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Direction des Ressoursses Humaines

ONE Direction de la Distribution

FORMATION DE CONTROLEURS DE
CHANTIER DE GENIE CIVIL.

Module animé par Mr RAKHIF DDI/GC-BAT


SOMMAIRE

GENERALITES
CHAPITRE I NOTIONS DE GENIE CIVIL
Définition
Domaines d’application
Conception d’un projet
Construction de l’ouvrage

CHAPITRE II LA CONSTRUCTION
Définition
Permis de construire
Constructeurs
Eléments d’une construction
Les charges appliquées à un bâtiment
Fondations
Niveau de la nappe phréatique
Structure
Bâtiments à plusieurs niveaux
Façades et toits
Cloisons intérieures
Contrôle de l’environnement
Systèmes de communication et d’énergie
Circulation verticale
Alimentation en eau et élimination des déchets

CHAPITRE III NOTIONS SUR LE BETON


Introduction
Définition
Composition du béton
Ciment
Granulats
Sable
Eau de gâchage
Adjuvants

Préparation du béton
Malaxage
Coulage
Vibration
Durcissement
Décoffrage

Facteurs d’étude et propriétés essentielles des bétons


Dimension des granulats
Ouvrabilité

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Résistance du béton
Résistance en compression
Résistance en traction
Influence de la qualité de ciment
Influence de dosage en ciment et du dosage en eau C/E

Essais du béton

CHAPITRE IV NOTIONS SUR LE BETON ARME


CHAPITRE V PRODUITS PREFABRIQUES EN BETON
CHAPITRE VI MATERIAUX DE CONSTRUCTION,
Granulats
Briques
Ciment
Verre
Profilés
CHAPITRE VII LES DIFFERENTS INTERVENANTS DANS UN PROJET DE GENIE
CIVIL ET LE DEROULEMENT DU PROJET
CHAPITRE IX LES POTEAUX EN BETON ARME
CHAPITRE X LES MASSIFS DE SUPPORTS ELECTRIQUES
CHAPITRE XI LA MISE EN OEUVRE DES POTEAUX EN BETON ARME

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GENERALITES
CHAPITRE I
GENIE CIVIL
1.1 Définition

Génie civil, domaine d’activité dont le but est la construction d’ouvrages d’art au bénéfice de la
collectivité. Il concerne la création, l’amélioration, et la protection des structures et des constructions
utiles pour l’environnement de la collectivité : équipements pour l’habitat, l’industrie et les transports.

1.2 Domaines d’application

Le génie civil comprend tous les stades de la conception à la réalisation d’ouvrages d’art, tels que les
bâtiments destinés à être employés comme habitations, usines, entrepôts, aéroports, les ponts, les routes,
les systèmes d’adduction d’eau, les équipements d’irrigation d’envergure, les installations portuaires, les
docks, les aqueducs, les viaducs, les tunnels, les barrages, les écluses, les canaux artificiels, les quais,
les digues, les jetées, les réservoirs, les terrassements et les chaussées. La mise en œuvre d’une
construction se déroule en trois étapes : la conception assortie d’une étude de rentabilité, l’élaboration
du projet (plans, études, etc.), enfin, l’exécution proprement dite des travaux. Lorsque les dimensions de
l’ouvrage sont très importantes, ces trois étapes sont disjointes. Dans tous les cas, elles sont étroitement
liées entre elles.
L’ingénieur civil doit avoir une connaissance approfondie de tous les types de relevés topographiques,
des propriétés et de la mécanique des matériaux de construction, de la mécanique des structures et des
sols, de l’hydraulique et de la mécanique des fluides. Parmi les branches englobées par le génie civil, on
peut citer la construction bien sûr, l’irrigation, le transport, la technique des fondations et des sols, la
géodésie et l’hydraulique.

1.3 Conception d’un projet

Etudes préalables
On étudie les données concernant le lieu d’implantation choisi (caractéristiques du terrain, voies d’accès,
climat, impératifs architecturaux, etc.), l’impact de la construction sur l’environnement, les données
sociales, comme la psychologie des futurs occupants, des données administratives et légales (lois, normes,
règlements administratifs et techniques). Cet ensemble d’informations doit aboutir à la formulation d’un
projet original, dans le respect de tous les impératifs auxquels la construction doit être soumise :
fonctionnalité et aspect esthétique de l’ouvrage, budget, durée de vie de la construction.

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Travail d’équipe
Les ingénieurs civils n’appartiennent pas spécifiquement à un corps d’état particulier. Pour la
conception d’ouvrages d’art, ils ne sont pas nécessairement seuls : souvent, ils collaborent avec les
architectes, plus attachés aux préoccupations esthétiques que les ingénieurs. On constate une tendance
générale à attribuer davantage de libertés à l’ingénieur, mais depuis les insuffisances et les échecs d’un
point de vue formel que cette attitude a développés, on revient de nouveau à des formes de
collaborations intégrées. Par ailleurs, des ingénieurs de spécialités diverses (génie mécanique, génie
électrique, etc.) peuvent être appelés à travailler ensemble sur un même projet de génie civil.
Bureaux d’étude
Les entreprises disposant de bureaux d’études intégrés performants sont avantagées sur le marché de la
construction. Les bureaux d’étude réalisent des plans afin de définir la construction avec une totale
précision et des notes de calcul (permettant d’apprécier la solidité et la stabilité de la construction, le
respect des règlements, des normes et ses spécifications). Le projet définit rigoureusement les
dimensions de chaque partie, ainsi que les matériaux utilisés et leur résistance aux différentes
sollicitations (intempéries, chaleur, etc.).

I.4 Construction de l’ouvrage

a) Sollicitations
La construction doit présenter des caractéristiques de solidité correspondant aux sollicitations
auxquelles elle pourra être soumise lors de son exploitation. Les Directives communes relatives au
calcul des constructions définissent des normes, telles que le poids des éléments porteurs (poutres,
poteaux et planchers), celui des éléments non porteurs nécessaires pour répondre aux fonctions de
l’ouvrage (cloisons, revêtements, conduits, menuiseries, garde-corps, glissières, etc.), les données
maxima ou minima auxquelles la structure doit être assujettie en relation à l’environnement et aux
conditions climatiques (pressions éventuelles exercées par l’eau, la terre, le vent, la neige, mais aussi
influence de la température ou risques de tremblements de terre).
Il est préférable que les contraintes d’utilisation soient conçues de telle manière qu’un changement des
conditions d’utilisation n’entraîne pas de dépenses exagérées, ce qui implique de préserver une certaine
marge dans les calculs. On tient également compte des accidents et des risques potentiels (protection
d’un réacteur nucléaire, des piles d’un pont, etc.). Les structures provisoires nécessaires à l’édification
de l’ouvrage sont elles-mêmes soumises à un règlement (transport des matériaux de construction et des
modules, voies d’accès pour le chantier, structures portantes provisoires, baraquements de chantier,
etc.).
Des normes précises régissent également les conditions de circulation, les ouvertures et fermetures, et tous
types d’isolation. Il est nécessaire de considérer les différentes causes de détériorations auxquelles la
construction pourra être soumise (fonctionnelle, d’usure, naturelle ou artificielle, telles que salissures,
corrosion, pollution atmosphérique, rayonnements, différences de température, fluage et retrait du béton),
de manière à garantir la durée de vie prévue.

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b) Matériaux de construction
Les ingénieurs doivent prévoir toutes les déformations que pourraient subir les ouvrages, et le terrain sur
lequel ils sont édifiés. Il existe une gamme étendue de matériaux de construction. Les matériaux
employés doivent présenter une certaine élasticité, sinon ils se brisent, se fissurent, ou encore se
déforment ; dans certains cas, ils doivent également résister à des sollicitations répétitives, comme le
vent ou la houle.
Au sein de structures en béton, des déformations à long terme peuvent survenir ; elles sont dues au
retrait (contraction du matériau provoquée par l’évaporation de l’eau présente dans la pâte de ciment) et
au fluage (déformation due à la pression à laquelle la structure est soumise). Déjà Freycinet avait
observé ces phénomènes et, pour y remédier, notamment lors de la construction de ponts, il préconisait
de laisser un vide à la clef de chaque voûte, qui serait rempli une fois le retrait réalisé, c’est-à-dire
environ un an après la fin des travaux

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CHAPITRE II
LA CONSTRUCTION

II 1 Définition

Construction, action de construire et, par extension, la structure que l'on édifie. Aujourd'hui, l'ensemble
des techniques propres à la construction a tendance à s'écarter de plus en plus de la fabrication artisanale
à pied d'œuvre pour se concentrer vers l'assemblage, sur le chantier, de composants de plus en plus
grands, intégrés et fabriqués en usine.
La construction contemporaine se caractérise aussi par une plus grande coordination dimensionnelle :
les structures et leurs composants sont conçus et fabriqués comme des multiples d'un élément standard,
ce qui réduit considérablement la découpe et l'ajustage à pied d'œuvre.
Depuis une trentaine d'années, on assiste également à la production de grands complexes structurels
comme les villes nouvelles, les centres commerciaux, les zones industrielles et artisanales, les
technopoles ou les grands ensembles d'habitation.

II 2 Permis de construire

Toute construction à usage d'habitation ou non, même ne comportant pas de fondations, est soumise à
autorisation préalable administrative, le permis de construire.,
Il est délivré par la commune sur la base d’un plan d’aménagement et d’un certain nombre de
dispositions architecturales à respecter.

II 3 Constructeurs
Dans les opérations de construction, le maître d'ouvrage est la personne morale ou physique qui
dispose du terrain, qui décide de réaliser les travaux et qui fixe le programme de réalisation.
Il est également chargé de réunir le financement, de choisir et de payer les professionnels responsables
de la réalisation, et de signer les marchés de travaux.
Le maître d'ouvrage confie l'établissement du projet de construction et le contrôle de l'exécution au
maître d'œuvre (le plus souvent un bureau d'étude comprenant des architectes et/ou des géomètres-
experts et/ou des ingénieurs-conseils).
Ce dernier s'assure que le programme de construction est bien réalisable et conçoit le projet en
respectant les règles de l'art, la réglementation et le coût fixé par le maître d'ouvrage. Il introduit les
demandes
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d'autorisation administrative, prépare le dossier de consultation des entreprises, participe à la mise au
point du marché, surveille le chantier et assiste le maître d'ouvrage pour la réception des travaux.
Dans la construction, on distingue :

♦ Le gros œuvre qui désigne les fondations, la structure et parfois l'enveloppe du bâti ou encore
tout ce qui concerne la maçonnerie.

♦ Le second œuvre comprend les cloisons, les revêtements intérieurs, les équipements
thermiques et sanitaires, les installations électriques, les huisseries et les peintures réalisées
par des métiers formant corps d'état.

