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Guide

pour

l'Animateur
Liturgique

« Dieu premier servi » 2 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


« … l'art des arts, cet art
divin qu'est la Liturgie, la
Liturgie chrétienne ».
(Maurice Zundel)

« Dieu premier servi » 3 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


Table des Matières

1 ETAT D’ESPRIT, ATTITUDE ................................................................ 6


2 COMMENT PRÉPARER UN PROGRAMME? ...................................... 8
3 COMMENT DIRIGER LES CHANTS ? ............................................... 11
4 LE CHANT D’OUVERTURE ................................................................ 13
5 LA PRÉPARATION PÉNITENTIELLE ................................................. 14
6 LE GLORIA ......................................................................................... 15
7 LE PSAUME........................................................................................ 16
8 L’ACCLAMATION de l'EVANGILE ...................................................... 17
9 LA PROFESSION DE FOI .................................................................. 18
10 LA PRIÈRE UNIVERSELLE ................................................................ 20
11 LA PRÉPARATION DES DONS ......................................................... 21
12 LE SANCTUS...................................................................................... 21
13 L’ANAMNÈSE, LES ACCLAMATIONS DE LA PRIÈRE
EUCHARISTIQUE, LA DOXOLOGIE FINALE. ................................... 22
14 LE PATER ........................................................................................... 24
15 L'ECHANGE "PAX CHRISTI", L’AGNUS DEI ..................................... 25
16 LA COMMUNION ................................................................................ 26
17 L’ENVOI .............................................................................................. 27
18 N’OUBLIONS PAS… .......................................................................... 28

Un grand merci à Jana Lackova,


pour la page de couverture
qu’elle a proposé de faire
spontanément.

« Dieu premier servi » 4 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


La liturgie a cette caractéristique d’être
l’Art des arts. Pour la louange de Dieu vivant
et présent, elle fédère différentes formes
artistiques possibles : La musique et le chant
bien sûr, mais aussi la sculpture, l’art floral,
l’art pictural (les représentations
iconographiques sont particulièrement
bienvenues), la danse (pourquoi pas),…

Par conséquent toute action liturgique


est vécue comme un geste artistique imprégné
de piété, une chorégraphie devant être la plus
belle possible pour amener vers la beauté
même :

Dieu.

« Dieu premier servi » 5 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


1 ETAT D’ESPRIT, ATTITUDE

Gardons toujours à l'esprit que la Personne la plus


importante de la célébration eucharistique est :

LE CHRIST
Au service de l'assemblée, notre rôle est de favoriser
sa prière et sa "communion" avec le Christ, durant toute
la célébration.

Conséquences pratiques:

 L'animateur prie ;

 Sauf circonstance exceptionnelle, le sourire de


l'animateur est très souhaitable. Il suscitera alors
d'autant plus facilement l'adhésion de l'assemblée.
A défaut, une sérénité paisible est indispensable
(elle va de soi si l'animateur prie) ;

 Etant au contact direct de l'assemblée et attentif à


l'Esprit Saint qui guide la prière de celle-ci,
l'animateur dirige l'orgue et la chorale et non pas
l'inverse.

L'animateur a donc un rôle très important. Celui-ci est


également délicat car l’animateur doit ne faire écran ni
aux célébrants, ni aux clercs, ni aux lecteurs, ni à la
célébration de l'Eucharistie.

Conséquence pratique: Mise a part le chant, les


seules interventions orales de l'animateur envers
l'assemblée, se réduisent à l'annonce du numéro du
chant à venir (ou de sa page dans le carnet de chants).

« Dieu premier servi » 6 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


Durant la célébration liturgique, l'endroit le plus
important est:

L'AUTEL

 Pierre d'Angle, clef de voûte, à l'image du Christ


pour son Eglise

 Echelle entre terre et ciel. Accomplissement de la


vision de Jacob, Gen. 28, 12, à l'image du Christ
pour son Eglise et l'humanité.

Conséquences pratiques:

 L'Autel est salué par une inclinaison du buste à


chaque fois que nous passons devant1. Parfois
plusieurs personnes vont et viennent devant l'Autel:
1er Lecteur puis psalmiste, psalmiste puis 2ème
lecteur, Lecteurs de prières universelles, etc….
Ces personnes veilleront à saluer l'Autel
simultanément (en étant côte à côte).

