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‫בעזרת ה׳ יתברך‬

L'étude au quotidien
n°94
15 Tishrei - 19 Kislev 5781

Mishna Yomit : Eirouvin 3:5 - 8:1

© 2020 - H-M. Dahan


La reproduction partielle ou intégrale du livret est interdite
LA DIFFUSION DE CE LIVRE A ÉTÉ PARRAINNÉE PAR

Pour l'élévation de l'âme de


Hanna Sylvie Sitruk z"l

L'Association HAYÉ HANNA

• AIDE LES FAMILLES DANS LE BESOIN POUR LES FÊTES


• AIDE LES MARIÉES EN DIFFICULTÉ - HAKHNASSAT KALA
• AIDE ET VISITE LES PERSONNES ÂGÉES HOSPITALISÉES
• AIDE DANS L'ACCOMPAGNEMENT SUITE AU DÉCÈS
• DISTRIBUE DES TSITSIOT DANS LES PETITES CLASSES DES
ÉCOLES JUIVES
• DISTRIBUE DES TEHILIM PERSONNALISÉS DANS LES
ÉCOLES ET SYNAGOGUES
• FINANCE LE KOLLEL HAYÉ HANNA ET LE LIMOUD TORAH
• DISTRIBUE DES TSEDAKOT

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SOMMAIRE
ETUDE
QUOTIDIENNE HALAKHA
S'installer dans la Soucca 14
Hoshaana Raba - Simhat Torah 20
Nerot Shabbat 25
Tossefet Shabbat - A qui incombe l'allumage ? - Où placer les bougies ?
Quelle Berakha réciter ? - Quelle huile utiliser ?

La prière de la pluie 36-37


La structure du Birkat Hamazon 43
Un triplet + 1 Berakha - Les ajouts des jours particuliers - Les omissions

La Tevilat Kelim 62
Pourquoi tremper les ustensiles ? - Utiliser un ustensile non trempé -
Quelles matières sont imposées ? - Le propriétaire de l'ustensile - Quelle
utilisation nécessite une Tevila ?

ETUDE
HEBDOMADAIRE PARASHAT HASHAVOUA
Bereshit 84
En cas de doute, suis la majorité

Noah 86
La science, rapproche ou éloigne d'Hashem ?

Lekh Lekha 89
Vivre ou mourir pour l'honneur d'Hashem ?
Vayera 92
La Akeidat Itzhak - un acte de crainte ou d'amour ?

Hayei Sarah 107


Le bon conjoint

Toldot 110
Essav - Edom ! Aie honte....

Vayetsé 113
Quand la réalité s'associe à l'ordre d'Hashem....

Vayishla'h 115
Diviser pour mieux survivre ....

ETUDE
MOUSSAR MENSUELLE
Shabbat- source de Berakha 118
Les prières de Shabbat 123
Le Shabbat de la création - Le Shabbat du don de la Torah - Le Shabbat du
monde futur - Le Shabbat, la mariée du peuple d’Israël

Tefilat Hannah 137


L'histoire - La prière de Hannah - Prier avec arrogance ou blasphémer ? -
3 sortes de prière

ETUDE
LA MISHNA DU JOUR QUOTIDIENNE
Etudiez chaque jour une mishna en live en vidéo,
au www.5mineternelles.com/mishnadujour.php
grâce aux textes dans cette rubrique

Eirouvin 3:5 - 8:1 156


Traduction de la lettre de recommandation du Rosh
Yeshiva,
le Gaon Rav Shmouel Auerbach zatsal
Mon cher élève, le Rav Harry Méir Dahan, m’a présenté la série de
brochures dédiée aux francophones qu’il a l’intention d’éditer et
d’appeler «5 minutes éternelles».
Cette brochure mensuelle contient un programme d’étude
quotidien de Halakha (lois appliquées), Moussar (pensée
juive) et Parachat Hachavoua (section hebdomadaire).
Heureux celui qui se préoccupe d’éterniser ne fût-ce que
5 minutes par jour, mettant de côté pour le monde à venir des
mérites incommensurables pour chaque mot de Torah étudié !
Après s’être délecté de la douceur de la Torah, il démultipliera
certainement son étude et son accomplissement des Mitsvot.
Il serait fantastique que chaque bon juif n’ayant pas encore réussi
à se fixer de temps d’étude de Torah, étudie dans ces brochures
conviviales qui abordent des Halakhot importantes touchant à
des thèmes du quotidien, et des paroles de Moussar éveillant le
cœur à la Torah et à la crainte divine.
Je lui souhaite toute la réussite possible dans cette entreprise
sainte de diffusion de la Torah au plus grand nombre. Tous ceux
qui contribueront à ce projet seront bénis du Ciel, spirituellement
et matériellement, eux et leur descendance.
Au nom du respect et de la pérennité de la Torah et du judaïsme.
Joseph Haïm Sitruk zatsal
Grand Rabbin
Jérusalem, le 23 Octobre 2011
A l’intention du Rav Arié Dahan,

Tout le monde connaît l’importance de la mitsva de


» ‫« והגית בו יומם ולילה‬
qui consiste à étudier la Torah jour et nuit. Elle n’est
cependant pas facile à accomplir pour tout le monde.

Le concept développé par le Rav Dahan à travers la brochure


«5 minutes éternelles», permet à chacun de vivre
l’expérience du limoud au quotidien.

Je tiens à souligner la qualité du travail accompli et la


richesse des sujets évoqués. Je voudrais apporter ma
bénédiction à cette initiative et encourager ses auteurs à
poursuivre leurs efforts.

La réalisation d’un tel projet présente évidemment des


difficultés. C’est pourquoi soutenir «5 minutes éternelles»
apportera un grand mérite à ceux qui le pourront.
EDITO

D ans la vie, il y a des choses qui ne peuvent pas entrer dans


le cadre de la routine, même si, dans le fond, le même
évènement semble se répéter selon un même schéma pour la
nième fois. Imaginez donc une mère qui met au monde 15 ou 20
enfants. Pensez-vous un instant que la fécondation, la grossesse,
l’accouchement, puis l’allaitement et l’éducation du 20e ou du 19e
enfant sera à ses yeux la simple répétition de l’évènement 17 ou
18 ?! Son cœur ne bondira-t-il pas tout autant lorsque ce petit
dernier aura mal ?! Ne fondera-t-elle pas de joie lorsque celui-ci
lui fera ses premiers sourires, lui dira ses premiers MoMoMo, ou
voudra jouer avec elle en faisant ses premiers coucous ?!
Sans aucun doute, chacun de ses enfants sera à ses yeux un
nouveau miracle du ciel, un cadeau à manipuler avec soin, une
personnalité, un caractère et une sensibilité à comprendre et à
aider à évoluer dans le meilleur des mondes. Certes, avec le temps,
l’expérience l’aidera à discerner plus aisément les challenges, à
déceler plus rapidement les difficultés pour les surmonter, ou
à faire plus sagement la part des choses pour ne pas se laisser
briser par des tâches parfois pesantes. Mais au final, je suis sûr
qu’une telle maman vous racontera à quel point chacun de ses 20
chérubins est un monde entier à part, unique en son genre.
V oir ce n°94 du 5 minutes éternelles paraître est pour moi la même
chose. Depuis plus de 10 ans, je ne me souviens pas être tombé
une fois dans une quelconque routine. Chaque nouvelle parution
est un nouveau monde, un concours de circonstances qui m’a fait
traiter de tel et tel sujet, impliquant des émotions particulières
lors de la rédaction des textes. Surtout que, sincèrement, chaque
parution rencontre aussi ses épreuves et difficultés, parfois même,
démoralisantes – si ce n’est l’expérience qui m’a appris à mettre
calmement la tête sous l’eau jusque ce que la vague passe, et
relever sereinement la tête après, comme si de rien était.
Mais pour ce n°94 du 5 minutes éternelles, la vague était bien
longue et tenace… Si vous saviez à quel point ce nouveau numéro
sort à l’arrachée, après un mois assez mouvementé. Covid ou pas
Covid, telle est la question qui sera surement élucidée un jour…
Quoi qu’il en soit, un virus assommant m’a beaucoup ralenti durant
ce mois d’Eloul, alors que je cumulais déjà un peu de retard à cause
des vacances d’été…
Mais, comme dit le dicton, le travail c’est la santé ! Je remercie
Hashem de m’avoir donné ce rôle si prenant de diffuser la Torah
au quotidien –par écrit et par cours en vidéo–, rôle qui ne cesse
de me stimuler à remonter sur le ring pour prendre ma revanche,
reprendre au plus vite la course sans même me laisser le temps de
me décourager !
C’est ainsi que, malgré mes espoirs, l’étude de la fin de Daniel ne
sera pas pour ce numéro, mais très probablement –Bli Neder– pour
la prochaine parution. Vous trouverez plutôt en Moussar une étude
sur l’essence du Shabbat, ainsi que l’histoire de Hannah, la mère du
prophète Shmouel – en parallèle avec les lois de Hadlakat Nerot du
Shabbat, car il est bon que la femme lise ce texte lorsqu’elle allume
les bougies et prie pour la réussite de ses enfants.
E n Halakha, nous continuerons notre avancée dans les lois des
Berakhot, avec 3 nouveaux chapitres du Choul’han Aroukh -du
ch.187 au 189– qui portent sur la structure du Birkat haMazon. Soit,
comprendre le but de ses 4 Berakhot et de ses formulations, ainsi
que de traiter des lois des textes que l’on ajoute à Shabbat et jours
de fêtes, et surtout, la loi de de la marche à suivre lorsque l’on omet
ces ajouts.
De prime abord, le thème de la formulation du texte du Birkat
haMazon peut paraître obsolète à notre époque, où nous prions
tous à partir de livres imprimés et corrigés par les Maîtres des
générations précédentes. J’avoue même avoir un peu hésité
à aborder ces lois exhaustivement dans le cadre du 5 minutes
éternelles, car je craignais que le commun de nos lecteurs n’y
trouve que peu d’intérêt. Mais après quelques révisions, j’ai
constaté 2 grands intérêts à les traiter malgré tout. D’abord, parce
que, concrètement, nul n’est l’abri d’être confronté à des situations
particulières, et d’avoir à trancher si a postériori, il s’est acquitté du
Birkat haMazon.
A titre d’exemple, si l’on somnole au milieu du Birkat haMazon, et
que lorsque l’on se ressaisit, l’on a sauté un paragraphe entier. Ou
encore, si l’on se retrouve dans un endroit sans Sidour, et que l’on
ne connaît par cœur que 70% du Birkat. S’acquitte-t-on a postériori
de sa Mitsva ?
Mais surtout, j’ai réalisé que comprendre la structure du texte, et
particulièrement, pourquoi certaines expressions ont été insérées à
des endroits précis, contribue à dire le Birkat haMazon avec ferveur.
Aussi, si cette étude peut stimuler nos lecteurs à dire même une
fois le Birkat haMazon avec un peu plus d’entrain, en comprenant
par ex. pourquoi nous remercions Hashem de nous avoir donné la
Mitsva du Brit Mila dans la Berakha de Nodé, le ‘5 minutes éternelles’
aura déjà atteint un bel objectif !
Après les lois du Birkat haMazon, nous étudierons un tout autre
sujet : la Tevilat Kelim. A vrai dire, ce thème est une reprise assez
ancienne, car, faute de temps je ne suis pas parvenu à rédiger plus,
ni même à alimenter la rubrique de la question du Shabbat. Là
aussi, ce sera Bli Neder partie remise pour le prochain numéro…
En vous souhaitant une agréable étude…

Harry Méïr Dahan


Présentation
Au milieu du XIXe siècle, vivait en Europe centrale un juif très pauvre.
Ses conditions de vie étaient devenues si difficiles qu’il décida, d’un
commun accord avec sa femme, de partir pour 3 ans afin de tenter sa
fortune ailleurs. Qui sait ? Peut-être ferait-il fortune ?
Il embarqua à bord d’un bateau et vogua longtemps avant d’arriver dans
une terre lointaine. Là-bas, les valeurs étaient totalement inversées :
les pierres précieuses se ramassaient à la pelle, mais le sable était une
denrée rare ! Voyant cela, il se réjouit : « Ma fortune est faite ! Je me
remplis quelques sacs et je repars tout de suite ! » Mais il n’y avait pas
de bateau de retour avant un an. Il décida donc de prendre son mal en
patience. Pour pouvoir subvenir à ses besoins pendant ce temps, il se
lança dans les affaires et devint peu à peu un importateur de sable.
La chance lui sourit enfin et il fit fortune. L’année écoulée, il trouva
dommage de s’arrêter en si bon chemin alors qu’en s’attardant un peu
plus il pourrait amasser une richesse colossale, mettant à jamais sa
descendance à l’abri du besoin.
Passés les trois ans convenus, il se prépara à rentrer au bercail, en
pacha, avec 5 navires pleins… de sable ! Arrivé à quelques miles de
la côte, une terrible tempête se déchaîne et fait couler les bateaux. Il
parvient tant bien que mal à regagner la terre ferme.
Sa femme, ses enfants et tous ses proches, l’attendaient
impatiemment ; qu’allait-il ramener ?! A peine mit-il pied à terre
qu’il fondit en larmes dans les bras de sa femme, laissant échapper
entre deux sanglots quelques détails sur ses déboires. Sa femme
commença elle aussi à se lamenter sur leur sort, lui tâtant les
poches : « Toutes ces années, et il ne te reste plus rien ! » Soudain,
elle remarqua qu’une de ses poches était quelque peu renflée. Elle y
plongea sa main et en sortit 5 pierres précieuses. « Sacré comédien!
On commençait vraiment à y croire, à tes histoires de tempête! »
En une fraction de seconde, le malheureux se souvint des réelles valeurs
du pays : «Quel sot ! De telles pierres, j’en avais en abondance ! »
Le monde futur, c’est un des fondements de notre Emouna (croyance).
Nous ne savons pas vraiment à quoi il ressemblera, de quelle nature
sera l’éternel bien-être; c’est sûrement la raison pour laquelle nous nous
oublions, happés par l’appât d’un gain absurde, bien que nécessaire pour
survivre le temps de ce passage sur terre temporaire.
Et pourtant, n’importe quel juif a déjà vécu des moments de remise en
cause, se hissant pour quelques instants hors du tourbillon qui l’aspirait,
et entendu en lui une voix profonde qui appelait à la rescousse. Cette
voix, c’est la voix du Sinaï, celle qui ancra dans l’âme du Ben Israël le
« Je suis l’Eternel ton Dieu qui t’ai fait sortir d’Egypte ». Depuis ce
jour, le juif se métamorphosa. Aussi éloigné fut-il, voire même en
méditation au bord d’un fleuve d’Inde, Has Véchalom, cette voix hurle
tôt ou tard, parfois sous la forme d’un message flou, se traduisant
uniquement par un sentiment étouffant de mal-être ! Cette voix
c’est celle de l’âme qui a soif, soif de vraie spiritualité, soif de Torah.
Alors à vous tous qui souhaitez apaiser quelque peu cette voix, nous
proposons ce livre, qui vous permettra d’amasser quotidiennement
5 minutes d’éternité ! Ca ne parait peut être pas grand-chose, mais
lorsqu’on parle d’éternité, chaque minute représentera bien plus que les
5 pierres précieuses de notre parabole.
D’autant plus que depuis 5 ans de parution déjà, nous avons eu l’occasion
d’amasser jour après jour des connaissances vastes et précises de
maints sujets, de Halakha –lois appliquées– comme de Moussar –
pensée juive.
Nombre de lecteurs qui contemplaient avant une bibliothèque de Torah,
en regardant tous ces gros volumes de Talmud, Choul’han Aroukh ou
Mishna Beroura, ou qui lisaient machinalement tant de textes de prière
sans vraiment comprendre leur structure, éprouvent aujourd’hui une
grande familiarité avec leur Torah ancestrale.
Alors, à tous ceux qui découvrent ce mensuel, joignez-vous donc à
notre récolte d’au moins 5 petites pierres précieuses quotidiennes !
HALAKHA - dans la Soucca
SHABBAT
15 Tishrei 5781
03 / 10 / 20

La Mitsva de s’installer dans la Soucca


1. Dans Emor [Vayikra 23:42], la Torah prescrit: ‫ש ְב ַעת יָ ִמים‬ ִ ׁ ‫– ַ ּב ֻּסכּ ֹת ֵּת ׁ ְשב ּו‬
Vous vous installerez dans des cabanes durant 7 jours. Nos Maîtres
ְ ׁ ‫ – ֵּת‬vous vous installerez – ‘de la même
interprètent ‫ ְּכ ֵעין ַתדוּר ּו‬.ּ‫שבו‬
façon que vous habitez dans votre maison’. Et de préciser que la Mitsva
de la Soucca implique d’y faire toutes les actions que nous avons
l’habitude d’accomplir chez nous. Par ex. manger et boire, dormir et
se reposer, étudier, discuter avec un ami etc. Pour chaque instant où
l’on réside dans la Soucca, on a le mérite d’accomplir cette Mitsva.
2. Réciproquement, les actions que l’on n’a pas l’habitude de faire dans
notre maison sont dispensées de Soucca. Cette directive exclut en fait 3
types d’actions: certaines sont simplement dispensées, d’autres sont
désapprouvées, tandis que d’autres sont interdites. Expliquons :
a. Durant l’année, celui qui voyage ne se soucie pas de consommer ses
repas dans une maison. S’il voyage pendant Souccot et n’a pas de
Soucca à disposition à l’heure du repas, il pourra déjeuner en dehors
de la Soucca. Par contre, s’il fait une escale, l’habitude est de louer
une chambre d’hôtel pour la nuit ; ce voyageur devra donc chercher
une Soucca.
Pour une dispense de ce type, celui qui fait preuve de zèle et s’efforce
de manger dans une Soucca aura un grand mérite.
b. En temps normal, celui qui n’est pas à l’aise dans sa chambre
n’hésite pas à aller dormir dans une autre pièce. Pour la Soucca aussi,
lorsqu’il pleut beaucoup, ou si l’on est très dérangé par des insectes
ou du bruit, on pourra quitter sa Soucca pour manger ou dormir dans
sa maison. Nos Maîtres enseignent: ‫ – ַה ּ ִמצְ ַט ֵער ָּפטוּר ִמן ַה ֻּס ָ ּכה‬le
Mitsta’er [celui qui est incommodé par la Soucca] est exempté de la
Soucca.

14 Zivoug Hagoun à Zohara bat Levana


HALAKHA - dans la Soucca
SHABBAT
15 Tishrei 5781
03 / 10 / 20

Pour une dispense de ce type, on ne s’entêtera pas à rester dans la


Soucca malgré l’incommodité. La difficulté est en effet interprétée
comme un désagrément du ciel. Nos Maîtres ont comparé le zèle
exagéré de sa Mitsva à un sujet qui offre à son roi un verre d’eau;
celui-ci, fâché, le lui jette à la figure. Osera-t-il lui en apporter un
second?!
Le Mishna Beroura explique toutefois que cette règle ne s’applique pas
dans tous les cas. Il différencie le cas où le déplaisir est personnel
–par ex. un peu froid– du cas où le dérangement est commun à
tous. La règle citée ne s’applique que sur le dernier type de peine.
Mais pour une souffrance qui dépend de la sensibilité de chacun, il
est permis et même souhaitable de surmonter sa délicatesse, et de
rester dans la Soucca, heureux d’accomplir la Mitsva d’Hashem.
c. L’interdit de faire une action dégradante. Nous devons nous abstenir
de faire dans la Soucca toute action que nous nous retenons de faire
dans le séjour de la maison lorsque l’on reçoit des invités.
Nous étudierons dans les prochains jours quelques applications de
ces 3 cas de dispense.

Zivoug Hagoun à Hava Muriel Fleur bat Jeanne


15
HALAKHA - dans la Soucca
DIMANCHE
16 Tishrei 5781
04 / 10 / 20

1. Actions dispensées de Soucca. La Mitsva de vivre dans la Soucca est


une Mitsvat Assé – une Mitsva active/ positive. Pour chaque instant
passé dans la Soucca, nous accomplissons une nouvelle Mitsva.
Néanmoins, nous n’enfreignons pas d’interdit lorsque nous demeurons
uniquement en dehors de la Soucca. L’interdit sera enfreint si nous
nous installons en dehors de la Soucca. Nos Maîtres ont évoqué 2 cas:
manger un repas à base des 5 céréales (blé, orge, épeautre, seigle et
avoine), ou dormir. Par contre, il n’y a pas d’interdit à boire, manger
des fruits, de la viande ou des œufs, ni même du riz, quelle que soit la
quantité, en dehors de la Soucca. Comme cité, celui qui veillera à ne pas
boire ne fût-ce de l’eau en dehors de la Soucca aura un grand mérite.
2. Un plat de plus de 54g à base des 5 céréales – par ex. des pâtes ou
un gâteau – doit obligatoirement être consommé dans la Soucca.
3. Quant à la Berakha de ‘Leishev baSoucca’, un séfarade ne la prononcera
que s’il mange 54g de pain, ou 162g de gâteaux ou de plat à base des
5 céréales, tel que des pâtes ou du couscous.
Les ashkénazes prononceront quant à eux la Berakha sur la Soucca dès
qu’ils mangeront plus de 54g de gâteau ou de pâtes. A priori, ils devront
s’installer quelques minutes dans la Soucca lors de la consommation.
4. Il n’est permis de boire ou de manger des fruits hors de la Soucca
qu’en dehors du repas. Par contre, si on a commencé un repas à base
de pain dans la Soucca, il sera défendu de goûter quoi que ce soit en
dehors de la Soucca, jusqu’à ce que l’on achève le repas.
En effet, la permission de boire ou manger des fruits hors Soucca
provient du fait que l’on ne s’installe pas à l’extérieur de la Soucca
pour une action si bénigne. Mais lorsque l’on a déjà entamé un repas
dans la Soucca, tous les composants du repas prennent un caractère
de repas important.

16 Leillouï nichmat Jamile Tarrab lebeth Meslaton z"l


HALAKHA - dans la Soucca
DIMANCHE
16 Tishrei 5781
04 / 10 / 20

Ainsi, celui qui désire sortir quelques instants de la Soucca –par ex.
pour apporter un plat– veillera à achever sa bouchée avant de sortir.
5. Mitsta’er – celui qui éprouve un désagrément à rester dans la Soucca.
Celui qui ne supporte pas rester dans la Soucca est non seulement
dispensé de Soucca, mais doit aussi s’abstenir de se montrer zélé. Il
devra quitter la Soucca avec un air affligé de ne pas avoir le mérite
d’accomplir la Mitsva d’Hashem. [Comme nous le précisions, cette
règle ne s’applique pas aux cas où le désagrément est personnel.]
Cette loi implique aussi de construire a priori la Soucca de manière à
ce que l’on puisse y vivre confortablement. Le Rama rapporte que si
l’on néglige la construction de la Soucca en la rendant apte à y manger
mais pas à y dormir –par ex. si elle est trop exposée au vent– on ne
s’acquitte pas de la Mitsva même lorsqu’on y mange! [Néanmoins, les
décisionnaires valident a posteriori sa Mitsva.]

Leillouï nichmat Jamile Tarrab lebeth Meslaton z"l


17
HALAKHA - dans la Soucca
L U N D I
17 Tishrei 5781
05 / 10 / 20

1. Quelle sorte de dérangement dispense de la Mitsva de la Soucca ?


Le Choul’han Aroukh évoque plusieurs exemples: le froid, le vent, la
pluie, les insectes, une odeur nauséabonde… Le Rama ajoute encore
le cas où l’on craint une intrusion de voyous, ou si les bougies se sont
éteintes pendant Shabbat et que l’on ne peut manger dans l’obscurité.
De même, si on a la possibilité d’aller manger dans la Soucca d’un
voisin, on s’y rendra, sauf si l’on éprouve une gêne, puisque l’on sera de
nouveau Mitsta’er.
2. Pour tous ces cas de dispense, il n’est permis de rentrer manger
et dormir à la maison que si la cause du dérangement cessera ainsi.
Autrement, on devra demeurer dans la Soucca.
Par ex. un malade alité, mais qui ne souffre pas plus dans la Soucca que
s’il était à la maison, doit rester dans la Soucca pour se reposer. S’il est
avec d’autres personnes qui nuisent à son repos, il pourra quitter la
Soucca pour se reposer dans une chambre au calme.
3. Quelle intensité de pluie nous exempte de Soucca ? Le Choul’han
Aroukh écrit [639 §5]: à partir du moment où la quantité de pluie est assez
forte pour détériorer le goût d’un plat de fèves – un plat qui se détériore
relativement vite. Cette intensité de pluie dispensera de Soucca même
celui qui ne mange pas. Par contre, une pluie plus faible dispense de
dormir dans la Soucca, car quelques gouttes de pluie suffisent pour
empêcher de dormir.
4. Si le ciel est chargé de nuages gris, mais que la pluie n’a pas
commencé à tomber, on n’est pas encore dispensé de Soucca. Même si
l’on s’apprête à dormir, et que l’on craint d’avoir à se réveiller dans peu
de temps, on n’entre pas encore dans la définition de Mitsta’er.
5. Celui que la pluie contraint à sortir de la Soucca pendant le repas,
rentrera pour poursuivre son repas à la maison. Comment doit-il se
conduire si la pluie cesse ensuite? S’il n’a pas encore continué son repas
chez lui, il devra retourner dans la Soucca. Mais s’il a déjà repris son
repas, il n’est plus obligé de regagner sa Soucca, jusqu’à la fin du repas.

18 Leillouï nichmat Jamile Tarrab lebeth Meslaton z"l


HALAKHA - dans la Soucca
M A R D I
18 Tishrei 5781
06 / 10 / 20

1. Celui qui dort dans la Soucca et est réveillé par la pluie pendant la
nuit, si après avoir rentré son lit et s’être recouché dans sa maison, la
pluie s’arrête, il n’est plus obligé de regagner sa Soucca.
2. Lorsque l’on a déménagé sa table ou son lit à cause de la pluie, rav O.
Yossef zatsal écrit qu’à partir du moment où l’on achève de transférer
les couverts ou couchages jusqu’à la maison, on n’est plus astreint à
regagner la Soucca, même si on n’a pas encore redressé la table ou le lit.
3. Actions dégradantes dans la Soucca. Nous expliquions que la
directive de vivre dans la Soucca comme nous vivons dans notre
maison implique aussi de s’y comporter avec dignité, autant que nous
nous conduisons dans notre salon lors des occasions solennelles.
Ainsi, nous devons d’une part apporter dans la Soucca nos meubles
et ustensiles importants, mais aussi nous abstenir de faire des
actions répugnantes. Par ex. il est interdit d’y changer la couche d’un
nourrisson. Ou encore, on ne laissera pas un petit enfant y entrer son
pot, même s’il est encore propre. [Un pot de bébé a un statut de cuve
de toilettes, même propre, et il est défendu de dire une Berakha devant]
4. Après les repas, on s’empressera de débarrasser les assiettes sales.
Par contre, cette loi ne s’applique pas aux verres utilisés.
5. Lorsque l’on sert un plat, on n’apportera pas dans la Soucca les
casseroles. Même ceux qui ‘osent’ servir leurs plats du Shabbat ainsi
devront transvaser leurs plats dans de beaux ustensiles, car la plupart
des hommes ne servent pas de repas prestigieux ainsi.
6. On ne passera pas par la Soucca pour raccourcir son chemin.
7. Selon la loi stricte, il est permis de discuter dans la Soucca de sujets
profanes, à condition qu’ils soient propres de toute médisance!
8. Un adulte devra s’abstenir de jouer à un quelconque jeu de société,
surtout s’il s’agit de jeu de carte ou d’argent. Outre les problèmes de
Halakha que présentent ces jeux, il y a en cela une profanation de la
sainteté de la Soucca.

Leillouï nichmat Jamile Tarrab lebeth Meslaton z"l


19
HALAKHA - dans la Soucca
MERCREDI
19 Tishrei 5781
07 / 10 / 20

Hoshaana Raba
Pour plusieurs sacrifices, la Torah prescrit d’apporter, en plus de
l’animal, une Min’ha –une oblation de blé, ainsi que du vin que l’on verse
au coin du Mizbéa’h – l’autel. Pour les sacrifices de Souccot, la Torah
(orale) prescrit de verser sur l’autel de l’eau en plus du vin. Puisqu’à
Souccot, Hashem fixe la quantité de pluie qu’Il déversera sur la terre,
nous apportons nous aussi une offrande d’eau afin d’intégrer que Lui
seul déverse les bienfaits dans le monde.
Durant tous les jours de Souccot, on entourait le Mizbéa’h de grandes
branches de Arava –le saule–, et l’on faisait le tour du Mizbéa’h, en
implorant Hashem: Hoshana ! ‫יעה ָ ּנא‬
ָ ‫ – ָא ָ ּנא ה’ הוֹ ׁ ִש‬De grâce, Hashem
secours-nous ! Cette offrande d’eau incluait plusieurs cérémonials,
depuis la préparation au puisage de l’eau jusqu’à l’offrande même.
Tous ces rituels étaient réalisés avec une joie intense. Le peuple se
réunissait chaque jour au Beit haMikdash, du milieu de l’après-midi
jusqu’au lendemain matin, et chantait et dansait. Et le 7e jour de ‘Hol
Hamoed, on contournait le Mizbéa’h 7 fois.
Ce jour s’appelle Hoshaana Raba – le grand Hoshaana. Son nom marque
aussi sa singularité: Hosha ‫( נא‬NA=51, en valeur numérique), ‘sauve au 51’.
Ce jour est le 51e depuis le 1er Eloul. Le Ari za’l écrit que durant ces 51
jours de Teshouva et de rapprochement à Hashem, nous sommes jugés
à 3 reprises: à Rosh Hashana, Kippour, et Hoshaana Raba. Demain soir,
dernier jour de Hol haMoed Souccot, les verdicts seront transmis aux anges
exécuteurs. Les Rishonim rapportent qu’un homme peut voir le décret qui
lui est destiné à travers la projection de son ombre par la lune. Toutefois,
la Teshouva, la Tefila et la Tsedaka ont la force d’annuler tous les décrets.
Plutôt que d’essayer de deviner, passivement, ce qui nous attend, prenons
plutôt notre avenir en main, en étudiant et priant durant cette nuit ! Au
petit matin, nous prions Shaharit, en faisant les Hakafot – les 7 tours
autour de l’estrade de la Torah, et frappons ensuite la terre avec la Arava,
pour accomplir l’usage de la Hoshaana Raba.

20 Refoua chelema à Simha bat Elisheva


HALAKHA - dans la Soucca
J E U D I
20 Tishrei 5781
08 / 10 / 20

1. Au matin de Hoshaana Raba, après la prière, nous avons l’usage


de faire les 7 Hakafot – les tours autour du Sefer Torah. A ce moment
solennel, nous saisissons les 4 espèces du Loulav, et implorons Hashem
de daigner sortir Son peuple d’exil, et prions ensuite pour la pluie et les
récoltes de la nouvelle année.
Nous faisons ces Hakafot en souvenir des 7 tours que l’on faisait
autour du Mizbéa’h. Or, depuis la destruction du Beit haMikdash, notre
seul moyen d’expier nos fautes est l’étude de la Torah. Nous tournons
de ce fait autour du Sefer Torah, qui symbolise le Mizbéa’h.
2. Après les Hakafot, on prend des branches de Arava [saule], et on
frappe le sol. Les Gueonim expliquent la raison de cette coutume. Durant
la fête de Souccot, les Bnei Israël accomplissent de nombreuses Mitsvot
– les 4 espèces du Loulav, la Soucca, et surtout, la Mitsva de se réjouir
pendant la fête. Si le Satan tente pendant ces jours d’éveiller la rigueur
d’Hashem, ces Mitsvot parviennent à le faire taire. Mais à l’approche de
la fin de la fête, comment parvenir à étouffer ses accusations? Grâce
aux feuilles de saule ! Ces feuilles ressemblent en effet à une bouche,
et représentent la bouche du Satan. Nous frappons ces bouches par
terre avec joie, en implorant Hashem que les bouches qui tenteront de
nous nuire soient écrasées immédiatement.
3. Selon la loi stricte, on peut accomplir cette coutume avec une seule
branche de Arava qui mesure 29,6cm, et a ne fût-ce qu’une seule
feuille à sa tête. Toutefois, l’usage est de suivre le Ari za’l, qui préconise
de prendre 5 branches de Arava bien fournies. Il est préférable de les
attacher ensemble auparavant, avec une jolie attache, ou avec une
branche de saule.
4. Selon le Ari za’l, il faut frapper 5 fois à même la terre, et non sur un
sol recouvert. Certains ont l’habitude de frapper violemment, jusqu’à
ce que quelques feuilles tombent. A priori, on secouera les branches
avant de les frapper par terre.

Refoua chelema à Simha bat Elisheva


21
HALAKHA - dans la Soucca
VENDREDI
21 Tishrei 5781
09 / 10 / 20

5. Les femmes n’ont pas l’usage de frapper la Arava par terre.


6. A priori, on ne prendra pas les branches de Arava du Loulav pour
accomplir l’usage de la Hoshana Raba. Par contre, l’on pourra utiliser, si
nécessaire, les branches de celui qui a déjà accompli sa Mitsva de Arava.
7. Après la Hoshana Raba, la loi stricte permet de jeter les branches
de Arava. Idem pour les 4 espèces du Loulav, ainsi que le Skhakh de la
Soucca, ou pour tout autre objet avec lequel on a accompli une Mitsva.
Par contre, il est interdit d’en faire un usage dégradant.
Toutefois, dans la mesure du possible, il est souhaitable d’essayer de
réutiliser ces objets de Mitsva pour en faire une autre Mitsva. Par ex.
beaucoup ont l’habitude de conserver le Loulav et de le brûler à Pessah
lorsqu’ils cuisent les Matsot ou pour brûler le Hamets.
8. Il est interdit de consommer le Etrog –cédrat– jusqu’à la fin de
Souccot. De même, on ne démontera pas la Soucca pendant Souccot.
Shemini Atseret
1. Ce soir, à la sortie de Hoshana Raba, nous célèbrerons le dernier jour
de fête de Shemini Atseret. On ne mentionnera plus dans la Amida, le
Kidoush et le Birkat Hamazon la fête de Souccot, mais celle de Shemini
Atseret. Celui qui s’est trompé devra se reprendre.
Dans le Kidoush, on dira la Berakha de Shehéhyanou, car Shemini Atseret
est une nouvelle fête, indépendante de Souccot.
2. Les habitants d’Israël célèbreront à Shemini Atseret la Sim’hat Torah,
l’achèvement d’un cycle de lecture de la Torah.
Les habitants de Houts Laarets fêteront quant à eux 2 jours de Shemini
Atseret. Le 1er jour, on continuera à consommer les repas dans la Soucca,
sans prononcer de Berakha [Chou-Ar ch.668]. Plusieurs décisionnaires
exemptent de dormir dans la Soucca. De même, on pourra manger
fruits et gâteaux en dehors de la Soucca. Quant à Sim’hat Torah, on
célèbrera l’évènement au 2e jour – samedi soir et dimanche.

22 Refoua chelema à Simha bat Elisheva


HALAKHA - dans la Soucca
SHABBAT
22 Tishrei 5781
10 / 10 / 20

1. Pour chaque cycle d’étude de Torah achevé, nous avons l’usage


de marquer l’évènement en nous réjouissant. Aussi, à Sim’hat Torah,
puisque nous achevons la lecture du Sefer Torah, nous marquons
l’évènement par des chants et danses avec la Torah.
Selon le Zohar, il est encore possible d’annuler un mauvais décret de
Hoshana Rabba en nous réjouissant à Sim’hat Torah ! Le Mishna Beroura
rapporte que le Ari zal et le Gaon de Vilna ont atteint leur niveau parce
qu’ils s’exaltaient et dansaient de toutes leurs forces devant la Torah
en ce jour! Celui qui se réjouit pour l’honneur de la Torah aura le mérite
d’avoir des enfants Talmidei ‘Hakhamim [érudits].
2. On a l’habitude de faire 7 Hakafot –tours de la Bima [estrade du Sefer
Torah]– le soir et le jour de Sim’hat Torah, en implorant Hashem de
nous accompagner le long de cette nouvelle année par le mérite de ses
7 Tsadikim – les 3 Patriarches, Moshé, Aharon, Yossef et David. Selon
le Rashash, un Sefer Torah sera constamment posé sur la Bima, et un
Talmid Hakham restera à côté de lui.
3. De manière générale, à chaque fois qu’un Sefer Torah ou un Talmid
Hakham passe devant nous, nous avons le devoir de nous lever en son
honneur. Selon la loi stricte, cette loi s’applique aussi pour les Hakafot
de Sim’hat Torah. Même si elles durent plusieurs heures, il faut rester
debout tant que le Sefer Torah est transporté. Les décisionnaires
tolèrent néanmoins de s’asseoir pour 2 raisons:
- d’une part, la Halakha permet de nous asseoir dès que le Sefer Torah
arrive à sa place, même si celui qui le transporte est encore debout.
En l’occurrence, le cercle dans lequel on danse avec le Sefer peut être
considéré comme sa place.
- d’autre part, si ceux qui dansent font une ronde autour du Sefer, il y
lieu de les considérer comme une Mé’hitsa – une barrière.
On ne s’appuiera toutefois sur ces permissions qu’en cas de force
majeure, pour une personne âgée ou un malade par exemple.
Habitants d’Israël attention : suite des lois de Sim’hat Torah demain
Refoua chelema à Simha bat Elisheva
23
HALAKHA - dans la Soucca
DIMANCHE
23 Tishrei 5781
11 / 10 / 20

1. La coutume veut qu’à Sim’hat Torah, chaque homme présent à la


synagogue monte à la Torah, et que l’officiant reprenne la lecture de
quelques versets. On veillera à ce que 9 personnes écoutent la Berakha
sur la Torah de celui qui monte.
2. Il est permis d’apporter un 2e Sefer Torah dans une autre salle, et d’y
faire monter une partie du public pour ne pas passer plusieurs heures
de lecture. Comme précédemment, il faut impérativement que 9
adultes répondent à la Berakha de celui qui monte à la Torah.
3. Pendant Shabbat et Yom Tov, il est interdit de jouer d’un instrument
de musique, ni même de danser ou de taper des mains. Toutefois,
pour Sim’hat Torah, il est autorisé de danser et taper des mains, même
lorsque Sim’hat Torah tombe un Shabbat. Il est néanmoins interdit de
jouer d’un quelconque instrument de musique. Il est même défendu
d’instaurer un rythme avec les Rimonim – les cloches du Sefer Torah.
4. Concluons par une citation du Rambam (fin des lois de Soucca):
« La joie qu’un homme doit éveiller en son cœur en accomplissant une
Mitsva, ainsi que l’amour pour son créateur, sont des composantes
essentielles de la Avodat Hashem [le service divin]. Quiconque se prive de
cette joie est déplorable, comme le dit le verset [au sujet des malédictions]:
‘Parce que tu n’as pas servi Hashem ton Dieu avec joie et exaltation…’
Celui qui se considère trop distingué pour exprimer son ardeur pour
Hashem en public est un fauteur et un sot. Le roi Shlomo dit à son sujet:
‘Ne cherche pas la gloire devant le Roi!’ Tandis que celui qui passe outre
son rang pour laisser libre cours à son exaltation est honorable, car il
aime Hashem de tout son cœur. Ainsi, le roi David dit: ‘Et je m’humilierai
volontiers davantage et me ferai petit à mes propres yeux’. Il n’y a de plus
grande distinction que de s’exalter devant Hashem, comme il est dit: ‘Le
roi David sautait et dansait devant Hashem’. »

24 Refoua Shelema à Olivier Israel Shimon ben ‘Haya Esther


HALAKHA - Nerot Shabbat
L U N D I
24 Tishrei 5781
12 / 10 / 20

Tossefet Shabbat
Shabbat prochain, nous lirons dans Bereshit comment Hashem créa le monde
en 7 jours, notamment le repos du jour du Shabbat. Etudions donc les lois de
l’heure d’entrée du Shabbat, ainsi que celles de l’allumage des bougies.
1. Commençons par définir quelles sont les limites qui définissent le jour.
Dans la Torah, le jour débute à la tombée de la nuit et s’achève 24h après,
à l’instant qui précède la tombée de la nuit suivante. Sauf que l’instant
précis de la tombée de la nuit est ambigu. En effet, la nuit succède au
jour progressivement, depuis la fin du coucher du soleil jusqu’à la nuit
profonde, en passant par l’apparition de grosses puis de moyennes
étoiles. Pour notre propos, mettons l’exergue sur 3 bornes essentielles :
- la Shkiyat ha’hama qui est la fin du coucher du soleil,
- le Tseit Hakohavim qui correspond à l’apparition de 3 étoiles moyennes,
- et le Bein haShemashot – litt. l’entre 2 soleils/astres [entre le soleil et la
lune], qui est en fait l’intervalle qui sépare les deux instants précédents.
Parmi ces 3 étapes, à quel instant précis débute le nouveau jour ? Ce
sujet fait l’objet de grandes discussions, depuis la Guemara jusqu’au
Choul’han Aroukh, en passant par les Guéonim puis les Rishonim – il y
a un millénaire. Cette loi n’étant pas tranchée, nous attribuerons au
Bein Hashmashot un statut de jour et de nuit, en adoptant toujours la
conduite la plus stricte au niveau des interdits.
2. Par ex. un garçon naît un vendredi après-midi, 10 minutes après le
coucher du soleil. Ce petit verra son Brit Mila repoussé au 10e jour, le
dimanche d’après ! En effet, il n’est permis de faire la Mila à Shabbat
qui si l’on réalise la Mitsva au 8e jour. Or dans ce cas, nous ne savons
pas définir s’il est né avant Shabbat ou pendant. Aussi, l’on ne pourra
pas le circoncire le vendredi suivant, car dans l’éventualité où il est né
à Shabbat il n’est pas possible de le circoncire après 7 jours. Mais il
n’est pas non plus possible de lui faire le Brit à Shabbat, car s'il est né
vendredi, il n’est pas permis de repousser l’interdit du Shabbat pour
une Mila réalisée au 9e jour !
Leillouï nishmat Marie Myriam Bat Julie leBeit Berdah z"l 
25
HALAKHA - Nerot Shabbat
M A R D I
25 Tishrei 5781
13 / 10 / 20

1. Puisque l’instant précis de la tombée de la nuit est ambigu, il n’est pas


non plus possible de pointer du doigt l’heure d’entrée exacte du Shabbat.
Aussi, le vendredi après-midi, depuis la Shkiyat ha’Hama –le coucher du
soleil–, il devient formellement de réaliser toute activité créatrice.
Apportons une précision importante concernant l’heure précise du
coucher du soleil. Vous me direz pourquoi épiloguer ? Ce moment ne
dépend-il pas de l’instant où le soleil finit de disparaître à l’horizon ?!
Certes, si l’on habite en région plate –telle qu’en Israël en bord de mer,
où le soleil se couche sur la Méditerranée–, il n’y a effectivement pas
de question. Mais dans les régions accidentées, où le soleil disparaît
plus tôt derrière une chaîne de montagnes au fond de l’ouest ; ou
encore, si depuis les hauteurs d’une montagne, l’on continue à voir
plus longtemps le soleil qui a déjà disparu de l’horizon depuis le bord
de mer ; considère-t-on que la Shkiyat ha’Hama débute depuis la
disparition concrète du soleil à l’horizon, ou bien, depuis le coucher
du soleil astronomique – qui tient compte uniquement de la position
du soleil en fonction de notre localisation sur la terre, selon une latitude
et longitude données ?
Précisons qu’en montagne, le décalage entre la Shkiya astronomique
et la Shkyia concrète peut atteindre parfois 10 minutes d’intervalle !
2. Concrètement, ce sujet fait lui-aussi l’objet d’une controverse à
contourner. Aussi, l’on tiendra compte des 2 calculs pour toutes les
Mitsvot de la Torah – par opposition aux Mitsvot Dérabanan [d’ordre
rabbinique], telles que la prière de Min’ha que l’on pourra dire en se
fiant sur les horaires des calendriers, et même jusqu’à 2 min. après.
3. A Jérusalem, selon les quartiers et périodes de l’année, l’heure
du coucher concret devance l’heure du coucher astronomique de 2
minutes jusqu’à 8 à 9 minutes. Rav Elyashiv zatsal trancha une fois qu’un
enfant né un lundi 2 minutes avant la Shkyia astronomique devrait faire
son Brit Mila le mardi suivant (Si le cas se présente, consultez un rav !)

26 Leillouï nishmat Itz’hak Perets ben Fortuna BEN YAAKOV z"l


HALAKHA - Nerot Shabbat
MERCREDI
26 Tishrei 5781
14 / 10 / 20

1. Comme nous l’apprenions, le Shabbat entre depuis la tombée de


la nuit du samedi. Dans le doute, nous craignons qu’il n’entre depuis
le coucher du soleil le vendredi après-midi. Découvrons à présent la
Mitsva de Tossefet Shabbat, littéralement : le rajout sur le Shabbat.
2. À propos du jeûne de Kippour, la Torah dit: « Vous vous mortifierez
depuis le 9 du mois au soir, d’un soir jusqu’à l’autre soir » [Vayikra 23 :32]. Or,
Kippour tombe le 10 Tishrei, et il aurait apparemment été plus juste de
dire « le 10 depuis le soir ». La Guemara [Rosh Hashana 9a] déduit d’ici une Mitsva
particulière de commencer le jeûne depuis la fin du 9, en prenant sur soi
de débuter Kippour depuis les derniers instants du jour précédent.
3. Nombre de Rishonim déduisent qu’il en va de même pour le Shabbat et
les jours de fête : nous avons une Mitsva de la Torah de Tossefet Shabbat
– recevoir le jour saint depuis les dernières minutes du jour d’avant, et
même de terminer ces jours saints en débordant de quelques minutes
sur le jour qui suit. Le Choul’han Aroukh retient cet avis [Cf. ch.261 §2]
4. La Torah n’a fixé aucune mesure de temps pour cette Tossefet
Shabbat. Les décisionnaires l’ont toutefois évalué à un laps variant de 3
à 10 minutes avant le coucher du soleil. [Cf. Mishna Beroura et Biour Halakha ibid.]
Précisons qu’après avoir reçu le Shabbat avant l’heure, il sera certes
défendu de réaliser un travail créatif, mais a postériori, celui qui réalise
une transgression ne sera passible d’aucune condamnation – car cet
ajout n’est qu’une Mitsva positive de la Torah. Aussi, l’on sera plus
permissif pour tolérer certaines conduites qu’il faut théoriquement
éviter depuis le coucher du soleil. [MB §19]
5. Comme cité, Il faut aussi ajouter quelques minutes à la sortie du
Shabbat, après l’apparition des 3 étoiles. Il est conseillé d’attendre la
sortie de 3 étoiles rapprochées. [MB §23]
5. Beaucoup ont l’habitude de ne faire sortir le Shabbat que 72 minutes
après le coucher du soleil, qui, selon Rabeinou Tam, est l’heure de la sortie
des étoiles. Ils pourront tout de même prier Arvit (la prière du soir) avant,
mais s’abstiendront de faire des travaux interdits pendant le Shabbat.
Leillouï nichmat ‘Houati Victor Yoel ben Netzria Sarah BOUHNIK z"l
27
HALAKHA - Nerot Shabbat
J E U D I
27 Tishrei 5781
15 / 10 / 20

1. Comme nous l’apprenions, la Mitsva de Tossefet Shabbat requiert


de recevoir le Shabbat quelques minutes avant le coucher du soleil du
vendredi soir. Peut-on alors recevoir le Shabbat beaucoup plus tôt ?
Le Rama [ch.261 §2] rapporte qu’on peut recevoir le Shabbat depuis le Plag
haMin’ha – soit 1h15 avant le coucher du soleil, mais pas plus tôt.
[Attention : cette unité d’heure se calcule en heure solaire,
correspondant à 1/12e du jour depuis le lever du soleil jusqu’au coucher.]
2. Comment reçoit-on le Shabbat avant l’heure ? Certains pensent
que c’est uniquement en répondant Barekhou dans la prière d’Arvit, ou
encore en allumant les bougies avec Berakha. Mais le Choul’han Aroukh
[ch.261 §4] écrit qu’il suffit de dire le Mizmor Shir Léyom Hashabbat.

Les décisionnaires ajoutent qu’il suffit même de déclarer expressément


que l’on reçoit le Shabbat, ou encore de dire la dernière phrase du Lekha
Dodi – Boï Kala Shabbat Malketa.
Quant à la Tossefet Shabbat pour les femmes, nous la préciserons plus
tard, lorsque nous aborderons les lois de l’allumage des bougies.
3. Depuis le moment où on a reçu le Shabbat, on ne pourra plus
transgresser les interdits du Shabbat, aussi bien ceux prescrits par la
Torah que ceux Derabanan – d’ordre rabbinique.
Cependant, il sera permis de demander à un autre juif –qui n’a pas
encore reçu le Shabbat– de réaliser pour nous un travail interdit.
[ch.263 §17] Idem pour la sortie du Shabbat, s’il n’a pas encore fait sortir
le Shabbat, il pourra demander à quelqu’un qui a fait la Havdala de
réaliser un travail pour lui.
4. Si après avoir reçu le Shabbat tôt, il réalise qu’il a oublié de faire
des préparatifs capitaux pour le Shabbat, ou encore, il se souvient
qu’il n’a pas encore prié Min’ha [comme nous le rapporterons demain], il pourra réunir
trois hommes et leur expliquer son erreur, en leur demandant ensuite
d’annuler sa réception du Shabbat – à l’instar des lois de Hatarat
Nedarim - l’annulation des vœux.

28 Leillouï nishmat Michael Haim Ben sultana  z"l


HALAKHA - Nerot Shabbat
VENDREDI
28 Tishrei 5781
16 / 10 / 20

1. Nous avons jusque-là appris qu’il est possible de recevoir le Shabbat


même 1h15 avant le coucher du soleil. Découvrons à présent le
statut du particulier qui se trouve dans une ville où tous reçoivent
le Shabbat plus tôt. Est-il contraint de recevoir lui-aussi le Shabbat
tellement tôt, ou bien, peut-il se suffire de l’heure du Shabbat indiquée
dans le calendrier ?
Le Choul’han Aroukh [ch. 263 §12] enseigne : Si la majorité de la communauté
a fait entrer le Shabbat à une heure donnée, les minoritaires devront le
recevoir aussi, malgré eux.
2. Cependant, s’il y a dans un même quartier plusieurs communautés,
même si certaines sont plus importantes que d’autres, aucune d’entre
elles ne fixera l’entrée du Shabbat pour les autres. Par contre, celui qui
organisera un Minyan chez lui, sera contraint d’aller selon la majorité
de la communauté à laquelle il est rattaché, ou à la majorité de la ville.
[MB §51]

3. Si quelqu’un arrive dans une synagogue où l’assemblée a déjà reçu


le Shabbat, il ne pourra plus prier Min’ha dans cette synagogue, mais
devra sortir pour ce faire. [Chou-Ar ch.263 §15]
4. Par contre, s’il a commencé la Amida de Min’ha avant que les fidèles
ne reçoivent le Shabbat [en disant Boï Kala Shabbat Malketa], il pourra
continuer sa prière de Min’ha sans se presser, étant donné qu’il a
commencé de façon permise. [Ibid. §16]
5. Si quelqu’un entame la prière d’Arvit de Shabbat, et après avoir dit
Boï Kala Shabbat Malketa, il réalise qu’il n’a pas prié Min’ha, il ne pourra
plus dire cette prière. Il devra rattraper cette omission en disant 2 fois
la Amida du Shabbat – la première pour s’acquitter de son devoir d’Arvit
de Shabbat, et la seconde en guise de rattrapage de Min’ha. [Ibid. §15]
6. Pour ce qui est de la sortie du Shabbat, elle peut se faire de manière
individuelle, même si la majorité de la communauté chante encore les
chants de Séouda Shlishit – le 3e repas de Shabbat.

Leillouï nishmat Michael Haim Ben sultana  z"l


29
HALAKHA - Nerot Shabbat
SHABBAT
29 Tishrei 5781
17 / 10 / 20

Continuons les Halakhot de l’entrée du Shabbat en étudiant à présent


les lois de Hadlakat Nerot – l’allumage des bougies à Shabbat.
1. Le Choul’han Aroukh ouvre ces lois [ch.263 §1] en prescrivant : « On veillera
à allumer des bougies qui produisent une belle lumière. Certains prennent
soin d’allumer deux veilleuses, en allusion aux deux commandements de la
Torah, de se souvenir du Shabbat et de le respecter.  
2. Le mérite de l’allumage des veilleuses réalisé soigneusement –qu’il
s’agisse des bougies du Shabbat ou de celles de Hanoucca– est propice
à avoir des enfants Talmidei Hakhamim [érudits en Torah], comme le
laisse entendre le verset [Mishlei 6 23] : ‫ ִּכי נֵ ר ִמצְ וָ ה וְ תוֹ ָרה אוֹ ר‬- car la Mitsva
(est une) veilleuse, et la Torah est une lumière.
3. Le Zohar [Bereshit] fait l’éloge de la femme qui accomplit cette Mitsva avec
joie, et dévoile que c’est un moment propice pour prier pour la réussite
des enfants, qu’ils aillent toujours dans le droit chemin et soient protégés. 
4. Le Shla haKadosh rapporte une Segoula exceptionnelle pour la femme
au moment où elle allume les Nerot : si elle rencontre des difficultés à
élever ses enfants, ou encore, si elle n’a pas eu la chance d’en avoir,
il sera bien de lire après l’allumage la Haftara du 1er jour de Rosh
Hashana (en comprenant le sens si possible), tirée du début du livre de
Shmouel. Ce passage raconte l’histoire de Hannah, la mère du Prophète
Shmouel, et de ce qu’elle a enduré avant de donner la vie, puis s’achève
par les louanges qu’elle adressa ensuite à Hashem. Nous rapportons et
expliquons ce texte dans la séquence Moussar.]
5. Il est bon de donner de la Tsedaka juste avant l’allumage des Nerot.
6. Il existe différentes coutumes quant au nombre de bougies à
allumer : le Choul’han Aroukh rapporte d’en allumer 2. Selon le Ari zal, il
est bon d’en allumer 7, en allusion aux 7 jours de la semaine. D’aucuns
en allument 10, comme les 10 commandements. Quoi qu’il en soit, il
n’y a pas de recommandation de les placer toutes au même endroit, à
l’exception de 2 veilleuses à proximité de la table du salon.

30 Refoua Shelema à ‘Hamchat Myriam bat Rozlana


HALAKHA - Nerot Shabbat
DIMANCHE
30 Tishrei 5781
18 / 10 / 20

1. Le Choul’han Aroukh [ch.263 §2-3] enseigne : La Mitsva d’allumer les bougies


de Shabbat dans sa maison incombe aussi bien à l’homme qu’à la femme.
(…) Toutefois, les femmes sont plus mises en garde pour cette Mitsva, du
fait qu’elles sont plus présentes à la maison et sont plus habilitées à gérer
les affaires courantes du foyer.
Il existe aussi une explication symbolique à cette distinction : en faisant
goûter à l’homme [Adam] le fruit interdit, la femme fit descendre les
ténèbres sur la Terre – la mortalité. Pour réparer sa faute, elle doit
veiller à accomplir méticuleusement la Mitsva de l’allumage. [MB §12]
2. Un homme qui souhaite allumer lui-même les Nérot Shabbat alors
que sa femme est présente, ne pourra le faire sans son accord. Selon
certains avis, si un mari vole à sa femme sa Mitsva, il devra lui payer 10
pièces d’or !
En effet, un principe dans la Torah dicte que si une personne a la priorité
pour accomplir une Mitsva, et qu’un autre vient la lui voler, ce dernier
devra le dédommager de 10 pièces d’or.
3. Toutefois, si la femme allume plusieurs veilleuses, le mari pour en
allumer au moins une. [MB §11] De même, nous apprendrons qu’il pourra
accomplir la Mitsva d’allumer les bougies en allumant des lumières
électriques dans d’autres pièces de la maison. [Biour Halakha §6]
4. Si la femme est absente, le mari devra allumer les bougies chez lui avec
Berakha, ainsi que sa femme, avec Berakha, là où elle se trouve. [MB §11]
Idem si le mari est en voyage : bien que sa femme allume au domicile,
il allumera lui aussi ses Nerot là où il séjourne, sauf si quelqu’un en
allume déjà là-bas, comme nous l’expliquerons.
5. Si un mari voit que sa femme tarde à allumer, et qu’ils ne sont plus
qu’à 3 ou 4 minutes du coucher du soleil, l’extrême limite pour recevoir
le Shabbat, il pourra allumer lui-même les bougies. Si cela risque de
provoquer une dispute entre eux, il vaut mieux renoncer à l’allumage,
et se contenter de lumières électriques.

Refoua Shelema à Benyamin ben ‘Habiba


31
HALAKHA - Nerot Shabbat
L U N D I
1 Heshvan 5781
19 / 10 / 20

1. Il est recommandé que l’homme se soucie de préparer les veilleuses


que son épouse allumera, afin de participer activement à la Mitsva.
Dans le cas où elle utilise des mèches en coton, devant être allumées
une première fois et éteintes avant l’allumage définitif, il est préférable
que le mari se charge de cette tâche préalable.
Il est aussi souhaitable que le mari entende la Berakha de sa femme et y
réponde Amen. De même, s’il y a d’autres bougies ou d’autres lumières
électriques à allumer dans la maison, il fera bien de les allumer lui-
même, afin d’accomplir lui aussi la précieuse Mitsva d’allumer les
bougies du Shabbat.
2. A priori, il faut se vêtir des habits de Shabbat avant l’allumage. [ch.262
§3] Cependant, un mari n’allumera pas à la place de sa femme si celle-ci
n’a pas le temps de vêtir ses beaux habits.
3. Une femme qui, par négligence, a manqué à l’allumage des Nerot
de Shabbat, devra à l’avenir allumer chaque semaine une bougie
supplémentaire. Cependant, quelques décisionnaires considèrent que
cette contrainte n’est applicable que si aucune lumière –pas même
une lumière électrique–, n’était allumée à proximité de la table du
salon, ce qui est très rare de nos jours.
4. Nos maîtres ont institué d’allumer les Nerot pour deux raisons : pour
la Mitsva du Oneg Shabbat, et celle du Shalom Bayit :
- La Mitsva du Oneg Shabbat consiste à se délecter pendant le Shabbat ;
en l’occurrence, manger à la lumière est bien plus agréable que dans
l’obscurité !
- Pour ce qui est du Shalom Bayit –la paix des foyers–, dans une maison
obscure on risque de se cogner et de s’irriter. Nos maîtres ont donc
instauré de laisser une lumière afin de ne pas trébucher.
Souvenons-nous de ces deux raisons pour les Halakhot qui suivront !

32 Leillouï nishmat David ben Sultana z"l


HALAKHA - Nerot Shabbat
M A R D I
2 Heshvan 5781
20 / 10 / 20

1. Où placer les Nerot Shabbat ? Nous rapportions hier 2 raisons


pour lesquelles nous allumons les bougies du Shabbat : pour le Oneg
Shabbat – afin de manger le repas de Shabbat à la lumière, et le Shalom
Bayit – afin de ne pas se cogner ou trébucher dans l’obscurité.
Ainsi, il faut a priori allumer des veilleuses là où l’on mange, ainsi que
dans toutes les pièces où l’on sera amené à entrer et trébucher.
2. Toutefois à notre époque, nous dispensons notre devoir d’allumer
dans toutes les pièces de la maison en laissant une lampe électrique
diffuser sa lumière dans les chambres obscures, et nous nous
contentons d’allumer là où nous mangeons des veilleuses avec
Berakha.
3. De ce fait, s’il n’y a pas de possibilité de laisser une lumière allumée
dans les chambres jusqu’à l’heure du coucher, on prévoira qu’au moins
une veilleuse y brûle le temps voulu, même si l’on allume aussi des
bougies dans le salon.
Dans ce cas, on allumera d’abord les bougies des chambres, puis en
dernier celles du salon sur lesquelles on récitera la Berakha, en pensant
à acquitter par cette Berakha toutes les veilleuses de la maison.
4. La plupart des contemporains pensent que l’on s’acquitte de la
Mitsva des Nerot Shabbat en allumant une lampe électrique, ou même
une lampe néon. On ne permettra cependant un tel allumage avec
Berakha que s’il n’y a aucune possibilité d’allumer de bougie.
5. De ce fait, si on passe Shabbat à l’hôtel, et que l’on ne peut pas
laisser dans les chambres de bougie allumée sans surveillance
constante, on allumera une lumière électrique avec Berakha. On pourra
même allumer la lumière des toilettes, en veillant toutefois à ne pas
prononcer la Berakha face à la cuve. [Nous expliquerons demain que
l’allumage collectif dans le réfectoire est problématique.]

Leillouï nishmat David ben Sultana z"l


33
HALAKHA - Nerot Shabbat
MERCREDI
3 Heshvan 5781
21 / 10 / 20

1. Le Choul’han Aroukh [ch.263 §8] rapporte une discussion quant à


l’allumage des bougies dans un réfectoire : « Si 2 ou 3 personnes
mangent individuellement dans une même pièce, certains pensent que
chacun devra allumer ses propres bougies, et d’autres contestent. Dans le
doute de prononcer une Berakha en vain, il sera plus juste que l’un d’entre
eux uniquement prononce la Berakha [et dispense ainsi les autres]. »
Et le Rama d’annoter : cependant, nous [c.-à-d. les communautés
ashkénazes] n’avons pas cet usage [mais tolérons à chacun de dire la
Berakha sur ses Nerot.]
Voilà donc une discussion essentielle concernant les Nerot des invités
à Shabbat. Pour les séfarades qui suivent l’avis du Choul’han Aroukh, à
partir du moment où le premier allume ses bougies, les autres veilleuses
n’ont plus vraiment d’utilité, et il n’est plus possible de prononcer une
Berakha sur leur allumage. Tandis que l’avis retenu par le Rama considère
que chaque bougie supplémentaire augmente l’éclairage de la pièce,
et ajoute davantage de joie et de Oneg Shabbat. [MB ch.263 §35]
2. Ainsi, à l’hôtel ou à l’hôpital – où les résidents allument tous dans le
réfectoire, les séfarades veilleront à allumer tous ensembles les Nerot,
et l’un d’entre eux prononcera la Berakha pour dispenser tout le monde.
Si l’un d’entre eux s’est empressé d’allumer, les autres allumeront dans
leur chambre avec Berakha, voire même, avec une lampe électrique –
comme nous le rapportions hier. S’ils n’ont aucune possibilité d’allumer
dans leur chambre, ils allumeront dans le réfectoire sans Berakha.
3. De même, un séfarade fera bien d’éteindre et rallumer la lumière
[électrique] du salon juste avant d’allumer les bougies du Shabbat,
et prononcera la Berakha en pensant à acquitter toutes les lumières
allumées en l’honneur du Shabbat – la lumière électrique, et les Nerot.
[Hazon Ovadia Shabbat I p.215] [Sauf s’il est prévu que la lumière du salon s’éteigne
plus tard, tandis que ses veilleuses continueront à l’éclairer – comme
nous l’expliquerons.]

34 Refoua Shelema à Ruth bat Orli


HALAKHA - Nerot Shabbat
J E U D I
4 Heshvan 5781
22 / 10 / 20

1. Celui qui a allumé des bougies le vendredi après-midi sans intention


particulière, et à l’approche du Shabbat décide de s’en servir pour la
Mitsva de Hadlakat Nérot, ne pourra en aucun cas dire de Berakha sur ces
veilleuses. Il devra d’abord les éteindre, puis les rallumer avec Berakha.
2. A partir de quand peut-on ou doit-on allumer les Nerot Shabbat ?
Nous apprenions que la Mitsva de Tossefet Shabbat requiert de recevoir
le Shabbat un peu avant la Shkiya – le coucher du soleil. Selon la
loi stricte, il suffit de rajouter 2 à 3 minutes avant le Shkiya, mais la
coutume veut que l’on ajoute de 10 à 30 minutes. Nous mentionnions
cependant que quiconque le souhaite, peut accueillir le Shabbat jusqu’à
une heure et quart (en heure solaire) avant la Shkiya.
Pour l’allumage des veilleuses du Shabbat, nous différencions aussi
deux moments, comme l’enseigne le Choul’han Aroukh [ch. 263 §4] :
‫יכר ֶש ַמ ְדלִ יקוֹ לִ כְ בוֹ ד‬ ּ ַ ִ‫ל ֹא יַ ְקדִּ ים לְ ַמ ֵהר לְ ַה ְדלִ יקוֹ ְ ּבעוֹ ד ַהיּוֹ ם ָ ּגדוֹ ל ׁ ֶש ָאז ֵאינוֹ נ‬
‫ וְ ִאם רוֹ צֶ ה לְ ַה ְדלִ יק נֵ ר ְ ּבעוֹ ד ַהיּוֹ ם ָ ּגדוֹ ל וּלְ ַק ֵ ּבל ָעלָ יו ׁ ַש ָ ּבת‬.‫ׁ ַש ָ ּבת וְ גַ ם ל ֹא יְ ַא ֵחר‬
‫ִמ ָ ּיד ַר ׁ ּ ַשאי ִּכי ֵ ּכיוָ ן ׁ ֶש ְּמ ַק ֵ ּבל ָעלָ יו ׁ ַש ָ ּבת ִמ ָ ּיד ֵאין זוֹ ַה ְקדָּ ָמה ו ִּבלְ ַבד ׁ ֶש ְ ּי ֵהא ִמ ְּפלַ ג‬
‫ַה ִּמנְ ָחה וּלְ ַמ ְעלָ ה ׁ ֶשהוּא ׁ ָש ָעה וְ ְר ִב ַיע קוֹ ֵדם ַה ַ ּליְ לָ ה‬
On n’allumera pas les bougies trop tôt car on pourrait penser que ce n’est
pas en l’honneur du Shabbat. L’on ne tardera pas non plus (trop près du
coucher du soleil). Si quelqu’un désire allumer les Nerot en avance et
recevoir immédiatement le Shabbat, c’est possible : le Shabbat étant entré
chez lui, ses bougies sont effectivement destinées au Shabbat. Cependant,
on ne pourra recevoir le Shabbat plus tôt que Plag haMin’ha, qui correspond
à une heure et quart avant la tombée de la nuit.
Les Nerot doivent être allumées en l’honneur du Shabbat qui approche.
A différencier 2 situations : si le Shabbat est très proche, le moment lui-
même atteste que cet allumage est réalisé en l’honneur du Shabbat – bien
que l’on ne reçoive pas encore le Shabbat. Mais si l’on allume les Nerot
trop tôt, l’unique moyen de prouver que ces bougies brûlent en l’honneur
du Shabbat est de recevoir le Shabbat au moment de l’allumage.

Refoua chelema à Ruth bat Traina


35
HALAKHA - prière de la pluie
VENDREDI
5 Heshvan 5781
23 / 10 / 20

Interrompons notre étude sur les Nerot Shabbat pour préciser les lois
de la prière pour la pluie, que les habitants d’Israël commenceront à
prononcer demain soir.
1. Dans la 2e Berakha de la Amida, nous glorifions Hashem en
reconnaissant Sa puissance, qu’Il domine toutes les forces du monde
et peut ressusciter les morts. Puisque la saison des pluies commence
vers Souccot, nous louons Hashem depuis Shemini Atseret sur les
bienfaits qu’Il nous épanche en nous envoyant la pluie et du vent, par
lesquels Il donne la vie aux végétaux, rappelant ainsi Sa capacité à faire
revivre les morts. Néanmoins, nous ne commençons à demander la
pluie dans notre prière que plus tard: en Israël, le 7 Heshvan, et en
‘Houts Laarets, dans la nuit du 4 au 5 décembre, soit 60 jours après la
Tekoufat Tishrei – l’automne selon l’astronomie juive.
2. La prière pour la pluie consiste à ajouter dans la 9e Berakha de la
Amida de Barekheinou… ‘veTen Tal ouMatar Al Pnei haAdama’ – Donne
la rosée et la pluie sur la surface de la terre. Les séfarades ont l’usage de
réciter un texte différent de la prière en été – Barekh Aleinou, tandis que
les ashkénazes ajoutent cette phrase dans le texte habituel.
3. Pourquoi ne prions-nous pas pour la pluie depuis Shemini Atseret,
autant qu’à Pessa’h nous cesserons de dire ‘veTen Tal ouMatar’ en
même temps que ‘Mashiv Haroua’h’ ?
La Guemara rapporte qu’il aurait en effet été plus juste de prier ainsi, car
la terre en Israël a besoin de beaucoup d’eau. Cependant, les habitants
du pays pèlerinaient chaque année à Jérusalem pendant Souccot. Pour
encourager leur zèle, nos Maîtres instaurèrent de ne prier pour la pluie
qu’une fois tous les pèlerins revenus chez eux, soit 15 jours plus tard.
En revanche en Babylonie –où la terre était naturellement humide et
ne nécessitait que peu de précipitations–, nos Maîtres instaurèrent de
demander la pluie plus tard. Depuis, tous les juifs de ‘Houts Laarets suivent
l’usage de Babylonie, et commencent à prier pour la pluie dans la nuit du 4
au 5 décembre, ou du 5 au 6 décembre en cas d'année bissextile.

36 Hatslakha à notre imprimeur Dan Pérez !


HALAKHA - prière de la pluie
SHABBAT
6 Heshvan 5781
24 / 10 / 20

1. Que faire si on omet de dire ‘Barekh Aleinou … veTen Tal ouMatar’?


- Tant que l’on n’a pas achevé la Berakha de Mévarekh Hashanim, on se
reprendra. Toutefois, si on ne se reprend pas, mais qu’on ajoute ‘veTen Tal
ouMatar Liverakha’ à l’endroit où l’on réalise l’omission, on s’est acquitté.
- Si on a déjà dit Baroukh Ata Hashem, on achèvera ‘Mévarekh Hashanim’
immédiatement. Quant à la conduite à adopter ensuite, les avis sont
partagés: certains pensent qu’il faut dire tout de suite les mots ‘Ten
Tal ouMatar Liverakha’ avant de continuer Teka Beshofar. D’autres
pensent qu’il faut attendre d’arriver à Shéma Koleinou, et d’ajouter
‘veTen Tal ouMatar Liverakha’ avant de dire ‘Ki Ata Shoméa …’.
Pour la marche à suivre, cela dépend de chacun: si l’on est sûr de s’en
souvenir quand on arrivera à Shema Koleinou, il vaut mieux l’insérer
là-bas. Mais si on risque d’oublier une seconde fois, on la dira
immédiatement, avant de continuer Teka Beshofar.
- Si on ne s’en souvient qu’après avoir commencé Retsé, il faudra
reprendre depuis Barekh Aleinou. Et si on a fini la Amida, il faudra
recommencer toute la Amida.
2. Comment doit procéder celui qui voyage entre Israël et la France ou
tout pays de ‘Houts Laarets pendant cette période?
- Un Français qui se rend en Israël après le 7 ‘Heshvan dira ‘Barekh
Aleinou … veTen Tal ouMatar’ dans la Amida tant qu’il sera en Israël.
Et lorsqu’il rentrera avant le 4 décembre, il dira ‘Barekhenou … Veten
Berakha’. Il sera tout de même souhaitable qu’il dise à son retour,
lorsqu’il arrivera à Shema Koleinou, ‘veTen Tal ouMatar liverakha
beErets Israël, Ki Ata Shoméa Tefilat …’
- Un habitant d’Israël qui voyage à l’étranger après le 7 ‘Heshvan
continuera à dire veTen Tal ouMatar, comme il le dit au pays.
- Par contre, s’il est à l’étranger depuis le 7 ‘Heshvan et prévoit de
rentrer en Israël dans l’année, les avis sont discutés. Les décisionnaires
préconisent de continuer à dire Barekhenou, mais d’insérer ‘veTen Tal
Oumatar beErets Israël’ dans Shoméa Tefila.

Zivoug Hagoun à Miryam Elisheva bat Suzanne


37
HALAKHA - Nerot Shabbat
DIMANCHE
7 Heshvan 5781
25 / 10 / 20

1. Abordons à présent la question de l’ordre de la Berakha et de l’allumage.


Nous apprenions qu’une femme qui allume les Nerot à l’heure d’entrée
du Shabbat [de 20 à 40 minutes avant la Shkiya, selon les rites] n’est pas obligée de recevoir
le Shabbat immédiatement. Sauf si elle souhaite allumer ses bougies
avant l’heure d’entrée conventionnelle – où elle ne pourra prononcer la
Berakha que si elle reçoit le Shabbat à ce moment.
Toutefois, un des Guéonim –le BaHaG (acronyme du Baal Halakhot Guedolot, IXè siècle)–
estime que l’on reçoit toujours le Shabbat lorsque l’on allume les
bougies, quelle que soit l’heure de l’allumage. Bien que le Choul’han
Aroukh n’ait pas retenu cet avis, un grand nombre de communautés
l’ont au moins partiellement craint, comme nous l’expliquerons.
2. Une répercussion de cette discussion est l’ordre dans lequel il faut
allumer les bougies et dire la Berakha. En effet, nous avons pour règle de
toujours dire la Berakha sur une Mitsva avant sa réalisation. Or, selon le
BaHaG, si l’on applique cette directive aux Nerot du Shabbat, nous serons
confrontés à une transgression du Shabbat : puisque l’on recevrait alors le
Shabbat à l’allumage, comment alors manipuler et éteindre l’allumette ?!
[D’autres s’interrogent encore sur la possibilité d’allumer une 2e bougie,
alors que l’on a reçu le Shabbat depuis la 1ère veilleuse ! Cf. Beit Yossef]
Aussi, s’est répandu l’usage dans nombre de communautés de dire la
Berakha après l’allumage. La femme allume les bougies sans en profiter
–en voilant ses yeux ou les bougies [Cf. Rama ch.262 §10]–, puis dit la Berakha et
découvre ensuite ses yeux pour profiter de la lueur des Nerot et symboliser
ainsi la fin de leur allumage, qui marque alors l’entrée du Shabbat.
3. Reste à préciser selon BaHaG, si l’on reçoit malgré nous le Shabbat
avec l’allumage, ou bien, si l’on a la possibilité d’expliciter que l’on ne
veut pas recevoir le Shabbat tout de suite. Le Choul’han Aroukh [ch.262
§10] rapporte à ce sujet 2 avis. Concrètement, même ceux qui craignent
l’avis du BaHaG permettent d’expliciter avant l’allumage que l’on ne
veut pas recevoir Shabbat ainsi, et il sera ensuite permis de réaliser
encore toutes sortes de travaux de préparation du Shabbat.

