Vous êtes sur la page 1sur 12

Université des Frères Mentouri – Constantine 1

Faculté des Sciences de l’Ingénieur


Département d’Electrotechnique

Master Electrotechnique
1ère Année

ELECTRONIQUE DE PUISSANCE
CONVERTISSEURS A THYRISTORS
COMMUTATION ET COMMUTATION FORCEE
Notes de cours
2016/2017

Pr LATRECHE Mohamed El Hadi


Notions Introductives à l’électronique des convertisseurs statiques

Pourquoi la conversion de l’énergie électrique ?


L’énergie électrique peut être disponible sous différentes formes :
 Continue à valeur fixe ou variable
 Alternatif
- Amplitude fixe ou variable
- Fréquence fixe ou variable
Un circuit électrique consiste à raccorder une charge, exigeant une alimentation sous une forme déterminée, à une source qui lui
fournit de l’énergie. Il arrive que l’énergie délivrée par la source ne présente pas la forme adéquate exigée par la charge. A titre
d’exemple nous pouvons citer :

 Une machine à courant continu à alimenter à partir du réseau public alternatif ;


 Une machine asynchrone fonctionnant à vitesse variable et demandant une alimentation sous une tension à
amplitude et à fréquence variable.
Il convient alors de raccorder un circuit interface entre la source et la charge et dont le rôle est de rendre compatible l’échange
d’énergie entre ces deux éléments (figure 1).Le convertisseur statique est un montage qui assure ce rôle d’interface

Convertisseur
statique

Source Charge

Fig 1 : montage type d’un convertisseur statique

Familles de convertisseurs :
La figure 2 ci-dessous dresse l’inventaire des formes possibles que peut prendre l’énergie électrique, et les familles de
convertisseurs qui permettent le passage entre ces différentes formes.

HACHEURS
Continue – Tension Continue – Tension
variable
fixe
REDRESSEU
ONDULEU

RS
S

Alternatif – Fréquence Alternatif – Fréquence


fixe CYCLO variable
CONVERTISSEUR
S

Fig 2 : Types de conversions et familles de convertisseurs


La figure 2 ci-dessus n’est donnée qu’à titre illustratif. Elle ne montre pas de manière explicite toutes les transformations
possibles pour l’énergie électrique, et une approche plus systémique permettrait de faire une synthèse plus complète.

L’objet de l’électronique de puissance est la conception, le dimensionnement et l’étude du fonctionnement de ces montages
convertisseurs statiques.

Quelle est la structure type d’un convertisseur statique et comment fonctionne-t-il ?


Un convertisseur statique est un montage composé d’un ensemble branches comportant des interrupteurs
fonctionnant en commutation fermé/ouvert, et permettant d’aiguiller le courant entre les différentes branches et
assurant ainsi, par un cycle pertinent de commutation des interrupteurs, la mise en forme de l’énergie conformément
aux besoins de la charge

K1 voie 1
I K1 et K2 sont les interrupteurs qui permettent d’aiguiller, selon
le besoin, le courant I de la voie 1 vers la voie 2 et
réciproquement.
K2 voie 2

Ainsi, l’interrupteur apparaît comme l’élément essentiel du montage convertisseur, et il convient d’en étudier les principes de
fonctionnement et les possibilités technologiques offertes pour sa mise en œuvre.

Interrupteur idéal
Un interrupteur est un composant électrique/électronique qui doit servir à établir et interrompre le courant dans un circuit
électrique.
Il a deux états de fonctionnement :

 Fermé (il laisse passer le courant)


 Ouvert (il interrompt le passage du courant)
Il ne doit pas consommer de puissance, ni à l’état passant ni à l’état ouvert ; ainsi il doit se rapprocher le plus possible des points
de fonctionnement de la caractéristique statique I(V) :
 Passant : il se comporte en court circuit parfait i = I Vak = 0
 Ouvert : il se comporte en circuit ouvert parfait i = 0 Vak = v
Ainsi, on vérifie à tout moment que la puissance consommée par l’interrupteur est nulle :
P = Vak x I = 0
A K i
(anode) (cathode)
i

VAK
VAK

(On adoptera toujours la


convention récepteur)
Le point de fonctionnement est toujours sur l’axe I (état passant – axe des
courts circuits - VAK=0), ou l’axe V (état bloqué - axe des circuits ouverts
– I=0)

Sur la figure ci-dessus on voit que l’interrupteur peut être mono ou bidirectionnel en courant et/ou en tension. Ainsi, il peut
occuper 02, O3 ou 04 branches de la caractéristique statique.
Commandabilité de l’interrupteur :
L’aspect commande, ou l’aptitude de l’interrupteur à accepter la commande de fermeture (amorçage) ou d’ouverture (blocage)
est important pour la conception des circuits convertisseurs statiques.

