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ENCYCLOPÉDIE

THËOLOGtQUE,
OD
SÉRIE DE DICTIONNAIRESSUR TOUTES LES PARTIES DE LA SCIENCE RELIGIEUSE

OfFRABt* EN rR&NÇAtt
LA PLUS VARIÉE
LA PLUS CLAIRE, LA PLUS FACILE, LA PLUS COMMODE,
ET LA PLUS COMPLÈTEDES THÉOLOGIES.
CES DICTIONNAIRES SONT

D ÉCRITURE DE PHILOLOGIE DE LITURGIE, DE DROIT D'HÉRÉSIES ET


SAINTE, SACRÉE, CANON,
DE SCHISMES, DES LIVRES JANSÉNISTES, MIS A L'INDEX ET CONDAMNÉS, DES PROPOSITIONS
CONDAMNÉES, DE CONCILES, DE CÉRÉMONIES ET DE RITES, DE CAS DE CONSCIENCE,
D'ORDRES RELIGIEUX ET FEMMEs), DES DIVERSES RELIGIONS, DE GÉOGRAPHIE
(HOMMES
SACRÉE ET DE THÉOLOGIE DOGMATIQUE ET MORALE, US
ECCLÉSIASTIQUE,
JtjRtSPttUUEKCE REL)G:EUSE, DES PASSIONS, DES VERTUS ET DES VICES,
D'HAGIOGRAPHIE 1 D'ICONOGRAPHIE CHRÉTIENNE DE MUSIQUE
DE BfOGRAPHE CHRÉTIENNE, DES PÈLERINAGES
CHRÉTIENNE,
CHRÉT!ENS DE DIPLOMATIQUE DE SCIENCES' OCCULTES
ENFIN DE GÉOLOGIE ET DE CHRONOLOGIE RELIGIEUSES.

PUBLIÉE

PAR M. L'ABBÉ MÏGNE,


ÉDITEUR BB t.A BÏBÏ.IOTH)&gUE UNÏVERSELI.B DU CLERGÉ,
ou
M9 COURS COMPLETS eun CHAQUE BRANCHE DE LA SCIENCE ECCLÉSIAtTIQCB.

se YtLms iN-r.
PMX G FR. LS VOL. POUR LE SOUSCRiPTEUtt A LA COLLECTtOX EKTtÈnE, 7 FH., 8 FR., ET M&UE 10 FR. POUR H!
tOUBCIur'fEUR A TEL OU TEL DtCTiONNAME PAUTtCUnKR.

TOMEVÏNGT-SÏXÏÈME.
DICTIONNAIRE DES RELIGIONS.

TOMETROISIÈME.

~YOL.fRix: MMLmca.

CHEZ
L'ÉDITEDR,
AUX ATELIERS CATHOLIQUES DU PET1T-MONTROUGB,
hARRIEREC'ENFERDE PARIS.

18SO
DICTIONNAIRE

UNIVERSEL, HISTORIQUE ET COMPARATIF


DETOCTES

LES RELIGIONS
DU MONDE,
COMPRENANT

t LE JUDAÏSME, LE CHRISTIANISME, LE PAGANISME, LE SABËISME, LE MAGISME~


f LE DRUIDISME, LE BRAHMANISME, LE BOUDDHISME, LE CHAMANISME,
L'ISLAMISME, LE FETICHISME ETC., AVECTOUTESLEURSBRANCHE!.
r LES HÉRÉStES ET LES SCB1SMES QU SE SONT INTRODUITS DANS t/ÉtHJSE CHRÉTUNNK;

LES SECTES OC! SE SONT ÉLEVÉES DANS LES AUTRES REUCtONS,

LES ORDRES nEUCtEOX TANT DES CHBET!ENS QUE DES PEUPLES !NF)DÈLES;

LES MTES, USAGES, CËRËMONIES RELIGIEUSES, FÊTES, DOGMES MYSTERES, SYMBOLES, SACNFtCM, PRATtQOM

60PERST!ECSES EN USAGE DANS TOUS LES SYSTÈMES DE RELIGION, ETC., ETC.;

RÉDICÉ

IP~~ Nî<. &~BB& BB~N~a


M LA MCtM AStAMQCt Btt MBM;

PUBLIÉ

PAR M. L'ABBÉ MIGNE,


ÈDtTEURDEtiABïBtOTH&QOECNÏVERSEMtEDCCt.ERaB,

on

DES COCRN COMPI.ETa SUR CHAQUE BRANCHE DE LA'SCtENCE ECCLÉS!ASTtOtCH.

TOME TROISIÈME.

VOL. PMX: 32 FRANCS.

CHEZL'ÉDITEUR,
AUX ATELIERS CATHOLIQUES DU PETIT-MONTROUGE;
BARM&RKD'ENFERKE PAKtS.
1850
Imprimerie dé MftjrNË, au' Peti~Mentrouga
DICTIONNAIRE UNIVERSEL

HISTORIQUE ET COMPARATIF
DE TOUTES LES

RËUGMNS DE LA TERRE

[Cherchez par UJ, par ), par Y on par Z tes mots que l'on ne trouve pas tel par J.]

JABË (prononcé Fftue),. transcription du sons et le son de leur tambour, leur avaient
nom de Jéhova, chez les Samaritains, d'après apparu au moment du départ, et que, les
Théodoret. Foy. JÉHOVA, et t))Eu, I, 6. ayant pris sur leur dos, ils les avaient por.
c'étaient les enfers des tés dans le Jabmé-Aimo. Si les habitants de
JABMË-A!MO
cet autre monde ne'voulaient point laisser
Lapons cette région des morts était/suivant aller celui des morts que le magicien venait
eux, peuplée d'êtres d'une nature semblable ou s'ils s'obstinaient
à celle des vivants, et qui menaient une vie chercher; à vouloir
que le malade, dont le magicien demandait
peu différente de celle des Lapons sur la la santé, allât les joindre, ce que les parents
terre. Mais ces êtres souterrains avaient une
nature bien plus parfaite, jouissaient d'une du malade qui habitaient déjà le Jabmé-
conditionetd'un heureux, Aimo prétendaient assez souvent, la vie du
sortbeaucoupplus
et étaient tout autrement habiles dans les magicien n'était point en sûreté. Cependant.
arts. C'était là qu'habitaient les Saiwos, les lorsqu'il y avait du danger pour lui, il était
Loddb. les CtM/< vigoureusement défendu par son Saiwo-
les. Sarwas, etc.
Guellé, qui attaquait avec intrépidité le Jab-
Les Lapons avaient des sorciers ou jon- mek contraire au sorcier, et le forçait enSn
gleurs, qui prétendaient jouir de la faculté a se prêter aux désirs de celui-ci, à lui ac-
de se transporter réellement en esprit dans corder son. congé et à consentir qu'il emme-
le Jabmé-Aimo; et c'était à eux que l'on s'a- nât avec lui celui des Jabmeks qu'il était
dressait lorsqu'on voulait évoquer un de ses venu demander. Si les Jabmeks consentaient
ancêtres pour prendre soin des troupeaux de
que le malade vécût encore, aussitôt celui ci
rennes, ou lorsqu'on voulait obtenir des Jah- se rétablissait, pourvu toutefois qu'on ne
meks la santé d'un parent malade. à offrir à celui des Jabmeks
manquât point
Quand on avait trouvé un magicien décidé qui désirait que le malade allât le joindre, le
à entreprendre ce voyage, on assemblait la sacrifice qu'on lui avait promis. Quand le
famille et une grande multitude de peuple. Jabmek était'inexorab)e et qu'on ne pouvait
Le magicien prenait son tambour, le battait le gagner par les vœux qu'on faisait de lui
et chantait en même temps de toutes- ses offrir des sacrifices, il fallait de toute néces-
forces; tous les assistants poussaient en sité que le malade mourût. A son retour du
même temps de grands cris. Le jongleur, ar- Jabmé-Aimo, le magicien devait sans dissi-
rivé au paroxysme de l'exaltation, courait de mulation déclarer quel avait été son succès,
côté et d'autre, s'agitait avec une extrême bon ou mauvais.
eétérité et faisait des gestes extraordinaires JABMEAKKO, divinité laponne, souve-
en frappant toujours le tambour magique, raine du Ja&m~!Mo son nom signifie mère
puis il tombait tout à coup, et paraissait de la Mort. C'est elle qui donne un autre
comme mort et privé de tout sentiment. corps à ceux qui descendent dans ses do-
Cette espèce d'extase durait environ une maines, leur assigne les mêmes fonctions et
heure; il fallait même un autre magicien, qui leur accorde le même pouvoir qu'ils avaient
eût fait déjà le même voyage, pour le réveil- sur la terre.
ler. Tous les sorciers lapons qui ont prétendu JABMEK, divinités des anciens Lapons;
avoir lait ce voyage se sont accordés à 'tire elles correspondaient aux Mânes des Latins.
que les Saiwo-Guellés, ou serpents veni- c'étaient les âmes des parents décédés elles
meux qu'ils avaient évoqués par leurs chan-' habitaient le J(t6m~tM!o ou séjour des
âmes, d'où elles pouvaient être évoquées par
(1) Voyez l'AtM placé en tête du second votume. les magiciens. Foy. jABMÉ-AiMO.
DtCTtONN. DES RELmtONS. JH. 1
it b!CT)OKNA!RK DÉS RELIGIONS. [2

JApA. dieu ~s Singalais. fo~; JAMÈsES, éteigne, et privation de voix active et pas-
JACOB, patriarche des Hébreux, sur- sive au chapitre'; ën(!n'*poù'r les 'relaps, tes
nommé 7~raH. Voy. ISRAEL. châtiments affectés aux schismatiques et aux
JACOBÉOS, nom que )'pna donne en t~or- hérétiques.
tugal aux partisane d'une'erreur théptpgi- '~ÂCOBtNS, JACQBINES, surnom donné,
que sur le sacrement de pénitence. On sait enPrance,'aux religieux et religieuses de tor-
que, suivant la doctrine de l'Eglise, un pé- dre deSaint-Dominique, parce queleurcou vent
nitent qui se confesse né ~ut jamais'déctjt- était situé'près ta'porte~Saint-Jacques à Pa-
rer nominativement à son confesseur les ris. Ce couvent était antérieurement un hô-
complices de sa faute, à moins que cette dé- pttal pour les pèterins de Saint-Jacques il
claration ne soit indispensable pour l'inté- fut donné aux Dominicains à la prière du
grité de sa confession, et cette règle est fon- pape Honoré HI, l'an 1218, par le docteur
dée sur ce que" te o~itenjrne'peut, sans~n Jean, doyen d&Saint-Qoenti'n.
nouveau t)~chlB, déposer de ta~ réputation de ~ns iatu~ Sa'nt~onoré t{ y ayatt un
son prochain. Cependant, d)t rabbé Gré- couvent de Jaco6t'Ks re/'orme' fondé vers
goire, le Portugal vit, pendant quelque l'an 1611, par le P. Sébastien Michaétis, qui
temps, d'autres maximes prévatoirdans'ce'fS avait~'rétabir l'ordre de Saint-Dominique
taines communautés religieuses, où le despo- dans sa pureté primitive.
tisme des supérieurs imposait à leurs subor- JACOB1TES, hérétiques du Levant, qui ti-
donnés l'obligation de dévoiler non-seule- rent leur nom du moine Jacob, sumnmme
ment leurs fautes,mais encore cellesdeleurs SaradŒMS ou Zanxatus homme ignorant,
frèrRS, de leurs complices, et pliait tous les mais actif et zété, que tes Eulychiens ti-
membres de ces communautés sous le joug rent élever sur te siège éptscopat d'Edesse.
d'une obéissance aveugle. Cet abus prit nais- !t parcourut t'Orient, réunit les différentes
sance vers 17~, chez des Ermites chaussés factions des Eutychiens pu Monophysites,
de Saint-Augustin, passa ~ch'ez 'd'es moines ainsi appelés parce qu'ils ne re'cbnnaissaiem
réguliers, et de tà"s'éténdit â'béaucôup d'in- qu'une seutë nature en Jésus~Chrtst il ét:t-
dividus'des autres'ordres~ Les pàrti'sahs ec- blit partout des évëques'ëtde's prêtres, de
ctésiastiques et laïques de' cette doctrine y sorte que, vers la fin du vf ~iecte, cette hé-
ajoutaient'une piété "outrée ë~ mystique. On résie se trouva rétablie dans la Syrie, la Mé-
les nomma'~t~<e'hômm'e donnant àt'~ sopotamie, t'Arménie, l'Egypte, ta Nubie et
tonte au secret de'la confession ~'ëtJaco6~o~ l'Ethiopie, où ette subsiste encore. Cepen-
parce que dans ia satte o'ù''its ay~tent com-~ dant, comme l'observe Richard Simon, si
menée tëur complot il y ayajt *un tanteau re- l'on comprend sous le nom de Jacobites tous
présentant l'échelle deJacbb~LesJacobéps les Monophysites du Levant c'est-à-dire
et leurs adhérents devinrent extrêmement ceux à qui Uon attribue l'hérésie de ne re-
nombreux sou~s ta'protectiop du P: Gaspard connaître qu'une nature en Jésus-Christ, il
de
de qui
rineamatibn, qui en était rega'rdé co'm'me
él~it régardé èô~ri~é est cértain'que'cettë secte est fort étendue;
le c~eÏ."Le~'ehanoines dé .Coïmbrp réufgè- mais ceux qui s'appellent proprement Jaco-
rent un règlement' catque sur ces principes, bhes sont en tr6s-p6~t nombre, et ils habi-
qui furent souten'usp'~r es exercices pu~- tent Rrmçipatement la Syne et ta Mesopo-
btics désignés sous te'n~mde'f/!MM,nMa:i- tamjc jeur c~ef réside à Kara-Amid, capi-
mct~ i'a?erctc!os e 'o~erDancMS'~a Jacobea: tateduDiarbéttjr.
Ufté'sentence du tribunat dé ta ~exa d'Âso- Les Jac.obttes ne recppnaissent qu'une
?!d tes Ht saisir et brûler par'la main du nature en Jésus-Christ, rejettent le concito
bourreau~ Le'cardina) daCuhhàef le pa- do Catcédoinc, condamnent ta lettre desamt
triarche de Lisbonh'e pubUèrënt en'ITïS des Léon, et regardent e~mme de~ défenseurs de
lettres pastorales ëtdes'édits contre ceUe doc- la foi Dipscore, Barsumas et tes Eutychiens,
trine, qui avait pour défè'nseurs tes évéques condamnes par té conote de Catcédoine.
d'Algarve, d'Ëtv'às et de Cbïmbre~ Ce der- Toutefois its ne créent pas que la nature
nter écrivit même au pape, sur' cet objët~ humaine et la nature dmne spte'tt 'confon-
une 'léttéé` dues en Jésus-Christ;
àptiltigéfi,c~ue: Benoît
tetfreapotogéttque? Bénoît XIV,XiV, trop
tro~ i)sa'vouent'qu')ts ne
bien instruit des règles de t'Eghsé pour tote- s'expriment ainsi que R~ur mjeux aéfendre
rcr'un abus si criminet, donna., ta mêmean- t'unite de personne contre Jcs Nestorjens.
~ée,ùn brefco'ntrë le zète indiscret qui~qu- Ils n~'dj~erent, point'de
sputiennent'qp'i!s
lait assujettir tes pénitents à nommer leurs l'Egttse romaine, qm e~bHt deux natures
compticesettes lieux de teurrésictence.Lë en Jesus-Chnst: ma)s')!s"prétendent mteux
)nême pontife pùbtia encore à ce sujet quatre cxptiquer !e mystère do l'incarna~Qn, eh di-
buttés,'d'ônt'ta dernière est de 1~~9.'Letribu- sant qu'il n'y a qu'une nature,'parM,qu'il
nat de nnquisition"pub!ia, la mêm'e année, n'y a uu'un Jésus-Christ 'pieu et homme,
un décret contre tes Jacobéos, et en 177~ un ne
que font les Lati.ns, qui parlent, dtsent-
régtemcnt'qui prononçait des'peines sévères its, de ces deux natures comme si elifs
contre tes cbùpaMe's~' savoir ta fusttgaUon, étate~ séparées et qu'etigs. ne {issentpas nu
la déportation et six ans de gatérës p.our ta véritable tout. C'§t'auss) ~n pe'§ens'que
ctassë vutgàire t'exitsur'tes cotes d'Afrique D!Q~cbre, qu) a, adouci quelques expressions
pour tes~n&ptes'; rintcrd~et'un an ~'ex)l ()U d'Eutyches, qu) paraiss~ent tt:op rudes, d)-
degatères'pdur tes caembres'Qu cterge;~a sait qu'H 'reconn~jssajt 'que Jésus-Christ
prison" pour tes femmes ta'fque~; po~r tes était composé* de d'eux natures, mais qu'il
rétigieusës,' t'exit < d'a'tis~ te 'c~uvënt'te
,(' r t .·.ptus
n'était pas deux natures,; ce qtu semble or'
JAC jAC
thodoxe car ils ne venant pas avouer qu'i) y ncment du magistrat, mais del)icu
nit d'eux natures s:):
en'Jésus.Christ~'de peuri' surtout dans tes affaires purement'rc~gieu-
d'éta'btir deux Jésus-Chnsts. De sorte quêtes Ja- ses..
cohites ne sont
pointa a"propremëht'pariër, ,e part! s'~ta)t égatement répandu
engagés dans l'erreur dans
tcghsc cp)scopa!c d'Ecosse ;'mqis i;'recutun.
ce)!e des Acéphales, quid'Eu'tyché'srm'ais'dans
'rejetaient le cbncife
de Calcédoine. <<.` cqup mp'rjel par')a défaite de'Chartes-
Edouard en 17~5. Ce prince étan!
Ils ont tous les sacrements de i'Egtise ro- Rome en 1788, une assemblée de' mort à
mame, et n'en diffèrent que sur quelques {qu'rs évo-
ques, tenue'à Ab~rdeen,'reconnut enu'n ta
pratiques dans l'administration des sacre- maison de Brunswiç~, et siatua qu'on pria-
ments Us ont, par exempte, conservé )a cir-
raj( pour Georges I!l et sa'fami)te'. En 1792,
concision/et marquent d'un fer rouge l'en- P" !e" proposa de souscrire'aux
fant après qu'i) est'Daptise;its t.ent'e-
ont conserve M'" !<;)es )eur consentement à cette'de-
la prière pour morts. Leurs jeunes sont mande fut ra~iHé en 1§04, dans une assem-
tes
fréquents et ngourcux ils ont, outré
}o ca- b)ee générale; et' main~enapt t'JËgti~'e épi-
rême, <o jeune de ta yierge.'cëtù'i des Apô- scopale protestante d'Ecosse est en
tres, celui de Noël, cetui des NinÏvites,et commu-
njonayec {'EgHse angl)eane,mais"sans"étre,
chacun de ces jeûnes dure ptusieurs semai- comme eïïe,
nes de p)us. Us jeûnent' toute tannée soumise a Hnnuence dus'ouver-
le ncment britannique.
mercredi et le vendrcd!. Pendant tout'ca- JACQUES DEL'ËRËE (ORDRR DE SAINT-).
rême, un J.icobjfe ne peut ni boire 'de vin, en
ni ordre mji~atre é(abii Espagne,' i'an 1170,
manger de ~pjsspn, ni se'servir'd'huH'e; pour s'opppser aux incursiops~des'Mqures
'raçtjon ces lois est punie de t'excom-
de ou) troubtaient )cs petcnps 'a))ant à Com-
munjeation; i) n'est permis de ni postetle au tombeau ~e sain~
Ia)t ni œufs les mcrcrc'dis et tes'vendrëdis. manger Jacques. H
Us font avajt auss) pour but d'attirer tes'Mahdmé-
cpnsjsterpresque toute )a perfection )<tns a {a retigtp~ chrétienne.
de t'Evangi)edans de ces jeûnes, Cet dr~rë~ut
('austérité approuve par Alexandre !}), en"li'7S. L~s
qu'ils poussent à des excès incroyables; on aux
en a vu q~i pendant beaucoup d'années ne ~y~~ proposèrent chanoines'de
batnt-Mo), qui avaient des hôpitaux sur le
vivaient durant tout !e carême que'de teuji- chemin appeié ~o~ FraMp'at~, de s'up;r à
Icsd'oHvier. Hy q chez eux beaucoup'de
<eut lieu vers'l'an.
moines, dont iesuns sont réunis en'commu- 1275. Cet prdre ctatt cpmposé de clercs et de
nauté, d'autres vivent dans des' cetlutes sé- cheyaHers parmi ces derniers, les un.s gar-
parées ou dans les déserts. daten~ !e célibat, ics autres éjaient mariés,
JÂCQmTÉS'D'A~LETERRE, sncte poli- et }curs femmes paient comptes pour sœurs
t)CQ-ccçtés)astique, qui prit naissance en de i ordre. La première ;dignitéjest ceUede
Angtt'jerre après la révotutiondel68S qui grand maitre est
çt;e réun;e a !a couronne
avait chasse du trône Jacques I), pour y por- depuis Chartes-Quint. La seconde est ceHa
ter Gujnaume, gepdre de de pneur,
ce prjnce. La ma- affectée à deux nut
jorité du clergé angtiean'reconnut ce'der- P°"c"t ))! mitre e{ ies autres orne~en~pon-
chanoines
nier comme, rpi fait t'ticaux. Lcschevajiers
de ctde dro'it;'que)- font preuve de qua-
ques-uns comme rqi d~ fait scutemënt. Atais tre races de chaque côté; 'tous
Sancroft, archevêque de Cantorbé'ry,'et peuvent se
sept marier maintenant, mais seutëment avec
autres pretats, croyant, que ta conspi~nce une permission du roi par écrit. Leur habit
defe.ndajt de se soustraire à t'autorité de de cérémppte esjt un manteau btanc avec
-!acques H, quoique banni qQ ses Etats, refu- une croix rpuge en forme d'épée, ueurde))-
sèrent a son gendre ie serrnën~d'atiégpance. see par !e pommeaa et les croyons, sur ta
En conséquence, ils furent ~ppetés ~Yo~M- pottrme. C;est )e plus considérable des or-
!-o~ou~co<'t<e~; Us furent même accusés dres m)j)ta;res d'Espagne ses revenus sont
d')nçj)ner au paptsme, parce que'Iq roi Jac- immenses, et les cpmmandcries
ques embrassent
éta~ cathnitaue; c'est pqurqupi ies deux V))fes et cent dix-huit bourgs.
cathqhquc~ reçurent aussi !a dénomination !) y 9 aussi (Jes chevafières ou chanoi-
deJacobitcs, ncsses de Saint-Jacques de t'Epée, dont le
Les evé~ue~ angtiçans opposés au serment P''em'er monastère fut fondé à Satamanque
se djsatsnt seuls orthodoxes, seuts ~g'itmes, pour tqger )es pé'erins de Saint-Jacques.
'axaient tes autres de schisme et d'hérésie, EHes font. maintenant les trois vœux solen-
cf (irent une communion séparée. Mosheim nejs qp'etjes n'ont pas toujours été dans l'u-
leur .)ttr;bue de crore que ta succession au
sage de prononcer, Leur habit est te même
trône est d'institution divine, et qu'h n'est gué cejut des chanoines.
J'~QJs permis, spus aucun prétexte, de ré- .JACQUES. DU-HAUT-PAS (ORDRE DE
s'cr aux princes. Les ./Mro~, pour soute- BA)~TJ, chanoines hospitaliers, institués
"'r '? tegUimité de .GuiUaume, s'appuyaient en Halte, vers l'an 1260. Le but primitif do
sur je texte ~oM~ ~t(!ce meK~ de Z);eM. cette fnstitutiou était, de faciHteraux petcrins
Les .yo~/Mt-~ jour répHquaient (( Si donc le passage des rivières en leur fournissant
~gt "surpateur~ se succèdent, vous sui- des bacs. Lés membres de t'ordre étaient
vrez je dernier, comme t'épagneut suit ie
le d'abord frères lais, puis ils furent prêtres;
voteur montp stjr te chevat' de son maitre, ils portaient l'habit blanc. Ils formaient une
apr~s avptr tué le propriétaire. B Ces derniers congrégation (iopt le chef-lieu était l'hôpital
~c"!4!P"t Mup {'Egtjse ne dépendit aucu- de sur t'Arndj
Saint-Jacques-du-Haut-Pas,
~3 DICTIONNAIREDES RELIGIONS, ii!{j
dans l'Etat de Florence. Cet institut s'étant et fait partie du CMom6o ou de la confédé-
propagé en France, le pape y nomma en ration. Hest rarequ'ils élèvent leurs propres
1288 .nn commandeur général qui résidait à enfants, qui les embarrasseraient dans leurs
Paris dans l'hôpital de Saint-Jacques-du- marches continu-elles. I! arrive même qu'a-
Haut-Pas. Pie !I supprima cet ordre en 1~59. vant de grandes expéditions, tous ceux qui
JADDËSHS ou DjADDÈs, troisième classe ont des enfants les offrent publiquement en
des prêtres, dans l'ite de Ceylan. Ce sont, sao'iuce à leurs MoAisso~' en piient les
au rapport de Knox, les prêtres des esprits. chairs et les os, et en font une espèce d'on-
Les pagodes qu'ils desservent n'ont point de guent dont les guerriers se frottent tout le
revenus. Un homme dévot bâtit à ses dépens corps pour s'inspirer du courage et se rendre
une maison, dont il devient le prêtre. Il fait invulnérables. Les femmes et les filles sont
peindre sur les mnraittes de cette maison soumises aux mêmes lois que les hommes et
des hallebardes, des épées, des flèches, des les garçons.
boucliers et des images. Ces maisons s'ap- JA1NCOA, nom de Dieu dans la langue es-
pellent ordinairement Jacco, qui veut dire kuara ou basque. Foy.DtED,n''xo).
maison du diable. Jacco ou Jaca est te nom JALDABAOTH, divinité adorée par les Ni-
du démon. Pour célébrer la fête de ce Jacco, cotaites.
'le Jaddèse se rase toute la barbe. JANA, divinité romaine, épouse de Janus.
JADUTHA, idole vénérée autrefois dans Fo< CARDA.
!a Saxe et dans la Marche. JANCHON. Les Botocudos, tribu sauvage
JAGA-BABA, divinité infernale des anciens duBrésit, redoutent des génies malfaisants
Slaves; elle avait la forme d'une grande nu démons noirs qu'ils nomment Janchons.
femme décharnée dont les pieds étaient H y en a de grands, Janchon Gipakein, et de
osseux. Elle était armée d'une barre de fer, petits,Janchon .Ko!<d' Quand le grand diable
avec laquelle elle tâchait de faire crouler le se montre et traverse leurs cabanes, tous
socle sur lequel elle était placée. On ignore ceux qui t'aperçoivent ne peuvent échapper
le culte que lui rendaient ses adorateurs. à ta mort. Ses apparitions ne durent pas
JAGGERNAUT, célèbre idole des Hindous. longtemps; mais ses visites causent toujours
Foy. DjAGAD-NATHA. le trépas de beaucoup de monde. Souvent il
iAGUAS (1). La plupart des anciens voya- saisit un morceau de bois, et bat les chiens
geurs nous représentent les Jaguas comme jusqu'à les tuer. Quelquefois it tait mourir
étant un peuple de l'Afrique; mais ils sont t les enfants que l'on a envoyés chercher de
plutôt une secte ou une confédération, ré- l'eau; dans ce cas, on trouve l'eau répandue
pandue dans une grande partie de l'Afrique de côté et d'autre. Ce démon paraît avoir
centrale, et, que l'on trouve principalement une grande analogie avec t'KMK ou ~4/«!K-
dans les royaumes de Kassangi et de Matam- ga des Tupinambas. La crainte de cet esprit
ba. !t est assez difficile de faire concorder les empêche les sauvages de passer la nuit
récits des voyageurs du xvn° siècle il pa- seuls dans les forêts; ils ne s'y décident pas
Trait cependant que les Jaguas sont soumis à volontiers, et préfèrent marcher plusieurs
un chef appelé par les uns GraMd-a~Ma, ensemble.
par les autres Kalandola, mais ce dernier JANG sacrifice qu'offrent les Chinois
nom est probablement le nom propre de pour chasser les maladies et les autres cala-
l'individu qui était nppeté à cette grande mités.
dignité. Quoi qu'il en soit, les' Jaguas sont JANGOU-MON. D'après les anciens voya-
extrêmement féroces ils sont presque tou- geurs, un certain nombre de nègres de la
jours en guerre avec les peuples voisins, Côte-d'Or professaient une espèce de dua-
dans le seul but vraisemblablement de faire tisme ils croyaient à l'existence de deux
des prisonniers. Ceux-ci sont partagés en dieux l'un blanc, appelé 2?OMoMmou ./Mt-
deux classes; les hommes et tes femmes d'un gou-Mon, c'est-à-dire le bon homme; t'autre
âge mur sont tués et mangés par eux, après noir, qu'ils nommaient DeMOKto ou Diablo,
les avoir fait engraisser;. quelquefois ils se mots empruntés du portugais. Ils disaient que
contentent de les vendre pour esclaves. le premier était le Dieu des Européens i
Quant'aux jeunes gens, ils les réduisent en mais ils se plaignaient beaucoup du second,
servitude dans le dessein de les naturaliser lui attribuaient toutes sortes de méchancetés
parmi eux ce qui a lieu après qu'on tes a et tremblaient à son nom seul. Ils préten-
soumis à diverses épreuves, et lorsqu'ils ont daient en être quelquefois battus, et met--
apporté au Grand-Jagua la tête d'un ennemi. taient sur son compte les coups qu'ils rece-
Pour éprouver le courage des jeunes cap- vaient, dans l'obscurité, par une main in-
tifs. ils tirent contre eux des flèches, presqu'à connue.
fteur de tête; et celui que la crainte fait JANNAN1NS. Les Quojas, ancien peuple
sourcitter est tué et mangé sans rémission. de la Guinée, étaient persuadés que les âmes
On leur fait perdre aussi quatre dents sur des morts devenaient des esprits, auxquels
le devant de la bouche, deux de.la mâchoire ils donnaient le nom de Jannanins, c'est-à--
supérieure et deux de l'inférieure, après quoi dire, patrons, défenseurs, parce que t'occu-
on leur perce le nez et tes oreilles; alors le pation attribuée à ces esprits était de pro-
jeune homme est déclaré 6roMso ou sotdat, téger et de secourir leurs parents et leurs
anciens a'nis. Un nègre qui, à tachasse,
(i) On écrit encore ce nom Jagas, Jagues, Giagues, avait échappé à quelque danger imminent,
D/agas, Guagas, etc. o se hâtait d'aller au tombeau de son libéra-
i7 JAN JAN i8
teur, où la reconnaissance lui ta'sait sacri- bien nourri des travaux de ce grand docteur,
fier un veau, avec du riz et du vin de pal- il composa lui-même un livre intitulé Au-
mier pour offrande, en présence des parents ~KstitUt~, qui fut une pomme de discorde
et <)es autres amis du Jannanin, qui célé- jetée dans le camp des catholiques. Nous
braient cette fête par des chants et des dan- sommes loin de regarder Jansénius comme
ses. le fondateur du Jansénisme cette célèbre
Les Quojas qui recevaient quelque ou- opinion a pour principal auteur Duverger
trage se retiraient dans les hois, où ils s'i- de Haurane, abbé de Saint-Cyran, ou plutôt
maginaient que ces esprits faisaient leur ré- elle n'est que la continuation du système
sidence. Là ils demandaient vengeance à condamné de Baïus mais l\4M~MS<tnM~, qui
grands cris, soitàKanno, soit taux Jannanins. pourtant-ne fut publié qu'après la mort de
De même, s'ils se trouvaient dans quelque Jansénius, Ct tant de bruit et donna occasion
embarras ou dans le péril, ils invoquaient à tant de débats, suscita une polémiqne si
l'esprit en qui ils avaient ptus de confiance. longue et si acharnée, qu'il mérita à son au-
D'autres le consultaient sur les événements teur le triste honneur d'attacher son nom à
futurs. Par exemple, lorsqu'ils ne voyaient la secte nouvelle. Quelques-uns pensent que
point arriver de vaisseaux d'Europe, ils in- Jansénius était bien innocent des troubles
terrogeaient leur Jannanin pour savoir ce que son livre occasionna après lui ils disent
qui les arrêtait, et s'ils apporteraient bien- que rien n'est plus facile que de se tromper
tôt des marchandises. Enfin leur vénération dans une matière aussi délicate que celle de
était extrême pour les esprits des morts. fis la grâce, que les propositions condamnées
ne buvaient jamais d'eau ni de vin de pal- lui échappèrent sans dessein: iisse fondent, 1°
mier, sans commencerpar en répandre quel- sur une double déclaration de sa soumission
ques gouttes en l'honneur des Jannanins. au saint-siége, insérée dans l'ouvrage même,
S'ils voulaient assurer la vérité, c'est leur et par laquelle il le soumet humblement'au
Jannaninqu'its attestaient.Le roi même était jugement du souverain pontife 2° sur une
soumis à cette superstition et quoique toute .sembtabte déclaration insérée dans son tes-
la nation parût pénétrée de respect pour tament une demi-heure avant sa mort; 3°
Kanno, le culte public ne regardait que ces enfin sur une lettre écrite quelques jours
esprits. Chaque village avait, dans quelque auparavant à Urbain VIII, et dans laquelle
bois voisin, un lieu fixe pour les évocations. il dit ces belles paroles « Je me trompe as-
On y portait, dans trois différentes saisons surément, si la plupart de ceux qui se sont
de l'année, une grande abondance de pro- appliqués à pénétrer les sentiments de saint
visions pour la subsistance des esprits. C'é- Augustin ne se son étrangement mépris
tait là que les personnes affligées aHaient eux-mêmes. Si je parie selon la vérité ou si
implorer l'assistance de Kauno.et des Jan- je me trompe dans mes conjectures, c'est ce
nanins. Les femmes, les filles et les enfants que fera connaître cette pierre, l'unique qui
ne pouvaient entrer dans ces bois sacrés. doit nous servir de pierre de touche, contre
Cette hardiesse eût passé pour un sacrilège, laquelle se brise tout ce qui n'a qu'un vain
qui eût été puni miraculeusement par une éclat sans avoir la solidité de la vérité.
mort tragique. Une femme convaincue d'a- Quelle chaire consulterons-nous, sinon celle
dultère, surtout après un premier pardon où la perfidie n'a point accès ? A quel juge
de son mari, était conduite au bois des Jan- enfin nous en rapporterons-nous, sinon au
nanins, où elle disparaissait sans que l'on lieutenant de celui qui est la voie, la vérité
pût jamais trouver d'elle la moindre trace; et la vie, dont la conduite met à couvert de
il est probable qu'elle y était mise à mort et l'erreur? Dieu ne permettant jamais qu'on
soigneusement enterrée par -les exécuteurs se trompe en suivant les pas de son vicaire
de la justice. en terre. Ainsi tout ce que j'ai pensé, dit
JANSENISME, système erroné sur la grâce, ou écrit dans ce labyrinthe hérissé de dispu-
ainsi nommé de Corneille Jansens, plus con- tes, pour découvrir tes véritables sentiments
nu sous le nom latin dcJansénius, qui en est de ce maître très-profond, et par ses écrits
regardé comme te premier auteur. Cet hom- et par les autres monuments de l'Eglise ro-
me fameux, né dans le comté de Leerdam en maine, je l'apporte aux pieds de Votre Sain-.
Hollande, l'an 1585,de parents très-attachés teté, approuvant, improuvant, rétractant,
à la religion catholique, fut d'abord princi- selon qu'il me sera prescrit par cette voix de
pal du collège de Bayonne en France, puis tonnerre qui sort de la nue du siège aposto-
de celui de Sainte-Putchérie a Louvain. Pro- lique. »
mu au doctorat en 1619, il fut nommé par D'autres croient au contraire que Jansé-
le roi d'Espngne à une chaire d'Ecriture uius s'est lancé à son escient dans une voie
sainte, en 1630, puis, six ans après, à i'évé- condamnable ou du moins périlleuse. Ils se
ché d'Ypres, qu'il ne garda pas longtemps, fondent, 1° sur une défense des sentiments
étant mort de la peste le 6 mai 1638, âge de Baïus écrite de sa main et composée par
d'environ cinquante-trois ans. Cette mort lui, mais qui est demeurée manuscrite ,2°
n'eut rien que de glorieux, car il avait ga- surle,titre d'~po/o~tede~MMs, que,-dit-on, il
gné cette maladie en visitant les pestifé- .voulait d'abord donner à son livre 3° sur les
rés. lettres qu'il écrivait à l'abbé de Saint-Cyrau
Pendant tout le cours de sa vie, Jansé- et dans lesquelles il ne se dissimule pas la
nius avait fait une étude approfondie des hardiesse et la témérité de son entreprise;
ouvrages de ~aiut Augustin, et après s'être it révoit le trouble que sa doctrine occa-
19 DICTIONNAIREDES RELIGIONS. 20
sionnera dans l'Eglise, .les condamnations obéir à t'Elise, crurent se tirer d'embarras
qui le menacent, et. veut que.son .Hyre né et éviter le scandale en déclarant qu'ils sous-
paraisse qu'après sa mort, afin de ne point crivaient à la condamnation que le saint-
s'exposer à voir le reste de ses jours s'écou- ~iége avait faite des propositions, mais que
ler dans l'agitation et dans le trouble .it as- ta doctrine qu'elles contenaient n'était point
sure enGn que le pouvoir tramontain est celle de Jansénius. Arnaud, l'un des cory-
pour tu).ta moindre ~chose. phées de la secte, et avec lui soisante-douzo
Quoiqu'il en soitdet'.intentiondet'auteur, docteurs de Sorbonne, ayant refusé de sous-
le livre de,Jansénius.ne tard~.pasà faire crire à la censure de ces propositions comme
d~é,bruit dans
be.~ucoup de,bruit
beaucoup l'université de
dans-l'université de Lou-
l.ou-, étant de Jansénius, furent exclus de t'a fa
y.ain. Les Jésuites s'~empressèr.ent, de t.e réfu- cullé de théologie, le 16 octobre 1658. Lé
ter. La guerre s'alluma d<:part et d'autre,.et pape Alexandre VU, ne voulant plus laisser
l'on vit paraître une foule d'écrits de contro- aucun subterfuge aux partisans de Jansé-
verse sur cette mat'ère. Le papcUrbain VHI; nius, publia une buDe.par laquelle il décta-
voulant apaiser ces qucrettes,. interdit ta rait expressément que les cinq. propositions
Jtecturo de t'~MS'.MS~'nus.et des écrits .des étaient dans l'~M~u~~HMs, qu'elles étaient
< condamnées daos le sens,qu'elles
Jésmtes. contre ce .livre, ajoutant cependant présentent
qu;on trouvait dans cet ouvrage des propo- et dans té sens même de fauteur. Le formu-
sitions déjà;,condamnées par ses.prédéces,- lairé dressé par.le clergé de France fut pro-
sèùrs. La. défense du pape ne put calmer de? posé à signer à tous les ecclésiastiques, réti-
esprits trop échauffés. La quereHe devint de gieux et religieuses du royaume èt lé roi
jour en jour pius vive. La France y prit lui-même en ordonnâ la signature par une
part, etit s'etevadans ce royaume de grands déclaration expresse. Ce formulaire était
trbubtes.à.cette occasion. EnGn quatre-;vmgt ainsi conçu « Je me soumets sincèrement à
cinq évoques français, ayant extrait du.livre la constitution du pape Innocent X du 31 mai
de,Jansénius cinq propositions qui, conte- 1653, selon son véritabte sens,'qui a été dé-
naient toute sa doctrine, les déférèrent au terminé-par la constitution de notre saint-
pape Innocent X. Vôici ces propositions père Alexandre Vil, du 16 octobre 1656. Je
i" ()Me/<yuM commandements d.e.Dt'eM sont reconnais que je suis obligé en conscience
<mpt)MtMM.d dM ~pmtHM ~M~.<<.~Mt veulent d'obéir à.ces constitutions, et je condamne
~accomp~'r, et~m /'on< A.cet e/yet ~Me~or~ de cœur et de bouche la doctrine des cinq
~6~pM les /brcM pr~eH<M qM'~s ont; et la propositions de Cornélius Jansénius conte-
~i~ce ~ut les renf~'atf possibles leur man- nue en son livre intitulé YtM~M~KMS,que ces
o'Me. deux papes et les évoques ont condamnée,
2" PatM <<o<.de Ma~Mred~c/t.Me, on ne r~" laquelle doctrine n'est point celle de saint
~t~e~tmc[ts~<a~rdçetH(~r<eMre. Augustin, que Jansénius a mat expliquée
..3° .PoMr .m~rt<er et (/em~'t'<et'.dans. l'état de contre te vrai sens de ce docteur.))
nature, dec~tte,, il M'M< pas n~MMntfe a'ue La signature de ce fôrmutaire fut ta source
~'Aomnte, ait «ne <!6er~ e~eHtp~e .de.Mec.e~t~, d'une inunité de contestations, de chicanes,
mais t( SM/)!<,ÇM'!<at~MMe liberté exempte de de. subtilités et de dispuies frivoles sur le
coac<t'onqu de contrainte. droit et le fait, sur t'infaittibitité dû souve-
,4°,~e~ ~em!-jPe~!ensadme«aten< la Me- rain pontife. Les, uns voulaient se retrancher
ceMt~ de la ~.rdce tn~r.'eMf.e pre~t;enan<e pot r derrière un silence respectueux tes autres
cAa~t<e.<tc~'fK.en par<tcu!ter, Memepot<r<e déctinaien) l'autorité du souverain pontife,
comtnenceg)€Mt de <tt /bt;. ils étaient A~rett~ues lorsqu'il s'agissait de juger le sens d'un livre;
en .ce gM~s voulaient que cette grdce fût telle d'autres en appelaient du pape mat informé
que la volonté de r/tOMt)nepM<y résister ou y au pape mieux informé ou à un concile
o&~t'r. .r général. Bientôt cette querelte prit les .pro-
.5°.C'esi! MneeffeMt' se?nt-p~n~!enne de.dire portions d'une véritable hérésie t'Ëgtisc de
~ue .yesMS-CAr!~ est mort ou ~M't~.arepandtt France fut partagée eh deux camps, dont
son sang généralement pour tous les hom- chacun comptait dans ses rangs dès évêqùcs,
mes. des docteùrs, des savants de tout ordre et du
Ces.c.inq,propositions ont été censurées: plus hàut mérite. Les Jànsémstes se distin-
ta~p.remtère, comme téméraire,, impie, blas- guaient des autres par une ptus grande aus-
phématoire, frappée d'anatbème et héréti- térité de mœurs, ptus de sévérité et de dé-
que ;~a 2°; et !a,3' comme hérétiques; la 4°, cence dans le commercé ôrdimiirë de la vie,
comme fausse et hérétique la 5e, comme plus d'étoignement des plaisirs mondains
fausse, téméraire, scandaleuse et étant en- peut-être aussi par p!us de mortification,
tendue en ce sens que Jésus-Christ soit mort plus de zèle pour les pratiques de la péni-
pour le salut seulement des prédestinés, im- tence. Mais il faut convenir que ces beaux
pie, blasphématoire, .injurieuse, dérogeant dehors'cachaient la plupart du temps un or--
a ia bonté de Dieu et hérétique.. gueil démesuré, un amour-propre excessif,
Tel.fut.le jugement prononcé par Innocent t et un attachement intlexiblé à ses propres
X dans sa~uUe du 31 ntai 1653. Cette bulle idées.
fut reçue ,pa.r.l,e
fl;1treç,~e France, qui dressa
9 de,France,
par.të çclergéde Le chef-lieû de la secte était le monastère
en 1655 un.fprmuIaffepourJa condamnation de Port-Royal, situé dans une profonde so)i-
des cinq propositions de Jansénius. Les par- tude à six lieues de Paris c'était dans ce
tisans de ce dernier., se.troafant dans l'alter- désert qu'allaient se retremper les chefs du
native d'abandonner leur docteur ou de dés- parti, les Daverger dé Hauraue, les Arnaud,
2t JAN 22
!es
Pa~a~ les Zieute, tes Lemaistré de Sacy, Jajius, .protecteQ~.des Romains ;.6~,sorti,r &
<e'c;.hommësd'uhëvasteérudiMonët'd'unpro- t~nstant~e son.temple une.si grande quan-
fond savoir, i~ui ont rendu de grands servi- tité d'eau ;boui,Hante, que ptusjeur.s des.chne-
ces a )nreti"ion et aux !eUrës;mais qui mis furent &ng.touti,s ou, brutes, ;o r.e~te..prit
etissënt
encore ptus mei'ité de t'Elise. s;its h'avaœht la fui.te~ <(,Cj'est~p6.ur cela ajoute Macrobe
pas usé téurs tdtcnts a Défendre par orgueil que le sénat ordonna qu~a; t'avenir tes portes
~.système absurde.et (iësotànt..Après,ta du tempte de Janus fussent ouvertes en.temps
tnort de ces grands hommes ta secte t.oir'ba de guerre, pour .marquer que, Janus..était
'<)ans une phase de ridicute lés Jansénistçs sortt.de son temple pour aHer au ser.oars de
~ë donnèrent ië ton d'avoir des miracics le ia..v.titeet de l'empire. ?Ovide en donne une
thaumaturge était un diacre .appetant, d'~ne autre interpréiati.on.On.ou.Yre ce..tetnpte,
vië.trës-aùitèré, inhume'dans )ë cimetière di.t-it, pour demander, aux dieux Je r.etour
He Saih~Médard
â~Pâns: Son.tombeau.dë.vint des~sotdats~qui~spnt.à t~armee; on te.fermc à
!'objët d'un pèierinagë trës-fr~quenté aca~s.e .ia~paix~, pou.r que ta, divinité:, ~entrée.dans
f!ë~ muttitudedé prb(!tgës qui s'y.operatént son asite, n'en putss.eptus.s.o.Kttr-.Un.moderne
journeHëmënt. ~'est !a que !a puissance de exptique ç.et usage d'une.mamère plus natu-
Dieu et l'intercession du prétendu saint, se r~Ue « C)n invoquait Jan~s po.u; avoir la
traduisa'cnt par iies~sauts, des,gambades, pat.x.e~aprjHs fayotr,obtenue on cessait des
des fours de force,, des niaiseries puérites
supplications,dovenues.sans obje~ti.)).
connues sous. le sur
nôfn dëcôHt):<~toM$,,ct,qui JA!)US,dieu partiGui~r.aux~o.main~,
ont pendant si longtemps mystihë !à capitaie l'origine duqu&t.les mythotogues.he.sont pas
et je rOyaume; ~o?/. ëoNvuLs~ONNAtRÉs.
d'accord ,toute.fois tl. est .remar.quabte.quo
Depuis ce~te.époque te Jansénisme a t~u- tes Romains eux-mêmes s'accordaient àtui
jours~téen dËc!inan~; et maintenant qu'i) y attribuer une exh~cHou. étrange.re. Les,uns
a ptus de deux siéctes queJansentus est ~.disaient Scy thé tes autres ~e faisaient! ôn-
mort, ta secte n'est pas encore ~o.ut à f~it gitnairc.dù Eays~des~Pe.rrhebes., peupte ae
éteinte; cependant et)e est réduite à sa ptus Thessatie ~qui habitait .sur .tes.. bords.. du
si:nptë.exprcssion;iin'y a ptus.a'évMues, Penée.ÀuréItus Victor .rapporte.que Gréuse,
ptus.de prë.trës !te ce.pari! d'ict a quetques nit.e,.d'Erechthée.roi~d'.f~thehes, princesse
années ët!ë aura donc disparu pour~ tou- d'une, grande beauté,fut,s.u) prise jpar.,Apôt-
jours. !on,éteu cut.un Gts;qui fut.éte.véaDetphes.
JANUALÊS; 1° iô fêtes qÍÚ~n;s
fêtès que (es Romains
RomâiH~ cefe- J6!è- Erechthéedonna~sa.utte en mariage àXJphée.
braient !ë j6.ur des cafëtides de janvier ..ea ne at!a:con-
qut, pouvant avoir~d'enfants,
t'iionnèùr de Janus. EHés étaient, signalées sutter t'oractp..U !ui,,<~t.répondu qu'it devait
par des jeux. des danses et d'autres réjouis- adqpterle pren~ier enfant qu'il rencontrerait
sances &ub!iqu€fs. L'es eonsufs se rendaient
en grande p'ompe .au Capi~ote suivis du fa
en
!e,Iendematn.H .ren,Gontra.Janus:,i iH~.de sa
gri).eJ~~HIJp.~ l.a,G1\pl?,h, ~RI~lS ~.e)a femme et.l'adopta.. <Getui-c;i., devenu granU,
foule dés choyens parés, de .ieurs.pius.bea.ux
e"u'pai.une notte .tburda.en tt~Hc,.y.(it.des
habits, e~ ta' on bffr.àiï (tes saerinces a Jupi- conquêtes et. bâtit une..viHë ;qu.'H appeta .'te
ter. Ce Jour~a~on se faisah des.pres.ents et son nom JqtMCtt~On prétend, que ce fut t.m
d'heureux souhaits; et, î'on avait-grande qui poiicajes peuptes de cette contrée~-teur
aKentiôn dé_n'ë riei?dirë,qui.në
~ût,de b'on apprit, à.y ivre .en société..et leur donna des
augure pôur~e rë~ê de t'anncè. dn,offrait a tpis. Saturne,,chassé ~e son trône, pardon
Jdnus des da!tés,,des,,ngues ..du mie! et uns Sts Jupit.e~r~ayant peu apres.ab6rde.en.Ha-
softc dé gâteau, nommée
J'aMMatLa~doucëùr iie, J.anu8,tui~u.t,raccueiUe.p!u& fayorabte,
de.cés offrandes
éta'itregardée~commesym- et;rassocja,méme à.aa r.oyauté.Saturne par
hote de,présages fav_orab!es pour î'ânneé qui reconnaissance tui accord~.)e,don.de sër.es-
tenait de commcncpr.
sou.yenir..dj~ jjassé et de prévoir t'avenir.
2° On appelait aussi
J<tmtMM.tes.vers\quo Janus après sa mort, fut mis au rang des'
chantaient tes Satiéns
tts devaient être aussien nbres ~'honneur de~anùs; dieux. .t..
que fés vers Pvide.no~s apprend queJanu~~taif rpprc=
saturmens. seme.avcc.~cux [étjes ou aui.moins.àYec.deurx
3° Ennu,~ i~ y avatf a Rome une .porte, visages il a composé à cette o~ca[sion~,co'
appetéë ./aHMa/e'; effe. était située, sous ië distiq.ue.d.Qnt,, te second vers nous parait
mont Viminat, et ava'H recu,c~ num a
l'oc- passablement ironique:
casion d'un prétendu ~miracfë arrivé a cette
porte par ta protëcdon de Janus,. Macro!)ë et ~A7!ettc~ anmta~l'e /at'<')!'<)s ûrt~
Ovide rapportent que ~es.Sabuis,, SoMs~f/c s'Mp~ts<)'Mt tu'â ;6r~at);
faisant te
siège de Rome, avai~'n~ déja.attëim )a porte ~Aitteurs;, j)e. méme.ppete .npus;dit que tes
qut est. sous fe.mo~t timinai; .cette porte, ancte_ns.t',appe)aient le, Chao~ que ce.ne fut
~qu'on avmt b'en fermée, au~, approches de qu'au moment de.ia separatio!; des.etéments
l'ennemi, s'ouvrait tpjnt â,cc:}p d~eHë-même qu~it pritta forme d'un dieu; que tout ce qui
jusqu'à trois ,f6is, qu'on put venir, ~a existe,; te ciet, ta terre, tes me):s, spntpuverts
bout de la fermer. « sans C'est que !a jatouse Ju- et fermes de sa main ;qu'H est.fauteur de
Hon dit Ovide~ en avait enteve. iës serrures toutes tes réyptuUo.ns qu'à, sa votomé ta
et .tout ce qui servai.f à,la fermer. )) Les paiXjet ta .guerre régnent tour à tour qu'.it
Sabins., instrui.ts. de,,ce prp.di.ge,, .e.t poussés pre~deaux portes du.ciel de concert avec
par ia tine dë~Saturne, a'ccoururejtt en foute tes Heures; que .c'est par tui que Jupiter lui-
a cette porte pour s'en rendre maîtres; m~is tncme retourne à sa ptace
~3 DICTIONNAIREDES HEL)GtONS. 94
On représente ce dieu tenant d'une main soutiennent que cette figure est l'emblème
une clef et de l'autre une verge pour mar- de l'année qui vient de finir et de celle qui va
quer qu'il est le gardien des portes et qu'il commencer. En effet, les anciens le considé-
préside aux chemins. H était aussi la per- raient comme la porte de l'année aussi Ma-
sonniScation de l'année, dont le premier crobe ne balance pas à tirer son nom de
mois et le premier jour lui étaient dédiés. JaMt<<! c'était le portier du ciel ou p)utôt du
C'est pourquoi ses statues marquent quel- temps on le représentait avec une clef à la
quefois de la main droite le nombre de 300, main. Plusieurs indianistes identifient Janus
et de ta ganchc celui de 65. II y avait à Rome avec Ganès, CaK~a, dieu de la théogonie
plusieurs temples de Janus; les uns dédiés à brahmanique. Outre le rapport de conso-
Janus ~t/~oH~, les autres à Janus Quadri- nance dans les deux vocables, l'un et l'autre
/'fOKs.Ces derniers étaient à quatre faces, sont revêtus de fonctions anatogues dans
avec une porte et trois fenêtres à chaque l'Inde comme dans le Latium, ils sont adorés
face. Les quatre côtés et les quatre portes sur toutes les routes, et placés honorablement
exprimaient sans doute les quatre saisons de sur tous les seuils; ils gardent le passage des
l'année, et les trois fenêtres les trois mois de dieux ils président au calcul et par là au
chaque saison. Varron dit aussi qu'on avait calendrier et si Janus a simultanément
érigé à Janus douze autels' par rapport aux deux têtes. Gauésa en a également deux,
douze mois. Ces autels étaient hors de Rome, mais successives. « Ces analogies n'ont pas
au delà de la porte du Janicute. Comme dieu le droit de nous étonner, dit M. le baron
de t'année on offrait à Janus* le. jour de s'a d'Eckstein, depuis qu'il est clair comme lo
fête, des dattes des figues ridées et du miel jour qui luit au ciel que la langue latine et
renfermé dans un vase neuf; on y ajoutait le sanscrit dérivent de la même source, qui a
une pièce de monnaie qui d'abord n'était dû couler pour les deux, langues dans le
que de cuivre, mais qui fut'd'or dans la berceau commun de la race arienne d'Orient
suite, lorsque Rome fut devenue plus riche. et d'Occident, dans la haute Asie moyenne et
Sur cette monnaie était d'un côté une figure centrale. »
à deux visages, et de l'autre la figure d'un Nous ne citons que pour mémoire l'opinion
navire ou simplement une proue en mémoire de quelques savants du siècle dernier, qui
du vaisseau sur lequel Saturne était venu se ont vu dans Janus le patriarche Noé. Suivant
réfugier dans cette partie de l'Italie qui en eux, on lui donnait deux têtes, parce que
fut appelée Latium, c'est-à-dire cachette. Noé jeta en arrière ses regards sur la race
Janus, qui avait eu un règne long et paci- submergée et en avant sur celle qui aiïait
Cque fut aussi considéré comme dieu de la commencer avec lui il portait une clef,
paix..C'est à ce titre que Numa lui fit bâtir parce qu'il avait, en quelque sorte ouvert
un temple qui restait ouvert durant la le monde après le déluge il présidait au
guerre, et qu'on fermait en temps de paix. commencement de l'année, parce qu'il avait
Or, durant les huit premiers siècles de l'em- vu la fin de l'ancien monde et le commence-
pire romain, ce temple ne fut fermé que trois ment du nouveau. EnGn le nom de JontM
fois ia première sous Numa la seconde leur rappelait l'hébreu Jain, Yain, le vin,
après la deuxième guerre punique, et la parce que Noé avait planté la vigne.
troisième sous Octave, après la bataille d'Ac- JAPET JAPHET. Les Grecs regardaient
tijm. H y eut sans doute beaucoup de jac- Japet comme l'auteur de leur race, et ne con-
tance à Octave de faire fermer te temple à naissaient rien de plus ancien que lui. Plus
cette dernière époque; car, si Rome était en ancien que Japet,'disaient-ils, lorsqu'ils vou-
paix avec le reste du monde,.elle était rava- laient parler d'un événement dont on avait
gée à l'intérieur par des discordes civiles. presque perdu la mémoire. Hésiode le fait
Foy.JANUALES, n° 3. fils d'Uranus et frère de Saturne; il dit qu'il
On donnait à Janus plusieurs noms ceux épousa Ctymène, fille de l'Océan, et qu'il en
de Patultius, celui qui ouvre Clusius, celui eut quatre fils, Atlas, Menées, Prométhée et
qui ferme Geminus; le double Pater, le Epimethée. La tradition rapportée par Dio-
père Consivus, celui qui favorise les pro- dore est différente: selon celui-ci, Japet au-
ductions de la nature il parait même qu'on rait épousé la nymphe Asie et au lieu de
l'appelait Quirinus. Ménèce, son second fils, il aurait eu Vesper
Mais pourquoi t'appette-t-on Geminus, et ou Hesper. Ce fut, ajoute-t-il, un homme
lui donne.t-on deux visages? Les anciens ne. puissant en Thessalie, mais méchant, et plus
nous répondent qu'en tâtonnant. Les uns recommandable par ses quatre fils que par
prétendent que ce double visage rappelle son propre mérite.
l'association de Saturne avec Janus dans le Japet n'est autre que leJaphetbibiique~
gouvernement du Latium. D'autres veulent fils de Noé et père de la race humaine quj
que ce soit ie symbole de la connaissance que peupla l'Asie septentrionale et l'Europe
Janus avait acquise des choses passées et des orientale. En effet, le nom de Jâpet ('lonrETof),
événements futurs. Plutarque assure que étranger à la langue grecque, est la trans-
c'est pour nous apprendre que ce prince et cription exacte de l'hébrcn n3~ laphet. Les
son peuple étaient passés de la vie sauvage à Grecs le donnent comme l'auteur de leur
la civilisation. H en est qui pensent que le race et l'Ecriture sainte nous dit en effet
double visage exprime l'alliance des Romains qu'il fut pèr.e de p~ IvN, nom hébreu qu'on
et des Sabins opérée par Romutus et Tatius. peut indifféremment prononçer7oKou7sMM;
D'autres eaun, surtout parmt les modernes, ce Ion fut ie père des ioniens ou Grecs, ap-
25 JAR )EA 20
pelés encore VoMna;~ par les Syriens, 7oM- chancelier ou garde'des registres, le gref-
M<ttt! par les Arabes, et lavanas par les Hin- fier, le roi d'armes ou héraut, et l'huissier.
dous. Que Japet ait épousé une fille de l'O- Il y joignit quatorze chanoines pour servir
céan ou la nymphe Asie, cela trouve égale- i'ég!ise, treize vicaires, treize ecclésiastiques
ment son,application on pouvait poétique- et quatorze chantre". Cet ordre fut mis sous
ment appeler filles de l'Océan les femmes la protection de saint Georges, patron de
sauvées .dans l'arche du déluge universel l'Angleterre. L'habit de cérémonie consiste
et d'un autre côté Japhet commença à s'éta- dans un justaucorps de soie blanche, avec
blir dans l'Asie Mineure. C'est là qu'il donna les bas de même couleur, un surtout cra-
naissance à Gower, père des Cymbres ou moisi et un manteau de velours bleu. Au-
Kimmériens, dont une branche s'établit en jourd'hui le nombre total des membres ne
Arménie sous la conduite de Togarma, l'au- dépasse pas vingt-six, y compris le souve-
tre émigra dans la Chersonèse Taurique, et rain. Les chevaliers portent sur l'épaule
pénétra de ta dans l'Europe septentrionale; droite un chaperon d'écarlate. La jarretière
a Magog, père des Scythes et des Tartares s'attache sous le genou gauche; elle est de
à Afadat, père des Mèdes à Javan, le Pro- bleu céleste, brodée d'or, et ornée de pierre-
méthée des Grecs, établi dans l'Asie Mineure; ries on lit dessus ces paroles en broderies =
à y/tM&a/, père des Tibaréniens.vers le Pont. Honni soit qui mal )/ pense. La reine la porte
Euxin à Mosoch, père des Mosques, voisins au bras. La marque distinctive -de l'ordre
de la Colchide et de t'ibéhe, suivant Héro- est un cordon bleu en forme d'écharpe, qui
dote, et dont le nom rappelle involontaire- descend de l'épaule gauche jusqu'à la han-
ment celui des Moscovites enfin à 7V<tr<M, che droite.
qui donna son nom aux Thraces. Nous ve- JASION, demi-dieu des Grecs, fils de Jupi-
nons de dire que Javan était le Prométhée des ter et d'Electre, l'une des Atlantides, frère
Grecs en effet ses enfants furent Elisa, qui de Oardanus et d'Hermione ou Harmonie.
donna son nom à i'Etis ou Etide ( les Hé- M épousa Cybèle, qui le rendit père de Co-
breux appelaient ainsi tout le Pétoponèse); rybas. Selon d'autres, il fut aimé de Cérès,
l'harsis, dont l'établissement est peu connu dont il eut Philomèle, inventeur du labou-
peut-être habita-t-il aussi la Thrace ou rage, et Plutus, dieu des richesses. C'est
fonda-t-il Tharsus en Cilicie; Kittim, père sans doute une allégorie qui indique que l'a-
des Kittiens, établis dans t'ite de Chypre; et griculture est la véritable source des riches-
Dodanim, ou selon d'autres ~odamtm, père ses. Jupiter, voulant distinguer Jasion de ses
des Dodoniens, des Dardaniens, ou des habi- autres fils, lui enseigna les mystères sacrés,
tants de Rhodes. auxquels ce prince admit le .premier des
JAR1BOL, un des dieux des Paimyréniens, étrangers. Resté dans sa patrie, pendant que
que l'on croit être le même que Lunus; en Dardanus, son frère, était allé s'établir sur
effet ce mot peut fort bien être la transcri- les côtes de la Troade, Jasion y reçut Cad-
ption du phénicien DTVnrc/t, tune, et ~n ~a/, mus, et lui donna sa sœur Hermione en ma-
seigneur, dieu; Jat'e~6«<, le dieu Lune. riage. Ce fut le premier hymen auquel les
dieux assistèrent. Homère et Denys d'Hali-
JARNW1D, c'est-à-dire aux ar~r~de/~er; carnasse prétendent
forêt que les Celtes supposaient habitée par que ce même Jasion;
ayant voulu attenter à l'honneur de Cérès,
une vieille magicienne, mère de plusieurs fut écrasé par un coup de foudre.
géants qui avaient la forme de bêtes féroces, JASO, déesse de la maladie; on la disait
et de deux loups qui menaçaient sans cesse fille d'Escuiape et d'~pione. On la voit re-
de dévorer le soleil et la tune. Le plus redou-
table de cette race s'appelait AftfM«~armer; présentée sur un monument avec Esculape;
elle tient à la main une boîte qui est peut-
ce monstre s'engraissait de la substance des être la pyxis ou boîte aux remèdes. Elle pa-
hommes qui approchaient de leur fin. Quel- rait être la même que la déesse appelée .M~-
quefois il dévorait la lune, obscurcissait le d!Me
soleil et ensanglantait le ciel et les airs. par les Romains.
JAT1T ou JATTiLAts~T, géant de la mytho-
JARRETIÈRE (OnDKË DE LA), ordre de che- togie finnoise; il était fils de Kaléwa, et pas-
valerie institué vers fan 13t7 par Edouard sait sa vie à jouer dans les bois.
Ht, roi d'Angleterre. On raconte que la com- JAYMO-SAJENON, fête célébrée au Péga
tesse de Salisbury, qui était aimée du roi, en l'honneur d'une idole du pays. Le roi et
ayant laissé tomber, dans un bal, sa jarre- la reine assistent à cette fête, montés sur un
tière, Edouard la releva; et comme son em- char magnifique.
pressement donnait à rire aux courtisans, il JEAN-HAPTJSTE (SOCIÉTÉ DE SAtNT-),
'écria, pour témoigner qu'il n'avait pas eu association d'iHuminés qui se réunissaient
Je mauvais dessein Honni soit <yutm«<t/y sous la direction d'un nommé Loiseaut, de i
~enM/ et jura que tel qui se moquait de Saint-Mandé, près Paris. Ils prétendaient que ¡
cette jarretière s'estimerait heureux d'en- le saint précurseur de Jésus-Christ assistait
porter une semblable.-Peu après il créa le à leurs réunions, toujours visible à leur chef,
nouvel ordre. D'autres rejettent ce fait com- et quelquefois à tous les membres. Dans leurs
me contronvé et pensent que l'ordre a réunions, on répétait ce qui avait été montré
une pius noble origine. Quoi qu'il en soit, ou enseigné à celui qui était considéré comme
Edouard créa vingt-cinq chevaliers, dont il l'organe de la parole; on faisait des prières
se déclara le grand maître, et cinq ofHcters, liturgiques indiquées par saint Jean, telles
savoir le prélat ou grand aumônier, le' que les psaumes prophétique~ du nouveau
~7 DICTIONNAIREDES REL!GK)NS. 28

