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COURS D’APPLICATION DES DÉMARCHES PÉDAGOGIQUES

SÉRIE 03

OBJECTIF PÉDAGOGIQUE :
À la fin de cette leçon, le stagiaire doit être capable de déterminer les démarches
pédagogiques.

PLAN DE LA LEÇON :
I.L’OBSERVATION ET SES MÉTHODES
II. LES MÉTHODES D’OBSERVATION
III. LES TYPES D’OBSERVATION
IV. L’OBSERVATION DE L’ENFANT (EN PSYCHOLOGIE)
V. MÉTHODE D’OBSERVATION PSYCHOPÉDAGOGIQUE
VI. DÉMARCHE D'OBSERVATION SYSTÉMATIQUE
VII. LE QUESTIONNAIRE
VIII.L’ENTRETIEN (INTERVIEW, ENTREVUE)
IX. L’ÉTUDE DE CAS

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I. L’OBSERVATION ET SES MÉTHODES :
1. Définition l’observation :
« L’observation est une expérience de sélection et de recueil d'informations sur un
phénomène, objet d'étude, en vue de dégager des hypothèses ou de vérifier celles découlant
d'observations antérieures. Ce stade de la recherche est indispensable dans tous les domaines
scientifiques, dans les sciences naturelles comme dans les sciences humaines et sociales, par
exemple en psychologie ».

« L’observation fait une entrée officielle au XIX e siècle dans la psychologie comme instrument
de connaissance succédant l’introspection ».

La définition de l’observation qu’en donne le Robert suit de près le propos de Jean-Jacques-


Rousseau : « une action de considérer avec une attention suivie : la nature, l’homme, la
société, afin de les mieux connaitre ».

Claude Bernard requiert que l’observation soit la constatation exacte d’un fait à l’aide de
moyens d’investigation et d’études appropriés à cette constatation ».

Quant à Wallon, il admet « qu’il n’y a pas d’observation qui soit un décalque exact et
complet de la réalité ».

« L’observation au sens strict se définit par ce dont l’humain peut être témoin avec ses sens.
L’observation exige du temps, mais elle est riche en informations. (Berthiaume, 2004). »

La différence entre l’observation et l’expérience, tient à la nature de la question : dans


l’observation, la question est en quelque sorte ouverte, le chercheur ne connait pas la
réponse ou n’en n’a qu’une vague idée ; par contre dans l’expérience la question est devenue
hypothèse, c’est-à-dire qu’elle suppose l’existence d’une relation entre les faits que
l’expérience a pour but de vérifier.

L’observation est la constatation d’un fait à l’aide de moyens d’investigation, c’est une
procédure empirique fondamentale commune à toutes les sciences factuelles (liées
uniquement aux circonstances), elle intègre toute catégorie de tests écrits, oraux,…dans la
plupart des programmes, le formateur en classe ou à l’atelier, doit fréquemment évaluer des
produits, des habilités motrices, des processus ou des attitudes ; dans de telles situations, le
recours à des techniques d’observation est incontournable.

Par l’observation, on peut recueillir des données relatives au déroulement de l’activité en


situation naturelle de travail (ou en situation de simulation), il s’agit donc d’observer les
opérateurs pendant la réalisation de leur(s) tâche(s).

L’observation est indispensable pour recueillir des données sur le travail réel ; souvent plus
d’authenticité par rapport aux verbalisations provoquées (entretiens ou questionnaires), elle
permet notamment de mieux connaitre les facteurs qui influencent l’activité des opérateurs.
Elle permet de dépasser les inévitables conflits aux points de vue divergents des différents
acteurs concernés.

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2. Principales règles pour pratiquer l’observation :
 Établir un instrument ou support suffisant précis pour permettre de classer les diverses
manifestations de comportements observés ;
 Définir clairement ce que l’on souhaite observer ;
 Se concentrer sur un nombre de comportements réduit et précis ;
 Bien cerner les faits à observer des interférences ou des conclusions ;
 Sélectionner des objets d’observation associés dans le temps et dans l’espace
(fonctionnement de l’environnement).
Parmi les procédés qui permettent la mise en pratique de l’observation « la technique de
l’observation structurée » est la mieux adaptée à l’enseignement.

Cette technique consiste à observer certains types de comportements chez l’apprenant et


noter progressivement les appréciations qualitatives (existantes ou absentes) des attitudes ou
comportements attendus.

La technique d’observation doit donc avant tout être adaptée à l’objectif recherché, de telle
sorte que celui-ci soit perceptible. Tout moyen a ses avantages et ses limites ; Ainsi la caméra
permet de revoir autant de fois que voulu l’objet observé, l’éphémère d’une situation peut
donc être reproduit, mais en même temps, la vidéo n’offre qu’une vision restreinte du champ
d’observation dans certains cas, et une information si dense que la transcription peut en
devenir ardue. L’observation est conçue en fonction d’un cadre théorique de référence.
L’observation est destinée à nous faire percevoir différemment les choses, à en avoir une
image plus rigoureuse, elle nous apprend à nous détacher de ce qui nous semble familier pour
le percevoir autrement ; passer d’une perception simple à une méthode permettant de faire
de la recherche, L’observation sera le résultat codé de l’acte d’observer, suivi de l’acte
d’interpréter ; chaque paramètre de l’observation doit donc être rigoureusement défini et
justifié, l’observation est un processus de base subordonné et intégré dans la démarche plus
globale qu’est la méthode expérimentale.

3. Les avantages et les inconvénients de l’observation :


 L’observation s’applique à l’ensemble des domaines (savoir, savoir-faire, savoir être) avec
peu d’instruments ;
 Efficaces pour certaines catégories d’observateurs (sans handicapes, sans capacités de
communications réduites) ;
 Nécessaire lorsque les autres modes d’évaluation ne fournissent pas de résultats
pertinents ;
 Exige du professionnalisme, de l’expérience de l’observateur (discret, souple…), car la
présence influe sur les résultats ;
 Nécessite des éléments d’appui (supports, échelle d’appréciation,…)
 Elle requiert beaucoup de temps (c’est une méthode de mesure par individu) ;
 Application avec prudence car les phénomènes à observer doivent être spécifiques et
précis.
4. Instruments d’aide à l’observation et d’enregistrements et
cueillette de données :
 Liste ou collecte d’observation : c’est un instrument de mesure présentant l’énumération
d’une série d’actions, de qualités, ou de phénomènes caractéristiques d’une compétence
faisant l’objet d’une observation directe ; l’enseignant peut vérifier à l’aide de cette

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grille la participation d’un apprenant aux apprentissages, aux activités, à établir la somme
d’habilités acquises, des objectifs atteints ou non… pour pouvoir ajuster l’apprentissage
ultérieurement : voici un modèle de grille d’observation :
Temps
10h00 10h15 10h30 10h45 11h00 11h15 11h30 … … …
Activités
……………
……………
……………
……………
……………
……………
……………

• Remarque : intérêt de la grille d’observation pour un recueil systématique de données ;


elle doit permettre de repérer un maximum de variables potentiellement pertinentes.
 Grille d’appréciation : c’est un instrument de mesure comparable à celle de la liste de
vérification avec en plus une échelle d’appréciation ; l’échelle constitue une série de points
de repères ou de niveaux d’appréciations ; l’échelle appréciative/qualitative est la plus
fréquente, des adjectifs ou des brèves expressions appréciatives, susceptibles d’aider
l’observateur à juger, accompagnent les comportements à observer. L’observateur est
demandé d’apprécier la qualité des aspects mesurés en inscrivant en regard des adjectifs ou
de brèves expressions appréciatives du comportement concerné.

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Voici un modèle de grille d’appréciation :

Nom du stagiaire :………………


Classe :……………………Groupe :……………………………
Observateur :……………………….Date : ….

