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Ministère de l’Enseignement Technique République de Côte d’Ivoire

et de la Formation Professionnelle Union- Discipline- Travail

AUTEUR
UP CMC TH CBCG Cocody

1
PROGRAMME D’HISTOIRE DES CIVILISATIONS
1 BTS (TO)

CHAPITRE I : DÉFINITION DU CONCEPT DE


CIVILISATION
CHAPITRE II : : PEUPLES ET CIVILISATION DE COTE
D’IVOIRE
Leçon 1 : L’Histoire du peuplement de la Côte d’Ivoire
Leçon 2 : Les grandes aires culturelles de la Côte d’Ivoire : Mandé – Krou
– Akan - Gur

CHAPITRE III : LE MONDE NOIR ET SON ÉVOLUTION


Leçon 1 : Les grands foyers de civilisation africaine : La zone soudanaise
(Ghana – Songhaï – Yorouba) et le Royaume Bantou

Leçon 2 : Les Religions comme facteurs de civilisation : Le cas de l’Islam et


du Christianisme

CHAPITRE IV : L’AFRIQUE BLANCHE (Méditerranée –


Maghreb – Islam)
Leçon 1 : L’Egypte
Leçon 2 : L’Algérie et le Maroc

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CHAPITRE I : DÉFINITION DU CONCEPT DE
CIVILISATION
INTRODUCTION
Les groupes humains ont laissé leur marque dans le temps. Ces marques s’apprécient à travers la
civilisation. Étudier une civilisation, c’est découvrir leur originalité, comment ils ont contribué à
l’évolution du monde. Qu’est-ce que la civilisation ?

I) APPROCHE CONCEPTUELLE DE LA CIVILISATION


1) Origine et définition du concept de civilisation
a- Origine du concept de civilisation
Le concept de civilisation est une notion qui a traversé le temps :

- la notion civilisation commence avec les premiers États sédentaires qui apparaissent à 5000 ans
av J-C. Ses États vivaient en société. l’histoire de l’humanité civilisée et de ses réalisations est
l’histoire de l’homme vivant en société. D’abord les villages, puis les villes, enfin les cités-États et
les nations furent les cadres de ces sociétés. Mais auparavant, il fallait que l’homme sût produire la
nourriture nécessaire à ses groupes humains. Les premiers peuples qui y réussir vivaient il y a plus de
5000 ans au Moyen-Orient. A ces périodes, il y avait donc une civilisation. Mais l’écriture n’était
pas encore inventée pour retracer ces civilisations.

- L’apparition de l’écriture (3000 ans av J-C) marque le plus grand pas de la civilisation
humaine depuis l’usage du feu. Elle a permis de fixer les légendes et les traditions très anciennes.

- La notion même de civilisation fait son apparition au XVIIIe siècle avec la révolution
industrielle qui est apparu en Europe. Les classes aisées (les bourgeois) adoptent certains
comportements différents des classes pauvres (prolétaires) qui sont sans « instruction », sans
« éducation ». Il fallait alors les « civiliser ». Civiliser signifiait alors : rendre sociable, polir les
mœurs, élever moralement. En somme c’est avoir de bonnes manières.

- A partir du XIXe siècle terme de «civilisation» s’inscrit dans la logique impérialiste des grands
états européens. Les États européen se donnent pour mission des « civiliser » les peuples
« barbares » comme les africains. La civilisation s’oppose alors à la barbarie. Les civilisés forment
alors l’humanité supérieure, l’élite

b- Définition du concept de civilisation


La civilisation est l’ensemble des valeurs artistiques, intellectuelles, morales, matérielles, religieuses et
linguistiques d’une société. La civilisation est donc un tout c’est-à-dire l’ensemble des caractères
communs à un groupe humain. Ainsi donc à chaque peuple correspond une civilisation.

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2) Les caractères d’une civilisation
Le concept de civilisation s’analyse à travers ses caractéristiques. Ainsi donc, une civilisation se caractérise
par :

- Un groupe d’homme c’est-à-dire un peuple ou plusieurs peuples vivant ensemble, une race.

- Une économie qui se fonde sur une ou plusieurs activités comme la chasse, l’agriculture, l’artisanat, le
commerce, l’industrie.

- Un espace géographique (territoire, un pays) avec son relief, son climat et son influence sur les
hommes.

- Une organisation sociale (les pauvres, les riches, les faibles, les puissances, les maîtres, les
esclaves…)

- Un mode de vie qui prend en compte l’habitat, la nourriture, le vêtement, l’éducation des enfants,
divertissement…

- Les croyances : la religion

- Les techniques : les outils, les inventions…

- Une pensée : des idées, une manière de voir la vie, de vouloir vivre…

- Un art : la peinture, la sculpture, l’architecture, la musique, la littérature, la poésie.

La civilisation est un ensemble cohérent, car tous les éléments sont étroitement liés

Économie

Art Organisation

HOMMES
Pensée Mode de vie

Croyance Techniques

Espace
Géographique

La civilisation et ses caractères

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II) D’UNE CIVILISATION A UNE PLURALITÉ DE CIVILISATION

1) la conception traditionnelle de la civilisation


Traditionnellement, la notion de civilisation comporte un jugement de valeur. Il n’y a alors qu’une seule
civilisation. Ainsi donc, dans la tradition, tout groupe humain n’est pas naturellement civilisé. Pour être
civiliser, il faut remplir un certain nombre de conditions comme :

- Avoir une bonne instruction


- Avoir des mœurs policés c’est-à-dire être bien éduqué, avoir de bons usages.
- Savoir bien observer les règles juridiques.
- Savoir bien se comporter dans la société

Le civilisé est donc celui qui a atteint un degré élevé dans l’échelle sociale des êtres humains. Il se
distingue donc du sauvage, du primitif ou du barbare.

2) La conception contemporaines de la civilisation ou la pluralité de civilisation


A l’époque contemporaine une vue différente de conception traditionnelle de la civilisation s’est
progressivement mise en place. Cette vue s’est imposée grâce au progrès des connaissances. Trois éléments
ont milité en faveur de ce changement :

- Les travaux des ethnologues  : l’ethnologie est la branche de l’anthropologie qui analyse, interprète et
décrit les origines, les mœurs et les coutumes des peuples. Les travaux des ethnologues ont mis en
lumière que les peuples réputés sauvages n’étaient pas dépourvus de civilisation. En effet, ces peuples
avaient aussi leur organisation, leurs institutions, se conformaient à des règles morales et sociales,
respectaient certaines valeurs éthiques même si elles sont différentes de celles des Européens.

- Les grands progrès de l’archéologie : les progrès dans l’archéologie ont révélé l’existence d’autres
civilisations plus anciennes que celle des Européens dans l’antiquité classique qu’on disait peuples
civilisés (comme la civilisation grecque avec l’Athènes de Périclès ou la civilisation Romaine avec
Rome d’auguste). En effet, les fouilles et progrès des techniques ont permis aux archéologues de
rétablir l’histoire des premiers peuples civilisés du monde qui se trouvaient en Asie (Moyen-Orient)
comme Sumer et Akkad (4000 et 2000 ans av J-C). L’Europe n’était donc pas la première civilisation
du monde.

- Les atrocités pendant les deux guerres mondiales  : les cruautés observées pendant les évènements
comme les deux guerres mondiales ont démontré que même les Européens dit « civilisés » commettent
des barbaries, des sauvageries. Le barbare, le sauvage n’est donc pas seulement le noir ou l’asiatique.

On est donc arrivé à dire qu’il n’existe pas une seule civilisation, mais plusieurs civilisations. On a alors
abandonné la notion de peuples civilisés et de peuples non civilisés.

Il n’existe donc pas de peuples non civilisés, mais que des peuples de civilisations différentes

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III) DÉFINITION DE QUELQUES NOTIONS DE BASE :
1) L’Acculturation :
- L’acculturation se définir comme l’interpénétration des civilisations.
- Ce sont des phénomènes qui résultent du contact direct et continu entre des groupes d’individus
appartenant à des cultures différentes et qui suscitent des changements culturels d’importance variable
dans l’un des deux groupes en présence. 
2) Le Caste 
Le terme est issu du portugais « casta » signifiant «pur», «non mélangé».
Les castes sont des couches sociales hiérarchisées et héréditaire dont les membres sont de même race
ou de même ethnie, appartiennent à la même religion, pratiquent le même métier et dans laquelle les
unions matrimoniales avec des membres d’autres castes sont prohibées.

3) Culture :
La culture désigne l’ensemble des traditions artistiques, religieuses, philosophiques, mais encore les
techniques, les coutumes qui caractérisent la vie d’une société 

4) L’Ethnie
- L’ethnie désigne un petit groupe homogène du point de vue de la race et de la civilisation (langue,
religion, traditions communes).
- L’ethnicité est le sentiment de partager une appartenance commune par la langue, l’histoire,
etc… 
5) La Sédentarisation :
La sédentarisation est l'établissement fixe d'un regroupement humain initialement nomade sur un territoire.
La sédentarisation est le processus qui marque le passage de l’état nomade à l’état sédentaire. C’est
au Néolithique que de nombreux groupes humains adopte une économie de production basée sur
l’agriculture et l’élevage.

6) La Société 
La société est un ensemble d’individus unis par des rapports déterminés et des services mutuels.

7) Religion
Le terme revêt plusieurs significations.
- Le terme désigne d’abord le rapport de l’esprit humain au divin qui implique, pour le croyant, la foi en
un être ou un principe, en un Au-delà, en une transcendance.

- la religion est aussi une institution sociale ayant pour objet de rendre hommage au divin par des
liturgies et des rites. 
8) Le Rite :
Le rite c’est l’ensemble des règles établies pour la célébration d’un culte.
Il existe aussi des rites initiatiques qui accompagnent les changements majeurs biologiques et/ou sociaux
qui rythment la vie d’un individu. 

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Alliance à plaisanterie
Accord conclu entre deux ou plusieurs peuples partageant le même espace géographique dans le but de
vivre en harmonie ; accord de prévention des conflits.
Alliance à serment
Accord conclu entre deux peuples après une période de conflit ; il met une fin à la guerre et engage les
peuples à préserver la paix ; accord de résolution des conflits.
Arbre à palabre
Institution traditionnelles chez les peuples africains qui réunit toute la communauté villageoise sous
l’autorité du chef pour traiter tout problème relatif à la vie du village.
Brassage
Ensemble des mélanges qui se sont réalisés entre les peuples à partir de divers contacts.
Caste
Classe sociale fermée dont les membres ont des liens religieux ou professionnels dans les sociétés
hiérarchisées.
Communauté villageoise
Ensemble des habitants du village qui se reconnaissent dans les règles de gestion de leur village.
Lignage
Ensemble des descendants d’un ancêtre commun :
- D’un ancêtre mâle : lignage patrilinéaire
- D’un ancêtre féminin : lignage matrilinéaire.
Tenue d’apparat
Costume, uniforme et accessoires qu’une autorité ne porte que pendant les grandes cérémonies

CONCLUSION
La notion de civilisation, longtemps tenue pour unique et absolue, implique maintenant une pluralité et
relativité de civilisation. Le glissement d’un sens à l’autre exprime toute une évolution intellectuelle.

Tableau synoptique des civilisations et cultures de l'Humanité

Région Année
Avant -2000 à -1000 -1000 à -500 -500 à -1 -1 à 500 500 à 1000 1000 à 1500 1500 à 2000
-2000
Moyen- Uruk, Babylone, Babylone, Perse, Gréco- Perse, Perse, Empire Turcs, Perse,  Turcs, Perse, 
Orient Sumer, Hittites, Hittites,  Macédonienne/Ro Romains romain Civilisation Civilisation
Akkad Assyrie Assyrie, yaume Séleucide d'Orient arabe arabe
Mèdes, Perse
Afrique Civilisat Civilisation Civilisation Civilisation Civilisation Civilisation Civilisation Civilisation
du ion berbère, berbère, Égypt berbère, berbère, arabo-berbère,  arabo- arabo-
nord berbère, Égypte e antique Civilisation Empire Civilisation berbère, berbère,
Égypte antique carthaginoise,  romain arabe Civilisation Civilisation
antique Égypte grecque arabe arabe
ptolémaïque,
Rome antique
Proche- Canaan Royaume Gréco- Empire Civilisation Civilisation
orient d'Israël/Royau Macédonienne/Ro romain arabe, arabe
7
me de Juda yaume Séleucide empire
byzantin
Europe Carpato- Carpato- Traco- Traco-Gète, Grecque et Hongrois, em Russie, Mon Russie, 
oriental danubie danubienne,Tr Gète,Celte, Gr  Grecque et romaine, pire gole, empire Communisme
e nne, aco-Gète ecque et romaine Traco-Gète byzantin, Bulg byzantin, B
Civilisat romaine are ulgare
ion des
Cyclade
s
Europe Celtes Celtes Gallo-Romaine Occidentale Occidentale
occiden
tale
Afrique Pygmée, Pygmée,Banto Pygmée, Pygmée, Pygmée, No Pygmée, Pygmée,  Pygmée, Tékés
sub- Bantous us, Khoisan Bantous,   Bantous,  k,Mandingu  Kongos, Kongos, , Luba,Lundas, 
saharie ,Tazunu, Nok, Nok, es,Haoussas Mandingues, Mandingues Yaka, Peuls,Zo
nne Khoisan Mandingues, Mandingues,  , Haoussas,  , Haoussas, ulous, Ndébélé
Khoïkhoï, Haoussas, Nguni, Nguni, Nguni,  s, Xhosa,Basot
Bochimans Khoïkhoï,  Khoïkhoï, Xhosa,  Xhosa, ho, Damaras,N
Bochimans Bochimans Damaras, Mapungubw amaquas, Boch
Khoïkhoï,  e, Shonas, imans,Swahilis
Bochimans, Damaras, 
Swahilis Khoïkhoï,
Bochimans, 
Swahilis
Asie Civilisat Civilisation de
central ion de la la vallée de
e et vallée l'Indus
Inde de
l'Indus
Extrêm Dynasti Dynastie Dynastie Dynastie Han Dynastie Dynastie Dynastie
e- e Xia Shang Zhou Tang,Royaum Song, Civili Ming, Dynasti
Orient e de Nanzhao sation e Qing, Ère
Tangoute, D Meiji
ynastie
Yuan
Asie du Royaume du Royaume de Empire de Empire Sultanats
Sud- Funan Chenla Srivijaya,Emp khmer, Roy Indo-malais
Est ire khmer aume
d'Ayutthaya, 
Majapahit
Amériq Caral Chavín Chavín, Paracas Paracas,Tia Tiahuanaco, N Sicán, Chim Inca
ue du huanaco,Na azca,Moche,  ú, Inca
Sud zca,Moche,  Huari, Sicán
Huari
Amériq Olmèqu Olmèque Olmèque, Ma Maya Maya Maya Maya, Aztè Espagnols
ue e ya que
central
e
Amériq Mound Américains
ue du Builders Civ
Nord ilisation

8
mississippie
nne

LES SOURCES DE L’HISTOIRE


COMPOSITION AVANTAGES INCONVÉNIENTS OBSERVATIONS
-les contes -vivantes -déformation -principales sources
-les légendes -indispensables -problème de datation documentaires des
-les chants en l’absence de -objectivité liée aux civilisations ayant
-les mythes sources écrites émotions, aux très peu connu
ORALES -les récits Ex : les griots, les appartenances l’écriture. Ex la
-les témoignages vieux…sont en ethniques, nationales, civilisation africaine.
etc. transmis de Afrique de raciales… -leur utilisation est
génération en véritables délicate et il faut
génération… bibliothèques de s’entourer de
l’histoire. beaucoup de
précautions.
-parchemins -la conservation -problème de Documents très
-manuscrits des faits conservation du utilisés dans les
- lettres -une datation document civilisations
ECRITES -journaux plus précise -authenticité du occidentales ou
-livres -une accessibilité document asiatiques qui ont
-discours beaucoup plus -subjectivité car connu l’écriture à
-télégrammes… facile… l’historien ou grande échelle.
l’écrivain peut être
partial de façon
inconsciente ou de
façon consciente
-la traduction…
-monuments -études des -la conservation sont très importantes
-tableaux périodes très -l’authenticité pour l’étude de la
-peintures rupestres reculées -l’accessibilité… préhistoire.
MUETTES -ossements -témoignages
-gravures matériels vivants
-documents très utiles en
numismatiques l’absence de
sources écrites et
même parfois
orales
-films -font revivre les -conservation des elles sont récentes
-photos faits supports numériques car datent du XXe
AUDIOVISUELLES -images -histoire vivante -subjectivité qu’on siècle mais
-sons note souvent dans les constituent des
-supports reportages… preuves très
numériques importantes.

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CHAPITRE II : PEUPLES ET CIVILISATION DE
CÔTE D’IVOIRE
Leçon 1 :
L’HISTOIRE DU PEUPLEMENT DE LA CÔTE
D’IVOIRE
INTRODUCTION
Une migration de population est un mouvement définitif d’un groupe de personnes d’un territoire vers un
autre. En Côte d’Ivoire, le peuplement s’est faite par vague migratoire successive aux causes diverses.

I) LES CAUSES DES MIGRATIONS DES PEUPLES


Les mouvements d’immigration vers le territoire ivoirien s’expliquent par plusieurs causes :

1) Les causes politiques et militaires


Les premiers départs vers la Côte d’Ivoire étaient le fait :

- des razzias incessantes


- des guerres liées à la fondation et à la dislocation des grands empires de la boucle du Niger.
- À l’instabilité croissante que connaissait le pouvoir central dans les différents empires
- des querelles intestines dans les différents empires.
- Les divisions au sein des clans et lignages l’insécurité née des crises politiques à l’intérieur des
royaumes

Tous ces éléments vont obliger certains peuples à chercher refuges dans des zones plus inaccessibles
notamment en Côte d’Ivoire.

