Vous êtes sur la page 1sur 6

Le Larynx

C’est l’organe de la phonation, mais possédant également un rôle dans la déglutition, car il est
protecteur des voies respiratoires. Il provient du Pharynx primitif.

Remarque : Chez le nouveau-né, le larynx est très haut situé, quasiment en arrière du RP, car le
nouveau né doit pouvoir à la fois respirer par le nez et boire son lait.

Pathologie : L’Atrésie des choanes atteint le nouveau-né, ce qui bouche les choanes. Si cette atrésie
est bilatérale, le nouveau-né entre en détresse respiratoire puisqu’il ne peut pas respirer par la bouche.

I- Le squelette ostéo-cartilagineux, vue latérale droite


A. Les éléments squelettiques

Le Larynx est suspendu par l’os Hyoïde (Cet os n’en fait donc pas partie). A l’intérieur de cet os en
arc de cercle et le dépassant par le haut, est perceptible la partie supérieure de cartilage épiglottique.

Le Larynx sera ainsi composé de Quatre éléments ostéo-cartilagineux :

➢ Le cartilage Thyroïde, le corps du Larynx en fer à cheval, et formé :

- Des Grandes cornes (supérieure) et des Petites cornes (Inférieure).

- Du massif cartilagineux les reliant et présentant la crête oblique pour l’insertion de quelques
muscles, et l’incisure thyroïdienne supérieure, formant le relief de la pomme d’Adam plus
prononcé chez l’homme.

➢ Le cartilage Cricoïde, le cartilage basal :

- Il est articulé avec les cartilages Thyroïde (Peu mobile) et Aryténoïde (Articulation mobile du
Larynx).

- Son arc postérieur remonte plus haut que son arc antérieur (Forme de bague à chevalière), ainsi
son diamètre invariable déterminera le diamètre du Larynx.

➢ Le cartilage Aryténoïde, de forme triangulaire, support et responsable de la mobilité des plis


vocaux. Il possède plusieurs plusieurs caractéristiques anatomiques :

- Il est surplombé d’un cartilage corniculé à son apex.

- Une apophyse vocale, pointu vers l’avant, donnant l’insertion au ligament Vocal. C’est la partie
squelettique cartilagineuse du pli vocal.

- Une apophyse musculaire latéralement et en arrière, donnant insertion aux muscles Crico-
aryténoïdien latéral et Crico-aryténoïdien postérieur, ainsi qu’au faisceau supérieur du muscle
Thyro-aryténoïdien.

- La fossette Oblongue, pour le ligament Vestibulaire.

1
➢ Le cartilage Épiglottique, le clapet protecteur de la voie laryngée, il est en forme de feuille (La
portion large est criblée de trous, pour le passage de vaisseaux, sensibles aux métastases). Juste au
dessus de sa pétiole est défini le tubercule de Czermack, en arrière, il est parfois proéminent et gêne
les examens des cordes vocales.

B. Les éléments ligamentaires

La membrane Crico-trachéale correspond à la jonction entre le cartilage Cr et le premier anneau trachéal.

La membrane thyro-hyoïdienne relie l’os Hy au cartilage Th. Cette membrane présente deux
renforcements ligamentaires:

➢ Le ligament Thyro-hyoïdien médian en avant.

➢ Réunissant les grandes cornes de l’os Hy et du cartilage Th, le ligament Thyro-hyoïdien latéral, qui
peut parfois présenter en son sein un cartilage, le cartilage Tritissé.

Entre les Cartilages Th et Cr, il n’existe physiologiquement pas de membrane (Il peut exister un
ligament ou une membrane surnuméraire), mais on peut apercevoir la portion inférieure du squelette interne
du larynx, le cône élastique.

II- Vue interne du Larynx, le squelette fibro-élastique

Le squelette interne du Larynx correspond à deux éléments fibreux, et se caractérise par l’existence
de quelques ligaments essentiels :

A. Les ligaments (2 +1)

Le premier part de l’apex de l’apophyse vocal du cartilage Ary et rejoint la face antéro-interne du
cartilage Th, c’est le ligament Vocal, définissant le Pli vocal (Cordes vocales).

