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LA LEGISLATION MINIERE

La loi n°001 du 16 avril 2001 portant Code Minier, promulguée par son Excellence Monsieur Paul Biya,
Président de la République du Cameroun, a été rédigée par le Ministère des Mines, de l'Eau et de l'Energie
appuyé par le cabinet IMC (International Mining Consultants Ltd) sur un financement de la Banque Mondiale.

Cette loi abroge la très ancienne loi n° 64/LF/3 du 6 avril 1964 portant régime des substances minérales de la
République fédérale du Cameroun et la loi n° 78/24 du 29 décembre 1978 fixant l'assiette, les taux et le mode
de recouvrement des droits fixes, redevances et taxes minières. Elle ne concerne pas les hydrocarbures
liquides et gazeux qui font l'objet d'une loi particulière : loi n°99/013 portant code pétrolier, promulguée le 24
décembre 1999.

Cette nouvelle loi est beaucoup plus détaillée que l'ancienne (116 articles contre 47), et statue sur des
domaines nouveaux (convention minière, artisanat minier, environnement) ou juste esquissé dans l'ancienne
loi (carrières).

On note ainsi des avancées significatives sur des secteurs très divers : respect de l'environnement,
reconnaissance du statut d'artisan mineur ou incitation à l'investissement international.

1. Titres miniers

Une avancée très importante du Décret d'application de la nouvelle loi par rapport à l'ancienne est
l'instauration de la règle du " premier arrivé, premier servi ", garante de la transparence des actes de l'Autorité
publique dans l'attribution d'un titre minier.
Le rôle du Conservateur des Droits miniers, le fonctionnement du Bureau d'Enregistrement, ainsi que les
procédures d'attribution, sont ainsi particulièrement détaillés. Enfin, il est stipulé que le dépassement du délai
d'instruction par l'Administration vaut accord.

Les paramètres des différents types de permis ont été comparés dans le tableau adjacent. Ceux de la
nouvelle loi sont en caractères normaux, ceux de l'ancienne en italique.

La soumission de l'attribution du permis d'exploitation à la fourniture par l'opérateur d'une étude de faisabilité
et la signature d'une Convention minière est une garantie pour l'Etat du sérieux de l'opérateur, et également
une garantie pour l'opérateur qui voit fixer par la Convention les principaux droits et taxes auxquels sera
soumise son exploitation.

2. Artisanat minier

L'Artisanat minier fait l'objet dans la nouvelle loi d'un chapitre spécifique (chapitre I du Titre III, art.24 à 31 -
voir Code Minier dans cette rubrique) alors qu'il avait été complètement oublié dans l'ancienne. Le souci du
législateur était de donner un cadre légal à une activité actuellement quasi-totalement informelle sans que ce
cadre soit trop contraignant pour l'artisan (condition de son acceptation). Les modalités édictées par cette loi
ont tenu compte des réalités du terrain pour la superficie et la profondeur maximale des travaux. Cette
profondeur maximale doit aider à régler les conflits pouvant survenir entre artisans et opérateurs industriels.
La possibilité offerte aux artisans de pouvoir transformer leurs autorisations d'exploitations artisanales en
permis de recherche ou d'exploitation est une incitation qui leur est faite pour passer de la mine artisanale à la
mine semi-industrielle, ou de monnayer le fruit de leurs découvertes auprès d'opérateurs industriels comme la
loi autorise tout détenteur de titre minier (chapitre II du Titre II, art.20 et 21) .

L'exercice de l'activité artisanale est réservé aux seuls camerounais titulaires d'une carte individuelle de
prospecteur qui vaut autorisation de prospection à l'intérieur du département où ils sont domiciliés (art. 24).
L'artisan a la possibilité d'obtenir une autorisation d'exploitation artisanale pour 4 secteurs d'un hectare de
superficie maximale. Cette autorisation est valable pour des travaux ne dépassant pas 30 mètres de
profondeur.

3. Carrières

Un Titre spécifique (Titre IV) est réservé aux dispositions relatives aux substances de carrières. Ces
dispositions avaient été simplement renvoyées au Décret d'application dans l'ancienne loi. Les carrières étant
actuellement, avec les exploitations artisanales, la seule activité d'extraction de substances solides au
Cameroun, le législateur a entériné leur prédominance dans ce domaine en spécifiant dans la nouvelle loi les
conditions afférentes à leur exploitation.

Sont distinguées les carrières temporaires qui sont soumises à une autorisation d'exploitation et les carrières
permanentes, soumises elles à un permis d'exploitation. Les paramètres de ces titres sont détaillés dans le
tableau adjacent :

4. Environnement

La protection de l'environnement n'était pas même évoquée dans l'ancienne loi. La nouvelle lui consacre un
chapitre particulier (chapitre V du Titre V, art.85 à 88). Les points principaux de ce chapitre sont :

- l'obligation faite aux opérateurs miniers de se conformer à la législation en matière de protection et de


gestion de l'environnement et de n'utiliser que des méthodes adaptées pour cette protection ainsi que
celles des travailleurs et des riverains ;
- la création d'un compte de réhabilitation de l'environnement, sorte de garantie financière pour pouvoir
financer la réhabilitation d'un site après fermeture.

5. Incitation à l'Investissement International

La nouvelle loi limite le rôle de l'Etat dans la vie des sociétés minière en stipulant une participation de l'Etat au
plus égale à 10% des parts ou actions d'apport de la société d'exploitation (art.11) (pas de limitation dans
l'ancienne loi).

Elle favorise l'Investissement international par diverses mesures (inexistantes dans l'ancienne loi) :

- égalité affirmée des entrepreneurs internationaux et nationaux devant la loi (art.14, 15) ;
- Bénéfice de l'admission temporaire pour les matériels utilisés pour l'exploration ainsi que de
l'exonération totale des taxes et droits de douane pour les pièces de rechange et les lubrifiants
nécessaires au bon fonctionnement du matériel d'exploration (art.94) ;
- Exonération de divers impôts (sur les sociétés, sur les bénéfices) et de taxes pour les titulaires de
permis de recherche (art.95) ;

- Exonération totale des taxes et droits de douane pendant la phase de construction de la mine pour les
matériaux et biens d'équipement nécessaires à cette construction, pour les lubrifiants spécifiques et
pour un premier lot de pièces de rechange. Même exonération, jusqu'à la première production
commerciale, sur l'importation des intrants (art.96) ;

- Liberté de transférer les capitaux et revenus garantie aux personnes physiques et morales étrangères
qui effectuent un investissement minier financé par un apport en devises (art.100).
RÉGIME FISCAL ET LÉGISLATION COMMERCIALE

Au Cameroun, les activités minières s'effectuent dans le cadre juridique et fiscal qui est régi par les textes
suivants:

Code Minier - Ministère des Mines, de l'Eau et de l'Energie:

•Décret n° 90/1478, modifiant et complétant certaines dispositions du décret n° 81/277, fixant les modalités
d'acquittement de la taxe à l'extraction des produits de carrières •Décret n° 90/1477 abrogeant les dispositions
contraires du décret n° 78/036 portant réglementation des carrières •Arrête n° 01D5/MIMEN/DMG/SDAMT du
18 juillet 1983, fixant les conditions d'exploitation des carrières domaniales par les services publics et les co-
contractants de l'administration •Loi 82/20 du 26 novembre 1982, régularisant les compagnies pétrolières •Loi
n° 80/23 du 27 novembre 1980, portant création d'une taxe sur les carrières •Loi n° 78/24 du 29 décembre
1978, fixant l'assiette, les taux et mode de recouvrement des droits fixes, redevances et taxes minières •Loi n°
77/15 du 6 décembre 1977, portant réglementation des explosifs et leurs artifices de mise à feu •Loi n° 76/14
du 8 juillet 1976 (complétée par la loi n° 90/02), fixant les taux et mode de recouvrement des droits fixes
d'exploitation de carrières •Décret 64/DF/163 du 26 mai 1964, portant application de la loi n° 64/LF/3 •Loi n°
64/LF/3 du 6 avril 1964, portant régime des substances minérales

Code des Impôts - Ministère des Finances

Code des Douanes - Ministère des Finances et de l'Information

Code de Travail - Ministère de la Fonction Publique et du Travail

Code des Investissements - Ministère du Commerce et de la Promotion Industrielle:

•Ordonnance n° 94/003 du 24 - 1 - 1994 modifiant certaines dispositions du code des investissements


•Ordonnance n° 90/007 du 8 - 11 - 1990 portant code des investissements du Cameroun

Code de l'Environnement - Ministère de l'Environnement et du Tourisme:

•Loi n° 96/12 du 5 août portant loi-cadre à la gestion de l'environnement •Loi n° 95/08 du 30 janvier 1995
portant sur la radioprotection •Loi n° 89/027 du 29 décembre 1989 portant sur les déchets toxiques et
dangereux.

Code Minier

République du Cameroun
(Loi n°1 du 16 avril 2001)

TITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES

Chapitre 1er - Du champ d'application des définitions


Chapitre II - De l'élégibilité
Chapitre III - Des garanties générales
Chapitre IV - De la convention minière
TITRE II - DES DISPOSITIONS COMMUNES AUX TITRES MINIERS

Chapitre 1er - De l'attribution et du renouvellement des titres


Chapitre II - Des transactions sur les titres miniers
Chapitre III - De la validité des titres miniers

TITRE III - DES DISPOSITIONS SPECIFIQUES APPLICABLES


AUX OPERATIONS MINIERES

Chapitre 1er - Des opérations minières artisanales


Section 1ère - De la carte individuelle de prospecteur
Section II - De l'autorisation d'exploitation artisanale
Chapitre II - Des opérations minières industrielles
Section 1ère - Du permis de reconnaissance
Section II - Du permis de recherche
Section III - Du permis d'exploitation

TITRE IV - DES DISPOSITIONS RELATIVES AUX SUBSTANCES DE CARRIERES

TITRE V - DES DROITS ET DES OBLIGATIONS ATTACHES A L'EXERCICE


DES ACTIVITES MINIERES OU DE CARRIERES

Chapitre 1er - De la zone d'interdiction ou de protection


Chapitre II - Des relations avec les propriétaires du sol
Section 1ère - De l'exploitation des substances minérales
Section II - De l'exploitation des substances de carrières
Section III - De la réparation des dommages et du règlement des litiges pour les travaux
non déclarés d'utilité publique
Chapitre III - Des relations entre exploitants
Chapitre IV - De la sécurité et de l'hygiène
Chapitre V - De la protection de l'environnement

TITRE VI - DES DISPOSITIONS FINANCIERES

Chapitre 1er - Des droits à compensation pour les riverains


Chapitre II - Des dispositions fiscales
Section 1ère - De la fiscalité spécifique
Section II - Du régime fiscal et douanier
Chapitre III - Du régime de change

TITRE VII - DE LA SURVEILLANCE ADMINISTRATIVE ET TECHNIQUE


DES ACTIVITES MINIERES

TITRE VIII - DES DISPOSITIONS PENALES

TITRE IX - DES DISPOSITIONS DIVERSES, TRANSITOIRES ET FINALES

TITRE PREMIER
DES DISPOSITIONS GENERALES

CHAPITRE PREMIER

DU CHAMP D'APPLICATION ET DES DEFINITIONS

Article premier - (1) La présente loi et les textes pris pour son application ont pour objet de régir les activités
minières et de promouvoir les investissements dans le Secteur minier en République du Cameroun. Ils visent
à favoriser et à encourager la recherche et l'exploitation des ressources minérales nécessaires au
développement économique et social du pays ainsi qu'à la lutte contre la pauvreté.

(2) Les dispositions de la présente loi s'appliquent sur toute l'étendue du territoire de la République du
Cameroun, dans les eaux territoriales, la zone économique exclusive et sur le plateau continental.

(3) Les hydrocarbures liquides et gazeux ainsi que les schistes bitumineux font l'objet de lois particulières.

Article 2 - Au sens de la présente loi et de ses textes d'application, les définitions suivantes sont admises :

" Autorité compétente " Autorité habilitée à prendre les actes d'attribution et de renouvellement des permis
d'exploitation ;

" Conservateur " : Cadre de l'Administration chargée des Mines et de la Géologie, responsable de
l'établissement et de la tenue du registre dénommé Registre des Titres Miniers ;

" Droit exclusif " : Droit reconnu à un titulaire d'un titre minier d'exercer son activité à l'intérieur d'un périmètre
déterminé à l'exclusion de tout autre opérateur :

" Exploitation " : Extraction de substances minérales solides, liquides ou gazeuses, par n'importe quel
procédé ou méthode, de la terre ou sous la surface de la terre afin d'en extraire les substances utiles ; elle
comprend toutes opérations directement ou indirectement nécessaires ou qui s'y rapportent ;

" Exploitation artisanale " : Toute exploitation dont les activités consistent à extraire et à concentrer des
substances minérales en utilisant des méthodes et procédés manuels et peu mécanisés ;

" Gisement " : Tout gîte naturel de substances minérales exploitable dans les conditions économiques du
moment ;

" Gîtes géothermiques " : Gîtes enfermés au sein de la terre dont on peut extraire de l'énergie sous forme
thermique, notamment par l'intermédiaire des eaux chaudes et vapeurs souterraines qu'ils contiennent ;

" Minerai " : Toute substance matérielle sous forme solide, liquide ou gazeuse qui survient de manière
naturelle sur ou sous la terre, mais ne comprenant ni l'eau ni le pétrole ;

" Ministère " : Administration chargée des Mines et de la Géologie ;

" Ministre " : Ministre chargé des Mines et de la Géologie ;

" Périmètre " : Contour limitant la surface du terrain pour lequel un titre minier ou un permis de reconnaissance
est accordé ;
" Période prescrite " : Période de quatre-vingt-dix (90) jours ou toute période plus longue fixée par voie
réglementaire après expiration, abandon, retrait du titre ou renonciation ;

" Première production commerciale " Première mise sur le marché du produit de l'exploitation comme prévue
par le projet de développement présenté dans l'étude de faisabilité ;

" Recherche " : Tout procédé ou méthode d'investigation dans le but de localiser et d'évaluer les gisements
minéraux comprenant les opérations de prospection, l'échantillonnage en vrac et les essais en laboratoire ;

" Reconnaissance " : Ensemble des investigations systématiques et itinérantes de surface par des méthodes
géologiques, géophysiques ou autres faisant appel à de vastes superficies en vue de déceler les indices ou de
concentrations de substances minérales utiles ;

" Substances de carrières " Matériaux de construction ou minéraux industriels extraits par fouilles ou
autrement, dans le but de fournir des matériaux destinés à la construction, au commerce, à l'industrie ou à la
fabrication ;

" Terrain "

 la surface et la terre sous la surface du terrain ;


 l'eau ;
 la plage, la zone entre le niveau moyen des laisses de hautes eaux de la mer et le niveau moyen des
laisses de basses eaux de la mer ;
 la zone offshore, le fond marin sous la mer territoriale qui va du niveau moyen des laisses de basses eaux
de la mer jusqu'aux profondeurs admises pour la recherche ou l'exploitation des minerais ;
 le lit de toute rivière, cours d'eau, estuaire, lac ou marécage.

" Titre minier " :

 autorisation d'exploitation artisanale ;


 permis de recherche ;
 permis d'exploitation ;
accordés conformément aux dispositions de la présente loi ;

" Titulaire " : Personne physique ou morale dont le nom est porté sur le registre comme propriétaire d'un titre
minier ;

" Usine d'exploitation " : tous bâtiments, installations, usines, appareils, équipements, outils ou autres biens de
toute nature, fixés ou non sur la terre.

Article 3 - (1) Les gîtes naturels de substances minérales sont classés relativement à leur régime légal en
carrières et en mines.

(2) Sont considérés comme carrières, les gîtes de matériaux de construction et d'amendement pour la culture
des terres et autres substances analogues, à l'exception des calcaires, des phosphates, des nitrates, des sels
alcalins et autres sels associés dans les mêmes gisements. Les tourbières sont également classées parmi les
carrières. Cette classification peut être modifiée par voie réglementaire.
(3) Sont considérés comme mines, les gîtes de toutes substances minérales non classés dans les carrières y
compris les gîtes géothermiques, les eaux minérales et thermo-minérales.

Article 4 - Sauf dérogation légale, tout terrain, y compris l'eau qui s'étend sur ledit terrain est disponible pour
l'attribution des titres miniers.

Article 5 - (1) Dans l'intérêt de l'Etat, le ministre chargé des mines peut exclure tout terrain ou toute substance
minérale des recherches, de l'exploitation industrielle ou de l'exploitation artisanale.

(2) La décision d'exclusion est publiée au Journal officiel ou dans un journal d'annonces légales. Elle
détermine la zone de terrain ou la substance minérale concernée.

(4) Le retrait de la décision d'exclusion est décidé dans les mêmes formes que la décision d'exclusion.
(3) L'exclusion ne peut porter sur un terrain objet d'un titre minier qu'après expiration de la validité de celui-ci.

(5) Les demandes de titre minier sur un terrain exclu, enregistrées avant la publication de la décision
d'exclusion sont conservées en instance. Elles sont traitées en priorité si la décision d'exclusion venant à
prendre fin.

Article 6 - (1) La propriété des mines est distincte de celle du sol.

(2) Les mines sont et demeurent propriété de l'Etat.

(3) Aux fins des activités minières, l'Etat exerce sur l'ensemble du territoire camerounais des droits souverains.

Article 7 - (1) Les carrières sont réputées liées à la propriété du sol. Elles en suivent le régime.

CHAPITRE II

DE L'ELIGIBILITE

Article 8 - (1) Peut entreprendre ou conduire une activité régie par la présente loi sur le domaine public, le
domaine privé de l'Etat ou le domaine national, toute personne physique ou morale, quelle que soit sa
nationalité.

(2) Toute personne physique ou morale désirant exercer une activité minière doit, au préalable, obtenir un
permis de reconnaissance ou un titre minier, délivré dans les conditions prévues par la présente loi.

Article 9 - L'exercice de l'activité minière artisanale est réservé aux personnes de nationalité camerounaise,
sous réserve de l'obtention d'une carte individuelle de prospecteur et/ou de l'autorisation d'exploitation
artisanale délivrées dans les conditions définies par la présente loi.
Article 10 - Tout titulaire d'un titre minier émis en vertu de la présente loi doit justifier d'un domicile au
Cameroun. S'il ne réside pas lui-même au Cameroun, il doit y élire domicile chez son représentant dont il fait
connaître l'identité et les qualifications à l'Administrations chargée des Mines.

Article 11 - L'attribution d'un permis d'exploitation peut donner lieu à l'attribution d'une participation de l'Etat au
plus égale à 10 % des parts ou actions d'apport de la société d'exploitation. La nature et les modalités de cette
participation sont déterminées dans une Convention qui doit être conclue avant l'exploitation.

Article 12 - Dans le but d'améliorer la connaissance géologique ou scientifique dans des conditions qui ne
requièrent pas l'obtention d'un titre minier, l'Etat peut réaliser ou autoriser des activités de reconnaissance
dans les conditions définies par voie réglementaire.

CHAPITRE III

DES GARANTIES GENERALES

Article 13 - Les personnes physiques ou morales régulièrement établies au Cameroun, se livrant ou désirant
se livrer à des activités de recherche ou d'exploitation minières bénéficient des garanties générales et des
avantages prévus par la présente loi.

Article 14 - (1) Dans le cadre de leurs activités professionnelles, les employeurs et travailleurs étrangers sont
soumis aux lois et règlements camerounais sans discrimination aucune par rapport aux Camerounais.

(2) Ils peuvent faire partie des organisations de défense des intérêts professionnels dans le cadre des lois
camerounaises.

(3) En outre, les entreprises étrangères et leurs dirigeants sont représentés dans les mêmes conditions que
les entreprises et particuliers de nationalité camerounaise dans les assemblées consulaires et dans les
organismes assurant la représentation des intérêts professionnels et économiques.

Article 15 - Sans préjudice des accords internationaux et des lois et règlements en vigueur, sont notamment
garantis aux personnes physiques ou morales régulièrement établies :

 le droit de disposer librement de leurs biens et d'organiser à leur gré leur entreprise ;
 la liberté d'embauche et de licenciement ;
 le libre choix des fournisseurs et des prestataires de services ;
 le libre accès aux matières premières et aux intrants ;
 la libre circulation à l'intérieur du Cameroun de leurs produits semi-finis et finis.

