 
0 

A partir des 2 équations vectorielles obtenues en appliquant le principe fondamental de la


statique, nous pouvons donner 6 équations scalaires dans l’espace et le repère Axyz. Elles se
réduisent à 3 pour notre chargement plan.

(1) Ax = 0 (2) Ay - F = 0 (3) MA - F a = 0

L’équation (3) donne MA = Fa et l’équation (2) la valeur de Ay = F.

Remarque : Nous aurions pu obtenir ces valeurs plus rapidement: Le chargement étant
vertical et les liaisons n’induisant qu’une action horizontale, cette dernière est
obligatoirement nulle.

81
Le moment d’encastrement en
A est équilibré par le moment
de la charge F soit Fa

Nous pouvons donc modéliser


notre système (S) :

Détermination des sollicitations internes:

En réalisant une coupure fictive  et en isolant le système de gauche, nous obtenons 2 cas
de figure:

Nous obtenons alors:

N(x) = 0

V(x) = -F si x < a

V(x) = 0 si x > a

M(x) = -MA + F.x = -F ( a - x ) si x <


a

M(x) = 0 si x > a

Calculons quelques valeurs


particulières:

M(x = 0 ) = -Fa

M( x = a ) = 0

Cela donne les diagrammes ci-


contre:

82
Remarque: Construction graphique des diagrammes de V(x) et M(x) à partir de la modélisation

Nous traçons V(x) en remarquant que sa variation est discontinue. Il y a discontinuité en A


avec VA = - effort à gauche = -F, ensuite nous avons une pente nulle sur une longueur a
puis une discontinuité en M de +F.

Nous traçons M(x) en remarquant que dM(x)/dx = - V(x). Il suffit donc d’intégrer le graphe
de -V(x) entre A et un point d’abscisse xo pour obtenir M (xo). Si la variation de V(x) est nulle,
celle de M(x) est linéaire. L’effort tranchant étant négatif de A à M, la pente de M(x) est
positive et sa valeur mini égale à -Fa.

4.5.2 Charges mobiles -Théorème de Barré.

a) Charges mobiles/roulantes:
Lorsqu'un convoi passe sur un pont, chaque essieu peut être considéré comme une
charge ponctuelle.

b) Application aux charges roulantes : Théorème de Barré.


Nous allons considérer les charges mobiles comme une succession de charges
ponctuelles statiques. Pendant le déplacement du convoi, la position des charges varie et le
moment fléchissant varie aussi en conséquence. Le moment fléchissant maximum est celui
à partir duquel nous allons dimensionner les sections des poutres. Le problème qui se pose
est celui de la recherche la position particulière des charges qui donne le moment
fléchissant maximum ou l’effort tranchant maximum. Cette recherche a été facilitée par le
théorème de Barré énoncé ci-dessous.

On distingue les charges roulantes reparties (cas des véhicules à chevilles) et les charges
roulantes ponctuelles ou concentrées (cas des chariots ou véhicules à roues).
c) Hypothèses
Les effets dynamiques du déplacement des charges sur la poutre sont négligés;
 Pour la recherche du moment fléchissant maximal sollicitant la poutre les essieux
doivent toujours rester sur cette dernière.

Pour déterminer le moment maximum au droit d’un essieu du convoi sur une poutre
isostatique on se sert du théorème de Barré.

d) Théorème de Barré :
Le moment fléchissant lié au passage d’un convoi sur une poutre isostatique sur deux appuis
est maximum au droit d’un essieu lorsque cet essieu et la résultante générale R du convoi
occupent des positions symétriques par rapport au milieu de la poutre.

Remarque : Si ce convoi est long, il ne faut évidemment prendre en compte que la résultante
des efforts qui s'exercent sur la poutre.

2
RL  di  g=n
M fmax  1     Pg lg .
4  2  g=1
R est la résultante générale du convoi (qui passe par G);
l est la distance entre l'essieu "G " (placé à gauche de l'essieu "P")et l'essieu "P" étudié;
g i i i

di est la distance entre la charge Pi et le centre de gravité G;
 P est la somme des forces à gauche de l'essieu étudié.
 g

83
La charge qui donne le maximum des moments maxima est appelée charge critique.
Le maximum des moments maxima est appelé moment maximum maximorum.
L’effort tranchant est maximum quand l’essieu le plus à gauche de l’appui de gauche ou
l’essieu le plus à droite de l’appui de droite se trouve à une distance g (avec g tendant vers 0)
de cet appui, et sa valeur est égale à la valeur de la réaction à l’appui considéré.

 Cas d’une surcharge repartie détendue variable.


La surcharge s que nous supposerons uniforme peut affecter ou non la totalité de la
longueur de la poutre.

a) Valeurs extrêmes de l’effort tranchant dans une section∑.


Les valeurs extrêmes de l’effort tranchant sont obtenues en surchargeant toute ma
région de la poutre pour laquelle les ordonnées de la ligne d’influence sont de même
signe.
s
Vmax = (l  x ) 2 .
2l

b) Valeurs maximales du moment fléchissant dans une section ∑.


Les ordonnées de la ligne d’influence sont positives sur toute la portée. Quelle que soit la
position de ∑ la valeur extrême du moment fléchissant est donc atteinte en surchargeant
la totalité de la poutre ; on a donc :
1
M max ( x)  sx(l  x) .
2

 Lignes enveloppes des efforts


Les lignes enveloppes de l’effort tranchant et du moment fléchissant dans une poutre droite
simplement appuyée soumise à des charges permanentes reparties et localisées et à des charges mobiles
et reparties d’étendue variable sont obtenues en ajoutant algébriquement les efforts produits par les
charges et les surcharges envisagées isolement.

Pour dimensionner une structure sollicitée par un convoi de charges mobiles, on étudie
d’abord la structure sollicitée par le convoi seul de la façon suivante :
 Calculer la position de la résultante par rapport à l’un des essieux (de préférence
par rapport à l’essieu le plus à gauche) ;
 Calculer le moment maximum au droit de chaque essieu en déplaçant chacun d’eux
de proche en proche à une position symétrique par rapport à l’axe de la poutre  ; on
détermine ainsi la charge critique Pc du convoi.
 Ensuite la charge critique maintenue à sa position critique, on prend en compte
toutes les autres charges fixes (poids propres, charges d’exploitation, etc.…) ;
 Enfin on fait l’étude comme si toutes les charges étaient fixes pour déterminer le
moment fléchissant.
 Pour l’effort tranchant, on prend toutes les charges en
compte avec le convoi décalé tantôt à gauche, tantôt à droite en positionnant
l’essieu extrême à la distance g de l’appui considéré et on procède comme pour les
charges fixes.

Exercice d’application
Les dimensions d’un camion, de sa remorque et la répartition des charges sur les essieux sont
indiquées sur la figure ci-dessous.

84
Ce véhicule est supporté par une poutre de pont de portée 20 m supportant une charge
permanente fixe uniformément repartie de 5, 00kN/ml.
1. Déterminer la valeur et la position de la résultante des charges roulantes ;
2. Déterminer la charge critique Pc ;
3. Après avoir positionné le camion à sa position critique sur la poutre, en suivant
la règle de barré et en tenant compte du poids propre, tracer le diagramme du
moment fléchissant M(x). donner la valeur du moment maximum.
On donne : P1 = 40kN ; P2 = 60kN ; P3 = 50kN ; P4 = 30kN 

* Processus d’étude des poutres droites à plan moyen sollicitées en flexion simple :

1) calculer les réactions aux appuis en appliquant le principe fondamental de la statique ;


2) Calculer les efforts tranchants et les moments fléchissants le long de la poutre ;
3) Calculer les efforts max ;
4) Calculer les caractéristiques géométriques de la section de la poutre ;
5) Comparer les efforts max aux valeurs admissibles : si les valeurs trouvées sont
supérieures aux valeurs admissibles, redimensionner la poutre ;
6) Calculer les déplacements et les comparer aux valeurs limites admissibles : si ces
déplacements sont supérieurs aux valeurs limites admissibles, redimensionner la
poutre ; ou reconsidérer la structure porteuse (portées des poutres).

e) Ligne d’influence

e1) Définition
Considérons une poutre à plan moyen chargée dans son plan par les forces verticales.
Envisageons dans une section Σ d’abscisse x fixe, un effet élastique déterminé, qui peut
être :

o M, N ou V dans la section Σ ;


o Le déplacement ou la rotation dans la section Σ ;

85
o La réaction d’appui si la section Σ  est au droit d’un appui.
Sous l’effet d’une charge verticale unité d’abscisse α variable, la valeur de cet effet est une
fonction f (α).
Cette fonction est appelée fonction d’influence de l’effort E dans la section Σ, sous l’action
d’une charge unité ; sa ligne représentative est appelée ligne d’influence de l’effort E dans la
section Σ.

e2) Utilisation des lignes d’influence


 Calcul de l’effet d’un système de charges
L’effet E d’un système de charges concentrées P 1, P2, ...Pn d’abscisse α1 α2,…αn est égal,
en vertu du principe de superposition, à :
E =P1.f (α1) + P2.f (α2) +…+ Pn.f (αn).
L’effet E d’une charge repartie p(α) entre deux points A et B est égal à :
B

E =  p(α).f(α)dα
A
Si p est constant
B

E = f(α)dα.
A
 Calcul des effets extrêmes d’un système de charges variables
Si l’on peut appliquer à une poutre, sur une longueur arbitraire, une charge repartie q
d’intensité constante, les effets extrêmes dans la section Σ seront obtenus en surchargeant :
 Ou bien les zones où la fonction d’influence est positive ;
 Ou bien les zones où la fonction d’influence est négative ;

 Lignes d’influence des déformations

Le théorème de Maxwell- Betti montre que :


- la ligne d’influence du déplacement d’une section d’abscisse x sous l’action d’une
charge verticale unité d’abscisse α est la ligne représentative d’un déplacement
vertical de la section d’abscisse α sous l’action d’une force verticale unité placée
dans la section d’abscisse x :
- la ligne d’influence de la d’une section d’abscisse x sous l’action d’une charge
verticale unité d’abscisse α est la ligne représentative d’un déplacement vertical de
la section d’abscisse α sous l’action d’un couple unité agissant dans la section
d’abscisse x :

86
V. Flexion composée
Généralités

Jusqu’à présent, nous n’avons vu les sollicitations simples : traction, compression, torsion
et flexion isostatique, cisaillement. Cependant dans un grand nombre de cas, on se retrouve
dans des cas de la combinaison de plusieurs de ces sollicitations.

