Vous êtes sur la page 1sur 10
TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE MONTPELLIER N° 1906308 M. VALAT et autres Mine Isabelle Pastor Rapporteur M. Jean-Laurent Santoni Rapporteur public Audience du 8 octobre 2020 Lecture du 29 octobre 2020 68-03 c Vu la procédure suivante : a REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS, Le tribunal administratif de Montpellier (1®* Chambre) Par une requéte et des mémoires complémentaires, enregistrés les 27 novembre 2019, 22 mai 2020 et 24 juin 2020, M. Daniel Valat, M. Gérard et Mme Paulette Fournie, Mme Nathalie Fourgassie, M. Nicolas et Mme Emilie Perez, la société civile immobiliére Le Balzac, M. Jéréme Boisnard, Mme Claire Hernandez, M. Mare et Mme Christine Mathieu, représentés par la SELARL Valette-Berthelsen, demandent au tribunal : 1°) d’annuler l’arrété du 25 juillet 2019 par lequel le maire de la commune de Montpellier a accordé a la société civile de construction vente (SCCV) « Des Brosses » un permis de construire a l’effet de réaliser un ensemble collectif de 15 logements sur la parcelle cadastrée section KT n° 56, ensemble la décision du 30 septembre 2019 rejetant leur recours gracieux ; 2°) de mettre a la charge de la commune de Montpellier et de la SCCV « Des Brosses » une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ils soutiennent que : - leur recours est recevable ; ils détiennent un intérét @ agir en tant que voisins immeédiats ou proximité du projet de construction ; ~ Varrété du 25 juillet 2019 est entaché d’incompétence en I’absence de la preuve apportée de la compétence de Mme Chantal Marion pour le signer ; ‘NP 1906308 2 = le projet architectural joint au dossier de demande est insuffisant au regard des exigences de l'article R. 431-8 du code de I'urbanisme concernant I’état initial du terrain, les constructions voisines, la végétation, les clotures et I’implantation de la construction a édifier ; - les modalités de raccordement aux réseaux ne sont pas précisées en méconnaissance de Particle R. 431-9 du code de l'urbanisme ; - le permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions de Varticle 3 du réglement de la zone 2U! du plan local d'urbanisme de Montpellier concernant les accés et la voirie ; = le projet prévoit un raccordement un réscau privé d’eaux usées en violation de Varticle 4 du méme réglement et le projet, qui présente un risque pour la sécurité et la santé publiques, devait étre refusé en application de l'article R. 111-2 du code de l’urbanisme ; - T'arrété méconnait l'article 6 du réglement du plan local d'urbanisme relatif 4 implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques ; - les dispositions de I’article 11 du méme réglement ne sont pas respectées par le projet autorisé en ce qui concerne les clotures ; = le projet ne respecte pas les exigences posées par ’article 13 du réglement du plan local d’urbanisme qui prévoit le maintien des arbres de hautes tiges et des masses végétales significatives alors que la parcelle formant le terrain d’assiette constitue un espace boisé significatif dans ce secteur de la commune ; = la société pétitionnaire a commis diverses omissions ou erreurs qui ont été de nature & induire en errcur l’administration et le permis de construire ainsi délivré a été obtenu par fraude ; en outre, le moyen tiré de ’incompétence de auteur de lacte n’est plus soutenu ; = si le document du lotissement indiquait une largeur de voirie de 6 métres au droit du projet, les relevés opérés sur place montrent une largeur inférieure 4 6 metres en certains endroits ; ~ ils abandonnent le moyen tiré du non-respeet de Particle 6 du réglement du plan local urbanisme ; ~ le permis de construire litigieux ne comportant aucune motivation relative a la possibilité d’une adaptation mineure en ce qui conceme la largeur de la voirie, la possibilité dune telle adaptation prévue & l'article L. 152-3 du code de 'urbanisme ne peut étre invoquée en défense, Par des mémoires en intervention, enregistrés les 13 décembre 2019 et 22 mai 2020, Vassociation «Non au Béton », représentée par la SELARL Valette-Berthelsen, demande au tribunal faire droits aux conclusions présentées par les requérants. Elle soutient que : - son intervention est recevable car elle justifie d’un intérét & obtenir Vannulation du permis de construire contesté ; - elle s’en remet aux moyens développés par les requérants. Par deux mémoires en défense, enregistrés les 23 janvier 2020 et 8 juin 2020, la SCCV «Des Brosses », représentée par la SCP d’avocats SVA, conclut, a titre