CHAPITRE IV

DE LA CONVENTION MINIERE

Article 16 - (1) En vue du développement et de l'exploitation d'une découverte minière ou de leur financement,
une Convention minière est conclue entre le titulaire du permis de recherche et l'Etat. Ladite convention
comprend notamment les dispositions relatives :
 à la circonstance ou la manière dont l'autorité administrative exerce toute fonction conférée par la
présente loi ;
 aux droits et obligations afférents à chaque partie ;
 à l'étude de faisabilité préparée par le titulaire et ses propositions de développement ;
 à la définition des phases de construction de la mine, de production commerciale et les régimes fiscaux y
afférents ;
 aux règles d'hygiène, de sécurité et de protection de l'environnement et du patrimoine culturel spécifiques
aux opérations proposées ;
 aux relations avec les communautés affectées par le développement minier ;
 aux obligations relatives à l'emploi, à la formation professionnelle et aux réalisations à caractère social ;
 aux relations avec les fournisseurs et sous-traitants ;
 aux règlement des litiges relatifs à la convention ou à l'application de la présente loi par toute voie de droit
y compris l'arbitrage international ;
 à la nature et aux modalités de l'éventuelle participation de l'Etat dans un développement minier couvert
par un permis d'exploitation ;
 à tout autre sujet que les parties prenantes à la convention peuvent juger digne d'intérêt.

(2) Si les dispositions de la convention viennent à compléter celles de la présente loi même sans y

TITRE II

DES DISPOSITIONS COMMUNES

AUX TITRES MINIERS

Article 17 - (1) Les titres miniers sont inscrits dans un registre tenu par le Conservateur des titres miniers.

(2) Les modalités de gestion du registre des titres miniers sont fixées par voie réglementaire.

CHAPITRE PREMIER

DE L'ATTRIBUTION ET DU RENOUVELLEMENT DES TITRES MINIERS

Article 18 - Les demandes d'attribution ou de renouvellement des titres miniers introduites auprès du
Conservateur sont instruites suivant les modalités définies par voie réglementaire.

Article 19 - L'attribution d'un permis de recherche ou d'un permis d'exploitation est conditionnée par le
versement d'une caution garantissant l'exécution par le titulaire de ses obligations. Le montant et les modalités
de versement de cette caution sont fixés par voie réglementaire.

CHAPITRE II

DES TRANSACTIONS SUR LES TITRES MINIERS


Article 20 - (1) Tout droit portant sur un titre minier peut donner lieu à toute forme de transaction, notamment
la cession, la transmission, le nantissement et le gage. Il peut également faire l'objet d'une saisie.

(2) L'approbation est de droit lorsque le titulaire a satisfait aux obligations lui incombant en vertu de la
présente loi et a présenté une demande conforme à la réglementation en vigueur, à condition toutefois que le
cessionnaire ou titulaire potentiel respecte les conditions prévues par la législation et la réglementation
minières.

(3) Les modalités d'exercice des formes de transactions prévues à l'alinéa (1) ci-dessus sont fixées par voie
réglementaire.

Article 21 - (1) Les titres miniers du même type peuvent être consolidés en un ou plusieurs titres miniers de ce
type.

(2) La composition, les conditions et la procédure d'instruction des demandes de consolidation des titres
miniers sont fixées par voie réglementaire.

CHAPITRE III

DE LA VALIDITE DES TITRES MINIERS

Article 22 - La durée de validité du titre minier court à compter de la date de notification de la décision
d'attribution.

Article 23 - (1) La validité du titre minier prend fin par renonciation, par retrait ou par expiration du délai de
validité.

(2) Les modalités de renonciation et de retrait des titres miniers sont fixées par voie réglementaire.

TITRE III

DES DISPOSITIONS SPECIFIQUES APPLICABLES AUX OPERATIONS


MINIERES

CHAPITRE PREMIER

DES OPERATIONS MINIERS ARTISANALES

SECTION PREMIÈRE

DE LA CARTE INDIVIDUELLE DE PROSPECTEUR

Article 24 - (1) La carte individuelle de prospecteur est délivrée à toute personne physique majeure de
nationalité camerounaise désirant prospecter des substances minérales de façon artisanale à l'intérieur du
département où elle a élu domicile.
(2) Les modalités de délivrance et de renouvellement de la carte individuelle de prospecteur sont fixées par
voie réglementaire.

SECTION II
DE L'AUTORISATION D'EXPLOITATION ARTISANALE

Article 25 - (1) Le titulaire d'une carte individuelle de prospecteur peut à tout moment, délimiter un ou plusieurs
périmètre(s) d'exploitation artisanale en conformité avec la présente loi et selon les modalités prévues par voie
réglementaire.

(2) Lorsque le titulaire d'une carte individuelle de prospecteur a délimité un périmètre d'exploitation artisanale,
il doit faire procéder à la constatation coutumière ou administrative de la délimitation dudit périmètre et, dans
un délai de trente (30) jours suivant cette délimitation, demander l'octroi d'une autorisation d'exploitation
artisanale selon les modalités prévues par voie réglementaire.

(3) L'autorisation d'exploitation artisanale est accordée par l'autorité territorialement compétente dans les
quinze (15) jours suivant le dépôt de la demande. Passé ce délai, elle est réputée accordée si la demande n'a
pas fait l'objet d'un rejet explicite.

(4) L'octroi d'une autorisation d'exploitation artisanale est subordonné au versement de tous les droits ou
autres impôts applicables au périmètre.

Article 26 - (1) La superficie de chaque terrain pour lequel l'octroi d'une autorisation d'exploitation artisanale
est attribuée ne peut excéder cent (100) mètres sur cent (100) mètres.

(2) Un titulaire peut obtenir au plus quatre (4) autorisations d'exploitation artisanale, à condition qu'elles
portent sur des terrains contigus.

Article 27 - L'autorisation d'exploitation artisanale ouvre le droit à des travaux d'exploitation sur une profondeur
maximum de trente (30) mètres.

Article 28 - (1) L'autorisation d'exploitation artisanale confère à son titulaire le droit de s'établir sur le périmètre
attribué et un droit exclusif de prospecter et d'extraire les substances minérales à l'intérieur du périmètre
d'exploitation artisanale, de les enlever et d'en disposer.

(2) Le titulaire d'une autorisation d'exploitation artisanale doit :

 fournir à l'Administration chargée des Mines des informations relatives à ses opérations d'exploitation et
de prospection selon les modalités fixées par voie réglementaire ;
 exécuter sans délai toutes instructions relatives aux opérations d'exploitation que peut lui donner
l'Administration chargée des Mines pour assurer la sécurité du travail sur le site ou assurer une
exploitation minière conforme aux règles de l'art et à la protection de l'environnement.

(3) Le titulaire d'une autorisation d'exploitation artisanale peut à tout moment, demander un permis de
recherche ou un permis d'exploitation sur le périmètre d'exploitation artisanale dans les conditions prévues par
la présente loi.
Article 29 - (1) La validité initiale d'une autorisation d'exploitation artisanale est de deux (2) ans à compter de
la date d'enregistrement de ladite autorisation. Elle est renouvelable tous les deux (2) ans.

(2) L'autorisation d'exploitation artisanale devient caduque si son titulaire obtient un permis d'exploitation sur le
périmètre concerné.

Article 30 - Dans le respect des dispositions de l'article 20 ci-dessus, le titulaire de l'autorisation d'exploitation
artisanale demeure responsable de l'exécution de toute tâche, obligation ou responsabilité imposée par la
présente loi par rapport au périmètre d'exploitation artisanale, notamment la préservation de la santé des
populations et la sécurité de tous les sites de travaux dans le périmètre.

Article 31 - (1) L'autorisation d'exploitation artisanale peut être retirée par l'autorité qui l'a délivrée si le
titulaire :

 n'utilise pas le terrain dans le périmètre d'exploitation artisanale pour des opérations d'exploitation
artisanale ou le destine à tout emploi autre que des opérations minières ;
 ne se conforme pas aux dispositions de la présente loi ou aux conditions de l'autorisation d'exploitation
artisanale ;
 ne se conforme pas aux instructions liées à l'application de la présente loi ;
 ne verse pas les sommes exigées aux termes de la présente loi dans un délai d'un mois après leur
échéance ;
 est déclaré en faillite ;
 conclut un accord ou un programme avec ses créanciers ou profite d'une loi quelconque dans l'intérêt des
débiteurs ;
 est déclaré en liquidation judiciaire pour ce qui est des personnes morales.

(2) Le retrait doit être notifié par écrit au titulaire de l'autorisation retirée.

CHAPITRE II

DES OPERATIONS MINIERES INDUSTRIELLES

SECTION PREMIÈRE

DU PERMIS DE RECONNAISSANCE

Article 32 - (1) Le permis de reconnaissance peut être délivré en vue de mener des investigations
systématiques et itinérantes de surface par des méthodes géologiques, géophysiques ou autres faisant appel
à de vastes superficies en vue de déceler les indices ou des concentrations de substances minérales utiles ;

(2) - Le permis de reconnaissance est attribué ou renouvelé par le ministre chargé des Mines suivant les
modalités fixées par voie réglementaire.

Article 33 - Le permis de reconnaissance est valable pour une période d'un an renouvelable.

Article 34 - La superficie totale du terrain pour lequel le permis de reconnaissance est attribué ne doit pas
excéder dix mille (10000) kilomètres carrés et doit être constituée d'un seul bloc en forme polygonale.
Article 35 - Le permis de reconnaissance confère à son titulaire :

 le droit non-exclusif et non-transmissible de mener des opérations de reconnaissance à l'intérieur du


périmètre de reconnaissance ;
 le droit d'entrer dans le périmètre de reconnaissance et d'ériger, sous réserve du respect de la législation
foncière et domaniale en vigueur, des installations appropriées.

Article 36 - Le titulaire d'un permis de reconnaissance doit mener les opérations en conformité avec son
programme et remettre les rapports périodiques dont le contenu et la fréquence sont précisés par voie
réglementaire.

SECTION II

DU PERMIS DE RECHERCHE

Article 37 - (1) Le permis de recherche est délivré par arrêté du ministre chargé des Mines en vue de mener
les investigations destinées à localiser et évaluer les gisements minéraux et en déterminer les conditions
d'exploitation commerciale.

(2) Les modalités d'attribution et de renouvellement du permis de recherche sont fixées par voie
réglementaire.

Article 38 - (1) Le permis de recherche est délivré pour une durée initiale maximale de trois (3) ans.
(2) Le permis de recherche est renouvelable quatre (4) fois au plus, par période maximale de deux (2) ans
chacune.

(3) Les demandes de renouvellement sont déposées dans les formes requises et selon les modalités fixées
par voie réglementaire sous réserve que le titulaire ait rempli ses obligations pour la période de validité en
cours.

Article 39 - (1) La superficie du terrain sur lequel un permis de recherche peut être accordé ne doit pas
excéder mille (1000) kilomètres carrés. Le périmètre de recherche doit être formé en un seul bloc de forme
polygonale. Il est matérialisé selon les modalités fixées par voie réglementaire.

(2) Sous réserve des dispositions de l'alinéa (3) ci-dessous, le renouvellement de la validité d'un permis de
recherche emporte renonciation par le titulaire d'une superficie au moins égale à la moitié du périmètre détenu
pendant la durée antérieure.

(3) Lorsqu'un périmètre de recherche a été réduit à moins de 62 kilomètres carrés, le titulaire n'est plus tenu
de faire d'autres renonciations.

(4) La renonciation prend effet à compter de la date de renouvellement du permis de recherche.

Article 40 - (1) Le demandeur d'un permis de recherche propose un programme des travaux et le budget y
relatif qui sont approuvés par le ministre chargé des Mines dans les conditions fixées par voie réglementaire.

(2) Le titulaire d'un permis de recherche peut à tout moment demander le changement du programme en
cours suivant les conditions fixées par voie réglementaire.
Article 41 - (1) Le permis de recherche autorise le titulaire, conformément aux dispositions de la présente loi
à:

 entrer et à occuper la superficie du permis de recherche ;


 extraire, enlever et disposer des rochers, de la terre, du sol ou des substances minérales dans des
quantités permises par le programme approuvé ;
 prendre et utiliser l'eau située sur ou coulant à travers ledit terrain pour tout besoin nécessaire aux travaux
de recherche, conformément à la législation en vigueur ;
 mener tous autres travaux appropriés pour entreprendre les recherches sur le terrain.

(2) Le titulaire du permis de recherche a droit à l'occupation exclusive du terrain compris dans le permis, et
sous réserve du respect des droits des tiers tels que protégés par la législation foncière et domaniale en
vigueur, pour les besoins de recherche.

Article 42 - (1) Le titulaire d'un permis de recherche est tenu d'adresser des rapports au ministre chargé des
Mines dans les conditions prévues par voie réglementaire.

(2) Pendant la durée de validité du permis de recherche ou, le cas échéant, du permis d'exploitation en
résultant, tout rapport remis en application des dispositions de la présente loi ne peut être mis à la disposition
d'une personne étrangère à l'Administration chargée des Mines. Son contenu ne peut pas non plus être
divulgué sauf dans la mesure où des éléments sont nécessaires à la publication des informations statistiques
sur la géologie et les ressources minérales de la nation.

(3) Tout rapport déposé concernant une portion de terrain qui fait l'objet de renonciation dans le cadre d'un
permis de recherche peut être mis à la disposition du public pour consultation et reproduction.

Article 43 - Le titulaire d'un permis de recherche a droit à la libre utilisation des produits extraits à l'occasion de
la recherche et des essais à condition que les travaux de recherche ne revêtent pas un caractère de travaux
d'exploitation et sous réserve d'en faire la déclaration préalable à l'Administration chargée des Mines.

Article 44 - (1) Lorsque le titulaire d'un permis de recherche localise un gisement et démontre au ministre avec
rapport de pré-faisabilité à l'appui qu'il ne peut pas raisonnable l'exploiter immédiatement, il peut solliciter un
changement du programme qui lui permettrait de réserver le périmètre et le permis de recherche pour une
autre période de deux ans éventuellement renouvelable.

(2) Si la demande d'un changement est approuvée, le programme approuvé peut comprendre notamment :

 le maintien des relations avec les propriétaires des terrains objet du permis de recherche ;

 le maintien des bâtiments et services établis au cours des recherches sur le terrain objet de la demande ;

 une évaluation annuelle de la faisabilité du lancement des opérations d'exploitation ;

 d'autres travaux de recherche convenus entre le ministre chargé des Mines et le titulaire.
SECTION III

DU PERMIS D'EXPLOITATION

Article 45 - (1) Le permis d'exploitation est accordé par décret du Président de la République après avis du
ministre chargé des Mines en vue de l'extraction des substances minérales solides, liquides ou gazeuses par
n'importe quel procédé ou méthode de la terre ou sous la surface de la terre afin d'en extraire les substances
utiles ; il comprend toutes opérations directement ou indirectement nécessaires ou qui s'y rapportent.

(2) La demande de permis d'exploitation formulée sur une fiche prévue à cet effet est déposée en trois
exemplaires dont un original timbré au tarif en vigueur et deux copies, et accompagnée entre autres :

 du levé topographique prévu par voie réglementaire ;


 des propositions du demandeur comprenant des documents et des études prévus par voie réglementaire ;
 d'une déclaration donnant les détails des ressources techniques et financières dont dispose le demandeur
;
 de la quittance attestant le versement des droits fixes.

(3) Les modalités d'attribution et de renouvellement du permis d'exploitation sont fixées par voie
réglementaire.

Article 46 - (1) La demande de permis d'exploitation est instruite par les services de l'Administration chargée
des Mines qui disposent d'un délai de soixante (60) jours à compter de la date d'enregistrement de la
demande pour étudier le dossier et vérifier notamment si :

 l'étude de faisabilité soumise par de demandeur prévoit :

. le développement des gisements miniers situés sur le terrain suivant les règles de l'art ;
. la protection appropriée de l'environnement à travers une étude d'impact et un plan de gestion ;
. l'impact socio-économique.

 le périmètre et la durée de validité sollicités correspondent aux conclusions de l'étude de faisabilité.

(2) Le dossier jugé recevable est transmis à l'autorité compétente qui dispose de 45 jours pour se prononcer.

Article 47 - La convention minière est établie sur la base du dossier de demande de permis d'exploitation jugé
acceptable. Celle-ci sera conclue avant l'octroi du permis d'exploitation et prendra effet à la date d'attribution
du permis.

Article 48 - (1) Le permis d'exploitation est accordé pour une durée n'excédant pas vingt-cinq (25) ans. Cette
durée peut être renouvelée dans les conditions prévues à l'alinéa (2) ci-dessous.

(2) Au cas où le titulaire du permis d'exploitation se conforme à toutes les conditions du permis d'exploitation,
à sa demande, le ministre chargé des Mines doit renouveler la validité du permis d'exploitation pour une
période ou des périodes n'excédant pas dix (10) ans chacune, représentant la durée de vie complémentaire
démontrée dans les mêmes conditions que la durée initiale, jusqu'à épuisement du gisement.

Article 49 - La superficie pour laquelle le permis d'exploitation est accordée est fonction du gisement dont
l'exploitation est envisagée tel qu'il est défini dans l'étude de faisabilité. La surface doit être constituée d'un
seul bloc de forme polygonale et être entièrement contenue à l'intérieur du permis de recherche dont le permis
d'exploitation dérive.
Article 50 - (1) Le permis d'exploitation autorise le titulaire, conformément aux dispositions de la présente loi
à:

 entrer et occuper le terrain objet du permis d'exploitation conformément aux dispositions des articles 64 à
69 ci-dessous en vue d'entreprendre les opérations afférentes au titre concerné ;
 construire une usine de traitement sur le terrain considéré ;
 traiter tout minéral dérivant des opérations d'exploitation sur ledit terrain ou ailleurs ;
 ériger toutes autres structures nécessaires pour le traitement des haldes et des résidus ;
 enlever et prendre les rochers, la terre, et les minéraux de la terre avant ou après traitement ;
 prendre et utiliser l'eau située sur ou coulant à travers le terrain en question à toute fin nécessaire pour les
opérations d'exploitation et de traitement conformément à la législation en vigueur ;
 mener toute autre action appropriée pour la réalisation des opérations d'exploitation ou de traitement sur
le terrain considéré.

(2) Sous réserve des dispositions de la présente loi, le titulaire d'un permis d'exploitation a le droit :

 exclusif d'occuper le terrain objet du permis pour l'exploitation et toutes autres opérations liées à
l'exploitation ;
 de disposer de tous les minéraux extraits du terrain considéré.

Article 51 - (1) Le titulaire d'un permis d'exploitation peut à tout moment, demander au ministre un
changement des propositions approuvées.

(2) La demande de changement doit :

 être faite par écrit ;


 spécifier que le changement est sollicité soit :

. parce que, pour des raisons indépendantes de sa volonté, le titulaire n'est pas en mesure d'exécuter les
propositions approuvées ;
. pour développer la mine, mener des opérations minières différente à celle proposée initialement ;
. pour toute autre raison justifiée.

Le ministre chargé des Mines après étude, transmet le dossier assorti de son avis au Président de la
République pour approbation.

(3) Si celui-ci rejette la demande de changement, le ministre chargé des Mines doit notifier par écrit ce rejet au
demandeur.

Article 52 - (1) Le titulaire d'un permis d'exploitation doit adresser à l'administration chargée des Mines les
rapports suivants, couvrant les périodes ci-après :

 chaque mois calendaire à compter de la date d'attribution du permis, un rapport détaillé sur la production
des substances minérales s'il y en a, y compris les détails sur la quantité et la valeur des substances
minérales récupérées dans un délai de trente (30) jours suivant la fin de la période du compte rendu :

 chaque année calculée à partir de la date d'attribution du permis, un rapport présentant les détails
complets sur tous les travaux entrepris en rapport avec le permis, notamment les détails sur la production
des substances minérales, les travaux de développement, les recherches et toutes autres informations
utiles à la géologie et aux ressources minières dans le périmètre d'exploitation ;
 pour la période courant depuis la date d'attribution jusqu'à la date de renonciation à tout ou partie du
permis d'exploitation ou à la date d'expiration ou de retrait du permis, un rapport résumant tous les travaux
se rapportant au permis y compris les conditions requises au deuxième tiret ci-dessus depuis que le
dernier rapport a été déposé.