2) Les causes économiques


- L’agriculture et la chasse constituaient les activités les plus essentielles pour assurer la survie de
certaines populations. Pour ces populations, il fallait en migrant en Côte d’Ivoire donc rechercher des
terres fertiles et des zones propices à la pratique de la chasse.
- De plus avec le développement de l’activité commerciale transsaharienne, ces populations migrent en
Côte d’Ivoire à la recherche de produit de plus en plus convoités tels que lacolas, l’or, le sel et les
esclaves.
► L’ouverture de nouvelles pistes commerciales
► Certains peuples sont attirés par le commerce côtier

3) Les causes sociales et culturelles


►Les interprétations surnaturelles de certains phénomènes

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►la propagation de l’islam et le refus d’adhérer à de nouvelles religions obligent certains peuples
animistes à chercher refuge pour préserver leur croyance.
► La famine
►Les épidémies

II) LA MISE EN PLACE DES PEUPLES

1) Les origines du peuplement


Contrairement aux idées reçues, le territoire ivoirien a toujours été habité. Des traces attestent la
permanence de l’occupation de certaines zones en Côte d’ Ivoire. Cependant, on ne peut identifier avec
exactitude ces groupes humains qui ont habité tel ou tel espace. Deux versions expliquent l’ancienneté de
l’occupation de l’espace ivoirien :
- Les mythes et les traditions d’autochtonie
- La présence des Pygmées

a- les mythes et les traditions d’autochtonie


Certains mythes d’origines légitiment le droit d’autochtones sur la terre qu’occupent certains peuples. On
peut citer certains peuples qui selon les mythes seraient les premiers à occuper certains espace du territoire
ivoirien. Ces peuples se disant venant de nulle part. On peut citer :

- Les Eotilé (peuples installé à Adiaké et Bassam) affirment être sortis de la lagune.
- les Agoua (peuples établis au Nord et Nord-est de la lagune Aby) affirment être descendus du ciel dans
une bassine en cuivre
- les Moulaka (peuples apparenté aux Agoua) seraient descendu du ciel à l’aide d’une chaine en fer
- les Krobou dans la région d’Agboville se disent être descendus du ciel.
- Les Gbemin, peuples du pays toura (Mandé du Sud) se disent surgir des entrailles d’une grotte
- Les Asrin ou Mbattra (établis près de Tiassalé) se donnent une origine céleste (être descendus du ciel)
- Les Wobé se prétendent eux aussi descendus du ciel ou encore sortis de l’eau.
b- Les ancêtres Pygmées
On admet que les premiers hommes en Côte d’Ivoire sont les négrilles ou pygmées (qu’on les appelle
« Pygmées » suivant le mot grec ou « Négrille », diminutif de Nègre). Ils avaient les caractéristiques
physiques suivantes :
- Ils étaient de petites tailles (entre 1,44 et 1,55 mètre)
- Ils ont des poils abondant
- Ils ont une chevelure crépue
- Ils ont la peau brune (rougeâtre), plus claire que celle des autres noirs
- Ils ont des jambes courtes, des bras longs

Leur mode de vie est le suivant :

- Ils vivaient d’une économie de subsistance fondée sur la chasse et de cueillette


- Ils échangeaient les produits qu’ils tirent de la chasse contre les produits agricoles de leurs voisins
- Ils se vêtent de bandes d’écorce battues
- Ils s’organisent en grandes familles patrilinéaire

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Les baoulé les Baoulé les appellent « Kakatika », les Agni Indénié « Akwatika », les Dida
« dagodigoyue », les Gouro « Yônin », les Alladian « Amgbin, Assamangbin », les Bété « Bidi Köbei », les
Sénoufo « Mandé-bélé »

2) Le peuplement du territoire ivoirien


Le territoire ivoirien a été progressivement occupé à partir du Moyen-âge (10è-14è siècle) par différents
courants migratoires. Ces courants migratoires sont établis en fonction des grands groupes ethniques de
Côte d’Ivoire. Ces groupes sont les Mandé, les Krou, les Voltaïques ou Gour et les Akans.

a- Les Mandé

Les premières migrations Mandé en Côte d’Ivoire remontent au Xè et XIè siècle en provenance du Mali
actuel. Cette lente migration va finalement se stabiliser entre les XVè et XVIIIè siècle.les ethnies Mandé
sont les Malinké, les Yacouba les Toura, les Gouro, les Gagou, les Mahou, .

- Les malinké : Leur migration fait suite à la décomposition de l’empire du Mali au 14 è siècle. Ils
s’installent dans les savanes nord et créent des villes (Odiénné, Séguéla, Mankono, Kani, Kawara,
Kong, etc….) et des royaumes comme : les royaumes du Kabadougou, de Worodougou, de Kong

- les Dan (Yacouba), des toura, des Gban (gagou), des mona et des Ngan : Leur arrivée fait suite à la
décomposition de l’empire du Ghana. Ces peuples sont descendus chercher refuge dans la zone
forestière. Leurs migrations vont s’amplifier aux 16è et 17è siècle.
b- Les Krou

Les premières migrations du peuple Krou en Côte d’Ivoire se situent à partir du XVé et XVIè siècle en
provenance du Libéria. Les ethnies qui composent ce groupe sont les Wê (guéré, Wobé), bété, dida,
Neyo, Godié, Kroumen. On a enregistré deux vagues de migrations :

- La première vague : elle est celle des Magwé venus de l’actuel Libéria. A la fin du 14è siècle, ils
occupent la haute vallée du Sassandra et dans leur descente, ils se divisent en plusieurs groupes
notamment en Wè (Guéré et Wobé), en Yocoboué, et en Bété.
- La deuxième vague : A la fin du 16è siècle et au début du 17è siècle, on assiste à l’arrivée du grande
partie des population krou notamment les Dida , les Kroumen, les Godié. Elles vont occuper la
moyenne vallée du Sassandra et les alentour du bandama-Nzi.

c- Les Voltaïques ou Gour


- Au 13è et 14è siècle : les premières vagues de Sénoufo en provenance du Sud-est de l’actuel Mali et du
Burkina s’installent au Nord de la Côte d’Ivoire. De même, à la fin du 16è siècle, des Dagomba venant
de l’actuel Burkina et du Nord de l’actuel Ghana envahissent les Lorhon, se donnent le nom de
Koulango (ceux qui n’ont peur de rien) et fondent le royaume de Bouna.
- Le 18è siècle voit s’accentuer la descente des Sénoufo et l’infiltration des premier Lobi-Birifor au
Nord-est.
d- Les Akan
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Les Akan sont les derniers groupes à migrer en Côte d’Ivoire. Ils seraient arrivés entre les XVIIè et
XVIIIè siècle en provenance du Ghana actuel. On distingue deux sous-groupes akan : les akan
lagunaires et les akan forestiers.

- A la fin du 17è siècle, tous les akan lagunaires sont déjà en place (Ahizi, Alladjan, Avikam, Essouma,
Abouré, Abidji,Abbey, Adioukrou ;;;)
- Le 18è siècle, enregistre l’arrivée des grands groupes akan pour les raisons suivantes :
♦ La défaite des royaumes Denkyra et d’Aowin face au royaume ashanti :
▪ Les éléments du royaume Denkyra défaits viennent s’installer à Bondoukou et fondent le royaume
Abron
▪la défaite du royaume Aowin face au Ashanti provoque l’exode d’une partie des éléments de ce
royaume qui traversent la Tanoé, s’installent à l’Est et forment des royaumes agni comme : le royaume
du Sanwi, le royaume N’denyé, le royaume Djuablin, le royaume du Moronou.

♦ La grave crise de succession dans le royaume Ashanti, après la mort du roi Oséi Tutu en début du 18è
siècle, provoque la sécession d’un nombre d’élément de ce peuple qui se dirige vers la rive droite de la
Comoé, traverse le fleuve sous la conduite d’une reine nommée Abla Pokou et prend le nom de Baoulé.
Ils s’installent entre le N’zi et le Bandama

III) LES CONSÉQUENCES DES MIGRATIONS EN COTE D’IVOIRE


1) Au plan politique et militaire
►On enregistre de nombreux conflits dans leur installation entre les nouveaux venus et les anciens
► Des alliances politiques et militaires sont scellées entre les peuples voisins.
►Des Alliance à serment : Ce sont des accords conclus entre deux peuples après une période de conflit ; il
met une fin à la guerre et engage les peuples à préserver la paix ; accord de résolution des conflits.
► Les migrations favorisent la naissance de nouvelles formes d’’organisation politique avec la création de
nouveaux royaumes et l’organisation des chefferies.
►On a également la naissance d’une «  démocratie villageoise »
2) Au plan économique
► Les migrations permettent la mise en valeur des terres inexploitées
►On note la diffusion de nouvelles techniques artisanale et culturales.
►On note également l’introduction de nouvelles plantes et cultures
►On assiste au développement du commerce.
3) Au plan social et culturel
► On note une interpénétration culturelle entre les peuples qui aboutit à des alliances de paix ou de
plaisanteries.(toukpê) :
- Alliance à plaisanterie : Accord conclu entre deux ou plusieurs peuples partageant le même espace
géographique dans le but de vivre en harmonie ; accord de prévention des conflits.
- Tou-Kpê : Nom d’origine Twi (langue originel des Akan) désignant l’alliance à serment ou à
plaisanterie conclue entre des peuples de Côte d’Ivoire pour préserver la paix.

Exemple :
Les Ethnies…. ….font alliance avec
Senoufo Yacouba, Toura, Koyaka, Gouro, Wè, Mahouka,
Koulango

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Baoulé Agni, Ano
Gouro Yakouba, Toura, Sénoufo, Wè,, Mahouka,
Tagouana
Dida Abbey, Akyé, Tchaman, Alladjan, Adioukrou
Koulango Sénoufo
Akyé Dida, Mbatto, Kroumen, Bakwé
Koyaka Sénoufo, Djimini, Koulango, Tagouana

► On enregistre des échanges religieux et linguistiques entre les peuples voisins. En effet, la plupart des
ethnies sont l’apport culturel et humain (mariage entre deux peuples) des peuples divers parce que les
groupes assimilés à d’autres imposent leur langue, leur coutume si bien qu’à partir de ces migrations, il est
rare de rencontrer des ethnies pures et originelles.
► On note aussi une interdépendance culturelle ou métissage culturel. Il n’y a donc pas de groupes
ethniques totalement autonomes. Chacun possède un élément qu’il a pris et à appris auprès des autres.

Remarque : les alliances à plaisanterie permettent d’entretenir des rapports de bon voisinage et des
pactes de non-agression.

Les clauses des alliances à plaisanterie sont :

● Interdiction de verser le sang entre alliés ou de se battre car la vie est sacrée

●la possibilité de prendre chez son allié ce dont on a besoin (essentiellement des besoins alimentaires)

● La médiation dans les conflits opposant les membres de la communauté des alliés.

CONCLUSION
Le peuplement de la Côte d’Ivoire s’est fait par vague successive. Ainsi, le territoire ivoirien qui était
habité de façon sporadique avant le XVIe siècle va être occupé avant la fin du XVIIIe siècle par différents
peuples venus de divers horizons. Au début di 19è siècle, la Côte d’Ivoire se trouve occupé par près de 70
ethnies que l’on peut classer en quatre grandes aires ethnoculturelles : Mandé, Krou, Gur et Akan

Exercice 1

L’homme qui vient de nulle part, s’appelle Déwè. Lorsque notre ancêtre, fondateur de ce village, Zo Aya,
était venu ici chercher du gibier, il chassa six jours durant. Le septième jour, il abattit un éléphant. Au
moment où il transportait le butin dans son village d’origine, il aperçu de la fumée d’élever sur cette
montagne Yua. Il s’y rapprocha, c’est alors qu’il fit la rencontre de Déwè. Interrogé sur son pays d’origine,
celui-ci répondit qu’il sortait d’une grotte non loin de là, où il a toujours vécu.

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Il ne put aider notre ancêtre de peur de s’éloigner de sa grotte qui est aujourd’hui un lieu de culte pour ses
descendants, les Gbémins »

Gilbert Gonnin. Rapport entre Mandé et peuples forestiers de l’ouest de la Côte d’Ivoire à travers les
traditions orales tura. Thèse, paris, Sorbonne, 1986.

QUESTIONS

1) Dégagez la nature et l’idée générale du texte


2) D’après le texte et vos connaissances, les peuples migrants sont-il les premiers habitants de la
Côte d’Ivoire ?
3) A partir du texte et de vos connaissances, relevez les causes des grandes migrations
4) Selon vos connaissances, quelles sont les conséquences des migrations en côte d’Ivoire ?

RÉPONSES AUX QUESTIONS

1) a- ce texte est un récit

b- il a pour idée générale l’origine du peuple Gbémin

2) non, car d’après le texte, Zo aya qui vient d’ailleurs, après six jours de chasse a trouvé Déwê
(l’homme qui vient de nulle part) déjà installé depuis la nuit des temps dans la grotte.
Donc un des premiers habitants de la Côte d’Ivoire.
Aussi, selon mes connaissances d’autres peuples comme les Ega (sud ouest Divo), Ehotilé
(Adiaké), Assrin, Kotrowou, ont été les premiers habitants de la Côte d’Ivoire avant l’arrivée des
premiers migrants.
3) D’abord, selon le texte, la principale cause des grandes migrations est économique (la chasse) l
En dehors d’un texte on peut noter diverses causes telles que :
- Les raisons politiques : guerre de succession, crises entre différents royaumes
- Les raisons économiques
- Les raison sociales
4) Ces conséquences sont : le brassage culturel, conflits entre peuples voisins, etc.

Exercice 2
La migration mandé introduit dans le nord ivoirien un apport en homme fort important. (…) Les premiers
qui s’infiltrent dans la région sont les Ligbi ; paisibles marchands, à la recherche de l’or et de la cola,
qu’ils cèdent contre les produits du cru, le sel, le tabac et les tissus du coton venant du Mali. (..) . Leur
apparition, discrète, qui ne peut être comparée à une migration massive, est fort bien accueillie par les
autochtones : Sénoufo, Gbin et Toura, qui se montrent à leur endroit ouverts et généreux. (…) Au XVè
siècle ou un siècle et demi plus tard, soit à la fin du XVI è siècle.

15
Désormais, ceux qui ont choisi de quitter le Mali, pays en pleine déconfiture, livré à la violence, à
l’insécurité et à une anarchie chronique et qui s’introduisent dans le nord de la Côte d’Ivoire, sont des
guerriers ou des bambaras. Chassés de leur terre, à la recherche d’un nouveau pays pour s’y fixer
définitivement, sans esprit de retour et avec l’espoir de pouvoir y édifier un nouvel État. Par ailleurs, ces
nouveaux venus sont des animistes. Ils introduisent donc des données nouvelles dans l’expansion mandé.
Source : Simon-Pierre EKANZA ; « Côte d’’Ivoire : terre de convergence et d’accueil (XVè-XIXè siècle) » ;
Collection : Histoire de la Côte d’Ivoire ; les Éditions du CERAP, Février 2006. Page 72-73

QUESTIONS
1) Dégagez l’idée générale du texte
2) Relevez dans le texte les causes de chaque grands mouvements décrits dans le texte
3) Partagez-vous l’avis de l’auteur lorsqu’i affirme que ces nouveaux venus introduisent des
données nouvelles dans l’expansion mandé.

Exercice 3

Mots croisés
1- Déplacement massif et définitif des populations
2- Captures violentes et rapides des esclaves
3- Domination d’une nation forte sur ses voisins
4- Peuple venu du Libéria et installé au Sud-ouest de la Côte d’Ivoire
5- Territoire dirigé par un roi
6- Grande famine
7- Seul groupe ethnique divisé en deux
8- Les senoufo y sont installés 7

CORRECTION

1-Migration 2-Razzias 3-Hégémonie 4-Krou 5-Royaume 6-Disette 7-Mandé 8-Nord

16
17
Leçon 2 : LES GRANDES AIRES CULTURELLES DE LA COTE
D’IVOIRE
INTRODUCTION
Le peuplement de la Côte d’Ivoire est très ancien. Mais l’occupation s’achève au XVIIIe siècle avec une
soixantaine d’ethnies regroupées en quatre grandes aires culturelles. Une aire culturelle est un espace
géographique où sont installés des peuples partageant les mêmes traditions (langue, culture, etc.) , des
modes de vie semblables.
A l’intérieur des groupes ethniques qui ont occupés l’espace ivoirien, se sont développé des systèmes
politiques. D’un groupe à un autre, ses systèmes sont différents.

A - LES TRAITS DE CIVILISATION DES PEUPLES DE COTE


D’IVOIRE
La Côte d’Ivoire comprend quatre grandes aires culturelles que sont : Mandé, Krou, Gur, Akan

I) L’AIRE MANDE
1) L’espace Mandé
Les Mandé sont venus de la boucle du Niger. Ils sont venus par vague successive, d’abord au XIe ensuite
au XVI et enfin au XVIIIè siècle.
L’aire Mandé couvre le Nord-Ouest et l’Ouest de la Côte d’Ivoire et une partie de la Guinée, du Mali, de la
Sierra Léone et du Burkina Faso.

2) La composition Mandé
On distingue deux types de Mandé que sont :
- Les Mandé du Nord : ce sont les Malinké, les Koyaka, les Dioula de Kong, les Mahou, etc….. Ils sont
installés au Nord-Ouest de la Côte d’Ivoire
- Les Mandé du Sud : ils se composent des yacouba ou dan, Toura ou Win, Gouro ou Kwéni, Gagou ou
Gban , Mona ou Mwani, les Wan ou Ngwanou, le Ngan ou Ben, les Yaouré…Ils sont installés à l’Ouest
et Centre Ouest de la Côte d’Ivoire

II) L’AIRE GUR OU VOLTAÏQUE


L’aire Gur couvre le Nord et au Nord-est de la Côte d’Ivoire ainsi qu’une partie du Sud du Mali et du
Burkina Faso.
Les Gur se composent des Senoufo, Koulango, Lobi, gouin, birifor, Degha, Safalaba, Siti, Téguessié,
Komono….
III) L’AIRE KROU
L’Aire Krou couvre l’Ouest, le Centre-Ouest, le Sud-Ouest de la Côte d’Ivoire et une partie du Libéria.
Les krou se composent des Wè (Guéré, Wobé), des Magwé (Bété, Dida, Néyo), des Bakwé, des Kroumen
et des Godié.
IV) L’AIRE AKAN
L’aire Akan couvre l’Est, le Centre, le Sud-est de la Côte d’Ivoire et une partie du Ghana et du Togo.
On distingue deux types d’Akan : Les Akan lagunaires et les Akan récents.
- Les Akan Lagunaires : Ce sont : les Ebrié, Attié, Adioukrou, Abidji, Abouré, Avikam, Abbey,
Alladjan, Abidji, Ega, Ahizi, Ehotilé, Essouma ….

