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Guide de Gestion pour les Zones Humides

d’Importance Internationale du Gabon :

Manuel de Bonnes Pratiques

Préparé par :

The Nature Conservancy, Gabon

Pour :

Agence Nationale des Parcs Nationaux, Gabon

1
Table des matières

1. INTRODUCTION ...................................................................................................................................... 3

1.1. A PROPOS DE LA CONVENTION DE RAMSAR .............................................................................................................4


1.2. A PROPOS DE CES DIRECTIVES ...............................................................................................................................6

2. PRINCIPES DE GESTION ET DE CONSERVATION DES ZONES HUMIDES ........................................................ 8

2.1. CARACTERISTIQUES ECOLOGIQUES DES ZONES HUMIDES .............................................................................................8


2.2. LES ZONES HUMIDES IMPORTANTES DU GABON ET LEURS CARACTERISTIQUES .............................................................. 12
2.3. MENACES PESANT SUR L’ETAT DES ZONES HUMIDES AU GABON ................................................................................ 20

3. BONNES PRATIQUES DE GESTION POUR LES ZONES HUMIDES DU GABON ............................................... 23

3.1. METHODOLOGIE POUR L’ELABORATION DE RECOMMANDATIONS DE GESTION .............................................................. 24


3.2. BONNES PRATIQUES DE GESTION PAR INDUSTRIES ET PAR CARACTERISTIQUES ECOLOGIQUES ........................................... 25
3.3. DESCRIPTION RESUMEE DES BPG ....................................................................................................................... 29

4. AUTRES CONSIDERATIONS CONCERNANT LA GESTION DES ZONES HUMIDES AU GABON ......................... 60

4.1. VALEURS CULTURELLES DES ZONES HUMIDES ......................................................................................................... 60


4.2. GARANTIR UNE RESILIENCE POUR S’ADAPTER AU CHANGEMENT CLIMATIQUE............................................................... 60
4.3. RESTAURATION DES HABITATS DE ZONES HUMIDES .................................................................................................. 61
4.4. PREPARER DES PLANS DE GESTION POUR LES ZONES HUMIDES................................................................................... 62
4.4.1. Elaborer des plans de gestion spécifiques pour les sites .................................................................... 62
4.4.2. Procédures pour la création, l’adoption et la mise en œuvre des plans de gestion de site ............... 65
4.5. PROCEDURES DE SUIVI ET D’EVALUATION.............................................................................................................. 66

5. LITTERATURE ........................................................................................................................................ 74

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1. Introduction

Les zones humides sont des écosystèmes importants : elles sont riches en biodiversité et
fournissent de nombreux bénéfices aux populations humaines et à la nature. De nombreuses
espèces de poissons et d'oiseaux trouvent les conditions nécessaires pour se nourrir et se
reproduire dans les zones humides. Elles protègent le littoral de l'érosion et servent de zones
tampons face aux effets des tempêtes et aux changements rapides provoqués par les débits
des cours d'eau, protégeant ainsi les installations humaines des inondations brutales. Les
zones humides filtrent l’eau et participent à la formation de sols productifs. Mais les zones
humides sont aussi des habitats sensibles qui dépendent de dynamiques naturelles complexes
qui doivent fonctionner parfaitement pour pouvoir rester en bonne santé et fournir l’abri, la
nourriture et l’eau propre dont dépendent la faune et les populations humaines. Lorsque ces
dynamiques naturelles cessent de fonctionner correctement, l’état des zones humides se
détériore et elles peuvent arrêter de fournir des bénéfices. Comprendre les facteurs qui
caractérisent et définissent l’état des zones humides et ceux qui les altèrent est la première
étape pour répondre aux problèmes auxquelles elles font face. L’étape suivante consiste à
mettre en place des mesures de gestion conçues pour redresser la situation et éviter ces
pressions. Si des mesures de gestion appropriées sont mises en œuvre dans et autour des
zones humides, alors ces zones humides peuvent rester en bonne santé ; dans le cas de zones
humides dégradées mais résilientes, elles peuvent également se rétablir.

Le Gabon est doté de nombreuses zones humides, notamment des mangroves, des forêts
inondables, des marais émergents et d'un type unique de zone humide connu sous le nom de
baïs, qui servent de points d'eau importants pour les grands mammifères. De vastes zones du
pays sont couvertes de zones humides, certaines protégées dans des parcs nationaux, d'autres
reconnues par la Convention de Ramsar, mais beaucoup d'autres n'ont pas de statut clair de
protection. Et même si la plupart des zones humides gabonaises sont encore en bon état, les
activités de développement et d’extraction des ressources à l’intérieur et autour des zones
humides pourraient présenter des risques importants à long terme pour la plupart d’entre
elles. Dans certains lieux, les zones humides montrent déjà des signes d'altération auxquels il
convient de remédier. Dans tous les cas, mettre en place dès à présent des pratiques de
gestion appropriées sur le terrain pour protéger et utiliser de manière durable les ressources
des zones humides est le meilleur moyen de s’assurer que le Gabon reste fidèle à son
engagement en faveur du développement durable et du Gabon Vert.

Ce manuel fournit des directives et des recommandations sur la manière de mener à bien des
activités à l'intérieur et autour des zones humides désignés comme sites Ramsar et, plus
généralement, des sites de zones humides au Gabon, afin que ces zones restent saines et
résilientes et qu’elles se rétablissent le cas échéant.

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1.1. A propos de la Convention de Ramsar

La Convention de Ramsar sur les zones humides (Ramsar, Iran, 1971) est un traité
intergouvernemental dont la mission est la suivante :

« La conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides par des actions


locales, régionales et nationales et par la coopération internationale, en tant que
contribution à la réalisation du développement durable dans le monde entier ».

La Convention a adopté une large définition des zones humides comprenant tous les lacs et
cours d’eau, les aquifères souterrains, les marécages et marais, les prairies humides, les
tourbières, les oasis, les estuaires, les deltas et étendues intertidales, les mangroves et autres
zones côtières, les récifs coralliens et tous les sites artificiels tels que les étangs de pisciculture,
les rizières, les retenues et les marais salés.

Les Parties contractantes de la Convention s’engagent dans les trois piliers :


• à œuvrer pour l’utilisation rationnelle de toutes leurs zones humides ;
• à inscrire toutes les zones humides appropriées sur la Liste des zones humides
d’importance internationale (la « Liste de Ramsar ») et à en assurer une bonne gestion ; et
• à coopérer au plan international au niveau des zones humides transfrontières, des
systèmes de zones humides partagés ainsi que pour les espèces partagées.

L’article 3.1 de la Convention stipule que les Parties contractantes « élaborent et appliquent
leurs plans d'aménagement de façon à favoriser la conservation des zones humides inscrites
sur la Liste et, autant que possible, l'utilisation rationnelle des zones humides de leur
territoire. ». Concernant le concept d’utilisation rationnelle, qui fut créé lors de l’élaboration
du traité, la Convention continue de mettre l’accent sur le fait que les activités humaines, si
durables, sont entièrement compatibles avec les principes de Ramsar et avec la
conservation des zones humides en général.

Le concept d’utilisation rationnelle fournit un cadre général pour planifier la gestion des zones
humides. Le processus de planification de la gestion fournit un mécanisme pour pouvoir
parvenir à un accord général entre les gestionnaires des zones humides et les parties
prenantes sur l’objectif de gestion du site afin d’arriver à une utilisation rationnelle et à
maintenir par conséquent les caractéristiques écologique du site. La planification de la gestion
est une stratégie permettant : (a) d’identifier les objectifs de gestion du site, (b) d’identifier et
de décrire les mesures de gestion nécessaires pour atteindre les objectifs, (c) d’éviter
l’apparition de problèmes qui affectent ou pourraient affecter les différents sites proposés,
particulièrement leurs opérations, (d) de définir les critères de suivi permettant de détecter
les modifications des caractéristiques écologiques et (c) de mesurer l’efficacité de la gestion,
de démontrer que la gestion est efficace et d’en maintenir la continuité, de résoudre les
conflits d’intérêts, d’obtenir les ressources pour la mise en œuvre de la gestion, de
communiquer au sein des sites et entre les sites et d’assurer la conformité avec les politiques
locales, nationales et internationales1.

1Voir le Manuel 1 : Utilisation rationnelle des zones humides (4ème édition, 2010) pour plus d’informations
(https://www.ramsar.org/sites/default/files/documents/pdf/lib/hbk4-01fr.pdf).

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Durant la COP12 en juin 2015, le Secrétariat de Ramsar a adopté le 4ème Plan stratégique pour
la période 2016-20242. Le plan expose les trois buts stratégiques (1-3) et le but opérationnel
(4) pour la période :
• But 1 : S’attaquer aux moteurs de la perte et de la dégradation des zones humides
• But 2 : Conserver et gérer efficacement le réseau de Sites Ramsar
• But 3 : Utiliser toutes les zones humides de façon rationnelle
• But 4 : Améliorer la mise en œuvre.

2Le 4ème Plan stratégique 2016-2024 est disponible sur


https://www.ramsar.org/sites/default/files/documents/library/4th_strategic_plan_2016_2024_f.pdf.

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1.2. A propos de ces directives

Le but des directives présentées dans ce manuel est de fournir un cadre de référence pour les
entités gabonaises responsables afin de mieux gérer les zones humides et les écosystèmes
aquatiques, et ce dans le cadre du 4ème Plan stratégique de Ramsar. En utilisant le cadre fourni
dans ce manuel, ces entités seront en mesure de mieux éviter, atténuer et inverser les
menaces pesant sur les zones humides, ce qui facilitera le maintien de la riche biodiversité et
des services socio-économiques fournis par ces écosystèmes critiques. Les gestionnaires
seront mieux équipés pour élaborer des plans de gestion de sites spécifiques pour les neuf
sites Ramsar du Gabon (Tableau 1, ci-dessous), sur la base des protocoles fournis par la
Convention.

Les parties contractantes de la Convention de Ramsar, ou Convention sur les zones humides
d’importance internationale, ont l’obligation de mettre en œuvre des plans d’aménagement
nationaux pour les sites Ramsar et d’informer le Secrétariat de la Convention de Ramsar sur
l’état de conservation des sites inscrits sur leurs listes respectives. Les lignes directrices
présentées dans ce document obéissent à ces exigences dans la mesure où elles servent au
renforcement des politiques nationales et du cadre juridique et institutionnel en matière de
zones humides par la présentation de plusieurs principes et pratiques de gestion durable pour
ce type d’habitat.

Pour les gestionnaires des sites Ramsar gabonais, ce manuel est un premier instrument
élaboré en vue d’une meilleure gestion des sites Ramsar du Gabon dont ils ont la charge. Ce
guide servira pour l’élaboration des plans de gestion spécifique pour chaque site inscrit sur la
liste Ramsar du Gabon. Il répondra en outre à la recommandation stipulée dans l’article 3.2
de la Convention de Ramsar concernant le suivi des modifications éventuelles des
caractéristiques écologiques des sites désignés. Par ailleurs, ces lignes directrices sont aussi
applicables à la gestion de toute zone humide afin de répondre aux ambitions de la
Convention de Ramsar sur l’utilisation rationnelle des zones humides comme stipulé dans
l’article 3.1 de la Convention. Par conséquent, ce manuel est valable pour la gestion de toute
zone humide du Gabon, même si elle n’est pas inscrite sur la liste de la Convention de Ramsar.

Les experts responsables de l’élaboration des évaluations d’impact environnemental pour des
projets qui pourraient impacter des zones humides pourront également utiliser ce guide. Les
bonnes pratiques de gestion décrites dans ce manuel fournissent des lignes directrices
essentielles pour la préparation des plans de gestion environnementale et sociale (PGES).
Enfin, les universitaires et les étudiants dans le domaine de la conservation et de l’écologie
peuvent utiliser ce manuel comme outil pédagogique afin d’améliorer leurs connaissances et
leur compréhension des zones humides et de leurs caractéristiques et les principes de leur
gestion durable.

Ce manuel est structuré en trois grandes sections pour faciliter son utilisation. La première
section (2. Principes de gestion et de conservation des zones humides) est consacrée à la
présentation des principes généraux d’une bonne gestion des zones humides à travers une
description de leurs caractéristiques et attributs écologiques nécessaires à leur bon
fonctionnement, avec notamment quelques exemples des services écosystémiques que ces

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zones fournissent. Cette section fait aussi une présentation rapide des sites Ramsar du Gabon
ainsi que les menaces qui pèsent sur ces sites.

La deuxième section (3. Bonne pratiques de gestion pour les zones humides du Gabon)
présente les bonnes pratiques de gestion durable des zones humides par secteur d’activité
économique. Ces bonnes pratiques ont été regroupées par type d’impacts souhaité et par
attributs écologiques des zones humides qu’elles cherchent à maintenir, ainsi que par secteur
d’activité économique qui pourrait être en mesure de mettre en œuvre ces pratiques. Ces
bonnes pratiques représentent un résumé des standards reconnus dans le milieu de la gestion
durable des ressources naturelles, et servent de premier essai dans l’identification des
mesures particulières à mettre en place au Gabon. Ainsi, des mesures plus précises et
détaillées devront être élaborées dans chaque cas en fonction des caractéristiques spécifiques
de chaque site. Dans ce sens, ce manuel fournit une première orientation pour que les
gestionnaires identifient les mesures générales qui devront ensuite être détaillées dans les
documents de gestion spécifique de chaque site.

La dernière section (4. Autres considérations concernant la gestion des zones humides au
Gabon) est un complément du chapitre précédent, axé sur les facteurs additionnels à
considérer pour la gestion durable des zones humides.

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2. Principes de gestion et de conservation des zones humides
2.1. Caractéristiques écologiques des zones humides

Les zones humides sont des habitats couverts par l’eau, saisonnièrement ou de manière
permanente, ou bien des zones où les eaux souterraines atteignent la surface. Dans ces zones,
les plantes se sont adaptées pour survivre soit aux inondations permanentes soit aux
inondations saisonnières et les sols contiennent peu ou pas d’oxygène (une situation appelée
anoxie) durant une partie de l’année ou durant l’année entière. La Convention de Ramsar a
adopté une définition large de ce que sont les zones humides en incluant tous les lacs et cours
d’eau, les aquifères souterrains, les marécages et marais, les prairies humides, les tourbières,
les oasis, les estuaires, les deltas et étendues intertidales, les mangroves et autres zones
côtières, les récifs coralliens et tous les sites artificiels tels que les étangs de pisciculture, les
rizières, les retenues et les marais salés. La majorité de ces types de zones humides se
rencontrent au Gabon. Dans le cadre de ce manuel, les sites artificiels ne sont pas inclus.

Les écosystèmes de zones humides et d’eau douce possèdent quatre attributs écologiques
clés qui caractérisent la distribution de leurs habitats, leur structure et leur fonction ainsi que
les espèces qu’ils soutiennent :
• le régime hydrologique
• la qualité des eaux
• les habitats de zone humide
• les espèces de zone humide.
Les deux premiers attributs sont liés aux processus ou aux fonctions écologiques qui sont le
moteur de la création et du maintien de ces écosystèmes, alors que les deux autres sont liés
à leurs caractéristiques structurales ou aux composantes écologiques qui déterminent chaque
habitat. Il existe un cinquième attribut écologique qui est liée aux bénéfices que les hommes
reçoivent de ces types d’habitats :
• les services écosystémiques.

Régime hydrologique

Le régime hydrologique est composé par les sources d’eau, que ce soit en provenance des
précipitations directes, du ruissellement de surface ou des résurgences d’eaux souterraines
en surface et de la manière dont cette eau s’écoule depuis les terres hautes en direction des
grandes étendues d’eau. Le régime hydrologique inclut la quantité et la saisonnalité de l’eau
livrée à un écosystème et le temps de résidence de cette eau, et par conséquent détermine la
profondeur de l’eau, les débits et l’étendue des habitats d’eau douce. Les débits et les niveaux
hydriques au sein des systèmes d’eau douce dépendent des caractéristiques du bassin
versant, telles que la quantité et la saisonnalité des précipitations, la topographie, la
couverture des terrains et la géologie. Le régime hydrologique influence également le
transport et la transformation des sédiments et des autres solutés depuis les terres hautes
vers les grandes étendues d’eau. Il peut être directement altéré par des activités telles que les
prélèvements d’eau et les barrages et indirectement par une modification du couvert du
bassin versant comme par exemple celui résultant d’une coupe à blanc d’une exploitation
forestière.

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Qualité des eaux

La qualité des eaux s’agit du caractère approprié de l’eau pour les plantes, les animaux et les
utilisations humaines des systèmes d’eau douce. Les composantes de la qualité de l’eau
incluent la turbidité, la température de l’eau, le pH et les concentrations dissoutes d’oxygène,
d’azote, de phosphore, de sels et de différentes toxines telles que les pesticides, les polluants
industriels et les métaux lourds. La qualité des eaux varie naturellement en fonction du climat
du bassin versant, de sa géologie, de la topographie et de la couverture des sols. Elle peut
aussi être perturbée par des activités telles que les déversements d’hydrocarbures, le
ruissellement provenant de l’agriculture et l’exploitation forestière, entre autres.

Habitats des zones humides

Le type et la distribution des habitats de zones humides est principalement fonction du régime
hydrologique et de la qualité des eaux du système. Les zones humides inondées en
permanence dans des zones à faible élévation présentant une saison sèche peu prononcée
tendent à produire une anoxie et des sols organiques et abritent des plantes et des animaux
qui peuvent tolérer ces conditions. Les zones humides inondées saisonnièrement se trouvent
souvent dans les plaines d’inondation des rivières, où l’eau dépasse la levée riparienne et
inonde les terres en contrebas durant la saison pluvieuse. Les espèces de ces habitats sont
moins tolérantes à l’anoxie et les sols tendent à avoir une concentration plus élevée en
minéraux. Certains habitats sont relativement uniformes et très répandus. Certains habitats
sont des réseaux linéaires de rivières abritant des habitats importants au sein du lit de la
rivière et certains sont des petites zones au sein d’une mosaïque plus large de communautés
de plantes, tels que des petits étangs ou mares situés dans des dépressions topographiques
dans des forêts inondées saisonnièrement. Les habitats de zones humides peuvent être
détruits directement par le prélèvement des plantes et des animaux et par leur comblement,
mais ils peuvent aussi être altérés indirectement par la perturbation de l’hydrologie ou de la
qualité des eaux.

Espèces des zones humides

Les plantes et les animaux qui doivent passer une certaine partie de leur cycle de vie dans des
habitats d’eau douce sont appelés obligatoires. Les poissons, les amphibiens et les plantes
aquatiques en sont des exemples. Les animaux des zones humides dépendent de ces habitats
pour leur nourriture, leur reproduction, leur nidification et l’élevage des jeunes. D’autres
espèces facultatives passent une partie de leur cycle de vie dans les habitats d’eau douce,
mais peuvent aussi vivre ailleurs, comme de nombreuses espèces d’oiseaux. Les animaux et
les plantes des zones humides sont généralement très adaptés aux environnements
aquatiques, leur diversité dépend par conséquent largement du nombre, du type et de la
distribution des différents micro-habitats au sein des zones humides individuelles. Les micro-
habitats comprennent les mares d’eau stagnante, les sols saturés dont la nappe phréatique
arrive juste à la surface et les lits de graviers ou ondulés des lits des cours d’eau. Certaines
espèces des zones humides sont endémiques, ce qui veut dire qu’elles ne se trouvent que
dans certains lieux géographiques restreints, soit parce qu’elles nécessitent des conditions
climatiques, hydrologiques ou géologiques spécifiques pour leur survie, soit parce qu’elles ne
sont pas capables de se déplacer au-delà de leur région. Dans certains habitats de zones

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humides, des espèces individuelles jouent des rôles de clé de voûte, comme par exemple les
mangroves qui créent des micro-habitats pour les poissons et les invertébrés et qui altèrent
l’environnement chimique local par leurs différentes structures racinaires. D’autres espèces
sont sensibles et sont vulnérables à la perte d’habitats de zones humides ou à la modification
de leurs caractéristiques clés. Certaines espèces sont non indigènes et envahissantes. Ces
espèces sont généralement introduites dans un endroit, soit intentionnellement (ex : via
l’aquaculture) ou non intentionnellement (ex : via la vidange des eaux de ballasts) et sont
rapidement capables de prospérer et de prendre la place des espèces indigènes.

Services écosystémiques fournis par les zones humides

Les systèmes naturels fournissent des avantages aux populations humaines sous la forme de
services écosystémiques (Daily, 1997). Les zones humides fournissent un grand nombre de
services écosystémiques très diversifiés aux populations humaines, tels que :

Habitats pour la pêche


Le poisson est un aliment de base de la nourriture de nombreuses populations dans le monde.
Ces poissons utilisent les zones humides pour se reproduire, élever leurs jeunes et se nourrir.
Sans ces habitats, la productivité de la pêche déclinerait. Dans les zones côtières, les
mangroves fournissent d’importants habitats d’alevinage pour de nombreuses espèces
marines économiquement importantes.

Purification de l’eau
Les zones humides éliminent les sédiments et les polluants de l’eau de deux manières.
Premièrement, lorsque les eaux rapides transportant des sédiments ou d’autres polluants
rencontrent les eaux lentes dans une zone humide, les sédiments et les polluants se déposent
au fond de la colonne d’eau, laissant l’eau plus propre. Deuxièmement, les sols et les plantes
des zones humides retiennent certains éléments et produits chimiques et les retirent de la
colonne d’eau. Ce processus est important pour les sédiments et les nutriments provenant de
l’agriculture, de l’exploitation forestière ainsi que ceux émanant des déchets anthropiques et
du bétail. Il est également important pour éliminer les polluants générés par les industries
minières et pétrolières et par les autres types d’industries.