règne spirituel.,qui ,éta)t annonce; et tes le tétragràmme ne serait que l'abrégé d'un
membres participants à ta révélation se for- nom dë Dieu compose dé douze tettr.es, et
maient,disaien(-i)s,acettë vië.ùnitivè pj~r Ja- d'un autre ptùs complet encore qui en.con-
quette t'.homme livré à ~espritdc Dieu coopère tient quarante-deux. Sè)dn Pierre Gatatin,
hvëc lui,concourt à ses desseins, eh prépare le nom sacré dë douze lettrés serait p :M
t'ac~ompHssement par ta prièrent tes œuvres, ~pn.ni-n, JPerc, ie F)' e< Smt!<-jE'~pr!~
et tui fait comme,une Jerma~ent nuMMM<e. et celui de quaràhte-deax tettres !n
~Les membres dé t'O~u~re dé la Miséricurde, TDKn~ 6~ ~:rr)~ ri~~ ~~K
oui vient d'être condamnée par le cbncite de ~p.n H'm
Paris .~ratt~chent tëur .association à ta so- lé Père est Zh'ett, le Fils est Dieu, et le Saint-
ciété de ëaint~Jean.-Baptiste; Esprit est Dieu; cepfn~K< ce ne sont pas
its~avancent
qu.e t'espnt prophétique, n'a jamais cesse trôis. dteMa:; mats un seul DteM; ou bien:
depuis m3, époque, ou Loiseaùt reçut tes n~~ a~K '[&tpririti b~h~ S'r!~ 3K
premières réy~etations.certaines; après tui ie r)~ù?i <ë Père est Dtett, <e.F!~ M<Dièit,
saint précurseur, inspira, en 1788, .la sœur le 5'atH~-jE'spr~ est Dieû; <}'o:'sCMu~, MMeM
Françoise, .épouse d'un, nommé André, qui trois. Un parie aussi d'un nom de soixante-
régit cette égfiso jusqu'en 1803, époque de sa douze lettres que nous ne connaissons pas..
mort. Za,par<~e. fut donnée .atdrs aM~Lé- Nous ne garantissons, pas Ftiutheniicité de
grps, et tes séances se tinrent a Paris, rue ces traditions, pour. tesqueUës nous ren-
Basse-Saint-Pierre .au Màrats. En 181(), ta voyons aux Z.e«rM (fMM ra66<K coK~et'<: d
révètation atta inspirer, dans t'ëgtise Sàint- ~e~/î:cfe~
Pjerre d'Avignpn., madame Bouché, née Nous avons dit plus ~aù't que !a..pr.onon-
JtIarguerite-Tnéresé.des Ïshard, ,di{é sœur ciation du tétragràmme parait avoir été /aô
Satome. Entin en 1837, ce fut t'archango ou.piutot.7o/to; en pnet,on te trouve arti-
saint~tichet qui se rëvéta oh Normandie à cute dé Ja sorte a la Gn des noms propres
Eugène Vintras, dit Piërre-Mic~c!qui est bitiiiques,. comme .4.:ot'-7a/~ (Azari~s), se-
aujourd'hui te coryphée de la secte. Foy. coui's de Dieu; Ze~ctd-/a/(o(Zebédëe). don
M)SER!COBDÈ(0~'ttt)rë6fe~t~ dë Dieu 7~f)nc<M-7aAo (Ananias). grucé
..JRAN-B'AptiSTE (CHRËT)ENS DE SAtNT.), de Dieu; y~o (Sédectas), jus(icc~ de
et C/<t'e~t'eHs.,de SatHi:-Je(ttt- <'jE'eaM~e'<M<e. Dieu, etc. Au commencement des noms pro-
Foi/. au tome. t", artic!e CunETtENs. prés /d/to se contractaH.cn ~/io (emuet)
JEAN.DË~DIËU (MosPtTAUERS DE S~t.NT-), ou 7o, par une règte propre à ia tangue t!e-
ordre reHgieux fonde en 15T2, pour soigner braïquë qui veut que, dans tes mots compo-
tes maiadcs dans ,tës_ hôpitaux, et secourir sés, le premier s'abrège le ptus p~ssibié et'
les matiteurëux. attaqués d'âfiénafipn meh- se préctp;!ë pour ainsi dire sur le second
taie. (Fo! FRERES DE.CH&RttÉ, au mot~ CHA- afin d'ëvttër la mù)tip!icité des syHabes,
tuTE.) Uahsii;s jSièctes. derniers cet institut comme 7e/!u-e~c?', du 7o-exer,. secours dô
deaservait,ejU France ef dans tes cotonies, Dieu Je/to-;sa6ad ôa.7o-<!6M, don dé Dieu
environ quarante hôpitaux contenant trois VeAo'/MKan du 7o-/tHKKK,(Jo«Ht:~), grâce dé
ceuts religieux .et quatre mitte tits..Mainte- Dieu, Mô-<.<edec. ou lô-isedec justice de
nant ifs n'ont.ptus que quatre ma'sons en Dieu. Parmi tes anciens auteurs grecs .qui
France, savbi)'âLyon,.aLiite, â.Dinan et ont cité le tétragràmme, Diodore de Sicile,
à Paris. Les trots~piemicrës sont consacrées t'é-
Eusèbe, Hésychius, Origéne,Tzctzès,
à soigner, tes .atiénés, etta_dérniéro est un crivent lA~ (on sait que la langue grecque
hospice ~pour. tes maiadiës non menJâtës~ manque de la lettre /t); Théodoiet dit que
J~CHA, divinité nônorée auttefois dans tes Samaritains )e.prononçaient ')Kg; (Vnt~},
la Thuringe, et tes Juifs '<&. ;.Phi!on de'BibIos écrit 'leu<u,
JËDOD qu ,JEDUD~ dieu des anciens Gier- et saint Gtémenf d'Alexandrie 'Ictou; ce. qui
mains, que t'on oott correspondre au Mer-; se -rapproche' de la prononciation actuetle
cure. grec et à t'Ogmius des Gautos, et du nom tétragramme à la fin,des noms pro-
présider comme eux au commerce et à la pres, ~.sor-a/tpM, /7aMaTt-7(t/ioM; etC}.
fraude. La prononciation actueHe~Ye/iora vient
~JËHOVA, nom prppre d& Dieu, dans t'An- de ce que tes..Juifs, .s'abstenant de jama.is
cien,Testament.; sa prouonëiation antique le
prononcer .tétragràmme .y substituent
paraît ayon' eté./ao; têt qu'it est prononcé constam'ne.nt te,motj~c!onm,,dans~a lecture!
actueHement il exprime Ce<t<t ~ttt et qui prtvée.ct pubtique de la Btbte; on a appti-
M<,e<M: ~ero; c'est pourquoi il est, assez
te mot J?<erKe/. Voy. t'arti- qué à niD~Fe/tocc! les voyelles qui appartien-
b.ien tradu}t par
cte U<Eu,,n'' 1. nent au mot .4cf~Ma!, Seigneur, excepté
t
qu'à la place du scnëvà composé, on a m!s
.Les~ juifs modernes rappctteht; ,Sc~em,të
le scbeva simple, parce que lè pre'nier c~
npui,par,excet)ënce, ou ~c/tdma,7'a<)6a, le
grand up.m,.qu Sc/tem ~aMK:7~.(! te nom gto- incompat'ibfe avec la lettre !/oN. CëMest sf
vrai que; qua~d te tétragrammÈ est p' ëcé~ô
rieux;.Sc/tMH.AamtOM&/ta~, te nom propre;
~<;&~m./tC[)Kp<toro.sc/t,le nom propre et par- d'Adonai, on fui ailëctë tes voyéHës du R:tit
ticulier, incommjUnicabIe. tts te nomment d~jE'<o/it)M, Dieu, ann.de nc,pas,prtjhùii-~
encore te nom.de quatre tettres ~6u tétra- cer deux fois de suite !e mot ~(/oHff<, un
gr.ammc,arcequ')t consiste en effet en qua- cette 'sorte: nin'' ~ono:e/<ot)<, c'ust-a-.
tre .Icttr.es; hébraïques mn\ dire.: lisez Adonai jF/u/tiHt, Seigneur Dieu.
S'it faut en croipe quelques juifs cabaUstes, Le nom tétragraMmé n'a pas été inconnu
20 JEH JER 50
aux anciens Chinois le philosophe Lab- que ce prince eut à soutenir, ayant couvert
)sëu, .qui vivait dans te vi'siècte avant notre son fils des ornements de lit royauté, it t'im-
ère, donne à t'être trine qui a formé Fuui- mota sur.un autel é)ëvc exprès pour ce sa-
vcrs te nom hébreu à peine attéré, .et qu'il crifice.)) Cette tratHiioh se rapporté singu-
orthographie delà sorte Z-Ai-u;e:; et tes com- lièrement avec le dogme chrétien Le Père
tnphtatëurs chinois ajoutent sur ce pass.agc éterne) tU naître sur t:t terre, de là viei'gë
«Si l'on est forcée de nommer celui qu'on ne Marie, son fils unique (*n~ ~/<a~ lin'J.~ëAtitd).;
voit pas, qu~'on n'entend pas, et qu'on ne dans la guerre que ce uis~ roi du ciët et de
peut toucher; on dit 7-A:cet. M la terre, eut à soutenir contre lé monde et
Les Juifs partisans des rêveries rabhini- le prince des ténèbres, il subit ia mort et
ques soutiennent que ta véritable articula- fut immolé en sacrifice par là volonté
tion du mot Jéhova donnerait à celui qui ta expresse de son père, étëvé .sur une croix
connaitrajt ~ie pouvoir, d'opérer tes prodiges ptantce sur une petite montagne.
les plus éclatants.; et its prétendent.que c est JEN-NANG, dieu des Chinois; c'est lui
en vertu de ccUe connaissance que Jésus- qui.juge les morts et préside à lâ transmi-
Christ a fait. des mtractes.ydicicequi est gralion des âmes.
rapporte dans ta~Vie,de Jésus composée par JËN-V.ANG, autre dieu dés Chinois; c'ëst
un auteur ju<f et p.ubtiée~par Wagenseit. n le souverain des enfers.
y avait dans !a partie ta~ptus sainte du tem- JEN-Y-TONG} un des dieux des Coréens
p!è, qu'on appelait te Saint des saints, une il est; avec Tai-pak, t'arbitre du'foyer dô-
pierre sur taqueUc. était gravé le nom inef- mestiqne.. 1
tabte de.Die.u, avec sa véritable prononc.ia- JËRËMIE, t'un des quatre grands prophè-
tjon. Lcssages de ta nation, craignant que tes de l'Ancien Testament, qui, par un pri-
ies jeunes gens, venant à apprendre.ce. nom, vilége particuHër, fut sanctitié dès le sein dé
né s'en. sérv.issent.pour causer de grands sa mère. Dieu le choisit pour annoncer aux
m:iHieurs, farmercnt, par.art magique, deux Juifs les malheurs terribles qui devaient être
lions d'air,a)n,, <tu')!s ,p)a.c~rent.devant ren~- là punition de leur infidélité et de leurs dés-
t'ée~du Saij~t des saints, l'un à droite eti'au- ordres. II commença à prophétiser sous lé
trc~a~g.njche~.Si .quelqu'un pénétrait dans )o règne de Josias, l'an 629 avant Jésus-Chiist.
sdnctu:iire et apprenrtit ce nom ineffable, les La sainte liberté avec laquelle il s'acquitta
deux lions~ rugissaient, contre .lui !ors- de sa divine et périlleuse mission l'exposa
qu'i) sortak, et iui.causaientu.no si grande aux mauvais traitements de ce pëiipte obs-
frayeur qu'i[ oubliait le nom qu'i) avait ap- tiné et endurci dans ses crimes. H fût mis
pris. J.esus rcsoiut, d'.user de ruse, pour ne plusieurs fois en prison; mais comme son
pas outitier ta prononciation; il pénétra sc- zèle n'en était pas moins ardent, on te jeta
crètement dans ic sanctuaire, apprit le nom dans une basse fosse, d'où un. ministre du
sacré, récriyit sur un parchemiu; puis ayant roi Sédécias le fit retirer. On eut bientôt l'oc-
prononcé cc~nom.pour.charmer.ia douteur, casion d'admirer l'esprit de Dieu qui t'atu-
il se lit un.e incision, dans. ta chair, y cacha mnit. Il avait prédit la prise de Jérusalem
ce parchemm, prononça une seconde fois te cette ville se rendit effectivement aux Haby-
nom et referma ta piaie.. Les lions rugirent loniens, l'an 606 avant Jésus-Christ. Nabu-
comme d'habitude, torsqu'i) sortit, et il ou- zardan, généra) de l'armée de Nabuchodo-
b)ia le nom; mais ayant retiré le parchemin nosor, donna au prophète la liberté ou d'at-
dé sa chai! l'apprit d'une manière dé- ler à Babylone pour y vivre en paix, ou de
Cnitive,Ç'est à l'aide de cette connaissance rester en Judée. Le prophète préféra le sé-
qu'it guérit des lépreux et ressuscita d<s jour de sa patrie, pour instruire )é peu do
morts, non; point seulement des morts de Juifs qui y étaient demeurés, t) donna de
quatre. jours,mais des gens dont te corps bons avis à Godotias, gouverneur idë la Ju-
était devenu,un,véritabie squelette. Possé- dée mais cet homme imprudent, les ayant
dant un tatisman aussi puissant, il sembte négtigés, fut tué avec ceux dé sa suite. Les
que Jésus~ ne.devai.t point craindre d'être Juifs, craignant ta fureur du roi de Baby-
mis a mort par les Juifs, mais t'historien de lone, voulurent chercher leur sûreté eu
eeue fa~le absurde a prévu t'ohjcctiou, ou Egypte; Jérémie fit tout ce qù'i) put pour
du moins ii y.a paré; car i[ rapporte que les s'opposer à ce dessein, et fut enfin con-
sages engagèrent un nomme Judas à faire traint de les suivre avecBaruch, sotf dis-
tout ce que Jesus~avait.fatt pour se procurer cipie et son secrétaire. Là, it ne cessa de
lacpnuaissance du nom. ineffable, et t'assu- leur reprocher leurs crimes avec son zèto
rant, pour, calmer ses scruputes, qu'its se ordinaire; il prophétisa contre eux et con-
chargeaient/de son pé.ché. Judas le fit, lutta tre tes Egyptiens. On ignore le genre de
contre .tésus, lui ravit te nom inetïabte et te sa mort; quelques-uns disent qu'il fut la-
Hvra san~ défense aux principaux de la na- pitié.
tioh.qui le tirentttapider. Nous avons de lui un livre de prophéties
.JEHUD ou JEHOUD, divinité, des Phéni- eh. ciiiquantë et un chapitres. Saint Jérô-
ciens H était, suivant P.orphyre, tits de Sa- me dit que Jérémie est simple dans ses
turne et de la nymphe Anobreth. <( Saturne expressions et sublime dans ses pensées;
régnant en Ptiénicie, dit-i!, eut de la nym- mais cette simplicité offre souvent des ter-
phe Anobret.h un fils auquel il donna le mes forts et énergiques. Il y a quelques vi-
nom de Je/tMd, qui, en leur tangue, signifie sions symboliques, espèce de langage typi-
MHtgMe. Dans une guerre très-dangereuse que, alors en usage dans l'Orient, et qui,
M BtCTiOKNAtKE DES HËUGtUf~S. 52
par sa nature, était plus propre à faire im- était aussi ;)ppetée./crt<M7eM, lerouschalaïim,
pression sur les peuples que des vérités dé- en Rrec~'ero~o~/ma, ce qui signifie habita-
pourvues d'images sensibles et frappantes. tion pacifique. David lui conserva ce dernier
Mais' le chef-d'œuvre de Jérémie, c'est )ë pe- nom, lorsqu'il s'en fut rendu maître; il en
tit livre de ses Threni ou Lamentations; fit fa capitale de ta tribu de Jnda et de tout
elles sont le sujet des chants élégiaques des le royaume, y établit le siège de son empire
catholiques dans tes jours qui précèdent la et y fit transporter le tabernacle et l'arche
fête de Pâques. Ce sont des cantiques de d'alliance. Salomon St bâtir un temple ma-
deuil composes à l'occasion des divers mal- gnifique sur le mont de Sion et Jérusalem
heurs de Jérusalem. Jérémie, dont le suprê- fut dès lors le siège définitif do culte ju-
me talent était d'exciter t'attendrissement et daïque.
la piété, n'a jamais été surpassé dans ce Cette ville eut ensuite l'insigne honneur
genre d'élégie lyrique. de voir accomplir dans son sein les admira-
Jérémie est honoré comme saint dans l'E- bles mystère~de la rédemption du genre hu-
glise, et son culte est particulièrement célè- main Jésus-Christ y célébra la dernière
bre à Venise, où il y a une église érigée pâque, y institua le sacrement de l'eucha-
sous l'invocation de cet ancien prophète. ristie, y fut trahi, livré, condamné à mort,
JERKERS, mot anglais qui signifie se- et subit le supplice de la croix sur le monti-
coueurs; nomd'unebranchede fanatiques ap- cule du Calvaire, au N.-O. de Jérusalem.
partenant à la secte des Méthodistes en Amé- Après avoir été ruinée de fond en comble
rique. jls se fontremarquer parieurs contor- par Titus, suivant la prédiction de Jésus-
sions ridicules dans les C«mp-MM~:î! es- Christ, l'empereur Hadrien);) rétablit et lui
pèce de fêtes sacramentelles, très-fréquentées donna ie nom d'~ta Capitolina; mais Con-
par les Presbytériens, tes Méthodistes et par stantin lui rendit son ancien nom. Cet em-
les chrétiens dits de la lumière nouvelle. pereur, de concert avec sainte Héténe sa
Dans ces réunions, qui rappellent les para- mère, y fit bâtir'des temples dans les lieux
des des convulsionnaires de Saint-Médard, où avaient été accomplis les mystères de la
les Jerkers commencent par des branlements rédemption. Depuis. cette époque surtout,
de tête, en avant et en arrière, ou de gauche Jérusalem devint le. but des pèlerinages des
à droite, qu'ils exécutent avec une inconce- chrétiens, qui y accouraient de toutes les
vable rapidité. Ce mouvement ne tarde pas contrées de la terre. Aussi, lorsque cette
à se communiquer à tous les membres, et ville fut prise par les Sarrasins, l'an 636, un
les Secoueùrs bondissent dans toutes les di- immense cri de douleur retentit dans toute
rections. Les grimaces sont tettes que la fi- la chrétienté. On n'en continua pas moins le
gure devient méconnaissable, surtout parmi pieux pèlerinage; mais les Sarrasins tra-
les femmes, qui n'offrent plus que l'aspect vaillant sans cesse à aggraver le joug qu'ils
hideux d'un costume en désordre. Plusieurs faisaient peser sur les chrétiens, l'Europe
fois on a remarqué que ces transports se s'en émut; tous les peuples chrétiens pri-
communiquaient sympathiquement, et pre- rent les armes, délivrèrent Jérusalem de la
naient le caractère d'une affection nerveuse. tyrannie des inudètes, et fondèrent en 1099
On cite un ministre presbytérien qui, en le nouveau royaume de Jérusalem qui ne
haranguant sa congrégation contre cette subsista que quatre-vingt-huit ans. La vitte
manie, en fut atteint subitement, et devint sainte fut reprise par les Musulmans qui
lui-même Jerker. Dans les tavernes, on a jusqu'à ce jour eu sont restés les maîtres.
vu des joueurs, des buveurs, jeter tout à Jérusatem est encore à présent l'objet du
coup les cartes, les verres, les bouteilles, et respect religieux des Juifs, des chrétiens et
se livrer aux folies que nous venons de dé- des Mahométans; ces derniers même ne t'ap-
crire, et qui ne sont pas encore le dernier pellent guère autrement que .Ë'6'od~, la
terme de dégradation auquel soient descen- Sainte. Dans l'église du Saint-Séputcre, tou-
dus des êtres à figure humaine car la pri- tes les communions chrétiennes, à l'excep-
me est due sans doute aux ~arAer~ ou tion des protestants, ont un lieu ou une
Aboyeurs, qui, marchant à quatre pattes, chapelle déterminée, où ils peuvent accom-
comme les chiens, grincent des dents, gro- plir les cérémonies de leur culte; le Saint-
gnent, hurlent et aboient. ~o; BAKKERS, Sépulcre proprement dit est entre les mains
METHODISTES. des Latins.
JËRONYMITES, religieux qui suivent la <( Quand on voyage dans la Judée, dit
règle de saint Jérôme. ~o~. HtÉnoNYM)TEs. Chateaubriand, d'abord un grand ennui
JERUSALEM, vi!tc sainte des Juifs et des saisit le cœur; mais lorsque, passant de so-
chrétiens elle est située dans la Syrie ou litude en sotitude, l'espace s'étend sans bor-
plutôt dans l'ancienne Palestine, a peu près nes devant vous, peu à peu l'ennui se dis-
a égale distance de la Méditerranée et du lac sipe, on éprouve une terreur secrète, qui,
Asphdttite, vers les sources du torrent de loin d'abaisser l'âme, donne du courage et
Cédrun, par 31" 46' tat. N. 33" M' long. E. élève le génie. Des aspects extraordinaires
Dans les temps les plus reçûtes elle portait décèlent de toutes parts une terre travaillée
le nom de Salem, et avait pour roi le célèbre ,par des miracles le soleil brûlant, i/aigie
Meichisédec; ce nom signifie la paix ou la impétueux, le figuier stérile, toute la poésie,
jL'act~tte. Du temps desChananécns elle de- tous les tab!eaux de l'Ecriture sont là; cha-
vint, sous le nom dcJ~&M~, la c-ipitate de la que nom renferme un mystère; chaque
thbu des Jébusécns; déjà cependant elle grottedéctare l'avenir; chaque sommet re-
S5 JES ~ES 5t
.tentit des accents d'un prophète. Dieu même Les membres de, cette congrégation furentap-
a parlé sur ces bords les torrents desséchés, pelés y~Ma/e~, parce qu'ilsavaientsans cesse
!es rochers fendus, les tombeaux 'entr'ou- à la bouche le saint nom de Jésus. En 1492,
verts attestent le prodige; le désert paraît le pape Alexandre Vf leur donna le nom de
encore muet de terreur, et l'on dirait qu'il J~uct~M de Saint-Jérôme. Aucun de ces reli-
n'a osé rompre le silence depuis qu'i) a en- gieux, pendant l'espace de deux cents ans,
tendu la voix de FEterne). ne fut élevé au sacerdoce. Uniquement oc-
« Je conçois maintenant ce que les histo- cupés à exercer-tes œuvres de charité,
riens et les voyageurs rapportent de la sur- tantôt ils. composaient des remèdes qu'ils
prise des croisés et des pèlerins, à la pre- distribuaient ensuite gratuitement aux pau-
mière vue de la cité sainte. Je restai les vres malades, tantôt ils allaient servir dans.
yeux Sxés sur Jérusalem, mesurant la hau- les hôpitaux. Plusieurs d'entre eux s'amu-
teur de ses murs, recevant à la fois tous les sant à, distiller et faisant même tralie
souvenirs de l'histoire, depuis Abraham jus- d'eau-de-vie, le vulgaire en prit'occasion
qu'à Godefroi de Bouillon, pensant au monde de les nommer les Pères à ~'MM-de-~te. En
entier changé par la mission du Fils de 1426, le bienheureux Jean de Tossignan,
l'Homme, et cherchant vainement ce temple prieur d'une de Jours maisons, leur avait.
dont ne reste pas pierre sur pierre. Quand donné des constitutions. Ils n'avaient eu:
je vivrais mille ans, jamais je n'oublierai ce jusqu'alors d'autre règle que leur ferveur et
désert qui semble respirer encore la gran- leur dévotion. Ils commencèrent, en 1606,
deur de Jéhova et les épouvantements de la à prendre :les ordres sacrés, et à réciter le
mort. x grand office, conformément à la permis-
JËRUSALËMITES. On appelle ainsi les sion que leur accorda le pape Paul V. Ils
partisansdecertains fanatiques qui,de temps furent depuis nommés Clercs apo~o/t~tfM..
en temps, ont rêvé soit le rétablissement des En 1640, ils joignirent à leurs constitutions
Juifs à Jérusalem, soit l'établissement d'une la règle de saint Augustin. Quoique les
nouvelle Jérusalem, calquée sur les visions grandes austérités de ces religieux, leur vie
apocalyptiques. Du nombre des premiers pénitente et mortifiée fussent d'une grande
étaient les sectateurs de Jacques Brothers, édification pour t'EgHse, cependant la répu-
qui avaient fixé le retour des Juifs à Jérusa- blique de Venise, ayant dessein d'employer
!em à l'an 1798 c'était lui qui devait tes y leurs biens aux frais de la guerre contre les
conduire comme un autre Moïse. Dans le Turcs, qui avaient mis le siège devant Can-
Yorkshire, ils formèrent une société de Nou- die, demanda au pape Clément JX la suppres-
veaux-Jérusalémites, désignée dans les ga- sion de cet ordre, et le pontife ne jugea pas
zettes sous le nom d'Ezéchiélistes le mille- à propos de la refuser. Cependant il con-
K:MtHjouait un grand r6)e dans ces absurdes serva les couvents de filles de cet ordre, qui
théories. fo! BaoTHERS, EzÈcmÉnsTES. subsistent encore en plusieurs endroits de
Ce système était encore un des points im- l'Italie. Leur vie est austère elles ont pour
portants de la doctrine de Swédenborg, qui vêtement une tuuique de drap blanc, une
fit même paraître un Traité de la ~VoMue~e ceinture de cuir, un manteau de couleur
Jérusalem. En Angleterre, où il comptait tannée et un voile blanc. Les Jésuates n'ont
aussi un certain nombre d'adhérents, on jamais eu aucun établissement hors d'Ita-
faisait paraître un journal intituté The lie, si l'on en excepte un mot'astère fondé à
~Vetc-JerMsa/ent Ma(/a.)e. Cette Nouvelle Toulouse en 1425.
Jérusalem était une nouvelle Eglise chré- JÉSUITES. De tous les ordres religieux
tienne désignée dans l'Apocalypse par les qui ont paru successivement danst'Egtise,
nouveaux cieux et la nouvelle terre. l'ordre des Jésuites est, sans contredit, un de
C'était Swedenborg qui était chargé de la ceux qui ont joué le plus grand rote et rendu
préparer et de t'étabth mais, par un préjugé les plus grands services. il fut suscité par
assez singulier les' Swédenborgistes pla- Dieu dans un double but d'abord pour com-
caient dans l'Afrique la Nouvelle Jérusalem. battre le paganisme dans les pays idolâtres,
Le Suédois Wadstrom partit à cet effet et ensuite pour arrêter les progrès du protes-
avec Sparmann, en 1787, pour visiter ces tantisme en Europe. On peut dire avec vé-
contrées. Par suite de la même idée, les rité que la compagnie de Jésus fut, à cette
Swéticnborgistes mettaient un vif intérêt à époque malheureuse, comme l'avant-garde
la formation de colonies libres près du cap de t'Kglise, son bouclier et son épée et te
Mesurado. A des rêveries associant des moment de sa chute a été pour l'Eglise et la
idées louables, ils condamnaient t'esciavage société le signal des plus affreux malheurs.
des nègres; c'est pourquoi ils coopérèrent à L'histoire de cette société célèbre demande-
t'étabHssement de Sierra Leone, où résidè- rait des volumes entiers, mais le cadre de ce
rent pendant quelque temps Afzélius et Dictionnaire ne nous permet pas de trop
Utric Nordenskiold, deux des principaux longs développements nous ne nous éten~
coryphées de la secte. Voy. SwÉDENBOR- drons donc principalement que sur les Con-
GISTES. stitutions des Jésuites, qui nous offriront la
JESSA, le Jupiter des anciens peuples de clef de leur rapide accroissement et des
la Sarmatie européenne. grandes choses qu'ils ont opérées.
-IÉSUATES, ordre religieux institué à Saint Ignace, fondateur de l'ordre des Jé-
Sienne, en 1363, par saint Jean Colombini, suites, naquit en 1491 de parents nobles,
et approuvé en 1367 par le pape Urbain V. dans la Biscaye espagnole. Militaire d'abord,
35 t)!CT[ONNA!REMS RELIGtONS 36'
puis converti, à la suite d'une Messure qu')t ner, et, sur leur rapport, il donna le 27 sep.
avait reçue au siège de Pampctune en 1521, tembre'1540, une butte par laquelle)1 'ap-
il résolut de se'consacrer à Dieu et do dé- prouve lé nouvel institut; sous le nom de
penser à son service le courage qui t'avait clercs réguliers de la compagnie de Jésus, à
distingué dans le monde. Après s'être iivré condition'toutefois qu'ils n'o seraient pas
aux exercices de la plus rude pénitence, dans plus de soixante'. Dans cette butie te p~)pe
une grotte prèsdeManréze, il fit un voyage en loue ceux qui composaiènt alors la société
terre~ sainte, où il arriva en 1523. De retour et leur permet de faire tes constitutions
en Europe, le piëax pêterin, quoique âgé dé qu'ils jugeraient les ptus propres pour icur
trente-trois ans, étudia dans'les universités perfection particulière, pour r'utiHté du pro-
d'Espagne; son zètèet sa piété, qui pre- chain et pour la gloire de Jésus-Christ.
naient quetquefois un air extraordinaire, Dès ce moment Tordre des Jésuites est
lui suscitèrent souvent des traverses~ U ar- fondé et en peu de temps H prend les accrois-
riva à Paris en 1528 et recommença ses hu- sements les ptus considérabtes, grâce au'zète
manités au coUége de Montaigu; HCt ensuite et aux talents de ceux qui te composent.
sa philosophie au cpHége de' Sainte-Barbe Tandis quèsaint Ignace, éfu généra!, se livre
et sa théologie aux Dominicains ce fut à à Rome aux exercices de ta ptus ardente cha-
Sainte-Barbe que, sentant croitrë )e zefë rité et élabore son livre meryeiUeux des Con-
qu'il avait pour le satut dés âmes, il résoiùt stitutions,'ses compagnons'vont porter la foi
d'établir un houvet ordre et d'en tirer les danslës'cohtréës tes ptus recutces du monde
membres de t'uhiversité de Paris. Les pre- et dès les premières années de t'ordre, tes
miers qu'il s'associa furent Tier're Lefèvre, Indes, !ë royaume dé Diu, ce!uide Fc~ et
François Xavier, Jacques Laynès,A!phon- de Maroc, l'Ab3-ssinie et }'Eth)ppie eurent
se Satméron, Nicolas "Atfônsë' Boba'ditta, rèçu tes lumières de la foi, et l'Europe ca-
Simon Hcdriguez; S'étant 'réums ië 25 août thoHquë a admiré la science théotogique d'un
lS3<t. dans' t'égUse de Montmartre, ils firent Laynès, îi'un Legay etd'un Saimeron.Les
!e voeu d'entreprendre, dans un temps pres- papes voient les 'nombreux services qu'Us
crit, lé voyage de Jérusalem, pour ta con" peuvent tirer du nouvel ordre et le favorisent.
version des infidè)es du Levant;'de quitter Paulin, dès 1643, ôte la restriction contenue
tout ce qu'ils possédaient au monde, excepté dans fa'butte d'institution et permet aux Jé-
ce qui tcur était nécessaire pour le voyagea suites de prendre tous iës étèves qu'ifs vou-
et en cas qu'ils ne pussent entrer dans ta dront, en même temps qu'it !eur accorde te
terre sainte'pu y demeurer, d'aller se jeter droit de se donner de nouveHes règles. Dès
aux pieds du pape pour lui offrir'leurs ser- lors Us obtinrent privitéges sur privitéges,
vices et aUcr sou's ses ordres'partout pu exemption de t'ordmatre, droit de prêcher
il !ùi plairait de les envoyer. Ils s'obtigèrënt partout, dé confessera d'absoudre et de
encore a ne rien leurs fonctions, commuer les vœux avec !a seule autorisa-
exiger pour tion de tëur supérieur ;(iroit
)a"t pour être plus Hbrcs que pour'fcrmpr de conférer les
la bouche aux tutbériens, qui reprochaient sacrements à tous ceux qui assistèntà leurs
aux prêtres de faire un trafic: honteux des discours défense tops tes ordinaires de )es
choses'saintcs. Mais ranprpb'ation du'pape gcnèr'dans la construction de leurs conégqs
était nécessaire pour t'accomptissement de ou maisons; dé' toute part on offre à saint
leurs desseins. <!s se rendent donc à Home Ignace tes moycns'néces'sàires pourétabtir des
et se présentcntâPaut Ht, qu' ies reçot' avec maisons dé son ordre; et'btentôt'H en eut dans
bicnveJUance et permet a sept d'entre eux, une grande partie du monde, aConstantÏno-
qui n'étaient pas prêtres', d'entrer dans les pfë, en It~tie, en Amérique méme.'Ija com-
saints ordres. De Rome ils vont q Venise, ou pagnte éprouva de fortes oppositions dans
ils sont étevés'au sacerdoce et font entre' fes son établissement en France;'ses nombreux
mains du nonce les trois vœux de pauvreté, privHéges effrayaient l'université en même
dé chasteté et 'd'pbeissance. Après quoi ils temps que l'exemption dét'ordinaire indispo-
se répandent'dans les diverses univers)tes sait le cierge, et en ISM'ta Sdrbp'nne déclara
d'ttatie, pour s'assooér de nouveaux compa- que t'ordre des Jésuites était étabti pour la
gnons. tgnacesèutement se reHre a Romea(i!tn ruine plutôt que poup t'édification'dés fidetcs.
tie travailter à la formation'de son instÏt'ut. Ces orages ne tardèrent pasa sé'dissiper, et
L'a-guerre qui venait d'éetatèr'avec tes'Turcs en peu de temps iacompagnic fut ptus noris-
empêchait'Jo voyage de'Pâtéstine. Ignace santë cn'Francé qu'en a~cun autre pays. A.
réunit ators ses associés à Rome, afin de voir la mort de saint Jgnacé* l'ordre'comptait
comment ils s'occuperaient, et aun aussi de jusqu'à douze· maisons professes et cent
se donner une ponstitution. t!s résotureht de cofiéges.'
se choisir un supérieur générât auquel i)s Ce fut en 1542 que parurent )es Constitu-
IJ~
obéiratent'en toutes'choses, et aux 'trois tions de ~àint Ïgnace/ce tivre étonnant'qui
vœux qu'))s av;!iéht déjà faits'Us ajou- a fait d)re a HicheHeu qu'avec des prn'opes
tèrent ce)m d'unë'obéissance comptète pour si surs et des vue's si bien
djrigées on !;ou-
tout ce que [eùr ordonnerait te pape. Après vernérait un empire égat au monde*. Dans
avoir encore ainsi régie, de concert, p!u- l'analyse que nous en ferons, pous sujvrôns
sïeurs autres arncJcs, its présentèrqnt te I~ te' iivre du ~P? de Ravgnah, intituje De
prpjetdu n'ouve)'ordre, têt qu'ils t'avaient <'e~<cnce e< de <'M<!<e'~a com~a~Mie de
cohçu.'au pà~e Pau) )!L Cetui-Ct nomma une ye'sM~,dans lequel'it est répondu avec tant
cpmftHssion de trois cardinaux pour i'exami- de dignité etdo
d~ ~ig!!j(~ calme au~ calomnies il-
~~1~caI~~ q om
muitt-
~7 JES JES M
ptiées dont tes Constitutions de la compagnie ché aux illusions de la vie du siècle et mieux
ont.été t'ôbjet/Pour'tcs justifier/ces Consti- prémuni contre le danger dé leur retour,
tutions 'seront exposées. Le noviciat; tes n'est'encore Hé par qucu'n engagement;~
études, la' troisième année de prpbat)on,'te est fibre. Souvent, très-souvent,
pn"appc)a
gouvern'e'ment de ta compagnie; te vœu d'o~- ses rëftoxions sur tes graves obligations que
béissance, voitâ les points principaux dont les vœux imposent; il a du passer par des
il
serq'pàrié. Saint Ignace de Lbyota est épreuves répétées et décisives. H déïïbère,
l'unique auteur des Constitutions, comme dés on l'examine; i) est juge, it juge avec une
Exercices spirituels approuvés par Paul Ht entière liberté. H s'offre enfin; ta société
en 15~5. C'est assurément un curieux sujet t'accepte. Après deux ans révptns, it se
d'observations qu'une législation objet à la donne au Seigneur p'àr une consécration jr-
fois de'taht d'attaques et de tant-de louanges. révpcablç.
Deux mots pourraient résumer ici ce monu- Deux années se sont écoutées; les vœux
ment de sagesse/de piété, de sainteté admi- sont prononcés t'heure dcs'etudes q sonne.
rable :bi]t et moyen. Le but, c'est la gloire Le retjgieux de la compagnie entre dans une
de Dieu et le satut des âmes te moyen, c'est nouvelle carrtère. Quand, d)). saint fgnace,
l'obéissance. Lorsqu'un homme frappe à ta le fondement de l'abnégation et du progrès
porte de ta'compagnie de Jésus/placé sur te nécessaire des vertus aura été jeté dans ceux
scui),'ce'candidat'd'e la vie religieuse cqn- qui sont admis parmi nous, on songera aiors
n.iitra d'avance, à 'cttte'heure sotennetle, à cdnstrmre )'éd)tice de )eurs connaissan-
toute t'etcndue dqs devoirs que la compagnie ces. Les deux années qui suivent ceUes du
dicte ? ses'mcmt'res; Il doit savoir, il saura nqvtciat sont données d'abord à ta rhétori-
quel est l'esprit'qui l'anime dans toute sa que et a ta tittérature; (rois ans à la philo-
vérité; tibre, it se décidera. Etes-vous prêt, sophie et aux sciences physiques et mathé-
lui demande-t-pn, A renoncer au siècte, à matiques, quelquefois davantage. Vient en-
toute posscsston comme a tout espoir de suite ta régence pu renseignement des ctas-
biens temporels? Etes-vous prêta mendier, ses
scs dans
daps un çpttége.
collf;ge. 0') fait en
Oy f~iï en sorte qûé te
sorlé_ que le
s'H te faut, de porte en'porte pour t'amour jeune professeur, commençant par une classe
dcJésus-Chr'st?–Om.' de grammaire, monte successivement et par-
Ëte~-vous disposé à vivre en quelque pays coure tous les degrés du professorat tes uns
du monde et en quelque empto) que ce puisse après les autres. ~)nq ou six ans se passent
être, où tes supérieurs jugeront que vous ainsi dans te cours de régence. Vers t'agc de
serez p)usnt<!e pour la ptus grande gloire vingt-hmt ou trente ans, )e rettgieux est en-
de' U)eu et pour ië satut des âmes? Oui. voyé en thcptogie. Ce~e étude, avec ceHe de
Etes vous résolu d'obéir aux supérieurs, t'ËcrKure sainte, dtt droit canonique, de
qui tiennent pour vous ta ptacQ de Lheu, en t'htstotre ecctcsiastique et des tangues orien-
toutes jes choses'op vous ~e jugenez pas la tâtes, occupe quatre années. Le sacerdoce
conscience blessée par le péché? Oui. n'est'confcré qu'à ta Hn dés études théotpgi-
Vous sentez-vous généreusement déter- ques, rarement avant trente-deux pu trentc-
mine a repousser avec tiorrcur, sans excep- troy ans. Après chaque année de ce tong
tion, tout ce que les hommes esctaves (jes cours d~études, un examen sévère est subi.
préjuges mondains aiment et embrassent, et Nui ne passe au cours do t'année suivante
voûtez-vous accepter, dés<rer'de toutes vos qu'après un jugement favorable, porté par
forces, c~ ope Jésus-Christ Nptre~Seigneur les examinateurs, sur l'année qui a précédé.
aima et embrassa?– Ou). Toutes tes études finies, ceux qui jusqpe-!à
Vous passerez pour fou. Ou), cela me ont réuss; dans tes examens annuels subis-
sent un examen généra! sur l'universalité
convient, (~uand te postu(ant, libre encore,
et
a répondu, '{est adm~ au noviciat. des sc'ences philosophiques, physiques
tci commence pour tu) un nouvel ordre de theptogiqucs. Avoir obtenu trois suffrages
choses- Le novice passera (teux années dans fa~orat~es sur quatre, dans ce dernier exa-
une profonde retraite. }t aura ce temps pour men est une des conditions nécessaires pour
rcncct)n';otcetetpps est nécessaire ayant être admis à ta profession. Tel est l'ordre
de se tier p~r des engagements irrévocables. des études pour les religieux de la compa-
Les Qpreuy'cs morates qu')t doit subu' sont gnie de Jésus. H doit 6)re suivi régulière-
gr:)n~)cs auss) sa déterminatjon, aprus deux ment, quand t'âge, le défaut'd'aptitude et de
ans q'e noyiciat, sera-t-eHe tibrc, cctmree, santé quand tes nécessités du'saint minis-
forte.DH'antcq~éme espace de temps, tère on le matheur des temps n'y apportent
tou)c°ct~dt;'tu)'cst intcrdtte. La prtèrë.tes pas d'obstacles invincibles. Toutes les épreu-
méd'~at'ons pr.~ongées, t'étude pratique de ves ne sont pourtant pas encore achevées. H
ta pe~ec~on et surtout de ta plus ent'ère y a de bien longues années que te religieux
ahnégattpn de soi-même, la réforme coura- est sorti du noviciat; ies Constitutions tut
geuse des penchants de ~a nature, la lutte ordonnent'd'y rentrer. La troisième année
et Odete contre i'amour d'un de probation est le chef-d'œuvre de saint
journalière
v.);n bonnepr et de fausses jouissances, l'u- Ignace. Après quinze ou seize 'ans de'vie
sage ftUmjiet; de§ exercices sp'rjtucts .et de la religieuse, le prêtre rentre au noviciat.
cor.Y~r~:)t)pn avec Dieu, )a cpn))aissancc de It-doit maintenant, pendant une année en-
tout un 'npnde caché au fond de l~me et tière, pour dernière épreuve et pour prépa-
fi'unc vie toute intérieure, voita ce qui rem- ration dernière, s'exercer, suivant t'expres-
plit les heures du noviciat. Le novice, arra- sion rema'rqunbié des Constitutions, dans
s') DICTIONNAIREDES RËDGtONS .M

l'étude du creur ln schola a/~c<M~. Au sein certain nombre d'assistants tirés des différcn
de la retraite et du silence, rendu plus pré- tes nations et qu'il doit consulter pour les
sent-à Dieu et à iui-méme, avant d'être livré choses qui concernent son administration.
aux autres, on va soigneusement appliquer La société désigne aussi un admoniteur dont
le religieux, in schola N~c<M~, à tout ce qui la charge est d'avertir le général, surtout
affermit et fait avancer dans une humilité en ce qui regarde sa conduite personnelle et
sincère dans une abnégation généreuse de privée. Le général est obligé de prendre et
la volonté, du jugement même; dans le dé- de recevoir des conseils; mais il est juge de
pouillement des penchants inférieurs de la sa détermination dernière. Dans un cas ex-
nature, dans une connaissance plus pro- trême tes provinces pourraient étiredes dépu-
fonde, dans un amour plus grand de Dieu. tés des assistants pourraient les convoquer
De cette sorte, après avoir fortiSé dans son aun.de déposer le général devenu indigne
âme, après y avoir fait pénétrer plus avant ou incapable. Tous les supérieurs, tous tes
cette vie véritablement spirituelle, il pourra membres de la compagnie sont soumis au
mieux aider les autres à s'avancer dans les général et lui doivent obéissance tous peu--
mêmes voies, pour la gloire de Dieu et de vent librement recourir à lui.
Notre-Seigneur. Après l'année révolue, le Comme tous les ordres religieux, la com-
supérieur s'informe religieusement des pro- pagnie est divisée en provinces. Dans cha-
grès faits, soit dans la vertu, soit dans ).) que province ou subdivision de pays, un pro-
science, et suivant-le jugement que le Père vincial est le supérieur de tous les établis-
général porte sur les informations transmi- sements qu'elle renferme, it les visite par
ses, le grade est conféré; c'est-à-dire tout lui-même exactement chaque année. Tous
simplement qu'on est admis à prononcer les peuvent aHer à lui pour leurs besoins et
derniers vœux de coadjuteur spirituel ou de dans leurs peines. Le provincial a ses con-
profès car il y a ces deux classes de reli- sulteurs et son admoniteur, nommés par le
gieux. Les uns et les autres sont égaux en- générât il doit aussi prendre et recevoir
tre eux. Les places de supérieur sont même leurs avis. Enfin chaque maison a son su-
de préférence données aux coadjuteurs spi- périeur propre soumis au provincial et au
rituels, et les profès leur sont le plus sou- général. Le supérieur de chaque maison a
vent soumis. Cependant quelques charges, également un conseil et un admoniteur.
en très-petit nombre, sont réservées spécia- Teitë est la forme du gouvernement de la
lement à ceux-ci. Les profès ont aussi le compagnie l'unité de pouvoir, la multipli-
droit, avec certains supérieurs désignés par cation d'avis consultatifs. La sagesse possèdo
la règle, d'assister aux congrégations on ainsi toute sa lumière et l'action toute sa
assemblées provinciales ou générales de puissance. Le général èsUà vie; tous tes au-
l'ordre. Ainsi, après les deux ans de premier tres supérieurs, quels qu'ils soient, ne sont
noviciat, viennent les trois voeux de religion nommés que pour trois ans; cependant ils
simples, mais perpétuets après quinze ou peuvent étre cof'tinués.
seize'années d'épreuves ou d'études, après La journée du Jésuite commence à quatre
une troisième année de noviciat, viennent heures du matin. Aussitôt après le réveil,
les vœux solennels de profès ou les derniers les religieux se rendent dans la chapelle au
vœux de coadjuteur. Tette est ia gradation pied du très-saint sacrement. A quatre heu-
ordinaire. res et demie les'religieux rentrent dans leurs
Le jour de l'action enfin arrivé, pour la cellules, pour y vaquer seuls à la médita-
plus grande gloire de Dieu, pour le service tion, pendant une heure. La cloche de l'An-
de ses frères, le jésuite sera plus que jamais ~tM met fin à la méditation. Les prêtres
indifférent à toustes)ieux,à à tous les em- disent successivement leur messe, et, l'action
plois, à toutes les situations; il ne repous- de grâces terminée, commence le coùrs des
sera loin de lui par une dénégation invinci- occupations jonrna!ières. Les uns sont ap-
ble que les honneurs et les dignités. H se ptiqués aux pénibles et tentes préparations
dévoue toujours pour obéir, jamais pour qu'exige la prédication évangélique; d'au-
commander..Tel est l'homme que les Con- tres se livrent aux recherches scientiGques
stitutions ont voulu donner à l'apostolat et historiques; tous s'emploient aux fonc-
catholique. tions actives du ministère des âmes. Midi
Le général de la compagnie est dépositaire arrive c'est un temps d'arrêt dans la vie de
de l'autorité. Il ne l'exerce que suivant la communauté un quart d'heure est d'abord
grande loi catholique, c'est-à-dire, dans la employé c)l'examen de conscience sur les
ptus parfaite dépendance à l'égard du vicaire actions de t.) matinée; puis les religieux x
de Jésus-Christ. Quand il y a lieu de nommer descendent au réfectoire eu silence, la lec-
le général, la société s'assemble en congré- ture assaisonne un repas frugal qui dure une
gations provinciales, c'est-à-dire que dans demi-heure. lis visitent ensuite le saint sa-
chaque province de la. compagnie les profès crement et se réunissent pendant trois quarts
et certains supérieurs sont convoqués et se d'heure pour la récréation. On sequille pour
réunissent. Le père provincial et deux pro- retourner au silence, au travail et le plus
fès élus par la congrégation provinciale se souvent auconfessionnat.Lesoir vient il a
rendent à Home pour composer ta congré- fattu trouver cependant le temps de la prière
gation générale. Celle-ci procède égale- et de l'office divin. A sept heures, le souper
ment par voie d'élection pour donner un réunit les religieux. Quelques instants de
général a la compagnie. Elle lui donne un récréation suivent encore. A huit heures
ti JES ~ËS 42
un quart les litanies des saints se récitent en Après cet exposé des Constitutions, les
commun, à ta chapelle-. Chacun se retire r
réflexions se présentent naturellement, sans
alors dans sa cellule et consacre, seul, une q
que nous ayons besoin de les exposer. Que
demi-heure' à là lecture -spirituelle 'et à r devait-on pas attendre
ne d'hommes formés
l'examen de sa'conscience.~ neuf heures, dd'après de tels principes? Aussi tes Jésuites
on sonne le repos: c
ont-ils obtenu partout les plus grands suc-
Nous achèverons l'analyse des Constitu- (
cès dans l'éducation de ta jeunesse, )e dé-
tions en donnant l'idée juste de ta grande 1
plorable état où elle est tombée, de l'aveu de
loi de l'obéissance. Elle est l'âme, ta vie, la t
tous les gens sensés, depuis la suppression
force et la gloire de ta compagnie c'est ici ( l'ordre, est une preuve évidente des servi-
de
le point capital de l'institut. Voici les paroles (
ces que les Pères y ont rendus dans la pré-
de saint Ignace Tous s'étudieront à obser- cdication, qui n'a entendu parler de teurs
ver principalement l'obéissance et à y excet- tmissions de ta Chine, où ils ontéctairé des
ler. il faut avoir devant les yeux notre 1
lumières de la foi tant de milliers d'inSdètes,
Créateur et Seigneur, à cause duquel on rend < même temps' qu'ils y faisaient
en pénétrer
obéissance à t'hqmme. Il faut apporter tous 1
nos connaissances européennes? mais sur-
ses soins pour agir dans un esprit d'amour, 1
tout qui.i ne connaît leurs 'missions du
et non avec te trouble de la crainte Ut in ]Paraguay, où ces Pères établirent te gouver-
~9!r!<M aMor~MOKCMtM pef<Mr6o<tOMepro-) 1
nement le ptus singulier, te ptus paterne!,
ce(~a<Mr. Soyons aussi prompts et aussi do- 1 plus'heureux
le qui ait jamais existé? Dans
ciles que possible dans toutes les choses ré- 1
les, sciences ehGn; est-it une branche d'étude
gtées p:'r !e supérieur et où il ne se trouve <
qu'ils n'aient pas cultivée et où ils n'aient ea
point de péché, tci se rencontre un mot ce-) 1 hdmmé~tes plus distingués? Sans compter
les
lèbre Que chacun soit bien convaincu t
tes Bourdatoue, les Bouhonrs, les André,
qu'en vivant sous la loi de t'obéissance, on t
tes Sirmond, tes Jouvency, les Duhalde,
doit sincèrement se laisser porter, régir, rë- ) 1 Porée, les Brumoy, quelle foule de noms
les
muer, placer, déplacer par la divine PrOvi- <
célèbres dont la nomenclature serait trop
dence, au moyen des supérieurs, comme'si 1longue 1
on était un mort, pen'Mde a< si cadaveressent; On a reproché aux Jésuites de s'être trop
ou bien encore, comme le bâton que tient à metés des affaires decemonde, d'avoir poussé
la main un vieillard et qui lui sert à son gré. trop loin l'espritde corps en outre, plusieurs
Le saint législateur, expliquant sa pensée, <
de teurs casuistes les compromirent en en-
ajoute Ainsi le religieux obéissant accom- seignant une morale relâchée ou des doc-
ptit avec joie ce dont il est chargé par le trines dangereuses. Mais s'il est vrai que
supérieur, pour te bien commun, certain quelques-uns d'entre eux ont eu plusieurs
par là de correspondre véritablement à la fois des torts, il n'est pas moins vrai qu'il
volonté divine. Quel est donc te sens de l'o- est injuste de rendre, comme on l'a fait dans
béissance du Jésuite et de tout religieux plusieurs circonstances, tout le corps res-
sans exception? Le'voici au point de vue de ponsable des fautes d'un individu. Les Jésui.
la foi Dieu, dans sa providence sùroaturette ) tes ont été impliqués dans plusieurs com-
et spéciale, a établi au sein de l'Eglise un ptots, quoique rien n'ait pu être prouvé et
genre de vie et de perfection évangétique Us ont été bannis pour diverses causes de la
dont le voeu d'obéissance est le fondement et plupart des Etats qui les avaient reçus
le caractère essentiel. C'est à Dieu même que d'Angleterre;en 1581 et 1601 de France, en
le religieux-voue son obéissance. Dieu l'ac- 1594 et en 1767; de Portugal, en 1598 et en
cepte et s'oblige ainsi, en quelque manière, 1753; d'Espagne et de Sicile, en 1767; enfin,
à diriger et à gouverner, par une autorité le pape Ctément XIV, contraint par les ins-
toujours présente, les actions de celui qui tances réitérées de plusieurs ministres tout-
veut et qui'doit obéir. Dieu vit, Dieu agit et puissants à cette époque, supprima ta So-
il préside dans t'Egtise aux fonctions de tout ciété en 1773.
te corps et surtout aux fonctions de la hié- Etteavait duré 233 ans, et comptait, au mo-
rarchie. Celte hiérarchie divine et non hu- mentde sa chute, 22,800 religieux aucun au-
maine constitue, approuve, inspire tesrègte- tre ordre n'avait fait tant de choses en si peu
menls et les supérieurs des ordres religieux, de temps, inspiré tant d'amour, excité tant
en sorte que l'obéissance de chacun de leurs de haine. La Société était cependant tellement
membres, par une vue de foi certaine et vivace, qu'elle'ne succomba pas entièrement.
pure, doit remonter à l'autorité de Dieu Elle trouva un refuge chez les protestants.
même. J'obéis à Dieu, non à l'homme. Je Le roi de Prusse, le philosophe Frédéric Il,
vois Dieu j'entends Jésus-Christ lui-même demanda et obtint qu'ils seraient conservés
dans mon supérieur. C'est ina-foi pratique dans ses Etats. Catherine H les conserva
c'est te sens de mou vœu d'obéissance et des aussi en 'Russie et en Pologne bien plus,
règles qui l'expriment. Il y a là une théorie en 1801, ils sont rétablis pour ta Hussie, avec
magnifique, elle est surnatureUe et divine permission d'avoir un générât en 1804, ils
le supérieur commande avec la conscience sont rétablis en Sicile. A cette époque, Na-
de t'àutorité .qui tui vient.de Dieu l'infé- poiébn les reçoit et les protège en France
rieur obéit avec la conviction de t'obéissance sous le nom de Fet:M de la Foi; enfin, en
qu'il doit à Dieu. Le supérieur vit de la foi 1814, Pie VUrétablit t'institut tel qù'it était
l'inférieur vit de la foi tette est t'obéissance avant ta suppression de Clément XIV. La
chez tes Jésuites. Sardaifne Modene.Fribourg, rappellent les
DiCTtONN.DES REUCHONS.HI. 2
43 DICTIONNAIRE DES RELIGIONS. 4

Jésuites; le roi d'Espagne leur rend leurs moignerit, en foutant aux pieds le crucifix,
hiens non vendus; en France, ils ouvrent qu'ils n'appartiennent point à la religion
des collèges avec ta tolérance et l'appui du chrétienne. Les éditeurs du siècle dernier
gouvernement ils reprennent leurs diver- voyant ce mot écrit Je/MMt, ont .cru qu'il
ses missions, principalement en Amérique, fallait écrire Je~Mmt,. par allusion aa nsm
dans les Indes, eh Chine; mais ce progrès de Jésus, d'autant plus qu'à cette époq.ue la
et cette faveur ne durent pas longtemps. En lettre s médiate ressemblait beaucoup à 1'
1820, ta Russie leur retire l'instruction pu- mais l'expression correcte est Je/MMt (pro-
blique et les bannit du royaume. noncez Fe/OMmtou //bt<tHt), c'est-à-dire titté-
i828-i8M.Un~nto:t:e de M. de Mont- ralement l'action de-fouler aux pieds la fi-
losier soulève encore l'opinion publique en gure ou l'image. Fo(/. YEFouMt,
France le gouvernement fait fermer leurs JÉSUS, 1° nom adorable du divin fonda-
écoles les préventions persistent et augmen. teur de ta religion chrétienne, Messie prédit
tent.,On refuse la liberté -d'instruction pour par les prophètes, Fils de Dieu, Dieu lui-
tes exclure de l'enseignement; de nouvelles meme médiateur entre le Créateur et les
haines éctatent. M. Guizot, au nom du gou- hommes, Rédempteur du genre humain. H
vernement, négocie à Rome pour faire dis- fut conçu dans le. sein de Marie, vierge de
soudre leurs maisons d'études et de novi- Nazareth en Gatitée, issue de la race royale
ciat. Enfin, l'abbé Gioberti lance en Italie de David, et fiancée à Joseph. H naquit à
untibeD~enhuit votumes.qu'it intitule le Bethtéem dans une étante, sous le consulat
Jésuite moderne; l'opinion 'publique se.pro- de Calvisius Sabinus et de Passianus Rufus,
nonce encore contre eux. Une guerre sé- ta douzième année du règne d'Auguste, t an
rieuse éclate en Suisse pour, tes faire chas- M10 de la période Julienne, quatre ans avant
ser de Lucerne .cette guerre réussit; ils l'ère vulgaire. Sa conception divine avait été
sont exclus. Peu après, ils sont obligés annoncée Marie sa mère par l'ange Ga-
d'abandonner 'ta ëardaigne enfin pour briel, et sa naissance fut notifiée d'une ma-
prévenir de-plus grands maux, Pie 7-ï' leur nière iniraculeuse à des bergers du voisi-
retire l'instruction publique à Rome, etleur nage, qui les premiers vinrent t'adorer.
conseille de se séparer. t)s obéissent et se Peu après une étoile mystérieuse conduisit à
répandent dans plusieurs Etats, principale- son berceau les mages de l'Orient. Lés mer-
ment en Amérique et en Angleterre. veilles qui avaient accompagné sa naissance,
Têt est teur état ea ce moment. Quel sera ayant fait craindre à Hérode roi de Judée,
leur sort à venir? Dieu seul le sait.. qu'il ne fût réellement te Messie, ce prince,
JËSUiTESSES, congrégations de-filles et appréhendant qu'il ne lui ravît plus tard son
femmes dévotes établies autrefois en Italie royaume temporel, ordonna-le massacre de
et en Flandre et dont les maisons avaient tous les enfants de Bethtéem-et des environs
le titre de cottéges. Ettes suivaient ta régie mais Joseph et Marie, avertis en songe, se
des Jésuites c'est pourquoi elles fureut ap- réfugièrent en Egypte avec le Dieu enfant.
pelées Jésuitesses. Ces religieuses faisaient Us ne revinrent à Nazareth qu'après la mort
entre les mains de leurs supérieures les trois d'Hérode. Jésus passa te temps desa jeunesse
vœux ordinaires de pauvreté, chasteté et auprès de ses,parents, partageant leurs tra-
obéissance mais ettës ne gardaient point ta vaux d'artisans vjvant dans l'obéissance,
clôture, incompatible avec teurs fonctions, t'obscurité et la retraite. Cependant il avait
car ettes -se mêlaient de la prédication. Cet déjà taissé entrévoir ce qu'il serait un jour:
ordre avait été. fondé en 153~ par deux An- dès l'âge de douze ans, il discourut dans.le
glaises, Warda et Tuittia, qui, se trouvant temple avec tes docteurs de la toi, et les
en Flandre, furent engagées par les Jésuites étonna par ta sagesse de ses réponses.
de cette province à.entreprendre cet établis- A trente ans, il commença à paraître en
sement. Le but de ces Jésuites était de for- public, à prêcher ta. toi nouvelle qu'il ve-
mer une colonie de filles qu'ils enverraient, nait apporter aux; hommes, et à s'annoncer
comme autant de missionnaires, travailler à comme le Fils de Dieu 11. se fit d'abord
la conversion des Anglais,,et dont.ils espé- baptiser par saint Jean-Baptiste dans
raient d'autant plus de fruit, que de pareHs~ les eaux du Jourdain; en ce moment ou
prédicateurs seraient moins suspects et s'in- entendit du haut des cieux une voix qui le
sinueraient plus aisément dans les esprits. proclama Fils bien-aimé du Très-Haut, et le
Cette congrégation se dissipa d'elle-même en Saint-Esprit vint se reposer .sur lui sous la
Italie, sur le simple bruit qui courut que le forme.d'une colombe. H se retira ensuite
pape ne l'approuvait pas. Il n'en fut pas de dans le désert, où il ptissa, sans boire et sans
même dans la basse Allemagne le nonce manger, quarante jours et quarante -nuits,
leur intima en vain les ordres du pape elles au bout desquels il triompha des tentations
n'y déférèrent point. C'est pourquoi Ur- de Satan. Il se choisit soixante-douze disci-
bain VIII publia, en ~630, une bulle par la- ples, et se forma un cottége de douze hom-
quelle il leur .ordonnait sous peine d'ex- mes qui devaient l'accompagner dans le
communication, de quitter les maisons où cours de ses missions, et auxquels il donna
elles vivaient en commun, et de se retirer te nom d'apôtres. It les prit la plupart dans
chez e)tes. les classes les plus infimes de la société, et
JËSDMi. C'est par erreur typographique particulièrement parmi les bateliers et les
que certains livres européens appeUent ainsi pécheurs de poissons mais it leur donna te
ta cérémonie par laquelle les Japonais té- pouvoir de prêcher l'Evangile, de guérir lea
4S JES JES 4f
malades et de coasser )cs démons. it.parcou- .c'est te mot hébreuy~ 7M<;A((Ct; et non
ru! avec eux jps vitt~s et !e;s ho.urgades de la point,
comme te-prétendcn) 'ptùsieurs, 'une contrac-
Judée et de .fa Ga)iiée, prêchant aux hommes tion dn non) y~i-)' Mto~c/iMa (Josué),
l'amour de Dieu, ta charité pour le prochain, qui si-
gni6e Celui qui est sauvé par Jéhbva. Le
Jerenottcètacnt.aux choses de la terre, l'at- nom de Christ, que l'on ajoute communé-
tente d'une autre vie; donnant l'exempte de ment à celui de Jésus, est un
toutes tes vertus, et particutièremcnt du zèle, mbt grec qui
signifie comme Messie en hébreu, o: ou
de');humitité, do-ta patience, et confirmant :Mcr~.
ses discours par. une foule [de miractes. )) Nous n'entrerons point ici dans un plus.
changea t'eau en .vin a;rx noces de Cana, grand détail sur Jésus-Christ, biën que des
reh'dit la santé aux malades, la vue aux volumes entiers soient insuffisants pour ex-
avengtes~ t'oujfe aux sourds, la parole aux poser dignement son excëtténce, sa doctrine
muets it ,chassa tes démons, et ressuscita et ses œuvres mais tes chrétiens qui jettent
publiquemeuLtro.is, morts, entre autres, La. les yeux -sur ce .D:ctt'omKa!'re sont à même
zare, décédé depuis quatre jours. Les nou.- d'étudier ce divin Rédempteur, soit dans des
veaux dogmes qu'~t enseignatt, les réformes soit surtout dans te Nou-
.ouvragesspéciaux,
qu')) prescrivait, te.succès qu'il obtenait au- veau Testament, qui, bien médité;
près des peuples, soulevèrent contre lui la peut à lui
seul en apprendre beaucoup plus' que tout
ja)ousie des pharisiens et des prêtres jui&. autre livré. Nous allons
Après avoir passé trois ans. et demi à ins- ce qu'en rapportent maintenant exposer
les Juifs et plusieurs
truire les hommes, à les édifier et à leur faire autres peuples, en demandant d'avancé
du bien, Jésus, sachant q~e.i'heure de con- don à sa personne adorable des par-
sommerson sacrifice était arrivée, institua le impiétés et
des blasphèmes que notre plan nous con-
sacrement de l'eucharistie, et se rendit au traint de reproduire. Nous en retirerons ce-
jardin des Oliviers pour vaquer'à la prière, pendant, une
suivant sa coutume. Là, un de ses disciptes, précieuse constatation c'est
que les ennemis du nom chrétien sont con-
Judas Iscariote, soudoyé par tes princes des traints d'avouer, et de reconnaître la vërité'
prêtres, le tivra à ses ennemis. Jésus fut des miracles de Jésus.
traîné au tribunal de Caïphe, te grand prêtre, 2° Les Juifs écrivent ainsi le nom de Jé-
interrogé devant le Sanhédrin, et jugé digne sus :ni~ /McAoM; nous avons vu
plus haut
demortcdmmeb!asphémateur, ppu,rs'étredit que l'orthographe véritable estyi~ /McAoMa
le Fils de Dieu. Mais comme ce tribunal n'a- ou VMc/t~aH~,
vait ptuste pouvoir de prononcer la sentence qui signiue ~M< mais
comme ta tangue grecque n'a aucun carac-
de mort, ils te déîérèFent à Ponce tère pour représenter la dernière tf-ttrè dé
PHate, ce
gouverneur de la Judée pour tes Roma'ins, nom hébreu très.difScite. à articuler,
devant lequel ils l'accusèrent "de rébetiion les
apôtres, se conformant à un usage déjà
contre t'empereur. Pitate,. bien que con- adopté, écrit irent tout simplement en gi-ec
vaincu de son innocence,'eut la faiblesse de ï'!M~(l). Cependant tes-Juifs retranchent
prononcer sa.condamnation. Jésus, avant de en.hébreu cette dernière lettre,,
mourir, fui en butte a des outrages et des par haine
pour lé nom du Sauveur ils en font par là
tourments de toute sorte, qu'il supporta un nom barbare et
avec une résignation Enfin il corrompu, qui n'a point
admirabte., ti analogue dans leur tangue ils prétendent
expira cloué sur une croix, en pardonnant ainsi ne pas le confondre avec tes
a ses bourreaux. Sa mort fut accompagnée noms de
de prodiges éclatants, qui attestèrent la plusieurs autres saints personnages de t'An-
puis- c'en Testament. Cette
sance de t'Homme-Dieu, dans le ciel, sur la transcription favorise
aussi leurs idées ainsi il est
terre et dans tes enfers. Trois cabalistiques
jours après, souvent recommandé aux ïsraétites de ne
Jésus ressuscite sortit glorieux du tombeau
point adorer tes dieux étrangers ou te dieu
comme il t'avait prédit, malgré toutes tes en hébreu
étranger ~< or que doit.on
précautions que ses ennemis avaient prises, entendre parce dieu étranger? Les lettres
pour prévenir un prétendu enlèvement,de qui composent le mot -m
son corps it apparut ensuite à ses vaierit numé-
disciples uquement 316 on retrouvete même nombre
à.qui il donna plusieurs fois des preuves dans le nom de w; en
palpables de sa résurrection, donc, prohibant le
à taquette ils culte du dieu étranger, Dieu a voulu
ne pouvaient croire; il se montra encore dif- prému-
nir,son peuple contre l'adoration de Jésus.
férentes fois soit à eux, soit à différentes Enfin les Juifs regardent les trois lettres
personnes de Jerusa!e<n. durant J'espace de qui
composent le nom de i~ comme les initiales
quarante jours; enfin, après avoir donné de ces trois mots n~i~
mission à ses apôtres de porter ta nouvette Que son motK
et sa mémoire soient abolis! ou comme t'ab-
du salut jusqu'aux extrémités de la terre, it
s'éleva dans les cieux en présence de bréviationde.cette autre
p'us m!?im Le HOM ~e 7~M~ est formutë -p~n~
de cinq cents personnes assemblées; meMMMoe et<!6o-
H y m!MC[<<OM..
Stége maintenant avec sou humanité sainte Les Juifs o.nt écrit plusieurs Vies de Jésus;
remplissant auprès dé son Père l'office d'in. qui ne sont qu'un amas de sottises., d'àbsur-
tërceaseur, jusqu'au jour où il descendra des dttes et d'anachronismes: une des princi-
cieux pour la seconde fois, afin de tout
tes hommes, et de rendre à chacun juger selon ses
u*uvres. (i) C'est ainsi qu'on écrit en grec et en )atit;
nom de J~Ms signine sai'M< ou ROSM pour Hoschéang, Josué
sauveur, Amalecpour Ngamalec, etc. pour J~O-Sc/tOMOXO,
Le
~7 -DICTIONNAIREDES RELIGIONS. M
pâles est cette qui est connue sous le nom ouvrir un tombeau, où t'en ne trouva que des
de~ep~ter roMo<~ 7MC/toM Livre de ta Vie ossements secs; tes ayant apportés devant
de Jésus, qui a été publiée en hébreu et en Jeschou; celui-ci rangea tous les os, les re-
latin parWagenseit, dans son ouvrage in- vêtit de peau ,'de chair, de nerfs-, et rendit
tituté Tela !~Mes Sa<aM<B.et abrégée par But- la vie à est homme. Le peuple étant trans-
let, dans son Histoire de l'établissement f<tf porté d'admiration à la vue de ce prodige
c/<fM<!an!<tne. « Quoi 1 leur dit-il, vous admirez cela 1 iai-
L'auteur place ta naissance de Jésus à l'an les venir un lépreux, et je lé guérirai.)) »
du monde 3G71,sous le règne de Jannéc. it Comme on lui eut amené un lépreux, il le
donne à son père le nom de Joseph Pandera guérit sur-të-champen prononçant de même
de.Bethtéem, et à sa mère celui de Miriam. le nom ineffable.
Après a'voir parlé'des progrès étonnants que Les habitants de Bethléem, frappés de ces
)e jeune Jeschou fit sous un maître appeté merveittes se prosternèrent devant lui, et
j6'<A/tc[HaK,il assigne pour principale cause l'adorèrent en lui disant FotM ~M~~rtta-
de sa retraite dans la haute Galilée, -te refus blement le Fils <~eDt'eu.
qu'il,avait fait de se voiler ta tête, de cour- Le bruit de ces merveilles ayant été porté
ber le corps et de fléchir tes genoux sur le à Jérusalem, les méchants en eurent beau-
passage des sénateurs du Sanhédrin, qui le coup de joie mais les gens de bien les sa-
déclarèrent, infâme. C'est ta, dit-it, qu'il de- ges, tes sénatèurs,en ressentirent la douleur
meura plusieurs années. II continue ensuite ta ptus amère. Ils prirent ta résolution de t'at-
son histoire dans les termes suivants tirer à Jérusalem pour le condamner à mort.
II y avait alors dans ta partie la plus Pour cela, ils lui députèrent deux sénateurs
sainte du temple qu'on appelait le Saint du petit sanhédrin, qui, s'étant transportés
des saints,. une pierre sur laquelle était gra- auprès de lui t'adorèrent. Jeschou, croyant
vé lenom ineffable -de Dieu. Les sages de qu'ils venaient augmenter le nombre de ses
la. nation craignant que les jeunes gens disciples, les reçut avec bonté. Ces sénateurs
n'apprissent ce nom et ne s'en servissent s'étant ainsi insinués dans' ses bonnes grâ-
pour causer de grands malheurs à l'univers, ces, lui dirent: « Les sages et les person-
formèrent, par art magique, deux lions d'ai- nages les plus considérables de Jérusalem
rain, qu'ils. placèrent devant l'entrée du nous ont envoyés prés de vous pour vous
Saint des saints, l'un à droite, l'autre à gau- prier de venir dans cette ville, parce qu'ils
che. Si quelqu'un ei-trait dans le Saint des ont appris que vous étiez le Fits de Dieu. w
saints et apprenait ce nom ineffable, tes lions Jeschou leur répondit « On leur a dit la vé-
rugissaient contre cethomm6, et par leurs rité je ferai ce qu'ils souhaitent, à condi-
rugissements ils lui causaient une si grande tion que tous les sénateurs du grand et du
frayeur, qu'il oubliait le nom qu'il avait ap- petit sanhédrin viendront au-devant de moi,
pris. L'infamie de. la naissance de Jeschou et me recevront avec le respect que les escla-
ayant été dans la suite connue dans la haute ves marquent à teurs maîtres, »'
Galilée, il-en sortit et vint en cachette à Jé- La condition ayant été acceptée Jeschou
rusatem. Etant entré dans le temple, il y ap- se mit en chemin avec les députés. Lorsqu'il
prit le nom ineffable de Dieu; ayant écrit le fut arrivé à Nobé qui est' près de Jérusa-
nom sur du parchemin, il le prononça pour lem il dit aux députes « N'y a-t-il point
ne sentir aucune douleur; il se fit une inci- ici de bel âne? Les députés lui ayant ré-
sion dans la chair, où il cacha ce parche- pondu qu'il y en avait un il leur dit de le
min et, le prononçant une seconde fois, il faire venir, et l'ayant monté, il alla à Jéru-
referma sa plaie. sa)em.
H faut que Jeschou ait employé l'art ma- Toute la ville courut au-devant de lui pour
gique pour entrer dans le Saint des saints le recevoir. Pendant cette espèce de triom-
car, sans cela, comment les prêtres lui au- phe, Jeschou criait au peuple « Je suis ce-
raient-ils permis d'entrer dans un lieu-si lui dont !e prophète Zacharie a prédit la ve-
sacré? Ainsi, itest manifeste que c'est par nue en ces termes Voici .oo~re t'a: qui vien-
le secours du démon qu'il fit toutes ces cho- dra à vous, ce roi juste et sauveur; il est petM-
ses. Jeschou étant sorti de Jérusalem, ouvrit vre et ntOH~ sur un dne., » A ces paroles, on
de nouveau la plaie qu'il s'était faite et en fondit en larmes, et un déchira ses vête-
ayant tiré le parchemin il apprit parfaite- ments, et les p)us gens de bien de la nation
ment le nom ineffable. Il passa aussitôt à allèrent trouver la reine Hélène où Oleine
Bethtéem lieu de sa naissance. « Où sont, épouse du roi Jannée qui régnait après fa
dit-il aux habitants de cette ville, ceux qui mort de son mari « Cet homme, lui dirent-
disent que je suis né d'un adultère? Ma mère ils, mérite la mort, parce qu'il séduit le peu-
m'a enfanté sans cesser d'être vierge je ple; permettez-nous de le saisir. Faites-le
suis,le,Fils de Dieu c'est moi qui ai créé le venir ici, répondit la reine, je veux par moi-
monde c'est de moi qu'Isaïe a parlé, lors- même m'instruire de cette aSaire. » EHe
qu'il, a dit Voici ~M'MMe vierge coMce- avait en vue, en parlant ainsi de le tir.er de
~a, etc. », leurs mains, parce que Jescbou était son
Les Bethléemites lui dirent « Prouvez- parent.
nous par quetques miracles que vous êtes Les sages, qui pénétraient son dessein,
Dieu. J'.y consens, leur répondit-il appor- lui dirent « Gardez-vous, reine, de favori-
tez-moi un homme mort, et je te ressuscite- ser cet homme, qui, par. ses enchantements
rai. Ce peùpte 'court avec empressement sédaitle peupte, et qui a volé le nom inef-
M JES JES .0
!able songez plutôt à le punir comme il le Judas ayant prononcé une seconde fois le
mérite. Je ferai ce que vous souhaitez leur saint nom, se jette contre Jeschou pour le
dit ta reine mais auparavant faites-le pa- faire tomber mais Jeschou t'ayant prononcé
raître devant moi, pour que je pu.isso voir aussi, se jette contre Judas dans te même
ce qu'il fait parce que tout le monde m'as- dessein, et ils luttaient ainsi ensembte. Judas,
sure qu'il opère les plus éclatants prodiges.? » s'apercevant que ses éEforts étaient inutiles,
Pour obéir à la reine les sages firent venir fit de l'eau sur Jeschou souillés l'un et
Jeschou. l'autre par cette action, ils furent privés du
« J'ai appris lui dit cette princesse, que pouvoir que leur donnait le nom ineCfabte,
vous faites des prodiges; faites-en quetqu'un et tombèrent à terre.
devant moi. Je ferai ce qu'il vous plaira, ré- Alors on prononça une sentence de mort
pondit Jeschou je vous demande seulement contre Jeschou, et on lui dit « S) tu veux
de ne pas me mettre entre les mains de ces éviter ta mort, fais les prodiges que tu faisais
scélérats. Ne craignez point, lui dit la reine.. auparavant. » Jeschou l'ayant tenté en vain,
Faites venir, dit Jeschou, un lépreux, et je s'abandonna aux pleurs; ses disciples et ta
le guérirai. » On lui présenta un lépreux. troupe des méchants qui lui étaient attachés,
qu'il guérit sur-le-champ en tui imposant voyant cela, attaquèrent les sages et les sé
ta main et prononçant le nom ineffable. nateurs, et procurèrent ainsi à Jeschou la
« Apportez dit encore Jeschou un cada- liberté de sortir de Jérusalem Jeschou cou-
vre, a Ce qui ayant été fait il le ressuscita rut au Jourdain, s'y purifia, et ayant 'pro-
de la même manière qu'il avait guéri le lé- noncé le saint nom, il fit de nouveaux mi-
preux. « Comment, dit la reine aux sages, raclés. H saisit deux meules, les fit nager sur
osez-vous dire que cet homme, est magicien? l'eau; s'assit dessus, et prit des poissons à la
Ne l'ai-je pas vu de mes yeux faire des mi- troupe.qui le suivait.
racles comme le Fils de Dieu? Sortez d'ici, A cette nouvelle, les sages et les-sénateurs
etne-portez {jamais de semblables accusa- se trouvèrent dans un grand embarras; mais
tions devant moi. » Judas leur promit de les en tirer. Il va au-
Les sages, ainsi rebutés, cherchèrent quel- près de Jeschou, et, sans se faire connaître,
que autre moyen pour se saisir de Jeschou. il se mêle parmi les méchants, qui lui étaient
ils résolurent de chercher quelqu'un qui attachés. Vers minuit, il procure par ses
voulût apprendre le nom ineffable pour enchantements un sommeil profond à Jes-
pouvoir le confondre. Un nommé Judas s'of- chou, et étant entré dans la tente de ce der-
frit à eux/pourvu qu'ils se chargeassent du nier, il lui ouvre avec un couteau l'endroit
péché qu'il commettrait en apprenant ce du corps où était caché le morceau, de
saint nom. Les sages s'étant chargés de son parchemin sur lequel était écrit le nom
péché, il atla dans le Saint d'es saints, et fit ineffable.
tout ce que Jésus avait fait il aHa ensuite Jeschou, s'étant éveilté, fui saisi d'une
par toute la ville, en criant « Où sont ceux grande crainte lorsqu'il se vit dépouillé du
qui disent que cet homme infâme est le Fils nom ineu'abte. H engagea ses disciples à
de Dieu? Est-ce,que moi, qui ne suis qu'un l'accompagner Jérusalem, espérant qu'en
pur homme, je n'ai pas le pouvoir de faire se cachant parmi eux-il ne serait pas connu,
tout ce que Jeschou a fait? » et qu'il pourrait ainsi de nouveau entrer
La reine ayant appris les discours de Jn- dans le temple pour enlever une seconde
')as, voulut qu'on le lui amenât avec Jes- fois le saint nom; mais il ne savait.pas que
chou. « Faites-nous dit-elle à Jeschou, Judas était caché parmi eux, et que par ce
quoique prodige pareil à ceux que vous avez moyen il-connaissait tous ses'desseins. Judas
déjà fait devant moi ce qu'il exécuta sur- dit aux disciples de Jeschou, qui ne l'avaient
le-champ. « Ne soyez point surprise, dit Ju- pas plus reconnu que leurMaitre «Prenons
das à la reine, de ce que cet homme vient tous des habits semblables, afin que personne
dé faire devant vous s'il s'élevait jusqu'au ne puisse distinguer notre maître. Cet avis
ciel, je saurais bien l'en précipiter. C'est un ayant été suivi, ils se mirent eu chemin pour
de ces magiciens desquels Moïse nous a aller célébrer la pâque à Jérusalem. Lors-
avertis de nous déGer. » Jeschou disait au qu'ils furent arrivés dans cette ville, Judas
contraire '< Je suis le Fiis de Dieu c'est aita en secret trouver les sages, et leur dit
moi que David, mon aïeul, avait en vue lors- « Jeschou viendra demain au temple pour
qu'il a écrit Z;e Seigneur a dit d MOMSei- offrir l'agneau pascal alors vous pourrez
gneur AMet/M-uoMS d ma droite. Je vais le saisir; mais parce qu'il a avec lui deux
monter à mon Père céleste et m'asseoir à sa mille hommes, tous habillés comme lui,
droite vous le verrez de vos yeux. Toi, Ju- pour que vous ne vous.trompiez pas, je me
das, tu ne pourras pas monter jusque-la, w prosternerai devant lui lorsque nous serons
A l'instant, Jeschou prononça le nom ineffa- arrivés dans le temple.
ble, et un tourbillon s'éleva qui l'emporta Le lendemain Jeschou étant v.enu au tem-
entre le ciel et la terre. Judas au même ple, Judas se jeta à ses pieds, comme il en
moment prononça le saint nom et il fut pa- était convenu. Alors tous les citoyens de Jé-
reitlement enlevé par un tourbillon de vent rusalem, bien armés, se saisissent de Jes=-
qui le soutintentre le cioi et la terre, de ma- chou, tuent.ptusieurs de ceux qui t'accom-
nière,que Jeschou et Judas volaient tous les pagnaient, en arrêtent quelques-uns, tandis
deux dans l'air. Ceux qui étaient présents à que le reste prend la fuite dans les monta-
ce spectacle étaient fort surpris. gnes. Les sénateurs Srent attacher Jeschou
Si DICTIONNAIRE DES RELIGIONS. 69

à une cotonne de marbre qui éfait dans ta féur accorda'trôis jours, pendant lesquels tes
ville, le firent fouetter, et lui mirent une cou- sages indiquèrent un jeune solennel. Les
ronne d'épines sur!;) tête. Cet infâme ayant trois jours étant presque écoutés, sans qu'ils
eu soif, demanda un peu d'eau et on lui eussent recouvré le corps, plusieurs d'entre
donna du vinaigre. L'ayant bu, il poussa un eux s'enfuirent de Jérusalem pour se sous-
grand cri, et dit: « C'est de moi que David, traire au courroux de ta reine. Un d'eux,
mon a<eut,.a écrit Ils tH'oM<donné du fiel nommé Rabbi-Tankhouma, qui errait paria
~OMf nourriture, e<du ctKaî~fe pour étancher campagne, vit Judas assis dans son jardin,
ma soif. H se mit ensuite à pteWrer, et dit qui prenait de'ta nourriture, « Quoi Judas,
en se plaignant: «Mon Dieu! mon Dieu! pour- lui dpt Tankhpuma, vous prenez de la nour-
quoi m'avez-vous" abandonné?)' Les sages riture, tandis que toùs les Juifs jeûnent et
lui dirént « Si tu es le Fils de Dieu, pour- sont à ta veille'des plus grands malheurs?
quoi ne te déttvres-tu pas de nos mains ? o Pourquoi donc, lui dit Judas, a-t-on indiqué
Jeschou répondit « Mon sang doit expier ce jeûne? Cents infâme, lui répondit Tan–
tes .péchés des hommes, ainsi que l'a prédit khouma, en est la cause; il a été lapidé et pen-
Isa'të par ces mots Sa MeMMt'e sera notre du, comme vous sa'vez, mais on ne trouve
sa~M~))Its conduisirent ensuite Jeschou pas son corps dans le tombeau où il avait été
devant le grand et le petit Sanhédrin, qui le mis, ce qui donne lieu aux méchants qui lui
condamnèrent à être lapidé,et pendu. Après sont attachés dé dire qu'il-est monté au
l'avoir tapidé, on voulut le pendre à un ar- ciel et la reine Hélène nous a menacés de
bre mais tous les bois auxquels on voulait la mort, si nous ne.le retrouvions pas. Ve-
t'attacher se rompaient, parce que~Jeschnu, nez, lui dit Judas; je vous montrerai te cada-
prévoyant qu'on le pendrait après sa mort, vre que vous cherchez c'est moi qui t'ai
avait enchanté tous les bois par le nom entevé, parce que je craignais que la troupe
ineffable. Judas rendit' inutile ta précaution impie qui le suivait ne t'enlevât etie-méme';
qu'il avait prise, en tirant de son jardin un' je l'ai enterré dans mon jardin, dans te ca-
grand chou auqnet on l'attacha. nat du ruisseau qui y passe. )) Tankhouma
Le soir, les sages, pour ne pas vioter la retourna promptement à Jérusalem pour
loi, le firent enterrer dans l'endroit où il apprendre aux sages ce que Judas ven'ait <ié
avait été lapidé. Vers minuit, ses disciples lui découvrir. Tous courent au jardin d'e Ju-
vinrent à son tomheau qu'ils arrosèrent de das, on tire le cadavre de t'endroitôù it était
leurs larmes. Judas t'ayant su vint secrète- ptacé, on t'attache à ta queue d'un che'va),
ment enlever ce cadavre, l'enterra dans son et oh te traîne ainsi devant là reine, qui,
jardin, dans le canal d'un ruisseau dont il chargée de confusion, né sut que répoudre'.
avait détourné l'eau jusqu'à ce quêta fosse Pendant qu'on traînait ainsi Jeschou, ses
fût faite et couverte. cheveux furent arrachés; c'est. pourquoi les
Les disciples de Jeschou étant retournés le moines se rasent.
lendemain au tombeau de leur maître, et Les Naz;:réens où disciples de Jeschou..ir'-
continuant de le pteurer, Judas leur dit- rités de la mort ignominieuse que les~ Juifs
« Pourquoi pleurez-vous? duvrez'te tombeau avaient fait souffrir à leur maître, se sépa-
et voyez cetui qn'bn' y a ptacé. » Les disci- rèrent d'eux et en vi'nrent à ce point d'a-
ples ayant ouvert le séputcre, et n'y voyant version qne, dès qu'un Nazaréen trouvait
point le corps de leur maitre, se mirent à un Juif, il le massacrait. Leur nombre s'é-
crier Il n'est pas dans le tombeau, il est tant accru prodigieusement pendant trente
monté au ciel, comme it nous l'a dit tbrsqu'it ans, ils s'assemblaient en troupe et empê-
était vivant. » chaient tes Juifs devenir à Jérusalem aux
La reine Hélène, ayant appris le supplice grandes solennités. Tandis que les Jutfs
de Jeschou, fit venir tes sages et leur de- étaient dans ta plus grande' consternation' à
manda qu'est-ce qu'ils avaient fait de son la vue de ces malheurs la religion des
corps~ Us lui répondirent « Nous t'avons- Nazaréens prenait chaque jour des aécrois-
fait enterrer comme la loi l'ordonne. » Ette Sfments et se répandait au toin. Douze
leur dit « Faites-le apporter ici. » Les sa- hommes, qui se disaient les envoyés du
ges allèrent au tombeau et n'y ayant pas pendu, parcouraient tes royaumes pour fui
trouvé le corps de Jeschou, ils retournèrent faire des di'sciples. Ils s'attachèrent un grand
auprès de. la. reine, et lai dirent: «Nous'ne nombre de Juifs, parce qu'ils avaient beau-
savons qui a enlevé ce cadavre du tombeau coup d'autorité et qu'ils confirmaient' l'a re-
où nous l'avions fait mettre. » La reine teur ligion de Jeschou. Les sages, affligés dé ce
dit «Vous ne l'avez pas trouvé, parce qu'il progrès, recoururent à Dieu, et lui dirent:
est le Fils de Dieu, et qu'il est monté au ciel «Jusqu'à quand. Seigneur, souffrirez-vous
auprès de. son Père, ainsi qu'il l'a prédit que les Nazaréens prévalent contré nous,
lorsqu'il vivait. Reine, lui dirent les sages, et qu'ils massacrent un' nombrelinfini dé'
gardez-vous de penser ainsi c'était vérita- vos serviteurs? Nous ne sommes plus qu'an
blement un enchanteur et un homme infâ- très-petit' nombre. Pour fa gloire de vo'tre
me. Qu'est-il, besoin d'un plus long discours, nom, suggérez-nous ce que nous~devohs
dit ta reine? Si vous me faites voir son faire pour nous délivrer de ces'méchants. »
corps, jj&vous croirai innocents, sinon vous Ayant fini cette prière, un des an'ciëns,
serez tous punis de mort. Accordez-nous~ nommé Simon Kepha, à qui Dieu s'était fait
.quelque temps; lui dirént les; sages, pour entendre, se leva et dit aux autres <<Mes'
faire des recherches à ce sujet. )) La reine frères, écoutez-moi si'vous approuvez mon
5S JËS JES 54'
dessein, j'exterminerai ces scélérats; mais sur une pierre jusqu'au jour de sa mort.
il faut que vous vous chargiez du péché Après la mort de Simon, un homme sage,
que je commettrai Ils lui rcpondirënt tous: nommé Elie, -vint à Rome, et dit publique-
«Nous nous en chargeons; effectuez votre ment aux disciples de- Jeschou « Sachez
promesse. Simon, ainsi rassùré, va dans que Simon Kepha vous a trompés c'est inoi
le Saint dès saints, écrit te nom ineffable que Jeschou a chargé de se:: ordres, en me
sur une bande de parchemin, et il la cache disant: «Va, et dis-teurque personne ne
dans une incision qu'il s'était faite dans la croie que je méprise ta toi. Reçois tous ceux
chair. Sorti du temple, il retire son morceau qui se feront circoncire que ceux qui refu-
'!e parchemin, et ayant ap,pris le nom inef- seront une circoncision soient noyés. Jes-
fable, H se transporte dans ta ville métro- chou veut encore que ses disciples n'obser-
pole des Nazaréens. Y étant arrivé, il crie vent plus le sabbat, mais le premier jour de.
à haute voix: «Que tous ceux qui croient la. semaine; et H ajouta à cela plusieurs
en Jeschou viennent-à moi, car je suis en- mauvais règlements.)) Le peuple lui' dit
voyé de sa part; Aussitôt une multitude, «' Montrez-nous par quelque ~prodige que
aussi nombreuse que te sable qui est sur Jeschou vous a envoyé. Que) prodige, !eur.
le rivage de la mer, courut, à lui. Ils .lui dit-il, désirez-vou??K A peine eut-il pro-
dirent « Montrez-nous -par quelque pro- noncé ces paroles, qu'une grosse pierre
dige que vous êtes envoyé par Jeschou.– tomba sur sa tête et l'écrasa.- Ainsi péris-
Que) prodige, répondit-il, souhaitez-vous?~' sent, Seigneur, tous vos ennemis,; et que.
Nous voûtons, lui dirent-ils, que-vous fassiez ceux qui vous aiment soient comme le soleil
les prodiges que Jeschou a faits torsqu'it lorsqu'il est dans le plus grand éclat.
était vivant. a' Simon ordonne qu'on lui 3° « La religion mahométane, dit Mou-
amène un lépreux, et, lui ayant imposé les radgea d'Ohsson, range dans la classe des
mains, il le guérit il commande qu'on lui prophètes tous les patriurchas et tous les
apporte un cadavre, et it te ressuscite de saints de l'ancienne toi; elle honore la mé-
la même,manière. Ces scétérats ayant vu moire de tous, et consacre même quelques-
ces mervemës, sf prosternèrent devant lui, uns d'entre eux par des dénominations dis-
en disant <( Vous êtes véritablement envoyé tinguées. Elle appelle Adam,: te pur en Dieu;
par Jeschou, puisque vous avez fait tes mê- Seth, l'envoyé de Dieu; Enoch, t'exatté de
mes prodiges qu'il à faits lorsqu'il était vi- Dieu; Noé, le sauvé de Dieu; Abraham,
vant. )) Ators Simon Kepha' leur dit :t(Jes- l'ami de Dieu; Ismaët(l), le sacrifié en Dieu';
chou m'a ordonné d'e venir vers vous; pro- Jacob, l'homme nocturne de Dieu Joseph,
mettez-moi, avec serment, de faire tout ce le sincère en Dieu Job, le patient en Dieu
que j'e,vous cômmatiderai.-Nous le ferons,» Moïse, la parole de Dieu; David, le catife
s'écrièrent-its. ou-vicaire en Dieu; et Salomon, l'affidé en,
Alors Simon teùr dit a tt* faut que vous Dieu, etc.* Jésus–Christ .est distingué au-
sachiez que ce pendu'à été l'ennemi des Juifs dessus de tous; it est appelé 'l'Esprit de
et de téars lois, et que, suivait la pro- Dieu, puisque t'istamisme admet sa concep-
phétie d'Osée, its ne sont pas son temple. tion immaculée dans te sein de la sainte
Quoiqu'il soit en son pouvoir de les détruire Vierge.
eu un moment, it neveut'pas te faire; mais « L'islamisme place notre .divin Rédemp-
il désiré au contraire q'u'its restent sur la teur à la tête de tous ces- prophètes. Voici
terre, pour qu'ils sotênf un monument éter- commentAhmed-Effendi.auteur mahométan,
net de son supplice. Au reste, Jeschou n'a s'énonce sur la naissance, la vie et la mis-
souffert que pour vous racheter de t'enfer, sion de Notre-Seigneur Jésus, nts de Marie,
et il vous commande~ par ma bouche, de est né à Bethtéem, qui vent dire maison des
ne pas faire de mat aux Juifs, de leur.faire viandes ou marché du bétai). Marie, fille
au contraire font le bien qui dépendra de d'Amram (2) et d'Anne, descendait, comme
vous. H exige encore que vous ne célébriez .Zacharie et Jean-Baptiste, de la tribu de
plus ta[ fête des Azymes qu'en place de cette Juda, par Salomon. Jésus-Christ, ce grand
solennité, vous célébriez le jour de sa mort; prophète, naquit d'une vierge par le souftte
que la fête de son Ascension an ciel vous de l'archange Gabriel, le 25 décembre 5584,
tienne Heu dé la Pentecôte que célèbrent les sous le règne d'Bérode, et l'an M d'Auguste,
Juifs'; et le jour de sa naissance, de la fête le premier des Césars.. tt eut sa mission di-
des' Tabernact'es. » vine à l'àge de trente a"s, :)près son baptême
Ils tui répondirent: « Nous exécuterons par saint- Jean-Baptiste dans les eaux du
ponctuellement tout ce.que vous nous avez Jourdain. Il appelle les peuples à la pém-
ordonné; nous'vous demandons seulement tence. Dieu lui donne la vertu d'opérer les
de demeurer avec nous. J'y resterai, leur plus grands miracles. 11 guérit les lépreux,
dit-il, si vous voûtez me bâtir une tour donne la vue aux aveugles, ressuscite, les
au milieu de la ville pour me servir'de loge- morts, marche.sur les eaux de la mer; sa
ment. )) Ou lui bâtit une tour dans laquelle
il s'enferma, vivanfde pain et d'eau l'espace
de six ans, au bout desquels il mourut, et (<)Les Musulmans prëténdeYtt que ce fut tsmaét
et non tsaâc qu'Abraham eut l'ordre de sacrifier au
fut enterré d'ans cette même tour, comme il Seigneur ·
t'avait ordonné. On voit encore à Rome cette (2) Le Corao confond Marie, mère de Jésus, ~vef
tour, qu'on .tppctte Pefer, qui est te nom Marie, sœur de Moïse, dont te père s'appeia~A'~r~x.
d'une pierre, parce que Simon était assis Ce n'est pas te seul anachronisme du Coran.
S5 DiCT!ONNAIHEDESREHGtUNS.. '!6

