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Spé ψ 2016-2017 Devoir n°5

ÉLECTROMAGNÉTISME

Partie I
MINES-PONTS MP 2011
I-1-a) En régime stationnaire, l’intensité est la même à travers toute surface traversée par
l’ensemble des lignes de courant. On considère donc une surface cylindrique S d’axe Az, de rayon r
   
et d’épaisseur ε. L’intensité s’écrit alors I = ∫∫ J ( M ) ⋅ n s ( M ) dS = ∫∫ J ( r ) e r ( M ) ⋅ er ( M ) dS .
S S

I
Comme J(r) est uniforme sur S, il vient I = J ( r ) ∫∫ dS = J ( r ) 2πr ε d’où J ( r ) = .
S
2πr ε
 
b) Dans le conducteur, on peut appliquer la loi locale d’Ohm J ( M ) = γ Cu E ( M )
 I 
d’où E ( M ) = e r ( M ) . Les lignes de champ sont donc des droites issues de l’axe Az
2πγ Cu r

On calcule alors la circulation de E sur un chemin quelconque orienté de M1 vers M2,
points de la plaque:
 M 2   r2     r2 I dr I r 
( ) M1 r1
( )
CM1M 2 E = ∫ E ⋅ τd ℓ = ∫ E ( r ) e r ⋅ dre r + rd θeθ + dze z = ∫
r1 2 πγ ε r
Cu
= ln  2  .
2πγ Cu ε  r1 
Mais on a aussi, puisque l’on est en régime constant,
 M 2   M2
( )
CM1M 2 E = ∫ −grad (V ) ⋅ τd ℓ = ∫ − dV = V ( M 1 ) − V ( M 2 ) .
M1 M1

I r 
On en déduit V ( M 1 ) − V ( M 2 ) = ln  2 
2πγ Cu ε  r1 
I-2-a) Les équations décrivant la situation étant linéaires, on peut appliquer le principe de
superposition : la solution est la somme des solutions correspondant d’une part à une seule électrode
passant par A et parcourue par un courant d’intensité I (créant la d.d.p.
I r 
VA ( M 1 ) − VA ( M 2 ) = ln  2  ) et d’autre part une seule électrode passant par D parcourue par
2πγ Cu ε  r1 
−I r' 
un courant d’intensité –i (créant la d.d.p VD ( M 1 ) − VD ( M 2 ) = ln  2  .
2πγ Cu ε  r '1 
I r r' 
On obtient donc V ( M 1 ) − V ( M 2 ) = ln  2 × 1 
2πγ Cu ε  r1 r '2 
b) Si M1 et M2 sont sur la médiatrice du segment AD, alors r1 = r’1 et r2 = r’2 d’où
V ( M 1 ) − V ( M 2 ) = 0 . Le plan médiateur de AD est donc une surface équipotentielle.
I-3) En prenant M1 sur la surface de l’électrode passant par A (r1 = a , r’1 = ℓ – a ≈ ℓ puisque
ℓ >> a) et M2 sur la surface de l’électrode passant par B, (r2 = ℓ , r’2 ≈ a), il vient
I ℓ ℓ V ( M1 ) − V ( M 2 )
V ( M1 ) − V ( M 2 ) ≃ ln  ×  . Par définition, la résistance est R = puis-
2πγ Cu ε  a a  I

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1 ℓ
que l’intensité est orientée de M1 vers M2. Il vient donc R ≃ ln   qui est bien de la forme
πγ Cu ε  a 
1
proposée en posant R0 ≃ .
πγ Cu ε
I-4) Application numérique :
1  2 
Pour le semi-conducteur : R ≃ ln  −1 
= 53 mΩ.
π ( 2, 2 × 10 )10
4 −3
 0,5 × 10 
1  2 
Pour le cuivre : R ≃ ln  −1 
= 19,6 µΩ.
π ( 6 × 10 )10
7 −3
 0,5 × 10 
Ces résistances sont très faible et leur mesure nécessite des précautions, en particulier dans
les contacts entre les différents conducteurs. Mais, dans le cas du cuivre, un courant de l’ordre de
1A donne une tension de l’ordre de 20 µV ce qui est mesurable avec des appareils adaptés.
Partie II
CCP PSI 2014
L
II-1-a) Pour une longueur L et un diamètre d des spires, on a N1 = spires sur une couche
d
1
soit n1 = spires par unité de longueur d’une couche.
d
p
b) Avec toutes les couches, il vient n = spires par unité de longueur du solénoïde.
d
c) Le solénoïde est supposé de longueur infini donc on sait que le champ magnétique
   pI 
à l’intérieur s’écrit B = nµ 0 I e z soit B = µ 0 ez .
d
Bd 2 3 ×10 −3
d) On a p = . A.N. p = = 136.
µ0 I ( 4π×10−7 ) 35
II-2-a) La longueur d’une spire est 2πRmoy et il y en a nL
pL
donc la longueur de fil nécessaire est L fil = 2πRmoy .
d