Séquestration du carbone
De nombreuses zones humides absorbent et stockent des quantités significatives de carbone
et participent ainsi efficacement à l’atténuation du changement climatique. Les stocks de
carbone situés dans les sols des forêts inondables et des mangroves sont d’une importance
majeure.

Atténuation des inondations


Dans les régions présentant de grandes différences saisonnières dans le débit des rivières, les
zones humides absorbent les eaux des inondations lors des hautes eaux et peuvent empêcher
les inondations en aval des cours d’eau. Ce processus est plus important dans les zones
équatoriales humides.

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Protection contre les tempêtes
Les zones humides côtières telles que les mangroves peuvent protéger les communautés
côtières des tempêtes en freinant leurs vagues et l’énergie des vents.

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2.2. Les zones humides importantes du Gabon et leurs caractéristiques

Les zones humides du Gabon forment des mosaïques complexes d’eaux douces, d’eaux
saumâtres et d’habitats terrestres secs et humides. Chaque écosystème et type d’habitat
possède différents attributs écologiques clés et fournit un contexte différent pour les
communautés biologiques.

Cette section fournit une vue d’ensemble de certains des types d’habitats de zones humides
les plus importants rencontrés au Gabon, mais elle n’a pas vocation à fournir un inventaire
complet et une description détaillée de ceux-ci. Neuf sites de zones humides ont été inscrits
par le Gabon dans le cadre de la Convention de Ramsar, couvrant une surface totale de 3
millions d’hectares. Le Tableau 1 ci-dessous fait la liste de ces sites ; une description détaillée
de tous les sites se trouve sur http://www.ramsar.org/wetland/gabon. Les descriptions de
tous les sites de zones humides Ramsar du Gabon, sauf pour Pongara et les Monts Birougou,
ont été mises à jour en 2016.

Tableau 1. Les neuf sites de zones humides du Gabon inscrits dans la liste de Ramsar.
Date d’inscription Numéro Nom du site Surface
à la Convention du site (ha)
Ramsar Ramsar
12 décembre 1986 351 Wonga-Wongué 396 582
352 Petit Loango 150 869
353 Setté Cama 240 000
2 février 2007 1652 Parc national d’Akanda 54 000
1653 Parc national de Pongara 96 302
1654 Monts Birougou 536 800
2 février 2009 1851 Bas-Ogooué 1 370 000
1852 Chutes et rapides d’Ivindo 103 334
1853 Rapides de Mboungou-Badouma et de 53 883
Doumé
Total 3 001 769

Selon « l’Atlas des eaux douces du Gabon » (TNC, 2017), le Gabon possède plusieurs autres
zones humides significatives qui ne sont pas encore inscrites sur la liste de Ramsar. Il s’agit des
sites suivants :
• les forêts inondables et les tourbières du cours supérieur du bassin de l’Ivindo ;
• les sources des cirques et les zones humides du Plateau Batéké. Ce type d’habitat se
rencontre aussi dans la réserve présidentielle de Wonga-Wongué ;
• les zones humides et étangs calcaires ou schisteux saisonniers de la zone synclinale de
Ngounié ;
• les baïs ; et
• les zones humides des plaines d’inondation situées dans tout le pays.

Tous ces lieux de zones humides au Gabon pourraient bénéficier de l’application des mêmes
principes et directives de gestion de ce manuel. Le Tableau 2 ci-dessous présente trois

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exemples de types de zones humides rencontrés au Gabon. Leurs attributs écologiques clés
et leur description fournissent une vue d’ensemble des types de zones humides les plus
importants rencontrés au Gabon.

Tableau 2. Exemples de types de zones humides au Gabon et de leurs attributs écologiques clés.
Attributs écologiques clés
Type de zone
Régime Qualité des eaux Habitats des Espèces des zones
humide
hydrologique zones humides humides
Forêts de Ruissellement Cours d’eau Réseau dense de Adaptées aux eaux
montagne à fortes rapide, courtes turbides cours d’eau, zones parfois turbides et
pentes et à durées de (particulièrement humides de aux conditions
géologie rétention des eaux, s’il y a des plaines hydrologiques
imperméable (ex : faible déplacement perturbations du d’inondation et dynamiques qui
Monts Birougou) des eaux bassin versant ripariennes durant suivent les
souterraines adjacent aux cours les hautes eaux, modèles annuels
d’eau) peu de zones des précipitations
humides à eaux
calmes
Forêts Ruissellement lent, Ruisseaux à eaux Réseau dense de Adaptées aux eaux
marécageuses à longues durées de noires (matière cours d’eau, chargées en
pentes douces et rétention des eaux, organique); vastes zones matière
sols argileux (ex : faible déplacement turbides au humides organique, aux
Ivindo) des eaux moment des vastes inondations
souterraines fortes et à l’anoxie
précipitations
Savanes sur Ruissellement lent Ruisseaux clairs à Zones humides à Adaptées aux eaux
pentes douces et vers un réseau de substrats sableux eaux calmes où les claires et à des
sols sableux (ex : cours d’eau eaux souterraines conditions
Wonga-Wongué) disséminés, s’écoulent vers les hydrologiques plus
recharge/écoulem cours d’eau et vers statiques qui
ent significatif des les zones humides suivent les
aquifères et où les modèles annuels
dépressions des précipitations
topographiques
interceptent la
nappe phréatique

Ci-dessous se trouve une description des principaux types de zones humides existant au
Gabon et une brève description de leurs attributs écologiques clés : régime hydrologique,
qualité de l’eau et espèces typiques de zones humides.

Fleuves, rivières et cours d’eau

Ce type de zones humides et d’eaux douces se rencontre dans tout le réseau des sites Ramsar
et en de nombreux autres endroits dans tout le Gabon, depuis le cours majeur du fleuve
Ogooué jusqu’aux nombreux affluents plus petits. Ce type de zone humide inclut les eaux
courantes de même que les habitats rencontrés au sein du cours d’eau, y compris les bancs
de sable, les rapides et les chutes d’eau, les mouilles profondes, les seuils et les radiers.

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Régime hydrologique
Le débit des rivières varie de façon saisonnière, entre les inondations durant la saison
pluvieuse et les basses eaux durant les saisons sèches. Il varie également spatialement et
dépend largement de la zone du bassin versant. La géologie de la plupart du Gabon permet
très peu d’aquifères souterrains importants ; par conséquent le débit des rivières est dominé
par les modalités des précipitations. Il existe des exceptions comme les aquifères de dune de
sable du Plateau Batéké et de la Réserve présidentielle de Wonga-Wongué et peut-être
d’autres zones plus petites à géologie karstique où les débits de la saison pluvieuse sont moins
marqués et les débits durant la saison sèche sont plus élevés. La Figure 1 montre une
comparaison de l’hydrogramme bimodal de la rivière Ivindo, où les débits des cours d’eau
reflètent les deux saisons pluvieuses distinctes en octobre-décembre et en mars-juin, et
l’hydrogramme de la rivière Léconi, où il n’y a pas de tendance saisonnière parce que les débits
sont dominés par les eaux souterraines provenant du Plateau Batéké.

1800
1600 Léconi at Akieni
1400 Ivindo at Loa Loa
1200
Débit (m3/seg)

1000
800
600
400
200
0
Oct Nov Dec Jan Feb Mar Apr May Jun Jul Aug Sep
Figure 1. Comparaison des hydrogrammes provenant d’une rivière dominée par les précipitations-
ruissellement (Ivindo) et une rivière dominée par les débits des eaux souterraines (Léconi) ; les
données sont présentées par débit moyen mensuel.

Qualité des eaux


La qualité des eaux peut être turbide, due à des charges naturellement élevées en sédiments,
ou claire lorsque les cours d’eau s’écoulent dans des savanes sableuses telles qu’à Wonga-
Wongué. Les ruisseaux d’eaux noires, où les eaux sont teintées d’une couleur thé due à des
concentrations élevées d’acides organiques, se rencontrent dans des lieux à faible pente, à
vastes zones humides et à sols et roche mère présentant une faible capacité de neutralisation
des acides. Les plus grands ruisseaux d’eaux noires se trouvent dans le cours supérieur du
bassin de l’Ivindo, mais il existe également des rivières d’eaux noires connues dans le Bas-
Ogooué et les lagons côtiers. D’autres ont été modélisées au sein de certains autres sites
Ramsar côtiers.

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Espèces des zones humides
Les rivières et fleuves principaux fournissent un chemin aux poissons, aux mammifères
aquatiques et aux autres espèces pour se déplacer entre les habitats de nourrissage, de
reproduction et d’élevage des jeunes. Parmi les chenaux à dénivelé plus raide, les rapides et
les chutes d’eau fournissent des barrières naturelles qui génèrent des assemblages distincts
de poissons séparés uniquement par ces barrières ainsi que des habitats uniques pour des
espèces adaptées à vivre dans les eaux rapides, telles que les poissons chats, les anguilles de
la famille des Mastacembelidae et les poissons nettoyeurs.

Mangroves

Les mangroves se rencontrent dans l’Estuaire du Gabon, dans le delta du Bas-Ogooué et dans
une moindre mesure dans les lagons côtiers. Les mangroves les plus hautes se trouvent à
proximité de la pleine mer, particulièrement dans la zone riparienne, alors que les mangroves
de plus petite taille se situent plus loin de la pleine mer.

Régime hydrologique
Les mangroves se rencontrent là où les fleuves s’écoulent et se mélangent avec les océans, ce
qui provoque des gradients différents de salinité (salé, saumâtre et eau douce) et des
fluctuations des marées qui diminuent plus on s’éloigne de l’océan. Durant la saison
pluvieuse, les mangroves sont inondées par des eaux douces à saumâtres. Durant la saison
sèche, les niveaux d’eau diminue et les eaux sont davantage saumâtres.

Qualité des eaux


La croissance des mangroves est dépendante de la qualité des sols et de la disponibilité en
nutriments. Les plantes les plus hautes se rencontrent généralement où les inondations sont
régulières et apportent des sédiments et des nutriments, alors que les plantes rabougries se
trouvent dans les zones à plus faibles échanges de sédiments et de nutriments.

Espèces des zones humides


Les espèces dominantes de la mangrove appartiennent au genre Rhizophora et dans une
moindre mesure à Avicennia. Ces habitats servent de zones naturelles d’alevinage pour
plusieurs espèces de poissons marins et d’eau douce, dont certaines des espèces les plus
grosses et les plus importantes au niveau économique telles que le vivaneau rouge (Lutjanus
agennes). Les oiseaux résidents et migrateurs sont abondants et diversifiés de façon
saisonnière dans ces habitats, tels que le Souimanga brun (Anthreptes gabonicus) et le Tisserin
de Pelzeln (Ploceus pelzelni). Les bassins côtiers du Gabon possèdent plus de 10 espèces de
tortues qui coexistent (Buhlmann et al. 2009). Les lamantins d’Afrique de l’Ouest et les
hippopotames étaient autrefois communs dans ces habitats.

Lagons côtiers

Les lagons côtiers se rencontrent depuis le delta de l’Ogooué jusqu’à Setté Cama au sud.

Régime hydrologique
Bien qu’ils soient adjacents à l’océan, ces lagons ne présentent souvent qu’une connexion
hydrologique saisonnière. Durant la saison sèche, les sables côtiers s’accumulent à l’exutoire

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et déconnectent le lagon de l’océan ; le niveau d’eau augmente ainsi dans les lagons. Lorsque
la saison pluvieuse arrive, les débits plus élevés créent une brèche au niveau de l’exutoire et
reconnectent temporairement le lagon à l’océan, provoquant l’écoulement des eaux
accumulées.

Qualité des eaux


La variation saisonnière de la salinité est causée par le processus de connexion et de
déconnexion décrit ci-dessus. Durant la saison sèche, lorsque les eaux douces augmentent
dans les lagons, les eaux noires peuvent dominer s’il y a une surface de zone humide
significative, une faible capacité de neutralisation des acides dans les sols, et des dénivelés
faibles. Durant la saison pluvieuse, lorsqu’il y a une connexion avec l’océan, la salinité peut
augmenter dans les lagons, particulièrement à proximité de la côte.

Espèces des zones humides


Nombre d’espèces importantes de poissons utilisent les lagons côtiers comme habitats
naturels d’alevinage. Les espèces d’oiseaux des zones humides sont communes dans ces lieux,
comme le Flamant rose (Phoenicopterus roseus) et le Canard pilet (Anas acuta).

Lacs d’eau douce

Les lacs d’eau douce se rencontrent dans différentes régions et possèdent des caractéristiques
distinctes. Au moins trois types de lacs d’eau douce existent du Gabon : les lacs de vallées
inondées, communs dans le Bas-Ogooué ; les lacs endoréiques, connus principalement dans
les plateaux sableux tels qu’à Wonga-Wongué ; et les lacs saisonniers des plaines
d’inondation, communs dans les vastes vallées de la rivière Ngounié et du fleuve Nyanga.

Régime hydrologique
Les lacs des vallées inondées sont larges, peu profonds et très découpés, et se sont formés
dans les vallées des rivières de faible altitude lorsque les niveaux des eaux ont monté suite
aux modifications du climat il y a des milliers d’années. Ces lacs sont communs dans toute la
région du Bas-Ogooué. Ils sont connectés au réseau hydrographique et le niveau des eaux
monte ou descend en fonction du niveau des cours d’eau. Dans le cas de niveaux très bas, ils
peuvent être déconnectés temporairement du réseau de cours d’eau. Les lacs endoréiques,
comme ceux de Wonga-Wongué, sont alimentés directement par les précipitations et les
ruisseaux qui les traversent ; leurs uniques exutoires sont l’évaporation, l’évapotranspiration
et la recharge par la nappe phréatique. Ils s’assèchent souvent complètement durant la saison
sèche. Les petits lacs et étangs des bassins de la Ngounié et de la Nyanga se situent dans leurs
plaines d’inondation. Ces petits lacs peuvent correspondre à deux types différents : soit ils se
connectent aux cours d’eau et se remplissent saisonnièrement, soit ce sont des lacs de doline
typiques de la géologie des karsts où le lac est connecté à l’aquifère.

Qualité des eaux


Les lacs des vallées inondées font partie du réseau hydrographique et la qualité de leurs eaux
reflète celle de la rivière. Cependant, la turbidité des lacs peut être supérieure ou inférieure à
celle de la rivière. Lorsqu’une rivière arrive dans un lac, les eaux ralentissent et les sédiments
tombent, générant ainsi une turbidité des eaux du lac plus faible que celle de la rivière source.
D’autre part, la productivité primaire dans les lacs est souvent plus élevée que dans les

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rivières. Ainsi, la clarté décroit en fonction de l’augmentation de l’abondance du
phytoplancton. Les lacs endoréiques ont généralement une salinité plus élevée parce que les
sels s’y accumulent à cause des taux élevés d’évaporation. Les lacs de doline tendent à être
plus basiques à cause de la présence de roche mère calcaire.

Espèces des zones humides


Toutes les caractéristiques hydrologiques uniques et de qualité des eaux décrites ci-dessus
tendent à favoriser des communautés spécifiques de plantes et d’animaux adaptées à ces
conditions. La pêche en eau douce importante pour l’économie locale se rencontre dans les
lacs des vallées inondées de la région du Bas-Ogooué. Les lacs endoréiques de Wonga-
Wongué ou des plaines d’inondation ou les lacs de doline des régions de la Nyanga et de la
Ngounié sont importants pour les grands mammifères et les oiseaux aquatiques.

Zones humides à végétation herbacée

Il y a plusieurs types de zones humides à végétation herbacée qui sont communes dans tout
le Gabon, et comprennent par exemple des plaines d’inondation, des marécages, des baïs et
des savanes humides. Il peut s’agir de bandes étroites de végétation de zone humide le long
de petits chenaux et dans des zones à faible dénivelé, telles que celles des sites Ramsar de
l’Ivindo ou des Monts Birougou. Il peut aussi s’agir de vastes étendues de zones humides dans
des zones de faible altitude et relativement plates, s’étendant sur une distance considérable
depuis le chenal principal, telles que celles de la région du Bas-Ogooué. Lorsque les eaux
entrent dans une zone humide par le chenal principal, elles subissent des modifications
significatives. Elles ralentissent et permettent aux sédiments de tomber de la colonne d’eau.
Les sols et les plantes des zones humides y ajoutent des nutriments et de la matière organique.

Régime hydrologique
Les zones humides à végétation herbacée d’eau douce se différencient par leur hydropériode,
qui se définit par la quantité, la durée et la fréquence des inondations. L’hydropériode est
fonction du climat, de la position de la zone humide dans le paysage et de la perméabilité des
sols. La probabilité que les zones humides aient une période d’inondation plus longue avec
des eaux plus profondes est plus forte si elles se situent dans une zone possédant plus de
précipitations, subissent une seule saison sèche et se situent en aval d’un bassin, possédant
par conséquent une zone de captation plus grande. Les zones humides à sols imperméables
ont une forte probabilité de retenir les eaux plus longtemps à la surface. Les zones humides
des plaines d’inondation subissent les rythmes annuels des eaux de crue durant la saison
pluvieuse et s’assèchent souvent durant la saison sèche. Les marécages se rencontrent dans
des zones protégées des courants des rivières, mais les variations de leur niveaux d’eau
reflètent aussi le climat local et la taille du bassin versant. Les baïs sont connectés aux chenaux
latéraux et subissent souvent des inondations toute l’année. Les savanes humides sont
saisonnièrement arrosées pendant des périodes de temps plus courtes, mais ne retiennent
pas les eaux durant de longues périodes parce que leurs sols sableux sont bien drainés.

Qualité des eaux


La qualité des eaux des zones humides dépend de la géologie locale et des sols, de même que
des sources d’eau qui entrent dans la zone humide. Les zones humides de plaines
d’inondation sont adjacentes au cours de la rivière et les sédiments de la rivière sont

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transportés jusqu’à la zone humide et se déposent lorsque les eaux ralentissent. Les
marécages et les baïs sont généralement plus éloignés du cours de la rivière. La qualité de
leurs eaux est souvent dominée par une anoxie et des acides organiques qui se développent
lorsque les eaux sont stagnantes et qu’il y a une décomposition partielle des matériaux
végétaux. La plupart des zones humides à végétation herbacée sont limitées par des
concentrations faibles en nutriments et sont perturbées par l’augmentation de ces
concentrations.

Espèces des zones humides


Les baïs sont des lieux importants de nourrissage et d’habitats pour une multitude d’animaux
terrestres et d’eau douce, dont les éléphants, les buffles, les sitatungas, les gorilles et des
espèces uniques de poissons. Les marécages de la région du Bas-Ogooué sont des habitats
naturels importants d’alevinage pour différentes espèces de poissons et représentent des
habitats d’escale importants pour les espèces d’oiseaux migrateurs.

Zones humides boisées

Les zones humides boisées, aussi appelées forêts inondables ou marécages, se rencontrent
dans tout le Gabon. Elles se situent souvent dans les plaines d’inondation des fleuves et
rivières principaux tels que l’Ogooué ou dans les zones de marigots à fortes précipitations, à
dépressions topographiques et à sols faiblement drainés.

Régime hydrologique
L’hydrologie des forêts inondables dépend des eaux entrantes et est similaire à celle décrite
ci-dessus pour les zones humides à végétation herbacée. Dans les zones à faible altitude, à
précipitations annuelles élevées et à sols faiblement drainés, les zones humides boisées
peuvent rester inondées durant de longues périodes de temps (ou même inondées en
permanence). En revanche, dans les zones présentant moins de précipitations et des sols
mieux drainés, les inondations peuvent durer que quelques semaines.

Qualité des eaux


Dans une zone humide boisée, la qualité des eaux dépend de l’époque de l’année ainsi que
de la source des eaux. Dans les zones humides boisées proches du cours de la rivière, les eaux
chargées en sédiments entrent dans la zone humide et les sédiments se déposent au sein de
celle-ci. Durant la saison sèche, quand le niveau des eaux recule, les eaux restant dans la zone
humide sont peu chargées en sédiment mais peuvent présenter une forte concentration en
acides organiques et une faible concentration en oxygène dissout provenant des feuilles
mortes qui tombent dans l’eau et se décomposent partiellement.

Espèces des zones humides


Certaines zones humides boisées abritent des mélanges d’espèces de plantes ; dans d’autres
cas, certaines espèces telles que le Raphia (Raphia hookeri) peuvent être dominantes. Dans
les zones humides boisées, la fluctuation du niveau d’eau est importante pour les graines.
Elles germent souvent lorsque le niveau d’eau descend sous la surface du sol et poussent de
graduellement lorsque le niveau d’eau remonte. Les zones humides boisées sont également
importantes pour de nombreuses espèces de faune, dont le Potamogale (Potamogale velox)

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et les oiseaux, dont la Chouette-pêcheuse de Bouvier (Scotopelia bouvieri) et le Coucal du
Gabon (Centropus anselli).

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2.3. Menaces pesant sur l’état des zones humides au Gabon

Les attributs écologiques clés des différents types d’habitats de zones humides décrits ci-
dessus sont les caractéristiques qui doivent être maintenues pour que les systèmes naturels
restent viables. Les menaces pesant sur les écosystèmes de zones humides sont les actions
qui perturbent ces attributs écologiques clés. Les menaces décrites de manière générale ci-
dessous sont les plus sérieuses pour la viabilité à long terme des zones humides, avec une
référence particulière faite pour les menaces les plus pertinentes pour les sites Ramsar du
Gabon. Outre la description des menaces pesant sur les attributs écologiques clés, le Tableau
3 fournit une liste des sources de ces menaces.

Les exemples fournis ci-dessous sont illustratifs, et des évaluations plus détaillées devront être
faites pour chaque site Ramsar particulier ou chaque zone humide d’intérêt, afin d’identifier
et de prioriser les menaces précises et leur origine, et de développer des actions spécifiques
de conservation pour les adresser.