38 Leillouï nichmat Adèle Bat Sol TARRAB lebeth Wahnish z"l


HALAKHA - Nerot Shabbat
L U N D I
8 Heshvan 5781
26 / 10 / 20

1. Nous rapportions que, selon le BaHaG [Baal Halakhot Guédolot], l’on reçoit le
Shabbat depuis l’allumage des bougies, même lorsque l’on allume à
l’approche du Shabbat. Aussi, cet état oblige à allumer les Nerot avant de
dire la Berakha. Il faut savoir que cet usage était en vigueur dans beaucoup
de communautés – ashkénazes comme séfarades [Cf. Or Letsion II ch.18 §3].
Toutefois, rav O. Yossef zatsal a stimulé les séfarades à changer d’usage,
prouvant que la coutume initiale des séfarades à l’époque du
Choul’han Aroukh consistait à dire la Berakha avant l’allumage. Et de
justifier, que la femme qui allume de la sorte, n’a l’intention de recevoir
le Shabbat qu’une fois son acte achevé – à l’instar de celle qui explicite
qu’elle ne reçoit pas le Shabbat au moment de l’allumage. [Ceux qui
se conforment à cet avis, veilleront tout de même à ne pas éteindre
l’allumette, mais la poseront et la laisseront se consumer toute seule.]
2. Une femme qui souhaite encore réaliser des travaux interdits après
l’allumage –tels que se maquiller, disposer ses marmites sur la plaque
du Shabbat–, veillera à expliciter avant l’allumage qu’elle ne reçoit pas
le Shabbat ainsi. A priori, il sera tout de même préférable d’achever ces
préparatifs avant la Hadlaka, afin de recevoir le Shabbat à l’allumage.
3. Une femme qui souhaite prier Min’ha du vendredi après l’allumage
devra expliciter qu’elle ne reçoit pas le Shabbat immédiatement.
Si elle omet d’expliciter son intention, une femme séfarade pourra
quand même prier Min’ha, car, selon la loi stricte, elle ne reçoit pas le
Shabbat lorsqu’elle allume à l’approche de la Shkyia. [Yalkout Yossef ch.263 §52]
Par contre, une femme ashkénaze ne pourra plus prier Min’ha, même
à postériori. [MB §43]
4. Toutes ces lois relatives à la réception du Shabbat par l’allumage ne
concernent que la femme qui allume, pas un homme, même s’il allume
en personne. Il pourra de ce fait prononcer la Berakha avant la Hadlaka.
5. À Yom Tov, puisqu’il est permis d’allumer un feu à partir d’une
flamme existante, l’on pourra prononcer la Berakha avant la Hadlaka, et
l’on veillera juste à ne pas éteindre l’allumette.
Leillouï nichmat Adèle Bat Sol TARRAB lebeth Wahnish z"l
39
HALAKHA - Nerot Shabbat
M A R D I
9 Heshvan 5781
27 / 10 / 20

1. Quelle qualité d’huile choisir pour la Hadlakat Nerot ?


Rappelons que le but de la Hadlakat Nerot n’est pas de marquer un
quelconque caractère solennel, mais pour le Oneg Shabbat – profiter de
la lueur des bougies pour consommer le repas dans une pièce éclairée.
De ce fait, il faudra choisir les meilleures huiles, et seront interdits
les combustibles qui pourraient nous déranger au point de nous faire
sortir de la pièce. Ainsi, le Choul’han Aroukh [ch.264 §3-6] enseigne :

ִ ִ‫יקין נֵ ר לְ ׁ ַש ָ ּבת ֶא ָ ּלא ִמ ׁ ּ ֶש ֶמן ַה ִ ּנ ְמ ׁ ָש ְך ַא ַחר ַה ְּפ ִתילָ ה וּלְ ִפיכָ ְך ֵאין ַמ ְדל‬
‫יקין‬ ִ ִ‫ֵאין ַמ ְדל‬
‫) ׁ ְש ָאר‬...( ‫יחנ ּו וְ יָ צָ א‬
ֵ ִ‫יקין ְ ּב ִעטְ ָרן ִמ ְּפנֵ י ׁ ֶש ֵריחוֹ ַרע וְ יָ נ‬
ִ ִ‫) וְ כֵ ן ֵאין ַמ ְדל‬...( '‫ְ ּבזֶ ֶפת וכו‬
‫יקים ָ ּב ֶהם ו ִּמכּ ֹל ָמקוֹ ם ׁ ֶש ֶמן זַ יִ ת ִמצְ וָ ה ִמן ַה ֻּמ ְב ָחר‬ ִ ִ‫כּ ֹל ַה ׁ ּ ְש ָמנִ ים חוּץ ֵמ ֵאלּ ּו ַמ ְדל‬
On allumera les bougies du Shabbat uniquement avec une huile fluide qui
se consume délicatement. De ce fait, on n’allumera pas avec du pétrole
(avec une simple mèche qui n’est pas adaptée). De même, on n’allumera
pas à la poix : son odeur étant nauséabonde, les convives risqueraient de
quitter la pièce (pour poursuivre le repas dans un endroit non éclairé). […]
Toutes les autres huiles, excepté celles précitées, sont propres à l’allumage.
Cependant l’huile d’olive est préférable pour réaliser la Mitsva de la plus
belle façon.
2. De nos jours, beaucoup allument avec des bougies de paraffine.
Plusieurs décisionnaires pensent que dans la mesure où elles
produisent une lumière plus agréable qu’une veilleuse à l’huile d’olive,
elles sont préférables. Toutefois, le Ben Ish ‘Haï écrit que, selon le Zohar,
il faut veiller à allumer à l’huile d’olive spécifiquement. Le Gaon de Vilna
s’en tenait lui-aussi à cette coutume.
3. Le Choul’han Aroukh enseigne encore [ch. 264 §8] : Lorsqu’on allume les
bougies, il est souhaitable de veiller à maintenir l’allumette face à la
mèche jusqu’à ce que la majorité de la mèche s’enflamme. Le Levoush
explique que cet usage a pour but de rappeler l’allumage de la Menora
du Beit haMikdash. [Cf. MB ch.264 §26]

40 Leillouï nichmat Adèle Bat Sol TARRAB lebeth Wahnish z"l


HALAKHA - Nerot Shabbat
MERCREDI
10Heshvan5781
28 / 10 / 20

1. Il faut disposer les bougies du Shabbat à leur place avant de les


allumer, et non les allumer puis les apporter à leur place. [Rama ch.263 §10]
Tout d’abord, précisons que cette directive ne provient pas d’un interdit
de déplacer la bougie après allumage, car cette loi est en vigueur
même si l’on explicite que l’on ne recevra le Shabbat que plus tard.
En fait, cette loi ressemble un peu à celle d’une bougie que l’on a allumée
le vendredi à des fins profanes, et que l’on décide après coup d’utiliser
en guise de Nerot Shabbat. Nous apprenions qu’il faut nécessairement
éteindre et rallumer cette bougie en l’honneur de Shabbat. Autrement,
l’on n’accomplit pas la Mitsva de Hadlakat Nerot. Comme le justifie le
Yeroushalmi, nous disons dans la Berakha : Vétsivanou Léhadlik Ner
Shel Shabbat – qui nous a ordonné d’allumer la bougie du Shabbat. Cette
formulation met en exergue l’action d’allumer, et pas uniquement le
résultat – le fait d’avoir des bougies allumées à Shabbat.
Passons à présent à celui qui allume certes des veilleuses en l’honneur
du Shabbat, mais ne les dispose pas à l’endroit où il est censé en
profiter. Puisque le but de la Hadlakat Nerot est précisément d’en tirer
profit – pour le repas ou pour ne pas se cogner, des bougies allumées
à un endroit qui ne sert à rien n’ont pas de statut de Nerot Shabbat !
Aussi, lorsqu’il les mettra finalement à leur place optimale, il devra les
éteindre et les rallumer en prononçant de nouveau la Berakha.
3. À déduire donc, que si l’on allume les bougies à une place où l’on
est censé en profiter à Shabbat, et qu’après coup, on décide de les
amener dans une autre pièce, il ne sera pas requis de les éteindre et
les rallumer. [MB ch.263 §48] Précisons tout de même qu’il faudra éviter a
priori une telle situation, car le Levoush émet quelques réserves.
5. Ainsi, une femme alitée qui n’arrive pas à marcher jusqu’au salon pour
allumer, laissera a priori son mari s’en charger. Si son mari remarque
qu’elle en est peinée, elle pourra les allumer depuis son lit avec Berakha,
car, théoriquement, sa chambre doit aussi être éclairée. L’on veillera à
poser les bougies lorsqu’elle les allume, et à les déplacer ensuite.
Leillouï nichmat Adèle Bat Sol TARRAB lebeth Wahnish z"l
41
HALAKHA - Nerot Shabbat
J E U D I
11Heshvan5781
29 / 10 / 20

1. Quelle utilisation peut-on faire à la lueur d’une bougie ?


L’interdit d’allumer un feu Shabbat implique aussi l’interdit de ne pas
amplifier un feu existant. Aussi, nos Maîtres ont décrété de ne pas
lire à la lueur d’une bougie, même si on ne lit que des yeux, de peur
que l’on ne s’oublie et que l’on penche machinalement la bougie pour
augmenter sa flamme. [Chou-Ar. ch.275 §1]
Cet interdit est en vigueur même si la fiole est suspendue à une hauteur
de 5m, et que l’on n’a matériellement pas les bras assez longs pour
atteindre cette veilleuse ! [Ibid.]
2. En revanche, si 2 personnes lisent ensemble, puisque l’une rappellera
l’autre à l’ordre si elle s’apprêtait à toucher machinalement la bougie,
nos Maîtres leur ont permis de lire ensemble à la lueur de la flamme.
3. Seules les utilisations (lecture ou autres) qui nécessitent de la
précision et du discernement sont interdites à la lueur d’une bougie.
4. On aura aussi le droit de lire, même tout seul, des Halakhot relatives à
l’interdit d’allumer la lumière pendant Shabbat, car on ne craint pas de
s’oublier et pencher sa bougie pour de tels textes. Autrement dit, vous
serez en droit de lire à la lueur de la bougie cette page du 5 minutes
éternelles uniquement !
5. L’interdit d’éteindre une bougie est aussi connu de tous. Même
en cas d’incendie, Has Véshalom, il y a des lois précises pour savoir
comment dans quelles conditions il sera permis de l’éteindre. Il n’est
pas de notre propos d’ouvrir ce sujet ici, mais juste de préciser une
Halak ha concernant les bougies. Si à Shabbat, l’on remarque que
les veilleuses ou bougies sont sur le point de se renverser et de causer
des dégâts, il sera permis à titre préventif de les entourer d’ustensiles
remplis d’eau, afin qu’elles s’éteignent immédiatement lorsqu’elles se
renverseront.

42 Leillouï nichmat Adèle Bat Sol TARRAB lebeth Wahnish z"l


HALAKHA - Birkat Hamazon
VENDREDI
12Heshvan5781
30 / 10 / 20

La structure du Birkat haMazon [ch.187-189]


1. Dans la Parasha de Ekev [Devarim 8], Moshé fait l’éloge de la terre d’Israël
que les Bnei Israël s’apprêtent à conquérir. Il vante ses sources d’eau,
ses fruits et ses richesses, puis prescrit la Mitsva du Birkat haMazon –
exprimer à Hashem notre reconnaissance pour Ses bontés :
‫יך ַעל ָה ָא ֶרץ ַה ּט ָֹבה ֲא ׁ ֶשר נָ ַתן לָ ְך‬
ָ ‫ל ֶֹק‬-‫ש ָב ְע ָּת ו ֵּב ַרכְ ָּת ֶאת ה’ ֱא‬
ׂ ָ ְ‫וְ ָאכַ לְ ָּת ו‬
Et tu mangeras et te rassasieras, et tu béniras Hashem Ton D-ieu pour
la bonne terre qu’Il t’a donnée
Nos Maîtres déduisent de ce verset qu’après avoir mangé, il faut
remercier Hashem sur 3 bontés singulières :
- ‘Tu te rassasieras et tu béniras Hashem’ – sur la nourriture
- ‘Pour la terre’ – sur la terre d’Israël qu’il nous a donnée
- ‘Pour la terre bonne’ – une Berakha singulière sur Yéroushalaïm, que Moshé
qualifia de [Devarim 3:25] ‫ – ָה ָהר ַה ּטוֹ ב ַה ֶּזה‬cette bonne montagne. Initialement,
cette Berakha était une louange à Hashem sur le fait de nous avoir
donné Jérusalem et le Beit haMikdash. Mais depuis leur destruction, nous
implorons Hashem dans cette Berakha de reconstruire Sa maison.
2. Nos Maîtres ont instauré d’ajouter une 4e Berakha, en rapport avec
une bonté qu’Hashem réalisa envers les martyrs de Beitar. Après la
destruction du 2e Beit haMikdash, l’empereur Adrien massacra Beitar,
et construisit des remparts de vignobles en entassant des millions
de cadavres juifs les uns sur les autres, tandis qu’il abreuva ses pieds
de vigne du sang qui en coulait. Lorsque ce vampire mourut, son
successeur permit aux juifs d’inhumer ces corps. Quand nos ancêtres
vinrent leur offrir une sépulture, ils constatèrent alors que malgré les
années passées, Hashem avait conservé intégralement ces corps.
En souvenir du miracle, nos Maîtres instaurèrent de dire une 4e Berakha
au Birkat haMazon, qui se résume à 2 louanges essentielles : haTov
véhaMétiv – [Hashem, notre D-ieu, roi du monde] Tu es est bon et Tu
fais du bien, en référence aux 2 bontés : Tu es bon – d’avoir empêché
ces corps de pourrir, et Tu fais du bien – d’avoir permis de les inhumer.
Leillouï nishmat Michael Haim et David Ben Sultana  z"l
43
HALAKHA - Birkat Hamazon
SHABBAT
13Heshvan5781
31 / 10 / 20

1. Les Birkat haMazon est composé de 4 Berakhot. Les 3 premières sont


prescrites par la Torah, tandis que la 4e a été décrétée par nos Maîtres
en souvenir des martyrs de Beitar qui méritèrent d’être inhumés.
2. C’est au passage la raison pour laquelle nous concluons la 3e Berakha
–Boné Yeroushalaïm– par le mot Amen, afin de marquer qu’ici s’achève la
Mitsva de la Torah du Birkat, tandis que la 4e est d’une autre nature. [ch.188 §1]
Mais pour que l’on n’en vienne pas à négliger la récitation de cette 4e
Berakha, nous avons l’usage de dire Amen à voix basse. [§2] Cet usage
s’est toutefois perdu au fil du temps [Rama Ibid.], probablement parce
que le commun du peuple ne voit plus en ce mot Amen une cause de
philosopher sur l’essence différente de cette dernière Berakha. [Cf. MB §2]
3. La 4e Berakha – qui débute par HaEl Avinou Malkeinou… - s’achève à la
fin de ce paragraphe – par les mots véRéva’h véHatsala vékhol Tov pour
les séfarades, ou LéOlam Al Yé’Hasreinou pour les ashkénazes. Tandis
que les haRa’haman que l’on ajoute ensuite ne sont prescrits ni par la
Torah, ni par nos Maîtres. Le Tour [ch.189] cite toutefois cet usage antique
d’ajouter ces prières après le Birkat haMazon. Le Prisha [Ibid.] explique
qu’en fait, ces requêtes complètent la 4e Berakha, dans laquelle nous
remercions le Roi du monde pour les bontés dont Il nous gratifie
quotidiennement, et lui exprimons notre confiance qu’Il continuera
à combler nos besoins ; aussi, nous continuons cette Berakha en
détaillant nos prières et espoirs de voir prochainement Sa gloire se
dévoiler et gratifier Son peuple de plus belle.
4. Puisque les Hara’haman ne sont pas une partie intégrante du Birkat
haMazon, si lorsque l’on arrive à cette séquence, l’on entend le Kadish ou
la Kedousha, ou même toute Berakha récitée par une tierce personne, il
faudra s’interrompre pour y répondre.
En revanche, l’on ne s’arrêtera pas au milieu des 3 premières Berakhot
du Birkat pour répondre même au Kadish. Quant à celui qui est au milieu
de la 4e Berakha, il s’arrêtera uniquement pour les 5 premiers Amen du
Kadish et Kadosh et Baroukh de la Kedousha. [Yalkout Yossef ch.183]

44 Leillouï nichmat Charlie Chalom ben Germaine Sarah z"l


HALAKHA - Birkat Hamazon
DIMANCHE
14Heshvan5781
01 / 11 / 20

1. De manière générale, tous les textes de prières composés par nos


Maîtres contiennent des notions et expressions inhérentes à la Berakha,
et des expressions qui ont pour fonction d’embellir et affiner le style. A
titre d’exemple, l’on s’acquitte à postériori de la Amida, si l’on ne dit que
la 1ère phrase de chaque paragraphe et que l’on conclut ensuite chaque
Berakha – par ex. Ata Honen laAdam Daat, Baroukh Ata Hashem Honen
haDaat, ou encore, Hashivenou Avinou léToratekha, Baroukh Ata Hashem
haRotsé biTeshouva… et ainsi de suite.
2. Pour chacune des 4 Berakhot du Birkat haMazon, le Choul’han Aroukh
[ch.187-188] précise les éléments essentiels du texte qui invalident la
Mitsva si on les omet. Et là, il ne suffit pas de dire, comme pour la Amida,
la 1ère phrase de chaque paragraphe, car chacune des Berakhot contient
certains éléments qui sont intrinsèques à la Berakha, et l’invalident si
on ne les mentionne pas.
3. À titre d’exemple : si quelqu’un s’endort à table après la 1ère Berakha
du Birkat, et à son réveil, reprend machinalement la 2e Berakha à partir
de VéAl haKol, en sautant le paragraphe de Nodé, quel est son statut ?
Si c’est une femme, elle s’acquittera de sa Mitsva du Birkat, mais si c’est
un homme, non ! Pourquoi ? Parce que cette 2e Berakha spécifique
à la terre d’Israël requiert d’évoquer aussi les mérites par lesquels
nous avons hérité cette terre : la Brit Mila, et le don de la Torah. Aussi,
ces omissions invalideront le Birkat haMazon. [ch.187 §3] Néanmoins, la
femme qui n’est pas enjointe de la Brit Mila ni d’étudier la Torah, n’a pas
le devoir de remercier Hashem d’avoir donné ces Mitsvot, et son Birkat
haMazon sera valide même si elle ne les évoque pas !
4. Idem pour celui qui dit la première phrase de Ra’hem Na Hashem Al
Israël Amekha, puis conclut Ouvenei Yeroushalaïm… Baroukh Ata Hashem
Boneh Yeroushalaïm, Amen : son Birkat haMazon n’est pas valide du fait
qu’il omet de prier pour le retour de la dynastie de David. En effet,
cette 3e Berakha est une prière pour la reconstruction du Beit haMikdash,
qui ne sera totale qu’avec le retour de la royauté de David. [ch.189 §3]

Leillouï nichmat Charlie Chalom ben Germaine Sarah z"l


45
HALAKHA - Birkat Hamazon
L U N D I
15Heshvan5781
02 / 11 / 20

1. Comme nous l’apprenions, les Berakhot du Birkat haMazon


contiennent certaines expressions et éléments qui invalident la
Mitsva si on ne les mentionne pas. Rapportons un aperçu des notions
minimales à évoquer, à travers un texte du Rav B-T Aba Shaoul zatsal
[Or Letsion II ch.46 §25] qui propose un Birkat haMazon raccourci pour une
personne faible qui ne peut parler que difficilement. [Nous mettrons
en gras les mots clés.]
.‫ ָ ּברו ְּך ַא ָּתה ה’ ַה ָּזן ֶאת ַהכּ ֹל‬.‫ ַה ָּזן אוֹ ָתנ ּו ֶוְאת ָהעוֹ לָ ם‬,‫ל ֵֹקינ ּו ֶמלֶ ְך ָהעוֹ לָ ם‬-‫ָ ּברו ְּך ַא ָּתה ה’ ֱא‬
Tu es source de bénédictions, Hashem notre D-ieu, roi du monde, qui nous
octroie notre subsistance et celle du monde. Béni sois-Tu, Hashem, qui
donne la subsistance à chacun.
‫ ְ ּב ִרית‬,‫ ַעל ׁ ֶש ִהנְ ַחלְ ָּת לַ ֲאבוֹ ֵתינ ּו ֶא ֶרץ ֶח ְמ ָדה טוֹ ָבה ו ְּר ָח ָבה‬,ּ‫ל ֵֹקינו‬-‫נוֹ ֶדה לְ ָך ה’ ֱא‬
‫ ָ ּברו ְּך‬.ּ‫ וְ ַעל ּתוֹ ָר ְת ָך ׁ ֶש ִ ּל ּ ַמ ְד ָּתנו‬,ּ‫ש ֵרנו‬
ׂ ָ ‫ית ָך ׁ ֶש ָח ַת ְמ ָּת ִ ּב ְב‬ ְ ‫ ַעל ְ ּב ִר‬,‫ ַח ִ ּיים ו ָּמזוֹ ן‬,‫וְ תוֹ ָרה‬
.‫ַא ָּתה ה’ ַעל ָה ָא ֶרץ וְ ַעל ַה ּ ָמזוֹ ן‬
Nous Te remercions, Hashem notre D-ieu, sur le fait que Tu as fait hériter à
nos ancêtres cette terre précieuse bonne et spacieuse, l’alliance et la Torah,
la vie et la subsistance. [Nous Te remercions] sur l’alliance [la Brit Mila]
que tu as scellée sur notre chair, sur la Torah que Tu nous as enseignée. Béni
sois-Tu, Hashem, pour la terre et la subsistance.
‫ ו ַּמלְ כוּת ֵ ּבית דָּ וִ ד‬.‫ וְ ַעל יְ רו ׁ ָּשלַ יִ ם ִע ָיר ְך‬,‫ש ָר ֵאל ַע ּ ָמ ְך‬
ׂ ְ ִ‫ל ֵֹקינ ּו ָעלֵ ינ ּו וְ ַעל י‬-‫ַר ֵחם ה’ ֱא‬
.‫ ָ ּברו ְּך ַא ָּתה ה’ בּ וֹ נֵ ה יְ רו ׁ ָּשליִ ם‬.ּ‫יח ְך ַּת ֲחזִ ֶיר ָ ּנה לִ ְמקוֹ ָמ ּה ִ ּב ְמ ֵה ָרה ְביָ ֵמינו‬
ָ ‫ְמ ׁ ִש‬
Aies pitié, Hashem notre D-ieu, de nous, d’Israël ton peuple, de Jérusalem
Ta ville. Et la dynastie de David, celui qui Tu as oins/sacré, restitue-la
prochainement, de nos jours. Béni sois-Tu, Hashem, qui construit Jérusalem.
2. Quant à la 4e Berakha qui n’est que d’ordre rabbinique, le Rav exempt
le malade de la dire, lorsque parler lui demande un effort trop pénible.
Précisons qu’a postériori, l’on s’acquitte de cette Berakha si l’on dit
juste Baroukh Ata Hashem, Elokeinou Melekh haOlam, haTov véhaMetiv.
[Cf. Tour – notons que le Pri Megadim émet toutefois des réserves] Nous expliquerons demain
pourquoi nous rallongeons alors tellement cette Berakha.

46 Leillouï nichmat Charlie Chalom ben Germaine Sarah z"l


HALAKHA - Birkat Hamazon
M A R D I
16Heshvan5781
03 / 11 / 20

1. Le Tour rapporte qu’initialement, la 4e Berakha se limitait à dire Baroukh


Ata… haTov véhaMétiv uniquement. Nos Maîtres ont toutefois instauré
ensuite d’évoquer 3 fois la royauté d’Hashem : Baroukh… Melekh
haOlam… Avinou Malkeinou… haMelekh haTov… Cet usage a pour but de
combler un manque des Berakhot précédentes du Birkat haMazon.
En effet, dans la 3e Berakha, nous prions pour la royauté de David.
D’où le dilemme : d’un côté, comment alors ne pas prier aussi pour le
dévoilement de la royauté d’Hashem ? Mais d’un autre, évoquer dans
une même lancée la royauté d’Hashem et celle de David est un manque
de révérence – car il n’est pas digne de qualifier d’un même attribut le
Roi des rois et le petit roi humain. Aussi, nous comblons ce manque dans
la 4e Berakha, en exprimant une 2e fois la royauté d’Hashem. Et, du coup,
pas de jaloux : dans la 1ère Berakha, l’on a évoqué explicitement la royauté
d’Hashem [Melekh haOlam], à présent, on rend gloire à Sa royauté en
rapport avec la 3e et 4e Berakha ; mentionnons donc une 3e fois la royauté
d’Hashem dans cette 4e Berakha, en rapport avec la 2e Berakha !
Or, l’essentiel de cette Berakha est le haTov véhaMétiv ; aussi, en parallèle
avec les 3 Melekh, le Midrash prescrit de dire 3 termes du Tov [de la bonté]
d’Hashem –Hou Heitiv, Meitiv, et Yétiv, au passé, présent et futur– ainsi
que 3 termes de Guemoul –Hou Guemalanou, Gomleinou, YiGmélénou–
pour exprimer qu’Hashem gratifie ceux qui font Sa volonté.
2. Le texte de Yaalei véYavo de la Amida s’achève par Ki El Melekh Hanoun
véRa’houm Ata – car Tu es le D-ieu, roi clément et miséricordieux. Dans le
Birkat, nous ajoutons ce texte dans la 3e Berakha, alors que l’on a déjà
évoqué la royauté de David. Or, selon le principe appris, il n’est alors pas
juste d’évoquer dans une même Berakha la royauté d’Hashem et celle
d’un homme. Aussi, le Rama [ch.188 §3] suggère d’omettre le mot Melekh, et
de dire Ki El Hanoun véRa’houm Ata. Certains Sidour ont adopté cet usage.
Toutefois, les décisionnaires [cf. MB §6] justifient l’usage de mentionner
malgré tout le terme Melekh par le fait que ce texte n’est pas une partie
intégrante de Ra’hem, et n’est pas concerné par la règle évoquée.

Refoua Shelema à Olivier Israel Shimon ben ‘Haya Esther


47
HALAKHA - Birkat Hamazon
MERCREDI
17Heshvan5781
04 / 11 / 20

Question : David dit le Birkat haMazon à partir d’un livre. Machinalement,


il saute le paragraphe de Nodeh Lekha, et débute VéAl haKol. Comme
nous l’apprenions, cette omission invalide la Berakha, et David doit
se reprendre. David ne prend toutefois conscience de son erreur que
lorsqu’il se trouve au milieu de la 3e Berakha - Ra’hem. A partir d’où
devra-t-il se reprendre ?
Réponse : Il devra reprendre le Birkat haMazon depuis son début !
Explication : De manière générale, lorsque l’on prie et que l’on se
trompe, il suffit de se reprendre à partir de l’endroit manqué. Prenons
l’exemple de celui qui prie la Amida sans grande concentration, et
se retrouve machinalement en train de réciter le Birkat haMazon ou
le Shéma : il devra se reprendre à partir de l’endroit où il doute avoir
commencé sa bifurcation uniquement – sans nécessité de reprendre
depuis le début de la Amida. Cette règle est la même lorsque l’on
s’endort au milieu du Birkat ou de la Amida : l’on ne se reprendra qu’à
partir du passage que l’on doute avoir dit.
Ce principe est encore en vigueur pour les ajouts des jours particuliers
au milieu de la Amida. Par ex. haMelekh haMishpat [selon le Chou-Ar] durant
les 10 jours de Teshouva, ou prier pour la pluie en été. Puisque ces
ajouts ou omissions invalident la Berakha en question et, de facto,
celles qui suivent, et il faudra reprendre la Amida depuis cette Berakha
uniquement. Sauf si l’on achève la Amida – où il faudra alors reprendre
la Amida depuis son commencement.
Deux textes de prières ont toutefois un statut particulier  : les 3 premières
Berakhot du Birkat haMazon, et les 3 premières et 3 dernières Berakhot
de la Amida. Ces groupes de 3 Berakhot sont considérés comme une
seule entité, qui doit être entièrement récitée convenablement.
Aussi, si l’on omet une mention qui invalide une Berakha –par ex. Tal
ouMatar dans la 2e Berakha de la Amida, Yaalei véYavo dans Retsé, ou
Brit véTorah dans la 2e Berakha du Birkat–, si l’on débute la Berakha qui
suit, l’on ne pourra plus reprendre la Berakha mal dite uniquement. Il
faudra reprendre la récitation de tout le triplet de Berakhot.

48 Leillouï nichmat Michael Novikov z"l


HALAKHA - Birkat Hamazon
J E U D I
18Heshvan5781
05 / 11 / 20

1. Le Choul’han Aroukh et les décisionnaires précisent longuement


la juste formulation du Birkat haMazon. Ce sujet est assez obsolète
à notre époque, du fait que nous disons le Birkat haMazon à partir de
Sidour qui ont déjà corrigé et affiné le texte. Retenons donc la mise en
garde générale de bien prononcer ce qui est écrit, en n’ajoutant aucune
phrase ou expression originale, issue de coutume peu fondée – car en
dire trop est souvent plus incorrect et déplacé que de manquer à dire ce
qu’il fallait ! [Chou-Ar ch.187]
2. Il faut bien différencier le terme de Réeinou de la 3e Berakha, du terme
de Roeinou de la 4e. Si leur racine est le même verbe –Roéh - faire paître–,
leurs formes leur donnent une toute autre consonnance  : Avinou  ! Reéinou
à l’impératif est une prière à Hashem : Notre père ! Conduis-nous, tel un
berger qui fait paître son troupeau sur des pâtures verdoyantes. Roeinou
est un adjectif, par lequel on qualifie tout bonnement Hashem d’être
notre berger. Constatons d’ailleurs que chaque terme est choisi selon
son contexte : dans la 3e Berakha, nous prions Hashem de reconstruire
le Beit haMikdash, tandis que la 4e Berakha est, dans son essence, une
louange – pas une requête !
3. Celui qui mange du pain, et n’a ni à disposition de Sidour, et ni ne connaît
le Birkat haMazon, pourra a postériori dire le Birkat haMazon en français,
en composant même un texte de lui-même, dans lequel il remerciera
Hashem sur la nourriture qu’Il nous donne, sur la terre d’Israël – sans
omettre de Lui rendre grâce sur le fait qu’Il nous ait donné la Brit Mila
et la Torah, et priera ensuite en français pour la reconstruction du Beit
haMikdash – sans omettre de prier pour le retour de la royauté de David.
Et il continuera aussi la 4e Berakha en glorifiant Hashem d’être bon et de
faire du bien.
Il veillera à ouvrir la 1ère Berakha [et la 4e] en disant : Béni sois-Tu /ou : Tu
es source de bénédictions, A-donaï, notre D-ieu, roi du monde, et composera
ensuite son texte. Si après coup, il obtient un Sidour, il n’aura pas besoin
de redire le Birkat en hébreu, car il se sera acquitté ainsi. [Chou-Ar ch.185 §1]
Leillouï nichmat Michael Novikov z"l
49
HALAKHA - Birkat Hamazon
VENDREDI
19 Heshvan 5781
06 / 11 / 20

Les ajouts des jours particuliers


1. Le Shabbat et les fêtes juives, nos Maîtres ont instauré d’ajouter
dans le Birkat un paragraphe en rapport avec le jour particulier.
Commençons par poser des généralités de ces ajouts, avant d’aborder
le vif du sujet – les conduites à adopter lorsque l’on omet ces textes.
2. Selon le cas, l’on ajoute ces prières dans la 2e ou la 3e Berakha du
Birkat haMazon. Ce positionnement dépend de la nature de ces ajouts.
En effet, dans la 2e Berakha de Nodéh, nous exprimons à Hashem notre
reconnaissance pour nous avoir donné la terre d’Israël ; cet endroit
est donc optimal pour ajouter à Hanoucca et Pourim les textes de
Al haNissim, qui consistent à remercier Hashem pour les miracles
produits en ces jours. Tandis que, dans la 3e Berakha de Ra’hem, nous
implorons la miséricorde d’Hashem de reconstruire le Beit haMikdash ;
aussi, cette Berakha est propice pour prier Hashem de nous protéger
et de nous sauver par le mérite des jours de Shabbat, ou de Yom Tov et
Rosh Hodesh, dans les prières de Rétsé ou Yaalei véYavo.
3. Lorsqu’une fête [ou Rosh Hodesh] tombe à Shabbat, l’on ajoute dans
la 3e Berakha 2 textes : Rétsé, et Yaalei véYavo. Il faudra dire Rétsé avant
Yaalei véYavo. Cette loi découle de la règle du Tadir véEino Tadir, Tadir
Kodem – lorsque 2 Mitsvot se présentent à nous, que l’une est fréquente
et l’autre moins, l’on donne priorité à la plus fréquente. Puisque les 52
[ou 56] Shabbat de l’année sont plus fréquents que les jours de fêtes
ou de Rosh Hodesh, l’on dira donc Rétsé avant Yaalei véYavo.
4. Si l’on dit Yaalei véYavo avant Rétsé, l’on s’acquitte à postériori de
sa Mitsva. Si l’on commence à dire Yaalei véYavo et que l’on réalise
tout de suite l’omission, l’on continuera Yaalei véYavo, et dira ensuite
Rétsé. Certains prescrivent malgré tout d’ajouter alors les mots béYom
haShabbat haZé [dans le Yaalei véYavo, avant de dire ouveYom Rosh
Hodesh ou ouveYom Hag…] [Cf. Kaf haHaïm ch.188 §17 au nom du Beit Méïr, contre le Shaagat Aryé]

50 Leillouï nishmat Marie Myriam Bat Julie leBeit Berdah z"l 


HALAKHA - Birkat Hamazon
SHABBAT
20 Heshvan 5781
07 / 11 / 20

1. Si l’on commence le 3e repas du Shabbat à l’approche du coucher du


soleil, et qu’on le termine après la tombée de la nuit, l’on dira malgré
tout Rétsé dans le Birkat haMazon [chou-ar ch.188 §9]. A condition de manger
au moins un Kazaït [27g] de pain pendant Shabbat, afin de donner au
repas un statut de repas de Shabbat. [Ketsot haShoul’han ch.92 n.8]
Sauf si l’on fait sortir le Shabbat au milieu du repas – car il ne sera alors
plus possible de dire ‘béYom haShabbat hazé’ – en ce jour du Shabbat.
2. Idem pour Yom Tov, Rosh Hodesh, Pourim ou le 8e jour de Hanoucca :
si l’on commence en ces jours un repas qui se continue après la fête,
l’on mentionnera quand même le jour passé dans le Birkat. [Ibid.]
3. La Halakha sera la même pour les ajouts des jours particuliers dans
la Berakha de Al haMi’hyia après du gâteau [ou Al haGuefen sur le vin].
4. Ce principe est aussi vrai dans le cas inverse, lorsque le repas débute
dans un jour profane et s’achève dans un jour particulier. Par ex. un
repas qui commence en fin d’après-midi veille de Rosh Hodesh, jusqu’à
la nuit qui suit. Si l’on mange du pain après l’entrée de Rosh Hodesh, il
faudra dire Yaalei véYavo dans le Birkat1. [Cf. Graz 188 §17, Ketsot haShoul’han ch.47 §9]
5. Par contre, ces principes ne sont pas en vigueur pour les Sheva
Berakhot – les Berakhot que l’on dit en présence des mariés durant les 7
jours qui suivent leur mariage. Si en fin d’après-midi du 7e jour, l’on débute
en l’honneur des mariés un repas, qui s’achève après la tombée de la nuit
suivante, l’on ne pourra plus dire les Sheva Berakhot. [Shaarei Teshouva ch.188 §8]
Cas particulier : lorsque la semaine des Sheva Berakhot s’achève à
Shabbat, et que l’on finit la Séouda Shlishit après la nuit. Rav Wozner zatsal
[Shevet haLévy t.1 ch.39] rapporte l’usage de dire malgré tout les Sheva Berakhot
après la tombée de la nuit, car tant que l’on ne dit pas la Havdala et ne
profane pas Shabbat, l’on considère ce repas comme une prolongation
du Shabbat.
1- Déduisons de là l’axiome qui nous sera très utile ensuite : le simple fait de manger durant un jour particulier
impose de mentionner ce jour dans le Birkat, quel que soit le moment où l’on débute le repas ou dise le Birkat.
D’où le cas complexe lorsque 2 jours particuliers différents s’enchaînent, comme nous le développerons demain.

Leillouï nishmat Michael Haim et David Ben Sultana  z"l


51
HALAKHA - Birkat Hamazon
DIMANCHE
21 Heshvan 5781
08 / 11 / 20

Question : 2 jours particuliers différents s’enchaînent. Par ex. Rosh


Hodesh tombe après Shabbat. Quelle mention ajouter dans le Birkat
haMazon ? Le jour du Shabbat passé uniquement ? Ou plutôt, le
nouveau jour de Rosh Hodesh uniquement ? Ou éventuellement,
évoquer les 2 évènements ?
Réponse : Situation complexe qu’il faut à tout prix éviter  !
Concrètement, l’on s’arrêtera de manger depuis le coucher du soleil,
et l’on pourra alors sans équivoque dire le Birkat plus tard en n’évoquant
que le jour passé.
A postériori, si l’on continue à manger après la tombée de la nuit, un
séfarade dira la mention du jour passé uniquement [Yalkout Yossef §19], un
ashkénaze mentionnera le jour présent uniquement [MB ch.188 §33], et un
Hassid Habad mentionnera les 2 ! [Choul’han Aroukh haRav ch.188 §17]
Explication : Théoriquement, le fait de manger à la fois pendant Shabbat
et pendant Rosh Hodesh requiert de mentionner ces 2 évènements
dans le Birkat. Tel est l’avis du Taz, qui est retenu par le Graz [Admour haZaken
de Habad]. Néanmoins, plusieurs réfutent cette option, car déclarer dans le

même Birkat ‘en ce jour du Shabbat’ et ‘en ce jour de Rosh Hodesh’ est une
contradiction2. D’où la question : laquelle des mentions préférer ?
A vrai dire, la loi de mentionner le jour passé fait en réalité l’objet d’une
discussion [Cf. Chou-Ar ch.271 §5 qui semble se contredire]. Certes, lorsqu’un jour profane
précède ou suit un jour particulier, il n’y a pas de grande contre-indication
à mentionner dans le doute le jour passé, car, au pire, l’on aura ajouté une
phrase inexacte qui n’invalide pas le Birkat a posteriori. Mais lorsque 2
jours particuliers différents s’enchaînent, le dilemme refait surface dans
toute sa virulence. Le Mishna Beroura retient alors l’avis qui prescrit de
mentionner le jour présent, car son omission est bien plus embarrassante.
Tandis que l’usage séfarade est d’évoquer le jour passé uniquement.
2- Le Taz répond que tant que l’on mentionne Shabbat d’abord – parce que l’on n’a pas encore fait sortir Shabbat,
et que l’on évoque ensuite Rosh Hodesh, qui est concrètement le jour présent, il n’y a aucune contradiction. Aussi,
s’il se trompe et dit d’abord Yaalei véYavo, il ne pourra plus dire ensuite Shabbat ! [Perim Megadim, Graz ch.188 §17]

52 Leillouï nichmat René Avraham ben Morde'haï z"l


HALAKHA - Birkat Hamazon
L U N D I
22 Heshvan 5781
09 / 11 / 20

Omission d’une mention des jours particuliers


1. Les lois des omissions du Birkat haMazon présentent une certaine
complexité, car elles requièrent de tenir compte de plusieurs paramètres
et situations. Sauf si l’on veille toujours à dire le Birkat haMazon avec
concentration, l’on est très fréquemment confronté à ces lois.
2. A titre d’exemple : à Shabbat, l’on commence le Birkat haMazon
à partir d’un livre, puis l’on se laisse un peu distraire en récitant
machinalement le Birkat par cœur. Lorsque l’on se ressaisit, l’on est
déjà dans les Hara’haman, et l’on doute avoir ajouté le texte de Retsé
dans la 3e Berakha. Que faire ?
Mettons cette loi en scène : David invite son ami Yoni à déjeuner
Shabbat à 13h30. Or, Yoni s’était levé aux aurores, et a eu le temps
de prendre un petit-déjeuner en mangeant du pain. Si après le Birkat
haMazon, ils doutent tous les 2 d’avoir dit Retsé ; ou, mieux encore :
David doute d’avoir dit Retsé, tandis que Yoni est certain de l’avoir omis.
Savez-vous que David devra recommencer le Birkat, et pas Yoni ?!
3. Autre loi délicate : on dit le Birkat haMazon en rêvassant, et l’on
reprend ses esprits lorsque l’on achève de dire la Berakha de Boné
Yeroushalaïm Amen, en doutant d’avoir dit Retsé. Nombre d’entre nous
connaissent surement le texte imprimé dans le Sidour, qui permet de
rectifier le tir en ajoutant une Berakha – plutôt que de reprendre le
Birkat depuis le début. Mais savez-vous que, selon le repas du Shabbat,
un séfarade devra modifier ce texte ? En effet, si la scène se produit à
la Séouda Shlishit, il devra raccourcir ce texte en ne mentionnant pas le
nom d’Hashem, comme nous l’expliquerons.
4. Or, comme cité, nous sommes tous fréquemment confrontés à de
telles situations, et il est impératif de bien connaître ces lois, malgré
leur complexité ! Aussi, nous tâcherons Beezrat Hashem de simplifier au
mieux ces lois, en insistant bien sur les quelques axiomes qui génèrent
ces lois. Accrochez-vous !

Leillouï nichmat René Avraham ben Morde'haï z"l


53
HALAKHA - Birkat Hamazon
M A R D I
23 Heshvan 5781
10 / 11 / 20

1. Commençons par poser le principe de base, qui génèrera presque


toutes les lois qui suivront : lorsqu’un jour particulier, la Halakha
impose de faire un repas à base de pain, les ajouts du Birkat haMazon
de ces jours prennent un statut plus rigoureux.
Concrètement, 2 lois découleront de ce principe : si l’on omet
complètement l’ajout, il faudra recommencer le Birkat depuis le début.
Et si on réalise l’omission pendant le Birkat, lorsque, selon le cas, il sera
encore possible de se reprendre, la formule de rattrapage sera alors
plus complète, en contenant notamment le nom d’Hashem.
2. Ainsi, si l’on omet totalement de dire Yaalei véYavo à Yom Tov, il faudra
recommencer le Birkat haMazon, car aux jours de fête, nous avons le
devoir de faire un repas à base de pain le soir et le matin.
En revanche, à Rosh Hodesh, nous n’avons pas d’obligation de manger
un repas. Certes, il est a priori défendu de jeûner, mais il n’est cependant
pas requis de faire un repas à base de pain. En l’occurrence, si l’on omet
complètement de dire Yaalei véYavo à Rosh Hodesh, l’on ne devra pas
redire le Birkat haMazon.
3. Revenons à présent sur le cas de David qui invite Yoni à déjeuner à
Shabbat, alors que Yoni a déjà pris un petit-déjeuner à base de pain.
Certes, à Shabbat, c’est une grande Mitsva de manger 3 repas à base de
pain, comme le prescrit le Choul’han Aroukh ch.291. Il faut néanmoins
savoir que plusieurs tolèrent de faire ce 3e repas avec du gâteau, et
même des fruits [Ibid. §5]. Aussi, lorsque l’on omet de dire Retsé à Séouda
Shlishit, l’on ne se reprendra pas.
4. Quant à celui qui doute avoir ajouté les textes relatifs aux jours
particuliers, la Halakha suppose que la probabilité d’avoir omis
machinalement ce texte l’emporte, et il devra de ce fait recommencer
le Birkat haMazon si l’omission l’en impose. [MB ch.188 §16]

54 Leillouï nichmat René Avraham ben Morde'haï z"l


HALAKHA - Birkat Hamazon
MERCREDI
24 Heshvan 5781
11 / 11 / 20

1. Découvrons aujourd’hui une 3e règle essentielle aux lois des


omissions : la possibilité de se rattraper au milieu du Birkat haMazon.
Soit, si l’on réalise l’omission alors que l’on n’a pas fini de dire le
Birkat, il sera parfois possible de se rattraper sur place, en reprenant
uniquement le texte manqué, ou en ajoutant plutôt une Berakha
supplémentaire. Ce sujet est relativement complexe, car ce rattrapage
au milieu du Birkat interfère avec un autre principe appris il y a 8 jours :
le fait que les 3 premières Berakhot du Birkat forment une seule entité.
Commençons par rappeler la règle.
2. De manière générale, si l’on prie et se trompe, en bifurquant dans
un texte d’une autre prière, lorsque l’on réalise ensuite l’erreur, on
ne reprendra pas la prière depuis le début, mais uniquement depuis
l’endroit de l’erreur, et continuera le cours de la prière. Si l’on est passé à
une autre Berakha, on reprendra depuis le début de la séquence mal dite.
Par ex. en été, dans la Amida, je prie machinalement pour la pluie et
dit véTen Tal ouMatar ; si je réalise mon erreur alors que je n’ai pas
achevé la Amida, je devrais reprendre depuis le début de la Berakha de
Barekheinou, et dire de là-bas toutes les Berakhot qui suivent.
3. Ce principe n’est pas exact pour le Birkat haMazon. Certes, si au milieu
de la 2e ou 3e Berakha, je bifurque machinalement vers le texte de la Amida,
lorsque je prends ensuite conscience de l’erreur, je pourrais me rectifier
en revenant depuis l’erreur et continuer de là le Birkat normalement.
Par contre, si j’omets une mention essentielle de l’une des 3 premières
Berakhot du Birkat [et même de la Amida], et que je passe à la Berakha
suivante, je ne pourrais plus revenir uniquement à la Berakha mal dite, mais
devrais recommencer tout le Birkat depuis le début, car les 3 premières
Berakhot forment une entité indissociable. [Ou, autrement dit, le début
de séquence à rectifier n’est autre que le début du triplet de Berakhot !]
Il existe néanmoins un moyen de rattraper partiellement l’omission du
jour particulier, tant que l’on n’est pas passé à la Berakha suivante, en
ajoutant une Berakha supplémentaire… A suivre !

Leillouï nichmat René Avraham ben Morde'haï z"l


55
HALAKHA - Birkat Hamazon
J E U D I
25 Heshvan 5781
12 / 11 / 20

1. Si à Shabbat, on omet de dire Retsé et l’on termine la 3e Berakha


[Boné Yeroushalaïm], tant que l’on n’a pas débuté la 4e Berakha de
haTov véhaMétiv, nos Maîtres ont permis de se rattraper l’omission en
ajoutant à cet endroit une Berakha supplémentaire [Chou-Ar ch.188 §6] :
ׂ ְ ִ‫ ׁ ֶש ָ ּנ ַתן ׁ ַש ָ ּבתוֹ ת לִ ְמנו ָּחה לְ ַע ּמוֹ י‬,‫ל ֵֹקינ ּו ֶמלֶ ְך ָהעוֹ לָ ם‬-‫ ֱא‬,’‫ָ ּברו ְּך ַא ָּתה ה‬
‫ש ָר ֵאל‬
‫ ְמ ַקדֵּ ׁש ַה ׁ ּ ַש ָ ּבת‬,’‫ ָ ּברו ְּך ַא ָּתה ה‬.‫ לְ אוֹ ת ולִ ְב ִרית‬,‫בּ ַא ֲה ָבה‬
Tu es source de bénédictions, Hashem notre D-ieu, roi du monde, qui a donné
par amour à son peuple Israël [les jours de] Shabbat pour se reposer, en
signe de distinction et d’alliance. Tu es source de bénédictions, Hashem, qui
a sanctifié le Shabbat.
2. Mais attention, si on réalise l’omission après avoir débuté la 4e Berakha
de haTov véhaMétiv, il ne sera plus possible de se rattraper de la sorte. Il
faudra nécessairement reprendre le Birkat depuis son commencement.
3. Pour aller plus loin… De manière générale, si l’on achève une Berakha
mais que l’on ne débute pas encore la suivante, la Halakha nous considère
encore dans la Berakha passée, et il est encore possible de rattraper
une mention omise. Par ex. si dans la Amida de Rosh Hodesh, l’on oublie
Yaalei véYavo et réalise l’oubli après avoir dit la Berakha de haMa’hazir
Shekhinato… tant que l’on n’a pas dit le mot Modim, l’on pourra réciter sur
place le texte de Yaalei véYavo, et dire tout de suite après Modim – sans
reprendre haMa’hazir… [ch.422 §1, Cf. aussi ch.114 §6 pour rattraper Mashiv haRoua’h]
Le principe est le même pour le Birkat, avec toutefois une petite nuance : il
faut rattraper l’omission en disant une Berakha – qui s’ouvre par Baroukh
Ata Hashem… Cette particularité provient du fait que Retsé ou Yaalei
véYavo doivent nécessairement être introduits et conclus par une Berakha.
En temps normal, lorsqu’on dit ces textes dans Ra’hem, l’on remplit
cette condition par l’intermédiaire de la 1ère et la 3e Berakha du Birkat.
Mais lorsque l’on achève Boné Yeroushalaïm, l’on termine ici le triplet de
Berakhot prescrit par la Torah [que l’on conclut d’ailleurs en disant Amen –
Cf. Tehila Ledavid]. Aussi, le rattrapage ne peut alors s’effectuer qu’en encadrant
de nouveau ces mentions d’une double Berakha. [Cf. Beit Yossef et Levoushei Serad]

56 Leillouï nichmat René Avraham ben Morde'haï z"l


HALAKHA - Birkat Hamazon
VENDREDI
26 Heshvan 5781
13 / 11 / 20

1. Celui qui omet Yaalei véYavo à Yom Tov et réalise son erreur alors qu’il
n’a pas débuté la Berakha de haTov véhaMetiv, se rattrapera en disant :
Baroukh Ata… Asher Natan Yamim Tovim léIsraël léSasson ouleSim’ha,
Et Yom ‘Hag Souccot/haMatsot/haAtseret haZé, Baroukh Ata Hashem,
Mékadesh Israël véhaZemanim. –… qui a donné des jours plaisants à Israël
pour se réjouir et s’exalter, ce jour de fête de Souccot/Pessa’h/Shavouot…
2. Si Yom Tov tombe à Shabbat, il compilera les omissions des mentions
de Shabbat et Yom Tov en une seule Berakha, et dira : ‘shéNatan
Shabbatot liMenou’ha… véYamim Tovim léSasson ouleSim’ha, Et Yom
haMatsot… Baroukh… Mekadesh haShabbat véIsraël véhaZemanim.
3. Ces textes de rattrapage doivent nécessairement être ouverts et
conclus par une Berakha. Si l’on ne connaît pas ces textes par cœur et
que l’on n’a pas de Sidour à portée de main, l’on ne pourra pas se rectifier
en disant ici Retsé ou Yaalei véYavo. L’on n’aura pas d’autre choix que de
recommencer le Birkat depuis son commencement ! [MB ch.188 §6 au nom du Taz]
3. Par contre si l’on dit au moins le début et la fin de ces Berakhot,
on s’acquittera ainsi. [Ibid.] [Soit, à Shabbat : Baroukh… Melekh haOlam
Shenatan Shabbatot léIsraël, Baroukh… Mekadesh haShabbat. Et à Yom
Tov : Baroukh… Shenatan Yamim Tovim LéIsraël, Baroukh… Mekadesh
Israël véhaZemanim. Précisons que cette courte formule suffit pour le
Yom Tov, bien qu’on ne précise pas le nom de la fête célébrée. [Tehila leDavid]]
4. Si l’on réalise l’erreur après avoir débuté la 4e Berakha [haTov
véhaMétiv], l’on ne pourra plus se rectifier en disant Asher Natan… Il
faudra reprendre tout le Birkat. Encore faut-il définir à partir de quand
considère-t-on que l’on débute cette 4e Berakha : depuis que l’on dit
le mot Baroukh ? Ou bien, jusqu’au 7e mot ‘(Melekh haOlam) La’ad haEl
Avinou…’ – étant-donné que, jusqu’à Melekh haOlam, ces 6 premiers
mots sont les mêmes que la Berakha de rattrapage ? Les contemporains
retiennent l’avis du Hayé Adam qui dispense de tout reprendre, et
permet de rattraper le tir en continuant la Berakha ‘(Melekh haOlam)
Asher Natan Shabbatot…’ [Cf. MB ch.188 §23, Yalkout Yossef §11, Or Letsion II ch.13 §8]
Leillouï nichmat René Avraham ben Morde'haï z"l
57
HALAKHA - Birkat Hamazon
SHABBAT
27 Heshvan 5781
14 / 11 / 20

Nous avons jusque-là traité des lois de celui qui oublie de dire Retsé à
Shabbat, et réalise son erreur après avoir conclu la Berakha de Boneh
Yeroushalaïm, ou après avoir débuté haTov véhaMetiv – avant ou après
avoir dit La’ad haEl Avinou… Précisons à présent le cas particulier de
celui qui réalise son erreur alors qu’il a juste débuté la 3e Berakha
de Boné Yeroushalaïm en disant ‘Baroukh Ata Hashem’, et réalise son
omission alors qu’il n’a pas encore conclu Boné Yeroushalaïm.
Comment devra-t-il rectifier le tir a priori ? Il existe à ce sujet une
discussion, qui implique une conduite différente pour les séfarades ou
pour les ashkénazes. Soit :
- Selon le Mishna Beroura [ch.188 §22], puisqu’il n’a pas encore conclu ‘Boné
Yeroushalaïm, il ‘repêchera’ ce début de Berakha en disant ‘Lamedeni
Houkeikha’3, et reprendra alors Retsé, puis continuera le Birkat
normalement – ouVenei Yeroushalaïm.. Baroukh… Boné Yeroushalaïm…
Telle est la marche pour les ashkénazes.
- Rav B-T Aba Shaoul zatsal [Or Letsion II ch.46 §28 – Cf. aussi Birkei Yossef ch.188 §7] préfère
toutefois conclure Boné Yeroushalaïm Amen, puis dire la Berakha de
rattrapage – Asher Natan Shabbatot… Et d’expliquer que, selon
le Rambam, l’on s’acquitte a postériori d’une Berakha à partir du
moment où l’on prononce le nom d’Hashem de la Berakha, même si
on ne la conclut pas. Aussi, le fait d’avoir dit Baroukh Ata Hashem est
considéré –selon le Rambam [Cf. Chou-Ar. ch.209 §1]– comme si l’on a déjà
conclu la 3e Berakha. Aussi, l’on préfèrera a priori craindre cet avis,
et conclure franchement Boné Yeroushalaïm puis dire la Berakha de
rattrapage.
Notons que ces instructions ne sont prescrites qu’a priori. Mais a
postériori, séfarades comme ashkénazes s’acquitteront quelle que soit
la marche suivie.

3- Baroukh Ata Hashem Lamedéni Houkeikha est un verset du Tehilim [119]; lorsque par erreur, on commence à dire
une bénédiction en vain, la Halakha prescrit de ‘sauver’ le nom de D-ieu prononcé en vain en continuant par ce verset.

58 Leillouï nishmat Amram Yona ben Hana z"l


HALAKHA - Birkat Hamazon
DIMANCHE
28 Heshvan 5781
15 / 11 / 20

1. Après avoir appris les lois des omissions à Shabbat et Yom Tov,
découvrons à présent les lois du Yaalei véYavo à Rosh Hodesh et à Hol
haMoed. Comme nous l’introduisions, un paramètre essentiel qui définit
la rigueur de l’omission est le devoir de consommer un repas durant le
jour particulier. Soit, à Shabbat et Yom Tov, l’on a une Mitsva de faire des
repas de fête. Aussi, si l’on omet complètement l’ajout du Birkat d’un tel
repas, il faudra le redire. De même, si l’on réalise l’erreur alors que l’on
n’a pas commencé la 4e Berakha, nous rapportions de rattraper le tir en
ajoutant la Berakha de Asher Natan Shabbatot / Yamim Tovim…
Durant les jours de Rosh Hodesh et Hol haMoed, il est certes défendu de
jeûner, mais il n’est pas requis de faire un repas à base de pain. Aussi, si
l’on omet complètement l’ajout durant ces jours, il ne faudra pas redire
le Birkat. Et si l’on réalise l’omission avant de commencer la 4e Berakha, la
formule de rattrapage sera raccourcie. [Ch.188 §7 et MB 25-27] Soit :
- Un séfarade ne prononcera pas le nom d’Hashem, et dira juste :
Baroukh Shenatan Rashei Hodashim léAmo Israël léZikaron pour Rosh
Hodesh, et Baroukh Shenatan Moadim léAmo Israël léSasson ouleSim’ha,
Et Yom Hag haSouccot/haMaztsot haZé.
- Un ashkénaze quant à lui dira ces formules en prononçant le nom
d’Hashem, mais, à la différence de Shabbat et Yom Tov, il ne conclura
pas par une seconde Berakha – Baroukh Ata Hashem Mékadesh
haShabbat ou Israël véhaZemanim.
2. A vrai dire, même à Shabbat et Yom Tov, l’on est parfois requis de dire
une formule de rattrapage raccourcie : si l’on a déjà fait dans la journée
un repas à base de pain. Puisque ce dernier repas n’est plus obligatoire,
il faudra se rattraper comme cité – sans Berakha de conclusion pour
un ashkénaze, et même sans nom d’Hashem pour un séfarade. [Ibid §8]
Précisons au passage que cette instruction est vraie pour la Séouda Shlishit
du Shabbat. Comme nous l’évoquions, puisque certains tolèrent de faire ce
3e repas du Shabbat avec du gâteau ou des fruits, l’omission de Retsé à ce
repas aura le même statut que celle de Rosh Hodesh ou Hol haMoed.
Leillouï nishmat Amram Yona ben Hana z"l
59
HALAKHA - Birkat Hamazon
L U N D I
29 Heshvan 5781
16 / 11 / 20

1. Complétons les lois des omissions dans le Birkat haMazon en traitant


des lois du Al haNissim à Hanoucca et Pourim – bien que le Choul’han
Aroukh détaille ce sujet dans le ch.682, avec les lois de Hanoucca.
A Hanoucca et Pourim, nous devons remercier Hashem pour les
sauvetages grandioses qu’Il a réalisés à nos ancêtres en cette période.
Aussi, nos Maîtres ont instauré d’exprimer notre reconnaissance dans
la Amida dans la Berakha de Modim, et dans le Birkat haMazon dans la
Berakha de Nodé – car, dans leur essence, ces séquences consistent à
rendre grâce à Hashem pour d’autres bontés qu’Il nous prodigue.
3. Si l’on omet de dire Al haNissim dans la Amida ou dans le Birkat
haMazon, ces prières sont valides, et il sera défendu de répéter cette
prière. Le Rama rapporte toutefois la possibilité de rattraper un tant soit
peu l’omission du Birkat en ajoutant un haRa’haman : ‘haRa’haman Hou
Yaassei Lanou Nissim Kemo shéAssa baYamim Hahem bazeman haZé…’
3. Plus encore : si l’on omet Al haNissim et que l’on conclut la Berakha
de Al haArets véal haMazon [ou Modim dans la Amida], l’on ne pourra pas ajouter
ce texte avant de commencer la Berakha suivante. [Cf. Shaarei Teshouva ch.682 §1]
Et même si l’on a juste dit Baroukh Ata Hashem et que l’on n’a pas conclu
la Berakha, l’on ne pourra pas ‘rattraper’ la Berakha en disant LaMédeni
Houkekha. Il faudra conclure Al haArets véAl haMazon, puis continuer
Ra’hem. [Or Letsion III ch.2 §1] [L’on ajoutera alors le haRa’haman comme supra.]
Pour aller plus loin… L’impossibilité de rattraper Al haNissim entre les 2
Berakhot contredit l’axiome posé la semaine dernière, en vertu duquel
on est considéré comme dans la Berakha passée tant que l’on n’a pas
débuté la suivante. [D’ailleurs, le Radbaz [ch.581] se fonde sur cette règle
pour prescrire de dire sur place Al haNissim !] Les décisionnaires [Cf. Birkei
Yossef ch.188 §7] expliquent que cet axiome ne s’applique que sur une mention
qui peut invalider la Berakha. De fait, le devoir de corriger la Berakha mal
dite fait qu’on ne l’a pas vraiment quittée, même si on l’a concrètement
terminée. Autrement, le fait de conclure une Berakha y met un terme, et
il n’est alors plus possible de compléter ce qui n’a pas été dit.

60 Refoua Shelema à ‘Hamchat Myriam bat Rozlana


HALAKHA - Birkat Hamazon
M A R D I
1 Kislev 5781
17 / 11 / 20

1. A Shabbat et Rosh Hodesh, si l’on omet Retsé et Yaalei véYavo et réalise


l’erreur avant de débuter la 4e Berakha, l’on inclura dans une même
Berakha de rattrapage les 2 mentions, que l’on conclura par Baroukh Ata
Hashem, Mekadesh haShabbat véIsraël véRashei Hodashim. [MB ch.188 §30]
2. 3 personnes mangent ensemble à Shabbat, disent le Zimoun avant
le Birkat, puis omettent tous les 3 de dire ensuite Retsé ; lorsqu’ils se
reprendront, ils n’auront pas besoin de redire le Zimoun. [Chou-Ar ch.188 §9]
Un petit point s’impose…
1. Lorsqu’un jour particulier, l’on a le devoir de faire un repas à base de
pain, la mention du jour devient inhérente au Birkat haMazon.
Soit, 2 conséquences : si l’on omet complètement l’ajout, il faudra redire
le Birkat. Et si l’on réalise l’erreur alors que l’on n’a pas commencé la
dernière Berakha, ou encore, si on a juste dit Baroukh Ata… jusqu’à Melekh
haOlam, l’on se rattrapera en disant les longues formules de rattrapage
citées – en évoquant le nom d’Hashem, et en disant une double-Berakha.
2. Si l’on n’a pas de devoir de manger du pain, l’on ne reprendra pas
le Birkat a postériori. Et si l’on réalise l’erreur avant de commencer la
dernière Berakha, l’on se rattrapera en disant une formule abrégée. – Un
séfarade ne prononcera même pas le nom d’Hashem, et un ashkénaze
dira une Berakha simple [qui ne se conclut pas par un 2e Baroukh].
3. Les cas où l’on n’a ‘pas de devoir de manger du pain’ sont Rosh
Hodesh et Hol haMoed. Mais aussi, si l’on a déjà mangé le repas du jour
de Shabbat et Yom Tov, et que l’on s’attable une 2e fois – et même pour
manger la Séouda Shlishit de Shabbat.
4. Après le Birkat de Shabbat ou Yom Tov, si on réalise que l’on a dit le
Birkat sans concentration, et l’on ne se souvient pas si l’on a ajouté ou
non la mention du jour particulier, il faudra redire le Birkat haMazon.
5. Quant à l’ajout de Al haNissim à Hanoucca et Pourim, si l’on omet de les
dire, ou même si l’on dit Baroukh Ata Hashem sans conclure Al haArets véAl
haMazon, l’on ne se reprendra plus. [On ajoutera alors un haRa’haman.]

Refoua Shelema à Benyamin ben ‘Habiba


61
HALAKHA - Tevilat Kelim
MERCREDI
2 Kislev 5781
18 / 11 / 20

Tevilat Kelim : Présentation


Lorsque les Bnei Israël rentrèrent de guerre contre Midian [Bamidbar 31:23],
ils rapportèrent un grand butin, composé notamment d’ustensiles
de cuisine. Moshé prescrivit alors le procédé de cashérisation de ces
ustensiles, en explicitant 2 étapes : la Hag’ala ou Liboun, puis la Tevilat
Kelim. La Hag’ala consiste à extraire le goût des aliments interdits
absorbé dans l’ustensile. Selon le cas, il faut soit le tremper dans de l’eau
bouillante, soit le passer au chalumeau. Et la Tevilat Kelim est le trempage
de l’ustensile dans un Mikvé –bain rituel.
Ces 2 étapes de cashérisation sont 2 Mitsvot distinctes. En effet, si
l’on fait par erreur cuire un aliment interdit, ou simplement, si l’on
remue son lait chaud avec une cuillère que l’on utilise d’habitude pour
la viande, il faudra faire la Hag’ala de l’ustensile. Par contre, on n’aura
pas besoin de le tremper au Mikvé, car on ne l’a pas acquis d’un goy.
A l’inverse, si l’on achète d’un goy un ustensile même neuf
–qui n’a donc pas besoin de cashérisation–, il faudra impérativement le
tremper au Mikvé avant utilisation. Plus encore, un ustensile appartenant
initialement à un juif, qui a été vendu à un goy puis racheté par ce même
juif, doit être à nouveau trempé au Mikvé, même si le goy ne l’a pas utilisé
lorsqu’il était en sa possession.
Le Talmud Yeroushalmi compare la Mitsva de Tevilat Kelim au bain
qu’effectue un Guer pour se convertir: à l’instar du goy qui doit se tremper
au Mikvé pour entrer dans le peuple d’Israël, l’ustensile qui appartient
initialement au goy doit être trempé au Mikvé lorsque le juif l’acquiert.
La plupart des Rishonim pensent que la Mitsva de Tevilat Kelim est
Déoraïta, comme les versets semblent explicites. Toutefois, le Rambam
pense que cette Mitsva n’est que Dérabanan – d’ordre rabbinique. Le
Choul’han Aroukh semble trancher comme le premier avis.

62 Hatslakha à notre ami Stanley Chicheportiche et sa famille !


HALAKHA - Tevilat Kelim
J E U D I
3 Kislev 5781
19 / 11 / 20

Quelques généralités…
1. De l’épisode du retour de guerre des Bnei Israël contre Midian, la
Guemara déduit plusieurs conditions pour rendre un ustensile imposable
de la Tevilat Kelim.
a. La matière de l’ustensile. La Torah évoque différents métaux  :
l’or, l’argent, le bronze, le cuivre, l’étain, et le plomb.
b. La propriété. Cela inclut en fait 2 paramètres: de qui l’avons-nous
acheté, et à quel degré cet objet nous appartient.
c. L’utilisation de l’ustensile. Cette Mitsva ne concerne que les
ustensiles de cuisine, et non de simples outils.
2. Lorsque l’ustensile est imposable de Tevilat Kelim, la Torah prescrit
de le tremper ‘dans une eau apte à purifier une Nida’ [la femme
menstruée]. Cette directive implique elle aussi quelques paramètres,
que nous préciserons, notamment:
a. La ‘Hatsitsa. Il faut veiller à ce que l’ustensile baigne entièrement dans
le Mikvé, sans qu’aucune étiquette ne fasse écran.
b. Le Mikvé. Tous les bassins d’eau ne sont pas cashers. Il arrive même
parfois que l’on trempe l’ustensile dans un Mikvé casher en le plaçant
lui-même dans un autre ustensile, qui invalide la Tevilat Kelim.
c. Comment le tremper. Cette directive implique en fait plusieurs règles,
concernant la personne qui le trempe, et la façon de le tremper.

Utiliser un ustensile non trempé


1. Un ustensile qui remplit les conditions requises pour la Tevilat Kelim, ne
peut être utilisé, même provisoirement.
Certains décisionnaires expliquent la raison: puisque l’on a le devoir de le
tremper, l’utiliser sans avoir accompli la Mitsva est considéré comme la
transgression concrète de la Mitsva.
Nous découvrirons demain des conséquences de cette définition
de l’interdit.
Hatslakha à notre imprimeur Dan Pérez !
63
HALAKHA - Tevilat Kelim
VENDREDI
4 Kislev 5781
20 / 11 / 20

1. Celui qui emprunte un ustensile imposable de Tevilat Kelim d’un juif


qui ne l’a pas trempé doit obligatoirement le tremper avant de l’utiliser.
Pour rappel, tant que l’on n’a pas accompli son devoir, il est défendu
d’utiliser cet objet même provisoirement.
2. Si on est invité chez un juif qui ne trempe pas ses ustensiles au
Mikvé, il faut a priori éviter d’utiliser les ustensiles qui requièrent
un trempage – même s’il n’y a aucun problème de casherout.
Par contre, l’aliment cuit dans un ustensile non trempé est permis
à la consommation. Seule l’utilisation de l’ustensile imposable est
interdite.
3 En cas de grande inconvenance, rav S.Z. Auerbach zatsal tolère
d’utiliser l’ustensile du non-pratiquant.
Cette dérogation découle du fait que la défense d’utiliser l’ustensile
n’est pas intrinsèque, mais provient d’un devoir que l’on ne remplit pas.
Or, lorsque l’invité n’est pas lui-même enjoint de sortir cet objet de la
maison de son hôte pour aller le tremper au Mikvé, il n’est donc pas
contraint de s’abstenir de l’utiliser !
Néanmoins, le Rav zatsal ne donne cette permission qu’en cas de très
grande gêne, car si l’on ne transgresse pas soi-même la défense de
l’utiliser, on provoque une nouvelle transgression du propriétaire, car il
utilise une fois de plus son ustensile sans le tremper lorsqu’il le met à
disposition de son invité !
Ainsi, dans la mesure du possible, on contournera le problème en
utilisant des ustensiles en plastique. Ou à la rigueur, un ustensile en
verre – car la Mitsva de tremper un ustensile en verre n’est que d’ordre
rabbinique. Et s’il n’y a pas le choix, on s’appuiera sur cette permission.
De même, on tolérera plus facilement l’utilisation d’ustensiles dont le
trempage est sujet à discussions – comme nous l’expliciterons.

64 Leillouï nichmat Maurice Moché ben Sultana z"l


HALAKHA - Tevilat Kelim
SHABBAT
5 Kislev 5781
21 / 11 / 20

Quelles matières sont imposées?


1. Des différents métaux explicités dans le verset, la Guemara déduit
la généralité: tout matériau recyclable, c.-à-d. qui peut être refondu et
remodelé, est imposé de Tevilat Kelim.
2. A exclure, un ustensile en terre, en argile, ou en faïence, qui sont
tous dispensés de Tevilat Kelim. De même [selon les données qui me
sont parvenues], l’émail n’est pas imposable de la Tevilat Kelim.
3. La vaisselle en verre doit être trempée au Mikvé avec Berakha. Idem
pour le cristal, ou tout alliage de verre [pyrex, duralex].
La plupart des décisionnaires pensent que le verre n’est imposé de
Tevilat Kelim que Dérabanan – par ordre rabbinique. Ce détail entrainera
quelques conséquences que nous préciserons plus tard. Mais en ce qui
concerne la Berakha, il faut sans équivoque la réciter.
4. Un ustensile en plastique est exempté de Tevilat Kelim, selon la
plupart des décisionnaires. Bien que recyclable, ce matériau n’existait
pas à l’époque de nos Maîtres, et n’a concrètement pas été imposé.
5. Plusieurs décisionnaires séfarades d’époque dispensaient la
porcelaine de la Mitsva de Tevilat Kelim. En effet, la porcelaine est
produite à partir du kaolin, qui est une sorte de terre travaillée que
l’on travaille à froid comme de l’argile –donc non recyclable–. Puis on
trempe l’ustensile dans un bain d’émail pour le vitrifier, qui est aussi un
matériau dispensé de Tevilat Kelim.
Toutefois, il paraît que les nouvelles techniques de manufacture
vitrifient parfois la porcelaine par des dérivés de verre. Si c’est le cas,
l’ustensile doit sans équivoque être trempé au Mikvé – selon les règles
des alliages que nous apprendrons demain.
Aussi, l’usage de tremper systématiquement la porcelaine s’est répandu
depuis le siècle dernier. On s’abstiendra néanmoins de prononcer la
Berakha, car dans l’éventualité où cet ustensile est dispensé de Tevila, il
est défendu de réciter une Berakha en vain.
Leillouï nichmat Rosette Zara bat Sultana z"l
65
HALAKHA - Tevilat Kelim
DIMANCHE
6 Kislev 5781
22 / 11 / 20

1. Question: Soit un ustensile en argile ou en bois –matières


dispensées de Tevila–, qui est recouvert partiellement de fer ou de
verre. Cet ustensile doit-il être trempé au Mikvé ?
Réponse: 2 paramètres sont à considérer: pourquoi ce métal est-il
ajouté? A quel endroit se trouve-t-il?
- Si le métal [ou verre] a été ajouté pour décorer uniquement l’ustensile
en certains endroits, cet ustensile est dispensé. Et s’il le recouvre
entièrement, il faut le tremper, mais sans prononcer de Berakha.
- Si le métal sert à consolider l’ustensile, et se trouve des 2 côtés –c.-
à-d. sur la partie intérieure qui est en contact avec l’aliment, et sur la
partie extérieure – il faut le tremper avec Berakha.
- S’il consolide l’ustensile, et se trouve du côté intérieur, un séfarade
le trempera avec Berakha – car c’est la partie de l’ustensile qui est
en contact avec l’aliment qui détermine. Tandis qu’un ashkénaze le
trempera sans Berakha.
- S’il consolide l’ustensile du côté extérieur, un séfarade est dispensé
de le tremper. Et pour les ashkénazes, la Halakha est plus complexe.
En théorie, il faut le tremper sans Berakha, à condition toutefois que
l’ustensile ne puisse pas tenir debout si on retirait le métal – tel un
tonneau de vin. Mais concrètement, beaucoup d’ashkénazes n’ont
pas l’usage de tremper un tel ustensile.
2. Une planche à pain du Shabbat en bois est dispensée de Tevilat
Kelim4. Tandis qu’une planche en argent doit être trempée avec Berakha
[si elle a été achetée d’un goy, ou fabriquée par lui].
De nos jours, on fabrique des planches en bois ornées de gravures en
argent. Puisque ces ornements ne sont que décoratifs et ne recouvrent
pas la planche des 2 côtés, cette planche n’a pas besoin d’être trempée.
Mais si la planche argentée est recouverte d’une plaque de verre,
il faudra la tremper au Mikvé, car cette plaque de verre est utilitaire, non
décorative. Un séfarade dira même la Berakha, mais pas un ashkénaze.
4- Nous parlons de la planche elle-même, et non du couteau en inox, bien évidemment

66 Leillouï nichmat Rosette Zara bat Sultana z"l


HALAKHA - Tevilat Kelim
L U N D I
7 Kislev 5781
23 / 11 / 20

1. Jusque-là, nous avons évoqué le cas d’ustensile composé de


matériaux dispensés de Tevilat Kelim, qui est recouvert d’un matériau
imposé – tel que le bois recouvert d’inox.
La règle est la même dans le cas inverse, lorsque le métal est recouvert
de bois ou d’argile. On s’intéressera à l’utilité du métal, et à la densité,
sur la face interne ou la face externe. Selon le cas, il faudra le tremper
au Mikvé, surtout lorsque le métal entre partiellement en contact avec
l’aliment.
2. Question: Faut-il tremper au Mikvé une casserole en acier
recouverte d’un matériau dispensé de Tevilat Kelim ? 2 exemples
fréquents: une casserole recouverte d’émail sur ses 2 faces.
Ou encore, une poêle à frire recouverte de téflon –qui est une matière
dérivée du plastique– dans sa partie intérieure uniquement.
Réponse: Ces ustensiles doivent être trempés sans Berakha.
Explication: Certains doivent se demander pourquoi, car, selon la
réciproque des règles apprises hier, il devrait résulter qu’un séfarade
soit toujours exempté, et même qu’un ashkénaze le soit au moins pour
une casserole recouverte des 2 côtés!
Rav S.Z Auerbach zatsal explique: dans ces exemples, l’émail ou le
téflon ne sont pas des entités indépendantes fixées ensuite au métal;
leur vocation est plutôt d’améliorer l’acier, pour que les aliments
qui cuisent ne collent pas au métal. Ces matériaux deviennent de ce
fait totalement négligeables face au métal, et l’on considère que l’on
a affaire à un unique ustensile en métal amélioré. Toutefois, le Rav
zatsal préconise de le tremper sans Berakha.
10. Lorsque l’ustensile est composé en fait de 2 ustensiles collés l’un
à l’autre, seul l’ustensile intérieur détermine l’obligation de le tremper
avec Berakha. Ainsi, un thermos doit être trempé avec Berakha5.
5 Précisons qu’il n’y a aucune nécessité de sortir la bouteille de verre du thermos pour la tremper toute seule.
Plus que cela, certains doutent de la validité d’un ustensile trempé lorsqu’il est démonté, comme nous le verrons
Beezrat Hashem.

Leillouï nichmat Rosette Zara bat Sultana z"l


67
M A R D I
8 Kislev 5781
24 / 11 / 20
HALAKHA - Tevilat Kelim
Un petit point s’impose…
Lorsqu’un ustensile est allié d’une matière imposée de Tevilat Kelim et
d’une matière dispensée –tel de l’inox ou du verre, et du plastique–,
nous différencions 4 cas de figure :
a. S’il est composé de 2 ustensiles distincts qui ont été collés –tel
un Thermos– c’est le matériau qui est en contact avec l’aliment qui
détermine le statut de l’ustensile.
b. S’il ne s’agit que d’un seul ustensile en inox, recouvert d’une fine
pellicule de plastique qui améliore les performances de l’inox, mais ne
peut être réutilisé indépendamment d’aucune manière –telle une poêle
recouverte de téflon– , il faut tremper cet ustensile sans Berakha.
c. Quant à l’ustensile en plastique auquel on a ajouté un morceau de fer
considérable –c.-à-d. qui peut théoriquement être retiré et réutilisé
ailleurs–, si ce fer est utile pour l’aliment, et entre en contact direct
avec lui, cet ustensile est imposable de Tevila. C’est notamment le cas
d’une bouilloire même en plastique, comme nous l’expliciterons.
d. Par contre, si l’inox ou l’argent ajouté ne sert qu’à décorer l’ustensile
en bois ou plastique, ou même, à relier 2 morceaux –telle une vis qui
relie 2 éléments en plastique– l’ustensile est dispensé de Tevila. Sauf
si le fer ou verre recouvre entièrement l’ustensile, par ex. par une fine
couche de verre ou d’alu, et il faudra alors tremper sans Berakha.

La propriété de l’ustensile
1. La Mitsva de Tevilat Kelim s’applique aussi bien à un ustensile qui a été
fabriqué par un goy qu’à un ustensile qui a appartenu uniquement à un
goy, même s’il a été créé par un juif.
Plus que cela, si un juif vend un ustensile à un goy et le rachète aussitôt,
il doit le retremper au Mikvé. Cette Halakha pose d’ailleurs un grand
problème à ceux qui, avant Pessah, vendent au goy les ustensiles
‘Hamets, car la loi stricte leur impose théoriquement d’aller retremper
après Pessah toute leur vaisselle au Mikvé.

