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La culture générale

ABC
c a t é g o r i e

au concours de rédacteur territorial


Destiné aux candidats aux concours externe et interne de rédacteur
territorial, l’ouvrage est structuré en cinq parties correspondant aux
principales compétences nécessaires pour réussir les épreuves de
culture générale d’admissibilité (composition pour le concours externe et
réponses à trois à cinq questions pour le concours interne) et d’admission
(conversation pour les deux concours).

Chaque chapitre qui compose ces cinq parties aborde un nouveau savoir-
faire illustré par des exemples et des exercices d’application.

La culture
Enfin, sous forme d’accompagnement méthodologique, vingt-cinq
thèmes de culture générale ont été explorés dans les vingt-cinq chapitres
du manuel.

Bruno Rapatout, professeur de lettres, est aussi formateur au CNFPT. Sa


connaissance de la formation le conduit à mieux répondre aux besoins
des candidats. Son expérience de correcteur et d’examinateur lui permet
générale
de mieux prendre en compte les attentes des jurys.
au concours
de rédacteur territorial

© 11/7494-8952/AMV - CNFPT studio graphique - Imprimerie CNFPT Bruno Rapatout

CENTRE NATIONAL DE LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE


80, RUE DE REUILLY - CS 41232 - 75578 PARIS CEDEX 12 - Tél. : 01 55 27 44 00 - Fax : 01 55 27 41 07 - WWW.CNFPT.FR
ISBN : 978-2-84143-322-3 - Les éditions du CNFPT, édition 2009 - Prix 22 €
La culture générale
au concours
de rédacteur territorial
Bruno Rapatout
Le travail de l’auteur s’est enrichi des commentaires d’un comité de lecture composé
de :
- Philippe Defrance, service Ingénierie et développement des formations, CNFPT
- Pham van Dat, responsable du service Editions, CNFPT
La rédaction de cet ouvrage a été inspirée de la méthodologie conçue par Violaine
Carrère.

© éditions du CNFPT, 2009


Aucune partie de la présente publication ne peut être reproduite, mise en mémoire ou transmise sous
aucune forme ni aucun moyen électronique ou mécanique, par photocopie, enregistrement, ou toute autre
façon sans autorisation expresse du centre national de la fonction publique territoriale.
AVANT-PROPOS

Ce manuel est destiné à aider les candidats au concours de rédacteur territorial à se


préparer à l’épreuve d’admissibilité ainsi qu’à l’épreuve d’admission de culture
générale, qu’ils se présentent en interne ou en externe, et qu’ils bénéficient ou non
d’une formation au CNFPT ou par l’intermédiaire d’un autre organisme.
L’ouvrage est structuré en cinq grandes parties, correspondant aux principales
compétences développées par la méthode de préparation proposée. Chacun des
chapitres qui composent ces cinq parties aborde un nouveau point méthodologique
illustré par des exemples. Des exercices d’application sont fournis à chaque étape de
présentation de la méthode. Enfin, vingt-cinq thèmes de culture générale ont été
retenus, et sont tour à tour explorés dans les vingt-cinq chapitres du volume. Chaque
thème se termine par une bibliographie offrant au lecteur la possibilité, pour ne pas
dire l’obligation, d’aller beaucoup plus loin à la fois dans l’acquisition des connais-
sances mais aussi dans la réflexion.
Ce manuel a donc été conçu comme un guide complet de préparation, c’est-à-dire
traitant du fond comme de la forme. Il se prête à une utilisation linéaire, progressive,
du début à la fin. Mais les candidats pourront tout aussi bien aller directement aux
chapitres qui leur paraîtront répondre aux besoins plus spécifiques qu’ils auront
identifiés, quitte à revenir ensuite aux chapitres précédents afin d’appréhender la
globalité des compétences à acquérir.

Bruno Rapatout

3
SOMMAIRE

INTRODUCTION : PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES ÉPREUVES ET


PREMIÈRE APPROCHE MÉTHODIQUE

I. ACQUÉRIR ET PARFAIRE SES CONNAISSANCES. . . . . . . . . . . . p. 21

Chapitre 1 - Approfondir ses connaissances : partir de ce que l’on sait déjà . p. 23


Thème traité : Information, communication, médias, NTIC . . . . . . . . . . . . . . p. 25
Chapitre 2 - Se fabriquer des outils : notes, fiches, dossiers . . . . . . . . . . . . . . . p. 35
Thème traité : Travail, emploi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 37
Chapitre 3 - Explorer plusieurs aspects d’une même question . . . . . . . . . . . . . p. 53
Thème traité : Relations hommes-femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 55
Chapitre 4 - Élargir ses connaissances : explorer un domaine inconnu . . . . . . p. 71
Thème traité : Éthique, bioéthique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 73
Chapitre 5 - Être en veille sur l’actualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 81
Thème traité : Environnement, écologie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 83

II. SE DOTER D’UNE MÉTHODE EFFICACE POUR TRAITER UNE


QUESTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 95

Chapitre 6 - Savoir lire un énoncé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 97


Thème traité : Migrations, immigration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 99
Chapitre 7 - Rassembler ses idées : apprendre à « tirer des fils » . . . . . . . . . p. 113
Thème traité : Les services publics . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 115
Chapitre 8 - Organiser ses idées : donner un axe à sa réponse . . . . . . . . . . . p. 129
Thème traité : La mondialisation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 131
Chapitre 9 - Bâtir un plan et répondre au sujet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 143
Thème traité : Pauvreté, précarité, exclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 145
Chapitre 10 - Rédiger une bonne introduction et une bonne conclusion. . . . p. 161
Thème traité : Arts et spectacles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 163

Sommaire 5
III. DÉVELOPPER SES CAPACITÉS RÉDACTIONNELLES . . . . . p. 183

Chapitre 11 - Enrichir son vocabulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 185


Thème traité : État, nation, citoyenneté . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 187
Chapitre 12 - Améliorer son style. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 199
Thème traité : Religions et croyances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 201
Chapitre 13 - Maîtriser les connecteurs logiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 209
Thème traité : La famille, les familles. Relations parents-enfants. . . . . . . . p. 211
Chapitre 14 - Mode personnel ou impersonnel ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 215
Thème traité : Violence, sécurité, police et justice. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 217
Chapitre 15 - Quelques techniques pour se relire efficacement . . . . . . . . . . . p. 226
Thème traité : École et formation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 229

IV. METTRE TOUS LES ATOUTS DE SON CÔTÉ . . . . . . . . . . . . . p. 239

Chapitre 16 - S’entraîner : comment ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 241


Thème traité : Espace urbain, espace rural : le territoire et la
décentralisation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 243
Chapitre 17 - S’auto-évaluer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 255
Thème traité : Vieillissement de la population. Les retraites . . . . . . . . . . . p. 257
Chapitre 18 - Se mettre en condition pour l’épreuve. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 267
Thème traité : Science et technologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 269
Chapitre 19 - Organiser son temps pendant l’épreuve . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 279
Thème traité : Loisirs et temps libre. La fête, les sports . . . . . . . . . . . . . . . p. 281
Chapitre 20 - Comment traiter une question à laquelle on ne s’attendait pas ?. p. 289

V. MAÎTRISER L’ÉPREUVE ORALE DE CONVERSATION . . . . . . p. 301

Chapitre 21 - Connaître le déroulement de l’épreuve . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 303


Thème traité : La santé sous toutes ses formes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 305
Chapitre 22 - Acquérir les outils nécessaires à la phase d’explication . . . . . . p. 315
Thème traité : Les droits de l’homme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 317
Chapitre 23 - Acquérir les capacités nécessaires à la phase de commentaire p. 325

6 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Thème traité : La construction européenne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 327
Chapitre 24 - Acquérir les techniques essentielles à la phase de questionnement . p. 333
Thème traité : La société de consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 335
Chapitre 25 - S’entraîner : comment ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 341
Thème traité : La culture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 342

INDEX : les principaux termes à maîtriser utilisés dans cet ouvrage, les principaux
acteurs cités dans cet ouvrage.

Sommaire 7
Présentation générale
des épreuves et première
approche méthodique

Introduction
Se préparer à un concours, c’est se mettre en condition de passer avec succès un cer-
tain nombre d’épreuves écrites et orales, chaque épreuve pouvant nécessiter une pré-
paration spécifique. La première étape d’une bonne préparation à une épreuve, quelle
qu’elle soit, consiste à faire le point sur la question suivante :

> Qu’est-ce qui va m’être demandé exactement ?

S’agissant d’une épreuve de culture générale, tout candidat cherche à savoir sur quoi
il va être interrogé, c’est-à-dire sur quels thèmes, avec quel genre de questions. Ce ma-
nuel est conçu pour vous apporter l’information la plus précise possible sur ces deux
points fondamentaux.
Mais connaître les thèmes susceptibles de « tomber » ne suffit pas, car le savoir doit
toujours être mis au service de la réflexion. Avant de développer ce lien de subordi-
nation qui est l’élément essentiel de toute épreuve de culture générale, voici quelques
éléments clefs à bien saisir pour travailler efficacement, et donc à garder à l’esprit tout
au long de sa préparation.

9
Premier élément clef :
un concours n’est pas un examen

L’objectif, lorsque l’on passe un examen est d’obtenir au minimum un certain nombre
de points, d’avoir au moins la note qui permet de ne pas être « recalé(e) » : le bacca-
lauréat, le permis de conduire, un brevet de secouriste, sont des épreuves fondées sur
ce principe.

Dans un concours, les choses sont très différentes, même si la première étape à franchir,
dite – admissibilité –, repose sur une note minimale à obtenir, celle qui permet de fran-
chir le seuil d’admissibilité décidé par le jury. Mais il est essentiel de savoir que les can-
didats admissibles sont classés du premier au dernier en fonction des notes obtenues et
des coefficients qui leur correspondent. Les notes coefficientées des épreuves dites d’ad-
mission s’ajoutent aux notes des épreuves écrites afin d’établir un nouveau classement
: seront reçus au concours les meilleurs : en général autant de candidats qu’il y a de
postes à pourvoir (il faut savoir que le jury peut en effet décider de ne pas attribuer tous
les postes s’il estime que le niveau de certains candidats, pourtant admissibles, n’est pas
suffisant).

Un candidat peut donc avoir eu une moyenne de 11/20, c’est-à-dire une moyenne qui
lui aurait permis d’être reçu à un examen et ne pas être reçu au concours qu’il passe
parce qu’il y avait 100 postes à pourvoir, et que les 100 premiers ont eu une moyenne
strictement supérieure à 11.

L’objectif, dans un concours est, par conséquent, non pas d’avoir « la moyenne », ou plus
que tel seuil, mais d’avoir la meilleure note possible pour être le mieux classé.. Autre-
ment dit, il est important de se préparer en essayant d’acquérir tout ce qui va pouvoir
« faire la différence » entre une bonne copie (une copie qui permet d’être admissible)
et une excellente copie (une copie qui permet d’être admissible dans les premiers).

Le même objectif doit être à l’esprit du candidat dans sa préparation aux épreuves d’ad-
mission. Les notes des épreuves écrites n’étant pas connues des candidats admissibles (ni
des examinateurs), ils doivent donner le meilleur d’eux-mêmes au cas où leurs résultats
écrits seraient juste au niveau du seuil d’admissibilité.

Dans une large mesure, c’est affaire non pas de talent mais de technique et donc de sa-
voir-faire, qui s’acquiert par du travail. Ce manuel est destiné à apporter toute l’aide pos-
sible afin d’acquérir ces compétences.

10 La culture générale au concours de rédacteur territoriale


Deuxième élément clef : tout candidat passera deux
épreuves écrites. Les candidats admissibles passeront
ensuite deux épreuves orales

Se présenter à un concours impose de connaître et d’accepter les « règles du jeu »


propres à ce concours. Il est donc important de se renseigner au mieux sur le cadre
dans lequel sont organisées les épreuves de ce concours.
Le recrutement des rédacteurs territoriaux s’effectue par trois voies différentes (si on
laisse de côté l’examen professionnel) :
Un concours interne, un concours externe, un troisième concours. Afin de connaître
les conditions nécessaires à l’inscription à l’un de ces trois concours il suffit de se rap-
procher d’un Centre de Gestion (les CDG étant désormais organisateurs du concours
de Rédacteur Territorial) via l’internet par exemple : www.centresdegestion.org.
Le concours de catégorie B, se passe sous l’une ou l’autre des deux spécialités sui-
vantes, au choix : « administration générale » ou « secteur sanitaire et social ».
Comme la plupart des concours, le concours de rédacteur territorial comprend deux
séries d’épreuves : des épreuves d’admissibilité, et des épreuves d’admission.
L’épreuve de culture générale est l’une des épreuves d’admissibilité et est également,
l’une des épreuves d’admission pour les concours interne et externe uniquement.
L’organisation du concours est régie par un décret (n° 2000-1067) du 30 octobre 2000.
Ce décret définit la nature des deux épreuves que doivent passer les candidats, à l’écrit
puis à l’oral, selon la spécialité qu’ils ont choisie.

LES ÉPREUVES D’ADMISSIBILITÉ


Concours externe
1ère épreuve,
> Pour les deux spécialités :
– une composition sur un sujet d’ordre général
2e épreuve,
> Pour la spécialité administration générale :
– une note de synthèse
> Pour la spécialité secteur sanitaire et social :
– des réponses à trois à cinq questions (sur la santé et l’ action sociale)
Concours interne
1ère épreuve,
> Pour les deux spécialités :
– des réponses à trois à cinq questions (culture et connaissances générales)
2e épreuve,
– une note administrative (thème selon la spécialité)

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LES ÉPREUVES D’ADMISSION
Concours externe et interne
1ère épreuve,
– une conversation avec le jury, à partir d’un texte
2e épreuve,
– une interrogation à partir d’une question tirée au sort (thème selon la
spécialité)

Attention : Vérifiez bien que vous disposez de tous les renseignements dont vous avez
besoin pour passer le concours. Assurez-vous bien sûr que vous remplissez les
conditions nécessaires à votre inscription, mais aussi que vous connaissez les dates de
retrait et de dépôt des dossiers de candidature, ainsi que la manière d’être averti(e)
de la date des épreuves elles-mêmes.

Troisième élément clef : l’épreuve écrite de culture


générale du concours externe est différente de l’épreuve
écrite de culture générale du concours interne

Le décret rappelé plus haut a modifié de façon importante la nature des épreuves du
concours de rédacteur territorial. Auparavant en effet, les candidats externes devaient
faire un résumé de texte : cette épreuve a été supprimée. Les candidats en interne
avaient une épreuve de « dissertation de culture générale », épreuve maintenant
remplacée par des réponses à trois à cinq questions.
L’une des deux épreuves du concours externe, la composition, est décrite ainsi pour
les deux spécialités
« Une composition sur un sujet d’ordre général relatif aux problèmes économiques,
sociaux et culturels du monde contemporain ».
Et il est précisé : « (durée : trois heures ; coefficient 4) »
L’une des deux épreuves du concours interne, les questions à réponses courtes, est
décrite ainsi pour les deux spécialités :
« Des réponses à trois à cinq questions sur des sujets relatifs aux problèmes sociaux,
économiques et culturels contemporains permettant d’apprécier la culture et les
connaissances générales des candidats ».
Et il est également précisé : « (durée : trois heures ; coefficient 3) ».
> Analyser ces deux formulations va nous permettre de clarifier sommairement dans
un premier temps ce qui est attendu des candidats au concours.
Ainsi le libellé de la première épreuve du concours externe renvoie à un exercice clas-
sique des concours de la fonction publique : une dissertation dont le sujet s’inscrit
dans l’actualité contemporaine ; le mot – actualité – devant être pris au sens large :

12 La culture générale au concours de rédacteur territoriale


le monde contemporain renvoie aux événements survenus depuis la fin de la Seconde
Guerre mondiale.
Le contexte culturel est le même pour la première épreuve du concours interne. La
différence essentielle réside dans le type d’exercice proposé au candidat : il n’y a pas
une seule question mais entre trois et cinq, ce qui signifie qu’il y a entre trois et cinq
sujets différents à traiter dans un laps de temps identique à la composition du
concours externe mais divisé par le nombre de questions d’une manière qui peut être
inégale en fonction du barème fourni.
Deux conséquences fondamentales à retenir :
• Les candidats aux concours interne et externe ont à renforcer un champ culturel
identique.
• Les candidats aux concours interne et externe ont à acquérir des méthodes diffé-
rentes fondées sur la différence des épreuves, même s’il existe des points communs
entre les deux exercices.

Quatrième élément clef : tout candidat doit délimiter


la culture générale qu’il souhaite développer

Le mot « culture » a rapport avec le travail de la terre, il tire son origine de l’activité
du paysan, de l’agriculteur.
Faire pousser une plante, soigner un arbre, un arbuste, un pied de vigne, de telle
sorte qu’ils produisent des fruits, nourrir un sol, arroser, bref, donner à des végétaux
les conditions qui vont leur permettre de se développer, c’est le même processus que
celui qui consiste à favoriser le développement de son esprit.
Cicéron (philosophe romain du Ier siècle avant Jésus-Christ) est le premier à avoir uti-
lisé le mot culture en l’appliquant à la réflexion intellectuelle, l’esprit ne pouvant «
produire » que s’il est convenablement « cultivé ».En langue française il faut attendre
le XVIe siècle et le Dictionarium latino-gallicum de Robert Estienne (1503-1559) pu-
blié en 1538 pour trouver l’expression « cultiver l’esprit ». Cette expression se réfère
directement au sens cicéronien.
Une personne cultivée, c’est une personne qui s’est enrichie de connaissances mais
aussi, qui a développé ses facultés de penser, raisonner, comparer, synthétiser, juger,
etc. Plus on apprend, plus on dispose d’éléments de comparaison, plus on aiguise son
sens critique, et plus le monde apparaît dans sa complexité. Du coup, on devient à
même d’explorer des domaines de réflexion plus nombreux, de se risquer à aban-
donner des idées toutes faites, les « préjugés » pour analyser les choses par soi-même
et leur trouver du sens.
Personne ne peut tout savoir dans tous les domaines. La masse des connaissances ac-
cumulées par les humains, dans toutes les civilisations (on dit parfois, « les cultures »)
au cours de l’histoire de l’humanité est telle qu’aucun humain à lui seul ne peut se
les approprier. Il n’y a plus de Pic de la Mirandole (1463-1494), humaniste italien dont

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ses contemporains disaient qu’il savait tout…
Certains se spécialisent dans un domaine précis. Ils sont très cultivés dans le domaine
de la peinture, par exemple, ou de la physique quantique. Et parfois, ils sont « in-
cultes » dans d’autres domaines ; ils peuvent ne rien savoir des rouages économiques,
par exemple, ou de la cuisine.
Ils échoueraient peut-être lamentablement dans une épreuve de culture générale.
D’autres sont ce qu’on appelle « des touche-à-tout » : ils n’ont de connaissances ap-
profondies dans aucun domaine, mais ils savent beaucoup de choses dans les do-
maines les plus variés. Ils peuvent être très forts dans des jeux télévisés, ou au Trivial
pursuit, mais peut-on dire d’eux pour autant qu’ils sont cultivés ? Certainement pas.

À RETENIR
> Être cultivé, avoir une bonne culture générale, ce n’est pas seulement « savoir des
choses »,
– soit être très savant dans un domaine particulier,
– soit connaître une foule de choses éparses dans mille domaines.
C’est avoir assez de connaissances dans des domaines divers pour pouvoir les asso-
cier, les comparer, jeter des ponts d’une spécialité à l’autre, pour réfléchir.
C’est avoir « une tête bien faite » et pas uniquement « une tête bien pleine », comme
l’écrit Montaigne (1533-1592) dans ses Essais, conseillant de recourir à un péda-
gogue : «…qui eût plutôt la tête bien faite que bien pleine. »
Culture générale ne va pas sans organisation des savoirs.

Pour pouvoir se préparer efficacement au concours de rédacteur territorial, il faut sa-


voir ce que doit comporter la copie que l’on rendra, et comment elle doit être rédi-
gée. Pour le formuler autrement : de quel type de culture générale doit-on faire
preuve ?

L’ŒIL DES CORRECTEURS


Les jurys des concours de la fonction publique ont en tête les différentes fonctions
et tâches qui seront celles des agents recrutés par ces concours.
=> Renseignez-vous sur ces fonctions et ces tâches, surtout si vous êtes un candidat
externe, sur les interlocuteurs avec lesquels vous pourriez avoir à travailler, et
demandez-vous : de quels savoirs, de quelles connaissances, peut avoir besoin un
agent public en général, un fonctionnaire territorial en particulier, un rédacteur
territorial. Un rédacteur territorial est précisément :
– une personne responsable du service de l’état civil d’une commune,
– une personne travaillant à la direction des collèges d’un conseil général,
– une personne chargée de la gestion des apprentis dans un conseil régional.
Ainsi, vous comprendrez mieux que tout fonctionnaire est au service du public et
donc, que les épreuves que vous aurez à passer vous imposent de mieux connaître
ce public. La culture générale à acquérir peut alors être définie comme ce qui permet
de mieux comprendre le fonctionnement de la société actuelle.

14 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Pour le concours externe :
Reprenons le texte du décret cité plus haut. La description qu’il donne des différentes
formes de l’épreuve de culture générale peut se lire comme il faut lire l’énoncé d’un
sujet d’épreuve : chaque mot ou expression a son importance.
« Une composition sur un sujet d’ordre général relatif aux problèmes économiques,
sociaux et culturels du monde contemporain ».
Premier terme à noter : « composition ». Il va donc falloir « composer », c’est-à-dire
rédiger un texte structuré, avec une logique de réflexion qui se concrétisera par un
plan.
« Un sujet d’ordre général », cela signifie que les thèmes que choisiront les organi-
sateurs du concours par l’intermédiaire du jury ne seront pas des questions de spé-
cialistes de tel ou tel domaine, des questions auxquelles seul un professionnel pourrait
répondre. Chacun a donc sa chance.
Avec l’énumération « problèmes économiques, sociaux et culturels », on voit mieux
à quoi s’attendre : les trois termes ressemblent aux rubriques d’un journal.
Et la mention «…du monde contemporain », permet de cerner le champ des thèmes
qui peuvent être abordés : des faits ou des phénomènes d’actualité, tels que la presse
peut en rendre compte. Non la presse « people », non la presse « à sensation », bien
sûr, mais la presse, sérieuse, d’information générale, télévisée, radiophonique et
écrite, sans oublier désormais, les apports de l’Internet.
Ces thèmes ne peuvent être traités que s’ils sont re-situés dans un contexte un peu
plus large que celui défini juste ci-dessus. Ainsi, les émeutes urbaines de novembre
2005 nécessitent, pour être analysées, de remonter à l’urbanisme de l’après-guerre,
à l’immigration des années cinquante, etc.

Pour le concours interne :


La description dans le décret de la formule d’épreuve de culture générale fondée sur
la réponse à quelques questions, nous fournit une dernière indication qui devra nous
accompagner tout au long de notre travail de préparation. Cette formulation
« Des réponses à trois à cinq questions sur des sujets relatifs aux problèmes sociaux,
économiques et culturels contemporains […] » se termine par l’énoncé suivant :
« […] permettant d’apprécier la culture et les connaissances générales des candidats »
On peut penser, en effet, que dans une épreuve de trois heures où l’on doit aborder
de trois à cinq thèmes différents, il est beaucoup plus difficile, faute de temps, d’ap-
profondir ses réponses. Le législateur, à travers le libellé de cette épreuve, a voulu
alerter les candidats sur le fait qu’ils ne pourraient pas aller aussi loin dans leur ré-
flexion que ceux du concours externe, faute de temps. Mais en utilisant à la fois les
mots « culture » et « connaissances générales » il a toutefois voulu leur signifier que
les réponses à fournir ne peuvent pas être superficielles et donc stériles mais réflé-
chies et organisées même si cette réflexion et cette organisation sont moins appro-

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fondies. Nous y reviendrons avec d’autant plus d’attention que le jury a parfaitement
le droit de proposer des questions avec un barème différent. Ainsi une question no-
tée sur 10 points nécessitera d’être traitée en 1 heure et 30 minutes à l’aide d’une
culture solide alors que deux questions notées chacune sur 5 points seront traitées en
45 minutes à l’aide de connaissances générales plus sommaires.

ATTENTION
> Vos réponses devront faire bien mieux qu'« étaler des connaissances superfi-
cielles ».
Vous aurez à énoncer une problématique, à construire une réponse argumentée et illus-
trée.

Cinquième élément clef : chaque candidat doit gérer


au mieux le temps de préparation dont il dispose

Le travail de préparation à toute épreuve de culture générale doit répondre à une


triple exigence : apprendre et retenir des concepts et des données d’une part, savoir
bâtir et organiser une réflexion d’autre part ; enfin être capable d’exposer ses connais-
sances, et donc développer sa maîtrise de l’expression écrite mais aussi de l’expres-
sion orale.
Or acquérir des savoirs suppose du temps, acquérir une méthode pour construire et
rédiger une réponse aussi. Par quoi commencer ?
S’entraîner à traiter des questions ne peut se faire sans avoir au moins un certain ba-
gage sur ces sujets. On pourrait donc penser qu’il est pertinent de consacrer d’abord
du temps à acquérir des connaissances avant de s’exercer à coucher par écrit ses idées.
D’abord le fond, puis la forme…
Mais pour acquérir des connaissances, il faut aussi apprendre à prendre des notes, à
résumer ou synthétiser des textes, avoir une technique pour exploiter la lecture de la
presse, etc. La forme est donc indissociable du fond : dans le temps de préparation
dont on dispose, il faut tout mener de front.

ATTENTION ________________________________________________________
C’est parce qu’il faut « tout mener de front » que ce manuel est découpé en cha-
pitres alternant conseils méthodologiques et fiches sur des thèmes de culture géné-
rale.
Rien n’interdit d’étudier les thèmes de culture générale à part, et dans un ordre dif-
férent de celui proposé par le manuel, mais il est sans doute prudent de parcourir
au moins les conseils méthodologiques fournis, pour être certain de travailler de
façon efficace.

16 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Certains vont disposer d’une année entière pour se préparer, tandis que d’autres n’en-
treprendront leur préparation que quelques mois avant la date des épreuves. Des cir-
constances professionnelles, familiales, ou autres peuvent contraindre à consacrer
moins de temps qu’on ne l’aurait souhaité à cette préparation.
De la même façon, ces circonstances professionnelles ou personnelles décident du vo-
lume et de la fréquence des moments laissés libres pour se préparer : pour les uns ce
sera seulement en soirée, pour d’autres, le week-end, et d’autres pourront travailler
plusieurs journées par semaine…
L’important est moins le nombre de jours ou d’heures dont chacun peut disposer que
l’utilisation de ce temps et l’organisation de son travail, en fonction de l’ampleur des
besoins, qui varient selon les personnes. D’où le dernier élément clef suivant.

Sixième élément clef : chaque candidat doit élaborer


une grille pour bâtir son plan de travail de préparation

Cette proposition de travail est certes plus difficile selon que l’on a déjà présenté un
ou plusieurs concours, que l’on a quitté il y a plus ou moins longtemps le système sco-
laire, selon que l’on possède tel ou tel diplôme.
Quoi qu’il en soit, remplir les tableaux ci-dessous permet au moins de s’interroger sur
ses aptitudes si ce n’est de s’évaluer d’une manière objective.
L’essentiel est de se construire une méthode de travail, même rudimentaire au dé-
but, afin de ne pas se décourager

J’évalue mes besoins :

1) sur les connaissances à acquérir ou parfaire (reprendre la


liste de thèmes au sommaire de ce manuel, et éventuelle-
ment l’augmenter d’autres thèmes) :

J’ai juste à actualiser mes J’ai des connaissances Je ne connais presque


Thèmes
connaissances de base à développer rien sur ce sujet
Thème 1
Thème 2
Thème 3
Thème 4
Thème 5
Thème 6
Thème 7

17
J’ai juste à actualiser mes J’ai des connaissances Je ne connais presque
Thèmes
connaissances de base à développer rien sur ce sujet
Thème 8
Thème 9
Thème 10
Thème 11
Thème 12
Thème 13
Thème 14
Thème 15
Thème 16
Thème 17
Thème 18
Thème 19
Thème 20
Thème 21
Thème 22
Thème 23
Thème 24
Thème 25

2) sur les techniques à maîtriser


Techniques et savoir-faire

Techniques et savoir-faire je sais… je dois apprendre à

Prendre des notes


Créer des fiches et dossiers thématiques
Être en veille sur l’actualité
Lire un énoncé sans risque d’erreur
Rassembler mes idées sur une question
Organiser mes idées
Bâtir un plan
Rédiger une bonne introduction
Utiliser un vocabulaire riche
Rédiger dans un style correct

18 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Techniques et savoir-faire je sais… je dois apprendre à

Maîtriser les connecteurs logiques


Me relire efficacement
Organiser mon temps pendant l’épreuve
Traiter une question mal maîtrisée
Gérer mon stress

À retenir __________________________________________________________
Une fois identifiés les savoirs et savoir-faire déjà acquis, et une fois repérés ceux qui
sont à développer, on peut se bâtir un plan de travail, en faisant un compte à rebours
à partir de la date de l’épreuve, ce que l’on appelle un rétro planning.
__________________________________________________________________

Exemple.
Je dispose de 9 mois avant la date du concours, soit environ 36 semaines.
Chaque semaine, je peux consacrer (pour un candidat au concours externe encore étudiant)
8 à 10 heures à mon travail de préparation, au total, donc : 300 heures au moins, peut-
être 360. Pour un candidat au concours interne, le temps disponible est à diviser par deux :
4 heures par semaine semblent constituer une durée hebdomadaire de préparation déjà
importante vue la charge de travail professionnelle, soit 150 heures environ sur neuf mois.
Je divise ce temps par séquences, à partir des thèmes à travailler : là où j’ai repéré des
lacunes importantes, je compte deux séquences, et pour les thèmes sur lesquels mes
connaissances sont juste à actualiser, une séquence.
Je définis donc ainsi des séquences d’un nombre X d’heures. Pour chacune d’entre elles, je
réserve une partie du temps pour m’essayer à certaines techniques et m’entraîner, une
autre, plus importante, pour étudier des thèmes et me constituer des dossiers sur chacun
d’eux. Je fixe aussi à partir de cette progression le temps que je consacrerai régulièrement
à la lecture de la presse quotidienne et/ou hebdomadaire.
La seule lecture de ce manuel nécessite un certain nombre d’heures que vous pouvez cal-
culer en vous fondant sur les 25 thèmes et les techniques à acquérir qui les accompagnent
ainsi que sur les points forts et faibles que vous aurez repérés grâce aux tableaux des pages
précédentes.

19
I. ACQUÉRIR
ET PARFAIRE
SES CONNAISSANCES
Approfondir ses
connaissances : partir de
ce que l’on sait déjà
Chapitre 1
Thème traité :
Information, communication,
médias, NTIC
1.1 On sait généralement plus de choses qu’on ne le
croit…

Sur les sujets dits de culture générale, rares sont les personnes qui ne savent… abso-
lument rien ! La plupart de ces sujets sont fréquemment abordés par les médias des-
tinés au grand public, et même s’ils y sont parfois traités de façon simpliste faute de
temps ou de place, cette diffusion permet à tout le monde de posséder sur eux au
moins quelques notions, quelques références, éventuellement de connaître des évè-
nements, des faits divers qui illustrent les problématiques en jeu.

Exercice __________________________________________________________
Faites le test : partez du thème associé à ce chapitre, soit information, communica-
tion, médias, NTIC. Prenez une feuille de papier et notez pendant une demi-heure
(voire davantage si vous le souhaitez) tout ce qui vous vient à l’esprit en association
avec ce thème : la dernière information diffusée par les médias qui vous a intéressé,
la définition du sigle NTIC, les différents médias que vous connaissez, ce que vous
savez du service de la communication de votre collectivité s’il en existe un, etc
__________________________________________________________________

Si vous faites le test sérieusement, c’est-à-dire en notant vraiment tout ce qui vous
vient à l’esprit, sans écarter d’office des idées un peu floues, des faits mineurs, sans
vous préoccuper de « ce qu’il faut » savoir, de noms ou de dates dont vous ne vous
souvenez pas bien, vous allez très facilement noter de nombreuses informations,
idées, etc.

Pour rendre l’exercice efficace vous pouvez répartir ce que vous allez noter en trois
rubriques :
• Les connaissances dont je dispose.
• Les idées que je possède (idées personnelles mais aussi idées venues d’autres).
• Les arguments qui pourraient justifier telle ou telle idée.
• Les questions que je me pose (il est très important de se poser des questions).

(Une illustration de cet exercice vous est proposée à la fin de ce chapitre, illustration
qui vous apporte des connaissances et des éléments de réflexion sur le thème choisi.
Bien évidemment cette illustration n’est pas le reflet de ce que peut faire un candi-
dat en trente minutes puisqu’elle doit vous apporter une aide pédagogique. Elle est

Acquérir et parfaire ses connaissances 25


donc beaucoup plus longuement développée).
Il s’agit là d’une première approche, dont l’objectif est bien de vous faire constater
que chacun a des connaissances et des points de vue sur l’un des 25 thèmes retenus
dans cet ouvrage. Il faudra certainement aller plus loin et combler des lacunes, ap-
porter des précisions, etc. Mais personne n’est totalement ignorant des thèmes qui
feront l’objet des sujets de culture générale le jour de l’épreuve écrite ou de l’oral
d’admission.

À retenir __________________________________________________________
Cet exercice constitue un excellent point de départ de l’étude d’un thème de cul-
ture générale. Prenez l’habitude de le pratiquer pour chaque nouveau thème que
vous décidez d’étudier.
Il est aussi la première étape d’une bonne recherche d’idées sur un énoncé de com-
position ou dissertation. (Voir chap. 7)
__________________________________________________________________
Le sentiment d’ignorance, la peur de n’avoir « rien à dire » sur telle ou telle ques-
tion, est une angoisse bien normale face à une épreuve de culture générale. Un remède
est de se rappeler ceci : sur une question d’actualité, ou de faits « de société », l’igno-
rance absolue est rare.

1.2 Mais on sait parfois des choses de façon floue

Sur des questions identiques à celles que l’on redoute en tant que candidat à un
concours, on peut se sentir très à l’aise, dans un autre contexte : une conversation
entre amis par exemple.

Ainsi, l’énoncé suivant…


« Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), craintes ou
espoirs ? » peut paralyser un candidat, affolé devant le sigle « NTIC », inquiet de ce
que recouvre exactement l’expression « nouvelles technologies ».
Mais la même personne aura peut-être eu, la veille, des échanges passionnés avec un
collègue, un proche, sur les excès de l’usage du téléphone portable, sur la richesse de
l’information disponible sur Internet, sur la rapidité avec laquelle paraissent des livres
au lendemain d’un événement.
Cette personne a donc la capacité de répondre à la question qui l’effraie dans le
contexte d’un concours.

Dès lors, comment comprendre où se situe la difficulté éprouvée face à un énoncé de


culture générale ?

26 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Outre le caractère par nature intimidant d’une épreuve à un concours, la peur d’être
« jugé », on peut repérer trois différences majeures entre les deux situations :
• Une question de forme pure, d’abord. Un énoncé est formulé dans un français écrit,
peut-être technique, ou littéraire avec un vocabulaire qui n’est pas forcément celui
de tous les jours,.
• Dans le contexte de la conversation ordinaire, chacun s’appuie sur son expérience
propre, parfois sur ses impressions. On cite des sources sans toujours les nommer,
on ne s’embarrasse pas de savoir quelles recherches ont été menées sur la question,
quel essayiste a publié sur le sujet, ni ce que disent les statistiques.
• De même, dans les échanges avec des proches, l’intérêt naît du partage d’informa-
tions même imprécises ou incomplètes (« tu as vu, il paraît que… », « j’ai entendu
l’autre jour à la radio quelqu’un qui… ») ou bien du débat d’idées, chacun expri-
mant une opinion sans en avoir nécessairement vérifié le bien-fondé.

À retenir __________________________________________________________
Ce qui fait défaut pour être à l’aise dans une épreuve de culture générale est exprimé
par la formule souvent entendue : « ce qui me manque, ce sont les bases ».
Les bases : c’est-à-dire ce qui assure la solidité d’une construction, la stabilité d’un
objet. Et en effet, développer sa culture consiste en ceci : creuser, à partir de ce que
l’on sait déjà, pour découvrir des éléments qui vont faire « tenir » les choses
ensemble, et aller au-delà d’opinions toutes faites, de vagues impressions.
__________________________________________________________________

1.3 D’abord, recenser ses connaissances, et réfléchir à


ses besoins

Ce que l’on sait déjà, d’où le tient-on ?


Pour tous les sujets sur lesquels on ne s’est pas spécialement penché, nos savoirs sont
une masse accumulée d’éléments d’origine diverse : apprentissage scolaire, propos
des adultes dans l’enfance, informations en provenance des médias, expériences
personnelles, lectures, échanges avec toutes les personnes croisées dans sa vie. C’est
à partir de tous ces éléments que nous nous construisons notre représentation du
monde.

Ma représentation d’un objet comme le téléphone, par exemple, s’est élaborée à


partir d’une succession d’apprentissages qui peuvent avoir été : d’abord l’expérience
sensorielle de la voix connue, entendue dans le combiné, d’une personne absente (on peut
penser au téléphone en ébonite noir de l’enfance de certains) ; puis peu à peu, l’appren-
tissage par l’éducation des usages sociaux du téléphone. Je peux avoir découvert ensuite,
grâce à la littérature par exemple, que le téléphone n’existait pas à telle époque, et qu’il

Acquérir et parfaire ses connaissances 27


était réservé, à ses débuts, aux riches. (On peut penser à la retransmission de concerts via
le téléphone dont parle Marcel Proust (1871-1922) dans À la recherche du temps perdu).
L’école, les cours de physique m’ont renseigné sur les phénomènes des ondes et des
fréquences et j’ai (plus ou moins) compris sur quoi reposait la technologie du téléphone.
La lecture d’un magazine, par exemple, m’aura permis de savoir quand, par qui et com-
ment le téléphone a été inventé (on évoquera ainsi l’inventeur Graham Bell (1847-1922)
mais pourquoi pas également l’humoriste Fernand Raynaud (1926-1973) et son 22 à
Asnières. À l’âge adulte, j’ai éventuellement eu l’occasion de discuter avec d’autres des
changements introduits dans les relations entre les gens par cet outil de communication.
Pour finir, le développement du téléphone portable a été l’objet d’enquêtes sur le
comportement de ses utilisateurs, de débats sur les dangers qu’il pourrait engendrer, etc.
On peut également penser à son rôle dans la trilogie cinématographique Matrix.

En fin de compte, j’ai sur l’outil téléphone une foule d’informations, j’ai une culture
générale du téléphone. Je peux la fixer sur le papier et en faire mon point de départ.
Si je veux en savoir plus, que puis-je faire ? Me plonger dans un manuel d’ingénierie
des télécommunications ? Ou dans une thèse de sociologie, par exemple sur le rôle
du téléphone dans les relations au sein des entreprises japonaises ?
Bien évidemment pas. Chacun se doute bien que c’est essentiellement sur le « phé-
nomène du portable » qu’un sujet de réflexion sur le téléphone pourrait être pro-
posé comme par exemple : l’usage du téléphone portable n’a-t-il que des avantages ?
Les renvois culturels énoncés ci-dessus pourraient être utilisés dans une réponse à ce
sujet. Il ne faudrait toutefois pas oublier que plusieurs sujets pourraient être posés
sur le « phénomène du portable » : sur sa technologie croissante, ses dangers, etc.

À retenir __________________________________________________________
En fait la question est : de quoi ai-je besoin exactement ? Que me faut-il ajouter au
savoir que je possède déjà ?
__________________________________________________________________

Dans le cadre de l’épreuve qui nous intéresse ici, l’objet téléphone ne m’intéresse
sûrement pas sur un plan technique très fouillé. En revanche, j’ai probablement
besoin de pouvoir parler du téléphone comme de l’un des outils de communication
contemporains, de l’évolution de la téléphonie, en particulier ses évolutions récentes
et leur impact sur la société.
Les « bases » à posséder sur le sujet seront donc :
• Quelques grands repères historiques (découverte, expansion de l’usage, tournants
technologiques majeurs),
• Une ou deux analyses sociologiques sur les moyens de communication (qui vont
traiter du téléphone mais aussi des autres outils, des médias en général). En un mot
tout ce qui fait l’actualité du portable, actualité prise au sens large du terme,

28 La culture générale au concours de rédacteur territorial


c’est-à-dire sur quelques années.
Par la suite, les informations que vous glanerez sur la question, les articles ou comptes
rendus d’ouvrages que vous pourrez recueillir vont tout « naturellement » s’organi-
ser en lien avec ces bases.

1.4 Comment développer ses connaissances sur un


thème

En faisant la synthèse de ce qui vient d’être dit, se dessine une méthode de travail
pour développer vos connaissances sur chacun des thèmes que vous vous proposez
d’étudier.
1) Notez tout ce qui vous vient à l’esprit s’agissant du thème choisi : termes
généralement associés à ce thème, mots-clefs, idées lues ou entendues (et
même vos propres opinions !), livres, films, émissions de TV, articles de jour-
naux, événements d’actualité, faits divers, expérience personnelle, etc.
2) Identifiez dans ces notes, ou listez à part les questions qui apparaissent
comme « les bases » évidentes pour ce thème : définitions à vous procurer,
éléments d’histoire, et, selon les thèmes, données statistiques ou ordres de
grandeur, cadre juridique et légal, points qui font débat.

Une astuce ________________________________________________________


On peut s’aider, dans ce repérage des questions clefs, à se poser sur un thème donné,
des énoncés figurant dans les annales d’épreuves de culture générale de différents
concours : les questions posées fournissent le vocabulaire à connaître, et les sujets
de discussion sur le thème.
__________________________________________________________________

La liste de tout ce que vous pouvez d’emblée associer à tel thème ouvre donc une sé-
rie de pistes. Reste maintenant à suivre tour à tour chacune de ces pistes.
Selon les thèmes, elles vont vous entraîner vers diverses disciplines : sociologie, éco-
nomie, droit, sciences politiques… La difficulté va consister dès lors à ne pas vous
noyer dans chacune de ces disciplines. Garder à l’esprit que l’objectif n’est pas d’ac-
quérir les compétences d’un chercheur ou d’un expert, mais les bases de connaissances
suffisantes pour savoir expliquer les problèmes qui se posent, les enjeux pour les dif-
férents individus ou groupes concernés, les divergences d’attitudes culturelles ou po-
litiques.

L’œil des correcteurs _________________________________________________


Certaines copies d’examen ou concours ressemblent à des plaidoiries pour ou contre
tel phénomène, telle pratique, tel dispositif juridique, ou tel discours politique.

Acquérir et parfaire ses connaissances 29


Attention : il s’agit dans une épreuve de ce type non pas de défendre votre opi-
nion en tant que militant mais d’exposer et d’expliquer un point de vue fondé sur
des connaissances et une réflexion pensée et argumentée.
S’il est intéressant pour vous préparer de vous faire votre propre opinion sur les ques-
tions abordées, ce sera comme point de départ à votre recherche, mais vous aurez à
développer d’autres aspects qu’une simple argumentation en fonction de cette opinion.
__________________________________________________________________

30 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Thème 1 : Information, communication, médias, NTIC

L’analyse de ce premier thème se fonde sur une quadruple approche, approche qui
vous permettra petit à petit de développer une méthode efficace de traitement des
sujets proposés lors des épreuves écrites. Il s’agit ici d’une part de proposer une ap-
préhension efficace du thème et d’autre part de démontrer qu’une méthode rodée
permet au candidat de ne pas perdre ses moyens le jour J.

a. Information, communication, médias, NTIC : connaissances


• Une information est un renseignement que l’on porte à la connaissance d’autrui.
• Une communication est la transmission d’une ou de plusieurs informations dans un
but précis.
• La différence entre informer et communiquer est donc la suivante : on informe sans
attendre obligatoirement une réaction de la ou des personnes informées. À l’in-
verse on communique afin de susciter une réaction recherchée par le communicant.
• Les médias désignent l’ensemble des supports de diffusion massive de l’information.
Ils regroupent la télévision, la presse écrite, la radio, le cinéma, etc.
• La liberté de la presse est un pilier essentiel de la démocratie (loi du 29 juillet 1881).
• Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a été créé en 1989 pour garantir en
France l’exercice de la liberté de communication audiovisuelle dans le cadre de la
loi.
Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication rassemblent tous
les outils informatiques et électroniques qui permettent de trouver, stocker, diffuser
de l’information.
• La CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) a été instituée par
la loi du 6 janvier 1978 face aux dangers que l’informatique peut faire peser sur les
libertés.
La mondialisation de l’économie est également celle de l’information.
• Voici le schéma classique de la communication :
Message………Émetteur………Canal……….Récepteur……..Message
(Codage) Bruit(s) (Décodage)
Le message est une suite de signifiés, c’est-à-dire l’ensemble des informations à trans-
mettre.
L’émetteur est celui qui est à la source de la communication.
Le codage est l’ensemble des règles de communication utilisées : grammaire, ortho-
graphe, niveau de langue, etc.

Acquérir et parfaire ses connaissances 31


Le canal est le support physique utilisé : la voix, l’écriture, etc.
Le bruit désigne toute cause d’une perte d’information par le récepteur : parasites
par exemple lorsque l’on écoute la radio.
Le décodage est la perception du message par le récepteur, ce qu’il comprend.
Le récepteur désigne la ou les personnes qui sont destinataires du message.
Il est aisé de constater que ce que transmet l’émetteur n’est pas forcément ce que re-
çoit le récepteur, et ce pour deux raisons : d’une part, car des « bruits » peuvent em-
pêcher une communication optimale ; d’autre part, parce que soit l’émetteur aura
mal communiqué, soit le récepteur n’aura pas toutes les compétences requises sur le
moment pour comprendre la totalité du message transmis. Ainsi, par exemple, un res-
ponsable de service peut mal communiquer en n’adaptant pas son message à ses col-
laborateurs. De même, des collègues peu attentifs peuvent perdre une partie du
message reçu.
- Il faut distinguer au sein d’une collectivité (ou d’une entreprise) la communication
« en interne » de la communication « en externe ».

b. Information, communication, médias, NTIC : idées, points de vue


- Plus les techniques de communication se développent, moins j’ai l’impression que
les personnes communiquent entre elles.
- Plus les informations disponibles sont nombreuses moins il semble possible de com-
prendre le monde dans lequel je vis.
- Plus les médias envahissent la société plus la vérité qu’ils disent apporter est remise
en cause.
- Plus les NTIC se développent plus leurs utilisateurs paraissent instrumentalisés par
elles, tant ils souhaitent posséder l’outil technologique de dernier cri sans vérifier
d’abord leurs besoins.
(Ces quatre points de vue sont négatifs)
- Plus je possède d’informations meilleures sont les décisions que j’ai à prendre.
- Plus j’acquiers de techniques de communication mieux je gère mes relations avec les
autres.
- Plus je sélectionne les médias disponibles mieux je m’informe sur le monde
contemporain.
- Plus les NTIC se développent plus les tâches répétitives se simplifient.
(Ces quatre points de vue sont positifs)
c. Information, communication, médias, NTIC : arguments.
- Il est de plus en plus difficile de réellement dialoguer car chacun campe sur ses po-
sitions.

32 La culture générale au concours de rédacteur territorial


- Trop d’informations tuent l’information.
- La même information n’est ni analysée ni commentée de la même manière selon le
média choisi (télévision et radio) ou selon deux supports d’un même média (deux
quotidiens de la presse écrite).
- Les possesseurs de téléphone portable de dernière génération utilisent rarement
tout le potentiel de ces outils technologiques.
(Ces quatre arguments renvoient aux quatre premières idées énoncées ci-dessus)
- Le pouvoir d’aujourd’hui n’est plus la force mais la connaissance.
- Bien communiquer permet de mieux convaincre ses interlocuteurs.
- La lecture de la presse écrite me permet de prendre du recul par rapport à l’infor-
mation diffusée « à chaud » par la télévision et la radio.
- L’e-administration rend des services de plus en plus nombreux et de plus en plus ra-
pidement.
(Ces quatre arguments renvoient aux quatre dernières idées énoncées ci-dessus)

d. Information, communication, médias, NTIC : questions auxquelles les


candidats peuvent tenter de répondre
- Comment les médias hiérarchisent-ils les informations qu’ils diffusent ?
- Faut-il faire confiance aux journalistes ?
- Quels sont les rapports entre le journalisme et le pouvoir ?
- Pourquoi (et depuis quand) parle-t-on de quatrième pouvoir ?
- En quoi les NTIC participent-elles à la modernisation des services publics ?
- Les NTIC ne risquent-elles pas de « tuer » le livre et donc la lecture ?
- Peut-on apprendre à communiquer ?
- Qu’appelle-t-on les « spins doctors » ?
- Toutes les collectivités territoriales ont-elles besoin d’avoir un site web ?
- Le secret de l’instruction est souvent trahi. Qu’en pensez-vous ?

Comme aucune méthode de dissertation ou de réponse courte n’a encore été mise
en place, il n’est pas encore possible de rédiger une réponse au sujet déjà proposé
sur le téléphone, à savoir :
L’usage du téléphone portable n’a-t-il que des avantages ?
Il n’empêche que vous pouvez constater que les connaissances, points de vue et ar-
guments trouvés plus haut vous permettraient d’organiser une réponse cohérente.
Les lecteurs qui possèdent déjà une technique efficace peuvent, bien sûr, rédiger une

Acquérir et parfaire ses connaissances 33


réponse à ce sujet et en vérifier la pertinence par rapport aux critères méthodiques
énoncés dans les chapitres suivants.
De même ceux qui le souhaitent peuvent s’entraîner à partir d’un des trois sujets don-
nés au concours interne par le CIG de la Grande Couronne lors de la session 2007 :
Question 1 (10 points)
Les médias contribuent-ils au débat démocratique ?

Bibliographie incitative
– Pierre Albert, La presse,Que sais-je ?, 2002.
– Charles de Laubier, La presse sur internet,Que sais-je ?, 2000.
– Dominique Wolton, Penser la communication,Champs, Flammarion ,1998.

34 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Se fabriquer des outils :
notes, fiches, dossiers
Chapitre 2
Thème traité :
Travail, emploi

1.1 Pourquoi se fabriquer « des outils » ?

1. Tout au long du temps que vous aurez programmé pour vous préparer aux
épreuves de culture générale, vous allez lire, prendre des notes, repérer en bi-
bliothèque publique ou dans un centre de documentation (celui de votre col-
lectivité ou celui du CNFPT de votre région) des auteurs, des ouvrages,
découper des articles de journaux ou de revues, photocopier des textes, tra-
vailler sur des dossiers pour faire des synthèses, voir des films, des émissions de
télévision… Et même si vous ne pouvez vous donner un ordre cohérent parmi
toutes ces possibilités tant le hasard, le renvoi d’un ouvrage à un autre, la dif-
fusion d’une émission à une date précise, etc. interdisent une organisation
préalable définitive, intangible, vous devez néanmoins acquérir une méthode
de sélection et d’archivage des informations à conserver et/ou à mémoriser.

Ainsi, si vous ne vous organisez pas dès le départ pour classer et archiver ces docu-
ments, en très peu de temps vous n’arriverez plus à vous y retrouver, et vous perdrez
de précieuses minutes à rechercher une référence, une citation, un chiffre. De même
votre mémoire ne pourra être totalement efficace

2. La mémoire humaine a des capacités prodigieuses. Cependant elle ne peut


tout enregistrer (on ne peut pas apprendre par cœur et retenir tout de tous les
livres qu’on peut lire dans une vie !). Les supports écrits sont indispensables à
tout travail intellectuel. Ces supports doivent, par leur contenu, être sélectifs.

Ceux qui se plaignent le plus de leur « mauvaise mémoire » ignorent souvent les règles
de base d’une bonne mémorisation. Dans ce chapitre, nous allons nous intéresser à
ce qui peut permettre à chacun d’aider sa mémoire à (mieux) travailler. Prendre des
notes et classer sa documentation font partie des outils qui aident la mémoire.

3. Se cultiver, on l’a vu, ce n’est pas seulement emmagasiner des connaissances.


C’est aussi travailler sur ces étranges matériaux que sont les mots, les notions,
les concepts, les idées.

On peut, certes lire sans prendre aucune note. On peut s’intéresser à un thème et
pourtant ne pas garder un article paru dans la presse qui nous a fait réfléchir. On
peut compter sur Internet pour retrouver une information, la chronologie d’évène-
ments d’actualité, ou les grands noms liés à tel ou tel champ de la connaissance.

Mais c’est se priver de tout le processus mental qui s’élabore dans l’acte même de no-
ter, regrouper, faire des synthèses. En un mot mettre de l’ordre dans sa culture.

Acquérir et parfaire ses connaissances 37


Vous pouvez certes retenir la vision des différents aspects d’une question donnée par
un auteur et vous arrêter là. Ou apprendre par cœur les pages de contenu de culture
générale de ce manuel, par exemple !
Ce ne sera pas votre culture. Se fabriquer des fiches et des dossiers permet de s’ap-
proprier vraiment, de façon personnelle, le savoir. Vous aurez peut-être l’impression
d’avancer plus lentement que si vous passiez d’un thème à l’autre sans réelle mé-
thode. Mais, au final, les résultats seront bien meilleurs pour ceux qui auront acquis
non seulement des connaissances mais aussi une méthode de réflexion. Ainsi, face à
un sujet sur lequel vous constatez que vous avez peu de connaissances, vous pourrez
démontrer aux correcteurs ou aux examinateurs vos facultés d’interrogation, d’ana-
lyse, de réflexion, d’organisation, autant de qualités qui rapportent des points… Et
qui sont indispensables à tout rédacteur territorial comme à tout fonctionnaire.
N’oubliez donc jamais que la culture générale peut se définir comme la mise en co-
hérence de connaissances et de méthodes afin de comprendre le monde dans le-
quel nous vivons, afin de répondre aux trois questions éternelles que rappelle
souvent l’historien contemporain Jacques Le Goff, spécialiste du Moyen Âge : « Qui
sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? »

1.2 Prendre des notes

En théorie, prendre des notes est censé s’apprendre au collège et au lycée.


Dans les faits, nombreux sont les bacheliers qui ne savent pas prendre des notes, au
sens de se constituer un outil vraiment susceptible de leur être utile, pour réviser, ou
aller plus loin dans l’étude d’un thème.

Bien sûr, on ne prend pas des notes de la même façon lorsqu’on écoute un cours ou
une conférence, lorsqu’on suit une émission à la radio ou la TV, ou en lisant un essai
de trois cents pages ; chaque situation de prise de notes est différente.

Petit rappel____________________________________________________
Les notes que vous prenez, ce sont VOS notes.
=> Ne vous souciez pas de leur allure aux yeux des autres.
=> N’essayez pas à toute force de prendre des notes lisibles par des tiers.
=> Utilisez des abréviations ou symboles inventés par vous-même, adoptez ceux des
autres uniquement si vous les jugez efficaces.
=> N’hésitez pas à glisser dans vos notes vos propres commentaires, votre réproba-
tion, vos acquiescements, vos questionnements. C’est indispensable.
_____________________________________________________________
Quelques « trucs » peuvent être utiles à qui se prépare à des épreuves de culture gé-
nérale.
Il s’agit ici essentiellement de la prise de notes à partir d’un ouvrage (essai, manuel,

38 La culture générale au concours de rédacteur territorial


encyclopédie…).
À la fin de ce chapitre 2 vous trouverez une illustration de l’application des conseils
suivants :
• N’utiliser que le recto du papier : ceci permet ensuite d’étaler devant soi, sur sa
table de travail, l’ensemble des notes prises, et de visualiser ainsi très rapidement
la structure d’un essai, d’un exposé, d’une argumentation.
• Aérer absolument la mise en page : laisser de grandes marges, sauter des lignes, ré-
server toute une colonne pour annoter par la suite les notes prises, ou pour insérer
au fur et à mesure des repères, des signes divers (?? ou !! ou « à vérifier » ou «//
très important » ou toute idée qui vient à l’esprit pendant la lecture). Une prise de
notes n’est jamais définitive.
• Se constituer un lexique personnel d’abréviations et symboles dont il vaut mieux
ne pas changer tout le temps ! L’important est de pouvoir se relire, même des mois
après.
• Noter l’essentiel, donc a priori pas les exemples, les illustrations, le détail d’énu-
mérations, ni tous les noms propres s’ils sont nombreux dans ce que vous lisez. Ce-
pendant, attention : parfois c’est une anecdote, une citation, voire une digression
de l’auteur qui aide à se souvenir de l’idée principale.
• De la même façon, s’il est inutile de noter toutes les dates, et tous les chiffres, en
revanche, certaines données chiffrées, des pourcentages parfois, sont précieux, de
même que certaines dates clefs.
• Noter l’essentiel peut signifier également noter le plan du texte que vous avez lu.
Tout dépend de vous : c’est-à-dire de ce que vous jugez le plus intéressant.
• Noter ce que l’on ignorait, pas ce qui n’étonne guère ou est parfaitement acquis,
sauf si c’est une étape clef dans l’argumentation de l’auteur
• Essayer de classer les idées ou informations au fur et à mesure de la lecture et de
la prise de notes.

Exemples :
- Mettre sur une colonne les avantages (d’une réforme, d’un phénomène…) et sur une
autre, en vis-à-vis, les inconvénients.
- Ouvrir un feuillet différent pour chaque point de vue sur une question donnée (l’admi-
nistration/les usagers, les employeurs/les employés…)
- Inscrire en marge des repères (une étoile, un triangle, un cercle…) pour distinguer les
divers aspects d’une problématique (aspects juridiques, politiques, économiques,
sociaux…)

Enfin, dernier conseil, qui introduit au sujet du sous-chapitre suivant :


• Toujours indiquer le nom de l’auteur, le titre de l’ouvrage, la date de la publica-
tion, le cas échéant d’autres renseignements pour les utiliser dans vos réponses
écrites ou orales. Noter également la date de la lecture afin d’avoir des repères dans

Acquérir et parfaire ses connaissances 39


votre progression jusqu’aux épreuves écrites puis orales.
Pour les candidats qui se sentiraient démunis face à la prise de notes on conseillera la lec-
ture de l’ouvrage de Jean et Renée Simonet, Savoir prendre des notes,Eyrolles, 2005.

1.3 Faire des fiches

La « fiche de lecture » n’est pas seulement un exercice scolaire servant à évaluer la


qualité de la lecture d’un élève, et ses capacités de synthèse et d’analyse. C’est d’abord
et avant tout un outil de travail qu’on élabore pour soi-même.
Plusieurs types de fiches vont vous être utiles dans votre préparation au concours.

La fiche de lecture

Ses fonctions :
• favoriser la concentration sur l’essentiel d’un texte ou d’un ouvrage, pendant la
lecture elle-même,

• aider à mémoriser ce que l’on a lu,


• être une trace matérielle d’une lecture, à insérer dans un dossier thématique, par
exemple.

Illustration
La fiche thématique

Ses fonctions :
• recenser différentes manières d’aborder un sujet (par l’histoire, la philosophie,
l’économie, les sciences politiques, la sociologie…),

• identifier le lexique propre à un domaine (terminologie, notions, définitions),

• lister les noms des spécialistes d’une question, avec des rappels bibliographiques,
éventuellement les concepts qu’ils ont forgés, les positions qu’ils ont défendues…
• dégager, au-delà du simple répertoire de connaissances, des problématiques.

Illustration
À vous donc de créer la maquette des fiches que vous souhaitez constituer. L’impor-
tant est que ces fiches répondent aux objectifs qui sont les vôtres. Elles doivent être
des objets maniables, vous donner envie de les reprendre, les consulter.

40 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Attention _____________________________________________________
Si vous vous rendez compte qu’une question est beaucoup plus vaste et touffue que
vous ne l’auriez imaginée, n’hésitez pas à transformer une fiche en plusieurs, et à
créer une fiche par sous-thème, ou par discipline, ou par auteur…
_____________________________________________________________
1.4 Constituer des dossiers thématiques

À un certain stade de l’exploration des idées, des phénomènes et des discours sur les
phénomènes, on peut avoir l’impression que tout est relié à tout, que la frontière
entre les champs auxquels s’intéressent deux disciplines (par exemple l’anthro-polo-
gie et les sciences politiques, ou l’économie et le droit) est mince, ou bien floue. On
peut alors se sentir découragé. Comment ne pas partir dans toutes les directions à la
fois ? Comment réfléchir à un thème particulier sans se cantonner à la vision qu’en
donne telle discipline ?

Au fur et à mesure que l’on acquiert des connaissances, il est donc utile de dresser
des ponts entre les différentes branches du savoir, en partant de grands thèmes.
Le présent manuel, par exemple, offre une sélection de quelques-uns des thèmes qui
peuvent constituer des unités distinctes de savoir. C’est bien entendu un découpage
arbitraire, comme on le verra à partir du thème du travail, abordé dans ce chapitre
2. Le travail, est-ce un thème sociologique ? Économique ? Culturel ? Politique ? Psy-
chologique ? Tout cela à la fois, bien sûr. Et comme vous vous préparez à des épreuves
de culture générale, les correcteurs et les examinateurs n’attendent jamais des ré-
ponses de spécialistes de sociologie, d’économie, de politique, etc.

Pour constituer des dossiers thématiques, puisque tout choix de découpage thématique
est arbitraire, partez des centres d’intérêt qui sont les vôtres.
Exemple :
Certains mettront dans un seul dossier tout ce qui concerne le travail, l’emploi, le chômage,
les données économiques de base, la précarité, l’exclusion, etc. D’autres construiront des
dossiers plus légers pour chacun de ces thèmes.
Tout choix de découpage thématique est pertinent : l’important est qu’il vous corresponde,
qu’il ait du sens pour vous.

Que mettre dans un dossier thématique ?


Dans un premier temps : tout ! Tout ce qui vous passe par la main : articles de jour-
naux et magazines, extraits d’ouvrages ou de revues, chronologies, tableaux statis-
tiques, fiches de lecture, notes prises en écoutant un cours ou une émission de radio,
référence d’un essai vu en librairie, travaux personnels réalisés sur la question, et
même une idée ou une question qui vous est venue à l’esprit…
Mais, dans un second temps, vous effectuerez un tri entre l’essentiel et l’accessoire,

Acquérir et parfaire ses connaissances 41


entre l’efficace et l’inutile. Tel article de journal sera supprimé, telle référence sera
remplacée par une autre jugée meilleure, tel chiffre plus récent se substituera à une
donnée plus ancienne.

Exercice__________________________________________________________
Prendre des notes sur le court extrait ci-dessous.
Page suivante, vous trouverez une proposition de correction de cet exercice.

• « […] Si une organisation de plus en plus globale, de plus en plus complexe et hiérar-
chisée améliore l’efficacité de l’effort humain, permet une plus grande maîtrise de l’éco-
nomie et ouvre la possibilité de réduire des fléaux comme la famine et le chômage, elle
a jusqu’ici multiplié du même coup les tâches parcellaires et répétitives, éloigné le tra-
vailleur du produit de son travail, accru sa dépendance à l’égard d’une organisation imper-
sonnelle.
Le « travail en miettes », selon l’expression de G. Friedmann, a été mis au premier plan
des sources de frustration supportées par le travailleur industriel, plus souvent, semble-t-il
d’ailleurs, par des observateurs étrangers que par l’intéressé lui-même. Sans doute la plu-
part des ouvriers souhaitent-ils trouver plus d’intérêt à leurs tâches quotidiennes, mais la
plupart des tâches agricoles d’autrefois, les travaux domestiques de toujours sont eux aussi
fastidieux et limités sans rien devoir de leur ennui à la division du travail. Mais ce qui ajoute
à la pénibilité des tâches de l’ouvrier spécialisé (O.S.), ce sont les diverses formes de dépen-
dance qui en accompagnent l’accomplissement.
• À la dépendance sociale qui, à l’intérieur du travail, remplace la dépendance paysanne
à l’égard des éléments, une proportion non négligeable de salariés essaie toujours
d’échapper ; nombreux sont les ouvriers qui rêvent de s’installer à leur compte, un sur
cinq d’après une enquête française de 1970 (G. Adam) ; quelques-uns le tentent effec-
tivement à leurs risques et périls, et à contre-courant, puisque l’importance du nombre
de salariés ne cesse de croître, qu’elle atteint en 1982, 84 pour 100 de la population
active française, autant que dans le Royaume-Uni, connu pour sa faible population d’agri-
culteurs, et puisque de nombreux employeurs petits ou moyens qui n’ont jamais connu
le salariat sont obligés de l’envisager pour leurs enfants, sinon pour eux-mêmes.
• Le statut du salarié est celui qui souligne le plus la dépendance à la fois sociale, écono-
mique et technique à travers laquelle s’impose la contrainte première du travail, puisque
le contenu des fonctions, le rythme même des tâches sont définis par l’employeur ou par
des services d’organisation du travail dont le premier souci est de réduire les coûts. La
division du travail ne consiste plus sans doute, comme dans l’exemple décrit par Adam
Smith au XVIIIe siècle, à partager la fabrication d’une épingle entre plusieurs ouvriers ;
aujourd’hui, il s’agit de servir des machines très spécialisées. […] seules les grandes séries
justifient l’emploi d’un tel système, mais ces tâches ont pris valeur de symbole : limitées,
définies par un technicien autre que l’exécutant, à la fois dans leurs cadences et dans
leurs méthodes, elles ont fourni l’image de la contrainte la plus poussée qui puisse
s’exercer sur le travail humain.
• En revanche, il est bien des moyens de tourner ou de transformer les contraintes appa-
remment les plus rigoureuses des tâches au rendement individuel ou en petits groupes.
Mais la lutte même qui est souvent menée par les ouvriers spécialisés pour prendre leurs

42 La culture générale au concours de rédacteur territorial


distances par rapport à un tel système est suggestive de leur souci de retrouver une cer-
taine autonomie (P. Bernoux). Il faut d’ailleurs bien préciser le sens de cette lutte : son
objectif n’est pas tant d’aboutir à un élargissement ou à un regroupement des tâches
partielles qui en sont l’occasion, mais de maintenir un certain équilibre entre le travail
fourni, c’est-à-dire la fatigue, et le salaire obtenu en contrepartie.
• C’est dire que l’autonomie recherchée ne concerne pas l’intérêt intrinsèque du travail,
mais le souci d’une certaine marge de liberté dans la réalisation d’une tâche qui est
d’abord un moyen d’obtenir un salaire […] »

Extrait de l’article « Travail et non-travail », Jacqueline Frisch, 1988,


in Encyclopédia Universalis (Tome XXII) 1996. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Propositions de correction ___________________________________________


Voici dans un premier temps un exemple de prise de notes (présentées ici sous la
forme de quelques commentaires que le lecteur pourra compléter par d’autres ré-
flexions ou interrogations personnelles) qui vous propose également une méthode
de travail : quand vous souhaitez prendre des notes à partir d’un texte assez court
collez-le sur une feuille plus grande de manière à pouvoir écrire dans un premier
temps dans les marges. Il vous faudra ensuite noter vos remarques, questions, ré-
flexions, etc. sur une autre feuille de par leur quantité et leur longueur.
« […] Si une organisation de plus en plus globale, de plus en plus complexe et hié-
rarchisée améliore l’efficacité de l’effort humain, permet une plus grande maîtrise de
l’économie et ouvre la possibilité de réduire des fléaux comme la famine et le chô-
mage, elle a jusqu’ici multiplié du même coup les tâches parcellaires et répétitives,
éloigné le travailleur du produit de son travail, accru sa dépendance à l’égard d’une
organisation impersonnelle.
Le « travail en miettes », selon l’expression de G. Friedmann, a été mis au premier
plan des sources de frustration supportées par le travailleur industriel, plus souvent,
semble-t-il d’ailleurs, par des observateurs étrangers que par l’intéressé lui-même.
Sans doute la plupart des ouvriers souhaitent-ils trouver plus d’intérêt à leurs tâches
quotidiennes, mais la plupart des tâches agricoles d’autrefois, les travaux domestiques
de toujours sont eux aussi fastidieux et limités sans rien devoir de leur ennui à la di-
vision du travail. Mais ce qui ajoute à la pénibilité des tâches de l’ouvrier spécialisé
(O.S.), ce sont les diverses formes de dépendance qui en accompagnent l’accomplis-
sement.
• À la dépendance sociale qui, à l’intérieur du travail, remplace la dépendance pay-
sanne à l’égard des éléments, une proportion non négligeable de salariés essaie
toujours d’échapper ; nombreux sont les ouvriers qui rêvent de s’installer à leur
compte, un sur cinq d’après une enquête française de 1970 (G. Adam) ; quelques-
uns le tentent effectivement à leurs risques et périls, et à contre-courant, puisque
l’importance du nombre de salariés ne cesse de croître, qu’elle atteint en 1982, 84
pour 100 de la population active française, autant que dans le Royaume-Uni, connu

Acquérir et parfaire ses connaissances 43


pour sa faible population d’agriculteurs, et puisque de nombreux employeurs pe-
tits ou moyens qui n’ont jamais connu le salariat sont obligés de l’envisager pour
leurs enfants, sinon pour eux-mêmes.
• Le statut du salarié est celui qui souligne le plus la dépendance à la fois sociale, éco-
nomique et technique à travers laquelle s’impose la contrainte première du travail,
puisque le contenu des fonctions, le rythme même des tâches sont définis par l’em-
ployeur ou par des services d’organisation du travail dont le premier souci est de
réduire les coûts. La division du travail ne consiste plus sans doute, comme dans
l’exemple décrit par Adam Smith au XVIIIe siècle, à partager la fabrication d’une
épingle entre plusieurs ouvriers ; aujourd’hui, il s’agit de servir des machines très
spécialisées. […] seules les grandes séries justifient l’emploi d’un tel système, mais
ces tâches ont pris valeur de symbole : limitées, définies par un technicien autre que
l’exécutant, à la fois dans leurs cadences et dans leurs méthodes, elles ont fourni
l’image de la contrainte la plus poussée qui puisse s’exercer sur le travail humain.
• En revanche, il est bien des moyens de tourner ou de transformer les contraintes
apparemment les plus rigoureuses des tâches au rendement individuel ou en petits
groupes. Mais la lutte même qui est souvent menée par les ouvriers spécialisés pour
prendre leurs distances par rapport à un tel système est suggestive de leur souci de
retrouver une certaine autonomie (P. Bernoux). Il faut d’ailleurs bien préciser le sens
de cette lutte : son objectif n’est pas tant d’aboutir à un élargissement ou à un re-
groupement des tâches partielles qui en sont l’occasion, mais de maintenir un cer-
tain équilibre entre le travail fourni, c’est-à-dire la fatigue, et le salaire obtenu en
contrepartie.
• C’est dire que l’autonomie recherchée ne concerne pas l’intérêt intrinsèque du tra-
vail, mais le souci d’une certaine marge de liberté dans la réalisation d’une tâche
qui est d’abord un moyen d’obtenir un salaire. […] »
Extrait de l’article « Travail et non-travail », Jacqueline Frisch, 1988,
in Encyclopédia Universalis (Tome 22) 1996

Voici dans un second temps un exemple de résumé des principales idées à retenir de
ce texte. Comme chacun doit se forger sa propre technique de prise de notes et afin
de rendre ce résumé compréhensible aux lecteurs, il a été rédigé classiquement.
Le travailleur est de plus en plus dépendant des autres salariés.
Il n’accomplit plus de tâche dans sa totalité mais seulement une partie de cette tâche.
Les conséquences psychologiques sont importantes : à la frustration due au taylorisme
s’ajoute le refuge dans le rêve d’une réussite professionnelle accomplie.
Face au développement de la technologie le salarié se sent quasiment inutile. Il n’est
ni indépendant ni autonome.
C’est pourquoi la recherche d’une certaine autonomie est davantage liée à une forme
de reconnaissance personnelle qu’à une amélioration des conditions de travail.

44 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Commentaire personnel :

Ce texte apporte le travail sous un angle plutôt psychologique à partir d’une ana-
lyse des conditions de travail. Sa date (1988) nécessite de comparer cette analyse avec
la situation actuelle qui ne semble guère avoir évolué.
On peut dire qu’un candidat qui retiendrait les principales idées de ce texte résu-
mées ci-dessus et qui trouverait les réponses placées en commentaire aurait fait une
lecture utile de ce texte.

Pour aller plus loin

À partir de ce texte un candidat ayant peu de connaissances sur le thème « travail


et emploi » souhaitera aller plus loin afin d’obtenir davantage d’informations.
(Mais un autre possédant davantage d’informations pourra préférer s’arrêter là et
passer à une autre recherche). Ainsi, à partir des notes prises ci-dessus, des re-
cherches incluant les questions prises en notes pourraient être faites sur :

Recherches sur G. Friedmann,


Recherches sur A. Smith,
(Signalons qu’Adam et Bernoux ne nécessitent pas d’être connus des candidats)
Recherches sur taylorisme, fordisme, stakhanovisme.
Recherches sur les mots « travail », « emploi », « chômage »,
Recherches sociologiques sur ces termes,
Recherches sur « autonomie », « indépendance », « liberté ».

Etc. (chaque lecteur de ce manuel peut avoir envie d’explorer d’autres pistes que
celles-ci en fonction de ses centres d’intérêts, de ses lacunes…)
Ces recherches vont nous permettre de donner un exemple de création d’un dossier
thématique sur « Travail et emploi ». Cet exemple a pour objectifs de vous montrer
comment se bâtit peu à peu un dossier, en fonction des outils et des connaissances
dont chacun dispose mais aussi de vous donner des informations sur les deux termes
qui servent de supports culturels à ce chapitre 2.
Il faut en effet bien comprendre la manière dont élabore un dossier : ainsi vous pou-
vez partir d’un texte, d’un thème proposé dans cet ouvrage ou dans un autre, de la
lecture d’un livre, d’une émission vue à la télévision, etc. Parfois, un texte ne néces-
sitera qu’une prise de notes, parfois, il s’étoffera pour donner une fiche de lecture,
ou sera à l’origine de recherches plus importantes qui se concrétiseront par la créa-
tion d’un dossier. C’est à vous de savoir jusqu’où vous souhaitez aller en fonction du
temps dont vous disposez, de vos connaissances, de vos lacunes, etc.

Acquérir et parfaire ses connaissances 45


Thème 2 : Travail, emploi
Ce thème est traité sous la forme d’un exercice : constituer un dossier sur travail et
emploi. Nous partirons du texte précédemment utilisé, comme un candidat qui au-
rait entamé la constitution de son dossier sur travail et emploi à partir de ce texte,
suite à une recherche dans l’Encyclopaedia Universalis. Cette encyclopédie est sou-
vent utile pour mener des recherches. Ainsi les informations sur le travail constituent
une trentaine de pages extrêmement denses. Mais il appartient au lecteur de sélec-
tionner ce qui lui paraît intéressant. Ainsi, dans ce très long article, c’est certainement
la partie D qui est la plus utile à lire si l’on en retranche les analyses mathématiques.

Exemple de construction possible du dossier

(Notez bien qu’il ne s’agit là que d’un exemple et non d’un corrigé. Chaque lecteur
devra se constituer son propre dossier, non seulement sur ce thème mais également
sur le précédent et les suivants. La construction d’un dossier se fondant sur les connais-
sances, les lacunes, les préférences, le temps disponible de chacun, ce qui suit
n’échappe pas à cette règle).

– Sur George Friedmann :


Sociologue français né en 1902 et mort en 1977, c’est essentiellement à l’étude des
relations de l’homme avec la machine dans les sociétés industrielles de la première
moitié du vingtième siècle qu’il se consacre.
Le travail en miettes paraît en 1956.