Régime hydrologique

Les menaces pesant sur le régime hydrologique des zones humides comprennent toutes les
actions qui altèrent la quantité, la durée ou la fréquence des eaux entrant ou sortant d’un
écosystème de zone humide.
Avec le développement d’infrastructures liées à l’eau (ex : barrages, structures de contrôle
des inondations, dérivations des eaux), nous pouvons modifier le volume et le taux auxquels
les eaux s’écoulent à travers le paysage, dans le terrain et dans les cours d’eau. Aussi, un
ruissellement fréquent peut mener à une érosion et à une sédimentation. Des modifications
de débits d’eaux douces dans les estuaires peuvent porter atteinte aux mollusques ainsi qu’à
la reproduction et à la distribution des poissons. Les régimes hydrologiques des zones
humides côtières vont aussi probablement être modifiés par le changement climatique, y
compris l’augmentation du niveau des mers, mais il n’existe aucune donnée ni modèle
documentant l’amplitude de l’augmentation du niveau des mers ou la distance à l’intérieur
des terres qui sont susceptibles d’être atteints au Gabon.

Modification des débits


A l’heure actuelle, il existe peu de barrages au Gabon, mais il est probable que de futurs
barrages altèrent l’hydrologie, en particulier l’amplitude des cours d’eau et des zones humides
en aval d’un réservoir. Les modifications associées aux barrages sont souvent au niveau de la
durée des débits, qui reflètent la demande en énergie et les niveaux d’eau dans le réservoir
et qui sont typiquement différents de l’hydrogramme naturel.

Qualité des eaux

Les impacts sur la qualité des eaux peuvent provenir de différentes sources. L’accumulation
de sédiments provenant de la mauvaise construction des routes, des pratiques de
l’exploitation forestière et des autres activités terrestres peuvent affecter les cours d’eau et
les autres étendues d’eau. De nombreuses espèces sont stressées par une augmentation de
la turbidité. L’accumulation des toxines et des nutriments provenant du ruissellement agricole

20
peut altérer la composition en espèces. La croissance des plantes dans de nombreuses zones
humides tropicales est limitée naturellement par la disponibilité en phosphore. Par
conséquent, le phosphore apporté par ruissellement peut altérer la composition en espèces
et favoriser les espèces non indigènes et à croissance rapide.

Pollution des eaux


La contamination des eaux affaiblit ou détruit les écosystèmes naturels qui participent à la
santé humaine, à la production de nourriture et à la biodiversité (UNEP, 2010). Les nutriments
peuvent participer aux maladies chez les poissons, aux marées rouges ou brunes, à la
prolifération des algues et aux faibles teneurs en oxygène dissous. Lorsqu’un excès en
nutriments affecte la teneur en oxygène dissous, les animaux quittent les zones pauvres en
oxygène pour gagner des eaux plus oxygénées. Les animaux les moins mobiles peuvent
mourir. Les sources de nutriments peuvent être épisodiques ou permanentes, telles que :
• Déchets des usines de traitement des eaux usées
• Ruissellement des eaux des tempêtes
• Installations septiques défectueuses ou présentant des fuites
• Sédiments dans le ruissellement urbain
• Déchets provenant des animaux
• Dépôts atmosphériques provenant des usines d’énergie électrique ou des véhicules
• Déchets qui polluent les eaux souterraines.

Afin de maintenir et d’améliorer les conditions des sites Ramsar du Gabon et d’autres zones
humides d’intérêt, il est essentiel d’empêcher la pollution des eaux provenant des zones
urbaines, des zones industrielles et des activités de construction des infrastructures de
rejoindre les cours d’eau proches ou en amont de ces zones humides.

Érosion
L’érosion est provoquée par le déplacement en surface de la pluie sans percolation à
l’intérieur du sol, en particulier dans les zones utilisées pour l’agriculture ou l’exploitation
agricole. A mesure que l’eau coule sur le sol, elle accumule des sédiments. Il existe plusieurs
activités d’exploitation forestière qui peuvent provoquer une sédimentation dans les eaux
douces et les zones humides. Il s’agit des sentiers de débardage, de la collecte du bois, des
sites de dépôt, des carrières de latérite, des camps de base, des routes et des traversées de
cours d’eau. Si l’objectif est de protéger complètement les ressources en eaux douces et zones
humides du Gabon, en particulier celles associées aux sites Ramsar, des directives détaillées
couvrant toutes les sources de sédimentation provenant des exploitations forestières
commerciales sont nécessaires.

Habitats et espèces des zones humides

Les habitats de qualité élevée sont essentiels pour la santé des systèmes aquatiques et pour
l’économie humaine qui en dépend. Ces habitats fournissent des éléments essentiels à la
faune aquatique, tels que la nourriture, les abris, les corridors migratoires et les zones de
reproduction. Des habitats de zones humides côtières en bonne santé sont plus résistants aux
tempêtes et aux montées du niveau de la mer. Les habitats côtiers et fluviaux sont modifiés
entre autres par le développement, la construction des routes, les endiguements, les
dragages, les comblements, l’agriculture et l’exploitation minière, entre autres. Si les habitats

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de zones humides sont dégradés ou perdus, les modes de vie des populations humaines
seront affectés.

Dégradation et perte des habitats


Avec la migration rapide (et conséquente croissance de la population) vers les côtes et le long
des rivières du Gabon, les activités associées au développement économique peuvent avoir
des impacts terribles sur les habitats de zones humides critiques qui se sont maintenus en
bonnes conditions jusqu’à récemment. Les comblements and les dragages dans les aires péri-
urbaines font déjà des dégâts sur les aires de mangroves importants autour de Libreville et de
Port-Gentil, et les grands projets d’infrastructures tels que les routes et les ponts pourraient
être dévastateurs s'ils sont mal conçus et construits.

Pressions sur les populations d’espèces de faune sauvage


Au Gabon, de nombreuses espèces des zones humides dont les crocodiles, les tortues, les
oiseaux, les lamantins, les hippopotames, et nombre de petits mammifères sont menacées
par les pressions occasionnées par la chasse. Le poisson « sans nom » (Heterotis niloticius), le
poisson-chat africain (Clarias gariepinus) et le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus) sont des
espèces non indigènes qui construisent des nids dans la région du Bas-Ogooué et sont pêchés
par milliers dans des grands filets de pêche. Ces espèces non indigènes sont une ressource
locale de nourriture de valeur, mais qui infligent une pression supplémentaire sur les
écosystèmes aquatiques et sur les espèces indigènes menacées, dont certaines sont
également des ressources importantes de nourriture.

Tableau 3. Menaces pesant sur les zones humides Ramsar du Gabon résumées par le Service
d’information sur les sites Ramsar.
Nom du site Sources des menaces identifiées
Bas-Ogooué Exploitation forestière, agriculture, chasse, pêche, tourisme,
élevage de bétail, transport des personnes et des biens
Chutes et rapides de l’Ivindo Exploitation forestière, surpêche, pollution urbaine, extraction
de fer
Parc national d’Akanda Surexploitation des mangroves, surpêche, tourisme non
contrôlé, urbanisation
Parc national des Monts Pêche, exploitation forestière, exploitation minière
Birougou
Parc national de Pongara Pêche, chasse, exploitation forestière
Petit Loango Menaces possibles : tourisme, exploitation d’hydrocarbures,
infrastructures de transport
Rapides de Mboungou Exploitation forestière, pollution urbaine, exploitation minière
Badouma et Doume
Setté Cama Aucune menace identifiée
Wonga-Wongué Aucune menace identifiée

22
3. Bonnes pratiques de gestion pour les zones humides du Gabon

Cette section décrit les bonnes pratiques de gestion (BPG) nécessaires, par industries, pour
réduire les menaces pesant sur les buts de conservation identifiés et provenant de ces
industries.

Il y a trois catégories principales qui doivent être traitées par les bonnes pratiques de gestion.
La première est l’évitement. Dans certains cas, il peut y avoir de simples mesures à prendre
pour éviter l’exposition des ressources listées aux effets potentiels d’une activité. Par
exemple, les zones tampons dans les concessions forestières doivent être d’une taille
suffisante pour éviter le ruissellement des sédiments directement dans les sites Ramsar, ou
dans les rivières et les cours d’eau qui se déversent dans un site Ramsar.

La deuxième catégorie de bonnes pratiques de gestion est la minimisation. Souvent, il est


impossible d’éviter les effets potentiels d’un projet. Cependant, il peut y avoir des mesures
qui peuvent être incorporées dans la conception du projet et qui minimiseront les effets. Par
exemple, il est possible d’installer des barrières à sédiments qui empêcheront grandement,
mais pas à cent pourcent, les sédiments d’entrer dans les cours d’eau proches d’un site de
construction d’un pont qui traverse un site Ramsar.

La troisième catégorie de bonnes pratiques de gestion est l’atténuation. Une fois qu’on a
déterminé que les effets sur une cible ne peuvent pas être évités ou réduits, les effets
permanents doivent être atténués pour que le statut de conservation de la cible ne soit pas
dégradé. Par exemple, s’il n’est pas possible de construire une route au travers d’un site
Ramsar sans détruire une certaine quantité d’habitats de zone humide, le développeur du
projet peut proposer de restaurer d’autres zones qui ne contiennent actuellement pas cet
habitat afin de compenser les effets permanents de leur activité.

Les bonnes pratiques de gestion décrites dans ce document font partie de la première et
deuxième catégorie, qui sont d’éviter et de minimiser les impacts sur les ressources des zones
humides provenant des activités en général associées aux secteurs suivants :
• Exploitation forestière
• Agriculture et agro-industries
• Exploitation minière et carrières
• Production et distribution de pétrole
• Routes et ponts
• Installations hydroélectriques et lignes à haute tension
• Infrastructures de distribution d’eau
• Navigation et transport maritime
• Développement urbain
• Pêche
• Aquaculture

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3.1. Méthodologie pour l’élaboration de recommandations de gestion

Les grandes lignes générales à suivre pour élaborer des actions de conservation sont les
suivantes (Groves and Game, 2016) :

• Identifier les cibles de conservation qui représentent ce qui intéresse les parties prenantes.
Les cibles de conservation peuvent être des espèces spécifiques (ex : rares,
économiquement importantes, espèces endémiques) ou des habitats spécifiques tels que
les zones humides de mangroves ou les lagunes littorales. Elles peuvent aussi inclure des
services écosystémiques (comme décrit ci-dessus dans la section 2.1) qui sont importants
pour le bien-être humain, tels que la protection de la qualité de l’eau ou les habitats pour
la pêche.

• Décrire les attributs écologiques clés. Ce sont les aspects de chaque cible de conservation
qui doivent être gérés afin de fixer des buts, faire diminuer les menaces et suivre les
impacts sur la conservation. Les attributs écologiques clés sont des caractéristiques
biologiques, des processus écologiques et des interactions avec l’environnement physique
qui distinguent les cibles les unes des autres, qui déterminent leur variation naturelle au
cours de temps et dans l’espace et qui sont caractéristiques d’une occurrence typique et
de référence. Certaines de ces caractéristiques seront particulièrement cruciales car elles
influencent un grand nombre d’autres caractéristiques de la cible et sa persistance sur le
long terme. Dans le cas de systèmes de zones humides, les attributs écologiques clés sont
généralement élaborés à partir de ceux décrits ci-dessus en section 2.1 (régime
hydrologique, qualité des eaux, habitats des zones humides et espèces des zones
humides).

• Caractériser les stress et les menaces. Dans ce contexte, les stress sont des attributs
écologiques clés altérés ou perturbés qui réduisent la viabilité des cibles de conservation.
L’augmentation de l’accumulation des sédiments dans les petites rivières ou le déclin de
la taille des populations de crocodiles en sont des exemples. Les menaces sont des sources
de stress et représentent la cause immédiate du stress. Il s’agit par exemple de la
construction inappropriée de routes (qui déversent des sédiments vers la rivière) ou de la
chasse aux crocodiles (qui mène à un déclin des populations). De nombreuses menaces
(sources de stress) sont entrainées par des causes sous-jacentes politiques, économiques
ou sociales qui sont souvent le centre d’intérêt des stratégies de gestion et de
conservation.

• Élaborer des recommandations de gestion pour réduire les stress et les menaces. Dans ce
document, les recommandations de gestion sont décrites en détail dans la section 4.
Bonnes pratiques de gestion. Ces BPG sont ciblées spécifiquement pour réduire les stress
et les menaces et pour augmenter la viabilité des cibles de conservation.

24
3.2. Bonnes pratiques de gestion par industries et par caractéristiques
écologiques

Afin d’élaborer des bonnes pratiques de gestion pour les secteurs listés ci-dessus, il est
entendu que la suite de bonnes pratiques de gestion ci-dessous, dans le cas où elles sont mises
en œuvre, réduira les menaces pesant sur les ressources présentes dans les sites Ramsar.

Bonne pratique A. Réduction de la sédimentation provenant des travaux de terrassement


A.1. Contrôler la sédimentation provenant du drainage des mines et des carrières
A.2. Contrôler l’évacuation des terres provenant des exploitations minières et des
carrières
A.3. Contrôler la sédimentation provenant du ruissellement des camps de base

Bonne pratique B. Pollution organique et toxique provenant de l’extraction et du traitement


des ressources terrestres
B.1. Contrôler les nutriments et les pesticides provenant du ruissellement
B.2. Contrôler l’évacuation des déchets solides organiques de source ponctuelle
B.3. Contrôler les effluents des déchets liquides organiques de source ponctuelle
B.4. Contrôler le drainage minier chimique
B.5. Contrôler les pollutions toxiques et organiques provenant des déchets des camps de
base

Bonne pratique C. Huiles usagées et élimination des hydrocarbures


C.1. Gérer l’entretien et l’utilisation des machines
C.2. Gérer la préparation de l’asphalte
C.3. Eviter les déversements de carburants dans l’eau

Bonne pratique D. Routes


D.1. Planification des routes
D.2. Construction et entretien des routes

Bonne pratique E. Exploitation forestière


E.1. Sentiers de débardage
E.2. Collecte du bois
E.3. Sites de dépôt

Bonne pratique F. Agriculture industrielle


F.1. Planification et développement des plantations
F.2. Gestion des plantations

Bonne pratique G. Hydroélectricité


G.1. Minimiser la perte de sédiments en aval des cours d’eau
G.2. Intégrer des flux écologiques
G.3. Eviter la perte d’habitats générée par l’inondation des réservoirs
G.4. Eviter la perte d’habitats de plaine d’inondation générée par la modification des
régimes des flux

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G.5. Eviter la fragmentation et les barrières pour la migration des poissons

Bonne pratique H. Pétrole


H.1. Eviter les déversements de pétrole et développer des programmes de nettoyage

Bonne pratique I. Infrastructures linéaires


I.1. Planifier la traversée des cours d’eau par les infrastructures linéaires
I.2. Planifier l’implantation des lignes électriques

Bonne pratique J. Développement urbain


J.1. Planifier en intégrant le ruissellement des eaux usées et des eaux provenant des
tempêtes
J.2. Planifier afin d’éviter la perte des habitats des zones humides et leurs fonctions
associées

Bonne pratique K. Pratiques durables pour la pêche


K.1. Pratiques de pêche
K.2. Gérer les zones de pêche

Bonne pratique L: Protection des habitats et des espèces sensibles


L.1. Eviter le drainage des zones humides et leur perte
L.2. Eviter les prélèvements dans les habitats sensibles
L.3. Eviter les prélèvements d’espèces sensibles
L.4. Etablir des zones pour prendre des dispositions relatives au changement climatique
L.5. Etablir des zones pour protéger les habitats sensibles critiques

Bonne pratique M: Espèces envahissantes


M.1. Gérer les espèces envahissantes provenant des ballasts
M.2. Gérer les espèces envahissantes provenant de l’aquaculture
M.3. Gérer les espèces envahissantes non commerciales pour qu’elles n’atteignent pas les
zones protégées

De manière à résumer les bonnes pratiques de gestion communes qui s’appliquent aux
différents secteurs, le Tableau 4 regroupe les familles de bonnes pratiques de gestion listées
dans la section ci-dessus. Pour utiliser le Tableau 4, identifier le Secteur qui vous intéresse
dans la colonne de gauche (ex : Exploitation forestière, agriculture et agro-industrie,
exploitation minière et carrières) puis regarder les Menaces pesant sur les attributs
écologiques clés listées en haut du tableau et qu’une industrie particulière doit tenter d’éviter.
A l’intersection du Secteur (colonne de gauche) et de la Menace pesant sur les attributs
écologiques clés (ligne du haut) se trouvent une liste des bonnes pratiques de gestion (de A.1
à M.3) à mettre en œuvre pour ce secteur. Pour obtenir la liste détaillées des bonnes pratiques
de gestion et leur description, veuillez vous référer à la section 3.3 ci-dessous.

26
Tableau 4. Résumé des bonnes pratiques de gestion pour chaque industrie liée à une menace
spécifique. Les bonnes pratiques de gestion en (parenthèses) désignent celles qui auront des
bénéfices indirects.
Menaces pesant sur les attributs écologiques clés
Détérioration de Détérioration de Altération du Dégradation des Effets sur les
la qualité des la qualité des régime habitats d’eau espèces d’eau
eaux - eaux - Pollution hydrologique douce douce
Sédimentation organique et
Secteur inorganique
Exploitation A3 B2, B5, C1 D1, D2 D1, E1, E2, E3, (E), L3
forestière D1, D2, E1, E2, E1, E2, E3, L1, L2
E3, I1 I1, L1
Agriculture et A3, D1, D2 B1, B2, B3, B5, D1, D2, I1, L1 D1, F1, F2, L1 (F)
Agro-industrie F1, F2, I1 C1, F1, F2
Exploitation A1, A2, A3 B4, B5, (D1, (D2), D1, D2,
minière et (D1), (D2), (I1) C1, C3 (I1), L1 L1
carrières
Production et (A3) B5, C1, C3, H1 L1 (H1), (L1)
distribution de
pétrole
Routes et ponts A1, A2, A3 B5, C1, C2, C3 D1, D2, I1, (L1) D1, (L1)
D1, D2, I1
Installations A3, G1, I2 B5, (C1) G2, I2 (G1), (G2), G3, G5, I2
hydroélectriques G4, I2
et lignes à haute
tension
Infrastructures de I1 I1
distribution d’eau
Navigation et C3 M1
transport
maritime
Développement J1 B2, B3, J2, (L1) J2, (L1), L4
urbain (C1), (C3), J1
Pêche C3 K1, K2 K1, K2, L3

Aquaculture B3 L1 L1 M2
Zones protégées L1, L2, L4, L5 L3, L5, M3

27
Tableau 5. Exemples de la séquence des étapes de planification, de l’identification des cibles de
conservation à la caractérisation de leurs attributs écologiques clés, à l’élaboration de la liste des
stress et des menaces et enfin aux recommandations de gestion spécifiques et ciblées. Les listes
n’ont pas vocation à être exhaustives ou applicables à tous les cas de figure mais servent
d’illustration des concepts.
Bonnes
Cibles de
Attributs écologiques clés Menaces potentielles pratiques de
conservation
gestion
Inondation journalière par le La construction de routes réduit la
rythme des marées et inondation connectivité hydrologique entre le
saisonnière par les rivières chenal et la zone humide D1, D2
Les eaux usées provenant de la
Les eaux saumâtres résultent croissance urbaine augmentent la
d’un mélange entre les sources charge en nutriments et diminuent
d’eau douce et les eaux marines la salinité J1
Reproduction des espèces Perte d’habitats de mangrove due
Zones d’arbres de la mangrove au déboisement pour les lignes D1, D2, I1, I2,
humides de (Rhizophora) électriques L1, L5
mangroves Les espèces envahissantes entrent
Habitat marin d’alevinage naturel en compétition avec les espèces K1, K2, M1, M2,
de poissons indigènes pour les sites d’alevinage M3
Les tendances saisonnières des Les sentiers de débardage de
rythmes des rivières/fleuves l’exploitation forestière perturbent
mènent à des inondations et des le ruissellement forestier, soit en
assèchements intermittents des asséchant les zones humides, soit
zones humides en fonction du en les inondant avec des hautes D1, D2, E1, E2,
moment de la rupture des digues eaux non naturelles E3
Les charges de sédiments des Les plantations augmentent la
rivières sont déposées sur ou à charge en sédiment à cause de la
côté des levées durant les réduction du couvert terrestre D1, D2, E1, E2,
épisodes d’inondation végétal E3
Zones
Diversité des espèces de faune Perte d’habitats pour les espèces D1, D2, E2, F1,
humides
sauvage sensibles G3-G5, J2, L1-L5
boisées
Modèle saisonnier des
écoulements lié à la saisonnalité Les barrages en amont des cours
des précipitations et à la taille du d’eau altèrent l’occurrence et la
bassin versant. durée des inondations G1, G2, G4, G5
Dans certains bassins versants
possédant des zones humides en
altitude, un faible dénivelé et une
géologie présentant une capacité
faible de neutralisation des Les routes adjacentes aux rivières
acides, les rivières à eaux noires érodent les sédiments qui
Rivières et
possèdent une chimie acide, des s’écoulent alors dans ces rivières
cours d’eau
eaux couleurs thé et de faibles naturellement très pauvres en
charges en sédiments. sédiments A1, D1, D2, E3
Les poissons et d’autres animaux
sont adaptés à une chimie unique
des eaux et à des eaux à faible Les déversements de pétrole
courant contaminent les eaux B5, C1, C3, H1

28
3.3. Description résumée des BPG

Pratique A. Réduction de la sédimentation provenant des travaux de terrassement


A.1. Contrôler la sédimentation provenant du drainage des mines et des carrières
A.2. Contrôler l’évacuation des terres provenant des exploitations minières et des
carrières
A.3. Contrôler la sédimentation provenant du ruissellement des camps de base

L’élaboration de pratiques pour le contrôle de la sédimentation devrait inclure un plan de


contrôle de l’érosion qui doit résulter en une meilleure gestion de la sédimentation et par
conséquent en une réduction de la sédimentation.

