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COURS D’ORGANISATION DES ACTIVITÉS QUOTIDIENNE

SÉRIE 03

OBJECTIFS PÉDAGOGIQUE :
À la fin de cette leçon, le stagiaire doit être capable d’initier l’enfant aux activités
artistiques.

PLAN DE LAÇON :
I. ÉDUCATION ARTISTIQUE
1- Définition
2- Domaines visuelles et tactiles de l’éducation artistique
3- L’éducation artistique et la créativité
4- Intelligence et créativité
5- Les critères de la créativité
6- L’activité créatrice besoin biologique pour l’enfant
7- L’imitation et l’imagination créatrice chez l’enfant
8- L’art dans la vie de l’enfant
9- La sensibilité et l’éveil aux valeurs plastiques

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I. ÉDUCATION ARTISTIQUE :
1- Définition :
L’éducation artistique est définie comme l’ensemble des activités qui visent à transmettre un
héritage culturel aux jeunes et à leur permettre de comprendre et de créer leur propre
langage artistique. Le contenu de l’enseignement artistique est varié et lié à un contexte
spécifique au sein de chaque pays ; Ces composantes communes incluent la musique, le
dessin, la peinture et l’artisanat, Les médias, le cinéma, la photographie, l’étude des médias,
la conception et l’art assistés par ordinateur font régulièrement partie de l’éducation
artistique dans les pays développés.
L’art est l’ensemble des créations humaines qui expriment une vision sensible du monde qui
peut être réelle ou imaginaire. L’éducation artistique fait appel aux ressources plastiques,
sonores ou linguistiques pour que les apprenants, les artistes expriment leurs émotions, leurs
sensations, leurs idées et les relever dans des travaux ou œuvres artistiques.
L’art consiste à formuler ses émotions en un modèle artistique qui porte une impression
personnelle de l’artiste et son originalité, prendre compte des mesures, de dimensions de
lignes, de surfaces, de volumes, de couleurs s’il s’agit bien d’imaginer et d’illustrer un
modèle ; prendre compte d’harmonie de paroles, d’expressions, de gestes s’il s’agit bien de
reproduire un chant, aussi d’harmonie de sons, de coups de frappe instrumentales, s’il s’agit
bien de reproduire un son de musique, ou de maîtriser une danse.
L’artiste peut aussi former ses idées dans des techniques d’art d’outillage et de matériel, tel
que : l’argile, la céramique, le bois, la peinture,…etc.

2- Domaines visuelles et tactiles de l’éducation artistique :


 Le dessin : Il est la base de chaque activité artistique, de tracés de formes à reproduire en
modèle ou en style.
 La photographie (imagerie) : L’imagerie est l’art des imagiers au moyen âge, l’imagier est
le nom donné à un artiste qui sculpte et enlumine des images au moyen âge. il est l’un des
modes d’expression artistique qui conte surtout sur la forme et la couleur de l’objet.
 Conception et ornement (décoration) : Décorer c’est apporter des éléments d’ordre et de
style perceptibles par l’esprit sur une surface choisie. Une composition décorative
comporte l’étude précise de la surface, le choix du motif unique ou alterné, qui est une
combinaison d’éléments majeurs et mineurs.
 L’impression : Est un art de concevoir des unités décoratives et les reproduire sur des
surfaces de matières tel que : le papier, le tissu, le plastique, céramique,…
 La Texture : L’art de combiner et tisser de différents fils suivant des modèles de
conception.
 La sculpture : Former des modèles d’art, des statuettes ; taillés (bois), modelés (l’argile,
céramique) ou moulés (métal)…
 La Porcelaine : Des produits artisanals fabriqués en matière d’argile, peints et décorés.

3- L’éducation artistique et la créativité :


Smillamy définit la créativité comme : « la disposition à créer qui existe à l’état potentiel
chez tous les individus et à tous les âges, étroitement dépendant du milieu socio-culturel… ».
Les individus créatifs mettent en œuvre des fonctions psychologiques, sont capables
d’opérations intellectuelles qui n’existent pas chez les non créatifs. L’activité créatrice
résulte de l’action convergente de composantes psychosociologiques, L’éducation artistique
peut agir sur ces composantes, les créer, les activer et les développer, les motiver.
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4- Intelligence et créativité :
On distingue depuis Kant une imagination reproductrice et une imagination créatrice, de
même que l’intelligence est reconnue à prédominance concrète et sensorielle chez les uns,
abstraite et conceptuelle chez les autres. Et c’est là que l’apport de l’éducation artistique
est d’un intérêt primordial.
Selon Le psychologue américain : Guilford l’intelligence au niveau opératoire est une activité
de production appliquée à des problèmes déterminés. Cette production dépend d'une part de
la nature et de la forme des problèmes posés, d’autre part de la forme d’intelligence du sujet
appelé à les résoudre. La pensée convergente favorise le mode opératoire de l’intelligence à
l’égard de l’information, de la mémoire, des apprentissages en général, c’est aussi la pensée
conformiste, prudente, rigoureuse mais étroite. A l’opposé, la pensée divergente est celle qui
dans un problème recherche toutes les solutions possibles, capable d’apercevoir des relations
entre des faits jamais rapprochés, de produire des formes nouvelles par essais et erreurs par
tâtonnement expérimental. C’est la pensée aussi qui caractérise l’esprit d’aventure et de
fantaisie, et c’est la pensée de l’artiste, du savant, du pionnier, du novateur. C’est aussi la
forme de pensée dominante chez l’enfant d’âge préscolaire. Ce qui veut dire que si l’on
veut former des êtres créatifs, il faut développer en eux la pensée divergente. Pensée
convergente et pensée divergente sont deux formes d’intelligence complémentaires.