– Sur Adam Smith :


Cet économiste écossais (1723-1790) publie en 1776 son maître ouvrage : Recherches
sur la nature et les causes de la richesse des nations. Il est à l’origine du libéralisme
économique puisqu’il défend la non-intervention de l'État en matière économique et
le libre-échange. C’est à lui que l’on doit la théorie de « la main invisible » au cha-
pitre II du livre IV : chaque individu en travaillant à son propre intérêt travaille éga-
lement sans le vouloir à l’intérêt de la société, comme s’il était «… Conduit par une
main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions. » Mais
Adam Smith prône également un impôt sur le revenu proportionnel à celui-ci car il
ne faut pas oublier que le libéralisme économique se fonde sur un libéralisme poli-
tique, lui-même résultant d’une réflexion morale.
C’est dans le premier chapitre du premier livre qu’il traite de la division du travail,
d’où la référence faite par Jacqueline Frisch.
Voici un court extrait de cet ouvrage :
« Mais l’homme a presque continuellement besoin du secours de ses semblables, et
c’est en vain qu’il l’attendrait de leur seule bienveillance. Il sera bien plus sûr de réus-

Acquérir et parfaire ses connaissances 47


sir, s’il s’adresse à leur intérêt personnel et s’il leur persuade que leur propre avan-
tage leur commande de faire ce qu’il souhaite d’eux. C’est ce que fait celui qui pro-
pose à un autre un marché quelconque ; le sens de sa proposition est ceci : donnez-moi
ce dont j’ai besoin, et vous aurez de moi ce dont vous avez besoin vous-même ; et la
plus grande partie de ces bons offices qui vous sont nécessaires s’obtiennent de cette
façon. Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière et du bou-
langer, que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs in-
térêts. Nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme ; et ce n’est
jamais de nos besoins que nous leur parlons, mais c’est toujours de leur avantage ».
Adam Smith, in La richesse des nations (Livre I, chapitre II).

Sur le taylorisme :
Le taylorisme est une organisation scientifique du travail (OST) mise au point par Fre-
derick Winslow Taylor (1856-1915) à partir d’une mesure pratique (chronométrée du
temps d’exécution d’une tâche.)

Sur le fordisme :
Le fordisme est un mode de développement de l’entreprise (ou d’organisation du tra-
vail), inventé par Henry Ford (1863-1947) dans le but de développer l’entreprise en
accroissant à la fois sa production et sa productivité à partir de plusieurs principes :
– Division du travail,
– standardisation,
– augmentation du pouvoir d’achat des ouvriers.

Sur le stakhanovisme :
Il s’agit d’une méthode fondée sur l’étude du travail pour augmenter le rendement
dans les pays d’économie socialiste. Elle tire son nom d’un ouvrier soviétique : Alek-
sei Stakhanov (1906-1978), mineur qui établit un record d’extraction de charbon. Mais
on sait aujourd’hui que ce record fut orchestré par le gouvernement de l’époque.

Sur le toyotisme :
On peut ici ajouter cette culture d’entreprise qui vise essentiellement le « zéro dé-
faut » et qui a hissé le constructeur automobile à la première place.

Recherches sur les mots « travail », « emploi », « chômage » :


Ces trois termes peuvent être définis ensemble car si…
- le travail est l’utilisation de compétences à des fins d’utilité…
- l’emploi est une forme organisée du travail…
- et le chômage désigne, lui, l’absence d’emploi.

48 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Les termes de ce triptyque sont donc liés les uns aux autres. Ils fournissent de plus un
nombre de thèmes de recherches et de réflexions qui occuperaient à eux seuls tout
le temps de préparation disponible pour chaque candidat. C’est pourquoi afin de
poursuivre l’élaboration de notre dossier, il est préférable de renvoyer le lecteur à
des lectures qui constitueraient peu à peu ce dossier.

Ainsi le site internet www.vie-publique.fr permet de lire avec profit les dossiers très
courts suivants :
- La régulation des relations de travail (1950-2006).
- Évaluation de la politique de l’emploi.
- Comment le chômage est-il indemnisé ?

Un ouvrage permettra de mettre en perspective toutes les recherches faites :


– Daniel Cohen, Trois leçons sur la société postindustrielle, Seuil, 2006.
Cet ouvrage qui se divise en trois parties (la première analyse les raisons de l’essouf-
flement de la société industrielle ; la deuxième s’intéresse à l’influence de la mon-
dialisation sur l’organisation de cette société ; enfin la troisième et dernière partie
porte sur la régulation de la société postindustrielle) est davantage conseillé aux can-
didats au concours externe dont les réflexions doivent être plus approfondies que
celles des candidats au concours interne de par la nature de leur épreuve respective.
Une fiche de lecture sera alors nécessaire pour rendre cette étude efficace.
Un roman, un ouvrage de fond et un film pourront achever la constitution de ce dossier :
Émile Zola, Germinal.
Jean-Michel Fahy, Le chômage en France,Que sais-je ?, 2001

Le film :

• Une époque formidable de et avec Gérard Jugnot.


Pour ceux qui disposeraient davantage de temps des recherches pour compléter les
informations volontairement critiques suivantes pourraient être faites.

La réduction du temps de travail :

• Elle bénéficie bien plus aux cadres et au personnel des grandes entreprises qu’aux
employés et ouvriers et au personnel des PME.
• Les petites entreprises se plaignent de ne pouvoir en profiter pour embaucher plus,
et parfois d’avoir des difficultés pour maintenir leur activité.

Acquérir et parfaire ses connaissances 49


L’existence des emplois dits « aidés » (CES, CIE, emplois jeunes, etc.) :

• Certaines entreprises abusent de ces emplois et du coup n’embauchent pas des per-
sonnes ne répondant pas aux critères d’accès à ces emplois.
• Les bas revenus générés par ces emplois ne permettent pas l’autonomie des per-
sonnes employées ainsi.
• Ces revenus faibles et précaires privent le marché d’une potentielle demande de
consommation. (On parle des travailleurs pauvres)
• Ces aides à l’emploi sont un coût important dans le budget de l'État.

La raréfaction des emplois physiquement pénibles et du travail peu qualifié


dans les pays occidentaux :

• Elle laisse sans perspective d’emploi les nombreuses personnes qui ont un faible ni-
veau d’étude.
• Elle provient pour une part de délocalisations dans des pays où la main-d’œuvre
n’est pas protégée par un droit du travail.

Enfin, pour ceux qui disposeraient d’encore plus de temps une réflexion plus précise
pourrait être menée sur un thème qui relie travail, emploi et chômage : celui des dé-
localisations (out sourcing).
Un fil conducteur à leurs recherches pourrait être le sujet suivant :
Que pensez-vous de cette affirmation de Thomas Paine :
« Le négoce diminue le sens du patriotisme ? »
Rappelons que Thomas Paine (1737-1809) est un publiciste et un homme politique
américain auteur en 1776 du Common Sense, ouvrage dans lequel il défendait les in-
surgés américains. Ajoutons que, devenu citoyen français, il siégea en 1792 à la
Convention.
Pour vous guider dans votre réflexion voici un article extrait du journal Le Monde.

Ne pas délocaliser sans raisonner

Article paru dans l’édition du 30.11.06


Comment sortir des stéréotypes convenus et souvent lénifiants qui accompagnent la
plupart des discours sur la question des délocalisations ? De la plupart des rapports
consacrés à ce phénomène émerge un constat uniforme : l’impossibilité d’évaluer pré-
cisément son ampleur. Celui qu’a rendu mercredi 29 novembre Chantal Brunel (UMP,
Seine-et-Marne) au nom de la mission de l’Assemblée nationale sur les délocalisations

50 La culture générale au concours de rédacteur territorial


prend ce problème à bras-le-corps : avant de développer ses recommandations, elle
propose de confier au Conseil d’orientation pour l’emploi la mission de créer un « ob-
servatoire des délocalisations ». Ce travail de suivi au sein d’un organisme existant et
pluraliste permettrait, estime Mme Brunel, de « revenir sur la tendance à l’abandon
de l’expertise sur les sujets internationaux aux think tanks européens ou américains
et au prêt à penser d’institutions internationales ».
Ancienne chef d’entreprise, membre des « réformateurs » d’inspiration libérale, la dé-
putée surprend en refusant de s’inscrire dans le courant de pensée, largement ré-
pandu dans son camp politique, qui voit dans les délocalisations la conséquence
normale et inéluctable de la concurrence et de la mondialisation : « Sur le long terme, l’in-
différence aux conséquences sociales négatives de la mondialisation et à tout souci éthique
ne pourrait que provoquer un fort mouvement en faveur du protectionnisme. »
Ses propositions visent, dans un premier temps, à concentrer les aides sur les entre-
prises qui peuvent être sauvées, à évaluer systématiquement l’efficacité de ces aides,
les régions en assumant la coordination. Elle suggère, par exemple, « que des enga-
gements sur la création ou le maintien d’emplois conditionnent l’octroi de ces aides
et que le non-respect de ces engagements soit sanctionné ».
Mme Brunel engage un autre débat. Les statistiques assimilent à une délocalisation
la substitution de production quand une entreprise renonce à produire en France
pour produire ou sous-traiter à l’étranger. Pour Mme Brunel doivent être considérés
comme délocalisations « tous les arbitrages d’entreprise qui renoncent à maintenir,
développer ou créer leurs activités en France ».
Pour elle, l’étude, réalisée en 2005 par l’Insee, qui fait état d’environ 13 500 emplois
perdus par an sur la période 1995-2001, outre le fait qu’elle ne concerne que
l’industrie manufacturière hors énergie, ne rend que partiellement compte de la
réalité. Aux emplois délocalisés au sens strict, la députée considère qu’il convient
d’ajouter les emplois « non localisés ». « Dans l’hypothèse, indique-t-elle, où la pro-
portion de 4 emplois « non localisés » pour un emploi délocalisé constatée dans les
services se vérifiait dans l’industrie, ce ne seraient plus 13 500 emplois industriels qui
seraient affectés par an par les délocalisations mais plus de 60 000. »
Patrick Roger

Il vous est possible de mener sur cet article la même démarche que celle entreprise
dans le paragraphe « Constituer des dossiers thématiques » p.41.
À noter que le site internet du Monde (www.lemonde.fr) est consultable gratuite-
ment sur les quelques jours qui précèdent la date de consultation.

À retenir __________________________________________________________
Le lecteur aura constaté que la constitution d’un dossier se fait à l’aide de lecture de dif-
férents supports : articles de dictionnaire, articles de presse, extraits d’ouvrage, dossiers sur
l’internet, ouvrages entiers nécessitant la rédaction d’une fiche de lecture, etc.
__________________________________________________________________

Acquérir et parfaire ses connaissances 51


Les lecteurs qui le souhaitent peuvent appliquer la démarche proposée afin de dé-
couvrir des informations qui permettraient de répondre à l’une des trois questions de
concours interne de rédacteur organisé par le CIG de la Grande Couronne en sep-
tembre 2007. Cette question était libellée comme suit :

Question 2 (5 points)
La discrimination à l’embauche : quelles réalités et quelles solutions ?

Bibliographie incitative
– Daniel Cohen, Trois leçons sur la société postindustrielle ,Seuil, 2006.
– Roger Vaillant, 325 000 francs. (À emprunter en bibliothèque car épuisé)

52 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Explorer plusieurs
aspects d’une même
question
Chapitre 3
Thème traité :
Relations hommes-femmes

Explorer plusieurs aspects


1.1 Y a-t-il des matières ou disciplines à privilégier ?

Le savoir est organisé en différentes catégories, en différentes sciences, qu’on appelle


matières ou disciplines, elles-mêmes souvent subdivisées en plusieurs branches.
Ainsi, le droit se divise en droit public et droit privé. À son tour, le droit public com-
prend le droit constitutionnel, le droit administratif et le droit fiscal ; de même le
droit privé regroupe droit civil, droit social, droit commercial, etc.

Autre exemple : les sciences de la nature ou sciences naturelles, se subdivisent en plu-


sieurs branches qui sont la géologie, la minéralogie, la botanique, la zoologie et la
biologie.
Dans d’autres domaines, le classement est moins clair. L’anthropologie, étymologi-
quement « science de l’homme », renvoie selon les auteurs soit uniquement à l’étude
des peuples humains, des sociétés, qui est pour d’autres l’ethnologie, soit à l’ensemble
des sciences dites humaines, c’est-à-dire à toutes les disciplines qui s’occupent d’étu-
dier l’homme, seul ou en société ; on réunit là des disciplines aussi diverses que la psy-
chologie, la sociologie, et la linguistique, éventuellement l’histoire, la préhistoire,
l’archéologie, voire l’économie, ou le droit ! (Et la boucle est bouclée !) On pourrait
ajouter que l’histoire peut s’intéresser aux idées, aux mentalités, aux modes de vie,
aux événements, etc.
Les rapports homme-femme intéressent donc un grand nombre, voire toutes les dis-
ciplines évoquées ci-dessus.

Plus on progresse dans l’étude d’une science, plus on est amené à se spécialiser,
d’abord dans une branche donnée, puis dans un domaine seulement de cette branche.
La culture générale, nous l’avons dit, est une sorte de bagage commun à toutes les
personnes instruites, quelle que soit la discipline dans laquelle ces personnes se sont
spécialisées. Ce bagage commun est nécessairement constitué de l’apport de plusieurs
disciplines. Une des grandes difficultés est donc de ne tomber ni dans la superficia-
lité en tentant de posséder un savoir sommaire dans toutes les disciplines, ni à l’in-
verse dans l’érudition en privilégiant un domaine au détriment de tous les autres.

Acquérir et parfaire ses connaissances 55


Chaque discipline a son histoire propre : elle est née à une certaine époque, a reçu
des influences de telles ou telles civilisations, s’est développée d’une certaine manière
au cours des siècles ou des décennies à cause de circonstances sociales, politiques, éco-
nomiques particulières.
Il existe d’ailleurs « une science des sciences » qui étudie l’origine, le développement
et la portée des sciences. C’est l’épistémologie (du grec « épistémê », science). Grâce
à cette discipline, on peut réaliser que le savoir humain est fait de vérités à un temps
T, lesquelles peuvent être abandonnées par la suite au profit d’autres vérités, les
sciences n’étant plus que des suites d’erreurs corrigées, voire une succession de
probabilités à confirmer ou à infirmer. Même en s’obligeant à la plus grande rigueur,
les savants de tous les temps construisent des savoirs en fonction des représentations
du monde qui sont celles de leur époque.

Les candidats à des épreuves de culture générale doivent donc tenter d’avoir une ap-
proche rigoureuse de ce « bagage commun » en n’oubliant pas que les savoirs, les
techniques, les points de vue qui le constituent sont sujets au changement. Comme
le dit Montaigne dans le deuxième chapitre du troisième livre des Essais : « Je ne peins
pas l’être, je peins le passage. » La culture générale peut donc être définie comme la
compréhension de ce « passage » incessant d’un état à un autre pour chacun, pour
la société, pour les civilisations, etc.

À retenir __________________________________________________________
Étudier ce que telle science dit de tel phénomène ou telle question doit se faire en
analysant le langage propre de cette science, en ayant une vision critique de cette
science. Tous les concepts (l’égalité, la liberté, la sécurité, le bonheur, etc.) ont des
définitions variables selon les auteurs, les cultures, les époques.
À vous d’avoir une approche générale.
__________________________________________________________________

Illustration à partir du mot « machisme » :

Imaginez que dans le cadre d’un sujet de dissertation pour les candidats au
concours externe ou dans une réponse courte pour les candidats au concours in-
terne vous ayez besoin de définir le mot « machisme ». (Pensez également qu’une
telle définition pourrait vous être demandée durant l’épreuve de commentaire de
texte à l’oral).

Si vous commencez certainement par rappeler que ce terme est formé du substantif
macho (l’homme qui fait sentir aux femmes sa supériorité de mâle) et du suffixe
isme qui en général traduit la supériorité du substantif qu’il complète (comme dans
socialisme, libéralisme, etc.), vous continuerez sans doute en rattachant ce nom
commun à d’autres mots de sens quasiment équivalent comme misogyne ou phal-

56 La culture générale au concours de rédacteur territorial


locrate. Un misogyne est quelqu’un qui haït (misein) les femmes (gunê) ; le phal-
locrate désigne celui qui est en faveur de la domination (cratie) de l’homme (phal-
lus) sur la femme.
Et selon l’épreuve que vous passez et le temps dont vous disposez (voire à l’oral
selon les questions des examinateurs) vous pourrez poursuivre par un rappel his-
torique de la domination de l’homme de par ses fonctions guerrières même s’il est
possible de parler également de sociétés matriarcales, c’est-à-dire de sociétés dans
lesquelles le pouvoir appartient aux femmes, notamment dans les sociétés préhis-
toriques de cueillette et de chasse. Certains candidats penseront pour illustrer ce
propos aux Amazones.
Quant au machisme il vous fera peut-être penser au mythe de Dom Juan repris par
Molière (1622-1673) par exemple. Ou encore à Casanova (1725-1798). Mais ce terme
vous amènera certainement à démontrer qu’à une société dominée exclusivement
par l’homme se substituent des mœurs qui peu à peu donnent aux femmes une si-
tuation d’égalité, même si cette reconnaissance est très loin d’être totalement réa-
lisée comme nous le verrons dans l’analyse du thème correspondant à ce chapitre
en complétant très largement cette première approche.
Ainsi pour résumer, définir le mot machisme peut permettre selon le temps dont
on dispose de compléter une définition linguistique fondée sur l’étymologie par
une analyse historique, littéraire, etc. permettant de montrer l’évolution de la
société ou du moins de certaines sociétés.

1.2 Avoir une approche pluridisciplinaire

Partir de grands thèmes plutôt que de domaines du savoir, de disciplines, permet d’ex-
plorer simultanément l’apport de plusieurs disciplines à un même sujet d’étude.

Attention _________________________________________________________
Bien souvent, on a tendance à rattacher un thème à une certaine discipline.
Par exemple, les relations parents enfants semblent a priori une question qui inté-
resse la psychologie ; la mondialisation, un phénomène étudié par l’économie ; les
religions, un thème concernant la sociologie, etc.
Or il est rare qu’un thème soit du ressort d’une seule discipline…
__________________________________________________________________

Lorsqu’on se penche sur un thème donné, il est intéressant de se demander d’emblée


quels champs du savoir, quelles disciplines, peuvent bien avoir « quelque chose à
dire » sur ce thème.
Posez-vous cette question dès le travail de premier débroussaillage, au moment où
vous notez tous les points qui vous viennent à l’esprit s’agissant du thème que vous
allez étudier.

Acquérir et parfaire ses connaissances 57


Illustration :
Vous devez, pour pouvoir répondre à un sujet de réflexion dans le cadre d’une pré-
paration écrite, avoir une première approche du thème : les relations entre hommes
et femmes. (Un sujet possible pourrait être : les relations homme-femme sont-elles
aujourd’hui plus égalitaires ?)

Parmi les idées, constats, illustrations, qui me sont venus, j’ai noté :

(Nous nous limitons volontairement ici à une dizaine d’idées, constats, exemples
sans aucune organisation pour rester dans le cadre d’une première approche
comme s’il s’agissait d’un brouillon dont seule la forme est travaillée pour rendre
le fond compréhensible).

– Relations historiquement inégalitaires


– Le père de famille est le chef de famille jusque récemment
– Le chef de famille a longtemps décidé du mariage de ses filles
– Le droit de vote des femmes est récent en France
– L’avortement est actuellement débattu au Portugal
– L’amour courtois au Moyen Âge est un contre exemple intéressant
– La loi sur la parité est jugée peu efficace
– Les salaires des femmes sont encore inférieurs dans le privé à ceux des hommes
– On emploie l’expression de « plafond de verre »
– La domination de l’homme est encore prônée dans certaines sociétés, religions,
etc.
– Penser à des exemples de femmes célèbres comme Simone de Beauvoir, etc.

Je reprends chacun des points de cette liste, et je m’interroge :


• Quelles disciplines ont pu travailler sur la question ? Quels sont les domaines concer-
nés par chacun des divers aspects du thème qui m’intéresse ?

– Les disciplines qui ont pu travailler sur la question :


– L’histoire :
Relations historiquement inégalitaires, rôle du père de famille
– Le droit :
Statut du chef de famille
– La sociologie :
Le plafond de verre, l’analyse des sociétés.
– L’économie :
Les salaires
– La politique :
L’avortement, le droit de vote.

58 La culture générale au concours de rédacteur territorial


– La littérature,
L’amour courtois
Simone de Beauvoir (1908-1986) publie Le deuxième sexe en 1949.

– Les domaines concernés :


– Le couple,
– La sexualité,
– Le monde du travail,
– Les relations humaines,
– Le sport,
– L’Éducation Nationale,
– Etc.

En regard des points de ma liste, j’indique tout de suite les disciplines qui pourront
m’apporter un éclairage intéressant sur ce sujet :

Les principales disciplines qui permettraient de bâtir une réflexion solide sont au
nombre de trois :
– L’histoire,
– La sociologie,
– Le droit

Toutes les autres peuvent en effet se rattacher à elles. De même, tous les thèmes pos-
sibles peuvent être analysés à travers elles.

De plus le recours à ces trois disciplines permettrait de bâtir un plan efficace du type :
1 : étude historique des rapports hommes-femmes.
2 : modifications législatives introduites en droit français ou dans d’autres États.
3 : analyse sociologique du monde contemporain permettant au candidat de ré-
pondre au sujet.
Pour terminer sur cet exemple ajoutons que cette proposition de recourir principale-
ment à ces trois disciplines n’interdit pas d’intégrer à la réflexion d’autres approches,
d’autres illustrations. Ainsi les modifications législatives imposent de s’intéresser au
rôle du politique. De même la troisième partie inclurait des réflexions économiques.
Enfin, tous les domaines recensés ci-dessus et d’autres encore pourraient être analy-
sés à l’intérieur des trois dominantes qui ne nécessiteraient en aucun cas une approche
de spécialiste.

Acquérir et parfaire ses connaissances 59


1.3 Avoir une approche critique
1. La nécessaire lutte contre les préjugés
Il va de soi qu’un travail de préparation à une épreuve de culture générale est un tra-
vail d’approfondissement, au cours duquel vous allez être amené(e) à réévaluer des
opinions constituées antérieurement, des certitudes, des croyances peut-être.
Il est important de partir à la découverte de ce que d’autres ont observé, pensé, dit,
avec l’esprit le plus ouvert possible. Au moment où on les découvre, certaines théo-
ries déroutent, et peuvent même agacer, choquer, ou angoisser. Certains thèmes sont
a priori plus difficiles que d’autres, mais parfois, au détour d’une question apparem-
ment neutre, on éprouve un malaise, on se sent dérangé dans ses habitudes de pen-
sée.
Paradoxalement, il est plus facile de se faire une opinion sur une question que l’on
maîtrise mal. Lorsqu’on commence à mieux la cerner, on en saisit davantage toute la
complexité.

Illustration :
Prenons comme exemple la journée internationale des femmes célébrée chaque 8
mars suite à une décision des Nations Unies en 1977 et officialisée en France de-
puis 1982. Même si cette journée est l’occasion de témoigner des avancées de l’éga-
lité homme-femme mais aussi des disparités qui existent encore, certain(e)s voient
dans cette journée une forme d’humiliation pour les femmes. Comment, en effet,
ne pas considérer qu’une journée consacrée à la lutte féminine est une forme de
concession qui lui est faite, concession oubliée les 364 autres jours de l’année ?
Comment ne pas penser que l’égalité homme-femme impliquerait la suppression
de cette journée ?
Mais à l’inverse il serait naïf de ne pas voir dans cette journée une manière effi-
cace de rappeler que la lutte pour cette égalité est loin d’être gagnée. Plus qu’un
symbole discutable, cette journée est un moyen de lutte efficace à une époque ou
la médiatisation des manifestations est un moyen indispensable pour obtenir des
avancées significatives.

Ainsi les candidats qui sont en faveur de cette journée doivent impérativement s’in-
terroger sur les arguments de ceux qui sont contre et inversement. Ainsi, même si
le résultat d’une telle analyse ne remet pas obligatoirement en cause l’opinion de
chacun, cette analyse permet de fonder son jugement sur des arguments dus à une
réflexion raisonnée.

Le même exercice peut être fait avant de lire ce qui suit à partir de la féminisation
de certains noms : gadget ou arsenal juridique efficace ? Tel pourrait être la for-
mulation du sujet.

60 La culture générale au concours de rédacteur territorial


À retenir __________________________________________________________
Règle d’or : ne pas se précipiter pour se faire une opinion, (même pas pour une
opinion différente de la toute première, celle forgée avant de se plonger dans
l’étude d’une question).
Sur certains thèmes, vous allez rester sur des questions plutôt que sur des réponses.
Si vous prenez plaisir à cette étape de l’afflux de questions sans certitude, c’est
gagné ! Vous serez à même de présenter les questions de façon claire, mais dans leur
complexité, et ce sera bien plus riche qu’une argumentation pour démontrer… un
préjugé !
__________________________________________________________________

2. « Garder ses distances ». Être épistémologue


Sur une même question, vous allez forcément lire, entendre, étudier des propos
contradictoires. Certains ne seront qu’apparemment contradictoires, d’autres le se-
ront vraiment.
Pour démêler cet écheveau sans fin, il faut être très rigoureux dans son travail.
Par exemple, ne pas noter une idée sans mentionner son auteur, la source, et peut-
être, si vous avez peur de l’oublier, la date, ou l'« école » de pensée à laquelle ap-
partient l’auteur.

Attention _________________________________________________________
Certains termes, selon qu’ils sont utilisés par tel auteur ou tel autre, ou selon qu’ils
sont employés dans tel domaine ou dans tel autre, ne signifient pas du tout la même
chose.
Par exemple, le mot plaisir selon qu’il sera utilisé dans une analyse sociologique,
scientifique ou dans une approche religieuse n’entraînera pas le même point de vue.
L’approche sociologique mettra en évidence dans la société d’aujourd’hui la
recherche du plaisir comme sensation ou émotion agréables et se poursuivra par une
analyse des causes et des conséquences d’une telle recherche. L’analyse scientifique
du plaisir comme objectif d’une relation sexuelle le plaisir comme un bien-être, une
satisfaction des sens en rapport avec la libido sans jugement particulier. Une
approche religieuse sera certainement plus critique sur le plaisir comme synonyme
de volupté et donc dénoncé comme un péché. Enfin une approche philosophique
s’interrogera, elle, sur le plaisir comme devoir !
Le même phénomène se retrouve à propos de mots très divers comme : matérialisme,
individualisme, mythe, populaire, anarchique, utopie, imaginaire, fétichisme, et bien
d’autres…
__________________________________________________________________
• Connaître l’histoire des idées, le moment et le lieu d’apparition d’une notion, est
inséparable de la connaissance de ces idées ou notions. L’utilisation de certains
termes hors du contexte où ils sont apparus n’a aucun sens.

Acquérir et parfaire ses connaissances 61


Voici quelques exemples qui ne peuvent pas concerner exclusivement le thème des
rapports hommes-femmes pour illustrer ce point :
– Le mot drogue a été longtemps utilisé pour parler de tout produit à usage médici-
nal, ou même ménager (on parle encore de la droguerie, des droguistes). Quand
on dit aujourd’hui « la drogue », on entend bien sûr autre chose…
– L’esclave chez les Grecs anciens n’a rien de comparable avec l’esclave de l’époque
de « la traite des Nègres ».
– L’adolescence comme étape dans la vie et comme groupe social est une notion in-
connue jusqu’à la fin du XIXe siècle. Elle a très peu de réalité dans de nombreux
pays du monde.
– Au Moyen Âge, en France, et même à l’âge classique et jusqu’à la Révolution, les
mots nation, nationalité, étrangers, n’existent pas, ou bien ont d’autres sens qu’au-
jourd’hui.
– L’idée que le mariage est lié au sentiment amoureux est une idée moderne, et oc-
cidentale. Mariage et amour ne sont pas forcément liés.
– Le concept de laïcité tel qu’on l’emploie aujourd’hui est récent (à peine plus d’un
siècle). Auparavant, un laïc, c’est une personne qui n’appartient pas au clergé, un
« non-religieux ».

À retenir __________________________________________________________
Évitez les généralités, les transpositions (utilisation d’une notion dans un autre
contexte que celui où elle est apparue), les comparaisons impossibles, les anachro-
nismes.
__________________________________________________________________

Penser aux différents points de vue possibles


On a souvent tendance à chercher à faire le point sur une question en distinguant
aspects positifs/aspects négatifs
ou
avantages/inconvénients
ou
problèmes/solutions.
Or, dans de nombreux domaines, ce découpage ne permet guère de comprendre les
phénomènes ou leurs enjeux.
Exemple :
Dans le domaine des rapports homme-femme :

62 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Doit-on classer comme « élément positif », et sans réserve, les trois évolutions sui-
vantes :
– L’accès des femmes à des fonctions militaires
alors que ces fonctions peuvent être dangereuses,
alors que le machisme qui règne encore dans cet univers démultiplie les dif-
ficultés d’adaptation des recrues de sexe féminin ?
– Les progrès de la recherche médicale
alors qu’ils permettent à des femmes ayant dépassé l’âge biologique d’avoir
des enfants de devenir mères,
alors qu’ils ne prennent pas en compte les besoins de l’enfant ?
– La légalisation du travail de nuit des femmes
alors que ce dispositif est peu compatible avec l’emploi du temps de mère de
famille,
alors que le travail de nuit est particulièrement pénible aussi bien pour les
hommes que pour les femmes ?

Ces quelques exemples illustrent l’importance de considérer chaque fait, chaque phé-
nomène, chaque dispositif réglementaire, selon PLUSIEURS POINTS DE VUE.

Exercice __________________________________________________________
SUR LES DIFFÉRENTS POINTS DE VUE À PRENDRE EN COMPTE
À propos du thème des relations entre hommes et femmes, et de l’égalité
hommes/femmes
En vous inspirant de l’exemple donné page 43 (illustration : les relations hommes-
femmes), et en réfléchissant à plusieurs types de causes ou conséquences des évolu-
tions ou réformes suivantes, cherchez des raisons pouvant permettre puis empêcher
de classer sans réserve comme « élément positif » :
- 1 La quasi-disparition du mouvement féministe dans la génération qui est aujour-
d’hui à l’âge de l’adolescence.
- 2 La libération sexuelle et la fin de la censure des images du corps nu ou de la sexua-
lité dans les médias.
- 3 Les textes sur l’égalité au travail.
- 4 La féminisation des noms de professions ou des titres.
- 5 La loi sur la parité en politique.
Un exemple de réponse vous est fourni dans les pages suivantes.

Acquérir et parfaire ses connaissances 63


Thème 3 : Relations hommes/femmes
Le traitement de ce thème se fonde sur des réponses possibles à la consigne donnée
dans l’exercice précédent. Chaque réponse est introduite par quelques informations
en rapport avec le contexte. Une bibliographie succincte sur les rapports homme-
femme se trouve à la fin de ce chapitre.

a. La quasi-disparition du mouvement féministe dans la génération qui est aujour-


d’hui à l’âge de l’adolescence

Éléments de contextualisation

Mot apparu au dix-neuvième siècle, le féminisme désigne la doctrine qui préconise


l’extension des droits et du rôle de la femme dans la société.
Son sens est donc essentiellement politique puisqu’il renvoie depuis les années 70 au
M.L.F, à savoir le Mouvement de libération des femmes, mouvement qui revendique
l’égalité entre les hommes et les femmes.
Il s’agit en effet pour les femmes de s’affranchir de la domination masculine, de
s’émanciper afin d’obtenir une place égale dans la société. Volonté qu’expriment en
Angleterre au début du vingtième siècle les suffragettes dont la plus célèbre est Em-
meline Pankhurst.
À ce nom doivent s’en ajouter deux autres : celui d’Olympe de Gouges (1748-1793)
qui publie en 1791 La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne et Si-
mone de Beauvoir (1908-1986) auteur du Deuxième sexe, ouvrage écrit en 1949.
Aujourd’hui c’est certainement le Mouvement Ni putes ni soumises (MNPNS) (www.ni-
putesnisoumises.com) qui est le plus connu. Créé en 2003 et présidé aujourd’hui par
Fadela Amara, il cherche à promouvoir le féminisme dans le respect des valeurs ré-
publicaines.

Raisons fondant un jugement positif

• Cette disparition peut donner à penser que l’égalité homme-femme est entrée dans
les mœurs.
• Les adolescents d’aujourd’hui ne considèrent plus l’égalité homme-femme comme
un combat à mener.
• Les adolescents constatent au lycée puis à l’université qu’il n’y a plus de discrimi-
nations entre les garçons et les filles.
• Les filles réussissent aussi bien voire mieux que les garçons dans leurs études.
• Il y a aujourd’hui davantage de filles que de garçons à l’université.

Acquérir et parfaire ses connaissances 65


Raisons fondant un jugement négatif

• Cette disparition traduit peut-être non le fait que l’égalité prônée par les féministes
soit réalisée mais la résignation des jeunes filles à l’inégalité.
• Il se pourrait que les jeunes filles n’osent pas revendiquer des droits par peur d’être
rejetées.
• Certaines inégalités (dans les propos, dans l’attitude de certains garçons) sont consi-
dérées comme normales, et intégrées comme telles.
• Les difficultés sociales peuvent prendre le pas sur les revendications féministes.
• Le mal-être de certaines jeunes filles est davantage d’ordre psychologique que social.

b. La libération sexuelle et la fin de la censure des images du corps nu ou de la sexua-


lité dans les médias

Éléments de contextualisation

En France deux dates fondamentales sont à retenir en matière de libération sexuelle


de la femme :
• 1967 pour la loi Neuwirth (né en 1924)
• 1975 pour la loi Veil (née en 1927).
La loi dite loi Neuwirth votée le 28 décembre 1967 autorise la contraception. Mais
cette légalisation de la pilule ne s’accompagne pas de son remboursement par la sé-
curité sociale.
La loi dite loi Veil adoptée le 17 janvier 1975 autorise l’interruption volontaire de
grossesse (IVG) dans un cadre bien défini, notamment pour ce qui concerne le délai
légal.
Pour ce qui concerne la fin de la censure des images de corps nus ou de la sexualité
dans les médias, il convient de rappeler que la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de
la presse a été pour le moins assouplie, la censure se faisant moins rigoureuse et moins
arbitraire. L’essentiel est de protéger les mineurs d’images ou de textes au contenu
pornographique, protection rendue plus difficile avec l’apparition d’internet. Pour le
cinéma, la loi du 30 décembre 1975 crée une catégorie spéciale dite catégorie X.
Si le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel joue tout son rôle dans ce contexte pour ce
qui est de la télévision et de la radio, il faut cependant rappeler la responsabilité des
parents en la matière de par le contrôle qu’ils ont à exercer sur leurs enfants.

Raisons fondant un jugement positif

• La libération sexuelle supprime la domination de l’homme puisqu’elle laisse à la

66 La culture générale au concours de rédacteur territorial


femme la libre gestion de sa sexualité.
• Cette libération renforce l’égalité homme-femme.
• La femme est libre de son corps, notamment en matière de procréation.
• Les médias participent à la disparition du tabou sexuel.
• Le rapport au corps devenant moins pudique, l’information est davantage véhicu-
lée, notamment pour la contraception auprès des jeunes femmes.

Raisons fondant un jugement négatif

• L’industrie du spectacle donne une image que l’on peut juger dégradée ou avilis-
sante de la femme, et de l’érotisme.
• Une certaine sexualité, présentée comme sans tabou, devient la norme, et ceux qui
ne vivent pas leur sexualité de cette manière souffrent de se sentir anormaux.
• C’est plus souvent le corps de la femme qui est montré que celui de l’homme. On
peut notamment penser aux publicités.
• Si la morale pouvait être jugée excessive auparavant, c’est aujourd’hui la permissi-
vité de l’absence de morale qui est à craindre.
• Certains jeunes peuvent finir par ne plus faire de différences entre la fiction des
films ou des images à caractère pornographique et la réalité.

c. Les textes sur l’égalité au travail

Éléments de contextualisation

C’est en 1945 que la distinction entre salaire masculin et salaire féminin est suppri-
mée. Pour autant ce principe doit être réaffirmé en 1972, puis en 1983 grâce à la loi
dite loi Roudy (né en 1929) qui favorise l’égalité professionnelle dans les entreprises.
La loi Génisson (née en 1949) de 2001 impose de plus de négocier tous les trois ans
l’égalité professionnelle dans les entreprises. Lui succédera enfin peut-être en 2007
la loi sur l’égalité salariale en discussion au parlement au moment de la rédaction de
cet ouvrage.

Raisons fondant un jugement positif

• La loi permet de renforcer davantage l’égalité homme-femme.


• « À compétences égales, salaire égal » devrait être une évidence.
• Le « plafond de verre » (expression qui désigne un niveau de responsabilités inter-
dit aux femmes et donc réservé aux hommes) pourra ainsi être cassé.
• Cette égalité ne peut qu’inciter les femmes à vouloir travailler.

Acquérir et parfaire ses connaissances 67


• La différence de salaire est le dernier bastion à faire tomber.
• Cette égalité salariale dans le privé est effective dans la fonction publique.

Raisons fondant un jugement négatif

• Des femmes se voient imposer des conditions de travail pénibles, comme le travail
de nuit, dont elles étaient protégées auparavant.
• L’égalité dans les tâches ménagères et les soins aux enfants n’étant pas effective,
les femmes se trouvant souvent contraintes de faire « une double journée », et res-
tant handicapées dans leurs carrières par les maternités, cette égalité peut appa-
raître comme un leurre.
• Pour obtenir cette égalité il faut multiplier les textes de loi, preuve qu’elle n’est pas
effective.
• L’égalité de salaire n’implique pas un égal accès aux postes à fortes responsabilités.
• Une femme doit encore se montrer meilleure qu’un homme pour obtenir des res-
ponsabilités identiques.

d. La féminisation des noms de professions ou des titres

Éléments de contextualisation

En 1986 le premier ministre Laurent Fabius par une circulaire en date du 11 mars de-
mandait aux membres de son gouvernement d’appliquer les règles de féminisation
des noms, grades, fonctions ou titres.
Douze ans plus tard, Lionel Jospin rappelait également à son gouvernement l’exis-
tence de ces règles et réitérait la demande de Laurent Fabius.
Un guide d’aide à la féminisation publié en 1999 permet à chacun de savoir ce qu’il
doit dire ou écrire en la matière. Il est issu d’un rapport de la commission générale
de terminologie et de néologie sur la féminisation des noms d’octobre 1998 télé-
chargeable sur le site de la documentation française (www.ladocumentationfran-
caise.fr).

Raisons fondant un jugement positif

• Cette féminisation linguistique accompagne l’évolution des mentalités vers l’éga-


lité entre les hommes et les femmes.
• Elle est l’expression dans la langue de la parité en droit.
• Elle est la matérialisation de l’accession des femmes aux plus hautes fonctions. Ainsi
on dira une magistrate, Madame la ministre, etc.

68 La culture générale au concours de rédacteur territorial


• Elle témoigne d’une volonté politique qui dépasse les clivages classiques.
• Elle reconnaît l’implication des femmes dans la société, de par leur nombre, leurs
fonctions, leurs revendications, etc.

Raisons fondant un jugement négatif

• Les opposants à cette réforme disent que marquer le sexe dans des mots comme
avocat (avocate) ou préfet (préfète) revient à rendre moins légitime l’exercice de
ces fonctions par des femmes.
• Cette féminisation n’empêche pas les discriminations faites aux femmes.
• Elle confond le genre grammatical avec le sexe biologique.
• Elle génère des néologismes, des confusions qui rendent la langue française encore
plus difficile d’emploi. Ainsi si Madame la Présidente désigne une femme prési-
dente, comment appeler la femme d’un président ?
• Elle oublie qu’il existe des noms « épicènes », c’est-à-dire des noms qui désignent
aussi bien le mâle que la femelle d’une espèce.
• Elle oublie également que des termes féminins renvoient à des signifiés plutôt mas-
culins. Ainsi en est-il d’une sentinelle.
• Pour terminer (et faire sourire le lecteur) devra-t-on substituer à « suivre son petit
bonhomme de chemin » « suivre sa petite bonne femme de route » ?

e. La loi sur la parité en politique

Éléments de contextualisation

La loi sur la parité a été promulguée le 6 juin 2000 (elle est consultable sur le site internet
suivant : www.legifrance.fr). Elle promeut l’égal accès des hommes et des femmes aux man-
dats et aux fonctions électives, résultat de la reconnaissance du principe de parité en po-
litique. Son article 1 énonce : « Sur chacune des listes, l’écart entre le nombre des candidats
de chaque sexe ne peut être supérieur à un. Au sein de chaque groupe entier de six can-
didats dans l’ordre de présentation de la liste doit figurer un nombre égal de candidats de
chaque sexe. »
Mais au-delà de la connaissance de ce texte qui ne contient qu’une vingtaine d’articles,
c’est au bilan de son application qu’il faut s’attacher, sept ans après sa promulgation. Ainsi
suite aux élections municipales de 2001, 47,5 % des conseillers dans les communes de plus
de 3 500 habitants sont des femmes. Mais seulement 11 % des conseillers généraux sont
des femmes pour 47,6 % de conseillers régionaux. Enfin les femmes représentent 43,6 %
de nos députés européens.
Beaucoup d’informations complémentaires sont consultables sur le site du ministère délé-
gué à la cohésion sociale et à la parité à l’adresse suivante :

Acquérir et parfaire ses connaissances 69


www.femmes-égalité.gouv.fr, ministère placé sous l’autorité de Madame Catherine Vau-
trin (née en 1960).

Raisons fondant un jugement positif

• Le nombre de femmes ayant accédé à des fonctions politiques dans les élections à
scrutin de listes est beaucoup plus important aujourd’hui.
• Les chiffres sont à comparer non seulement aux résultats précédant l’application de
la loi sur la parité mais aussi aux 12,1 % de femmes à l’Assemblée Nationale et aux
16,9 % de sénatrices.
• Cette parité témoigne de l’égalité qui doit désormais exister entre les hommes et
les femmes.
• Elle est également l’expression d’une volonté politique forte.
• Enfin elle permet de mieux prendre en compte les besoins de la femme dans la so-
ciété d’aujourd’hui : aide aux femmes battues, informations dur la sexualité, etc.

Raisons fondant un jugement négatif

• Cette réforme, ont dit certains, change la notion de représentation en politique :


une femme ne saurait être vraiment représentée que par une femme.
• Plusieurs voix ont dénoncé le précédent ainsi créé, qui ouvre la porte à des reven-
dications sur d’autres parités (origine, catégorie socioprofessionnelle, religion, etc.).
• L’application de cette loi, en modifiant les règles de désignation des candidats in-
vestis par les partis et la constitution de listes pour les élections, rend complexe et
parfois hypocrite le fonctionnement des partis.
• On peut la rapprocher d’une politique de quotas.
• L’accès à des fonctions politiques ne s’est pas suffisamment accompagné de la dé-
signation de nombreuses femmes à la tête de départements, régions ou mairies de
grandes villes.

Bibliographie incitative
Marie-France Hirigoyen, Le harcèlement moral,Pocket 2000.
Molière, L’école des femmes ,Librio 2003.
Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
,Mille et une nuits, 2003.
Tracy Chevalier, Le récital des anges,Folio, 2003.
Ministère de la cohésion sociale et de la parité, Les chiffres clés 2006 (format
PDF) A télécharger sur le site du ministère indiqué ci-dessus.

70 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Elargir ses connaissances
explorer un domaine
inconnu
Chapitre 4
Thème traité :
Éthique, bioéthique
Ce thème sera traité en reprenant la méthodologie de ce chapitre sur l’approche
d’un thème neuf, à savoir ce que peuvent nous apporter :
• dictionnaires,
• encyclopédies,
• ouvrages thématiques,
• manuels de culture générale,
• revues,
• Internet,
• etc.
Ces recherches peuvent se faire soit à l’aide de supports déjà possédés, soit à l’aide
d’emprunts en bibliothèque suite à une recherche thématique, soit en recourant
d’abord à Internet. À vous de vous construire une méthode de recherche, sachant
que votre organisation peut varier en fonction de vos connaissances, des outils dont
vous disposez, d’un temps de travail plus ou moins important.

L’aide du dictionnaire :

L’analyse qui suit illustre ce que peut apporter un dictionnaire de la langue


française pour définir simplement mais efficacement les mots éthiques, morale et
bioéthique.
Des candidats disposant de davantage de temps ou tout simplement passionnés par
ce thème pourraient avoir recours au dictionnaire d’éthique et de philosophie
morale dans le cadre par exemple d’une recherche en bibliothèque.
L’article « Bioéthique » rédigé par Marie-Hélène Parizeau, professeur d’éthique et
de bioéthique à l’université Laval au Québec, nous apprend entre autres l’origine
du terme de bioéthique : il s’agit d’un néologisme inventé par le scientifique
Potter van Rensselaer dans le titre d’un ouvrage qui s’intitule : Bioéthics : Bridge to
the future publié en 1971.
L’article rappelle que l’éthique est consubstantielle à la pratique médicale, ne
serait-ce que par le serment d’Hippocrate (vers 460 av. JC -vers 370 av. JC) dont le

Acquérir et parfaire ses connaissances 73


premier article est : « Surtout ne pas nuire », d’où les interdictions aujourd’hui re-
mises en cause de l’avortement ou de l’euthanasie.
Mais il énonce également la question essentielle à l’origine du développement de la
bioéthique : « Est-ce que tout ce qui est techniquement possible est éthiquement et
socialement acceptable ? »
Enfin cet article énonce à la fois les grands champs de réflexion de la bioéthique (la
relation médecin-patient, les techniques de procréation assistée, les interventions sur
le patrimoine génétique, etc.) et les grands principes auxquels il est possible de se ré-
férer : principe d’autonomie, de bienfaisance, de non-malfaisance, de justice.

L’aide de l’encyclopédie :

La lecture dans l’Encyclopaedia Universalis de l’article de Michel Tibon-Cornillot


(Maître de conférences à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales) intitulé : «
Respect éthique, biologie et médecine » peut compléter ou se substituer au précé-
dent.
On y apprend par exemple que la création en France du Comité consultatif national
d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé date de 1983. Son rôle est de «
donner son avis sur les problèmes moraux qui sont soulevés par la recherche dans les
domaines de la biologie, de la médecine et de la santé, que ces problèmes concer-
nent l’homme, les groupes sociaux ou la société tout entière. »
Les rapports entre la bioéthique et les droits de l’homme sont l’objet d’une analyse
historique (en référence aux expériences eugénistes de l’Allemagne nazie) et philo-
sophique (du fait de ce que le droit permet de comprendre sur le statut donné au
corps humain).
Enfin est mise en évidence la difficulté de définir une morale sûre en la matière, ce
qui renvoie aux principes énoncés dans l’article de Marie-Hélène Parizeau.

L’aide d’ouvrages thématiques :

Un exemple à travers un ouvrage de la collection « Que sais-je ? » intitulé : Les normes


internationales de la bioéthique, ouvrage écrit par Noëlle Lenoir (ancienne ministre)
et Bertrand Mathieu (professeur de droit).
Comme son titre l’indique, cet ouvrage fournit un ensemble d’informations et de ré-
flexions sur l’inscription de la bioéthique dans le droit international. Ainsi le lecteur
y trouvera les principaux textes à connaître telle la Déclaration universelle sur le gé-
nome humain et les droits de l’homme ou encore la Charte des droits fondamentaux
de l’Union européenne. S’y trouvent également rappelés les organismes internatio-
naux qui participent à l’élaboration d’une éthique du vivant : UNESCO, mais aussi
l’OMC. L’essentiel étant de bien comprendre qu’il existe une législation qui s’applique
en la matière, que cette législation soit internationale ou nationale, comme nous le
verrons plus loin.

74 La culture générale au concours de rédacteur territorial


L’aide de manuels de culture générale :

À chacun de choisir parmi tous les manuels de culture générale sur le marché celui
ou ceux qui lui seront utiles. Un conseil cependant : privilégiez les manuels qui of-
frent davantage de définitions et d’analyses théoriques que de faits, car la vitesse de
l’évolution de l’actualité rend les informations factuelles assez rapidement obsolètes.
On privilégiera donc ici l’apport de connaissances grâce à des recherches via Internet.

L’aide d’Internet :

Suite à la lecture des articles ou des ouvrages proposés ci-dessus, ou bien à partir de
la lecture d’un article de journal, vous décidez de faire une recherche sur l’internet.
Bien évidemment deux attitudes sont possibles :
– Si vous avez déjà des connaissances sur le thème grâce aux lectures précédentes,
vous allez directement orienter vos recherches. Ainsi vous chercherez par exemple à
mieux comprendre ce qu’est le génome humain (cet ensemble du matériel génétique
d’un individu) et l’encyclopédie Wikipedia vous y aidera.
– Si vous préférez vous lancer directement dans une recherche générale en tapant sur
votre moteur de recherche « bioéthique », voici un exemple de ce que vous pourriez
obtenir (parmi les 140 000 possibilités offertes !) :

• Bioéthique – Wikipedia
La bioéthique est une partie de l’éthique. En tant que telle, elle est une recherche
de…
fr. wikipedia. org/wiki/Bio % C3 % A9thique
• Bioéthique: UNESCO SHS
La Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l’homme… Le programme
de…
portal. unesco. org/shs/fr/ev. php-URL_ID = 1372 & URL_DO = DO_TOPIC &
URL_SECTION = 201…
• Comité international de bioéthique
Comité international de bioéthique (CIB) Créé en 1993, le Comité international de
bioéthique…
portal. unesco. org/shs/fr/ev. php-URL_ID = 1879 & URL_DO = DO_TOPIC &
URL_SECTION = 201
• Bioéthique : sites et documents francophones
Arborescence(s) du thesaurus MeSH contenant le mot-clé bioéthique [bioethics] :…
Centre de…
www.chu-rouen.fr/ssf/bioethfr.html
• Bioethique.net
La question Bioéthique - Secrétariat d’Amour et Vérité — Bioéthique et Vie humaine
01 47…

Acquérir et parfaire ses connaissances 75


www.bioethique.net/
• La révision des lois de bioéthique – La Documentation française
Les progrès scientifiques dans le domaine des sciences de la vie posent de délicates
questions
www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/bioethique/index.shtml
• Genethique.org : revue de presse et dossiers en bioéthique
Site de bioéthique : la génétique et l’éthique, la recherche sur l’embryon et le clo-
nage
www.genethique.org/
• bioéthique
La loi du 17 janvier 1975, confirmée par la loi du 31 décembre 1979 et par le Code
de Santé…
www.bmlweb.org/bioethique.html
• PROJET DE LOI RELATIF À LA BIOÉTHIQUE
Loi relative à la bioéthique (n° 2004-800 du 6 août 2004), parue au JO n° 182 du 7
août 2004…
www.senat.fr/dossierleg/pjl01-189.html

Vous voyez que l’on retrouve des informations énoncées dans les pages précédentes.
Mais justement : les recherches proposées plus haut servent de filtres à une sélection
de ce qu’ Internet propose. Ainsi la lecture de la Déclaration universelle sur la bioé-
thique et les droits de l’homme prend tout son sens dans l’élaboration d’un dossier
sur ce thème, de même que la loi du 7 août 2004.
D’autres recherches sur Internet en fonction de l’actualité (l’affaire Vincent Humbert
par exemple) vous inviteraient à vous intéresser à la loi du 22 avril 2006 relative aux
droits des malades et à la fin de la vie que vous trouverez intégralement sur le site
de legifrance (http://www.legifrance.gouv.fr/).
Voici les neuf premiers articles de cette loi qui n’en contient que quinze, les articles
dix à quinze ayant moins d’intérêt pour nous. Et si nous les reproduisons ici c’est es-
sentiellement pour vous faire constater que la lecture de quelques articles de lois per-
met d’avoir à la fois des informations mais aussi des réflexions personnelles
intéressantes. De plus cette reproduction permet également de constater que la lec-
ture proposée est assez rapide et donc « rentable » dans le cadre de la préparation
d’un concours.

76 La culture générale au concours de rédacteur territorial


LOIS
LOI n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie (1)
NOR : SANX0407815L
L’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté,
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :

Article 1
Après le premier alinéa de l’article L. 1110-5 du code de la santé publique, il est inséré un
alinéa ainsi rédigé :
« Ces actes ne doivent pas être poursuivis par une obstination déraisonnable. Lorsqu’ils
apparaissent inutiles, disproportionnés ou n’ayant d’autre effet que le seul maintien artifi-
ciel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris. Dans ce cas, le médecin
sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa vie en dispensant les soins visés
à l’article L. 1110-10. »

Article 2
Le dernier alinéa de l’article L. 1110-5 du code de la santé publique est complété par deux
phrases ainsi rédigées :
« Si le médecin constate qu’il ne peut soulager la souffrance d’une personne, en phase
avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, qu’en
lui appliquant un traitement qui peut avoir pour effet secondaire d’abréger sa vie, il doit
en informer le malade, sans préjudice des dispositions du quatrième alinéa de l’article L.
1111-2, la personne de confiance visée à l’article L. 1111-6, la famille ou, à défaut, un des
proches. La procédure suivie est inscrite dans le dossier médical. »

Article 3
Dans la deuxième phrase du deuxième alinéa de l’article L. 1111-4 du code de la santé
publique, les mots : « un traitement » sont remplacés par les mots : « tout traitement ».

Article 4
Le deuxième alinéa de l’article L. 1111-4 du code de la santé publique est complété par
quatre phrases ainsi rédigées :
« Il peut faire appel à un autre membre du corps médical. Dans tous les cas, le malade doit
réitérer sa décision après un délai raisonnable. Celle-ci est inscrite dans son dossier médical.
« Le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa fin de vie en dis-
pensant les soins visés à l’article L. 1110-10. »

Article 5
Après le quatrième alinéa de l’article L. 1111-4 du code de la santé publique, il est inséré
un alinéa ainsi rédigé :
« Lorsque la personne est hors d’état d’exprimer sa volonté, la limitation ou l’arrêt de trai-
tement susceptible de mettre sa vie en danger ne peut être réalisé sans avoir respecté la
procédure collégiale définie par le code de déontologie médicale et sans que la personne

Acquérir et parfaire ses connaissances 77


de confiance prévue à l’article L. 1111-6 ou la famille ou, à défaut, un de ses proches et,
le cas échéant, les directives anticipées de la personne, aient été consultés. La décision
motivée de limitation ou d’arrêt de traitement est inscrite dans le dossier médical. »

Article 6
Après l’article L. 1111-9 du code de la santé publique, il est inséré un article L. 1111-10
ainsi rédigé :
« Art. L. 1111-10. – Lorsqu’une personne, en phase avancée ou terminale d’une affection
grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, décide de limiter ou d’arrêter tout traitement,
le médecin respecte sa volonté après l’avoir informée des conséquences de son choix. La
décision du malade est inscrite dans son dossier médical.
« Le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa fin de vie en dis-
pensant les soins visés à l’article L. 1110-10. »

Article 7
Après l’article L. 1111-9 du code de la santé publique, il est inséré un article L. 1111-11
ainsi rédigé :
« Art. L. 1111-11. – Toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées pour le
cas où elle serait un jour hors d’état d’exprimer sa volonté. Ces directives anticipées indi-
quent les souhaits de la personne relatifs à sa fin de vie concernant les conditions de la
limitation ou l’arrêt de traitement. Elles sont révocables à tout moment.
« À condition qu’elles aient été établies moins de trois ans avant l’état d’inconscience de
la personne, le médecin en tient compte pour toute décision d’investigation, d’intervention
ou de traitement la concernant.
« Un décret en Conseil L'État définit les conditions de validité, de confidentialité et de
conservation des directives anticipées. »

Article 8
Après l’article L. 1111-9 du code de la santé publique, il est inséré un article L. 1111-12
ainsi rédigé :
« Art. L. 1111-12. – Lorsqu’une personne, en phase avancée ou terminale d’une affection
grave et incurable, quelle qu’en soit la cause et hors d’état d’exprimer sa volonté, a désigné
une personne de confiance en application de l’article L. 1111-6, l’avis de cette dernière,
sauf urgence ou impossibilité, prévaut sur tout autre avis non médical, à l’exclusion des
directives anticipées, dans les décisions d’investigation, d’intervention ou de traitement
prises par le médecin. »

Article 9
Après l’article L. 1111-9 du code de la santé publique, il est inséré un article L. 1111-13
ainsi rédigé :
« Art. L. 1111-13. – Lorsqu’une personne, en phase avancée ou terminale d’une affection
grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, est hors d’état d’exprimer sa volonté, le
médecin peut décider de limiter ou d’arrêter un traitement inutile, disproportionné ou
n’ayant d’autre objet que la seule prolongation artificielle de la vie de cette personne, après
avoir respecté la procédure collégiale définie par le code de déontologie médicale et
consulté la personne de confiance visée à l’article L. 1111-6, la famille ou, à défaut, un de

78 La culture générale au concours de rédacteur territorial


ses proches et, le cas échéant, les directives anticipées de la personne. Sa décision, motivée,
est inscrite dans le dossier médical.
« Le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa fin de vie en dis-
pensant les soins visés à l’article L. 1110-10. »
L’intérêt d’une telle lecture est de croiser les réflexions théoriques lues avec leur
concrétisation dans le droit.
De même il existe un autre texte intéressant à connaître : il s’agit de la loi dite loi
Kouchner du 4 mars 2002. Elle fait suite à l’arrêt dit arrêt Perruche prononcé par la
cour de Cassation le 17 novembre 2000.

Article 10
I. Nul ne peut se prévaloir d’un préjudice du seul fait de sa naissance.
La personne née avec un handicap dû à une faute médicale peut obtenir la répara-
tion de son préjudice lorsque l’acte fautif a provoqué directement le handicap ou l’a
aggravé, ou n’a pas permis de prendre les mesures susceptibles de l’atténuer.
Lorsque la responsabilité d’un professionnel ou d’un établissement de santé est en-
gagée vis-à-vis des parents d’un enfant né avec un handicap non décelé pendant la
grossesse à la suite d’une faute caractérisée, les parents peuvent demander une in-
demnité au titre de leur seul préjudice. Ce préjudice ne saurait inclure les charges par-
ticulières découlant, tout au long de la vie de l’enfant, de ce handicap. La
compensation de ce dernier relève de la solidarité nationale
Les dispositions du présent I sont applicables aux instances en cours, à l’exception de
celles où il a été irrévocablement statué sur le principe de l’indemnisation.
II. Toute personne handicapée a droit, quelle que soit la cause de sa déficience, à la
solidarité de l’ensemble de la collectivité nationale.
III. Le Conseil national consultatif des personnes handicapées est chargé, dans des
conditions fixées par décret, d’évaluer la situation matérielle, financière et morale des
personnes handicapées en France et des personnes handicapées de nationalité fran-
çaise établies hors de France prises en charge au titre de la solidarité nationale, et de
présenter toutes les propositions jugées nécessaires au Parlement et au Gouverne-
ment, visant à assurer, par une programmation pluriannuelle continue, la prise en
charge de ces personnes.
Si nous vous en proposons le premier article, c’est pour que vous constatiez bien que
la bioéthique s’intéresse à tous les moments de la vie : la naissance, le développe-
ment, la mort. On peut même aller jusqu’à dire qu’elle impose une réflexion sur ce
qui précède la vie.
D’autres recherches seraient bien évidemment possibles : sur l’avortement dont il a
déjà été question dans le chapitre précédent, sur le clonage dont la définition est à
connaître (technique de reproduction de cellules identiques à partir d’une seule
d’entre elles).

Acquérir et parfaire ses connaissances 79


Les propositions de lecture suivantes vous y invitent.
Bibliographie incitative
Jean-Paul Thomas, À quoi sert la bioéthique ?,Le Pommier, 2003.
Vincent Humbert, Je vous demande le droit de mourir ,J’ai lu, 2004.
Marie de Hennezel, Le souci de l’autre,Pocket ,2005.fj

80 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Etre en veille
sur l’actualité
Chapitre 5
Thème traité :
Environnement, écologie

Être en veille sur l’actualité


1.1 Quelle part faire à « l’actualité » dans la culture
générale ?

Difficile d’imaginer que l’on soit avide de se cultiver sans être curieux de ce qui se
passe autour de soi et dans le monde, hier comme aujourd’hui…
Se préparer à une épreuve de culture générale suppose donc bien évidemment de se
tenir informé de l’actualité. On ne saurait pardonner à un candidat de ne pas être au
moins au courant des événements qui viennent de se produire dans les mois, les se-
maines, les jours précédant la date du concours !

Mais qu’entend-on exactement par actualité ?


Il n’y a pas une actualité ; il y a l’actualité politique, l’actualité économique, l’actua-
lité culturelle, l’actualité sportive. Il y a l’actualité nationale et l’actualité internatio-
nale. Il y a, surtout, plusieurs façons de rendre compte de l’actualité. Selon que vous
« suivez » l’actualité au travers du journal télévisé sur une grande chaîne nationale
ou au travers de tel ou tel quotidien, vous n’aurez pas la même vision du monde et
de ce qui s’y passe.
Enfin, la plupart des médias – nous l’avons vu au chapitre 1 – sont produits par des
entreprises commerciales, et obéissent donc aux règles du marché. Leur survie dépend
de leur capacité à gagner et conserver des « consommateurs », soit payant eux-
mêmes, soit attirant la publicité. Ils œuvrent donc en fonction des attentes, réelles
ou supposées, du public, ce qui peut les amener à négliger tel ou tel sujet, à insister
sur « ce qui fait vendre » ou « ce qui fait de l’audience ».
> Garder un esprit critique face aux propos des médias est donc une nécessité.

Attention _________________________________________________________
L’information fournie par les médias est grosso modo de deux types :
– D’une part, une information ponctuelle, événementielle, c’est-à-dire liée à des faits : un
cataclysme naturel, un conflit armé, un attentat, un changement de gouvernement, une
réforme législative, une grève, des manifestations, une découverte scientifique, etc.
– D’autre part, une information qui rend compte de phénomènes se déroulant sur de

Acquérir et parfaire ses connaissances 83


plus longues durées : analyses, enquêtes dites d’investigation, comptes rendus de travaux
de chercheurs ou d’organismes spécialisés dans divers domaines, etc. Ce deuxième type
d’information fait souvent l’objet de « dossiers », ou de « numéros spéciaux » dans la
presse écrite, de documentaires ou reportages dans la presse audiovisuelle.
> Ces deux types d’information intéressent celui ou celle qui veut développer sa culture
générale grâce à leur complémentarité.
__________________________________________________________________
Suivre l’actualité avec des objectifs précis

À retenir __________________________________________________________
Pendant le temps que vous consacrerez à vous préparer au concours, vous aurez à
vous intéresser à l’actualité avec deux objectifs distincts.
> Enregistrer le plus possible (mais aussi le mieux possible) de données sur les sujets
les plus divers, au gré des événements.
> Compléter vos dossiers thématiques, en recueillant les principales données se rap-
portant à chacun, pour parfaire vos connaissances générales mais aussi « ne pas rater
» les évolutions en cours, les récentes réformes et découvertes liées aux thèmes sélec-
tionnés.
Être en veille, c’est mener de front ces deux types d’activité.
__________________________________________________________________

La principale difficulté à laquelle on se trouve en général confronté, lorsqu’on


s’est contenté de parcourir de temps en temps les gros titres des journaux et
de suivre plus ou moins régulièrement un journal télévisé, dans le sentiment
éprouvé de ne pas être « outillé » pour comprendre la plupart des informa-
tions.

On se dit :
« Je n’ai pas suivi les épisodes précédents »,
ou
« Il me manque des connaissances de base en (tel domaine) pour comprendre »
Pensez que vous n’êtes pas le seul à éprouver cette gêne ! Même les lecteurs «
de toujours » de la presse ont bien dû s’y mettre à un moment ou un autre,
jeunes ou moins jeunes, et découvrir par la presse des données de base sur tel
pays dont ils ignoraient tout, à l’occasion d’un conflit armé ou d’un boulever-
sement politique, par exemple.
Petit conseil de bon sens : faites comme les enfants, qui écoutent des conversa-
tions, lisent des livres ou regardent des films sans tout comprendre. Ils grap-
pillent, ici et là, des informations, qui à la longue finiront par s’organiser et
prendre sens.

84 La culture générale au concours de rédacteur territorial


N’essayez pas de tout mémoriser (personne n’y parvient !), ni de lire ce qui vous en-
nuie trop. Faites plutôt confiance à votre principale motivation, qui naîtra bien sûr
de vos penchants personnels, de vos centres d’intérêt, et du plaisir que vous aurez,
peu à peu, à mieux maîtriser un sujet, à pouvoir en discuter avec des proches, à vous
construire une opinion pour laquelle vous aurez des arguments.

Attention _________________________________________________________
Les rubriques traitant des grands évènements doivent bien sûr retenir toute votre attention,
mais ne négligez pas :
– les « brèves », terme journalistique qui désigne de très courts articles, reproduisant par-
fois simplement des « dépêches » d’agences de presse,
– les faits-divers, parfois emblématiques d’évolutions sociales importantes, et susceptibles
d’illustrer une argumentation dans une composition,
– les interviews, qu’elles soient de personnalités politiques ou du monde scientifique, litté-
raire, artistique.
__________________________________________________________________

1.2 Conseils pour une veille efficace


1. Sélectionner des médias à suivre régulièrement
Regarder tous les soirs « le JT de 20 heures » permet certes de se tenir au courant des
principaux événements, en tout cas de l’actualité française, mais ne peut suffire à
construire une représentation complète de l’actualité dans divers domaines. Certaines
stations de radio offrent une information de qualité, mais la presse écrite reste le sup-
port indispensable de votre veille sur l’actualité.Il serait bien sûr intéressant de lire
quotidiennement plusieurs journaux, chacun ayant son style, sa couleur ou sa ligne
politique… Mais c’est impossible à ceux dont la presse n’est pas l’activité principale !
Choisissez donc, en fonction de vos goûts, de vos opinions politiques, un quotidien
que vous lirez régulièrement, quitte à parcourir de temps en temps d’autres journaux
ou magazines sur les sujets qui vous intéressent particulièrement.

Nota : rien ne vous oblige à lire tous les jours intégralement votre journal. Vous pouvez vous conten-
ter de le parcourir rapidement, et vous réserver du temps, en fin de semaine par exemple, pour ache-
ver votre lecture.

2. Apprendre à constituer des revues de presse


Sans vous transformer en documentaliste chevronné, vous aurez intérêt à prendre
l’habitude de découper les articles vous paraissant particulièrement intéressants sur
quelques sujets choisis, par exemple ceux pour lesquels vous avez ouvert des dossiers
thématiques et à les classer.
(N’oubliez pas de reporter sur ces coupures de presse la source et la date.)

Acquérir et parfaire ses connaissances 85


3. Exploiter au fur et à mesure l’information recueillie
Il ne s’agit pas pour vous de collectionner des articles, mais de vous fabriquer un ou-
til de veille. Aussitôt après avoir lu un article (vu un document, écouté une émission
de radio…), notez les questions que cet article soulève en vous, les idées sur lesquelles
vous aurez à revenir. Relevez aussi les noms d’ouvrages cités, les manifestations (ex-
positions, spectacles, conférences) évoquées.
Si plusieurs articles vous font dire d’un sujet qu’il mériterait une approche plus large
(chronologie historique, connaissances de base, savoir technique), procurez-vous un
petit ouvrage sur la question (du type de la collection Que sais-je ?, ou des nom-
breuses collections de petits livres bon marché qui existent aujourd’hui dont nous
avons parlé dans le chapitre précédent).

Une astuce ________________________________________________________


Acheter tous les jours un journal représente un budget non négligeable.
=> Pensez à ces quelques solutions intéressantes :
– Les bibliothèques municipales mettent souvent à disposition de leurs visiteurs de
nombreux périodiques, consultables sur place. On peut parfois tirer des copies de
quelques pages.
– Dans l’entreprise ou l’organisme où vous travaillez, on reçoit peut-être (éventuel-
lement dans d’autres services que le vôtre) certains titres de presse ; de presse éco-
nomique, presse spécialisée, ou même presse généraliste.
– Certains bars ou cafés offrent également en lecture à leurs clients deux ou trois
quotidiens.
– Sur le net enfin, on trouve, en accès gratuit le jour de leur parution, la plupart des
quotidiens et magazines, et en accès parfois payant les éditions antérieures.
Des journaux comme Le Monde ont même des archives très complètes sur leurs sites,
consultables par mots-clefs, par dates, par rubriques. (www.lemonde.fr)
___________________________________________________________________

86 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Thème 5 : Environnement, écologie

Ce thème sera traité à partir de l’actualité correspondant au moment de la rédaction


de ce chapitre par ses auteurs. Parmi toutes les informations possibles nous avons
choisi de partir d’un article de l’AFP sur l’eau, paru dans Le Monde daté du 13 mars
2007. Peu à peu nous élargirons ce support extrait de la presse écrite pour fournir
quelques informations et quelques réflexions sur les rapports qu’entretiennent l’en-
vironnement et l’écologie.
L’essentiel est en effet que vous vous forgiez vos propres connaissances à l’aide des
outils méthodologiques proposés ici, outils que complète comme dans les autres cha-
pitres une bibliographie incitative.
Alors que la consommation d’eau n’a augmenté que de 1 % par an entre 2001 et
2004, pour atteindre une moyenne de 165 litres par habitant et par jour, le tarif
moyen du mètre cube d’eau a, lui, augmenté de 2,4 % par an, atteignant 3 euros en
2004. Pour la même période, l’inflation a été de 2 % par an.
La facture d’eau domestique – celle consommée par les ménages, les artisans, les pe-
tites entreprises et administrations – s’est élevée à 11 milliards d’euros en 2004, soit
une moyenne nationale de 177 euros par personne et par an. La facture "progresse
par rapport à 2001 tant en raison de la croissance de la consommation que pour cause
de hausse des tarifs et elle diffère sensiblement d’une région à l’autre", décrit l’étude
de l’IFEN.

a. forte disparité des prix


Du fait d’une consommation d’eau élevée – 239 litres par an et par habitant – la ré-
gion Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) paye la note la plus forte : 272 euros par an
et par habitant. Elle devance la Corse (222 euros), le Languedoc-Roussillon (195 eu-
ros) et l’Aquitaine (192 euros).
Loin derrière, des régions aux pluviosités plus fortes ferment le classement : la
Franche-Comté (142 euros par an et par habitant), le Nord — Pas-de-Calais (147 eu-
ros), le Limousin (150 euros).
Mais la consommation n’explique pas à elle seule la hausse des factures. L’IFEN pointe
aussi les augmentations de tarifs : celles-ci "peuvent être effectuées à services in-
changés", mais elles peuvent "aussi refléter des améliorations portant notamment
sur la desserte, la surveillance, l’état de la ressource ou encore la dépollution des eaux
usées".
Les tarifs varient du simple au double selon les départements. Les plus élevés sont
pour l’essentiel acquittés en Bretagne, dans une partie du Grand Ouest. Le mètre cube
est ainsi facturé plus de 4 euros dans le Morbihan et entre 3,60 et 3,90 euros en Ille-
et-Vilaine, dans la Manche, le Pas-de-Calais et les Bouches-du-Rhône. À l’inverse, le
mètre cube vaut moins de 2,50 euros dans la plupart des départements auvergnats

Acquérir et parfaire ses connaissances 87


et rhône-alpins. Pour Christian Carlier, directeur adjoint des études à l’UFC-Que choi-
sir, c’est la pollution de l’eau qui tire les prix à la hausse. "Une eau polluée, c’est une
eau chère. Quand je vois les régions où le prix est élevé, cela correspond en gros à la
carte de la France où l’eau est très polluée", a-t-il indiqué à l’AFP.
Le cas de la région PACA est selon lui "plus étonnant". "C’est une région où la
consommation est très élevée et généralement dans ce cas, cela devrait avoir ten-
dance à diminuer le prix au mètre cube avec des économies d’échelle".
Le coût de l’abonnement lui-même peut aller de 56 euros à plus de 100 euros. Le
poids de l’abonnement (partie fixe de la facture) est plus élevé dans les régions tou-
ristiques où il y a beaucoup de résidences secondaires, notamment en Corse, PACA,
Bretagne, Aquitaine et dans les Pays de la Loire.

Le choix de cet article pourrait avoir une double origine : soit le hasard d’une lecture,
soit une volonté de se documenter sur le problème de l’eau qui est un thème récur-
rent de l’actualité. Ajoutons que des candidats à un concours de la fonction publique
territoriale se doivent d’être attentifs à tout ce qui a trait au « territoire », aux com-
pétences des collectivités territoriales, ce qui est bien le cas de la gestion de l’eau.
Or, au-delà de la disparité entre les régions, cet article nous informe également sur
le lien entre pollution et coût de l’eau. Les problèmes soulevés en France par la ges-
tion de l’eau sont donc multiples : à l’absence d’eau (la sécheresse) s’ajoute sa sur-
abondance (les inondations) ; la pollution qui pose le problème de la qualité ne doit
pas faire oublier l’obligation de desserte ; le coût de l’eau incite les élus à s’interro-
ger sur le choix entre une gestion directe et une gestion déléguée.
Dès lors toutes ces difficultés peuvent être regroupées en trois grandes familles :
• l’économique (le coût),
• le social (la desserte),
• l’environnemental (la qualité).
On l’aura compris : l’eau permet de mettre en évidence ce que l’on appelle le déve-
loppement durable comme l’obligation de satisfaire les besoins des générations pré-
sentes sans oblitérer ceux des générations à venir.
Un candidat qui commence à développer un mode de pensée efficace devra alors se
demander comment le législateur a mis en œuvre une politique de l’eau répondant
au principe du développement durable rappelé ci-dessus. Une recherche sur le site de
la Gazette des communes paraît ici intéressante, que vous sachiez qu’il existe au-
jourd’hui une loi sur l’eau ou que vous tentiez une recherche moins précise.
Voici donc maintenant un article de la Gazette des communes extrait de son numéro
du 1er janvier 2007.

88 La culture générale au concours de rédacteur territorial


b. La création d’un fonds départemental, financé par une taxe spécifique, est
supprimée.
Le projet de loi sur l’eau et les milieux aquatiques, dont l’examen avait débuté au Sé-
nat en avril 2005, a été adopté définitivement par le Parlement le 20 décembre. Il ap-
porte des éléments de simplification et de nouveaux outils pour atteindre l’objectif
de « bon état écologique des eaux » d’ici 2015, conformément à une directive-cadre
européenne de 2000.
Suite à la commission mixte paritaire (CMP), la version finale du texte a rétabli la taxe
communale (0,20 euro par mètre carré) que devront acquitter les propriétaires de sur-
face supérieure à 600 mètres carrés, pour la collecte, le stockage et le traitement des
eaux pluviales. En revanche, elle a confirmé la suppression de la taxe départemen-
tale, destinée à alimenter un « fonds départemental pour l’alimentation en eau et
l’assainissement ». La CMP a estimé qu’un plancher d’un milliard d’euros affecté, au
sein des agences de l’eau, à la solidarité permettrait d’assurer la péréquation. Les
agences pourront d’ailleurs passer convention avec les départements pour répartir ces
fonds.
Parmi les autres dispositions figurent la périodicité du contrôle des installations d’as-
sainissement non collectif par les communes, fixée à huit ans (contre dix ans propo-
sée par le Sénat et six ans par l’Assemblée) ou la suppression du crédit d’impôt pour
les dépenses de réhabilitation d’installations d’assainissement non collectif.
Fonds de garantie spéciale. Par ailleurs, le texte exempte de contrôle « les eaux des-
tinées à la consommation humaine, provenant d’une source individuelle fournissant
moins de 10 mètres cubes par jour en moyenne, ou approvisionnant moins de 50 per-
sonnes, sauf si ces eaux sont fournies dans le cadre d’une activité commerciale ou pu-
blique ». Enfin, pour promouvoir une élimination durable des boues d’épuration, le
texte crée un fonds de ¬garantie spécial visant à couvrir les dommages imprévisibles
liés à l’épandage de ces boues sur les terres agricoles. Il prévoit aussi une part fixe de
la facture d’eau, sauf pour les communes touristiques.
Ce texte d’une assez grande difficulté technique a été choisi parce qu’il vous incite à
comprendre les grands principes de la gestion de l’eau à travers un certain nombre
de questions auxquelles il vous faut répondre :
• Quels sont les acteurs de la politique de l’eau ?
• Quels sont les principaux textes à appliquer ?
• Quels sont les outils à utiliser ?
• Etc.