Objectifs spécifiques :……………………………………………


…………………………………………………………………………………………………………………………………………
Conditions :………………………………………………………
……………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………….
Directives ou consignes données à l’observateur :
………………………………………………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………………………….
Échelle appréciative :
 0 = pas faites ou nulles
 1 = mal faite ou médiocre
 2 = bien faite ou bonne
Liste de comportements, habilitées à observer :

1) ………………………………………………………………………………
2) ………………………………………………………………………………
3) ………………………………………………………………………………
4) ………………………………………………………………………………
5) ………………………………………………………………………………
6) ………………………………………………………………………………
7) ………………………………………………………………………………

Remarque :.…………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………

5. Comment préparer les observations :


 Identifier les objectifs de l’observation ;
 Prendre connaissance du terrain (documents, interviews…), connaissance préalable sur la
tâche et ses exigences, le contexte, les opérateurs, les dysfonctionnements… ;
 Définir le plan général d’observation (qui observer ?, quand ?...) ;
 Définir les grilles : comportements à observer (catégories, thématiques) +caractéristiques
à repérer (fréquence, délai, durée, enchaînements…) ;
 Rédiger les consignes aux observateurs ;

6. Plan d’observation :
Observer = relever les variations d’observables par rapport à des éléments de la situation de
travail.

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Le plan d’observation va donc consister à :

 Lister les observables que l’on veut observer (+ caractéristiques à repérer :


occurrence, fréquence, délai, durée…) ;
 En fonction de quels éléments, conditions d’exécution de la tâche, enchaînement des
étapes (une même tâche peut être réalisée en plusieurs étapes et/ou par plusieurs
opérateurs), variations des représentations (expertise des opérateurs) ;
 Déterminer le mode d’observation (continu ou par séquence), la durée, la fréquence et
le moment des observations, les objets de l’observation, les lieux, les postes…
 Se familiariser avec le domaine ;
 Matériel comportemental ;
 Tri des indicateurs et sélection des infos à recueillir ;
 Sélection d’une méthode de recueil d’infos ;
 Opérationnalisation, sous la forme d’indicateurs ;
 Choix et construction d’un instrument ;
 Entraînement des personnes et standardisation des procédures ;
 Pré-test et ajustement ;
 Recueil de l’information ;
 Validation du processus.

7. Comment procéder aux observations :


 Si l’observation est directe : être sur place et s’adapter au milieu (se faire accepter,
climat de confiance, relations naturelles…) ;
 Observer le déroulement ordinaire du travail ; interférer le moins possible (pas de prise
de position, pas d’encouragement, ne pas répondre aux demandes d’aide…=
neutralité) ; poser des questions à caractère informatif (questions spontanées liées aux
circonstances) Mais ne pas interrompre les personnes à tout moment (profiter des
pauses…) ;
 Récolter, recueillir de manière la plus objective possible (enregistrer) les données ; ne
pas interpréter tout de suite ;
La récolte des données peut prendre des formes multiples et variées :

 Des descriptions détaillées des interactions, des enchaînements d’actions, des gestes…
mais aussi d’éléments de contexte (règlement, conventions, habitudes…) ;
 Des comptages de faits, de gestes…
 Des chroniques d’activité (temps), (Kronos) ;
 Des cartes de déambulation (espace) ;
 Des enregistrements de conversations ;
 Du recensement de fiches biographiques.

8. Avant toute observation :


Il est indispensable d’expliquer ce qu’on observe, pourquoi et comment, et ce, afin de
clarifier les enjeux liés à l’étude, diminuer les risques de rumeur, éviter les biais dans la
récolte des données, éviter le rejet de l’étude… ;

 Préciser le pourquoi des observations, leur déroulement… ;


 Justifier les types de données récoltées, préciser les moyens techniques utilisés ;
 Garantir la confidentialité des données ;
 Garantir l’anonymat des opérateurs ;
 Garantir la neutralité de l’analyste (par rapport aux intérêts sociaux en présence) ;
 S’engager à restituer les résultats.

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9. Que faut-il observer :
On ne peut observer que ce qui est observable !

L’observation peut porter sur :

 Les gestes, les postures, les déplacements (activité effectrice, motrice) ;


 Les mimiques, des indices émotionnels (agitation, tremblements…) ;
 Les enchaînements réels des tâches ;
 Les directions du regard (prise d’info), (activité perceptive) ;
 Les verbalisations avec les autres opérateurs (communications, échanges) ;
 La performance (les résultats ou les traces de l’activité : les erreurs, la production…).
Remarque : Attention au caractère intrusif de la méthode ; l’observateur est un intrus dont
la présence est susceptible de modifier l’activité des opérateurs ; surtout si les objectifs de
l’observation sont mal connus et interprétés comme un contrôle du travail ;
Pour obtenir des données fiables, l’observateur doit banaliser sa présence sur le terrain, ce
qui demande un certain temps ; ceci ne signifie pas seulement « faire partie des meubles ou
du paysage », c’est aussi être accepté dans un rôle précis bien identifié par les acteurs
concernés.

10. Mise en œuvre de l’observation :


L’observation nécessite plusieurs ressources :

 Un ou plusieurs observateurs ;
 Un terrain (champ d’observation) ;
 Du temps (durée) ;
 Une ou plusieurs grilles (techniques) ;
 Des consignes pour les observateurs ;
 Matériel d’enregistrement (si nécessaire).
Remarque : attention il ne faut pas confondre entre « observer le travail » d’un opérateur et
« se mettre à sa place » c’est-à-dire imaginer les raisons de son activité ; il s’agit d’observer
sans interpréter, l’interprétation vient après : l’observateur est immobile, ne doit pas être
observé ;
Pour obtenir des données fiables, il faut mettre en place une démarche rigoureuse qui
nécessite une préparation et qui vise l’objectivité ;

Une bonne observation est une observation qui capture tous les faits significatifs sous une
forme qui permet des analyses ultérieures et qui n’influence pas l’activité de l’opérateur.

II. LES MÉTHODES D’OBSERVATION :


1. Méthodes transversales / longitudinales :
 Transversal : elle met en parallèle à un moment donné des événements, des faits, pour les
comparer et les évaluer
Exemple : évaluation des effets d’un programme d’éducation à la santé en comparant de 2
groupes.
 Longitudinal : vise à mesurer une évolution à travers le temps sur un même échantillon
Exemple : évaluation des effets d’un programme d’éducation à la santé juste après, 3 mois
après, 1 an après, 2 ans après.

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2. Méthodes rétrospectives / prospectives :
 Rétrospective : tentative de comprendre le présent par l’analyse de ce qui a eu lieu dans
le passé
Exemple : Afin de comprendre quels sont les comportements à risque qui peuvent
influence l’apparition d’un cancer interview de patients ayant un cancer.
 Prospective : observation de ce qui se passe dans l’avenir à partir du Présent.
Exemple : interview de patients en bonne santé qu’on va suivre pendant un certain temps.

III. LES TYPES D’OBSERVATION :


Observer est en effet une pratique sociale avant d’être une méthode scientifique ;
L’observation est considérée comme une compétence requise de la discipline de la
psychoéducation. Elle se présente comme un élément de base permettant une analyse
clinique dans le travail du psychoéducateur. C’est sur l’observation que repose toute la
démarche psychoéducative, puisqu’elle permet d’avoir un portrait du sujet et de la
problématique. L’observation peut être utilisée par les psychoéducateurs qui travaillent dans
un contexte expérimental. Elle peut aussi être présente dans le quotidien que partagent le
psychoéducateur clinicien et le sujet, appelé vécu éducatif partagé.

La littérature distingue généralement quatre types d’observation : l’observation directe,


l’observation indirecte, l’observation participante et l’observation engagée ; Au sens général,
l’observation fournit des données par plusieurs techniques tels que l’observation directe,
l’observation rapportée (aussi appelé indirecte), les questionnaires, les sociogrammes, etc.