18
Ils sont présents en Côte d’Ivoire avant le XVIè siècle et leur migration s’accélère du XVIIè au
XVIIIè siècle. Ils sont situés sur le littoral Centre et le littoral est de la Côte d’Ivoire.
- Les Akan Récents : Ce sont : les Abron, Baoulé, Agni. Ils sont venus en Côte d’Ivoire au XVIIIè
siècle et se sont installés au Centre à l’Est et au Nord-est de la Côte d’Ivoire.
B- LES SYSTÈMES POLITIQUES DES GRANDES AIRES
CULTURELLES

I- LE SYSTÈME POLITIQUE ET L’ORGANISATION SOCIALE CHEZ LES KROU

1) Un système politique basé sur la démocratie sociale


Chez les krou, La structure politique est le village. Le village regroupe plusieurs lignages (ensemble des
personnes issues d’un même ancêtre). C’est une société lignagère. Chez les Krou, le pouvoir n’est pas
héréditaire. Le chef est désigné à vie par la communauté. Le choix du chef se fonde sur des valeurs
précises. Le chef doit :
 Avoir de la personnalité 
 Appartenir à un bon lignage 
 Être riche et intelligent 
 Être généreux.
 Être courageux

Le système politique Krou est qualifié de « démocratie villageoise ». Parce que :

- Le pouvoir n’est pas héréditaire


- Le chef est désigné par la communauté qui fonde son choix sur des valeurs précises
- Tout le village est associé au débat public
- Les décisions prises sont consensuelles
- Après discussion et explication, la minorité se rallie à la majorité

2) L’administration du village
Deux organes principaux caractérisent l’administration Krou :
- Le conseil du village
- Le conseil des anciens
a- Le conseil du village
Le conseil du village est composé :
- Le chef du village (appelé en bété le Golo Lowouli) : il est l’autorité suprême du village
- Le grand prêtre  (Gbeugba Lowouli) : il est chargé de la protection religieuse du village. Il décide de
l’opportunité de la guerre en usant des sciences occultes
- Le griot traditionaliste (le Yakassognon): il mobilise la communauté en période de crise. De ses
connaissances étendues, il tire certains modèles historiques pour exalter l’héroïsme et le patriotisme.
- Le crieur public (Le Wozèwozégnon): choisi en fonction de la qualité de sa voix et de sa
disponibilité, il annonce les informations d’intérêt public la nuit ou à l’aube.
- L’artiste-historien (Yèbessaagnon) : il se sert du grand tam-tam pour les informations quotidiennes et
solennelles. Il récite les devises des hommes éminents en s’aidant d’un tambour.
b- Le conseil des anciens

Le conseil des anciens est composé :

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- Le chef du village
- Des notables : ce sont les représentants des lignages
- Les guerriers

Le conseil des anciens sièges pour le règlement des affaires villageoises ces délibérations peuvent être
publiques ou sécrètes

CHEF DE VILLAGE

CONSEIL DE VILLAGE
LE CONSEIL DES ANCIENS
- Le Griot traditionaliste
- Les notables représentant les
- Le Grand prêtre
lignages
- Le crieur public
- Les guerriers
- L’artiste historien chanteur

STRUCTURE ADMINISTRATIVE CHEF LES BETE

3) Une organisation sociale patrilinéaire

L’unité sociale fondamentale Krou est le patrilignage. Chez les Krou, l’organisation sociale ou la filiation
ne prend en compte que l’ascendance paternelle. Les villages sont indépendants les uns des autres.
L’organisation de la société est de forme pyramide :

- Au sommet de la structure sociale, se trouve la tribu : c’est un regroupement de plusieurs villages. La


tribu assure une fonction de défense mutuelle.
- Ensuite vient le village : c’est l’unité de base. Il regroupe plusieurs lignages
- Enfin le lignage : C’est l’ensemble des descendants d’un ancêtre commun :
●D’un ancêtre mâle : lignage patrilinéaire
●D’un ancêtre féminin : lignage matrilinéaire.

TRIBU
(Regroupement de plusieurs villages)
V I L L A G E

L I G N A G E (cellules)

ORGANISATION SOCIALE CHEZ LES KROU

La société Krou est solidaire et non égalitaire. Tous les individus ne jouissent pas du même statut social :
les vieux ont des privilèges que les jeunes, les familles riches se distingues des familles pauvres, les
femmes n’ont pas les mêmes droits que les hommes.
20
Les Krou sont animiste. Ils rendent des cultes aux ancêtres. Le culte est célèbre par le grand prêtre qui
protège le village.

II) LE SYSTÈME POLITIQUE ET SOCIAL CHEZ GUR .EX : LES SENOUFO

1) Un système politique démocratique


Le village constitue chez les Senoufo, le principal espace d’organisation politique. Le village est appelé
Kaha. Les habitants du village se regroupent en quatre classes d’âges :
 Les pibélé (de 0 à 15 ans) : Ils surveillent les champs ;
 Les Tiarbélé (de 15 à 30 ans) : Ils font de grands travaux ;
Les Pobélé (de 30 à 45 ans) : Ils font de grands travaux ;
 Les Lébélé (45 ans et plus) : Ils éduquent les membres des autres classes.

Chaque village est dirigé par deux chefs :


- Le chef de terre appelé tarafolo : Il joue un rôle essentiellement religieux. Il est le seul à pouvoir
distribuer les parcelles de terre aux familles et à invoquer les génies des lieux.
- Le chef du village appelé kahafolo : Il joue un rôle purement politique c’est-à-dire administré le village
Les deux chefs dirigent avec l’aide des chefs de famille matrilinéaires (les nérigbahafolo) et des anciens
(les Lébélé).
Les senoufo pratiquent donc la démocratie villageoise.

2) L’administration du village
Le village sénoufo est dirigé par un chef appelé Kahafolo. Le chef est choisi parmi les chefs de famille.
Généralement c’est le plus âgé qui est choisi. A sa mort, il est remplacé par un parent venant du côté de sa
mère car la société sénoufo est matrilinéaire.

Le chef gouverne le village avec l’aide de quatre entités distinctes :

- Le chef de terre : c’est le fondateur du village. Il est le maitre de la terre qu’il prête aux membres de
même lignage maternel que lui. Il n’est propriétaire que des arbres fruitiers, en particulier le néré.
- Le chef de quartier : le village sénoufo est divisé en quartier dont chacun est dirigé par un chef.
- Le chef de famille : la société sénoufo est composé de grandes familles ayant chacune à sa tête un chef
appelé Nérigbahafolo. C’est le plus âgé de la famille.
- Les vieux ( lèbélé) : ils sont au sommet des classes d’âge en pays sénoufo. A eux reviennent les tâches
éducatives des autres membres de la société (enfant, adolescents, adultes).

Avec le chef du village, ces personnages formes l’organisation de l’administration du village appelé aussi
la chefferie Sénoufo.

CHEF DE VILLAGE

CHEF DE TERRE CHEF DE QUARTIER CHEF DE FAMILLE VIEUX

ORGANISATION DE LA l’ADMINISTRATION DU VILLAGE EN PAYS SENOUFO

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3) Une organisation sociale matrilinéaire
a- L’organisation sociale
L’organisation sociale est dominée par le système matrilinéaire.

La société sénoufo est hiérarchisée :


CHEF DU VILLAGE

NOTABLES

HOMMES LIBRES
CAPTIFS

ORGANISATION SOCIALE CHEZ LES SENOUFO

b- Le système éducatif Sénoufo ou Poro


l’éducation du Sénoufo se fait à deux niveaux :
- Le milieu familial ou l’éducation familiale : l’éducation familiale comprend deux niveaux :
♦ De la première année aux premières manifestations de l’âge de la raison : l’enfant est confié à sa mère
qui est chargée de veiller sur lui lorsqu’il joue dans l’espace de la cour familiale et de le porter au dos
lorsqu’il pleure ou lorsqu’il manifeste le désir de se déplacer avec elle.
♦ A partir de la l’âge de la raison : l’enfant est pris en charge par l’ensemble des membres du lignage,
en particulier le Nérigbahafolo (chef de familles matrilinéaire) et la Katiéléo (la femme la plus âgée de
toutes les femmes)
- L’éducation communautaire ou l’initiation au poro : A partir de 20 ans, le jeune Sénoufo entre dans
le cadre éducatif commun à tous les habitants du village par un ensemble d’initiation appelé poro .
L’initiation au poro comprend deux grandes phases :
♦ Le Kuoro : Au cour de cette phase, les jeunes garçons et filles apprennent à travailler en commun, à
confectionner les costumes rituels, à chanter et à danser les rythmes funéraires.
Après le Kuoro, les jeunes filles quittent le cycle communautaire pour se marier. Les garçons de 26 ans
et les femmes ayant atteint la ménopause accèdent à une nouvelle formation commune : le tiologo.
♦ Le Tiologo : la formation du Tiologo dure 6 ans. Elle se passe au bois sacré appelé sizanga. Ils
subissent des épreuves d’adresse et des sévices corporels. Ils aprennent également la philosophie,
l’art, l’histoire et le civisme.

III- LE SYSTÈME POLITIQUE ET SOCIALE CHEZ LES MANDÉ


On distingue deux sortes de Mandé : Les Mandé du nord, localisé au nord et au nord-ouest et les Mandé du
sud à l’ouest et au centre ouest.
Les Mandé du Sud ont une organisation politique et sociale semblable à celle des Krou. Nous allons donc
étudier celle des Mandé du Nord.
1) Un régime politique monarchique

22
Les Mandé du Nord étaient organisés en royaume (Kong, Kabadougou, Bouna).
Ces royaumes sont dirigés par des rois. Le roi est appelé Faama ou Mansa. Il disposait d’un pouvoir
politique, militaire et judiciaire. Il se faisait assister de trois conseils :
- Un conseil des représentants des quartiers (le dougoutigui) ;
- Un conseil des anciens (le Dyèmaa) regroupant les gouverneurs militaires et les princes de sang 
- Un conseil royal(le mansa-so) constitué des frères et des fils du roi, du grand conseiller et du grand
juge.
Le royaume est divisé en province confiés aux fils du roi.

b) Un système sociale patrilinéaire


Chez les Mandé du Nord, la descendance, le statut social et la succession sont régis suivant les règles
patrilinéaire. L’autorité au sein de la famille est assuré par les vieux, les patriarches appelé tyékoroba
.L’Islam est la religion dominante. Il joue un rôle important dans cette société. La société est hiérarchisée.

ROI OU MANSA
NOBLES HORON
HOMMES LIBRES

CASTES (griots, forgerons, cordonniers , artisans) NYAMAKALA

ESCLAVES ET CAPTIFS DJON

STRUCTURE SOCIALE CHEZ LES MANDE DU NORD

IV) L’ORGANISATION POLITIQUE ET SOCIALE CHEZ LES AKAN


Les Akan sont venus en direction de l’est de la Cote d’Ivoire. Ils sont deux types :
- Les Akan du Sud ou Akan lagunaires, installés au Sud, Sud-est et sur le littoral. Ils se composent des
Abbey, Attié, Abidji, Adjoukrou, N’zima, Ahizi, Avikam, Ebrié, Alladjan, Essouma, Ehotilé, Abouré,
Agoua, Mbatto, Ega…
- Les Akan de l’Est et du Centre ou Akan récents, localisés au Centre et à l’Est de la Cote d’Ivoire. Ils
se composent des Agni, Baoulé, Abron

1) les traits culturels communs des akan


- La langue : Les Akan parlent le twi.
- La parenté : Le système de parenté qui a la faveur de l'ensemble des Akan, est la double-parenté ou
double-filiation. Dans ce système, l'enfant garde des liens solides aussi bien de son matrilignage que de son
patrilignage. Exemple : Pour se marier, la demande en mariage du jeune homme incombe au clan du père;
C'est également ce clan qui reçoit la demande en mariage de la jeune femme. L'enfant né dans le mariage
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demeure membre du clan de sa mère. Mais c'est le mari qui a la garde des enfants, c'est également lui qui
assure leur éducation. 
- Le nom : La dation du nom est un privilège du lignage paternel; Tout Akan, en principe, possède au
moins trois noms : Un nom d'ordre de naissance, un nom de jour de naissance et un nom patronyme. 
- Les successions :  Les successions de toutes sortes se font dans le clan de la mère. Dans quelques rares
cas, le fils peut hériter de quelque bien du père

- La religion :  Les Akan sont animistes mais n'adorent que des divinités naturelles (divinités des cours
d'eau : Tanoé, Bia, des divinités de montagnes, de forêts) et des êtres surnaturels(géants et nains); Ils
connaissent le culte des ancêtres. 
- La fête des ignames : L'igname est la seule plante vivrière qui possède ce privilège; La fête des ignames
est une manifestation culturelle connue de la majorité des Akan. Cette cérémonie globale n'arrive qu'une
seule fois l'an, sa date n'est la même partout. cette cérémonie vise trois objectifs : 
• Elle est d'abord une action de grâce rendue par les vivants aux esprits bénéfiques auxquels la terre doit la
paix et la fécondité . 

• Elle est ensuite la commémoration des morts qui ne cessent de veiller sue les hommes et de leur procurer
tout ce qui leur est nécessaire pour vivre heureux . 

• Elle est enfin pour le peuple Akan une occasion de purification et de réjouissance dans la paix et
l'abondance retrouvées . 

2) Le système politique chez les Akan


a- chez Les Akan du Centre et de l’Est ou Akan récents
- Le système politique des Akan récents est de type monarchique c’est-à-dire détenu par un roi. Les Akan
récents sont donc organisés en royaume. Exemple de royaumes :

▪ Le royaume Sanwi qui deviendra plus tard le Royaume de Krindjabo avec pour capitale Aboisso.
localisé au Sud-est. (On l’appelle Krinjao à cause de son emplacement sous le cerisier Krindja –bô c’est-à-
dire sous l’arbre krindja)
▪ Le royaume Abouré avec pour capitale Bonoua
▪ Le royaume N’dénié avec pour capitale Abengourou localisé à l’Est
▪ Le royaume Djuablin avec pour capitale Agnibilékrou localisé à l’Est
▪ Le royaume du Moronou avec pour capitale Bongouanou localisé au Centre-est
▪ Le royaume du Walèbo avec pour capitale Sakassou localisé au Centre
▪ Le royaume Abron avec pour capitale Bondoukou localisé au Nord-est.
- A la tête de chaque royaume, se trouve un roi appelé « Nanan », issu du matriclan royal. La fonction du
roi est divine. Le roi détient un pouvoir absolu et sacré avec sa famille. C’est un pouvoir centralisé de
type monarchique. La royauté est symbolisée par trois objets matériels à savoir : le tabouret appelé
« Bia », le sabre ou cimeterre appelé « ôhôtô », le poids à peser l’or ou le trésor du royaume appelé
le « dja » :
▪ Le tabouret symbolise l’autorité, le pouvoir temporel et spirituel du roi.
▪ Le cimeterre ou sabre symbolise le pouvoir militaire du roi, c’est le chef suprême des armées
▪ Le Dja symbolise le monde, les états de conscience des rois défunts et le pouvoir économique du
souverain régnant.
- Le roi est assisté par une reine mère appelée « Blahima » (c’est la tante ou la grande cousine du roi) et
par un conseil de notables.
24
b- Chez les Akans du sud ou lagunaires
Chez les Akan lagunaires, l’espace politique est le village. En effet, les lagunaires ignorent tout pouvoir
centralisé : leur unité politique et sociale la plus importante est le village. L’organisation politique repose
sur le système des classes d’âges. Il y a un chef de village désigné par les classes d’âges. Il est aidé par un
conseil de notable et une assemblée des classe d’âge qui prennent des décisions et rendent la justice 

Les systèmes politiques des lagunaires sont de type démocratiques parce qu’on a :
▪ Dans l’ensemble une représentation égalitaire des lignages et des classe d’âge
▪ Une participation égale des citoyens de sexe masculin à la prise des décision politique.
▪ Le pouvoir est exercé de façon collégiale par les classe d’âge qui a un durée limitée c’est-à dire que les
classes d’âge se succèdent dans l’exercice du pouvoir. Le cycle des classes d’âge varie selon les ethnies :
- Attié  : 3 classes d’âge, 16 ans x 3 = 48 ans, pour le cycle
- Ebrié  : M’batto, Abbey : 4 classe d’âge: 16 ans x 4 = 64 ans pour le cycle.
Les classes d’âge participent à l’élaboration des grandes décisions.

3) L’Organisation sociale chez les Akan : Une organisation sociale basée sur le
matrilinéaire

a- L’organisation sociale chez les Akan récents


Les Akan récents vivent dans une société où l’organisation sociale et la filiation ne prend en compte que
l’ascendance maternelle : c’est le matrilinéaire. En effet, le neveu hérite de son oncle maternel. Le fils ne
peut donc pas hérité de son père. Pour les Akan récents, l’enfant qui naît est identifié par au moins quatre
noms : le nom du père, le nom imposé en fonction du jour de sa naissance (appelé « kalada »), le nom
de ralliement de tous ceux qui sont issus d’un même ancêtre paternel (appelé « bafa ») et le nom usuel
personnel (appelé « douman ») La société est hiérarchisée. On a :

ROI

ARISTOCRATIE
(Riches, Nobles)

HOMMES LIBRES

ESCLAVES (KANGA)

ORGANISATION SOCIALE CHEZ LES AKAN RECENTS

Remarque : chez les Akan récents, l’évènement culturel est la fête des ignames. En effet, la récolte de
l’igname est l’occasion chez les agni, les baoulé et les abron de manifestations très anciennes. Cette
manifestation culturelle s’appelle « Eloué ». La fête des ignames est d’abord une fête agraire de
commémoration marquant la victoire de l’homme sur la nature. C’est également une fête d’action de grâce
obligatoire destinée à remercier les esprits pour leur générosité passée et à prier de poursuivre leur action
en faveur des hommes.

25
♦ L’organisation sociale chez les Akan lagunaires
Les lagunaires présentent une grande diversité culturelle. Ils ont cependant en commun l’institution des
classes d’âge. La classe d’âge est une institution économique, politique et militaire qui associe des
individus appartenant à une même tranche d’âge. Pour être admis à une classe d’âge, il faut appartenir à
un patriclan c’est-à-dire faire partir du clan du père.
Les sociétés lagunaires sont divisées en un nombre de classe d’âge très variable d’un peuple à l’autre. Une
durée variable sépare deux classes d’âge voisin. Elle est de 3 à 5 ans chez les Alladjan, de 8 ans chez les
Abidji, de 16 ans chez les Ebrié et les Attié, et de 16 à 18 ans chez les Abouré.