Composants électroniques utilisés en tant qu’interrupteurs :


Les composants électroniques ont des fonctionnements qui peuvent permettre leur utilisation en tant qu’interrupteurs statiques.
Nous donnons ci-après quelques caractéristiques des principales familles de composants électroniques en faisant ressortir les
caractéristiques qui leurs donnent les aptitudes au fonctionnement en commutation (fermé/ouvert), et donc de les utiliser en tant
qu’interrupteur.

1- LA DIODE
C’est un composant semi-conducteur composé d’une jonction PN et présentant une caractéristique statique telle que
représenté sur la figure 5.

VRM
A K I
P N A K VS V

VAK
Jonction physique
Représentation schématique
Caractéristique statique
Réelle
Idéalisée

Fig. 5 : La Diode – Constitution, représentation et caractéristique statique

Polarisée en inverse (VAK<0), la diode reste bloquée jusqu’à la tension VRM (tension inverse maximale) qui correspond à la
rupture de la jonction et donc à l’avalanche électronique (destructrice).
En direct, et dès que la tension dépasse la tension de seuil (VS) la diode devient conductrice.
VS est voisine de 0,6 V pour les diodes au silicium et 1,2 V pour les diodes au germanium. Ces tensions sont très faibles devant
les niveaux de tension mises en jeu dans les circuits électriques de puissance, et nous pouvons considérer VS voisine de la
valeur 0 (zéro). Si bien que la caractéristique statique de la diode peut être assimilée à la caractéristique idéalisée représentée
sur la figure 5 et montrant une caractéristique unidirectionnelle en courant et en tension et suivant parfaitement les axes
saturé/bloqué.
Conditions d’amorçage et de blocage :
La diode n’est commandable ni à l’amorçage ni au blocage. Elle commute dans les conditions suivantes :
 Amorçage spontané si la tension devient positive (réellement si V>VS)
 Blocage spontané si I=0 (annulation du courant=

2- LE THYRISTOR

C’est un composant électronique portant quatre (04) couches semi conductrices PNPN, dont la couche N intermédiaire joue le
rôle de « gâchette » servant à l’amorçage ou la mise en conduction du composant.

Polarisé en inverse (VAK < 0), le thyristor reste bloqué jusqu’à la tension VRM (tension d’avalanche électrique). Quand il est
polarisé en direct (VAK > 0), le thyristor reste également bloqué jusqu’à la tension VDM (tension d’avalanche électrique).
Toutefois, si le thyristor est polarisé en direct (VAK > 0), et qu’il reçoit une impulsion de courant, suffisamment forte, sur sa
gâchette ( IG > Im , Im est le courant de maintien donné par les constructeurs sur le catalogue du composant), le thyristor
s’amorce et on observe un renversement de caractéristique comme le montre la figure 6.

Conditions d’amorçage et de blocage :


Le thyristor est commandé à l’amorçage (fermeture) par le courant de gâchette IG. Il s’amorce lorsqu’on réunit les deux
conditions :

 VAK > 0
 IG > I m
Il n’est pas commandable au blocage (ouverture) qui est réalisé quand le courant principal d’anode I s’annule (I = 0).
De plus, après son blocage, le thyristor demande l’application d’une tension VAK négative pendant un temps tinv suffisamment
long (tq spécifié par les constructeurs dans les catalogues) :
VAK < 0 pendant tinv > tq
tq est voisin de la µs (entre 1 et 5 µs pour les thyristors de moyenne puissance).
Cette contrainte (obligation de le maintenir sous tension inverse pendant au moins quelques µs, à chaque blocage) limite
l’utilisation du thyristor dans le domaine des hautes fréquences.
I

A K
P N P N

VRM V
G
G VDM
A I K

VAK

Fig. 6 : Le thyristor – Constitution, représentation et caractéristique statique

Remarque : Les tensions VDM et VRM sont les tensions maximales que peut supporter le thyristor et qui peuvent
provoquer sa destruction.

3- LE TRANSISTOR

Il existe plusieurs familles de transistors qui peuvent toutes être utilisées en commutation dans le domaine de la
puissance : Bipolaire, MOS, CMOS, MOSFET, IGBT, …
Nous nous contentons de donner un aperçu sur l’utilisation du transistor bipolaire en commutation dans les
montages convertisseurs statiques de l’électronique de puissance.
Le transistor bipolaire est constitué d’une double jonction NPN ou PNP. Il présente 03 broches : la Base, le
Collecteur et l’Emetteur.
La base sert à commander la fermeture (amorçage) par l’application d’une tension v B>0 , et l’ouverture (blocage) par
l’application d’une tension vB<0. Le circuit de la base est un circuit de commande qui ne participe pas au circuit
d’écoulement de la puissance qui s’effectue entre la Collecteur et l’Emetteur.
Donc le Transistor est un interrupteur commandable à l’amorçage et au blocage par le contrôle du circuit de la Base.