principal, au rejet de la requéte, A titre subsidiaire & la mise en ceuvre des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de Purbanisme, et en tout état de cause, & ce que soit mise a la charge solidaire des requérants une somme de 2 500 curos au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle fait valoir que : ~ le moyen tiré de la méconnaissance de article 6 du plan local d'urbanisme est inopérant dés lors qu’il s’agit dune voie privée ; NP 1906308 3 - Vexigence posée l’article 13 du réglement du plan local d'urbanisme de Montpellier quant a la nécessité d’apporter la preuve de l’impossibilité technique de transplanter des arbres. supprimés est illégale en ce qu’elle conduit a exiger des documents autres que ceux limitativement prévus par le code de urbanisme ; - le permis peut étre autorisé au moyen d’adaptations mineures sur le fondement de Particle L. 152-3 du code de lurbanisme s’agissant de la largeur de la voie de desserte du projet ; ~ les autres moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés. Par des mémoires en défense, enregistrés les 30 avril, 11 juin et 21 juillet 2020, la commune de Montpellier, représentée par la SCP d’avocats associés VPNG, conclut au rejet de la requéte et a ce que soit mise & la charge des requérants une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle fait valoir que : ~ a supposer que la voie privée desservant le projet ne présente pas sur toute sa longueur une largeur de six métres, le projet pouvait étre autorisé au regard de l'article 3 du réglement du plan local d’urbanisme sur le fondement de la régle de I’adaptation mineure ; ~ aucun des autres moyens de la requéte n’ est fondé. Vu les autres pices du dossier ; Vu - le code général des collectivités territoriales ; = le code de l'urbanisme ; - le code de justice administrative, Les parties ont été réguligrement averties du jour de l’audience. Ont été entendus au cours de l’audience publique : le rapport de Mme Pastor, premier conseiller, - les conclusions de M. Santoni, rapporteur public, ~ les observations de Me Valette représentant les requérants et l'association intervenante, celles de Me Vidal représentant la commune de Montpellier et celles de Me Monflier représentant la SCCV « Des Brosses ». Considérant ce qui suit : 1. Le 3 juin 2019 la société SCCV « Des Brosses » a déposé un dossier de permis de construire valant permis de démolir en vue de réaliser un ensemble immobilier comprenant quinze logements sur un terrain situé au 4 rue enclos des Brosses a Montpellier. Par arrété du 25 juillet 2019, le maire de la commune de Montpellier lui a accordé le permis de construire sollicité. Par la présente requéte, M. Valat, neufs autres requérants personnes physiques et la société civile immobiliére Le Balzac demandent l’annulation de cette autorisation d’urbanisme et de la décision du 30 septembre 2019 rejetant le recours gracieux formé a son encontre. Sur intervention en demande de I’association « Non au béton » : 2. Il ressort des pices du dossier que les statuts de l'association « Non au Béton » tui donnent pour mission de protéger les espaces naturels, de l'environnement et de la qualité de vie des habitants de la métropole de Montpellier. Cette association, dont les statuts ont été approuvé N° 1906308 4 par son assemblée générale le 19 mars 2007, a été agréée par arré toral du 30 juillet 2019 au titre de la protection de l'environnement au sein du département. Ainsi, dés lors que le terrain @assiette du projet de construction est situé sur une parcelle boisée de la commune de Montpellier, association «Non au Béton» justifie d’un intérét suffisant & l'annulation de Varrété du 25 juillet 2019, Par suite, son intervention doit étre admise et ainsi son intervention est recevable. Sur les conclusions & fin d’annulation : 3. En premier lieu, article R, 431-8 du code de l’urbanisme dispose que : « Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L’état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer U'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaitre, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, Vorganisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; ¢) Le traitement des constructions, clétures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations & conserver ou é créer ; f) Llorganisation et l'aménagement des accés au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. (...)». Et selon l'article R. 431-9 du méme code: « Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions 4 édifier ou & modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaitre les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les batiments ow ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, & défaut d’équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour Valimentation en eau et l'assainissement. Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte & la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au systéme altimétrique de référence de ce plan ». 4, La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n’est susceptible d’entacher d’illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas oi les. omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont &é de nature a fausser Vappréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet & la réglementation applicable. 5. D’une part, les requérants estiment que le dossier de permis ne permettait pas apprécier I’état initial réel du terrain d’assiette du projet en occultant son aspect extrémement végétalisé. Il ressort, toutefois, des pices du dossier et notamment du plan de masse paysager que les plantations existantes, supprimées et plantées sont précisées. Egalement l’aspect végétalisé résulte de la photographie aérienne, pice PC27.2, jointe au dossier. D’autre part, si les requérants précisent que le traitement des clétures est abordé succinetement ne permettant pas au service instructeur de vérifier leur conformité au plan local d'urbanisme, s’agissant de leur hauteur, il ressort également des pices du dossier et notamment du plan de masse du projet PC2.2 et de la notice architecturale, PC.4, qu’il est fait état de clétures en limite séparative Sud et Nord composées d’un mur bahut d'1,20 métre surmonté dun grillage et en limite Ouest, de la N° 1906308 5 rue des enclos des Brosses, d’un mur bahut en parement de pierres d’une hauteur de 50 cm, ainsi que cela résulte de l'annexe 5 du dossier de permis, avec une grille & barreaudage. $"il est vrai que la hauteur totale, pour chaque cléture n’est pas expressément renseignée, la référence au sein de la notice aux régles du plan local d'urbanisme et les plans cétés, permettaient au service instructeur de s’assurer du respect des prescriptions fixées par l’article 11 du réglement du plan local d’urbanisme. En outre, si les requérants soutiennent que les documents ne permettent pas de s’assurer du respect des régles d’implantation, il résulte du plan de masse que la régle de Varticle 7 du méme réglement, L=H/2, est mentionnée et reportée pour satisfaire & cette obligation sur la fagade Ouest du projet. Egalement, les requérants font valoir que le dossier de permis était insuffisant s’agissant du raccordement du projet 4 un réseau privé d’assainissement. Toutefois, il ressort des piéces du dossier que le plan de masse fait apparaitre les points de raccordement au réseau d’assainissement. Si la nature privée de ce réseau n’est pas renseignée, le service instructeur a pu l'appréhender grace a I’avis du 26 juin 2019 de la direction de l'eau et de Fassainissement de Montpellier Méditerranée Métropole qui en fait état. En outre, l'arété en litige fixe a titre de prescription une information de la métropole de Montpellier lors du démarrage des travaux ainsi que le strict respect de son avis. Dans ces conditions, le moyen tiré de l’incomplétude ou de l’insuffisance du dossier de permis manque en fait et doit étre écarté, 6. En deuxiéme lieu, aux termes de l'article 3 du réglement du plan local d'urbanisme de Montpellier applicable a la zone 2U1 dans laquelle se situe le terrain d’assiette du projet : « a) Sur les accés : Pour étre constructible, un terrain doit avoir accés d une voie publique ou privée soit directement, soit par l'intermédiaire d'une servitude de passage instituée sur fonds voisin ar acte authentique ou par voie judiciaire ; Les accés doivent éire adaptés & Uopération et aménagés de fagon ad apporter la moindre géne & la circulation publique. (..) Les caractéristiques des acces doivent permetire de satisfaire aux régles minimales de desserte : défense contre l'incendie, protection civile, brancardage, ordures ménageres, (...) Les accés doivent présenter au débouché sur la rue et en retrait de Valignement sur une distance d’au moins 5 métres une pente n'excédant pas 5 % ». Au sens de ces dispositions, l’accés doit s’analyser comme la ligne séparant le terrain d’assiette du projet de la voie publique ou privée ouverte & la circulation publique. 