68 Leillouï nichmat Rosette Zara bat Sultana z"l


HALAKHA - Tevilat Kelim
MERCREDI
9 Kislev 5781
25 / 11 / 20

2. Un ustensile fabriqué par une usine qui appartient à un goy est


imposé de Tevilat Kelim, même si l’ouvrier qui l’a fabriqué est juif.
A l’inverse, si l’usine appartient à un juif et que les salariés sont goys,
l’ustensile n’a pas besoin d’être trempé6.
3. Si l’usine appartient à un juif et à un goy associés, l’ustensile acheté
de cette usine est imposé de Tevilat Kelim. Il en va de même si l’usine
appartient à un juif, mais qu’un goy en est titulaire d’actions.
4. Ainsi, un ustensile manufacturé par l’usine d’un juif, qui est fabriqué en
Chine [par une usine de goy], doit être trempé au Mikvé avec Berakha car
le propriétaire de la fabrique n’est pas juif.
5. Idem si l’ustensile est fabriqué par un juif, mais qu’une société
appartenant à un juif et un goy l’achète et le revend: puisqu’il a
partiellement appartenu à un goy, il doit être trempé avec Berakha.
6. Un ustensile cassé –qui n’est plus du tout utilisable– qui appartient
à un juif, et est réparé par un goy :
- si le goy y ajoute une pièce qui lui appartient, il faudra tremper cet
ustensile avec Berakha.
- si le goy n’ajoute aucun matériau, mais reforme uniquement
l’ustensile, cela fait l’objet d’une discussion. Les séfarades sont
dispensés de Tevilat Kelim, et les ashkénazes devront le tremper sans
Berakha7.
7. Un juif qui emprunte l’ustensile d’un goy n’est pas imposé de la Mitsva
de Tevilat Kelim. [Il faudra tout de même s’assurer qu’il n’y a pas de
problème de casherout dans l’ustensile.]
Cette Halakha sera d’une importance capitale pour contourner de
nombreux cas délicats de Tevilat Kelim, comme nous l’apprendrons
après-demain.
6- Toutes ces lois sont déduites du Choul’han Aroukh Yoreh Déa ch.120 §10-11 et des commentateurs
7 Cette loi n’est valable que si le goy est artisan – c.-à-d. qu’il travaille à la tâche. Par contre, s’il est salarié
– c.-à-d. qu’il travaille à l’heure, l’ustensile sera dispensé de Tevilat Kelim – à l’instar du cas évoqué en n°2.

Leillouï nichmat Maurice Moché ben Sultana z"l


69
HALAKHA - Tevilat Kelim
J E U D I
10 Kislev 5781
26 / 11 / 20

1. Nous apprenions qu’un ustensile que l’on emprunte d’un goy est
dispensé de Tevilat Kelim. Les décisionnaires déduisent de cette loi une
solution pratique pour utiliser un ustensile qui n’a pas été trempé au
Mikvé : le donner à un goy qui nous le prête en retour.
Le Choul’han Aroukh évoque par ex. le cas de celui qui achète un
ustensile juste avant Shabbat et n’a pas le temps d’aller le tremper.
Il pourra le donner à un goy et le lui emprunter ensuite.
2. Certains abusent de cette astuce pour se dispenser systématiquement
de la Mitsva de Tevilat Kelim. Par ex. une cantine dont le propriétaire
ne veut pas se fatiguer à transporter toute sa vaisselle au Mikvé. Il
faut cependant savoir que cette pratique est très contestée: puisque
l’ustensile demeure éternellement dans la propriété du juif, au point
même d’oublier qui était le goy qui l’a acquis, ce don / emprunt n’a
aucune valeur concrète!
3. Néanmoins, on tolérera d’utiliser cette astuce pour les ustensiles
dont le trempage fait l’objet de discussions. Par ex. la vaisselle en
porcelaine.
Ou encore, lorsqu’il n’est techniquement pas possible de tremper
l’ustensile au Mikvé. Nous apprendrons par ex. que de nombreux
appareils électriques sont imposés de Tevilat Kelim. Or, la plupart
d’entre eux risquent de se détériorer si on les trempe dans l’eau. Aussi,
un moyen de contourner l’obligation de le tremper sera de le donner
à un goy qui nous le prêtera ensuite pour une durée indéterminée.
4. Evoquons au passage une autre solution technique: détériorer
l’ustensile au point où il ne peut plus être utilisable, puis le faire réparer
par un juif.
5. Pour information: plusieurs appareils électriques tels qu’un
toaster ou une bouilloire supportent l’eau. Après les avoir trempés,
il faut juste les laisser sécher pendant un ou deux jours, en aérant
le moteur ou la résistance convenablement.

70 Leillouï nichmat Maurice Moché ben Sultana z"l


HALAKHA - Tevilat Kelim
VENDREDI
11 Kislev 5781
27 / 11 / 20

Quelle utilisation de l’ustensile nécessite une Tevilat Kelim ?


1. La Guemara déduit que la Mitsva de Tevilat Kelim ne concerne que les
Kelei Akhila – litt. les ustensiles nécessaires pour manger. Cette directive
est en fait vague: inclut-elle les ustensiles qui nous permettent de
manger uniquement, ou bien, inclut-elle aussi les ustensiles que l’on
utilise pour préparer un aliment ? Cela fait l’objet d’une discussion.
Commençons par présenter les avis essentiels.
a. Le Choul’han Aroukh [Yoreh Déa ch.120 §5] enseigne qu’un couteau
de She’hita –d’abattage– est dispensé de Tevilat Kelim.
Les commentateurs expliquent: seul l’ustensile qui est en contact avec
une nourriture apte à la consommation est imposé de Tevilat Kelim.
Quelques applications, selon cet avis: l’ustensile dans lequel on pétrit
le pain est dispensé de Tevilat Kelim, car une pâte n’est pas mangeable
ainsi. De même, le rouleau à pâtisserie, même en métal, est dispensé
de Tevilat Kelim. Tandis que le plateau du four sur lequel on dispose
le pain est imposé de Tevilat Kelim, car le pain à la fin de la cuisson
est consommable. De même, l’ustensile avec lequel on introduit l’eau
dans la pâte doit être trempé au Mikvé, même s’il sert uniquement à
cela, car l’eau est un aliment consommable fini.
b. Toutefois, le Rama préconise de tremper le couteau de She’hita sans
Berakha. Les décisionnaires sont partagés sur la raison:
- Selon le Shakh, c’est le fait d’utiliser parfois le couteau de She’hita
pour couper un aliment prêt à la consommation qui l’impose dès le
départ de Tevilat Kelim.
- Selon le Taz [Cf. aussi Pri Hadash et Gra], le Rama pense que tout ustensile qui
sert à préparer un aliment a un statut de Keli Akhila.
- Différence entre ces 2 avis: un rouleau à pâtisserie en métal qui n’a pas
d’autre utilité que de pétrir. Selon le Shakh, l’ustensile est dispensé,
selon le Taz, il faut le tremper sans Berakha. A suivre…

Leillouï nichmat Rav Shlomo Meyer ben Freha z"l


71
HALAKHA - Tevilat Kelim
SHABBAT
12 Kislev 5781
28 / 11 / 20

Rappel : Nous rapportions hier différents avis quant à la définition


exacte d’un Keli Akhila – un ustensile ‘qui sert à manger’.
1. Comment la Halakha est-elle fixée?
- Un séfarade peut s’appuyer sur le Choul’han Aroukh, et ne tremper
qu’un ustensile qui entre en contact avec un aliment consommable.
- Pour un ashkénaze, les avis sont partagés. A priori, on s’efforcera de
tremper sans Berakha tout ustensile qui entre en contact avec de la
nourriture, même si elle n’est pas encore à l’état consommable.
2. Si l’on achète un Keli Akhila que l’on réserve pour une utilisation autre
que de la nourriture, cet ustensile n’a pas besoin d’être trempé.
Par ex. si on achète un couteau de cuisine que l’on réserve pour
découper toutes sortes d’emballages, il n’a pas besoin d’être trempé,
selon la plupart des avis [même selon le Shakh].
Il sera néanmoins interdit de l’utiliser même provisoirement pour
un aliment. [Certains tolèrent de l’utiliser de manière purement
occasionnelle, tant que l’on ne l’utilise pas ainsi une autre fois.]
3. Un ustensile qu’un goy fabrique sans le vouer à de la nourriture, que
le juif achète pour l’utiliser pour les aliments est imposé de trempage.
En compilant les 2 dernières Halakhot, il ressort qu’un MacGiver juif
doit tremper son couteau suisse au Mikvé avec Berakha, s’il prévoit de
l’utiliser aussi pour couper un aliment prêt à la consommation, même
si ce couteau est, initialement, un outil de travail.
4. Découvrons des exemples d’ustensiles imposés de Tevilat Kelim:
a. Bouilloire en plastique: la résistance en fer étant en contact
direct avec l’eau, il faut la tremper avec Berakha. Idem pour un pied
électrique même en plastique: puisque la lame en inox est en contact
avec des aliments consommables, il faut le tremper avec Berakha.
b. Ouvre-boîte: cet ustensile ne sert pas l’aliment lui-même, mais
l’ustensile qui contient l’aliment. Il est donc dispensé de Tevilat Kelim.
c. Par contre, un casse-noix doit être trempé avec Berakha. A suivre…

72 Leillouï nichmat Maurice Moché ben Sultana z"l


HALAKHA - Tevilat Kelim
DIMANCHE
13 Kislev 5781
29 / 11 / 20

d. Plateau ou grille de four ou de micro-ondes: puisque ces ustensiles


sont en contact direct avec les aliments cuits, ils doivent être trempés
au Mikvé, avec Berakha.
e. Robot électrique : si on l’utilise parfois pour faire des aliments
prêts à consommer –tels qu’une mayonnaise ou une glace– il est
imposé de Tevilat Kelim. [Si la lame ou le fouet sont amovibles,
il n’y a pas de nécessité de tremper tout le robot, comme nous le
préciserons.]
Mais si on ne l’utilise que pour pétrir, un séfarade est dispensé de le
tremper, et un ashkénaze le trempera sans Berakha.
f. Couteau électrique: on l’utilise pour couper des aliments
consommables, tels qu’un rôti de viande cuit, il doit donc être trempé
avec Berakha.
g. Crêpière électrique en téflon: elle est imposée de Tevilat Kelim sans
Berakha. Si on craint qu’elle ne se détériore, on pourra la donner à un
goy et la lui réemprunter. Puisque certains décisionnaires soulèvent
quelques réserves sur cette Tevila, il y a lieu de permettre cette astuce.
5. A l’époque, on transportait le vin dans des gigantesques fûts en
argile, recouverts de plomb à l’intérieur. De même, les vins cuits étaient
ébouillantés dans des immenses chaudrons en métal. Bien que,
théoriquement, ces ustensiles semblent remplir les conditions pour être
imposés de Tevilat Kelim, l’usage était de ne pas les tremper au Mikvé.
Aussi, les décisionnaires se sont interrogés sur le motif de ces
négligences. Certains Rabbanim qui ne parvinrent pas à justifier ces
dérogations imposèrent ces ustensiles de Tevila. Or, leur trempage
n’était pas matériellement pas réalisable ; ils prescrivirent de ce fait de
perforer leurs socles, puis des les faire ressouder par un juif, afin de les
considérer comme créés par un juif ! Toutefois, des Responsa ont étayé
des thèses pour expliquer pourquoi ces ustensiles sont dispensés
[Pit’hei Tesouva ch.120 §1], qui seront pour nous d’une importance capitale pour
dispenser de Tevila nombre d’appareils ménagers. A suivre…

Refoua Shelema à Olivier Israel Shimon ben ‘Haya Esther


73
HALAKHA - Tevilat Kelim
L U N D I
14 Kislev 5781
30 / 11 / 20

Rappel Pourquoi y-a-t-il lieu de dispenser les grands chaudrons de


Tevilat Kelim ? Les décisionnaires avancent plusieurs explications.
a. Les fûts sont des ustensiles de stockage, pas des Kelei Akhila
– des ustensiles qui servent à manger ou à préparer des aliments.
b. Les chaudrons en question étaient fixés au sol. Or, un tel objet perd
dans beaucoup de domaines de Halakha son statut ‘d’ustensile’.
c. Ces ustensiles contiennent plus de 40 Séah [~387L], et n’ont pas
de statut d’ustensile, mais d’armoire.
Toutefois, ces permissions sont discutées, et les décisionnaires
suggèrent de ne s’appuyer dessus que s’il y a lieu de dispenser encore
l’ustensile pour d’autres raisons même controversées. Ou encore,
pour les ustensiles en verre dont le trempage n’est que Dérabanan.
Autrement, on s’efforcera de contourner le problème au moins en
donnant l’objet à un goy et en le réempruntant.
1. Machine à expresso ou fontaine à eau. Le parfait exemple! Selon
la loi stricte, ces appareils devraient être imposés de Tevilat Kelim. Et
tremper les robinets uniquement ne résoudrait pas le problème des
tuyaux. Pourtant, nous ne voyons personne se rendre au Mikvé ou au
canal pour les tremper, autant qu’en général, on ne va pas tremper non
plus le réfrigérateur… [Eh oui! même le frigo a besoin d’une dérogation!]
La permission essentielle est le fait que ces appareils sont fixes –par
leurs tuyaux, leurs fils électriques, leur taille, le fait qu’on ne les déplace
pas… [Remarquons tout de même que le réfrigérateur remplit plus
amplement les conditions que les 2 autres appareils.]
Pour la machine à expresso, on trempera quand même les parties en
métal amovibles. Et pour le réfrigérateur, il n’y a pas de nécessité de
tremper les tiroirs et plateaux, même s’ils sont en métal; puisqu’ils
restent fixes sur l’appareil, ils prennent le même statut que lui.

74 Leillouï nichmat Yaacov ben Levana Veyossef Akab z"l


HALAKHA - Tevilat Kelim
M A R D I
15 Kislev 5781
01 / 12 / 20

1. Question : Un ustensile qui ne sert qu’à présenter des aliments


enveloppés ou des fruits non épluchés, est-il imposé de Tevilat Kelim?
Réponse : De manière générale, tout dépend de l’importance accordée
à l’enveloppe. Si elle est insignifiante, elle devient négligeable devant
l’aliment, et on considère que c’est l’aliment qui est en contact direct
avec l’ustensile. Tandis qu’une enveloppe ‘importante’ fait écran,
car on considère alors que l’aliment est contenu dans l’enveloppe
uniquement, et c’est cet emballage qui est contenu dans l’ustensile.
Concrètement, toutes les épluchures de fruits ne font pas écran. Ainsi,
un plateau ou corbeille [en métal ou en verre] dans lesquels on sert
les fruits à table nécessitent une Tevilat Kelim avec Berakha. [Si on
n’apporte pas cette corbeille à table, mais qu’elle sert juste à conserver
les fruits, il faudra la tremper sans Berakha, comme l’ustensile de
stockage évoqué précédemment.]
Idem pour un coquetier en verre: la coquille d’œuf ne fait pas écran, et
le coquetier doit être trempé avec Berakha.
Par contre, un broc à lait, dans lequel on introduit un sachet de lait
[comme il est d’usage en Israël] est dispensé de Tevilat Kelim même
s’il est en métal, car le sachet fait écran. Idem pour tout ustensile dans
lequel on entrepose des aliments dans leur boîte d’emballage.
2. Certains considèrent le sachet de thé comme une épluchure:
puisque le papier ne sert qu’à utiliser convenablement le thé, il devient
totalement secondaire face au thé. Si on les conserve dans une boîte en
verre, il faudra la tremper. On s’abstiendra toutefois de dire la Berakha.
3. Un ustensile que l’on utilise toujours en le recouvrant de papier
aluminium [ou papier sulfurisé, ou cellophane] doit être trempé au
Mikvé. Rav S.Z. Auerbach zatsal recommande même de réciter la
Berakha. Toutefois, le Ben Ish ‘Haï préconise de ne pas dire la Berakha.

Leillouï nichmat Peggy bat  Esther z"l


75
HALAKHA - Tevilat Kelim
MERCREDI
16 Kislev 5781
02 / 12 / 20

1. Un ustensile dans lequel on conserve les aliments en sachets est


dispensé de Tevilat Kelim. Par contre, si les aliments sont enveloppés de
papier aluminium ou de cellophane, l’ustensile qui les contient doit être
trempé au Mikvé avec Berakha, car l’emballage s’assimile totalement à
l’aliment, autant qu’une épluchure de fruit. Ainsi, une boîte à bonbons
en métal doit être trempée au Mikvé avec Berakha si elle est utilisée
comme présentoir, par ex. si on l’apporte parfois à table.
2. La huche à pain en inox [grande boite dans laquelle on conserve le
pain]. Lorsqu’elle n’est utilisée qu’en guise d’armoire à pain – par ex. si
elle posée à une place fixe de la cuisine–, si on y conserve toujours le
pain dans un sachet plastique, elle est dispensée de Tevilat Kelim. Mais
si on y pose aussi le pain directement, il faut la tremper sans Berakha.
3. Rov Tashmish – l’utilisation majoritaire. Un ustensile dont la vocation
essentielle n’impose pas de Tevilat Kelim, mais que l’on utilise aussi
occasionnellement d’une manière qui nécessite trempage, est
dispensé de Tevilat Kelim selon la plupart des décisionnaires.
Par ex. une sous-tasse à café n’a pas besoin d’être trempée au Mikvé,
même s’il arrive parfois d’y poser un biscuit. Ou encore, un récipient en
métal que l’on prévoit pour la Netilat Yadaïm est dispensé, même s’il
arrive parfois d’y mettre à tremper des aliments.
4. Attention ! Cette Halakha semble contredire le cas du couteau
acheté pour ouvrir des emballages [Cf. Shabbat dernier], qui doit être
trempé avec Berakha si on l’utilise pour couper un fruit. La différence
provient du fait qu’un couteau est initialement un Keli Akhila –un
ustensile de nourriture–, que l’on a décidé de prévoir à d’autres fins;
lorsqu’on l’utilise même une fois pour couper un aliment, on prouve
que l’intention initiale n’était pas si catégorique, et on lui rend ainsi sa
vocation naturelle. Tandis que le cas présent traite d’un objet qui n’est
pas dans sa nature un Keli Akhila ; la règle du Rov Tashmish établit donc
que son statut n’est pas modifié par une utilisation occasionnelle.

76 Leillouï nichmat Moché Michael ben Aline Bahla Rahel z "l


HALAKHA - Tevilat Kelim
J E U D I
17 Kislev 5781
03 / 12 / 20

1. La vaisselle jetable. La condition de base pour qu’un objet soit


imposable de Tevilat Kelim est d’être un Keli –ustensile– susceptible
de devenir impur par les lois de pureté. Les décisionnaires écrivent de
ce fait que la vaisselle jetable même en aluminium est dispensée de
Tevilat Kelim. Et même si on a l’habitude de la réutiliser plusieurs fois, il
n’y a pas de nécessité de la tremper, car nous la considérons toujours
comme un objet provisoire, et non comme un Keli.
[Dans le même ordre d’idée, les décisionnaires préconisent d’éviter a
priori de dire le Kidoush du Shabbat avec un verre jetable.]
15. Question: Est-il permis d’utiliser de manière permanente le pot
d’une confiture ou de cacao achetés d’un goy?
Réponse: Il faut différencier 3 sortes de pots:
- S’il est fréquent que les gens conservent ce pot une fois vide,
il faut le tremper avec Berakha. Toutefois, il n’y a pas de nécessité de
vider le contenu du pot immédiatement après ouverture. Il est même
permis d’y remettre l’aliment qui s’y trouvait initialement.
- Si l’usage n’est pas de conserver ce pot, les avis divergent. Le Tsits
Eliezer zatsal l’en dispense, car il considère que c’est le juif qui décide
de l’utiliser en permanence qui le ‘fabrique’. On pourra s’appuyer sur
cet avis pour les pots en verre [qui sont Dérabanan]. Mais pour un pot
en métal, il sera préférable de le tremper sans Berakha.
- S’il a fallu découper ce pot –par ex. une boîte de conserve que l’on a
ouverte– on est dispensé de le tremper, même s’il est en métal.
2. Il faut tremper au Mikvé les couvercles de casseroles, qui sont
considérés comme Keli Akhila du fait que les vapeurs y montent et
redescendent durant la cuisson.
De même, un bouchon en métal de bouteille imposée de Tevilat Kelim
doit lui aussi être trempé, s’il arrive de coucher la bouteille fermée.

Leillouï nichmat Moché Michael ben Aline Bahla Rahel z "l


77
HALAKHA - Tevilat Kelim
VENDREDI
18 Kislev 5781
04 / 12 / 20

1. Le Beit Yossef rapporte qu’un marchand juif qui achète de la


vaisselle d’un goy pour la revendre, est dispensé de Tevilat Kelim, car
ces objets sont considérés pour le moment comme des ustensiles de
commerce et non de cuisine. Par contre, s’il utilise un de ses ustensiles
même provisoirement, il sera obligé d’aller le tremper – comme nous
l’évoquions avant-hier à propos du couteau.
2. Certains déduisent qu’il en va de même pour la vaisselle d’un
restaurant ou d’un hôtel: même si elle appartient à un juif et va se
faire utiliser par des juifs, ils la dispensent de Tevilat Kelim, du fait
qu’elle est un outil de travail pour son propriétaire. Toutefois, plusieurs
décisionnaires réfutent cette déduction, et imposent cette vaisselle de
Tevila. Précisons que si le propriétaire l’utilise même occasionnellement,
elle deviendra imposée selon tous les avis.
3. Celui qui achète de la vaisselle en cadeau pour quelqu’un d’autre
n’est pas imposé de la tremper, autant que le marchand de vaisselle.
4. Celui qui trempe une vaisselle alors qu’elle n’est pas encore imposée
de Tevilat Kelim ne s’est pas acquitté de son obligation. Il faudra la
retremper lorsqu’elle deviendra imposable. Le Beit Yossef rapporte
comme exemple celui qui a pris en gage la vaisselle d’un goy et l’a
trempée, avant que le goy ne décide de la lui laisser.
5. Les décisionnaires déduisent que la Halakha est la même pour tous
les cas où l’ustensile n’est pas encore un Keli Akhila, tel que le marchand
de vaisselle; s’il la trempe avant de la vendre, l’acheteur devra la
tremper une seconde fois. Idem pour celui qui achète un couteau pour
couper des emballages, et n’a pour le moment aucune intention de
l’utiliser pour de la nourriture.
6. Et les décisionnaires d’ajouter: cette Halakha est aussi valable pour
celui qui achète de la vaisselle en cadeau, et dans sa grande bonté,
se soucie d’aller la tremper. Il n’a pas acquitté le devoir de Tevilat
Kelim, et le donataire devra la retremper ! A suivre…

78 Leillouï nichmat Moché Michael ben Aline Bahla Rahel z "l


HALAKHA - Tevilat Kelim
SHABBAT
19 Kislev 5781
05 / 12 / 20

1. Nous terminions l’étude d’hier sur un scoop : si j’achète en cadeau à


ma sœur un ustensile imposable de Tevilat Kelim, je ne peux pas moi-
même le lui tremper au Mikvé tant que je ne le lui ai pas donné, car
cet objet n’a pas pour le moment un statut d’ustensile de repas, et ne
peut donc pas se faire acquitter de la Mitsva – tout comme celui qui
trempe l’ustensile qu’il prévoit d’acheter, mais qui est pour l’instant la
propriété du goy8.
Si je veux quand même tremper cette vaisselle pour éviter à ma sœur
cette fatigue, il existe 2 moyens de faire:
- Rendre acquéreur le donataire par une tierce personne.
Il suffit que ce tiers lève l’ustensile dans l’intention de
l’acquérir pour ma sœur, et qu’il me le rende aussitôt. Dès lors,
l’objet appartient au donataire et devient enfin un Keli Akhila,
et je peux enfin le lui tremper en récitant même la Berakha. Toutefois,
il est préférable d’obtenir aussi l’aval du receveur pour aller le tremper ;
autrement, rav S.Z. Auerbach zatsal émet quelques réserves.
[Donc, plus d’effet surprise… :-))]
- Soit d’utiliser d’abord l’ustensile avant d’en faire cadeau.
[Donc, un cadeau de seconde main… :-))]
2. Une légende raconte que cette Halakha fit beaucoup de bruit il
y a quelques années à Jérusalem. Un magasin de vaisselle voulut
construire un Mikvé à sa sortie afin d’attirer la clientèle. On alla le
dissuader de procéder ainsi, afin de ne pas induire en erreur ceux qui
achèteraient de la vaisselle en cadeau!
3. Le cas est encore fréquent lors des Mishloa’h Manot de Pourim. Si
on souhaite offrir un joli ustensile que l’on remplit de mets délicats, le
donneur ne dispense pas cet ustensile de la Mitsva de Tevilat Kelim s’il
la trempe au Mikvé.
8- Je suppose que cette Halakha nous vaudra une vague de réactions… Alors donnons tout de suite les références:
Mekor Haïm [rav Segalovitz, imprimé à Vilna en 5648], Min’hat Shelomo [II ch.66], puis dans le Tevilat Kelim [p.164]
et Casherout haKelim [p.34].

Leillouï nichmat Moché Michael ben Aline Bahla Rahel z "l


79
PARASHAT ETUDE
HASHAVOUA HEBDOMADAIRE

Bereshit 84
En cas de doute, suis la majorité

Noah 86
La science, rapproche ou éloigne d'Hashem ?

Lekh-Lekha 89
Vivre ou mourir pour l'honneur d'Hashem ?

Vayéra 92
La Akeidat Itzhak : un acte d'amour ou de crainte ?

Hayei Sarah 107


Le bon conjoint

Toldot 110
Essav - Edom ! Aie honte....

Vayetsé 113
Quand la réalité s'associe à l'ordre d''Hashem....

Vayishlah 115
Diviser pour mieux survivre...
Remerciements

‫יה ְמ ֻא ּ ָשר‬ ִ ִ‫ֵעץ ַח ִ ּיים ִהיא לַ ּ ַמ ֲחז‬


ָ ֶ‫יקים ָ ּב ּה וְ ת ְֹמכ‬
La Torah est un arbre de vie pour ceux qui s’y attachent.
Ceux qui la soutiennent seront bienheureux

Plusieurs personnes nécessitant une aide du ciel particulière


ont pris part à la diffusion de ce livre. Aidons-les à obtenir
la miséricorde d’Hashem, en priant avant notre étude :

Pour la Hatslakha

• Hatslakha à notre partenaire de l'association Hayé Hanna !


• Hatslakha à notre ami Stanley Chicheportiche et sa famille !
• Hatslakha à notre imprimeur Dan Pérez !


Pour le Zivoug Hagoun

• Miryam Elisheva bat Suzanne


• Julia Déborah Eugénie bat Josiane
• Hava Muriel Fleur bat Jeanne
• Zohara bat Lévana
• Sarah Aurélie bat Avraham
Remerciements
Pour la guérison
• Benyamin ben ‘Habiba
• Avraham Ori ben Réout
• Ari Akiva ben Shahar
• Sarit Haya bat Rivka
• Simha bat Elisheva
• ‘Hamchat Myriam bat Rozlana
• Olivier Israel Shimon ben ‘Haya Esther 

Pour l'élévation de l'âme


• Dov ben Yehoudit veShmouel z"l
• Jamile Tarrab lebeth Meslaton z"l - 18 Tishrei
• Adèle Bat Sol TARRAB leBeit Wahnish z"l  - 11 Heshvan
• Charlie Chalom ben Germaine Sarah z"l - 15 Heshvan
• René Avraham ben Mordékhaï z"l  - 26 Heshvan
• Rosette Zara bat Sultana z"l - 8 Kislev
• Rav Shlomo Meyer ben Freha z"l - 11 Kislev
• Maurice Moché ben Sultana z"l - 12 Kislev
• Peggy bat  Esther z"l - 15 Kislev
• Moché Michaël ben Aline Bahla Rahel z"l - 17 Kislev
• Marie Myriam Bat Julie leBeit Berdah z"l - 23 Tamouz
• Michael Haim Ben sultana  z"l
• David ben Sultana z"l

Vous souhaitez, vous aussi, dédier une page d'étude :


appelez - nous au 01 77 38 46 78 ( France ) 058 322 68 43 ( Israël )
PARASHAT BERESHIT
SEMAINE du
23 Tishrei 5781
11 Octobre 2020

PARASHAT BERESHIT
Semaine du 23 au 29 Tishrei 5781 - 11/10/20 au 17/10/20

ֶ ‫וַ ּי‬
ׂ ֶ ‫ נַ ֲע‬,‫ֹאמר ֱאל ִֹהים‬
‫שה ָא ָדם ְ ּבצַ לְ ֵמנ ּו ִּכ ְדמו ֵּתנ ּו‬
« Faisons l’homme… » [Ch. 1 ; verset 26]

L e Midrash1 nous enseigne :


« Lorsque le Saint Béni soit-Il voulut créer l’homme, Il demanda
conseil auprès des anges, qui se divisèrent en deux groupes : l’un
disant qu’il fallait créer l’homme, et l’autre s’y opposant.
La bonté dit :
Il faut créer l’homme car il fera de la bienfaisance, (prêter de l’argent, aider
les pauvres, etc.).
La vérité dit :
Il ne faut pas le créer car il n’est que mensonge !
La justice dit :
Oui il faut le créer, car il sera juste, (il donnera ce qui lui appartient aux
pauvres).
La paix dit :
Non il ne faut pas le créer car il n’est que dispute.
Que fit le Saint Béni soit-Il ? Il prit la vérité et la jeta à terre.»

1- Ce Midrash est d’une grande profondeur, et beaucoup de commentateurs se sont appliqués à l’expliquer. Nous
nous contenterons de rapporter ici l’une de ses nombreuses explications.

84 Leillouï nichmat Jamile Tarrab lebeth Meslaton z"l


PARASHAT BERESHIT
SEMAINE du
23 Tishrei 5781
11 Octobre 2020

Apparemment, Hashem écarta la vérité afin que la bonté et la justice


soient majoritaires face à la paix.
Dans ce cas, pourquoi choisit-Il d’écarter la vérité plutôt que la paix ?
(Nous aurions obtenu le même résultat !)
Il est vrai que la Torah demande de suivre la majorité.
Mais en réalité, cette règle ne s’applique qu’en cas de Safek (de doute),
c’est-à-dire lorsqu’on ne connaît pas la vérité et que l’on n’a aucun
moyen de la connaître, on tranche alors selon la majorité.
Mais si la vérité est connue, quand bien même une grande majorité s’y
opposerait, il serait absurde de suivre la majorité.
C’est ainsi que nous pouvons expliquer notre Midrash :
Même si la bonté et la justice avaient été opposées et majoritaires
face à la vérité, elles n’auraient eu aucun poids contre elle, car face à la
vérité rien ne peut se tenir.
C’est la raison pour laquelle D. dut écarter la vérité afin de donner une
chance à l’homme d’être créé.

Un jour, un roi chrétien dit à Rabbi Yonathan Eybeshits zatsal : « Vous les
Juifs, d’après votre Torah, devez toujours aller selon la majorité, donc
vous devez tous vous convertir au christianisme, car nous les chrétiens
sommes bien plus nombreux que vous ! » Rabbi Yonathan lui répondit:
« Lorsque la Torah dit qu’il faut aller d’après la majorité, c’est en cas
de doute, lorsque la vérité n’est pas connue. Mais nous Juifs n’avons
aucun doute sur la véracité de notre Torah, jamais personne n’a pu ni
ne pourra la contredire puisqu’elle émane du Créateur du monde Lui-
même ! »

U
Ce Dvar Torah a été extrait du livre Leket Eliahou, du Rav Eliahou
Hassan, avec son aimable autorisation.

Leillouï nichmat Jamile Tarrab lebeth Meslaton z"l 85


PARASHAT NOAH
SEMAINE du
30 Tishrei 5781
18 Octobre 2020

PARASHAT NOAH
Semaine du 30 Tishrei au 6 Heshvan 5781 - 18/10/20 au 24/10/20

ְ ‫וַ ּי‬
ֵ ‫ֹאמר ּו ִא ׁיש ֶא‬
...‫ ָה ָבה נִ לְ ְ ּבנָ ה לְ ֵבנִ ים‬,ּ‫ר ֵעהו‬-‫ל‬
« Ils (les hommes) se dirent l’un à l’autre : « Allons ! Fabriquons des briques… » »
[Ch. 11 ; verset 3]

R ashi nous dit à ce sujet que Babel étant une plaine, il n’y avait pas
de pierres et les hommes durent créer des briques.
Dans le verset suivant il est écrit :
ָּ ‫ש‬
,‫נָ פוּץ‬-‫ ֶּפן‬ :‫ ׁ ֵשם‬,ּ‫לנו‬-‫ה‬ ׂ ֶ ‫ וְ נַ ֲע‬,‫ֹאשוֹ ַב ׁ ּ ָש ַמיִ ם‬
ׁ ‫ ו ִּמגְ דָּ ל וְ ר‬,‫לנ ּו ִעיר‬-‫ה‬ ְ ‫וַ ּי‬
ּ ָ ֶ‫ֹאמר ּו ָה ָבה נִ ְבנ‬
.‫ה ָא ֶרץ‬-‫ל‬
ָ ָ‫פנֵ י כ‬-‫ל‬
ְּ ‫ַע‬
« Ils dirent : « Venez ! Construisons pour nous une ville et une tour dont le
sommet atteindra le ciel… » » [Ch. 11 ; verset 4]

Ils firent cela pour lutter contre Hashem.


Pourquoi la Torah commence-t-elle par nous donner l’information
concernant les matériaux avant de nous parler de l’objectif de la
construction de cette tour ? Logiquement elle devrait nous entretenir
du but avant de décrire les moyens par lesquels y parvenir?

Les hommes inventèrent les briques et comprirent à ce moment-là


qu’ils pouvaient par eux-mêmes se procurer ce dont ils avaient besoin
pour vivre. Ils se dirent alors que D. n’était plus indispensable.

86 Leillouï nichmat Michaël Haïm et David ben Sultana z"l


PARASHAT NOAH
SEMAINE du
30 Tishrei 5781
18 Octobre 2020

« La pierre naturelle n’existe pas dans nos régions mais nous pouvons
la remplacer grâce à notre intelligence et notre force ! », se dirent-ils.
Ainsi dans notre verset, il est question d’abord du matériau de
construction, afin de nous montrer par quel raisonnement ils en sont
venus à chuter au point de vouloir chasser Hashem du monde en
construisant une tour.
Nos sociétés, pour justifier leur éloignement de D., se fondent sur la
science. Elle seule explique tout, pour la simple raison qu’elle va de
plus en plus loin dans l’observation de l’infiniment petit comme de
l’infiniment grand. Tout semble explicable à leurs yeux.
Or il est possible de faire le raisonnement inverse : plus la science
progresse, plus on en voit les limites, puisqu’elle ne peut en aucun cas
prendre la place du Créateur, ni expliquer la vie ou la mort.
Elle peut, par contre, et cela renforce la foi, nous faire découvrir avec
quelle minutie et perfection l’univers a été créé. Ce qui prouve d’autant
plus l’infinie grandeur de Son Créateur.
Certains scientifiques intelligents aboutissent d’ailleurs aujourd’hui à
la conclusion qu’il y a un Créateur de l’univers.
C’est le cas du célèbre Trinh Xuan Thuan, astrophysicien et professeur
d’astronomie à l’université de Virginie, auteur de : La Mélodie secrète,
Un Astrophysicien, Destin de l’univers, Le Big-bang et après. Il explique la
précision millimétrique qui régit la composition de l’univers. Il démontre
notamment que ce dernier, s’il subissait une variation infinitésimale,
s’écroulerait en un instant ! Il nous dit par exemple ceci : « L’univers
est réglé avec une précision extraordinaire. Il suffirait qu’une des
constantes qui le régissent soit modifiée dans des proportions
infinitésimales pour qu’il soit vidé de conscience et de vie. »
« Ce qui est remarquable, ajoute-t-il, c’est qu’il suffit de varier un
tant soit peu l’une de ces forces ou de ces constantes physiques

Leillouï nichmat Michaël Haïm et David ben Sultana z"l 87


PARASHAT NOAH
SEMAINE du
30 Tishrei 5781
18 Octobre 2020

pour aboutir à des univers infertiles ou dénués de conscience. » Ce


scientifique nous livre plusieurs « coïncidences » dans les dosages
des forces de l’univers, par exemple : « Si la charge électrique du
proton et celle de l’électron différaient seulement d’un milliardième
de milliardième (leurs charges sont rigoureusement égales, c’est LA «
COINCIDENCE »), tout exploserait : la terre, le soleil, les étoiles… » En
conclusion, Trinh Xuan Thuan nous dit : « A partir de ces constatations,
deux attitudes sont possibles. On peut estimer qu’un tel réglage est
le fruit du hasard et postuler une infinité d’univers parallèles, ce que
permet la mécanique quantique. On peut à l’inverse penser qu’il n’y
a qu’un seul univers. Mais alors, face à un réglage aussi précis, cela
amène à postuler l’existence d’un Grand Architecte. »

A méditer…
Combien de vérités de ce type, de ces coïncidences, sont ignorées dans
les domaines de la nature, de la botanique, l’astrophysique, la science
médicale… parce qu’elles ne sont pas accessibles aux non-initiés que
nous sommes.
Autant d’éléments qui attestent de la perfection de l’univers et qui
chantent la gloire de leur Créateur !

Ce Dvar Torah a été extrait du livre Leket Eliahou, du Rav Eliahou


Hassan, avec son aimable autorisation.

88 Leillouï nichmat Michaël Haïm et David ben Sultana z"l


PARASHAT LEKH-LEKHA
SEMAINE du
7 Heshvan 5781
25 Octobre 2020

PARASHAT LEKH LEKHA


Semaine du 7 au 13 Heshvan 5781 - 25/10/20 au 31/10/20

A vant qu’Avraham ne naisse, Nimrod régnait sur Babel, et conquit


petit à petit le monde entier. L’orgueil de cet impie l’incita à se
prendre pour un dieu, et il organisa en l’an 1996 la construction de
la tour de Babel, pour faire une guerre contre Hashem – l’Être qui
intervient de temps en temps sur terre pour le détruire, comme il le fit
quelques 300 ans avant, à l’époque de Noah.
Un conseiller de Nimrod était Tera’h, le père d’Avraham. Le soir où
Avraham naquit, en l’an 1948, les astrologues de Nimrod virent une
grosse étoile filer depuis l’Est, et avala 4 étoiles qui se trouvaient
aux 4 points cardinaux. L’interprétation sautait aux yeux: l’enfant
qui vient de naître sera un grand, qui vaincra les 4 grands rois de la
région; en l’occurrence… Nimrod! Lorsque celui-ci prit connaissance
de cette vision, il convoqua Térah et lui proposa une somme colossale
contre son nouveau-né. Térah commença par esquiver Nimrod, mais
la patience du monstre en vint vite à bout: « Je te laisse 3 jours pour
accepter ma proposition! Autrement, je viendrais le chercher moi-même! »
Pour la grande chance de Terah, sa servante mit au monde un garçon
en même temps que sa femme. Ainsi, lorsque les émissaires de Nimrod
vinrent embarquer le petit Avraham, Téra’h échangea les berceaux… Et
la lumière du monde fut ainsi sauvée!

Leillouï nishmat Adèle Bat Sol TARRAB lebeth Wahnish z"l 89


PARASHAT LEKH-LEKHA
SEMAINE du
7 Heshvan 5781
25 Octobre 2020

Dès l’âge de 3 ans, l’enfant prodige s’interrogeait sur l’essence du


monde. Il s’intéressa à toutes les croyances de l’époque, et décelait
leur vanité. Jusqu’à ce qu’il conclut de la présence d’un Être suprême,
Eternel, qui a tout créé. Il décida alors de le servir, et approfondit Sa
connaissance. Hashem admira sa détermination et son assiduité. Dans
un premier temps, Il lui ouvrit le cœur à la Sagesse suprême. Puis se fut
l’ange Gavriel qui vint lui dévoiler les mystères de la création. Bientôt, il
rédigea le Sefer haYetsira – le livre de la création.
Un jour, sa mère entendit Avraham raisonner des idolâtres venus
acheter des pantins chez Terah. Stupéfaite, elle le dépêcha chez son
mari. Mais celui-ci, en plein projet de construction de la tour de Babel,
n’apprécia pas la marginalité de son fils, et alla le livrer à Nimrod…
Lorsque Nimrod appris l’existence d’Avraham, il frémit. Ses conseillers
le calmèrent, et lui suggérèrent de le jeter au trou, en lui donnant une
ration de pain journalière, sans eau. Au terme de cette année, Nimrod
réunit son conseil pour délibérer de la sentence d’Avraham. Mais
ceux-ci raillèrent : « Un an sans eau ! Penses-tu qu’il soit encore en vie
?! » Et pourtant! Lorsque l’on ouvrit le cachot, on découvrit Avraham
resplendissant ! Une source d’eau avait jailli, et l’ange Gavriel venait lui
enseigner la Torah quotidiennement !
Nimrod condamna alors Avraham à monter sur le bûcher d’Our Kasdim.
Il invita tous ses partisans à apporter des bois. Pendant 40 jours, tous
s’en donnaient à cœur joie. Ils apportèrent une quantité colossale de
combustible pour exterminer cette nouvelle conscience du monde.
La chaleur de la fournaise n’avait pas d’égale. Il était impossible de se
tenir même à plusieurs lieues.
Or, aucun bourreau ne parvenait à accompagner Avraham aux flammes.
On suggéra alors de le catapulter au cœur de la fournaise. Ainsi fut
fait, ce qui coûta d’ailleurs la vie des tortionnaires, brûlés vifs avant

90 Leillouï nishmat Adèle Bat Sol TARRAB lebeth Wahnish z"l


PARASHAT LEKH-LEKHA
SEMAINE du
7 Heshvan 5781
25 Octobre 2020

même d’actionner la catapulte. Tandis que les proches d’Avraham le


suppliaient d’accepter la divinité de Nimrod et de se faire épargner.
Mais Avraham restait inflexible. Il était prêt à offrir sa vie au Dieu
unique. Avraham fut donc jeté dans la fournaise... et les flammes ne
le consumèrent pas ! Il se promena dans la fournaise pendant 3 jours!
Tous ceux qui assistèrent au spectacle comprirent la grandeur du Dieu
d’Avraham, et acceptèrent Sa divinité. Un Midrash raconte que Nimrod
lui-même offrit à Avraham son fils en esclave, qui devint le célèbre
Eliezer, le fidèle serviteur d’Avraham.
Cette histoire fantastique n’est pas explicite dans les versets de
la Parasha, mais dans le Midrash. Tandis que la Torah s’attarde à
raconter l’épreuve de Lekh Lekha, dans laquelle Avraham quitta son
pays natal pour errer vers une terre inconnue. Les Maîtres du Moussar
s’interrogent : pourquoi ? Et de répondre : il est bien plus difficile de
vivre pour l’honneur d’Hashem en renonçant continuellement à ses
habitudes, plutôt que de faire le grand geste héroïque de mourir pour
l’honneur d’Hashem!

Leillouï nishmat Adèle Bat Sol TARRAB lebeth Wahnish z"l 91


PARASHAT VAYÉRA
SEMAINE du
14 Heshvan 5781
1 Novembre 2020

PARASHAT VAYÉRA
Semaine du 14 au 20 Heshvan 5781 - 01/11/20 au 07/11/20

La Akeidat Itzhak – le sacrifice d’Itzhak

Introduction

V oilà plus de 3500 ans que le peuple juif continue d’exister par son
Zekhout Avot –le mérite des Patriarches–, et particulièrement, la
Akeidat Itzhak – le sacrifice d’Itzhak. Hashem nous libéra d’Egypte
lorsque nous invoquâmes le souvenir des Patriarches. Dans le désert,
Moshé annula plusieurs décrets grâce à leurs mérites. Durant les 830
ans des 2 Beit haMikdash –Temples–, nous expiâmes nos fautes en
apportant des sacrifices à l’endroit exact où Avraham ligota Itzhak –
qu’il substitua au dernier instant par un bélier, sur ordre de l’ange. Et
dans notre exil, nous ne cessons d’implorer la miséricorde d’Hashem
par les mérites d’Avraham, d’Itzhak et Yaacov, comme nous le faisions
à Rosh Hashana, Kippour, et lors des Hoshaanot de Souccot, ou tout
simplement à chaque fois que l’on prie la Amida.
Rav Dessler2 enseigne toutefois qu’un descendant ne peut continuer à
bénéficier du mérite de ses pères que s’il s’identifie à leurs actions, et
s’efforce de suivre leur chemin. Aussi, la Parasha de Vayéra que nous
lisons Shabbat 18 Heshvan (31/10) est l’occasion de méditer un peu

2- Mikhtav méElyahou I p.14

92 Leillouï nichmat Charlie Chalom ben Germaine Sarah z"l


PARASHAT VAYÉRA
SEMAINE du
14 Heshvan 5781
1 Novembre 2020

sur ces actes de bravoure extraordinaires, qui nous ont octroyé un


crédit de miséricorde infini auprès d’Hashem.
Nous commencerons notre étude en racontant cette émouvante
histoire à la lueur du Midrash et du Meam Loez. Nous ferons ensuite
suivre ce récit de quelques réflexions, qui mettront en exergue l’atout
essentiel qui permit à Avraham et Itzhak de ne pas faillir dans leur
mission : la Yireat Shamaïm – la crainte du ciel.

Le récit de la Akeidat Itzhak


Avraham est âgé de 99 ans lorsque Hashem
De la naissance se dévoile pour lui ordonner sa première
d’Itzhak à l’ordre Mitsva: la Brit Mila. Avraham accomplit la
du sacrifice volonté de Son créateur, et circoncit aussi
Yishmaël, son fils de 13 ans, ainsi que ses
serviteurs.
Au 3e jour, c’est le 15 Nissan. Hashem envoie à Avraham 3 anges qui
lui annoncent la naissance d’Itzhak pour l’année suivante. Et voilà qu’à
l’âge de 100 ans, Avraham voit son désir ardent se concrétiser : un
enfant naît de sa femme Sarah. Il circoncit Itzhak à son 8e jour. Deux
ans après, Avraham célèbre cette naissance par une somptueuse
réception, à laquelle se joignent 32 rois. Pour faire taire les sceptiques
qui doutent que Sarah ait réellement enfanté à l’âge de 90 ans,
Hashem réalise un prodige: Sarah allaite les nourrissons de toutes les
princesses invitées durant tout le temps de la cérémonie !
Avraham omet toutefois de convier aux festivités un grand susceptible:
le Satan… Celui-ci s’invite de lui-même. Il se déguise en mendiant, et
fait irruption dans la tente d’Avraham à un moment d’effervescence
pour demander l’aumône. Mais Avraham et Sarah ne redoublent pas

Leillouï nichmat Charlie Chalom ben Germaine Sarah z"l


93
PARASHAT VAYÉRA
SEMAINE du
14 Heshvan 5781
1 Novembre 2020

de vigilance envers les pauvres durant leurs réjouissances… Avraham


est plongé dans les préparatifs de sa cérémonie, pendant que Sarah
allaite des dizaines de nourrissons !
L’intrus se fâche, et monte accuser Avraham devant le tribunal céleste:
« Maître du monde! Tu as offert à Avraham un enfant à l’âge de 100 ans.
Et voilà qu’à présent, Avraham célèbre cette naissance en manquant de
T’offrir ne serait-ce qu’un petit oisillon en offrande! N’ai-je pas raison de
dénoncer continuellement l’ingratitude de l’homme?!’ Hashem lui répond:
‘Cesse donc tes critiques! Avraham M’est si fidèle qu’il accepterait de
M’offrir son fils si Je le lui demandais… »
Les années passent, Itzhak grandit, éveillant la jalousie d’Yishmaël son
aîné qui le taquine: « Mon mérite est plus grand que le tien! Toi, tu as fait
la Brit Mila à ta naissance, sans peine. Moi, je l’ai fait à l’âge de 13 ans, avec
toute la douleur que cela implique!’ Itzhak lui répond: ‘Tu te vantes d’avoir
souffert d’un membre en l’honneur d’Hashem?! Si Hashem me demandait
de m’offrir entièrement à Lui, je courrais accomplir Sa volonté ! »
Voilà 2 bonnes raisons pour demander l’impossible… Avraham
doit dévoiler au grand jour l’amour d’Hashem qui emplit son cœur.
Itzhak doit prouver sa totale soumission, en s’offrant entièrement à
Hashem… Hashem attend cependant qu’Itzhak grandisse davantage
pour exprimer cette requête, afin de décupler le mérite de chacun.

Lorsqu’Itzhak atteint l’âge de 37 ans, Hashem


En route pour ordonne à Avraham d’apporter son fils chéri
Har haMorya ! dans la région de Moryah, pour le Lui offrir en
le montant sur l’autel, sur la montagne qu’Il
désignera. Avraham se prépare à sa Mitsva avec enthousiasme. Il
annonce à Sarah son désir d’aller éduquer Itzhak au rituel des sacrifices,

94 Leillouï nichmat Charlie Chalom ben Germaine Sarah z"l


PARASHAT VAYÉRA
SEMAINE du
14 Heshvan 5781
1 Novembre 2020

en lui cachant toutefois qui sera l’offrande. Il se lève le lendemain aux


aurores, attèle lui-même son âne en le chargeant du nécessaire pour le
sacrifice, et quitte la région des Philistins en direction de la montagne
inconnue, accompagné d’Itzhak, Yishmaël et Eliezer.
La distance qui les sépare de Moryah n’est pas grande. Pourtant, ce
trajet dure, car il n’est pas question qu’Avraham réalise un acte si grand
sans préparation mentale. Il marche ainsi pendant 2 jours, en méditant
sur l’acte qu’il s’apprête à faire.
Le Satan tente alors de le refroidir: « Mon vieux a perdu la tête! La
conscience du monde qui raisonnait si souvent les païens est à présent
persuadé qu’Hashem lui demande de Lui offrir son fils! » Mais Avraham
ne se laisse pas troubler: « ‘Je marche dans mon intégrité!’ Je n’ai pas
l’ombre d’un doute qu’Hashem m’a prescrit cette Mitsva! »
L’impénitent insiste: « Est-ce de l’intégrité?! Après des décennies d’attente,
Hashem a concrétisé sa promesse en offrant un enfant prodigieux à 2
vieillards. Ta naïveté te pousse à présent à une cruauté ingrate! » Avraham
rétorque: «‘As-tu déjà vu un innocent succomber?’ Hashem donne aux
justes ce qui est le mieux pour eux. Ce n’est pas à moi de transgresser son
ordre pour assurer mon bien-être. »
Le Satan jette alors sa dernière carte: « J’ai entendu de l’autre côté du
rideau du tribunal céleste qu’Hashem désire uniquement que tu montes ton
fils sur l’autel, sans le tuer! » Et Avraham de le fustiger: ‘Trop tard ! Tes
balivernes précédentes t’ont fait perdre toute crédibilité!’
Avraham a vaincu son Yetser Hara – le mauvais penchant, et est
maintenant apte à offrir pleinement son fils à Hashem. Après 3 jours
de marche, Hashem lui dévoile la montagne sacrée, sur laquelle
sera construit quelques 800 ans plus tard l’autel du Beit haMikdash.
Avraham lève les yeux et remarque une nuée qui encercle le sommet
de la montagne. Il demande à ses 3 accompagnateurs s’ils aperçoivent

Leillouï nichmat Charlie Chalom ben Germaine Sarah z"l


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eux-aussi l’étrange phénomène. Itzhak confirme, Yishmaël et Eliezer


infirment. Avraham dit à ces derniers: « Tenez donc compagnie à l’âne, le
temps que moi et Itzhak allions nous prosterner là-bas, devant Hashem! »
Avraham et Itzhak emportent le nécessaire pour le sacrifice, et
commencent à monter gaiement la montagne. Itzhak demande alors:
« Père! Voici le feu et le bois, mais où est donc l’agneau de l’holocauste? »
Avraham répond: « Hashem choisira l’agneau qu’Il désire, mon fils! »
Itzhak saisit l’allusion. Deux points plutôt qu’une virgule… ‘L’agneau
qu’Il désire : ‘mon fils!’’ « Mon père, ce grand prophète, a reçu l’ordre de
me sacrifier à Hashem! » Itzhak s’émeut de mériter d’être désiré par
Hashem, et redouble d’enthousiasme pour poursuivre l’ascension de
la montagne.
Le Satan a certes perdu une manche contre Avraham, mais prépare
sa revanche contre Itzhak. Il prend une apparence de jeune homme, et
ouvre la discussion: « Ton père si dévoué est en route pour t’apprendre à
servir pleinement Hashem… après ta mort, dans l’autre monde! Incroyable!
Comment 2 êtres si bons vont-ils commettre un tel crime?! As-tu idée du
nombre de larmes que ta mère a versées pour t’avoir?! Combien de jours
a-t-elle jeûné pour mériter une progéniture? Continuera-t-elle de vivre après
cela?! Votre folie va tuer cette Tsadeket – cette pieuse ! »
Itzhak mord à l’hameçon, et se tourne vers son père: « Père! Peut-être
faut-Il demander à Hashem s’Il t’a vraiment ordonné cet ordre étrange!
Hashem t’avait sommé de renvoyer Yishmaël sur le conseil de Maman,
afin qu’il ne conteste pas ma suprématie. Est-ce logique qu’Il te demande à
présent de me sacrifier, et que tu n’aies pas osé te concerter avec Maman
sur le sujet? »
Avraham discerne le discours humaniste de l’être qui n’aspire qu’à la fin
de l’humanité, et décide d’arracher son fils de ses griffes: « Sache, mon
fils, que ce jeune homme n’est autre que le Satan, venu pour torpiller notre

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PARASHAT VAYÉRA
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mission colossale. Si j’avais l’ombre d’un doute qu’Hashem m’ordonne cette


Mitsva, aurais-je encouru le moindre risque de perdre l’enfant extraordinaire
que tu es?! Notre devoir en cet instant est d’accomplir la volonté d’Hashem
avec enthousiasme, sans se soucier du lendemain ! »
Les pourparlers diplomatiques ayant échoué, le Satan déclare la guerre
physique! Il avance de quelques lieues, et se transforme en fleuve.
Quelques minutes après, Avraham arrive sur la rive. Il constate que l’eau
est profonde, et décide de porter Itzhak, afin que le sacrifice d’Hashem
ne se blesse pas. Il avance doucement, mais l’eau devient de plus en
plus profonde. D’un coup, il réalise l’entourloupe: « Je suis déjà venu ici
il y a plusieurs années, et il n’y avait aucune rivière. Or, il est impossible
qu’une accumulation de pluies puisse prendre de telles proportions… »
Il lève alors ses yeux au ciel, et prie Hashem de l’aider à surmonter
cette épreuve. On gronde alors le Satan du ciel, qui se retire aussitôt.
Dès lors, Avraham redouble de vigilance pour préserver Itzhak de tout
incident, car un sacrifice blessé peut facilement devenir invalide.

En arrivant en haut de la montagne, Avraham


Construisons et Itzhak reconstruisent l’autel édifié quelque
en ce jour, mon 2000 ans plus tôt par Adam, sur lequel Noah
fit ses sacrifices en sortant de l’Arche. Un feu
fils, un trône ardent emplit leurs cœurs, tel un vieux père qui
pour le roi du s’apprête à marier enfin son cher et unique fils.
monde ! « Mon Père, Je t’en prie! Accomplis l’ordre d’Hashem
avec ferveur! Veille à me brûler parfaitement, et
emporte mes cendres à ma mère ! Lorsqu’un brin de peine gagnera son
cœur pur, qu’elle les saisisse et se souvienne avec fierté que tu m’as égorgé
pour la gloire d’Hashem ! » dit-il. Avraham le réconforte: « Ne te soucie
pas pour notre continuité, mon fils! Hashem qui nous a toujours soutenus
et consolés, continuera à nous consoler après ton sacrifice! »

Leillouï nichmat Charlie Chalom ben Germaine Sarah z"l


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Itzhak dit alors à Avraham: « Père! Mon cœur désire pleinement faire la
volonté de mon créateur, en mourant pour Lui. Néanmoins, l’instinct coquin
risque de faire échouer notre programme au dernier instant, s’il prend peur
en voyant le couteau s’approcher. De grâce, ligote-moi fermement, afin que
ma She’hita ne soit pas invalide! »
Avraham approuve la suggestion d’Itzhak, et lui attache fermement
les pieds et les mains derrière le dos. Au même instant dans le ciel,
Hashem ligote les anges accusateurs et les zodiaques, et les asservit
aux descendants d’Avraham et Itzhak.
Avraham saisit alors le couteau de She’hita dans sa main droite, et le
gosier d’Itzhak dans sa gauche. Il admire une dernière fois le regard
angélique de son merveilleux enfant. Des torrents de larmes coulent de
ses yeux. Les ordres d’Hashem sont certes incompréhensibles, mais ils
sont sans aucun doute bénéfiques, dans l’absolu ! De son côté, Itzhak
rive ses yeux au ciel. Il implore de tout son cœur que le mérite de son
sacrifice aide à la gloire d’Hashem dans le monde, afin que l’humanité
entière se soumette à Sa volonté. Avraham laisse un sanglot profond
s’échapper. Il se reprend immédiatement, en levant ses yeux au ciel. Il
aperçoit la Shekhina [Providence], et prie de toutes ses forces: « ‫שא‬ ׂ ָ ‫ֶא‬
ׂ ֵ ֹ‫ ע‬,’‫ ֵעינַ י ֶאל ֶה ָה ִרים ֵמ ַאיִ ן יָ בֹא ֶעזְ ִרי? ֶעזְ ִרי ֵמ ִעם ה‬- Je lève mes
!‫שה ׁ ָש ַמיִ ם וָ ָא ֶרץ‬
yeux vers les montagnes, pour voir d’où me viendra le secours. Le secours
me viendra d’Hashem, qui a créé le ciel et la terre ! » 3
En parallèle, la cour céleste est en effervescence. Les anges pleurent,
hurlent : « Regardez ces 2 humains uniques au monde, prêts à tout donner
à leur Créateur, contre toute logique! » Ils implorent Hashem: « Maître du
monde ! Si tu reprends l’âme de cet enfant, qui reconnaîtra Ta majesté aux
rives de la mer Rouge ?! Aie pitié de ces justes, pour Ta gloire sur terre! Ne
laisse pas cette étoile s’éteindre ! »

3- Tehilim 121

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Le couteau atteint à présent le cou d’Itzhak. Sa Neshama [âme] débute


son ascension vers le ciel. Soudain…
Une voix s’élève: « Avraham! Avraham! » Un ange se dévoile et lui
ordonne : « ‫שלַ ח יָ ְד ָך ֶאל ַה ַ ּנ ַער‬ ְ ׁ ‫ ַאל ִּת‬- Ne porte pas la main sur ce jeune
homme! » Avraham répond: « Puis-je au moins lui faire couler une goutte
de sang? » L’ange continue « ‫ ִּכי ַע ָּתה יָ ַד ְע ִּתי ִּכי יְ ֵרא‬,‫ש לוֹ ְמאו ּ ָּמה‬ ׂ ‫וְ ַאל ַּת ַע‬
ָ ָ ׂ ַ ‫ל ִֹקים ַא ָּתה וְ ל ֹא ָח‬-‫ ֱא‬- Ne lui fais aucun mal!
‫שכְ ָּת ֶאת ִ ּבנְ ך ֶאת יְ ִח ְידך ִמ ּ ֶמ ִ ּני‬
Car J’ai à présent vu que tu crains ton Dieu! »

Entre-temps, la Neshama [âme] d’Itzhak a


Je sonnerai à regagné son corps. Témoin de la capacité
tes enfants le d’Hashem à faire revivre les morts, il récite la
Berakha : « ‫ ָ ּברו ְּך ַא ָּתה ה’ ְמ ַחיֶ ה ַה ּ ֵמ ִתים‬- Tu es
Shofar de la source de bénédiction, Hashem, qui fait revivre les
rédemption ! morts » – qui deviendra la 2e Berakha de la Amida.
Mais Avraham est sceptique: « Lorsque Hashem
m’a ordonné d’apporter mon fils en offrande, Il s’est adressé directement
à moi. Pourquoi devrais-je à présent écouter l’ordre d’un ange qui le
contredit? » Hashem dévoile alors Sa providence et lui dit: « J’ai juré en
Mon nom que tu n’égorgeras pas ton fils! »
C’est alors qu’Avraham prie de tout son cœur: « Maître du monde! J’ai
moi aussi juré de ne pas quitter ce lieu sans T’avoir exprimé toute ma peine!
Avant-hier, Tu m’annonçais la naissance d’Itzhak, me promettant que sa
descendance perpétuerait la connaissance de Ton nom sur terre. Pourtant,
hier Tu m’ordonnais de Te le monter en offrande. J’ai accepté Ton décret,
sans poser de question. A présent, Tu m’ordonnes de ne pas le sacrifier.
Dieu de vérité, je veux comprendre Tes chemins ! Ta parole ne peut pas être
versatile! »

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Hashem répond: « Avraham, Mon bien aimé! Mon alliance est éternelle,
inchangeable! Je ne t’ai jamais demandé de sacrifier ton fils, mais de Me le
monter sur l’autel, à l’instar de celui qui apporte une offrande ! C’est ce que
tu as fidèlement et merveilleusement fait! Tu peux à présent le redescendre
de l’autel! »
Avraham implore alors Hashem: « Maître du monde! Autant que j’ai
dominé mes pulsions instinctives pour Ton honneur, Je Te supplie d’avoir
toujours pitié de ma progéniture ! Même lorsqu’ils enfreindront Tes
préceptes, retiens Ton courroux, et prends-les en patience et en miséricorde!’
Nos maîtres expliquent qu’une prise de conscience doit impérativement
être suivie d’un acte pour que son impact se grave dans le cœur. Ainsi,
après tant d’émotions fortes, Hashem offre à Avraham la possibilité de
substituer à Itzhak un bélier, qui se met à courir vers lui.
Mais le Satan revient à la charge, et essaie de torpiller ce sacrifice. Il
déroute le bélier, qui se prend les cornes dans un buisson. Avraham
court le saisir, et l’offre en holocauste.
Lorsqu’il l’égorge, il prie: « Que Ta volonté, Hashem, soit d’agréer cette
She’hita à la place du sacrifice d’Itzhak! » Lorsqu’il jette son sang sur
l’autel, il dit: « Que ta volonté soit d’accepter ce sang à la place du sang
d’Itzhak! » Et lorsqu’il achève de le consumer, il ajoute: « Considère
Hashem cette consumation comme si j’avais consumé mon fils Itzhak en
ton honneur! Maître du monde! Autant que le Satan a embarrassé ce
bélier dans les buissons, il tentera maintes fois d’induire mes enfants
en erreur. De grâce ! Souviens-toi de ma détermination à faire Ta volonté,
en me taisant contre toute logique, et retiens Ton courroux contre mes
enfants, pour faire preuve de patience à leur égard! »
Hashem agrée la prière d’Avraham, et le bénit: « Je jure par Mon nom!
Parce que tu n’as pas épargné ton fils unique, Je te bénirai et te comblerai
de Mes faveurs. Je multiplierai ta descendance comme les étoiles du ciel et

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comme le sable de la mer. Ta postérité conquerra les portes de ses ennemis,


et toutes les nations de la terre s’estimeront heureuses par ta postérité.
Comme ce bélier, tes enfants traverseront des exils parfois difficiles. Ils s’y
emmêleront même, jusqu’à ne plus espérer leur salut. Mais, Moi, Hashem,
les en sortirai. Je sonnerai de ce Shofar, de la corne de ce bélier que tu as
substitué à Itzhak! »
Avraham nomme le lieu ‘Hashem Yiréh’ –Hashem verra– pour évoquer
le souvenir du pacte conclu, lorsqu’Il verra cette montagne. Or, Shem,
le fils de Noah, l’appela quelques années plus tôt ‘Shalem’ –au nom de
Shalom, la paix. Hashem honora la volonté de ces 2 justes, et composa
le nom de Yéroushalaïm [Yiréh et Shalem].

Réflexions sur la Akeida


Le couteau qu’Avraham saisit pour égorger Itzhak est appelé dans
la Torah ‘‫[ ’ ַמ ֲאכֶ לֶ ת‬Maakhélet] – litt. qui fait manger. Nos Maîtres
commentent ce nom original: ‘par son intermédiaire, nous continuons à
manger et jouir des bienfaits d’Hashem’. Hashem a envoyé 10 épreuves à
Avraham. Le Midrash enseigne que la Akeidat Itzhak –la dernière épreuve
du sacrifice d’Itzhak– vint boucler l’élection éternelle d’Avraham. Ainsi,
la survie d’Israël tout au long de l’histoire provient de ce sacrifice.
C’est la raison pour laquelle nous mentionnons son mérite dans nos
prières à chaque moment difficile, notamment dans les Selihot, dans
les prières de Rosh Hashana et de Kippour, etc.
Le Choul’han Aroukh4 rapporte encore: ‘C’est un bon usage de lire la Akeidat
Itzhak tous les matins…’ Les commentateurs expliquent qu’évoquer le
mérite des Patriarches avant de prier aide à ce qu’Hashem agrée nos
prières. Les hommes méticuleux dans les Mitsvot veillent à se rendre à
4- ch.1 §5

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la synagogue avant le début de Sha’hrit afin d’ouvrir la prière par cette


séquence. Or, Rabbeinou Béhayeh écrit que toute Segoula –lecture de
texte qui favorise une réussite spécifique– doit nécessairement être
lue avec compréhension pour apporter son bienfait. Voilà donc une 1ère
raison de comprendre la signification de ce texte.
Mais ce principe est d’autant plus essentiel pour la Akeidat Itzhak. Le
Taz5 rapporte en effet que le but de cette lecture est d’éveiller en nous
le devoir de nous soumettre à la volonté d’Hashem, même lorsque
l’accomplissement de Ses Mitsvot semble s’opposer à toute logique.
Le Shlah Hakadosh6 loue celui qui s’émeut de cette lecture jusqu’aux
larmes, en s’imaginant être Avraham, prêt à tout offrir à Hashem pour
glorifier Son nom. Car le mérite de nos Pères est particulièrement
effectif lorsque nous nous identifions à eux et à leurs enseignements.
Mettons donc en exergue 2 leçons de cette histoire si grandiose.

Poser des questions ? Oui, mais quand ?!


Le récit de la Akeidat Itzhak à la lueur du Midrash insiste sur le fait
qu’Avraham ne va pas offrir son fils à Hashem en ‘shahid’, sur un coup
de tête. Hashem tarde à dévoiler la montagne élue afin qu’Avraham
médite sur son acte. Durant 3 jours, notre père a longuement le
temps de se poser des questions. Les paroles d’Hashem semblent
si contradictoires! 38 ans auparavant, Hashem lui promettait la
naissance d’Itzhak, qui perpétuerait ses enseignements. Lorsque cet
enfant grandit et que la fréquentation d’Yishmaël risque de lui nuire,
Hashem approuve la décision de Sarah de chasser Yishmaël de la
maison. Et voilà qu’Hashem lui demande à présent de mettre un terme

5- Ibid.
6- Cf. Méam Loez sur la Akeida

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PARASHAT VAYÉRA
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à ses espoirs! Mais Avraham sait pertinemment qu’Hashem a ordonné


ce sacrifice.
Le Satan va même dévoiler à Avraham le compromis rationnel à
ces contradictions : ‘Certainement, Hashem désire uniquement que tu
disposes Itzhak sur l’autel, et que tu le redescendes aussitôt’ – comme ce
fut d’ailleurs la réponse d’Hashem au final. Mais Avraham chasse de
son esprit ces hérésies: ‘Tes balivernes précédentes t’ont fait perdre toute
crédibilité! La punition du menteur est que l’on ne tient pas compte de ses
propos, même s’il peut y avoir du vrai!’
C’est donc la totale soumission et fidélité d’Avraham qui est mise à
l’épreuve. La Akeida nous enseigne qu’un juif doit remplir son devoir
envers Hashem même lorsque la Mitsva lui paraît illogique. Pourtant,
lorsqu’Avraham reçoit l’ordre in extremis d’épargner Itzhak, il pose ses
questions à Hashem. Cette conduite contredit-elle la leçon précédente?
Rav Dessler zatsal répond: l’homme a le droit et même le devoir de
comprendre les conduites d’Hashem, mais pas de les remettre
en cause! Or, poser une question à un moment où l’on décèle en soi
un certain refus de remplir un devoir, attisera forcément la révolte,
transformant la question légitime en prétexte pour esquiver le devoir.
Avraham attend de prouver sa détermination, pour oser exprimer son
besoin de comprendre ces propos opposés.

La Akeidat Itzhak : un témoignage d’amour ou de crainte ?


Servir Hashem avec amour signifie désirer grandir le nom d’Hashem,
et s’exprime par le fait que l’on accomplisse Sa volonté avec zèle.
Tandis que Le servir avec crainte met plutôt l’accent sur la soumission,
la prédisposition à annuler totalement son être et ses désirs pour
accomplir Son ordre.

Leillouï nichmat Charlie Chalom ben Germaine Sarah z"l 103


PARASHAT VAYÉRA
SEMAINE du
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1 Novembre 2020

Aussi, l’épreuve de la Akeidat Itzhak était double. Pour Avraham, ce


sacrifice fut l’occasion de prouver son amour pour Hashem en Lui
offrant de tout son cœur ce qu’il avait de plus cher. Avraham atteint
à cette occasion l’apogée de l’amour pour Hashem, et mérita le titre
éternel de ‫ – ַא ְב ָר ָהם א ֲֹה ִבי‬Avraham Mon bien-aimé7. Quant à Itzhak, il
prouva sa crainte d’Hashem, en annulant littéralement sa personnalité
devant l’ordre d’Hashem.
Mais voilà que l’ange qui ordonna d’arrêter le sacrifice dit à Avraham:
‫ל ִֹקים ַא ָּתה‬-‫ ַאל ִּת ׁ ְשלַ ח יָ ְד ָך ֶאל ַה ַ ּנ ַער וכו’ ִּכי ַע ָּתה יָ ַד ְע ִּתי ִּכי יְ ֵרא ֱא‬- Ne fais
aucun mal au jeune homme… car J’ai su à présent que tu crains ton Dieu !
Bien sûr, accomplir pleinement la Akeida requérait aussi de la crainte
d’Hashem, afin de surpasser l’amour pour Itzhak devant l’ordre
d’Hashem. Il semble toutefois que cette dimension était bien moins
remarquable que l’amour dévoilé à cette occasion. Pourquoi l’ange
préfère-t-il remarquer la crainte d’Avraham?
Commençons par poser l’élément de réponse général: l’amour
d’Hashem et la crainte du ciel sont complémentaires. Pour exceller
dans l’amour d’Hashem, il faut nécessairement Le craindre.
On pourrait comparer la Yireat Hashem aux fondations sur lesquelles
on érige le bâtiment d’amour. Si ces fondations ne sont pas robustes,
le bâtiment s’effondrera un jour où l’autre. Rav Aharon Kotler zatsal
écrit que sans Yireat Shamaïm, Avraham se serait forcément laissé
tenter par les hérésies du Satan, déformant au nom de la logique
l’ordre d’Hashem. La Akeidat Itzhak a attesté que l’amour d’Avraham
est entier parce qu’il est fondé sur une Yireat Shamaïm infaillible.
Ainsi, nos Maîtres enseignent8: ‘Sers Hashem avec amour, et sers
Hashem avec crainte. Sers Hashem avec amour, pour que le jour où ton
7- Yeshayahou 41:8
8- Yeroushalmi Berakhot 61A

104 Leillouï nichmat Charlie Chalom ben Germaine Sarah z"l


PARASHAT VAYÉRA
SEMAINE du
14 Heshvan 5781
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cœur te refroidit, tu puisses lui répondre: «Comment pourrais-je manquer


d’enthousiasme?! Celui qui aime ne peut pas haïr!» Sers Hashem avec
crainte, pour que le jour où ton cœur est tenté de se défaire de tes obligations,
tu puisses lui répondre: «Comment pourrais-je fuir mon devoir?! Celui qui
craint ne remet jamais en cause!»’
Comme ces mots simples sont pleins de sagesse! L’homme a en
lui un Yetser Hara –mauvais penchant–, qui lui fait traverser des
moments de relâche de 2 sortes. Tantôt, il manque d’enthousiasme,
ne trouve pas en lui les forces d’éveiller son cœur à servir Hashem.
Une Mitsva réalisée sans feu mérite certes un salaire respectable; elle
est néanmoins nettement moins gratifiante que la Mitsva faite avec
investissement, cœur, intention et sincérité. Pour surmonter ce type
de Yetser Hara, la Torah nous enjoint de servir Hashem avec amour,
car le cœur qui aime regroupe sous son drapeau toutes les troupes
–les membres du corps– pour réaliser ses désirs. Tandis que la crainte
ne peut strictement pas parvenir à faire agir avec harmonie, puisqu’elle
est un sentiment brimant, astreignant.
Tantôt, l’homme se relâche parce qu’il est tenté par autre chose.
Certes, il aime Hashem, mais son cœur est ponctuellement rivé vers
un plaisir immédiat interdit. A un tel moment, quel outil lui permettra
d’éviter la faute ? Si son intellect lui rappelle son devoir, cet homme
va instinctivement le remettre en cause, démontrant que sa situation
présente ne le contraint pas vraiment à respecter cette barrière. Et pour
peu que notre ami ait étudié de la Guemara, son instinct argumentera
même que céder à la tentation dans cette circonstance est une Mitsva !

Dans cette lutte, comment l’homme peut-il briser sa pulsion ? L’unique


outil qui lui permettra d’éviter la faute est la Yireat Shamaïm – la
crainte du ciel. Jeter une bonne dose de glace sur les braises ardentes
du désir. Le Saba de Kellem –Rav Sim’ha Zissel Ziv zatsal– qualifiait la

Leillouï nichmat Charlie Chalom ben Germaine Sarah z"l


105
PARASHAT VAYÉRA
SEMAINE du
14 Heshvan 5781
1 Novembre 2020

Yireat Shamaïm de ‘couteau aiguisé capable de trancher tout éveil


instinctif’.
Remarquons encore que la complémentarité de l’amour et de la crainte
est impérative sur plusieurs autres plans de la vie. Dans un couple par
ex., l’amour sincère et durable ne peut se suffire d’une appréciation
intense du conjoint. Il faut aussi le craindre, réaliser qu’oser ébranler
même occasionnellement certaines barrières de respect mutuel peut
briser en un clin d’œil un rapport harmonieux, aussi splendide et aussi
fragile que du cristal.
Ce principe est aussi essentiel pour tous nos rapports avec autrui –
parents, amis, collègues. L’appréciation pour une personne doit
impérativement être accompagnée de crainte pour lui. En toutes
circonstances, il faut apprendre à maîtriser ses critiques, sans se laisser
aller à constater –ne fût-ce qu’en silence !– un manque chez l’autre
qui pourrait entraver à jamais cette estime. Celui qui ne redouble pas de
vigilance sur ce point mine son rapport avec autrui, et s’étonne après
des proportions gigantesques que prennent les querelles lorsqu’elles
éclatent !

