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ECONOMIE

DES
MARCHES
AGRICOLES

Dr AMIDOU KONE
Table des matières
Objectif ................................................................................................................. 4
INTRODUCTION ............................................................................................... 5
I. LES CARACTERISTIQUES DES MARCHES AGRICOLES ............... 6
1. La demande ................................................................................................ 6
2. L’offre ......................................................................................................... 6
3. Les prix ....................................................................................................... 8
II. L’INSTABILITE DES MARCHES AGRICOLES ................................ 8
III. LE FONCTIONNEMENT DES MARCHES AGRICOLES. ............... 8
Introduction ...................................................................................................... 8
1. LES MARCHES AGRICOLES BENEFICIANT D’UN EQUILIBRE
RELATIF .......................................................................................................... 9
2. LES MARCHES AGRICOLES SUJETS D’UN PHENOMENE
D’ALTERNANCE.......................................................................................... 10
Le cycle agricole, phénomène du marché ................................................. 10
2.1. Le cycle agricole et l’inélasticité de l’offre actuelle par rapport au
prix courant ................................................................................................. 10
2.2. Le cycle agricole et l’élasticité de l’offre future par rapport au prix
actuel............................................................................................................. 10
2.3. Le prix agricole et l’élasticité de l’offre ............................................ 10
2.4. Le cycle agricole et la trajectoire des oscillations. .......................... 11
2.5. Le cycle agricole et les modifications de son contenu. ................... 12
2.6. Le cycle agricole et la durée de ses manifestations......................... 12
2.7. Le cycle agricole et les conditions de ses manifestations................ 12
3. LES MARCHES AGRICOLES EN ETAT DE DESEQUILIBRE..... 12
3.1. L’inélasticité de l’offre et l’absence de substitut de cultures .......... 13
3.2. L’inélasticité de l’offre et l’élimination des exploitations
marginales .................................................................................................... 13
3.3. L’inélasticité de l’offre et la rénovation des structures sociales ... 13
3.4. L’inélasticité de l’offre et la référence à un prix d’équilibre. ....... 13
IV. LA REGULATION DES MARCHES AGRICOLES. ......................... 14
V. LES MARCHES A TERMES .................................................................... 15
1. LES PRINCIPES DU MARCHES A TERME. .................................... 15
2. LES TYPES D’OPERATIONS .............................................................. 15
2.1. La couverture ..................................................................................... 15
2.2. La spéculation .................................................................................... 16
2.3. L’arbitrage ......................................................................................... 16
2.4. Le contrat à terme ............................................................................. 16
3. L’AVERSION DU RISQUE ................................................................... 16
4. LE CONCEPT MULTIDIMENSIONNEL. .......................................... 17
5. L’ARBITRAGE SELECTIF ET L’ARBITRAGE ANTICIPATIFS . 18
Objectif
Ce cours vise à dispenser les connaissances pratiques sur le marché des produits agricoles. Il
met l’accent sur le caractère spécifique des produits agricoles. Il décrit les principales
caractéristiques de ces marchés.

Comment ces marchés fonctionnent-ils ?

Il passera en revue la variabilité des prix agricoles, le risque et les moyens pour y faire face.

L’étudiant à la suite du cours doit :

- Comprendre le fonctionnement des marchés agricoles


- Etre capable de caractériser le risque et les moyens d’y remédier.

Evaluation : note de TD et un examen final (QCM et définition)

Bibliographie : « Economie rurale » de Robert BADOUIN.


INTRODUCTION
L’utilisation des ressources productives et leur combinaison par les agriculteurs aboutissent à
la production certain volume de denrées alimentaires et d’une certaines quantité de matières
premières. Confrontées avec des demandes et des besoins ces disponibilités agricoles
engendrent des transactions et provoquent l’apparition des marchés. Par son fonctionnement,
le marché doit orienter la production agricole dans sa masse et sa composition.

La production agricole a pour finalité de satisfaire une demande, que l’agriculteur contribue
en tant que consommateur à former, mais dont il ne décide pas souverainement.