 En tant qu'animateur, veillons autant que possible à


ne jamais tourner le dos à l'Autel, par correction,
respect, et surtout si l’on est dans l'espace de la
célébration Liturgique (souvent matérialisé par une
marche d'Autel).

Après l’Autel, le deuxième endroit le plus important est


le siège de présidence, destiné au prêtre présidant

1
Cette Inclinaison du buste est à distinguer de la génuflexion qui convient à la Sainte
Présence Réelle du Christ dans l'Eucharistie, dans le tabernacle ou exposée.

« Dieu premier servi » 7 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


l’assemblée et agissant durant cette dernière « In
Personna Christi » (i.e. : en « étant » le Christ).

Le troisième endroit le plus important est:

L'AMBON
L'Ambon est le pupitre où sont énoncées la parole de
Dieu (Evangile, lectures et psaume) et d'autres paroles
à significations liturgiques (Homélie, Prière universelle,
…).

Conséquence pratique: Le psaume est psalmodié à


l'Ambon. L'animateur reste à son pupitre pour guider le
chant de l'assemblée avec l'antienne du Psaume (i.e.:
le refrain), et il a recours à une autre personne pour
psalmodier. Cette autre personne se rendra donc à
l'Ambon. A défaut, l'animateur peut prendre en charge
la psalmodie. Dans ce cas, il se déplace à l'Ambon
pour cela, en saluant l'Autel s'il passe devant.

2 COMMENT PRÉPARER UN
PROGRAMME?

Tout d'abord, et de façon primordiale:

 Utilisons des chants ayant "des textes destinés au


chant sacré…conformes à la doctrine catholique et
même tirés de préférence des Saintes Ecritures et
des sources liturgiques" (SC1202)

2
SC : Sacrosanctum Concilium, nom latin de la constitution sur la Sainte Liturgie, issue du
concile VaticanII. (Cf. 18 N’OUBLIONS PAS… .)

« Dieu premier servi » 8 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


 Le piège principal réside dans des chants édulcorant
la parole de Dieu, sous prétexte de poésie et de
rimes. Ils amoindrissent le sens des paroles
authentiques, voire le modifient, ou même induisent
des contre-sens et amènent (sans le vouloir) vers
des imprécisions et erreurs dogmatiques auxquelles
l’Eglise est confrontée depuis deux millénaires.
Bannissons ces chants, particulièrement ceux visant
à remplacer hymnes et autres pièces faisant partie
du canon liturgique : Confiteor, Kyrie, Gloria,
Psaume, Acclamation, Credo, Sanctus, Anamnèse,
Pater, Agnus Dei, etc…

Que chanter, en priorité:

 Les dialogues entre le célébrant et l’assemblée des


fidèles ainsi que les acclamations possèdent une
grande valeur. (PGMR 143)

 (…) Enfin, constituent un rite (…) ayant valeur en lui-


même, l’hymne du Gloria, le psaume responsorial, le
Sanctus, l’acclamation d’anamnèse, le chant après la
communion. (PGMR 17)

Construction d’un programme de chants4 :

Evitons de chercher à "remplir" les 14 moments


principaux de la Messe où l’on peut chanter. Cherchons
uniquement à signifier et permettre l’adhésion et la
participation de toute l'assemblée à l’action liturgique.

Evitons également le danger qui consisterait à chercher


à " faire plaisir " ou à " se faire plaisir " en choisissant
tel ou tel chant. Ceci est un piège permanent et

3 PGMR signifie Présentation Générale du Missel Romain. (Cf. 18 N’OUBLIONS PAS… .)


4
Adaptation d'un travail de CE Hauguel, "Petit Guide de l'Animateur Liturgique"

« Dieu premier servi » 9 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


particulièrement présent pour des célébrations de
mariage. Cherchons seulement à célébrer le mystère
pascal dans sa plénitude, à accompagner les rites de la
célébration, à nous mettre au service du chant de toute
l'assemblée.

Concrètement, respectons quelques règles simples5 :

 Préservons un équilibre entre les différents modes de


participation (parole, chant, musique seule, silence).

 Devant la nécessité de diversifier l'ornement musical


d'une liturgie, donnons une part proportionnée aux
solistes, au chœur, à l'assemblée, à l'orgue et aux
autres instruments, ensemble ou isolément.

 Proposons des chants à la fois simples, nobles et


signifiants. Tout est question de discernement,
d'équilibre et de choix.

 Sachons doser l’" habituel " et le " neuf ". La


nouveauté peut permettre de briser la routine ou la
banalité, mais n’est pas, en soi, le critère d’une
célébration " réussie".