p'sancc va jusqu'à animer par son souffle même. Alors Jésus descendit du ciel pour
un oiseau fait de plâtre et de terre. Pressé consoler Marie, sa mère, qui le pleurait, et
par la faim. lui et.ses disciples, il reçoit du lui dit: Dieu 'm'a pris à'tui, et je jouis du
ciel, au milieu de. ses angoisses et de ses souverain bonheur. H lui commanda ensuite
ferventes prières, une table couverte d'une de faire venir ses apôtres, qu'il établit am-
nappe et- garnie d'un poisson rôti, de cinq bassadeurs de Dieu sur la terre, leur ordon-
pains, de sel, de vinaigre, d'olives, de dattes; nant de. prêcher en son nom ce que Dieu
de grenades et ide toutes sortes d'herbes l'avait chargé d'annoncer aux hojoanu's. Les
fraiches. Us en mangent tous, et cette table apôtres-alors se dispersèrent.dans les diffé-
céteste se présente dans le même état pen- rentes contrées qu'il leur avait assignées. »
dant quarante nuits consécutives. Ce Messie Ahmed, fils de Mohammed, un des princi-
des nations prouve ainsi son apostolat par paux commentateurs du Coran témoigne
une foute de prodiges. La simplicité de son comme tes.précéden's que c'était uniquement
extérieur, t'humitite de sa conduite, Fausté-: par haine que les Juifs cherchaient à faire
rite de sa vie, ta sagesse de sa morale, sont mourir te Christ, et. qu'ils attribuaient ses
au-dessus de l'humanité aussi est-il qualifié miractes à la magie. « Les Juifs, dit-il, ayant
du nom saint et glorieux de .RoM/t/t-P~a~, rencontre Jésus, s'écrièrent Voici le magi-
l'esprit de Dieu. H reçoit du ciel le saint li- cien, fils de la magicienne.; voici l'enchan-
vre des Evangiles. Cependant les Juifs cor- teur,fils de .l'enchanteresse ;), et se répandi-
rompus et pervers le persécutent jusqu'à rent en injures et en btasphèmes contre lui
demander sa mort. Trah par Judas, et près et contre Dieu. Jésus les ayant enten-
de succomber sous ta fureur de ses ennemis, dus, fit contre eux cette imprécation «0
il est enlevé au.ciel, et cet apôtre infidèle, Dieu 1 vous êtes mon Seigneur; je .procède
transfiguré en la personne de son maître, est de votre esprit, et vous m'avez créé par vo-
pris pour le Messie et essuie le supplice de tre parole. Ce n'est puint de mon propre
la croix avec. toutes les ignominies qui mouvemcnt.que je suis venu vers eux; mau-
étaient destinées à cet homme surnaturel, à dissez donc ceux qui m'ont outragé moi et
ce grand saint, à ce glorieux prophète. ma mère. Dieu-l'exauça, et changea en
Ainsi Enoch', Khidir, Elie et Jésus-Christ, pourceaux ces blasphémateurs. Ce qu'ayant
sont les quatre prophètes qui eurent la fa- vu Judas, qui était leur chef, il fut saisi de
veur insigne d'être enlevés au ciel vivants. crainte. Ators lesprincipaux deta nation
Plusieurs imams, ajoute le même auteur, s'assemblèrent pour faire périr Jésus, et di-
croient cependant à la mort réelle dé Jésus- rent au peuple « C'est la présence de cet
Christ, à sa résurrection et à son ascension, homme qui attire sur vous la malédiction du
comme it t'avait prédit lui-même à ses douze Seigneur.o Aussitôt tes Juifs se lèvent,
apôtres, chargés de prêcher en son nom la transportés de fureur, et courent fondre sur
parole de Dieu à tous les peuples de la Jésus pour:le mettre à mort; mais Dieu en-
terre, a voieGabrie), qui te transporte par une fenê-
Ismaïl fils d'Aty, raconte plus au long tre dans une maison d'où le Seigneur l'en-
l'histoire de sa- passion. Voici comment il tève au ciel par une ouverture pratiquée
s'exprime: « Comme les Juifs cherchaient sous le toit pour livrer passage à la lumière.
avec empressement à se saisir, de Jésus, un Judas ordonne à un dé ses satellites nommé
de ses disciples vint trouver Hérode, juge de Titianus d'entrer par cette fenêtre pour tuer
la nation, et le collège des-Juifs: «Que me Jésus. Le soldat pénètre dans la, maison, et
donnerez-vous, leur dit-il, si je vous montre ne l'y trouvant pas, Dieu le transfig.ure en la
le Christ ? » Ils lui donnèrent trente deniers; personne du Christ ainsi tes Juifs le mettent
alors il leur découvrit où était Jésus. Ibn'al- à mort et le crucifient. w e
Athir, continue l'auteur arabe, dit dans ses On voit par ces passages et par tes autres
annates'que les docteurs sont partagés en écrivains arabes, que les mahométans ad-
différentes' opinions au sujet de sa mort, mettent la réalité des miracles de. Jésus-
avant qu'il montât au ciel. Les uns préten- Christ, et qu'ils les attribuent à une vertu
dent qu'il y fut enlevé sans mourir, d'autres surnaturelle qui était en lui. S'ils ne recon-
soutiennent que Dieu lui ôta la. vie pendant naissent pas sa -nature divine, ils le croient
trois heures, d'autres pendant sept. Ceux cependant supérieur aux autres hommes.
qui défendent ce dernier sentiment s'ap- Nous avons vu plus haut qu'ils avouent sa
puient sur co passage du. Coran, où Dieu dit naissance miraculeuse produite parle souf-
au .Christ: 0 Jésus je ~rmtnet'at vie. et fle de Dieu.dans le sein d'une vierge, et même
répétât ~'M~M'd moi. Les Juifs ayant donc sa conception immaculée. It y a plus, nous
pris un homme qui ressemblait au Christ, avons des savants, qui regardent Mahomet
le garrottèrent, et te traînant avec des cordes, comme le premier auteur qui ait parlé posi-
ils lui disaient: «Toi qui ressuscitais les tivement de l'immaculée conception de' sa
morts, ne pourras-tu te détivrer de ces tiens?)) mère. Voici le passage du Coran qui a donné
Et ils lui crachaient au visage. Ensuite ils lieu à ce sentiment singulier.
jetèrent sur lui des épines et l'attachèrent à Z'epouMd'~mraHtdt~d~Mtt, <or~M'e«e
la croix, où il demeura pendant six heures. eut, donné <e\/ow sa /M<e ~foM.~et~neur
Un charpentier, nommé Joseph, vint deman- c'M~ MMe~Me ~Mej'ai en/ùH~e (or, le ~ei~MeMf
der son corps à Hérode, surnommé Pilate, connaissait.seul ce qu'était ce~e enfant); mais
qui était juge des Juifs, et il l'ensevelit dans KM< /tOtH)Mene lui sera comparable. Je <'(!}
uu tombeau qu'il avait préparé pour tui-* nommée ~fanant (Marie), je vous la reco~t-
57 JES.. JES 58
mande, elle et ~afoce/M~Mfe, eoM<fe5'<t«!M qui Les habitants de Nazareth ayant entendu ce
a~~p!(l). discours, dirent à Jésus « Fais un miracle
Les commentateurs arabes favorisent en- pour que nous croyions à la vérité de ce que
core davantage les théologiens catholiques. tu nous annonces. » « Eh bien dit Jésus,
Djétat-ed-Din dit sur ce-verset, que l'histoire par la grâce de Dieu, je ressusciterai les
nous apprend qu'aucun enfant ne vient au morts, je rendrai la clarté aux yeux des
monde sans éprouver à sa naissance l'attou- aveugles et la santé aux corps des lépreux.?
chement de Satan, et que telle est la cause Ses compatriotes, désireux d'éprouver ta vé-
des cris qu'it pousse eu naissant. Exceptons rité de cette assertion demandèrent qu'on
poMt'<aH<, ajoute-t-il, Marie et son :fils. apportât des cadavres. Effectivement; un eu
Cottada n'est pas moins clair Tout descen- transporta un grand nombre dans leur bière,
dant d'Adam, du moment qu'il vient au et on les plaça, devant Jésus. It ne les eut pas
monde, est touché au côté par Satan il faut plutôt vus que, s'adressant à chacun d'eux
en excepter toutefois Jésus et sa mère car en particulier, il lui dit «Lève-toi, Dieu te
Dieu interposa entre eux et Satan un voile le permet )' Alors tous ces cadavres furent
qui tes préserva de son fatal attouchement, rendus à ta vie. Tel fut l'ordre de Dieu. De
de sorte que le démon ne toucha que le voile. leur côté des-'aveugles accoururent, dans
En outre, il est rapporté que ni l'un ni l'au- l'espoir de la guérison en effet ils recou-
tre ne tombèrent dans les péchés que commet vrèrent tous la santé au nom du Tout-Puis-
le reste des enfants d'Adam. sant. Alors les gens de Nazareth reconnu-
QuoiqueMahomet nie la divinité du Christ, rent que Jésus était vraiment un prophète
il lui donne cependant tes éloges tes plus ils crurent et embrassèrent la religion qu'il
pompeux dans le Coran; il annonce qu'il annonçait. 'Mais l'enfant alla se placer de
reviendra avant la fin des temps pour ré- nouveau entre les bras de sa' mère, qui l'a-
gner sur la terre il appuie sa mission sur breuva de son lait pur. Plus tard, sa'propre
l'autorité de l'Evangile, qu'il préconise sans nation le persécuta mais il est inutile d'en-
cesse et qu'il cite presque à chaque page, trér dans aucun détail là-dessus. A la 6n, le
mais étrangement défiguré. prophète Jésus s'étant délivré des mains du
~"Voict 'une légende indienne que nous peuple, monta au ciel, où il vit éternelle-
trouvons dans l'Histoire de la littérature hin- ment. »
(<OMte( hindoustani de M. Garcin de Tassy. 5° Nous terminons par une légende chi-
Elle est extraite' d'une espèce de Vie des noise, forgée sans doute d'après les réminis-
saints, dans laquelle l'auteur hindou a intro- cences des prédications de missionnaires ca-
duit indifféremment tes dévots personnages tholiques. Nous l'empruntons à l'Indo-Chi-
des religions chrétienne, brahmanique et nese C/eatter de 1818 qui l'a extraite d'une
musulmane. C'est une notice destinée à ac- compitation en vingt-deux volumes faite
compagner' un dessin représentant la sainte par un médecin chinois nommé Tseu, d'après
Vierge tenant son divin Fils. les ordres de -Tchaog-ki-tsoung chef de la
« Ceci nous représente la noble Marie, secte des Tao-sse.
lorsque, après avoir mis au monde Jésus te «Les nations placées à l'extrémité de
Messie, être parfait, qui fut engendré sans. l'Occident disent qu'à la distance de 97,000 li
père, les gens de sa famille étant venus la (9700 lieues) de la Chine, ou environ trois
trouver, lui dirent «Est-ce toi qui as mis ans de marche, commence là frontière de Si-
au monde cet enfant? Si tu nous fais connaî- kiang. Dans ce pays il y avait autrefois une
tre la vérité, c'est bien sinon, n'oublie pas vierge nommée ~fa <t-a. Dans la première des
que nous sommes disposés à punir de mort années FoMaK-c/u des Han, un Dieu céleste
le mensonge.'» Ayant entendu ces mots,ette nommé /«-pt-/M-eM< ( Gabriel ) s'adressa
dit sans émotion « Gens de Nazareth, pour- respectueusement à elle et lui dit « Le Sei-
quoi m'interrogez-vous ? Cet enfant est né gneur du ciel t'a choisie pour sa mère. »
de moi sans que j'aie commis une faute. » Aussitôt que ces paroles furent prononcées,
Comme néanmoins on la tourmentaitencore; elle conçut, puis après donna le jour à un
elle ajouta: « Demandez à cet enfant lui- fils. Sa mère, pleine de joie, l'enveloppa d'é-
même comment a eu lieu sa naissance car toffes grossières et le déposa dans une crè-
pour moi je n'en sais absolument rien j'en che. Une ff)ute de dieux célestes chanta et se
jure par Dieu. a Alors ses compatriotes s'a- réjouit dans t'espace vide. Quarante jours
dressèrent à l'enfant « Raconte-nous toi- après, sa mère le présenta au saint instruc-
même, lui dirent-its, ce qui s'est passé.» Jé- teur Pa-te-li, et le nomma F~-soM. A douze
sus répondit « Je suis prophète, je vous ans, il suivit sa mère au saint palais pour
apporte les ordres de Dieu je suis le soufue adorer. En retournant à la maison, il s'égara
du Très-Haut; je suis t'illustre Messie. Ma loin de sa mère, dont le cœur fut saisi d'une
mère est Marie et mon père c'est Dieu. vive douleur. Après trois jours de recher-
ches, en entrant dans lé palais, clle vit Y~-
(1) Les Musulmans croient que Satan fut chasse sou assis à une place d'honneur, et coriver-
à coups de pierres par Abrahàm, toKqu'ii fe tentait, sant avec les vieux et savants maîtres sur
en voulant l'empêcher d'immoler son tifs, selon les ouvrages et'le dogme du Seigneur du
l'ordre que ce patriarche en avait reçu de Dieu. Ils
ciel. H fut joyeux de revoir sa mère, retourna
prétendent aussi que les démons qui habitaient dans avec elle, et continua de remplir tous les de-
les airs en furent précipites par les bons anges, qui
leur lancèrent des globes enuammés a l'époque de la voirs de l'obéissance ntiate. A trente ans il se
naissance de Mahomet! sépara de sa mère et de sou instructeur~ at
59 f)!CTIONNA!REDES RELIGIONS. <?
voyagea dans le pays' de /M-<a, pour ensei- de Ferme, chanoine régulier de'Saint-Sau-
gner aux hommes à faire le bien. Les~d'ivins veur, dans l'église de Sainl-Jean-de-Latrau.
miracles qu'i! opéra sont innombrables. Les Les prêtres de cette, congrégation vivaient en
chefs de famille de cette contrée, et ceux qni communauté et no pouvaient tien posséder
y exerçaient un office, dans teur orgoeil et en propre. La prédication la confession
leur perversité, conçurent de t'envie contre l'instruction de la jeunesse, étaient leurs
tùi, en le voyant entouré d'une foule d'hom- principales fonctions. lis étaient vêtus de
mes qui le suivaient ,~et ils résolurent de le noir, portaient tes cheveux. très-courts, et
faire périr. Entre les douze disciples de 1~- avaient ta tête couverte d'un bonnet rond.
c~M, il y en avait un nommé /M-/a-Me, homme JÉSUS ET MARtE (ORDRE BE), ordre de
cupide et qui, comprenant bien les intentions chevalerie, institué à Rome, sous lé pontifi.
de la ptus grande partie des h&bitants, sol- Mt de Paul V. Les chevaliers étaient distin-
!icité par le prix offert/amena vers le milieu gués par une croix b)eu-céteste,aumitieu
dé la nuit un gran~d.nombre d'hommes pour de laquelle étaient tracés tes noms de Jésus
s'emparer de Y ê-sou. Ils le garrottèrent et le et de Marie. Les jours de cérémonie ils
conduisirent devant A-na-sse à ta cour de étaient vêtus de blanc. Le but de leur insti-
Ft-/<<o. Us le dépouillèrent brutatement de tution était de combattre les ennemis de t'état
ses.vétements t'attachèrent à un pilier, et ecclésiastique et ils étaient obligés d'entre-
lui appliquèrent plus de cinq mille quatre tenir à cet effet un homme armé et un che-
cents coups, jusqu'à ce que tout son corps val. it fallait faire preuve de nobtesse pour
fû.t meurtri et déchiré et lui gardait le si- être admis dans t'ordre. Cependant on pas-
lence, et, comme un agneau, n'élevait pas sait par-dessus cette règte en faveur des gens
une plainte. La.populace, dans sa rag~, prit riches, pourvu qu'ils fondassent une com-
un bonnet d'épines aiguës et le pressa forte- manderie de 200 écus au moins dont on
ment sur ses tempes; elle jeta sur lui un leur laissait-ta jouissance leur vie dorant,
mauvais lambeau de couleur rouge, et fui mais qui revenait àj~ordre après leur mort
rendit, par dérision, les honneurs impériaux. JESUS ~FiLLEs DE L'ENFANT-), communauté
Elle construisit une grande machine de bois de Cites, qui fut établie à Rome, en 16(M,
très-étevée, de la forme du caractère -)-c/ par Anne Moroni, native de Lucques. Le
et t( contraignit à la porter sur ses épaules. nombre d&cés filles fut fixé à trente-trois
Cette charge accablante t'entrainait vers la en l'honneur des trente-trois années q:ue
terre, de sorte que toute la route il ne fit que Jésus-Christ a passées sur la terrer
se trainer et tomber. Ses mains :et ses pieds JÉSUS (GOMPAeN)EDE). ~0~. JÉSUtTES.
furent c)oués sur le bois et comme il était JEUM. 1° Ce jour était, chez-les anciens,
attéré on lui présenta du vinaigre et, de consacré à ta planète de Jupiter. Les Athé-
l'absinthe. A sa mort les cieux furent obs- niens le mettaient-au rang des jours malheu-
cur.çis, la terre trembla, tes rochers s'entre- reux, et cette superstition S~ longtemps chez'
choquant furent brisés~en poussière. H était eux différer les assembtées du peuple (lui
alors âgé de trente-trois ans. Le troisième tombaient ce jour-là.
jour après sa mort it. revint à la vie ses ~)r- 2° Parmi les chrétiens, on renouveHe ce
mes étaient belles et éblouissantes, tt appa- jour-là ta mémoire de l'institution de t'eu-
rut d'abord à sa mère, pour dissiper sa dou- charistie, qui eut lieu la veille de ta mort de
leur. Le quarantième jour, près de monter Jésus-Christ; c'est pourquoi l'anniversaire
au,ciel, il ordonna à ses disciples, au nom- de, ce jour est appelé par excellence le Jeudi-
bre de cent deux, de se séparer el de se ré- Saint. Ce jour-tà, dans les grandes égHses~,
pandre sur tout le TAîdm-Mo, pour instruire tout )e clergé, même les prêtres, communie
et pour administrer t'eau sainte q,ui devait de ta main de t'évéque. Apres la messe on
effacer les péchés des hommes qui se réuni- retire le saint sacrement des tabernacles,
raient à leur secte. Lorsqu'il eut fait connaî- et on, le porte dans une chapelle disposée à
tre sa volonté, une foule de saints venus cet effet et. que t'en appelle vulgairement
avant lui t'accompagna au céleste royaume. tombeau,) de ce moment on ne sonne plus tes
Dix jours après un Dieu ceteste descendit cloches jusqu'à la messe du samedi suivant.
pour recevoir sa mère, qui s'étéva aussi Dans le courant de ta journée, on procède
vers le ciel. Placée au-dessus des neuf ordres, au lavement des autels puis au lavement
elle devint impératrice du ciel et de la terre, des pieds de douze pauvres, en mémoire de
et protectrice des créatures humaines, La Jésus-ChrisLq,ui, à pareil jour, lava les pieds
foute des disciples se dispersa et alla ins- à ses apôtres.. La môme cérémonie était a;u-
truire et renouveler les hommes. ? » trefois, pratiquée par les rois et reines de
JESUS-CHRIST ( ORDRE DE). Le pape France. On fait ensuite la cène, c'est-à-dire
Jean XXH institua sous ce nom, en 1320, que l'un di~trib.ue du pain et du vin aux
un ordre de chevalerie dans la vitte d'Avi- (idètes. Dans quelques endroits comme à la
gnon. La. marque distinttive des chevatier.s cour; cette cène cdmmé'nor.ttive est un grand
était une croix d'or émaiHée de rouge en- repàs ornais alors itatieu dans une satte
fermée dans une autre croix patée d'or. Cet séparée de l'église. C'est encore ce jour-là
ordre est peut-être le même q,ue l'ordre de que tes êvêqùes consacrent te saint chrême
Christ, institué l'année précédente en Por- et tes autres saintes huttes, qui sont ensuite
tugal. envoyés dans toutes les églises paroissiales
JÉSUS (CoNGRÉSAT)ON DESPRÊTRESDUBot)-}, 'de teurs diocèses respectffs. Les différents
instituée à Ravennes, en 1326, par SéraB.bin mystères que i'oo célèbre en ce jour, et tes
JEU JEU 62
nombreuses cérémonies que l'on observe trempait-dans l'eau, après y avoir ajouté un
depuis les temps- apostoliques, étant un obs- pen de sel. Ce triste repas se prenait, étant'
tacle à ce qu'on célèbre l'eucharistie avec étendu par terre auprès du foyer, vêtu d'un
toute la pompe que réclame cet auguste sac, quelquefois couvert de cendres mais
mystère, ont donné lieu à en faire une fête toujours pleurant et gémissant. Une cruche
spéciale et sotennette le jeudi après la Tri- remplie d'eau était là pour apaiser la soif du
nité, connue vulgairement sous le nom de pénitent, et réparer ses forces abattues par
F~e-~t'fM. Cette sftennité a pris naissance l'affliction. H ne rompait le.silence que pour
vers le xiv" siècle. sangloter ses pieds étaient nus, et souvent
Un autre jeudi, très-solennel parmi les il lui arrivait de mêler son pain avec de la
chrétiens, est cetui'où t'on cétèbreta mémoire cendre et du gravier. La nuit de ce jeûne
de t'Ascensian de Jésus-Christ dans lès cieux; doit se passer avec le plus d'incommodité
il arrive quarante jours après la fête de possible; on couche sur un mauvais lit.;
Pâques. q.uetques-uns prennent une pierre pour
JEUNE. On sait que le jeûne consiste dans oreiller. Le lendemain, on lie lit point dans
la privation de toute espèce de nourriture les livres de la loi, parce que la loi réjouit le
pendant un temps déterminé, et. que cette cosMr. On ne se salue pas. Le jour qui suit ce
privation doit être faitedans un butreligieux, jeûne est encore un jour de tristesse, auquel
soit pour e&pier ses fautes, soit pour morti- on s'abstient de viande et de vin. La veille
fier son corps, vaincre sa sensualité, .ét.ever on doit entrer sans souliers dans la synago-
plus tacitement son esprit à Dieu soit pour gue; on s'assied par terre ou lit dans les
offrir à Dieu une sorte de sacnSce person- Lamentations de Jérémie, à la clarté d'une
nel. Le jeûne peut avoir lieu soit en consé- lumière plus faible qu'à l'ordinaire; et, à
quence d'un commandement imposé par la chaque ,verset qui commence par le mol hé-
loi religieuse, soitde son propre mouvement breu équivalent à comment, on hausse la
et de sa tibre votonté. voix d'une manière plaintive. Enfin ceux qui
1° Le jeûne, chez les anciens Juifs, ne sotennisent ie plus dévotement la mémoire
consistait pas seulement à manger plus tard, de la destruction du temple doivent prati-
dit t'abbé Fleury, mais à s'affliger en toute quer chez uux avec soin tout ce qui peut
manière. Us passaient le jour entier sans inspirer la tristesse.
boire ni manger jusqu'à la nuit. Us demeu- L'usage du jeûne religieux chez les
raient en silence dans la cendre et le ciiice païens, dit Nuët, dans son Dictionnaire, est
et donnaient toutes les autres marques d'af- de la plus haute antiquité.
fliction. Les jeûnes publics étaient annoncés Porphyre, parlant des Egyptiens, assure
au son de.la trompette, comme les fétestTout que les sacrifices de toutes leurs grandes
le peuple s'assemblait à Jérusalem, dans le têtes étaient précédés de plusieurs jours de
temple; aux autres viltes, dans la place, pu- jeûne, dont quelques-uns attaient jusqu'à six
blique.. On faisait des lectures de la toi, et-tes semaines, et que les moindres étaient de sept
Vieillards les plus vénérables exhortaient le jours, durant lesquels les sacrificateurs s'abs-
peuple à reconnaître ses péchés et à en tenaient de chair, de poisson, de vin, d'huile,
faire pénitence. On ne faisait point de noces de pain, et même dé certains légumes. M
ces tours-tà,.et même les maris se séparaient ajoute que, toute leur vie, un de leurs soins
de leurs femmes. principaux était de mortifier leurs corps par
Je ne trouve que six jours de jeûne de des veilles, par une diète des plus frugales
précepte, chaque année, pour les Juifs mo- et par des jeûnes fréquents. Hérodote témoi-
dernes mais il y en a près de trente, en gne qu'un jeûnait en l'honneur d'isis.
comptant ceux qui étaient pratiqués autre- 3° Les Grecs avaient aussi leurs abstinences
fois ou qui sont de conseil. Tous les jeûnes religieuses. Aristote nous apprend que les
commandés et ordinaires commencent le. Lacedémoniens voûtant secourir une ville
soir, et l'on demeure sans boire et sans man- alliée ordonnèrent un jeune générât dans
ger quoi quece soit jusqu'au soir du lende- toute l'étendue de leur domination, sans
main, lorsqu'on a aperçu les premières en excepter les animaux domestiques. Les
étoiles. Le matin des jours de jeûne, on Athéniens avaient plusieurs têtes entre,
ajoute aux prières des formules de confes- autres celles d'Ë.eusis et les Thesmopho-.
sion, et le récit.des événements douloureux ries, dont l'observation était accompagnée
dont on célèbre t'anniversaire. Le jeûne qu'ils de jeunes exacts, particulièrement entre les
pratiquent le 9 du mois d'Ab, en commémo- femmes, q.ui passaient un jour entier assises
ration delà ruine des deux temptes, est sinon à terre dans un appareil lug ubre, sans
te plus sotennct, du moins le plus remarqua- prendre de nourriture. Un des jours de ces
ble. Le repas qui le précède doit se faire avec sortes de solennités s'appetaitA'M<e!a,comme
beaucoup de sobriété et de modestie. Un seul consacré uniquement au jeûne. Jupiter
mets compose te service à la table de ceux a.vait ses jeunes aussi bien que Gérés et ses,
qui pleurent sincèrement ta /'rowMre ;de prêtres, dans l'tte de Crète, ne devaient, sui-
Jérusalem. On en écar.ie tout ce qui ilatterait vaut leurs statuts, manger, durant toute leur
le goût et la vanité~ On mange peu et l'on vie, ni. viande ni poisson ni rien de cuit.
boit encore moins. Les Attemands mangent En générât, toutes les divinités exigeaient
alors des légumes et des œufs, parce qu'ils y ce devoir de ceux qui voulaient se faire ini-
VttJBnt image du deuil et de la tristesse tier. à leurs mystères, des prêtres ou prê-
Autr~ois on se contentait .de .pain sec, qu.ou. tresses q.ui.rendaient leurs or'ftes, de Geux
M DICTIONNAIREDES RELIGIONS. 64
qui se présentaient pour les consulter, pour quatrième et sixième fériés se nommait
avoir des révélations en passant la nuit dans s<a<!OK, nom tiré des stations ordinaires, et
leurs temples, ou pour se purifier de quelque appliqué souvent aux autres jeûnes de dévo-
manière que ce fût; C'était un préliminaire tion.
indispensable. ((Ces jeûnes étaient différents et l'on en'
4° H en était de même en Italie. Numa comptait de trois sortes les jeûnes de sta-
Pompitius observait des jeûnes périodiques tions, qui ne duraient que jusqu'à none,
pour se disposer aux sacrifices qu'il offrait en sorte que l'on mangeait à trois heures
tui~méme tous les ans pour les biens de la après midi on les nommait aussi demi-
terre. –Les'farentins, assiégés par les jeûnes le jeûne de carême, qui durait jus-
Romains .ayant demandé.du secours aux qu'à vêpres, c'est-à-dire environ six heures
habitants de Reggio, ceux-ci ordonnèrent du soir et le coucher du soleil le jeûne dou-
un jeûne de dix.jours dans tout leur terri- ble ou renforcé, ~Mperpo~(<«, dans lequel on
toire, et réussirent à faire entrer un convoi passait un jour entier sans manger. On jeû-
dans la place. Les Romains levèrent le-siége, nait ainsi le samedi saint quelques-uns y
et les Tarentins, en mémoire de leur. déli- joignaient le vendredi. D'autres passaient
vrance, établirent chez eux un jour de jeûne trois jours, d'autres quatre, d'autres tous
à perpétuité. Denys d'Haticarnasse nous les six jours de la semaine sainte sans pren-
apprend que les Albains s'abstinrent long- dre de nourriture.
temps d'aliments après te.combat des Ho- (( Je sais, continue le même auteur, que
races et des Curiaces, dont l'issue teur< avait l'on est aujourd'hui peu touché de ces exem-
été si funeste. Les décemvirs, dans Tite- ples. On croit .que ces anciennes austérités
Live, ayant consulté; par ordre du sénat, les ne sont plus praticables. La nature, dit-on,
livres sibyllins à l'occasion de divers prodi- est.au'aiblie depuis tant de siècles,; on ne vit(
ges, Srent adopter un jeûne public en l'hon- ptussi )ongtetnps;les corps neson< plussi ro-
neur de Cérès, que l'on devait observer tous bustes. Mais je demanderais volontiers des
les cinq ans. 11 parait aussi que Rome en preuves de ce changement; car il n'est point
avait de régies en l'honneur de Jupiter. Dans ici question des temps héroïques de la Grèce,
Horace, une mère, inquiète pour la santé de ni de la vie des patriarches, ou des hommes
son fils adresse ses prières au mailre des d'avant le. détugc il s'agit du temps des
dieux, et lui promet que le malade guéri ne premiers empereurs romains, et des auteurs
manquera pas de se purifier aussitôt après grecs et latins les plus connus. Que l'on y
dans le Tibre, dès te matin du jour de jeûne cherche tant que l'on voudra, on ne trou-
qui lui était consacré. vera point que la vie des hommes spi.t rac-,
Jules César se dérobait un repas tous les courcie depuis seize cents ans. Dès lors,
mois, par principe de religion, et, ces jours- et longtemps devant, elle était, bornée à
là, se contentait le soir d'une légère colla- soixante-dix ou quatre-vingts ans. Dans les
tion. Auguste, dans Suétone, se glorifie d'une premiers siècles du christianisme, quoiqu'il
abstinence semblable, et d'avoir. passé à la y eût encore quelques Grecs et quelques
manière des Juifs un jour entier dans un Romains qui pratiquassent les exercices de
jeûne rigoureux, qu'il ne rompit qu'au la gymnastique, pour se faire de bons corps,
commencement de-la nuit. On en dit autant il y en avait encore plus qui s'affaiblissaient
deVespasten, de Marc-Aurèle, de Sévère et par les débauche; particulièr.ement par cel-
surtout de l'empereur Julien, qui se distin- les qui ru<"entlc:pius la santé, et qui font
guait sur cet article, non-seutement de ses qu'aujourd'hui plusieurs d'entre les Levan-
prédécesseurs, mais aussi des prêtres et des tins vieillissent de si bonne heure. Cepen-
philosophes les plus rigides. dant, de tous ces débauchés d'Egypte et de
5° '< Les premiers chrétiens, dit Fleury, Syrie. sont venus les plus grands jeûneurs;
jeûnaient plus souvent que les Juifs mais ta et ces grands jeûneurs ont vécu plus long-
manière déjeuner était à peu près la même, temps que les autres hommes. »
renfermant les mêmes marques naturelles Là science de lamédeciue confirme ces ré-
d'affliction. L'essentiel était de ne manger Sexions de Fleury. Nous Usons dans le /)!c-
qu'une fois le jour, vers le soir, c'est-à-dire tionnaire des Sciences, m~tca~, article ABs-
ne faire qu'un souper, s'abstenir du vin et TiNENCE « L'homme mange beaucoup plus
des "viandes les plus délicates et les plus qu'il ne devrait habituellement manger, sur-
nourrissantes, et passer la journée dans la tout dans l'état de civilisation et de loisir qui,
retraite et la prière. On croyait rompre le dissipe peu. C'est pour ramener l'homme
jeûne en buvant hors le repas. Dans les pre- vers te genre de vie simple et primitif, la
miers temps on ne comptait pour jeûnes douceur antique et patriarcale, où, content
d'obligation dans la loi nouvelle, que ceux des fruits délicieux que lui présentait la
qui précèdent la Pâque, c'est-à-dire le carême. terre, il élevait, comme l'innocent Abel, ses
L'Eglise tes observait en mémoire de la pas- vœux vers le ciel, que des sages insti-
sion de Jésus-Christ. Il y avaitd'autres jeûnes. tuèrent des jeûnes universels. Le jeûne
qui n'étaient que de dévotion: le mercredi rend te corps plus perméable, ouvre les con-
de chaque semaine; les jeûnes commandés duits obstrués, facilite la marche des sécré-
par les évéques,pour les besoins extraordi- tions et des excrétions, dissipe ou cuit, pour
naires des égtises ceux que chacun s'impo- ainsi parier, les matières visqueuses ou, sa-
sait par sa dévotion particulière. Le jeûne burrales les premières
qui engorgeaient
du mercredi et du vendredi, autrement des voies. Par la soustraction des nourritures;
6S JEU JEU 6G
la pléthore diminuée laisse un cours plus l'huile et du poisson. A ces quatre jeûnes
libre au sang, Les grands hommes qui fi- il faut ajouter ceux-ci le 28 août en mé-
rent descendre des deux tes lois des carê- moire du martyre de saint Jean-Baptiste. Ils
mes et des jeûnes parmi les nations qu'ils se préparent aussi par un jeûne de quatorze
voulurent civiliser, s'entendaient un peu jours à la fête de l'Exaltation de la Croix;
plus en hygiène que ne le croient quelques mais il -n'y a guère que tes religieux qui ob-
philosophes modernes, qui n'y ont. vu que servent ce dernier jeûne, comme plus parti-
de ridicules pratiques d'austérité. L'on ne culièrement engagés aux exercices spirituets
doit donc. point être surpris de l'extrême et à la mortification du corps. Aussi ils
longévité des anachorètes, L'auteur du s'abstiennent non-seulement de viande, de
Cours élémentaire d'hygiène s'exprime ainsi beurre, de fromage et de laitage, mais aussi
a H est impossible de nier que la. privation de tout poisson qui a des écailles, des na-
de nourriture ne puisse devenir infiniment geoires et du sang. t) leur est permis de
utile. Etie favorise l'animation de nos flui- manger- de toute sorte de poisson dans
des, donne aux organes digestifs ptns d'éner- le carême qui précède Noël, aussi bien
gie, etâ tous nos viscères, à toutes nos fonc- que dans les jeûnes des mercredis et des ven-
tions, ptus d'aisance, plus d'activité. ? » dredis, teur Eglise n'exigeant alors que l'abs-
Toutefois, le relâchement des Gdètes a de- tinence dé )a viande et des choses qui en
puis forcé l'Eglise d'apporter quelques adou- proviennent. Le lundi de la Pentecôte est
cissements à la pratique du jeûne. Au temps encore, parmi les Grecs, un jour de jeûne,
de,saint Bernard, tout te monde, sans dis- auquel on ne mange point de viande ce
tinction, jeûnait encore, en carême, jusqu'au jeûne a pour effet de demander à Dieu la
soir. Mais, du temps de saint Thomas, c'est- communication du Saint-Esprit qui est des-
à-dire il y a près de six siècles, on com- cendu sur les apôtres. Nous venons de voir
mençait à manger à none, c'est-à-dire sur que les Grecs jeûnent aussi les mercredis et
les trois heures. On a depuis avancé l'heure vendredis de chaque semaine it faut en ex-
du repas jusqu'à midi, et l'on a permis une cepter toutefois les mercredis et vendredis
collation le soir. D'autres' font le repas le. qui tombent entre Noël et l'Epiphanie, ceux
soir, et la collation vers midi. qui arrivent dans la semaine de la Pentecôte
Les catholiques romains ont quatre jeûnes et quelques autres. Tout bien compté, dit te
d'obligation dans l'année, chacun de trois médecin Spond, en parlant des jeûnes et des
jours, dans chacune des quatre saisons de jours d'abstinence des Grecs, il n'y a qu'en-
l'année, et que l'on appelle à cet effet les viron cent trente jours dans l'année pendant
Quatre-Temps; celui du printemps se con- lesquels ils peuvent manger de la viande. Ni
fond avec le jeûne du carême qui est de qua- les vieillards, ni même les enfants, ni les ma-
rante jours. H y a de plus un certain nom- lades ne sont exemptés de ces jeûnes, qui ren-
bre de jeûnes d'un seul jour, qui ont-lieu la dent les Grecs secs et bilieux. Ils observent
veille de certaines fêtes mais ces derniers tous ces jeûnes avec autant de patience que
varient assez souvent, suivant les différents de retenue; ils pensent même que ceux qui
diocèses; c'est-à-dire que des jcûnes''obser- violent les lois de l'abstinence se rendent
vés dans une contrée peuvent ne t'être pas aussi criminels que ceux qui commettent; un
dans une autre. adultère ou un vol. Ils ont une si haute idée
6" Les Grecs sont de. plus grands jeûneurs de ces jeûnes, qu'ils croient impossible que le
que les Latins ils ont comme ces derniers christianisme subsiste, ou que la profession
les Quatre-Temps mais ils équivalent à en soit sincère, si l'on n'a pas soin de les gar-
quatre carêmes. Le premier commence le 15 der.–Tous ces jeûnes se retrouvent dans
novembre, ou quarante jours avant Nôpt le presque toutes les communions orientale:.
second est notre carême, qui précède Pâques 7° Les jeûnes des Arméniens sont beau-
immédiatement, mais.ils le commencent à la coup plus rigoureux que ceux des Grecs et
Septuagésime, parce qu'ils ne jeûnent point rien ne peut les en dispenser. Premièrement,
le samedi. Ils appellent le troisième te jeûne ils jeûnent tous les mercredis et tous les ven-
des saints apôtres, et l'observent dans ta pen- dredis de l'année, excepté depuis Pâques jus-
sée que les apôtres se préparèrent alors qu'à l'Ascension. Secondement, ils observent
par la prière et par le jeûne à annoncer les dix jeûnessuivànts, dont les six pre-
l'Evangile. Ce jeûne commence la semaine miers s'mt chacun d'une semaine
d'après la Pentecôte et dure jusqu'à la 1. Le jeûne d'après le dimanche de la Tri-
fête de saint Pierre et saint 'Paul: Ainsi le nité, qu'ils appellent jeûne de pénitence.
nombre des jours de ce jeûne n'est point dé- 3. Le jeûne de la Transfiguraition.
terminé, et il est ptus ou moins long, suivant 3. Le jeûne de l'Assomption. Le dernier
que la Pentecôte est plus ou moins avancée. jour, ils ne s'abstiennent que de viande.
Leur quatrième carême commence le pre- Le jeûne de la Croix dans le mois de
mier août et ne dure que jusqu'au ~15; c'est septembre, observé comme le précédent..
par ce jeûne qu'ils se disposent à célébrer ta 5. Un jeûne de pénitence, après le 13e di-
fête de l'Assomption de la sainte Vierge. Ce manche de la Trinité.
jeûne est observé si religieusement, que-les 6. Un autre jeûne de pénitence, après le 21'
moines grecs ne se permettent pas même de dimanche.
manger de l'huile. Cependant l'abstinence est 7. Le jeûne de l'Avent
interrompue le 6 août, fête de la -Transfi- 8. Cetui do Noël, dont la féle commence le.
guration. Ators'il est permis démanger de matin et non minuit.
c? NC'ftONNAtRË DES RËUGiONS. G8
9. Un jeûne de pénitence avant le carna- de jeûner dès l'âge de vingt-cinq ans. Les
val il dure quinze jours. moines enchérissent encore sur ces austo-
10. Le grand carême, qui dure sept se- rités. Quelques-uns ne mangent qu'une fois
maines, pendant lesquelles il n'est permis de en deux jours d'autres passent à jeun la
manger que des racines, des herbes ou des semaine entière, surtout la semaine sainte,
tégumes, et beaucoup moins qu'il n'en faut et ne prennent de nourriture que le diman.
pour contenter son appétit. Ce jeûne doit che.
être accompagné de continence. 11° Le jeûne consiste, chez les Musulmans,
Outre ces jeunes d'obligation qui empor- dans une entière abstention de toute nourri-
tent ta moitié de t'ahnée, il y en a trois au- ture, et dans une continence parfaite, pen-
tres de dévotion, chacun de cinquante jours. dant toute la journée, depuis la première
Le premier dure de Pâques à ta Pentecôte heure.canonique du matin, qui commence à
te second, de ta Trinité à la Transfiguration l'aurore, jusqu'au coucher du soleil. Mais les
le troisième, du 20" dimanche de ta Trinité Musulmans se croient permis de manger au-
à Nbet. Ceux qui les observent exceptent le tant qu'ils veulent et tout ce qui leur plaît,
samedi et )ë dimanche; et ces jours-)à ils tant'que le soleil demeure sous l'horizon.
s'abstiennent seu)ement de viande. H y a en- L'obligation du jeûne est fondée sur ce pas-
core une autre petit jeûne de dévotion qui sage de la seconde surate du Coran 0 vous
dure de l'Ascension à la Pentecôte. .qui ct'o!/M le jeûne est obligatoire pour vous,
8° Les Maronites du mont Liban, quoique comme il <'<t.e<e'poMrt)os pr~decesset<ys; crai-
unisàl'Eg)ise)atine,ontdes jeûnes différents gnez ~!eM/ f« lune de ramad/~M, pfHda?~
des nôtres. Ils n'observeut quête carême, laquelle le Coran est desce~dM du ciel pour
et ils ne commencent à manger ces jours- guider les hommes dans la voie dit salut, est le
tà que deux ou trois heures avant le con- temps destiné au ~'eMMe. Celui qui l'aperçoit
cher du soleil. Ils ne jeûnent point les Qua- dans le ciel doit se disposer à l'abstinence. Il
tre-Temps, hi les veilles des saints, ni d'au- vous est permis de tHNM~e?'et de 6otre~Ms~M'aM
cune autre fête mais au tieu de cela, ils ont moment où,,à <<ï lueur du crépuscule, vous
d'autres abstinences qu'ils observent rigou- pouvez distinguer MH blanc d'MK ~< noir
reusement, car ils s'abstiennent de manger alors comHtettce/e <emps d'abstinence jusqu'a t,
de la chair, des oeufs et du lait tés mercredis coucher du soleil, et pendant ce ~?Hps M'np
et vendredis de cHaque semaine; et en ces proc/te~ pas de vos femmes mais <t'orex-~OMS
deux jours-tà ils ne goûtent quoi que ce soit à des o°M~res de de'fo<<oM dans les Ntosf/t;e~.
avant que midi soit passé, après quoi il est't Le malade ou le voyageur compenseront plus
libre à chacun de manger tant et autant de tard. /e~eMKe qu'ils ne pett~eHt accomp~tt' par
fois qu'il lui ptait. its jeûnent de la même fa- MHmom~/e de jours égal a celui pendant lequel
çon vingt jours avant la Nativité de Notre- ils cMaM'oHtM~<iye<'o6sert)a?tce. « Ces ver-
Seigneur, et les religieux étendent ce jeûne sets, dit M. Noël Desvergcrs, ont détermine
encore davantage. A la fête de saint Pierre les prihcipates dispositions de la sévère abs-
et saint Paul, ils jeûneni tous pendant quinze tioence imposée aux islamites-par Mahomet.
jours, et autant à la fête de l'Assomption de La loi religieuse divise te jeûne en cinq espè-
la sainte Vierge. ces il est canonique, satisfactoire, expia-
9° Les Coptes ont quatre grands jeûnes, toire, votif ou surérogatoire. Ces cinq espè-
comme les Grecs, mais avec quelque diffé- ces, quoique déterminées par des motifs dif-
rence dans la durée. Le premier .commence férents, exigent cependant chacune la même
avant la Nativité de Notre-Seigneur et dure abstinence pendant toute la durée du jour.
vingt-quatre jours. Le second, qui ëst de Le jeûne canonique institué par Mahomet,
soixante jours, est le grand carême' d'avant pendant la seconde année de l'hégire, est
Pâques. Le troisième se nomme lé jeûne des d'obligation divine pour to.ut musulman de
disciples, de Nôtre-Seigneur, et commence à l'un et de l'autre sexe, parvenu à l'âge de la
la troisième fête de la Pentecôte il dure majorité. Le jeûne satisfactoire, égatement
trente et un jours. EnGn, le quatrième, qui de précepte divin, a pour objet-de remplacer,
est de quinze jours, précède l'Assomption. conformcment aux paroles du Coran tes
10. Le~ Abyssins ontégatement tes quatre jours de jeûne canonique qui ont été omis par
carêmes des Orientaux. Pendant leurs jeû- suite d'un empêchement légitime ou involon-
nes, ils ne mangent qu'après le soleil cou- taire. Le jeûne expiatoired'obligation canoni-
ché. Le mercredi <;t le vendredi ils se met- que a été établi pouc.expier la transgression
tent à table <) trois heures el pour ne pas volontaire 'tu jeûne solennel imposé aux fidè-
se tromper d'un moment, ils mesurent teur les pendant le mois de ramadhan. Chaque jour
omhre. Si e)).c a sept pieds, c'est l'heure de du mois pendant lequel le jeûne aurait été
leur repas. Les prêtres abyssins, comme la rompu doit être racheté par un. jeûne de
plupart de ceux de l'Orient, ne disent la- soixante un jours soixante jours comme
messe que le soir, dans les temps de jeûne, expiation, et. un jour comme satisfactoire..
de peur de le rompre en consommant les Le jeune votif tst également d'obligation ca-
saintes espèces. Cependant les laïque.. du nonique. Le fidèle s'y soumet par suite d'un
pays ne se croient pas obligés au jeûne jus-, vœu inspiré soit par esprit de pénitence, suit
qu'à ce (ju'iis aient des enfants en âge dêtre par sentiment de dévotion, soit même par
mariés mais comme la chaleur du climat des vues toutes tuofida.ines, pourvu qu'eHt's
avance beaucoup la puberté des jeunes gens, ne portent sur aucun objet contraire à la mo-
il y a peu d'Abyssins qui ne soient obligés raie ou à ia religion. Entin, le jeune suréro-
M JEU JEU 7G
galoire est nn acte de pénitence entièrement ce jour-là jusqu'au coucher du soleil Le
soumis à la votdnté du mùsutman, mais qui soir, avant de manger, on offre le poudja à
devient obligatoire dès qu'il a été commencé Siva, pour se le rendre favorable, et l'on
avec l'intention de s'y soumettre régulière- prend son repas. Au quatorzième jour de
ment. Telle est t'obtigation que s'imposent la tune du mois de magh (février), tombe la
quelques dévots Musulmans de jeûner deux fête appelé .S'a-ra<n; on ne peut, cejour-
jours chaque semaine ou tes dix prèmiers tà, ni boire ni manger pendant vingt-quatre
jours de-chaque mois. » heures, ni se livrer au sommeil. Le jour et la
La dispense du jeune canonique regardé nuit, on offre de trois heures en trois heures
tous ceux qui ne sont pas en état de t'obser- le poudja à Siva; et le lendemain, après
ver, savoir: les matades, tes voyageurs, tes avoir fait le Sandhya on est libre de man-
femmes enceintes, les nourrices, tes femmes ger. –Le neuvième jour de la tune de
en ~tàt d'impureté légale, toute personne tchait, étant l'incarnation du grand Vichnou
pressée par la faim et en danger de mou- en la personne de Rama ou ne fait qu'un
rir, ceux qui ont l'esprit aliéné, les mineurs; seul repas sans riz H est permis seulement
enfin tous ceux qui par leur grand âge sont de manger des pois, des gâteaux, des bana-
hors d'état de soutenir les rigueurs de l'abs- nes et des cocos.–Le huitième jour du mois
tinerice. Toutes ces-personnes, excepté celles sravan jour où Vichnou s'incarna en la
des trois dernières classes, sont néanmoins personne de Krichna toute nourriture est
soumises à la peine satisfactoire, c'est-à-dire interdite on ne peut prendre son repas or-
à jeûner dans le reste de.l'année autant de dinaire que le lendemain, après le Sandhya.
jours qu'elles en auraient omis dans le mois –Les jours anniversaires des dix avataras
dé ramadhan qui est de trente jours consé- de Vichnou les jours appelés Manouvanta
cutifs. ras, Yougadia, Sankranti; ceux où arrivent
12° De toutes les religions connues, au les éclipses, les solstices les équinoxes ta
rapport d'Anquetit du'Perron,. celle des Par- conjonction des planètes et autresjours mal-
sis est peut-être -la seule dans -iaqueUe le heureux le jour anniversaire de la mort de
jeûne né soit ni méritoire, ni même permis. son père ou de sa n'ère, le dimanche, et plu-
Le Parsi au contraire croit honorer Ormuzd sieurs autresjours de l'année, sont ceux
en se nourrissant bien parce que le corps auxquels on doit jeûner en ne faisant qu'un
frais et vigoureux rend.l'âme plus forte con- repas. Aux jours de jeûne, il est défendu aux
tre tes mauvais génies; parce que t'iïomme, époux d'user du droit conjugal les femmes
sentant moins le besoin lit la parole avec ne doivent point se frotter le corps avec de
plus d'attention, a plus de courage pour faire la poudre de safran, ni tes hommes s'oindre
de bonnes œuvres en conséquence plu- la tête avec de l'huite.– Nous ne parlons pas
sieurs esprits célestes sont chargés spéciate- des jeûnes monstrueux que s'imposent cer-
ment de veiller au bien-être -de l'homme. tains Faquirs, Djoguis, Sannyasis et autres
Rameschné Kharom Khordad et Amerdad fanatiques hmdous, qui passent quelque-
lui donnent l'abondance et- les plaisirs et fois des huit, dix et quinze jours sans pren-
c'est ce dernier ized qui produit dans les dre la moindre nourriture, se faisant quelque-
fruits le goût et la saveur qui portent les fois murer dans des espèces de tombeaux, et
employer à t'~sage pour lequel Ormuzd les garder à vuo pendant cet espace de temps.
a créés; 14~ Les bouddhistes duTibet-ont deux sor-
13° Les brahmanes, outre leur abstinence tes de jeûnes communs aux ascètes et aux
perpétuelle sont astreints à des jeûnes fré- taïques.Le jeûne rigoureux, appelé ~o!<n-
quents et souvent rigoureux. Ils doivent n~, dure vingt-quatre heures. La sévérité de
en contracter l'habitude à compter du jour ce jeûne est telle, qu'il n'est pas <néme per-
.où ils but reçu ('investiture du cordon brah- mis d'avaler sa saliver La plupart l'obser-
manique et c'est pour eux une obligation vent [rois jours de suite, ne prenant que du
indispensabfe, lorsqu'ils sont parvenus au thé, une seule fois et le matin. On nomme
rang de grihasta t'age les infirmités les ~KeM-t~t'autre espèce de jeûne qui consiste
maladies même à moins qu'elles ne soient à ne faire qu'un repas sur le soir. Il est
très-graves ne sauraient les en dispenser. même permis de boire quelquefois dans la
Les jours ordinaires, le brahmane grihasta journée. Les séculiers observent cette sorte
peut faire deux repas t'un après midi et de jeûne plus souvent que les ascètes il est
l'autre avant de se coucher. Mais il y. a un vrai que les religieux et tes religieuses ne
grand nombre de j(?urs où. i) n'est per- peuvent rien prendre ni goûter quoi que ce
mis de prendre qu'un seut repas/à trois soit entre le dtncr et la collation.
heures environ ftprès midi il en est d'autres 15° Le jeûne des Tatapoins de Siam est
où l'on ne peut ni boire ni manger. Les l'opposé de celui des chrétiens car il con-
jours de la nouvelle et de la pleino lune siste à ne rien manger depuis midi mais il
sont des, jours de jeûne. Le dixième le on- leur est permis de mâcher du bétel même
zième et le douzième jour de-chaque lune quand ils ne jeûnent pas ils ne .font point
sont trois jours de jeûne. Le dixième et le de repas après midi, ils se contentent dé
douzième jour,,on ne peut faire qu'un re- manger des fruits. Outre les jeûnes de cha-
pas, et le onzième on ne doit rien manger. que mois, ils en ont d'annuels, entre autres
Le jeûne pendant ces trois jours un mérite une espèce 'de carême qui dure tant que la
particulier. Le:treize de la lune est tin principale rivière de ta contrée es.t débordée.
jour malheureux on ne doit rien' manger Ce débordement arrive au mois de mars I<t
71 DICTIONNAIREDES RELIGIONS. 7?
jays est alors couvert d'eau à cent milles à bre, en l'honneur des grands dieux, c'est-à-
la ronde; et c'est à ce débordement qu'il direJupiter, Junon et Minerve, pour le sa-
do<t sa ferUtité. lut. du peuple. La.dépense que les édiles
16°.Les anciens Chinois an rapport du P. faisaient pour ces jeux attait jusqu'à la fo-
Lecomte avaient de tout temps des jeûnes lie. D'autres jeux plus célèbres encore parmi
réglés avec des formules de prières dont les jeux fixes étaient les ~~cu/.ffMM. Les vo-
l'objet était de les préserver de la stérilité, tifs étaient ceux qu'on avait promis de cé-
des inondations des tremblements de tèrre lébrer, si l'on réussissait dans quelque en-
et autres calamités publiques. treprise, ou si l'on était délivré de quelque
17° La plupart des peuples des autres con- calamité. Les extraordinaires, étaient ceux
trées de la terre ont également des jeûnes que les empereurs donnaient *t lorsqu'ils
auxquels ils doivent se soumettre eu certai- étaient près de partir pour-la guerre, ceux
nes circonstances. On peut voir à l'article des magistrats avant d'entrer en charge, les
INITIATION,que tes jeûnes des peuplades bar- jeux funèbres etc. La pompe de tous ces
bares de l'Afrique et de l'Amérique ne sont jeux ne consistait pas moins dans la magni-
pas moins rigoureux que ceux des nations ûcence des spectactes que dans le grand
qui appartiennent aux religions antiques. nombre des victimes, et surtout des gladia-
JEUNESSE, divinité honorée par les Ro- teurs, spectacle favori du peuple romain.
mains 'ils l'invoquaient surtout quand on Nous allons parier ici des jeux principaux
faisait quitter aux enfants la robe prétexte. des Grecs et des Romains, de ceux surtout
Les Grecs l'appelaient Hébé. Voy. JuvENTA. qui avaient quelque rapport avec la religion.
JEUX, en latin ludi, sorte de spectacles L JEUX DES GRECS.
que la religion avait consacrés chez les
Grecs et les Romains. It n'y en avait aucun Jeux /s<mt~MM.
qui ne fût dédié à quelque dieu en particu- Ils étaient ainsi appelés, parce qu'on.les
lier, ou à plusieurs ensemble. H y eut même .célébrait dans l'isthme de Corinihe. On di-
un arrêt du sénat qui portait que les jeux sait qu'ils avaient été institués par Sisyphe,
publics seraient toujours consacrés à quel- en l'honneur. de Mélicerte dont le corps
que divinité. On n'en commençait jamais la avait été porté par un dauphin ou plutôt
solennité qu'après avoir offert des sacrifices jeté par tes uots sur le rivage de cette con-
et fait d'autres cérémonies religieuses; et trée. Mais il yaplus d'apparence que leur
leur institution eut toujours pour motif, du institution remonte à Thésée, qui les établit,
moins apparent, la religion ou quelques au- au rapport de Plutarque, en t'honneur de
tres devoirs. Il. est vrai que ta politique y Neptune-, dont il prétendait être le Sis Nep-
avait bien autant de part; car les exercices tune était en effet le dieu de l'isthme. Ces
de ces jeux servaient ordinairement à deux jeux revenaient régulièrement tous les trois
fins. D'un côté, les Grecs y acquéraient dès ans-, en été, et étaient réputés si sacrés
leur.jeunesse l'humeur martiale et se ren- qu'on n'osa pas même les discontinuer après
daient par là propres à tous les exercices que'la ville de Corinthe eut été détruite par
militaires d'un autre côté on en devenait Mummius mais on donna aux Sicyoniens
plus dispos plus alerte plus robuste ces la charge de les continuer. Le concours y
exercices étant très-propres à augmenter les était si grand que les principaux person-
forces du. corps et à -procurer une vigou- nages des villes de la Grèce pouvaient seuls
reuse santé. 11 y avait trois sortes d'exerci- y avoir place. Athènes n'avait d'espace
ces des courses, des combats et des spec- qu'.autant-que la voile du navire qu'elle en-
tacles. Les premiers, qu'on nommait jeux voyait à l'isthme- en pouvait couvrir. Les
équestres ou CM?u<M,consistaienten des cour- Ëtéens étaient tes seuls de tous les Grecs qui
ses qui avaient lieu dans le cirque dédié à n'y assistaient pas, pour éviter les malheurs
Neptune ou au Soleil. Les seconds appelés que leur-pourraient causer les imprécations
agonales, étaient composés de combats et de que Motione, femme d'Actor, avait faites
luttes tant des hommes que des animaux contre ceux.de cette nation qui viendraient
instruits à ce inanége et c'était dans t'am- à ces jeux. Les Momains y furent admis dans
phithéâtre consacré à Mars et à D<ane qu'its la suite, et les célébrèrent avec tant de
avaient lieu. Les derniers, ou jeux ~c~n'~MM, pompe et d'appareil, qu'outre les exercices
consistaient en tragédies, comédies et sati- ordinaires de la course du pugilat, de la
res, qu'on représentait sur le théâtre en musiqué et de ta poésie, on y donnait le
l'honneur de Bacchus de Vénus et d'Apol- spectacle de ta chasse, dans !aque!te on fai-
ion. Homère décrit, dans l'Uiade les jeux sait paraître les animaux tes plus rares Ce
que fit Achille à la mort de-son ami Patro- qui augmentait encore la célébrité de ces
cle, et, dans t'Qdyssée, différents jeux chez jeux c'est qu'ils servaient d'époque aux Co-
les Phéaciens, à la cour d'Atcinous à Itha- rinthiens et aux habitants de l'isthme. Ces
que., etc. Virgile fait aussi célébrer des jeux jeux commençaient et unissaient par des sa-
par Enée, au tombeau de son père Anchise. crifices. Les vainqueurs étaient couronnés
On distinguait encore, chez les Romains, les de branches de pin; puis on les couronna
jeux fixes et les jeux votifs et extraordinai- comme les vainqueurs aux jeux Néméens
res. Parmi les premiers, les plus célèbres avec cette différence que ceux des jeux Né-
étaient ceux qu'ils appelaient par excellence méens étaient couronnés d'ache verte au
.es <yroM<hj~tta?ou )e!M; fomM'KS. On tes cé- lieu que ceux des jeux Isthmiques t'étaient
..ébraït depuis le jusqu'au 1~ de septem- d'ache sèche. Dans la suite on ajouta à la
73 JEU JEU
couronne une somme d'argent, fixée parSo- C'est pour cela, disent-ils, que ceux qui se
ton à 100 drachmes ou M francs de notre distinguent au pentathte dansent au son des
monnaie. Les Romains ne s'en ti.nrent pas ftûtes, qui jouent des airs pyfhicns parce
là, et assignèrent aux vainaueurs de ptus que ces airs sont consacrés à Apollon, et que
riches présents. ce dieu a été couronné le premier aux jeux
Jeux JVemXeHs. Olympiques.
Les anciens ne sont pas d'accord sur l'ins- Ils furent souvent interrompus jusqu'au
titution de <;es jeux. Les uns prétendent temps de Pélops, qui les fit célébrer en
l'honneur de Jupiter, avec ptus de pompe et
qu'ils furent établis en mémoire de la vic-
toire remportée d'appareil qu'aucun de ses prédécesseurs.
pair Hercule sur le lion.de
la forêt de Neméc d'autres disent qu'ils Après lui. ils furent encore négligés; on en
étaient consacrés à Jupiter Néméen. Pausa- avait même presque perdu le souvenir
nias les rapporte à Adraste.un des sept chefs lorsque fphitus contemporain de Lycurgue
'ie la première guerredoThèhes; d'autres en- ic législateur, rétablit les jeux Olympiques,
fin prétendent que c'était dans l'origine des à l'occasion que nous allons rapporter. La
Grèce gémissait alors, déchirée par des guer-
jeux funèbres, institués par les sept chefs res intestines et désotée en même temps
argiens pour honorer la mémoire du jeune
Gphette ou Archémure, fils de Lycurgue ils par la pes!e. Iphitus alla consulter l'oracle de
disent que tes Argiens allant au siège de Delphes sur des maux si pressants; il lui fut
Thèbes, s'étant trouvés dans une extrême di- répondu par la pythie que le renouvellement
sette d'eau, là nourrice de l'enfant le déposa des jeux Olympiques serait te salut de la
sur une plante d'ache, Grène, qu'il travaittat donc avec les Eléens.
pendant qu'elle alta
montrer aux chefs de l'armée une fontaine On s'appliqua aussitôt à recueillir les tradi-
tions anciennes; et à mesure qu'on se rap-
qu'ette seule' connaissait. Pendant l'absence
de sa nourrice, le jeune prince mourut de la pelait un nouvel exercice, on l'ajoutait à
ceux qué l'on connaissail déjà. C'est ce qui
piqûre 'd'un serpent. Ces jeux furent eéié-
brés longtemps dans la Grèce de trois ans parait par la suite des olympiades; car, dès
en trois ans. C'étaient les Argiens qui tes ia première, on proposa un prix de la course,
faisaient faire à leurs dépens dans la forêt et ce fut Corœbus, Utéen, qui le remporta.
de Némée et q!)i en étaient juges. Ils ju-. En la quatorzième, on ajouta la course du
stade doublé; en la dix-huitième, le penta-
geaient, dit-on 'en habit de deuil c'est ce thle fut entièrement rétabli; le combat du
qui tes faisait regarder comme des jeux fu-
nèbres. ii n'y eut d'abord que deux exerci- ceste fut remis en usage en la 23' otym-
ces, t'équestre et le gymnique; dans la suite piade dans la 24'. la course du char à deux
chevaux dans la 28*, le combatdu pancrace,
on'y admit les cinq sortes de combats comme' et ta course avec les chevaux de selle. En-
aux autres jeux. Les vainqueurs, au com-
étaient couronnés d'olivier, ce suite les Eléens, s'avisèrent d'instituer des
mencement
combats pour les enfants, quoiqu'il n'y en
qui dura jusqu'au temps des guerres contre
les Mèdes. Un échec' que les Argiens reçu- eût aucun exempte dans l'antiquité. Ainsi,*
rent dans cette guerre fit changer t'otivier en la 37° olympiade, il y eut des prix propo-
en ache, herbe funèbre. sés aux enfants pour ta course et pour la
lutte; en la 38", on leur permit le pentathle
JeM.r. 0~/mpt'<M. entier mais tes inconvénients qui en résul-
Les jeux Olympiques étaient tes plus cé- tèrent tirent exclure les enfants, pour l'ave-
tèbres de toute ta Grèce. Voici ce que Pausa- nir, de tous ces exercices violents. La 65'
niasdit en avoir appris, sur les lieux mê- olympiade vit introduire encore une nou-
mes, des Eiécns qui lui ont paru les p!us~ veauté des gens de pied tout armés dispu-
habites, dans l'étude de l'antiquité. Suivant tèrent le prix de la course; cet exercice fut
leur tradition Saturne est le premier qui jugé très-com'enabte à des peuples belli-
ait régné dans le ciel; et, dès t'âge d'or, il queux. Un la 98°, on courut avec des chevaux
avait déjà un temple a Oiympie. Jnpiterétant de main dans la carrière, et en la 99 on at-
venu.au monde, Rhea sa mère en confia l'é- tela deux jeunes poulains à un char.Quelque
ducation à cinq Dactyles du mont Ida, qu'eite temps après, on s'avisa d'une course de deux
fit venir de Crète en Etide. Hercule, t'atné poulains menés en main, et d'une course de
des cinq. frères proposa de s'exercer enire poulain monté comme un cheval de selle.
eux à ta. course, et de voir qui en remporte- Quant à l'ordre et à la potice.des jeux
rait le prix, qui était une couronne d'ptivicr. Otympiqucs, voici ce qui s'observait, suivant.
C'est donc. Hercule ldéen qui eut la gtoire le même historien on faisait d'abord un~
d'inventer ces jeux, et qui les a nommés sacrifice à Jupiter, ensuite on ouvrait par Ic'
Olympiques; et, parce qu'ils étaient cinq pentathle; la course à pied venait après,
frères il voulut que ces jeux.fussent célé- puis ht course des chevaux, qui ne se faisait
brés tous les cinq ans. Quetques-uns disent pas le même jour. Les Etéens eurent presque
que Jupiter et Saturne combattirent enscm. toujours la direction de ces jeux, et nom-
ble dans la lutte à Otympie, et que l'empire maient un certain nombre de juges pour- y
du monde fut le prix de la victoire. D'autres présider, y maintenir t'ordre et empêcher
prétendentque Jupiter, ayant triomphé des qu'on usât de fraude ou de supercherie pour
Titans, institua lui-même ces jeux, oùApot- remporter te prix. En la 102° olympiade,
!on, entre autres, signala son adresse, en rem- Callippe, Athénien, ayant acheté, de ses
portant sur Mercure le prix de la course. antagonistes le. p.ri~.du pun!athle,tes juget
DICTIONN.DES RELOUONS.j)!L ?
&iL<
~0 MCTIONNAmE DE~ nËHG!ON~. 76
elèens nxrent à t'amende CàUippe et ses tenu de cet écrit, commit aux décemvirs te
complices. Les Athepiens demandèrent grâce soin d'instituer ces jeux. Les décemvirs
pour ks coupables~ et, M'ayant pu t'obtenir, cohsuttèrënt à cet effet tes livres sibyttins,
ils défendirent,de Rayer cette amende; mais où itsapprirentfes cérémonies qu'il fattait ob-
ils furent exclus des jeux Oympiques, jus- server dans les jeux Apottinaires. its turent
qu'à ce Hp ayao~ pj)v"yé, jc.onsuher t'ôracte célébrés pour ta première fois l'an de Rome
de ))f)phes, U teur ~ut déc)ar6 que )e d)ëu 5M. On y sacrifia un bœuf et deux chèvres.
H'nvaijfg~c~ne réponse à leur rpndr~, r;u'at) dont tes cornes étaient dorées. On immola
preaLt~tf )Is n'eussent donne satofMc~ion aux aussi une yache en t'honneur de Latone. Les
Uteens; Atprs)~ se soumirent:) ramcnde. assistants étaient .couronnés de taurjer. y
Ces jeux, qu'on ce!ebr;ut vers 1& so)stice avaitdes (abtes dressées dans tes rues et devant
d'c',6. ~ura'.t'ttt cip,q jour~ cnr un seut n'au- les portes des maisons, pu chacun se ttvrait
rait pas sut~ pour tous tes combats qui s'y à la bonne chère. Pendant qu'ils étaient ainsi
donna)(;nt. Le§ nthtëtcs cutnhait.tiet't tout ptongés dans tes ptatsirs, i)s recurent avis
nus, depuis}:) 33° oiympiade. ou )t arriva a que t'ennemi s'avançait pour tes surprendre.
un nomm~ prc)npn<d<' centre t;) victoire, Aussitôt, abandonnant tes festins, ils votent
parce t)ne, dans te fort (tu cumbat. son à sa rencontre. Apollon lui-même, s'it faut
c;')eço" s'étant det)Que)'e~~harrassa de ma- en croire Macrohe, combattit du cjct en
nière )ui ô~pr ta Ithe'tc de ses mouve- faveur des Romains, et accabla leurs enne-
men.ts.Ce .rcgteme.nten exigea un autre~ mis d'une gréte ~de traits. Les Romains
c'cs~. au'i) ~ut détendu aux temmes et aux hésitèrent quelque temps a achever ta cé)e-
fiUcs, souspe.ine,a vie, d'assistërà ces jeux', bration des jeux; )ts craignatent que t'enne-
et même de passer t'AtpHeë ppnd:)))~ tout !e mi ne revint à ta charge; mais, ayant aper-
t~mps dateur fé)ebranon; ett'cttë défense çu un yieit)ard,npmm.é C.pomppn)us~)ui
fut sj exHctetnent observée, qu'i) n'arriva dansait au son d'une flûte, its en tirèrent
jamais qu'à une seuie femme de yiolcr cette un présage .fayocabtc~ et~ bannissant toute
io)~ La pejnç imposée par la loi était de pré- crainte, its continuèrent leurs jeux de ta
cipiter tes femmes qui oseraient i'e')frei< vint te proverbes ~put t?t!6:eK,/e ctet~nrd
drc, d'un rocher fort escarp'6 qui était aQ ~aHse. R.om.c ayant été .aff!igée, en 5~4, .d'une
de)~ t.)ci'A.)ph6e. Dans ta'même vitte, tes peste yioten~e, on crut ta faire cesser en
fitk's cétchraicnt une fet;e partieutièrc en assignant un. jour fixe pour la cétébratio.n
i'hoj)ne.ur :!e Junon, et on les faisait .counr des jeux ApoHiuaifes. qui jusqu'alors n'a-
daj's'e stade, distribuées'en trois chtsses.' vaient été célébrés que lorsqu'il avait plu au
Les ),)ns jeun.es couraient tes premières~ ve- prêteur. H fut arrêté que le 5 ju))tet de cha-
naient ensuite çeties d'un âge moins tendre, que année '-erait affecté à ces jeux. Fpy;
et e')!m les pius âgées. En consid.érattôn .de APOLU~AtRE~t/eM~J..
hfaib)esscde leur sexe. on ne donnait 'que .JcM.r Cap:<o~tns.~
<cin(j cents pieds a ta longueur du stade, ~.0! CAP~TOHNS.
dont t'étendue ordinaire était de huit cents. Jeux C~eaM.r ou de C/rM.
JeM.rF~</)!'CttyOM .Pyt/tt~MM.. ~0)/. CÉRÈALjSS.
Ils se célébraient à Detphes, en 1 honneur Vet<a;CoKtMafM.
de Jupiter ~ythicn, d'autresdisent d'Apoflon, ~0! CoXSOAt.ES.
cnmé'noir~de ta ytpt.pjre remportée par ce JeM.E de Castor et Po~r.
djeusurjc serpent. Python. tjs eurent iie.ii tts furent institués par te sénat, pour l'ac-
d.prdtpxs tes'huit ans, puis .on réduisit compHsse.ment d'un "voeu fait par te dicta-
t'interv~e à .quatre ans, et, comme les teur Pt'sthumius. 'Ce générât. se trouvant
olympiades, j1s serv;iient d'ère .'ux habt- d;ins une position critique, promit, s'it rem-
tants de Detphes..Ces jeux étaient Drési~despar portait la victoire, de faire'cétébrër à Rom'3
les Atnphjctyons. qui avai.'nt te titre de juges ttcs jeux sotennefs en l'honneur de Castor et
Us ne consistaien.t, de Putlux. Lorsqu'il fut rentré triomphant
pud'agonothctes. dans
le commencement, qu'en combats (te ctt.<mt .t (t;)hs itomc, le sénat, instruit de son vœu,
etdemust.que; tepri.x .était adjugé à cetui porta un décret par 'tpquet it était ordonné
qui avait composé et chanté le plus bel hymni! de célébrer tous tes ans des jeux; pendant
en .tjt.onneur du dieu, pour avoir délivré !a huit jours, en i'honneurde ces deux héros.
terre du monstre qui ta désolait. Dansta suite La principale cérémo'nie consistait dans une
on y admit tes autres exercices du pancrace, procession magnifique et pompeuse, où les
têts .qu'ils étaient en usage aux jeux Olym- magistrats de Rôm~È, portant les statues des
piques. Les vainqueurs étaient couronnés de dieux, étaient suivis' des légions qui mar-
laurier,; dans la suite on teur'donna des chaient en ordre de bataifië.
couronner d',or. Jeux F/oraMa*.
JL JEUX DES ROMAINS. Foy.FLOn&Bx.
Jeux /<tMe6re~.
Jeux ApC~i'KOt'tM. C'étaient ordinairement des combats d.e
Titc-Live rapporte qu'un fameux devin, gtadiateurs qui s'entr'égorgeaient auprès du
nomméMarc, ayant laissé un écrit dans lequel bûcfter des ittusfres Rdmains. On prétendait
il conseiHa~t au peuple romain d'instituer des honorer tcurs tnâf'es par ce barbare specta-
jeux en /honneur d'Apoiton, assurant que, cle. On en a.Dribue t'institution à Junius
par ce mpyen, i'tobtifndrait ta victoire sur Brutus, tihératcur de Rome et ce n'est pas
tous ses ennemis, le séuat, informé du con~- ~'aetionQuifait'!)e ptus d'honneufà cet ii-
JËd JEU' ?8
_~A' de ces jeux. Dans !es.' premiers .temp~ de
tuetreconsut; on y reconnaît' son caractère
dur et féroce; Gëtte"cout'Yme, si contraire Rome vivait Vaterius Voiusius, cUpyen d'E-
à l'humanité, se soutint *da~s tes'sièctes tes retum, dans le terntpire. des Sabms.'Trpis
phts pp)is de Rome, efne fut abolie que l'an de ses enfants, deux Hts et une:nUe, furpn~
500deJcsus-phrist,'nar un prince dstrogoth, frappes en méme.~cmps de (a p';ste il reçut
que les Romains traitaient sans doute de a ce .sujet de ses dieux d.i.m.esti.ques fondre
barbare; c'était te grand Théodbric.. de descendre te Tibre avec sps. enfants, jus-
q,
~eu.r ~nr<taMa' ou cfe Afart. qu'à un tjeu nomn~é Tercnfum, qu~etatt'au.
tts étaient"cé)é6rés~ahs te cirque le 1"- bput duCh.itpp~de-Mars.et'quand itysc
d'aoûf 'de année où' l'on rait arrivé, de teur faire bqtre de t'eaj) chaufr;
chaque jour
avait dédié un temptc au dieu de'ta guerre. fée sur t'autel de, Btutoj) pt de proscrp)n~
Les exercices ordinaires de \;cs"jeux'éta1ent Ayant exécuté toutes ces choses, et se~ en;
des courses à chevà) et des combats d~h'om'~ fants s'étant endormis ,ap.rès avoir bu de
~ne~scontre "des 'animaux. Ge 'fut dans ces cette eau t)s se ''r.ouvèrqnt' parf~i~rn~ot
jeux 'que Germanicus terrassa'deux ccnts' gpé.rts a )eurt-é<;ei),et dirent a~)eur père
lions, au rapport des historiens? au'-Hs .tvaient vu eji s,qnge un homme, dune
JeMa? M~a~steMS. candeur et d'un air. au-dessus du conurtun,
Ils furent institues à Rome en t'hpnneur qui teuravai~ prdonMéd'p.n'rtr. des victimes
de noires a Htaton <:t a P.roscrpmq, et de passer
Cybëie,'appe!ce<a'<?rMK~e D~Mse,')'an 550 trqts jours en réjouissances da~ns )e' mé.me
(te
d~ !a'
I~ fondation
fond~on de ~P!li~,
de Route, ,!e te 12~2avri),jdu7'
ar pl, ~1.?9, Heu: Lc'p~re.en
auquel ta statue de cette déesse qu'on avait actx~n de gracps,on'r.i;.au
même ~ndrott tes sa~r~ces indiqués, pendant
envoya chercnera Pessinunte.ch~Phry~ie', tro!S nuits consécutives,
fit son entrée dans Homc~et tut reçue pur sur un autel qu'il
trouva entoui dans/ta tprre. en ce iieu mêtne;
Scipion Nasica, le plus vertueux des Ruma'ns il dressa aux dteux iieslitsde
de ce temps-ta. Pendant ces jeux, tes daines paradc~ec~-
~<erMtc[; et pour conserver le sou venir de cet
romaines formaient des dan'ses reH';ieuses événement H pnt je uop de ~a~tt.!
devant f'autet de Cybeie."Les 'mag?strats"y y~er<us
7ereM~t)t:M ~(!tttM$, â~causf; des~Mqnes ou
assistaient en robes d.e'pourpre~ et ta'toi
d)f mites infernajes auxqueUes,H
défendait'aux'esctaves d'y' pa'r.Htre. Les dan*. cône F~frtt~, du verpe ~a~f,
avait~sa~
ses étaient sutvie's de fesUns*; ma~, contre ta parce que
coutume de ces sortes de~ fêtes,' ta 'f.' uga'titc ses enfants'avaient repouvrë )a sa'nté;ei
et ta modestie y régnaient Lès paties'ôu .Zer~<tnM.<, parce.~e ~cet é'vénement
` s'éfatt
prêtres phrygiens ~f.'portaient en triomphe dans passé qjf'.e/t~m.
t.t.t ),< ;~n~ t it ne.parait pas cependant que ces jeux
tes rues de Rome t'mage de la déesse ;'on re- aient ~)é cétehréj jusque t'an'de
présentait''aussi 'su'r te' théâtre 'ucs 'c'umé'dies Rome ~5;
en cette .ann6e;qu) ~'ti.anremier.e après
ct)0)sies?Un grandconcours de peupté'etd'é-
rexputs'on aes rpt~ une peste violente, ac-
trangers asststaient au~ jeux "Megatésiens. coftipagn~e de p.;usieurs prodiges, ayant jf-té
JcM~: ~CM~t'rM.
ta consternaUon 'dans i~ vitte, PubHus 'yate-
C'étaten; des fêtes sotennettes que ron ce- .nus Put)j)cota fit, ~ur. te même aute) de Ta-
lebratt. avec une grande pompt~uhë'joÏs ncntum~des sacriHces a Ptutoo et a prôser-
dans i'esp.'çe de chaque sjecte~ vers tes ap-
proches de ta ~noisson, pendant'trois
p)'je. et ta.cont~ion'ccss;). <Cet 'ittustre'Ho-
jours )na)n Ht graver sur i'a'utet une fnscriptinn
,et tros nuits consécutifs. .n<" tant qu'it ')V.))t tait célébrer ces* jeux pour
On conservait'depuis tongtemps a Rome la dehvrance du~peup~e rom<)!n.Soixant(i ans
un oracte fameux de .aptes, l'an 30a, pu reifera tes 'mêmes sacr~
ta sibytte.concua.pëu
près. en Ms termes « Romain, souviens-~toi
ti~s'p:jr ordre des prêtes des sibyHes.c'n y
d'offrir aux dieux des sacrifices~ tou'stes'cCnt ajoutant tes cqrcmptne;; })t-escrites par te~'ti-
ans, dans te cham~ que te Tthre arro~Jm- vp-s stbyUms ajprs il fut réglé que'ces fêtes
motc de~s chèvres et des tt)<)Ut'ons"ën hhon- se ferajcnt'toujours
neur des Parques', pen'dant tes tenèbt;es dg !a dans la suite .~u'buurde
chaque sjècte; car jusqu'à cette époqu't-,i)
~nuit. ~~oubtie pas da!<s. te~ s~cnncps ta .para)! qu'etle's n'étaient donneesque da ~s )"8
déesse. Lucine, <)ui.prcsitfe aux'accouche- temps de "grandes c.itàmites puhtiques. j)s
ments; égorgé un porc et unc~tj'uïe'no~e furent en conséquence cet~ré~ Fan'SOa et
en t'honneùrde!a Terre, qui'es't ia nqurnce
'!u genre humain. Sacr)He sur i'autet de Ju- j'an ~p5 de Rdmp; majs nous voyons qu'en-
suite ces jeux'turent qu~qu<'fois reçûtes, à
piler des bœuf. btaucs; sur ceux deJunon c.;use des guerres ou des'désordres Ij'~t't'm-
etd'Apotion/une jeune vàci)e;'e~ que ces ~i'e,ou avances'par te caprice d~se''t)pe-
sacrifices se fassent penda!)~ te' jour; tes se donner )a satisfaction
reu'rs. pour de v~r
dieux du oe) n'aijnent 'pas tes sacrtfice's noc- ceUe
accomplir rare~érem'pnie~ Les'onquiè.-
turnes. Que de jeunes 'ga'rcons et de jeunes mes jeux sécutàires'eur'~nt tieuf~n'~de
mics~ partages 'en''deux chŒurs. changent Home. sous Auguste; tes sixièmes~ t';)n 800,
dans tes temples des hymnes sacrés eu i'hoh- sô'us'Ciaudë (es sep'tte'mes, en 846, sous ~o-
uenr des dieux t~a~s'songë~qu'it ne faut "?"! !s hu;tiemes, eB 9,Gi0.sotfs 'A'ntohin
emptovér a cet exercice que des enfants d~nt '<; Pœux; )es neuvièmes,en'957,sôns~ëptime
tes père et'mère spient'ehcore'v)van)s. à'i m révère tes dixiéft~s. en .('au 1000. sdûs"ies
observes Gdétetnent ces ~ere'tnonH''s', 'ftt'atie
deviendra ta maîtresse debout Tunners'V ~i'RMes; les onzièmes en'~pto;
Les Romatns '& hsdouz~m~ e.t.~pruteKs.~n 1157.
racont~feut'~tnst~t'origotc sous.t empereur chrétien Honorius, oui ue
79 MCTK)~A)REM:SnEL!G!ONS. 80.