L’offre agricole a pour objet de répondre à la demande adressée à l’agriculture.

Elle témoigne de ce que le comportement de l’agriculteur à de typique, en tant que


producteur. C’est à l’originalité des attitudes des producteurs que l’offre agricole doit ses
traits spécifiques. De la confrontation entre l’offre et la demande nait un prix qui est soumis à
des fluctuations toutes les fois que la position de l’une des variables par rapport à l’autre se
modifie. Or, la variation du prix des modifications de l’offre et de la demande.

D’autre part, le volume de l’offre et le niveau de la de mande peuvent se déplacer sous


d’autres influences que celles exercées par le prix. L’ensemble des ajustements entre
l’offre, la demande et le prix constitue les mécanismes du marché. La façon dont ces
mécanismes fonctionnent dépend des caractéristiques de l’offre et de celle de la demande.

Comment les mécanismes du marché se manifestent-ils dans le secteur agricole ?

Des particularités que l’on peut observer proviennent des traits qui distinguent l’offre et la
demande agricoles de ceux des autres secteurs. Elles définissent, pour les marchés agricoles
un certain nombre de modèles de fonctionnement.
I. LES CARACTERISTIQUES DES MARCHES
AGRICOLES
Les marchés agricoles sont aussi nombreux et divers que le sont les produits issus de l’activité
des producteurs.

Ils portent sur :

- Des produits de luxe ;


- Des biens de première nécessité ;
- Des produits périssables ;
- Des produits stockables.

Aussi les caractéristiques de la demande, de l’offre et du prix ne saurait être identique pour
tous les marchés agricoles.

1. La demande
La demande de produit agricole est comme toute demande, une fonction décroissante du prix.
Cependant, pour les produits d’alimentation, la sensibilité de la demande à la variation du prix
pourra être assez faible.

La hausse du prix d’un produit de grande consommation n’ayant pas de substitut proche ne
dissuadera guère le consommateur d’en user. Si, de surcroit le prix du produit, malgré
l’élévation enregistrée demeurent avantageux par rapport à celui d’autre produit pouvant
remplir le même office, la demande se maintiendra à un niveau élevé. Elle pourra même,
dans certaines hypothèses, augmenter. C’est la raison pour laquelle en période de pénurie ou
de disette, il est très difficile de limiter la hausse des prix des produits alimentaires.

Lorsqu’une économie a atteint un certain niveau de développement, l’élasticité de la demande


des différents produits agricoles par rapport à leur prix est, selon toute vraisemblance, faible.
Une variation même importante du prix ne parvient pas à engendrer des modifications
sensibles dans le volume de la demande.

2. L’offre
L’offre d’un produit agricole ne s’identifie toujours pas au volume de la production pour les
denrées non périssables, les variations du stock s’intercalent entre production et l’offre des
transactions internationales, le ramassage non Intégrales d’une récolte introduisent aussi des
différences entre production et offre. La production agricole dépend de deux séries de facteurs
qui sont :

- Les facteurs naturels ;


- Les effets du comportement.

L’action des facteurs naturels n’a plus les mêmes conséquences sur le volume des récoltes, les
conséquences qu’elle avait d’autrefois.
Le progrès techniques améliore les rendements et les rends moins variables d’une année à
l’autre. L’influence des forces naturelles sur l’offre agricole affecte d’une double forme : aux
variations saisonnières s’ajoutent l’irrégularité dans le volume de la production.

Pour les produits stockables, la saisonnalité de la période de production est sans incidence sur
le marché.

Pour les denrées périssables, il existe une coïncidence entre la période de récolte et celle de la
commercialisation des produits.

Le progrès technique a réduit l’ampleur des variations du volume des récoltes du à


l’influence des facteurs naturels

L’offre agricole résulte aussi des décisions des agriculteurs et de leur comportement. Ainsi,
sur quels éléments les agriculteurs se fondent-ils pour modifier leurs apports sur les marchés
et à travers un changement de leur programme de production, le volume des récoltes futures ?

Pour répondre à cette question, l’analyse économique enseigne que l’offre est liée aux prix.