(2) Les rapports mensuels et annuels déposés aux termes de l'alinéa (1) ci-dessus sont confidentiels. Ils ne
peuvent être communiqués à une personne étrangère à l'Administration chargée des Mines et leurs contenus
ne peuvent être révélés sauf pour permettre à cette Administration de publier les données statistiques
relatives à la géologie et aux ressources minérales de l'Etat.

(3) Le rapport résumant tous les travaux se rapportant au permis d'exploitation déposé aux termes de l'alinéa
(1) ci-dessus peut être accessible à toute personne pour consultation et reproduction.

TITRE IV

DES DISPOSITIONS RELATIVES AUX SUBSTANCES DE CARRIERES

Article 53 - (1) Les dispositions applicables aux opérations minières s'appliquent à l'exploitation des
substances de carrières sous réserve de celles prévues au présent chapitre.

(2) La recherche de gîtes de substances de carrières est autorisée par l'Administration chargée des Mines
conformément à la réglementation minière.

(3) L'exploitation de substances de carrières est autorisée en vertu :

 d'une autorisation d'exploitation de carrières pour les carrières temporaires ;


 d'un permis d'exploitation de carrières pour les carrières permanentes.

Article 54 - (1) Sous réserve des droits antérieurs, l'autorisation d'exploitation de carrières ainsi que le permis
d'exploitation de carrières sont délivrés par le ministre chargé des Mines, après consultation des autorités
administratives compétentes et des communautés locales concernées, aux personnes physiques de
nationalité camerounaise et aux sociétés de droit camerounais ayant présenté une demande conforme à la
réglementation minière et justifiant d'un contrat de bail ou d'un titre de propriété.

(2) Le propriétaire du sol est tenu d'obtenir une telle autorisation ou un tel permis s'il souhaite exploiter lui-
même sur son terrain. Toutefois, l'exploitation de carrières par le propriétaire du sol à des fins exclusivement
domestiques nécessite une déclaration préalable auprès de l'autorité chargée des Mines territorialement
compétente. Cette exploitation domestique demeure soumise à la réglementation en matière de sécurité du
travail et de l'environnement.

(3) La demande d'autorisation d'exploitation de carrières ainsi que la demande de permis d'exploitation de
carrières sont introduites auprès de l'autorité chargée des mines territorialement compétente suivant les
modalités prévues par voie réglementaire.

Article 55 - (1) L'autorisation d'exploitation de carrières est valable seulement pour la période qui y est définie.
Cette période ne peut excéder deux (2) ans. Une autorisation d'exploitation de carrières qui n'a pas été utilisée
dans les douze (12) mois à compter de la date d'attribution est réputée caduque. Toute mise en activité
ultérieure doit faire l'objet d'une nouvelle demande d'autorisation d'exploitation de carrières.
(2) Le permis d'exploitation de carrières est valable pour cinq (5) ans à compter de la date de l'arrêté
d'attribution. Un permis d'exploitation de carrières qui n'a pas été utilisé dans les douze (12) mois à compter
de la date d'attribution est réputé caduc et toute mise en activité ultérieure doit faire l'objet d'une nouvelle
demande de permis d'exploitation de carrières. Le permis d'exploitation de carrières est renouvelable
indéfiniment par période de trois (3) ans dans les mêmes conditions que les titres miniers.

Article 56 - (1) La superficie pour laquelle l'autorisation et le permis d'exploitation de carrières sont accordés
est définie dans l'acte d'attribution.

(2) Le titulaire d'un permis d'exploitation de carrières doit procéder au bornage du périmètre décrit dans le
permis par l'établissement de bornes et repères conformément à la réglementation minière et aux pratiques en
vigueur. Si après mise en demeure le bornage n'a pas été effectué, il y est procédé d'office aux frais du
bénéficiaire.

Article 57 - (1) L'autorisation ou le permis d'exploitation de carrières confère à son bénéficiaire, dans les
limites du périmètre et des conditions qui y sont définies, le droit exclusif d'exploiter les substances de
carrières qui s'y trouvent.

(2) L'autorisation ou le permis d'exploitation de carrières comporte, conformément aux lois et règlements en
vigueur, l'autorisation de transporter ou de faire transporter les substances de carrières extraites et leurs
dérivés primaires jusqu'au lieu de stockage, de traitement ou de chargement, d'en disposer sur le marchés
intérieurs ou de les exporter.

(3) Le titulaire de l'autorisation ou du permis d'exploitation de carrières a le droit, conformément à la


réglementation en vigueur, d'installer à l'intérieur des limites de son site, des machines pour creuser, broyer,
tailler et entasser les substances de carrières et de construire des bâtiments provisoires à usage de bureaux
ou de magasins mais non pour loger les employés autres que les gardiens.

(4) L'autorisation ou le permis d'exploitation de carrières permet également d'établir des installations de
conditionnement et de traitement primaire des substances de carrières conformément à la réglementation en
vigueur.

(5) Le titulaire de l'autorisation ou du permis d'exploitation de carrières peut autoriser par écrit une tierce
personne à exploiter les substances de carrières à l'intérieur de la superficie sous réserve d'une déclaration
auprès de l'autorité compétente. Cette personne n'a pas besoin d'une autorisation ou d'un permis
d'exploitation de carrières. Le titulaire de l'autorisation ou du permis d'exploitation de carrières demeure
responsable du respect de toute obligation prévue par la présente loi.

Article 58 - Le titulaire de l'autorisation ou du permis d'exploitation de carrières est tenu d'exploiter la carrière
conformément à la réglementation minière et aux plans de développement et d'exploitation produits et
approuvés par l'Administration chargée des Mines. Toute modification devra faire l'objet d'un accord préalable
de l'Administration chargée des Mines. Il doit, à tout moment, maintenir ses fouilles dans des conditions de
sécurité susceptibles de ne causer de dégâts ni aux personnes, ni aux animaux, ni à l'environnement. Il doit
en outre remettre tous les rapports et comptes rendus prévus par voie réglementaire.

Article 59 - (1) Les autorisations d'exploitation de carrières ne sont ni cessibles ni transmissibles.

(2) Les permis d'exploitation de carrières peuvent être retirés pour les mêmes motifs que pour les titres
miniers par l'autorité qui les a délivrés sans indemnité ni dédommagement.
(3) En cas d'expiration, de renonciation ou de retrait d'une autorisation ou d'un permis d'exploitation de
carrières, la superficie qu'elle couvre se trouve libérée de tous droits à compter de zéro (0) heure le lendemain
du jour de l'expiration de la période de validité ou de la date de notification de la décision de l'Administration
chargée des Mines.

(4) A l'arrêt de l'activité de la carrière, les bâtiments, dépendances, puits, galeries et d'une manière générale
tous les ouvrages établis et demeurés pour l'exploitation sont remis en sécurité conformément aux conditions
prévues au programme de gestion de l'environnement et de réhabilitation des sites exploités.

Article 61 - L'exploitation artisanale des substances de carrières est libre dans les zones désignées par
l'autorité chargée des Mines territorialement compétente, sous réserve du paiement d'une taxe communale.

TITRE V

DES DROITS ET DES OBLIGATIONS ATTACHES A L'EXERCICE DES


ACTIVITES MINIERS OU DE CARRIERES

CHAPITRE PREMIER

DE LA ZONE D'INTERDICTION OU DE PROTECTION

Article 62 - Aucun travail de prospection, de recherche ou d'exploitation ne peut être fait sans autorisation des
autorités compétentes :

 à la surface dans une zone de moins de cinquante (50) mètres :

. à l'entour des propriétés bâties, villages, groupes d'habitations, parcs nationaux, puits, édifices religieux,
lieux de sépulture et lieux considérés comme sacrés, sans le consentement du propriétaire ;

. de part et d'autre des voies de communication, conduites d'eau et généralement, à l'entour de tous
travaux d'utilité publique et ouvrages d'art ;

 dans tout parc national faisant l'objet d'une convention internationale.

Article 63 - (1) Des zones de protection de dimensions quelconques à l'intérieur desquelles la recherche et
l'exploitation peuvent être restreintes ou soumises à certaines conditions peuvent être établies pour la
protection d'édifices, agglomérations, lieux culturels et de sépultures, sites touristiques, points d'eau, voies de
communication, ouvrages d'art, travaux d'utilité publique, parcs nationaux, réserves des faunes, forêts
classées et en tous points où il serait jugé nécessaire pour la préservation de l'environnement et de l'intérêt
général.

(2) Une juste indemnité est payée au titulaire d'un titre minier ou au bénéficiaire d'une autorisation ayant subi
un préjudice du fait de l'établissement d'une zone de protection.

(3) Les mesures prévues au présent article sont précisées par les textes d'application de la présente loi.
CHAPITRE II

DES RELATIONS AVEC LES PROPRIETAIRES DU SOL

SECTION PREMIERE
DE L'EXPLOITATION DES SUBSTANCES MINERALES

Article 64 - L'entrée en vigueur de la convention minière ouvre droit en faveur de l'opérateur minier, à
l'attribution en jouissance par l'Etat des terrains nécessaires à l'exploitation des substances minérales
découvertes.

Article 65 - Aux fins de bénéficier de l'attribution en jouissance des terrains visée à l'article 68 ci-dessus,
l'opérateur minier saisit, suivant ses besoins, le ministre chargé des Mines d'un dossier précisant les limites et
la destination des parcelles dont il sollicite l'occupation privative en vue de l'exploitation des gisements
découverts.

Article 66 - (1) Dès réception de la demande d'occupation privative des terrains en vue de l'exploitation
minière, le ministre chargé des Mines saisit le ministre chargé des Domaines d'un dossier de demande de
déclaration d'utilité publique des travaux d'appropriation par l'Etat, des terrains nécessaires à la mise en
exploitation des ressources minérales de la nation dans les conditions prévues par la réglementation en
vigueur.

(2) Le ministre chargé des Domaines déclare les travaux d'utilité publique par arrêté. Toutefois, cet arrêté ne
confère pas à l'activité de l'opérateur minier un caractère de service public.

Article 67 - (1) Le préfet territorialement compétent désigné dans l'arrêté fait procéder aux enquêtes
nécessaires par la commission de constat et d'évaluation ; celle-ci dispose d'un délai de six (6) mois à
compter de sa saisie pour produire les dossiers devant servir à la préparation, selon le cas, des décrets
d'indemnisation, d'incorporation, d'expropriation ou de déclassement des parcelles sollicitées.

(2) L'appropriation de ces parcelles par l'Etat est destinée à leur attribution en jouissance en faveur de cet
opérateur minier.

Article 68 - (1) Dès publication des décrets visés à l'article 67 ci-dessus, le ministre chargé des Domaines fait
procéder :

à l'immatriculation des parcelles concernées au nom de l'Etat ;


à la signature des arrêtés autorisant la conclusion des baux emphytéotiques conformément à la législation et à
la réglementation en vigueur.

(2) Ces baux sont signés entre le préfet territorialement compétent et l'opérateur minier pour consacrer
l'attribution en jouissance des terrains concernés.

(3) Après enregistrement, chaque bail emphytéotique fait l'objet, à la diligence de l'opérateur minier, de la
publicité foncière réglementaire dans le livre du département de situation du terrain d'assiette. Un certificat
attestant l'inscription du bail est délivré à l'opérateur minier.

Article 69 - Les frais, les indemnités et d'une façon générale, toutes les charges résultant de l'application des
mesures de libération et d'attribution en jouissance des terrains d'assiette sont à la charge de l'opérateur
minier.
SECTION II
DE L'EXPLOITATION DES SUBSTANCES DE CARRIERES

Article 70 - Le dossier de demande d'autorisation ou de permis d'exploitation de carrières doit comporter le


contrat de bail ou le titre de propriété couvrant la durée de l'autorisation ou du permis, et établis conformément
à la législation en vigueur.

SECTION III DE LA REPARATION DES DOMMAGES ET DU REGLEMENT DES LITIGES POUR LES TRAVAUX NON DECLARÉS
D'UTILITE PUBLIQUE

Article 71 - (1) L'existence d'un titre minier ne peut empêcher le propriétaire du sol d'exploiter des matériaux
divers sur son terrain, ni faire obstacle à l'intérieur du périmètre du titre minier, à l'exécution de travaux d'utilité
publique ou à l'exploitation des matériaux divers pour ces travaux.

(2) Le titulaire d'un titre minier n'a droit qu'au remboursement des dépenses par lui faites ou rendues inutiles
par l'exécution de ces travaux d'exploitation de matériaux divers, compensation faite, le cas échéant, des
avantages qu'il peut en tirer.

Article 72 - (1) Le titulaire d'un permis d'exploitation ou d'une autorisation d'exploitation artisanale a le droit de
disposer, pour les besoins de son exploitation et des industries qui s'y rattachent, des substances autres que
minières dont ses travaux entraînent nécessairement l'abattage. Toutefois, il est tenu de respecter la
réglementation en vigueur pour ces substances et d'une façon générale celle relative à l'environnement.

(2) Le propriétaire du sol peut obtenir de l'exploitant les substances autres que minières qu'il n'utilise pas
contre paiement d'une juste indemnité, sauf si elles proviennent du traitement de substances minières
extraites.

Article 73 - (1) Le propriétaire du sol ou le détenteur de droits fonciers coutumiers ou d'occupation a droit à
une indemnité pour occupation de son sol par le titulaire d'un titre minier.

(2) Toutefois, le simple passage sur ces terrains n'ouvre pas droit à une indemnité si aucun dommage n'en
résulte. Le passage devra se faire dans les meilleurs conditions de préservation de l'environnement.

Article 74 - (1) L'occupation emporte, le cas échéant, le droit de couper le bois nécessaire à cette activité et
d'utiliser les chutes d'eau libres, les eaux de surface et souterraines, le tout, à l'intérieur du périmètre, défini
dans le titre minier ou l'autorisation, sous réserve d'indemnisation ou du paiement des taxes ou redevances
prévues par les lois et règlements en vigueur.

(2) En outre, le titulaire d'un titre minier doit se conformer à la législation en matière des eaux et forêts en ce
qui concerne la coupe des bois nécessaires à ses travaux, l'utilisation des chutes d'eau non utilisées ni
réservées et à leur aménagement pour les besoins de ses travaux à l'intérieur du périmètre du titre minier.

(3) L'occupation est subordonnée au paiement préalable de l'indemnité sauf accord expresse du propriétaire.
Article 75 - (1) Le titulaire d'un titre minier est tenu de réparer les dommages que ses travaux pourraient
occasionner à la propriété. De même, il est tenu de réparer les dommages causés sur les terrains ou
constructions avoisinants. Il ne doit en ces cas qu'une indemnité correspondant à la valeur du préjudice causé.

Article 76 - (1) La réparation à laquelle le propriétaire foncier peut prétendre comprend notamment :

 le fait d'être privé de l'utilisation ou de la possession de la surface naturelle de la terre ;


 le dommage causé à la surface naturelle de la terre ;
 la séparation de la terre ou d'une partie de celle-ci des autres terres possédées par le propriétaire du
terrain ;
 la perte ou la restriction du droit de jouissance, de passage ou autre droit ;
 la perte ou le dommage causé aux améliorations ;
 l'interruption des activités agricoles sur le terrain.

(2) Aucun droit à réparation ne peut résulter de l'entrée sur le terrain ou être basé sur la substance minérale
s'y trouvant.

Article 77 - (1) Le montant de la réparation est déterminé par un accord écrit entre le titulaire du titre minier et
le propriétaire foncier. Cet accord est déposé auprès de l'Administration des Domaines qui peut proposer aux
parties des modifications. Avant sont exécution, l'accord est inscrit dans le registre.

(2) En cas de désaccord, les partie peuvent recourir à l'expertise pour la détermination du montant du
paiement.

(3) Si le désaccord persiste, les parties peuvent recourir à l'arbitrage. Faute de quoi l'une des parties peut
saisir l'Administration des Domaines d'une requête tendant à fixer le montant de la réparation à payer.

(4) Avant l'intervention d'une décision, les parties sont contradictoirement entendues.
(5) La décision intervenue, notifiée aux parties, est susceptible de voies de recours dans un délai de dix (10)
jours. Toutefois elle est exécutoire par provision.

Article 78 - Le litige relatif à un terrain ne doit pas affecter le droit d'une personne de demander et d'obtenir un
titre minier ou la validité d'un titre minier octroyé.

Article 79 - (1) Lorsqu'un litige portant sur un terrain pour lequel un titre minier a été attribué rend tout accord
impossible, l'Administration des Domaines détermine d'office le montant de la réparation après une expertise
qu'elle ordonne aux frais du titulaire du titre minier.

(2) Le montant fixé est versé dans un compte séquestre déterminé par l'Administration des Domaines jusqu'au
règlement définitif du litige.

CHAPITRE III

DES RELATIONS ENTRE EXPLOITANTS

Article 80 - Tous travaux bénéficiant à plusieurs exploitants voisins obligent ceux-ci à contribuer à leur
paiement proportionnellement au bénéfice que chacun en tire.
Article 81 - Lorsque des travaux d'exploitation occasionnent des dommages à un exploitant voisin, l'auteur des
travaux doit en assumer la réparation.

Article 82 - (1) Les voies de communication et les lignes électriques créées par l'exploitant peuvent , lorsqu'il
n'en résulte aucun préjudice ou moyennant une indemnisation, être utilisées pour le service des
établissements voisins, s'ils en font la demande, et être ouvertes éventuellement à l'usage public.

(2) L'entretien et la maintenance des installations restent à la charge de l'exploitant.

(3) Ces installations peuvent, le cas échéant, être déclarées d'utilité publique dans les conditions prévues par
la législation et la réglementation sur l'expropriation pour cause d'utilité publique.

Article 83 - Une zone neutre de largeur suffisante peut être prescrite pour éviter que les travaux d'une
exploitation puissent être mis en communication avec ceux d'une autre exploitation voisine déjà existante ou à
créer. L'établissement de cette zone neutre ne peut donner lieu à aucune indemnité de la part de l'exploitant.

CHAPITRE IV

DE LA SECURITE ET DE L'HYGIENE

Article 84 - (1) Toute personne physique ou morale exécutant des travaux de recherche ou d'exploitation en
vertu de la présente loi est tenue de les mener selon les règles de l'art de façon à garantir la sécurité des
personnes et des biens.

(2) Les règles de sécurité et d'hygiène applicables aux travaux de prospection, de recherche et d'exploitation
ainsi qu'au transport, au stockage et à l'utilisation de substances minérales ou dangereuses obéissent à la
législation et à la réglementation en vigueur.

(3) Avant d'entreprendre des travaux de recherche ou d'exploitation, le titulaire d'un titre minier ou le
bénéficiaire d'une autorisation doit au préalable, élaborer un règlement relatif à la sécurité et à l'hygiène pour
les travaux envisagés. Ce règlement est par la suite soumis à l'approbation du ministre chargé des Mines. Une
fois qu'il a été approuvé, le titulaire est tenu de s'y conformer.

(4) Tout accident survenu ou tout danger identifié dans un chantier, une mine, une carrière ou dans leurs
dépendances doit être porté à la connaissance de l'Administration chargée des Mines.

(5) En cas de péril imminent ou d'accident dans un chantier ou une exploitation, les ingénieurs des mines et
autres autorités de l'Administration chargée des Mines ainsi que les officiers de police judiciaire peuvent
prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser le danger et en prévenir la suite. S'il y a urgence ou
en cas de refus des intéressés de se conformer à ces mesures, elles sont exécutées d'office aux frais des
intéressés.

CHAPITRE V

DE LA PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

Article 85 - (1) Outre les dispositions de la présente loi, toute activité minière entreprise doit obéir à la
législation et à la réglementation en matière de protection et de gestion de l'environnement.
(2) Les techniques et méthodes adaptées doivent être utilisées pour protéger l'environnement, la sécurité des
travailleurs et des populations riveraines.

Article 86 - Pour garantir la réhabilitation et la fermeture d'un site, il sera ouvert un compte de réhabilitation de
l'environnement selon les modalités fixées par voie réglementaire.