Ce texte évoque le rôle des agences de l’eau comme acteurs, la loi sur l’eau bien évi-
demment mais surtout son origine européenne comme texte à appliquer, l’assainis-
sement non collectif comme outil à travers les SPANC ou Services Publics
d’Assainissement Non Collectifs. Plus globalement il énonce un certain nombre de dis-
positions en matière de financement de la politique de l’eau.

Acquérir et parfaire ses connaissances 89


Un principe simple à en tirer : le développement durable a un coût non négligeable
dont il convient de tenir compte.
Dans un troisième temps et toujours dans le cadre d’une veille sur l’actualité, vous
pourrez choisir de « butiner » les différents quotidiens nationaux en vous « prome-
nant » sur leur site internet. Ainsi après Le Monde, Le Figaro publiait en mars 2007
l’article suivant :
Le Figaro, article de Bruno Askenazi du 7 mars 2007

c. Le prix du mètre cube n’en finit pas d’augmenter. Et la hausse devrait continuer.
État des lieux et solutions pour contrôler sa facture.
LA MAJORITÉ des Français (58 %) trouve l’eau du robinet encore trop chère : c’est ce
que révèle une enquête TNS Sofres/Centre d’information sur l’eau. Depuis une dizaine
d’années, le prix de l’eau n’en finit pas de grimper. De 1999 à 2006, le m3 est passé
de 2,83 à 3,12 euros en moyenne. Pour une famille de 4 personnes consommant environ
120 m3 par an, c’est 35 euros de plus. Cela paraît peu mais, s’agissant d’une moyenne na-
tionale, nombreux sont les ménages qui ont subi une hausse plus radicale.
De nouvelles réglementations d’origine européenne ont imposé des normes très
contraignantes en matière de qualité de l’eau. Une multitude de communes qui
n’étaient pas équipées en station d’épuration ont dû faire des investissements im-
portants qui se sont ensuite répercutés sur les factures payées par les habitants concer-
nés. « Le prix de l’eau va encore augmenter pour financer de nouveaux
investissements en matière d’assainissement et de lutte contre les micropolluants pré-
sents dans les eaux souterraines », explique Jean Margat, hydrogéologue, spécialiste
des ressources en eau dans le monde.
De fait, près de 60 % des nappes phréatiques sont contaminées par les pesticides.
Pour répondre aux exigences européennes de plus en plus sévères, les collectivités de-
vront encore investir. « Surtout les communes de 2 000 à 5 000 habitants. C’est là que
se concentrent les retards les plus flagrants », ajoute Monique Chotard, directrice du
Centre d’information sur l’eau (CI Eau).
Factures en hausse. Ces investissements, Paris les a déjà réalisés en construisant quatre
nouvelles usines de traitement des eaux souterraines. Leur rôle ? Éliminer les traces
de pesticides et d’engrais chimiques des eaux collectées dans les nappes d’Île-de-
France. L’addition est salée : environ 135 millions d’euros. Ce qui explique en partie
l’augmentation brutale du prix de l’eau à Paris (+ 9,33 %) depuis le 1er janvier 2007.
Autre raison à la hausse parisienne : la baisse sensible de la consommation d’eau po-
table dans la capitale. Moins d’eau consommée, ce sont moins de mètres cubes fac-
turés pour Eau de Paris, la société d’économie mixte chargée de produire et de
transporter l’eau. Programmes d’investissement d’un côté, baisse des recettes de
l’autre : l’augmentation des tarifs était inévitable, plaide-t-on chez EDP. Le cas pari-
sien devrait se multiplier.
Les investissements nécessaires pour améliorer la qualité sont en partie subvention-
nés par les six « agences de l’eau » qui se partagent le territoire. Avec la loi sur l’eau

90 La culture générale au concours de rédacteur territorial


de décembre 2006, les redevances versées à ces agences devraient encore augmen-
ter. Or ce sont les consommateurs qui financent en grande partie ces organismes pu-
blics, via leurs factures d’eau.

Sans que cet article fasse redondance avec celui du Monde, on y retrouve cependant
les mêmes éléments de fond en matière de coût de l’eau, de contexte européen, de
difficultés locales, etc.
Dès lors une réflexion complémentaire de la précédente est possible : si le dévelop-
pement durable a un coût qu’il est nécessaire de ne pas faire supporter aux généra-
tions futures, il n’en demeure pas moins que les personnes socialement en difficultés,
voire les classes moyennes sont victimes des augmentations importantes du prix de
l’eau ; eau que l’on peut pourtant ranger dans les denrées de première nécessité.
Ainsi tout le monde est favorable à l’écologie, à la préservation de la planète, au prin-
cipe de précaution, etc. Pour autant ces objectifs louables, car indispensables à la sur-
vie de l’espèce humaine, engendrent malgré tout une certaine contestation car à trop
vouloir privilégier le long terme, n’en arrive-t-on pas à sacrifier le court terme, c’est-
à-dire le quotidien des personnes modestes ?

C’est à une telle réflexion que nous invite le troisième texte trouvé dans le journal
Libération :
Article extrait du journal Libération de Pierre-Henri Alain en date du 3 mars 2007
Manifestations à Lannion, Dinan, Saint-Brieuc, saccage des locaux de l’association Eau
et Rivières à Brest : depuis deux semaines, la colère gronde en Bretagne contre une
mesure de l'État visant à réduire l’utilisation d’engrais azotés dans les sols. Objectif :
répondre aux exigences de Bruxelles, qui est depuis plusieurs années en contentieux
avec la France sur les taux élevés de nitrates dans les cours d’eau bretons, conséquence
des élevages intensifs et des déjections animales pleines d’azote répandues dans les
champs. En pleine présidentielle, l'État n’aurait pu trouver mieux pour semer le feu
dans les campagnes bretonnes. La mesure est aussi drastique que précise : réduire les
quantités d’engrais utilisé naturel ou chimique de 210 kg à 140 kg par hectare sur
cinq bassins versants hors des clous (les captages d’eau sur quatre autres bassins sont
suspendus). Environ 2 000 agriculteurs sont concernés. « Aberration ». « C’est une
aberration agronomique, sociale et économique », s’insurge Stéphane Gouault, di-
recteur de la FDSEA des Côtes-d’Armor. Selon le syndicat, certaines cultures ne peu-
vent se développer sans un apport de 210 kg d’azote, un seuil en dessous duquel elles
n’absorberaient plus la totalité de l’engrais qui resterait alors dans le sol. Mais les pay-
sans bretons redoutent surtout les implications économiques de cette nouvelle norme,
qui entraînerait selon eux des réductions sévères de production ou l’installation coû-
teuse de stations de traitement des effluents d’élevages. « Diminuer d’un tiers la fer-
tilisation azotée, c’est diminuer d’autant un élevage de vaches ou de cochons, estime
Stéphane Gouault. Les petites exploitations, qui n’ont pas les moyens d’investir dans
des installations de traitement, n’y survivront pas. » L’agriculture bretonne comprend

Acquérir et parfaire ses connaissances 91


d’autant moins la nouvelle donne qu’elle a déjà englouti des millions d’euros pour
reconquérir la qualité des eaux et lutter contre les nitrates. « En 1992, quand le
contentieux a été lancé à la suite d’une plainte d’Eau et Rivières, il y avait en Bre-
tagne 37 bassins versants dépassant les seuils de pollution, rappelle Alain Tiengou,
responsable de l’environnement à la FDSEA. En 2005, il en restait 15, et 9 en 2006. Et
encore, certains ont des taux moyens de nitrates inférieurs à la norme des 50 mg, un
niveau seulement dépassé une partie de l’année. »

Triste. Eau et Rivières relativise ces progrès en rappelant que, si certains bassins ont
disparu de ce triste palmarès, c’est que les captages d’eau ont été fermés. L’associa-
tion met en cause la politique « schizophrénique » de l'État, qui, tout en prônant des
mesures environnementales, a continué d’autoriser créations et extensions d’éle-
vages. À Trédias, sur le bassin de l’Arguenon, Alain Tiengou, qui produit 4 500 porcs
par an et a investi 70 000 euros dans une station de traitement du lisier, avoue son
exaspération. « Dès 2000, j’ai déposé un dossier pour cette installation, puis un autre,
qui n’a pas été instruit parce que la règle changeait sans arrêt, fulmine-t-il. En 2004,
il a enfin été instruit et a pu aboutir, et voilà que la règle change à nouveau. Je com-
mence à fatiguer. »

Reste que le temps est compté, puisque le service ad hoc de la Commission euro-
péenne se réunira le 21 mars pour décider des suites du dossier. Faute d’avoir suffi-
samment répondu au problème, la France risque 100 millions d’euros d’amende, sans
compter des astreintes qui pourraient s’élever à plusieurs dizaines de millions d’eu-
ros par an.

Ce texte a le mérite de montrer que la politique écologique européenne ne fait pas


que des heureux. Car si les objectifs sont globalement partagés, ce sont les moyens
de les atteindre qui sont discutés, ce qui est le lot de la plupart des politiques pu-
bliques.

Ainsi les agriculteurs bretons sont en colère tout comme le contribuable qui doit ho-
norer sa facture d’eau. De même pour l’automobiliste qui devra acquitter un droit de
passage à travers un « péage urbain », etc.

Nous voyons là qu’il est important de ne pas se montrer candide en matière d’envi-
ronnement car sa préservation nécessite des choix qui ne peuvent être approuvés par
tous.

Pour s’y retrouver dans ce débat sur la politique de l’eau une recherche sur le site du
ministère de l’écologie et du développement durable (www.ecologie.gouv.fr) permet
d’obtenir la synthèse suivante :

92 La culture générale au concours de rédacteur territorial


La loi n° 2006-1772 du 30 décembre 2006 sur l’eau et milieux aquatiques
Sur proposition du ministre de l’Écologie et du Développement durable et après une
phase de concertation et de débats qui a duré près de deux ans, la loi n° 2006-1772
sur l’eau et les milieux aquatiques a été promulguée le 30 décembre 2006 (J.O. du
31 décembre 2006).
Cette loi a deux objectifs fondamentaux : donner les outils à l’administration, aux col-
lectivités territoriales et aux acteurs de l’eau en général pour reconquérir la qualité
des eaux et atteindre en 2015 les objectifs de bon état écologique fixés par la direc-
tive cadre européenne (DCE) du 22 décembre 2000, transposée en droit français par
la loi du 21 avril 2004) et retrouver une meilleure adéquation entre ressources en eau
et besoins dans une perspective de développement durable des activités économiques
utilisatrices d’eau et en favorisant le dialogue au plus près du terrain ;
donner aux collectivités territoriales les moyens d’adapter les services publics d’eau
potable et d’assainissement aux nouveaux enjeux en terme de transparence vis-à-vis
des usagers, de solidarité en faveur des plus démunis et d’efficacité environnemen-
tale.
Parallèlement cette loi permet d’atteindre d’autres objectifs et notamment moderni-
ser l’organisation des structures fédératives de la pêche en eau douce.

Quiconque aura parcouru le texte intégral de la loi sur l’eau comprendra qu’une syn-
thèse comme celle-ci est beaucoup plus efficace qu’une lecture exhaustive du texte
législatif.
Ainsi à travers l’application de la méthode développée dans ce chapitre à la problé-
matique de l’eau il est possible comme nous l’avons fait de tirer un certain nombre
d’informations et de réflexions sur les liens qu’entretiennent l’environnement et l’éco-
logie, celle-ci étant l’ensemble des politiques en faveur de la préservation de celui-là.
Le même exercice peut être fait à travers des recherches sur la pollution due aux dé-
placements et donc sur la politique des transports. Ou bien encore sur les pollutions
industrielles et les remèdes développés.
Ces recherches s’achèveraient pour les uns sur la charte de l’environnement. Pour
d’autres, c’est la charte de l’environnement qui serait à l’origine de leurs recherches.
L’important est donc bien que chacun se forge plusieurs outils méthodologiques
comme vous y invite cet ouvrage afin de bâtir des synthèses efficaces des grands
thèmes de l’actualité.
Voici donc cette charte de l’environnement.
Rappelons que ce texte est une loi constitutionnelle adoptée le 28 février 2005 par
le Parlement réuni en Congrès et promulgué le 1er mars 2005 par le Président de la
République.
« Le peuple français, considérant que les ressources et les équilibres naturels ont
conditionné l’émergence de l’humanité ; […] que l’environnement est le patrimoine

Acquérir et parfaire ses connaissances 93


commun des êtres humains ; que l’homme exerce une influence croissante sur les
conditions de la vie et sur sa propre évolution […] ;
Proclame :
Art. 1er. Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et favo-
rable à sa santé.
Art. 2. Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amé-
lioration de l’environnement.
Art. 3. Toute personne doit, dans les conditions définies par la loi, prévenir ou,
à défaut, limiter les atteintes qu’elle est susceptible de porter à l’environne-
ment.
Art. 4. Toute personne doit contribuer à la réparation des dommages qu’elle
cause à l’environnement, dans les conditions définies par la loi.
Art. 5. Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des
connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible
l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe
de précaution, à l’adoption de mesu¬res provisoires et proportionnées afin
d’éviter la réalisation du dommage ainsi qu’à la mise en œuvre de procédures
d’évaluation des risques encourus.
Art. 6. Les politiques publiques doivent promouvoir un développement du-
rable. À cet effet, elles prennent en compte la protection et la mise en valeur de
l’environnement et les concilient avec le développement économique et social.
Art. 7. Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par
la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les
autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques
ayant une incidence sur l’environnement.
Art. 8. L’éducation et la formation à l’envi¬ronnement doivent contribuer à
l’exercice des droits et devoirs définis par la présente Charte.
Art. 9. La recherche et l’innovation doivent apporter leur concours à la préser-
vation et à la mise en valeur de l’environnement
Art. 10. La présente Charte inspire l’action européenne et internationale, de la
France. »
Soulignons l’importance de son article 5 qui définit ce que l’on appelle désormais le
principe de précaution. Ce principe vous invite à des recherches sur les OGM (orga-
nismes génétiquement modifiés), d’où une nouvelle quête de l’actualité s’y intéres-
sant.

Bibliographie incitative
Luc Ferry, Le nouvel ordre écologique ,Biblio essais, 2002.
Sylvie Brunel, Le développement durable,Que sais-je ?, 2004.
François Ewald, Le principe de précaution,Que sais-je ?, 2006.
Jean-Christophe Rufin, Le parfum d’Adam ,Flammarion, 2007.

94 La culture générale au concours de rédacteur territorial


II. SE DOTER
D’UNE MÉTHODE
EFFICACE POUR
TRAITER UNE
QUESTION
Savoir lire un énoncé
Chapitre 6
Thème traité :
Migrations, immigration
Savoir lire un énoncé
NB : vous trouverez à la fin du chapitre 10 des tableaux répartissant les différentes
étapes de la méthode à appliquer en fonction du temps à passer sur les sujets. Mais
il s’agit pour l’instant de bien comprendre ce qu’il s’agit de faire avant de commen-
cer à maîtriser la totalité des paramètres de l’épreuve.

1.1 Les principales erreurs commises

A priori, un candidat à un concours comme celui de rédacteur territorial est censé sa-
voir lire. Cependant, lire de façon correcte un énoncé n’est pas chose toute simple.
En raison même de sa brièveté, de son caractère condensé, un énoncé peut prêter à
des erreurs d’interprétation. Si on se lance trop hâtivement, on risque le hors sujet,
ou d’être incomplet, ou encore de déborder du cadre fixé par la question posée, c’est-
à-dire d’être imprécis. L’impératif de terminer l’épreuve entraîne souvent une préci-
pitation préjudiciable à l’efficacité, surtout lors du concours interne de par la présence
d’au moins trois questions.
Sachez enfin que les sujets ne contiennent pas de piège, ni sur le fond ni sur la forme.
Ils sont explicites : rédigés clairement sans volonté de la part de leur auteur d’orien-
ter les candidats vers une fausse direction, ils nécessitent simplement une lecture mé-
thodique, première étape du chemin qui mène à la réussite de l’épreuve.

1.2 Quelles erreurs sont les plus fréquemment


commises ?
1. La confusion entre une question et un thème
Si un énoncé porte nécessairement sur un thème donné, il ne se réduit pas à ce thème.
Il importe de tenir compte des termes précis de la question posée, que l’énoncé soit
rédigé en quelques mots ou en plusieurs phrases, cette dernière possibilité étant
d’ailleurs plutôt rare. L’analyse des sujets fournis lors des sessions des précédentes an-
nées permet de constater que les énoncés vont de quelques mots à une phrase ou
deux, qu’il s’agisse d’une question ou d’une affirmation à discuter, d’une phrase ver-
bale ou nominale.

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 99


Exemple. L’énoncé

• Comment lutter contre le phénomène des ghettos ?


est différent de l’énoncé :
- « Dis-moi où tu habites, je te dirai qui tu es. »
Que pensez-vous de cette affirmation ?

Les deux questions abordent apparemment le même thème (la ségrégation urbaine),
mais il s’agit en fait de deux questions assez différentes.
- Pour répondre à la première, vous devrez partir du constat de la constitution de
ghettos qui relèguent en banlieue les personnes aux revenus modestes, les familles
issues de l’immigration durant la seconde moitié du vingtième siècle et plus récem-
ment également. Les solutions seront à rechercher à la fois dans le domaine de l’ur-
banisme (rénovation urbaine) mais aussi de la sociologie (mixité sociale). Bien
évidemment selon qu’il s’agira par exemple d’une question sur cinq points dans le
cadre des questions à réponse courte du concours interne, ou, autre exemple, d’une
question sur dix points dans le cadre du même concours, ou bien encore, de la ques-
tion du concours externe, les pistes évoquées ci-dessus seront esquissées (cinq
points), développées (dix points), approfondies (vingt points).
Répondre à la deuxième question, en revanche, vous amènera à traiter le thème de
la ségrégation urbaine de manière plus large. Ainsi vous auriez à analyser les phé-
nomènes du zonage, de l’étalement urbain, du prix du foncier, de la lutte pour l’ac-
cession à des lieux favorisant l’ascension sociale, de la discrimination par le lieu de
vie, etc. La ghettoïsation serait un élément fort de votre réponse mais il serait une
partie de vos réflexions, la plus importante certainement. De plus, selon le concours
et donc le temps imparti en fonction du barème, vous pourriez analyser les solutions
mises en place comme pour le sujet précédent (concours externe), ou rester plus ou
moins longuement uniquement sur les éléments d’analyse (concours interne).

2. Des mots ou expressions de l’énoncé négligés


Souvent, on lit l’énoncé trop vite. On commence alors à travailler sans avoir été at-
tentif à une partie de cet énoncé. Or un simple mot, une expression, ou une forme
syntaxique particulière, peuvent apporter une nuance capitale car ils ont été choisis
pour orienter de façon précise la réponse attendue de vous.
Rappelons toutefois qu’il ne s’agit pas là d’un piège car il appartient aux candidats
de bien lire l’énoncé qui leur est soumis, c’est-à-dire de peser chaque mot et les re-
lations qu’il entretient avec les autres termes du sujet.

Ainsi, dans l’énoncé

• L’immigration vous semble-t-elle correctement contrôlée en France ?

100 La culture générale au concours de rédacteur territorial


- L’adverbe « correctement » ne doit pas être négligé. Il serait dommage de vous
contenter de parler des textes de loi en matière d’immigration. Pensez à vous de-
mander si, dans les faits, la loi suffit à contrôler l’immigration. Il vous faudrait donc
avoir à l’esprit quelques statistiques, quelques événements, etc. pour développer un
point de vue vous permettant de répondre à la question posée.
- L’adjectif « contrôlée » mériterait lui aussi un traitement particulier. Car le candidat
qui ne s’intéresserait qu’à l’immigration clandestine restreindrait trop le sujet. La
nécessité de recourir à des salariés issus de l’immigration doit en effet être énoncée
de même que l’impératif d’ouvrir l’enseignement supérieur à des étudiants étran-
gers.
En un mot l’association de cet adverbe et de cet adjectif vous amènerait à réfléchir
sur les objectifs et les résultats de la politique française de l’immigration.

On peut penser que beaucoup de lecteurs se sentiraient pour le moins inquiets face
à un tel énoncé au combien politique : comment donner son avis sur un sujet poli-
tique sans laisser voir ses propres convictions politiques ? se demandent beaucoup de
lecteurs. Il suffit pour vous rassurer de vous rappeler que de nombreux sujets sont «
politiques » ! Aucun des vingt-cinq thèmes de cet ouvrage n’y échappe. L’essentiel
est que vous ayez une réflexion mesurée, fondée sur une analyse objective et infor-
mée.
Ainsi face à ce sujet dire que les accords de Schengen favorisent l’immigration clan-
destine ne signifie pas que l’auteur de ce constat souhaite les supprimer ! De même
énoncer que le programme Erasmus permet à de nombreux jeunes étrangers de ve-
nir étudier en France ne veut pas dire qu’il faut multiplier les places offertes. Tous les
sujets permettent d’avoir une réflexion équilibrée, ce qui ne veut pas dire neutre,
fuyante car, dans votre conclusion, il vous faudra bien répondre à la question.
Mais pour dire si l’immigration est « correctement » contrôlée en France, il vous faut
avoir « correctement » analysé le sujet dont l’adverbe et l’adjectif qu’il contient consti-
tuent les clefs d’une bonne réflexion.
Ainsi c’est l’adjectif « contrôlée » qui vous aidera à avoir une bonne note car le can-
didat qui traduira « contrôlée » dans un sens purement répressif n’aura pas compris
que l’immigration doit être « régulée », c’est-à-dire propice au dévelop-pement éco-
nomique et culturel de la France.
En un mot : « correctement » + « contrôlée » = « régulée ». Voilà une bonne conclu-
sion.

Autre énoncé :

– Selon François Dubet, sociologue, les jeunes des banlieues déshéritées vivent avant
tout dans un monde désorganisé où les repères traditionnels ont disparu.
Êtes-vous d’accord avec cet avis ?

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 101


- Le risque existe, avec cet énoncé, de « s’embarquer » dans un exposé sur la perte
des repères (les pères absents, les parents démissionnaires, les figures de l’autorité
bafouées, etc.), et de ne pas prêter attention à l’expression « dans un monde désor-
ganisé ». Que veut dire cette expression ? Peut-être vous faudra-t-il parler des pa-
rents au chômage, qui sont à la maison et ne fournissent pas aux jeunes l’image
d’adultes au travail, de la proportion élevée de personnes n’ayant pour ressource
que des allocations ou indemnités, de la génération « des grands frères », qui même
sortis avec des diplômes de leur cursus scolaire ne se voient offrir aucun emploi, etc.
La discrimination à l’encontre des jeunes français d’origine étrangère prend ici mal-
heureusement tout son sens. « Un monde désorganisé » est en effet un monde sans
règles, ou plutôt un monde dans lequel les règles (les lois) ne se sont pas respectées
ou sont pour le moins contournées.
Sans que l’immigration soit au cœur de ce sujet elle en constitue un volet incontour-
nable.

3. L’attention portée exclusivement aux substantifs


La culture moderne occidentale donne aux substantifs (aux noms) une importance
plus grande qu’autrefois dans la langue, au détriment du verbe. Nous sommes ainsi
habitués à être plus attentifs aux substantifs qu’aux autres termes d’une phrase, ou
qu’à sa structure.
Ainsi, le sujet présenté plus haut
• Comment lutter contre le phénomène des ghettos ?
- Ne doit pas être traité uniquement sous l’angle d’une dénonciation du phénomène
de ghettoïsation. Il faut absolument s’interroger sur les moyens de lutte contre cette
ségrégation spatiale.
De même, à la question
• L’émigration de jeunes diplômés pour des raisons essentiellement financières vous
paraît-elle justifiée ?
- Il vous faudra répondre en tenant compte de la forme verbale « vous paraît-elle jus-
tifiée ». Il s’agit donc de parler non seulement de cette émigration qui va de jeunes
diplômés jusqu’à des personnes aisées dont certaines sont célèbres, mais également
de l’analyser objectivement. Le verbe « paraît » implique en effet de nuancer le pro-
pos, de constater qu’il existe des raisons recevables mais aussi discutables. Vous pour-
riez là introduire le concept de « patriotisme économique » qui éclairerait
considérablement la réflexion d’un candidat.

4. L’embarras face aux énoncés constitués d’un seul ou deux


mot(s), ou sans verbe
Les questions qui vous seront posées ne seront pas forcément rédigées sous la forme

102 La culture générale au concours de rédacteur territorial


d’une ou plusieurs phrase(s). Ils pourront par exemple ne comporter que deux mots,
ou deux expressions, reliés ou non par une conjonction (et, ou). Ou bien c’est la ques-
tion elle-même qui sera formulée par une alternative : « avantages et inconvénients
», « un progrès ou une régression ? », « un pari risqué ou un choix raisonnable ? »,
etc.

Exemples :
– Discrimination positive et égalité des chances.
– Immigration subie ou immigration choisie ?
– L’Europe des vingt-sept, craintes ou espoirs ?
La difficulté essentielle consiste à ne pas se contenter uniquement de traiter dans un
premier temps la première partie de l’énoncé puis dans un second temps la seconde
partie. Il faut donc soit trouver une troisième partie qui synthétise les deux premières
(mais ce n’est jamais simple), soit mener une réflexion qui associe à chaque étape les
deux termes du sujet (ce qui est également difficile).

1.3 Lire les énoncés avec méthode

Se garantir d’erreurs de lecture d’un énoncé suppose de la méthode.


Nous allons nous essayer à une telle méthode à partir d’un énoncé illustrant le thème
de ce chapitre décortiqué ci-dessous.

Exemple
Soit l’énoncé suivant :
– Pour répondre au déséquilibre démographique, faut-il rouvrir nos frontières ?

1– J’examine un à un les termes de l’énoncé.


Attention, à cette étape, je dois m’attarder sur chaque mot, même si ces mots font
partie d’une expression. L’expression « déséquilibre démographique » ne se comprend
pas sans s’interroger sur la signification, pour la discipline démographie, du terme «
déséquilibre ».
L’autre terme important de l’énoncé est bien entendu le mot « frontières », placé
dans l’expression « rouvrir les frontières ». Il demandera, lui aussi, à être défini.
Enfin les deux verbes (« répondre » et « rouvrir ») devront également être analysés,
le premier énonçant l’objectif à atteindre face au problème du « déséquilibre démo-
graphique », le second une solution possible.

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 103


Déséquilibre démographique
Une situation d’équilibre est celle où chaque classe d’âge, chaque génération, est suf-
fisamment nombreuse pour pouvoir jouer son rôle dans la société : il faut des enfants
pour assurer le renouvellement des générations, il faut de jeunes adultes en âge de
faire ces enfants et susceptibles de les élever, mais également susceptibles de prendre
en charge la génération des grands-parents, qui ne peut plus travailler. S’il y a trop
de jeunes d’âge maternel ou scolaire, ou trop de personnes âgées, la situation dé-
mographique n’est plus équilibrée.

De quel « déséquilibre » peut-il s’agir ici ?


En fait, comme très souvent, cet énoncé comporte une part de sous-entendu : une
donnée n’est pas explicitement fournie, elle fait appel au savoir des candidats. Ici, le
savoir à posséder est le fait démographique caractéristique des sociétés occiden-tales
actuelles : le vieillissement de la population, c’est-à-dire le fait que la classe d’âge des
plus de 60 ans (celle issue du baby-boom) est, proportionnellement aux autres, de
plus en plus importante. Un problème est donc posé pour le présent (comment sub-
venir aux besoins de cette génération dite le papy-boom ?), mais il se pose aussi pour
l’avenir : si les gens continuent de vivre de plus en plus vieux, il faut que ceux qui
sont en âge de travailler soient de plus en plus nombreux. Or (autre donnée à
connaître), le taux de natalité stagne, ou baisse.
Il n’y a donc pas de piège dans la formulation du sujet : ce qui n’est pas donné dans
le sujet est à chercher dans vos connaissances sans lesquelles il est pour le moins dif-
ficile de répondre à la question posée.

Rouvrir les frontières


Le travail de « décorticage » de l’énoncé doit consister à se demander : qu’est-ce exac-
tement qu’une frontière, à quoi sert-elle ? Que signifie ouvrir ou fermer des fron-
tières ? Comme le sujet traite de questions démographiques, il est clair qu’il s’agit de
la circulation des personnes et non des biens ou des capitaux… Ouvrir les frontières
veut dire laisser entrer des étrangers, voire inciter des étrangers à immigrer, et les au-
toriser à séjourner dans le pays. Rouvrir sous entend qu’il y a eu des politiques d’ou-
verture des frontières puisqu’il s’agit ici de les rouvrir.

Qu’est-ce qui a poussé, ou pousse aujourd’hui, à ouvrir ou fermer les frontières ?


Je dois ici faire appel à mes connaissances sur l’histoire de l’immigration, et sur l’évo-
lution des politiques migratoires. Quand a-t-on commencé d’accueillir des immigrés
? Pourquoi ? Dans quelles conditions ? À partir de quand a-t-on décidé de « freiner
» l’arrivée de nouveaux migrants ? Pourquoi ? Comment ?

104 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Répondre
Ce verbe implique que nous sommes face à un problème qu’il s’agit de résoudre. Il
faudra donc s’interroger sur les enjeux de ce problème.

Faut-il
Dernier élément du sujet, « faut-il » implique une nécessité, une obligation, comme
si la France (voire d’autres pays) devait impérativement rouvrir ses frontières. Dès lors
cette obligation devra être justifiée tout comme sa dénégation par des propositions
d’autres pistes de solution telle une politique de la natalité plus incitative, des pré-
lèvements plus importants en faveur des personnes âgées, une nouvelle législation
sur les retraites, etc.
Répondre à ces questions nécessite donc des connaissances de base à acquérir à l’aide
des méthodes proposées dans les cinq premiers chapitres de cet ouvrage.

2– Je passe en revue toutes les questions qui peuvent se poser.


Lire un énoncé consiste à se poser une foule de questions. Pour ne pas risquer d’ou-
blier un aspect essentiel du sujet à traiter, je ne dois pas me contenter des questions
qui me viennent immédiatement à l’esprit, comme celles évoquées ci-dessus (à partir
de quand, pourquoi, comment ?). Je dois m’en poser d’autres, auxquelles je n’aurais
pas songé spontanément.

Une astuce ________________________________________________________


Un bon « truc » consiste à balayer systématiquement la liste des pronoms, conjonc-
tions, adverbes interrogatifs (Qui ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ?…), en cher-
chant s’ils peuvent s’appliquer de manière intéressante aux différents termes de
l’énoncé sur lequel on travaille. Le chapitre suivant expose en détail cette méthode.
__________________________________________________________________

Ainsi, pour cet énoncé, j’ai intérêt à me poser la question :


– Où ?
Où se pose le problème d’un déséquilibre démographique ? De quelles frontières va-
t-il s’agir ?
– Quand ?
Quand les frontières ont-elles été ouvertes puis fermées ? Combien de fois ?
– Comment ?
Comment ferme-t-on une frontière ? Quelle législation applique-t-on ?
Il est important de noter que le sujet ne le précise pas ; je suis donc libre de parler
de la France uniquement, ou d’élargir mon exposé à l’Europe, et même à l’ensemble

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 105


des pays occidentaux, si je considère que le problème démographique énoncé est
identique dans tous ces pays, et (il faut que les deux conditions soient réunies) si j’ai
quelques connaissances sur les phénomènes migratoires hors de France. Le candidat
qui se posera la question « Qui ? » s’orientera peut-être vers une réflexion plus eu-
ropéenne, la plupart des États européens souffrant d’un déficit démo-graphique bien
plus inquiétant que le nôtre.

3– Je m’attache aux verbes de l’énoncé, qui sous-tendent la


question posée

Trois verbes se trouvent dans l’énoncé ci-dessus : « répondre », « faut-il » et « rouvrir


».

- S’il faut chercher à répondre au déséquilibre démographique, cela signifie qu’il pose
un véritable problème. Lequel exactement ? Avec quelle urgence ? Depuis quand ?
Quelles seraient les conséquences d’une absence de réponse ?

- « Faut-il » est la forme interrogative de l’expression il faut, qui manifeste une né-
cessité, une obligation. Je cherche comment aurait pu être formulée la question au-
trement. « Doit-on rouvrir les frontières ? » « Est-il indispensable de rouvrir les
frontières ? » « Y a-t-il d’autres moyens que de rouvrir les frontières ? » Je vois mieux
à partir de là qu’il me faudra discuter d’autres solutions possibles au problème dé-
mographique posé, et aussi réfléchir à ce « on » susceptible de rouvrir ou pas les fron-
tières : Qui est-ce ? Comment les choses peuvent-elles se faire ?

- Enfin, bien sûr, comme nous l’avons déjà esquissé ci-dessus le verbe « rouvrir » doit
m’alerter. Rouvrir n’est pas ouvrir. Le préfixe « re » sert à marquer soit une répéti-
tion, soit le retour à une situation antérieure. On ne peut rouvrir qu’une porte qui a
déjà été ouverte, et ensuite fermée. Reste, pour vous faire sourire, qu’une porte peut
n’être qu’entrouverte, possibilité qui pourrait fort bien s’appliquer à notre sujet.

Ainsi, même si mes connaissances sur l’histoire de l’immigration sont faibles, je pour-
rai me servir de ce qu’indique ce verbe : il y a eu ouverture, puis fermeture.

Je sais aussi que j’aurai dans ma réflexion à évoquer le passé, au moins récent. L’idéal
serait de montrer que je sais qu’avant la période actuelle, dite de « suspension pro-
visoire de l’immigration de main-d’œuvre », il y a eu une période où l’entrée de tra-
vailleurs immigrés était favorisée.

Cette méthode de lecture exhaustive du sujet va être mise en pratique dans les pages
suivantes à travers le traitement du thème : migrations, immigration.

106 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Thème 6 : Migrations, immigration

Exercice ___________________________________________________________
Lecture rigoureuse d’un énoncé
En vous inspirant de l’exemple donné ci-dessus (page 81 et suivantes, Savoir lire un
énoncé), relevez les points auxquels il convient d’être attentif dans l’énoncé suivant :
L’acquisition de la citoyenneté française est-elle un vecteur d’intégration suffisant ?
__________________________________________________________________

Propositions de correction ___________________________________________


Voici quelques pistes de réflexion, présentées pour montrer comment ouvrir le plus
largement possible le travail de décorticage d’un énoncé. Ne pas savoir répondre à
l’ensemble des questions listées ci-dessous n’est évidemment pas un obstacle pour
traiter le sujet ; l’important sera de manifester que vous savez que ces questions se
posent.
Que recouvre la « citoyenneté française » ?
Si la notion de citoyenneté peut donner lieu à de nombreuses définitions, il convient
ici d’en fournir d’abord une définition d’ordre juridique de par le contexte du sujet.
Ainsi, la citoyenneté française renvoie au statut de citoyen français. Est citoyen
français toute personne de nationalité française ayant atteint l’âge de la majorité.
Ajoutons que la nationalité française donne droit à la citoyenneté européenne.
C’est au code civil dans son titre premier bis qu’il faut se référer pour connaître ce
qu’il faut entendre par nationalité française.

Comment acquiert-on la nationalité française ?


Pour répondre à cette question il faut se reporter au chapitre III du même code civil
intitulé : « De l’acquisition de la nationalité française ».
Voici l’ensemble des connaissances à posséder ici :
La citoyenneté française est liée à la détention de la nationalité française. Cette
nationalité s’acquiert de quatre façons :
• par le "droit du sang" : est considéré comme français tout enfant dont au moins
l’un des deux parents est français ou devient français ;
• par le "droit du sol" : devient automatiquement français, l’enfant qui est né en
France. Pour l’enfant né en France de parents étrangers, la nationalité devient de
plein droit à 18 ans ;
• par la procédure dite de " naturalisation " : un étranger majeur, résidant habituelle-
ment sur le sol français depuis au moins cinq ans peut demander à être naturalisé.
Cette durée de résidence peut être réduite à deux ans si le demandeur a accompli

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 107


avec succès deux années d’études dans un établissement d’enseignement supérieur
français ou s’il a rendu, ou peut rendre, " des services importants à la France ". Dans
tous les cas, depuis la loi du 26 novembre 2003 sur la maîtrise de l’immigration, au
séjour des étrangers en France et à la nationalité, il doit justifier de son " assimilation
à la communauté française " lors d’un entretien individuel. Celui-ci évalue " selon sa
condition " sa bonne connaissance de la langue française et des droits et devoirs
conférés par la nationalité française. Le candidat doit aussi faire preuve de bonnes
mœurs ;
• par le mariage : depuis la loi du 24 juillet 2006 relative à l’immigration et à l’inté-
gration, un étranger unit à un conjoint français depuis quatre ans, peut demander à
acquérir la nationalité française par déclaration. Le délai est porté à cinq ans lorsque le
demandeur ne justifie pas avoir résidé de manière ininterrompue pendant au moins
trois ans en France à compter du mariage ou, en cas de résidence à l’étranger, lorsque
son conjoint français n’était pas inscrit au registre des Français établis hors de France.
Le demandeur doit également avoir un niveau de connaissance de la langue française
suffisante, " selon sa condition ".
D’un point de vue juridique, la nationalité est une condition nécessaire, mais pas
suffisante, pour acquérir la citoyenneté. Il faut aussi jouir de ses droits civils et
politiques. Ainsi, un enfant ayant obtenu la nationalité française, ne devient citoyen
français qu’à partir de 18 ans, âge de l’acquisition du droit de vote.

Mais une fois les dispositions juridiques rappelées, il faut analyser les autres termes
du sujet.

Quelle définition donnée de l’intégration ?


On peut définir l’intégration comme le processus mais aussi le résultat de l’incorpo-
ration d’un individu à une collectivité. Ici, une personne intégrée dans la société
française est une personne qui devient membre à part entière de la communauté
française, dans sa dimension sociale, économique et culturelle.
Le terme d’intégration est à distinguer de celui d’assimilation qui vise à faire perdre
à l’étranger ses propres repères culturels pour ne plus posséder que ceux du pays
d’accueil.

Vecteur ?
Les vecteurs d’intégration pourraient renvoyer à tous les processus qui permettent à
un individu de s’intégrer ; ici, il s’agira par exemple de l’école, du milieu associatif,
etc.

Suffisant ?

108 La culture générale au concours de rédacteur territorial


C’est avec cet adjectif qu’apparaît le cœur du sujet car il s’agit pour le candidat :
- de connaître les conditions de l’acquisition de la citoyenneté française,
- de se fonder sur un bilan de l’intégration des étrangers dans notre pays,
- d’étudier d’autres vecteurs d’intégration possibles.

Connaître les conditions de l’acquisition de la citoyenneté française :


En plus des informations précédemment fournies, voici un court extrait de la loi du
24 07 2006 relative à l’immigration et à l’intégration :

Article 5
I. — Dans la section II du chapitre Ier du titre Ier du livre III du code de l’entrée et du
séjour des étrangers et du droit d’asile, il est inséré un article L. 311-9 ainsi rédigé :

« Art. L. 311-9. – L’étranger admis pour la première fois au séjour en France ou qui
entre régulièrement en France entre l’âge de seize ans et l’âge de dix-huit ans, et qui
souhaite s’y maintenir durablement, prépare son intégration républicaine dans la
société française. »

« À cette fin, il conclut avec L'État un contrat d’accueil et d’intégration, traduit dans
une langue qu’il comprend, par lequel il s’oblige à suivre une formation civique et,
lorsque le besoin en est établi, linguistique. La formation civique comporte une
présentation des institutions françaises et des valeurs de la République, notamment
l’égalité entre les hommes et les femmes et la laïcité. La formation linguistique est
sanctionnée par un titre ou un diplôme reconnus par L'État. L’étranger bénéficie d’une
session d’information sur la vie en France et, le cas échéant, d’un bilan de compé-
tences professionnelles. Toutes ces formations et prestations sont dispensées gratuite-
ment. Lorsque l’étranger est âgé de seize à dix-huit ans, le contrat d’accueil et
d’intégration doit être cosigné par son représentant légal régulièrement admis au
séjour en France. »

« Lors du premier renouvellement de la carte de séjour, il peut être tenu compte du


non-respect, manifesté par une volonté caractérisée, par l’étranger, des stipulations du
contrat d’accueil et d’intégration. »

« L’étranger ayant effectué sa scolarité dans un établissement d’enseignement secon-


daire français à l’étranger pendant au moins trois ans est dispensé de la signature de
ce contrat. »

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 109


« L’étranger qui n’a pas conclu un contrat d’accueil et d’intégration lorsqu’il a été
admis pour la première fois au séjour en France peut demander à signer un tel
contrat. »

« Un décret en Conseil d'État fixe les conditions d’application du présent article. Il dé-
termine la durée du contrat d’accueil et d’intégration et ses conditions de renouvelle-
ment, les actions prévues par le contrat et les conditions de suivi et de validation de
ces actions, dont la reconnaissance de l’acquisition d’un niveau satisfaisant de maîtrise
de la langue française et la remise à l’étranger d’un document permettant de s’assurer
de l’assiduité de celui-ci aux formations qui lui sont dispensées. »

II. — L’article L. 117-1 du code de l’action sociale et des familles est ainsi rédigé :

« Art. L. 117-1. – Les règles relatives au contrat d’accueil et d’intégration sont fixées à
l’article L. 311-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. »

Cet article, à travers le contrat d’accueil et d’intégration, montre la volonté du légis-


lateur de favoriser l’intégration des étrangers à travers un processus d’apprentissage
civique, premier pas vers une intégration réussie.

Se fonder sur un bilan de l’intégration des étrangers dans notre pays :

S’il est difficile de fournir un bilan précis, il est néanmoins possible de constater que
l’intégration des étrangers en France ne se fait pas toujours facilement. Il y a 10 %
d’immigrés en France : 8 % exactement soit 5 millions dont deux ont acquis la na-
tionalité française. Mais ces chiffres ne doivent pas faire oublier les vagues d’immi-
gration successives qu’a connues notre pays : Italiens, Polonais, Portugais, etc. tout au
long des dix-neuvième et vingtième siècles ce sont des centaines de milliers d’étran-
gers qui sont venus s’agréger à la nation française.

Or l’accueil de l’autre est souvent difficile, ne serait-ce que par la peur qu’il peut
inspirer, voire par un simple rejet xénophobe. Le roman de Marcel Pagnol (1895-1974)
Jean de Florette est un bon exemple de ce rejet de l’autre ! Si Jean Cadoret meurt
dans l’indifférence générale c’est parce que les gens croient qu’il n’est pas originaire
du pays.

On pourrait ajouter de nombreux exemples de rejet de l’étranger à travers le voca-


bulaire, les comportements, les discours politiques, etc. L’immigration est un sujet sen-
sible car ceux qui sont favorables à la diversité sont souvent ceux qui refusent la
différence.

Étudier d’autres vecteurs d’intégration possibles :

Ces autres vecteurs doivent d’abord énoncer l’accueil qui doit être prodigué. La
notion d’hospitalité serait à étudier à travers des données historiques, littéraires,
sociales, etc.

110 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Mais c’est surtout à l école que l’on demande d’intégrer l’étranger, ne serait-ce qu’à
travers l’apprentissage de la langue. Au-delà, on ajoutera la connaissance des modes
de vie, des cultures locales, des institutions ; la participation à la vie sociale à travers
les loisirs ; le développement de la citoyenneté à travers l’exercice de mandats
électifs, etc.
Enfin, toute une réflexion devrait être menée sur le concept de « discrimination
positive », traduction de l’anglais « affirmative action » qui désigne une politique
donnant un avantage social à une catégorie qui n’est pas considérée comme traitée
égalitairement (donc défavorisée) dans le domaine sur lequel porte cette politique.

Pour conclure :
L’analyse de ce sujet permet de s’orienter vers une démonstration qui pourrait se
résumer comme suit : malgré des avancées significatives dans le cadre de l’acquisition
de la citoyenneté française, l’intégration des étrangers doit être renforcée à travers
des dispositifs à plus longs termes.

Bibliographie incitative
Guy Le Moigne, L’immigration en France,Que sais-je ?, 2002.
Marcel Pagnol, Jean de Florette,éd. Fallois, 2004.
Patrick Weil, La République et sa diversité,Seuil, 2005.

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 111


Rassembler ses idées :
apprendre à « tirer
des fils »
Chapitre 7
Thème traité :
Les services publics
Rassembler ses idées : apprendre à « tirer
des fils »
Rassembler ses idées, c’est préparer ses matériaux (réflexions, connaissances,
illustrations) pour écrire, c’est-à-dire rédiger une démonstration efficace.
Face à l’énoncé d’un sujet à traiter, on peut avoir l’une ou l’autre des réactions sui-
vantes :
« Qu’est-ce que je vais bien pouvoir dire ?… Je n’ai pas d’idées…
Je ne connais rien sur ce sujet, ou pas grand-chose… »
« Ce problème, on en a tellement parlé ! Les médias, les politiques…
J’ai peur de ne dire que des banalités ! »
« Oh là là !… Il y a tellement de choses à dire sur cette question !
C’est un sujet complexe. Par où prendre les choses ? »
Que vous soyez « en panne sèche » ou « le moteur noyé », un seul remède : ne pas
s’affoler et agir avec méthode. On ne répétera jamais assez que seule l’application
d’une méthode assimilée permet d’élaborer des réponses intéressantes au (x) sujet(s)
fourni(s).
Voici quelques évidences à se remémorer tout au long de sa préparation et en parti-
culier le jour de l’épreuve si on se trouve saisi d’angoisse à la lecture des énoncés pour
les candidats au concours interne ou de l’énoncé pour ceux qui passeront le concours
externe :
1. Le sujet qui vous est donné est a priori un sujet « d’ordre général », donc un sujet
sur lequel TOUT LE MONDE a quelque chose à dire, partant du principe que ce que
vous direz ne sera pas justement uniquement ce que n’importe qui pourrait dire
mais le résultat d’un travail méthodique.
2. On n’attend pas de vous que vous fassiez une œuvre originale et digne d’être
publiée, mais de montrer que vous avez compris les différents enjeux d’une ques-
tion, et que vous pouvez les présenter de façon claire et ordonnée à partir d’un
savoir montrant que vous avez une culture générale efficace, c’est-à-dire qui vous
permet de réfléchir à un voire plusieurs sujets d’ordre général.
3. Il ne vous est pas non plus demandé de rédiger une thèse de doctorat, c’est-à-
dire une réflexion quasi exhaustive sur un sujet donné, mais ou bien au maximum
une composition de cinq à six pages (concours externe), ou bien au minimum
une réponse en vingt ou trente lignes (concours interne). Dans l’un ou l’autre
cas, vous ne pourrez pas faire le tour de la question. Vous aurez à choisir
quelques angles d’attaque du thème proposé, pas à les explorer tous à fond,
faute de temps.

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 115


À part éventuellement en littérature (on peut penser ici entre autres à l’écriture au-
tomatique), écrire suppose de lister préalablement les différents points à aborder.
Même dans la vie courante, pour rédiger un courrier pour une administration, un mot
de remerciement ou une invitation, spontanément, on réfléchit au contenu de sa
lettre et à l’ordre d’apparition des divers éléments de cette lettre.

À retenir __________________________________________________________
Rassembler ses idées est une étape importante dans un travail de rédaction, de
quelque nature qu’il soit. À partir d’idées couchées sur le papier, on pourra opérer
un tri d’une part, un classement d’autre part, c’est-à-dire préparer un plan.
__________________________________________________________________

1.1 Une règle importante : ne pas se censurer


au départ

Imaginez…
Vous êtes dans votre cuisine. Vous devez, très vite, composer un dîner pour des
amis venus à l’improviste. Qu’allez-vous faire ? Vous savez d’expérience que si vous
décidez d’emblée du menu à servir, vous risquez fort de vous apercevoir en cours
de réalisation de votre plat qu’il vous manque un ingrédient essentiel. Donc, vous
ouvrez le réfrigérateur, les placards, faites le point sur vos réserves. Vous sortez des
produits sans forcément savoir, au moment où vous le faites, si vous allez ou non
les utiliser. Ce n’est qu’une fois ce tour de vos placards effectué que vous allez op-
ter pour tel ou tel plat.
De la même façon, une bonne recherche d’idées se conduit en laissant au départ libre
cours à ce qui vient à l’esprit. L’erreur souvent commise consiste à se demander :
« Qu’est-ce que je vais dire ? ». Il est bien plus efficace de se demander simplement,
dans un premier temps : « Qu’est-ce que je sais de la question ? »
Mais pour autant et pour continuer à filer la métaphore culinaire, vous chercherez
malgré tout à élaborer un plat digne d’être apprécié par vos invités. Vous essaie-
rez de tirer le maximum de ce que vous avez en réserve.

Ainsi vous tenterez de fournir aux correcteurs une réflexion « digne d’être appréciée » en
tirant le maximum de vos connaissances, de vos idées.
Bien sûr, il vous faudra adapter le temps consacré à cette recherche en proportion du
temps de l’épreuve (les invités arriveront d’autant plus à l’heure que la maîtresse de
maison est en retard !) ; vous ne pourrez pas, comme si vous aviez toute latitude, lister
l’ensemble des points connus de vous et pouvant dans l’absolu s’associer au thème de
l’énoncé. La gestion du temps fait partie intégrante de la méthode à acquérir, et peut-
être encore plus pour les candidats au concours interne qui se laissent facilement dé-
border en répondant longuement aux deux premières questions et en bâclant la ou
les questions suivantes.

116 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Mais avoir au départ l’attitude la plus ouverte possible permet de se garantir contre
deux risques :
– Oublier certains aspects essentiels du thème à traiter (des points de vue différents
de celui qui semble évident a priori, ce que diverses disciplines ont à dire de la
question). Ainsi beaucoup de candidats restreignent la portée de la question en
se donnant un champ d’analyse trop étroit.
– Aller exclusivement dans le sens de l’opinion que l’on s’est spontanément forgée
sur une question, sans penser aux arguments contraires, à ce qui permet de nuan-
cer une opinion, de peser « le pour et le contre ». Ainsi beaucoup de candidats
également répondent à la question quasiment en même temps qu’ils la décou-
vrent, transformant leur réponse en une forme d’a priori sans jugement réfléchi.

À retenir __________________________________________________________
Il ne faut donc ni être réducteur dans son approche de la question ni exhaustif, que
ce soit dans la recherche des outils nécessaires ou dans l’élaboration de la réflexion.
__________________________________________________________________

Quelques conseils méthodologiques :


(Certains de ces conseils ont déjà été évoqués à propos de la prise de notes, au cha-
pitre 2. Nous ne reprenons donc pas les commentaires et explications exposés plus
haut sur ces points.)
1. N’utiliser que le recto du papier, et plusieurs feuillets le cas échéant.
Attention : la table sur laquelle vous travaillerez le jour du concours risquant d’être
plutôt étroite, évitez de multiplier les feuilles de brouillon.
2. Aérer cependant absolument la mise en page d’une liste d’idées ou de connais-
sances : sauter une ou deux lignes entre chaque idée afin de pouvoir la creuser si
nécessaire, entre chaque connaissance afin de pouvoir la compléter également.
3. Employer son propre lexique d’abréviations et symboles. Rédiger le moins possible
(c’est-à-dire ne pas forcément faire des phrases).
4. Noter aussi bien des idées que de simples données
(des faits, des dates, des chiffres, des acteurs, des références de sources ayant trait
au sujet, et également quelques mots pour penser à une anecdote, un événement,
un fait-divers…). Pour cela distinguer bien ce qui relève des idées de ce qui relève
des connaissances en utilisant deux colonnes sur une même feuille par exemple.)
5. Ne pas chercher d’emblée à classer : noter les choses dans l’ordre où elles viennent
à l’esprit. Il sera facile de donner des numéros aux idées et connaissances à utiliser
dans l’ordre de la rédaction.
6. Ne pas utiliser un crayon et une gomme. (Beaucoup de candidats perdent un temps
très important à gommer sur leur brouillon, ce qui est une attitude pour le moins
étrange. De même gommer une idée ou une information qui paraît sur le moment
mauvaise l’efface de l’esprit. Or rien ne dit que ce qui peut paraître inintéressant
à tel moment de la réflexion ne deviendra pas utile par la suite.)

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 117


Exemple
Prenons pour illustrer cette partie de la méthode le sujet suivant :
Les services publics à la française.
Notez bien que ce sujet n’est pas énoncé sous la forme d’une question, ce qui va per-
mettre d’avoir une réflexion large. Notez également que nous proposons de traiter
ce sujet en 1 heure.
À partir de ce tableau qui matérialise une recherche d’idées et de connaissances vo-
lontairement succincte et sans organisation, il va s’agir d’aller plus loin en « tirant des
fils ».
RECHERCHE D’IDÉES RECHERCHE DE CONNAISSANCES

– Le service public ou les services publics ? – Enviés dans le monde entier.

– Quelle(s) définition(s) ? – 1 salarié sur 5 est fonctionnaire.

– pourquoi « à la française » ? – 3 fonctions publiques.

– À comparer avec d’autres pays ? – Création de la FPT après 1981.

– Distinguer l'État et les collectivités territoriales. – La justice fonctionne mal.

– Distinguer le service public et le service au public. – Les 35 heures ont désorganisé les hôpitaux.

– Penser à délégation de service public. – Problème des départs en retraite des babys
boomers.
– Penser à Partenariat Public Privé (PPP).
– Faible taux de syndicalisation.
– Quelles évolutions :
passées ? – De plus en plus de recours aux TIC par les
futures ? particuliers.

– Distinguer différents services publics : – Ex : les déclarations d’impôts via Internet.


• l’école ;
• la justice ; – Nécessité de formation des agents.
• la préfecture ;
• la police ; – Loi du19 février 2007 relative à la FPT.
• la mairie ;
• l’état civil ;
• l’hôpital ;

– Penser à la modernisation des services publics :


• NTIC ;
• Dématérialisation.

118 La culture générale au concours de rédacteur territorial


1.2 Que veut dire « tirer des fils » ?

Le premier jet d’une recherche d’idées et de connaissances peut être foisonnant. Il


peut aussi être assez pauvre. Cela dépend des sujets, de son état de forme le jour de
l’épreuve, de sa capacité à gérer le stress inhérent au contexte, etc.
Dans tous les cas, on peut améliorer ce premier jet en utilisant une technique « im-
parable » : tirer des fils.
Il s’agit de considérer que chaque « tiret » de sa recherche d’idées est le fil d’une pe-
lote, que l’on peut donc dérouler. Les outils pour dérouler ces pelotes sont des ques-
tions à se poser, choisies, en fonction du sujet, dans la liste proposée ci-dessous.
Petit rappel ________________________________________________________
L’intérêt d’avoir aéré votre recherche d’idées se révèle à cette étape de votre travail :
vous allez pouvoir compléter votre liste d’idées et de connaissances dans les espaces
laissés libres entre chaque tiret…
__________________________________________________________________
Nota. La liste ci-dessous comprend des pronoms interrogatifs, suivis d’exemples de formulation de
questions. Cette liste ne prétend bien entendu pas ici à l’exhaustivité ; à vous de faire suivre les pro-
noms de ce qui convient, selon la nature du « fil » à tirer.

– Qui ?
pense ceci, dit ceci, est responsable de ceci, est concerné par ceci, s’oppose à ceci…

– Quand ? ou depuis quand ?


a lieu, ou bien a eu lieu ceci, a été inventé ce mot ou cette chose, estapparu ce phé-
nomène, s’applique cette règle…

– Où ?
existe ce phénomène, s’est passé cet événement, s’applique ce système,ou cette mesure…

– Pourquoi ?
existe ce problème, a été prise cette décision, a été votée cette réforme, a eu lieu cet
événement, a eu lieu cette évolution…

– Quels effets, quelles conséquences ?


a ce phénomène, ou cette réglementation, ou cette découverte…

– Que diraient ceux qui ne sont pas d’accord ?


avec cette politique, avec cette tendance, avec ce principe, cette idée…

– À quoi ressemble ou fait penser…


cette idée, ce terme, cette notion, ce phénomène…

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 119


Exemple (suite)
Les services publics à la française.
Il s’agit ici de reprendre le tableau précédent en le complétant à l’aide des fils tirés
grâce aux questions proposées ci-dessus. Les compléments découverts sont indiqués
en italique pour bien les distinguer des premières idées et connaissances trouvées.

RECHERCHE D’IDÉES RECHERCHE DE CONNAISSANCES

– Le service public ou les services publics ? – Enviés dans le monde entier. Des entreprises
distinguer le fonctionnaire de l’usager et penser s’installent en France grâce à cette réputation.
aux élus. – 1 salarié sur 5 est fonctionnaire. Un
– Quelle(s) définition(s) ? penser à la notion fonctionnaire reçoit un traitement pour
d’intérêt général. appliquer une politique : il a un statut particulier.
– Pourquoi « à la française » ? Défense du service (lois du 13 juillet 1983 et du 26 janvier 1984).
public. – 3 fonctions publiques. Ajouter : mairie de Paris,
– À comparer avec d’autres pays ? La GB avec fonctionnaires européens.
Tony Blair a fait de gros efforts dans l’éducation – Création de la FPT après 1981. Loi du 2 mars
par exemple. Beaucoup d’hommes politiques 1982.
disent vouloir s’inspirer de ce « modèle ». – La justice fonctionne mal. Son budget est de 6,3
– Distinguer l'État et les collectivités territoriales. milliards d’euros pour 2007 (2 % du budget de
Penser à la notion de proximité, au principe de l'État).
subsidiarité. – Les 35 heures ont désorganisé les hôpitaux.
– Distinguer le service public et le service au – Problème des départs en retraite des babys
public. L’usager, l’administré deviennent un boomers. Certains hommes politiques
client. souhaitent remplacer chaque départ, d’autres
– Penser à délégation de service public. veulent réduire le nombre de fonctionnaires.
Instauration du code des marchés publics – Faible taux de syndicalisation. Inférieur à 10 %.
plusieurs fois modifiés. – De plus en plus de recours aux TIC par les
– Penser à Partenariat Public Privé (PPP). particuliers. Penser au rôle des CT en tant
À illustrer avec des exemples comme des lycées, qu’opérateurs.
des prisons, etc. – Ex : les déclarations d’impôts via Internet.
– Quelles évolutions : – Nécessité de formation des agents.
passées ? Insister sur modernisation. – Loi du19 février 2007 relative à la FPT.
futures ? Penser à l’opposition entre sociaux- Penser à la formation tout au long de la vie à la
démocrates et libéraux. validation des acquis de l’expérience, etc. À tout
– Distinguer différents services publics : ce qui s’inscrit dans cette loi en rapport avec
*l’école ; l’amélioration du service public.
*la justice ; – Penser à la rentabilité : notion du secteur privé
*la préfecture ; déconcentration. dont l’équivalent dans le secteur public pourrait
*la police ; être la productivité.
*la mairie ;
*l’état civil ;
*l’hôpital ;
– Penser à la modernisation des services publics :
penser à la LOLF : loi organique aux lois de
finances du 1er août 2001. Parler d’objectifs et
plus seulement de moyens.
*NTIC ;
*Dématérialisation.

120 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Ce tableau peut bien évidemment être complété en fonction des idées et des connais-
sances des lecteurs. Mais rappelons que l’objectif était d’élaborer un « brouillon »
pour un devoir à réaliser en 1 heure. Dès lors aller plus loin serait exagéré et laisse-
rait penser aux candidats qu’il est possible d’en dire beaucoup plus, ce qui ne paraît
pas réaliste ici.
De même les trois sujets qui suivent donnent lieu à une recherche d’idées et de
connaissances dans le cadre d’un devoir à réaliser en 1 heure également.

NB : une vingtaine de minutes sont nécessaires à la recherche d’idées et de connaissances dans le


cadre d’une réflexion à mener en une heure. Rappelons que les tableaux répartissant les différentes
étapes de la méthode à appliquer selon les différents tempos possibles sont présentés à la fin du
chapitre 10

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 121


Thème 7 : Les services publics
Ce thème sera traité à partir de la recherche d’idées et de connaissances sur les trois
sujets suivants :
1. La modernisation des services publics.
2. Une collectivité territoriale se gère-t-elle comme une entreprise ?
3. Être fonctionnaire, est-ce un privilège ?
Mais afin de lier peu à peu les différentes étapes de la méthode à maîtriser chaque
traitement de sujet débutera par une analyse des termes qui le constituent. Nous
avons en effet pour l’instant vu les deux premières étapes de la méthode, à savoir :
– Lecture méthodique de l’énoncé du sujet.
– Recherche d’idées et de connaissances sur le sujet.
Cette seconde étape se subdivisant en deux moments :
– Recherche d’idées et de connaissances sur le sujet sans censure personnelle.
– Recherche complémentaire d’idées voire de connaissances sur le sujet en tirantdes
fils, c’est-à-dire en appliquant un questionnement à chaque idée ou connaissance
découverte.
Il vous est vivement conseillé de vous entraîner à ces trois exercices avant de lire les
tableaux proposés. Ces tableaux ne sont, par ailleurs, en riens exhaustifs. Ils tentent
simplement de montrer ce qu’un candidat bien préparer doit pouvoir réaliser en une
bonne vingtaine de minutes :
– 5 minutes sur la lecture méthodique de l’énoncé.
– 20 minutes sur les recherches à mener.

1 - La modernisation des services publics


Lecture méthodique du sujet
Modernisation :
Ce mot peut se définir comme l’adaptation des services publics au monde contem-
porain.
Il renvoie aux notions d’efficacité, de rapidité, de fiabilité, voire de performance.
S’y ajoute une bonne gestion financière : l’association de l’efficacité et d’un coût rai-
sonnable s’appelle l’efficience.
Enfin la modernisation s’oppose à une image désuète du fonctionnaire rond de cuir.
Services publics :
Les services publics peuvent se définir de deux manières :
– il peut s’agir des structures appartenant à la fonction publique qui ont des acti-
vités relevant de l’intérêt général ;
– il peut s’agir également des missions de service public rendues soit par des struc-
tures publiques soit par des structures privées dans le cadre des délégations de
service public.
– Trois domaines sont à considérer : les missions régaliennes de l'État (justice), le
secteur non marchand (éducation), le secteur marchand (eau potable).

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 123


Dès lors le champ de réflexion est extrêmement large. Les deux tableaux qui suivent
ne sont donc pas exhaustifs mais tentent simplement de refléter le travail que peut
mener un candidat bien préparé dans le laps de temps imparti.
On rappellera que le premier tableau correspond à une première recherche d’idées
et de connaissances et que le second complète le précédent en « tirant des fils ».

1ère RECHERCHE D’IDÉES RECHERCHE DE CONNAISSANCES

– La décentralisation est une modernisation des – Les objectifs de la décentralisation sont de


services publics. rapprocher l’administré de l’« administration ».
– Il en est de même de la déconcen-tration, – Ex : transfert de l’ENA à Strasbourg.
même si elle est plus ancienne. – La gestion des ressources humaines est
– Moderniser nécessite de recourir à une indispensable : citer des exemples tirés de la
méthode (elle-même moderne) de type : collectivité du candidat en interne, de
• constats, recherches pour le candidat externe qui n’est
• diagnostic, pas contractuel.
• recherche de solutions, – Insister sur les NTIC et notamment sur la
• mise en œuvre, dématérialisation de certaines procédures
• évaluation. comme celle des marchés publics par exemple.
– les différents champs possibles concernent : – La formation est un outil essentiel de
modernisation.
– les structures,
– les personnels,
– les moyens,
– les méthodes de travail

2ème RECHERCHE D’IDÉES RECHERCHE DE CONNAISSANCES

– La décentralisation est une modernisation des – Les objectifs de la décentralisation sont de


services publics. On peut penser à un meilleur rapprocher l’administré de l’« administration » :
aménagement du territoire, à une plus grande permis de construire, carte d’identité, etc.
transparence. – Ex : transfert de l’ENA à Strasbourg.
– Il en est de même de la déconcentration, Entamé en 1991 il devient total en 2005.
même si elle est plus ancienne. La proximité – La gestion des ressources humaines est
est un facteur d’efficacité. indispensable : citer des exemples tirés de la
– Moderniser nécessite de recourir à une collectivité du candidat en interne, de
méthode (elle-même moderne) de type : recherches pour le candidat externe qui n’est
• constats, pas contractuel. Motivation, régime
• diagnostic, indemnitaire, promotion au mérite, etc.
• recherche de solutions, – Insister sur les NTIC et notamment sur la
• mise en œuvre, dématérialisation de certaines procédures
• évaluation. comme celle des marchés publics par exemple.
Penser à la couverture haut débit de la quasi-
– La méthode projet est au cœur des CT. totalité du territoire aujourd’hui.
– Les différents champs possibles concernent : – La formation est un outil essentiel de
– les structures, modernisation. Cf. la loi du 19 février 2007.
– les personnels, – La dette est de 1200 milliards d’euros en 2007
– les moyens, dont 10 % pour les CT.
– les méthodes de travail
– Il faut éviter toute forme d’étatisme afin de
réduire la dette de la France en maîtrisant les
dépenses publiques.

124 La culture générale au concours de rédacteur territorial


2 - Une collectivité territoriale se gère-t-elle comme une
entreprise ?
Lecture méthodique du sujet

Si la définition des collectivités territoriales comme ensemble des communes, des dé-
partements, des régions, des collectivités à statut particulier et des collectivités
d’outre-mer ne pose guère de difficulté (le lecteur se reportera au titre XII de la consti-
tution), c’est bien plutôt l’analyse du verbe gérer sur laquelle il faut insister avant de
s’intéresser au mode de gestion de l’entreprise.
Gérer peut s’entendre ici comme administrer, c’est-à-dire organiser le fonctionnement
de la collectivité. Mais s’ajoute à cette première définition une dimension interne de
bonne gestion, c’est-à-dire une obligation qualitative. Il faut comprendre ici « gérer
une collectivité territoriale » comme synonyme de « bien gérer une collectivité terri-
toriale ».
Quant à la gestion d’entreprise, sa définition renvoie aux notions de résultats, de ren-
tabilité, de production, etc.
Un candidat ayant à répondre à cette question en une heure aura intérêt à organi-
ser sa recherche d’idées et de connaissances sous la forme d’un tableau qui énoncera
les points communs entre les deux gestions mais aussi les différences. Il ne s’agit pas
dans cette approche d’anticiper sur le chapitre suivant qui concerne l’organisation de
la réflexion, mais ici cette recherche par points communs et différences relève de l’évi-
dence.
Signalons enfin qu’il est difficile ici de distinguer toujours clairement les idées des
connaissances, tant elles se mêlent et se complètent les unes les autres.

1ère RECHERCHE D’IDÉES RECHERCHE DE RECHERCHE D’IDÉES RECHERCHE DE


CONNAISSANCE CONNAISSANCE
– CT et entreprises – Les CT font appel à des – Un maire ou un – Le budget doit être
gèrent des ressources entreprises privées pour président n’est pas un équilibré pour une CT,
humaines, de l’argent, faire des audits de leur chef d’entreprise. pas pour une
des matériels. fonctionnement. entreprise.
– Une mauvaise gestion – Si le service de l’état- – Le code du travail n’est
a des conséquences pas identique dans les – Une entreprise peut
civil a peu à voir avec le deux cas. licencier un salarié pour
graves dans les deux privé, il n’en est pas du
cas. – Le statut de la fonction des raisons
tout de même des
– Le service rendu à services techniques. publique territoriale économiques.
l’administré peut – Le travail en régie n’est pas le même que – Une entreprise peut
s’apparenter au service nécessite les mêmes celui des salariés du avoir de nouveaux
rendu au client dans qualités que dans le secteur privé. débouchés.
une entreprise de privé. – Une entreprise doit
services. – La CT est soumise au
– La sécurité des agents contrôle de l’égalité en gagner de l’argent, pas
– Une bonne gestion est tout aussi une CT.
financière peut préfecture.
primordiale que dans le – Le concept de gratuité
permettre d’investir privé. – Une entreprise doit être
dans les deux cas. – Sans parler de innovante sous peine du service public est
– La qualité est une rentabilité une CT peut de disparaître. étranger au monde de
recherche commune s’intéresser au – Une entreprise est l’entreprise.
au privé et au public. rendement de tel ou tel davantage soumise à la – Un électeur n’est pas
secteur pour savoir si conjoncture qu’une CT un client ni un
elle doit déléguer ou qui peut, elle, consommateur.
pas. augmenter les impôts.

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 125


2ème RECHERCHE D’IDÉES RECHERCHE DE RECHERCHE D’IDÉES RECHERCHE DE
CONNAISSANCE CONNAISSANCE
– CT et entreprises – Les CT font appel à des – Un maire ou un – Le budget doit être
gèrent des ressources entreprises privées pour président n’est pas un équilibré pour une CT,
humaines, de l’argent, faire des audits de leur chef d’entreprise. pas pour une
des matériels. fonctionnement. – Un chef d’entreprise entreprise
– Les départs en retraite – Si le service de l’état- peut être propriétaire – Certains élus ont
à venir nécessitent une civil a peu à voir avec le de son entreprise cependant « ruiné »
réflexion dans les deux privé, il n’en est pas du – Le code du travail n’est leur collectivité pour
secteurs. tout de même des pas identique dans les plusieurs années
– Une mauvaise gestion services techniques. deux cas. – Une entreprise peut
a des conséquences – Les budgets de – On peut penser à la licencier un salarié pour
graves dans les deux fonctionnement et médecine du travail. des raisons
cas. d’investissement des – Le statut de la fonction économiques.
– Le service rendu à CT peuvent être source publique territoriale – Il est plus facile de
l’administré peut d’économies comme n’est pas le même que mettre un
s’apparenter au service dans le privé. celui des salariés du fonctionnaire dans un
rendu au client dans – Le travail en régie secteur privé. placard que de le
une entreprise de nécessite les mêmes – La continuité du service licencier
services. qualités que dans le public est un impératif – Une entreprise peut
– La preuve en est que privé. que ne connaît pas le avoir de nouveaux
beaucoup de CT se – Des travaux dans une privé. débouchés.
livrent à des enquêtes école doivent souvent – La CT est soumise au – Quant une CT a de
de satisfaction. être faits en respectant contrôle de l’égalité en nouvelles compétences
– Une bonne gestion des délais précis. préfecture. elle doit souvent
financière peut – La sécurité des agents – Une entreprise doit être dépenser davantage
permettre d’investir est tout aussi innovante sous peine malgré les transferts
dans les deux cas. primordiale que dans le de disparaître. financiers de l'État.
– La création d’un site privé. – Une entreprise est – Une entreprise doit
web est un – Sans parler de davantage soumise à la gagner de l’argent, pas
investissement que font rentabilité une CT peut conjoncture qu’une CT une CT.
beaucoup de CT. s’intéresser au qui peut, elle, – Le concept de gratuité
– La qualité est une rendement de tel ou tel augmenter les impôts. du service public est
recherche commune secteur pour savoir si – Une entreprise peut étranger au monde de
au privé et au public. elle doit déléguer ou faire un emprunt pour l’entreprise.
pas. payer ses salariés, pas – Un électeur n’est pas
– Il existe des tableaux de
bord comme – Une piscine peut être une CT. un client ni un
indicateurs de qualité. ruineuse si elle est mal consommateur.
entretenue. – Certains usagers
cependant adoptent
une telle attitude.

3 - Être fonctionnaire, est-ce un privilège ?


Lecture méthodique du sujet

Deux mots à travailler, le second étant beaucoup plus difficile à analyser que le pre-
mier.
Un fonctionnaire est une personne qui occupe, en qualité de titulaire, un emploi perma-
nent dans le cadre d’une administration publique. Il y a en France environ cinq millions
d’agents de la fonction publique, titulaires ou contractuels, dont 30 % appartiennent à la
fonction publique territoriale. Les fonctionnaires possèdent un statut qui se compose de
droits mais également d’obligations. C’est ce statut qui permet de se demander si un
fonctionnaire est une personne privilégiée.

126 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Un privilège est un avantage particulier accordé à un individu ou à un groupe d’in-
dividus en dehors de la loi commune. Dès lors un privilège crée entre celui ou ceux
qui en bénéficient et ceux auxquels il n’est pas accordé une inégalité de droit(s).
C’est le cœur de la réflexion à mener. Tout comme pour le sujet précédent il semble
logique de remplir un tableau apportant des éléments opposés. De plus il est égale-
ment parfois difficile de distinguer idées et connaissances.

1ère Recherche d’idées en Recherche de Recherche d’idées Recherche de


faveur du privilège connaissances en niant le privilège connaissances niant
– La garantie de faveur du privilège d’être fonctionnaire le privilège d’être
l’emploi est - Beaucoup de jeunes – Le temps de travail fonctionnaire
certainement à veulent devenir des fonctionnaires – La nuit du 4 août
l’origine de ce fonctionnaires n’est pas inférieur à 1789 a aboli les
« privilège ». uniquement pour celui des salariés du privilèges !
– Beaucoup pensent bénéficier de cette privé. – Une secrétaire de
encore que les garantie. – Beaucoup de mairie qui travaille sur
fonctionnaires sont – Si les traitements des fonctionnaires ont deux voire trois
peu efficaces et ont catégories C sont peu des responsabilités mairies est souvent
peu de travail. attractifs, la possibilité très importantes qui surchargée de travail.
– Privilège est le de passer des ne se traduisent pas – Le stress est
synonyme d’acquis concours internes est par un salaire également important
social. perçue également équivalent à celui du dans le secteur
comme un privilège. privé. public.
– Les salariés du privé
cotisent plus – On confond souvent – La responsabilité – Un directeur des
longtemps pour leur les fonctionnaires pénale des services techniques
retraite que les avec, par exemple, les fonctionnaires peut endossent des
fonctionnaires. cheminots dont on être engagée comme responsabilités très
envie les départs à la celle des salariés du importantes en cas
– Les régimes spéciaux retraite « privilégiés » secteur privé.
sont confondus avec par exemple
celui des – De même on envie les d’accident sur un
fonctionnaires vacances des chantier géré par ses
enseignants. services.
2ème Recherche d’idées en Recherche de Recherche d’idées Recherche de
faveur du privilège connaissances en niant le privilège connaissances niant
– La garantie de faveur du privilège d’être fonctionnaire le privilège d’être
l’emploi est – Beaucoup de jeunes – Le temps de travail fonctionnaire
certainement à veulent devenir des fonctionnaires – La nuit du 4 août
l’origine de ce « fonctionnaires n’est pas inférieur à 1789 a aboli les
privilège ». uniquement pour celui des salariés du privilèges !
– Si les contractuels bénéficier de cette privé. – Une secrétaire de
passent des concours garantie. – Beaucoup de mairie qui travaille sur
c’est bien pour être – Il y avait en 2006 près fonctionnaires ont deux voire trois
titularisés. de 22 000 candidats des responsabilités mairies est souvent
– Beaucoup pensent au concours d’attaché très importantes qui surchargée de travail.
encore que les territorial. ne se traduisent pas – Les conseils
fonctionnaires sont – Si les traitements des par un salaire municipaux se
peu efficaces et ont catégories C sont peu équivalent à celui du terminent souvent
peu de travail. attractifs, la possibilité privé. tard le soir.
– Privilège est le de passer des – Des agents de – Le stress est
synonyme d’acquis concours internes est catégorie C encadrent également important
social. perçue également parfois plusieurs dans le secteur
comme un privilège. dizaines de leurs public.
– Les salariés du privé collègues.
cotisent plus – Plus de 7 000 agents – Un directeur des

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 127


longtemps pour leur de catégorie C se – La responsabilité services techniques
retraite que les sont inscrits au pénale des endosse des
fonctionnaires. concours de fonctionnaires peut responsabilités très
– Les régimes spéciaux contrôleur en 2005. être engagée comme importantes en cas
sont confondus avec – On confond souvent celle des salariés du par exemple
celui des les fonctionnaires secteur privé. d’accident sur un
fonctionnaires. avec, par exemple, les – Il est bien difficile chantier géré par ses
– Remplir une mission cheminots dont on d’user de son droit de services.
de service publique, envie les départs à la retrait quand on sait – Les rippers qui
n’est-ce pas là qu’est retraite « privilégiés » que la frontière est collectent les ordures
le privilège ? – De même on envie les mince entre le droit ménagères tôt le
vacances des de retrait et la matin ne sont en rien
– Servir l’intérêt général désobéissance. des privilégiés.
peut être considéré enseignants.
comme un privilège – Ne faudrait-il pas – Un fonctionnaire peut – Le nombre de postes
au sens où c’est une mieux envier leur être révoqué pour mis au concours est
mission noble et mission éducative ? désobéissance. parfois quasiment
désintéressée. dérisoire : 2 postes en
2006 au concours
interne de
conservateur
territorial.