Flexion + Traction

Décomposition des efforts intérieurs : N, T, et Mf.

Supposons une force concentrée


en B et inclinée d’un angle α avec
l’horizontale. La charge F peut se
décomposer en deux forces :
 Fx = charge axiale, qui
amène des efforts
normaux N comme en
traction
 Fy charge transversale
qui engendre de la flexion
avec efforts tranchants et
moments fléchissants Mf

Contraintes :
Il y a superposition des contraintes résultant de la flexion avec celles par la traction : ces
dernières s’additionnent algébriquement ou vectoriellement.

Flexion  Traction Flexion


contraintes normales Traction contraintes normales
contraintes normales
N M M
σ  f .y σ f .y
S Iz = + Iz
N
containtes de cisaillement   contraintes de cisaillement
S
TQ TQ
τ τ
I z .b I z .b

87
Flexion+Torsion
C’est un cas fréquent avec les arbres de transmission.
Etude des contraintes
 Flexio n : Co nt ra i nte n orma le
 M f
σ  .v
 I z



T orsio n :
Co nt rai nte de c isa il le me nt ma xi ma le
=>
 M T
τ  .v
 I 0

 Flexion  Torsion
 2
  σ 
 τ ad mis.     τ 2
  2 

 D' a prè s la thé orie de la c ontra intre du c isa ille ment
 ma xima l a pproprié eauxméta uxduc tile s

Moment idéal de flexion Mfi

Ce moment permet de faire les calculs de résistance comme si la poutre était uniquement
sollicitée en flexion.

Formule de Mohr - Caquot :


 1  1 R pg
M fi  1  M f  M 2 T  M 2 f avec λ 
 2λ  2λ R pe
R pg : contrainte admissible au cisaillement du matériau
R pe : contrainte admissible en traction ou à l' extension du matériau
La condition de résistance est :
M 
σ i   fi .v   R pe
 Ix 

10.64 Traction + Torsion et traction + cisaillement


Si σ est la contrainte normale engendrée par la traction et τ la contrainte de cisaillement
résultant de la torsion ou du cisaillement, la condition de résistance peut s’écrire :
σ 2  4τ 2  R pe .
10.65 Torsion + cisaillement
La torsion et le cisaillement amènent des contraintes tangentielles τ de même nature, et
faciles à additionner. La condition de résistance peut s’écrire :
T MT
τ maxi  τ maxi (cisaillement)  τ maxi (torsion)   .v  R pg
S I0

Exercices :

SOLLICITATIONS COMPOSEES

LA FLEXION DEVIEE

Forme du torseur de cohésion:

Lorsqu’une poutre est sollicitée en flexion dans un plan qui n’est pas le plan moyen de sa
section droite, il est indispensable de décomposer les sollicitations internes à l’origine de
cette flexion dans un repère constitué par les axes principaux d’inertie de cette section.

88
Nous rentrons alors dans le cadre des hypothèses de la RDM énoncées dans le chapitre 3
soit un produit d’inertie et des moments statiques nuls.

Nous nous trouvons alors en présence d’une flexion s’exerçant dans les 2 plans xGy et xGz
avec un torseur de la forme :

 (x)  
 0 0 
 Vy

Vy
Vz
My
Mz


G
M
z
X
G

Vz
M
y
Z

Détermination des contraintes normales:

Comme pour la flexion simple nous nous limiterons à l'étude des contraintes normales à la
section droite.
Nous utiliserons les résultats des paragraphes antérieurs, la flexion déviée étant la
superposition de 2 sollicitations simples de flexion:

Flexion simple Flexion simple Flexion


dans le plan xGz dans le plan xGy Déviée

Sollicitations en G
 0 0   0 0   0 0 
     
 0 My   Vy 0   Vy Mz 
 V 0   0 Mz   V Mz 
 z G  G  y G

Contraintes My EMBED Equation My Mz


normales  z EMBED Equation.2 z  y
IGy IGy IGz
 x ( y) Mz
 y
IGz

Y
My Mz
x  z  y
IGy IGz

My Moment fléchissant à l’abscisse x de la section


M

dA
G
xdA M z Moment fléchissant à l’abscisse x de la section

Z X IGy Moment quadratique de la section  par
rapport à Gy
IGz Moment quadratique de la section  par
rapport à Gz

89
Condition de résistance:
Y Y
M
z>0 Soit M y ( x)
> 0 et
A B (v')
M z ( x ) par hypothèse,
z v'
(y)
G(x)
Si on appelle v et v' les
v distances par rapport à G

des fibres extrêmes
C D (-v) tendues et comprimées
dans le plan xGy.

( v et v' sont positives.)

z M
y>0
z
C A (w'2) Si on appelle w et w' les
(w'1)
w'2 distances par rapport à G
w'1 (y) des fibres extrêmes
G(x) Y tendues et comprimées
w1 w2 dans le plan xGyz.
D B
(-w2) ( w et w' sont positives.)
(-w1)

Contrainte sur la face supérieure AB Contrainte sur la face inférieure CD

My ( x) Mz ( x) My ( x) Mz ( x)
 ( y  v; z  w 2 )    ( y  v ; z  w1 )  
 IGz   IGz  en A  IGz   IGz  en C
       
 w 2   v   w 1  v

My ( x) Mz ( x) My ( x) Mz ( x)
 ( y  v; z   w 2 )     ( y   v ; z   w1 )   
 IGz   IGz  en B  IGz   IGz  en D
       
 w 2   v   w1  v

Les contraintes maximales sont à comparer aux contraintes admissibles du matériau


constitutif de la poutre.
Déformations:

Les déformations dues à l'effort tranchant seront négligées devant les déformations dues au
moment fléchissant.

En utilisant la loi de Hooke, le diagramme des déformations se déduit de celui des


contraintes normales précédemment établi en multipliant ( y) par une constante 1 / E.

 ( y)  E.  x ( y)   x ( y )   ( y)  x ( y) =
M y ( x)
z -
M z ( x)
y
E E.I Gy E.I Gz

On constate que la déformation est une fonction linéaire de y et z.

90
L’axe neutre est confondu avec l’axe Gx qui est aussi la ligne moyenne.

Déplacements:
 0 
  
On va définir le déplacement vertical D ( x )   v ( x )  d'un centre de gravité G(x) d'une
 
 w ( x) 
section droite

L'inexistence de la composante u x  traduit une déformation longitudinale nulle de la


poutre, donc une invariance de la longueur.

 0
 
Un point M(x) de coordonnées  y subit en plus des rotation y et z respectivement dans
 
 z
les plan Gxz et Gxy.

En utilisant les résultats de la flexion simple et le principe de superposition:

d y M y ( x) d z M z ( x)
  ; 
dx E.I Gy dx E.I Gz
d 2w M y ( x) d 2v M z ( x)
  ; 
dx 2 E.I Gy dx 2 E.I Gz

La déformée de la poutre est égale à v( x) 2  w( x) 2 .

LA FLEXION COMPOSEE

Forme du torseur de cohésion:


Y

 N  Vy
 (x)   Vy



M
z

Mz
G X
G
N

Nous considèrerons uniquement le cas d’une poutre à plan moyen chargée dans son
plan moyen.

Détermination des contraintes normales:

91
Comme pour la flexion simple nous nous limiterons à l'étude des contraintes
normales à la section droite.

Nous utiliserons les résultats des paragraphes antérieurs, la flexion composée étant la
superposition de 2 types de sollicitations simples: la compression (ou la traction) et la
flexion simple.

Traction Flexion simple Flexion


Compression composée

Sollicitations en G
 N 0     N 
     
 0 0   Vy   Vy 
 0 0   Mz   Mz 
 G  G  G

Contraintes N EMBED Equation N Mz


normales EMBED Equation.2  y
A A IGz
 x ( y) Mz
 y
IGz

N M
x   z y
A IGz

dA
G
xdA N Effort normal à l’abscisse x de la section 
M z Moment fléchissant à l’abscisse x de la section 
Z X A Aire de la section 
I Gz Moment quadratique de la section 

Diagrammes des contraintes normales dans une section droite:


DistributiondescontraintesavecM
z>0 DistributiondescontraintesavecN>0 DistributiondescontraintesavecMz>0
Y Y Y

 <0Compression
 <0Compression


Axeneutre
G(x) X X X
G(x) G(x)


Axeneutre

 >0Traction  >0Traction  >0Traction


(x) (x) (x)

Déformations:

Nous négligerons encore les effets de l'effort tranchant.


Comme précédemment le diagramme des déformations de la section droite sera déterminé
grâce au principe de superposition. En utilisant la loi de Hooke et la répartition des
contraintes normales on obtient les résultats suivants:

92
Traction Flexion simple Flexion
Compression composée

Contraintes N EMBED Equation N Mz


normales EMBED Equation.2  y
E. A E. A E.IGz
 x ( y) Mz
 y
E.IGz

Déplacements:

Le déplacement du point G(x) appartenant à la ligne moyenne de la poutre sera la somme


vectorielle du déplacement dû à la compression simple (ou traction) et du déplacement dû
à la flexion simple.
 
Ce déplacement sera noté D ( x)  
D ( x)  u( x). x  v( x). y

Les 2 composantes du déplacement u ( x ) et v ( x ) ont été déterminées dans les


développements précédents (§42-4 et §43-4).

Conditions de résistance:

Pour dimensionner une poutre vis à vis de sa résistance, il suffit de déterminer les
contraintes extrêmes.

Les contraintes sont définies par la relation précédemment établie:

N Mz
 x ( y)   y
A IGz

C'est une fonction linéaire de y donc les


valeurs extrêmes seront sur les fibres
Y extrêmes de la poutre: y= h/2 = v et y = -h/2=
v' v'.
 (v') On obtient donc les relations:
Axeneutre
G(x)  (y) N M N M
 x (  v)   z v   z
v A IGz A IGz
 (-v) v
N M N M
(x)  x ( v) 
A
 z  v 
IGz A
 z
IGz
v

On devra donc vérifier que ( v) et ( v ´) sont inférieures en valeur absolue aux contraintes
admissibles en traction  T et en compression  C du matériau.

* Centre de pression:

93
Le centre de pression C est un point particulier du plan de la section droite tel que le
torseur des éléments de réduction calculé en ce point se réduise à une résultante.

Nota : le point C peut se trouver à "l'extérieur" de la section droite.