5- Les critères de la créativité :


Guillford et Lowenfeld ont mis en évidence huit critères de la créativité :
- La sensibilité aux problèmes (ce que Lowenfeld appelle la faculté sensitive). C’est la
sensibilité aux choses et au vécu, qui permet de remarquer les finesses, de voir les
dommages, d’enregistrer et de découvrir les besoins et les défauts, dans les choses comme
dans l’ordre humain.
- La faculté de rester en état de réceptivité, manifester l’ouverture et la fluidité de la
pensée, par exemple : la réceptivité des idées qui est l’aptitude à associer une quantité
d’idées à un objet, le nombre de réponses possibles à un stimulus donné est un signe d’esprit
créatif.
- La mobilité ou pouvoir de s’adapter rapidement à de nouvelles situations, à réagir
efficacement aux changements. Ici la variété des réponses est encore un signe d’esprit
créatif.
- L’originalité est pour les psychologues l’une des plus importantes parmi les
composantes de la pensée divergente.
- L’aptitude à transformer et à redéterminer, ce que Guilford appelle : faculté de
changer la fonction d’un objet pour le rendre utile dans une nouvelle forme. C’est
l’aptitude de s’en servir correctement et constamment de sa pensée pour transformer,
établir des déterminations nouvelles des matériaux en vue de nouveaux emplois.
(transformation).
- L’analyse ou faculté d’abstraction, par laquelle la pensée passe de la perception
syncrétique (globale) des choses à la détermination des détails. (imagination).
- La synthèse, considérée comme l’union de plusieurs éléments qui formeront un nouvel
ensemble. C’est l’opération qui consiste à rassembler plusieurs objets ou parties d’objets
pour leur donner une nouvelle signification, comme fait l’enfant lorsqu’il réunit divers
matériaux pour en faire un collage ou une peinture. (invention)
- L’organisation cohérente par laquelle l’artiste est capable de mettre en harmonie ses
pensées, sa sensibilité et sa faculté de perception avec sa personnalité. L’économie est l’une
des lois fondamentales de l’organisation cohérente. Selon Lowenfeld : « exprimer le
maximum avec des moyens et des efforts minimes, de telle manière qu’il n’y ait rien de
superflu (inutile), c’est là aussi une des règles essentielles de l’activité créatrice ». (exp :
le recyclage).
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Sensibilité au monde, fluidité et mobilité de la pensée, originalité personnelle, aptitude à
transformer les choses, esprit d’analyse et de synthèse, capacité d’organisation cohérente,
des qualités fondamentales d’un créateur, celles qu’il faut former et développer chez
l’enfant créatif.

6- L’activité créatrice besoin biologique pour l’enfant :


L’enfant aime inventer et être mis à l’œuvre pour favoriser ses possibilités de création,
parce-que l’activité créatrice est un besoin biologique dont la satisfaction est absolument
nécessaire au développement optimum de l’être humain en croissance tel que l’enfant.
L’étude de la psychologie de l’enfant reconnait bien le rôle capital de l’imagination créatrice
dans le développement de l’enfant : l’évolution de l’intelligence marqué d’un stade de
développement à un autre et de la maturation fonctionnelle et de l’apprentissage
expérimental.

7- L’imitation et l’imagination créatrice chez l’enfant :


L’enfant s’adapte au monde de façon progressive et continue par le jeu des deux mécanismes
indissociables de l’assimilation et de l’accommodation : il s’adapte par assimilation
progressive des données du réel extérieur à sa propre organisation, et par accommodation de
son moi intérieur aux conditions objectives du monde extérieur par un grand facteur
d’adaptation qui est l’imitation.
« Les enfants ont déjà de leur âme l’imagination et la mémoire…, et ils en tirent un
merveilleux usage pour leurs petits jeux et pour tous leurs amusements : c’est par elles
qu’ils répètent ce qu’ils ont entendu dire, qu’ils contrefont ce qu’ils ont vu
faire,…s’occupent,…, imitent les divers artisanats par le mouvement et par le
geste ;…savent à cet âge être les arbitres de leur fortune et les maitres de leur propre
félicité ». (La Bruyère).
L’enfant se reconnait à un mimétisme qui lui fait reproduire spontanément les sons qui
l’entendent, les paroles qu’ils captent, il aime à se déguiser et à rejouer les scènes dont les
adultes sont les acteurs. Le besoin d’imitation serait avant tout le besoin de s’identifier à
l’adulte, de ce point de vue, l’éducation artistique consisterait à fournir à l’enfant des
modèles choisis en fonction des finalités reconnues à la formation pour être adoptés.
L’imitation tend alors à la reproduction du modèle à sa reconstitution à l’identique, elle est
instrument de la copie du réel, et plus la copie sera fidèle, plus l’éducation sera réussie.
L’intervention de l’imagination créatrice dans la structuration d’un modèle, d’une expérience
intériorisée c’est ce qu’on appelle l’invention chez l’enfant.
L’imagination de l’enfant comme celle de l’artiste travaille sur des matériaux tirés du réel
extérieur, qu’elle organise, agence et transforme en vue de la réalisation d’un projet
personnel, expression du monde intérieur. La création chez l’enfant comme chez l’artiste
est l’effet du jeu dialectique de l’observation motivée (par l’intervention directe ou
indirecte de l’éducateur) et de l’imagination spontanée.

8- L’art dans la vie de l’enfant :


L’enfant lorsqu’il vient au monde est déjà sensible. L’éducation des habitudes de ses sens va
se faire en fonction de ses relations avec l’adulte ; quand il découvre le langage plastique au
niveau de la représentation, il exprimera d’abord la volonté de se décrire lui et ses proches
(famille : maman, papa, frère, sœur, chien…) liant véritablement ses émotions : l’inquiétude,
la haine, l’amour, la crainte…le contact permanent et l’observation vécue servent de base à
son expression. La première trace avec un instrument quelconque ou sa main, sur un
matériau. Ce sera pour lui une satisfaction née du désir d’action. Agité, désordonné, geste
imprécis, la trace graphique ou colorée va s’affirmer pendant toute la première enfance : dès
deux ans il sait griffonner, vers trois ans trace des courbes, des figures circulaires, à quatre
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ans et demi il pourra dessiner un carré, à sept ans un losange. Il situe déjà ses problèmes
affectifs, la force, l’autorité, l’amour, l’antipathie, dans ses dessins, il trouve parfois le
refuge ; avant six ans dessine son bonhomme, la parole et le mouvement sont exprimés par
des yeux et une bouche. Ensuite le bonhomme va se transformer, de représentation de
vêtement, description des fonctions vitales : manger, faire pipi, déféquer, pleurer… les
attitudes ne prendront place que vers huit ans, tête, bras, doigts, pieds, le mouvement, les
gestes…la tête se personnalise, cheveux, cils, oreilles, jusqu’à ce que le stéréotype des
images aperçues, apprises dans son milieu de vie devient modèle (illustrations, livres, bandes
dessinées, dessins animés…). Après cinq ans l’utilisation du dessin langage a permis à l’enfant
d’attirer l’attention, de voire l’admiration vers lui ; à sept ans, il est en possession du
langage parlé, les images de la réalité, le souvenir, lui permettent d’approcher la narration.
Son développement intellectuel (psychique et mental) est en perpétuelle transformation sur
le plan qualificatif.il dessine ce qu’il sait et non ce qu’il voit. Au fur et à mesure du
développement de sa connaissance et de ses découvertes, la progression varie dans la
représentation des choses ; elle se distingue d’abord chez l’enfant par la perception
graphique, sensibilité spécifique au trait, sans perception de la forme-volume ni aucun sens
de la mesure, des dimensions, de l’organisation (conscience informelle des proportions) : la
maison est le signe de sécurité, l’arbre devient tronc couronné d’un petit cercle-feuillage ;
pour ce qui est de couleurs choisies d’abord au hasard, puis parce-qu’ il les aime, son
approche de la réalité se fera selon son développement mental : le soleil est jaune, le ciel est
bleu, l’herbe est vert…les apprentissages divers de l’enfant acquis par les mains : palper,
toucher, saisir, modeler, l’appréciation de la forme par le sensible lui font reconnaitre peu à
peu les matières et découvrir leurs ressources (terre, argile, pâte à modeler, tissu, papier de
verre, carton ondulé…). Déchirer sera le premier geste précédant dans l’acte de découpage,
déchiquetage précédera assemblage ou collage.
Les créations de l’enfant passent d’abord par la sensibilité des perceptions du psychisme du
toucher et secondairement de la vision. (Sensibilité Tactile et visuelle).