C’est la fossette Oblongue du cartilage Ary qui donne insertion au ligament Vestibulaire, ou Pli
vestibulaire ou Bande ventriculaire, ou encore fausse corde vocale. Il se termine au dessus du ligament
Vocal, à la face antéro-interne du cartilage Th.

Entre ces deux ligaments sera défini le Ventricule laryngée, dépourvu de squelette fibreux, d’une
utilité plus évidente chez le crapaud que chez l’être humain.

Le ligament Ary-épiglottique parti du cartilage épiglottique en regard de son apex afin de rejoindre
le cartilage corniculé, il accompagne le muscle du même nom, et son existence est discutable.

B. Les structures squelettiques (2)

Le cône vestibulaire dans la partie haute, c'est-à-dire en face de l’épiglotte et au dessus du pli vocal.
Il possède un bord libre ary-épiglottique, son bord inférieur est inséré sur le ligament Vestibulaire, naissant
de la fossette Oblongue et se terminant sur la face antéro-interne du cartilage Th.

Le cône élastique dans la partie basse, en dessous du pli vocal, tapisse la région infra-glottique.

2
III- Les éléments musculaires, vue interne
A. Mobilité du Larynx

Ce sont deux mouvements types :

➢ Le mouvement entier du larynx, cet organe est quasiment tout le temps en élévation/abaissement
(Respiration, déglutition), via l’action du muscle Stylo-pharyngien.

➢ Le mouvement des plis vocaux, dépendant de l’articulation Crico-aryténoïdienne (Mobilité active


de l’Ary, unique mobilité active du Larynx) avec deux mouvements principaux :

- L’abduction (Ecartement des plis vocaux, ouverture de la glotte, l’espace entre les deux plis
vocaux) et l’adduction, systématiquement de manière bilatérale physiologiquement. Ce
mouvement de translation latéral/médial est à l’origine de l’émission vocale, permise
respectivement par le muscle Crico-aryténoïdien postérieur et les muscles Inter-aryténoïdien et
Crico-aryténoïdien latéral.

- La tension du pli vocal, via un mouvement de bascule vers le bas et l’avant, permettant de
passer des aigus aux graves via une action du muscle Crico-thyroïdien.

B. Les éléments musculaires (7)

En dehors du ligament vocal, le muscle Vocal (Muscle Thyro-aryténoïdien inférieur) apparait.

Le muscle Crico-aryténoïdien postérieur est le seul muscle abducteur du pli vocal (Ouverture du
plan glottique), il se place en opposition du muscle Crico-aryténoïdien latéral, le seul muscle possédant une
insertion inférieure au plan glottique. Ces deux muscles naissent de l’apophyse musculaire de l’Ary.

Le muscle Crico-aryténoïdien latéral, ainsi que le muscle Inter-aryténoïdien, favoriseront la


fermeture de la glotte lors de leur contraction (Rapprochement des cordes vocales).

Le muscle Ary-épiglottique se développe au dessus et latéralement au ligament Ary-épiglottique.


Entre lui et son homologue controlatéral va pouvoir passer l’air. Cette fine bande musculaire possède pour
rôle de fermer le clapet épiglottique vers l’arrière, afin de fermer le larynx.

Le muscle Crico-thyroïdien est le seul muscle tenseur du pli vocal (Chant et cri). Il s’insère sur la
petite corne du Th (Faisceau postérieur) et sur le cône élastique (Faisceau vertical antérieur) avant de se
terminer sur le tubercule antérieur du Cr.

Le muscle Thyro-aryténoïdien correspond à une grande nappe musculaire située en dessous des
muscles Ary-épiglottiques, il permet de rapprocher les bandes ventriculaires et se divise en trois faisceaux :

➢ Le faisceau Thyro-membraneux, un grand faisceau moulé sur le cône vestibulaire.

➢ Le faisceau Thyro-aryténoïdien moyen, inséré au niveau de la fossette Oblongue en dehors du


ligament Vestibulaire.

➢ Le faisceau Thyro-aryténoïdien supérieur s’insérant sur l’apophyse musculaire du cartilage Ary.

Remarque : Tous ces muscles sont les muscles intrinsèques du Larynx, les muscles extrinsèques
seront les muscles infra-hyoïdiens permettant d’abaisser le Larynx, et les Supra-hyoïdiens pour le remonter.