Article 87 - Afin d'assurer une exploitation rationnelle des ressources minières en harmonie avec la protection
de l'environnement, les titulaires de titres miniers et de carrières veillent :

 à la prévention ou à la minimisation de tout déversement dans la nature ;


 à la protection de la faune et de la flore ;
 à la promotion ou au maintien de la bonne santé générale des populations ;
 à la diminution des déchets dans la mesure du possible ;
 à la disposition des déchets non recyclés d'une façon adéquate pour l'environnement et après information
et agrément des Administrations chargées des Mines et de l'Environnement.

Article 88 - (1) Lorsqu'un titre expire, fait l'objet d'un abandon, d'un retrait ou d'une renonciation, le titulaire
doit, dans la période prescrite, enlever toute usine d'exploitation se trouvant sur le terrain objet du titre.

(2) Si l'usine d'exploitation n'est pas enlevée conformément à l'alinéa (1) ci-dessus, le ministre chargé des
Mines peut prendre des dispositions pour que l'usine d'exploitation soit vendue soit aux enchères publiques
soit par appel d'offres public et enlevée. Les produits d'une telle vente sont versés au Trésor public.

(3) Si à l'extinction d'un titre minier, le titulaire ne parvient pas, dans les délais prescrits à enlever ou achever
le traitement des résidus, autres matières ou minerais extraits, ils deviennent à l'expiration de la période
prescrite biens de l'Etat.

(4) Les dispositions du présent article sont sans préjudice de tout accord valablement conclu entre l'ancien
titulaire du titre et le propriétaire du terrain objet du titre en ce qui concerne l'usine d'extraction abandonnée
sur le terrain après la période prescrite.

(5) Nonobstant ces dispositions, aucun bois ou autres matériaux utilisés et appliqués dans la construction ou
pour supporter tous puits, arbre, galerie, terrasse, barrage ou autres travaux d'extraction ne doit êtr enlevé
sans l'autorisation de l'Administration chargée des Mines.

(6) Toutefois, la convention minière peut prévoir d'autres dispositions relatives au comportement du titulaire à

TITRE VI

DES DISPOSITIONS FINANCIERES

CHAPITRE PREMIER

DES DROITS A COMPENSATION POUR LES RIVERAINS


Article 89 - (1) Les populations affectées par une exploitation minière ont droit à une compensation. Le
montant de la compensation sera prélevé sur la taxe ad valorem et sur la taxe à l'extraction des produits des
carrières.

(2) Le taux et les modalités de paiement de cette compensation sont fixés par voie réglementaire.

CHAPITRE II

DES DISPOSITIONS FISCALES

SECTION PREMIERE
DE LA FISCALITE SPECIFIQUE

Article 90 - (1) Les demandes d'attribution, de renouvellement ou de transfert de titres miniers sont soumises
au paiement au Trésor public de droits fixes dont les montants et modalités sont déterminés par voie
réglementaire.

(2) Toute demande à ce sujet doit, sous peine d'irrecevabilité, être accompagnée d'une quittance de
versement des droits fixes au Trésor public. Les droits fixes sont remboursés en cas de non aboutissement de
la demande.

Article 91 - Par rapport à chaque titre minier, les redevances superficiaires sont prévues par voie
réglementaire, sur une base annuelle et payées par anticipation à compter de la date d'attribution du titre.

Article 92 - Les taxes ad valorem sur les produits miniers, les taxes à l'extraction des substances de carrières
sont prévues par voie réglementaire.

SECTION II
DU REGIME FISCAL ET DOUANIER

Article 93 - Sous réserve de l'application des dispositions de droit commun en la matière, les avantages ci-
après sont accordés à toute entreprise ou société de recherche ou d'exploitation minière qui exerce ses
activités en conformité avec les dispositions de la présente loi.

Article 94 - (1) Est accordé à tout titulaire de permis de recherche le bénéfice du régime de l'admission
temporaire pour les matériels utilisés pour la recherche ainsi que pour l'équipement professionnel, machines,
appareils, véhicules de chantier, pièces détachées et de rechange. En cas de cession ou de vente en l'état de
ce matériel ou de cet équipement, les taxes et droits de douane seront perçus selon la réglementation en
vigueur.

(2) Les matériaux et pièces de rechange nécessaires au fonctionnement des matériels et équipements
professionnels bénéficient de l'exonération totale des droits de douane.
(3) Les lubrifiants spécifiques nécessaires au fonctionnement des matériels et équipements de recherche
bénéficient de l'exonération totale des taxes et droits de douane.

(4) Les avantages susvisés sont également accordés aux sous-traitants et fournisseurs des titulaires de
permis de recherche.

Article 95 - Les titulaires de permis de recherche bénéficient de :

 l'exonération des droits d'enregistrement relatifs aux opérations minières à l'exception de ceux afférents
aux baux et locations à usage d'habitation ;
 l'exonération des impôts suivants :
. Impôts sur les sociétés (I.S.) ;
. Impôts sur les bénéfices industriels et commerciaux (B.I.C.) ;
. Taxes proportionnelle sur les revenus des capitaux mobiliers (T.P.R.C.M.) ;
. Taxe spéciale sur les rémunérations versées à l'étranger ;
. Taxe sur la valeur ajoutée (T.V.A.).

Article 96 - (1) Les titulaires d'un permis d'exploitation bénéficient pendant la phase de construction de la mine
telle que spécifiée dans la convention minière, de l'exonération des taxes et droits de douane sur les
matériels, matériaux, intrants et biens d'équipement nécessaires à la production ainsi que sur le premier lot de
pièces de rechange qui devrait accompagner l'équipement de démarrage, à l'exception des véhicules de
tourisme, des matériels et fournitures de bureau. Ils bénéficient également :

 de l'exonération des taxes et droits de douane sur l'équipement de remplacement en cas d'incident
technique et sur l'équipement devant servir à une extension de l'exploitation ;
 de l'exonération totale jusqu'à la date de la première production commerciale constatée par arrêtés
conjoints du ministre chargé des Mines et du ministre chargé des Finances, des Taxes et Droits de
douane sur l'importation des intrants ;
 de l'exonération totale jusqu'à la date de la première production commerciale constatée par arrêtés
conjoints du ministre chargé des Mines et du ministre chargé des Finances, des Taxes et Droits de
douane sur l'importation des matériaux et matériels nécessaires à la construction des bâtiments.
 d'une exonération totale des taxes et droits de douane sur les lubrifiants spécifiques.

(2) Toutes les exonérations douanières prévues dans la présente loi excluent les taxes pour services rendus.

Article 97 - (1) Sous réserve des avantages spécifiques accordés par la présente loi, le titulaire d'un permis
d'exploitation minière est soumis à un régime fiscal de droit commun.

Toutefois, jusqu'à la date de la première production commerciale constatée par arrêtés conjoints du ministre
chargé des Mines et du ministre chargé des Finances, il est exonéré de la T.V.A. à l'importation sur les
matériels et équipements dans les conditions prévues à l'article 96 alinéa 1 er ci-dessus.

Les entreprises et sociétés minières demeurent exonérées de la contribution à la patente.

(2) Les entreprises et sociétés minières titulaires d'un permis d'exploitation bénéficient de l'étalement sur un
(1) an, du paiement des droits d'enregistrement sur les actes de création de société, de prorogation et
d'augmentation du capital. Le montant des droits peut être fractionné et payé comme suit : le premier tiers lors
du dépôt de l'acte à la formalité, le deuxième et le troisième tiers semestriellement et ce, dans le mois qui suit
l'expiration du délai.
(3) Les produits destinés à l'exportation sont soumis au taux zéro de la taxe sur la valeur ajoutée (T.V.A.)
lorsque lesdits produits sont assujettis à cette taxe. Toutefois, les produits mis à la consommation sur le
marché local sont passibles des droits et taxes qui frappent les produits similaires importés.

(4) Sont exonérés, les droits d'enregistrement relatifs aux opérations minières, à l'exclusion de ceux afférents
aux baux et locations à usage d'habitation.

Article 98 - La comptabilité tenue par les sociétés minières doit être conforme au plan comptable et aux
usages en vigueur au Cameroun.

Article 99 - (1) Pendant toute la durée de validité d'un permis d'exploitation, les taux et règles d'assiette des
impôts, droits et taxes seront stabilisés au niveau où ils se trouvaient à la date d'attribution du permis
d'exploitation.

(2) Cependant, toute disposition plus favorable d'un nouveau régime fiscal et douanier de droit commun sera
étendue aux titulaires de permis d'exploitation s'ils en font la demande.

CHAPITRE III

DU REGIME DE CHANGE

Article 100 - (1) La liberté de transférer les capitaux et revenus est garantie aux personnes physiques et
morales étrangères qui effectuent un investissement minier financé par un apport en devises.

(2) Les personnes étrangères qui ont procédé à des investissements miniers ou qui occupent un emploi dans
une entreprise minière camerounaise ont le droit, sous réserve de la réglementation en matière de change, de
transférer dans la devise cédée au moment de la constitution desdits investissements les dividendes, produits
de toute nature, capitaux investis, produits de la liquidation ou de la réalisation de leurs avoirs, salaires, ainsi
que les cotisations sociales et fonds de pension.

TITRE VII

DE LA SURVEILLANCE ADMINISTRATIVE ET TECHNIQUE DES


ACTIVITES MINIERES

Article 101 - (1) Les ingénieurs des mines, les fonctionnaires et agents assermentés de la direction chargée
des Mines et de la Géologie, ainsi que les agents des Administrations fiscales et des Douanes commissionnés
à cet effet, sont chargés sous l'autorité du ministre chargé des Mines, de veiller à l'application, ainsi qu'à la
surveillance administrative et technique des activités prévues par la présente loi.

(2) Ils concourent dans les conditions et limites définies par la législation du travail à l'application de ladite
législation dans les entreprises visées par la présente loi.

(3) Ils procèdent à l'élaboration, à la conservation et à la diffusion de la documentation concernant notamment


les substances minérales, l'industrie et les ressources minérales, la géologie fondamentale et appliquée. Ils
ont à cet effet le pouvoir de procéder à tout moment à toute opération de vérification d'indices ou de gisements
et ont à tout instant accès aux travaux et aux installations visés par leur contrôle. Les permissionnaires ou les
exploitants sont tenus de leur faciliter la visite des travaux.

(4) Toute visite dans les sites des travaux est subordonnée à la présentation d'une fiche du modèle
réglementaire délivrée par l'Administration chargée des Mines.

Article 102 - Les modalités de contrôle administratif et technique de l'activité minière sont organisées par voie
réglementaire.

Article 103 - (1) Les renseignements et documents sur le sous-sol et les substances minérales ou fossiles qu'il
contient, communiqués à l'Administration chargée des Mines en vertu de la présente loi, peuvent être déclarés
confidentiel par ceux qui les ont fournis.

(2) Dans ce cas, ces renseignements ne peuvent être rendus publics ou communiqués à des tiers par
l'Administration chargée des Mines avant l'expiration de la validité du titre minier, sauf avec l'autorisation du
titulaire ou aux fins de statistiques de nature générale.

(3) Tout agent de l'Administration chargée des Mines qui a connaissance de ces renseignements et
documents à l'occasion du service est soumis à la même obligation de confidentialité.

Article 104 - La réalisation de tout sondage, ouvrage souterrain, travail de fouille, quel qu'en soit l'objet, dont la
profondeur dépasse vingt (20) mètres doit être préalablement déclarée à l'Administration chargée des Mines.

TITRE VIII

DES DISPOSITIONS PENALES

Article 105 - (1) Les infractions aux dispositions de la présente loi et des textes pris pour son application sont
constatées par les officiers de police judiciaire à compétence générale, les agents commissionnés et
assermentés de l'Administration chargée des Mines et de la Géologie et tous autres agents commissionnés et
assermentés à cet effet.

(2) Les officiers de police judiciaire, les agents assermentés de l'Administration chargée des Mines et de la
Géologie et les agents commissionnés et assermentés à cet effet auront qualité pour procéder aux enquêtes,
saisies et perquisitions s'il y a lieu. La recherche des infractions entraîne le droit de visite corporelle.

(3) Les autorités civiles et militaires sont tenues de prêter main forte aux agents de l'Administration chargée
des Mines dès la première réquisition.

(4) Dans tous les cas de litiges relatifs aux activités minières, les rapports et avis de l'Administration chargée
des Mines tiennent lieu de rapports d'experts.

(5) Les procès-verbaux constatant les infractions et les produits saisis sont transmis au procureur de la
République territorialement compétent, et les mis en cause déférés au parquet.

Article 106 - (1) Est puni d'une amende de cinq cent mille (500.000) à cinq millions (5.000.000) de francs
C.F.A. et d'un emprisonnement de dix (10) jours à un (1) an ou de l'une de ces deux peines seulement
quiconque :
- exploite une carrière sans autorisation, ni permis, même sur ces propres terres, sur les terres du domaine
public, du domaine national, du domaine privé de l'Etat ou sur des terres privées ;
- transporte ou vend des matériaux de carrières provenant d'une exploitation non autorisée.

(2) La même peine est applicable à tout titulaire d'un permis de recherche qui dispose de produits extraits au
cours de ses travaux de recherche sans en faire la déclaration à l'Administration chargée des Mines.

Article 107 - Est puni d'une amende de cinq millions (5.000.000) à vingt-cinq millions (25.000.000) de francs
C.F.A. et d'un emprisonnement d'un (1) mois à deux (2) ans ou de l'une de ces deux peines seulement, tout
titulaire d'un titre minier, d'un permis ou d'une autorisation qui :

- se livre à des activités régies par la présente loi sans se conformer aux règles relatives à la sécurité, à
l'hygiène et à la protection de l'environnement ;
- ne se conforme pas aux prescriptions du règlement relatif à la sécurité et à l'hygiène élaboré
conformément à l'article 84 ;
- ne se conforme pas dans les quinze jours ou, dans les cas d'extrême urgence immédiatement aux
injonctions des agents de l'Administration chargée des Mines relatives aux mesures de sécurité et
d'hygiène, de préservation et de gestion de l'environnement et de réhabilitation des sites exploités.

Article 108 - (1) Est puni des peines de l'article précédent quiconque omet :

- de fournir à l'Administration chargée des Mines, dans les délais prévus, les informations et documents
exigés en vertu de la réglementation minière ;
- de tenir régulièrement à jour les documents exigés par la réglementation minière ou refuse de les
présenter aux agents habilités à les contrôler ;
- de s'acquitter des droits fixes, redevances superficiaires et taxes ad valorem ou quiconque minore la
valeur taxable des produits extraits ;
- de porter à la connaissance de l'Administration chargée des Mines un accident survenu ou un danger
identifié dans un chantier ou une exploitation ou dans leurs dépendances ou quiconque se livre à des
activités minières ou de carrières dans une zone interdite ou protégée.

(2) Les peines prévues à l'alinéa 1 er ci-dessus s'appliquent sans préjudice des dispositions du code général
des Impôts ou du Code de l'Enregistrement, du Timbre et de la Curatelle.

Article 109 - Est puni d'une amende de dix millions (10.000.000) à cinquante millions (50.000.000) de francs
C.F.A. et d'un emprisonnement de deux (2) à cinq (5) ans ou de l'une de ces deux peines seulement
quiconque :

- falsifie ou modifie un titre minier ou une mention sur les registres des titres, le cadastre minier et les
cartes de l'Administration chargée des Mines ;
- fournit sciemment des renseignements inexacts en vue d'obtenir un titre minier, un permis ou une
autorisation d'exploitation de carrières ;
- modifie un périmètre régulièrement attribué ;
- détruit, déplace ou modifie d'une façon illicite des signaux ou des bornes ;
- se livre à des activités régies par la présente loi sans titres miniers ou autorisations ou en vertu de titres
miniers ou d'autorisations périmées ou non valides.

Article 110 - Les dispositions des articles 106 à 109 ci-dessus sont applicables sans préjudice de celles du
Code pénal.

Article 111 - Les substances minérales extraites illicitement son saisies et confisquées. Les instruments de
travail et les moyens de transport utilisés peuvent également être saisis et confisqués.
Article 112 - Dans tous les cas d'infraction, l'Administration chargée des Mines peut requérir en cas de
condamnation :

- l'affichage de la décision de condamnation au lieu d'infraction et au chef-lieu de province et du


département pendant trois (3) mois ;
- la publication de la condamnation dans trois (3) quotidiens paraissant au Cameroun, trois (3) fois
successivement aux frais du condamné ;
- l'interdiction de séjour conformément aux dispositions du Code pénal.

TITRE IX

DES DISPOSITIONS DIVERSES TRANSITOIRES ET FINALES

Article 113 - Les différents opposant un ou plusieurs investisseurs miniers à l'Etat et relatif à la validité, à
l'interprétation, à l'application des dispositions de la présente loi peuvent être soumis à l'arbitrage international
ou être réglés par les parties.

Article 114 - (1) Tout permis d'exploitation ou toute concession minière délivrée antérieurement à l'entrée en
vigueur de la présente loi reste valable jusqu'à l'expiration du délai de validité.

(2) Les titulaires des titres miniers attribués avant l'entrée en vigueur de la présente loi sont tenus de s'y
conformer dans un délai de deux (2) ans à compter de l date de sa promulgation. passé ce délai, les titres non
mis en conformité sont retirés de plein droit.

(3) Les sociétés minières bénéficiant d'exonérations accordées par les dispositions des textes antérieurs
peuvent également bénéficier des dispositions plus favorables de la présente loi si elles en font la demande.

Article 115 - La présente loi abroge toutes dispositions antérieures contraires notamment celles de la loi n°
64/LF/3 du 6 avril 1964 portant régime des substances minérales de la République fédérale du Cameroun et
de la loi n° 78/24 du 29 décembre 1978 fixant l'assiette, les taux et mode de recouvrement des droits fixes,
redevances et taxes minières.

Article 116 - La présente loi sera enregistrée, publiée suivant la procédure d'urgence, puis insérée au Journal
officiel en français et en anglais.

Yaoundé, le 16 avril 2001


Le Président de la République,

Paul BIYA

LE CODE DES INVESTISSEMENTS


Généralités

Le Code des Investissements applicable à l'activité économique au Cameroun a été institué par l'Ordonnance
n° 90/007du08 novembre 1990, modifiée par l'Ordonnance n° 94/003 du 24 janvier 1994.Ce code comporte
les régimes suivants :
- le régime de base
- le régime des Petites et Moyenne Entreprises
- le régime des entreprises stratégiques
Pour les entreprises existantes en fonctionnement :
- le régime de réinvestissement.

Régime de base

Conditions spécifiques

Toute entreprise qui remplit les conditions définies par le code, peut prétendre au régime de base lorsqu'elle
satisfait, en outre, à l'un des critères suivants :
. création d'emplois permanents pour les Camerounais, à concurrence d'au moins un emploi par tranche de
dix (10) millions de francs CFA d'investissements programmés par l'entreprise ;
. activité annuelle d'exportation à concurrence, soit d'au moins 25%du chiffre d'affaires en devises convertibles
hors francs d'au moins 10% de son chiffre d'affaires hors taxes ;
. utilisation des ressources naturelles nationales, exception faite des ressources énergétiques.

Avantages

Phase d'installation : elle dure 3 ans maximum


L'entreprise bénéficie des avantages suivants :
. Exonération des droits d'enregistrement des actes d'augmentation du capital ;
. Exonération des droits d'enregistrement des baux d'immeubles à usage exclusivement professionnel faisant
partie intégrante du programme d'investissement retenu ;
. Exonération des droits d'enregistrement des contrats de fournitures des équipements ;
. Exonération de l'impôt minimum forfaitaire(IMF) exigible au titre de l'impôt sur les sociétés ;
. Exonération de la Taxe Spéciale sur les Société(TSS) ;
. Réduction de 50% de l'impôt sur les sociétés à partir de la première année d'imposition.

Phase d'exploitation : elle dure 5 ans non renouvelable et donne droit au bénéfice de l'exonération et à la
réduction d'impôt et taxes cités ci-dessus.