7. I ressort des pices du dossier que l’accés au projet se situe rue Enclos des Brosses, voie privée, qui est ouverte a la circulation publique en ce qu'elle ne comporte ni dispositif de fermeture ni signalétique en réservant I’accés. D’une part, conformément aux dispositions précitées, il résulte du plan PC2,2 joint & la demande que sur un linéaire de 5 métres le niveau de la rampe d’accés au parc de stationnement passe de la cote 55,63 NGF 4 celle 55,70 NGF, respectant ainsi l'absence de pente supérieure & 5 %, En outre, il ressort également des piéces du dossier que la largeur de I’accés automobile est de 4 métres, permettant ainsi un croisement de vehicules sans danger, et une intervention, en cas de besoin, des véhicules de secours sur le terrain d’assiette du projet. Enfin, si les requérants estiment que sa localisation, ainsi que la géne occasionnée par des stationnements sur la voie de desserte, rendent l’accés inadapté au projet en litige, ils n’établissent pas que l'implantation de l’accés proche de la voie publique, Las Cazes, compte tenu de sa largeur suffisante présenterait une dangerosité particuliére. Dans. ces conditions, le moyen tiré de la non-conformité A article 3a) doit étre écarté, 8.En troisiéme lieu, aux termes de [article 3 du réglement du plan local Gurbanisme : « b) voirie : « Les voies privées existantes, ouvertes @ la circulation publique, ne devront pas avoir une largeur inférieure & 4 métres pour les voies @ sens unique et 6 métres pour les voies & double sens de circulation. ». N° 1906308 6 9. II ressort des pices du dossier que le projet est desservi par une voie privée existante, a rue Enclos des Brosses. Si la commune et la société pétitionnaire font valoir en défense que cette voie n’est pas ouverte a la circulation publique, elles ne létablissent pas par la seule présence en début d’impasse d'un panneau indiquant le caractére privé de cette voie alors qu’aucun aménagement n’en limite l'aceés ainsi qu’il a &€ exposé au point précédent. S’il ressort du dossier du permis que cette voie présente, conformément aux dispositions précitées, une largeur de 6 métres, s’agissant d’une voie privée ouverte a la circulation publique & double sens, les requérants ainsi que l'association intervenante se prévalent d’un constat d’huissier prenant plusieurs mesures relevant qu’en différents endroits la largeur de la rue est inféricure aux 6 métres exigés. En particulier par procés-verbal de constat d’huissier du 17 septembre 2017, Me Cazenave a relevé six points de mesures sur la voie, faisant varier sa largeur de 5,737 métres 5,918 métres pour cing des mesures prises, seule une mesure dépasse les 6 metres minimum imposés par le réglement du plan local d'urbanisme. Sil est vrai que le permis contenait une largeur de 6 métres, tant la commune que la société pétitionnaire ne contestent pas le constat huissier et les mesures relevées. Par suite, les requérants sont fondés a soutenir que la voie de desserte du projet n’est pas conforme aux prescriptions de l’article 3b). 10. Toutefois, la commune de Montpellier ainsi que la société pétitionnaire font valoir dans leurs écritures en défense communiquées aux requérants que le permis litigicux pouvait, en tout état de cause, éire accordé au titre d’une adaptation mineure prévue par l'article L. 152-3 du code de Iurbanisme selon lequel « Les régles et servitudes définies par un plan local d'urbanisme : 1° Peuvent faire l'objet d'adaptations mineures rendues nécessaires par la nature du sol, la configuration des parcelles ou le caractére des constructions avoisinantes (...) ». Il résulte en effet de Vinstruction que la non-conformité du projet de construction aux régles précitées de article 3 du réglement du plan local d’urbanisme est minime, de ordre de quelques centimétres, et est lige a la configuration de la parcelle au sein du lotissement dont elle fait partic. Par suite, il y a lieu de faire droit a la demande de substitution de motif sollicitée par la commune et d’écarter, par voie de conséquence, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du b) de article 3 du réglement du plan local d’urbanisme. 