put les refuser aux Hpmains non convertis. le succès de leurs accouchements taudis
L'appareil de ces jeux était fort considé- que tes chefs de l'Elat offraient des sacrifices
rante. Oh envoyait des hérauts dans les pro-' ailleurs à Jupiter, Junon, Apolton, Diane,
vinces.pour invitertopeupte à la célébration Latbne et aux autres Génies.
d'une fête qu'il n'avait jamais vue, et qu'il' Le troisième jour, cinquante-quatre jeunes
ne reverrait jamais. Quelque temps avant ta gens, partages en deux chœurs, dont l'un
fête, on l'annonçait également aux Romains était composé de vingt-sept garçons et l'au-
assemblés dans le Capitote, où'te souverain~ tre de vingt-septnttes,divisés tes uns et les au-
pontife, ou bien l'empereur, en cette qualité, tres par bandes de neuf, tous ayant leur père
les haranguait et les'exhortait à se préparer et leur mère, chantaient dans te temple <t'A-
par ta pureté du corps et de l'esprit à une pollon, des hymnes et des' cantiques pour
solennité aussi respectable. rendre les dieux favorables au peuptéromain.
Cette fête durait trois jours et trois nuits; H nous reste quelques-uns de ces chants,
té premier jour elle avait lieu dans le Champ- composés par Horace, pour les cinquièmes
de-Mars, le second jour au Capitole, et le jeux séculaires, sous l'empereur Auguste
troisième au mont Palatin; La veille de la t'un d'eux porte même le titre de Carmen Mf-
solennité, tes consuls, ensuite les empereurs; ettlare c'est un hymne en l'honneur d'A-
et les quindécemvirs, gardiens des livres si- pollon et de Diane.
byttins, faisaient distribuer au peuple les Pendant la nuit de ces deux jours, on se
choses nécessaires aux expiations prépara- rendait également au bord du Tibre, et on y
toires, comme des torches, des parfums, du répét.jit sur les trois autels les sacrifices aux
soufre, du bitume; tout citoyen était bbtigé dieux infernaux ce n'était plus un taureau
de faire ces expiations: Les consuls, ou l'em- noir et une vache noire, comme la première
pereur, et'tës'quindecèmvirs se mettaient en- nuit; mais une brebis noire et une chèvre
suite à !a tête d'une procession composée du de la même couleur ta seconde nuit, c'était
séhàHet du.pëupte en habits btancs, des oat- aux Parques qu'on immolait cettes-ci; ta
thes~à'tàmaih, et ta tête couronnée de Heurs; troisième nuit, on sacrifiait un pourceau à la
on y voyait aussi tous les cottégës on chan- Terre. Pendant ces trojs nuits, Rome était
tait.'pendant te chemin; des vers faits exprès tettemehtittuminée et remplie de feux de joie,
pour ta circonstance,'et l'on adorait en' pas- que l'obscurité en était bannie; c'est ce que
sante dans tes temptes'et dans les carrefours, Capitolin dit en particulier des jeux séculai-
tes statues dés dieux exposées sur des lits res que fit célébrer Phiiippe; et pendant le
de parade. Le peupte se rendait ensuite au jour ce n'étaient quejeux, spectacles,courses,
tempte'de Diane, sur le montAvcntin, où t'ott tuttes, combats de gladiateurs, etc. en sorte
/offrait'aux Parques de ror~e, du froment et que lé peuple se partageait entré te pt;)isir
des fèves ~chaque père de famiHe distribuait et ta dévotion. Les prêtres Saliens se distin-
à ses'énfants une portion de ces grains, afin guaient dans cette solennité par leurs dunses
qu'its pussent en offrir eux-mêmes et néchir attégoriques et guerrières. Après leurs sa-
Tes divinités infernales. Aux approches de ta crifices, ils se' promenaient dans les rues,
huit, etdeux heures après te coucher du so- dansant, tantôt ensemble, tantôt seuts, au son
teit~leschëfsde ta répubtiquc se rendaient des ftûtés, frappant leurs boucliers avec leurs
sur tes bords du Tibre, où ils trouvaient trois baguettes ils chantaient en même temps
'autéts préparés; ces autets restaient~toujours des hymnes en t'honncur de Janus, de Mars,
en ptacé, mais on les couvrait de terre après de Junon et de Minerve; un chœur de filles
la'fétè. La cérémonie était éclairée d'un habittées comme eux leur répondait. Une des
grand'nombre de lumières. Des musiciens cérémonies remarquables de cette fête était
placés sur un ticu'étevé chantaient des hym- t'ouverture de la porte du tempte qui repré-
nes en l'honneur des dieux, et' l'on finissait sentait rentrée du siècle. It existe des mé-
par immoter à Ptuton, à Gérés, à Proserpine, daiUes sur lesquelles on voit un empereur
aux'Parqucset à Luciue. plusieurs victimes qui frappe cette porte avec une baguette.
noires. Oh arrosait ensuite les autels du sang C'est peut-être ce qui a donné lieu au sou-
dé ces victimes et on consumait entièrement verain pontife des chrétiens d'ouvrir aussi
~Gettës~cipartefeu. la porte sainte, dans le jubilé, qui d'abord
Au commencement du jour,on attait au était séculaire, comme les jeux dont nous
Gapitote sacrifier à Jupiter et à Junoh des partons.
victimes blanches; 'et' l'on revenait au bord A la fin de la fête, l'empereur donnait les
du Tibre, célébrer, sur des échafauds et sur offrandes aux officiers qui avaient présidé
des théâtres préparés exprès, des jeux en aux cérémonies, et ceux-ci en distribuaient
l'honneur d'Apollon et de Diane. On repré- une portion'au peuple.
sentait des comédies au théâtre on faisait JOACHtMITES. L'abbé Joachim Cala-
des courses à pied, à'cheval et en charriot, brais, abbé de Ftora, de l'ordre de Ci'eaux,
dans le cirque; lés athlètes faisaient britter passait durant sa vie pour un prophète; per-
'leur adresse et leur force et l'on donnait sonne n'a jamais 'douté de ses vertus, et il
dans l'amphithéâtre des combats de gladia- avait une profonde soumission pour t'auto-
teurs. rité de l'Eglise aussi a-t-il laissé u')e mé-
Le second jour, les dames romaines al- moire vénérée; on lui rend même un culte
tatent à leur tour au Capitole; ellesy offraient public en Catabre, sans réclamations du
des sn~rinces à Junoh, et y chantaient des sàiat-siége; et quelques martyroioges ont
hymnes puui ta ~.u~'en!é de t'Ëtat et psur rccuëi!!i son nom. Mais i! avait composé uo
;8i MA JOB~ ~3
certain.nombre oc livres, dans. lesquels- il devaient finir, en disant que toutes'tes figu-
avait émis des propositions fort singulières, res et tous tes signes cesseraient, et que la'
entre autres des Commentaires sur Isaïe, vérité paraitrait enfin à découvert.
sur Jérémie, sur t'Apocàlypse, une concor- L'Uvangiie éternel, dont il est question
dance de l'Ancien et du Nouveau Testament, plus haut, avait été compilé par les Juachi-
un livré dé la Trinité contre le Maitre des mites d'après tes rêveries de l'abbé Joachim.
Sentences, et quelques" prophéties. Des es- Ce livre, tout rempli qu'il était d'absurdités
prits amis de ta nouveauté et du merveil- .et d'extravagances, fut cependant approuvé
leux s'emparèrent des opinions erronées par plusieurs :religieux. En 125~, quelques-
qu'i!s y trouvèrent, les soutinrent, les dé- uns même curent la.témérité de vouloir t'en-
vetoppèrent,,tes défendirent, et finirent par seigner dans l'Université de: Paris; mais il
former un système hétérodoxe, qui fût con- fut publiquement condamné, en 1260, par le
damné d'abord'au concile de Latran en 1215; concile d'Arles et par le pape Alexandre IV.
puis à cetui d'Arles, en 1260. JOANN1TES, nom que= l'on donne une
Ce dernier nous apprend qucHcs étaient secte d'Orientaux, demi~juifs et demi-chré-
les principales erreurs des Jouchimitcs. Po- tiens, que .l'on appelle encore c/tr~tenf
saut pour fondement de leurs extravagances de ~n!M<-JcaM-J?op<!f!<e. ~oy. cet article et
certains ternaires, ils étabtissaient dans leurs SABtS.
concordances une 'doctrine pernicieuse; et, JOB, en hébreu lyob, en arabe ~)/uM~;
sous prétexte d'honorer le Saint-Esprit, ils nom d'un ancien et puissant patriarche
diminuaient l'effet-de la rédemption du Fils de l'Orient, qui perdit successivement ses
de Dieu, et le bornaient à un certain espace grands biens, ses enfants et. sa santé, sans
de temps. Us disaient que te Père avait opéré jamais murmurer contre la Providence; et
depuis te commencement du monde, jusqu'à qui par là mérita de recouvrer un état plus
l'avénement'du Fils, s'appuyant sur ces pa- prospère que celui qu'il avait perdu. Son
rotes de Jésus, en saint Jean Mon Père histoire fait le sujet d'un livre qui porte son
opefe~M~M'd présent e< ~'opc/'e at~~t;. que nom, et qui est sans contredit un,des plus
l'opération du Fils avait duré jusqu'à leur curieux de l'Ancien Testament. On ignore
temps, c'est-à-dire pendant 1260 ans, après quet en est l'auteur; quelques-uns l'attri-
lesquels le Saint-Esprit devait -aussi opérer buent à Job lui-même, à Moïse ou à isaïe;
à son' tour. C'est, ajoutaient-ils; ce que si- nous croyons qu'il est impossible qu'il ait
gnifiaient les douze cent soixante jours mar- été-écrit par ces deux derniers; nous som-
qués dans t'Apocatypse, et.les mille ans mes même fondés à supposer que nous n'en
après lesquels Sittan devait être déchainé. .avons que la traduction, et qu'il a dû être
LësJoachimitcs,sur le fondement des trois composé originairement, soit en arabe, soit
personnes divines, bâtissaient des ternaires dans quelqu'une des langues congénères
fantastiques; savoir, trois états ou ordres parlées dans la Chaldée; en effet l'hébreu
d'hommes, qui devaient se .succéder selon -actuel de ce livre est mété d'idiotismes étran-
les temps le premier comprenait les gens gers. Saint'Jérôme prétend qu'il est écrit en
vivant dans le mariage; c'était celui qui avait vers; c'est possible, mais nous n'en pou-
subsisté sous le règne du Père éterne), c'est- wons reconnaitre le mètre; toutefois, si-les
à-dire sous l'Ancien Testament; le second, règles de sa-prosodie nous échappent, on ne
les.c)ercs,qui dominaicnt'sous le Fils, dans peut s'empêcher d'y reconnaître la poésie la
le mitieu du temps, c'est-à-dire jusqu'à t~é- plus haute, la plus riche et la plus tou-
poque oùils étaient arrivés; le troisième, chante; il est animé par le~feu du génie, par
les moines; qui devait s'établir, à dater de des expressions-nobles et hardies, qui sont
leur époque,'sous le règne du Saint-Esprit. l'essence et l'âme de la poésie. Bacon admi-
lis ajoutaient un autre ternaire, savoir, ce- rait les profondes connaissances en philoso-
lui de la doctrine, comprenant l'Ancien Tes- 'phie et en physique renfermées dans ce ti-
tament, le Nouveau, et l'Evangile éternet. vrc; en effet on y trouve des données pré-
La durée du temps était également divisée cieuses sur la morale, sur l'astronomie',
en trois; la première partie appartenait au 'l'histoire naturelle, la géologie, la métallur-
Père, c'était le régne de l'esprit mosaïque; gie même, qui constatent l'état de la science
ta seconde, qui était le- règne de l'esprit de à cette époque. La description du cheval, de
grâce, appartenait au Fils; enfin ils don- .B~/temot/t (l'hippopotame) et de ZeMa~am
naient la troisième au Saint-Esprit, et l'ap- (le crocodile), est traitée de main de maitre
pctaicnt te temps de la plus grande grâce et celte des travaux des mines présente des
de fa vérité découverte; à quoi ils rappor- renseignements du plus haut intérêt, et dé-
taient ces paroles de l'Evangile Quand sera montre que, quelques siècles après'!e dé-
~e))M cet Esprit de t~n<e, ootM enseignera luge, la race humaine n'était pas aussi ar-
/Mt même ~M<e oeft<e. Enfin un autre ter- riérée qu'on serait tenté de le croire. On y
naire consistait dans la manière de vivre trouve aussi des fragments d'histoire civile,
dans le premier temps, les hommes vivaient et des morceaux tirés de chants ou de com-
selon la chair; dans' le second, ils ont vécu positions plus anciennes. Lé caractère de Job
entre la chair et l'esprit; dans le troisième, 'est admirable; ce n'est pas un de ces êtres
qui durerait jusqu'à la fin du monde, ils de- passifs sur lesquels la douleur semble n'a-
vaient vivre selon t'csprit. Ainsi les Joachi" voir aucune prise; c'est un homme qui souf-
mites anéantissaient la rédemption de Jésus- fre, et qui sent, puissamment ses souffrances
Christ, et prétendaient que les sacrements i! lutte contre tout, contre Satan, cuutro sa
f)!CT)O~A)RE DES RELIGIONS M
83,-
fentmie. contre st's amis. contre tui-'némo; m:)ghinqné etparfaitRme~t.bien soutenue.
rnhtre ))ipu; it est.t)risei, Sa prophétie regarde, particutièreme.nt la dé-
j'ai presque'dit
mais il ne veut pis s'avouer vaincu it t.tisse vastation de ta Judée, par tes Chaldéens,, et
échapper des p'aihtes éloquentes, des'ptain- sous ce type. ta destructio.n de. Jérusalem
tcs'biëh aht'èfe~, qui s'arrêtent juste <'ù côm- par tes Romains; la nn .du monde, le juge-
mencerah -te htasphème; il sent qu'il y a là ment universel; les peines de l'enfer pourles
une puissànce'snpérieure contre laquelle il rép~rouvés.ët ta gtoire des justes. Saint Pierre,
loi est impossible de rf'ghiih.r; et il finit par dans les Actes des apôtres en applique un
s'hmnitier devant Dieu, mais devant Dieu passage considérabte à ta révotution qui
SON).. établitje (hristianisme sur la terre.
Parmi tes con)me"ta<eu'rs; les mis ont JOHN.SO~'ENS, sectaires; d'Angleterre,
doute'de l'existence de Johtct ont prétendu qui.suivent.ta d.i'ctrine deJ,Jqhnson,te-
q~c )e livre qui porte s'~n nom rst une es- quel fut pendant qnetqne.temps nthustre dis-
pèft; de par:)bo)e; d'aut)e'e:f«n'dant sur- sident à Liverpont. Ils nient la préexistence
tout sor les autres tivres du FEcriture ,qui de Jésus-.Cbrist.et avôuent.çependant qu'on
'propos' nt ce s.'tint hot! me comme un md- peut lui.donner te nom de, Dieu, parce qu'en
dptc de patieuceetderesign.ttion, soutien- tui réside h plénitude de la divinité. Cepen-
nent que 'son histoire es' véritable. Notre dant ils rejettent,.avec tes .Unitaires, ta piu~-
sentiment particulier tient le milieu entre .ces .ratttédes personnes divmes. S'en qu'Hs nient
deux' systèmes nous croyons qu'il a réeiic- le péché origine! et te. décret de réprobation
ment existe, dans une contrée de )'0rieht,.un du genre hu.main, )is dcctarent que personne
homme puissamment riche et respecté, qui, ne peut. devenir discipte de t'Hvangiie, s'il
en hutte aux adversités les plus crueUes, les n'est, ért-tiré par.t'innuençe spécial de la
a supportées avec un courage admirahte, et grâce, (~uant au baptême, its suivent la doc-
qui eosnite, à t'aid'' de ta Providence, est trine .des Baptjstes. Ils. disent qujB;,de toute
(tetenu p)us grand, plus riche ~t plus heu- éternité Dieu avait etu-te Christ et son
reux que jamais; qu'un écrivain; inspiré de peupte; que tout a été crée pouFJesus-Çhrist
Dieu, s'est emparé de ce thème, et pénétrant et son peupte; q"e le Christ se serait mani-
dans-tous les reptisdu cœur humain, en a festé. et que ,son peuple eût été étëvé en
tiré un h;<!it enseignement pour ceux qui se gloire., quand même. te péché n'eût pas
trouveraient dans des circonstances ana- existé; e). dans cette supposnipn, ils avan-
togues. cent'que le reste de t'e:pèce humaine eût été
La forme de ce tivre esl essentiellement admis"~u bonheur dàns
admis~au dans un dègré tnférieur,
uri degré inférieui·,
dramatique; après un protogue mythique, en s'attachant à Jésus-Christ e' à L'Egtise sou
viennent cinq parties bien détachées, ,qui épouse. D'après la doctrine des Johnsoniens,
comprennent les trois entretiens de Job avec !es enfants qui m_eurent;ne vont pas direc-
ses ;~nis tes.pàtriarches; entretiens dans )es- tement auroyaume Géteste its sont réservés
quels son débattues les thèses Jes ptus-i.m~. po.uryiyreethetat de pureté da~ns ta npu-
portantes à.t'humanité, puis Unteryentiph vette terre qui sera formée après ta confla-
du présomptueux Ehhu.nfin te~.nohte dis- gration géi)érate,et surlaqueUe Jésus,-Christ
cours de Die.u~ suivi.de t'épitogue.jCe thvre régnera avec son Ëg~ise pendant mille ans;
e~t peut-être te poëmeje plus ancien qui ait après ce iaps de~temps, ces entants seront
Cté,cc.rjt~ jpnvoyésdans une région pius glp~euse~tous
les hommes ressusciteront, les ~éctiahts sé-
JQCAN! npm <)ue. tes Caraï.bes, anciens
hahitants..dë t'!)e Hafti;'dpnnaient au dieu ront .a jamais malheureux, sans cependant
souverain; jcomme te~Jupite)' des. Latins,il qujede~ tourments teur soj&ht.innigés. Ce
dans à méta-
ay~it.cependant été crée, puisque les Ca.- qu on lit t'Ëcrttmfe ce.sujet~est
raïbes lui donnaient -une mère ,qu) portait ph6r)quë;/teu;-s soutîrahces.~ésutteront de
çmq n';ms dinerents. Ils appelaient encore leur état et de ta si'uatibn/de teur esprit. Ces
ce~it\nG~'M)aMacott. sentiments au sujet de la vie future, que j'ë'n-
JQDtJL'i E,. idote des Saxons du moyen Muntç à.t'~t~Oifre tfe~ sec<M rjt</iet<~es do
Ëge; ce n'était dans Forigine. qu'une .statue Grégoire,~contredisent cependant une asser-
érigée.aux en.virons~df' la tnrét de Wetps, tion du même auteur, qui avait dit ptus haut
.? Us nient rimm~rtati'é dé t'ame, et prêt' n-
par~Lothaire, duc 'dp,.Saxe, .après ja.vict.oi~re
qu')) remporta sur Henn V, en 1115. Cct.te deitt que t'hbmme; tel qu'it est constitué
statue représent.tit up homme, tenant déjà présentement, est ëntièrenn'nt mortei; ce-
main dro~f; une massue, et 'te la ~u'he.un pendant i).s admettent pour t~aine~une ëxis-
tpn.ce particûtière (tans t'intërvatte~e ta mort
bonctieEFpuge, et assis sur un cheva) btanc.
JOËL, t'un des douze petits prophè~'s, et de la résurrection. » Mais ta plupart de
dont les Œuvres ont été recueillies dans j'Ân- ceux qui ont rejeté l'autorité deJ'Egtise ne
cien test;)mcnt. pn )g))0)-e dans. quet temps P¿¡s. d~étre conséquents ¡j
se,targuent p.is avec eux-
il prophétise..SoncBnvre~necontjentquo mêmes.
;s. àl d,être it~sies.t reconnu
Au, ~urp'us, ~n,t,si que que eux-
ia
trois chap'trcs; Sa dict!on~est~m:!gnif)Cjue; secte des Johnsb.nieiiS n'a jamais produit
c'est, suivant Cahen;, un des portes tes aucun homme ttistingné par son savoir.
plus remarquables des Hébreux. a,Celui, dit JOIE, en laliii JL~<t<t<t. Les Romains l'a-
Eichhorn, qui ne reconnait pas,dans Joël vaieht personniBée sous ta figure d'une divi-
un grand poète, n'en a jamais lu un avec nite~dont ou voit l'image sur tesméLiaittes.
On cite surtout son allégorie des Les Grecs t'appetaient JEtt</ty)n!e.
goût.
siiut<;ret!es comparées.à une année, qui est JÔLOKtAMO, nom Hu mauvais principe,
85 JON M~ 86.
parm.i tes tribus sauvages de là-Colombie. inins personnages qui remplissent, à ('égard
s'étudie a.nnice aux hommes, à rendre les des tri.bus païennes de l'Amérique septeir-
bois déserts et. ht terre ,stérite;.tt est te père t.riona)ej ta tripte fonction de prêtres. de mé-
des maladies; des tempêtes et du froid~Sans decins et de sorciers. Dans.le Canada; celui
cesse en guerre contre GatchimanH, le b"h qui se destine a. ta profession de jongleur
prihcipe, il. est constamment battu par lui; commence par s'enfermer neuf jours dans
mais il ne tarde pas à ressaisir chaque fois 't"e cabane, sans manger; et avec de l'eau
ses avantages. On t'appelé encore Ot<d</pft seulement. Là, ayant à la main une espèce
et .FrocaH. dé gourde remplie de caittoux, dont il fait.un
JOKA-MAKAA, divinité des anciens Fin- bruit conti))uet; il invoque h'sprit; te pr)e
nois. C'était le mémeq&'Aarni qui présidait de lui parler, de te.recevoir médecin, et.ceta
aux trésors cachés. ~o~.AARNt; avec des .cris! des hurtemcnts. drs contor-
JONAS: l'un des douze petits prophètes de sions et des secousses de corps èpouvan'a-
l'Ancien ')'estameht.t commença à -prophé- bles, jusqu'à se mettre hdrs d'hateine età
tiser sous )erè{!nede Jéroboam tt; roi d'Israël é''Ufoer d'une manière affreuse. Ge manège,
etd'Ozias roi de Juda; environ huit cents ans qui n'est interrompu que par quelques mo-
avant Jésus-Christ: Chargé par le Seigneur ments de sommeil auquel il succombe, étant
d'annoncer.aux Ninivites ta 'destruction de fini au bout de neuf jours; il sort de sa <a-
léur ville, ii recula devant ce.tte mission dan- b:)ne, en se vantant d'avoir, été en couv.ërsa-
gereuse, s'cnfuit.à. 'Joppé et s'y embarqua tion avec l'esprit; et d'avoir reçu de lui le
pour Tharsis: Mais le vaisseau ayant, été <!on de guérir les maladies; de chasser tes
assai)ti par une horribte.tempête ëM puni- orages et de changer.te temps.
tion de sa désobéissance, il se reconnut cou- Lorsqu'it y a quelqu'un de malade, les
pab)e. et fut<jetç à )a mer. 11 fut englouti par parents font prévenir le jongleur et prépa-
un cétacé, :et demeura trois jours dans ses rent un festin les anciens rlu village. assi-.
entraities: Rendu miraculeusement ta vie, s'ënt la cérémonies Le médecih 's'y rend.
il reçut de nouveau )es ordres du Tout-Puis- ctiargé d'un sac qui contient ses médica-
sant, :se rendit a Ninive; et y fit entendre ments et tenant la main une gourde em-
ces redoutahtes paroths « Encore quarante manchée d'un bâton p.<ssé au travers; D'a-
jours,et Ninive sera détruite." Les habitants, bord it entonne des chansons sur ses,remè-
effrayés de ses menaces, firent pénitence, or- des et marque la cadence avec sa gourde
donnèrent un jeûne public, et Dieu teur par- rempHë de petites pierres. L'enthousiasme
donna: Jonas; qui n'avait pas voutu d~abbrd saisit bientôt ceux qui composent L'assem-
accepter ia mission prophétique; cruignit blée l'dn n'entend pius que le son des voix
alors. dé passer.p'our faux prophète, et se et le cliquetis des gourdes; Le médecin étate
plaignit au Seigneuc; mais Dieu lui fit com- ensuite ses drogues, fait quelques invoca-
prendre l'injustice de ses .plaintes par une lions etrécomthenceà chanter, toujours dans
de ces raisons typiques; si propres à ins- u.ne agitation extraordinaire; puis il s'appro-
truire et .a convaincre. Pour le défendre do che de son malade avec toute la confiance
l'ardeur du sbteit, H'ut croire; dans t'espace d'un habile praticien,'et tourne plusieurs
d'une, seule nuit; une plante grimpante qui fois en cadence autour de lui, pendant que
projeta Sur lui une ombre épaisse..Le pro- t'assemblée chante..Enfin il touche te. patient
phète,s'en réjouit;.maisdès le lendemain unIl par tout te corps, l'examine avec t'attention
ver piqoa.ta racine, de la plante, la fit sé- d'un connaisseur, et lui .déctare gravement
cher, et Jonas resta, comme auparavant; qu'il a un sort en tel endrot de sort corps,
exposé aux feux d'un soteii.d'Orient.Ladou- qu'it-s'agit de t'ôter. qu'il va.y,consacrer ses
leur que Jonas en ressentit lui fit désirer ta soins; que la maladie est difficile; et qu'it
morh ~/t ~Mft/ lui dit le Seigneur, lu re- faudra bien des cérémonies pour réussir a la,
~r<:«e~/d per/e d'MM <t'erre,f/M(.ne <'a t't'e/t guérir. Les parents du malade écoutent ('ar-
coM~; et tnotje~erft~tmp/uca~/epoMr.A" rêt de cet Escul'ape sauvag' s'abandonnent
Mf~e. ce~e grande ~t'/<f, dans laquelle il y u à sa bonne foi et le recommandent ses
plus. de 120,000 personnes qui ne M~eM< pïM soins-intettigents. On chante des chansons
~tfi<tM~t<erentre leur main droite e< leur main sur la ptaie ou sur la partie matade; et l'on,
gauche I apporte une chaudière pour y mettre tes pré-
Le livre'de Jonas, très-probablement écrit sents destinés au prêtre médecin, qui, tout,
par 'ui-méme, ne comprend .que. l'histoire occupé en apparence des moyens qu'it doit
de sa mission à Ninive, mais o"' y remarque employer. pour guérir soa patient, songe, ou
un hymne d'un ton gra~e et sotenne); com- fait semblant de songer aux remèdes néces-
posé dans les entrailles du poissun; Sous le saires. Kevenant ensuite comme d'un profond
rapport typique, Jonas a prophétisé Jésus- assoupissement, it déctare qu'it connuit le
Christ nonparsesparôtes, mais par sa propre mat. On je croit; on lui livte .te malade.
histoire. En effet, ce prophète, jeté dans ia Après qu'il t'a bien tourmentè.p.'r tes.remè-.
mer peur sauver ses sembtabtes,,englouti des qu'il lui applique, ou qu'il tui fait' ava-
parte grahd poisson et r.ndLi à ta vif le ler, et partes mouvements victents qu't) tui
troisième jour, est;.s.uivant t'Ëvangite )nême, fait faire, il annonce aux assistants que le
la figure du Christ. it t'est en.core en ce que malade est guéri; ou qu'it ne i'est pas. Un
c'est tcseu) prophète de t'ancienne loi que jongteur adroit n'en vaut pas moins, et ne
Dieu ait envoyé aux gentil perd rien de l'estime que son art lui a ac-
JONGLEURS; nom que l'on donne à cer- quise, lorsque son malade meurt entre f)e~,
S7 DICTIONNAIRE DES REUCtONS. 88~

mains; ii.se tire d'affaire en attribuant te jusqu'à ce que, par un tour de sa façon,il lui
défaut de réussite au mauvais état du ma- fasse sortir de. la bouche une petite pierre
lade, à la puissance du sort. à ta volonté des blanche,' ou' la griffe de quelque animal;
esprits, qui s'opposent à l'efficacité de ses aussitôt il la montre en triomphe à ceux qui
remèdes. Mais si le jongleur manque d'a- s'intéressent à la santé du sauvage, et les as-
dresse pour justifier la mort de la personne sure de son prochain rétablissement. Là-
qu'il a traitée, il arrive quelquefois qu'on le dessus, le charlatan se fait bien payer, et
tue, sans autre forme de procès.. peu lui importe que le malade guérisse, a
Chez les Illinois, lorsqu'un malade se croit Ces jongleurs se mêlent aussi de rendre
ensorcelé,ou du moins quand le jongleur lui tes oracles, d'interpréter tes songes, qu'Hs
a persuadé qu'il l'est, celui-ci, suivi d'une regardent commedes ordres et des avertisse-
bande d'apprentis jongleurs, se rend dans la. ments du grand esprit, de prédire l'avenir.
cabane du malade que t'en étend devant lui Ils se vantent même de faire venir la pluie,
par terre, sur une peau de castor ou de quel- le beau temps, le calme,.l'orage, la fertilité,
que autre animal. Le médecin touche du et de rendre la chasse heureuse. Ceux des
doigt toutes tes parties du corps du patient, nations du Sud ont la prétention de pouvoir
jusqu'à ce qu'il vienne à la partie affligée, tuer un ennemi qui est à deux cents lieues
où le prétendu sort a été jeté. Un des disci- d'eux. A cet effet, i)s font une figure qui re-
ples du maître jongleur applique sur la par- présente cet individu, et lui tirent une Hè-
tie malade une peau de chevreuil pliée en che vis-à-vis du cœur. D'autres prennent un
plusieurs doubles après quoi le. médecin se caillou de la grosseur d'un œuf de pigeon, et
jette à corps perdu sur le possédé, lui suce la font quelques conjurations sur ce caillou,
peau, écume, se frappe sur le dos, et n'é- prétendant qu'il s'en forme un pareil dans le
pargnè pas même celui du malade qu'il presse corps de leur ennemi. Quelques-uns de ces
sur toutes les parties de son corps, afin d'en jongleurs donnent des secrets ou des char-
faire sortir te charme. H sort en effet; car le mes pour la guerre et pour la chasse.
jongleur montre al'assembtée un objet qu'il JORNUNGANDR, serpent de l'Océan, dont
avait caché subtilement dans sa bouche ou les replis entourent la terre, suivant la my-
dans les replis de la peau. Cependant il n'est thologie de l'Edda. it fut sur le point d'être
pas toujours à propos que le charme sorte pris à la ligne par le dieu Thor, qui avait
au premier signal, la prudence veut que l'o- mis pour amorce à son hameçon une tête de
pération soit variée; aussi arrive-t-it sou- bœuf. Dans la'bataille entre les démons et les
vent qu'elle est réitérée plusieurs fois de suite divinités d'Odin, qui doit précéder le ragna-
sans aucun succès. Il est vrai que c'est aux faM/( ou crépuscule des dieux, ce serpent
dépens du malade; mais, là comme ailleurs, doit encore jouer un grand rô)e il fera pé-
il vaut mieux nuire au malade qu'à l'art. Les rir le dieu Thor dans les flots de venin qu'il
jongleurs consacrent en quelque façon les exhalera en mourant.
rcmcdes dont ils se servent, et la cérémonie JORTANA, tteuve des régions de ta Mort,
s'en fait avec beaucoup de mystère. On les dans la mythologie finnoise; on l'appelle en-
met sur une peau, on ordonne un festin so- core ~oeK-ctrt)t c'est un lac de feu qui en-
lennel, on danse toute la nuit autour des re- gloutit i'étinceUe que Wainâmoinen et Hma-
mèdes. On doit croire après cela qu'ils sont rinnen avaient fait jaillir du ciel. Tuoni, le
plus salutaires et plus efficaces alors le jon- Caron fintandais, fait passer ce neuve aux
gleur les met dans son sac. morts sur sa barque'noire, pour leur procu-
tt ne faudrait'pas s'imaginer que ces jon- rer t'entrée de son empire.
gleries, rapportées par les anciens voya- JOSAPHAT (VALLÉEDE), nom d'une vaHée
geurs, sont tombées maintenant en désué- située près de Jérusalem. On lit dans le cha-
tude un missionnaire des Montagnes Ro- pitre m de la prophétie de Joël J'QMeM~e-
cheuses écrivait ce qui suit en 18~1 « Ces r<tt toits les peuples, et je les coMcfMtra! dans
imposteurs n'ont qu'un seul remède pour /s ta~e de Josaphat. Là, /'entrerat en juge-
toutes les maladies le voici on étend le ment avec et<;r, ait sujet de mon peuple, et
malade, ou plutôt le patient, sur le dos ses d'a~, mon héritage, ~M't~ ont dispersé
amis, armés d'un bâton dans chaque main, parmi les Matt'o?~, et dont ils ont par< le
forment d'abord un cercle autour de- lui; territoire. Que les peuples se lèvent et se ren-.
bientôt arrive le jongleur qui, sans s'infor- dent dans la vallée de Josaphat. C'est là f/xe
mer des symptômes du mal, sérieux comme je m'asseôirai pour juger ~ou<M les nations
un docteur, entonne un air lugubre que les rassemblées amour de moi. C'est sur ce fon-
assistants accompagnent en battant ta me- dement que saint Jérôme et plusieurs autres
sure avec leurs bâtons. Après ce bizarre pré- commentateurs ont pensé que te dernier ju-
lude, les opérations commencent: à genoux gement aurait -lieu dans la vallée de Josa-
devant le malade, notre homme lui presse phat; mais it n'y a tà-dessus rien de cer-
de toutes ses forces l'estomac avec ses deux tain.
poings; la douleur qu'éprouve le patient lui JOSEPH (FRÈRES DE SAmT-), congréga-
fait-elle jeter des ois affreux, fe docteur tion établie dans le diocèse du Mans, pour
chante alors beaucoup plus fort, les assis- l'instruction de la jeunesse. Le siége a été
tants en font autant de sorte que la voix du transféré de RuiHé-sur-Loir à Sainte-Croix-
malheureux reste étouffée par le bruit. A tcs-Mans.
chaque couplet, le médecin -joint ses mains JOSEPH DE CLUNY (SoEURS DE SAixT-),
et les approche en soufflant sur le matade, communauté de religieuses qui se tivrentà
~9' 1 JOU ao
JOU
presque toutes tes œuvres de charité. Elles cérémonie, après laquelle ils les distribuaient
desservent les hôpitaux, tiennent des pen- conformément à la volonté du donateur. C'é-
sionnats, font des ctasses gratuites pour les taient eux qui, dans les fêtes célébrées. en
Ëttes pauvres et dirigent des hospices pour l'honneur du soleil, chantaient les hymnes
les aliénés. sacrés, jetaient 'des parfums dans te feu,
JOSÉPH1TES ou JosÉpiNS, nom de certains faisaient les libations de miel et les offrandes
hérétiques, dont la secte était une branche de maïs.
'de celle des Vaudois. Ils condamnaient l'acte LesJouanas,outre teurs fonctions sacer-
du managé, et soutenaient qu'on ne devait dotales, exerçaient la médecine, comme tes
se marier que spirituellement; mais il par:)!t 'piètres ou joncteurs des autres peuples de
que, sous celte apparence de rigorisme, ils t'Amérique septentrionale et de ptus, ils
s'abandonnaient à toules sortes d'impuretés. étaienttes conseillers et les ministresd'Elat du
Us furent appelés Josépins, parce qu'ils Paraousti ou grand chef. Ce tripte caractère
avaient pour chef un certain Joseph. Le pape pétait encore relevé par leur' gravité, leur
Lucius III tes condamna dans son décret modestie, et une abstinence extraordinaire.
contre les hérétiques, dressé, l'an 118t, au Avant d'être promus à cette dignité, its de-
cbncite de Vérone. vaient s'y préparer par de longues épreuves,
JOSUÉ, 1" nom'd'un livre canonique de sous la conduite des anciens prêtres, qui
l'Ancien Testament, qui suit immédiatement leur enseignaient les mystères de ta religion,
lePentatéuque.ddntit est comme la conti- 'et préparaientteur esprit aux graves fonc-
nuation il raconte l'histoire de l'entrée des tions qu'ils devaient exercer un jour. On
ïsraétites dans la terre promise, sous là con- les exerçait par te. jeûne, t'abstinence, la
'duile de Josué, fils de Nun,'chef du peuple privation des plaisirs des sens; mais la ri-
et successeur de Moïse; le passage miracu- gueur du noviciat était, disait-"n, adoucie
leux du Jourdain la conquête du pays de par des visions et pur une communication
Chanaan, et, le partage des terres_cntre.tes intime avec la divinité. Ces épreuves duraient
tribus. On ne sait pas positivement quel est 'trois ans.
l'auteur de ce livre; mais, la ptupar.t des Ces prêtres étaient revêtus d'un manteau
commentateurs pensent que Josué tui même de peaux coupées en bandes inégates. Quet-
en a été le rédacteur, saufquetques additions quefoiscethabittement était fait la façon
qui s'y sont gtissées par la suite. 'd'une longue robe ils t'attachaient alors
2° L<'s Samaritains ont aussi un livre,de avec une ceinture de peau, d'où pendait le
Josué, mais fort différent du texte biblique. sac qui renfermait leurs remèdes. Ils avaient
It est écrit en arabe, mais en caractères sa- tes pieds et tes bras nus et portaient sur la
maritains. C'est une espèce de chronique eh tête un bonnet de peau terminé en pointe;
quarante-sept chapitres elle commence par souvent, au lieu de bonnet, Us avaient la
l'histoire des Hébreux, un peu avant la mort tête ornée déplumes.
de Moïse, et se termine au temps des Ho- Les voyageurs disent qu'ils connaissaient
mains, sous Atexandrc Sévère, Il parait que assez bien la vertu des remèdes et les pro-
c'est une chronique écrite par différents priétés des herbes métticin~tes dont ils fai-
auteurs. saient usagedans les maladies. Du reste, ils
Ils ont encore un autre livre du nom de employaient les vomitifs, tes sueurs et les
Josué, composé par un certain Aboutfatah; scarifications, comme ta 'plupart des autres
il commence à Adam et descend jusqu'à Ma- .médecins de l'Amérique, its n'étunchaient
homet. Il été écrit vers t'an 1M2. Nous point le sang qui coulait des plaies qu'ils
iguorons si ces livres font autorité chez les avaient faites ils te suçaient avec ta bou-
Samaritains. che et souvent avec un chalumeau. Les Flori-
JOU(prononcé7oMOu mieux/o-oM). C'était diens croyaient que le souffte et l'attouche-
le véritable nom de Jupiter, considéré comme ment de tours Jouanas ne pouvaient être que
Dieu souverain; son génitif latin est./oMs. satutaircs aux malades. Cependant les opé-
C'est remémevocabtéqui était articuté 'laM rations de ces prêtres médecins étaient accom-
par tes'Grecs, et 7a/to, 7~/tOM, 7e/tdt;(t pagnées de quelques parâtes. Quand tous
(mn~), partes Hébreux. Les Gaulois n'igno- ces remèdes n'opéraient pas la guérison, ils
raient pas ce nom, qui est resté mémc~dans les prescrivaient le bàin et quand ce dernier
langues modernes: ainsi le montJott, dans moyen demeurait sans effet, le Jouanas fai-
tes Aipes,estcctui quetcsRomains appelaient sait exposer te malade à la porte de sa ca-
motM~ot)~; it eu est plusieurs autres du bane, te visage tourné vers le sotei) levant `;
même nom, en différents départements de la et il conjurait cet astre de lui rendre la san-*«
France. Le jour de la semaine consacré à té par la douce influence de ses rayons.
Jupiter, Z)!~ ./ot)! s'appette dans plusieurs Lorsque te Paraousti devait marcher
contrées méridiohàtcs do )a France, Dt-jott, contre t'ennemi.U consultait un des Joua-
et dans le nord Jeu-dt. Voy. Jt)p)T6". nas sur le succès de son entreprise. Cetui-ci
JOUANAS,nom des anciens prêtres païens se ptaçait sur un bouclier, autour duquet il
de la Ftoridc. C'est a eux'que tes dévots re- traçait des cercles concentriques et là fei-
mettaient tes offrandes et les dons qu'its.fai~ gnant de s'entretenir avec te dieu Toy<), il
saient au soleil, leur principale divinité. Les s'agitait d'une manière extraordinaire, rou-
Jouanas suspendaient ces offrandes à des tait tes yeux; se tordait tp9 membres, et se
percttes ptacéesdect)aquec6té dctagtotté tivrait à toutes les contorsions d'un frénéti-
sacrée, et les y-laissaient jusqu'à la'Cn de la que. Après un quart d'heure de grimaces el
91 DICTIONNAIRE DES RELIGIONS. 92
d'aUitu~L's torccfs, te dieu abandonnait son /<(na /)!?; it faut bo:re pendant le Joatu,
ministre, qui~. se relevant tout étourdi, atta'it c'est-a-dirëtejourdeNoë!
rchdre coti~ptë au Paraoustidu suc(ès de sa Quelques auteurs ont cru que les Lapons
confcrencea~ec le dieu; tui déclarait le avaient au contraire imagine tout cëqu'its
npmnre (le ses ennemis, te tien où ils étaient disent des Jot~e< ou génies qu'ita honoraient
campés, et te succès de l'expédition pro- au so)s;ice d'hiver,d'après t'histoiredë la nais-
jetée. sance de
Il entrait aussi dans les attributions des Je,~us-Christ,ët ce qui y est raconté
de t'a? parition dés anges aux b'rgers: Mais
Jou.niasdë maudire t'enhemi. Lorsque teur nous~në nous rangeons point de leur avis.
ministère était requis pour cette cérémonie, JOUR (en tatin.dt'M, en grec ~~K) les an-
un Jouahas s'avançait au milieu de t'assem- ciens en avaient fait, suivant le genre de ce
blée, i;t, tenant en main une petite idote, il mot dans t.ëur tangue. nn dieu ou une dépssp.
prononçai des imprécations, pendant lés; D'après Hésiode, lé Jour et,,) t~ner étaient t
queUcs, trois tommes restaient agenduittésâ à enfants de t'Erèbe et de ta Nuit. Ce poë'e
ses pieds. L'un d eux donnait en cadencé des attie te Jour ave': f'Ëther, parce que son
coups de massue sur ui<e pierre, et les autres ~nom en grec est féminin. Cicér'oi dit que
chantaient en s'accompagna ni du son de leurs !'Ether et le Jour devinrent à leur tour les
catehassës. père <~ mère du Ciel. Il fait mention d'un Ju-
JOUKAHA!NEN, géant dé ta mythologie piter. fi)s de t'Ether et d'un~utreJupttër, fils
(ijinoisë; it voulut engager avec te diea du Cie!, tous deux nés eh Arcadie.tf parte
Wainamôihen une tntte de science et de aussi d'U!! preinier Mert'ure, qui était fits du
forcer dans taquctté it fut vaincu. Cie) ~'t du Jour; entiu il hdfntneune pre-
JQU-LA) ou Ju-tAï.un des noms chinois nnèrë Vénus, qu.i devait sa naissance à la
de Chhkya-ount, le ){ouddHà indien; ce mën'ëuuion.
nom si.;t!iue proprement comme ou atM~Ï
tjeMff. St's nonibrfux sectateurs tu! donnent 'JoMr~ AëMrena; M JoM~ MiaMi'Mt et<a'.
ce titre parce qn'it est venu dans ie monde, Comme )e<!jours de l'homme sont un më-
de manière à n'être plus soumis â de hou- !ange perpétue) d'évén'emetits nëur~ux et
veH(;sn;tiss~ncës. mathëureux.ët que souvent on. ignore tes
JOULU, fe(ëso)enne!Ie en l'honneur du so- causes de ces éteuemeuts;,dh les attribua,
)èit, cêicbree par tés Lapons, et tés Finnojs; dans les temps dé superstition et d'igno-
on là ~sqtéhnisait'depuis ta fin de décembre rance, à la nature méhie des jours tes uns
jusqu'à iamt-janvier; car,a cette époque, !es furent regardés comme o<;s jours heureux
jours com~iiencant a cioitre, le sdtëH semble dans tèsquets on pouvait tout entreprendre
en q'netque sorte renaître et ejtanchér de hardiment et d'autres comme des jours
nouveau sur ta tMrrê cet éctat et cette Joie matheut'cux dans lesquels tout ce qu'on en-
'que !ui ava!e'nt entë~é& tes ténèbres de t'Ri- treprendrait se terminerait d'une manière fu-
\'cr.AtQrs,ditM. Léouzon Leduc, tes Fin- neste. On fut conduit à ces itiéespar tes bons
nois se tivrai.ent a mitté.jeux sih~ùtiers la e) te.s mauvais succès qu'on avait'eus dans
t)ict'eett'hydton)et couronnaient tes <Mt)/h; dés jours parots; on y fut confirme par tes
des coqs étaient immoles eh sacrifice, et la idées qu'on se formait des nombres, tes uns
mèiedc f<jmiHe~ debout auprès du~fi'yer, heureux, les autres malheureux; et par les
buvait.ta première, en rhpnnëur d.u'feu, ré- .qualités diverses qu'on attribuait aux divi-
et disait: nités qui présidaient à ces jours, surtout
panMHde,tatiq~ueur sur.taftamme
jE'~etie-<o( <oM/OM~ dMM(/{aM<, d ma /!atHme aux diverses phases de là 'unp car 'elle de-
mat~ Me6r!t<e M: p/tM </r«Kde ni p~i<s arf/ente. vait avoir ptus~d'inuueuce., étant dans son
Chez tes Lapons, a ia )etë du Juutu, depuis p!du, que !orsqu'et!è décroissait ou ne pa-
te tever de ta tune jusqu'à son coucher, les raissait plus et ceci tenait a ta physique
fem'nlës ne pomajë.nt manier de ta iaine ou n'était bien ptus sûr d'entreprendre des
du chanvre, et tes ttbmmes nëpouvajënt va- voy'ages, des parties de piair.ir ou d'affaires,
quer à aucune occupatid_n (}ui dù.t être ac- lorsqu'on pouvait revenir au c!air de ta tune,
compagiiéë.ne brnit. C'ëussent éteja des que torsqu'on en était tôtatëment privé.
crime;) qtjt'ii aurait fattu expier par des sa- Mais t'o.n abusa d'un petit nombre d'observa-
crifices otierts a ta dresse Ankaka, pout~ t'a- tions physiques pour en faire des' régies gé-
paiser. Dès, te moment du l'on apercevait nérâtes et universëi!ès, et pour teur attribuer
ta tune, te 2~ décembre, dh suspendait au une inuuëncc trop étendue. Ce qui acheva de `
toit de ta cabane un, anneau, par lequel sa tout gâter, c est qu'on marqua sur les calen-
tumièr'e pût. passer. On rendait aussi un driers les jour;, qu'on n'gardait comme heu-
cutte au roi des toutes, appelé Aitès Oirnai ireux, et ceux qu'du considérait comme mat-
c'était uii génie qui commandait à tous tes. heureux, en y ajoutant ce a quoi chacun de
.~ete~ et sur toque! oh faisait une quantité tes jours était bon. Ainsi l'esprit se resser-
de contés. Fo!JuL. rait de ptus en ptus, et l'on était esdave de
LeJouiu est devenu, pour les Finnois et ces jours faits pour t'nommé, qu'on aurait
les Lapons baptisés, ta.tete de.Noët ta nais- dû employer d'une manière uti!ë au genre
sance du Sauveur se célèbre encore en quel- humain el à .soi-même.
ques endroits, avec les mêmes jeux, le même i°LesChatdéens et tes Egyptiens parais-
tuxt: de boisson, due torsqu'it état! question sent être tes premiers qui atcntohse've )a
de l'astre du jour. M. Léouzon Leduc cite 'distinction des jours de là cette superstition
un proverbe ûauois, qui dit JMomctott JoM- passa aux Grecs. Voyez ce que nous en di-
93 JOU JOU 94
1" .'J ,1 '.1 :«'it~ r 1.
sons à.t'artcle
t J AsTR~LOGtH;
t o.
't'ous
1
avons re- dans les caten'driers européens, fabriqués
produit au n° 3 te ptus~'ncie~ caiendrier depuis te H)' siècle de t'ère chrétienne, des
mensuet qui soit parvenu, jusqu'à nous il jours distingués des autres sous te. non) de
est du à tierbf'btë, et il note exactement les J,9uri jEp!/p<!eM.
JoMrs .~Ubyp~ier~i.Cc'ux qu' (hèlii
Ceux qui Hrënt cette
'celte décou-
IJécÓu-
jours proprés à vaquer aux devoirs tes ptus verte ne pouvaient comprendre ce qu'on
imp6rt;))its de la vie, et aux travaux de la avait voulu désigner par là; mais on s'assura
t'
cat~p;)~ne. n,.r bientôt que <'cs jours étaient ceux qu'on re-
2° L<s Romains eurent aussi d'es jours tœu- gardait comme funestes, et dont Hésiode fai-
reux et des jours malheureux. Tous les tën- sait mention. Lenomqu'un teurdonnc prouve
dentains des calendes, des nohës et des ides seulement que les sages égyptiens n'avaient
O~it/ni estimés par eux.funestes et mattieu- pas sa se garantir dé cette faiblesse, com-
rcux. Voici, selon Tite-Live,ce qui donna mune si longtemps à tous tés peuples.
lieu à.cette croyance –Les tribuns militai- Lés, cdncites ont souvent tonné contre ces
res. i'an de Rome 363, voyant que la répu- jours Egyptiens. Saint Augustin teur en avait
UI'qne reccv.nt toujours quctque échec, prë- montré t'exempte, dans un de ses ouvrages,
sentërentrë'juetë au 'sénat pour demander en btamant vivement ceux qui ne voulaient
qu'on en examinai la cause. Le sénat tit ap- pas commencer à bâtir, ou former quelque
peicr )é dev,in L. Àquinius, qui repondit que, autre entreprise aux jours appëtés Egyptiens,
lorsque )ës Romains avaient combattu contre C'est-à-ttire aux jours malheureux.
)es Gautois près du neuve AHia, avec un suc- Le calendrier le plus ancien dans lequel
ces si funeste, oh avait fait aux dieux des on lés trouve est de l'an 33~; sous le règne
sacrinceste lendemain des Idés de juH)et; dé t'empërfur Constance le voici tel qu'il
qu'à Crë'ncre, les Fahi~hs furent tous tués est reproduit par Court de Gébctin, dans son
pour avoir c6m))atiu à pareit jpur~ Sur cette 'ff!~ot're du Ca~em~'ter
réponse, le sénat, de 1 avis <iù cottége des
combattre à. l'avenir, .Janvier, 2 6 1G JuiUet, 6 18
pontifes, défendit'de 725 Août, 6 21
ni de rien entreprendre te lendemain des ca- Février,
-Mars, 32~ Septembre, 2 19
lendes, des no'ies et des ides. 219 21 Octobre, 3 20
Àvri),
ces Jours-là, il en avait d'autres
que chacun estimait malheureux parrappoh Mai, 321 Novembre, 2 2~.
Juin, 720 Décembre,~ 4 14.
à soi-même. Auguste n'osait ricu entrepren-
dre te jour dès Nones d'autres, te dés Ca- On. trouve également des jours Egyptiens
léndes; des Nônes et des Ides. Vitellius ayant dans Saun)aise;dans.Jean Au~brey,dansdenx
pris possession du souverain pontificat le catendriers e('c)é.<iastiques conservés dans la
')8' des 'Calendes 'd'août, et s'étant mis à faire bibiiothèque de Berne, ainsi que dans deux
des ordonnances pour.ta re)igi'6n ce jdur-tà, autres.du vnf ou :x' siècle, conservés dans
eitës furént.mat re'çues, parce 'qu'à tel jour ta. bibiK'thèque de Genève. Mais les jours
étaient arrivés les désastres 'dé Crémère et malheureux sont différents dans chacun de
(i'At))a, suivant Tacite et Suétone. H y avait ces calendriers chaque contrée ayait donc
encore plusieurs autres jours estimés mal- les siens, fixés peut-être d'après, autant de
heureux par les Romains, co'mine le jour systèmes particu)ier~, relatifs sans doute aux
qu'on sacrifiait aux mânes des morts, te ten- ousages ou au ctimat de ces contrées. Dans
demain des Vutçana)es,es fcr!ës tatines~ tes les calendriers conservés à Genève,.te notu-
satùrnatës, ië avant tes nonés d'octobre, .bre de ces jours est même çonsidérabte'nem
)e6< des httsdë n'ovembre.la tête appelée diminué, soit qu'on commençât à s'en dégoû-
Z~M'ttrte~. au mois de mai, li's Noncs dé juil- ter, soit qu'on cherchât à les faire disparaî-
let, appetéesCo~rottKM. lé ,!t~ avant les No- tre entièrement. Voici en effet à quoi ils se
nes d'août, à cause delà défaite de Cannes rMttiispot dans t'un
arrivée ce jour-là le ~des tdes de mars, 25 3 21
J.inv.,25 Mai; Septém.,
parce que c'est lej'our'ou fut tué Juies-Césàr, 3 22
il est fait mention Fev'):, 2~ Ju'm, 1026 OcKibre,
et plusieurs autres.dont 5 28
M:.r's; 22~ .28 Jui).. 13 Novem:,
dans le catendr.ier romain. ~Quelques-uns ne À~.i). 2i 1Août. 1 30 Décembre, 0
taissaient pas de mépriser toutes ces obser-
L'autre catcndner .n'offre qu'un jour
vances, comme ridicules et superstitieuses.
Lucuttus répondit à 'ceux qui voulaient le F.gypiien par mois.
dissuader de combattre contré Tigrane, aux On ne trouve ptus ces jours dans tes ca-
nohes d'octobre, parce que à pareH jour, tendners depuis J~ xnf siècic,~ parce que
t'armée dé Gépion fui t'àillëe en pièces par t'obse'vat.ton eii fut défendue pa<! )? ënh.ci-
lés Cn~bres: ~ou~ dt'M~ttë cej<it<re~ un It-s, et qu'n dnt ~sans doute .1:) main a ce
jour m<!i!t'ettret(~. e/< Men w0t, je le rendrai qu'~s'nt-fussent plus insères dans tes caten-
/t!'«reMJ'. Jutes-César Re taissa pas de faire driers.
au-
passer d'cs troupes en Afrique, quoique tes ih~i d'igno !ie remart}uc'que,dans n< d'au-
!)ion de Syra- cune de ces )i's(ës.onnetrbuv('te
augures fussent contraires. comme ;n)a)h'~réux
cuse combattit contre Denys le Tyran, et le cun mois, jour regarde
vainquit un jour d'éctipse de lune. H.y a par
tant ue niions pil~ ? H~eMreUx.p.frcë
plusieurs auttés exemptes sembiabtes. <)ue Jértisateni f.nt prise par té's Bat)~)')~pns
3° Lorsque, dans tes derniers siècles, on .h- ~7du mois de ttiamuuz paf tuS Egyptiens.
cr.fftt;
c<)tn:ncnca à rassembier les monuments de paicc qu'O~ris tu' renfer«ié *')ai's te
1 antiquité, onfut ~ùft étoncédo trouver te n du ~'ots 'd'Athor par tes Huntains, à
,.m D!CT!0!<iSA!KEDES RELIGIONS 96
cause des.(tcsastres de Crémèreetd'AHia, sept sont piusoumoms ma.neareuses;et
arrives te'17jui))ct. 'tout ce qu'on entréprend, les jours où elles
Oo avait mis en deux vers latins tous les tombent, a une issue funeste.
.jours Egyptiens de l'année. Ces vers sont Il serait fastidieux de poursuivre la même
composés de douze mots, représentant cha- recherche chez les autres peuples de la
cun un mois de t'année. terre; ce serait une répétition continuelle
des mêmes absurdités. Voy. cependant, à
.4t<gM~odecies aua~us <M))t)))e
clangor l'article ASTROLOGIE,ce que nous disons, à
L)~ut<o<Msat))<'co<Mt!co~'MCute-</a«u)t). et
ce sujet, des Chinois, des Japonais de plu-
Tel était l'artifice de ces. vers, qui au reste sieurs autres nations.
ne signifient rien, que l'ordre alphabétique JODSKEKA, génie que les sauvages de
de la première lettre de chaque.syllabe des ~'Amérique septentrionale honorent comme
.mots dont ils sont composés indiquait les ta personnification du Soleil. Cependant il
jours. Egyptiens, de. chaque mois. Ainsi le joue dans leurs traditions antiques le rôle
mot. Ca~t'Ht, représentant le mois de dé- du Caïn de là, Bible. Fils ou petit-fils d'A-
cembre, donnait pour jours Egyptiens le 7, thaënsic, la mère du genre humain, il tua
désigné par <y, septième lettre def'atpha- son frère, appet6.Tahouet-Saron.En puni-
.bet;et le 23, désigné par <, dixième lettre tion de ce forfait, sa race périt à la troisième
de t'alpttahet, en ne comptant pas le A, et en génération, submergée par un détuge en-
commençant par la fin du mois car te dixiè- voyé par te Grand-Esprit, et dans lequel il
me jour d'un moisqui en a 31, tombe sur le n'y eut de sauvé que Messou, le Noé bibli-
22, en commençant par la fin. Cependant que. Foy.MEssou.
ces vers sont faits pour un calendrier diffé- Cependant les Natchez n'avaient pas les
rent de' ceux que nous avons rapportés, .mêmes traditions; car chez eux, Athaënsic.
puisque dans ceux-ci on ne trouve point te déesse de ta.vengeance, était ta femme chef
7 et 16 22 décembre au nombre des jours des mauvais Manitous, comme Jouskeka
Egyptiens. était la femme chef des bons.
Maintenant encore, dans le commun du JOUVENCE, nymphe que Jupiter méta-
peuple,,cette superstition n'est pas com- .morphosa en fontaine, aux eaux de laquelle
piétement déracinée; il n'est pas rare de il donna ta vertu de rajeunir ceux qui
trouver des chrétiens qui, pour tout au iraient s'y baigner.
monde, ne voudraient pas entreprendre une La fontaine, de Jouve~se joue un grand
chose tant soit peu importante en certains rote dans la mythologie musulmane. Les
jours qu'ils croient malheureux. Ces jours auteurs orientaux,disent qu'elle est située
sont principalement le 13 de chaque mois, dans la région ténébreuse, c'est-à-dire dans
les jours de la semaine dans le nom desquels un un pays inconnu, que quetques-uns
quelques-uns placent
se trouve la lettre r, savoir te mardi, le mer- aux extrémités de l'Orient, où Alexandre le
credi et surtout te'vendredi. La supers- Grand la chercha en vain. D'autres la met-
titiondu nombre 1.3 est fondée sur te traître .tent entre le midi et te couchant, vis-à-vis du
Judas, que le peuple s'obstine à considérer trône d'Ebtis .ou Satan. Ils ta nomment en-
comme te treizième apôtre; cette du'ven- core fontaine de vie ou d'nnmortatité. C'est
dredi, sur ta mort de Jésus-Christ, événe- pour avoir bu de ses eaux que !e prophète
ment qui, ayant opéré notre rédemption, Khidhr jouit d'une jeunesse éterneite. Ce
devrait plus juste titre faire mettre ce jour Khidhr.Khizrou Khédereiit confondu par les
do la semaine au nombre des jours heu- Musulmans avec Elie ouPhinéès. Plusieurs
reux. Occidentaux ont pris ce conte au sérieux
t° Cette croyance aux jours malheureux c'est en cherchant la fontaine de Jouvence
ayant régné chez les peuples les plus éclai- qu'un Espagnol découvrit ta~Ftoride.
rés et tes ptus civijisés, on ne doit pas être Les Polynésiens ont aussi une fontaine de
étonné de ta retrouver chez les Musulmans. Jouvence. F'o! KANE-Noui-AKEA.
En 1618, tes Persans perdirent un mois en- JOViAUES, fêtes que les Latins célé-
tier pour s'opposer aux Cosaquèsqui avaient braient en l'honneur de Jupiter. Elles ré-
fait une irruption dans leurs provinces pondaient à cèlles que les Grecs nommaient
septchtriona!és. Les habitants de ces con- Diasies.
trées envoyaient courriers sur courriers JOVINIANISTES. Dans un monastère de
pour demander te plus prompt secours, et Milan, vivait/au iv* siècte. dans tes prati-
on. leur répondait froidement Corner 6e ques de la pénitence, un moine nommé Jo-
~cre& là lune est dans te Scorpion et.it vinien.Mais, dégoûté ptus tard de la vie
fattut que toute cette tune se passât avant :dure.qu'il menait, il se rendit à Rome, où il
'ju'ontes secourût. Nous avons vu à t'ar- .enseigna que la sensuatité et la continence
<icteAsTROLOGtE, qu'ils ont des jours heu- sont par ettes-mémes des choses indifférentes
Teuxët matheureuY qu'its appellent blancs en soi que la virginité n'est pas un état plus
qtnotr~ parfait que le mariage; que Marie n'est pas
5° Les Hindous ont, chaque semaine, trois demeurée vierge après son divin enfante-
;ours .répatés malheureux savoir te di- ment. Toutes ces opinions étaient mê!ées aux
manche, le' mardi et te samedi. On ne doit, principes du stoïcisme et aux subtilités de
ces jours-là, entreprendre aucune affaire quelques autres hérétiques. Ainsi soute-
importantc,.ni se mettre en v.oy~ge. Sur les nait que toui: les péchés sont égaux, que les
vin~t-scpt étoiles de chaque mois tunaire, personnes régénérées par le baptême ne
JUB ;3UB 98
peuvent être vaincues par le démon que la batiquc, dans laquelle on laissait reposer la
chair de Jésus-Christ n'était ni véritable ni terre et au bout de sept fois sept ans, c'est-
semblable à celle des autres hommes. Une à-dire quarante-neuf ans, venait l'année ju-
doctrine si facite eut à Home un assez grand bilaire. Quelques-uns font remonter le pre-
nombre de sectateurs plusieurs renoncè- mier jubHé à l'an M après la sortie d'Egypte;
rent à ta pénitence et à la mortification, pour~ mais il ne parait pas qu'il ait été observé
mener une vie motte' et voluptueuse. Les régulièrement chez les Juifs, car i) est im-
protestants ont adopté plusieurs de ces er- possible de constater par 1 Ecriture sainte ta
reurs, et en particulier l'inamissibitité de ta célébration e~ec~tt'e d'une seule année jubi-
grâce. Jovinien fut condamné par lé pape laire. En effet, lorsque Dieu porta ta loi de
Sirice, l'an 390, et-par un concile tenu à l'année sabbatique et de l'année jubilaire, il
Milan. s'était engagé à répandre une bénédiction
Les Hetvidiens et'tes Anti-Marianistes; abondante sur la terre chaque sixième et
Anti-Mariens ou Antidicomarianistes, pro- chaque quarante-neuvième année, de ma-
fessaient à peu près les mêmes erreurs. nière à lui faire rapporter te triple des an-
JUBA, roi de Mauritanie. Minutius Félix' nées ordinaires et ce)a à condition que les'
dit que les Maures l'honoraient comme un Israélites demeureraient fidèles à observer
dieu. On dit aussi qu'il avait un autel dans s'es ordonnances. Or, ('histoire fait foi que
l'Attiquc, ce qui est fort peu probable, tl ce peuple violait fréquemment les comman-
serait possible que le nom de Juba (pro-' dements, abandonnait même le vrai Dieu
nonce 7o[<u<t) fût le même mot que 7e/!ot~t. pour adorer de vnines idoles, et que Dieu les'
JUBË, tribune ou gâterie élevée dans tes punissait par )a guerre, ta stérilité des ter-
églises, qui sépare te chœur d'avec la nef, res et d'autres uéaux ita étaient donc obti-
et sur laquelle on récite t'évangite et on fait gés de cultiver la terre, tes années sabbati-
des lectures publiques aux messes solennel-' ques et les années jubilaires, pour pourvoir'
les on n'en trouve plus que dans les ancien-' à téur subsistance; et.la loi demeurait tou-'
nés églises. Le plus beau jubé qui existe en- jours la même, pour leur reprocher qu'ils
core se voit' à ta Madeleine de Trbyes; il a avaient été les premiers à violer le contrat.'
36 pieds de long sur 2~ de haut ou environ 2° L'institution du jubilé public, dans l'E-
c'est' une véritable broderie en pierre: Le glise catholique, peut être rapportée à l'an-
nom de Jt<6~ vient de-ce que le diacre ou le, née 1300, sous le pontificat <ie Honiface;
lecteur demande communément la béné- mais vers la fin dé l'année 1200, lé peuple'
diction avant de tire, par ces paroles Juhe, déjà disait hautement que c'était; un ancien'
Domne,6eKedtcere: Monsieur, veuillez me usage del'Egtise, que; chaque centième an-
bénir. née, on gagnât une indulgence plénièré, en
JUBILAIRES. C'est te nom que l'on don- visitant t'égtise de Saint-Pierre. Boniface,
naït, dans quelques chapitres, aux chanoi- informé des bruits qui couraient, fit cher-
nes qui avaient assisté régulièrement aux cher dans les anciens livres mais l'on n'y
offices pendant tout le temps qu'exigeaient trouva rien qui autorisât cette opinion, tl
les statuts capitulaires. interrogea un vieillard âgé de 107 ans, qui'
JUBILÉ.' Le mot Jubilé a saracinedahs lui répondit en présence de plusieurs té-
plusieurs tangues anciennes; en tatinjM&t- moins a Je me souviens qu'à l'autre cen-
lus signiHe un cri de joie, un mouvement tième année; mon père; qui était laboureur,
expressif d'allégresse en hébreu iobel. vint à Rome, et y demeura pour gagner l'in-
exprime le son de la trompette guerrière, et dulgence jusqu'à ce qu'il eût consommé tes
une époque de joie univers'elle. viv'és qu'il avait apportés. Il me recom-
1° Chez les Juifs, le Jubilé ou l'année du' manda d'y venir la centième année ensuite,
Jubilé était une époque qui se renouvelait' si j'étais encore en vie, ce qu'it ne croyait
tous les cinquante ans, et atbrs toute chose' pas.xSurle'témdignage de ce vieiHard/et
devait revenir dans son état primitif. Cette voyant que déjà un grand nombre de pètë-
année était annoncée solennetiement au son rins se mettaient en route pour Rome, Bo-
des trompettes. On laissait alors les terres niface fit publier une butte portant que ceux
sans les cultiver; tous les biens qui avaient qui visiteraient, en t'année 1300, et tous tes
été aliénés ou vendus revenaient à tours cent ans ensuite~lfs basiliques de Saint-
premiers maîtres les esclaves devenaient Pierre et de Saint-Paul, après s'être confes-~
libres; toutes les dettes étaient remises, et sés de leurs péchés, gagneraient une indul-
les travaux de l'agriculture interrompus les gence pténière; mais dans cette buUc it n'é-
productions de la terre étaient abandonnées tait point encore fait mention de Jubité. Le
aux pauvres. L'institution du Jubilé avait pape Oément VI donna le premier ce nom à
pour but de rappeier aux Israélites le sou- cette institution, et en abrégea te terme, en
venir de la servitude de l'Egypte, sous le ordonnant qu'elle fût cétéhrée tous les c'n-,
joug de laquelle avaient gémi leurs pères, quante ans. Le second jubilé eut donc lieu
d'empêcher que les pauvres ne fussent o;)- en 1350. Urbain VI, en 1389, Sxa ccHe pé'
pritnés et retenus dans un perpétuel escla- riode à trente-trois ans, ce qui fut observé
vage, et que les riches ne vinssent peu à par Mmtiu V, en 1~23; mais Nicolas V, vou-'
peu à s'emparer de toutes les terres. Le Ju- tant se conformer à la bulle de Clément Vt,
bilé arrivait donc deux fois parsiècte il est célébra un Jnbité en H50. Pau) IL désirant
fondé cptumc la semaine sur le nombre sept; en considération de la courte durée de ta vie,
tous les sept ans il y avait une année sab- que te ptus grand nombre possible dé ndètës
99
btCTiONNAtREDÈSMUOÔNS.
participât à t'tndntgence <)nTnh!)A-À~t
du Jubiié, réduisit Pant-hors-des-Mufs. Ces caronaux,
sa célébration à chaque quart de siècte.!) après
y avoir reçu à genoux les ordres du souverain
eut doncJuhi)égénéra)jBnH75,snus Sixte IV- pontife, se rendent à ces églises, précédés
et '?' ~S'-c'f) ans, Jusqu'en des trompettes, des 'hautbois et d'une es-
tannée 1825. a ~exception de i'an ~800. où couade militairé.
un Pour lui, it se réserve le
!aréYo)utiqnfra')ç;)ise fut onstacteasa soin d'ouvrir,~ porte de Saint-Pierre qui est
cétébrattqn teftement que le dernier Jubité murée ce qù'it fait avec tes cérémonies
neut heu qu'au bout de cinquante ans.
La suivantes ie prince du trône lui présente
présente année 1850 devrait être jubilaire un marteau d'or que te saint.pére
mats le souverain pontife Pie IX se prend de
trouvant la m:on droite ensuite il se tève de son
étotgne deRome par ta facUon'rëpublicaine, trône pour. atter heurter a ta porte sainte. Jt
te Jubtte n a pu être p.ubhé, De ptus les souve-
ra)ns pontifes ont coutume de frappe à trois reprises diu'érentes. en disant
pubtier unJu- a chaque fois ~per~e
a Ouvrez-moi M!)t por<M'~<~f<c,
b'!é,t'anneede)eurexaiftatiohausaint-siége
avec cette différence cependant, tes portes de justice. M Le
que~dans ctergé qui te suit répond par ces paroles
ce dernier on n'ouvre pastes portes'saintfs «-C'e$t ici la porte du Seigneur. les justes
Jusqu'à t'an IMo, it fatfaitabsotumentse y
entreront, etc. a A)ors les maîtres maçons
rendre a Rome pour gagner tes
mais tes Rpntifes, indigences; abattent le mur, et le souverain pontife re-
successeurs de Sixte IV tourne sur son trône, jusqu'à ce que la place.
ont dispensé ;es ndétes de visi.<er ta ait été déblayée; tes matériaux
capitate en sont re-
du monde chrétien, et ont accordé les mcmps cuejttis par les dévots qui les gardent soi-
ijidutgences a ceux qui visiteraient les éli- gneusement comme des relique
ses ou chapelles déstgnées par tes La porte
ordinaires est ensuite javée et nettoyée avecdc ;'eau
des i'eux ce qui a singulièrement
{ii'minue hénite. Le pape descend ensuite de son trôner
le nombre des pèlerins
qui se rendaient a en commençant l'antienne. ~<Bfdtes ~M
Rpme.etquis'était montéâ it,~00,000 enl330f .Pom:nM~, etc., que le
"Le paue, dit fauteur du 7'«~MM ~e'~ /ec~ choeur continue.
Arrivé à ta porte sa)nte, jt récite quelques
Cot<r~ Tfpme, mitmete JubHé univers~, o)-a:spns. prend ta croix, se met à genoux,
dans ja capitate de ia chrétienté,
par une entonne te re ~eum, se relève et entre-enup
butte qu')t fatt pubtjerie jour de dans ta basititjqe suivi de tout te
l'Ascension ctergé' et
de l'année précédente, quand it donne )a hé. de ta foute du peuple. Le
lendemain, jour de
néd)c{<on sotenneHe. Un spus-~diac're ,)pos- No~' 'e pape v.a à la toge de bénédiction/et
tpiique commence à pubtiec ce Jubïté, devant donne au peuple une. bénédiction sotennette
ja cour romaine, par I<f lecture de )a enformedeJubijé.M
buiie, qu) est en tatin; et un autre sous-dia- Bonifiée VHi, instituteur du Jubilé, avait
cre ta lit à t)aute voix devant le ordonné que, pour gagner tes indulgences,
pëupte/en
tta)jen. Inconttnent après, tes douze trom- on v;s)tât tes basiliques de Saint-Pierre et de
pettes prdinatres du pape eommencept des ces deux églises Ciément VI
Samt-Paut;
fanfares et, quejques moments ensuite, ajouta cette de Saint-Jean-de-Latran et
douze veneurs sonnent do' jeurs cors'd'ar- Urbain Vi, cette
gent, avec une'es(3èce de concert qui s'ac- deSajnte-Marte-Majeure.
Dans It) suite on en visita
corde a.yec tes trompettes; en même'temps une cinquième,
qui est Saint ~Laurent !)ors- des -Murs, et
le château Saint-Ange f~tit une on
décharge de comme rencontre, chemin faisant, )'e-
toute son artitterie. Le .quatrièin'e dimanche gt)se de Samt-Sebastien et cette de Sainte~
de t'Ayen;, les sous-d!acres Croix de
apostotiqu'csnu- Jérusatem, ceta forme en tout tes
b.)ient une seconde fpista butfe du Jubj)e;. j. sept églises
que es péterins se font un de-
et, tes trois jours qui précèdent immédiate- voir de visiter. Ces pètcrin'igë~ doivent se re-
ment ia fête de Noët, les cloches de'ta nouveler trente fais;jnaiste
viji'e papeMtgràce'de
annoncent de toutes part:, une solennité dont iamothe décès visites aux f<de!es
t'ouverturc se doit faire te lendemain. Le 24 étrangers.
Une des grandes dévotions du Jubité est de
décembre, tout ie.ctergé sécutier et 'rcgutier monter a genoux ta Scula ;;an<«; ou le Samt-
s'assemble au patais apqstoHqù&.et de la Escatter.ph donne ce nom à vingt-huit
s'en va en proccsstpn de-
à ~aipt-Pferre .~u Vati- grés nui sonates mêmes,'assure-t-on', qm
can; mais te'ciergéctan~. arrivé dans ia. turent honorés tes pas de J'ésus-Chr'~s!,
par
grande p!ace qui est devant~ Saint-PÏerre, lorsqu'il toonta au prétoire de~Caïpbe ou"~
trouve tes portes de cette egfise fermées, et celui de P'I.'te. pn prétend même qu'il
toutes tes entrées du portique 's'y
oc'cupees'par conserve une'goutte du sang du Saufeur
<!es gardes qui empêchent ta fottied entrer. <couverte <<'une petite
Le pape, tes cardinaux et les évcques, revé~ )1 gr.itte dé cuivre. Ar~
r~éau haut de ta ~c~a, te'peterin récite une
tus de.tcurs parements .de damas b)anc. et)a Re~He prière, et pénètre dans te sanct~atre,
mitre en jéte~ danstachapeUe < i l'exception des femmes, qui doiyent se con-;
s'assemblent
Sixtine, ou Sa Sainteté entonne le reMt'Crea- t enter de rester
tor, tenant a ta main un ciergeaHumé. a ta porte..
Tous Le Jubtié Ht'tirait autrefois à
les cardinaux, en ayant de mê)ne. sortent Rome, ainsi
t lue nous t'avons dit, une
chacun en son rang, et vont sous te foutja immense~de
porli- 1)èterms, qu) s'y rpndaient de toutes tes con-'
que des 'Sujsses. o~ ic pape nomme trois t récs de ta eties
d'entre (;ux tégats a ~erc, faire v''otjards chrét)entë.Le~ipurmes
pour'atter s'y taisaient porter'en~ittèrc.' À~u
t'ouverture delà p'xte de Saint-Jea'n-de-La- ~rpmier Jubité, ~ous Boniface V'm, on le
trau, de Satnte-Marie-Majeure~tde Saint- ti~rqua u)) Savoyard, âge de pius d<; ceu)
~01 J~B JUB iM
ans. porte comme en triompne par ses en- JEUX. Plusieurs auteurs catholiqués trou-
fanls. Quoique ce genre de dévotion soit au- vent une certaine conformité entre les têtes
jourd'hui~ beaucoup moins accrédité. sur- séculaires des Romains et le Jubilé des chré-
tout dcpms que le souverain' pontife étend, tiens. Il semble même que les souverains
l'année suivante, )e Jubité à tout te monde pontifes aient voulu par des cérémonies
chrétien, et depuis que tes iiidutgenccs pté- analogues, détourner les romains d'une so-
nières ont e)e prodiguées,' ccpen'dant it a a lennité païenne, à laquelle ils étaient si fort
toujours à Renie, dans t'annpe du Jubité. un attachés, qu'un empereur chrétien ne crut
certain npmhrede pèlerins. Lés prêtais et tes pas devoir s'opposer à sa célébration. 'Et
srigneurs tes ptus'distingués de Rome leur comme nous avons vu plus haut que cette
tarent humblement les pieds. Le pape lui- dévotion est originairement venue plutôt du
même; et les cardinaux à son exempte, ne peuple que des pasteurs de l'Eglise, il se
dédaignent pas de les servirà table. !tsne s'en pourrait aussi que les peuples de t'ttatie
retournent jamais sans être munis de chape- eussent contracté l'habitude de se rendre à
lets, de médailles et d'agnus, que le saint- Rome, en pèlerinage, tous les cent ans, en
père leur fait distribuer tibératement, et, ce vertu de t'ncienne coutume où étaient leurs
qui est plus précieux, sans avoir obtenu la pères de célébrer avec grande pompe les
rémission entière des peines dues au péché. fêtes séculaires d~ns ta~ capitale de l'empire.
Le Jumté finit par ta clôture des portes Onuphrc compare formellement le Jubité aux
s.untes. Oh les ferme la veille de Noë). un an fêtes séculaires. «Qn y faisait, dit-it.t'ex-
après teurouverture.Lepape, les cardinaux, piation des péchés de Home; on promettait
h' ctergé et les personnes distinguées de la de mieux vivre et notre Jubité nous accorde
cour de Rome se rendent à Saint-Pierre en le pardon général de nos péchés. M Tur)m,
habits de cérémonie. On y chante les vêpres, dans sa dissertation de Ludis MpcM~an~,
après tesqueHes le clergé va, un cierge à la nous fournit de nombreux points de compa-
main, rendre ses hommages à la sainte face, raison. On pubtiait solennellement, di[-i),
connue sous le nom de Véronique. Ensuite les jeux sécutaires, de même qu'aujourd'hui
le pape entonne t'antienne :CMtHjMCMMd:<a<e l'on.publie le Jubilé par des bulles envoyées
e.Et<<tiM.etc. Vous sortirez avec joie, etc'. » à tous les princes chrétiens. On. visitait aux
Dès que t'antienne estcommencéc, chacun se jeux séculaires les temples des deux gran-
hâte depasi-er par la porte sainte. Le saint- des divinités du paganisme, de même qu'au-
père s'approche ensuite de la porte, bénit tes jourd'hui l'on visite pendant te Jubilé tes ba-
pierres 'et te ciment destinés à la fermer; et siliques de Saint-Pierre et de Saint-Paul, de
pose lui-même la première pierre, sous la- SaintJean-de-Latran et de Sainte-Marie-
quelle on jette quelques médaittes comoté- Majeure, Les expiations et les tustrattons
moratives. Le pape retourne à son trône et des jeux séculaires étaient regardées comme
se tave les mains pendant que l'on chante, très-propres à procurer la rémission des pé-
Salvum /ac populum, etc. Les maçons achè- chés, à satisfaire les dieux et à détourner
vent de murer la porte, au milieu de laquelle leurs châtiments; l'objet du Jubité est d'ex-
on enchâsse une croix de'cuivre. La céré- pier les péchés, de satisfaire à la justice d<-
monie se termine par ta bénédiction ponti- vine, etc. Les offrandes que le peuple faisait
ficale donnée par le'pape dans ta loge destj- pendant ta cérémonie des jeux séculaires
nee a cet effet. peuvent en~ quelque façon, être regardées
3° En 1617 tes luthériens célébrèrent le comme t'équ)yatent des qbtatipns qu'on fait
Jubilé de leur réforme ;.etits ont continué pour obtenir les )ndu)gences. Autrefois t'em-
depuis. Voici quettes sont les principales cé- pereur, en qualité de souverain pontife, pré-
rémonies de cette fête, qui dure plusieurs sidait à ta cérémonie et en était te chef, de
jours. Les citoyen~ les plus distingués de la même que le pape l'est aujourd'hui du Ju-
ville se rendent dès le matin à l'hôtel-de- hité. Quelques médaittes nous représentent
vittë, revêtus de manteaux noirs et (le là i'emp<'rcur romain frappant à la porte d'un
ils vont processionnettement à ta principale temple avec une verge, en qualité de direc-
égtisè du tieu. Ils rencontrent en chemin te teur des jeux séculaires te pape fait aujour-
ctergé et.les cottéges qui se joignent eux, et d'hui la même cérémpnte avec un marteau
forment -une procession régulière et nom- en conséquence de ceta les portes sacrées
breuse. On arrive eh bon ordre à t'egtise, qui s'ouvrent à l'un et t'antre. La cérémonie
ce jour-tà est jonchée de Heurs et parée de païen ne étajtaccompagnéo d'hymnes, conunc*
ses plus beaux ornements. Hien.tôt'lie re- aujourd'hm la célébration du Jubité. E~() )
tentit du chant des psaumes et des cantiques, les empereurs ont souvent chan.gé te terme
dans tesquet~ on cè;èbre le triomphe de Lu- Hxé ppur sptenniser les jeux séculaires,
ther et de la Réforme, la défai.te du pape et comme tes papes ont ptus.tard apporté 'd~s
de l'Eglise romaine. Lea instruments se joi- modifications a t'épbqùo origiha'rcment dé-
le w
gnent, aux voix, et forment une harmonie terminée pour Jubilé.
complète. A cés chants de victoire succède 5° Les habitants du royaume de Laos ont
un proche ou sermon, dont le sujet est t'éta- une espèce de Ju_bité tous te$ ans, au 'mots
btissement du luthéranisme. d'avril, pendant tequet tes bonxcs'pu~ata-
~° Les anciens Romains avaient un véri- poins distribuent des indulgences pténieres.
table Jubité qui arrivait tous tes cp~f)'. ans.; Qn.expose alors ta statue du bouddha C''a-
nous en donnons la d.(.'scrjpt_ion ci-dessus kya-Mouni, sur un tieu éminent au miticu
sous le titre de Jeux séculaires, à l'article d'une vaste cour. t)i)'os )a capitate du p'~s,
i03 D!CTtONNA!RË DES ItELICtONS. io4
cette idole est placée an milieu du couvent, leurs yeux tournés sans retâche du coté dé
dans-une tour haute d'environ cent coudées, l'Orient, chacun commençait à respirer; te
et percée de quantité de fenêtres spacieuses, soleil était salué, son )ever, par des hym-
afin qu'on puisse la voir facilement. Autour nes et des chants d'allégresse, accompagnés
du dieu sont suspendues plusieurs feuilles du son des instruments de musique. Les
d'or, dont l'agitation a pour but d'éloigner Mexicains se féncitaient alors les uns les au-
les mouches et les insectes; mais en se ba- tres de ce que la durée du monde était au
lançant au gré du vent, elles forment. par moins assurée pour un autre siècle. Ils al-
leur frottement tes unes contre les autres un laient aux temples en rendre grâces aux
petit bruit argentin et assez agréante. Des dieux, et recevoir du féu nouveau de la main
t'atapoins se tiennent constamment auprès des,sacrificateurs. On allumait ce feu nou-
det'ido!epour recevoir les offrandes que les veau devant les autels, par le frottement de
nombreux pèlerins necessent de lui apporter deux morceaux de bois après quoi chacun
continuellement, et qui consistent en or, en faisait-de nouvelles provisions de tout ce qui
argent, en riz, en toitcs, en étoffes, et en était nécessaire à sa subsistance, et l'on cé-
une multitude d'autres objets~ lébrait ce jour-là par des réjouissances pu-
Tous les jours de ce mois, on prêche dans bliques., On ne voyait par la ville que des
le temple, et les orateurs s'efforcent de per- danses et autres exercices d'agitité, consa-
suader à leurs auditeurs qu'il n'est point, crés au renouvellement du siècte, de la
dans toute l'année, de temps ptus propice même manière, dit l'auteur de la Con~M~c
que celui-là pour se rendre digne de rece- du Me.rt~Me, qu'en usait Môme autrefois dans
voir les biens et tes avantages de cette vie, les jeux séculaires, quoique le motif en fût
et pour se disposer à posséder les récom- différent.
penses de ta vie future. Tous les tribunaux ~JUDAÏSME. 1° C'est une croyance assez
sont fermés on cessé de vaquer aux affaires commune que le judaïsme a été pendant
publiques ou particulières; on ne s'occupe longtemps la seu)e rctigion véritable qu'il y
que d'œuvres de dévotion. Là, comme par- eût sur là terre; je trouve même cette pro-
tout, ceux qui se sont donné la mission d'a- position formeHement émise dans le Dtc~ton-
muser )ë peupte, proutentde ta circonstance nuire des Ctt~M religieux c'est cependant
pour faire de l'argent; des troupes de musi- une erreur grossière. En effet, lorsque Dieu
ciens, de danseurs, des batadins,-donnent piaça l'homme sur la terre, il lui révéla ce
des concerts, des spectacles, des représenta- qu'il devait croire, ce qu'il devait attendre et:
tions théâtrales. La clôture du JùbUé a tien ce qu'il devait faire. Cette révéiation primi-
par un discours prononcé par un des tata- tive peut se résumer en la foi à un Dieu uni-
poinsles plus éloquents. que, en la nécessité :de lui rendre un culte,
6° Les Mexicains célébraient tous les qua- de faire le bien, d'éviter te mal en ia,
tre ans une espèce de Jubilé; c'était une croyance à t'immortatité de rame, aux pei-
fête expiatoire et solennelle qui procurail. nes et aux récompenses de l'éternité, et enfin.
une rémission des péchés générale et com- en l'attente d'un rédempteur, ou au moins
plète. On assure qu'à cette occasion its d'une réparation future.. Ceux qui. obser-
immolaient plusieurs victimes humaines, et vaient ce symbole étaient dans la droite
qu'il se faisait entre les jeunes gens u~he es- voie; aussi voyons-nous que le Tout-Puissant
pèce de dé(), à qui monterait te plus vite et: n'y ajouta dans ta révélation faite à Noé,
d'une séutehateihe jusqu'au sommet du que ta défense de manger du sang, sans
temple de Tescalipuca. L'entreprise était des doute pour prévenir de grands crimes qui
plus difficiles, car 'elle attirait de grands ap-~ avaient été commis avant tedétuge, ou bien.
piaudissemcnts à ceux qui avaient tagtoire~ parce que Dieu permettant alors pour la
d'arriver les premiers au but,' et ils étaient~ première fois de se nourrir de la chair
par ta suite distingués de leurs compatriotes. des animaux, voulait inspirer une certaine
Us avaient de plus te privilège d'enlever tes 3. horreur de l'effusion du sang. Plus tard,
viandes sacrées, a~xquettes les prêtres~. lorsque Dieu parla si fréquemment à Abra-
seuls avaient te droit de toucher. w ham.nous ne. remarquons de prescription
Mais ce qui peut à meitteur droit passer nouvelle que t'ordonnance de la circoncision:
pourteJubiié des Mexicains, c'étaient Ies'% mais, en imposant cette pratique à Abraham
réjouissances qui avaient lieu au commen- et à sa race, le Seigneur ne lui en fait en
cernent de chaque siècte, qui, suivant teur ,t aucune façon un point de religion H ne l'y
calendrier, n'était que de cinquante-deux~. oblige que comme signe d'un contrat parti-
ans. Comme ils avaient appris par tradition r culier passé entre lui-même et la postérité
ou autrement que l'univers devait périrai du saint patriarche; le récit de la Genèse dé-
l'nne de ces époques~ lorsqu'on était arrivé J:' montre que c'était la marque distinctive d'un
au dernier jour (te ta cinquante-deuxième peuple particulier, et qui ne regardait point
année, ils se préparaient au bouleversement les autres nations. !t y a plus c'est que si
de la nature. Persuadés qu'ils allaient mou- -t toutes les autres nations eussent observé la
rir; ,ils brisaient leur vaisseite, éteignaient j r même coutume, le but de la Providence était
les feux, couraient toute ta nuit comme des ·. manqué. H n'y avait donc encore rien de
geusquiont perdu l'esprit, etattendaient avec } changé à )a religion véritable au temps d'A-
anxiété' te moment où tout te monde allait Ji braham; H en fut de même sous les patriar-
être précipite dans la région des ténèbres. r ches suivants jusqu'à Moïse; dans .tous les
Mais lorsque te crépcscutc reparaissait à v pcuptes de la terre on pouvait donc sauvât
405 JUD JUD i06
~J f-~
son âme en suivant .es prescriptions faites's nécessaire pour préparer ce grand événe-
aux premiers hommes. Ainsi Metchisedec ment, et pour conserver le dép~t de ta tradi-
Lot, et sansdoute un grand uombred'autres, tion et de la révélation.
n'étaient pas exclus du salut pour n'être pas Si cette loi n'est pas, à proprement parler,
circoncis les Egyptiens eux-mêmes et plu- un code religieux cependant elle est basée
sieurs autres peuples n'étaient probablement tout entière sur la religion seul lien capa-
pas encore tombés dans l'oubli des vérités ble de maintenir les hommes les peuples et
primitives. les gouvernements seule et véritabte sanc-
Mais vers t'époque de Moïse, il y avait déjà tion des tois, des prohibitions et des précep-
longtemps, que le sabéisme et l'idolâtrie tes c'est ce que les 'nations modernes parais-
avaient fait de grands progrès on voyait sent ne pas comprendre mais ce que
successivement les peuples de l'Asie centrale savaient fort bien les législateurs des nations
et occidentale abandonner le culte du vrai antiques; et c'est à ce fondement religieux
Dieu pour prostituer leurs adorations et leur que les peuples anciens durent d'avoir pu
encens aux astres ou à de vaines ngures. H subsister si longtemps avec gloire.
était â craindre que la famille que Dieu avait Mais il y a entre les Juifs et tes nations
choisie pour être dépositaire des promesses païennes cette énorme différence que ces
et préparer l'avénement du Rédempteur ne dernières, en se soumettant aux constitutions
vint elle-même à subir la contagion gêné- qui leur étaient imposées, avaient dû s'en
raie, et son histoire suivie nous prouve rapporter à leurs législateurs, qui avaient
qu'elle rie pouvait s'en garantir que par une supposé soit des entretiens mystérieux avec
action perpétueUe et directe de la Providence. des génies, soit des livres apportés en secret
h devenait donc nécessaire que cette famille, du ciel tandis que chez les Hébreux tout
ce petit peuple, fût soumis à une organisa- s'était passé d'une manière ostensible et
tion, à des lois el à des prescriptions particu' frappante; aussi Moïse rappette-t-it incessam-
lières. Or, la loi mosaïque n'avait pas d'autre ment'à ses auditeurs les merveilles dont ils
but cela est-si vrai que son code est con- avaient été et étaient encore les té'noins et
stamment appelé <ot, et non point religion.. t'objet..Moïse ne met jamais en avant une
C'était si- peu un nouveau système.religieux, vision personnette, un ordre reçu en secret
qu'il y est à peine fait allusion aux dogmes de la divinité mais les plaies d'Egypte, le
primitifs tels que l'immortalité de l'âme, les passage de la mer Rouge, la voix formidable
peines et les récompenses futures, qui étaient qui avait tonné les commandements au bruit
des vérités qu'aucun peuple n'avait ou- des foudres et au son des trompettes céles-
bliées et si le législateur insiste si fortement -t tes, l'eau sortie du rocher, la nuée lumi-
sur le dogme fondamental, l'unité de Dieu et neuse couvrant sans cesse le tabernacle, la
l'incommunication de son essence c'est manne qui tombait du ciet depuis quarante
parce que c'était précisément le dogme qui ans à l'exception du jour du sabbat, etc.
avait reçu les plus graves et les plus funes- etc. événements qu'il se fût bien gardé de
tes atteintes. Mais rien n'était changé au faire intervenir, s'il se fût trouvé ta tout un
symbole primitif; les autres peuples pou- peuple pour le démentir.
vaient donc très-certainement se sauver sans La loi mosaïque est donc'divine, et en
suivre la loi judaïque aussi voyons-nous effet tout en elle porte ce cachet; rien de
que les Israélites n'avaient pas pour mission ptus pur que sa- doctrine et sa morale. H
de faire des prosélytes et lorsque Naaman n'en est pasdela toi des Hébreux comme des
le Syrien voulut embrasser la vraie foi te livres sacrés des autres peuples, qui se con-
prophète Elie ne lui imposa d'autre obliga- tredisent à chaque, instant où l'on a une
tion que de renoncer au culte des idoles. Le peine infinie à déméter les vérités premières
saint homme Job et les patriarches, ses amis, et fondamentales du fatras de mythes, de
ne faisaient point partie du peuple hébreu personnifications, de déiGcations et d'événe-
plusieurs peuples ont pu également marcher ments extravagants ou absurdes. H.y a, il
dans la bonne voie en dehors de la loi mo- est vrai, dans la Bible des prodiges, mais ces
saïque. Les Chinois surtout paraissent avoir prodiges sont naturels; si l'on peut parler
conservé plus longtemps que les autres ainsi, c'est-àdire, qu'ils sont pour la plupart
nations la croyance en un Dieu unique et au-dessus de l'ordre naturel des choses,,
spirituel. mais non point contraires à l'ordre métaphy-
JI ne faudrait pas cependant accorder à sique; its sont raisonnables, déduits des faits
nos paroles plus d'extension que nous leur précédents et on en sent involontairement
en donnons; par le fait, le peuple hébreu se le besoin en les lisant.
trouvait, dans les derniers temps surtout, à Aucun peuple ancien n'a eu une connais-
peu près le seul peuple qui eût conservé sance, plus claire et ptus exacte de ta divi-
purement les traditions primitives et qui nité. Il y a un Dieu, dit la loi et il n'y en a
rendit au vrai Dieu le culte qui lui est dû; qu'un. Ce Dieu mérite seul d'être adoré. Etre
or, comme it n'en était venu là que grâce à suprême, source nécessaire de tous les êtres,
une action continuelle de la Providence, il nul autre'ne lui est comparable. Esprit pur,
en résulte premièrement que toutes tes na- immense, infini., nutte forme corporelle ne
tions de la terre avaient un immense besoin le peut représenter; II a créé l'univers par sa
non-seutement d'un réparateur, mais "d'un puissance, il le gouverne par sa sagesse il
docteur universel; et en second lieu, que ta en règte tous les événements par sa provi-
loi mosaïque ou judaïque était absolument dence. Rien n'échappe à son ceit vigilant
DtCTtONN DESRBUGtONS.H!. &
{08
,0~ DICTIONNAIRE. DES REL)G!ONS.
et ses gardes le tabernacle son
tous tes b'ens et les mau~ partent dp sa piain ses ofGciers il ses lois donnait ses
équitable et comme c'est de tui que tput patais..Là, expliquait
vient, c'est à lui qu'ii faut tout rapporter. ordres, et décidait de la paix et de la guerre.
en même temps qu ob-
Des ministres de son cuite sont mstttués. des Monarque suprême
il réunissait tout à la fois sous
et des sacrifices étabtis mais toute jet du culte,
ob)aUons )e nom de 7~000, l'autorité civile et l'auto-
cette pompe n'est rien à ses yeux, si les sen-
rité religieuse. Ainsi l'état et la religion ne
timents du coeur ne raniment. Le cntte qu'il les deux puissances, loin de
c'est faisaient qu'un
demande avant tout e; par-dessus {out, se prêtaient un mutuel ap-
dépendance absolue et de son s'entrechoquer,
l'aveu de notre et t'autorité divine imprimait même aux
domaine suprême, ta reconnaissance de ses put;
la confiance ep ses miséricordes, tois civiles un caractère sacré, et par consé-
bienfaits,
et l'amour. Je suis <«t gMt e~; tu quent une force qu'elles n'eurent en aucune
la crainte
ne te législation.
M'q}<f<M pptnt d'attiré 0<eM que mot, tu Sous Jéhpva chef, son lieutenant et
st~M~crespoM)!- <es adorer; tu un
/'eras point de son vice-roi, gouvernait la nation conformé-
!m;
adoreras <e ~e~neMf et tu MeMrt)tf<M que ment à ses lois. Il la commandait dans la
<tt anHeras !<er~e<. <ot! Dt~M, de <oM<ton
ton <!me et de <o!4<es <M /'orcM. guerre, il la jugeait pendant la paix; la mort
c~ttr, ~e <OMte était la peine de la désobéissance à ses
Idées vraies sublimes, et qui distinguent
le de tous ordres mais son autorité n'était ni despoti-
éminemment tégistateur hébreu des 'nem.
les législateurs anciens. que, ni arbitraire. Un sénat, formé
mo- bres les plus distingués de toutes les tribus,
Quetto pureté, qne!le béante dan§ sa lui servait de conseil il en prenait les avis
rale! Est-il un vice HU' "'Y soit pas sévère- et s'il s'en
condamné ? Ce n'est point assez que dans les affaires importantes
ment ta nation entière,
trouvait qui intéressaient
les aeUpns soient défendues, les désirs mêmes toute la congrégation, c'est-à-dire t'assemblée
sont~nterdits Tu ne coKoo~eros pbtn<. Non- on proposait,
du peuple était convoquée
s&ulement elle exjge une équité parfaite, et le chef exécutait. Le même
sans reproche, !a Sdéhté.ta etteoécida~t,
une probité eUe veut ordre- régnait dans les différentes tribus:
droiture, l'honnêteté ta plus exacte, chacune avait son 'prince son sénat, ses
que les Israélites soient humains, compatts-
chefs de famille; et au-dessous de ceux-ci des
sants charitables prêts à faire aux autres de mille de cent, de cin-
le bien qu'ils voudraient qu'on !eur fît à commandants
font de dix hommes etc., revêtus, cha-
eux-mêmes ÏM atme!-M <oMproc/tatn comme. quante, cun selon sa place, de l'autorité civile et
En un mot, tout ce qui peut ren-
(ot-tp~e.
dre l'homme estimable à ses propres yeux et militaire.
à ses tout ce qui peut assu- Ce chef de t'Etàt était pris indifféremment
cher semblables, les tribus, ou plutôt c'était Dieu
rer le repos et !e bonheur de ta société y est dans toutes
mis au rang des devoirs. Faut.it donc s'éton- lui-même qui te choisissait en manifestant sa
d'admiration volonté par quelque signe particulier. Jamais
ner si Moïse tui-même', frappé il n'avait autorité sur le grand
en considérant l'exceUence de ces lois s'é- cependant
0 7~roë? sacrificateur quelquefois c'était le grand
criait avec transport ~Me~ë M< sacrificateur lui-même qui jugeait le peuple,
na<tOMsi so~e et si ec!a:r~e qui a!< des ordoM-
comme nous le voyons pour Héti, Samuel et
MaMcesaMS.<t&e«M et des s<a(M~ aMMt yMs<e~
ceM~ je <'d; proposés en ce~'ot<ri' C'est plusieurs autres. Même après la captivité de
OMe OMe
pourquoi Jésus-Christ et tes apôtres en Babytone lorsque les Juifs n'eurent plus de
àpportantùne loi p!us parfaite encore,
n'ont roi, et qu'ils furent asservis à une domination
et à ta morate étrangère, c'était le grand prêtre qui était
rien retranché àtaphilosophije
de rancie'nne. Mais ce qui distinguait tout considéré comme te chef de la nation.
tous les autret L'ordre sacerdotal était l'apanage d'une
d'abord la nation israéli'ede
l'attente explicite d'un ré- des douze tribus dont se composait la nation.
peuples c'était La tribu de Lévi tout entière était consacrée
dempteur. Tandis que ce dogme s'affaibtis- et plus lard du
sait par te laps du temps dans les autres au service du tabernacle
contrées /it s'affermissait et se développait temple. Les Lévites avaient été exclus ttu
des terres; ils vivaient des dimes
de ptus en plus chez le peuple de Dieu à partage les
mesure que te moment marqué approchait. qui avaient été imposées à teur proSt sur
Au temps de Moïse, on savait seulement autres tribus ils avaient cependant des vil-
les qui leur avaient été assignées pour de-
dans quette nation et dans quelle tribu il
devait nàitre mais plus tard, tes prophètes meure dans le temps où leurs fonctions
pas leur préseneedans le. lieu
Srent connaître la famille, puis les différen- n'exigeaient
tes circonstances de sa naissance, de sa vie, saint; car ils le~ remplissaient par quartiers.
de sa mort, et enfin l'effet qui devait en ré- Tous les lévites cependant n'étaient pas prê-
sutter pour.toutes les nations de la terre. tres ceux-ci ne pouvaient être pris que dans
À la tête du gouvernement déterminé par la famille d'Aaron. Ils commençaient à vingt-
le plus cinq ans l'exercice de leur ministère et la
Moïse, nous voyons le souverain
digne d'une obéissan.ce entière c'est le Dieu terminaient à cinquante; après leur retraite,
même qu'on y adore. Ce Dieu, maître de ils continuaient à être nourris des offrandes
l'univers, mais é)u roi d'Israël par le choix de l'autel. Leurs fonctions consistaient à bru-
unanime et volontaire d'un peuple qui )ut ler de l'encens dans. le lieu saint, à offrir
devait sa liber.té et ses biens tenait sa cour dans le temple tes sacrifices, ordinaires daj
au milieu d'eux. Les enfants de Lévi étaient matin et du. soir, à immoler les victimes en-
)09 jun J)Jt) HO
jointes pour tes cérémonies publiques ou le chai, etc., c'est-à-dire ceux-tà précisément
amenées par la dévotion des particuliers. Ils pour lesquels les peuples policés se sentent.
répandaient au pied de l'autel le sang des de la répugnance et dont ils s'abstiennent
victimes, entretenaient sur t'aùtet des hoto~- encore aujourd'hui. Si dans le nombre il s'en
caustës un feu continue!, allumaient tes tam- trouve quelques-uns que l'on mange main-
pes, faisaient et offraient sur la table d'or les tenant avec plaisir, tels que le porc, le lapin,'
pains de proposition. Hors du compte, ils le tièvre, tout ie inonde convient que ce ne
instruisaient le .peuple., jugeaient tesdifté- sont pas les viandes les plus saines, et qu'il
rpnds.examinaicn Dés tépreux~ connaissaient ne faut en faire usage qu'avec modération.
des impuretés légales, interprétaient là loi, Des motifs analogues prohibaient aux Israé-
èt déterminaient les cas auxquels on devait lites la graisse, le sang, certaines parties des
recourir à t'éprouve dés eaux de jaloûsie. tfs animaux purs et même l'animal entier
proclamaient au son de là trompette les néo- quand il était mort de maladie ou par acci-
uiéhies, le sabbât et les autres fêtes soleil- dent. La lèpre faisait à cette époque de
nélles; ils donnaient le signal de la guerre, cruels ravages, de là le détail minutieux dans
excitaient et encourageaient les combattants. lequel entre le législateur inspiré, pour assu-
Les lévites aidaient lés prêtres dans là plu- rer l'assainissement du corps, des m;tisons et
part de leurs onctions, avaient soin du tem- même des meubles de )A les précautions
plé, du tâbérnacté et des vases sacrés, chan- qu'il indique à l'égard des maladies conta-
taient tes psaumes et les cantiques. gieuses, du tinge,,des corps morts de )à les
Nous n'entrons point ici dans un plus lotions et tes purifications fréquentes, et m)
grand défait sur tes cérémonies du cultë ju- tribunal spécial pour connaître de toutes les
daïque parce qu'cttes se trouvent décrites impuretés.
dans le D)c<)'oMtMt!'resous l'article propré à Nous n'enirerons pas dans le détail dés
chacune d'èlles. Mais nous dévons dire un lois civiles :e!ies étaient bonnes et sainles,
mot des prohibitions ou impuretés tégates mais toutes n'étaient pas parfaites; si elles
assez nombreuses dans !a loi dè Moïse. t'eussent été< Jésus-Christ ne serait pas venu
Une longue habitude a fait connaître à nos pour les compteur et tes perfectionner. Au
peuples civilisés lés nourritures saines.et les temps de Moïse, le peuple n'était pas encore
conditions de salubrité nécessaires àt'écono- mûr pour ta perfection évangétique. La
mie animale mais, dans tessièctes anciens, prudence exigeait que l'on totérât certaines
'['inexpérience exposait souvent la vi~ou du coutumes introduites depuis longtemps, qui
moins là santé de l'Homme témoin les pestes étaient passées dans les mœurs, et dont l'a-
fréquentes qui décimaient ta population dans botition eût pu entraîner de grands malheurs;
)cssièclësdebarbarië,otdont toutès les histoi- de ce nombre étaient le divorce et la ppiyga--
res font foi. Le regtme diététique formait dond mie. Le législateur les réglementa, laissant
alors un objet de po)icé intéressant; lés codes à celui qui pouvait donner la grâce d'accom-
devaient être en partie des traités d'hygiène, plir ses préceptes, le soin de, ramener tes
et tes législateurs sages ne pouvaient s'em- choses à leur institution première.
pêcher d'en prescrire les règles. Ceux de la. Nous terminerons par une dernière obser-
Chatuëe, de là Pheuicie, dé l'Egypte, de t'In- vation il est certaines traditions qui ne
de, l'avaient fait pULtravaUtaient à le faire; peuvent venir que de ta révélation primitive,
Moïse devait ce bien à son pëupté, et il le iui et qui cependant paraissent bien moins ex-
fi t. plicites chez les Juifs que parmi d'autres
Le cnoix des aliments est une des choses nations devenues idolâtres. Nous vouluns
qui contribuent le ptus à la santé. Des vian- parler particulièrement du dogme trinitaire<
des dures, pesantes, indigestes, ne peuvent Assurément, nous ne prétendons point que
les Grecs, tes Assyriens, les Indiens, les
que déranger l'économie organique. Le té-
Océaniens, etc., eussent eu connaissance de
gislateur assez éctairé pour les faire connaî-
tre à son peuple et àssez habile pour le ta Trinité, telle qu'elle est crue et entendue
forcer à s'en abstenir, méritait, dans ces par tes chrétiens; mais tes rapprochemerits
anciens temps, là reconnaissance publique. M'en sont pas moins frappants, comme nous
Moïse partagea donc les animaux en purs et le verrons au mot TtuctiTÉ. Or, quoi qu'en
aient dit certains commentateurs, nous na
impurs, c'est-à-dire bons ou mauvais à man-
ger cette distinction existait déjà depuis des voyons rien de semblable dans t'Anc'en
siècles; là Bible insinue même qu'elle avait Testament. C'a été sans doute par un effet
lieu avant le déluge il n'eut donc qu'à don- de la sagesse divine, car cette conception
ner à la coutume force de loi, sans y faire primitive a pu, par la suite du temps, favo-
d'antres changements que ceùx~ que l'expé- riser ie pptythétsme; ie législateur hébreu~
rience avait montrés utites, ou qu'exigeait le en promulguant une loi pour un peuple vivant
dessein de séparer son peuple dès autfes na- au milieu de nations idolâtres, a dû en éH-
tions car il ëst très-probable qu'aux raisons miner scrupuleusement tout ce qai pouvait
était joint un motif religieux. lé moins du monde affaiblir la croyance
hygiéniques
Mais en générât les animaux qu'if prohibe fondamentale en l'unité de Dieu. Cette ob-
sont les insectes venimeux ou sans substan- servation est applicable à plusieurs autres
ce', les oiseaux de proie nourris de cadavres, vérités qui n'ont, trouvé leur complet dé-
les poissons vivant dans la vase, les quadru- veloppement que dans le christianisme..
pèdes qui ne ruminent pas et qui h'ontpasie 2° Le système religieux des Juifs, te) qu~t
sabot fendu, tels que le cheval, l'âne,te chien, subsiste maintenant, ne peut cas être appelé
<H D)CT)ONNA)REDES RELIGIONS. M2
une religion mauvaise, puisqu'il a Dieu dimanche l'obligation d'observer le repos du
même pour auteur; mais il est devenu inu- samedi. Mais alors.que restera-t-il du culte
(.ite, absurde et, sans but. Cette loi n'ayant judaïque? Sera-ce là distinction des viandes?
été établie, comme nous l'avons vu, que It y a déjà longtemps que ceux qui appellent
pour préparer tes voies au Messie, et celui- la réforme laissent de côté les prohibitions
ci étant venu depuis longtemps, les Juifs mosaïques en s'asseyant à la table des gentils.
sont absolument dans la position d'une dé- Sera-ce la persistance à no contracter des
putation envoyée à la frontière d'un royaume alliances qu'entre eux? Mais en ce cas ce
pour recevoir un souverain, et qui s'obs- sera encore une protestation contre la so-
tinerait à l'attendre encore sous un arc ciété dont its feront partie au surplus ceux
de triomphe dressé exprès, après que ce dont nous parlons ne voient ,pas d'un mau-
prince aurait passé depuis longtemps sous vais ceit les mariages contractés avec les
ses yeux, sans qu'elle ait voulu le recon- chrétiens. Us tombent donc dans le pur
naître, malgré son signalement exact et déisme. Alors qu'est-it besoin davantage
toutes les preuves qu'il lui aurait fournies d'un rite inutile et d'une Bible qui les con-
sur son individùatité. ily plus, c'est queleur damne ?
religion est devenue impossible une multi- Cependant, comme cette réforme rencontre
tude de prescriptions n'étaient réalisables encore une opposition assez vive, et que beau-
qu'en Palestine ou à Jérusalem; les sacrifices coup de Juifs d'Orient et d'Occidentsont encore
et l'immolation de l'agneau pascal sont abolis dans les mêmes dispositions morales et reli-
depuis longtemps; chassés qu'ils sont de gieuses qu'au moyen âge, attendant toujours
leur patrie, sans espoir d'y rentrer jamais, le Messie et observant du mieux qu'ils
comme corps de nation, dispersés dans toutes peuvent les prescriptions talmudiques, nous
les contrées de la terre, la distinction entre allons- exposer ici les treize articles de foi qui
les tribus est totalement anéantie plus de ont été formulés par un de leurs plus fameux'
généalogie nul moyen de recbnnaitre la docteurs, Moïse Maimonide.
tribu de Lévi, et par conséquent plus de 1"\ Qu'il y a un Dieu, créateur de toutes
sacerdoce, ptus de sacrifices. Cependant le choses, premier principe de tous les êtres,
commun du peuple rêve encore le rétablis- q'ui peut exister sans le concours d'aucune
sement dans la patrie;.ils attendent patiem- partie de l'univers, mais sans lequel rien ne
ment le Messie, attribuant son retard aux peut subsister.
péchés de la nation. D'autres, ne pouvant 2'. Que Dieu est un et indivisible; que lui
concitier ce retard avec certains passages seul est la vraie unité, et que toute autre n'en
de la Bible qui leur paraissent formels est pas véritablement une.
soupçonnent qu'il a pu venir incognito, ou 3'. Que Dieu est incorporel, et que rien de
bien que c'est un des personnages qui ont physique ne peut lui être attribué.
favorisé leur nation les uns nomment Ezé- QueDieuestsanscommencement et sans
chias, les autres Cyrus, d'autres Esdras, fin, et que tout ce qui existe, excepté lui, a
d'autres Vespasien 1 d'autres Louis-Philippe 1 commencé avec le temps.
D'autres, qui prétendent passer pour plus 5°. Qu'à lui seul appartiennent le culte,
sages, soutiennent que le Messie attendu est l'amour, le respect et les louanges car. lui
la personni6cation d'une époque de liberté seul est créateur; qu'on ne doit sacriSer,
pour la nation, telle que celle qui mainte- adresser ses prières ou rendre uucutte quel-
nant commence à luire sur eux eu Europe, conque ni aux anges, ni aux astres, ni à au-
et dont la France a donné le signal; j'ai vu cune créature céleste ou terrestre.
des Juifs appeler sérieusement le règne de 6'. Qu'il y à eu et qu'il peut encore y avoir
Louis-Philippe le temps messianique mais des prophètes inspirés de Dieu.
la république dei8M ne doit plus rien leur 7".Que Moïse a été le plus grand des pro-
laisser à désirer, puisqu'ils ont vu leurs phètes, et que l'esprit de prophétie dont Dieu
coréligionnaires tenir tes rênes du gouverne- l'a honoré est fort au-dessus de celui qui a
ment de la France, et dominer sur les chré- été donné aux autres prophètes.
tiens en qualité de ministres qui n'avaient 8". Que la loi laissée par Moïse vient entiè.
personne au-dessus d'eux. Aussi maintenant rement de Dieu.
s'agit-il d'une grande réforme dans le culte 9°. Que cette toi est immuable, et qu'on n'y
judaïque, surtout parmi les Juifs de France peut rien ajouter ni retrancher.
et d'Atlemagne, qui demandent à grands cris 10'. Que Dieu connaît toutes les actions et
que leur cutte soit approprié à leur situation les pensées des hommes.
actuelle. Devenus, citoyens des pays euro- 11°. Que Dieu rend à chacun selon sou
péens qu'ils habitent, participant à toutes mérite, récompensant les bons et punissant
les charges, à tous les emplois de la société les méchants, soit en cette vie, soit en l'autre.
qui les a reçus dans son sein, ils se deman- 12'. Que le Messie doit venir pour délivrer
dent, non sans quelque- apparence de raison, et rassembler les Juifs dispersés aux quatre
pourquoi ils conserveraient plus longtemps coins de la terre; qu'encore qu'il. tarde à
des formes religieuses qui sont une protes- il faut l'attendre
venir, toujours sans perdre
tation perpétuelle contre cette fusion qui espoir et sans approfondir le temps de sa
fait leur bonheur et leur gloire. Ils ne par- venue.
tent de rien moins que d'abolir la circonci- 13'. Que tous les morts ressusciteront à !a
sion, qui, jusqu'ici, en a fait un peuple à fin des temps, mais dans une époque connue
part au milieu de l'Europe, de transférer au de Dieu seul.
it5 JUD JUD
1
La docirine des Juifs modernes est fondée Fft~/tM, ou les émigrés, qui prétendent que
en grande partie sur l'interprétation donnée leurs ancêtres sont venus de Jérusalem à la
par le la~MMd, à laquelle ils ajoutent plus suite ~e Ménitek, et qu'ils se sont soustraits à
de foi qu'à la loi elle-même. Foy. TALmUD, l'autorité des rois de la race de Satomon, lors-
RABBtNS,SAMAR!TA!)fS,CARAÏTES, etc. que ceux-ci embrassèrent le christianisme
3° Le judaïsme parait avoir été longtemps au temps de Constantin, mesure qu'ils trai-
la religion dominante des Abyssins. Les tent'd'apostasie. Alors ils se choisirent pour
chroniques du pays auxquelles Bruce pré- souverain-un prince de la tribu de Juda et de
tend qu'on doit ajouter foi, racontent qu'il la race de Ménilek, appelé Phinéas. Célui-ci
y fut introduit par la reine de Saba, ou refusa d'abandonnér-la religion de ses pères;
d'Azéba. Voici ce que nous lisons dans ces et c'est de lui que les souverains de Falasha
Annales descendent en tigne directe. Dans le siècle
Une grande et puissante reine, nommée dernier leur roi s'appelait Gédéon, et leur
Balkis par les Arabes, et Maquéda par les reine Judith leur population s'élevait
Ethiopiens, régnaitsur tes pasteurs de l'Abys- dit-on, à 150,000 hommes effectifs. Mais,
sinie ayant appris tout ce qu'on rapportait vers 1800, leur famille royale s'éteignit, et
de la sagesse et de la grande puissance de maintenant ils-ne connaissent d'autre maître
Salomon, elle conçut te désir de s'en assurer que celui qui règne sur les chrétiens de l'A-
par ette-méme, et fit le voyage de Jérusalem, byssinie. lis ont tout à fait oublié l'hébreu
accompagnée d'un grand nombre de princes mais ils possèdent une version de la Bible
et seigneurs éthiopiens, et portant avec elle en ghyz ou éthiopien, la même dont se ser-
d'immenses trésors. Remplie d'admiration à vent les chrétiens d'Abyssinie. Ils soutien-
la vue des merveilles dont elle fut témoin à nent que le livre d'Enoch est le premier
la cour de Salomon, elle se convertit au ju- livre de l'Ecriture qu'ils ont reçu; ils ne con-
daïsme, demeura pendant quelque temps à naissent point celui de Seth; mais ils placent
Jérusalem, et eut de ce grand roi un fils au- Job immédiatement après Enoch, de sorte
quel elle donna le nom de-Menilek. La reine qu'ils supposent que Job a vécu un peu
s'en retourna dans ~son pays avec son fils, après te déluge. Us croient que le livre qui
qu'elle garda auprès d'elle quelques années, porte le nom de ce saint patriarche est son
et qu'elle envoya ensuite à son père pour le propre ouvrage. lis. regardent le Nouveau
faire instruire. Salomon ne négtigea rien Testament comme un ouvrage extravagant,
pour l'éducation de cet enfant Ménitek fut où l'on suppose que le Messie est venu
oint et couronné roi d'Ethiopie dans te tem- car ils se font du Messie l'idée d'un prince
pie de Jérusalem, et à cette époque il prit Fe temporel, d'un prophète, d'un pontife et d'un
nom de David. Il revint ensuite à Azéba, où conquérant. Ils n'ont jamais entendu parler
il conduisit une colonie de Juifs, parmi les- des Targoums, ni du Talmud, ni de la Cabale;
quels étaient plusieurs docteurs, et entre ils ne portent ni franges, ni rubans à leurs
autres, un de chaque tribu. H établit ces robes sacerdotales, et il n'y a pas un seul
docteurs juges dans son royaume, et c'est scribe parmi eux. Ils nient que le sceptre
d'eux que descendent les Umbares actuels, soit jamais sorti de la maison de Juda, parce
juges suprêmes, dont trois accompagnent qu'ils ont un prince régnant de cette maison.
toujours le roi. Avec Ménitek était aussi Hs'prétendent que la prophétie concernant
Azarias, fils du grand prêtre Sadoc, qui ap- la conversion des Gentils s'accomplira à
porta une copie de là loi, laquelle demeura l'arrivée du Messie qui n'est pas encore
conEée à sa garde. Azarias reçut aussi le venu, et qu'alors tous les peuples de la terre
titre de Nébrit ou grand prêtre, et sa charge seront juifs.
se perpétua également parmi ses descen- 4." On trouve encore d'autres tribus israé-
dants. Toute l'Abyssinie fut donc convertie lites établies en diBérentes contrées de l'O-
au judaïsme, et le gouvernement de l'Eglise rient et du midi, sans aucun rapport avec
et celui de l'Etat furent entièrement modelés les autres Juifs répandus dans tous les pays
sur ce qui était alors en usage à Jérusalem. de la terre; entre autres en Arabie et dans
La reioe de Saba, après avoir pris ses me- l'Inde (Foy.BENt-ISRAEL, etBÉNt-K.HAtBAH),
sures pour affermir la constitution nouvelle dans-la Guinée, sous le nom de lahaudi, en
et pour en assurer la durée, mourut 986 ans Chine sous celui de Boet-Zfoft.
avant Jésus-Christ elle avait régné Mhans. Voici ce que dit de ces derniers un savant
Son 6ts Ménitek lui succéda, et l'empire allemand, Ëichhorn « On a découvert à la
demeura constamment entre les mains de la Chine, le siècle dernier, les débris d'une
race de Salomon jusque dans les derniers colonie juive, dont l'établissement dans cet
temps; en effet, les empereurs d'Abyssinie empire remonte à l'an 73 après Jésus-Christ,
ont toujours conservé le titre de rois d'rae?, peut-être même trois siècles plus tôt. Sept
même après leur conversion au christia- cents familles de Juda, de Benjamin et de
nisme et leur devise est encore Mo anbasa Lévi, échappées à la destruction de Jérusa-
aM MMt~< .Saumon am Ke<yafc~ 7M~ «Le lion lem par Titus, fils de Vespasien, gagnèrent
de la race de Salomon, de la tribu de Juda, a la Chine par terre, et vinrent y fonder ou y
vaincu. » accroître la colonie en question. Dix-sept
Quoi qu'il en soit de la véracité de cette cents années de persécutions, de massacres
histoire fort accréditée en Orient. il est ou d'apostasies, les ont réduits à un petit
certain que de temps immémorial il existe nombre; ils ne se retrouvent ptus mainte-
en Abyssinie une colonie de~ Juifs appelés nant qu'à Kai-fdhg-fou. à 150 milles de Pc-
«!. DiCTIUNNAHtE DES MEDGtONS. ne
king, et au nombre de 600 âmes. Ils avaient tements les plus magniSques, et se rendit au
emporte l'Ancien Testament et l'avaient camp de ce générât. Hotophernc, frappé de
conservé pendant 1100 ans. A cette époqae, son éclatante beauté, la reçut avec une
un incendie avait détruit leur synagogue et grande joie. H t'invita un soir a souper avec
ses manuscrits. Ils les remplacèrent alors tui; et, dans ce repas, il s'enivra de vin et
par un manuscrit du Pentateuque, provenant de désirs amoureux. Lorsque t'ivresse lui
d'un juif mort à Canton. Non-seulement la eut ôté entièrement l'usage de ses sens; on
synagogue, mais les particuliers possèdent le mit sur son lit, et on le laissa %eut avec
des copies de cet exemplaire. Ce qui est tout Judith, qui, saisissant te cimeterre d'Holo-
à fait remarquable et foPt important pour pherné,.tui en trancha la tête. Après ce coup
nous, c'est qu'outre le Pentateuque, !)s con- 'hardi, elle retourna triomphante à Uéthuiie.
servent diverses portions du reste de l'Ancien Le lendemain, les Assyriens voyant les en-
Testament; ils disent les avoir sauvées de nemis fondre sur eux et leur général mort,
l'incendie du XH° siècle, et d'une inondation prirent la fuite, et la ville fut délivrée.
du fleuve de Hoang-ho, l'an HM, De ces Ce livre ne se trouve pas en hébreu, et c'est
fragments ils forment un supptément à la sans doute la raison pour laquelle il n'est
toi, divisé en deux parties. La première pas dans le canon des Juifs; ii paraît cepen-
contient les lambeaux de Josué et des Juges, dant avoir existé en. chaldéen; la version
)es quatre livres complets de Samuel et des vulgate a été faite sur ce texte; mais le grec
Rois enfin les Psaumes. La seconde partie est un peu différent. Cette narration, regar-
renferme quctques portions des Chroniques, dée comme.~véridique par la plupart des
Néhémie et Esthor presgue complets, isaïe et commentateurs anciens et modernes; souffre
Jérémie à peu près entiers, quelques débris de grandes difGcuttés historiques, chronolo-
de Daniel et de sept des petits prophètes. < giques et géographiques. C'est pourquoi
5° Les habitants de la côte de Màlemboule, plusieurs n'y ont vu qu'une simple fiction;
dépendance de l'ile de Madagascar, et en ou comme Une parabote édifiante et conso-
général tous-les peuples du voisinage qui lante; mais dénuée de vérité. Grotius pré-
prennent le nom de Za/e-/6t'd/:t'm, enfants tend que cet ouvrage fut composé du temps
d'Abraham, n'ont d'autre culte que certai- de la persécution d'Antiochus Epiphane, et
nes pratiques imitées des Juifs, dont on tes avant que ce prince eûlsouitté le. teinpie en
croit descendus. Ils observent avec la ptus y plaçant une idole. Set~on tu!, Fauteur vott-
grande exactitude le repos du sabbat, et ait rassurer les Juifs par l'espérance d'un
s'imaginent que s'ils travaillaient ce jour-là prompt secours..JMC~/t signifie la Judée
ils seraient blessés ou attaqués de quoique (rpTt!T YM~tMt)7i(e</Htha, te-temple ou la mai-
maladie. Ils ne reconnaissent ni Jésus- son de Dieu (n~m~omtM DetJe/touœ). Le
Christ, ni Mahomet ils n'ont même de Bieu giaive qui sort de Bé~utie, ce sont les priè-
qu'une idée très-vague; mais ils ont une res des saints.. ~Va&Mc/todoHo~or désigne le
extrême vénération pour Noé, Abraham, démon, et t~Mt/~M, te faste ou t'orgueit. AH-
Moïse et David. Ils ont gardé la circoncision; tiocbus Ëpipbane est l'instrument dont se'
mais c'est à peu près la seule pratique sert le démotL; ~écrivait) saeré l'a désigné
qu'ils aient cons'Tvée du ctille judàïque;,jls obscurément sous te nom d.'jSo~pAff~e,
ne connaissent nr le jeûne, ni ta prière ils qu'on peut traduire, suivant Grotios, par
font cependant quelques sàcriuces. Ces peu- l'huissier ou le satet~te du serpent (sn~l~)n)f)
p)es .d'un autre côté, ont outré la superstition Le grand prêtre .E'<toA:tKou JouAjtM signiSe,
habitueUe des Juifs its se feraient un gfahd d.'après t'étymotogie de son n~om~que le Sei-
scrupule do mangea de la chair d'une bête gneur suscitera. un défenseur, ou viendra
ou de quelque gibier qu'ils sauraient avoir )ut-méme au secours. Judith est dépeinte
été tué par un chrétien, ou par quelque comme une veuve d.'une race beauté et-d'une
habitant de ta côte méridionafè. tts se lais- vertu reconnue, telle était- ta Judée à l'é-
seraient plutôt mourir de faitn que dé tour poque de ta. persécution d''AnttOchus. Elle
cher à un tel mets. ils regardent comme se vante, dans t& eour& de cet ouvrage, de
maudits tes enfants qui naissent te mardi, te n'avoir point imité les prévarications de ses
jeudi et )& vendredi, et tes éxposenl impi- pères etde n'avoir point adoréles dietts étran-
toyablement dans tes bois. gers. Ma!s ce sentiment, toat spéeie&x
JUDA1TES, nom que fott a donné aux qu'it est, n'est cependant qu'une simple eon-
Caïnites, parce qu'ils avaient une grande jecture.
vénération pour lé traître Judas. On 'fit JUGÀ, OUjUGAUS,O~JtJGATf!)A; nOtftS'que
même que-t'èmpereur Michel voutut le ~ire les Romains donnaient à Junon, comnofe pré-
canoniser. F«! C~fNi'Ms. sidant aux mariages. Ge nom vient dé ju-
JCDHH, nom d'un des livres de t'Ancien ~tfm, par aitusion. au joug' ~uo t'oa menait
Testament, reçu c0()tme canonique par t'Ë- en effet.sur tes deux épou~x.dahs fa Céré'mo-
glise, mais regarda comme apocryphe par nie des noces ou parce q;u'etlo tes Unissait'
les juifs et tes'protestante. H tire sonn'um sous le même joug. Junon Jugatis a~a'i-t [)~
du pcmcipat personnage de~ Phtstoire qu'it autel dans une rue de Rome~ appelée d~s~<f
contient.–Judith, pieuse veuve dé ta trtbu nom Jtt~a~'M~ vicus.
de Sitnéon, d'uue beaufé ravissante, voyant JUGATiNUS. Les Romains avaient deux
la ville (t&Eétn'utie féduite af t'extrétnité pat- dieux de ce nom d.ont L'un présidai); aux ma-
H otopherne, générât' de Parntée de Nabûcn'o- riages~ et l'autre au sommebdes mont.)gnes,
douosor, roi d'Assyrie, se para d'c Ses vë" appelés en tatm~M~a..
ii? JUG JUG ~8
JUGË!C!Ë~T MMiËâ.~ C'est ah des pétés Môhkir et Nékir, qt)i fhterrogent lé dé-
points fondamentaux fie )a religion chré- funt ~ur sa foi, et lui détNahdeht quet'ë~t
tienne, qu'à ta fin des temps tous les hom- son seigneur, son prophète, sa retigion, s'A
mes morts depuis le commencement des CMtMa,tes bonnes œuvres qu'il a fàitë~; etc.
temps ressusciteront dans tour propre chair, Si le défunt répond d'une Miahiére satisfai-
et que Jésus-Christ.descendra des cieqx vi- sante, {! reçoit aù&sttôt t'assurdnce de ta
siblement pour tësjuger et rendre à chacun béatitude éterneDë, et son âme entre ëh
selon ses œuvres. Cette vérité est consignée jouissance des .prémices de la félicité; ~in~n,
dans le symbole des apôtres et dans céfui de les anges nofrs !ui annodcèht sa Namna-
Nicée. tiort éterhétie~ et le frappent sans cesse
La croyance commune de t'Egtise ést avec des massues ardentes. Le résu)tat de
qu'immêdia{ëmënt âpres la mort de tout cet interrogatoire est consigné dans un tivre
homme, son âme parait devant Dieu, pour qui sera reproduit au jour du jugement
être jugée aussitôt et traitée en conséquence générât.
de ses bonnes du de ses mauvaises actions; Ce dernier aura lieu en Arabie proche dé
c'est ce que Pon appelle ie~M~emëK<p(trt!CM- ta Mecque, dans un lieu- appelé Me/t~/ter
he~. Mais, outre cette sentence ihdividuë~ë, ( ptace de t'assemblée ). L'ange Gahfiët tienb-
il y aura, après la résurrection générale, un dra âne balance réelle et véritable, don! tes
jugement, sbtënne!, porté en présence d.u bassins seront plus larges q<ïe ta Sup'erfrc~ê
ciet et de là terre, qui ne sera ainsi que la des cieux les oeuvres des hommes' y seront
sanction et là confirmation publiqué du ju- pesées par fa puissance de Dieu, et avec une
gement particulier; c'est pourquoi on t~ap- tdte précision, que là balance fera cbnnat-
pelle JM~ement dernier, général ou univer- tre jusqu'aux aton~Ès, nnn qu'il puisse ~'en-
sel. suivre une connaissance prëcisëe~t une par-
Ce jugement sera prqn6~c6 par Jésus- faite justice'. Le fivrè des bonnes oeuvres
Christ, vr:)) Dieu et vrai homme, qui paraî- sera déposé dans lé bassin dé la <M7?t:ërc,
tratui-memë avec tachafr'.qfu'it a revêtue plus bridant que tes étoiies et !e Hvr& des
sur là terré; c'est à !ui qu'it appartient de mauvai~ cëùvres sera jeté (hns~ (ë ëM~A
le prononcer, premièrement, parce qu'en des ~~r~, qui est d'un aspÈcl ho~rribM~ fé
qualité de Fils de Dieu, U a reçu en apa- néau ou balancier fera conhaifre a t'in'stant
nage toutes les nations de fa terre et qh'it est lequel a~s deux r~e'm'porte' et à que! <fegré.
(tèvenu le maitrc ël ~e propriétaire de tous Après cet examen de ta hàtancè, to~s fils
les h.'hilants de t'univers secondement, par- corps iront passer sur un pont étendu' aa-
ce qu'en qualité de Rédempteur, il a le droit dessus du feu étëfnet, dont la sap'erucie est
de demander à tous les hommes tin compte ptus étroite qué le poil te ptns'dé~é.e~fè
rigoureux et exact du profit qu'ils ont retiré chemin ptns higu qh6 te tranchant (Tcu ra-
de ce qu'if a tait pour teursatui, et de ia né- soir; it est rrapossiMe de? s'~ sùat~nfr safrs
gligénce qu'its auront apportée à corres- le secoure u6 ta main touté-puiSsahfé de
pondre à sa. t~ohne volonté pour eux. <6'est Dieu. LesinSdè(eset tes' mécHan~ybrOn-
alors que !es secrets des çceurs seront dé- cheront aô premier p'ag, ef tomberont ;~ns1
.voités, qùeies opérations de ta Providence dans t'enfer~ mais Dieu affermira te~ p~ds
trouveront~eùrrafsonet teur Justification; d'es fidêles sur cette voie a~guë; i~ pa~é-
que lés oeuvres merve~euses d6 Dieu se- .roht ce polit avec ta râpiffrté de' t'oiseàu~ qci
ront manifestées au grand jour,que iajus- fend tés airs et entreront a~f pa'radis éter-
tice la ptus' équitab!ë sera rendue, sans con- ftét.
testation et sans appel. Les justes et )es pé- H a dès Musulmans qui disenf qu'au
cheurs repentants seront récompensés par dernier jour Dieu partagera' tes h'ommésën
les.joies ineffables de la féticité sans Cn du trois classes tes bons, les méchants et tes
paradis céte'ste; mais tes pécheurs endurcis faibfes, c'est-à-dire ceu~ qui auront cloche
seront condamnés aux tourments éferneis entre le bièn' et le ma)~ que- le Se'i'g~eu'r tte
de Feafer. ~o~. RÈscRHECtiON, t'ÏN -Dt) MON- demandera aucu't compte aux bon&, éf qu'rt
DE, P~RAD)s,Ëwt'ËR, etc. lés recevra sans examen dans !f s'&j'our ce
i!" Lès Ju.tfs croient a'ussi au jugement gé- teste que pour tes faibles', i< comptera avec
nérât ifs disent qu"il .iura lieu dans fa varf- eux bénignemem et miséricordieus'emcnt;
lée ue Josaphat. près du mont dés Otiffer~ mais que pour tes méthane, it teur deman-
c'est pourquoi ils régardent comme un grand dera un compte sévère ? rigoureux de tècfr's
bonheur d'être inhumés te pfus près p05sr- iniquités. Leurs rfvres' enseignent que le
b!ede Jérusatem. Voy. Gan-GOUL, RÊsuttRÈ< princip&f sùj'et suù ['equet routera t'éxameu
TION. (fu dernier jour sera ta' mafiè~é <fe Me)
3° Les Mahométans, comme tes chrétiens, dé'ta révcfa'tion. Diétf interrogera les Gdè-
adoièften~ un jugement particutier et un ju- tes au sujet des prophètes~, c'cst-dtre sm'
gement générai. L'un et r'aufre sont pour fa vérité de feu; mission et sur ta nattfre dé
eux articles de foi. leur doctrin'ë. î) fhter'rogératés ind'dètcs s'n'r
Aussitôt après Qu'une personne adulte a teurs fnud'é)ités,eftcùr(tèmandéra pourq'a<~i
été étendue dans )e séputcrc, que ta fosse a ils ont accusé de mehson'ge ses envoyés'- M
été couverte et fermée, et que le peuple qui interrogera les hérétiques sûr )efsu~ceessiôn
.) assisté à t'inhumadon s'est retiré, t'â'me, du pouvoir spirituel éf s'ur fa tradïtio~, t'eur
séparée du corps, y rentré et fa ranime, i) reprochant d'avoir rejeté' tés Véritables suc
vient deux anges, t'utï H'oiret t'aut~e biéof;a'p- cësseurs dE'Mahomet et' t'é' droit ~eny dé~ ta
ii9 DICTIONNAIRE DES REHG!ONS. i2t
revétation.Its ajoutent que ceux-tà seuls qui dée par Oms, l'hippopotame femelle, qui
auront vécu dans la vraie religion ( c'est-à- chez les Egyptiens jouait le même rôle que
dire le mahométisme ) seront interrogés, sur le Cerbère de la mythologie grecque. L'âme
les œuvres. du défunt était amenée devant le juge par
L'opinion commune est que Dieu pronon- la Vérité et la Justice. On dressait la ba-
cera lui-même la sentence aux réprouvés. lance infernale, surmontée du fil pu plomb
H y a pourtant des docteurs en réputation qui indiquait exactement quel plateau l'em-
qui pensent que c'est faire injure à ta bonté portait sur l'autre; on pesait dans les deux
de ÏHeu de croire qu'il puisse condamner à plateaux les bonnes et les mauvaises ac-
l'enfer de sa propre bouche que Dieu n'en- tions du défunt; ces fonctions étaient réser-
verra personne aux enfers, mais que l'enfer vées à Horus et Anubis; le résultat de cet
attirera et engloutira tes méehants comme examen était consigné dans un registre par
sa proie et son partage. Thoth, qui remplissait la charge d'hiéro-
C'est encore une croyance universelle- grammate, et qui le portait à la connais-
ment reçue qu'au dernier jugement, Maho- sance d'Osiris, qui prononçait la sentence
met assistera en qualité d'intercesseur pour déunitive. It récompensait les âmes fidèles ra
tous les peuples qui auront embrassé sa leurs devoirs en tes appelant dans le séjour
doctrine, soit afin de leur obtenir le para- des dieux et il punissait celles qui avaient
dis ou une plus grande gloire dans l'éter- manqué à leurs obligations religieuses et so-
nité, soit afin d'adoucir et. de faire abréger ciales en les rejetant sur la terre pour y
les tourments de ceux qui auront mat vécu subir de nouvelles épreuves et y endurer de
dans l'islamisme. Les Persans et les Indiens nouvelles peines sous une autre forme cor-
en qualité de Schiites associent à ce rôle porelle.
d'intercesseur Ali et les autres imams des- Les Egyptiens avaient transporté sur la
cendus de lui, qui intercéderont en particu- terre, par rapport au corps, une image de ce
lier pour leur secte. Ils assurent même que qu'ils croyaient être pratiqué dans les enfers
l'intervention de Fatima, fille unique de Ma- à l'égard de l'âme. L'antiquité grecque parle
homet et épouse d'Ali, sera fort efGcace ce de juges auxquels les Egyptiens soumet-
jour-tà. Dans un ouvrage schiite que le ré- taient les personnes de toutes les classes de
dacteur de ce Dictionnaire a donné au pu- la nation, avant de permettre que leur dé-
blic sous le titre de Séances de Haïdari, cette pouille mortelle fût déposée dans le tombeau
femme célèbre est souvent appelée la Reine des ancêtres. Des juges inexorables exa-
du jugement dernier. minaient en présence du peuple la conduite
~° Le chapitre xxxt, qui est le dernier des tenue par ledéfunt envers ses concitoyens, et
chapitres doctrinaux du Boundehesch, un ils refusaient à son corps une place dans la
des,livres sacrés des Parsis, traite de la fin catacombe, s'il n'avait pas religieusement
du monde par le feu d'une comète, de la ré- rempli ses devoirs envers les dieux et envers
surrection dont cette fin sera suivie, et du les hommes. Cettecoutume éminemment mo-
jugement qui l'accompagnera. Alors y rale, dit M. Champollion, produisait d'au-
est-il dit, les hommes se reconnaîtront, et tant plus d'effet sur les mœurs publiques,
chacun verra le bien et le mal qu'il aura qu'elle s'appliquait aux rois mêmes. Les
fait. Les anciens Perses disaient qu'Ormuzd, sculptures des temples et des palais qu'on
le bon principe, après avoir laissé Ahriman voit encore dans les ruines de Thèbes con-
tourmenter les hommes pendant un laps de' statent suffisamment que les noms de quel-
temps déterminé, détruirait t'univers et rap- ques Pharaons furent proscrits par ces mê-
pellerait tous les hommes à la vie; que les mes juges suprêmes.
gens de bien recevraient la récompense de 6° Les Grecs et les Latins reconnaissaient
leurs vertus, les méchants, ta peine de leurs aussi un jugement qu'avait à subir l'âme
crimes, et que deux anges seraient commis des hommes après la mort. Foy. JcGES DES
pour présider au supplice de ces derniers. ENFERS.
Us pensaient qu'après avoir expié leurs pé- 7° Quelques nègres de la Côte-d'Or en
chés pendant un certain temps, les mé- Afrique paraissent avoir une idée vague du
chants seraient aussi admis dans la compa- jugement dernier. Ils prétendent qu'après
gnie des bienheureux mais que, pour les leur mort ils seront transportés sur la ri-
distinguer, ils porteraient sur le front une vière de Bosmanque, qui coule dans Finté-
marque noire, et seraient à une pius gr.mde rieur de leur pays. Là ils seront obUgés de
distance que tes autres du bon principe. rendre compte à l'idole de toutes les actions
5" Selon les doctrines égyptiennes, t'âme, qu'ils auront commises pendant leur vie.
en quittant son corps mortel, subissait, dans S'ils ont été fidèles à observer les devoirs de
la région inférieure de l'Amenthi, un juge- leur religion, ils passeront la ri'~ère et iront
ment dans lequel on examinait sévèrement aborder dans un séjour délicie'ux, où tous
et t'en pesait tes actions qu'elle avatt faites les plaisirs leur seront permis; mais si, par
sur la terre pendant sa vie. C'est ce que M. leur négligence, ils se sont attiré la colère
Champottion-Figeac appelle P~/c/to~ct~e. La du fétiche, ils seront précipités dans les
scène se passait dans le palais d'0'siris, juge eaux, et y resteront engloutis pour jamais.
suprême des âmes, qui était le, prétoire de 8° D'autres nègres de la (Guinée croient
t'Amenthi. It était accompagné de quarante- que, bien avant dans l'intérieur de leur
deux juges, ou plutôt jurés, qui formaient pays, habite.un fétissero.ou prêtre des fé'.
'on conseil. La porte du prétoire était gar- tiches, doué d'un pouvoir sumaturet, qui
i2i JUG JUG iM
dispose a son gré des éléments et des sai- dence dans ta suite de l'histoire du peuple
sons, lit dans l'avenir, pénètre les pensées de Dieu, mais encore pour celui qui veut
les plus secrètes, et guérit d'un seul mot les étudier la forme et les effets de ce gouver-
maladies les plus opiniâtres. Ils sont per- nement républicain au milieu d'une foule de
suadés qu'après leur mort ils seront pré- peuples qui tous étaient soumis à des rois
sentés devant cet être divin, qui leur fera il contient de plus une multitude de rensei-
subir un examen rigoureux. S'ils ont mené gnements sur les usages civils et militaires,
une vie criminelle, le juge prendra un gros sur la géographie, sur les mœurs et sur les
bâton placé devant sa porte, et leur assé- relations des peuples à cette époque recu-
nera quelques coups qui les feront mourir lée, qui correspond aux temps mytholo-
une seconde fois; mais si leur conduite a giques de ta Grèce et de l'Asie Mineure.
été irréprochable, le prêtre les enverra dans JUGES DES ENFERS (1). Platon dit qu'a-
un séjour déticieux, jouir du bonheur qu'ils vant le règne de Jupiter il y avait une loi
auront mérité. établie de tout temps, qu'au sortir de la vie
JUGES (les), un des livres canomques de les hommes fussent jugés pour recevoir la
l'Ancien Testament, appelé ~c/top~e~m en récompense ou le châtiment de leurs bonnes
hébreu; il contient l'histoire du peuple de ou de leurs mauvaises actions. Mais comme
Dieu, ou au moins le récit des faits les plus ce jugement se rendait à l'instant mêmequi
saillants qui se sont passés dans le pays de précédait la mort, il était sujet à de grandes
Canaau, depuis la mort de Josué jusqu'au injustices les princes avares et cruels, pa-
pontiScat de Samuel. Il tire son nom des raissant devant leurs juges avec toute la
chefs qui gouvernèrent la république d'Is- pompe et l'appareil de leur puissance, les
raël pendant cet intervalle, qui est d'environ éblouissaient et se faisaient encore redou-
3~0 ans. La charge de ces juges n'était pas ter, en sorte qu'ils passaient sans peine dans
héréditaire, et la plupart du temps elle ne l'heureux séjour des justes les gens de
dépendait pas du choix des hommes ç'était bien, au contraire, pauvres et sans appui,
Dieu même qui les choisissait, soit par le étaient encore exposés à la calomnie et con-
moyen de ses prophètes, soit en leur en- damnés comme coupables. La fable ajoute
voyant des visions, et en manifestant son que, sur les plaintes réitérées qu'on en Gt à
choix par quelque prodige signalé. Le gou- Jupiter, il changea la forme de ces juge-.
vernement de la nation étant purement ments le temps en fut fixé au moment mê-
théocratique à cette époque, Dieu seul en me qui suit la mort. Rhadamanthe et Eaque,
était le roi, et, jaloux de cette qualité, il ne tous deux fils de Jupiter, furent établis ju-
donnait aux juges qu'il suscitait de temps ges, le premier pour'tes Asiatiques, le.se-
en temps qu'une, autorité limitée. Et lorsque. cond pour les Européens et Minus au-des-
Samuel fut prié par le peuple de lui donner sus d'eux, pour décider souverainement en
un roi, le Seigneur en marqua son juste res- cas d'obscurité et d'incertitude. Leur tribu-
sentiment, en disant à ce prophète Ce.n'est nal est placé dans un endroit appelé le
point Mus, mais c'est moi qu'ils ont re/e~. Champ de Vérité, parce que le mensonge et
Quand on offrit la royauté à Gédéon et à sa la catomnie ne peuvent en approcher il
postérité après lui, il répondit au peuple aboutit d'un côté au Tartare, et de l'autre
Ce Me sera pas tNO! qui vous dominerai, ni aux Champs-Elysées. Là comparait un prince
mon fils après moi mais le Seigneur oo<re dès qu'il a rendu le dernier soupir, dé-
Dieu continuera à vous dominer. La dignité pouillé de toute sa grandeur, réduit à lui
des juges était à vie; le peuple reconnais- seul, sans défense et sans protection, muet
sait volontiers la juridiction et tremblant
perpétuelle pour iui-méme, après avoir
d'un chef manifestement envoyé par le Sei- fait trembler toute ta terre.S'il est trouvé
gneur pour une circonstance particulière coupable de crimes qui soient d'un genre à
mais leur succession ne fut pas continuée pouvoir être expiés, il est relégué dans le
sans interruption. Il y eut assez souvent Tartare pour un temps seulement, et avec
des intervalles où les tribus abandonnées à "assurance d'en sortir quand il aura étésuf-
elles-mêmes se conduisaient comme elles le usammcnt puriSé. Tettes sont les idées qu'un
jugeaient à propos. C'est alors que le peu- philosophe païen avait sur l'autre vie. L'i-
ple oubliait le Seigneur et tombait dans l'i- dée de ce jugement après la mort avait été
dolâtrie Dieu, pour le punir, permettait empruntée par ics Grecs d'une ancienne
qu'il fût inquiété ou asservi par ses en- coutume des Egyptiens, rapportée par Dio-
nemis le peuple reconnaissait sa faute, et dore « Quand un homme est mort en Egyp-
recourait au Seigneur, qui suscitait un hom- te, on va, dit-il, annoncer le jour des funé-
me extraordinaire pour le délivrer. Telle railles, premièrement aux juges, ensuite à
est la cause à peu près constante de l'élé- toute la famille et à tous les amis du mort.
vation de ces personnages à la, dignité de La toi permet a tout le monde de venir faire
jnge, qui correspondait assez bien à celle ses plaintes contre le mort. Si quoiqu'un te
de dictateurs c'est pour des motifs sembla- convainc d'avoir mat vécu, les juges por-
bles que Dieu suscita Othoniel, Aod, Gédéon, tent la sentence, et privent le mort de la
Samson, Jephté et plusieurs autres; on vit sépulture qu'on lui avait préparée mais si
même une femme remplir ces hautes fonc- celui qui a intenté l'accusation ne la prouve
tions, ce fut la prophétesse Débora- Ce pas, il est sujet à de très-grandes peines.
li,vre est très-curieux, oon-.seuloment pour
celui qui vent suivre l'action de Provi- (i) Article du dicHonuaire de Noét;
125 BICTIONNAIRE DES RELIGIONS.
Quan'd aucun accusateur ne se présente~ ou prits, au dire des insulaires, soient obliges
que ceux qui se sont présentés sont con- de se jeter dans la mer au risque de s'y
vaincus eux-mêmes de calomnie, tous les noyer.
parents quittent le deuil, louent le défunt, JtJtFS. ~0! JUBAÏSME.
sans parler néanmoins de sa race, parce que JU-KtAO. Onsait que trois croyances priu-
tous les Egyptiens se croient également no- cipales règnenten Chine: lé jM-Atao, ott ta toi
bles, et enfin ils prient les dieux infernaux des lettrés, développée dans la doctrine de
de le recevoir dans le séjour des bienheu- Confucius, la religion de Bouddha bu Foe,
reux. Alors toute t'assis!anee féticite le mort d'origine indienne, otia doctrine du.2'~0, bh
de ce qu'it doit passer l'éternité dans la paix de l'intelligence primordiate qui a formé le
et dans la gioire. monde et qui te régit comme l'esprit régit te
JUHLES. Les Lapons appelleht ainsi cer- corps.
tains esprits aériens auxquels ils ne consa~- La doctrine jM-Atao, la plus ancienne de
crent ni images ni statues, quoiqu'ils leur ce vaste empire, paraît avoir trois objets du
rendent un culte religieux on les honoré culte t'Etre suprême qu'itsappefteht y/«eM,
sur des arbres derrière les cabanes; et à la Ti, C/M<t<y.<t,etc.; les Génies, ~ot<e!-c/«M,
portée d'un trait de (lèche. Ce culte consiste partagés en bons, Chin, et mauvais, V~oMei
à leur faire un sacrifice, la veille et te jour enfin lès Ancêtres.
de Noël, qu'ils nomment la fête des Juhtes. LeThien n'est feprésehté par aucuneugu-
le
Ils commencent par jeûner la veille, ou du re c'est le ciet suprême, t'espritduoiët,
moins ils se privent de viande, et retran- suprême empereur. ~o;TH)EN,Ti,CHA)'<a-T).
chent quelques morceaux à leurs autres ali- It n'a pas même de temple à proprement
ments ils font la méafe chose te jour de ta parler, car on l'honore et on lui sacrifie en
fête puis ils jettent ces morceaux dans m< plein air. Le lieu du sacrifice s'appeHe~!ao;
coffre de bouleau qu'ils. suspendent à un ar- celui de Péking est situé hors de ta ville, au
bre derrière leurs cabanes pour tes; Juhtes midi juste et tout à découvert il est destiné
errants dans' les montagnes et les forêts~ uniquement à offrir des sacrifices au Chang-
Quelques-uns regardent ce culte comme te ti. Cependant on-donnéaussifenomde~Mc
produit d'un métange des idées chrétiennes à l'autel rond sur lequel on offre ces sacriri-
avec les restes de l'ancienne superstition. ces, et aux-sacrifices mèmes. Le Chuu-king
Dans la mythologie Scandinave, Odin a le nomme C/t~ un autre endroit où l'on sacrifiait.
tilre de roi des Juhtes. Fo! Joum. H n'y a pas un ordre ou une classe particu-
JCtBA. Chez les Formosans,. les femmes lière de personnes pour exercer sotennette-
sont les directrices du culte, et elles ont te ment tes cérémonies; on voitcependant dans
monopote des sacrifices on les appelle ./tM- le Chou-king un grand-prêtre appeté 2at-
bas.Leurs sacrifices consistent en pourceaux, cAe-~)t(/; mais le droit de sacriGer publi-
en riz gritté, en pinang et en'têtes de cerfs quement au Chang-ti est réservé de tout
elles font aussi des libations comme dans temps à l'empereur; encore n'ose-t-ii pas
les autres pays. Après le sacriBc&, la prê- sacrifier par tui-même; il choisit le fondateur
tresse adresse au peupie.un discours long et de sa famille pour cet emploi dont il se eroit
véhément, accompagné de cris et de contor- indigne; et comme ces cérémonies se font en
sions bizarres. L'esprit divin s'empare d'elle, forme d'un grand banquet, il se trouve très-
elle roule. des yeux égarés, hurle, se rou~e honnré de servir à. table. L'empereur fsM
à terre ou y demeure immobile, sans qu'eux aussi offrir des sacrifices' par d'autres, comme
puisse la relever. On est persuadé que c'est par les mandarins et les grands officiers <?
dans ces mouvements convulsifs que les\ l'empire. Entre les différents tribunaux éta-
dieux se communiquent à elle. Revenue de btis à ta Chine, it y en a un. qu'on a nommé
son extase la prêtresse se relève toute tribunal des ri~es, et qui juge des affaires
.tremblante ette monte avec les autres Jui- concernant ta religion.
bas, ses compagnes, sur la ptate-forme de Iii. Quand l'emperéar va fairedes sacrifices, sa
pagode, où elles font de nouvelles prières; marche est une espèce de procession, darns
laquelle il estaccomp~gnéde toute ta nature,
puis e)tes se dépouillent entièrement de leurs
habits et se frappent sur certaines parties eu qualité de fils et représentanti du Tifn. On
du corps. Cette cérémonie est suivie d'une porte un grand nombre d'étendards qu~i re-
ablution qui se fait en présence de t:'assem- présentent des divinités et divers objets'du
btéc alors tout le monde se gorge de li- culte publie, têts que lessymbotesdû dieu
qucurs jusqu'à s'enivrer. du tonnerre, de celui de ta ptuié, de ceux
Les Juibas se <nêtent aussi de prédire la des étéments.des montagnes, des rivières;
bonne et la mauvaise fortune, la, pluie et te le boisseau céteste ou les sept étoiles du nord
beau temps elles conjurent les démons et les planètes, tes signes du zodiaque; tous
les contraignent de quitter les lieux dont ils les animauxquot'on porte dans cettemarche
se sont emparés car les Formosans croient tiennent à la religion, et sont regardés
que tes démons, (luise plaisent à inquiéter comme des génies. On y voit, pa) mi les vola-
les hommes, viennent souvent habiter par- ti)es, le phénix et des faucons parmi les qua-
mi eux. Les exorcismes de ces prêtresses' se drupèdes des lions de~s dragons. On porte'
fout avec beaucoup de bruit elles poussent également des figures de serpents d'e dîne-
Les ministres de t'cmperpur
des hurlements pour chasser. les démons, et. rentes espèces.
les poursuivent avec acharnement le sabre sont divisés en neufctasses, et cbaq'ùe ciasse
à la main, jusqu'à ce que les m'auy~ 6s;- est distinguée par une C~ure d'ani'nat, que
'25 JUK JUK ~<t
tuus ceux qm en font partie portent brodée de l'empereur, à Pékmg, renferme le Tai-
sur la poitrine où su le dos. Ceux de la pre- /r<)M6[M~-m!K~,patois de la grande tumière,
mièreclasse, qui sont tes grands de l'empire, un autre dédié au Pe-<oMoû aux étoitesdu *u
ont pour triarque distinctive une espèce de nord. Dans la ville on remarque aussi le
faucon; ceux de la quatrième ont une grue 77neK-<<Mt~,ou temple du Ciet, où t'empereur
pour symbole. En générât, tes symboles des saértSeau solstice d'hiver; teTî-<ang,tem-
ministres et des officiers des tettrës sont em- ple dé~ la terre, où t'empereur, après son
pruntés des oiseaux; ceux des officiers de éôoronnemént, offre un sncriGce et tabôurë'
guerre l6 sont des quadrupèdes; enfin quel- une pièce de terre; le Pë-<eM-<MM<y, temple
ques officiers du palais portent des plantés et du ciel septehtrionat, l'empereur y sacriuo
particulièrement là màuve. au sOstice d'été te FeoM-~aM~, (empte de ta
En générât, les sacrifices sont très-nom- tune, où le sacrifice impérial a tiëù à t'équi-
breux dans la retigion Ju-kiao; mais ce n'est noxé. Dans le yt-~an~-Mt'ao, ou temple des
pas seutemeht au Chang-ti qu'on les offre. anciens rois, on voit, dtt-on, sur des trônes
Pour ne parlér que des principaux, il y en a fort riches les statues dès empereurs depuis
pour le ciel, la terre et les ancêtres des em- Fo-hi. L'empereur régnant y va observer les
pereurs, pour l'esprit ou le génie tutétaire cérémonies funéraires. Ce sont tes manda-
des terres labourables, et pou!' !ë génie tu- rins qui sacrifient au C/i!M<t)aM<mtao, ou
télaire dès grains d'f l'empire; on sacrifie à temple de t'ésprit qui garde les mu~s. 11 parait
ceux-ci en même temps. H y a encore des sa- même que chaque vit~e a uh tempte ~6nsacré
crifices pour les cinq principales montagnes a son génie tùtétàire. Dans un grand nombre
de l'empire, pour tes cinq montagnes tuté- d'entre ettes il y à dés tours pyramidales, à
laires, pour les quatre mers et tes quatre plusieurs étages, qui sont terminées par des
fleuves. On sacrifie aux sêputcrés des empe- fëmptes où chapelles; car ces bâtiments ont
reurs illustres des dynasties passées, au tem- tous là divinité pour objet. F6< Ca)\.
ple dédié à Confucius dans le lieu m'ême de sa Le culte des aneéh:és subsistoencoré mais
naissance, et aux autres sages ou héros. autrefois on accomplissait en leûr honneu)
Tous ces sacrifices se foi): par t'émpereùr une cérémonie spéciale au commencement
même ou par ses ordres. Dé ptus, quand de l'année et en automne. L'ancêtre princi-
l'empereur doit marcher en personne pour pat y était représenté p~r un enfant désigné
quelque expédition militaire, il sacrifieà t'es- par ie nom de Chi (tittératement té défunt) la
prit des étendards, et l'on teint du sang des cérémonie était suivie de repas etde réjouis-
victimes tes étendards et les tambours. H sances. Maintenant on a substitué à ces re-
sacrifie au génie qui prési'de au remuement présentations vivantes une tahtette sut ta-
des terres, et au génfe des armes à~feu. Ou- quelle sont écrits le nom et ta quatité de la
tre cela, les empereurs sacrifiaient autrefois personne, le jour, te mois et r année de sa
aux génies des éléments, par ta vertu des- naissance, et ceux de sa mort. Fo; Ça).
quels ils croyaient que leur dynastie ré~ Les anciens Chiuofs observa~n~ te sep-
gnait. tième jour, qu'its appëtaient ~raK~~OMr;
On voit dans )e Chou-~king que ïé? ani- on fermait alors tés portes des maisons, on
maux qu'on ouïrait le plus souvent en'sacri'- ne sé livrait à aucun commerce, et l'es ma-
Gcc étaient des cochons, des brebis ë~ des gistrats ne jugeaient aùeù'ne affaire. Main.
beeufs, mais surtout d'es bœufs dont on ob- tenant on ne t'observe ptus; mais les nou-
servait la couleur. On y voit aussi qu'on of- vettes et les pteixes lunes sont consacrées à
frait du riz dans des plats, et duvin'fait de'riz, la mémoire des ancêtres, devant ta tablette
de froment et de millet. Ce vin demandait un desquéts on fait brûler des cierges et on ap-
cœur pur et pleinde respect pour la divinité porte des offrandes. Les~ Chinois ont ausst
qu'on honorait. Les sacrifices étaient accom- plusieurs fêtes annueUes, tetiés' que celle
pagnés du son des instruments, de danses des bateaux, appelée jLoM<y-(cA/)OMert, cette des-
religieuses et de simulacres de combat. j[.aH<erMM, celle de t'~4yWcM«Mre.Foy. leurs
Les génies, Chin, composaient autour du. artictes respectifs.
Chang-tt une hiérarchie céteste, sembtabte à Les ghitosôphes d'é Fécok JM-At«o rédui-
cette d'es dignitaires sons l'empëreLtr. C&s sent la morate àta pratique' de ces deux
génies habitaient t'air et surveilhuén~ les vertus Jin, terme qui signifie ta piété en-
actions des hommes. Chaque famiHeavaitses vers ta Divinité, envers tes parents, et la
ancêtres pour génies tutétaires. Outré ces gé- bonté envers tous tes hommes Y, c'est-à-
nies spéciaux à chaque famille, chaque mon- dire t<~}u~tM&où l'équité qùii fàit qu'on rend
tagne, chaque grande rivière avait son gé- à chacun c&quP fui est dû. Le' Gt)ou-king
nie particutier, chaque canton même avait parle' aussi de ci'nq règles ou enseignements
son génie protecteur, é& ~esprit de' la terFe immùâMes, qui indiqucnp les rapports des
était invoqué dans les solennités qui' ou- hommes te~uns avec les au~es, et qui, seiôn
vraient et terminaient les travaux de t'a cul- les Chinois, sont au nombre dé cinq, savoir
cure annuelle. ceux du père et des enfants, du roi et de~
Nous avons dit plus haut que les anciens sujets,' de f'épouxét de t'épouse, d'és vieit-
Chinois n'avaient pas à proprement parler tards et~ d'es jeunes gens, et ennndes amis.
de temples; mais dans ? suite on a érigé des « Qu~ t'&n' ne s'imagine pas, dit te P. Vis-
temples ou'plutôt des palais, soit au 6hâng- detou.qaefa retigion présente des Chinois
ri, soit aux personniScations de eenaines~ soit (Htïérehte de t:'àhcienne quoiqu'on y'
forces dé ta'nature; c'est ainsi quelepatais ait tnnuvé dé temps en temps touc'haat le.
1.1
t27 -DICTtONNAtREDES RELIGIONS. 128
lieu, te temps et la forme, cependant les vres. Les magistrats et les philosophes du
choses principales s'y pratiquent selon le' -pays gémissent sans cesse sur les vices de ta
rite ancien. Aujourd'hui,- comme autrefois, société qu'ils ont sous les yeux, en rappel-
on sacrifie au ciel, à la terre, aux neuves, lent aux vertus antiques, et citent en vain
aux ancêtres, etc. Aujourd'hui encore, les les axiomes de leurs sages, sans se douter
anciennes cérémonies sont en usage, excepté que la différence entre l'intégrité ancienne
quetques-unes en petit nombre, qui n'ont été et la corruption actuelle g!t tout entière en
changées par aucun autre motif que parce ce que leurs ancêtres craignaient le Ciel ou
qu'on a cru qu'elles ne convenaient pas à le Suprême Empereur, tandis que leurs des-
l'antiquité. ? » Mais si le dehors de la religion cendants en générât se soucient fort peu de
est toujours le même, les sentiments sont son existence.
différents, ou du moins ne sont plus aussi Mais le coup le plus funeste au sentiment
uniformes, et aussi universels. x I) ne faut pas religieux a été porté par une doctrine philo-
juger, dit M. de Guignes, de la doctrine ni sophique qui a pris naissance dans le on-
de la religion des anciens Chinois par celles zième sièclede notre ère et qui fut popularisée
de's Chinois d'aujourd'hui, ai par les opinions trois siècles et demi plus tard. A cette dér-
des philosophes modernes. Les idées nouvel- nière époque (1M5), l'empereur Tching-tsou
lés ont à la Chine, comme partout ailleurs, chargea quarante-deux docteurs de l'acadé-
des partisans, et l'amour des systèmes a fait mie des Han-tin de composer des explica-
naître dans ce pays des sentiments sur ta di- tions plus amples'que celles qui existaient
vinité, qui ne sont pas uhiverseHement adop- déjà des livres classiques, en leur recomman-
tés. » Ce savant s'accorde en cela avec le P. dant de prendre principalement pour guides
Visdelou, qui parle d'une secte d'~<o-po- les deux interprètes Z'c/ttM~-<MMet 7'cAoM-
litiques, qui s'est formée parmi les lettrés <MM, qui uorissaient vers l'an 1070. Ces
depuis quelques siècles, et par tes avis de la- mêmes docteurs composèrent aussi un grand
quelle les sacrifices au Cbang-ti ont été, en- ouvrage philosophique, intitulé Sing-li-ta-
tièrement retranchés sous la dynastie des <MOMaM,ou Traité complet de philosophie
Ming. naturelle. Dans ce livre, ils admettent une
Les personnes peu initiées dans l'histoire première cause, qu'ils nomment Tat-At. Il
et la littérature de la Chine regardent com- n'est pas aisé d'expliquer cequ'ils entendent
munément Confucius comme le fondateur de par ce mot ils avouent eux-mêmes que le
la sectedu Ju-kiao, ou des Lettrés, comme on Tai-ki est une chose dont les propriétés ne
l'appelle communément en France mais peuvent être exprimées. Quoi qu'il en soit,
c'e3t une erreur la religion de'Ju-kiao lui voici l'idée qu'ils tâchent d'en donner com-
était de beaucoup antérieure, el eite date de me ces mots Tai-ki, dans leur sens propre,
la fondation de l'empire. Nous sommes por- signifient le grand faîte, ces docteurs ensei-
tes à croire que cette religion était pure dans gnent quelle Tai-ki est à l'égard des autres
son principe, qu'elle n'était autre que celle êtres ce que le faite d'uue maison éstà l'égard
que Noé transmit à ses enfants, même avec de toutes les parties qui la composent que,
l'attente d'un libérateur futur, et qu'elle sub- comme le faîte unit et. conserve toutes les
sista longtemps dans sa simplicité prirnitive. pièces d'un bâtiment, de même le Tai-ki
l'tus tard la superstition et te culte des gé- sert à allier entre elles et à conserver toutes
nies la corrompirent; et comme il s'était en- tes parties de l'univers.C'estle Tai-ki, disent-
core glissé bien d'autres abus dans le com- ils, qui imprime à chaque chose un caractère
merceordinaire de la vie,Confucius entreprit spécial qui la distingue des autres choses
la réforme générale de là société, mais dans on fait d'une pièce de bois un banc ou
un but plutôt moral que religieux. Nous une table; mais le Tai-ki donne au bois la
croyons même que sa théorie a nui beau- forme d'une~b)e ou'd'un banc; iorsque ces
coup à l'idée et au sentiment religieux. C'est instruments sont brisés, le Tai-ki ne subsiste
lui surtout qui a contribué le premier à im- plus.
porter dans les habitudes sociales ce ton Les Ju-kiao donnent à cette première cause
prétentieux et maniéré qui pour les Chinois des qualités inGnies, mais contradictoires;
tient lieu de tout. Vous pouvez suivre telle ils lui attribuentdes perfections sans bornes
religion qu'il vous plaît, ou n'en avoir au- c'est le plus pur et !e plus puissant de tous
cune vous pouvez être spiritualiste ou ma- les principes; it n'a point de commencement,
térialiste suivre les mauvais penchants de il ne peut avoir de un. C'est l'idée, le modèle
votre cœur ou y résister;.être dans le com- et l'essence de tous les êtres c'est l'âme
merce fripon ou désintéressé, personne n'y souveraine de l'univers, c'est l'intelligence
fera attention; mais violez les rites, agissez suprême qui gouverne tout ils soutiennent
contrairement aux usages, manquez aux même que c'est une substance immatérielle
lois de la politesse, vous serez mis au ban et un pur esprit. Mais bientôt, s'écartant de
de l'opinion publique, déféré aux tribunaux ces belles idées, ils confondent leur Tai-ki
compétents, et passibles de peines plus ou avec tous les autres êtres c'est la même
moins sévères. C'est à l'absence de ce senti- chose, disent-ils, que le ciel, la terre et les
ment religieux dans la législation chinoise cinq éléments, en sorte que, dans un seul,
que nous devons attribuer cette espèce d'a- chaque être particulier peut être appelé Tai-
théisme pratique qui frappe de prime abord ki. Ils ajoutent que ce premier être est la
l'étranger qui étudie les Chinois dans leurs cause seconde de toutes les productions de .la
moeurs actuelles et noa dans les anciens li- nature, mais une cause aveugle et inanimée.
t99 JUM JUM 130