Y Y  N 
(x)  
0


V 0 
0 Mz 

 
G
Vy

Vy C
  
(x)  
N 0


M
z N V 0 

yc 

0 0 
C

G(x) X G(x) X
N

(x) (x)

Coordonnées de C dans le repère Gxy : Si l'on écrit l'équivalence entre les 2 systèmes on
a au point G: Mz  MG ( V )  MG ( N )   N  yc donc les coordonnées de C sont:
 0 
  M 
GC   G 
 0N 
 

MG
yc  
N

Noyau central:
Certains matériaux ne peuvent supporter que des contraintes de compression (béton armé,
maçonneries, sols,...) et il est donc intéressant de savoir si toute la section droite sera
comprimée ou non.

Il existe une zone de la section droite qui est telle que si le centre de pression C se trouve à
l'intérieur, la section sera entièrement comprimée.

Cette zone particulière est appelée NOYAU CENTRAL.

Cas particulier: Quand l'axe neutre ( ( y ) 0 ) est sur la limite de la section à y = h/2 le
centre de pression C se trouve obligatoirement sur la limite du noyau central.

h N M h N N  yC h
( )  0   z   
2 A IGz 2 A IGz 2

N N  yC h
0   
A IGz 2
2 I Gz
yC  
h A

2IGz
Si l'on fait le même raisonnement pour l'axe neutre à y = -h/2 on trouve : yC 
hA

94
bh3
2
Cas particulier d’une section rectangulaire b  h : 2I 12   h
y C   Gz  
hA h  bh 6

En flexion composée plane si le centre de pression


est sur le segment de droite C1 ( 0 , h/6 ) et C2
C1
Z ( 0 , -h/6 ) , la section droite est entièrement
h/3 h
comprimée.
C2
De façon plus générale, en flexion composée déviée
( My  0 ) le noyau central est un losange dont les
diagonales sont égales à h/3 et b/3.
b/3

Cas d'une section circulaire: Le noyau central est défini par un cercle concentrique de
rayon R/4.

Revenons à une section rectangulaire ( b x h ) chargée dans son plan moyen en considérant
la position de l'effort normal N par rapport à l'axe Gz. Cette position sera notée e
(excentricité) ( e est algébrique ).
Pour les fibres extrêmes y = h / 2 et y = -
N Mf N N. e h/2
 ( y)   z y   y on a donc :
S IGz S IGz
N N. e N  12e 
 ( y)   y  1  2 y  h N  6e 
b. h bh 3
b. h  h  ( )    1
2 b.h  h 
12
h N  6e 
 ( )    1
2 b.h  h 

* Le flambement

Etat d’équilibre:

Le but de cette étude est de faire le point sur un phénomène important en


construction: la stabilité élastique des pièces comprimées. Définissons préalablement
les états d’équilibre stables, instables et indifférent.

Considérons une bille sur un solide de référence:

Equilibre stable: si nous déplaçons la bille dans un état


voisin quelconque à la position d’équilibre, elle tend
naturellement à revenir vers son état initial d’équilibre.
Equilibre stable

Equilibre instable: si nous déplaçons légèrement la bille de


95
Equilibre instable son état d’équilibre, l’équilibre est définitivement rompu.

Equilibre indifférent: quelque soit la position de la bille, elle


est en état d’équilibre

Equilibre indifférent

Nature et importance du phénomène de flambement:

L’utilisation de matériaux à performances mécaniques élevées et la recherche de l’économie


conduisent à adopter des solutions technologiques en construction mettant en œuvre des
pièces longues et de section réduites: on les dit « élancées ».

Exemples: Arcs de ponts, pylônes, étais, barres de treillis,...

Les pièces élancées, soumises à un effort de compression important, peuvent être l’objet
d’un phénomène mécanique tendant à accentuer brusquement leurs déformations dans des
proportions pouvant dépasser largement leurs limites. Ce phénomène est appelé
flambement. Il peut apparaître pour un état de contrainte dans la pièce se situant bien en
deçà des limites du domaine élastique.

Mise en évidence du phénomène:

Soit une pièce de section rectangulaire soumise à un effort


N de compression N allant en croissant.

Initialement la pièce est rectiligne. Elle le reste pour des


valeurs de N faibles.

A partir d’une valeur de N dite valeur critique notée Nc, la


pièce fléchit brutalement et de façon importante.

Dès lors, elle est soumise à une sollicitation de flexion-


compression, sa déformation n’est plus négligeable pour
l’étude de l’équilibre. L’hypothèse des « petites déformations »
de la RDM n’est plus respectée, celle de la linéarité non plus:
c’est le flambement.

Si N croit au delà de Nc, les déformations s’amplifie


considérablement jusqu’à la ruine de la pièce.

Si la contrainte n’a dépassé en aucun point de la pièce la


limite élastique e, à la suppression de N la pièce reprend sa
f forme rectiligne initiale.

La déformation s’effectue pour une pièce bi-articulée dans le


plan perpendiculaire à l’axe de la section pour lequel le
moment quadratique est minimum.
96
Diverses expérimentations nous permettent de constater que:

- Le seuil d’instabilité Nc dépend:


 des liaisons aux extrémités de la pièce
 du matériau
 de la forme de la section

- L’amplitude et l’évolution du phénomène dépendent aussi:


 des défauts géométriques de la pièce ( non rectitude )
 de l’excentrement de la charge N
 des défauts structurels de la pièce ( non homogénéité, contraintes internes,.. )

Etude du flambement de la barre idéale:

EULER dès 1744 a étudié ce phénomène. Il avait adopté les hypothèses suivantes
pour la barre idéale:

- Matériau homogène, isotrope


- Poutre parfaitement rectiligne
- Matériau élastique et déformations petites

Modèle étudié ( YOUNG 1807 ) ( étude facultative )


y Nous avons les sollicitations
internes:

N( x)   N
N y  N
V( x)  0
EI
x M( x)  N  ( v  e )
e A B
Nous savons que:
x
EIv   M( x)
L/2
soit EIv   Nv  Ne

La solution de cette équation est


N N L N
v ( x )   e  cos(  x )  e  tg (  )  sin( x)e
EI EI 2 EI

N L
1  cos(  )
EI 2
La flèche au milieu  est alors égale en valeur absolue   e  ( )
N L
cos(  )
EI 2

N L N L 
Cette flèche tend vers l’infini pour cos(  )  0 soit  
EI 2 EI 2 2

Nous obtenons ainsi le seuil d’instabilité pour la barre idéale:


 2 EI
NC 
L2

Le graphe de N / Nc en fonction de  / L
97
N/Nc Bifurcationd'équilibre montre bien l’influence de l’excentricité e sur la
(barreidéale) déformation.
e/L 0 Cette excentricité e n’intervient pas dans
1 l’expression de Nc.

e/L=0.02
En particulier pour e  0 , on obtient le
modèle étudié par EULER et le graphe devient
0.5
e/L=0.002 tel que:
Divergenced'équilibre
(barreréele)  /L - Pour N < Nc  = 0 et la poutre reste rectiligne
- Pour N = Nc , il existe une infinité de position
0.05 0.10 0.15 d’équilibre: cette dernière devient alors
instable.

Cette instabilité est appelé Charge critique


d’EULER

On parle alors de FLAMBEMENT PUR

Ce comportement limite est appelé « bifurcation d’équilibre ».


Il est courant de désigner par c la contrainte critique d’Euler le rapport Nc / A. Cette
contrainte s’exprime en fonction de l’élancement  = L / i ou i est le rayon de giration de la
section

2  E
C 
2

c Si c > e, la ruine par compression intervient avant que


le phénomène de flambement ne puisse se produire

Si c < e , le flambement risque de se produire pour des


e
charges inférieures à celles admissibles en compression
simple.
e

Le flambement des barres géométriquement parfaites doit
donc être pris en compte pour des élancements  > e
avec e tel que c = e
L I
Elancement   ; Rayon de giration i 
i A

Influence des liaisons d’extrémités:

Il est facile de trouver les solutions de l’équation différentielle d’équilibre pour une
barre soumise à ses extrémités à des liaisons définies. Par rapport au cas envisagé
par Euler, seules les constantes d’intégration changent. On peut donc en déduire
assez facilement les charges critiques Nc correspondant aux divers types de liaison.

1
N
EI 2
NC  Lf  2 Lo
4  Lo2
Lo

98
2
N
2  EI 2 2
NC  Lf  Lo
Lo2 2
0.7 Lo
3
N
4  EI 2 Lo
NC  Lf 
Lo2 2
Lo /2
4
N EI 2
NC  Lf  Lo
Lo2

Lo /2

Il est d’usage de comparer ces résultats à celui de la barre bi-articulée et d’en déduire la
notion de longueur de flambement Lf d’une barre comprimée de structure.

Définition: On appelle longueur de flambement Lf d’une barre idéale de structure, la


longueur de la barre bi-articulée identique qui aurait même charge critique Nc que la barre
de structure.

Cette longueur correspond souvent à la distance entre 2 points d’inflexion de la déformée de


la barre de structure sous l’effet de N.

L’intérêt de cette notion est de caractériser la résistance au flambement d’une barre idéale
par un seul facteur, l’élancement.

Flambement de la barre réelle:

Les conditions de la barre idéale ne peuvent jamais être remplies et par suite, dès que l’on
soumet une poutre à une compression, des flèches de flexion apparaissent. Il y a donc
flexion-compression, sollicitation complexe pour laquelle le principe de superposition ne
s’applique pas.

En général, la charge critique d’Euler est une limite qui ne peut jamais être atteinte.

En général en construction et suivant les matériaux (acier, BA, BP, bois, ...) les modalités
pratiques de calcul diffèrent mais on retrouve les mêmes principes de base.

