Vous êtes sur la page 1sur 5

Charh Riyad As-Salihine par Cheikh Salim Al-Hilali. Chapitre 114.

CHAPITRE 114 - PREUVE DE LA PERMISSION


DE BOIRE DEBOUT ET DU FAIT QU'IL EST
PLUS PARFAIT ET PLUS MERITOIRE DE BOIRE
ASSIS.
par le Cheikh Salim Al-Hilali -Qu’Allah le préserve-

Le hadith 764 entre aussi dans cette porte.

764- Kabsha, la sœur de Hassan Ibn Thabet -qu’Allah l’agrée- rapporte :


« Le Messager d’Allah -Prières et bénédiction d'Allah sur lui- est entré une fois chez moi
et a but debout à même le goulot d’une outre accrochée au plafond. Je me
suis alors levée et je coupai le goulot de l’outre. »
(At-Tirmidhi. Hadith Sahih (authentique) rapporté avec une chaîne de
transmission Sahih. Voir Charh Riyad As-Salihine de Salim Al Hilali)

Voilà un passage figurant dans le livre Riyad As-Salihine de l’Imam An-


Nawawi -Qu’Allah lui fasse miséricorde-, qui n’a pas été traduit dans la version française
et qui est un commentaire de l’Imam An-Nawawi :
« Mais en fait, elle l’a coupé afin de préserver l’emplacement de la bouche du
Prophète -Prières et bénédiction d'Allah sur lui- et qu’elle leur serve comme bénédiction,
et qu’elle le préserve de la dégradation. Et ce hadith porte sur le fait de
montrer la permission (de boire debout). Et les 2 ahadith précédents portent
sur le fait de montrer que c’est meilleur et plus parfait (de boire assis).
Wa Allahou a’lem »

COMPREHENSION DU HADITH :

• Le souci des sahaba de préserver les traces du Messager d’Allah -Prières et


bénédiction d'Allah sur lui- afin qu’elle leur servent de bénédiction et ceci fait partie
des particularités du Messager d’Allah -Prières et bénédiction d'Allah sur lui-.

• Concernant les ahadith portant sur la permission de boire au goulot, tous


stipulent que la gourde est accrochée, et cela est une spécificité de plus qui

www.fourqane.com 1
Charh Riyad As-Salihine par Cheikh Salim Al-Hilali. Chapitre 114.

vient préciser les ahadith généraux sur le fait de boire au goulot.


Et c’est pour cela qu’il n’y a pas de preuves de permission (de boire au
goulot) dans les récits qui l’autorisent. Mais, au contraire, cela est une
spécificité seulement dans ce cas de figure (lorsque la gourde est accrochée).
Et c’est pour cela qu’on doit le prendre en considération que pour la nécessité
dans le but de faire joindre les 2 récits (interdiction et permission).

• Certains parmi les gens de science ont dit que les ahadith de l’interdiction
abrogent la permission, et cela est réfutable car il est possible de joindre les
ahadith. On ne peut donc pas parler d’abrogation.

POINTS INSTRUCTIFS :

An-Nawawi -Qu’Allah lui fasse miséricorde- est d’avis que l’interdiction ne porte pas sur
le degré du HARAM, mais c’est pour démontrer ce qu’il y a de mieux.

Al-Hafidh Ibnou Hadjar -Qu’Allah lui fasse miséricorde- a réfuté cela et il dit dans « Al-
Fath » (tome 10 page 91) :
« Et An-Nawawi -Qu’Allah lui fasse miséricorde- a dit : qu’ils (les savants) sont
unanimes sur le fait que l’interdiction porte sur le degré du détestable et pas
du HARAM. Ce qui renforce que cette interdiction est du degré du détestable,
ce sont les ahadith qui le permettent (de boire au goulot). »
Tels sont ses propos. Et le fait de rapporter l’unanimité est critiquable et je
n’ai pas vu dans tous les ahadith rapportés du Prophète -Prières et bénédiction d'Allah
sur lui- ce qui prouverait que cela est permis, si ce n’est son acte. Or, tous les
ahadith de l’interdiction viennent de ses propos. Et ils sont plus forts si on
regarde la raison pour laquelle cela est interdit. Tout ce que les savants ont
dit à propos de cela, le Prophète -Prières et bénédiction d'Allah sur lui- en est préservé,
ou pour son infaillibilité, ou pour sa bonne haleine, ou dans sa douce manière
de verser de l’eau. Et ceci n’est pas valable pour autre que lui.
Et ce que la compréhension implique, c’est qu’il n’est pas loin de dire que
l’ensemble de ces points prouvent l’interdiction, alors qu’il y a parmi eux ce
qui porte sur la réprobation et d’autres sur l’interdiction. Et la règle dans ce
type de cas, c’est de faire primer l’interdiction. »

