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4.

Installation du verger de pommier

Il est généralement recommandé d’installer des cultures de couverture à base de

légumineuses pendant quelques années sur les parcelles destinées à une nouvelle plantation de

pommier. Cette pratique permet d'améliorer le sol, physiquement et chimiquement.

La plantation du pommier doit normalement se dérouler en hiver lorsque l’arbre est en

dormance. Les arbres sont généralement livrés sans aucune protection des racines, ce qui

nécessite qu’elles soient couvertes pour les protéger contre la dessiccation.

Dans le cas où le sol est sec, il est urgent de l’irriguer dès que possible pour permettre

une reprise rapide de la croissance du pommier après la transplantation.

4.1. Date de plantation du pommier

La plantation peut se faire pendant toute la période de repos végétatif, à condition que

le sol soit bien ressuyé

4.2. Profondeur de plantation

Les jeunes plants doivent être protégés et leurs racines trempées dans une boue liquide

faite de terre argileuse à laquelle on mélange de la bouse de vache lorsqu’on en a. Une fois le

plant mis en place, il convient de veiller à ce que les racines soient correctement étalées, ce

qui signifie qu’elles doivent être préalablement raccourcies.

4.3. Densité de plantation

Des densités d'arbres très élevées permettent d’améliorer la productivité du verger de

pommier. Cependant, la densité idéale dépendra des facteurs suivants :

• fertilité du sol ;

• disponibilité de l’eau d'irrigation ;

• types de variétés utilisées et types de croissance de la variété;

• méthode de formation des arbres et mode de conduite des arbres ;

• moyens financier et technique dont dispose le producteur.

Viser une densité trop élevée d'arbres sans prendre en considération d’autres facteurs

de production peut causer une réduction des rendements et/ou une dépréciation de la qualité.
Les plantations à haute densité (au-dessus de 1500 arbres/ha) exigent d'excellentes

qualifications de gestion, mais permettent d’assurer une meilleure rentabilité sur

l’investissement de capital et d’équipement.

5. Importance de la pollinisation, de la taille et l’éclaircissage des fruits chez le pommier

5.1. La pollinisation

Les abeilles des ruchers sont considérées comme l'agent de pollinisation principal chez

le pommier, car les abeilles sauvages ne sont pas abondantes au bon moment. Les producteurs

doivent établir des contrats avec les apiculteurs pour installer des ruches pendant la période de

floraison du pommier. En général, les ruches devraient être présentes quand

approximativement 5% de la floraison a lieu. Le taux de ruches recommandé est trois ruches

pleines/ha.

En cas de verger monovariétal on utilise des pollinisateurs de type Floribunda.

En cas de verger a` plusieurs variétés, elles sont disposées en rangées intercalées avec

différentes proportions1/3-2/3,1/4-3/4 …

5.2. La taille du pommier

a. La taille de formation

Elle diffère selon le mode de conduite choisi, en Goblet, en palmette, en axe etc.…Son

objectif est de donner et former une structure de l`arbre, et intervient au courant des premières

années de plantation.

b. La taille de fructification

Le pommier produit sur les lambourdes insérées sur des rameaux de deux ou plusieurs

années. La taille de fructification vise donc à assurer un renouvellement continuel de la

végétation par l’éclaircie des branches fructifères trop serrées. La taille de production ne

comporte que l’enlèvement d’une partie des rameaux de 1 an en surnombre ou mal situés, le

raccourcissement et l`éclaircissage des petites branches fructifères.

5.3. L’éclaircissage des fruits chez le pommier

Le Carbaryl à 100 g/100 L a donné de très bons résultats, notamment sur la variété
`Ozark Gold'. Il a permis d'obtenir des taux de chute de fruits, des proportions de corymbes à

peu de fruits et de fruits de calibre supérieur, ainsi qu'un rendement quantitatif équivalents à

ceux obtenus sur les plants témoins éclaircis manuellement.

6. Fertilisation

Les sols pauvres ne permettent pas l’obtention de rendements optimums sans

fertilisation. Les sols fertiles produisent toujours mieux et au moindre coût.

Des apports sous forme de fumier riche en nutriments, comme le fumier de volaille,

nécessite un suivi de près, vu que des apports excessifs en fertilisants peuvent causer des

dommages sur les racines de l’arbre, surtout après une forte pluie. De même, il est déconseillé

que les racines des plants de pommier entrent en contact direct avec le fumier ou les

fertilisants azotés pour éviter des brûlures sur les racines.

6.1. Gestion de l’élément azote

Les quantités d’azote nécessaires à la construction des arbres de pommier par hectare,

ainsi que les quantités d’azote indispensables pour supporter la production sont indiquées

dans le tableau ci-dessous.

Tableau 1. Fumure azotée d’entretien et de production d’un hectare de pommier selon

les exportations de fruits (kg/ha).

1ère année 2ème année 3ème année 4ème année 5ème année

20 40 60 80 80

Selon les prévisions de production

+0,6 kg/tonne de fruits

6.2. Gestion des éléments phosphore et potassium

Les besoins d’un verger de pommier en éléments nutritifs varient selon la variété, la

fertilité du sol, la vigueur, et l’âge de plantation.