Le prix d’un produit, peut intervenir dans la détermination du volume de l’offre sous trois
aspects :

- Le prix actuel explique une parti des réactions de l’offre ;


- Le prix passé peut avoir décidé du volume de l’offre actuel ;
- Le prix anticipé pour l’avenir contribue à la constitution de l’offre future.

Le prix courant pèse sur l’offre actuelle lorsque:

- Le volume de la production est fixé ;


- Une dissociation est possible entre le volume de cette production et celui de l’offre.

Les solutions alternatives alors sont : l’autoconsommation, le stockage et la destruction.

Le niveau du prix peut inciter le cultivateur à :

- Consommer plus ou moins d’un produit


- Faire une rétention du produit ;
- Abandonner une fraction de récolte dans le champ.

Le prix contemporain de l’époque à laquelle les agriculteurs ont arrêté leur programme de
production a pu exercer une influence prépondérante. La quantité récoltée au moment des
moissons dépend des superficies emblavées au moment des semailles.

C’est donc un pris passé qui commande au volume de l’offre actuelle.

L’agriculteur habitué aux fluctuations des cours ne peut fonder sa décision sur un élément
aussi fugace. C’est moins le prix constaté qui entraine sa conviction que le prix anticipé.
3. Les prix
Les marchés se caractéristiques par leur forte sensibilité et une grande instabilité. Non
seulement le prix s’avère très réceptif à toute variation de l’offre ou de la demande, mais des
modifications importantes sont nécessaires pour réaliser l’ajustement entre l’offre et la
demande.

Le prix est donc commandé par une offre qui elle-même est lié au coût. Les prix agricoles
sont des prix de marché et non des prix des coûts.

Toute modification de l’offre et de la demande a des répercussions sensibles sur le prix. Toute
offre excédentaire se heurtera au caractère inextensible de la demande en dépit de la baisse
des prix.

Une diminution de la demande aura les mêmes effets chaque fois qu’elle se réalisera dans des
circonstances où l’offre est élastique.

II. L’INSTABILITE DES MARCHES AGRICOLES


Cette instabilité souvent constatée et déplorée dépend des caractéristiques de l’offre et de la demande
agricole.

Si en présence d’un accroissement de l’offre, la demande de produits agricoles se révèle élastique une
faible variation du prix permet d’absorber une variation plus ample de cette offre. Mais comme la
demande des produits agricoles est fortement inélastique par rapport au prix il faut consentir des biens
massives pur que la demande se hisse au niveau de l’offre.

Le marché enregistre donc des fluctuations importantes. Mais ces fluctuations pourraient n’avoir
qu’un caractère accidentel si l’offre elle-même s’adaptait à la condition du marché.

L’instabilité des marchés agricoles est illustrée par des pourcentages des variations annuelles mesurées
par rapport au niveau général des prix des produits agricoles.

III. LE FONCTIONNEMENT DES MARCHES AGRICOLES.

Introduction
Le mécanisme des marchés découle d’un réseau de relations entre l’offre, la demande et le
prix.

Ces liaisons affectent l’allure des interactions entre les quantités et les prix. Elles peuvent
revêtir des caractéristiques différentes selon les marchés, que ceux-ci soient dépendants de
contraintes naturelles ou techniques, ou que leur fonctionnement dérive du comportement des
producteurs.

Lorsque des caractéristiques communes se retrouvent sur un certain nombre de marchés, leur
fonctionnement est à peu près semblable ; il est donc possible de regrouper les marchés
agricoles et de ramener leur mode de fonctionnement à quatre principaux types suivants :

- Les marchés en équilibre relatif ;


- Les marchés sujets au phénomène d’alternance ;
- Les marchés en déséquilibre permanent ;
- Les marchés régulés.

1. LES MARCHES AGRICOLES BENEFICIANT D’UN EQUILIBRE RELATIF

Sur certains marchés agricoles, l’équilibre entre l’offre et la demande peut être atteint
moyennant une faible modification du prix. L’ajustement des quantités se fait aisément, sans
qu’un brutal mouvement des prix perturbe l’évolution de la demande et les conditions de
l’offre. Il en ait ainsi toute les fois que la demande se révèle élastique.