L’observation vise des objets et des objectifs différents selon les disciplines. Pour ce qui est
de la psychoéducation, l’observation consiste en l’une des premières étapes de la démarche
professionnelle du psychoéducateur, ainsi qu’en une compétence professionnelle ; Son rôle en
tant qu’étape de la démarche psychoéducative permet de recueillir un certain nombre
d’informations en situation de vécu éducatif partagé du sujet ou dans un milieu où des
variables précises sont contrôlées, Ces informations peuvent être en lien avec divers aspects
du sujet, tels que le niveau de développement, par ex, la façon d’interagir avec les autres ou
de répondre à la demande de l’adulte, etc. L’observation porte sur des comportements
moteurs, des attitudes langagières, des interactions relationnelles, etc. (Medinnus,
1976) : « Ces observations ont comme objectif d’amener le psychoéducateur à mieux
recenser les comportements adaptatifs de l’individu qui mèneront à des hypothèses sur ses
vulnérabilités. » ; « Cette étape précède l’analyse. » (Pronovost, Bergeron, Lajoie et
Trudel, 2010) ; Dans l’observation psychoéducative, deux types de collectes sont présentes :
La collecte d’informations et La collecte de données ; Un bon psychoéducateur doit être
capable d’observer avec ses sens via sa formation et ses expériences ; Cela demande aussi un
entraînement ainsi que de multiples occasions de pratique ; « Cela démontre à quel point
l’observation est l’élément de base de toute la démarche psychoéducative et à quel point
elle doit être faite avec rigueur » (Gendreau, 2001).

1. L’observation directe :
Ce type d’observation est fait au moment où l’observateur observe des comportements
précis du sujet dans un environnement donné. L’observation directe permet de décrire en
termes de comportements observables et précis ce que l’intervenant a vu. « Ce type
d’observation s’utilise lorsque la technologie et les connaissances théoriques ne permettent

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pas de mettre au point un instrument mesurant ce qui est recherché, ce qui est plus souvent
possible dans les sciences de la santé » (Irwin et Bushnell, 1980), (ex : thermomètre pour
prendre la température du corps). « L’humain, par ses cinq sens possède une capacité
d’observer plus large qu’un instrument matériel » (Beaugrand, 1988).

« L’observation directe repose donc sur le fait de rapporter exactement le comportement


observé, avec le moins d’interprétations possibles » (Berthiaume, 2004) ; Il s’agit ainsi de
décrire une séquence de comportements de façon narrative. Les mots utilisés doivent
permettre de distinguer ce qui a été observé. Ils doivent permettre d’identifier si le
comportement est similaire ou non à un autre déjà observé. Cela permettra ainsi une
meilleure classification dans le cas d’une évaluation diagnostique par exemple.

« L’observation directe peut être planifiée à l’aide d’un plan d’observation. Ce dernier
permet d’indiquer la façon de contrôler certaines variables ainsi que d’identifier les
modalités retenues pour noter les mesures et les observations » (Beaugrand, 1988). Il est
d’ailleurs important de neutraliser l’effet de la présence de l’observateur et les attentes de
ce dernier. L’observateur ne doit pas influencer les comportements des sujets. C’est pour
cette raison que dans certain cas, l’intervenant se place derrière un miroir sans tain, par
exemple et fait de l’observation directe à distance ; De plus, les attentes du chercheur
représentent un biais et ce dernier apparaît au moment de l’identification des
comportements du sujet. Pour se protéger de ce biais, il est important de bien définir les
critères d’identification descriptifs et concrets par le plan d’observation ; L’observation
directe est donc présente dans une grande partie du travail du psychoéducateur qui partage
son quotidien avec les sujets en difficulté.

2. L’observation indirecte :
Ce type d’observation est Très présent en psychoéducation, cette méthode de collecte de
données nécessite d’être définie et d’en comprendre les avantages et les désavantages pour
maximiser son utilisation ; elle provient des informations non-observées directement par
l’observateur. Par exemple, en regardant le résultat d’un test ou en utilisant une information
rapportée par un collègue. L’observateur utilise donc l’information sans avoir véritablement
observé, L’information provient alors d’une source indirecte. L’analyse de tests fournit des
résultats pouvant être utilisés pour connaître ou comprendre l’enfant, sans toutefois avoir
observé avec les sens du psychoéducateur, ce qui s’avère tout de même très utile »
(Berthiaume, 2004). De plus, « comme le psychoéducateur est amené à travailler avec
d’autres spécialistes ainsi qu’avec des outils d’évaluation, l’observation indirecte est très
présente dans le quotidien du spécialiste » (Lamour et Barraco, 1999). Dans le cas
d’informations rapportées (indirecte), il faut faire attention aux perceptions et aux
jugements de la personne qui les rapporte. Par exemple, un collègue peut rapporter que
l’enfant manque d’attention. Comme ces informations n’ont pas été observées directement,
il est davantage important qu’elles soient décrites avec le plus de précision et d’objectivité
possible ; Il faut donc questionner le collègue sur ce qu’il a véritablement vu et entendu.
La présence de l’observation indirecte dans le travail du psychoéducateur est évidente.
Comme celui-ci n’est pas toujours présent où les situations se déroulent, il doit être habile à
travailler en équipe et à retourner valider les propos en termes de comportements
observables. L’observation indirecte permet d’avoir recours à plusieurs sources afin de
dégager un meilleur portrait de sujet ; Comme les propos rapportés peuvent être déformés,
biaisés ou encore mal analysés, il est nécessaire d’avoir plusieurs sources d’informations sur
le sujet.

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3. L’observation participante :
« L’observation participante utilise les moments de vécu partagé comme source
d’information. Elle représente un type d’observation lors duquel le psychoéducateur est
présent et participe activement à la vie de groupe. Il est donc intégré au groupe et interagit
avec les sujets qu’il veut comprendre » (Berthiaume, 2004). Ce type d’observation manque
d’objectivité, car l’observateur est impliqué physiquement et émotivement dans le vécu du
sujet.
Cette observation implicite dans la mesure où le sujet est au courant que le psychoéducateur
va l’observer pour l’aider à améliorer ses capacités adaptatives ; Le risque d’annoncer
l’observation est que le comportement du sujet se modifie. Dans le contexte de l’observation
participante, le professionnel utilise ses sens et ses émotions pour se laisser imprégner par
l’atmosphère qui existe dans l’environnement des individus observés afin de formuler des
hypothèses sur leur adaptation ;
Junker (1960) a développé trois types d’implications pour un observateur dans une
situation :

 l’observation participante périphérique : se décrit comme une situation où l’observateur


crée des liens de confiance avec les membres du groupe et participe aux activités ;
Cependant, ce dernier n’occupe pas de rôle important dans la situation étudiée. Ce type
d’observation permet de limiter l’implication dans les activités du groupe.
 L’observation participante active : Dans ce cas, le spécialiste doit faire preuve de rigueur
en jouant deux rôles différents. Le premier est son rôle de membre du groupe alors que
l’autre est celui d’observateur ; Il est alors présent et participe à l’action de manière non-
verbale.
 L’observation de participation complète : selon Adler et Adler (1987) le concept de
situation se divise en deux cas : 1er cas ou l’observateur appartient à la situation et observe
à partir de son statut d’appartenance ou d’occupation, le 2 ème cas on a affaire à une
observation participante complète par conversion : « le chercheur devienne le sujet qu’il
étudie, dans le cas d’un phénomène de groupe par exemple » (Lapassade, 1991).
« Cette technique de collecte de données requiert de l’organisation ainsi qu’une capacité
d’auto-évaluation » (Lamour et Barraco, 1999), car « l’intervenant est amené à intervenir
en même temps qu’il interagit avec les sujets » (Berthiaume, 2004). Il est donc important
de bien maîtriser les différents schèmes relationnels pour que l’utilisation de soi-même soit
optimale. Ce type d’observation est particulièrement présent dans les organisations où les
psychoéducateurs travaillent dans des milieux de vie.
Ils partagent plusieurs moments de la vie quotidienne avec les sujets. Cela leur permet de
voir les patrons de comportements dans un milieu de vie naturel (famille) ou organisé (foyer
de groupe). Dans certain cas, l’observation nécessite plus que seulement vivre avec le sujet.