Bibliographie incitative
Bernard Spitz et Roger Fauroux, Notre Etat : le livre vérité de la fonction
publique,Pluriel, 2002.
Jacques Chevallier, Le service public ,Que sais-je ? , 2005.

128 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Organiser ses idées :
donner un axe à sa
réponse
Chapitre 8
Thème traité :
La mondialisation
Organiser ses idées : donner un axe à sa réponse
1.1 Mieux vaut savoir où l’on va avant de se mettre
à rédiger

Il est agréable de lire un texte dans lequel on se sent emmené par l’auteur ; lorsqu’on
a l’impression qu’il vous prend la main et vous conduit, d’étape en étape, là où il veut
aller, et cela de manière non seulement organisée mais également cohérente, logique
puisqu’il s’agit pour le candidat de se livrer à une véritable démonstration.
S’il est clair pour beaucoup qu’une composition bien organisée se rédige à l’aide d’un
plan, la technique pour bâtir un plan n’est pas toujours maîtrisée. Bien souvent, le
processus mental par lequel on construit -ou croit construire – un plan consiste à se
dire : « je vais d’abord parler de ceci, puis de cela ».

Or…
À retenir __________________________________________________________
Un plan n’est pas une simple succession de parties.
Un plan, c’est l’itinéraire que l’on va suivre pour aller d’un point de départ en un
point d’arriver.
Il est donc indispensable de savoir où l’on veut emmener son lecteur, c’est-à-dire
essentiellement ce dont on veut le convaincre.
__________________________________________________________________

Le point d’arrivée de l’itinéraire, ce sera la conclusion de votre texte. Cela peut sem-
bler un paradoxe mais la conclusion dans laquelle se trouve votre réponse au sujet à
traiter va être le résultat de votre réflexion et pas l’inverse.
Autrement dit, pour construire le plan de votre texte, il va vous falloir décider de
l’axe général qu’aura votre développement, de telle sorte que la conclusion semble
pour le lecteur aller de soi, parce qu’il aura suivi pas à pas votre raisonnement.
C’est pourquoi il ne faut pas confondre problématique et réponse au sujet.
Comment allez-vous décider de l’axe du texte que vous allez écrire ?
Vous ne partez pas de rien puisque vous disposez, à ce stade du travail, d’une liste
d’idées, de connaissances, enrichies par des réponses à des questions classiques. (voir
chapitre précédent)
C’est à partir de ces matériaux – VOTRE liste d’idées validées par des connaissances –

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 131


que vous allez définir la direction donnée à votre réponse.
L’œil des correcteurs _________________________________________________
Les copies qui ne répondent pas à ce que les correcteurs cherchent à évaluer :
– La copie-plaidoyer : le candidat répond à la question posée par la défense d’une
cause qui lui tient visiblement à cœur. On peut penser à un sujet portant sur la
sauvegarde de l’environnement.
– La copie-dénonciation : le candidat manifeste sa désapprobation, son indignation,
face à une situation ou une attitude qu’il juge scandaleuse. On peut penser à un
sujet sur les inégalités sociales.
– La copie-catalogue : le candidat s’efforce de « placer » tout ce qu’il sait de la ques-
tion, soucieux avant tout de montrer l’étendue de ses connaissances. Cette attitude
peut apparaître avec certains sujets davantage orientés dans un domaine, comme
par exemple un sujet sur l’efficacité des collectivités territoriales qui pourrait
pousser certains candidats à dire tout ce qu’ils savent sur les collectivités au lieu de
bâtir une démonstration sur leur complémentarité avec les services de l'État.
__________________________________________________________________

1.2 Mettre en évidence une problématique

La démarche proposée ici offre un avantage considérable : elle vous évite le danger
qu’il y aurait à rédiger une réponse à la question posée en suivant une opinion toute
faite : celle que vous vous êtes aussitôt formulée à la lecture de l’énoncé, ou une opi-
nion ancienne sur le thème à traiter.
Répondre à une question de culture générale, ce n’est pas défendre une opinion.
C’est avant tout exposer une problématique.

Exposer une problématique veut dire :


• présenter les « problèmes », c’est-à-dire les questions, que recouvre l’énoncé,
• en montrant les liens existant entre ces problèmes
(liens de cause à effet, liens entre un problème et une solution, liens de contradic-
tion entre des intérêts divergents, entre les positions antagonistes de différents ac-
teurs, etc.).
• dégager un point de vue qui montre la richesse, l’intérêt du sujet. Ce point de vue
pouvant être d’emblée le vôtre ou pouvant être un point de vue personnel que vous
avez découvert au fur et à mesure de vos recherches, voire à la fin de celle-ci.

Exposer une problématique ne veut pas dire :


• donner une réponse à la question posée dans le sujet ou tirée de la lecture du sujet.
Votre réponse sera la conséquence de votre problématique et du plan que vous au-

132 La culture générale au concours de rédacteur territorial


rez adopté. (C’est le chapitre suivant qui sera consacré au plan)
Peu importe donc que les idées couchées sur les feuilles de votre recherche d’idées
ne correspondent pas à votre opinion, ou à l’opinion que vous supposez être celle du
correcteur. Ces idées sont les matériaux de la construction que vous allez faire. N’ou-
bliez pas que dans le chapitre précédent nous vous avons conseillé de répondre à des
questions comme : « Quels effets ? Quelles conséquences ? Que diraient ceux qui ne
sont pas d’accord ? » de manière à ne pas adopter un point de vue qui pourrait n’être
qu’un a priori.
En reprenant ces idées, il est possible que la teneur essentielle de votre probléma-
tique vous saute immédiatement aux yeux. Cette situation ne se présente pas à
chaque fois, mais si tel est le cas, saisissez cette chance ! Essayez de formuler par écrit,
de la façon la plus synthétique possible, l’idée qui vous apparaît ainsi. Attention tou-
tefois à ne pas « sauter sur l’occasion » au prétexte de gagner du temps. Si vous pen-
sez face à un sujet avoir d’emblée une problématique, il vous faudra la valider en
remplissant le tableau de la recherche des idées et des connaissances à travers les
deux étapes proposées.

Exemple 1
Prenons un énoncé qui correspond au thème traité dans ce chapitre, la mondialisa-
tion :
Faut-il avoir peur de la mondialisation ?
Signalons que, comme pour les sujets précédents, le temps imparti à la réponse à don-
ner serait d’une heure, ce qui correspond à une analyse du sujet et à une recherche
d’idées et de connaissances de vingt-cinq minutes environ.

Lecture méthodique du sujet


Trois mots sont ici à définir.
Le verbe falloir (que beaucoup de candidats risqueraient d’oublier) renvoie d’une part
à une obligation, à un impératif et d’autre part à une nécessité de justifier cette obli-
gation. Autrement dit : quelles sont ou seraient les raisons qui justifient ou justifie-
raient d’avoir peur de la mondialisation ?
La peur n’est pas dans ce contexte un substantif trop difficile à définir : ici, il s’agit
de l’inquiétude ou des inquiétudes, des craintes, voire de l’angoisse qui peut naître
de la mondialisation.
C’est bien évidemment ce terme de mondialisation qui va nécessiter une définition
précise car d’elle va dépendre l’orientation de la réflexion. La mondialisation (tra-
duction de l’anglais globalization) est définie comme le processus qui détermine le
contexte économique et social contemporain. Ce contexte se traduit par une inter-
dépendance des liens entre les êtres-humains, entre leurs activités, entre leurs sys-
tèmes politiques. Dès lors non seulement l’économique, le social, le politique sont au

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 133


cœur de la mondialisation, mais aussi le culturel. De même que l’on dit que la poli-
tique peut s’intéresser à tout, ainsi on peut affirmer que rien n’échappe à la mon-
dialisation.
C’est pourquoi la recherche à suivre d’idées et de connaissances pourra s’effectuer
dans de nombreux domaines, l’essentiel résidant dans l’analyse des conséquences de
la mondialisation dont tout candidat doit savoir qu’elles sont à la fois positives et né-
gatives.

Recherche d’idées et de connaissances


Notre recherche d’idées et de connaissances a abouti à la liste suivante (nous repro-
duisons ici un tableau qui correspond aux résultats des deux recherches à mener, la
première « tous azimuts », la seconde en répondant aux questions présentées dans
le chapitre précédent) :
RECHERCHE D’IDÉES RECHERCHE DE CONNAISSANCES

– Cette peur est celle des pays riches – L’écart économique en termes de richesse se
industrialisés, occidentaux. creuse entre les pays les plus riches et les pays
– Le changement est une des lois de l’économie : les plus pauvres.
les choses ne peuvent éternellement rester en – Les délocalisations font peur et on accuse la
l’état. mondialisation d’être à leur origine.
– La montée en puissance de la Chine ou de
– La mondialisation comme processus d’échanges l’Inde inquiète les salariés du secteur secondaire
est facteur de richesses de par sa définition. (pour la Chine) mais aussi du secteur tertiaire
– Le fait de pouvoir échanger des biens culturels (pour l’Inde).
devrait développer la compréhension entre les – La directive Bolkestein qui s’inscrit dans cette
peuples. économie du libre-échange a suscité bien des
polémiques.
– La mondialisation est perçue comme une « – Une ville française moyenne peut avoir sur son
idéologie » ultralibérale qui tend à détruire territoire une dizaine de restaurants étrangers
l’État-providence. qui sont des facteurs de diversité aujourd’hui
– Les Français que l’on dit peu ouverts sur le incontournables.
monde ont un a priori négatif sur la – La taxe dont la France est à l’origine sur les
mondialisation sans chercher à la comprendre. billets d’avion est un exemple de ce que peut
faire la mondialisation quand les États
– La mondialisation est ressentie comme source s’unissent.
d’une arrivée massive de salariés étrangers qui – Il existe des organismes tels l’OMC qui sont
inquiète les personnes peu qualifiées. chargés de réguler les systèmes d’échanges.
– Mieux connaître les disparités économiques – Certains pays, notamment sur le continent
devrait permettre de lutter efficacement contre africain, ne bénéficient pas des aspects positifs
elles. de l’économie.
– Si tous les pays sont économiquement – La vie à l’américaine se développe à l’échelle de
interdépendants les risques de conflits la planète : alimentation, cinéma, sport, etc.
s’amenuisent. – L’euro est une monnaie forte qui permet de
rivaliser avec le dollar.
– La mondialisation n’est pas la jungle ; des règles – La mondialisation est préférable à la guerre
juridiques existent. froide.
– La mondialisation ne va-t-elle pas entraîner une
uniformisation des modes de vie ?
– L’Europe est un rempart qui, par sa taille, peut
se révéler efficace contre les conséquences
négatives de l’économie.

134 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Mise à jour d’une problématique
L’axe à donner à notre réflexion se révèle par l’analyse des conséquences de la mon-
dialisation : vous avez dû constater à la lecture du tableau précédent que l’on ne pou-
vait pas faire une recherche « manichéenne » d’idées et de connaissances, sauf à partir
d’un préjugé négatif sur la mondialisation au risque d’être pénalisé par les correc-
teurs. Ainsi la problématique pourrait être formulée de la manière suivante :
Afin d’éviter de subir une peur presque irrationnelle face à cette interdépendance
entre tous les êtres-humains, il convient d’analyser les conséquences de la mondia-
lisation dans les principaux secteurs qui la concerne : l’économique, le social, le po-
litique.
Vous constaterez que cette problématique n’est pas votre réponse au sujet. Car cette
réponse sera le résultat comme nous l’avons dit précédemment de votre probléma-
tique et de votre plan.
Ici, et même si la technique du plan sera vue dans le chapitre suivant, une réponse
possible pourrait être :
L’analyse des conséquences de la mondialisation permet d’affirmer qu’en avoir peur
ne serait pas une attitude efficace face à cette réalité inéluctable. Puisque la peur ne
supprimerait pas les dangers potentiels, notamment pour les plus modestes, de la
mondialisation, il convient de mettre en place des structures sociales, des méca-
nismes politiques, des organisations économiques qui permettront de profiter des
apports de la mondialisation tout en en limitant les effets négatifs.
Les choses sont bien sûr plus difficiles si l’axe à donner à votre réponse ne vous ap-
paraît pas de façon aussi évidente.

Exemple 2
La culture face à la mondialisation.

Lecture méthodique du sujet


Nous ne revenons pas sur le terme de mondialisation défini dans le cadre du sujet
précédent.
Le terme de culture doit ici être défini dans son sens le plus large, synonyme de mode
de vie. La culture est quasiment ce qui permet de définir une civilisation : ses modes
de vie, certes, mais ceux-ci regroupent les croyances, les mœurs, les productions in-
tellectuelles, la langue bien évidemment. On peut compléter notre définition par tout
ce qui fait la spécificité d’une civilisation mais aussi d’un pays, d’un peuple.
Le sujet : la culture face à la mondialisation renvoie aussi bien à l’ensemble des cul-
tures qu’à la culture française. (Dans le cadre du concours, le barème affecté au su-
jet dont le candidat déduirait le temps à consacrer à son traitement impliquerait soit
de restreindre le sujet à la culture française pour une réponse sur cinq ou six points,

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 135


soit de l’élargir à l’ensemble des civilisations pour une réponse sur dix points, voire
sur vingt points pour le concours externe).
Une bonne définition qui allierait culture et mondialisation serait de définir la mon-
dialisation de la culture comme la circulation sur toute la surface du globe des pro-
duits culturels.
Une fois cette analyse des termes du sujet menée à bien il faut passer à la double re-
cherche des idées et des connaissances en deux étapes comme nous l’avons expliquée
précédemment. De même que dans le traitement du sujet n° 1, nous reproduisons un
tableau qui intègre ces deux étapes.

Recherche d’idées et de connaissances


RECHERCHE D’IDÉES RECHERCHE DE CONNAISSANCES

– La mondialisation permet les échanges – Marshall MacLuhan (1911-1980) parle de «


culturels. village planétaire » pour désigner une planète
– La culture se développe grâce à la unifiée par une culture universelle grâce aux
mondialisation qui ouvre les frontières. médias.
– La culture est aujourd’hui une industrie
– Les techniques modernes sont un outil (cinéma, musique, etc. avec les DVD, les CD, les
formidable pour découvrir d’autres cultures. CD-ROM mais aussi les baladeurs MP3, etc.)
– Le risque d’uniformisation des cultures est loin – Un chiffre simple : en Europe il y a
d’être nul. pratiquement un téléviseur par habitant.
– La culture se diffuse essentiellement entre pays
– Si la France est à l’origine de « l’exception riches : l’analyse des flux culturels montre que
culturelle », c’est bien la preuve que la culture les pays pauvres en sont exclus.
est menacée. – L’anglais, comme langue, occupe de plus en
– La mondialisation est présentée comme plus une place hégémonique.
synonyme de diversité culturelle. – La disparition des cultures locales est qualifiée
d’ethnocide.
– Il y a plus à craindre du recul de la culture en – Une expression qui résume bien cette lutte pour
France que de ce qui peut provenir de l’hégémonie culturelle : la « Coca-colonisation ».
l’étranger. – L’UNESCO favorise la diversité culturelle.
– Le cosmopolitisme qui existe dans les grandes – On peut penser aux revendications d’un José
villes est une conséquence positive de la Bové (né en 1953) contre la « mal bouffe ».
mondialisation. – Les marchandises immatérielles qui incluent les
– À force d’accepter toutes les cultures ne va-t-on biens culturels représentent 6 000 milliards de
pas vers un relativisme culturel c’est-à-dire vers dollars par an.
une société dans laquelle tout se vaut ? – On peut penser à l’exportation du musée du
Louvre à Abou Dhabi ou du musée Pompidou à
– Si la culture est un marché mondial, le Shanghai.
consommateur ira vers le moins cher donc vers – -90 % des 6 700 langues actuelles auront
ce qui a peu de valeur culturelle. disparu à la fin du siècle si rien n’est fait pour
– La mondialisation de la culture risque de ne les protéger.
bénéficier qu’aux pays riches.
– Ce n’est pas parce que l’on se divertit avec des
supports culturels étrangers que l’on adopte
forcément la culture de ces pays.

136 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Mise à jour d’une problématique
La déduction d’une problématique à partir du tableau ci-dessus semble plus difficile
que pour le sujet précédent sauf à adopter la même. Ainsi un candidat pourrait énon-
cer sa problématique de la manière suivante : il convient d’analyser les conséquences
de la mondialisation dans le domaine culturel afin de constater si celle-ci est posi-
tive ou négative.
Mais comme les recherches menées ne permettent pas de faire des constats tranchés,
il sera difficile de tirer une déduction nette de l’analyse.
Une autre problématique sera plus appropriée : puisque la culture regroupe quasi-
ment la totalité des aspects d’une civilisation ou d’un peuple (Edward Tylor a parlé
de la culture comme d’une « totalité complexe »), ce qu’il est intéressant d’analyser,
ce sont les enjeux que la mondialisation de la culture implique. Et ces enjeux sont
bien présents dans notre tableau : diversité, uniformité, qualité, relativisme, marchan-
disation, etc. En un mot, une problématique meilleure que la précédente serait : s’in-
terroger sur la culture face à la mondialisation revient à définir les enjeux qui sont
impliqués par ce face à face.

En fonction de cette problématique une réponse au sujet posé pourrait être : la mon-
dialisation de la culture est un des grands enjeux de ce siècle. Mais quelles que soient
les craintes légitimes d’une uniformisation culturelle du fait d’une industrialisation
sans précédent, la richesse créative de chacun est si grande qu’il faut considérer la
mondialisation comme un dynamiseur de cultures. Il y aura toujours des « mômes
Piaf » pour rivaliser avec Spiderman.

À retenir __________________________________________________________
La problématique, c’est-à-dire l’axe qui va orienter votre réponse peut se révéler :
-soit immédiatement à la lecture du sujet (ce qui est rare et risqué) ;
-soit durant votre recherche d’idées et de connaissances ;
-soit à l’issue de votre recherche d’idées et de connaissances.
Quelle que soit cette problématique (et quel que soit le moment de sa découverte),
il vous faut la valider à l’aide des connaissances que vous avez mises à jour et des
réponses aux questions que vous vous êtes posées.
Une problématique est donc presque toujours le résultat d’une réflexion qui se bâtit
peu à peu. C’est sa richesse qui va être évaluée par les deux correcteurs, c’est-à-dire
la qualité et la quantité de réflexions qu’elle permet d’énoncer dans son raisonne-
ment, la qualité primant bien évidemment sur la quantité.
Enfin notons que le plan va se construire à partir de cette problématique. C’est l’objet
du chapitre suivant.
__________________________________________________________

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 137


Thème 8 : La mondialisation
Le traitement de ce thème en plus de ce qui a déjà été énoncé à travers les deux
sujets précédents se fera à partir d’un sujet traité à l’aide des étapes de la méthode
proposée :
– définition des termes du sujet,
– recherche d’idées et de connaissances,
– recherche complémentaire d’idées et de connaissances,
– mise à jour d’une problématique,
– réponse au sujet traité (malgré l’absence de plan dont la technique fait l’objet
du chapitre suivant).

Sujet proposé :
Comment la France peut-elle profiter de la mondialisation ?

Définition des termes du sujet


Nous ne revenons pas sur la mondialisation déjà analysée ci-dessus. Quatre termes
doivent donc être définis :
– La France : la définition de la France peut paraître dans un premier temps presque
incongrue. Il convient cependant de rappeler que la France est :
– Un pays peuplé aujourd’hui de près de 63 millions d’habitants.
– Un État souverain faisant partie de l’Union Européenne.
– Une des premières puissances économiques mondiales.
– Une république qui porte en elle l’expression et la défense des droits de l’homme.
-Profiter : ce verbe signifie tirer profit, tirer des profits de la mondialisation. Mais si
le substantif profit(s) renvoie à l’économie, il ne faudrait pas pour autant oublier les
autres domaines possibles tels que la politique étrangère, la culture avec par exemple
la diffusion de la langue française, le social, etc.
– Comment :
Comment est ici synonyme de : de quelle manière, par quels moyens ? En reliant l’ana-
lyse de la France à comment, il est possible de comprendre assez tôt qu’il s’agit de
s’interroger sur les politiques à mettre en place pour profiter, tirer profit donc, de la
mondialisation.
-Peut : ce verbe renvoie bien évidemment aux possibilités à découvrir et donc à l’ad-
verbe comment. Mais, dans le cadre d’une épreuve de culture générale, il convient tou-
jours de se demander si une possibilité (énoncée par le verbe pouvoir) implique ou pas une
obligation (qui serait énoncée par le verbe falloir). Pour le dire autrement, un candidat de-
vra toujours se demander si ce qui est possible est ou non un impératif.

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 139


RECHERCHE D’IDÉES ET DE CONNAISSANCES
RECHERCHE D’IDÉES RECHERCHE DE CONNAISSANCES
– La France profite déjà de la mondialisation. – Cinquième puissance économique.
– La culture française s’exporte bien : son cinéma, – Au deuxième rang mondial pour les
sa langue, sa littérature, etc. exportations de produits agricoles et de
– Elle accueille un très grand nombre de touristes services.
(premier pays d’accueil touristique du monde). – Investit beaucoup à l’étranger et accueille aussi
– L’État doit impulser des politiques plus efficaces de nombreux capitaux.
en matière de productivité. – Réalise 60 % de ses échanges avec les autres
– Pour autant une plus grande efficacité pays de l’Union Européenne.
économique doit être accompagnée par une – La France appartient à tous les grands
solidarité nationale forte afin d’éviter de creuser organismes mondiaux de gouvernance : ONU,
davantage la fracture sociale. FMI, Banque Mondiale, OMC, etc.
– Les Français doivent s’ouvrir davantage sur – Elle fait partie de conseil de sécurité de l’ONU
l’étranger. En pratiquant mieux l’anglais par et à ce titre dispose d’un droit de veto.
exemple. – Maîtrise l’énergie nucléaire, dans le domaine
civil et dans le domaine nucléaire.

RECHERCHE COMPLÉMENTAIRE D’IDÉES ET DE CONNAISSANCES


RECHERCHE D’IDÉES RECHERCHE DE CONNAISSANCES
– La France profite déjà de la mondialisation. – Cinquième puissance économique.
– La culture française s’exporte bien : son cinéma, – Airbus, Ariane Espace, etc.
sa langue, sa littérature, etc. – Au deuxième rang mondial pour les
– Il faut accepter la concurrence. exportations de produits agricoles et de
– Elle accueille un très grand nombre de touristes services.
(premier pays d’accueil touristique du monde). – Beaucoup d’entreprises françaises sont
– L’État doit impulser des politiques plus efficaces internationales !
en matière de productivité. – Investit beaucoup à l’étranger et accueille aussi
– Pour autant une plus grande efficacité de nombreux capitaux.
économique doit être accompagnée par une – Dès lors le concept de patriotisme économique
solidarité nationale forte afin d’éviter de creuser semble bien difficile à intégrer car il se
davantage la fracture sociale. rapproche du protectionnisme.
– La mondialisation permet des échanges de – Réalise 60 % de ses échanges avec les autres
marchandises mais aussi de savoir-faire et de pays de l’Union Européenne.
capitaux. – Dès lors il faut échanger davantage avec les
– Les Français doivent s’ouvrir davantage sur pays émergents et pas seulement avec les pays
l’étranger. En pratiquant mieux l’anglais par industrialisés.
exemple. – La France appartient à tous les grands
– Sinon les risques de crise économique sont très organismes mondiaux de gouvernance : ONU,
grands. FMI, Banque Mondiale, OMC, etc.
– Notre système social (éducation, santé, sécurité, – Elle fait partie de conseil de sécurité de l’ONU
etc.) doit être plus efficace afin d’attirer et à ce titre dispose d’un droit de veto.
davantage d’entreprises étrangères. – Maîtrise l’énergie nucléaire, dans le domaine
– Il faut investir davantage dans la recherche car civil et dans le domaine nucléaire.
d’elle dépend notre secteur marchand. – Construction de l’EPR et projet d’un second
– La construction européenne doit être relancée porte– avions nucléaire.
(suite au refus par la France du traité – Aujourd’hui la puissance politique est fondée
constitutionnel) car l’Europe est une réponse sur la force économique. C’est bien le cas des
indispensable à la mondialisation. États-Unis par exemple.

140 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Mise à jour d’une problématique
À partir des recherches précédentes une problématique efficace pourrait être : pour
découvrir comment la France pourrait profiter de la mondialisation il faut analyser le fonc-
tionnement de la mondialisation pour montrer les adaptations nécessaires de notre pays.

Réponse au sujet traité


Malgré l’absence de plan, nous vous proposons une réponse à la question posée qui
pourrait être : certes la France peut profiter de la mondialisation en s’adaptant à la
concurrence internationale tout en renforçant ses mécanismes de solidarité. Mais
au-delà des profits possibles, il convient d’affirmer que la France doit profiter de la
mondialisation, faute de quoi c’est la mondialisation qui profitera d’elle au risque de
la diminuer considérablement.

Bibliographie incitative
Dominique Wolton, L’autre mondialisation,Champs Flammarion, 2003.
Anton Brender, La France face à la mondialisation,Repères, 2004.
Albert Cohen, Richesse du monde, pauvreté des nations,Champs, 2004.
Jean-Christophe Graz, La gouvernance de la mondialisation,Repères, 2004.
Armand Mattelart, Diversité culturelle et mondialisation,Repères, 2005.

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 141


Bâtir un plan
et répondre au sujet
Chapitre 9
Thème traité :
Pauvreté, précarité, exclusion
Bâtir un plan
1.1 Qu’est-ce qu’un (bon) plan ?

Le mot « plan » désigne l’organisation, la structure, du développement d’un texte. Il


va de soi, par ailleurs, qu’un texte comporte aussi, nécessairement, une introduction,
et une conclusion. Lorsque nous parlons ici de plan en deux parties, ou en trois par-
ties, il s’agit bien des parties du développement.
L’introduction et la conclusion devront d’ailleurs, elles aussi, être construites et com-
porteront plusieurs « parties », même si ces parties ne seront constituées que d’une
ou deux phrases chacune. (Nous aborderons la rédaction de l’introduction et de la
conclusion dans le chapitre suivant car elle succède immédiatement à l’élaboration
du plan dans la méthode que nous vous proposons.)

Le plan d’un texte, c’est l’ordre d’apparition des idées de ce texte, choisi pour partir
de la problématique mise à jour et mener à la réponse au sujet posé. C’est donc une
démonstration qui organise un raisonnement logique à partir de la coordination des
étapes de ce raisonnement.
Une fois effectué le travail préparatoire décrit au chapitre précédent, on peut dire
que vous disposez de tous les ingrédients nécessaires puisque vous avez les idées, les
connaissances et l’axe général, la problématique de l’exposé que vous allez faire. La
tâche restant à accomplir est double :
– d’une part découvrir l’organisation la plus efficace possible de votre raisonne-
ment en coordonnant les idées et les connaissances associées de la manière la
plus logique possible.
– En déduire la réponse que vous allez fournir dans votre conclusion.
Dès lors un bon plan sera un plan qui possède les qualités énoncées ci-dessus de ma-
nière à convaincre vos lecteurs de la richesse et de la validité de votre démonstra-
tion.

Petite fiction, inspirée de séries policières pour la télévision afin d’illustrer l’intérêt
et les caractéristiques d’un bon plan

Imaginons que je sois avocat, et que j’aie à défendre un client accusé d’un crime.
Au cours de mes entretiens avec ce client, j’apprends successivement :
1– qu’il se dit innocent,

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 145


2– qu’il pouvait difficilement se trouver sur le lieu du crime à l’heure où le crime
a été commis,
3– qu’il n’a aucun mobile pour avoir commis le crime dont il est accusé.

En étudiant le dossier, je découvre d’autre part :


4– que des témoignages importants allant dans le sens de l’innocence de mon client
figurent dans ce dossier,
5– que les preuves matérielles réunies par la police de la culpabilité de mon client
sont douteuses.
Comment vais-je construire ma plaidoirie ?
Plusieurs plans sont possibles. Certains seraient absurdes. D’autres manqueraient tout
simplement d’efficacité.
Que penseriez-vous par exemple d’un avocat qui se lancerait dans la plaidoirie en dé-
fense de son client en disant tour à tour :
– Certains témoignages vont dans le sens de l’innocence de mon client.
– Mon client n’a aucun mobile pour le crime en question.
– Les preuves matérielles de la culpabilité de mon client sont douteuses.
– Mon client clame son innocence.
– Des éléments qui pourraient être à la décharge de mon client ont été négligés
par la police.

L’auditoire risque de rester sceptique, après un tel exposé, sur l’innocence de l’ac-
cusé… Il aura entendu une succession d’arguments, mais qu’en retiendra-t-il ?
La plaidoirie sera sans nul doute plus convaincante si elle est organisée, par exemple
comme ci-dessous, en deux grandes parties articulées :
– (Tout d’abord), il est permis d’avoir des doutes sur les preuves matérielles de la cul-
pabilité de mon client.
(Ensuite), il existe des témoignages qui vont dans le sens de l’innocence de mon client.
(Finalement), l’enquête de police a négligé ces éléments, et d’autres à la décharge de
mon client.
– (D’ailleurs), celui-ci clame son innocence,
(et) il n’a aucun mobile pour avoir commis le crime en question.
Sur chacun de ces points, l’avocat va « broder », mais la structure même de sa plai-
doirie a des chances de marquer les mémoires de ceux qui vont l’écouter, et les
convaincre de la justesse de son argumentation.
La conclusion – ici l’innocence de l’accusé – s’impose à l’auditeur.
À retenir __________________________________________________________
Les trois caractéristiques d’un bon plan :
1. Un bon plan s’appuie sur une problématique.
2. L’ordre d’apparition des étapes du développement doit être choisi de façon à

146 La culture générale au concours de rédacteur territorial


rendre la conclusion pertinente, c’est-à-dire de façon à ce que votre réponse soit bien
le résultat de votre démonstration.
3. Chacun des paliers de l’argumentation (parties et sous-parties) doit être pensé
dans son rapport avec les autres, donc avec des connecteurs logiques (c’est pourquoi,
cependant, en outre, etc.)
__________________________________________________________________

1.2 Les principaux plans possibles

La recherche de la plus grande efficacité possible dépend du type de question à la-


quelle on répond. Vous apprendrez vite à repérer les différents types de questions,
en vous aidant notamment de la formulation utilisée dans l’énoncé, mais aussi selon
les thèmes à aborder.

Citons quelques-unes des types d’énoncés les plus courants :

« Que pensez-vous de (… telle idée, tel projet, tel outil…) ? »


• Il vous est demandé de donner un avis, une opinion.
Exemple : L’exclusion est un des maux principaux de notre société.
Qu’en pensez-vous ?

« Comment peut s’expliquer (… telle situation, tel phénomène, telle attitude…) ? »


• Vous devez décrire l’origine de la situation, analyser ses causes.
Exemple : comment expliquez-vous la fracture sociale ?

« Quels remèdes, quelles solutions imaginez-vous à (… Tel problème…) ? »


• Il s’agit de présenter le problème, et de suggérer des moyens d’action.
Exemple : Comment lutter efficacement contre l’indifférence ?

La plupart des énoncés qui vous seront soumis se rattacheront à l’un ou l’autre de ces
trois types de questions. Vous trouverez des énoncés qui couplent deux de ces ques-
tions, voire les trois. Tout dépendra aussi du temps dont vous disposerez en fonction
du barème. Chacun des trois sujets ci-dessus peut être plus ou moins développé se-
lon que son traitement rapporterait 5, 6, 10 ou 20 points.

Un conseil :
Ayez toujours à l’esprit les différentes questions énoncées plus haut. À partir de l’ana-
lyse du sujet à traiter et donc de la définition ou des définitions des principaux termes
qui le constituent vous verrez que vous retrouverez très souvent telle ou telle ques-
tion qui permettra un traitement riche et efficace

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 147


Exemple
L’énoncé :
– Qu’évoque pour vous la notion de fracture sociale ?
Implique une recherche de définition que nous mènerons ci-dessous. Mais avant
même de mener cette recherche vous pouvez deviner qu’il s’agira à partir d’elle de
s’interroger sur les causes de cette fracture sociale, les solutions mises en place ou
proposées, etc.
Ainsi sans aller jusqu’à vous proposer différents plans que vous n’auriez plus qu’à uti-
liser en fonction du ou des sujets à traiter, nous devons néanmoins vous alerter sur
le fait qu’il existe, en théorie, des modèles de plan comme il existe en mathématique
des modèles de résolution d’équation.
Mais si ces plans peuvent vous aider à mieux comprendre ce que peut être une lo-
gique de démonstration en théorie, il n’empêche qu’il vous faudra trouver un plan
pour chacun des sujets que vous aurez à traiter, même si vous avez à l’esprit quelques
plans-types.
Autrement dit, les plans-types décrits ci-dessous ne sont pas des modèles à suivre for-
cément à la lettre. Leur intérêt est de présenter différentes logiques de composition,
à adapter au cas par cas.
Ne perdez pas de vue que l’objectif est d’emmener votre lecteur là où vous le voulez.
Chaque sujet étant différent il vous faudra déployer une logique de démonstration
différente. Pour autant certains grands principes peuvent être retenus.

Voici donc les trois plans-types les plus connus.

1. Le plan en trois parties, dit dialectique.


Parfois aussi présenté comme « le plan thèse-antithèse-synthèse », il correspond à la
question : « Que pensez-vous de […] ? »

– Dans une première partie, on présente une certaine opinion (qui n’est pas celle du
candidat), et les arguments en faveur de cette opinion, un peu « comme si elle al-
lait de soi ».
– La deuxième partie expose les arguments (cette fois du candidat) allant à l’encontre
de la première thèse évoquée (les risques, les limites, les éventuelles conséquences
néfastes, les lacunes, etc.).
– Enfin, en troisième partie, on cherche à prendre en compte tous les éléments ras-
semblés, à en faire la synthèse. L’opinion ainsi dégagée ira dans le sens de la thèse

148 La culture générale au concours de rédacteur territorial


donnée en deuxième partie mais lui apportera des compléments pour renforcer sa
validité et réduire davantage la première thèse.
Attention _________________________________________________________
Très souvent, la logique de ce plan n’est pas respectée, et ce qui fait normalement
l’objet de la troisième partie se trouve dit en conclusion. Du coup, le plan devient
un plan en deux parties, « le pour » et « le contre », et la conclusion arrive « comme
un cheveu dans la soupe », sans que rien ne conduise le lecteur à privilégier une
thèse ou son inverse !
C’est pourquoi il vous est conseillé de privilégier les plans en deux parties si votre
troisième partie ressemble trop à la seconde, même pour les candidats au concours
externe car il est très difficile de bâtir une troisième partie qui aille plus loin que la
seconde. Certes il se peut que votre plan soit déséquilibré puisque votre deuxième
partie sera plus développée, mais il y aura une logique de démonstration claire, ce
qui est préférable à un plan équilibré mais plus formel que réel.
__________________________________________________________________

2. Le plan explicatif, ou analytique.


En deux ou en trois parties, ce plan va servir à répondre à la question : « Comment
peut s’expliquer […] ? »

– La première partie dresse le tableau de la situation actuelle, ou de l’évolution


constatée aujourd’hui.

– La seconde passe en revue tour à tour les facteurs expliquant l’origine ou les rai-
sons de l’état de fait observé, et la façon dont les choses ont évolué.

– Une troisième partie, facultative en fonction du temps à respecter, peut servir à


avancer des idées de solutions à mettre en œuvre, des perspectives ouvertes pour
l’avenir.

Pour le dire autrement ce plan est un plan quasiment professionnel puisque s’énonce
ainsi :
– Constats.
– Causes (l’équivalent d’un diagnostic).
– Solutions

Vous voyez que ce plan en trois parties possibles est différent du plan thèse-antithèse-
synthèse car la troisième partie est différente des deux précédentes.

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 149


Attention _________________________________________________________
Un candidat au concours externe devra si le sujet lui en offre la possibilité construire
un plan en trois parties à partir du moment où sa troisième partie est nouvelle, et
donc différente de la seconde.
Mais un candidat au concours interne aura le choix et ce quel que soit le temps dont
il dispose. Ainsi vous pourrez construire un plan en deux parties si vous voulez pri-
vilégier l’analyse du constat et des causes. Et si vous souhaitez bâtir un plan en trois
parties parce que vous avez des solutions à présenter, et bien ces trois parties seront
plus courtes. L’essentiel est que vous décidiez de votre stratégie à partir de vos idées
et de vos connaissances et pas pour respecter un plan théorique qui n’aura pas d’ef-
ficacité si vous ne pouvez le faire vivre.
__________________________________________________________________

3. Le plan qui expose des difficultés contemporaines et des so-


lutions au constat fait.
Ce dernier type de plan est intéressant à utiliser pour répondre à une question du
type : « Quels remèdes, quelles solutions imaginez-vous à […] ? »
On peut s’inspirer de ce plan également pour des sujets formulés sans la question ex-
plicite de remèdes ou de solutions à apporter, dès lors qu’au moment de sa recherche
d’idées, sont apparues des solutions au problème posé.

– En première partie, exposer le problème.


– Dans la seconde, présenter des suggestions de remèdes pertinents.

Comme on le voit, ce plan comporte deux parties. Mais si vous lui en ajoutez une sur
les constats à faire concernant le problème à traiter, vous retombez bien évidemment
sur le plan précédent. Tout est fonction de vos idées, de vos connaissances et du temps
imparti.
Ainsi si vous avez peu de connaissances sur les origines du problème abordé, au lieu
d’ouvrir une partie explicative sur ce problème, qui risque d’être maigre, glissez les
éléments explicatifs en votre possession dans votre partie descriptive.
De même si pour le concours interne vous avez cinq questions à traiter en 35 minutes
environ pour chacune d’elles, on peut raisonnablement penser que des plans en deux
parties seront plus efficaces qu’en trois étapes
Mais une fois ces plans connus et après avoir de nouveau rappelé qu’ils ne sont qu’une
aide méthodologique et pas des modèles à appliquer systématiquement, il nous faut
présenter une méthode qui permette de bâtir un plan cohérent, et ce quel que soit
le sujet.

150 La culture générale au concours de rédacteur territorial


1.3 Bâtir un plan nécessite de respecter quatre
temps forts

Premier temps
Dans un premier temps il va vous falloir organiser les idées et connaissances que vous
avez eues soit en reprenant en un seul mot l’idée ou le savoir correspondant, soit en
donnant un numéro commun à ce qui va ensemble, et ce en fonction de la
problématique que vous aurez mise à jour. Il s’agit de classer vos idées et vos
connaissances dans l’ordre dans lequel vous allez les développer.
Deuxième temps
Dans un deuxième temps vous regrouperez ces idées et ces connaissances de façon
à ce qu’elles forment des paragraphes au moment de la rédaction. C’est une étape
délicate car il vous faut « peser » les idées et les connaissances, c’est-à-dire
transformer une recherche non rédigée en un ensemble rédigé.
Troisième temps
Dans un troisième vous structurerez ces groupes pour qu’ils forment, selon leur poids,
des sous-parties au nombre de quatre à six en fonction du temps dont vous
disposez. Ainsi une réponse de trente lignes se structurera en deux parties qui seront
quantitativement l’équivalent de deux paragraphes. Mais deux paragraphes de
quinze à vingt lignes chacun constitueront une sous-partie pour une composition au
concours externe.
Quatrième temps
Une fois ce travail effectué il ne vous reste plus qu’à découper ces sous-parties en
deux ou trois grandes parties. Ainsi deux parties d’une dissertation d’externe feront
chacune deux à trois pages.

À retenir __________________________________________________________
Ce qui est essentiel c’est que vous bâtissiez votre plan en partant de la
problématique mise à jour et des idées et connaissances trouvées. Il ne faut surtout
pas tenter de dégager deux grandes parties puis des sous-parties et enfin des
paragraphes. C’est l’inverse qu’il faut faire même si cette technique vous paraît plus
difficile ce qu’elle n’est pas. De plus, elle vous rapportera de nombreux points car
elle fondera votre réflexion sur une base logique et donc efficace.
Signalons qu’il n’est pas interdit de matérialiser le plan par des titres et des
sous-titres, surtout pour les candidats au concours externe, car de plus en plus d’entre
eux se livrent à cette pratique. Mais outre que ces titres et sous-titres n’ajoutent rien
au développement, leur rédaction fait perdre du temps. Ils sont donc à la fois peu
utiles et peu rentables.
__________________________________________________________________

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 151


1.4 La réponse au sujet à traiter

Une fois votre plan achevé vous en déduirez votre réponse au sujet fourni. Cette
réponse sera différente de la problématique d’une part et elle sera d’autre part
personnelle, ce qui vous distinguera positivement des candidats qui se seront
contentés de plaquer une réponse sans originalité et un plan tout fait sans aucune
problématique initiale.

L’œil des correcteurs _________________________________________________


Bien sûr, on n’attend pas de vous un plan aussi rigoureux et précis pour une réponse
en trente lignes à une question qui rapporterait 4 points que pour une composition
de six pages.
L’épreuve écrite de culture générale peut consister, rappelons-le, à répondre, en trois
heures, à cinq questions très différentes. Dans ce cas, le travail de construction d’un
plan ne doit vous prendre que quelques minutes (reportez-vous aux tableaux à la fin
du chapitre suivant), et ce plan pourra être assez sommaire.
Pour autant, ne bâclez pas l’étape de l’élaboration d’un plan !
Et surtout, même si vous avez peu de temps, évitez absolument les plans en deux
parties sur le modèle avantages/inconvénients, ou pour/contre. Une telle
organisation rendrait stérile votre effort d’argumentation.
__________________________________________________________________

Les conseils donnés dans ce chapitre sont une proposition de méthode. Au début,
vous aurez peut-être le sentiment que cette façon de faire est bien trop coûteuse en
temps. Dites-vous bien que le temps nécessaire à l’apprentissage d’une technique est
lent. Des automatismes se créent par la suite, et la technique acquise permet alors au
contraire de gagner du temps, tout en réalisant un travail de qualité.
Le traitement du thème correspondant à ce chapitre va permettre de mettre en œuvre
pas à pas cette méthode.

152 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Thème 9 : Pauvreté, précarité, exclusion
Le traitement de ce thème se fera à partir de la construction d’un plan permettant
d’organiser une réponse à la question suivante :

Qu’évoque pour vous la notion de fracture sociale ?


Une fois de plus afin de vous familiariser peu à peu avec la méthode de cet ouvrage
nous reprendrons les étapes précédemment analysées en leur adjoignant donc la
construction du plan. Ainsi le traitement de ce sujet se fera comme suit :
1) Définition(s) des termes du sujet.
2) Première recherche d’idées et de connaissances.
3) Seconde recherche d’idées et de connaissances.
4) Mise à jour d’une problématique.
5) Élaboration en quatre étapes d’un plan.
6) Réponse au sujet fourni.

Définition(s) des termes du sujet


La définition de la « fracture sociale » représente une part importante du travail à
mener. Mais beaucoup de candidats, trop concentrés sur cette définition, risqueraient
d’oublier non pas de définir le verbe – évoquer– mais d’analyser ce que sa définition
implique dans le traitement du sujet.
Si – évoquer– signifie ici : à quoi vous fait penser ? À quoi renvoie pour vous ? Qu’est-
ce que pour vous ? Quelle analyse faites-vous ? Ces définitions doivent être plus ou
moins complétées en fonction du temps à passer sur le traitement de la question.
Un traitement de ce sujet en 35 minutes environ pour gagner 4 points s’attachera
uniquement à décrire cette fracture sociale et à en mesurer peut-être sur la fin du
devoir les graves conséquences qu’elle implique.
Mais si ce sujet peut rapporter par exemple 10 points et nécessite donc un traitement
sur une heure trente ; il ne faudra pas se contenter de constats sur la fracture sociale
mais aller plus loin. C’est ce que nous tenterons de faire ici en considérant que ce su-
jet est à traiter en 90 minutes dans le cadre du concours interne.
Enfin si cette question était le sujet d’un concours externe à traiter donc en trois
heures, les réflexions et connaissances des candidats devront être à la fois plus nom-
breuses et plus approfondies que celle que nous vous présentons ci-dessous.
« Pour vous » implique certes que vous fassiez part aux correcteurs de vos réflexions
personnelles. Mais cela ne signifie pas que vous n’avez pas à présenter des opinions
qui ne sont pas forcément les vôtres mais celles d’hommes politiques, d’acteurs de
terrain, d’associations, etc. en fonction de vos connaissances. « Pour vous » implique
justement une confrontation entre plusieurs points de vue, dont le vôtre devra oc-
cuper une place privilégiée.
Revenons maintenant sur cette « fracture sociale » qu’il nous faut essayer de définir
avant de l’analyser. La fracture sociale est une expression qui désigne la distance très

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 153


grande qui sépare aujourd’hui ceux qui sont socialement intégrés dans notre société
de ceux qui en sont exclus. Cette distance est considérée comme infranchissable par
beaucoup, d’où le terme de fracture qui fait penser à une blessure. Ce terme issu du
vocabulaire médical peut orienter certains candidats immédiatement vers les solu-
tions qui permettraient de « réduire la fracture » pour continuer dans la métaphore.
Ceux d’entre vous qui n’auraient pas pensé immédiatement à jouer sur les mots pour-
raient bien sûr utiliser la recherche d’idées et de connaissances pour découvrir la
même piste. Enfin un troisième groupe de candidats se sentant démunis face à ce su-
jet pourrait essayer d’utiliser les plans-types présentés dans ce chapitre.

PREMIÈRE RECHERCHE D’IDÉES ET DE CONNAISSANCES

RECHERCHE D’IDÉES RECHERCHE DE CONNAISSANCES


– La fracture sociale est une réalité dans notre – Loi de cohésion sociale du 18 janvier 2005.
pays mais également en Europe et dans le Trois domaines :
monde. – L’emploi
– Les Français semblent s’être habitués à ces – Le logement
inégalités : les SDF dans les villes suscitent chez
beaucoup une forme d’indifférence. – L’égalité des chances.
– La réalité de la fracture sociale signifie-t-elle la – Être exclu ne signifie pas seulement être en bas
disparition des classes moyennes ? de l’échelle sociale mais bien plutôt être en
dehors de la société.
– Le tiers-monde a son équivalent dans les pays
industrialisés : le quart-monde. – Le terme « exclu » apparaît pour la première
fois dans un livre de René Lenoir au milieu des
– Beaucoup de personnes ont peur de tomber années 70 : Les exclus, un Français sur dix
dans la catégorie des exclus suite à une perte (1974).
d’emploi, une rupture familiale, etc.
– Il a fallu créer à Paris en 1993 un SAMU social à
– Le malaise dans les milieux, parfois les « l’origine duquel se trouve Xavier Emmanuelli.
révoltes » semblent traduire la relégation parmi
les exclus vue comme une fatalité à laquelle il – Nous sommes passés des « Trente glorieuses »
est impossible d’échapper. aux « Trente piteuses ».
– Il semble que rien n’ait changé voire que la – Il y a en France plus de un million de rmistes,
situation soit pire qu’auparavant car la solidarité sans compter leurs ayants droit.
de par l’individualisme contemporain paraît de – Le rôle des collectivités territoriales est essentiel
moins en moins forte. ici.
– Les solutions mises en place quels que soient les – La baisse relative du chômage ne profite pas
gouvernements sont peu efficaces et aux plus démunis.
ressemblent davantage à des palliatifs qu’à de
réelles solutions. – Le sociologue Alain Touraine parle d’être « in »
ou « out », c’est-à-dire dans ou en dehors de la
– La France étant un pays riche comparativement société.
aux pays en voie de développement l’existence
de cette fracture sociale peut être vue comme
un paradoxe
– Le risque à terme n’est-il pas une rupture de
l’unité de la nation ?

154 La culture générale au concours de rédacteur territorial


SECONDE RECHERCHE D’IDÉES ET DE CONNAISSANCES
Comme précédemment les nouveaux apports sont en italique.

RECHERCHE D’IDÉES RECHERCHE DE CONNAISSANCES


– La fracture sociale est une réalité dans notre – Loi de cohésion sociale du 18 janvier 2005. Trois
pays mais également en Europe et dans le domaines :
monde. – L’emploi
– Les Français semblent s’être habitués à ces – Le logement
inégalités : les SDF dans les villes suscitent chez
beaucoup une forme d’indifférence. – L’égalité des chances.
– La réalité de la fracture sociale signifie-t-elle la – Labellisation de maisons de l’emploi, renforcement
disparition des classes moyennes ? des structures d’accueil d’urgence, dispositifs
installés dans les écoles primaires et les collèges,
– Ce qui est inquiétant c’est l’existence de etc.
personnes travaillant mais ne parvenant pas à
sortir de la pauvreté. C’est ce que l’on appelle – Être exclu ne signifie pas seulement être en bas de
les travailleurs-pauvres (de l’anglais working- l’échelle sociale mais bien plutôt être en dehors de
poor). la société.
– Le tiers-monde a son équivalent dans les pays – Un Revenu Minimum d’Activité (RMA) est créé au
industrialisés : le quart-monde. premier janvier 2004.
– Beaucoup de personnes ont peur de tomber – Le terme « exclu » apparaît pour la première fois
dans la catégorie des exclus suite à une perte dans un livre de René Lenoir au milieu des années
d’emploi, une rupture familiale, etc. 70 : Les exclus, un Français sur dix (1974).
– Il est difficile de croire en l’égalité des chances – l y aurait à Paris plus de 8 000 SDF.
tant le déterminisme sociale paraît réel. – Il a fallu créer à Paris en 1993 un SAMU social à
– Le malaise dans les banlieues, parfois les « l’origine duquel se trouve Xavier Emmanuelli.
révoltes » semblent traduire la relégation parmi SAMU signifie dans ce contexte : Service d’Aide
les exclus vue comme une fatalité à laquelle il Mobile d’Urgence.
est impossible d’échapper.
Il a aujourd’hui une dimension inter-nationale.
– Il semble que rien n’ait changé, voire que la
situation soit pire qu’auparavant car la solidarité – Nous sommes passés des « Trente glorieuses » aux
de par l’individualisme contemporain paraît de « Trente piteuses ».
moins en moins forte. – Le ministère de l’Emploi du gouvernement de M.
– Les solutions mises en place quels que soient les de Villepin est également le ministère de la
gouvernements sont peu efficaces et Cohésion Sociale.
ressemblent davantage à des palliatifs qu’à de – Il y a en France plus de un million de rmistes, sans
réelles solutions. compter leurs ayants-droits.
– La France étant un pays riche comparativement – L’allocation de RMI était au premier janvier 2007
aux pays en voie de développement l’existence de 440,86 ? pour une personne seule et de
de cette fracture sociale peut être vue comme 925,81 ? pour un couple ayant deux enfants.
un paradoxe.
– Le rôle des collectivités territoriales est essentiel ici.
– Le risque à terme n’est-il pas une rupture de
l’unité de la nation ? – Les conseils généraux sont en charge du RMI, les
conseils régionaux de la formation professionnelle.
– Les émeutes de 2005 dans les banlieues
illustrent ce risque. – La baisse relative du chômage ne profite pas aux
plus démunis.
– Les contrats d’avenir semblent peu efficaces.
– Le sociologue Alain Touraine parle d’être « in »
ou « out », c’est-à-dire dans ou en dehors de la
société.

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 155


Mise à jour d’une problématique
À partir de ces recherches et de leur analyse on constate d’une part que la fracture
sociale est une réalité et que d’autre part les solutions mises en place sont insuffi-
santes. Dès lors une problématique efficace pourrait s’exprimer de la manière sui-
vante : la fracture sociale en France est une réalité de plus en plus prégnante qui n’a
pu être réduite malgré les solutions mises en place.

Il s’agit maintenant en s’appuyant sur cette problématique de bâtir un plan cohérent,


c’est-à-dire un plan fondé sur une logique de démonstration juste.

Elaboration en quatre étapes d’un plan

Premier temps
Classement des idées et des connaissances dans un ordre logique

– Nous sommes passés des « Trente glorieuses » aux « Trente piteuses ».


– La fracture sociale est une réalité dans notre pays mais également en Europe et
dans le monde.
– Le tiers-monde a son équivalent dans les pays industrialisés : le quart-monde.
– Le terme « exclu » apparaît pour la première fois dans un livre de René Lenoir
au milieu des années 70 : Les exclus, un Français sur dix (1974).
– Être exclu ne signifie pas seulement être en bas de l’échelle sociale mais bien
plutôt être en dehors de la société.
– Le sociologue Alain Touraine parle d’être « in » ou « out », c’est-à-dire dans ou
en dehors de la société.
– Le ministère de l’Emploi du gouvernement de M. de Villepin est également le
ministère de la Cohésion Sociale.
– La France étant un pays riche comparativement aux pays en voie de développe-
ment l’existence de cette fracture sociale peut être vue comme un paradoxe.
– Il y a en France plus de un million de rmistes, sans compter leurs ayants droit.
– L’allocation de RMI était au premier janvier 2007 de 440,86 € pour une personne
seule et de 925,81 € pour un couple ayant deux enfants.
– Les Français semblent s’être habitués à ces inégalités : les SDF dans les villes sus-
citent chez beaucoup une forme d’indifférence.
– Il y aurait à Paris plus de 8 000 SDF.
– Il semble que rien n’ait changé voire que la situation soit pire qu’auparavant car
la solidarité de par l’individualisme contemporain paraît de moins en moins forte.
– Il a fallu créer à Paris en 1993 un SAMU social à l’origine duquel se trouve Xavier
Emmanuelli. SAMU signifie dans ce contexte : Service d’Aide Mobile d’Urgence.
Il a aujourd’hui une dimension internationale.
– Ce qui est inquiétant c’est l’existence de personnes travaillant mais ne parvenant
pas à sortir de la pauvreté. C’est ce que l’on appelle les travailleurs-pauvres (de

156 La culture générale au concours de rédacteur territorial


l’anglais working-poor).
– La baisse relative du chômage ne profite pas aux plus démunis.
– La réalité de la fracture sociale signifie-t-elle la disparition des classes moyennes ?
– Le malaise dans les banlieues, parfois les « révoltes » semblent traduire la relé-
gation parmi les exclus vue comme une fatalité à laquelle il est impossible
d’échapper.
– Il est difficile de croire en l’égalité des chances tant le déterminisme sociale pa-
raît réel.
– Les solutions mises en place quels que soient les gouvernements sont peu effi-
caces et ressemblent davantage à des palliatifs qu’à de réelles solutions.
– Loi de cohésion sociale du 18 janvier 2005. Trois domaines : l’emploi, le logement,
l’égalité des chances.
– Labellisation de maisons de l’emploi, renforcement des structures d’accueil d’ur-
gence, dispositifs installés dans les écoles primaires et les collèges, etc.
– Les contrats d’avenir semblent peu efficaces.
– Le risque à terme n’est-il pas une rupture de l’unité de la nation ?
– Un Revenu Minimum d’Activité est créé au premier janvier 2004.
– Les émeutes de 2005 dans les banlieues illustrent ce risque.
– Le rôle des collectivités territoriales est essentiel ici.
– Les conseils généraux sont en charge du RMI, les conseils régionaux de la for-
mation professionnelle.

Certains lecteurs ne seront peut-être pas d’accord avec ce classement. Il est tout à fait
possible d’en proposer d’autres. L’essentiel est qu’une logique d’ensemble se dégage,
même si l’ordre de tel ou tel élément peut être discuté.

Deuxième temps

Organisation de ces idées et de ces connaissances de manière à constituer de futurs


paragraphes

Premier paragraphe :
– Nous sommes passés des « Trente glorieuses » aux « Trente piteuses ».
– La fracture sociale est une réalité dans notre pays mais également en Europe et
dans le monde.
– Le tiers-monde a son équivalent dans les pays industrialisés : le quart-monde.

Deuxième paragraphe :
– Le terme « exclu » apparaît pour la première fois dans un livre de René Lenoir
au milieu des années 70 : Les exclus, un Français sur dix (1974).
– Être exclu ne signifie pas seulement être en bas de l’échelle sociale mais bien plu-
tôt être en dehors de la société.

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 157


– Le sociologue Alain Touraine parle d’être « in » ou « out », c’est-à-dire dans ou
en dehors de la société.
– Le ministère de l’Emploi du gouvernement de M. de Villepin est également le mi-
nistère de la Cohésion Sociale.

Troisième paragraphe :
– La France étant un pays riche comparativement aux pays en voie de développe-
ment l’existence de cette fracture sociale peut être vue comme un paradoxe.
– Il y a en France plus de un million de rmistes, sans compter leurs ayants droit.
– L’allocation de RMI était au premier janvier 2007 de 440,86 euros pour une per-
sonne seule et de 925,81 euros pour un couple ayant deux enfants.
– Les Français semblent s’être habitués à ces inégalités : les SDF dans les villes
suscitent chez beaucoup une forme d’indifférence.
– Il y aurait à Paris plus de 8 000 SDF.

Quatrième paragraphe :
– Il semble que rien n’ait changé voire que la situation soit pire qu’auparavant car
la solidarité de par l’individualisme contemporain paraît de moins en moins forte.
– Il a fallu créer à Paris en 1993 un SAMU social à l’origine duquel se trouve Xavier
Emmanuelli. SAMU signifie dans ce contexte : Service d’Aide Mobile d’Urgence. Il
a aujourd’hui une dimension internationale.
– Ce qui est inquiétant c’est l’existence de personnes travaillant mais ne parvenant
pas à sortir de la pauvreté. C’est ce que l’on appelle les travailleurs-pauvres (de l’an-
glais working-poor).

Cinquième paragraphe :
– La baisse relative du chômage ne profite pas aux plus démunis.
– La réalité de la fracture sociale signifie-t-elle la disparition des classes moyennes ?
– Le malaise dans les banlieues, parfois les « révoltes » semblent traduire la relé-
gation parmi les exclus vue comme une fatalité à laquelle il est impossible
d’échapper.
– Il est difficile de croire en l’égalité des chances tant le déterminisme sociale pa-
raît réel.

Sixième paragraphe :
– Les solutions mises en place quels que soient les gouvernements sont peu effi-
caces et ressemblent davantage à des palliatifs qu’à de réelles solutions.
– Loi de cohésion sociale du 18 janvier 2005. Trois domaines : l’emploi, le logement,
l’égalité des chances.
– Labellisation de maisons de l’emploi, renforcement des structures d’accueil d’ur-
gence, dispositifs installés dans les écoles primaires et les collèges, etc.
– Les contrats d’avenir semblent peu efficaces.

158 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Septième paragraphe
– Le risque à terme n’est-il pas une rupture de l’unité de la nation ?
– Un Revenu Minimum d’Activité est créé au premier janvier 2004.
– Les émeutes de 2005 dans les banlieues illustrent ce risque.

Huitième paragraphe :
– Le rôle des collectivités territoriales est essentiel ici.
– Les conseils généraux sont en charge du RMI, les conseils régionaux de la for-
mation professionnelle.

Troisième temps

Mise à jour de sous-parties


Les paragraphes 1 et 2 constituent la première sous-partie.
Les paragraphes 3 et 4 forment la seconde sous-partie.
Les paragraphes 5 et 6 recouvrent la troisième sous-partie.
Les paragraphes 7 et 8 structurent la quatrième sous-partie.

Quatrième temps

Découpage des sous-parties en deux grandes parties


Bien évidemment la première grande partie est formée des deux premières sous-par-
ties et la seconde des sous-parties 3 et 4.

Dès lors la démonstration à laquelle nous nous livrons pour traiter le sujet fourni est
la suivante :
Première partie :
Première sous-partie :
La fracture sociale, réalité française comme mondiale (premier paragraphe),
Est un phénomène désormais connu. (deuxième paragraphe)
Deuxième sous-partie :
Cette fracture est une réalité économique et sociale (paragraphe trois)
contre laquelle un certain nombre de solutions ont été mises en place (paragraphe
quatre).
Deuxième partie :
Troisième sous-partie :

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 159


Cette fracture se creuse (paragraphe 5) malgré des solutions importantes en quantité
voire en qualité. (paragraphe 6)

Quatrième sous-partie :

Les risques d’explosion sociale ne sont pas à négliger (paragraphe 7) malgré l’action
importante des collectivités territoriales. (paragraphe 8)

Le lecteur constatera qu’il y a bien une démonstration dont on peut certes discuter
le bien-fondé mais dont il est difficile de critiquer la logique d’ensemble et la cohé-
rence interne.

Réponse au sujet fourni

À partir du plan définitif qui a été élaboré ci-dessus il est maintenant possible de four-
nir une réponse à la question posée :

La fracture sociale est une expression récente qui traduit un éloignement de plus en
plus important entre une partie de notre société intégrée et une partie exclue. Si des
solutions plus efficaces que celles qui existent actuellement ne sont pas prises, le
risque est grand de voir une France se dresser contre l’autre tout comme une partie
du monde pourrait se dresser contre une autre partie de la planète.

Pour finir signalons aux candidats au concours externe qu’il aurait été possible d’al-
ler plus loin en parlant de lutte contre l’illettrisme, de discrimination sociale, de po-
litique de la ville, d’action de l’abbé Pierre, d’emplois précaires, etc.

Tous ces thèmes en complément des précédents auraient permis de répondre au su-
jet du concours externe organisé en septembre 2007 par le CIG de la Grande-Cou-
ronne dont voici le libellé :

Un récent sondage montre que près de la moitié des Français craignent de devenir
SDF. Cette peur de l’exclusion vous paraît-elle justifiée ?

Bibliographie incitative

Jean-Marc Ferry, L’allocation universelle,Cerf, 1996.

Xavier Emmanuelli, La fracture sociale,Que sais-je ?, 2002.

Patrick Cingolani, La précarité ,Que sais-je, 2005.)

160 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Rédiger une bonne
introduction
et une bonne conclusion
Chapitre 10
Thème traité :
Arts et spectacles
Rédiger une bonne introduction et une
bonne conclusion
1.1 De l’importance capitale d’une bonne
introduction

On découvre un texte comme on fait connaissance avec une personne. La première


impression que nous fait celle-ci est décisive. Son attitude, son sourire, sa voix, sa poi-
gnée de main, la manière dont elle est habillée et coiffée, les premiers mots qu’elle
va prononcer ; tous ces éléments construisent une image, peut-être fondée ou à l’in-
verse injuste, mais qui bien souvent détermine la suite de la relation. D’où la recom-
mandation donnée, par exemple aux candidats à un emploi : « soignez votre
présentation »…
De la même façon, le début d’un texte procure au lecteur une première impression qui va
déterminer un premier jugement sur les capacités de son rédacteur, son envie de lire la
suite, éveiller ou non sa curiosité, son intérêt, voire son degré de bienveillance exactement
comme les premières pages d’un roman ou les premières minutes d’un film.

L’œil des correcteurs _________________________________________________


Nombreux sont les correcteurs qui lisent les dissertations ou les réponses aux trois à
cinq questions en passant directement de l’introduction à la conclusion. Ils se for-
gent ainsi une première opinion de la copie, et liront ensuite le développement avec
un premier jugement positif ou négatif selon qu’introduction et conclusion leur
auront ou non donné le sentiment d’être face à un travail de qualité. Ils chercheront
dans le développement à corroborer leur première impression, partant du principe
que si l’introduction et la conclusion de la copie qu’ils évaluent sont bonnes le déve-
loppement le sera tout autant. Il en sera de même en cas d’introduction et de conclu-
sion insuffisante quant à l’insuffisance de la qualité du développement.
Certes cette règle n’est pas systématique, auquel cas la lecture du développement
serait inutile, mais il est rare de voir un bon développement suivre une introduction
insuffisamment travaillée, de même qu’il est peu courant qu’un développement effi-
cace soit suivi d’une conclusion inutile.
Ce qui suit dans ce chapitre va tenter de vous en donner les raisons.
__________________________________________________________________

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 163


Soigner son introduction, comme on soigne sa présentation est de plus un acte de
courtoisie, en même temps que la manifestation de qualités importantes : capacité à
situer sa réflexion dans un contexte contemporain, originalité de l’approche, connais-
sance des « codes » sociaux liés à l’écrit, élégance de la forme, souci de l’organisation
rigoureuse de la pensée.
De même soigner sa conclusion revient à quitter quelqu’un avec politesse (tout en lui
faisant regretter votre départ !) : concision de la pensée, capacité à répondre au su-
jet à traiter, clarté du style, correction de la syntaxe et de l’orthographe même après
trois heures d’un travail qui exige une grande concentration.

Attention _________________________________________________________
Il est important de respecter un équilibre général au texte que vous donnez à lire.
Il faudra donc que la taille de votre introduction de même que celle de votre conclu-
sion soit proportionnée au texte tout entier.
Une introduction d’une quinzaine de lignes est raisonnable pour une composition de
concours externe. Pour un texte d’une page dans le cadre d’une réponse à une question
sur cinq points pour le concours interne, l’introduction ne devrait pas dépasser quatre à
cinq lignes.
Quant à la conclusion elle devrait faire une demi-douzaine de lignes dans le premier
cas et deux ou trois dans le second cas.
(Notez bien que ces indications ne peuvent tenir compte de la taille de votre écri-
ture qui est extrêmement variable d’un candidat à l’autre. À vous d’adapter ces pro-
positions au cas par cas. Ce qu’il faut retenir c’est que ni l’introduction ni la
conclusion ne doit être longue.)
Cependant, le fait que votre réponse soit brève ne doit en aucun cas vous conduire
à vous passer d’une introduction et d’une conclusion.
__________________________________________________________________

1.2 La structure de l’introduction : quatre fonctions,


quatre parties

Une bonne introduction témoigne de plusieurs préoccupations de la part de l’auteur


du texte qui seront nécessairement appréciées : le respect du lecteur en ne lui par-
lant pas d’un sujet inintéressant, la prise en compte du désir légitime de celui-ci de
savoir à l’avance non seulement de quoi il va être question dans ce qu’il s’apprête à
lire mais de quelle manière il va en être question, et enfin le souci d'« emmener le
lecteur avec soi » en lui montrant le chemin qui va être suivi :
Ces préoccupations se traduisent par la structuration de l’introduction en quatre par-
ties, chacune correspondant à une fonction particulière de l’introduction

164 La culture générale au concours de rédacteur territorial


À retenir __________________________________________________________
Les quatre fonctions d’une introduction :
• AMENER LE SUJET (le respect du lecteur en ne lui parlant pas d’un sujet inintéres-
sant)
• RAPPELER LE SUJET (la prise en compte du désir légitime de celui-ci de savoir à
l’avance de quoi il va être question dans ce qu’il s’apprête à lire)
• DÉGAGER UNE PROBLÉMATIQUE (de quelle manière il va en être question)
• FAIRE L’ANNONCE DE SON PLAN (le souci d'« emmener le lecteur avec soi » en lui
montrant le chemin qui va être suivi)
__________________________________________________________________

1. Amener le sujet
Le lecteur ne doit pas être brutalement confronté au déploiement d’une argumen-
tation sans savoir de quoi on va lui parler. Il convient d’amener le sujet abordé de
manière logique.

Pour cela, deux façons de faire :


• La première consiste à situer la question dans son contexte, ou dans un contexte
plus vaste. On peut ainsi évoquer, au choix :
– l’origine du problème, ou du phénomène (depuis quand l’observe-t-on ?…),
– l’importance du problème ou du phénomène (le fait qu’il concerne de plus en
plus de gens ; qu’il ait un impact social, ou économique croissant ; les raisons qui
amènent à en prendre davantage conscience aujourd’hui…),
– les phénomènes liés, ou bien la catégorie de phénomènes à laquelle appartient
celui sur lequel on va se concentrer,
– la situation (historique, politique, économique, démographique, technolo-
gique…) qui a vu naître ou se développer le phénomène,

Exemple :
Puisque le thème consacré à ce chapitre concerne les arts et les spectacles, prenons le sujet
suivant qui serait plutôt un sujet pour les candidats au concours externe de par le temps
qu’il nécessite pour mener à bien une réflexion suffisante :

L’art est-il utile ?

Une manière efficace d’amener le sujet pourrait être :


Dans un monde où l’efficacité économique, la rentabilité, les échanges commerciaux
occupent le premier rang, musique, peinture, danse, poésie semblent être au mieux
des loisirs permettant de se ressourcer, au pire une perte de temps.
• La seconde est parfois appelée « accroche ». On rapporte un événement, un fait-
divers, une anecdote, ou bien un propos (une déclaration publique, une citation…).

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 165


Attention, le choix du fait ou du propos mis en « accroche » ne doit pas être gratuit.
Il faut veiller à ce que l’évocation choisie ait un rapport avec l’angle de vue adopté
dans le traitement de la question, et/ou qu’elle donne une coloration particulière au
thème traité.

Exemple :
À partir du même sujet, il serait efficace de commencer sa réflexion par :
Théophile Gautier affirmait dans son roman Mademoiselle de Maupin : « Tout ce qui
est utile est laid ».
Quoi qu’il en soit, ce qui compte est de montrer d’entrée l’intérêt du sujet en le si-
tuant dans le contexte contemporain car tout sujet qui vous sera proposé sera un su-
jet d’actualité, même s’il faut prendre ce terme au sens large

Une astuce _________________________________________________________


Pour gagner du temps si vous en manquez vous pouvez utiliser une idée ou un fait
que vous avez trouvé durant votre recherche au brouillon.
__________________________________________________________________

2. Rappeler le sujet
Cette étape est la plus simple des quatre car elle consiste à recopier le sujet en le liant
avec l’annonce qui précède. Parfois il vous arrivera de présenter le sujet et de le rap-
peler dans la même phrase, surtout dans le cadre du concours interne. À l’inverse si
le sujet est long dans sa formulation vous aurez à le synthétiser pour ne pas avoir à
recopier plusieurs lignes.
Ainsi toujours avec le même sujet, un candidat pourrait écrire :
Dans un monde où l’efficacité économique, la rentabilité, les échanges commerciaux
occupent le premier rang, musique, peinture, danse, poésie semblent être au mieux
des loisirs permettant de se ressourcer, au pire une perte de temps. Mais ce n’est pas
parce que la société contemporaine semble reléguer l’art au rang de passe-temps se-
condaire qu’il ne faut pas s’interroger sur son utilité.

Ou bien :
Théophile Gautier affirmait dans son roman Mademoiselle de Maupin : « Tout ce qui
est utile est laid. ». Une telle affirmation semble remettre en cause l’utilité de l’art
car si l’art est le domaine du beau, alors un beau utile serait pour Théophile Gautier
une contradiction. Il est donc intéressant de se demander si l’art est utile ou pas.

166 La culture générale au concours de rédacteur territorial


3. dégager une problématique
Le sujet que l’on s’apprête à traiter doit absolument être problématisé comme nous
l’avons déjà expliqué plus haut. On vient de montrer l’intérêt du sujet, on vient de le
rappeler. Il s’agit maintenant de formuler clairement la manière dont vous l’avez com-
pris, comment vous vous êtes approprié ce sujet, comment vous l’avez fait VÔTRE.

Cette partie de l’introduction est, à la fois, la plus importante sur le fond, et la plus
délicate sur la forme.
Dégager une problématique signifie expliquer la question, en montrer l’intérêt, la
complexité, évoquer l’éventail des points de vue qui peuvent s’exprimer à son pro-
pos comme nous vous l’avons déjà expliqué. Or puisque vous avez dégagé votre pro-
blématique soit pendant votre recherche d’idées et de connaissances soit à la fin de
celle-ci, il ne vous reste plus qu’à l’intégrer dans votre introduction. Ce peut donc être
une difficulté de forme mais pas de fond.
Afin d’intégrer efficacement votre problématique à ce qui précède, c’est-à-dire le rap-
pel du sujet, nous vous conseillons d’utiliser des connecteurs logiques tels mais, ce-
pendant, c’est pourquoi, ainsi, etc.
Si vous aviez mis à jour comme problématique au sujet choisi pour illustrer la tech-
nique de l’introduction la réflexion suivante : s’interroger sur l’utilité de l’art revient
à analyser les différentes fonctions qu’il pourrait recouvrer, alors vous auriez pu l’in-
tégrer de la manière suivante à ce qui précède :

Soit : Dans un monde où l’efficacité économique, la rentabilité, les échanges com-


merciaux occupent le premier rang, musique, peinture, danse, poésie semblent être
au mieux des loisirs permettant de se ressourcer, au pire une perte de temps. Mais ce
n’est pas parce que la société contemporaine semble reléguer l’art au rang de passe-
temps secondaire qu’il ne faut pas s’interroger sur son utilité. Ainsi pour répondre à
cette question il convient d’analyser les différentes fonctions que l’art pourrait re-
couvrer.
Soit : Théophile Gautier affirmait dans son roman Mademoiselle de Maupin : « Tout
ce qui est utile est laid. ». Une telle affirmation semble remettre en cause l’utilité de
l’art car si l’art est le domaine du beau, alors un beau utile serait pour Théophile Gau-
tier une contradiction. Il est donc intéressant de se demander si l’art est utile ou pas.
Pour répondre à cette question il convient d’analyser les différentes fonctions que
l’art pourrait recouvrer.

4. Faire l’annonce de son plan


Il est important de manifester d’emblée à votre lecteur que vous voulez le conduire
d’un point à un autre, avec logique et rigueur. L’introduction sert, en quelque sorte,

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 167


à lui demander de participer au raisonnement qui constituera le développement.
Attention : faire l’annonce de son plan, c’est présenter un programme.
Il est bien sûr exclu de ne pas exécuter ensuite scrupuleusement ce programme !

L’œil des correcteurs _________________________________________________


Le plan annoncé en introduction va rester dans la mémoire du correcteur lorsqu’il
lira votre développement. S’il ne retrouve pas, dans les parties successives de ce déve-
loppement, les idées ou les thèses que vous vous êtes engagé à lui exposer qui cor-
respondent aux deux ou trois grandes parties de votre développement, il en conclura
que vous manquez de logique puisque vous ne suivez pas votre propre raisonne-
ment.
___________________________________________________________________

Heureusement, tout comme la problématique, votre plan a été élaboré précédem-


ment au brouillon. Vous vous trouvez donc davantage face à un problème de forme
qu’à une difficulté de fond.