IC P

N P N

VCE

P N P

Fig. 7 : Le transistor – Constitution, représentation et caractéristique statique


On observe que la caractéristique statique du transistor se « suit pas les axes saturé/bloqué ». le point de
fonctionnement peut se trouver à l’intérieur de la caractéristique IC(VCE).
Cette zone est dangereuse pour le composant qui doit travailler en commutation car à l’intérieur de la caractéristique
nous ne vérifions pas la condition ( P = V.I = 0 ) que nous avons donné pour l’interrupteur idéal ;
En effet, au point P par exemple, le courant IC n’est pas nul, de même que la tension VCE . Si bien que la puissance
P = IC . VCE
peut atteindre des valeurs très importantes que le transistor ne peut dissiper, et qui est donc dangereuse pour le
composant.

Il convient donc, pour une utilisation rationnelle et sûre du transistor en tant qu’interrupteur, de lui rajouter des
Circuits d’Aide à La Commutation (CALC) qui obligent le point de fonctionnement à suivre les axes sature/bloqué

En conclusion, nous montrons, dans le tableau ci-dessous, les trois familles de composants que nous venons d’examiner, avec
leurs caractéristiques statiques idéalisée, et en rappelant les principales caractéristiques quant à leur utilisation en tant
qu’interrupteurs statiques.

Composant Caractéristique statique idéalisée Conditions d’amorçage et de blocage

Non commandable, ni à l’amorçage ni au blocage.

Diode
Amorçage : si VAK > 0

Blocage : si I=0

Commandable à l’amorçage mais non au blocage.

Amorçage : si VAK>0 et IG>Im

Blocage : si I=0

Thyristor

Prévoir, après le blocage

VAK<0 pendant tinv>tq

NB : limité en fréquence
Commandable à l’amrçage et au blocage par la tension
entre la base et l’émetteur (vBE).

NB : Attention, ce composant a une caractéristique qui


Transistor
peut l’exposer à des échauffement dangereux si le point de
fonctionnement ne suit pas les axes.

Nécessite des circuits CALC.

Conclusion sur le choix des interrupteurs


De cette présentation, nous pouvons tirer les conclusions suivantes :
La diode est un interrupteur non commandable et son utilisation est possible lorsque les conditions de fonctionnement le
permettent (roue libre, montage en tête bêche avec des interrupteurs unidirectionnels, …).
Le choix entre le Thyristor et le Transistor doit être tranché lorsqu’il s’agit de décider de l’utilisation d’un interrupteur
commandable. Les éléments qui guident ce choix peuvent être :

 Du point de vue des échauffements :


- La plus grande robustesse du thyristor du fait que sa caractéristique statique suit naturellement les axes
I et V. De ce fait, le produit I*V ,qui représente la puissance consommé par ce composant, est toujours
très faible et limite les échauffements que peut connaître ce composant.
- A l’inverse, le point de fonctionnement du transistor peut se situer à l’intérieur du 1 er quadrant de la
caractéristique I(V) et provoquer des échauffements excessifs et destructeurs dpour le composant.

 Du point de la fréquence de fonctionnement :


- L’obligation de l’application de la tension négative sur le thyristor après son blocage limite son utilisation
dans le domaine des hautes fréquences.
On aura ainsi tendance à utiliser le thyristor comme interrupteur principal pour les fonctionnements à fréquence modérées
(gamme de 0 à 400 Hz environ), et véhiculant des puissances importantes, tandis que le transistor de puissance est utilisé dans
les domaines des puissances plus faibles et pour des gammes de fréquences plus importantes.

Quelles implications le choix de l’interrupteur a-t-il sur l’organisation de l’étude ?


L’organisation de l’étude des convertisseurs statiques est conditionnée par le choix des interrupteurs et on distingue les
montages à thyristors des montages à transistors.
Si on utilise le thyristor comme interrupteur principal, il convient d’organiser l’étude autour de ses problèmes de commutation,
notamment la commutation de son blocage qui n’est pas commandable.
Le transistor quant à lui, et du fait qu’il est commandable à l’amorçage et au blocage, demande une étude devant aboutir à lui
garantir un fonctionnement en saturé/bloqué sans sortir des axes de la caractéristique statique I(V). C’est lerôle dévolu aux
circuits CALCs (Circuits d’Aide à La Commutation)
Elaboration de la structure d’un convertisseur statique

La structure type d’un convertisseur statique est celle dite « structure en pont », telle que représenté sur la fig. 8.