3
IV- Trophicité du Larynx
A. Innervation (3)

Les trois branches nerveuses à destinée du Larynx sont des fibres véhiculées par le nerf Vague X :

➢ Le nerf Laryngé supérieur, accompagné de l’artère et la veine du même nom, perfore la membrane
Thyro-hyoïdienne afin de donner la sensibilité de tout le Larynx (Et d’une partie de l’HP).

➢ Avant de perforer cette membrane, il donnera son unique branche motrice, le nerf Laryngé externe,
destiné au muscle Crico-thyroïdien.

➢ Le nerf Laryngé inférieur (Récurrent) pénètre à l’intérieur de la petite corne du Cricoïde, et passe
en dessous du sphincter supérieur de l’œsophage. Il se place verticalement dans l’espace Para-
glottique, et donne les branches motrices pour tous les muscles intrinsèques du Larynx, hormis
pour le Crico-thyroïdien innervé par le Laryngé externe.

Remarque : Le nerf se détachant du nerf Vague X est le nerf Laryngé récurrent, donnant des
branches pour la trachée et l’œsophage (Dans sa partie descendante et dans sa crosse), c’est seulement la
branche terminale du Laryngé récurrent qui sera à destinée du Larynx et que l’on appellera nerf Laryngé
inférieur ou Récurrent.

Rappelons que le Laryngé récurrent effectue sa crosse sous l’artère Subclaviaire à droite et sous
l’Aorte à gauche.

B. Vascularisation (3)

L’artère Laryngée supérieure, branche de la Thyroïdienne supérieure, accompagne le nerf Laryngé


supérieur en perforant la membrane Thyro-hyoïdienne.

L’artère Crico-thyroïdienne sera également une branche de la Thyroïdienne supérieure, elle est
située en dessous du Sterno-thyroïdien et longe la corde oblique du cartilage Th.

L’artère Laryngée inférieure provient de l’artère Thyroïdienne inférieure, elle même naissant du
tronc Thyro-cervical de l’artère Subclaviaire.

Au niveau veineux, on retrouve des veines Laryngée supérieure et Crico-thyroïdienne, mais la


veine Laryngée inférieure n’est pas constante.
Le drainage veineux s’effectue également par toutes les veines d’amarrage du Pharynx.

C. Drainage lymphatique

Les plis vocaux (Muqueuse et ligaments vocaux) ne possèdent pas de drainage lymphatique, et un
cancer du pli vocal uniquement ne présente jamais de ganglions.

Les cancers supra-glottiques possèdent un mauvais pronostic, le drainage s’effectuant sur les nœuds
Jugulo-carotidiens IIa, III et IV et vers les groupes Spinaux V (Même drainage que pour le pharynx).

Les cancers infra-glottiques envahissent tous les nœuds Jugulo-carotidiens et Spinaux, mais
également les groupes Récurrentiels et pré-trachéaux VI, avec des extensions vers les ganglions
bronchiques et le thorax (Encore plus dangereux que les cancers supra-glottiques).

4
V- Configuration interne du larynx
A. Vue postérieure du Larynx

De cette vue est nettement visible le tubercule du Czermack, sur la partie postérieure de l’épiglotte.

Les cartilages Ary sont reliés par le ligament Inter-aryténoïdien, ou ligament en Y, il présente en son
centre un cartilage Inter-aryténoïdien.

Insérés sur la partie postérieure de l’arc cricoïdien, les muscles Crico-aryténoïdiens sont les seuls
muscles permettant d’écarter les cartilages Ary (Au niveau des processus vocaux), et ainsi laisser passer l’air
en ouvrant le plan des cordes vocales.

Le muscle Inter-aryténoïdien permet des rapprocher les cartilages Ary, et donc refermer le plan des
cordes vocales. Il présente deux faisceaux :

➢ Un faisceau direct, présentant des fibres horizontales.


➢ Un faisceau croisé, avec des fibres croisées.

B. Vue supérieure du Larynx

Sont perceptibles les muscles vocaux, les muscles Crico-aryténoïdiens postérieur et latéral, ainsi que
le muscle Thyro-aryténoïdien au sens large. En dedans du muscle Vocal, le ligament Vocal. Entre les
cartilages aryténoïdes est visible le muscle Inter-aryténoïdien.