9- La sensibilité et l’éveil aux valeurs plastiques :


L’acte créateur plastique est la projection d’une intériorité souvent inconnue de l’individu
lui-même, mais aussi le fruit d’une réflexion organisée ; cet acte s’exprime par le geste, la
manipulation et à l’aide de matériaux variés selon les techniques artistiques. Nous entendons
par technique : la céramique, la mosaïque, le fer forgé, la tapisserie, le vitrail,…L’adulte doit
nécessairement porter sa réflexion sur :
 Créer est un besoin qui enrichit le rapport de l’individu entre son esprit, sa vision, ses
mains et son corps.
 Faciliter la création est un moyen nécessaire à la formation dès la prime enfance.
 Le milieu socio-familial et scolaire (l’éducation) influe en permanence sur la création, les
notions de bien et mal, du bon et du mauvais gout (qui peuvent former des critères acquis
définitivement dès l’enfance), l’habilité…
L’adulte devra informer sans influencer ce qui l’aidera à comprendre les échecs de l’enfant ;
ce dernier doit avoir une attitude propre à enrichir l’imagination, connaitre par la pratique
les moyens multiples inventés pour s’exprimer : couper, graver, coller, déchiqueter, modeler,
marteler, tracer, sculpter,… avec les matériaux les plus variés : papier, paille, nylon, tissu,
écorce, métal, bois, corde, plumes, lin, plastique,…l’éducateur doit avoir la connaissance
psychologique et physiologique de ceux qu’ils éduque, à tous les niveaux. Un élément
important à la base de toute éducation. Elle autorise une initiation qui soit en constante
correspondante avec le développement visuel, intellectuel, mental, l’habileté manuelle de
l’enfant. Une intervention maladroite de l’adulte risque d’altérer l’authenticité des
réalisations enfantines. La relation qui se rétablit entre l’adulte et l’enfant est
fondamentale : il faut sentir la valeur émotionnelle de ce que l’on dit en fonction de

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l’enfant, imaginer le sens qu’il lui donne, écouter ce qu’il peut dire pour faciliter et
améliorer la communication ; comprendre surtout combien les jugements magistraux portés
sur ce qu’il fait peuvent être dangereux pour son équilibre affectif et mental.
Il ya deux cents ans, « Jean Jacques Rousseau écrivait » : « s’il se trompe laissez faire, ne
corrigez point ses erreurs, attendez qu’il soit en état de les voir et de les corriger lui-
même ».
Ne pas gêner le travail créatif de l’enfant qui se concentre, se fatigue, afin qu’il se situe en
fonction des résultats qui ont conditionnés ses forces intellectuelles, ses sens, et les projeter
le plus sincèrement possible avec son plaisir.

10- Perception et moyens d’expression :


Au fur et à mesure de la transformation de sa compréhension, de son niveau mental, les
moyens d’expression plastique de l’enfant vont se modifier en fonction même de cette
évolution. La nécessité d’expression que possède l’enfant a sans doute deux formes : désir de
possession de la beauté et désir de la fixer extérieurement. Mettre à sa disposition des
moyens : papier, tableau, surface, instruments, ciseaux, pinceau, crayons de couleurs, des
pastels, gouache, la craie…par une conversation le guider dans le choix du sujet, lui donner
un choix, l’aider dans l’utilisation de l’outil, l’enfant apprécie les moyens d’expression, prend
assurance, se personnalise, se satisfait, dans un mouvement de relations permanentes
développe son jugement, sa réflexion, améliore la mémoire de son vécu au-delà de sa vision,
incorporant les sentiments, plaisir, dégout, ses activités sensorimotrices vont participer à son
psychisme.
Ainsi le rôle de l’éducateur va être de préparer les conditions les plus positives au travail
créateur sur le plan moral (faciliter l’ambiance, créer la sympathie, calmer, maintenir le
tonus, réconforter…) et sur le plan matériel (lieu organisé, équipé, agréable…)des tables
ordinaires réuniront par type de travail six à huit participants, le matériel audiovisuel...c’est
dans le cadre du local, et en fonction de l’attitude de l’éducateur que l’enfant va s’adapter,
coopérer, s’enthousiasmer, se détendre, se concentrer, et s’engager dans l’action artistique.

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RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
1) Robert Gloton : « l’activité créatrice chez l’enfant », 4emeédition, Edit : Casterman,
Belgique, 1975.
2) R.Jean Clot : « L’éducation artistique », Edit : presses universitaires de France, Paris,
1958.
3) Manel Abdel fatah : « l’éducation artistique pour l’enfant de la crèche », 1ereédition,
Edit : Dar el Massira, Jordanie, 2008.
4) Mouhamed El Bessiouni : « les origines de l’éducation artistique », Edit : Alem el
Koutoub, Caire, Egypte.

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LEÇON 02 : ÉDUCATION ARTISTIQUE (SUITE)

OBJECTIFS PÉDAGOGIQUE : À la fin de cette leçon le stagiaire, doit être capable d’initier
l’enfant à l’activité manuelle.