Exemple de classe d’âge :

▪ Chez les Ebrié, on a 4 classes d’âge : duogbo, tchagba, bléssoué, niando


▪ Chez les Attié, on a 3 classes d’âge : Niando, dyigbo, brésué
▪ Chez les Addioukrou, on a 7 classes d’âge : Obodjé, sété, ndjroma, abroma, mbédié, mborma et
nigbéssi
▪ Chez les Mbatto, on a 4 classes d’âge : Blesouwun, nyandoun, dugbo, nunanko
Remarque : Chez les Akan lagunaires, certains évènements culturels ont lieu comme :
- L’Abissa chez les Nzima qui se trouvent à Grand Bassam
- La fête des ignames chez les Abbey qui se trouvent à Agboville
- Le Dippri chez le peuple Abidji qui se trouve à Sikensi
- L’Ebêbe ou fête de la sagesse chez les Adjoukrou
- L’Agbandji ou fête de la richesse chez les Adjoukrou
- La fête de génération chez les Ebrié

CONCLUSION
Les grandes aires culturelles ivoiriennes ont mis en place une organisation politique et sociale qui fonde la
vie en société. Dans les différentes aires culturelles, l’ors qu’un conflit éclate, les communautés le règle
sou « l’arbre à palabre ». L’arbre à palabre est une institution de règlement des conflits présidé par le chef
du village et où siègent les notables et certains responsables du village.

26
27
TABLEAU DE L’ORGANISATION POLITIQUE, ÉCONOMIQUE ET SOCIALE TRADITIONNELLE DES PEUPLES.

LES PREMIÈRES ORGANISATION POLITIQUE ORGANISATION ORGANISATION SOCIALE


ÉCONOMIQUE et RELIGIEUSE
ETHNIES

LAGUNAIRE Structure politique : le village - Chasse - Animiste


- Pêche - Fête de génération
- Société de classe d’âge. - Cueillette
- Artisanat
-Pouvoir transmis d’une classe à une - Agriculture
autre : rotation du pouvoir. - Commerce

- Société sans Etat.

KROU Structure politique : le village - Cueillette - Animiste


- Ils sont regroupés en village. - Chasse - Culte du masque,
- Le plus ancien du lignage de bonnes - Elevage excision…
mœurs et ayant des qualités (intelligent, - Pêche - Succession
riche, guerrier…) devient le chef de - Agriculture patrilinéaire
village. - Artisanat
- Société sans Etat.
MANDE DU NORD Structure politique : le royaume - Chasse - Société hiérarchisée
- Cueillette et structurée en
-Le royaume est dirigé par un roi, Mansa ; - Agriculture lignage
assisté de notables - Orpaillage - Animistes
-Il est divisé en cantons, « Kafo » dirigé par - Commerce - Succession,
un « Faama » et à la base le village dirigé matrilinéaire mais
par un Doutigui et Kélètigui (religieux) patrilinéaire avec
l’Islam
SENOUFO Structure politique : le village - Agriculture - Animistes
(céréale et - Cérémonie de
- Le village ou Kaha est divisé en plusieurs tubercule) « poro » qui se fait se
lignages. Il est dirigé par un chef politique fait en 3 cycles de
- Artisanat
et un chef de terre ayant un pouvoir 7ans de l’enfance à
- Orpaillage l’âge adulte.
religieux
- Chasseurs - Succession
matrilinéaire
KOULANGO Structure politique : le village - Chasse - Animistes
- Cueillette - Culte agraire
- Ils sont regroupés en village - Agriculture
indépendant. - Orpaillage
- Le village est dirigé par un chef assisté
de notables.
AKAN Structure politique : le royaume - Agriculture - Animistes
- Commerce - Fête des ignames
- Le royaume est dirigé par un roi assisté - Orpaillage - Société structurée en
de notables, de spécialistes. classe : nobles,
hommes libres,
-Royaume structuré en provinces et esclaves.
villages, dirigés par des chefs. - Succession :
héréditaire et
matrilinéaire

28
CHAPITRE III
LE MONDE NOIR ET SON ÉVOLUTION

LEÇON 1 : LES GRANDS FOYERS DE CIVILISATION AFRICAINE :


LA ZONE SOUDANAISE (Ghana –Songhaï –Yorouba) ET LE
ROYAUME BANTOU
INTRODUCTION
Dans la région de la boucle du Niger et autour du lac Tchad c.-à-d. la zone soudanaise, s’installent des
peuples agriculteurs et éleveurs. Au sud, les noirs Bantou continuent leur progression ; ils savent travailler
le fer. Ces peuples de ses zones vont du 10e au 16 e siècle, constituer de vastes empires.

Comment étaient-ils organisés ses empires ?

A) LA ZONE SOUDANAISE (Ghana –Songhaï – Yorouba)


Dans la zone soudanaise, on assiste au développement de plusieurs empires comme l’empire du Ghana,
l’empire du Mali, l’empire du songhaï le plus étendu etc.… Ces différents empires ont des caractères
communs :

- Ces empires doivent leur prospérité au commerce transsaharien qui se faisait dans leurs villes. Ce
commerce était fondé sur les échanges d’or, de cuirs, de tissus de coton et aussi d’esclaves.
- Les peuples de ses empires ont été soumis à l’islam. L’islam fut introduit soit par des conquérants,
comme les almoravides, soit le plus souvent par les commerçants arabes.
- Ils sont dotés de structures politiques centralisées et d’une organisation sociale hiérarchisée.

I) L’EMPIRE GHANA
L’empire du Ghana était situé entre le nord de l’actuel Mali et le sud de la Mauritanie. Au milieu du 10e
siècle, cet empire s’étend des plateaux du Taguant (vallée supérieure du Niger) et du Dhar Tichit (vallée
du haut Sénégal).

1) Les sources de l’empire du Ghana


L’empire du Ghana est le premier qui s’est constitué dans la boucle du Niger au moyen-âge (du 8e au 11e
siècle). On connait l’histoire de l’empire du Ghana grâce :
► Aux écrits des voyageurs Arabes comme :
- IBN HAWQAL a effectué des voyages de Bagdad jusqu’à Aoudaghost et jusqu’au bord du fleuve Niger
en 970.
- Un siècle plus tard c’est-à-dire en 1087, EL BEKRI, un arabe d’Espagne donne des détails précis sur
l’empire du Ghana.
- IBN AL FAQILHAMADANI dans son ouvrage intitulé Le Kitab al Buldan écrit: « De Tarqala à la ville
de Ghana il y a 3 mois de marche dans le désert. Au pays de Ghana, l’or pousse dans le sable comme des
carottes. »
► Aux sources orales qui donnent des informations précises que nous pouvons exploiter.
29
2) Origine de l’empire
Le royaume aurait commencé modestement dans la région de l’Aouker avec une confédération de tribus
Sarakollés dont chaque tribu exerçait son autorité sur un espace bien déterminé. Le royaume de Ghana
couvrait les villes de Bokounou, Ouagadou et de Kaarta. Grace à leur puissance militaire, les souverains du
royaume de Ghana vont se lancer à la conquête d’autres territoires. Ainsi, à la fin du Xè siècle, ils
occupent : les villes d’Aoudaghost et de Walata, les royaumes Mazzara de Tékrour, Barisa, Diara, Sosso,
Silla. Ces régions seront incorporées au royaume qui deviendra alors un empire : l’empire de Ghana est
ainsi né.
3) L’organisation politique et sociale
L’empire était organisé de la façon suivante :
- Au sommet de l’empire, on a le roi. on le désigne sous l’appellation de « Tounka » qui veut dire
Seigneur ou Dieu. Il résidait dans la capitale qui est Koumbi Saleh. Ses pouvoirs étaient très étendus :

● Il était le juge suprême.


● Il rendait la justice en tenant compte de l’appartenance religieuse.
● Ses sujets qui dans l’ensemble appartenaient à la religion traditionnelle étaient jugés selon la
coutume, les musulmans, eux, l’étaient sur la base du Coran.
- Après vient le grand conseil qui est composé : de hauts dignitaires et des enfants de souverains
vaincus et gardés comme otages. Il est chargé d’assister et de conseiller le roi.
- Après viennent les ministres et le gouverneur de Koumbi Saleh.
- Dans les régions les plus importantes de l’empire, le roi est représenté par des gouverneurs
régionaux qui y prélevaient l’impôt.
- A côté, il y avait une armée de 200.000 soldats avec une cavalerie importante. Mais cette armée est
non permanente avec un armement faible.
La société était organisée en clans. Le clan royal était celui des Tounkara qui formaient avec trois autres
clans l’aristocratie :

● Les Souba ou Magasouba étaient les guerriers du roi

● Les Kagoro quiformaient une élite militaire

● Les Magassi étaient les cavaliers du roi qui composaient la garde royale.

Ces clans qui constituent la noblesse fournissaient au roi, les grands dignitaires et hauts fonctionnaires de
sa cour.

La succession sur le trône se faisait de l’oncle au neveu du côté maternel. 

4) L’organisation administrative.
- L’empire était subdivisé en royaumes et en provinces (villes) eux-mêmes morcelés en villages et
cantons. L’autorité de l’empereur et de son gouvernement central s’exercent de façon directe sur
l’empire.
- Les princes avaient en charge la gestion des provinces

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- les royaumes vassaux (royaume conquis et sous domination) conservent leur organisation initiale mais
versent un tribut annuel et apportent leur contribution sur le plan militaire en fournissant à l’empire des
soldats..

5) La vie économique de l’empire du Ghana


L’activité économique était variée :

- Au Sahel, on pratiquait un élevage florissant et varié de bœufs, de moutons, de chèvres, de chameaux et


de chevaux.
- Au Nord, autour des puits et oasis, on pratique la culture de dattes.
- La partie Sud, plus humide était la terre des céréales: on y cultivait le mil, le sorgho, le haricot, le
coton, l’igname, le henné, les légumes et la cola tiré de la zone forestière.
- L’artisanat occupait une place de choix : la caste des forgerons équipait l’armée, les tisserands
habillaient le roi et sa suite, produisaient des bandes de cotonnade qui alimentaient le commerce.

- Mais le pilier de l’économie était le commerce. L’empire par sa position géographique était un
carrefour important où les produits venus d’Afrique du Nord (tissus, cuivre, argent, dattes, figues et
surtout les barres de sel amenés du Sahara) étaient échangés contre les marchandises des pays du Sud
(plumes rares, ivoires, esclaves, gomme arabique, bétail, céréales et surtout l’or).

- L’Or joue un rôle économique non négligeable. En effet, les empereurs du Ghana contrôlaient toute la
production de l’or. Ils passaient pour être très riches. On les appelait aussi  « Kaya Maghan » c.-à-d.
maître de l’or. Ils portaient ainsi que les seigneurs de leur entourage des bijoux d’or : colliers, bracelets,
armes de parades.
L’empereur tirait des revenus substantiels du commerce par le biais des impôts qui pesaient sur cette
activité.
6) Les conquêtes
A la fin du 10e siècle (990), Kaya Maghan Cissé vainquit le prince d’Aoudaghost et plaça cette ville sous
sa dépendance.
Désormais, son empire comprenait les deux grands centres commerciaux du Sahel : Aoudaghost et
Koumbi Saleh. Le Ghana est alors très riche.
Les richesses du Ghana vont fini par provoquer sa perte.

7) Le déclin du Ghana
Le déclin du Ghana s’amorce à partir du 11e siècle à cause :
- des bouleversements introduits par l’islam
- de la conquête des almoravides.
Pour comprendre cette situation, il faut savoir que les berbères sont restés longtemps hostiles et réticents à
l’islam. Mais une fois convertis à l’islam, ils deviennent des propagandistes de l’islam. Les berbères sous la
conduite d’un guide spirituel (Abdallah Ibn Yacine) fondent une confrérie militaire qu’il baptise
« almoravides » qui signifie rassemblements des combattants pour la foi. Ils vont alors se lancer à la
conquête des régions où les gens n’observaient pas très bien les recommandations du coran, et de celle où
les animistes se trouvaient en grand nombre.
Après 15 ans de guerre c’est-à-dire en 1076, L’empire du Ghana passe sous la domination des almoravide,
ainsi que les avantages de son commerce :

31
- ils prennent la capitale du Ghana en 1076 
- le roi est massacré et son palais détruit
- Toute la population de l’empire est convertit à l’islam en 1077.

8) Les conséquences du déclin.


- La chute du Ghana a favorisé l’implantation de l’islam chez les peuples noirs. Les populations furent
contraintes de se convertir à l’islam ou prendre le chemin de l’exile.

- certains animistes Sarakollés et mandé vont se replier plus au Sud tandisque les peuhls vont se fixer dans
la région du Fouta.

- Les royaumes vassaux vont profiter de l’affaiblissement de l’empire pour prendre et retrouver leur
indépendance.

- La région va traverser dès lors une période de trouble jusqu’à l’émergence d’un grand empire notamment
l’empire du Mali.

CONCLUSION

L’empire du Ghana a développé une brillante civilisation à travers une organisation politique remarquable
et vie économique assez élaborée. Malheureusement cette belle organisation s’effondre à la fin du XIs
entraînant une lutte d’hégémonie entre les anciens vassaux.

II) L’EMPIRE SONGHAÏ

A la suite du Ghana puis du Mali, émerge l’empire Songhay ou Sonrai à l’Est de la boucle du Niger.
L'Empire Songhaï, ou empire des Sonrhaïs, est un État de l'Afrique de l'Ouest qui exista entre
le XVe siècle et le XVIe siècle. Sa capitale était Gao.
Les sonrai forment autour de Gao, un état musulman dont la puissance est à la fois religieuse, commerciale
et militaire. L’empire fut dirigé par deux grandes dynasties : les Sonni et les Askia.
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Initialement petit royaume au niveau du fleuve Niger au VIIe siècle, qui sera vassal des empires du Ghana et
du Mali, il devient empire, durant le XVe siècle. L'empire Songhaï s'étendait sur plus ou moins le Niger,
le Mali et une partie du Nigeria actuels.

1) les sources et les origines de l’empire songhai


a- Les sources de l’histoire de l’empire songhai

L’histoire des songhaï nous est rapportée par :

- les écrivains arabes tels que : Ibn Khaldun , Al Omari et surtout Ibn Battouta qui le parcourut

- et par les œuvres de lettrés soudanais : le Tarich el fettach et le tarikh es soudan. Les griots
traditionnalistes ont aussi contribué à cette découverte.

b- L’origine de l’empire

Plusieurs légendes expliquent l’origine :

- L’une d’elles rapporte que l’ancêtre Faran Makan Boté né d’un père Sorko et d’une mère génie, se
serait allié avec les gow chasseurs et les sorkos pêcheurs dont un ressortissant faisait office de
kanta, grand prête. Il établit ainsi son pouvoir sur un peuple de paysans dans la région de Tillabéry.

- Une autre raconte que vers l’an 500, des princes berbères ou des arabes du Yemen seraient arrivés
sur les bords de la boucle du Niger et là ils auraient débarrassé les riverains (pêcheurs Sorko et
paysans Gabidi) de la terreur d’un poisson fétiche, dont les Sorkos se servaient pour extorquer des
offrandes au Gabidi. La reconnaissance des Gabidi aurait porté, ZaAliamen, l’auteur de cet exploit,
sur le trône. Et les Za ou Dia auraient régné jusqu’en 1335 à Koukya sur une île du Niger. C’est
vers 1009 que le 15è roi Dia Kossoi aurait fixé sa capitale à Gao. Il fut le premier à embrasser
l’islam.

2) le royaume de gao sous le règne des sonni


a- Gao, un vassal du Mali
- Au XIès, Gao est une importante place commerciale aussi riche que le Ghana.

- L’empereur du Mali, convoitant la prospérité de Gao, envoie ses troupes en faire la conquête. A son
retour de la Mecque en 1325, Kango Moussa entre en vainqueur dans Gao. Le roi de Gao DIA
ASSIBAÏ lui paie tribut et lui remet en otage ses deux fils, Ali Kolen et SouleimanNar, qui sont
d’ailleurs bien traités et instruits à la cours du roi du Mali.

- Mais, après la mort de Kango Moussa, les deux jeunes princes Sonrai s’échappent du Mali et
reviennent à Gao en 1335. Ali Kolen y est proclamé roi et prend le surnom de Sonni Ali Ber c'est-
à-dire « Ali le grand ». Il fonda la dynastie des Si ou Sonni.Dès lors il décide d’agrandir son Etat
par la guerre

b- Les conquêtes de Sonni Ali Ber


Avec Sonni Ali (1464-1493), on assiste à un renversement de l’hégémonie sur la boucle du Niger.
Surnommé Ali Ber c’est-à-dire Ali le Grand, ou encore Dâli, c’est-à-dire le très haut, Sonni Ali était un
expert en magie, un courageux chef de guerre, mais un impie, cruel et sans scrupules.
33
Sonni Ali Ber est avant tout un chef de guerre, énergique et infatigable cavalier. Il pose un certain nombre
d’actes pour agrandir son royaume :

- Il attaque d’abord Tombouctou en 1468 que les Touaregs avaient enlevé au Mali. Cette ville était parmi
les plus riches du Soudan.
- en 1473 il s’empare de Djennéet épouse la veuve du chef de Dienné. puis c’est le tour du Macina ou
les peuls notamment les Sangaré sont décimés.
- Il mène une expédition contre les Mossis du Yatenga qui avaient attaqué Oualata.

En dix ans de guerres victorieuses, le roi de Gao s’est rendu maitre de la moyenne vallée du Niger qui est
une importante voie commerciale.

Sonni Ali, empereur guerrier meurt au cours d’une expédition, noyé dans un fleuve. A sa mort en 1493,
c’est un de ses lieutenant Mamadou Touré (gouverneur de Hombori) qui est proclamé roi et non un de ses
fils (à cause de sa cruauté et de son impiété : son mépris à l’égard de la religion). Mamadou Touré règnera
sous le nom d’Askia Mohamed.

3) les askia et l’apogée de l’empire.


a- Askia Mohammed : le pieu musulman
L’impiété et la cruauté de Sonni Ali amènent ses sujets à proclamer roi, non son fils, mais un de ses
lieutenants, le sarakhollé, Mamadou Touré, originaire du FoutaToro et gouverneur de Hombori. Il règne
sous le nom d’Askia Mohammed (1493-1528). Les actions d’Askia mohamed pour témoigner sa foi
religieuse sont :
- Bon musulman, il gouverne avec l’appui des savants musulmans et les consultent sur les grandes
décisions à prendre.
- Au début de son règne, il effectue un fastueux pèlerinage à La Mecque en 1496. Escorté de 500
cavaliers et 1000 fantassins, il emportait 300000 pièces d’or dont le tiers est distribué en aumônes.
- Il crée à Médine une fondation pour les pèlerins soudanais.
- Il reçoit du Grand Cherif de La Mecque, les insignes de Calife (bonnet vert, turban blanc et sabre)
du Soudan.
- De retour de la Mecque, il fait la guerre sainte aux mossis du Yatenga d’où il ramène de nombreux
captifs qu’il convertit à l’islam.
- il conquiert la région de Galam aux dépens du Mali et accapare ses mines d’or.
En 1528, son fils aîné, Moussa à la tête d’un complot le contraint à quitter le pouvoir. C’est sous le
règne de l’Askia Mohammed que l’empire atteint son apogée.
b- L’organisation de l’empire par Askia mohamed
● Les conquêtes d’Askia Mohamed
Après son pèlerinage, Askia Mohamed pose un certain nombre d’actes :
- Il fait la guerre au Naba des Mossis du Yatenga.
- Il est vainqueur d’un des fils de Sonni Ali qui s’était révolté et prend son territoire
- Il s’empare de la ville d’Agadès qui est une importante voie commerciale.
- Il met la main sur les villes Haoussa du Katséna.
- il occupe le royaume de Diara et le Tekrour après avoir vaincu et tué le chef des peulh du Termès vers
1506.
En quelques années, son empire dépasse en richesse et en étendue tous les précédents empires.