106 Leillouï nichmat Charlie Chalom ben Germaine Sarah z"l


PARASHAT HAYEI SARAH SEMAINE
21 Heshvan 5781
du

8 Novembre 2020

PARASHAT HAYEI SARAH


Semaine du 21 au 27 Heshvan 5781 - 08/11/20 au 14/11/20

A u retour du mont Moryah, Avraham réalise l’urgence de marier


son fils Itzhak : « Si Hashem ne m’avait pas arrêté au dernier instant,
j’aurais à jamais perdu ma progéniture de Sarah ! », se dit-il. Mais quelle
femme peut correspondre à ce Tsadik ? Certes, Eshkol, Aner et Mamréh,
les fidèles amis d’Avraham, sont devenus des hommes intègres, qui
servent le D-ieu unique. Néanmoins, leur ascendant Canaan a été
maudit par son grand-père Noah, et aucune de ces filles n’est digne de
devenir la matriarche d’Israël ! C’est alors que l’on fait savoir à Avraham
que Milka, la sœur de Sarah, a elle aussi mérité une couche à un âge
très avancé. [Targoum Yonathan et Rashi 22:20]
Avraham est cependant trop vieux pour se rendre lui-même à ‘Haran,
sa ville natale. Il ne peut pas non plus envoyer Itzhak, qui a depuis
la Akeida un statut de Ola –d’holocauste–, et ne peut sortir d’Israël.
Aussi, il somme Eliezer, son fidèle serviteur, d’aller chercher cette fille.
Auparavant, Avraham assermente Eliezer [Bereshit 24:3-4]: « Je t’adjure par
le nom d’Hashem, D-ieu du ciel et de la terre, de ne pas choisir une épouse
parmi les filles des Cananéens, avec lesquels je demeure, mais d’aller dans
mon pays natal chercher un épouse à mon fils, à Itzhak. »
Eliezer demande alors à Avraham de lui préciser la conduite à adopter
au cas où la jeune fille refuserait de le suivre. Son maître lui fait
jurer de ne ramener en aucun cas Itzhak dans son pays natal, et de
préciser « que si cette femme ne consent pas à te suivre, tu seras dégagé
de ce serment que je t’impose… » 

Leillouï nichmat René Avraham ben Mordekhaï z"l


107
SEMAINE du
21 Heshvan 5781 PARASHAT HAYEI SARAH
8 Novembre 2020

Soit, ce serment est composé de 3 éléments : ne pas marier Itzhak à


une Cananéenne, mais aller chercher une fille à ‘Haran, sans toutefois
ramener Itzhak. Et dans l’éventualité où Eliezer ne trouverait pas en
Mésopotamie de fille qui accepte de le suivre, Avraham dégage Eliezer
du 2e élément – de continuer à chercher une autre fille à ‘Haran, tandis
que l’interdit de faire sortir Itzhak d’Israël, ou de le marier à une fille
de Canaan, restent en vigueur. [Ramban 24:8] La suite de la Parasha [24:49]
dévoilera qu’Eliezer devait alors aller tenter sa chance chez Yishmaël
ou chez Lavan.
Remarquons qu’Avraham fait prêter serment à Eliezer en insistant
étrangement sur la clause de ne pas choisir une fille de Canaan ‘avec
lesquels il demeure’. Le Kli Yakar explique cette expression en dévoilant
une règle d’or pour le bon choix du conjoint…
Avraham a le choix entre 3 sortes de femme pour Itzhak. A priori, Rivka,
une ‘bonne fille d’chez nous !’ – de bonne souche. Et au cas où celle-
ci ne voudra pas venir en Israël, choisir entre une fille du pays, certes
cananéenne, mais qu’Eliezer veillera à choisir de famille honorable,
telle que la fille d’Eshkol, Aner ou Mamréh, qui sont de bons amis
d’Avraham, qui servent le D-ieu unique. Ou plutôt, choisir une fille de
Loth ou de Yishmaël, qu’il faudra convaincre de venir vivre en Israël. Or,
ces derniers sont de bons idolâtres ! Pourquoi alors Avraham préfère-
t-il ces filles à celles d’Eshkol, Aner et Mamréh ?!
Le Kli Yakar [24:3] explique qu’Avraham répond à cette question par les
petits mots ‘les filles des Cananéens, avec lesquels je demeure’.
Soit, Canaan a été maudit parce que Noah a décelé en lui un mauvais
trait de caractère bien ancré, qui l’amène à de mauvaises actions. Or,
un trait de caractère se transmet par le génome ! Bien sûr, l’homme
peut toujours le déraciner avec un travail acharné, en l’atténuant et le
cadrant peu à peu. Mais Eshkol, Aner et Mamréh sont encore loin d’y
être parvenus, malgré leur volonté et leurs efforts très respectables !

108 Leillouï nichmat René Avraham ben Mordekhaï z"l


PARASHAT HAYEI SARAH SEMAINE du
21 Heshvan 5781
8 Novembre 2020

En revanche, Loth et Yishmaël ont en potentiel de bonnes qualités.


Certes, leurs pensées et conceptions erronées les ont amenés à brader
leur vie éternelle pour le plaisir immédiat. Reste néanmoins qu’en
éloignant du cocon familial une de leurs filles, que l’on éduquera alors
sur de bonnes valeurs, on parviendra très probablement à former celle
qui construira le peuple d’Israël !

Leillouï nichmat René Avraham ben Mordekhaï z"l


109
SEMAINE du
28 Heshvan 5781 PARASHAT TOLDOT
15 Novembre 2020

PARASHAT TOLDOT
Semaine du 28 Heshvan au 5 Kislev 5781 - 15/11/20 au 21/11/20

A près 20 ans de mariage et toujours pas d’enfant, Itzhak et Rivka


prient Hashem de tout leur cœur. Hashem les exauce, et Rivka
accouche de deux jumeaux bien différents… L’un nait avec un corps
développé, poilu comme un adulte. Selon le Targoum Yontahan, même
sa dentition est complète ! Aussi, ses parents l’appelle Essav, au nom
de ‫שוּי‬
ׂ ‫[ ָע‬Assouï] - celui qui est fait / fini. Le second sort ensuite en
saisissant le talon de son frère, telle une personne qui refuse de se
faire doubler et tire son concurrent en arrière ; d’où son nom Yaacov,
au nom du ‫[ עקב‬Akev] – le talon.

Ces jumeaux vivent la même enfance, dans la maison d’Itzhak et


Rivka. Jour après jour, ces merveilleux parents se donnent corps
et âme pour éduquer ces enfants tant espérés. Sans aucun doute,
ils leur apprennent à dire Modé Ani dès qu’ils ouvrent les yeux, à se
laver les mains immédiatement. Puis comme dans toute maison juive
authentique, Rivka les habille en leur mettant le Tsitsit, leur coiffant les
Payess bouclées. Itzhak leur apprend à prier Sha’hrit, la prière instaurée
par Avraham, et leur enseigne les précieux préceptes reçus de son père.
Et un jour, ces deux deviennent adolescents, et un fossé commence à
se creuser entre eux. Yaacov s’investit de plus en plus dans l’étude. Il
va chez Shem et Ever –les fils et petit-fils de Noah– pour apprendre
davantage de ces rescapés/survivants des générations antérieures.

110 Refoua Shelema à Olivier Israel Shimon ben ‘Haya Esther


PARASHAT TOLDOT SEMAINE
28 Heshvan 5781
du

15 Novembre 2020

Tandis qu’Essav opte pour la vie paisible, et devient un ,‫יש י ֵֹד ַע צַ יִ ד‬ ׁ ‫ִא‬
ׂ ָ ‫ – ִא ׁיש‬un habile chasseur, un homme des champs, qu’Ounkelos
‫ש ֶדה‬
ִ ׁ ‫ גְ ַבר נַ ְח‬- un homme qui aime l’oisiveté.
interprète plutôt par ‫ש ְירכָ ן‬
Lorsqu’ils atteignent l’âge de 15 ans, leur grand-père Avraham décède.
Yaacov prépare un plat de lentilles rouges pour servir son père Itzhak
endeuillé. Essav entre alors à la maison après une journée épuisante.
Selon le Midrash, il vient de violer une jeune femme et de tuer son mari.
A peine Essav renifle-t-il le plat qui mijote qu’il supplie son frère de lui
verser dans son gosier ce plat rouge si tentant. Yaacov lui demande en
échange de lui céder le droit d’aînesse, de devenir officiellement celui
qui perpétuera l’enseignement d’Avraham et d’Itzhak. Essav évalue
rapidement le rendement: « De toute façon, je vais bien mourir un jour; A
quoi bon tenir à ce droit d’aînesse?! » Il troque alors son titre contraignant
contre de la valeur sûre – un bon petit plat ‘Adom’ – rouge.
Dès lors, la Torah dénommera Essav par Edom. Que signifie exactement
ce surnom ? Pourquoi ne pas avoir préféré le nom de Adash – lentille, ou
tout autre surnom mélodieux que l’on pourrait attribuer à un glouton ?
Le Sforno [25:30] interprète: ‘Du fait qu’Essav se montra tellement accro
de ses pulsions instinctives, sans même s’être intéressé à la composition
de ce plat Adom – rouge, on l’appela Edom – à l’impératif, dans le sens
‘Rougis ! Aies honte de toi, que tu désires tellement te goinfrer de rouge!’
Le nom Edom évoque le fait qu’Essav est avide d’assouvir ses instincts
au point de tout brader pour combler un désir même indéfini, une folle
envie de bâfrer sans même savoir de quoi il s’agit !
Et ce nom le poursuit jusqu’au bout. Essav a des enfants, des petits-
enfants, mais il continue d’être Edom – un animal mû par un instinct
avide. La Parasha raconte à 2 reprises des anecdotes assez amusantes
du singe qui imite l’homme, et ne fait qu’aggraver sa situation.

Refoua Shelema à Olivier Israel Shimon ben ‘Haya Esther


111
SEMAINE du
28 Heshvan 5781 PARASHAT TOLDOT
15 Novembre 2020

A commencer par son mariage à l’âge de 40 ans – afin de perpétuer la


coutume de son père Itzhak, qui se maria lui-aussi à 40 ans [28:34]. Mais
combien de femmes viola-t-il jusque-là ? N’aurait-il pas mieux fait de
se marier plus jeune, afin d’estomper un tant soit peu son instinct ?!
Sans parler non plus de la grande pieuse qu’il épousa… Deux femmes
Hitites, idolâtres de pure souche !
Puis à la fin de la Parasha, Itzhak envoie Yaacov à ‘Haran pour trouver
une fille de bonne famille. Essav dans sa grande sagesse décide lui-
aussi d’aller choisir une bonne ‘fille d’chez nous’ –la fille de Yishmaël–
mais ne se sépare pas pour autant de ses deux premières idolâtres !

112 Refoua Shelema à Olivier Israel Shimon ben ‘Haya Esther


PARASHAT VAYETSÉ SEMAINE
6 Kislev 5781
du

22 Novembre 2020

PARASHAT VAYETSÉ
Semaine du 6 au 12 Kislev 5781 - 22/11/20 au 28/11/20

F uyant Essav frustré d'avoir perdu son droit d'aînesse, Yaacov se


réfugie à ‘Haran, chez son oncle Lavan. Ce dernier est réputé pour sa
ruse. Malgré ses précautions, Yaacov se fait duper plus d’une centaine
de fois ! [31:41] Pour commencer, il travaille 7 ans pour obtenir la main
de Rahel, la cadette de Lavan. Mais le soir du mariage, Lavan fait entrer
sous le dais nuptial Léa son aînée, justifiant que ‘nous n’avons pas
l’usage de marier la petite avant la grande’. [29:26] Yaacov s’engage pour un
2e septennat, obtenant comme remise de peine la main de Rahel dès
la première semaine.
Au terme des 14 ans, Yaacov conclut avec Lavan un contrat original:
après avoir ôté du troupeau tout mouton tâché ou strié et toute chèvre
marron, le bétail qui naîtra et remplira ces conditions sera pour Yaacov.
Lavan est emballé, puisque la probabilité d’obtenir une bête pareille
avoisine le zéro. Mais Hashem soutient Yaacov et l’enrichit à profusion.
Sans cesse, Lavan modifie les conditions, retire des nouvelles bêtes du
troupeau qu’il donne à garder à ses fils; mais le troupeau continue de
pulluler en faveur de Yaacov. Lavan finit par ôter tous les mâles qu’il
déménage très loin. Mais les femelles continuent à se reproduire, par
l’eau de l’abreuvoir, ou parce que des anges apportent les mâles durant
quelques instants. [Rashi 10:31]
Mauvais payeurs, Lavan et ses enfants sont fous de rage. La
cohabitation devient invivable. Hashem se dévoile alors à Yaacov et lui
enjoint de regagner la terre d’Israël.
Leillouï nichmat Rosette Zara bat Sultana z"l
113
SEMAINE
6 Kislev 5781
du
PARASHAT VAYETSÉ
22 Novembre 2020

Le lendemain, Yaacov se concerte avec ses femmes en leur racontant


ses misères, puis leur annonce qu’Hashem lui ordonne de rentrer au
pays. Rahel et Léa rétorquent à leur tour que Lavan a envers elles
une conduite indigne, notamment parce qu’il les a vendues à Yaacov
comme des servantes, et qu’elles acceptent de ce fait ce qu’Hashem
ordonne.
Ce dialogue est étonnant! Si Yaacov veut rentrer en Israël parce que
Hashem le lui prescrit, pourquoi introduit-il son discours par le fait
que Lavan se conduit avec hargne envers lui? Et quand Rahel et Léa lui
répondent, pourquoi justifient-elles le devoir d’écouter Hashem par le
fait que Lavan les avilit? Si Lavan était un bon papa, cela aurait-il remis
en cause la nécessité d’écouter l’ordre d’Hashem?!

Une grande leçon est à déduire: quand Hashem souhaite faire bouger
un homme, la réalité même du monde lui prouve qu’il est appelé à un
nouveau challenge, en se faisant naturellement rejeter de sa place !
En effet, chaque Ben Israël a un but précis pour lequel il a été créé;
chacun traverse des épreuves particulières, qui développent en lui
une manière singulière de croire en Hashem et Le servir, selon une
conception du monde personnelle. Même celui qui grandit dans un
milieu non-juif et tarde à découvrir Hashem Le perçoit et Le sert ensuite
de manière spécifique, selon son vécu. Il a malgré lui été mis dans des
situations délicates qui lui ont permis de développer une sensibilité
originale. Puis vient le moment d’utiliser ce potentiel pour Hashem.
A chacun de ces carrefours, l’homme peut ressentir naturellement
que le changement de route s’impose. Ainsi, Yaacov, Rahel et Léa
souhaitaient mettre en évidence qu’Hashem leur dit via la réalité du
monde de bouger, afin de vivre pleinement Son ordre !

U
114 Leillouï nichmat Rosette Zara bat Sultana z"l
PARASHAT VAYISHLA'H SEMAINE
13 Kislev 5781
du

29 Novembre 2020

PARASHAT VAYISHLAH
Semaine du 13 au 19 Kislev 5781 - 29/11/20 au 05/12/20

ַ ‫ וְ ֶא‬, ֹ‫א ּתו‬-‫ר‬


ַ ‫ה ּצֹאן וְ ֶא‬-‫ת‬
‫ה ָ ּב ָקר‬-‫ת‬ ִ ‫ה ָעם ֲא ׁ ֶש‬-‫ת‬ ָ ‫ וַ ֵ ּיצֶ ר לוֹ ; וַ ַ ּי ַחץ ֶא‬,‫וַ ִ ּי ָירא יַ ֲעקֹב ְמאֹד‬
 .‫לִ ׁ ְשנֵ י ַמ ֲחנוֹ ת‬--‫וְ ַה ְ ּג ַמ ִ ּלים‬
Yaacov fut fort effrayé et plein d’anxiété. Il partagea son monde, le
menu, le gros bétail et les chameaux en deux bandes [Bereshit 32 :8]

Y aacov craint la rencontre avec Essav, qui l’accuse de lui avoir volé le
droit d’aînesse. Se préparant à une terrible vengeance, il sépare sa
famille en 2 groupes, pour qu’en cas d’affrontement difficile, au moins
l’un des deux survive. Rabenou Behayé (élève du Rashba, début du VIe
millénaire) explique que cet acte était un augure pour les futurs exils
des Juifs, qu’ils soient toujours divisés en deux (par ex. Séfarades et
Ashkénazes), afin que le peuple dans son intégralité ne soit pas dans la
tourmente en même temps.
Rav Shakh zatsal raconte : lors de la Première Guerre mondiale, beaucoup
de Yeshivot lithuaniennes ne savaient pas vers quel camp se diriger,
Alliés ou empires centraux. Le gendre du Hafets Haïm, le rav Levinson
zatsal, effectua un Goral Hagra, sorte de tirage au sort consistant à utili-

ser une Bible et à deviner la réponse à travers le verset qui apparaît. Il


tomba sur le verset précédemment cité, et comprit qu’il fallait séparer
les Yeshivot en 2 groupes. Mais auparavant, il préféra se concerter avec
son beau-père.
Il décida de ne pas lui dévoiler le Goral d’entrée de jeu. Et le Hafets Haïm,
après quelques instants de réflexion, donna son avis, de scinder les

Leillouï nichmat Peggy bat  Esther z"l


115
SEMAINE du
13 Kislev 5781 PARASHAT VAYISHLA'H
29 Novembre 2020

Yeshivot en deux, comme le fit Yaacov. Stupéfait, le rav Levinson lui


raconta qu’il avait abouti à la même conclusion, par des moyens plus
ésotériques. Mais le Tsadik, posément, le reprit qu’il n’y avait pas lieu
de s’exalter, et que c’était même regrettable d’avoir eu recours à des
moyens irrationnels : la Torah est le plan à partir duquel Hashem a créé
le monde et le dirige. Si on s’efforce de la comprendre et de la vivre, on
y trouve la solution à tous les problèmes, parce que les règles de vie
qu’elle propose sont le mode d’utilisation du monde !

116 Leillouï nichmat Peggy bat  Esther z"l


MOUSSAR
ETUDE
MENSUELLE

Shabbat- source de Berakha 118


Les prières de Shabbat 123
Le Shabbat de la création 126
Le Shabbat du don de la Torah 127
Le Shabbat du monde futur 134
Le Shabbat, la mariée du peuple d’Israël 135

Tefilat Hannah 137


L'histoire 137
La prière de Hannah 142
3 sortes de prière 149
MOUSSAR - Shabbat, Mekor haBerakha

Shabbat, Mekor haBerakha –


la source de bénédiction

L es émotions des fêtes de Tishrei sont déjà derrière nous… Nous voilà
prêts à surmonter les challenges de ce 5781e tour de calendrier,
durant lequel nous mettrons en application nos résolutions prises ce
dernier mois. Peut-être qu’un sentiment de détresse gagnerait le cœur
de certains, à l’idée de quitter les torrents de Kedousha [sainteté] des
jours passés… Et bien! Ne laissons pas cette angoisse nous atteindre!
Réalisons qu'Hashem nous a laissé un remontant tout aussi intense
pour surmonter ces longues périodes ‘plates’. Hashem dit à Moshé: ‘Je
possède dans mes coffres secrets un excellent cadeau; son nom est
Shabbat ! Je désire le donner au peuple d’Israël…’ [Shabbat 10B] En cette
veille de Shabbat Bereshit, l'heure est propice pour méditer sur la
singularité et la solennité du jour du Shabbat, le Mekor haBerakha - la
source de la bénédiction.

L a Torah débute en détaillant l’ordre de la création du monde, selon


lequel Hashem fit sortir du néant ce monde splendide, en 6 jours.
Puis, le verset ajoute: ‫שבּ ֹת‬ ְ ׁ ‫שה וַ ִ ּי‬
ׂ ָ ‫וַ יְ כַ ל ֱאל ִֹהים ַ ּביּוֹ ם ַה ׁ ְש ִב ִיעי ְמלַ אכְ ּתוֹ ֲא ׁ ֶשר ָע‬
‫ ַ ּביּוֹ ם ַה ׁ ְש ִב ִיעי וכו‬- Hashem mit fin le 7e jour à l’œuvre réalisée, et Il se
reposa le 7e jour…

118 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Shabbat, Mekor haBerakha
A première vue, s’abstenir de créer
Le repos du est un état passif, non une réalisation.
Shabbat, la création Si un potier modèle un vase pendant
de l’abstention de 3 heures et l’achève, il n’est pas juste
de dire qu’il le termine à la 4e heure,
création puisqu’il ne fait pas à ce moment
d’action d’interrompre. Le verset cité
présente donc une ambiguïté: Hashem
a créé durant 6 jours, et s’est abstenu de créer au 7e jour; il semble
inexact d’annoncer qu’Hashem a achevé Sa création au 7e jour!

Rashi propose une réponse énigmatique: ‘Qu’est ce qu’il manquait à la


création du monde? La Ménou’ha – le repos ? Vint le Shabbat, et apporta
cette Ménou’ha !’ Soit, au 7e jour, Hashem a créé le repos ! L’abstention
de création est elle-même une création, un état actif de non-activité.
Quelle est donc la nature de cette Menou’ha ?
Lorsque Hashem ordonne de garder le Shabbat, Il dit: Durant 6 jours tu
travailleras, et réaliseras toutes tes affaires; et le 7e jour sera un jour de
trêve en l’honneur d’Hashem…’ Pourquoi le verset introduit-il le Shabbat
par la nécessité de travailler en semaine?

Nos Maîtres répondent en relevant l’expression ‘toutes tes affaires’:


‘Considère toi en ce jour du Shabbat comme si tu avais achevé tout ton
travail, afin que tu n’en sois pas préoccupé durant ce jour’. Soit, la Torah
enjoint d’interrompre notre activité physique comme mentale. Pour
parvenir à cette sérénité, la Torah prescrit de nous conduire à l’image
de celui qui a terminé son travail. Si un vendredi, on est en pleins
pourparlers sur une affaire délicate, et que Shabbat vient couper les
tractations, la Torah prescrit d’entrer dans Shabbat avec la même
sérénité que celui qui a déjà conclu cette affaire et encaissé son gain!

w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
119
MOUSSAR - Shabbat, Mekor haBerakha
Comment parvenir à une telle quiétude? S’agit-il de se projeter dans un
monde idyllique qui fait abstraction de la réalité de ce monde d’action?
Rav Haïm Friedlander zatsal répond: s’inspirer de la Ménou’ha créée par
Hashem ! Expliquons.

Ce monde –après création– semble


La réalité du monde être dirigé par un ordre fixe. La nature
brouille les convictions propose différentes lois et forces, que
l’homme manipule comme il le désire
du croyant pour obtenir sa subsistance, sans
que personne ne puisse entraver son
choix. Mais en réalité, cette conception du monde est complètement
fausse. Nous, les juifs croyants, savons que le monde a un Maître,
et détenons la vérité sur cet ordre. Nous disons tous les matins:
ׂ ֶ ‫ ַה ְּמ ַחדֵּ ׁש ְ ּבטוּבוֹ ְ ּבכָ ל יוֹ ם ָּת ִמיד ַמ ֲע‬- qui renouvelle chaque
ִ ׁ ‫שה ְ ּב ֵר‬
‫אשית‬
jour, constamment, la création du monde. Hashem, qui a fait sortir cet
univers du néant, injecte à chaque instant ses forces de vitalité. A
sa guise, Hashem décide de laisser ces forces remplir leur mission. Et
parfois, Hashem peut, sans aucune contrainte, décider de prodiguer
Ses bienfaits à Ses fidèles même s’ils n’ont recours à aucune voie
naturelle ! Plus encore, Hashem a même la capacité de manipuler le
cœur de notre entourage pour les influencer dans leurs rapports avec
nous. [Ah ! Puisse-t-Il influencer votre cœur pour contracter un abonnement
au ‘5 minutes éternelles’… :-)) ]

Aussi, dans ce monde matériel, le Maamin –le croyant en Hashem–


manipule ces forces naturelles en voyant Celui qui les actionne.
Avec cette conviction, le Maamin commerce, négocie, convainc, mais
sait que son action n’a en elle-même aucune capacité d’aboutir.

120 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR - Shabbat, Mekor haBerakha
Certes, Hashem a prévu un ordre du monde selon lequel tout homme
doit, a priori, obtenir sa subsistance par des voies naturelles. Mais à
l’instar d’une graine que l’on plante, qui pourrit et disparaît jusqu’à
ce qu’Hashem daigne donner vie à ses résidus, le Maamin sait que
tous ses efforts sont voués à l’échec, sans la main d’Hashem qui
intervient et concrétise ses actions.

En théorie, le Maamin devrait ne jamais se laisser entraîner dans le


tourbillon de matérialisme qui happe la quasi-totalité des hommes.
Mais concrètement, même le plus intègre des hommes finit tôt ou
tard par se faire prendre à ce jeu de simulation. Hélas, nul homme sur
terre ne parvient à agir constamment selon ses convictions spirituelles.
Mû par des besoins naturels et instinctifs constants, tout homme perd
de vue pour quelques instants ses objectifs, et déjà, il commence à
vaciller dans ce monde trompeur.

Comment parvenir alors à exploiter ce


Le Shabbat, monde du matin jusqu’au soir, sans tomber
le moyen de dans l’hérésie que notre travail uniquement
apporte réussite? En interrompant cette
résister au activité –physique comme morale– à
tourbillon d’oubli des moments parfois décisifs, parce
que le Créateur du monde a instauré
le repos du 7e jour ! Nous ravivons ainsi
hebdomadairement notre conviction qu’Hashem est le Créateur
constant du monde. En semaine, je m’en remets à Lui pour qu’Il
convertisse mes efforts en réussite; et le Shabbat, parce que Hashem
me l’a imposé, je continue à m’en remettre à Lui pour qu’Il me
prodigue Ses bienfaits nonobstant ma passivité.

w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
121
MOUSSAR - Shabbat, Mekor haBerakha
Avec une telle conviction, je n’éprouve plus aucune difficulté à entrer
dans Shabbat paisiblement, comme si tout mon travail avait été
achevé, à l’image d’Hashem qui s’est reposé le 7e jour après avoir
achevé toute son œuvre !

Dans le célèbre chant du Lekha Dodi que nous chantons à l’entrée du


Shabbat, nous qualifions le Shabbat de Mekor haBerakha – source
de l’abondance / réussite. Cette déclaration, tirée du Zohar [Shemot 88A]
stipule que selon notre respect du Shabbat, Hashem prodigue Ses
bienfaits matériels et spirituels. La causalité entre cette Mitsva et sa
récompense est à présent évidente !

Le verset de Yirmyahou [17:7-8] dit: ‫ָ ּברו ְּך ַה ֶ ּג ֶבר ֲא ׁ ֶשר יִ ְב ַטח ַ ּבה’ וכו’ וְ ָהיָ ה ְּכ ֵעץ‬
ָ ׁ – Béni soit l’homme qui met sa
‫’שתוּל ַעל ַמיִ ם וְ ַעל יו ַּבל יְ ׁ ַש ַ ּלח ׁ ָש ָר ׁ ָשיו וכו‬
confiance en Hashem… Il sera comme un arbre planté au bord de l’eau et
qui étend ses racines près d’une rivière… et ne cessera pas de porter des
fruits. Dans maints endroits, la Torah assure que celui qui a pleinement
confiance en Hashem sera comblé même dans ce monde présent. Or,
le Shabbat est par définition la Mitsva par laquelle nous témoignons
notre conviction qu’Hashem mène constamment nos entreprises des
6 jours de la semaine à leur concrétisation. Shabbat est forcément le
Mékor haBerakha !

122 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR
MOUSSAR - Shabbat,
- prières
Mekor
du haBerakha
Shabbat

Les prières du Shabbat


3 célébrations en un même jour

T rois fois par jour, nous prions Hashem en disant la Amida. Debout,
à pieds joints, les yeux fermés, les mains posées sur le cœur tel
un serviteur devant son roi, nous nous tenons devant Hashem et
déversons notre cœur, L’implorant de subvenir à tous nos besoins.
Le texte de la Amida a été rédigé par les Anshei Kenesset haGuedola –
les hommes de la Grande Assemblée – composée des 120 Maîtres
qui revinrent à Jérusalem à la reconstruction du Beit haMikdash – le 2e
Temple.

Toute Amida que nous récitons est composée de 3 parties. L’introduction


et la conclusion sont chacune constituées de 3 Berakhot, qui consistent
à nous présenter devant le Roi du monde selon un protocole précis,
en ouvrant notre propos en Le glorifiant, puis en nous retirant en Le
remerciant de l’aide qu’Il nous a apportée jusque-là. Ces 2 parties sont
communes à toutes les Tefilot, qu’il s’agisse d’un jour ordinaire, ou
d’un jour particulier, de Yom Tov ou de Shabbat.

Quant au cœur de la Amida, il varie selon le jour et la circonstance. En


semaine, nous demandons à Hashem de combler nos besoins selon
un ordre précis, en ajoutant 13 bénédictions. A Rosh Hodesh, ou pour
tout jour particulier où la Torah prescrit d’apporter des sacrifices, nous

w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
123
MOUSSAR
MOUSSAR - Shabbat,
- prières
Mekor
du haBerakha
Shabbat
prions la prière de Moussaf, dans laquelle on mentionne le rituel du jour
et implorons Hashem de nous délivrer de cet exil et de reconstruire le
Beit haMikdash, afin d’apporter prochainement nos sacrifices et jouir de
nombreux bienfaits spirituels.

A Shabbat et Yom Tov, la Torah enjoint de se réjouir et de se délecter,


et défend de s’attrister et de pleurer. La Halakha interdit de ce fait de
prier pour nos besoins matériels, car leur évocation risque de nous
peiner. Ainsi, nous ne disons pas durant ces jours la Amida de semaine.
Nos Maîtres ont composé des textes particuliers, qui ne contiennent
aucun besoin matériel. Nous commençons par remercier Hashem de
nous avoir donné des jours si grands, dans lesquels notre proximité
avec Lui est intense. Puis nous L’implorons de nous aider à nous élever
et à nous rapprocher davantage de Lui, qu’Il nous fasse hériter le Olam
haBa, le jour du Shabbat éternel, le jour où Il déversera Ses bontés pour
toujours.
Remarquons une différence fondamentale entre les prières de Shabbat
et du Yom Tov. A Yom Tov, nos Maîtres ont composé un même texte pour
les prières du soir, du matin, et de l’après-midi. Tandis qu’à Shabbat,
chacune des prières est composée d’un texte singulier. Pourquoi?

Le Tour [Ora’h Haïm ch.292] répond : ‘Nos Maîtres ont instauré 3 textes différents
en corrélation avec 3 Shabbat. Le vendredi soir, le texte met en exergue le
Shabbat qui vint boucler la création du monde. Le matin, nous évoquons
le don de la Torah qui eut lieu à Shabbat. Et l’après-midi, nous faisons
allusion au jour du grand Shabbat, au monde futur.’

Soit, à Yom Tov, le texte de toutes les prières est identique parce que
nous célébrons le même évènement durant toute la journée. Tandis

124 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR
MOUSSAR - Shabbat,
- prières
Mekor
du haBerakha
Shabbat
qu’à Shabbat, nous célébrons 3 évènements différents, appelés
chacun Shabbat :

-- Le Shabbat soir, nous célébrons le Shabbat Bereshit, en témoignant


qu’Hashem a créé le monde en 6 jours et a instauré un 7e jour de
Ménou’ha – de repos. La Tefila et le Kidoush portent sur la sainteté et
solennité du Shabbat.

-- Le Shabbat matin, nous célébrons le Shabbat Matan Torah, lorsque


Hashem distingua les Bnei Israël des nations en se dévoilant à
eux pour leur prescrire les 10 commandements, dont la Mitsva du
Shabbat. Cette révélation eut lieu à Shabbat; sans aucun doute, il ne
s’agit pas d’une coïncidence, mais d’un lien profond entre le Shabbat
et le don de la Torah aux Bnei Israël. La Tefila et le Kidoush portent
donc sur l’alliance entre Hashem et les Bnei Israël, que nous
exprimons en préservant le Shabbat.

-- Le Shabbat après-midi, nous évoquons le Yom shéKoulo Shabbat


– le 7e jour du monde, le 7e millénaire1, dans lequel le monde se
‘reposera’. Hashem dévoilera alors Sa totale souveraineté, et notre
course après le néant sera abolie à jamais. Les Bnei Israël, qui
vivent pleinement avec cette conviction dans ce monde présent et
l’expriment par leur respect du Shabbat, s’exalteront alors. La Tefila
de Min’ha porte donc sur la Ménou’ha éternelle du monde futur.

Précisons davantage la signification des 3 Shabbat à travers


l’explication des différents textes de la Amida de Shabbat.

1-[1 jour = 1.000 ans, Cf. Tehilim 90]

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MOUSSAR - Shabbat,
- prières
Mekor
du haBerakha
Shabbat

Shabbat Bereshit – le Shabbat de la création

N ous expliquions dans le chapitre précédent –Shabbat, Mekor


haBerakha– qu’Hashem a achevé la création du monde en
créant la Ménou’ha [le repos] du Shabbat. Cette Menou’ha consiste
à interrompre notre activité afin de méditer sur la main d’Hashem
qui manipule toutes les ficelles, voilée par un rideau épais du monde
matériel. Lorsque pour l’honneur du Shabbat, j’arrête complètement
mon activité créatrice ou professionnelle, en m’abstenant même d’y
penser, j’exprime ma conviction que seul le Maître du monde détient la
solution à tous les problèmes. Un peu comme dans un jeu vidéo où l’on
appuie sur ‘pause’ sans douter que le ‘monstre’ va oser reprendre la
partie sans prévenir [exemple certes osé, mais vraiment parlant!], il faut
entrer dans Shabbat avec la conviction que rien de mal ne peut arriver
si l’on cesse notre activité en obéissant à Celui qui fixe les règles du jeu
et injecte à chaque instant les forces de vitalité à tout l’univers. Bien au
contraire, le Shabbat est le Mekor haBerakha – la source de l’abondance
/ réussite! Parce qu’en ce jour, nous reconnaissons qu’Hashem dirige le
monde, Hashem nous prodigue en retour tous Ses bienfaits.

Ainsi, nous commençons la Amida du Shabbat soir par - ‫ש ָּת‬ ְ ׁ ַּ‫ַא ָּתה ִקד‬
‫ ו ֵּב ַרכְ תוֹ ִמ ָ ּכל ַה ָ ּי ִמים‬...‫ ֵאת יוֹ ם ַה ׁ ּ ְש ִב ִיעי לִ ׁ ְש ֶמ ָך‬- Tu as sanctifié le 7e jour pour
l’honneur de Ton nom, et Tu l’as béni, plus que les autres jours… On étaye
ensuite cette singularité en citant le verset:  ‫יעי‬ ִ ‫וַ יְ ָב ֶר ְך ֱאל ִֹהים ֶאת יוֹ ם ַה ׁ ְש ִב‬
ֹ‫ וַ יְ ַקדֵּ ׁש אֹתו‬- Et Hashem bénit le 7 jour et le sanctifia.
e

Rashi commente: ‘Dans le désert, les Bnei Israël récoltaient chaque jour
une mesure de manne; Hashem bénit le 7e jour en donnant la veille de
Shabbat une double ration de manne [pour vendredi et Shabbat], et Il le
sanctifia en ne faisant pas tomber de manne ce jour.’

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MOUSSAR
MOUSSAR - Shabbat,
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Mekor
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Shabbat
Le Zohar [Bereshit 88A] s’interroge: ‘Puisque le jour du Shabbat a été béni,
pourquoi n’y tombait-il aucune manne?’ et de déduire: ‘En réalité,
l’abondance des 6 autres jours de semaine provient de la Berakha de
ce 7e jour!’ En sanctifiant le Shabbat en l’honneur d’Hashem – c.-à-d.
en nous abstenant de nous occuper d’affaires profanes – le Shabbat
reçoit sa Berakha, et la fait déborder sur les 6 jours de semaine!

Shabbat Matan Torah – le Shabbat du don de la Torah

L e Shabbat matin, nous célébrons le dévoilement d’Hashem au Sinaï


pour donner la Torah. Il existe une discussion sur la date précise
de cet évènement – le 6 ou le 7 Sivan; mais ‘tous sont d’accord que la
Torah fut donnée à Shabbat !’ [Shabbat 87A] Soit, Hashem a attendu le jour
du Shabbat pour donner la Torah. Pourquoi?
La réponse à cette question requiert plusieurs introductions. Afin de
garder le fil de nos idées, commençons par poser les notions que nous
développerons. Nous débuterons notre étude en définissant ce qu’est
la Kedousha – la sainteté, afin de comprendre le but de l’homme
selon la Torah. Puis, nous expliquerons que les Bnei Israël reçurent la
Torah en percevant la dimension singulière du monde et de la Torah,
qui ne pouvait être dévoilée qu’à Shabbat, lorsque nous recevons la
Neshama Yetera – litt. l’âme supplémentaire. Nous expliquerons alors
qu’aujourd’hui encore, le Shabbat est propice à recevoir cette aide
du ciel, qui favorise la perception de ces finesses spirituelles. Enfin,
nous conclurons notre étude en commentant le texte de la Amida du
Shabbat matin, qui est entièrement fondé sur ces notions.

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Mekor
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Shabbat
Commençons par un axiome évident  : la
Qu’est- personne la plus appropriée pour définir le but
ce que la et le mode d’emploi d’une machine complexe
Kedousha ? est son inventeur. Il l’a en effet conçue en la
dotant d’une multitude d’outils et gadgets
prévus pour réaliser des performances précises,
dans diverses situations. Connaissant parfaitement les propriétés de
sa matière, ce concepteur est aussi capable de fixer exactement les
limites de son invention. A contrario, un scientifique –aussi ingénieux
soit-il !– qui découvrirait cette machine et l’étudierait pour fixer
ses limites et performances arriverait sûrement à des conclusions
erronées, pourtant essentielles parfois.
C’est de cette règle appliquée à la merveilleuse machine humaine que
découlent 2 conceptions très différentes du but de l’homme sur terre…
Hashem a créé l’homme d’une double constitution: l’une est céleste
– la Neshama, l’âme –, l’autre est terrestre – le Gouf, le corps. Les
tendances de chacune sont opposées. L’âme aspire à des finesses
spirituelles ; elle sait qu’elle a un but suprême, et désire percevoir
l’essence du monde, la manière dont il est dirigé, etc. Le corps quant à
lui ne pense pas. D’essence animale, il aspire constamment à combler
l’éveil instinctif immédiat, sans jamais se soucier des conséquences.
Et l’homme –c.-à-d. le cœur– est le médiateur entre ces 2 tendances,
constamment déchiré entre elles. Il palpe facilement les délices de
l’instinct et se laisse naturellement tenter par lui, mais regrette après
coup amèrement lorsque la Neshama lui démontre l’aboutissement
néfaste de son choix sot.
Quel est donc le travail de l’homme ? Comment parvenir à s’élever au-
delà de l’instinct ? En ce point précis, la Torah se distingue des sagesses
terrestres. Sans Torah divine, l’homme voit une contradiction entre
l’esprit et l’instinct. Il a constaté et démontré qu’en assouvissant ses

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Shabbat
désirs matériels, il se déconnecte des pensées transcendantes. Le
‘saint’ non-juif est celui qui opte pour le divin, et choisit donc le camp
de l’esprit, coupé totalement [du moins, en apparence… :-)] du corps.
Tandis que la conception qu’Hashem nous a transmise à travers Sa
Torah est très différente. Selon le programme d’Hashem, ces 2 forces
ne sont pas opposées, mais complémentaires. Soit, si le fait d’assouvir
constamment l’instinct est une conduite déplorable, l’étouffer
totalement n’est pas non plus voué à l’élévation spirituelle ! Le
’Hovot haLevavot [Shaar III ch.3] explique en effet que l’homme terrestre a
des besoins matériels innés qu’il doit impérativement combler pour
que son esprit puisse s’élever et se raffiner. Plus encore, l’homme a
la capacité de percevoir une dimension d’Hashem supérieure à celle
des anges2, parce qu’il est doté du Yetser Hara – la force instinctive.
Aussi, la Torah prescrit l’équilibre parfait entre la Neshama et le corps
– ou l’esprit et l’instinct. Hashem qui a créé l’homme, l’a sommé de
s’élever en utilisant ce monde à sa juste mesure pour satisfaire la
force instinctive et permettre à la Neshama de s’épanouir. Ainsi, ce
que les goyim qualifient de ‘sainteté’ est appelée par la Torah ‘Tahara’
ou ‘Prishout’ – pureté ou distinction [Messilat Yesharim ch.26]; tandis que la vraie
Kedousha [la sainteté] consiste à sanctifier le monde, en s’élevant
grâce à lui et en dévoilant ainsi le caractère spirituel du matériel.
Bien sûr, il n’est pas possible d’atteindre la perfection de la Kedousha
sans passer par la Prishout. L’homme conçoit en effet le plaisir instinctif
en tant qu’idéal de vie depuis son enfance, et ne peut concrètement
pas dépolariser la tendance du jour au lendemain sans prendre d’abord
du recul sur le matériel. Reste néanmoins que le plaisir instinctif n’est

2- Rav Dessler remarque que les prophètes évoquent la crainte des anges pour Hashem, jamais leur amour,
parce que l’ange n’a pas de Yetser Hara, c.-à-d. pas de libre arbitre! Seul l’homme qui a la possibilité de dire non,
se rapproche de son créateur et développe de l’amour pour Lui lorsqu’il accepte de faire Sa volonté. Cf. 5 minutes
éternelles n°16 p.13

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Shabbat
pas un mal à bannir, mais une force à cadrer, à combler avec de
bonnes intentions.
Nous prions par exemple dans la Berakha de Al haMi’hya pour
qu’Hashem nous fasse hériter de nouveau la terre promise –avec son
caractère spirituel– afin de manger ses fruits dans la Kedousha et de Le
glorifier pour Ses bontés. Autre exemple: au Beit haMikdash, nos fautes
se faisaient expier lorsque le Cohen mangeait de nos sacrifices.

Faisons à présent état de deux conduites


Le rôle des qu’Hashem adopte envers nous  : la
face claire, et la face cachée. Selon Son
Mitsvot : nous programme, Hashem voile Sa présence
rapprocher sur terre, et nous ordonne d’accomplir Sa
d’Hashem volonté dans ce monde où tout semble livré
au hasard ou aux forces naturelles.
Mais il arrive aussi qu’Hashem éclaire Sa face. Chacun d’entre nous
a sans aucun doute vécu des moments spirituels intenses, durant
lesquels il voit le monde avec un regard pur, où il se sent accompagné
par une présence divine spéciale. Certes, certains pourront toujours
prétendre que cette sensation est le fruit de l’imagination ; reste que
celui qui l’éprouve sait pertinemment qu’elle est réelle, autant qu’il ne
doute pas de ses sentiments même s’il ne parvient pas à les démontrer
et les expliquer3. Ces moments sont qualifiés par la Torah de ‘face
claire’ – comme le Cohen le dit lorsqu’il bénit le peuple : ‘Qu’Hashem
éclaire Sa face sur toi…’, que le Sforno [Bamidbar 6:25] interprète ‘Qu’Hashem
éclaire tes yeux par Sa lumière et te permette de contempler les merveilles
de Sa Torah et de Ses conduites.’

3- J’ai personnellement connu un juif qui a grandi dans un environnement complètement goy, qui n’a fait sa Brit
Mila qu’à l’âge de 25 ans, et m’a raconté qu’il ressent une bienveillance divine particulière depuis son jeune âge !

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Bien sûr, entre ces pôles de lumière totale ou de ténèbres épais se
trouve un large éventail de conduites plus ou moins voilées. Les
facteurs qu’Hashem considère pour nous éclairer davantage de Sa
lumière sont nombreux. Un lieu saint est par exemple plus propice
à ressentir Sa proximité qu’un lieu souillé par des fautes. Certains
moments, tels les 10 jours qui séparent Rosh Hashana de Kippour,
sont favorables eux-aussi à une ‘connexion’ plus facile. Mais le facteur
essentiel par lequel l’homme ressent cette proximité est ses actions.
Et plus particulièrement, les Mitsvot. A chaque fois que l’homme
s’efforce d’accomplir une Mitsva parfaitement, il mérite davantage de
proximité avec Hashem4.

Si l’on fait un point des notions apprises


Le don de la jusque là, il ressort de notre étude que
Torah avec ‘s’élever’ selon la Torah ne signifie pas
que faire dominer l’esprit sur le corps,
la Neshama mais surtout vivre à proximité d’Hashem.
Yetera Pour nous élever, Hashem nous a donné
613 Mitsvot concrètes, matérielles; par
leur intermédiaire, nous acquérons une certaine perfection qui nous
rapproche d’Hashem. Selon la pureté de nos intentions, chaque Mitsva
–matérielle– éveille davantage la face claire d’Hashem sur nous.
Nos Maîtres enseignent qu’au Sinaï, Hashem donna la Torah en
levant les rideaux qui voilent Sa présence. Les Bnei Israël perçurent
alors l’essence du monde et de la Torah. Ils comprirent que chaque
Mitsva concrète, dans ses moindres détails, est nécessaire pour la
perfection de l’homme5. Autrement dit, ils découvrirent que l’homme a
la capacité de convertir le matériel en spirituel. Quoi de plus logique
que de donner la Torah un jour de Shabbat, propice à cette perception !
4- Cf. Avot 4:2 ‘le mérite d’une Mitsva est la Mitsva’, et Daat Tevounot §40
5- Cf. 5 minutes éternelles n°29

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Shabbat
Expliquons à présent comment chaque semaine, nous recevons à
Shabbat de nouveau une aide du ciel pour recadrer le rôle du matériel
à des fins spirituelles.

Au don de la Torah au Sinaï,


Hashem dit: Je possède chaque Ben Israël reçut 2
dans mes coffres secrets couronnes, pour avoir dit
Naassei véNishma – nous
un excellent cadeau; ferons et nous écouterons. Le
son nom est Shabbat! Ramban explique qu’il s’agit
là d’une perception spirituelle
Je désire le donner au des noms d’Hashem. Mais 40
peuple d’Israël… jours après, ils commirent la
terrible faute du veau d’or, et
perdirent ces couronnes. Par
contre, Moshé qui ne participa pas à cette rébellion conserva un niveau
spirituel amplement supérieur au reste du peuple, au point où les Bnei
Israël ne parvinrent pas à regarder son visage rayonnant [Shemot 34:29].
Moshé atteint ainsi le summum de la Kedousha. Il sanctifia son corps
matériel au point de ne plus faire écran à sa Neshama, son âme.
Nos Maîtres enseignent [Beitsa 16A] que l’on reçoit à Shabbat une
Neshama Yetera – une âme supplémentaire. Le Shabbat est le jour
qu’Hashem a prévu pour la Menou’ha –litt. le repos– qui est un moment
de regard spirituel sur ce monde matériel. Pour favoriser cette
perception, Hashem a offert aux Bnei Israël le Shabbat – c.-à-d. la
Neshama Yetera, la source de Kedousha [sainteté]. A Shabbat, nous
recevons une aide divine pour nous élever et nous sanctifier, à l’instar
du rayonnement du visage de Moshé. Si l’on se prépare au Shabbat
convenablement, et veille à le préserver dans tous ses détails, Hashem
nous offre en ce jour la possibilité de percevoir des finesses spirituelles

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Shabbat
qu’il n’est pas possible d’intégrer en semaine. Les commentateurs
expliquent que ‘le cadeau précieux des coffres secrets d’Hashem’ est
cette Neshama Yetera. Il correspond à la lumière qu’Hashem créa le
premier jour de la création et dissimula pour les Tsadikim au monde
futur [Rashi Bereshit 1]. Selon notre prédisposition, nous pouvons percevoir à
Shabbat un aperçu de cette lumière.

Puisque le Shabbat est propice à prendre


La prière du du recul sur le matériel et à l’utiliser
Shabbat matin comme moyen de rapprochement avec
Hashem, une des Mitsvot du Shabbat est
porte sur le Oneg Shabbat – se délecter de mets
l’alliance entre délicats. Comme le dit le verset [Yeshayahou
Israël et Hashem 58:13]: ‫בת‬ ָ ‫ִאם ָּת ׁ ִשיב ִמ ׁ ַש ָ ּבת ַרגְ לֶ ָך וְ ָק ָר‬
ּ ָ ‫את לַ ׁ ַש‬
‫עֹנֶ ג לִ ְקדוֹ ׁש ה’ ְמכֻ ָ ּבד וכו‬... - Si tu cesses de
fouler aux pieds le Shabbat… si tu considères
le Shabbat comme un délice en l’honneur d’Hashem…. En accomplissant
cette Mitsva en l’honneur d’Hashem, facilitée par la Neshama Yetera qui
favorise cette intention, le verset promet: ‫יך ַעל‬ ָ ‫ָאז ִּת ְת ַע ַ ּנג ַעל ה’ וְ ִה ְר ַ ּכ ְב ִּת‬
ָ ָ
...‫ ָ ּב ֳמ ֵתי ָא ֶרץ וְ ַה ֲאכַ לְ ִּתיך נַ ֲחלַ ת יַ ֲעקֹב ָא ִביך‬- alors tu te délecteras d’Hashem
[au monde futur], et Je te ferai dominer sur les hauteurs de la terre et jouir
de l’héritage de ton aïeul Yaacov…
Le Shabbat matin, nous louons Hashem d’avoir offert le Shabbat au
peuple d’Israël – c.-à-d. l’aide d’Hashem qui nous permet de nous
élever et de nous rapprocher de Lui. Aussi, nous mentionnons dans
la prière et dans le Kidoush des versets qui évoquent l’alliance entre
Hashem et les Bnei Israël - ‫ש ָר ֵאל ֶאת ַה ׁ ַש ָ ּבת וכו’ אוֹ ת ִהוא‬
ׂ ְ ִ‫וְ ׁ ָש ְמר ּו ְבנֵ י י‬
’‫ לְ עֹלָ ם וכו‬- Et les Bnei Israël préserveront le Shabbat, en l’observant…
comme un pacte immuable. Entre moi et les Bnei Israël, [le Shabbat est]
un symbole perpétuel… Puis nous continuons: ‫וְ ל ֹא נְ ַת ּתוֹ ה' ֶאל ֵֹקינ ּו לְ גוֹ יֵ י‬

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...‫ ָה ֲא ָרצוֹ ת‬- Hashem notre Dieu ne l’a donné à aucune autre peuplade, Il ne
l’a pas fait hériter aux idolâtres…
Quant à l’introduction de la Amida par ‘Yism’ah Moshé’, le Tour rapporte
un Midrash selon lequel Moshé constata en Egypte l’esclavage infernal
des Bnei Israël, et alla se plaindre chez Pharaon: ‘Tu épuises tellement
les Bnei Israël qu’ils ne seront bientôt plus productifs!’ Moshé lui conseilla
alors de donner un jour de repos par semaine. Pharaon accepta, et
Moshé choisit le Shabbat. Lorsqu’au pied du Sinaï, les Bnei Israël
entendirent qu’Hashem prescrivit le Shabbat comme jour de repos, ils
vénérèrent davantage la sagesse de notre Maître Moshé !

Shabbat Léatid Lavo – le Shabbat du monde futur

C haque jour de semaine, nous lisons dans la prière un chapitre de


Téhilim corrélé à la création du monde. Le Shabbat, nous lisons
le chap.92 – Mizmor Shir léYom haShabbat – Cantique pour le jour du
Shabbat - Il est bon Te rendre grâce, Hashem, de chanter en l’honneur
de Ton nom, Dieu suprême! De raconter le matin Ta bonté, ainsi que notre
foi en Ta bienveillance pendant les nuits… Puis nous évoquons dans ce
psaume notre fascination devant la manière dont Hashem dirige le
monde. On voit si souvent l’impie réussir, le juste souffrir! Mais nous
gardons notre foi en la ‘bienveillance pendant les nuits’ – la période où
la main d’Hashem est voilée. Seul ‘l’homme vulgaire ne sait pas, le sot
ne comprend pas cela’ – ils ne savent pas qu’Hashem les laisse ‘croître
comme l’herbe… pour encourir une ruine éternelle’, au monde futur. Alors
que ‘les justes fleurissent comme le palmier –sortant des branches
toujours plus hautes–, s’élancent comme des cèdres du Liban –robustes
et inébranlables–. Plantés dans la maison de l’Eternel, ils fleuriront dans

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les parvis de notre Dieu. Jusque dans leur haute vieillesse, ils donneront des
fruits, ils seront pleins de sève et de verdeur, prêts à proclamer qu’Hashem
est droit’.
Psaume merveilleux ! Mais quel rapport a-t-il avec le Shabbat ? La
Guemara répond que ce Tehilim fait référence au jour du Shabbat
éternel, le 7e millénaire! Lorsque viendra cette période, Hashem
dévoilera Sa totale souveraineté sur le monde. Lorsque cette lumière
du jour se lèvera, nous réaliserons d’un coup combien Sa main ne
cessait de dominer les moindres détails des évènements de la nuit.
Le Shabbat que nous célébrons chaque semaine est ‘Meein Olam
Haba’ – un semblant du monde futur. En ce jour, nous prenons du
recul sur le matériel, parce que nous savons qu’Hashem dirige tous les
évènements, et renforçons notre foi qu’un jour viendra où Hashem
dévoilera Sa majesté. Nous commençons ainsi la Amida de Min’ha
en évoquant notre conviction en l’unicité d’Hashem – Ata E’had
veShimekha E’had – Tu es Un, et Ton nom est Un.

Le Shabbat, la mariée du peuple d’Israël

N ous avons jusque-là évoqué les 3 célébrations du Shabbat.


Expliquons à présent en quoi ces 3 célébrations sont
intrinsèquement liées. Le Ari zal écrit que ces prières sont en rapport
avec les 3 étapes du mariage: les Kidoushin, la ‘Houppa, et le Yi’houd –
les fiançailles, la cérémonie, et le début de la vie intime. Nous prions le
vendredi soir ‘Ata Kidashta’ – ‘Tu as sanctifié le 7e jour’. Puis le Shabbat
matin ‘Yisma’h Moshé’ – Que se réjouisse Moshé. Et à Min’ha, Ata E’had
– Tu es Un… Rav Pinkus zatsal propose une merveilleuse explication à
ses paroles.

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Shabbat
Supposons qu’une jeune fille ait été désignée pour se marier avec un
roi d’une grande noblesse. Son émotion est à son comble le jour de son
hymen. A peine pense-t-elle à l’éminence de son futur qu’elle tremble
de tout son corps. Puis la cérémonie démarre. Son Hatan lui sourit, la
réconforte, la réjouit. Il danse devant elle, lui montre son attachement.
Cette mariée est à présent la plus heureuse. Enfin, la cérémonie
idyllique touche à sa fin. La voici prête à affronter une vie remplie de
challenges. Un certain sentiment d’angoisse peut gagner son cœur,
mais sa consolation est d’avoir à présent un excellent compagnon de
route.
Les 3 Shabbat évoqués correspondent à ces 3 étapes.
- Le vendredi soir, le Shabbat Bereshit, nous réalisons la grandeur
d’Hashem qui a créé un monde si merveilleux. Emotion forte,
certes, mais qui laisse aussi un sentiment de petitesse devant son
immensité. Mais au fur et à mesure que l’on avance dans Shabbat,
que l’on accomplit les Mitsvot du Shabbat, et que l’on étudie la Torah
qu’Hashem nous a donnée, on réalise que ce Dieu si redoutable nous
aime, veut notre bien-être.
- Vient alors la prière du Shabbat matin, où nous évoquons le Shabbat
Matan Torah, l’alliance éternelle conclue avec Lui, pour préserver la
Torah et le Shabbat.
- Mais au fur et à mesure que l’on approche de la fin du Shabbat, un
chagrin commence à gagner notre cœur… La fin du grand jour de
Shabbat approche ! Il est temps de renforcer nos convictions, en
réalisant que nous avons encore des épreuves à traverser et surmonter,
afin d’hériter du jour du vrai Shabbat, le Shabbat léAtid lavo !

U
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MOUSSAR- Shabbat,
- Tefilat
MekorHannah
haBerakha

Tefilat Hana

D ans la partie Halakhot-Allumage des Nerot, nous rapportions, au


nom du Shla Hakadosh zatsal qu’il sera d’une grande aide à une
femme qui a des difficultés à avoir des enfants ou à les éduquer, de
lire, après l’allumage des bougies de Shabbat la Haftara du premier
jour de Rosh Hashana. Elle correspond au début du livre de Shmouel,
jusqu’à la fin de la prière de Hannah (ch. 1 et 2 jusqu’au verset 10).
Les commentateurs insistant sur la nécessité de lire ce texte en le
comprenant, nous vous proposons Beezrat Hashem ce récit développé,
fondé sur plusieurs Midrashim, essentiellement tirés du livre Meam
Loez.

L'histoire
Un Lévi nommé Elkana vivait dans les montagnes de
Ch. I, vers 1-3
la tribu d’Ephraïm. Il avait 2 femmes, l’une nommée
Hannah, la seconde Penina. Penina avait des enfants, tandis que Han-
nah n’en avait point.
Elkana avait pour coutume de monter tous les ans, avec toute sa
famille, à Shilo, là où le Mishkan (Tabernacle) résidait. Elkana n’avait
certes pas d’obligation de transporter toute sa famille, mais ce Tsadik
voulait rapprocher le peuple de Hashem. En effet, les juifs de l’époque
sortaient d’une guerre civile sans précédent, et le moral général était

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MOUSSAR
MOUSSAR- Shabbat,
- Tefilat
MekorHannah
haBerakha
plutôt à la morosité. Toutes les tribus s’étaient alliées contre Binyamin
pour venger du sang versé cruellement. Près de 60.000 personnes
avaient trouvé la mort, et la tribu de Binyamin avait été réduite à 600
membres seulement. De quoi mettre en berne la disposition d’esprit
du peuple.
Empli d’amour pour Hashem, Elkana gagnait Shilo chaque année
par un chemin différent, s’arrangeant pour passer la nuit avec tout
son petit monde sur une nouvelle place publique. Les habitants
locaux s’intéressant aux raisons de son séjour, il ravivait leur
envie de l’accompagner. Son zèle porta ses fruits : les Bnei Israël
recommencèrent à pèleriner à Shilo.

Ch. I, vers 3-11 Arrivé à Shilo, Elkana offrait ses sacrifices et partageait
les parts entre ses deux femmes : la plus belle portion
revenait à Hannah, sa pauvre femme stérile pourtant tant aimée, puis
11 portions à Penina, pour elle et ses 10 enfants.
Mais chaque année, Hannah ne parvenait pas à goûter de sa part.
Sa rivale ne cessait de l’exaspérer : « Si tu es aussi juste que tu ne le
parais, pourquoi Hashem ne te rend pas féconde ? » Peinée, blessée,
Hannah ravalait amèrement sa salive. L’intention de Penina était en
réalité de stimuler Hannah à implorer Hashem de tout son cœur, mais
le déclic tardait à se déclencher.
Lorsque Elkana remarqua la peine de Hannah, il la consola : « Hannah,
pourquoi pleures-tu ? Pourquoi ne manges-tu point et pourquoi ton
cœur est-il affligé ? Est-ce que je ne vaux pas, pour toi, plus que 10
enfants ? » Entendant son mari qui l’exhortait à se résigner à son triste
sort, elle comprit qu’il ne lui restait plus qu’à réaliser l’impossible : prier
comme personne sur terre ne l’avait jamais fait !

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MOUSSAR- Shabbat,
- Tefilat
MekorHannah
haBerakha
Une fois le repas achevé, Hannah se rendit au seuil du Heikhal
(sanctuaire) et prononça un vœu à voix basse : « Hashem Tsévaot ! Si
Tu daignes considérer l’affliction de Ta servante, Te souvenir d’elle et
ne pas l’oublier ; si tu donnes à Ta servante un enfant, je Te le vouerai
pour toute sa vie ! »
Toujours à voix basse, les yeux fermés, elle invoqua longuement
Hashem. « Hashem Tsévaot (maître de toutes les constellations) ! Tes
créatures sont si nombreuses, si diverses, du bout de l’univers jusqu’au
fin fond de la terre ! Grand créateur de tout cela, t’est-il si difficile de
me donner un enfant ? » Puis, dirigeant ses yeux vers sa poitrine, elle
ajouta : « Tout ce que Tu as créé a un rôle à jouer : les yeux pour voir,
les oreilles pour entendre, le nez pour sentir etc. Ceux-là ne doivent-ils
pas allaiter ? »

Ch. I, vers 12-18 De toute l’humanité, personne n’avait jamais prié


de la sorte : implorer Hashem les yeux fermés, les
larmes coulant sur son visage, et la bouche murmurant sans laisser
échapper de son … Hannah est l’initiatrice de ce mode de Tefila.
Eli Hacohen, le grand-prêtre, assistait à la scène, et s’empressa d’aller
questionner le Hoshen, le pectoral, sur ce comportement pour le moins
inhabituel. Ce pectoral était composé de 12 pierres précieuses, sur
lesquelles étaient gravés les noms des 12 tribus, des patriarches, et
un des noms de Hashem. Quand le pontife le questionnait, les lettres
de la réponse s’illuminaient dans le désordre. Le Cohen Gadol devait,
par son Rouah Hakodesh (inspiration divine) en déduire la réponse. Et
voilà que les lettres ‫ הכרש‬s’allumèrent. Il interpréta que Hannah était
 ‫שכּ ָֹרה‬
ִ ׁ , saoule.
Eli s’approcha de Hannah et la réprimanda : « Combien de temps veux-
tu rester ivre ? Va cuver ton vin ! »

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Hannah lui répondit : « Non, mon maître, je ne suis qu’une femme au
cœur blessé. Je n’ai bu ni vin ni liqueur forte, j’ai seulement épanché
mon cœur devant Hashem ». Elle rectifia son interprétation de la
réponse du Hoshen qui signifiait plutôt ‫ ְּכ ׁ ֵש ָרה‬, la femme casher. Elle
lui insinua sa déception d’avoir constaté que le Rouah Hakodesh ne
l’accompagnait pas constamment.
On ne pouvait en vouloir à Eli de l’avoir soupçonnée, au vu des
circonstances, mais il fut navré de sa réprimande. Il compensa son
indélicatesse en la bénissant : « Va donc en paix, et que le Dieu d’Israël
t’accorde ce que tu as demandé ! »
Forte de cet encouragement, elle rejoignit sa famille sereinement.

Ch. I, vers 19-24 Le lendemain matin, Elkana et sa famille se


prosternèrent une dernière fois au Mishkan
(Tabernacle) avant de s’en retourner à leur demeure. Hashem se souvint
de Hannah et l’exauça. Six mois et 2 jours plus tard, elle enfanta un fils.
Elle le nomma Shmouel, qui est l’abréviation de « Shaoul Mé-El », ‘celui
qui est demandé à Hashem’, afin qu’elle se souvienne à jamais de Sa
grande miséricorde, d’être devenue féconde après 20 ans de mariage.
Elle se souvint aussi de sa promesse, de vouer l’enfant à Hashem
pour la vie. Ainsi, elle désirait l’amener à Shilo et l’offrir à Eli, afin qu’il
l’éduque lui-même dans le chemin de la Torah. Peut-être aurait-elle le
mérite de voir son fils devenir prophète !
Toutefois, elle remarqua que son petit était de santé fragile, sans
doute à cause de sa naissance prématurée. Aussi, lorsque les fêtes
approchèrent, elle préféra ne pas accompagner son mari à Shilo,
jusqu’à ce qu’il grandisse et se renforce. Elkana fut quelque peu déçu
de ne pas pouvoir se réjouir à Shilo avec toute sa famille, mais accepta.

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Finalement, Shmouel aurait tout le temps de s’imprégner de la sainteté
du Mishkan !
Deux ans plus tard, le petit Shmouel s’était merveilleusement
développé, physiquement comme spirituellement. En effet, cet enfant
miracle de deux ans et demi se conduisait déjà comme un adolescent.
Ses actes étaient réfléchis, son esprit était déjà vif.
Hannah accompagna Elkana avec le reste de la famille au Mishkan,
les mains pleines d’offrandes à Hashem qui l’avait si magnifiquement
gâtée. A peine arrivée, elle s’empressa de faire son sacrifice.
Mais un petit incident vint ternir l’atmosphère joyeuse. La première
rencontre avec Eli Hacohen ne se passa pas sans heurt.

Ch. I, vers 25-27 Eli reçut Elkana, sa femme, et Shmouel au Mishkan.


Il leur enjoignit de trouver un Cohen libre pour qu’il
égorge la bête du Korban (sacrifice), afin qu’Eli reçoive le sang et le
verse sur le Mizbéa’h (l’autel). Alors qu’Elkana peinait à mettre la main
sur un Cohen, Shmouel s’exclama : « A quoi bon chercher un Cohen
pour égorger ? Tous les juifs sont habilités à accomplir cet acte ! N’est-
il pas préférable d’apporter cette offrande rapidement ? »
Tous les assistants furent troublés par ses propos. Cette Halakha
est certes vraie, mais n’était pas connue à l’époque. Shmouel fut
immédiatement amené devant Eli le grand prêtre, tel un contestataire.
Bien évidemment, Eli connaissait cette loi, mais il fit mine de l’ignorer :
- « D’où tiens-tu de tels propos ? »
- « J’ai remarqué dans tous les versets de la Torah traitant des sacrifices
qu’il n’est jamais dit ‘Et le Cohen l’égorgera’, mais ‘Et on l’égorgera etc.
et le Cohen versera le sang sur l’autel’. J’en ai déduit qu’un Cohen n’est
nécessaire qu’à partir du rituel du sang, pas de la Shehita (abattage) ! »

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Eli reconnut la justesse de ses propos mais le réprimanda : « Ne sais-
tu pas cependant qu’il est interdit d’enseigner des lois peu connues en
présence d’un maître ? Cette faute est passible de mort ! »
Hannah intervint pour amadouer Eli :
- « Ecoute-moi, mon maître ! Par ta vie ! Je suis cette femme que tu as
vue ici, près de toi implorer Hashem ! »
- « Laisse-moi corriger ce petit et je te bénirai pour en obtenir un
autre », lui répondit-il.
- « C’est pour obtenir cet enfant que j’ai prié. Hashem m’a accordé ce
que je Lui avais demandé ».

Ch. I, vers. 28, ch. II Hannah avait radouci la rigueur d’Eli. Elle saisit
l’occasion pour présenter sa requête : « Depuis
qu’il est né, j’ai voué cet enfant à Hashem. Accepte, mon maître, de
le garder près de toi, qu’il soit ton disciple ! » Eli accepta, et tous se
prosternèrent à Hashem.

La Tefila de Hannah
Hannah se mit à prier et prononça ce merveilleux chant que certains
ont d’ailleurs l’habitude de réciter avant la Tefila du matin :

ַ ‫א) ו ִַּת ְת ַּפ ֵ ּלל ַח ָ ּנה ו ַּת‬


;‫ ָר ָמה ַק ְרנִ י ַ ּביהוָה‬,‫ ָעלַ ץ לִ ִ ּבי ַ ּביהוָה‬,‫ֹאמר‬
Et Hanna se mit à prier, et elle dit: « Mon cœur se délecte en Hashem, mon
front s’est relevé grâce à Hashem;

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.‫ש ַמ ְח ִּתי ִ ּב ׁישו ָּע ֶת ָך‬
ׂ ָ ‫ ִ ּכי‬,‫ָר ַחב ִּפי ַעל אוֹ יְ ַבי‬
Je puis ouvrir la bouche en face de mes ennemis, car j’ai à me réjouir, de ta
délivrance.

 .ּ‫ ֵ ּכאל ֵֹהינו‬,‫ ִ ּכי ֵאין ִ ּבלְ ֶּת ָך; ו ְֵאין צוּר‬,‫קדוֹ ׁש ַ ּכיהוָה‬-‫ין‬
ָ ‫ב) ֵא‬
Nul n’est saint comme Hashem, car nul n’est comme Toi ! Aucune Puissance
n’égale notre Dieu.

‫ יֵ צֵ א ָע ָתק ִמ ִּפיכֶ ם‬,‫ת ְרבּ ּו ְת ַד ְ ּבר ּו ְ ּגב ָֹהה גְ ב ָֹהה‬-‫ל‬


ַּ ‫ג) ַא‬
Cessez, cessez vos paroles arrogantes, les paroles prétentieuses qui
s’exhalent de votre bouche;

 .‫ ולא ( ְולוֹ ) נִ ְת ְ ּכנ ּו ֲעלִ לוֹ ת‬,‫ִ ּכי ֵאל דֵּ עוֹ ת יְ הוָה‬
Car Hashem dispose de toute science, et toute œuvre Lui est facile.

 .‫ ָאזְ ר ּו ָחיִ ל‬,‫ ַח ִּתים; וְנִ כְ ׁ ָשלִ ים‬,‫ד) ֶק ׁ ֶשת ִ ּגבּ ִֹרים‬
Par Lui, l’arc des forts est brisé, et ceux qui faiblissent, Il les arme de vigueur;

,ּ‫ ו ְּר ֵע ִבים ָח ֵדלּ ו‬,ּ‫ש ָ ּכרו‬


ׂ ְ ִ‫ש ֵב ִעים ַ ּב ֶ ּל ֶחם נ‬
ׂ ְ )‫ה‬
Ceux qui vivaient dans l’abondance se font mercenaires, et qui souffrait de
la faim en est délivré;

 .‫ ו ְַר ַ ּבת ָ ּבנִ ים ֻא ְמלָ לָ ה‬,‫ַעד ֲע ָק ָרה יָ לְ ָדה ׁ ִש ְב ָעה‬


Tandis que la femme stérile enfante sept fois, la mère féconde est abattue.

 .‫ ַו ָ ּי ַעל‬,‫ ֵמ ִמית ו ְּמ ַח ֶ ּיה; מוֹ ִריד ׁ ְשאוֹ ל‬,‫ו) יְ הוָה‬
Hashem fait mourir et fait vivre; Il précipite au tombeau, et en fait remonter.

 .‫ ַאף ְמרוֹ ֵמם‬,‫ מוֹ ִר ׁיש ו ַּמ ֲע ׁ ִשיר; ַמ ׁ ְש ִּפיל‬,‫ז) יְ הוָה‬
Hashem appauvrit et enrichit, abaisse et relève à son gré.

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,‫ ֵמ ַא ׁ ְש ּפֹת יָ ִרים ֶא ְביוֹ ן‬,‫ח) ֵמ ִקים ֵמ ָע ָפר דָּ ל‬


Il redresse l’humble couché dans la poussière, fait remonter le pauvre du
sein de l’abjection,

 :‫ וְכִ ֵּסא כָ בוֹ ד יַ נְ ִחלֵ ם‬,‫יבים‬


ִ ‫לְ הוֹ ׁ ִשיב ִעם נְ ִד‬
Pour les placer à côté des grands et les installer sur un siège d’honneur;

ֶ ֵ‫ ַו ָ ּי ׁ ֶשת ֲעל‬,‫ִ ּכי לַ יהוָה ְמצֻ ֵקי ֶא ֶרץ‬


 .‫יהם ֵּת ֵבל‬
Car les colonnes de la terre sont à Hashem, c’est Lui qui en a fait les supports
du monde.

 :ּ‫ ו ְּר ׁ ָש ִעים ַ ּבח ׁ ֶֹש ְך יִ דָּ ּמו‬,‫ידו יִ ׁ ְשמֹר‬


ָ ‫ט) ַרגְ לֵ י ֲח ִס‬
Il veille sur les pas de Ses adorateurs, tandis que les impies périssent dans
les ténèbres,

 .‫ יִ גְ ַ ּבר ִא ׁיש‬,‫ִ ּכי ל ֹא ְבכ ַֹח‬


Car ce n’est pas la force qui fait le vainqueur.

‫ ָעלָ ו ַ ּב ׁ ּ ָש ַמיִ ם יַ ְר ֵעם‬,‫יבו‬


ָ ‫י) יְ הוָה יֵ ַח ּת ּו ְמ ִר‬
Hashem, Ses agresseurs sont foudroyés, quand sur eux, du haut du ciel, Il
tonne;

;‫ יָ ִדין ַא ְפ ֵסי ָא ֶרץ‬,‫יְ הוָה‬


Hashem juge les sommités de la terre !
ֹ‫ וְיָ ֵרם ֶק ֶרן ְמ ׁ ִשיחו‬, ֹ‫עֹז לְ ַמלְ כּ ו‬-‫וְיִ ֶּתן‬
Et Il donnera la puissance à Son roi, et Il exaltera la gloire de Son élu ».

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L a Tefila de Hannah est essentiellement une mise en garde. Elle


demande à l’homme de ne jamais blesser les pauvres et les
opprimés, ne jamais se sentir supérieur à eux, car Hashem est le maître
de tout, de la quiétude comme des épreuves. A Son gré, Il appauvrit
ou enrichit. Comment de ce fait un riche oserait considérer sa fortune
acquise, au point d’offenser celui qui est éprouvé ? Ne craint-il pas que
la roue ne tourne, en châtiment de son arrogance ?
Au sens simple, le Midrash dit que Hannah fait allusion aux malheurs
qui s’abattirent sur Penina alors que cette dernière l’avait blessée
dans sa détresse. Hannah eut en effet le mérite de mettre au monde 5
enfants, 3 garçons et 2 filles. A chaque naissance, deux des enfants de
Penina mourraient. Lorsque Hannah entama sa cinquième grossesse,
Penina vint se jeter à ses pieds, la suppliant de lui pardonner et de
prier pour la survie de ses 2 derniers enfants. Hannah l’excusa, et ses
enfants vécurent.
Aussi Hannah dit-elle : « Ceux qui vivaient dans l’abondance se font
mercenaires, et qui souffrait de la faim en est délivré ; tandis que la
femme stérile enfante sept fois, la mère féconde est abattue ». Les 7
fois, selon le Midrash, ce sont les 5 enfants de Hannah et les 2 derniers
enfants de Penina, qui ne continuèrent à vivre que par la prière de
Hannah et sont comptés comme les siens propres.
Dans la même perspective, la Guemara raconte que le Tana, rabbi
Hanina Ben Dossa, était extrêmement pauvre, et que par le mérite de
ses épreuves Hashem nourrissait le monde entier bien que le monde ne
le méritait pas. Quel sot oserait s’enorgueillir face à ce « misérable » !

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Nous rapportions plus haut le Midrash
Pourquoi Penina selon lequel Penina perdit 8 enfants, en
a-t-elle été punie ? punition des mots blessants adressés à
sa rivale. Pourtant, la Guemara dans Baba
Batra atteste que l’intention de Penina était Léshem Shamayim (motivée
par la crainte divine) : elle souhaitait stimuler Hannah à épancher son
cœur pleinement. Comment donc expliquer un tel châtiment ?
Le Nahalat Réouven (rapporté dans le Méam Loez) explique que Penina
soupçonnait Hannah de ne pas être aussi pieuse qu’il n’y paraissait,
ce qui était, selon elle, la cause de sa stérilité. Son intention Leshem
Shamayim était de pousser Hannah à faire Teshouva, afin qu’elle purifie
davantage ses intentions. Elle n’hésitait pas à faire part à Hannah de
son point de vue, ce qui attristait plus encore la malheureuse. Penina
aurait dû juger sa rivale plus favorablement : peut-être était-elle si
pieuse qu’Hashem appréciait ses prières comme Il aimait celle de nos
matriarches, et tardait de ce fait à les exaucer ?
Apprenons de là, de ne jamais conclure trop hâtivement de la culpabilité
de notre prochain. Dans certaines circonstances, il est certes permis
de se méfier, mais jamais d’établir, ou pire encore, d’exprimer nos
jugements.
Il existe aussi une autre explication à la terrible punition de Penina. Le
rav Haïm Shmoulevitz zatsal explique que les fautes commises envers
notre prochain sont si graves que les bonnes intentions ne suffisent
pas à acquitter le tort causé. Vexer l’autre, au point de le faire pleurer,
est tout simplement comparable à celui qui entre sa main dans un
four : les bonnes intentions n’empêcheront pas le feu de le brûler !

U n Midrash raconte qu’Elkana mérita d’engendrer un fils aussi grand


que Moshé et Aharon réunis, grâce au mérite d’avoir réinstauré

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le pèlerinage massif au Tabernacle. Comme nous le racontions, il
choisissait chaque année un nouvel itinéraire pour se rendre à Shilo,
en s’arrangeant pour passer la nuit sur
Faire les Mitsvot une place publique avec sa famille au
grand complet. Quand les autochtones
avec flamme s’intéressaient à sa destination, il
leur répondait enthousiasmé qu’ils se
rendaient au Mishkan. Ses interlocuteurs s’émouvaient à leur tour,
et décidaient de l’accompagner. Hashem dit : « Elkana, tu t’es soucié
d’accorder du mérite à Mon peuple et l’as rapproché de mes Mitsvot, Je
te promets un fils qui les rapprochera davantage de Moi ! »
Le Rambam [Sefer Hamitsvot, Assé III] rapporte, à parir du Sifri, que de telles
actions sont l’accomplissement de la Mitsva de ‫יך‬ ָ ‫וְ ָא ַה ְב ָּת ֵאת ה’ ֱאל ֶֹה‬ ,
d’aimer Hashem. Elles consistent à communiquer sa flamme aux
autres pour accomplir les Mitsvot, comme le fit Avraham qui est
appelé ‫ ַא ְב ָר ָהם ֲאהו ִּבי‬, Avraham Mon bien-aimé. Le Rambam compare
cela à la vénération que l’on pourrait avoir pour un homme : on ferait
certainement tout son possible pour que tout le monde l’apprécie.
Des occasions de sanctifier le nom de Hashem se présentent
régulièrement à nous, si nous savons y être attentifs. Les saisir,
cela nécessite uniquement d’être soucieux de voir notre entourage
manifester de la sympathie pour la Torah.
On raconte qu’une fois, un rav collectait des fonds pour une Mitsva très
importante. Il se rendit entre autres dans la synagogue du rav Shalom
Messas zatsal, où on lui accorda quelques minutes de discours. Convaincu
de la grande Mitsva de Tsedaka qui se présentait, rabbi Shalom craignit
que la somme requise ne soit pas atteinte. Il s’empressa donc de
placer une barre bien haute, en donnant lui-même le premier don très
généreux, et effectivement, personne n’osa annoncer de don inférieur !

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L ’histoire de Hannah et de sa première prière nous pousse à aborder


un sujet délicat : la Tefila avec ‘arrogance’ et le blasphème.