Attention _________________________________________________________
Naturellement, on n’annonce pas le plan d’une réponse de trente lignes de la même
manière que le plan d’une composition de plusieurs feuillets. Mais la technique à
mettre en œuvre, en tout cas, ne varie pas en fonction de la longueur finale de l’ex-
posé : la forme seule devra être étudiée en conséquence de cette longueur.
__________________________________________________________________

Une fois compris l’objectif de cette partie de l’introduction consistant à annoncer le


plan, reste à savoir quelle forme lui donner. Bien souvent, et c’est tout naturel, cette
question obsède ceux qui n’ont pas l’habitude de l’exercice de composition écrite.
Voyons donc, en s’aidant d’illustrations, les différentes façons de s’y prendre, quelle
que soit la taille de l’exposé écrit entrepris.

1.3 Rédiger l’annonce du plan en introduction

Présenter un plan, on l’a vu, c’est dire quels aspects de la question vont être tour à
tour explorés (les deux ou trois principaux thèmes traités). Mieux encore, c’est indi-
quer par quelles étapes principales successives la réflexion va passer.

Ainsi pour répondre à la question sur l’utilité de l’art il nous faudrait :


- Définir l’art.
- Définir l’utilité.

168 La culture générale au concours de rédacteur territorial


- S’intéresser à l’art comme :
- créateur du beau,
- ce qui suscite des émotions,
- ce qui fait éprouver du plaisir,
- ce qui copie la nature,
- ce qui explique l’univers,
- ce qui mène vers la vérité,
- ce qui est indispensable,
- ce qui relève en France de l’État, des collectivités territoriales et du secteur privé,

Illustrer notre réflexion à travers des connaissances tirées de la peinture, de la sculp-


ture, de l’architecture (arts plastiques), de la musique, de la danse, de la littérature
(arts rythmiques), du cinéma, de la photographie.

Dès lors notre réflexion pourrait s’orienter autour de deux thèmes majeurs :
-l’art comme passe-temps,
-l’art comme moyen d’accéder au réel.
À partir de là voici les deux introductions possibles à ce sujet sur les rapports entre
l’art et l’utilité.

Première introduction :
Dans un monde où l’efficacité économique, la rentabilité, les échanges commerciaux
occupent le premier rang, musique, peinture, danse, poésie semblent être au mieux
des loisirs permettant de se ressourcer, au pire une perte de temps. Mais ce n’est pas
parce que la société contemporaine semble reléguer l’art au rang de passe-temps se-
condaire qu’il ne faut pas s’interroger sur son utilité. Ainsi pour répondre à cette
question il convient d’analyser les différentes fonctions que l’art pourrait recouvrer.
C’est pourquoi nous montrerons dans une première partie que l’art est un loisir né-
cessaire pour affirmer dans une seconde partie qu’il permet à l’être-humain de mieux
comprendre le monde dans lequel il vit.

Seconde introduction :
Théophile Gautier affirmait dans son roman Mademoiselle de Maupin : « Tout ce qui
est utile est laid. ». Une telle affirmation semble remettre en cause l’utilité de l’art
car si l’art est le domaine du beau, alors un beau utile serait pour Théophile Gautier
une contradiction. Il est donc intéressant de se demander si l’art est utile ou pas. Pour
répondre à cette question il convient d’analyser les différentes fonctions que l’art
pourrait recouvrer. Ainsi une première partie sera consacrée aux différentes fonctions
sociales de l’art, puis une seconde partie analysera les rapports que l’art entretient
avec le réel.

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 169


Une astuce ________________________________________________________
Ne méprisez pas les techniques certes un peu scolaires, ou « passe-partout », et
conduisant à des lourdeurs de style, mais simples à utiliser comme celles proposées
ci-dessus. Par exemple, la forme : « dans un premier temps…, puis dans un second
temps… », ou « la première partie se penchera sur…, la seconde étudiera… », ou bien
encore « il sera intéressant de s’interroger d’abord sur…, et ensuite, de se demander si…
».
Ces formulations manquent certes un peu d’élégance, elles sont également peu
toniques, mais elles ont le mérite d’obliger à exposer une idée ou un thème pour
chaque partie du développement, ce qui est l’essentiel. De plus elles permettent aux
correcteurs de comprendre facilement où vous voulez aller, ce qui est très important
dans une introduction.
__________________________________________________________________

Voici maintenant, toujours avec le même sujet, quelques suggestions de formulation


moins scolaire, dont vous pourrez vous inspirer pour d’autres sujets. Dans bien des
cas, si la réflexion sur les étapes successives du plan a été menée avec soin, les for-
mulations d’annonce du plan sont déjà quasiment sur le papier :

…Ainsi après avoir analysé les différentes fonctions sociales de l’art nous montrerons
qu’il est également un moyen d’accès privilégié à la réalité du monde.

Ou bien :
…C’est pourquoi il nous faudra d’abord expliquer que l’art est un loisir nécessaire
pour pouvoir démontrer ensuite qu’il exprime le monde dans lequel vit l’être-humain.

Ou encore :
… Mais si l’art est un loisir auxquels beaucoup s’adonnent soit passivement soit acti-
vement, il est aussi un vecteur indispensable pour celui qui souhaite comprendre le
monde qui est le sien.

À retenir ________________________________________________________
Ce qui compte, c’est que vous rédigiez non seulement votre annonce de plan mais
aussi toute votre introduction de manière rapide et efficace. Les candidats au
concours externe pourront certes davantage soigner leur introduction que ceux du
concours interne qui en auront au moins trois à réaliser. Mais cela dépendra égale-
ment de vos qualités d’expression, du respect du tempo correspondant au barème
du sujet fourni. Ce qui est certain, c’est que les candidats au concours interne ne
pourront pas faire de trois à cinq introductions aussi longues que celle que réalise-

170 La culture générale au concours de rédacteur territorial


ront les candidats du concours externe. C’est pourquoi il nous faut vous apporter
quelques conseils afin d’introduire des réponses dites courtes.
__________________________________________________________________

1.4 Introduire de courts exposés

Même de courts exposés, traitant un sujet en une seule page méritent, on l’a dit,
d’être introduits.
Des quatre fonctions de l’introduction évoquées plus haut, seule la première (ame-
ner le sujet, le situer dans un contexte contemporain ou en montrer l’intérêt d’une
autre manière) peut être abandonnée par souci de cohérence avec la brièveté de l’en-
semble de la réponse si vous avez à répondre à une question sur 4, 5 ou 6 points.
Mais si le barème du sujet est de 10 points vous devrez essayer de respecter les quatre
parties de l’introduction.
Dans les cas précédents votre introduction devra en revanche obéir aux trois autres
fonctions de toute introduction :
• rappeler la question,
• dégager une problématique,
• faire l’annonce du plan.

Si donc la réponse attendue de vous ne doit pas excéder une page, votre introduc-
tion devra au moins reprendre la question posée telle que formulée dans l’énoncé.
Parfois, il est possible de faire mieux (ce n’est pas toujours simple !), en reformulant
cette question de façon concise.
Il faudra aussi indiquer le plan projeté, mais bien sûr, en cherchant la formulation la
plus « ramassée » possible, qui tienne en deux à trois lignes. Rappelons-le : sur une
page votre plan correspondra à deux paragraphes d’une quinzaine de lignes chacun,
sans que vous puissiez élaborer de sous-parties.

Exemples :
Même si le sujet choisi pour illustrer la technique de l’introduction est plutôt un su-
jet d’externes, il est intéressant de la conserver pour que vous puissiez comparer les
différentes introductions possibles en fonction du barème et donc du temps à y consa-
crer. Vous avez lu plus haut deux exemples d’introduction complète pour un devoir
en trois heures. Voici différentes introduction en fonction de barèmes échelonnés.

Barème : 10 points pour un devoir à réaliser en 1 h 30.


La danse, moderne ou classique, paraît réserver à une élite, et bien peu de personnes

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 171


pourraient citer un architecte contemporain. L’art est-il utile ? est donc une question
que les contempteurs de l’art balaieraient rapidement en affirmant que la plupart
des gens vivent sans s’y intéresser. Mais pour montrer que l’art a des fonctions es-
sentielles, même si certains ne les soupçonnent pas, nous énoncerons le rôle social de
l’art dans un premier temps avant d’analyser ses fonctions heuristiques dans un se-
cond temps.

Barème : 6 points pour un devoir à réaliser en 1 h (on imagine ici que deux points se-
raient ajoutés au total de la note en fonction de la qualité de l’expression).
S’interroger sur l’utilité de l’art revient à se demander quelles sont ses différentes
fonctions. Pour répondre à cette question il nous faudra dans un premier temps rap-
peler le rôle social de l’art pour pouvoir dans un second temps étudier les rapports
que chacun devrait entretenir avec l’art.
Barème : 5 points pour un devoir à réaliser en 45 minutes.
L’utilité de l’art peut passer pour une question secondaire au vu des grands problèmes
du monde contemporain. Mais en analysant les grandes fonctions de l’art, nous en
démontrerons l’intérêt non seulement social mais également individuel.

Barème 4 points pour un devoir à réaliser en environ 35 minutes.


Questionner le rôle de l’art revient à en analyser les différentes fonctions. C’est pour-
quoi nous montrerons d’abord que l’art a une fonction sociale puis qu’il est indis-
pensable au développement de chacun.

Maintenant que nous avons vu la technique de l’introduction, passons à la technique


de la conclusion, Celle-ci doit en effet être rédigée au brouillon immédiatement après
l’introduction et conservée pour ne plus avoir qu’à la recopier à la fin de la rédaction
de son devoir mais pas à la toute fin car vous devez conserver quelques minutes pour
vous relire.

1.5 La structure de la conclusion : deux ou trois


fonctions, deux ou trois parties

Une fois votre introduction achevée, vous allez donc rédiger votre conclusion. Vous
disposez au brouillon de tous les éléments nécessaires à sa rédaction, à savoir :
- Votre problématique et les deux ou trois grandes parties de votre développement.
- Votre réponse au sujet.
- Une « ouverture » à tirer de vos idées ou de vos connaissances. Mais notez tout
de suite que cette dernière partie de la conclusion n’est pas indispensable. C’est
pourquoi nous avons indiqué ci-dessus qu’une conclusion pouvait avoir deux ou
trois fonctions, et donc deux ou trois parties.

172 La culture générale au concours de rédacteur territorial


À retenir __________________________________________________________
Une bonne conclusion comprend deux ou trois parties :
1. Un rappel de la démonstration faite dans le développement.
2. La réponse à la question posée.
3. Une « ouverture » (non obligatoire) qui élargit la question.
__________________________________________________________________

Les fonctions d’une conclusion efficace sont en effet les suivantes :


- rappeler aux deux correcteurs la raison pour laquelle vous avez organisé de telle
ou telle manière votre réflexion.
- Indiquer aux deux correcteurs quelle est votre réponse au sujet fourni.
- Montrer aux deux correcteurs que le traitement de ce sujet permettrait d’explo-
rer une autre piste de réflexion avec davantage de temps, et donc en quelque sorte
en démontrer une nouvelle fois tout l’intérêt.

Introduction Conclusion
– 1. Présentation du sujet – 1. Rappel du développement
– 2. Énoncé du sujet – 2. Rappel de la problématique .
– 3. Problématique – 3. Réponse au sujet
– 4. Annonce du plan – 4. Ouverture du sujet

Vous constatez que cette proposition d’organisation de votre conclusion correspond


à une image inversée de votre introduction. Si l’on compare en effet ces deux élé-
ments de votre traitement d’un sujet on obtient :
Il y a donc bien un jeu de miroir puisque :
La présentation du sujet a pour correspondant l’ouverture du sujet.
L’énoncé du sujet a pour correspondant la réponse au sujet.
La problématique est rappelée dans l’introduction comme dans la conclusion.
Enfin le plan annoncé dans l’introduction est rappelé dans la conclusion.

Mais il ne s’agit pas, dans tous les cas de figure, de respecter ces quatre fonctions et
leur organisation. Ainsi nous ne nous contredisons pas en vous parlant d’abord de
trois fonctions (voire de deux) puis de quatre.
La première étape de la conclusion consiste bien à rappeler l’essentiel de ce que vous
avez dit dans le développement. Dès lors vous pourrez soit rappeler votre problé-
matique, soit les deux ou trois étapes de votre plan soit associer ces deux rappels.
Tout dépendra de la longueur de votre réflexion.
Ainsi pour le concours externe nous conseillons aux candidats de respecter les trois
étapes principales de la conclusion en essayant à la fois de rappeler leur plan et leur

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 173


problématique dans l’ordre qu’ils veulent, ce qui relève davantage d’un choix d’ex-
pression que de raisons de fond.
Pour les candidats au concours interne, tout dépendra du barème. Un sujet sur 10
points sera traité avec une conclusion semblable au concours externe. Les autres trai-
tements possibles imposeront une conclusion « allégée », c’est-à-dire sans ouverture
et avec plutôt un rappel de la problématique que des deux parties du plan. Quel in-
térêt en effet y aurait-il à rappeler l’essentiel de deux paragraphes de 15 à 20 lignes
chacun dans le cadre d’un traitement d’une trentaine de minutes ?

La deuxième étape de la conclusion constitue la réponse que vous apportez au su-


jet. Elle doit être nette, claire, même s’il est parfois bon qu’elle ait un caractère
nuancé. Qu’entend-on par là ? Simplement que vous aurez parfois intérêt à mettre
un « bémol » à l’affirmation que vous formulez, autrement dit, rappeler un des points
abordés dans votre développement, et dire qu’il constitue soit une condition de jus-
tesse de votre affirmation principale, soit une exception au principe que vous défen-
dez. L’essentiel est que les deux correcteurs comprennent qu’elle est votre réponse
et qu’ils puissent juger de son bien-fondé. Vous ne devez vous comporter ni en pro-
sélyte ni en militant. Pour autant votre réponse ne doit pas être une réponse de Nor-
mand.
La troisième étape (facultative) de la conclusion permet une ouverture du sujet, c’est-
à-dire une mise en perspective du sujet de façon à en montrer un nouvel intérêt.

Attention __________________________________________________________
Beaucoup de candidats réduisent la conclusion à une ouverture, celle-ci étant pour
eux une espèce d’obsession formelle. Or leurs ouvertures sont souvent sans grand
intérêt car ils se contentent de formules toutes faites qui placent le sujet dans un
avenir plus ou moins obscur. Dans ce cas il vaut mieux ne pas « ouvrir » et se concen-
trer sur le rappel de l’essentiel et sur la réponse à donner au sujet, surtout pour les
candidats au concours interne s’ils ont des sujets à traiter très rapidement.
__________________________________________________________________

Voici pour illustrer cette structure à donner à vos conclusions des illustrations à par-
tir du sujet : l’art est-il utile ?
Conclusion possible dans le cadre du concours externe :
Ainsi on a pu voir que l’art était un loisir de plus en plus couru, mais que certains arts
étaient privilégiés et d’autres laissés au second plan. Dès lors il apparaît que les fonc-
tions de l’art sont suffisamment nombreuses et importantes pour que son utilité ne
puisse être contestée. L’art est donc non seulement utile mais également indispen-
sable pour tous ceux qui veulent enrichir leur compréhension du monde. Le philo-
sophe Nietzsche lorsqu’il affirmait que sans la musique le monde serait une erreur ne
disait pas autre chose puisqu’il voulait dire qu’un monde sans art ne porterait en lui
aucune vérité.

174 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Conclusion possible dans le cadre du concours interne avec un barème sur 10 points
Les Français sont de plus en plus nombreux à pratiquer un instrument de musique.
D’autres seront cinéphiles ou lecteurs assidus de romans. Ainsi l’art montre son uti-
lité à travers l’épanouissement des peintres du dimanche ou des écrivains en herbe.
Mais au-delà d’un simple loisir il est également un mode d’appropriation du monde
puisque les arts en révèlent la beauté mais aussi la complexité. Il devrait donc occu-
per une place plus importante dans l’éducation des plus jeunes.
Conclusion possible dans le cadre du concours interne avec un barème sur 6 points :
Pour conclure il apparaît clairement que l’art est un loisir indispensable pour chacun.
À travers la musique, le cinéma, la littérature, il est fortement intégré au quotidien,
à tel point que certains en oublient son utilité, le considérant comme un passe-temps
au lieu de voir la beauté qu’il révèle. C’est pourquoi les collectivités territoriales ten-
tent de participer de plus en plus au développement des pratiques artistiques en
France.

Conclusion possible dans le cadre du concours interne avec un barème sur 5 points :
Il apparaît donc que l’art est un simple loisir pour beaucoup mais qu’il se révèle une
passion pour un très grand nombre de personnes. Son utilité est donc certaine de par
ce qu’il révèle de notre monde : sa beauté, sa complexité, sa grandeur. Tel le héros
de Balzac, le cinéphile, le mélomane, etc. sont bien à la recherche d’un absolu.

Conclusion possible dans le cadre du concours interne avec un barème sur 4 points :
Les fonctions de l’art sont si nombreuses et si importantes que son utilité cède la place
à son caractère indispensable. On peut certes vivre sans beauté mais cette absence de
beau fait perdre une grande partie du sens de la vie.

1.6 Étapes de la méthode et tempos en fonction


des barèmes fournis

Maintenant que nous avons vu l’essentiel de la méthode nous vous proposons une
répartition des différentes étapes à suivre en fonction des différentes durées pos-
sibles.

Attention __________________________________________________________
Selon les CDG ou CIG organisateurs du concours de rédacteur territorial, les sujets
du concours interne sont accompagnés ou pas d’un barème. Si le premier cas est le
plus fréquent, vous devez néanmoins être prêts à réagir à une absence de barème.
La méthode à suivre est simple : partez du principe que dès lors les sujets fournis ont
la même valeur et qu’il vous faut donc y consacrer le même temps.
__________________________________________________________________

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 175


Tout ce qui concerne le développement sera vu dans la partie suivante. Mais les in-
formations à venir ne constituent pas des éléments de méthodologie proprement dits
mais davantage des outils d’appropriation de méthodologie. La rédaction du déve-
loppement relève en effet simplement de l’application des règles classiques de l’ex-
pression écrite.

Quant à la relecture nécessaire après la rédaction du devoir, elle se fonde sur la vé-
rification du bon emploi de ces règles. Elle sera donc définie juste après l’énoncé de
ces règles, soit à la fin du chapitre 15.

Concours interne :
Question sur 10 points Question sur 6 points à Question sur 5 points à Question sur 4 points à
à traiter en 1 h 30 traiter en 1 h traiter en 45 minutes traiter en 36 minutes

Lecture méthodique du Lecture méthodique du Lecture méthodique du Lecture méthodique du


sujet : 10 minutes. sujet : 5 minutes. sujet : 3 minutes. sujet : 3 minutes

Recherche d’idées et de Recherche d’idées et de Recherche d’idées et de Recherche d’idées et de


connaissances et mise à connaissances et mise à connaissances et mise à connaissances et mise à
jour d’une jour d’une jour d’une jour d’une
problématique : 20 problématique : 20 problématique : 15 problématique : 10
minutes minutes minutes minutes

Organisation de Organisation de Organisation de Organisation de


l’ensemble en un plan l’ensemble en un plan l’ensemble en un plan l’ensemble en un plan
cohérent et réponse au cohérent et réponse au cohérent et réponse au cohérent et réponse au
sujet : 10 minutes sujet : 5 minutes sujet : 5 minutes sujet : 4 minutes

Rédaction de Rédaction de Rédaction de Rédaction de


l’introduction et de la l’introduction et de la l’introduction et de la l’introduction et de la
conclusion : 2x5 = 10 conclusion : 2x3 = 6 conclusion : 2x2,5 = 5 conclusion : 2x1,5 = 3
minutes minutes minutes minutes

Rédaction du Rédaction du Rédaction du Rédaction du


développement (avec développement (avec développement (avec développement (avec
recopie de recopie de recopie de recopie de
l’introduction et de la l’introduction et de la l’introduction et de la l’introduction et de la
conclusion) : 35 conclusion) : 20 conclusion) : 15 conclusion) : 15
minutes minutes minutes minutes
.
Relecture finale à Relecture finale à Relecture finale à Relecture finale à
l’envers : 5 minutes l’envers : 4 minutes l’envers : 2 minutes l’envers : 1 minute

Concours externe :
• 1 seul sujet sur 20 points à traiter en 3 heures

176 La culture générale au concours de rédacteur territorial


- Lecture méthodique du sujet : 15 minutes.
- Recherche d’idées et de connaissances et mise à jour d’une problématique : 60 minutes.
- Organisation de l’ensemble en un plan cohérent et réponse au sujet : 15 minutes.
- Rédaction de l’introduction et de la conclusion : 2x5 = 10 minutes.
- Rédaction du développement (avec recopie de l’introduction et de la conclusion) :
70 minutes.

Relecture finale à l’envers : 10 minutes.

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 177


178 La culture générale au concours de rédacteur territorial
Thème 10 : Arts et spectacles
Le traitement de ce thème se fera à partir de trois sujets de réflexion dont vous sont
proposées trois introductions et trois conclusions. Afin de vous proposer des intro-
ductions et des conclusions complètes, il faut considérer les sujets fournis comme pou-
vant être des sujets de concours interne à traiter en 1 h 30 afin de gagner 10 points.
À vous d’une part de bien vérifier que chaque introduction et chaque conclusion ap-
pliquent la méthode énoncée dans ce chapitre et, d’autre part, de faire des recherches
pour nourrir les parties des plans annoncés.
Ainsi vous pourrez constituer des dossiers permettant de traiter les sujets choisis. Pour
vous y aider des pistes de recherches vous sont fournies après chaque conclusion.

Sujet n° 1 :
Comment expliquez-vous l’engouement actuel pour les musées ?
Exemple d’introduction :
Les musées français accueillent chaque année autant de visiteurs que d’habitants de
notre pays. Mais même si beaucoup d’entre eux sont des touristes, un grand nombre
est également constitué de Français. Dès lors pour comprendre ce phénomène il s’agit
d’expliquer cet engouement pour les musées. Une telle recherche nécessite d’analy-
ser les raisons qui poussent autant de personnes à franchir les portes des musées,
qu’ils soient nationaux ou locaux. C’est pourquoi nous montrerons dans une première
partie que l'État et les collectivités territoriales sont des acteurs extrêmement actifs
pour attirer les visiteurs dans les musées dont ils ont à la charge. Mais sans une rela-
tion privilégiée qui relie le visiteur à l’objet de sa curiosité, rien ne serait possible.
C’est l’analyse de cette relation qui fera l’objet de notre seconde partie.
Exemple de conclusion :
Ainsi nous avons pu voir que l’engouement pour les musées était à la fois la consé-
quence d’actions étatiques et territoriales de plus en plus efficaces mais aussi qu’une
volonté des visiteurs de mieux comprendre leur passé et leur présent était un vecteur
d’explication essentiel. La renaissance des musées n’est donc pas qu’un phénomène
de mode mais un réel attachement à ce que l’on pourrait appeler des lieux de mé-
moire. Le succès de la nuit des musées en est peut-être la meilleure des illustrations.
Pistes de recherches :
– Rôle des collectivités territoriales.
– Action des DRAC : Directions Régionales à l’Action Culturelle.
– Principales expositions récentes.
– Musée du quai Branly.
– Délocalisation de certaines collections des musées nationaux en France et à
l’étranger.
– Développement des écomusées, des musées des arts traditionnels, etc.
– Un peintre dont vous pourriez l’œuvre dans un devoir écrit ou lors d’une épreuve

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 179


orale d’admission.
– N’hésitez pas à vous rendre sur le site internet d’un musée de votre choix, qu’il
soit national ou local.

Sujet n° 2 :
Le spectacle vivant est-il en crise ?
Exemple d’introduction :
Si les intermittents du spectacle ont occupé et occupent encore le devant de la scène,
c’est au moins l’indice que le spectacle traverse une passe difficile. Mais cet indice per-
met-il d’affirmer ou pas que le spectacle vivant est en crise ? Répondre à cette ques-
tion revient à évaluer la place des spectacles vivants aujourd’hui. C’est pourquoi nous
montrerons dans un premier temps que les spectacles vivants ont du mal à survivre
face à d’autres arts dont le cinéma et confrontés qu’ils sont à la télévision. Mais dans
un second temps nous essaierons de démontrer que le spectacle vivant est constitué
de différentes pratiques qui n’ont jamais été si nombreuses ni aussi vivantes.
Exemple de conclusion :
Les spectacles vivants ont certes des difficultés à fidéliser un public nombreux mais ils
se développent pourtant de plus en plus. Aussi peut-on affirmer que la crise du spec-
tacle vivant est davantage structurelle que conjoncturelle. Le manque de moyens fi-
nanciers est une donnée incontournable pour expliquer ce constat. Mais quand on
sait que plusieurs universités proposent désormais une licence d’arts du spectacle, il
est raisonnable d’espérer un développement consistant du spectacle vivant qui dis-
pose d’un public demandeur.
Pistes de recherches :
– Liste des différents arts du spectacle.
– Loi du 18 mars 1999.
– Intermittents du spectacle.
– Exemples de spectacles à utiliser à l’écrit ou à l’oral.
(N’hésitez pas à vous rendre sur le site du ministère de la culture,
www.culture.gouv.fr, qui dispose d’une base de donnée très utile)

Sujet n° 3 :
Faut-il craindre l’industrie cinématographique américaine ?
Exemple d’introduction :
Le concept de blockbuster qui désigne entre autres les grands succès cinématogra-
phiques est aujourd’hui bien connu. On sait de plus que les plus importants d’entre
eux sont d’origine américaine, d’où une lutte inégale avec des concurrents aux bud-
gets moins importants comme les films français. Faut-il pour autant craindre l’indus-

180 La culture générale au concours de rédacteur territorial


trie cinématographique américaine ? L’affirmer serait oublier que c’est le nombre de
spectateurs qui fait le succès d’un film et pas son coût. C’est pourquoi après avoir ana-
lysé dans une première partie ce que représente l’industrie américaine du cinéma,
nous montrerons que la France, voire d’autres pays, connaissent des succès qui prou-
vent que David peut encore battre Goliath.
Exemple de conclusion :
Si Spiderman 3 bat tous les records d’entrée, Le fabuleux destin d’Amélie Poulain ou
Les choristes peuvent néanmoins supporter la comparaison en dépit des rentrées fi-
nancières. Ainsi le cinéma américain malgré les budgets dépensés, les stars utilisées,
les promotions matraquées, les produits dérivés imaginés est un adversaire ni invaincu
ni invincible. La diversité culturelle permet en effet au cinéma français de se défendre
et même de rivaliser avec le cinéma américain. Mais ce qu’il faut craindre, c’est bien
davantage les feuilletons venus d’Outre-Atlantique dont s’abreuvent les plus jeunes.
Pistes de recherches :
– Principaux succès cinématographiques français et étrangers.
– Diversité culturelle.
– Quelques films, acteurs, actrices, que vous pourriez utiliser à l’écrit ou à l’oral.
N’hésitez pas à vous rendre sur le site de la cinémathèque française (www.cinema-
theque.fr).

Bibliographie incitative
Pierre-Michel Menger, Du labeur à l’œuvre : portrait de l’artiste en travailleur ,
Seuil, 2003.
Françoise Leroy et Jean Rudel, Les grandes dates de l’histoire de l’art ,Que sais-
je ?, 2003.
Guy Saez, Institutions et vie culturelles ,La documentation française, 2005.

Se doter d’une méthode efficace pour traiter une question 181


III. DÉVELOPPER
SES CAPACITÉS
RÉDACTIONNELLES
Enrichir son vocabulaire
Chapitre 11
Thème traité :
Etat, nation, citoyenneté
Enrichir son vocabulaire
1.1 Les mots justes, pas juste des mots

Le vocabulaire d’une personne peut être défini comme l’ensemble des mots que cette
personne comprend (dit parfois vocabulaire passif), ou de ceux qu’elle emploie (on
parle de vocabulaire actif, ou encore du lexique d’une personne). Nous sommes en
effet tous capables de comprendre bien plus de mots que nous n’en utilisons. Mais
la richesse du vocabulaire n’est pas une simple question quantitative car au critère
quantitatif s’ajoute un paramètre qualitatif : le vocabulaire est donc l’ensemble des
mots que l’on a vraiment à sa disposition, c’est-à-dire que l’on est susceptible d’em-
ployer, de façon pertinente dans un contexte particulier. Une telle définition s’adapte
parfaitement à un candidat à un concours car les correcteurs et les examinateurs me-
sureront la richesse du vocabulaire employé. À l’oral les examinateurs pourront de
plus demander des définitions de mots ou d’expression utilisés dans le texte à expli-
quer ou bien de termes suscités par la conversation entre eux et le candidat. Nous y
reviendrons dans la dernière partie de cet ouvrage.

Enrichir son vocabulaire, c’est donc tout à la fois acquérir des mots nouveaux et ap-
prendre à utiliser à bon escient ces nouveaux mots et les mots déjà connus ou que
l’on croit déjà connaître.
Pourquoi est-ce important ? Parce que les mots sont les « matériaux » non seulement
du langage, mais, au-delà, de la pensée elle-même. Il est difficile de penser sans mots.
D’où par exemple dans le roman 1984 (écrit en 1948) de George Orwell (1903-1950)
la volonté d’un système totalitaire de réduire le vocabulaire (la novlangue) dans de
telles proportions qu’il ne permette plus à ses utilisateurs de penser et donc de criti-
quer le régime politique qui les gouverne.

Avoir un vocabulaire riche, par conséquent, n’est pas seulement, comme on se le re-
présente souvent, un atout pour s’exprimer d’une manière plus précise, pour mieux
communiquer. En découvrant des mots nouveaux, en travaillant sur le sens précis des
mots, on améliore sa connaissance de la nature et des objets produits par l’homme,
sa capacité à identifier et analyser les choses, les évènements, les phénomènes, on af-
fine sa relation aux autres et au monde.
Le vocabulaire sert donc d’abord à connaître le monde qui nous entoure puis à com-
muniquer avec autrui sur ce monde commun.

Développer ses capacités rédactionnelles 187


À retenir __________________________________________________________
=> Développer sa culture générale passe nécessairement par l’enrichissement de son
vocabulaire, quantitativement et qualitativement.
_________________________________________________________________
De même qu’on parle du lexique d’une personne, on parle aussi du lexique d’une dis-
cipline, d’un domaine. Lorsqu’on s’initie à un nouveau domaine, on est forcément
amené à apprendre les mots propres à ce domaine, ou parfois le sens spécial qui est
donné, dans le domaine en question, à un terme aux multiples usages.

Exemple : le lexique propre au thème étudié dans ce chapitre (État, nation citoyen-
neté) doit être connu afin de bien le maîtriser. Ainsi l'État (que l’on n’oubliera pas
d’écrire avec une majuscule) peut se définir de plusieurs manières : neutre, politique,
philosophique, sociologique, etc. De même pour la nation dont l’étymologie implique
déjà une mise en question du mot. Enfin la citoyenneté renvoie certes au citoyen et
à la cité mais aussi au civisme, et il est important de bien distinguer ce terme des pré-
cédents.
Il est donc nécessaire de s’approprier les termes propres à un domaine au fur et à me-
sure de son étude, et de ne pas se tromper en employant des mots qui peuvent avoir,
selon les disciplines ou les domaines, des significations bien différentes.
Vous ne pourrez pas, bien évidemment, mener ce travail à bien sur des milliers de
mots ni même sur des centaines. Mais si vous essayez de maîtriser le vocabulaire
contenu dans cet ouvrage en le complétant de quelques dizaines de termes, fruits de
vos lectures, de vos conversations, vous aurez accompli un travail sérieux qui devrait
vous permettre de traiter le ou les sujets du concours avec confiance et efficacité.

1.2 Apprendre à repérer lexiques, glossaires et


champs sémantiques

Que de mots barbares ! Ou pédants ! direz-vous…


L’essentiel n’est pas de retenir forcément ces termes-là (lexique, glossaire et champ
sémantique), propres au domaine de la linguistique – la discipline qui étudie le lan-
gage – d’autant qu’ils ont tous trois des significations assez proches. La démarche, en
revanche, est importante pour développer une méthode efficace, d’où l’intérêt de
partir de la définition de ces trois termes.

Lexique :
Un lexique est, nous l’avons vu, un ensemble de mots. Le mot dictionnaire est parfois
utilisé aussi dans la même acception (= dans le même sens). Un dictionnaire de la
langue française dresse la liste des mots de cette langue. Ainsi un dictionnaire comme
Le Robert ou le Larousse vous aidera à la fois à acquérir un vocabulaire plus vaste

188 La culture générale au concours de rédacteur territorial


mais aussi à en maîtriser l’orthographe.
Exemple : les correcteurs se plaignent souvent de voir écrit planification avec deux -n-, les
candidats confondant l’orthographe de ce mot avec celui de planning. Autre exemple
déjà rappelé ci-dessus : la majuscule oubliée à État pour le distinguer de son homo-
nyme l’état ou encore l’absence de distinction entre Français comme substantif et
français comme adjectif. Autant de termes vous le voyez qui pourraient apparaître
dans une réflexion fondée sur le thème de ce chapitre. Ainsi un candidat pourrait
écrire : « L’État Français en supprimant le commissariat général du plan en 2005
semble avoir abandonné toute volonté de plannification. » Et commettre par là même
quatre fautes d’orthographe en n’écrivant pas : « L’État français en supprimant le
Commissariat général du Plan en 2005 semble avoir abandonné toute volonté de pla-
nification. »

Glossaire :
On parlera de même du dictionnaire, ou du lexique, d’une science, d’une matière,
d’une activité, d’une période historique (le lexique des sciences politiques, le lexique
sportif, le dictionnaire de la génétique…). Mais le terme de glossaire est mieux adapté
car un glossaire, c’est le lexique d’un domaine précis (une science, une thématique),
c’est-à-dire l’ensemble des mots indispensables à l’étude de ce domaine.
Exemple : un candidat au concours de rédacteur doit pouvoir indiquer le sens de
termes comme :
-citoyenneté,
-civisme,
-civilité,
termes qui appartiennent au même glossaire de la philosophie politique. À ces termes
pourraient être ajoutés ceux de citoyen, incivilité, civilisation, cité, etc.

Champ sémantique :
Il existe une branche de l’étude du langage qui s’intéresse à la signification, au sens,
ou « signifiant » des différents éléments du langage : mots, locutions, phrases, dis-
cours. Cette branche s’appelle la sémantique. L’expression « champ sémantique » dé-
signe l’ensemble des mots et des notions qui se rapportent à un même thème, à un
même domaine. Mais on emploie également l’expression champ lexical.
Exemple : le mot nation renvoie à nationalité bien évidemment mais aussi à natio-
nalisme. Or si la définition de ces trois termes peut être trouvée dans un dictionnaire
qui fournit le lexique d’une langue, dès que l’on cherche à pénétrer dans une ré-
flexion plus politique le glossaire (politique) devient nécessaire. La nation peut se dé-
finir en effet de plusieurs manières selon que l’on y verra un ensemble de personnes
unies par des liens de sang ou de langue ou encore de culture, (d’où les débats sur
l’acquisition de la nationalité). Selon qu’on distinguera ou pas ce terme de l'État ; ou
encore selon le rapport à la volonté de vivre ensemble qui lui sera conféré. Quant au

Développer ses capacités rédactionnelles 189


terme de nationalisme qui nécessite une approche également politique il pourra faire
l’objet comme la nationalité et la nation d’une approche politique et donc polémique.
Leur champ sémantique commun introduira donc des termes comme peuple, corps
(politique), État, race, citoyens, etc.
Par ces différents termes, un même phénomène est identifié : il n’y a pas « les mots » ; il
y a les mots d’une personne, d’un auteur, d’une époque, d’une activité, d’une disci-
pline. Pour enrichir son vocabulaire, il faut donc faire l’effort de repérer quels mots
sont utilisés dans un texte, une émission, et s’assurer de bien comprendre le sens pré-
cis de ce mot à telle époque, dans tel milieu, tel contexte.

L’une des difficultés de ce travail réside dans le fait que tout apprentissage passe né-
cessairement par une appropriation des nouveaux savoirs, avec son propre langage :
le meilleur moyen de comprendre une information nouvelle est en effet de la refor-
muler, avec des mots à soi. Il y a donc tout un travail de va-et-vient à faire entre le
langage spécifique d’un domaine, le lexique de ce domaine, et son langage à soi, ses
propres mots ; soit entre le vocabulaire du spécialiste et celui de tous les jours. No-
tez bien de plus que ce sont souvent les mots les plus évidents, ceux que l’on utilise
quotidiennement, qui sont les plus difficiles à définir.
Il en est ainsi par exemple des mots respect, qualité, compétence, etc. Vous pouvez
essayer de les définir par vous-même puis de comparer vos définitions avec celles d’un
dictionnaire. Mais, quelles que soient les définitions que vous aurez trouvées, le res-
pect devra être défini par rapport au mot valeur puisque l’on ne respecte que ce qui
a de la valeur ; le mot qualité devra lui se référer à une échelle de mesure objective
car la qualité dans un contexte professionnel ne peut être purement subjective
comme en art ; enfin la compétence sera à distinguer de la qualification et nécessi-
tera une définition impliquant la distinction entre ce que l’on peut apprendre et ce
que l’on ne peut pas toujours apprendre.

Peut-être le savez-vous déjà : les mots peuvent devenir, pour qui s’intéresse à eux,
des objets aussi attachants que des êtres. Efforcez-vous de découvrir, si ce n’est déjà
fait, le plaisir de ciseler vos phrases avec le mot juste, le plaisir d’associer des mots de
différentes manières, de rédiger de plusieurs façons une même idée, jusqu’à trouver
la plus efficace, la plus élégante. Bref : jouez avec les mots. D’autant plus que l’ac-
quisition d’un vocabulaire riche vous permettra d’avoir un style synthétique et donc
de pouvoir dire beaucoup en peu de mots.

Exemples :
Au lieu d’écrire : « La société d’aujourd’hui respecte de moins en moins les règles qui
permettent de vivre en bonne entente les uns avec les autres. » Vous pourriez dire :
« Notre société est anomique ».

190 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Au lieu d’écrire : « Il est de plus en plus difficile pour un enfant d’ouvrier d’intégrer
une grande école d’ingénieur ou de commerce car le milieu culturel familial joue un
grand rôle en matière de réussite scolaire. » Vous pourriez dire : « le déterminisme
social est de plus en plus prégnant ». (Cf. chapitre 9)
Plusieurs outils seront utiles à votre travail de repérage lexical, et vous aideront à en-
richir peu à peu votre vocabulaire.

Quelques conseils méthodologiques pour progresser dans la


maîtrise de différents vocabulaires :
• Nous avons vu au chapitre 4 comment tirer profit de la consultation d’un diction-
naire, à condition de ne pas se contenter d’y chercher le sens de mots inconnus.
N’hésitez pas à ouvrir un dictionnaire à chaque nouveau mot rencontré naturelle-
ment, mais aussi pour les mots que vous ne sauriez pas bien expliquer, ou lorsqu’ils
sont employés dans un contexte surprenant, inhabituel.

• Apprenez à consulter votre dictionnaire comme on « surfe » ou « navigue » sur In-


ternet : de la découverte de l’origine d’un mot (son étymologie), et de l’évolution
éventuelle des usages de ce mot, partez à la recherche des autres mots de la même
famille. Allez aux différents renvois proposés : les mots connexes (souvent en gras),
les synonymes, les antonymes (= mots de sens contraire).

• De nombreux mots de la langue française sont construits à partir de racines latines


ou grecques, avec des préfixes ou suffixes également issus de ces deux langues. Si
vous vous attachez à repérer ces composants, vous aurez plus facilement accès au
sens de mots nouveaux, et ce sens s’imprimera plus sûrement dans votre mémoire.

Exemple. Connaître la signification des préfixes grecs hémi-, pan-, mono-, poly-,
iso- (dans l’ordre : demi, tout, unique, nombreux, égal), et le sens des radicaux qui
suivent ces préfixes, permet de comprendre facilement les mots hémicycle ou hémi-
sphère, panthéon et panoptique, monologue, monographie ou monopole, polypho-
nie et polyvalent, isonomie. (À vous de rechercher le sens des mots que vous ne
connaîtriez pas dans un dictionnaire.)

• On trouve des lexiques ou des glossaires en fin de certains ouvrages d’initiation à


un thème ou à une discipline, ou dans certaines revues : pensez à les parcourir, et
éventuellement copiez-les dans vos dossiers thématiques.

Rappel : fiches et dossiers thématiques doivent systématiquement recenser les mots


propres au thème traité.

Développer ses capacités rédactionnelles 191


• Quand vous écrivez, si plusieurs mots vous viennent à la fois pour exprimer une no-
tion, une idée, et que vous hésitez entre eux, c’est une bonne occasion, là encore,
de consulter un dictionnaire. Non seulement il vous permettra de trancher entre ces
mots au sens proche, mais cette recherche vous fera en outre progresser dans la
connaissance du vocabulaire propre au thème que vous traitez.

• Si vous lisez un passage qui vous paraît de prime abord obscur, où sont juxtaposés
des mots dont vous connaissez mal le sens, procédez en plusieurs étapes. D’abord,
relevez dans un dictionnaire quelques éléments de définition de ces mots, puis re-
venez au texte, et tâchez de reformuler l’idée de l’auteur avec d’autres mots, plus
familiers. Il vous sera ensuite plus facile de retenir le sens et l’usage des termes em-
ployés par l’auteur.

Exercice __________________________________________________________
Amusez-vous à chercher dans le dictionnaire des mots commençant de la façon suivante :
(Attention aux « faux amis » : certains mots peuvent commencer par les syllabes ci-dessous
mais celles-ci n’ont rien à voir avec la racine grecque ou latine dont il s’agit.
Par exemple, les mots « isoloir » ou « isolement », n’ont pas de rapport avec la racine «
iso », égal). Mais ne vous intéressez qu’aux mots qui pourraient vous être utiles dans le
cadre d’une réponse courte, d’une dissertation ou d’une épreuve orale.

apo- histo- phéno-


auto- hypo- physio-
bi- iso- poly-
bio- jus– ou jur- proto-
cata- loca– ou locu- quot-
chrono– ou chroni- logi– ou logo- syn– ou syno-
cyto- mémo- télé-
démo- méta- therm-
di- mono- typo-
éco- néo- uni-
endo- nucléo– ou nuclé- zoo-
épi- ortho- …
géo- pan-
graph- para
hétéro- péri-

Les débuts de mots ci-dessus peuvent être des préfixes (placés avant la partie principale du
mot, le radical) ou être eux-mêmes des radicaux, éventuellement suivis d’un suffixe.
Exemple : dans les mots « nucléophile » et « polynucléaire », la racine nucléo est utilisée
tantôt comme radical, tantôt comme suffixe.
Beaucoup des suffixes qui peuvent s’ajouter aux radicaux, ou racines du tableau ci-dessus

192 La culture générale au concours de rédacteur territorial


servent également à compléter d’autres radicaux.
(ex. -crate, -game, -gène, -morphe, -nyme, -nome, -phage, -phore, -rythme, -thèse, -tope, etc.).
Exemple : de « zoomorphe », on peut passer à « anthropomorphe », de « démocrate » à
« aristocrate », etc.

Cherchez des mots composés avec ces nouvelles racines ainsi identifiées.
Le jeu est infini… C’est pourquoi il vous faudra sélectionner dans vos recherches les mots
utiles aux épreuves que vous avez à subir. Ainsi démocrate est plus utile que nucléophile,
aristocrate que zoomorphe. Soyez efficace dans votre travail en n’allant surtout pas vers
des recherches… ésotériques !
__________________________________________________________________

Voici en guise de conseil de lecture un ouvrage facile et amusant, qui apprend une foule
de choses sur les mots de la langue française et la façon dont ils ont été formés :

Henriette WALTER, L’aventure des mots français venus d’ailleurs, paru chez Robert Laffont en 1997

1.3 Acquérir du vocabulaire

Les correcteurs et les examinateurs regrettent souvent le manque de vocabulaire des


candidats, soit que ces derniers en aient peu, soit qu’ils ne sachent pas l’utiliser à bon
escient. Pour éviter ce reproche vous devez enrichir votre vocabulaire au fur et à me-
sure de vos lectures. Pour y parvenir nous vous conseillons la bonne vieille méthode
du répertoire. Deux ou trois mots nouveaux ou au sens mieux connu par semaine vous
apporteront le jour des épreuves quelques dizaines de termes, voire quelques cen-
taines pour ceux qui disposent de davantage de temps.
Mais rappelons-le une nouvelle fois : il ne s’agit pas de tenter d’acquérir un vocabu-
laire ésotérique c’est-à-dire incompréhensible sauf pour des spécialistes car un tel
vocabulaire irait à l’encontre de la culture dite générale. Non, il convient plutôt de
maîtriser le sens de mots qui reviennent souvent dans les sujets que vous aurez à trai-
ter ou de termes qui permettent d’être synthétique, c’est-à-dire d’énoncer une idée
sans rédiger de périphrases complexes par manque de vocabulaire.

Exemple :
Le lecteur conviendra que le terme de laïcité revient souvent dans l’actualité. Mais com-
ment le définir soit pour développer une réflexion dans une épreuve écrite soit tout sim-
plement pour répondre à une demande de définition d’un examinateur lors d’une épreuve
orale ?
Il suffit de recourir à un dictionnaire pour y lire que la laïcité est «…Un principe de sépa-
ration de la société civile et de la société religieuse, l’État n’exerçant aucun pouvoir reli-
gieux et les Églises aucun pouvoir politique. » Pour le dire autrement, on peut parler de

Développer ses capacités rédactionnelles 193


neutralité de l'État vis-à-vis des religions.À la lecture de la définition précédente un can-
didat pourra vouloir connaître la définition de la société civile ; un autre aura envie de
lire la loi de séparation des Églises et de l'État du 9 décembre 1905 ; un troisième se
demandera quelle est l’étymologie de religion ?
Autant de questions passionnantes dont les réponses se font écho les unes aux autres.
Les définitions pourront être notées dans un répertoire et mémorisées, l’article 1 de
la loi de séparation des Églises et de l'État qui dit : « La République garantit la liberté
de conscience » apprise par cœur.

Mais aussitôt le mot République lu, certains souhaiteront en préciser le sens. C’est
l’effet boule-de-neige que l’on ne peut maîtriser qu’en se concentrant uniquement
sur ce qui est utile pour le concours. Le mot république fait partie du bagage néces-
saire !

194 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Thème 11 : État, nation, citoyenneté
Afin de mettre en adéquation la méthodologie proposée dans ce chapitre et le thème
à traiter ici, nous vous présentons pour chacun des trois mots qui le constituent une
recherche de définitions qui débouchent sur un certain nombre de réflexions, de ques-
tions. Ainsi nous essayons de montrer le travail que pourrait mener un candidat qui
souhaiterait préciser le sens (les sens) de ces trois mots.

État :
Définitions 1 :

La lecture du dictionnaire Le Robert offrira la définition suivante :


- Manière d’être d’un groupement humain.
- Forme de gouvernement, régime politique social.
- Autorité souveraine s’exerçant sur l’ensemble d’un peuple et d’un territoire déterminé.
- Ensemble des services généraux d’une nation.

Commentaires :

On voit là qu’il s’agit de définitions générales qui donnent un cadre à la notion l'É-
tat. Mais rien n’est dit sur la qualité de cet État : républicain ou pas, démocratique
ou pas, social ou pas, etc. Pour pouvoir porter un jugement sur un État, il nous faut
aller plus loin dans nos recherches.

Définition 2 :

Beaucoup de manuels d’histoire distinguent les États unitaires comme la France des
États fédérés comme l’Allemagne.

Commentaires :

Cette distinction permet d’introduire les notions de pouvoir centralisé, décentralisé,


déconcentré, etc. En un mot de partage de la souveraineté.

Définition 3 :

L’État est défini comme suit dans le vocabulaire technique et critique de la philoso-
phie d’André Lalande (Quadrige 1993) :
– Il s’agit d’une société organisée, ayant un gouvernement autonome, et jouant le
rôle d’une personne morale distincte à l’égard des autres sociétés analogues avec les-
quels elle est en relation.

Développer ses capacités rédactionnelles 195


Commentaires :

Cette définition introduit la notion de relations internationales, de rapports entre


les États. Dès lors le champ de l’histoire apparaît avec les guerres, les traités, les ac-
cords, les institutions supra étatiques, donc l’Europe, etc.

Définition 4 :

La consultation du dictionnaire de la pensée politique (Hatier 1989) permet de lire


cette définition du sociologue Max Weber (1864-1920) : « L’État dispose du mono-
pole de l’emploi légitime de la force ».

Commentaires :

Nous sommes là devant une définition polémique de l'État puisqu’elle renvoie au


recours à la force et donc à la distinction entre droit et justice, entre raison l'État et
devoir moral : un État peut par exemple contraindre les citoyens à tuer en tant de
guerre.

a. Nation :

Pour le dictionnaire le Robert la nation peut se définir de trois manières différentes :

Définitions 1 :

Il peut s’agir d’un groupe d’hommes auxquels on suppose une origine commune.

Commentaires :
Cette définition renvoie à la notion d’origine et donc de passé commun. On parle de
la nation franque par exemple. Appartenir à une nation, c’est donc partager une his-
toire commune.

Définition 2 :

C’est également un groupe humain, généralement assez vaste, qui se caractérise par
la conscience de son unité et la volonté de vivre en commun
Commentaires :
Cette seconde définition est en contradiction avec la première puisque la nation n’est
plus définie par rapport au passé mais par rapport au futur ! Dans le premier cas le
groupe est uni par ce qui l’a constitué ; dans le second par ce qui le constitue. Dans

196 La culture générale au concours de rédacteur territorial


la première définition ce serait le droit du sang qui serait le signe de l’appartenance
à une nation ; dans la seconde le droit du sol devient possible. On voit bien là toute
la difficulté de définir la nation de manière neutre, ce que réalise la définition sui-
vante.

Définition 3 :

Enfin, la nation est un groupe humain constituant une communauté politique, éta-
blie sur un territoire défini ou un ensemble de territoires définis, et personnifié par
une autorité souveraine.
Commentaires :
Cette troisième définition est davantage juridique. Dès lors elle est plus un constat
objectif que les deux définitions précédentes. On peut la relier à la Déclaration des
droits de l’homme et du citoyen de 1789.

Définition 4 :

L’article 3 de cette déclaration dit : « Le principe de toute souveraineté réside essen-


tiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en
émane expressément. »
Commentaires :
Ici la nation est distinguée de l'État ; elle est même opposée au gouvernement qui
dirige cet État puisqu’elle est ce corps social qui donne ou retire sa légitimité au gou-
vernement.

Ces définitions invitent à réfléchir également à la notion de nationalité.

b. Citoyenneté :

Définition 1 :

Partons de nouveau d’un dictionnaire de langue : la citoyenneté est la qualité de ci-


toyen.
Commentaires :
À l'inverse des définitions précédentes, nulle polémique possible ici, nulle utilisa-
tion efficace pour un candidat. Et pourtant chacun sait que la citoyenneté est l’ob-
jet de nombreux débats. Il nous faut donc pousser plus loin notre recherche.

Développer ses capacités rédactionnelles 197


Définition 2 :

Le site Internet de vie publique donne la définition suivante :


Est citoyen français la personne ayant la nationalité française et jouissant de ses droits
civils et politiques (ex : droit de vote).
Commentaires :
Nous sommes là dans une définition strictement juridique, utile certes mais insuffi-
sante. Nous vous renvoyons à la consultation de ce site pour compléter vos connais-
sances sur la citoyenneté afin d’en venir maintenant à une dernière définition, plus
« moderne ».

Définition 3 :

Dans le cadre de l’Université de tous les savoirs, Etienne Picard propose cette défini-
tion (parmi d’autres qu’il rappelle) de la citoyenneté : « La citoyenneté est cette res-
ponsabilité que les membres d’une Cité ont à l’égard les uns des autres, mais
également d’eux-mêmes, de la former délibérément et d’en fixer, de façon directe
ou indirecte, mais démocratiquement et souverainement, les règles de constitution
et de fonctionnement. »
Commentaires :
Cette définition inscrit la citoyenneté d’abord comme un devoir (responsabilité) qui
relie chacun à l’autre mais aussi à lui-même. Il s’agit là d’une coresponsabilité qui dé-
passe de loin la simple expression de ses préférences à travers le droit de vote. C’est
un engagement de tous les jours qui implique que tout citoyen participe activement
à la vie publique.
Etienne Picard rappelle donc chacun à ses devoirs et donc, d’une certaine manière,
énonce que l’espace public est plus important que la sphère privée.
Définir la citoyenneté peut être quasiment l’œuvre de toute une vie. Arrêtons-nous
donc là, la bibliographie qui suit permettant à ceux et celles qui le souhaitent de pour-
suivre cette quête inépuisable.

Bibliographie incitative
George Orwell, 1984 ,Folio.
Philippe Raynaud et Stéphane Rials, Dictionnaire de philosophie politique,PUF,
(à consulter en bibliothèque)
Roger Fauroux et Bernard Spitz, Notre État : le livre vérité de la fonction pu-
blique,Pluriel 2002.
Sous la direction d’Yves Michaud, Le pouvoir, L'État, la politique vol. 9,L’Uni-
versité de tous les savoirs ; éditions Odile Jacob, poche. C’est dans ce volume
que se trouve l’article d’Etienne Picard qui s’intitule :
« La notion de citoyenneté ».

198 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Améliorer son style
Chapitre 12
Thème traité :
Religions et croyances
1.1 Le style : la forme au service du fond

Dans le chapitre précédent nous nous sommes intéressés au vocabulaire et à son en-
richissement. Il s’agit maintenant de comprendre ce qu’est le style et d’acquérir des
outils qui permettent de l’améliorer.
Pour se faire il faut se fixer des objectifs qui sont au nombre de trois :
– acquérir un style correct,– être précis,– faire preuve de clarté,
Ces trois qualités (correction, précision, clarté) permettent aux candidats de se fon-
der sur un style efficace qui sera mis au service de la démonstration à bâtir, qu’il
s’agisse d’une dissertation ou d’une réponse courte.
Signalons de plus que dans le cadre des épreuves orales les mêmes qualités sont at-
tendues par les examinateurs.

1.2 Un style efficace nécessite de faire des choix

Si la langue peut se définir comme l’ensemble des moyens d’expression dont nous
disposons, alors le style est l’ensemble des procédés utilisés par un locuteur, procédés
qui résultent des choix entre ces moyens d’expression.
Dès lors chacun doit comprendre que pour bien s’exprimer il faut posséder un ba-
gage important aussi bien pour ce qui concerne le vocabulaire que la syntaxe, la gram-
maire que l’orthographe. Un bon candidat aura donc à sa disposition un grand
nombre de procédés stylistiques, de tournures de phrases, de mots de vocabulaire,
etc. parmi lesquels il fera les choix qui lui paraîtront les meilleurs pour les mettre au
service de sa démonstration.
Il faut en conclure que l’acquisition de ce bagage nécessite du temps. Mais c’est le
seul moyen de répondre aux exigences des correcteurs.

Exemple
Ainsi, un candidat qui souhaiterait indiquer aux correcteurs que la religion peut être
vue comme une manière de détourner l’homme des moyens de prendre en main son
destin pourra dire :
Si la religion promet à chacun une vie éternelle paradisiaque, elle interdit parlà même
la lutte sociale qui permettrait d’améliorer la condition humaine.
Croire en l’au-delà c’est aussi se projeter vers un avenir meilleur au détriment d’un

Développer ses capacités rédactionnelles 201


présent à améliorer.
La religion peut être définie comme un moyen de faire passer au second plan la politique.
Ou encore pour reprendre l’affirmation de Karl Marx (1818-1883) : « la religion est
l’opium du peuple ».
De nombreuses autres possibilités s’offrent à tout rédacteur face à cette idée. Mais
le lecteur voit bien que celui qui ne dispose pas des outils rappelés ci-dessus aura bien
du mal à exprimer clairement ce qu’il veut dire.
Or il ne faut pas être gêné par des problèmes de forme qui pénalisent énormément.
C’est pourquoi les trois objectifs définis doivent être atteints par un travail patient.

1.3 Acquérir un style correct

La correction est la première qualité du style. Autrement dit, toute faute de français
sera vue comme une insuffisance et donc sanctionnée. Rappelons d’ailleurs que la
possession de diplôme sanctionnant plusieurs années d’études n’est pas synonyme
d’absence de fautes dans les copies.
C’est pourquoi il faut que chacun commence par évaluer ses forces et ses faiblesses
en matière d’expression écrite afin de combler ses lacunes et de renforcer ses acquis.
Dans la mesure où tout candidat a suivi des études, courtes ou longues, dans la me-
sure où beaucoup s’inscriront à une préparation, on peut en conclure que la plupart
d’entre eux, pour ne pas dire la totalité, sauront très rapidement les domaines dans
lesquels il leur faut travailler.

Exemples
À titre de rappels voici les principales erreurs commises :
– confusion dans l’emploi des modes et des temps (après que est suivi de l’indicatif
et non du subjonctif à l’inverse de "bien que"…)
– erreur de construction de certains verbes (pallier est transitif et non intransitif)
– emploi incorrect des pronoms dû à des phrases trop longues (l’islam qui est la
deuxième religion de France ne possède pas suffisamment de lieux de culte. C’est
pourquoi elle souhaiterait en obtenir davantage…)
– oubli de l’accord du verbe au pluriel avec deux sujets singuliers (le catholicisme et
le protestantisme est à l’origine de nombreux conflits…)

Face à toutes ces difficultés il faut redevenir élève, reprendre son Bescherelle, une
grammaire, et revoir les principales règles de la langue française. Mais il faut égale-
ment se montrer efficace durant l’épreuve.

202 La culture générale au concours de rédacteur territorial


1.4 Vérifier la correction de son style

Afin d’éviter les étourderies le jour du concours il est essentiel de se relire durant un
temps suffisant. Pour se faire nous vous conseillons de vous relire en partant de la fin
de votre copie et en remontant, phrase par phrase, jusqu’à l’introduction.
Ainsi vous « casserez » la logique de votre devoir et vous concentrez uniquement sur
l’expression. C’est une technique qui a fait ses preuves mais qui n’est pas pour autant
très pratiquée.

C’est d’autant plus dommage que les dernières minutes consacrées à la relecture peu-
vent permettre de gagner un ou deux points, ce qui représente de nombreuses places
si l’on pense aux coefficients des épreuves.
N’hésitez donc pas à vous familiariser avec cette technique.

1.5 Etre précis

Pour être précis il faut pouvoir exprimer sa pensée en employant un nombre de mots
par phrase ni trop important ni trop faible et en utilisant les termes les plus justes.
Le chapitre précédent était consacré à l’emploi des mots justes (et pas juste des mots !).
Concentrons-nous ici sur la longueur des phrases.
Rappelons néanmoins que sans un vocabulaire précis il est quasi impossible de déve-
lopper une syntaxe non fautive. En effet, beaucoup de candidats de par leur manque
de vocabulaire vont recourir à des périphrases là où un seul mot aurait suffi.

Exemple
Plutôt que dire : Des personnes psychologiquement fragiles sont aujourd’hui la cible
de mouvements sectaires qui les poussent au sectarisme. Beaucoup de candidats écri-
ront : les croyances peuvent être à l’origine d’un repli sur soi dont sont victimes des
personnes psychologiquement fragiles ce qui risque de les conduire à rejoindre des
sectes qui les couperont de leur milieu familial.
Ici le mot sectarisme peut permettre de nombreuses économies.

1.6 Des phrases d’une longueur efficace

On ne souhaite pas contraindre ici des candidats possédant un style efficace qui ne
correspondrait pourtant pas aux critères conseillés.
Pour autant des phrases de 15 à 20 mots constituent un objectif que tous ceux à qui
l’on reproche des phrases trop longues peuvent se fixer.

Développer ses capacités rédactionnelles 203


Cette longueur n’est pas synonyme de construction de type : sujet+verbe+ complé-
ment. Elle correspond simplement à la longueur moyenne qui permet de communi-
quer efficacement à l’écrit.

Il ne faut donc s’identifier ni à Marcel Proust (1871-1922) ni à Louis-Ferdinand Céline


(1894-1961) mais simplement se rappeler que les épreuves à passer sont des exercices
de communication et non des œuvres littéraires ou journalistiques.
Exemple
Une phrase comme : « les trois grandes religions monothéistes font partie intégrante
de la culture de l’homme du vingtième siècle » contient 17 mots. Elle est parfaite-
ment compréhensible et ne demande donc pas d’effort particulier de la part du lec-
teur.
À chacun donc de s’entraîner pour atteindre cet objectif auquel il convient d’ajouter
la clarté.

1.7 Faire preuve de clarté

Rappelons ce qu’écrivait Boileau (1636-1711) :


Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement
Et les mots pour le dire arrivent aisément

Un style clair est donc un style qui ne nécessite pas d’effort de la part du lecteur pour
comprendre le sens de ce qu’il lit.
Il est très important, en effet, de garder à l’esprit que les correcteurs ne sont pas là
pour faire des efforts afin de pallier les insuffisances du rédacteur de la copie qu’ils
évaluent. Les correcteurs font un effort intellectuel, si nécessaire, pour suivre le che-
minement d’une pensée riche. Autrement dit, ils acceptent de se mettre au niveau
du candidat par le haut mais jamais par le bas. Cette affirmation peut paraître bru-
tale mais il faut que vous en soyez convaincus si vous voulez atteindre le niveau d’exi-
gence du concours de rédacteur territorial.

Dès lors pas de périphrases, pas d’images compliquées, de termes vagues, etc.
Si la pensée doit être profonde, le style, lui, peut être simple, naturel en quelque
sorte.

Exemples :
On évitera les points d’exclamation qui relèvent de l’oral et non de l’écrit.
On ne recourra pas à des jeux de mots plus ou moins subtils.

204 La culture générale au concours de rédacteur territorial


On n’utilisera pas de formules passe-partout telles « depuis toujours… ».

• Pour conclure il convient d’adopter un style synthétique proche de celui à utiliser


dans le cadre de l’épreuve de synthèse. La nuance à apporter tient compte du fait
que dans une synthèse il s’agit d’adopter un style plus administratif que dans une dis-
sertation ou dans des réponses courtes qui nécessitent un style plus personnel.

Développer ses capacités rédactionnelles 205


Thème 12 : Religions et croyances
Ce thème sera traité uniquement en vous proposant un grand nombre de questions
auxquelles il vous faudra répondre après avoir fait les recherches nécessaires.
Vos réponses devront être courtes, pas plus de dix lignes pour chacune d’elles.
Un exemple de traitement est impossible ici car chacun a son propre style et celui du
rédacteur de cet ouvrage ne déroge pas à la règle. Essayez toutefois de respecter les
principales règles rappelées ci-dessus. Pensez également à utiliser les connaissances
que vous aurez acquises ne serait-ce qu’en vous interrogeant sur leur utilité.
NB : n’hésitez pas à reformuler si nécessaire certaines de vos réponses en fonction des
indications sur l’utilisation des connecteurs logiques fournies dans le chapitre suivant.

Question :
- Religion peut, étymologiquement, avoir deux sens, lesquels ?
Question :
- Distinguez croyance, religion, secte.
Question :
- Quels sont les auteurs des quatre évangiles ?
Question :
- Que signifie Islam ?
Question :
- Quelles sont les principales différences entre le catholicisme et le protestantisme ?
Question :
- Que savez-vous de l’édit de Nantes ?
Question :
- Quand et par qui a-t-il été révoqué ?
Question :
- Quelle est la date de la Saint Barthélemy et à quel événement est-elle associée
Question :
- Quels sont les principaux livres du judaïsme ?
Question :
- Qu’évoque pour vous le terme dragonnade ?
Question :
- Quelles sont les principales fêtes religieuses des trois religions monothéistes ?
Question :
- Le bouddhisme est-il une religion ?
Question :
- Quelles sont les trois vertus théologales ?
Question :

Développer ses capacités rédactionnelles 207


- Quelle loi encadre-t-elle les sectes ?
Question :
- Définissez l’animisme.
Question :
- Qu’est-ce qu’une fatwa ?
Question :
- Qu’est-ce qu’un concordat ?
Question :
- À quoi ce terme est-il rattaché en France ?
Question :
- Citez quelques saints et justifiez vos choix ?
Question :
- Qu’est-ce qu’un ayatollah ?
Question :
- Comment se répartissent les religions en France ?
Question :
- Que savez-vous de la laïcité ?
Question :
- Définissez thaumaturge ?
Question :
- Dans quels cas faut-il écrire Église et église ?
Question :
- Quand situez-vous le temps des cathédrales ?
Question :
- Que veut dire canoniser ?
Question :
- Que représentent les douze étoiles du drapeau européen ?

Bibliographie incitative
Georges Bernanos, Sous le soleil de Satan,Pocket, 2005.
Dan Brown, Da Vinci Code, Pocket, 2005Jean Bauberot, Histoire de la laïcité en
France, Que sais-je, 2007.
Lire un évangile au moins.

208 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Maîtriser les
connecteurs logiques
Chapitre 13
Thème traité :
La famille, les familles.
Relations parents-enfants
Maîtriser les connecteurs logiques
Un candidat au concours de rédacteur n’a pas à posséder une terminologie gram-
maticale. En revanche il doit pouvoir utiliser les outils grammaticaux que la langue
met à sa disposition afin de s’exprimer du mieux possible.
Et comme les épreuves de culture générale qu’il a à subir relèvent toutes de l’argu-
mentation, il lui faut posséder les outils grammaticaux de l’argumentation.

1.1 Les trois familles de connecteurs logiques

Il existe dans la langue française trois types de connecteurs logiques, à savoir :


– Les conjonctions de coordination.
– Les conjonctions de subordination.
– Les locutions conjonctives.
Mais il s’agit davantage de les identifier que de les classer. Ainsi on trouve :
– Parmi les conjonctions de coordination. :
mais, ou, et, donc, or, ni, car, cependant, pourtant, en effet, néanmoins, ainsi, aussi,
etc.
– Parmi les conjonctions de subordination :
si, que, comme, quand, lorsque, puisque, quoique, etc.
– Parmi les locutions conjonctives :
Afin que, bien que, après que, avant que, tant que, pour que, de sorte que, à moins
que, etc.
Ces exemples ne sont pas exhaustifs. Le lecteur se reportera donc à sa grammaire pour
les compléter, c’est-à-dire les enrichir afin de les mettre au service de son argumen-
tation.

1.2 Les rapports permis par les conjonctions et les


locutions conjonctives

Ce qui est essentiel, c’est de bien comprendre ce à quoi servent ces conjonctions. Elles
servent en effet à établir des rapports qui sont indissociables de toute argumentation.
Il s’agit en effet de rapports de :

Développer ses capacités rédactionnelles 211


– union ou liaison : et, ensuite, alors, de même que, etc.
– cause : car, parce que, puisque, comme, vu que, etc.
– but : afin que, pour que, de peur que, etc.
– conséquence : donc, aussi, par conséquent, de sorte que, etc.
– concession, opposition : mais, au contraire, cependant, bien que, quoique, etc.
– temps : quand, lorsque, après que, aussitôt que, etc.
– comparaison : comme, de même que, moins que, etc.
– alternative : soit… soit, ou bien… ou bien, etc.
Tous ces rapports permettent de construire un raisonnement sur le fond qui doit se
traduire sur la forme par le recours à ces connecteurs logiques, à la fois matérialisa-
tion des rapports énoncés et facilitateurs de la compréhension des correcteurs.
Sans eux la démonstration peut, sur le fond, être excellente. Mais elle ne sera pas
perçue autant qu’il le faudrait par les correcteurs. Ceux-ci devront donc faire un ef-
fort soit qu’ils pénaliseront, soit… qu’ils ne feront pas. Dans les deux cas la note sera
diminuée.

1. 3 Savoir utiliser ces connecteurs

Pour bien utiliser ces connecteurs il est d’abord nécessaire de les connaître. Mais il
faut de plus posséder la maîtrise de leur utilisation.
Exemples
Beaucoup de candidats oublieront de faire suivre "bien que" du subjonctif.
D’autres confondent "quoique" et "quoi que".
Certains utilisent "d’autre part" sans "d’une part".
D’autres encore ont recours "à aussi" en début de phrase à la place de de plus.
Un certain nombre oublient d’élider "si" dans "s’ils…" et écrivent "si il" ou "si ils…"

C’est pourquoi il est indispensable de s’entraîner à l’utilisation de tous ces termes qui
sont, rappelons le une dernière fois, indispensables à tout discours argumenté.
C’est notamment dans les introductions et dans les conclusions que les candidats les
omettent le plus souvent alors que c’est certainement à ces deux endroits précis qu’ils
sont le plus utiles.
Reportez-vous au chapitre 10 afin de relire les introductions et les conclusions pro-
posées. Vous constaterez, si ce n’est déjà fait, la présence de ces connecteurs qui ser-
vent efficacement l’argumentation du rédacteur.
Pour autant il vous faut également utiliser ces possibilités dans le cadre de votre dé-
veloppement afin de soutenir et de mettre en relief votre argumentation.
Les exercices qui suivent vont vous y aider.

212 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Thème 13 : La famille, les familles. Relations parents-
enfants
Ce thème sera traité en vous fournissant un certain nombre d’informations, d’idées,
d’arguments. À vous de les coordonner en utilisant les connecteurs logiques qui vous
paraîtront les plus efficaces dans de courts paragraphes.

Exercice 1
Le groupe familial s’est toujours fondé sur l’union d’un homme et d’une femme. Est-
ce encore le cas aujourd’hui ?
Exercice 2
La famille est aujourd’hui formée de deux générations au lieu de trois. Comment ex-
pliquez-vous cette évolution ?
Exercice 3
Y a-t-il des arguments en faveur de la polygamie ?
Exercice 4
Étudiez l’évolution du divorce en France. Quelles conclusions peut-on en tirer sur
l’évolution de la société française ?
Exercice 5
La famille a toujours été un outil de socialisation. Est-ce encore le cas aujourd’hui ?
Exercice 6
Parmi les dates suivantes laquelle vous paraît la plus importante :
– 1944 : droit de vote des femmes.
– 1970 : autorité parentale conjointe.
-– 1975 : libéralisation de l’interruption volontaire de grossesse.– 2000 : principe de
la parité en politique inscrit dans la loi.
Exercice 7
En quoi le PACS représente-t-il une avancée sociale ?
Exercice 8
On compte aujourd’hui plus de 40 % de divorces. Avancée ou régression ?
Exercice 9
L’âge moyen des mères au premier enfant est de 30 ans.
Comment expliquez-vous ce phénomène ?
Exercice 10
En moyenne les salaires féminins sont de 25 % inférieurs à ceux des hommes.

Développer ses capacités rédactionnelles 213


Commentez.
Exercice 11
Comment comprenez-vous l’affirmation d’André Gide (1869-1951) : « Familles, je vous
hais ! »
Exercice 12
L’autorité semble se perdre au sein des familles et on demande aux enseignants de
se substituer aux parents dans ce domaine. Qu’en pensez-vous ?
Exercice 13
Il y a de plus en plus de familles recomposées (8 %), monoparentales (20 %). Com-
ment la société doit-elle s’adapter à ces nouvelles structures familiales ?
Exercice 14
Une famille peut être définie comme une unité de consommation : réalité ou cynisme ?

Bibliographie incitative
François de Singly, Sociologie de la famille contemporaine, Armand Colin,
2007.
Jean-Claude Kaufmann, Sociologie du couple, Que sais-je ?, 2003.
Daniel Picouly, Le champ de personne, J’ai lu ,2000.

214 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Mode personnel
ou impersonnel ?
Chapitre 14
Thème traité :
Violence, sécurité,
police et justice
Mode personnel ou impersonnel ?
1.1 Doit-on dire « je » dans une épreuve de concours ?

La question que se posent de nombreux candidats à des concours, administratifs ou


autres, est souvent formulée en ces termes-là : « Est-ce que je dois dire 'je', ou bien
peut-être utiliser la forme 'nous', comme par exemple : 'nous pouvons observer
que…', 'si nous nous penchons sur…' ? ».
Or la question de la posture attendue des candidats va au-delà d’une simple ques-
tion de forme, de code stylistique que l’on devrait ou non emprunter à l’université
ou à certains essayistes.
Il faut – toujours – en revenir à l’objectif des organisateurs du concours. Que cher-
chent-ils à savoir ? Vos opinions politiques, morales ? Vos convictions intimes, et vos
éventuelles croyances religieuses ? Ou ce que vous faites de votre vie privée ?
La réponse est bien sûr négative.

L’œil du correcteur _________________________________________________


Ce qui importe, du point de vue de ceux qui vont évaluer votre copie, ou votre pres-
tation orale, c’est de repérer des candidats qui sachent réfléchir (c’est-à-dire com-
prendre des faits ou des phénomènes même complexes, les analyser), et qui puissent
aussi décider, trancher, en fonction de l’analyse qu’ils auront faite, et argumenter
en faveur de l’orientation choisie.
Les missions qui seront celles d’un rédacteur territorial requièrent en effet à la fois
des capacités d’analyse, des capacités de jugement et des capacités d’action.
__________________________________________________________________

Est-ce à dire que votre opinion importe peu ? Pas tout à fait. Vous allez travailler dans
la fonction publique, et celle-ci est garante de valeurs démocratiques, républicaines,
et humanistes : l’égalité des droits, le refus des discriminations, le souci du bien pu-
blic, le respect des libertés individuelles, etc. Une personne dont les convictions s’écar-
teraient de ces valeurs, et qui malgré cela voudrait faire carrière dans la fonction
publique, aurait du mal à être admise aux concours en faisant montre de ses opi-
nions… Cependant, tant que les grands principes énoncés plus haut ne sont pas ba-
foués, toutes sortes d’opinions peuvent être avancées dans le cadre des épreuves d’un
concours à partir du moment où elles sont argumentées.

Développer ses capacités rédactionnelles 217


Mais là n’est pas l’important. Il faut distinguer ici opinion, d’une part, et jugement,
d’autre part. Les énoncés de l’épreuve de culture générale le montrent bien ; il vous
est demandé de vous prononcer, de dire ce que vous pensez d’une situation, d’un
fait, d’une mesure prise. Ce que vous pensez ne doit pas être énoncé comme résul-
tant d’une conviction personnelle, mais d’une analyse méthodique et précise, suivie
d’un raisonnement argumenté qui débouchera sur une réponse personnelle.
Pour le dire autrement, l’essentiel est que les correcteurs fassent la distinction entre l’opi-
nion couramment répandue et la vôtre. Dès lors il vous faut être attentif à bien distinguer
les deux. Ainsi en mettant en évidence l’opinion courante, vous soulignerez d’autant la
vôtre, même s’il arrive parfois que les deux points de vue soient les mêmes.
Pour se faire vous pourrez utiliser des formules telles :
– La société dans son ensemble pense que…
– L’opinion générale est…
– Les sondages prouvent que…
– Selon les médias…,
– Suite à différentes enquêtes il apparaît que…
– Aujourd’hui il est généralement admis que…
– Les citoyens dans leur grande majorité sont (dé) favorables à…
– Les sociologues contemporains décrivent…
– Désormais il semble que…
– La plupart des gens affirment que…
Ce sont les connecteurs logiques qui suivront qui indiqueront aux correcteurs votre
accord (Ainsi, dès lors, donc, de sorte que, etc.) ou votre désaccord (mais, cependant,
en revanche, par contre, etc.) avec l’opinion courante comme nous allons le voir.