PLAN DE LA LEÇON :

I- LES MOYEN AUDIO-VISUELS :


1- La photographie, la diapositive, le cinéma et la télévision
2- Le livre et le musé
3- Les techniques et activités créatrices individuelles
4- Besoins et moyens d’acquisition possible des enfants (de 2-5 ans)

II- MOYENS AUDITIFS ET VOCALES : L’ACTIVITÉ MUSICALE


CRÉATRICE :
1- L’invention et la création musicale
2- L’approche active des œuvres
3- L’apport du langage
4- La création des formes verbales
5- Les activités d’expression orale : (jeux, reproductions vocaux)
6- L’importance des arts plastiques en maternelle
7- Activités créatrices et constitution de la personnalité
8- Dessiner à la bougie : (MS et GS)
9- Les bois flottés : (MS et GS)
10- Comptine truffée : (GS)
11- Modelage exquis : (GS)
12- Laines brisées laines courbes : (MS et GS)

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I- LES MOYENS AUDIO-VISUELS :
Le rôle des parents ou des enseignants, est d’apporter les informations les plus riches et
variés aux enfants : des actualités recueillies, des documents recherchés, des éléments reçus
à travers la vie courante par la télévision, le cinéma, les revues, les journaux et les
livres…des reproductions d’art, qui seront rassemblées afin que l’enfant regarde et ait
éventuellement désir parmi ces œuvres d’en choisir pour son imprégnation artistique, qui se
fait en lui donnant l’habitude de voir des créations originales dans l’environnement : les
reproductions qu’ils peuvent trouver dans les revues, journaux, cartes postales,…et les
rassembler dans un carton, une boite ; il est possible aussi de prévoir des emplacements
(exp : visites) attribués à un thème régulièrement « alimenté » par un groupe d’enfants (la
couleur, les bleus, les rouges…le mouvement, le paysage, la mer, les batailles, les costumes,
l’équilibre, les graphismes, la géométrie des surfaces, art optique…), pour cela les enfants
seront obligés de mener des recherches et trouver des documents variés figuratifs ou
abstraits, au travers l’histoire de la création artistique (mettre les enfants en situation de
découverte d’œuvres artistiques). Reste à rappeler que ces documents ne doivent pas se
limiter à la peinture, mais tous les autres arts plastiques (artisanat, folklore, art décoratif,
formes de poterie, de céramique, de porcelaine, bijoux, meubles, costumes…) ; là il est
nécessaire aussi de confronter des documents variés, et tenter de permettre ainsi de faire
apparaitre par la discussion les qualités et la valeur même des créations artistiques.
Parmi les autres moyens d’information et les ressources offertes de nos jours pour l’éducation
artistique, se trouvent :

1- La photographie, la diapositive, le cinéma et la télévision :


Pour les uns ils sont loisirs et passe-temps, pour les autres moyens éducatifs puissants qui
permettent d’atteindre des objectifs ; mais il ne s’agit pas seulement de ressources
d’information et de seul moyen d’enseignement, il s’agit aussi de pratiques créatrices qui
développent par l’image, l’observation, la curiosité, la créativité et la sensibilité comme les
autres arts plastiques.
1.1- La photographie : Elle a remplacé les images ou « gravures » dues aux illustrateurs
en début du siècle. Elle (la photographie) apporte des informations quotidiennes et ne tente
pas seulement de restituer le relief (reprendre le motif) ; elle joue aussi sur les contrastes,
les grains de papier, la lumière. Elle permet de rapprocher la matière par agrandissement,
de réinventer des formes par cadrage, de décomposer le mouvement, d’allier (s’associer) à
la connaissance technique, les lois de la chimie, de la physique (solarisation, trames, tirage
couleur, effets spéciaux, jeu des lentilles, photo contact…). Aussi en collaboration avec les
autres matières d’enseignement, elle offre la ressource du reportage, des photos montages.
Cette technique ouvre quotidiennement des horizons sur le monde, en décoration, dans les
techniques des métiers d’art comme la céramique, les matières plastiques et en publicité…
1.2- La projection (cinéma) : Permet des vues fixes ou animées, on peut décupler
(multiplier) les ressources de l’information artistique (en masse), dont la fascination par
l’image devient source de compréhension du langage plastique, sans oublier le montage de
scènes et la sonorisation qui seront de plus de profit pour l’enfant : le sentiment, la
transposition des idées et l’imagination iront de pair pour lui avec la découverte des valeurs
plastiques. De plus le graphisme et la couleur participent essentiellement au cinéma
d’animation, la succession d’images et de formes permettant la création du mouvement
chez l’enfant ; d’autres ressources telles que le dessin animé par dessin sur kodatrace
(sérigraphie), ou sur papier calque, ainsi que le grattage sur film, animation de fil de fer ou
matière, papier superposé ou papier découpé, qui permettent à l’enfant d’accéder à
l’aventure plastique.

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1.3- La Télévision : Prend une part importante dans la vie de l’enfant, et qui lui
permet de s’ouvrir sur l’Univers et le monde des adultes, ainsi lui réserve un
développement intellectuel plus rapide dans le domaine de l’information, mais en
contrepartie son développement psychomoteur va en souffrir, car l’accommodation
motrice et le schéma corporel de l’enfant s’acquièrent « essentiellement » par les gestes
et le mouvement ; mais d’autre part nous devons apprécier « les changements que les
techniques nouvelles introduisent dans la perception » dit Wallon, et que cet aspect est
essentiel pour l’initiation plastique, par ses moyens puissants et la prise de conscience de
l’environnement et les possibilités d’analyse qui sont décuplées (multipliées) : de plus il
est autant un moyen d’information pour l’enseigné que pour l’enseignant.

2- Le livre et le musée :
Le livre : Il est le moyen le plus classique de l’enseignement ; les livres d’art surtout
donnent le goût de la lecture, ces images à l’usage des enfants proposent une conception
plastique qui les marqueront toute leur vie, et influencent l’éducation de leur sensibilité.
Le musée : Ressources d’informations surtout pour les habitants de la ville ; ceux de la
campagne ne peuvent que rarement en profiter ; mais d’autre part, ils (les habitants de la
campagne) contiennent les créations les plus « sensibles » et s’ouvrent de plus au monde
poétique et à l’imagination. Les États Unis possèdent 300 musées pour enfants ; c’est là
que l’imagination s’enrichira et que le plaisir esthétique pourra se ressentir, il n’est pas
question de priver les enfants et les mettre hors contact de l’art.