qui ignore la nature de ses opérations.En6n, contient une bette pnere qu'un vieillard
après avoir Hotte entre mille incertitudes,- ils adresse à Jumala, dieu suprême, pour obte-
tombent dans tes ténèbres de l'athéisme, re- nir la guérison d'un btessé. En voici la tra-
jetant toute cause surnaturette, n'admettant duction par M. Léouzon Leduc « Conserve-
d'autre principe qu'une vertu insensible, unie nous, o bon Créateur; sois-nous propice,
el identifiée à la matière. dieu plein de douceur; ne permets point
Quant aux autres religions de la Chine, que nous soyons accablés par tes maux du
voyez Fo ou FoÉ, TAO. corps, ni brisés par ses douteurs. 0 glorieux
JUKS-AKKA, déesse des anciens Lapons Jumata 1 prépare ton char, attelle tes cour-
elle passait pour avoir enseigné l'art de tirer siers, monte sur ton siège splendide, et vole
de l'arc et l'usage du fusil. Son image était à travers les os, tes membres; les chairs
placée dans le vestibule des temples,. où les blessées, les veines déliées. Fais couler l'ar-
Lapons venaient tous les jours lui offrir une gent dans le vjde des os, fais couler l'or
partie de leurs aliments et de leur boisson. dans les blessures des veines que ta où la
Elle présidait, avec le dieu Sar-Akka, à la chair a été brisée, de nouvelles chairs re-
formation du fœtus dans le sein de sa mère; naissent que là où les os ont été brisés,
son influence èn faisait une femelle, comme de nouveaux os renaissent, que les veines
celle de Sar-Akka le déterminait à devenir détachées soient renouées que le sang qui
mâ)e. dévie dans son cours soit ramené dans son
JUL, fête que les Scandinaves célébraient lit que partout où une plaie a été faite, la
en l'honneur de la déesse Freya, à l'occasion santé revienne belle et entière 1 »
du retour du printemps; ette était accompagnée Au rapport de Strahlenberg, il n'est pas
de banquets, de libationsetde danses. Son nom pennts, suivant Jes idées des Tchérémisses,
vient du mot jul, qui signifie roue, symbole de représenter et d'honorer sous une Cgure
du temps qui marche toujours et dont les sensible le dieu Jumala, parce qu'il est
périodes se reproduisent annuellement. Les éternel et tout-puissant. Quand ils jettent
chrétiens ont transformé la fête de Jul en dans te feu du pain etde la viande, ils crient
tête de Noël, qui arrive à l'époque où les Jumala, Sargala: Grand Dieu, ayez pitié de
jours recommencent à croître. Fo! JOULU, noustits lui offrent dessacriSces publics,
JUHLES. qui consistent en un bœuf, un cheval ou un
JU-LAÏ, nom chinois du Bouddha Chakya- mouton, mangent la chair de la victime,
Mouni. Foy. Joc-LAi. sauf une tranche -qu'ils jettent dans le feu
JULIE, surnom de Junon il y avait à avec une tasse d'hydromel puis ils en sus-
Rome une chapelle qui lui était dédiée sous pendent la peau sur une perche entre deux
ce nom. arbres; car ces sacriSces ont lieu communé-
JULIENS, prêtres romains, qui formaient ment sous des arbres et auprès d'une ri-
un des trois collèges des Luperces. vière ou d'une eau courante.
JUMALA (prononcez 7oMtK6~<t), nom de la Les Mordouines et plusieurs autres peu-
principale divinité chez les anciennes na- plades de l'Asie septentrionale donnent à
tions permiennes, et dont le nom est. resté leurs simulacres le nom de Jumala. Quel-
chez les Lapons, les Finnois, les Tchérémis- ques tribus prononcent ce mot Ibmel.
ses, les Mordouines, pour exprimer'le nom JUMPERS ou Sauteurs; secte de fanati-
de Dieu. « Le mot Jumala, chez.-les peuples ques, appartenant à la branche des Métho-
Finnois, est, suivant M. -Léouzon Leduc, la distes d'Angleterre, qui prit naissance, vers
plus haute expression .du caractère divin i) l'an 17CO, dans le pays de Gattes et le comté
emporte essentiellement l'idée de puissance de Cornouailles. Les chefs des Jumpers
créatrice. Aussi, ce n'est pas seulement au' étaient Harris Rowtand et William Williams,
grand Dieu, ou plutôt au principe suprême surnommé te poète gatiois. Ce dernier, dit fau-
et universet des choses, qu'il était appliqué, teur de l'Histoire des sectes re~t~MMses, pu-
mais à tous les dieux qui tenaient un rang blia un pamphlet pour justifier la singularité
élevé dans la hiérarchie mythologique, de de leur dévotion; et l'usage de sauter, gro-
même à peu près que le Bog des Slaves, gner, hurler, réitérer trente ou quarante
terme appellatif, convenant à tous les êtres fois la même stance, fit des prosélytes. Les
déifies. C'est donc à tort que certains écri- prédicants voyageurs du pays de Galles re-
vains ont particu)arisé le mot Jumala ils commandent la plupart de répéter fréquem-
sont tombés dans l'erreur de ceux qui ment les mots ~tntem et Gogoniant. Ce der-
transforment en noms propres les simples 'nier signifie gloire en langue celtique, qui
expressions épithétiques. » est celle du pays. Ils conseillent de s'exciter
Les écrivains qui prennent Jumata pour aux transports et de sauter jusqu'au point
un dieu particulier disent que les Lapons de tomber par 'terre. Ces prédicants sont
le représentaient sous la figure d'un homme presque tous ignares, mais hypocrites et ru-
assis sur une espèce d'autel, portant sur la sés, lis ont en plein air, outre les réunions
tête une couronne, et autour du cou une hebdomadaires, une ou deux assemblées gé-
forte ctiaine d'or. 11 avait sur les genoux nérâtes annuelles à Pulheli, à Caernawon et.
une tasse dans laquelle on déposait tes of- ailleurs.
frandes. Jumala avait un empire souverain Les Jumpers se croient mus par une im-
sur les autres dieux, ainsi que sur la vie, pulsion divine; on remarque que tes jeunes
la mort et tous les éléments. gens d'un tempérament sanguin sont les ptus
Le Kalevata, poëme épique des Finnois, affectés. L'un débute en prononçant des
~t DICTIONNAIREDES RELIGIONS. <3?
sentences détachées d'un ton sourd qu'il turne et de Rhea, et par conséquent sœm
pousse ensuite jusqu'au beuglement avec de Jupiter, de Neptune, de Pluton, de Cérèf
des gestes violents, et il finit par des san- et de Vesta. Les Grecs rappelaient 77~'a
glots un autre se borne à des exclamations Les grammairiens latins tirent son nom de
un troisième gambade de toutes ses forces et Juvans, secourable, comme cetui de Jupiter,
entre-coupe ses bonds de quelques mots qu'ils croient être pour Juvans Pater. D'au-
dont le plus usité est C&yoMMM~; un qua- tres regardent le nom de Junon comme une
trième tire de son gosier des cris qui )mi- espèce de féminisation de celui de Jovis. Ces
tent ceux de l'instrument d'un scieurde pier- étymologies ne nous satisfont huttement,
res. L'enthousiasme se communique à ta foule; mais nous avouons que nous n'en avons
bientôt on voit les hommes, les femmes, les pas de certaines à proposer. Si l'on pouvait
enfants, ayant tes cheveux et les habits en constater l'identité de Junon avec la grande
désordre, crier, chanter, battre des pieds et déesse de Syrie, nous tirerions son nom du
des mains, sauter comme des maniaques; ce syro-phénicien rHI~ tOtM, colombe; en effet
qui ressemble ptns à une orgie qu'à un ser- cet oiseau lui était consacré, et une colombe
vice religieux. En sortant de là,'ils conti- d'or était placée sur la statue de cette déesse
nuent leurs grimaces à trois Ou quatre mit- dans le temple d'Hiérapolis. H ne serait pas
les de distance mais il en est, surtout par* improbable que de Dton~, fille de l'Océan et
mi tes femmes, qu'on est obligé d'emportér l'une des épouses de Jupiter, les Latins eus-
dans un état d'insensibitité car cet exercice sent fait d'abord ~one, puis JMho. Ceux qui
dure quelquefois deux heures, et doit néces- préfèrent une origine sanscrite pourront la
sairement épuiser tes forces. rapprocher du verbe ~oMttam!, joindre, et lui
Evans assista, en 1785, à une scène de ce donner la signification de conjux; l'épouse
genre près Newport en Montmouthshirë. Le du grand dieu, ou de djan, enfanter (geni-
prédicant finit son sermon en recomman- trix), ou de d!/aM!, la femme par excéllence.-
dant de sauter, parce que David dansa de- En effet, Junon était la personnification de
vant l'arèhe, parce que saint Jean-Baptiste I'é)ément femelle ou principe passif de la
tressaillit dans le sein de sa mère, enfin nature. C'est la même divinité qui était ho-
parce que l'homme purifié par la grâce di- norée par les Egyptiens sous le nom d'Isis,
vine doit exulter de jubilation et de recon- par les Syriens sous celui d'j4~r<e, par les
naissance. Le prédicant accompagnait son Chaldéens sous ceiui de Mylitta, par les In-
discours d'un agitation qui semblait prélu- diens sous celui de Sacti dédoubiée en Par-
der à la danse. Alors neuf hommes et sept t;a< ZoAc/ttM! et Parca<t. Sous ce rapport il
femmes commencèrent à sauter en gémis- y a également identité chez lès Grecs entre
sant une partie de l'auditoire leva la séance, la Junon de Samos, la Diane d'Eplièse et Cy-
d'autres, qui n'étaient que spectateurs, res- bèle la grand'mère des dieux. Tous ces noms
tèrent stupéfaits. Mais les Jumpers continuè- symbolisaient la nature, t'bumtde, principe
rent leurs gambades depuis huit heures du générateur de tous les êtres. Mais les Grecs
soir jusque onze; puis, se mettant à genoux ne se contentèrent pas de ce symbolisme
en cercle, ils élevèrent les mains, tandis primitif et, les poëtès aidant, ils composè-
que i'un deux priait avec ferveur. îts termi- rent à Junon une biographie absurde et
nèrent la cérémonie en regardant le oet, et monstrueuse, comme celle des autres dieux,
se disant mutuettement.que bientôt ils se- et dans taqùette il est assèz difficile de re"
raient réunis pour n être jamais séparés. trouver ta conception première.
En 180~, t'Irtandais William Sampsoh vit Plusieurs pays se disputaient l'honneur
encore les Jumpers sur là côte nord du pays de lui avoir donné le jour, et surtout Samos
de Galles ils y avaient beaucoup de cha- et Argos, où elle était honorée d'un culte
pelles, cependant ils s'assemblaient. souvent particutier. Elle fut nourrie, selon Homère,
en ptein air dans les viftages ou dans tes par t'Océan et par Té'hys, sa femme selon
champs. Le droit d'y prêcher par inspiration d'autres, par Eubée, PorsymneetAcrée, fil-
appartenait, dit-il, à tout âge et à tout sexe. les du fleuve Astérion. D'autres soutiennent
Parmi ceux qui étaient en convulsion, it vit que ce furent lés Saisons ou les Heures qui
des vieillards mordre et mâcher t'extrémité prirent soin de son éducation. Jupiter de-
de leurs bâtons en grognant comme tes chats vint amoureux de sa sœur, et la trompa
qu'oo chatouille sur le dos. Les plus jeunes sous le déguisement d'un coucou (Foy. Cou-
s'élançaient en l'air vers l'Agneau invisible cou) mais plùs tard il t'épousa sotennenement,
de Dieu; et une jeune fille, qu'il interrogea et les noces furent cétebrées sur le territoire
sur te motif de ces sauts, fui dit qu'elle sau- des Gnossiens, près du fleuve Thérène, ou
tait ett l'honneur (~T~MeaM. t'en voyait encore, du temps de Diodore, un
JUNtA TOR~UATA, vestate romaine, d'une temple desservi par des prêtres du pays. Afin
vertu digne des anciens temps, dit Tacite. de rendre ces noces plus solennelles, Jupiter
Elle fut honorée après sa mort d'un monu- ordonna à Mercure d'y inviter tous les
ment public, où elle était qùatinée de Cét~s.te dieux, tous les hommes et les animaux. Tout
Patronne. s'y.rendit, excepté la nymphe Chétoné, qui
JDNKARI, dieu des anciens Finnois; il fut assez téméraire pour se moquer de ce
présidait à ta' chasse, et on t'invoquait contre mariage, et chercha des prétextes pour se
les bêtes féroces. dispenser d'y assister. Mercure s'étant
JUNON, fa plus grande des déesses du aperçu de son absence, se rendit à sa mai
panthéon grec et latin; ette était nUe de Sa- son située sur le bord d'un fleuve, et l'y orè
'35 JUN JUN ~<
cipita avec son habitation. La nymphe fut Elle présidait aux mariages, aux noces, aux
ainsi changée en tortue, condamnée à traî- accouchements, sous les noms ou les épithô-
ner sa maison, et réduite à un mutisme tes de JPomt~MM, Fcontt6o, Juga, Lucine,
éterhet. ~dM!<o, Opigena, ~aH~rna, etc. (1). La
H était impossible aux poëtes et aux phi- ceinture que le mari ôtait à sa nouvette
losophes païens de proposer l'union de Ju- épouse, la graisse dont cette-ci oignait les
p)H'r. et de Junon comme le modèle des bons ferrements des portes de la maison conju-
ménages ces époux célestes vivaient dans gale, faisaient donner à cette déesse te nom
des querettes et une guerre presque conti- de Cinxia et d'UMa~a. Le fer de lance avec
nuâtes. Jupiter, qui n'était pas en cela plus lequel on frisait les cheveux'de la mariée
sage que les maris grossiers et brutaux de la faisait appeler Curitis. Comme conserva-
tous les siècles, n'épargnait pas à sa divine trice du peuple, on l'invoquait sous le nom
moitié les coups et les mauvais traitements. de Sospita; et comme bonne conseittère,
On raconte même qu'il la suspendit une fois sous celui de Moneta (du verbe monere
entre le ciel et la terre avec une chaîne, qui avertir, et non, comme le disent plusieurs,
pour être d'or n'en était pas moins dure, et comme déesse de la monnaie, MoHeto).'
une enclume à chaque pied. Vulcain, son De toutes les divinités du paganisme, il
Ht~, ayant voulu dégager sa mère, fut préci- n'y en avait point dont )e culte fût plus so-
pite du ciel d'un coup 'le pied du roi des lennel et plus généralement répandu que
dieux. D'un autre côté, si Junon se mon- celui de Junon. Le récit des prétendus pro-
trait souvent fevëche et acariâtre, il faut diges qu'elle avait opérés, et des vengeances
avouer que les innombrables infidétités de qu'elle avait tirées des personnes qui avaient
sonépoux lui en fournissaient une a'ppte oc- osé la mépriser, ou se comparer à elle,
casion de là aussi la haine profonde qu'elle avait inspiré tant de crainte et tant de res-
avait vouée à prieurs belles mortelles et à pect; qu'on n'oubliait rien pour l'apaiser et
leur race, et l'archarnement avec lequel elle pour ta fléchir, quand on croyait l'avoir of-
les poursuivait, tt paraît même qu'en gé- fensée. On trouvait partout, dans la Grèèe,
néra) elle haïssait toutes-les femmes galan- dans l'Italie, des temples, des chapelles ou
tes, et ce fut pour cela sans doute que Numa des autels dédiés à cette déesse et dans les
leur défendit à toutes sans exception de localités considérables il y en avait plu-
paraître jamais dans les temples de Junon. sieurs. Mais elle était principalement hono-
Cette austérité édifiante nous fait croire que rée, comme nous l'avons dit, à Argos et à
cette matheurec~e déesse a été indignement Samos.
catftnniée par tes poëtes, qui l'ont accusée Le temple de Junon d'Argos était à !t0 sta-
d'avoir on des intrigues scandaleuses avec le des (environ 6 kilomètres) de la ville. « En
géant Eurymédon et quelques autres, ajou- entrant. dans ce temple, dit Pausanias, on
tant malignement qu'il y avait près d'Argos voit sur un trône la statue de la déesse, d'une
une fontaine merveilleuse où Junon se bai- grandeur extraordinaire, toute d'or et d'i-
gnait tous les ans et recouvrait sa virginité. voire elle a sur là tête une couronne au-
Nous sommes plus portés à admettre l'his- dessus de laquelle sont les Grâces et les
toire de sa conjuration avec Neptune et Mi- Heures. Elle tient d'une main une grenade,
nerve pour détrôner Jupiter elle en était et dé l'autre un sceptre, au bout duquel est
bien capab)~; déjà elle avait réussi à l'en- un coucou. » La grenade était le symbole de
cha!ner et Jupiter allait perdre sa dignité la fécondité quant au coucou, nous ne con-
suprême, si Thétis ,ta Néréide n'eût amené naissons pas parfaitement de quoi it ét:'itr
à son secours te formidable géant Briarée, l'cmbtème mais il ne faut pas croire qu'il
dont la seute présence arrêta les pernicieux vient du conte puéril que nous avons rap-
complots de Junon et de ses adhérents. porté plus haut ce conte vient plutôt du
On ne convient pas du nombre des enfants peuple ignorant qui voulait trouver une rai-
de Junon. Hésiode lui en donne quatre son d'un symbolisme dont où ne donnait la
Hébé, Vénus, Ludne et Vulcain. D'autres y clef qu'aux initiés. Junon n'avait d'abord été
ajoutent Mars et Typhou; encore attégo- représentée à Argos que sous une figure in-
rise-t-ott plusieurs des générations, en disant forme taitté&dans le tronc d'un poirier sau-
que Junon devint mère d'Hébé en mangeant vage ear les premières statues des dieux
des laitues de Mars, en touchant une Heur n'étaient que des blocs grossiers de pierre
de Typhon, en recevant dans son sein les va- ou de bois.- C'était sur l'autel de ce temple
peurs de ta terre. que tes magistrats d'Argos venaient s'obli-
Comme on donnait à chaque divinité un ger par serment d'observer les traités de
attribut particulier, Junon avait en partage paix mais n'était pas permis aux étran-
les royaumes, les empires et les richesses ,· gers d'yon'riF des sacrifices. H n'y avait rien
elle ne balanca pas à offrir tout cela au ber- de plus respecté dans la Grèce que les prê-
ger Pâris, s'il voulait' lui adjuger te prix de' tresses de la, Junon d'Argos on, leur élevait
la beauté qu'elle disputait à Minerve et à Vé- (tes statues qui, rangées en face du temple,
nus. On croyait aussi qu'elle prenait un soin (to&natent une suite de dates que les histo-
particulier de la parure et des ornementa riens employaient quelquefois pour Sxer
des femmes c'est pour cela que, dans ses~
statues, ses cheveux paraissent élégamment (1) Quelques-uns faisaient d'e tous ces noms autafft
ajustés. On disait proverbialement que les- de divinités différentes, que tes femmes fomatne~
coiffeuses présentaient le miroir à Junon. invoquaient- sons ? nom de JMtongs tnntff~
~35 DICTIONNAIREDES REL!GtONS.
l'ordre des temps. Ces prêtresses avaient soin année, et décernaient le prix de la course
de faire à la déesse des couronnes tressées aux filles de l'EHde. Dès que le signal était
d'une certaine herbe qui croissait sur les donné, ces jeunes émules s'élançaient dans
bords du fteuve Astérion; elles couvraient la carrière, à demi nues, et les cheveux Oot-
aussi son autél des mêmes herbes. L'eau tants. Celle qui remportait la victoire rece-
dont elles se servaient pour les sacriGces et vait une couronne d'olivier et fa permission
les mystères 'secrets était puisée dans la plus flatteuse encore de placer son portrait
fontaine Eteuthérie, peu éioignéedu temple, dans le temple.
et it n'était pas permis d'en puiser ailleurs. A Lanuvium en Italie, la statue de Junon
Le jour de la grande fête de Junon, on se recevait d'autres attributs. « Votre Junon
rendait avec grande pompe de la ville au tutélaire deLanuvium,di~aitCottaaVe!leius,
temple. La procession s'ouvrait par cent ne se présente jamais A vous, pas même en
bœufs ornés de guirlande et destinés au sa- songe, qu'avec sa peau de chèvre, sa jave-
crifice elle était protégée par un corps de iine, son petit bouclier et ses escarpins re-
jeunes Argiens couverts d'armes étincelan- courbés en pointe sur le devant. ? C'était
tes, qu'ils déposaient par respect avant d'ap- dans cette viliequeJunon était honorée sous
procher de-l'autel elle était terminée par la l'épithète de Sospita, tutélaire ou conserva-
prêtresse, portée sur un char attelé de deux trice.
bœufs de couleur blanche. Ce fut dans une Ordinairement Junon était représentée
circonstance semblable que Cléobis et Biton, sous la figure d'une matrone majestueuse,
fils de la prêtresse Cydippe, voyant que l'at- quelquefois une couronne radiale sur la
telage n'arrivait point s'attachèrent eux- tête, et un sceptre à la main. Près d'elle est
mêmes au char de leur mère, et, pendant un paon, son oiseau favori, et qui ne se trouve
quarante-cinq stades,,la traînèrent en triom- jamais avec une autre déesse. L'épervier
phe dans la plaine et jusqu'au milieu de la et l'oison lui étaient aussi consacrés, et ac-
montagne, où le temple était alors situé. compagnent quelquefois ses statues. LesEgyp-
Touchée de cette preuve de piété filiale, Cy- liens lui avaient consacré le vautour. On ne
dippe, que tout le monde félicitait d'avoir lui sacrifiait pas de vaches, parce que, dans la
de pareils enfants, pria Junon de leur ac- guerre des géants contre les dieux, Junon
corder le plus grand bien que les mortets s'était réfugiée en Egypte sous la figure d'une
pussent recevoir des dieux. Après cette priè- vache, ce qui la tit confondre avec Isis.
re, its sacrifièrent, soupèrent avec leur mère, Le dictame, le pavot et la grenade étaient
s'endormirent dans le temple, et le lende- les plantes ordinaires que les Grecs lui of-
main furent trouvés morts comme si les fraient, et dont ils ornaient ses autels et ses
dieux n'avaient pas de plus grand bien à ac- images. La victime la plus ordinaire était
corder aux hommes que d'abréger leurs l'agneau femelle cependant, au premier
jours. Les Argiens firent représenter cette jour de chaque mois, les Romains lui immo-
histoire en marbre dans le nouveau tempie laient une truie.
qu'its bâtirent après l'incendie du pre- JUNONIES, fête que les Romains célé-
mier. braient en l'honneur de Junon; voici en
A Samos, le temple de Junon était situé quelle occasion Les pontifes avaient or-
dans le faubourg de la ville, non toin de la donné, en conséquence de certains prodiges,
mer, sur les bords de l'Imbrasus, dans le que vingt-sept jeunes filles, partagées en
lieu même où l'on croit qu'elle vint au mon- trois bandes parcourussent la ville en
de, sous un arbrisseau appelé agnus castus: chantant un hymne composé par le. poëte
Elle était représentée, comme à Argos, avec Livius. Ces vierges, pour se conformer aux
une couronne sur la tête aussi était-elle ordres qu'elles avaient reçus, se rassembtè-
appelée la reine Junon. Sa statue était cou- rent dans le temple de Jupiter Stator, et là
verte d'un grand voile, depuis la tête jus- commencèrent à apprendre par cœur le can-
qu'aux pieds il paraît qu'elle n'était pas re- tique qu'elles devaient chanter. Pendant
marquable comme oeuvre d'art, mais elle qu'elles étaient occupées à cet exercice, le
était respectable par son antiquité cepen- temple de Junon fut frappé de la foudre. Ce
dant elle avait été précédée par une autre nouveau prodige alarma les esprits. On con--
'statue qui n'était qu'un simple soliveau; sulta les devins, qui répondirent que les
comme toutes celles de ces temps antiques. dames romaines devaient chercher à apai-
A ses pieds étaient deux paons de bronze, ser la déesse par des offrandes et des sacri-
parce que ces oiseaux se plaisaient dans cette fices. En conséquence, les matrones se co-
contrée, et étaient consacrés à Junon. On tisèrent entre elles et réunirent une somme
conservait aussi dans une caisse le même d'argent assez considérable qu'elles em-
agnus ca~tM qu'on disait lui avoir servi de ployèrent à acheter un bassin d'or pour être
berceau. oOert dans le temple de Junon sur le mont
Junon avait aussi un temple célèbre à Aventin. Le jour marqué par tes'décemvirs
Olympie. Tous les ans on cétébrait auprès, pour la cérémonie, on introduisit dans la
des jeux auxquels présidaient seize femmes ville, par la porte Carmentale, deux vaches
choisies parmi les hait tribus des Etéens. bianches, qu'on avait fait venir du temple
Ces femmes entretenaient deux chœurs de d'Apollon. On portait ensuite deux statues
musique pour chanter des hymnes en l'hon- de Junon faites de bois de cyprès après quoi
neur de la déesse elles brodaient le voile s'avançaient les vingt-sept jeunes filles cou-
nouveau dont on couvrait sa statue chaque vertes de longues robes, et chantant i'hymne
<3?
7 JUP JRT~ ~3
_t Tfl_ Lf.t .f.71. .A. .6..u_u _h __1_1- ro
sacré. Elles étaient suivies des décemvirs. même Marspiter co dernier vocahte offre !e
.tont ta robe était bordée de pourpre, et qui mot modiué de la même manière t~uc dans
avaient sur la tête une couronne de 1 turher. ~M-pt/fr.
j,a procession s'arrêta dans la grande place Les anciens auteurs latins penchent pour
de Rome. Les filles y formèrent une danse l'étymotdgie latine, et tirent Ju, jMo, Jovis,
rehgieusc, réglant leurs pas sur le chant de dejuvare aider, secourir. Ils disent que J!<-
l'hymne puis on se remit en marche, et i'on piter est pour jMmK~poter, !e~ère secou-
se rendit au temple, dans lequel tes statues rable. C'est ainsi, ajoutent-its, qu'on appelait
de cyprès furent placées ~honoràbfemënt, et Fe-joct~ une divinité malfaisante, dont on
grand nombre de victimes furent sacrifiées n'avait aucun secours à attendre.
à Junon par la main des décemvirs. -Si l'on s'en rapporte à l'étymologie in-
JUNONHJS, un des surnoms de Janus, dienne, Jupiter pourrait venir de Dte M/M)-
ainsi appelé parce qu'il introduisit en ttatie ~<r<, le père de la région lumineuse Qe ciel)';
le culte de Junon, ce qui te Ht passer pour ou Div-pati, le seigneur du ciel. Mais pour
le fils de cette déesse et parce qu'il prési- cela il faut 'changer t'articutation D;t) en
daitau commencement de chaque mois, dont Dju, puis celle dernière en lu, procédé qui
les calendés étaient dédiées à Junon. n'est, en fait de dérivation latine, ni fréquent,
JUNONS génies des femmes romaines, ni bien constaté.
dont chacune avait sa Junon, comme chaque Enfin l'origine hébraïque nous sourirait
homme avait son Génie et tandis que les assez nous avons montré dans la syngtosse
hommes juraient par leur génie tutétaire, (article DfEU, n''cjn) que le latin Jopt était
les femmes juraient par te~rJunon. On ap- identique avec le tétragra~me Jova, Jéhova,
pelait aussi les mères Junons (Junones Ma- prononcé aussi dans la Bible Jaho, Jeho, Je-
~M), tes divinités invoquées parles femmes hu et enfin ~M (voyez aussi le mot JEnovA
mariées, soit pendant leur grossesse,.soit dans ce volume). Or la première syllabe de
avant ou après l'accouchement c'étaient tes Ju-piter est, de l'aveu de presque tous tes
déesses .E'<yeWe, Lucine, Partula, Partunda grammairiens, la contraction de Jovis. Ju-
et plusieurs autres qui n'étaient que diffé- piter signifierait donc J~ocet le père. Nous
rentes personnifications de Junon. n'avons pas besoin de'rappeler à nos lecteurs
JUOLETAR, divinité invoquée par tes an- que la religion gréco romaine avait fait
ciens Finnois c'était un beau vieillard, roi beaucoup d'emprunts aux doctrines de l'O-
des ondes, dont les attributions peuvent être rient c'est un fait acquis .a l'histoire nous
comparées à. cettes du Neptune des Grecs. nous en tenons donc à cette dernière étymo-
JUPITER. Commençons par chercher les logie. Mais arrivons au personnage.
étymotogies de ce nom si longtemps sacré Jupiter peut être considéré sous un tripic
elles ont presque.toutes un certa.in degré de. pojnt de v.ue comme divinité suprême,
probabilité. Mais d'abord constatons que )a comme personnage historique, et comme
déclinaison commune de ce vocable (Jupi- conception. mythologique.
ter, Jovis, Jovi, JoM, ~OMm) est irrégutière. l"Sous !e premier rapport, Jupiter était,
Jupiter est un nominatif sans génitif ni au- ainsi que l'indique i'étymotogie hébraïque,
tres cas son vrai génitif, jMp!<r:s (ou Ju- l'être existant par Jui-mjeme, éterne), infini,
C:<em suivant Priscien) est inusité. Jovis immense, souverain maître de toutes cho-
estégatement un génitif dont le nominatif ses. Varron dit qu'it y avait au-dessus de
Jovis ne se trouve que dans Ennius. Tous tous les êtres et de toutes les divinités un
les grammairiens anciens et modernes con- Jupiter .qu'adoraienttous ceux qui adoraient
viennent en second lieu que Jupiter est un Dieu sans images.'Voiià pourquoi dans plu-
nom composé pour Ju, Jou, you!.<-Pa<fr. sieurs-auteurs anciens le nom de Jupiter est
Mais, parmi les étymotogistcs, tes uns font synonyme de celui dç.Dieu; ,en hébreu, Jé-
dériver son-nom du grec, les autres du latin, hova semet indifféremment pour l'appellalif
d'autres du sanscrit, d'autres enfin de l'hé- commun. « L'univers a été produit par Zeus,
breu. disent les hymnes d'Orphée. A l'origine tout
Ceux qui tiennent à l'étymotogie grecque était en lui, l'étendue éthérée et son é!6va-.
lefont venir de Zsu~ ~KT~ et'soutienneot que tion lumineuse, la mer, la terre, t'Océan,
Zejf vient tui-méme du verbe ~.j, vivre, l'abîme du Tarlare, tes Heuves, tous les dieux
parce que Jupiter est le principe de la vie. et toutes les déesses immortelles, tout ce qui
Mais si nous admettons que vient de est né et tout ce qui doit naître tout était
z:uf, nous voyons dans ce dernier une ra- renfermé dans le sein du Dieu suprême. »
cine identique à cette du latin 7)eM? la dif- «Zeus, dit-il ailleurs, le premieretie dernier,
férence d'articulation est très-!égère. Nous le commencement et le milieu, de qui toutex
démontrons dans le second volume, article choses tirent leur origine, et i'esprit qui
DIEU, n. x!v, xcvm et cm, que les mots anime toutes choses, te chef et le roi qui les
z.uf et Deus-sont corrétatifs du sanscrit ~e- gouverne. Homèreappelle Jupiter très-
va. Jupiter, tiré ainsi du grec, signifierait grand, très-gtorieux, très-sage, très-redou-
donc, non pas te~re vivifiant, mais le ~t/M table, père et roi des hommes et des dieux~ui
père (de tout). Le titre de père était en ou~re le reconnaissent pour leur souverain, et lui
attribué à plusieurs autres dieux c'~st ainsi adressent leurs prières. Ses décrets sont ir-
que t'ori trouve, dans les auteurs anciens révocables et il les cache quand il t~i
Lt~e/pater, V)t~-p6t<er, A~ep<MMMs-pa<er,5o- p)a't. Ha créé la terre, le ciel, la mer et tous
~Mt'Htt~-pa~ef, JaMM~-po/er.~aM-pa~r et les astres qut couronnent le ~int. C'e<t ce
D'CT!ONN.BEsRE:GtONS.m,
t" b)Ct!O~N.uhEbESt<ËUG)ONâ. i~
Dieu qu'Ara(us invoque au commencement le maître d'un vas~c empire, itépousaJunot)
de son poëme, et qui doit être toujours pré- sa sœur/à il l'exemple de son pèrequi avai'
sent à notre pensée. Il remplit et soutient éppnse .Hhéa, etde son aïeul Uranus qui
l'univers, qu'il .a créé. Sa bonté envers les avait pris pour femme sa sœur Titee. Ses
humnx's se.manifeste dans les œuvres de sa Etats étant d'une étendue trop vaste pouv
main. H a ptacc des signes dans le ciel, il a qu'il pût tes. régir seuf, il les uistrthua en
distribue avec sagesse et afîermi les astres, différents gouvernfments, 'et étabtit Ptuton
pour présider l'ordre df s saisons et fécon- gouverneur d.es parties occidentaies, c'est-
der ta terre. Etrp mervetHeux dans ta gran- dire desGautes et de l'Espagne. Après la
dt'ur, sQurcedë tous les biens pour ('homme, mort de Ptuton, son gouvernement futdon-
A Pore je te satne.Joi le premier et le der- né 9 Mercure, qui s'y rendit très-cétèbre,
nier q qui .s'adressent tes prières, a et devint la. grande divinité des Celtes. Pour
Lf s Latins, comme les Grecs, reconnais- Jupiter,"it se r.éserva l'Orient, c'cst-à-djre la
saient dans Jupiter un Dieu unique, père Grèce, t''s ites, et cette partie de l'Orient
des dieux et des hommes, éternel, tout.puis- d'où venaient ses ancêtres. Peu content d'être
sant, qui a crée te mo'ide et le gouverne par conquérant, H voulut encore être législateur,
sa providence. Ovide l'appelle le père et la et promulgua en effet des tois justes qu'il fit
mère des dieux. Les Etrusques, au rapport observer avec rigueur. H extermina les bri-
de' Séhêque, entendaient par Jupiter, un gands cantonnés en Thessalie et-dans d'au*
être spirituel gardien et directeur de t'u- tres provinces'de la Grèce. Outre ta tran-
nivers, créateur et maître de tout ce qui qniltité qu'it assura' par leur défaite à ses
existe. Macrobe l'appelle l'âme univer- sujets, il s'occupa de sa propre sûreté en
selle:Nous nous bornons à ces citations, que étabtissantsa principale demeure surle mont
nous pourrions multiplier à l'inSni. Olympe et se rendit recommandable par
2° Les temps qui précédèrent le xtx" sièe)e son courage, sa prudence, sa justice et ses
avant Jésus-Christ sont nommés inconnus autres vertus ovites et militaires; heureux
par les Grecs ëux-mémc! C'est vers cette s'i) n'avait pas terni t'éctat de ses bettes ac-
époque que l'on place t'existence de Saturne, tions par le trop grand penchant qu'il avait
Jupiter, Neptune, Pluton, autrement appelés pour le plaisir 1 De là tant d'intrigues amou-
tes Titans. 11 est dit qu'its formèrent un reuses dont on nous a transmis l'histoire
vaste empire dans l'Europe, qui était alors sous l'image de ses diverses métamorphoses.
déserte événements que l'on peut placer au Ces galanteries fréquentes indisposèrent
temps de Tharé et d'Abrabam. Quels étment tellement Junon qu'elle entra dans une
ces Tit:)hs? on n'en sait' rien on croit ce- conspiration formée contre tui. tt la dissipa,
pendant qu'ils sortaient d'Egypte. La mo- et ce fut le dernier de ses exploits. Accabté
narchie'fondée par ces princes étrangers ne de- vieillesse, il mourut, eu Crète, où son
subsista pas longtemps. Apr.és la famille des tombeau se vit longtemps près de Gnosse,
Titans, ce Vtfste empire fut dissous: Son his- avec cette inscription Ct-<y<f ZnH, que <'OM
toire tomba alors dans le domaine mytholo- nommait Jtt/)t<er. Il vécut cent vingt ans, et
gique. en régna sôiyante-dcux, depuis la- mort de
Je crois devoir rapporter ici; d'après Nôë[, Saturne.' Les Curetés, ses unctes, prirent soin
les deux traditions que les anciens nous ont d~' sesfunéraittes.
laissées sur ce personnage. La première, plus' La seconde tradition est beaucoup plus
historique, est' celle que Diodore de Sicile fabuleuse.'C'est celle que les Grecs avaient
nous à conservée, et que le P. Pezr~n a adoptée de préférence.Un oracle que le
mise dans tout son jour. Les Titans, jat~ux Ciel et la Terre avaient iendu, ayant prédit
de ta grandeur de Saturne, se révottèrent à Saturne qu'un de ses enfants fui ro virait
contre lui, et s'étant saisis ~de sa personne, la vie et la couronne, ou suivant d'autres
le renfermèrent dans une étroite prison.- auteurs, en conséquence d'une convention
Jnpiter, jeune alors et plein de courage/ou~ faite avec Titan, son frère a!né, qui lui avait
bliant les mauvais traitements de son père cédé l'empire, à condition qu'il ferait périr
qui avait voulu le tenir dans une dure cap- tous ses enfants mâles,; afin que la succes-
tivité, sortit de l'iledeCréte, oùRhéa, s.t sion pût revenir un jour a ta branche ainèe,
mèrëi t'avait envoyé secrètement, et l'avait it les dévorait à mesure qu'ils venaient au
fait etever par les Curetés ses oncles, défit monde. Déjà Vesta, sa fille ainée,Cérès,
les titans, délivra son père, et t'ayant réta- Junon,.Ptuton et Neptune avaient été dévo-
bli sur le trône, retourna victorieux dans te rés, lorsque Rhéa, se sentant grosse et vou-
lieu dé sa retraite. Saturne, devenu soupçon- lant sauver son enfant, alla faire un voyage
neux et défiant, voutut se défaire de Jupiter en Crète, où, cachée dans un antre appelé
mais c~lui-ci sortit heureusement de tous les Dictée, elle accoucha de Jupiter, qu'elle fit
pièges qui lui étaient tendus, repoussa son nourrir par deux nymphes du. pays, qu'on
père de Crète, le suivit dans le Pétoponèse, appelait les Métisses, et- recommanda s"n
le battit une seconde fois, et l'obligea d'aller enfance aux Curètes qui, dansant autour de
chercher un asile en Italie. A cette guerre la grotte, faisaient un grand bruit de- lances
succéda celle de ses onctes les Titans, qui et de boucliers, pour qu'on n'entendit p.s S
dura dix ans, et que Jupiter termina par lenr les vagissements de t'entant.Cependant, pour
entière défaite près de Tartesse en Espagne. tromper son mari, eHe lui Cravater une
C'est à cette victoire et à la murt de Saturne pierre emmaittotée. Notons en passant que
que commença le règne de Jupiter. Devenu. ce conte absurde d'une pierre avatee peut
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venir d'une équivoque des tangues orientâ- coinplétement oubliées on s'habitua à con-
tes, où &era &i'n, t~K ou <t~eM,signifient, sui- sidérer Jupiter comme Dieu et comme le
vant les différents dialectes, engendrer un- vrai Dieu puis, comme le peuple et tes poë'
fils, ou dévorer une pierre(l). Jupiter, de- tes ne pouvaient se figurer la divinité qu'a-
venu grand, s'associa à ses frères Neptune vec le cortège des vertus, des vices et des
et Pluton, et fit ta guerre à Saturne et aux vicissitudes qui accompagnent uotre pauvre
Titans. La Terre lui prédit une victoire com- humanité, on lui forgea une biographie
ptèt'e, s'il pouvait délivrer ceux des Titans monstrueuse..On lui rapporta tous tes évé-
que son père tenait enfermes dans le Tar-; nements qui s étaient passés dans la contrée,
tare, et les engager à combattre pour )ni. H tous tes phénomènes naturels nouvellemeut
l'entrepril, et en vint à 'bout. Ce fut -alors découverts ou observés, toutes les modifica-
o
que tesCydopes donnèrent à Jupiter le Ton' tions apportées à la société ou aux ditTé-
ncrre, t'éctair et la foudre, à Pluton un cas- rents états qui la composent, les institutions,
que, et à Neptune un trident. Avec ces ar- les tégis!ations diverses, tes découvertes géor
mes ils vainquirent Saturne; et après que graphiques, tes inventions uouveties, la nais-
Jupiter t'eut traité de'là même manière qu~it saxcc des grands hommes, etc., etc. De là au'
avait traite lui-même son père Uranus, il le tant d'épisodes dont il. fut nécessaire de char~
précipita avec les Titans dans le fond du Tar- ger son histoire. Le peuple chercha le dé-
tare, sous la garde des Hécatohchires, géants couvrir sous les embtcmes dont il n'avait.pa~
aux cent~mains. Après cette victoire, les trois la clef et qu'it interprétait à soit point de
frères, se voyant maîtres du monde, le par- vue. De ptus, comme les Grecs avaient l'ha-
tagèrent entre eux. Jupiter eut te ciel, Nep- bitude, je dirai presque la rage, de s'appro-
lune la iner, et Piuton les enfers. A la guerre prier tout ce qu'ils trouvaient chez tes peu,
des Titans succéda la révolte des Géants, en- ptes étrangers, ils ue virent que leur Jupiter 'r
fants du Ciel et de la Terre. Juptter en fut dans toutes les divinités principales ;id 'rées
très-inquiet, parce qu'un ancien oracle por- dans les autres contrées. Ainsi le .SO a~f< des
tait que les Géants seraient invincibles à Egyptiens, t'~mmuM des Libyens;, le ~M<
moins que les dieux n'appelassent un mortel des Babyloniens, le ZM'~tfMHe't/~r~Mj.des
à leur secours. Jupiter, ayant défendu à Assyriens.t'OrmMz~des Perses, !e ~roAmddës
l'Aurore, à la Lune et ,au Soleil de décou- indiens, tej~op/j~e.dt's Scy<))es,t'a~~<uxdes
vrir ses desseins, devança ta Ter'&, qui cher- 'Ethiopiens, le jf'ora~M des Gaulois, et même
chait à secourir ses enfants et, par l'avis ie J~/to~a des Hébreux, n'étaient pas autre
de fatras, it fit venir Hercule, qui, de con- chose que leur Zeus ou Jupiter; et il fattai).
cert avec )es autres dieux, extermina les encore modifier sa biogr<'phiè reçue pour
Géants. Jupiter jouit alors paisiblement de l'enrichir des faits nouveaux et des idées
l'empire universel sur les dieux et sur les uouvettes que leur fournissait ce système
hommes.. .accapareur. Enfin, des princes orgueitt'ux
H serait bien difficile d'extraire de cette prirent pendant leur vie ou reçurent après
seconde tradition des données historiques leur mort le surnom de Jupiter, comme le
tant soit peu probables: la première, cette Jupiter-Apis, roi d'Argos, pctit-Eis d'ina-.
qui nous a été transmise par Diodore, a quel- chus te Jupiter Astérius, roi de Crète qui
que chose de spécieux, et porte en ette-mémc enteva Europe, et fut père de Minos le Ju-
on certain cachet de vérité. On peut regar- piter, père de Dardanus le Jupiter Praetus.
der en effet comme positif, que les contre' oncte de Danaé te Jupiter-tantate, qui en-
orientales de t'Ëufdpc ont été occupée? leva Ganymède enfin.te Jupiter, père d'Her-
gihaircmentpar un Titan, nommé "L~<'M cnte et des Dioscufus qui vivait soixante
on Zeus, qui, après sa mort, aura é!ë honoré ou quatre-vf'gts ans avant le siège de
comme un Dieu à l'instar des fondateurs Troie etc. (2) sans .compter tant de pré-
des anciens empires de l'Orient. Son .culte tres de ce dieu qui séduisaient les femmes,
s'étant accru et propagé dans la suite des <t mettaient leurs galanteries sur le compte
siècles, il a dû être enfin confondu avec la de Jupiter ceci nous donne la clef de toutes
divinité suprême ou- du moins considéré les infamies dont est souittée l'histoire du
comme un être supérieur à toutes les divi- Jupiter mythologique.
nités secondaires. En elfet, en lisant tes poë- Outre Junon, sa sœur, qu'il épousa et
:ncs d'Homère, si nous en exceptons quelques <!ui lui donna trois enfants Hébé. Lucine et
courts passages, où ce poète confond son Vutcain (d'autres y ajoutext Vénus), il eut
Zeus avec le Pieu suprême; il nous a tou- cucore une fouie de maîtresses, dont les pr.m-
jours sembté, lorsqu'il nous fait pénétrer
dans la cour de Jupiter et des autres dieux (2) Se'OHVarron et Eus~ébe, on pourrait compter
qu'it nous raconte l'histoire d'une famille jusqu'à 500 Jupiters. Cicërmt n'en reconuaiL que
dont le chef était seigneur suzerain de l'Eu- trui. deux d'Arcadie, l'un fils de t'E~her e). père de
rope orientale et de l'Asie Mineure et. dont Pruscrpine et de Bacchus, auxquels les Arcad~ens
tes membres prenaient une part différente at))ibuaien[ leur civilisation; l'autre fils du Ciel et
aux démé)és qui avaient lieu entre leurs rcrc Je Minerve, qui a i~ve~e~a guerre et v pré-
side un troisième, né de Saturne, dans t'ite de
différents vassaux. Crète, uju t'on.montrait son tombeau. Diodore de
3° Bientôt les données historiques furent Sit:it<; n'en cite que deux te p)us at~cifn, ~ére des
Atlantes; <.autre.()tu~cé)et)re, tteveu du premier,
(i) ?*& bera, engendrer,.enfanter rrc tera, dé- )"i de Cx'Le,et. qui étendit, son oupirë jusqu'aux
vorer, 1p ten ou pK <<')),fils; 73i<efw, pierre. t;<mi'.<t.) c t'.ùrupe et d': t Afrique.
~3 MCTtONNAmE DES lmUGt0~3.
cipales sont To, 'mère d'Epaphus; Sémélé, vase d'or, sur lequel un menteur doit jurer;
mère do Bacchus Gérés. mère de Proser- et, s'il se parjure, il est une année sans vie
pine Mnémosyne, mère des Muses Latone, et sans mouvement, mais pendant une an-
mère d'Apollon.et do Diane Mafa, mère de née cé!cste, qui contient plusieurs millions
Mercure; Thémis.mère des Heures et des d'années humaines.
Parques Eurynome, mère des Grâces Alc- 2° Diodore de Sicile dit que, dans le tem-
mènc. mère d'Hercule, etc. H enfanta à lui ple des dieuy Mines en Sicile, on allait faire
seul Minerve ou la Sagesse, qui sortit tout les serments ]Ui regardaient les affaires les
-armée de son cerveau. tt se métamorphosa plus importantes, et que la punition a tou-
de mille manières pour satisfaire ses pas- jours suivi de près les parjures. « On a vu
sions il séduisit Danaé sous la forme d'une dit-il, des gens en sortir aveugles et ta per-
pluie d'or; Léda sous celle d'un cygne; it suasion où l'on est de la sévérité des dieux
enleva Europe, sous la forme d'un taureau qui l'habitent fait qu'on termine les plus
Ganymède sous celle d'un aigle. grands procès par la seule voie du serment
On représentait le plus ordinairement Ju- prononcé dans ce temple. H n'y a pas d'exem-
piter sous ta forme d'un homme majestueux pte que ces serments aient été violés.
et barbu, assis sur un trône, tenant de la 3° Les Romains juraient p.ar les dieux et
main droite la foudre figurée~par une ma- par tes héros mis au rang des demi-dieux,
chine flamboyante d'où s'échappent des car- surtout par les cornes de Bacchus, par Qui-
reaux et des uèt;hes, et de la gauche un scep- rinus, par Hercule, par Castor et Pollux. Le
tre ou une figure de la Victoire la partie jurement par Castor s'exprimait par èe mot
supérieure du corps nue, et l'inférieure re- J5'cas<or; par Pollux, ~depo~; par Hercute,
couverte d'une draperie a ses pieds est un Hercle ou ~e~erc~e; par sa foi ou la Bonne
aigle aux aites déployées. Les Cretois le pei- Foi, ~e dtus FtdiMs. Autu-Gctte remarque
gtiaient sans oreilles, pour marquer ou son que le jurement par Castor et Pollux fut in-
umniscience ou son impartialité. Les Lacé- troduit dans l'initiation aux mystères d'Eteu-
démoniens au contraire lui en donnaient sis, et que de là il passa dans l'usage ordi-
quatre, afin qu'it fût plus en état d'entendre naire. Les femmes faisaient serment plus
les prières. Les habitants d'Héliopolis le re- communément par Castor, et les hommes
présentaient tenant un fouet levé dans la par Pollux. Elles juraient aussi par leurs
main droite, et dans la gauche la foudre et Junons, comme les hommes par leurs Génies.
les épis. Les Etrusques le figuraient avec des Sous les empereurs, la flatterie introduisit
aites. Orphée lui donne les deux sexes, comme l'usage de jurer par leur salut ou leur génie.
au père universel de la nature. Tibère, selon Suétone, ne voulut pas te souf-
Jupiter tenait le premier rang parmi les frir mais Caligula faisait mourir ceux qui
divinités, et son culte fut toujours le ptux so- refusaient de le faire et il en vint jusqu'à
lennel et le plus universellement répandu. cet excès de folie, d'ordonner qu'on jur&t par
Ses trois plus fameux oracles étaient ceux le salut et ta fortune de ce beau chevat qu'il
de Dodone, de Libye et de Trophonius ses voulait faire son collègue dans le consulat.
temples tes plus magnifiques, celui d'Olym- & Les chrétiens ne regardent pas le jure-
pie en Etide, et le Capitole à Rome. Les vic- ment ou le serment comme illicite, pourvu
times les plus ordinaires qu'on lui immolait qu'il soit fait avec vérité et qu'il s'agisse d'une
étaient la chèvre, la brebis et le taureau affaire importante. En effet, dans l'Ecriture
blanc, dont on avait soin de dorer les cor- sainte Dieu nous est souvent représenté
nes. Souvent on se contentait de lui offrir de comme jurant par tui-méme~ parce que, dit
la farine, du sel et de l'encens. On ne lui sa- saint Paul, !< M a rien au-dessus de- Z)te:(, et
crifiait point de victimes humaines. a Per- -on ne peut jurer que par Mn être plus <yraKd
sonne, dit Cicéron, ne t'honorait plus parti- que soi. Nous' voyons aussi, dans l'Ancien
culièrement et plus chastement que les da- Testament, que tes Juifs juraient par la vie
mes romaines. » Parmi les arbres, le chêne ou L'existence de Dieu. Cependant le jure-
et l'olivier lui étaient consacrés. ment étant une nécessité fâcheuse, puisqu'il
JUREMENT, t" Le jurement ou serment suppose la possibilité de la mauvaise foi en-
solennel des dieux de la f;)bte était par les tre tes parties, it serait à désirer que les
eaux du Styx. La tradition mythologique dit hommes vécussent de telle sorte que tout
que la Victoire, fille du Styx, ayant secouru jurement fût aboli. VoitA pourquoi l'apôtre
Jupiter contre les Géants, il ordonna, par saint Jacques dit.: Je vous recommande par-
reconnaissance, que les dieux jureraient par dessus (oMt, MM/'rerM, de ne /nrgr ni par le
ses eaux, et que, s'ils se parjuraient, its se- ciel, ni par la terre, ni de /at't:e ~ue~ttejttre-
raient privés de vie et de sentiment pendant ment que ce soit. Jésus-Christ avait dit avec
neuf mille ans c'est co que dit Servius qui encore plus de force Vous avez appris
rend raison de cette fable en ajoutant que les qu'il ae~<ed(<aux anoeHs.' VomMecoM~ po.r~'M-
*dieux étant bienheureux et immortels, ju- rerez point, mais oou< vous ac</t<t't<erf::envers
rent par le Styx, qui'est un fleuve de tris- le Seigneur des serments que vous (furM faits.
tesse et de douleur, comme par une chose Et mot je vous dis de ne potn<j'Mrer du tott~,
qui leur est entièrement contraire ce qui ni par le ciel, parce'que c'est le <r~)te de Dieu,
est~ jurer par forme d'exécration. Hésiode ni par la terre, parce çtt'e~e est l'escabeau de
rapporte, dans sa Théogonie, que lorsque ses p:eds ni par Je; ttsfdem pn~ce que c'est
quoiqu'un des dieux a menti, Jupiter envoie la ville dtt grand roi. Vous ne jurerez pas ~.0~
tris pour apporter de i'~au du Sty\ dans un plus pnr votre tête,' parce ~Me t'oMs Il pr~M-c.
i45 JUS JUX ~?
ftt rendre !<Mseul cheveu 6<attc ott M0!'r. <!fo:s surmonté d'une main quetquefois on lui
~nc ~oh parole sot'< Ottt, out Non. nom met un bandeau sur les yeux, pour désigner
c<<f ce~Mt se dit de plus ftettCdtt mal. Cepcn-. l'impartialité~ rigoureuse qui convient au
d: nt la coutume générale de t'Etatise dans caractère de juge.
tous les si'è'ctes. et même certaines paroles 2f.Dans te christianisme, la justice, est
des ap'ôtres, démontrent que ces paroles ne. une des quatre vertus cardinales.
doivent pas être prises dans teur sens strict JUSTIFICATION. Les théologiens appel-
et rigoureux soit parce qu'elles impliquent lent ainsi le changement intérieur qui se
ptutôt un conseil qu'un précepte, ce que per- fait dans l'homme, lorsque de 1 état de pé-
sonne ne pouvait mieux savoir que les apô- ché il passe a celui de la grâce, et que d'en-
tres, soit que t'état de la société n'ait pas nemi de Dieu qu'il était, H devient son ami.
permis jusqu'à présent de se conformer au La justification se fait par l'application des
vo'u de Jésus-Christ. Mais plusieurs commu- mérites de Jésus-Christ Elle consiste non-
nions séparées ont pris ces paroles a ta tet- seutpment dans la rémission des péchés
tre, et s'interdisent absotument toute espèce mais aussi dans la sanctification et le re-
(!e jurement et de serment tels étaient au- nouvettcment de l'homme intérieur, par la
trefois les Pétagiens, et tels sont encore tes réception de la grâce et des dons qui l'ac-
Anabaptistes et les Ouakcrs. compagnent. Cette justification s'obtient
JUtUDtCTION ECCLËS!ASHQUE, pou-' .principalement par la réception des sacre-
voir que Jésus-Christ a laissé à ses apôtres, ments de b.iptéme et de pénitence.
à leurs successeurs et à leurs représentants, JUTURfŒ, divinité romaine, que révé-
en vertu duquel ils ont l'autorité de bupti- raient particutiè'ement les filles et les fem-
ser, d'instruire,de conférer les sacrements mes, les unes pour obtenir d'cHc un prompt
de lier tes âmes et de les détier. Cette juri- et heureux mariage, et les autres un accou-
diction est intérieure ou secrète, torsqu~it chement favorable. Juturne était la nymphe
s'agit de prononcer sur t'état des -conscieii- du fleuve Numicus; Virgile dit qu'elle était
tes ;eUe est extérieure iorsqu'ette concourt fille de Daunus,et sœur de Turnus, roi des
à ré~)er la discipline, à ordonner tes censu- Rututes; qu'ette fut d'un grand secours A
res, à faire des -lois et des statuts, à juger son frère dans la guerre que celui-ci fit à
les causes en matière ecctésiastique et spi- Enéc mais qu'enfin voyant qu'il allait pé-
rituelle. rir, elle alla se cacher dans le neuve. Ktte
On appelle encore juridiction l'autorité donna naissance à une fontaine de son nom;
q~u~a un pasteur sur le troupeau qui lui appelée aujourd'hui fre~o, dont tes eaux
a été confié en ce sens un curé a juridic- étaient très-saines. Suivant Ovide elle fut
tion sur sa paroisse, un évoque su:' son dio- aimée de Jupiter, qui, pour la récompenser
cèse, )e pape sur toute l'Eglise. Mais toute de ses faveurs, lui donna l'immortalité et.la
juridiction remonte au souverain pontife changea en fontaine. Cette source était près
un prêtre qui prendrait.le gouvernement de-Rome, et l'on se servait de son eau dans les
d'une paroisse sans la mission de son évo- sacrifices, surtout dans ceux offerts à Vesta,
que, un prélat qui ne serait point nommé pour lesquels il était défendu d'en puiser
ou approuvé par le pape, un-pape même qui d'autre. On l'appelait eau virginale.
ne serait pas élù canoniquement, seraient JUUTAS, un des noms'd'Hiisi, l'esprit du
autant d'intrus,. et leur juridiction serait mal.; dans la mythologie finnoise. M. Léou-
nut)e. zon Leduc pense que ce nom, cité -par Ga-
Enun on appelle juridiction l'autorité dont nander, est d'origine chrétienne; et que les
jouissent les membres de la hiérarchie ec- Finnois, chrétiens ou non convertis, auront
clésiastique les uns sur les'-autres, lorsqu'il appliqué à-leur démon païen le no'n du Juda.
s'agit de causes contentieuses. Mais comme de t'Evangite. Foy. Hnst.
tout ce qui regarde la juridiction ecclésias- JUVÉNALES jeux institués à Rome en
tique est plutôt du ressort du droit cano- faveur des jeunes gens. Les Juvénales se con-
nique que de notre Dic.tionnaire, nous ren- fondaient avec- les Saturnales Caligula or-
voyons au cours alphabétique de Droit Ca- donna qu'elles fussent célébrées le dernier
non qui fait partie de cette ~'Nc~/c/op~t'e jour de cette fête. Les jeun'es Romains y of-
y/'e<~o<y!</Me. fraient à la déesse Juventas les premiers
JURITES. divinités romaines qui, sui- poils de leur barbe, qu'ils jetaient avec t'en-
vant Aulu-Gelle présidaient aux serments. cens dans tin brasier. On prétend que cette
JUSTICE ,1" divinité allégorique des Ro- cérémonie fut instituée par Néron, torsqu'it
mains, qui la disaient Mte de Jupiter et do se fit faire la barbe pour la première fois.
Tbémis. Elle siégeait dans le conseil de snn JUVENTA, JuvENTAS et JuvENTUS, déesse
père. Les Grecs l'appelaient Dicé ou Diké. de !jeunesse chez les Romains, ta même
Hésiodeassure qu'elle est dans le ciel au pied que i'Hébé des Grecs. Le duumvir Lucuttus
du trône de Jupiter, et qu'elle lui demande lui éleva un temple dans le grand Cirque.
vengeance, toutes les fois que les lois de l'é- Les Romains invoquaient Juventa lorsqu'ils
quité sont viotées. Auguste lui bâtit un temple faisaient prendre à leurs enfants ta robe pré-
à Rome. On la représente ordinairement sous texte. Eite présidait à t'intervatle qui s'é-
la figure d'une femme tenant une balance et coule depuis l'enfance jusqu'à i'âKe vi'i).
une épée, ou- un faisceau de verges surmonté JUXA1ŒA déesse des accouchements
d'une hache, symhotede ('autorité chez les dans la mythologie finnois'e.. Elle était -tj
Romains on lui donne encore un sceptre troisième fille de Maderakka )'une des divi-
!7 NCTiON~AtRE DES RHDGÏONS. us
nités <)ui habitaient dans les régions situées duction (tu christianisme, et qu'elle et:)it eé-
nt)-dcssnu< du soifi). Jnxakka recevait dans tébrée par les Finnois demi-païens et demi-
ses b't)s!esenf.mts nouveau-nés et les en- chrétiens. «On la fètail comme te dimanche,
tourait des soins les plus tendres. Elle assis- di)-i'. H n'était permis à personne dé tra-
tait aussi lés femmes dans leurs règles men- vailler ou de faire du bruit. C'est pourquoi
<ueHcs. les gonds des portes étaient frottés d'hutie
JWtDt~S, nom d'une classe de pruphétes- ou de bière. Toutes ces pratiques av;n"nt
fes on nymphes des bois, dans la mythoto- pour but d'écarter des récottes les ravages
;:ie Scandinave. de la foudre. Le jour de Jy'y, on se réunis-
JYKY, fête. des anciens Finnois; elle coïn- sait dans les bois, où t'en faisait aux dieux
cidait avec la fête chrétienne de saint,Geor- des libations de lait. Quoique dans cette
~.ss ( 25 avril M.Léouzon Leduc pense fête le travail et le bruit fussent défendus,
qu'e))e a pris naissance, ainsi que quelques oh avait cependant la permission do s'eni-
autres semblables, vers t'époque-del'intro- vrer. JI

