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CHAPITRE PREMIER : LES CONSIDERATIONS GENERALES

I.1. Introduction

Comme son titre l’indique, ce chapitre est consacré aux considérations


générales, dans lesquelles nous présentons quelques notions très importantes pour
notre étude comme les berges du fleuve, les murs des soutènements et les différents
types de cette structure, les réseaux hydrographiques du fleuve Congo, les inondations,
ainsi que les ouvrages fluviaux.

I.2. Notion de berge d’un cours d’eau1


Une berge est d'abord un talus plongeant dans l'eau, une pente naturelle,
aménagée ou entièrement artificielle en contact avec l'eau de la rivière. Ils sont en
conséquence les bords pentus, souvent exhaussés, des cours ou plans d'eau ; les eaux
peuvent affouiller la berge et former un couloir de pénétration.
Suivant leur nature, les berges sont sensibles à l'érosion, essentiellement
de nature hydrique. Après analyse de notre site d’étude, nous avons pu constater que
l'érosion peut être fortement exacerbée par de très nombreux facteurs, dont une petite
partie est décrite ici, dans le cas de matériaux constitutifs de la berge, essentiellement
terreux :

 L’effet du courant d'eau, car le débit peut varier nettement suivant l'endroit. Les
rencontres de courants aux confluences peuvent être ravageuses, et variables selon
les effets cumulatifs ou bloquants.
 Par les tourbillons, lorsque le courant de la rivière entre en turbulence. L'effet
mécanique devient aléatoire et moins prédictible (cas le plus fréquent avec
l’accostage de baleinière/moyen de transport le plus utilisé vers le centre urbain
Isangi – Kisangani) ;
 Le choc répété des bateaux et embarcations,

1
Le Fleuve dans la ville et valorisation des berges en milieu urbain par la direction générale de
l’habitat d’urbanisme et de la construction par Gabriele Lechner octobre 2006 page 36
 Par le batillage, c'est-à-dire l'oscillation du plan d'eau ou de la rivière calme,
provoquée par le passage d'un bateau ou simplement par un vent régulier ou des
coups de vent violent. Dans les cas extrêmes, les grandes oscillations dégénèrent
en une vague dirigée vers une direction, voire une onde de tempête.
 Par les crues ou les violents chocs d'embâcles d'une manière catastrophique. Les
objets déposés sont saisis par la rivière ou le fleuve en crue, voire par un simple
ruisseau, et deviennent autant de multiplicateurs de chocs qui accroissent le
potentiel érosif.
 Par le piétinement abusif des hommes ou des animaux. Le bétail qui descend à
l'eau pour boire ou traverser peut aussi endommager les berges fragiles, de même
que les pêcheurs ou les promeneurs, en situation de sur – fréquentation (Cas de la
cité d’Isangi où la route est au bord de la berge).
 Par la dessiccation des berges terreuses, dans un contexte de sécheresse de sol.
Durcissement et craquellement des croûtes argileuses ou d'alluvions à nu favorisent
une érosion éolienne.
 Par une stabilisation inappropriée à l'aide d'arbres à mauvaises racines, tels
les peupliers x americana hybrides qui arrachent la berge lors de leurs chûtes
souvent faciles. Le mauvais maintien de ses arbres sape irrémédiablement les
berges. Les gros animaux peuvent ensuite agrandir facilement les grosses cavités.
Pour ces raisons, les berges sont souvent stabilisées par le génie végétal 2à
travers une végétation robuste (la méthode de fascinage, clayonnage) et surtout par
une sylve avec des arbres à longues racines et/ou de manière radicale artificialisées et
par le génie civil à travers des ouvrages de soutènement.