A.1. Contrôler la sédimentation provenant du drainage des mines et des carrières


A.1.1. Prendre en compte le dénivelé au moment de choisir les méthodes d’excavation
A.1.2. Planter le plus vite possible de la végétation dans les zones excavées
A.1.3. Protéger les sols dénudés en les re-végétalisant, en les couvrant de végétation
coupée, en installant des matériaux d’enrochement ou des gabions, en utilisant des
couvertures de contrôle d’érosion, des stabilisateurs chimiques de surface, du paillage et
en créant des bancs. Ces bancs doivent être paillés avec du foin, couverts avec des pierres,
couverts avec une couverture empêchant l’érosion ou couverts avec un hydro-mulch. La
méthode choisie dépendra de la taille et de l’angle de la zone à nu.
A.1.4. Réguler le déboisement de la végétation pour éviter les coupes abusives ou inutiles
A.1.5. Préserver une zone de berge de 10 à 15 mètres de large le long des cours d’eau

A.2. Contrôler l’évacuation des terres provenant des exploitations minières et des carrières
A.2.1. Fournir des endroits pour y déposer les déchets et les protéger (palissades, bâches,
etc.)
A.2.2. Eviter de stocker les déchets des excavations dans des zones à végétation
A.2.3. Enlever régulièrement les déchets des excavations

A.3. Contrôler la sédimentation provenant du ruissellement des camps de base


A.3.1. Installer des barrières à sédiments autour des camps de base
A.3.2. Limiter les zones de circulation des machines et les protéger
A.3.3. Fournir une protection appropriée pour les systèmes de drainage des camps de base

29
Pratique B. Pollution organique et toxique provenant de l’extraction et du
traitement des ressources terrestres
B.1. Contrôler les nutriments et les pesticides provenant du ruissellement
B.2. Contrôler l’évacuation des déchets solides organiques de source ponctuelle
B.3. Contrôler les effluents des déchets liquides organiques de source ponctuelle
B.4. Contrôler le drainage minier chimique
B.5. Contrôler les pollutions toxiques et organiques provenant des déchets des
camps de base

B.1. Contrôler les nutriments et les pesticides provenant du ruissellement


B.1.1. Parmi les pratiques de gestion permettant d’améliorer l’efficacité des engrais et
réduire la pollution environnementale, l’utilisation des engrais à diffusion lente (EDL) et
des engrais à diffusion retardée (EDR) semble être prometteuse pour une utilisation
généralisée en agriculture. Par rapport aux engrais conventionnels, la diffusion graduelle
des nutriments des EDR pourrait être synchronisée avec les besoins des plantes et
minimiser la perte de nutriments par ruissellement et lessivage afin d’améliorer au final
l’efficacité de l’utilisation des engrais. Les engrais azotés à diffusion retardée possèdent des
avantages agronomiques, en particulier dans les tropiques et dans les régions à sols de
texture légère et subissant de fortes précipitations ou irrigations et où les pertes en azote
peuvent être élevées.
B.1.2. Des cultures créant un couvert végétal entre les lignes de plantations réduisent le
taux de ruissellement. Les sols nouvellement exposés sont très sensibles à l’érosion, les
cultures de couverture peuvent réduire significativement cette érosion.
B.1.3. Minimiser les pertes par ruissellement en appliquant les engrais quand les fortes
pluies sont peu probables de tomber. Poser au sol des branches de palmiers à huile et
utiliser des pièges à sédiments afin de contenir le ruissellement (Unilever 2003).
B.1.4. Eviter d’appliquer les engrais à moins de 3-4 mètres des cours d’eau. Les
proliférations d’algues dans les étangs doivent être étudiées. Les proliférations indiquent
un ruissellement de nutriments dans les eaux de surface (Unilever 2003).
B.1.5. Réduire l’utilisation des pesticides en développant une Lutte intégrée pour chaque
culture sur chaque plantation. Un plan idéal de lutte intégrée contient les mesures
suivantes (adapté d’Unilever 2003) :
- pas d’utilisation prophylactique des pesticides.
- des contrôles réguliers des cultures (tels que la destruction des sites de reproduction
et le maintien d’une bonne couverture du sol diversifiée).
- l’élaboration d’un protocole de suivi pour les ravageurs principaux, fondé sur la
connaissance de leurs cycles de vie et de leurs ennemis naturels.
- la mise en place de seuils d’action pour les ravageurs principaux basés sur des niveaux
de dommages économiques.
- si l’utilisation de pesticides est nécessaire, une bonne supervision et une sélectivité
sont importantes pour réduire les perturbations de l’équilibre écologique et pour
garantir la sécurité de l’opérateur.

B.2. Contrôler l’évacuation des déchets solides organiques de source ponctuelle (scieries,
usines de transformation de l’argent)

30
B.2.1. Contenir les déchets solides au sein des limites de propriété de l’exploitation.
B.2.2. Ne jeter aucun produit de déchet solide dans les cours d’eau et étendues d’eau.
B.2.3. Les déchets solides stockés doivent être couverts avec une couche imperméable afin
d’empêcher les déchets d’être lessivés dans le sol ou à proximité des étendues d’eau.
B.2.4. Recycler et/ou réutiliser autant que possible les déchets solides.
B.2.5. Jeter de manière appropriée les déchets solides non recyclables/non utilisables dans
les sites désignés par le gouvernement.
B.2.6. En ce qui concerne les plantations d’huile de palme (adapté d’Unilever 2003),
recycler tous les matériaux organiques y compris les rafles, les effluents traités et les solides
en décantation de même que le renvoi des coques et des fibres en surplus dans les champs
de production. Placer ces produits dans les champs où ils vont se décomposer pour créer
de la matière organique.

B.3. Contrôler les effluents des déchets liquides organiques de source ponctuelle (agriculture,
aquaculture)

Agriculture
De grandes quantités d’eau sont nécessaires dans le processus de traitement de l’huile de
palme. Ces grandes quantités d’eau utilisées terminent en effluents d’huile de palme :
palm oil mill effluent (POME). POME est un mélange de condensats de stérilisateur, de
boues de séparation et d’eau usées d’hydrocyclone. POME est de nature fortement
organique et est hautement polluant à cause de sa forte demande chimique en oxygène
(DCO) et de sa forte demande biochimique en oxygène (DBO). POME peut faire baisser
l’oxygène contenu dans l’eau, oxygène qui est nécessaire aux plantes et aux animaux. Le
contrôle des effluents de POME est par conséquent nécessaire afin de protéger les
ressources en eau douce adjacentes aux plantations de palmiers à huile.
B.3.1. Contenir les effluents produits au sein des limites de propriété de l’exploitation.
B.3.2. Construire des bassins de confinement alignés pour capturer les déchets liquides
dans les bassins de décantation.
B.3.3. Maximiser l’efficacité de l’utilisation des eaux afin de réduire la quantité d’effluents
produits, recycler et réutiliser les eaux autant que possible.

Aquaculture
B.3.4. Utiliser de la nourriture faible en phosphore afin de réduire l’eutrophisation des
systèmes d’eau douce.
B.3.5. Dans les systèmes de production en enclos, s’assurer que le courant de la rivière est
d’au moins 5-10 cm/seconde pour évacuer correctement les déchets du site (Mugg et al.
2007).
B.3.6. Les enclos de stockage doivent présenter des densités appropriées de poissons en
fonction de la capacité environnementale du cours d’eau dans lequel l’enclos est situé (FAO
2013).
B.3.7. Développer des techniques appropriées de nourrissage basées sur les besoins de
chaque espèce et de la qualité et quantité d’eau dans laquelle elles sont élevées. Il s’agit
ici d’empêcher le sur-nourrissage qui est une cause directe de pollution des eaux (FAO
2013).
B.3.8. Sélectionner et utiliser de manière appropriée les médicaments adéquats pour
traiter les maladies (FAO 2013).

31
B.3.9. Pour les grandes exploitations terrestres adjacentes aux cours d’eau, utiliser des
installations de recyclage et de traitement des eaux usées (FAO 2013).

B.4. Contrôler le drainage minier chimique


La méthode utilisée pour la prévention du drainage minier acide doit se baser sur une
approche qui limite la présence de sulfure dans les dépôts et qui limite l’oxydation et la
génération d’effluents acides (par percolation de l’eau). Ces mesures peuvent se classer par
catégorie de technique. La liste couvre, entre autres, les mesures de base qui doivent être
appliquées pour limiter le drainage minier acide.
B4.1. Limiter la pénétration des dépôts : créer un ou plusieurs niveaux imperméables sur
les surfaces des dépôts.
B4.2. Elimination des matériaux réactifs (sulfures).
B4.3. Contrôler l’activité microbienne.
B4.4. Empêcher l’oxydation des dépôts en les gardant dans une atmosphère réductrice.

B.5. Contrôler les pollutions toxiques et organiques provenant des déchets des camps de base
B.5.1. Tous les dépôts organiques doivent être collectés et stockés ensuite dans un
conteneur étanche avant d’être transportés vers un centre de traitement autorisé.
B.5.2. Les dépôts organiques doivent être traçables depuis leur point d’enlèvement
jusqu’au centre de traitement.

32
Pratique C. Huiles usagées et élimination des hydrocarbures
C.1. Gérer l’entretien et l’utilisation des machines
C.2. Gérer la production de l’asphalte
C.3. Eviter les déversements de carburants dans l’eau

C.1. Gérer l’entretien et l’utilisation des machines


L’entretien et l’utilisation des machines représentent des problèmes importants dans le
maintien d’un environnement en bonne santé.
C.1.1. Toutes les machines doivent posséder un document dans lequel sont notés son
utilisation et le nom de l’utilisateur.
C.1.2. Les procédures de sécurité pour l’utilisation et l’entretien des machines doivent être
suivies.
C.1.3. Le calendrier d’entretien des machines doit être suivi par le personnel de gestion.

C.2. Gérer la production de l’asphalte


La concentration en polluants dans l’asphalte doit être déterminée, comme le doit l’être son
potentiel de lessivage. Il faut s’assurer que sa production suive des directives adéquates. Jeter
des résidus de production d’asphalte dans les cours d’eau doit être interdite. Les sous-
produits de la production d’asphalte doivent être stockés dans des conteneurs étanches.

C.3. Eviter les déversements de carburants dans l’eau


Déverser des carburants usagés dans les zones humides peut avoir des conséquences
irréversibles non seulement pour l’impact physique véritable (paysage) mais aussi pour la
toxicité de leur composition en éléments chimiques. Des mesures adéquates doivent être
prises pour éviter tout déversement dans l’environnement proche. La liste ci après n’est pas
exhaustive, mais indique des bonnes pratiques de base pour préserver les zones sensibles.
C.3.1. Les carburants usagés doivent être stockés dans des conteneurs présents
uniquement pour cela. Ces conteneurs doivent être labélisés pour identifier leurs
contenus. Des fiches de données de sécurité des différents types de carburants usagés
doivent être affichées et disponibles. Elles doivent fournir des informations sur l’utilisation,
la manipulation et le stockage du carburant.
C.3.2. Une procédure doit être prévue pour suivre les carburants depuis leur point d’achat
jusqu’à leur lieu de traitement.

33
Pratique D. Planification, construction et entretien des routes
D.1. Planification des routes
D.2. Construction, drainage et entretien des routes

La construction et l’utilisation des routes est une source sérieuse de sédimentation dans les
systèmes d’eau douce du Gabon. Pour que les systèmes d’eau douce du Gabon restent intacts,
il est nécessaire que le secteur routier se conforme à un ensemble de directives qui protègent
correctement les eaux douces de la sédimentation.

D.1: Planification des routes


La planification de la localisation des routes est une phase critique de la mise en œuvre de
leur construction. La mauvaise implantation des routes et la mauvaise planification des routes
ne permettant pas de résister à des phénomènes de fortes pluies (i.e. inondations) est un
problème au Gabon. Les routes sont souvent construites dans des zones inondables et
changent souvent le cours des rivières sans compréhension des conséquences de cette action.
D.1.1. Au cours de la phase de planification des routes, identifier les systèmes de drainage,
les zones humides et les terrains ripariens et évaluer comment la route va interagir avec
eux (ex : changeront-elles les modèles d’inondation ?). Planifier en conséquence.
D.1.2. Avant de construire les routes dans des zones qui sont peut-être sujettes aux
inondations, collecter des données sur les limites des zones inondables, et sur la nature et
la fréquence des inondations. Planifier en conséquence (Le Monde, 1997).
D.1.3. Préserver autant que possible les zones d’amélioration des inondations (les bassins
et les zones humides) et garantir que les modèles de drainage naturel soient gardés intacts
dans la mesure du possible.

D.2. Construction, drainage et entretien des routes


La construction des routes est une grande source de sédimentation lorsqu’elles sont
construites sur des pentes raides via la méthode de l’épure de Lalanne (terrassement de
déblais-remblais)et lorsque de grands talus sont construits (The World Bank, 1997; Hawaii
Department of Transportation, 2008; Keller and Sherar, 2003).

Une fois les travaux de terrassement achevés et la route créée, l’une des sources principales
de sédimentation est le drainage de la route. Entretenir la surface des routes est essentiel
pour garantir que les sols sous-jacents ne soient pas érodés, ce qui causerait une
sédimentation et une détérioration exponentielle de la route.

Construction des routes


D.2.1. Quand c’est possible, construire uniquement les routes durant la saison sèche. Si
une construction doit avoir lieu durant la saison humide, planifier pour que la construction
ait lieu durant les périodes de plus faibles précipitations.
D.2.2. Placer les routes le long du sommet des crêtes et sur des zones plates, de manière à
ce que la construction via la méthode de l’épure de Lalanne (terrassement de déblais-
remblais) soit minimisée. Lorsque les constructions via la méthode de l’épure de Lalanne
sont inévitables, équilibrer les déblais-remblais en préservant les pentes coupées à un ratio
de 1:1, de même que la pente et les pentes remblayées à un ratio de 1,5:1.

34
D.2.3. Construire les routes loin des zones de cours d’eau et des zones ripariennes :
s’assurer que les zones tampons entre les routes et les cours d’eau sont respectées. Avant
les travaux de terrassement et de construction de la route, s’assurer que toute la
végétation à supprimer et toute la végétation à conserver sont clairement marquées.
Restreindre la zone perturbée par les travaux de terrassement à la zone de construction et
marquer les limites de cette zone.
D.2.4. La surface des zones exposées doit être rendue rugueuse afin de réduire la force du
ruissellement et minimiser l’érosion.
D.2.5. Durant les travaux de terrassement, réhabiliter les sols dénudés de manière continue
en utilisant les couches de terre végétale déplacées. En règle générale, à un moment
donné, plus de 60% du terrain doit être protégé.
D.2.6. Concevoir les routes pour suivre la pente naturelle du terrain au lieu de routes qui
nécessitent de larges terrassements de déblais-remblais.
D.2.7. Les pentes créées par la méthode de déblais-remblais doivent être stabilisées
immédiatement.
D.2.8. Les pentes remblayées doivent être protégées de l’érosion due au ruissellement de
la surface de la route.
D.2.9. Toute stabilisation et réhabilitation des travaux de terrassement doivent être
achevées dans les deux semaines que dure l’achèvement d’un segment de route.
D.2.10. La terre végétale enlevée doit être réutilisée pour re-végétaliser immédiatement
ou stockée durant de courtes périodes de temps en vue d’une re-végétalisation future. Si
un surplus de sol est produit par le terrassement, ce sol ne doit pas être jeté le long des
routes mais de petites quantités peuvent être étalées dans les fossés/dépressions le long
du site de construction et le reste doit être déplacé vers des zones approuvées telles que
des carrières ou des sites de stockage dégradés.
D.2.11. Avant les terrassements de la construction, clôturer les zones qui seront utilisées
comme sites temporaires de stockage de la terre végétale. Ces zones doivent être placées
sur des terrains plats et éloignées des chemins naturels de drainage et des cours d’eau.
D.2.12. Former des tas de terre de manière à ce qu’ils ne dépassent pas 1,5 mètre de haut.
Ils doivent être re-végétalisés, couverts avec des couvertures anti-érosion ou entourés par
des barrières à sédiments ou des barrières de contrôle d’érosion.
D.2.13. Les berges adjacentes ou les collecteurs d’eaux usées doivent être installés en
amont de la pente des tas de terre pour diriger les eaux loin de ces tas. Les barrières à
sédiments, les bassins à sédiments, les barrières végétalisées ou les bottes de paille doivent
être placés en dessous d’eux afin de capturer les sédiments qui s’échappent (State, 1998,
Tableau 12 dans la partie E).
D.2.14. A la base des remblais de pente, des bandes enherbées filtrantes, des barrières à
sédiments, des bassins à sédiments, des étangs à sédiments, des bottes de paille ou
d’autres appareil de capture des sédiments doivent être installés (State, 1998, Tableau 12
dans la partie F).

Drainage des routes


D.2.16. Avant la construction de la route, marquer toute la végétation qui doit être
supprimée et celle qui doit être conservée. Maintenir la végétation le long des routes
autant que possible pour servir de zones tampons.
D.2.17. Les eaux de tempêtes propres doivent être déviées pour ne pas traverser des zones
de routes perturbées. Les routes doivent être construites avec des drainages de surface

35
adéquats, des drainages transversaux et des drainages latéraux (State, 1998, Tableau 10
dans la partie E).
D.2.18. Les eaux quittant les routes doivent être dirigées vers des zones stables.
D.2.19. Avant de débuter la construction des routes, identifier les chemins naturels de
drainage, clôturer ces zones et les incorporer dans la conception de la route. Si possible,
installer des tuyaux d’évacuation avant la construction de la route car cela fournira un
système de drainage plus permanent.
D.2.20. Durant la construction, s’assurer que des tuyaux d’évacuation transversaux
correctement espacés soient installés pour diriger les eaux vers des zones stables loin de
la route. Des tuyaux d’évacuation temporaires doivent aussi être installés en amont de la
pente du site de construction pour dévier les eaux propres loin du site.
D.2.21. La vitesse de ruissellement des eaux quittant les routes peut être réduite en
utilisant des barrages de retenue et des buses de drainage transversal avec des dissipateurs
(State, 1998, Tableaux 10 et 11 de la partie E).
D.2.22. La vitesse de ruissellement des eaux quittant les routes peut être réduite en
installant des structures à la sortie des structures de drainage (State, 1998, Tableaux 10 et
11 de la partie E).
D.2.23. Le ruissellement de surface des routes doit être dirigé vers des structures de qualité
des eaux (State, 1998, Tableau 12 dans la section E).
D.2.24. Concevoir les structures de drainage des routes en fonction des plus hauts pics
d’écoulement des eaux, du pic de la plus forte vitesse des eaux et de la plus longue durée
des eaux qui peuvent avoir lieu sur un segment de route donné.

Entretien des routes


D.2.25. Durant la construction des routes et sur les routes utilisées, suivre, entretenir et
réparer les appareils de contrôle des sédiments, de drainage et d’érosion (State, 1998, voir
la Partie G, sections ‘Drainage/Stormwater’ et ‘Erosion and Sediment Control’).
D.2.26. Les tas de terre ne doivent pas être jetés au bord des routes mais de petites
quantités peuvent être étalées dans les dépressions/fossés le long du site de construction
et le reste doit être déplacé vers des zones approuvées telles que des carrières ou des sites
de stockage dégradés.

36
Pratique E. Exploitation forestière
E.1. Sentiers de débardage
E.2. Collecte du bois
E.3. Zones de dépôt

Le secteur de l’exploitation forestière couvre une large partie du Gabon et représente une
source notable de sédimentation dans les systèmes d’eau douce. Pour que les ressources en
eau douce du Gabon restent intactes, il est nécessaire que les activités du secteur forestier se
conforment à un ensemble de directives qui protègent correctement les eaux douces de la
sédimentation.

E.1. Sentiers de débardage


Les sentiers de débardage mal construits et le débardage lui-même causent une augmentation
de la sédimentation. Le débardage est problématique parce qu’il compacte les sols, en
diminuant ainsi la capacité d’infiltration des sols et en augmentant la capacité des sols à
propager les ruissellements de surface (Zimmerman, 1982). Le débardage est aussi
problématique 1) quand il y a un manque de planification et de conception des sentiers de
débardage et que les sentiers sont créés sur des pentes abruptes, 2) quand la densité des
sentiers de débardage est élevée, 3) quand le débardage a lieu durant la saison humide ou
dans des zones humides ou des zones tampons ripariennes, 4) quand les sentiers de
débardage traversent des cours d’eau de manière inappropriée et qu’il n’y a pas de structures
de drainage autour de ces traversées, 5) quand des machines inappropriées sont utilisées pour
réaliser le débardage et impactent les sols plus que nécessaire, 6) quand des machines de
débardage s’écartent des sentiers de débardage, 7) quand les débardeurs ‘labourent’ le sol et
8) quand les sentiers de débardage ne sont pas réhabilités (Elliot et al., n.d.; Zimmerman,
1982; Dykstra, D. et R. Heinrich, 1996).

E.1.1. Planifier tous les réseaux de sentiers de débardage en avance.