Le verset dit : ‫ ָמ ַרת נָ ֶפ ׁש; וַ ִּת ְת ַּפ ֵ ּלל‬,‫וְ ִהיא‬


Tefila arrogante ou ‫ ו ָּבכֹה ִת ְב ֶ ּכה‬,‫יְ הוָ ה‬-‫« ַעל‬ L'âme remplie
d'amertume, elle pria devant Hashem et
blasphème ? pleura longtemps ». Remarquons qu’il
n’est pas dit ’‫ וַ ִּת ְת ַּפ ֵ ּלל ֵאל ד‬mais ’‫ ַעל ד‬,
littéralement « elle pria sur Hashem ». Nos maîtres ont déduit de cette
nuance le contenu de sa Tefila : elle implora Hashem avec ‘insolence’.
Nous rapportons dans le récit plusieurs de ses phrases : « Cette
poitrine, pourquoi a-t-elle été créée si ce n’est pour allaiter ? » ou
encore « Tu as créé tellement de galaxies, T’est-il si difficile de me
donner un enfant ! »
Le Midrash ajoute qu’elle osa même défier la Torah. Il est dit dans la
Parasha de la Sota que cette femme qui s’est isolée avec un homme
étranger devra boire au Beit haMikdash (Temple) une eau dans laquelle
un passage de la Torah s’est fait effacer, bien qu’il comporte le nom de
Hashem. Si la femme a fauté, elle mourra, sinon elle enfantera de beaux
enfants. Hannah exigea de Hashem un enfant « sinon je m’isolerais et
boirais de l’eau de la Sota », Lui dit-elle. « Souhaites-tu que Ton nom
soit effacé ? », ajouta-t-elle.
Cette forme de Tefila est évidemment choquante. Le principe
fondamental de la Tefila est l’humilité, la prise de conscience que nous
ne sommes rien devant Hashem, et que nous sommes totalement
dépendants de Lui. Et pourtant, on peut remarquer que plusieurs
grandes figures de la Torah ont prié de la sorte : Avraham, Moshé,
Yehoshoua, Eliahou. Tandis que d’autres, tel que Iyov (Job), se sont
fait châtier pour leur effronterie tendant au blasphème. Où la limite se
situe-t-elle alors ? Un homme a-t-il le droit d’apostropher Hashem sur

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la raison de ses épreuves ou bien doit-on condamner de tels propos ?
Nous tenterons de répondre à cette question dans cette étude.

3 sortes de prière
Lorsque Hashem voulut détruire Sedom et Amora, il est dit : ‫וַ ִ ּי ַ ּג ׁש‬
‫ר ׁ ָשע‬-‫ם‬ ַ ‫ וַ ּי‬,‫ ַא ְב ָר ָהם‬, Avraham s’avança et dit :
ָ ‫ צַ דִּ יק ִע‬,‫ ַה ַאף ִּת ְס ֶּפה‬ :‫ֹאמר‬
« Anéantirais-tu d’un même coup l’innocent avec le coupable ? » Et
Rashi de citer le Midrash : « Il s’avança pour la Tefila, pour amadouer et
pour lutter ».
Trois formes de prière sont mentionnées. Avant d’expliquer leur sens,
définissons en quelques lignes le but du monde. Hashem a créé
l’Homme et le monde et a voilé Sa présence. Il ordonna à l’Homme de
Le servir. Ainsi chaque Mitsva, chaque épreuve surmontée, contribue
à dévoiler « Sa lumière ». Imageons cette idée par un adolescent qui
se refuse à suivre le droit chemin. Son père désespéré décide de ne
plus s’intéresser à lui. Dès que le fils fera un effort positif, le père se
rapprochera en retour proportionnellement. Dans Pirkei Avot, il est dit
ׂ ָ , le mérite d’une Mitsva accomplie c’est la Mitsva elle-
‫שכָ ר ִמצְ וָ ה ִמצְ וָ ה‬
même : à présent, la providence de Hashem est dévoilée d’un degré
supplémentaire.
Chaque homme est foncièrement différent des autres. Selon les
qualités et capacités dont il a été doté, il a une mission bien précise
à remplir, qu’il est seul à pouvoir mener à bien. Hashem n’attend pas
d’être servi uniquement par des Tsadikim, mais par chaque juif. Ou
plutôt, chaque juif doit lui-même devenir un ‘Tsadik’ en remplissant sa
propre mission. Même un juif né dans un milieu goy, et n’ayant rien
connu jusqu’à très tard, apportera sa contribution bien précise au
dévoilement de la présence de Hashem. Lorsqu’un jour, l’étincelle se

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ravivera, il aura une forme de Torah et de Mitsvot originale, propre à lui,
à son vécu, à sa Neshama (âme).
Ce capital prédestiné, c’est ce que nous appelons le Mazal, vulgairement
traduit par le destin. Le Mazal de l’homme inclut tout ce qui lui est
nécessaire pour réaliser au mieux ce que Hashem attend de lui.

R evenons à présent aux 3 formes de prière mentionnées dans le


Midrash : la Tefila, le Piouss (amadouer), et la ‘lutte’.
- La Tefila : Hashem attend que nous lui soumettions nos
doléances pour qu’Il nous donne ce qui nous est prédestiné. De ce fait,
si pour une raison quelconque Il ne veut plus nous donner, ce mode de
prière n’y remédiera pas. Il faudra tenter de L’amadouer, et passer ainsi
à la prière en mode ‘Piouss’.
- Le Piouss : c’est lorsque, par exemple, un homme ayant
un Mazal de richesse ou de bonne santé, faute. Il s’éloigne de
l’accomplissement de sa mission et Hashem ne lui prodiguera plus le
bien prédestiné dans l’absolu. Lorsqu’il fera Teshouva et se repentira, il
faudra qu’il implore ensuite particulièrement Hashem pour qu’Il daigne
lui refaire jouer son rôle dans la grande mission divine, et lui redonne
pour ce faire ses « outils » prédestinés.
Avraham implore Hashem de ces 2 façons : dans un premier temps il
Lui demande de laisser Ses créatures en vie même si elles fautent, et
de patienter encore. Puis, il implore la miséricorde divine : peut-être
se trouve-t-il dans la ville des justes qui feront faire Teshouva un jour
à leurs voisins ? Mais voyant qu’il n’est pas exaucé, Avraham entame
la ‘lutte’.
- La lutte : le rav Dessler zatsal [Mikhtav MéEliahou, II p.184] en explique le
fonctionnement. Hashem attend que nous dévoilions Sa présence sur

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terre. Il est bon, et la plus grande bonté qu’Il puisse faire aux hommes
méritants c’est de les rapprocher de Lui, afin qu’ils comprennent
davantage Sa conduite. Lorsqu’un homme juste n’entrevoit plus la
présence de Hashem et Son attitude, il souffre. Il peut, à ce moment,
exprimer son mal, crier « Pourquoi ! » Il ne blasphème pas du tout, il
sait pertinemment qui est le maître du monde et qui le dirige, il ne fait
qu’exprimer à Hashem son désarroi : « Ne laisse pas ce ‘pourquoi’ me
torturer ! »

Nous commençons à présent à comprendre ce que signifie « prier avec


effronterie ». Il ne s’est jamais agi de blasphémer ou de douter un
seul instant de l’équité de Hashem, Has Veshalom, mais uniquement
d’exprimer le terrible contraste entre nos convictions et notre
incapacité à comprendre. « Je sais Hashem que Tu diriges le monde,
je ne doute pas de Ta justice, mais des questions tentent de torpiller
ma Emouna (croyance). Ne me laisse pas sombrer ! » Hashem, le Bon,
désirant aider ceux qui aspirent à se rapprocher de Lui, ne peut rester
sourd à la détresse d’un tel sujet.
Il faut cependant préciser la condition inhérente pour formuler une
telle prière : l’intégrité. Iyov (Job), plongé dans ses souffrances, dit :
‫ הוּא ְמכַ ֶ ּלה‬,‫תם וְ ָר ׁ ָשע‬--‫י‬ ּ ֵ ‫« ַא ַחת ִהיא ַע‬ Tout revient au même
ָּ ‫כן ָא ַמ ְר ִּת‬-‫ל‬
: aussi dis-je que juste et méchant, Il les fait également périr ». Ses
propos sont semblables à ceux d’Avraham (cités plus haut). Et pourtant
Avraham fut récompensé et Iyov réprimandé. La nuance, c’est qu’Iyov
signala une contradiction qui laissa place au doute dans son cœur,
tandis que la question d’Avraham était de pure forme. Avraham ne
remettait pas en question la rigueur divine s’abattant sur Sedom
et Amora. Il craignait cependant la réaction des peuples. Peut-être
concluraient-ils qu’Hashem se plaît à exterminer Ses créatures au

w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
151
MOUSSAR
MOUSSAR- Shabbat,
- Tefilat
MekorHannah
haBerakha
bout de quelques générations ? De tels propos seraient un véritable
Hiloul Hashem (profanation du Nom divin) : si les hommes n’ont pas
conscience de la bonté de Hashem, ils ne peuvent le servir avec zèle.
Aussi Avraham implora Hashem de ne pas laisser place à un tel doute.
Ainsi le Midrash affirme : « Hashem dit : Que personne n’ose s’adresser à
Moi comme l’a fait Avraham ! Seul envers Avraham Je me suis tu, car lui-
même sait se taire : Je lui ai promis de multiplier sa descendance par Itzhak
et lorsque Je lui ai demandé de Me le sacrifier, il s’est tu ».

R evenons à présent sur la Tefila de Hannah qui pria elle aussi avec
‘audace’.
Nous apprenons de plusieurs de ses paroles qu’elle désirait avoir un
enfant uniquement Leshem Shamayim, pour l’honneur de Dieu. Elle
voulait un enfant qui serait entièrement consacré à Hashem depuis
son plus jeune âge. La conclusion de son chant nous dévoile d’ailleurs
ses intentions : « Hashem donnera la puissance à Son roi, et Il exaltera la
gloire de Son élu ».
Comme nous l’évoquions dans le récit, le peuple d’Israël sortait d’une
terrible crise interne. L’ère des Juges devait s’achever pour laisser la
place aux Prophètes et à la Royauté. Hannah sentait cela, et aspirait
à accélérer ce changement. Elle voulait avoir une part active dans le
dévoilement de la gloire divine dans le monde.
Le rav Dessler zatsal [Mikhtav MéEliahou IV, p. 103] précise que son Mazal était d’être
stérile. Et pourtant, c’est sa Tefila audacieuse qui lui permit de changer
le cours des choses.
Mais rappelons la condition sine qua non : l’intégrité, ne jamais poser
de question. Au contraire, on implore Hashem afin que jamais personne
ne pose de questions.

152 w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
MOUSSAR
MOUSSAR- Shabbat,
- Tefilat
MekorHannah
haBerakha
Il était important d’expliquer ce principe car malheureusement on
entend parfois des personnes éprouvées se lamenter sur leur triste
sort, n’hésitant pas à soulever des questions ambigües. La Guemara
dans Taanit met en garde même les grands Tsadikim de ne pas exprimer
de telles prières. Le Tana Lévi boita tout le reste de sa vie après avoir
formulé une prière ‘effrontée’. Alors qu’Hashem n’envoyait pas la pluie,
il osa implorer : "T’es-tu retiré dans Tes cieux au point d’oublier Ta
miséricorde ?!"

Ancrons bien ce verset dans notre esprit ֹ‫« ַה ּצוּר ָּת ִמים ָּפ ֳעלו‬ Lui, notre
rocher, Son œuvre est parfaite » [Devarim 32 :4]. Il n’y a jamais place à la remise
en question de l’action d’Hashem car nous n’avons jamais fini de nous
parfaire.

w w w. 5 m i n e t e r n e l l e s . c o m
153
LA MISHNA ÉTUDE
DU JOUR QUOTIDIENNE

Programme de Mishna
du 15 Tishrei au 17 Kislev 5781
03 / 10 / 20 au 03 / 12 / 20

Retrouvez nos cours


tous les jours en vidéo sur
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‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.3 Mishna 5‬‬ ‫‪23 Tishrei 5781‬‬
‫‪11 / 10 / 20‬‬
‫ִי‬‫ֵרּוב‬‫ָח‪ ,‬ע‬ ‫ּמזְר‬‫הִ‬
‫ִן ַ‬ ‫ָאּו גֹויִים מ‬ ‫ִם ּב‬‫ֵר‪ ,‬א‬ ‫ֵרּובֹו וְאֹומ‬
‫ַל ע‬ ‫ָם ע‬ ‫אד‬ ‫ַתנֶה ָ‬ ‫מְ‬ ‫ַמ ְתנֶה ָא ָדם ַעל ֵערּובוֹ‪.‬‬
‫רּובין‪ֶ ,‬א ָחד‬ ‫יח ְׁשנֵי ֵע ִ‬ ‫ֵמ ִנ ַ‬
‫ְקֹום‬ ‫למ‬ ‫ָאן‪ִ ,‬‬ ‫מּכ‬
‫ָאן ּו ִ‬‫מּכ‬‫ָאּו ִ‬‫ִם ּב‬ ‫ָח‪ .‬א‬‫ּמזְר‬
‫לִ‬ ‫ִי ַ‬
‫ֵרּוב‬
‫ָב‪ ,‬ע‬ ‫ער‬ ‫ּמ ֲ‬
‫הַ‬ ‫ִן ַ‬
‫ָב‪ .‬מ‬ ‫ער‬ ‫ּמ ֲ‬
‫לַ‬‫ַ‬ ‫ְלסֹוף ַא ְל ַּפ ִים ְל ִמ ְז ַרח ֵּביתֹו‬
‫ְו ֶא ָחד ְלסֹוף ַא ְל ַּפ ִים ְל ַמ ֲע ַרב‬
‫ִם‬ ‫ִי‪ .‬א‬‫ִיר‬ ‫בנֵי ע‬‫כְ‬
‫ֵינִי ִ‬‫הר‬ ‫ָאן‪ֲ ,‬‬ ‫מּכ‬‫ָאן וְֹלא ִ‬‫מּכ‬‫ָאּו ֹלא ִ‬‫ְֵך‪ֹ .‬לא ב‬ ‫אל‬ ‫ֶה ֵ‬ ‫רצ‬‫אְ‬ ‫ׁש ֶ‬
‫ֶ‬ ‫עֹוב ֵדי‬
‫א ִני‬
‫ְ‬ ‫אֹומר ִאם ָּבאּו‬ ‫ֵּביתֹו‪ְ ,‬ו ֵ‬
‫ּכֹוכ ִבים ַל ִּמ ְז ָרח ְו ָצ ִריְך ֲ‬ ‫ָ‬
‫ָב‪.‬‬‫ער‬ ‫ּמ ֲ‬
‫לַ‬ ‫ִי ַ‬
‫ֵרּוב‬ ‫ָב‪ ,‬ע‬ ‫ער‬‫ּמ ֲ‬
‫הַ‬ ‫ִן ַ‬ ‫ָח‪ .‬מ‬‫ּמזְר‬
‫לִ‬‫ִי ַ‬‫ֵרּוב‬
‫ָח‪ ,‬ע‬ ‫ּמזְר‬
‫הִ‬ ‫ִן ַ‬‫ָם מ‬ ‫חכ‬ ‫ָא ָ‬ ‫ּב‬ ‫ֵיהם ִי ְקנֶה ִלי‬ ‫ִל ְברֹחַ ִמ ְּפנ ֶ‬
‫ׁש ַּב ַּמ ֲע ָרב ְו ִי ְהיּו ִלי‬ ‫רּובי ֶ‬
‫ֵע ִ‬
‫ֵינִי‬
‫הר‬ ‫ָאן‪ֲ ,‬‬‫לכ‬ ‫ָאן וְֹלא ְ‬ ‫לכ‬
‫ְֵך‪ֹ .‬לא ְ‬ ‫אל‬
‫ֶה ֵ‬ ‫רצ‬‫אְ‬‫ׁש ֶ‬
‫ְקֹום ֶ‬ ‫למ‬‫ָאן‪ִ ,‬‬ ‫לכ‬‫ָאן ּו ְ‬‫לכ‬‫ָא ְ‬ ‫ּב‬ ‫א ָל ִפים‬ ‫יתי ַא ְר ַּב ַעת ֲ‬
‫ְל ַמ ֲע ַרב ֵּב ִ‬
‫ַא ָּמה‪ְ .‬ו ַאף ַעל ַּגב ְּדֹלא‬
‫ֶל‬ ‫אצ‬‫ְֵך ֵ‬‫ַּבֹו‪ ,‬הֹול‬‫ֵהן ר‬‫ָד מ ֶ‬ ‫אח‬ ‫היָה ֶ‬ ‫ִם ָ‬ ‫ֵר‪ ,‬א‬ ‫ָה אֹומ‬ ‫ִי יְהּוד‬‫רּב‬
‫ִי‪ַ .‬‬ ‫ִיר‬‫בנֵי ע‬ ‫כְ‬‫ִ‬ ‫ָאתּו ַעד ְל ָמ ָחר‪ָ ,‬א ְמ ִרינַן יֵׁש‬
‫ְּב ֵר ָרה‪ְּ ,‬ד ֵבין ַה ְּׁש ָמׁשֹות ָקנָה‬
‫ְֵך‪:‬‬
‫ֶה יֵל‬‫רצ‬‫ׁשּיְִ‬
‫ְקֹום ֶ‬ ‫למ‬‫ַּבֹותיו‪ִ ,‬‬
‫ֵיהם ר ָ‬ ‫ׁשנ ֶ‬‫היּו ְ‬‫ִם ָ‬ ‫ַּבֹו‪ ,‬וְא‬
‫ר‬ ‫יסא‪:‬‬ ‫ידךְ ִּג ָ‬ ‫רּובא ְּד ִא ָ‬
‫ירי‪ַ .‬א ְל ַּפ ִים‬
‫ֵליּה ֵע ָ‬
‫יני ִכ ְבנֵי ִע ִ‬ ‫ה ֵר ִ‬‫ֲ‬
‫יני ָצ ִריְך‬ ‫רּוח‪ְ ,‬ו ֵא ִ‬
‫ירי ְל ָכל ַ‬ ‫ֵמ ִע ִ‬
‫ּול ָמ ָחר ֶא ְׁש ַמע‬ ‫יֹוד ַע ְל ֵאיזֶה ַצד ָיבֹא‪ְ ,‬‬ ‫יני ֵ‬ ‫א ִני ִל ְלמֹד ִמ ִּפיו‪ְ ,‬ו ַע ְכ ָׁשיו ֵא ִ‬ ‫רֹוצה ֲ‬ ‫ירי ְו ֶ‬ ‫ּול ַה ְפ ִסיד ִמ ָּכאן‪ִ :‬אם ָּבא ָח ָכם ַל ִּמ ְז ָרח‪ .‬חּוץ ִל ְתחּום ִע ִ‬ ‫ְל ִה ְׂש ַּת ֵּכר ְל ָכאן ְ‬
‫ֵלְך ֵא ֶצל ַרּבֹו ְוֹלא ֵא ֶצל ָה ַא ֵחר‪ְּ ,‬ד ִקים ָלן ְּב ַגּוֵיּה‬ ‫אֹומר‪ִ .‬אם ָּבאּו ִמ ָּכאן ִ‬
‫ּומ ָּכאן‪ְ ,‬ו ֶא ָחד ֵמ ֶהם ַרּבֹו‪ ,‬י ֵ‬ ‫הּודה ֵ‬‫ִמ ְּבנֵי ָא ָדם ַה ָּב ִאים ִמ ָּׁשם ְל ָכאן ַעל ְי ֵדי ֵערּוב‪ַ :‬ר ִּבי ְי ָ‬
‫ׁ ְּב ַח ְב ֵריּה ְט ֵפי ֵמ ַר ֵּביּה‬
‫אי ַנש‬
‫יחא ֵליּה ֶל ֱ‬
‫הּודה‪ְּ ,‬ד ִז ְמ ִנין ְּד ִנ ָ‬
‫ה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ְי ָ‬
‫ְּד ִב ְׁש ַעת ְק ִנּיַת ֵערּוב ֵּבין ַה ְּׁש ָמׁשֹות ַּד ְע ֵּתיהּ ְּד ִל ְקנֵי ֵליּה ַההּוא ֵערּוב ִּד ְל ַצד ַר ֵּביּה‪ְ .‬ו ֵאין ֲ‬

‫‪L U N D I‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.3 Mishna 6‬‬ ‫‪24 Tishrei 5781‬‬
‫‪12 / 10 / 20‬‬
‫ֵין‬‫ֶיה ּוב‬
‫פנ ָ‬ ‫ּל ָ‬
‫מְ‬ ‫ֵין ִ‬ ‫ָת‪ּ ,‬ב‬ ‫ְׁשּב‬
‫ָמּוְך ל ַ‬ ‫הּס‬‫ֵר‪ ,‬יֹום טֹוב ַ‬ ‫עזֶר אֹומ‬ ‫ִי ֶ‬
‫אל‬ ‫ִי ֱ‬‫רּב‬ ‫ַ‬ ‫רּובין‪ִ .‬אם‬ ‫ְמ ָע ֵרב ָא ָדם ְׁשנֵי ֵע ִ‬
‫ילְך יֹום ִראׁשֹון‬ ‫ָהיָה ָצ ִריְך ֵל ֵ‬
‫ִאׁשֹון‬ ‫הר‬‫ִי ָ‬ ‫ֵרּוב‬ ‫ֵר‪ ,‬ע‬ ‫ִין וְאֹומ‬ ‫ֵרּוב‬ ‫ׁשנֵי ע‬‫ָם ְ‬ ‫אד‬ ‫ֵב ָ‬ ‫ער‬
‫מָ‬ ‫ֶיה‪ְ ,‬‬‫חר ָ‬ ‫אֲ‬‫ּל ַ‬
‫מְ‬ ‫ִ‬ ‫ׁש ִני ְל ָכאן‪ ,‬יָכֹול‬ ‫ְל ָכאן ְויֹום ֵ‬
‫ְל ָע ֵרב ַל ִּמ ְז ָרח ְו ַל ַּמ ֲע ָרב ֶע ֶרב‬
‫ִי‬‫ֵרּוב‬‫ָח‪ .‬ע‬ ‫ּמזְר‬
‫לִ‬‫ּׁשנִי ַ‬
‫ְה ֵ‬
‫ָב‪ ,‬ו ַ‬‫ער‬ ‫ּמ ֲ‬
‫לַ‬‫ִאׁשֹון ַ‬ ‫הר‬‫ָב‪ָ .‬‬ ‫ער‬ ‫ּמ ֲ‬
‫לַ‬ ‫ּׁשנִי ַ‬
‫ְה ֵ‬
‫ָח‪ ,‬ו ַ‬ ‫ּמזְר‬
‫לִ‬ ‫ַ‬ ‫רּובי‬‫אֹומר ֵע ִ‬ ‫יֹום ָה ִראׁשֹון‪ְ ,‬ו ֵ‬
‫ׁשל ִמ ְז ָרח ִי ְקנֶה ִלי ַהּיֹום ְלצ ֶֹרךְ‬ ‫ֶ‬
‫ִי‪.‬‬‫ִיר‬‫בנֵי ע‬‫ּכ ְ‬
‫ִאׁשֹון ִ‬ ‫ְהר‬
‫ּׁשנִי‪ ,‬ו ָ‬
‫הֵ‬ ‫ִי ַ‬ ‫ֵרּוב‬‫ִי‪ .‬ע‬ ‫ִיר‬‫בנֵי ע‬ ‫ּכ ְ‬
‫ּׁשנִי ִ‬
‫ְה ֵ‬
‫ִאׁשֹון‪ ,‬ו ַ‬ ‫הר‬ ‫ָ‬ ‫ׁשל ַמ ֲע ָרב ִי ְקנֶה‬ ‫רּובי ֶ‬
‫ָמ ָחר‪ְ ,‬ו ֵע ִ‬
‫ִלי ֵּבין ַה ְּׁש ָמׁשֹות ִּד ְל ָמ ָחר‬
‫ָר‪ .‬אֹו‬ ‫עּק‬
‫ָל ִ‬ ‫ֵב ּכ‬‫ער‬ ‫מָ‬‫ֵינֹו ְ‬‫ַת‪ ,‬אֹו א‬ ‫אח‬ ‫ח ַ‬‫ְרּו ַ‬
‫ֵב ל‬ ‫ער‬‫מָ‬‫ִים‪ְ ,‬‬ ‫מר‬ ‫ִים אֹו ְ‬ ‫כמ‬‫חָ‬‫וַ ֲ‬ ‫ׁש ִני‪ְּ .‬ד ָק ָס ַבר ַר ִּבי‬
‫יעזֶר ַׁש ָּבת ְויֹום טֹוב ָלאו‬
‫ְלצ ֶֹרךְ יֹום ֵ‬
‫א ִל ֶ‬‫ֱ‬
‫ִיכֹו‬‫ֲׂשה‪ .‬מֹול‬ ‫ַד יַע ֶ‬ ‫ֵיצ‬‫ָר‪ּ .‬כ‬‫עּק‬‫ָל ִ‬ ‫ֵב ּכ‬‫ער‬‫מָ‬ ‫ֵינֹו ְ‬
‫ִים‪ ,‬אֹו א‬ ‫ִׁשנֵי יָמ‬
‫ֵב ל ְ‬ ‫ער‬‫מָ‬ ‫ְ‬ ‫ינהוּ‬
‫ּובין‬
‫יכא ִנ ְ‬
‫[הן]‪ֵ ,‬‬
‫א ִר ָ‬ ‫יֹומא ֲ‬ ‫ָ‬
‫ֶא ָּלא ְׁש ֵּתי ְק ֻדּׁשֹות ֵ‬
‫ְּכ ַחד‬

‫ְלֹו‪.‬‬‫ָיו וְאֹוכ‬
‫על‬ ‫ְׁשיְך ָ‬
‫מח ִ‬ ‫ַּׁשנִי ַ‬
‫ָא לֹו‪ּ .‬ב ֵ‬ ‫ְלֹו ּוב‬
‫ָיו וְנֹוט‬
‫על‬‫ְׁשיְך ָ‬
‫מח ִ‬ ‫ִאׁשֹון‪ּ ,‬ו ַ‬‫בר‬ ‫ָ‬ ‫ידיהּ‬ ‫ַה ְּׁש ָמׁשֹות ְּד ַק ָּמא ְל ִד ֵ‬
‫ׁש ִני‪:‬‬
‫הּוא ְּד ָקנֵי ְוֹלא ְליֹום ֵ‬
‫ִאׁשֹון‪,‬‬ ‫ּבר‬
‫ַל ָ‬ ‫אכ‬‫ֵרּובֹו‪ .‬נֶ ֱ‬‫ּבע‬‫ֵר ְ‬ ‫ּתּכ‬
‫ִׂש ַ‬
‫ָתֹו ּומ ְ‬ ‫ִיכ‬ ‫ַהל‬
‫ֵר ּב ֲ‬ ‫ּתּכ‬
‫ִׂש ַ‬
‫ָא מ ְ‬ ‫מצ‬‫וְנִ ְ‬ ‫ּׁש ִני‬
‫ּוב ֵ‬
‫ַ‬
‫לֹומר ְו ִאם ֹלא‬
‫ָב ִראׁשֹון‬
‫ירי‪ְּ .‬כ ַ‬
‫רּובי‬
‫ֵע ִ‬
‫ִּכ ְבנֵי ִע ִ‬
‫ִים‬ ‫עזֶר‪ ,‬מֹוד‬ ‫ִי ֶ‬‫אל‬‫ִי ֱ‬‫רּב‬
‫ָהם ַ‬ ‫ַר ל ֶ‬ ‫אמ‬ ‫ַּׁשנִי‪ָ .‬‬
‫ֵרּוב ל ֵ‬ ‫ֵינֹו ע‬ ‫ִאׁשֹון וְא‬ ‫לר‬ ‫ֵרּובֹו ָ‬ ‫ע‬ ‫ילְך ֶא ָּלא ְּביֹום‬ ‫ָהיָה ָצ ִריְך ֵל ֵ‬
‫ּׁש ִני ֵאין ָצ ִריְך ָלזּוז‬ ‫ּוב ֵ‬
‫ִראׁשֹון‪ַ ,‬‬
‫ֻּׁשֹות‪:‬‬
‫קד‬‫ּתי ְ‬‫ׁש ֵ‬
‫הן ְ‬ ‫ׁש ֵ‬
‫ִי ֶ‬ ‫ַּתם ל‬
‫אֶ‬ ‫רֹוצה ְל ַה ְפ ִסיד‬ ‫ִמ ְּמקֹומֹו ְו ֵאינֹו ֶ‬
‫ׁשל ְּתחּומֹו ִמ ָּכאן‬ ‫ֹלא ַא ְל ַּפ ִים ֶ‬
‫ׁשל ְּתחּומֹו ִמ ָּכאן‪,‬‬ ‫ְוֹלא ַא ְל ַּפ ִים ֶ‬
‫ילְך‬
‫ׁשֹּלא ֵע ְרבּו‪ .‬אֹו ִאם ָהיָה ָצ ִריְך ֵל ֵ‬ ‫ירי ֶ‬ ‫יני ִּכ ְבנֵי ִע ִ‬
‫ה ֵר ִ‬‫ּׁש ִני ֲ‬
‫ּוב ֵ‬
‫רּובי זֶה ִי ְקנֶה ִלי ְלצ ֶֹרךְ ָמ ָחר‪ַ ,‬‬ ‫אֹומר ֵע ִ‬ ‫ילְך ּבֹו ְּביֹום ִראׁשֹון‪ְ ,‬ו ֵ‬ ‫רֹוצה ֵל ֵ‬ ‫ׁשהּוא ֶ‬ ‫ְי ָע ֵרב ֵערּוב ֶא ָחד ַל ַּצד ֶ‬
‫ָמים‪ַ .‬ה ְינּו ְל ַ‬
‫רּוח ַא ַחת ְּד ָא ְמ ֵרי ְל ֵעיל‪.‬‬ ‫ירי‪ :‬אֹו ְמ ָע ֵרב ִל ְׁשנֵי ַהּי ִ‬ ‫היֶה ִּכ ְבנֵי ִע ִ‬ ‫ּוב ִראׁשֹון ֶא ֱ‬‫ׁשל ָמ ָחר ָ‬ ‫ֹאמר ֵערּוב זֶה ִי ְקנֶה ִלי ֵּבין ַה ְּׁש ָמׁשֹות ֶ‬ ‫ּׁש ִני ְוֹלא ָּב ִראׁשֹון‪ ,‬י ַ‬ ‫ַּב ֵ‬
‫לֹומר‬
‫ׁש ֵאינֹו יָכֹול ַ‬ ‫רּוח ַא ַחת אֹו ֵאינֹו ְמ ָע ֵרב ָּכל ִע ָּקר‪ֶ ,‬‬ ‫מֹודה ְליֹום ֶא ָחד ְּדאֹו ְמ ָע ֵרב ְל ַ‬ ‫יעזֶר‪ִ ,‬אי ַא ָּתה ֶ‬ ‫א ִל ֶ‬‫ְו ָהא ּתּו ָל ָּמה ִלי‪ֶ ,‬א ָּלא ָה ִכי ָק ָא ְמ ֵרי ֵליּה ַר ָּבנָן ְל ַר ִּבי ֱ‬
‫ַּמי‪ְּ ,‬ד ַה ְינוּ ְל ַׁש ָּבת ְויֹום טֹוב‪ ,‬אֹו ְמ ָע ֵרב ְּכמֹו ְליֹום ֶא ָחד אֹו ֵאינֹו ְמ ָע ֵרב ָּכל ִע ָּקר‪ִּ .‬ד ְס ֵפ ָקא ְלהּו‬ ‫ָמים נ ִ‬ ‫רּובי ַל ַּמ ֲע ָרב‪ִ .‬ל ְׁשנֵי ַהּי ִ‬
‫ַח ִצי יֹום ֵע ִ‬ ‫רּובי ַל ִּמ ְז ָרח ו ֲ‬
‫ֲח ִצי יֹום ֵע ִ‬
‫יכא ָּדמּו ִאי ֹלא‪ְ ,‬ו ָע ְב ֵדי ָה ָכא ְל ֻח ְמ ָרא ְּד ֵאין יָכֹול ְל ָע ֵרב ִל ְׁש ֵּתי רּוחֹות ִּד ְל ָמא ֲח ָדא ְק ֻד ָּׁשה ִהיא‪ְ ,‬ו ָה ָכא ְל ֻח ְמ ָרא ְּד ָא ְמ ֵרי‬ ‫א ִר ָ‬‫יֹומא ֲ‬ ‫ְל ַר ָּבנָן ַׁש ָּבת ְויֹום טֹוב ִאי ְּכ ָ‬
‫ׁש ִּי ְקנֶה‬
‫ּומ ְח ִׁשיְך ָע ָליו ַעד ֶ‬
‫ׁש ִּל ְפנֵי ַׁש ָּבת ַ‬ ‫יח ֶע ֶרב יֹום טֹוב ֶ‬ ‫מֹוליכֹו‪ַ .‬ה ָּׁש ִל ַ‬
‫יכא ָּדמּו‪ִ :‬‬ ‫א ִר ָ‬
‫יֹומא ֲ‬ ‫ּׁש ִני‪ִּ ,‬ד ְל ָמא ְׁש ֵּתי ְק ֻדּׁשֹות ֵהן ְוֹלא ְּכ ָ‬ ‫ֶא ַכל ָּב ִראׁשֹון ֵאין ֵערּוב ַל ֵ‬ ‫ְל ַק ָּמן נ ֱ‬
‫ּׁש ִני‪.‬‬
‫ּומֹוליכֹו ַּב ֵ‬
‫ִ‬ ‫ּׁש ִני‪ .‬חֹוזֵר‬
‫ּׁש ִני‪ַּ :‬ב ֵ‬
‫ֶא ַכל ֵערּובוֹ ָּב ִראׁשֹון ֵערּוב ָל ִראׁשֹון ְו ֵאין ֵערּוב ַל ֵ‬ ‫ּׁש ִני‪ִּ ,‬כ ְד ָק ָתנֵי נ ֱ‬
‫ֵא ֵבד ְוׁשּוב ֵאין לֹו ֵערּוב ַל ֵ‬ ‫ׁש ָּמא י ָ‬ ‫ּובא לֹו‪ֶ .‬‬ ‫נֹוטלוֹ ָ‬‫ָה ֵערּוב‪ְ :‬ו ְ‬
‫א ָבל ֹלא ְּב ַפת ַא ֶח ֶרת‪,‬‬ ‫ׁשֹותק‪ֲ ,‬‬
‫ֵ‬ ‫ׁשם ֵמ ֶא ְתמֹול‪ְ ,‬ו ַע ָּתה‬ ‫ׁש ָּק ָרא ָע ָליו ֵ‬ ‫ׁש ְּי ָע ֵרב ְּבאֹותֹו ֵערּוב ַע ְצמֹו ֶ‬ ‫ּׁש ִני ָצ ִריְך ֶ‬ ‫רֹוצה ְל ָע ֵרב ְּב ַפת ַּב ֵ‬‫ְּד ָק ְי ָמא ָלן ַה ְמ ָע ֵרב ְּב ַפת ָּב ִראׁשֹון ְו ֶ‬
‫ּומ ְׂש ַּת ֵּכר ְּב ֵערּובוֹ‪.‬‬
‫יכה ְליֹום ָמ ָחר‪ִ :‬‬ ‫ה ִל ָ‬ ‫לֹומר קֹונֶה לֹו ֲ‬ ‫יכתֹו‪ְּ .‬כ ַ‬ ‫ה ִל ָ‬
‫ׁשם ֵערּוב‪ְ ,‬ו ָהוֵי ֵמ ִכין ִמּיֹום טֹוב ְל ַׁש ָּבת‪ְ :‬ו ִנ ְמ ָצא ִמ ְׂש ַּת ֵּכר ַּב ֲ‬ ‫ְּד ָב ֵעי ְל ִמ ְק ָרא ֲע ֵליּה ַה ְׁש ָּתא ֵ‬
‫רֹוצה‬
‫ּׁש ִני ִל ְראֹות‪ִ ,‬אם ַקּיָם ָה ֵערּוב ַמ ְח ִׁשיְך ָע ָליו‪ְ ,‬ו ִאם ֶ‬ ‫הֹולְך ָׁשם ַּב ֵ‬
‫אֹוכלֹו‪ְ ,‬וחֹוזֵר ְו ֵ‬ ‫מֹוליכֹו ָּב ִראׁשֹון ְו ֵאינֹו ְ‬ ‫אֹוכלֹו‪ְ .‬ויֹום טֹוב ַא ַחר ַה ַּׁש ָּבת ְּדֹלא ֶא ְפ ָׁשר ְּב ָה ִכי‪ִ ,‬‬ ‫ׁש ְ‬ ‫ֶ‬
‫יכ ָתא‬ ‫א ִר ְ‬ ‫יֹומא ֲ‬
‫הוָה ֵליּה ְּכ ַחד ָ‬ ‫ינהוּ ֲ‬ ‫ּׁש ִני‪ְ ,‬ו ִאי ֲח ָדא ְק ֻד ָּׁשה ִנ ְ‬
‫ֶא ַכל ֵערּוב ָּב ִראׁשֹון ֵאין ֵערּוב ַל ֵ‬ ‫ׁש ֵהן ְׁש ֵּתי ְק ֻדּׁשֹות‪ְּ .‬ד ָא ְמ ִריתוּ נ ֱ‬ ‫מֹודים ַא ֶּתם ִלי ֶ‬ ‫ֹאכ ֶלּנּו ַא ֲח ֵרי ֵכן‪ִ :‬‬ ‫י ְ‬
‫ַּמי ִל ְׁש ֵּתי רּוחֹות‪ְ .‬ו ַר ָּבנָן ָא ְז ֵלי ָה ָכא ְל ֻח ְמ ָרא ְו ָה ָכא ְל ֻח ְמ ָרא ִּכ ְד ָא ְמ ָרן‪,‬‬ ‫ינהוּ יָכֹול ְל ָע ֵרב נ ִ‬ ‫ֵיהם‪ְ ,‬ו ֵכיוָן ִּד ְׁש ֵּתי ְק ֻדּׁשֹות ִנ ְ‬ ‫ׁשל ִראׁשֹון ִל ְׁשנ ֶ‬ ‫ְו ִי ְקנֶה ֵּבין ַה ְּׁש ָמׁשֹות ֶ‬
‫יעזֶר ְּד ַׁש ָּבת ְויֹום טֹוב ְׁש ֵּתי ְק ֻדּׁשֹות ֵהן‪:‬‬ ‫א ִל ֶ‬‫ַה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ֱ‬ ‫ִמּׁשּום ִּד ְמ ַס ְּפ ָקא ְלהּו‪ .‬ו ֲ‬

‫‪M A R D I‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.3 Mishna 7‬‬ ‫‪25 Tishrei 5781‬‬
‫‪13 / 10 / 20‬‬
‫ֵב‬‫ער‬‫מָ‬
‫ֵר‪ְ ,‬‬ ‫עּב‬ ‫תַ‬
‫ּת ְ‬
‫ָא ִ‬ ‫ׁשּמ‬
‫ֵא ֶ‬ ‫היָה יָר‬‫ׁש ָ‬
‫ּׁשנָה‪ֶ ,‬‬
‫הָ‬ ‫ֵר‪ ,‬רֹאׁש ַ‬ ‫ָה אֹומ‬ ‫ִי יְהּוד‬‫רּב‬
‫ַ‬ ‫ַעׂשּו‬ ‫ׁש ָּמא י ֲ‬
‫אלּול ְמ ֻע ָּבר‬
‫ׁש ָּמא ִּת ְת ַע ֵּבר‪ֶ .‬‬
‫ֵּבית ִּדין ַה ָּגדֹול ֱ‬
‫ֶ‬

‫ָב‪,‬‬
‫ער‬‫ּמ ֲ‬
‫לַ‬ ‫ַּׁשנִי ַ‬
‫ָח ּוב ֵ‬ ‫ּמזְר‬
‫לִ‬‫ִאׁשֹון ַ‬‫בר‬‫ִי ָ‬‫ֵרּוב‬
‫ֵר‪ ,‬ע‬ ‫ִין וְאֹומ‬‫ֵרּוב‬ ‫ׁשנֵי ע‬ ‫ָם ְ‬ ‫אד‬‫ָ‬ ‫טֹובים‪ ,‬יֹום‬ ‫ִ‬ ‫ָמים‬
‫אלּול ְויֹום ל"א‪ְ ,‬והּוא‬
‫ְו ִי ְהיּו ְׁשנֵי י ִ‬
‫ׁשל ֱ‬‫ל' ֶ‬
‫ִי‪.‬‬
‫ִיר‬
‫בנֵי ע‬‫ּכ ְ‬
‫ַּׁשנִי ִ‬
‫ִאׁשֹון‪ּ ,‬וב ֵ‬‫ּבר‬‫ִי ָ‬
‫ֵרּוב‬‫ָח‪ .‬ע‬‫ּמזְר‬
‫לִ‬ ‫ַּׁשנִי ַ‬
‫ָב ּוב ֵ‬
‫ער‬ ‫ּמ ֲ‬
‫לַ‬‫ִאׁשֹון ַ‬ ‫ּבר‬
‫ָ‬ ‫ילְך ָּב ִראׁשֹון ְל ַצד‬
‫ּׁש ִני ְל ַצד ַא ֵחר‪ְ ,‬מ ָע ֵרב‬
‫ָצ ִריְך ֵל ֵ‬
‫ּוב ֵ‬
‫ֶא ָחד ַ‬
‫ִים‪:‬‬‫כמ‬ ‫חָ‬‫ִי‪ .‬וְֹלא הֹודּו לֹו ֲ‬ ‫ִיר‬
‫בנֵי ע‬
‫ּכ ְ‬
‫ִאׁשֹון ִ‬ ‫בר‬‫ַּׁשנִי‪ּ ,‬ו ָ‬
‫ִי ּב ֵ‬
‫ֵרּוב‬‫ע‬ ‫יחן ְּב ֶע ֶרב יֹום‬
‫אֹומר‬
‫ּומ ִנ ָ‬
‫רּובין ְ‬ ‫ְׁשנֵי ֵע ִ‬
‫טֹוב זֶה ְל ָכאן ְוזֶה ְל ָכאן ְו ֵ‬
‫ׁש ָּמא ִק ְּדׁשּו‬ ‫ׁשל רֹאׁש ַה ָּׁשנָה‪ְּ .‬ד ָלאו ִמּׁשּום ְס ֵפ ָקא ִּב ְל ַבד ִא ְּת ַקן ֶ‬‫טֹובים ֶ‬ ‫ָמים ִ‬ ‫ְוכוּ'‪ְ :‬וֹלא הֹודּו לֹו ֲח ָכ ִמים‪ְּ .‬ד ָק ָס ְב ֵרי ְק ֻד ָּׁשה ַא ַחת ֵהן‪ .‬ו ֲ‬
‫ַה ָל ָכה ַּכ ֲח ָכ ִמים ִּב ְׁשנֵי י ִ‬
‫ּול ָמ ָחר ק ֶֹדׁש ְו ַת ְרו ְַיהוּ‬
‫ּנֹוה ִגין אֹותֹו ַהּיֹום ק ֶֹדׁש ְ‬
‫ׁש ֲ‬ ‫ּול ַמ ְע ָלה‪ֶ ,‬‬
‫ׁש ָּמא ָּבאּו ֵע ִדים ִמן ַה ִּמ ְנ ָחה ְ‬ ‫ֹלׁשים אֹו יֹום ל"א ְו ֶא ָחד ֵמ ֶהם חֹל‪ֶ ,‬א ָּלא ִמּׁשּום ְּד ֶ‬ ‫ֵּבית ִּדין ֶאת יֹום ְׁש ִ‬
‫מֹודים ֲח ָכ ִמים ְל ַר ִּבי‬‫ָד ִעינַן ָמ ַתי ִק ְּדׁשּו ֵּבית ִּדין ַה ָּגדֹול ֶאת ַהח ֶֹדׁש‪ִ ,‬‬ ‫יקא ְּדֹלא י ְ‬ ‫ׁשל ָּג ֻלּיֹות ְּדֹלא ַא ְתקּון ֶא ָּלא ִמ ְּס ֵפ ָ‬‫טֹובים ֶ‬ ‫ָמים ִ‬ ‫א ָבל ִּב ְׁש ָאר י ִ‬ ‫ְק ֻד ָּׁשה ַא ַחת‪ֲ .‬‬
‫יֹוסי‪:‬‬
‫מּורים ָּכאן הּוא ַר ִּבי ֵ‬
‫א ִ‬ ‫ַח ָכ ִמים ָה ֲ‬ ‫הּודה ִּד ְׁש ֵּתי ְק ֻדּׁשֹות ֵהן‪ .‬ו ֲ‬
‫ְי ָ‬
‫‪156‬‬
‫‪MERCREDI‬‬
‫‪26 Tishrei 5781‬‬
‫‪14 / 10 / 20‬‬
‫‪Ch.3 Mishna 8‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫ַמ ְתנֶה ָא ָדם ַעל ַה ַּכ ְל ָּכ ָלה‪ַ .‬סל‬


‫ׁשּיֵׁש ּבֹו ֵּפרֹות ְט ָב ִלים‪ַ ,‬מ ְתנֶה‬ ‫ֶ‬
‫ִאׁשֹון‬‫ְיֹום טֹוב ר‬ ‫ָה ּב‬‫ּכל‬
‫לָ‬ ‫ּכ ְ‬
‫הַ‬ ‫ַל ַ‬
‫ָם ע‬‫אד‬
‫ַתנֶה ָ‬ ‫ָה‪ ,‬מ ְ‬
‫ִי יְהּוד‬‫רּב‬‫ַר ַ‬ ‫אמ‬‫וְעֹוד ָ‬
‫ׁשל‬ ‫ָע ָליו ְּביֹום טֹוב ִראׁשֹון ֶ‬
‫אֹומר‪ִ ,‬אם ַהּיֹום‬ ‫רֹאׁש ַה ָּׁשנָה ְו ֵ‬
‫ַּׁשנִי‪ .‬וְֹלא הֹודּו‬
‫ֵל ּב ֵ‬
‫אכ‬‫ּת ָ‬
‫ִאׁשֹון‪ֵ ,‬‬‫בר‬‫ָה ָ‬
‫לד‬‫ׁשּנֹו ְ‬
‫ָה ֶ‬‫ֵיצ‬
‫ֵן ּב‬
‫ַּׁשנִי‪ .‬וְכ‬
‫ָּה ּב ֵ‬
‫כל‬‫וְאֹו ְ‬
‫רּומה ַעל ֵאּלּו‪,‬‬ ‫חֹל ְּת ֵהא זֹו ְּת ָ‬
‫ְו ִאם ַהּיֹום ק ֶֹדׁש ֵאין ִּב ְד ָב ַרי‬
‫ִים‪:‬‬‫כמ‬‫חָ‬‫לֹו ֲ‬
‫רּומה ַעל ֵאּלּו‪ְ ,‬ו ִאם ַהּיֹום ק ֶֹדׁש ְו ֶא ְתמֹול‬ ‫ׁש ָא ַמ ְר ִּתי ֶא ְתמֹול ְּת ָ‬ ‫אֹומר ִאם ֶא ְתמֹול ק ֶֹדׁש ְו ַהּיֹום חֹל ְּת ֵהא זֹו ֶ‬ ‫ּול ָמ ָחר הּוא ֵ‬ ‫רּומה ְּביֹום טֹוב‪ְ .‬‬ ‫יהין ְּת ָ‬ ‫ׁש ֵאין ַמ ְג ִּב ִ‬ ‫ְּכלּום‪ֶ .‬‬
‫יהים ָּב ֶהם‬ ‫רּומה‪ְ :‬וֹלא הֹודּו לֹו ֲח ָכ ִמים‪ .‬הּוא ַר ִּבי ֵ‬
‫יֹוסי ִּכ ְד ָא ְמ ָרן‪ְּ ,‬ד ָס ַבר ְק ֻד ָּׁשה ַא ַחת ֵהן ְו ֵאין ַמ ְג ִּב ִ‬ ‫ּומ ַׁשּיֵר ַה ְּת ָ‬‫אֹוכל ַּכ ְל ָּכ ָלה ַה ְּמ ֻת ֶּקנֶת ְ‬
‫רּומה‪ְ .‬ו ֵ‬‫חֹל ְּכ ָבר ִהיא ְּת ָ‬
‫ּׁש ִני‪ְּ .‬ד ִאם ָה ִראׁשֹון ק ֶֹדׁש‬ ‫ׁשל רֹאׁש ַה ָּׁשנָה‪ֵּ :‬ת ָא ֵכל ַּב ֵ‬ ‫ּנֹול ָדה ָב ִראׁשֹון‪ֶ .‬‬
‫ׁש ְ‬‫יצה ֶ‬ ‫יׁשית ְל ֵעיל‪ְ :‬ו ֵכן ֵּב ָ‬
‫ׁשל רֹאׁש ַה ָּׁשנָה ְּכ ִד ְפ ִר ִ‬ ‫טֹובים ֶ‬‫ָמים ִ‬ ‫רּומה‪ְ .‬ו ַד ְו ָקא ִּב ְׁשנֵי י ִ‬
‫ְּת ָ‬
‫ׁשחֹול ֵמ ִכין ְליֹום טֹוב ְו ַׁש ִּפיר ָּד ִמי‪ְ :‬וֹלא הֹודּו לֹו‬ ‫ּׁש ִני ק ֶֹדׁש ִנ ְמ ָצא ֶ‬
‫ה ָכנָה ְלחֹל‪ְ .‬ו ִאם ָה ִראׁשֹון חֹל ְו ַה ֵ‬ ‫ּנֹול ָדה ְּביֹום טֹוב ֻמ ֶּת ֶרת ְּבחֹל‪ְּ ,‬ד ֵאין ֲ‬ ‫ׁש ְ‬ ‫יצה ֶ‬ ‫ּוב ָ‬
‫ּׁש ִני חֹל‪ֵ ,‬‬‫ַה ֵ‬
‫מֹודים לֹו‪:‬‬‫ׁשל ָּג ֻלּיֹות ִ‬ ‫טֹובים ֶ‬
‫ָמים ִ‬ ‫א ָבל ִּב ְׁשנֵי י ִ‬
‫ׁשל רֹאׁש ַה ָּׁשנָה ִּב ְל ַבד‪ִּ ,‬ד ְק ֻד ָּׁשה ַא ַחת ֵהן‪ֲ .‬‬ ‫טֹובים ֶ‬
‫ָמים ִ‬ ‫ֲח ָכ ִמים‪ִּ .‬ב ְׁשנֵי י ִ‬

‫‪J E U D I‬‬
‫‪27 Tishrei 5781‬‬
‫‪15 / 10 / 20‬‬
‫‪Ch.3 Mishna 9‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫יצנ ּו‬ ‫יצנוּ‪ .‬ז ְ‬


‫ָרזֵנּו ְו ַה ֲח ִל ֵ‬
‫חּוׁשים‪ֵּ .‬פרּוׁש‬
‫ִ‬ ‫ֵח ֵלץ‬
‫ְו ַה ֲח ִל ֵ‬
‫ּכֹחַ‪ְּ ,‬כמֹו נ ָ‬
‫ׁשל‬
‫ְיֹום טֹוב ֶ‬‫ָה ּב‬‫ּתב‬
‫הֵ‬ ‫פנֵי ַ‬
‫לְ‬‫ֵר ִ‬
‫העֹוב‬
‫ֵר‪ָ ,‬‬‫ִינָס אֹומ‬ ‫רּכ‬
‫הְ‬‫ֶן ַ‬
‫ָא ב‬‫ִי דֹוס‬ ‫רּב‬
‫ַ‬
‫ּומ ְּל ֵטנּו‪ְּ ,‬כמֹו‬
‫ילנּו ַ‬‫ַא ֵחר ַה ִּצ ֵ‬
‫ַח ְּל ֵצ ִני ה' ֵמ ָא ָדם ַרע‪ִ :‬אם‬
‫הּזֶה‪,‬‬
‫ֶׁש ַ‬
‫ֶת יֹום רֹאׁש חֹד‬ ‫ֱֹלהינּו א‬
‫ֵנּו ה' א ֵ‬
‫ִיצ‬‫חל‬‫הֲ‬ ‫ֵר‪ַ ,‬‬‫ּׁשנָה אֹומ‬
‫הָ‬ ‫רֹאׁש ַ‬
‫ַהּיֹום ִאם ָמ ָחר‪ִ .‬אם ַהּיֹום הּוא‬
‫יצנוּ ַהּיֹום‪ְ ,‬ו ִאם ָמ ָחר‬ ‫ַה ֲח ִל ֵ‬
‫ֶׁש‪ .‬וְֹלא‬
‫אמ‬‫ִם ֶ‬‫הּיֹום‪ ,‬א‬
‫ִם ַ‬‫ֵר‪ ,‬א‬‫ָר הּוא אֹומ‬
‫מח‬‫לָ‬‫חר‪ּ .‬ו ְ‬‫מָ‬
‫לָ‬‫ִם ְ‬‫הּיֹום‪ ,‬א‬
‫ִם ַ‬ ‫א‬
‫יצנוּ ָמ ָחר‪ְ :‬וֹלא הֹודּו‬
‫ׁשל‬
‫הּוא ַה ֲח ִל ֵ‬
‫לֹו ֲח ָכ ִמים‪ֹ .‬לא ְל ַה ְז ִּכיר ֶ‬
‫ִים‪:‬‬
‫כמ‬‫חָ‬‫הֹודּו לֹו ֲ‬
‫רֹאׁש ח ֶֹדׁש ְּברֹאׁש ַה ָּׁשנָה ְוֹלא‬
‫ַה ָל ָכה ַּכ ֲח ָכ ִמים‪:‬‬
‫ׁשל רֹאׁש ח ֶֹדׁש ָּכל ִע ָּקר‪ .‬ו ֲ‬
‫ָמים ְו ֵאינֹו ַמ ְז ִּכיר ֶ‬
‫יצנ ּו ְס ָת ָמא ִּב ְׁשנֵי ַהּי ִ‬
‫אֹומר ְו ַה ֲח ִל ֵ‬
‫ְל ַה ְתנֹות ִאם ַהּיֹום ְו ִאם ָמ ָחר‪ֶ ,‬א ָּלא ֵ‬

‫‪VENDREDI‬‬
‫‪28 Tishrei 5781‬‬
‫‪16 / 10 / 20‬‬
‫‪Ch.4 Mishna 1‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫עֹוב ֵדי‬
‫ְ‬ ‫הֹוציאּוהּו‬‫ׁש ִ‬
‫כֹוכ ִבים‪ְ .‬ל ָא ְנסֹו‪ ,‬חּוץ ַל ְּתחּום‪:‬‬
‫ֶ‬
‫ָ‬
‫ִמי‬ ‫ַּמֹות‪.‬‬
‫ַע א‬ ‫רּב‬
‫אְ‬ ‫ָא ַ‬ ‫אּל‬
‫ֵין לֹו ֶ‬ ‫ָה‪ ,‬א‬ ‫רע‬‫ח ָ‬ ‫ִיאּוהּו גֹויִם אֹו רּו ַ‬ ‫ׁשהֹוצ‬‫ִי ֶ‬ ‫מ‬
‫ׁשד‬ ‫ׁש ִּנ ְכנַס ּבֹו ֵ‬
‫ָצא חּוץ‬
‫רּוח ָר ָעה‪ֶ .‬‬ ‫ַ‬
‫ְו ִנ ְט ְר ָפה ַּד ְעּתֹו ְוי ָ‬
‫אֹו‬ ‫ִיר‬
‫בד‬ ‫ְתנּוהּו ְ‬‫ֶת‪ .‬נ ָ‬ ‫חר‬ ‫אֶ‬‫ִיר ַ‬ ‫לע‬‫ִיכּוהּו ְ‬ ‫ָא‪ .‬הֹול‬ ‫ִּלּו ֹלא יָצ‬ ‫ּכא‬‫חזִירּוהּו‪ְ ,‬‬‫הֱ‬‫ֶ‬
‫ַה ֵרי‬
‫ַל ְּתחּום‪ְ ,‬ו ָחזַר ְו ִנ ְׁש ַּת ָּפה ו ֲ‬
‫ח ִזירּוהּו‬ ‫הּוא חּוץ ַל ְּתחּום‪ֶ :‬ה ֱ‬
‫ֶת‬‫ְֵך א‬
‫ְהּל‬
‫ִים‪ ,‬מ ַ‬ ‫מר‬ ‫ריָה אֹו ְ‬‫עזְַ‬
‫ֶן ֲ‬
‫עזָר ּב‬‫לָ‬‫אְ‬‫ִי ֶ‬ ‫רּב‬
‫ֵל וְַ‬‫ִיא‬ ‫מל‬ ‫ָן ּגַ ְ‬
‫רּב‬
‫ַהר‪ַ ,‬‬‫בס ַ‬‫אֹו ְ‬
‫ָצא‪.‬‬ ‫ְלתֹוְך ַה ְּתחּום ְּכ ִאּלּו ֹלא י ָ‬
‫ַה ֵרי ָּכל ָה ִעיר לֹו ְּכ ַא ְר ַּבע‬ ‫וֲ‬
‫ַּמֹות‪.‬‬
‫ַע א‬ ‫רּב‬‫אְ‬‫ָא ַ‬ ‫אּל‬‫ֵין לֹו ֶ‬
‫ִים‪ ,‬א‬ ‫מר‬ ‫ָא אֹו ְ‬ ‫ִיב‬ ‫עק‬‫ִי ֲ‬‫רּב‬‫ע וְַ‬
‫ְהֹוׁש ַ‬
‫ִי י ֻ‬ ‫רּב‬
‫ָּה‪ַ .‬‬‫ּכּל‬
‫ֻ‬
‫ִּב ְת ִח ָּלה‬ ‫ׁשר‬ ‫אֶ‬‫ַּכ ֲ‬
‫חּוצּה ָלּה ַא ְל ַּפ ִים ַא ָּמה ְל ָכל‬
‫ַאּמֹות‬
‫ְו ָ‬
‫ֵל‬
‫ִיא‬ ‫מל‬
‫ָן ּגַ ְ‬‫רּב‬
‫ּבּיָם‪ַ .‬‬‫ָתם ַ‬‫ִינ ָ‬‫ספ‬‫ִיגָה ְ‬ ‫פל‬‫ְה ְ‬
‫ִין ו ִ‬ ‫ִיס‬‫רנְּד‬
‫ּפ ַ‬
‫מְ‬‫ָאּו ִ‬ ‫ׁשּב‬
‫ֲׂשה ֶ‬‫מע ֶ‬ ‫ַ‬
‫הֹוציאּוהּו‬
‫ָּכ ְרחוֹ‪.‬‬
‫ׁש ִ‬ ‫רּוח‪ְ ,‬ו ַד ְו ָקא ְּכ ֶ‬
‫ְּב ַעל‬
‫ַ‬
‫ְו ֶה ְח ִזירּוהּו‬
‫ָא‬‫ִיב‬‫עק‬‫ִי ֲ‬ ‫רּב‬‫ע וְַ‬
‫ְהֹוׁש ַ‬
‫ִי י ֻ‬ ‫רּב‬
‫ָּה‪ַ .‬‬‫ּכּל‬
‫ֶת ֻ‬ ‫ְכּו א‬ ‫הּל‬‫ריָה ִ‬ ‫עזְַ‬‫ֶן ֲ‬ ‫עזָר ּב‬
‫לָ‬‫אְ‬‫ִי ֶ‬ ‫רּב‬
‫וְַ‬
‫ָצא ְל ַד ְעּתֹו ַאף ַעל ִּפי‬
‫ׁש ֶה ְח ִזירּוהּו ְּב ַעל ָּכ ְרחוֹ‪ ,‬אֹו‬
‫א ָבל י ָ‬ ‫ֲ‬
‫ֶ‬
‫ָן‪:‬‬
‫צמ‬‫עְ‬‫ַל ַ‬‫ִיר ע‬ ‫חמ‬ ‫ְה ֲ‬
‫ָצּו ל ַ‬ ‫ׁשר‬
‫ַּמֹות‪ֶ ,‬‬ ‫ַע א‬ ‫רּב‬
‫אְ‬‫מַ‬‫ֹלא זָזּו ֵ‬
‫הֹוציאּוהּו ְּב ַעל ָּכ ְרח ֹו ְו ָחזַר‬ ‫ִ‬
‫ׁש ֵהן ֻמ ָּק ִפין ְו ֶה ֵּק ָפן ָּגדֹול‪ְ :‬מ ַה ֵּלְך ֶאת‬ ‫ׁש ְּנ ָתנּוהּו ְב ִדיר אֹו ְב ַס ַהר ֶ‬ ‫ַה ֵרי ִהיא ֻמ ֶּק ֶפת ְמ ִחּצֹות‪ ,‬אֹו ֶ‬ ‫הֹוליכּוהּו ְל ִעיר ַא ֶח ֶרת‪ .‬ו ֲ‬ ‫ְל ַד ְעּתֹו‪ֵ ,‬אין לֹו ֶא ָּלא ַא ְר ַּבע ַאּמֹות‪ִ :‬‬
‫א ִויר ְמ ִחּצֹות‬ ‫אֹומ ִרים ֵאין לֹו ֶא ָּלא ַא ְר ַּבע ַאּמֹות‪ְּ .‬ד ֵכיוָן ְּדֹלא ָׁש ַבת ַּב ֲ‬ ‫ְ‬ ‫יבא‬ ‫הֹוׁש ַע ְו ַר ִּבי ֲע ִק ָ‬
‫ה ֵרי ִהיא ְּכ ַא ְר ַּבע ַאּמֹות‪ַ :‬ר ִּבי ְי ֻ‬ ‫ּומ ֶּק ֶפת ְמ ִחּצֹות ֲ‬ ‫הֹואיל ֻ‬ ‫ֻּכ ָּלּה‪ְּ .‬ד ִ‬
‫ּוב ִב ְק ָעה ֻּכ ֵּלי ָע ְל ָמא מֹוד ּו ְּד ֵאין לֹו ֶא ָּלא ַא ְר ַּבע‬ ‫ׁש ֵאין ָלּה ְמ ִחּצֹות‪ְ ,‬‬ ‫ּבֹותי ֵּפ ְרׁשּו ִמּׁשּום ְּד ָג ְז ֵרי ִּדיר ְו ַס ַהר ַאּטּו ִּב ְק ָעה ֶ‬‫ִמ ְּבעֹוד יֹום ֹלא ְמ ַהּנֵי ֵליּה ְמ ִחּצֹות‪ְ .‬ו ַר ַ‬
‫ֶסת ְּב ֶא ְמ ָצעֹו ָק ֵרי ַה ְפ ָל ָגה‪ָ ,‬לׁשֹון ַּפ ְלגֵי ַמ ִים‪ִ :‬ה ְּלכּו ֶאת ֻּכ ָּלּה‪ָ .‬היּו ְמ ַה ְּל ִכין‬ ‫ׁש ִהיא ִמ ְת ַר ֶח ֶקת ִמ ְּׂש ַפת ַהּיָם ְו ִנ ְכנ ֶ‬ ‫יגה‪ְּ .‬כ ֶ‬‫ׁשם ָמקֹום‪ְ :‬ו ִה ְפ ִל ָ‬ ‫יסין‪ֵ .‬‬ ‫ַאּמֹות‪ִ :‬מ ְּפ ַר ְנ ִּד ִ‬
‫ׁש ָרצּו‬ ‫ׁש ַה ְּס ִפינָה ֻמ ֶּק ֶפת ְמ ִחּצֹות‪ֶ :‬‬ ‫ָצא חּוץ ַל ְּתחּום ְו ִנ ַּתן ְּב ִדיר אֹו ְב ַס ַהר‪ֶ ,‬‬‫ׁשּי ָ‬
‫ָצאּו חּוץ ַל ְּתחּום‪ָ ,‬הוֵי ְּכ ִמי ֶ‬ ‫ׁש ַה ְּס ִפינָה ָה ְל ָכה ְּב ַׁש ָּבת ְוי ְ‬‫ְּב ָכל ַה ְּס ִפינָה‪ְ .‬ו ַאף ַעל ִּפי ֶ‬
‫א ִויר ְמ ִחּצֹות‬ ‫ה ֵרי ָׁש ְבתּו ַּב ֲ‬ ‫ׁש ֲ‬
‫ׁש ִהיא ְמ ַה ֶּל ֶכת ָהיָה ֻמ ָּתר ְל ַה ֵּלְך ֶאת ֻּכ ָּלּה‪ְ ,‬ועֹוד ֶ‬ ‫ַּמי ְּד ָג ְז ֵרי ִּדיר ְו ַס ַהר ַאּטּו ִּב ְק ָעה‪ִּ ,‬ב ְס ִפינָה ָּכל ְז ַמן ֶ‬ ‫ְל ַה ֲח ִמיר ַעל ַע ְצ ָמן‪ִּ .‬ד ְל ִד ְ‬
‫ידהוּ נ ִ‬
‫ַריָה‪:‬‬
‫ּוכ ַר ִּבי ֶא ְל ָעזָר ֶּבן ֲעז ְ‬
‫יאל ְ‬ ‫ַה ָל ָכה ְּכ ַר ָּבן ַּג ְמ ִל ֵ‬
‫ׁש ָרצּו ְל ַה ְח ִמיר‪ .‬ו ֲ‬ ‫ִמ ְּבעֹוד יֹום‪ֶ ,‬א ָּלא ֶ‬

‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪30 Tishrei 5781‬‬
‫‪18 / 10 / 20‬‬
‫‪Ch.4 Mishna 2‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫ׁש ַה ְּס ִפינֹות חֹונֹות‬ ‫ָמל‪ָ .‬מקֹום ֶ‬


‫ּיֹוצאֹות ִמן ַהּיָם ֶאל ְׂש ָפתֹו‪:‬‬
‫ַלּנ ָ‬
‫ׁש ְ‬‫ְּכ ֶ‬
‫ֵל‪,‬‬‫ִיא‬ ‫מל‬‫ָן ּגַ ְ‬
‫רּב‬
‫לַ‬‫ְרּו לֹו ְ‬
‫אמ‬‫ָה‪ָ .‬‬‫ֲׁשכ‬
‫ׁשח ֵ‬
‫ַד ֶ‬ ‫ָל ע‬‫לּנָמ‬
‫כנְסּו ַ‬
‫ַת ֹלא נְִ‬
‫אח‬ ‫ַם ַ‬ ‫ּפע‬
‫ַ‬
‫ירד‪ִ .‬מן ַה ְּס ִפינָה‬ ‫ָמה ָאנּו ֵל ֵ‬
‫ְלתֹוְך ָה ִעיר‪ְּ ,‬כלּום ָּבאנּו ִמחּוץ‬
‫ְהיִינּו‬
‫ֵל‪ ,‬ו ָ‬ ‫ְּתּכ‬
‫מס ַ‬
‫ִיתי ִ‬
‫הי ִ‬‫ָר ָ‬
‫ּכב‬
‫ׁש ְ‬
‫ַּתם‪ֶ ,‬‬
‫ֻּתר א ֶ‬
‫ָהן‪ ,‬מ ָ‬
‫ַר ל ֶ‬ ‫אמ‬‫ֵד‪ָ .‬‬
‫ֵיר‬
‫ָנּו ל‬
‫ָה א‬ ‫מ‬
‫ָמל‬‫ׁש ָכה‪ְ .‬ו ַהאי נ ָ‬
‫הוָה‪ְּ ,‬ד ִאי‬
‫ּׁש ֲח ֵ‬
‫ַל ְּתחּום ִמ ֶ‬
‫ָלאו ֻמ ָּקף ְמ ִחּצֹות ֲ‬
‫ָה‪:‬‬
‫ֲׁשכ‬
‫ׁשֹּלא ח ֵ‬‫ַד ֶ‬ ‫ּתחּום ע‬
‫הְ‬‫ְתֹוְך ַ‬
‫ב‬
‫א ַמר‬ ‫הוָה ֻמ ָּקף ְמ ִחּצֹות‪ָ ,‬הא ָק ֲ‬ ‫ֲ‬
‫ׁש ָה ְי ָתה ְמ ֻת ֶּקנֶת ְל ִמ ַּדת ְצ ִפּיַת ַא ְל ַּפ ִים ַא ָּמה‪:‬‬
‫ׁשל ָקנֶה ָחלּול ֶ‬ ‫יתי ִמ ְס ַּת ֵּכל‪ִּ .‬ב ְׁש ֶ‬
‫פֹופ ֶרת ֶ‬ ‫ׁש ְּכ ָבר ָה ִי ִ‬
‫יאל ְל ֵעיל ִּב ְנ ָתנּוה ּו ְּב ִדיר אֹו ְב ַס ַהר ִּד ְמ ַה ֵּלךְ ֶאת ֻּכ ָּלּה‪ֶ :‬‬
‫ַר ָּבן ַּג ְמ ִל ֵ‬

‫‪157‬‬
‫‪L U N D I‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.4 Mishna 3‬‬ ‫‪1 Heshvan 5781‬‬
‫‪19 / 10 / 20‬‬
‫ּפיִם‬
‫לַ‬ ‫אְ‬
‫ֲׂשה‪ ,‬יֶׁש לֹו ַ‬
‫מע ֶ‬‫ֲׂשה ַ‬
‫ָר נַע ָ‬
‫ּכב‬
‫ְרּו לֹו‪ְ ,‬‬
‫אמ‬‫ְׁשּות וְ ָ‬‫בר‬
‫ָא ִ‬‫ׁשּיָצ‬
‫ִי ֶ‬ ‫מ‬ ‫ָצא ִב ְרׁשּות‪ְּ .‬כגֹון ְל ֵעדּות‬
‫עֹוב ֵדי‬
‫ַהח ֶֹדׁש אֹו ְל ַה ִּציל ִמן ָה ְ‬
‫ׁשּי ָ‬
‫ִמי ֶ‬

‫ָל‬
‫ׁשּכ‬
‫ָא‪ֶ ,‬‬ ‫ִּלּו ֹלא יָצ‬
‫ּכא‬
‫ּתחּום‪ְ ,‬‬
‫הְ‬‫ְתֹוְך ַ‬
‫היָה ב‬ ‫ִם ָ‬ ‫ַ‪ .‬א‬
‫ָל רּוח‬ ‫לכ‬
‫ָה ְ‬ ‫אּמ‬ ‫ַ‬ ‫ׂשה‬ ‫ַע ָ‬‫ָהר‪ְּ :‬כ ָבר נ ֲ‬
‫ילְך‪ :‬יֶׁש לֹו‬
‫ּכֹוכ ִבים אֹו ִמן ַהּנ ָ‬
‫ׂשה‪ְ .‬ו ֵא ְ‬
‫ינָך ָצ ִריְך ֵל ֵ‬
‫ָ‬
‫ַמ ֲע ֶ‬
‫ָן‪:‬‬
‫ְקֹומ‬‫למ‬‫ִין ִ‬
‫ִיל‪ ,‬חֹוזְר‬‫ְהּצ‬
‫ִים ל ַ‬
‫צא‬ ‫הּיֹו ְ‬
‫ַ‬ ‫רּוח‪ִ .‬מ ָּמקֹום‬
‫ָצא‪ָ .‬ה ִכי‬
‫ַא ְל ַּפ ִים ַא ָּמה ְל ָכל ַ‬
‫ֶא ַמר לֹו‪ְּ :‬כ ִאּלּו ֹלא י ָ‬ ‫ׁשּנ ֱ‬
‫ֶ‬
‫אֹותן ַא ְל ַּפ ִים‬
‫ָ‬ ‫ָק ָא ַמר‪ִ ,‬אם ָהיּו‬
‫ַה ֵרי הּוא ְּכ ַב ְּת ִח ָּלה‪:‬‬ ‫הֹולְך ַעד ֵּביתֹו ו ֲ‬ ‫ָצא ִמ ְּתחּומֹו ָּד ִמי‪ְ ,‬ו ֵ‬
‫ׁשל ְּתחּום ֵּביתֹו‪ְּ ,‬כ ִאּלּו ֹלא י ָ‬ ‫ֶא ַמר לֹו ִנ ְכנָסֹות ְלתֹוְך ַא ְל ַּפ ִים ֶ‬ ‫ׁשּנ ֱ‬
‫רּוח ִמ ָּמקֹום ֶ‬
‫ַא ָּמה ַה ְּנתּונֹות לֹו ְל ָכל ַ‬
‫ָצאּו ִּב ְרׁשּות‬ ‫ׁשּי ְ‬
‫ׁש ִּמ ְּפנֵי ֶ‬
‫ּומן ַה ַּמּפ ֶֹלת‪ֶ ,‬‬
‫ּכֹוכ ִבים ִ‬
‫עֹוב ֵדי ָ‬‫ּיֹוצ ִאין ְל ַה ִּציל ִמן ָה ְ‬
‫ׁש ֵּכן ָמ ִצינּו ֻק ָּלא ַא ֶח ֶרת ְּב ָכל ַה ְ‬ ‫קֹומן‪ָ .‬ה ִכי ָק ָא ַמר‪ֶ ,‬‬
‫חֹוז ִרין ִל ְמ ָ‬‫ּיֹוצ ִאין ְל ַה ִּציל ְ‬
‫ׁש ָּכל ַה ְ‬ ‫ֶ‬
‫ָצא‪:‬‬ ‫ָצא] ִּב ְרׁשּות ִל ְהיֹות ְּכ ִאּלּו ֹלא י ָ‬
‫ׁשּי ָ‬
‫[לזֶה ֶ‬‫ַּמי ֵה ֵקּלּו ָ‬
‫יח ְּכ ֵלי זֵינָן‪ָ ,‬ה ִכי נ ִ‬
‫קֹומם ְוֹלא ִה ְצ ִריכּום ְל ַה ִּנ ַ‬
‫ִה ִּתירּו ָל ֶהם ַל ֲחזֹר ִּב ְכ ֵלי זֵינָן ִל ְמ ָ‬

‫‪M A R D I‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.4 Mishna 4‬‬ ‫‪2 Heshvan 5781‬‬
‫‪20 / 10 / 20‬‬
‫ִיל‬‫ִיר‪ ,‬הֹוא‬ ‫לע‬
‫ָמּוְך ָ‬ ‫ֵי הּוא ס‬ ‫ַהר‬ ‫ָה ו ֲ‬
‫רא‬ ‫ַד‪ ,‬וְָ‬
‫עמ‬‫ְֶך‪ ,‬וְָ‬
‫ּדר‬‫ּב ֶ‬
‫ָׁשב ַ‬ ‫ׁשּי ַ‬
‫ִי ֶ‬‫מ‬ ‫נּוח‪ְ ,‬וֹלא‬ ‫ָׁשב ַּב ֶּד ֶרְך‪ָ .‬ל ַ‬
‫ׁש ָהיָה ִּב ְתחּום ָה ִעיר‪,‬‬
‫ׁשּי ַ‬
‫יֹוד ַע ֶ‬
‫ִמי ֶ‬
‫ָהיָה ֵ‬
‫ָה‬ ‫ִי יְהּוד‬
‫רּב‬
‫ִיר‪ַ .‬‬
‫מא‬ ‫ִי ֵ‬
‫רּב‬‫ֵי ַ‬
‫בר‬‫ּד ְ‬
‫ּכנֵס‪ִ ,‬‬
‫ְָך‪ֹ ,‬לא יִָ‬‫לכ‬
‫כּוָנָתֹו ְ‬
‫ְתה ַ‬ ‫הי ָ‬
‫וְֹלא ָ‬ ‫ׁש ָע ַמד ָר ָאה‬
‫חּומּה‪:‬‬
‫ּוב ְת ָ‬
‫ּוכ ֶ‬
‫ְו ָח ְׁש ָכה לֹו ָׁשם‪ְ ,‬‬
‫ׁשהּוא ָסמּוְך ָל ִעיר ִ‬ ‫ֶ‬
‫ְפֹון‬
‫טר‬ ‫ִי ַ‬‫רּב‬
‫כנַס ַ‬
‫היָה‪ ,‬וְנְִ‬
‫ֲׂשה ָ‬
‫מע ֶ‬ ‫ָה‪ַ ,‬‬‫ִי יְהּוד‬
‫רּב‬
‫ַר ַ‬‫אמ‬ ‫ּכנֵס‪ָ .‬‬ ‫ֵר‪ ,‬יִָ‬‫אֹומ‬ ‫ׁשי‬ ‫ֹלא ִי ָּכנֵס‪ָ .‬ל ִעיר ִל ְהיֹות ְּכ ַא ְנ ֵ‬
‫ׁש ָח ְׁש ָכה‬ ‫ָה ִעיר‪ֶ ,‬א ָּלא ִמ ָּמקֹום ֶ‬
‫ּכּוֵן‪:‬‬
‫ִת ַ‬
‫ְֹלא מ ְ‬‫ּב‬ ‫לֹו ִי ְמּדֹד ַא ְל ַּפ ִים ַא ָּמה ְו ַעד ָמקֹום‬
‫ֵלְך ָּב ִעיר ְותּו ֹלא‪ַ :‬ר ִּבי‬ ‫ׁש ִּי ְכלּו י ֵ‬
‫ֶ‬
‫ֵלְך ָּכל‬ ‫אֹומר ִי ָּכנֵס‪ְ .‬וי ֵ‬
‫ֵ‬ ‫הּודה‬
‫ְי ָ‬
‫יתתֹו‬
‫ׁשהּוא ִּב ְתחּום ָה ִעיר‪ְ ,‬וֹלא ִנ ְת ַּכּוֵן ִל ְהיֹות ְׁש ִב ָ‬
‫ׁש ָח ְׁש ָכה לֹו ֶ‬
‫ָדע ְּכ ֶ‬ ‫הּודה‪ְּ :‬בֹלא ִמ ְת ַּכּוֵן‪ֶ .‬‬
‫ׁשֹּלא י ַ‬ ‫ַה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ְי ָ‬
‫חּוצה ָלּה ַא ְל ַּפ ִים ַא ָּמה ִּכ ְבנֵי ָה ִעיר‪ .‬ו ֲ‬ ‫ָה ִעיר ְו ָ‬
‫ָּב ִעיר ֶא ָּלא ִּב ְמקֹומֹו‪:‬‬