R
1.

[Cherchez par C, par CH, par H, par QU, etc., les mots. que l'on ne trouve pas ici par K.]

KAABA (1), nom que les Musulmans don- pour ôter aux Arabes tout sujet d'idotâtrie.
nent au princip:)) sanctuaire de leur reli- Aussitôt après l'érection de ce sanctuaire
gion, qu'ils apposent encore Me~t~ el-Ha- Dieu commanda; à Abraham d'inviter tous
retn, le temple sacré, et ~t'f-a/t, la mai- tes penptos à venir en pèt&rinag& pour le
<-on de Dieu.ttes) situé à la Mccquc:en Ara- visiter.. Comment,<!~!6M. répondit te patriar-
bie, la ville sainte des Mahométans, et c'est che, ma voix pourra-t-elle parvenir NMgenre
une obligation pour tous ceux qui profes- /<MtHfttKdi~er/e' d;n~. les d!/y'ereM<M rc<oMS
sent, t'istamismc de s'y rendre en pèterina.ge de le /e?')'e ?–C'est à toi, reprit le Seigneur,
au moins une fois dans leur vie. Cependant d'élever la Lu! c'est d moi de ~a /htfe en/en-
ce lieu était déjà vénéré bien des siècles dre. Abraham monta alors sur la montagne
avant Mahomet, et les tribus païennes s'y de Cobéis et s'écria d'une voix retentissante
rendaient annuellement de toutes les con- OpeMp/es. <:enM à ~o<re Dieu. Des millions
trées de l'Arabie. de voix humaines répondirent aussitôt Je
S'il faut en- croire les Musulmans, ce suis prêt d o~tr, <}mon ~<eM/ Apcès cette
sanctuaire serait aussi ancien que tf-mondc. invitation solennelle., l'ange Gabriet ensei-
jts disent en effet que, dès !e temps d'A-. gna A~Abraham et à Ismaët les prières avec
dam les anges ava)r"t dressé dans ccten-~ toutes les pratiques -consacrées à ce saint
droit métnepnetent~ qu'ils avaient apportés exercice les stations, à Mina, a Arafat. les
du- ciel pour servir aux hommes du tieu tournées autour de la.Kaaba., le sacrifice d'un
propre à rendre a Dieu le culte souverain, bouc, en un mot toutes les cérémonies que
et à obtenir !a rémission de leurs péct'és. les Mahométans accomplissent encore au-
Adam visitait souvent cette tente céteste et jou.rd'h-ui.
Seth, son fils, suivit pendant longtemps, Quoi qu'il en soit il paraît certain que le
l'exemple de son père, jusqu'à ce que les temple de la Mecque était, avant Mahomet
crimes des enfants deCaïn ayant contraint te panthéon où toutes les tribus arabes ve-
les anges de retirer cette tente céteste, il ju- naient adorer leurs dieux chacune y avait
gea à propos d'y construire un temple de ses idolesqui étaient placées sur.le couronne-
pierre qui pût servir à sa postérité. Ce pre- ment de l'édifice, au nombre, dit-on, de 3G5;
mier édifice ayant été détruit par le détuge on ajoute même qu'on y voyait les images de
la terre demeura sans temple jusqu'au temps Jésus et de Marie. Lorsque Maho'net se ren-
d'Abraham. Ce saint patriarche, après avoir dit maitre de la Mecque et de son temple
sacrifié un bétieràjaptacede sou 6tsls- ce'qui arriva le vingtième jour du mois de
maët, suivant la tradition musutmane, re- ramadhan ta huitième année de t'hégire
çut du Seigneur,t'ordre de lui bâtir un tem- (23 janvier 630 de Jésus-Christ),)! ni abat-
ple. à ta place où était l'ancien, précisément ire toutes los idoles, ou, suivant d'autres;
au-dessous de ta tente céteste qui est encore elles tombèrent d'ettes-mémes à sa: voi.x et
actuellement dans )e ciet. Abraham et Is- il consacra cet édifice au cuite du vrai Dieu.
maët édifièrent donc la Kaaba et pour éter- Ce temple fut ptusieurs fuis depuis-détruit
niser ta mémoire de tenr obéissance ils at- ou brute, mais reconstrcit toujours à peu
tachèrent les cornes du bélier qu'ils avaient près sur le même pt.'n. Nos lecteurs savent
immolé, ta gouttière, d'or qui reçoit tes que tous les Musulmans en quelque lieu de
eaux de ta couverture, et elles ydemenru- la terre qu~its habitent, se tournent invaria
rent jusqu'à ce que Mahomet- les fit enlever blement vers la Kaaba, pour faire leurs fin')
(i) On trouve encore ce mot écrit Cata., Ro&n/t, prières journatières c'est cette direction
~aM, rtc. t! signifie un cM~e, parce qu'en ettet la qu'on appelle la Quibla. Voici la descriptiot*
K:)ba est u;i ëttitiec c:)rr6. de ce sanctuaire, telle que la donne, d'après
4
)4~ KAA KM' <~
les meilleurs auteurs, M. Noêl -Desvergers trec, a'angtequi regarde le nord-est, ~e
dans son Arabie ;«orfs~t<f; trouve enchâssée, dans ta muraille exté-
« Sa formées) celle d'un qua'dritatère, dont rieure~ ta f.)m''use'picrrc.n'tire, objet du
les faces sont changées dans des construc- cnite tf plus ancien dans ces contré) s. Long-
tions particutièrës qui lui on nt à t'cxtérieur t't'mps avan) Mahomet, toutes les tribus df,
toute régutaritc. Dix-neuf portes, disposées t'Arabie vfnaicnt baiser avec rpspec! ce frag.
sans or<tre. donnent entrée'daus h) corir in- ment de rocher, qui. d'après tcur croyance
térieurf. trréguhètes dans teurs consirnc-~ avait été appbr du ciel par tes anges, lors-
tiens; les unes sont terminées par une ar- que Abraham était occupé de ta construction
cade ogivatc, les autres par un plein cinhe: du temple et, lui servant de marchepied,
quelques insoijitions en 1 honneur de 'celui s'élevait ou s'abaissait selon les besoins d(~
(tui tes a fait élever en foi ment toute l'a dé son travail. Cette pieuse reH~ue a environ 6
<ora)ion. Ces portes n'ont pofnt de vantaux, ou 7 pouces de diamètre, et forme an ovatc
la mosquée reste àinsi ouverte à toutes irrégutierd'un rouge te))ementfonc6,~u'it
)''s heures du jour et de la nuit. Une fuis en; peut passer pour noir. Ce ~t'était pas là, au
tré dans titxériettrdu t<mp)e, le voyageur dire dcsArabes, sa routeur primitive; jamais
est pour -la première fois frappé de son im- on n'avait vu lors de sa miraculeuse arrt-
mensité, II se trouve dans une vaste cour véc sur )a "terre, hyacinthe d'unéctat pl,us
formant un parattétogramme parfaitement bt'!))antft d'une pius belle transparence~
régutier de 250 pas de tohg environ sur 2(<0 ntaislesbaisr-rs de tant d'hoounes &<'ui!)e!{
de targe. Elle e-'t entourée d'arcades soute- dtniquités de toute espèce t'ont aiu'i méta-
~ufs par une (orét de cotonnes, dont quel- morphosées Quoi qu'il en soit de toutes c<'s
ques-unes sont en granit, d'autres en mar- Merveines,duesat'imagin;itiouactfve.des
bre, mais dont ta plus grande partie foule- Orientaux, Bnrchhafdt a cru reconnaitre
fois sont taillées d«ns la pierre grise et com- d.'ns )a pierre noire on fragment de tave,
mune qui forme les cottines d'atëntour. Au- <on)e))~nt quelques parcelles d'une ~b-
dessus de ces arcades, du sommet~desqueHcs st~ncejannat'e.etAHHt'yyavnunbasat.e
pendent dés tampes que t'en attume chaque D'tcanique (~o! PtEnnE NOfRE). La pierre
hait', s'étèveut une quantité de petites cou- noite est le seul point de la K;)aba qui soit
paies surn~ontécs ettes-mémes par sept mi- c'.nstanimen) offff) la dévotion des pèle-
narets, dont' quatre sont ptacés aux quatre tin'i;toot)e reste est recouvert d'un in)-
angles, et t's 'rois ;)utres d'une manière ir- tnense v~ite noir, qui n'est relevé à quelques
r~gutière dans la longueur des gâteries for- ptpds du «o) et suspendu en'festons à d<'s
mées par- tes arca~s. Ce nombre mystér)eux tordes de soie, que pendant tt's premiers jours
des sept minarets du tcmpte de ta Mecque dupf'ierinage.O'))itdans)e5tra<or-7}e~OM~
n'a jamais pu être surpassé depuis,da.ns au- (la Vie du Prophète.) q~u'un roi,du Yémen
cune des mosquées éjevées par la piété des nomme As.xt-Abou-Cartb, fut le premier qui
khalifes où des sultans. Ce serait offenser te <ouvrit la Ka.iba d'unf- étoffe. H la revêtit
prophète que de décorer un édifice religieux 't'aho'd du dt;)p grossier nom'né,en arabe
o'un plus grand nombre de ces Hèches étan~ /f/«!Mtt/ Averti en songe de la revétif d'une
cées qui donnent un aspect si, pittoresque éloil'e. plus hcHe.ii ycmptpya cetle qu'on
auxvi)tesde!'0ricnt. t. nomme moa~r;et enfin, sur un nouvel avis
«C'est au mitieu du parvis que s'étève ta revetL' pareittonent par an songe, il ia re-
maison s.nnte. cette Kanba: révérée, te vendes étoffes rayées qu'on fabrique dans.
plus ancien temple d'après les croyances !f Ycnien. Avant 1 islamisme, il y avait deux
arabes, qui ait été eons'acré~au vrai !)ieù. Sa couvertures, fune pour l'été, l'autre pour
forme et son architecture n'ont rien du reste f'hivcr. Maintenant ce voite que t'en nom-
qui puisse démentir une haute antiquité. me /~MtM, est renouvelé seulement une .fois;
C'est une espèce de cube construit en pier- ch;)<)nc année, t) est entouré vers le milieu
res crises dt: la Mecque, grossièrement tai!- de sa hauteur, d'une targe bande où sont
iées'eu htocsde dinéten''cs grandeurs. Sa ton- brodées en lettres d'or des inscriptions pieu~
gueur, <)';)?<es But-ekliardt, est de 18 pas. sa st's et des passages do t!oran.
targeùr de 1~, ot sa hauteur de 35 à M pieds « Non loin de la Kaaba, dans !a cour de )a
anglais. Cette massive construction semble" mosquée, s'étève une autre construction
d'abord inacces'tibte. Ce n'est que par un carrée, d'apparence égatement massive
examen attentif qu'on découvre sur lit face mais beaucoup plus petite. Elle, recouvre le
de t'édince qui regarde t~' nord une petite' puits de Xcmi'cm cette source qu'un ang'i
porte pt~cée à environ 7 pieds dit. sol. )t fitjaini)' au moment où Agar, errant <)ans
faut, pour y parvenir, que t'en applique à ta te d"~ert, voitaitsa têt'' pour n~ pas voir son
muraitte un escalier mobile en bois, qui dis- fi)s ismaë) expirer dans tes tcurments de la
par<)!t pourquétques nfois lorsque h-s pètc~ soif. La salle où se trouve .te puits sacré est
rin~ ont accompli les rites sacrés. L'intérieur revêtue de marbre et huit fenêtres y lais-
du tf'mpteotTre à t'ceit une vaste satte, dont sent penctrer de toutes parts tes rayons du
le ptafond est soutenn ~lar deux piliers; pas soleil. Uueestra'tedemart're b!anc, haute
d'autres ornementa que des inscriptions ara- de 5 pieds et large de, ~0, entoure la source
bes, et les nombreuses tampes d or massif où t'en puise t'eau sainte à une profondeur
qui éclairent seules ce sanctuaire. Le pavé' d'environ 50 pieds. HHe est troubtc,.et sem-
est formé de beaux marbres, disposés en é!é- ble devoir être pe'.àntc; mais elle est au eun-
gantcs mosaïques. Non toin de la porte d'en- traire fort saine quand on e" fait usage, <t
m D)CT!ONNAtRE DES MUGiONS. i~

~'a rit n dn ce goût saum&tre qu'on rencon- monstre sans tête; en effet on le représente
tre dam les autres fontaines de la ville. » comme étant aussi gros qu'une montagne,
Outre le 15'du mois de dhout-hidja, qui est d'une couleur noire, sans jambes, mais avec
celui du pèterinage, on ouvre encore )<' sar.c- des bras longs d'une lieue; une bouche for-
tuaire le 15 de.ramadlian, le 15dedhout- midable au milieu du ventre, et un œit d'une
cada et le lendemain de ces trois jours les vaste dimension sur )a. poitrine. Cependant
premiers sont pour les hommes, et les autres il n'avait pas toujours eu cette forme hideuse
pour tes femmes. On dresse alors à la porte antérieurement c'était un beau Danava, pe-
de la Kaaha l'escalier portatif dont nous tit-Sts de Danou, une des femmes de Kasya-
avons parlé. C'est une opinion assez com- pa. Mais comme il avait pris malicieusement
mune que l'intérieur de ce sanctuaire est des formes hideuses pQur effrayer les solitai-
d'un éclat éblouissant. On croit aussi gcné-~ res et les distraire dans leurs méditations,
ralement que la nef en est habitée parles un saint richi, nommé Sthoula Sira, i~en
anges, et aucun Musulman n'ose porter ses punit en prononçant contre lui une impréca-
regards vers le plafond dans la crainte de tion dont il ne tarda pas à ressentir l'effet;
perdre la vue par la splendeur de ces sub- car s'étant avisé peu de temps après de douer
stances spirituelles. Quiconque pénétre dans Indra ce dieu lui frappa de sa foudre ta tête
cet intérieur est ob)i}{é dé faire le tMma.z de- et les jambes, sans pouvoir cependant lui
vant chacun des quatre murs, et de poser la ôter la vie.. parce que Brahmâ tui avait fait
tête contre les quatre angles, à mesure qu'il don de t'immortatité. I) fut condamné à rester
passe d'un mur à l'autre. dans ce déplorable état jusqu'à l'apparition
sectaires musulmans de Vichnou, incarné en Uama. En effet, dans
KAABIS apparte-
nant à la branche des.Motaxates; ils avaient l'expédition de ce héros contre Lanka, i) se
fils.de Mohammed saisit de Rama et de Lakcumana.soa frère,
pour chefAbout-Casem
dans l'intention de les dévorer mais les deux
el-Kaabi, l'un des disciples de Djahidh, autre
hérésiarque (F~)/. DjAH)DH!YÉs). lis ensei- princes se débarrassèrent de lui en lui cou-
gnaient, entre autres erreurs, que Dieu agit pant les bras. Lè monstre demanda quels
sans sa volonté, et qu'il ne voit ni soi- étaient ses-vainqueurs, et ayant appris leur
même ni d'autres, que par le moyen de sa nom et leur race, il se réjouit de se voir
science. ainsi mutité. J) ordonna que son corps in-
un des mauvais génies forme fut brûlé; il sortit renouvelé de ses
KAARAMOINRN
de.la mythologie nnnoise.Kaâramoinen était cendres, reprit sa première forme, et se
le patron des lézards. rendit au Swarga, en invitant Rama à se
diriger vers la demeure de Sougriva.
KA ASI TSOU F~fE, divinité japonaise,
KABÉ, un des principaux charmes des in-
fille d'un génie céleste et d'une déesse ter- sulaires de Tonga; c'est une malédiction
restre. EUe épousa JLm<t~oM Fî/M, et devint
prononcée contre la personne à laquelle on
mère de plusieurs des esprits qui passent veut du ma). Pour qu'elle produise tout son
pour avoir régné sur le Japon, dans tes temps effet, il faut qu'elle soit exprimée suivant une
anté-historiques.'Foy. son histoire à l'arti- certaine formule, d'un ton grave et posé, et
c!e AMA Tsou Ft&o FtK.o, etc. avec une intonation très-prononcée. Dans ce
KABAGHt courses à cheval qui avaient dernier cas elle prend te nom de tcan</Mi. Le
lieu autrefois à Ti.dis en Géorgie, te jour de Kabé ni le wangui n'ont point d'effet de la part
Pâques. Depuis t'infoduction des armes à d'une personne inférieure contre une autre
feu la messe de ta Résurrection était célé- beaucoup ptus étevée dans l'échelle socia-
brée au bruit de salves continuelles d'àrtil- le. Mariner rapporte un Kahé de quatre-
lerie et de mousqueteric. Après le service vingts matédictions, dont voici quetques frag-
divin, le roi donnait un déjeûner aux per- ments
sonnes de sa cour, ainsi qu'aux fonctionnai- « Déterre ton père au ciair de la lune,
res civils et militaires à la suite de ce re- et fais la soupe de ses os; ronge son crâne;
pas, il montait à cheval et se rendait, accom- dévore ta mère exhume ta tante, et coupe ta,
pngné de tous ses convives, au lieu des cour- eu morceaux; mange la terre de ta tombe;
ses ou 7~a6a<j~t. Au'centre d'una des places mâche le cœur de (on aïeut avale les yeux
d.e la villé s'élevait une culonne de pierre, de ton oncle; frappe ton dieu; mange les os
au sommet de laquelle était posé un vase croquants de tes enfants; suce la cervelle de
d'argent. Les fils du roi, les jeunes princes ta grand'mère; couvre-toi de la peau de ton
cites nobles, montés sur d'agités coursiers père, et fais-toi une cuirasse des entrailles
superbement ënbarnachés, devaient parcou. de ta mère.? Fo< ÏA-Ntou et TATAO.
rir, de toute ta vitesse de leurs chevaux, t'é- KABtU-PÀNTHfS, secte de déistes de l'Hin-
tendue de la place, en passant devant la co- doustan, qui suivent la doctrine de Kabir,
tonne, et tâcher d'abattre le vaso ai coups de simple tisserand qui vivait sur la fin du xv°
ttcches en courant au galop. Celui qui l'avait et au commencement du xvt° siècle. Ce ré-
abattu t'enlevait rapidement de terre sans formateur, qui avait été un des principaux
descendre de cheval, et allait le présenter au disciples de Ramananda, propagea à son tour
roi en s'agenouillant devant tui. Ce vase une réforme plus profonde et ptus large. Son
rendu de 'la main du roi, était la récom- nom de Kabir n'e~t qu'un titre arabe signi-
pense de l'adroit tireur. fiant Je plus grand. On le nomme aussi en
KABANDHA, génie de la mythologie hin- hindou Z~Kant ou le Sage. On savait si peu,
'iuue; sou nom signifie un torse, ou un durant sa vie, quelle était sa religion ~xté-
).3 KAB KAB 1S4
rieurc, que les Brahmanistes et les Musul- cinq é)éments, chaque élément, lorsqu'une
mans de l'Inde le réclament chacun de des parties est détruite ou plutôt tombe en
leur côté comme appartenant à leur culte, et dissolution, retourne à celle dont elle émane.
le vénèrent également. On dit même qu'a sa Par exempte, <t/f<~ou t'cther étant l'origine
mort il y eut une grande contestation entre de l'air, t'~tir t'étant du feu, )e feu l'étant de
lés membres de ces deux religions si diffé- l'eau, et l'eau de la terre, par une réaction
rentes, tes uns vouant bruter son corps, et ou réversion semblable, la terre se change
les autres l'enterrer. On ajoute que Kabir en eau, l'eau en feu, le feu en air, l'air en
apparut alors au milieu d'eux, et leur dit de éther ou a/ et ce dernier remplit tout l'u-
lèver t'ét'onB qui couvrait son corps mortel; nivers.
ils le firent et ne trouvèrent qu'un mon- Selon le sage Vyasa, à la création, les élé-
ceau de fleurs les Musulmans en enterrè- ments primitifs furent produits sous la forme
rent une partie, et tes Hindous tiv'èrent d'atomes, la première chose créée ayant été
l'autre aux flammes~ Cependant on voit son le vide, duquel naquit te vent, du vent le
tombeau à Aoude, où il est l'objet d'un pè)e- feu, du feu l'eau et la terre. Cette citation
rinage très-fréquente. Kabir est considéré fait connaître l'autorité d'où Kabir dériva
par les Musulmans comme un soufi (c'est-à- son dogme',populaire, qui cependant a une
dire un philosophe- ou déiste) du premier grande affinité avec la philosophie sankhya
rang ét de la plus haute distinction, à cause (et celle-ci est analogue au système des py-
de sa sagesse, de sa haute piété et de son thagoriciens), suivant laquelle les cinq élé-
hospitalité sans bornes, puisque souvent il ments, savoir, l'a/fds ou l'éther, l'air, le feu,
aimait mieux souffrir le besoin, plutôt que l'eau et la terre composent lés trois mondes;
de ne, pas donner à manger à un étran- et, à la destruction de toutes choses, sont ab-
ger. sorbés dans un ordre inverse de celui d'a-
La doctrine de Kabir est si fortement em- près lequel ils sont émanés de leurs princi-
preinte du système philosophique des Védas, pes primitifs. On sait aussi qu'Anaximènes
qu'elle leur a été évidemment empruntée, enseignait que t'éther subtil- était le pre-
pour être adaptée à l'intelligence des gens mier principe matériel existant dans la na-
du commun, quoique Kabir se moque éga- ture.
lement et sans réserve des sectateurs de .Quant au ~<M ou ~o~, en voici ta déCni-
Brahmâ et de ceux de Mahomet, des Védas, tion d'après Kabir lui-même
du Shaster et du Coran. Ce que nous'disons « Le <o~o.<est l'éther, le logos est l'enfer.
plus loin du M&dou logos démontre que cette Le chaos a été façonné par le logos. Le <o-
doctrine a beaucoup d'auatogie avec celle <yos habite dans la bouche~ le logos loge dans
des Védas. t'oreitte. Les créatures ont été formées par
Les dogmes principaux des Kabir-Panthis le /!«< du logos. Le logos est la parole, le lo-
sont les suivants 1" U y a un esprit ou une gos est l'écriture. Le logos, û mon frère l, est
âme pénétrant tout ce qui doit gouverner le le corps et l'esprit. Le logos est le talis-
corps dans toutes ses actions. "L'esprit de man, le logos est la divination. Le logos est
l'homme est différent de celui des animaux, l'instituteur, le maitre des étudiants. Le /o-
et, à sa dissolution supposée ou apparente, gos est mâle, le logos est femelle. Le logos
il'retourne au lieu d'où il est émané. 2° Nous embellit la trinrté. Le logos est la vue, l'in-
devons mattrisemos cinq- passions ou affec- visible, le tout-puissant. Le logos gouverne
tions, savoir: le désir, la colère, l'avarice, 1'u ni vers. Kabir dit :Cherches-tu le <o<~ Le
l'amour et l'orgueil, au lieu de les abandon- Créatcuï, ô mon frère est le logos. N On
ner à l'influenco des sens qui sont dérivés voit que le saM de Kabir a la plus grande
des organes de la vue, et de l'illusion qui analogie avec le nou: de Platon et le ~oyof de
est produite par l'ouïe, et qui sont unis~en- Phiton, auxquels ces philosophes rappor-
semble, comme homme et femme, pour nous taient la création de ce monde visible. It n'y
subjuguer. 3° Mais il ne faut pas seulement a pas moins de connexion avec la doctrine
rendre ces affections de l'esprit soumises à des Védas, relativement au pouvoir de la di-
notre volonté, nous devons de ptus planter vinité, de créer, de conserver et de dé-
en nous ou recevoir tes cinq vertus, qui truire.
sont la piété, la tendresse, la science, la Suivant les Kabir-Panthis, 1'* les vices
bienveillance, la patience. &° Nos efforts'doi- sont transmis par les organes de la vue, or-
vent se borner à parvenir à cet heureux dinairement appelés MtOKM,et par ceux de
état dans lequel l'esprit, l'intelligence ou l'ouïe, généralement appelés waya ou illu-
t'âme placée en nous n'a rien à espérer, à sion. 2° H n'y a pas d'autre enfer que cetui
désirer ou craindre, dans tequet nous n'a- que t'homme crée lui-même dans son ima-
vons rien à demander ou à implorer, et par gination ni d'autre misère que celle qu'il
conséquent où les prières, les hommages, s'attire. 3° It n'y a ni commencement ni Hn,1
les cérémonies, les pèlerinages et les offran- ni vie ni mort. ~.° Les éléments desquels
des sont inutiles et superflus. 5° Quant à t'homme et chaque chose sont composés
,l'esprit ou à l'âme, cette secte parait avoir naissent les uns des autres. 5° L'homme forn);)
adopte l'opinion suivante Le corps et l'es- les lettres de t'atphat'et, donna des nomsaux
p'it, nommés Aa&ir (t), étant formés de différents objets qu'il vit, fixa un commen-
cement et une fin, et commença :) ad~tct' un
(t) Ces sectaires f<~))tdériver le nom de ~attr de être sous des formes et des dénominations
deux mots indiens <;H;/a,corps, et bir, esprit. diverses, qui out été transmises de généra-
~5 5 DICTIONNAIRE DES RELIONS. <sc

)i'.it) pn g'iératiot). 6° La réunion ou !'cxa- tre, vons détrnisex 'sciemment la vie. Celui
tïx'n que chacun fait de lui-même est recom- qui rénéctfit, et qui met de côté tout ce qui
ïnan'té pour toutes les action". 7° tt est dé- estinutite, est un vrai phitosophe. C'est
fendu de tuer aucun animât t'arconséquent, pourquoi je te dis (J)titte ce tKa;(i!tusion),
''< tu oe trouveras plus d'obstacle.–0 Pan-
Tnnnger de la viande est interdit. 8° R~'s tern-
dit 1 s'il n'existait pas des êtres.it n'y aurait
îtes sont é)<'vés pour le cuitf, par exempt
a Rénarcs et a Ma)wa Us sont simples: la .ni créateur ni substance, ni vide, ni air, ni
principale pra!ique consiste à réciter )eJ9t- feu,t)i'.o)ei),nitune.niterrp,nieau,nitu-
<~<fA.o)i le livre écrit p ~r Kibir. tnière. ni forme, ni sonci.ni monde, ni corps.
Les denx sectos d'unitaires ou de déistes de –H n\y a pomt. de lieu où ne soit le C'e <-
t )nde les plus répandues sont les Sikhs du <fur.–0u;)nd les hommes ignorants éfoute-
Pendjab <'t tes Kahir-P;!nthis.L''spr'nitrs ront-its la sagesse? Sans aih's il est impossi-
se rapprochent davantage dp t'istamisme; ble de monter aux nues, et l'âme nu meurt
puisqu'ils permettent quptqnefcis les pètcri- ja~'ais.–its saisissent un nom faux qu'its
nagcs et l'adoration de Dour~.qu'itsma!)- suivent. le prenant pour la vérité. Quand les
gent de ta viandf. et se confornu'))) à d'au- étoites~hrittent, te soleil se couche. Ainsi,
tres observances. Ce)asufut p~'nrét.ihtir une quand t'âme reftéchit, elle détruit les d~ux
différence entre eux et les Kabir Panthi<, propriétés.its les apppitent dieux, eux qui
qui s'abstiennent de chair, n'ôtent ta vie à ne connaissent ni le doux, ni l'aigre. Le sot,
axcnn Hnimat, n'adurrnt aucune f'spèce d'<'m. de même que ânc.chargé de bois de sandal,
4)tèTt&'ou d'image, et vivent d une manière ne connaît pas sa bonne odeur.-Ce corps
qui ne .poit ofTense'' h's préjuges rctigieux ne ncevra j-nnais la sagesse; elle est cepen-
des m' mhres de tcur propre famille qui n'ont dant tout près d'eux à Jeurcôté; its ne la
pas embrassé tcurs.opioions hérétiques. En cherchent pas, mais ils disent EHe est é!oi-
<ffft, il ost très-singulier qu'un bratunane, gnéc. De !ontcs parts ils sont remplis de
fin kchatrya, un vaisya,. un soudra peut crainte. L'âme est entourée d~un mitti~r fte
avotr été converli à la foi de Kahir, et ce- pièces.–0 insensé brute l'amitié du genre
pendant continuer A vivre et même se'marier humain, d.ins. laquelle sont tes soucis et (aa
dans <:a rastc,.privi!épequi n'est pas accor- mauvaise voto!!té le tempte est assis sans
dé aux Sikhs, ni a aucune ~utre srcle dissi- fondement. Je te le répète Echappe-toi, au-
dcntedci'.mtiquccuttodt'~rahma.deVich- trement tu seras engtouti.–Tout le genre
nouctdeSiva. humain est venu puur être.baitottc dans !e
Le principat objet de Nahek ét deKahir. chariot de ta peur.–Peux-tu écouter les
dans tenrs réformes religieuses, parait avoir jongleries des Brahmanes? Sans avoir la
été d'exclure toute adoration d idote, tout connaissance de (Dieu), ils coulent le
catterefxiuàdestipuxp.'rticuhers, a des bateau à fond. Peut-on êlre brahmane
rivières et à des emb!èmes, et, en simptiuant .sans connaître t'esprit de BfaAm ( Di'eu ).
la doctrine et les cérémonies pour le peuple, Quand t â'no s'en va; diras-tu quelle est sa
delui faire comprendre plus aisément les vé- caste? si elle est bianche, noire ouj.tunc? x
rités physiques et morales peu nombreuses KA,BO-KAMAL), génies malfaisants de
et simples, qui sont répandues dans toutes i'!tcdeJava; ils sont regardés comme les
les religions. Les Kahir Panthis sont -répan- protecteurs des voleurs et des malfaiteurs.
dus prhrcLpatemcnt dans les provinces de Ils prennent ordinairement la forme du buf-
Bens;ate,Bchar,Aoude'etM;)twa. fle, et sonvent.aussi celle des maris dans
Voici la tra~duc~ion de quelques stances l'intention de tromper tes femmes.
extraites des ouvrages de Kabir KABOUTO Les Japonais donnent ce nom
(rQuc peut. effoctuer l'âme entourée de a des figures de personnages fameux par
plaisirs mondains? L'<sprit dit: Quand irai- leur courage, ou de cavaliers armés de tou-
je ? t'mne demande Où ir.'i-je? Le vittage tes pièces, qu'its exp.osent dans la rue, à la
que je cherche depuis six mois n'est qu'à un porte ou dans le vestibule des rnaisoos, a ta
mille de moi. Farter d'un pays qu'on n'a troisième fête annuelle, a~pctée 2'nHço-Mo
pas-vu, c'est sottise; iis mangent eux-mê- ~e/MM.Ces figures sont faites de bois, et re-
mes du sel amer, et its vont v&ndr& du cam- couvertes de papier et de pièces d'étoffes d'or,
phre (1). La moitié d'un vers est suffi- .d'argent, de soie ou de taine de couleur. On
sante, si l'on y réuéchit conveuahiement; à .c.xp;)se également, à ta même occasion, des
uot bon les écrits des Pandits qui sont cuirassés, d''s casques, des arcs. des ftèchcs,
'hantés nuit et jour? car de même que le (tes'fusi)s, des piques et d'autres armes fai-
tait est bon quand il 'donne tet)eu<re,de les de bois de bambou vernissé. Ces exhibi-
même la moitié d'un vers de Kabir é~ate tes tions ont pour butd'inspirer une ardeur guer
quatre Védas. tci on'honore Dieu sous te rière aux jeunes garçons, qui sont le but d
ttt'm de ~r. !;) sous celui d'aA; examine ta.fët<
ton emur soigneusement, tu y trouveras toute KACHA.IOVA c'est-à-dire le ~e~H~Mr
chose.–Les Schcikhs et tfs Musulmans étu- E/erMe<; nom de la divinité suprême, chcx
die"t ie C<'r;)n, les Hindous lisent les Shas- tes Caftans Miesos.peuptsdc la Hirmanip.
tras sans i'instruction (fonnée par un mai- Kacha-tova a un fils appelé /mc/ta-(!M,
c'est-a-tfire seigneur occupé de t'.onncs œu-
( )t{ahi'f'n pfnettant. cf.tte sentence, fait aHxsion vres. Ce fils eut pour mère 7~-A~att/n. Il est
aux ton(ia!(;ursi et aux livres des retigion-ibrahma- regardé comme le reparatp)). du genre hn–
<Hque_et.n)usu)mane. tnain, en ce sens que, par sa prédication,
<5f KAB KAH <M
confirmée par des mir{'c!cs,i) :tra!nc"n KARTU). dieu dés anciens Finnois, dont
gr~nd nombre d'hommes ~!ans le chemin du la tout Hon était de présider sur les bestiaux.
salut. Après sa mis'sion remplie. Racha-Kt.iu KAFtH o" KAFER. nom générique sous le-
mourut; mais il parai) qui) ressuscita,
quel les Musuttnans comprennent tous tes
'puisque tous s'accordent à le faire dispa- peuples de la terre qui n'admettent point la
raitr.e du côté de )*0ccident. Quelques-nns mission prétendue divine de, Mahomet. Ce
croient qu'il s'embarqua sur un navire euro- mot, d'où dérivent par corruption ceux de
péen. De');) peut-être cette au~re tradition ~feauoMr et de Ghiaour, signifie un inndèie,
reTcueiHie de la bouche d'un vioittard, qn'it un homme dans tes ténèbres, dont les yeux
devait venir, du même côté, des étrangers sont fermes à la lumière et à la grâce divine.
qui annonceraient une religion plus com- Ainsi, [jour tes.Musulmans, non-seulement
pote. les idotâtres, mais aussi les juifs et les chré-
La tégende de Kacha-Ktau parait être une tiens. sont des En/ers ou Ca/M.
rén!i))isccncc du christianisme. Ce<)uit y a KAH-GVOUR (1), un dos livres sacrés des
de plus étrange encore c'est te'nbm dé 7ot'a, Tibétains; c'est une immense collection qui
donnéàt)ieu)e Pèie. Commetes Juifs, les comprend tous les du boud-
ouvrages révérés
Carians traduisent- ce mot par éternel; dhisme; ette ne comporte, pas moins de cent
comme tes Juifs encore, il n'osaient )e pro- huit .volumes in-folio manuscrits, mais qui
noncer avant l'arrivée des Anabaptistes on se trouvent réduits à quatre-vingt-dix-huit
ne le faisait que dans des occasions très- dans l'édition imprimée. Cette collection offre
so)cnnet)es. Les parents apprenaient à leurs
en tangue tibétaine les ouvrages du Bouddha
enfants à ne jamais t'emptoyer horsdetà, et,de ses disciples', tes acles
Chakya-Mouhi
par la raison qu'il y avait grand p6c)t6 à des concites de t'égHse bouddhique, les bio-
s'en servir communément. Mais les Anabap-
graphies de Bouddha, de'ses disciples et des
tistes t'ityant depuis vulgarisé dans )<urst)- enfin tout le corps de la litté-
leurs patriarches,
vres, comme dans prédications, per- rature classique de cette religion.
sonne ne <=cfait plus scrupule de fe pro-
Les Tibétains marquent leur vénération n
noncer.
KA'H)-KAOR!S. sorle de religieux hin- pjpurce livre par tes ornements très-riche.?
dnu< de la secte de Siva, qui font te pe!eri- dont ils en dccorent tes exemplaires par ies
ils rappor- co)Tres<t les buffets magnifiques où ils les
nagede~tc~ttou D6narès,d'où
tent de l'eau du Gange dans des vases de conservent, et devant lesquels. ils entretien-
nent jour .et nuit un luminaire, et surtout
terre jusqu'à Rameswar, près du c;!p Como-
rin,où est un temple très-renotnmé deëiva. :par le soin qu'ils ont d'étendre des couver-
Cette e.)u se r&pahd sur le tingam de ce tures de soie, et même leurs habits, sur les
endroits ou ils les placent pour tire; car ils
tcmpte, que t'en prétend être celui du smge se feraient un scrupule de les déposer sur
Hanotunan; ensuite on ta recueille pour la
distribuer iiux Hindous, qui ta~ conservent la terre nue, ou de la leur faire toucher. Les
religieusement, et lorsqu'un malade est a riches et !cs nob!es les placent sur des tapis,
des carreaux et de petites tabtes où l'or et
l'agonie, on lui en verse une ou deux gout- les couteurs ne sont pas épargnés. Les reli-
tes dans la bouche et sur la tête.
KADAMËSËS, secte musulmane, qui est gieux ont de petits sièges magnifiques, sur
ta même que celle des Ismaé- lesiinets ils ies placent quand iis veulent tes
probablement jire.lt est vrai que les livres profanes d'art
liens. Les Kadaméses habitent une vingtaine
situés sur. les montagnes qui et de science ne sont guère moins respectés.
dévisages Le rpspccLdcs Tibétains s'étend jusqu'aux
touchent au territoire de Tripoli. On assure
caractères d'écritures, surtout si cc~sont de
que leur unique cutte est d'adorer les par-
ties scxuettes de la femme. Mais. on ignore grandes tottr~s. Ce, serait à leurs yeux une
comment ils te pratiquent. sorte de profanation de tes t.tisser à terre
ou dans des endroits.peu décents.
KADDAHiS, se''taires musulmans, ainsi
appetés dch'ur chef Maïmoon, surnommé Voici la iiste des matières contenues dans
~af/ia ou l'Oculiste, qui paraît avoir ensei- la collection imprimée du Kah-gyoor
gné tematériatisme. Le Doul-ra est une collection de traduc-
KADOLE.,ministre des prêtres dans les tions et de rétifs historiques reiatits au M:t-
sacrifices ct.~s tnystères des grands dieux. gadha et aux progrès du bouddhisme da.ns
C'est celui que l'on appelait Camille chez lès t'nde brahmanique et tes contrét's voisines
Ro'nains. il comprend treize volumes. Le 5/tf -<<f)'n
KADHAVUYAS. êtres ou démons infernaux est une collection de traités sûr ta m"! aie
de la mythologie hindoue: ce sont.des ser- et ta métaphysique~, en douze volumes.
pen's N g.<s. enfants de Kadrou, femme de 'Le~Do-de cMmp'rend les ouvrages sur la
Kasyapa, qo) habitent dans les régions infé- philosophie natntettf, ta tttéotog et l'as-
rie)~rt"'d))P.ttata. tronomiu, un trente votumes. Le G</ottf ~e
KADHOU on J~AHnouvA, onp des épouses est une coitt'ction d'ouvrages sur ia tnédu-
neK:<sy~pa, père de. tous les êtres suivant cinf les enchantem"nts, ies
)a myttfotogie hindoue; c'est elle qui devint prières, les hymnes, en vingt et un'votumcs.
mère d's serpents Nagas. La jalousie la Enfin des A/e~nn</M .comprenant princi-
porta à t'mptoycr ti ruse pour réduire en
esclavage- Uih, autre femmes de Kasyapa. J (i) Oi~écrit an'.si /u~)ef<)', ~a/«/)<);<r,&(~M~
~o)/.t'articteD)Tt. et u)6n)e ~a Ghiour.
,M DtCTtOiSiSAtHKDES RELtGtONS -<60