A.N. L fil = 2π 50 × 10−2


(136 )1,8 = 2,56×105 m soit
−3
3 ×10
256 km.

b) On sait que la résistance d’un fil de longueur ℓ et intérieur d’une bobine d’IRM
source Siemens
1 ℓ d2 http://www.supraconductivite.fr/fr/in
de section s est Rélec = . Ici, ℓ = Lfil et s = π donc
γ Cu s 4 dex.php?p=applications-medical-irm-
more
1 L fil 1 4 L fil
Rélec = soit Rélec = .
γ Cu d 2
γ Cu πd 2
π
4
c) L’intensité est constante donc la puissance dissipée par effet Joule dans la bobine
1 4 ( 256 × 10 )
3
2
est P = RélecI soit numériquement P = 7 2
352 = 739 kW.
6 × 10 π ( 3 × 10 )
−3

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Les puissances consommées par les appareils ménagers usuels (radiateur, plaque électrique,
aspirateur) sont de l’ordre de 1 kW. La valeur calculée ici n’est pas acceptable car elle nécessiterait
une dispositif de refroidissement trop important.
Partie III
MINES-PONTS PSI 1999 ET CCP PSI 2014
III-1-a) On se place dans le référentiel lié au sol. Le système mobile est l’électron de masse
 
me et de charge (–e). On néglige le poids. Il n’est donc soumis qu’à la force électrique F = −eE

dv 
donc l’équation du mouvement s’écrit me = −eE .
dt
 
b) On sait que la densité de courant est J e = n ( −e ) v où n est la quantité d’électron

par unité de volume et v la vitesse d’ensemble des électrons contenus dans l’élément de volume
centré en un point M. C’est donc un champ eulérien et, en reportant, il vient
 
me ∂ J e ( M , t )  ∂ J e ( M , t ) ne 2 
= −eE ( M , t ) ou encore = E (M , t) .
n ( −e ) ∂t ∂t me

   ∂E
( )
III-2-a) L’équation de Maxwell-Ampère rot B = µ 0 J e + ε 0µ 0
∂t
. Dans l’approximation

∂E    
des régimes quasi stationnaire, le terme ε0µ 0
∂t
( )
est négligé devant µ 0 J e . Il reste rot B = µ 0 J e

∂   ∂J e ne 2 
puis ( ( ))
∂t
rot B = µ 0
∂t
= µ0
me
E ( M , t ) . On peut prendre le rotationnel de cette équation et
 ∂
commuter les opérateurs rot ( ) et qui portent sur des variables indépendantes. On a donc
∂t

∂    ne 2     ∂B
∂t
(( ( )))
rot rot B = µ 0
me
( )
rot E ( M , t ) . L’équation de Maxwell-Faraday rot E = − ( ) ∂t
permet

∂    ne2 ∂ B ∂     1   
alors d’écrire
∂t
(( ( )))
rot rot B = −µ0
me ∂t
soit
∂t 
( ( ))
 rot rot B + 2 B  = 0 en posant
λ 
me
λ2 =
µ0 ne 2

9,1× 10−31
b) A.N. λ = 2
= 53 nm.
−19 2
( 4π×10 )10 (1, 6 ×10 )
−7 28

    dB ( x )     d 2B ( x) 


III.3-a) Avec B = B ( x ) e z , on a rot B = − ( )dx
( ( ))
e y et rot rot B = −
dx 2
e z donc

d 2B ( x)  B ( x)   d 2B ( x) B ( x)
l’équation de London devient − e z + 2 e z = 0 soit, en projection, − 2 =0.
dx 2 λ dx 2 λ
On peut intégrer en B ( x ) = ae − x / λ + be + x / λ . La condition limite pour x tendant vers +∞ (B ne
peut être infini) impose b = 0.
Alors, la condition de continuité en x = 0 conduit à a = B0. On en déduit B ( x ) = B0 e − x / λ .
b) Le modèle prévoit une décroissance exponentielle du champ magnétique à
l’intérieur du supraconducteur, avec une longueur caractéristique de décroissance égale à λ : en
dehors d’une faible épaisseur de quelques centaines de nm à partir de la surface, on peut considérer
que le champ magnétique est nul à l’intérieur du supraconducteur, ce qui explique l’effet Meissner.