Régime des Petites et Moyennes Entreprises

Conditions spécifiques
Peut prétendre au régime des PME, toute entreprise qui satisfait les conditions définies par le code ainsi
qu'aux trois conditions suivantes :
- Création d'emplois permanents pour les Camerounais, à concurrence d'au moins un emploi par tranche
inférieure ou égale à cinq (5) millions de francs CFA d'investissements programmés par l'entreprise ;
- Niveau d'investissements inférieur ou égal à un milliard et demi de francs CFA ;
- Participation des Camerounais ou d'une personne morale de droit camerounais au moins égale à 35% du
capital.

Avantages
Phase d'installation
Cette phase dont la durée est également de 3 ans procure à l'entreprise les avantages résultant du régime de
base.

Phase d'exploitation
Pendant cette phase, l'entreprise agréée bénéficie pour une durée de 7 ans non renouvelable :
. des avantages octroyés pendant la phase d'exploitation par le régime de base
. de la réduction du revenu imposable de l'entreprise d'un montant non reportable égal à 25% de la masse
salariale versée aux salariés de nationalité camerounaise au cours de l'exercice considéré.

Régime des entreprises stratégiques

Conditions spécifiques
Toute entreprise exerçant une activité déclarée stratégique dans le cadre du Plan Directeur d'Industrialisation
peut prétendre à la conclusion d'une convention avec l'Etat si elle satisfait en outre à l'une des conditions
suivantes :
- Activité annuelle d'exportation à concurrence, soit d'au moins 50% du chiffre d'affaires hors taxes de
l'entreprise, soit du chiffre d'affaire en devises convertibles hors zone franc d'au moins 25% de son chiffre
d'affaire hors taxes.
- Utilisation de ressources naturelles nationales, exception faite des ressources énergétiques.
- Création d'emplois permanents pour les camerounais à concurrence d'au moins un emploi par tranche de
vingt (20) millions de francs CFA d'investissements programmés par l'entreprise.

Phase d'installation

Pendant cette phase, les avantages que comporte le régime des entreprises stratégiques sont ceux du régime
de base exposés ci-dessus, pour une période de 5 ans maximum.

Phase d'exploitation

Pendant cette phase, l'entreprise bénéficie pour une période de 12 ans non renouvelable :
. Des avantages octroyés par le régime de base pendant la phase d'exploitation ;
. De la déduction du revenu imposable de l'entreprise d'un montant non reportable égal à 25% de la masse
salariale camerounaise versée aux salariés de nationalité camerounaise au cours de l'exercice considéré.

La Cellule de Gestion du Code des Investissements

Guichet unique pour les entreprises sollicitant un régime du code, la cellule reçoit et instruit les dossiers de
demande d'agrément, sert d'interface avec les administrations camerounaises compétentes (obtention des
visas et permis de travail pour les expatriés), supervise l'exécution du cahier des charges et assure la
promotion des investissements et des exportations

Le Régime de la Zone Franche Industrielle

Ce régime complète le Code des Investissements et concerne uniquement les entreprises tournées vers
l'exportation. Sur le plan législatif et réglementaire, le régime de zone franche industrielle est organisé par
l'Ordonnance n°90/001 du 29 janvier 1990, ratifiée par la loi n° 90/023 du 10 août 1990. L'arrêté n°
51/MINDIC/IGI du 28 décembre 1990 détermine les modalités d'application.
A - Critères d'éligibilité

Sont admissibles à ce régime :


. Toutes les entreprises à vocation exportatrice, c'est à dire produisant des biens et services destinés
exclusivement à l'exportation ;
. Ces entreprises doivent produire des biens et services sains pour l'environnement, se conformer aux lois
relatives à la santé publique, et à la sécurité ;
. Le promoteur, l'opérateur d'une ZFI ou d'un PFI (point franc industriel) peut être une personne physique
ou morale de droit public ou privé.

B - Avantages liés au régime

Avantages fiscaux et douaniers

. exonération totale de tout impôt et taxes sur une période de 10 ans à partir du début des activités ;
. imposition à un taux global de 15% sur les bénéfices à partir de la 11è année ;
. exonération à perpétuité de tous impôts et taxes de douane.

Avantages commerciaux
.exonération de toutes licences, autorisation ou limitation de quotas à l'export comme à l'import ,
. absence de contrôle des prix et marges bénéficiaires ;

Avantages en matière de transaction financière

. possibilité d'ouvrir des comptes en devises étrangères ;


. absence de restriction sur les opérations de vente, d'achat de devises étrangères, droit de transfert vers
l'étranger des bénéfices réalisés. Toutefois, 25% doivent être réinvestis au Cameroun.

Concessions liées au Travail


. non-assujettissement au barème des salaires qui peuvent être arrêtés selon la productivité ;
. droit à la négociation libre des contrats du travail ;
. droit d'acquisition automatique des permis de travail pour les travailleurs expatriés (25% des salaires doivent
cependant être payés aux nationaux).

Autres avantages
. Possibilité d'exploiter un réseau privé d'électricité et de télécommunication dans la zone franche industrielle.

C - Acquisition du statut de zone franche industrielle ou point franc

L'Office National des Zones Franches Industrielles (ONZFI)

Organisme multiservices, l'office diligente l'approbation des investissements et les procédures douanières afin
de répondre rapidement aux sollicitations des investisseurs pour une bonne gestion et exécution du
programme de zones franches industrielles.
L'Office :
- Reçoit et examine les demandes de statut de promoteur de zone franche industrielle ( ZFI), entreprise de la
zone franche ou point franc industriel ;
- Délivre tous les permis, licences ou autres autorisations aux entreprises ou promoteurs ayant obtenu le
statut de ZFI ;
- Aide les investisseurs, en conjonction avec le Centre de Promotion des Investissements, à tous les stades
du processus de création et de mise en place des activités.

Procédures d'octroi du statut

Procédures administratives rationalisées avec un système de guichet unique.


- Le dossier de demande est soumis à l'Office National des Zones Franches Industrielles (ONZFI), seul
habilité à le recevoir
- L'office délivre s'il y a lieu un certificat de conformité au requérant.
- Soumet le dossier complet au MINDIC

Le permis de promoteur ou opérateur doit être délivré au demandeur dans un


délai de 30 jours. Le cas échéant, la demande est réputée approuvée.

CREATION D'ENTREPRISE : LES DEMARCHES A EFFECTUER

Toute implantation d'entreprise au Cameroun, oblige son promoteur à une déclaration préalable
d'investissement étranger: pour les investissements directs comme pour les emprunts. Les sociétés créées
ont la possibilité d'ouvrir un établissement sous forme de succursale, d'agence ou de bureau de
représentation.

Formalités d'enregistrement

- Déclaration préalable d'investissement direct étranger,


- Dépôt au greffe,
- Immatriculation au registre du commerce,
- Immatriculation statistique,
- Déclaration d'existence auprès des services des impôts et de l'enregistrement,
- Inscription au rôle des patentes,
- Déclaration d'existence à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS),
- Déclaration d'existence à l'Inspection provinciale du Travail,
- Insertion dans journal d'annonces légales.
Toute création d'entreprise filiale ou succursale doit être communiquée à l'Office des changes afin de pouvoir
bénéficier du rapatriement des devises.
Les dividendes versés supportent une taxation au taux de droit commun d'impôt sur les sociétés, auquel
s'ajoute la taxe sur les revenus des capitaux mobiliers (TPRCM) égale à 6% des dividendes distribués.

Démarches relatives à l'exercice de la profession de commerçant

Au Cameroun l'accès à la profession de commerçant est libre. Toutefois, le postulant doit satisfaire, suivant le
cas, aux conditions suivantes :
- être immatriculé soit au Registre du Commerce, soit au Répertoire communal ;
- avoir fait une déclaration d'existence ;
- détenir la carte professionnelle de commerçant ;
- disposer de locaux et d'installations matérielles lorsqu'ils sont exigés ;
- respecter les autres obligations professionnelles, notamment en matière fiscale ;
- obtenir l'agrément préalable (pour les personnes de nationalité étrangère).

QUELLE FISCALITE POUR VOTRE ENTREPRISE ?


La fiscalité au Cameroun est régie par :
. Le Code Général des Impôts ;
. L'Ordonnance n°85 du 29 juin 1985 modifiée par l'Ordonnance n°89/002du 28 juin 1989 sur la réévaluation
des immobilisations ;
. L'Ordonnance n°89/004 du 12 décembre 1989 instituant la redevance audiovisuelle.
. Les Lois de Finances

L'Impôt sur les Sociétés

L'impôt sur les sociétés s'applique de plein droit, quel que soit leur objet
- Aux sociétés par actions (sociétés anonymes et sociétés en commandite simple)
- Aux sociétés à responsabilité limitée,
- Aux sociétés coopératives et leurs unions ;
- Aux organismes d'Etat jouissant de l'autonomie financière ,
- A toute personne morale se livrant à une exploitation ou à des opérations à caractère lucratif.
Les bénéfices imposables à l'impôt sur les sociétés au Cameroun sont ceux obtenus dans les entreprises
exploitées ou sur les opérations réalisées au Cameroun sous réserve des conventions internationales (en
l'occurrence la convention fiscale entre la France et le Cameroun du 21/10/1976).
L'exercice fiscal est fixé sur une période allant du 1er juillet au 30 juin. Toutefois, les entreprises qui
commencent leurs activités entre le 1er janvier et le 30 juin peuvent arrêter leur bilan à la fin de l'exercice
fiscal suivant

A - Calcul de l'impôt sur les sociétés et du minimum de perception

L'impôt dont sont redevables les entreprises est susceptible de se calculer de deux manières différentes :
- Soit 35% du bénéfice fiscal clos au 30 juin ou 31 décembre pour les compagnies d'assurance et de
réassurance.
- Soit 1% du chiffre d'affaires (minimum de perception) ;
A ces taux s'ajoutent des centimes additionnels communaux (10% du principal) soit au total :
. 38% du bénéfice fiscal
. 1,1% du chiffre d'affaires.

B - La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA)


C'est un impôt sur la consommation qui s'applique aussi bien à la porte qu'à l'intérieur. Le taux normal de TVA
est de 18,6 %.

Le Régime douanier
Le système douanier repose sur le Tarif Extérieur Commun (TEC) adopté dans le cadre de l'Union Douanière
et Economique de l'Afrique Centrale (UDEAC) devenue CEMAC

Le TEC (Tarif Extérieur Commun) classe les marchandises en 4 catégories avec des taux variant de 5 à 30%.
Voir le tableau ci-dessous

Catégorie Désignation Taux


I Produits de première nécessité 5%
II Matières premières et biens d'équipement 10%
III Biens intermédiaires et divers 20%
IV Biens de consommation courante 30%
Le Tarif Préférentiel Généralisé (TPG) s'applique aux produits fabriqués et commercialisés en zone UDEAC.
Son taux équivaut à 20% du tarif extérieur commun (TEC) du produit concerné.

La TVA au taux normal de 18,6%.

Le droit d'accises

Cette taxe touche exclusivement certains produits de grande consommation, importés ou fabriqués
localement, à l'exclusion des produits de première nécessité, tels que les cigarettes, les boissons, les
cosmétiques… ainsi que les produits dits de luxe (bijoux, pierres précieuses). Son taux unique est de 25%.
Par ailleurs, il convient d'ajouter les taxes des services (SGS, ONPC, CNCC, CENADI), soit 2,48% de la
valeur CAF.

QUELLE PROTECTION SOCIALE POUR VOS SALARIES ?


Les rapports de travail entre les employeurs et les salariés sont régis au Cameroun par la loi n°92/007 du 14
août 1992 portant Code du travail.
La main d'oeuvre est abondante, qualifiée, bon marché. Le Code prévoit une libre négociation entre
employeur et employé.

Le recrutement

Tout contrat de travail peut-être conclu pour une durée déterminée ou indéterminée.
Le contrat à durée déterminée ne peut être conclu pour une durée supérieure à 2 ans et ne peut être
renouvelé plus d'une fois avec la même entreprise. Au terme de ce renouvellement si les relations de travail
se poursuivent, le contrat se transforme en contrat à durée indéterminée.

La main -d'œuvre

Sur le plan quantitatif , la population active représente environ le tiers de la population , dont 80% sont
employés dans l'agriculture.
En 1995, la population active se répartissait comme suit :
- secteur primaire : 79,8%
- secteur secondaire : 12,9%
- secteur tertiaire : 7,3%
Sur le plan qualitatif, la main d'œuvre jouit d'une bonne réputation dans la zone et semble constituer un des
avantages de l'industrie locale. En outre le taux de scolarisation au Cameroun est l'un des plus élevés
d'Afrique et le taux d'analphabétisme est relativement bas. Le Cameroun étant un pays bilingue, il a l'avantage
d'offrir à la fois une main d'œuvre anglophone et francophone pour les entreprises étrangères qui souhaitent
s'y établir.

La rémunération

Le salaire est fixé, soit en accord entre les parties, soit par des dispositions réglementaires ou
conventionnelles.
Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (le SMIC) a été fixé par le décret du 17février 1995,
après avis de la Commission Nationale Consultative du Travail, à 23.514 F CFA sur toute l'étendue du
territoire.
A titre indicatif, dans la fonction publique la moyenne mensuelle des salaires des civils de juillet 1994 à mai
1995 était de 66.925 F CFA.
Dans le secteur privé, selon une enquête récente, on a pu établir que les salaires versés par les expatriés
étaient les suivants :
femme de maison 30.000 à 40.000
cuisinière/manoeuvre 40.000 à 50.000
chauffeur voiture 50.000 à 60.000
secrétaire/conducteur d'engins 80.000 à 120.000
chauffeur de camion 100.000 à 120.000 avec primes
ouvrier spécialisé 100.000 à 251.000
chef d'équipe environ 175.000

La durée du travail
Dans les établissements publics ou privés non agricoles, la durée du travail ne peut excéder quarante (40)
heures par semaine et 173 heures par mois.
Tout travail effectué entre dix heures du soir et six heures du matin est considéré comme travail de nuit,
interdit aux enfants et aux femmes dans l'industrie.

Les congés

Les salariés bénéficient des congés dans les conditions prévues par la législation et la réglementation en
vigueur.

La protection Sociale

La déclaration d'existence à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale ouvre droit à un numéro


d'immatriculation. Au moment de l'enregistrement, l'entreprise est classée dans l'un des quatre régimes ci-
dessous selon son secteur d'activité.
- régime général : 7%
- régime agricole : 5,65%
- régime enseignement : 3,70%
- régime domestique : 7%
L'employeur et l'employé se partagent ensemble la charge sociale (exemple du régime général :
Employeur 4,2%, Employé 2,8%)

A ces taux, s'ajoute la cotisation pour les accidents de travail - à la charge de l'employeur - variable selon le
degré de risque.
Le minimum est de 1,75% applicable dans le tertiaire 2
La couverture sociale accordée au salarié comprend :
- prestations familiales,
- accident du travail,
- pension vieillesse,

QUI PEUT FINANCER VOTRE PROJET ?

Le Financement bancaire

Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics ont pris des dispositions pour favoriser le financement des PME
avec réservation de 20% du total des concours à des taux privilégiés. Les banques commerciales, malgré ces
mesures n'interviennent pas , même lorsqu'il s'agit de financer des besoins d'exploitation courants.
Aujourd'hui près de 40% des PME sollicitent un concours bancaire pour financer leurs besoins. La réponse est
en général négative à cause de la multiplicité et du coût exorbitant des garanties demandées au promoteur.
Malgré cette situation défavorable, certaines banques ont la volonté d'intervenir dans le financement des PME.
Il s'agit des banques de petites et moyennes dimensions par exemple : la CCEI Bank et l'Amity Bank. En
outre, il existe des établissements financiers et des sociétés de leasing pour financer l'acquisition des biens
d'équipement professionnels. En général, les prêts à moyen et long terme sont financés par les banques
suivantes :
- La Banque Internationale pour le Crédit et l'Epargne du Cameroun (BICEC) : elle finance toutes les
opérations de banque.
- La Société Commerciale de Banque - Crédit Lyonnais au Cameroun (SCB-CL) : elle assure toutes les
opérations de banque dont le financement des crédits des entreprises.
- La Société Générale de Banque au Cameroun (SGBC) elle intervient dans toutes les opérations de banque.
- La Standard Chartered Bank : elle finance le secteur du commerce et assure toutes les opérations de
banque.
- La Caisse Commune d'Epargne et d'Investissement (CCEI) : Elle finance toutes les opérations de banque
- AMITY BANK : elle intervient dans toutes les opérations de banque.
- La Cameroon Banking Corporation (CBC) elle finance des opérations de haut du bilan.

Les Coopératives d'Epargne et de Crédit (COOPEC)

Nouvellement instituées, les coopératives d'épargne et de crédit ont pour vocation de financer les PME/PMI
qui sont délaissées par les banques.
Elles se distinguent par la souplesse et la flexibilité de leurs procédures mais pratiquent des taux assez
élevés.

Le Fonds d'Aide et de Garantie aux PME (FOGAPE)

Le décret n° 84/510 du 13/06/1984 a créé le FOGAPE dont la mission consiste à apporter un concours
financier et technique aux petites et moyennes entreprises nationales.
Il pouvait répondre à toutes les demandes de crédits à court, moyen et long terme nécessaires à la création et
au développement des PME. D'une façon générale, il pouvait intervenir dans les domaines suivants :
- accorder sa garantie aux crédits et aux engagements consentis aux PME par les banques et établissements
financiers,
- prendre des participations au capital des PME,
- consentir des prêts participatifs,
- consentir des prêts directs pour l'acquisition des matériels et équipements, le financement des besoins en
fonds de roulement,
- contribuer à la réalisation des études des projets et y apporter assistance technique en matière de formation,
de conseil et de gestion.
Le promoteur doit apporter au minimum 20% des besoins. La garantie du FOGAPE ne pouvant alors excéder
80% de la valeur du prêt consenti par la banque ou l'établissement financier.
La crise des liquidités résultante de la crise du système bancaire et le non remboursement des créances
consenties ont fortement érodé les capacités financières du FOGAPE. Son action s'en trouve donc limitée et
on s'achemine vers sa restructuraion.

La Société Nationale d'Investissement (SNI)

Sa vocation n'est pas d'intervenir en faveur desPME-PMI, le FOGAPE ayant été créé dans ce but. Cependant,
la SNI peut intervenir en faveur des petites et moyennes entreprises sous forme de prise de participation au
capital à hauteur maximale de 33%, des prêts directs à moyen et long terme pour l'acquisition d'équipement et
de leasing.

Sources informelles et alternatives de financement


Les banques ne s'intéressent pas aux petites entreprises(PE) sous prétexte qu'elles sont insaisissables et ne
présentent pas de garanties. Or ces petites entreprises ont besoin de capitaux pour se lancer et financer leur
développement : dans les deux tiers des cas, c'est grâce à leur apport personnel qu'elles se créent.
Cependant, d'autres cas peuvent être envisagés. Le crédit fournisseur par exemple qui est considéré comme
une source informelle de financement car basé sur des relations personnelles et du capital confiance que
créent ou permettent des liens commerciaux classiques entre un entrepreneur et ses fournisseurs pour une
petite entreprise.
Des emprunts peuvent aussi être contractés dans la famille au sens large.
L'épargne collective, la tontine, réunit un certain nombre de personnes qui se sont librement cooptées, et
cotisent à date fixe une somme variable (de 25 francs CFA à 1 million selon les tontines) tous les mois, toutes
les semaines, les jours de marché,
Chaque membre reçoit à tour de rôle des cotisations et est tenu au strict respect des règles de la tontine. Tout
manquement signifie " la mort sociale " du contrevenant.
C'est une forme d'épargne rotative qui rassemble des amis ou des personnes liées par un intérêt commun. La
tontine est un moyen efficace pour épargner entre amis et surtout démarrer un projet (les commerçants pour
leur capital de départ, les femmes qui vendent sur les marchés savent bien les utiliser).

LE FINANCEMENT AU PLAN INTERNATIONAL

Divers organismes peuvent intervenir pour financer des projets de création,


développement et de restructuration au Cameroun.

L'Agence de la Francophonie. Le programme " FFS-PME " (Fonds Francophone de Soutien à la PME),
finance les micro-entreprises à forte valeur ajoutée locale, des secteurs identifiés comme prioritaires (bâtiment
et construction, textile, agro-alimentaire..). L'agence peut aussi intervenir financièrement par l'intermédiaire du
Fonds Francophone de Développement pour répondre aux activités productives des groupements associatifs
professionnels et coopératifs.