 Respectons les moments de la célébration, ainsi que


la fête ou le temps liturgique : tout n’est pas
applicable partout. Il existe des répertoires
spécifiques.

 La vérité des chants, des attitudes et des gestes


éduque les fidèles.
5
Adaptation et compléments sur un travail de CE Hauguel, "Petit Guide de l'Animateur
Liturgique"

« Dieu premier servi » 10 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


 Durant toute la célébration, veillons scrupuleusement
à garder les paroles liturgiques: notamment lors des
Confiteor, Kyrie, Gloria, Psaume, Acclamation
(Alléluia d'évangile), Credo, Sanctus, Anamnèse,
Pater, Agnus Dei.

3 COMMENT DIRIGER LES CHANTS ?

Principe :

 L’animation se fait d’abord avec les gestes et non pas


avec la voix. En effet, le geste est vu par l’assemblée
(transmission visuelle a 300 000 km/s) bien plus
rapidement que la voix n’est entendue (transmission
sonore a 360m/s). Faire le contraire (i.e. animer
d’abord avec la voix) induit tôt ou tard un
ralentissement du chant qui du coup, s’alourdit.
 => On anime avec le métronome qui bat dans notre
esprit : la pulsation du chant qu’on aura pris soin de
se mettre a l’esprit avant de débuter l’animation.
Notre bras/main montre ce tempo qui bat dans notre
esprit et notre voix chante dans ce rythme.

 Avant d’entonner le chant, prendre conscience de ce


tempo mais aussi des difficultés du chant où l’on va
aider tout particulièrement l’assemblée : Longues
durées, transition refrain/couplet ou couplet/refrain…

Adoptons une manière de diriger :

 Claire et compréhensible, avec des signes précis pour


les départs, les arrêts, ainsi que les différents moments
musicaux délicats où l'assemblée pourrait diverger.

« Dieu premier servi » 11 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


 Sobre (sans grands " tournoiements " des bras, ni petits
gestes saccadés accompagnant chaque syllabe du
chant). Faisons saisir le "grand rythme". Ne cherchons
pas à diriger l’assemblée comme si c’était une chorale .

 Utile : des gestes sobres mais aussi précis que la


musique l'exige. Effectuons uniquement des gestes
vecteurs de sens, i.e.: signifiant le tempo du chant et
ses temps, ou alors une réalité particulière du chant.
Parfois, un geste stéréotypé de l’animateur contient des
temps inutiles (croche noire inutile) et peut induire des
changements dans le rythme du chant.

 Non omniprésence de la voix: Evitons une trop grande


omniprésence au micro, avec une voix trop amplifiée
couvrant le chant de l'assemblée. Eloignons-nous du
micro dés que l’assemblée chante bien. (Dans le cas
contraire, cela risquerait de démobiliser chacun de ses
membres).

 Anticipatrice : Idéalement, le geste de l’animateur est


très légèrement en avance par rapport à ce que chante
la foule, de façon à redonner l’impulsion propre au
rythme du chant. Ce n’est pas la voix de l’animateur qui
guide son geste mais l’inverse. Dans le cas contraire, la
foule ralentie inévitablement et le chant s’alourdit.

Pensons à doubler un refrain lorsqu’il n’est pas connu.

Evitons de débuter des gestes si un soliste doit entonner


seul.

« Dieu premier servi » 12 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


4 LE CHANT D’OUVERTURE

Ce chant d’Entrée est pris à la place de l’Antienne


d’Ouverture (cf PGMR 48 2ème paragraphe). Le thème de cette
antienne aide beaucoup pour le choix de ce chant.

Le but du chant d’entrée est :


- d’ouvrir la célébration,
- de favoriser l’union des fidèles rassemblés,
- d’introduire leur esprit dans le mystère du temps
liturgique ou de la fête. (PGMR 25)

Entonnons-le au bon moment: Quand le(s) célébrant(s)


débute(nt) la procession en sortant de la sacristie.

N'hésitons pas à le faire durer, en particulier lors des


messes de semaines où la procession est courte, quitte
à faire attendre un peu le(s) célébrant(s) déjà parvenus
à l'endroit de la présidence. Pour ces célébrations de
semaine, le nombre de couplets approprié est le plus
souvent de deux. En effet, le chant d'entrée est un
moment crucial pour l'assemblée où chacun de ses
membres s'extrait de ses préoccupations pour se
recueillir et "rentrer" dans le mystère de la liturgie et
ultimement dans celui de l'Eucharistie.