4. L’observation engagée :
Berthiaume (2004) distingue l’observation engagée de l’observation participante ; Selon
l’auteur, l’observation engagée se déroule lorsque l’intervenant est dans le vécu du sujet
(ex : foyer familial, même groupement de travail). « Ce type d’observation rejoint une
technique d’intervention nommée « aide opportune », dans l’optique où cette intervention
supporte le sujet dans une situation de déséquilibre » (Renou, 2005).

5. L’observation non-participante :
Elle mentionne que l’intervenant peut être présent et peut observer sans intervenir alors que
sa participation n’est pas jugée nécessaire ; L’observateur ne serait pas impliqué dans la
situation à moins d’un contexte particulier ; Berthiaume (2004) nomme ce type :

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l’observation continue. Les comportements seront notés rigoureusement afin de les analyser
et de les coder. Dans ce cas, une grille d’observation préparée à l’avance est nécessaire.
L’observateur peut y noter la fréquence d’apparition du comportement, le délai entre chaque
manifestation, etc. Il est nécessaire dans la préparation de la grille de bien définir chacun des
comportements à observer.

6. L’observation scientifique :
L’observation scientifique a comme but de mesurer/examiner et à prendre note des faits
observables liées à une hypothèse, une question, un phénomène, une règle de théorie mise à
l’épreuve d’observation, signalée par des objectifs visés, munie d’un plan d’observation,
d’outils et d’instruments valides et correspondant à la tâche d’observation ex : observation
en psychologie(tests psychologiques, examen clinique, étude de cas), en psychopédagogie
(grilles d’observation et d’évaluations), en médecine et sciences naturelles (tests et examens
de laboratoire)... Cette activité doit avoir lieu en toute objectivité, sans que les opinions, les
sentiments et les émotions aient de l’influence sur le travail scientifique. Bachelard note
que : « l’observation scientifique est toujours une opération polémique ; elle confirme ou
infirme une thèse antérieure, un schéma préalable ». L’observation scientifique est donc
considérée comme un moment de recherche dans la méthode expérimentale, en psychologie
comme dans les autres sciences (exactes, physiques, naturelles, humaines…).

IV. L’OBSERVATION DE L’ENFANT (EN


PSYCHOLOGIE) :
L’observation intervient à tous les stades d’investigation en psychologie. Elle fait son entrée
en psychologie de l’enfant par celle d’un « enfant difficile » ; le béhaviorisme conte parmi
les brillantes tentatives dans la fondation de la psychologie scientifique. Il proclame que « le
fait psychologique, c’est le comportement », Watson hanté par l’opposition de l’extérieur et
de l’intérieur, s’est orienté vers l’analyse des phénomènes nerveux et a abouti à une
« réflexologie » dans laquelle le comportement est considéré comme une chaîne de réflexes
conditionnés, et que la vie intérieure n’est que le reflet de la vie extérieure : « stimulus-
réponse ». Quant à la Gestalt-théorie, elle introduit dans le comportement le point de vue du
sens ; Köhler admet comme le béhaviorisme que le comportement est le seul domaine qui
puisse être étudié par la psychologie scientifique ; Politzer estime que la psychologie
concrète, c’est le drame humain, observable dans des groupes de faits, dans le récit et dans
le geste. La signification en effet n’est pas extérieure mais elle n’est pas non plus intérieure,
le fait psychologique est cependant objectif ; il est exploré comme l’est la nature car il se
comporte comme l’objet des sciences devant la connaissance : « ce qui est infiniment
difficile, et ce qui le sera jusqu’à la disparition de cette génération élevée dans l’idéologie de
la psychologie abstraite, c’est de ne pas confondre le drame avec la vie intérieure, ou plutôt
de ne pas répondre à toutes les questions que le drame nous pose et qui nous amènent
nécessairement à la vie intérieure ».

On ne peut définir le comportement par n’importe quel geste, à la limite, tout mouvement
du corps n’est pas un comportement ; ex : pour atteindre le comportement animal, il ne
s’agit pas d’enregistrer une somme de réponses quelconques à des stimuli quelconques, il est
nécessaire d’interposer entre « stimulus et réaction » un entourage de comportement qui
définit l’individu. Le stimulus n’a qu’un rapport extérieur avec la réponse, la situation elle
est en rapport intelligible avec cette réponse. Le monde extérieur est toujours saisi à partir
d’une situation humaine : ce n’est que depuis notre propre condition que nous pouvons par

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analogie ou par contraste, apercevoir un enfant, un malade, un animal. Nous devons donc
admettre des infrastructures géographiques au comportement puisse-que ce comportement
même se déroule dans l’espace qu’il faut en tenir compte afin de déterminer la notion du
champ psychologique introduit par les physiciens dans l’idée d’un milieu ou sont en rapport
des forces, des tensions, des réactions qui permettent de comprendre la conduite humaine.
Ainsi le rapport entre le stimulus et la réponse n’est pas direct, il passe nécessairement
par un milieu, un champ de forces.

Ainsi, la psychologie est la connaissance de la structure de la conduite, son sens interne, son
intentionnalité.

La causalité concerne les rapports externes ; la motivation explique le choix de l’individu ; la


structure du comportement, le sens, l’intentionnalité, introduisent la phénoménologie ;
Gesell et ses collaborateurs vont suivre dans le temps le développement d’un certain
nombre d’enfants en étudiant des problèmes déterminés, les observations sont faites à des
intervalles fixes, elles sont facilités par un apport instrumental : cabines d’observation,
caméras, elles aboutissent à un véritable catalogue génétique du comportement que Gesell
découpe en quatre secteurs : moteur, d’adaptation, verbal, personnel et social. La
standardisation des observations permet un traitement statistique et également l’élaboration
des tests, cette méthode appelée « longitudinale » (définit au précédent) ; les innombrables
documents rassemblés par Gesell et son équipe avaient un double but : servir de base de
référence au développement de l’enfant, étayer une théorie démontrant la prévalence (taux,
fréquence) du processus maturatif par rapport au milieu.

Dans les années 50 R.Spitz va étudier la genèse des premières relations entre la mère et
l’enfant, en parlant du concept de « relation objectale », il s’est servi de l’observation
directe et de la psychologie expérimentale, son étude porte sur un grand nombre de sujets (la
population entière d’un milieu donné), selon la méthode longitudinale, pour une période
allant jusqu’à deux ans ; et en coupes transversales (définis au précédant). Les observations
et les baby-tests ont été fait alternativement par un homme et par une femme ; des
comparaisons ont été établies entre milieux différents, soit du point de vue de la culture, soit
du point de vue ethnique (d’origine), soit du point de vue économique et social. Chacun des
enfants est soumis à quatre heures d’observation par semaine et de nombreux films sont
pris ; l’observation directe de Spitz, c’est l’observation d’une relation depuis son origine
jusqu’à la pleine constitution de l’objet maternel et de l’image mentale correspondante.

« L’observation du comportement doit donc être celle de l’expérience éprouvée par


l’enfant dans son monde ».

1. L’observation des enfants dans leur groupe de vie :


Parler de l’observation de l’enfant par l’éducateur, c’est d’abord décrire le groupe de vie,
étudier la relation éducative, le couple éducateur, le maniement par l’éducateur de son
groupe et l’évolution de celui-ci au cours du séjour de l’enfant ; avant toute chose
l’éducateur s’efforce d’avoir une attitude de sympathie à priori envers chaque enfant
considéré comme cas singulier, en général, l’éducateur maintiendra une certaine distance
dans ces relations avec les enfants, paradoxalement, il sera autant plus disponible sur le plan
affectif.

