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Économie politique internationale

L'Économie politique internationale (EPI) étudie « l’interaction réciproque et dynamique dans les relations internationales entre
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l’accumulation de la richesse et la poursuite de la puissance » . En général les spécialistes voient l’Économie politique internationale
comme une sous-discipline des relations internationales même si Susan Strange, au contraire, considérait les relations internationales
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comme une sous-discipline de l’Économie politique internationale.

L'EPI émerge dans les années 1970 avec la croissance du phénomène d'interdépendance des États alors que l'économie et la politique
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étaient restées des disciplines distinctes dans leur développement (à l'exception de la théorie marxiste)
.
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La discipline est traditionnellement décrite comme se déclinant en deux écoles principales, l'école Américaine et l'école Anglaise .
Actuellement, il est possible de distinguer quatre grands courants, dont les trois premiers, réaliste, libéral et marxiste sont qualifiés de
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« classiques » .

Sommaire
Les Écoles
L'école Américaine[3]
L'école Anglaise[3]
Les courants théoriques
Le réalisme
Le libéralisme
Le marxisme
La nouvelle économie politique internationale (NEPI)
L’école orthodoxe vue par la NEPI
La NEPI en elle-même : l’EPI hétérodoxe
Références
Bibliographie
Liens internes
Pour aller plus loin
Quelques revues significatives

Les Écoles

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L'école Américaine
Épistémologiquement, l'école Américaine est majoritairement positiviste et cherche à ce titre à produire des savoirs neutres,
ahistoriques et cumulables. Conséquemment, elle repose sur une méthodologie empiriste dans laquelle les approches quantitatives
sont dominantes. Ontologiquement, les auteurs associés à cette école sont statocentiques, i.e. que l'État demeure l'acteur principal de
leurs théories et analyses. C'est notamment le cas de lathéorie de la stabilité hégémoniqueet de la théorie des régimes internationaux.

L'école Américaine se caractérise historiquement par une emphase sur la composante "économie" de la discipline. En raison du
développement de l'économie aux États-Unis, l'école Américaine en EPI s'intéresse surtout aux questions d'équilibre partiel (par
opposition à l'équilibre général) et développe essentiellement des théories s’inscrivant dans l'approche des middle range theory et
problem–solving.

Les critiques de l'école Américaine soulignent son manque de pluralisme qui la rend aveugle à de nombreux questionnements
contemporains, son caractère auto-référentiel (i.e. centré sur les États-Unis et sur ses propres débats internes), sa trop grande emphase
sur l'économie au détriment du politique et finalement son manque de portée générale en raison d'un développement porté par les
questions d'équilibres partiels.

Les courants réaliste et libéral sont dominants dans cette école.

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L'école Anglaise
L'école Anglaise se caractérise par son pluralisme épistémologique, ontologique et méthodologique. Par ailleurs, elle est davantage
normative, interprétativiste et méthodologiquement moins empirique. Son ontologie pluraliste l’amène à considérer davantage
d'acteurs dans ses analyses tels les marchés, les individus, les autorités privées (L'ouvrage The Retreat of the State de Susan Strange
contient par exemple un chapitre sur les mafias), les mouvements sociaux et les structures.

Les travaux de l'école Anglaise s'intéressent à des objets plus variés que ceux de l'école Américaine et comprennent notamment la
globalisation et le développement international.

Les critiques de l'école Anglaise lui reproche son manque de cohérence et sa trop grande variété ontologique et méthodologique qui
rend difficile l'accumulation des connaissances etle développement de théorie.