11. En quatriéme lieu, aux termes de larticle R. 111-2 du code de l'urbanisme dispose que: «Le projet peut étre refusé ot n'étre accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature & porter atteinte 4 la salubrité ou & la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation @ proximité d'autres installations. ». L’article 4 du réglement du plan local d'urbanisme dispose que: « Toute construction ou installation nowvelle devra étre raccordée au réseau public dassainissement existant par des canalisations souterraines, en respectant ses caractéristiques (séparatif et unitaire). (...) Toute construction, ou installation nouvelle rejetant des eaux usées domestiques doit étre raccordée obligatoirement par des canalisations souterraines étanches au réseau public existant. » 12. Dune part, s'il résulte des dispositions de article 4 précité que toute construction doit étre raccordée au réseau public existant des eaux usées, elles n’excluent pas que ce raccordement se fasse par le truchement d’un réseau privé. En outre, si les requérants contestent les modalités de ce réseau et le risque d’atteinte a la salubrité qu’il pourrait impliquer, le permis en litige a été accordé sous prescription expresse de respecter Iavis du 26 juin 2019 de la direction du service des eaux de Montpellier Méditerranée Métropole. Egalement, alors qu’un permis de construire, dont l'objet est d’assurer la conformité de la construction avec la réglementation applicable, est accordé sous réserve des droits des tiers, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le dossier devait contenir l'accord des propriétaires du collecteur privé situé entre cette construction et le réseau public N° 1906308 7 13, D’autre part, les requérants précisent que le dossier de permis ne précise pas les modalités de présentation des bacs & ordures ménageres et font état du caractére accidentogéne de la présence de ces bacs 4 l’angle des rues de la Croix de Las Cazes et enclos des Brosses. Toutefois, le permis de construire litigieux rappelle au titre des prescriptions que la rue Enclos des Brosses ne permet pas la circulation de véhicules de collectes des ordures ménagéres et que le cahier des charges de la copropriété devra intégrer lobligation de faire appel un prestataire privé devant présenter les bacs a ordures a I’angle des deux rues précitées. En produisant une photographie des conteneurs existants 4 cet endroit, les requérants n’établissent pas la dangerosité de cette aire de présentation des bacs a ordures ménagéres, Par suite, le permis de construire n’a pas été délivré en méconnaissance de article 4 du réglement du plan local urbanisme et le maire de Montpellier n’a pas entaché cette autorisation d’urbanisme d'une erreur manifeste d’appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. 14.En cinguiéme lieu, Particle 11 du réglement du plan local durbanisme de Montpellier dispose que: « 2) Dans les secteurs 2UI-1, 2UI-2, 2UI-3, 2UI-4, 2UI-5, 2UI-7, 2UI-8, 2U1-9, 2UI-10, 2U1-12, 2U1-13, 2UI-14, 2UI-16 et 2UI-17 : En ce qui concerne les clétures et hors des périmétres en bordure des cours d'eau délimités aux documents graphiques du réglement + en limites séparatives Hauteur maximum : 2 métres, dont 1,20 m de mur bahut surmonté d'un grillage agrémenté de plantations, sauf convention contraire entre voisins en définissant les caractéristiques des matériaux et sous réserve des dispositions du code civil GD». 15. Il ressort des piéces du dossier et notamment du plan de masse PC2.2 et de l’annexe 5 du dossier de permis que le projet prévoit la réalisation de trois cldtures. Deux de ces clétures sont prévues en facades Nord et Sud et sont composées d’un mur bahut d’1,50 metre augmenté dun grillage. La troisiéme est prévue en limite Ouest du projet, cdté rue enclos des brosses, et est constituée d’un mur bahut de SO centimétres. D’une part, ainsi qu'il a été déja relevé, le pétitionnaire a déclaré réaliser ces clétures conformément au plan local d'urbanisme et s'est, ainsi, engagé a ne pas dépasser la hauteur maximale de 2 métres. D’autre par, il ressort du plan ‘«espaces libres et plantations » que les espaces en bordure des cldtures, Ouest, Nord et Sud seront agrémentés de végétaux méditerranéens conformément aux prescriptions de l’article 11. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 11 doit étre écarté, 16. En sixiéme lieu, article 13 du réglement du plan local d'urbanisme dispose que «En régle générale, les arbres de hautes tiges existants et les masses végétales significatives, doivent étre maintenus. En cas d’incompatibilité avec le projet, ils pourront étre exceptionnellement transplantés sur l'unité fonciére, si cela est techniquement possible. Dans le cas contraire, ils seront remplacés par des plantations de valeur équivalente sur I'unité fonciére ». 