La Société Financière Internationale (SFI) filiale de la Banque Mondiale finance des projets dans des secteurs
très divers : agro-industrie, tourisme.

L'Agence Française de Développement (AFD et sa filiale Proparco). Cet organisme dispose de nombreux
produits financiers couvrant l'ensemble des étapes d'un projet, du financement de l'étude préalable à celui des
investissements. (prêts à moyen et long terme pour les très petites entreprises).
Il existe aussi un Fonds de Préparation de Projets Privés (F3P) géré par l'AFD. Ce fonds est destiné à financer
les études pour des projets de création, de développement et diversification ou de privatisation au profit
d'entreprises de production ou de services dans un cadre concurrentiel propice au développement du pays

Le Fonds Européen de développement (F.E.D.) finance tout projet ou programme contribuant au


développement économique, social ou culturel des pays ACP (Afrique Caraïbe et Pacifique)dans le cadre de
la Convention de Lomé.

Le Centre pour le Développement Industriel (CDI) Le CDI est un intermédiaire. Il met en relation des
entrepreneurs des pays ACP et ceux des Etats membres de l'Union Européenne apportant leur technologie et
leur savoir-faire. Il joue également un rôle d'interface entre les entreprises partenaires et des organismes
financiers susceptibles de financer des projets de développement.

La Banque Européenne d'Investissement (BEI)


La BEI instruit les demandes de financement pour projets ou programmes relevant de l'industrie, des mines,
du tourisme, de l'énergie, des transports, des télécommunications, de l'agriculture. Elle contribue au
développement économique et industriel des pays ACP.
Fonctionnant sur une base non lucrative, la BEI offre des conditions financières avantageuses (les taux
d'intérêt sont en général à des niveaux assez bas). Elle s'engage également, de plus en plus, comme
partenaire direct dans des fonds locaux d'investissement utilisant des capitaux à risque très attractifs.
La Banque Africaine de développement (BAD)
La BAD est une institution financière de développement régional. Elle finance les investissements à long
terme des entreprises publiques et privées. Ces investissements peuvent être couverts par des lignes de
crédit extérieur.

Les structures de gestion de l'environnement

1996 à été marqué par l'aboutissement du processus d'élaboration du Plan national de gestion de
l'environnement, la promulgation de la loi cadre relative à la gestion de l'environnement et l'organisation du
Ministère en charge de l'environnement.

Il ressort de cette volonté gouvernementale que quatre structures doivent assurer la gestion de
l'environnement au Cameroun. Il s'agit :
 du Comité interministériel de l'environnement (CIE);
 de la Commission nationale consultative de l'environnement et du développement durable (CNCEDD)
 du Fonds national pour l'environnement et le développement durable (FNEDD) ou " Fonds "
 du Secrétariat permanent à l'environnement (SPE).

Les missions dévolues à ces institutions, permettront au Cameroun de placer la protection de l'environnement
au centre de ses préoccupations.

LOI N 96/12 DU 5 AOUT 1996

Portant loi-cadre relatif à la gestion de l'environnement

TITRE I : DES DISPOSITIONS GENERALES


Chapitre I : Des définitions
Chapitre II : Des obligations générales
Chapitre III : Des principes fondamentaux

TITRE II : DE L'ELABORATION, DE LA COORDINATION


ET DU FINANCEMENT DES POLITIQUES DE L'ENVIRONNEMENT

TITRE III : DE LA GESTION DE L'ENVIRONNEMENT


Chapitre I : Du plan national de gestion de l'environnement
Chapitre II : Des études d'impact environnemental
Chapitre III : De la protection des milieux récepteurs
Chapitre IV : Des installations classées dangereuses, insalubres, ou incommodes
Et des activités polluantes
Chapitre V : De la gestion des ressources naturelles
Et de la conservation de la diversité biologique.
Chapitre VI : Des risques et des catastrophes naturelles
TITRE IV : DE LA MISE EN OEUVRE ET DU SUIVI DES PROGRAMMES
Chapitre unique : De la participation des populations

TITRE V : DES MESURES INCITATIVES

TITRE VI : DE LA RESPONSABILITE ET DES SANCTIONS


Chapitre I : De la responsabilité
Chapitre II : Des sanctions pénales
Chapitre III : De la constatation des infractions
Chapitre IV : De la transaction et de l'arbitrage

TITRE VII : DES DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES

REPUBLIQUE DU CAMEROUN PAIX -TRAVAIL - PATRIE


________ _______

LOI N 96/12 DU 5 AOUT 1996

Portant loi-cadre relatif à la gestion de l'environnement

L'Assemblée Nationale a délibéré et adopté


Le Président de la République promulgue
La loi dont la teneur suit :
TITRE I

DES DISPOSITIONS GENERALES

ARTICLE 1er.- La présente loi fixe le cadre juridique général de la gestion de l'environnement au Cameroun.

ARTICLE 2.- (1) L'environnement constitue en République du Cameroun un patrimoine commun de la nation.
Il est une partie intégrante du patrimoine universel.

(2) Sa protection et la gestion rationnelle des ressources qu'il offre à la vie humaine sont
d'intérêt général. Celles-ci visent en particulier la géosphère, l'hydrosphère, l'atmosphère, leur contenu
matériel et immatériel, ainsi que les aspects sociaux et culturels qu'ils comprennent.

ARTICLE 3.- Le Président de la République définit la politique nationale de l'environnement. Sa mise en


œuvre incombe au Gouvernement qui l'applique, de concert avec les collectivités territoriales décentralisées,
les communautés de base et les associations de défense de l'environnement.
A cet effet, le Gouvernement élabore des stratégies, plans ou programmes nationaux tendant
à assurer la conservation et l'utilisation durables des ressources de l'environnement.

CHAPITRE I
DES DEFINITIONS

ARTICLE 4.- Au sens de la présente loi et de ses textes d'application, on entend par :

(a) "air" : l'ensemble des éléments constituant le fluide atmosphérique et dont la modification physique,
chimique ou autre peut porter atteinte aux êtres vivants, aux écosystèmes et à l'environnement en général ;

(b) "audit environnemental" : l'évaluation systématique, documentée et objective de l'état de gestion de


l'environnement et de ses ressources ;

(c) "déchet" : tout résidu d'un processus de production, de transformation ou d'utilisation, toute substance
ou tout matériau produit ou, plus généralement, tout bien meuble ou immeuble abandonné ou destiné à
l'abandon ;

(d) "développement durable" : le mode de développement qui vise à satisfaire les besoins de
développement des générations présentes sans compromettre les capacités des générations futures à
répondre aux leurs ;

(e) "eaux continentales" : l'ensemble hydrographique des eaux de surface et des eaux souterraines ;

(f) "eaux maritimes" : les eaux saumâtres et toutes les eaux de mer sous juridiction nationale
camerounaise ;

(g) "écologie" : l'étude des relations qui existent entre les différents organismes vivants et le milieu
ambiant ;

(h) "écosystème" : le complexe dynamique formé de communautés de plantes, d'animaux, de micro-


organismes et de leur environnement vivant qui, par leur interaction, forment une unité fonctionnelle ;

(i) "effluent" : tout rejet liquide et gazeux d'origine domestique, agricole ou industrielle, traité ou non
traité et déversé directement ou indirectement dans l'environnement ;

(j) "élimination des déchets" : l'ensemble des opérations comprenant la collecte, le transport, le stockage
et le traitement nécessaires à la récupération des matériaux utiles ou de l'énergie, à leur recyclage, ou tout
dépôt ou rejet sur les endroits appropriés de tout autre produit dans des conditions à éviter les nuisances et la
dégradation de l'environnement;
(k) "environnement" : l'ensemble des éléments naturels ou artificiels et des équilibres bio-géochimiques
auxquels ils participent, ainsi que des facteurs économiques, sociaux et culturels qui favorisent l'existence, la
transformation et le développement du milieu, des organismes vivants et des activités humaines ;

(l) "équilibre écologique" : le rapport relativement stable créé progressivement au cours des temps entre
l'homme, la faune et la flore, ainsi que leur interaction avec les conditions du milieu naturel dans lequel ils
vivent ;

(m) "établissements classés" : les établissements qui présentent des causes de danger ou des
inconvénients, soit pour la sécurité, la salubrité ou la commodité du voisinage, soit pour la santé publique, ou
pour l'agriculture, ainsi que pour la pêche ;
(n) "établissements humains" : l'ensemble des agglomérations urbaines et rurales, quels que soient leur
type et leur taille, et l'ensemble des infrastructures dont elles doivent disposer pour assurer à leurs habitants
une existence saine et décente ;

(o) "étude d'impact environnemental" : l'examen systématique en vue de déterminer si un projet a ou n'a
pas un effet défavorable sur l'environnement ;

(p) "gestion écologiquement rationnelle des déchets": toutes mesures pratiques permettant d'assurer que
les déchets sont gérés d'une manière qui garantisse la protection de la santé humaine et de l'environnement,
contre les effets nuisibles que peuvent avoir ces déchets ;

(q) "gestion des déchets" : la collecte, le transport, le recyclage et l'élimination des déchets, y compris la
surveillance des sites d'élimination ;

(r) "installation" : tout dispositif ou toute unité fixe ou mobile susceptible d'être générateur d'atteinte à
l'environnement, quel que soit son propriétaire ou son affectation ;

(s) "nuisance" : l'ensemble des facteurs d'origine technique ou sociale qui compromettent l'environnement
et rendent la vie malsaine ou pénible ;

(t) "polluant" : toute substance ou tout rejet solide, liquide ou gazeux, tout déchet, odeur, chaleur, son,
vibration, rayonnement ou combinaison de ceux-ci, susceptibles de provoquer une pollution;

(u) "pollueur" : toute personne physique ou morale émettant un polluant qui entraîne un déséquilibre dans
le milieu naturel ;

(v) "pollution" : toute contamination ou modification directe ou indirecte de l'environnement provoquée par
tout acte susceptible :

- d'affecter défavorablement une utilisation du milieu favorable à l'homme ;


- de provoquer ou qui risque de provoquer une situation préjudiciable pour la santé, la
sécurité, le bien-être de l'homme, la flore et la faune, l'air, l'atmosphère, les eaux, les sols et les biens
collectifs et individuels ;

(w) "ressource génétique" : le matériel animal ou végétal d'une valeur réelle ou potentielle.

CHAPITRE II
DES OBLIGATIONS GENERALES

ARTICLE 5.- Les lois et règlements doivent garantir le droit de chacun à un environnement sain et assurer un
équilibre harmonieux au sein des écosystèmes et entre les zones urbaines et les zones rurales.

ARTICLE 6.- (1) Toutes les institutions publiques et privées sont tenues, dans le cadre de leur compétence,
de sensibiliser l'ensemble des populations aux problèmes de l'environnement.

(2) Elles doivent par conséquent intégrer dans leurs activités des programmes permettant
d'assurer une meilleure connaissance de l'environnement.

ARTICLE 7.- (1) Toute personne a le droit d'être informée sur les effets préjudiciables pour la santé, l'homme
et l'environnement des activités nocives, ainsi que sur les mesures prises pour prévenir ou compenser ces
effets.
(2) Un décret définit la consistance et les conditions d'exercice de ce droit.

ARTICLE 8.- (1) Les associations régulièrement déclarées ou reconnues d'utilité publique et exerçant leurs
activités statutaires dans le domaine de la protection de l'environnement ne peuvent contribuer aux actions
des organismes publics et para-publics en la matière que si elles sont agréées suivant des modalités fixées
par des textes particuliers.

(2) Les communautés de base et les associations agréées contribuant à toute action des
organismes publics et para-publics ayant pour objet la protection de l'environnement, peuvent exercer les
droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne les faits constituant une infraction aux dispositions de la
présente loi et de ses textes d'application, et causant un préjudice direct ou indirect aux intérêts collectifs
qu'elles ont pour objet de défendre.

CHAPITRE III
DES PRINCIPES FONDAMENTAUX

ARTICLE 9.- La gestion rationnelle de l'environnement et des ressources naturelles s'inspire, dans le cadre
des lois et règlements en vigueur, des principes suivants:

a) le principe de précaution, selon lequel l'absence de certitudes, compte tenu des connaissances
scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l'adoption des mesures effectives et
proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l'environnement à un coût
économiquement acceptable ;

b) le principe d'action préventive et de correction, par priorité à la source, des atteintes à


l'environnement, en utilisant les meilleures techniques disponibles à un coût économiquement acceptable ;

c) le principe pollueur-payeur, selon lequel les frais résultant des mesures de prévention, de réduction de
la pollution et de la lutte contre celle-ci et de la remise en l'état des sites pollués doivent être supportés par le
pollueur ;

d) le principe de responsabilité, selon lequel toute personne qui, par son action, crée des conditions de
nature à porter atteinte à la santé de l'homme et à l'environnement, est tenue d'en assurer ou d'en faire
assurer l'élimination dans des conditions propres à éviter lesdits effets ;

e) le principe de participation selon lequel :

- chaque citoyen doit avoir accès aux informations relatives à l'environnement, y


compris celles relatives aux substances et activités dangereuses ;

- chaque citoyen a le devoir de veiller à la sauvegarde de l'environnement et de


contribuer à la protection de celui-ci ;
- les personnes publiques et privées doivent, dans toutes leurs activités, se conformer
aux mêmes exigences ;
- les décisions concernant l'environnement doivent être prises après concertation avec
les secteurs d'activité ou les groupes concernés, ou après débat public lorsqu'elles ont une portée générale ;
f) le principe de subsidiarité selon lequel, en l'absence d'une règle de droit écrit, générale ou spéciale en
matière de protection de l'environnement, la norme coutumière identifiée d'un terroir donné et avérée plus
efficace pour la protection de l'environnement s'applique.

TITRE II
DE L'ELABORATION, DE LA COORDINATION ET DU FINANCEMENT DES POLITIQUES DE
L'ENVIRONNEMENT

ARTICLE 10.- (1) Le Gouvernement élabore les politiques de l'environnement et en coordonne la mise en
oeuvre.

A cette fin, notamment, il :

 établit les normes de qualité pour l'air, l'eau, le sol et toutes normes nécessaires à la sauvegarde de la
santé humaine et de l'environnement ;
 établit des rapports sur la pollution, l'état de conservation de la diversité biologique et sur l'état de
l'environnement en général ;
 initie des recherches sur la qualité de l'environnement et les matières connexes ;
 prépare une révision du Plan National de Gestion de l'Environnement, selon la périodicité prévue à l'article
14 de la présente loi, en vue de l'adapter aux exigences nouvelles dans ce domaine ;
 initie et coordonne les actions qu'exige une situation critique, un état d'urgence environnemental ou toutes
autres situations pouvant constituer une menace grave pour l'environnement ;

 publie et diffuse les informations relatives à la protection et à la gestion de l'environnement ;

 prend toutes autres mesures nécessaires à la mise en oeuvre de la présente loi.

(2) Il est assisté dans ses missions d'élaboration, de coordination, d'exécution et de contrôle
des politiques de l'environnement par un Comité Interministériel de l'Environnement et une Commission
Nationale Consultative de l'Environnement et du Développement Durable dont les attributions, l'organisation et
le fonctionnement sont fixés par des décrets d'application de la présente loi.

ARTICLE 11.- (1) Il est institué un compte spécial d'affectation du Trésor, dénommé "Fonds National de
l'Environnement et du Développement Durable" et ci-après désigné le "Fonds", qui a pour objet :
 de contribuer au financement de l'audit environnemental ;
 d'appuyer les projets de développement durable ;
 d'appuyer la recherche et l'éducation environnementales;
 d'appuyer les programmes de promotion des technologies propres;
 d'encourager les initiatives locales en matière de protection de l'environnement, et de développement
durable ;
 d'appuyer les associations agréées engagées dans la protection de l'environnement qui mènent des
actions significatives dans ce domaine ;
 d'appuyer les actions des départements ministériels dans le domaine de la gestion de l'environnement.

(2) L'organisation et le fonctionnement du Fonds sont fixés par un décret du Président de la


République.

ARTICLE 12.- (1) Les ressources du Fonds proviennent :

 des dotations de l'Etat ;


 des contributions des donateurs internationaux ;
 des contributions volontaires ;
 du produit des amendes de transaction telle que prévue par la présente loi ;
 des dons et legs ;
 des sommes recouvrées aux fins de remise en l'état des sites ;
- de toute autre recette affectée ou autorisée par la loi.

(2) Elles ne peuvent être affectées à d'autres fins que celles ne correspondant qu'à l'objet du
Fonds.

TITRE III
DE LA GESTION DE L'ENVIRONNEMENT

CHAPITRE I
DU PLAN NATIONAL DE GESTION DE L'ENVIRONNEMENT

ARTICLE 13.- Le Gouvernement est tenu d'élaborer un Plan National de Gestion de l'Environnement. Ce Plan
est révisé tous les cinq (5) ans.

ARTICLE 14.- (1) L'Administration chargée de l'environnement veille à l'intégration des considérations
environnementales dans tous les plans et programmes économiques, énergétiques, fonciers et autres.

(2) Elle s'assure, en outre, que les engagements internationaux du Cameroun en matière
environnementale sont introduits dans la législation, la réglementation et la politique nationale en la matière.

ARTICLE 15-.- L'Administration chargée de l'environnement est tenue de réaliser la planification et de veiller à
la gestion rationnelle de l'environnement, de mettre en place un système d'information environnementale
comportant une base de données sur les différents aspects de l'environnement, au niveau national et
international.
A cette fin, elle enregistre toutes les données scientifiques et technologiques relatives à
l'environnement et tient un recueil à jour de la législation et réglementation nationales et des instruments
juridiques internationaux en matière d'environnement auxquels le Cameroun est partie.

ARTICLE 16.- (1) L'Administration chargée de l'environnement établit un rapport bi-annuel sur l'état de
l'environnement au Cameroun et le soumet à l'approbation du Comité Inter-ministériel de l'Environnement.
(2) Ce rapport est publié et largement diffusé.

CHAPITRE II
DES ETUDES D'IMPACT ENVIRONNEMENTAL

ARTICLE 17.- (1) Le promoteur ou le maître d'ouvrage de tout projet d'aménagement, d'ouvrage,
d'équipement ou d'installation qui risque, en raison de sa dimension, de sa nature ou des incidences des
activités qui y sont exercées sur le milieu naturel, de porter atteinte à l'environnement est tenu de réaliser,
selon les prescriptions du cahier des charges, une étude d'impact permettant d'évaluer les incidences directes
ou indirectes dudit projet sur l'équilibre écologique de la zone d'implantation ou de toute autre région, le cadre
et la qualité de vie des populations et des incidences sur l'environnement en général.

Toutefois, lorsque ledit projet est entrepris pour le compte des services de la défense ou de la sécurité
nationale, le ministre chargé de la défense ou, selon le cas, de la sécurité nationale assure la publicité de
l'étude d'impact dans des conditions compatibles avec les secrets de la défense ou de la sécurité nationale.
(2) L'étude d'impact est insérée dans les dossiers soumis à enquête publique, lorsqu'une
telle procédure est prévue.

(3) L'étude d'impact est à la charge du promoteur.


(4) Les modalités d'application des dispositions du présent article sont fixées par un décret
d'application de la présente loi.

ARTICLE 18.- Toute étude d'impact non conforme aux prescriptions du cahier des charges est nulle et de nul
effet.

ARTICLE 19.- (1) La liste des différentes catégories d'opérations dont la réalisation est soumise à une étude
d'impact, ainsi que les conditions dans lesquelles l'étude d'impact est rendue publique sont fixées par un
décret d'application de la présente loi.

(2) L'étude d'impact doit comporter obligatoirement les indications suivantes :


- l'analyse de l'état initial du site et de son environnement ;
- les raisons du choix du site ;
- l'évaluation des conséquences prévisibles de la mise en oeuvre du projet sur le site et
son environnement naturel et humain ;
- l'énoncé des mesures envisagées par le promoteur ou maître d'ouvrage pour
supprimer, réduire et, si possible, compenser les conséquences dommageables du projet sur l'environnement
et l'estimation des dépenses correspondantes ;
- la présentation des autres solutions possibles et des raisons pour lesquelles, du point
de vue de la protection de l'environnement, le projet présenté a été retenu.