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Ils ont libre accès au dossier ou est consigné ce qui concerne l’enfant, son histoire, celle de
sa famille, les examens et les traitements antérieurs et actuels ; ils participent à toutes les
réunions concernant les enfants de leurs groupes ; cette connaissance permet à l’éducateur
de saisir la signification d’un comportement, ses aspects symptomatiques, les tolérer, les
contrôler ; l’attitude générale de l’éducateur implique aussi la présence des règles,
d’exigences et de sanctions et de les appliquer d’une certaine manière et dans un certain
contexte, en partant toujours du niveau ou se trouve l’enfant, elle aide à ordonner une
progression et un rythme adaptés à son cas, elle les dédramatise et en atténue les effets
négatifs. De l’ensemble de conduite de Lewin voici quelques aspects principaux :

 Tenir toujours compte du niveau de développent ou se trouve le groupe et respecter son


rythme propre ;
 Avoir le souci d’assurer le maximum de communication dans le groupe entre les enfants,
entre les éducateurs et les enfants ;
 Avoir le souci d’information dans le groupe et à propos du groupe ;
 Faire des propositions, prévoir, s’assurer la coopération du groupe pour l’établissement de
perspectives pédagogiques d’observation comme les sorties, les fêtes,…
Il s’agit là d’une psychopédagogie relationnelle, d’un apprentissage de relations différentes
et plus harmonieuses avec l’entourage. L’éducateur se servira de ces relations qu’il établit
avec l’enfant dans une vie de groupe et par l’intermédiaire des actes quotidiens dans des
situations variés d’observation. L’éducateur agit directement sur le moi de l’enfant par le
biais de l’évènement actuel et quotidien, cette relation entraîne une attitude émotionnelle
entre l’enfant et l’éducateur ; ce dernier sera ainsi animateur et meneur, ce qui lui permet
d’observer et de participer activement à l’action éducative, il se montrera non directif ou au
contraire directif et autoritaire ;
La notion de rôle est essentielle dans l’observation ; la conduite observable de l’enfant
dépend de sa personnalité et de la pression du groupe ; l’éducateur doit fournir les occasions
d’en changer des rôles possibles pour l’enfant mais en prenant toujours compte de son niveau
de développement, le placer dans des situations proches de la vie réelle du groupe : il peut
utiliser les jeux dramatiques, les jeux à thèmes, les travaux manuels, ainsi des activités
diverses ; les rythmes des entrées et des sorties des enfants ; l’adaptation au groupe ne peut
présenter le seul critère d’évolution ; il faut évaluer la signification de cette adaptation ; au
sens inverse, la non-adaptation à un groupe ne peut signifier que l’enfant est incapable
d’évoluer ; Les activités des enfants sont naturellement des lieux privilégiées d’observation ;
on les voit en petit groupe et individuellement, on peut noter leur intérêt, leur stabilité, leur
habileté, leur crainte, leur évolution ; l’éducateur peut prendre l’initiative d’un entretien
individuel avec l’enfant, à propos d’un évènement quotidien, familial, un problème… par
cette intervention, l’éducateur peut répondre à la demande de l’enfant, soulager son
inquiétude, appréhender son vécu personnel.

2. L’éducateur observateur :
L’éducateur est un observateur-participant, il est profondément concerné, engagé dans une
relation professionnelle, par l’entraînement il acquiert une « conscience claire » de ce qui est
observé, de ce qui est éprouvé des réponses faites sans rien perdre de son allant ni de sa
spontanéité. Dans cet effet les éducateurs ont à rendre compte de la conduite de l’enfant en
situation de perspective dynamique. On peut donc parler d’observation directe et de
véritable expérimentation quand on peut noter les variations systématiques de certains
comportements sous l’influence des variations délibérées du style de conduite de
l’éducateur, il doit saisir l’émotion vécue qui se traduit par un comportement objectif
(gestes, mimiques, mots) et aussitôt répondre par la conduite psychopédagogique la plus
adéquate. Certes on ne peut observer tout en même temps, l’éducateur filtre ses
informations et ne retient que les éléments les plus signifiants en fonction de ce qu’il

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connait. Si l’observation continue constitue la technique la plus courante, l’éducateur ne
peut noter cependant par écrit que des séquences plus ou moins longues de comportements
individuels, interindividuels, et de groupe, en fin d’activité ou de journée, il peut prendre
entre temps quelques brèves notes qui lui serviront de points de repère ; l’observation
systématisée peut être employée de temps à autre pour des cas individuels difficilement
compréhensibles ou bien pour l’étude du groupe ; elle s’inspire des techniques
d’échantillonnage (ex : par échantillon de temps) de ch. Buhler et de Gesell ou du système
catégorial (ex : par catégorie d’âge) de Bales. Elle peut être extensive (enregistrer combien
de fois, dans telle activité ou tel laps de temps ) ou intensive (prendre le maximum de notes
sur tout ce qui se passe pendant un laps de temps très court, toujours à la même heure), les
questionnaires sociométriques permettent d’obtenir une radiographie des interrelations dans
le groupe à un moment donné ; ils se composent à la fois de questions d’ordre fonctionnel et
affectif établies en tenant compte des situations réelles ; à chaque question posée
demandant un choix, correspond la même question négative, exprimant un non choix ou un
rejet ; ces questionnaires doivent être présentés aux enfants avec beaucoup de précautions
dans un but pratique et suivi d’effet (par exemple, changements de places) cette technique
permet de préciser la popularité croissante ou bien le rejet mais elle doit être constamment
soumise à la critique et à la confrontation avec les autres techniques d’observation, mais en
vue d’une synthèse et pour apercevoir la dynamique du cas, les fiches d’observation sont
indispensables. Ces fiches n’ont pas besoin d’être quotidiennes ; la référence au moment de
remplir une fiche mensuelle à la précédente fiche fait ressortir les similitudes et les
différences du comportement sur un intervalle de temps ni trop court, ni trop long ;
l’éducateur va apprendre dans son travail quotidien à décrire l’enfant en situation sur un
mode « cinématographique », à noter les faits avec exactitude, à situer le moment, le cadre,
l’environnement, les déterminants, à éviter les jugements de valeur ; ce sont ces notations
qui vont l’aider au niveau du groupe, à communiquer avec ses collègues, à confronter les
observations, à les ajuster au niveau de la réunion de synthèse, à correspondre avec les
autres techniques d’observation : observation scolaire, examen psychologique,… si
l’observation aide à connaitre, à comprendre l’enfant, à l’aider, à communiquer, elle aide
aussi l’éducateur à intégrer ses connaissances théoriques.

3. L’observation dans l’examen psychologique :


L’examen psychologique en tant qu’observation, est une description aussi fidèle que possible
de la conduite d’un enfant invité par le psychologue à répondre à un certain nombre
d’épreuves standardisées pour la plupart. Elles se réfèrent à des normes génétiques puisse-
qu’ il s’agit d’étudier un sujet en développement ; elles explorent plusieurs domaines :
intelligence globale, aspects partiels (langage, aspects psychomoteurs, perceptivo-moteur,
etc..) dans la pratique quotidienne cette observation eu lieu au cours de l’application d’une
échelle de niveau d’intelligence globale comme celle de Binet-Simon ou celle de Wechsler
pour enfants ; elles classent le sujet par rapport à la population de son âge, dans ses aspects
cognitifs globaux au moyen de questions diverses ; on observe encore des difficultés à
reproduire, et à construire des modèles graphiques ou praxiques, à percevoir la succession
des signes, des sons, à discriminer des positions spatiales autour de soi et sur son propre
corps. Les psychologues emploient aussi des techniques projectives telles que le test de
Rorschach et le T.A.T. ils y étudient d’une part l’élaboration des qualités formelles, le style
perceptif, le langage utilisé, d’autre part, le type de conflit, les mécanismes défensifs, les
disponibilités affectives. L’entretien et l’observation directe du comportement représentent
l’occasion d’une observation de comportement dans une relation duelle (en double). Ainsi
l’analyse des réponses aux épreuves standardisées, l’interprétation des tests projectifs,
l’appréciation de la qualité de la relation pourraient permettre de comprendre la
signification des disharmonies observées et en particulier celle de certaines inhibitions
intellectuelles ; c’est ce que le psychologue essaie d’apporter comme conclusion dont le
commentaire comporte aussi une évaluation pronostique des difficultés d’apprentissage ;

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c’est dans une telle perspective que les psychologues ont travaillé pendant plusieurs années
pour trouver des réponses à ces difficultés de développent et d’évolution chez l’enfant ; à
quoi rattacher ces déficits, à une faiblesse fonctionnelle d’origine biologique, à une
insuffisance pulsionnelle, ou à un vécu traumatisant ; de son côté l’éducateur a droit de
critiquer le constat intellectuel de l’examen psychologique.