Comme évoqué précédemment, évitons tout propos


comme: "Nous nous levons pour accueillir le célébrant".
Laissons l'assemblée porter son attention librement sur
le(s) célébrant(s).

Le chant d'entrée n’est pas le meilleur moment pour


lancer un chant totalement nouveau (cf.: l’expression
« favoriser l’union des fidèles rassemblés » PGMR 25).
Néanmoins, n'hésitons pas si le chant est facile à
mémoriser. Une façon de rendre un chant d'entrée

« Dieu premier servi » 13 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


connu consistera à le choisir lors d'une célébration
précédente comme chant de sortie, dans la mesure où
il convient pour les deux moments. Dans le cas
contraire, une répétition préalable au début de la
célébration serait appropriée.

5 LA PRÉPARATION PÉNITENTIELLE

Après l’invitatoire, un petit moment de silence est laissé


au recueillement.

Tous, ministres et fidèles, se reconnaissent pécheurs,


pour mieux accueillir le don de Dieu.

Le Kyrie Eleison (…) est un chant par lequel les fidèles


acclament le Seigneur et implorent sa miséricorde.
(PGMR 30).

La liturgie a prévu quatre formes de préparation


pénitentielle :

 Le « Confiteor » (« Je confesse à Dieu


 Un bref dialogue (Seigneur, accorde-nous ton
pardon…) ;
 Une litanie (Seigneur Jésus, envoyé par le Père…) ;
 Plus rarement : l’aspersion d’eau bénite
(accompagnée d’un chant baptismal).

N'hésitons pas à briser le carcan de « l’habitude » :


mettons à profit le choix entre l’une des quatre
formules.

« Dieu premier servi » 14 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


La préparation pénitentielle n’est ni un examen de
conscience (centré sur soi) ni une prière universelle
(centrée sur le monde), mais plutôt un regard confiant
posé sur le Christ Sauveur. Ce n’est pas non plus une
invocation trinitaire6.

6 LE GLORIA

Le Gloria est une hymne très ancienne et vénérable par


laquelle l’Église, rassemblée dans l’Esprit saint, glorifie
Dieu le Père et l’Agneau… . Elle est chantée….
(PGMR 31)

Eviter l’alternance entre le célébrant et l’assemblée.

On évitera de dire le « Gloire à Dieu » : une récitation


ne convient pas à une hymne. Pour la meme raison,
evitons la forme refrain/couplets car le Gloria est une
hymne.

On exclura d’office les " textes libres ou alternatifs "


(donnant à penser qu’il ne s’agit là que d’un cantique
parmi d’autres). Respectons à la lettre le texte de cette
hymne très ancienne, issue de la tradition de l'Eglise.

Le geste d'animation sera simple mais précis afin de


guider l'assemblée dans une prière de louange à
l'unissons.

L'articulation de l'animateur, toujours clef, s'avère


particulièrement importante ici car:
6
extrait du "Petit Guide de l'Animateur Liturgique"

« Dieu premier servi » 15 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


1. Elle guide la diction de l'assemblée,
2. Elle est souvent imparfaite, comme pour beaucoup
de texte récitatif et long.

7 LE PSAUME

La première lecture est suivie du psaume responsorial


ou graduel, qui fait partie intégrante de la liturgie de la
Parole. (PGMR 36)

Le psaume est Parole de Dieu au même titre que les


lectures: Ne pas le remplacer par d'autres textes ou un
chant ayant des paroles différentes.

Le psaume doit être chanté autant que possible (re:


PGMR 17), soit :

 Par un psalmiste qui chante les strophes et par


l’assemblée qui lui répond avec un refrain,
également chanté,

 Par l'assemblée qui chante intégralement ou en


alternance le psaume sur un ton psalmodique
connu,

 Par un psalmiste qui chante les strophes et


l'assemblée qui reprend la dernière ligne de chaque
strophe (…si le texte s’y prête facilement).

A défaut, le psalmiste peut dire (sur un ton poétique,


différent de celui des lectures) le psaume sur un fond
musical discret.

« Dieu premier servi » 16 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


A défaut, le psalmiste dit les strophes, et l'assemblée
prend un refrain en chantant.