ARTICLE 20.- (1) Toute étude d'impact donne lieu à une décision motivée de l'Administration compétente,
après avis préalable du Comité Interministériel prévu par la présente loi, sous peine de nullité absolue de cette
décision.
La décision de l'Administration compétente doit être prise dans un délai maximum de quatre
(4) mois à compter de la date de notification de l'étude d'impact.
Passé ce délai, et en cas de silence de l'Administration, le promoteur peut démarrer ses
activités.

(2) Lorsque l'étude d'impact a été méconnue ou la procédure d'étude d'impact non
respectée en tout ou en partie, l'Administration compétente ou, en cas de besoin, l'Administration chargée de
l'environnement requiert la mise en oeuvre des procédures d'urgence appropriées permettant de suspendre
l'exécution des travaux envisagés ou déjà entamés. Ces procédures d'urgence sont engagées sans préjudice
des sanctions pénales prévues par la présente loi.

CHAPITRE III
DE LA PROTECTION DES MILIEUX RECEPTEURS

SECTION I
DE LA PROTECTION DE L'ATMOSPHERE

ARTICLE 21.- Il est interdit :


- de porter atteinte à la qualité de l'air ou de provoquer toute forme de modification de
ses caractéristiques susceptibles d'entraîner un effet nuisible pour la santé publique ou les biens ;

- d'émettre dans l'air toute substance polluante notamment les fumées, poussières ou
gaz toxiques, corrosifs ou radioactifs, au-delà des limites fixées par les textes d'application de la présente loi
ou, selon le cas, par des textes particuliers ;

- d'émettre des odeurs qui, par leur concentration ou leur nature, s'avèrent
particulièrement incommodantes pour l'homme.

ARTICLE 22.- (1) Afin d'éviter la pollution atmosphérique, les immeubles, les établissements agricoles,
industriels, commerciaux ou artisanaux, les véhicules ou autres objets mobiliers possédés, exploités ou
détenus par toute personne physique ou morale doivent être construits, exploités ou utilisés de manière à
satisfaire aux normes techniques en vigueur ou établies en application de la présente loi ou de textes
particuliers.

(2) Des zones de protection spéciale faisant l'objet de mesures particulières sont, en cas de
nécessité, instituées par décret sur proposition du Préfet territorialement compétent lorsque le niveau de
pollution observée se situe en-deçà du seuil minimum de qualité fixé par la réglementation ou au regard de
certaines circonstances propres à en aggraver la dégradation.

(3) En vue de limiter ou de prévenir un accroissement prévisible de la pollution


atmosphérique à la suite notamment de développements industriels et humains, d'assurer une protection
particulière de l'environnement, ainsi que de préserver la santé de l'homme, des zones sensibles peuvent être
créées et délimitées sur proposition du Préfet territorialement compétent par arrêté conjoint des Ministres
chargés de l'environnement, de la santé publique, de l'administration territoriale et des mines.

(4) Le Préfet peut instituer des procédures d'alerte à la pollution atmosphérique, après avis
des services techniques locaux compétents.

ARTICLE 23.- (1) Lorsque les personnes responsables d'émissions polluantes dans l'atmosphère, au-delà des
normes fixées par l'Administration, n'ont pas pris de dispositions pour être en conformité avec la
réglementation, l'Administration compétente leur adresse une mise en demeure à cette fin.

(2) Dans le cas où cette mise en demeure reste sans effet ou n'a pas produit les effets
escomptés dans le délai imparti ou d'office, en cas d'urgence, l'Administration compétente doit, en
concertation avec l'Administration chargée de l'environnement et les autres concernées, suspendre le
fonctionnement de l'installation en cause ou faire exécuter les mesures nécessaires, aux frais du propriétaire
ou en recouvrer le montant du coût auprès de ce dernier.

ARTICLE 24.- Aux fins de la protection de l'atmosphère, les Administrations compétentes, en collaboration
avec l'Administration chargée de l'environnement et le secteur privé, sont chargées de prendre les mesures
tendant à :

- appliquer le Protocole de Montréal et ses amendements ;


- développer les énergies renouvelables ;
- préserver la fonction régulatrice des forêts sur l'atmosphère.

SECTION II
DE LA PROTECTION DES EAUX CONTINENTALES
ET DES PLAINES D'INONDATION
ARTICLE 25.- Les eaux continentales constituent un bien du domaine public dont l'utilisation, la gestion et la
protection sont soumises aux dispositions de la présente loi ainsi qu'à celles de la législation et de la
réglementation en vigueur.

ARTICLE 26.- L'Administration chargée de la gestion des ressources en eau dresse un inventaire établissant
le degré de pollution des eaux continentales, en fonction des critères physiques, chimiques, biologiques et
bactériologiques. Cet inventaire est révisé périodiquement ou chaque fois qu'une pollution exceptionnelle
affecte l'état de ces eaux.

ARTICLE 27.- Les plaines d'inondation font l'objet d'une protection particulière. Cette protection tient compte
de leur rôle et de leur importance dans la conservation de la diversité biologique.

ARTICLE 28.- Le régime de protection des eaux continentales fait l'objet d'une loi particulière.

ARTICLE 29.- Sont interdits, sous réserve des dispositions de l'article 30 ci-dessous, les déversements,
écoulements, rejets, dépôts, directs ou indirects de toute nature et, plus généralement, tout fait susceptible de
provoquer la dégradation des eaux superficielles ou souterraines en modifiant leurs caractéristiques
physiques, chimiques, biologiques ou bactériologiques.

ARTICLE 30.- (1) Un décret d'application de la présente loi fixe la liste des substances nocives ou
dangereuses produites au Cameroun, dont le rejet, le déversement, le dépôt, l'immersion ou l'introduction de
manière directe ou indirecte dans les eaux continentales camerounaises sont soit interdits, soit soumis à
autorisation préalable.

(2) Les déversements d'eaux résiduaires dans le réseau d'assainissement public ne doit
nuire ni à la conservation des ouvrages, ni à la gestion des réseaux.

(3) Les installations rejetant des eaux résiduaires dans les eaux continentales
camerounaises établies antérieurement à la date de promulgation de la présente loi doivent se conformer à la
réglementation dans un délai fixé par un décret d'application de ladite loi.

Les installations établies postérieurement à la date de promulgation de la présente loi


doivent, dès leur mise en fonctionnement, être conformes aux normes de rejet fixées par la réglementation en
vigueur.

SECTION III
DE LA PROTECTION DU LITTORAL ET DES EAUX MARITIMES

ARTICLE 31.- (1) Sans préjudice des dispositions pertinentes des conventions internationales relatives à la
protection de l'environnement marin, dûment ratifiées par la République du Cameroun, sont interdits le
déversement, l'immersion et l'incinération dans les eaux maritimes sous juridiction camerounaise, de
substances de toute nature susceptibles :
- de porter atteinte à la santé de l'homme et aux ressources biologiques maritimes ;
- de nuire aux activités maritimes, y compris la navigation, l'aquaculture et la pêche ;
- d'altérer la qualité des eaux maritimes du point de vue de leur utilisation ;
- de dégrader les valeurs d'agrément et le potentiel touristique de la mer et du littoral.
(2) La liste des substances visées au (1) ci-dessus est précisée par un décret d'application
de la présente loi.
ARTICLE 32.- (1) Dans le cas d'avaries ou d'accidents survenus dans les eaux maritimes sous juridiction
camerounaise à tout navire, aéronef, engin ou plate-forme transportant ou ayant à son bord des
hydrocarbures ou des substances nocives ou dangereuses et pouvant créer un danger grave et imminent au
milieu marin et à ses ressources, le propriétaire dudit navire, aéronef, engin ou plate-forme est mis en
demeure par les autorités maritimes compétentes de remettre en l'état le site contaminé en application de la
réglementation en vigueur.

(2) Dans le cas où cette mise en demeure reste sans effet ou n'a pas produit les effets
attendus dans le délai imparti, ou d'office en cas d'urgence, les autorités compétentes font exécuter les
mesures nécessaires aux frais de l'armateur, de l'exploitant ou du propriétaire et en recouvrent le montant du
coût auprès de ce dernier.

ARTICLE 33.- (1) Le capitaine ou le responsable de tout navire, aéronef, engin, transportant ou ayant à son
bord des hydrocarbures ou des substances nocives ou dangereuses et se trouvant dans les eaux maritimes
sous juridiction camerounaise, est tenu de signaler par tout moyen, aux autorités compétentes tout événement
de mer survenu à son bord et qui est ou pourrait être de nature à constituer une menace pour le milieu marin
et des intérêts connexes.

(2) Les dispositions nécessaires pour prévenir et combattre toute pollution marine en
provenance des navires et des installations sises en mer et/ou sur terre sont fixées par un décret d'application
de la présente loi.

ARTICLE 34.- (1) L'Administration chargée des domaines peut accorder, sur demande, une autorisation
d'occupation du domaine public. L'occupation effectuée en vertu de cette autorisation ne doit entraver ni le
libre accès aux domaines publics maritime et fluvial, ni la libre circulation sur la grève, ni être source d'érosion
ou de dégradation du site.

(2) Seules sont autorisées sur le domaine public maritime et fluvial, à titre d'occupation
privative temporaire, les installations légères et démontables à l'exclusion de toute construction en dur ou à
usage d'habitation.

ARTICLE 35.- Il est délimité le long des côtes maritimes, des berges fluviales et lacustres une zone non
aedificandi dont le régime est fixé par la législation domaniale.

SECTION IV
DE LA PROTECTION DES SOLS ET DU SOUS-SOL

ARTICLE 36.- (1) Le sol, le sous-sol et les richesses qu'ils contiennent, en tant que ressources limitées,
renouvelables ou non, sont protégés contre toutes formes de dégradation et gérées conjointement et de
manière rationnelle par les Administrations compétentes.

(2) Un décret d'application de la présente loi, pris sur rapport conjoint des Administrations
concernées, fixe :

- les conditions particulières de protection destinées à lutter contre la désertification,


l'érosion, les pertes de terres arables et la pollution du sol et de ses ressources par les produits chimiques, les
pesticides et les engrais ;

- la liste des engrais, des pesticides et autres substances chimiques dont l'utilisation est
autorisée ou favorisée dans les travaux agricoles ;
- les quantités autorisées et les modalités d'utilisation afin que les substances ne
portent pas atteinte à la qualité du sol ou des autres milieux récepteurs.

ARTICLE 37.- (1) Les titulaires de titres miniers ou de titres de carrières sont tenus à l'obligation de remettre
en l'état les sites exploités.

(2) Toutefois, les titulaires de titres miniers ou de titres de carrières peuvent choisir de payer
le coût financier des opérations de remise en état exécutées par l'Administration compétente.

Le montant et les modalités de paiement des frais y relatifs sont fixés par un décret
d'application de la présente loi.

Les sommes correspondantes sont reversées au Fonds prévu par la présente loi et ne
peuvent recevoir aucune autre affectation.

ARTICLE 38.- (1) Sont soumis à l'autorisation préalable de chaque Administrations concernée et après avis
obligatoire de l'Administration chargée de l'environnement, l'affectation et l'aménagement des sols à des fins
agricoles, industrielles, urbanistiques ou autres, ainsi que les travaux de recherche ou d'exploitation des
ressources du sous-sol susceptibles de porter atteinte à l'environnement.

(2) Un décret d'application de la présente loi fixe les conditions de délivrance de


l'autorisation prévue au (1) et les activités ou usages qui, en raison des dangers qu'ils présentent pour le sol,
le sous-sol ou leurs ressources, doivent être interdits ou soumis à des sujétions particulières.

SECTION V
DE LA PROTECTION DES ETABLISSEMENTS HUMAINS

ARTICLE 39.- (1) La protection, la conservation et la valorisation du patrimoine culturel et architectural sont
d'intérêt national.

(2) Elles sont parties intégrantes de la politique nationale de protection et de mise en valeur
de l'environnement.

ARTICLE 40.- (1) Les plans d'urbanisme et les plans de lotissement publics ou privés prennent en compte
les impératifs de protection de l'environnement dans le choix des emplacements prévus pour les zones
d'activités économiques, résidentielles et de loisirs. Ces plans doivent, préalablement à leur application,
recueillir l'avis obligatoire de l'Administration chargée de l'environnement.

(2) Les agglomérations urbaines doivent comporter des terrains à usage récréatif et des
zones d'espace vert, selon une proportion harmonieuse fixée par les documents d'urbanisme et la loi
forestière, compte tenu notamment des superficies disponibles, du coefficient d'occupation du sol et de la
population résidentielle.

ARTICLE 41.- Les permis de construire sont délivrés en tenant dûment compte de la présence des
établissements classés et de leur impact sur l'environnement, et peuvent être refusés ou soumis à des
prescriptions spéciales élaborées conjointement par les Administrations chargées de l'environnement et de
l'urbanisme, si les constructions envisagées sont de nature à avoir des conséquences dommageables pour
l'environnement.

CHAPITRE IV
DES INSTALLATIONS CLASSEES DANGEREUSES, INSALUBRES OU INCOMMODES ET DES ACTIVITES
POLLUANTES

SECTION I
DES DECHETS

ARTICLE 42.- Les déchets doivent être traités de manière écologiquement rationnelle afin d'éliminer ou de
réduire leurs effets nocifs sur la santé de l'homme, les ressources naturelles, la faune et la flore, et sur la
qualité de l'environnement en général.

ARTICLE 43.- (1) Toute personne qui produit ou détient des déchets doit en assurer elle-même l'élimination
ou le recyclage, ou les faire éliminer ou recycler auprès des installations agréées par l'Administration chargée
des établissements classés après avis obligatoire de l'Administration chargée de l'environnement.

Elle est, en outre, tenue d'assurer l'information du public sur les effets sur l'environnement et
la santé publique des opérations de production, de détention, d'élimination ou de recyclage des déchets, sous
réserve des règles de confidentialité, ainsi que sur les mesures destinées à en prévenir ou à en compenser
les effets préjudiciables.

(2) Un décret d'application de la présente loi fixe les conditions dans lesquelles doivent être
effectuées les opérations de collecte, de tri, de stockage, de transport, de récupération, de recyclage ou de
toute autre forme de traitement, ainsi que l'élimination finale des déchets pour éviter la surproduction de ceux-
ci, le gaspillage de déchets récupérables et la pollution de l'environnement en général.

ARTICLE 44.- Sont formellement interdits, compte dûment tenu des engagements internationaux du
Cameroun, l'introduction, le déversement, le stockage ou le transit sur le territoire national des déchets
produits hors du Cameroun.

ARTICLE 45.- La fabrication, l'importation, la détention en vue de la vente, la mise à la disposition du


consommateur de produits ou matériaux générateurs de déchets font l'objet d'une réglementation fixée par
arrêtés conjoints des Administrations compétentes, en vue de faciliter l'élimination desdits déchets ou, le cas
échéant, d'interdire ces activités.

ARTICLE 46.- (1) Les collectivités territoriales décentralisées assurent l'élimination des déchets produits par
les ménages, éventuellement en liaison avec les services compétents de l'Etat, conformément à la
réglementation en vigueur.

(2) En outre, elles :

- veillent à ce que tous les dépôts sauvages soient enrayés ;

- assurent l'élimination, si nécessaire avec le concours des services compétents de


l'Etat ou des entreprises agréées, des dépôts abandonnés, lorsque le propriétaire ou l'auteur du dépôt n'est
pas connu ou identifié.

ARTICLE 47.- (1) L'élimination des déchets par la personne qui les produit ou les traite doit être faite sur
autorisation et sous la surveillance conjointe des Administrations chargées respectivement de l'environnement
et des mines, selon les prescriptions fixées par un décret d'application de la présente loi.

(2) Le dépôt des déchets en décharge doit se faire dans des décharges faisant l'objet de
contrôles périodiques et respectant les normes techniques minima d'aménagement des décharges.

(3) Les déchets industriels spéciaux qui, en raison de leurs propriétés, sont dangereux, ne
peuvent pas être déposés dans des installations de stockage recevant d'autres catégories de déchets.

ARTICLE 48.- (1) Lorsque les déchets sont abandonnés, déposés ou traités contrairement aux prescriptions
de la présente loi et des règlements pris pour son application, l'autorité investie du pouvoir de police doit,
après mise en demeure notifiée au producteur, assurer d'office l'élimination desdits déchets aux frais dudit
producteur.

(2) L'Administration doit obliger le producteur à consigner entre les mains d'un comptable
public, une somme correspondant au montant des travaux à réaliser. Le comptable public compétent est
désigné par arrêté du Ministre chargé des finances.

ARTICLE 49.- L'immersion, l'incinération ou l'élimination par quelque procédé que ce soit, des déchets dans
les eaux continentales et/ou maritimes sous juridiction camerounaise sont strictement interdites, compte
dûment tenu des engagements internationaux du Cameroun.

ARTICLE 50.- (1) L'obligation générale d'entretien à laquelle sont soumis les concessionnaires du domaine
public comporte celle d'éliminer, de faire éliminer ou de recycler les déchets qui s'y trouvent.

(2) Est strictement interdit le dépôt des déchets sur le domaine public, y compris le domaine
public maritime tel que défini par la législation en vigueur.

ARTICLE 51.- (1) L'enfouissement des déchets dans le sous-sol ne peut être opéré qu'après autorisation
conjointe des Administrations compétentes qui fixent les prescriptions techniques et les règles particulières à
observer.

(2) L'enfouissement des déchets sans l'autorisation prévue à l'alinéa (1) du présent article
donne lieu à un désenfouissement opéré par le responsable de l'enfouissement ou, après mise en demeure
de l'Administration compétente, en collaboration avec les autres Administrations concernées.

ARTICLE 52.- (1) Les sites endommagés par les travaux réalisés sans autorisation ou sans respect des
prescriptions et les sites contaminés par des décharges sauvages ou des enfouissements non autorisés font
l'objet d'une remise en l'état par les responsables ou d'une restauration la plus proche possible de leur état
originel.

(2) En cas de mise en demeure de l'Administration compétente restée sans suite pendant un
an, la remise en l'état ou la restauration du site est effectuée par celle-ci, en collaboration avec les autres
Administrations concernées, aux frais de l'auteur du dommage, de la décharge sauvage ou de
l'enfouissement.

ARTICLE 53.- Le rejet dans l'air, l'eau ou le sol d'un polluant est soumis à une autorisation dont les conditions
de délivrance sont fixées par un décret d'application de la présente loi.

SECTION II
DES ETABLISSEMENTS CLASSES

ARTICLE 54.- Sont soumises aux dispositions de la législation et de la réglementation en vigueur sur les
établissements classés, les usines, ateliers, dépôts, chantiers et, d'une manière générale, les installations
industrielles, artisanales ou commerciales exploitées ou détenues par toute personne physique ou morale,
publique ou privée, qui présentent ou peuvent présenter soit des dangers pour la santé, la sécurité, la
salubrité publique, l'agriculture, la nature et l'environnement en général, soit des inconvénients pour la
commodité du voisinage.

ARTICLE 55.- (1) Afin de prévenir et de contrôler les accidents dans les établissements classés, le
responsable de l'établissement industriel ou commercial classé est tenu de procéder, avant l'ouverture dudit
établissement, à une étude des dangers.

(2) L'étude des dangers prévu à l'alinéa (1) ci-dessus doit comporter les indications suivantes
:
- le recensement et la description des dangers suivant leur origine interne ou externe ;
- les risques pour l'environnement et le voisinage ;
- la justification des techniques et des procédés envisagés pour prévenir les risques, en
limiter ou en compenser les effets ;
- la conception des installations ;
- les consignes d'exploitation ;
- les moyens de détection et d'intervention en cas de sinistre.

ARTICLE 56.- (1) L'exploitant de tout établissement de première ou de deuxième classe, tel que défini par la
législation sur les établissements classés, est tenu d'établir un plan d'urgence propre à assurer l'alerte des
autorités compétentes et des populations avoisinantes en cas de sinistre ou de menace de sinistre,
l'évacuation du personnel et les moyens pour circonscrire les causes du sinistre.