‫‪MERCREDI‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.4 Mishna 5‬‬ ‫‪3 Heshvan 5781‬‬
‫‪21 / 10 / 20‬‬
‫ַ‪,‬‬
‫ָל רּוח‬ ‫לכ‬‫ָה ְ‬ ‫אּמ‬
‫ּפיִם ַ‬
‫לַ‬ ‫אְ‬
‫ָה‪ ,‬יֵׁש לֹו ַ‬
‫ֲׁשכ‬
‫ׁשח ֵ‬‫ַע ֶ‬ ‫ְֶך וְֹלא יָד‬‫ּדר‬‫ּב ֶ‬
‫ָׁשן ַ‬
‫ׁשּי ֵ‬
‫ִי ֶ‬‫מ‬ ‫רּוח‪.‬‬
‫יֵׁש לֹו ַא ְל ַּפ ִים ַא ָּמה ְל ָכל ַ‬
‫נּורי ֶח ְפ ֵצי‬ ‫יֹוחנָן ֶּבן ִ‬ ‫ְּד ָס ַבר ַר ִּבי ָ‬
‫ַע‬ ‫רּב‬
‫אְ‬‫ָא ַ‬ ‫אּל‬
‫ֵין לֹו ֶ‬
‫ִים‪ ,‬א‬ ‫מר‬ ‫ִים אֹו ְ‬‫כמ‬
‫חָ‬‫ִי‪ .‬וַ ֲ‬
‫ֶן נּור‬
‫חנָן ּב‬‫ִי יֹו ָ‬ ‫רּב‬
‫ֵי ַ‬ ‫בר‬‫ּד ְ‬
‫ִ‬ ‫ׁש ֵאין ָל ֶהם ַּד ַעת ְּב ָע ִלים‬
‫קֹומן ְויֵׁש ָל ֶהם‬ ‫יתה ִּב ְמ ָ‬
‫ֶה ְפ ֵקר ֶ‬
‫קֹונים ְׁש ִב ָ‬
‫ִ‬
‫ֵר‪,‬‬ ‫ָה אֹומ‬ ‫ִי יְהּוד‬
‫רּב‬
‫ָן‪ַ .‬‬‫צע‬‫מָ‬‫אְ‬‫בֶ‬ ‫ֵר‪ ,‬וְהּוא ְ‬ ‫עזֶר אֹומ‬‫ִי ֶ‬
‫אל‬ ‫ִי ֱ‬ ‫רּב‬‫ַּמֹות‪ַ .‬‬ ‫א‬ ‫ָׁשן‬
‫רּוח‪ְ ,‬ו ַהּי ֵ‬
‫ׁשּקֹונֶה‬
‫ַ‬ ‫ַא ְל ַּפ ִים ַא ָּמה ְל ָכל‬
‫ׁש ֵאין לֹו ַּד ַעת ְּב ָׁש ָעה ֶ‬ ‫ֶ‬
‫ֵינֹו‬‫ׁשא‬
‫ֵר לֹו‪ֶ ,‬‬‫ּבר‬
‫ִם ֵ‬‫ׁשא‬
‫ָה ֶ‬ ‫ִי יְהּוד‬
‫רּב‬
‫ֶה ַ‬‫ְֵך‪ּ .‬ומֹוד‬
‫ֶה יֵל‬
‫רצ‬ ‫ׁשּיְִ‬
‫ח ֶ‬ ‫ֵיזֶה רּו ַ‬ ‫לא‬‫ְ‬ ‫יתה ִּדינֹו ְּכ ֶח ְפ ֵצי ֶה ְפ ֵקר ְויֵׁש‬
‫רּוח‪ְ .‬ו ַר ָּבנָן‬
‫ְׁש ִב ָ‬
‫לֹו ַא ְל ַּפ ִים ַא ָּמה ְל ָכל ַ‬
‫חזֹר ּבֹו‪:‬‬‫לֲ‬‫יָכֹול ַ‬ ‫קֹונין‬
‫ִ‬
‫ּזֹוכה‬
‫ָס ְב ֵרי ֶח ְפ ֵצי ֶה ְפ ֵקר ֵאין‬
‫קֹומן‪ֶ ,‬א ָּלא ַה ֶ‬ ‫יתה ִּב ְמ ָ‬ ‫ְׁש ִב ָ‬
‫ׁשהּוא יָכֹול‬ ‫יכן ְל ָמקֹום ֶ‬ ‫מֹול ָ‬
‫ִ‬ ‫ָּב ֶהן‬
‫יתה ִּב ְמקֹומֹו ְויֵׁש לֹו ַא ְל ַּפ ִים ַא ָּמה‬ ‫ָׁשן קֹונֶה ְׁש ִב ָ‬‫ׁש ַהּי ֵ‬
‫נּורי ֶ‬
‫יֹוחנָן ֶּבן ִ‬
‫ַה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ָ‬‫יתה ְו ֵאין לֹו ֶא ָּלא ַא ְר ַּבע ַאּמֹות ִּב ְל ַבד‪ .‬ו ֲ‬ ‫ָׁשן ֵאינֹו קֹונֶה ְׁש ִב ָ‬ ‫ַּמי ַהּי ֵ‬‫ילְך‪ָ ,‬ה ָכא נ ִ‬‫ֵל ֵ‬
‫ַח ָכ ִמים‬
‫ילְך‪ :‬ו ֲ‬ ‫ׁשהּוא יָכֹול ֵל ֵ‬ ‫יכן ְל ָמקֹום ֶ‬ ‫מֹול ָ‬
‫ּזֹוכה ָּב ֶהן ִ‬ ‫קֹומן‪ֶ ,‬א ָּלא ַה ֶ‬
‫יתה ִּב ְמ ָ‬ ‫קֹונין ְׁש ִב ָ‬
‫ׁש ֵהן ְּכ ַר ְג ֵלי ָּכל ָא ָדם ְו ֵאין ִ‬ ‫ה ָל ָכה ַּכ ֲח ָכ ִמים ֶ‬ ‫א ָבל ְּב ִנ ְכ ֵסי ֶה ְפ ֵקר ֲ‬‫רּוח‪ֲ .‬‬
‫ְל ָכל ַ‬
‫ּתֹורה ִּד ְכ ִתיב ְׁשבּו ִאיׁש‬‫ׁש ִּז ְּכ ָתה לֹו ָ‬ ‫יתה‪ְ ,‬ו ֵאין לֹו ֶא ָּלא ַא ְר ַּבע ַאּמֹות ֶ‬
‫ָׁשן ֹלא ָקנָה ְׁש ִב ָ‬ ‫ׁ ַהּיֹום ָהיָה י ֵ‬ ‫ׁש ָּק ַדש‬
‫ּוב ָׁש ָעה ֶ‬ ‫אֹומ ִרים ֵאין לֹו ֶא ָּלא ַא ְר ַּבע ַאּמֹות‪ִ .‬‬
‫הֹואיל ְ‬ ‫ְ‬
‫ָה ִבינַן ֵליּה ַא ְר ַּבע ַאּמֹות‬ ‫אֹומר ְוהּוא ְב ֶא ְמ ָצ ָען‪ֲ .‬ח ָכ ִמים ָס ְב ֵרי י ֲ‬
‫יעזֶר ֵ‬ ‫א ִל ֶ‬ ‫ָדיו ְו ַר ְג ָליו‪ַ :‬ר ִּבי ֱ‬
‫ינֹוני ָׁשֹלׁש ַאּמֹות ְו ַא ָּמה ַא ַחת ִל ְפׁשֹט י ָ‬‫ׁשל ָא ָדם ֵּב ִ‬ ‫קֹומתֹו ֶ‬ ‫ַּת ְח ָּתיו‪ְ ,‬ו ָ‬
‫ׁש ֵּב ֵרר ַצד ֶא ָחד ֵאין‬ ‫ׁש ִּי ְר ֶצה‪ִ .‬יּטֹל ַא ְר ַּבע ַאּמֹות‪ְ ,‬ו ַא ַחר ֶ‬ ‫רּוח ֶ‬
‫ָה ִבינַן ֵליּה ַא ְר ַּבע ַאּמֹות ַה ְינּו ְׁש ֵּתי ַאּמֹות ְל ָכל ִצ ָּדיו‪ְ :‬ל ֵאיזֶה ַ‬ ‫יעזֶר ָס ַבר ִּכי י ֲ‬ ‫א ִל ֶ‬‫רּוח‪ְ ,‬ו ַר ִּבי ֱ‬
‫ְל ָכל ַ‬
‫יָכֹול ַל ֲחזֹר ְו ִל ְברֹר ַצד ַא ֵחר‪:‬‬

‫‪158‬‬
‫‪J E U D I‬‬
‫‪4 Heshvan 5781‬‬
‫‪22 / 10 / 20‬‬
‫‪Ch.4 Mishna 6‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬
‫עֹומ ִדים ָרחֹוק זֶה‬ ‫ְ‬
‫ׁשׁש ַאּמֹות‪ְּ ,‬ד ֻמ ְב ָל ִעין‬
‫ַים‪.‬‬ ‫ָהיּו ְׁשנ ִ‬
‫ִמּזֶה ֵ‬
‫ִין‬‫ִיא‬‫מב‬‫ׁשל זֶה‪ְ ,‬‬ ‫ַּמֹותיו ֶ‬
‫ְתֹוְך א ָ‬ ‫ׁשל זֶה ּב‬
‫ַּמֹותיו ֶ‬
‫ָת א ָ‬ ‫קצ‬ ‫מְ‬‫ׁשנַיִם‪ִ ,‬‬
‫היּו ְ‬ ‫ָ‬
‫ׁשל ָּכל ֶא ָחד ְלתֹוְך‬
‫אֹוכ ִלין‬
‫יאין ְו ְ‬
‫ְׁש ֵּתי ַאּמֹות ֶ‬
‫ׁשל ֲח ֵברֹו‪ְ ,‬מ ִב ִ‬ ‫ֶ‬
‫ׁשל‬‫ְתֹוְך ֶ‬‫ׁשּלֹו ל‬‫ִּתֹוְך ֶ‬‫ִיא זֶה מ‬ ‫ׁשֹּלא יֹוצ‬
‫ַד ֶ‬ ‫לב‬‫בְ‬‫ַע‪ּ ,‬ו ִ‬‫מצ‬ ‫אְ‬‫ּב ֶ‬
‫ִין ָ‬ ‫כל‬ ‫וְאֹו ְ‬
‫ּוב ְל ַבד‬
‫ְּבתֹוְך ְׁש ֵּתי ַאּמֹות‪ִ .‬‬
‫ׁשֹּלא ִי ְפׁשֹט זֶה יָדֹו ְלתֹוְך‬ ‫ֶ‬
‫ְהן‬
‫ָהן ו ֵ‬
‫עּמ ֶ‬
‫ֻּתר ִ‬‫ֵיהן‪ ,‬הּוא מ ָ‬
‫ֵינ ֶ‬‫ָע ּב‬‫בל‬‫מְ‬‫ִי ֻ‬
‫צע‬‫מָ‬‫אְ‬ ‫ְה ֶ‬
‫ֹלׁשה‪ ,‬ו ָ‬
‫ׁש ָ‬ ‫היּו ְ‬ ‫ֵרֹו‪ָ .‬‬ ‫חב‬‫ֲ‬
‫ׁש ֵאין לֹו‬ ‫ְׁש ַּת ִים ַה ִחיצֹונֹות ֶ‬
‫יֹוציא ְל ָׁשם ִּפּתֹו‬ ‫ָּב ֶהם ְּכלּום ְו ִ‬
‫ְעֹון‪,‬‬‫ׁשמ‬
‫ִי ִ‬
‫רּב‬
‫ַר ַ‬ ‫אמ‬‫ִם זֶה‪ָ .‬‬‫ִים זֶה ע‬ ‫ֲסּור‬
‫ִיצֹונִים א‬‫הח‬ ‫ּוׁשנַיִם ַ‬
‫ִּמֹו‪ְ ,‬‬ ‫ִין ע‬ ‫ֻּתר‬
‫מָ‬
‫אֹו ֲח ָפ ָציו‪ְ :‬ו ָה ֶא ְמ ָצ ִעי ֻמ ְב ָלע‬
‫ּמֹותיו ְּבתֹוְך‬ ‫ֵיהם‪ְׁ .‬ש ֵּתי ַא ָ‬ ‫ֵּבינ ֶ‬
‫ְתּוחֹות‬ ‫ָזֹו ּופ‬
‫ְתּוחֹות זֹו ל‬ ‫הּפ‬
‫ֵרֹות ַ‬ ‫חצ‬‫ְׁשֹלׁש ֲ‬
‫ֶה‪ ,‬ל ָ‬ ‫ָר ּדֹומ‬ ‫ּדב‬‫הָ‬‫ָה ַ‬ ‫למ‬‫ְ‬
‫ׁשל‬ ‫ּמֹותיו ְּבתֹוְך ֶ‬
‫ּוׁש ֵּתי ַא ָ‬
‫זֶה‪ .‬הּוא ֻמ ָּתר ִעם ָּכל ֶא ָחד‪,‬‬
‫ׁשל זֶה ְ‬ ‫ֶ‬
‫ָהם‬‫עּמ ֶ‬
‫ֶת ִ‬ ‫ֻּתר‬
‫היא מ ֶ‬ ‫ִית‪ִ ,‬‬ ‫צע‬‫מָ‬‫אְ‬‫הֶ‬‫ִם ָ‬ ‫יהן ע‬
‫ּת ֶ‬
‫ׁש ֵ‬
‫ְבּו ְ‬ ‫ער‬ ‫ִים‪ֵ ,‬‬ ‫רּב‬
‫הַ‬‫ְׁשּות ָ‬ ‫לר‬‫ִ‬
‫ּומ ְׁש ַּת ֵּמׁש ִעם זֶה‬
‫ּומ ְׁש ַּת ֵּמׁש ִעם זֶה‪:‬‬
‫ּפֹונֶה ְל ָכאן ִ‬
‫ּופֹונֶה ְל ָכאן ִ‬
‫ִם זֹו‪:‬‬‫ֲסּורֹות זֹו ע‬
‫ִיצֹונֹות א‬‫הח‬ ‫ּתיִם ַ‬
‫ּוׁש ַ‬
‫ָּה‪ְ ,‬‬ ‫עּמ‬‫ֻּתרֹות ִ‬‫ְהן מ ָ‬ ‫וֵ‬
‫ׁשֹלׁש ֲח ֵצרֹות‪ְ .‬ו ֵהם זֹו ֵא ֶצל‬ ‫ְל ָ‬
‫יהן ִעם ָה ֶא ְמ ָצ ִעית‬ ‫אֹוסרֹות זֹו ַעל זֹו‪ֵ :‬ע ְרבּו ְׁש ֵּת ֶ‬ ‫ְ‬ ‫יסת ָה ֶרגֶל זֹו ַעל זֹו‪ְּ ,‬ד ַה ְׁש ָּתא ֵאינָן‬ ‫זֹו‪ְּ :‬פתּוחֹות ִל ְרׁשּות ָה ַר ִּבים‪ְּ .‬ד ָכל ַא ַחת ְרׁשּות ְל ַע ְצ ָמּה ְו ֵאין ָל ֶהם ְּד ִר ַ‬
‫ׁש ָהיּו ָׁשֹלׁש‬ ‫ַהֹלא זֶה ַה ָּד ָבר ֶ‬ ‫אסּורֹות זֹו ַבּזֹו‪ְ .‬ו ַה ְׁש ָּתא ָק ָא ַמר ְלהּו ַר ִּבי ִׁש ְמעֹון ו ֲ‬‫ִהיא ֻמ ֶּת ֶרת ִע ָּמ ֶהן ְוכוּ'‪ְ .‬ו ַר ָּבנָן ַא ְפ ִליגוּ ֲע ֵליּה ְּד ַר ִּבי ִׁש ְמעֹון ְּב ָהא ְו ָא ְמ ֵרי ֻּכ ָּלן ֲ‬
‫ּדֹומה ְל ָׁשֹלׁש ֲח ֵצרֹות‪ְ ,‬ו ַא ַּמאי ָק ִמ ַּפ ְּל ִגיתוּ ָע ַלי ְּב ָׁשֹלׁש ֲח ֵצרֹות‪ְ ,‬ו ָא ְמ ֵרי ֵליּה‬ ‫ׁשהּוא ֻמ ָּתר ִע ָּמ ֶהן ְו ֵהם ֻמ ָּת ִרים ִעּמֹו ֶ‬ ‫מֹודים ֶ‬ ‫ִ‬ ‫ינ ַת ִים ְו ַא ֶּתם‬‫ְו ָה ֶא ְמ ָצ ִעי ֻמ ְב ָלע ֵּב ְ‬
‫הֹוציא ִמּזֹו ְלזֹו‪ְ ,‬ו ָה ֶא ְמ ָצ ִעית ֹלא ְי ָה ָבּה ַא ַּד ְע ָּתהּ ְוֹלא ַמ ְד ְּכ ָרא ְלהּו‪,‬‬ ‫אסּורֹות זֹו ְּבזֹו ָיבֹאּו ְל ִ‬ ‫ׁש ְּמ ֻר ִּבים ֵהם ְׁש ַּת ִים ַה ִחיצֹונֹות ָה ֲ‬ ‫ַר ָּבנָן ָה ָתם ְּב ָׁשֹלׁש ֲח ֵצרֹות ִמּתֹוְך ֶ‬
‫פֹוקי ְלתֹוְך ְׁש ֵּתי ַאּמֹות‬ ‫א ֵ‬ ‫יצֹונים ַל ֲ‬
‫ָׁשים ִאי ָא ֵתי ַחד ִמ ְּׁשנֵי ַה ִח ִ‬ ‫אנ ִ‬ ‫ֹלׁשה ֲ‬ ‫א ָבל ָה ָכא ִּב ְׁש ָ‬ ‫ּמֹוציא‪ֲ .‬‬‫ׁש ִ‬ ‫ּובּזֹו הּוא ֶ‬‫ׁש ֻּמ ָּתר ַּבּזֹו ַ‬ ‫ּיּורי ָה ֶא ְמ ָצ ִעית ֶ‬‫ׁש ָּמא ֶא ָחד ִמ ִּד ֵ‬ ‫ְּד ָא ְמ ֵרי ֶ‬
‫אסּורֹות זֹו ִעם זֹו‪:‬‬ ‫ׁש ְּׁש ֵּתי ַה ִחיצֹונֹות ִּב ְל ַבד ֲ‬
‫ַה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ִׁש ְמעֹון ְּב ָׁשֹלׁש ֲח ֵצרֹות‪ֶ ,‬‬
‫ּומ ְד ַּכר ֵליּה‪ .‬ו ֲ‬ ‫ָהיב ַא ַּד ְע ֵּתיהּ ַ‬ ‫ׁשל ַה ִחיצֹון ָה ַא ֵחר‪ָ ,‬ה ֶא ְמ ָצ ִעי י ֵ‬ ‫ֶ‬

‫‪VENDREDI‬‬
‫‪5 Heshvan 5781‬‬
‫‪23 / 10 / 20‬‬
‫‪Ch.4 Mishna 7‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫ילן אֹו ָג ֵדר‪.‬‬


‫יע ָׁשם ק ֶֹדם‬
‫ְו ָהיָה ַמ ִּכיר ִא ָ‬
‫ׁשּיָכֹול ְל ַה ִּג ַ‬ ‫ֶ‬
‫ַר‪,‬‬
‫אמ‬ ‫ֵר‪ ,‬וְ ָ‬
‫ָן אֹו גָד‬‫ִיל‬‫ִיר א‬ ‫מּכ‬
‫ְהיָה ַ‬‫ָה לֹו‪ ,‬ו ָ‬‫ָׁשכ‬
‫ְֶך וְח ְ‬
‫ּדר‬
‫בֶ‬‫ָא ַ‬ ‫ׁשּב‬
‫ִי ֶ‬ ‫מ‬
‫ׁשהּוא ָעיֵף‬ ‫ׁש ֶּת ְח ַׁשְך‪ֶ ,‬א ָּלא ֶ‬
‫נּוח ִּב ְמקֹומֹו‪ֹ :‬לא ָא ַמר‬ ‫רֹוצה ָל ַ‬‫ְו ֶ‬
‫ֶ‬
‫ְקֹום‬‫מּמ‬‫ְֵך ִ‬
‫ְהּל‬
‫ָרֹו‪ ,‬מ ַ‬
‫עּק‬
‫בִ‬‫תי ְ‬‫ִית ִ‬
‫ׁשב ָ‬
‫ְלּום‪ְ .‬‬ ‫ַר ּכ‬
‫אמ‬‫ְּתיו‪ֹ ,‬לא ָ‬
‫תח ָ‬‫תי ַ‬
‫ִית ִ‬
‫ׁשב ָ‬‫ְ‬
‫הֹואיל ְוֹלא ֵּפ ֵרׁש ֵאיזֶה‬ ‫ִ‬ ‫ְּכלּום‪.‬‬
‫ַא ְר ַּבע ַאּמֹות ָּב ַחר לֹו ִמ ַּת ְח ָּתיו‬
‫ָה‪.‬‬‫אּמ‬
‫ּפיִם ַ‬‫לַ‬‫אְ‬
‫ֵיתֹו ַ‬‫ַד ּב‬‫ָרֹו וְע‬
‫עּק‬
‫מִ‬‫ָה‪ּ ,‬ו ֵ‬
‫אּמ‬‫ּפיִם ַ‬
‫לַ‬ ‫אְ‬
‫ָרֹו ַ‬
‫עּק‬
‫ַד ִ‬‫ָיו וְע‬‫רגְל‬
‫ַ‬
‫יתה ִהיא‬ ‫ילן‪ָ ,‬לאו ְׁש ִב ָ‬
‫ְו ֵאין לֹו ֶא ָּלא ַא ְר ַּבע ַאּמֹות‬
‫ׁשל ִא ָ‬ ‫ֶ‬
‫ָה‪:‬‬
‫אּמ‬‫ִים ַ‬ ‫לפ‬
‫אָ‬‫ַת ֲ‬ ‫ּבע‬
‫רַ‬ ‫אְ‬
‫ָה ַ‬‫ֲׁשכ‬
‫ִּׁשח ֵ‬
‫ְֵך מ ֶ‬
‫ְהּל‬
‫ָא מ ַ‬ ‫מצ‬‫נִ ְ‬
‫ה ֵרי ֹלא‬ ‫ׁש ֲ‬
‫ׁשהּוא ָׁשם‪ֶ ,‬‬ ‫ַּב ָּמקֹום ֶ‬
‫יּכא‬‫יֹותר‪ְּ ,‬ד ִא ָ‬
‫ילן ְׁשמֹנֶה ַאּמֹות אֹו ֵ‬ ‫ׁשל ִא ָ‬ ‫ׁשּיֵׁש ַּת ְח ָּתיו ֶ‬
‫יתה‪ְ .‬ו ָהנֵי ִמ ֵּלי ְּכ ֶ‬
‫ַּמי ֹלא ָקנָה ְׁש ִב ָ‬ ‫ילן נ ִ‬
‫ׁש ָע ַקר ַּד ְעּתֹו ִמ ִּל ְׁשּבֹות ָּכאן‪ְ ,‬ו ַת ַחת ָה ִא ָ‬ ‫יתה ִּב ְמקֹומֹו ֵּכיוָן ֶ‬‫ָקנָה ְׁש ִב ָ‬
‫ׁשֹּלא ֵּב ְר ָרּה‪ְּ ,‬ד ִאי‬‫ׁש ַבע ַאּמֹות ַעל ָּכ ְר ֲחךָ ִמ ְּק ָצת ֵּביתֹו ִנ ָּכר ְּב ַא ָּמה ֶא ְמ ָצ ִעית ְּד ִאי ֶא ְפ ָׁשר ֶ‬ ‫א ָבל ֶ‬ ‫יסא ָּב ַחר ְוֹלא ָהוֵי ִסּיּום‪ֲ ,‬‬ ‫יסא ָּב ַחר אֹו ְּד ַהאי ִּג ָ‬ ‫ימר ְּד ַהאי ִּג ָ‬ ‫ְל ֵמ ַ‬
‫ית ִתי ְב ִע ָּקרֹו‪ִ .‬‬
‫הֹואיל‬ ‫יתה]‪ָ :‬א ַמר ְׁש ִב ָ‬
‫[ׁש ִב ָ‬
‫ה ֵרי ִהיא ֵמ ֶהן‪ִ ,‬ה ְל ָּכְך ָקנָה ָׁשם ְ‬ ‫יסא ֲ‬ ‫יסא אֹו ֵמ ַהאי ִּג ָ‬ ‫ה ֵרי ִהיא ֵמ ֶהן‪ְ ,‬ו ִאי ֵמ ַהאי ִּג ָ‬ ‫ילן ֵּב ֵרר לֹו ַא ְר ַּבע ַאּמֹות ֲ‬ ‫ְּב ֶא ְמ ַצע ָה ִא ָ‬
‫יתה קֹונָה לֹו ַא ְל ַּפ ִים ְל ַצד ַר ְג ָליו ְו ַא ְל ַּפ ִים ְל ַצד ֵּביתֹו‪:‬‬ ‫אֹותּה ְׁש ִב ָ‬
‫ְו ִסּיֵם ְמקֹומֹו‪ָ ,‬‬

‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪7 Heshvan 5781‬‬
‫‪25 / 10 / 20‬‬
‫‪Ch.4 Mishna 8‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫ילן אֹו ָּג ֵדר‪:‬‬ ‫ְו ִאם ֵאינֹו ַמ ִּכיר‪ִ .‬א ָ‬


‫ה ָל ָכה‪ְ .‬ו ֵאינֹו‬ ‫ׁש ֵאינֹו ָב ִקי ַב ֲ‬ ‫אֹו ֶ‬
‫ִי‪,‬‬
‫ְקֹומ‬‫במ‬
‫תי ִ‬‫ִית ִ‬
‫ׁשב ָ‬‫ַר‪ְ ,‬‬ ‫אמ‬‫ָה‪ ,‬וְ ָ‬‫לכ‬‫ַה ָ‬
‫ִי ב ֲ‬
‫בק‬‫ֵינֹו ָ‬
‫ׁשא‬
‫ִיר‪ ,‬אֹו ֶ‬ ‫מּכ‬‫ֵינֹו ַ‬
‫ִם א‬ ‫א‬
‫ֹאמר‬‫ׁשּי ַ‬ ‫ּיֹועיל לֹו ְּכ ֶ‬
‫לֹוני‪ְ .‬ו ָא ַמר‬
‫ׁש ִ‬ ‫יֹוד ַע ֶ‬
‫ית ִתי ְּב ָמקֹום ְּפ ִ‬
‫ֵ‬
‫ְׁש ִב ָ‬
‫חנִינָא‬
‫ִי ֲ‬
‫רּב‬
‫ֵי ַ‬
‫בר‬‫ּד ְ‬
‫עגֻּלֹות‪ִ ,‬‬
‫ַ‪ֲ .‬‬ ‫ָל רּוח‬ ‫לכ‬‫ָה ְ‬‫אּמ‬‫ּפיִם ַ‬
‫לַ‬‫אְ‬‫ְקֹומֹו ַ‬ ‫ָה לֹו מ‬ ‫זָכ‬
‫ָכה לֹו‬ ‫ית ִתי ִּב ְמקֹומֹו‪ .‬ז ָ‬ ‫ְׁש ִב ָ‬
‫ְמקֹומֹו‪ֲ :‬עגֻּלֹות‪ִּ .‬ד ְב ָע ֵרי ִמ ְק ָלט‬
‫ֵי‬
‫ּכד‬
‫ַת‪ְ ,‬‬‫ּבע‬
‫רַ‬‫מֻ‬
‫ָא ְ‬ ‫בל‬ ‫טְ‬
‫ּכ ַ‬
‫ָעֹות‪ְ ,‬‬ ‫רּב‬
‫מֻ‬‫ִים‪ְ ,‬‬‫מר‬‫ִים אֹו ְ‬ ‫כמ‬‫חָ‬‫ִיגְנֹוס‪ .‬וַ ֲ‬ ‫אנְט‬
‫ֶן ַ‬ ‫ב‬
‫ָל ִפינַן ַא ְל ַּפ ִים ַא ָּמה‬ ‫ַיהוּ י ְ‬
‫ׁשל ְּתחּום ַׁש ָּבת ְּכ ִתיב [זֶה‬
‫ְּד ִמּנ ְ‬
‫ֶ‬
‫לּזָוִּיֹות‪:‬‬
‫ָר ַ‬‫ִׂשּכ‬
‫ְהא נ ְ‬‫ׁשּי ֵ‬
‫ֶ‬
‫ׁשי ֶה ָע ִרים]‪.‬‬ ‫ִי ְהיֶה ָל ֶהם ִמ ְג ְר ֵ‬
‫ַה ָל ָכה ַּכ ֲח ָכ ִמים‪:‬‬ ‫ׁשֹוב ֵתי ַׁש ָּבת‪ .‬ו ֲ‬
‫ְ‬ ‫ׁשֹוב ֵתי ַׁש ָּבת‪ְ .‬ו ַר ָּבנָן ְּד ָבעוּ ְמ ֻר ָּבעֹות ָּד ְר ִׁשי זֶה ְל ִרּבּויֵי‪ָּ ,‬כזֶה ִי ְהיּו ָּכל‬
‫נֹותן ֵּפאֹות ְל ְ‬ ‫ָוּיֹות ְו ִאי ַא ָּתה ֵ‬ ‫נֹותן ֵּפאֹות‪ְּ ,‬ד ַה ְינוּ ז ִ‬
‫ָלזֶה ַא ָּתה ֵ‬
‫ילים ְל ַר ֵּב ַע‪ַ ,‬אף ַעל ִּפי‬ ‫ׁש ְּבנֵי ָא ָדם ְר ִג ִ‬ ‫לֹומר ְּכ ֶד ֶרְך ֶ‬
‫ׁש ִאי ֶא ְפ ָׁשר ַל ֲעׂשֹות ְמ ֻר ָּבע ְמ ֻצ ְמ ָצם ְּב ִכּוּון‪ָּ ,‬תנָא ְּכ ַט ְב ָלא ְמ ֻר ַּב ַעת‪ְּ ,‬כ ַ‬ ‫ְּכ ַט ְב ָלא ְמ ֻר ַּב ַעת‪ָּ .‬כ ַתב ָה ַר ְמ ַּב"ם ְל ִפי ֶ‬
‫ׁש ְּבתֹוכֹו‪:‬‬ ‫עֹודפֹות ַעל ָה ִעּגּול ֶ‬ ‫ׁשל ְמ ֻר ָּבע ָה ְ‬ ‫א ַל ְכסֹונֹו ֶ‬ ‫ָוּיֹות‪ַ .‬א ְר ַּבע ַה ֵּפאֹות ֶ‬
‫ׁש ַּב ֲ‬ ‫ׁש ֵאינֹו ְמ ֻר ָּבע ְּב ִצ ְמצּום‪ִ :‬נ ְׂש ָּכר ֶאת ַהּז ִ‬
‫ֶ‬

‫‪159‬‬
‫‪L U N D I‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.4 Mishna 9‬‬ ‫‪8 Heshvan 5781‬‬
‫‪26 / 10 / 20‬‬
‫ָנּו‬
‫ִיר‪ ,‬א‬ ‫מא‬‫ִי ֵ‬ ‫רּב‬
‫ַר ַ‬ ‫אמ‬‫ָיו‪ָ .‬‬
‫רגְל‬
‫ּב ַ‬
‫ֵב ְ‬
‫ער‬‫מָ‬
‫ענִי ְ‬‫הָ‬‫ְרּו‪ֶ ,‬‬‫אמ‬
‫ׁש ָ‬
‫היא ֶ‬ ‫וְזֹו ִ‬ ‫ׁשהּוא ַּב ֶּד ֶרְך ְו ֵאין‬ ‫ׁש ָא ְמרּו‪ְּ .‬כגֹון זֶה ֶ‬
‫ִעּמֹו ַּפת‪ְּ ,‬ד ַה ְׁש ָּתא ָע ִני הּוא‪ ,‬לֹו ִה ִּתירּו‬
‫זֶהּו ֶ‬

‫ָׁשיר‪,‬‬
‫ָד ע ִ‬ ‫אח‬‫ענִי וְ ֶ‬
‫ָד ָ‬
‫אח‬‫ֵר‪ֶ ,‬‬ ‫ָה אֹומ‬
‫ִי יְהּוד‬
‫רּב‬
‫ענִי‪ַ .‬‬
‫ָא ָ‬‫אּל‬
‫ָנּו ֶ‬
‫ֵין ל‬‫א‬ ‫ירא ֵליּה ְל ַר ִּבי‬
‫א ִקילוּ‬
‫ֲח ָכ ִמים ְל ָע ֵרב ְּב ַר ְג ָליו‪ִּ .‬ד ְס ִב ָ‬
‫ֵמ ִאיר ִע ַּקר ֵערּוב ְּב ַפת‪ְ ,‬ו ֻק ָּלא ִהיא ַּד ֲ‬
‫ֵא‬ ‫ׁשֹּלא יֵצ‬
‫ָׁשיר‪ֶ ,‬‬ ‫הע ִ‬‫ַל ֶ‬‫ֵל ע‬‫ְהק‬
‫ָא ל ָ‬
‫אּל‬
‫ַת ֶ‬ ‫ּבפ‬
‫ִין ְ‬
‫רב‬ ‫עְ‬‫מָ‬
‫ְרּו ְ‬‫אמ‬‫ֹלא ָ‬ ‫ׁש ָּבא ַּב ֶּד ֶרְך ְו ֵאין ִעּמֹו ַּפת‬
‫הּודה ָס ַבר ִע ַּקר‬
‫ַּג ֵּבי ָע ִני אֹו ִמי ֶ‬
‫ְל ָע ֵרב ְּב ַר ְג ָליו‪ְ .‬ו ַר ִּבי ְי ָ‬
‫ָיו‪:‬‬
‫רגְל‬
‫ּב ַ‬
‫ֵב ְ‬‫ער‬
‫וִי ָ‬ ‫א ִקילוּ ֶל ָע ִׁשיר‬
‫ֹלח ֵערּובוֹ‬
‫ֵערּוב ָּב ֶרגֶל‪ְ ,‬ו ֻק ָּלא ִהיא ַּד ֲ‬
‫ילְך ְּב ַר ְג ָליו ִל ְׁש ַ‬ ‫ׁש ֵאינֹו יָכֹול ֵל ֵ‬ ‫ֶ‬
‫ּובין‬
‫הּודה‪ֵ .‬‬ ‫ַה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ְי ָ‬‫יח‪ .‬ו ֲ‬ ‫ַעל ְי ֵדי ָׁש ִל ַ‬
‫ׁש ֵאין ִעּמֹו‬
‫ׁש ָא ַמר‪ֶ ,‬א ָּלא ִאם ֵּכן הּוא ָע ִני אֹו ָּבא ַּב ֶּד ֶרְך ֶ‬
‫יתה ְּבאֹותֹו ָמקֹום ֶ‬ ‫לֹוני ֵאינֹו קֹונֶה ְׁש ִב ָ‬
‫ית ִתי ְּב ָמקֹום ְּפ ִ‬ ‫אֹומר ְׁש ִב ָ‬
‫ׁש ָה ֵ‬ ‫הּודה ָׁש ִוים ֵהם ֶ‬ ‫ּובין ַר ִּבי ְי ָ‬ ‫ַר ִּבי ֵמ ִאיר ֵ‬
‫ׁש ָהיָה יָכֹול ָלרּוץ‬ ‫יתה ֶא ָּלא ִאם ֵּכן יֵׁש ְׁשהּות ַּבּיֹום ֶ‬ ‫לֹוני ֵאינֹו קֹונֶה ָׁשם ְׁש ִב ָ‬
‫ית ִתי ְּב ָמקֹום ְּפ ִ‬‫אֹומר ְׁש ִב ָ‬
‫יתתֹו‪ְ .‬ו ָה ֵ‬ ‫ׁש ִּי ְׁש ַלח ַּפת ִּב ְמקֹום ְׁש ִב ָ‬ ‫א ָבל ָע ִׁשיר ָצ ִריְך ֶ‬ ‫ַּפת‪ֲ ,‬‬
‫יתה‪:‬‬‫לֹוני ֹלא ָקנָה ָׁשם ְׁש ִב ָ‬
‫ית ִתי ְּב ָמקֹום ְּפ ִ‬
‫אֹומר ְׁש ִב ָ‬
‫ׁש ֵ‬ ‫ׁש ֶּת ְח ַׁשְך‪ְ ,‬ו ִאם ֵאין ָּכל ָּכְך ְׁשהּות ַּבּיֹום ְּב ָׁש ָעה ֶ‬ ‫יע ָׁשם ק ֶֹדם ֶ‬ ‫ּול ַה ִּג ַ‬
‫ְ‬

‫‪M A R D I‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.4 Mishna 10‬‬ ‫‪9 Heshvan 5781‬‬
‫‪27 / 10 / 20‬‬
‫ֵרֹו‪ ,‬הּוא‬
‫חב‬‫חזִירֹו ֲ‬‫ְה ֱ‬
‫ָּה ו ֶ‬‫ִין ּב‬
‫רב‬‫עְ‬
‫ּמ ָ‬
‫ׁש ְ‬
‫ִיר ֶ‬‫ּבע‬
‫ְֵך ְ‬‫ֵיל‬‫ָא ל‬ ‫ׁשּיָצ‬
‫ִי ֶ‬‫מ‬ ‫ׁשי ִעירֹו‬
‫ילְך ָמ ָחר‬
‫ָצא‪ֵ .‬מ ִעירֹו‪ֶ ,‬‬
‫ׁש ְּׁש ָלחּוהּו ַא ְנ ֵ‬
‫ּיּוכלּו ֵל ֵ‬
‫ׁש ְ‬
‫ׁשּי ָ‬
‫הֹוליְך ָל ֶהם ֵערּוב ְּכ ֵדי ֶ‬
‫ִמי ֶ‬
‫ְל ִ‬
‫ִי‬
‫רּב‬
‫ָה‪ַ .‬‬‫ִי יְהּוד‬
‫רּב‬
‫ֵי ַ‬‫בר‬‫ּד ְ‬
‫ִין‪ִ ,‬‬‫ֲסּור‬
‫ִיר א‬ ‫הע‬
‫ּבנֵי ָ‬
‫ָל ְ‬ ‫ְֵך וְכ‬
‫ֵיל‬‫ֻּתר ל‬‫מָ‬ ‫מּוכה ָל ֶהם‬ ‫ׁש ִהיא ְס ָ‬
‫ילְך ִמּזֹו ְלזֹו ַעל‬
‫ׁש ְּמ ָע ְר ִבין ָלּה‪ֶ ,‬‬
‫יכֹולין ֵל ֵ‬
‫חּומי ַׁש ָּבת ִו ִ‬
‫ָל ִעיר ֶ‬
‫ְׁשנֵי ְּת ֵ‬
‫ָר‬‫חּמ‬
‫ֵי זֶה ַ‬
‫הר‬‫ֵב‪ֲ ,‬‬‫ער‬‫ֵב וְֹלא ֵ‬ ‫ער‬
‫לָ‬‫ׁשהּוא יָכֹול ְ‬
‫ֵר‪ּ ,‬כֹל ֶ‬
‫ִיר אֹומ‬ ‫מא‬‫ֵ‬ ‫ח ִזירֹו ֲח ֵברֹו‪ְּ .‬ד ָא ַמר ֵליּה ֵעת‬
‫ילְך‪.‬‬
‫ְי ֵדי ֵערּוב‪ְ :‬ו ֶה ֱ‬
‫ַח ָּמה ִהיא ֵעת ִצּנָה ִהיא‪ :‬הּוא ֻמ ָּתר ֵל ֵ‬
‫ָל‪:‬‬
‫ּגַּמ‬ ‫ׁש ֶה ְח ִזיק‬ ‫ׁש ֵּכיוָן ֶ‬
‫יתה ְלסֹוף ַא ְל ַּפ ִים‬
‫אֹותּה ִעיר ַא ֶח ֶרת‪ֶ ,‬‬ ‫ְל ָמ ָחר ְל ָ‬
‫ַּב ֶּד ֶרְך ְּכ ֵדי ִל ְקנֹות ְׁש ִב ָ‬
‫אֹומר‬
‫ׁש ֵ‬ ‫ַא ָּמה ָרחֹוק ִמן ָה ִעיר‪ָ ,‬הוֵי ְּכ ָע ִני ֶ‬
‫אֹומר‬
‫ירם‪ַ :‬ר ִּבי ֵמ ִאיר ֵ‬ ‫רּוח ֵמ ִע ָ‬
‫ׁשֹּלא ֶה ְח ִזיקּו ַּב ֶּד ֶרְך‪ְ ,‬ו ֵאין ָל ֶהם ֶא ָּלא ַא ְל ַּפ ִים ַא ָּמה ְל ָכל ַ‬‫סּורין‪ֶ .‬‬
‫א ִ‬ ‫יתה‪ְ :‬ו ָכל ְּבנֵי ִעירֹו ֲ‬
‫לֹוני‪ְ ,‬ו ָקנָה ְל ָׁשם ְׁש ִב ָ‬ ‫ית ִתי ְּב ָמקֹום ְּפ ִ‬ ‫ְׁש ִב ָ‬
‫ה ֵרי זֶה‬‫ׁש ָהיָה יָכֹול ְל ָע ֵרב ְּב ַפת ְוֹלא ֵע ֵרב ָלאו ָע ִני הּוא‪ִ ,‬ה ְל ָּכְך ֲ‬‫ָצא ִמ ֵּביתֹו ְו ֶה ְח ִזיק ַּב ֶּד ֶרְך‪ ,‬אֹו ִּד ְל ָמא ֵּכיוָן ֶ‬ ‫כוּ'‪ַ .‬ר ִּבי ֵמ ִאיר ְמ ַס ְּפ ָקא ֵליּה ִאי ָע ִני הּוא ִ‬
‫הֹואיל ְוי ָ‬
‫ּולסֹוף ָה ַא ְל ַּפ ִים ֵמ ִעירֹו‬
‫הֹוליְך ָׁשם ָה ֵערּוב ְּבסֹוף ַא ְל ַּפ ִים ֵמ ִעירֹו‪ְ ,‬‬
‫הֹולְך ְל ִ‬ ‫ׁש ָהיָה ֵ‬ ‫יתתֹו ַּב ָּמקֹום ֶ‬ ‫ׁש ָּמא ְׁש ִב ָ‬ ‫רּוח ֵמ ִעירֹו‪ֶ ,‬‬
‫ׁש ֵאין לֹו ַא ְל ַּפ ִים ַא ָּמה ְל ָכל ַ‬ ‫ַח ָּמר ַּג ָּמל‪ֶ ,‬‬
‫הּודה‪:‬‬
‫ַה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ְי ָ‬
‫יתה ֶא ָּלא ְּב ֵביתֹו‪ .‬ו ֲ‬ ‫ׁש ָּמא ֹלא ָקנָה ְׁש ִב ָ‬ ‫ַּמי ֹלא ָקנָה ַא ְל ַּפ ִים ְל ַצד ִעיר ָה ַא ֶח ֶרת‪ֶ ,‬‬ ‫נִ‬

‫‪MERCREDI‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.4 Mishna 11‬‬ ‫‪10Heshvan5781‬‬
‫‪28 / 10 / 20‬‬
‫ִי‬
‫רּב‬
‫ּכנֵס‪ַ .‬‬‫ַת‪ֹ ,‬לא יִָ‬ ‫אח‬
‫ָה ַ‬ ‫אּמ‬
‫ִּלּו ַ‬
‫אפ‬ ‫ַּתחּום‪ֲ ,‬‬‫ָא חּוץ ל ְ‬ ‫ׁשּיָצ‬
‫ִי ֶ‬ ‫מ‬ ‫א ִפּלוּ ַא ָּמה ַא ַחת ֹלא ִי ָּכנֵס‪ְ .‬ו ֵאין לֹו ֶא ָּלא‬
‫ַא ְר ַּבע ַאּמֹות ִמ ָּכאן ְו ַא ְר ַּבע ַאּמֹות ִמ ָּכאן‪.‬‬
‫ֲ‬

‫ְׁשיְך‬
‫הח ִ‬ ‫ׁש ֶ‬
‫ִי ֶ‬ ‫ּכנֵס‪ .‬מ‬
‫ׁשֹלׁש‪ֹ ,‬לא יִָ‬
‫ּכנֵס‪ָ ,‬‬‫ּתיִם‪ ,‬יִָ‬
‫ׁש ַ‬
‫ֵר‪ְ ,‬‬‫עזֶר אֹומ‬ ‫ִי ֶ‬
‫אל‬‫ֱ‬ ‫ׁש ֻּמ ְב ָלעֹות ֵאּלּו ַא ְר ַּבע ַאּמֹות‬ ‫ְו ַאף ַעל ִּפי ֶ‬
‫ְּבתֹוְך ְּתחּום ָה ִעיר‪ֹ ,‬לא ָא ְמ ִרינַן ֵּכיוָן ְּד ַעל‬
‫ֵר‪,‬‬‫ְעֹון אֹומ‬ ‫ׁשמ‬
‫ִי ִ‬
‫רּב‬
‫ּכנֵס‪ַ .‬‬
‫ַת‪ֹ ,‬לא יִָ‬ ‫אח‬ ‫ָה ַ‬ ‫אּמ‬
‫ִּלּו ַ‬
‫אפ‬‫ַּתחּום‪ֲ ,‬‬
‫חּוץ ל ְ‬ ‫חּומים ָלאו‬
‫יעזֶר‬
‫א ִל ֶ‬
‫ירא ֵליּה ַה ְב ָל ַעת ְּת ִ‬ ‫ַעל‪ִּ ,‬ד ְס ִב ָ‬
‫ִמ ְּל ָתא ִהיא‪ְׁ :‬ש ַּת ִים ִי ָּכנֵס‪ַ .‬ר ִּבי ֱ‬
‫ֶת‬‫ִין א‬‫מּצ‬
‫מַ‬ ‫ָׁשֹוחֹות ְ‬‫הּמ‬
‫ֵין ַ‬‫ׁשא‬
‫ּכנֵס‪ֶ ,‬‬
‫ַּמֹות‪ ,‬יִָ‬
‫ֵה א‬ ‫ֶׂשר‬
‫ֵׁש ע ְ‬‫חמ‬‫ִּלּו ֲ‬
‫אפ‬‫ֲ‬ ‫ׁש ְּבסֹוף‬‫ְל ַט ֲע ֵמיּה‪ְּ ,‬ד ָא ַמר ְוהּוא ְּב ֶא ְמ ָצ ָען‪ֶ ,‬‬
‫ָה ַא ְל ַּפ ִים יֵׁש לֹו ַא ְר ַּבע ַאּמֹות‪ְׁ ,‬ש ַּת ִים ִמ ַּצד‬
‫ִין‪:‬‬
‫הּטֹוע‬
‫ּפנֵי ַ‬
‫מְ‬ ‫ִּדֹות‪ִ ,‬‬‫הּמ‬
‫ַ‬ ‫ּוׁש ַּת ִים ִמ ַּצד זֶה ְלסֹוף‬
‫עֹומד ָּב ַא ָּמה‬‫ֵ‬
‫זֶה ְּבתֹוְך ַה ְּתחּום ְ‬
‫ַה ְּתחּום‪ִ ,‬ה ְל ָּכְך ִאם הּוא‬
‫חּומין ִמ ְּל ָתא‬‫ַה ְּׁש ִנּיָה ִי ָּכנֵס‪ְּ ,‬ד ַה ְב ָל ַעת ְּת ִ‬
‫ׁש ֵאינֹו‬‫ה ֵרי ִּג ָּלה ַּד ְעּתֹו ֶ‬
‫ׁש ֲ‬‫יתה‪ֶ ,‬‬ ‫ׁש ָהיָה ָּבא ִמן ַה ֶּד ֶרְך ְו ָח ְׁש ָכה לֹו חּוץ ַל ְּתחּום‪ֹ :‬לא ִי ָּכנֵס‪ְּ .‬ד ִב ְמקֹומוֹ ֹלא ָקנָה ְׁש ִב ָ‬ ‫ׁש ֶה ְח ִׁשיְך‪ֶ .‬‬ ‫יעזֶר‪ִ :‬מי ֶ‬ ‫א ִל ֶ‬ ‫ה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ֱ‬
‫ִהיא‪ְ .‬ו ֵאין ֲ‬
‫ָצא ִמחּוץ‬ ‫ׁשּי ָ‬
‫יֹותר ֵמ ַא ְל ַּפ ִים ַא ָּמה‪ִ ,‬ה ְל ָּכְך ֵאין לֹו ֶא ָּלא ַא ְר ַּבע ַאּמֹות ְּכ ִדין ִמי ֶ‬ ‫ּובין ָה ִעיר ֵ‬ ‫ׁשּיֵׁש ֵּבינֹו ֵ‬
‫יתה‪ֶ ,‬‬‫ּוב ִעיר ֹלא ָקנָה ְׁש ִב ָ‬ ‫יתה ִּב ְמקֹומֹו‪ָ ,‬‬ ‫רֹוצה ִל ְקנֹות ְׁש ִב ָ‬‫ֶ‬
‫ָפה‪ַ :‬ה ָּמׁשֹוחֹות‪ .‬מ ְֹד ֵדי‬ ‫ַּׁשבוֹ י ֶ‬
‫ָד ְע ִּתי ְלי ְ‬‫ׁשי ֲח ֵמׁש ֶע ְׂש ֵרה ַּד ְו ָקא‪ְ ,‬וֹלא י ַ‬ ‫יֹותר ְמ ַעט‪ְ .‬ו ִאית ִּד ְמ ָפ ְר ֵ‬ ‫ַל ְּתחּום‪ַ :‬עד ָח ֵמׁש ֶע ְׂש ֵרה ַא ָּמה‪ָ .‬לאו ַּד ְו ָקא‪ְּ ,‬דהּוא ַה ִּדין ָּפחֹות אֹו ֵ‬
‫ּטֹועין‪.‬‬
‫אֹותן ְלתֹוְך ַא ְל ַּפ ִים‪ִ :‬מ ְּפנֵי ַה ִ‬ ‫ּכֹונ ִסין ָ‬ ‫ימן ְּבסֹוף ַא ְל ַּפ ִים ַמ ָּמׁש‪ֶ ,‬א ָּלא ְ‬ ‫ימן ְלסֹוף ַה ְּתחּום‪ֵ ,‬אין ְמ ַמ ִּצין ֶאת ַה ִּמּדֹות ַל ֲעׂשֹות ַה ִּס ָ‬ ‫עֹוׂשין ִס ָ‬
‫חּומים ָל ֲעיָרֹות ְו ִ‬ ‫ַה ְּת ִ‬
‫ׁש ֵאּלּו ֲח ֵמׁש ֶע ְׂש ֵרה‬ ‫ילין ָּת ִמיד ִל ְכנֹוס ְּבתֹוְך ַא ְל ַּפ ִים‪ְ ,‬ו ִנ ְמ ָצא ֶ‬ ‫ּומּׁשּום ָה ִכי ְר ִג ִ‬ ‫חֹוז ִרין ְו ָלאו ַא ַּד ְע ַּת ְיהוּ‪ִ ,‬‬
‫ּיֹוצ ִאים ְל ַה ָּלן ִמ ֶּמּנּו ְו ְ‬
‫ׁש ְ‬ ‫ּופ ָע ִמים ֶ‬
‫ימן ְ‬ ‫ירין ַה ִּס ָ‬‫ׁש ֵאין ַמ ִּכ ִ‬
‫ֶ‬
‫ָהר‬‫הוָה ֵליּה ִלּז ֵ‬ ‫ָצא חּוץ ַל ְּתחּום‪ְּ ,‬ד ָה ָתם ֲ‬ ‫ׁשּי ָ‬
‫ירינַן ְל ִמי ֶ‬
‫יכי ְּד ַמ ְח ִמ ִ‬
‫ירינַן ֵליּה ִּכי ֵה ִ‬ ‫ׁש ָהיָה זֶה ָאנּוס ָׁש ִרינַן ֵליּה ִל ָּכנֵס‪ְ ,‬וֹלא ַמ ְח ִמ ִ‬ ‫ַאּמֹות ְּבתֹוְך ַה ְּתחּום ֵהן‪ְ ,‬ו ֵכיוָן ֶ‬
‫ה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ִׁש ְמעֹון‪:‬‬ ‫ֵצא‪ְ .‬ו ֵאין ֲ‬‫ׁשֹּלא י ֵ‬ ‫ְו ָל ֵתת ְּב ַד ְעּתֹו ֶ‬

‫‪160‬‬
‫‪J E U D I‬‬
‫‪11Heshvan5781‬‬
‫‪29 / 10 / 20‬‬
‫‪Ch.5 Mishna 1‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫יצד ְמ ַע ְּב ִרין‪ְ .‬לׁשֹון ִא ָּׁשה ְמ ֻע ֶּב ֶרת ֶ‬


‫ׁש ְּכ ֵר ָסּה‬
‫יצד יֵׁש ָלּה ִעּבּור ָל ִעיר‪,‬‬ ‫ּבֹולט‪ְ .‬ו ָה ִכי ָק ָא ַמר‪ֵּ ,‬כ ַ‬
‫ָגּום‬
‫ֵּכ ַ‬
‫ֵ‬
‫ֵא‪ּ ,‬פ‬
‫ּביִת יֹוצ‬
‫כנָס ַ‬‫ּביִת נְִ‬‫ִים‪ַ ,‬‬
‫ער‬‫הָ‬ ‫ֶת ֶ‬ ‫ִין א‬ ‫ּבר‬
‫עְ‬‫מַ‬ ‫ַד ְ‬ ‫ֵיצ‬ ‫ּכ‬
‫ימן‬‫ׁש ָּבא ְל ַצּיֵן ִס ָ‬
‫חּוצה ָלּה‪ִ ,‬אם‬
‫יֹוצא ְוכוּ'‪ְּ .‬כ ֶ‬
‫ִאם ַּב ִית ִנ ְכנָס ַּב ִית ֵ‬
‫ּובא ִל ְמּדֹד ַא ְל ַּפ ִים ָ‬ ‫ְּתחּום ָה ִעיר ָ‬
‫ָה‬‫ֲׂשר‬
‫ִּיֹות ּגְבֹוהֹות ע ָ‬
‫ׁשם ּגְדּוד‬‫היּו ָ‬
‫ֵא‪ָ .‬‬ ‫ָגּום יֹוצ‬ ‫כנָס ּפ‬ ‫נְִ‬
‫מּוכין‬
‫חֹומ ָתּה ֲח ָל ָקה ֶא ָּלא ָּב ִּתים ְס ִ‬
‫יֹותר‬
‫ֹלא ָה ְי ָתה ָ‬
‫ּומ ֻח ָּב ִרים‪ְ ,‬ויֵׁש ַּב ִית ִנ ְכנָס ְלתֹוְך ָה ִעיר ֵ‬
‫ִין‬
‫ְ‬
‫ִיא‬‫ָה‪ ,‬מֹוצ‬‫ִיר‬
‫ֵית ּד‬
‫ָהן ּב‬
‫ׁשּיֵׁש ּב ֶ‬
‫ָׁשֹות‪ֶ ,‬‬ ‫ִים ּונְפ‬ ‫ְׁשר‬
‫ִים‪ּ ,‬וג ָ‬ ‫פח‬‫טָ‬ ‫ְ‬
‫ּבֹולט‬
‫גּומה‪ְ ,‬ויֵׁש ַּב ִית ֵ‬ ‫יסתֹו ְּפ ָ‬ ‫ֵי‬
‫ּכד‬
‫ֵמ ֲח ֵברֹו ְו ִנ ְר ֵאית ְּכ ִנ ָ‬
‫יֹותר ֵמ ֲח ֵברֹו‪ :‬אֹו ָּפגּום ִנ ְכנָס ָּפגּום‬ ‫יֹוצא ַלחּוץ ֵ‬ ‫ְו ֵ‬
‫ַת‪ְ ,‬‬‫ּבע‬
‫רַ‬ ‫מֻ‬
‫ָא ְ‬‫בל‬‫טְ‬
‫ִין ַ‬
‫ּכמ‬‫אֹותּה ְ‬
‫ְעֹוׂשין ָ‬
‫ָן‪ ,‬ו ִ‬ ‫כנֶגְּד‬
‫ָה ְ‬ ‫ּמּד‬
‫הִ‬‫ֶת ַ‬ ‫א‬
‫חֹומה‪ְּ ,‬פ ָע ִמים‬
‫ׁשם‪.‬‬ ‫ׁש ָהיּו ָ‬
‫ּבֹול ִטים ַּב ָ‬ ‫ׁשּיֵׁש ִמ ְג ָּד ִלים ְ‬
‫ּבֹול ִטים ִל ְפ ִנים ְּפ ָע ִמים ַלחּוץ‪ :‬אֹו ֶ‬
‫יֹוצא‪ֶ .‬‬
‫ְ‬
‫ֵ‬ ‫הּזָוִּיֹות‪:‬‬
‫ֶת ַ‬‫ָר א‬ ‫ִׂשּכ‬
‫ְהא נ ְ‬‫ׁשּי ֵ‬
‫ֶ‬
‫דּודּיֹות ְּגבֹוהֹות‪.‬‬ ‫ׁשל ִעיר‪ְּ :‬ג ִ‬ ‫ְל ַא ַחת ַה ְּק ָרנֹות ֶ‬
‫יאין ֶאת‬ ‫מֹוצ ִ‬
‫ִ‬ ‫ירה‪:‬‬ ‫ׁש ְּי ֵהא ָּב ֶהן ֵּבית ִּד ָ‬
‫עֹוׂשין ַעל ַה ֶּק ֶבר‪ְ .‬והּוא ֶ‬ ‫ׁש ִ‬ ‫יר ִים ָל ִעיר‪ :‬אֹו ְנ ָפׁשֹות‪ִּ .‬ב ְניָן ֶ‬ ‫ֶׁשנָן ּתֹוְך ִׁש ְב ִעים ַא ָּמה ְו ִׁש ַ‬ ‫ׁשל ָח ְרבֹות ָּב ִּתים‪ְ ,‬וי ְ‬‫חֹומה ֶ‬‫ִׁש ְב ֵרי ָ‬
‫תּוח ִמּזֹו ָלזֹו‪,‬‬
‫רֹומית‪ְ ,‬וחּוט ָמ ַ‬ ‫ֶג ָדּה ְּב ֶק ֶרן ִמ ְז ָר ִחית ְּד ִ‬‫יטה ַא ֶח ֶרת ְּכנ ְ‬ ‫רֹואים ְּכ ִאּלּו יֵׁש עֹוד ְּב ִל ָ‬ ‫פֹונית‪ִ ,‬‬‫ֶג ָּדן‪ִ .‬אם ַה ְּב ִליטֹות ַה ָּללּו ֵא ֶצל ֶק ֶרן ִמ ְז ָר ִחית ְצ ִ‬ ‫ַה ִּמ ָּדה ְכנ ְ‬
‫ׁש ְּי ֵהא ַא ְל ַּפ ִים ַל ְּצ ָד ִדים‬
‫חּומין‪ְ .‬מ ֻר ָּב ִעים‪ֶ ,‬‬‫אֹותן‪ַ .‬ה ְּת ִ‬ ‫עֹוׂשין ָ‬‫ׁש ְּי ֵהא ַה ְּתחּום ָׁשוֶה ִל ְׁש ֵּתי ַה ְּק ָרנֹות ְוֹלא ִי ְהיֶה ָּכאן ָארְֹך ְו ָכאן ָק ָצר‪ְ :‬ו ִ‬ ‫ּומֹודד ִמן ַהחּוט ְו ַלחּוץ‪ְּ ,‬כ ֵדי ֶ‬
‫ֵ‬
‫ּוב ְּצ ָד ִדים ֵהם ִמ ְת ַמ ֲע ִטים ְּכ ֶד ֶרְך ָּד ָבר ָעגֹל‪:‬‬
‫ׁש ְּי ֵהא ָל ֶהן ַא ְל ַּפ ִים ָּב ֶא ְמ ַצע‪ַ ,‬‬
‫ֻּלים‪ֶ ,‬‬
‫ְּכ ָב ֶא ְמ ַצע‪ְ .‬וֹלא ֲעג ִ‬

‫‪VENDREDI‬‬
‫‪12Heshvan5781‬‬
‫‪30 / 10 / 20‬‬
‫‪Ch.5 Mishna 2‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫נֹות ִנין ַק ְר ֵּפף ָל ִעיר‪ָּ .‬כל ַה ָּבא ִל ְמּדֹד ְּת ִ‬


‫חּומין‬
‫יר ִים‬
‫ׁשל ִׁש ְב ִעים ַא ָּמה ְו ִׁש ַ‬ ‫א ִויר ֶ‬ ‫יח ָל ִעיר ֲ‬
‫ְ‬
‫ֵמ ִנ ַ‬
‫ִים‪,‬‬
‫מר‬‫ִים אֹו ְ‬
‫כמ‬ ‫חָ‬‫ִיר‪ .‬וַ ֲ‬‫מא‬
‫ִי ֵ‬
‫רּב‬
‫ֵי ַ‬‫בר‬‫ּד ְ‬
‫ִיר‪ִ ,‬‬ ‫לע‬‫ֵף ָ‬ ‫רּפ‬
‫קְ‬‫נֹותנִין ַ‬
‫ְ‬
‫ּומ ָּׁשם‬‫יׁשי ַא ָּמה ִ‬
‫ֶא ַמר ִמ ִּקיר‬ ‫ׁשּנ ֱ‬
‫ּוׁשנֵי ְׁש ִל ֵ‬
‫ׁש ֵהן ִׁש ְב ִעים ַא ָּמה ְ‬
‫ַמ ְת ִחיל ִל ְמּדֹד ַא ְל ַּפ ִים ַא ָּמה‪ֶ ,‬‬
‫ֶ‬ ‫ִים‬‫בע‬
‫ׁש ְ‬
‫ָזֹו ִ‬
‫ִם יֵׁש ל‬‫עיָרֹות‪ ,‬א‬
‫ּתי ֲ‬
‫ׁש ֵ‬
‫ֵין ְ‬
‫ָא ב‬ ‫אּל‬
‫ֵף ֶ‬ ‫רּפ‬
‫קְ‬‫ְרּו ַ‬‫אמ‬‫ֹלא ָ‬
‫ּתֹורה‬
‫ָחּוצה ֶא ֶלף ַא ָּמה ָס ִביב‪ָ ,‬א ְמ ָרה ָ‬
‫לֹומר ֵּתן ָלּה ַק ְר ֵּפף‬
‫ָה ִעיר ו ָ‬
‫חּוצה ְו ַא ַחר ָּכְך ְמדֹד‪ְּ ,‬כ ַ‬ ‫ֵּתן ָ‬
‫ֵף‬
‫רּפ‬
‫קְ‬‫עֹוׂשה ַ‬
‫ֶ‬ ‫ריִם‪,‬‬‫ְׁשי ַ‬
‫ָה ו ִ‬
‫אּמ‬
‫ִים ַ‬ ‫בע‬‫ׁש ְ‬
‫ָזֹו ִ‬
‫ריִם‪ ,‬וְל‬‫ְׁשי ַ‬
‫ָה ו ִ‬ ‫אּמ‬
‫ַ‬
‫יר ִים ְו ַא ַחר ָּכְך ְמדֹד‬ ‫ׁשל ִׁש ְב ִעים ַא ָּמה ְו ִׁש ַ‬
‫ָה ְל ָאה‪ֹ :‬לא ָא ְמרּו ַק ְר ֵּפף ֶא ָּלא ֵבין ְׁש ֵּתי‬
‫ֶ‬
‫ִמ ָּׁשם ו ָ‬
‫ָת‪:‬‬ ‫אח‬‫ּכ ֶ‬
‫יֹותן ְ‬
‫ִה ָ‬‫יהן ל ְ‬‫ּת ֶ‬
‫ִׁש ֵ‬
‫לְ‬
‫ֲעיָרֹות‪ְׁ .‬ש ֵּתי ֲעיָרֹות ַה ְּסמּוכֹות זֹו ָלזֹו ְ‬
‫נֹות ִנין‬
‫מֹוד ִדים לֹו ַא ְל ַּפ ִים‬
‫ְ‬ ‫[ּד ֶרְך] ֲח ֵב ְר ָתּה‬
‫יר ִים ְל ָכל ַא ַחת ְּכ ֵדי ְל ַח ְּב ָרן ַעל ְי ֵדי ַק ְר ִּפיפֹות ַה ָּללּו ִל ְהיֹות ְּכ ִעיר ַא ַחת‪ְ ,‬ו ַה ָּבא ָל ֶל ֶכת ֵמ ַא ַחת ֵמ ֶהן ֶ‬ ‫ִׁש ְב ִעים ַא ָּמה ְו ִׁש ַ‬
‫נֹות ִנין ַק ְר ֵּפף ְל ִעיר ַא ַחת ֶא ָּלא ֵּבין‬ ‫ׁש ֵאין ְ‬ ‫ַה ָל ָכה ַּכ ֲח ָכ ִמים‪ֶ ,‬‬
‫ֵיהן‪ .‬ו ֲ‬
‫ׁש ְּמ ַח ְּב ִרין ֵּבינ ֶ‬
‫יהן ְּכ ִעיר ַא ַחת ַעל ְי ֵדי ַק ְר ִּפיפֹות ַה ָּללּו ֶ‬
‫ׁש ְּׁש ֵּת ֶ‬
‫ַא ָּמה ִמחּוץ ַל ֲח ֶב ְר ָּתּה‪ִ ,‬מ ְּפנֵי ֶ‬
‫ְׁש ֵּתי ֲעיָרֹות ִּב ְל ַבד‪:‬‬

‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪14Heshvan5781‬‬
‫‪01 / 11 / 20‬‬
‫‪Ch.5 Mishna 3‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫ׁש ָּל ִׁשים‪ֹ .‬לא ְמ ֻ‬


‫ׁש ָּל ִׁשים‬
‫עֹומד ֵמ ָרחֹוק ְּכ ֶנגֶד‬ ‫ֵ‬
‫ֹלׁשה ְכ ָפ ִרים ַה ְּמ ֻ‬
‫יׁשי‬
‫ְו ֵכן ְׁש ָ‬
‫ַמ ָּמׁש‪ֶ ,‬א ָּלא ְׁש ִל ִ‬
‫ִיצֹונִים‬
‫הח‬‫ׁשנַיִם ַ‬
‫ֵין ְ‬
‫ִם יֵׁש ּב‬‫ָׁשין‪ ,‬א‬
‫ְׁשּל ִ‬
‫הּמ ֻ‬
‫ִים ַ‬ ‫פר‬‫כָ‬
‫ֹלׁשה ְ‬
‫ׁש ָ‬ ‫ֵן ְ‬
‫וְכ‬
‫ׁש ִאּלּו ַמ ְכ ִניס ֶא ְמ ָצ ִעי‬ ‫יצֹונים‪ְ ,‬ו ָכל ֶ‬
‫ֵיהן ְו ֵאין ֵּבין זֶה ָלזֶה ֶא ָּלא קמ"א ַא ָּמה‬
‫ֵּבין ַה ִח ִ‬
‫ְל ֵבינ ֶ‬
‫ּתן‬
‫ָׁש ָ‬
‫ׁשל ְ‬
‫ֶת ְ‬ ‫ִי א‬ ‫צע‬‫מָ‬
‫אְ‬‫ָׂשה ֶ‬ ‫ִיׁש‪ ,‬ע ָ‬
‫ּוׁשל‬
‫ָד ְ‬ ‫אח‬‫ִים וְ ֶ‬‫ּבע‬
‫רָ‬‫אְ‬‫ָה וְ ַ‬‫מא‬‫ֵ‬
‫יׁשים ָלזֹו‬ ‫ּוׁשנֵי ְׁש ִל ִ‬
‫ׁש ֵהן ִׁש ְב ִעים ַא ָּמה ְ‬
‫יׁשים ָלזֹו‪ְ ,‬ו ֵכן ְל ַצד‬ ‫ּוׁשנֵי ְׁש ִל ִ‬
‫ּוׁש ִליׁש‪ֶ ,‬‬
‫ְ‬
‫ְו ִׁש ְב ִעים ַא ָּמה ְ‬
‫ָד‪:‬‬
‫אח‬‫ּכ ֶ‬
‫יֹותן ְ‬
‫ִה ָ‬
‫לְ‬
‫ָה ִעיר ַה ִחיצֹונָה ָה ַא ֶח ֶרת ֵאין ֵּבין ָה ֶא ְמ ָצ ִעית‬
‫חֹומת ֲח ֵב ְר ָתּה ַה ִחיצֹונָה‪.‬‬ ‫יה מֹונֶה ֵמ ַ‬ ‫רֹות ָ‬
‫ילְך ֶּד ֶרְך ַח ְב ֶ‬
‫ּיֹוצא ֵמ ַא ַחת ֵמ ֶהן ֵל ֵ‬
‫ֶח ָׁשבֹות ְּכ ַא ַחת‪ְ ,‬ו ַה ֵ‬
‫ה ֵרי ְׁש ָל ְׁש ָּתן נ ְ‬
‫ּוׁש ִליׁש‪ֲ ,‬‬
‫ְל ֵבינָּה ֶא ָּלא ֵמ ָאה ְו ַא ְר ָּב ִעים ְו ֶא ָחד ַא ָּמה ְ‬
‫רֹואין ְּכ ִאּלּו ֶא ְמ ָצ ִעית‬
‫יכֹולה ָלבֹא ֶא ְמ ָצ ִעית ַל ִחיצֹונָה ְו ִחיצֹונָה ָל ֶא ְמ ָצ ִעית ְּבֹלא ֵערּוב ָא ְמ ִרינַן ִ‬‫הֹואיל ִו ָ‬ ‫יצֹונית‪ַ ,‬א ְל ַּפ ִים ַא ָּמה‪ְּ ,‬ד ִ‬
‫ְו ַכ ָּמה ְי ֵהא ֵּבין ָה ֶא ְמ ָצ ִעית ַל ִח ִ‬
‫רֹואין‪:‬‬
‫יֹותר ֵמ ַא ְל ַּפ ִים ֹלא ָא ְמ ִרינַן ִ‬ ‫חֹוקה ֵ‬‫א ָבל ִאם ְר ָ‬ ‫ֵיהן‪ֲ .‬‬
‫ְנתּונָה ֵּבינ ֶ‬