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● L’organisation politique et administrative
Askia Mohammed organise solidement un vaste empire :
- Il crée une armée de métier sous les ordres d’un chef de guerre appelé le «dynakoy ». L’armée était
divisée en plusieurs corps dont l’un servait de garde impériale, les autres étant répartis entre les
provinces.

- Il divise son empire en province. Les provinces sont administrées chacune par un gouverneur ou
fari qui surveille les chefs locaux appelé « koy » .
- La capitale Gao est administré par un gouverneur appelé « Gourma fari » qui est le personnage le
plus important de la province. Il portait le titre de chef supérieur (« kanfari ») et controlait la
province considérée comme le grenier de l’empire.
- Il y’avait aussi le Hi Koy qui est le ministre de la navigation fluviale, choisi toujours dans le clan
des Sorkos,
- Dans la collecte des impôts, il ya un inspecteur général des collecteurs d’impôts appaléle
« farimondyo ». Il est le haut responsable des collecteurs d’impôt.
- Il y a également le grand prêtre du culte des ancêtres et des génies appelé le « horéfarima ».

● L’organisation économique
- Askia Mohammed avait favorisé le commerce et aussi l’enseignement coranique qui a fait la
fortune et la célébrité des villes de Gao, Oualata et surtout Tombouctou et Djenné.

- L’empire tire aussi sa richesse de l’élevage et de la riziculture qui est pratiquée sur de vastes
domaines par des esclaves prélevés sur les populations vaincues ou souvent offerts en cadeaux aux
dignitaires et savants musulmans.
- Les royaumes vassaux payaient un tribut. L’Askia Mohammed s’était emparé de la production des
mines d’or, le commerce des esclaves et du sel.
- Les populations payaient de lourds impôts représentés par d’importantes quantités de grains, de
bétail.
- Des taxes étaient prélevées sur tous les grands marchés de l’empire. L’or, le sel et les cauris
servaient de monnaient.
Pour éviter les fraudes, les poids et les mesures étaient uniformisés. Afin d’améliorer la production, il
entreprend les travaux de canalisation du fleuve Niger.
4) le déclin de l’empire
a- Les causes
Elles sont à la fois internes et externes :
- Au plan interne, l’empire se désorganise pour plusieurs raisons :
● Askia Mohamed est emmené de force dans une île du Niger par ses fils qui s’emparent du pouvoir (Askia
Moussa : 1528-1531, Askia Mohammed Bounkan 1531-1537, Askia Ismaêl 1537-1539, Askia Ishak 1539-
1549).
● Les fils d’Askia Mohamed dilapident le trésor de l’empire, s’entretuent et pillent leurs provinces.
● Les royaumes vassaux l’empire Songhaï se révoltent et prennent leur indépendance
● L’empire est aussi affaibli par la baisse de la production de l’or.

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- Au plan extérieur : les mines d’or de l’empire sont convoitées par le Maroc en proie à des difficultés
financières suite à la reconquête de l’Espagne par les rois catholiques, le développement de la
navigation européenne. Après plusieurs tentatives, les soldats marocains sous le commandement du Pacha
Djouder, défaits les sonrai à Tomdibi en 1591 où l’Askia Ishak est tué. Puis ils occupent Gao la capitale,
Tombouctou. L’empire des Askia est ainsi détruit.

b- Les conséquences
- La destruction de l’empire Songhay entraîne la ruine des cités florissantes où s’échangeaient les
productions de la Méditerranée et du monde noir, et où les lettrés musulmans étaient nombreux.

- Elle met fin à une période de sécurité dans le Soudan qui est ravagé par des famines et des épidémies.

- Les régions du sahel sont ruinées et dépeuplés par les pillages des nomades.

L’empire Songhay s’est illustré par une parfaite organisation caractérisée par une hiérarchisation et une
décentralisation du système politique et économique. Grâce à sa force militaire, l’empire dominait une
grande partie de l’Afrique Occidentale sahélienne. Malheureusement l’empire s’écroule sous les effets
conjugués de la mauvaise gestion des héritiers et des agressions extérieures.

B) LA CIVILISATION YOROUBA
Pendant tout le moyen-âge, les peuples de la savane et de la forêt n’ont pas été touchés directement par
l’Islam. Ils ont développé des civilisations originales.

1) Origine du peuple Yorouba


Le peuple Yorouba est venu du Nord-est de la région de Nok, dans les environs du Lac Tchad par vagues
successives. La dernière remonterait au XIè siècle, sous le commandement d’Odoudoua qui fut le père de
7 rois. Après sa mort, ses fils se partagèrent le pays.

2) La création des cités Yorouba


- Un des fils d’Odoudoua, Oranian, roi d’Ifé, fonde la ville d’Oyo où il prend le titre d’ « Alafin » qui
signifie maître de la maison.
- Les autres fils comme Eveka, fonde d’autres villes comme Benin.

La ville d’Ifé demeure cependant la ville sainte, où réside l’ « Oni », chef religieux qui garde l’épée sacré
et doit assister au couronnement de l’alafin.

3) L’Organisation administrative et politique des cités Yorouba


Les Yorouba sont des bâtisseurs de villes et des organisateurs de cités. Ces villes avaient comme activités
économiques : le commerce de l’ivoire, de la cola et des esclaves qui étaient vendus aux navigateurs
portugais.

Les yoruba reconnaissent tous, la suprématie religieuse de l’Oni d’Ifé, et l’autorité politique de l’Alafin
d’Oyo. Les cités yoroubas sont indépendantes. Chaque cité possède une organisation politique suivante:

- A la tête du royaume se trouve : un roi héréditaire appelé l’Alafin

Ensuite, on a un chef élu appelé Le Balé

- Enfin, un conseil de notables appelé : l’Ogbomi


a- L’Alafin
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Le roi succède à son père. Il apparaît rarement en public. Il dispose du pouvoir politique. A sa mort, on lui
fait des funérailles imposantes, accompagnés de rites cruels : On égorge ses amis intimes, ses femmes, ses
esclaves pour l’accompagner dans l’au-delà.

b- Le Balé
Il est élu pour deux ans, dans une famille princière. Il est entouré d’un grand nombre de fonctionnaires. Son
rôle est d’écouter les réclamations et de rendre la justice. Il est le conseiller direct du roi.

c- L’Ogbomi
C’est le conseil de notables. Il surveille le Balé. Il dispose d’un réel pouvoir, car il prend des décisions en
secret et peut démettre le Balé.

d- L’Oni d’Ifé
Il est le chef religieux des Yorouba. Il est le gardien de la ville sainte. Considéré comme un Dieu, on ne
parle jamais de sa mort, qui reste sécrète. Il ne se montre jamais en public le visage découvert, mais porte
un voile ou un masque.

B) LES ROYAUMES BANTOU


Les Bantou sont un ensemble de peuple qui parlent des langues de mêmes origines et qui ont des traits
communs de civilisation. Ils ont spécialement la connaissance du travail de fer.

I) ORIGINE DES BANTOU

1) Répartition des Bantou


Actuellement, les Bantou se répartissent dans la moitié Sud de l’Afrique : de Douala (Cameroun) aux
Grands lacs (RDC, Congo Brazzaville, Centrafrique) et à l’Afrique du Sud.

Les origines ne sont connues avec exactitude. Les savants pensent que les premiers Bantou devaient vivre
dans la région Soudanaise, autour du Lac Tchad. Diverses causes les ont poussés à émigrer vers le Sud de
l’Afrique au début de l’ère chrétienne. Agriculteurs, pasteurs et guerriers bien armés, les Bantou se sont
rependus à travers l’Afrique, imposant leur langue et leurs usages aux peuples qu’ils ont vaincus.

2) Les Grandes étapes de la migration Bantou


A la suite de conflit, les populations Bantou ont quitté la région du lac Tchad etvont se disperser en deux
groupes :

- Un groupe Bantou va longer les vallées de la Sangha et de l’Oubangui pour atteindre le bassin du
fleuve Congo où ils se sont installés entre les 8è et 9è siècle. Ils vont fonder le Royaume du Congo
- Un autre groupe bantou par contre va contourner la forêt du Congo par l’Est pour gagner les régions
des Grands lacs et du Katanga où ils vont se mêler à des peuples qui savaient travailler le cuivre. Ce
groupe va créer le royaume du Monomotapa.

II) LES DIFFÉRENTS ROYAUMES BANTOU


Les peuples Bantou ont fondé des royaumes dont les plus importants sont :

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- Le royaume du Congo situé à l’ouest
- Et le royaume du Monomotapa situé à l’Est.
1) Le Royaume du Congo
Le royaume du Congo est le mieux connu des Etats Bantou par les descriptions que les portugais en ont
faites aux 15è et 16è siècles.

a- L’Administration du royaume du Congo


Le premier roi du Congo fut Nimialoukeni. Il a été un conquérant qui a étendu son autorité sur les tribus
qui vivaient entre l’Ogoué et Benguela.

- Il a divisé son royaume en 6 provinces que sont : Songo – Mhaamba – Mbata –Nsoudi - Mpemba et
Mpangou .
- Chaque province est administrée par un gouverneur qui est issu de la famille du roi
- Certains royaumes voisins au royaume du Congo sont sous la grande autorité du roi du congo. Ce
sont : le royaume de Loango – Kakongo – Ngoyo – Ndogo - Angola - Matamba ainsi qu’une partie
des Batéké.

b) L’organisation du royaume du Congo


- A la tête du royaume se trouve le roi appelé « Mani Congo ». La succession du roi est matrilinéaire
c’est-à-dire que le neveu succède à son oncle côté maternel. Cependant, il arrive que le fils succède à son
père. De toute façon, la désignation du roi doit être approuvée par le conseil de dignitaires qui conseillent
le roi dans ses décisions. Le pouvoir du roi est d’origine divine et le roi est considéré comme un puissant
magicien. Aussi doit-il connaitre les coutumes des tribus et les respecter, sinon il risque une révolte et sa
déposition par le conseil des dignitaires.

- Ensuite vient le conseil des dignitaires : Ils sont au nombre de 12. Ils ont pour rôle de conseiller le roi et
de l’aider dans les prises de décisions.

- Après vient le commandant de l’armée. Il est dirigé par l’un des dignitaires. Il a pour mission de faire
régner l’ordre dans la cité et de défendre la cité.

c- L’économie du royaume du Congo


- Les principales ressources commerciales du royaume du Congo sont : le commerce de l’ivoire, des
lingots de cuivre et de fer et aussi d’esclaves. Ces produits sont vendus aux peuples voisins.
- En outre, le pays produit pour sa consommation : du mil, du sorgho, du riz, des palmiers à huile, du
raphia.

La monnaie d’échange admise sur les marchés est représentée par le cauris.

2) Le royaume du Monomotapa
Les groupes Bantou qui ont contourné la forêt par la région des hauts plateaux de l’est couverts de savane
sont ceux qui ont créé le royaume de Monomotapa.

a- Origine de la création
e
Au début du 15 siècle, un clan guerrier des Bantou appelé les Rozoui a conquis le pays des mines. Son
chef du nom de Moutota s’empare des villes où les chefs entreposaient leur réserve de métaux. A sa mort,
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son fils prend le pouvoir (1450-1480) et élargit son royaume. Il est surnommé Mwenné Moutapa qui
signifie « le seigneur des mines » que les portugais écrivent « Monomotapa »

b) L’administration du royaume
Compte tenu de l’étendu du royaume, le roi divise son royaume en 3 provinces :

- Les deux provinces du sud et de l’est sont gouvernées par les parents du roi.
- Quant à la province du nord (la plus importante), elle est dirigée par le roi lui-même.

Tous ses gouverneurs sont responsables devant le roi qui règne en maitre absolu.

c) Le déclin du royaume
A la suite de certains évènements comme la mort du roi, les gouverneurs des provinces se révoltent et se
déclarent indépendants. Ainsi, en 1505 quand les portugais arrivent à Sofala , capitale du royaume de
Monomotapa, le royaume est déjà démembré.

CONCLUSION
L’Afrique a connu de grands empires et royaumes qui témoignent du sens de son organisation.
Malheureusement les querelles internes et la soif du pouvoir vont affaiblir ces empires et royaumes
préparant du coup l’arrivée et la domination européenne. Dès lors commence l’impérialisme européen en
Afrique.

39
LEÇON 2 : LES RELIGIONS COMME FACTEUR DE
CIVILISATION (LE CAS DE L’ISLAM ET DU CHRISTIANISME)
INTRODUCTION
L’histoire est la reconstruction rationnelle de l’évolution des sociétés humaines dans le temps et dans
l’espace. Et la religion qui est un élément majeur de ces sociétés est susceptible de nous éclairer de façon
significative sur leur structure.
Cette étude sera abordée dans le contexte africain, continent jugé anhistorique (sans histoire) par certains
penseurs, donc sans civilisation, sans religion. Mais qu’en est-il exactement ?

I) POUR UNE HISTOIRE DES RELIGIONS AFRICAINES

1) L’Afrique, un continent anhistorique


Pendant longtemps, les européens ont affirmé que l’Afrique n’avait pas d’histoire parce que pour eux :
- les civilisations africaines étaient figées c’est-à-dire immuables (qui ne bouge pas, ne change pas).
- Les civilisations africaines étaient primitives c’est-à-dire des civilisations sans continuité.
Certains grands penseurs européens comme le philosophe HEGEL explique cela très bien dans
philosophie de l’histoire  en disant ceci : « L’Afrique n’est pas une partie historique du monde.(…..) Elle
fut hors de la lumière de l’histoire, inconsciente d’elle-même et drapée dans le manteau sombre de la
nuit. »
2) La reconquête d’une identité culturelle africaine
Certains éléments ont démontré que la perception que les Européens avaient de l’histoire de l’Afrique est
fausse. On a l’apport de :
- l’archéologie
- la biologie
- la linguistique
- l’ethnologie
- l’anthropologie qui est lié à l’analyse des traditions orales.
Aussi la libération de l’Afrique de la colonisation l’a poussé à une quête de son histoire dont elle a été
privée depuis longtemps. Ainsi, depuis les indépendances, la reconstitution de l’histoire de l’Afrique se
construit à un rythme remarquable. Elle est de plus en plus le fait d’historiens africains en quête de
l’identité collective.
La dimension religieuse dans cette quête de l’identité collective nous parait primordiale surtout qu’on avait
négligé les religions africaines. Les religions africaines étaient assimilées aux cultes de la nature auxquelles
l’on donne les noms d’animisme, de paganisme, de religion des ancêtres, de bossonnisme etc.…
Concernant l’islam et le christianisme, religion importées, on admet généralement que même en Afrique,
elles ont eu un développement historique.
Qu’en est-il alors de ces deux religions en Afrique ?

40
II) L’ISLAM, UNE IDÉOLOGIE TRÈS ANCIENNE EN AFRIQUE
Il serait inutile d’entreprendre une étude sur l’islam en Afrique sans une connaissance préalable du
contexte de la naissance et le développement de cette religion.

1) L’avènement de l’islam

a- la naissance de l’islam
La naissance de l’islam se confond à la vie même de MAHOMET. Celui que les musulmans par la suite
désigneront du seul nom de « PROPHÈTE » est né à la Mecque dans « l’année de l’éléphant » (vers 571
après J-C). Il fut longtemps appelé Aboulqaum, puis MAHOMED ou (MAHOMET), ce qui signifie « 
digne de louange ». Par son père, il appartient à la famille des Beni Hachim, une des plus considéré de la
Mecque, de la grande tribu des Beni Qoraich.

Son enfance fut attristée par la mort de ses proches :

- orphelin de père avant sa naissance, il perdit sa mère Amina quand il avait six ans

- deux ans plus tard, il perdit son grand père qui l’élevait.

Recueilli par son oncle ABOU THALIB, il gagna sa vie comme berger, puis comme caravanier. Enfin
Mahomet épousa une riche veuve, KHADYJA, dont il avait d’abord dirige les caravanes. Ce mariage lui
apporta le bonheur et l’aisance. Il put alors consacrer ses loisirs à la prière et à la méditation, car il était
préoccupé par les questions religieuses.

b) Les débuts de la prédication


KHADIJA va jouer un rôle considérable dans la vie de MAHOMET. C’est vers la quarantaine, dans les
années 610, que MAHOMET a commencé à sentir les insuffisances du polythéisme, et s’est retiré dans le
dessert pour méditer. C’est pendant cette retraite que Dieu se manifeste à MAHOMET par l’intermédiaire
de l’ange JIBRAIL autrement dit GABRIEL, qui lui présente un texte écrit et lui demande de le réciter.

Tout ce que le prophète énoncera, désormais, sous l’inspiration divine, sera plus tard recueilli dans un livre,
le coran (AL-QORAN) qui signifie la récitation.

c) La prédication
Après la révélation, Mahomet hésite pendant un temps et doute. Comme l’ange apparait de nouveau,
Mahomet commence sa prédication. Cette prédication ne remporte aucun succès auprès des siens. Ses
premiers succès, ils les remportent auprès des pauvres, voir des esclaves. Les adeptes de Mahomet et lui-
même sont persécutés.
Il décide alors que ses fidèles et lui quittent la Mecque pour se réfugier à YATRIB en 622. Cet exile est
connu sous le nom d’Hégire et marque le début de l’ère musulmane ou le début du calendrier musulman
(18 juillet 622 après J-C).
Les habitants de Yathrib se laissent toucher par la prédication. En son honneur, la ville de Yathrib prit le
nom de Médine (Médina qui signifie la ville du prophète). A Médine, Mahomet engage un conflit armé
avec la Mecque. Cette guerre à un double caractère :
- elle est destinée à agrandir la communauté musulmane
- et à convertir les mecquois par la force.