17.11 ressort du plan de masse et du plan des espaces libres et plantations que la ‘végétation existante telle que précisée dans le dossier de permis fait état de dix arbres, deux bosquets et une haie de cyprés. La varigté et les diamétres des espaces recensées sont au demeurant renseignés. Si les requérants contestent cette présentation de l’existant, le rapport ise pas le nombre exact et les espéces végétales qui auraicnt technique qu’ils produisent ne pr &é omises de cette présentation. En outre s’ils précisent que la végétation a I’Est du terrain n’a pas été clairement identifiée, il résulte de 1a notice descriptive du projet, PC4, que ce talus sera conservé et renforeé, En outre, le dossier de permis prévoit de conserver quatre arbres sur les dix présents et d’en planter six de haute-tige, que sont deux oliviers, un érable de Montpellier, deux micocouliers et un fréne a fleurs. Si les requérants contestent la valeur équivalente des arbres N° 1906308 8 plantés & ceux supprimés, il résulte de ce qui vient d’étre dit que les arbres de haute-tige seront remplacés par des arbres de haute-tige et en tout état de cause, le permis est assorti d’une prescription tendant a ce 4 ce que le pétitionnaire prenne contact avec la direction paysage et biodiversité afin « de définir le choix des essences d’arbres a planter ». Enfin, les requérants font état de ce que le pétitionnaire n’a pas justifié ’impossibilité technique de transplanter les arbres supprimés pour les besoins du projet. Toutefois, ainsi que le fait valoir la société pétitionnaire, une telle prescription du plan local d'urbanisme qui entraine une obligation de fournir des documents autres que ceux limitativement énumérés et exigés par le code de l'urbanisme ne peut @tre regardée comme opposable. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de Particle 13 du réglement du plan local d’urbanisme doit étre écarté. 18. En dernier lieu, la caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de maniére intentionnelle 4 des manceuvres de nature 4 tromper I'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper & l'application d'une régle d'urbanisme. Une information erronée ne peut, a elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré 4 l'occasion du dépot de sa demande a des manoeuvres destinées tromper I'administration. II ne ressort pas des pieces du dossier que les mentions du dossier de permis, méme celles insuffisantes et celles erronées, ait procédé d’une intention de la société pétitionnaire de se soustraire & une régle @urbanisme. Par suite, le moyen tiré de ce que la société pétitionnaire aurait obtenu le permis de construire par fraude doit étre écarté. 19. Il résulte de tout ce qui précéde que les requérants et l'association « Non au Béton » ne sont pas fondés & demander l’annulation de I’arrété du maire de Montpellier du 25 juillet 2019 ainsi que de la décision du 30 septembre 2019 rejetant le recours gracieux des requérants. Sur les frais liés au ltige : 20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle ce que soit mise 4 la charge de la commune de Montpellier et de la société SCCV «Des Brosses », qui ne sont pas dans la présente instance les parties perdantes, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de I’ espéce, de faire application de ces dispositions et de mettre a la charge des requérants la somme de 750 euros & verser tant & la commune de Montpellier qu’a la société SCCV « Des Brosses » au titre des frais qu’elles ont exposés dans la présente instance. DECIDE: Article 1° : L’intervention de I’association « Non au Béton » est admise. Article 2 : La requéte de M. Valat et autres est rejetée, Article 3 : Les requérants verseront la commune de Montpellier Ia somme de 750 euros au titre de Varticle L. 761-1 du code de justice administrative. N° 1906308 9 Article 4: Les requérants verseront a la société SCCV « Des Brosses » la somme de 750 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, Article 5: Le présent jugement sera notifié A M. Daniel Valat, en sa qualité de représentant unique des requérants en application de article R. 751-3 du code de justice administrative & la commune de Montpellier, a la société civile de construction vente «Des Brosses » et association « Non au Béton ». Délibéré aprés V'audience du 8 octobre 2020, a laquelle siégeaient M. Chabert, président, Mme Pastor, premier conseiller, M, Goursaud, conseiller. Lu en audience publique le 29 octobre 2020. Le rapporteur f— Ay M. Chouart La République mande et ordonne au préfet de I’Hérault en ce qui le concerne ou A tous huissiers de justice & ce requis en ce qui conceme les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir a l'exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Montpellier, le 29 octobre 2020.

Vous aimerez peut-être aussi