3- Les techniques et activités créatrices individuelles :


La créativité a comme fonction de projeter les craintes, les joies, les émotions, les peurs,
les angoisses ; elle s’exprime par les arts plastiques, le chant, la musique…, elle a une
fonction vitale. Elle permet une réalité qui selon (P. Éluard) : « montre à voir » ; cette
création ne peut être réduite au simple fait de reproduire sur une feuille de papier des
objets, une bête ou un paysage…ce serait de se limiter à un réalisme formel, et une seule
pratique de dessin d’imitation, empêche la création transposée. Il faut prendre position
par rapport aux diverses formes que peuvent revêtir les travaux des enfants (imagination,
ornementation, décoration, observation, normalisation, fabrications, techniques). La
difficulté (diversité des travaux) va consister à encourager l’activité créatrice libre, à
multiplier les moyens d’expression (techniques, outils), à varier les supports (matières et
formats) et aider à la variété des thèmes. Les valeurs plastiques constantes (stables) de
l’art consistent en un ensemble de rapports inventés.
3.1- Les constantes de l’art :
Certains moyens sont constants (stables) dans l’art et son histoire ; en se référant aux
œuvres du passé et du présent, on relève un certain nombre d’éléments permanents, qui
sont à la base de toutes les œuvres picturales.
Exemple : Les travaux de Lucien Lautrec peuvent servir de référence de manière
péremptoire ; ses recherches sont les expériences de notre époque qui ont contribué le
plus à poser les problèmes de l’éducation artistique.
Ainsi, au niveau du tracé, c’est le trait et sa qualité : tendu, uniforme, fin, sensible,
réalisé lentement ou rapidement, jeté, griffé, gestuel, fluide, souple, brillant ou mat. la
tonalité tient compte de l’espace, de la lumière et de sa source, elle propose le clair et le
sombre, expression du volume ou de l’ambiance, recréation du clair-obscur et des
contrastes. La couleur, ses effets dynamiques et psycho-physiologiques, s’exprime par
transparence ou en matière, en touches gestuelles ou à plat.

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Trait ou tonalité ou couleurs seront les moyens à la base de toutes les œuvres d’art en
deux dimensions. Elles ne sont devenues œuvres que par la qualité de l’artiste qui a
transcendé la « réalité » et son énergie.
3.2- L’alphabétisation : (l’activité vocale)
Les constatations que l’enfant fera en fonction du thème, de l’organisation de sa surface, des
moyens techniques utilisés…ces découvertes quel qu’en soit l’ordre, seraient acquises une
fois pour toute et enrichiraient son vocabulaire plastique. C’est dans ce cadre de
l’apprentissage d’un vocabulaire parlé que les mots prennent un sens (répétition, rythme,
symétrie, alternance, nuance, ton…) lui permettront une communication avec les autres.
Un inventaire des apprentissages multiples pouvant s’inscrire dans une nouvelle pédagogie,
nous permettra d’associer les arts plastiques avec les autres moyens d’expression : expression
corporelle, musique, expression parlée, expression écrite ; cette alphabétisation chez
l’enfant consiste donc en l’acquisition d’une série d’éléments qui peuvent se combiner à
l’infini et qui serviront de base à des créations originales ; ça sera la découverte des moyens
employés à partir des thèmes choisis librement, du choix des outils ; ainsi : l’enfant détrempe
avec des couleurs, debout face à sa feuille verticale d’un certain format (5060), qui ne
possède qu’une éponge pour s’exprimer n’obtiendra pas le même résultat que l’enfant assis
sur une table, utilisant un pinceau, une boite de peinture de gouache….etc., c’est donc le
choix des outils et la situation matérielle, la position, le format, le support conditionnent le
travail de l’enfant et l’emmènent à un résultat différent. Aussi, il faut conter le rôle du
thème choisi : la narration ou l’imagination à partir de l’observation (reproduction à partir
d’un support), ou de l’invention (à partir de sa propre imagination)…ainsi le premier temps
pour l’enfant (de 2 à 10 ans) ne doit être qu’une incitation à la créativité.

3.3- Liste d’activités possibles dans une collectivité


d’enfants de la maternelle :
- Décoration cire, empreinte bougies ornées ;
- Bijou métal ;
- Batik décoration tissu ;
- Bijou perle bois ;
- Céramique ;
- Cuir ;

- Décoration, découpage papier feutre, feutrine ;


- Émaillage sur métal ;
- Impression gravure ;
- Modelage ;
- Mosaïque diverse, graines smalts de verre, Rotin, Osier, Vannerie ;
- Sculpture bois ;
- Sculpture polyester, polyéthylène expansé ;
- Sérigraphie ;
- Tissage : canevas, laine ;
- Dessin avec matériaux divers ;
- Ficelle, corde armée ;
- Maquette (fusée,…) ;

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- Marionnette (papier, pâte, tissu, marottes)
- Masques, déguisements ;

- Peinture émail sur verre ;


- Poupées : papier, tissu, laine.

4- Besoins et moyens d’acquisition possible des enfants (de 2-5


ans) :
 Besoin de gestualité et développement de latéralité perceptivo-moteur (4-5 ans).
 Donner à l’enfant les moyens de pratique des activités de manipulation et d’expression
plastique en fonction de sa propre force et de ses propres possibilités (d’âge et de son
développement perceptivo-moteur).
 L’enfant de cet âge se familiarise souvent sans raisonnement et par hasard avec les
matériaux.
 À cet âge du jeu, l’enfant acquerra une prise de conscience de l’espace (3-7 ans).
 Apprentissage du rythme, manipulation (déchiquetage, graphisme, découverte des
outils simples), modelage, imagination et répétition, cartonnage, collage.

II- MOYENS AUDITIFS ET VOCALES : L’ACTIVITÉ MUSICALE


CRÉATRICE :
Le goût de la musique est naturel chez l’enfant ; il aime chanter, entendre de la musique, le
chant d’oiseau, comme il aime entendre le bruit de l’eau, des animaux, d’engin,
d’instrument,…la musique est un langage universel, complet, intuitif pur qui peut être un
mode d’expression de la spontanéité ; selon la déclaration de Stravinsky : « je considère
que la musique par son essence, impuissante à exprimer quoi que ce soit : un sentiment,
une attitude, un état psychologique, un phénomène de la nature ». Elle est l’expression
d’une émotion esthétique que le créateur transmet et partage avec l’auditeur ; transmission
d’un vécu, d’une réalité, une communion spirituelle entre le créateur et l’auditeur.