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c) La relation de Maxwell-Ampère dans l’ARQS conduit à rot B = µ 0 J e d’où ( )
 1 dB ( x )   B 
Je = − e y soit J e = 0 e − x / λ e y . Cette densité de courant n’existe également que dans
µ 0 dx µ0λ
une très faible épaisseur.
Φ  
d) Par définition, le coefficient d’inductance propre est L = où Φ = N ∫∫ B ⋅ n S dS
I S

est le flux du champ magnétique crée par le solénoïde, à travers les spires du solénoïde. Comme le
supraconducteur annule le champ dans la plus grande partie de son volume, le flux magnétique est
plus faible donc L diminue en présence du supraconducteur .
On sait que le champ magnétique crée par le solénoïde, qui existe en dehors du supra-
conducteur, est proportionnel à I donc la diminution sera plus importante pour I plus grand.
Partie IV
CCP PSI 2014
IV-1-a) L’intensité maximale correspond au cas où la densité J0 traverse toute la section soit
I C = J 0 πR 2 .
I0 I0
b) Il vient immédiatement u = = .
I C πR 2 J 0
c) La densité de courant est uniforme dans la zone R > r > r1(t) et vaut J0 donc, à l’instant t,
on a I ( t ) = π ( R 2 − r12 ( t ) ) J 0 .
I0 I I0
d) On en déduit t = π ( R 2 − r12 ( t ) ) J 0 soit R 2 − r12 ( t ) = 0 t . Avec u = , il vient
T πJ 0T πR 2 J 0
t t
r12 ( t ) = R 2 − uR 2d’où r1 ( t ) = R 1 − u (en prenant l’unique racine positive).
T T
La zone traversée par le courant augmente donc avec t.
e) On obtient facilement r1 (T ) = R 1 − u .
IV-2-a) La distribution de courant est invariante par :
 symétrie par rapport au plan passant par M et contenant 
l’axe Oz. Le champ magnétique est donc perpendiculaire ce plan : il Je
 M r
est porté par eθ ( M ) dans la base cylindrique. z

 rotation d’un angle θ quelconque et translation le long de eθ Γ

Oz donc B ne dépend pas de θ ni de z. Il reste donc
 
B ( M , t ) = B ( r , t ) eθ ( M ) .
Les lignes de champ sont donc des cercles centrés sur l’axe Oz.
b) On applique le théorème d’Ampère sur un contour Γ circulaire de rayon r, centré

sur Oz et orienté comme eθ , comme indiqué sur la figure.

( )
Dans l’ARQS, le théorème d’Ampère s’écrit CΓ B = µ 0 I Γ avec :
    
( )
 CΓ B = ∫ B ⋅ τ d ℓ = ∫ B ( r , t ) eθ ⋅ eθ d ℓ = B ( r , t ) ∫ d ℓ = B ( r , t ) 2πr ;
Γ Γ Γ

 IΓ = 0 pour r < r1(t).


On en déduit B ( r , t ) = 0 pour r < r1 ( t ) .

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c) Pour r ∈  r1 ( t ) , R  , on peut écrire I Γ = ∫∫ J 0 dS = J 0 π ( r 2 − r12 ( t ) ) d’où

µ0 J 0 2
B ( r, t ) =
2r
( r − r12 ( t ) ) .
B(r)
d) Pour r ∈  r1 ( t ) , R  , on peut écrire B(R)

 r 2 (t )  r12 ( t )
B ( r , t ) = B0  r − 1  . Le terme devient vite négligeable
 r  r
devant r et la courbe devient pratiquement rectiligne pour r proche r
de R. Elle est tracé ci-contre. r1(t) R
IV-3-a) L’équation de Maxwell-Faraday s’écrit

  ∂B
( )
rot E = −
∂t
. Sa forme intégrale décrit le phénomène d’induction électromagnétique. Elle a été
proposée par Maxwell en 1865 à partir des travaux de Faraday (1831).
∂E ( r , t )
b) Pour r < r1(t), on a vu B = 0 donc − = 0 d’après l’expression de
∂r
 
( )
rot E ( r , t ) e z . On en déduit que E ne dépend que de t. D’après l’hypothèse de l’énoncé, on a donc
E = 0 dans ce cas.
∂E ( r , t ) ∂ µ J 
c) Pour r ∈  r1 ( t ) , R  , E(r, t) vérifie l’équation − = −  0 0 ( r 2 − r12 ( t ) ) 
∂r ∂t  2r 
∂E ( r , t ) µ 0 J 0 dr1 ( t )
2

soit =− (car r1 ne dépend que de t).