II 4 Eléments d'une construction

Les principaux éléments d'une construction comprennent :


 Les fondations, qui permettent à la construction de reposer sur le sol tout en la supportant et en
assurant sa stabilité ;
 La structure ou ossature, qui assure la stabilité aérienne de l'ouvrage, supporte toutes les charges
appliquées et transmet aux fondations les sollicitations dues au poids de l'édifice, aux charges
d'occupation et aux contraintes exercées par le vent, la neige, les secousses sismiques, etc. ;
 Les murs porteurs qui peuvent être intégrés à la structure, ainsi que les poteaux, les poutres et
les planchers qui définissent l'ossature ;
 Les cloisons intérieures ou murs de refend, qui peuvent être parfois intégrés à la structure ;
 Les systèmes de contrôle d'ambiance : le chauffage, la ventilation, le conditionnement d'air,
l'éclairage et l'isolation acoustique ;
 Les systèmes de circulation verticale : ascenseurs, escaliers mécaniques, escaliers et cages ;
 Les dessertes, qui peuvent comporter des sous-systèmes tels que les communications internes,
la sonorisation, ou encore les réseaux de câblage téléphonique et informatique ;
 Les réseaux d'alimentation en énergie et en eau, ainsi que l'évacuation des déchets ;
 L’enveloppe, constituée de la façade, des pignons et de la toiture, qui sépare l'intérieur de
l'extérieur de la construction et qui la protège des sollicitations diverses : pluie, vent, chaleur,
froid, bruit, lumière solaire, etc. Elle joue un rôle fondamental dans les économies d'énergie.

II 5 Les charges appliquées à un bâtiment


Elles sont classées en charges “statiques” et “dynamiques”.
Les charges statiques comprennent le poids du bâtiment lui-même, ainsi que tous les éléments
principaux de l'immeuble.

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Les charges statiques agissent en permanence vers le bas et s'additionnent en partant du haut du
bâtiment vers le bas.
Les charges dynamiques peuvent être la pression du vent ou le poids de la neige, les forces sismiques,
les vibrations provoquées par les machines, les meubles, les marchandises ou l'équipement stockés, les
occupants et les forces engendrées par les variations thermiques.
Les charges dynamiques sont temporaires et peuvent produire des contraintes locales, vibratoires ou de
choc.
En général, le plan d'un bâtiment doit tenir compte de l'ensemble des charges statiques et dynamiques
afin d'éviter le tassement ou l'effondrement de la construction, ainsi que pour pallier toute déformation
permanente, tout mouvement excessif, toute gêne pour les occupants ou toute rupture en un point
quelconque.

II 6 Fondations
Le plan de la structure d'un bâtiment dépend étroitement des caractéristiques géologiques du sol sur
lequel il repose. Il est également lié aux éventuelles modifications d'un de ces facteurs par l'homme.
Nature du sol
Si un bâtiment doit être construit en zone à risque sismique, le sol doit être sondé jusqu'à une
profondeur importante.
Certains sols comme les alluvions ou les argiles peuvent se liquéfier lorsqu'ils sont soumis aux ondes de
choc d'un tremblement de terre. Il faut alors éviter de construire à cet endroit ou, à défaut, établir des
fondations profondes qui s'ancrent dans la roche sous-jacente.
Les sols argileux peuvent gonfler ou se tasser selon qu'ils sont en phase humide ou en phase sèche.
L'amplitude du mouvement vertical de ces sols peut atteindre quelques décimètres et la pression exercée
sur les fondations peut provoquer des fissures, voire des ruptures.
Les sols à forte teneur organique, comme les tourbes, peuvent, au cours du temps, se tasser sous la
charge d'un bâtiment pour ne plus représenter qu'une fraction de leur volume initial, provoquant de fait
l'affaissement de la structure. D'autres sols, de faible cohésion, ont tendance à se dérober sous la charge.
Qu'ils aient été remblayés, recomposés, asséchés ou arrosés, bref perturbés de quelque manière que ce
soit, les sols peuvent se comporter différemment une fois la construction achevée.
Parfois, le sol situé sous un projet de construction varie tellement d'un endroit à l'autre qu'il risque de se
tasser différemment, si bien que le bâti en subira les conséquences. Il est donc nécessaire d'analyser le
sol et le sous-sol afin de déterminer la faisabilité de la construction d'un point de vue technique et
économique en faisant appel aux géotechniciens.
Ainsi, dans le cas d'un substrat solide à faible profondeur, les fondations pourront être plus concentrées.
En revanche, lorsque des roches ou des sols deviennent de moins en moins résistants au fur et à mesure
qu'on s'éloigne de la surface, les fondations devront être plus étendues, de manière à répartir plus
uniformément la pression due au poids de la construction.

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II 7 Types de fondations

Les types les plus courants de fondations sont classés suivant leur degré de profondeur.
 Les fondations superficielles descendent au plus à trois mètres sous le socle de la
construction, tels que les radiers et les treillis,
 Les fondations profondes s'étendent à plus de trois mètres de profondeur sous le bâtiment,
comme les pieux et les caissons.

La fondation choisie dépend de la résistance de la roche ou du sol, du poids de la structure et du


niveau de la nappe phréatique.

La fondation la plus économique et la plus ancienne est la fondation distributrice en béton armé, qui est
utilisée dans des zones où les conditions géologiques ne présentent aucune difficulté particulière. Elle
est constituée de plates-formes placées sous chaque poteau de la structure ou bien d'une dalle continue
placée sous les murs porteurs.
Les fondations en radier sont employées lorsque les charges du bâtiment sont si importantes et la
résistance du sol si faible que des plates-formes individuelles couvriraient plus de la moitié de la surface
de construction.
Un radier est une dalle en béton, armée fortement avec de l'acier, qui supporte les charges unitaires des
poteaux et des murs. Ainsi la charge transmise par unité de surface au sol sous-jacent reste faible et se
répartit sur toute la surface.
Dans le cas de grands radiers supportant de lourdes structures, les charges sont distribuées de manière
encore plus uniforme, grâce à des fondations supplémentaires et des murs de refend, qui renforcent le
radier.
Les pieux sont principalement utilisés dans les zones où l'état du sol proche de la surface est peu
résistant. Ils sont faits de bois, de béton ou d'acier et sont placés par groupes.
Les pieux sont enfoncés jusqu'à une certaine profondeur, jusqu'à ce que la résistance du sol soit
insuffisante (cette profondeur est déterminée grâce à la géotechnique). Chaque groupe de pieux est alors
recouvert d'une chape de béton armé. Un pieu peut transmettre la charge soit par le poinçonnement de
son extrémité inférieure, soit par son frottement le long de la paroi latérale.
Le nombre de pieux est déterminé par la charge de la structure, ainsi que par la capacité moyenne que
peut prendre en charge chaque pieu du groupe. Le pieu en bois, un simple tronc d'arbre équarri, était
employé autrefois pour de grandes constructions telles que les ponts. On lui a substitué au XIXe siècle
le pieu en béton, plus long, mécaniquement et chimiquement plus résistant.
Dans le cas de bâtiments particulièrement lourds ou hauts, on emploie des pieux en acier, appelés
pieux H en raison de leur forme. Ils sont enfoncés jusqu'à la roche, souvent à des profondeurs pouvant
atteindre 30 m. Bien qu'ils soient plus chers, leur coût est généralement justifié compte tenu de
l'investissement financier important.
On emploie les fondations sur puits foncé lorsque le sol d'assise se trouve sous des couches de faible

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résistance tels que le remblai ou la tourbe. Le puits foncé est une colonne en béton, coulée dans des fûts
cylindriques placés à l'emplacement des poteaux de la structure.

II 8 Niveau de la nappe phréatique


La pose des fondations se complique lorsqu'elle doit s'asseoir dans la nappe phréatique, car les parois de
l'excavation peuvent être minées par l'eau et s'effondrer. Afin de réduire ce risque, on peut édifier un
rideau de palplanches, enfoncées jusqu'au refus, correspondant au périmètre de l'excavation.
On peut également installer un cuvelage, puis pomper l'eau de manière à faire baisser le niveau de la
nappe afin de consolider ou de retenir les parois de l'excavation et éviter ainsi tout effondrement.

II 9 Structure
Les éléments de base d'une structure ordinaire sont les planchers et le toit (y compris les poutres, les
poteaux et les murs (éléments verticaux), et les membrures (éléments diagonaux) qui sont les liens
rigides utilisés pour assurer la stabilité.

II 10 Bâtiments de plusieurs niveaux


Les bâtiments de faible hauteur peuvent présenter une très grande variété de formes architecturales :
parallélépipèdes, voûtes, dômes, paraboles, etc.
Comme exemples de tels bâtiments, on peut citer les stades, les théâtres, les édifices religieux ou encore
les aérogares.
La structure d'un bâtiment simple d'un seul niveau comprend une dalle en béton armé, directement
posée à même le sol, des murs extérieurs en maçonnerie portés par cette dalle (ou par un radier coulé de
façon continue sur tout le périmètre de la construction) et, enfin, un toit.
Dans le cas de bâtiments bas, on utilise couramment des poteaux intérieurs placés entre les murs
porteurs en maçonnerie. Mais on peut également employer des poteaux espacés, supportés par la dalle
ou par des radiers isolés. Les murs extérieurs sont alors supportés par les poteaux ou suspendus entre
ces poteaux. Si la portée du toit est faible, des poutres en bois, en acier ou encore en béton suffiront à
former l'ossature de la couverture.
À chaque matériau de construction correspond un certain rapport masse-résistance, un coût et une
durabilité.
En règle générale, plus la portée du toit est grande, plus la structure supportant le toit sera complexe, et
plus la gamme de matériaux utilisables sera réduite.
En fonction de la portée, le toit peut comporter des poutres de charpente unidimensionnelle ou
bidimensionnelle (les poutrelles sont alors supportées par des poutres plus grandes qui enjambent la
plus

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grande dimension).
Des treillis peuvent également servir de substituts dans les deux méthodes. Les treillis, qui peuvent
avoir une épaisseur variant de 30 cm à plus de 9 m, sont formés par assemblage des éléments en traction
et en compression, selon des modèles triangulaires variés. Ils sont en général construits en bois ou en
acier, voire en béton armé.
La structure d'un bâtiment ordinaire d'un seul niveau peut également consister en un mur et une
charpente fixés ensemble, ou fabriqués d'un seul tenant.
Les formes de construction sont quasiment infinies et comprennent par exemple celle du portique, à
côtés verticaux, celle d'une parabole ou d'un dôme.
La structure portante, les murs extérieurs, le plancher et le toit peuvent aussi être fabriqués d'un seul
tenant, formant alors un parallélépipède dont les côtés sont ouverts ou fermés. Ces formes peuvent être
moulées en plastique renforcé.