En résumé (des propos de Ibnou Hadjar -Qu’Allah lui fasse miséricorde-).

767- Ibn 'Abbas -qu’Allah l’agrée- a dit :


« J'ai donné à boire de l'eau de Zemzem au Prophète -Prières et bénédiction d'Allah sur
lui-. Il but alors qu'il était debout. »
(Al-Boukhari et Mouslim)

COMPREHENSION DU HADITH :

www.fourqane.com 2
Charh Riyad As-Salihine par Cheikh Salim Al-Hilali. Chapitre 114.

• Permission de boire debout en cas de nécessité comme les lieux de


bousculade comme pour Zemzem, ou si la gourde est grande et accrochée et
qu’il n’a pas trouvé de récipient où y mettre de l’eau. Et viendra, insha Allah,
plus d’éclaircissements dans les ahadith qui suivent.

768- Annazzal Ibn Sabra -qu’Allah l’agrée- rapporte :


« 'Ali -qu’Allah l’agrée- vint à la porte de la place de Koufa et but alors qu'il était
debout. Puis il dit : "J'ai vu le Messager d'Allah -Prières et bénédiction d'Allah sur lui- boire
comme vous me l'avez vu faire. »
(Al-Boukhari)

COMPREHENSION DU HADITH :

• Il convient à un savant, quand il voit les gens éviter de faire quelque chose,
alors qu’il sait que cela est permis, de leur éclaircir le point de vue correct par
crainte que le temps passe et que les gens pensent que cela est interdit.

• Si cela est craint, il se doit de se précipiter à annoncer ouvertement la règle,


même s’il n’est pas questionné. Et à plus forte raison s’il est questionné.

• Celui qui voit une personne faire quelque chose qu’il n’aime pas, qu’il ne
fasse pas connaître cette personne, sans aucune raison religieusement
valable. Mais il doit insinuer. C’est pour cela que ’Ali -qu’Allah l’agrée- a dit :
« Il y a des gens qui détestent boire debout… »

——————————————————————————————————

769- Ibn 'Omar -qu’Allah l’agrée- rapporte :


« Du temps du Messager d'Allah -Prières et bénédiction d'Allah sur lui-, nous mangions en
marchant et nous buvions debout. »
(At-Tirmidhi. La chaîne de rapporteur du hadith est Sahih (authentique)
et elle est composée d’hommes de confiance. Voir Charh Riyad As-
Salihine de Salim Al Hilali)

770- 'Amr Ibn Shou'ayb -qu’Allah l’agrée- rapporte ce hadith de son grand-père que
lui a transmis son père :
« J'ai vu le Messager d'Allah -Prières et bénédiction d'Allah sur lui- boire aussi bien
debout qu'assis. »
(At-Tirmidhi. Hadith dont la chaîne de rapporteur est Hassan (bonne).
Voir Charh Riyad As-Salihine de Salim Al Hilali)

771- Selon Anas -qu’Allah l’agrée-, le Prophète -Prières et bénédiction d'Allah sur lui- a interdit
de boire debout. Qatada -qu’Allah l’agrée- lui demanda :
« Est-ce aussi valable pour le manger ? » Il dit : « La position debout pendant
le manger est plus néfaste encore.»
(Mouslim)

www.fourqane.com 3
Charh Riyad As-Salihine par Cheikh Salim Al-Hilali. Chapitre 114.