Tableau 2. Evolution des quantités de P et K nécessaires à la construction d’un hectare

de pommier (kg/ha).

Elément Floraison
Débourrement Récolte Chute des

feuilles

Total kg/an

P2O5 30 - - -

30

K2O - 60 60

120

Le K2O doit être apporté avant la récolte, le P2O5 avant débourrement pour servir en

floraison.

6.3. Gestion de l’élément fer (Fe)

Les carences en fer sont fréquentes en terrains calcaires et en sols humides et mal

drainés. Elles se manifestent généralement 2 à 3 mois après le débourrement et se traduisent

par une décoloration des jeunes feuilles. Le limbe devient vert pale, puis jaunâtre, et enfin

blanc si la chlorose est forte.

6.4 Gestion de l’élément bore (B)

Les carences en cet élément sont fréquentes (sols calcaires) indépendamment du type

de sol. La carence en bore peut mener à l’annulation des bourgeons, brunissement et

desséchement des bouquets floraux, chlorose et nécrose des jeunes feuilles, déformation et

desséchement des pousses. On peut corriger ces carences en hiver par l’application de sels

boratés au sol, ou par des applications foliaires de sels boratés autour de la floraison.

6.5. Gestion de l’élément Zinc (Zn)

La carence en zinc se manifeste par des feuilles petites, étroites, pointues, avec des

pétioles très courts. On observe également un raccourcissement des entre-nœuds.

Les apports de fumier, des résidus végétaux, ou des applications foliaires à base de

sulfate ou d’oxyde de zinc, permettent de corriger les carences en zinc. L’application des
fongicides contenant du zinc peut parfois suffire à prévenir cette carence.

7. Conduite de l’irrigation

Les pommiers ont besoin d’une humidité uniformément répartie pendant la saison de

croissance pour permettre une production régulière et importante.

Possédant un système racinaire peu développé, le jeune plant de pommier est

particulièrement vulnérable aux longues périodes de sécheresse, surtout en présence d’une

forte infestation par les mauvaises herbes qui concurrencent le pommier pour l’eau.

L’irrigation et le désherbage sont très importants durant la première saison de

plantation du pommier. L’utilisation du mulching des débris végétaux compostés, du paillis,

des chutes de menuiserie ou des matériaux qui ont le même effet sur les rangs du verger

aidera à contrôler les mauvaises herbes et conserver l’humidité du sol.

La conception du système d’irrigation dépend de la disponibilité en eau et du type de

sol. Le système d’irrigation "goutte à goutte" ou "microjet" permettent une meilleure

efficience d’utilisation de l’eau et une meilleure rentabilisation des investissements surtout en

année sèche.

Il est également important de raisonner les irrigations en fonction des besoins du

verger et pas en fonction du calendrier.

Les besoins en eau sont plus importants en période estivale c’est à dire environ 2 mois

avant la récolte, c’est à cette période où le stress hydrique est à éviter pour ne pas contrarier

la production. L’humidité du sol doit rester proche de la capacité au champ, la fréquence des

irrigations est plus grande.

8. Management des mauvaises herbes


Le contrôle des adventices autour des jeunes arbres est très important et peut être fait

mécaniquement, par les techniques culturales et chimiquement. Il est recommandé de protéger

les tiges au moment de l’application des herbicides.

Le non contrôle ou le contrôle inadéquat des adventices est responsable des chutes de

rendement à cause d’une concurrence pour l’eau, et les éléments minéraux.

L’utilisation d’une culture de couverture permet de contrôler les adventices, de

conserver l’humidité, d’enrichir le sol en matière organique. Le trèfle souterrain est une bonne

culture de couverture pour le pommier. On peut procéder à 4 coupes, avant que le trèfle meure

et laisser un mulch.

Dans les régions bien arrosées, le trèfle blanc est souvent recommandé, vu qu’il

pousse pendant toute la saison de croissance du pommier. Nous préconisons dans ce cas

l’utilisation des herbicides pour contrôler les adventices sur une largeur d’un mètre de part et

d’autre du rang des pommiers dans le but de minimiser les risques du stress hydrique.

9. Management des maladies chez le pommier

Normalement, les applications des pesticides aux jeunes plantations doivent être

minimisées pour des raisons économiques, cependant il est conseillé de recourir à une

surveillance très rapprochée du verger.

Les maladies les plus problématiques chez le pommier sont :

• La tavelure. Cette maladie se manifeste par des taches brunâtres à la face supérieure

des feuilles. Ces taches réduisent l’activité photosynthétique et entraîne la chute

prématurée des feuilles. Sur les fruits, la maladie déforme les fruits par les fentes plus

ou moins profondes qu’il cause.

• L’oïdium. C’est un champignon qui attaque essentiellement les extrémités des

pousses en croissance, les jeunes feuilles et même les fruits. Sur le fruit, ce

champignon provoque des déformations et une rugosité localisée.