V. MÉTHODE D’OBSERVATION PSYCHOPÉDAGOGIQUE :


Dans l’observation psychopédagogique s’introduisent progressivement : des exercices de
travaux dirigés, les travaux manuels éducatifs, des travaux scientifiques expérimentaux, des
activités dirigées, des sorties, des visites, des exercices d’enquête ou d’étude de milieu.

Il s’agit essentiellement d’essayer de détecter et d’apprécier, d’après les activités de la


classe « les potentialités » de chaque élève, en vue du travail scolaire, de l’orientation et de
la réussite dans la vie. L’enseignant a besoin de connaitre les dominantes intellectuelles ou
caractérielles qui émergent aux milieux psychosociaux ou psychopédagogiques et qui peuvent
agir en bien ou en mal sur le travail scolaire. Il y a dans chaque élève en situation scolaire,
comme dans chaque individu en situation de travail ou en situation de loisir un certain
nombre de potentialités : « une vocation intellectuelle » est une prédisposition naturelle à
résoudre certains problèmes d’ordre intellectuel, et à utiliser telle ou telle faculté d’esprit ;
« facultés » ce sont certaines démarches de l’esprit dans le cheminement de la pensée
comme la compréhension, l’observation, la déduction, la mémoire, alors que « qualités
intellectuelles » ce sont les qualités qui caractérisent la mise en œuvre de ces facultés.
« l’intelligence générale » est la résulte de la mise en œuvre de toutes ces facultés ou
prédispositions, c’est-à-dire la prédisposition de l’esprit à résoudre des difficultés d’ordre
intellectuel, technique ou pratique ; « une forme d’intelligence prédominante » désigne la
prédisposition au succès dans certaines formes d’activités particulières ; par autre, on
distingue : une intelligence abstraite et mathématicienne, une intelligence observatrice et
scientifique, une intelligence technique théoricienne, une intelligence pratique manuelle et
mécanicienne, une intelligence verbale, littéraire et esthétique.
Par ailleurs « un trait caractériel » en général est une manière d’être du sujet, devant une
action intérieure ou extérieure à lui, qu’elle s’exprime soit d’un point de vue affectif, d’un
point de vue de l’activité, d’un point de vue moral.

L’enseignant observe donc toujours des complexes dans lesquels il peut isoler une aptitude,
ou un trait de caractère prédominant de l’élève, ce qui est très utile pour la conduite de la
classe et en vue de l’orientation, de savoir avec quelle intensité, quelle fréquence, et dans
quelles circonstances l’élève met en jeu telle aptitude ou manifeste tel trait de son
caractère.

1. L’observation active en classe :


L’observation active en classe présente essentiellement deux aspects complémentaires : celui
de l’observation sporadique et spontanée à propos d’un exercice scolaire proposé sans
arrière-pensée de recherche psychologique et celui de l’observation méthodique et
organisée qui se fait à propos d’un exercice proposé à des fins de recherche psychologique,
par considération que tous ces exercices sont des exercices scolaires dont le but est de faire
acquérir des connaissance ou de mettre en jeu des aptitudes.
L’observation sporadique enregistre toutes les remarques que peut faire le professeur au
cours d’une classe, au sujet d’un élève, d’un groupe ou de l’ensemble des élèves.
Ex : le professeur vient d’exposer un court, afin de savoir si la classe a bien profité de la
leçon, il demande à un élève de lui résumer ce qu’il venait de dire, l’élève s’acquitte bien de

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sa tâche, il n’oublie aucun détail, et essaye de classer les faits en ordre. Le professeur peut
en conclure que :

 L’élève a suivi le cours avec intérêt, qu’il est attentif ;


 Qu’il dispose d’une bonne mémoire à prédominance logique ;
 Qu’il sait bien dégager l’intérêt d’un récit ;
 Qu’il est méthodique.
Dans la même classe, le professeur continue sa leçon, demande le même exercice oral à un
autre élève, celui-ci semble n’avoir rien retenu et ne réussit même pas à ordonner ses idées,
cet échec peut s’expliquer comme suite :

 Manque d’attention et fatigue ;


 Mauvaise mémoire ;
 Timidité et émotivité.
Quelques semaines plus tard, le professeur applique le même exercice oral sur plusieurs
élèves, personne ne réussit, il applique l’exercice par écrit à toute ma classe, toujours pas de
bonnes résultats, il jette un coup d’œil sur les résultats précédents de la classe, la classe est
en baisse, peut être toute la classe est fatiguée, il faut faire un test psychomoteur pour tous
les élèves. On voit que l’on peut ici étudier les aptitudes et les mettre à l’observation, pour
dégager l’essentiel, faire une analyse méthodique, bonne compréhension, comparaison… si on
veut rechercher l’aptitude au raisonnement logique et à la comparaison, on reprend un
exercice en classe du même ordre, on note sur une fiche les noms des élèves que l’on veut
observer et au cours de l’exercice on note les réactions de ces élèves.

On parle d’une bonne intelligence générale quand l’élève est capable de bonnes réponses
fréquentes et qu’il réussit souvent des exercices difficiles, ou qu’il est capable de réponses
très brillantes dans un certain nombre de domaines particuliers ; cela pourrait correspondre à
Q.I. supérieur à 110.

On parle d’intelligence générale assez bonne quand l’élève est capable de manifestations
intellectuelles bonnes ou brillantes assez rares et qu’il pousse beaucoup moins à fond avec les
exercices de compréhension, de comparaison, de raisonnement, d’observation, etc. Il n’est
capable de résoudre vraiment que des problèmes de difficultés un peu plus que moyennes ;
cela pourrait correspondre à un Q.I. de 100 à 110.
On parle d’intelligence moyenne lorsque l’élève n’est jamais capable de rendements
intellectuels brillants et qu’il a besoin assez souvent d’être mis sur la voie ; cela pourrait
correspondre à un Q.I. de 90 à 100.
On parle d’intelligence tout à fait moyenne ou médiocre lorsque l’élève n’arrive pas à ces
rendements, mais sans multiplier les réponses absurdes ; cela pourrait correspondre à un Q.I.
de 70 à 90.

On parle d’intelligence déficiente lorsque l’élève n’est même pas capable d’arriver à ces
rendements ; ce qui correspond à un Q.I. inférieur à 70.

2. Les instruments du travail collectif :


 Le cahier d’observation organisée :
Il est destiné à recevoir la consignation des faits constatés au cours de la classe ou lors de la
correction des devoirs, et qui dénote la mise en œuvre des aptitudes ou la manifestation des
traits de caractère, du comportement ou des intérêts dont le bilan sera pour chaque
discipline, reporté sur la fiche d’observation individuelle. Ces observations sont exprimées sur
deux pages mensuelles ; dans chaque colonne le professeur note la manifestation de

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l’aptitude selon un code défini dans le premier conseil de classe, les plus commodes sont la
notation chiffrée de 1 à 5, [1] pour une manifestation faible, [5] pour une manifestation très
bonne, ou la notation par signe, [+] pour une aptitude nettement affirmée, [-] si la
manifestation n’a pas lieu, [=] lorsque la manifestation n’est pas nettement caractérisée.
Voici un modèle de cahier d’observation organisée si dessous :

no
no

no

no

no
Noms des
Aptitude
Aptitude

Aptitude

Aptitude

Aptitude

…………..
………….

………….

………….