99
6. Etude des systèmes hyperstatiques
6.4 Etude des systèmes hyperstatiques plans
Objectifs du cours
Þ Définir la notion de système hyperstatique ;
Þ Calculer un système hyperstatique en utilisant les formules de Bresse, l’équation
de deux moments, le théorème de trois moments ou la formule énergétique ;
Þ Utiliser les lignes d’influence et le théorème de Barré pour calculer les efforts
maxima dans uns une poutre.
Généralités
Un système est dit hyperstatique chaque fois que les actions de contact exercées par
les liaisons ne sont pas calculées à partir des équations du principe fondamental
de la statique.
Les actions ne pourront être déterminée qu’après avoir écrit d’autres équations
obtenues à partir des déformations du système. C’est justement l’objet du
paragraphe ci-dessous.
A) Methode par supperposition : P Fanchon p ; 353-4

6.1 Formules de Bresse

Soit une poutre GoG1 à plan moyen chargée dans son plan et repérée par rapport à un
système d’axes Oxy situé dans ce plan :

DESSIN

o Désignons les coordonnées et l’abscisse curviligne par :


x0, y0, s0, pour le centre de gravité G0 de la section Σ0 ;
x, y, s, pour le centre de gravité G de la section Σ  ;

100
ξ, η, σ, pour le centre de gravité Γ de la section Σ c située entre Σ0 et Σ.

o Supposons connus :
Les composantes u0, v0, du déplacement de G0 et de la rotation φ0 de Σ0 ;
les efforts M, N, et V dans Σc ;
la variation unitaire de longueur τ subie par la fibre moyenne.

Dans les formules de Bresse les déplacements u, v, et la rotation φ de la section G s’exprime


en fonction de la déformation de la section origine Go et des forces intérieures M, N, V
sollicitant la section courante d’abscisse ξ :

s
M(x  ξ) N V
1) u(s) = u 0  0 (y  y0 )     cosθ  sinθ dσ  τ(x  x 0 );
s0
EI ES GS1
s
M (x   ) N V
2) v( s )  v0   0 ( x  x0 )     sin   cos  d   ( y  y 0 );
s0 EI ES GS1

s
M
3)  ( x)  0   d .
s0 EI

Dans le cas particulier de la poutre droite : dessinn ci contre

x
N
1) u  u 0   dξ  τ(x  x 0 )  ;
x0 EΩ
x
N V
2) v  v 0   0 (x  x 0 )   EI (x  ξ)dξ   GΩdξ  ;
x0

x
M
3)    0   dξ
x0 EI
Dans l’application de ces formules, on pourra négliger les déformations d’efforts tranchant
et d’effort normal, qui sont plus faibles que les déformations de flexion.

11.3 EQUATION DE LA DEFORMEE

Lorsqu’une poutre est soumise à des charges, elle fléchit. Ses sections se déplacent
perpendiculairement à l’axe initialement droit, tout en tournant simultanément. Le
déplacement du centre de gravité de la section dans la direction perpendiculaire à l’axe
s’appelle flèche notée f au point donné. L’angle θ de rotation de la section par rapport à sa
position initiale s’appelle angle de rotation de la section.
Nous avons déjà vu la relation suivante :
1 Mf
K =  , qui associe la courbure de l'axe au moment fléchissant et à la rigidité de la
 EI
section Or le cours de mathématique donne la formule suivante :

101
f ''
K  3
. où f' la dérivée première et f'' est la dérivée seconde de f par rapport à y; ρ
(1  f ' ) 2

est le rayon de courbure de la courbe de f et son inverse la courbure de la même courbe.


Mf f ''
D'où on a la relation EI   . Pour la plupart des problèmes pratiques, la quantité
(1  f ' ) 
3
2 2

θ est petite et on peut assimiler f' = tanθ ≈ θ et par suite f' 2 = θ2 peut être négligée par suite
de la petitesse des déformation par rapport à l'unité (même en prenant θ = 0,01 rd). En
rejetant donc ce terme f'2 du dénominateur, on obtient l'équation différentielle approchée de
l'axe fléchie:

Mf = EIf''.
Pour calculer les angles de rotation θ ≈ f' et les flèches f, il faut intégrer l'équation ci-dessus;
ce qui peut se faire de plusieurs façons.

Exemple 1:
Poutre sur deux appuis simples, ayant une charge uniforme p sur toute sa longueur.

Exemple 2:
Poutre sur deux appuis simples, ayant une charge ponctuelle P au milieu de sa longueur.

Exemple 3
Poutre encastrée à une extrémité et libre à l'autre et ayant une charge repartie sur toute sa
longueur

6.2 LIGNE D’INFLUENCE DES SYSTEMES HYPERSTATIQUES

6.3 Théoreme de 3 moments

102
M
(x) 7FL/45 Nous prenons pour simplifier L = H

x F
x On obtient alors X   Ax  Dx
-FL/15 15
-FL/15

M
2F F

(x)
Ay  ; Dy 
3 3
Structure(S)
(x)
M

FL
MB  MC  

x
15

7FL
MMaxi 
45

6.3 FORMULE OU THEOREME DES 3 MOMENTS

6.3.1 GENERALITES:

Définitions:

Une poutre continue est une poutre droite reposant sur plus de 2 appuis de niveau. La
portion de poutre comprise entre 2 appuis consécutifs s’appelle une travée. Les travées
d’extrémités s’appellent travées de rive. Les appuis d’extrémités peuvent être soit des
appuis simples, soit des articulations ou soit des encastrements. Dans un premier temps,
nous ne nous intéresserons qu’à des poutres sur appuis simples et soumises à des charges
verticales.

Les poutres droites à travées multiples correspondent à un schéma de calcul largement


employé dans les constructions courantes.

Le degré d’hyperstaticité d’une poutre continue est aisé à déterminer. Considérons une
poutre continue soumise à des charges verticales, comportant n travées et donc reposant
sur ( n+1 ) appuis. Les équations de la statique (P.F.S.) sont au nombre de 2 et les actions
de liaison inconnues au nombre de ( n+1 ). Ainsi le degré d’hyperstaticité de la poutre droite
continue reposant sur (n+1) appuis est (n-1).

6.3.2 Position du problème:

Considérons une poutre continue à n travées:

103
p2
p1 pi+1 pn
pi

Travée 1 2 i i+1 n

Appuis 0 1 2 i-1 i i+1 n-1 n

M
om
ents 0 M
1 M
2 M
i-1 M
i M
i+1 M
n-1 0

Actions R0 R1 R2 Ri-1 Ri Ri+1 Rn-1 Rn


deliaison

Rotations 0 1 2  i-1 i  i+1  n-1 n


Longueur L1 L2 Li Li+1 Ln

Inertie EI1 EI2 EIi EIi+1 EIn

Cette poutre est un système HYPER n-1. Nous avons n+1 actions de liaisons et 2
équations données par le principe fondamental de la statique. Il reste n-1 actions de liaisons
à déterminer.

Plutôt qu’étudier les actions des appuis sur la poutre, considérons les actions des
travées les unes sur les autres. Cela nous amène à la place n-1 moments. Comme nous
cherchons à accéder aux moments pour le dimensionnement de la poutre, cette façon de
procéder parait plus logique.

M1 M1 p2 M2 Mi-1 Mi Mi Mi+1 Mn-1


p1 pi+1 pn
pi

Travée 1 2 i i+1 n

Appuis 0 1 1 2 i-1 i i i+1 n-1 n

Cela revient à articuler tous les appuis intermédiaires et les soumettre à des moments M2,
M3,..., Mn-1. Les n travées isostatiques seront les systèmes isostatiques associés

IX. Etude d’une travée isostatique associée A MODULE D’INERTIE EI CONSTANT

En considérant p, MA et MB comme paramètres,


y la RDM nous donne:
M
A p M
B M(x) = Mo(x) + MA (1 - x/L) + MB (x/L)
M(x) = Mo(x) + MA  M*1(x) + MB  M*2(x)
x
Mo(x) moment fléchissant de la travée soumise à
A B p(x)
Mo(x) = px (L - x) / 2 dans notre cas ou p(x) = cte
L
M*1(x) moment fléchissant pour la travée
isostatique soumise en A à un couple unitaire.
M*2(x) moment fléchissant pour la travée

104
isostatique soumise en B à un couple unitaire

y y y

p 1
1
x x
oA oB *1A *1B *2A *2B x
A B A B A B

Cas0 L Cas1 * L Cas2 * L

p 1 1
A B A B
Cas1 * Cas2 *
Cas0
1/L 1/L 1/L 1/L
Ao Bo

Mo(x) M1(x) * M2(x) *


Mo
1 1

Cas0 Cas1 * *
x Cas2
x x
La méthode de la charge unité ou un formulaire nous donne les rotations sur les
appuis:

L L
A  oA   MA   MB
3EI 6EI

L L
B  oB   MA   MB
6EI 3EI

6.3.3 Théorème de trois moments due à ou de Clapeyron:


Nous considérerons des travées de modules d’inertie EIi constants

Pour assurer la continuité des travées supposées indépendantes, il faut que les rotations de
part et d’autre de l’appui soit égales.

Soit pour l’appui i , il faut que: d


i
g
g
i
 d
i
i
Appuii
g d
Rotation à gauche de l’appui i  i Rotation à droite de l’appui i i

Etude de la travée i :

105
TRAVEEi TRAVEEi indépendante

Mi-1 pi Mi pi

Li Li
g  ig   goi   Mi  1   Mi
i-1 i oi-1 oi 6EIi 3EIi
i-1 i i-1 i
Li Li

Etude de la travée i-1 :

TRAVEEi +1 TRAVEEi +1 indépendante


pi+1
M
i M
i+1 pi+1

Li  1 Li  1
i i+1 d
 id   doi   Mi   Mi  1
oi oi+1 3EIi  1 6EIi  1
i i+1
i i+1
Li+1
Li+1

Li Li Li  1 Li  1
 goi   Mi  1   Mi   doi   Mi   Mi  1
6EIi 3EIi 3EIi  1 6EIi  1

Li Li Li  1 Li  1
 Mi  1  (  )  Mi   Mi  1   doi   goi
6EIi 3EIi 3EIi  1 6EIi  1

En posant Mo = Mn = 0 et en faisant varier i de 1 à n-1, on obtient n-1 équations qui nous


permettent de résoudre le problème et déterminer les n-1 moments intermédiaires.

Elle s’applique uniquement aux poutres droites à plan moyen chargées dans ce plan, en
supposant négligeables les déformations d’efforts tranchants.
bi M i 1  (ai 1  ci ) M i  bi 1 M i 1  di  gi
 Li
 x  dx
2

 ai 1   1  ; 
 
 0 Li 1  EI i 1
 

Li
x x  dx 
bi    1     ces coefficients sont appelés coefficients de souplesses
 L
0 i 
Li  EI i 
 Li 2 
c   x  dx 
 i   Li  EI i 
 0

 di  rotation à droite de l' appui i due aux charges appliquées sur la travée i supposée
isostatiqu e, i.e. sur deux appuis simples;
 gi  rotation à gauche de l' appui i due aux charges appliquées sur la travée i  1 supposée
isostatiqu e, i.e. sur deux appuis simples.
Cas particuliers :
 L’inertie EI est constante sur toutes les travées :
La relation ci-dessus devient :
Li M i 1  2( Li  Li 1 ) M i  Li 1 M i 1  6 EI ( di   gi ).