Les courants théoriques

Le réalisme
Le courant réaliste est aussi nommé : mercantiliste ou nationaliste. Ce courant est très proche du courant réaliste classique en
relations internationales mais y inclus une perspective économique. Pour les auteurs de ce courant, l’État au niveau économique
cherche d’abord à renforcer sa puissance par rapport à ses concurrents. Pour eux, même si tous les participants sont gagnants dans
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l’échange international, un pays peut le refuser s’il estime qu’il sera moins favorisé qu’un de ses concurrents . En effet en acceptant
sa place relative va diminuer. En général, les membres du courant réaliste sont très sceptiques quant à la mondialisation et n’ont
qu’une estime relative envers les institutions internationales

Grands auteurs :Stephen Krasner, Alexander Hamilton, Friedrich List, Robert Gilpin

Le libéralisme
C’est aux États-Unis le courant le plus important. En 2005, 69 % des spécialistes américains de la spécialité se déclaraient de ce
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courant et 77 % étaient favorables au libre-échange . Pour eux, à la suite de John Locke et en opposition avec Thomas Hobbes qui
inspire les réalistes, l’absence de gouvernement n’implique pas l’état de guerre. Par ailleurs, à la suite de Grotius, ils estiment que les
relations internationales doivent être régies par des règles de droit. Au vingtième siècle, les idées de Woodrow Wilson, l’homme des
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quatorze points et de la Société des Nations, ont joué un rôle déterminant sur le libéralisme en relation internationale . Les libéraux
sont pluralistes et pour eux les relations internationales ne dépendent pas seulement des
États*; En effet, il faut aussi compter avec les
multinationales, les ONG, les Institutions internationales et l’opinion publique internationale. D'après les libéraux, un monde plus
interdépendant conduit à la formation d'une société internationale et est porteur de paix, de justice et de prospérité. En effet, pour les
libéraux, la coopération par les échanges est un jeu à somme positive.

Principaux auteurs : Adam Smith, Emmanuel Kant, David Ricardo, Woodrow Wilson, John Maynard Keynes, Robert Keohane.

Le marxisme
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Ce courant s’intéresse plus à l’étude des relations économique Nord-Sud qu’aux relations entre les grandes puissances . Par ailleurs,
il attribue aux rapports entre classes sociales une place importante puisque ce sont elles qui, selon les représentants de ce courant,
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déterminent les actions des États . Actuellement deux grands courants prédominent : la théorie de la dépendance axée sur les
rapports Nord-Sud et l’approche système-monde qu’Immanuel Wallerstein a développé à partir des travaux de Fernand Braudel.
L’idée générale est ici que le centre « exploite » plus ou moins la périphérie. Principaux auteurs : Robert Cox, Immanuel Wallerstein,
Marx, Lénine.

La nouvelle économie politique internationale (NEPI)


Elle est née en réaction avec ce qu’elle appelle l’école orthodoxe en relation internationale constituée, selon elle, de l’école
néoréaliste en relations internationales et de l’institutionnalisme néolibéral, certains parlent de « synthèse néo-néo ». Alors que ces
deux écoles ont en commun une approche basée sur une analyse empiriste tournée vers l'action et l'expertise utilisable par les
décideurs, l’école de la nouvelle économie politique internationale, se veut hétérodoxe et plus réflexive. Elle a été également créée
parce que ses fondateurs estimaient que la mondialisation rendait « nécessaire de revoir les façons de faire »} et appelait « à la
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construction de nouvelles approches afin de rendre lisible le monde » . Toutefois, il convient de noter que tant ce qu'ils appellent
l'école orthodoxe que le courant hétérodoxe qu'ils incarnent sont relativement hétérogène. Principaux auteurs : Susan Strange, Robert
Cox

L’école orthodoxe vue par la NEPI


L'école orthodoxe domine largement aux États-Unis. En 2005, les cinq spécialistes des relations internationales les plus importants,
selon un sondage fait auprès des professeurs américains en la matière, à savoir : Robert Keohane, Kenneth Waltz, Alexander Wendt,
Samuel Huntington et John Mearsheimer appartenaient à ce courant.