1.2 Porter un jugement sans dire « je »… Comment


s’y prendre ?

Bien sûr, à une question posée sous la forme « Que pensez-vous de […] ? », on serait
tenté de répondre : « Je pense que […] ».
Mieux vaut éviter cette tournure. Non pas (seulement) parce qu’elle ne correspon-
drait pas aux usages sociaux d’un concours, ou parce qu’elle serait inélégante, ou en-
core parce qu’elle manifesterait un ego trop fort et paraîtrait arrogante, immodeste,
mais tout simplement parce qu’elle est inutile comme nous allons le voir.
Les arguments que vous énoncerez tout au long de votre copie ou la conclusion dé-
finitive que vous formulerez, c’est-à-dire la réponse à une question qui revient dans
tous les cas au « Que pensez-vous ? », sont en effet un arbitrage que vous faites, un
jugement que vous émettez au fur et à mesure de votre développement ou à la fin
suite à une analyse plus ou moins longue. Le simple fait que VOUS l’écriviez ne suf-
fit-il pas à dire que c’est le produit de VOTRE pensée ?
Voyons cela à l’aide d’un exemple de conclusion.

218 La culture générale au concours de rédacteur territorial


La question à laquelle il m’est demandé de répondre est :
« Les craintes que suscite dans l’opinion la montée de la violence vous paraissent-elles
fondées ? »

Je pourrais écrire :

« J’estime que la plupart des gens s’inquiètent à tort d’une supposée montée de la
violence, car je crois qu’il s’agit surtout de peurs irrationnelles. Je pense en effet que
beaucoup exagèrent cette violence à partir d’exemples médiatisés qui sont selon moi
sans commune mesure avec la réalité. »

Dans ce cas, j’affirme un jugement présenté comme une opinion (« j’estime », « je


crois », « je pense », « selon moi »). L’affirmation peut sembler gratuite et peu étayée.
Elle est finalement moins convaincante que si je dis :

« La plupart des gens s’inquiètent à tort d’une supposée montée de la violence, in-
quiétude fondée sur des peurs irrationnelles. Beaucoup en effet exagèrent cette vio-
lence à partir d’exemples médiatisés sans commune mesure avec la réalité. »

(Une telle réponse serait bien évidemment le résultat d’une analyse faite durant le
développement. Cette analyse se fonderait sur des éléments statistiques, sur des com-
paraisons avec des périodes passées, sur des réflexions sociologiques, etc.)

J’ai exprimé tout autant que dans la première formulation un jugement personnel,
et d’ailleurs, un jugement identique. Mais je lui ai donné davantage de poids, parce
que je me suis mis en retrait, tout en parlant à la forme affirmative. J’ai présenté ce
jugement comme des hypothèses paraissant plutôt crédibles, et j’entraîne donc mon
lecteur à partager avec moi mon affirmation.

Exercice __________________________________________________________
Entraînez-vous à formuler, une réponse à une question, une conclusion, en affirmant avec
clarté un point de vue personnel, sans employer du tout le pronom « je », ni le pronom
dit pluriel de modestie « nous ». Vous trouverez ci-dessous des exemples de réponses pos-
sibles.
Faites-le par exemple pour les quatre énoncés suivants dont vous trouverez un traitement
dans les pages qui suivent :
1/Peut-on tout autoriser au nom de la sécurité ?
2/Faut-il rénover la justice ?
3/La police municipale doit-elle être armée ?
4/Peut-on dire qualifier de violente la société d’aujourd’hui ?

Nota. (Vous pouvez rendre l’exercice encore plus intéressant en vous essayant à rédiger deux ré-
ponses différentes, exprimant deux points de vue contraires, sauf pour le premier sujet. S’il est pos-
sible en effet d’être pour ou contre une réforme de la justice (tout dépend de son contenu), pour
ou contre l’armement des policiers municipaux (tout dépend du degré d’armement), d’affirmer ou
d’infirmer le fait que la société contemporaine soit violente, il semble impossible de répondre par
l’affirmative à la première question, sauf à plaider en faveur d’une société totalitaire.)

__________________________________________________________________

Développer ses capacités rédactionnelles 219


Thème 14 : Violence, sécurité, police et justice
Ce thème sera étudié à travers les quatre sujets de réflexions énoncés ci-dessus qui
vous permettront de constater qu’un candidat peut toujours donner son avis sans
avoir à utiliser de pronom personnel de première personne pas plus au pluriel qu’au
singulier. Nous partirons du principe que le traitement proposé correspondrait à une
réponse à une question sur 5 points du concours interne, soit une réponse à laquelle
il conviendrait d’accorder 45 minutes en tout.

1 - Peut-on tout autoriser au nom de la sécurité ?


La sécurité des biens et des personnes est devenue un enjeu de société majeur depuis
quelques années. Face à une insécurité internationale de plus en plus importante du
fait de nombreux conflits, d’attentats qui se multiplient, d’une médiatisation
constante de leurs conséquences, les citoyens réclament une protection efficace,
quitte à bafouer certains principes élémentaires. Dès lors se demander si tout peut
être autorisé au nom de la sécurité revient à s’interroger sur une hiérarchisation po-
tentielle des droits de chacun. Si la sécurité est indispensable, elle n’est pas pour au-
tant une fin qui justifie tous les moyens.

L’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 fait


de la sûreté l’un des quatre droits fondamentaux de l’homme. La sûreté qui peut être
définie comme la sécurité des citoyens face au pouvoir de l'État implique la préser-
vation de l’intégrité de la personne, le respect de ses droits. Elle est complétée par la
protection que doit un État de droit à tous ses citoyens, avec par exemple l’inviola-
bilité de la propriété.
De même le préambule de la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne
rappelle que l’espace européen est un espace de liberté, de sécurité et de justice. En
France le code pénal punit les atteintes à la personne, les violences sur autrui qui vont
des voies de fait à l’assassinat étant sévèrement réprimées.

On voit donc bien que la sécurité est un droit fondamental qui ne saurait être ba-
foué.
Or, aujourd’hui, six ans après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis
d’Amérique, il semblerait que cette affirmation soit remise en cause. La plus vieille
démocratie du monde a en effet pris un certain nombre de décisions qui soulèvent
l’indignation de beaucoup. Au nom même de la sécurité du pays, des hommes sont
maintenus en détention sans être présenté à un juge, sans avoir d’avocat. La torture
est pratiquée officieusement, maquillée qu’elle est officiellement sous l’expression de
traitement approprié. Des pays d’Europe ont autorisé des atterrissages d’avions trans-
portant illégalement des prisonniers afin de délocaliser les interrogatoires. En France
enfin certains textes de lois portant sur des recherches d’ADN ou sur l’utilisation de

Développer ses capacités rédactionnelles 221


l’électronique afin de multiplier les informations sur les individus sont l’objet de nom-
breux débats.
Ainsi au nom même de la liberté et de la sécurité le droit des citoyens peut être sus-
pendu. L’habeas corpus est oublié, les informations d’ordre privé sont communicables,
chacun a l’impression d’être espionnable quand il se connecte à Internet. Cette dé-
rive est inquiétante car on assiste désormais à une lutte entre les droits de l’homme
sous couvert de protection des personnes. Tout ne peut donc être autorisé au nom
de la sécurité car c’est la liberté qui risquerait alors de disparaître.

2 - Faut-il rénover la justice ?


Définie dans le cadre de la Cinquième République comme une autorité, la justice est
aujourd’hui l’objet de critiques si nombreuses que chaque gouvernement tente de la
réformer pour la rendre plus efficace. L’obligation de rénover la justice apparaît donc
davantage comme un impératif que comme une question. Mais si cette réforme est
une nécessité encore faut-il qu’elle ne soit pas au détriment du justiciable.
Le troisième pouvoir après le législatif et l’exécutif est en crise. Le constat est sans ap-
pel : lenteur, erreurs, vocabulaire archaïque, manque de personnel, indulgence pour
les uns, sévérité pour les autres, chaque citoyen préfère ne pas avoir affaire à la jus-
tice. Si l’on ajoute l’état de délabrement des prisons françaises et le malaise des ma-
gistrats, rien ne paraît positif.
Et pourtant la justice rend plus de dix millions de décisions par an, les jugements en
appel ne modifient que dix pour cent des décisions de première instance et le
concours de l’École Supérieure de la Magistrature est désormais plus prisé que l’ENA.
Les traitements des magistrats ont été revalorisés, leur avancement accéléré, leurs
conditions de travail améliorées.
Mais l’affaire dite d’Outreau a été un tel naufrage que le gouvernement a décidé
d’agir. Au-delà d’une énième réforme du code pénal avec l’instauration de peines
planchers en cas de récidive, c’est à une refonte en profondeur de la carte judiciaire
que s’est attelé le gouvernement de François Fillon par l’intermédiaire de Madame
Rachida Dati, actuelle garde des sceaux. Il s’agit de fermer un quart des tribunaux
d’instance pour les regrouper de manière plus efficace, voire de supprimer également
un certain nombre de tribunaux de prud’homme.

S’ajoute à cette réorganisation une réflexion sur une franchise judiciaire à l’image de
la franchise médicale. Le justiciable en tirera-t-il bénéfice ?
Rien n’est moins sûr car chacun sait que la justice est onéreuse. Certes les procédures
de divorce ont été simplifiées mais le recours à un avocat est souvent dispendieux car
l’aide juridictionnelle (communément appelée aide judiciaire) est octroyée sous condi-
tions de ressources. De plus la franchise judiciaire s’appliquerait justement aux béné-
ficiaires de l’aide juridictionnelle. Il faut également rappeler le rôle des avoués, voire
des huissiers qui doivent bien évidemment être rémunérés. Les « dépens » qu’oc-

222 La culture générale au concours de rédacteur territorial


troient les juges sont également souvent très en deçà des frais engendrés. Enfin, les
textes de lois sont si nombreux que le justiciable de base est incapable de s’y retrou-
ver malgré le recours à un avocat. Il semble donc davantage passif qu’acteur.

Ainsi malgré toutes les modifications passées et présentes il semble bien que le justi-
ciable sera toujours en situation d’infériorité face à l’institution judiciaire. Qu’il
s’agisse de paramètres financiers, sociaux, culturels, tout le monde n’est pas à égalité
dans un procès. Certes les différents gouvernements tentent de pallier les difficultés
avec, par exemple, l’instauration des juges de proximité, mais le justiciable apparaît
bien comme démuni. C’est pourquoi il faut rénover la justice afin de la rendre plus
efficace, ne serait-ce qu’en la rendant plus accessible.

3 - La police municipale doit-elle être armée ?


La police municipale est maintenant bien implantée dans le paysage des collectivités
territoriales. Les fonctions de garde-champêtre sont désormais complétées par celles
des agents de surveillance de la voie publique (ASVP) et autres policiers municipaux
de catégorie B et A. Dans le cadre des missions qui lui sont dévolues, la police muni-
cipale peut être armée. Dès lors se demander si la police municipale doit être armée
revient à s’interroger sur les raisons de cet armement potentiel et sur ses conditions.

Tout comme les membres de la police nationale et de la gendarmerie, les policiers


municipaux peuvent porter une arme. Ils ont en effet à faire appliquer les décisions
du maire dans le cadre de ses pouvoirs de police. Constatations d’infractions au code
la route, relevés d’identité, mesures de rétention, autant d’actions qui peuvent s’avé-
rer dangereuses et qui nécessitent donc une protection appropriée. Qu’il s’agisse de
maintenir l’ordre, d’attraper un animal errant, de participer à un contrôle de vitesse
des véhicules, le contexte de l’intervention peut se révéler risqué.
C’est pourquoi le législateur a prévu le port d’arme pour les policiers municipaux : il
peut s’agir d’un bâton de défense ou d’une bombe lacrymogène. Mais les armes pos-
sibles peuvent être beaucoup plus dangereuses. Les policiers municipaux peuvent en
effet porter non seulement des « flash-balls » mais aussi une arme de quatrième ca-
tégorie, c’est-à-dire un revolver de calibre 38 ou une arme de poing de calibre 7,65
mm.

Mais le législateur a défini également des conditions très précises d’autorisation pour
le port de ces armes.

Ainsi c’est au maire qu’il appartient de demander au représentant de l'État que ses
agents soient armés. Chaque agent devra donc recevoir un agrément nominatif par
le préfet et une convention devra être passée. Enfin l’agent recevra une formation

Développer ses capacités rédactionnelles 223


obligatoire au maniement de l’arme considéré, formation dispensée par des moni-
teurs diplômés.
Quant aux armes de quatrième catégorie elles sont entreposées dans un coffre-fort
et les munitions dans un autre. Leurs conditions de retrait et de remise sont très pré-
cises. Enfin, les agents avant d’être autorisés à se présenter au concours de recrute-
ment subissent des tests psychologiques de même qu’ils en subissent d’autres pour
pouvoir porter telle ou telle arme.

On voit donc bien que pour assurer les missions qui sont les leurs les policiers muni-
cipaux peuvent être armés. Mais il appartient au maire de mesurer les risques qu’ils
courent avant de faire une demande motivée auprès du préfet pour qu’ils le soient.
Le port d’arme est donc très strictement encadré afin que le droit de la force ne puisse
supplanter la force du droit.

4 - Peut-on qualifier de violente la société d’aujourd’hui ?


Plus une société est civilisée moins la violence doit y être présente. Telle pourrait être
une définition des sociétés civilisées. Pour autant si l’on tente de mesurer le degré de
civilisation de la société française d’aujourd’hui à l’aune de la violence qui s’y mani-
feste, il paraît bien difficile de la qualifier de civilisée. Mais la violence est tellement
subjective qu’il convient de définir des critères objectifs, faute de quoi le sentiment
de violence risque de prendre le pas sur la réalité d’un phénomène dont l’importance
doit être nuancée.

Ainsi si l’on compare la société contemporaine à celle d’hier, on s’aperçoit que la vio-
lence y est beaucoup moins présente. Comment, en effet, ne pas constater une vio-
lence beaucoup plus importante durant l’Antiquité ou le Moyen Âge ? La vie avait
alors bien peu de valeur. Durant l’Antiquité l’esclavage, par exemple, était de règle.
Le Moyen Âge est défini comme la période qui s’écoule de 476 à 1453, soit de la prise
de Rome par les barbares à la chute de Constantinople : deux guerres donc pour en-
cadrer dix siècles de violence.
Les droits de l’homme ne s’inscrivent dans le droit que depuis la fin du dix-huitième
siècle. La peine de mort n’est abolie en France que depuis 1981 et si elle est n’existe
plus au sein de l’Union Européenne elle est encore présente dans de nombreux pays.
Les conflits internationaux sont légion et la criminalité est souvent montrée du doigt
aux États-Unis d’Amérique.

Autant de faits qui permettraient de voir la violence comme un verre d’eau selon qu’on
le mesure comme à moitié plein ou à moitié vide. Qu’en est-il alors de la France ?
La violence, et l’insécurité qui en découle, sont des thèmes récurrents des campagnes
électorales. Des présidentielles aux municipales en passant par les législatives, chaque

224 La culture générale au concours de rédacteur territorial


élection voit la violence au centre des débats. Il faut dire que les chiffres sont alar-
mants. Ainsi les violences physiques ou sexuelles ont concerné près de deux millions
de personnes, soit près de 6 % de la population au cours des années 2005 et 2006.
Les femmes sont de plus en plus victimes de ces violences. Les vols avec violence pro-
gressent. Enfin, ce qui est certainement le plus inquiétant, les mineurs sont de plus
en plus impliqués dans des comportements violents.
Les causes de ce phénomène sont multiples : la télévision est désignée comme géné-
ratrice de violence de par les programmes qu’elle diffuse. Les jeux vidéos sont éga-
lement la cible d’attaques des psychologues qui y voient une forme d’accoutumance
à la confusion entre le réel et le virtuel. Enfin un contexte international fait de conflits
multiples pourrait être à l’origine de cette inflation des actes violents.
Pour autant il convient de rappeler que la France est un État de droit et que si la vio-
lence s’y manifeste, il existe un arsenal juridique aussi bien préventif que répressif.
Les conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance se mettent en place
depuis cinq ans au niveau des communes et le code pénal réprime les atteintes aux
personnes.
Ainsi qualifier la société contemporaine de violente est difficile quels que soient les
critères mesurés. La France en effet est loin derrière des pays comme la Colombie ou
les États-Unis d’Amérique. Il convient cependant de s’inquiéter des incivilités de plus
en plus nombreuses commises par les plus jeunes car il ne faudrait pas assister passi-
vement à une banalisation de la violence.

Bibliographie incitative
Stéphane Béaud et Michel Pialoux, Violences urbaines, violences sociales : ge-
nèse des nouvelles classes dangereuses,Pluriel, 2005.
Eva Joly, Laurent Beccaria, Est-ce dans ce monde là que nous voulons vivre ?
Folio, 2004.
Alain Bauer, André-Michel Ventre, Les polices en France : les débats, les
chiffres,Que sais-je ?, 2002..

Développer ses capacités rédactionnelles 225


Quelques techniques
pour se relire
efficacement
Chapitre 15
Thème traité :
École et formation
Quelques techniques pour se relire
efficacement

1.1 De la difficulté à se relire soi-même

Si vous éprouvez depuis longtemps le sentiment que vous ne savez pas vous relire ef-
ficacement, c’est-à-dire en vous apercevant d’oublis, d’erreurs, de passages incom-
préhensibles ou mal articulés sans savoir comment les corriger, vous serez peut-être
rassuré(e) de savoir que cette difficulté est très répandue. Pour autant le réconfort
attendu viendra davantage d’outils vous permettant d’éliminer le plus grand nombre
d’erreurs possibles. Rappelons que les correcteurs retirent en moyenne un point pour
dix fautes d’expression
C’est un fait certain : il est plus difficile de se relire soi-même que de relire un texte
rédigé par un tiers.

Deux raisons essentielles à cela.


• Tout d’abord, écrire est une activité physique, conduite, comme bien d’autres acti-
vités qui engagent le corps, avec un certain niveau d’automatisme.
Vous ne vous demandez sûrement pas comment vous allez former chaque lettre que
vous dessinez, ni même chaque mot. Votre main trace des signes, ou frappe les
touches d’un clavier, guidée par une expérience bien ancrée, qui vous a accoutumé
à ne plus décomposer chaque action : votre mémoire a « photographié » des cen-
taines de graphies différentes, des syllabes, des mots, et même des groupes de mots,
avec des règles orthographiques de terminaison, d’accord ou de conjugaison, et vous
les reproduisez sans y penser vraiment, avec les caractéristiques de votre propre écri-
ture (petite ou non, serrée ou aérée, cursive ou scripte, etc.).
Quand vous vous relisez, vous « reconnaissez » le graphisme que vous avez inscrit sur
le papier ou sur un écran, et vous le déchiffrez plus vite encore que vous ne l’avez
tracé.
Se relire pour vérifier que l’on n’a pas fait de fautes est donc une activité assez peu
naturelle, une activité à laquelle on ne se livre qu’en se contraignant : à lire lente-
ment, à revenir en arrière, à disséquer chaque phrase…

Développer ses capacités rédactionnelles 229


• Ensuite, écrire est une activité dans laquelle on projette certaines intentions. D’une
certaine manière, c’est le cerveau qui écrit. On dit d’ailleurs « mettre ses idées par
écrit », ou « coucher des idées sur le papier ». Or ce ne sont pas des idées qui s’ins-
crivent, mais des dessins, des signes calligraphiques, bien réels et concrets.
Au moment de se relire, si on n’y prend pas garde, on se remémore l’intention der-
rière le signe. Autrement dit, pendant la relecture, ce que l’on a eu l’intention d’écrire
revient en mémoire et empêche de voir ce que l’on a réellement écrit.
C’est pourquoi il faut absolument dissocier le fond de la forme au moment de la re-
lecture pour corriger le plus grand nombre d’erreurs possibles.

1.2 Se relire comme si on n’était pas l’auteur de son


texte

Si on réfléchit bien aux conséquences de ce qui vient d’être dit, on se rend compte
qu’il n’y a qu’un seul moyen de parvenir à se relire soi-même avec efficacité, c’est de
lire les lignes que l’on a produites comme si elles étaient l’œuvre de quelqu’un
d’autre.
Bien sûr, vous vous dites que c’est plus facile à dire qu’à faire !
Mais cela s’apprend. Et si vous vous forcez à acquérir l’une des techniques proposées
ici – celle qui vous conviendra le mieux – , vous y parviendrez sans peine avec de l’en-
traînement.

Technique 1 — Lire « à voix haute » :


Dans une salle d’examen, on ne peut pas lire vraiment à haute voix. Mais il y a une
façon de lire avec les yeux (éventuellement en bougeant les lèvres) qui ressemble de
très près à la lecture à voix haute. Pour l’apprendre, essayez simplement de vous ima-
giner en train de lire en public le texte que vous avez à relire. Représentez-vous un
auditoire. Pour certains, cela peut suffire : ils vont s’apercevoir ainsi de l’illogisme
d’une argumentation, d’une absence de transition gênante, d’une idée mal étayée,
et également d’erreurs de syntaxe, de fautes d’orthographe ou de répétitions.

Technique 2 — Se mettre dans la peau des deux lecteurs à qui est destiné le texte :
S’agissant d’une épreuve de concours, vos deux premiers lecteurs (et sans doute les
deux derniers), ce seront les correcteurs de l’épreuve. Imaginez que vous êtes ces cor-
recteurs. Vous avez alors à vérifier si la copie pour le concours externe (ou chaque ré-
ponse pour le concours interne) répond bien à un certain nombre d’exigences :

Les unes pour le fond :


– Le sujet est-il compris ?

230 La culture générale au concours de rédacteur territorial


– Une problématique a-t-elle été posée ?
– Y-a-t-il un plan cohérent ?
– Les arguments sont-ils recevables ?
– Les illustrations montrent-elles bien également la culture générale du candidat ?
– Le niveau d’approfondissement de la question correspond-il au temps imparti ?
– Y-a-t-il une logique interne à l’intérieur des parties, des paragraphes ?
– Etc.
Les autres pour la forme :
– Est-ce que la copie manifeste tout du long de la précision, de la maîtrise ?
– Est-ce que la réponse à la question posée est claire ?
– Est-ce que l’argumentation « coule » sans accroc, d’un palier à l’autre ?
– Est-ce que les phrases sont coordonnées, synthétiques ?
– Est-ce que le niveau de langue correspond à celui d’un concours de catégorie B ?
– Est-ce que l’orthographe est correcte ?
– Est-ce que la présentation de la copie est soignée ?
– Etc.

Mais comme au moment de la relecture il n’est plus temps de corriger les erreurs de
fond, il vous faut vous concentrer uniquement sur celles de la forme. Faites alors
comme les correcteurs qui préfèrent lire deux fois chaque copie :
– la première fois pour valider ou invalider les critères de fond,
– la seconde pour mettre à jour les erreurs de forme.

Technique 3 – Se relire à l’envers :


Afin de casser la relecture de ce que vous aviez l’intention d’écrire, autrement dit afin
de vous consacrer à la forme davantage qu’au fond, nous vous conseillons de vous
relire en partant de la fin de votre copie (s’il s’agit d’une dissertation dans le cadre
du concours externe) ou de la fin de chaque réponse courte (dans le cadre du concours
interne). L’idéal serait de relire phrase à phrase en remontant de la conclusion à l’in-
troduction. Mais si vous avez du mal à mettre cette proposition en pratique vous pou-
vez au moins relire paragraphe par paragraphe, du dernier au premier. Ainsi vous
vous consacrerez davantage aux erreurs de syntaxe ou d’orthographe commises
qu’aux imperfections de votre raisonnement que vous ne pourrez plus modifier de
toute façon.
C’est cette troisième technique qui se révèle, à l’usage, la plus efficace selon les té-
moignages de très nombreux anciens candidats. À vous donc de vous l’approprier,
ce qui ne vous interdit pas de recourir dans le même temps à la première technique,
la seconde étant plus difficile à mener.

Développer ses capacités rédactionnelles 231


1.3 Donner des objectifs précis à sa relecture

Relire ses propres écrits a une efficacité d’autant plus grande que l’on s’est au préa-
lable donné des objectifs. Ainsi, la relecture devient une activité proche d’une vérifi-
cation, menée à l’aide d’une sorte de check-list.
Cette check-list sera différente selon les personnes.
Les unes devront être attentives à la longueur de leurs phrases, les autres à leur ten-
dance à employer des termes de vocabulaire inappropriés. D’autres utilisent mal les
connecteurs logiques, ou répètent la même idée à plusieurs endroits de leur exposé,
ou bien oublient facilement d’expliciter les liens entre deux constats. D’autres encore
oublient des mots, ou toute une idée qu’ils avaient prévu d’énoncer à tel moment de
leur argumentation. Pour tous enfin, la relecture concernera principalement les er-
reurs d’orthographe, ou la ponctuation…
Mais quoi qu’il en soit rappelez-vous que la relecture dite « finale » ne peut per-
mettre que de corriger des fautes d’expression car comme elle prend sa place en fin
d’épreuve, il n’est plus temps de corriger des erreurs de fond telles qu’un plan désé-
quilibré, un raisonnement insuffisamment étayé, une absence d’illustration, etc.
Pour finir il est conseillé de ne pas recourir systématiquement à l’effaceur ou au
Blanco pour corriger telle ou telle erreur. D’une part parce que cela fait perdre beau-
coup de temps et d’autre part, parce que la propreté de la copie n’en est pas meilleure
que si l’on barre proprement un mot que l’on mettra entre parenthèses pour le ré-
écrire proprement au-dessus.

À retenir __________________________________________________________
Si vous avez appris à bien connaître vos travers, les caractéristiques de votre style,
les défauts que comportent habituellement vos écrits, il vous suffit de les avoir en
mémoire au moment de vous relire, ils constituent VOTRE liste de points à vérifier.
__________________________________________________________________

Si vous n’avez pas encore clairement identifié les imperfections de votre expression
écrite, vous pouvez tâcher de le faire.
• Soit en montrant quelques-unes de vos écrits à des personnes de votre entourage
dont vous savez qu’elles écrivent bien, en leur demandant de vous donner leur avis
sur votre style, votre façon de présenter une problématique, de déployer une ar-
gumentation.
• Soit en cherchant à vous souvenir des remarques que vous faisaient vos enseignants
au collège, au lycée, ou à l’université : il y a de fortes chances pour que votre ex-
pression écrite ait conservé une partie au moins des caractéristiques qui étaient déjà
là pendant vos études.
• Soit en vous servant des chapitres de la partie 3 de ce manuel : vous devrez vous
interroger sur chacun des points sur lesquels se penchent ces chapitres, et vous de-

232 La culture générale au concours de rédacteur territorial


mander si vous maîtrisez plutôt bien ou insuffisamment ces règles.

Au moment de vous relire, il vous sera probablement difficile d’être vigilant sur les
difficultés de toute nature qui constituent votre check-list. Si vous pouvez vous relire
deux fois, n’hésitez pas à vous fixer un objectif différent pour chaque relecture. Mais
le manque de temps impose en général une seule relecture. Seuls les plus rapides
pourront se relire deux fois.
Quoi qu’il en soit nous n’insisterons jamais assez sur la nécessité de se relire. Trop de
candidats écrivent jusqu’à la dernière seconde et ne se relisent pas. Ils risquent alors
de perdre tout le bénéfice de leur réflexion pour « cinq minutes d’absence », car un
ou deux points de perdus suffisent pour ne pas être admissible du fait du coefficient
de l’épreuve.
Voici pour vous convaincre définitivement trois « perles » trouvées par l’auteur de ce
manuel en corrigeant des copies du concours de rédacteur :

– « C’est au Moyen Âge que Gutenberg invente l’imprimante. »


– « Certains groupes industriels s’intéressent aux médias, comme Bouygues ou Vivaldi. »
– « Le parlement vient de voter une loi sur le droit imposable au logement. »

Il ne peut s’agir que de fautes d’attention qu’une relecture efficace aurait permis de
corriger sans peine.

Développer ses capacités rédactionnelles 233


Thème 15 : École et formation
Ce thème sera traité à l’aide de plusieurs textes informatifs dans lesquels l’auteur de
ce manuel a introduit un certain nombre de fautes qu’il vous appartient de corriger.
C’est volontairement que ce nombre de fautes ne vous est pas indiqué. Vous trouve-
rez dans un second temps les mêmes textes non fautifs afin de vérifier la qualité, l’ef-
ficacité, de votre correction.

« Monsieur l’instituteur,
L’année scolaire qui vient de s’ouvrir sera la seconde année d’application de la loi
du 28 mars 1882. […]
La loi du 28 mars se caractérise par deux dispositions qui se complètent sans se
contredire : d’une part, elle met en dehors du programme obligatoire l’enseigne-
ment de tout dogme particulier, d’autre part, elle y place au premier rang l’ensei-
gnement moral et civique. L’instruction religieuse appartient aux familles et à
l’église, l’instruction morale à l’école. […]
Si vous étiez embarrassés pour savoir jusqu’où il vous est permis d’aller dans votre
enseignement moral, voici une règle pratique à laquelle vous pourrez vous tenir.
Au moment de proposer à vos élèves un précepte, une maxime quelconque, de-
mandez-vous s’il se trouve à votre connaissance un seul honnête homme qui puisse
être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis
un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son
assentiment a ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire ; sinon,
parlez hardiment, car ce que vous allez communiquer à l’enfant, ce n’est pas votre
propre sagesse, c’est la sagesse du genre humain, c’est une de ces idées d’ordre
universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de
l’humanité. Si étroit que vous semble peut-être un cercle d’actions ainsi tracées,
faites-vous un devoir d’honneur de n’en jamais sortir, […] vous ne toucherez ja-
mais avec trop de scrupules à cette chose délicate et sacrée qu’est la conscience de
l’enfant.
Mais, une fois que vous vous êtes ainsi loyalement enfermé dans l’humble et sure
région de la morale usuelle, que vous demande-t-on ? Des discours […] Non ; la fa-
mille et la société vous demandent de les aider à bien élever leurs enfants ; à en
faire des honnêtes gens. […]
II ne s’agit plus là d’une série de vérités à démontrer, mais, ce qui est tout autre-
ment laborieux, d’une longue suite d’influences morales à exercer sur de jeunes
êtres à force de patience, de fermeté, de douceur, d’élévation dans le caractère et
de puissance persuasive. […] On a osé prétendre pour vous à ce que, d’ici à quelques
générations, les habitudes et les idées des populations au milieu desquelles vous
aurez exercé atteste les bons effets de vos leçons de morale. […]
Dans une telle œuvre, vous le savez, Monsieur, ce n’est pas avec les difficultés de
théorie et de haute spéculation que vous avez à vous mesurer ; c’est avec des dé-
fauts, des vices, des préjugés grossiers. Ces défauts, il ne s’agit pas de les condam-
ner — tout le monde ne les condamne-t-il pas ? — mais de les faire disparaître par
une succession de petites victoires obscurément remportées. Il ne suffit donc pas

Développer ses capacités rédactionnelles 235


que vos élèves aient compris et retenu vos leçons ; il faut surtout que leur carac-
tère s’en ressente ; ce n’est pas dans l’école, c’est surtout hors de l’école qu’on
pourra juger de ce qu’a valu votre enseignement. »
« Lettre aux instituteurs » de Jules ferry (1884) Extraits.

« Monsieur l’instituteur,
L’année scolaire qui vient de s’ouvrir sera la seconde année d’application de la loi
du 28 mars 1882. […]
La loi du 28 mars se caractérise par deux dispositions qui se complètent sans se
contredire : d’une part, elle met en dehors du programme obligatoire l’enseigne-
ment de tout dogme particulier, d’autre part, elle y place au premier rang l’ensei-
gnement moral et civique. L’instruction religieuse appartient aux familles et à
l’Église, l’instruction morale à l’école. […]
Si vous étiez embarrassé pour savoir jusqu’où il vous est permis d’aller dans votre
enseignement moral, voici une règle pratique à laquelle vous pourrez vous tenir.
Au moment de proposer à vos élèves un précepte, une maxime quelconque, de-
mandez-vous s’il se trouve à votre connaissance un seul honnête homme qui puisse
être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis
un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son
assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire ; si non,
parlez hardiment, car ce que vous allez communiquer à l’enfant, ce n’est pas votre
propre sagesse, c’est la sagesse du genre humain, c’est une de ces idées d’ordre
universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de
l’humanité. Si étroit que vous semble peut-être un cercle d’actions ainsi tracé,
faites-vous un devoir d’honneur de n’en jamais sortir, […] vous ne toucherez ja-
mais avec trop de scrupules à cette chose délicate et sacrée qu’est la conscience de
l’enfant.
Mais, une fois que vous vous êtes ainsi loyalement enfermé dans l’humble et sûre
région de la morale usuelle, que vous demande-t-on ? Des discours […] Non ; la
famille et la société vous demandent de les aider à bien élever leurs enfants ; à en
faire des honnêtes gens. […]
II ne s’agit plus là d’une série de vérités à démontrer, mais, ce qui est tout autre-
ment laborieux, d’une longue suite d’influences morales à exercer sur de jeunes
êtres à force de patience, de fermeté, de douceur, d’élévation dans le caractère et
de puissance persuasive. […] On a osé prétendre pour vous à ce que, d’ici à quelques
générations, les habitudes et les idées des populations au milieu desquelles vous
aurez exercé attestent les bons effets de vos leçons de morale. […]
Dans une telle œuvre, vous le savez, Monsieur, ce n’est pas avec les difficultés de
théorie et de haute spéculation que vous avez à vous mesurer ; c’est avec des dé-
fauts, des vices, des préjugés grossiers. Ces défauts, il ne s’agit pas de les condam-
ner — tout le monde ne les condamne-t-il pas ? mais de les faire disparaître par
une succession de petites victoires obscurément remportées. Il ne suffit donc pas
que vos élèves aient compris et retenu vos leçons ; il faut surtout que leur carac-
tère s’en ressente ; ce n’est pas dans l’école, c’est surtout hors de l’école qu’on
pourra juger de ce qu’a valu votre enseignement. »
« Lettre aux instituteurs » de Jules ferry (1884) Extraits.

236 La culture générale au concours de rédacteur territorial


La parution de la loi du 19 février 2007 relative à la fonction publique territoriale à
marquer le départ d’un chantier de plusieurs annés pour les DRH des collectivités ter-
ritoriales. Le dossier de la formation des territoriaux est l’un des plus lourds, car dans
ce domaine, les changements apportés par la loi sont particulièrement nombreux. Elle
institut une nouvelle organisation de la formation étalée tout au long de la vie, par
le biais de formations d’intégration dispensées en début de carrière et de formations
de professionnalisation et de perfectionnement dispensée par la suite tout au long
de la vie professionnelle. L’ensemble des actions de formation destinées aux agents
de la collectivité doit faire l’objet d’une programmation à l’intérieur du plan de for-
mation. Celui-ci intègre le nouveau droit individuel à la formation (DIF) de vingt
heures par an cumulable sur six ans.
La rentrée sera donc placée sous le signe de ces nouveautés, avec en ligne de mire
d’ici la fin de l’année la parution du décret sur la formation tout au long de la vie
déjà examiné par le CSFPT le 4 juillet dernier. Mais au total, pas moins d’une ving-
taine de décrets d’application de la loi du 19 février 2007 sont en préparation, au-
quel s’ajoute la modification de vingt décrets statutaires.
Avec la loi de modernisation de la fonction publique du 6 février 2007, la loi du 19
février 2007 a enrichi la palette des outils RH des collectivités. L’expérience profes-
sionnelle est mieux prise en compte dans les concours et examens de la fonction pu-
blique territoriale ainsi que dans la promotion interne. En outre, le bilan de
compétence est pleinement reconnu aux agents par l’instauration d’un congé excep-
tionnel. Enfin, la loi du 19 février 2007 a confié aux assemblées locales le soin de fixer
elle-même les taux de promotion de grades. Cette mesure donne aux collectivités la
pleine gestion des avancements de grade. Sur l’ensemble de ces outils, la réflexion
est lancée.
Enfin, les DRH seront attentifs à la publication de plusieurs textes réglementaires, no-
tamment un décret sur les heures supplémentaires dans la fonction publique annoncé
avant le 1er octobre et un décret sur la protection sociale complémentaire des terri-
toriaux devant intervenir d’ici à la fin de l’année. Ils suivront également avec intérêt
le déroulement des quatre conférences nationales qui, à partir de l’automne, évo-
queront les enjeux de la fonction publique, en particulier les salaires.

Source Localtis Infos , article publié le 3 août 2007.

La parution de la loi du 19 février 2007 relative à la fonction publique territoriale a


marqué le départ d’un chantier de plusieurs années pour les DRH des collectivités ter-
ritoriales. Le dossier de la formation des territoriaux est l’un des plus lourds, car dans
ce domaine, les changements apportés par la loi sont particulièrement nombreux. Elle
institue une nouvelle organisation de la formation étalée tout au long de la vie, par
le biais de formations d’intégration dispensées en début de carrière et de formations
de professionnalisation et de perfectionnement dispensées par la suite tout au long
de la vie professionnelle. L’ensemble des actions de formation destinées aux agents
de la collectivité doit faire l’objet d’une programmation à l’intérieur du plan de for-

Développer ses capacités rédactionnelles 237


mation. Celui-ci intègre le nouveau droit individuel à la formation (DIF) de vingt
heures par an cumulables sur six ans.
La rentrée sera donc placée sous le signe de ces nouveautés, avec en ligne de mire
d’ici la fin de l’année la parution du décret sur la formation tout au long de la vie
déjà examiné par le CSFPT le 4 juillet dernier. Mais au total, pas moins d’une ving-
taine de décrets d’application de la loi du 19 février 2007 sont en préparation, aux-
quels s’ajoute la modification de vingt décrets statutaires.
Avec la loi de modernisation de la fonction publique du 6 février 2007, la loi du 19
février 2007 a enrichi la palette des outils RH des collectivités. L’expérience profes-
sionnelle est mieux prise en compte dans les concours et examens de la fonction pu-
blique territoriale ainsi que dans la promotion interne. En outre, le bilan de
compétence est pleinement reconnu aux agents par l’instauration d’un congé excep-
tionnel. Enfin, la loi du 19 février 2007 a confié aux assemblées locales le soin de fixer
elles-mêmes les taux de promotion de grade. Cette mesure donne aux collectivités la
pleine gestion des avancements de grade. Sur l’ensemble de ces outils, la réflexion
est lancée.
Enfin, les DRH seront attentifs à la publication de plusieurs textes réglementaires, no-
tamment un décret sur les heures supplémentaires dans la fonction publique annoncé
avant le 1er octobre et un décret sur la protection sociale complémentaire des terri-
toriaux devant intervenir d’ici à la fin de l’année. Ils suivront également avec intérêt
le déroulement des quatre conférences nationales qui, à partir de l’automne, évo-
queront les enjeux de la fonction publique, en particulier les salaires.

Source Localtis Infos, article publié le 3 août 2007.

Bibliographie incitative
Loi n° 2007-209 du 19 février 2007 relative à la fonction publique territoriale.
(www.legifrance.gouv.fr)
François Dubet, L’école des chances : qu’est-ce qu’une école juste ?,Seuil, 2004.
Corinne Bouchard, La vie des charançons est assez monotone,Syros-jeunesse, 1999..

238 La culture générale au concours de rédacteur territorial


IV. METTRE
TOUS LES ATOUTS
DE SON CÔTÉ
S’entraîner :
comment ?
Chapitre 16
Thème traité :
Espace urbain, espace rural :
le territoire et la décentralisation

S’entraîner : comment ?
Deux manières complémentaires de se préparer au concours existent : se livrer à dif-
férents exercices de préparation et faire des épreuves blanches. Ces deux techniques
sont à utiliser en fonction du temps disponible et des conditions dans lesquelles vous
vous préparez.

1.1 Réaliser des examens blancs

On nomme « examen blanc » l’exercice qui consiste à simuler l’examen véritable, et


ainsi à tester ses capacités dans les conditions réelles de cette épreuve (pas de notes,
pas de dictionnaire, aucune aide extérieure, respect de la durée imposée, etc.). C’est
bien sûr une excellente façon de s’entraîner. Elle permet, en particulier, de s’exercer
à satisfaire aux exigences d’une épreuve sans dépasser le temps imparti.

Vous aurez donc intérêt à prévoir quelques mises en situation de ce type. Organisez-
les de préférence dans les derniers temps de votre préparation, lorsque vous aurez
développé vos connaissances dans plusieurs domaines et que vous aurez acquis une
certaine maîtrise de la méthode à employer pour l’épreuve. Prévoyez de vous isoler
pendant trois heures d’affilée, ne prenez avec vous que du papier et le texte d’énoncé
sur lequel vous aurez choisi de « plancher » (l’idéal pour les candidats qui ne suivent
pas une préparation encadrée serait de demander à un collègue, un parent, un ami
de leur donner un sujet choisi dans une liste), et essayez de travailler comme si vous
étiez dans une salle d’examen. Si vous êtes plusieurs à préparer ce concours, faire en-
semble une épreuve blanche est source de motivation.
Chacun pourra alors fournir un sujet blanc aux autres. Pour les candidats au concours
externe, les sujets échangés seront à faire en trois heures. Pour ceux qui préparent le
concours interne, il est possible de traiter un sujet en une heure trente, ou en une
heure, etc. si vous ne disposez pas de trois heures d’affilé. Dès lors vous pourrez com-
mencer ce type d’entraînement plus tôt dans votre préparation en vous exerçant sur
des sujets à traiter en quarante-cinq minutes.

Mettre tous les atouts de son côté 243


1.2 Varier les thèmes traités, mais aussi les types
d’exercices

Mais vous pouvez vous entraîner de bien d’autres façons qu’avec une épreuve « en
blanc » et ce tout au long de votre travail de préparation au concours.
La préparation aux épreuves d’un concours n’échappe pas à la règle qui vaut pour
tout apprentissage : au fur et à mesure que l’on acquiert de nouveaux savoirs et de
nouvelles techniques, il est essentiel de s’exercer à les appliquer. Dans l’apprentissage
qui nous intéresse ici, vous avez un objectif double, à savoir vous exercer :
– à mobiliser vos savoirs le moment venu,
– à maîtriser les techniques d’utilisation de ces savoirs afin de répondre au sujet à
traiter.
Chacun des thèmes et chacun des points de la méthode proposée dans les précédents
chapitres de ce manuel peuvent ainsi donner lieu à des exercices d’entraînement.

Mais comment s’exercer ?


Comment, surtout, savoir si le texte qu’on a produit est bon ? Si la réponse apportée
à une question est satisfaisante ou non ? Si elle mérite telle ou telle note ?
Si vous bénéficiez d’un regard extérieur, soit dans le cadre d’une formation, soit grâce
à un candidat avec lequel vous vous préparez, soit grâce à l’aide d’une personne de
votre entourage, vous aurez la possibilité d’être évalué(e) dans l’accomplissement de
vos exercices. Pour y parvenir le chapitre suivant vous fournira quelques indications
sur les moyens d’être évalué et de vous auto-évaluer à l’aide de grilles d’évaluation.
Dans ce manuel figure au fur et à mesure des chapitres une sélection d’énoncés qui
ont été donnés dans différents centres de gestion et au cours des dernières années à
l’épreuve de culture générale du concours de rédacteur territorial. Le centre de ges-
tion où vous vous présenterez dispose peut-être, en outre, d’annales des sujets qui
auront été proposés dans ce centre. Renseignez-vous sur son site Internet qui peut
contenir des annales à télécharger

Les énoncés proposés dans ce manuel ont été classés par grands thèmes (certains
d’entre eux recoupent cependant plusieurs sujets). Mais faire varier les thèmes trai-
tés ne suffit pas à un bon entraînement. Il vous faut également travailler à plusieurs
reprises sur un même thème mais en variant l’approche, l’angle de vue adopté pour
répondre à la question, en vous entraînant à l’utilisation des différentes techniques
disponibles pour répondre de la manière la plus satisfaisante possible à une question
Le mieux est d’appréhender par "tronçons" l’opération qui consiste à traiter une ques-
tion, et de vous exercer à l’utilisation des techniques apprises une par une, en faisant
à plusieurs reprises le même type d’exercice ou le même exercice de différentes ma-
nières.

244 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Trois règles à suivre pour un entraînement efficace donc :

À retenir __________________________________________________________
• Se donner des objectifs limités à chaque exercice.
• Ne pas compter, au début, le temps passé.
• Répéter deux ou trois fois le même exercice.
__________________________________________________________________

– Se donner des objectifs limités, c’est à la fois décider de ne pas traiter forcément
une question de bout en bout, mais cela veut aussi dire : ne pas vouloir tout amé-
liorer en même temps. Tantôt vous chercherez à être le plus exhaustif possible,
à ne rien oublier, tantôt à améliorer l’organisation de vos idées, tantôt à soigner
votre expression, votre style, tantôt à faire diminuer le temps consacré à une des
étapes du travail, etc.
– Ne pas compter, au début, le temps passé : il est normal d’avoir besoin de beau-
coup de temps pour exécuter une tâche lorsqu’on est dans la phase d’acquisition
d’une bonne méthode pour effectuer ce travail. Votre vitesse d’exécution de
chaque « tronçon » de la méthode de traitement d’une question s’accélérera tout
naturellement peu à peu. Ne vous attachez au temps passé pour un exercice
qu’après plusieurs exercices du même type.
– Répéter deux ou trois fois le même exercice est bien sûr le propre de tout en-
traînement. Répétez le même type d’exercice sur des sujets différents, mais aussi,
obligez-vous, pour un même sujet, à faire les choses de deux façons radicalement
différentes. Par exemple, en adoptant le point de vue inverse de celui choisi pour
votre première réponse (Jean-Paul Sartre disait qu’il faut penser contre soi), ou
en privilégiant le regard d’une discipline sur une autre, ou en faisant d’abord une
réponse courte puis une réponse plus longue, etc.

Quelques idées d’exercices d’entraînement :


– Pour vous aider à vous constituer votre propre petit lexique d’abréviations et sym-
boles, et ainsi gagner du temps dans le travail de préparation d’une réponse à
une question, entraînez-vous à prendre des notes rapidement et fidèlement, par
exemple à partir d’une émission de radio ou de télévision. Il peut s’agir d’écou-
ter ou de regarder un journal télévisé, une émission traitant d’un sujet de société,
etc.
– Après avoir étudié un thème, essayez de récapituler (par écrit ou avec un ma-
gnétophone) tout ce que vous avez en tête à propos de ce thème : des événe-
ments, des évolutions, des opinions, des chiffres, une chronologie… Vous
identifierez ainsi les points sur lesquels vos savoirs sont plus flous ou ceux que
vous avez du mal à relier entre eux.
– Faites successivement, pour des énoncés différents, plusieurs exercices de re-
cherche d’idées, en essayant d’améliorer à chaque fois soit votre technique pour
« tirer des fils » en rassemblant vos idées, soit votre vitesse, soit l’utilisation d’abré-
viations et symboles et la disposition de vos idées sur le papier pour la rendre la

Mettre tous les atouts de son côté 245


plus efficace possible.
– Choisissez un des énoncés sur lequel vous avez travaillé dans les premières se-
maines de votre préparation et essayez-vous à nouveau, dans les derniers temps
avant l’épreuve, au travail de recherche de connaissances et d’idées : vous serez
probablement agréablement surpris(e) de constater vous-même vos progrès.
– Une fois rassemblées des connaissances et des idées sur un thème, à partir d’un
énoncé précis, essayez de bâtir plusieurs plans détaillés différents. Servez-vous
pour cela des indications données dans ce manuel sur les divers types de plans
possibles, et faites varier l’axe général de votre réponse d’un plan à l’autre en
fonction des problématiques que vous aurez découvertes.
– Entraînez-vous à une recherche d’idées et de connaissances en vous intéressant
uniquement au traitement du sujet à l’échelle de la France, puis effectuez les
mêmes recherches en élargissant votre brainstorming au niveau européen et
mondial.
– Répondez successivement à une même question d’abord en vingt à trente lignes,
puis en une composition de deux ou trois pages, ce qui correspond dans le pre-
mier cas à un devoir réalisé en une bonne demi-heure et dans le second à un de-
voir réalisé en une heure trente.
– Pour un même développement, ou un même plan de développement, rédigez
plusieurs introductions différentes, en modifiant « l’accroche » ou la formulation
de l’annonce du plan.
– De même rédiger plusieurs conclusions sur le même sujet en variant son contenu
ou sa longueur
– N’oubliez pas également de vous entraîner à vous relire le plus rapidement et le
plus efficacement possible.
Vous voyez qu’il existe une multitude d’exercices qui ont l’avantage de pouvoir être
effectués en un temps souvent bref. Ainsi, le candidat qui ne dispose que de vingt
minutes après le déjeuné avant de reprendre son travail pourra rassembler quelques
idées et connaissances suite à une conversation qu’il aura eue avec ses collègues du-
rant le repas ; il pourra rédiger le lendemain un paragraphe d’une quinzaine de lignes
à partir de se recherche de la veille, améliorer son expression le troisième jour, etc.
Ces conseils peuvent paraître simplistes mais combien de candidats perdent un temps
précieux au prétexte qu’ils n’ont pas deux ou trois heures devant eux mais seulement
un quart d’heure ou trente minutes ?
À vous donc d’être efficace en vous disant que quelques minutes sont toujours source
de profit si on les utilise avantageusement, qu’un article lu sur Internet en dix mi-
nutes vous donnera peut-être le demi-point nécessaire pour que vous soyez déclaré
admissible. Tout peut servir à votre réflexion. Il suffit de ne pas oublier que seule
l’ignorance est inutile !

246 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Thème 16 : Espace urbain, espace rural : le territoire
et la décentralisation
Ce thème sera traité en effectuant une partie des exercices proposés ci-dessus. La du-
rée de ces exercices varie selon leur difficulté. Elle vous est indiquée à chaque fois. La
rédaction imite le travail considéré, l’auteur de ce manuel se mettant volontairement
à la place d’un candidat. Ainsi, par exemple, les brainstormings sont réalisés sans re-
courir à un dictionnaire ou à tout autre support afin de montrer un travail réalisé en
situation.

Premier exercice :
Travail de brainstorming sur la notion d’espace urbain (durée environ trente minutes) :
– Urbain vient du latin urbs qui signifie ville.
– À Pâques le pape prononce la bénédiction « Urbi et Orbi » « Sur la ville (Rome)
et sur le monde ».
– L’espace urbain est l’espace de la ville, c’est-à-dire un lieu, une agglomération,
où se regroupe un nombre d’habitants dépassant 2 000.
– Cette définition classique est insuffisante car, aujourd’hui, 2 000 habitants ne
constituent pas réellement une ville. Sinon comment distinguer un bourg de 2
500 habitants de Mexico ou Tokyo, etc.
– Il existe des centaines de définitions de la ville.
– L’espace urbain pose des problèmes d’aménagement, de sécurité, de transports,
de logements, de pollution, etc.
– Penser à la notion d’exode rural et à celle d’exode urbain.
– En France c’est en 1936 que le nombre d’habitants des villes égale celui des cam-
pagnes.
– Un rurbain est un habitant de la campagne qui travaille en ville.
– Penser au rôle du maire, aux trois EPCI (Établissement Public de Coopération In-
tercommunale) : communautés de communes, d’agglomération, urbaines.
– La ville est à la fois un lieu où de très nombreux loisirs sont possibles (cinémas,
théâtres, etc.) mais aussi un lieu de solitude.
– Espace urbain fait penser aux banlieues (de « ban » et « lieue » : territoire d’une
lieue autour d’une ville sur lequel s’étendait le ban : pouvoir de commandement
de la ville).
– Penser à ma ville préférée et trouver des arguments justifiant mon choix.
– On sait que l’insécurité croît avec le nombre d’habitants, et de manière très im-
portante à partir d’un seuil de 100 000 personnes.
– Penser à vérifier le nom des maires des grandes villes de France : M. Delanoë pour
Paris, M. Collomb pour Lyon. Mais pour Marseille ?

– Penser à des grandes réalisations comme EuraLille, à des événements comme La


Folle Journée de Nantes, le festival d’Avignon.
– Faire des recherches sur la politique de la ville. Je me souviens seulement de la
loi SRU et des 20 % de logements obligatoires mais pour quelles communes ?

Mettre tous les atouts de son côté 247


– Regarder ce que l’on appelle le droit opposable au logement.
– Rechercher sur Internet le palmarès des villes de France.
– Regarder de quoi se compose ma taxe d’habitation.
Commentaires :
Chacun pourra compléter ces éléments qui ne constituent en rien un corrigé mais sim-
plement le résultat des recherches d’un candidat en une trentaine de minutes. Ce ré-
sultat se décompose en définitions, connaissances, questions.
Il est essentiel au cours d’une recherche de se poser des questions sur ce que l’on
connaît peu ou mal afin de compléter ses connaissances. Le lecteur constatera
d’ailleurs que les connaissances proposées ici ne se fondent en rien sur une érudition
peu utile. L’essentiel est, à l’écrit comme à l’oral, de montrer aux cor-recteurs et aux
examinateurs sa curiosité, sa volonté de comprendre le monde dans lequel nous vi-
vons.

Deuxième exercice :
Travail de brainstorming sur la notion d’espace rural (toujours en une demi-heure) :
– Rural vient du latin rus qui signifie la campagne.
– L’espace rural est donc la campagne qui se décompose en zones naturelles mais
aussi en zones agricoles.
– L’espace rural a été et est encore opposé à l’espace urbain.
– On oppose ainsi le citadin et le campagnard.
– Les espaces ruraux se désertifient.
– Chercher le pourcentage d’agriculteurs en France parmi les actifs.
– L’agriculture fait partie du secteur primaire.
– On parle de zones semi-urbaines ou semi-rurales.
– J’avais lu pour le bac français des extraits de La Yterre d’Emile Zola.
– Faire une recherche rapide sur José Bové.
– Penser aux OGM : organismes génétiquement modifiés.
– La PAC désigne la Politique Agricole Commune.
– Près de la moitié du budget européen est consacré à la PAC.
– Du coup il faut que je regarde quel est le total du budget européen.
– Espace rural me fait penser à jachère.
– J’avais appris au collège l’expression d’assolement triennal. Vérifier son sens.
– C’est Michel Barnier qui est l’actuel ministre de l’Agriculture.
– Regarder rapidement le site du salon de l’agriculture.
– Quels vins je pourrais citer (trouver un vin de Bordeaux, un de bourgogne par
exemple).

Commentaires :
Il s’agit là de nouveau des recherches d’un candidat et pas d’un corrigé. Il appartient
à chacun de faire ou pas les recherches proposées en fonction de ses propres connais-
sances, de compléter les savoirs exposés, d’élargir son champ de réflexion.

248 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Troisième exercice :
Recherche de différents plans à partir du sujet suivant :
En quoi peut-on dire que la ville est un espace de liberté ?
(Nous partons du principe que, soit le lecteur se sera livré à un travail de recherche
d’idées, d’arguments, d’illustrations sur ce sujet qui serait à traiter en une heure, soit
il essaiera de compléter les plans proposés à l’aide de recherches complémentaires.
Dans le premier cas de figure le travail préalable serait d’environ trente minutes et
la réalisation de chaque plan de dix minutes. Dans le second cas, seul le travail de re-
cherches d’idées et d’informations à partir du plan proposé serait à mener sur de nou-
veau une demi-heure environ).

Plan n° 1 :
I/La ville est un espace de liberté.

– Historiquement (c’est le lieu de la démocratie en Grèce durant l’Antiquité, l’en-


droit où s’instaurent les franchises urbaines au Moyen Âge, où se développe le
travail au dix-neuvième siècle.)
– Socialement (c’est le lieu des rencontres à l’inverse de la campagne, lieu du repli
sur soi, l’endroit où l’on peut faire société du fait de la diversité des citadins).
– Culturellement (c’est le lieu des cinémas, du théâtre, des expositions, etc.).

II/La ville est un espace qui étouffe.

– Historiquement (il n’est que de penser à la misère qui s’y développe avec la Ré-
volution industrielle, à la promiscuité, à la violence. Zola, mais aussi Dickens sont
à citer, de même que des films tels Gangs of New-York).
– Socialement (c’est le lieu de l’isolement, des voisins de palier inconnus, des im-
meubles sans chaleur humaine, des rues « carrefour des solitudes ». La ville déshu-
manise).
– Culturellement (c’est le lieu qui par la multiplication des sources de divertisse-
ments fait passer la connaissance au second plan par rapport à une culture de
l’immédiat, sans mise en perspective. En un mot c’est l’endroit où la mode d’au-
jourd’hui fait oublier celle d’hier).
Commentaires :
Il s’agit là d’un plan extrêmement classique de type thèse – antithèse. Son intérêt ré-
side davantage dans ses sous-parties que dans ses parties.
Plan n° 2 :
I/La ville est un espace qui étouffe.

– La violence y est omniprésente.


– Le logement y est souvent difficile.
– La pollution est un souci majeur.

Mettre tous les atouts de son côté 249


II/La ville est un espace de liberté.
– L’anonymat est un avantage indéniable comparé à l’univers de la campagne où
tout le monde connaît tout le monde.
– Comparer différentes villes entre elles : Paris, Londres, New-York, etc. (On pour-
rait citer ici la fascination de Woody Allen pour Manhattan).
– Les perpétuelles transformations des villes en font par définition un espace de li-
berté : à citer les analyses de Walter Benjamin ou de Julien Gracq).
Commentaires :
Ce plan est simplement l’inverse du précédent mais les arguments développés dans
ce dernier pourraient être remplacés ou complétés par ceux proposés ci-dessus. Le
deuxième traitement pourrait être plus international encore que le premier.

Plan n° 3 :

I/L’air de la ville rend libre économiquement.


– Évolution de la ville sur les deux siècles derniers.
– Importance du secteur tertiaire.

II/L’air de la ville rend libre socialement.


– Indépendance de chacun.
– Possibilité de participer à la construction de la vie de la cité.

III/L’air de la ville rend libre culturellement.


– La culture naît de la ville.
– Les évolutions culturelles se font en ville.
Commentaires :
Il s’agit d’un plan fondé sur trois thématiques qui permettent à chacun de dévelop-
per sans trop de difficultés des arguments et des illustrations classiques telles que
celles que l’on trouve dans les deux plans précédents.

Quatrième exercice :
Rédaction d’introductions et de conclusions à partir de plusieurs sujets.
Si cinq minutes peuvent être consacrées à chaque introduction et à chaque conclu-
sion, un travail préalable de recherches de trente minutes serait nécessaire, travail
complété par une élaboration d’un plan en deux parties de dix minutes environ,
comme pour les exercices précédents. Ainsi dans le cadre d’un devoir à élaborer en

250 La culture générale au concours de rédacteur territorial


une heure trente, il resterait trente-cinq minutes de rédaction et cinq minutes de re-
lecture. Ce minutage correspond à celui qui vous a été proposé au chapitre 10

Sujet n° 1 : Les soi-disant bienfaits de la campagne ne sont-ils pas un leurre ?

Exemple d’introduction
Face aux maux urbains qui se multiplient beaucoup de citadins rêvent d’un retour à
la campagne, gage pour eux d’une vie où leur bien-être pourrait s’épanouir naturel-
lement. Mais les soi-disant bienfaits de la campagne ne sont-ils pas un leurre ? Ré-
pondre à cette question revient à s’interroger sur les avantages que procurerait
l’espace rural face aux inconvénients de l’espace urbain. C’est pourquoi une première
partie sera consacrée à l’analyse des vertus du monde rural. Mais une seconde partie
nuancera les propos précédents car la campagne elle aussi souffre de difficultés que
les habitants des villes ne mesurent pas toujours très bien.

Exemple de conclusion
Ainsi les paroles de la chanson de Jean Ferrat intitulée « La montagne » ne sont plus
aussi vraies aujourd’hui. Certes le monde rural offre calme, bon air, retour aux sources.
Mais les émotions bucoliques qu’il engendre cachent un univers plus inquiétant qu’il
n’y paraît. La désertification est synonyme de solitude, la pollution n’est pas absente
du fait de l’élevage et des cultures intensifs, le repli sur soi est tout aussi important
que dans les grandes villes. C’est pourquoi on peut penser que les bienfaits de la cam-
pagne sont en partie un leurre mais en partie seulement. Car la multiplication des
moyens de communication couplés à un aménagement du territoire réfléchi permet
à celui qui s’en donne les moyens d’associer aux avantages de la campagne une so-
cialisation réussie.

Commentaires :
Cette introduction et cette conclusion sont construites à partir des étapes classiques
de la méthode exposée au chapitre 10. Pour les lecteurs qui auraient du mal à les
identifier, voici deux tableaux qui les mettent en évidence.
L’introduction :
La conclusion :
Présentation du sujet Face aux maux urbains qui se multiplient beaucoup de citadins rêvent
d’un retour à la campagne, gage pour eux d’une vie où leur bien-être
pourrait s’épanouir naturellement.
Rappel du sujet Mais les soi-disant bienfaits de la campagne ne sont-ils pas un leurre ?
Enoncé de la Répondre à cette question revient à s’interroger sur les avantages que
problématique procurerait l’espace rural face aux inconvénients de l’espace urbain.
Annonce du plan C’est pourquoi une première partie sera consacrée à l’analyse des
vertus du monde rural. Mais une seconde partie nuancera les propos
précédents car la campagne elle aussi souffre de difficultés que les
habitants des villes ne mesurent pas toujours très bien.

Mettre tous les atouts de son côté 251


Rappel du Ainsi les paroles de la chanson de Jean Ferrat intitulée « La montagne »
développement ne sont plus aussi vraies aujourd’hui. Certes le monde rural offre calme,
bon air, retour aux sources. Mais les émotions bucoliques qu’il
engendre cachent un univers plus inquiétant qu’il n’y paraît. La
désertification est synonyme de solitude, la pollution n’est pas absente
du fait de l’élevage et des cultures intensifs, le repli sur soi est tout
aussi important que dans les grandes villes.
Réponse à la question C’est pourquoi on peut penser que les bienfaits de la campagne sont
posée en partie un leurre mais en partie seulement.
Ouverture Car la multiplication des moyens de communication couplés à un
aménagement du territoire réfléchi permet à celui qui s’en donne les
moyens d’associer aux avantages de la campagne une socialisation
réussie.

Sujet n° 2 : La politique de la ville : échec ou succès ?

Exemple d’introduction
Depuis la création du premier ministère de la Ville en 1990, la politique de la ville
(qui naît dans les années 1970) a connu de nombreuses avancées, des expériences,
des réalisations à valeur de modèle, le tout encadré par un arsenal législatif de plus
en plus important. Vingt ans plus tard tenter de répondre à la question suivante : po-
litique de la ville : échec ou succès ? semble relever de la gageure. Les bilans faits sont
en effet laudatifs ou critiques selon les opinions politiques de leurs rédacteurs, selon
que l’on interrogera un travailleur social ou un élu. Ainsi pour répondre à cette ques-
tion il conviendra d’analyser dans une première partie la politique de la ville en termes
d’aménagement, pour dans une seconde partie s’intéresser aux dispositifs sociaux mis
en place.

Exemple de conclusion
Ainsi la politique de la ville ne peut être considérée comme une simple politique des
banlieues, tant ses réalisations se veulent multiples. Pour autant les analyses menées
ont permis de constater que la réussite n’était pas toujours au rendez-vous, même si
beaucoup pensent que si rien n’était fait la situation serait bien pire. Voilà pourquoi
le bilan de la politique de la ville ne peut rester qu’ambigu, même si cette réponse
est insatisfaisante. Reste à attendre pour pouvoir mesurer l’impact des nouvelles me-
sures prises en matière de logement social dans le cadre de la politique de la ville
voulue par son actuelle secrétaire l'État, par exemple.
Commentaires :
Cette introduction et cette conclusion répondent aux canons de l’exercice, ce qui est
un passage obligé pour tout candidat qui souhaite réussir son épreuve de culture gé-
nérale.
Signalons toutefois que, sur le fond, le plan proposé ne se fonde pas sur une oppo-
sition mais au contraire sur une complémentarité dans le traitement des problèmes

252 La culture générale au concours de rédacteur territorial


urbains. C’est à l’intérieur des deux parties que seraient analysés les succès et les
échecs.
Enfin voici deux tableaux qui, comme ceux de la première introduction et de la pre-
mière conclusion, permettent de bien distinguer les différentes étapes élaborées.
L’introduction :

Présentation du sujet Depuis la création du premier ministère de la Ville en 1990, la politique


de la ville (qui naît dans les années 1970) a connu de nombreuses
avancées, des expériences, des réalisations à valeur de modèle, le tout
encadré par un arsenal législatif de plus en plus important.
Rappel du sujet Vingt ans plus tard tenter de répondre à la question suivante : politique
de la ville : échec ou succès ?
Enoncé de la Semble relever de la gageure. Les bilans faits sont en effet laudatifs ou
problématique critiques selon les opinions politiques de leurs rédacteurs, selon que l’on
interrogera un travailleur social ou un élu.
Annonce du plan Ainsi, pour répondre à cette question il conviendra d’analyser dans une
première partie la politique de la ville en terme d’aménagement, pour
dans une seconde partie s’intéresser aux dispositifs sociaux mis en
place.

La conclusion :
Rappel du Ainsi la politique de la ville ne peut être considérée comme une simple
développement politique des banlieues, tant ses réalisations se veulent multiples. Pour
autant les analyses menées ont permis de constater que la réussite
n’était pas toujours au rendez-vous, même si beaucoup pensent que si
rien n’était fait la situation serait bien pire.
Réponse à la question Voilà pourquoi le bilan de la politique de la ville ne peut rester
posée qu’ambigu, même si cette réponse est insatisfaisante.
Ouverture Reste à attendre pour mesurer par exemple l’impact des nouvelles
mesures prises en matière de logement social dans le cadre de la
politique de la ville voulue par son actuelle secrétaire l'État.

Bibliographie incitative
Un site internet essentiel : www.ville.gouv.fr
Philippe de Castelbajac et Jérôme Monod, L’aménagement du territoire,Que
sais-je ? 2006.
Francis Godard, La ville en mouvement ,Gallimard, 2001.

Mettre tous les atouts de son côté 253


S’auto-évaluer
Chapitre 17
Thème traité :
Vieillissement de la population.
Les retraites
Plusieurs formes possibles d’auto-évaluation
Dans le cadre d’une préparation à une épreuve de concours, il existe différentes ma-
nières de s’auto-évaluer. Ainsi il peut s’agir de vérifier :
– si sa préparation est conforme à la méthode suivie ;
– si ses acquis en termes de connaissances et d’outils correspondent à ceux à ac-
quérir à un moment précis de la préparation (en un mot d’évaluer ses progrès) ;
– si les exercices réalisés sont en adéquation avec les attentes des correcteurs.
C’est de cette troisième forme d’auto-évaluation dont il est question dans ce cha-
pitre, troisième forme qui se décompose elle-même en deux possibilités :
– s’auto-évaluer à partir d’une grille théorique de correction ;
– s’auto-évaluer à l’aide d’une grille adaptée à un sujet particulier.

1. S’auto-évaluer à partir d’une grille théorique de correction


L’objectif essentiel de cet ouvrage étant de vous préparer à répondre à un sujet de
culture général à l’écrit, sujet qui peut être traité sur une durée qui varie de trente-
cinq minutes à trois heures, et de vous préparer à réussir l’épreuve orale d’entretien
(qui sera vue dans la dernière partie), vous devez posséder une grille d’auto-évalua-
tion théorique qui vous permette, face à n’importe quel sujet, de valider la qualité
de votre réponse (de vos réponses pour les candidats au concours interne).
Ainsi le jour du concours vous devrez pouvoir vérifier que vous avez atteint les ob-
jectifs dispensés dans cet ouvrage. Mais bien évidemment vous ne pourrez pas vali-
der votre ou vos réponses en fonction des attentes des correcteurs sur le fond. Dès
lors seule une grille d’auto-évaluation est possible, aussi bien le jour J que pour tous
les exercices que vous réaliserez durant votre préparation.
La maîtrise de cette grille et la volonté de la valider sont des éléments forts de votre
réussite. Trop de candidats en effet se contentent à la fin de leur(s) devoir(s) de se
relire pour corriger quelques fautes (ce qui est louable mais inefficace comme nous
l’avons vu) tout en essayant de se mettre une note en se demandant si leur copie est
plus ou moins réussie. Dès lors leur relecture est entravée par cette envie de se noter
; de plus cette notation subjective n’a aucune efficacité.
Il faut donc avoir à l’esprit des repères précis à atteindre, repères qui constituent au-
tant de points à gagner ou à perdre.
C’est pourquoi nous vous proposons la grille d’auto-évaluation suivante. Cette grille

Mettre tous les atouts de son côté 257


est valable pour toutes les durées possibles correspondant à des questions sur 4, 5, 6,
10 et 20 points. Fournir une grille par durée d’exercice nous a paru en effet source
de difficultés. Il vaut mieux que le lecteur adapte simplement le contenu quantitatif
de son rendu à la durée de l’exercice car si les réponses sont plus ou moins longues,
elles sont toutes bâties sur un modèle commun.
Ainsi en matière d’expression la qualité de chaque réponse doit être la même. Quel
que soit le temps imparti, le sujet doit être rappelé dans l’introduction et la conclu-
sion doit contenir la réponse à la question posée explicitement dans le sujet ou im-
plici-tement suggérée.
Par contre, comme nous l’avons vu dans les chapitres précédents, l’introduction d’une
réponse à rédiger en une trentaine de minutes ne contiendra pas forcément une an-
nonce de plan. De même une ouverture dans la conclusion n’est pas obligatoire, et
ce quel que soit l’exercice.
Voilà pourquoi chacun adaptera la grille suivante d’un point de vue essentiellement
quantitatif.
OUI NON EN PARTIE SEULEMENT
Introduction :
Le sujet est annoncé
Le sujet est rappelé
Une problèmatique est posée
Un plan réussi est énoncé
Développement :
Le plan énoncé est respecté
Chaque partie (ou sous partie) est
structurée en paragraphes
Les paragraphes s’enchaînent
logiquement grâce à des connecteurs.
L’ensemble du développement contient :
– des idées fortes,
– des arguments qui les justifient,
– des illustrations.
Les deux (ou trois) grandes parties sont
coordonnées par une phrase de transition
Conclusion :
L’essentiel du développement est rappelé.
Une réponse au sujet est fournie.
Une ouverture efficace est présente
Sur l’ensemble de la copie :
L’expression est correcte en termes :
– de style,
– de syntaxe,
– de vocabulaire,
– d’orthographe.
La copie est bien présentée.
La copie est propre.
Il n’y a pas de signes distinctifs.

258 La culture générale au concours de rédacteur territorial


2. S’auto-évaluer à l’aide d’une grille adaptée à un sujet
particulier
Cette seconde possibilité ne s’offre que dans trois cas de figure :
– soit le candidat suit une préparation via un organisme ;
– soit il dispose d’ouvrages contenant des grilles adaptées à des sujets précis ;
– soit il travaille avec d’autres candidats et chacun tente de donner un contenu
spécifique à une grille théorique.
Dans les trois cas énoncés ci-dessus il faut que le candidat, après avoir traité un su-
jet, puisse s’auto-évaluer en fonction des attentes précises du correcteur adaptées au
sujet traité, que ce correcteur soit un formateur, un auteur d’ouvrage pédagogique,
un candidat s’étant mis en situation de correcteur.
Si le candidat ne se prépare qu’à l’aide d’ouvrages contenant des grilles d’auto-éva-
luation, il ne pourra pas comparer sa propre évaluation avec celle d’un correcteur.
S’il suit une préparation ou s’il travaille avec d’autres candidats, sa copie pourra être
évaluée et il pourra alors comparer son jugement à celui d’un correcteur profession-
nel (son formateur) ou occasionnel (un candidat).
À partir de la grille précédente ou d’une grille équivalente, il s’agit pour le « correc-
teur » de lui donner un contenu adapté au sujet traité.
C’est ce qui vous sera proposé dans le traitement du thème de ce chapitre à partir
d’un sujet portant sur le vieillissement de la population.

3. Savoir s’auto-évaluer
Qu’il s’agisse de s’évaluer à partir d’une grille théorique ou d’une grille adaptée à
l’exercice réalisé, le travail doit être fait de la manière la plus objective possible. Tout
le monde a, ne serait-ce qu’en tant qu’élève, vécu l’expérience de recevoir une note
très éloignée de ses attentes, attentes en général bien supérieures à la note reçue !0
C’est pourquoi, même si une part de subjectivité entre obligatoirement en compte
dans toute évaluation (même en mathématiques vous diront les professeurs de cette
matière), il vous faut être le plus précis possible dans votre évaluation afin de coller
du mieux possible aux attentes des correcteurs.
Pour se faire il vous faut garder sans cesse en mémoire les paramètres sur lesquels
s’appuient les correcteurs pour vous noter. Certains sont totalement objectifs telle
l’expression écrite qu’il ne faut pas confondre avec le style. Deux correcteurs pour-
ront ainsi avoir trouvé exactement le même nombre de fautes de français mais se sé-
parer sur l’évaluation du style du candidat, l’un le trouvant correct et l’autre
insuffisamment travaillé. De même l’évaluation de la présence d’un plan à la fin d’une
introduction ne doit pas poser de problèmes d’évaluation. Par contre cette annonce
pourra être jugée plus ou moins claire par les correcteurs.

Mettre tous les atouts de son côté 259


Dès lors plus vous vous serez entraîné à mesurer vos prestations objectivement,
meilleur vous serez le jour du concours.
Sur la forme, sur la structure de votre réponse ou de vos réponses, vous devez pos-
séder tous les critères puisqu’ils sont connus par avance.
Sur le fond, vous devez essayer de mesurer le niveau de vos idées, de vos arguments,
de vos illustrations à l’aune de votre culture générale. Plus celle-ci sera importante
plus votre auto-évaluation sera bonne, et donc meilleure sera votre note. Si vous tom-
bez sur un thème que vous n’avez pas travaillé, vous ne pourrez fixer la barre requise
en termes de réflexion pour juger de la qualité de ce que vous avez à dire.

L’auto-évaluation sert en effet à se fixer des objectifs et pas seulement à évaluer sa


prestation. Car que celle-ci soit bonne ou mauvaise, il n’est plus temps de recom-
mencer. Dès lors dans les premiers temps de sa préparation l’auto-évaluation est plu-
tôt un objectif à atteindre et plus l’on s’approche du jour de l’épreuve plus cette
auto-évaluation doit devenir un moyen au service de sa réussite puisqu’elle doit fonc-
tionner comme un guide vers le succès.

4. Un exercice concret d’évaluation


Voici une introduction à parti d’un sujet dont le libellé est le suivant :
Michel Rocard disait que la question des retraites était un sujet qui pouvait faire sauter
plusieurs gouvernements. Que pensez-vous de cette affirmation ?
Évaluez-la comme si vous en étiez l’auteur à l’aide de la partie correspondante de la
grille d’évaluation qui vous est donnée ci-dessous. Vous n’oublierez pas de valider les
critères classiques d’expression.
Introduction :
Un Premier ministre a affirmé que la question des retraites pouvait faire sauter plu-
sieurs gouvernements. Pour répondre à cette citation nous verrons s’il a raison puis
qu’il a tort.

Grille d’auto-évaluation de cette introduction à remplir par le lecteur.