Quand l’offre augmente, un léger fléchissement du prix provoque une extension de la


demande suffisante pour absorber la production supplémentaire. Lorsque le volume de l’offre
se réduit, une hausse modérée du prix suffit à entrainer une contraction de la demande
désormais contenue dans les limites de l’offre.

La demande, parce qu’elle est douée d’ d’élasticité contient les variations du prix dans les
limites étroites. Le marché est stable et le calcul des producteurs peut prendre pour référence
le prix qui s’établit sur le marché.

L’élasticité de l’offre peut conduire au même résultat. Mais contrairement à la demande, une
offre élastique par nature peut avoir son élasticité contrariée par divers obstacles. Un état
éloigné de la saturation, lorsqu’il concerne la plupart des marchés agricoles favorise la
stabilité de maints d’entre eux.

Les marchés des produits de luxe sont stables parce que :

- La demande qui leur est adressé est fortement élastique ;


- L’offre est souvent difficile à entendre d’une façon massive.

Un savoir-faire, un tour de main sont nécessaires pour réussir dans une agriculture artisanale
de luxe.

Ces marchés sont de petites dimensions, souvent mal connus de la masse des agriculteurs et
un accès difficile.
2. LES MARCHES AGRICOLES SUJETS D’UN PHENOMENE
D’ALTERNANCE
Le cycle agricole, phénomène du marché
Le fonctionnement cyclique d’un marché agricole se manifeste par l’existence de deux ondes,
l’une affectant les quantités ayant fait l’objet de transactions, l’autre le prix moyen auquel ces
transactions se sont effectuées.

Le mouvement ondulatoire des quantités et des prix obéît à la loi du marché.

Le cycle agricole se traduit par un mouvement contraire de la quantité et du prix. C’est un


phénomène structurel et non conjoncturel.

2.1. Le cycle agricole et l’inélasticité de l’offre actuelle par rapport au prix courant
Le déséquilibre virtuel du marché dans l’hypothèse d’une modification du volume de la
demande pourrait n’atteindre qu’une ampleur limitée si l’offre douée d’élasticité pouvait se
contracter ou se dilater pour correspondre au volume de la demande. Mais l’offre, liée à la
production se révèle à court terme rigide. C’est le volume de la production qui constitue la
variable motrice, celle qui détermine le prix l’accompagne.

A court terme, l’offre exerce sur le prix une action irréversible. Si l’offre actuelle est
insensible au mouvement du prix, il n’en est pas de même de l’offre ultérieure.

Le prix actuel oriente les décisions dont dépend le volume de l’offre future. Ainsi le
phénomène d’alternance va prendre naissance.

2.2. Le cycle agricole et l’élasticité de l’offre future par rapport au prix actuel
Si, au moment où se décident les superficies à consacrer à une production donnée, le prix du
produit considéré est élevé, il est probable que les agriculteurs seront encouragés à en
développer la production. Si au contraire, le prix est affaissé, les superficies consacrées à la
culture concernée seront réduites.

L’offre future est donc une fonction croissante du prix courant au moment où sont prises les
décisions concernant les programmes de productions, la répartition des cultures et
l’affectation des terres au diverses spéculations.

Ainsi un prix courant faible provoqué par une offre forte va entrainer une offre ultérieure
faible qui sera génératrice d’un prix élevé. Ce prix élevé encouragera la production et une
offre abondante amènera, au cours de la campagne ultérieure, un prix à nouveau affaissé. Une
alternance se manifeste.

2.3. Le prix agricole et l’élasticité de l’offre


L’alternance observée sur les marchés agricoles a donc pour origine une forte élasticité de
l’offre par rapport aux prix combinée avec les délais nécessaires pour répondre aux
indications fournies par ce prix.
L’ampleur du mouvement des quantités et des prix dépend donc de l’inélasticité de l’offre
actuelle et de l’élasticité de l’offre future.

Quels sont donc les facteurs qui peuvent influer sur l’élasticité de l’offre ?