II 11 Façades et toits
Le mur d'enceinte, qui représente le type de mur non porteur le plus courant, peut être assemblé sur le
site même ou hors site. Il se compose d'une enveloppe extérieure isolant de l'humidité et du bruit, et
d'une enveloppe intérieure qui peut faire partie du mur d'enceinte ou être fixée séparément. L'enveloppe
extérieure peut être en métal (acier inoxydable, aluminium, bronze), en maçonnerie (béton, brique,
carrelage) ou en verre. On utilise également pour les façades des panneaux en pierre calcaire, en marbre,
en granit ou en béton moulé.
La méthode traditionnelle de couverture consiste à étendre et à coller, sur une chape de béton ou d'acier
coiffant la charpente, des rouleaux de feutre bitumineux qu'on recouvre de gravier. On peut également y
coller des tissus synthétiques, permettant par exemple de réaliser à peu de frais des terrains de jeux sur
le toit plat des bâtiments.

II 12 Cloisons intérieures
Les cloisonnements intérieurs utilisent des murs en parpaings de béton, en plaques de plâtre, en
panneaux de bois lamellé-collé ou aggloméré, ou en feuilles de tôle recouvertes de lattes puis plâtrées.
On utilise aussi de plus en plus souvent des plaques de plâtre et des panneaux en carton.
Pour apporter plus de souplesse dans la construction de bâtiments, on utilise fréquemment des cloisons
mobiles ou facilement démontables, qui sont en métal ou en composants préfabriqués à base de plâtre.
Elles s'apparentent en général à des rideaux coulissants en accordéon, mais peuvent également être
formées de rideaux plombés coulissants horizontalement ou verticalement, si le bruit constitue un
problème.
L'emploi de matériaux légers signifie en effet une augmentation du bruit transmis. Néanmoins, la
tendance actuelle est aux cloisons plus légères et à l'utilisation de matériaux isolants. Dans de nombreux

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bâtiments, les seuls murs à être encore construits en maçonnerie sont les cloisons pare-feu, qui
entourent les cages d'ascenseurs, les escaliers et les couloirs principaux.

II 13 Contrôle de l'environnement
Dans de nombreux pays, le chauffage, la climatisation, la ventilation, l'éclairage et le contrôle du niveau
sonore ont été améliorés ces dernières années grâce notamment à l'informatisation des données en temps
réel.
Certaines parties d'un bâtiment sont refroidies, même en hiver, selon la distance qui les sépare des murs
extérieurs, la chaleur générée par l'éclairage, les équipements électriques et l'occupation humaine. En
raison de l'augmentation du niveau et de la qualité de l'éclairage, le coût des systèmes mécaniques et
électriques installés dans les bâtiments a augmenté plus rapidement que les autres coûts unitaires de
construction, et représente environ le quart, voire le tiers des dépenses totales de la construction.

II 14 Systèmes de communication et d'énergie


La consommation d'énergie, les télécommunications, les communications internes ou encore les
systèmes de sécurité et d'alarme ont multiplié les installations de câbles. On fait passer ces derniers dans
des gaines verticales et dans des fourreaux situés dans les faux plafonds ou le faux plancher.
Pour éviter les pannes d'alimentation, des générateurs de secours sont installés dans la plupart des
bâtiments à usage collectif. Lorsqu'on utilise des générateurs à diesel ou à turbines à gaz, la chaleur
produite par ces machines peut alors être récupérée pour d'autres applications.

II 15 Circulation verticale
Les ascenseurs à grande vitesse, contrôlés automatiquement et tractés par câbles, représentent la
principale forme de circulation verticale dans les bâtiments supérieurs à trois étages. Les bâtiments de
taille plus réduite et les étages inférieurs des bâtiments commerciaux sont parfois équipés d'escaliers
mécaniques.
Pour la protection contre l'incendie, il est nécessaire de prévoir au moins deux sorties de secours dans
chaque pièce principale d'un bâtiment. De fait, tout bâtiment doit comporter deux escaliers clos et
protégés sur toute leur hauteur.

II 16 Alimentation en eau et élimination des déchets


Les bâtiments doivent disposer d'une alimentation en eau potable.
L'évacuation des déchets liquides et solides est obtenue grâce à de nombreux dispositifs : tout-à-l'égout,
incinérateurs, déchiqueteurs ou encore compacteurs d'ordures ménagères.

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CHAPITRE III
NOTIONS SUR LE BETON

III 1 Introduction

“ Quelles que soient les dispositions prises, les meilleurs possibles, pour satisfaire aux conditions définies
et à ce que l’on appelle les “règles de l’art ” , le résultat atteint sera cependant surtout dépendant de
l’action de quelques hommes humbles et obscurs, ceux qui confectionnent le béton et ceux qui le mettent
en place.
C’est là le danger du béton et l’on peut se demander si les praticiens y sont en général assez attentifs, si
leur attention n’en est pas distraite par la confiance qui confère une connaissance pseudo-scientifique du
béton, par l’importance routinière attribuée aux calculs ainsi que par le souci prédominant de la rapidité
d’exécution. C’est pourquoi j’ai, dans diverses interventions personnelles, insisté sur la nécessité d’une
qualification suffisante du personnel de contrôle et de surveillance.
Il est bien vrai, malheureusement, que lorsqu’on utilise du béton sans contrôle et sans surveillance, on
court quelques dangers ; en effet après s’être livré à une étude de dosage et de composition granulaire
dans laquelle on aura d’autant plus confiance qu’elle aura été plus compliquée à établir, on n’en remet,
pour l’exécution, à quelques travailleurs (humbles et obscurs ) encore trop souvent ignorants en la
matière. Mais ces hommes, s’ils n’ont pas la qualification suffisante, ne manquent pas pour autant de
conscience professionnelle encore faudrait-il qu’ils soient instruits, par ceux qui prétendent les diriger, de
ce qu’il convient de faire ou de ne pas faire lorsqu’on fabrique et utilise du béton et c’est là, en vérité, que
se situe le vrai problème.
En effet, on ne saurait contester la science, l’érudition, les connaissances et les compétences des
spécialistes qui, au plus haut niveau, examinent, discutent, proposent et réglementent en matière de béton,
forts dans la plupart part des cas, de leur expérience professionnelle et toujours nourris de la formidable
floraison de notes, articles, documents, publications et ouvrages ..... ”
Le Professeur Campus spécialiste en béton ....

III 2 Définition
Le béton est un matériau de construction reconstituant artificiellement la roche, composé de granulats,
de sable, de ciment, d’eau et éventuellement d’adjuvants pour en modifier les propriétés.
C’est le matériau de construction le plus utilisé au monde, que ce soit en bâtiment ou en travaux publics.

III 3 Composition du béton


Le dosage des différents constituants du béton dépend du type de matériau recherché, déterminé par ses
utilisations.
En effet, ses propriétés physiques et mécaniques dépendent de sa composition et de facteurs extérieurs,
tels que la température. Ses composants sont le ciment, le sable, les granulats, l’eau et les adjuvants.

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III 3 1 Ciment

a) Définition du ciment
Le ciment est un matériau qui se présente sous forme de poudre très fine, qui durcit au contact de l’eau
et est ainsi utilisé comme liant.
Le ciment est également appelé liant hydraulique. Cette capacité de prise est recherchée en construction,
par exemple pour préparer les bétons.

En 1817, l’ingénieur français LOUIS VICAT, suivi, au début des années 1820, par TREUSSART, ainsi
que par PAVIN DE LAFARGE, découvrit et définit les formules des ciments actuels, préparés alors dans
des fours verticaux. Les fours rotatifs firent leur apparition vers 1880 et sont toujours utilisés et dans
lesquels on fabrique ce qu’on appelle aujourd’hui les ciments artificiels Portland .

Constituants du ciment :

• Clinker : ( Argile + Calcaire ) à haute température.

• Laitier : Résidu minéral de la préparation de la fonte dans les hauts fourneaux (Résistance
mécanique ).
• Cendres : Provenant des Centrales Thermiques.

• Pouzzolanes : Produits naturels d’origine volcanique, composés essentiellement de silice


d’alumine et d’oxyde ferrique (prise et durcissement par hydratation ).

• Fillers : Produits obtenus par broyage fin ou par pulvérisation de roches ( Calcaire, basalte,
Laitiers, Bentonite, Cendres volantes ) naturelles ou non, agissant par leurs propriétés
physiques sur certaines qualités du ciment ( diminution de perméabilité et de capillarité,
réduction de la fissurabilité.

b) Ciments artificiels Portland


b1) Préparation
Les ciments artificiels Portland sont actuellement les ciments les plus utilisés dans le monde. Ils sont
produits à partir de matériaux calcaires et argileux, et de laitier de hauts-fourneaux, résidu de la
fabrication de l’acier et de la fonte.
Ces matières premières sont mélangées et broyées, puis cuites dans un four rotatif, long tube de 150 m
et de 3,50 m de diamètre, légèrement incliné par rapport à l’horizontale. Le mélange broyé est introduit
dans la partie supérieure et est chauffé lors de sa descente dans le four par gravité. Cette opération dure
environ six heures.
La température des matériaux atteint environ 1 450?°C dans la partie inférieure, équipée de brûleurs à
mazout ou à gaz. Le mélange entre alors en fusion et forme un granulé appelé clinker, qui est la base
constitutive du ciment. Le clinker, terme anglais signifiant “scorie”, se forme à la suite d’une réaction
chimique : l’argile, qui est un silicate d’alumine, se désagrège sous l’effet de la chaleur et s’associe avec
la chaux contenue dans le calcaire pour former des silicates et des aluminates de chaux, qui constituent
le