• Les monilioses. La maladie se manifeste par un desséchement des fleurs, un

desséchement, puis apparition d’un chancre en écussons sur les rameaux, et un


développement d’une pourriture brune à partir d’une blessure sur les fruits au verger

ou en conservation.

La tendance actuelle est vers la réduction du nombre de traitements et vers l’utilisation

de moyens de contrôle respectueux de l’environnement, et des agents naturels (prédateurs,

parasites et des variétés résistantes). La surveillance de l’évolution des insectes et des

maladies, du climat, et l’utilisation des phéromones, bien nécessaire pour des programmes de

lutte intégrée, permet de mieux raisonner les traitements.

10. Management des insectes chez le pommier

Les insectes les plus répandus chez le pommier :

• Le puceron. C’est l’insecte le plus redoutable sur arbres adultes, qui se

développe au printemps et déforme les jeunes fruits. Les tiges sont couvertes d'amas de

pucerons noirs. Sur les arbres jeunes, tous les pucerons sont nuisibles dans la mesure où ils

ralentissent la croissance et déforment les rameaux en cours de développement. Pour lutter

contre cet insecte, il faut étêter les plantes au-dessus de la sixième fleur. Nous recommandons

d’intervenir très tôt par l’utilisation des insecticides systémiques de façon à éliminer les

pucerons protégés au creux des feuilles.

• Le carpocapse. Les dégâts de cet insecte consistent en un trou de 2 mm de

diamètre environ entouré d’une auréole rougeâtre. Si on coupe le fruit, on observe une galerie

qui se dirige vers les pépins et on y trouve la larve sauf en fin de saison. Il est conseillé

d’éliminer les pommiers abandonnés sur un rayon de 200 m et de ramasser les fruits

endommagés. Ces méthodes permettent de diminuer la population en éliminant les foyers

d’infestation et en coupant le cycle de développement des individus. Certaines plantes de

couverture telles que le trèfle, repousseraient le carpocapse. Aussi, l’utilisation des pièges

installés sur le tronc permet de récupérer une partie des chenilles qui descendent le long du

tronc pour aller hiberner. Les pièges collants à phéromone sexuelle peuvent également être

utilisés pour le piégeage de masse. On recommande également la lutte autocide qui consiste à

relâcher massivement des mâles stérilises par irradiation.


• La mineuse cerclée. Les chenilles en dévorant le parenchyme du limbe des

feuilles entre les cuticules, provoque des chutes très importantes des feuilles, réduit la

fonction chlorophyllienne et les rendements.

11. La récolte des pommes

L’état de maturité auquel les pommes sont cueillies a une influence capitale sur leur

qualité. Une cueillette prématurée présente beaucoup d’inconvénients :

• Réduction du rendement, vu que le grossissement est important en fin de cycle ;

• Les pertes de poids par transpiration lors de la conservation au frigo sont plus grandes,

et les fruits ont tendance à se rider ;

• La maturité inachevée à la récolte le restera même après une longue période de

conservation au frigo ;

• Augmentation de l’incidence des maladies de vitrescence ;

Il y a plusieurs méthodes qui permettent de déterminer la date optimale de récolte des

pommes. Celles basées sur l’aspect du fruit, couleur des pépins, indice réfractométrique,

celles basées sur certaines propriétés physiques, et celles qui reposent sur la durée

relativement constante de la période de développement du fruit sur l’arbre.

La formation et la supervision des ouvriers sans expérience sont un aspect très important

pour éviter les dommages sur les pommes qui déprécient la qualité des fruits.

Pour éviter les accidents qui mènent aux blessures des fruits lors de la récolte, il faut que :

• Les personnes qui font la récolte ne doivent pas avoir de longs ongles;

• Les caisses en plastiques ou paniers utilisés lors de la récolte ne doivent comporter des

parties pointues ou une surface rugueuse, et doivent être souvent désinfectées;

• Veiller à la manipulation correcte des fruits. Les fruits doivent être déposés avec soin

dans les caisses et non pas jetés;

• Eviter de mélanger les fruits chutés et ceux récoltés. Les fruits chutés sont souvent

endommagés lors de chute et ne se conservent pas correctement. Ils sont souvent

vendus immédiatement sans stockage au frigo.


• Les fruits ne doivent pas être exposés longtemps aux rayons solaires, autrement les

fruits peuvent être endommagés par des coups de soleil ce qui les rend invalides pour

la conservation.

12. Post-récolte

Après la récolte, il est conseillé de faire subir une pré-réfrigération, dans le but de

ralentir le processus de maturation. Par la suite, la conservation peut se faire en chambre

froide avec ou sans atmosphère contrôlée.

13. Débouchés

La filière des pommes est assez organisée, cependant l’organisation en place profite

plus aux intermédiaires qu’aux producteurs. On préconise la création ou la dynamisation des

coopératives pour permettre aux producteurs de résoudre collectivement leurs problèmes

techniques et avoir des lieux de stockage modernes accessibles à tous les producteurs

membres, petits, et moyens. L’accessibilité aux lieux de stockage permettrait aux producteurs

de récupérer une bonne partie de la plus value.