E.1.2. Utiliser l’outil de cartographie de vulnérabilité des sols à l’érosion (‘vulnerability
erosion mapping tool’ : ‘VEM Tool’ en anglais), créé par Wildlife Conservation Society afin
de permettre d’identifier les terrains escarpées où les sentiers de débardage ne doivent
pas être placés.
E.1.3. Eviter le débardage sur les pentes escarpées. Les pentes égales ou supérieures à 30%
sont généralement considérées comme escarpées, mais l’identification de la pente
maximum permise doit être déterminée en prenant en compte les sols locaux et les
précipitations. OU Ne pas débarder sur des pentes supérieures à 30%.
E.1.4. Limiter la densité des sentiers de débardage à 1 mètre de sentier de débardage par
hectare de forêt.
E.1.5. Ne pas réaliser les opérations de débardage durant les saisons humides.
E.1.6. Eviter de construire des sentiers de débardage dans les zones humides.
E.1.7. Ne pas réaliser de débardage à moins de 30 mètres des cours d’eau. OU Ne pas
réaliser de débardage à l’intérieur des zones tampons végétalisées des deux rives d’un
cours d’eau, ces zones tampons sont égales à la largeur du cours d’eau multiplié par un
facteur de 1,5 (la zone tampon nécessaire sur chaque rive du cours d’eau est donc la moitié
de cette valeur). OU Ne pas réaliser de débardage à l’intérieur des zones tampons
végétalisées le long des cours d’eau. Déterminer les largeurs des zones tampons des cours

37
d’eau en fonction de la pente naturelle du terrain de la zone. Les pentes de 0 à 10%
nécessitent 10m de large de zone tampon, les pentes de 21 à 40% nécessitent 20m de large
de zone tampon, les pentes de 41 à 60% nécessitent 30 m de large de zone tampon et les
pentes de plus de 60% nécessitent 40 m de large de zone tampon.
E.1.7. Les sentiers de débardage ne doivent traverser les cours d’eau que lorsque c’est
absolument nécessaire.
E.1.9. Les sentiers de débardage doivent traverser les cours d’eau qui possèdent des fonds
rocheux et le lit du cours d’eau doit être protégé en installant une buse temporaire ou une
structure de pont en bois.
E.1.10. Si des ornières se forment sur les sentiers de débardage à proximité de traversées
de cours d’eau, il faut s’assurer que les eaux qui sortent de ces ornières soient dirigées vers
des zones végétalisées situées à au moins 30 m de la zone de traversée.
E.1.11. Utiliser des machines de débardage appropriées qui n’impactent pas le sol de
manière non nécessaire et qui possèdent une bonne manœuvrabilité.
E.1.12. Eviter des construire des sentiers de débardage en utilisant les lames des machines
de débardage.
E.1.13. Laisser les broussailles naturelles et les tiges coupées le long des sentiers de
débardage afin de protéger les sols sous-jacents.
E.1.14. Garantir que les machines de débardage restent sur les sentiers de débardage.
E.1.15. Garantir que les sols le long des sentiers de débardage fermés soient bien labourés
pour permettre à la végétation de recoloniser la zone. Lorsque c’est nécessaire, replanter
les zones.
E.1.16. Assurer que des mesures de drainage adéquates soient installées le long des
sentiers de débardage fermés, y compris des fossés de drainage et des drainages
transverses.
E.1.17. Déposer les résidus de la coupe forestière le long des sentiers de débardage fermés
afin de minimiser l’érosion due à la mise à nu des sols.
E.1.18. Faire le suivi des sentiers de débardage fermés afin de garantir qu’ils se régénèrent
avec succès.

E.2. Collecte du bois


La collecte du bois provoque également de la sédimentation. Les machines de prélèvement
du bois peuvent compacter les sols qui deviennent de meilleurs conducteurs de ruissellement
de surface. Prélever du bois durant la saison humide, prélever du bois jusqu’aux rives des
cours d’eau ainsi que de mauvaises techniques d’abattage des arbres qui nécessitent plus de
déplacements des machines que nécessaire pour récupérer les billes de bois provoquent
également de l’érosion (Dykstra, D. et R. Heinrich, 1996; Elliot et al., n.d.; Zimmerman, 1982).

E.2.1. Abattre les arbres pour qu’ils tombent dans la bonne direction afin de minimiser les
déplacements des machines durant la phase d’extraction.
E.2.2. Ne pas prélever de bois durant les saisons humides.
E.2.3. Ne pas prélever de bois à moins de 30 mètres des cours d’eau. OU Ne pas prélever
de bois à l’intérieur des zones tampons végétalisées sur les deux rives des cours d’eau, ces
zones tampons sont égales à la largeur du cours d’eau multiplié par un facteur de 1,5 (la
zone tampon nécessaire sur chaque rive du cours d’eau est donc la moitié de cette valeur).
OU Ne pas réaliser de prélèvement de bois à l’intérieur des zones tampons végétalisées le
long des cours d’eau. Déterminer les largeurs des zones tampons des cours d’eau en

38
fonction de la pente naturelle du terrain de la zone. Les pentes de 0 à 10% nécessitent 10m
de large de zone tampon, les pentes de 21 à 40% nécessitent 20m de large de zone tampon,
les pentes de 41 à 60% nécessitent 30 m de large de zone tampon et les pentes de plus de
60% nécessitent 40 m de large de zone tampon.
E.2.4. S’il est permis d’abattre des arbres au sein des zones tampons des cours d’eau, il faut
les abattre de manière à ce que leurs couronnes tombent en dehors de la zone tampon et
les extraire en utilisant des treuils.

E.3. Zones de dépôt


Les zones de dépôt (i.e. zones où les grumes de bois sont stockées) sont une autre source de
sédimentation. Ces zones représentent un problème parce que leur création nécessite le
déboisement de vastes surfaces de terre et les expose à l’érosion. Avec le temps, la
compaction des sites de dépôt peut aussi augmenter la quantité de ruissellement de surface
se déversant dans les zones alentours. De plus, les sites de dépôt représentent un problème
particulièrement quand ils sont réalisés plus larges que nécessaire et qu’ils sont placés de
manière inappropriées à proximité des étendues d’eau ou sur des pentes escarpées, quand
ils ne comprennent pas de structures de drainage et quand ils ne sont pas démantelés
correctement (Zimmerman 1982; “Tropical”, 2007; Dykstra, D. et R. Heinrich, 1996; FAO,
2004).

E.3.1. Garder les sites de dépôt les plus petits possibles. Une surface de 500-1000 m² est
adéquate. OU La taille maximale autorisée d’un site de dépôt est de 0,5 ha (5000 m²).
E.3.2. Si possible, ne pas construire du tout de sites de dépôts, mais stocker plutôt les
grumes le long des bords de routes.
E.3.3. Planifier l’emplacement des sites de dépôt en avance.
E.3.4. Utiliser le VEM Tool pour aider à identifier les zones escarpées où les sites de dépôt
ne doivent pas être placés.
E.3.5. Placer les sites de dépôt sur des surfaces légèrement inclinées avec des pentes
d’environ 2%. OU Placer les sites de dépôt sur des surfaces assez inclinées pour permettre
un bon drainage, mais ne pas les placer sur des pentes supérieures à 5%.
E.3.6. Placer les sites de dépôt à au moins 30 mètres des étendues d’eau. OU Placer les
sites de dépôt à au moins 50 mètres des étendues d’eau. OU Ne pas placer les sites de
dépôt à l’intérieur des zones tampons végétalisées le long des cours d’eau. La largeur de
ces zones tampons est égale à la largeur du cours d’eau multiplié par un facteur de 1,5 ; la
zone tampon nécessaire sur chaque rive du cours d’eau est donc de la moitié de cette
valeur. OU Placer les sites de dépôt en dehors des zones tampons des bords de cours d’eau.
La largeur de celles-ci est déterminée en fonction de la pente locale du terrain.
Les pentes de 0 à 10% nécessitent 10m de large de zone tampon, les pentes de 21 à 40%
nécessitent 20m de large de zone tampon, les pentes de 41 à 60% nécessitent 30 m de
large de zone tampon et les pentes de plus de 60% nécessitent 40 m de large de zone
tampon.
E.3.7. Garantir que les sites de dépôt sont bien drainés et que le ruissellement est dévié
vers les zones végétalisées. A cette fin, des buses anti-érosion peuvent être installées dans
la pente des sites de dépôt.
E.3.8. Installer des fossés et des buses en amont de la pente des sites de dépôt, en
particulier où les sentiers de débardage entrent dans les sites afin d’empêcher les eaux de
s’accumuler sur le site de dépôt.

39
E.3.9. Renforcer les sites de dépôt avec des graviers ou de la latérite afin de réduire
l’érosion.
E.3.10. Niveler et décompacter les sites de dépôt.
E.3.11. Réutiliser la terre végétale pour la réhabilitation des sites de dépôt. S’assurer que
le sol de base soit décompacté avant de remettre la terre végétale.

40
Pratique F. Agriculture industrielle
F.1. Planification et développement des plantations
F.2. Gestion des plantations

Actuellement, l’agriculture industrielle est une menace relativement faible qui possède une
petite empreinte. Les compagnies impliquées dans l’agriculture au Gabon font tout leur
possible pour exercer leurs activités en respect de l’environnement. Cependant, l’agriculture
peut devenir un problème dans le futur si les concessions de palmiers à huile et de caoutchouc
se développent et que de vastes surfaces de terres sont déforestées, particulièrement dans le
bassin de la rivière Ogooué.

L’agriculture industrielle est relativement nouvelle au Gabon. Olam International a débuté


l’exploitation du caoutchouc en 2007 et des plantations de palmiers à huile en 2010. La
compagnie Siat Gabon a été créée en 2004. Les activités concernant la canne à sucre sont
aussi développées au sud de Franceville, mais sont minimes dans la zone. De plus, le café et
le cacao sont cultivés dans le nord-est et le sud-est du Gabon mais sur de petites surfaces et
exploités par des agriculteurs locaux (Oxford, 2012).

Les bonnes pratiques de gestion liées à l’expansion de l’agriculture industrielle se concentrent


principalement sur l’implantation de tels projets dans le but d’éviter les impacts sur les
habitats d’eau douce sensibles liés aux sites Ramsar. Un accent particulier est placé sur les
plantations pour l’huile de palme et le caoutchouc, étant donné les menaces potentielles que
leur expansion peut avoir dans le futur à cause de l’échelle à laquelle ses plantations se
développement au Gabon. Bien que des directives aient été élaborées pour les plantations de
palmiers à huile (‘Principles and Criteria’ (RSPO 2013) et ‘New Planting Procedures’ (NPP
2015)), elles doivent aussi être appliquées aux plantations de caoutchouc jusqu’à ce que des
directives équivalentes pour les plantations de caoutchouc soient élaborées.

F.1. Planification et développement des plantations


F.1.1. Se conformer à la nouvelle procédure de plantation de la RSPO (‘New Planting
Procedure’ (NPP 2015)) qui consiste en un ensemble d’activités d’évaluations et de
vérifications à conduire par les producteurs et les corps de certification (CC) avant le
développement d’une nouvelle activité d’huile de palme, afin d’aider à orienter les
plantations en respect de l’environnement. L’intention est que « les plantations nouvelles
d’huile de palme n’impacteront pas négativement les forêts primaires, les zones à haute
valeur de conservation, les stocks élevés en carbone, les sols fragiles et pauvres ou les
terres des populations locales ».
OU
L’expansion des projets agricoles à grande échelle au sein des sites Ramsar doit être
contrainte à suivre les Principes et critères et les Nouvelles procédures de plantations
(‘Principles and Criteria’ (RSPO 2013) ; ‘New Planting Procedures’ (NPP 2015)).
ET
Les plantations qui sont connectées hydrologiquement à un site Ramsar doivent être
encouragées à suivre les Principes et critères et les Nouvelles procédures de plantations
s’il est établi, via une évaluation d’impact environnemental, qu’il peut y avoir des effets
néfastes sur les ressources en eau douce associées à un site Ramsar proche.

41
F.1.2. Concevoir les plantations de palmiers à huile de manière à ce que les réseaux denses
de routes ne croisent pas directement les cours d’eau.

F.2. Gestion des plantations


F.2.1. Élaborer des plans de gestion intégrée des ravageurs afin de minimiser, ou même
éliminer, l’utilisation des pesticides.
F.2.2. Maintenir des bandes de zones tampons ripariennes et un couvert végétal naturel à
côté des cours d’eau afin de filtrer le ruissellement des pesticides et des sédiments avant
qu’ils ne pénètrent dans les cours d’eau (RSPO 2013, critère 4.4, page 69).
Toutes les étendues d’eau permanentes doivent posséder des zones tampons ripariennes
composées de végétation indigène poussant naturellement. En absence de directives
nationales, les distances suivantes doivent s’appliquer :

Largeur de la Largeur de la zone


rivière (m) tampon de la rivière (m)
1-5 5
5-10 10
10-20 20
20-40 40
40-50 50
>50 100

Toutes les autres étendues d’eau naturelles permanentes doivent posséder une zone
tampon de 100 m sur tous les côtés.

F.2.3. Utiliser les cultures de couverture pour diminuer l’érosion des sols.

42
Pratique G. Hydroélectricité
G.1. Minimiser la perte de sédiments en aval des cours d’eau
G.2. Intégrer des flux écologiques dans les activités
G.3. Eviter la perte d’habitats générée par l’inondation des réservoirs
G.4. Eviter la perte d’habitats de plaine d’inondation générée par la modification des
régimes des flux
G.5. Eviter la fragmentation et les barrières entravant la migration des poissons

Le Gabon est couvert par un réseau étendu de rivières et de fleuves en majorité à eaux libres
qui représentent des écosystèmes extrêmement productifs et variés. Le bassin du fleuve
Ogooué couvre plus de 70% du pays et se concentre presque entièrement au Gabon. Sécuriser
les fonctions écologiques du bassin du fleuve Ogooué sur le long terme est vital pour sécuriser
la protection des ressources en eaux douces du pays. En incluant les besoins
environnementaux au sein du processus de planification de son développement
hydroélectrique, le Gabon est bien positionné pour empêcher les dommages écologiques à
son vaste système de ressources en eaux douces et de ressources terrestres qui en dépendent
face aux futurs projets hydroélectriques. Plusieurs sites Ramsar au Gabon sont directement
ou indirectement liés aux rivières/fleuves où sont installées des usines hydroélectriques.
D’autres sont situés en aval d’installations hydroélectriques. Par conséquent, il est essentiel
de garantir que les fonctions et valeurs écologiques des sites Ramsar gabonais soient intégrées
dans la planification et les activités des installations hydroélectriques existantes et en projet.

Les barrages, comme ceux associés à l’hydroélectricité, impactent les fleuves et rivières de
deux façons majeures : la fragmentation et la régulation.
Fragmentation. Les barrages modifient la connectivité des chenaux, en fragmentant les
rivières et en empêchant les déplacements en amont et en aval des poissons migrateurs, qui
dans de nombreux systèmes subviennent aux besoins des prélèvements les plus importants,
ainsi que d’autres organismes aquatiques. Les barrages possédant de vastes réservoirs
piègent les sédiments et les nutriments qui participent aux plaines d’inondation, aux deltas et
aux estuaires en aval.
Régulation. Les barrages qui créent des réservoirs et stockent les eaux peuvent également
altérer les caractéristiques des flux hydrologiques des rivières. Par exemple, ils réduisent ou
éliminent les rythmes des inondations qui connectent les rivières à leurs plaines d’inondations
fertiles (TNC 2015).

En l’absence d’un cadre structuré de planification complète et coordonnée pour le


développement de l’hydroélectricité, le risque est grand de prendre des décisions qui ont de
graves répercussions environnementales négatives et qui ne se rendent pas compte du
potentiel total du système (TNC et al. 2016). Pour éviter ces erreurs, The Nature Conservancy
promeut un processus de planification de l’hydroélectricité nommé “Hydropower by Design”
qui cherche à planifier une implantation et une conception appropriées pour les futurs
barrages de manière à garantir un rendement énergétique souhaité avec le moins d’impact
environnemental possible. ‘Hydropower by Design’ est une extension de la Gestion intégrée
des bassins versants qui se concentre sur le secteur hydroélectrique et ses effets sur les
ressources aquatiques dans un bassin versant. ‘Hydropower by Design’ est complété par un
cadre d’évaluation des services écosystémiques permettant d’expliquer aux futurs

43
aménagements les bénéfices fournis aux populations et aux activités économiques par les
écosystèmes fonctionnels et en bonne santé (TNC 2015).

G.1. Minimiser la perte de sédiments en aval ((adapté de Kondolf et al. 2015)


Il faut choisir parmi les options suivantes. Elles n’ont pas vocation à être mises en œuvre en
même temps dans la même usine hydroélectrique.

G.1.1. Pour les barrages qui peuvent être construits dans une courbe de rivière, il faut
inclure un tunnel de contournement pour les sédiments qui dévie une partie des flux
entrants chargés en sédiments dans un tunnel de contournement qui fonctionne comme
un tunnel raccourci plus incliné autour du réservoir.
G.1.2. Construire un réservoir de stockage en dehors du chenal qui reçoit des flux via une
déviation de la rivière principale. La déviation est opérée uniquement quand les flux sont
relativement clairs afin de minimiser la charge en sédiments de l’eau déviée. Avec cette
approche, la rivière naturelle fonctionne comme dérivation des sédiments.
G.1.3. Mettre en place des vannes de déversement à grande vitesse des sédiments
(‘sluicing’) dans les barrages. Ces vannes reproduisent les flux importants qui passent à
travers le barrage et qui chassent les sédiments accumulés au fond du barrage. Ainsi, le
réservoir se comporte comme une rivière et transporte les sédiments.
G.1.4. Mettre en place du ‘drawdown flushing’. Il s’agit de creuser, remuer le fond et
remettre en suspension les sédiments déposés dans le barrage pour les transporter vers
l’aval. Ceci s’effectue en vidant complètement le réservoir via des vannes de fond qui sont
assez larges pour laisser passer librement les eaux à travers le barrage sans mise en eau en
amont.
G.1.5. Réaliser des chasses de sédiments par hydrocurage impliquant d’ouvrir les vannes
situées au fond du barrage. Ceci s’effectue lorsque des courants turbides traversent le
barrage. Les vannes sont ouvertes de manière à ce que les courants turbides gardent leurs
sédiments et quittent le réservoir en transportant leurs sédiments avec eux.
G.1.6. Abaisser le niveau des réservoirs et retirer de manière mécanique les sédiments.
Déverser les sédiments en aval du barrage.

G.2. Intégrer des flux écologiques dans les activités des barrages
G.2.1. Élaborer des régimes de flux écologiques via un processus de gestion adaptative et
collaborative qui suit cinq étapes générales : 1) réunion d’orientation, 2) étude de la
littérature et résumés, 3) workshop de recommandations sur les flux, 4) mise en œuvre des
suggestions de flux, 5) collecte des données et programme de recherche. Les étapes 3 à 5
sont ensuite répétées de manière continue (Richter et al. 2006).
G.2.2. Le modèle idéal de déversement des eaux doit imiter le plus possible le régime
naturel des crues (Ledec 2003).
G.2.3. Incorporer des flux à faible débit, des flux à débit élevé et des flux de crue qui imitent
le régime naturel des flux liés aux phases essentielles du cycle de vie des poissons telles
que l’émigration, l’élevage des jeunes et la nidification (Richter et al. 2006) de manière à
ce que le régime des flux imite la variabilité des flux naturels inter et intra-annuels (Kendy
et al. 2012).
G.2.4. Etablir un seuil minimum de flux en dessous duquel les flux ne seront pas permis.
G.2.5. Etablir des débits basés sur la biologie.

44
G.2.6. Les plans de gestion environnementale des projets hydroélectriques doivent
spécifier les déversements d’eau dans l’environnement, y compris pour les barrages
détenus ou opérés par le secteur privé (Ledec 2003).

G.3. Eviter la perte d’habitats générée par l’inondation des réservoirs


G.3.1. Pour compenser la perte d’habitats naturels provoquée par l’inondation des
réservoirs ou d’autres composantes du projet, établir une zone protégée à gérer dans le
cadre du projet. Si une zone existante est protégée « sur le papier » uniquement, une
option utile est de renforcer sa protection et sa gestion sur le terrain. L’aire protégée dans
le cadre du projet doit être dans l’idéal de taille et de qualité écologique comparables ou
supérieures à la zone naturelle perdue à cause du projet (Ledec 2003).
G.3.2. Pour minimiser la mortalité de la faune sauvage à cause des projets
hydroélectriques, il faut choisir des sites de barrage qui minimisent les habitats de faune à
inonder.

G.4. Eviter la perte d’habitats générée par la modification des régimes des flux du barrage
G.4.1. Incorporer des éléments caractéristiques d’un régime de courant naturel auxquels
la faune et la flore indigènes sont adaptés et qui défavorisent les espèces non indigènes et
envahissantes (Lytle and Poff 2004).
G.4.2. Incorporer des lâchers de courant qui imitent l’érosion naturelle et les
caractéristiques de dépôt qui sont essentiels pour la création de nouveaux habitats
ripariens (Poff et al. 1997).
G.4.3. Incorporer des lâchers de courant qui transportent des sédiments et des autres
substrats nécessaires pour le frai des poissons.

G.5. Eviter la fragmentation et les barrières entravant la migration des poissons


G.5.1. Construire des barrages aussi près que possible des barrières naturelles empruntées
par les poissons lors de la migration telles que les chutes d’eau.
G.5.2. Lorsqu’un barrage ne peut pas être construit au niveau d’une barrière naturelle déjà
existante pour les poissons, incorporer des installations facilitant le passage des poissons
(échelles à poissons, ascenseurs à poissons, opérations de capture-transport) dans la
construction du barrage et dans ses opérations de fonctionnement.
G.5.3. Dans les eaux directement en aval d’un barrage où les espèces de poissons
migrateurs se concentrent en grand nombre et sont anormalement faciles à attraper, créer
et appliquer des réglementations concernant la pêche afin de maintenir des populations
viables d’espèces à valeur commerciale (Ledec 2003).