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Cette guerre est appelée « guerre sainte ». C’est en 630, enfin qu’après la capitulation de l’armée
mecquoise que Mahomet rentre à la Mecque et brise les idoles de la Kaaba.
En 632, après un grand pèlerinage, il retourne à Médine ou il meurt le 8 juin 632. Presque tous les arabes
avaient embrassé la religion enseignée par le prophète. L’islam leur apportait ainsi l’unité religieuse.

d) Les fondements de l’islam


- L’islam est basé sur le coran dont il s’en inspire. C’est une religion de soumission à la volonté
d’ALLAH.
– Le coran, le livre saint de l’islam se présente comme un recueil de verset, groupés en chapitres ou
sourates au nombre de 144. Ce sont à la fois des prières et des indications sur la foi et les devoirs des
croyants.
– L’islam est d’abord une attitude religieuse, consistant dans une soumission absolue à Dieu.
Il y a dans le coran 5 prescriptions essentielles appelé « piliers de l’islam » :
*La chah ada : c’est la profession de foi du musulman. C’est l’affirmation de l’existence d’un Dieu unique
qui est Allah
* La pratique de la prière : 5 fois par jour, le croyant tourné vers la Mecque doit dire des prières très
strictement définies.
* Le jeun total : jeuner du lever au coucher du soleil et cela pendant le Ramadan dont la date varie en
fonction de l’observation lunaire.
* L’aumône ou la Zakhat : tout musulman doit se montrer juste et généreux envers les pauvres. C’est une
sorte d’impôt que le croyant est tenu de verser.
* Le pèlerinage à la Mecque : une fois dans sa vie, le musulman qui en a les moyens doit se rentre à la
Mecque.
3) L’expansion de l’islam en Afrique noire

a)La conquête
Suivant le conseil du prophète, les Arabes se sont lancés à la conquête et à la conversion du monde à
l’islam. Concernant l’Afrique, passé par des axes :
- Parti d’Arabie, ils conquièrent l’Égypte en 639.
- Au début du 8è siècle, un chef arabe du nom d’IBN NOCEIR envahit à nouveau l’Afrique nord.

- L’expansion de l’islam en Afrique au sud du Sahara s’est effectuée à travers les relations commerciales
entre l’Afrique du nord et l’Afrique au Sud du Sahara. Ces axes commerciaux se font à partir du Sahara
qui était parcouru à l’époque par des caravanes. C’est le chef des almoravides (IBN YACIM) qui va se
lancer à l’assaut des tribus berbères et de l’Afrique noire. Les almoravides prennent Aoudaghost entre 1055
et 1056, obligent les souverain du Ghana, du Mali et du Sonnai à se convertir à l’islam.

b) Les obstacles à l’expansion de l’islam en Afrique noire


L’expansion de l’islam n’a pas été continue en Afrique noire. Les conquérants musulmans ont rencontrés
des obstacles comme :

- les réactions hostiles de certains peuples comme les Bambara, les Mossi qui sont resté longtemps
fermé à l’islam.
- La forêt dense qui était impraticable à cause de ses marécages, de ses peuples divisés et hostiles à
l’Islam
- La structuration de certains puissants royaumes où le roi est considéré comme prêtre et un Dieu

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Les armées musulmanes se sont donc arrêtées dans la partie soudanaise de l’Afrique. Cependant, Certains
peuples soudanais ont réussi à garder leur croyance traditionnelle vis-à-vis de l’influence musulmane pour
plusieurs raisons :

- la force de leur organisation sociale et religieuse comme les Bambara et les Dogons
- La puissance de leur organisation politique comme les Mossi
- leur situation géographique. en effet, ces peuples vivent soit dans les dans les régions reculées(Lobi),
soit dans les régions montagneuses (les peuples du plateau Banchi)
III) LE CHRISTIANISME
er
Le christianisme est né au 1 siècle de notre ère. C’est une religion monothéiste dont la croyance est basée
sur Jésus-Christ (fils de Dieu).
1) Naissance du christianisme
a) L’avènement de Jésus
Selon les historiens, Jésus serait né à Bethleem (en Palestine) sous le règne du roi Auguste. Il était Juif, fils de Joseph
et de Marie, vivant à Nazareth. A l’âge de 30 ans, il se mit à parcourir la Palestine, se proclamant le Messie tant
attendu et annoncé par les prophètes. Progressivement, les hommes se mirent à le suivre et à écouter son
enseignement. Ils deviennent ses disciples. Son succès inquiéta certains juifs, surtout les prêtres qui ne
reconnaissaient pas en lui le messie et ne dénoncèrent aux Romains comme agitateur. Il fut alors arrêté, emprisonné
puis crucifié sous le gouverneur Romain PONCE PILATE.
Après sa mort, il ressuscita 3 jours après d’après ses apôtres. Son histoire et son enseignement ont été transmis dans
4 récits appelés évangiles qui furent rédigés plus tard entre l’an 70 et 95 par quatre de ses disciples (Mathieu, Marc,
Jean et Luc). Ces textes ont été associés aux lettres de Paul de tarse, ancien adversaire du christianisme converti à la
nouvelle religion. Ces écrits forment le noyau essentiel du nouveau testament qui complété à l’ancien achève la Bible
chrétienne.
2) La diffusion du christianisme
a) Dans le monde
A la mort de Jésus, ses disciples disent l’avoir vu ressuscité et continuèrent à transmettre son message, à
parler de sa vie et de son enseignement.
- Pierre, l’un des 12 apôtres, fut chargé par Jésus de répandre son message et de veiller sur la nouvelle
religion. Le christianisme fut donc, d’abord diffusé auprès des juifs.
- Mais, à la suite de Pierre, Paul ancien adversaire du christianisme converti à la nouvelle religion se mis
à son tour à répandre cette nouvelle religion à travers le monde.
- A partir de là, les disciples du christianisme commencèrent à parcourir l’empire romain et à aller au-
delà pour diffuser la nouvelle religion. C’est ainsi que le christianisme se répandit le long des grands
axes de commerce, d’abord des provinces orientales, puis en occident.
La conversion toucha d’abord les pauvres pour gagner progressivement les plus riches. Cette religion
pénétra rapidement toutes les couches de la société.
b) La diffusion en Afrique du christianisme
- D’importants foyers de diffusion de christianisme fut créé en Afrique grâce aux moines et aux
missionnaires. Il s’agit de l’Égypte et des territoires romains d’Afrique (Carthage-Nubie-Éthiopie).
- Au XVe siècle, les navigateurs européens, suivis des moines et des missionnaires vont répandre le
christianisme dans toute l’Afrique noire.
CONCLUSION
Au terme de notre analyse, il convient de noter que les religions et particulièrement les religions révélées constituent
des facteurs qui interviennent l’explication et la compréhension des civilisations. En effet, leur intrusion forcée ou
pacifique dans les différents aires ethnoculturelle, elles vont bouleverser les habitudes et les comportements des
sociétés africaines.
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CHAPITRE III  L’AFRIQUE BLANCHE (Méditerranée-

L’Afrique Blanche
Maghreb-Islam)
correspond à cette Afrique
de race blanche localisée au nord du continent. C’est une région bordée par la mer méditerranée qui
influence véritablement son climat. De par sa position géographique, cette région subit la double influence
de l’Europe méditerranée et de l’Asie occidentale. Ces influences seront fortement ressenties sur la
civilisation de cette région.

LEÇON 1 : L’ÉGYPTE ANCIENNE


INTRODUCTION
L' Égypte antique est une ancienne civilisation d'Afrique du Nord-est concentrée le long du cours inférieur
du Nil, dans ce qui constitue aujourd'hui l'Égypte. L’Égypte antique a développé un empire qui est un
exemple unique dans l'histoire de l'humanité. Il est le premier des grands empires nés sur les rives de la
Méditerranée et est aussi celui qui dure le plus longtemps : trois millénaires. Cette civilisation de l'Égypte
antique prend forme autour de 3150 av. J.-C. avec l'unification politique de la Haute et de la Basse-Égypte
sous le règne du premier roi.

I) PRÉSENTATION DE L’ÉGYPTE ANCIENNE


1) Situation géographique de l’Égypte ancienne
La géographie de l’Égypte antique, d’un point de vue environnemental, est assez proche de celle de
l’Égypte contemporaine. D’une superficie d’environ 1 million de km², l’Égypte est située au nord-est de
l’Afrique. Elle est limitée :
- au nord par la mer méditerranée,
- au sud par la 2ème Cataracte et la Nubie,
- à l’est par la mer rouge et le désert arabique (le Sinaï et la région de Gaza)
- et à l’ouest par le désert de Lybie.
Elle est formée de 2 grandes régions qui sont :
▪ La basse Égypte avec pour capitale MEMPHIS.
▪ La haute Égypte avec pour capitale THEBES.
Elle est traversée par un grand fleuve qui est le Nil qui joue un rôle important dans l’économie. En effet, le
Nil permet :
- la pêche,
- la navigation maritime
- l’irrigation des cultures.
- Le développement de l’agriculture. En effet, en se retirant le fleuve laisse de la boue noire appelée
Limons ou Alluvions qui fertilise le sol et permet le développement des cultures. C’est ce qui à faire dire à
l'historien grec HERODOTE que « l’Égypte est un don du Nil ». En effet ; il avait observé à juste titre que
le fleuve est indissociable de l'identité égyptienne antique, car sans lui l'Égypte n’existerait pas. une
mauvaise crue et les récoltes étaient perdues, entraînant la famine.
Remarque : les cataractes se sont des groupes de rochers qui baret un fleuve, forment des chutes et
interrompent la navigation.

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45
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2) Le peuple égyptien
Le peuple égyptien est composé de 3 types de population. Ce sont :
- Les noirs : Ils sont venus de Nubie et occupent la haute Égypte
- Les libyens : Ils sont venus de la Lybie et occupent la basse Égypte.
- Les sémites : Ils sont venus de l’Arabie et occupent la basse Égypte.

II) L’HISTOIRE ÉGYPTIENNE


1) Les sources de l’histoire égyptienne
On connait l’histoire de l’Égypte grâce :
- à la bible
- aux écrits des savants Grecs
- aux fouilles archéologiques
- à l’écriture égyptienne. Cette écriture égyptienne est appelée les hiéroglyphes. Les hiéroglyphes sont
composés de 5000 signes. C’est le français JEAN FRANÇOIS CHAMPOLLION qui a traduit les
hiéroglyphes en 1922
2) Les grandes périodes de l’histoire égyptienne
ème
Au IV millénaire avant J-C, la désertification poussa les hommes à se rapprocher du Nil. Ils se
regroupent en États. Ainsi naquirent 2 royaumes :
- la haute Égypte
- et la basse Égypte.
L’unification de ces 2 royaumes intervient vers 3000 ans avant J-C. Elle est l’œuvre de NAMER, roi de la
haute Égypte qui en fut le premier pharaon. Ce fut le début d’une ère de puissances et de prospérité appelé
empire. On en distingue 3 qui constituent les 3 grandes périodes de l’histoire Égyptienne avec des
moments de troubles et de décadences (invasions, guerres civiles…) :
► L’ancien empire : Il débute en 2660 avant J-C et se termine en 2180 avant J-C. Sa capitale était
MEMPHIS. Les grands rois qui ont régné à cette époque sont Khéops, Khephren et Mykérinos. Au cours
de leur règne, ils ont construit de grandes pyramides. Vers la fin de l’an 2180 avant J-C, il survient des
troubles à l’intérieurs et à l’extérieures de l’empire. Ces troubles vont provoquer la chute de l’ancien
empire. Ces troubles marquent la première période intermédiaire.
►Le moyen empire : Il commence à 2040 avant J-C et prend fin à 1780 avant J-C. Thèbes devient la
capital. Les rois Sésostris I, II et III conquirent la Nubie au sud de l’Égypte. L’unité du royaume fut
reconstituée par AMENHEMAT 1er. A cette époque, on a la construction de chapelles. Cette période se
termine avec l’invasion des Hyksos (peuples venus d’Asie). Cette période marque la 2e période
intermédiaire.
►Le nouvel empire : Il commence à 1550 avant J-C et prend fin à 1080 avant J-C. Sa capitale est
Thèbes. L’Égypte redevient prospère et puissante grâce aux pharaons Thoutmosis I, II et III, Akhenaton
et Ramsès I, II et III. Ces rois construisent des temples magnifiques comme ceux de Kanak et Louqsor et
firent creuser les tombeaux de la vallée des rois. L’Égypte entre en décadence vers l’an 1000 avant J-C
avant d’être attaquée et envahies par les perses, les grecs et les romains.
N.B : Pharaon, mot qui vient de l’Égypte Pir-Ra qui signifie « grande maison », ou encore « palais ». Il
servira plus tard à désigner celui qui habite le palais et y gouverne, c.-à-d. le roi d’Égypte.

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GRANDES PYRAMIDES CHAPELLES TEMPLES

MOYEN EMPIRE NOUVEL EMPIRE


ANCIEN EMPIRE 2040 - 1780 (Av J-C)
CAPITALE : THÈBES CAPITALE : THÈBES
CAPITALE : MEMPHIS
1550 -1080 (Av J-C)
2660-2180 (Av J-C) AMENHAMAT 1er
AKHENATON
KEOPS
RAMSES II
KHEPHREN
THOUTMOSIS III
MYKERINOS

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III) L’ORGANISATION DE L’EMPIRE

1) la structure sociopolitique
L'Égypte antique est une monarchie théocratique.

Les anciens Egyptiens ont été regroupés dans un système hiérarchique avec le Pharaon en haut et les agriculteurs et
les esclaves au fond. Des groupes de personnes les plus proches de la partie supérieure de la société étaient les plus
riches et les plus puissants.
Le diagramme ci-dessous montre la structure de la société égyptienne antique. La société égyptienne :

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► Pharaon : Le Pharaon était considéré comme un Dieu sur la terre et a eu le plus de pouvoir. Il était responsable
de la rédaction de lois et de maintien de l'ordre, veiller à ce que l'Égypte n'a pas été attaqué ou envahi par
des ennemis et de la tenue des Dieux heureux de sorte que le noyé du Nil et il a eu une bonne récolte. .
Bien plus qu'un roi, le pharaon est à la fois l'administrateur principal, le chef des armées, le premier
magistrat et le prêtre suprême de l'Égypte. En effet, Pharaon avait une mission à remplir : assurer
l'harmonie entre les hommes et le ciel, être garant de la morale de son peuple, contribuant ainsi à assurer
son éternité. Pour exercer son contrôle sur les terres et les ressources, le pharaon s'appuie sur une
administration composée de fonctionnaires qui gère ses affaires au quotidien. Cette administration est
dirigée par son homme de confiance, le vizir.
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►Vizir : Le vizir était le principal conseiller du Pharaon et était parfois aussi le Grand Prêtre. Il était
responsable de l'administration et la supervision de tous les documents officiels devrait avoir son sceau
d'approbation. Il était également responsable de la fourniture de denrées alimentaires, le règlement des
différends entre les nobles et le fonctionnement et la protection de la maison de Pharaon.

►L'armée égyptienne antique avait pour but de défendre l'Égypte contre les invasions étrangères, et
maintenir la domination égyptienne dans le Proche-Orient ancien et la Nubie. L’armée protégeait les mines
du Sinaï au cours de l'Ancien Empire et combattit lors des guerres civiles des première et deuxième
périodes intermédiaires. Les militaires surveillaient les principales routes commerciales grâce à des
fortifications. L'équipement militaire comprenait des arcs et des flèches, un bouclier de cuir avec une
armature en bois au sommet arrondi.

►Après le Vizir, viennent les ministres : Ils appartiennent à des familles très riches et sont composé de
princes et de hauts personnages qui forment la cour du pharaon.

►Les scribes et les hauts fonctionnaires (ministres sont ceux qui travaillent dans l’administration
égyptienne. Ils aident le pharaon à administrer le pays.

►Les prêtres : Les prêtres sont très influents parce que les égyptiens pensent communiquer avec Dieu par
l’intermédiaire des prêtres. Ils étaient chargés de culte.

►Le peuple : Le peuple est composé de l’armée, des paysans, des artisans et des esclaves. Ils mènent une
vie difficile car ils vivent dans des conditions difficiles.

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Le pharaon est souvent représenté
avec les symboles du pouvoir royal.

2) Les activités économiques


La principale activité économique pratiquée était :
- l’agriculture. Les outils utilisés sont : la houe, la charrue, la faucille.
- La pêche
- L’artisanat : on a des artisans comme les menuisiers, forgerons, cordonniers, bijoutiers, sculpteurs,
tisserands etc.…
a- L’Agriculture
L’agriculture égyptienne connaît un grand succès pendant l'Antiquité en raison d'une combinaison de
facteurs géographiques favorables, au premier rang desquels on peut citer la fertilité du sol résultant des
inondations annuelles du Nil. Les Égyptiens sont donc en mesure de produire une nourriture abondante.
L'agriculture de l'Égypte est largement tributaire du cycle du Nil. Selon les Égyptiens, l'année se divise
suivant trois saisons :
- Akhet : la saison des inondations
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- Péret : la saison des plantations
- et Chémou : la saison des récoltes

Lors de la saison des inondations, qui dure de juin à septembre, se dépose sur les rives du fleuve une
couche de minéraux riches en limon, idéale pour la croissance des cultures. Après le retrait des eaux de la
crue, les agriculteurs labourent et plantent les graines dans les champs. La végétation entame alors sa
période de croissance qui s'étend d'octobre à février. En raison de la faiblesse des précipitations en Égypte,
les champs sont irrigués par des fossés et des canaux communiquant avec le Nil. De mars à mai, les
agriculteurs utilisent des faucilles pour récolter leurs cultures. qui sont ensuite battues avec un fléau pour
séparer la paille du grain. Les Égyptiens cultivent l'orge et plusieurs autres céréales qui sont toutes utilisées
pour produire les deux denrées de base que sont le pain et la bière.

b- Le Commerce
Les Egyptiens utilisent un système monétaire basé sur le troc. Les salaires des travailleurs sont versés en
grains : un simple ouvrier peut ainsi gagner cinq sacs et demi (soit 200 kg) de céréales par mois, alors qu'un
contremaître peut gagner sept sacs et demi (soit 250 kg). Les prix des marchandises et des denrées sont
fixés pour l'ensemble du territoire et sont consignés dans des listes pour faciliter les échanges.. Toutefois,
après quelques siècles, les négociants internationaux commencent à se baser sur la monnaie.
Les Égyptiens établissent des relations commerciales avec leurs voisins pour obtenir des produits exotiques
et rares qu'on ne peut pas trouver en Égypte.
3) Les croyances religieuses
La croyance en l'existence des dieux et de l'au-delà est profondément ancrée dans la civilisation égyptienne
antique dans la mesure où le pharaon tient son pouvoir du droit divin. Les Égyptiens croient que chaque
être humain est composé d'éléments physiques et spirituels. En plus de son corps, chaque personne possède
ainsi une ombre (šwt), une personnalité ou une âme (bâ), une force vitale (ka) et un nom.
La civilisation égyptienne est ainsi peuplée de divinités aux pouvoirs surnaturels auxquels il était fait appel
pour obtenir aide et protection. Pour autant, toutes les divinités égyptiennes n'étaient pas nécessairement
bienveillantes et les Égyptiens croient donc qu'elles doivent être apaisées grâce à des offrandes et des
prières.
Les divinités sont vénérées dans des temples administrés par des prêtres agissant pour le compte du
pharaon. Au centre du temple se trouve le sanctuaire dans lequel est placée la statue de la divinité.