1- L’invention et la création musicale :


La musique a été de tout temps considérée comme un facteur positif de l’éducation ; l’enfant
imagine des comptines, invente spontanément des rythmes, met des airs sur ses paroles,
tout cela pour son propre plaisir ; parce-qu’ il en a besoin, il chante et chantonne sans cesse
des mélodies inédites (propres à lui) pour accompagner ses pensées et ses actes. Si l’enfant
trouve dans l’environnement familial un climat favorable, parfois cette activité va loin, elle
peut s’élever d’emblée à la création intuitive et spontanée d’une véritable œuvre musicale,
structurée ; l’enfant à 5 ans retrouve intuitivement l’inspiration et la technique des
trouvères (poètes compositeurs du moyen âge), quelques chants scolaires, se met à l’écoute
de quelques disques (cd) cette activité musicale ne peut être pour l’enfant à cet âge comme
cours élémentaires de codification en solfège pour accéder à l’écriture musicale ; mais ne
sera qu’un éveil à la musique, et lui donner envie de chanter, d’écouter, l’amener à créer
librement des œuvres à mesure de sa création personnelle, et faire en sorte que l’enfant
prenne toujours une attitude active à l’audition des œuvres ; l’improvisation et l’invention

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musicale prennent les formes les plus diverses : invention des paroles à mettre à une
musique existante (là c’est la pratique poétique), improvisation d’une musique pour
accompagner un poème, improvisation simultanée du poème et de la musique, invention
de rythmes d’accompagnement avec instruments à percussion, invention d'orchestration
dans la pratique instrumentale, improvisation sur l’interprétation d’un chœur (groupe de
chateurs), invention et fabrication d’instruments de musique de type primitif, etc…

Des méthodes d’éducation musicales d’avant-garde comme celles de l’école d’art Martenot
ou du travail musical de C.Orff (Compositeur allemand), s’accordent sur les principes
directeurs d’une culture progressive de la créativité de l’enfant à l’égard de la musique :
 L’expérience vécue : Par la voix, par la pratique des instruments, ensuite en fonction de
découvertes techniques progressives ou pour la beauté des sons, (tels ceux de K.Orff
fabriqués en bois précieux), comme qu’ils peuvent être conçus de la réalisation des
enfants par tâtonnement expérimental comme dans les techniques de Freinet ; une tôle
sur laquelle on frappe, une boîte de conserve chargée de graines qu’on agite… ;
 L’importance du rythme : Dont le sens s’acquiert par l’expression corporelle
systématique puis par la pratique des instruments à percussion ;
 Le développement de l’improvisation musicale : À partir de l’invention de mélodies
simples fortement rythmées, comme les comptines ;
 Le respect des tendances mélodiques des enfants : Qui ne vont pas toujours aux formes
tonales, mais retrouvent spontanément des accents de musique modale ;
Tous ces principes font appel à l’expérience créatrice, ils se règlent nécessairement sur la
spontanéité de l’enfant.

2- L’approche active des œuvres :


L’imprégnation par les œuvres doit favoriser l’activité créatrice. L’objet propre des auditions
musicales est la source ; la seule référence utile c’est le comportement et les impressions des
enfants lorsqu’ils entendent telle ou telle œuvre musicale. Les enfants aiment écouter la
musique en groupe ; ce que l’enfant retire de tels contacts n’est pas du domaine de la
conscience claire, mais de l’imprégnation du moi profond ; la seule condition nécessaire pour
que cette imprégnation soit positive c’est que ce contact accompagne seulement la pratique
créatrice de la musique. Naturellement c’est à l’éducateur de créer des situations
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favorables ; la variété des œuvres abordées permet d’orienter les choix et de préciser les
goûts.

3- L’apport du langage :
L’enfant aime s’exprimer par le geste, par le dessin, par la musique ; mais encore plus parler
et plus tard écrire, dans la vie de tous les jours il a plus le besoin et l’occasion de parler que
de dessiner ou de chanter.
La première fonction du langage, c’est la communication et l’échange ; le besoin de
communiquer c’est celui de se faire comprendre et de faire comprendre ; la seconde
fonction du langage, qui ramène au monde intérieur : la fonction représentative du réel ; le
langage détermine les représentations des choses, des êtres et du monde ; Boileau pensait
que « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement ». C’est par la fonction représentative du
langage que les idées de l’enfant peuvent s’ordonner, s’organiser. Le langage a une troisième
fonction qui est d’ordre esthétique et logique. La langue que nous parlons a ses rythmes, ses
sonorités, ses valeurs, elle situe l’individu dans un monde sensoriel et affectif qui le marque
profondément sur le plan esthétique. Elle est un système logique qui a sa logique propre : une
esthétique et logique verbales, dont l’individu (l’enfant) est imprégné, conditionnent en
grande partie sa mentalité : penser dans une autre langue ce n’est pas seulement changer
de langage.

4- La création des formes verbales :


L’activité créatrice peut s’exercer sur le langage lui-même, c’est-à-dire sur les formes
verbales ; tout acte de langage implique un émetteur et un récepteur, un message à
transmettre et un support matériel pour ce message, jamais l’enfant n’aurait le temps
d’entendre et d’apprendre et de retenir toutes les phrases différentes ; toutes les formules
qu’il emploie spontanément, qu’il invente en structurant des schémas non significatifs par
tâtonnement expérimental ; c’est ainsi qu’on distingue dans le fonctionnement de la langue,
deux structures sous-jacentes différentes : la structure des phrases réalisées, dites de
« surface » et celle qui les sous-tendent, dites structures « profondes » ; c’est au niveau de la
« performance » qu’apparait la créativité du sujet parlant (réceptivité, fluidité, mobilité,
aptitude à transformer, originalité et organisation cohérente).

5- Les activités d’expression orale : (jeux, reproductions vocaux)


Ces types d’activités relèvent plus ou moins du jeu ; des jeux oraux ou l’enfant s’associe, se
trouve souvent de divers modes d’expression à employer : verbale, plastique, corporelle,…
exp : mimer une attitude ou un comportement, le garçon du café, le chauffeur de taxi…ou
bien mimer une situation avec développement du thème imaginé par l’acteur : déménager sa
chambre, faire des achats au magasin,…l’enfant imagine des aspects et les traduit par gestes
et en paroles. De tels exercices introduisent aux jeux dramatiques la mise en scène d’un
scénario que l’enfant jouera en situation. Quand la classe imagine le scénario, l’activité
créatrice se déploie dans sa plus grande dimension depuis l’élaboration de l’œuvre jusqu’à sa
réalisation concrète définitive. Un travail de groupe en profondeur qui suppose une longue
préparation, des retouches et des mises au point à chaque étape, des répétitions, qui
prennent beaucoup de temps, et qu’on réserve de ce fait pour les grandes occasions comme
la préparation d’une fête scolaire. D’autre part : monter un conte entendu, une fable déjà
apprise, ou traduire un récit ; un jeu du journal parlé qu’une speakerine ou speakeur de la
classe pourrait présenter, le jeu de téléphone par lequel on se communique des messages
d’un bout à l’autre bout de la classe…