OUI NON EN PARTIE SEULEMENT


Introduction :
Le sujet est annoncé
Le sujet est rappelé
Une problèmatique est posée
Un plan réussi est énoncé
L’expression est correcte

260 La culture générale au concours de rédacteur territorial


OUI NON EN PARTIE SEULEMENT
Introduction :
X
Le sujet est annoncé
Le sujet est rappelé X
Une problèmatique est posée X
Un plan réussi est énoncé X
L’expression est correcte X

Commentaires :
Chaque lecteur a dû constater que le « candidat » :
– commençait directement son introduction par le rappel du sujet,
– qu’il ne posait aucune problématique,
– que son plan, de type thèse antithèse, n’avait guère d’efficacité,
– que son expression était fautive dans l’annonce du plan : on ne répond pas à une
citation mais à une affirmation, et la tournure grammaticale «… s’il a raison puis
qu’il a tord. » est incorrecte.

Nouvelle introduction :
L’allongement de la durée de vie des Français et une démographie insuffisante de-
puis plusieurs années sont les deux paramètres fondamentaux dont tout gouverne-
ment doit tenir compte en matière de retraite. Pour autant une adaptation des
différents régimes de retraite à la société d’aujourd’hui est un sujet si difficile que
Michel Rocard, Premier ministre de mai 1988 à mai 1991 affirmait que cette question
risquait de faire sauter plusieurs gouvernements. Il n’empêche que plusieurs gouver-
nements ont tenu compte du livre blanc rédigé par le même Michel Rocard. Ainsi
nous montrerons dans une première partie que si ce sujet a longtemps été considéré
comme tabou puisque relevant des avantages acquis, la sagesse veut que des mesures
soient prises si l’on ne veut pas voir un jour les différentes caisses de retraites en ces-
sation de paiement.

Grille d’auto-évaluation à remplir par le lecteur.

OUI NON EN PARTIE SEULEMENT


Introduction :
Le sujet est annoncé
Le sujet est rappelé
Une problèmatique est posée
Un plan réussi est énoncé
L’expression est correcte

Mettre tous les atouts de son côté 261


Correction de la grille d’auto-évaluation

OUI NON EN PARTIE SEULEMENT


Introduction :
X
Le sujet est annoncé
Le sujet est rappelé X
Une problèmatique est posée X
Un plan réussi est énoncé X
L’expression est correcte X

Commentaires :
L’introduction proposée est une introduction qui répond aux critères définis. Cette
introduction serait jugée réussie par n’importe quel correcteur du concours de ré-
dacteur.
Rappelons une fois de plus qu’elle ne serait pas attendue d’un candidat au concours
interne répondant à une question sur cinq ou six points. En revanche elle correspond
à une introduction classique dans le cadre d’une question sur dix points ou pour le
concours externe.

262 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Thème 17 : Le vieillissement de la population.
Les retraites
Ce thème sera traité en vous proposant un sujet de réflexion à traiter puis une auto-
évaluation à réaliser à l’aide de la grille fournie. L’auteur de la grille n’a indiqué sur
le fond que les connaissances qui lui paraissaient indispensables à la réussite de l’exer-
cice en fonction du niveau du concours de rédacteur territorial. Il s’agit donc des
connaissances minimales qui permettraient d’obtenir la moyenne pour une épreuve
du concours externe.

Sujet : « La vieillesse est un naufrage » Charles de Gaulle.

Que pensez-vous de cette affirmation ?

Grille d’auto-évaluation.

OUI NON EN PARTIE SEULEMENT

Introduction :
Le sujet est annoncé par :
– l’espérance de vie en hausse,
– le nombre de centenaires en augmentation,
– la mort en 1970 à près de quatre-vingts ans
du général de Gaulle
– une autre information recevable.

Le sujet est rappelé.

Une problématique est posée :


– elle rappelle les progrès de la science depuis
presque quarante ans,
– elle insiste sur les conditions de vie en nette
amélioration.
– elle énonce que si la vieillesse peut être un
naufrage elle ne doit pas en être un.

Un plan réussi est énoncé :


à partir de la problématique du candidat,
– en soulignant le rôle de tous les acteurs
dans ce domaine et notamment les CT.

Mettre tous les atouts de son côté 263


OUI NON EN PARTIE SEULEMENT

Développement :
Le plan énoncé est respecté

Chaque partie (ou sous partie) est


structurée en paragraphes.
Les paragraphes s’enchaînent
logiquement grâce à des connecteurs.

L’ensemble du développement contient :


– des idées fortes, parmi lesquelles on devrait
trouver :
– le vieillissement de la population,
– la coïncidence ou pas vieillesse – retraite,
– le troisième et le quatrième âge,
– la place des seniors
– une analyse des raisons d’un « naufrage »,
– les solutions mises en place.
– des arguments qui les justifient, parmi
lesquels on devrait trouver :
– la pyramide des âges en France,
– du baby boom au papy boom,
– la solitude des anciens,
– le problème des retraites,
– le rôle de l'État,
– le rôle des CT.
– des illustrations, parmi lesquelles on devrait
trouver :
– la canicule de l’été 2003 (15 000 décès),
– le coût des maisons de retraites,
– le pouvoir d’achat des seniors,
– le rôle intergénérationnel des personnes
âgées,
– l’augmentation du nombre de centenaires,
– la journée de solidarité envers les personnes
âgées.

Les deux (ou trois) grandes parties sont


coordonnées par une phrase de transition.
Conclusion :
L’essentiel du développement est rappelé.

264 La culture générale au concours de rédacteur territorial


OUI NON EN PARTIE SEULEMENT

Une réponse au sujet est fournie, réponse


qui insiste sur la prise en charge
indispensable des personnes âgées par la
société d’aujourd’hui
Une ouverture efficace est présente, elle peut
porter :
– sur les recherches concernant la maladie
d’Alzheimer,
– sur l’opposition entre deux films : Cocoon
et Soleil vert,
– sur une autre réflexion intéressante.

Sur l’ensemble de la copie :


L’expression est correcte en termes :
– de style,
– de syntaxe,
– de vocabulaire,
– d’orthographe.

La copie est bien présentée.

La copie est propre.


Il n’y a pas de signes distinctifs.

Commentaires de la grille.
Cette grille associe des paramètres de fond et de forme. Ceux de forme reprennent
la grille précédente, ceux de fond sont d’un niveau correct par rapport aux exigences
du concours. Les candidats ayant fait des recherches sur le thème de ce chapitre au-
ront pu compléter chaque idée et argument et ajouter d’autres illustrations possibles.
Enfin signalons que les indications de correction ne fournissent pas de notations pré-
cises en fonction de la présence ou de l’absence de telle ou telle connaissance, de
telle ou telle qualité. Hormis l’expression qui est affectée d’un barème de deux points
en moins au-delà de vingt fautes d’expression, les binômes de correcteurs ont toute
liberté dans leur évaluation, à partir du moment où celle-ci est justifiée de manière
objective.

Bibliographie incitative
Face aux très nombreux ouvrages sur le sujet qui sont plus souvent des ma-
nuels sur l’art de la retraite que des ouvrages de fond sur le sujet, nous vous
conseillons le site www.vie-publique.fr qui contient de nombreux rapports à la
fois sur le vieillissement de la population et sur le problème des retraites.

Mettre tous les atouts de son côté 265


Se mettre en condition
pour l’épreuve
Chapitre 18
Thème traité :
Science et technologie
Se mettre en condition pour l’épreuve
1.1 Une épreuve, c’est… éprouvant !
Le mot « épreuve » est en lui-même lourd de signification ! Ce substantif signifie en
effet souffrance, danger, aventure risquée, tout autant que tentative, essai, test.
Personne ne se soumet à une épreuve avec enthousiasme, et il est bien naturel d’avoir
de l’appréhension au moment d’en affronter une, de quelque nature qu’elle soit. Les
acteurs ou les chanteurs avant d’entrer en scène, les sportifs avant de s’engager sur
un terrain ou sur une piste, les conférenciers, les hommes politiques, les candidats à
un poste durant un entretien de recrutement, tout le monde a « le trac », sinon des
mois avant l’épreuve, au moins juste avant.

Pourquoi ?
Parce que dans chacune de ces situations, on se trouve confronté au regard des
autres, c’est-à-dire à leur jugement. Même si l’épreuve se déroule de façon solitaire à
l’écrit, elle va se clore quelques semaines plus tard sur un verdict : réussite ou échec.
Il s’agit donc bien d’un jugement : celui direct des correcteurs et des examinateurs,
celui indirect des proches, des collègues.

Dans une épreuve de culture générale, le jugement porte sur des capacités qui sont
par définition un peu difficiles à mesurer, du fait d’une part de l’absence de réponse
exacte à découvrir (malgré pour les candidats une préparation qui fixe des objectifs à
atteindre et pour les correcteurs des indications de correction), et d’autre part de par
les nombreuses voies de réflexion qui s’offrent sur un même sujet (d’où plusieurs
plans possibles pour chaque sujet).
De plus, quelle que soit la préparation menée, ce que je sais, c’est forcément bien peu
de chose par rapport à tout ce qu’il y a à savoir d’une question ; d’autres, sur la même
question, en savent forcément plus que moi. L’épreuve est donc particulièrement
angoissante car chacun se juge par rapport à ce qu’il croit devoir être dit sur une ques-
tion et par rapport à ce qu’il croit être le niveau de ses adversaires (d’où l’importan-
ce de grilles d’évaluation à remplir ou à fabriquer durant sa préparation afin, ni de se
dévaloriser, ni de se survaloriser).
Un candidat, même bien préparé, se sentira donc en situation d’infériorité par
rapport aux correcteurs (qui, eux, ont des indications de correction correspondant au

Mettre tous les atouts de son côté 269


niveau requis) et par rapport aux autres candidats (dont il croit qu’ils sont bien
meilleurs que lui). Il faut donc tenter de compenser ce déficit qui est psychologique-
ment pénalisant même si la réalité ne correspond pas forcément à ce que chacun
pense. Il est en effet difficile de juger « à chaud » de son écrit. C’est pourquoi il
convient d’avoir bien mesurer les paramètres sur lesquels se portera l’attention des
deux correcteurs de façon à construire une ou plusieurs réponses qui soient au niveau
des exigences du concours.

Il importe par conséquent de se préparer d’autant plus à l’épreuve comme le font les
sportifs. Un sportif apprend des techniques, il s’entraîne pendant des semaines, ou
des mois, répétant les mêmes gestes, il cherche à améliorer ses performances en
veillant à sa bonne forme physique et mentale. Puis quelque temps avant l’épreuve,
un match, une compétition, il modifie un peu son comportement habituel, c’est-à-
dire qu’il se concentre sur ses objectifs sans se dévaloriser par rapport au niveau de
ses adversaires. En un mot il vous faut avoir confiance en vous sans vous montrer pré-
tentieux, connaître vos forces et ne pas oublier durant l’épreuve de compenser vos
faiblesses.

Ce chapitre a donc pour objet de dresser une liste de conseils qui pourront vous être
utiles pendant votre travail de préparation au concours, et particulièrement dans les
derniers temps de cette préparation.

1.2 Les bonnes conditions pour se présenter à


l’épreuve
1. La préparation à une épreuve de culture générale diffère un peu de la préparation
à une épreuve dans une autre discipline en ceci qu’il n’y a pas un moment où l’on
puisse se dire : « voilà, j’ai étudié tout le programme. » ou « les deux tiers » comme
en droit par exemple, ou encore « j’ai fait tous les exercices correspondant à tel cha-
pitre » comme en mathématiques par exemple. Un candidat a toujours l’impression
de n’être jamais suffisamment prêt pour ce type d’épreuve, toute connaissance acqui-
se laissant entrevoir d’autres savoirs à maîtriser, la culture générale pouvant peut-être
dès lors se définir comme ce que l’on n’a pas encore appris !

De « programme », il n’y en a pas, et, sur tous les thèmes qui peuvent faire partie de
la culture générale telle que nous l’avons présentée dans les premiers chapitres, on
peut indéfiniment travailler : lire davantage, creuser un point, s’entraîner à répondre
à de nouvelles questions…

Premier comportement à éviter, en conséquence : entamer avec fébrilité la lecture de


nouveaux ouvrages sur des thèmes étudiés au cours des mois précédents.

270 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Ces lectures vous profiteraient bien peu, d’une part parce qu’on ne retient pas bien
ce qu’on lit fébrilement, d’autre part parce qu’elles vous feraient perdre un temps
précieux pour une activité plus « rentable ». Vous devez respecter le planning que
vous avez élaboré au début de votre préparation, vous y tenir.

Les dernières semaines de préparation, ou en tout cas les derniers jours, doivent être
consacrés à des révisions, et surtout pas à l’exploration de thèmes que vous n’auriez
pas étudiés du tout, ou à l’approfondissement de thèmes que vous auriez seulement
survolés auparavant. Vous vous êtes formé, sur une liste de thèmes choisis, des dos-
siers et des fiches thématiques : ces outils vont vous être particulièrement précieux à
ce stade de votre travail.

• Relisez vos fiches, essayez de bien mémoriser des faits, des dates, des chiffres, des
noms dont vous vous dites qu’ils pourront vous servir si vous êtes interrogé(e) sur
les thèmes traités dans ces fiches. Et bien sûr, continuez votre veille sur l’actualité
: des évènements récents seront de bonnes illustrations à utiliser à l’écrit comme à
l’oral. Continuez donc à lire la presse et à écouter ou regarder les informations. Car
même si le sujet d’écrit pour les externes et les sujets d’écrit pour les internes ont
été élaborés quelques semaines avant le jour de l’épreuve, l’actualité fournira cer-
tai-nement des éléments de réflexion.
2. Pendant les semaines de votre préparation, vous avez acquis des méthodes et des
techniques :
– pour rassembler vos connaissances sur un sujet donné et les enrichir,
– pour découvrir des réflexions intéressantes,
– pour construire des analyses efficaces,
– pour rédiger correctement.

Les premières fois que vous avez essayé d’appliquer des techniques nouvelles pour
vous, vous y avez probablement passé beaucoup de temps. Dès lors, dans les derniers
temps avant un examen ou un concours, on est parfois tenté de se dire : « c’est trop
long d’utiliser cette méthode, tant pis, je vais faire sans ».
Pourtant, si vous vous êtes entraîné un tant soit peu, vous avez pu vérifier qu’à
chaque exercice vous alliez plus vite. La vitesse d’exécution d’un exercice s’accroît à
force de répéter l’exercice. Petit à petit, les différentes étapes d’une méthode devien-
nent des automatismes. Comptez donc sur ces processus cognitifs souvent incons-
cients, et ne renoncez pas à des armes que vous vous êtes forgées au fil du temps, qui
ont toute leur valeur. D’une certaine manière, respectez votre travail de préparation
en l’utilisant le jour du concours.

• Faites autant d’exercices d’entraînement que vous le pourrez, en suivant les


conseils donnés au chapitre 16 : alterner exercices partiels et complets, minutés et
non minutés. Et puis, reprenez des énoncés sur lesquels vous avez « planché » tout

Mettre tous les atouts de son côté 271


au début de votre préparation : vous constaterez vous-même les progrès que vous
avez faits, et cela augmentera votre confiance en vous, condition essentielle pour
réussir une épreuve.

Il est en effet indispensable que vous ayez confiance en vous au moment de passer
vos épreuves, quelle que soit la modestie naturelle qui est la vôtre. Après tout, dites-
vous qu’il est certainement plus difficile d’effectuer durant plusieurs années les mis-
sions d’un rédacteur territorial que de passer le concours qui permet d’obtenir ce
grade !

Quant à l’attitude à adopter quelques jours avant l’épreuve, il appartient à chacun de


se comporter en fonction de ce qui lui paraît le plus efficace : certains auront besoin
de se détendre, d’autres préféreront réviser jusqu’à la veille du jour J. Il n’y a pas de
meilleure attitude, hormis le fait de tenir compte des conseils donnés plus haut.

Le jour même de l’épreuve

1. Évidemment, comme pour toute épreuve, pour être dans les meilleures conditions
possibles le jour J, mieux vaut avoir suivi quelques conseils hygiéniques de bon sens
(éviter de veiller les jours précédents, avoir une alimentation équilibrée, ne pas
consommer de produits excitants, etc.). Pour celles et ceux qui risquent d’être handi-
capés par un stress trop important, l’homéopathie, l’acupuncture, la sophrologie, etc.
peuvent être des techniques efficaces. Mais il faut les mettre en pratique plusieurs
mois avant le concours pour qu’elles produisent toute leur efficacité.

Mais si une bonne forme physique et psychologique est nécessaire, une bonne hygiè-
ne mentale s’impose aussi. Il est important d’arriver le jour de l’épreuve en se disant
: « Je me suis préparé(e) aussi bien que je l’ai pu. Sur certaines questions je me sens
moins à l’aise que sur d’autres, mais j’ai pour moi de toute façon d’avoir une métho-
de qui me garantira contre de nombreux écueils ».

En effet, si vous avez suivi la méthode proposée dans ce manuel, vous ne devriez pas
– répondre « à côté » à une question,
– laisser en blanc la réponse à une des questions posées,
– ne vous occuper que du contenu et pas de la forme, ni l’inverse.

2. L’affolement est bien entendu à éviter absolument. Lorsque vous prendrez connais-
sance des sujets pour les candidats internes et du sujet pour les candidats externes, ne
vous laissez pas aller à perdre du temps en déplorant de n’avoir pas mieux étudié tel
thème, ou en vous inquiétant de possibles défaillances de votre mémoire.

272 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Peut-être serez-vous surpris(e) par quelque chose : le nombre de questions posées (5
alors que vous en espériez 3) ? La longueur des énoncés (une citation de trois lignes
alors que vous ne vous étiez jamais entraîné sur ce genre de sujet) ? Le barème (une
question sur 4 points, une sur 6 points et la dernière sur 10 points) ?
Dites-vous bien que la méthode que vous possédez maintenant vous arme face à n’im-
porte quel type de sujet.
Dites-vous aussi, bien sûr, que les autres candidats sont confrontés à la même situa-
tion que vous, et qu’ils éprouvent sûrement la même surprise.
Ne perdez donc pas de temps inutilement et concentrez-vous sur le travail que vous
avez à accomplir :

• Lisez très attentivement tout ce qui figure sur les documents qui vous auront été dis-
tribués (les questions, les barèmes, les consignes particulières pour tel énoncé).

• Déduisez tout de suite le temps que vous consacrerez à chaque question de l’épreu-
ve en fonction du barème ou de son absence (le chapitre suivant évoque cette ques-
tion).

• Appliquez tous les conseils méthodologiques abordés dans ce manuel et notam-


ment le découpage temporel qui est le fil conducteur indispensable à votre réussite.

C’est ainsi et seulement ainsi que vous donnerez le meilleur de vous-même et que
vous serez déclaré admissible.

Mettre tous les atouts de son côté 273


Thème 18 : Science et technologie
Ce chapitre ne traitant pas directement de la méthode propre aux deux exercices ana-
lysés dans cette partie de l’ouvrage consacrée à l’écrit, nous avons choisi de traiter le
thème des science et technologie en l’orientant sur le rapport au corps, bonne ma-
nière selon nous de relier le contenu-méthode du chapitre à son contenu-savoir.
De plus, afin de rendre ce traitement efficace, nous vous proposons un certain nombre
de questions dont la recherche des réponses constitue une application des conseils
méthodologiques de l’ensemble de l’ouvrage. Certaines réponses se trouvent
d’ailleurs dans l’ouvrage. Vous pouvez dès lors profiter de ces questions pour faire
quelques révisions.

Questions générales :
– Quelle définition donner du progrès ?
– Quelle définition donner de la science et de la technologie ?
– Quelle différence entre science et technologie ?
– Quelle différence entre technologie et technique ?
– Est-ce la science ou la technique qui est apparue en premier ?
– Quelles sont les sciences et les technologies que je pourrais citer ?
– Quels scientifiques et techniciens pourrais-je citer (et pas seulement au vingtième
siècle ?
– Quels prix Nobel pourrais-je citer ?
– Quels sont les domaines contemporains que les sciences et les technologies ont le
plus transformés ?
– Comment classer ces transformations d’un point de vue positif mais aussi d’un point
de vue négatif ?

Questions en relation avec le corps :


– Quels liens entre sciences, technologie, santé ?
– Quelle est mon analyse de la médecine aujourd’hui ?
– Quels appareils médicaux pourrais-je citer ?
– Quels sont les domaines de recherche les plus en pointe ?
– Comment définir les « biotechnologies » ?
– Comment définir la « bioéthique » ?
– Qu’est-ce que l’ADN ?

Mettre tous les atouts de son côté 275


– Que pourrais-je dire sur l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP) ?
– Quelle est ma position sur les dons d’organes ?
– Qu’entend-on par cellules souches ?
– Comment définir le clonage ?
– Que dit le droit dans les quatre domaines précédents ?
– Que sais-je sur le Comité Consultatif National d’Ethique ?
– De quand date la pilule ?
– Qui est Lucien Neuwirth ?

Questions en relation avec le thème ?


– Tout progrès est-il positif ?
– Comment distinguer raison, rationalité, rationalisme ?
– Les progrès technologiques ne menacent-ils pas l’emploi ?
– Quels liens entre nouvelles technologies et société de consommation ?
– Les nouvelles technologies sont-elles libératrices ou aliénantes ?
– La science actuelle devrait-elle nous faire peur ?

Pour finir voici un texte très ancien mais tout à fait d’actualité, comme tous les grands
textes philosophiques. Il s’agit d’un extrait d’un ouvrage de Platon qui s’intitule Pro-
tagoras. Lisez-le en vous demandant quel en est l’intérêt principal.
C’était au temps où les Dieux existaient, mais où n’existaient pas les races mortelles.
Or, quand est arrivé pour celles-ci le temps où la destinée les appelait aussi à l’exis-
tence, à ce moment les Dieux les modèlent en dedans de la terre, en faisant un mé-
lange de terre, de feu et de tout ce qui encore peut se combiner avec le feu et la
terre. Puis, quand ils voulurent les produire à la lumière, ils prescrivirent à Prométhée
et à Epiméthée de les doter de qualités, en distribuant ces qualités à chacune de la
façon convenable. Mais Epiméthée demande alors à Prométhée de lui laisser faire
tout seul cette distribution : »Une fois la distribution faite par moi, dit-il, à toi de
contrôler ! » Là-dessus, ayant convaincu l’autre, le distributeur se met à l’œuvre.
En distribuant les qualités, il donnait à certaines races la force sans la vélocité
; d’autres, étant plus faibles étaient par lui dotées de vélocité ; il armait les unes, et,
pour celles auxquelles il donnait une nature désarmée, il imaginait en vue de leur
sauvegarde quelque autre qualité : aux races, en effet, qu’il habillait en petite taille,
c’était une fuite ailée ou un habitat souterrain qu’il distribuait ; celles dont il avait
grandi la taille, c’était par cela même aussi qu’il les sauvegardait. De même, en tout,
la distribution consistait de sa part à égaliser les chances, et, dans tout ce qu’il ima-
ginait, il prenait ses précautions pour éviter qu’aucune race ne s’éteignît.

276 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Mais, une fois qu’il leur eut donné le moyen d’échapper à de mutuelles des-
tructions, voilà qu’il imaginait pour elles une défense commode à l’égard des varia-
tions de température qui viennent de Zeus : il les habillait d’une épaisse fourrure aussi
bien que de solides carapaces, propres à les protéger contre le froid, mais capables
d’en faire autant contre les brûlantes chaleurs ; sans compter que, quand ils iraient
se coucher, cela constituerait aussi une couverture, qui pour chacun serait la sienne
et qui ferait naturellement partie de lui-même ; il chaussait telle race de sabots de
corne, telle autre de griffes solides et dépourvues de sang. En suite de quoi, ce sont
les aliments qu’il leur procurait, différents pour les différentes races pour certaines
l’herbe qui pousse de la terre, pour d’autres, les fruits des arbres, pour d’autres, des
racines ; il y en a auxquelles il a accordé que leur aliment fût la chair des autres ani-
maux, et il leur attribua une fécondité restreinte, tandis qu’il attribuait une abon-
dante fécondité à celles qui se dépeuplaient ainsi, et que, par là, il assurait une
sauvegarde à leur espèce.

Mais, comme (chacun sait cela) Epiméthée n’était pas extrêmement avisé, il
ne se rendit pas compte que, après avoir ainsi gaspillé le trésor des qualités au pro-
fit des êtres privés de raison, il lui restait encore la race humaine qui n’était point do-
tée ; et il était embarrassé de savoir qu’en faire. Or, tandis qu’il est dans cet embarras,
arrive Prométhée pour contrôler la distribution ; il voit les autres animaux convena-
blement pourvus sous tous les rapports, tandis que l’homme est tout nu, pas chaussé,
dénué de couvertures, désarmé. Déjà, était même arrivé cependant le jour où ce de-
vait être le destin de l’homme, de sortir à son tour de la terre pour s’élever à la lu-
mière. Alors Prométhée, en proie à l’embarras de savoir quel moyen il trouverait pour
sauvegarder l’homme, dérobe à Héphaïstos et à Athéna le génie créateur des arts, en
dérobant le feu (car, sans le feu, il n’y aurait moyen pour personne d’acquérir ce gé-
nie ou de l’utiliser) ; et c’est en procédant ainsi qu’il fait à l’homme son cadeau. Voilà
donc comment l’homme acquit l’intelligence qui s’applique aux besoins de la vie. Mais
l’art d’administrer les Cités, il ne le posséda pas !
Platon, Protagoras, 320d-322c.

Réponse :

L’intérêt de ce texte tient dans sa dernière phrase : « Mais l’art d’administrer les Ci-
tés, il ne le posséda pas ! » Il faut en effet comprendre que « l’art d’administrer les
Cités » désigne la politique. Autrement dit, à travers ce mythe, Platon nous rappelle
que si la technique est le propre de l’homme, la politique est elle, à acquérir. Voilà
pourquoi le développement des droits de l’homme, de la citoyenneté, de la démo-
cratie, etc. est bien plus difficile que le développement technologique.

Il ne s’agit donc en aucun cas de faire une analyse philosophique de ce texte mais
simplement de voir son utilité pour le concours de rédacteur (et, plus largement, pour
son rôle de citoyen).

Certes, certains lecteurs pourront objecter qu’Aristote définit, lui, l’homme comme

Mettre tous les atouts de son côté 277


un animal politique. Mais il ne s’agit pas d’entrer dans une analyse des différents
points de vue philosophiques mais simplement de mettre en évidence la difficulté de
l’art politique et donc de souligner le fait qu’il est bien plus difficile de mettre à jour
des règles de bioéthique que de faire des découvertes sur les technologies du vivant.
La bibliographie incitative qui suit lie justement les avancées scientifiques et techno-
logiques aux problèmes politiques qui en découlent.

Bibliographie incitative
Aldous Huxley, Le meilleur des mondes, Pocket, 2002.
Robert Merle, Malevil, Folio, 1983.
Le site du Comité Consultatif National d’Ethique : www.ccne-ethique.fr

278 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Organiser son temps
pendant l’épreuve
Chapitre 19
Thème traité :
Loisirs et temps libre.
La fête, les sports
1.1 Organiser son temps pendant l’épreuve :
un impératif incontournable

Ce court chapitre est constitué essentiellement de quelques redites. Mais nous pen-
sons qu’il est nécessaire de rappeler à chaque candidat l’importance d’une gestion du
temps rigoureuse c’est-à-dire disciplinée. Car ce n’est pas parce que vous possédez les
durées à consacrer à chaque étape de la méthode que vous les respecterez le jour de
l’épreuve. D’où l’importance de ces rappels qui n’ont d’autre but que d’insister, même
lourdement, sur la nécessité de gérer son temps de manière optimale.

Quelques témoignages de correcteurs


Beaucoup de correcteurs déplorent bien évidemment les lacunes des candidats, qu’il
s’agisse de manques en matière d’expression écrite ou d’insuffisances en termes de
connaissances. Mais ces erreurs permettent aux correcteurs de comparer les copies
entre elles et de justifier la faiblesse de certaines d’entre elles. Se faisant, ils n’ont au-
cun état d’âme puisqu’il s’agit de sélectionner les meilleurs candidats à la différence
d’un examen où il s’agit de mesurer le niveau des candidats par rapport à un seuil,
sans comparaison des copies entre elles.

Mais combien de correcteurs regrettent de devoir mettre une note qu’ils savent in-
suffisante par rapport à l’admissibilité justement parce qu’ils constatent que le can-
didat n’a pas su gérer son temps.
Ainsi ce candidat-ci du concours interne aura négligé la dernière question pour avoir
passé trop de temps sur les précédentes ; ce candidat-là du concours externe aura bâ-
clé sa conclusion qui tiendra en cinq lignes sans intérêt. Pour un autre candidat les
correcteurs constateront qu’il a certes traité les trois questions (ou les quatre ou les
cinq) mais qu’il a passé plus de temps sur la question sur cinq points que sur celle no-
tée sur dix. Pour un dernier enfin un nombre faible de fautes grossières au milieu
d’une copie intéressante sera le signe d’une absence de relecture. Les correcteurs ap-
pliqueront le barème portant sur l’expression mais en étant certains que si le candi-
dat avait pris cinq minutes pour se relire il aurait gagné facilement le ou les deux
points retirés.

Mettre tous les atouts de son côté 281


Pourquoi courir des risques inutiles ?
Un risque se mesure en fonction des aléas et des enjeux sur lesquels il repose. Dès
lors si, à un moment donné, vous souhaitez vous éloigner de la méthode que vous
vous êtes appropriée tout au long de votre préparation il faut vous demander ce que
vous pouvez gagner et ce que vous pouvez perdre.
Ainsi si vous choisissez de rédiger un peu plus et de ne pas vous relire, demander vous
combien de points vous allez peut-être gagner et combien vous allez peut-être en
perdre.
De même si vous choisissez de répondre plus longuement à une question qu’à une
autre alors que le barème est identique pour les deux au prétexte que vous avez plus
à dire sur la première que sur la deuxième, demandez-vous ce que sera l’attitude des
correcteurs face à un candidat qui jette l’éponge, attitude peu logique puisque ce qui
paraît difficile après une première lecture peut s’éclairer après quelques minutes
d’analyse.
D’autres exemples seraient possibles mais chaque lecteur aura bien compris que l’on
ne fait plus de pari une fois que les chevaux sont partis.
Rappel des tempos à appliquer pour le concours interne suivi de quelques consignes
simples

Question sur 10 Question sur 5 Question sur 4


Question sur 6 points
points à traiter points à traiter points à traiter
à traiter en 1 h
en 1 h 30 en 45 minutes en 36 minutes
Lecture méthodique Lecture méthodique Lecture méthodique Lecture méthodique
du sujet : 10 minutes du sujet : 5 minutes du sujet : 3 minutes du sujet : 3 minutes
Recherche d’idées et Recherche d’idées et Recherche d’idées et Recherche d’idées et
de connaissances et de connaissances et de connaissances et de connaissances et
mise à jour d’une mise à jour d’une mise à jour d’une mise à jour d’une
problématique : 20 problématique : 20 problématique : 15 problématique : 10
minutes minutes minutes minutes
Organisation de organisation de organisation de organisation de
l’ensemble en un plan l’ensemble en un plan l’ensemble en un plan l’ensemble en un plan
cohérent et réponse au cohérent et réponse au cohérent et réponse au cohérent et réponse au
sujet : 10 minutes sujet : 5 minutes sujet : 5 minutes sujet : 4 minutes

Rédaction de Rédaction de Rédaction de Rédaction de


l’introduction et de la l’introduction et de la l’introduction et de la l’introduction et de la
conclusion : 2x5 = 10 conclusion : 2x3 = 6 conclusion : 2x2,5 = 5 conclusion : 2x1,5 = 3
minutes minutes minutes minutes

Rédaction du Rédaction du Rédaction du Rédaction du


développement (avec développement (avec développement (avec développement (avec
recopie de recopie de recopie de recopie de
l’introduction et de la l’introduction et de la l’introduction et de la l’introduction et de la
conclusion) : 35 conclusion) : 20 conclusion) : 15 conclusion) : 15
minutes minutes minutes minutes

Relecture finale à Relecture finale à Relecture finale à Relecture finale à


l’envers : 5 minutes. l’envers : 1 minute l’envers : 2 minutes l’envers : 1 minute

282 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Les consignes à respecter se fondent sur le bon sens :
– Ayez une montre en état de marche et facile à lire.
– En fonction du barème des questions, divisez les trois heures de façon à passer sur
chaque question le temps idéal pour bien la traiter.
– À l’entame de chaque question divisez le temps total en fonction du tableau ci-des-
sus. Bien évidemment il vous faut connaître par cœur les durées préconisées.
– Ne vous laissez pas envahir peu à peu par le stress ou le désir d’en dire encore plus,
toujours plus.
– Conservez bien les minutes nécessaires à la relecture de chaque réponse car c’est
souvent là que tout se perd ou que tout se gagne.

Rappel du tempo à appliquer pour le concours externe suivi de quelques


consignes simples.
• Un seul sujet sur 20 points à traiter en trois heures
• Lecture méthodique du sujet : 15 minutes.
• Recherche d’idées et de connaissances et mise à jour d’une problématique : 60 mi-
nutes.
• Organisation de l’ensemble en un plan cohérent et réponse au sujet : 15 minutes.
• Rédaction de l’introduction et de la conclusion : 2x5 = 10 minutes.
• Rédaction du développement (avec recopie de l’introduction et de la conclusion) :
70 minutes.
Relecture finale à l’envers : 10 minutes.

Les consignes sont les mêmes que précédemment auxquelles s’ajoutent les principes
suivants :
– Passez bien un quart d’heure à lire le sujet de façon à éviter le hors sujet.
– N’ayez pas la hantise de la page blanche qui vous ferait réduire la deuxième étape
de l’exercice.
– N’oubliez pas qu’un plan se fonde sur une infrastructure solide et non sur deux
grandes parties seulement.
– Soyez encore plus exigeant sur la qualité de votre expression dans l’introduction et
dans la conclusion.
– Pensez à soigner votre présentation dans le développement, surtout si vous adop-
tez un plan apparent et non un plan matérialisé.
– Relisez-vous bien à l’envers car vous corrigerez toujours plus de faute que par une
relecture à l’endroit.

Mettre tous les atouts de son côté 283


Thème 19 : Loisirs et temps libre. La fête, les sports
Ce thème sera traité à partir d’un sujet de réflexion qui pourrait être proposé aussi
bien en interne qu’en externe. Ici, il a été traité en trois heures, ce qui correspond à
une question pour le concours externe. Le plan annoncé dans l’introduction est ap-
parent dans le développement. Les candidats au concours interne peuvent réduire la
longueur de cette copie pour l’adapter aux différentes durées possibles. Enfin cha-
cun peut compléter le traitement proposé qui est loin d’être exhaustif par ses propres
idées et recherches.

Sujet : que pensez-vous de l’intégration par le sport ?


Longtemps réservé à une élite, le sport s’est aujourd’hui démocratisé à tel point que
les pouvoirs publics en font un outil d’intégration. Mais en matière d’intégration le
sport est loin d’être la panacée, malgré les dires de ses promoteurs. C’est pourquoi
après avoir analysé son efficacité comme outil de socialisation nous montrerons que,
face à ses limites, d’autres démarches complémentaires sont nécessaires.

En théorie le sport véhicule des valeurs dans lesquelles chacun peut se reconnaître :
dépassement de soi, goût de l’effort, sens du partage, respect de l’autre, acquisition
et mise en pratique de règles communes, acceptation de la défaite, humilité donc,
mais aussi joie du succès, etc. Qu’il s’agisse de sports individuels tels le judo ou la na-
tation ou de sports collectifs comme le rugby ou le basket-ball, tout pratiquant de-
vrait au contact de l’autre (entraîneurs, adversaires, supporters), développer les règles
de socialisation apprises au sein de la famille et de l’école.
Les clubs sont l’espace essentiel d’expression des activités sportives, même si les spor-
tifs dits du dimanche sont de plus en plus nombreux, adeptes du jogging ou de la
marche en forêt. Car c’est au sein d’un club que le jeune apprendra les fondamen-
taux de l’activité qu’il souhaite pratiquer. Comment, en effet, ne pas faire du hand-
ball ou de l’escrime sans les structures afférentes ? On entend par structures à la fois
un lieu, des équipements mais aussi des partenaires, des entraîneurs et une organi-
sation structurée au niveau départemental, régional et national (voire internationale)
permettant l’organisation de compétitions.
Le jeune y apprendra certes à développer son corps en fonction de l’activité prati-
quée, à améliorer tel ou tel geste, à augmenter sa vitesse d’exécution, son sens tac-
tique... Mais il y apprendra également une certaine morale indispensable à une
intégration réussie. La preuve en est que les personnes qui encadrent, enseignent, di-
rigent sont tous appelées « éducateurs », (terme qui désigne également les fonc-
tionnaires territoriaux de catégorie B de la filière sportive). Ces éducateurs
permettront à un jeune en surcharge pondérale de constater qu’il peut pratiquer une
activité sportive adaptée à sa corpulence, à un adolescent hyperactif de canaliser son
énergie, à un enfant issu de l’immigration de s’intégrer encore mieux à travers ce
qu’il peut apprendre mais aussi ce qu’il peut apporter, à des jeunes de banlieues dites

Mettre tous les atouts de son côté 285


défavorisées de se faire reconnaître par autrui car sur un terrain l’origine sociale, eth-
nique, etc. disparaît. Pour le dire autrement, le sport redonne la possibilité d’une réus-
site valorisante car il échappe au déterminisme social. Il est une véritable école morale,
obligeant à se surpasser tout en respectant l’autre.

C’est le cas pour tous les jeunes pour lesquels est mise en place une politique spor-
tive depuis plus d’un demi-siècle. Il s’agit de faire de chacun une personne sociale-
ment intégrée. C’est en effet à partir de l’entre-deux-guerres que la République fait
du sport un vecteur d’intégration aussi bien pour l’élite sportive que pour le simple
amateur. Si chacun sait que le baron Pierre de Coubertin est à l’origine des jeux olym-
piques modernes, Le ministre Léo Lagrange est une figure bien connue du monde
sportif. Il développe les pratiques sportives sous le Front populaire, axant son action
sur la volonté de faire pratiquer une activité sportive au plus grand nombre.
Parmi ces activités sportives, c’est bien évidemment aujourd’hui le football qui se taille
la part du lion. Parmi tous les athlètes désormais célèbres, les noms qui viennent en
premier sont ceux de Raymond Kopa, de Michel Platini et de Zinédine Zidane. Trois
très grands sportifs issus de l’immigration : polonaise pour le premier, italienne pour
le deuxième et maghrébine pour le dernier. Mais le football ne doit pas occulter les
autres sports, reflets des communautés importantes dont les membres s’intègrent sans
difficultés, socialement mais aussi professionnellement grâce à l’activité sportive.
Mieux, ces résultats ont servi d’arguments politiques face à certaines dérives racistes.
Ainsi avec la crise des banlieues le sport doit parer à l’urgence de l’insécurité gran-
dissante. La politique devient ciblée pour être plus efficace. Les initiatives sont légion
sur vingt-cinq ans, décidées dans le cadre de la politique de la ville, instaurées par l'É-
tat et les collectivités territoriales. De plus chaque réussite professionnelle d’un jeune
issu de l’immigration ou des banlieues prend valeur de modèle. Lilian Thuram est
membre du Haut Conseil à l’Intégration. Ainsi le succès de la coupe du monde de
football en 1998 d’une équipe multi-ethnique prouve les grandes capacités d’inté-
gration du sport. D’autres manifestations plus modestes ont d’ailleurs découlé de
cette épreuve afin de valoriser l’image des banlieues. Attention toutefois à ce que
l’arbre de la réussite d’un Zidane ne cache la forêt de multiples échecs individuels.

Le sport est donc plébiscité comme vecteur d’intégration, comme facteur d’unité. Pour
autant il doit être complété par d’autres moyens.

Car pratiquer une activité sportive n’est pas toujours synonyme d’imprégnation de
valeurs fortes. Si les arts martiaux par exemple sont synonymes à la fois de maîtrise
de soi et de respect de l’autre, il n’en demeure pas moins que beaucoup de profes-
seurs se plaignent du manque d’attention des uns, de l’incapacité de certains à se do-
miner, des difficultés d’autres encore à canaliser leur violence, etc. Pour apprendre,
encore faut-il vouloir apprendre.
Or le sport, bien loin d’être un vecteur d’intégration, peut être au contraire un moyen

286 La culture générale au concours de rédacteur territorial


de régler ses comptes. Au-delà des querelles de clochers dignes de La guerre des bou-
tons , le terrain de jeu devient le champ clos où se règlent des suprématies de terri-
toire. Celles-ci peuvent avoir une origine sociale, religieuse, ethnique, etc. Ainsi les
médias informent souvent le dimanche soir de bagarres entre équipes rivales,
d’échanges de coups entre spectateurs, d’agressions d’arbitres. Les hooligans sont la
personnification d’une volonté de non-intégration. Les Longevernes deviennent Pa-
risiens, ou Anglais et les Velrans Marseillais ou Italiens. La Marseillaise est sifflée au
Stade de France et des propos racistes entendus dans les tribunes à l’encontre de
joueurs adverses ont été à l’origine de condamnations du club coupable. Le football
est souvent montré du doigt, au niveau du sport amateur comme du sport profes-
sionnel. Mais ce serait oublier le dopage qui sévit dans beaucoup de milieux. Un do-
page qui serait plutôt une pratique de désintégration que d’intégration puisqu’elle
peut entraîner une déchéance physique voire la mort, de par l’accoutumance qu’elle
peut entraîner. De plus tricher ne peut en aucun cas être synonyme d’intégration !
Bien au contraire : le tricheur s’exclut de lui-même de son environnement, même s’il
n’est pas inquiété par le pouvoir sportif.

C’est pourquoi une intégration par le sport peut ne pas être suffisante. D’autant plus
que le sport est parfois le premier pas dans un engrenage militaire que beaucoup d’É-
tats ont utilisé par le passé. On peut penser ainsi à l’Allemagne nazie mais également
à l’ex URSS. Le sport est donc facteur d’intégration s’il s’accompagne d’autres activi-
tés qui tendent vers les mêmes objectifs. Les valeurs à développer sont en effet en
partie semblables à travers les sports et par exemple les arts. Découvrir la culture d’un
pays, d’une région, à travers ses écrivains, ses peintres, ses chanteurs, ou tout sim-
plement sa langue a autant de portée, voire davantage, que ce qu’apporte le sport.
Si le Havre Athletic Club est considéré comme le plus ancien club de football français,
pratiquer cette activité dans la ville fondée par François Premier n’interdit pas de s’in-
téresser au peintre Eugène Boudin ou à l’architecte Auguste Perret. C’est la complé-
mentarité entre toutes ces ressources qui permettront une intégration réussie.
D’ailleurs les collectivités territoriales ne s’y sont pas trompées. Si elles participent à
une politique sportive indispensable à travers la construction et l’entretien de gym-
nases, de piscines, de stades ; si elles recrutent des éducateurs des activités physiques
et sportives, si elles subventionnent des clubs locaux, elles développent également
des médiathèques, rémunèrent des professeurs d’anciennement artistique, etc. Ainsi
Les Olympiques D’Henri de Montherlant sont peut-être le meilleur exemple d’une al-
liance du sport et de l’art car, dans cet ouvrage aux frontières de la nouvelle et de la
poésie, l’auteur démontre les valeurs démocratiques et donc intégratives du sport.
Les collectivités territoriales signent également des Contrats Éducatif Locaux à travers
lesquels elles favorisent l’intégration de toutes et tous.
Enfin, il convient de souligner que beaucoup de manifestations sont également or-
ganisées pour développer la convivialité et donc l’intégration. Il peut s’agir de la fête
des voisins qui rencontre un grand succès, mais aussi d’une foire à tout comme celle
de Lille, ou encore d’un festival dont le nombre est de plus en plus important. Plus
globalement toute action rattachée à la politique est intégrative, ou pour le moins

Mettre tous les atouts de son côté 287


se veut intégrative. Les pouvoirs publics sont quelque peu revenus sur leur volonté
d’intégration fondée uniquement sur le sport. Au-delà des résultats, il ne faut pas ou-
blier en effet que tout jeune n’est pas forcément un sportif dans l’âme et qu’il faut
donc proposer à ceux qui ne souhaitent pas pratiquer une activité sportive en dehors
des cours d’EPS d’autres pratiques alternatives.

Ainsi le sport est un facteur d’intégration essentielle à la société contemporaine. Il


crée du lien social entre des personnes qui pourraient penser qu’elles n’ont rien en
commun. De plus il réduit les disparités de toute origine face à ce que les pratiquants
appellent « la vérité du terrain ». Malheureusement certaines dérives sont inquié-
tantes car elles risquent de transformer les sports en des activités plus éco-nomiques
que ludiques, et donc d’exacerber encore davantage les tensions existantes. C’est
pourquoi l’intégration par le sport doit faire partie des dispositifs plus larges qui lui
ajoutent entre autres le partage d’une culture commune, seul véritable facteur de
politique d’une reconnaissance de l’autre.

Bibliographie incitative
Thierry Terret, Histoire du sport, Que sais-je ? 2007.
Alain Corbin et Julia Csergo, L’avènement des loisirs, Champs Flammarion,
2001.
Henri de Montherlant, Les Olympiques, Folio, 1973.

288 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Comment traiter une
question à laquelle on ne
s’attendait pas
Chapitre 20
Comment traiter une question à laquelle
on ne s’attendait pas ?

1.1 D’où peuvent venir les « surprises » ?

Si les épreuves du concours sont définies par des textes, les jurys ont une grande la-
titude pour choisir les sujets qu’ils proposeront aux candidats, surtout quand il s’agit
de culture générale. Certes rien n’interdit que les questions qui seront posées l’an-
née où vous vous présenterez et dans le centre de gestion où vous vous serez inscrit
soient très différentes de ce qu’elles auront été les années précédentes. Mais c’est
une possibilité bien improbable, ce qui ne vous empêche pas de vous procurer des
annales des centres de gestion, davantage pour vous entraîner que pour espérer dé-
couvrir un sujet identique à celui ou à l’un de ceux que vous aurez à traiter.

Une telle découverte n’aurait d’ailleurs pas grand intérêt, d’une part parce que vous
ne seriez pas le seul à l’avoir faite et d’autre part parce que répéter ce que l’on a déjà
dit dans un exercice précédent n’est pas gage de réussite.

Ce sont l’actualité, les débats en cours en France et dans le monde qui déterminent
le choix des thèmes sur lesquels l’accent sera mis. Des thèmes jamais abordés au
concours sont donc susceptibles d’apparaître parmi les questions posées, dans les
épreuves écrites de culture générale comme aux oraux d’admission.
Votre travail de veille de l’actualité est donc d’une grande importance, et doit vous
conduire non seulement à enrichir et mettre à jour vos connaissances sur des thèmes
déjà répertoriés (par exemple, ceux qui figurent dans ce manuel), mais aussi, éven-
tuellement, à décider d’en explorer d’autres, ou de creuser davantage certains sous-
thèmes. Mais, comme nous l’avons déjà dit, il ne faut pas se livrer à ce travail de
multiplication des thèmes à l’approche du concours car vous risqueriez de lâcher la
proie pour l’ombre. Il vaut mieux tenter de trouver des liens entre un nouveau thème
et ceux que vous avez déjà étudiés afin d’être efficace à la fois dans votre prépara-
tion et le jour de l’épreuve, car c’est ce travail que vous aurez à mener à bien si vous
tombez sur un sujet qui vous paraît relever d’un thème nouveau pour vous.

Les modalités exactes de l’épreuve de culture générale peuvent également varier,


d’une année sur l’autre et d’une région à l’autre. Tel centre qui a jusqu’ici demandé
aux candidats de ne répondre qu’à trois questions peut décider d’en poser cinq, tel
centre qui avait l’habitude de rédiger des énoncés très courts peut proposer des su-
jets plus longs. Quant au barème relatif à chaque question, il peut bien sûr lui aussi
varier d’une session à l’autre.

Mettre tous les atouts de son côté 291


« S’attendre à tout » mais pas à n’importe quoi est donc de rigueur, ce qui suppose
d’être prêt à s’adapter à n’importe quel énoncé.

Votre principale crainte porte donc certainement sur les thèmes qui vont « tomber »
le jour J davantage que sur le libellé de la question ou des questions. Voici quelques
clefs pour faire face à une question qui vous mettrait en difficulté de par le thème
ou les thèmes auxquels elle renvoie, voire du fait qu’elle ne renvoie à aucun thème
de manière précise.

1.2 Quelles armes utiliser face à un sujet a priori


déroutant ?

Être dérouté, c’est être poussé à quitter sa route, à dévier de l’itinéraire prévu.
C’est justement ce qu’il convient d’éviter. Quel que soit l’énoncé face auquel vous
vous trouvez, ne changez rien à la méthode à laquelle vous vous êtes habitué(e).
Adaptez-la simplement aux circonstances. Mais adaptez-la « à la marge », c’est-à-dire
de manière extrêmement modérée comme nous allons le voir.

Petit rappel ________________________________________________________


Garder son calme en prenant connaissance du sujet fait gagner un temps précieux,
mais surtout, c’est la condition pour être parfaitement attentif aux consignes figu-
rant sur le texte de l’énoncé distribué, ce qui est capital. Le barème, des instructions
particulières sur le fond ou sur la forme, des mises en garde : tout peut être déter-
minant.
__________________________________________________________________

Premier cas de figure : le thème sur lequel on a fait « l’impasse »

Vous avez peut-être manqué de temps pour étudier le thème en question, ou bien
vous avez estimé qu’il y avait peu de chances pour que vous soyez interrogé sur ce
thème… Pas de chance : il « tombe » le jour de l’épreuve ! Que faire dans cette si-
tuation qui concerne davantage les candidats au concours interne de par la multipli-
cité des questions que ceux qui passent le concours externe pour lesquels le sujet doit
forcément correspondre à un thème suffisamment général pour pouvoir y réfléchir
trois heures ?

• Rappelez-vous que sur n’importe quel sujet, en utilisant la méthode qui consiste à
coucher sur le papier tout ce qui s’associe pour vous à ce thème, puis à « tirer les
fils » de ces premières idées, vous aurez forcément quelque chose à dire sur la ques-
tion. S’interroger est déjà une forme de réponse.

292 La culture générale au concours de rédacteur territorial


• En rassemblant ainsi des idées, des connaissances, vous allez probablement penser
à un thème que vous avez, lui, bien approfondi. Arrangez-vous pour montrer le lien
entre la question que vous connaissez mieux et celle qui vous est posée, et consa-
crez une partie de votre réponse à traiter de cet autre thème, à propos duquel vous
pourrez faire preuve d’aisance, sans pour autant faire du hors sujet. Il faut que le
lien soit réel et non pas une échappatoire pour éviter de vous confronter au sujet
tel qu’il est et non pas tel que vous aimeriez qu’il soit. En général il s’agit de trai-
ter le sujet en l’englobant dans une réflexion plus générale à l’aide d’un thème plus
vaste.

• Vous ne pourrez pas dissimuler complètement le fait que vous savez peu de chose
sur la question posée. Soignez donc particulièrement la forme : un plan rigoureux,
une introduction vivante, des illustrations peu nombreuses mais bien amenées, se-
ront autant de qualités qui compenseront, au moins pour une part, vos lacunes.

• Surtout ne vous dites pas que vous vous rattraperez sur les autres questions et qu’il
vaut donc mieux sacrifier celle-ci. Vous risqueriez de perdre toute chance d’être ad-
missible, même si ce sujet peut ne rapporter que quatre points, vu la difficulté du
concours. N’oubliez jamais que l’on peut être quasi totalement démuni face à un
sujet et peu à peu comprendre les enjeux qu’il implique. Ainsi un candidat peut
montrer ses faiblesses en termes de connaissances mais dévoiler de réelles qualités
de réflexions. Autrement dit toute attitude d’évitement face à un sujet a priori «
infaisable » est à bannir.

L’œil du correcteur _________________________________________________


Attention au hors sujet ; on ne peut comparer que ce qui est comparable, et un cor-
recteur ne peut donner une note élevée à un exposé, même brillant, qui répond à
côté de la question posée.
En même temps, le rôle du correcteur est d’évaluer chaque copie selon certains cri-
tères. S’il trouve dans la vôtre et des connaissances justes sur un thème connexe au
thème de la question et une expression correcte, il attribuera forcément des points
à la copie pour ces qualités.
À chacun de distinguer un hors sujet d’un traitement d’une question à l’aide d’un
thème connexe c’est-à-dire qui se relie de manière cohérente avec le sujet à traiter.
__________________________________________________________________

Exemple
La question posée porte sur la politique du sport en France (cf. le chapitre précédent).
Un libellé pourrait être :
La politique du sport en France vous paraît-elle efficace ?
Il vous est donc demandé de parler des différents dispositifs existant en la matière,

Mettre tous les atouts de son côté 293


et vous ne les connaissez pas, ou vous ne savez pas très bien ce qu’on regroupe sous
l’expression « politique du sport ».
En rassemblant vos idées sur les problèmes du sport en France (voire dans le monde),
vous allez certainement penser à des thèmes comme le dopage, la complémentarité
ou l’opposition entre sport amateur et sport professionnel, le sport à l’école à travers
les cours d’EPS, le rôle des collectivités territoriales en la matière. Les noms de Ma-
dame Roselyne Bachelot et de Monsieur Bernard Laporte vous reviendront peut-être
en mémoire et donc l’existence d’un ministère de la Jeunesse et des Sports. Vous pour-
rez enfin citer quelques sports et les fédérations correspondantes, ne serait-ce qu’en
pensant aux différents sports qui sont pratiqués sur votre commune, voire par vos en-
fants. Voilà déjà des matériaux permettant de présenter le rôle des pouvoirs publics.
Vous ne saurez pas dire tout ce qui a été organisé jusqu’ici ni avec quels résultats,
mais vous serez capable de construire une réponse relativement riche et intéressante
puisque vous pourrez malgré vos difficultés dire que la politique du sport existe et
qu’elle donne des résultats positifs.
Une telle réponse vous rapportera davantage de points que si vous aviez baissé les
bras au prétexte que vous n’avez pas traité le thème du sport durant votre prépara-
tion. En vous battant vous serez mieux classé que ceux qui auront cru pouvoir se rat-
traper avec une autre question.

Deuxième cas de figure : la question formulée d’une manière qui surprend, c’est-
à-dire qui ne renvoie pas à un thème même général

Il arrive que la manière dont une question est posée soit en elle-même déconcertante :
certains énoncés présentent parfois un angle de vue inhabituel d’une question pour-
tant récurrente dans les annales.
Ainsi, un thème ordinairement abordé par telle discipline peut être abordé en rela-
tion avec un autre thème. Par exemple le vocabulaire de la psychologie associé à ce-
lui de l’économie dans une question comme : la société de consommation vous
paraît-elle aliénante ?
Ou bien la question posée paraît appeler plutôt une réflexion philosophique que la
discussion d’une problématique liée à des faits sociaux comme la question suivante :
les guerres sont-elles uniquement dues à la nature de l’homme ?
Ou encore le recours dans la question à un vocabulaire difficile à définir, comme par
exemple : une société juste vous paraît-elle utopique ?

• L’entraînement à une lecture attentive des énoncés devrait ici vous rendre de grands
services. Interrogez-vous sur chaque terme, voyez à quoi ils renvoient, et deman-
dez-vous quelle est la question qui vous est réellement posée.
• N’oubliez pas la nature de l’épreuve à laquelle vous vous présentez. Même si vous êtes
à l’aise dans la dissertation philosophique, dans le débat d’idées, pensez à raccrocher
votre réflexion à des aspects concrets (juridiques, économiques…) et à l’actualité.

294 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Thème 20 : pas de thème

Cette absence de thème sera traitée en répondant à la question précédente :

Selon un penseur du vingtième siècle, « la solitude et le silence seront bientôt les der-
niers luxes de l’individu ». Que pensez-vous de cette réflexion prophétique ?

Un tel sujet, par le temps de réflexion qu’il nécessite, pourrait concerner les candi-
dats au concours externe, voire ceux se présentant au concours interne dans le cadre
d’une réponse à apporter en une heure trente avec un barème sur dix points. Ici, le
traitement proposé correspond à un travail en trois heures. De plus il vous est pré-
senté sous la forme d’un plan matérialisé. Enfin, devant la difficulté de ce sujet, le
traitement proposé n’engage que son rédacteur. Bien d’autres plans sont possibles,
bien d’autres réflexions recevables et bien d’autres illustrations acceptables.

Proposition de traitement :
La société contemporaine est donnée à vivre comme une société de consommation
mais aussi de communication, celle-ci étant le support de celle-là. Ses avatars qu’ana-
lysent les sociologues sont critiqués par les philosophes mais aussi par les psycho-
logues. Ainsi, parmi les maux qu’elle génère figurent en bonne place le bruit,
première nuisance dénoncée, et la non-intimité, autre mal dû à une population de
plus en plus omniprésente. C’est pourquoi un penseur du XXe siècle a pu écrire : « La
solitude et le silence seront bientôt les derniers luxes de l’individu ». Afin de dé-
montrer l’aliénation potentielle qui découle de l’exactitude d’une telle réflexion il
faudra dans un premier temps étudier le bien-fondé de cette prophétie pour analy-
ser dans un second temps les formes que prendront demain les rapports à la solitude
et au silence de l’individu privilégié.

I/Silence et solitude : deux luxes indispensables


À l’ère où le bruit est presque une forme de mode de vie et où la solitude est vécue
comme un drame, faire de ces deux conditions environnementales un luxe peut ap-
paraître comme un paradoxe face à une société qui démocratise tout ce qui pourrait
être superflu en le rendant nécessaire.

1.1 Une société de plus en plus bruyante et grégaire

Pour une majorité de Français le bruit est la première nuisance environnementale


dont ils souffrent. Des appartements insuffisamment isolés, des routes de plus en plus
sillonnées par des automobiles, autant de maux dont se plaignent les citadins, d’où

Mettre tous les atouts de son côté 295


un fort souhait de retrouver les charmes d’une campagne si ce n’est silencieuse en
tout cas aux bruits issus de la nature. Si l’on ajoute un transport aérien en plein es-
sor, des déplacements incessants dus au mode de vie actuel, on comprendrait que la
plupart de nos concitoyens aspirent à écouter le silence. Or il n’en est rien.
Il n’est que de voir la façon de vivre des jeunes générations pour constater que le si-
lence n’est pas une valeur recherchée, loin s’en faut. Le réveil matin d’antan est rem-
placé par un radio-réveil qui diffuse une musique dont le volume sonore est souvent
fixé au maximum. À peine dans la rue, un baladeur sera fixé sur les oreilles du pié-
ton, baladeur qui ne sera coupé que par la sonnerie du téléphone portable. De re-
tour chez eux, enfants, adolescents, jeunes adultes allumeront qui sa chaîne stéréo,
qui sa console de jeux vidéos. Les adultes ne sont pas en reste : l’automobiliste ne
roule plus sans auto radio, la vie de couple est rythmée par la télévision. Enfin il n’est
que de se rendre dans un stade, en boîte de nuit, voire dans un simple supermarché
pour constater que le bruit est omniprésent.
Quant à la recherche de la solitude, son analyse est également ambivalente. Les so-
ciologues constatent en effet que la plupart des jeunes ont peur non seulement de
la solitude, mais même de rester seul momentanément. D’où peut-être d’ailleurs le
bruit comme succédané de l’absence de l’autre. Ainsi, chacun recherche une présence.
Il s’agit de se fondre dans la masse pour ne pas se retrouver face à soi. Il convient
d’adopter les comportements du groupe pour ne pas se montrer différent, au risque
d’être rejeté. Ainsi la mode unifie davantage qu’elle ne distingue, les loisirs rassem-
blent plus qu’ils ne séparent. Une victoire de telle ou telle équipe se traduit par de
bruyantes manifestations de rue ou chacun y va de son klaxon, de sa chanson. On
crie, on hurle, on gesticule.
Les raves parties sont une bonne illustration de la recherche du bruit et de l’autre
dans la société contemporaine. Les décibels sont si importants que les oto-rhino-la-
ryngologistes ont constaté des pertes auditives importantes chez beaucoup de jeunes.
Quant aux plus âgés ils partent en voyages organisés, se retrouvent en clubs de va-
cances et ont des loisirs de masse. La solitude est la hantise des personnes âgées, de
celles qui se sont séparées. Dès lors silence et solitude seraient le refuge d’une élite.
Et ce d’autant plus que le luxe d’hier est devenu l’habituel d’aujourd’hui.

1.2 Une égalité des conditions de vie de l’homo economicus

La société de consommation a pour objectif en effet de transformer chacun en


consommateur potentiel. Dès lors un bien de consommation doit être acquis à tout
prix, puisque c’est un bien ! Dans les sociétés développées celui qui en a les moyens
se devra d’acheter tout ce qui lui est soi-disant nécessaire et celui qui n’en a pas les
moyens devra s’endetter pour y parvenir. Les technologies de l’information et de la
communication en sont certainement la meilleure illustration. À la Playstation 2 suc-
cède très vite l’indispensable Playstation 3, à l’ordinateur de bureau ou familial le né-
cessaire portable, au magnétoscope le lecteur de DVD, etc. La sortie de l’iPhone de
la société Apple est présentée en novembre 2007 en France comme une révolution,
rien de moins. Toute fête de Noël nécessite l’achat ou le remplacement de son home

296 La culture générale au concours de rédacteur territorial


cinéma, de tel écran plat ou de tel MP3 très largement dépassé.
Ainsi, peu à peu, les modes de vie s’uniformisent puisque tous ceux qui en ont les
moyens consomment exactement la même chose. Dès lors comment homo economi-
cus pourrait-il rechercher réellement le silence et la solitude, alors que tout lui fait
croire que c’est le contraire qu’il doit atteindre ? Et même les pouvoirs publics en-
tretiennent cette croyance ! Car par désir louable de socialiser les membres de la so-
ciété qu’il faudrait à bon droit appeler des sociétaires, l'État et les collectivités
territoriales participent en partie à cette uniformisation. Ainsi le discours est favo-
rable à une entrée très tôt à l’école, non pas à trois ans mais à deux ans de peur que
l’enfant ne prenne déjà du retard sur ses petits camarades. Les places en crèche sont
préférées à un accueil chez une nourrice car l’enfant aura ainsi plus de camarades de
jeu.
Celui qui recherche quelque peu la solitude « s’isole » aux dires de ses proches. C’est
un comportement déviant, anormal, en un mot culpabilisant pour celui qui ne sou-
haite que d’avoir un peu de tranquillité. Se socialiser est synonyme de se normaliser
et celui qui s’y refuse momentanément sera soumis à l’opprobre des ses prochains.
L’école favorise ainsi les travaux en groupes : au primaire il s’agira de préparer la fête
de fin d’année ; au collège les IDD (Itinéraires De Découvertes) donneront lieu à des
recherches en commun ; au lycée les TPE (Travaux Personnels Encadrés) n’ont de per-
sonnels que le nom puisqu’ils sont obligatoirement réalisés à plusieurs. Enfin le monde
professionnel revendique lui aussi la solitude comme improductive. Il faut avoir l’es-
prit d’équipe, communiquer sans cesse, acquérir une culture d’entreprise pour la-
quelle silence est synonyme de névrose et solitude de repli sur soi. Une fois de plus
donc, seul celui qui n’aura pas été conditionné pourra aspirer à une vie de silence et
de solitude dont le prix sera davantage social qu’économique.

Mais si silence et solitude peuvent être recherchés comme le dernier luxe des socié-
tés modernes, il convient de plus de bien les considérer comme des moyens au ser-
vice d’autres fins qui leur sont supérieures.

II/Silence et solitude : deux luxes à construire


Il faut en effet considérer que le silence n’est que ce qui précède ou ce qui suit une
forme d’expression sonore à rechercher et que la solitude ne doit en aucun cas être
tenue pour synonyme d’isolement.

2.1 Un silence qui n’interdit pas le son


Le silence pour le silence ne semble guère avoir d’intérêt. Ainsi Régis Debray af-
firme que les écrivains doivent rompre avec «…le bruit et la compagnie… » pour
pouvoir «…suivre des yeux les lignes, ces filles de la solitude et du silence. » Certes
tout le monde n’est pas écrivain mais chacun est un lecteur potentiel qui a besoin

Mettre tous les atouts de son côté 297


du même silence pour écouter le son de la plume de l’écrivain et ainsi découvrir le
sens de ce qu’il écrit. Le silence est en effet propice, pour ne pas dire indispensable
à la lecture. Et si celle-ci est en perte de vitesse on peut entre autres en rechercher
la cause dans l’incapacité contemporaine à apprécier le silence, beaucoup de per-
sonnes avouant ne pas le supporter. Le silence est presque vécu comme une me-
nace, l’annonce d’un malheur à venir, un peu comme dans « le silence de la mer ».

Moins de lecture donc, mais également moins de cette musique qui nécessite une
forme de silence. La musique contemporaine est souvent assourdissante à l’inverse
d’une musique classique faite de nuance et de silences. L’aphorisme : le silence après
Mozart est encore du Mozart prend ici tout son sens. Il s’agit d’acquérir, de déve-
lopper une qualité d’écoute que seul le silence permet. Une qualité d’écoute qui per-
mettra d’entendre Glenn Gould chanter tout en jouant les variations Goldberg. Or
aujourd’hui le silence devient effrayant, assourdissant si l’on ose dire. Dès lors les
disques de musique classique ont du mal à se vendre car le téléchargement illégal est
bien plus difficile. Cette musique reste réservée à une élite tout comme des écrivains
comme Julien Gracq, dont la vie est faite également de silence et de solitude.
Ils lui permettent le retrait de soi pour se livrer à la méditation puis à l’écriture. Mais
pour beaucoup, silence et solitude permettraient l’introspection, une même médita-
tion ou encore une simple admiration du monde. Car au lieu de vouloir le transfor-
mer, ne serait-il pas préférable de le regarder ? La solitude permet de se retrouver
avec soi-même, ce que beaucoup aimeraient pouvoir faire de temps en temps. Faire
le point, c’est ce à quoi beaucoup aspirent face à une vie de plus en plus prenante,
stressante pour employer un mot à la mode. Écouter le silence permet de voir les
choses différemment, de s’inscrire dans une durée qui n’est plus celle de tous les jours.
Ainsi de même que le silence donne à entendre, la solitude donne à partager.

2.2 Une solitude qui n’empêche pas la présence

Rechercher la solitude ne veut pas obligatoirement dire vouloir être seul. Il ne s’agi-
rait pas en effet de devenir anachorètes mais simplement de se payer le luxe de mo-
ments de solitude. Voilà quel pourrait être le rêve des générations à venir.
Aujourd’hui une vie réussie implique la présence physique non seulement de l’autre
mais même des autres. Or il n’en a pas toujours été ainsi. Il faudrait donc alors dans
un proche avenir revendiquer ce que les hommes passés demandaient, tel Pascal qui
reprochait à l’homme d’être incapable de demeurer seul dans une pièce pour se li-
vrer au « divertissement ». Or ce terme prend un sens quasi équivalent aujourd’hui :
ce qui nous divertit nous éloigne de l’essentiel et la critique pascalienne est autant
d’actualité aujourd’hui qu’au dix-septième siècle.
Autrement dit, il s’agit de se réserver pour ce qui est essentiel et de se refuser au se-
condaire, de refuser ce que l’écrivain Lytton Strachey appelait : « la prison de la non-
intimité ». Une prison qui, finalement, interdit tout simplement d’atteindre au
bonheur. Dès lors silence et solitude seraient les ingrédients indispensables d’une vie
heureuse à partir du moment où ils seraient choisis et non subis. À partir du moment

298 La culture générale au concours de rédacteur territorial


où ils permettraient de se livrer à une connaissance de l’autre pour mieux l’apprécier
dans ces moments rares que sont des relations privilégiées avec quelqu’un. L’amitié,
l’amour ne nécessite pas forcément la présence de l’ami ou de l’amant. Et penser à
quelqu’un n’est qu’une autre manière de le savoir là.
Derniers luxes de l’individu donc, tous les autres étant accessibles à chacun ou dispa-
rus à jamais. Les livres de science-fiction décrivent presque toujours l’avenir comme
un univers urbain surpeuplé où la nature a disparu, où le silence et la solitude ne sont
qu’un lointain souvenir. Il s’agit là d’un « bonheur insoutenable », ouvrage d’Ira Le-
vin qui décrit le monde de demain : tout le monde dispose du nécessaire mais per-
sonne n’est jamais seul. Alors comment penser à ceux qui ne sont pas là mais aussi à
ceux qui ne sont plus là. Le silence et la solitude permettent également de penser
aux absents non seulement pour les rendre présents mais aussi pour les rendre vi-
vants. L’immatériel devient rare et donc précieux. Le matériel devient disponible et
bon marché.
Ainsi, aux loisirs de masse dont la devise « Tous ensemble ! » se manifeste souvent
bruyamment s’oppose déjà une réelle recherche d’un luxe fondé sur le silence et la
solitude, autre forme peut-être de calme et de volupté. Plus l’homme moderne se
verra conditionné par son univers essentiellement urbain, plus ses deux désirs se trou-
veront au sommet de la pyramide de Maslow. La véracité d’une telle prophétie est
donc inquiétante car elle perpétue une éternelle opposition entre l’aristocratie et le
peuple. Pire, elle laisse craindre que les ultimes promeneurs regroupés en association
verront leurs dernières rêveries rythmées par une musique assourdissante venue de
baladeurs bon marché.

Il est difficile de fournir une bibliographie pour un thème qui n’existe pas ! C’est pour-
quoi nous préférons vous renvoyer aux œuvres et aux auteurs cités dans le devoir
traité ci-dessus.

Bibliographie incitative
Ira Lewin, Un bonheur insoutenable , J’ai lu, 2003.
Vercors, Le silence de la mer et autres récits , livre de poche, 1967.

Mettre tous les atouts de son côté 299


V. MAÎTRISER
L’ÉPREUVE
ORALE DE
CONVERSATION
Connaître le déroulement
de l’épreuve
Chapitre 21
Thème traité :
La santé sous toutes ses formes

Analyser le libellé officiel de l’épreuve


Cette épreuve orale d’admission est commune aux deux concours, interne et externe,
et aux deux spécialités, administration générale et secteur sanitaire et social. Son
contenu et son déroulé sont cependant différents pour la spécialité secteur sanitaire
et social car il ne s’agit pas d’une épreuve de culture générale mais d’une conversa-
tion adaptée au secteur sanitaire et social.
Quant au troisième concours, l’une des deux épreuves orales est un entretien à par-
tir de l’expérience professionnelle du candidat et non à partir d’un commentaire de
texte.
Rappelons que la seconde épreuve est une interrogation à partir d’un programme
spécifique.
C’est pourquoi les cinq chapitres consacrés à l’épreuve orale de conversation ne
concernent que les candidats aux concours interne et externe inscrits dans la spécia-
lité administration générale.

Voici maintenant le libellé de l’épreuve, libellé identique aux deux concours :

« Une conversation avec le jury, à partir d’un texte tiré au sort, destinée à per-
mettre d’apprécier les qualités de réflexion du candidat et son aptitude à exercer
les missions dévolues au cadre d’emplois des rédacteurs territoriaux. (Préparation :
vingt minutes ; durée : vingt minutes ; coefficient 3) ».

Deux conséquences sont déjà à retenir :


- Le déroulement de l’épreuve est exactement le même, en interne comme en ex-
terne.
- Les sujets proposés sont exactement les mêmes, en interne comme en externe.

Vous voyez d’emblée qu’appeler cette épreuve « épreuve de conversation » n’est


qu’un moyen commode de lui donner un nom. Mais cette facilité omet d’indiquer
que la conversation est précédée d’un commentaire.

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 305


Nouvelle approximation : « à partir d’un texte tiré au sort » car cette expression re-
couvre en réalité plusieurs modes de traitement des sujets fournis que la méthode
qui suit va vous aider à maîtriser :
- analyse,
- explication,
- commentaire,
- démonstration,
- exposé,
- etc.

Quant au mot « conversation » qui définit la seconde partie de l’épreuve, s’il exprime
parfaitement la courtoisie qui prévaut dans ce type d’entretien, il relativise tout de
même trop le fait qu’il s’agit bien d’une épreuve de sélection fondée sur une succes-
sion de questions et de réponses afin de mesurer les compétences du candidat à as-
sumer les fonctions d’un rédacteur territorial.

Quoi qu’il en soit vous aurez à vous exprimer devant un jury. Notez tout de suite qu’il
est le plus souvent composé d’un élu, d’un fonctionnaire territorial et d’un forma-
teur, la complémentarité des compétences de ce triumvirat devant permettre de vous
évaluer au plus près de vos capacités.

La suite du libellé de l’épreuve vous informe que vous n’avez aucun choix du texte
à analyser au moment du tirage au sort. Vous ne tirez qu’un seul sujet et vous ne
pouvez traiter que ce seul sujet. D’autres concours offrent la possibilité de tirer au
sort deux sujets et de n’en traiter qu’un seul. Mais cette disposition n’existe pas pour
le concours de rédacteur.

La fin du libellé de l’épreuve fournit trois informations :


- vous disposez d’une préparation de 20 minutes pour traiter le sujet tiré au sort.
- La durée totale de l’entretien (commentaire + conversation) est de 20 minutes.
- Le coefficient de cette épreuve (3) est identique à celui de l’épreuve d’interroga-
tion.
- Il n’y a pas de programme officiel.

Il faut donc s’entraîner à partir des thèmes proposés dans cet ouvrage en les com-
plétant en fonction de ses lectures, de la formation suivie, de l’actualité car tout texte
peut faire l’objet d’une proposition d’analyse. L’actualité est à elle seule une source

306 La culture générale au concours de rédacteur territorial


inépuisable de sujets.

Cette analyse rapide du libellé de l’épreuve fournit un nombre non négligeable d’in-
for-mations. Mais doit lui succéder maintenant une analyse du déroulement de
l’épreuve, analyse théorique que le lecteur complétera par les renseignements qu’il
aura pu obtenir du centre de gestion dont il dépend, de candidats ayant déjà passé
cette épreuve, des formateurs qui le prépare au concours.

1.1 Ce que le déroulement de l’épreuve implique

Quitte à nous répéter rappelons que cette épreuve dure 40 minutes = 2 x 20 minutes.
Mais les vingt premières minutes durant lesquelles vous êtes seul en salle de prépa-
ration sont consacrées à une seule tâche, élaborer votre commentaire de texte, alors
que les vingt suivantes où vous êtes en présence des trois examinateurs voient se suc-
céder trois exercices différents. Ainsi, l’épreuve dans sa totalité se déroule de la ma-
nière suivante :

• Tirage au sort devant le jury du texte à analyser.


• 20 minutes où le candidat étant seul doit préparer une « analyse » de texte.
• 20 minutes où le candidat, devant le jury, doit :

– exposer son « analyse » durant six à sept minutes,


– répondre à des questions à partir de son commentaire durant six à sept mi-
nutes,
– répondre à des questions plus larges durant six à sept minutes.

1.2 La préparation de l’exposé durant vingt minutes

Une fois installé en salle de préparation vous devez consacrer la totalité des vingt mi-
nutes à la préparation de votre analyse, première des trois étapes de votre prestation
devant le jury.
La méthodologie de cet exercice devant vous être présentée dans les deux chapitres
suivants, nous ne vous proposons ici que quelques conseils de bon sens.