Elle dépend tout d’abord des possibilités de substitution des cultures à l’intérieur des
exploitations agricoles.

Les cultures annuelles s’accommodent plus facilement de changements massifs dans les
superficies que celles qui exigent de longs délais de production. Celles qui occupent des
superficies réduites peuvent connaitre des variations de surface proportionnellement plus
considérable que celles qui tiennent une fraction appréciable de la surface agricole utile. Le
délai de réaction intervient aussi dans la détermination de l’élasticité de l’offre. Il prend en
compte deux aspects :

- Celui de la continuité ou de la discontinuité de la production ;


- Celui du temps nécessaire à une modification de l’offre.

2.4. Le cycle agricole et la trajectoire des oscillations.

L’allure du mouvement ondulatoire dépend de l’élasticité comparée de l’offre et de la


demande par rapport au prix.

Quand les élasticités de l’offre et de la demande sont égales sur un marché de produit
agricole, les oscillations du marché sont constantes, les prix et les quantités retrouvent
périodiquement les mêmes valeurs. Le marché est soumis à un mouvement cyclique parfait et
perpétuel, l’onde se reproduisant, toujours semblables à elle-même.

Lorsque l’élasticité de l’offre s’avère inférieure à celle de la demande, l’élasticité de la


demande absorbe une fraction des effets des variations de la production.

Les mouvements ders réduit d’autant, et l’élasticité de l’offre est plus faible que celle de la
demande, la variation induite est plus limitée que précédemment.

Le processus cyclique s’amortit, s’épuise et le marché retrouve une situation d’équilibre.

Quand l’élasticité de l’offre est supérieure à celle de la demande, chaque onde a une ampleur
supérieure à celle de la précédente. Ainsi toute variation du prix suscite une modification de
l’offre. Comme l’élasticité de la demande est plus faible, c’est seulement une fraction
inférieure de cette variation de l’offre qui sera absorbée par la demande. L’essentiel retentira
sur le prix qui relancera avec une force accrue une variation de l’offre, de ce fait plus
accentuée. L’évolution cyclique du marché est alors de type explosif, le déséquilibre entre
l’offre et la demande s’accusant à chaque onde, accentuant des variations de prix qui relance
le mouvement.
2.5. Le cycle agricole et les modifications de son contenu.

Les cycles agricoles découlant du comportement des agriculteurs, la physionomie de chacun


d’eux varie lorsque les attitudes des producteurs se modifient. L’évolution des techniques et la
modification des comportements combinent leurs effets et provoquent des changements dans
l’allure des différents cycles agricoles.

Le cycle peut subir des déformations par le désir des agriculteurs de tirer les leçons de
l’expérience. Il peut être atténué si une fraction d’entre eux agit à contre-courant. Il ne peut
guère être éliminé tant que les conditions qui ont présidé son émergence subsistent.

2.6. Le cycle agricole et la durée de ses manifestations.

Les donnée naturelles et techniques déterminent notamment le délai qui s’écoule entre le
moment où les agriculteurs prennent leur décision celui ou celle-ci produisent leurs effets. Ce
qui distingue les cycles agricoles les uns des autres, c’est la durée des ondes.

Pour le maraichage, l’alternance se fait d’une campagne à l’autre, d’une année à l’autre.

Pour les cultures arbustives, des cycles apparaissent sur le marché du café et du cacao. La
durée de l’onde cyclique est plus longue en raison du délai nécessaire à l’entrée en production
des nouvelles plantations. Mais le caractère international des ces marchés, l’origine diverse de
la production, les accords internationaux sont de nature à réduire l’allure cyclique de leur
trajectoire.

2.7. Le cycle agricole et les conditions de ses manifestations.

Les politiques de régulation des marchés atténuent les fluctuations cycliques des marchés
agricoles. Le stockage, les achats et les ventes à l’étranger, la pratique des prix garantis
réduisent les déséquilibres entre l’offre et la demande et les mouvements des prix. Pour toutes
ces raisons, l’allure cyclique du fonctionnement des marchés agricoles n’apparait que de
façon épisodique, bien qu’elle soit commandée par le comportement le plus commun aux
agriculteurs.