106
ou
Li  Mi  1  2 ( Li  Li  1 )  Mi  Li  1  Mi  1  6 EI (  d  oig )
oi
 Travées et modules d’inertie égaux à L / EI :
6 EI
Mi  1  4  Mi  Mi  1  (d
oi
 oig )
L

 Cas particulier: modules d’inertie égaux à L / EI sur toutes les travées, et les
charges pk sont uniformément reparties sur les travées k:
1 3
Li M i 1  2( Li  Li 1 ) M i  Li 1 M i 1   ( pi Li  pi 1 L3 i 1 ) .
4

N.B. Pour chaque travée, Li est comptée à partir de l’appui de gauche.

7 Calcul des actions de liaison:

Les efforts tranchants:

Travée i
x x
Mi( x)  Moi( x)  Mi  1 (1  )  Mi ( )
Li Li

dMi( x) Mi  1  Mi
Vi( x)    Voi( x) 
dx Li

Travée i + 1
x x
Mi  1( x)  Moi  1( x)  Mi (1  )  Mi  1 (  1)
Li  1 Li

dMi  1( x) Mi  Mi  1
Vi  1( x)    Voi  1( x) 
dx Li  1
Efforts tranchants sur l’appui i:
g
Vi Mi  1  Mi
Vig  Voig 
Li
Ri
Mi  Mi  1
Vid  Void 
d Li  1
Vi
En travée :
dM ( x) M  M k 1
Appuii Tk ( x)   vk ( x)  k
dx Lk

Actions de liaison: Réactions d’appui Ri


Mi  1  Mi Mi  Mi  1
Ri  Vig  Vid  Roi  
Li Li  1
M i 1  M i M i  M i 1
ou Ri  Ti  Ti 1   où
Li Li 1

107
 v k :effort tranchant dans la travée k supposée isostatique;

Ti =Ti (x=Li ):effort tranchant à gauche de l'appui i.
T =T (x=0):effort tranchant à droite de l'appui i.
 i+1 i+1

6.3.5 Moments maxis en travée Mt et moments au centre Mc

x x
Mi( x)  Moi( x)  Mi  1 (1  )  Mi ( )
Li Li

M k  M k 1
Ou M k ( x )  mk ( x)  x  M k  ; mk(x) étant le moment fléchissant sur la travée k
Lk
supposée isostatique.

M i 1  M i
Mc Moc 
6.3.6 Moment au centre Mc pour x = L / 2 2

p i L2
Moc moment au centre pour la travée isostatique (pour pi(x) = cte Moc )
8

6.3.7 Moment maxi en travée pour x = xt abscisse telle que Vi(xt) = 0

Dans le cas ou pi(x) = pi = cte


Vi(x)
piLi M
i-1-M
i
+ xt L /2
2 Li
 i
pL M M i Pi Li / 2
 i i  i 1
piLi M
i-1-Mi 2 Li
+
2 Li
Appuii-1 Appuii
Li M i 1  M i
x=xt xt  
2 Pi Li
Li

( M i 1 M i ) 2
En sommant le diagramme de Vi(x) entre 0 et xt Mt  Mc 2
2 p i Li

6.3.8 Encastrement aux extrémités:

Mo M1 M2

L1 L2 L’encastrement de 0 équivaut à une travée


fictive ( 0 ) prolongeant la poutre à gauche
0 1 2
de l’appui 0 et de portée Lo tendant vers 0.
Lo=0 L1 L2
On applique la formule des 3 moments avec
-1 0 1 2 Lo = 0 et

108
Mo  0
Extrémité gauche :
Introduisons une travée fictive L0 et
appliquons la relation des 3 moments :
b0 M 1  (a1  c0 ) M 0  b1 M 1   dO   g 0
Si L0 tend vers 0, alors b0 = c0 = ωdo= 0, d’où :
a1 M 0  b1 M 1   g 0
Extrémité droite n :
bn M n 1  c n M n   dn

6.3.9 Consoles aux extrémités: Efforts aux extrémités 

M
o M
1 M
2
Lo L1 L2
On calcule Mo en fonction du chargement
de la console.
0 1 2
M
o 0 L1 L2

On applique la formule des 3 moments avec


0 1 2
Mo  0

Dessin

Exemple 1

Exemple 2

Exemple 3

10.41 Effort tranchant T voir P 30


Les forces appliquées étant connues, les réactions d’appuis étant déterminées, toutes les
forces extérieures sont définies. Il suffit alors d’appliquer leur définition pour trouver T et
M, dans une section droite quelconque, définie par son abscisse.

109
Définition de l’effort tranchant T dans une section droite.

Comme nous l’avons vu P.30, c’est la composante, dans cette section, de la somme
géométrique de toutes les forces extérieures situées à gauche de cette section.
En projection : T = somme algébrique des projections sur la section considérée de
toutes les forces extérieures situées à gauche de cette section.
Exemple : fig. 4.22.
Appui encastré A : A,  A
Forces appliquées à gauche de S :
F 1, F 2, F 3,.

Effort tranchant dans la section S, d’abscisse x :


T X = A + F 1 + F 2 + F 3.
DESSIN

7. FORMULES ENERGETIQUES /THEOREMES ENERGETIQUES

7.0 Rappels de physique - travail  d’une force et d’un couple

La notion de travail tire son origine de la vie courante. Si nous soulevons une masse m,
nous devons mettre en jeu un effort musculaire pour vaincre la pesanteur et le travail
accompli est d’autant plus grand que la masse est importante et que nous devons l’élever
plus haut. De même lorsque nous devons pousser une voiture en panne sur une route
horizontale: la force musculaire doit vaincre la résistance provenant des frottements.

Forces ou couples constants:

Définition : Le travail d’une force constante modélisée par le



vecteur F lié en A qui déplace son point d’application du
point A au point B est égal au produit scalaire

110
 
 = F . AB

H Cela donne

F  = F. 

A B

Le travail d’une force F est égal au produit de l’intensité de la force par la projection du
déplacement  sur le support de celle-ci.

F A   
De même le travail  d’un couple C  OA  F sur une
B rotation  est égal au produit scalaire:
F

R   C. 
 Cela donne
 = C. = F.R.

Forces ( ou couples ) variant progressivement de l’état 0 à l’état initial à F ( ou C ) à


l’état final:

Etat d’équilibre initial Etat d’équilibre final


(0) Force F appliquée (1)
progressivement

k 
A un instant t = k intermédiaire (0 <
Etatinitial t=0 k < 1) la force aura une valeur kF :
Etatt=k kF
Lorsque la force appliquée passera de
Etatfinalt=1 F kF à ( k + dk )F , nous aurons un
déplacement dk

111
F Le travail sera alors

F d = kF  dk

   kF   . dk
1
Travail
(k+dk)F =1/2F  soit
kF 0

On obtient
   12 F 

dk

Généralisons à une structure soumise à un système d’actions mécaniques constitué de n


forces Fi ( ou n couples Cj )

n
1
Travail des forces extérieures  =  2 Fi  i
i 1

n
1
Travail des couples extérieurs  =  2 Cj  j
j 1

ENERGIE POTENTIELLE ELASTIQUE OU POTENTIEL INTERNE

Les contraintes internes provoquant au sein d’un solide des déformations donc des
déplacements, effectuent un travail entre les états d’équilibre initial et final, travail prêt à se
libérer si les contraintes cessent.

Ce travail est nommé Energie potentielle élastique ou potentiel interne. La déformation


d’une structure élastique est un phénomène réversible, c’est à dire que si l’on supprime les
actions dans l’état final 1 progressivement, la structure revient à son état naturel initial 0 et
restitue cette énergie interne élastique.

Y Travaillons dans un repère (O, x, y, z) et


considérons un petit parallélépipède de
volume dV = dx.dy.dz prélevé dans une poutre
soumise à des sollicitations.
dz x
Supposons que la facette dy  dz est soumise
dx
dy

à une contrainte normale x. Le déplacement


X de dx sous son action est égal à x dx .

x
Z D’après la loi de Hooke: x 
E

112
Le potentiel élastique emmagasiné par le petit élément de volume dV = dx.dy.dz sous l’action
de l’effort f = x. dy.dz correspondant au déplacement x dx est égal d’après les résultats
précédents:

1 1 x2
dW =  x. dy.dz  x dx = x. x  dx.dy.dz =  dV
2 2 2E

x
  
Nous pouvons généraliser au cas ou la section est soumise à une contrainte S  y 
 z 

dW 1  x 2 y 2 z 2 
    
dV 2 
 E G G 

E module d’élasticité longitudinal


G module d’élasticité transversal ou module de Coulomb  0.4E pour les matériaux usuels

7.1 Travail des forces appliquées à un système matériel - Théorème de


Clapeyron :

Considérons un système matériel ( S ) dans un état d’équilibre initial ( 0 ) . Appliquons lui


progressivement un ensemble d’efforts (forces et couples) l’amenant à un état d’équilibre
final (1).
Les efforts, constitués par les actions appliquées connues Fi et les actions de liaison Aj , qui
constituent un torseur nul ( P.F.S. ) effectuent entre ces 2 états, un certain travail .

Théorème de CLAPEYRON
Entre 2 instants t et t + dt, nous aurons ce travail d qui se retrouvera intégralement sous
forme :
- d’énergie potentielle élastique dW
- d’énergie cinétique négligeable (vitesse de chargement quasi nulle)
- d’énergie dissipée sous forme thermique (dégagement de chaleur négligeable
pour la même raison et frottements négligeables)

Le théorème de CLAPEYRON précise donc que, dans une structure ayant un comportement
élastique linéaire, le travail des forces extérieures  se retrouve intégralement en énergie
potentielle élastique W ou énergie interne de déformation.

Expression du travail des efforts appliqués  en fonction de ces efforts Fi :

Soit le système ( S ) non hypostatique


soumis aux efforts Fi (i = 1 à n)
F1 Fi Fn appliqués respectivement aux points
Mi .

A1 M
1 M
i (S) A2 M
n Les actions induisent des
déplacements di des points
di d’application Mi dans la direction de
d1 dn
ces efforts.