Les berges ont dans la nature une fonction importante de « corridor


biologique » et souvent de « zone tampon », elles sont aussi source d'une « pluie » de
nourriture vers l'eau ; C'est le long des berges d'étang ou de mares que viennent pondre
les grenouilles, crapauds et salamandres. La gestion de la berge influence fortement le
paysage et les services écosystémiques qu'il peut fournir ; l'artificialisation des berges
2
Effectiveness and resistance of streambank stabilization projects using bioengineering techniques
Alexandre Peeters, Geoffrey Houbrechts, Eric Hallot, Jean Van Campenhout, Gisèle Verniers et
François Petit
et notamment les berges de béton ou palplanches posent de graves problèmes
d'écologie du paysage, car outre qu'elles perdent leur fonction de corridor biologique,
elles ne permettent plus les échanges normaux terre-cours d'eau ou lac (perte
de connectivité écologique).

Fig. 1.2 les berges d’Isangi

I.3. NOTIONS D’INONDATION

Une inondation est une submersion temporaire, naturelle ou artificielle,


d'un espace par de l'eau liquide. L'inondation est un des principaux risques
naturels dans le monde ; c'est la catastrophe naturelle causant le plus de dégât3. Pour la
période 1996-2005, environ 80 % des catastrophes naturelles mondiales étaient
d'origine météorologique ou hydrologique. Les inondations auraient affecté en
moyenne 66 millions de personnes4 par an entre 1973 et 1997

Une inondation peut-être provoquée ou souhaitée dans certaines techniques culturales


(rizières inondées) ou dans l'ancienne pratique des « atterrissements » ou « accoulins ».

La plupart du temps une inondation est non désirée et a des causes


naturelles ou anthropiques :

 Causes anthropiques directes : implantations humaines inadaptées dans


une plaine d'inondation ou en zone inondable (cas de la cité d’Isangi) ;

3
Michel Lang, Denis Cœur, Les inondations remarquables au  XXe  siècle, Éditions Quae, 2014, 640 p
4
Quatrième rapport d'évaluation du Groupe de travail II du GIEC (page 7/20)
 Causes humaines indirectes liées aux modifications climatiques globales
(émissions de gaz à effet de serre qui entraînent la fonte des glaciers et qui
provoquent une montée du niveau des océans, des cours d'eau, ou qui pourraient
entraîner des cyclones plus intenses).
I.4. LES OUVRAGES DE SOUTENEMENTS5

I.4.1. Définition des murs de soutènement


Les ouvrages de soutènements sont ceux qui retiennent des terrains (sols,
roches ou remblais) et de l'eau. Il est une construction destinée à prévenir l’éboulement
ou le glissement d’un talus raide. Les ouvrages de soutènement sont essentiellement
employés, soit en site montagneux pour protéger les chaussées routières contre le
risque d’éboulement ou d’avalanches, soit en site urbain pour réduire l’emprise d’un
talus naturel, en vue de la construction d’une route, d'un bâtiment ou d’un ouvrage
d’art et soit en berge d’un cours d’eau pour soutenir les terrains et soit pour la
construction d’ouvrage fluvial. II existe deux grandes classes d’ouvrages de
soutènement : ceux composés d’une paroi résistante et d’une semelle de fondation et
ceux composés d’une paroi (palplanches).

I.4.2. Différents types d’ouvrages de soutènement


Un ouvrage de soutènement peut retenir soit des terres en remblai, c’est-à-
dire rapportées, soit le terrain en place, en déblai.

L’effort de poussée exercé par le massif de terre retenu peut être repris de diverses
manières.

Trois modes principaux peuvent être distingués :

 La poussée est reprise par le poids de l’ouvrage de soutènement ;

 La poussée est reprise par encastrement de l’ouvrage de soutènement ;

 La poussée est reprise par des ancrages.

On distingue donc trois grandes familles d'ouvrages de soutènement :

5
https://www.techniques-ingenieur.fr/base-documentaire/construction-et-travaux-publics-th3/stabilite-des-
sols-fondations-42219210/murs-et-ecrans-de-soutenement-c244/differents-types-d-ouvrages-de-
soutenement-c244v2niv10001.html
 Les murs de soutènement : ce sont des ouvrages généralement fondés
superficiellement, dont le poids (incluant parfois une partie de la masse de sol
retenu) joue un rôle prépondérant ;

 Les écrans de soutènement : ce sont des ouvrages minces (acier, béton armé


ou bois), retenus ou soutenus par des ancrages, des butons ou la butée des
terres. Leur résistance à la flexion joue un rôle important, alors que leur poids
est insignifiant ;

 Les ouvrages en remblai ou sol renforcé : ce sont des ouvrages qui


comportent des rangées sensiblement horizontales de renforcements,
interposées entre des couches successives du remblai au fur et à mesure de
la construction de l'ouvrage.