Caractéristiques d'une bonne psalmodie :

Articulation
Vitesse d'élocution modérée
A la fin du psaume, le psalmiste ne s'éloigne pas trop
de l'Ambon, de façon à y revenir pour le verset
d'acclamation de l'Evangile. Pour cela, s'entendre avec
l'animateur, et le deuxième lecteur le cas échéant.

8 L’ACCLAMATION de l'EVANGILE

Cette acclamation est constituée du refrain d'Alleluia


utilisé avant et après un verset introduisant la lecture de
l'Evangile.

L'Alléluia est chanté et le verset est psalmodié. A


défaut, le verset est lu. A défaut (regrettable), l'Alléluia
sera dit ainsi que le verset.

Spécialement lorsqu'il n'y a qu'une seule lecture,


l'Alléluia suit le refrain du psaume. Idéalement, veillons
à prendre un refrain dans le même ton et le même
mode que le refrain du psaume ou a la rigueur un
passage de mode mineur en mode majeur en restant
avec la même armure à la clef, quitte à transposer
légèrement de plus ou moins un ton (e.g.: La mineur
vers Do majeur, Mi mineur vers Sol majeur, toute
transition de mineur vers majeur moyennant un ton et
demi en plus). Cette "harmonie" permet de ne pas nuire
au rythme et à la progression de la liturgie de la parole.

« Dieu premier servi » 17 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


L'acclamation vient après la deuxième lecture ou après
le psaume s'il n'y a qu'une seule lecture. Dans les deux
cas, l'animateur se tourne avec déférence vers le prêtre
présidant la célébration et attend que celui-ci se lève.
Ne prendre l'Alléluia qu'une fois le prêtre présidant levé.

Pour le verset d'acclamation, la personne ayant


effectue la deuxième lecture ou celle ayant effectue le
psaume reste a l'Ambon pour énoncer le verset
d'acclamation.

Lorsque le proclamateur de l'Evangile est un diacre, le


présidant le bénit à la suite d'un échange entre eux
deux (qui peut être dit à voix haute). Ne prendre
l'Alléluia qu'une fois le diacre béni.

Le prêtre présidant est le centre de cette liturgie de


l'Evangile. Toute l'assemblée se centre sur lui et sur la
parole qui sera proclamée. Par conséquent, toute
phrase telle que: "levons-nous pour acclamer
l'Evangile" est inopportune. Tout geste invitant
l'assemblée à se lever l'est également. L'animateur
n'est en aucun cas l'organisateur de la célébration
liturgique ni le cérémoniaire.

9 LA PROFESSION DE FOI

Le Symbole, ou profession de foi, (…) vise à ce que le


peuple acquiesce et réponde à la Parole de Dieu (…).
(PGMR 43)

« Dieu premier servi » 18 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


Le Symbole doit être dit par le prêtre avec le peuple, le
dimanche et les jours de solennité. On peut le dire
aussi pour des célébrations particulières

S’il est chanté, ce sera habituellement par tous, ou bien


en alternance. (PGMR 44)

Comme pour le Gloria, l’alternance entre le prêtre et


l’assemblée est fortement déconseillée.

Il y a deux manières principales d’exprimer la


profession de foi :

 En proclamant le texte (en un ou deux chœurs).


 En la chantant de bout en bout.

Entrecouper le texte de refrains différents ne semble


pas idéal, car cela demande une grande attention à
l’assemblée (« dérapages » possibles dans la
proclamation…).

Il existe trois textes :

 Le Symbole de Nicée (le plus riche ; à privilégier).


 Le Symbole des Apôtres (le plus simple ; à ne pas
choisir trop systématiquement).
 Le Symbole Baptismal (notamment pour un
Baptême, une Confirmation, une Profession de foi).

Evitons absolument de galvauder le sens de ce


moment en prenant d'autres paroles que l’une de ces
trois formules. Respectons intégralement les mots de la
liturgie.

« Dieu premier servi » 19 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


10 LA PRIÈRE UNIVERSELLE

Par la Prière universelle, le peuple, exerçant sa fonction


sacerdotale, intercède pour tous les hommes.

Toute l’assemblée exprime sa supplication soit par une


invocation commune, soit par une prière silencieuse.
(PGMR 47). La prière universelle est lue par un diacre
(PGMR 132), « ou par le chantre ou le lecteur, ou par
un fidèle laic” (PGMR 71).

Il existe plusieurs manières de faire :

 Les intentions sont dites, et le refrain dit.