∂r 2r dt
µ 0 J 0 dr1 ( t )  r 
2

On intègre en E ( r , t ) − E ( r1 , t ) = − ln   .
2 dt  r1 ( t ) 
Comme E(r) est continu en r = r1, on a lim− E ( r ) = lim+ E ( r ) soit E ( r1 , t ) = 0 . On obtient
r → r1 r → r1

µ 0 J 0 dr1 ( t )  r 
2

donc E ( r , t ) = − ln   .
2 dt  r1 ( t ) 
I0 dr12 ( t ) I
Mais comme r1 ( t ) = R − 2 2
t d’après III-1-d donc =− 0 et il vient
πJ 0T dt πJ 0T
µ0 J 0 I 0  r  µ0 I 0  r ( t ) 
E ( r, t ) = ln   ou encore E ( r , t ) = ln  .
2 πJ 0T  r1 ( t )  2πT  r1 ( t ) 
IV-4-a) La densité volumique locale et instantanée de puissance dissipée dans le supra-
 
conducteur est pV ( r , t ) = J e ( r , t ) ⋅ E ( r , t ) .

µ0 I 0 J 0  r ( t ) 
On a donc pV ( r , t ) = 0 pour r ∈ 0, r1 ( t )  et pV ( r , t ) = ln   si r ∈  r1 ( t ) , R 
2πT  r1 ( t ) 
b) La puissance instantanée totale dissipée dans le supraconducteur est alors
Lsupra 2π R µ I J  r (t )  µ0 I 0 J 0 R  r (t ) 
Pélec ( t ) = ∫∫∫ pv ( r , t ) d τ = ∫ dz ∫ d θ ∫ 0 0 0
ln   rdr = 2πLsupra ∫ ln   rdr .
0 0 r1 ( t ) 2πT
 r1 ( t )  2πT 1 ( )  r1 ( t ) 
r t

(Remarque : les calculs qui suivent sont qualifiés dans l’énoncé de Mines Ponts 1999 de longs et fastidieux et
le résultat est donné. Mais CCP 2014 les demandait !)
En utilisant l’expression donnée par l’énoncé, il vient

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I J L  r2  r  r2 
R
I 0 J 0 Lsupra  R 2  R  R 2 r12 ( t )  r1 ( t )  r12 ( t ) 
 .
 2  r1 ( t )  4
ln 
 − + c  = µ 0  r ( t ) 
Pélec ( t ) = µ0 0 0 supra  ln  ln − − +

 2  r1 ( t )  4
T  r1 ( t ) T    2  1  4 

I0 t
Comme J 0 = 2
d’après III-1-a et r1 ( t ) = R 1 − u d’après III-1-d, il reste
πR u T
   
 2   1 
I 0 I 0 Lsupra  R ln  1
 +  − R 2 + R 2  1 − u
t 
Pélec ( t ) = µ 0 
πR 2 u T  2  t  4  T 
  1− u  
  T  
2
1 I 0 Lsupra  R 2  t  R2 t 
Pélec ( t ) = µ 0 − ln  1 − u  − u 
πR 2u T  4  T 4 T
µ0 I 02   t  t 
soit Pélec ( t ) = − Lsupra  ln  1 − u +u .
4 π uT   T  T 
T µ0 I02 T  t  t 
c) On a alors Q = ∫ Pélec ( t ) dt = − Lsupra ∫  ln  1 − u  + u  dt
0 4π uT 0
  T T
T
 t   t   t  
2   1− u  − 1 − u  ln  1 − u  u t2 
µ I
= − 0 0 Lsupra       +
T T T
 en utilisant l’expression donnée
4π uT  u /T T 2
 
0
par l’énoncé.
µ0 I 02  (1 − u ) − (1 − u ) ln (1 − u ) uT T 
Il reste Q = − Lsupra  + −  d’où
4π uT  u /T 2 u

µ0 I 02  u2 
Q= Lsupra  u + (1 − u ) ln (1 − u ) − .
4π u 2  2 
d) On constate que l’énergie dissipée ne dépend pas de T ; il n’est donc pas utile de
modifier cette valeur.
Par contre, elle dépend de u, c’est-à-dire de l’intensité I0 maximum que l’on fait passer. Un
tracé de Q(u) montre que Q est une fonction croissante de u, comme on pouvait s’y attendre.

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