Les liaisons ne travaillent pas par


définition et les Fi sont concentrés et
en nombre fini.

113
Le principe de superposition s’applique. Nous aurons donc:

d1 = C11 . F1 + ......... + C1i . Fi +........ + C1n. Fn


Matriciellement cela peut s’écrire:
...............................................................................
..  d1 C11 C1i C1n  F1
     
di = Ci1 . F1 + ......... + Cii . Fi + ........ + Cin . Fn      
 di    Ci1 Cii Cin    Fi 
     
...............................................................................      
.... dn Cn1 Cni Cnn Fn

dn = Cn1 . F1 + ......... + Cni . Fi + ........ + Cnn . Fn

En utilisant la convention d’Einstein: di  C j 1


ij . Fj  Cij . F j

Cij . est le coefficient d’influence dépendant du sens, de la direction et du point


d’application des efforts Fi sans dépendre de leur intensité.

Cij . est le déplacement de Mi suivant la direction de Fj lorsque toutes les forces sont nulles
sauf Fj = 1 . Cij s’exprime en m / N.

Exprimons maintenant le travail  :

F1  d1 C11 C1i C1n  F1 F1


         
1    1     
  1 Fi  di  1 Cij .Fi . F j   Fi    di    Ci1 Cii Cin    Fi    Fi 
2 2 2    2     
         
Fn dn Cn1 Cni Cnn Fn Fn

Pour des couples Ci on obtient :   1 Ci   i  1 Cij . Ci . C j


2 2

Energie potentielle élastique en fonction des sollicitations internes :

Nous limiterons l’étude à une poutre droite suivant Gx et soumise à un torseur

 N T 
 
(x) =  Vy My 
 Vz Mz 
 

dW 1  x2 y 2 z2 
Nous avons     
dV 2  E G G 

dW 1  x2 y 2 z2 
Soit
dx
  
2  E

G

G 
 dy. dz

114
N Mz My
Nous avons vu que: x   y  z
A IGz IGy

Vy T Vz T
Nous pouvons dire que  y   z ; z   y
Ay Io A z Io

Nous remplacerons Io moment quadratique polaire par J pour les poutres de section non
circulaire. GJ est la rigidité de torsion de la poutre.

A’y et A’z des sections réduites de la poutre relatives à Vy et Vz pour tenir compte du fait
que les contraintes tangentes y  et  z ne sont pas constantes sur une section d'abscisse x

En se plaçant dans un repère principal d’inertie, nous arrivons donc à

dW 1  N2 Vy 2 Vz 2 T2 My 2 Mz 2 
       
dx 2  EA GA² y GA² z EIo EIy EIz 

L’énergie interne de déformation apparaît comme une forme quadratique définie positive

1  N2 Vy 2 Vz 2 T2 My 2 Mz 2 
2 S
W          dx
 EA GA² y GA² z EIo EIy EIz 

Le fait qu’elle soit positive signifie simplement que l’on doit fournir un travail pour déformer
une structure ( S ).

Théorème de Verechtchaguine (intégrales de Mohr) :

Les théorèmes énergétiques que nous allons présenter font appel au calcul d'intégrales de
produits de fonctions de la forme  M i ( x)  M j ( x) dx . Ils deviennent vite "complexes" et
"dangereux" pour des structures "élaborées" : nous aurons donc intérêt à utiliser des
méthodes graphiques pour les résoudre sans avoir recours à une intégration classique qui
demande préalablement d'établir les équations des sollicitations.

Le théorème de VERECHTCHAGUINE permet le calcul d'intégrales de la forme:

L
I  
0
M i ( x)  M j ( x) dx

Démonstration: Considérons 2 fonctions M i ( x) et M j ( x) dont l'une au moins est linéaire


de la forme M i ( x) = ax + b et M j ( x) de signe constant.

115
Mi (x) On obtient en remplaçant

L L
Mi (x)G M
'i I a 0
x M j ( x) dx  b  0
M j ( x) dx

M
i L
Posons   0
M j ( x) dx aire de la fonction M j ( x)

X .
0 XG L
L
Nous remarquons que 0
x M j ( x) dx est le
Mj (x) moment statique de l'aire  par rapport à l'axe
vertical et donc:

L
 0
x M j ( x) dx    xG

G
Notre intégrale devient:
 X I  a    xG  b     a  xG  b 
0 L I     i ( xG )
XG
A partir de ce théorème, nous pouvons établir un formulaire regroupant la plupart des cas
réels rencontrés : ce formulaire s'appelle le tableau des INTEGRALES DE MOHR.

Attention, dans ce formulaire il ne faut pas oublier le terme L / EI et découper en intervalles


de EI constant, de pente constante.

Nous pouvons toutefois


appliquer le théorème de
superposition (voir exemple ci-
contre).

7.2 Les théorèmes énergétiques :

7.2.1 Théorème de réciprocité de MAXWEL - BETTI :

Structure soumise à 2 forces verticales F et E:

Soit le système (S) non hypostatique


F E soumis aux efforts verticaux F et E
appliqués respectivement aux points
M et N.
A1 M (S) A2 N
Les actions induisent des
déplacements vM et vN des points
vM vN
d’application M et N dans la direction
de ces efforts soit les déplacements
verticaux.

Les liaisons ne travaillent pas car les


déplacements des points A1 et A2
sont nuls.

116
Pour parvenir à ce chargement, outre charger progressivement et simultanément, il est
possible d’appliquer progressivement F puis progressivement E, F restant constant (chemin
1) ou inversement appliquer progressivement E puis progressivement F, E restant constant
(chemin 2). Etudions le travail dans ces 2 cas.

Chemin 1 - Application progressive de F puis de E, F restant appliquée:

a - Application progressive de F
F
Le point M subit un déplacement vertical
M
vFM
A1 (S) A2
N
Le point N subit un déplacement vertical
vFN
vFM vFN

Le travail des efforts extérieur est égal à


 11  1 F  vFM
2

b - Application progressive de E, F restant


appliqué
Le pt M subit un déplacement total vertical
F E vM = vFM  vE M
Le point N subit un déplacement vertical
A1 M (S) A2 N vN = vFN  vEN
Le travail des efforts extérieur est
vM vN  1   11   12
1
avec  12  F  vEM  E  vEN
2
1 1
1  ( F  vM )  ( F  vEM 
F
E  vEM )
2 2

Chemin 2 - Application progressive de E puis de F, E restant appliquée:

a - Application progressive de E
E
Le point M subit un déplacement vertical
E
A2 N vM
A1
M E (S)
vM
vNE Le point N subit un déplacement vertical
E
vN

Le travail des efforts extérieur est égal à


1
 21  E  v EN
2

b - Application progressive de F, E restant


appliqué

M subit un déplacement total vertical v M =


E F
vM  vM

N subit un déplacement vertical v N =

117
E F
F E vN  vN

M (S) A2 N Le travail des efforts extérieur est


A1
 2   21   22
vN 1
vM
avec  22  E  vFN  F  vFM
2

1 1
2 ( E  vEN )  ( E  vFN  F  vFM )
2 2

Chargement ( 1 ) avec F Le travail est le même quelque soit le


chemin de chargement suivi donc
F 1  2

M (S) A2 Cela revient à:


A1
N
vFN 1 1
vFM ( F  vFM )  ( F  vEM  E  vEM ) 
2 2
1 E F 1
 ( E  vN )  ( E  vN  F  vFM )
Chargement ( 2 ) avec E 2 2

E Soit F  v EM  E  v FN

A2 N
Le travail de la force F par le déplacement
A1
M (S)
de son point d’application M sous l’action
E
vM de la force E est égal au travail de la force
vNE
E par le déplacement de son point
d’application N sous l’action de F.

Généralisation avec une structure soumise à 2 systèmes de forces verticales Fi et Ej:

F1
Considérons un système matériel ( S ) auquel
Fi
B1 peuvent être appliqués 2 torseurs de forces
A1 extérieures:
F
F dB1
Fn dA1 Ai
F dAi
F - Torseur des forces Fi appliquées aux points Ai
dAn Bj
An
F
F
dBj - Torseur des forces Ej appliquées aux points Bj
dBm
Bm (S)
dFAi déplacement des points Ai sous l’action des
forces Fi et dans la direction de Fi

dF
Bj déplacement des points Bj sous l’action des
forces Fi et dans la direction de Fi

dE
Bj déplacement des points Bj sous l’action des
forces Ej et dans la direction de Ej

dE
Ai déplacement des points Ai sous l’action des

118
E1 forces Ej et dans la direction de Ej

B1
A1
E
E dB1
dA1 Ai
E
E dAi
dAn Bj
An E Ej
E
dBj
Em dBm
Bm (S)

E1
F1
Fi
B1
A1
Fn dA1
dB1
Ai
Appliquons à notre système (S) les 2 torseurs
dAi progressivement suivant 2 chemins différents:
dAn Bj
An Ej
dBj
Em dBm
Bm (S)

Chemin 1 :

Etat initial Etat Etat Final


intermédiaire
0 Fi Fi + Ej
Application Application
progressive progressive
de Fi de Ej

n
i
On utilise la convention d’Einstein ai . b   a .b i
i
 a1. b1  ...  ai . bi  ...  an . bn
i1

 ( Fi ) Fi  dFAi
1
On applique le torseur des forces Fi : 
2
 ( Fi  E j ) Fi  dFAi )  ( E j  dEBj  Fi  dEAi )
1 1
On applique le torseur des forces Ej : (
2 2

Chemin 2 :

Etat initial Etat Etat Final


intermédiaire
0 Application Ej Application Ej + Fi
progressive progressive
de Ej de Fi

119
 ( Ej ) E j  dEBj
1
On applique le torseur des forces Ej : 
2
 ( E j  Fi ) E j  dEBj )  ( Fi  dFAi  E j  dFBj )
1 1
On applique le torseur des forces Fi: (
2 2

F i d Ai j d F
En égalisant les 2 travaux, on arrive à la relation E
E Bj

Symétrie des coefficients d'influence:

Fi  dEAi  E j  dFBj

n  Fi  Cij . E j  E j  C ji . Fi
dFBj  C
i 1
ji
i
. F  C ji . F i

soit Fi  . E j ( C  C  0
ij ji )
m
dEAi  C ij . E j  C ij . F j
j1 donc C C ji i et j
ij
C11 C1i C1n 
 
 
Conséquence: la matrice d'influence C   Ci1 Cii Cin  est une matrice
 
 
Cn1 Cni Cnn
symétrique.