 Les intentions sont dites, et le refrain chanté.
 Les intentions, sous formes de litanies sont
chantées, et le refrain chanté.
 Les intentions sont dites, suivies d’un temps de
silence.

La prière universelle peut inclure des propos d’action


de grâces (cf. d’excellents exemples dans le bréviaire
"Prière du Temps Présent").

Ne pas oublier que le premier refrain (éventuellement


doublé) intervient aussitôt après l’introduction du
célébrant, et donc avant la première intention.

Liturgiquement, cette prière s'adresse à Dieu Notre


Père par l'intercession de son fils (cf.: Par Jésus Christ
Notre Seigneur….) . Evitons tout refrain dont les
termes signifieraient une démarche différente.

Ce mouvement liturgique se termine avec la prière


finale du prêtre, le lecteur attendra la fin de cette
oraison pour quitter l’ambon.
« Dieu premier servi » 20 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).
11 LA PRÉPARATION DES DONS

La procession qui apporte les dons est accompagnée


par le chant d’offertoire. (PGMR 50)

La préparation des dons (…) se rattache au geste du


Seigneur qu’à la Cène, " prit du pain " et " prit du vin ".

La prière (du prêtre) peut être dite à haute voix si l’on


ne chante pas et éventuellement suivie d’une
acclamation du peuple.

On préférera souvent accomplir ces rites en silence ou


pendant un jeu d’orgue.

L’orgue solo (ou, parfois, avec des instruments) peut


jouer un rôle non négligeable, : pour un climat de
« fête », ou de « détente » après la liturgie de la Parole.

La prière du prêtre devant persister, il convient parfois


d’éteindre le micro de l’autel afin d’éviter une
«concurrence» entre deux pôles sonores: Les
instruments et la prière du prêtre à voix basse. Pensons
à rallumer ce micro à la fin du rite.

12 LE SANCTUS

Toute l’assemblée, s’unissant aux esprits célestes,


chante où récite le Sanctus. Cette acclamation, qui fait
partie de la prière eucharistique, est prononcée par tout
le peuple avec le prêtre.

Le Sanctus, répondant à l’invitation de la préface («…


nous chantons d’une seule voix… »), doit jaillir (sans
attendre) et favoriser l’unanimité.

« Dieu premier servi » 21 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


Il convient donc que la musique soit suffisamment
connue de l’assemblée.

Il est tout à fait souhaitable, comme pour le Gloria, de


ne pas " dire " le texte mais de le chanter.

Eviter les chants ne reprenant pas intégralement les


paroles liturgiques, sous peine d'édulcorer le sens de
cette hymne/acclamation.

13 L’ANAMNÈSE, LES ACCLAMATIONS DE


LA PRIÈRE EUCHARISTIQUE, LA
DOXOLOGIE FINALE.

L’Église fait mémoire du Christ lui-même, en célébrant


principalement sa bienheureuse passion, sa glorieuse
résurrection et son Ascension dans le ciel.

La Prière eucharistique exige que tous (…) y participe


par les acclamations prévues (…).

La doxologie finale exprime la glorification de Dieu,


ratifiée et conclue par l’acclamation du peuple. (PGMR
55)

Son contenu est important : y figurent les évocations


directes de la mort, de la résurrection, de l’Ascension

« Dieu premier servi » 22 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


et/ou du retour du Christ. L’Anamnèse s’adresse au
Christ (le texte le tutoie) et ne parle pas de lui à la 3e
personne.

Trois formulations liturgiques existent, sous forme de


répond. Evitons de prendre d'autres formulations plus
hasardeuses. Exemple : Malgré une certaine qualité
esthétique: évitons le chant "… Christ est né… christ a
souffert…christ est mort…". Evitons également de
mélanger ces formules, i.e. : Suite à l’introduction
propre à une formule, ne répondons pas avec la
réponse d’une autre formule.

Ces trois réponds possibles sont :

1. Proclamons le mystère de la foi :

Gloire à Toi qui étais mort, gloire à Toi qui est


vivant, notre Sauveur et notre Dieu, Viens
Seigneur Jésus.

2. Il est grand le mystère de la foi :

Nous proclamons Ta mort, Seigneur Jésus. Nous


célébrons Ta résurrection. Nous attendons Ta
venue dans la gloire.

3. Quand nous mangeons ce Pain7 et buvons à cette


coupe, nous célébrons le mystère de la foi :

Nous rappelons Ta mort, Seigneur ressuscité et


nous attendons que Tu viennes.