K1
K2

Source Source K4
K3
d’entré de sortie

Fig 8 : structure en pont du convertisseur statique

On privilégie les termes de « source d’entrée » et « source de sortie » aux termes « source » et « charge » parce que l’échange
d’énergie peut être réversible et les rôles des sources placées en entrée et en sortie peuvent s’inverser. Si la source est une
batterie d’accumulateurs et la charge une machine à courant continu par exemple, les rôles de la source et de la charge peuvent
s’inverser pendant les séquences de freinage par récupération.
La nature des interrupteurs K1, K2, K3 et K4 est déterminée à partir de l’analyse du cahier des charges dévolu au montage.

Définition de la nature des sources :


v
i

i
v

Source de tension :
Une source de tension est une branche de circuit électrique qui impose une tension constante quelle que
soit la valeur du courant qui la traverse.

i
i

v
v

Source de courant:
Une source de courant est une branche de circuit électrique maintient un courant constant quelle que soit
la valeur de la ddp à ses bornes

Dans le cas de l’étude des commutations en Electronique de Puissance, et étant donné les temps très court pendant lesquels se
déroulent les commutations (généralement de l’ordre de la µs), on généralisera ces définitions aux cas où les grandeurs v
et/ou i ne varient pas brutalement, de sorte que ces grandeurs peuvent être considérées constantes pendant la commutation.
On adoptera ainsi les nouvelles définitions :
On appellera source de tension, toute branche de circuit où la tension est une grandeur continue.
On appellera source de courant, toute branche de circuit où le courant est une grandeur continue.

Et considérant que les inductances imposent une inertie pour le courant, et que les capacités imposent une inertie pour la
tension, on dira que :
Toute branche de circuit, qui contient une inductance en série, est une source de courant
Toute branche de circuit, qui contient une capacité en parallèle, est une source de tension

Ainsi, l’ajout d’une inductance (de valeur suffisante), en série à une portion de circuit, lui confère une nature de source de
courant, et réciproquement l’ajout d’une capacité (de valeur suffisante), en parallèle à une portion de circuit, lui confère la nature
de source de tension.

Réversibilité des sources


On dira qu’une source est réversible si elle accepte l’inversion du sens de transfert de l’énergie, i.e si elle peut jouer les deux
rôles de générateur et de récepteur.

Rappel de quelques règles


02 règles d’or dans les circuits électriques:
- Ne jamais mettre encourt circuit une source de tension
- Ne jamais ouvrir le circuit d’une source de courant
Appliquées au domaine de la connexion entre les sources, ces deux règles impliquent cette nouvelle formulation :

Il ne faut jamais connecter, directement entre elles, deux sources de même nature

E1 E2 J1 J2
Montages convertisseurs possibles :
En application de ce qui précède, nous pouvons déduire les familles de convertisseur qui peuvent réaliser les connexions
possibles suivantes :
Connexions directes :
Tension – Courant
Courant – Tension
Connexion Indirect
Tension – Courant - Tension
Courant – Tension - Courant

Détermination des interrupteurs Ki du convertisseur


Pour illustrer la méthode, nous allons prendre un exemple de cahier des charges.
Soit à réaliser un montage convertisseur qui permet l’alimentation d’une machine à courant continu à partir d’une batterie
d’accumulateur sans prévoir aucune réversibilité.

Solution :
1- Caractérisation des sources :
- Source d’entrée : Batterie d’accumulateur assimilée à une source de tension continue
- Source de sortie : machine à courant continu, assimilée à une source de courant continu du fait de
l’importante inductance du circuit d’induit

2- Détermination des séquences de fonctionnement possibles


Il y a deux séquences de fonctionnement possibles dans le cadre de ce cahier des charges :

- La batterie alimente le moteur


Interrupteurs (K1 , K4) fermés et (K2 , K3 ) ouverts
- Batterie et moteur sont déconnectés
Attention la source de courant (moteur) doit continuer a être dans une maille fermée
( K1, K2 ) ouverts et ( K3 , K4 ) fermés
Ainsi, les points de fonctionnements, pour ces deux séquences, occupent les points suivants sur la caractéristique
statique :
séquence Interrupteur I V
K1 Ich 0
K2 0 E
1
K3 0 E
K4 Ich 0
K1 0 E
K2 0 E
2
K3 - Ich 0
K4 Ich 0
K1 Thyristor ou K2
transistor Circuit ouvert

K3 Diode inversée
K4
Court Circuit

On en déduit les montages synthétisés :

Commande
Commande de base
de gâchette
ou

Qui correspondent aux schémas du montage hacheur à thyristor ou à transistor.

Vous aimerez peut-être aussi