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Activités
Tableau Techniques Autres activités
Pédagogique artistiques
récapitulatif diverses Arts
plastiques
Tracé graphique Calligraphie
Marionnette, Écriture, Danse,
Maîtrise , gravure,Céramique, Rythme, Musique,
Tracé Gestuel linogravure,
Modelage, percussion,
Manipulation carte à
Couture, expression
grattage, Découpage, corporelle.
gravure sur
Construction
Motrice
plâtre, bois,
découpage,fabrication
collage, cuir, métal,
assemblage.
tissu, collier
et bijoux en
perles.
Observation Travaux et Toute la Expression corporelle
Mémoire peintures partie danse, poésie, Mime,
Imagination libres, sens créatrice et Musique, percussion,
Graphisme des imaginée des chant, architecture,
Tonalité Valeurs proportions, techniques. magnétophone,
Symétrie télévision, cinéma,
observée, photographie.
équilibre
des
Intellect surfaces,
utilisation
des valeurs
de la
couleur,
symbole
graphique,
Animation
des
surfaces.
Analyse d’œuvre, Découverte Toutes Photo, Musique,
découverte, de la découvertes chant, expression
visite, couleur, des ou créations mimée.
documents. valeurs, des décors et
tonalités, surfaces,
problème graphisme ou
de la couleur, à
lumière, partir du
Sensorialité
animation matériau et
Sensibilité
des des formes.
Développement
surfaces,
« quantitatif »
sens des
plans et des
matières,
rôle de la
matière,
création
surréaliste
et
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fantastique.
Travail collectif Création Sculpture Chant, Musique,
collective, collective, expression
organisation fabrication, corporelle, Danse,
d’exposition séance de Mime, Cinéma, Mise
, de décor, marionnettes en scène,
Socialisation
costumes. , et Architecture.
technique
nécessitant
un travail
collectif.
Perception de Fabrication Manipulation Photographie,
l’espace par en 3 avec certains cinéma, télévision,
observation et dimensions, outils, expression
pratique utilisation création, corporelle, Mime,
des 2 mains, fabrication à sonorisation, Mise en
gestualité, partir des scène, Danse,
expression techniques Architecture et
des plans, (objets en création utilitaire.
sens des volume,
Spatialisation profondeurs utilitaires ou
Latéralisation , non).
assemblage
de volumes,
rôle de la
couleur
dans
l’expression
de l’espace
(les
perceptives)
Pratique du Sténographi Menuiserie Éducation corporelle,
dessin normalisée e des d’assemblage rythmique.
et répétition de signes, ,
fabrication répétition, d’architectur
technique. loi de la e ou
Habileté perspective, sculpture,
Mécanisme écriture découpage
mécanique. de formes
par
répétition
(scie,
marteau)
6- L’importance des arts plastiques en maternelle :
L’école maternelle a pour objectif de développer toutes les possibilités de l’enfant, afin de
lui permettre de former sa personnalité et lui donner les meilleures chances de réussir à
l’école et dans la vie au plus tard. Les arts plastiques content l’un des domaines artistiques
les plus dynamiques qui s’inscrit dans la construction de la personnalité de l’enfant. Ses
activités se fondent sur le plaisir qu’a l’enfant de toucher, manipuler, regarder, faire,
transformer…lui permettent de communiquer, de manifester ses émotions, sa personnalité.
En créant des objets plastiques (en matière et outil), l’enfant développe son pouvoir
d’imagination et d’invention, l’éducation de son autonomie : il apprend peu à peu de se
débrouiller seul à choisir le matériel et les outils nécessaires à son projet, à prendre des
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initiatives, il découvre le besoin et le plaisir de s’exprimer, de développer ses facultés de
rechercher et d’apprendre par lui-même. Aussi ces activités créatrices donnent l’occasion à
l’enfant d’explorer des matières, d’ajuster ses gestes en fonction d’une intention (améliorer
la forme d’activité intentionnelle chez l’enfant), percevoir et reconnaitre les effets
plastiques obtenus, de modifier et d’affiner son action d’activité.
Les activités de découverte d’œuvres déjà existantes (peintures, sculptures reproduites des
timbre de poste, d’art préhistorique,…) aident l’enseignant et l’éducateur à constituer une
première culture chez l’enfant ; outre l’enfant est invité à faire des choix, à les expliquer, à
commencer et essayer de reproduire un travail, une œuvre, à échanger avec les membres du
groupe (classe), à exprimer ses sensations et ses goûts.
On peut programmer les activités d’art plastique comme suite :
- Le dessin : En tant qu’activité d’expression graphique ;
- Les compositions plastiques : Considérées comme des activités de fabrication d’objets
et de manipulation de matériaux ;
- Les images : Abordées à travers des activités de découverte et d’utilisation de
documents ;
- Les collections : Conçues comme des activités de sélection et d’appropriation d’images
et d’objets.
Compétences à acquérir :
- Établir des relations sensorielles et affectives avec les matières ;
- Réaliser une production en fonction d’un désir ;
- Exercer des choix parmi les procédés et les matériaux ;
- Adapter son geste aux contraintes matérielles (fonction et rôle des outils, supports,
matières) ;
- Utiliser le dessin comme moyen d’expression et de présentation ;
- Dire ce qu’il fait, ce qu’il voit, ce qu’il ressent, ce qu’il pense ;

7- Activités créatrices et constitution de la personnalité :


7.1- Acquisition de l’autonomie :
- Affirmer son autonomie (l’enfant) dans l’espace, par rapport aux objets et aux
personnes ;
- Manifester de l’aisance corporelle ;
- Exprimer ses préférences ;
- Connaître divers aspects du patrimoine, l’existence d’autres civilisations et d’autres
cultures ;
- Développer son sens esthétique et son besoin de créer ;
- Commencer d’argumenter pour justifier un avis (défendre son choix).