‫‪161‬‬
‫‪L U N D I‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.5 Mishna 4‬‬ ‫‪15Heshvan5781‬‬
‫‪02 / 11 / 20‬‬
‫ָחֹות וְֹלא‬ ‫ָה‪ֹ ,‬לא פ‬ ‫אּמ‬ ‫ִּׁשים ַ‬
‫חמ ִ‬ ‫ׁשל ֲ‬‫ֶל ֶ‬ ‫חב‬ ‫בֶ‬
‫ָא ְ‬ ‫אּל‬
‫ִין ֶ‬‫דד‬‫ֵין מֹו ְ‬‫א‬ ‫ׁשל ְּתחּום ַׁש ָּבת‬ ‫מֹוד ִדין‪ַ .‬א ְל ַּפ ִים ַא ָּמה ֶ‬
‫ׁשל ִּפ ְׁש ָּתן ָארְֹך ֲח ִמ ִּׁשים ַא ָּמה‪:‬‬
‫ְ‬ ‫ֵאין‬
‫ֶא ָּלא ְּב ֶח ֶבל ֶ‬
‫לגַיְא‬
‫עְ‬‫ְהּגִי ַ‬
‫ֵד ו ִ‬‫היָה מֹוד‬ ‫ִּבֹו‪ָ .‬‬
‫כנֶגֶד ל‬
‫ָא ְ‬ ‫אּל‬
‫ְּדֹוד ֶ‬ ‫יֹותר‪ .‬וְֹלא יִמ‬
‫ֵ‬ ‫ׁש ַה ֶח ֶבל ָק ָצר ִנ ְמ ָּתח ַה ְר ֵּבה‬
‫ׁשהּוא ָארְֹך‬ ‫יֹותר‪ֶ .‬‬
‫ׁש ְּכ ֶ‬
‫ֹלא ָפחֹות‪ֶ .‬‬
‫ׁש ְּכ ֶ‬
‫[ה ִּמ ָּדה]‪ְ :‬וֹלא ֵ‬ ‫א ִריְך ַ‬ ‫ּומ ֲ‬
‫ַ‬
‫ִיעֹו‬‫בל‬
‫מְ‬‫ְהר‪ַ ,‬‬ ‫ע לָ‬ ‫הּגִי ַ‬
‫ָתֹו‪ִ .‬‬‫מּד‬‫לִ‬‫ִיעֹו וְחֹוזֵר ְ‬ ‫בל‬‫מְ‬‫ֵר‪ַ ,‬‬ ‫לגָד‬ ‫אֹו ְ‬ ‫ּומ ְת ַק ֵּצר‪:‬‬
‫ַה ְר ֵּבה ָּכ ְבדֹו ַמ ְכ ִּפילֹו ְּב ֶא ְמ ָצ ִעיתוֹ ִ‬
‫ֶגד ִלּבֹו‪ָ .‬ק ְבעּו לֹו ֲח ָכ ִמים ָמקֹום ָלׂשּום‬ ‫ֶא ָּלא ְכנ ֶ‬
‫ֵינֹו‬
‫ִם א‬ ‫ַּתחּום‪ .‬א‬ ‫ֵא חּוץ ל ְ‬ ‫ׁשֹּלא יֵצ‬
‫ַד ֶ‬ ‫לב‬‫בְ‬
‫ָתֹו‪ּ ,‬ו ִ‬‫מּד‬
‫לִ‬‫וְחֹוזֵר ְ‬ ‫ׁש ִאם ִי ֵּתן זֶה‬ ‫רֹאׁש ַה ֶח ֶבל ָּכל ֶא ָחד ֶנגֶד ִלּבֹו‪ֶ ,‬‬
‫ְּכ ֶנגֶד ַצּוָארוֹ ְוזֶה ְּכ ֶנגֶד ַר ְג ָליו ַה ֶח ֶבל ִמ ְת ַק ֵּצר‬
‫ִּׁשּום‬
‫ִי יַּנַאי מ‬
‫רּב‬
‫ַר ַ‬ ‫ְּתאי ּב‬
‫ִי דֹוס ַ‬ ‫רּב‬
‫ַר ַ‬ ‫אמ‬ ‫ָזֹו ָ‬
‫ִיעֹו‪ּ ,‬ב‬‫בל‬‫ְה ְ‬
‫יָכֹול ל ַ‬ ‫א ָב ִנים‬ ‫חֹומת ֲ‬‫ַ‬
‫ׁש ָּפע‪ַ :‬מ ְב ִליעֹו‪.‬‬
‫חּומין ִמ ְת ַמ ֲע ִטין‪ְ :‬ל ָג ֵדר‪.‬‬
‫ּומ ֻ‬‫בֹוּה ְ‬
‫ׂשית ַּגל ָּג ַ‬ ‫ַע ֵ‬
‫ְו ַה ְּת ִ‬
‫ָפ ָלה ְונ ֲ‬ ‫ׁשּנ ְ‬‫ֶ‬
‫ִים‪:‬‬
‫ֶהר‬‫ִין ּב ָ‬‫ּדר‬
‫קְ‬ ‫ּמ ַ‬
‫ׁש ְ‬
‫ְּתי ֶ‬
‫מע ִ‬ ‫ׁש ַ‬
‫ִיר‪ָ ,‬‬‫מא‬ ‫ִי ֵ‬
‫רּב‬
‫ַ‬ ‫ִאם ֵאינֹו ָר ָחב ֲח ִמ ִּׁשים ַא ָּמה ִמ ְּׂש ָפתֹו ֶאל‬
‫ׁשּיֵׁש ְּב ִמ ְדרֹונֹו‬ ‫ְׂש ָפתֹו ִמ ְּל ַמ ְע ָלה‪ַ ,‬אף ַעל ִּפי ֶ‬
‫ַב ִליעּו ִמ ְדרֹונֹו ְּב ֶח ֶבל ֶא ָחד‪:‬‬ ‫ַעמֹד ַעל ְׂש ָפתֹו ִמ ָּכאן ְוי ְ‬ ‫ַעמֹד ַעל ְׂש ָפתֹו ִמ ָּכאן ְוזֶה י ֲ‬ ‫אֹומ ִרים ַּת ֲע ֶלה ִמ ַּדת ִמ ְדרֹונֹו ְל ִמ ַּדת ַה ְּתחּום‪ֶ ,‬א ָּלא זֶה י ֲ‬ ‫יֹותר ֵמ ֶא ֶלף‪ֵ ,‬אין ְ‬ ‫ִהּלּוְך ֵ‬
‫ׁשֹּלא ְּכ ֶנגֶד‬ ‫אׁשיו ֶ‬
‫ּוב ֶא ָחד ֵמ ָר ָ‬ ‫יֹותר ֵמ ֲח ִמ ִּׁשים ְו ֵאינֹו יָכֹול ְל ַה ְב ִליעֹו ָׁשם ַּב ֶח ֶבל‪ְ ,‬‬
‫ׁש ִאם ָהיָה ָר ְחּבֹו ְּכ ֶנגֶד ָה ִעיר ֵ‬ ‫ְוחֹוזֵר ְל ִמ ָּדתוֹ‪ִ .‬מ ְּד ָק ָתנֵי חֹוזֵר ְל ִמ ָּדתוֹ‪ַ ,‬מ ְׁש ַמע ֶ‬
‫ׁש ָּכ ֶלה ּבֹו ר ַֹחב ַה ַּג ְיא ְּכ ֶנגֶד ָה ִעיר‪ְ ,‬וחֹוזֵר ְל ִמ ָּדתוֹ ְּכ ֶנגֶד ָה ִעיר‪,‬‬ ‫ָה ְל ָאה ַעד ְּכ ֶנגֶד ַה ָּמקֹום ֶ‬ ‫הֹולְך ָׁשם ִמ ְּׂש ָפתֹו ו ָ‬‫ּומֹודד ְו ֵ‬
‫ֵ‬ ‫ּומ ְב ִליעֹו ָׁשם‪,‬‬ ‫הֹולְך ַ‬
‫ָה ִעיר יָכֹול ְל ַה ְב ִליעֹו‪ֵ ,‬‬
‫ׁש ְּב ִהּלּוְך ָח ֵמׁש ַאּמֹות ִמ ֶּמּנּו ֹלא ִי ְג ַּבּה ֶא ָּלא ֲע ָׂש ָרה ְט ָפ ִחים‪,‬‬ ‫ׁש ָּפע‪ֶ ,‬‬‫ׁשֹּלא ִי ְהיֶה ַהר זָקּוף ַה ְר ֵּבה ֶא ָּלא ְמ ֻ‬ ‫יע ְל ָהר ַמ ְב ִליעֹו‪ְ .‬והּוא ֶ‬ ‫חּומיו‪ִ :‬ה ִּג ַ‬
‫ּומ ְׁש ִלים ֶאת ִמ ַּדת ְּת ָ‬ ‫ַ‬
‫הֹולְך‬
‫ׁש ֵ‬ ‫ֵצא חּוץ ַל ְּתחּום‪ְּ .‬כ ֶ‬ ‫ׁשֹּלא י ֵ‬ ‫הֹולְך‪ְ :‬והּוא ֶ‬
‫אֹומדוֹ ִּב ְל ַבד ְו ֵ‬
‫ׁש ְּב ָפחֹות ֵמ ִהּלּוְך ָח ֵמׁש ַאּמֹות זָקּוף ֲע ָׂש ָרה ְט ָפ ִחים‪ֵ ,‬אינֹו ַמ ְב ִליעֹו‪ֶ ,‬א ָּלא ְ‬ ‫א ָבל ִאם הּוא זָקּוף ַעד ֶ‬ ‫ֲ‬
‫ֵרה‬‫ַחזֹר ַא ַחר ָּכְך ְל ִמ ָּדתוֹ ְּכ ֶנגֶד ָה ִעיר‪ְּ ,‬גז ָ‬ ‫ׁשּי ְ‬
‫יעם ָׁשם ְּכ ֵדי ֶ‬ ‫ׁשּיָכֹול ְל ַה ְב ִל ָ‬
‫אׁשי ַה ַּג ְיא ְק ָצ ִרים ֶ‬
‫ׁש ָר ֵ‬ ‫ֵצא חּוץ ַל ְּתחּום ְל ָמקֹום ֶ‬ ‫יע ָה ָהר אֹו ַה ַּג ְיא‪ֹ ,‬לא י ֵ‬ ‫ּמֹודד ְל ַה ְב ִל ַ‬
‫ַה ֵ‬
‫רּופה‬
‫עּוטי ִעיר ִמ ְק ָלט ְו ֶע ְג ָלה ֲע ָ‬ ‫דֹוס ַּתאי‪ְּ .‬בזֹו ְל ִמ ֵ‬
‫ׁשל ִצ ֵּדי ָה ִעיר ָּב ָאה ַעד ָּכאן‪ָּ :‬בזֹו ָא ַמר ַר ִּבי ְ‬ ‫חּומים ֶ‬‫ׁש ִּמ ַּדת ְּת ִ‬ ‫ֹאמר ֶ‬‫הֹולְך ָׁשם י ַ‬ ‫מֹודד ְו ֵ‬ ‫רֹואה אֹותֹו ֵ‬ ‫ׁש ָה ֶ‬ ‫ִמ ְּפנֵי ֶ‬
‫ּמֹוד ִדין‬
‫ׁש ְ‬ ‫ֶקב ְל ַמ ֵעט ִמ ַּדת ִמ ְדרֹונֹו‪ִּ ,‬כ ְד ָא ְמ ִרינַן ַּב ְּג ָמ ָרא ֶ‬‫ּומֹוד ִדים ֶּד ֶרְך ַהּנ ֶ‬
‫ְ‬ ‫אֹותן‬
‫נֹוק ִבין ָ‬ ‫רֹואין ְּכ ִאּלּו ְ‬ ‫נֹוק ִבין‪ִ ,‬‬ ‫ׁש ֵאין ְמ ַק ְּד ִרין ָּב ֶהן‪ְ :‬מ ַק ְּד ִרין‪ְ .‬‬ ‫רֹובה ֶאל ֶה ָח ָלל‪ֶ ,‬‬ ‫ַה ְּק ָ‬
‫ּומ ְת ַמ ֵעט ִמ ְדרֹון‬
‫מֹוד ִדין אֹותֹו ֻּכּלֹו ַא ְר ַּבע ַאּמֹות ַא ְר ַּבע ַאּמֹות‪ִ ,‬‬ ‫יח ֶאת ַה ֶח ֶבל ְּכ ֶנגֶד ִלּבֹו ְו ָה ֶע ְליֹון ְּכ ֶנגֶד ַר ְג ָליו‪ְ ,‬ו ֵכן ְ‬ ‫ׁשל ַא ְר ַּבע ַאּמֹות‪ְ ,‬ו ַה ַּת ְחּתֹון ֵמ ִנ ַ‬ ‫אֹותֹו ְּב ֶח ֶבל ֶ‬
‫ּדֹוס ַּתאי‪:‬‬
‫ַה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ְ‬ ‫קֹומת ָא ָדם‪ .‬ו ֲ‬ ‫ׁשל ָּכל ַא ְר ַּבע ַאּמֹות ֲח ִצי ַ‬ ‫ֶ‬

‫‪M A R D I‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.5 Mishna 5‬‬ ‫‪16Heshvan5781‬‬
‫‪03 / 11 / 20‬‬
‫ֵט‬‫מע‬‫ָד ּו ִ‬ ‫אח‬
‫ָקֹום ֶ‬ ‫למ‬‫ָה ְ‬‫רּב‬
‫ֶה‪ִ .‬‬ ‫מח‬‫ּמ ְ‬
‫הֻ‬ ‫ִן ַ‬
‫ָא מ‬ ‫אּל‬
‫ִין ֶ‬ ‫דד‬‫ֵין מֹו ְ‬
‫א‬ ‫מֹוד ִדין ֶא ָּלא ִמן ַה ֻּמ ְמ ֶחה‪ָ .‬א ָדם ַה ָּב ִקי‬
‫ּומ ָחה ַעל‬ ‫ידה‪ְ .‬ו ָגאֹון ֵּפ ֵרׁש ֻמ ְמ ֶחה ְלׁשֹון ָ‬
‫ְ‬ ‫ֵאין‬
‫ִּב ְמ ִד ָ‬
‫ֵט‬‫מע‬‫ָד ּו ִ‬ ‫אח‬
‫לֶ‬‫ָה ְ‬ ‫רּב‬
‫ָה‪ִ .‬‬‫רּב‬
‫ׁש ִ‬
‫ְקֹום ֶ‬ ‫למ‬‫ִין ִ‬‫מע‬‫חר‪ׁ ,‬שֹו ְ‬ ‫אֵ‬ ‫ָקֹום ַ‬ ‫למ‬
‫ְ‬ ‫ׁש ִּמ ְת ַּכ ְּו ִנים ִל ְמּדֹד‬
‫ָׁשר‬
‫לֹומר ֶ‬
‫ֶרת‪ְּ ,‬כ ַ‬ ‫[ּכ ֵתף] יַם ִּכּנ ֶ‬
‫חּומין ְל ַכ ְּת ִח ָּלה ִמן ַה ָּמקֹום ַה ָּׁשוֶה ְו ַהּי ָ‬
‫ַה ְּת ִ‬
‫ָ‬

‫מנִין‬
‫אָ‬‫ָה‪ ,‬נֶ ֱ‬
‫פח‬‫ׁש ְ‬
‫ִּלּו ִ‬
‫אפ‬‫ֶד‪ֲ ,‬‬‫עב‬‫ִּלּו ֶ‬
‫אפ‬‫ֶה‪ֲ .‬‬‫רּב‬
‫מֻ‬‫לְ‬‫ִין ַ‬‫מע‬ ‫ֵר‪ׁ ,‬שֹו ְ‬‫אח‬‫לַ‬
‫ְ‬ ‫ׁשֹּלא ְי ֵהא ָצ ִריְך ְל ַק ֵּדר‪ִ :‬ר ָּבה ְל ָמקֹום ֶא ָחד‬
‫ימנֵי ְּתחּום זֹו‬
‫ְּכ ֵדי ֶ‬
‫ּומ ֵעט ְל ָמקֹום ַא ֵחר‪ֶ .‬‬
‫ׁש ִּנ ְמ ְצאּו ִס ָ‬ ‫ִ‬
‫ָר‬‫ּדב‬
‫הָ‬‫ֶת ַ‬ ‫ִים א‬‫כמ‬‫חָ‬‫ְרּו ֲ‬
‫אמ‬ ‫ׁשֹּלא ָ‬
‫ָת‪ֶ ,‬‬ ‫ׁשּב‬
‫ּתחּום ַ‬ ‫ָאן ְ‬ ‫ַד ּכ‬‫ַר‪ ,‬ע‬‫לֹומ‬ ‫ימנֵי ְּתחּום ֶק ֶרן‬
‫יאין‬‫ּומֹוצ ִ‬
‫ִ‬
‫ּובֹול ִטין ִמ ְּכ ֶנגֶד ִס ָ‬
‫ׁש ִר ָּבה‪.‬‬ ‫ׁשֹומ ִעין ִל ְמקֹום ֶ‬
‫ְ‬
‫ְ‬ ‫א ֻר ִּכין‬
‫ֶג ָדּה‪:‬‬‫ׁש ְּכנ ְ‬
‫ֲ‬
‫ֶ‬
‫ֵל‪:‬‬
‫ְהק‬
‫ָא ל ָ‬ ‫אּל‬
‫ִיר ֶ‬ ‫חמ‬‫ְה ֲ‬
‫לַ‬ ‫ׁשֹּלא ָמ ַתח‬
‫ּתֹוס ְפ ָּתא‬
‫ֶג ָדּה‪ִ ,‬מ ְּפנֵי ֶ‬ ‫ִמ ַּדת ַה ְּק ָצ ָרה ְּכנ ְ‬
‫ִמ ְּת ִח ָּלה ַה ֶח ֶבל ָּכל ָצ ְרּכֹו‪ְ .‬ו ַת ְניָא ַּב ֶ‬
‫ׁש ָּמ ְדדּו ְׁשנֵי ְּבנֵי ָא ָדם ֻמ ְמ ִחים‪ ,‬זֶה ִר ָּבה ְוזֶה ִמ ֵעט‪:‬‬ ‫ּומ ֵעט ְל ַא ֵחר‪ָ .‬ה ִכי ָק ָא ַמר‪ִ ,‬ר ָּבה ֶא ָחד ִ‬
‫ּומ ֵעט ַא ֵחר‪ֶ ,‬‬ ‫ׁשהּוא ָצ ִריְך ְל ָמ ְתחֹו ְּב ָכל ּכֹחוֹ‪ִ :‬ר ָּבה ְל ֶא ָחד ִ‬ ‫ֶ‬

‫‪MERCREDI‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.5 Mishna 6‬‬ ‫‪17Heshvan5781‬‬
‫‪04 / 11 / 20‬‬
‫ְׁשל‬
‫ָּה‪ .‬ו ֶ‬
‫ּכּל‬
‫ֶת ֻ‬ ‫ִין א‬ ‫רב‬‫עְ‬
‫מָ‬ ‫ִים‪ְ ,‬‬‫רּב‬
‫ׁשל ַ‬‫ֲׂשית ֶ‬
‫ִיד וְנַע ֵ‬
‫ׁשל יָח‬ ‫ִיר ֶ‬ ‫ע‬ ‫ׁש ָא ָדם ֶא ָחד ָקנָה ֻּכ ָּלּה‬
‫יה ִל ְבנֵי ָא ָדם ַה ָּד ִרים‬
‫ָחיד‪ְּ .‬כגֹון ֶ‬ ‫ׁשל י ִ‬
‫ִעיר ֶ‬
‫ְוהּוא ַמ ְׂש ִּכיר ָּכל ָּב ֶּת ָ‬
‫ֵן‬
‫ִם ּכ‬‫ָא א‬‫אּל‬‫ָּה‪ֶ ,‬‬‫ּכּל‬
‫ֶת ֻ‬‫ִין א‬‫רב‬
‫עְ‬‫מָ‬‫ֵין ְ‬
‫ִיד‪ ,‬א‬ ‫ׁשל יָח‬
‫ֲׂשית ֶ‬
‫ִים וְנַע ֵ‬
‫רּב‬‫ַ‬ ‫ׁשל ַר ִּבים‪ְ :‬מ ָע ְר ִבין‬
‫ׁשל‬ ‫ׁש ָה ְי ָתה ֶ‬
‫ׂשית ֶ‬ ‫ַע ֵ‬
‫ׁש ָהיּו ְמ ָע ְר ִבין ְּכ ֶ‬
‫ָּבּה‪ְ .‬ו ַא ַחר ָּכְך נ ֲ‬
‫ֶאת ֻּכ ָּלּה‪ְּ .‬כ ֶד ֶרְך ֶ‬
‫ִּׁשים‬
‫חמ ִ‬‫ָּה ֲ‬‫ׁשּיֵׁש ּב‬
‫ָה‪ֶ ,‬‬‫ִיהּוד‬‫ׁשּב‬
‫ָׁשה ֶ‬
‫חד ָ‬‫ִיר ֲ‬ ‫ּכע‬
‫ָּה ְ‬‫ָה ל‬‫ָׂשה חּוצ‬‫עָ‬ ‫יכה ִׁשּיּור‪ֵ :‬אין ְמ ָע ְר ִבין‬
‫ׁשל ַר ִּבים ִאם‬
‫ׁשֹּלא ָה ְי ָתה ְצ ִר ָ‬
‫ׁש ָאסּור ְל ָע ֵרב ִעיר ֶ‬
‫ָחיד‪ֶ ,‬‬
‫ֶאת ֻּכ ָּלּה‪ֶ .‬‬
‫יִ‬

‫ֵרֹות‬‫חצ‬‫ׁשֹלׁש ֲ‬‫ֵר‪ָ ,‬‬ ‫ְעֹון אֹומ‬


‫ׁשמ‬
‫ִי ִ‬‫רּב‬
‫ָה‪ַ .‬‬‫ִי יְהּוד‬
‫רּב‬
‫ֵי ַ‬
‫בר‬‫ּד ְ‬
‫ִים‪ִ ,‬‬ ‫ִיּור‬
‫ּד‬ ‫דּועים ְּבֹלא ֵערּוב‪,‬‬ ‫ֵאין ְמ ַׁשּיֵר ָּבּה ָּב ִּתים ְי ִ‬
‫ְּד ַההּוא ִׁשּיּור ָהוֵי ֶה ֵּכר ְּד ַט ְע ָמא ִמּׁשּום ֵערּוב‬
‫ָּתים‪:‬‬
‫ׁשנֵי ב ִ‬‫ׁשל ְ‬‫ֶ‬ ‫ּתֹורת ְרׁשּות ָה ַר ִּבים‪ְ .‬וזֹו‬
‫יכה ִׁשּיּור‪,‬‬
‫ַ‬ ‫הּוא ְוֹלא ִּת ְׁש ַּת ַּכח‬
‫ׁשל ַר ִּבים ְו ָה ְי ָתה ְצ ִר ָ‬ ‫הֹואיל ְו ָה ְי ָתה ֶ‬ ‫ִ‬
‫א ִפּלוּ‬‫ׁש ֲ‬
‫בּותא ָקא ַמ ְׁש ַמע ָלן‪ֶ ,‬‬ ‫ּור ָ‬ ‫ׁשֹּלא ֵע ְרבֹו ִעם ְׁש ָאר ָה ִעיר‪ְ .‬‬ ‫חּוצה ָלּה‪ִׁ .‬שּיּור ֶ‬
‫ׂשה ָ‬ ‫ָחיד‪ִ ,‬נּדֹונֵית ְּכ ַב ְּת ִח ָּלה‪ֶ :‬א ָּלא ִאם ֵּכן ָע ָ‬ ‫ׁשל י ִ‬‫ַאף ַעל ַּגב ְּד ַה ְׁש ָּתא ַה ְויָא ֶ‬
‫ּיּורים‪ְ ,‬ו ִהיא ָה ִעיר‬‫ּוׁש ָמּה ֲח ָד ָׁשה‪ְ ,‬וֹלא ָהיּו ָּבּה ֶא ָּלא ֲח ִמ ִּׁשים ִּד ִ‬ ‫יהּודה ְ‬‫יהּודה‪ִ .‬עיר ָה ְי ָתה ִּב ָ‬
‫ׁש ִּב ָ‬ ‫ׁשה ֶ‬ ‫מֹועיל ִל ְׁש ָאר ָה ִעיר‪ָּ :‬כ ִעיר ֲח ָד ָ‬ ‫ִ‬ ‫חּוצה ָלּה‬ ‫ׁשל ָ‬ ‫ִׁשּיּור ֶ‬
‫א ֵח ִרים ִמּׁשּום‬ ‫ׁשֹּלא ְי ָע ְרבֹו ִעם ָה ֲ‬‫ׁש ָּצ ִריְך ְל ַׁשּיֵר ָּב ִעיר ֶ‬
‫מּוכה ָלּה‪ְ ,‬והּוא ִׁשעּור ַה ִּׁשּיּור ֶ‬
‫דֹולה ַה ְּס ָ‬ ‫הּודה‪ְ ,‬ו ִהיא ָה ְי ָתה ִׁשּיּור ְל ִעיר ְּג ָ‬ ‫ׁש ְּב ָכל ֶא ֶרץ ְי ָ‬ ‫ּיֹותר ְק ַטּנָה ֶ‬‫ַה ֵ‬
‫א ִפּלוּ ָה ְי ָתה‬
‫ׁש ֵאין ָלּה ֶא ָּלא ֶּפ ַתח ֶא ָחד ִּב ְל ַבד‪ֲ ,‬‬ ‫א ִפּלוּ ַּב ִית ֶא ָחד ְּב ָח ֵצר ֶא ָחד ָהוֵי ִׁשּיּור‪ְ .‬ו ִעיר ֶ‬‫ה ָל ָכה ֲ‬ ‫ׁשֹלׁש ֲח ֵצרֹות כוּ'‪ְ .‬‬
‫ּופ ַסק ַה ֲ‬ ‫אֹומר ָ‬‫ירא‪ַ :‬ר ִּבי ִׁש ְמעֹון ֵ‬ ‫ֶה ֵּכ ָ‬
‫ׁשל ַר ִּבים‪ֵ ,‬אין ָצ ִריְך ִׁשּיּור‪:‬‬ ‫ֶ‬

‫‪162‬‬
‫‪J E U D I‬‬
‫‪18Heshvan5781‬‬
‫‪05 / 11 / 20‬‬
‫‪Ch.5 Mishna 7‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫ׁש ָהיָה ַב ִּמ ְז ָרח‪ַּ .‬ב ָּׂש ֶדה‪ְ ,‬ו ָק ַדׁש ָע ָליו ָׁשם‬
‫ַה ֵרי‬
‫יֹותר ֵמ ַא ְל ַּפ ִים‪ ,‬ו ֲ‬
‫ַהּיֹום‪ְ ,‬והּוא ָרחֹוק ֵמ ֵערּובוֹ ֵ‬
‫ִמי ֶ‬ ‫ָב‬ ‫ער‬
‫ּמ ֲ‬
‫ּב ַ‬
‫ָב‪ַ ,‬‬‫ער‬‫ּמ ֲ‬
‫בַ‬ ‫ִי ַ‬ ‫ֵב ל‬‫ער‬‫ְנֹו‪ָ ,‬‬
‫לב‬‫ַר ִ‬ ‫אמ‬‫ָח וְ ָ‬‫ּמזְר‬
‫בִ‬ ‫היָה ַ‬ ‫ׁש ָ‬
‫ִי ֶ‬ ‫מ‬
‫ילְך ְו ִל ְּטלוֹ‪,‬‬
‫ׁש ֵאינֹו יָכֹול ֵל ֵ‬
‫ה ֵרי ִּב ְתחּום ֵּביתֹו‬ ‫ׁש ֲ‬
‫ֵאין ֵערּובוֹ ֵערּוב ֵּכיוָן ֶ‬
‫יתתֹו ְּב ֵביתֹו‪ֶ ,‬‬ ‫ַה ְויָא ֵליּה ְׁש ִב ָ‬
‫ּפיִם‬
‫לַ‬‫אְ‬‫ֵיתֹו ַ‬
‫לב‬‫ֶּנּו ּו ְ‬
‫הימ‬‫ִם יֵׁש ֵ‬
‫ָח‪ ,‬א‬ ‫ּמזְר‬
‫בִ‬‫ִי ַ‬‫ֵב ל‬‫ער‬‫ְנֹו‪ָ ,‬‬
‫לב‬ ‫ַר ִ‬ ‫אמ‬ ‫וְ ָ‬
‫ׁש ְּת ֵהא‬ ‫יחא ֵליּה ֶ‬ ‫ּומ ְס ָּת ָמא ְּב ֵביתֹו ִנ ָ‬
‫ׁש ֵאין ֵערּובוֹ ֵערּוב‪ָ :‬אסּור ְל ֵביתֹו‪.‬‬
‫עֹומד‪ִ ,‬‬ ‫הּוא ֵ‬
‫יתתֹו ְּכ ֶ‬ ‫ְׁש ִב ָ‬
‫ֵרּובֹו‪.‬‬‫לע‬‫ָסּור ְ‬
‫ֵיתֹו וְא‬ ‫לב‬
‫ֻּתר ְ‬
‫ָאן‪ ,‬מ ָ‬‫מּכ‬‫יֹותר ִ‬
‫ֵרּובֹו ֵ‬ ‫לע‬‫ַּמֹות‪ּ ,‬ו ְ‬‫א‬
‫ׁשל‬ ‫ּבּורּה ֶ‬‫רּוח‪ְּ :‬ב ִע ָ‬‫ִל ְמנֹות ִמ ֵּביתֹו ַא ְל ַּפ ִים ְל ָכל ַ‬
‫עֹומ ִדים ְּבתֹוְך ִׁש ְב ִעים‬ ‫ִעיר‪ְּ .‬ב ֶא ָחד ִמן ַה ָּב ִּתים ָה ְ‬
‫ֵיתֹו‬‫לב‬‫ָסּור ְ‬‫ָאן‪ ,‬א‬ ‫מּכ‬
‫יֹותר ִ‬
‫ֵיתֹו ֵ‬ ‫לב‬‫ָה‪ּ ,‬ו ְ‬
‫אּמ‬ ‫ּפיִם ַ‬
‫לַ‬‫אְ‬‫ֵרּובֹו ַ‬ ‫לע‬ ‫ְ‬
‫ה ֵרי ְּבֹלא‬
‫רּוח‪ְ ,‬ו ָכל‬
‫ׁש ֲ‬‫ׂשה ְוֹלא ְכלּום‪ֶ .‬‬ ‫יר ִים‪ֹ :‬לא ָע ָ‬
‫ַּמי יֵׁש לֹו ִמן ָה ִעיר ַא ְל ַּפ ִים ְל ָכל ַ‬
‫ַא ָּמה ְו ִׁש ַ‬
‫ֵערּוב נ ִ‬
‫ִיר‪ֹ ,‬לא‬ ‫ׁשל ע‬‫ָּה ֶ‬ ‫ִּבּור‬ ‫בע‬
‫ֵרּובֹו ְ‬‫ֶת ע‬ ‫ּנֹותן א‬
‫ה ֵ‬ ‫ֵרּובֹו‪ַ .‬‬‫לע‬ ‫ֻּתר ְ‬‫ּומ ָ‬
‫ֶח ָׁש ִבים לֹו ְּכ ַא ְר ַּבע ַאּמֹות‪:‬‬
‫ׁשל ִעיר‪,‬‬ ‫ּבּורהּ ֶ‬
‫ּבּורּה נ ְ‬
‫ָה ִעיר ִעם ִע ָ‬
‫ְנ ָתנֹו חּוץ ַל ְּתחּום‪ .‬חּוץ ְל ִע ָ‬
‫ַה‬ ‫ַת‪ ,‬מ‬ ‫אח‬ ‫ָה ַ‬
‫אּמ‬‫ִּלּו ַ‬ ‫אפ‬‫ַּתחּום‪ֲ ,‬‬
‫ְתנֹו חּוץ ל ְ‬‫ְלּום‪ .‬נ ָ‬‫ָׂשה וְֹלא כ‬ ‫עָ‬
‫ּׁש ִּנ ְׂש ָּכר‪ְ .‬ל ַ‬
‫רּוח זֶה‬
‫ה ֵרי מֹונֶה ִמן ָה ֵערּוב‬
‫ְו ָה ִכי ְמ ָפ ֵרׁש ַלּה ַּב ְּג ָמ ָרא‪ַ :‬מה ֶ‬
‫ׁש ֲ‬
‫ֶג ָדּה‪ֶ ,‬‬‫ׁש ְּכנ ְ‬
‫רּוח ֶ‬
‫ַמ ְפ ִסיד ָל ַ‬
‫ִיד‪:‬‬‫פס‬‫מְ‬‫ָר הּוא ַ‬ ‫ִׂשּכ‬
‫ׁשּנ ְ‬
‫ֶ‬
‫רּוח‪ְ ,‬ו ִאם ְנ ָתנֹו ְּבסֹוף ֶא ֶלף ַל ִּמ ְז ָרח‬ ‫ַא ְל ַּפ ִים ְל ָכל ַ‬
‫ׁשל ַמ ֲע ַרב ָה ִעיר ְו ִה ְפ ִסיד ֶא ֶלף‪ְ .‬ו ָקא‬ ‫ׁשל ַמ ֲע ָרב ָּכלֹות ְּבסֹוף ֶא ֶלף ֶ‬ ‫א ָל ִפים ָל ִעיר ְו ִנ ְׂש ַּת ֵּכר ֶא ֶלף‪ְ ,‬ו ַא ְל ַּפ ִים ֶ‬
‫ֹלׁשה ֲ‬
‫ׁשל ִמ ְז ָרח ְּבסֹוף ְׁש ָ‬ ‫ׁש ָּכלֹות ַא ְל ַּפ ִים ֶ‬ ‫ִנ ְמ ָצא ֶ‬
‫ׁש ִּמן ָה ֵערּוב ְל ַצד ָה ִעיר ֶא ָּלא ְּבסֹוף‬ ‫ׁש ֵאין ָּכלֹות ָה ַא ְל ַּפ ִים ֶ‬
‫ׁשל ַמ ֲע ָרב ֶא ָּלא ֻּכ ָּלּה ְּכ ַא ְר ַּבע ַאּמֹות‪ְ .‬ו ָהנֵי ִמ ֵּלי ְּכ ֶ‬ ‫עֹולה ְּב ֶח ְׁשּבֹון ָה ַא ְל ַּפ ִים ֶ‬
‫ַמ ְׁש ַמע ָלן ְּד ֵאין ָה ִעיר ָ‬
‫ׁשל ֵערּוב‬ ‫ׁש ָּכלֹות ָה ַא ְל ַּפ ִים ַא ָּמה ֶ‬ ‫ילְך ְּבתֹוְך ָה ִעיר ֶא ָּלא ַעד ָמקֹום ֶ‬ ‫תֹוכּה ֵאינֹו יָכֹול ֵל ֵ‬ ‫א ָבל ִאם ָּכלֹות ְּב ֶא ְמ ַצע ָה ִעיר אֹו ְּב ֵאיזֶה ָמקֹום ְּב ָ‬ ‫חּוצה ָלּה‪ֲ ,‬‬ ‫ָה ִעיר אֹו ָ‬
‫ְותּו ֹלא‪ְּ ,‬כ ִד ְתנַן ְּב ָסמּוְך‪:‬‬

‫‪VENDREDI‬‬
‫‪19 Heshvan 5781‬‬
‫‪06 / 11 / 20‬‬
‫‪Ch.5 Mishna 8‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫ׁש ָה ְי ָתה ָל ֶהן ִעיר ְק ַטּנָה‬


‫הֹול ִכים‬‫ּומֹונין ְו ְ‬‫ִ‬ ‫ירן‬
‫דֹולה‪ֶ .‬‬
‫יֹוצ ִאים ֵמ ִע ָ‬
‫ׁשי ִעיר ְּג ָ‬ ‫ְׁשי‬
‫אנ ֵ‬
‫ַא ְנ ֵ‬
‫ְּבתֹוְך ַא ְל ַּפ ִים‪ְ ,‬ו ְ‬
‫ֵין ַ‬‫טּנָה‪ ,‬וְא‬
‫קַ‬‫ִיר ְ‬
‫ָל ע‬ ‫ֶת ּכ‬
‫ִין א‬ ‫ּלכ‬
‫ְה ְ‬
‫ָה מ ַ‬ ‫ִיר ּגְדֹול‬‫ְׁשי ע‬
‫אנ ֵ‬‫ַ‬
‫מּוכה‪ְ ,‬מ ַה ְּל ִכין ֶאת ָּכל ָה ִעיר‬
‫ימים‬ ‫ּומ ְׁש ִל ִ‬
‫ֶּד ֶרְך ַה ְּק ַטּנָה ַה ְּס ָ‬
‫מּוכה ָל ֶהן ְּכ ַא ְר ַּבע ַאּמֹות ַ‬
‫היָה‬
‫ַה ְּק ַטּנָה ַה ְּס ָ‬
‫ׁש ָ‬
‫ִי ֶ‬‫ַד‪ .‬מ‬ ‫ֵיצ‬‫ָה‪ּ .‬כ‬
‫ִיר ּגְדֹול‬
‫ָל ע‬ ‫ֶת ּכ‬ ‫ִין א‬ ‫ּלכ‬
‫ְה ְ‬
‫טּנָה מ ַ‬‫קַ‬ ‫ִיר ְ‬‫ע‬
‫ׁשי ִעיר ְק ַטּנָה ְמ ַה ְּל ִכין‬
‫ׁש ִּמ ַּדת‬
‫חּוצה ָלּה‪ְ :‬ו ֵאין ַא ְנ ֵ‬
‫דֹולה‪ֻּ .‬כ ָּלּה ְּכ ַא ְר ַּבע ַאּמֹות‪ְ ,‬ל ִפי ֶ‬
‫ִמ ָּד ָתן ָ‬
‫ֶאת ַה ְּג ָ‬
‫טּנָה‬
‫קַ‬‫ִיר ְ‬‫ּבע‬‫טּנָה‪ְ ,‬‬
‫קַ‬‫ִיר ְ‬‫בע‬ ‫ֵרּובֹו ְ‬‫ֶת ע‬ ‫ָתן א‬‫ָה וְנ ַ‬ ‫ִיר ּגְדֹול‬
‫בע‬ ‫ְ‬
‫יכְך ֵאין‬ ‫דֹולה‪ְ ,‬ל ִפ ָ‬ ‫חּומין ָּכ ָלה ְּב ֶא ְמ ַצע ִעיר ְּג ָ‬
‫ׁש ֶבת ָל ֶהם ְּכ ַא ְר ַּבע ַאּמֹות ְו ֵאין‬ ‫ֶח ֶ‬ ‫דֹולה נ ְ‬
‫ְּת ִ‬
‫ִעיר ְּג ָ‬
‫ָּה‬
‫ָה ל‬ ‫ָּה וְחּוצ‬
‫ּכּל‬
‫ֶת ֻ‬‫ְֵך א‬
‫ְהּל‬
‫ָה‪ ,‬מ ַ‬‫ִיר ּגְדֹול‬‫בע‬ ‫ֵרּובֹו ְ‬‫ֶת ע‬ ‫ָתן א‬
‫וְנ ַ‬
‫יצד ִמי‬ ‫חּומן‪ֵּ :‬כ ַ‬
‫ּסֹורי ִמ ַח ְּס ָרא‬
‫הֹול ִכים ָּבּה ֶא ָּלא ַעד סֹוף ְּת ָ‬
‫יתין ַח ֵ‬ ‫דֹולה‪ַ .‬מ ְת ִנ ִ‬‫ׁש ָהיָה ְב ִעיר ְּג ָ‬
‫ְ‬ ‫ְקֹום‬
‫ֶ‬
‫מּמ‬‫ָא ִ‬ ‫אּל‬
‫ֵין לֹו ֶ‬‫ֵר‪ ,‬א‬ ‫ָא אֹומ‬ ‫ִיב‬ ‫עק‬ ‫ִי ֲ‬‫רּב‬
‫ָה‪ .‬וְַ‬ ‫אּמ‬
‫ּפיִם ַ‬ ‫לַ‬
‫אְ‬ ‫ַ‬
‫דֹולה ְמ ַה ְּל ִכין ֶאת ָּכל‬ ‫ׁשי ִעיר ְּג ָ‬
‫ׁשי ִעיר ְק ַטּנָה ְמ ַה ְּל ִכין ֶאת ָּכל‬
‫ְו ָה ִכי ָק ָתנֵי‪ַ ,‬א ְנ ֵ‬
‫ִעיר ְק ַטּנָה ְו ֵאין ַא ְנ ֵ‬
‫ָה‪:‬‬‫אּמ‬
‫ּפיִם ַ‬‫לַ‬‫אְ‬‫ֵרּובֹו ַ‬‫ע‬
‫ׁשי ִעיר‬ ‫ָתנּו ַא ְנ ֵ‬‫רּובן ַּב ְּק ַטּנָה ֵּבין נ ְ‬
‫דֹולה ֵע ָ‬ ‫ׁשי ִעיר ְּג ָ‬ ‫ָתנּו ַא ְנ ֵ‬
‫ּנֹותן ֵערּובוֹ ְּבתֹוְך ָה ִעיר‪ֵּ ,‬בין נ ְ‬
‫א ָבל ַה ֵ‬ ‫מֹודד ַא ְל ַּפ ִים ַא ָּמה‪ֲ ,‬‬
‫מּורים‪ְּ ,‬ב ֵ‬‫א ִ‬ ‫דֹולה‪ַּ ,‬ב ֶּמה ְּד ָב ִרים ֲ‬
‫ִעיר ְּג ָ‬
‫יבא‪.‬‬ ‫ָתן ֶאת ֵערּובוֹ ְּב ִעיר ְק ַטּנָה כוּ'‪ְ :‬ו ַר ִּבי ֲע ִק ָ‬ ‫דֹולה ְונ ַ‬
‫ׁש ָהיָה ֵמ ִעיר ְּג ָ‬ ‫יצד‪ִ ,‬מי ֶ‬ ‫ׁש ָה ֵערּוב ֻמּנָח ָּבּה ְּכ ַא ְר ַּבע ַאּמֹות‪ֵּ ,‬כ ַ‬‫דֹולה‪ְ ,‬מ ַה ְּל ִכין ָּכל ָה ִעיר ֶ‬
‫רּובן ַּב ְּג ָ‬
‫ְק ַטּנָה ֵע ָ‬
‫יבא‪:‬‬ ‫ה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ֲע ִק ָ‬‫מֹונים ַא ְל ַּפ ִים ֶא ָּלא ִמ ְּמקֹום ָה ֵערּוב‪ְ .‬ו ֵאין ֲ‬ ‫ׁשהּוא ֻמּנָח ָּבּה ְּכ ַא ְר ַּבע ַאּמֹות‪ְ ,‬ו ֵאין ִ‬ ‫עֹוׂשה ָה ִעיר ֶ‬ ‫ׁש ֵאין ָה ֵערּוב ֶ‬ ‫חֹולק ַעל ַּתּנָא ַק ָּמא ְו ָס ַבר ֶ‬
‫ֵ‬

‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪21 Heshvan 5781‬‬
‫‪08 / 11 / 20‬‬
‫‪Ch.5 Mishna 9‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫ׁש ִּנ ְפ ְרצּו‬


‫ׁש ִאם ְראּויָה‬
‫יּורים‪ֶ .‬‬‫ׁש ֵאין ָּבּה ִּד ִ‬
‫יּורין‪ֶ ,‬‬
‫ימ ַתי ִּב ְז ַמן ֶ‬
‫יה ְו ֵאינָּה ְראּויָה ְל ִד ִ‬ ‫ּצֹות ָ‬
‫ֵא ָ‬
‫ְמ ִח ֶ‬
‫ֵרּובֹו‬‫ְנֹותן ע‬
‫ִי ב ֵ‬ ‫ִים ל‬ ‫ַּתם מֹוד‬
‫ִי א ֶ‬‫ָא‪ ,‬א‬ ‫ִיב‬‫עק‬ ‫ִי ֲ‬
‫רּב‬‫ָהן ַ‬
‫ַר ל ֶ‬‫אמ‬ ‫ָ‬
‫יּורין‬
‫ׁש ֵאין ָּבּה ַע ְכ ָׁשיו ִּד ִ‬ ‫יּורין ַאף ַעל ִּפי ֶ‬
‫ׁש ֶבת ֻּכ ָּלּה ֶא ָּלא ְּכ ַא ְר ַּבע ַאּמֹות ְל ִד ְב ֵרי‬ ‫ֶח ֶ‬
‫ְל ִד ִ‬
‫ֵאינָּה נ ְ‬
‫ָה‪.‬‬ ‫אּמ‬
‫ּפיִם ַ‬ ‫לַ‬‫אְ‬
‫ָא ַ‬ ‫אּל‬
‫ֵרּובֹו ֶ‬‫ְקֹום ע‬ ‫מּמ‬‫ֵין לֹו ִ‬ ‫ׁשא‬‫ָה‪ֶ ,‬‬ ‫ער‬‫מָ‬‫בְ‬‫ִ‬
‫חֹומה‬
‫יֹוׁשב ָּבּה ְויֵׁש ָלּה ָ‬
‫ׁש ֶבת ְּכ ַא ְר ַּבע ַאּמֹות‪,‬‬
‫ׁש ֵאין ֵ‬
‫ֶח ֶ‬
‫ֲח ָכ ִמים‪ְ .‬ו ֵכן ִעיר ֶ‬
‫ָתן ָּבּה ֵערּובוֹ נ ְ‬ ‫ׁשּנ ַ‬‫ָס ִביב ֶ‬
‫ָּה‬‫ָל יֶׁש ּב‬ ‫אב‬‫ִין‪ֲ ,‬‬
‫ִיּור‬‫ָּה ּד‬
‫ֵין ּב‬
‫ׁשא‬
‫ַן ֶ‬‫ּבזְמ‬‫ָתי‪ִ ,‬‬ ‫ֵימ ַ‬‫ְרּו לֹו‪ ,‬א‬‫אמ‬ ‫ָ‬
‫ּתֹוכּה‬
‫ּיֹוכיָא‪ִ :‬נ ְמ ָצא ַקל ָ‬
‫ָתן ָׁשם‬ ‫ׁשל ְמ ָע ָרה ִאם נ ַ‬
‫דֹולה ְּכ ַא ְנ ִט ְ‬‫ַא ִפּלוּ ִהיא ְּג ָ‬ ‫וֲ‬
‫ֵמ ַעל ַּג ָּבּה‪ְּ .‬ד ִאּלוּ ַּג ָּבּה ֶ‬
‫ָא‪,‬‬ ‫מצ‬‫ָה‪ .‬נִ ְ‬‫אּמ‬
‫ּפיִם ַ‬
‫לַ‬‫אְ‬‫ָּה ַ‬‫ָה ל‬‫ָּה וְחּוצ‬‫ּכּל‬
‫ֶת ֻ‬ ‫ְֵך א‬‫ְהּל‬
‫ִין‪ ,‬מ ַ‬‫ִיּור‬
‫ּד‬
‫ֵערּובוֹ ֵאין לֹו ֶא ָּלא ַא ְל ַּפ ִים ַא ָּמה ִמ ְּמקֹום ֵערּובוֹ‪,‬‬
‫תֹוכּה ְמ ַה ֵּלְך ֶאת ֻּכ ָּלּה‬
‫ּיּורין‪ְ ,‬ו ָ‬‫ְּד ַג ָּבהּ ֵאינֹו ָראּוי ְל ִד ִ‬
‫ּפיִם‪,‬‬
‫לַ‬‫אְ‬ ‫נֹותנִין לֹו ַ‬
‫ְרּו ְ‬ ‫אמ‬‫ׁש ָ‬
‫ֵד ֶ‬‫ַּמֹוד‬
‫ָּה‪ .‬וְל‬‫ַל ּגַּב‬
‫מע‬ ‫ָּה ֵ‬‫ַל ּתֹוכ‬‫ק‬
‫ׁש ָא ְמרּו‪ַ .‬אף‬
‫נֹותן‬
‫יבא ְּב ֵ‬
‫ּמֹודד ֶ‬
‫חּוצה ָלּה ַא ְל ַּפ ִים ַא ָּמה‪ְ :‬ו ַל ֵ‬
‫חֹול ִקים ֲח ָכ ִמים ַעל ַר ִּבי ֲע ִק ָ‬ ‫ׁש ְ‬
‫ְו ָ‬
‫ַעל ִּפי ֶ‬
‫ָה‪:‬‬‫ער‬‫מָ‬‫בְ‬‫ֶה ִ‬ ‫ּכל‬
‫ָתֹו ָ‬ ‫מּד‬
‫ִּלּו סֹוף ִ‬
‫אפ‬‫ׁש ֲ‬
‫ֶ‬
‫ׁש ֵאינֹו‬ ‫ּיּורין‪ֶ ,‬‬
‫ׁשּיֵׁש ָּבּה ִּד ִ‬
‫א ִפּלוּ ִב ְמ ָע ָרה ֶ‬ ‫ׁשל ַא ְל ַּפ ִים ַא ָּמה ֲ‬
‫יתתֹו ְו ָכ ְל ָתה ִמ ָּדתֹו ֶ‬
‫ׁש ַה ָּבא ִמ ְּמקֹום ְׁש ִב ָ‬
‫מֹודים ֵהן ֶ‬
‫ׁש ָּכל ָה ִעיר לֹו ְּכ ַא ְר ַּבע ַאּמֹות‪ִ ,‬‬
‫לֹומר ֶ‬
‫ֵערּובוֹ ָּב ִעיר ַ‬
‫ִנ ְכנָס ְל ַה ָּלן ִמ ִּמ ָּדתוֹ ְּכלּום‪:‬‬

‫‪163‬‬
‫‪L U N D I‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.6 Mishna 1‬‬ ‫‪22 Heshvan 5781‬‬
‫‪09 / 11 / 20‬‬
‫ֶה‬‫ֵינֹו מֹוד‬
‫ׁשא‬‫ִי ֶ‬
‫ִם מ‬ ‫ֵר‪ ,‬אֹו ע‬‫חצ‬‫בָ‬‫ִי ֶ‬‫כר‬‫הּנְָ‬
‫ִם ַ‬ ‫ָר ע‬ ‫הּד‬
‫ַ‬ ‫אֹוסר ָע ָליו‪ְ .‬ל ַט ְל ֵטל‬
‫עֹולם‬
‫ה ֵרי זֶה ֵ‬
‫ׁשּיֵׁש לֹו ֶּב ָח ֵצר‪ְ :‬ל ָ‬
‫ּכּותי‪ֲ :‬‬
‫מֹודה ָב ֵערּוב‪ִ .‬‬
‫ׁש ִּי ְׂשּכֹר ִמ ֶּמּנּו ְרׁשּות ֶ‬
‫ׁש ֵאינֹו ֶ‬ ‫ַה ָּדר‪ִ .‬מי ֶ‬
‫ִמ ֵּביתֹו ֶל ָח ֵצר‪ַ ,‬עד ֶ‬
‫ִיר‪.‬‬
‫מא‬ ‫ִי ֵ‬‫רּב‬
‫ֵי ַ‬‫בר‬
‫ּד ְ‬
‫ָיו‪ִ ,‬‬ ‫על‬‫ֵר ָ‬‫ֵי זֶה אֹוס‬ ‫הר‬‫ֵרּוב‪ֲ ,‬‬ ‫בע‬‫ָ‬ ‫ׁש ִּי ְהיּו ְׁשנֵי ִי ְׂש ְר ֵא ִלים‪ֵּ .‬בין ְל ַתּנָא ַק ָּמא ֵּבין ְל ַר ִּבי‬
‫ּוב ִדין‬‫ירה ְ‬ ‫ּכֹוכ ִבים ָלאו ְׁש ָמּה ִּד ָ‬ ‫עֹובד ָ‬ ‫ירת ֵ‬
‫אֹוסר ַעד ֶ‬
‫ַעקֹב ִּד ַ‬
‫ֵאינֹו ֵ‬
‫יעזֶר ֶּבן י ֲ‬ ‫א ִל ֶ‬ ‫ֱ‬
‫ֵר‬‫ֵינֹו אֹוס‬
‫ָם א‬ ‫ְעֹול‬
‫ֵר‪ ,‬ל‬ ‫עקֹב אֹומ‬
‫ֶן יֲַ‬
‫עזֶר ּב‬‫ִי ֶ‬
‫אל‬ ‫ִי ֱ‬‫רּב‬
‫ַ‬ ‫ׁשֹּלא יָדּור ִי ְׂש ָר ֵאל ִעם‬ ‫אסֹר‪ֶ ,‬א ָּלא ְּד ָגזּור ַר ָּבנָן ְּכ ֵדי ֶ‬
‫ׁשֹּלא ִי ְל ַמד ִמ ַּמ ֲע ָׂשיו‪ַּ .‬תּנָא ַק ָּמא ָס ַבר ַאף ַעל ַּגב‬
‫ׁשֹּלא ֶּת ֱ‬
‫ּכֹוכ ִבים ֶ‬
‫עֹובד ָ‬
‫הּוא ֶ‬
‫ָה ֵ‬
‫ַל זֶה‪:‬‬‫ִין זֶה ע‬‫סר‬
‫ִים אֹו ְ‬‫אל‬‫רֵ‬
‫ִׂש ְ‬
‫ׁשנֵי י ְ‬
‫ׁשּיְהּו ְ‬
‫ַד ֶ‬ ‫ע‬ ‫ַחד‬ ‫יכת ָּד ִמים ְו ָאסּור ְל ִי ְׂש ָר ֵאל ְל ִה ְתי ֵ‬
‫ּכֹוכ ִבים‪ְ ,‬ו ַאמּור ַר ָּבנָן‬ ‫עֹובד ָ‬
‫ּכֹוכ ִבים ֲח ִׁשיד ַא ְּׁש ִפ ַ‬
‫עֹובד ָ‬ ‫ְּד ֵ‬
‫ִעּמֹו‪ִ ,‬ז ְמ ִנין ְּד ִמ ְק ֵרי ְו ַדּיָר ִי ְׂש ָר ֵאל ִעם ָה ֵ‬
‫ּומּתֹוְך‬
‫ׁ ִל ְכ ָׁש ִפים‪ִ ,‬‬ ‫ַׂש ִּכיר‪ְּ ,‬ד ָח ֵיש‬ ‫ּכֹוכ ִבים ֹלא י ְ‬
‫עֹובד ָ‬ ‫ַׂש ִּכיר‪ְ ,‬ו ָה ֵ‬ ‫ׁשּי ְ‬
‫ּכֹוכ ִבים ַעד ֶ‬ ‫עֹובד ָ‬‫מֹועיל ִּב ְמקֹום ֵ‬ ‫ּכֹוכ ִבים ְו ֵאין ִּבּטּול ְרׁשּות ִ‬ ‫עֹובד ָ‬ ‫מֹועיל ִּב ְמקֹום ֵ‬ ‫ֵאין ֵערּוב ִ‬
‫יחי‬
‫יכת ָּד ִמים‪ְּ ,‬ת ֵרי ִּד ְׁש ִכ ֵ‬ ‫ּכֹוכ ִבים ֲחׁשּוד ַא ְּׁש ִפ ַ‬
‫עֹובד ָ‬ ‫ַעקֹב ָס ַבר ֵּכיוָן ְּד ֵ‬ ‫יעזֶר ֶּבן י ֲ‬
‫א ִל ֶ‬
‫ּכֹוכ ִבים ְוֹלא ִי ְלמֹד ִמ ַּמ ֲע ָׂשיו‪ְ .‬ו ַר ִּבי ֱ‬ ‫עֹובד ָ‬ ‫ָּכְך ֹלא ָיבֹא ִי ְׂש ָר ֵאל ָלדּור ִעם ָה ֵ‬
‫עֹובד‬
‫ׂשֹוכ ִרים ִמן ָה ֵ‬ ‫ַעקֹב‪ְ .‬ו ְ‬ ‫יעזֶר ֶּבן י ֲ‬‫א ִל ֶ‬
‫ַה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ֱ‬
‫ּכֹוכ ִבים‪ֹ ,‬לא ָּג ְזרּו ֵּביּה ַר ָּבנָן‪ .‬ו ֲ‬
‫עֹובד ָ‬ ‫ַחד ִעם ָה ֵ‬ ‫ׁש ָאסּור ְל ִה ְתי ֵ‬ ‫יח ְּד ַדּיָר‪ֶ ,‬‬
‫ְּד ַד ְּי ֵרי ָּג ְזרּו ְּבהּו ַר ָּבנָן‪ַ ,‬חד ְּדֹלא ְׁש ִכ ַ‬
‫ַא ִפּלוּ‬
‫ׁש ִּי ְׂשּכֹר ִמ ֶּמּנּו‪ִ ,‬י ְׂש ָר ֵאל יָכֹול ְל ַב ֵּטל ְרׁשּות ו ֲ‬
‫ּכֹוכ ִבים ְמ ַב ֵּטל ְרׁשּותֹו ַעד ֶ‬ ‫עֹובד ָ‬‫ׁש ֵאין ָה ֵ‬ ‫ַא ִפּלוּ ְּב ַׁש ָּבת‪ְ .‬ו ַאף ַעל ִּפי ֶ‬ ‫רּוטה‪ ,‬ו ֲ‬ ‫א ִפּלוּ ְּב ָפחֹות ִמ ְּׁשוֵה ְּפ ָ‬ ‫ּכֹוכ ִבים ֲ‬
‫ָ‬
‫ׁש ִה ְׁש ִלים ֲח ֵברֹו ְל ַט ְל ֵטל ַמה‬ ‫ַח ֵברֹו ֻמ ָּתר‪ְ ,‬ו ִאם ִי ְרצּו ַא ַחר ֶ‬ ‫ׁשּותי ְמ ֻב ֶּט ֶלת ְלָך‪ְ ,‬ו ִי ְהיֶה הּוא ָאסּור ְל ַט ְל ֵטל ֶּב ָח ֵצר ו ֲ‬ ‫ׁשֹּלא ֵע ְרבּו ְר ִ‬ ‫ֹאמר ַל ֲח ֵברֹו ְּכ ֶ‬‫ׁשּי ַ‬‫ְּב ַׁש ָּבת‪ְ ,‬והּוא ֶ‬
‫ַח ֵברֹו ָאסּור‪:‬‬ ‫ּול ַב ֵּטל לֹו ְרׁשּותֹו ְו ִי ְהיֶה הּוא ֻמ ָּתר ו ֲ‬ ‫ּׁש ָּצ ִריְך לֹו יָכֹול ֲח ֵברֹו ַל ֲחזֹר ְ‬ ‫ֶ‬

‫‪M A R D I‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.6 Mishna 2‬‬ ‫‪23 Heshvan 5781‬‬
‫‪10 / 11 / 20‬‬
‫היָה‬ ‫ׁש ָ‬
‫ָד‪ֶ ,‬‬
‫אח‬ ‫ִי ֶ‬
‫ְדֹוק‬ ‫בצ‬
‫ֲׂשה ִ‬‫מע ֶ‬‫ֵל‪ַ ,‬‬‫ִיא‬ ‫מל‬
‫ָן ּגַ ְ‬
‫רּב‬‫ַר ַ‬‫אמ‬‫ָ‬ ‫ה ֵרי‬‫דֹוקי ֲ‬
‫ּכֹוכ ִבים‪,‬‬
‫ּסֹורי ְמ ַח ְס ָרא ְו ָה ִכי ָק ָתנֵי‪ְ ,‬צ ִ‬
‫עֹובד ָ‬ ‫אֹומר ֵאינֹו ְּכ ֵ‬ ‫ֵ‬ ‫יאל‬
‫יתין ַח ֵ‬ ‫דֹוקי‪ַ .‬מ ְת ִנ ִ‬
‫ּכֹוכ ִבים‪ַ ,‬ר ָּבן ַּג ְמ ִל ֵ‬
‫ׂשה ִב ְצ ִ‬
‫עֹובד ָ‬
‫ַמ ֲע ֶ‬
‫הּוא ְּכ ֵ‬
‫ָא‪,‬‬ ‫אּב‬
‫ָנּו ַ‬
‫ַר ל‬ ‫אמ‬ ‫ליִם‪ ,‬וְ ָ‬
‫ִירּוׁש ַ‬
‫ָבֹוי ּב ָ‬ ‫ּבמ‬‫ָנּו ְ‬ ‫עּמ‬‫ָר ִ‬‫ד‬ ‫יכם‬ ‫ַעׂשּו ָצ ְר ֵכ ֶ‬ ‫הרּו ו ֲ‬ ‫דֹוקי ֶא ָחד כוּ' ְו ָא ַמר ָלנּו ַא ָּבא ַמ ֲ‬
‫יכם‪ְׁ .‬ש ַמע ִמּנָּה ִּד ְכ ִי ְׂש ָר ֵאל הּוא ְויָכֹול‬ ‫ֶאסֹר ֲע ֵל ֶ‬
‫ׂשה ִּב ְצ ִ‬
‫יֹוציא ְוי ֱ‬
‫ׁשֹּלא ִ‬
‫ּומ ֲע ֶ‬
‫ַעד ֶ‬
‫ַ‬

‫ׁשֹּלא‬‫ַד ֶ‬‫ָבֹוי‪ ,‬ע‬


‫לּמ‬‫ִים ַ‬ ‫ּכל‬
‫הֵ‬‫ָל ַ‬ ‫ֶת ּכ‬‫ִיאּו א‬‫ַהרּו וְהֹוצ‬‫מֲ‬ ‫הֹוציא ֵּבין ְּבׁשֹוגֵג‬
‫הרּו‬ ‫יאל ַמ ֲ‬
‫ׁש ַה ְמ ַב ֵּטל ְרׁשּותֹו ְו ָחזַר ְו ִ‬ ‫ּומ ְּפנֵי ֶ‬
‫אֹוסר ְּכ ִד ְל ַק ָּמן‪ִ ,‬מּׁשּום ָה ִכי ָק ָא ַמר ַר ָּבן ַּג ְמ ִל ֵ‬
‫ְל ַב ֵּטל ְרׁשּות‪ִ .‬‬
‫ֵּבין ְּב ֵמ ִזיד ֵ‬
‫ָׁשֹון‬‫ּבל‬
‫ֵר ְ‬
‫ָה אֹומ‬ ‫ִי יְהּוד‬‫רּב‬
‫ֶם‪ַ .‬‬ ‫ֵיכ‬
‫על‬‫אסֹר ֲ‬ ‫ִיא וְיֱֶ‬‫יֹוצ‬ ‫ַחזֹר ְו ִי ְז ֶּכה‬
‫ּכֹוכ ִבים הּוא‬
‫יֹוציא הּוא ֵּכ ָליו ֶל ָח ֵצר ְוי ְ‬
‫עֹובד ָ‬ ‫א ָבל ִאי ְּכ ֵ‬ ‫יכם‪ֲ ,‬‬
‫ׁשֹּלא ִ‬
‫ֶאסֹר ֲע ֵל ֶ‬
‫יכם ַעד ֶ‬ ‫ְו ָעׂשּו ָצ ְר ֵכ ֶ‬
‫ׁש ִּב ֵּטל ְוי ֱ‬
‫ִּב ְרׁשּותֹו ֶ‬
‫ׁשֹּלא‬‫ַד ֶ‬‫ָבֹוי ע‬ ‫ּבּמ‬
‫ֶם ַ‬ ‫ֵיכ‬‫רכ‬ ‫צְ‬‫ֲׂשּו ָ‬‫ַהרּו וַע‬‫ֵר‪ ,‬מ ֲ‬ ‫אח‬‫ַ‬ ‫יכי ָהוֵי ָמ ֵצי‬
‫הּודה‬
‫ׁש ִּי ְׂשּכֹר‪ֵ ,‬ה ִ‬
‫ּכֹוכ ִבים יָכֹול ְל ַב ֵּטל ַעד ֶ‬
‫א ִגיר ְלהּו ְו ָׁש ֵקיל ְּד ֵמי‪ְ :‬ו ַר ִּבי ְי ָ‬
‫עֹובד ָ‬ ‫ְו ֵאין ָה ֵ‬
‫יסר ֲע ַל ְיהּו ֵמ ַא ַחר ַּד ֲ‬ ‫ְל ֵמ ַ‬
‫ֶם‪:‬‬‫ֵיכ‬
‫על‬ ‫אסֹר ֲ‬ ‫ִיא וְיֱֶ‬
‫יֹוצ‬ ‫ה ֵרי הּוא‬
‫ׂשה ֵאינָּה‬
‫דֹוקי ֲ‬ ‫עֹולם ְצ ִ‬
‫אֹותּה ַמ ֲע ֶ‬
‫יאל‪ִּ ,‬ד ְל ָ‬
‫יאל‪ְ ,‬ו ָ‬
‫אֹומר‪ֹ .‬לא ָּכְך ָא ַמר ַר ָּבן ַּג ְמ ִל ֵ‬
‫ירא ֵליּה ְל ַר ָּבן ַּג ְמ ִל ֵ‬ ‫ּכֹוכ ִבים ְס ִב ָ‬
‫עֹובד ָ‬
‫ֵ‬
‫ְּכ ֵ‬
‫ֵצא ַהּיֹום‬ ‫ׁשֹּלא י ֵ‬
‫יֹוציא ֵּכ ָליו ִּכ ְד ָא ַמ ְרתְּ‪ֶ ,‬א ָּלא ַעד ֶ‬
‫ׁשֹּלא ִ‬ ‫ׁש ֶּת ְח ַׁשְך‪ְ ,‬וֹלא ַעד ֶ‬
‫יכם ְּב ֶע ֶרב ַׁש ָּבת ק ֶֹדם ֶ‬ ‫ַעׂשּו ָצ ְר ֵכ ֶ‬ ‫הרּו ו ֲ‬ ‫יאל‪ַ ,‬מ ֲ‬ ‫ְר ָאיָה‪ְּ ,‬ד ָה ִכי ָק ָא ַמר ְלהּו ַר ָּבן ַּג ְמ ִל ֵ‬
‫ׂשֹוכ ִרים ִמ ֶּמּנּו‬
‫ְ‬ ‫ּכֹוכ ִבים ְו ֵאין ְמ ָע ְר ִבין ִעּמֹו ְו ֵאינֹו ְמ ַב ֵּטל ְרׁשּות‪ֶ ,‬א ָּלא‬
‫עֹובד ָ‬‫ה ֵרי הּוא ְּכ ֵ‬ ‫ׁש ְּמ ַח ֵּלל ַׁש ָּבת ְּב ַפ ְר ֶה ְסיָא ֲ‬ ‫ׁש ָּכל ִי ְׂש ָר ֵאל ֶ‬‫ה ָל ָכה‪ֶ ,‬‬ ‫ּופ ַסק ַה ֲ‬‫יכם‪ְ .‬‬ ‫ֶאסֹר ֲע ֵל ֶ‬ ‫ְוי ֱ‬
‫דֹוקים ַּב ְּז ַמן‬
‫תֹורת ֵערּוב‪ְּ ,‬כגֹון ַה ְּצ ִ‬‫מֹודה ְּב ַ‬ ‫ׁש ְּפ ָע ִמים ְמ ַח ֵּלל אֹותֹו ְּב ִצ ְנ ָעא ְו ֵאינֹו ֶ‬‫ּכֹוכ ִבים‪ְ .‬ו ַה ְמ ַׁש ֵּמר ַׁש ָּבת ְּב ַפ ְר ֶה ְסיָא ַאף ַעל ִּפי ֶ‬ ‫עֹובד ָ‬ ‫ּׂשֹוכ ִרים ִמן ָה ֵ‬ ‫ׁש ְ‬ ‫ְּכ ֶד ֶרְך ֶ‬
‫עֹובד‬
‫ׁשֹּלא ִי ְהיֶה ֵ‬ ‫א ָבל יָכֹול ְל ַב ֵּטל ְרׁשּות ְו ֵאין ָצ ִריְך ִל ְׂשּכֹר ִמ ֶּמּנּו‪ְ ,‬והּוא ֶ‬ ‫ה ֵרי זֶה ֵאין ְמ ָע ְר ִבין ִעּמֹו‪ֲ ,‬‬ ‫תֹורת ֵערּוב‪ֲ ,‬‬ ‫מֹודים ְּב ַ‬ ‫ִ‬ ‫ׁש ְּמ ַׁש ְּמ ִרים ַׁש ָּבת ְו ֵאינָם‬ ‫ַהּזֶה ֶ‬
‫ּכֹוכ ִבים‪:‬‬
‫בֹודת ָ‬ ‫ֲע ַ‬

‫‪MERCREDI‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.6 Mishna 3‬‬ ‫‪24 Heshvan 5781‬‬
‫‪11 / 11 / 20‬‬
‫ֵיתֹו‬‫ֵב‪ּ ,‬ב‬‫ער‬
‫ֵהן וְֹלא ֵ‬‫ַד מ ֶ‬‫אח‬‫ַח ַ‬ ‫ּׁשכ‬
‫ׁש ָ‬
‫ֵר ֶ‬ ‫חצ‬‫ְׁשי ָ‬‫אנ ֵ‬
‫ַ‬ ‫ׁשי‬ ‫הֹוציא‪ִ .‬מ ֵּביתֹו ֶל ָח ֵצר‪ֵּ ,‬בין הּוא ֵּבין ַא ְנ ֵ‬
‫ׁשּיֵׁש לֹו‬ ‫לֹומר ַה ֵח ֶלק ֶ‬
‫ּול ִ‬
‫ׁש ִּב ֵּטל ָל ֶהם ְרׁשּות ֲח ֵצרֹו‪ְּ ,‬כ ַ‬
‫ֵּביתֹו ָאסּור ְל ַה ְכ ִניס ְ‬
‫ּוכגֹון ֶ‬ ‫ֶה ָח ֵצר‪ְ .‬‬
‫ָהם‬‫ְׁשּל ֶ‬
‫ָהם‪ ,‬ו ֶ‬
‫ִיא‪ ,‬לֹו וְל ֶ‬
‫ְהֹוצ‬‫מּל‬
‫כנִיס ּו ִ‬‫ְה ְ‬
‫מּל ַ‬
‫ָסּור ִ‬ ‫א‬ ‫ּׁש ִּב ֵּטל‬
‫ׁשּותא‬
‫ִע ָּמ ֶהם ֶּב ָח ֵצר‪ְ ,‬וֹלא ִּב ֵּטל ָל ֶהם ֵּביתֹו‪ְּ ,‬ד ָס ַבר ַהאי ַּתּנָא ַמה ֶ‬
‫הוָה ֵליּה ַּב ִית ְר ָ‬ ‫ּׁשֹּלא ִּב ֵּטל ֹלא ִּב ֵּטל‪ִ ,‬ה ְל ָּכְך ֲ‬ ‫ּומה ֶ‬ ‫ִּב ֵּטל ַ‬
‫ְהן‬
‫ֻּתר ו ֵ‬
‫ְׁשּותן‪ ,‬הּוא מ ָ‬
‫ָתנּו לֹו ר ָ‬ ‫ָהם‪ .‬נ ְ‬
‫ִין‪ ,‬לֹו וְל ֶ‬‫ֻּתר‬
‫מָ‬ ‫ׁש ָּל ֶהן‪ֻ ,‬מ ָּת ִרין‬
‫ׁש ָּל ֶהם ְו ָח ֵצר‬
‫ׁש ָּל ֶהם‪ָּ .‬ב ִּתים ֶ‬ ‫ידהּו‪ְ :‬ו ֶ‬ ‫ׁשּותא ִּד ְ‬
‫ידיהּ ְו ָח ֵצר ְר ָ‬
‫הֹוציא ֵמ ֶהן ֶל ָח ֵצר ֵּבין הּוא ֵּבין ֵהם‪ְּ ,‬ד ָהא ָּב ִּתים ֶ‬
‫ִּד ֵ‬
‫ְל ִ‬
‫ָד‬‫אח‬ ‫ׁש ֶ‬
‫ַל זֶה‪ֶ ,‬‬ ‫ִין זֶה ע‬‫סר‬
‫ׁשנַיִם‪ ,‬אֹו ְ‬
‫היּו ְ‬ ‫ִין‪ָ .‬‬ ‫ֲסּור‬‫א‬ ‫אֹור ַח ַּג ַּב ְיהּו‪,‬‬
‫ְרׁשּות ַא ַחת ִהיא‪ְ .‬והּוא ַאף ַעל ַּגב ְּדֹלא ֵע ֵרב ָהוֵי ְּכ ֵ‬
‫ָתנּו לֹו‪ֵ .‬הם ְרׁשּות‬ ‫ׁשּלֹו‪ :‬נ ְ‬ ‫אֹור ַח ְמ ַט ְל ֵטל ִּב ְרׁשּות ַא ְכ ַס ְניָא ֶ‬ ‫ׁש ֵ‬ ‫ֶ‬
‫ְׁשּות‬ ‫נֹותנִים ר‬
‫ׁשנַיִם ְ‬ ‫ְׁשּות‪ְ ,‬‬‫ֵל ר‬ ‫ְׁשּות וְנֹוט‬‫נֹותן ר‬
‫ֵ‬ ‫ׁש ַהּכֹל ִּכ ְרׁשּותֹו‪ְ ,‬ו ֵהן‬
‫אֹור ִחים ַּג ֵּביּה‪,‬‬‫ְ‬
‫הֹוציא ִמ ֵּביתֹו ֶל ָח ֵצר‪ֶ ,‬‬ ‫ֲח ֵצ ָרן‪ ,‬הּוא ֻמ ָּתר ְל ִ‬
‫א ִפּלוּ ְל ַט ְל ֵטל ִמ ֵּביתֹו ֶל ָח ֵצר‪ְ .‬וֹלא ָהוּו‬ ‫סּורים ֲ‬ ‫א ִ‬ ‫ֲ‬
‫ְׁשּות‪:‬‬‫ִין ר‬‫טל‬‫ֵין נֹו ְ‬
‫וְא‬ ‫אֹור ִחים‪:‬‬
‫ׁשּותם‪,‬‬
‫ְ‬ ‫ָחיד ֹלא ָהוּו‬ ‫אֹור ַח‪ַ ,‬ר ִּבים ְל ַג ֵּבי י ִ‬
‫ּוׁש ָאר ְּבנֵי ָח ֵצר ִּב ְּטלּו ָל ֶהם ְר ָ‬
‫ְּד ַחד ְל ַג ֵּבי ַר ִּבים ָהוֵי ֵ‬
‫ׁשֹּלא ֵע ְרבּו‪ְ ,‬‬ ‫ַים‪ֶ .‬‬ ‫ָהיּו ְׁשנ ִ‬
‫ׁשל ֲח ֵברֹו‪.‬‬ ‫ׁשּלֹו ְו ֶ‬
‫ֻח ֶדת לֹו ִל ְרׁשּות ֶ‬ ‫מֹוציא ֵמ ְרׁשּות ַה ְמי ֶ‬ ‫ֻח ִדים ָּכל ַּב ִית ִל ְב ָע ָליו‪ְ ,‬ו ֵאין ִ‬ ‫ֵיהם ְו ַה ָּב ִּתים ְמי ָ‬‫ׁשל ְׁשנ ֶ‬ ‫ׁש ֶה ָח ֵצר ִהיא ֶ‬ ‫אֹוס ִרים זֶה ַעל זֶה‪ִ ,‬מ ְּפנֵי ֶ‬ ‫ְ‬ ‫ֵיהם‬
‫ְׁשנ ֶ‬
‫אֹוס ִרים זֶה ַעל זֶה‪,‬‬ ‫ׁשֹּלא ֵע ְרבּו ָהיּו ְ‬ ‫ַים ֶ‬ ‫ׁשּותם ְל ֵאּלּו ַה ְּׁשנ ִ‬
‫ׁש ִּב ְּטלּו ְּבנֵי ֶה ָח ֵצר ְר ָ‬
‫ּוב ָׁש ָעה ֶ‬
‫הֹואיל ְ‬
‫מֹועיל‪ִ ,‬‬ ‫ּוב ִּטיל ֵליּה ְל ַח ְב ֵריּה‪ֵ ,‬אינֹו ִ‬ ‫ַיהּו ַ‬ ‫ה ַדר ַחד ִמּנ ְ‬ ‫ְו ַאף ַעל ַּגב ַּד ֲ‬
‫אֹותן‬
‫ּוק ָצ ָתן ֹלא ֵע ְרבּו‪ָ ,‬‬ ‫ׁש ְּק ָצ ָתן ֵע ְרבּו ְ‬ ‫ידהּו‪ְּ ,‬ד ָהא ֹלא ָק ְניֵּה‪ִ .‬ה ְל ָּכְך ְּבנֵי ָח ֵצר ֶ‬ ‫ׁשּותא ִּד ְ‬
‫ה ַדר ְמ ַב ֵּטל ֹלא ָמ ֵצי ְל ַא ְקנֹויֵי ְר ָ‬ ‫ִא ְׁש ַּת ַּכח ְּד ִבּטּול ַק ַּמאי ֹלא ְמ ַהּנֵי‪ְ ,‬ו ִכי ֲ‬
‫ה ָד ֵדי ִּכ ְד ָא ְמ ָרן‪ְ .‬ו ַה ְמ ַב ֵּטל ְרׁשּותֹו ִל ְבנֵי ָח ֵצר‬ ‫ׁשֹּלא ֵע ְרבּו‪ְּ ,‬ד ָא ְס ֵרי ַא ֲ‬
‫אֹותן ֶ‬
‫ׁשּותן ְל ָ‬ ‫ׁש ֵע ְרבּו ְמ ַב ְּט ִלין ְר ָ‬ ‫אֹותן ֶ‬
‫ׁש ֵע ְרבּו‪ְ ,‬ו ֵאין ָ‬ ‫אֹותן ֶ‬‫ׁשּותן ְל ָ‬ ‫ׁשֹּלא ֵע ְרבּו ְמ ַב ְּט ִלין ְר ָ‬ ‫ֶ‬
‫ׁש ְּמ ַב ֵּטל ְל ָכל ֶא ָחד ְו ֶא ָחד‪:‬‬ ‫ׁש ְּי ָפ ֵרׁש ֶ‬ ‫ָצ ִריְך ֶ‬

‫‪J E U D I‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.6 Mishna 4‬‬ ‫‪25 Heshvan 5781‬‬
‫‪12 / 11 / 20‬‬
‫ִים‪,‬‬
‫מר‬‫ַאי אֹו ְ‬ ‫ׁשּמ‬
‫ֵית ַ‬ ‫ְׁשּות‪ּ .‬ב‬ ‫נֹותנִין ר‬
‫ְ‬ ‫ָתי‬
‫ֵימ ַ‬‫מא‬ ‫ֵ‬ ‫אֹומ ִרים ִמ ְּבעֹוד יֹום‪ְּ .‬ד ָס ְב ֵרי ִּבּטּול ְרׁשּות ַמ ְקנֶה‬
‫אֹומ ִרים‬
‫ְ‬ ‫ּובית ִה ֵּלל‬‫ּומ ְקנֵה ְרׁשּות ְּב ַׁש ָּבת ָאסּור‪ֵ :‬‬
‫ְ‬ ‫ׁש ַּמאי‬
‫ׁשּותא הּוא‪ַ ,‬‬
‫ֵּבית ַ‬
‫ְר ָ‬
‫ִי‬
‫ָה‪ .‬מ‬‫ֲׁשכ‬
‫ִּׁשח ֵ‬
‫ִים‪ ,‬מ ֶ‬ ‫מר‬
‫ֵל אֹו ְ‬ ‫הּל‬
‫ֵית ִ‬ ‫ְעֹוד יֹום‪ּ ,‬וב‬‫מּב‬‫ִ‬ ‫ׁשּותא הּוא ֶא ָּלא‬ ‫ׁשְך‪ָ .‬ס ְב ֵרי ִּבּטּול ָלאו ַא ְּקנּויֵי ְר ָ‬
‫ׁשּותא ְּב ַׁש ָּבת ַׁש ִּפיר ָּד ִמי‪.‬‬
‫לֹוקי ֵמ ְר ָ‬‫ׁשּותא‪ְ ,‬ו ִא ְס ַּת ֵ‬
‫ּׁש ֶּת ְח ַ‬
‫לֹוקי ֵמ ְר ָ‬
‫ַאף ִמ ֶ‬
‫ִא ְס ַּת ֵ‬
‫ֵי‬
‫הר‬‫מזִיד‪ֲ ,‬‬
‫ּב ֵ‬
‫ֵין ְ‬‫ְׁשֹוגֵג ּב‬
‫ֵין ּב‬
‫ִיא‪ּ ,‬ב‬‫ְׁשּותֹו וְהֹוצ‬
‫ָתן ר‬
‫ׁשּנ ַ‬
‫ֶ‬ ‫ֶא ַסר ְל ִמ ְק ָצת‬
‫ָתן ְרׁשּותֹו‬
‫ׁשּנ ֱ‬
‫ׁשּנ ַ‬
‫ּדּוכ ָּתא ָא ְמ ִרינַן ֵּכיוָן ֶ‬
‫ְ‬ ‫ּוב ְּב ַר ְי ָתא ֵּפ ְרׁשּו ִּד ְב ָכל‬
‫ֶא ַסר ְל ֻכ ָּלּה חּוץ ִמ ְּמ ַב ֵּטל ְרׁשּות‪ִ :‬מי ֶ‬ ‫ַׁש ָּבת נ ֱ‬
‫ַ‬