Après la mort, les éléments spirituels de la personne sont libérés de l'enveloppe charnelle et peuvent alors
se déplacer à volonté. Pour cela, ils ont cependant besoin que leurs restes funéraires soient préservés pour
agir comme un foyer permanent. Le but ultime de la personne décédée est de rejoindre son ka et son
bâ pour devenir un « mort bienheureux », qui survit sous la forme d'un akh. Pour que cela se produise, le
défunt doit être jugé digne lors d'un procès où le cœur est mis en balance avec une « plume de vérité ». Si
la personne est jugée digne, elle pourra alors continuer son existence sur terre sous une forme spirituelle.
. Les égyptiens adoraient plusieurs dieux, on dit qu’ils sont polythéistes. On peut citer :

 Amon-Rê : Dieu du soleil


 Osiris : Dieu des morts et de la végétation
 Hator : déesse l’amour ou de la fertilité
 Horus : Dieu de la guerre
 Anubis : Dieu de l’enfer (il ressuscite les morts)
 Thot : Dieu de la sagesse et du savoir

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 Ptah : Dieu des artisans et des artistes
 Maat : déesses de la justice

Ces dieux sont représentés sous forme humaine, soit sous la forme mi-homme, mi animal, soit identifié à
un élément de la nature.

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3) Les rites funéraires

Les anciens Égyptiens avaient un ensemble de coutumes funéraires qu’ils jugeaient nécessaires pour
assurer l'immortalité après la mort. Ces coutumes avaient pour but :

- de préserver les cadavres par la momification


- d’accomplir les cérémonies d'inhumation
- et enterrer, avec le corps, les objets destinés à être utilisés par le défunt dans l'au-delà.
Les égyptiens pratiquent la momification qui consiste à :
● enlever les organes internes
● dessécher le corps dans un mélange de sels appelés natron
●envelopper le corps de bandelettes de lin avec des amulettes protectrices insérées entre les couches
● Placer le corps dans un cercueil anthropomorphe décoré (sarcophage en pierre ou en bois)
Depuis la IVe dynastie égyptienne, les organes furent conservés séparément dans les vases canopes. 
Les riches Égyptiens ont été enterrés avec de nombreux objets de luxe, mais tous les enterrements, quel que
soit le statut social, incluaient des biens pour le défunt.

4) Les pyramides et les tombeaux


La tombe, indispensable à la survie est appelé « la maison d’éternité ». Plus ou moins luxueuse selon la
richesse de la famille, elle est toujours construite avec soin, les objets qui appartiennent au défunt sont
placé à côté de lui et des aliments sont peints sur le mur. Les tombes sont groupées à l’extérieur des villes
situées sur la rive gauche du Nil : là se trouvaient des villes mortes appelées nécropoles (mot d’origine
grecques signifiant « ville des morts ».

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Sous l’ancien empire, des pharaons puissants ont fait édifier des énormes édifices appelés pyramides qui
servaient de tombeaux.

CONCLUSION
Dans l’antiquité, l’Égypte a connu une brillante civilisation sur le plan politique, économique et religieuse.
Elle a contribué à l’enrichissement de la culture universelle.

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Leçon 2 : LA CIVILISATION ALGÉRIENNE ET MAROCAINE
Introduction
Situé dans la partie ouest de l’Afrique du nord, le Maghreb (Maroc-Algérie et la Tunisie), se situe entre le
19è et le 37° de latitude nord avec une superficie totale estimée à 3257350 km². La civilisation islamique
arabo-berbère est le fondement de l’unité de cet ensemble. C’est un ensemble composé de la même race : la
race blanche, de la même religion : l’Islam, de la même civilisation islamique : la civilisation arabo-
berbère. C’est aussi un ensemble qui a connu le même type de colonisation européenne, le même genre de
vie traditionnelle associant l’agriculture méditerranée et l’élevage du mouton.

I) LE PEUPLEMENT DU MAGHREB
De par sa situation, le Maghreb est en contact avec plusieurs continents (l’Asie, l’Europe et l’Afrique noir).
Et ces différentes relations ont eu des effets sur son peuplement. C’est ce qu’a fait de lui le creuset de
brillantes civilisations. Et sur le plan religieux, l’Afrique du nord a connu une religion universelle avec
l’apport de d’autres civilisations. L’Afrique du nord a une assez grande vu sur la méditerranée, ce qui fait
que le Maghreb a participé à son histoire dans la plus haute antiquité.

1) La population autochtone
La population autochtone vient de l’ethnie berbère. Le peuple berbère vient du moyen orient et migrer de
l’est en l’ouest. Cette migration a eu lieu dans tout le Sahara.
Les berbères ont leur trait caractéristiques  comme :

- La multiplicité du langage constitue leur entité et fait qu’on ne peut les apparenter à un groupe
linguistique.
- La particularité de leur art
Cependant, les berbères n’ont jamais su organiser un Etat puissant car, la résistance face aux envahisseurs
s’est faite de façon désordonnée. Ce qui a permis aux envahisseurs de conquérir leur territoire. Les
berbères se sont donc refugiés dans les montagnes comme en KABILYE en Algérie, dans les atlas du
Maroc et sur les iles comme le Djenib en Tunisie.
2) Les apports successifs
La période qui s’étend du 6è au 8è siècle est marquée par de nombreuses invasions qui ont influencé la
civilisation berbère. On note :
a- Dans l’antiquité
On note l’invasion de certains peuples comme :

- Les phéniciens. Les phéniciens ont marqué l’Afrique du nord de leur empruntes. Ils ont fondé des
comptoirs sur le littoral (qui sont devenues des villes comme Carthage en Tunisie) et ont introduit dans
cette région l’usage du fer et du bronze.

- A côté des phéniciens, il y a eu les grecs et les romains qui ont occupés l’Afrique du nord pendant plus
de 500 ans. Ce sont les romains qui ont initié le peuple berbère à la vie urbaine, au commerce et les
arts.

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b- Au moyen-âge
A partir du 7è siècle, on assiste à des invasions comme :

- la conquête arabe. Les arabes conquérir le Maghreb et en faire une province arabe. Ils vont les
soumettre à l’Islam comme principale religion et l’arabe comme langue officielle.
- Ensuite, il y a eu les invasions turques qui ont duré 5 siècles. Contrairement aux autres envahisseurs
qui ont apporté un plus à la culture berbère, l’empire Ottoman (turc) a contribué à la destruction des
cultures grecques, romaines et arabes.
c- La période des temps modernes
Il s’agit des français, des espagnols, des italiens et des anglais qui ont apporté à ces peuples leur
civilisation, leur langue, leur habitude de vie.

La colonisation qui a le plus marqué cette région est celle de la France qui s’est imposé par étape et de
manière puissante. Ainsi l’Algérie a été colonisée en 1830, la Tunisie en 1881 et le Maroc en 1912.
Le Sahara occidental du Maroc a été colonisée par l’Espagne et cherche toujours son indépendance vis-à-
vis du Maroc.

II) LE TYPE DE RACE : UNE VARIÉTÉ DE RACE A DOMINANCE


BLANCHE
- La population du Maghreb est en majorité de race blanche. Cette race est située sur le littoral au nord.
Cette race se subdivise en deux groupes : les berbères et les arabes.
- Cependant, on rencontre dans les oasis, la race noire dont le nombre croit au fur et à mesure qu’on va
vers le sud. Ces noirs appartiennent à des origines différentes. En effet on a des noirs qui sont des
descendants d’anciens esclaves et des noirs de pures souches originaires du Soudan

III) LE GENRE DE VIE


On distingue 3 modes de vie dans le Maghreb que sont : les sédentaires, les nomades et les semi-
sédentaires.
1) Les sédentaires
Par définition, le sédentaire est celui qui reste dans un endroit fixe. Les peuples sédentaires sont
agriculteurs. Il pratique :

- l’arboriculture (c’est-à-dire la culture des arbres fruitiers)


- et la culture céréalière.

Ces cultures se pratiquent dans les plaines et dans les collines. Les peuples sédentaires doivent cependant
lutter contre la rareté de l’eau et la pauvreté des sols. Les sédentaires habitent tous dans des villages
groupés. Le village est appelé Ksar.

2) Les nomades
Le nomade est celui qui n’a pas de lieu d’habitation fixe.
En général, les nomades vivent dans :
- les déserts
- les zones de steppe
- dans les régions de montagnes.

60
Ils ont comme activité principale l’élevage. Ils se déplacent constamment avec les troupeaux pour les
nourrir : c’est le nomadisme pastoral. L’une des principales causes du déplacement du nomade avec son
troupeau et sa famille est la recherche d’eau.
L’année du nomade se divise en deux périodes (dans l’année)

- En hiver : Compte tenu du froid, ils se déplacent et installent leur campement dans le désert ou ils
séjournent 6 à 7 mois. Pendant ce temps, ils pratiquent l’agriculture.

- En Eté : compte tenu du bon temps, les nomades se déplacent pour nourrir le troupeau. Ils confient alors
leur culture à des sédentaires appelés Ksouriers.

3) Les semi-nomades
Ce sont des peuples qui vivent à la fois de nomadisme et de la culture de la terre.

Ces peuples habitent dans les Steppes. Cependant :

- En hiver : compte tenu de la dégradation du climat qui devient froid et sec et donc peu favorable au
nomadisme (au déplacement des troupeaux), les semi-sédentaires s’adonnent à la culture.
- en été : avec l’arrivée le bon temps, ils s’adonnent à l’agriculture.

Les peuples semi-sédentaires se distinguent des peuples nomades pour plusieurs raisons :

- Ils sont des villages fixes


- l’activité prédominante chez les semi sédentaires est l’agriculture qui s’effectue avec la charrue.
On note un progrès des cultures au détriment de la vie nomade.

CONCLUSION
Le Maghreb était devenu une colonie de peuplement avec la colonisation. L’indépendance du Maghreb va
apporter un changement notable. Néanmoins, si les traditions du Maghreb persistent, le développement de
la vie moderne tend à apporter des changements remarquables.

EXERCICES

Sujet 1
Ces petits hommes sont appelés Dagodigoyue. Ils ont une peau noire comme du charbon, une face de singe,
une grosse bouche et de longs poils. Ils ont des pieds retournés : leurs traces semblent aller dans un sens
alors qu’en fait ils vont en sens contraire.
Ils vivent dans des trous au fond desquels brille de l’or. En guise de bœufs, ils utilisent des buffles, et là
où les buffles sont passés, on peut voir à coté de leurs traces celles des Dagodigoyue. De même, les biches
leur servent de chèvres et ils leur fendent l’oreille afin que chacun puisse reconnaitre ses biches.
Quand les hommes chassent, ils volent en fait le bétail des Dagodigoyue. Aussi, ceux-ci détruisent les
pièges posés par les hommes et libèrent les animaux capturés.
D’après les «  traditions orales » recueillies par Emmanuel Terray, XXe siècle.
QUESTIONS

…………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………

61
Sujet 2

«L'homme qui vient de nulle part, s'appelle DèWê. Lorsque notre ancêtre, fondateur de ce village, Zo Aya,
était venu ici chercher du gibier, il chassa six jours durant. Le septième jour, il abattit un éléphant. Au
moment où il transportait le butin dans son village d'origine, il aperçut de la fumée s'élever sur cette
montagne Yua. Il s'y rapprocha, c'est alors qu'il fit la rencontre de Déwê. Interrogé sur son pays d'origine,
celui-ci répondit qu'il sortait d'une grotte non loin de là, où il a toujours vécu. Il ne put alors aider notre
ancêtre de peur de s'éloigner de sa grotte qui est aujourd'hui un lieu de culte pour ses descendants, les
Gbiemin».
Gilbert Gonnin, Rapports entre Mandé et peuples forestiers de l'Ouest de la Côte-d’Ivoire à travers les traditions
orales Tura, Thèse, Paris I, Sorbonne, 1986.

QUESTIONS :

1- Dégagez la nature et l'idée générale du texte.


2- D'après le texte et vos connaissances les peuples migrants sont-ils les 1ers habitants de la
Côte-d’Ivoire ?
3- A partir du texte et de vos connaissances relevez les causes des grandes migrations.
4- Selon vos connaissances quelles sont les conséquences des migrations en C.I?

CORRECTION

1) C’est un récit Idée générale : les origines du peuple Gbemin

Sujet 3 

Celle que l’on nomme généralement reine-mère ou « queenmother » pour traduire la notion de « Blahima »
se rencontre dans les sociétés à matrilignage dominant ; en particulier chez les Akan du Ghana et de la
Côte-d’Ivoire.
En pays Abron, elle est toujours présente aux côtés du roi, à la droite duquel elle est assise au cours des
cérémonies ou aux occasions officielles.

Dans le Sanwi, elle est plus effacée et passe souvent inaperçue mais partout elle est associée au roi et on
peut la considérée comme le second personnage dans la hiérarchie sociale et politique. Elle est la clé de
voûte de toute la structure sociale. Elle est membre du “Mlata” (matriclan) royal et non la femme du roi.
Elle est souvent une tante, une grande cousine….

DIABATE Henriette, « Les populations communes de la Côte d’Ivoire et du Ghana », Colloque

Interuniversitaire/ CI, 1974

QUESTIONS :

1) Présentez le texte à travers sa nature, son idée générale et son auteur.


2) Qui est la « queenmother » et quelle place occupe-t-elle dans la société Akan ?
3) Expliquez la phrase : « elle est la clé de voûte de la structure sociale ».
4) Selon vous, le pouvoir politique Akan est-il démocratique ? Justifiez votre réponse

62
CORRECTION

1) Question 1 : Nature : un colloque Idée générale : le rôle de la reine mère dans la société Akan.
2) C’est la reine-mère. :
- Elle sert de coseillère au roi
- Elle veille sur les biens de la royauté
- Elle assure la déscendance royale

4) oui et non :

Oui parce que chez les Akan lagunaire, le pouvoir s’exerce à tour de rôle par les classe d’âge. L’exercice
du pouvoir est collégial

Non parce que chez les Akan récents, le pouvoir est détenu exclusivement par le roi. Le pouvoir ne se
partage pas.

Sujet 4

Il y a longtemps, très longtemps, vivait au bord d’une lagune calme, une tribu paisible. Les jeunes hommes
étaient nombreux, nobles et courageux ; les femmes étaient belles et joyeuses. Et leur reine, la reine Pokou,
était la plus belle parmi les plus belles. Depuis longtemps, très longtemps, la paix étaient sur eux et les
esclaves mêmes, fils des captifs de temps révolus étaient heureux auprès de leurs heureux maîtres.

Un jour vinrent les ennemis, nombreux comme des magnans. Il fallut quitter les paillotes, les plantations, la
lagune poissonneuse, et laisser les filets, tout pour fuir…

Ils partirent dans la forêt. Ils laissèrent aux épines leurs pagnes, puis leur chair. Il fallait fuir toujours, sans
repos, sans trêve, toujours talonné par l’ennemi féroce. Et leur reine, la reine Pokou, marchait la dernière
portant au dos son enfant. (….)

Harassés, exténués, amaigris, ils arrivèrent le soir au bord d’un grand fleuve dont le cours se brisait sur
d’énormes rochers. Consternés, ils se regardaient. Etait-ce là l’eau qui les faisait vivre naguère, l’eau leur
grande amie ? Il avait fallu qu’un mauvais génie l’excitât contre eux.

Et les conquérants devenaient plus proches. Et, pour la première fois, le sorcier parla :

L’eau est devenue mauvaise, dit-il, et elle ne s’apaisera que quand nous lui aurons donné ce que nous avons
de plus cher. »

Et chacun donna ses bracelets d’or et d’ivoire, et tout ce qu’il avait pu sauver. Mais le sorcier les repoussa
du pied et montra le jeune prince, le bébé de six mois : « Voilà, dit-il, ce que nous avons de plus
précieux. » ; Et la mère, effrayée, serra son enfant sur son cœur. Mais la mère était aussi la reine et, droite
au bord de l’abîme, elle leva l’enfant souriant au-dessus de sa tête et le lança dans l’eau mugissante. Alors
les hippopotames, d’énormes hippopotames émergèrent et, se plaçant les uns à la suite des autres,
formèrent un pont miraculeux, le peuple en fuite passa en chantant.

Et la reine pokou passa la dernière et trouva sur la rive son peuple prosterné. Mais la reine était aussi la
mère et elle put dire seulement : « Baoulé », ce qui veut dire : « l’enfant est mort. ». Et c’était la reine
Pokou et le peuple garda le nom de Baoulé.
63
Bernard DADIE, «  Légende baoulé  », AssemienDehyle roi du Sanwi, CEDA, Abidjan, P. 33 à 35.

QUESTIONS

1) Quelle est l’idée générale du texte ?


2) Ce mouvement migratoire s’est-il effectué facilement ? justifiez votre réponse
3) A quel grand groupe ethnique appartient ce peuple ? et quelles est leur zone d’installation
actuelle ?
4) a- Quelles sont selon vous les causes de ce mouvement migratoire ? Expliquez
c- Economiquement, qu’est-ce qui expliquent les mouvements migratoires en Côte d’Ivoire ?
5) Quelles ont été les conséquences politiques de ses migrations en Côte d’Ivoire ?

Sujet 5

Les Akan : vaste famille ethnique, originaire du Ghana, dont d’importants éléments émigrèrent en Côte
d’Ivoire à des époques diverses. Les premières vagues peuvent remonter au XVI ou XVIIe siècle, mais les
plus connus sont celles du XVIIIe siècle, consécutives à l’essor de la puissance ashanti. Chassant les unes,
fusionnant avec les autres, les Akan constituèrent des royaumes couvrant environ un quart du territoire de
la Côte d’Ivoire : du littoral atlantique aux populations des savanes du nord (koulango, Sénoufo, Malinké)
et de la frontière du Ghana aux deux rives du Bandama blanc. Ils totalisent au moins deux millions
d’individus.