772- Selon Abou Hourayra -qu’Allah l’agrée-, le Messager d'Allah -Prières et bénédiction
d'Allah sur lui- a dit :
« Que l'un de vous ne boive surtout pas debout. Celui qui a oublié de
s'asseoir avant de boire, qu'il vomisse ce qu'il a bu. »
(Mouslim)

COMPREHENSION DES AHADITH :

Le sens de tous ces ahadith a posé un problème à certains savants, ce qui


les a amené à dire des paroles fausses.
Certains autres savants ont rendu da’if (faible) certains de ces ahadith.
Or, il n’y a ni problème, ni faiblesse dans c’est ahadith.

Les gens de science ont emprunté plusieurs méthodes parmi lesquelles :

1- (‫)ا‬ At-Tardjih (démontrer que c’est l’avis correct) : que les


ahadith de permission sont plus surs que les ahadith d’interdiction.

2-(
‫)د ى ا‬ Da’wa Nasskh (prétendre l’abrogation) : certains
d’entre eux ont prétendu que les ahadith d'interdiction étaient abrogés par les
ahadith de permission, et ils ont appuyé cet avis par l’action des califes biens
guidés et la majorité des sahaba et des tabi’ine (suiveurs des sahaba) qui
permettent de boire debout.

Et Ibn Hazm -Qu’Allah lui fasse miséricorde- a inversé cette affaire et a dit :
« Les ahadith de permission sont abrogés par les ahadith d’interdiction en
s’accrochant au fait qu’à l’origine, cela est permis et que les ahadith
d’interdiction viennent établir une autre règle religieuse. Donc, celui qui
prétend que la permission serait venue après l’interdiction se doit de le
démontrer. »

3-(‫)اوی‬ At-Ta’wil (l’interprétation) : une partie a prétendu que le sens


voulu par le mot « Al-Qiyam » (être debout), était la marche. Et d’autres ont
prétendu que l’interdiction s’applique à celui qui n’a pas dit « Bismillah » (au
nom d’Allah) au moment de boire.

4-(‫)ا‬ Al-Djama’ (concilier les ahadith) : et une partie à emprunter la


voie de la conciliation en disant que les ahadith d’interdiction sont du degré du
détestable et que les ahadith de permission sont là pour démontrer que c’est
autoriser.

Je dis (Salim Al-Hilali) : la voie de la conciliation prévaut et est la meilleure.


Mais il est possible de concilier tous ces ahadith d’une méthode exemplaire

www.fourqane.com 4
Charh Riyad As-Salihine par Cheikh Salim Al-Hilali. Chapitre 114.

qui est la suivante : que les ahadith d’interdiction dans leur sens propre nous
prouvent que c’est prohiber, et particulièrement quand on regarde les
éléments qui viennent l’appuyer, on trouve qu’on ne peut éviter de dire que
c’est interdit :

A- L’interdiction de boire en étant debout.

B- La mise en évidence du fait que shaytane boit avec celui qui est
debout.

C- Le blâme de celui qui a bu debout.

D- L’ordre donné à celui qui a bu (debout) de vomir.

Quant aux ahadith de permission, ils sont tous des actes du Prophète -Prières et
bénédiction d'Allah sur lui-. Or la parole prévaut sur l’acte, puisque l’acte peut-être une
spécificité réservée au Prophète -Prières et bénédiction d'Allah sur lui-.
Cependant, la permission s’applique pour une excuse telle que le manque de
place ou que la gourde soit accrochée aux murs.

Quand aux autres voies, il est évident qu’elles sont erronées, et en particulier
la prétention de l’abrogation car on ne peut parler d’abrogation quand on a la
possibilité de concilier les ahadith.

Et l’acte du Prophète -Prières et bénédiction d'Allah sur lui- n’abroge pas la parole (du
Prophète -Prières et bénédiction d'Allah sur lui-) comme ceci est reconnu auprès des
savants des Oussoul.

Ceci est ce qu’on peut dire à ce sujet.

Et c’est Allah qui apporte le succès.

Source :

Son livre « Charh Riyad As-Salihine»

Traduction :

Fourqane.com

www.fourqane.com 5

Vous aimerez peut-être aussi