45
Pratique H. Production de pétrole
H.1. Eviter les déversements de pétrole et développer des programmes de
nettoyage

H.1 : Eviter les déversements de pétrole et développer des programmes de nettoyage


Le but du programme de nettoyage pour les déversements de pétrole et de carburant est
d’évaluer le danger des déversements, de prendre des décisions appropriées et de mobiliser
rapidement et efficacement toutes les ressources nécessaires.

H1.1. Les programmes de nettoyage doivent être gérés activement et révisés


régulièrement de manière à intégrer de possibles modifications réglementaires.
H1.2. Avant chaque intervention, il serait utile d’identifier la source et la cause du
déversement.
H1.3. La procédure de nettoyage doit prendre en compte la dangerosité du produit à
nettoyer.
H1.4. Le port d’équipement individuel de protection doit être obligatoire.
H1.5. Le pétrole ou le carburant nettoyé doit être traité selon une des manières suivantes :
H1.5.1. Utilisé comme combustible ou matière première de raffinerie
H1.5.2. Stabilisé et réutilisé
H1.5.3. Incinéré

Les traitements listés ci-dessus doivent être réalisés par des compagnies autorisées.

46
Pratique I. Infrastructures linéaires
I.1. Planifier la traversée des cours d’eau par les infrastructures linéaires
I.2. Planifier l’implantation des lignes électriques

I.1 : Planifier la traversée des cours d’eau par les infrastructures linéaires
Les traversées des cours d’eau par les routes sont une source primaire de sédimentation.
Celles-ci représentent un problème particulièrement 1) quand les routes se rapprochent des
cours d’eau sur des pentes escarpées, 2) quand elles ne possèdent pas de rigoles et de buses
de déviation des eaux avant le lieu d’intersection, 3) quand le type de pont construit n’est pas
le bon type par rapport à la taille du cours d’eau traversé, 4) quand les rives du cours d’eau
ne sont pas protégées, ce qui peut provoquer la rupture du pont dans les cas les plus graves
et 5) quand les traversées ne sont pas construites en fonction du volume et du débit de la
rivière et qu’il n’y a pas de mesures en place pour permettre de résister aux phénomènes de
débordements (Hawaii Department of Transportation 2008; Keller et Sherar 2003).

I.1.1. S’assurer que les traversées de cours d’eau sont conçues de manière à ce que leurs
ouvertures ne mènent pas à des débits érosifs en aval.
I.1.2. Placer les traversées à angle droit par rapport au courant du cours d’eau.
I.1.3. Essayer de minimiser les déboisements et les creusements de la traversée du cours
d’eau.
I.1.4. Dériver toutes les eaux de surface du site de construction de la route loin de la
traversée durant la construction.
I.1.5. Durant l’installation de la traversée du cours d’eau, s’assurer que des mesures de
contrôle des sédiments sont en place pour protéger le cours d’eau.
I.1.6. S’assurer que dans les endroits où les eaux entrent dans les cours d’eau, des mesures
de contrôle de l’érosion sont mises en œuvre telles que des canaux pavés, des murs de
béton ou des enrochements.
I.1.7. Les ponts doivent être installés sur les cours d’eau qui ont des flux importants, de
grandes largeurs et la capacité de déborder de leurs rives (crue).
I.1.8. Les buses doivent être uniquement utilisées sur des cours d’eau mineurs qui ne
risquent pas de crues et lorsqu’il n’y a pas la possibilité de déborder sur la route.
I.1. 9. Les traversées de cours d’eau doivent être conçues pour résister aux tempêtes plutôt
qu’aux caractéristiques naturelles des débits.
I.1.10. Les cours d’eau peuvent être protégés en utilisant des contrôles de l’érosion et des
pièges à sédiments qui réduisent la perturbation des sols à proximité du site de traversée
tels que le contrôle des buses et des rives alentours, des chenaux de déviation et des
dissipateurs d’énergie. Voir le Tableau 10 de la section E dans Roads in the Wet Tropics
Manual (State 1998) qui présente plusieurs méthodes pouvant être utilisées.
I.1.11. Planifier la conception des ponts pour qu’elle impacte au minimum les rives des
cours d’eau.
I.1.12. Des mesures doivent être mises en place dans les lits des rivières et le long des rives
à proximité des ponts pour empêcher le remuage. Les méthodes suivantes peuvent être
utilisées : radiers pavés, agrandissements et socles, sacs de pierre ou sacs de ciment,
palplanches, gabions et nattes de protection remplies de ciment, systèmes de confinement
cellulaires Geocell, enrochement. Veuillez lire le document du Département britannique

47
des transports ‘Design Manual for Roads and Bridges: The Design of Bridges for Hydraulic
Action’ pour obtenir une description de ces méthodes (Department, 1994; State, 1998).
I.1.12. Si les rives des cours d’eau sont perturbées, il faut s’assurer qu’elles soient
stabilisées et re-végétalisées.
I.1.13. Installer des traversées temporaires de cours d’eau, mais uniquement lorsque
l’installation d’une traversée permanente n’est pas faisable immédiatement. Les traversées
temporaires doivent être installées loin du lieu où les traversées permanentes seront
placées pour permettre le passage des machines de construction. Pour les traversées
temporaires, il faut s’assurer que les rives et les lits des cours d’eau sont protégés de
l’érosion.
I.1.14. Si possible, les traversées permanentes des cours d’eau doivent être construites
avant le terrassement ou doivent être construites avant la création du prochain segment
de terrassement sur l’autre rive du cours d’eau. Cela réduira les perturbations du cours
d’eau par les machines de construction et réduira le besoin de traversées temporaires.

I.2. Planifier l’implantation des lignes électriques


La qualité des eaux peut être impactées non seulement par les travaux au sein des cours
d’eau, mais aussi par le déboisement et les activités associées à la construction de lignes de
transport d’électricité. La suppression de la végétation adjacente peut provoquer une
augmentation des températures de l’eau et affecter négativement les habitats aquatiques.
Elle peut également augmenter l’érosion des sols adjacents en provoquant le dépôt des
sédiments à l’intérieur de l’étendue d’eau, particulièrement durant les précipitations. Les
constructions nécessitent souvent la construction de ponts temporaires qui, s’ils sont mal
installés, peuvent endommager les rives et provoquer de l’érosion ou être submergés ou
déplacés et refouler les eaux. Les lignes de transmission aériennes traversant les principales
rivières, fleuves, ruisseaux ou lacs peuvent représenter un danger de collision pour les oiseaux
d’eau et les autres grands oiseaux, particulièrement lorsqu’elles sont situées dans un corridor
de migration.

La construction et l’entretien des lignes de transmission peuvent endommager les zones


humides de plusieurs manières différentes :
- Les machines lourdes peuvent écraser la végétation des zones humides.
- Les sols des zones humides, en particulier les sols très tourbeux peuvent être facilement
compactés, ce qui augmente le ruissellement, bloque les flux et réduit grandement la
capacité de rétention des eaux de la zone humide.
- La construction des routes d’accès peut modifier la quantité ou la direction des courants,
en générant des dommages permanents aux sols et à la végétation des zones humides.
- Les équipements de construction et d’entretien qui franchissent les zones humides
peuvent provoquer une sédimentation impactant négativement la qualité des eaux et la
vie aquatique.
- Les lignes de transmission électriques peuvent représenter des obstacles de collision pour
les oiseaux migrateurs, les oiseaux d’eau et les autres grands oiseaux.
- Déboiser les zones humides boisées modifie le type d’habitats pour des décennies et peut
exposer la zone humide à des plantes envahissantes et à un embroussaillement,
supprimant ainsi des habitats pour les espèces à l’intérieur de la forêt.

48
I.2.1. Là où c’est faisable, éviter de franchir des habitats d’eaux libres et de zones humides.
Si c’est faisable, envisager d’enterrer les lignes de transmission électriques pour éviter les
impacts sur les oiseaux.
1.2.2. Eviter les zones où il y a une forte concentration de faune sauvage ou des habitats
sensibles de reproduction et d’élevage des jeunes.
I.2.3. Dans les zones abritant des concentrations d’espèces vulnérables d’oiseaux, le câble
du haut (la terre) doit être rendu plus visible avec des systèmes en plastiques très visibles
(Ledec 2003) afin de réduire les collisions des oiseaux avec les lignes électriques.
I.2.4. L’électrocution (principalement des grands rapaces) doit être évitée via une
conception des tours respectant les oiseaux et un espacement approprié des câbles
conducteurs (Ledec 2003).
I.2.5. Les lignes de transmission doivent être construites en ligne droite afin de réduire
l’empreinte de la construction.
I.2.6. Des corridors multi-usages doivent être encouragés où plusieurs équipements (ex :
électricité, hydrocarbures, eau) peuvent être implantés dans le même corridor afin de
réduire l’empreinte de la construction à travers les habitats sensibles de zones humides.
I.2.7. Utiliser des distances plus longues entre les pylônes/tours de transmission afin de
diminuer l’empreinte de la construction sur le terrain.
I.2.8. Utiliser des équipements de construction alternatifs tels que des véhicules larges et
des hélicoptères de manière à limiter la compaction du sol.
I.2.9. Construire des traversées temporaires des cours d’eau durant la construction qui
seront ensuite enlevées dès que les lignes et pylônes/tours de transmission électriques
sont mises en place.

49
Pratique J. Développement urbain
J.1. Planifier en intégrant le ruissellement des eaux usées et des eaux provenant
des tempêtes
J.2. Planifier afin d’éviter la perte des habitats des zones humides et leurs
fonctions associées

L’urbanisation augmente la variété et la quantité de polluants déversés dans les ruisseaux, les
rivières et les fleuves, les lacs, les zones humides et les océans (California Stormwater Quality
Association. 2003). Les polluants peuvent blesser les poissons et la faune sauvage qui habitent
dans les environs des étendues d’eau, tuer la végétation indigène, contaminer l’eau potable
et poser un problème de santé publique. De par la rapide croissance de Libreville, Port Gentil
et Lambaréné, il est impératif que les plans de gestion élaborés pour les sites Ramsar
d’Akanda, de Pongara et du Bas-Ogooué aient connaissance de la menace engendrée par la
pollution urbaine et l’expansion urbaine sur la viabilité à long terme de ces sites. Les menaces
infligées par la pollution urbaine et l’expansion urbaine peuvent être solutionnées en
améliorant les traitements des eaux usées et des eaux pluviales de même que par la création
et l’application de systèmes de zonage.

Les zones humides, les plaines d’inondation, les prairies humides et les marécages filtrent les
eaux et réduisent les polluants, y compris les nutriments qui sinon atteindraient les eaux
côtières où ils impacteraient négativement les écosystèmes marins, y compris l’industrie des
produits de la mer. Ces zones fournissent également des habitats de valeur pour la faune
sauvage, comme par exemple des lieux d’alevinage naturels pour les poissons. Protéger ces
écosystèmes marins et d’eau douce du ruissellement des eaux usées et des eaux pluviales est
essentiel afin d’empêcher leur dégradation et les menaces pesant sur la santé humaine (FAO
2013).

J.1. Planifier en intégrant le ruissellement des eaux usées et des eaux provenant des tempêtes
Lorsque les étendues d’eau reçoivent des nutriments en excès, particulièrement des nitrates
et des phosphates, provenant des eaux usées qui ne sont pas correctement traitées, ces
nutriments génèrent une eutrophisation (incluant la prolifération d’algues qui peuvent
relâcher des toxines dans l’eau) qui mène à un appauvrissement en oxygène, à une diminution
de la biodiversité, à des modifications de la composition en espèces et de la dominance des
espèces et à une réduction drastique de la qualité des eaux. De plus, les eaux usées
contiennent des niveaux élevés en pathogènes qui sont une menace sérieuse pour la santé
publique (U.N. Waste Water Management 2015).

Les eaux usées émanant des centres urbains proviennent en général de quatre sources : le
ruissellement des eaux pluviales municipales, les sites de construction, les zones
commerciales et industrielles et les nouveaux aménagements. La première priorité pour
traiter le problème de la pollution provenant du ruissellement des eaux pluviales urbaines est
d’empêcher cette pollution d’entrer en premier lieu dans un cours d’eau. La prévention est
généralement considérée comme moins couteuse que le traitement des eaux de
ruissellement polluées, que l’élimination des polluants dans les cours d’eau et que la
restauration des habitats liés aux systèmes marins et d’eau douce dégradés par la pollution
urbaine.
Eaux usées

50
J.1.1. Les eaux usées subissant un traitement primaire et secondaire dans des usines de
traitement des eaux usées dans les zones urbaines ne doivent pas être déversées dans les
cours d’eau mais doivent plutôt être envoyées dans des zones humides artificielles prévues
à cet effet. Seules les eaux usées subissant un traitement tertiaire sont autorisées à être
rejetées dans des cours d’eau naturels.
J.1.2. Les eaux usées domestiques générées dans les zones rurales doivent aussi être gérées
s’il existe un risque que ces eaux usées puissent venir en contact avec des systèmes d’eau
douce liés à des sites Ramsar. Voir le document de la FAO 2013 pour avoir une liste des
technologies utilisées pour les eaux usées et qui sont appropriées pour les usages en milieu
rural et dans les localités de petite taille.

Eaux pluviales
J.1.3. Créer des programmes de sensibilisation envers les groupes religieux, sportifs et
civiques et les associations des environs afin d’éduquer les habitants sur la relation entre
la gestion des déchets, la protection de la qualité des eaux, la santé publique et la
protection environnementale.
J.1.4. Installer des panneaux d’avertissement pour le public concernant l’évacuation des
déchets dans les fossés, dans les canaux et sur le sol le long de tous les éléments physiques
qui mènent à un cours d’eau.
J.1.5. Créer et appliquer des pratiques de contrôle des sédiments et de l’érosion au niveau
des sites de construction industrielle, commerciaux et résidentiels.
J.1.6. Augmenter drastiquement le nombre de points de collecte officiels des déchets
solides (poubelles) partout dans les zones urbaines et ramasser/vider les déchets solides
de ces points de collecte selon un calendrier régulier pour éviter qu’ils ne débordent.
J.1.7. Créer des points de collecte officiels pour le dépôt et le recyclage des déchets
toxiques inutilisés.
J.1.8. Stocker de manière appropriée, éliminer et recycler les fluides automobiles inutilisés.
J.1.9. Les fossés et canaux qui transportent les eaux de ruissellement doivent être
régulièrement nettoyés pour enlever tous les déchets avant qu’ils n’entrent dans les cours
d’eau.
J.1.10. Paver et entretenir les routes pour réduire la charge en sédiments du ruissellement
des eaux pluviales urbaines.
J.1.11. Mettre en place le balayage manuel régulier des rues afin de retirer les sédiments
et les déchets avant qu’ils ne rejoignent les systèmes de drainage et les cours d’eau.
J.1.12. Réduire le ruissellement en utilisant des surfaces perméables ou des pavés sur les
parkings et sur les zones de faible trafic.
J.1.13. Dans les nouvelles zones de développement résidentiel, construire des
structures/bassins de rétention secs et humides pour stocker temporairement les eaux de
ruissellement.
J.1.14. Les bassins de rétention secs sont des bassins où les eaux de ruissellement sont
temporairement stockées jusqu’à ce qu’elles s’infiltrent petit à petit dans les sols
environnants. Ils doivent drainer graduellement les eaux de manière à maintenir des
conditions d’aérobie qui favorisent les bactéries participant à l’élimination des polluants et
de manière à garantir que le bassin soit prêt à recevoir les eaux des prochaines tempêtes.
J.2. Planifier afin d’éviter la perte d’habitats de zones humides et leurs fonctions associées
La protection des sites Ramsar situés à côté ou dans une zone influencée par des centres
urbains est essentielle pour le maintien de leur intégrité écologique. Le problème de

51
l’urbanisation à Akanda inquiète beaucoup l’ANPN. Il y a des incursions dans la zone tampon
du parc résultant en des pertes d’habitat, en particulier des habitats de mangroves. Si ces
incursions ne sont pas contrôlées, il pourrait y avoir de sérieux problèmes pour les
communautés côtières qui sont dépendantes des habitats des zones humides lors des
tempêtes. En effet, ces habitats leur servent de zone tampon. En dissipant l’énergie des
vagues et en stabilisant les lignes de côte, la végétation de ces zones humides protège les
terres adjacentes de l’action des vagues et de l’érosion intense ainsi que des inondations.

Des mesures réglementaires doivent être mises en place et appliquées afin de préserver les
habitats de zones humides et empêcher leur destruction ou leur conversion en autres usages.
Lorsque la perte de la zone humide est inévitable, cette perte doit être minimisée au
maximum en fonction de la taille de la zone humide impactée et de son caractère unique.

J.2.1. Créer un arrêté de protection des zones humides qui devrait interdire le
remplissage/comblement des cours d’eau et des zones humides dans le cadre de
constructions.
J.2.2. Adopter un arrêté de protection des cours d’eau et des plaines d’inondation afin
d’empêcher les constructions à une distance d’au moins 100 à 200 mètres des cours d’eau.
Il s’agit ainsi de garantir une zone tampon minimum entre les aménagements et les cours
d’eau.
J.2.3. Créer et appliquer un arrêté qui empêche la destruction des mangroves ou au moins
un arrêté qui empêche la destruction de l’écosystème de la mangrove sur une distance de
100-200 mètres du bord de l’eau.
J.2.4. Interdire la conversion des terres pour l’agriculture sur les pentes de plus de 8% au
niveau de la périphérie urbaine des villes qui sont bordées par les cours d’eau.

52
Pratique K. Pratiques durables pour la pêche
K.1. Pratiques de pêche
K.2. Gérer les zones de pêche

Le Gabon est un pays riche en matière de pêche, à la fois maritime et continentale. Cependant,
les industries de la pêche commerciale et artisanale sont vieillottes, résultant ainsi en une
mauvaise gestion et des problèmes liés à la surpêche et à la pêche illégale (FAO 2015) de
même qu’en des taux élevés de prises accidentelles de tortues marines, de cétacés, de requins
et de raies (wcs.org). Pour trouver des solutions aux problèmes, les deux agences principales
du gouvernement gabonais chargées de la gestion de la pêche (Agence nationale de la pêche
et de l’aquaculture (ANPA) et l’Agence national des parcs nationaux (ANPN)) se sont mises en
partenariat avec des ONG afin d’élaborer et de mettre en œuvre de meilleures pratiques de
pêche et afin de déterminer comment mieux gérer les zones de pêche. Le but de la gestion de
la pêche au Gabon doit être de garantir sa durabilité sur le long terme de manière à ce qu’il y
ait des populations robustes de poissons pour la pêche dans le futur.

K.1. Pratiques de pêche


Les pratiques non durables de pêche mettent en danger les ressources marines et les moyens
de subsistance liés à la pêche. Un suivi robuste est nécessaire sous la forme de relevés de
captures et d’inventaires des stocks pour savoir si un stock de poisson est durable (Marine
Stewardship Council, msc.org).
K.1.1. Diminuer les prises accidentelles des espèces non ciblées jusqu’à un niveau
acceptable en utilisant les techniques suivantes :
▪ Relâcher vivants les poissons attrapés par accident ou les poissons de trop petite taille
▪ Hameçon et ligne (canne à pêche)
▪ Harponnement
▪ Pièges
▪ Pêche à la traîne
▪ Pêche à la senne coulissante
▪ Pêche à la palangre
▪ L’utilisation de mécanismes d’exclusion pour éviter de prendre des espèces non
ciblées telles que les tortues marines, les dauphins et les requins.
▪ Cibler uniquement les espèces en abondance et les petites espèces en bas de la chaîne
alimentaire afin de permettre une reproduction et un remplacement rapides.
K.1.2. Établir des tailles minimum et maximum de débarquement (particulièrement pour
les espèces qui changent de sexe).
K.1.3. Fixer des quotas totaux autorisés
K.1.4. Créer des saisons de pêche pour chaque espèce afin d’éviter les phases cruciales de
reproduction.
K.1.5. Fixer une taille minimum pour les filets (pas moins de 45mm).
K.1.6. Proscrire le ‘tappage’ et ‘eroca’ et appliquer leur interdiction
K.1.7. Etablir des points de collecte pour les batteries usagées des bateaux afin d’empêcher
que les vieilles batteries ne coulent (avoir des fuites) dans les habitats des poissons.
K.1.8. Interdire l’utilisation du matériel à base de plomb.

K.2. Gérer les zones de pêche

53
Les habitats d’excellente qualité sont essentiels pour la santé des systèmes aquatiques et pour
l’économie qui en dépend, en particulier la pêche. Ces habitats fournissent des éléments
essentiels pour l’industrie de la pêche (nourriture, abris, routes migratoires, zones
d’alevinage).

Dans plusieurs endroits du monde ont été testées des techniques de gestion de la pêche
artisanale. Un exemple intéressant de gestion locale des zones de pêche est celui du
gouvernement du Mozambique qui a délégué la gestion des zones de pêche aux
communautés locales (https://www.rare.org/mozambique, Gervasio and Lopes 2003). Les
techniques de pointe mises en œuvre au Mozambique sont les suivantes :
K.2.1. Fournir des privilèges d’accès exclusif aux communautés locales dans les zones de
pêche locale, basés sur des systèmes fonciers légaux ou traditionnels (aussi appelés droits
d’usage territoriaux dans le domaine de la pêche).
K.2.2. Établir des programmes robustes de suivi et d’évaluation afin d’évaluer les impacts
des techniques de gestion de la pêche.
K.2.4. Réduire les efforts de pêche dans certaines zones ou durant certaines périodes (par
exemple durant la saison de frai).
K.2.5. Etablir des zones où la pêche est interdite pour créer des sanctuaires de reproduction
et d’élevage, ces zones sont souvent connues comme des ‘zones de rétablissement’ où les
habitats et les poissons ne sont pas dérangés.