I.4.2.1. La poussée est reprise par le poids de l'ouvrage de soutènement


Ce type d’ouvrage sont des ouvrages rigides qui assurent la résistance
aux poussées par l’effet de leur poids propre, ou par leur forme étudiée pour mobiliser
en complément une partie du poids propre du remblai6.
a) Les murs poids en maçonnerie ou en béton armé
Ils peuvent avoir des formes diverses et être réalisés de façons multiples.
Mur en T renversé classique : C’est la forme fréquente pour un mur en béton
armé (Fig. 1.2), dite encore cantilever du fait du voile encastrer dans la semelle.
Sans contreforts, il est économique pour des hauteurs jusqu’à 5 à 6 mètres et
peut être érigé sur un sol de qualités mécaniques peu élevées.

6
SHIMATU MBUYI Jean Pr Dr Ir, Géotechnique appliquée 2018 – 2019 page 36
Murs en déblai 

Mur à contreforts

b) Les ouvrages cellulaires


Sont très variés et le type le plus ancien est le mur caisson en élément
préfabriqué. Dans les travaux maritimes par exemple, on utilise pour la construction
des quais de grands batardeaux cellulaire en palplanches métallique ou de grands
caissons en béton armé. Dans un ouvrage cellulaire, la cellule est remplie de sol et
l'ensemble forme un ouvrage qui peut être, dans certains cas, très souple.

c) Le mur en terre armée


Un massif en terre armée est constitué de trois composants ;
 Un remblai granulaire compacté en couche peu épaisses
 Les armatures disposées en lit dans le remblai qui peuvent être de deux natures :
Les métalliques et la Géo synthétique qui ne présentent pas de problème de
corrosion et qui tendent à remplace les premières
 Un parement, faisant le lien entre les armatures et assurant l'esthétique du mur,
il est généralement réalisé en élément de béton préfabriqué facile à assembler,
en pneus ou autres éléments récupérés destinés à être couverts de végétaux.
L'ensemble formes un massif stable assurant la retenu de la poussée du sol en
place.

1.4.2.2 La poussée repris par l'encastrement

Ce type d’ouvrage sont des ouvrages semi – souple. On peut avoir :


a) Les murs cantilevers
Un mur cantilever est la structure la plus commune pour retenir le sol ou
un autre type de matériel.

b) La paroi moulée
La technique de la paroi moulée est largement utilisée dans les milieux
urbains, elle permet d'atteindre des profondeurs de l'ordre de 100 mètres.

Les avantage :
- Pas de décompression des terrains, pas de limitation en profondeur.
- Possibilité d'intègre le soutènement dans la structure définitive.
- Permet de réaliser la couverture avant les gros travaux.
Les Inconvénients :
- Nécessaire une plate – forme de travail horizontale Matériel lourd.
- Raccordement des radiers.
- Ne permet pas une étanchéité extérieure.

1.4.2.3. La poussée est reprise par des ancrages

a) Les murs ancrés


Le principe consiste à réduire les force actives du glissement et à
accroître les contraintes normales effectives sur la surface de rupture.

b) Les parois moulées ancrées


Dans le cas où les pressions exercées par le massif de terre à retenir ne
peuvent être équilibrées par les force de butée mobilisées dans la partie en fiche, si la
hauteur hors fiche est important, on a souvent recours à un système d'ancrage en tête
au moyen de tirants.

c) Les rideaux de palplanches


Les rideaux de palplanches sont constitués de palplanches métalliques en
général, emboitées les unes dans les autres et battues dans le sol de fondation, pour
former un écran vertical, le plus souvent rectiligne, servant de soutènement à un massif
de sol.

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