………….
élèves
1
2

5
Mois de………………..
N1 + + - + - … … … … …
N2 + - + + - … … … … …
N3 + + - + - … … … … …
N4 - - + - + … … … … …
N5 + + + - + … … … … …
…. … … … … … … … … … …
…. … … … … … … … … … …
…. … … … … … … … … … …
 Le cahier d’observation spontanée :
Il est destiné à recevoir les observations que le professeur peut faire soit lors de la correction
d’une copie, soit en classe.

Voici un modèle de cahier d’observation spontanée si dessous :


Psychomotricit
Arts plastiques

Noms
Graphisme
Expression

Expression

des Observations sporadiques


élèves spontanées
écrite
orale

Mois de………………

N1 + + - + - Aime le sens pratique……………..


N2 + - + + - belle écriture…………………………..
N3 + + - + - vit un peu à part……………………..
N4 - - + - + Manque d’attention……………….
N5 + + + - + très vive et spontanée…………….
…. … … … … … ……………………………………………….
…. … … … … … ……………………………………………….
…. … … … … … ……………………………………………….

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 La fiche d’observation individuelle :
Elle est le compte tenu des renseignements que l’on veut voir figurer dans le dossier scolaire.

Modèle de fiche d’observation individuelle :

Nom: ……………

Classe : ………

Mathématiqu
Expression

plastiques
Observations
écriture

musical
lecture

chant
orale

Bilan
Arts
es

Intelligence ……… ……… ……… ………. ………. ………. ………. ……………………….


générale ……… ……… ……… ………. ………. ………. ………. ……………………….
Attention ……… ……… ……… ………. ………. ………. ………. ……………………….
Mémoire ……… ……… ……… ………. ………. ………. ………. ……………………….
générale ……… ……… ……… ………. ………. ………. ………. ……………………….
émotivité ……… ……… ……… ………. ………. ………. ………. ……………………….
initiative ……… ……… ……… ………. ………. ………. ………. ……………………….
esprit de ……… ……… ……… ………. ………. ………. ………. ……………………….
méthode ……… ……… ……… ………. ………. ………. ………. ……………………….
rythme de
travail

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VI. DÉMARCHE D'OBSERVATION SYSTÉMATIQUE :
1. Étapes préliminaires :
Définition du comportement (observable et mesurable) :
Pour bien cerner une difficulté, il est important d'objectiver notre jugement. Pour cela, la
première étape consiste à définir de façon opérationnelle le comportement, c'est-à-dire le
rendre observable et mesurable.
Jugement de valeur Définition opérationnelle
Paresseux Ne termine pas son travail
dans le temps donné
Agressif Donne des coups, pousse ses
camarades, crie des injures
Manque de motivation N’exécute pas le travail
demandé par l’enseignant
Bavardage Parle aux pairs
Activités motrices Tourne la tête, se berce, joue
avec son matériel, etc.

 Analyse du comportement (antécédents et conséquences) :


L'analyse du comportement est une étape importante de l'observation. Elle consiste à
reconnaître ce qui précède immédiatement un comportement, c'est-à-dire les antécédents, et
ce qui le suit, c'est-à-dire les conséquences.
Les antécédents prennent différentes formes et sont parfois difficiles à repérer. Il peut s'agir
du lieu où surgit le comportement, de la présence ou de l'absence d'encadrement dans une
classe, ou encore du ton de la voix utilisé par un enseignant pour se faire entendre. Un
antécédent ne provoque pas nécessairement le comportement et peut y être lié plus ou moins
directement selon le cas. Les conséquences ont souvent une influence sur la fréquence, la
durée et l'intensité d'un comportement. Ainsi, l'analyse s'intéresse à la fois au comportement
à modifier et à l'environnement dans lequel il prend place.

Exemple de grille d'analyse du comportement :

 Nom de l'élève : …………


 Date : ……………………
 Moment de la journée : récréation de l'après-midi
 Activité en cours : ballon prisonnier

Antécédents Comportements Conséquences


Un camarade a le Il pousse son L'élève lui
ballon. compagnon. donne le
ballon.
Un camarade tire Il pousse son Réprimande de
sur sa veste. compagnon. l'enseignante.
Il est touché par le Il pousse un compagnon. Réprimande de
ballon. l'enseignante.

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Voici quelques exemples de constantes qui pourraient être observées dans un tel cas :

 Les comportements agressifs se produisent surtout en fin de journée ;


 Ils font souvent suite à une situation d'échec au jeu ;
 Dans plusieurs cas, un adulte intervient et apporte ainsi de l'attention à l'enfant en
question.

2. Choix d'une méthode d'observation :


 Observation continue (par fréquence ou par durée) :
L'observation continue consiste à déterminer une période d'observation et à enregistrer toutes
les apparitions du comportement cible au cours de cette période. Différents aspects du
comportement peuvent être mesurés de cette façon :

- La fréquence, c'est-à-dire le nombre de fois que le comportement se produit


- La durée, c'est-à-dire le temps qu'il se maintient
- L'intensité, ou la force du comportement.

Exemple d’observation continue : grille de fréquence

Nom de l'élève : …………………

Date : ……………………………

Matière : français

Moment de la journée : matin, deuxième cours

Activité en cours : lecture

Comportement Fréquence Total


10 20 30 40 50 60
Agression 0
Dérangement
X X XX 4
des camarades
Bavardage X X 2
Bruits vocaux 0
Activités
XX XX XXXX XX XXX XXXX 17
motrices
déplacement X XX X XX X 7
10 20 30 40 50 60
(Nombre de minutes : 10 – 20 – 30 …)
Chaque fois qu'un comportement apparaît, l'enseignante met un [X] dans la case appropriée
et en fait le total à la fin. Une nouvelle grille peut être remplie pour chacune des heures de
classe. La comparaison de ces grilles lui indiquera, entre autres, quels comportements sont
les plus fréquents, et s'il existe des variations selon le type de cours ou le moment de la
journée.

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Exemple d’observation continue : grille de durée

Nom de l'élève : …………

Date : du …. au …. du mois

Matière : mathématique

Activité en cours : exercice individuel

Jour Nombre de minutes d’attention par période de 20


minutes
Lundi 12 minutes sur 20
Mardi 8 minutes sur 20
Mercredi 9 minutes sur 20
Jeudi 6 minutes sur 20
Vendredi 11 minutes sur 20
Total 46 minutes sur 100

Dans cet exemple, l'observation permet de connaître de façon précise le niveau d'attention de
l'élève. On pourra éventuellement constater plus facilement ses progrès à la suite de
l'intervention. La mesure de la durée est une méthode d'observation simple qui demande peu de
matériel. Elle a toutefois ses limites. En effet, elle ne peut être utilisée pour observer plusieurs
comportements simultanément et exige de l'observateur une attention soutenue.
 Observation par échantillon de temps :
L'observation par échantillon de temps se fait en divisant d'abord une période de temps en
plusieurs parties égales. Par exemple, un cours de cinquante minutes peut être divisé en
périodes de cinq minutes. À la fin de chacune de ces périodes, l'observateur note si le
comportement cible se manifeste à ce moment précis ;

Exemple d’observation par échantillon de temps : évaluation individuelle

Date : ……………………
Matière : ……………………

Moment de la journée : premier cours de l'après-midi


Activité en cours : travail individuel

Comportement observé : attention à la tâche

10 15 20 25 30 35
Noms 5min. Total
min. min. min. min. min. min.
N1 + + + + + - - 5/7
N2 + + + + + + + 7/7
N3 - + + + - - + 4/7
N4 + + + - - - - 3/7
N5 + + + + + + - 6/7
N6 + - - + - + - 3/7
N7 + - - - - + - 2/7

[+] est attentif à la tâche, [-] n’est pas attentif à la tâche.