C11 C1i C1n  F1


   
    1 T
On peut écrire  
1
2

 F1 Fi Fn    Ci1

Cii Cin    Fi   . F  C  F
   2
   
Cn1 Cni Cnn Fn
Remarque:

Ce qui est vrai pour des efforts ponctuels et des déplacements est aussi transposable pour
des couples et des rotations

Illustration:

C 12 =  C 21 = u
C 11
1 C 22

1
u=

120
7.2.2 Théorème de CASTIGLIANO :

Enoncé : La dérivé de l'énergie interne de déformation W par rapport à une force extérieure
appliquée est égale à la composante du déplacement du point d'application de cette force
selon sa direction.

Cas de 2 efforts :

Nous appliquons les 2 efforts F puis E


F E progressivement

1 1
A1 M (S) A2 N W  ( F  vFM )  ( F  vEM  E  vEN )
2 2

vM vN 1
W  ( F  C11  F )  ( F  C12  E
2
1
 E  C 22  E )
2

W 
  F  C11  C12  E  vM
F F
Généralisation à plusieurs efforts :

F1 F2
n
 ( Fi ) Fi  dFAi avec
1
Fi 
F
d Ai   C ij . F j  C ij . F j
A2 2 j1
A1

Fi  C ij . F j
dA2
 ( Fi )
Fn Ai
1
dA1 
dAi 2
dAn
An Fi+1
dAi+1 W  ( Fi )
Fj Fj
1
Fn-1 dAn-1 Ai+1    ( C ij  C ji ) .  C ij .  dFAi
F F 2
An-1 (S)

W
 d Ai
F

F

7.2.3 Théorème de MENABREA


Enoncé : Dans un système hyperstatique sur appuis invariables, les actions d'appuis
hyperstatiques dues aux liaisons surabondantes ne travaillent pas pendant la déformation
du système soit les dérivés partiels du potentiel interne élastique par rapport aux actions de
liaisons hyperstatiques sont nulles.

Cas de d'une structure hyper 1 simple :


Dans les cas courants, nous négligerons les effets de l'effort normal N ( x ) et de l'effort
tranchant V ( x ) devant les effets du moment fléchissant M ( x ).

121
p La structure ( S ) est hyperstatique d'ordre 1
( H1 ) . Elle est soumise à une charge répartie
q.
A1 EI (S) A2
Nous avons 3 inconnues pour 2 équations
pour déterminer les actions de liaisons en A1
et A2. Nous avons une inconnue
surabondante ou inconnu hyperstatique.
L Choisissons

p
A2 = X
MA1=L(pL/2-X)

A1 EI A2 Le P.F.S. permet de calculer les 2 autres en


(S) fonction de X soit

A1=pL-X A2=X A1 = pL - X
MA1 = L ( pL / 2 - X )

Nous obtenons les sollicitations internes:

V( x)  X  p ( L  x )
px 2 pL2
M( x)    ( pL  X ) x  XL 
2 2

Au niveau de l'action de liaison A2 = X, le déplacement vertical v A2 de la structure est nul.


Calculons l'énergie interne de déformation W

1 M( x)2 W M( x) M( x)
W    dx et    dx  v A 2  0
2 S EI X S
EI X

px 2 pL2
M( x)    pLx   X(L  x)
2 2
 M( x)
 L x
X

Nous obtenons une équation supplémentaire relativement complexe à résoudre. Nous


pouvons utiliser les intégrales de MOHR.

Généralisation à plusieurs efforts :

Considérons une structure ( S ) hyperstatique d'ordre n ( Hn ) . Isolons ce système, il est


soumis à:

- un torseur de charges extérieures Fi.


- un torseur d'actions de liaisons Xj (0 < j  m et m > n)
Nous avons donc n inconnues surabondantes X1, X2, ..., Xn appelées inconnues
hyperstatiques
Le P.F.S. permet de calculer les (m - n) actions de liaison en fonction des n inconnues
surabondantes.

122
Considérons une action de contact Xj : le déplacement de cette action de contact est nul
dans la direction de cette action ( il peut par contre être perpendiculaire à cette ligne
d'action ).

Appliquons le théorème de CASTIGLIANO.

L'énergie potentielle élastique s'exprime en fonction des l efforts F i ( 1  i  l ) connus et des


m actions de liaisons Xj ( 0 < j  m et m > n ). Il s'avère que les m - n actions de liaisons X j
s'expriment en fonction des n inconnues hyperstatiques:

W = W (Xj ) (0j n)

j
W ( X )
soit  0 0  j  n
j
X
Cela fournit n équations pour n inconnues surabondantes.

7.2.4 Théorème de MULLER - BRESLAU ou de la charge unité (Equation de


Bertrand de FONTVIOLANT) :

Pour calculer le déplacement en un point M d’une structure suivant une direction donnée,
la structure étant sollicitée par une charge extérieure répartie p, on applique en ce point M
et suivant la direction voulue, un facteur sollicitant unité.

Cas de d'une structure et d'un chargement simple :

p Soit une poutre (S) soumise à une charge


répartie p.

A1 EI (S) A2 Nous avons:

f pL px2
M( x)  x
L/2 L/2 2 2
L
Nous désirons calculer le déplacement au milieu
p
de la travée vM f

 =1 Appliquons maintenant une charge  unité au


point M où on désire calculer le déplacement.

A1 EI M (S) A2 Nous avons:

f* * 
 M ( x)  x si 0  x  L / 2
L/2 L/2 2
* L 
L  M ( x)   x si L / 2  x  L
2 2

Comme précédemment, nous négligerons les effets de l'effort normal N ( x ) et de l'effort


tranchant V ( x ) devant les effets du moment fléchissant M ( x ).

Nous aurons en appliquant le théorème de Castigliano à la structure ( S ) soumise aux


charges p et  :

123
W( p ,  ) M( x)   M* ( x)  (M( x)   M* ( x) )
   p,
dx  vM  f  f*
 S
EI 

W( p ,  ) M( x)   M* ( x)
 
p,
 M* ( x) dx  vM  f  f*
 S
EI

W( p ,   0 ) M( x)
Le facteur sollicitant  est fictif. Annulons le !    M* ( x) dx f
 S
EI

pL px 2 pL px2
L/2 x L x
Cela donne pratiquement 2 2  1 x dx  2 2  L  1 x dx
f  
0
EI 2 
L/2
EI 2 2

Nous obtenons deux intégrales assez complexes que nous pouvons résoudre par les
intégrales de MOHR.

Généralisation à plusieurs efforts :

Soit un système (S) soumis à un torseur d'efforts extérieurs F i. Cherchons à déterminer le


déplacement du point B:
Appliquons un effort ponctuel unité  en ce point

F1 F1

Fi Fi

A1 A1 A1
F 
Fn dA1 Ai Fn dA1 Ai dA1 Ai
F 
dAi F dAi  dAi
dAn dAn dAn
An An An
 dB
F
dB  
dB
B (S) B (S) B (S)

Les sollicitations internes seront:

N (Fi +  ) N (Fi ) = N ( x ) N (  ) =   N* ( x)
V (Fi +  ) V (Fi ) = V ( x ) V (  ) =   V* ( x)
M (Fi +  ) M (Fi ) = M ( x ) M (  ) =   M* ( x)

N* (x), V* (x), et M* (x) sont l'effort normal, l'effort tranchant et le moment fléchissant
provoqués dans la structure par un facteur sollicitant  = 1 donc unitaire dans la direction
du déplacement cherché.

L'énergie interne de déformation est égale pour la structure chargée avec F i et  :

1 M( x)   M * ( x) 1 N( x)   N * ( x) 1 V( x)   V * ( x)
W ( Fi   ) 
2
  EI
dx 
2

EA
dx 
2
  GA 
dx 
Dérivons par rapport au facteur sollicitant  :

124
W ( F i   ) M( x)   M * ( x) N( x)   N * ( x) V( x)   V * ( x)

  EI
 M * ( x) dx   EA
 N * ( x) dx   GA 
 V * ( x) dx

Le déplacement cherché est obtenu en annulant le facteur sollicitant  :

M( x)  M * ( x) N( x)  N * ( x) V( x)  V * ( x)
dFBj   EI
dx   EA
dx   GA 
dx

N(x), V(x) et M(x) sollicitations internes pour E module d’élasticité longitudinal


les actions extérieures Fi G module d’élasticité transversal
I moment quadratique par rapport à
N*(x), V*(x) et M*(x) sollicitations internes l’axe Gz
pour l'action  unitaire A aire de la section
A’ aire réduite de la section

8. CALCUL DES STRUCTURES


8.1 Méthode des forces

Ce chapitre a pour objet d'expliciter une méthode de résolution des systèmes


hyperstatiques. Elle est basée sur les théorèmes établis au précédent chapitre et notamment
le théorème de la charge unité.

Nous négligerons l'effet de l'effort tranchant.


Avant de développer la méthode générale, analysons les structures

8.1.1 Analyse statique des structures

Une structure est rendue immobile par rapport à un système géométriquement invariable
par l'intermédiaire de liaisons (ou appuis).

Les actions engendrées par ces liaisons forment avec les efforts agissant sur la structure, un
système d'actions ou torseur équilibré.

Si la structure est isostatique, les actions inconnues amenées par les liaisons peuvent être
déterminées par les équations amenées par le Principe Fondamental de la Statique ( P.F.S.).

Si la structure est hyperstatique de degré n, les m actions inconnues amenées par les
liaisons ne peuvent pas être déterminées par les ( m - n ) équations de la statique.

Pour déterminer le degré n d'une structure, nous devons décomposer notre structure en
noeuds et barres puis compter les équations E et les inconnues I.

Exemple :

125
F

N3 L3 L3
B C B2 N3
(S) EI L3 L3

H
EI EI
B1 B3
A D
L2 L2
L/3
L

B=3 Nombre d'équations E = 3B + 3  N3 = 9 + 6 = 15


N3 = 2
L2 = 2 Nombre d'inconnus I = 2  L2 + 3  L3 = 4 + 12 = 16
L3 = 4
N=I-E=1

Le système est hyper 1


Remarque : Certains systèmes peuvent sembler isostatiques alors qu'il n'en est rien

F
I B = 6 ; N3 = 2 ; N2 =1
L2 = 7 ; L3 = 4

Nombre d'équations
E = 3B + 2  N2 + 3  N3 = 18 + 2 + 6 =
26

Nombre d'inconnus
I = 2  L2 + 3  L3 = 14 + 12 = 26

N=I-E=0

Le système est isostatique d'après ce décompte mais les 3 barres bi-articulées sont
concourantes en I extérieur au support de F. Les barres étant sollicitées suivant leurs
supports, la résultante de ces 3 actions passe par I . Si le support de F ne passe pas par I, il
y a un couple que l'on ne peut annuler et le système libre en rotation autour de I est
hypostatique.