1. La glotte

La glotte correspond à l’espace entre les deux plis vocaux, elle présente deux régions principales
possédant une importance fonctionnelle :

➢ La glotte phonatoire répond aux deux tiers antérieurs, où les cordes vocales vont pouvoir entrer en
contact l’une avec l’autre afin de moduler la voix.

➢ La glotte respiratoire, le tiers postérieur situé entre les apophyses vocales des cartilages Ary, elle
est systématiquement ouverte (Ou presque).

2. Les régions importantes autour de la glotte

Notons la commissure antérieure du Larynx, symbolisée par la jonction en avant des deux plis vocaux.

La commissure postérieure du Larynx sera marquée par la jonction entre les deux muscles Inter-
aryténoïdiens, en arrière du plan glottique.

L’espace para-glottique est une région graisseuse entre le Thyroïde et le muscle Thyro-aryténoïdien,
c’est dans cet espace que le nerf Récurrent fait naitre toutes ses branches pour les muscles endolaryngés.

La lamina propria ou espace de Reinke est un espace de glissement de la muqueuse de la corde


vocale sur le ligament vocal. Cet espace est essentiel pour l’émission vocale, notamment pour le timbre de la
voix. La moindre lésion de la muqueuse vocale entraine une dysphonie (Altération de la voix).

5
VI- Coupe sagittale

Entre la trachée et l’œsophage est retrouvé le muscle trachéo-œsophagien.

Les muscles Inter-aryténoïdien et Crico-aryténoïdien postérieur sont visibles respectivement au


dessus et derrière le Cricoïde.

Entre le cartilage épiglottique et l’os Hyoïde existe un ligament Hyo-épiglottique, il forme le relief
du pli glosso-épiglottique médial, séparant les valécules épiglottiques (Voire la langue).

On peut replacer la muqueuse de l’épiglotte continuée en avant par la muqueuse laryngée puis
trachéale. Sur la partie postérieure, la muqueuse épiglottique se dédouble et présente des tubercules
corniculés (Relief des cartilages corniculés) et cunéiforme (Cartilage à l’origine du ligament Ary-
épiglottique).

Entre corde vocale et pli vestibulaire est retrouvé le ventricule laryngé.

La loge Hyo-thyro-épiglottique HTE (Espace pré-épiglottique), est une loge graisseuse visible au
scanner, elle peut être sujette à un envahissement tumoral, et permettre une sortie d’un cancer laryngé. Si
cette loge est envahie, le traitement nécessite la plupart du temps une laryngectomie totale.

Elle est délimitée par le ligament Hyo-épiglottique en haut, la membrane Thyro-hyoïdienne et le


cartilage Thyroïde en avant, et par l’épiglotte en arrière.

Un cancer de la face laryngée de l’épiglotte envahit systématiquement cette loge HTE.

Remarque : A l’optique rigide, le larynx est vu dans le bon sens, alors qu’à la fibre souple, l’image
du larynx est renversée.

Quelques éléments supplémentaires … Sur les métastases cancéreuses de la corde vocale :

Un cancer de la corde vocale, bien que dépistable très rapidement avec le changement brutal du
timbre de la voix, et la facilité de traitement puisque ne présentant au départ pas de métastases
ganglionnaires, possède quatre possibilités d’extension bien plus graves :

➢ Vers le bas, la région sous-glottique et le cartilage Cricoïde, si ce cartilage est envahi, cette
métastase demande nécessairement une Laryngectomie totale.

➢ Vers l’avant, la région de la commissure antérieure, une zone de faiblesse permettant au cancer de
sortir beaucoup plus facilement du Larynx, notamment vers la loge HTE, ce qui demande une
Laryngectomie totale.

➢ Vers la région supra-glottique via le ventricule laryngée, avec possibilité d’extension vers la loge
HTE, et nécessitant alors une Laryngectomie totale.

➢ Vers l’espace para-glottique, où le cancer peut atteindre le nerf Récurrent et donc paralyser au
moins la moitié du Larynx, et peut demander une Laryngectomie totale.