Devant cette mosaïque d’ethnies, l’ethnologue G. Niangoran Bouah a classé les Akan de Côte d’Ivoire en
trois grands groupes : les Akan frontaliers (est), les Akan du centre, les Akan lagunaires (sud). (…) Les
Yaouré cité aux XVIe et XVIIe siècles peuvent être rattachés à ces grands groupes. Chacun de ceux-ci
possèdent des activités économiques propres. Les paysans des régions de savane boisées pratiquent des
cultures vivrières et industrielles : igames, maïs, riz et coton. Les habitants des régions forestières du
centre, de l’est et du sud ont des produits vivriers : bananes plantains, ignames, manioc, tarot, maïs, mais
possèdent aussi des riches plantations de caféiers, de cacaoyers, de palmiers à huile, de cocotiers et de
colatiers. Les populations du littoral marin sont pêcheurs de lagune et de haute mer, paysans et planteurs.
En effet, les lagunaires, en plus de la pêche, cultivent les produits vivriers et industriels déjà cités plus haut.

Leur organisation politique repose en grande partie sur les classes d’âge. Fait particulier : ils ont tous,
dans leur calendrier, une semaine de six jours. (…) Le Tchi ou Twi est la langue des Akan. Il comprend
aussi des dialectes. Linguistiquement, les groupes qui se comprennent plus ou moins sont : les Agni-Baoulé
(Abron, Abidji, Abouré, Anno, Agni, Baoulé, Essouma, Ewotilé, Juaben et Yaouré), Les Akyé-Abé ou
Abbey ( Abbey, Akyé, Ebrié, Ega, Mbatto et Krobou), les Avikam (Alladian et Avikam). La grande
majorité des populations akan et leurs chefs restent encore animistes et pratiquent le matrilignage.

Raymond Borremans : Le Grand dictionnaire encyclopédique de la Côte d’Ivoire. Tome


premier : A-B 1986, les Nouvelles Éditions africaines ; p 72

QUESTIONS

1) Définissez les mots suivants : migration ; matrilinéaire ; animiste ; classe d’âge


64
2) D’où sont originaires les Akan ? Quels sont selon le texte et à partir de vos connaissances les
facteurs à l’origine de leur migration ? Expliquez.
3) Quelles sont les caractéristiques des Akan évoqués dans le texte ?
4) Pouvons-nous affirmer que le peuplement de la Côte d’Ivoire s’est exclusivement fait par
vague de migrations ? Expliquez.

CORRECTION ET BARÈME
1) Définissons les mots suivants :
- Migration : c’est le déplacement d’une population d’un point A vers un point B
- Matrilinéaire : c’est le mode de filiation et d’organisation sociale qui repose sur la seule ascendance
maternelle.
- Animisme : c’est la croyance qui attribue une âme, une conscience à chaque objet du monde matériel
- Classe d’âge : C’est une institution économique, politique et militaire qui associe des individus
appartenant à une même tranche d’âge

2) a- l’origine des Akan


Les Akan sont originaires du Ghana

b- Selon le texte, les facteurs à l’origine de la migration des Akan sont :


L’essor de la puissance Ashanti : En effet, l’arrivée au pouvoir d’Oséi Tutu (successeur d’
Obiobiri Yéboua) réorganise le royaume Ashanti qui devient puissant (militairement et
économiquement) et triomphe sur ses ennemis. Exemple : les Abron-Doma sont vaincu par les
Ashanti à la bataille d’Abesim (1680-1690). Cela provoque la migration des Abron-Doma vers la
Côte d’Ivoire.

c- Selon nos connaissances, les facteurs à l’origine de la migration des Akan sont :
- Le refus de la domination politique de certains akans (abron) par les Denkyra  : En effet, à
partir de 1659, les populations Akan sont placées sous la domination du Denkyra. On assiste
alors à des exactions de la puissance dominatrice (Denkyra). On assiste alors à un fort courant
migratoire suscités par les exactions des Denkyra.

- La guerre entre les Denkyra et la Confédération face au royaume Ashanti : en 1701, une
guerre éclate entre les Royaumes Denkyra et d’Aowin face au royaume ashanti. Elle se solde
par la défaite des royaumes Denkyra et d’Aowin face au royaume ashanti. Cette défaite
provoque l’exode d’une partie des Akan qui viennent s’installer à l’Est de la Côte d’Ivoire.

65
- La grave crise de succession dans le royaume Ashanti : après la mort du roi Oséi Tutu en
début du 18è siècle, On assiste à des querelles de succession entre les héritiers du roi. Cela
provoque la sécession d’un nombre d’élément de ce peuple qui se dirige vers la rive droite de la
Comoé, traverse le fleuve sous la conduite d’une reine nommée Abla Pokou et prend le nom de
Baoulé. Ils s’installent entre le N’zi et le Bandama
3) Les caractéristiques des Akan évoqués dans le texte sont :
- Les Akan sont une vaste famille ethnique, originaire du Ghana
- Les Akan sont une mosaïque d’ethnies classée en trois grands groupes : les Akan frontaliers,
les Akan du centre, les Akan lagunaires
- Leur organisation politique repose en grande partie sur les classes d’âge
- ils ont tous, dans leur calendrier, une semaine de six jours
- Le Tchi ou Twi est la langue des Akan.
- Les Akan sont encore animistes et pratiquent le matrilignage.

4) Non, le peuplement de la Côte d’Ivoire ne s’est pas fait exclusivement par vagues migratoire. Parce
que, selon les historiens, deux versions expliquent l’ancienneté de l’occupation de l’espace
ivoirien. On a :
- Les mythes et les traditions d’autochtonie
- La présence des Pygmées

- Selon les mythes et les traditions d’autochtonie, certains peuples seraient les premiers à
occuper certains espaces du territoire ivoirien. Ces peuples se disant venant de nulle part. On
peut citer en exemple : Les Eotilé qui affirment être sortis de la lagune, les Krobou dans la
région d’Agboville qui disent être descendus du ciel.
- On admet que les premiers hommes en Côte d’Ivoire sont les négrilles ou pygmées (qu’on les
appelle « Pygmées » suivant le mot grec ou « Négrille », diminutif de Nègre)

Sujet 6
Selon la croyance traditionnelle africaine, celui qui meurt entre immédiatement dans la grande famille des
disparus, c’est-à-dire de ceux qui l’ont précédé. Cependant, dans certaines sociétés, on considère que le
mort ne sera reçu qu’après l’acquittement par ses parents de certains droits à présenter pendant les
funérailles ou au cours d’autres cérémonies funéraires. De fait, les funérailles en Afrique se déroulent de
diverses manières et tiennent compte de deux éléments principaux : le statut du défunt et la manière dont il
a quitté le monde des vivants.
Ainsi, il existe les funérailles-fête pour le « bon mort » c’est-à-dire, le vieillard riche de biens, de vertus
et de progéniture. C’est une occasion de réjouissances, de beuverie et de liesse populaire parce que, dit-on,
le défunt a bien vécu et a tout préparé avant son départ. Il n’y a donc pas lieu de pleurer, mais plutôt de le
célébrer pour tout ce qu’il a pu accomplir ici-bas. Viennent ensuite les funérailles caractérisées par une
certaine fureur à l’encontre du mort qui est, soit un sorcier, soit un infanticide soit un régicide. La
communauté n’est généralement pas mobilisée pour ce type de funérailles, du fait des actes posés par le
défunt de son vivant. Les cérémonies sont réduites à leur stricte dimension avec un rite sommaire célébré
loin du village par une assistance très restreinte. La vie au village continue normalement comme si de rien
n’était. On peut placer dans la même lignée, ceux qu’on appelle « mauvais mort ». Ce sont les victimes
d’accidents de circulation, des personnes assassinées, des suicidés, et quelque fois les femmes enceintes.
Les funérailles sont célébrées à la hâte, de façon expéditive.
Le dernier type de funérailles concerne les rois, princes et autres chefs. La mort d’un souverain n’est pas
facile à annoncer et plusieurs expressions sont employées à cet effet selon les peuples : Les Fon (Bénin)

66
disent « il fait nuit » ou «  la maison est flétrie » ; les Baoulé (Côte d’Ivoire) préfèrent « la foudre est
tombée » ; quant aux Diola (Sénégal), ils se passent la nouvelle en proclamant « la terre est cassée ». Ce
sont autant de façons de nier la mort du souverain car, en Afrique, un roi ne meurt pas, il dort.
A part les cas de « mauvais morts » ou de personnes peu recommandables lorsqu’elles étaient en vie, les
funérailles sont le lieu de plusieurs célébrations.
Débats  : Courrier d’Afrique de l’Ouest, N° 23 MARS, 2005, PP 25-26
QUESTIONS
1) Expliquez les mots suivants : funérailles ; infanticide ; régicide
2) Relevez dans le texte les types de funérailles et leurs caractéristiques
3) La mort d’un souverain n’est pas facile à annoncer en Afrique. Pourquoi ?
4) En vous appuyant sur vos connaissances personnelles, dites quelles sont les incidences des
funérailles sur la famille ; la société ; la vie économique.
5) Les funérailles traditionnelles en Afrique sont une émulation dans le paraître. Qu’en pensez-
vous ?

BARÈME ET CORRECTION
1) Expliquons les mots suivants
- Funérailles : Ensemble des rites et cérémonies organisés à l’endroit des disparus
- Infanticide : C’est le meurtre commis par une grande ^personne à l’endroit des d’un bébé ou
d’un enfant.
- Régicide : C’est l’assassinat d’un souverain
2) Relevons dans le texte , les types de funérailles et donnons leurs caractéristiques :
Selon le texte, il existe 3 types de funérailles :
- Les “funérailles-fête” pour les bons morts  : ce sont des funérailles organisées en mémoire du
vieillard riche de biens, de vertus et de progénitures. Ce sont des funérailles caractérisées :
♦ La réjouissance
♦ La beuverie
♦ La liesse populaire
- Les Funérailles pour les personnes “sans vertus” et des “mauvais morts”  : ce sont des
funérailles qui ne suscitent pas beaucoup d’enthousiasme à l’égard de la communauté. On
distingue deux cas :
♦ Pour les personnes “ sans vertus” : ce sont les personnes qui n’ont pas laissés de bons souvenirs
pendant de leur existence. On peut citer : les sorciers, les infanticides, les régicides.
♦ Pour les “ mauvais morts” : ce sont les personnes dont la mort a été violente. On peut citer : les
victimes d’accident de circulation, d’assassinat, de suicide et quelques fois les femmes enceintes ;
Ces funérailles se caractérisent par :
▪ L’organisation à la hâte et de façon expéditive des funérailles pour conjurer le mauvais sort
- Les funérailles des souverains, des princes, des chefs  : ce sont des funérailles des grandes
autorités du village (l’autorité suprême). Dans ce cas, le décès est annoncé tardivement et
difficilement. On a alors l’utilisation de de formules appropriées que seuls les initiés
connaissent.
Ces funérailles se caractérisent par :
♦ De longues cérémonies, empruntes de solennité
♦ La présentation des condoléance des autorités des villages environnants et de délégations
étrangères
♦  L’enterrement réservé uniquement à certains privilégiés.
3) L’annonce tardive de la mort d’un souverain s’explique par :

67
- Le fait qu’il est le détenteur du pouvoir absolu. Il est comme une sorte de Dieu sur terre. Le
souverain est vénéré.
- Le fait qu’il n’a pas le même statut social et politique que son peuple.
- Le fait que l’annonce de sa mort obéit à des procédures spéciales : ces proches doivent se
concerter d’abord, désigner l’héritier et prendre certaines dispositions pour éviter des troubles et
des querelles de succession.

Pour ces raisons, sa mort ne s’annonce pas rapidement.

4) Les incidences des funérailles sur :


- La Familles : les funérailles demandent une mobilisation de toute la famille qui doit faire face
aux dépenses et à l’organisation des funérailles
- La Société : les funérailles apparaissent aux yeux de la société comme un lieu de manifestation
de prestige de la société à laquelle appartient le ou la disparu (e). Cela est également à l’origine
de nombreuse absence dans les services mettant en péril la bonne marche de l’administration.
- La vie économique :
♦ les funérailles sont des occasions de dépenses énormes des familles et donc facteur
d’appauvrissement
♦ Les funérailles sont aussi des occasions d’intenses activités économiques (commerce, location
de bâches, chaise, pompe funèbre, convois, hôtels…)
5) Discutons le point de vue de l’auteur : « Les funérailles traditionnelles en Afrique sont une
émulation dans le paraître »
♦ Oui parce que :
- Dépenses exagérées
- Lieu de recherche de prestiges
- Longues cérémonies

♦ Non parce que :


- En Afrique, le mort doit être bien accompagné
- On a un soutien de la communauté envers la famille endeuillée
- Les dépense sont minimes au regard de l’être cher disparu

Sujet 7
La société bété ne connait ni chefferie, ni monarchie. Il existe en son sein aucun pouvoir centralisateur
s’étendant sur plusieurs dizaines de kilomètre carrés et exerçant son autorité sur des centaines de milliers
d’individus. Ici, l’unité politique est le village. Conçu comme lieu bâti en habité, le village est constitué
d’un gbèmé (place publique), d’un pi (fortification), d’un gbéké que Louis Dacoury-Tabley traduit par
faubourg et plusieurs swuè (cours) « qui abritent la vie familiale des patrilignages »
Le village ainsi décrit, est à la fois une communauté politique avec son territoire, son nom, son oriki et
une communauté religieuse.
Les liens étroits et multiples tissés entre les lignages et entre les individus rendent cette communauté
plus forte que le clan et la tribu. Le village, c’est la patrie ; là donc est la racine patriotique du Bété.
Par ailleurs, cette communauté est autonome et se suffit sur tous les plans. « Souveraine, elle détient
l’initiative dans tous les domaines de la vie sociale. Elle fait et défait les alliances politiques au gré de ses
intérêts ».
Le village est aussi une communauté sociopolitique fondée sur les institutions suivantes (…).
Gbagbo Laurent, Sur les traces des Bété, PUC, Abidjan, 2002 pp 13-14

QUESTIONS
68
1) Donnez l’idée générale du texte
2) Quelles sont selon le texte, les différentes composantes d’un village ?
3) Quelle différence faites-vous entre lignage, clan et tribu ?
4) Quelles sont selon le texte les fonctions d’un village en pays bété ?
5) Comment peut-on qualifier le système politique du peuple bété. Justifiez votre reponse :
a- A partir du texte
b- Hors du texte

Sujet 8

Né en 1960 de la colonisation française qui a mis sens dessus dessous toutes les structures sociopolitiques
et économiques d’avant le XXè siècle, et comme tous autres pays de l’ex-empire colonial français, l’Etat de
Côte d’Ivoire a fini par se forger au moins une conscience territoriale, exprimée dès l’ère coloniale à
travers des associations qui définissaient come spécifiquement « côte d’ivoiriennes », au prétexte d’être
constituées par des communautés en place avant la conquête coloniale. Mais, ici comme ailleurs en Afrique
noire, est-il pertinent d’opposer droit du sang et droit du sol lorsque les migrations, massives
depuis cette conquête, n’induisent pas toujours et pour tous les mêmes logiques spatiales dans chacun des
Etats ?

Carrefour de peuples divers déjà avant le XXè siècle, la Côte d’Ivoire a été le territoire de l’ancien empire
français de l’Afrique de l’Ouest où les migrations ont été sans discontinuité les plus massives et les plus
variées depuis l’ère coloniale. L’analyse de ce cas peut mettre en lumière certaines dimensions de a
construction de l’Etat-nation postcolonial, les paradoxes de la recomposition géographique en Afrique
contemporaine, les défis sociopolitique de l’intégration régionale (…).

Kipré Pierre Migration en Afrique noire, la construction des identités nationales et la question des
étrangers. CERAP, Abidjan 2010 P 112

QUESTIONS

1) Définissez les termes et expressions suivants : conscience territoriale ; droit du sang ; droit du
sol ; migration
2) Selon l’auteur, la Côte d’Ivoire, territoire de l’AOF, est le « carrefour des peuples divers
avant le XXè siècle ». Expliquez
3) Quels sont les facteurs des migrations des peuples en direction de la Côte d’Ivoire
postcoloniale ?
4) Quels sont les problèmes soulevés migrations et quelles solutions préconisez-vous ?

CORRECTION DU BTS – HISTOIRE DES CIVILISATIONS

69
REPONSE AUX QUESTIONS

1) Définissons les termes et expressions suivants :


- Conscience territoriale :  Sentiment par lequel l’être humain juge de la moralité de ses actions
concernant le territoire
- Droit du sang : faculté de jouir d’une chose au nom du sang qui le lie à cette chose. Pouvoir
prétendre à bénéficier d’une chose au nom du sang qui lie c’est-à-dire au nom de son lien
familial à ce lieu.
- Droit du sol : pouvoir prétendre à bénéficier d’une chose au nom du sol c’est-à dire au nom de
son implantation à ce lieu.
- Migration : c’est le déplacement d’une population d’un lieu à un autre pour s’y établir.

2) Expliquons pour selon l’auteur, la Côte d’Ivoire, territoire de l’A.O.F est le « carrefour des
peuples divers avant le XXè siècle »

La côte d’Ivoire est le « carrefour des peuples divers avant le XXè siècle » parce que l’occupation de
l’espace ivoirien est la conséquence directe de plusieurs migrations. En effet :

- Des origines jusqu’au XVIe siècle, on assiste à l’arrivée de certains peuples du groupe Mandé
venus du sahel suite à la constitution de grands empires soudanais.
- Du XVIeau XVIIe siècle, on a une vague de migration importante de populations qui
s’installent en Côte d’Ivoire
- Au XVIIIe siècle, c’est la grande migration Akan suite aux guerres de successions et aux
guerres tribales.

3) Les facteurs des migrations des peuples en direction de la Côte d’Ivoire postcoloniale sont :
- Les succès économiques enregistrés par la Côte d’Ivoire dans les années 70 (miracles
économique)
- Le climat de paix et de stabilités politique et sociale connu par la Côte d’Ivoire durant des
dizaines d’années.
- Le longue politique d’hospitalité prônée par l’Etat ivoirien
- La politique de recrutement de la main d’œuvre étrangère menée par l’Etat de Côte d’Ivoire
pour développer l’agriculture
4) Les problèmes soulevés par ces migrations et les solutions préconisées sont :
a- Les problèmes sont :
- Problèmes de cohabitation entre les peuples autochtones et les étrangers
- Problèmes d’intégration des peuples étrangers
- Développement du tribalisme et de la xénophobie
- Naissance du patriotisme et du nationalisme exacerbé

b- Les solutions
- Mener une politique d’intégration des populations étrangères
- Mener une politique de cohabitation apaises à travers le slogan « vivre ensemble »
- Mettre en place une politique de limitation de l’immigration à travers une surveillance accrue
des frontières
70
- Encourager le métissage culturel

71