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clinker. À la sortie du four, le clinker est rapidement refroidi puis broyé très finement dans des tambours
rotatifs contenant des boulets. Le produit est ensuite mélangé avec les adjuvants éventuels, puis soufflé
jusqu’aux silos de stockage ou jusqu’au poste d’ensachage. Le ciment est généralement conditionné en
sacs de 50 kg.
b2) Durcissement
La qualité du ciment est constamment contrôlée en laboratoire. Des essais de résistance sont effectués
sur des éprouvettes en mortier fabriquées avec le ciment. On immerge ces éprouvettes dans l’eau durant
28 jours, puis on mesure leur résistance à la compression et à la traction.
Les composés actifs du ciment sont des silicates tricalciques (3CaO,SiO2), dicalciques (2CaO,SiO2), et
des aluminates tricalciques (3CaO,Al2O3). Instables, ces éléments changent de structure en présence
d’eau.
Le durcissement initial, la prise, est dû à l’hydratation du silicate tricalcique, qui produit un gel de silice
hydratée et d’hydroxyde de calcium. Ces substances cristallisent en un enchevêtrement de paillettes qui
emprisonnent les particules de sable et de gravier présentes dans le béton ou le mortier. Cette réaction
est exothermique : elle libère de la chaleur. Les autres éléments du ciment s’hydratent de façon
semblable, mais cristallisent beaucoup plus lentement et contribuent au durcissement lent et progressif
de la pâte pendant des années.
La température ambiante joue un rôle important dans la prise du ciment. Par temps de gel, la chaleur
dégagée lors du début de prise du ciment peut ne pas suffire pour empêcher l’eau incorporée dans le
béton ou le mortier de geler. On parle alors de fausse prise. Le béton donne l’apparence d’une prise
correcte, car la surface est dure. Mais l’hydratation des éléments du ciment n’a pas eu lieu, et le béton ne
possède alors aucune résistance.

c) Ciments spéciaux
Il existe d’autres importantes variétés de ciments aux caractéristiques spécifiques, en dehors des ciments
Portland. On obtient ces ciments spéciaux en modifiant la proportion des matières premières, ou en
ajoutant d’autres matériaux. Ainsi, on emploie des ciments réfractaires pour lier des pièces soumises à
des températures élevées, comme les briques réfractaires de cheminées.
Le ciment hydraulique, parfois mélangé à de la fumée de silice, est utilisé en travaux maritimes, car il
permet une bonne prise sous l’eau, même saturée de sel. Certains ciments résistent bien aux agressions
chimiques acides et ont des applications en milieu industriel.

Le ciment prompt fait prise très rapidement, en quelques minutes. Il a été utilisé à la fin du XIXe siècle
en construction de bâtiment, mais sert aujourd’hui principalement pour des scellements ou des
réparations.

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d) Classification des ciments

Les principaux ciments sont classés par l’organisme de normalisation AFNOR, en fonction de leur
composition et de leur résistance. On distingue principalement :

♦ Les ciments CPJ, ciments Portland composés, qui contiennent au moins 65 p. 100 de
clinker. Ce sont les plus utilisés ;

♦ Les ciments CPA, ciments Portland purs ;

♦ Les ciments CHF, ciments de hauts-fourneaux, qui contiennent entre 60 et 75 p. 100 de


laitier de hauts-fourneaux ;

♦ Les ciments CLK, ciments de laitier au clinker, qui contiennent 80 p. 100 de laitier de hauts-
fourneaux ;

♦ Les ciments CLX, ciments de laitier à la chaux ;

♦ Les ciments prompts.


Les ciments sont également classés en fonction de leur résistance à la compression, calculée lors de la
destruction, sous presses, d’éprouvettes de mortier de ciment âgées de 28 jours. Il existe quatre classes
majeures : 35, 45, 55, ainsi qu’une classe HP, pour les ciments à hautes performances.
Le ciment de classe 35 est utilisé en maçonnerie légère, ou pour des bétons ne supportant pas de trop
fortes contraintes.
Le ciment de classe 45 est le plus utilisé dans les constructions en béton armé, pour réaliser des
structures de bâtiment.
Les ciments de classe 55 et HP servent principalement pour les gros travaux de génie civil, pour des
pièces en béton devant supporter de très fortes contraintes.
Les recherches actuelles, menées par les cimentiers et les entreprises de travaux, permettent la mise au
point de ciments dits à très haute performance, utilisés lorsque des résistances très importantes sont
requises quelques heures seulement après le coulage du béton. Ces ciments à hautes et très hautes
performances sont par exemple utilisés lors de la reprise en sous-œuvre, pour modifier les fondations
d’un ouvrage existant. Cas de la mosquée HASSAN II à CASABLANCA.

e) le dosage en ciment
La teneur en ciment dépend de la résistance souhaitée. Pour les bétons de remplissage, peu sollicités, le
dosage est de 150 kg/m3. Pour toutes les pièces constituant la structure des bâtiments, en béton armé ou
précontraints, le béton contient généralement 350 kg/m3 de ciment.

Pour les mortiers, mélanges de sable, de ciment et d’eau, la teneur atteint en moyenne 450 kg/m3.
Enfin, les coulis, utilisés en injection dans des forages, ne comprennent que du ciment et de l’eau. Ils
servent à boucher les microfailles et les fractures d’un terrain, par exemple autour d’un barrage avant
son édification.

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III 3 2- Granulats

Les granulats utilisés sont des graviers issus de carrières, blocs de roche concassés et broyés, ou des
granulats roulés, extraits du lit des rivières.
La taille des granulats varie en fonction de celle du coffrage, de la densité d’acier pour les éléments en
béton armé, et du type de béton recherché.
La taille des granulats est indiquée par deux chiffres, la plus grande dimension des éléments les plus
petits et celle des éléments les plus grands. Par exemple, un gravier 5/15 est composé de particules dont
le diamètre varie entre 5 et 15 mm.
Pour les bétons employés en bâtiment, les granulats les plus courants sont des graviers 5/15 et 15/25.
Pour des travaux de génie civil, où les pièces sont plus massives, les graviers sont plus gros, jusqu’à
150 mm de diamètre dans le cas des barrages. Il s’agit alors de béton cyclopéen.

III 3-3 Sable

Les grains de sable, de même origine que les granulats, ont un diamètre inférieur à 2 mm. Cette roche
sédimentaire doit être propre et sans poussières argileuses. Il existe un béton, le mortier de ciment,
contenant uniquement du sable, du ciment et de l’eau. Il sert principalement en maçonnerie pour lier les
briques ou les parpaings, et pour dresser les enduits sur les murs.
L’une parmi les caractéristiques à surveiller pour le sable est l’équivalent de sable ou ES. Ce facteur
indique la propreté de sable qui doit être supérieure à 60 %.
On le mesure par un essai consistant à mesurer le pourcentage des fines nuisibles à une bonne
réalisation du béton.
l’excès de fines dans le béton ne permet pas à la totalité des grains de ciment mis en oeuvre d’entrer en
action avec les différents composants du béton. Et par conséquent, on obtient un béton ne répondant pas
aux normes. du point de vue de résistance , de compacité, de perméabilité etc...

ES = ( H - h ) / H

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III 3 4- Eau de gâchage

L’eau doit être propre, c’est généralement de l’eau potable. Si elle contient des chlorures, une réaction
chimique a lieu et modifie la prise du ciment.
Le béton perd alors ses qualités de résistance. La consistance du béton, et donc sa facilité de mise en
œuvre dans les coffrages, dépend de la quantité d’eau.
Plus un béton est liquide, plus il est facile à travailler. Mais un tel matériau présente une plus faible
résistance une fois sec.
Il est donc nécessaire de définir la teneur en eau selon l’usage du béton, et d’obtenir le juste équilibre
pour que le matériau soit résistant et néanmoins maniable.
En général, le béton mis en œuvre est plutôt sec, mais il est vibré au coulage pour lui permettre de
remplir correctement le coffrage, et pour expulser l’air emprisonné lors du malaxage.

III 3 5- Adjuvants

Lors du malaxage, on ajoute parfois des adjuvants au béton qui permettent de modifier les propriétés du
matériau. Il est ainsi possible de rendre des bétons étanches, pour construire des ouvrages souterrains ou
des piscines ; on peut retarder ou accélérer le temps de prise du ciment dans le béton.
Des adjuvants sont également utilisés à des fins architecturales. Par exemple, au cours du malaxage, on
peut ajouter des pigments aux bétons ou aux mortiers.
Des durcisseurs de surfaces, des particules de quartz sont incorporés pour obtenir des dalles en béton
supportant des charges roulantes importantes, en usine par exemple. Le béton peut être rendu poreux et
fortement perméable, pour des applications en lit filtrant, ou sous les chaussées de route, pour empêcher
l’eau de pluie de stagner sur les voies de circulation.
Pour obtenir des massifs de béton lourd, utilisés comme lest, on peut incorporer des particules d’acier.
Le béton obtenu peut avoir une densité allant jusqu’à 4 t/m3, alors que la masse volumique d’un béton
courant non armé est de 2,4 t/m3, selon la nature des composants.
Le béton comprenant des particules de plomb contribue à stopper les rayonnements ; on l’emploie en
milieu nucléaire. Le béton lourd possède également de très bonnes propriétés d’isolation phonique.

III 4- Préparation

1 Malaxage
On mélange les composants à la main, à la pelle, ou au moyen d’engins mécaniques, tels qu’une
bétonnière.
Pour des grands travaux, le béton est fabriqué dans une centrale qui mélange automatiquement les
constituants selon une composition programmée à l’avance.

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La production peut atteindre plus de 300 m3/h. L’objectif est de mélanger suffisamment les composants
pour obtenir une pâte homogène, au sein de laquelle les éléments les plus fins, sable et ciment, comblent
les vides laissés par l’agglomération des granulats ; on doit également envelopper complètement les
graviers pour obtenir, une fois sec, un matériau reconstitutif d’une roche.

2 Coulage
Le béton peut être transporté jusqu’au chantier par des toupies, bétonnières montées sur camion. Une
pompe à béton achemine le matériau en hauteur ou sur des sites difficilement accessibles aux camions.
Sur les gros chantiers, le pompage du béton permet des cadences beaucoup plus importantes que si l’on
emploie des bennes amenées par grue sur le lieu du coulage. Le béton peut également être projeté au
moyen de compresseurs pneumatiques. Ce matériau, qui ne nécessite pas de coffrage, est utilisé lors de
la construction de piscines, ou pour conforter des talus de terre instables risquant de s’écrouler.

3 Vibration
Une fois coulé dans un coffrage, le béton est vibré à l’aide d’aiguilles ou par des vibreurs électriques
montés directement sur le coffrage. L’air expulsé durant cette phase provient des cavités entre les
graviers, qui se remplissent de la pâte fine de ciment et de sable. La vibration permet un mélange
efficace et améliore le durcissement.

4 Durcissement
La température ambiante a une grande influence sur le durcissement, ou prise, du béton. Par temps de
gel, il peut être nécessaire de chauffer l’eau, parfois même les agrégats, avant de malaxer et de couvrir le
matériau pour retenir la chaleur dégagée par les réactions exothermiques lors de la prise du ciment.
Par temps très chaud, au contraire, on doit arroser le béton et le garder à l’ombre, afin que l’eau
nécessaire à la prise ne s’évapore pas et provoque un retrait, c’est-à-dire une diminution de volume de la
pièce. Ce phénomène engendre des fissures dans le béton. Plus le béton est maintenu humide sur une
longue période, plus sa résistance sera importante. La prise a lieu en quelques heures.