8.1.2 Choix des inconnues hyperstatiques et structure isostatique associée.

Considérons une structure ( S ) hyperstatique d'ordre n ( Hn ) . Isolons ce système, il est


soumis à:

- un torseur de charges extérieures Fi.


- un torseur d'actions de liaisons Xj (0 < j  m et m > n )

Le P.F.S. permet de calculer les (m - n) actions de liaison en fonction des n inconnues


surabondantes.

Nous avons donc n inconnues surabondantes X1, X2, ..., Xn appelées inconnues
hyperstatiques
126
Si nous supprimons les liaisons correspondant à ces n inconnues surabondantes, nous
obtenons une structure isostatique appelée Structure isostatique associée.

F
Reprenons notre exemple de portique:

B C La modélisation fait apparaître 4 actions de


(S) EI liaison Ax, Ay, Dx et Dy pour 3 équations
amenées par le P.F.S.

Si nous choisissons Ax = X comme inconnue


EI EI
hyperstatique et si nous relâchons donc le
Ax A D Dx déplacement horizontal bloqué par l'action Ax
horizontale, cela revient à remplacer
l'articulation en A par un appui simple
vertical:
Ay Dy
Nous obtenons donc la structure (So)
isostatique associée ci-contre avec sa
F modélisation ci-dessous qui ne laisse
apparaître que 3 actions de liaisons, l'action
hyperstatique X ayant disparu.
B C
(So) EI
F

EI EI B C
(So) EI
A D

EI EI
( So ) Structure isostatique associée
A D Dox

Aoy Doy

Le P.F.S. donne: Ax = Dx = X Soit


Ay + Dy = F Ax = X Ay = 2F / 3
Dy  L = F  L / 3 Dx = X Dy = F / 3

La 1ère phase de calcul d'une structure hyperstatique consiste à la rendre isostatique en supprimant un
nombre approprié de liaisons extérieures ou même internes: on obtient alors ce que l'on appelle le
système isostatique associé (So).

* Principe de la méthode

Pour résoudre une structure (S) hyperstatique d'ordre ou degré n, il faut établir n équations
supplémentaires à celles données par le principe fondamental de la statique.

127
La méthode consiste à choisir une structure isostatique (So) à laquelle on impose n
conditions de déplacement (en translation ou rotation) afin d'obtenir une structure
équivalente au système (S). Ces n conditions de déplacement fournissent n équations
supplémentaires nécessaires pour déterminer les n actions surabondantes.

Ces équations sont en fait les équations données par le théorème de MENABREA présentées
sous une forme systématique.

(So)
Système isostatique associé
(S)
Système hyperstatique
d'ordre n

n équations manquantes
pour résoudre le système
F Pour notre exemple de portique, dans la
n conditions de déplacement
structure isostatique ( So ) , l'appui simple A
assurant l'équivalence du système
aura un déplacement horizontal uoA .
( So )
B C
EI Dans la structure ( S ) système
avec le (S)
hyperstatique, ce
déplacement uA sera nul par définition de
l'articulation en A.

EI EI Il faudra donc appliquer à notre structure ( So )


X un effort horizontal pour annuler le déplacement
A D horizontal de l'appui A pour obtenir une
structure équivalente.

Cet effort sera en fait X l'inconnue hyperstatique.

En appliquant le principe de superposition:

F F

B C B C B C
(S) EI EI EI

EI EI EI EI EI EI
= +
A A D X A D
D

Structure ( S ) Structure ( So ) Structure ( S* )  X


= +

La structure ( S* ) est la structure isostatique associée soumise à une action X = 1 unitaire.

128
Modélisons nos structures:

F F

B C B C B C
(S) EI (So) EI (S*)X EI

EI EI EI EI EI EI

X X X X
A D = A D + A D

Ay=2F/3 Dy=F/3 Ay=2F/3 Dy=F/3

Structure (So)
Structure (S) = Structure (S*)  X
+

Etant donné que nous allons négliger les effets des efforts normaux et tranchants, traçons
les diagrammes des moments fléchissants:

M
(x) 2FL/9-XH M
o(x) 2FL/9 X M
*(x)
x x x

x
x

-XH -XH
-XH -XH

X M
M

M
(x)

o(x)

*(x)
= +

*(x)
Structure(S*)X

X M
Structure(S) Structure(So)
o(x)
M
(x)
M

x
x

Structure ( S ) Structure ( So ) Structure ( S* )  X


= +

* Résolution et équations canoniques de la méthode des forces

Pour résoudre une structure ( S ) hyperstatique d'ordre ou degré n, nous allons établir les n
équations supplémentaires à celles données par le principe fondamental de la statique.
Pour cela, il faut écrire en utilisant le théorème de la charge unité que le déplacement au
droit des liaisons supprimées sont nuls.

n
Le moment fléchissant pour la structure (S) est égal à M(x) = Mo(x) + 
i 1
Xi  Mi*(x)

Pour chaque facteur sollicitant Xi , nous avons:

n
Mo ( x)  X j
 M j * ( x)
W ( F  X ) i
j 1
X i
  EI
 Mi * ( x) dx  0

W ( F  X ) i
Mo ( x)  Mi * ( x)

j 1
X j
 Mj * ( x)

X i
  EI
dx   EI
 Mi * ( x) dx  0

129
Cela nous donne n équations supplémentaires pour chaque facteur sollicitant X i

Mo( x)  Mi * ( x)
Le terme dFAi   EI
dx  Uo,i est le déplacement du point d'application de X i dans
la direction de Xi pour les efforts extérieurs F appliqués à la structure isostatique (So).

Uo,1 
 
 
L'ensemble de ces déplacements peut être représenté sous forme matricielle: U  Uo, i
 
 
Uo,n 
 


j 1
X j
 Mj * ( x)
X1 M1 * ( x) X i M2i * ( x)
 EI
 Mi * ( x) dx   EI
 Mi * ( x) dx  .... 
EI  Mi * ( x) dx  ...

X n Mn * ( x)
...   EI
 Mi * ( x) dx  X 1  S1,i  ...  X i  Si,i  ...  X n  Sn,i

Si, j est le déplacement au droit de la liaison en A i dans la direction de X i provoqué par le


facteur sollicitant Xj = 1

Ces déplacements Si, j peuvent être aussi présentés sous forme matricielle:

 S11, Si,1 Sn,1 


 
 
S   S1,i Si,i Sn, i
 
 
S1,n Si,n Sn,n 

Les n équations canoniques de la méthode des forces s'écrivent donc:

U  S X  0

Uo,1   S11, Si,1 Sn,1   X1  0 


       
       
Uo, i   S1,i Si,i Sn, i   X i   0
       
       
Uo,n 
 
S1,n
 Si,n Sn,n  X n  0

Pour i variant de 1 à n, on obtient donc n équations canoniques:

Uo,i  X 1  S1, i  ...  X i  Si,i  ...  X n  Sn, i  0 i   1 , n 

130
En considérant le cas d'une structure de degré 2 d'hyperstaticité sollicitée par des actions
extérieures F1 et F2, nous obtenons ainsi les 2 équations supplémentaires:

Uo,1 + S1,1  X1 + S2,1  X2 = 0


Uo,2 + S1,2  X1 + S2,2  X2 = 0
Uo,1 déplacement de A1 sous l'action de F1 et F2
Les inconnues hyperstatiques X1 et X2 sont des actions de liaison en A1 et A2 .

Uo,1 déplacement de A1 sous l'action de F1 et F2


Uo,2 déplacement de A2 sous l'action de F1 et F2
S1,1 déplacement de A1 sous l'action de X1 = 1
S2,2 déplacement de A2 sous l'action de X2 = 1
S1,2 = S2,1 déplacement de A1 sous l'action de X2 =1 ou déplacement de A2 sous l'action de X1 =1

Pour déterminer les Uo,i et Sj,j , on a recours :


- à un fastidieux calcul intégral
- au théorème de VERECHTCHAGUINE
- aux intégrales de MOHR
- à un formulaire

Revenons à notre exemple:

En utilisant le théorème de la charge unité, on obtient:

Mo( x)  M * ( x)
Uo,1  
S
EI
. dx

F Mo( x)  M * ( x) Mo( x)  M * ( x) Mo( x)  M * ( x)


Uo,1  
AB
EI
. dx 
BC

EI
. dx 
BC
EI
. dx

B C

Uo1

A 2FL / 9
D
0 0

L 1  2FL  FL2H
Uo,1  0    H    0  
EI 2  9  9EI
En utilisant le théorème de la charge unité, on obtient:
-H

131
2
M * ( x)
, 
S11 
S
EI
. dx

B C
M * ( x) 2 M * ( x) 2 M * ( x) 2
S11,  
AB
EI
. dx  
BC
EI
. dx  
BC
EI
. dx

S11

1 A
D

-H

H 1 L H 1
  H    H    H
2 2 2
S11, 
EI 3 EI EI 3

2H3 LH2
S11,  
3EI EI

L'équation canonique supplémentaire devient:


FL2H  2H3 LH2 
Uo,1  X  S11,    X    0
9EI  3EI EI 

FL2  2H2 
  X  LH  0
9  3 

FL  3L 
X   
9H  3L  2H

A partir de cette valeur de X et en appliquant la superposition, on peut tracer les


diagrammes du moment fléchissant pour la structure (S).

M
(x) 7FL/45 Nous prenons pour simplifier L = H

x F
x

On obtient alors X   Ax  Dx
-FL/15 15
-FL/15
M

2F F
(x)

Ay  ; Dy 
3 3
Structure(S)
FL
(x)

MB  MC  
M

15
x

7FL
MMaxi 
45

.
Execices
1. calculer l’allongement d’une barre rectiligne tronconique, de section circulaire,
sollicitée en traction puer par une force F.
2. soit 2 barres en acier et une barre en laiton supportant une charge P =
10 000N appliquée lentement. Pendant la charge la température augmente de
132
50° C. déterminez à la fon du chargement les efforts dans les barres et leurs
allongements. On donne :

133