‫ֵר‪,‬‬
‫ָה אֹומ‬ ‫ִי יְהּוד‬‫רּב‬‫ִיר‪ַ .‬‬ ‫מא‬ ‫ִי ֵ‬‫רּב‬
‫ֵי ַ‬‫בר‬‫ּד ְ‬
‫ֵר‪ִ ,‬‬‫זֶה אֹוס‬ ‫ׁשֹוגג ְו ֶא ָחד‬
‫ֵ‬ ‫ׁש ִּב ֵּטל‪ֶ :‬א ָחד‬‫ׁש ָחזַר ְו ִנ ְׁש ַּת ֵּמׁש ָּב ְרׁשּות ֶ‬‫הֹוציא‪ֶ .‬‬ ‫ְו ִ‬
‫ֵמ ִזיד‪ְּ .‬ד ָקנֵיס ׁשֹוגֵג ַאּטּו ֵמ ִזיד‪ְ .‬ו ֵאין ֲ‬
‫ה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ֵמ ִאיר‪:‬‬
‫ֵר‪:‬‬ ‫ֵינֹו אֹוס‬‫ְׁשֹוגֵג א‬
‫ֵר‪ּ ,‬ב‬‫מזִיד אֹוס‬
‫ּב ֵ‬
‫ְ‬
‫‪164‬‬
‫‪VENDREDI‬‬
‫‪26 Heshvan 5781‬‬
‫‪13 / 11 / 20‬‬
‫‪Ch.6 Mishna 5‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫ׁש ָּתפּות‬ ‫ׁשם ֻ‬


‫יכים ְל ָע ֵרב‪.‬‬
‫ׁש ָּתף ִעם ְׁש ֵכנָיו‪ֶ .‬‬
‫ׁש ַּב ָּמבֹוי‪ְ ,‬ל ֵ‬
‫ׁשם ֵערּוב‪ֵ :‬אינָם ְצ ִר ִ‬
‫ׁשהּוא ֻ‬
‫ְּב ָע ְל ָמא ְוֹלא ְל ֵ‬
‫ֶ‬ ‫ביַיִן‪,‬‬
‫לזֶה ְ‬
‫ביַיִן וְָ‬
‫לזֶה ְ‬‫כנִים‪ָ ,‬‬ ‫ִׁש ֵ‬
‫ּתף ל ְ‬‫ׁש ָ‬
‫היָה ֻ‬‫ׁש ָ‬
‫ּביִת ֶ‬‫הַ‬‫ַל ַ‬
‫ּבע‬
‫ַ‬
‫ׁש ָּת ִפין ִּב ְכ ִלי ֶא ָחד‪ְ .‬ו ַד ְו ָקא‬ ‫ׁש ִּי ְהיּו ֻּכ ָּלן ֻ‬
‫ּתּופי ְמבֹואֹות ָהוּו ְּבי ִַין ְּכ ִד ְתנַן ַּבּכֹל ְמ ָע ְר ִבין‬
‫ְוהּוא ֶ‬
‫ִׁש ֵ‬
‫ִים‬ ‫ִיכ‬‫צר‬
‫ֶן‪ְ ,‬‬‫ְׁשמ‬
‫לזֶה ב ֶ‬ ‫ביַיִן וְָ‬
‫לזֶה ְ‬‫ֵב‪ָ .‬‬ ‫ער‬‫לָ‬
‫ִים ְ‬ ‫ִיכ‬‫צר‬‫ֵינָם ְ‬
‫א‬
‫רּובי ֲח ֵצרֹות ֵאין ְמ ָע ְר ִבין‬
‫ירה‬ ‫ירה הּוא‪ְ ,‬ו ִד ָ‬
‫א ָבל ֵע ֵ‬ ‫ּומ ְׁש ַּת ְּת ִפין‪ֲ ,‬‬
‫ֶא ָּלא ְּב ַפת‪ְּ ,‬ד ֵערּוב ִמּׁשּום ִּד ָ‬
‫ִ‬ ‫ֵינָם‬ ‫ָד זֶה‪ ,‬א‬ ‫אח‬ ‫ָד זֶה וְ ֶ‬
‫אח‬ ‫ֵר‪ֶ ,‬‬ ‫ְעֹון אֹומ‬
‫ׁשמ‬‫ִי ִ‬ ‫רּב‬
‫ֵב‪ַ .‬‬‫ער‬‫לָ‬
‫ְ‬
‫ׁשל ָא ָדם ֵאין ִלּבֹו ִנ ְמ ָׁשְך ֶא ָּלא ְּב ַפת‪ְ .‬ו ִאם ִׁש ֵּתף‬
‫ׁש ֵּכן ְּד ָח ִׁשיב ְט ֵפי‬ ‫ּתּופי ְמבֹואֹות ְּב ַפת ָּכל ֶ‬ ‫ִׁש ֵ‬
‫ֶ‬ ‫ֵב‪:‬‬
‫ער‬‫לָ‬ ‫ִים ְ‬
‫ִיכ‬‫צר‬
‫ְ‬
‫ׁשל ַּפת ִּב ְמקֹום ֵערּוב‬ ‫סֹומ ִכין ַעל אֹותֹו ִׁשּתּוף ֶ‬ ‫ְו ְ‬
‫ׁשֹּלא ִּת ְׁש ַּת ַּכח‬
‫סֹומ ִכין ַעל ַה ִּׁשּתּוף‪ְּ ,‬כ ֵדי ֶ‬
‫רּובי ֲח ֵצרֹות ְו ֵאין ְ‬
‫יכים ְל ָע ֵרב ֵע ֵ‬
‫א ָבל ִאם ִנ ְׁש ַּת ְּתפוּ ְּבי ִַין אֹו ִּב ְׁש ָאר ְּד ָב ִרים ְצ ִר ִ‬
‫רּובי ֲח ֵצרֹות‪ֲ ,‬‬
‫יכים ְל ָע ֵרב ֵע ֵ‬ ‫ְו ֵאינָם ְצ ִר ִ‬
‫ה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ִׁש ְמעֹון‪:‬‬ ‫אֹומר כוּ'‪ְ .‬ו ֵאין ֲ‬‫ּתֹורת ֵערּוב ִמן ַה ִּתינֹוקֹות‪ַ :‬ר ִּבי ִׁש ְמעֹון ֵ‬
‫ַ‬

‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪28 Heshvan 5781‬‬
‫‪15 / 11 / 20‬‬
‫‪Ch.6 Mishna 6‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫מֹוׁשב ְמ ָל ִכים‪,‬‬‫ַ‬ ‫ִּב ְט ַר ְק ִלין‪ַּ .‬ב ִית ָּגדֹול ְו ָר ָחב‪,‬‬


‫ְו ִח ְּלקּוהּו ַל ֲח ִמ ָּׁשה‪ְ ,‬ו ֻכ ָּלן יֵׁש ָל ֶהן ֶּפ ַתח ִמן‬
‫ַאי‬
‫ׁשּמ‬
‫ֵית ַ‬ ‫ָד‪ּ ,‬ב‬‫אח‬‫ִין ֶ‬ ‫קל‬ ‫רְ‬
‫טַ‬‫בְ‬‫ְתּו ִ‬ ‫ּׁשב‬
‫ׁש ָ‬
‫ֲבּורֹות ֶ‬ ‫ֵׁש ח‬ ‫חמ‬ ‫ָ‬
‫יכים ְל ָע ֵרב ִעם ְׁש ָאר ְּבנֵי‬
‫לּוקים‬‫יהן ֲח ִ‬ ‫אֹומ ִרים‪ְ .‬ר ֵ‬
‫ׁשּות ֶ‬ ‫ְ‬
‫ּוצ ִר ִ‬
‫ַה ְּט ַר ְק ִלין ֶל ָח ֵצר‪ְ ,‬‬
‫ׁש ַּמאי‬
‫ֶה ָח ֵצר‪ֵּ :‬בית ַ‬
‫ִים‪,‬‬
‫מר‬‫ֵל אֹו ְ‬ ‫הּל‬
‫ֵית ִ‬ ‫ָה‪ּ .‬וב‬‫ֲבּור‬‫ָה וַח‬‫ֲבּור‬
‫ָל ח‬ ‫לכ‬‫ֵרּוב ְ‬‫ִים‪ ,‬ע‬‫מר‬
‫אֹו ְ‬
‫בּורה ִּת ֵּתן ַּפת ְל ֵערּוב‬
‫אֹומ ִרים‪ֵ .‬אין ְמ ִח ָּצה זֹו‬
‫ַח ָ‬
‫ְ‬
‫בּורה ו ֲ‬‫ׁש ָּכל ֲח ָ‬
‫ּובית ִה ֵּלל‬
‫ְו ָצ ִריְך ֶ‬
‫ֶה ָח ֵצר‪ֵ :‬‬
‫ִים‬
‫דר‬‫חָ‬‫ּב ֲ‬
‫ׁשרּויִן ַ‬
‫ָתן ְ‬
‫קצ ָ‬ ‫ּמ ְ‬
‫ׁש ִ‬
‫ַן ֶ‬
‫ּבזְמ‬
‫ִים‪ִ ,‬‬
‫ָן‪ּ .‬ומֹוד‬
‫כּל‬
‫לֻ‬‫ָד ְ‬
‫אח‬ ‫ֵרּוב ֶ‬‫ע‬
‫ׁש ִח ְּלקּו ַה ְּט ַר ְק ִלין ִל ְמ ִחּצֹות‬
‫ּוב ְז ַמן ֶ‬
‫ִחּלּוק ְרׁשּות‪ִ .‬‬
‫ְּגדֹולֹות ַה ַּמ ִּגיעֹות ַל ִּת ְק ָרה ֻּכ ֵּלי ָע ְל ָמא ֹלא ְפ ִליגֵי‬
‫ָה‪:‬‬‫ֲבּור‬ ‫ָה וַח‬ ‫ֲבּור‬
‫ָל ח‬ ‫לכ‬‫ֵרּוב ְ‬ ‫ִין ע‬
‫ִיכ‬
‫צר‬ ‫הן ְ‬‫ׁש ֵ‬
‫ִּיֹות‪ֶ ,‬‬
‫על‬‫בֲ‬
‫אֹו ַ‬
‫ׁש ֵאינָן ַמ ִּגיעֹות ַל ִּת ְק ָרה‪ֵּ ,‬בית ַׁש ַּמאי ָס ְב ֵרי ְמ ִח ָּצה ָּכזֹו ַה ְויָא‬
‫ּוב ֲע ִלּיֹות‪ִּ .‬כי ְפ ִליגֵי ְּד ִח ְּלקוּ ִּב ְמ ִחּצֹות ְנמּוכֹות ֶ‬
‫רּויים ַּב ֲח ָד ִרים ַ‬
‫הוֵי ִּכ ְׁש ִ‬
‫הוֵי ִחּלּוק ְרׁשּות‪ִ ,‬מּׁשּום ַּד ֲ‬
‫ַּד ֲ‬
‫ּובית ִה ֵּלל ָס ְב ֵרי ֹלא ַה ְויָא ִחּלּוק ְרׁשּות‪:‬‬
‫ִחּלּוק ְרׁשּות‪ֵ ,‬‬

‫‪L U N D I‬‬
‫‪29 Heshvan 5781‬‬
‫‪16 / 11 / 20‬‬
‫‪Ch.6 Mishna 7‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫אֹוכ ִלין‬
‫ׁש ְ‬
‫אֹוכ ִלים ַעל‬
‫ּׁש ָּת ִפין‪ָ .‬ה ִכי ָק ָא ַמר‪ָ ,‬ה ַא ִחין ֶ‬
‫ּׁש ָּת ִפים ָה ְ‬ ‫יהם ְו ַה ֻ‬ ‫א ִב ֶ‬
‫ִיׁשנִים‬
‫ָה ַא ִחין ַה ֻ‬
‫ׁש ְל ַחן ֲ‬ ‫ַעל ֻ‬
‫ִיהם ו ֵ‬
‫אב ֶ‬‫ַן ֲ‬
‫לח‬ ‫ׁש ְ‬
‫ַל ֻ‬ ‫ִין ע‬‫כל‬‫היּו אֹו ְ‬
‫ׁש ָ‬
‫ִין ֶ‬
‫ּתפ‬‫ּׁש ָ‬
‫הֻ‬ ‫ִין ַ‬
‫אח‬‫הַ‬‫ָ‬
‫יהם ָלאו‬
‫יהן‬‫א ִב ֶ‬
‫א ִב ֶ‬ ‫ׁש ְל ַחן ֲ‬
‫יהן ִמ ֵּבית ֲ‬
‫אֹוכ ִלין ַעל ֻ‬
‫זֹונֹות ֶ‬
‫ֵ‬
‫ׁש ְל ָחן ֶא ָחד‪ְ .‬ו ְ‬
‫נֹוט ִלין ְמ‬
‫ְ‬
‫ִם‬‫ְָך‪ ,‬א‬
‫ַּד ְו ָקא‪ֶ ,‬א ָּלא‬
‫ֻ‬ ‫ִיכ‬‫לפ‬‫ָד‪ְ .‬‬
‫אח‬‫ָד וְ ֶ‬ ‫אח‬‫ָל ֶ‬ ‫לכ‬‫ֵרּוב ְ‬ ‫ִין ע‬‫ִיכ‬
‫צר‬‫יהם‪ְ ,‬‬ ‫ָּת ֶ‬
‫ּבב ֵ‬
‫ְ‬
‫ּׁש ָּת ִפין‬
‫ׁש ָּתפּות‬
‫אֹותם ָּכל ֶא ָחד ְּב ֵביתֹו‪ְ .‬ו ֵכן ַה ֻ‬
‫אכה ֵא ֶצל ַּב ַעל ַה ַּב ִית ֶא ָחד ְּב ֻ‬
‫ָ‬ ‫ָתי‪,‬‬
‫אֹוכ ִלין‬
‫עֹוׂשים ְמ ָל ָ‬
‫ְו ְ‬
‫ִ‬
‫ֵימ ַ‬
‫ְׁשּותֹו‪ .‬א‬
‫ֶת ר‬ ‫ֵל א‬ ‫בּט‬
‫מַ‬‫ֵב‪ְ ,‬‬ ‫ער‬ ‫ֵהם וְֹלא ֵ‬‫ָד מ ֶ‬ ‫אח‬‫ַח ֶ‬ ‫ׁשכ‬
‫ָ‬
‫יכין‬
‫יהם‬
‫ּומֹול ִ‬
‫ִ‬
‫ַא ִב ֶ‬
‫יהם ִמ ַּב ַעל ַה ַּב ִית‬
‫יהם‪ְ .‬ו ֵהם ו ֲ‬ ‫יׁש ִנים ְּב ָב ֵּת ֶ‬
‫זֹונֹות ֶ‬
‫ֵ‬
‫יהם‪ִ :‬ו ֵ‬
‫נֹוט ִלין ְמ‬ ‫ֵרּוב‬
‫ְו ְ‬
‫אכֹל ְּב ָב ֵּת ֶ‬
‫היָה ע‬
‫ֶל ֱ‬
‫ִם ָ‬‫ָל א‬‫אב‬‫ֵר‪ֲ ,‬‬ ‫אח‬‫ָקֹום ַ‬ ‫ּבמ‬‫ָן ְ‬‫ֵרּוב‬
‫ִין ע‬
‫ִיכ‬‫ׁשּמֹול‬‫ַן ֶ‬
‫ּבזְמ‬
‫ִ‬
‫יכין ֵערּוב ְל ָכל‬
‫ׁשי ֲח ֵצ ָרן‪:‬‬
‫ַא ֵח ִרים] ָּד ִרים ְּב ָח ֵצר ֶא ָחד‪ְ :‬צ ִר ִ‬
‫רֹוצים ְל ָע ֵרב ִעם ַא ְנ ֵ‬ ‫ֶא ָחד ְו ֶא ָחד‪ִ .‬אם ִ‬
‫ִין‬
‫ִיכ‬
‫צר‬
‫[ו ֲ‬ ‫ֵינָן ְ‬
‫ֵר‪ ,‬א‬‫חצ‬‫ּב ָ‬
‫ִין ֶ‬‫ִיּור‬
‫ָהן ּד‬
‫עּמ ֶ‬‫ֵין ִ‬ ‫ׁשא‬
‫ָן‪ ,‬אֹו ֶ‬ ‫צל‬
‫אְ‬‫ָא ֶ‬ ‫ּב‬
‫ְמ ַב ֵּטל ֶאת ְרׁשּותֹו‪ָ .‬צ ִריְך ְל ַב ֵּטל ֶאת ְרׁשּותֹו‪:‬‬
‫רּובן‪ְ .‬ל ִתּתֹו‬ ‫יכין ֶאת ֵע ָ‬ ‫ּמֹול ִ‬
‫ׁש ִ‬ ‫ימ ַתי ִּב ְז ַמן ֶ‬ ‫ֵא ָ‬
‫ֵב‪:‬‬
‫ער‬‫לָ‬‫ְ‬
‫יהן ַּב ִּלינָה‪,‬‬ ‫ּיּור ֶ‬
‫לּוקין ִּד ֵ‬ ‫ַח ִ‬ ‫הֹואיל ו ֲ‬‫יכין ֻּכ ָּלן ִל ֵּתן ַּפת ָּב ֵערּוב ִ‬
‫ּוצ ִר ִ‬
‫ַּמי ָא ְס ֵרי‪ְ ,‬‬ ‫ינהּו נ ִ‬
‫ּיּורין ָא ְס ֵרי‪ִ ,‬א ְ‬
‫ּוׁש ָאר ִּד ִ‬ ‫הֹואיל ְו ֻה ְז ְקקוּ ָל ֵערּוב ְ‬
‫ְל ֶא ָחד ִמ ָּב ֵּתי ְׁש ָאר ְּבנֵי ֶה ָח ֵצר‪ְּ ,‬ד ִ‬
‫ׁשֹּלא ֻה ְז ְקקוּ ָל ֵערּוב‪,‬‬ ‫יהן‪ֶ ,‬‬
‫א ִב ֶ‬ ‫א ָבל ִאם ָהיָה ֵערּוב‪ָּ .‬כל ֶה ָח ֵצר ָּבא ְל ֵבית ֲ‬ ‫אֹוכל ְּב ֵביתֹו‪ֲ :‬‬
‫ָסתֹו ְו ֵ‬ ‫נֹוטל ַּפ ְרנ ָ‬
‫יהן ַמ ָּמׁש ֶא ָּלא ָּכל ֶא ָחד ֵ‬ ‫א ִב ֶ‬
‫ׁש ְל ַחן ֲ‬
‫אֹוכ ִלין ַעל ֻ‬
‫ְו ַגם ֵאין ְ‬
‫ידים ָּדמּו‪:‬‬ ‫יח ִ‬ ‫יכים ְל ָע ֵרב ְּד ִכ ִ‬ ‫אֹותם ָל ֵערּוב ֵאינָן ְצ ִר ִ‬ ‫יקים ָ‬ ‫ּיּורין ַמ ְז ִק ִ‬
‫ׁש ֵאין ִּד ִ‬ ‫א ֵח ִרים‪ֶ ,‬‬ ‫יּורין‪ֲ .‬‬
‫ׁש ֵאין ִע ָּמ ֶהן ִּד ִ‬
‫יחין ּבֹו ָה ֵערּוב ֵאין ָצ ִריְך ִל ֵּתן ַּפת‪ :‬אֹו ֶ‬
‫ׁש ַּמ ִּנ ִ‬
‫ׁש ַּב ִית ֶ‬
‫ֶ‬

‫‪M A R D I‬‬
‫‪1 Kislev 5781‬‬
‫‪17 / 11 / 20‬‬
‫‪Ch.6 Mishna 8‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫ּופתּוחֹות ְל ָמבֹוי‪ַּ .‬ב ְּג ָמ ָרא ָ‬


‫מּוכח‬
‫יתין ְּפתּוחֹות זֹו ְלזֹו‪ִ ,‬מּׁשּום‬
‫ְּפתּוחֹות זֹו ָלזֹו ְ‬
‫ְּדֹלא ַּת ִּנינַן ְּב ַמ ְת ִנ ִ‬
‫ְבּו‬
‫ער‬‫ָבֹוי‪ֵ ,‬‬
‫למ‬ ‫ְתּוחֹות ְ‬ ‫ָזֹו ּופ‬‫ְתּוחֹות זֹו ל‬ ‫ֵרֹות ּפ‬ ‫חצ‬‫ֵׁש ֲ‬‫חמ‬ ‫ָ‬
‫קֹורה ַעד‬
‫לֹומר‬
‫ׁש ֵאין ָמבֹוי ִנ ָּתר ְּב ֶל ִחי אֹו ָ‬
‫תּוחים ְלתֹוכֹו‪ְּ ,‬כ ַ‬ ‫ַח ֵצרֹות ְּפ ִ‬
‫ְּד ָק ְי ָמא ָלן ֶ‬
‫ׁש ִּי ְהיּו ָּב ִּתים ו ֲ‬‫ֶ‬
‫ִין‬
‫ֲסּור‬‫ֵרֹות וַא‬‫חצ‬‫ּב ֲ‬
‫ִין ַ‬
‫ֻּתר‬
‫ָבֹוי‪ ,‬מ ָ‬‫בּמ‬‫ּתפּו ַ‬‫ּת ְ‬
‫ִׁש ַ‬
‫ֵרֹות וְֹלא נ ְ‬ ‫חצ‬‫בֲ‬‫ַ‬
‫ּוׁש ֵּתי ֲח ֵצרֹות‬‫תּוחים ְל ָכל ָח ֵצר ְ‬ ‫ְׁשנֵי ָּב ִּתים ְּפ ִ‬
‫ְּפתּוחֹות ַל ָּמבֹוי‪ְ ,‬ו ָהנְָך ֵּכיוָן ְּד ֻכ ָּלן ְּפתּוחֹות זֹו‬
‫ְבּו‬
‫ער‬‫ָאן‪ֵ .‬‬‫ָאן וָכ‬ ‫ִין ּכ‬
‫ֻּתר‬
‫ָבֹוי‪ ,‬מ ָ‬ ‫בּמ‬‫ּתפּו ַ‬‫ּת ְ‬
‫ִׁש ַ‬
‫ִם נ ְ‬ ‫ָבֹוי‪ .‬וְא‬‫ּבּמ‬
‫ַ‬
‫ׁשיב‬ ‫יהן ֲח ָדא ָח ֵ‬ ‫ַחד ֶּד ֶרְך ִּפ ְת ֵח ֶ‬ ‫ּומע ָֹרבֹות י ַ‬
‫ְלהּו‪ְ ,‬וֹלא ַת ִּנינַן ֶא ָּלא ָח ֵמׁש ֲח ֵצרֹות ְּפתּוחֹות‬
‫ְלזֹו ְ‬ ‫ֵר וְֹלא‬ ‫חצ‬
‫ּבנֵי ָ‬
‫מְ‬‫ָד ִ‬ ‫אח‬
‫ַח ֶ‬ ‫ְׁשכ‬
‫ָבֹוי‪ ,‬ו ָ‬
‫בּמ‬‫ּתפּו ַ‬‫ּת ְ‬
‫ִׁש ַ‬
‫ֵרֹות וְנ ְ‬‫חצ‬‫בֲ‬‫ַ‬
‫ְל ָמבֹוי‪ֵ :‬ע ְרבּו ַה ֲח ֵצרֹות‪ָּ .‬כל ַא ַחת ְל ַע ְצ ָמּה‪:‬‬
‫ֻמ ָּת ִרים ַּב ֲח ֵצרֹות‪ֻ .‬מ ָּת ִרין ָּכל ְּבנֵי ָח ֵצר ְל ַע ְצ ָמן‪:‬‬
‫ִין‬
‫ֻּתר‬
‫ּתף‪ ,‬מ ָ‬
‫ּת ֵ‬
‫ִׁש ַ‬
‫ָבֹוי וְֹלא נ ְ‬
‫ּבנֵי מ‬
‫מְ‬‫ָאן‪ִ .‬‬ ‫ָאן וָכ‬ ‫ִין ּכ‬
‫ֻּתר‬
‫ֵב‪ ,‬מ ָ‬‫ער‬‫ֵ‬
‫סֹומ ִכין ַעל ֵערּוב ִּב ְמקֹום‬
‫ׁש ֵע ְרבּו‬
‫סּורין ַּב ָּמבֹוי‪ְּ .‬ד ֵאין ְ‬ ‫ַא ִ‬
‫ִׁשּתּוף‪ְ :‬ו ִאם ִנ ְׁש ַּת ְּתפוּ‪ .‬נ ִ‬
‫ַּמי ַּב ָּמבֹוי ְל ַא ַחר ֶ‬
‫וֲ‬ ‫ֵר‬‫חצ‬‫ּכ ָ‬
‫ֵרֹות ֶ‬ ‫חצ‬‫לֲ‬‫ָבֹוי ַ‬‫הּמ‬‫ׁש ַ‬
‫ָבֹוי‪ֶ ,‬‬ ‫ּבּמ‬
‫ִין ַ‬ ‫ֲסּור‬‫ֵרֹות וַא‬ ‫חצ‬‫ּב ֲ‬
‫ַ‬
‫ׁש ַכח ַא ַחד ִמ ְּבנֵי‬
‫א ָבל‬
‫ַּב ֲח ֵצרֹות‪ֻ ,‬מ ָּת ִרין ָּכאן ְו ָכאן‪ְ :‬ו ָ‬
‫ָח ֵצר ְוֹלא ֵע ֵרב‪ַּ .‬ב ֲח ֵצרֹו ְל ַה ִּתיר ֲח ֵצרֹו‪ֲ ,‬‬
‫ָּתים‪:‬‬
‫לּב ִ‬
‫ַ‬
‫ּתֹורת ֵערּוב ִמן ַה ִּתינֹוקֹות‪ְ ,‬ו ָה ָכא ְּדרֹוב‬ ‫ׁשֹּלא ִּת ְׁש ַּת ַּכח ַ‬ ‫ָכאן‪ְּ .‬ד ַט ֲע ָמא ַמאי ֵאין ְ‬
‫סֹומ ִכין ַעל ִׁשּתּוף ִּב ְמקֹום ֵערּוב‪ְּ ,‬כ ֵדי ֶ‬ ‫ַּב ִּׁשּתּוף ָהיָה לֹו ֵח ֶלק‪ֻ :‬מ ָּת ִרין ָּכאן ו ָ‬
‫הֹוציא ִמ ָּב ִּתים ֶל ָח ֵצר‬‫ׁש ָאסּור ְל ִ‬ ‫ׁשם ֶ‬ ‫ׁש ַה ָּמבֹוי ַל ֲח ֵצרֹות ֶּכ ָח ֵצר ַל ָּב ִּתים‪ְּ .‬כ ֵ‬ ‫ּתֹורת ֵערּוב‪ֶ :‬‬
‫ׁש ָּׁש ַכח ֶא ָחד ֵמ ֶהם ְוֹלא ֵע ֵרב ֹלא ִּת ְׁש ַּת ַּכח ַ‬ ‫ְּבנֵי ָח ֵצר ֵע ְרבּו ֶא ָּלא ֶ‬
‫ֵיהן‬
‫ּומבֹוי ְׁשנ ֶ‬
‫א ָבל ָח ֵצר ָ‬ ‫ָחיד ְוזֹו ְרׁשּות ָה ַר ִּבים‪ֲ ,‬‬ ‫ימא ֹלא ָּדמּו‪ְּ ,‬ד ַב ִית ְו ָח ֵצר זֹו ְרׁשּות ַהּי ִ‬
‫הֹוציא ִמן ֶה ָח ֵצר ַל ָּמבֹוי ְּבֹלא ִׁשּתּוף‪ְ .‬וֹלא ֵּת ָ‬
‫ְּבֹלא ֵערּוב‪ָּ ,‬כְך ָאסּור ְל ִ‬
‫ׁשל ַר ִּבים ֵהן‪:‬‬‫ׁשּיֹות ֶ‬
‫ְר ֻ‬
‫‪165‬‬
‫‪MERCREDI‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.6 Mishna 9‬‬ ‫‪2 Kislev 5781‬‬
‫‪18 / 11 / 20‬‬
‫ָה‬ ‫רב‬‫עְ‬‫ִית וְֹלא ֵ‬ ‫ּפנִימ‬
‫הְ‬ ‫ָה ַ‬ ‫רב‬‫עְ‬‫ִּזֹו‪ֵ ,‬‬
‫פנִים מ‬ ‫לְ‬‫ֵרֹות‪ ,‬זֹו ִ‬‫חצ‬ ‫ּתי ֲ‬
‫ׁש ֵ‬
‫ְ‬ ‫תּוחה ַל ִחיצֹונָה‬
‫ׁשל‬ ‫יה ֶ‬‫יסת ַר ְג ֶל ָ‬
‫ימית ְּפ ָ‬
‫ּוד ִר ַ‬
‫זֹו ִל ְפ ִנים ִמּזֹו‪ְּ .‬פ ִנ ִ‬
‫ְו ִחיצֹונָה ִל ְרׁשּות ָה ַר ִּבים‪ְ ,‬‬
‫ִיצֹונָה‪,‬‬ ‫הח‬ ‫ָה‪ַ .‬‬ ‫ֲסּור‬
‫ִיצֹונָה א‬ ‫ְהח‬‫ֶת ו ַ‬ ‫ֻּתר‬
‫ִית מ ֶ‬ ‫ּפנִימ‬
‫הְ‬ ‫ִיצֹונָה‪ַ ,‬‬
‫הח‬ ‫ַ‬ ‫ימית ַעל ִחיצֹונָה ָל ֵצאת ִל ְרׁשּות ָה ַר ִּבים‪:‬‬
‫ימית‪ְּ .‬ב ַע ְצ ָמּה ְל ַט ְל ֵטל ַּב ֲח ֵצ ָרּה‪:‬‬
‫ְּפ ִנ ִ‬
‫ֵע ְר ָבה ְּפ ִנ ִ‬
‫ָּה וְזֹו‬‫צמ‬ ‫עְ‬‫לַ‬
‫ָה זֹו ְ‬ ‫רב‬ ‫עְ‬‫ֲסּורֹות‪ֵ .‬‬ ‫יהן א‬‫ּת ֶ‬‫ׁש ֵ‬
‫ִית‪ְ ,‬‬ ‫ּפנִימ‬
‫הְ‬ ‫וְֹלא ַ‬ ‫ימית ְּב ַע ְצ ָמּה ֶרגֶל‬ ‫אסּורֹות‪ְּ .‬ד ַה ְויָא ְּפ ִנ ִ‬
‫ה ֵרי ֹלא ֵע ְר ָבה ְל ַע ְצ ָמּה‪,‬‬ ‫ׁש ֲ‬‫קֹומּה‪ֶ ,‬‬
‫יהן ֲ‬
‫סּורה ִּב ְמ ָ‬
‫ְׁש ֵּת ֶ‬
‫א ָ‬ ‫ָה ֲ‬
‫ָּה‪.‬‬ ‫צמ‬‫עְ‬‫פנֵי ַ‬‫ּב ְ‬
‫ֶת ִ‬ ‫ֻּתר‬
‫ָּה וְזֹו מ ֶ‬‫צמ‬‫עְ‬‫פנֵי ַ‬‫ּב ְ‬
‫ֶת ִ‬ ‫ֻּתר‬
‫ָּה‪ ,‬זֹו מ ֶ‬ ‫צמ‬
‫עְ‬‫לַ‬‫ְ‬ ‫יה ַעל ַה ִחיצֹונָה‪ :‬זֹו‬ ‫יסת ַר ְג ֶל ָ‬ ‫אֹוס ֶרת ִּב ְד ִר ַ‬
‫ֻמ ֶּת ֶרת ְל ַע ְצ ָמּה ְוכוּ'‪ְּ .‬ד ֶרגֶל ַה ֻּמ ֶּת ֶרת ִּב ְמ ָ‬
‫קֹומּה‬
‫ְו ֶ‬

‫ְּתּה‪.‬‬
‫סר ָ‬‫רגֶל אֹו ַ‬ ‫הֶ‬‫ַת ָ‬ ‫ִיס‬ ‫ּדר‬
‫ׁש ְ‬
‫ִיצֹונָה‪ֶ ,‬‬ ‫הח‬ ‫ֵר ַ‬ ‫ָא אֹוס‬ ‫ִיב‬
‫עק‬‫ִי ֲ‬‫רּב‬
‫ַ‬ ‫אֹוסר‪ְּ .‬ד ָקא ָס ַבר‬
‫ׁשֹּלא ֵע ְר ָבה‬
‫ֵ‬ ‫יבא‬
‫אֹוס ֶרת ְּכ ֶ‬
‫אֹוס ֶרת‪ַ :‬ר ִּבי ֲע ִק ָ‬
‫ֶ‬
‫ֶ‬
‫ַאף ֶרגֶל ַה ֻּמ ֶּת ֶרת‬
‫ֵאינָּה‬

‫ְּתּה‪:‬‬
‫סר ָ‬‫רגֶל אֹו ַ‬‫הֶ‬‫ַת ָ‬ ‫ִיס‬‫ּדר‬
‫ֵין ְ‬ ‫ִים‪ ,‬א‬ ‫מר‬‫ִים אֹו ְ‬‫כמ‬‫חָ‬‫וַ ֲ‬ ‫אֹומ ִרים כוּ'‪ְּ .‬ד ָק ָס ְב ֵרי ֲ‬
‫א ִפּלוּ‬
‫ׁשֹּלא ֵע ְר ָבה‬ ‫קֹומּה‪ְּ ,‬כגֹון ְּכ ֶ‬
‫ְ‬
‫סּורה ִּב ְמ ָ‬
‫ַח ָכ ִמים‬
‫א ָ‬
‫ָׁשם‪ :‬ו ֲ‬
‫ֶרגֶל ָה ֲ‬
‫ַה ָל ָכה ְּכ ַתּנָא ַק ָּמא‪:‬‬
‫אֹוס ֶרת ַעל ַה ִחיצֹונָה‪ .‬ו ֲ‬ ‫ימית ְל ַע ְצ ָמּה‪ֵ ,‬אינָּה ֶ‬ ‫ַה ְּפ ִנ ִ‬

‫‪J E U D I‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.6 Mishna 10‬‬ ‫‪3 Kislev 5781‬‬
‫‪19 / 11 / 20‬‬
‫ֶת‬‫ֻּתר‬
‫ִית מ ֶ‬ ‫ּפנִימ‬
‫הְ‬ ‫ֵב‪ַ ,‬‬ ‫ער‬‫ִיצֹונָה וְֹלא ֵ‬ ‫הח‬‫ִן ַ‬ ‫ַד מ‬ ‫אח‬‫ַח ַ‬ ‫ׁשכ‬‫ָ‬ ‫ימית‬ ‫ימית כוּ'‪ְּ .‬ד ַה ְויָא ְּפ ִנ ִ‬
‫רּובן ְּב ָמקֹום‬ ‫ָתנּו ֵע ָ‬
‫ׁש ַכח ַא ַחד ִמן ַה ְּפ ִנ ִ‬
‫אֹוס ֶרת‪ :‬נ ְ‬
‫סּורה ְו ֶ‬ ‫א ָ‬ ‫ֶרגֶל ָה ֲ‬
‫ָ‬

‫יהן‬
‫ּת ֶ‬
‫ׁש ֵ‬
‫ֵב‪ְ ,‬‬‫ער‬‫ִית וְֹלא ֵ‬ ‫ּפנִימ‬
‫הְ‬‫ִן ַ‬ ‫ָה‪ .‬מ‬ ‫ֲסּור‬‫ִיצֹונָה א‬ ‫ְהח‬‫וַ‬ ‫ָתנּו ָה ֵערּוב‬
‫ׁש ְּׁש ֵּתי‬
‫יהן זֹו ִעם זֹו ְונ ְ‬ ‫ׁש ֵע ְרבּו ְׁש ֵּת ֶ‬
‫ַּב ִחיצֹונָה‪ְ .‬ו ָק ֵרי ַלּה ָמקֹום ֶא ָחד ְל ִפי ֶ‬
‫ֶא ָחד‪ֶ .‬‬

‫ִן‬
‫ֵין מ‬‫ָד‪ּ ,‬ב‬
‫אח‬‫ַח ֶ‬ ‫ְׁשכ‬
‫ָד‪ ,‬ו ָ‬
‫אח‬‫ָקֹום ֶ‬ ‫ּבמ‬‫ָן ְ‬
‫ֵרּוב‬
‫ָתנּו ע‬‫ֲסּורֹות‪ .‬נ ְ‬ ‫א‬ ‫ַה ֲח ֵצרֹות ִמ ְׁש ַּת ְּמׁשֹות ָּבּה ְּכ ֶא ָחד‪ְ .‬ו ָׁש ַכח‬
‫יהן‬‫א ִפּלוּ ֶא ָחד ִמן ַה ִחיצֹונָה ְוֹלא ֵע ֵרב‪ְׁ ,‬ש ֵּת ֶ‬ ‫ֲ‬
‫ֲסּורֹות‪.‬‬‫יהן א‬
‫ּת ֶ‬
‫ׁש ֵ‬
‫ֵב‪ְ ,‬‬ ‫ער‬‫ִיצֹונָה‪ ,‬וְֹלא ֵ‬‫הח‬‫ִן ַ‬
‫ֵין מ‬ ‫ִית ּב‬ ‫ּפנִימ‬
‫הְ‬ ‫ַ‬ ‫סּורה ְל ַט ְל ֵטל‬ ‫א ָ‬
‫כֹולה ְל ִה ְס ַּת ֵּלק ִמן‬
‫ַּמי ֲ‬ ‫ימית נ ִ‬
‫ה ֵרי ֵאינָּה ְי ָ‬
‫אסּורֹות‪ִּ ,‬ד ְפ ִנ ִ‬
‫ׁש ֲ‬‫ַּב ֲח ֵצ ָרּה‪ֶ ,‬‬
‫ֲ‬

‫ֵב‪:‬‬‫ער‬‫לָ‬
‫ִין ְ‬
‫ִיכ‬‫צר‬‫ֵינָן ְ‬
‫ִים‪ ,‬א‬‫ִיד‬‫ׁשל יְח‬
‫היּו ֶ‬
‫ִם ָ‬ ‫וְא‬ ‫ַפ ַׁשּה‪ְּ ,‬ד ָהא‬
‫ירּה‬
‫ּול ִה ְׁש ַּת ֵּמׁש ְּב ַא ְנ ֵּפי נ ְ‬
‫רּובּה ַּג ָּבּה‪ְּ ,‬דאֹותוֹ ֵערּוב ַה ַּמ ִּת ָ‬
‫ַה ִחיצֹונָה ְ‬
‫יתא ְל ֵע ָ‬ ‫ֵל ָ‬
‫ימית ֹלא ִמ ַּת ְס ָרא ְּב ִׁש ְכ ָחה ְּד ִחיצֹונָה‪ְּ ,‬ד ָהא ָא ֲח ָדא ַל ָּד ָׁשא‬
‫ּופ ִנ ִ‬
‫ימית ְ‬ ‫ימית‪ִ ,‬חיצֹונָה ִמ ַּת ְס ָרא ְּב ִׁש ְכ ָחה ִּד ְפ ִנ ִ‬ ‫ָתנּו ָה ֵערּוב ַּב ְּפ ִנ ִ‬ ‫א ָבל נ ְ‬ ‫הֹוליכּוהּו ַל ִחיצֹונָה‪ֲ .‬‬ ‫ֶּב ָח ֵצר ִ‬
‫ָחיד הּוא‬ ‫יסת ָה ֶרגֶל‪ְּ ,‬ד ֵכיוָן ְּדי ִ‬
‫יכים ְל ָע ֵרב זֶה ִעם זֶה ִמּׁשּום ְּד ִר ַ‬ ‫ּוב ִחיצֹונָה ֶא ָחד‪ֵ ,‬אינָם ְצ ִר ִ‬ ‫ימית ֶא ָּלא ֶא ָחד ַ‬ ‫ׁש ֵאין ַּב ְּפ ִנ ִ‬ ‫ידים‪ֶ .‬‬ ‫ׁשל ְי ִח ִ‬ ‫ּומ ְׁש ַּת ְמ ָׁשא‪ְ :‬ו ִאם ָהיּו ֶ‬ ‫ִ‬
‫אֹוס ֶרת‪:‬‬
‫יתין ְּכ ַתּנָא ַק ָּמא ִּד ְל ֵעיל ְּד ָס ַבר ֶרגֶל ַה ֻּמ ֶּת ֶרת ֵאינָּה ֶ‬ ‫ּוס ָתם ַמ ְת ִנ ִ‬ ‫אֹוס ֶרת‪ְ .‬‬ ‫ימית ַה ְויָא ֶרגֶל ַה ֻּמ ֶּת ֶרת ְו ֵאינָּה ֶ‬ ‫ַּב ְּפ ִנ ִ‬

‫‪VENDREDI‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.7 Mishna 1‬‬ ‫‪4 Kislev 5781‬‬
‫‪20 / 11 / 20‬‬
‫ְתֹוְך‬‫ָה‪ּ ,‬ב‬
‫ּבע‬
‫רָ‬‫אְ‬‫ַל ַ‬‫ָה ע‬‫ּבע‬
‫רָ‬‫אְ‬
‫ֵרֹות‪ַ ,‬‬ ‫חצ‬‫ּתי ֲ‬‫ׁש ֵ‬
‫ֵין ְ‬ ‫ׁשּב‬
‫ַּלֹון ֶ‬
‫ח‬ ‫ַא ִפּל ּו‬
‫ׁש ְּי ֵהא ְק ָצת ִמ ֶּמּנּו ו ֲ‬ ‫ׂש ָרה‪ֶ .‬‬ ‫ַחּלֹון ְּבתֹוְך ֲע ָ‬
‫ּׁשהּו ְּבתֹוְך ֲע ָׂש ָרה ָסמּוְך ַל ַּק ְר ַקע‪ְ :‬מ ָע ְר ִבין‬ ‫ַמ ֶ‬
‫ָחֹות‬ ‫ָד‪ּ .‬פ‬
‫אח‬‫ִין ֶ‬‫רב‬
‫עְ‬‫מָ‬
‫ָצּו‪ְ ,‬‬
‫ִם ר‬‫ׁשנַיִם‪ ,‬וְא‬
‫ִין ְ‬ ‫רב‬‫עְ‬
‫מָ‬‫ָה‪ְ ,‬‬ ‫ֲׂשר‬
‫עָ‬ ‫ַים‪ְׁ .‬שנֵי ֵע ִ‬
‫רּובין‪ֵ ,‬אּלּו ְל ַע ְצ ָמן ְו ֵאּלּו ְל ַע ְצ ָמן‬
‫סּורים זֹו ִעם זֹו‪ְ :‬ו ִאם ָרצּו ְמ ָע ְר ִבין ֶא ָחד‪.‬‬
‫ְׁשנ ִ‬
‫ַא ִ‬ ‫וֲ‬
‫ׁשנַיִם‬
‫ִין ְ‬‫רב‬
‫עְ‬‫מָ‬‫ָה‪ְ ,‬‬
‫ֲׂשר‬
‫מע ָ‬
‫ָה ֵ‬‫על‬‫מְ‬
‫לַ‬‫ָה‪ ,‬אֹו ְ‬‫ּבע‬
‫רָ‬‫אְ‬
‫ַל ַ‬‫ָה ע‬ ‫ּבע‬‫רָ‬
‫אְ‬‫מַ‬
‫ֵ‬ ‫רּובן ָּב ַא ֶח ֶרת‬ ‫ׁש ִּי ְּתנּו ֵאּלּו ֵע ָ‬ ‫ֵערּוב ֶא ָחד‪ֶ ,‬‬
‫ִו ְי ָע ְרבּו ִע ָּמ ֶהן ְו ִי ְהיּו ֶא ָחד‪ָּ :‬פחֹות ֵמ ַא ְר ָּב ָעה‪.‬‬
‫ָד‪:‬‬‫אח‬‫ִין ֶ‬
‫רב‬‫עְ‬‫מָ‬‫ֵין ְ‬
‫וְא‬ ‫ָלאו ֶּפ ַתח הּוא ְו ֵאין ָראּוי ַל ֲעבֹר ִמּזֹו ְלזֹו‪,‬‬
‫יׁש ֵּתיהּ‪,‬‬
‫יחא ַּת ְׁש ִמ ְ‬ ‫ַּמי ֹלא ִנ ָ‬ ‫ּול ַמ ְע ָלה ֵמ ֲע ָׂש ָרה נ ִ‬ ‫ְ‬
‫ׁש ֶּד ֶרְך ָלׂשּום ַס ְפ ָס ִלים ְו ֵתבֹות ְס ִביבֹות‬
‫א ִפּלוּ ְל ַמ ְע ָלה ֵמ ֲע ָׂש ָרה ְמ ָע ְר ִבין ֶא ָחד‪ֶ ,‬‬
‫קֹורה ֲ‬
‫א ָבל ַּב ַּב ִית ַה ְּמ ֶ‬
‫קֹורה ֲ‬
‫ׁש ֵאינֹו ְמ ֶ‬ ‫ִה ְל ָּכְך ֵאין ְמ ָע ְר ִבין ֶא ָחד‪ְ .‬ו ַד ְו ָקא ֶּב ָח ֵצר ֶ‬
‫יׁש ֵּתיהּ‪:‬‬
‫יחא ַּת ְׁש ִמ ְ‬‫ַה ַּב ִית ְו ִנ ָ‬

‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.7 Mishna 2‬‬ ‫‪6 Kislev 5781‬‬
‫‪22 / 11 / 20‬‬
‫ָה‪,‬‬ ‫ּבע‬
‫רָ‬‫אְ‬‫ָב ַ‬ ‫רח‬ ‫ָה וְָ‬ ‫ֲׂשר‬
‫ָבֹוּה ע ָ‬
‫ֵרֹות ּג ַ‬ ‫חצ‬‫ּתי ֲ‬ ‫ׁש ֵ‬
‫ֵין ְ‬ ‫ׁשּב‬
‫ֹתל ֶ‬‫ּכ ֶ‬ ‫ָקט ר ַֹחב‬ ‫ׁש ֵּבין ְׁש ֵּתי ֲח ֵצרֹות‪ַ .‬האי ְּדנ ַ‬ ‫ּכ ֶֹתל ֶ‬
‫ַא ְר ָּב ָעה ָלאו ִמּׁשּום ְּד ָצ ִריךְ ר ַֹחב ַא ְר ָּב ָעה‬
‫ֵּלּו‬
‫ֵרֹות‪ ,‬א‬ ‫ברֹאׁשֹו פ‬ ‫היּו ְ‬
‫ָד‪ָ .‬‬‫אח‬ ‫ִין ֶ‬‫רב‬‫עְ‬‫מָ‬‫ֵין ְ‬
‫ׁשנַיִם וְא‬
‫ִין ְ‬‫רב‬
‫עְ‬‫מָ‬‫ְ‬ ‫ימה‪ִּ ,‬ד ְמ ִח ָּצה ְּבר ַֹחב ָּכל ְּדהּו ַה ְויָא‬
‫יפא ָהיּו‬
‫הוֵי ְס ִת ָ‬
‫ימה‪ֶ .‬א ָּלא ִמּׁשּום ְּד ָב ֵעי ְל ִמ ְתנֵי ֵס ָ‬
‫ְל ֵמ ֲ‬
‫ְס ִת ָ‬
‫ַד‬ ‫לב‬
‫בְ‬‫ִין‪ּ ,‬ו ִ‬
‫כל‬‫ָאן וְאֹו ְ‬‫מּכ‬‫ִין ִ‬‫ֵּלּו עֹול‬
‫ִין‪ ,‬וְא‬
‫כל‬‫ָאן וְאֹו ְ‬‫מּכ‬
‫ִין ִ‬
‫עֹול‬ ‫אֹוכ ִלין‬
‫עֹולין ִמ ָּכאן ְו ְ‬ ‫ִ‬ ‫[ּברֹאׁשֹו] ֵּפרֹות ֵאּלּו‬
‫יֹורידּו ְל ַמ ָּטה‪ְּ ,‬ד ָח ִׁשיב ְרׁשּות‬ ‫ׁשֹּלא ִ‬ ‫ּוב ְל ַבד ֶ‬ ‫ִ‬
‫ְ‬

‫ַּמֹות‪,‬‬‫ֶׂשר א‬ ‫ַד ע ֶ‬ ‫ֹתל ע‬ ‫הּכ ֶ‬


‫ָה ַ‬ ‫רצ‬‫פְ‬‫ָה‪ .‬נְִ‬ ‫מּט‬
‫לַ‬ ‫ִידּו ְ‬‫ׁשֹּלא יֹור‬
‫ֶ‬ ‫ׁש ִּי ְהיֶה ר ַֹחב‬‫ּול ַהאי ִּדינָא ָצ ִריְך ֶ‬‫ַפ ַׁשּה‪ְ ,‬‬‫ְּב ַא ְנ ֵּפי נ ְ‬
‫ַא ְר ָּב ָעה‪ְּ ,‬ד ָפחֹות ֵמ ַא ְר ָּב ָעה ָהוֵי ָמקֹום ְּפטֹור‬
‫ֶתח‪.‬‬‫כפ ַ‬‫ׁשהּוא ְ‬ ‫ּפנֵי ֶ‬
‫מְ‬‫ָד‪ִ ,‬‬‫אח‬ ‫ִין ֶ‬
‫רב‬‫עְ‬
‫מָ‬ ‫ָצּו ְ‬‫ִם ר‬‫ׁשנַיִם‪ ,‬וְא‬
‫ִין ְ‬‫רב‬
‫עְ‬‫מָ‬‫ְ‬ ‫ּוב ְל ַבד‬
‫א ָבל‬
‫הֹוריד ְל ַמ ָּטה‪ִ :‬‬
‫ּיּורין ַּב ָּב ִּתים‪ֲ ,‬‬
‫ָאּלּו ְל ִ‬ ‫ּומ ָּת ִרין ֵאּלּו ו ֵ‬
‫יֹורידּו ְל ַמ ָּטה‪ַ .‬ל ִּד ִ‬
‫ׁשֹּלא ִ‬
‫ֻ‬
‫ֶ‬
‫ׁשנָיִם‪:‬‬
‫ִין ְ‬‫רב‬ ‫עְ‬‫מָ‬
‫ֵין ְ‬‫ָד וְא‬‫אח‬‫ִין ֶ‬‫רב‬‫עְ‬ ‫מָ‬‫ָאן‪ְ ,‬‬‫מּכ‬
‫יֹותר ִ‬
‫ֵ‬ ‫יֹותר ִמ ָּכאן‪ָ .‬הוֵי ִּפ ְר ָצה‪ְ ,‬ו ַה ְויָא‬ ‫ֶּב ָח ֵצר ָׁש ֵרי‪ֵ :‬‬
‫ֻּכ ָּלּה ְּכ ָח ֵצר ַא ַחת‪ְ ,‬ו ִאם ֵע ְר ָבה ָּכל ַא ַחת‬
‫אֹוס ִרין ֵאּלּו ַעל ֵאּלּו‪:‬‬
‫רּובן ְו ְ‬‫חֹול ִקין ֶאת ֵע ָ‬ ‫ְל ַע ְצ ָמּה ָהוֵי ְּכ ִאּלּו ְ‬

‫‪166‬‬
‫‪L U N D I‬‬
‫‪7 Kislev 5781‬‬
‫‪23 / 11 / 20‬‬
‫‪Ch.7 Mishna 3‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫ּומ ְפ ִסיק ַעל ְּפנֵי ָּכל ֶה ָח ֵצר‬‫ָח ִריץ‪ָ .‬ארְֹך הּוא ַ‬


‫ֻּכ ָּלּה‪ְ :‬ו ָר ָחב ַא ְר ַּבע‪ְּ .‬ד ָפחֹות ִמ ָּכאן ַ‬
‫נֹוח ְל ָפ ְסעֹו‬
‫ַע‪,‬‬‫רּב‬
‫אְ‬‫ָב ַ‬‫רח‬‫ָה וְָ‬‫ֲׂשר‬
‫ָמֹוק ע ָ‬‫ֵרֹות ע‬ ‫חצ‬‫ּתי ֲ‬‫ׁש ֵ‬
‫ֵין ְ‬ ‫ׁשּב‬
‫ִיץ ֶ‬ ‫חר‬ ‫ָ‬
‫ַא ִפּלוּ ָמ ֵלא ֶת ֶבן ְו ַקׁש‪ָ .‬לאו‬ ‫ִמ ְּׂש ָפתֹו ִל ְׂש ָפתֹו‪ :‬ו ֲ‬
‫ימה ִהיא‪ְּ ,‬דֹלא ְמ ַב ֵּטל ֵליּה ְל ָה ָתם‪ְּ ,‬דסֹופ ֹו‬ ‫ְס ִת ָ‬
‫ַׁש אֹו‬‫ֵא ק‬ ‫מל‬
‫ִּלּו ָ‬
‫אפ‬‫ָד‪ֲ ,‬‬‫אח‬
‫ִין ֶ‬‫רב‬‫עְ‬‫מָ‬‫ֵין ְ‬‫ׁשנַיִם וְא‬
‫ִין ְ‬ ‫רב‬ ‫עְ‬‫מָ‬ ‫ְ‬
‫ִל ְּטלוֹ‪:‬‬ ‫ִין‬
‫רב‬‫עְ‬‫מָ‬‫ֵין ְ‬
‫ָד‪ ,‬וְא‬
‫אח‬‫ִין ֶ‬
‫רב‬‫עְ‬
‫מָ‬‫ְרֹורֹות‪ְ ,‬‬
‫ָר‪ ,‬אֹו צ‬‫עפ‬‫ֵא ָ‬ ‫מל‬ ‫ֶן‪ָ .‬‬‫תב‬ ‫ֶ‬
‫ׁשנָיִם‪:‬‬
‫ְ‬

‫‪M A R D I‬‬
‫‪8 Kislev 5781‬‬
‫‪24 / 11 / 20‬‬
‫‪Ch.7 Mishna 4‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫ֶסר‪ִ .‬מ ְּׂש ָפתֹו ִל ְׂש ָפתֹו ְּכ ֵעין ּג ֶ‬


‫ֶׁשר‪ָ ,‬הוֵי‬
‫ֻז ְט ָראֹות‪ְּ .‬כ ִמין ִּת ְק ָרה ֶ‬
‫ּבֹול ֶטת‬
‫ָתן ָע ָליו נ ֶ‬
‫ְּכמֹו ֶּפ ַתח‪ְׁ :‬ש ֵּתי ְגז ְ‬
‫נַ‬ ‫ּתי‬
‫ׁש ֵ‬
‫ֵן ְ‬‫ִים‪ ,‬וְכ‬
‫פח‬‫טָ‬
‫ָה ְ‬ ‫ּבע‬‫רָ‬‫אְ‬‫ָב ַ‬‫רח‬‫ׁשהּוא ָ‬ ‫ֶר ֶ‬ ‫ָיו נֶס‬
‫על‬ ‫ָתן ָ‬
‫נַ‬
‫ֶסר ָר ָחב‬‫ָתן נ ֶ‬
‫ָחיד ַעל ְרׁשּות ָה ַר ִּבים‪ְ ,‬ונ ַ‬
‫ַּמי ֶּפ ַתח‪ָּ :‬פחֹות ִמ ָּכאן‪.‬‬
‫ֵמ ְרׁשּות ַהּי ִ‬
‫ַא ְר ָּב ָעה ִמּזֹו ְלזֹו‪ָ ,‬הוֵי נ ִ‬
‫ִין‬
‫רב‬‫עְ‬‫מָ‬
‫ָצּו‪ְ ,‬‬‫ִם ר‬‫ׁשנַיִם‪ ,‬וְא‬
‫ִין ְ‬‫רב‬‫עְ‬
‫מָ‬‫כנֶגֶד זֹו‪ְ ,‬‬
‫ָאֹות זֹו ְ‬ ‫טר‬
‫גְזֻזְְ‬
‫ָרא ַל ֲעבֹר ָע ָליו‬ ‫ֶסר ָר ָחב ַא ְר ָּב ָעה‪ָ ,‬א ָדם י ֵ‬
‫יׁש ֵּתיהּ‪:‬‬
‫ׁש ֵאין ַהּנ ֶ‬
‫יחא ַּת ְׁש ִמ ְ‬
‫ֶ‬
‫ְוֹלא ִנ ָ‬
‫ָד‪:‬‬
‫אח‬‫ִין ֶ‬
‫רב‬‫עְ‬
‫מָ‬‫ֵין ְ‬‫ׁשנַיִם וְא‬
‫ִין ְ‬
‫רב‬‫עְ‬
‫מָ‬‫ָאן‪ְ ,‬‬ ‫מּכ‬
‫ָחֹות ִ‬ ‫ָד‪ּ .‬פ‬
‫אח‬ ‫ֶ‬

‫‪MERCREDI‬‬
‫‪9 Kislev 5781‬‬
‫‪25 / 11 / 20‬‬
‫‪Ch.7 Mishna 5‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫ּומ ְפ ִסיק ַעל ְּפנֵי ָּכל ר ַֹחב‬


‫אכֹל‬ ‫יחין ְּב ֶה ְמ ָּתן ֶל ֱ‬
‫ׁשל ֶּת ֶבן‪ַ ,‬‬
‫ילין‪ַ .‬מ ִּנ ִ‬
‫א ִכ ִ‬
‫ַמ ְת ֵּבן‪ָּ .‬ג ִדיׁש ֶ‬
‫ַה ֲח ֵצרֹות‪ֵ :‬אּלּו ַמ ֲ‬
‫ִין‬‫רב‬‫עְ‬‫מָ‬
‫ִים‪ְ ,‬‬
‫פח‬‫טָ‬
‫ָה ְ‬‫ֲׂשר‬
‫ָבֹוּה ע ָ‬
‫ֵרֹות‪ּ ,‬ג ַ‬ ‫חצ‬‫ּתי ֲ‬‫ׁש ֵ‬
‫ֵין ְ‬‫ׁשּב‬
‫ֵן ֶ‬‫ַתּב‬
‫מְ‬
‫ִמן ַה ֶּת ֶבן‪ְ ,‬וֹלא ָח ְי ִׁשינַן ִּד ְל ָמא ִמ ְמ ִעיט ַה ֶּת ֶבן‬
‫ה ָד ֵדי‪,‬‬‫ׁשּותא ְו ָא ְס ֵרי ַא ֲ‬
‫ַהוָה ֵליּה ֲח ָדא ְר ָ‬ ‫ֵמ ֲע ָׂש ָרה ו ֲ‬
‫ֵּלּו‬
‫ָאן וְא‬
‫מּכ‬
‫ִין ִ‬
‫ִיל‬
‫אכ‬‫מֲ‬
‫ֵּלּו ַ‬
‫ָד‪ .‬א‬ ‫אח‬ ‫ִין ֶ‬ ‫רב‬ ‫עְ‬‫מָ‬‫ֵין ְ‬ ‫ׁשנַיִם וְא‬
‫ְ‬
‫ּומ ַט ְל ְט ֵלי ֶּב ָח ֵצר ְוֹלא ַמ ְס ֵקי ַא ַּד ְע ַּת ְיהוּ‪ְ ,‬ל ָהא ֹלא‬
‫א ִפּלוּ ִא ְּמ ִעיט ִאי ֹלא ָהוֵי ַה ִּמעּוט‬
‫ְ‬
‫ָח ְי ִׁשינַן‪ְּ ,‬ד ָהא ֲ‬
‫ִין‬‫רב‬‫עְ‬‫מָ‬
‫ִים‪ְ ,‬‬
‫פח‬‫טָ‬
‫ָה ְ‬‫ֲׂשר‬
‫מע ָ‬‫ֶן ֵ‬‫ּתב‬
‫הֶ‬‫ֵט ַ‬‫מע‬ ‫ִת ַ‬
‫ָאן‪ .‬נ ְ‬‫מּכ‬
‫ִין ִ‬‫ִיל‬
‫אכ‬‫מֲ‬ ‫ַ‬
‫ׂשר‬ ‫יֹותר ֹלא ָא ְס ֵרי‪ְּ ,‬ד ָהא ֶע ֶ‬ ‫ׂשר ַאּמֹות ְו ֵ‬ ‫ַעל ְּפנֵי ֶע ֶ‬
‫ַאּמֹות ִּפ ְת ָחא ָהוֵי ְו ֵאין ְּב ֵה ָמה ְמ ַמ ֶע ֶטת ָּכל ָּכְך‬
‫ׁשנָיִם‪:‬‬
‫ִין ְ‬ ‫רב‬‫עְ‬‫מָ‬‫ֵין ְ‬
‫ָד וְא‬‫אח‬ ‫ֶ‬
‫ׂשר ַאּמֹות ְ[ועֹוד]‪ְ :‬מ ָע ְר ִבין ֶא ָחד‪ִ .‬אם ִנ ְת ַמ ֵעט ְּבחֹל ִל ְפנֵי‬ ‫ׂש ָרה ְט ָפ ִחים‪ַ .‬על ְּפנֵי ָּכל א ֶֹרְך ֶה ָח ֵצר אֹו ְּב ֶמ ֶ‬
‫ׁשְך ֶע ֶ‬ ‫[ּב ַׁש ָּבת ֶא ָחד]‪ִ :‬נ ְת ַמ ֵעט ַה ֶּת ֶבן ֵמ ֲע ָ‬
‫יל ָתּה ְ‬
‫א ִכ ָ‬‫ַּב ֲ‬
‫ַה ַּׁש ָּבת‪:‬‬

‫‪J E U D I‬‬
‫‪10 Kislev 5781‬‬
‫‪26 / 11 / 20‬‬
‫‪Ch.7 Mishna 6‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫ַּכה‬
‫ּומז ֶ‬
‫יח ֶאת ֶה ָח ִבית‪ִ .‬מ ֶ‬
‫ּׁשּלֹו‪ִ ,‬אם ִי ְר ֶצה‪ְ ,‬ו ָאז ָצ ִריְך‬
‫ּׁש ָּל ֶהם ֵאין ָצ ִריְך ְלזַּכֹות‪ְ :‬‬
‫ֵמ ִנ ַ‬
‫ְלזַּכֹות‪ְּ ,‬ד ִאּלוּ ִמ ֶ‬
‫ֵי זֹו‬
‫הר‬‫ֵר‪ֲ ,‬‬‫ִית וְאֹומ‬ ‫חב‬‫הָ‬ ‫ֶת ֶ‬ ‫חא‬ ‫מנִי ַ‬‫ָבֹוי‪ֵ .‬‬‫ּבּמ‬
‫ִין ַ‬ ‫ּתפ‬‫ּת ְ‬
‫ִׁש ַ‬
‫ַד מ ְ‬‫ֵיצ‬ ‫ּכ‬
‫אֹומר ָל ֶהם ַק ְּבלּו ָח ִבית‬
‫יּה‬
‫ּזֹוכה ַמ ְג ִּב ַ‬
‫ֵ‬ ‫ּובּתֹו‪.‬‬
‫ָל ֶהם ַעל ְי ֵדי ְבנֹו ִ‬
‫ׁשם ָּכל ְּבנֵי ַה ָּמבֹוי‪ְ .‬ו ַה ֶ‬ ‫ּוזכּו ָּבּה ְל ֵ‬
‫זֹו ְ‬
‫ַל‬ ‫ִים וְע‬
‫הּגְדֹול‬
‫ִּתֹו ַ‬
‫ְנֹו ּוב‬
‫ֵי ב‬ ‫ַל יְד‬ ‫ָהן ע‬
‫ֶה ל ֶ‬ ‫מזַּכ‬
‫ָבֹוי‪ּ ,‬ו ְ‬‫ּבנֵי מ‬
‫ָל ְ‬‫לכ‬‫ְ‬
‫יכא‬
‫יתי‬
‫ָה ֵערּוב ְּביָדֹו ֶט ַפח ִמן ַה ַּק ְר ַקע‪ְּ ,‬ד ָכל ֵה ָ‬
‫אֹומר ִז ִּכ ִ‬
‫ׁשּותיהּ ֹלא ַה ְויָא ְז ִכּיָה‪ְ ,‬ו ֵ‬
‫ְּד ַמ ְנ ָחא ִּב ְר ֵ‬
‫ֵינֹו‬
‫ָל א‬ ‫אב‬‫ִׁשּתֹו‪ֲ ,‬‬
‫ֵי א ְ‬ ‫ַל יְד‬ ‫ִים וְע‬ ‫בר‬ ‫עְ‬‫הִ‬‫ָתֹו ָ‬ ‫פח‬ ‫ְׁש ְ‬
‫ְּדֹו ו ִ‬
‫עב‬‫ֵי ַ‬‫יְד‬
‫ָדן ְּכיָדֹו‪ְ .‬ו ָלאו ְז ִכּיָה ִהיא‪:‬‬
‫ׁשּי ָ‬
‫ָל ֶהם‪ֶ :‬‬ ‫ְּדֹו‬
‫עב‬‫ֵי ַ‬
‫ַל יְד‬ ‫טּנִים וְֹלא ע‬ ‫ּק ַ‬
‫הְ‬ ‫ִּתֹו ַ‬ ‫ְנֹו ּוב‬
‫ֵי ב‬‫ַל יְד‬ ‫ֶה ֹלא ע‬ ‫מזַּכ‬
‫ְ‬
‫ּכיָדֹו‪:‬‬
‫ָן ְ‬ ‫ׁשּיָד‬
‫ּפנֵי ֶ‬
‫מְ‬ ‫ענִים‪ִ ,‬‬ ‫ּכנַ ֲ‬
‫הְ‬‫ָתֹו ַ‬‫פח‬‫ְׁש ְ‬
‫וִ‬

‫‪VENDREDI‬‬
‫‪11 Kislev 5781‬‬
‫‪27 / 11 / 20‬‬
‫‪Ch.7 Mishna 7‬‬ ‫‪EIROUVIN‬‬

‫ִנ ְת ַמ ֵעט ָהא ֶֹכל‪ִ .‬מ ִּׁשעּורֹו ַה ְמפ ָֹרׁש ְל ַק ָּמן‬


‫ּׁשּלֹו‬ ‫ַּכה‪ִ .‬אם ָּבא ְל ִ‬
‫הֹוסיף ִמ ֶ‬ ‫ּומז ֶ‬
‫מֹוסיף ְ‬ ‫יתין‪ִ :‬‬ ‫ְּב ַמ ְת ִנ ִ‬
‫ַ‪.‬‬
‫ִיע‬
‫ְהֹוד‬
‫ִיְך ל‬
‫צר‬‫ֵין ָ‬
‫ֶה‪ ,‬וְא‬ ‫מזַּכ‬
‫ִיף ּו ְ‬ ‫ֶל‪ ,‬מֹוס‬‫האֹכ‬
‫ֵט ָ‬ ‫מע‬‫ִת ַ‬
‫נְ‬
‫ׁש ֵאינֹו ִמ ִּמין ַה ִּׁשּתּוף ָה ִראׁשֹון‪,‬‬
‫ׁש ִּנ ְׁש ַאר‬
‫יען‪ֵּ ,‬כיוָן ֶ‬‫הֹוד ָ‬
‫א ִפּלוּ ִמ ִּמין ַא ֵחר ֶ‬
‫ַּכה ְו ֵאינֹו ָצ ִריְך ְל ִ‬‫ּומז ֶ‬
‫מֹוסיף ְ‬ ‫ִ‬
‫ֲ‬ ‫ַ‪:‬‬
‫ִיע‬
‫ְהֹוד‬
‫ִיְך ל‬
‫צר‬‫ֶה‪ ,‬וְָ‬ ‫מזַּכ‬
‫ִיף ּו ְ‬
‫ֵיהם‪ ,‬מֹוס‬
‫על ֶ‬‫ְפּו ֲ‬
‫נִּתֹוס‬
‫ַּכה ְו ֵאינֹו ָצ ִריְך‬ ‫ּומז ֶ‬
‫א ִפּלוּ ָּכ ָלה ְל ַג ְמ ֵרי ֵמ ִביא ֵמאֹותֹו ַה ִּמין ְ‬ ‫נֹותן ִמ ִּמין ַה ִּׁשּתּוף ָה ִראׁשֹון‪ֲ ,‬‬ ‫א ָבל ִאם ֵ‬ ‫ְק ָצת ִמן ַה ִּמין ָה ִראׁשֹון ֵאינֹו ִנ ְר ֶאה ִּכ ְמ ָע ֵרב ַּב ְּת ִח ָּלה‪ֲ .‬‬
‫ׁשי ָמבֹוי זֶה‬ ‫עֹוׂשה ֵערּוב ִעם ַא ְנ ֵ‬
‫ׁש ֶ‬ ‫ׁש ְּכ ֶ‬
‫ׁשּיֵׁש ֶל ָח ֵצר ְׁשנֵי ְּפ ָת ִחים ִל ְׁש ֵּתי ְמבֹואֹות‪ֶ ,‬‬ ‫יע‪ְ .‬ו ַד ְו ָקא ִּב ְז ַמן ֶ‬
‫הֹוד ַ‬
‫ַּכה ְו ָצ ִריְך ְל ִ‬ ‫ּומז ֶ‬
‫מֹוסיף ְ‬ ‫ּיּורים ִ‬ ‫יהם ִּד ִ‬
‫ּתֹוספוּ ֲע ֵל ֶ‬
‫יען‪ִ :‬נ ְ‬ ‫הֹוד ָ‬
‫ְל ִ‬
‫א ָבל ִאם ֵאין לֹו ֶּפ ַתח ֶא ָּלא ְל ָמבֹוי זֶה‬ ‫ֶג ָדּה‪ֲ .‬‬
‫ׁש ְּכנ ְ‬‫רּוח ֶ‬
‫יח יָד ָּב ַ‬
‫ּול ַה ִּנ ַ‬
‫רּוח זֹו ְ‬
‫יחא ְלהּו ִל ְקנֹות ְּב ַ‬ ‫יע‪ִּ ,‬ד ְל ָמא ֹלא ִנ ָ‬
‫הֹוד ַ‬
‫יכְך ָצ ִריְך ְל ִ‬ ‫ָאסּור ְל ִה ְׁש ַּת ֵּמׁש ְּב ָמבֹוי ַא ֵחר‪ְ ,‬ל ִפ ָ‬
‫ׁשֹּלא ְּב ָפנָיו ְו ֵאין ָח ִבין ָל ָא ָדם ֶא ָּלא ְּב ָפנָיו‪:‬‬
‫ָכין ָל ָא ָדם ֶ‬ ‫יע‪ְּ ,‬דז ִ‬
‫הֹוד ַ‬
‫ׁש ִּנ ְׁש ַּת ְּתפוּ ּבֹו ְּת ִח ָּלה ֵאינֹו ָצ ִריְך ְל ִ‬
‫ֶ‬

‫‪167‬‬
‫‪DIMANCHE‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.7 Mishna 8‬‬ ‫‪13 Kislev 5781‬‬
‫‪29 / 11 / 20‬‬
‫ְעּודֹות‬
‫ּתי ס‬
‫ׁש ֵ‬
‫ְזֹון ְ‬‫ִין‪ ,‬מ‬
‫רּב‬
‫מֻ‬‫הן ְ‬ ‫ׁש ֵ‬
‫ַן ֶ‬
‫ּבזְמ‬
‫ׁשעּורֹו‪ִ .‬‬
‫ָה הּוא ִ‬ ‫ּכּמ‬
‫ַ‬ ‫ּול ַמ ְע ָלה‪ְ :‬מזֹון‬
‫ְמ ֻר ִּבין‪ְׁ .‬שמֹנָה ָע ָׂשר ְּבנֵי ָא ָדם ְ‬
‫ְׁש ֵּתי ְסעּודֹות‪ֵ .‬הן ְׁשמֹנֶה ֶע ְׂש ֵרה ְּג ָ‬
‫רֹוגרֹות‪:‬‬
‫ָל‬
‫לכ‬‫ָת ְ‬‫ׁשּב‬
‫ַת ַ‬ ‫צא‬
‫ְהֹו ָ‬
‫ֶת ל‬ ‫ּכגְרֹוגֶר‬
‫ִין‪ִ ,‬‬‫עט‬‫מָ‬‫הן ֻ‬‫ׁש ֵ‬
‫ַן ֶ‬‫ּבזְמ‬
‫ָם‪ִ .‬‬ ‫כּל‬
‫לֻ‬‫ְ‬ ‫ׁש ָּבת‪.‬‬
‫הֹוצ ַאת ַ‬
‫א ָכ ִלים‬
‫ֻמ ָע ִטין‪ָּ .‬פחֹות ִמ ְּׁשמֹנָה ָע ָׂשר‪ְ :‬ל ָ‬
‫ּמֹוציא ֳ‬
‫הֹוצ ַאת ַׁש ָּבת‪ִּ .‬כי ַה ִ‬ ‫ׁשל ָ‬ ‫ִׁשעּור ֶ‬
‫ָד‪:‬‬
‫אח‬ ‫ָד וְ ֶ‬
‫אח‬ ‫ֶ‬ ‫ֶרת‪:‬‬ ‫ְּב ַׁש ָּבת ֵאינֹו ַחּיָב ְּב ָפחֹות ִמ ִּכ ְגרֹוג ֶ‬

‫‪L U N D I‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.7 Mishna 9‬‬ ‫‪14 Kislev 5781‬‬
‫‪30 / 11 / 20‬‬
‫ָל‬
‫אב‬‫ֵרּוב‪ֲ .‬‬
‫ַת ע‬ ‫חּל‬
‫ִת ִ‬
‫ִים‪ּ ,‬ב ְ‬‫ֲמּור‬‫ִים א‬‫בר‬‫דָ‬‫ֶה ְ‬‫ּבּמ‬
‫ֵי‪ַ ,‬‬ ‫ִי יֹוס‬
‫רּב‬
‫ַר ַ‬‫אמ‬‫ָ‬ ‫ׁש ִּנ ְת ַמ ֵעט ִמ ִּׁשעּורֹו‪ְ :‬וֹלא‬
‫ׁש ִּנ ְׁש ַּת ְּתפוּ‬
‫ָרי ָה ֵערּוב‪ֶ .‬‬
‫ָא ְמרּו ְל ָע ֵרב ַּב ֲח ֵצרֹות‪ַ .‬א ַחר ֶ‬
‫ִּב ְׁשי ֵ‬

‫ָא‬
‫אּל‬
‫ֵרֹות ֶ‬‫חצ‬‫ּב ֲ‬
‫ֵב ַ‬‫ער‬‫לָ‬ ‫ְרּו ְ‬
‫אמ‬ ‫ׁשהּוא‪ .‬וְֹלא ָ‬
‫ָל ֶ‬ ‫ֵרּוב‪ּ ,‬כ‬‫ֵי ע‬‫ִׁשיָר‬
‫ּב ְ‬ ‫רּובי‬
‫ּתֹורת ֵע ֵ‬
‫ׁש ִּנ ְׁש ַּת ְּתפוּ‬
‫ַ‬ ‫ׁשֹּלא ִּת ְׁש ַּת ַּכח‬
‫יֹוד ִעין ֶ‬
‫ׁש ֵאינָן ְ‬
‫ַּב ָּמבֹוי‪ֶ ,‬א ָּלא ֶ‬
‫ֲח ֵצרֹות ִמ ִּתינֹוקֹות ֶ‬
‫ּתינֹוקֹות‪:‬‬
‫הִ‬ ‫ֶת ַ‬
‫חא‬ ‫ּכ ַ‬
‫ְׁש ֵ‬
‫ׁשֹּלא ל ַ‬
‫ֵי ֶ‬‫כד‬
‫ְ‬ ‫ילינַן ֵּביּה‪ְ .‬ו ַאף ַעל ַּגב‬
‫רּובי ֲח ֵצרֹות ְל ַא ַחר‬
‫ַּב ָּמבֹוי‪ִ ,‬ה ְל ָּכְך ְמ ִק ִ‬
‫ְּד ַט ֲע ָמא ִּד ְמ ָע ְר ִבין ֵע ֵ‬
‫ילינַן ֵּביּה ֻּכ ֵּלי ַהאי‪:‬‬
‫ָרי ֵערּוב‪ְּ ,‬דֹלא ְמ ִק ִ‬
‫יֹוסי ִּב ְׁשי ֵ‬
‫ה ָל ָכה ְּכ ַר ִּבי ֵ‬
‫ּתֹורת ֵערּוב ִמן ַה ִּתינֹוקֹות‪ִ ,‬מ ָּכל ָמקֹום ֵאין ֲ‬
‫ׁשֹּלא ִּת ְׁש ַּת ַּכח ַ‬ ‫ׁש ִּנ ְׁש ַּת ְּתפוּ ַּב ָּמבֹוי ָהוֵי ְּכ ֵדי ֶ‬
‫ֶ‬

‫‪M A R D I‬‬
‫‪EIROUVIN‬‬ ‫‪Ch.7 Mishna 10‬‬ ‫‪15 Kislev 5781‬‬
‫‪01 / 12 / 20‬‬
‫ֵי‬‫בר‬‫ּד ְ‬
‫ַח‪ִ ,‬‬
‫ּמל‬
‫הֶ‬ ‫ִן ַ‬
‫ּמיִם ּומ‬
‫הַ‬ ‫ִן ַ‬
‫ִין‪ ,‬חּוץ מ‬‫ּתפ‬‫ּת ְ‬
‫ִׁש ַ‬
‫ִין ּומ ְ‬
‫רב‬‫עְ‬‫מָ‬‫ּבּכֹל ְ‬
‫ַ‬ ‫רּובי‬
‫חּומין‪ְּ ,‬ד ִאּלוּ ֵע ֵ‬
‫ּומיהּו ַ