3. LES MARCHES AGRICOLES EN ETAT DE DESEQUILIBRE.


Selon l’hypothèse précédente (marché en équilibre relatif), l’offre présentait une certaine
élasticité en présence d’une baisse de prix.

Que se passe t-il lorsque l’offre est résolument inélastique par rapport au prix ?

L’absence de réaction de l’offre maintient un volume de production, crée des excédents


permanents et entretient le fléchissement des prix.
3.1. L’inélasticité de l’offre et l’absence de substitut de cultures
Lorsque le prix d’un produit demeure déprimé, l’agriculteur peut affecter à l’autre spéculation
ses terres et ses soins. L’offre se résorbe à l’occasion d’une modification de la répartition des
cultures.

Pour quels raison, cette substitution ne se produit-elle pas dans certains cas ?
L’absence de substitution peut provenir du coût qu’il faut consentir pour remplacer une
culture par une autre. Elle peut aussi s’expliquer par l’absence de culture pouvant être
pratiqué avec une rentabilité égale à celle à laquelle on s’adonne.

3.2. L’inélasticité de l’offre et l’élimination des exploitations marginales

En théorie, la pression exercée par un prix déprimé sur l’exploitation agricole doit entrainer la
disparition des plus faibles entre elle et, par la même assurer la déflation de l’offre. Par
définition, l’entreprise marginale ou l’entreprise la plus fragile est celle qui a le prix de revient
le plus élevé. Un coût élevé est le signe d’une fragilité.

Dans le secteur agricole, toutefois le degré de fragilité est loin d’être proportionnelle au
montant du prix de revient. La capacité de résistance est attaché a bien d’autre facteur.
L’élimination des entreprises marginales ou fragile est un processus lent et d’ampleurs
limitées, mais cette disparition, si elle entraine la suppression d’une certaine fraction des
facteurs de production précédemment utilisée renforcent la capacité productive de ceux qui
demeurent.

3.3. L’inélasticité de l’offre et la rénovation des structures sociales

L’inélasticité de l’offre est aussi favorisée par la politique de rénovation des exploitations
agricoles. Conscient que certains types d’exploitation ne peuvent pas s’intégrer à l’économie
moderne, les pouvoirs publiques facilitent et encouragent la modernisation des exploitations.
Mais les exploitations ainsi mécanisée et ainsi endettées vis-à-vis du crédit agricole, ayant
réalisé des travaux de bonification foncière et d’équipement ont des coûts fixes considérables.
Elles ne peuvent les couvrir qu’en réalisant des rendements élevés.

La rénovation du secteur agricole en favorisant l’équipement des exploitations les rend plus
efficiente et accroit le volume de l’offre. Les subvention à l’équipement, l’octroi du crédit à
un taux avantageux, le renforcement d’exploitation, tout ceux là concoure à augmenter la
capacité productive de l’exploitation et facilite l’apparition des excédents.

3.4. L’inélasticité de l’offre et la référence à un prix d’équilibre.

Quel peut être le prix de référence jugé convenable ou satisfaisant ?

Le prix qui s’établit lorsque le volume de l’offre correspond à celui de la demande étant de un
terme de la demande peu utilisable car générateur d’un déséquilibre sans cesse amplifié, on
peut retenir comme prix de référence celui qui est égale au coût de l’entreprise marginale dont
la production est nécessaire pour obtenir un volume d’offre égale à celui de la demande. Le
prix de référence n’est plus un élément fixe plus que les coûts contrairement au prix
d’équilibre continu à enregistrer des modifications. Toute les exploitations, à l’exception de
celle qui est marginale réalise des bénéfices, mais l’ampleur de ces derniers est menacé par le
prix de revient.

IV. LA REGULATION DES MARCHES AGRICOLES.

La régulation peur être présentée comme une alternative à l’intervention directe de la


puissance publique dans le fonctionnement économique. Elle doit être appréhendée, dans le
secteur agricole, comme une voie moyenne entre l’organisation publique des marchés qui a
historiquement prévalu et le laissez-faire absolu caractérisant une certaine approche libérale.