5 Décoffrage
Pour les pièces préfabriquées et les éléments non porteurs, il est possible de décoffrer quelques heures
seulement après le coulage. En général, par temps doux, on coule le béton le soir pour le décoffrer le
lendemain matin. Les éléments porteurs, comme les poutres ou les planchers, doivent rester plusieurs
jours dans leur coffrage : le béton doit durcir suffisamment pour supporter leur propre poids, ainsi que
les charges qui y seront appliquées.

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FORMULATION DU BETON

Pour réaliser un bon béton, répondant aux normes et aux exigences du cahier de charges, il est
nécessaire d’effectuer une étude de formulation du béton.
Cette études est faite par un laboratoire agrée en utilisant les matériaux qui seront utilisés dans le
chantier.
Elle consiste à trouver les proportions exactes de chaque composant du béton pour confectionner
1 m3 de béton.
On rappelle que les composants du béton sont: le ciment, le sable, le gravier , l’eau, l’adjuvant.
Plusieurs méthodes sont utilisables pour determiner cette formulation , dont on cite par exemple :

Méthode de BOLOMEY,
Méthode d’ABRAMS ,
Méthode de FAURY,
Méthode de VALLETE,
Méthode de JOSSEL,

p % Courbe valable

d
Fuseau granulométrie
Formule de BOLOMEY

p = A + ( 100 - A ) d/D

p : est le pourcentage des grains passant à la passoire de diamètre d


D est le diamètre du plus gros grain
A varie entre 8 et 16, sa valeur étant d’autant plus élevée que le dosage en ciment est plus fort.
Cette méthode aboutit théoriquement tout au moins à une granularité continue.
A titre indicatif ci-après deux compositions de béton selon le type :

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III 5 Facteurs d’étude et propriétés essentielles des bétons

Dimension des granulats


Importance de la dimension maximale D
Ouvrabilité
Ouvrabilité, qualité première
Mesures et contrôles de l’ouvrabilité
Affaissement au cône d’Abrams

Le tableau ci-après donne l’affaissement au cône d’Abrams en fonction de la classe de consistance.

Classe de consistance Affaissement ( cm) Tolérance (cm)

Très ferme TF 0à4 ± 1 cm

Ferme F 5à9 ± 2 cm

Plastique P 10 à 15 ± 3 cm

Très plastique TP ≥ 16 ± 3 cm

III 6 Résistance du béton

Résistance en compression
Résistance en traction
Influence de la qualité de ciment
Influence de dosage en ciment et du dosage en eau C/E

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III 7 LES ESSAIS DU BETON

• Essai de recherche

Essai exécuté entièrement au laboratoire, destiné à étudier l’influence de certains paramètres


sur les caractéristiques du béton. ( les formes des granulats, l’ouvrabilité du beton,
l’adjonction d’un adjuvant, la variation de l’equivalent de sable, la rapport E / C. etc ...)

• Essai d’études

Essai exécuté entièrement au laboratoire avec les constituants qui seront utilisés par le
chantier dans le but de déterminer la composition du béton étudié compte tenu des
caractéristiques demandées et des conditions de mise en œuvre.

• Essais d’étude de convenance et de contrôle

Ce sont des études de béton faites par l’utilisation des matériaux et le matériel de
confection du béton sur le chantier.
Cet essai permet de confronter les études menées au laboratoire avec les résultats obtenus
sur le chantier et qui tient en compte les aléas de chantier.

• Essais d’information.

Ce sont des essais qu’on peut faire pour suivre l’évolution de la qualité du béton

• Contrôles non destructifs (scléromètre, auscultation dynamique)

Ces contrôles sont entrepris généralement quand nous sommes en présence d’un
problème de valeur de résistance de béton non atteinte.
Dans le cas où des parties d’ouvrages sont bétonnées et que la résistance obtenue à 28 j
par l’écrasement des éprouvettes prélevées est inférieure à la valeur requise , on attend la
résistance à 90j .
Si celle de 90 jours ne donne pas satisfaction, on procède à l’un des deux essais suivant
ou les deux en même temps
l’auscultation dynamique.
Cette auscultation consiste à connaître la résistance du béton en procédant à faire passer
une onde dans l’élément en cause, et par un système d’émetteur récepteur, on enregistre le
temps de parcourt de l’élément ( poutre, ou poteau etc...)
le sclerometre:
C’est un procédé qui consiste à réaliser un petit forage dans l’élément incriminé et en
fonction du nombre de tours de l’outil et de la profondeur atteinte on peut connaître le
résistance du béton avec une approximation convenable.

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BETON ARME

CONSTITUANTS QUANTITES

SABLE 250 L

GRAVIER 460 L

CIMENT 350 Kg

EAU 185 L

BETON DE MASSE.

CONSTITUANTS QUANTITES

SABLE 0/5 240 L

GRAVIER 5 /20 200 L

GRAVIER 20 / 50 300 L

CIMENT 250 Kg

EAU 190 L

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CHAPITRE 1V
NOTION SUR LE BETON ARME

Le béton présente une excellente résistance à la compression, environ 450 Kg/cm2, mais dix fois
moindre en traction ou en cisaillement.
Dans une pièce en béton supportant une charge, une poutre par exemple, la partie haute travaille en
compression et la partie basse exerce des efforts de traction.
Des études sur la résistance des matériaux permettent de déterminer dans chaque cas les parties d’une
pièce en béton travaillant en compression ou en traction.
Pour reprendre les efforts de traction du béton, des barres d’acier sont noyées dans le béton. L’acier, qui
possède une résistance égale en traction et en compression, est placé aux endroits où le béton est le plus
fragile.
Jadis, les aciers employés étaient des barres rondes de surface lisse, mais ce type d’acier n’offre pas une
adhérence suffisante sur le béton. En cas d’effort important, il glisse dans le matériau et les contraintes
ne se transmettent plus correctement.
Aujourd’hui, ces aciers lisses sont surtout utilisés pour des attentes d’armatures, c’est-à-dire des aciers
qui font la liaison entre deux éléments d’une même pièce, mais coulée en deux fois.
Par exemple, un mur très long ne peut pas se couler en une seule fois. Des aciers lisses sont coulés dans
la première partie, puis ressortis partiellement pour être noyés également dans la deuxième partie à
couler. Ainsi, on évite les fissures qui apparaissent à la liaison des deux pièces en béton.
En structure, les barres d’acier mises en œuvre le plus souvent sont torsadées. Elles sont dites à haute
adhérence ou TOR, car leur surface rugueuse permet un lien intime avec le béton, et les contraintes
peuvent se transmettre entre les deux composants.
Les armatures du béton permettent une grande économie de béton mais nécessitent des précautions
particulières de mise en œuvre. Il est ainsi indispensable que l’acier soit correctement enrobé de béton et
ne soit pas au contact avec le milieu extérieur.
Si l’acier vient à rouiller, au contact de l’air humide ou de l’eau, sa section utile (la section d’acier non
rouillé) diminue et la résistance de la structure est réduite. Au contraire, la rouille, en gonflant, peut faire
éclater le béton et conduire à la ruine de la pièce.
L’idée d’associer le fer et le béton a trouvé sa première application en 1848, lorsque Lambot construit
une barque en béton armé à Marseille. Puis, à partir de 1852, les premiers immeubles en béton armé
sont construits à Paris.
MONNIER élabore des bacs à fleurs à Versailles, puis fabrique des escaliers, des réservoirs et des
poteaux. COIGNET produit des poutres préfabriquées.

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En 1930, un ingénieur français, FREYSSINET, met au point la précontrainte des armatures.
La précontrainte permet d’augmenter encore la résistance des pièces en béton, et d’allonger la portée des
éléments porteurs.
Deux principes de précontrainte cohabitent. La précontrainte par armature adhérente, pour laquelle les
barres d’acier sont mises en tension dans le coffrage avant de couler. Lorsque le béton est suffisamment
sec, les efforts sur les barres sont relâchés. Une grande tension intérieure règne dans la pièce.
La deuxième méthode, appelée précontrainte par post-tension, consiste à passer les barres d’acier dans
des gaines qui traversent la pièce en béton, et à les mettre en tension après le séchage du béton, au
moyen d’ancrages posés à leurs extrémités. Cette méthode est réservée aux pièces fabriquées sur le
chantier.
La précontrainte par armature adhérente nécessite un matériel lourd et sert principalement aux éléments
préfabriqués en usine, comme les poutrelles de plancher par exemple.
Dans tous les cas, l’effet de la précontrainte agit un peu comme la pression exercée par les mains aux
extrémités d’une rangée de livres que l’on soulève ensemble. Bien que les livres du centre ne soient pas
supportés directement, l’ensemble de la rangée reste solidaire.
La précontrainte, dont la technique reste délicate et coûteuse, est utilisée principalement pour des pièces
préfabriquées et sur chantier pour des travaux importants, comme les tabliers de pont, ou les planchers
de très grande portée.

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CHAPITRE V
PRODUITS PREFABRIQUES
EN BETON

Le besoin de gagner du temps sur les chantiers a conduit à utiliser des éléments normalisés, et donc à
produire en usine des pièces de dimensions et de qualités égales. Il existe aujourd’hui de très nombreux
produits préfabriqués en béton. Les plus connus sont les parpaings, qui ont remplacé la brique pour
monter des murs. De 20 cm de haut et longs de 40 ou 50 cm, ils permettent des maçonneries de 5 à
20 cm d’épaisseur, réalisées facilement et rapidement.
Des éléments similaires, les hourdis, ou entrevous, permettent de créer rapidement des planchers. Ces
éléments sont simplement posés entre deux poutrelles. Une petite épaisseur de béton armé au-dessus de
ce complexe suffit à constituer un plancher d’étage. Parpaings et hourdis sont creux pour en réduire le
poids, mais aussi pour constituer une lame d’air et fournir un espace isolant au sein des blocs.
Les tuyaux sont préfabriqués en béton centrifugé. Un béton sec est introduit dans un moule tournant sur
lui-même à grande vitesse, puis les tuyaux sont séchés et arrosés pendant plusieurs semaines avant
d’être mis en œuvre.
Les poteaux et surtout les poutres sont souvent préfabriqués. Cela évite des coffrages en hauteur, et des
échafaudages et étaiements pour soutenir la poutre le temps qu’elle puisse s’autoporter. Les escaliers
préfabriqués permettent une distribution presque immédiate des différents étages de la construction.
Cette industrialisation et cette normalisation autorisent de grandes cadences de construction. Le béton
sert uniquement de joint entre des pièces déjà prêtes, et pour les éléments de taille ou de nature telle
qu’ils ne peuvent pas être préfabriqués. Les fondations, par exemple, ne se préfabriquent pas, car leur
dimension est différente pour chaque construction, en fonction de la nature du sol et des charges que le
bâtiment devra supporter.