paiement des légendes et des morceaux His- fit inhumer, et alluma sur sa fosse un grand
feu qui y fut toujours entretenu dans la
toriques. en vingt-deux volumes.
Les Tibétains ont encore un autre tivi'e suite, et qu'on croit avoir été l'origine de ce
sacré, appelé le Stan-gyour, qui comprend feu perpétue!, objet du culte des Persans.
deux-cent dix-sept volumes imprimés. Foy. Kahoumors passe pour avoir le premier
STAN'SYOUR. commencé à bâtir des maisons et des villes
KAHOA-AMI. divinité océanienne. dont car, jusqu'à son temps, les hommes n'a-
le nom signiGe te maître du soleil; il ha!'i- vaient point eu d'autres habitations que tes
tait dans t'ite de Taïti. La tradition des îles cavernes et c'est à lui que l'on rapporte la
Hawaï rapporte qu'un jour les habitants de fondation des villes de Hatifh, d'Istàkhar-et
cet archipel ayant offensé le roi de 'Taïti, de Damavend, dans les-provinces qu'il avait
cr-tui-ci, pour les punir, les priva du soleil. subjuguées car son pays natal était l'Adher-
effrayés des ténèbres répandues sur l'île, les bidjan ou la Médie. On dit aussi que ce mo-
Hawaïens allèrent trouver un géant, frère narque fut l'inventeur des étoffes de laine,
de Kana, qui faisait sa résidence dans le de poil, de coton et de soie, dont il enseigna
tempte de Makini. Ce géant était d'une telle la fabrique et l'usage, faisant quitter aux
ditnension, que souvent il se tenait debout, hommes l,es .peaux dont ils s'habillaient
un pied sur Hawaï et l'autre sur l'île d'Oa- aussi bien que leurs cavernes; c'est à lui que
itou. Ils le prièrent de se rendre à Taïti pour l'on rapporte ('invention de la fronde, et des
faire lever le soleil. Le frère de Kana mit ses autres instruments et machines propres à
fortes bottes, alla trouver Kahoa-Arii, ob- lancer des pierres qui étaient les seules
tint de lui que le soleil serait rendu aux Ha- armes de ce temps-là.
waïens, et, pour éviter à l'avenir un pareil Si Kahoumors fut le premier des hommes
malheur, it fixa cet astre dans le ciel, d'où qui jouit de la souveraineté, il fut aussi le
il n'a pas bougé depuis. premier à s'en dégoûter; car l'on dit qu'il
KAHOUMQRS ou KAnouMAHATH (1), le s'en dépouilla pour retourner dans sa pre-
premier homme ou t'Ad:'m des Persans. D'a- mière demeure, qui était une grotte, où il
près la cosmogonie du Zend-Avesta, lé Dieu vaquait à'ta prière, et adorait le Créateur de
suprême créa d'abord un homme et un tau- toutes choses, après avoir remis son sceptre
reau qui vécurent, sans éprouver de mat, et sa couronne à Syamek, son fils. Nous avons
pendant trois miHeans dans-les régions supé- vu plus haut ce qui le contraignit à remon-
rieures du monde; et ces trois mille ans -ter sur la trône.
comprennent les signes du Bétrer, du Tau- Suivant une autre tradition fabuleuse
reau et des Gémeaux. Ensuite ils restèrent Kahoumors étant mort après un règne de
sur la terre trois mille autres années, sans trente ans, un principe vivifiant échappé de
souffrir ni peines, ni contradictions; cette son corps resta dans te sein de la Ierre pen-
seconde époque correspond au Cancer, au dant quarante ans, au bout desquels il en
Lion et à la Vierge. Après cela, le mal parut naquit deux plantes, qui, avec le temps, de-
dans le courant du septième mitiénairë vinrent des êtres humains, ayant la même
correspondant au signe <<e ta Balance. taille et la même figure. Leurs noms étaient
L'homme, qui avait nom TfsAoMmors c'est- Meschi et Meschianeh; ils s'unirent et devin-
à-dire l'homme du Taureau (Aao, bœuf, et rent les ancêtres de tous les hommes qui ha-
)?tf<rd ou mars homme), cultiva pendant bitent maintenant sur la terre à la place des
trente ans la terre et tes ptantes.'ct prit soin génies qui l'occupaient autrefois.
du taureau. C'ést cet homme qui devint ta KAHOUNA ou KjmouA-Houi, nom que les
source des générations. Les astres commen- habitants des îles Sandwich donnaient aux
cèrent à. fournit- leur carrière le premier jour prêtres des idoles. Le grand prêtre portait
du mois ferverdin, qui est le commencement le titre de Ao/tOMtta-~VoMt. Voy. ÏAHOUNA.
de la nouvettc année et par la rotation du KAILASA, le second des paradis hindous
ciet, le jour fut distingué de ta-nuit. dans l'ordre progressif; il est situé au-dessus
Les Persans regardent Kahoumors comme du Swarga ou ciel, et est la- demeure de
le premier roi de leur première dynastie Siva, troisième personne de la triade in-
plusieurs le confondent avec Adam d~autres dienne. C'est, à proprement parler, une*e
soutiennent qu'il était û)s d'Adam et frère de haute montagne qui fait partie de la chaîne
Seth ou Seth tui-méme; d'autres enfin te font de l'Himalaya, où les Hindous supposent
fi)s de Mahatéct et contemporain d'Enoch. que Siva et le dieu des richesses, Kouvéra,
Suivant d'autres historiens plus raisonna- ont Gxé leur séjour, et habitent chacun une
Ncs, il n'aurait vécu qu'après le déluge, et ville où est leur palais; la cité de Kouvéra
serait. fils de $em et petit-fils de Noé. On se nomme Aiaka; celle de Siva s'appelle
ilonne ordinairement à ce monarque mille Srvupoura. Pour être admis dans ce paradis,
ans de vie terrestre et cinq cent soixante itfaut avoir passé sa vie entière dans l'exer-
ans de règne; mais Firdoussi réduit la durée cice des plus rudes pénitences, ou avoir
de son règne, qui eut quelque interruption, souffert la mort en défendant la religion, la
aux trente dernières, lorsqu'il eut repris la patrie ou toute autre cause juste. Cependant
couronne après ta mort de son fils Syamek, ,il ne parait destiné qu'aux adorateurs par-
tué par les géants. Après avoir vengé ta ticuliers de Siva et de son infâme /t'n~a<t<.
mort de Syamek et recouvré son corps, il le La mythologie hindoue représente teKaitasa
sous l'aspect d'une montagf.e d'or. Au
(1) 0;) dit aussi Jtni'oM'HO'set A'nyotfttMT~ sommet, dit Creuzer, est une plate-forme
.-<
KAi KAÏ <n3
sur taquctte se houvc.une table cnrr;'e- nii'cst.i sous no nom à Mahadid, ville d'Afri-
enrichie, de neuf pierres précieuses; au que. (~0!HAKEM).
milieu est le padma ou totus, portant dans KAIOUMARATH ou KAïoeMORs, le pre-
son sein le triangle, origine et source de mier homme, selon la mythologie persane.
toutes choses. De ce triangle sort le Hngam, Foy..K~H.OCMORS.
arbre de vie, qui avait primitivement trois KAtSANIS, sectaires musulmans,
ecOrces. L'écorcn extérieure était Brahmâ; disciples
de Kaïsan, affranchi d'Ali, qui fut instruit
celle du milieu, Vichnou la troisième et !a
par Mohammed, fils de H.inefia.D autres di-
plus tendre Siva; et quand tes trois dieux sent que Raïsan est le nom de Mokhtar, fils
se furent séparés, il ne resta plus dans le
~d'Ohaid Thakéfi. qui entreprit de venger le
triangle que la tige nue, désormais sous la meurtre de Hoséin. « Les Kaïsanis, suivant
gnfttedc Siva. Suivant une tradition. Siva de le
divisa plus tard ce phallus en douze tingams Sylvestre Sacy, disent que sûccesseur
d'Ali à l'imamat est Mohammed, fils d'Hane-
rayonnants de lumière, qui fixèrent sur eux fia, parce qu'Ali lui confia le drapeau à la
les regards des dieux et des hommes, et.qui journée du Chameau, et. que Hoséin le dé-
furent transplantés ensuite dans les diverses ctara son lieutenant lorsqu'il partit pour se
parties de l'Inde, où ils reçoivent les pieux rendre à Koufa mais ils se partagent en di-
hommages des Vasous préposés au gouver- verses opinions sur la succession à l'imamat,
nement des huit régions du monde.)) Dans
après là mort de Mohammed. Suivant les uns,
Sivapoura, l'or et les pierres précieuses tes droits de l'imamat'revinrent
fleurs après lui aux
brittentdetoutes.parts;tes de toutes enfants de Hasan et de Hoséin suivant d'au-
les saisons y sont toujours épanouies, des tres, it passa à Abou-Haschem
fruits délicieux pendent aux arbres, de frais Abdatlah,
fils de Mohammed, fils de HaneHa.
zéphyrs rafraîchissent l'air, que des oiseaux « Les Kaïsnnis enseignent qu'il est possible
divins font retentir de leurs doux ramages.
Siva s'y montre entouré de nymphes célestes que Dieu change de votonté. Une des sectes
des T~aïsanis reconnaissait pour imam après
qui le divertissent par leurs chants et par fils de Hanefia, Abdallah. fils
leurs danses, et d'une multitude de saints Mohammed,
mounis de tous les temps, empressés de Moawia. Cetui-ci enseignait quêtes âmes
à te
passent successivement dans diuérents per-
servir, et qui partagent avec lui les faveurs et c'est sur ces
de ses innombrables maltresses. A ses côtés sonnages, que personnages,
qu'ils soient des hommes ou des brutes, que
est Bhavani, Parvati ou Dourgâ,sa sœur et tombent les récompenses et les châtiments;
son épouse, ta déesse du yutu. organe fémi-
nin, qui porte dans son sein les germes de que t'âme de Dieu avait aussi passé de la
toutes choses, et enfante les êtres qu'elle a même manière dans différents personnages,
etennnentui-méme;que la divinité et la
conçus de son divin époux.
prophétie s'étaient reposées en lui, et qu'en
Mais, s'il faut en croire tes Vàichnavas
et tes ennemis du culte de ~Siva, ce paradis conséquence il connaissait les choses cachées.
serait loin d'être aussi attrayant. Ses.disciples l'adorèrent, ils nièrent la résur-
D après rection, soutenant que la transmigration des
eux, la cour de Siva ne se compose que âmes se faisait dans ce monde même, et que
d'une troupe dedémons, qui ont pour chef les récompenses et les châtiments étaient in-
Nandi; ils font horreur à voir,- n'ont point Higés aux personnages dont nous avens par-
de vêtements pour cacher leur forme hi- lé. Après la mortd'Ahdattah, quelques-uns
deuse, sont dans un état d'ivresse perpé- de ses disciples soutinrent qu'il, était tou-
tuelle leurs querélles et leurs combats
jours vivant et qu'il reviendrait. D'autres, le
incessants sèment partout la terreur. Le dieu reconnaissant pour mort, dirent que son
lui-même neboitquedes liqueurs enivrantes, âme avait passé dans Ishac, fils de Zéid, fils
et, comme les êtres immondes qui composent de Haroth. Ceux-ci, nommés vi-
Haréthis,
sa cour, il est toujours ivre; aussi s'aban- vaient en épicuriens, ne se refusant aucune
donne-t-il sans mesure et sans pudeur à et ne regardant aucune chose
jouissance,
tous les excès de la sensualité. Il est vêtu comme illicite. )'
d'une peau de tigre, tout couvert de cendres,
et a le corps entouré de serpents. Monté sur KAtSAN-PAIWA fête de Sainte-Catne-.
son hœnf, il se promène de temps en 'temps rine, cé)éb<ée par les anciens Finnois, avec
sur les montagnes des cérémonies conservées du paganisme.
voisines avec sa fem'ue
Parvati. Ce jour-là les femmes demandaient à teur
Les démons qui composent leur
suite y font entendre des cris perçants voisine deux poignées deftrino,dontettes
tcr~- faisaient une sorte de gâteau appeté mcttnmt.
minés par un son aigre qui peut s'exprimer
Ensuite on faisait cuire la tête d'une vache,
par kil, A:<, et c'est de là que le T~at/ct~t tire dont on mangeait ta langue avec la mâmmi.
son nom.
Dans cette fête les brebis étaient tondues
Quelle que soit !'é<ymo!ogie du mot ~t- pour la troisième fois. Sainte Catherine, Ka-
lasa, prononcé aussi ~~M, nous ne bahn. trinatar, avait, suivant M. Léouzon Leduc,
çons pas à en rapprocher le grec xo~o;, con-
remplacé la déesse Mietikki dans la garde
cavité, et le latin cosïm ou co~ttHt, ciel, des troupeaux. On t'invoquait ainsi ~a<rt.
prononcé autrefois ~œftM.
Ma<nr, doMce femme, élère une cloison de /<')'
KAIM ou KATFM. c'est-à-dire le persistant, att<OMf de mon c/tamp,dec/t'f/tte c<!<~r/e m'~t
réterne);nt) des noms que tes Uruzcs don- <rf)np~nM,a/<Mt/Me<S7'ftc';f/f(we'('/tt'))<Mf'~
nent à Hakem, leur dieu incarné, qui so ma- <OMC/te point. )''<erye de la <~f~, t't'e/7/e d~ <tM.
~6~ DtCTtONMAtREDES tŒUGtONS.
t~re. pretti~ ~t' fidèles ~et'att<e~ pOMf garder corps et Yama, toute la partie inférieure a
.moM~MM. partir du nomhri) que te feu, qui reçoit les
KAI'l'ABHA, nom d'un asoura on démon hommages de tous les dieux., me garantisse
de 1.) mythotogie hindoue, tué par Vichnou. de tout mal, dans quelque endroit que je
KAITOS, dieu des troupeanx,~tans la <ny- puisse me trouver Que les femmes des dé-
thologie fnnoise. morts veiHent sur mes enfants, sur mes va-
KAKA-BHOUSOUNOA la première .des ches, sur mes chevaux, sur mes étéphants
quatre métamorphoses de Brahma.; elle eut que Vichnou veille sur mon p:)ys! quête
lieu dans te kritayouga ou premier âge du Dieu qui veille sur toutes choses veille aussi
monde. Sous la forme d'un'kâka.ou cçrbcau sur moi, surtout lorsque je me trouve dans
appelé Bhousounda, il chanta -la guerre en- des lieux qui ne sont sous la garde d'aucune
gagée entre Bhavani, épouse de Siva, et les divinité 1 ))
asouras ou géants/commandes par Mahé- Celui qui récite cette prière chaque soir
chasoura..< en se cotichant ne sera exposé à aucun évé-
KAKAU, un des dieux principaux de l'île nement funeste il suffit <te la porter atta-
Ouvea ou Waltis, dans t'Océanie. chée à'son bras, de t'écrire et de la tiré, pour
KALA, c'est-à-dire le Noir;.nom de.l'un, devenir riche et .vivre heureux. Le nom de
des vi.swas,divinitcs hindoues, vénérées prin- A'a/asa qu'on !ui a donné signifie la pointe
ctpatonent dans les cérémonies funèbres. d'un dôme, ou t'ornement d'architecture qui
C'est aussi un surnom de Varna, dieu de la te surmonte.'
mort, et deSiva, comme dieu destructeur. 2 On -appelle Kalasa-Sthapana l'offrande
KALAËMAGÀL,unde8"omstamoutsde d'un vase d'eau que l'on fait à une divinité,
Saraswa'i, épouse du dieu Brahma. Ce mot après y avoir jeté préatabtement de petites
signifie tittératement la dame des arts. branches de cinq arbres sacrés, savoir d'As-
KALAI-KOURADËS, c'est-à-dire ~6ontK~ wattha, de Figuier des indes, d'Oudoumbar,
darnes;'ce sont des fées ou nymphes des de Sami et de Manguier.
Grecs modernes. Vittojsona souvent observé KALA-SOSOUT, le second étage de l'enfèr,
dans ses voyages que ce sont ettes que tes. dans le système religieux des bouddhistes de
Grecs saluent respectueusement dans l'île Siam et du la Ba'rmanie. Les maihenreux dé-
de Myconë etaiiteurs, lorsque, avant de tirer tenus en ce lieu sont roulés et grittés sur des
de l'eau d'un puits, ils répètent trois fon barres de fer rougies à- blanc. Ceux qui ont'
Je te ~a~tte, d pi(i~ et ta compagnie. Par cette offensé leur père ou leur mère, leurs maîtres
compagnie ils entendent~ lès Kalai-K-ourà-. ou leurs supérieurs, ceux qui ont embrassé
dés. une doctrine erronée souffrent cet affreux
KALAKANDJA, nom d'une çtasse d'ascu- supplice pendant mitte ans..
ras de )à mythologie hindoue, qui devaient KALASOUTRA, l'un des vingt et un nara-
leur naissance à u" démon fëmette appelé kas ou enfers de la mythotogie hindoue.
A'a/oAc' KALËUA. dieu de'la paix chez les anciens
KALAMOUKAS, nom de la troisième bran- Slaves quicéiébraientsaféte avec pompe
che des saivas ou adorateurs de Siva,' troi- le 24 décembre. Des festins, des jeux. des
sième personne de la triade hindoue. Voyez réjouissances pubtiq'.tes avaient été institues
MAHESWARASet PASOUPATAS. eu son honneur on e" a la preuve dans des
KALÂNËM!,nom d'un autre asoura bu jeux et des chansons antiques où t'on fait
démon tué par Vichnou et qui, dans une mention de Kaléda. Le dieu de la guerre s'ap-
naissance postérieure, devint le roi Kansa, petait Léda.
ennemi mortel de Krichira, autre incarnation KALEGUËJERS, nom tamoul de la, qua-
de Vichnou. it succomba encore une fois' trjemeciasse~des spuras; c'est la race de
sous les coups de son rival. Voyez KtucHNA' géants la, plus terrible et la plus puissante;
ëtKàNSA. cttc habita le Patala (fégions infernales).
mLASA. 1° Prière' que les Hindous doi- KALENI)ERS, dcrwichs ou religieux mu-
vent réciter te soir avant de se coucher elte sutmans-.Fo'CAmNDERs.
est adressée aux démons, gardes dé Siva, ét KALËWA, le premier (~t le chef de tous
passe pour être de la ptus grande efficacité. les géants, dans la mythotog~e des peuples
On doit. en la récitant, porter la main droite' finnois. It s'occupait à entasser des rochees
t'ur tes diuérfntes parties du corps à mesure les uns sur les autres ,,et à les lancer a dee
qu'on les nomme: distances considérabtes. « Encore aujour-
Il Que Bhairava me préserve la tête de tout d'hui, dit M. Léonzon Leduc, on. rencontre,
accident; Vichana, te front ;Bhouta-Karma, dans plusieurs endroits de la Finlande, des
tesoreit.cs Préta-Vahana, te visage; Bhouta- amas dé rochers et des jetées des pierres énor-
Karta, tes cuisses; les Datis, qui sont doués mes, qu'on attribue à sa force prodigieuse.
d'une force extraordinaire, les épautes Ka- Souvent on voit des blocs d'une dimension
patumi, qui porte à son cou un chapelet fait extraordinaire, servant de bornes aux diffé-
de craups d'hommes, les mains Chanta, la rentes possessions et presque toujours on
poitrine Kétrika le ventre, les' lèvres et peut y lire une légende des-causes qui ont
les deux côtés ;Ka)rapata, le derrière du obligé Kaléwa à les y placer. )) CeKutéw<'
corps Kétraga. le nombrit Pattou, tes par- qui était d'une taille si prodigieuse qu'il ne
ties sexuelles ChidJa-Putton. les chevilles lui fallait rien moins qu'un mât de navire
et Chourakara le reste du corps, depuis la pour lui servir de cure-dent, rêvé!.) après
tête jusqu'aux pieds; Vidatta, le haut du sam~rt, audieuWa.ina.moiueu, desceu'iu
T"
~5 tCAL KAL i6C
d.'ns sa vaste poitrine, tesfttMNsds la science abeille pour détruire Arana le gr.fnd Asoura.
~o)/. WAt!<AMO))fEN).Mais j'ignore s'il est le C'est pourquoi on l'appelle /Mt Oramara-
même (~ue père le de ce Dieu créateur appëté vasiri, Kali habitant parmi les abeittes. ~~M.
aussi ~Metcs ou ~fatce. DÈV),DOUR&A,PAHVATI.
Katéwa.est encore le-nom du paradis, de La déesse Kali est la seule divinité du
ta sphère luiiiineuse, séjour du bon.principe, panthéon hindou adorée par les Khonds, qui
où habitaient les enfants du géant Ra!éw;' -tuthitent la côte d'Orissa. Us lui donnent
Cette )ègion conHnait à ff~t/a. sphère téné- encore les noms de .CAs~raM'a~oM, ~/iatrat:t
breuse où demeurait le. 'mauvais principe e~omMtpa~. its lui offrent ordinairement
et les génies du mai. dj's bufftes.'des chèvres et des oiseaux; au-
C'est de Katéwa que viet.~ te nom de~«<e- trefois its .tui sacrifiaient aussi des, victimes
'~)a<a, grande épopée finnoise, composée de humaines, et aujourd'hui même ils renou-
trente-deux Hunas, qui, comme t'Edda des velleut encore ces cruelles offrandes.
Scandinaves, contient t'histoire des temps Les Tamouts, d'après Sonnerat, ont des
mythologiques jusqu'à t'introduction du J~is ou PoMdnr«,ce sont les protectrices des
christianisme dans la Fint:<ndc. M. Léouzou villes chaque ville a la sienne. Ces Indiens
Leduc en a publié en 18~o une traduction adressent des..prières à ces divinités tuté-
franç.tise, accompagnée de notes nombreuses laires et -leur bâtissent des temples hors des
'font nous avons tiré ta plus grande partie atdées pour l'ordinaire, elles se plaisent aux
de nos articles qui .ont rapport à la mytho-~ sacrifices sanglants; il est même des ticux où
togie de cette contrée. elles exigent des victimes humaines. Elles
KALI, un des noms de Parvati ou Dour- ne, sont point immortelles, et prennent leur
ga, épouse de Siva, troisième personne dé la nom de t'atdéo, ou des formes sous tesquel-
triade indienne. Siva, considéré comme dieu' les on les représente. On les peint ordinai-
de la mort et juge des fnftirs, porte te nom de rement de taille gigantesque, avec plusieurs
Kata sa femme, sous celui de Kali, partage bras et la tête entourée de flammes on met
cette redoutable fonction. Les traHs qu'on aujsi quelques animaux féroces à leurs
lui prête alors sont i)orri~tcs. On. la repré- pieds. On peut s'étonner à bon droit de voir
sente sous la forme d'une statue colossale, le peuplc des villes et des bourgades choisir
coiffée d'une espèce de tiare; des tachés de comme divinité protectrice la déesse la plus
sang ternissent t'édat du globe cntiummé de cruelle de tout te .panthéon indien, de préfé-
ses yeux; ses dents sont d'une dimension rence a tant d'autres qui sont données
démesurée sa langue, qui lui sort de la comme douées et. bienfaisantes. Mais c'est
bouche .tombe pendante jusque sur son précisément ce pouvoir de nuire qui lui est
menton ,sa chevelure en désordre couvre attribué qui enraye le peuple, et ie porte à
sesépauiesetsou sein;.deux cadavres lui le conjurer par des prières,.desobtations et
tiennent lieu de pendants d'oreilles un cet-. des sacrifices.
tier formé de crânes et d'ossements fui des- KAL1DASA, quatrième et dernière incar-'
cend jusqu'aux .genoux sa poitrine est nation de Brahmâ. Elle eut lieu dans le.
inondée, du sang );u'eHe vient de boire une z Katt-Youga ou quatrième âge du monde.
ceinturecomposée du mains de géants en-. Urahmà naquit alors dans le sein d'une fa-
toure sa taille; ses huit tnains, armées d'on- untte mdige"te.et prit le nom de Kalidasa.
t;)es longs et recourbés, tiennent des têtes (serviteur de Kati). Sa jeunesse s'écoula daus
coupées, des fouets, des cimeterres et d au- Ignorance et dans. tous les désordres qu'elle
tres instruments de supplice. Un de sus pieds cntraine à sa.suite. Mais, doué d'un esprit
est posé sur la poitrine, et l'autre -sur la droite de sentiments honnêtes, il réforma
jambe de son époux. Ces différentes circon-. ses mœurs, s:appliqua à l'étude et acquit un
stanc<s font allusion. une légende qui ra- remarquable latent poétique. Leradja Vi-
conte que. la déesse, victorieuse d'un géant, kramadHya, protecteur, éctairé des sciences
se mit à danser avec tant de violence que le et des savants, qui vivait cinquante-six ans
morde en était ébranlé. Pour t'arrêter, Siv;a avant notre ère, avait exprimé le désir de voir
se jeta sous ses pas à cette vue, elle resta réunir et comptéter les œuvres de V.dmiki
sans mouvement, et la terra fut sauvée. En (autre incarnatioudu iuêmedieu), en grandj
quelques endroits, on lui sacrifie des vic- partiedispersées ou perdues. Personne n'osait t
times humaines. Dans. d'autres, ou célèbre entreprendre une tâche si ditOcilc; Katidasa
chaque année en son honneur une fête ac- s'en chargea, .et l'accomplit avec une ra) n
compagnée d<*rites analogues aux fonctions habitcté. it rétablit ces antiques poésies dann
qu'on lui prête. A ta fin de ta fête, on place teur iatégrité première, et retrouva jus-
sa statue sur deux bateaux réuni<, de ma- qu'apx expressions mêmes du, grand Vat-
nière qu'elle porte également sur ie bord de tnLi. Un si beau succès valut à Katidusa dès-
chacun,,d'e~x i lorsqu'elle est parvenue au récompenses et des distinctiouB mais H
mitieudu neuve, aux respects et aux adora- évuitta la jatuusio des paudits e). des brahma-
lions qu'on tui a prodiges jusque-là, sucré- nes qui vivaient à ta cour de Vikramaditya.
dent tes injures les plus grossières et les Le poë.e fut calomnié, persécuté, proscrit
ptusviotentosimprocaUons; puis les deux on t.HccuEait d'avoir substitué-aux œuvrât
bateaux se séparent et la statue disparaît itumortuttua de Vatmikidemisérabics-con)-
engloutie dans tes Hots aux grands apptau- posttiun.~ <;ui ne pouvaient un instant soute-
Hissements des spectateurs. uirte~at'.itiéie .(vec cites. Aumitieudncon
t~ent) uoestie s est incarnée autrefois en cert d'imprécations etd'outrtiges doi't il était
<67 6tCTtONNA)ÊE DES RELtCtONS !(!8
l'objet, Kalidasa 'se présente sous les traits on les met à la porte. Muntes de leur cons:'i
d on pauvre brahmane, soutient t'autheh- de réforme, rlles parcourent le pays sous h-
ticité des livres que t'on prétendait controu- nom cle Aft/t'FoMya f.nc/fm! (tes Lakchmis
vés, et prouve ce qu'il avance en montrant du Kati-Youga, ce titre revient à épouses
que les stances contestées, gravées sur des de Vichnou dans l'âge actuel, car Lakcnmi
pierres et jetées dans le'Gange, surnagent à est la femme de ce dieu). Partout où elles
la surface du fleuve sacré. Confondus par paraissent, on fournit abondamment'à leurs
an tel prodige, ses ennemis furent réduits besoins.
au silence; et Kalidasa, réintégré dans les KALK!, dernière incarnation de Vichnou;
honneurs dont on l'avait privé vit sa les Hindous l'attendent encore. A la fin du
renommée s'accroître et se répandre dans KaIi-Youga, c'est-à-dire dans M7,OM ans,
l'univers. La vérité est qu'à là cour du roi à dater de la présente année 1850, la terre
fVikramaditya, vivait un poëte fort distin- seM couverte de crimes le dieu s'incarnera
'gué, d'une grande fécondité, de beaucoup en brahmane/dans la ville de Sambalagra-
d'esprit et d'un jugement éclairée H a com- ma, 'et dans la famille de Yichnou-Sarma,
posé plusieurs ouvrages 'd'un haut mérite i) portera )ë nom de Katki. Monté snr un
que nous avens encore. Mais comme on en cheval d'une blancheur éc)atante, tenant
trouve.d'autres à côté, qui sont pleins de d'une main un boucli'er et de l'autre un glaive
mauvais goût, on peut supposer avec raison resplendissant à l'égal d'une comète, il par-
qu'il y eut plusieurs Kalidasas ou que des courra lé monde et en détruira les coupa-
poètes fort médiocres ont voutu assurer t'im- bles habitants. Le soleil et la lune s'obscur-
mortatité à leurs ouvrages en les faisant ciront,, la terre tremblera, les cieux s'écrou-
passer sous son nom. C'est ce qui explique leront, les sphères célestes se) ont confondues
l'opinion de ceux qui font ce poëte contempo- et s'arrêteront dans leur cours, te serpent
rain de radja Bhodja, souverain postérieur Adisécha, vomissant des torrents de flam-
à Vikramaditya. mes, consumera l'univers mais au milieu
KAL!-YODGA,t~ quatrième âge du monde, de cet embrasement général, les semences
selon les Brahmanes il correspond à l'âge des choses seront recueillies dans le lotus,
de fer des Grecs; la Vertu; personnifiée sous et dès ce moment recommencerâ une nou-
la figure d'une vache, qui se soutenait soli- vettecréatio)),un nouvel âge d'innocence.
dement sur ses quatre pieds dans te~premier Quetques-uns pensent que le cheval de
a~e, qui en perdit deux successivement dans Ka)ki sera lui-même une incarnation de
les deux âges suivants, n'est plus portée Vichnou.
que sur un seul dans ce dernier. Sa durée On peut remarquer dans ce mythe un
est de ~33,000 ans. « Dans cette période, dit reste des traditions primitives concernant
l'historien hindoustani, Afsos, te monde n'a l'attente d'un dieu réparateur; et en même
pLus que la dixième partie des vertus et des temps l'annonce de la Gn du monde présent
qualités du /hc«para-yoM</ff, le troisième qui sera consumé par le feu.
âge; et la 'limite extrême de la vie n'est plus KALKI, géant de la mythologie finnoise.
qnede cent ans. On convient que cet âge On l'appelle aussi Soini et ~t~ertco. Il fut
est le pire de tous les hommes sont plus mé- vendu au céleste ouvrier Dmarinen, et causa
chants, moins civils, menteurs et traîtres; ils à son maître, dans tous les travaux qu'il
n'ont plusen eux-mêmes ta force et le pouvoir accomplit, les plus sinistres maiheurs.
surnaturel dont jouissaient leurs ancêtres, o KALLA-FOUTONGA-. Dans la relation de
Le Kati-Youga est i'époque historique 'des son troisième voyage, Cook rap'porte que les
Hindous; il a commencé 3101 ans avant notre habitants des iles des Amis reconnaissaient
ère.Youdhichthira.chefdeta famittedesPan. dans le cie) un être supérieur femeOe, qu'ils
dawas, régnait alors sur l'Inde entière c'est nommaient Kalla-Foutonga. Cette déesse
aussi t'époqUe de ta mort de Krichna, der- dirigeait à son gré la foudre, les' vents, la
nière incarnation de Vichnou. A partir de pluie et tous les changèments de tempéra-
ce moment, l'histoire indienne commence a ture. Lorsqu'ette était irritée, elle frappait
devenir plus rationneHe; cependant elle la terre de stérilité, anéantissantes récottes,
est encore métée de fabtes mais la critique donnait la mort aux hommes et aux ani-
peut déjà asseoir des bases ptus ou moins maux mais dès qu'elle s'apaisait, tout ren-
certaines. trait dans l'ordre accoutumé. Des divinités
KALI-YOtJGA LAKCHMt. Dans certains subalternes étaient soumises au pouvoir de
temples de Vichnou, les Brahmanes récru- cette déesse suprême mais on ne leur
tent un certain nombre')e jeunes filles pour supposait aucune influence sur le sort des
leséicvcr at'honneur d'être ies épouses de ce hommes après la mort. Les rotations pos-
dieu mais lorsque celles-ci commencent à térieures à celle de Cook ne disent rien de
vieiHir, Vichnou leur fait signifier le divorce cette déesse et de ses attributs.
par la bouche des interprètes de ses volon- KALOU-NtOUZA, un des dieux subalter-
tés. On leur imprime alors sur la cuisse ou nés de l'archipel Vit! il préside au tapou.
sur la poitrine, avec un fer rouge, la mar- KALPA. Les Brahmanistes et les Boud-
que symbolique de Vichnou, on leur expé- dhistes appe!lent ainsi une période divine
die une patente certifiant qu'eHes'ônt loya- qui se reproduit plusieurs fois dans la durée
lement servi, plus ou moins d'années, (n de l'univers.
qualité de femmes légitimes du dieu, et où on ` 1° Voici comme procèdent tes premiers
les recommande à la charité du public, puis pour déterminer la durée d'un Katpa Le
<<) KAL KAM 170
terme ordinaire de la vie humaine, dans le ~.V, un ,a
dhistes nomment grand Kalpa, période
quatrième âge, où nous sommes maintenant, immense,qui ne se termine que pour recom-
est de cent années. Ces cent années mutti- mencer immédiatement, sans interruption
pliées par 360, nombre des jours qui com- comme sans fin, durant l'éternité. Mais les
posent chacune d'ettes, donnent 36,000 ans. êtres qui habitent les étages supérieurs des
Ce nombre multiplié par 6, à cause des six cieux ont une existence beaucoup plus )oa-
subilivisions du jour, donne celui de 216,000 gue que le grand Kalpa. Ainsi, les divinités
ans, base des calculs de ta durée des quatre du quatrième ciel ont une vie égale à COré-
âges. 216,000 multiplié par 2, à cause de votutions du monde; et l'on assigne aux
l'égalité des vertus et des vices, donne le habitants du dernier ciel une vie égale à
nombre M2,000, qui exprime la durée du 88,000 révolutions du monde, c'est-à-dire à
Kati-Youga, ou quatrième âge actuel; mut- 107 trillions 520 billions d'années. Noss
tiplié par à cause des quatre Védas, lecteurs remarqueront qu'il y a ici de nom-
il donne 86~,000, nombre des années du breuses incohérences mathématiques, que
Dwapara-Youga,ou troisième âge; multiplié nous ne nous chargeons pas de réformer.
par 6, à cause des six Shastras, il donne Fo?/. CosMOGONtE.au ~Mpp~meK~.
1,296,000, nombre des années du Tréta- KALPA-SOUTRAS, rituels védiques qui
Youga, second âge; enfin, multiplié par .8, enseignent le modo propre de célébrer les
à cause des huit régions du monde, il pro- rites religieux selon le système hindou du
duit 1,728,000, nombre des années du Krita- Mimansa. Ils n'appartiennent point à la col-
Youga, ou premier âge. Les années réunies lection des Védas, mais Us sont fondés sur
de ces quatre âges donnent ie nombre de les dogmes consignés dans ces livres sacrés.
4,320,000. Cette somme mille fois répétée re- KALPAViUKCHA, arbre célèbre qui est
présente la durée d'un jour de Brahmâ, qui planté dans le paradis d'Indra, et qui a la
est ainsi de &,320.000,000 ans sa nuit ou propriété de faire obtenir tout ce qu'on dé-
son sommeil est d'une égale durée :co qui sire. 11 fut produit, comme une foule d'au-
porte un jour et une nuit de Brahmâ à tres choses précieuses, par .ie barattement
8,CM,000,000 d'années; et c'est ce qu'on ap- de la mer de lait. Foy. BARATTEUENTDE LA
pelle un ~a/paf. Trente Katpas font un mois MEK.
de ce dieu; douze mois semblables font une KAMA ou KAMA-DÉVA, dieu de l'Amour,
de ses années, et cent années pareilles sont dans la théogonie hindoue, te même que
le terme de sa vie. La vie enlière de Brahmâ l'Eros des Grecs et le Cupidon des LaUns.
peutdonc se supputer par3il,OM,000,000,000 H est fils de Brahmâ et de Maya ou l'Illu-
d'années humaines. sion d'autres le représentent comme étant
Cependant, cette immense durée n'est tout à la fois le fils de Brahmâ de Vichnou
qu'un jour de la vie de Vichnou; il faut et de Siva. On lui donne la forme d'un beau
trente jours pour former un de ses mois, jeune homme, qui tient en ses mains un arc
douze mois pour une de ses années, et il et cinq Hèches.Cet arc est de canne à sucre,
meurt au bout de cent années; alors tout est et la corde est formée d'abeilles. Ses cinq
consumé par le feu. La vie entière de Vich- Hèchcs sont en rapport avec les cinq sens de
nou équivaut donc à la somme énorme d'un l'homme; chacune d'elles est armée d'une
quintillion 119 quatrillions 7~ tritlions fteur particulière, savoir l'amra ou la Heur
d'années humaines. C'est ce qu'on appelle le du manguier, le nagakcsara (~e~Ms/erretf),
grand Katpa.AtorsVichnou, vivifié parSiva, le (champaka, appelé reine des fleurs, le ké-
demeuré seul sous t'<<pparence d'un feu dé- taka (PattcfanMS o(/o)'n<t's~tmus),et te matoura
vorant, renaît sous la forme d'un petit enfant ou bilwa (Egle Marme/os), qui porte le fruit
couché sur une feuille de figuier, au milieu nommé bêla. Au moment de sa naissance,
de la mer de lait, et suçant le pouce de son Brahmâ lui ayant dit qu'il serait le vain-
pied droit, jusqu'à ce que Brahmâ sorte de queur des trois mondes avec ses cinq flè-
nouveau de son nombril sur une feuille de ches, et que par lui l'univers serait peup)é,
lotus. L'univers se reproduit, recommence il essaya son pouvoir sur ce dieu lui-même,
la série incommensurable des âges, et les et le rendit amoureux de Sandhya, sa pro-
mondes se renouvellent ainsi successive- pre fille. Brahmâ le maudit et lui annonça
ment dans des révolutions infinies. qu'il serait réduit en cendres par Siva. En
2" Nous n'entrerons point dans l'exposé effet, on raconte que, s'étant insinué un peu
analytique des Katpas des Bouddhistes; nous trop avant dans les bonnes grâces de Parvati.
nous contenterons de remarquer que, comme épouse de Siva, il excita la jalousie et la
les Urahmanistes, ils partagent la durée du colère de ce dieu, qui, dardant sur lui )'œit
monde en quatre âges ou moyens Kalpas flamboyant qu'il porte au milieu du front, le
qui se subdivisent chacun en petits Kalpas. consuma tout entier. Désespéréo du triste
Le premier est le Kalpa de'la perfection, ou sort de son amant, t'épouse infidèle mourut
de l'achèvement; le second est le Kalpa de de douleur; mais ressuscitée bientôt après,
l'état stationnaire c'est celui dans lequel eHc ne profita de sa vie nouvelle que pour
nous sommes, et dans lequel paraissant tes pleurer sans relâche, sur une montagne so-
différents Bouddhas. Le troisième est le Kalpa litaire où elle s'était retirée, l'objet de sa
de la destruction du monde, et ie quatrième, flamme adultère. Siva éprouvait pour sa
celui du vide ou de t'éther. La grande révo- femme une passion que son infidétité n'avait
lution du monde remplit ainsi un espace de pu effacer de son cœur; peu à peu son res-
3~,000,000 d'années. C'est ce que tes Boud- sentiment s'affaiblit, et, prenant en pitié l'af-
DiCTtONN.DES UELIGIONS.HL 6
i7< b!CTK)!SNAtRE DES RELIGIONS. <7~
f)ic<'on de Parvati, il se rendit près d'elle, Afo~arad/itca~o, cetùi qui a poar symbole le
s'excusa de soin emportement sur la violence Makard.
Je son amour, et la conjura de lui rendre KAMADBËNOU.vaÈhé dé l'Abondance,
ses bonnes grâces. La déesse n'y consentit dans la mythologie hindoue elle avait été
qu'après que Siva eut promis de ressusciter produite par le barattement de ta mer de
Kamà. Lés dieux s'associèrent à lui pour lait, et habitait dans té ciel d'Indra. Ce dieu,
opérer cette résurrection. Ils firent tomber pour récompenser la vertu d'uri sage Mouni,
une pluie d'amrita (ambroisie) sur la dé- père du célèbre Parasou-Rama, incarnation
pouiUe de Kama, et le rappèlèrent ainsi à de Vichnou, lui prêta cette vache merveil-
l'existence; mais il n'y eut que son âme qui leuse. Un soir, dans' la saison des pluies, le
ressentit tes. effets de ce prodige, et Kama roi Kartavipya-Ardjouna chassait dans la
est la seutë divinité hindoue qui soit ihcor- forêt habitée par ce saint retigièox~ harassé
porette. Suivant une autre tégende Sivà de fatigue, il aperçoit sa cellule, y entre, et
aurait promis à Parvati, pour ta consoler, demandé impérieusement des rafraichisse-
qu'un jour Kama renaîtrait dans la famille mcuts pour lui et pour toute sa suite. Dja-
de Krichna. En effet, Roukmini, épouse de mâdagni, c'était le nom d'à mounî, qui ja-
Krfcttna, le mit au mfondë sous le nom de mais n'avait mis à contribution pour tui-
Pr.)dyoumna;'mais aussitôt après sa nais- même le pouvoir do Kamadhénou, s'adresse
sance, il' fut cntcvé et ~eté dans la mer par à cHe, et au mêate instant te radja peut s'as-
un asoura nommé Sambara. lt fu~ avalé par seoir avec sa troupe à une table splendide-
un poisson qui, bientôt après, pris dans tes ment servie, où tes mets les plus variés et
filefs des pécheurs, fut porté dans tes cuisi- les vins tes plus exquis se succèdent avec
nes de Sambara. Ce méchant asoura avait profusion. Après te repas t'ermité présenté
pour intendante t'épouse même de Kàmà, au monarque des vêtements magnifiques et
déguisée sous le nom dé_Mayavati. En pu- les bijoux les plus pr.écieux. Ardjouna n'a-
yrant'tc potsson,etle y trouve l'enfant.qu'ette vait jamais vu tant de richesses il en de-
adopte et qu'elle étève avec un soin vraiment mande la source, apprend que Djamadagni
materné!. Pradyoumna, de son côté, l'aimait les doit à ta vache céleste, et exi~e qu'elle
comme on aime une mère; mais en grandis- lui soit cédée à l'heure même. En vain lé
sant, ses sentiments changèrent de nature; Mouni proteste qu'ctfe ne fui appartient pas,
it reconnut Rati, son épousé. Le crue) Sam-, que c'est un dépôt sacré à tui confié par In-
bsra succomba bientôt sons ses coups, cf dra, qu'H ne peut donc én disposer, que la
Pradyoumna et Rati se rendirent en triom- vache eUe-mêmé né consentirait pas à pas-
phe a la cour de Kt'ichna. ser ainsi en d'.tUtres n~ains irrité de fa ré-
Ces diverses aventures ont fait donner à sistance, te tyran ordonné à sa suite de se
Kama différents surnoms qu'il est bon d'ex- sa'fsir de l'animal. Trois fois ses serviteurs
pliquer. On l'appelle ~Manact, qu! est prive s'approchent, trois fois une force miracu-
de corps àttégoi ic ingénieuse ~àmour, leuse les contraint rëcut'cr.Afors Ardjouna
sans corps et tout esprit, vit et se nourrit fait avancer ses troupes mais Kamadhénou
indépendamment des objets màtériets ~a- se jette'avec impétuosité au milieu, des sot-
ttMtd/a, qui; naît dans' te cëeur; MaMo6/!(n;a~ dats, frappe à droite et à gauche dés cornes
qui vit dans le cœur; Mattastxat/.a, qui repose et des pieds, tue fe p~us grand nombre d'es
dans te cœur; ,Smara qui vit de souvenirs assaillants, met le reste en fuite, puis s'élève
JMctdatKt, qui enivre d'amour; Kantlarpa, qui triomphante dans les airs, et se rend dans
a enun.mmë te premier des dfeux FaK~c~a- tes régions célestes. Le radja, furieux de sa
<n!'M, qui a cinq n'èchés ~'<tm6at Qf!, ennemi défaite, rassemble une armée plus nom-
de Sambara; PoMc/:FadAanM)a, dont t'arc est breuse que là première et revient à ta de-
de.ueurs~. meure de l'éi-mit.e; mais Kamadbéuoa n'y
Hëst dépeint comme accompagné de Ràti, est plus. I) tourne alors sa vengeance sur
sa femme du Printemps personnifié, du; D~amadagnf.te fùe et fait r~sersacet!ute.
Kokita,, espèce de coucou; de t'abeitte'quf Rénouka, épouse du saint brahmane., en re-
bourdonne, et des brises rafraîchissantes, Il coeilté t'es débris ét se brute sur le corps de
parcourt les trois mondes, dont l'empire tm son mari. C'est pour venger ta mort de son
a été donné aussi rappette-t-on tç dieu des père et de sa mère que Parasou-Rama exter-
dieux. On sa~ "qu'Ères était également re- mina tqu.'e la race d'es Kcbatriyas ou guer-
ga.rdé~ par Orphée et par Hésiodo.comme te riers. C'est te sujet de ta sixième incarna-
premier des, di&ux. On lui donne quelquefois tion de Vichnou. Foy. pA~ASou-RAMA.
une seconde'f6mme, qui est jPrt< l'affec- On place l'image de Kamadhénou dans tes
tion, comme ,jRt(<t, est là volupté. Krichna, temptes de Vichnou, où on ta représente
considéré comme Vichnoù,a pour épouse avec des ailes, la têt.e.'d'une femme, trois
Lak.chmi Kama,ûts do Krichna, est par queues et un petit veau qu'é!Ie allaite. 0.)'
cette raison surnommé ZaAc/<tK!-pOM<t'(!,en- célèbre sa fête à ta pleine tune de Phatgoun'.
fant de La.~chmi. L'embtème de ce'tte divinité EAMAKCHt, un des noms de Parvati ou
est un poisson nommé Makara, espèce de Dourga,,épouse de Siva, troisième dieu de la.
requin selon, tes uns., d'alligator selon les; triade indienne. Ce nom signIGe la déesse
autres, mais qui est plutôt un. poisson véri- qui a tes yeux de l'Amour. Nous àYons dit, à,
table ou fab.ufeux dont la tête est armée t'articte t~AMA,que Parvati ne fut pas insen-
d'une corne c'est pourq.uoi on donne- en- sible aux dèches de ce dieu..
core Kama l'épi thète de Makarakétou ou KAMÂ-N.O MiYA, c'est-à-dire temRle du;
m KAM KM! 17~
Kama il est situé à Noumatsou, ville du Ja- de métempsycose paraît se rapprocher de
pon. On raconte qu'il y avait dans cc temple celui des Bouddhistes; car, suivant eux, ta
un TiTaNMou instrument de chasse d'une plus haut degré, c'est de devënirauge ou pro-
grandeur extraordinaire, dont on se servait phète, et le plus bas, de devenir démon ou
dans les anciens temps. Des voleurs péné- serpent. D'après Scharistani, tes Kamétis rë~
trèrent une nuit dans le temple, et dci'obè- connaissaient quatre degrés de métempsycose.
rëht te Kama; mais comme ils l'emportaient, KAMEN roche. Les nations. tartares et
il devint tout a coup si pesant, qu'ils furent païennes qui habitent la Sibérie,'dut beau-
contraints dé Je laisser tomber dans la ri- coup de respect pour les roches, surtout pour
vière, dans taquéUc sa chute occasionna un celles dont la forme est singutiére. Us croient
grand trou do là, cet endroit a pris le nom qu'elles sont en état de leur faire du mut, et
de ~Htft-<y<t-oM~, trou de Kama. Le Kama se détournent, lorsqu'ils eh rencontrent dans
lui-même devint un esprit qui a l'inspection leur chemin; quelquefois, pour se les rendre
et le gouvernement du neuve. favorabtes, ils attachent, à une certaine dis-
KAMAUtM, prêtres des idoles chez les Hé- tance de ces roches, toutes sortes de guenilles
breux, surtout lorsqu'ils adoraient lé feu, de pco de valeur.
comme plusieurs peuples voisins. Ces prêtres .KAMESWARI, un des noms de la déesse
étaient habiHés de noir c'était en généra!, Va~-Dévi, ta même que Saraswati, épousé
chez les anciens, le costume des prêtres de Brahmâ. Foy. VAs-DÉvi.
consacrés au culte des divinités infernales. KÂMt, nom que les Japonais de la religion
Dans la suite, les Hébreux ont donné ce du Sin-Io donnent à leurs divinités, et pnn-
nom aux moines et aux ermites. cipatemen.t aux génies qui ont régné sur le
KA-MA-WA-TSA, formulaire des ordi- Japon, avant l'apparition de la race humaine
nations chez les Bouddhistes de la Barma- sur la terre. Souvent, di[Kœmpfer,onen~-
nie.-Le père qui veut que son fils devienne tend par ce nom un esprit ou un génie puis-
prêtre de Bouddha, le met, dès sa première sant souvent une âme immortelle et distin-
jeunesse, entre les mains d'un prêtre supé- guée des autres; plus communément ud
rieur qui se charge de l'instruire. Au bout empereur, ou quelque grand personnage
de trois ans, il prend les vêtements de cou- décédé et divinisé par le Daïri. On conserve,
leur jaune, comme ceux que Siddhartha dans quelques temples, [es armes dont on.
portait avant de devenir Bouddha, se fait prétend qu'ils se servaient pour dompter tes
raser la tête et les sourcils, et supplie son ennemis de tempire. L'histoire dés Kamis,
tuteur de t'admettre dans l'ordre inférieur qui fait une des principales parties de ta théo-
des prêtres. Celui-ci lui fait subir un examen, logie du Sintoïsme, est remplie d'aventures
et s'il est jugé assez instruit, il est. reçu merveilleuses, de victoires remportées sur
Qitiaong; it reste dans cette condition jus- les géants, de dragons vaincus, et autres
qu'à vingt ans. A-cet âge, it se présente pour événements extraordinaires. Leurs temples
être admis dans l'ordre supérieur des prêtres s'appellent j!f!'yû, demeure des âmes. Ce sont
appelé Ottp~snntpofftt en pali, et Padzing en de simples chapelles dénuées de décoration
barman alors il quitte ses vêtements jaunes, it est rare d'y trouver t'imagednKami. Cet
en revêt de blancs et est examiné par une honneur n'est accordé qu'à ceux qui se sont
assemblée de vingt prêtres au moins. Là on distingués par quelque miracle éclatant;
l'interroge suivant le formulaire prescrit, alors leurs statues sont ptacées sur le som-
on lui apprend en quoi consiste l'état qu'il met du temple, dans une chàsse qu'on ne
va embrasser, les causes qui !e rendraient découvre qu'à ta Mte dn Hami qu'on y adore,
inhabite à recevoir l'ordination, tes obliga- et qui ne se cétèbre qu'âne foi~ tous les cent
tions auxquelles il va être soumis, tes fautes ans. L'intérieur .des JMt'yd n'offre à !a vue
qu'il devra éviter, le genre de vie qu'il lui que des banderoles de papier blanc suspea-,
faudra suivre, les choses qui lui seront per- dues au ptafond, symbole de la pureté du.
mises, etc., etc. Puis il est reçu prêtre avec lieu, et un grand miroir placé an milieu
les cérémonies prescrites dans le ~o-m<t-M)f!- du temple. Ceux qni viennent prier le Kami
tM. M. l'abbé Bigandet, missionnaire àtavaï sonnent une cloche, comme pour te prévenir,
etMergui, dans la prcsqu'ile Malaise, en a de tour arrivée. Cependant ou les adore fré-,
donné une traduction complète, insérée (!ans quemment hors ~des temples, et il est fort
le tome XVII des Annales dé philosophie ordinaire dé voie les gens de la campagne se
chréliènne, 3° série. prosterner sardes monticules ou des pierres,
KAMÉLIS, secte musulmane qui appar- sacrées et y apporter'tenrs offrandes, it n'y,
tient à la branche des S.ehiitfs et suit là doc- a ni formulaire, ni rite marqué pour l'invo-
trine d'Abou-Kamct. Cet Abou-Kamct avait cation et le culte des Kamis, ni ordre sacer-,
accusé tes compagnons de Mahomet et Ali dota pour desservir les Miyas; plusieurs,
lui-même d'infidélité, les prenuers pour ne même s'abstiennent de toute prière, persuadés
lui avoir pas' rendu hommage, et te second que la divinité voit lèurs pensées dans le
pour avoir renoncé à ses droits au khalifat. fond de leur âme, comme ils voient eux-
Ses partisans croient à là métempsycose, et mêmes leur image dans le miroir du tempie.
disent que l'imamat est la lumière propagée Le Daïri prétend que les Kamis dont il des-
d~uh individu à l'autre. LcsKamétis ensei- cend lui ont transmis leur divinité ou teurs
gnent également que'les lumières divines droits aux honneurs divins; on croit même
ont passé successivement dans les imams, que ces dieux ont pour teur petit-Gts tant de
par urie sorte de métempsycose. Leur système respect, au'ils se font un devoir de le visiter,
17'! DICTIONNAIRE DES RELIGIONS. ~06
une fois l'an i! est vrai qu'ils ne se rendent lieu de la vie),7'e-OMo-<e-~o (pluie de ta nuit),
auprès de lui que d'une manière invisible. Tane-hetiri (tonnerre mâle) ~'e-o-n/)t-<(M)Ct-
Durant le mois où les Kamis sont censés ttttca (fils de la guerre vomissant te feu), tous
s'absenter de leurs temples pour résider à la frères, et deux d'entre eux difformes et bos-
cour du Daïri, on ne f.lit aucune solennité, sus comme Vulcain. Les sœurs venaient en-
et on ne leur rend aucun cutte aussi l'ap- suite c'étaient Fe~. t'ainée et la plus re-
pette-t-on le ~)fot< sans ~t'etta*. doutable, ~«-Aore-tcauM/tt-Maa (aux yeux
Les Kamis sont appelés Sin, en langue étincelants et brisant les pirogues), Hiala-
chinoise articulée à la japonaise; mais il no tCQtca/!f-/ant (déchirant le ciel et saisissant les
faut pas les confondre avec les 7''o<ott ou nuages); puis, avec t'attributiongénértque
Fotoqnes, qui sont les idoles des Bouddhistes /t!a<a (saisissant les nuages), venaient: ~ta~a-
du Japon. ~o; S~-ro, M)YA. noho-lani (habitant le ciel et saisissant les
KAMI-MHSL culte rendu aux Kamis dans nuages), raaroca-mo~a (aux yeux sans cesse
le Japon. ~oy.KAMt.StN-To. en mouvement), 7fo;-<e-port-n-Pe~ (baisant
KAMt-NAlU, dieu du tonnerre, dans la le sein de Pété), 2'a-6ot<-cKa-ena (montagne
mythologie japonaise. It estadoré avec~Tase- ennamm&e). yeren'a (couronnée de guirlan-
tto-~amt, le dieu des vents, dans le temple des), enfin Opio (la jeune).
Asakousa. Toutes ces divinités vinrent se fixer dans
KAMt-NA-TSOUKt, c'est-à-dire te ~ots !e volcan de Kirau-Ea, d'où elles faisaient de
<aMS dieux; nom que les Japonais donnent fréquentes excursions dans l'ile; elles ai-
au dixième mois de l'année, parce que. pen- maient surtout à visiter les pics couronnés
dant tout son cours, il ne se fait aucune cé- de neige. Leur arrivée était précédée de ton-
rémonie dans les temples des Kamis, ces di- nerre, d'éctairs et de tremblements de terre.
vinités étant supposées aller rendre visite au Les prêtres annonçaient alors qu'il fallait les
Daïri, et lui faire invisiblement leur cour à conjurer au plus tôt avec dés offrandes. Pété,
cette époque de l'année. qui, sous la forme d'une lave brûtante, était
KAMt SiMO, vêtement de cérémonie, chez le ministre de leur colère, dévorait parfuis
les Japonais, il est composé de deux pièces, dans ses torrents jusqu'à deux cents cochons
savoir, d'un manteau court sans manches, on tes lui offrait tantôt vivants, tantôt cuits
ét d'une culotte., (Tïann signifie ce qui est en on les jetait dans le cratère quand il y avait
haut, 5t')KO. ce qui est en bas.) Le manteau menace d'éruption, ou dans la lave quand
se nomme7fa<a;yettOM, et la culotte, Fa/tnmct. cite coulait. L'ite entière, ainsi tributaire
Tous les deux sont d'une forme particulière, des dieux volcaniques, entretenait leurs tcm-
et d'étoffés de couleur.On s'en sert seulement ptes et nourrissait leurs prêtres. G était le
quand on va visiter les temples, dans les culte de la terreur. Une infraction était-elle
jours de cérémonie, et aux funéraiiïes. commise, à l'instant même, au dire des prê-
KAMLAT, opération magique en usage tres, le Kirau-Ea s'emplissait de lavc et lan-
chez les Tarares de la Sibérie, et qui con- çait contre les coupables sa rivière de cen-
siste à évoqncr te diable au moyen d'un tam- dres ardentes. F~?/. PÈLE.
bour magique qui a la forme a'un tamis ou KAM01, dieu des Ainos et des îles Kouri-
plutôt d'un tambour de basque. Le sorcier les c'est.le même que le Kami des Japonais.
qui fait le Kamtat marmotte quelques mots KAMOtNEN, mauvais génie de la mytho-
tartares, court de cûié et d'autre, s'assied, logie finnoise; c'est le patron des serpents.
se relève, fait d'épouvantables grimaces et KAMO-NOMtOSIN, dieu des Japonais,
d'horribles contorsions, routant les yeux, nommé aussi Kami 7famo d cf«! ïtn; son
les fermant et gesticulant comme un insen- temple principal est au nord-est de la ville
sé. Au bout d'un quart d'heure, le sorcier de Miyako, dans la province de Yamasiro,
fait accroire que, par ses conjurations, il évo- sur une petite montagne appelée de son nom
que le diable, qui vient toujours du côté de .KaM)o-</f<Hta,c'est-à-dire montagne de Kamo.
l'Occident, et en forme d'ours, et lui révèle Ce temple, dans lequel on lui offre encore
ce qu'il doit répondre. It leur fait entendre des sacrifices, fut élevé l'an 571 de notre ère,
qu'il est quelquefois maltraité cruellement parKin-meï-tcu-o, trentième Daïri.
par te diable, et tourmenté jusque dans le KAMORTEN, un des quatre grands dieux
sommeil. Pour les en mieux convaincre, il du trente-troisième ciel, selon les Japonais.
feint de s'éveiller en sursaut, en criant KAMULAINEN, dieu terrestre des anciens
comme un possédé. Les Lapons procèdent à Finnois il habitait Hijen-Pesat, avec la foute
peu près de la même manière dans tems opé- des Wuorcn-Vaki, génies t'avaitteurs, occu-
rations magiques. pés à durcir tes rocs de granit et à les fixer
KAMMOUVA, rituel bouddhique, conte- sur leurs bases.
nant le cérémonial usité al la réception d'un KANAKA-MOUr~ un des sept réforma-
candidat dans t'ordre supérieur des prêtres teurs qui, suivant les bouddhistes du Népât,
barmans. Vot/.KA-MA-wA-TSA. sont passés d'une nature mortelle à l'état et
KAMO-HO-AHtt, chef de la famille des au rang de bouddha. Voici ce qu'en dit un
dieux qui, suivant la tradition océanienne, traité népati «J'adore Kanaka~Mouji, le
vinrent de Taïti pour se fixer dans les !tcs sage et le législateur, exempt de l'aveugle-
Hawaï ou Sandwich, après la grande inon- ment des illusions mondaines, qui est né
dation ou le déluge. Cette fa<niUe divine se dans la ville de Sobhanavati, d'une race de
.composait de j~omo-Ao-art't (roi de la va- brahmanes honorés par les rois. Sa personne
peur), 2'a-poAa-t-<()/it-ora (explosion dans le resplendissante exista pendant 30,000 aus. 1J
H7 KAN KAN ~8
obtint le degré de bouddha magnifique des hommes, Fermitngc paisible de Kandou.
comme le moût. des pierreries, au pied de « Dans ce lieu de détio's, le saint person-
l'arbre Oudoumbara.)) Kanaka-Mouni vivait nage était tout entier livré aux austérités les
dans te troisième âge; il s'appelle CucAt~ en plus rudes jeûnes, ablutions, prières, pri-
tangue vu)ga)rc, ~<c-~roM)t~ en tibétain, Ge- vations sans nombre; ces pénibles devoirs
re<i''&~c~! en mongol. étaient trop doux pour lui. L'été régnait-it
KANÀPPEN, idole adorée par une peu- dans toute sa force, il s'entourait de feu, et
plade hindoue qui habite au nord de Ma- recevait sur sa tête nue les rayons ardents
dras. Ce n'était qu'un simple chasseur ma- du soteit d.ins la saison des pluies, it se cou-
labar, qui avait l'habitude de déposer cha- chait dans Fcau au cœur de l'hiver, des vê-
que jour son gibier au pied de la statue de tements humjdcs enveloppaient ses membres
Siva. Les prêtres desservants du temple le transis de froid.
déifièrent, sans doute pour encourager le « Témoins de ces effrayantes austérités,
bon exemple. capables de lui assurer la conquête des trois
KANDAR-CHASTI, fête quo les Hindous mondes, les (~M, lcs ~nncMafMM et autres
célèbrent le lendemain de la nouvelle lune divinités soumises à Indra étaient frappés
de kartik; elle dure jusqu'au septième jour d'admiration. «Oh! quelle étonnante fer-
suivant. On la célèbre en mémoire de'ta vic- meté! 0ht quelle constance dans la dou-
toire que Kartikéya remporta sur le géant leur! n ne cessaient-ils de répéter entre
Taraka, après une guerre de six jours. Le eux.
septième on porte !o dieu processionnellè- « Cependant leur admiration faisant place
mcnt, et dans quelques endroits on donne la à la crainte, et désirant faire perdre au pieux.
représentation de la bataittooù ce géant périt; ermite le fruit de sa longue pénitence, pleins
on modèle cet asoura en terre cuite, et des de troubln, ils se rendent auprès de leur
Indiens armés représentent tes troupes. maitre, et lui demandent son secours pour
KANDARCHtS, nom que tes Hindous don- accomplir leur dessein.
nent aux richis ou saints qui expliquent les « Accédant à leurs vœux, le dieu des élé-
Véftas. ments adresse ainsi la parole à la nymphe
KANDARPA, dieu de l'amour, chez les jPrf<mHO<c/id,remarquable par sa beauté, sa.
Indiens. Voy. KâMA. jeunesse, téiéganco de sa taille, l'éclat de
KANDOLT, saint personnage do la mytho- ses dents
logie hindoue, auquel ses grandes austérités « Va, Pramnotchà, lui dit-il, va avec la
avaient acquis une puissance extraordinaire, rapidité de l'éc)air dans les lieux où Kandou.
mais qui la perdit pour avoir succombé tris- a établi sa demeure ô belle, mets tout en
tement à une tentation charnelle. Les Hin- oeuvre pour rompre sa pénitence; porte ta
dous sont persuadés que par le moyen d'une trouble dans ses sens.
contemplation profonde, et par les pratiques « Divinité puissante, lui répondit la
d'une pénitence perpétuetio, l'homme peut nymphe, je suis prête à remplir tes ordres;
parvenir à s'étever au--dessus de toutes les mais je trcmbtc pour mes jours; je redoute
créatures, et a se rendre redoutable aux cet illustre solitaire, au regard terrible, an
dieux mêmes, Indra, entre autres, est me- visage éclatant comme le soleil. De quelle
nacé d'être détrôné un jour de sa demeure horrible imprécation ne peut-il pas m';icca-
céieste par un simple morte) qui le surpas- bler dans sa cotèrc. s'il vient 'à soupçonner
sera en vertu; c'est pourquoi les regards le motif de mon arrivée? Que ne dcsigncs-tm
pénétrants de ce dieu se promènent par in- plutôt pour cette périHeu~e entreprise, Our-
tcrvattcs sur la terre, et surtout sur Ics vassî, ~ennM, 7{ffm6/td, ~~ra-~e~st et au-
sombres forêts où les austères yoguis aiment très nymphes de ta cour, toutes si Gères de.
às'cnseve!ir;ets'it en aperçoit quelqu'un leurs charmes?
dont les mérites sont sur le point de recevoir « Non, lui répondit le divin époux de.
leur récompense, il députe vers lui la plus Satchi; ces nymphes doivent rester près de
agaçante des nymphes de sa cour, en lui moi c'est en toi que j'espère, beauté céteste;:
enjoignant de mettre tout en usage pour le cependant je te donnerai, pour venir à ton.
séduire. Nous croyons devoir insérer ici le aide, l'Amour, le Printemps et le Zephire.
petit poème suivant, traduit du sanscrjt par « La nymphe aux doux regards rassurée
feu M. de Chezy, bien que le ton semble un par ces paroles Hatteuses traverse aussitôt.
peu tégcr mais te lecteur y reconnaîtra le t'ether avec ses trois compagnons, et ils.
dogme de la chute de t'homme. et de la né- descendent dans la forêt, aux environs de.
cessité de sa réhabilitation, réhabilitation l'ermitage de Kandou. Ils errent quoique.
que t'hnmme ne peut acquérir que par la tcmps-sous ces vastes ombrages, qui leur-
mortification de son corps, qui doit être rappellent t'ctcrnciie verdure des jardins.
dompté et soumis de nouveau à l'esprit par enchantés d'tndra. Partout y souriait la na-
le jeune, t'abstincnce, les douleurs et les au- ture ce n'étaient que fruits, que fleurs, que
tres œuvres satisfactoires. mélodieux concerts. Là, leur vue s'arrête.
« Sur les bords sacrés du fleuve Gômati, sur un manguier superbe; ici, sur un citron-
dans une forêt solitaire abondante en raci- nier aux fruits d'or; plus loin, de hauts pa)-
nes, en fruits de toute espèce, sans cesse miers attirent leurs regards le bananier, le
retentissant du gazouillement des oiseaux, grenadier, le figuier aux larges feuilles, teur~
du bruit léger des pas du cerf et de la ti- prêtent tour à tour la fraîcheur de l'ombre.
mitle gazelle, était situé, loin du concours « Perches sur teurs rameaux ftexibies, un-
.t70 DICTIONNAIREDES RELIGIONS. 180
peuple d'oiseaux, aussi variés dans leur plu- « AtorsTAmour, !e Printemps et !eZéphiro
mage que dans leur chant, flattaient égale- regagnèrent tes régions éthérecs, et racon-
ment et l'oreitte et les yeux. tèrent aux dieux enchantes la réussite de
a De distance en distance, des étangs tim- leur stratagème.
pides, des ruisseaux purs comme le crisfa), « Cependant Kandou, par le pouvoir sur-
embellis par les coupes d'azur et de pourpre naturel que ses austérités lui avaient acquis,
du nénufar sacré, étaient sitionnés avec se métamorphose à J'instant en un jeune
grâce par des couples de cygnes d'une b)an- homme d'une beauté toute divine. Des vête-
cheur éblouissante, et une foule, d'oiseaux ments célestes, des gujrtandes semblantes a
aquatiques amis de t'ombre et de la frai- celles dont se parent les dieux rehaussent
cheur. encore l'éclat de ses charmes et la nymphe,
"Pramnotchâ ne pouvait se lasser decon- qui cr.oyait seulement le séduire, se sentit
tempter ce ravissant spectacle .cependant séduite à son tour.
elle rappelle au Zéphire~ au Printemps et à « Jeûnes, ablutions, prières, sacrifices,
l'Amour l'objet de lenr voyage et les en- méditations profondes, devoirs envers tes
gage à agir de concert pour ta faire réussir dieux, tout est mis .en oubli. Uniquement
dans son entreprise. EUc-méme aussitôt occupé de sa passion, le pauvre ermite ne
s'apprête a déployer .tontes tes ressources de à
songeait pas l'échec porté à sa pénitence.
la séduction. Ptongé dans les.plaisirs., les jours se succé-
« Ah ah s'écrie-t-eUe, nous allons donc daient sans qu'il s'en aperçût.
«te voir, cet intrépide conducteur du char « Plusieurs mois s'étaientainsi écoulés dans
« deBrahmâ, qui se vante de tenir sous le un ravissement continuel, tprsque Pramno-
« joug'le coursier fongueux de ses scnst. tchâ lui témoigna le désir de 'retourner au
a <3ht que je crains pour lui que dans cette séjour céleste, sa patrie; maisHandou, plus
e rencontre tes renés n'échappent de ses épris que jamais, la conjure de demeurer
«mains! Oui! fût-il Brahmâ, Vichnou, encore. La nymphe cède, et au bout de
c te dnrSiva tui-méme, son cœur éprouvera quelque temps, eHë lui déclare de nouveau
A aujourd'hui ce que peuvent tes traits de ses intentions Mêmes instances de la part de
« l'Amour. » l'ermite, 'qui cherche à la retenir. Pramno-
« En achevant ces mots, ëtte se rend vers tchâ, dans la crainte d'attirer sur sa tête une
l'ermitage, où, par la présence du saint ana- imprécation redoutable, protonge encore
chorète, les bêtes les plus farouches se sen- son séjour et trouve dans Kandou un amant
taient dépouillées de leur férocité. A l'écart de plus en plus passionné. II ne la quittait
sur'le bord du fleuve, elle mêle aux chants pas un instant; aussi fut-elle singulière-
du kohita sa voix enchsmtcrcsse, et fait en- ment surprise un soir, en le voyant se lever
tendre un,cantique de louanges. brusquement de ses s côtés, et précipiter ses
« Au même instant, 1e Printemps répand pas vers un bocage consacré.
de nouveaux charmes sur toute la nature « Eh 1 quelle pensée yous agite donc ? lui
tej kokita soupire avec plus-de douceur; une w demanda-t-elle aussitôt. Nevois-tu pas,
harmonie indicible jette l'âme dans uneiau- « lui répondit Kandou,que le jour est près de
gueur voluptueuse. Chargé de tous les par- « finir? Je vole faire le sacrifice du soir, de
fums des monts Matayas, sa patrie, 1e Zé- « peur de commettre la moindre faute dans
phire'agite moitemem les airs, jonchant par- «l'accomplissement de mes devoirs.
tout ta terre des f!e'urs tes plus odorantes; « –TEh bien, homme consommé dans la
ett'Amour,.armé do~ses flèches brûlantes, « sagesse, que vous importe donc ce jour de
s'approchant de Eandou~ fait pénétrer dans « préférence n cent autres ? Attez, quand ce-
ses veines un feu qui le dévore. «lui'-ci se passerait encore sans être fêté
« Frappé des chants métodicux qui par- « comme tous ceux ,qui, durant de grands
viennent à son oreille, déjà ivre d'amour et « mois, viennent de sjéçouler pour vous, qui,
dans te !p)us grand trouble, il vole vers les «dites-te-moi, pourrait y faire attention et
lieux d'où partent ces accents. H reste comme « s'en scandaliser?
stupéfait à ta vue des charmes que Pramno- «–Mais, répliqua l'anachorète, lorsque ce
tchâ déploie à ses regards. « matin même, ô femme charmante, que je
« Qui es-tu? quelle est ton origine, femme « t'ai aperçue sur !e bord du Oeuve, que
je
« adorable, lui dit-i), toi dont la taiHe été- « t'ai reçue dans mon .ermitage, et que voci
« gante, tes sourcils'si délicatement arqués, «'le premier soir témoin de ta présence en
« le sourire enchanteur, ne me laissent plus « ces lieux. dis-moi, que signifie ce lan-
« maitre de ma raison?'Dis-moi la vérité, je « gage et ce rire moqueur que j'aperçois
n t'en conjure. » « sur tes lèvres?
« Tu vois en moi, lui répondit Pramno- « 'Et comment, lui répondjt-cHc, ne pas
<' tcM.taplushumbte.detesservan.tes, occu- « sourire de votre erreur, quand depuis ce
'< péc seulement à caeittir ces fleurs. Mal « matin dont vous parlez, voici qu'une révo-
<( tre, ~onne-moi promptement tes ordres « lution de l'année est en grande partie
f dis, que puis-je faire qui te toit agréa- « écoulée?
«Ne?)' « –Quoi! serait-ce la vérité qui sortirai
« A ces douces pavotes, toute la fermeté «de ta bouche, ô nymphe trop séduisante! l
de Kandou acheva do s'évanouir, et prenant « ou plutôt ne serait-cé pas un pur badina)
aussitôt la jeune nymphe par la main, il la « ge? car ilmesemhtc que je n'ai encore
fit entrer dans son ermitage. « passé qu'un seul jour avec toi.
Ï8t KAN KAN i82
« Qh pournez-ypas me spapçonuer navigateurs tui )<!ontdes vœax a leur départ,
p 'd'user de mensonge, envers un aussi vé- et-lui rendent, à )eur fetouf, des actions de
« nèrabte brahmane, un samt ermite qui a grâces:; le troisième, jappeté raï-~oMUM~,
.« fait vceu de ne jamais s'écarter un instant préside aux naissances, à FagricuUuTo et à
'< du chemin suivi par tes saggs? la guerre.
« –Oh! mntheur, malheur sur moi!, s'6- KAN-HOEN, nom des 'prêtres chez têt
f crie alors l'tnfprtune brahmane, dont les Tartares Kia-sse. Ces peuples sacrifient aux
yeuxson.tenCnd&ssiiïés. 0 fruit à jamais dieux en rase campagne, sans a~tfc objet ()o
K perdu .de ma longue pénitence! Toutes ces culte que les eaux et les herbes. Ils n'ont
« œuvres méritoires, toutes ces .actipns~con- p~int de temps régie pour cela.
..« formes à Ja doctrine des Védas sont doncc KANtKA-DANA. Parmi les œuvres de cha-
<( anéanties par ta séduction d'une femme! rité tes p~s méritoir.es chez tes Hindous, on
<<Fuis, fuis loin de moi., perfide ya, ta mis- enci0mpte4r.o)s principales, savoir le Go-daKO,
~sion est accomplie ta~ don d'onc vache te B/iOM-dana, don d'une
KAND.OU&t. Ce mot, qui signiCc en persan terre,, et le Kanika-dana, don. d'une fille ou
une KHppp, est employé dans l'Inde musut- d'une vierge celui qui accepte un de ces
mane pour désigner une fête en l'honneur donsest:censé se charger des péchés de son
de Falima, fi!tç de j~ahomet. Les femmes tes bienfaiteur, et doit tes expier par des péni-
plus vertueuses peuvent seutcs y. prendre tences c.t des bonnc.s oeuvres.
part, H n'est permis à aucun homme,de voir LeAaM!/M-~(Ma,sefa<t, soit en donnant
,!es mets et les offrandes qu'eues destinent à à de pauvres brahmanes une somme suffi-
ta tille du prpphéte..0n récite à cette osca- sante pour des dépenses de .teur mariage,
sipn Ie/a<:7ta des saintes fëmm&s, que nous s.oit en faisant épouser sa fille à un parent
.avons reproduit a t'artjcle F~TtHA, paxyre ;qui, sans cette charité,-n'aurait pas
&ANE-APOpA,undes dicu~ de la mer, en te moyen de .se marier. Ordinairement le
a,dore partes pécheurs.de i'!to tïa~aï, qui ib.eau-père joint au don de sa fille des pr-èsents,
!ui apportaient leurs offr.jndcs. en bijoux, en argent ou en maisons. H fait
KANE-NOU!-AÏŒA, autre dieu des Des tous les fra~s de la noce, et quctqucfois, par
TÏa~aï. D'après une ancienne tradition, ,ce une .espèce d'adoptjo~, M fait participer son
d~eu apparut à ~.ama-Pii-Kaï, prêtre qui gendre son hérjtage, en lui donna-nt una
resservait son temple, et )ui.ordonna de se part d'enfant. Q~oiq~c ces présents ne soient
rendre a T.aïti.dont ittui révéja ta situation. pas cssenHets au mariage en Kaniba-dana,
Kama-Pii-Kaï; pour obéir aux ordres de ,son il est néanmoins trcs-ra~c que le père de la
.dieu, s'embarqua avec un gr~nd nombre de i6.UeH'cn fasse point, parce qu'il n'y a qu'un
compagnons, sur quatre doubtcs pirogues, hjOtpmo sans t'ieos e't sans ressources qui
et resta qutnze.ans absent. A son retour,, le çoas.ente ~on~racter ut) scmbiable mariage,
prêtre Gt à ses compatriotes, un tableau ra- c~as'avitirau pojnt'dese charger dûs péchés
vissant du pays qu'il avait yisité, et qu'il djesonbcau-pèrc..
nommait Haupo-ï~ama. Il citait une plage .Quiconque.reçoit te Ka~ika-dana est <xda
couverte de coquiHagcs et de fruits, e,t peu- de la succession de son ,pène, à laquelle il
ptée d'une beDe~ace d'hommes. Majsce fcnLpnce ;;6oconséquence,ses héritiers pater-
qui attirait )e plus ~attention, .c'était une nets~n'o~t pojn't~de parla Ja sùccessioH; s'it
fontaine appetèe ~Fat-offt-t'oc! (eau de lon- ,meu~t ~.a~s .enfants, ses biens passent à ta
gue vie), qui avait la faculté de rajeunir et y,cuyG jqu<.ea ~sposc ia s.on gré. Quand cette
3e cicatriser toute espèce de blessures. Ka- ~.e~on&i:atipa se fajt solenneilemcnt, ce!a!
ma-Pi'-Kaï nt encore trois nouveaux voya- .qu~ se marM! sorit de ta .maison paternctte en:'
ges, accompagné.chaque fois par un.grand présence de tous,scs ipa~at:, se déppuitte à
nombre.de curieux, qui ~étaient attirés sur- t~ porte de tous ses véhéments, rompt ~o
tout par le désjr de se baigner dans les eaux cordon brahman:iqUie passé à son cou'et à
merveineuses do la Jouvence polynésienne. sesépautes, jejUe teAout a ter.re,.etji'emparta
Le prêtre entreprit ~n quatriÈmc voyage rien de ce qu~t .aya~t reçutdc .sa~miMe. La
d'où .H ne revint pas, .et i'pn en ~oncjut rupture dn cofdpn, que les Indiens portent
qu'it avait péri en mer, ou qu'il s'était uxé à toute leur vie, est une rcnoaciaition, <]&n-
Taïti. se.uicmcntaux biens, mais âaat propre'fam'He
RANG, ancien prince chinois, honoré a laquelle on décent ~étr~nger .par ce! acte.
comme un dieu sous, ,te nom de .~rand ro!. KANKAU divinité t.oca<e adorée dans
Son idole a trente pieds de hauteur. -EHe.est t'tnde par tes Khoods ~lù district .de Poun-
dorée depuis ).e haut jusau'ën .bas, e.t revêtue tchora..
d'habits magniGques;.sur sa.té,t.é~riHeune KAN~O, nom.que lesQaojas, nègres de la
.su,perbe couronne. C'est peut-être ~e m.êmo Côte-d'Or, donnent à un être supérieur aux
que le dieu ,mentionné.dans I'art)c)e suivant. jannanins ou esprits, et auteur de tout ce
KANG-Y, dieu des cieux inférieurs, chez qui existe. Ils !~ti attribuent un pouvoir in-
les Chinois, qui le regardent ~omme pouvant tC.n~ une,con,natssance ajfuyerseHe, -et l'im-
dispenser à son gré ta vie et ia mort. Us .mensité de nature qui le rend présent paf-
~roien;t qu'il a toujours à ses cô.tés trois es- ~to.ut. Us .croient quo tous !,es btens viennent
prits subalternes, dont le premier, nommé ,de tui; mats jits ne lui accordent pas Hne
T~K-~OMOM~, dispense la pluie pour ~rafrai- ;du.rée éternette. Us s'imag'oeat qu'it aura
chir et fécouder ){) terr.e te second, nomm.é jp.pu~ successeur un au)r.e .être, qui p~nifs
yMM-~oMMiy, est le dieu de ta mer; les le vice et récompensera la yerta; quelque.
<85 D)CHUNNA)Rt; DES REDGtONS. iM