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En plus de permettre l'évaluation de plusieurs enfants à la fois, ce type d'observation permet
de connaître le niveau d'attention des élèves cibles en comparaison avec celui des autres. Un
enseignant ou une enseignante peut aussi avoir envie de connaître l'intérêt que suscite un
type d'activité par rapport à un autre. L'observation par échantillon de temps lui permet
d'enregistrer le nombre d'élèves à la tâche à différents moments, et ce pour chacune des
activités qu'il désire tester.

 Observation par intervalle :


La première étape de l'observation par intervalle consiste à séparer le temps ; d'observation en
intervalles égaux, qui peuvent varier de cinq secondes à deux minutes. Plus la période choisie
est courte, plus la précision est grande. Une première période sert à l'observation et une
deuxième, à la cotation, et ainsi de suite en alternance. Il s'agit ensuite d'enregistrer
l'apparition ou l'absence du comportement au cours de l'intervalle.

 Auto-observation :
L'auto-observation est un moyen efficace de stimuler et de motiver l'enfant en lui faisant
prendre conscience de son comportement. Souvent, le simple fait de prendre en note son
comportement encourage l'enfant ou l'adolescent à s'améliorer ;

Dans l'exemple qui suit, un enfant de première année arrive en retard à l'école de façon
régulière. L'enseignant lui prépare une grille simple indiquant en abscisse les jours de la
semaine et en ordonnée, le matin et l'après-midi. L'enfant indique les jours où il arrive à
temps en faisant un X ou en coloriant le carreau approprié.

AM PM
Lundi X
Mardi X
Mercredi X
Jeudi X X
Vendredi X X
Total 7/10
Nom : Judith
Date : semaine du 12/01/
Comportement à observer : arriver à temps en classe

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VII. LE QUESTIONNAIRE :
On peut distinguer :
 Les questionnaires de contrôle de connaissances
 Les questionnaires d’enquête

1. Le format des questions :


 Les questions ouvertes :

Exemple : quelle est à votre avis la meilleure méthode d’apprentissage de la


lecture ?................................................................................

 Des questions à choix multiples simples :

Exemple : Quelle est la méthode d’apprentissage de la lecture que vous utilisez


actuellement dans votre classe ?
- La synthétique ;
- L’Analytique ;
- La gestuelle ;
- La fonctionnelle.
 Des questions à choix multiples complexes :
Exemple : quelle est (quelles sont) parmi les méthodes d’apprentissage de la lecture
suivantes, celle (s) que vous avez déjà utilisées au cours de votre carrière d’enseignant (e) ?
- La synthétique ;
- L’Analytique ;
- La gestuelle ;
- La fonctionnelle.

 Des listes d’Items à ranger :

Exemple: ranger les méthodes d’apprentissage de la lecture données ci-après en fonction, de


leur efficacité. Donnez le chiffre « 1 » à celle qui est la plus efficace, et le chiffre « 4 » à
celle qui est vous parait la moins efficace.

- La synthétique ;
- L’Analytique ;
- La gestuelle ;
- La fonctionnelle.

 Des échelles d’attitudes :

Exemple :

- Êtes-vous d’accord avec la méthode d’apprentissage que vous suggère votre


inspecteur ?

Tout à fait - Assez - peu - pas du tout

- Quelle est votre position par rapport à l’usage de la méthode gestuelle ?

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Très intéressante - pas intéressante

- Utilisez-vous un manuel de lecture pour vos élèves ?

Fréquemment - Souvent - Rarement - jamais

 Des questions semi-ouvertes :

Exemple : Pour quelles raisons n’utilisez-vous pas la méthode gestuelle ?

 Elle est trop complexe ;


 Il n’existe pas de bons manuels ;
 Je la trouve peu efficace ;
 Autre raison :……………

2. L’organisation générale d’un questionnaire :

 L’ordre des questions :


 Général vers particulier ;
 Regrouper selon le thème ;
 Même format ;
 Influence des questions les unes sur les autres ;

 L’aspect du questionnaire ;
 Lettre d’accompagnement ;
 Présenter, remercier, confidentialité, modalités ;
 Le « test » du questionnaire ;
 Présenter le questionnaire et le corriger ;

VIII. L’ENTRETIEN (INTERVIEW, ENTREVUE) :


L’entretien est une méthode de recueil d’informations qui consiste à une conversation suivie
avec une ou plusieurs personnes (entrevue), partie d’un examen consistant en l’interview
d’un candidat…afin d’obtenir des informations sur des faits, des représentations, dont on
analyse le degré de pertinence, de validité et de fiabilité déterminé en regard des objectifs
du recueil d’informations ; les questions peuvent être :
 Ouvertes ;
 Semi-ouvertes ;
 Fermées ;

1. Les types d’entretien :


 L’entretien dirigé (directif) : questionnaire oral, discours qui suit l’ordre des questions
posées, le chercheur se cantonne à lire ses questions et à cocher les cases.
 L’entretien semi-dirigé (semi- directif) : le chercheur dispose d’un certain nombre de
thèmes ou de questions guides, relativement ouvertes, le chercheur laisse venir
l’interview afin que celui-ci puisse parler ouvertement, dans les mots qu’il souhaite et
dans l’ordre qui lui convient.

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 L’entretien libre : Pas de cadre prédéfini, discours continu, qui se passe sur le mode de la
conversation « naturelle ». Souvent utilisé pour les récits de vie. Lorsque l’on veut retracer
des trajectoires de vie pour comprendre une position, ou une situation.

2. La préparation de l’interview :
• Préciser les questions générales et spécifiques de recherche ;
• Faire une première rédaction des questions ;
• Organiser la séquence des questions ;
• Adapter le processus de l’interview aux objectifs visés ;
• Préparer l’introduction et les conclusions ;
• Préparer le système de notation des réponses ;
• Tester le protocole de l’interview ;

3. La réalisation de l’interview :
Voilà quelques compétences de base :
• Écouter attentivement ;
• Adopter une attitude ouverte et empathique ;
• Paraphraser ;
• Résumer les contenus lorsque vous changez de thème ou à la fin d’une phase importante.

IX. L’ÉTUDE DE CAS :


L’étude de cas est une méthodologie qui est employée pour étudier quelque chose de
spécifique dans un phénomène complexe. Un cas peut être considéré comme un objet, un
événement ou une situation constituant une unité d’analyse. Hamel (1997) montre que
l’étude de cas consiste à rapporter un événement à son contexte et à le considérer sous cet
aspect pour voir comment il s’y manifeste et s’y développe.

1. Les avantages de l’Étude de cas :


• Flexibilité : Le format des études de cas permet à des chercheurs de commencer par de
larges questions puis de se focaliser, en fonction des premières observations sur des points
particuliers plutôt que de prévoir chaque résultat avant que l’expérience ne soit entreprise.
• Emphase sur le contexte : Les études de cas se spécialisent dans la mise en lumière de
données profondes ou des descriptions épaisses concernant un sujet ou un petit groupe de
sujets.

2. Les inconvénients de l’Étude de cas :


• Subjectivité Inhérente : L’approche se fonde sur l’interprétation personnelle des données
et des inférences. Les résultats peuvent ne pas être généralisables
• Investissement élevé : Les études de cas peuvent être hors de portée pour beaucoup de
projets de recherche à grande échelle.
• Considérations Morales : L’intégrité personnelle, la sensibilité et les préjudices possibles
pour les personnes dont on étudie les activités doivent être bien prises en compte.

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RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
1) Georges Amado et Jacqueline Roy : « l’observation des enfants difficiles », Edit :
Presses universitaires de France, Paris, 1970.
2) Lucien Lefèvre : « Méthode d’observation psycho-pédagogique », 3eme édit, Edit : ESF,
France, 1973.
3) Jacques Leplat : « De l’étude de cas à l’analyse de l’activité », PDF,
https://pistes.revues.org/3658 .
4) Joëlle Berrewaerts : « Méthodologie de l’observation », PDF, http://www.stes-
apes.med.ulg.ac.be/Documents_electroniques/MET/MET-DON/ELE%20MET-
DON%208166.pdf .
5) http://www.unipsed.net/ressource/observation/ .

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