7.2- Envie d’apprendre et méthodes de travail :


- Observer, interroger, s’exprimer par la parole, le dessin… ;
- Accepter des activités contraignantes pour acquérir des savoirs nouveaux
(contraignantes en fonction du geste de la tâche, essayer de combiner et compléter les
gestes habituels aux non habituels-nouveaux-).
- Fixer son attention, se concentrer sur une tâche ;
- Soutenir un effort, rechercher le soin et la qualité dans la présentation de son travail ;
- Respecter l’organisation de la classe et des ateliers ;
- Élaborer un projet individuel et le mener à terme, prévoir les tâches, les outils, les
techniques, les matériaux ;

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- Identifier, analyser et corriger ses erreurs avec l’aide de l’adulte, mener un travail à
son terme.
8- Dessiner à la bougie : (MS et GS)

Nombre de séances : 1
- Matériel : Des bougies (retaillées au couteau pour permettre un dessin plus fin) ; des
feuilles de papier à dessin assez épaisses, de la gouache liquide, des brosses larges ou
des pinceaux.
- Déroulement : Les enfants dessinent sur du papier solide en écrasant bien le point de
leur bougie ; ensuite ils recouvrent toute la totalité de la feuille à la gouache, et le
tracé à la bougie reste figuré en blanc.
Objectifs spécifiques :
 L’enfant découvre le plaisir du geste, de laisser ;
 Adapter son geste de préhension et de guidage en
fonction de l’outil choisi ;
 Constater les effets produits.
Objectifs transversaux :
 Sciences et technologie : Faire des observations sur
les propriétés de la bougie (objet, matière) ;
 Méthodes de travail : Fixer son attention, se concentrer sur une tâche ;
 Traitement de l’information : Comprendre et exécuter une consigne.

9- Les bois flottés : (MS et GS)


Nombre de séances : 1
- Matériel : Bois léger (qui flotte sur une surface d’eau), papier de verre, râpes à bois,
peinture, vernis (comme diluant), pinceaux ;
- Déroulement : Chaque enfant choisira un morceau de
bois parmi la collection de bois, qu’il va le poncer, le
sculpter, le peindre, c’est-à-dire le transformer à une
pièce d’objet en bois.
Objectifs spécifiques :
 Établir des relations affectives et sensorielles avec
les matières ;
 Éprouver les possibilités d’intervention sur les
matériaux.
Objectifs transversaux :
 Envie d’apprendre : Imaginer et créer à partir d’objets trouvés dans la nature ;
 Méthodes de travail : Élaborer un travail individuel, le mener à terme en prévoyant
les tâches, les outils et les matériaux nécessaires à sa réalisation ;
 Sciences et techniques : Utiliser des matériaux et des objets techniques simples
pour les modifier.
10- Comptine truffée : (PS-MS-GS)
Nombre de séances : 2

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- Matériel : Papier à dessin (grandes feuilles et petites vignettes), stylos à bille ou
feutres à pointe dure, crayons de couleurs ;
- 1ereséance :
- Vignettes à Dessiner : En GS les enfants vont tous
ensemble écrire une comptine sur une grande feuille
et écarter bien les mots les uns des autres, pour la PS
et la MS c’est à l’éducatrice de leur écrire la
comptine, ensuite décider des mots que les enfants
vont cacher et représenter par des dessins à la place
du mot et chaque enfant choisira sa vignette ;
2emeséance :
Lecture à voix multiples : Chaque enfant colle sa vignette sur le mot qu’il a dessiné, on
obtient une drôle d’histoire « truffée » que les enfants vont tous la lire ensemble.

Objectifs spécifiques :
 Contrôler son geste graphique pour en faire un moyen d’expression volontaire ;
 S’exprimer par un dessin susceptible (capable) de susciter (provoquer) l’imagination.
Objectifs transversaux :
 Mémoire : Retenir textes, chansons, poèmes… ;
 Envie d’apprendre : Observer, s’interroger, s’exprimer par le dessin ;
 Méthodes de travail : Fixer son attention, se concentrer sur une tâche ;
 Lecture : Reconnaitre l’organisation d’une page (sens de la lecture, début, fin) ;
 Reconnaître et identifier certains éléments dans un texte ;
 Commencer à établir la correspondance entre l’oral et l’écrit ;
 Écriture : Copier correctement des mots, une courte phrase en écriture cursive.
 Écrire sur une ligne.
11- Modelage exquis : (GS)
Nombre de séances : 1
- Matériel : Pâte à modeler en grande quantité, terre ou pâte à sel, outils de modelage
divers (petites cuillères, pinces à épiler, couteaux à beurre…).
- Déroulement : Sculpture surréaliste
Les enfants se réunissent par groupe, ils décident à l’avance de ce
qu’ils vont réaliser (animal, personnage, bête fantastique…), et de la
partie du corps dont chacun sera chargé de faire de son côté, à la fin
ils réunissent les morceaux.
Objectifs spécifiques :

 Jouer avec l’imagination et le hasard pour produire une œuvre


collective ;
 Constater les effets produits.

Objectifs transversaux :
 Apprentissage de la vie sociale : Adapter son comportement à
l’activité proposée, en tenant compte des contraintes du départ ;
 Travailler en groupe, coopérer.
 Mesure : Utiliser une « mesure-référence » de façon intuitive.
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12- Laines brisées laines courbes : (MS et GS)
Nombre de séances : 1
- Matériel : fils de laine de différentes couleurs, ficelles, fils à
broder…, colle forte, cartes de bristol.
- Déroulement : collage en volute (forme spirale)
Des pelotes de laine, des ficelles, des fils de différentes
couleurs… chaque enfant les coupe et les colle en volute, en
lignes courbes ou brisées sur une carte de bristol ; ces lignes
peuvent s’épouser comme les lignes de couleurs de l’arc-en-ciel,
s’entrecroiser, se tresser…
Objectifs spécifiques :
 Appliquer une technique ;
 Réaliser une production en fonction d’un désir ;
 Éprouver les possibilités d’intervention sur les matériaux.
Objectifs transversaux :
 Capacité motrice : Exercer sa motricité fine, faire preuve de maîtrise pour saisir la
laine et lui faire suivre un tracés précis ;
 Notions d’espace et de temps : Se donner des repères codés et les suivre ;
 Méthodes de travail : Fixer son attention, se concentrer sur une tâche ;
 Soutenir un effort, rechercher le soin et la qualité de présentation de son collage.

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RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :

1- Robert Gloton : « L’activité créatrice chez l’enfant », 4emeedition, Edt : Casterman,


Belgique, 1975.

2- Sylvia Dorance : « Activités créatrices à la maternelle », Edit :RETZ, Paris.

3- André Mareuil : « Guide pédagogique pour l’enseignement élémentaire »,


Edt :Hachette, Paris, 1971.

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