respect qu'ils aient pour Kanno, ils ne lui au moment où H verrait le jour. Krichna,
rendent presque aucun culte, si ce n'est que, longtemps caché nu milieu des bergers, avec
quanti ils sont outrages, ils demandent ven- son frère Bata-Uama. reparut à Mathoura,
geance à Kanno, comme aux jannanins; et pour accomplir les destins, tua Kansa, et
que, quand ils vont dans les t'ois pour im- rétablit sur le trône Ougraséna père du
plurer l'assistance de ces derniers, ils im- tyran, qui avait été détrôné par son propre
plorent aussi celle de Kanno. Foy.jANNA- Gis.
NtNS. Kansa était l'ennemi perpétuel de Vichnou
KANOUSIS, ministres des temples de la dans une naissanceantéiieure, il avait été le
religion du Sinto, au Japon. Ce ne sont point géaut Kaianémi et avait succombé sous les
des ccc)ésiastiques, mais des séculiers fort coups de ce dieu. Or c'est le système hindou,
in'tericurs aux Koughés, qui composent le que, quand un dieu s'incarne, il retrouve
véritable clergé du Japon, et qui résident sur la terre ics mêmes amis et l<;s mêmes en-
presque tous à la cour du Daïri. Lorsque les nemis. Kricha.avatarc de Vichnou, retrouve
Kanousis sortent, ils sont distingués par de Kalanémi dans la personne de Kansa, comme
longues robes ordinairement blanches, quel- sa-femme bien-aimée Houkmini n'était autre
quefois jaunes, à grandes manches, qu'ils que Lakchmi, son épouse divine. Foy. KRi-
portent par-dessus Icurs vêtements ordinaires. CHNA.
Jts se rasent la barbe mais ils laissent KAN-SÉO-SIO, personnage japonais, qui
croître leurs cheveux. Ils portenfun bonnet avait rempli les fonctions de ministre sous
roide, obtong en forme de bateau, et ver- plusieurs Daïris il mourut l'an 903 de l'ère
nissé, qui avance sur le front et s'attache chrétienne, à l'âge de cinquante-neuf ans.
sous le menton avec des cordons de soie, et On prétend qu'il n'avait ni père ni mère,
d'où pendent des nœuds à franges, qui sont et que personne ne connaissait son origine.
plus ou moins longs, suivant l'emploi ou la Après sa mort, on éleva des temples en
qualité de la personne qui tes porto ces son honneur, et on le vénéra comme un
ministres ne sont ohtigés de s'incliner devant kami ou génie de premier ordre, sons le titre
les personnes d'un plus haut rang, que jus- de 2'at-.sto-d<!i-).K.
qu'à ce que le bout de ces nœuds touche la KANTA SANNYASA exercice de péni-
terre. Leurs supérieurs ont les cheveux tence en usage parmi les Hindous, surtout
tressés et relevés sous une gaze noire d'une dans là fête du 2'cAar/f/t-Pott~a; il consiste
façon particulière; ils ont de plus deux à se jeter sur des branches de végétaux épi-
oreillettes qui descendent plus ou moins sur neux étendus par terre, à les ramasser et
les joues, selon les dignités ou tes titres à en manger les fruits.
d'honneur que leur a conférés le Mikado ou KANTCHANA, l'un des sept bouddhas
Daïri. Dans les affaires ecclésiastiques, tes parvenus de l'état mortel à cette dignité
Kanousis sont soumis à la Juridiction absolue suprême; le même que KANAKA-Mou~ft. Voy.
de Mikado: mais pour le temporel, ils obéis- cet article.
sent aux ordres des deux Dzi-sin-bou-kio ou KANTCHEUYAS, secte d'Hindous dé-
juges impériaux des temples, nommés par le vouée au culte du Sacti ou pouvoir fémi-
monarque séculier. nin, personnifié dans tes déesses. Leur re-
Kasmpfer tes accuse d'une fierté et d'un ligion semble avoir pour but d'établir parmi
orgueil intolérables; ils se croient, dit-il, eux la communauté des femmes, et de fouler
beaucoup plus parfaits et d'une plus noble aux pieds toute pudeur et toute contrainte
,extraction que les autres hommes. Quand ils dans leurs rapports avec elles. Lorsqu'ils
sortent en habit laïque, ils portent deux se réunissent pour les cérémonies du culte,
cimeterres comme les personnes de la plus les femmes ôtent leurs habits de dessus elles
haute qualité. Ils croient que leur devoir et et les déposent dans une caisse. conSée à la
leur fonction tes engagent à n'avoir absolu- garde d'un gourou. Après l'office, les hom-
ment aucun commerce ni aucune -liaison mes vunt prendre chacun un habit dans la
avec le commun peuple quoiqu'ils soient caisse, et la femme à laquelle il appartient
eux-mêmes laïques. H y en a même quel- v.a se livrer à celui à qui il est échu, quel
ques-uns qui poussent si loin l'idée qu'ils que soit le degré de parenté qui l'unisse avec
ont de leur pureté et de teur sainteté, qu'ils lui.
croiraient se profaner, s'ils avaient quelque KANTHA, espèce de chapelet dont se ser-
.commerce avec les ecctésiastiaues qui ne vent les Musulmans de l'Inde, appartenant
.sont pas de leur secte. à la secte des Schiites il est composé de
KANPHATA espèce desdjoguiou religieux gros grains d'argent, de cristal ou de terre
hindou, qui a les oreilles fendues, ainsi que argileuse prise dans la contrée de Kerbéla,
l'exprime son nom. Les Kanphata appartien- 'lieu cétèbre par la défaite et la mort de
nent à la secte de Siva. l'imam Hoséin. Le gros grain porte le nom
KANSA personnage de la mythologie d'tm<tM, comme le ministre du cutte qui pré-
hindoue, qu'on pourraitcomparer au Saturne side aux prières.
des Grecs, ou à l'Hérode de l'Evangile. JI était KAN-THA-PHO, une des huit espèces de
roi de Mathoura et ennemi mortel de Kri- démons admis dans la théogonie des boud-
chna, son neveu, qùi était prédestiné à lui dhistes de la Chine; ce sont les Gandharvas
ôter la vie. Il commença à le persécuter dés 'des Hindous on les représente comme
avant sa naissance, en faisant garder vue des corps odorants, qui ne boivent pas de
son père et sa mëre, pour faire périr l'enfant vin et no mangent pas. de chair. Les Kan-
)85 KAP KAP i86
tha-pno ou Gandharvas sont les musiciens qut viennent visiter le temple. En face Ne
du <:iet d'Indra. l'édifice est un figuier des pagodes, sous le-
KAONO-HIOKALA, dieu des îles Hawaï, quel sont les images de Raina et d'Hanou-
qui partageait avec Koua-Païro la fonction man celle de Kapila est dans le temple
de recevoir l'âme des rois à la sortie de même. Les pèlerins écrivent ordinairement
leurs corps, do les conduire dans certaines leurs noms sur les murs du temple, et font
parties des cieux, d'où ils les retiraient au une petite prière au saint personnage, ou
besoin pour surveiller ou conseiller leurs bien ils suspendent aux branches de l'arbre
descendants. Aussi les Hawaïens avaient-its une brique ou une motte de terre, pour ob-
le plus grand respect pourles mânes de leurs tenir la santé, des richesses ou des enfants,
rois et de leurs chefs. et promettent, si leurs vœux sont exaucés,
K\OUS, génies malfaisants, qui, suivant de faire un présent à quelque divinité. Der-
les Persans, habitent le Caucase ou la mon- rièrè le temple est une petite excavation
tagne de Caf, séjour des génies. remplie d'eau fraîche, dont les pèlerins
KAPALAS ou KAPAL!KAS, nom de la peuvent boire quelques gorgées, moyennant
quatrième branche des Maheswaras ou ado- une petite redevance au chef des gardiens
rateurs dcSiva. Us avaient coutume d'aller du temple.
de côté et d'autre tout nus, couverts de KAPPARA, cérémonie en usage chez les
cendres, armés d'un sabre ou d'une fourche juifs du moyen âge, et qui se pratiquait la
à trois dents, et portant un crâne à la main. veiHo du jeune de l'expiation. Ce jour-tà, les
La plupart étaient dans un état 'perpétuel hommes choisissaient un coq, et les femmes
d'ivresse causé par,l'abus des tiqueurs for- une poule; les femmes enceintes prenaient
tes, et on les regardait comme capables de un coq et une poule. Le père de famille ou
ne reculer devant aucun crime. le maître de la, maison,.tenant le coq à la
KAPALIN, nom d'un des onze Roudras, main, récitait que)ques passages des psau-
divinités indiennes. ~oy. RouDRA. mes et du livre de Job, après quoi il se
KAPILA, mouni ou ancien sage de l'Inde, frappait trois fois la tête avec le coq, en di-
qui passa pour avoir été une incarnation de sant à chaque coup 0t<e ce coq soit ~c/tan<~
Vichnou. II était petit-fils de Kardama et de pour moi, qu'il M-pte mes péchés, ~tt't< soM/~re
Dévahouti, fille de Manou Swayambhouva. la mort, et ~t<e /e~'o:(!'Me d'e <a vie. Celte cé-
Vichnou s'incarna dans sa personne pour la rémonie, répétée trois fois, parce qu'elle re-
destruction des soixante mille fils de Sagara. présentait l'expiation des péchés du chef de
Voici comme sa mission .fut accomplie les la maison, de ceux de sa famille et de ceux
enfants du roi Sagara étant à la recherche de ses domestiques, paraît faire aUusion au
du cheval destiné au sacrifice Aswamédha, chap. xvj, v. 17, du Lévitique, où le grand
trouvèrent le saint mouni absorbé dans la prêtre devait racheter ses péchés, ceux de
contemplation, sur le bord d'un abtme sans sa maison et ceux de tout le peuple. Après
fond qui conduisait aux régions internâtes avoir donné les trois coups, il serrait le cou
et le cheval paissait auprès de lui. Ils t'ac- de l'animal et i'étrangtait, pour montrer que
cusèrent de l'avoir dérobé, et 'fondirent sur le pécheur avait mérité de perdre la vie; it
lui pour le tuer; mais un feu d.évoraht sortit 'lui coupait la gorge, pour exprimer que le
aussitôt des yeux de Kapila et les réduisit pécheur devrait perdre son sang; il le jetait
tous en cendres. Afin d'expier leur crime, avec violence sur le pavé, en signe que le
de purifier leurs restes et d'assurer le repos pécheur méritait d'être tapidé. Enfin, il rô-
à leurs âmes, Bhaguiratha, arrière-petit-fils tissait le coq, symbole du feu de l'enfer qui
de Sagara, fit descendre du ciel.te Gange, par était la peine du péché; puis, it jetait tes
la vertu de ses austérités, et l'amena de entrailles de t'animât sur le toit (le la mai-
l'Himataya. où il était descendu, jusqu'à son, peut-être pour abandonner aux oiseaux
l'endroit où étaient les cadavres. Les en- de l'air ces organes, siège des passions dans
fants de Sagara furent puriHés, et les eaux l'homme. Ce coq devait être blanc; on le
du fleuve, eouiant dans t'abîme, produisirent croyait ptus propre à se charger des péchés
l'Océan. C'est de là que l'Océan porte en des hommes; car on supposait qu'un coq
sanscrit le nom de Sagara. d'une autre couleur avait déjà toute sa
D'autres veulent que Kapila soit fils de charge. Après là mort du coq, ou allait
Brahma et l'un des grands Richis ou saints prier Dieu dans les tombeaux, et on don-
considérés comme émanations de cette divi- nait en argent à quelques pauvres la valeur
nité. 11 en est qui l'identifient avec Agni, de la victime. Autrefois on leur abandonnait
dieu du feu, dont il serait une incarnation. sa chair, mais dans la suite les pauvres la
Quoi qu'il en soit, Kapita passe pour être le refusèrent, parce, qu'ils vinrent à.réuécbir
fondateur de la doctrine philosophique con- que cette viande était couverte d'iniquités.
nue sous le nom de 5<tK/f/tt/a. Voy. S&N&HYA. KAPPOUHS ou KipouRALES, nom des prê-
il y a un temple célèbre dédié à Kapila tres attachés au cutte des génies ou divinités
sur le Ganga Sagara, à l'une des embou- indigènes de l'île de Ceylan; ils ne reçoivent
chures du Gange, où l'on suppose que s'est point une éducation particulière mais ils
opéré le miracle rapporté plus haut. Ce tem- appartiennent à une certaine caste, et doi-
ple est desservi à tour de rôle par des reli- vent être de mœurs pures. Ils ne portent
gieux appartenant aux sectes de Vichnou et point d'habits qui les distinguent du reste
de Siva, qui exigent uno redevance de qua- du peuple, pas même lorsqu'ils officient
tre anas (62 centimes) de tous les pèlerins ils se contentent alors d'avoir du linge blanc
i87 DICTIONNAIREDES RELIGIONS. <88
et de se baigner avant de procéder aux ~cé- fois auprès de la basse ctasse de la société.
rémonies du culte. Ils jouissent d'un mor- On les rencontre rarement réunis plusieurs
ceau <ic terre qui appartient au Déwal où ensemble; ils vont nus, et pour marquer
ils ofGcient. Us labourent la terre et vaquent leur empire sur les désirs charnels, ils alla-
à leurs affaires ordinaires, excepté lorsque chent un anneau de fer et une chatne à l'or-
fe service religieux les appelle, ce qui arrive gane viril,
tous les matins et tous tes soirs, selon que KARANDJA, nn des daityas 'ou démons
le revenu du temple peut y suffire. Ce ser- de ta mythologie hindoue, vaincu par tndra.
vice consiste à présenter à t',ido)e du riz KARBANIM, c'est-à-dire sncriGcatcurs, ou
bôuiHi et d'autres provisions, qu'on laisse 7MNn<m, prêtres, ou' ~M~cAt'M, personnes
quelque temps dans le tempte, après quoi sacrées; nom que l'on donnait aux minis-
lès tambours, les' joueurs de flûte et les tres du culte chez les Syriens et les Phéni-
autres ministres du temple les consom- ciens. Leur nombre était très-considerabie,
ment. et leurs chefs étaient pris dans les familles
EARA-DJAMEA, livre qui est aux Persans lés plus distinguées du pays. Lorsqu'ils of-
ce qu'étaient autrefois les oracles des sibyl- fraient de l'encens, ils étaient revêtus d'une
les pour le peuple romain. On te consuitë robe de lin, qui était nottantc et sans cein-
dans les affaires importantes, et surtout ture ;eiieétaitgarnied'untargec)où, pendant
ayant d'entreprendre une guerre. ll~st com- qu'ils sacrifiaient. Leur tête rasée était cou-
posé de neuf mille vers, chaque vers com- verte d'un bonnet aussi de lin, et ils avaient
prenant une ligné de cinquante lettres. Il a les pieds nus. On exigeait d'eux une grande
été composé par le célèbre Schah-Séphi pureté extérieure, it ne leur était permis de
aïeul du prince qui régnait au temps do se marier qu'avec une fille vierge tout
Chardin, et les Persans étaient persuadés commerce leûr était interdit avec teurs fem-
qu'il contenait une partie des principales ré- mes dans le temps de ièurs impuretés léga-
volutions de l'Asie, jusqu'à la fin du monde. les. Un prêtre phénicien était réputé souillé
t) était, à l'époque de ce voyageur, gardé par t'approche d'un tombeau s'H avait as-
javec soin dans le trésor royal, comme 'un sisté à un repas funèbre, s'il avait vu quel-
original qui n'âvait nt. double ni copie; car que chose d'indécent, ou entendu quoique
ta connaissance en était interdite au peuple. pàrbie triste et tugubrequieût pu t'émou-
KARÂt-PAHOA, l'un des dieux les plus voir et le troubler. De )à les lustrations, les
hideux de l'archipel Ha~va) il était t'dbjet ab)utions, tes bains auxquels ils étaient as-
d'un. culte spéciat de !a part des habitants de sujettis, avant de, remplir aucune de leurs
l'ite Morokaï. Cette idole, qui fut brisée à la fonctions.
mortdeTamt'a-Mea. et partagée .entre les KÀREtTAR, divinité Gnnoise; c'était l'hô-
principaux chefs de l'île, était faite d'un bois tesse et la patronne des renards.
tellement vénéneux, que l'eau qu'on y ren- KARË-PATRË-PANDARON, nom t~mout
fermait devenait bientôt morfcHë. d'un religieux indien, dévoué à Siva, qui
Une légende des insulaires rapporte qu'un fait vœu de ne plus parier; en conséquence,
individu nommé Kanea-Kama ayant reçu de pour demander i'aumône, il entre dans les
son dieu tutélaire, qui !ui apparut en songe, maisons et frappe dans ses mains sans rien
l'ordre de lui faire une statue avec le tronc dire. Ceux qui lui font la charité, lui portent
d'un arbre qui lui serait désigné dans la le riz tout cuit et le lui mettent dans les
forêt, prit avec lai des ouvriers et se rendit mains; i) Je mange dans l'endroit même où
au lieu indiqué. Là, ils aperçurent un groupe il le rcçoif, sans en rien réserver. Si cela ne
d'arbres où étaient logés tane e< d'autres lui suftit point, il va dans une autre maison
dieux, qui indiquèrent aux bûcherons le faire ta même cérémonie. Son nom exprime
travail qu'its avaient a faire. Mais à peine ie procédé dont il se sert; i) vient du sanscrit
ceux-ci eurent-ils commencé à porter les .Rara, main., et Patra, fcuitie servant d'as-
premiers coups, que des copeaux détachés siette, ét signtue M~w ~Mt se sert de ses mains
du tronc en ayant touché'quelques-uns, tes én guise d'asS!'eMe.
firent périr à l'instant. Cette mort jeta l'é- KARES, déesse de lamythotogie finnoise
pouvante parmi les autres ouvriers, qui se c'était lanourrice des serpents.
sauvèrent en abandonnant leurs haches KARt-CHANtj. Lès Formosans ont un
mais Kanea-Eama parvint à les ramener, et temps d'abstinence, leur
qu'ils prétendent
les décida à continuer, en leur couvrant tout avbir été prescrif, par un certain homme
le corps de feuilles de dracœna, et ne 'lais- qui, après avoir souffert les insultes aux-
sant qu'un œil libre. Ils se servirent aussi de quelles il était en butte de la part de ses com-
pahoas (sabres de bois) au lieu de haches patriote~, à cause de quelques difformités
d'où te dieu fut nommé ~Nfaï-pa/ioa, fait avec natureUes, pria tes dietjxdc le recevoir dans
le pahoa. te cie), !a première fois qu'il lui arriverait
KARÂKIA-TANGA, solennité par laqueH.e. d'être insutté. Sa prière fut exaucée. Il y a
les Néo-Zélandais invoquent Wi doua apparence que les dieux lé revêtirent d'un
l'esprit-oisca,u, une de leurs divinités, avant emploi qui pôù~it t& rendre redoutable sur
d'en venir a. des hostilités avec les tribus la terre car il descendit à Formose peu de
ennemies. temps après, et, poursè venger des mépris du
EA~A-LtNCUiS, religieux hindous, ado- peuple, il lui apporta vingt-sept articles,
rateurs d~e Stva~ ce sont des vagabonds qui dont est composé ce que tes Formosans
ne jouissent d'aucun crédit, excepté toùte- appêUent Kart-c/MM~. Lé técistateur vindi-
i89 KAR KAR 190
catif les menaça d'être châtiés rigoureuse- KARONA, fleuve céleste qui, suivant les
ment, s'il leur arrivait de négliger quelqu'un ]Hindous, coule dans ~Ie Vai~punta, paradis
ue ces articles. Pendant ce Kari-chang, il JeVichnou:Surses bords habitent un grand
est défendu auxFormosan~ dé bâtir des nombre de saints pénitents, qui y passent
maisons, de vendre des peaux, de se ma- les jour:, heureux et paisibles.. ils se nour-
rier, d'avoir commerce avec une femme, rissent de fruits déHcieux qui croissent
même avec son épouse, de semer, de forger spontanément, et its s'adonnent à )a contem-
des armes, de. faire quelque chose de neuf, plation et à la lecture des Védas.
de tuer des cocho.ns, de donner un nom à un EAROUNIKA-S1DDHANT1NS ~roistème
enfant nouveau-né, de se mettre en voyage, branche desMal)eswaras ou adorateurs d<
à moins qu'on ne soit déjà hors de son pays,. Siva; ce sont les mêmes que tesKatamoukhas.
quand ce deuil est commencé. Telle est ta KARRA-KALF,le plus haut degredeta
bs l/IOcc des
substance
su principaux
principaux articles
~¡'tic~es du JiTaft-
Kari:" magie, en Islande, dans tes temps modernes.
c~aN. C'était le diabie' qui apparaissait sous la
KAR!LAtNEN, dieu des' anciens Finnos', forme d'un veau nouvellement né et non en-
boiteux comme Vulcain, sans toutefois que core nettoyépar sa mère. Celui qui désirait
ses fonctions ressemblent aux siennes, car obtenir l'initiation était obligé de faire cette
elles consistent .à protéger contre. les effets opération avec sa langue; et, par ce moyen,
pernicieux du fer. La légende rapporte il parvenait à la connaissance des ptuit
qu'un jour Karn~ïnen creusa la terre avec grands mystères.
l'orteil et le talon de son piea, et aussit-ôt on KARRER, un des esprits célestes des Ca-
en vit sortjr Herhilaïnen et Mehilafnen, roHns occidentaux {testais de Leuguciteng,
c'est-à-dire ta guêpe et l'abeille, qui s'envo- et petit-n)s d'Etieutep. Fc?/. EnEULEP.
lèrent la recherche du .mie), baume salu- KAHTA, c'est-à-dire le créateur; nom du
taire pour tes blessures. grand Etre, chez les Indiens; {test te seul
-KA~KOTA, roi des serpents, dans ta mj- Dieu souverain, le plus subtil des étéments,
ihoiogic du Nép.iL infiniment parfait, ét.ernei, indépendant, la
KAKMAH.iNAS, secte d'hindous qui pn~ sublime puissance, tt s'est transformé en trois
rejeté Joute observ.tncc j'ituéHquc. ils font figures humaines, Brabmâ, Vichnou et Siva,
profession de regarder Vichoou comme ta qu; ne sont que les attributs de sa force
somce uniqnppt ta somme det'B~)vers..i][s unique. Brahmâ est le créateur, Vichnou te
sort en petil nombre et peuyent.a.peine être conservateur et Siva le destructeur, ou plu-
considères comme formant uno secte. tôt te réparateur et le v.engeur. H~ rempli
KAHMATES,sectaires musulmans, Fo~, ces trois personnes d'intelligence c'est par
CAHMAT). eHes.qu'il opère tout; mais il <t'y a en elles
KAR~tKA .un ~des quatre systèmes du qu'une seuic divinité qui estKarta.
bouddhisme spécqtatif; i) .a-beaucoup de KARTAV1RYA-ARDJOUNA, 1° ancien
rapports avec (e système appelé ya<M!&a. héros indien, roi de Mahichmatipouri. H
Le nom du premier <st dérivé du .K~anna, jouissait d'une si grande puissance, qu'il
mciparleque) on entend iaconsctencede reçut le surnom de 6'a~(Mnt!:a~o.tt (mille
l'action morale; ctcetui du second, dura<Ma, bras). Il fut tué par Vichnou, incarné sous la
qui est la conscience de faction intellec- forme de Parasou-Rama. Foy. son histoire
tuelle. « Je crois, dit M. Hodgson traduit pM' à l'article H&MADHÉNOU.
Klaproth, que ces écoles sont plus récentes 2" Dieu adoré par les Parias do l'Inde. ~0!
que tes autres (te~tMtAttt~i'/M et ~~tï/maft/fct), 5Ï~RYAMMA.
et j'attribue leur origine à un désir de recti- KARilB-AquI~ARTtKEYA, dieu deta guerre,
fier le quiétisme extravagant qui, dans/tes chez tes tndiens. Jl est fils de Siva et de-
écotes anciennes, déppmUait tes forces re- Dourgâ, et il vint au monde pour délivrer
gardées comme étant de nature, soit maté- les hommes du joug Ue Ta~aka. On le consi-
rielle, soit immatériette, de toute providence dère comme le génie des combats, le chef
et de toute souveraineté, et l'homme de toute des armées célestes, le héros du soleil, par-
son énergie active et de ses devons. Admet- couranLayeç rapidité sa brillante carrière à
tant comme justes tes principes pius géné- la tôte des constellions. Ami de la violence
raux de leurs prédécesseurs, ce~ sectaires et de la discorde, respirant les. combats et la
semblent 'avoir dirigé principalement Ie.ur mort, il répand là-terreur sur son passage,
attention sur tes phénomènes de la nature ~t se fait l'instrument de )a vengeance des
humaine, après avoir été frappés de la li- dieux. Il était aussi le dieu des voteurs;
berté de sa voto.nté et de la différence de ses mais, son innuence, sous ce rapport, semble
forces intellectuelles et sentitives, Ëtd'ayot~ affaiblie; les gens de cette profession préfè-
cherché à prouver, malgré ta loi morale né- rent s'adresser a Dourgâ, sa mère, sous la
cessaire dé teurs premiers docteurs, que ta nom dé Kali. Il eut le feu pour premier ber-
félicité de l'homme doit être assurée soit par ceau, d'où vient qu'il est surnommé ~~K!'
la culture convenable de sou sens moral, ce 6/<OM,né du fou. Comme on le représente
qui étai~ tesentiaient deKarmika, pu par ta assez souvent avec six têtes, on dit qu'il fut
direction raisonnable de son intelligence, nourri par les six Pléiades, dont chacune
conclusion que.tes Yatnika préféraient; présenta sa mamelle à l'une dp ses six bou-
voità, je crois,le fondement de !a distinction ches. C',est de là qu'il reçut te nom de ,&(!
entre 'les deux écoles l'une à <:7~t/o, tes Piéia.des s'appelant en sanscrit
.comparées
l'autre. » An~/M. On l'appelle encore ~/MHda, !<*
191 DICTIONNAIREDES RELIGIONS. 192
sauteur, ~ouMara, le jeune, et ,S'oM6/tt'<t- conste)la<ions lunaires.) Toutefois suivant
t!tat!t/a,(e resplendissant; mais quelques- le même indianiste, ce n'est pas une raison
uns font de ce dernier une divinité distincte. pour croire que Kasyapa soit, comme le
On représente Kartikcya avec une ou six disent quctques-uns, la personnification de
(êtes, monté sur un paon, une Héche dans la la civilisation antédiluvienne, conservée par
main droite, et un arc dans la gnachc, sou- la race qui se réfugia dans cette partie du
vent on met un coq auprès de tui. It réside globe. Il y a treize familles ou gotras de
habituc~ementdans )e Kailasa, paradis de brahmanes, distinguées par le nom d'un sage
son père. Foy/. SoucanAMANYA. divin qui en est regardé comme le patriarche.
KASCHKAWtS sectaires musulmans ap- Kasyapa est l'un de ces treize personnages.
partenant à la grande division des Schiites Les bouddhistes du Népatconsiftér eut Kasya
ou Jmamis mais on manque de renseigne- pa comme le sixième des sept bouddhas qui
ments sur leur doctrine particulière. ont déjà paru dans le monde. Voici ce que dit
KA-SEF, divinité japonaise, la même que de lui un poëme nevari «J'adore Kasyapa, le
le Kasyapa des Hindous et le Tft'a-c/te des seigneur du monde, le sage le plus excellent
Chinois. Foy. ces mots. et lo plus émihcnt, qui est né à Bénarès
KASE-NO KAMI, nom sous lequel les Ja- dans une famille de brahmanes vénérés par
ponais honorent le dieu du vent, dans la les princes. La vie de son illustre enveloppe
province d'Ize, où on lui a élevé un temple, dura 20,000 ans, et tes eaux des trois mondes,
en mémoire d'une tempête furieuse, susci- furent taries pur la lampe de la sagesse divine
tée par lui sur la mer, et qui submergea qu'il acquitau pied d'un arbre ~V</f~ro~As.')
une Hotte ennemie, l'an 1293 de notre ère. HATAIS, sectaires musulmans, apparte-
Ce temple s'appeHc&a~e no mn/a, ou le palais nant à la secte des Schiitcs ou des Imamis
du vent. Les Japonais disent que le dieu du avec lesquels cependant ils ne s'accordent
vent est une incarnation du souffle d'isAffA- pas sur l'ordre et ta succession des Imams;
Gm-NO MtKOTo, Fo)/. cet article. car ils font passer t'imamat à Ali Hasan
KAS!,KAC! ou KAcm, la ville sainte des Hoséin Ali fils de Hosein Mohammed fils
Hindous. Fo! BÉNAnÈs. d'Ali, Djafar fils de Mohammed, Mousa fils
KASSÏGA-DAI-MtO.SIN, divinité japo- de Djafar, etAti, fils de Mousa. Us terminent
naise c'est l'esprit du soleil du printemps. la succession de l'imamat à cet Ali, et c'est
On lui é!eva pour la première fois un autel, pour cela qu'on les nomme ~t<a:y,de Aafaa,
aun de lui offrir des sacrifices, la T63' année couper, interrompre. Us n'admettent point
d&notreère. l'imamat de Mohammed fils d'Ali fils de
KASS!KO-NE-NO MiKOTO, esprit femelle Mousa, ni celui de Hoséin (its de Mohammed
des anciens Japonais son nom signifie fils d'Ati fils de Mousa. Fof/. IMAM.
't'/toKora~e de <a f/tc:Ke de<(t crainte; elle KATAPOUTANA, mauvais génies de la
était l'épouse d'Omo <aro(t-Mo MiAo~o,)e mythologie hindoue, qui sont condamnés à
sixième des esprits cétestes qui régnèrent se nourrir d'aliments impurs et de cadavres
sur le Japon antérieurement à la race hu- en putréfaction.
maine. Ces deux génies régnèrent200,000,000 KATCHtMANA ou KATCHMANA, le bon prin<
d'années. cipe chez les tribus sauvages de la Colombie
KASYAPA, sage indien, fils de Maritchi et c'est lui qui règle le cours des saisons et fer-
petit-fits de Brahmâ. It est lui-même t'uh des tilise la terre qui procure les chasses et les
Pradjapatis ou pères des êtres créés. C'est à pêches abondantes et qui fait ptoyer les ar-
lui que les dieux, tes~démons, les animaux, bres sous le poids des fruits dont ils sont char-
les oiseaux les reptiles les plantes même gés. Cependant on ne lui rend aucun hom-
doivent leur naissance. JI épousa treize filles mage.
de Dakcha les. principales- sont Aditi, de KATI, déesse de la mythologie finnoise
qui sont sortis les dieux Dili, qui fut mère c'est élle qui féconde les germes des pins et
de Dailyas -Oanott, des Danavas Kadrou, fait croître ces arbres.
des serpents; f'!Ka<a, de l'oiseau Garouda KATIB, docteur de la loi musulmane qui
Sourabhi, des vaches Ira, des arbres et des gouverne chacune des îles Maldives com-
plantes; ~nc/«a,des Gandharvas; Zamra, prenant plus de quarante et un habitants.
,des oiseaux, Vif/tcM, ~oMt'aM, Sadhya, etc. Ce Ces docteurs ont sous eux les prêtres parti-
patriarche réside dans une délicieuse vaïïee, culiers des mosquées. Leurs revenus consi-
assise sur le sommet d'une montagne où il stent dans une sorte dedîme qu'ils lèvent sur
est entouré de nymphes aussi pures que les fruits, et dans certaines rentes qu'ils re-
belles. Les innocents, opprimés sur la terre, çoivent'du roi.
trouvent à sa cour repos et protection et KATIBOU, pontife d'un ordre supérieur à
Ganésa, dieu de la sagesse, est t'hôte qu'on Madagascar.
y reçuit le plus souvent et avec te plus de KATTRAGAM. un des dieux indigènes de
plaisir. filé de Ceylan; c'est le plus redouté de tous.
« On suppose, dit M. Langtois.que le nom Son tempte.situé dans la partie orientale de
de ce personnage se reproduit dans un grand t'ite, est fréquenté par tes pctcrius qui vien-
nombre de mots de l'Asie centrale CaM-caM, nent du continent de l'Inde. 11 serait impos-
Ct~)tenne, ~af/<e-m!r, etc. » ( Ajoutons )a sible de déterminer un peintre du pays à
consteUationCassiopée, bien que la tradition dessiner la figure de l'idole Kattragam; per-
grecque en ait fait une femme mais les sonne même n'ose la regarder en face. Ce
beHes-sœurs de Kasyapa étaient aussi des Dieu est invoqué sous mille noms différents.
t93 RA~ KCH <M
En généra) tes dieux snbatternes des Singa- Ils assurent que cet esprit enlève tes enfants
lais sont désignés par des dénominations di- et les jeunes gens, les cache dans le creux
verses, d'autant plus variées, qu'ils sont plus des arbres et les y nourrit.
x redoutés. KCHAPANAKAS, anciens religieux hin-
KAULAS, religieux hindous appartenant à dous, qui appartenaient la secte de Bouddha
la classe des Saktas ou adorateursdc l'éner- ou à celle des Djainas. Ils mendiaient tout
gie féminine des dieux. Ils ftint partie de la nus. On ditqu'its regardaient le temps comme
branche des VAMATCHARis.Fot/. cet article. leur divinité principale que leur doctrine
KAUL1K1, une des huit Vasinyadyas, ou était fondée sur l'astrologie c'est pourquoi
personnifications de la déesse hindoue Sa- ils portaient toujours avec eux une sphère
raswati. armiiïaire et une espèce de quart de cercle,
KAUNIS, ancienne divinité des Lithua- pour déterminer le temps.
niens c'était t'Amour, qu'on représentait KCHATtUYA, second fils de Pourous. le
sous la forme d'un nain. premier homme, et,de sa femme Prakriti
KAUScuKAons, génie de la mythologie c'ést de lui que descend la caste des kcha-
persane; c'est l'ange protecteur de la cons- triyas ou guerriers du premier âge. Voici sa
tettntion du sagittaire. légende racontée par les Indiens
-KAUTHER. Ce mot, qui signifie propre- Les quatre enfants de Pourous, destinés à
ment abondance, est, pour les Musulmans, devenirles pères de toutes tes tribus de l'Hin-
le nom d'un fleuve du paradis, qui prend sa doustan, reçurent de Dieu t'o'dre de se diri-
source dans le huitième ciel.; son cours est ger chacun vers l'une des quatre parties du
d'un mois de chemin ses rivages de pur or; monde. Brahman marcha du côté de l'orient,
ses cailloux des perles et des rubis son sable Soudra, vers le nord Vaisya, vers le midi
est plus odoriférant que le musc; son eau, quant à Kchatriya, sa mission t'appelait à
plus blanche et plus douce que le lait son l'occident. H prit donc en main t'épee que
écume, plus brillante que les étoites. C'est Dieu lui avait donnée comme un instrument
Ali qui est constitué l'échanson de cette pré- de victoire et de conquête, et se mit en
cieuse liqueur celui qui en boit une seule route, ne songeant qu'à chercher les occa-
fois n'est plus jamais altéré. Néanmoins ces sions d'exercer son courage. Pendant son
qualités ne sont point consignées dans le voyage, il tournait le dos tous les matins au
Coran il est même fort douteux que Maho- soleil levant, et cependant il le voyait avec
met ait eu l'intention de désigner un fleuve étonnement tous les soirs devant lui, après
dans le chapitre du Coran intitulé te~Mt~er. avoir achevé sa journée. Marchant de la
Voici ce qui lui donna lieu As, fils de Waïl, sorte vers l'occident, il regardait incessam-
pour railler Mahomet de ce qu'il n'avait ment de tous c6té'=, pour voir s'il ne se pré-
point d'enfant mâle, l'appelait j4/)~r, ce qui senterait point quelque aventure digne de
veut dire sans ~«ette ou sans pos<c'n<e': mais lui, souhaitant de trouver quelque créature
Dieu, pour consoler son prophète. lui envoya à combattre quelque puissant obstacle à
ce chapitre, qui est le cvm' du Coran, et surmonter. Dans cet esprit, il arriva au
composé de trois versets sommet d'une montagne, du haut de laquelle
« Au nom de Dieu clément et miséricor- il vit venir à lui, d'un pas majestueux, une
dieux 1. Nous t'avons donné le ~faut/ter. créature bien faite, qui lui ressemblait par-
2. Prie ton Seigneur et offre-lui un sacri- faitemenl et qui avait l'air martial. Ils s'a-
Cr.e. 3. C'est celui qui te persécute qui est vancèrent l'un contre l'autre, résolus tous
a6<ar. H Le premier verset peut fort bien se deux d'éprouver leur courage et teur .vaicur.
traduire par JVot<s <'ouon~ donné une abon- Mais tot:squ'Hs se furent approchés, Kcha-
dance ( de toute sorte de biens ). et le troi- triya reconnut que c'était une femme elle
sième par Celui qui te persécute mourra avait des cheveux blonds et voltigeant sur
sans postérité. ses épautcs; elle tenait la main un tchakra,
KAWE, géant de la mythologie finnotse; disque dont la circonférence tranch:H)to est
le même que Kaléwa. Fo! KALÉwA. très-propre à offenser lancé avec force au
KAWELouKOWEL, temples de l'île de moyen d'une corde passée dans le milieu, il
Ceytan consacrés aux esprits que les Singa- est capabte de tuer un ennemi à une grande
lais nommcntDayoMtaMs. On tesappette aussi distance. Le port de cette femme exprimait
Detco<. son courage, et le feu de ses regards mar-
KAWI ou KAW1N, nom des prêtres de t'ite quait l'ardent désir qu'elle avait été vaincre
de Java. Ce mot signifie proprement un poëte et de triompher. Elle s'appelait Tadikchatri.
ou un prophète. Ils fondirent l'un sur l'autre et combattirent
KAY-DA arbre de première grandeur, à outranc.e, en se servant l'un de son épée et
que les Cochinchinois appellent l'arbre des l'autre du tchakra mais chacun d'eux pa-
idoles. C'est le Ficus rei't<;toM des botanistes. rait si habiloment les coups portés par son
Les femmes ne manquent pas de se rendre adversaire, que la nuit les surprit avant que
auprès de ces arbres pour invoquer certains l'un ou l'autre eût remporté le moindre avan-
esprits qui passent pour y faire leur de- tage. Le lendemain, des l'aurore, ils recom-
meure, et entre autres, Ou-Dou et t!A-NANG. mencèrent le combat avec le même acharne-
~0! ces mots. ment et sans plus de succès. Cependant, à la
KAYt~RA, esprit des forets, à l'existence fin de la journée, Kchatriya fendit en deux,
duquel croient encore certaines tribus amé- de son épée, !ë tchakra de Tadikchatri mais
ricaiues qui habitent sur les côtes du Brésif. l'obscurité de la nuit survenue tout à coup
<9S DICTIONNAIREDES REHOONS ~o
empêcha le premier de profiter de son avan- terminée tout entière par jPara~oM-~amn',
tage. La femme ramassa son disque rompu, incarnation d.eVicbnou. D'autres cependant
en fit un arc, recueillit. des ftèches dans la soutiennent qu'il en.échappa quetques-uns
forêt, et lé duel recommença le troisième au massacre général, et que c'est d'eux que
jour avec plus de fureur que jamais. Mais descendent les Kchatriyas actùels. En eNet,
Kchatriya voyant que son épée ne pourrait le second Rama, autre incarnation de Vi~ch-
le parer longtemps des armes nouveHes de nou, naquit dans cette caste et en sou~nt
son ennemie, qui pouvaient l'atteindre de t'honneur avec éclat. Les Kchatriyas portent
tôin.mais qui étaient impuissantes de près, une ceinture comme les brahmanes mais
saisit Tadikchatri corps à corps. La tutte celle des brahmanes est formée de moMnc~'a;
dura longtemps, car ils n'avaient ni l'un ni celle des Kchatriyas, de mourva, et celle de
l'autre assez dë force pour vaincre, ni assez la troisième caste est de chanvre. Les Kcha-
de faiblesse pour être vaincus. Mais, en ser- triyas portent aussi le cordon sacré, mais
rant de si près sa valeureuse adversaire de laine, à la diflérence de celui des brah-
Kchatriya fut surpris de la trouver encore manes; qui est de co!on. Dans cette caste, la
plus belle qu'auparavant, comme si ce vio- royauté est héréditaire de mâle en mâle, par
lent exercice n'eût servi qu'à augmenter ses ordre de primbgénituro légitime. A défaut
attraits et à la rendre plus séduisante il ré- d'enfants le prince peut adopter un de ses
solut de se servir de la parole pour terminer parents pour être son successeur; cctui-ci,
un combat que les armes n'avaient pu ache- du moment de l'adoption, a tous les droits
ver, «QmerveiHe des créatures vivantes d'un fils légitime. Les branches cadettes des
tant en force qu'en beauté! lui dit-il, pour- familles desRadjas, ainsi que les chefs do
quoi faut-il que la fureur nous ait animés différentes tribus, de-Kchatriyas, possèdent
de la sorte l'un contre l'autre? Si je t'avais ordinairement des terres a titre de Cefs. La
tuée dans ce combat., j'aurais maudit cette plupart des individus de cette caste suivent
main qui aurait été l'instrument de ta ruine, la carrière des armes; ils se nomment Radj-
et qui aurait détruit un si exceiïent ouvrage. poutes (7!a~a-~OM<r<M, fils de rois), et pren-
Si, au contraire, tu m'avais été la vie, peut- nent du service cheztesdiS'érents'souvcrains
être aurais-tu regretté de t'être privée de de l'Inde, quelquefois sous l'autorité d'un
mon concours. Dieu ne nous a-t-it donné du vil soudras car quelques-uns de ceux qui
courage et de la force que pour nous détruire appartiennent à la dernière caste se sont,
l'un l'autre? Notre puissance ne sera-t-elle dans la suite des temps, placés sur les trônes
pas doublée si nous nous unissons? Nous de t'Inde. Les Radjpoutes habitent la pro-
serons alors en état de faire do plus grandes vince d'Adjmir on en rencontre à peine
entreprises et de repousser, vigoureusement t dans les autres parties de l'Hindoustan, ex-
les injures qu'on voudrait nous faire. Le cepté parmi les militaires. –Les Kchatriyas
monde n'est encore qu'à son enfance, et il a n'ont pas le droit de lire les Védas mais ils
plus besoin d'être multiplié et propagé que ont te privitége de pouvoir en entendre la
d'être affaibli et détruit par la puissance des lecture faite par un brahmane.
armes. Au lieu donc de rechercher, par des KCHttiëUEHBHA, un des Bodhisatwas
moyens violents et illégitimes, une gloire d'origine mortelle suivant la théogonie
qui nous serait funeste à l'un et à l'autre, bouddhique du Népal; il passe pour le fils
songeons plutôt à conclure entre nous une spiritueldu Bouddha céleste Uatnasambhava;
paix solide et de longue durée. B Tadikcha- it est 'un des huit Vitaragas, c'est-à-dire des
tri goûta cette proposition, et consentit à étres~exemptsde passions; il s'est montré
vivre en paix, tant que son allié ne lui don- sur°ia terre sous la forme de parasol.
nerait pas occasion de recommencer la KCHMA. Les bouddhistes appellent ainsi
guerre. Ils se Sxè'ent donc dans l'occident, tout l'espace dans lequel peut s'étendre i'in-
et donnèrent naissance à la tribu guerrière fluence des verius d'un bouddha, et où son
qui porte leur nom et qui, plus tard, périt avénement a eu lieu. L'universalité des
par le déluge avec le reste du genre humain, mondes est suivant leur cosmogonie par-
en punition de ses violences et de sa tyran- tagée en vingt étages superposés. L'univers,
nie. ~<M/. BRAHMANet l'article suivant. dont fait partie le monde où nous vivons,
KCHATR1YAS, nom de la deuxième caste occupe le treizième étage à partir d'en bas
des Hindous (1); c'est la classe des rois et il y en a donc sept qui lui sont supérieurs.
des guerriers. On dit que les Kchatriyas ou Au premier étage, il n~ya qu'un seul ~c~ma,
Radjas tirent leur origine des brasdeBrah- ou terre de Bouddha; le second en comprend
ma, le dieu créateur. Leur fonction est de deux, re troisième trois et ainsi jusqu'au
gouverner les hommes, de régir les Etats, vingt'ème, qui en contient vingt. Autour de
de défendre et de protéger le territoire dc chaque Kthma sont disposés des mondes en
faire la guerre et de mourir même les armes nombre égal à celui des atomes dont se com-
à la main, s'il est nécessaire. C'est ta caste pose le mont Soumérou. Chacun de ces étages
la plus respectée après celle des brahmanes; a sa forme particutièro ses attributs son
mais elle n'est pas la ptus nombreuse quel- nom, et repose sur un appui d'une nature
ques-uns même prétendent qu'elle a été ex- spéciale. Le treizième celui dans tcquet
nous vivons, est porté par un enlacement de
(1) Ce mot est eucore écrit et prononcé dans les fleurs de lotus, que soutiennent des tourbil-
tangues modernes TfoH~i't, T't/</ta<)'u.
SaO'ea, ~a- lons de vent de toutes les couleurs. L'étage
<)'<e)-,
C/iaiw, etc. inférieur repose immédiatement sùr la nem
~97 EED KEt <96
d'un lotus, qu'on nomme Heur des pierres des adorateurs de Maryataie. Ceux qui se dé-
précieuses et comme il occupe dans ce lotus vouent à cette déesse sont pour l'ordinaire
la place du pistit, on désigne le système en- dss'parias, des blanchisseurs, des pécheurs,
tier des vingt étages de l'univers par le nont etc. F()! MARYAMMA,TCHAKKn-fOUDJA.
de graine des MOMdfM. KE-GNtËN; novices des Lamas du Tibet.
KHAN-CM1TEI, simulacre adore par les D l'âge de sept ans, ou même de six et de
anciens Irlandais. On dit qu'il réprésentait cinq, suivant la discipliné actuelle' (car an-
le chef des dieux. ciennement ce n'était qu'à neuf ans), oh est
KËHE,un des dieux subalternes des Tchou. admis à faire les premiers vœux, par lesquels
waches, peuple de ta Hussie asiatique. on s'obtige, 1° à ne tuer aucun être vivant,
KËbLA, direction des Musulmans pen- pas même un animal, ni l'insecte lé plus
dant la prière canonique. Foy. QufBLA. chétif; 2° à rie point mentir 3° à n'avoir ni
KËDAKA-VOUTDON.féte que les Hamouts commerce ni habitude avec une femme 4°
cétebrent à ta pleine lune de Kartik, en à ne boire aucune tiqueur enivrante 5'*à né
l'honneur de la déesse Parvati. Ceux qui l'ob- faite aucun tort par fraude, par larcin ou
servent ne font, qu'une coltation. et s'at- autrement C'est par cet engagement qu'on
tachent âu bras droit un cordon de fil de soie devient Ke-gnien, ce qui n'oblige pas à vi-
jaune. Une fois qu'on a commencé la cé- vre en communauté, car il v a des Ke-gniens
lébrer, on doit continuer tous les ans. qui demeurenf dans la' maison paternette.
M DHOUN- KON-TSIOGH, le troisième Us sont tels parce que quelque supérieur de
objet du culte des Tibétains, pour lesquels communauté à -reçu leur engagement. Ce
Bouddha, ta loi et l'Eglise, forment une sorte supérieurdonneau novice un nom par le-
de trinité. ils vénèrent en effet, comme une quel oh reconnàit qu'if a été reçu. A i'âge
espèce de divinité, la très-précieiise ~t<- de treize ans les Ke-gnien peuvent passera
?ttOM des Mr<MeM~,c'est ce que signifie le l'ordre de Ke-tzhoul.
mot lie cf/tOMU7~oK-o~ L'attribut KbM- KË GON-StO, une des huit observances
<ï:o~/t (trés-précieux)est pris, dans le langage bouddhiques les plus. répandues dans le Jà-'
ordinaire, comme exprimant le nom de Dieu. poh ette est fondée sur la doctrine du li-
Ils divinisent ainsi te ctergé, parce .que les vre intitulé ~eyott~ïo. EHë fut fondée par
Bouddhas qui sont venus sur la terre, ayant le prêtre chinois ihoti-chun-no-chang, et in-
rétabti la toi, ont conséquemment rétabli la troduite au Japon par Rô-beh, mort en ?73.
règtedes religieux, et parce quêtes saints per- KEtTABHÀ, géant déjà mythoFogië hin-
sonnages parvenus à là dignité suprême de doue, qui, dans !a guerre contre tes.d'ieux~
Bouddhas avaient été auparavant des retf- lôfuba sous les coups de Bévi/epousedeSiva,
gieux sur ta terre, et avaient été t'essenee du parce qu'it avait voulu détrôner Drahma.
monachisme. KEM'ENS. GeorgeKettn, écossais, fut,
KÉDtL, fête que les Tamôuts célèbrent en avec son compatriote, Robert Barctay, un
l'honneur de Maryatate, dans le mois de des principaux promoteurs du quakérisme
tchàit: elle a lieu àCoténonr, à quatre Meues en Amérique mais peu après il fut l'occa-
de Pondichéry. Ceux- qui croient avoir ob- sion d'une scission qui s'opéra dans la secte.
tenu quelque faveur de cette déesse ou qur H accusait ses frères de.ne pas croire en Jé-
veulent en obtenir; font vœu de se faire sus- sus-Chrfst, tandis que tui-méme émettait
pendre en t'air. Cett& cérémonie consiste à ,des opinions fort étra.nges sur rhumanité duL
faire passer deux crochets de fer attachés Sauveur. Sefon lui, cette humanité était dou-
au bout d'un levier très~tong, sous ta peau ble l'une céleste, spirituelle et éterneller
du dos de celui qui a fait le vœu ce levier- l'autre. terrestre et véritablement corporette.
est .suspendu au haut d'un mat éi&vé Cette-ci. était te corps de Jésus-Christ, né de
d-'ano vingtaine de pteds. Dès que le patient- la vierge Marie. Les quakers du parti op-
est accroché, l'om pèse sur le bout opposé posé lui objectaient qu'il établissait un dou-
du levier, et it se trouve suspendu' en t'air.. ble Christ mais Keith répondait que, son
En cet état, on lui fait faire autant de tours sentiment avait été constamment suivi de
qin'it te désire, et pour l'ordinaire il tient toute fa secte, qu'it était ta base dû chris-
dan~ ses; otams un ~abre,et un b~uctier,.dont tianisme, et qu'en nier l'orthodoxre,, c'était
ils'escrime aux grands appt'attdissements.des nier la passion, et la mort de Jesus-Chrisf.
spectateurs. Quelle que soit ta douteur qu'il Il menaça même dq se~séparer <(c ceux qui
éprouve, n ne doit ni verser une larme, m combattraient ce sentiment. Cette dispute
pousser uu cri, s~us peine d'être expulsé en fit naître d'autres entre ceux qui s'étaient
de sa caste mais cela n'arrive que rare- déclarés co&.tre JËcith. Les uns soufeaaicnt
men.t. Ccfui! qui doit se faire accrocher boit' que Jésus~Cbrist n.'etait ni ressuscité', ni
une certafne .quantité de, liqueur enivrante, monté aucfeta~ec.fe corps qu'il avait' pris
qui le rend presque insensible, et lui fait re- &n,naissant les autres,. q.u'U.était véritable-,
garder comme un jeu ce dangereux apparei). ment ressuscite avec ce corps, mais qu'il
Après plusieurs tours, on le descend, et or- l'avait quitté at son ascension; les autres en".
dinaircmenUl tarde peu à être guéri de sa fin restaient ditns. te doute les ptus modérés
blessure cette prompte g~uérisan passe pour trartaientceUcquestion de peu importante et
un miracle aux. yeux: des zélateurs de ta d'inutite au s~f~t. Les queret~es ne s~arrêtè-
déesse. Lesbrahmanes n'assistent point àcette rent pas là on agita. la. .question de. l'état
cérémonie~ q'u'ils méprisent. Ce n'est que des âmes ap.fès la mort. Les uns soutinrent
dans les castes les plus basses qu'on trouve que les gens de bien atlaient droit au ciel,.
f) DICTIONNAIREDES RELIGIONS. so~
et les méchants en enfer; cela supposai, !es maisons où gisait un corps mort, et en
leur disait-on, que les uns et les autres étaient t les remplissant de la vapeur de A«<Mft(odeur
jugés immédiatement après la mort, et que de cadavre).
par conséquent il ne devait y avoir n.i résur- KEKHO, ordre de religieux boudd))istcs,
rection finale, ni jugement universel. D'au- dans le Tibet.
tres quakers prétendirent que les hommes KEKOU-AROA, divinité des iles Sandwich
ont en eux, dès cette vie, le paradis et l'en- ou Hawaï. Au renouvellement de l'année, les
fer. On imputait encore à Keith de croire à insulaires célébraient une fête, dans laquelle
la transmigration des âmes. Toutes ces ques- un prêtre faisait le tour de t'ite. portant dans
tions devinrent l'objet d'une assemblée gé- sa main droite l'idole de ce dieu, et saisis-
nérale de quakers, qui se tint en 1691 sant de ta gauche tout ce qui se trouvait à
Keith y triompha, et sa doctrine touchant sa portée.
Jésus-Christ fu) reconnue orthodoxe. Mais il KtiKR!, génie de la mythologie finnoise,
fut condamné dans une autre assemblée tenue qui avait la charge de veiller sur la santé
l'année suivante. Revenu ensuite en Angle- des bestiaux. Après l'introduction du chris-
terre, un certain nombre de quakers épousè- tianisme dans la Finlande, le peup!c con-
rent ses s'entiments, et les quakers améri- serva encore plusieurs coutumes païenne'
cains et angla.is se divisèrent en deux par- en les mêlant aux pratiques du nouveau
tis. Trois synodes consécutifs examinèrent culte. C'est ainsi qu'à fa Toussaint, appetéo
l'objet de la controverse, et tâchèrent inu- Kékri, on faisait des vœux, suivant M. Léou-
tilement de les concilier; enfin il fut résolu zon Leduc, pour la prospérité des récottes
au synode de 1696 que Keith ne serait plus on immolait une brebis, dont la chair devait
reconnu pour frère, qu'il serait déclaré être cuite et mangée dans l'étable. !) n'en
coupable de schisme et de division, et qu'il pouvait rien rester, car le moindre morceau
serait exclu de la société des quakers non consommé portait malheur. Après le re-
jusqu'à ce qu'il eût reconnu sa faute en pu- pas du sacrifice, on trempait une aile d'oi-
blic, et abjuré ses sentiments. It parait que, seau dans la bière, et l'on en frottait le dos
dans la suite, Keith embrassa la religion an- des vaches.
glicane et devint ministre de cette Eglise. EELBY, esprit qu'une superstition écos-
Mais la.société qu'il avait formée aux saise, existant encore parmi le peuple, sup-
Etats-Unis ne fut pas dissoute par la défec- pose habiter tes rivières, sous différentes
tion du chef on les appela J~e~/nen~ ou formes, mais plus fréquemment sous celle
quakers-baptistes, parce qu'en conservant du cheval. I) est regardé comme malfaisant,
le costume, le langage et les manières des et porte quctquefois une torche. On attribue
quakers, ils admettaient le baptême et fai- aussi à ses regards le pouvoir de fasciner.
saient la cène. Plusieurs d'entre eux se rap-
KE-LONG, ordre de religieux bouddhistes
prochèrent ensuite de l'Egtise anglicane de dans le Tibet. Foy. GvALOKG.
Philadelphie; car un ministre envoyé par
KËMA, livre où furent écrits, selon Zo-
Févéque de Londres baptisa plus de cinq zimc Panoplite, les secrets des génies qui,
cents enfants de ces quakers-Keithiens ou
Daptistes, dont on trouve encore quelques aveugtés d'amour pour les femmes, leur dé-
couvrirent les merveilles de la nature, et qui
restes dans les états de l'Union. Ils ont une
à Rhode-island, et trois dans furent bannis du ciel, pour avoir appris aux
congrégation hommes le mat et ce qui était inutile aux
New-Jersey. âmes. C'est de ce mot qu'il fait dériver le uout
KUtTO, géant de la mythologie finnoise;
il s'empara des traits que Rampa, Gis de de la C/tt'mf'e.
Louhialar, lançait dans l'air avec Perisokia KEMOUS, jour de fête des Shangattas, peu.
et Pirulainen. ple de l'Afrique, voisin de l'Ethiopie. Tout le
KEJILLA, observance religieuse et pé- peuple s'assembte alors, et on sacriGe une
nitcntielle que les prêtres du Congo impo- vache, qu'on ne tue pas à la maniè'e accou-
sent aux nègres de ce pays, en leur interdi- tumée, mais en lui donnant mille coups de
sant l'usagc de la chair de certains animaux poignards. C'est, au rapport de Salt, le seul
et de quelques sortes de fruits, de légumes, acte de religion de ces tribus, qui au reste
avec d'autres prescriptions gênantes. La sou- n'ont point de prêtres.
mission des nègres pour les ordonnances de KENG-BON-TALL, cérémonie pratiquée
leurs prêtres à ce sujet est portée à un tel dans !e Pégu lorsqu'une femme relève do
point, qu'ils passeraient deux jours sans couches. On invite alors les prêtres à venir
manger, plutôt que de toucher aux aliments dans la maison, où on leur sert un repas. Les
qui leur sont défendus. Si leurs parents ont amis qui l'ont assistée pendant l'accouche-
négligé de les assujettir au Kejilla dans leur ment piacent devant ta porte une jarre,
enfance, à peine sont-ils maîtres d'eux-mê- dans laquelle on a mêlé l'écorce du tarau,
mes qu'ils se hâtent de le demander au prê- le fruit du Keng-bon et du bois de sandal.
tre, persuadés qu'une prompte mort serait On invite les hôtes à s'y laver les mains
le châtiment du moindre délai volontaire. avant d'entrer dans la maison. Ou place
KEJJUSE'l', génies de la mythologie fin- aussi devant ta porte dé l'huile, du bétet et
noise. semblables aux Dwergars des Scan- des feuilles de thé. On sert aux invités un
dinaves. C'étaient de petits lutins ailés, noirs repas composé de riz, de carry et d'hydro-
et blancs, bons et mauvais, qui signalaient mel quand ils s'en vont, ce qu'ils font rare-
surtout leur présence en ~'introduisant dans ment sans laisser un petit présent en argent
201 KER KER 302
on les oblige encore à emporter du-riz sec et nemis tués dans les temps les plus reculés,
des fruits. et dont l'Iliade nous fournit encore un exem-
KEN-G10U ou INKAI, divinité japonaise. ple dans le traitement qu'Achille fit essuyer
C'est le génie de la voie lactée, au nord de au-corps d'Hector. Dans la suite, les mœurs
laquelle itréside.It épousa Tanabata, fille s'étant adoucies, on se forma des Kers des
de l'empereur du ciel mais il ne peut voir idées beaucoup moins barbares.,C'est ainsi
son épouse que dans la septième nuit du que Mimnermus représente l'un des Kers
septième mois, époque où l'on célèbre teur comme amenant la vieillesse, et l'autre an-
fête. Les Japonais les invoquent pour obte- nonçant la mort. Foy. DESTIN, n°3.
nir la bénédiction du ciel, une longue vie, KËRAM1S, hérétiques musulmans. parti-
des richesses et de nouveaux progrès dans sans de la doctrine de Mohammed ben Ke-
les arts et dans les sciences. Les femmes en- ram, qui soutenait qu'il fallait prendre à la
ceintes les prient de les assister dans leurs lettre tout ce qui est dit métaphoriquement;
couches; les Httcs, dans leurs ouvrages à dans te Coran, des bras, des yeux et des
l'aiguille et.leurs broderies; les g.irçons, oreilles de Dieu. Ils admettaient ainsi une
dans leurs ouvrages mécaniques, leurs étu- sorte d'anthropomorphisme; sur lequel tou-
des et la poésie. Tous leur présentent en- of- tefois ils différaient entre eux de sentiment.
frande de l'eau, du feu, de l'encens, des Ils furent réfutés .par Fakhr-ed-din Razi, fa-
nëurs, du zakki, des sucreries, des légumes, meux docteur. Mais Abd-et-Medjid ben Kcd.
des melons, des metons d'eau, des aiguilles, wat, l'un des chefs de'la secte, eut tant de
des fils de soie et de chanvre, des épithata- crédit sur l'esprit des habitants de la ville de
mes, des vers de noces, des sonnets, des piè- Hérat, qu'il y t'xeita une sédition il fut en
ces d'écriture soignées, suivant l'usage du conséquence expulsé par l'ordre du sultan
pays. ~oy. KtK-Ko-TEN. Cayat-ed-din.
KEORÔ-EVA, dieu vénéré à Mawi, l'une KEKAON, dieu que les Spartiates hono-
des iles Sandwich. Quand des cochons lui raient comme l'instituteur des festins.
étaient présentés comme-offrande, le prêtre KËRA1US, secte hindoue, dont les mem-
leur perçait les oreilles pour les faire crier; bres sont dévoués au culte de Dévi, sous ses
puis il disait au dieu Voi,à l'offrande d'un formes terribles. II y a sept ou huit siècles
tel, l'un de <e~adorateurs. Après quoi le-co- ils sacriSaient des victimes humaines à Kali,
chon relâché avec une marque à l'oreille à Tcnamounda, à Tchninnamastaka et aux
était libre de vaguer dans t'ite. On ne le tou- autres personnifications hideuses de l'épouse
chait pas, on ne t'inquiétait pas; il était de Siva. Maintenant que les sacriCces hu-
sacré. mains sont contraires à tous les rituels con-
KEOU-LIEOU-SUN, nom chinois du boud- nus, et ne pourraient être pratiqués impu-
dha ~rnAoM<c/<aHdr«, le quatrième de ceux nément dans l'Inde, il n'est plus possible que
qui sont déjà venus sur ta terre. cette secte existe. Quant à ceux qui mainte-
KEOU-NA-HAN MOU-NI, nom chinois du nant encore font profession de se dévouer aa
cinquième bouddha venu sur ta terre; c'est culte de Dévi, ce sont des misérables, qui,
celui qui est appelé dans l'Inde ~faxa/M- par jappât du gain plutôt que par dévotion,
AfoUHt. <nf)igent à leur corps différentes espèces de
KEH(1). Les Kers sont des êtres person- lortures, se percent la chair avec des crocs
niués, par lesquels l'antiquité grecque se re- et des broches, font passer des instruments
présentait les causes immédiates, quelque- pointus à traders leur langue et leurs joues,
fois violentes, mais toujours désagréables de se couchent sur des lits de clous, ou se tail-
la mort. Hésiode parle d'un Ker, fils de la ladent la peau avec des couteaux pratiques
Nuit. Dans ce poëte, ainsi que dans l'lliade, qui sont encore en usage dans l'Inde, en cer-
il est représenté ayant an vêtement couvert taines circonstances; et principalement à la
de'sang, avec des yeux terribles, et frémis- fête du T'c/it.ff/poit~, et dont une multi-
sani des dents, trainant sur te champ <ie ba- tude d'Européens sont annuellement les té-
taille, et par les jambes, des mourants, des moins.
blessés et d'autres qui ne le sont pas. Hé- KEKBËLA, plaine située dans l'Irac, au-
siode parle aussi de plusieurs Kers ils sont près de l'Euphrate, non loin de la ville de
de couleur noire; ils montrent leurs dents Koufa. Elle est très-célèbre parmi les Musul-
btanches, avec des grincements et en tan- mans pour avoir été le théâtre du dernier
çant des regards effroyabtcs. Ils suivent les combat deHoséin (i)sd'AH, et le troisième
guerriers qui vont au combat lorsqu'il en des Imams, lorsqu'il fut investi par lés trou-
tombe un, ils lui enfoncent dans le corps pes du Khalife Yézid, commandées par Obéi-
leurs immenses griffes, et- sucent sou sang, dallab, fils de Ziyad. Hoséin y périt avec les
jusqu'à ce qu'ils en soient rassasiés après soixante-douze cavaliers qui i'accompa-
quoi its jettent le cadavre de côté, et s em- gna<ent et qui étaient tous de sa famille.
pressent de rejoindre ta mêlée, pour avoir de C'est là qu'il fut inhumé aussi ce lieu est-il
nouvettes victimes. Us traînent des cadavres en grande vénération chez les Persans et chez
après eux, et assomment les mourants avec les Hindous musulmans, qui sont Schiites
des masses et des haches d'armes. Ces my- pour la plupart, et qui se font un pieux de-
thes et ces représentations se rapportent à voir d'aller en pèlerinage à son tombeau. Ils
la manière barbare dont on traitait les en- ont une telle vénération pour la terre de co
lieu, qu'ils en emportent avec eux pour en
n~ Article.du Dictionnaire de Noël. faire soit des chapelets dont ils se servent
DtCTtONN. DES REL)G)O~S. HI. 7
S05 DICTIONNAIREDES RELIGIONS. 204
ayec'.e p<ns grand respect, soit des palets terreurs et les superstitions des indigènes.
sur lesquels ils appuient leur front en. se EE8A, écharpe de pourpre que les prêtres
prosternant dans la prière. Le nom de Ker- bouddhistes du Japon portent sur leurs
béla retentit dans toutes les .élégies qui ont épaules par-dessus leurs vêtements. Cette
étécomposées pour célébrer ce funeste évé- partie du costume dé~ religieux est nomrnéo
nement, et que l'on chante à la fête du Déha. en chinois .Km-c/M, en tibétain nam-dltjar; et
KEHEMKT, nom de la divinité principale en:mongoHcetc/!6t-~a&aM.
après le Dieu souverain, adorée par Ie§ KESABI ou KESSAB!ENs, Secte musulmane
Tchouwaches,.peuple de la Sibérie. C'est qui soutenait que Mohammcd fils d'Ati. et
aussi le nom d'un lieu consacré au service d'HanéGa, n'était pas mort, et qu'il devait
solennel que ces peuples otïrent une fois l'an. reparaître un jour pour régner~ur les Mu-
On choisit pour cet effet, hors du village, un sulmans. La vénération' dont les Schiites
endroit écarté, et, autant qu'il est possible, à entouraient tes enfants d'Aii venait de ce
la source d'un ruisseau., dans un terrain que celui-ci,. ayant épousé'Fatitna, ta fille de
agréable et ombragé d'arbres. Le Keremet Mahomet, avait ainsi perpétué la race du
proprement dit est un espace carré entouré prophète de là l'espèce de culte dont les
d'une palissade qui ne va pas tout fait à imams étaient t'objet.'Cependant ce Moham-
hauteur d'homme.. On y laisse trois entrées med, bien que n'étant pas du sang du pro-
ou petites portes,.l'une au.milieu, du côté .phète, ne laissa pas d'àvoir.des partisans qui
qui fàit face à l'est, une autre au sud, et la te reconnurent secrètement pour khaHfe,
troisième du côté de l'ouest. L'emplacement après la mort de Eoséin. H y eut entre autres
est choisi de telle sorte que la porte du nord un célèbre docteur, nommé Séidat-Hémiari,
soit dirigée vers ta source ou le ruisseau voi'- qui le regardait comme un très-grand pro-
sin, parce qu'it faut que toute l'eau néces- phète que Dieu avait cntcvé vivant, et caché
saire au sacrifiée, de quelque part qu'etf~ dans une montagne pour le faire paraître
vienne, entre par cette.por;&. C'est.par celte un jour dans te monde et y rétablir la justice
dé l'est qu'on introduit les offrandes et les et la piété. H mourut cependant, l'an 81 de
victimes, l'accès en est interdit tout autre; l'hégire, laissant quelques enfants qùi ne
la porte de l'ouest'sert d'entrée et de sor- Gr&at'pas grand bruit après ta mort de leur
tie à la communauté. On pince à côté de cette père, et cette petite secte fut éteinte.
dernière porte un toit, sous lequel on fait KËSAVA, surnom de Krichna, par allu-
cuire les chairs des .animaux immolés. On sion à la riche chevelure et aux tresses dé-
dresse au-devant de ce lieu couvert une gantes de ce dieu. Le Mahabharata donne
grande table, posée sur des pieux, pour y une autre étymotogie de ce nom en disant
mettre les gâteaux sacrés, etc. Près de la que Késava est une incarnation de l'un des
porte du nord se trouve une autre grande cheveux de Vichuou~
.table sur laquelle on dépouille et.purifie les KËS1N nom. d'ùri Daitya ou mauvais
victimes dans l'angle qui regarde le nord- génie, tué par Krichna de là ce héros est
ouest, sont tes perches auxquelles on sus- souvent'appete vainqueur de,Késin. Dans une
pendtcs peaux des animaux immolés. Dans naissance antérieure, il avait été une. espèce
tes viUsgcs d'une certaine étendue, ils ont de centaure vaincu par Vichnou sous le
un grand Keremet pour les sacrifices publics., no!n ettaformed'Haya'griva.
et un. petit pour t~s sacrifices privés de toute KËTOU et RAHOU. Le Mahabharata ra-
Mne parenté ou d'une famille. Les Tchou- cunte que Rahou était un asoura, fils de
waches qut habitent le district d'Alatyre Sinhika, qui, lorsque la mëp fut barattée
sont dans l'usage' de bâtir au milieu du Ke- par tes diëtfx pour en extraite l'ambroisie,
remef u~e petite-maison, de bo~, avec une se mêla parmi les Dévatas, et obtint par sur-
porte tournée vers l'est. C'est là qu'on mange' prise une part du divin breuvage. 11 fut dé-
les offrandes, debout, à de longues tables couvert par te Soteilet la Lune,qui te dénon-
couvertes de nappes. cèrent à Vichnou. Cètui-ci lui abattit la
EERJAK1S, dissidents de l'Eglise gréco- tête, en lançant.son~ disque tranchant mais
russe, plus connus sous leçons de Raskol- il avait goûté le breuvage d'immortalité, il
ttt/M. Voy. RA~KOLNIKS. ne pouvait périr,. Sa tête garda le nom de
:E.EHKES50UNDI,.ou <9r(c/~a~c&d<t. Hahou; et devint en astronomie la personni-
<c~t, le premier bouddha de la théogonie fication du nœud ascendant de la iune et
mongote, appeté aussi ~?'a/cott<c/!aMdra par son tronc, sous le nom de Kétou, devint le
les Indiens, et E/Mrua-ckia~/t par les Tibé- nœud descendant. Pour se venger/il poursuit
tains, sans cesse les deux astres, parvient dé temps
KERMÀN-MLSTAÇH. idole favorite des en temps à s'en approcher et il souille
~Honiens, en trtande; elle avait pour pié- les corps du soléil et dé-la tune, qui devien-
destal la pierro.d'or t!e Ctoghef. Elle corres- nent mmces et.noirs; c'est ce qui occasionne
pondait a peu près a l'ancien Hermès des les éclipses. Le pèuple S'imaginé qu'au mo-
Grecs. ment do t'éctipse, Rahou-avale l'astre et qu'il
K-EUNUNNOS, dieu des anciens Gaulois. le vomit ensuite. Rahou est représenté de
'FO! CEXNUXNOS. couleur noire', porté sur un tion et avec
KEKHHDAIS, espèce de sorciers ou de quatre bras. Qn peint Kétou en vert, et ou
prêtres des sauvages de l'Australie. Cesont lui donne pour monture un vautour.
eux qui président a l'initiation du 6rK<o!tK~. KE-TZROUL, nom d~une ctasse de reli-
Us exploitent à leur profit les maladies, les gieux bouddhistes, dans le Tibet.
&)5 KHA KHA 266

KEUTCHEK. Les Turcs appellent ainsHos~ bouddha ehakya-Mouni.'Voyant -qae l'on


novices qui veulent entrer dans l'ordre des~ portait souvent à ~cetui-ci des présents coo-
Derwichs. Le sujet qui.s'y.destine est reçu sistant en mets et'en boissons, it recueillit
dans une assemblée de religieux présidée des gaufres de miel d'abeittes-sauvages ett
par le Scheikh qui lui touche ta main et !nil des Hgues,. et-tes présenta un soir au saint
souffle à t'oreitt.ë trois fois de suite tes paroles pour son .repas. Cctui-ci les arrosa., selon, sa
La Ilah illa ~«a/t (il n'y a' point d'autre dieu coutume,~véc de l'eau bénite et-.en mangea.
que Dieu), en lui ordonnant de tes répéter Ravi de joie, le prince des-singes faisait des
cent une, cent cinquante-une, ou trois cent sauts extraordinaires-, de sorte-qu'il tomba
une fois par jour. Le récipiendaire s.'oblige par mégarde dans un puits qui'se trouvait
en même temps à'vivre dans une retraite par- derrière lui et ye noya. En mémoire de cet'
faite, ft à rapporter exactement au ~cheikh~ accident. on, fonda la p<aee~arH<e des a<t-
les visiuns.eHes songes qu'it peut avoir dans Hten~o~)~pat"<e.~tMt/e.
le cours de son noviciat. Ces s.ongcs, outre ~KHAKIS~ socte d'Hrndous 'qui appartien-
qu'ils çaractérisenLet'Ia sainteté de sa'vp- nent à ta grande branche des Vaïchuavas,
cation et son avancement spirituel dans For-' dont~au reste, ils sont distingués par lai-
dre passent encore pour,autant de .moyens terre* ..et les cendres qu'ils. appliquent'suc~
surnaturels qui dirigent le Scheikii.sur les. leurs vêtements ou sur leur chair. Ceux
époques où. il peut ~oufSer successivement d'entre~.euxqui résident dans des établisse-'
à l'oréille.du néophyte tes sjx autres- paroles,, ments fixes s'habittentcommunémeatcomme. ·
qui sont t'a A~n/t, ô Dieu, Ff hou, ô lui 1 les a.ùtres Vaïchnavas mais ceux qui mè-
y<t AoAA:, ô justice., ra'/M~'ôjivant! y/t.. nent une vie errante vont nus ou presque
ca!/?/oMHt,.û e'xistanti ya ca~Aar, ô triom- nus, te corps'enduit d'une composition de
phateur Le complément de cet exercice de- terre et de cendres qui lé rend d'un gris pâte.
mande* six huit~ou dix mois., queiquef~is Ils portent aus~i fréquemment les cheveux
même davantage, selon les dispositions ptus tressés, commes les dévots à Siva, auxque!s
ou moins heureuses du candidat. Parvenu au ils ont emprunté différentes pratiques qu'ils
dernier degré de son noviciat, il est censé ont accommodées au culte, de Vichnou. Les
avoir rempli pleinement sa carrière, et acquis Khakis adorent aussi Sita,. épouse dcTtamà,
la perfection nécessaire pour-être agrégé s6- et ont ttne vénér;)tioupartic')tièrepour te
IcnneHement dans ,le corps auquel .il s'est, singeHaHouma~.ltssontétabhsdahs tesen-
dévoué. virbnsdeFarakhabad, maisteur siège prih-
KEWAN ou KEtWAN, génie ~ui préside à cfpat, dans cette partie de t'Inde, est âHa-'
la planète de Saturne, suivant )a -mythologie nudman Guerh près d'Aoude. On croit que
des Parsis. De là, it est chargé de porter se- teur fondateur est ~7, djscipte de Krichnada,
cours àà-la-plage méri~iona;le du
ta piage méridionale du ciel,)brs-
ciel,,·lbrs- qui parait avoir'été éievé à l'école de Ra–
qu'il en est besoin. "Les. Chaldéens et les mananda. lis vont vénérer son tombeau'à
Babyloniens t.'adoraient également. LesJs- Jaypour.
raétites eux-mêmes lui rendirent un culte. /KHALËFtS,sect.tires !nusu)mans,qui sont
ido)âtriqne dans le désert. Son nom hébreu une branche des Kharidjis ils tirent tour
est prononcé ATtOMMpar ta Massore. Les non d'un fndividu nommé Kh~lef, et sont
Septante ont lu Jïatp/tatt ou TïetKp/MH. · répandus dans les provinces de Kcrman et.
de iMfek)ai). Ils attribuent à Dieu le bien
KHADROMA, géj)ies magiques de l'atmo- comme le mal, et condamnent au feu de~'eu-
sphère, qui jouent un certain tôle dans la fer les enfants des idolâtres, quand mémo
cosmogonie tibétaine. L'un deux se trans-
forma eu singe femette ils n'auraient pas trempé dans l'idotâtrie do
spus le nom de,' leurs pères.
F/tr<M~!Mo,.et s'étant unie à Djian rafZigh,
sous le nom de B/tr~rtMpAo, ils donnèrent KHALIFAT, dignité de khalife, c'est-à-dire
de vicaire ou successeur de Mahomet. On
)a vie à trois fils et à trois filles qui peuplè-
rent le Tibet; et c'est d~eux que.descendent divise le bhat~fat en parfait et imparfait le
les habitants/de cette contrée. Us représen- premier n'a du.ré que trente ans, à compter
de ta'mort de Mahomet; et pendant ce temps
tent cette -Khadroma sous la figure. d'une
femme barbue, d'un regard terrible; sa peau, cette'dignité est considérée comme aya.ut été
son nez est comme étective. Le khalifat imparfait a commencé a
est noire et rougeatre la mort d'Ali, en la personne deMoawia,
cetui des singes; ses yeux sont livides, et et'e
a des, défenses de sanglier. Ses cheveux sont 'premier khalife ommiade, et a demeuré dans
cette maison jusqu'à t'an 133 de l'hégire (7~9
jaunes et en désordre, et eUe à pour coiffure de J.-C.). it passa ensuite dans la maison des
cinq têtes de mort. Ses mains sont armées Abbassides et y resta jusqu'à l'an 923 (1517
de griffes, sa posture'est libidineuse et.indi- de J.-C.), époque où il fut transmis à la mai-
que l'envie de donner la mort son othomane qui conserve encore le sou-
KHAGUËHSHA. un des nenfBoddhisatwas verain pouvoir, avec te titre de sultan. ~oy.
de la théogonie bouddhique du Népal it est KHALIFES.
supposé Gts spiritueld'Amitabha'; cependant KHALIFE. Ce titre qui, pendant plusieurs
il est d"origihe mortelle. Il s'est manifesté siècles, a exprime le s'~tverain pouvoir tem-
sur la terre sous la forme inanimée d'une et sur toute la
porel hpirituct rciigion musul-
cof'que. mane, ne sigtiitic pourtant que vicaire ou'
KHAKHO-MANSOU prince des grands successeur. Lorsqu'à la mort de Mahomet,
singes, qui résidait dans -le voisinage du ALou-Bekr fut éiu pour gouverner les Etats
*M7 DICTIONNAIREDES RELIGIONS. 203
etia religion, il ne voulut prendre d'autre' dant 523 années musulmanes ou lunaires,
titre que celui de 7!7ta<t/a( rMOM<AMoA, c'est- sous 37 princes.
a'-dire vicaire du prophète de Dieu. Les pre- KHALIFES ABBASSIDES.
miers souverains joignaient au titre de kha- fin durègne.
life ceux d'tmam et d'émir. De ces trois déno- 19. About-Abbas-el-Saffah. fils de
minations, la première impHque la souve- Mohammed, Os d'Ati, fils
rainelé universelle, la seconde le pontificat d'Abdaltah, G)s d'Abbas, on-
spirituel, et la troisième la monarchie tem- cle du faux prophète, 136
porette mais dès la m')rt de Mahomet, elles 20. Abou-Djafar al-Mansour, frère
ont été disputées et usurpées, soit collecti- du précédent, 158
vement, soit tes unes. indépendamment des 21: Mahdi, fils d'Al-Mansour, 168
autres. Cependant on s'accorde à ne regarder 22. Hadi, fils de Mahdi. 170
comme khaiifes proprement'dits que ceux 23. Harounat.Raschid.OsdeMahdi, 193
qui ont régné sur la totalité ou sur la plus .24. Amin, fils d'Haroun, 197
grande partie des Etats musulmans. Nous 25. Al-Mambun, fils d'Haroun, 218
allons en donner la liste et leur ordre chro- 26. At-Motassem, fils d'Haroun, 227
nologique, to parce qu'ils sont réettement les 27. Watek. fils de Motassem, 232
souverains pontifes de ta religion musulmane, 23. Motawakkel, fils de Motassem, 247
et 2° parce que leurs noms sont cités plu- 29. Montasser, fils de Motawakker, 268
sieurs fuis dans ce Dictionnaire. 30. Mostain,n)s de Motassemet frère
KHAUFAT PARFAIT. de Watek, 252
31. Motaz, fils de Motawakkel, 255
l.Abou-Bekr, beau-père de Mahomet, étu
32. Mohtadi, fils de Watek, et petit-
l'an 1l,.mort l'an 13 de t'hégire.
fils de Motassem. 256
2. Omar, fils de Khitab, 23
33. Motamed.ntsdeMotawakket, 279
3. Othman fils d'Affan, 35
34. Motadhed, fils de, Mowafik et
t. Ati, cousin et gendre de
Mahomet, M petit-Os de Motawakke!, 289
Ces quatre khalifes régnèrent ensemble 35. Moctafi, fils de Motadhed, 295
trente ans moins six mois. On rapporte, 36. Moctader, fils de Motadhed, 320
37: Caher, fils de Motadhed, 322
qu'en effet Mahomet avait prédit qu'après lui 38. Radhi, fils de Moctader, 329
ie véritable khalifat ne durerait que ce laps 333
39. Moctau. fils de Moctader,
de temps. Pour compléter les trente ans, on 334
40. MostacS. fils deMoctaG,
ajoute les six mois de règne de Hasan fils
41. Mothi, fils de Moctader, 363
d'Ali, au bout desquels ce prince faible ab- 42. Thai, fils de Mothi, 381
diqua en faveur de Moawia son compéti- 43. Cader. Os d'tshac et petit-fils
teur, l'an 41. de Moctader, 421
KHALIFES OMMtADËS. 44. Caïm, ou Cayem, Os de Cader, 467
tindu règne. 45. Moctadi, fils de Mohammed et
5. Moawia, fils d'Abou-SoSan de petit-fils de Caïm, 487
la famille d'Ommaya, 60 46. Mostedaher, fils de Moctadi, 512
6. Yezid, fils de Moawia, 47. Mostarsched fils de Mosteda-
7. Moawia, fils de Yezid, 64. her, 529
8. Merwan fils d'Hakem, d'une 48. Raschid, fils de Mostarsched, 530
autre branche de la maison 49. Mottaki, fils de Mostedaher, 555
d'Ommaya, 65 50. Mostandjed, fils de Mottaki, 566
9. Abd-el-Matek.nts de Merwan, 86 51. Mostadhi. fils deMostandjed, 575
10. Wa)id, fils d'Abdet-Matek, 9S 52. Nasser, fils de Mostadhi, 622
11. Soliman, autre Stsd'Abdel-Ma- 53. Daher, fils de Nasser, 623
lek, 99 54. Mostanser, fils-de Daher 640
12. Omar, fils d'Abd-el-Aziz, petit- 55. Mostazem, fils 'de Mostanser, 656
Ëts de Merwan, 101 A cette époque, le souverain pouvoir passa
13. Yézid troisième fils d'Abd-el- entre les mains des Tartares. Cependant Mos-
Malek, 105 tanser, prince de la famille.des Abbassides,
H. Hescham, quatrième fils d'Abd- fonda en Egypte, trois ou quatre ans après
el-Malek, 1255 une seconde dynastie du même nom mais
15. Wahd, fils de Yezid et petit- dont les kha)ifes ne possédèrent que leur
fils d'Abd-ei-Matek, 12C seule dignité, sans aucun Etat à gouverner.
16. Yezid, fils de Watid, et petit-fils Enfin en l'an 923 -de l'hégire (1517 de
d'Abd-ct-Malek. 126 J.-C.), époque de la conquête de ce pays par
17. ibrahim, fils de Watid et petit- Sétimt~, le khalifat passa définilivement de la
fitsd'Abd-ot-Malek, 127 maison d'Abbas à celle des sultans othomans.
18. Merwan, fils de Mohammed.et Mais, comme ces derniers bien loin d'ap-
pelit-fils de Merwan 1~, 132 partenir à la famille et à la tribu de Mahomet,
Merwan fut le dernier de la dynastie des ne font pas même partie de la nation arabe,
Ommiades qui compte quatorze princes, et les princes que nous venons de citer sont les
conserva le khatifat pendant quatre-vingt- seuls reconnus par les M"su!mans comme
onze ans elle fut renversée par la dynastie khatites, c'est-à-diretpoutifes et vicaires lé-.
des Abbassides, <)ni conserva le poavoir pen- gitimes do Mahomet
M9 KHA KHA Nt?
EHAL1L, mot arabe qui signifie ami; les ont pour objet l'expiation des péchés, Ja
Musulmans en ont fait un surnom, d'Abra- sanctification des âmes, ta gloire de l'isla-
ham, qu'ils appellent ordinairement ~Mt< misme, la prospérité de l'Etat, et le salut gé-
~M/t, t'amideDieu, et par abréviation Khalil. nérât du peuple mahométan.
Voici à quelle occasion it mérita ce. titre glo- KHAMËPH1S, dieux suprêmes de l'Egypte;
rieux its'formaicnt une trinité assez semblable à
A'braham, qui aimait tendrement les pau- celle des Hindous, et composée de C~Ke/,
vres, avait en leur faveur vidé ses. greniers, Phtah et P/tr~c'est-à-dire te principe géné-
dans une famine qui affligeait la contrée où rateur, te feu primordial et le soleil. Le mot
il demeurait. Voyant qu'il n'avait plus de .K~tm~/tt~, seton tes mythographes, signifie
grains, il envoya ses gens avec des chameaux gardiens de l'Egypte, contrée appelée origi-
en Egypte, vers uhdes ptus puissants sei. nairement Jf/ia~: ou Khémé, pays de Cham.
gneurs du pays, qui était de ses amis, en le KHAMSË, nom que l'on donne, dans cer-
priant de lui en vendre. Cetui-ci répondit taines parties de t'inde, à la fête musulmane
au~ serviteurs du patriarche Nous crot- que les Schiites cé!èbrent tes dix premiers
~MO'n~KOM~-m~KMla /am:tte; et il ne serait jours du mois de moharrem, en l'honneur
pas prudent .M nous d'en~ot/er, pour nourrir de t'imam Hoséin, et que nous avons décrite
les pauvres des oMfre~ pays, la sM~i'~aftce des sous le nom de DÉBA. Nous ajoutons ici quel-
Md<re~. Fo<re mat<re a d'a~ettr~ des provi- ques particularités empruntées au Traitédes
stùm ~M~antes pour ~c et sa maison. Ce re- lois MM/toMt~anM dit Décan,-par M. Eugène
fus, quoique honnête et motivé, causa beau- Sicé,dePondichéry(l).
coup de chagrin aux gens d'Abraham et A peine les Musulmans distinguent-ils la
pour se soustraire à -l'humiliation de. paraî- lune de Moharrem, qu'ils se .revêtent des
tre revenir les mains vides, ils remplirent costumes tes ptus bizarres, et se répandent
leurs sacs d'un sable très-blanc et très-fiii. ainsi déguisés, dans tes quartiers de la ville,
Arrivés auprès de leur maître, l'un d'eux lui au son bruyant du tam-tam, de la trompe et
révéta en secret le mauvais succès. de leur du nacara. Les trois derniers jours, quel-
voyage. Abraham dissimula sa douleur et se ques jeunes'Musultnans, les uns à pied, les
mit en prière. Sara, qui ignorait ce. qui s'é- autres à cheval, portant tous des faisceaux
tait passé, voyant les sacs pteins, en ouvrit de plumes de paon liées ensemble et surmon-
un, le trouva rempli de belle farine, et sur- tées d'une main en argent, contre laquelle
te-champ se mit à cuire du pain pour les ils appliquent leur front, viennent se mêler
pauvres. Abraham,.après avoir termine.sa à la foule. Chacun d'eux, sans proférer un
prière, sentant l'odeur du pain nouvellement seul mot, s'avance entre deux individuâ
cuit, demanda à sa femme quelte farine elle qui, aux cris répétés de Hasan, Hoséin,.s'ef-
avait employée.–Ce~e de t;o<re Nmtd'~E'~p<e, .forcent de )es retenir avec des guides en
apporte par. les c~ameaM~, répondit Sara.– soie, et.de modérer la rapidité de leur mar-
Dites plut6t, répliqua Abraham; celle dit t:~ che. Le peuple, dans sa- crédulité, attribue
f!(a6<e amt.Mt est Dieu car <<ne t)OMSa<'«n- la vétocitc que ces jeunes Musulmans dé-
donne jamais au besoin. Or, ajoutent les Mu- ploient en ces sortes d'occasions à une
sulmans, dans le moment qu'Abraham appe- sainte ardeur pour la foi, et ils les regardent
lait Dieu son. ami, Dieu le prit aussi pour I& comme inspirés tandis que leur exaltation.
sien. vient de tfopium et des autres drogues qu'on
KHALITSA, cérémonie par laquelle une leur administre. Le dernier jour, .ils sont
veuve juive retire le soulier du frère de tellement épuisés par teurs courses rapides,
son mari défunt, lorsqu'il refuse de l'épou- les secousses violentes qu'ils ont éprouvées
ser, conformément à la loi. Voyez-en le dé- et la surexcitation de leur cerveau, qu'arri-
tait au mot IBOUM. vés au hord de t'étang, autour duquet vien-
KHALWËTIS, ordre de religieux musul- nent se ranger tes cbars de la fête, ils tom-
mans, institué par OmarKhaiweti, qui mou- bent exténués, et restent quelquefois plu-
rut à Césaréc l'an 800 de t'hégire (1397 do sieurs heures dans un état d'atonie complète.
J.-C.). Cet Omar menait une vie fort austère On se presse autour d'eux on teur baigne
mais ayant un jour quitté sa retraite, on le visage avec de l'eau fraîche, jusqu'à ce
rapporte qu'il entendit une voix mystérieuse qu'its soient revenus à eux.
s'écrier 0 OtHar~/<a/tce<</ 1 pourquoi w'a- Dans ta nuit du dixième au onzième jour,
&aMf<oMne~-(tt!'Docile à cet oracle, il se crut les chars sont portés en triomphe dans les
obtigé de consacrer le reste de ses jours à principaux quartiers de la ville, accompa--
des oeuvres de pénitence, et même d'instituer gnés de Hambeaux, de rnusique et d'une
un ordre, sous le nom de ~Aahce~, qui si- foule considérabte. Ces chars, d'une forme
gnifie hommes vivant dans la retraite. Les toute particuiière, brillent par le fini d'un
Dcrwichsdecetordrese font un devoir de- travail dont ta patience soute des Indiens
vivre d'