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CHAPITRE VI
MATERIAUX DE CONSTRUCTION,

Les matériaux de construction sont l’ensemble des matériaux utilisés dans la construction comprenant
aussi bien les granulats, le ciment, les briques, les tuiles, les profilés en acier, le bois, le plâtre et le verre
que les pointes, les vis, les dispositifs d'aération ou encore les installations sanitaires.
Certains de ces matériaux doivent être travaillés avant emploi. Ainsi avec du ciment, du sable, du
gravier et d'autres granulats mélangés à de l'eau, on obtient du béton.
Les matériaux de construction doivent servir à édifier des bâtiments à haut rendement énergétique,
confortables et sains pour y vivre ou y travailler.
La pierre la plus employée dans le monde est le calcaire dont la craie est une variété. Le calcaire a de
nombreuses applications en construction. Il peut être utilisé comme pierre de construction ou
d'ornement, ou comme composant du ciment et du béton. On l'emploie également dans la construction
des routes en raison de ses propriétés de drainage et de répartition des charges.

Granulats
Les granulats — pierre concassée, sable, gravier, béton prêt à l'emploi, matériaux bitumineux — sont
utilisés dans tous les types de bâtiments.
La pierre calcaire concassée, les roches ignées (surtout le granite et le basalte) et le grès sont utilisés
dans la fabrication de revêtements routiers et de béton moulé. Ce dernier matériau est employé dans la
construction des dalles, des pavés et des parpaings.

Briques
Les briques sont fabriquées à partir d'argile ou de substances similaires à base de silice. Elles possèdent
de bonnes propriétés d'isolation thermique et de résistance au feu. Les meilleures argiles pour la
construction doivent contenir du carbonate de calcium, du sable fin et une quantité d'eau suffisante afin
qu'elles puissent être aisément façonnées. On emploie différentes sortes de briques selon qu'on construit
des murs de refend, des structures supportant des charges exceptionnelles (les ponts par exemple) ou des
revêtements à caractère esthétique. Des argiles différentes produisent des briques de couleurs différentes,
mais il est possible d'obtenir des briques de couleurs variées au moyen d'une seule argile.
Aujourd'hui, 20 000 briques et plus de 9 tonnes de ciment peuvent être nécessaires à la construction
d'une maison de quatre ou cinq pièces.

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Ciment
Ce matériau est traité ailleurs dans le présent document.

Verre
Le verre est fabriqué à l'aide d'un mélange de sable (silice), de calcaire et de sels fondu vers 1 800°C.
Ces éléments doivent être très purs afin de garantir un verre transparent.
Le verre est utilisé pour le vitrage des fenêtres et des portes, ainsi que pour les revêtements. Il peut être
laminé avec des plastiques ou bien armé.
Dans ce dernier cas, un grillage métallique disposé en sandwich entre deux feuilles de verre permet
d'augmenter la résistance mécanique et thermique du matériau.
Les fibres de verre — du verre fondu et étiré pour former des fibres — sont très employées dans
l'isolation thermique et sonore de certaines pièces.

Profilés
Les profilés métalliques et le ciment peuvent être utilisés ensemble ou séparément dans les immeubles.
On assista alors à une augmentation de la part de marché des profilés manufacturés, en particulier parce
qu'ils réduisent au minimum le temps de construction.
Les alliages métalliques spéciaux sont employés dans la construction des centrales thermiques et
nucléaires, tandis que les plastiques et les céramiques sont de plus en plus utilisés dans la construction
des logements.
Dans les zones sujettes aux séismes, une attention particulière est apportée à la conception des bâtiments
(surtout à celle des fondations) et au choix des matériaux de construction. On améliore sans cesse les
propriétés des matériaux résistant aux secousses et aux ondes de choc, tels que le béton armé.1

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CHAPITRE VII
LES DIFFERENTS INTERVENANTS DANS
UN PROJET DE CONSTRUCTION. AINSI
QUE SON DEROULEMENT

1 - le Maître de l’ouvrage ;

2 - le Maître de l’œuvre ou l’Architecte ;

3 - le Laboratoire d’Essais ;

4 - le Bureau d’Etudes de Béton Armé,

5 - le Bureau de Contrôle.

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LES PRINCIPALES TACHES DES INTERVENANTS.

TACHES Architecte Bureau Bureau de Laboratoire


d’études de Contrôle d’essais
Béton Armé
Sondage du terrain X
Piquetage et implantation des ouvrages X
l’étude de la formulation des bétons. X
la réalisation des essais de convenance. X

La réception des fouilles et remise des X X X


bons de coulage.
La réception des ferraillages et remise
des bons de coulages. X
La réception des matériaux entrant dans X X
la réalisation des ouvrages.
Prélèvement des éprouvettes de béton et X
écrasement.
Contrôle des déblais et des remblais par X X
les essais adéquats.
Suivi des travaux de gros œuvre, de
second œuvre et de finition. X
Remise à l’Entrepreneur d’une
attestation certifiant que les travaux
réalisés et suivis par ses soins ont été
exécutés selon les règles de l’art.
X

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DEROULEMENT D’UN PROJET DE
GENIE CIVIL.

A - Les besoins ;

B - La prise de décision ;

C - Etudes avant établissement du Cahier des Charges ;

D - Etablissement des Spécifications Techniques ;

E - Examen des Offres ;

F - Choix du Contractant ;

G - Ouverture du chantier ;

H - Déroulement et suivi des travaux ;

I - Réception Provisoire ;

J - Réception Définitive.

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A - LE BESOIN.

Le besoin se fait sentir pour exécuter une tâche bien déterminée. ( Un nombre d’abonnés en augmentation
ce qui se traduit par un volume de travail plus important et par conséquent des moyens humains et
matériels ).
Parmi les moyens matériels, l’extension du réseau électrique et la construction des locaux d’exploitation
ou des postes électriques.

B - LA PRISE DE DECISION.

La Direction intéressée doit justifier les besoins en question et solliciter l’accord de la Direction Générale.
Après l’accord de la D.G, un ensemble de processus se déclenche. (Etudes préliminaires, acquisition des
terrains nécessaires, etc...)

C - ETUDES AVANT L’ETABLISSEMENT DU CAHIER DES CHARGES.

Choix judicieux de la parcelle du terrain.

• Topographie favorable

• Terrain relativement plat, de forme régulière si c’est possible, en évitant les


points bas.
• A proximité du réseau d’eau potable, du réseau d’égout, du réseau électrique et
téléphonique

• Nature du terrain.

• Le sol doit offrir une bonne portance (contrainte admissible du sol ).


• Les sols gonflants sont à éviter.
• Les sols renfermant des nappes phréatiques très proches de la surface, sont à
éviter si possible.

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TERRAIN
OUVRAGE A EN TALUS
CONSTRUIRE

ZONE A
DEBLAYER

Un Laboratoire Agrée effectue les sondages et les puits pour déterminer la portance du sol et les
caractéristiques géotechniques du sol.

Les résultats obtenus sont à transmettre au Bureau d’Etudes du Béton Armé, pour en tenir compte dans le
calcul de la structure de l’ouvrage.

Une attention particulière est à accorder à la sismicité de la région et d’en tenir compte dans les calculs du
béton armé.

D - ETABLISSEMENT DU CAHIER DES CHARGES.

Préciser autant que possible les spécifications des ouvrages, afin d’éviter les problèmes découlant des
différentes interprétations des textes techniques du marché.
Des spécifications bien établies donnent le maximum d’éléments sur les ouvrages à construire ainsi que
sur les matériaux entrant dans leur réalisation.

E - EXAMEN DES OFFRES.

Bonnes références techniques.


Bonnes références administratives et financières.
Choisir une Offre présentant un bon rapport QUALITE / PRIX.

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F - ETABLISEMENT DES PLANS.

PAR l’ONE

♦ Les plans de principe


♦ les plans d’architecture
♦ les plans des études ( Béton armé, études techniques )

PAR LE CONTRACTANT

♦ Plans de détail s’inspirant des plans de principe remis par l’ONE


♦ Effectuer les études complémentaires si le marché les prévoie

G - OUVERTURE DE CHANTIER.

L’ouverture de chantier est subordonnée à :

• L’obtention de l’autorisation de construire.


• L’étude de la formulation du béton.
• Information de l’inspection du Travail.

H - DEROULEMENT ET SUIVI DES TRAVAUX.

Le contrôle est le suivi des travaux peut se faire selon deux méthodes :

1ere Méthode :

D’une manière générale, un suivi complet des travaux de construction est effectué par un Cabinet
d’Architecte qui coordonne et supervise les prestations du Bureau d’Etudes de Béton Armé, du Bureau de
Contrôle et du Laboratoire d’Essais.
Ce suivi comprend essentiellement :

• L’exécution des sondages,


• Le piquetage des bâtiments à réaliser ;
• L’étude de la formulation du béton.
• la réalisation des essais de convenance
• La réception des fouilles et remise des bons de coulage.
• La réception des ferraillages et remise des bons de coulages.
• Prélèvement des éprouvettes de béton et écrasement
• La réception des matériaux entrant dans la réalisation des ouvrages.
• Contrôle des déblais et des remblais par les essais adéquats. Ces essais permettent de
s’assurer de la compacité du sol.
• Suivi des travaux de gros œuvre, de second œuvre et de finition.
• Remise à l’Entrepreneur d’une attestation certifiant que les travaux réalisés et suivis
par ses soins ont été exécutés selon les règles de l’art.

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LES TACHES EN QUESTION SONT REPARTIES SUR LES DIFFERENTS
INTERVENANTS DANS LE TABLEAU CI-APRES.

TACHES Architecte Bureau d’études Bureau de Laboratoire


de Béton Armé Contrôle d’essais

Sondage du terrain X
Piquetage et implantation des ouvrages X
L’étude de la formulation des bétons. X
La réalisation des essais de convenance. X

La réception des fouilles et remise des X X X


bons de coulage.
La réception des ferraillages et remise
des bons de coulages. X
La réception des matériaux entrant dans X X
la réalisation des ouvrages.
Prélèvement des éprouvettes de béton et X
écrasement.
Contrôle des déblais et des remblais par X X
les essais adéquats.
Suivi des travaux de gros œuvre, de
second œuvre et de finition. X
Remise à l’Entrepreneur d’une
attestation certifiant que les travaux
réalisés et suivis par ses soins ont été
exécutés selon les règles de l’art.
X

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2eme Méthode : Le contrôle avec le représentant du maître de l’ouvrage.