54
Pratique L. Protection des habitats et des espèces sensibles
L.1. Eviter le drainage des zones humides et leur perte
L.2. Eviter les prélèvements dans les habitats sensibles
L.3. Eviter les prélèvements d’espèces sensibles
L.4. Etablir des zones pour prendre des dispositions relatives au changement
climatique
L.5. Etablir des zones pour protéger les habitats sensibles critiques

L.1. Eviter le drainage des zones humides et leur perte


L.1.1. Se référer à la BPG J.1.1 pour ce qui concerne la création d’un arrêté empêchant le
comblement et le drainage des habitats de zones humides.

L.2. Eviter les prélèvements dans les habitats sensibles


L.2.1. Eviter la construction des routes dans les habitats des zones humides sauf si aucune
autre alternative n’est possible. Se référer à la BPG D.1., D.2. et I.1 pour la construction de
traversées des cours d’eau dans les habitats de zones humides.

L.3. Eviter les prélèvements d’espèces sensibles


Mangroves
Les arbres des mangroves sont utilisés pour le bois de chauffage, le bois de construction,
la production de copeaux de bois et de pâte de bois, la production de charbon et le fourrage
pour les animaux. Des études ont été menées pour déterminer quel niveau de prélèvement
serait durable pour les mangroves.

L.3.1. Créer un Code de pratiques pour les prélèvements dans les mangroves. Se référer à
Bovell (2011) et à Lopez-Hoffman et al. (2006) pour connaître des exemples.

Iboga (Tabernanthe iboga)


L’iboga est un arbuste vivace et psychédélique des forêts tropicales, indigène des forêts et
zones humides gabonaises. Pris en petites doses, l’iboga stimule le système nerveux central
mais provoque des visions à grandes doses. Là où la plantes pousse en Afrique, l’écorce
des racines est mâchée pour des raisons pharmacologiques et rituelles. L’exportation de
l’iboga au Gabon est illégale depuis la loi de protection culturelle de 1994 (loi n° 2/94 datée
du 23 décembre 1994 sur la protection des biens culturels). Le 6 juin 2000, le Conseil des
ministres de la République du Gabon a déclaré l’iboga comme trésor national.
L.3.2. Créer un Code de pratiques pour la collecte de l’iboga.

L.4. Etablir des zones pour prendre des dispositions relatives au changement climatique
L’une des plus grandes menaces pesant sur les écosystèmes côtiers et riverains est le
développement d’aménagements dans des zones inondables qui se combine aux efforts
associés pour les protéger avec des digues, des brise-lames et des protections de rives afin de
contrôler l’érosion et les ondes de tempêtes. Ces structures sont souvent construites sur les
plages ou dans les zones humides où elles détruisent des habitats de valeur et bloquent des
processus naturels tels que le mouvement du sable le long des côtes et la rétention et
l’absorption des eaux dans les zones humides. Ces structures en dur peuvent étrangler les

55
rivières, contraindre leurs flux et exacerber l’érosion côtière. Par conséquent, elles rendent
les communautés plus vulnérables tout en détruisant des écosystèmes de grande valeur.

Des études récentes ont quantitativement montré que la conservation et la gestion des
habitats côtiers, particulièrement les mangroves et les zones humides côtières, peuvent jouer
un rôle clé dans la réduction des risques côtiers, par exemple via l’atténuation des vagues et
de l’érosion (World Risk Report 2012, McIvor et al. 2012a, 2012b, 2013). Réduire les risques
côtiers est particulièrement important car il est prévu que le changement climatique
augmente la sévérité des dommages liés aux tempêtes. A cette fin, protéger les mangroves
sera une des clés pour aider à réduire les impacts du changement climatique sur les
communautés côtières.

Le cas de la protection des mangroves au Gabon


La surface totale des forêts de mangroves au Gabon est estimée à environ 2000 km², dont
moins de 40% sont actuellement protégées. Le risque de perte des mangroves au Gabon est
élevé.

Dans les zones protégées, les mangroves ne sont pas particulièrement en danger. En revanche,
dans les zones urbaines ou de développement industriel, il y a un risque très élevé de perte
des écosystèmes de mangroves et de tous les services écosystémiques qu’elles fournissent. Si
les mangroves ne sont pas soumises à des mesures strictes de protection (protection totale,
zones déclarées non constructibles), la quantité de mangroves déboisées et comblées va
considérablement augmenter. Nous pourrions faire face à une accélération massive de ce
phénomène qui résulterait en la destruction de milliers d’hectares de mangroves et la
libération de quantités considérables de carbone.

Dans les zones où les mangroves sont détruites et dans les endroits où on les empêche de
migrer à l’intérieur des terres, le rythme et l’intensité des crues et de l’érosion côtières vont
s’intensifier dans les décennies à venir. Lorsque leurs maisons deviendront inhabitables à
cause des inondations à répétition et des dommages liés aux tempêtes, ce sont vers l’Etat et
les communautés locales que les résidents se tourneront pour demander des hébergements
et des compensations.

L.4.1. Placer les différentes espèces de la mangrove sur la liste des espèces protégées du
Gabon.
L.4.2. Déclarer interdites à la conversion toutes les zones de mangroves, y compris les
plaines d’inondation situées derrières les mangroves.
L.4.3. Interdire toutes les digues et tous les bâtiments à moins de 100 à 200 mètres des
mangroves afin de réduire le risque d’inondation et de permettre la migration des
mangroves face à la montée du niveau des mers.
L.4.4. Placer sous statut de protection toutes les mangroves qui sont situées en dehors du
système des parcs nationaux.
L.4.5. Imposer une compensation écologique totale pour tous les projets d’aménagements
approuvés par l’Etat qui génèrent la conversion et le remblaiement des mangroves.

L.5. Etablir des zones pour protéger les habitats sensibles critiques (nidification des oiseaux,
alevinage des poissons)

56
Les habitats de zones humides du Gabon fournissent de nombreux bénéfices et réalisent une
variété de fonctions écologiques importantes telles que le rôle de zones tampons des cours
d’eau, la rétention des crues, la séquestration du carbone, la filtration des polluants et la
production d’eau douce pour la consommation humaine, parmi bien d’autres. Préserver les
habitats des zones humides protège aussi les espèces et la biodiversité menacées, qui à leur
tour subviennent à la santé et à la vitalité des processus naturels en leur permettant de
réaliser des services écologiques importants au Gabon.

La liste suivante comprend des espèces qui devraient être protégées grâce à la création et à
l’application d’un système de zonage pour les habitats sensibles critiques. Cette liste n’est pas
exhaustive mais représente plutôt un exemple des espèces qui bénéficieraient des PBG. Ces
dernières seraient celles listées par l’UICN comme En danger critique d’extinction, En danger
et Vulnérable (www.iucnredlist.org). Les cartes de distribution de la plupart de ces espèces se
trouvent dans l’Atlas des eaux douces du Gabon de TNC (‘Gabon Freshwater Atlas’).
- Potamogale (Potamogale velox).
- Crocidura attila (sorte de musaraigne ou crocidure)
- Loutre à cou tacheté (Lutra maculicollis).
- Lamantin d’Afrique de l’Ouest (Trichechus senegalensis).
- Crocidura wimmeri (sorte de musaraigne ou crocidure)
- Suncus remyi (sorte de musaraigne)
- Tortues luth (Dermochelys coriacea)
- Tortues vertes (Chelonia mydas)
- Tortues imbriquées (Eretmochelys imbricate)
- Tortues olivâtres (Lepidochelys olivacea)

L.5.1. Créer et appliquer des lois permettant des zonages afin de réguler les activités
d’extraction des ressources dans les zones humides essentielles pour les phases du cycle
de développement des espèces classées En danger critique, En danger et Vulnérable. Les
habitats nécessaires pour les phases du cycle de développement (nidification, élevage des
jeunes, migration, nourrissage) doivent être protégés et leur protection fortement
appliquée pour empêcher davantage de déclassements de leurs statuts. Cette BPG est en
particulier applicable aux zones humides situées en dehors des parcs nationaux.

57
Pratique M. Espèces envahissantes
M.1. Gérer les espèces envahissantes provenant des ballasts
M.2. Gérer les espèces envahissantes provenant de l’aquaculture
M.3. Gérer les espèces envahissantes non commerciales pour qu’elles ne rentrent
pas dans les zones protégées

M.1. Gérer les espèces envahissantes provenant des ballasts


L’Organisation maritime internationale (OMI) reconnait que les eaux des ballasts représentent
une cause majeure de la propagation des espèces aquatiques envahissantes. Ces espèces sont
des freins considérables à l’équilibre écologique des écosystèmes marins et pour la navigation
maritime. Pour éviter la propagation de ces espèces, l’IMO a élaboré une série de mesures
internationales dans le but de contrôler et de gérer les eaux des ballasts.

Dans cette section, les bonnes pratiques décrites sont élaborées principalement à partir des
directives des documents suivants : “Guidelines For The Development Of A National Ballast
Water Management Strategy" et "International Convention for the Control and Management
of Ships' Ballast Water and Sediment" adoptée le 13 février 2004 et ratifiée par 30 pays l’année
suivante.
M1.1. Les bateaux doivent avoir à bord un plan consigné de gestion des sédiments et des eaux
des ballasts.
M1.2. Les bateaux doivent être équipés d’un système de traitement des eaux des ballasts et
des sédiments.
M1.3. Quatre-vingt quinze pourcent des échanges d’eau de ballast doit être réalisé dans les
eaux internationales.
M1.4. S’assurer que les caractéristiques du bateau et les conditions préalables aux escales
n’autorisent pas le déballastage dans les eaux territoriales.
M1.5. S’assurer que les eaux des ballasts soient relâchées dans des installations spécifiques.

M.2. Gérer les espèces envahissantes provenant de l’aquaculture


L’introduction de nouvelles espèces pour l’aquaculture doit prendre en compte les deux
critères principaux suivants :
M2.1. Une analyse des espèces indigènes au niveau du bassin versant doit être réalisée,
quelque soit la taille du projet d’aquaculture.
M2.2. Une évaluation d’impact environnemental de l’introduction de nouvelles espèces dans
leur nouvel environnement doit être réalisée en prenant en compte les différents scénarios
de la présence de l’espèce dans son nouvel habitat.

M.3. Gérer les espèces envahissantes non commerciales pour qu’elles ne rentrent pas dans
les zones protégées
Les mécanismes de gestion des espèces envahissantes non commerciales doivent se
concentrer sur la prévention de leur prolifération et si nécessaire à leur éradication. Par
conséquent, des mesures de base devront être trouvées. Ci-dessous sont listées non
exhaustivement les mesures que nous considérons essentielles.

M3.1. Établir des fiches d’identification pour les espèces non commerciales envahissantes et
potentiellement envahissantes de manière à garantir leur surveillance et leur suivi (ex :

58
caractéristiques principales, habitat, mode de reproduction, impacts écologiques, impacts
économiques, moyens de gestion (prévention et éradication), etc.).
M3.2. Analyser les impacts financiers et économiques des espèces envahissantes et
potentiellement envahissantes (perte de production, investissements financiers, etc.).
M3.3. S’assurer que la mise en œuvre des plans d’action concernant les espèces envahissantes
est en accord avec les réglementations nationales et internationales.

59
4. Autres considérations concernant la gestion des zones humides au
Gabon
4.1. Valeurs culturelles des zones humides

L’importance des zones humides pour les moyens de subsistance des populations ne peut pas
être sous estimée. Il existe une large gamme d’usages traditionnels des zones humides tels
que la plantation de riz, le transport, la pêche, le tourisme et des usages traditionnels basés
sur les produits fournis par les zones humides tels que les plantes médicinales, les fruits, les
herbacées et les roseaux pour les activités commerciales de subsistance et domestiques. De
plus, les zones humides fournissent un ensemble de services écosystémiques pour tout le
monde tels que la protection des lignes de côtes contre les ondes de tempêtes, l’absorption
des eaux des crues, la recharge des nappes souterraines, le filtrage et l’approvisionnement en
eau pour la consommation humaine et la séquestration du dioxyde de carbone régulant le
changement climatique.

La Résolution VIII.19 intitulée « Principes directeurs pour la prise en compte des valeurs
culturelles des zones humides dans la gestion efficace des sites » fournit des directives
générales pour l’intégration des valeurs culturelles, y compris les usages traditionnels des
zones humides, au sein du processus de planification de la gestion des zones humides. Elle
stipule : « Il existe un lien très fort entre la conservation des zones humides et leurs avantages
pour l'homme. De plus, la corrélation positive entre la conservation et l'utilisation durable des
zones humides a été démontrée à plusieurs reprises. Par conséquent, la conservation exige la
participation des populations autochtones et des communautés locales, et les valeurs
culturelles offrent d'excellentes possibilités à cet égard. » De manière à répondre à ce lien, et
de par le besoin de reconnaitre et d’incorporer les usages traditionnels des zones humides
dans le processus de planification de leur gestion, la Convention de Ramsar propose une suite
de principes directeurs à prendre en considération qui sont succinctement listés dans l’Annexe
de la Résolution VIII.19 de la Convention de Ramsar.

Veuillez vous référer au Manuel 18 (page 41, ligne 117 et Encadré 1.A) pour obtenir davantage
d’informations sur comment évaluer et intégrer les services écosystémiques des zones
humides dans la planification de la gestion. L’évaluation des services écosystémiques doit se
focaliser sur les valeurs et les fonctions, sur les biens et les services fournis par la zone humide
pour le bien-être humain et sur la présence de paramètres culturels, à la fois la présence de
structures et d’artefacts culturels et leur signification culturelle et religieuse, particulièrement
pour les communautés locales et les populations indigènes.

4.2. Garantir une résilience pour s’adapter au changement climatique


Les communautés ont le choix sur la manière de se préparer et de répondre aux phénomènes
naturels dévastateurs des crues et des ondes de tempêtes. Le rôle que joue la nature elle-
même est souvent négligé par rapport aux murs brise-lames et aux digues. Par exemple, nous
sommes bien plus en sécurité lorsque les rivières/fleuves possèdent de la place dans leurs
plaines d’inondation pour que les eaux des crues s’y dispersent et ralentissent plutôt que de
voir monter le niveau des eaux des rivières et menacer les communautés. Le long des côtes,

60
les caractéristiques naturelles telles que les dunes sableuses, les zones humides, les récifs de
corail et les récifs à huîtres réduisent la hauteur des vagues et modèrent les ondes des
tempêtes.

De plus, la plupart des investissements dans des solutions d’infrastructures ‘grises’ pour
réduire le risque des catastrophes se concentre sur un seul but : les digues et les murs brise-
lames sont supposés retenir les eaux ou empêcher l’érosion des terres. Les caractéristiques
naturelles ou les ‘infrastructures à base de nature’ telles que les récifs à huîtres, les plaines
d’inondation, les zones humides côtières, etc. peuvent aussi jouer ces fonctions et le font déjà
en fournissant de nombreux autres avantages.

En plus de la réduction des risques, les systèmes naturels fournissent un ensemble d’autres
avantages ou de services écosystémiques. Ils offrent des avantages liés aux loisirs, ce qui en
retour fait tourner l’économie locale. Des eaux plus propres et des plages en bonne santé
améliorent le bien-être humain et sont un avantage supplémentaire des infrastructures à base
de nature. Les zones humides, les plaines d’inondation, les prairies humides et les marécages
filtrent et séquestrent les polluants, y compris les nutriments qui autrement atteindraient les
eaux côtières où ils alimenteraient des zones ‘mortes’ appauvries en oxygène impactant
négativement les écosystèmes, y compris l’industrie nationale de produits de la mer. Les aires
naturelles fournissent aussi des habitats de valeur pour la faune sauvage, y compris des
terrains d’alevinage pour les poissons.

La protection des zones humides adjacentes ou situées dans une zone recevant l’influence de
centres urbains ou d’autres zones habitées est essentielle pour le maintien de leur intégrité
écologique, dont leur capacité à être résilientes. La résilience est clé dans la préservation de
la santé des zones humides et sera importante au fur et à mesure que le climat change. Le
problème de l’urbanisation à Akanda est particulièrement préoccupant pour l’ANPN qui voit
déjà des incursions dans la zone tampon du parc résultant en des pertes d’habitat
(particulièrement des mangroves). Des mesures réglementaires doivent être mises en place
et appliquées afin de préserver les habitats de zones humides et de prévenir leur destruction
ou leur conversion en d’autres usages.

4.3. Restauration des habitats de zones humides

Étant donné que l’état général des zones humides du Gabon est excellent, une restauration à
grande échelle ne semble pas nécessaire. Plutôt que de se focaliser sur la restauration de
petites quantités de zones humides qui ont été dégradées, le centre d’intérêt du
Gouvernement gabonais doit être de protéger les zones humides qui sont situées en dehors
des parcs nationaux tout en garantissant que les zones humides situées au sein des parcs
nationaux soient gérées et protégées de manière appropriée.

Les concessionnaires doivent être responsables de la restauration des habitats de zones


humides qu’ils perturbent dans le cadre de leurs activités d’extraction de ressources. Le but
des activités de restauration des concessionnaires est de restaurer l’intégrité écologique, la
structure naturelle et la fonction qui ont été dégradées par leurs opérations. Les techniques

61
requises pour restaurer les zones humides dégradées dépendront du type de zone humide
dégradée et de l’étendue de la dégradation.

Le Secrétariat de Ramsar fournit des directives générales sur la restauration des zones
humides dans la Résolution VIII.16 (2002) : Principes et lignes directrices pour la restauration
des zones humides. Voir aussi Alexander et McInnes (2012) qui donnent une description des
avantages de la restauration des zones humides.

Les informations de la mise en œuvre de la restauration des zones humides peuvent être
trouvées sur :
• https://www.epa.gov/wetlands/principles-wetland-
restoration#restorenaturalstructer
• http://www.landcareresearch.co.nz/publications/books/wetlands-handbook
• http://dnr.wi.gov/topic/wetlands/handbook.html
• https://www.epa.gov/wetlands/handbook-constructed-wetlands
• JG Kairo, HF Dahdouh-Guebas, J Bosire, N Koedam. 2001. Restoration and
management of mangrove systems - a lesson for and from the East African region.
South African Journal of Botany, 2001; (67) pp. 383- 389.

4.4. Préparer des plans de gestion pour les zones humides

4.4.1. Elaborer des plans de gestion spécifiques pour les sites

Le Manuel 18 (pages 36-60) recommande aux plans de gestion de site de suivre ces cinq
sections principales :

Préambule/Politique
Le préambule est une brève déclaration d’intention qui doit refléter, en gros, les politiques
et/ou pratiques des autorités supranationales, nationales ou locales et d’autres organisations
et systèmes de gestion traditionnels, par exemple, des organisations non gouvernementales,
des collectivités locales ou des arrangements de gestion des ressources par des propriétaires
privés, concernées par la production et la mise en œuvre du plan de gestion. Le préambule
doit aussi rappeler les obligations générales découlant de la Convention de Ramsar, c’est-à-
dire le maintien des caractéristiques écologiques des sites inscrits sur la Liste des zones
humides d’importance internationale, l’utilisation rationnelle de toutes les zones humides, la
création de réserves naturelles dans les zones humides, qu’elles soient ou non inscrites sur la
Liste de Ramsar, et la coopération internationale lorsqu’elle est importante pour la gestion du
site, en particulier dans le cas de zones humides et de systèmes aquatiques partagés. (Manuel
Ramsar 18, page 36, paragraphe 84).

Description
La description est un exercice d’assemblage et de synthèse des données et de l’information
existantes. Repérer toute lacune dans les données pertinentes est aussi une fonction clé de
cette partie du processus (Manuel Ramsar 18, page 36, paragraphe 86).

62
Pour combler les lacunes significatives, il peut s’avérer nécessaire de procéder à une collecte
de données plus précises sur ces éléments et/ou les facteurs qui les influencent (Manuel
Ramsar 18, page 37, paragraphe 87).

Une attention particulière doit être accordée à la description des caractéristiques du site qui
justifient son inscription au titre de chacun des critères d’identification des zones humides
d’importance internationale qui ont été appliqués (Manuel Ramsar 18, page 37, paragraphe
89).

Toutes les données pertinentes peuvent être repérées et organisées selon les rubriques de la
« Fiche descriptive des zones humides Ramsar (FDR) » modifiée par la COP8 (Résolution
VIII.13) [et par les Résolutions IX.1 Annexe B, IX.6, IX.21 et IX.22 de la COP9], utilisée par les
Parties contractantes pour inscrire les Sites Ramsar (Manuel Ramsar 18, page 37, paragraphe
90).

La description du plan devrait également comprendre des informations sur des éléments
locaux particuliers ou caractéristiques du site, notamment ses valeurs et fonctions pour la
population, qui pourraient servir à établir les priorités et fixer les objectifs de gestion (Manuel
Ramsar 18, page 38, paragraphe 93).

Evaluation
L’évaluation est le processus d’identification et de confirmation des éléments ou des objectifs
importants du plan de gestion (Manuel Ramsar 18, page 38, paragraphe 95).
Il y a deux sections dans la section évaluation :
- Évaluation des caractéristiques écologiques (habitats, espèces et processus naturels) : une
liste des critères recommandés est fournie avec des exemples pour évaluer les éléments
des caractéristiques écologiques (Manuel Ramsar 18, page 38-41, paragraphe 97-115).
- Évaluation des autres éléments significatifs des zones humides : éléments culturels,
socioéconomiques, géologiques et géomorphologiques ou de paysage et de
paléoenvironnement (Manuel Ramsar 18, page 38-41, paragraphe 97-115).