7
En dehors de son contexte, ce terme de Pain est inapproprié puisque l'Ostie consacrée
n'est plus du Pain mais réellement le Corps du Christ. Néanmoins cette terminologie vient des
propos de St Paul (1 Cor XI, 26) qui, dans leur contexte, parlent de ce pain comme étant le
"Pain eucharistié" - Pain qui n’est plus du pain mais le Corps du Christ.

« Dieu premier servi » 23 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


Enfin, la doxologie est le sommet de la Prière
Eucharistique: "Par Lui avec Lui et en Lui…". Comme
tout le reste de la Prière Eucharistique, elle est
énoncée par le prêtre SEUL. A la fin de cette doxologie,
l'assemblée exprime son adhésion par "Amen". Veillons
à ce qu’elle ne se traduise pas par un "Amen"
inconsistant, voire inaudible.

14 LE PATER

Le prêtre prononce l’invitation à la prière ; tous les


fidèles disent celle-ci avec les prêtres.

L’invitation, l’oraison proprement dite (= le " Notre Père


") l’embolisme (" Délivre nous de tout mal ") et la
doxologie (A toi le règne) à laquelle le peuple conclut
cet ensemble, sont chantés ou dits. (PGMR 56)

le " Notre Père " est surtout une prière - LA prière - et la


prière de tous : il est bon que, précisément, tous
puissent s’y associer.

Si on le chante, la mélodie doit donc être simple et


connue. Il n’est pas recommandé de la changer
souvent. Néanmoins, la mélodie de Rimsky-Korsakov
étant souvent utilisée, une mélodie différente pourrait
sans doute être davantage utilisée, e.g.: la très belle
version de Darasse.

Si l’on chante l’ensemble du Notre


Père/embolisme/doxologie, on veillera à un bon
enchaînement (notamment sur le plan des tonalités).

« Dieu premier servi » 24 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


N'hésitons pas à attirer l'attention du célébrant sur ce
point, de façon à ce qu'il ne change pas de ton .

15 L'ECHANGE "PAX CHRISTI", L’AGNUS DEI

La succession des deux étapes est dictée par le prêtre


célébrant. L'assemblée et l'animateur sont centrés sur
lui.

Le prêtre célébrant ou un diacre invite les membres de


l'assemblée à s'échanger la Paix du Christ8. Cet
échange dure aussi longtemps que le célébrant l'estime
nécessaire. Ensuite le célébrant en vient à rompre le
Corps du Christ. Ce n'est qu'à cet instant que l'Agnus
Dei est entonné, et non avant.

La fraction : ce geste reprend celui du Christ qui, à la


Cène, " rompit le pain ". Il signifie que " nous ne
formons qu’un seul Corps, nous qui communions au
même pain. " (1 Co 10,17)

Pendant ce temps, on chante ou on dit " Agneau de


Dieu " autant de fois que c’est nécessaire pour
accompagner la fraction.

Si le prêtre n’est pas prêt pour cette fraction du corps


eucharistique, l’orgue ou les instruments peuvent
préluder et introduire ce geste.

L’agnus Dei accompagne le rite de la fraction du Pain.

Le nombre d’invocations est de trois: "Agneau de


Dieu…Prend pitié de nous" deux fois et "…donne-nous
la paix" une fois. Dans la grande majorité des cas, la
8
Il s'agit vraiment de la Paix du Christ et non pas d'un signe de cette Paix.

« Dieu premier servi » 25 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


durée de ces trois invocations suffit. Si la fraction du
Pain devenait exceptionnellement longue, il est permis
de répéter plus de deux fois "Agneau de Dieu…Prend
pitié de nous". Dans ce cas, une certaine anticipation
est nécessaire puisque l'Agnus Dei se termine par
l'invocation "donne-nous la paix". Il faut donc prévoir le
temps de prononcer cette dernière invocation sans
qu'elle prolonge le rite qui, en lui-même, serait terminé.

Ce moment de prière de l'assemblée est un des plus


profonds spirituellement. Evitons ensuite de retomber
dans des considérations pratiques et souvent inutiles
concernant le mouvement de communion. Autrement
dit, juste après l' "Agnus Dei", évitons de décrire par
une annonce pratique la procession de communion.

Idéalement, le mécanisme de cette procession de


communion est dicté par les servants de messe, dont
les recommandations discrètes guident les fidèles. A
défaut, ce mécanisme pourra être décrit avant
l'échange de la Paix du Christ.