Ainsi :
– il vous sera impossible durant cette préparation de rédiger votre analyse. Vous ne

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 307


pourrez en noter que les grandes lignes (idées essentielles, arguments pertinents,
exemples corres-pondants), qu’il s’agisse de celles de l’auteur du texte ou de vos
propres réflexions.
– Le plan que vous aurez à élaborer sera le fil conducteur de votre prestation. Il est
synonyme de logique de démonstration.
– Comme il vous faudra démontrer votre thèse vous devrez gérer votre temps de pré-
paration afin d’avoir une conclusion propre à convaincre le jury du bien fondé de
celle-ci.
Vingt minutes passent très vite et il s’agit devant le jury de vous livrer à une presta-
tion équilibrée.
– Heureusement nous allons voir dans les deux chapitres suivants que l’analyse se
fonde sur une technique mécanique qu’il s’agit d’adapter au texte tiré au sort.

1.3 Le traitement du sujet durant six à sept minutes

De retour devant le jury celui-ci vous laissera la parole sans vous interrompre, sauf si
vous risquez de dépasser le temps imparti. Mais en règle générale, les candidats s’in-
terrompent avant la fin du délai octroyé. Attention : plus votre exposé sera court plus
la note lui correspondant sera faible.
Cet exposé devra être organisé :
– introduction
– développement
– conclusion

N’oubliez pas que vous vous livrez alors à un exercice de communication dans le cadre
d’une « conversation » et pas à une lecture monocorde qui oublierait la présence de
vos trois interlocuteurs.
Ajoutons, ce qui est fondamental, que la fin de votre exposé ne sanctionne pas défi-
nitivement l’épreuve ! Que vous croyiez avoir réussi ou échoué, il vous reste encore
une petite quinzaine de minutes qui peuvent vous permettre de rattraper un exposé
raté (et d’être reçu) ou malheureusement de mettre en évidence des lacunes qui vous
pénaliseront lourdement lors de l’attribution de la note finale.

1.4 Les questions à partir du commentaire durant six


à sept minutes

En règle générale, une fois votre exposé terminé, les membres du jury, chacun leur
tour, vous posent quelques questions soit sur ce que vous avez dit, soit sur ce que

308 La culture générale au concours de rédacteur territorial


vous tu. Là non plus il ne faut pas croire que le fait de revenir sur l’une de vos affir-
mations est un signe d’erreur. Un membre du jury peut ne pas être d’accord avec
vous, ce qui ne signifie pas que vous avez tord ; un autre peut prêcher le faux pour
voir si vous allez vous contredire, etc. L’important est d’apporter des réponses qui
vous valorisent. C’est ce que nous verrons dans le chapitre 24.

1.5 Les questions plus larges durant six à sept


minutes

Ce même chapitre 24 permettra également de vous y préparer. Mais énonçons d’em-


blée qu’il existe globalement deux types de questions :
- les questions fermées,
- les questions ouvertes.

Les questions fermées désignent plutôt des questions portant sur votre savoir. On sait
ou l’on ne sait pas. Par exemple : définissez l’OMS.
Les questions ouvertes concernent davantage votre capacité de réflexion. Par exemple :
pensez-vous que les Français soient plutôt en bonne santé ?

Celles-ci alternent avec celles-là. Mais pour vous rassurer peut-être, la majorité des
questions qui vous seront posées, soit sur votre commentaire soit plus générales, se-
ront des questions ouvertes. Néanmoins, elles nécessitent souvent une justification fon-
dée sur des connaissances, de même qu’une réponse qui apporte compréhension ; elles
peuvent être le point de départ d’une réflexion intéressante.

Ajoutons que les membres du jury ne se priveront pas de vous poser des questions
sur les missions du rédacteur, sur le monde des collectivités territoriales, voire sur vous-
même. L’essentiel est que ces questions soient du niveau du concours de rédacteur et
vous permettent, à travers vos réponses, de démontrer votre aptitude à en exercer
les missions.

Maintenant que vous avez acquis une connaissance générale du déroulement de cette
épreuve crainte par la quasi-totalité des candidats, entrons plus avant dans la mé-
thodologie afin de constater qu’une bonne préparation doit vous permettre de vous
livrer à une bonne prestation.

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 309


Thème 21 : La santé sous toutes ses formes
Comme aucune méthode consacrée à l’analyse de texte n’a encore été abordée, nous
vous proposons simplement trois textes d’origine différente afin de vous montrer le
type de sujet qui peut vous être donné.
De plus, afin de vous permettre d’entrer peu à peu dans la compréhension de l’exer-
cice que vous aurez à accomplir, une douzaine de questions accompagne ces trois
textes.
Ces questions, identiques pour les trois textes, ont pour objectif de vous montrer les
réflexes méthodologiques que vous aurez à acquérir face à n’importe quel sujet.

Texte n° 1
Dans son ouvrage, Ces maladies créées par l’homme, le professeur Dominique Bel-
pomme brosse un bref et cinglant tour d’horizon des ravages que la pollution pro-
voque sur la faune et la flore, s’intéresse aux centaines d’espèces animales et
végétales que nous éradiquons sans vergogne. C’est avec cette conviction que le
professeur s’est penché sur la lutte des apiculteurs pour sauver les abeilles, victimes,
semble-t-il des pesticides. Car il pense, avec Albert Einstein, que nous ne survivrons
pas à leur disparition.
Serons-nous les prochains sur la liste ? « Il y a bien longtemps que l’homme se met
en péril, et mon constat est malheureusement clair : en assassinant la vie, l’homme
s’assassine lui-même », estime-t-il. Les progrès de la médecine, assure l’homme de
l’art, ne permettront pas de contrecarrer cette tendance suicidaire. Le professeur
Belpomme se revendique de l’écologie, pas de cette vacuité intellectuelle qu’en
donnent à ses yeux les politiques, mais de cette science qui lie le vivant à son en-
vironnement.
« Aujourd’hui, notre santé est menacée, en particulier celle de nos enfants, et de-
main, c’est la survie même de l’espèce qui pourrait l’être », insiste l’auteur. Le scien-
tifique prend le risque d’évoquer une possible apocalypse pour mieux convaincre
de l’urgence. Le pire n’est jamais certain. Mais, pour le professeur, « ce siècle sera
écologique ou nous ne serons plus ».

Le Monde, 14 février 2004

Questions
– Quelles sont les informations indiquées portant sur le texte (origine, auteur, date,
etc.) ?
– Ce texte est-il construit en une seule partie ou en paragraphes ?
– Contient-il des mots de vocabulaire, des expressions dont vous ignorez le sens ?
– Contient-il des phrases que vous avez du mal à comprendre ?

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 311


– Quel est le thème ou quels sont les thèmes dont traite ce texte ?
– Y-a-t-il un point de vue défendu dans ce texte ?
– Si oui, quel est-il ?
– Ce point de vue vous paraît-il intéressant ?
– Êtes-vous d’accord avec le point de vue de l’auteur ?
– Dans l’affirmative comme en cas de désaccord quels sont vos arguments ?
– Pourriez-vous résumer les propos de ce texte en une seule phrase ?
– Quelles seraient les questions, à partir de ce texte, que vous n’aimeriez pas qu’un
jury vous pose ?

Texte n° 2
DU SOIN DE LA SANTÉ
Il y a une sagesse en cette matière qui dépasse les règles de la médecine : l’obser-
vation de soi, de ce qui nous fait bien ou mal, est la meilleure médecine pour
conserver la santé. Mais il est plus prudent de conclure : « ceci ne m’agrée point,
je vais donc y renoncer », que de dire : « je n’en ressens nulle incommodité, je puis
donc en user. » Car la vigueur naturelle à la jeunesse tolère bien des excès que l’on
paiera dans la vieillesse. Songe à la venue des années et ne crois pas pouvoir tou-
jours faire les mêmes choses, car la vieillesse ne veut point être défiée. Garde-toi
du changement brusque sur un point important, et si la nécessité l’impose, adaptes-
y tous les autres. C’est en effet un des secrets de la nature comme de la politique
qu’il est plus sage de changer beaucoup de choses qu’une seule.

Francis Bacon, in Essais.

Questions
– Quelles sont les informations indiquées portant sur le texte (origine, auteur, date,
etc.) ?
– Ce texte est-il construit en une seule partie ou en paragraphes ?
– Contient-il des mots de vocabulaire, des expressions dont vous ignorez le sens ?
– Contient-il des phrases que vous avez du mal à comprendre ?
– Quel est le thème ou quels sont les thèmes dont traite ce texte ?
– Y-a-t-il un point de vue défendu dans ce texte ?
– Si oui, quel est-il ?
– Ce point de vue vous paraît-il intéressant ?
– Êtes-vous d’accord avec le point de vue de l’auteur ?

312 La culture générale au concours de rédacteur territorial


– Dans l’affirmative comme en cas de désaccord quels sont vos arguments ?
– Pourriez-vous résumer les propos de ce texte en une seule phrase ?
– Quelles seraient les questions, à partir de ce texte, que vous n’aimeriez pas qu’un
jury vous pose ?

Texte n° 3
Le rapport de l’Onusida et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur l’état
de la pandémie due au virus de l’immunodéficience humaine (VIH), rendu public
mardi 20 novembre, révèle que 33,2 millions de personnes vivent avec le sida en
2007. Ces chiffres font apparaître une baisse — de 6,3 millions de personnes — par
rapport aux estimations pour 2006. Loin de crier victoire, les deux institutions in-
ternationales reconnaissent que les statistiques fournies jusqu’ici avaient tendance
à surestimer la réalité de l’épidémie.
Aurait-on noirci à dessein le tableau ? Ce serait méconnaître les difficultés tech-
niques de l’épidémiologie et sous-estimer la gravité de la situation en 2007, à sa-
voir que jamais le nombre de personnes vivant avec le VIH n’a été aussi élevé en
valeur absolue. Depuis 1998, les données officielles annuelles n’étaient que des es-
timations. Il en est de même pour l’ensemble des maladies. Kevin De Cock, res-
ponsable du département VIH/sida à l’OMS, le souligne : « dans tous les pays, riches
comme pauvres, nous travaillons avec des estimations. Seule varie la qualité du re-
cueil des données. »
En outre, les institutions onusiennes restent tributaires des données fournies par
les États. Ce n’est que depuis 2003 que la France s’est dotée d’un système de noti-
fication obligatoire de l’infection par le VIH. On se doute que, dans beaucoup de
pays, le recueil des données est loin de l’exhaustivité. Jusqu’ici, l’Onusida et l’OMS
devaient travailler avec les outils disponibles, et non avec ceux dont ils avaient be-
soin. Avec l’amélioration du recueil statistique dans les pays fortement touchés par
le VIH, l’image est devenue moins floue.
Ce faisant, l’Onusida et l’OMS ont rendu service à la santé publique. Les politiques
de santé doivent s’appuyer sur la réalité, cernée au plus près, afin de mieux ré-
pondre aux besoins et ne pas gâcher des ressources financières que l’on sait limi-
tées. Il y a peu de maladies dans le monde pour lesquelles on a déployé autant
d’efforts et amélioré autant les méthodes. Ce serait donc faire un mauvais procès
à l’Onusida et à l’OMS que de leur reprocher d’avoir choisi plus de transparence et
une meilleure rigueur scientifique.
La révision à la baisse du nombre de personnes infectées par le VIH va entraîner
une diminution des ressources financières nécessaires, mais celle-ci ne sera pas spec-
taculaire. « Les ressources pour 2010 seront vraisemblablement inférieures de 5 %
à ce que nous avions prévu, et celles pour 2015 devraient l’être de 10 % environ
», selon Peter Piot, directeur exécutif de l’Onusida. La tâche à accomplir pour at-
teindre l’objectif d’un accès universel aux traitements anti-VIH pour 2010 demeure
immense : seulement 2,5 millions des 7 millions de malades des pays en dévelop-
pement qui en ont besoin reçoivent actuellement ces médicaments.
Le Monde, 22 novembre 2007

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 313


Questions
– Quelles sont les informations indiquées portant sur le texte (origine, auteur, date,
etc.) ?
– Ce texte est-il construit en une seule partie ou en paragraphes ?
– Contient-il des mots de vocabulaire, des expressions dont vous ignorez le sens ?
– Contient-il des phrases que vous avez du mal à comprendre ?
– Quel est le thème ou quels sont les thèmes dont traite ce texte ?
– Y-a-t-il un point de vue défendu dans ce texte ?
– Si oui, quel est-il ?
– Ce point de vue vous paraît-il intéressant ?
– Êtes-vous d’accord avec le point de vue de l’auteur ?
– Dans l’affirmative comme en cas de désaccord quels sont vos arguments ?
– Pourriez-vous résumer les propos de ce texte en une seule phrase ?
– Quelles seraient les questions, à partir de ce texte, que vous n’aimeriez pas qu’un
jury vous pose ?

Bibliographie sélective
www.vie-publique.fr
www.who.int/fr/ (site de l’OMS)
Bernard Bonnici, La politique de santé en France, Que sais-je ?, 2003.

314 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Acquérir les outils
nécessaires à la phase
d’explication
Chapitre 22
Thème traité :
Les droits de l’homme
Un plan d’« analyse » toujours identique
Il est essentiel de bien garder à l’esprit que le texte fourni n’est pas le prétexte à une
réflexion autonome, aussi brillante soit-elle. Ainsi la première partie de votre exposé
doit toujours consister à expliquer le texte. La deuxième partie de votre exposé est
également toujours la même : il s’agira de commenter ce que vous aurez préala-ble-
ment expliqué.
Mais :
- que signifie expliquer ?
- que signifie commenter ?
Ce chapitre est consacré à la phase d’explication du texte. Le suivant portera sur la
phase de commentaire.

1.1 L’explication du texte : définition

Expliquer un texte consiste à en indiquer le sens, c’est-à-dire ce qu’il faut en com-


prendre, ce que son auteur a voulu transmettre comme message, message qu’il vous
faut indiquer au jury.
Mais l’explication ne s’arrête pas là. Un texte est un construit, il possède une organi-
sation interne qu’il vous appartient de mettre en lumière.
De plus l’emploi de quelques mots de vocabulaire, par leur richesse, leur difficulté,
nécessite également une explication.
Beaucoup retrouvent sans doute là la teneur du cours de français au collège et au ly-
cée ou de philosophie en terminale. Et il en est bien ainsi en effet. Après tout, un ré-
dacteur est souvent confronté à des textes juridiques, techniques, journalistiques, qu’il
doit comprendre, utiliser, transmettre. Il est donc logique que le jury veuille vérifier
vos qualités de lecteur dans le cadre de textes qui excluent bien évidemment toute
explication purement littéraire.
C’est le fond qu’il s’agit de mettre en évidence et l’analyse de la logique de dé-
monstration de l’auteur ne peut qu’y aider en mettant en évidence les articulations
principales du texte.
Voilà en quoi consiste globalement la première partie de votre travail de préparation
seul à votre table puis de votre travail de restitution une fois de retour devant le jury.

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 317


Il faut y ajouter en plus de la partie de commentaire qui suit cette phase d’explica-
tion deux autres étapes beaucoup plus courtes :
– l’introduction de votre exposé,
– la conclusion de celui-ci.
Mais elles seront abordées au chapitre suivant, une fois que vous aurez bien compris
en quoi consistent la phase d’analyse et celle de commentaire.

1.2 L’explication de texte : approche théorique

Réussir la partie explicative du texte consiste à prouver aux examinateurs que l’on a
compris le texte titré au sort. Il s’agira donc pour y parvenir d’appliquer toujours la
même méthode, méthode qui était esquissée à travers les douze questions portant
sur les trois textes proposés au chapitre précédent.
Il vous faudra donc systématiquement :
– utiliser le paratexte,
– mettre en évidence l’organisation du texte,
– énoncer l’idée générale du texte,
– expliquer les mots ou expressions les plus importantes.

1 - Utiliser le paratexte
On appelle paratexte l’ensemble des informations qui situent le texte, à savoir :
– le nom de l’auteur,
– la date de publication du texte,
– le titre du texte,
– le type de texte (article de journal, extrait d’un essai, passage d’un roman...)

Ces informations qui devront être rappelées face au jury peuvent vous permettre de
mieux comprendre le texte en le situant :
– dans le temps (un article de journal de novembre 2007 par rapport à un essai de
1990),
– par l’auteur si vous le connaissez, (mais le jury ne vous pénalisera pas si vous ne le
connaissez pas. D’ailleurs le nom de l’auteur n’est pas toujours indiqué),
– en fonction du type de texte (un article de journal qui porte souvent sur l’événe-
ment aura moins de recul qu’un essai. De même il conviendra de distinguer un quo-
tidien d’un hebdomadaire),

318 La culture générale au concours de rédacteur territorial


– grâce à son titre (s’il y en a un) qui explique souvent le contenu qui le suit.

Mettre en évidence l’organisation du texte


Votre deuxième travail consistera à mettre en évidence l’organisation interne du
texte, son plan. Exactement comme l’élève que vous étiez il vous faudra « découper
» le texte en grandes unités de sens si une structure en paragraphes n’est pas appa-
rente. Vous utiliserez pour vous aider les mots de liaison (conjonctions) du texte s’il
y en a.
Face au jury il vous faudra montrer cette structure afin de justifier votre compré-
hension du texte.

Énoncer l’idée générale du texte


Le travail précédent vous permettra de bien comprendre le sens du texte en mettant
en évidence ce dont l’auteur souhaite convaincre le lecteur, ce qu’il veut démontrer,
ou plus simplement parfois les faits qu’il souhaite mettre en évidence.

Expliquer les mots ou expressions les plus importantes


Enfin dernière étape de votre première partie de travail préparatoire : si vous consta-
tez que le texte contient des mots, des expressions, dont vous jugez qu’une explica-
tion en est nécessaire, il vous faudra préparer cette explication, faute de quoi le jury
ne manquera pas de vous la demander !

Ces quatre étapes menées à bien vous aurez sans nul doute une compréhension claire
du texte que vous pourrez expliquer au jury en organisant votre première partie d’ex-
posé de la manière suivante :
– l’idée générale du texte,
– le plan du texte,
– les idées, arguments, exemples qui permettent à l’auteur de développer son propos,
– les termes principaux à mettre en relief.

À retenir __________________________________________________________
La première partie dite « partie d’explication du texte » a toujours le même dérou-
lement. L’objectif est de montrer aux examinateurs que l’on possède une méthode
de lecture qui permet de comprendre le texte tiré au sort
__________________________________________________________________
L’illustration du thème des droits de l’homme va mettre en pratique la méthode pro-
posée.

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 319


Thème 22 : Les droits de l’homme

L’explication de texte : approche pratique

À partir du texte suivant qui porte sur le thème de ce chapitre dédié aux droits de
l’homme, vous essaierez de répondre aux cinq questions suivantes :
– En quoi le paratexte peut-il vous être utile ?
– Quelle est la thèse de l’auteur ?
– Comment organise-t-il sa démonstration ?
– Quelles sont les idées, arguments, exemples essentiels ?
– Quels sont les mots dont l’explication (que vous donnerez) vous paraît nécessaire ?

Sujet :

Peine de mort : un châtiment très politique.

Hormis les Philippines qui regagnent le camp abolitionniste (abolie une première
fois en 1987, la peine de mort y avait été rétablie en 1993), portant à 129 le nombre
de nations ayant rayé, dans la pratique et le droit, le recours à la peine de mort,
les informations dont on dispose obligent à penser que la peine de mort est rede-
venue une peine politique. Ce que l’on pressentait après le 11 septembre 2001 s’est
transformé en réalité : au moins 12 pays sur les 68 qui maintiennent la peine ca-
pitale l’ont utilisée en 2006 dans le cadre de législations antiterroristes. L’Algérie,
le Bangladesh, la Chine, l’Egypte, l’Inde, l’Indonésie, l’Iran, le Kirghizistan, le Myan-
mar prononcent des peines capitales ; l’Irak, le Pakistan et la Jordanie procèdent à
des exécutions.
À Bagdad, le 9 mars, 13 personnes sont exécutées pour activités terroristes ; aux
alentours du 6 septembre, 27 autres personnes subissent le même sort. Dans la ville
d’Arbil, au Kurdistan irakien, 11 hommes qui auraient été membres du groupe An-
sar al-Islam sont pendus le 21 septembre. Le 30 décembre, Saddam Hussein, est lui
aussi pendu. Il est probable qu’au moins 200 personnes dont on ignore souvent
l’identité attendent leur exécution en Irak. Dans un pays en proie à la guerre ci-
vile, le recours à la peine capitale représente une ultime et dérisoire démonstra-
tion de violence de la part du clan gouvernemental.
Aux Etats-Unis, l’exécution par injection létale est contestée devant les tribunaux
et momentanément suspendue en Floride et en Californie ; en République popu-
laire de Chine, pour faire taire le débat naissant concernant l’usage extensif de la
peine capitale, les autorités annoncent que la Cour suprême devrait, dans un ave-
nir proche, obtenir la haute main sur tous les cas de peine de mort prononcés par

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 321


les tribunaux provinciaux afin d’examiner plus impartialement les appels. En Rus-
sie, le moratoire sur les exécutions, instauré en 1999 est prolongé jusqu’en 2010.
Mais quel sens peut-on lui donner lorsque chaque jour l’armée russe et ses affidés
torturent et exécutent en Tchétchénie ?

Marie-Agnès Combesque, in L’état des droits de l’homme en France (édition 2007).

Réponses possibles

En quoi le paratexte peut-il vous être utile ?


Si le nom de l’auteur de l’article est certainement inconnu de la quasi-totalité des lec-
teurs (Marie-Agnès Combesque est écrivaine, directrice de collection, spécialiste des
droits de l’homme) les autres éléments du paratexte peuvent en revanche être utili-
sés avec profit.
Ainsi la date (2007) permet d’indiquer que les analyses faites dans ce texte sont ré-
centes et donc d’actualité.
Le titre de l’ouvrage permet à la fois de « situer » le champ de la réflexion mais aussi
de rappeler que les droits de l’homme, s’ils datent de 1789 pour leur formulation en
France, ne sont pas toujours respectés ni dans notre pays ni dans d’autres États.
Enfin le titre de l’article permet de découvrir à la fois le thème de l’article et son pro-
pos : le thème est celui de la peine de mort ; le propos consiste pour l’auteur à dé-
montrer que la peine de mort est un châtiment utilisé dans certains pays à des fins
politiques.
Ajoutons qu’il convient immédiatement à la lecture de ces deux titres de noter au
brouillon que la peine de mort a été abolie en France en 1981 et qu’il est question
d’inscrire cette abolition dans la Constitution.

Quelle est la thèse de l’auteur ?


Nous l’avons indiquée ci-dessus puisqu’elle est exprimée dans le titre de l’article. Mais
ce n’est pas toujours le cas. Souvent les titres indiquent ce dont il va être question
mais pas le point de vue défendu par l’auteur. Il faut donc être attentif au contenu
des titres afin de bien cerner l’argumentaire à découvrir et pas seulement le contexte
de l’article.
De plus la phrase suivante précise la pensée de l’auteur : «…les informations dont on
dispose obligent à penser que la peine de mort est redevenue une peine politique. »
Ainsi Marie-Agnès Combesque inscrit la peine de mort comme outil au service du po-
litique dans un mouvement historique. Il faut bien insister sur l’adjectif « redevenue
» qui sous-entend que la peine de mort n’était plus une peine politique mais seule-
ment un châtiment de droit commun.

322 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Comment organise-t-il sa démonstration ?
L’utilisation de trois paragraphes permet de mettre en évidence l’organisation glo-
bale du texte :
– Dans le premier paragraphe l’auteur montre que de nombreux pays ont eu recours
à la peine capitale parmi ceux qui l’ont maintenue (12 sur 68).
– Dans le deuxième paragraphe elle illustre sa thèse à l’aide d’exemples concrets tous
pris en Irak.
– Dans le troisième et dernier paragraphe Marie-Agnès Combesque indique que trois
États ne vont pas dans le même sens (les Etats-Unis, la Chine et la Russie).

Quelles sont les idées, arguments, exemples essentiels ?


De par la brièveté de l’article il ne peut s’agir que d’une synthèse. Les éléments four-
nis ne sont donc pas étayés. Dès lors les arguments cèdent la place à des exemples
puisque l’auteur se livre davantage à un constat qu’à une analyse.
– Dans le premier paragraphe trois points sont à relever :
– Le nombre de pays ayant aboli la peine de mort : 129 contre 68 qui l’ont mainte-
nue.
– Le rôle joué par le 11 septembre 2001. C’est au nom de la lutte antiterroriste que
la peine de mort est maintenue dans certains États.
– Une liste illustrant ces pays.
– Dans le deuxième paragraphe deux éléments sont à souligner :
– Dans un premier temps l’auteur poursuit son constat en fournissant un certain
nombre d’exemples en Irak, sorte de décompte macabre des peines de mort exé-
cutées.
– Mais dans un second temps elle passe du constat à l’analyse puisqu’elle affirme que
ces exécutions sont «…une ultime et dérisoire démonstration de violence de la part
du clan gouvernemental. » Il s’agit là d’un point de vue personnel et pas d’un
constat.
– Dans le troisième paragraphe trois pays semblent échapper au décompte de l’au-
teur : les USA, la Chine et la Russie. Mais si les Etats-Unis ne sont pas ici critiqués, il
n’en est pas de même des deux autres États. L’auteur rappelle en effet que la Chine
pratique un usage extensif de la peine de mort, affirmant donc qu’il y a de plus en
plus d’exécutions. De plus elle met en doute l’honnêteté de la Russie face à la si-
tuation en Tchétchénie.
Le lecteur voit donc bien que malgré quelques bémols, la thèse de l’auteur se confirme
dans les faits.

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 323


Quels sont les mots dont l’explication (que vous donnerez) vous paraît nécessaire ?
Ici, hormis tous les pays ou lieux cités qu’il convient de rechercher sur une carte mais
que le jury ne pourrait pas reprocher au candidat de ne pas tous les connaître, trois
mots nous semblent intéressants : abolitionniste, létal(e) et moratoire.
– Abolitionniste permet en effet de faire référence à l’abolition de l’esclavage en
France en 1848 grâce à Victor Schoelcher. Ce n’est pas en effet le sens du mot qui
pose une difficulté mais plutôt sa contextualisation.
– Létal signifie « qui provoque la mort ». Ici le problème soulevé est la contradiction
possible entre cette injection létale et la Constitution américaine qui interdit les châ-
timents cruels. (huitième amendement).
– Un moratoire est un délai, une suspension momentanée. Il s’agit d’une décision qui
suspend pour une certaine durée l’application de telle ou telle procédure. On pour-
rait citer le moratoire sur les OGM par exemple.

À partir de toutes ces informations découvertes il est possible de bâtir la partie ex-
plicative du texte puisque nous avons mis en évidence :
– la thèse de l’auteur,
– le plan qu’elle adopte,
– son argumentation.

Bibliographie incitative
Ligue des droits de l’homme, L’état des droits de l’homme en France, La décou-
verte, 2007.
Jacques Mourgeon, Les droits de l’homme, Que sais-je, 2002.
Mireille Delmas-Marty, Libertés et droits fondamentaux, Points Seuil, 2002.

324 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Acquérir les outils
nécessaires à la phase
commentaire
Chapitre 23
Thème traité :
La construction européenne

Le commentaire du texte : approche théorique


Une fois le texte expliqué objectivement, vous allez pouvoir le commenter, c’est-à-
dire donner votre point de vue sur la thèse qu’il défend. Vous introduisez donc ici
une dimension personnelle, plus subjective, même si elle se doit d’être argumentée
et illustrée.
Deux cas de figure sont à envisager :
- vous êtes d’accord avec l’auteur
- vous n’êtes pas d’accord avec lui.
Si vous êtes du même avis que lui, vous allez chercher à développer son argumenta-
tion soit en l’approfondissant soit en lui fournissant d’autres éléments de justifica-
tion.
Dans le cas inverse vous chercherez à critiquer sa démonstration à l’aide de contre ar-
guments illustrés par des exemples probants.
Mais dans les deux cas demandez-vous toujours s’il n’y a pas d’arguments contre vous
ou l’auteur, ne serait-ce que pour les réfuter et anticiper les questions du jury. N’ou-
bliez jamais que vous intéresserez toujours un jury en vous attachant à développer
un argumentaire convaincant. Et même s’il n’est pas d’accord avec vous il vous no-
tera positivement à partir du moment où vos idées seront cohérentes. Enfin retenez
que les membres du jury n’ont pas les mêmes idées entre eux et que ce qui compte
c’est l’intérêt que vous susciterez.
Il vous faut pour cela utiliser tout ce que vous aura apporté la préparation de la dis-
sertation pour les candidats au concours externe et de l’épreuve de réponses à trois
à cinq questions pour les candidats au concours interne, préparation à laquelle nous
vous renvoyons. L’essentiel consiste à développer sa propre réflexion sans essayer de
« ménager la chèvre et le chou ».
D’où l’exercice qui suivra pour illustrer ce chapitre.
Venons-en maintenant aux dernières étapes de la préparation. Il vous faut en effet
comme nous l’indiquions au chapitre précédent commencer votre exposé par une in-
troduction et le clore par une conclusion. Cette introduction et cette conclusion doi-
vent donc être préparées à la fin des vingt minutes de préparation, une fois que le
contenu de votre explication et de votre commentaire est élaboré.
L’introduction
Relisez les conseils donnés dans le cadre de la méthodologie de la composition sur
un sujet d’ordre général aussi bien pour le concours externe que pour les questions
du concours interne. En effet l’organisation de cette introduction répond aux mêmes
attentes qu’il s’agit ici d’adapter au cadre oral de l’exercice. Une méthode mnémo-

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 327


technique se fonde sur la réponse aux trois questions suivantes :
- Pourquoi ?
- Quoi ?
- Comment ?
Justifier le sujet demande de montrer l’intérêt du texte tiré au sort. La réponse est à
rechercher dans l’analyse de ce texte. Il vous faut resituer le texte dans l’actualité du
moment, surtout si ce texte est ancien.
Rappeler le sujet consiste à indiquer au jury :
- Le nom de l’auteur que vous pouvez identifier si vous le connaissez.
- L’origine de l’extrait qui peut vous permettre d’exploiter votre culture.
- La date de parution qui peut nécessiter un recadrage historique.
- Le contenu du texte : la thèse défendue par l’auteur, c’est le plus important.
La dernière partie de l’introduction est consacrée à l’annonce de votre plan. Si en
théorie il est toujours le même, à savoir :
- explication du texte,
- commentaire du texte,
dans la pratique vous devez adapter ce cadre au texte à analyser.
Cette introduction doit être exposée clairement en moins d’une minute.
Le jury prendra en notes l’énoncé de la thèse de l’auteur et votre plan afin de bien
suivre votre démarche.
La conclusion
Elle est également à l’image de la conclusion de la composition précédemment rap-
pelée, à savoir :
- Rappel de l’essentiel.
- Point de vue personnel.
- Ouverture possible.
Rappeler l’essentiel consiste à marquer l’esprit du jury par la mise en valeur de la co-
hérence de votre propos, c’est-à-dire par la complémentarité entre votre analyse du
texte et son commentaire.
Énoncer votre point de vue personnel est également indispensable car il rappelle bien
au jury que vous avez été capable de porter un jugement et de le justifier.
Ouvrir sur une réflexion qui dépasse l’exposé est parfois difficile. Vous pouvez tou-
tefois essayer de mettre en perspective le thème du texte par rapport à l’actualité à
venir, tout en sachant que le jury pourra rebondir sur cette ouverture pour vous in-
terroger à son sujet. Mais, comme pour l’épreuve écrite cette dernière étape de la
conclusion n’est pas obligatoire.
Le traitement du thème de ce chapitre consacré à la construction européenne pro-
pose le commentaire d’un texte, puis une introduction et une conclusion. Le lecteur
devra se livrer à la phase d’explication à l’aide des outils du chapitre précédent car il
est impossible de commenter un texte que l’on n’a pas préalablement expliqué.

328 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Thème 23 : La construction européenne

Texte à commenter :

Discours prononcé le 21 août 1849 lors du Congrès de la paix.


Un jour viendra où les armes vous tomberont des mains, à vous aussi ! Un jour vien-
dra où la guerre paraîtra aussi absurde et sera aussi impossible entre Paris et
Londres, entre Pétersbourg et Berlin, entre Vienne et Turin, qu’elle serait impos-
sible et qu’elle paraîtrait absurde aujourd’hui entre Rouen et Amiens, entre Bos-
ton et Philadelphie. Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous
Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos
qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement
dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne, absolu-
ment comme la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, l’Alsace, toutes
nos provinces, se sont fondues dans la France. Un jour viendra où il n’y aura plus
d’autres champs de bataille que les marchés s’ouvrant au commerce et les esprits
s’ouvrant aux idées. — Un jour viendra où les boulets et les bombes seront rem-
placés par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le vénérable arbi-
trage d’un grand sénat souverain qui sera à l’Europe ce que le parlement est à
l’Angleterre, ce que la diète est à l’Allemagne, ce que l’Assemblée législative est à
la France ! (Applaudissements). Un jour viendra où l’on montrera un canon dans
les musées comme on y montre aujourd’hui un instrument de torture, en s’éton-
nant que cela ait pu être ! (Rires et bravos). Un jour viendra où l’on verra ces deux
groupes immenses, les États-Unis d’Amérique, les États-Unis d’Europe (Applaudis-
sements), placés en face l’un de l’autre, se tendant la main par-dessus les mers,
échangeant leurs produits, leur commerce, leur industrie, leurs arts, leurs génies,
défrichant le globe, colonisant les déserts, améliorant la création sous le regard du
Créateur, et combinant ensemble, pour en tirer le bien-être de tous, ces deux forces
infinies, la fraternité des hommes et la puissance de Dieu ! (Longs applaudisse-
ments).

Victor Hugo

Éléments d’explications
Paratexte :

L’auteur, Victor Hugo, doit permettre à tout candidat de dire quelques mots sur ce
génie universel, ne serait-ce qu’il est l’auteur des Misérables, qu’il eut aussi une acti-
vité politique, d’où ce discours au congrès de la paix de 1849.
Sur ce congrès, aucun jury ne pénaliserait un candidat qui ne pourrait quasiment rien
en dire, ne serait-ce que parce que le jury serait sûrement autant en difficulté que lui !
L’introduction à venir vous montrera comment élargir les informations du paratexte.

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 329


Quoi qu’il en soit, il est question de paix. D’où l’énoncé qui suit de la thèse de l’au-
teur.

Thèse de l’auteur :

Le discours de Victor Hugo est un hymne à la paix fondée sur le droit et le commerce,
tous deux promoteurs d’une civilisation du développement technique.

Organisation du texte :

Si le texte s’organise à partir des sept « un jour viendra », on peut tout d’abord mettre
en évidence trois étapes importantes :
– La fin de la guerre (lignes 1 à 12).
– La victoire de la démocratie (lignes 12 à 18).
– Le développement d’une civilisation universelle (lignes 18 à fin).

Idées, arguments, exemples :

Toute l’explication de ce texte peut donc se fonder sur les sept « Un jour viendra…
» qui rythment le discours de Victor Hugo.

Ainsi :
(non entièrement rédigé comme s’il s’agissait d’un brouillon)
1er Un jour viendra :
Fin des guerres. Image du poète Hugo : les armes tombent des mains.
2e Un jour viendra :
Rappel de guerres passées, aussi bien internationales que civiles.
3e Un jour viendra :
L’union dans la diversité ! Hugo imagine ce qui deviendra l’Union Européenne (même
si la Russie n’en fait pas partie).
4e Un jour viendra :
Rôle moteur dévolu au commerce et aux idées. Ici Hugo défend la notion de progrès
(terme très important car il est bien le moteur de la civilisation).
5e Un jour viendra :
Développement de la démocratie à l’échelle de l’Europe via un parlement européen.
6e Un jour viendra :

330 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Comparaison entre le canon et un instrument de torture, le premier devenant aussi
désuet que le second. Rappelons que la torture est abolie en France juste avant la Ré-
volution française.
7e Un jour viendra :
L’Europe et les États-Unis promoteurs du bonheur universel grâce à la diffusion du
progrès à l’échelle de la planète.

Vocabulaire nécessitant une explication :

Seul le mot diète semble nécessiter une explication : ici la diète désigne une assem-
blée politique. (La Confédération germanique était composée de diètes jusqu’en
1866).

Commentaire
Le commentaire se doit ici d’être à la fois élogieux et critique.
Élogieux car Victor Hugo se montre ici en grand visionnaire. Il rêve l’Union euro-
péenne plus d’un siècle avant son commencement. Il comprend que l’Europe sera
construire pour éviter les guerres ; il devine que sa construction ne devra pas oublier
les spécificités de chaque État ; il pressent que le commerce est un facteur de déve-
loppement et que les idées participent également au progrès, etc.
Critique car ce discours ressemble à un partage du monde entre deux grandes puis-
sances : l’Europe et les États-Unis, comme si les autres États n’étaient que quantités
négligeables à qui il faut apporter à la fois Dieu et le progrès. Le verbe coloniser est
utilisé. Dès lors la notion d’universalité développée par Victor Hugo est à juger à
l’aune de ce qui s’est passé au vingtième siècle.
Certes ce discours a pour objectif la fraternité. Mais il oublie de s’interroger sur ce
que veulent nos frères. En un mot on ne leur demande pas leur avis !
Voilà ce sur quoi pourraient porter des éléments de commentaire. Le jury apprécie-
rait certainement les candidats qui ne se contenteraient pas de chanter les louanges
de Victor Hugo mais démontreraient également les difficultés qui se cachent derrière
ce « programme ». Il ne s’agirait pas de remettre en cause les idéaux hugoliens mais
de montrer qu’ils seront utilisés à la fois pour justifier le colonialisme et la création
de la Société des Nations, ancêtre de l’ONU.

Éléments d’introduction
Ce discours fut prononcé par Victor Hugo le 21 août 1849 dans le cadre du Congrès
de la paix tenu à Paris, congrès qu’il présida. Nous sommes un an après la révolution
de 1848. C’est d’ailleurs en 1848 que Marx et Engels écrivent Le manifeste du parti
communiste.

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 331


Ce texte est intéressant par son côté visionnaire puisque Victor Hugo imagine l’Union
Européenne. Pour autant il ne peut deviner ce que l’exportation de toute civilisation
peut entraîner.
C’est pourquoi il conviendra dans un premier temps d’analyser le programme huma-
niste de l’auteur des Misérables avant, dans un second temps, de le mesurer à l’his-
toire du vingtième siècle.

Éléments de conclusion
Ce texte est donc quasiment fascinant puisqu’il attire par son côté visionnaire mais
est également repoussant si l’on analyse les conséquences que ce type de discours a
pu avoir sur l’histoire du vingtième siècle.
Dès lors je pense que c’est sur la question de la fraternité qu’il faut s’interroger car
l’universel ne doit pas faire oublier les particularismes. C’est d’ailleurs ce à quoi sont
confrontés les élus des collectivités territoriales puisqu’il leur faut à la fois satisfaire
les besoins identitaires et défendre les intérêts communs.

Bibliographie incitative
www.europe.gouv.fr
Guillaume Courty et Guillaume Devin, La construction européenne,Re-
pères,2004.
Romain Gary, Education européenne,Folio, 1972.

332 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Acquérir les techniques
essentielles à la phase
de questionnements
Chapitre 24
Thème traité :
La société de consommation

1.1 Quelques informations de bon sens

En théorie les questions qui vous sont posées à la suite de votre exposé recouvrent
deux champs différents :
- Questions sur l’analyse de texte,
- questions qui élargissent le champ de cette explication.

Dans la pratique, le jury est totalement libre. Il peut rester jusqu’à la fin de l’épreuve
sur le sujet choisi, il peut passer directement après votre exposé à d’autres thèmes
que celui que vous avez traité, il peut répartir d’une manière plus ou moins égale les
deux possibilités qui s’offrent à lui.

Dans tous les cas ne déduisez pas de son choix un échec certain de votre exposé. Et
quand bien même vous croiriez avoir échoué, nous vous avons déjà rappelé qu’il vous
restait du temps pour vous rattraper et finalement être reçu. Aucun candidat ne
connaît la prestation de ses concurrents et l’essentiel n’est pas d’avoir une bonne note
mais une note suffisante pour être reçu.

Restons dans le cadre théorique de l’épreuve et analysons la méthode à utiliser pour


répondre aux questions concernant votre exposé ou le sujet choisi. L’illustration de
ce chapitre par le thème portant sur la société de consommation vous fournira de
nombreuses questions à titre d’exemples.

1.2 Questions sur votre analyse du texte

Ces questions peuvent avoir pour objectif :


- D’obtenir des précisions sur ce que vous n’avez fait qu’évoquer ;
- de vous faire corriger une de vos affirmations manifestement erronées ;
- de vous faire réfléchir sur une partie du sujet que vous n’avez pas abordé ;
- de vérifier vos connaissances sur un aspect du sujet laissé de côté ;
- de chercher à savoir si vous pouvez vous contredire ;
- etc.

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 335


Devant toutes ces possibilités vous devez garder en tête l’objectif qui est le vôtre :
montrer que vous avez les capacités d’un rédacteur territorial. Autrement dit, prenez
le temps de bien comprendre la question posée, recherchez à chaque fois que c’est
possible un argument ou deux pour justifier votre réponse car une réponse non ar-
gumentée a peu d’intérêt ; conservez en mémoire ce que vous avez dit précédem-
ment afin de pouvoir nuancer un propos, reconnaître une erreur, mais sans vous
contredire. Et quand la question est fermée n’hésitez pas à avouer une lacune tout
en précisant comment vous obtiendriez la réponse s’il s’agit d’une question plus pro-
fessionnelle.

1.3 Questions qui élargissent le champ de la réflexion

Ces questions sont tout à fait du même type que les précédentes. Elles se répartissent
également en questions fermées, les moins nombreuses et ouvertes donc les plus fré-
quentes.
L’objectif est toujours le même : mettre sa culture générale au service de sa réflexion.
On a déjà écrit que les thèmes pouvant servir de champs d’interrogation sont aussi
nombreux que vastes : l’Europe, les médias, la citoyenneté, l’environnement, les maux
sociaux, le service public, les loisirs, etc., autant de thèmes qui se recoupent souvent
et suscitent de multiples questions. Dès lors le choix des vingt-cinq thèmes présentés
dans cet ouvrage est partiel et demande à être complété.
Le jury peut vous interroger sur ce que bon lui semble, mais il ne s’agit pas de tom-
ber dans un exercice de pure érudition, soyez-en bien persuadé. Il s’agit de tester
votre réactivité, votre volonté d’être reçu, votre capacité à défendre un point de vue,
etc., en vous questionnant sur les grands thèmes de l’actualité, actualité devant être
pris au sens large du terme.

N’oubliez pas la composition du jury. Chacun de ses membres a des préoccupations


différentes qui pourront donner lieu à autant de questions différentes. Très schéma-
tiquement :
- L’élu se met au service de ses administrés dans le cadre de l’intérêt général.
- Le fonctionnaire territorial gère un ou plusieurs services.
- Le formateur (l’usager) transmet une culture quotidiennement acquise.

Mais ils sont tous trois citoyens, attentifs aux problèmes de société, curieux du monde
qui les entoure.
C’est pourquoi ils croisent leurs compétences et leurs connaissances pour vous éva-
luer du mieux possible. Votre difficulté essentielle consistera à être capable de chan-
ger de sujet autant de fois que le jury le souhaitera, libre qu’il est de vous poser

336 La culture générale au concours de rédacteur territorial


plusieurs questions sur le même thème ou de changer souvent de thème. Au-delà de
leur statut et de leurs fonctions la personnalité des membres du jury intervient for-
tement dans le choix des questions posées.
Notez, pour finir, qu’il ne vous est pas demandé de vous présenter, sauf pour le troi-
sième concours. Le jury ne connaît donc que vos nom et prénom. En aucun cas il ne
possède vos notes de l’écrit.

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 337


Thème 24 : La société de consommation
Voici un grand nombre de questions concernant la société de consommation. Imagi-
nez que quelques-unes d’entre elles (n’importe lesquelles) pourraient être posées
suite à un texte portant sur ce thème ou bien proposées au candidat dans le cadre
de questions générales après des questions ayant portées sur un autre thème.

Comme nous arrivons à la fin de l’ouvrage vous pouvez utiliser tous les outils propo-
sés précédemment afin de distinguer questions ouvertes et questions fermées (elles
ont été volontairement mélangées ici), faire des recherches, bâtir un dossier sur ce
thème, etc., travail beaucoup plus efficace que de lire des réponses possibles.

Questions :
– Définir société de consommation.
– Définir INSEE.
– Qu’est-ce qu’un logo ?
– Qu’appelle-t-on le naming ?
– Définir le marketing ?
– Qu’est-ce que l’indice des prix ?
– Qu’est-ce que l’inflation ?
– Citer trois marques d’articles de sport.
– Faudrait-il enseigner la consommation à l’école ?
– Qu’est-ce que le surendettement ?
– 40 kg de prospectus dans les boîtes aux lettres par an : qu’en pensez-vous ?
– Cinq fruits et légumes par jour : est-ce possible pour tout le monde ?
– En quoi la consommation met-elle en danger la planète ?
– Que pensez-vous du journal Que choisir ?
– La coupe d’Europe de rugby s’appelle la Heineken Cup. Qu’en pensez-vous ?
– Quel est l’intérêt de connaître le moral des ménages ?
– Pouvez-vous citer un publicitaire célèbre ?
– Qu’entend par consommation éthique ?
– Qu’est-ce que le commerce équitable ?
– Que pensez-vous des crédits à la consommation ?
– Citez une publicité qui vous a intéressé et justifiez votre réponse.
– « À consommer avec modération » : slogan sanitaire ou hypocrisie ?
– Faudrait-il interdire la publicité qui s’adresse aux enfants ?
– Quels liens faites-vous entre l’audimat et la publicité ?
– Le journal municipal est-il une forme de publicité déguisée ?
– Qu’est-ce que le marquage CE ?
– Qu’est-ce que l’ouverture à la concurrence ?
– Y a-t-il trop ou pas assez de publicités ?
– Que savez-vous du commerce par Internet ?
– Que pensez-vous des appels surtaxés ?
– Que savez-vous sur l’obésité ?

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 339


– Qu’est-ce que l’action de groupe ?
– Quelle différence faites-vous entre publicitaire et publiciste ?
– Peut-on vraiment parler de la disparition des petits commerces ?
– Qu’est-ce que la traçabilité ?
– Consommer rend-il heureux ?
– Les consommateurs sont-ils suffisamment protégés ?
– Qui est Jean-Claude Decault ?
– Celui qui consomme peu n’est-il pas égoïste ?
– Qu’évoque pour vous le terme de propagande ?
– Quels liens faites-vous entre consommation et développement durable ?
– Qu’est-ce qu’un homme-sandwich ?
– La politique peut-elle agir sur la consommation ?
– Que pensez-vous des publicités déposées dans les boîtes aux lettres ?
– La sagesse exclut-elle la consommation ?
– Que signifie le sigle DGCCRF ?
– Qu’est-ce que le BVP ?
– Qu’est-ce que le consumérisme ?
– L’ouverture des magasins le dimanche, qu’en pensez-vous ?
– Que pensez-vous des coupures publicitaires dans les films ?

Bibliographie incitative
Naomi Klein, No logo : la tyrannie des marques,J’ai lu, 2007.
Pascal Bruckner, Misère de la prospérité,Livre de poche 2004.
Tristan Lecomte, Le commerce équitable ,Editions d’organisation, 2004.

340 La culture générale au concours de rédacteur territorial


S’entraîner,
comment ?
Chapitre 25
Thème traité : La culture

1.1 Ne pas attendre les résultats de l’admissibilité


Trop de candidats, une fois passés les écrits, attendent les résultats de l’admissibilité
pour se mettre à préparer les épreuves orales. Or il n’y a que quelques semaines entre
la promulgation de l’admissibilité et l’organisation des épreuves orales.
Les candidats qui n’enchaînent pas directement la préparation de l’oral avec celle de
l’écrit se pénalisent donc fortement. Certes beaucoup pensent que leurs copies ont
été faibles et qu’ils ne seront pas déclarés admissibles. Deux remarques importantes :
– d’une part, il est très difficile d’évaluer sa production à chaud même à l’aide de tous
les outils fournis ici ;
– d’autre part, il est impossible d’évaluer le contenu des copies de ses adversaires.
Dès lors la modestie n’est pas de mise. Il vaut mieux donc parier sur son admissibilité
(en cas d’échec cette préparation sera utile pour la prochaine session du concours)
que d’attendre une bonne surprise.
Ainsi après avoir soufflé quelques jours, tout candidat consciencieux doit se remettre
au travail.

1.2 Profiter de la préparation à l’écrit

Ce travail doit se poursuivre dans la droite ligne de celui de l’écrit tout en s’adaptant
à la spécificité de l’épreuve orale.
Ainsi il convient de poursuivre ses révisions, ses lectures, sa veille de l’actualité exac-
tement comme pour préparer l’épreuve de culture générale du concours interne ou
du concours externe. Les savoirs attendus par les jurys sont les mêmes. Les savoir-faire
sont communs en termes de logique, de clarté, de précision, de démonstration, etc.,
mais différents également de par la situation : le faire-savoir ne se traduit plus par
un devoir écrit mais par un face-à-face avec trois examinateurs comme nous l’avons
vu précédemment.
Dès lors il va falloir mieux appréhender cette situation, plus difficile à gérer que celle
de l’écrit. Pour y parvenir il faut d’une part, davantage « coller à l’actualité » et d’autre
part, s’exercer en se mettant en situation.

1.3 Coller à l’actualité

Les sujets sont en général choisis au moment de la réunion du jury d’admissibilité.


Mais les règles peuvent varier d’un Centre de Gestion à l’autre. Toutefois il est effi-
cace de partir du principe que les textes proposés par les membres du jury se référe-

342 La culture générale au concours de rédacteur territorial


ront pour beaucoup à l’actualité proche, même si rien n’interdit de proposer un ex-
trait d’un livre paru il y a six mois, cinq ans ou dix siècles ! (C’est pourquoi les trois
textes proposés dans le cadre de cette partie consacrée à l’oral sont issus d’un ou-
vrage contemporain, d’un discours ancien, d’un article de journal récent afin de ba-
layer les trois possibilités.)
Votre travail de préparation de l’écrit vous a familiarisé avec des œuvres anciennes
ou avec des ouvrages de fond comme ceux fournis dans les bibliographies incitatives
précédentes.
C’est pourquoi nous vous conseillons de davantage vous concentrer sur l’actualité, et
ce pour trois raisons essentielles :
– D’une part les probabilités de tomber sur un article de journal récent sont plus fortes
que de tomber sur un ouvrage ancien.
– D’autre part les membres du jury qui vous interrogeront sont plus sensibles à cette
actualité de par leur profession ou leurs fonctions.
– Enfin, vous vous entraînerez plus facilement en sélectionnant un article de journal.

1.4 S’exercer en se mettant en situation


Pour l’exposé.
Le principe est simple : il suffit de sélectionner un article d’une vingtaine de lignes
ou un extrait d’article d’une longueur équivalente. Comme nous vous l’avons indiqué
il est possible de se rendre via l’Internet sur les sites des principaux journaux natio-
naux afin de sélectionner des articles propices à ce genre d’exercice.
Une fois l’article choisi il faut se mettre en situation et essayer de bâtir un exposé
d’une durée de sept minutes à l’aide d’une préparation de vingt minutes. Certes le
travail est un peu faussé puisque pour choisir tel ou tel article, tel ou tel extrait, il
faut d’abord l’avoir lu et donc déjà analysé.
Mais ce n’est pas grave car l’essentiel consiste à construire un exposé cohérent fondé
sur une partie d’explication et une partie de commentaire. Le fait d’y passer quelques
minutes de plus au début ne remet pas en cause l’efficacité de cet entraînement.
Les candidats qui travaillent à plusieurs peuvent s’échanger des sujets, ce qui met ainsi
chacun dans les conditions du concours.

Pour les questions.


Si vous êtes seul à vous préparer vous pouvez essayer d’imaginer des questions pos-
sibles, ne serait-ce qu’en pensant à celles que vous n’aimeriez pas que le jury vous
pose !
En lisant d’autres articles sur le même thème vous allez acquérir des connaissances, com-

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 343


parer des points de vue qui sont l’équivalent de réponses à des questions possibles.
Ceux qui travaillent à plusieurs peuvent bien évidemment préparer des questions (et
des réponses) à fournir à celui qui aura à expliquer puis à commenter le texte sélec-
tionné.

Pour l’ensemble de l’entretien.


Il faut enfin essayer de tenir compte des qualités d’expression nécessaires à la réus-
site.
En cas de simulation d’entretien entre candidats le « jury » devra être attentif à tous
les paramètres classiques dans le cadre d’un entretien : audibilité, clarté, justesse de
l’expression, etc.

1.5 S’intéresser aux épreuves dites de QCM

Pour les candidats qui s’inquiéteraient de manques trop importants en termes de


connaissances, il est possible d’acquérir des ouvrages portant sur des Questions à
Choix Multiples, questions qui constituent une épreuve particulière dans certains
concours.
Il est ainsi possible d’acquérir beaucoup de connaissances en peu de temps.
La Gazette des Communes en fournit un certain nombre dans le cadre de sa prépa-
ration aux concours de la fonction publique territoriale.
Mais cette possibilité est plus rassurante que réellement efficace. Ce n’est que par
l’entraînement que vous parviendrez à respecter les règles fondamentales de l’en-
tretien de culture générale.

344 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Thème 25 : La culture
Ce thème sera traité à partir d’une simulation d’épreuve, comme s’il s’agissait de la
retranscription d’un enregistrement. À partir d’un texte portant sur la culture sera
proposée une explication. Viendront ensuite un jeu de questions-réponses à partir de
l’explication précédente puis un dernier jeu de questions-réponses ouvrant le champ
culturel.

Texte à analyser :
Le rapport sur le piratage des œuvres culturelles sur Internet devait être remis le
23 novembre par Denis Olivennes, PDG de la Fnac, à Nicolas Sarkozy. Il devait don-
ner lieu à un discours du chef de l'État « sur la politique à l’égard des industries
culturelles face au défi de la révolution numérique », a précisé la présidence de la
République dans un communiqué, qui rappelle « son attachement à la création ar-
tistique et sa volonté de tout mettre en œuvre pour que les artistes puissent vivre
de leurs œuvres et voient leurs droits respectés sur les nouveaux réseaux ».
Le rapport Olivennes est la conclusion d’une « mission sur la lutte contre le télé-
chargement illicite et pour le développement des offres légales d’œuvres musicales,
audiovisuelles et cinématographiques » confiée en septembre au patron de la Fnac,
par la ministre de la Culture, Mme Christine Albanel et celle de l’Economie et des
Finances, Mme Christine Lagarde. D’une quarantaine de pages, il débouche sur un
accord inédit et naguère impossible entre les ayants droit de la musique et du ci-
néma et les fournisseurs d’accès à Internet (FAI). En y ajoutant représentants du
secteur audiovisuel et pouvoirs publics, une cinquantaine d’acteurs devaient signer
vendredi cet accord.
Le texte vise à ménager la liberté des consommateurs et le droit des créateurs. La
mesure la plus marquante est celle qu’ont accepté de mettre en œuvre les FAI, jus-
qu’à présent réfractaires à tout dispositif répressif : ils s’engagent à lutter plus ef-
ficacement contre les « petits » pirates par des sanctions appropriées. Alerté par
les ayants droit, le FAI saisirait une autorité indépendante (dont le rapport préco-
nise l’installation), « placée sous l’autorité du juge, en sorte de garantir les droits
et libertés individuelles » et habilitée à mettre un nom sur une adresse Internet.
Via le FAI, cette autorité adressera par courriel un avertissement au contrevenant,
puis un second. Si l’activité illégale se poursuit, l’abonnement Internet du fraudeur
sera coupé. Ces mesures, parallèles aux sanctions prévues par la Loi sur les droits
d’auteur et droits voisins dans la société de l’information (DADVSI) de 2006, sont
qualifiées de « très raisonnables et éloignées du tout répressif » par le ministre de
la Culture et de la Communication.
Elles font cependant craindre à l’association de consommateurs UFC-Que choisir «
une surenchère répressive ». L’UFC-Que choisir, qui ne signe pas l’accord, affirme
que la résiliation de l’abonnement est contraire au respect de la présomption d’in-
nocence et à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme.
In Le Monde du 24 novembre 2007.

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 345


ENTRETIEN FICTIF
Vingt minutes environ avant le début de l’entretien la candidate dont l’identité et la
convocation ont été vérifiées par le secrétariat a été conduite devant le jury. Celui-ci
lui a fait tirer un sujet qui a été remis à l’appariteur. C’est en salle de préparation
que ce dernier a donné à la candidate son sujet tout en déclenchant son chronomètre
afin de respecter scrupuleusement la durée de la préparation. Une fois les vingt mi-
nutes écoulées, l’appariteur a conduit la candidate auprès du jury. Comme elle a déjà
salué le jury lors du tirage au sort elle sourit en silence en attendant que quelqu’un
l’invite à pénétrer dans la pièce. Mais elle pourrait aussi bien dire « Rebonjour ». Tout
dépend de la configuration du lieu (salle fermée ou pièce dans laquelle plusieurs ju-
rys interrogent), de l’attitude du jury, etc. L’important est de se montrer calme, res-
pectueux et surtout concentré.

Un membre du jury :
Rebonjour Mme Langlois. Asseyez-vous je vous en prie. Merci de bien vouloir signer
la feuille d’émargement. Vous avez donc tiré le sujet n° 34 qui correspond à un ar-
ticle du Monde daté du 24 novembre.

La candidate :
C’est bien cela oui.

Un membre du jury :
Parfait. Je vous rappelle que vous avez sept minutes environ pour faire votre exposé.
Puis nous vous poserons un certain nombre de questions sur votre exposé et sur
d’autres sujets. Je vais déclencher ce minuteur qui sonnera dans vingt minutes. Vous
êtes prête ? Oui, alors vous avez la parole.

La candidate :
Merci. Le texte que j’ai tiré au sort est un article du quotidien national Le Monde en date
du 24 novembre 2007 dont l’auteur n’est pas indiqué. Il concerne le rapport sur le pira-
tage des œuvres culturelles sur Internet, rapport commandé par le Président de la Répu-
blique à Denis Olivennes, PDG de la FNAC. On sait en effet que de plus en plus d’internautes
téléchargent illégalement des œuvres musicales, ce qui met en péril à la fois les chanteurs,
les auteurs, les compositeurs et plus globalement toutes les professions du milieu musical,
comme le « photocopillage » pour les productions écrites. C’est pourquoi après avoir mon-
tré que les propositions de M. Olivennes vont dans le bon sens j’élargirai la réflexion en
l’intégrant dans la problématique du respect du droit d’auteur.
Ce texte qui est construit en quatre paragraphes a donc pour objectif de rendre
compte du contenu du rapport en soulignant son côté mesuré puisqu’il est en partie
répressif mais aussi le résultat d’un accord entre tous les acteurs du milieu musical et
cinématographique.

346 La culture générale au concours de rédacteur territorial


En un mot voici la thèse défendue non pas par l’auteur de l’article qui se contente
d’exposer les faits de manière neutre mais par le rapport : « Le texte vise à ménager
la liberté des consommateurs et le droit des créateurs ». (Début du troisième para-
graphe)
Dans le premier paragraphe sont rappelés les objectifs de l'État en matière de droits
d’auteur puisque le Président de la République a voulu rappeler « son attachement
à la création artistique et sa volonté de tout mettre en œuvre pour que les artistes
puissent vivre de leurs œuvres et voient leurs droits respectés sur les nouveaux ré-
seaux ». Je rappellerai plus loin que l’industrie culturelle française a de nombreux ad-
versaires en plus des internautes qui fraudent.
Dans le deuxième paragraphe l’auteur insiste sur le consensus que M. Olivennes a réussi a
dégagé puisque «… une cinquantaine d’acteurs devaient signer vendredi cet accord ».
Mais c’est surtout le troisième paragraphe qui est important car c’est là que le dis-
positif proposé est expliqué. Il s’agira de prévenir un fraudeur dans un premier temps
puis de couper sa ligne Internet en cas de récidive, décision qui n’empêcherait pas
bien évidemment les poursuites pénales prévues par la loi.
Toute la chaîne des acteurs pourrait participer efficacement dans le respect des droits
de chacun : d’abord les ayants droit (c’est-à-dire les auteurs, les compositeurs, les chan-
teurs, les metteurs en scène, les acteurs, etc.) préviendraient le fournisseur d’accès à
Internet correspondant ; celui-ci saisirait une autorité indépendante qui pourrait aler-
ter le contrevenant, voire couper sa ligne en cas de récidives. Il y a donc dans ces me-
sures proposées un volet répressif, mais ce volet ne se met en place qu’après une
phase préventive puisque l’internaute fautif est prévenu des sanctions qu’il encourt
en cas de récidive. De plus un magistrat garantit la validité juridique c’est-à-dire la
légalité de la procédure.
Seul bémol : l’UFC-Que choisir qui n’a pas signé l’accord pour deux raisons :
– d’une part une crainte d’une extension de la répression,
– d’autre part une contradiction potentielle entre la résiliation de l’abonnement et
le respect de la présomption d’innocence.
Mais cette crainte ne me paraît pas fondée car la résiliation de l’abonnement n’est
pas réellement selon moi une sanction mais plutôt une manière d’empêcher l’inter-
naute de persévérer dans son erreur ! C’est sur cette remarque que j’entame mon
commentaire de ce texte, ou plutôt du rapport qu’il décrit, rapport dont je tiens à
dire tout de suite qu’il me paraît mesuré.
Je pense en effet que les œuvres culturelles doivent être protégées car il en va de la
survie de la création artistique, qu’elle soit française ou étrangère. Si les artistes ne
perçoivent plus de droits d’auteur, comment pourront-ils vivre ? Si les sociétés d’édi-
tion ne font pas de bénéfices, comment pourront-elles produire les œuvres de tel ou
tel écrivain ?
Ainsi la loi sur les droits d’auteur et droits voisins dans la société de l’information qui
est une transposition en droit français d’une directive européenne prévoit des peines
de prison et des amendes fortes à l’encontre des personnes qui fourniraient des lo-

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 347


giciels permettant de pirater des œuvres entrant dans le champ de la propriété in-
tellectuelle. En revanche je crois qu’il est possible de faire une copie d’un CD par
exemple si cette copie est pour son usage personnel.

Je voudrais également rappeler qu’un long débat a eu lieu concernant le paiement de


droits d’auteur pour les emprunts en bibliothèque, ce qui concerne directement les col-
lectivités territoriales et plus précisément les communes qui possèdent des médiathèques
et les conseils généraux qui gèrent des bibliothèques départementales de prêt.
Ainsi une loi a été votée en 2003 je crois. Cette loi impose à l'État de payer une cer-
taine somme par personne inscrite dans une bibliothèque et à chacune de ces bi-
bliothèques de déclarer les œuvres qu’elles achètent grâce aux factures fournies par
les libraires. Je pense que les sommes récoltées sont versées à un fond qui rémunère
alors les auteurs concernés.
Dès lors la diffusion des livres n’est par freinée et les auteurs ne voient plus leurs ou-
vrages lus sans qu’ils perçoivent une juste rémunération de leur travail.

Je voudrais ajouter que tous ces dispositifs ont pour objectif de développer la créa-
tion artistique, d’autant plus que la France, comme beaucoup d’autres pays, a à lut-
ter contre l’hégémonie américaine. Dès lors une diversité culturelle ne peut être
maintenue que si chacun joue le jeu : les créateurs en proposant des œuvres de qua-
lité et les lecteurs, auditeurs, spectateurs en rémunérant ces créations à leur juste va-
leur. Autrement les petites maisons d’édition ou de production disparaîtront une à
une comme les petits commerces de centre-ville.

En conclusion je voudrais souligner qu’au-delà des dispositions législatives qui sont


prises il faut absolument former les plus jeunes à une utilisation honnête des nou-
velles technologies de l’information et de la communication. C’est, selon moi, un pro-
blème d’éducation car le « pirate » ne comprend pas forcément qu’il commet un délit
puisqu’il a à sa disposition les outils technologiques lui permettant de commettre son
piratage. C’est donc en sensibilisant les utilisateurs grâce aux campagnes publicitaires
que l’on commence à voir que le préventif prendra le pas sur le répressif.

Un membre du jury :

Merci Madame. Puisque vous défendez ce dispositif en faveur des créateurs, pour-
riez-vous nous citer des artistes contemporains qui méritent une telle défense ?

La candidate :

En littérature je pense que Philippe Delerm est un écrivain qui mérite d’être défendu.
En musique on peut citer Natalie Dessay, même si la musique classique connaît moins
de problèmes de ce type.

348 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Un membre du jury :
Vous évoquiez dans votre exposé les NTIC. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

La candidate :
Oui. Les NTIC sont devenues incontournables à la fois pour les particuliers mais aussi
pour les collectivités territoriales.
Ainsi les démarches administratives sont facilitées, les échanges entre collègues grâce
aux mails.

Un membre du jury :
Je vous interromps car vous venez de dire mail. Est-ce le bon mot à employer ?

La candidate :
J’aurais dû dire courriel je pense !
Un membre du jury :
Effectivement. Pouvez-vous nous dire ce qu’évoque pour vous le terme de dématé-
rialisation ?

La candidate :
Ce terme désigne le fait de transformer un document papier en document numérique
par des procédés informatiques que j’aurais bien du mal à expliquer. De plus, ce terme
désigne également une obligation en matière de marché public. Je veux dire par là
que les collectivités doivent publier leurs marchés publics de manière dématérialisée
et que les entreprises peuvent répondre de la même manière, même si je crois que
ce procédé n’est pas encore très largement répandu.

Un membre du jury :
Revenons à la culture. Qui dépense le plus en France dans ce domaine : l'État ou les
collectivités ?

La candidate :
Ce sont les collectivités qui dépensent le plus en matière de culture en France.

Un membre du jury :
Vous auriez un ordre de grandeur à nous donner ?

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 349


La candidate :
Je sais que le budget du ministère de la Culture correspond à environ 1 % du bud-
get de l'État. Ce budget étant de 300 milliards d’euros, cela fait 3 milliards environ
pour le ministère de la culture. Quant aux collectivités territoriales c’est plus mais
comme l'État participe à ce budget je pense que c’est difficile de donner un chiffre
précis.

Un membre du jury :
Justement comment fonctionne le budget d’une collectivité ?

La candidate :

Il se décompose entre une partie investissement et une partie fonctionnement. Il doit


être en équilibre et est voté chaque année par l’assemblée délibérante.

Un membre du jury :
Quel est le budget total de toutes les collectivités ?

La candidate :
Je crois qu’il avoisine les 170 milliards d’euros, ce qui fait donc un peu plus de la moi-
tié du budget de l'État.

Un membre du jury :
Vous avez parlé de diversité culturelle dans votre exposé. Pourrait-on employer la
même expression à propos des collectivités territoriales ?

La candidate :
Ma réponse est oui car l’article 1 de la Constitution indique désormais que l’organi-
sation de la France est décentralisée. Cela signifie entre autres que dans le cadre de
l’indivisibilité de la République il faut tenir compte des particularismes locaux. Ainsi
par exemple les régions, les communes, revendiquent une identité forte qu’il faut
permettre à partir du moment où elle ne met pas en cause l’unité nationale bien sûr.

Un membre du jury :
Pas les départements ?

350 La culture générale au concours de rédacteur territorial


La candidate :
Et bien ma réponse est subjective mais j’ai le sentiment que chacun s’identifie da-
vantage à sa commune et à sa région qu’à son département. On est plus Normand
que Seinomarin par exemple.

Un membre du jury :
À ce propos quelles sont les principales compétences d’un département ?

La candidate :
La plus importante concerne l’aide sociale. Viennent ensuite les collèges, les trans-
ports, les aides aux communes.

Un membre du jury :
Connaissez-vous le budget de votre département ?

La candidate :
Oui, il est de 500 millions d’euros.

Un membre du jury :
Cette somme vous paraît-elle importante ou pas ?

La candidate :
Elle correspond en gros à celle d’un grand hôpital. Mais je pense que l’essentiel est
la façon dont cette somme est gérée.

Un membre du jury :
En parlant de gestion, comment gère-t-on un service ?

La candidate :
Il y a la gestion des ressources humaines qui est selon moi la plus difficile. Mais il ne
faut pas oublier la gestion administrative, financière, qui est également très impor-
tante.

Un membre du jury :
Quelles sont les qualités d’un bon chef de service ?

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 351


La candidate :
Globalement la plus importante consiste selon moi à atteindre les objectifs du service
car c’est sur ce critère qu’est jugé un responsable de service. Ce sont donc les quali-
tés nécessaires pour atteindre cet objectif qu’il faut posséder. Dès lors je parlerai de
capacités d’écoute, de décision, d’exemplarité, de motivation, etc.

Un membre du jury :
Pensez-vous posséder ces qualités ?

La candidate :
C’est une question difficile car si je dis oui je vais vous paraître prétentieuse et si je
dis non je ne vois pas pourquoi je passe ce concours ! Alors je dirai que je pense pos-
séder ces qualités puisque j’occupe ces fonctions dans ma collectivité depuis trois ans
et que mes employeurs semblent satisfaits de mon travail. C’est peut-être une réponse
facile mais je n’en ai pas d’autres, sauf à dire que j’aime faire ce que je fais et donc
que la motivation est très importante pour être un responsable de service efficace.

Un membre du jury :
Ah ! Le minuteur vient de retentir. Merci Madame. Au revoir.

La candidate :
Au revoir Mesdames, au revoir Monsieur.

Analyse de l’entretien :
La candidate démontre au cours de cet entretien qu’elle possède toutes les compé-
tences d’un rédacteur territorial.
En effet durant son exposé elle prouve qu’elle a travaillé puisqu’elle maîtrise la tech-
nique de l’exercice. Son exposé est clair, bien structuré, cohérent. Sur le fond le texte
est compris et le commentaire est intéressant. Sur la forme l’expression est correcte.
Durant l’échange qui suit l’exposé la candidate se montre réceptive car elle comprend
les questions posées. Ses réponses aussi bien ouvertes que fermées dénotent une
bonne culture générale, une bonne connaissance du milieu territoriale, un esprit vif
et une pensée structurée.
On l’imagine enfin à l’aise vis-à-vis de ses interlocuteurs de par l’intérêt de ses ré-
ponses.
Nul doute que la note eût été à la hauteur de la prestation.

352 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Bibliographie incitative
www.culture.gouv.fr
Jean-Michel Djian, Politique culturelle : la fin d’un mythe, Folio actuel, 2005.
Philippe Poirrier, L’état et la culture en France au XXe siècle,Le livre de poche,
2000.

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 353


Les principaux termes à maîtriser utilisés dans cet
ouvrage

– Anomie (chapitre 11)


– Chômage (chapitre 2)
– Clonage (chapitre 4)
– Communication (chapitre 1)
– Délocalisations (chapitre 2)
– Dématérialisation (chapitre 25)
– Déterminisme social (chapitre 9)
– Développement Durable (chapitre 5)
– Discrimination positive (chapitre 6)
– Efficience (chapitre 7)
– Epistémologie (chapitre 3)
– Emploi (chapitre 2)
– Eugénisme (chapitre 4)
– Euthanasie (chapitre4)
– Exception culturelle (chapitre 8)
– Féminisme (chapitre 3)
– Fordisme (chapitre 2)
– Génome (chapitre 4)
– Ghettoïsation (chapitre 5)
– Globalization (chapitre 8)
– Information
– Machisme (chapitre 3)
– Misogynie (chapitre 3)
– Média (chapitre 1)
– NTIC (chapitre 1)
– Phallocratie (chapitre 3)
– Principe de précaution (chapitre 5)
– Rurbanisation (chapitre 16)
– Stakhanovisme (chapitre 2)
– Taylorisme (chapitre 2)
– Toystisme (chapitre 2)

354 La culture générale au concours de rédacteur territorial


Les principaux acteurs cités dans cet ouvrage

(En dehors des auteurs référencés dans les bibliographies incitatives)

– Bachelot Roselyne (chapitre 20)


– Beauvoir Simone de (chapitre 3)
– Bell Graham (chapitre1)
– Bové José (chapitre 8)
– Cicéron (introduction)
– CNIL (chapitre 1)
– Collomb Gérard (chapitre 16)
– Coubertin Pierre de (Chapitre 19)
– CSA (chapitre 1)
– D’Alembert Jean (chapitre 4)
– Delanoë Bertrand (chapitre 16)
– Delerm Philippe (chapitre 25)
– Dessay Natalie (chapitre 25)
– Diderot Denis (chapitre 4)
– Engels Friedrich (chapitre 23)
– Estienne Robert (introduction)
– Fadela Amara (chapitre 3)
– Friedmann George (chapitre 2)
– Gautier Théophile (chapitre 10
– Génisson Catherine (chapitre 3)
– Gouges Olympe de (chapitre 3)
– Gould Glenn (chapitre 20)
– Humbert Vincent (chapitre 4)
– Kopa Raymond (chapitre 19)
– Kouchner Bernard (chapitre 4)
– Lagrange Léo (chapitre 19)
– Le Goff Jacques (chapitre 2)
– MacLuhan Marshall (chapitre 8)
– Marx Karl (chapitre 23)
– Maslow Abraham (chapitre 20)
– Montaigne Michel (introduction)
– Mozart Wolfgang Amadeus (chapitre 20)
– Neuwirth Lucien (chapitre 3)
– OMC (chapitre 8)
– Orwell George (chapitre 11)
– Pagnol Marcel (chapitre 6)
– Paine thomas (chapitre 2)
– Pascal Blaise (chapitre 20)
– Pic de la Mirandole Jean (introduction)
– Platini Michel (chapitre 19)
– Proust Marcel (chapitre 1)

Maîtriser l’épreuve orale de conversation 355


– Raynaud Fernand (chapitre 1)
– Rocard Michel (chapitre 17)
– Roudy Yvette (chapitre 3)
– Schoelcher Victor (chapitre 22)
– Smith Adam (chapitre 2)
– Strachey Lytton (chapitre 20)
– Thuram Lilian (chapitre 19)
– UNESCO (chapitre 8)
– Vautrin Catherine (chapitre 3)
– Veil Simone (chapitre 3)
– Weber Max (chapitre 13)
– Zidane Zinédine (chapitre 19)
– Zola Émile (chapitre 16)

356 La culture générale au concours de rédacteur territorial


La culture générale
ABC
c a t é g o r i e

au concours de rédacteur territorial


Destiné aux candidats aux concours externe et interne de rédacteur
territorial, l’ouvrage est structuré en cinq parties correspondant aux
principales compétences nécessaires pour réussir les épreuves de
culture générale d’admissibilité (composition pour le concours externe et
réponses à trois à cinq questions pour le concours interne) et d’admission
(conversation pour les deux concours).

Chaque chapitre qui compose ces cinq parties aborde un nouveau savoir-
faire illustré par des exemples et des exercices d’application.

La culture
Enfin, sous forme d’accompagnement méthodologique, vingt-cinq
thèmes de culture générale ont été explorés dans les vingt-cinq chapitres
du manuel.

Bruno Rapatout, professeur de lettres, est aussi formateur au CNFPT. Sa


connaissance de la formation le conduit à mieux répondre aux besoins
des candidats. Son expérience de correcteur et d’examinateur lui permet
générale
de mieux prendre en compte les attentes des jurys.
au concours
de rédacteur territorial

© 11/7494-8952/AMV - CNFPT studio graphique - Imprimerie CNFPT Bruno Rapatout

CENTRE NATIONAL DE LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE


80, RUE DE REUILLY - CS 41232 - 75578 PARIS CEDEX 12 - Tél. : 01 55 27 44 00 - Fax : 01 55 27 41 07 - WWW.CNFPT.FR
ISBN : 978-2-84143-322-3 - Les éditions du CNFPT, édition 2009 - Prix 22 €