Les grands points communs aux orthodoxes :

Une volonté de créer des théories de l’économie politique internationale calquées sur celles des sciences
dures et notamment de l’économie orthodoxe. Cette recherche découlant, selon eux, d’un penchant de
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l’orthodoxie vers le rationalisme et le positivisme
Une volonté de développer desproblem–solving, c’est-à-dire à résoudre les problèmes qui se posent et une
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acceptation du monde tel qu’il est
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Importance accordée aux États

Le principal point de divergence entre orthodoxes tient au fait que, alors que les néo-réalistes comme Stephen
Krasner ou Robert Gilpin ne crient guère à la mondialisation et s'en méfient, les néo-libéraux institutionalistes
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comme Robert Keohane et Joseph Nye y sont favorables .

La NEPI en elle-même : l’EPI hétérodoxe


La nouvelle économie politique internationale ne croit pas à la possibilité d’établir une théorie de l’économie politique, et ne pense
pas que l’État soit l’acteur dominant. Par ailleurs ses membres adoptent une approche très fortement multidisciplinaire et s’intéressent
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en sus de la science politique et de l’économie, à la sociologie, à l’anthropologie, au droit, à la démographie et à l’histoire .
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Plusieurs points sont au centre de leur recherche

La finance mondiale
Les changements technologiques
L’internationalisation des firmes
L’émergence d’une diplomatie économique
l'intensification des communications internationales et des flux migratoires
Les changements de la géographie globale (changement de frontières, émergences de grandes villes, etc.)
Deux grands auteurs ont marqué la Nouvelle économie politique internationale, Susan Strange qui a adopté une approche réaliste non
centrée comme l’école réaliste orthodoxe sur les États mais sur l’ensemble des acteurs; et Robert Cox qui lui a opté pour une
approche néogramscienne, c’est-à-dire qui s’intéresse à la classe dominante et à la façon dont elle acquiert un pouvoir hégémonique.
Références
1. Traduction in Paquin, p. 6, citation originale in Gilpin 1975,p. 43
2. Paquin, p. 7
3. (en) Benjamin J. Cohen, International Political Economy: An Intellectual History
, Princeton, Princeton University
Press, 2008, 209 p.
4. Paquin, p. 15
5. Voir Kébabdjian, 1999, p. 34
6. Paquin, p. 47
7. Paquin, p.24
8. Paquin, p. 33
9. Paquin, p. 34
10. Paquin, p. 35-36
11. Citations extraites de Paquin,p. 55
12. Paquin, p. 46
13. Paquin, p. 46-47
14. Paquin, p. 44
15. Paquin, p. 55
16. Paquin, p. 56
17. Paquin, p. 55-56

Bibliographie
1
Stéphane Paquin, 2009, Économie politique internationale, Paris, Montchrestien.
2
Stéphane Paquin, 2008, La nouvelle économie politique internationale, Cursus.
3
Stéphane Paquin, 2013, Théories de l'économie politique internationale, Paris, Presses de Sciences Po.
Gérard Kébadjian, 1999,Les théories de l'économie politique internationale
, Points Seuil
Pierre Berthaud, Gérard Kébabdjian, 2006,La question politique en économie internationale, La Découverte

Liens internes
Économie politique
Constructivisme (relations internationales)
Liberalisme (relations internationales)

Pour aller plus loin

Quelques revues significatives


(en) International Organisation
(en) Review of International Political Economy(d’inspiration plutôt NPEI)
(en) New Political Economy
Alternatives internationales

1. (en-US) « Économie politique internationale» (http://www.stephanepaquin.com/sp_publications/economie-politique-i


nternationale/), sur Stéphane Paquin (consulté le 2 janvier 2019)
2. « La nouvelle économie politique internationale - Théorie et enjeux» (https://www.armand-colin.com/la-nouvelle-econ
omie-politique-internationale-theorie-et-enjeux-9782200351465) , sur Armand Colin, 2 janvier 2019 (consulté le
2 janvier 2019)
3. « Théories de l'économie politique internationale, Cultures scientifiques et hégémonie américaine» (http://www.press
esdesciencespo.fr/fr/livre/?GCOI=27246100048760) , sur www.pressesdesciencespo.fr(consulté le 2 janvier 2019)
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