16 LA COMMUNION

Pendant que le prêtre et les fidèles consomment le


sacrement, on chante le chant de communion, pour
exprimer l’union spirituelle entre les communiants par
l’unité des voix, montrer la joie du cœur, rendre plus
fraternelle la procession de ceux qui s’acheminent pour
recevoir le corps du Christ. (…)

Le chant est exécuté soit par la chorale seule, soit par


la chorale ou le chantre avec le peuple. (…) Lorsque la
distribution de la communion est achevée, le prêtre et

« Dieu premier servi » 26 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


les fidèles pourront (…) prier intérieurement. (…) Toute
l’assemblée pourra aussi exécuter une hymne (…).
(PGMR 56)

L'animateur ou les instruments entonnent le chant de


communion en fonction du célébrant présidant, des que
celui-ci communie.

Prenons un chant de communion ayant des paroles


"eucharistico-centriques". Evitons les chants dont les
paroles dispersent l'assemblée de la réalité physique
de la présence du Christ dans les Saintes Espèces.

Après la communion, un hymne est possible (i.e.: chant


d'action de grâce ou de post communion). Néanmoins,
dans les célébrations d'ampleur habituelle, évitons de
prendre ces deux chants. Choisissons plutôt un chant
de procession de communion, suivi éventuellement par
une partie instrumentale, ou alors, une partie
instrumentale pendant toute la procession suivie d'un
chant de "post-communion".

Ne cherchons pas à éviter le temps de silence post-


communion, toujours propice à la prière personnelle.
Cette attitude de prière est en particulier dictée par le
célébrant qui par son attitude invitera naturellement à
ce recueillement intérieur.

17 L’ENVOI

Le renvoi (…) donne congé à l’assemblée, afin que


chacun retourne à ses occupations en louant et
bénissant le Seigneur. (PGMR 57)

« Dieu premier servi » 27 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


La Bénédiction, à certains jours, peut être une formule
plus solennelle ou une prière sur le peuple.

18 N’OUBLIONS PAS9… .

 A long terme

 de nous documenter, par tous les moyens, sur la


liturgie (livres, revues, sessions) ;

 d’apprendre à lire la musique (avec l’aide d’un


musicien) ;

 d'archiver soigneusement les programmes des


différentes célébrations, de telle façon à ne pas
reprendre tout à zéro à chaque préparation.

 à moyen terme

 de vérifier nos connaissances de tel ou tel chant ;

 de bien convenir avec l’organiste et instrumentiste


de tous les détails (reprise de tel ou tel refrain,
versets chantés ou textes dits - avec ou sans fond
d’orgue) ;

 de convenir avec eux de moments de préludes,


interludes, postludes ; éventuellement de courts
moments musicaux (par exemple lorsque les
enfants sortent pour la liturgie de la Parole et que
la 1ere lecture n'est pas encore commencée).

9
Adaptation et compléments sur le"Petit Guide de l'Animateur Liturgique", travail de C.E.
Hauguel,

« Dieu premier servi » 28 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


 de convenir avec le célébrant de ce qu’il aura à
entonner, ou de telle particularité de la célébration.

 à court terme

 de faire revoir à l’assemblée, phrase par phrase, tel


ou tel chant moins connu (un chant ou deux, pas
plus) ;

 de prendre le ton, le mouvement, le rythme (précis)


donnés par l’organiste, et de les garder (ne pas
croire que le fait de donner un mouvement très lent
à un chant le rend automatiquement
plus " priant ") ;

 de respecter les partitions, mais aussi de savoir les


« exploiter » - bien choisir les couplets, par
exemple, et non pas les enchaîner servilement.

 de ménager des « respirations ».

 d'avoir soin de renouveler le répertoire et de


"coller" toujours le plus possible aux textes, rites et
temps liturgiques.

 de redonner à l'assemblée l'accès aux partitions


pour lui permettre de retrouver une culture
musicale polyphonique.

 Références

 SC : Sacrosanctum Concilium, nom latin de la


Constitution sur la Sainte Liturgie, issue du
Concile Vatican II.

« Dieu premier servi » 29 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).


 PGMR : Présentation Générale du Missel Romain

 C.E. Hauguel, "Petit Guide de l'Animateur Liturgique"

« Dieu premier servi » 30 ©Guy Dadillon (Cté Emmanuel, 2011).