Etant donné que le contrôle dans le premier cas est complet, c’est à dire onéreux, et par conséquent son
coût sera ajouté au montant du projet, on peut penser à effectuer un contrôle dont le coût sera
relativement moins coûteux et permettant à l’ONE par l’intermédiaire de ses Agents contrôleurs
d’effectuer lui-même une partie du contrôle des travaux.

Ce contrôle est réalisé conjointement par le contrôleur de chantier et les autres intervenants selon le
tableau suivant.

Bureau
TACHES Architecte Contrôleur d’études de Bureau Laboratoire
de Béton de d’essais
Travaux. Armé Contrôle

Sondage du terrain X
Piquetage et implantation des X X
ouvrages
L’étude de la formulation des X
bétons.

La réalisation des essais de X


convenance.

La réception des fouilles et X X X X


remise des bons de coulage.
La réception des ferraillages X X
et remise des bons de
coulages.
La réception des matériaux X X
entrant dans la réalisation des
ouvrages.
Prélèvement des éprouvettes
de béton et écrasement. X
Contrôle des déblais et des X X X
remblais par les essais
adéquats.
Suivi des travaux de gros
œuvre, de second œuvre et de X X
finition.

Remise à l’Entrepreneur
d’une attestation certifiant X
que les travaux réalisés et
suivis par ses soins ont été
exécutés selon les règles de
l’art.

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DETAIL DES TACHES.

1°) Implantation des ouvrages :

C’est une opération permettant de matérialiser sur le terrain les limites de l’ouvrage à construire.
Elle doit être effectuée par un Bureau Topographique à la charge du Contractant et à faire suivre de près
par le Contrôleur des Travaux.

Une implantation erronée peut conduire parfois à la démolition d’un ouvrage en entier.
Pour réduire le risque d’erreurs le plan de situation et de masse doivent être orientés et comportant
l’indication du Nord.

2°) La réception des fouilles :

A - Les fouilles des fondations

Avant d’autoriser le bétonnage des semelles des fondations, une réception des fouilles est à effectuer.
Cette réception permet de s’assure des caractéristiques géotechniques du terrain, déterminées au cours des
sondages et prendre les mesures nécessaires en cas des différences significatives.
La présence du Laboratoire d’essais est indispensable.

B - Les fouilles pour tranchées.

Les fouilles pour caniveaux ou les tranchées pour canalisations du réseau d’égout, doivent être
réceptionnées avant la pose de la couche de sables en s’assurant de la pente. Les tranchées sont
remblayées avec des matériaux sélectionnées par tamisage, jusqu'à une hauteur de 20 cm au-dessus de
génératrice supérieure de la conduite. Le reste est remblayé par couches de 30 cm bien compactées et ne
comportant pas de gros éléments.
Un bon compactage évite les problèmes des tassements, qui parfois ont des conséquences très graves.

3°) Réception des ferraillages.

C’est une opération qui consiste à vérifier la conformité de la pose du ferraillage aux plans du béton armé.
L’attention des contrôleurs est attirée sur les points suivants :
• Le diamètre des armatures,
• l’espacement des armatures,
• le respect des lits ( 1er lit , 2eme lit, 3eme lit, etc ......),
• Le respect des enrobages ( cales en plastique rigide ou en ciment ),
• Les dispositions des armatures à respecter :
• Les poutres : armatures inférieures en travées, correspondants à des moments positifs.
• Les poutres : armatures supérieures sur appuis ou chapeaux, correspondants à des
moments négatifs.
• Les poteaux : armatures longitudinales de compression et armatures transversales.

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ARMATURES
SUPERIEURES

ARMATURES
INFERIEURES

Moment négatif ( tend les Moment positif ( tend


fibres supérieures) les fibres inférieures)

- -

DIAGRAMME DES MOMENTS.

+ +

- -

DIAGRAMME DE L’EFFOERT TRANCHANT

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Armatures
transversales

Armatures
longitudinales

Enrobage
de 2 à 5 cm
selon le cas

Coupe transversale d’une poutre


Armatures longitudinales et transversales.

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4°) La réception des matériaux de construction.

Les matériaux approvisionnés sur chantier sont à réceptionner en fonction des spécifications du marché
ou des recommandations découlant des études spécifiées dans le marché.

• Matériaux pour confection du béton,

◊ Les granulats :

⇒ Le sable
⇒ Les graviers avec leurs différentes dimensions.

◊ Le Ciment : CPJ 35, CPJ 45.

Les ciments approvisionnés sur chantier doivent être stockés dans les lieux non humides. L’humidité peut
rendre le ciment inutilisable.

• Matériaux de construction (agglots, les briques cuites, les hourdis, les carreaux de faïence, les
carreaux de sol, les carreaux antiacide, ou antidérapant, etc....)

• Les appareils sanitaires,


• La Menuiserie Bois,
• La Menuiserie Aluminium
• La Menuiserie Métallique,
• La peinture,

A signaler que le contrôle qu’effectue le Contrôleur de Chantier ne diminue en rien la


responsabilité du Contractant, mais permet d’aboutir à une réalisation avec le minimum de
problèmes.

5°) L’étude de la formulation de béton.

L’étude de la formulation du béton consiste à définir le mélange optimal des différents granulats dont on
dispose ainsi que le dosage en ciment et en eau afin de réaliser un béton dont les quantités soient celles
recherchées pour la construction de l’ouvrage.

Ce thème sera développé dans chapitre BETON.

6°) Les essais de convenance.

Les essais de convenances ont but de vérifier qu’avec les moyens de chantier on peut réaliser avec un
minimum d’aléas, le béton défini par l’essai d’étude. Il a également pour but de vérifier que les quantités
de constituants prévues par métré cube de béton donnent bien 1 m 3 de béton.

7°) Prélèvement des éprouvettes de béton.

Afin de s’assurer et de vérifier la résistance du béton et de la régularité de la fabrication on procède à des


prélèvements d’éprouvettes de béton, sur lesquelles on fait des essais d’écrasement pour déterminer une
caractéristique principale qui est la résistance en compression à 28 jours.
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La résistance en compression à 28 jours est désignée par f c28. Elle se mesure par compression axiale de
cylindres droits de révolution et d’une hauteur double de leur diamètre.
Le cylindre le plus couramment employé est le cylindre de 16 (∅ = 15,96 cm ) dont la section est de 200
cm 2 .

∅ 16 cm
F

32 cm

P = F/S > 270 bars

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CHAPITRE IX
POTEAUX EN BETON ARME.

1 - GENERALITES SUR LES POTEAUX

A) - SPECIFICATIONS DES POTEAUX.

Les conditions de fabrication, de réception et de garantie auquel répondent les poteaux en béton doivent
être conformes aux règles en vigueur notamment à la norme NFC 67 250. ou à la norme NM 67 200. Le
contrôle des chantiers de fabrication est assuré par l'ONE. Les essais de réception sont exécutés à son
initiative.
La couverture du béton sur les amateurs ne doit pas être inférieure à 25 mm.

B) - DELAI DE DURCISSEMENT DES POTEAUX.

Les poteaux ne doivent être sortis du chantier qu'après expiration du délai de durcissement nécessaire à
l'obtention des qualités mécaniques prévues pour le béton. Le délai est fixé, d'après les indications
résultant des essais, suivant la saison et le lieu de fabrication.
Il est au minimum de 28 jours, quel que soit le type et la nature des poteaux toutefois, dans le cas où le
fabricant aurait recours à une prise accélérée du béton, ce délai de 28 jours pourra être réduit après accord
de l’ONE.
Tout poteau ayant subi une manutention prématurée, dûment constatée serait immédiatement détruit sur
place et éloignée du chantier aux frais du fournisseur.

C) – PERÇAGE DES POTEAUX.

Sauf dérogation du cahier des prescriptions spéciales ou du marché, le pressage des poteaux béton sera
conforme aux schémas standards de l’ONE numéro 2689.

D) - MANUTENTION ET TRANSPORT DES POTEAUX.

Au cours des opérations mettant enjeux le poids propre (transport, mise en dépôt, amenées à pied
d’œuvre, levage), le poteau doit être sollicité suivant son sens de plus grande inertie et compte tenu des
indications que doit fournir le fabricant : masse, position du centre de gravité et d'élingage ).

Les opérations de manutention doivent être conduites de façon à ne pas faire subir au poteau de chocs ni
d'efforts brusques.
Les dispositions d'élingage sont pourvues de garnitures souples garantissant efficacement le béton contre
tout risque d’épauffrures.

Le chargement et le déchargement des poteaux doivent s'effectuer, par l'intermédiaire de palans, au moyen
de potence monorail ou de portique amovible ou par tout autre dispositif mécanique, l'élingage du poteau
étant effectué aux points indiqués au premier alinéa.
Toutefois, tout autre système de manutention de poteau, proposée et justifiée par l'entreprise pourra être
utilisé après acceptation par l'ONE.
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Le transport par route est fait au moyen d'une remorque rigide et de longueur compatible avec celles des
poteaux à transporter. Les porte à faux ne doivent pas excéder les valeurs indiquées par le fabricant, avec
un maximum de 2 mètres, sauf dispositions particulières, telles que haubanage, etc.. ...
La remorque est munie de deux potences de déchargement ; toutefois, l'utilisation d'une seule potence est
autorisée à condition qu'elle soit munie d’un palonnier. Les poteaux ne doivent jamais être transportés sur
le plat.

Lorsqu'il n'est pas possible d'accéder par route directement à pied d’œuvre, en utilise des triqueballes de
longueurs appropriées aux poteaux et portant les poteaux en 2 au 3 points. Le triqueballe doit être tracté
par le véhicule à l'aide de sa flèche, en aucun cas, le poteau ne doit faire office de tirant.

Sauf autorisation exceptionnelle de l’ONE, le traînage sur le sol est formellement interdit.

E) UTILISATION DES POTEAUX.

Les poteaux utilisés sur les lignes, seront de la classe B. Ils seront choisis dans la gamme suivante :

Tableau 1

Efforts nominaux et hauteurs totales des poteaux en béton.

EFFORTS NOMINAUX HAUTEURS TOTALES


(en décanewtons ) ( mètres)
9 10.50 12 13 14
150 X
300 X X X X X
500 X X X X X
700 X X
800 X X X
1000 X X X X X
1500 X X X X

Dans certains cas exceptionnels, il pourra être fait usage de poteau de hauteur totale supérieure à la valeur
maximale indiquée au tableau 1.

Lorsque les supports classe B sont équipés d'un armement nappe voûte 170 x 125 type ONE, lequel
reporte la résultante des efforts horizontaux à 125 cm au-dessus du sommet, ils doivent être pris en
compte pour un effort égal à 75% de leur effort nominal. Ils feront l'objet d'un calcul particulier.