La logique de subsistance ou la gestion quantitative et qualitative du secteur agricole légitime


une intervention des pouvoirs publics. L’aménagement du marché peut être dû aux intéressés
eux-mêmes, acheteurs et vendeurs. Pour qu’il en soit ainsi, il est nécessaire que le marché ne
soit pas de trop grandes dimensions et que les intérêts divergents des deux catégories
d’intervenants soient conciliables à un coût moindre que celui engendré par l’instabilité.

Lorsque le marché est trop déséquilibré, ou présente une trop grande envergure, la régulation
est opérée par les pouvoirs public .L’objectif de la régulation est celui de la fixation d’un prix
relativement stable et rémunérateur

La fixation du exige, pour être compatible avec l’équilibre du marché, une certaine maitrise
de l’offre.

A court terme, celle-ci peut être obtenue par stockage le contrôle des récoltes et la
surveillance de l’écoulement des produits.
V. LES MARCHES A TERMES
A l’ origine, le négoce à terme a été mis au point pour les marchés de produits agricoles et de
matières premières.

Les prix de ces produits sont par nature fluctuants.

Aujourd’hui, la variation des prix des produits agricoles dépend moins du niveau des récoltes
que de la pression des pays développés sur les pays en développement pour qu’ils baissent
leurs prix.

Les industries agro alimentaires, en achetant plusieurs tonnes de marchandises à de petits


producteurs, parviennent à leur mettre la pression pour qu’ils baissent au maximum leur prix.
L’offre est à prendre ou à laisser, et le petit producteur est souvent contraint de se plier à leurs
demandes, au risque de ne pas pouvoir vendre sa production à d’autres s’il refuse de baisser
ses prix.

Le marc hé à terme permet de palier au problème de variation des prix.

1. LES PRINCIPES DU MARCHES A TERME.


Sur le marché à terme, un client va s’engager à acheter une quantité de la production plusieurs
mois à l’avance à un prix fixe.

L’acheteur et le vendeur ont des stratégies différentes :

- L’agriculteur qui vend sa production à un prix fixe pense que le prix va baisser dans
les prochains mois et se rassure donc en faisant la transaction à l’avance, alors que ;
- L’acheteur pense qu’il va y avoir une hausse des prix et est donc convaincu de faire
une affaire.

2. LES TYPES D’OPERATIONS


Ainsi, ces deux agents économiques par un contrat à terme , se sont protégés du risque de
variation de prix.

Sur le marché à terme, il y’a trois types d’opérations : la couverture, la spéculation et


l’arbitrage.

2.1. La couverture

Les marchés à terme permettent de limiter le risque de variation des prix des produits
agricoles.

Il s’agit d’opération en couverture d’effectif ‘’Hedging’’.

La couverture est la principale opération réalisée sur le marché à terme. L’opérateur cherche à
réduire son exposition au risque de variation de prix. C’est une vente de contrat à terme contre
un achat de produit ou son équivalent comme protection contre une baisse de prix.
2.2. La spéculation

La spéculation peut se concevoir à la hausse ou à la baisse.

La spéculation à la hausse consiste à acheter une quantité de produit agricole dont la valeur
doit s’apprécier dans le temps. L’opérateur espère réaliser un profit en revendant le produit à
un prix supérieur au prix d’achat.

La spéculation à la baisse consiste à l’inverse, à vendre un produit s’il doit se déprécier.


L’opérateur espère alors réaliser un profit en rachetant le produit à un prix inférieur à son prix
de vente.

2.3. L’arbitrage

L’arbitrage est l’opération qui consiste à tirer des écarts de cours entre les différents marchés.

Il s’agit de prendre deux positions inverses sur le marché.

L’opérateur achète des contrats en pariant sur une hausse de ceux-ci mais dans le même
temps, il doit vendre d’autres titres qui sont liés aux premiers en faisant le pari inverse.