(2) Le plan d'urgence doit être agréé par les Administrations compétentes qui s'assurent
périodiquement du bon état et de la fiabilité des matériels prévus pour la mise en oeuvre du plan.

SECTION III
DES SUBSTANCES CHIMIQUES NOCIVES ET/OU DANGEREUSES

ARTICLE 57.- (1) Les substances chimiques nocives et/ou dangereuses qui, en raison de leur toxicité, ou de
leur concentration dans les chaînes biologiques, présentent ou sont susceptibles de présenter un danger pour
la santé humaine, le milieu naturel et l'environnement en général, lorsqu'elles sont produites, importées sur le
territoire national ou évacuées dans le milieu, sont soumises au contrôle et à la surveillance des
Administrations techniques compétentes, en relation avec l'Administration chargée de l'environnement.
(2) Les substances radioactives sont régies par une loi particulière.

ARTICLE 58.- Un décret d'application de la présente loi, pris sur rapport conjoint des Administrations
compétentes, réglemente et fixe :

- les obligations des fabricants et importateurs de substances chimiques destinées à la


commercialisation, à la composition des préparations mises sur le marché, le volume à commercialiser ;

- la liste des substances dont la production, l'importation, le transit et la circulation sur


le territoire national sont interdits ou soumis à autorisation préalable des Administrations chargées du contrôle
et de la surveillance des substances chimiques, nocives et dangereuses ;

- les conditions, le mode, l'itinéraire et le calendrier de transport, de même que toutes


prescriptions relatives au conditionnement et à la commercialisation des substances sus-visées ;

- les conditions de délivrance de l'autorisation préalable ;


- la liste des substances dont la production, l'importation, le transit et la circulation sur
le territoire national sont autorisés.

ARTICLE 59.- (1) Les substances chimiques, nocives et dangereuses fabriquées, importées ou mises en
vente en infraction aux dispositions de la présente loi sont saisies par les agents habilités en matière de
répression des fraudes, ou ceux assermentés des administrations compétentes.

(2) Lorsque les substances visées au (1) présentent un danger réel et imminent, elles
doivent être détruites ou neutralisées dans les meilleurs délais par les soins des Administrations visées à
l'alinéa (1) ci-dessus, aux frais de l'auteur de l'infraction.

SECTION IV
DES NUISANCES SONORES ET OLFACTIVES

ARTICLE 60.- (1) Sont interdites les émissions de bruits et d'odeurs susceptibles de nuire à la santé de
l'homme, de constituer une gêne excessive pour le voisinage ou de porter atteinte à l'environnement.

(2) Les personnes à l'origine de ces émissions doivent prendre toutes les dispositions
nécessaires pour les supprimer, les prévenir ou en limiter la propagation sans nécessité ou par manque de
précaution.

(3) Lorsque l'urgence le justifie, les communes doivent prendre toutes mesures exécutoires
destinées, d'office, à faire cesser le trouble. En cas de nécessité, elles peuvent requérir le concours de la force
publique.

ARTICLE 61.- Un décret d'application de la présente loi, pris sur rapport conjoint des Administrations
compétentes détermine :

- les cas et les conditions dans lesquelles sont interdits ou réglementés les bruits
causés sans nécessité absolue ou dus à un défaut de précaution ;

- les conditions dans lesquelles les immeubles, les établissements industriels,


commerciaux, artisanaux ou agricoles, les véhicules ou autres objets mobiliers possédés, exploités ou
détenus par toute personne physique ou morale, doivent être exploités, construits ou utilisés de manière à
satisfaire aux dispositions de la présente loi et de ses textes d'application ;

- les conditions dans lesquelles toutes mesures exécutoires doivent être prises par les
communes et destinées, d'office, à faire cesser le trouble, sans préjudices des condamnations pénales
éventuelles;

- les délais dans lesquels il doit être satisfait aux dispositions de la présente loi à la
date de publication de chaque règlement pris pour son application.

CHAPITRE V
DE LA GESTION DES RESSOURCES NATURELLES ET
DE LA CONSERVATION DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE

ARTICLE 62.- La protection de la nature, la préservation des espèces animales et végétales et de leurs
habitats, le maintien des équilibres biologiques et des écosystèmes, et la conservation de la diversité
biologique et génétique contre toutes les causes de dégradation et les menaces d'extinction sont d'intérêt
national. Il est du devoir des pouvoirs publics et de chaque citoyen de veiller à la sauvegarde du patrimoine
naturel.

ARTICLE 63.- Les ressources naturelles doivent être gérées rationnellement de façon à satisfaire les besoins
des générations actuelles sans compromettre la satisfaction de ceux des générations futures.

ARTICLE 64.- (1) L'utilisation durable de la diversité biologique du Cameroun se fait notamment à travers :

- un inventaire des espèces existantes, en particulier celles menacées d'extinction ;


- des plans de gestion des espèces et de préservation de leur habitat;
- un système de contrôle d'accès aux ressources génétiques.

(2) La conservation de la diversité biologique à travers la protection de la faune et de la


flore, la création et la gestion des réserves naturelles et des parcs nationaux sont régies par la législation et la
réglementation en vigueur.

(3) L'Etat peut ériger toute partie du territoire national en une aire écologiquement protégée.
Une telle aire fait l'objet d'un plan de gestion environnemental.

ARTICLE 65.- (1) L'exploration scientifique et l'exploitation des ressources biologiques et génétiques du
Cameroun doivent être faites dans des conditions de transparence et de collaboration étroite avec les
institutions nationales de recherche, les communautés locales et de manière profitable au Cameroun, dans les
conditions prévues par les conventions internationales en la matière dûment ratifiées par le Cameroun,
notamment la Convention de Rio de 1992 sur la diversité biologique.

(2) Un décret d'application de la présente loi fixe les modalités de collaboration entre
chercheurs étrangers et institutions de recherche camerounaises ainsi que les communautés locales.

ARTICLE 66.- Un décret d'application de la présente loi détermine les sites historiques, archéologiques et
scientifiques, ainsi que les sites constituant une beauté panoramique particulière et organise leur protection et
les conditions de leur gestion.

ARTICLE 67.- (1) L'exploration et l'exploitation des ressources minières et des carrières doivent se faire d'une
façon écologiquement rationnelle prenant en compte les considérations environnementales.

(2) Elles se font conformément aux dispositions de la législation en vigueur.

ARTICLE 68.- (1) La protection des terres contre l'érosion, la prévention et la lutte contre la désertification sont
d'utilité publique. Elles s'opèrent notamment à travers la planification de l'utilisation des terres et le zonage, le
reboisement et la reforestation, ainsi que la diffusion des méthodes écologiquement efficaces d'utilisation des
terres.

(2) Elles se font conformément à la législation en vigueur et aux textes d'application de la


présente loi, ainsi qu'aux conventions internationales pertinentes dûment ratifiées par le Cameroun.

ARTICLE 69.- (1) La gestion des ressources partagées avec d'autres Etats doit se faire de façon durable et,
autant que possible, en coopération avec les Etats concernés.

(2) Cette coopération se fait en vertu des conventions internationales conclues entre les
Etats partageant ces ressources.
CHAPITRE VI
DES RISQUES ET DES CATASTROPHES NATURELS

ARTICLE 70.- Il est établi à l'initiative de chaque Administration compétente, de concert avec les autres
Administrations concernées, et sous la coordination de l'Administration chargée de l'environnement, une carte
nationale et des plans de surveillance des zones à haut risque de catastrophes naturelles, notamment les
zones à activité sismique et/ou volcanique, les zones inondables, les zones à risque d'éboulement, les zones
à risque de pollution marine et atmosphérique, les zones de sécheresse et de désertification, ainsi que les
zones d'éruption magmato-phréatique.

ARTICLE 71.- La prévention des risques obéit aux principes de la présente loi ainsi qu'aux dispositions
pertinentes prévues par des textes spécifiques en vigueur.

TITRE IV
DE LA MISE EN OEUVRE ET DU SUIVI DES PROGRAMMES

CHAPITRE UNIQUE

DE LA PARTICIPATION DES POPULATIONS

ARTICLE 72.- La participation des populations à la gestion de l'environnement doit être encouragée, notamment à
travers :

- le libre accès à l'information environnementale, sous réserve de impératifs de la défense


nationale et de la sécurité de l'Etat ;

- des mécanismes consultatifs permettant de recueillir l'opinion et l'apport des


populations ;

- la représentation des populations au sein des organes consultatifs en matière


d'environnement ;

- la production de l'information environnementale ;

- la sensibilisation, la formation, la recherche et l'éducation environnementales.

ARTICLE 73.- L'enseignement de l'environnement doit être introduit dans les programmes d'enseignement des
cycles primaire et secondaire, ainsi que des établissements d'enseignement supérieur.

ARTICLE 74.- Afin de renforcer la prise de conscience environnementale dans la société ainsi que la
sensibilisation et la participation des populations aux questions environnementales, les Administrations chargées
de l'environnement, de la communication et les autres Administrations et organismes publics concernés
organisent des campagnes d'information et de sensibilisation à travers les média et tous autres moyens de
communication.

A cet égard, ils mettent à contribution les moyens traditionnels de communication ainsi que les
autorités traditionnelles et les associations oeuvrant dans le domaine de l'environnement et du développement.
TITRE V

DES MESURES INCITATIVES

ARTICLE 75.- Toute opération contribuant à enrayer l'érosion, à combattre efficacement la désertification, ou toute
opération de boisement ou de reboisement, toute opération contribuant à promouvoir l'utilisation rationnelle des
ressources renouvelables, notamment dans les zones de savane et la partie septentrionale du pays bénéficie d'un
appui du Fonds prévu par la présente loi.

ARTICLE 76.- (1) Les entreprises industrielles qui importent des équipements leur permettant d'éliminer dans leur
processus de fabrication ou dans leurs produits les gaz à effet de serre notamment le gaz carbonique, le chloro-
fluoro-carbone, ou de réduire toute forme de pollution bénéficient d'une réduction du tarif douanier sur ces
équipements dans les proportions et une durée déterminées, en tant que de besoin, par la loi de Finances.

(2) Les personnes physiques ou morales qui entreprennent des actions de promotion de
l'environnement bénéficient d'une déduction sur le bénéfice imposable suivant des modalités fixées par la loi de
Finances.

TITRE VI
DE LA RESPONSABILITE ET DES SANCTIONS

CHAPITRE I
DE LA RESPONSABILITE

ARTICLE 77.- (1) Sans préjudice des peines applicables sur le plan de la responsabilité pénale, est
responsable civilement, sans qu'il soit besoin de prouver une faute, toute personne qui, transportant ou
utilisant des hydrocarbures ou des substances chimiques, nocives et dangereuses, ou exploitant un
établissement classé, a causé un dommage corporel ou matériel se rattachant directement ou indirectement à
l'exercice des activités sus-mentionnées.

(2) La réparation du préjudice visé à l'alinéa (1) du présent article est partagée lorsque
l'auteur du préjudice prouve que le préjudice corporel ou matériel résulte de la faute de la victime. Elle est
exonérée en cas de force majeure.

ARTICLE 78.- Lorsque les éléments constitutifs de l'infraction proviennent d'un établissement industriel,
commercial, artisanal ou agricole, le propriétaire, l'exploitant, le directeur ou, selon le cas, le gérant peut être
déclaré responsable du paiement des amendes et frais de justice dus par les auteurs de l'infraction, et
civilement responsable de la remise en l'état des sites.

CHAPITRE II
DES SANCTIONS PENALES

ARTICLE 79.- Est punie d'une amende de deux millions (2.000.000) à cinq millions (5.000.000) de FCFA et
d'une peine d'emprisonnement de six (6) mois à deux (2) ans ou de l'une de ces deux peines seulement, toute
personne ayant :
- réalisé, sans étude d'impact, un projet nécessitant une étude d'impact ;
- réalisé un projet non conforme aux critères, normes et mesures énoncés pour l'étude
d'impact ;
- empêché l'accomplissement des contrôles et analyses prévus par la présente loi et/ou
par ses textes d'application.

ARTICLE 80.- Est punie d'une amende de cinquante millions (50.000.000) à cinq cent millions (500.000.000)
de FCFA et d'une peine d'emprisonnement à perpétuité, toute personne qui introduit des déchets toxiques
et/ou dangereux sur le territoire camerounais.

ARTICLE 81.- (1) Est punie d'une amende de dix (10) à cinquante (50) millions de FCFA et d'une peine
d'emprisonnement de deux (2) à cinq (5) ans ou de l'une de ces deux peines seulement, toute personne qui
importe, produit, détient et/ou utilise contrairement à la réglementation, des substances nocives ou
dangereuses.

(2) En cas de récidive, le montant maximal des peines est doublé.

ARTICLE 82.- (1) Est punie d'une amende de un million (1.000.000) à cinq millions
(5.000.000) de FCFA et d'une peine d'emprisonnement de six (6) mois à un (1) an ou de l'une de ces deux
peines seulement, toute personne qui pollue, dégrade les sols et sous-sols, altère la qualité de l'air ou des
eaux, en infraction aux dispositions de la présente loi.
(2) En cas de récidive, le montant maximal des peines est doublé.

ARTICLE 83.- (1) Est puni d'une amende de dix millions (10.000.000) à cinquante millions (50.000.000) de
FCFA et d'une peine d'emprisonnement de six (6) mois à un (1) an ou de l'une de ces deux peines seulement,
tout capitaine de navire qui se rend coupable d'un rejet dans les eaux maritimes sous juridiction camerounaise
d'hydrocarbures ou d'autres substances liquides nocives pour le milieu marin, en infraction aux dispositions de
la présente loi et de ses textes d'application ou des conventions internationales relatives à la prévention de la
pollution marine auxquelles le Cameroun est partie.

(2) Lorsque le navire en infraction est un navire autre qu'un navire-citerne et de jauge brute
inférieure à quatre cents (400) tonneaux, les peines prévues à l'alinéa précédent du présent article sont
réduites, sans que le minimum de l'amende puisse être inférieur à un million (1.000.000) de FCFA.

(3) En cas de récidive, le montant maximal des peines est doublé.

(4) Les pénalités prévues par le présent article s'appliquent sans préjudice du droit à
l'indemnisation des collectivités publiques ou privées ainsi que des personnes ayant subi des dommages du
fait de la pollution.

(5) Les pénalités prévues par le présent article ne s'appliquent pas aux rejets effectués par
un navire pour assurer sa propre sécurité ou celle d'autres navires, ou pour sauver des vies humaines , ni aux
déversements résultant de dommages subis par le navire sans qu'aucune faute ne puisse être établie à
l'encontre de son capitaine ou de son équipage.

ARTICLE 84.- (1) Est punie d'une amende de cinq cent mille (500 000) à deux millions (2 000 000) de FCFA
et d'une peine d'emprisonnement de six (6) mois à un (1) an ou de l'une de ces deux peines seulement, toute
personne qui fait fonctionner une installation ou utilise un objet mobilier en infraction aux dispositions de la
présente loi.

(2) En cas de récidive, le montant maximal des peines est doublé.

ARTICLE 85.- Les sanctions prévues par la présente loi sont complétées par celles contenues dans le Code
pénal ainsi que dans différentes législations particulières applicables à la protection de l'environnement.
ARTICLE 86.- La sanction est doublée lorsque les infractions sus-citées sont commises par un agent relevant
des Administrations chargées de la gestion de l'environnement, ou avec sa complicité.

ARTICLE 87.- Les dispositions des articles 54 et 90 du Code Pénal relatives au sursis et aux circonstances
atténuantes ne sont pas applicables aux sanctions prévues par la présente loi.

CHAPITRE III
DE LA CONSTATATION DES INFRACTIONS

ARTICLE 88.- (1) Sans préjudice des prérogatives reconnues au ministère public, aux officiers de police
judiciaire à compétence générale, les agents assermentés de l'Administration chargée de l'environnement ou
des autres Administrations concernées, notamment ceux des domaines, du cadastre, de l'urbanisme, des
travaux publics, des forêts, de la marine marchande, des mines, de l'industrie, du travail et du tourisme sont
chargés de la recherche, de la constatation et des poursuites en répression des infractions aux dispositions de
la présente loi et de ses textes d'application.

(2) Les agents mentionnés à l'alinéa (1) ci-dessus prêtent serment devant le tribunal
compétent, à la requête de l'Administration intéressée, suivant des modalités fixées par un décret d'application
de la présente loi.

(3) Dans l'exercice de leurs fonctions, les agents assermentés sont tenus de se munir de leur
carte professionnelle.

ARTICLE 89.- Toute infraction constatée fait l'objet d'un procès-verbal régulier. La recherche et la constatation
des infractions sont effectuées par deux (2) agents qui co-signent le procès-verbal. Ce procès-verbal fait foi
jusqu'à l'inscription en faux.

ARTICLE 90.- (1) Tout procès-verbal de constatation d'infraction doit être transmis immédiatement à
l'Administration compétente qui le fait notifier au contrevenant. Celui-ci dispose d'un délai de vingt (20) jours à
compter de cette notification pour contester le procès-verbal. Passé ce délai, toute contestation devient
irrecevable.

(2) En cas de contestation dans les délais prévus à l'alinéa (1) du présent article, la
réclamation est examinée par l'Administration compétente.

Si la contestation est fondée, le procès-verbal est classé sans suite.

Dans le cas contraire, et à défaut de transaction ou d'arbitrage définitifs, l'Administration


compétente procède à des poursuites judiciaires conformément à la législation en vigueur.

CHAPITRE IV :

DE LA TRANSACTION ET DE L'ARBITRAGE

ARTICLE 91.- (1) Les Administrations chargées de la gestion de l'environnement ont plein pouvoir pour
transiger. Elles doivent, pour ce faire, être dûment saisies par l'auteur de l'infraction.

(2) Le montant de la transaction est fixée en concertation avec l'Administration chargée des
finances. Ce montant ne peut être inférieur au minimum de l'amende pénale correspondante.

(3) La procédure de transaction doit être antérieure à toute procédure judiciaire éventuelle,
sous peine de nullité.
(4) Le produit de la transaction est intégralement versé au Fonds prévu par la présente loi.

ARTICLE 92.- Les parties à un différend relatif à l'environnement peuvent le régler d'un commun accord par
voie d'arbitrage.

ARTICLE 93.- (1) Les autorités traditionnelles ont compétence pour régler des litiges liés à l'utilisation de
certaines ressources naturelles, notamment l'eau et le pâturage sur la base des us et coutumes locaux, sans
préjudice du droit des parties au litige d'en saisir les tribunaux compétents.
(2) Il est dressé un procès-verbal du règlement du litige. La copie de ce procès-verbal dûment
signé par l'autorité traditionnelle et les parties au litige ou leurs représentants est déposée auprès de l'autorité
administrative dans le ressort
territorial de laquelle est située la communauté villageoise où a eu lieu le litige.

TITRE VII
DES DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES

ARTICLE 94.- Les écosystèmes de mangroves font l'objet d'une protection particulière qui tient compte de leur
rôle et de leur importance dans la conservation de la diversité biologique marine et le maintien des équilibres
écologiques côtiers.

ARTICLE 95.- L'Etat assure la conservation "in situ" et "ex situ" des ressources génétiques suivant des modalités
fixées par des lois particulières.

ARTICLE 96.- (1) Toute décision prise ou autorisation donnée au titre de la présente loi sans l'avis préalable de
l'Administration chargée de l'environnement requis par ladite loi, est nulle et de nul effet.
(2) Toute personne ayant intérêt à agir peut en invoquer la nullité.

(3) Des décrets d'application de la présente loi fixent, suivant le cas, les modalités suivant
lesquelles est donné l'avis préalable de l'Administration chargée de l'environnement.

ARTICLE 97.- Des décrets d'application de la présente loi en précisent, en tant que de besoin, les modalités.

ARTICLE 98.- (1) La présente loi s'applique sans préjudice des dispositions non contraires des lois particulières
en vigueur en matière de gestion de l'environnement.
(2) Toutefois, sont abrogées les dispositions de l'article 4 (1) premier tiret de la loi n 89/27 du
29 décembre 1989 portant sur les déchets toxiques et dangereux.

ARTICLE 99.- La présente loi sera enregistrée, publiée suivant la procédure d'urgence, puis insérée au Journal
Officiel en français et en anglais./-

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
PAUL BIYA

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