F) - IMPLANTATION DES POTEAUX.

Les poteaux doivent être encastrés dans des massifs bétonnés à pleine fouille dont les dimensions sont
données pour le cas les plus courants par le tableau 2.

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Tableau 2 :

Dimension des massifs de fondation pour poteau en béton armé.

MASSIFS DE FONDATION POUR EN


BETON

EFFORT en daN
1500 1000 800 700 500 300 150
Longueur
9m 2,16 m3 1,86 m3 0,83 m3 0,58 m3 Calage à la
pierre sèche
10,50 m 3,53 m3 2,16 m3 1,86 m3 0,83 m3 0,68 m3

12 m 3,83 m3 2,31 m3 2,31 m3 0,87 m3 0,60 m3

13 m 3,99 m3 2,41 m3 2,41 m3 0,89 m3 0,86 m3

14 m 4,18 m3 2,51 m3 2,51 m3 0,93 m3 0,93 m3

La profondeur d'implantation est H /10 + 0.60 m pour tous les supports y compris ce qui sont
désignés à recevoir un armement nappe-voûte.

Elle peut, dans certains cas particuliers (par exemple terrain rocheux, tablier de pont présence de
canalisations souterraines etc ..,) être réduite sous réserve de la vérification des facteurs de sécurité de
l'ouvrage et plus particulièrement de l'effort tranchant développé dans le pied du poteau. Les massifs de
fondation doivent, dans les mêmes cas, être de volume réduit, voire supprimés sous réserve des mêmes
vérifications après accord de l'ONE.

Dans le cas de terrain particulièrement meuble (sable fluent, marécages ), il peut être nécessaire de
prévoir des massifs appropriés conformément au tableau des plans standards ONE 5760 et 5984 AR.

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CROQUIS DU POTEAU

b
a

Le béton constituant les massifs de fondation est préparé sur une aire propre et dosé en raison de
250 Kg / m3 de ciment CPJ 45

L'entrepreneur emploie pour ces travaux de bétonnage un sable de mer, de carrière à ou de broyage,
de bonne qualité et du gravier tout venant de rivière ou de carrière réputée. Ces matériaux devant être
soumis à l'acceptation de l'ONE avant l'emploi.

Après mise en place, le béton sera pervibré.

Les massifs sont arasés un peu au-dessus du niveau du sol par lissage de la surface, en ménageant
une pente d'écoulement des eaux.

Dans le cas d'implantation en terrain de culture ou d’herbages, les massifs doivent dépasser la
surface du sol de 20 cm, non compris la pointe de diamant. Ils doivent être coulés sans aucune de
bétonnage.
La partie extérieure au sol doit être soigneusement talochée après enrichissement en ciment de la
couche superficielle.

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CHAPITRE X
LES MASSIFS DES SUPPORTS
ELECTRIQUES.

Les massifs des supports de lignes électriques ont été très longtemps traités avec une certaine légèreté en
égards des autres parties des ouvrages
En outre, des défectuosités ou malfaçons relatives aux massifs en béton n’ont généralement de
conséquences funestes qu’à terme, une fois que la corrosion s’est installée dans l’infrastructure métallique
et qu’un phénomène important ( grosse pluie, tempête, inondation ) vient affranchir les défauts d’origine.

Enfin, tous les terrains ne se comportent pas de la même façon : des défectuosités de béton ont provoqué
la disparition totale des membrures enrobées dans certaines régions alors qu’ailleurs les terrains étant
moins agressifs, la perméabilité du béton a eu des conséquences moins catastrophiques.
Les premiers massifs ont été tout d’abord d’un seul tenant pour les supports monopodes utilisés au début.
Ils ont été ensuite constitués en deux parties ou en quatre.
Les bétons de massifs sont à doser à 250 Kg / m3, permettant ainsi d’améliorer la compacité, et
l’imperméabilité du béton.
On utilise par ailleurs, certains nombre de massifs “ spéciaux ” :
• Pour des zones inondables avec des semelles inférieure ou supérieure ;
• Pour “ mauvais terrain “ en zones dénivelées, les 4 massifs étant reliés par des poutres armées
destinées à renforcer la stabilité, mais surtout à éviter le déplacement indépendant de chaque
massif des supports quadripodes qui risquent de provoquer la déformation puis la mise hors
service des supports.
• Avec pieux armés dans les lits d’oued . Au début, ces pieux armés étaient coulés sans viroles
métalliques. A l’heure actuelle les viroles métalliques sont laissées en place et servent, d’une
part au coffrage correct du béton, d’autre part à renforcer la résistance et la longévité des pieux.

La mise en œuvre des bétons de massifs doit avoir lieu dans les mêmes conditions que tous les autres
bétons :
• analyse et essai préalable des agrégats utilisés,
• utilisation des moyens mécaniques pour le dosage et le malaxage,
• emploi de pervibrateurs sur les chantiers,
• Prélèvements périodiques des éprouvettes de béton pour essais.

Malheureusement, il est beaucoup plus difficile de contrôler le bétonnage sur une ligne, tant en ce qui
concerne les agrégats et le dosage, que pour ce qui est de la mise en œuvre et du maintien de l’humidité
pendant la période de prise. C’est pourquoi, il convient d’être extrêmement sévère lorsque la qualité du
béton (constatée par l’écrasement des éprouvettes en laboratoire ) est insuffisante. Il y a un certain
nombre d’années, que les responsables préjugent mauvais en cas de résultats d’essai insuffisant, les 20
supports adjacents ( 10 de part et d’autre).
Actuellement, les résultats des essais à 90 jours peuvent être prises en considération s’il y a des
éprouvettes bien conservées.
L’auscultation dynamique est utilisée pour déterminer la résistance du béton sur les massifs.
En dernier recours et avant de procéder à la démolition du massif ou de son renforcement on effectue du
carottage sur les massifs et l’écrasement de ces carottes donne des valeurs de résistances à comparer avec
les résistances contractuelles.

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CALCUL DES FONDATIONS MASSIVES

Deux critères prédéterminent, compte tenu de la butée et de la poussée des terres, la stabilité des massifs :

1) Moment de stabilité

Moment de renversement.

Contrainte unitaire maximale admissible


2)
Contrainte unitaire maximale exercée.

Le deuxième rapport est presque toujours déterminant.


Le Coefficient de stabilité défini par le premier rapport doit être au moins égal à 1,2.

Détermination des moments :

 Moments de stabilité dus aux poids : P. a / 2


P.b/2

 Moments de stabilité principaux : M 1 = P a / 2 + c b h2

M 2 = P b / 2 + c a h2

 Moments de renversement : F1 . H
F2 . H

Stabilité du massif :

a ) Stabilité au renversement :

M1 P a / 2 + c b h2
= < k
F1 . H F1 . H

M2 P b / 2 + c a h2
= < k
F2 . H F2 . H

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F1

Q Q h

a
MASSIF EN
BETON

EFFORTS APPLIQUES SUR UN MASSIF EN BETON.

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MASSIFS DE FONDATION POUR EN
BETON

EFFORT en daN
1500 1000 800 700 500 300 150
Longueur
9m 2,16 m3 1,86 m3 0,83 m3 0,58 m3 Calage à la
pierre sèche
10,50 m 3,53 m3 2,16 m3 1,86 m3 0,83 m3 0,68 m3

12 m 3,83 m3 2,31 m3 2,31 m3 0,87 m3 0,60 m3

13 m 3,99 m3 2,41 m3 2,41 m3 0,89 m3 0,86 m3

14 m 4,18 m3 2,51 m3 2,51 m3 0,93 m3 0,93 m3

Profondeur de la fouille h :

h = 0.1 l + 0.6

l : longueur du poteau,
h : profondeur de la fouille.

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CHAPITRE X I
LA MISE EN ŒUVRE DES SUPPORTS
GENERALITES

La mise en œuvre des supports peut être réalisée de différentes façons :


1. - Suivant la nature des supports : béton armé, poteaux bois, pylônes métalliques monopodes ou
quadripodes,
2. - Suivant les conditions d'accès et la nature du terrain.

Certaines notions essentielles sont à connaître pour éviter les risques d'accident ou de détérioration des
supports en cours de transport, d'approvisionnement ou de levage.

Il est primordial de savoir, surtout pour les supports en béton armé mais également dans le domaine des
structures métalliques qu'au cours de ces opérations, si certaines précautions ne sont pas prises, les
supports risquent être soumis à des contraintes supérieures à celles qui leur sont imposées une fois en
place sur les lignes et par voie de conséquence de subir les détériorations mettant en cause leur résistance
et leur longévité. A titre d'exemple, les supports en béton peuvent souffrir de graves dégâts dans toute les
opérations précitées et, une fois levés, ne présentant aucun signe apparent de ces détériorations. De
même, en cours de levage, les structures métalliques risques être soumises à des contraintes dépassant
pour certaines parties la limite élastique du métal: Les déformations qui en résultent, peu visibles,
constitueront autant de points faibles et pourront être à l'origine d'incidents ultérieurs.

Il est donc nécessaire qu'une surveillance, sinon constante du moins périodique ait lieu au trois niveaux:
• transport,
• approvisionnement,
• Levage des supports, déroulage et mise en place des câbles.

Pour éviter le risque d'accident, les moyens mis en œuvre doivent être appropriés aux dimensions et poids
des supports à lever ainsi qu'aux caractéristiques des câbles à dérouler et à mettre en place. De plus, les
moyens individuels ou collectifs de sécurité doivent être mis à la disposition des équipes et utilisés par
elles.

L'appareillage et les modes de mise en œuvre sont choisis selon le type de support:
• les supports en bois se lèvent à la fourche ou en poids,
• Les poteaux en béton armé se lèvent "en poids". Leur manutention doit être faite de façon que
le poteau soit sollicité dans le sens de la plus grande inertie et qu'elle ne donne pas lieu à des
surcharges dynamiques. Les points d'élingage sont définis par le fournisseur ainsi que la
position du centre de gravité ( avec fourniture d'une note de calcul particulière ).
• Les supports métalliques se lèvent " en poids “, en charnière ou à l'avancement.

Chargement de poteaux en béton.

Les remorques transportant les poteaux en béton doivent être munies de potences de déchargement. La
base des supports doit être placée du coté de la cabine. Lorsqu'une disposition de déchargement tête bêche
est adoptée le dépassement hors véhicule du poteau doit être au maximum de 1.50 m.

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Levage " en poids" d'un support béton.

Pour le levage lourd la prise en seul poids peut donner lieu à des contraintes dépassant l'effort nominal du
poteau. Une armature de renfort est nécessaire.

F F

G
G

Levage anormal levage normal

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