En clair, dans le premier cas, il parie sur une hausse, mais dans le deuxième cas, il parie aussi
à la baisse. C’est l’écart entre les deux qui fait le bénéfice ou la perte.

2.4. Le contrat à terme

Le contrat à terme comme substitut temporaire à un contrat commercial est un ensemble de


transaction boursière comme complément à l’engagement commercial (l’achat ou la vente
sous forme de transaction boursière).

C’est une prise de position sur le marché à terme qui est égale et opposée à celle détenue sur
le marché physique pour se prémunir contre le risque.

3. L’AVERSION DU RISQUE
Dans une certaine mesure, l’arbitrage apparait comme une assurance sans en être une pour
autant en tant que tel.

Le revenu arbitré est estimé de la formule suivante :

RA= (PC1-PCO)-(Pt1-Pt0)-CR

Avec

RA : Revenu arbitré

PC1 : prix au comptant à l’instant t1

PC0 : prix au comptant à l’instant t0


Pt1 : prix à terme à l’instant t1

Pt0 : prix à terme à l’instant t0

CR : coût annexe de transaction.

APPLICATION NUMERIQUE

Période t0 Période t1
Achat de x tonnes de café physique à Vente de x tonnes de café physique à
1500FCFA / 100 kg 1450FCFA / 100 kg
Vente à terme de x tonnes de café physique à Achat à terme de x tonnes de café physique à
1450FCFA / 100 kg 1400FCFA / 100 kg

Supposons que les frais soient nuls.

Cette transaction montre qu’au comptant (à la période t0), l’arbitragiste perd


1500 – 1450 = 50 FCFA

Mais à terme (à la période t1), au moment de la finalisation de la transaction, il gagne


1450 – 1400=50 FCFA.

Le négociant s’est couvert donc de la perte de 50 FCFA au comptant par le gain de 50 FCFA
à terme.

Si la base change d’une période à l’autre, si Pt1=PC1 avec CR>0 pour qu’on ait RA>0, il faut
que Pt0>PC0.

Pt0-PC0 Base au comptant

Pt1-PC1 Base à terme

Rarement il y’a égalité parfaite entre les bases t0 et t1.

En cas d’inégalité entre les bases, la différence (si on néglige les coûts de transaction) montre
le degré de perte ou de gain : le taux de couverture du risque.

4. LE CONCEPT MULTIDIMENSIONNEL.
Selon WORKING, l’arbitrage est un achat ou une vente à terme conjointement à un autre
engagement au comptant. L’arbitrage se fonde sur un jugement de la relation entre le prix
présent et le prix futur. Il distingue l’arbitrage d’entrepôt de l’arbitrage opérationnel.

L’arbitrage d’entrepôt est une gestion des surplus selon une prévision de l’évolution des prix.
L’arbitrage opérationnel est une technique qui s’appuie sur une distorsion des prix ( prix
biaisé) .

Il admet que l’arbitrage réduit le risque commercial.

5. L’ARBITRAGE SELECTIF ET L’ARBITRAGE ANTICIPATIFS


La décision d’arbitrer est prise pour se couvrir contre le risque de perdre et de réaliser des
profits en fonction des mouvements de la base (différence antre prix au comptant et prix à
terme).

Elle intervient lorsqu’on anticipe une baisse de prix au comptant.

Dans l’arbitrage anticipatif, on vend ou achète des contrats à terme que les marchandises soit
stockables ou non. Il s’agit de contrat à terme acquis par des transformateurs ou des
industriels pour couvrir des demandes de matières premières.

A l’opposée, les ventes de contrats à terme sont le fait des producteurs (la production peut être
vendue avant la récolte).

Dans les deux cas, il s’agit de se couvrir contre le risque des prix qui se manifeste sous la
forme de hausse de prix et un manque d’approvisionnement pour les transformateurs et les
industriels et une baisse des prix à terme pour les producteurs.

En fait la couverture des risques des prix ne peut pas à elle seule justifier l’arbitrage. Il y’a
également la recherche des profits.

L’aversion (la peur) pour le risque ne justifie donc pas entièrement l’arbitrage qui tend aussi à
profiter des mouvements des prix.

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