Objectifs/Justification
Un objectif est l’expression de ce qui devrait être réalisé grâce à la gestion du site. Les objectifs
doivent avoir les caractéristiques suivantes (Manuel Ramsar 18, page 47, paragraphe 126) :
- Les objectifs doivent être mesurables
- Les objectifs doivent être atteignables, au moins à long terme.
- Les objectifs ne doivent pas être normatifs

En planification, ils sont aussi nommés objectifs “SMART” (Spécifique, Mesurable,


Atteignable, Réaliste, Temporellement défini). Il y a trois étapes clés dans le processus de
préparation des objectifs mesurables :
- Décrire les conditions requises pour un élément
- Déterminer les facteurs qui influencent cet élément et examiner comment il peut changer
ensuite.
- Déterminer et quantifier le nombre d’indicateurs d’efficacité afin de pouvoir suivre les
progrès faits dans le cadre de cet objectif.

63
Le but de la section de justification du plan est de décrire succinctement l’approche de gestion
jugée nécessaire pour maintenir les éléments du site en bonne condition (ou de les restaurer).

Plan d’action (projets de gestion et révision)


Le plan d’action est un résumé des projets de gestion à mettre en œuvre et un processus
d’examen pour déterminer les progrès réalisés pour répondre aux objectifs définis dans le
processus de planification. Le plan d’action comprend quatre composantes :
i. Projets de gestion (page 60, paragraphes 185-189)
Pour chaque projet de gestion, il est important de passer en revue les questions suivantes :
- Quand les activités auront-elles lieu et combien de temps dureront-elles ?
- Où les activités seront-elles réalisées dans le site ?
- Qui fera le travail et combien de temps faudra-t-il ?
- Quelle sera la priorité du projet ?
- Combien coûteront les travaux ?
ii. Planifier pour les visiteurs, le tourisme et les loisirs (pages 57-60, paragraphes 181-183)
iii. Révisions annuelles ou à brèves échéances (page 60, paragraphe 184)
iv. Révision principale ou audit (page 60, paragraphes 185-189)

La Figure 2 montre comment ces cinq questions fonctionnent ensemble pour créer un plan de
gestion complet. Le site Ramsar du Lac Chilika en Inde est un bon exemple d’utilisation de ces
directives de planification de gestion (Chilika Development Authority and Wetlands
International-South East Asia, 2010).

64
Figure 2. Structure et contenu recommandés pour les plans de gestion de site Ramsar (Manuel 18,
Secrétariat de la Convention de Ramsar, 2010).

Préambule/Politique

1. Description

Eléments Eléments Eléments Autres éléments


écologiques socioeconomiqu culturels
es

2. Evaluation/ 2. Evaluation/ 2. Evaluation/ 2. Evaluation/


Confirmation des Confirmation des Confirmation des Confirmation des
éléments éléments éléments éléments

Communication et
3. Objectifs/ 3. Objectifs/ 3. Objectifs/ 3. Objectifs/
négociation avec les
Justification Justification Justification Justification
acteurs locaux, les
communautés
locales, etc.
4. Plan d’action

4.1 Plans
4.2 Programmes de travail
4.3 Examen annuel
4.4 Examen principal ou audit

4.4.2. Procédures pour la création, l’adoption et la mise en œuvre des plans de gestion de site

Création des plans


Les commentaires des parties prenantes seront cruciaux pour la DGPEN et l’ANPN afin de
créer des plans de gestion des sites Ramsar au Gabon qui contiennent les éléments décrits
dans la section 4.3. Le Manuel 18 (pages 25-26) fournit les étapes suivantes du processus de
planification :
1. Informer dès que possible les acteurs à propos du processus de planification.
2. La consultation et la négociation sont des façons de présenter des idées ou des
propositions à discuter afin d’obtenir les opinions des parties prenantes sur des points
spécifiques.
3. Avant de débuter le processus de planification, récolter toutes les informations
pertinentes pour chaque site auprès des gens travaillant en sciences biologiques et
sociales, de même qu’auprès des parties prenantes sur le terrain.

65
4. Une fois que les contraintes sont connues, les gestionnaires peuvent commencer à
identifier les besoins de gestion pour chaque site. Les négociations avec les parties
prenantes sont essentielles durant cette phase.
5. À la fin du processus de planification, les plans de gestion des sites doivent devenir des
documents publics et toutes les parties prenantes doivent avoir accès aux plans.

La mise en œuvre de ces étapes est essentielle pour pouvoir établir des partenariats et
renforcer la confiance entre les parties prenantes qui participent à l’élaboration et à la mise
en œuvre des plans des sites.

L’ANPN a déjà créé des plans de gestion pour les cinq sites Ramsar qui se situent dans les
parcs nationaux (Akanda, Pongara, Loango, Monts Birougou, Chutes et Rapides d’Ivindo). Ces
plans de gestion couvrent la période située entre le 1er janvier 2014 et le 31 décembre 2018.
Durant l’élaboration des plans de gestion pour les quatre prochaines années pour les parcs
nationaux, des protocoles basés sur Ramsar doivent être incorporés dans les plans de l’ANPN
pour les parcs nationaux qui sont aussi des sites Ramsar. Les quatre sites restants (Setté Cama,
Wonga-Wongué, Bas-Ogooué, Rapides de Mboungou Badouma et Doumé) ne possèdent pas
de plans de gestion. Par conséquent, leur élaboration doit être une priorité pour ces sites.

Adoption des plans


Aux côtés de la DGEPN et de l’ANPN, il est demandé aux participants sur le terrain d’approuver
les plans de gestion des sites via un processus consultatif.

Mise en œuvre des plans


On considère que pour les sites des parcs nationaux, l’ANPN sera l’entité responsable de la
mise en œuvre des plans de gestion des sites. Cependant, pour les sites qui ne sont pas situés
dans les parcs nationaux, la DGEPN en consultation avec l’ANPN doit déterminer l’entité(s) la
plus appropriée pour leur mise en œuvre.

4.5. Procédures de suivi et d’évaluation

Le Secrétariat de Ramsar a fourni des directives générales pour l’élaboration des procédures
de suivi et évaluation (S&E) pour les zones humides dans le Manuel 13 (Inventaire, évaluation
et suivi : Cadre intégré pour l’inventaire, l’évaluation et le suivi des zones humides) :

La conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides, en accord avec les engagements
inclus dans la Convention de Ramsar, impliquent :
a) l’établissement du lieu géographique et des caractéristiques écologiques des zones
humides (inventaire de référence).
b) l’évaluation de l’état et des tendances des zones humides, de même que les menaces
pesant sur elles (évaluation).
c) le suivi de l’état et des tendances, y compris l’identification des réductions des menaces
existantes et l’apparition de nouvelles menaces (suivi).
d) l’application de mesures (in situ et ex situ) pour remédier aux modifications qui causent
ou risquent de causer un changement grave dans les caractéristiques écologiques
(gestion).

66
(Manuel 13 : page 9, section II, paragraphe 9).

L’importance du suivi de la santé des zones humides ne peut pas être minimisée. Sans suivi, il
sera impossible de déterminer si les actions de gestion mises en place ont les effets désirés.
Comme chaque site Ramsar est unique, il est recommandé qu’un protocole de suivi soit
élaboré pour chaque site en prenant en compte les objectifs, les cibles et les menaces de
chaque site. Une des ressources la plus complète concernant l’élaboration d’un programme
de S&E est celle décrite dans le livre de Craig Groves et Edward Game de 2016 : ‘Conservation
Planning – Informed Decisions for a Healthier Planet’ (voir le chapitre 12 : suivi et évaluation
des impacts de conservation).

Le Suivi et évaluation (S&E) sont deux composantes essentielles du processus plus large de
gestion adaptative (évaluer -> concevoir -> mettre en œuvre -> suivre -> évaluer -> ajuster,
répéter). La gestion adaptative permet aux gestionnaires et aux dirigeants d’ajuster leurs
méthodes sur la manière de prendre des décisions de gestion en fonction d’informations
collectées et incorporées au sein du prochain cycle de prise de décisions. Dans le cas des sites
Ramsar au Gabon, le S&E sera particulièrement important dans les parcs nationaux où les
activités telles que les activités de tourisme et les activités anti-braconnage ont lieu, de même
que dans les sites Ramsar hors des parcs pour les activités d’extraction des ressources
(exploitation forestière, pêche, pétrole).

Deux types de suivi sont nécessaires pour garantir l’efficacité des BPG dans les sites Ramsar.
Le suivi de la mise en œuvre détermine si une BPG particulière a été mise en place pour
solutionner une menace spécifique et à quel point elle a été mise en place. Le suivi de
l’efficacité détermine si une BPG a réussi à réduire la menace et à améliorer la viabilité de la
cible de conservation. Pour les deux types de suivi, des indicateurs doivent être choisis et
doivent permettre de mesurer le progrès en direction des objectifs décrits dans les BPG. Les
indicateurs doivent être représentatifs et refléter sans ambigüité l’intention de l’objectif. Ils
doivent être mesurables durant une période de temps, d’effort et de coût raisonnables. Enfin,
au cours de la conception d’un plan de suivi, les seuils doivent être identifiés pour chacun des
indicateurs. Il existe rarement des données adéquates pour documenter un seuil rigoureux et
scientifiquement défendable pour les indicateurs. Cependant, des seuils peuvent être utilisés
comme des hypothèses et utilisés comme point de discussion de ce qui serait acceptable pour
les parties prenantes impliquées. Groves et Game (2016) décrivent en détail ce que sont de
bons plans de suivi en conservation.

67
Tableau 6. Il présente un exemple hypothétique liant les attributs écologiques clés, les menaces et les BPG montrées dans le Tableau 2 à des exemples spécifiques de BPG,
d’indicateurs et de seuils qui peuvent être utilisés pour une mise en œuvre et un suivi efficace. Les valeurs surlignées dans la colonne des seuils sont des valeurs
hypothétiques de départ pour pouvoir débuter une discussion des niveaux acceptables d’impact pour les différents habitats de zones humides.
Bonnes Suivi de la mise en œuvre Suivi de l’efficacité
Attributs
Cibles de Menaces pratiques
écologiques exemples de BPG
conservation potentielles de
clés
gestion Indicateur Seuil Indicateur Seuil
Longueur des routes
D.2.2. Placer les routes le long du dans un habitat de Longueur du
sommet des crêtes et sur des zones zone humide, périmètre de la zone
plates, de manière à ce que la comparée à la longueur humide et de ses
construction via la méthode de totale des routes au chenaux qui sont
La l’épure de Lalanne (terrassement de sein de la zone humide La longueur des hydrologiquement
Inondation construction déblais-remblais) soit minimisée. totale. Elle peut être routes dans connectés. Elle peut
journalière des routes Lorsque les constructions via la mesurée par des l’habitat de zone être mesurée par des
provenant des réduit la méthode de l’épure de Lalanne sont inventaires aériens, des humide est inventaires aériens, Au moins 75%
marées et connectivité inévitables, équilibrer les déblais- inventaires de terrain inférieure à 10% des inventaires de du périmètre de
inondations hydrologique remblais en préservant les pentes avec GPS, des designs de la longueur terrain avec GPS, des la zone humide
saisonnières entre le coupées à un ratio de 1:1, de même d’ingénieur ou des totale des routes designs d’ingénieur post-
provenant des chenal et la que la pente et les pentes plans de développeurs, de la zone ou des plans de développement
rivières zone humide D1, D2 remblayées à un ratio de 1,5:1. etc. humide. développeurs, etc. est connecté.
J.1.1. Les eaux usées subissant un
Zones traitement primaire et secondaire Inventaires des zones Prolifération
humides de dans des usines de traitement des humides pour d’algues à un
mangroves Les eaux usées eaux usées dans les zones urbaines trouver des signes endroit donné
provenant du ne doivent pas être déversées dans Plus de 80% des d’eutrophisation (ex : et qui ne
développeme les cours d’eau mais doivent plutôt Les lieux/points de installations des prolifération non s’étend pas.
Eaux nt urbain être envoyées dans des zones déversement des eaux eaux usées naturelle d’algues, Espèces
saumâtres qui augmentent la humides artificielles prévues à cet usées et où elles sont déversent dans invasion de plantes envahissantes
résultent d’un charge en effet. Seules les eaux usées envoyées. Obtenus des installations ou d’espèces limitées à moins
mélange nutriment et subissant un traitement tertiaire auprès de l’autorité de appropriées ou animales associées à de 5% de la
d’eaux douces réduisent la sont autorisées à être rejetées dans gestion régionale ou des lieux la pollution des eaux surface
et de mer salinité J1 des cours d’eau naturels. locale des eaux usées. appropriés usées) d’intérêt.
Longueur totale de La route avec le
Perte I.2.1. Là où c’est faisable, éviter de lignes électriques au moins d’impact
Reproduction d’habitats de franchir des habitats d’eaux libres et sein de la surface du est sélectionnée.
des espèces mangrove à de zones humides. Si c’est faisable, projet, comparée à la L’intersection des Inventaires des Moins de 10%
d’arbres des cause du D1, D2, envisager d’enterrer les lignes de longueur de lignes lignes électriques espèces sensibles, de réduction de
mangroves déboisement I1, I2, L1, transmission électriques pour éviter électriques traversant avec les habitats avant et après la taille de la
(Rhizophora) pour les lignes L5 les impacts sur les oiseaux. les limites de la zone d’eau douce est construction. population.
68
à haute 1.2.2. Eviter les zones où il y a une humide et de la rivière. inférieure de 10%
tension forte concentration de faune Elle peut être mesurée à la longueur
sauvage ou des habitats sensibles de par des inventaires totale des lignes
reproduction et d’élevage des aériens, des inventaires électriques au
jeunes. de terrain avec GPS, sein de la zone du
des designs d’ingénieur projet.
ou des plans de
développeurs, etc.
% de bateaux ayant des
M1.1. Les bateaux doivent avoir à plans consignés de >80% des bateaux
bord un plan consigné de gestion gestion des eaux de possèdent des Moins de 10%
Les espèces des sédiments et des eaux des ballast et des systèmes plans consignés de l’habitat de
Habitat envahissantes ballasts. de traitement des eaux de gestion des Inventaires des mangrove
d’alevinage supplantent M1.2. Les bateaux doivent être de ballast. Il peut être eaux des ballasts habitats d’alevinage abrite des
pour les les indigènes K1, K2, équipés d’un système de traitement obtenu via des et des systèmes pour les espèces espèces
poissons pour les sites M1, M2, des eaux des ballasts et des inventaires aléatoires de traitement des prioritaires envahissantes à
marins d’alevinage M3 sédiments. de bateaux. eaux des ballasts. envahissantes forte priorité

Les sentiers de E.1.7. Ne pas réaliser de débardage à


débardage de moins de 30 mètres des cours d’eau.
l’exploitation OU Ne pas réaliser de débardage à
Les tendances forestière l’intérieur des zones tampons
saisonnières perturbent le végétalisées des deux rives d’un
des flux des ruissellement cours d’eau, ces zones tampons sont Position de la nappe
rivières forestier, soit égales à la largeur du cours d’eau Distance entre les phréatique de la
mènent à des en multiplié par un facteur de 1,5 (la sentiers de débardage Moins de 10% de zone humide durant
inondations et appauvrissant zone tampon nécessaire sur chaque et les ruisseaux et tous les sentiers les saisons sèches et La zone humide
assèchements en eau les rive du cours d’eau est donc la zones humides. Elle de débardage pluvieuses, obtenue a des eaux
intermittents zones moitié de cette valeur). OU Ne pas peut être mesurée par sont situés à in situ par des stagnantes
des zones humides, soit réaliser de débardage à l’intérieur des inventaires aériens, moins de 30 mesures durant la saison
humides, en en les des zones tampons végétalisées le des inventaires de mètres des piézométriques ou pluvieuse et pas
fonction du inondant avec long des cours d’eau. Déterminer les terrain avec GPS, des ruisseaux ou des par des inventaires d’eaux
moment où des hautes D1, D2, largeurs des zones tampons des designs d’ingénieur ou zones humides aériens durant les stagnantes
les digues sont eaux non E1, E2, cours d’eau en fonction de la pente des plans de et/ou de leurs saisons sèches et durant la saison
percées. naturelles E3 naturelle du terrain de la zone. développeurs, etc. zones tampons. pluvieuses. sèche.

69
Concentrations en
sédiments en
suspension dans
l’eau de rivière
F.2.2. Maintenir des bandes de (durant la saison
zones tampons ripariennes et un pluvieuse, avant et
couvert végétal naturel à côté des après des épisodes
cours d’eau afin de filtrer le pluvieux importants)
ruissellement des pesticides et des au niveau d’une
sédiments avant qu’ils ne pénètrent plantation
dans les cours d’eau (RSPO 2013, comparées à celles
critère 4.4, page 69). Largeur des zones d’une zone contrôle
Toutes les étendues d’eau tampons ripariennes (sans plantations).
permanentes doivent posséder des adjacentes aux Les évaluations
zones tampons ripariennes ruisseaux et aux zones peuvent être faites à
Zones composées de végétation indigène humides au sein de la distance (ex : par des Concentrations
humides Les charges en Les poussant naturellement. En absence zone de prélèvement drones ou de la en sédiments
boisées sédiments des plantations de directives nationales, les de bois. Elle peut être photographie en suspension
rivières sont augmentent distances suivantes doivent mesurée par des Plus de 80% des aérienne, estimations dans les
déposées sur les charges en s’appliquer : voir le tableau de la inventaires aériens, des zones tampons visuelles) ou être plantations ne
ou à côté des sédiments à partie F.2.2. Toutes les autres inventaires de terrain ripariennes sont quantitatives dépassent pas
digues des cause du étendues d’eau naturelles avec GPS, des designs supérieures à x (mesures in situ des plus de 10% par
rivières durant couvert D1, D2, permanentes doivent posséder une d’ingénieur ou des mètres de large concentrations en rapport à celles
les épisodes terrestre E1, E2, zone tampon de 100 m sur tous les plans de développeurs, (voir le tableau de sédiments en de la zone
de crue végétal réduit E3 côtés. etc. la partie F.2.2.). suspension). contrôle.
Présence de politiques
fédérales ou locales
limitant les activités
Perte commerciales dans les Les populations
d’habitats D1, D2, L.5. Etablir des zones pour protéger zones considérées Inventaires des d’espèces
Diversité des pour les E2, F1, les habitats sensibles critiques comme étant des La politique est espèces sensibles sensibles sont
espèces de espèces G3-G5, (nidification des oiseaux, alevinage habitats critiques pour en place et est dans les zones stables ou en
faune sauvage sensibles J2, L1-L5 des poissons) les espèces sensibles. appliquée d’habitats sensibles augmentation.

70
Les
hydrogrammes
d’après
construction du
barrage
montrent que
les
caractéristiques
des flux imitent
Les prescriptions le régime
Tendance de flux d’écoulement
saisonnière environnementau naturel, y
des flux liée à x ont été compris des flux
la saisonnalité Les barrages élaborées par un Hydrogrammes et de base en
des en amont Les prescriptions de processus mesures des flux de saison sèche,
précipitations altèrent la flux environnementaux collaboratif avec base et des pics de des flux de
et à la taille du durée des sont liées aux étapes toutes les parties flux avant et après la saison pluvieuse
bassin crues et leurs G1, G2, G.2. Intégrer des flux écologiques critiques du cycle de vie prenantes construction du et des flux de
versant. dates G4, G5 dans les activités des barrages des poissons principales. barrage. crues.
Dans certains Concentrations en
bassins sédiments en
versant suspension dans
possédant de l’eau de rivière
nombreuses (durant la saison
zones pluvieuse, avant et
humides, un D.2.3. Construire les routes loin des après des épisodes
faible dénivelé zones de cours d’eau et des zones pluvieux importants)
et une ripariennes pour s’assurer que les Longueur des routes dans une zone de
Rivières/fleuv géologie de zones tampons entre les routes et dans l’habitat de projet possédant des Concentrations
es et cours faible capacité les cours d’eau sont respectées. ruisseau ou de zone routes, comparées à en sédiments
d’eau de Les routes Avant les travaux de terrassement et humide, comparée à la La longueur des celles d’une zone en suspension
neutralisation adjacentes de construction de la route, longueur totale des routes dans les contrôle (sans dans la zone du
des acides, les aux rivières s’assurer que toute la végétation à routes. Elle peut être ruisseaux et les routes). projet (avec
rivières d’eaux érodent les supprimer et toute la végétation à mesurée par des zones humides, y Les évaluations routes) ne
noires sédiments conserver sont clairement inventaires aériens, des compris dans les peuvent être faites à dépassent pas
possèdent une dans ces marquées. Restreindre la zone inventaires de terrain zones tampons distance (ex : par des plus de 10% par
chimie acide, rivières ayant perturbée par les travaux de avec GPS, des designs adjacentes, est drones ou de la rapport à celles
des eaux naturellement terrassement à la zone de d’ingénieur ou des inférieure à 10% photographie de la zone
couleur thé et peu de A1, D1, construction et marquer les limites plans de développeurs, de la longueur aérienne, estimations contrôle (sans
une faible sédiments D2, E3 de cette zone. etc. totale. visuelles) ou être route).

71
concentration quantitatives
en sédiments. (mesures in situ des
concentrations en
sédiments en
suspension).

Au moins 80%
Nombre de sites des entreprises
d’aménagement possédant des
pétrolier dans ou plates-formes
proche des zones pétrolières dans
humides qui possèdent ou proche des Les
Les poissons des programmes de zones humides Concentrations en concentrations
et les autres nettoyage inclus dans possèdent des produits dérivés du en produits
animaux sont Les la politique de programmes pétrole, mesurées à dérivés du
adaptés à une déversements l’entreprise. Il peut être rigoureux de la surface de l’eau pétrole sont
chimie unique de pétrole déterminé par des nettoyage inclus des zones humides situées dans les
et à des eaux provoquent la H.1 : Eviter les déversements de entretiens avec les dans leurs adjacentes aux 10% des
à faible pollution des B5, C1, pétrole et développer des dirigeants des politiques aménagements concentrations
courant eaux. C3, H1 programmes de nettoyage entreprises pétrolières. d’opérations. pétroliers. de fond.

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