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Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

Chapitre 2 - Limite et continuité des fonctions de →

Généralités
Nous allons, dans cette section, introduire les fonctions de plusieurs variables et
examiner quelques-unes de leurs propriétés.

Soit ∈ , est l’ensemble des − uplet ( , ⋯ , ) tel que est un réel pour
tout ∈ {1, ⋯ , }.
Cas particuliers :
 = , = {( , ); ∈ , ∈ }
Une partie (ou un sous ensemble) de est alors un ensemble de couples ( , ) de
nombres réels.
 = , = {( , , ); ∈ , ∈ , ∈ }
Une partie (ou un sous ensemble) de est alors un ensemble de triplets ( , , ) de
nombres réels.
Domaine de définition

Soit une partie de , Une fonction de à valeurs dans est une


correspondance, qui à chaque − uplet ( , ⋯ , ) de associe exactement un nombre
réel, noté ( , ⋯ , )

: ⊂ →
( ,⋯, ) → ( ,⋯, )

 est appelée fonction numérique réelle de variables réelles.


 L’ensemble s’appelle domaine de définition de , ( ⊂ ).
Plus précisément l’ensemble de définition est l’ensemble des −
( , ⋯ , ) pour lesquels l’expression ( , ⋯ , ) a un sens.
 L’ensemble des réels ( , ⋯ , ), quand ( , ⋯ , ) parcours , est appelé l’image
de par , ( ( ) ⊂ )
 Si est un voisinage de a . i.e. contient une boule de centre , on dit que est
définie au voisinage de .
Exemples

1) Soit ( , ) = une fonction de dans .

Cette fonction est définie si, et seulement si − > 0.


Donc le domaine de définition de est
= {( , ) ∈ : > }

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2) Soit ( , ) = une fonction de dans .

Cette fonction est définie si, et seulement si


+ + −1>0
Donc le domaine de définition de est
= {( , , ) ∈ : + + > 1}
Graphes
On appelle graphe d’une fonction de variables définie sur un domaine ⊂
et à valeurs réelles, l’ensemble des points , ( ) ∈ où = ( , ⋯ , )
parcours .
Le graphe de est noté :
= , ( ) ∈ ù ∈ ⊂

Si = , la représentation graphique d’une fonction : ⊂ → est la


représentation = ( , ) dans un système de coordonnées , et (ceci donne une
surface de )
Le graphe de : ⊂ → est noté
= , , ( , ) ∈ ù( , )∈ ⊂
Exemple

Le graphe de la fonction ( , ) = est

= , , ∈ ∶y>

Courbe de niveau
 Soit une fonction de variables définie sur un domaine ⊂ à valeurs
réelles. Pour tout réel , on appelle courbe de niveau de , l’ensemble
des points de tels que ( ) = . On note la courbe de niveau par
={ ∈ ; ( )= }

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 Si = , soit : ⊂ → une fonction de deux variables.


Une courbe de niveau de est le sous ensemble de défini par ( , ) = où
une constante réelle. On note la courbe de niveau par
= {( , ) ∈ ; , ( , )= }
Exemples
1) Si : → est la fonction donnée par ( , ) = 2 + , ses courbes de niveau
sont les droites 2 + = , ∈ .

Elles forment une partition du plan

en droites affines parallèles.

2 + =

2) Si : → est la fonction donnée par ( , ) = + , ses courbes de


niveau sont les ensembles = {( , ) ∈ ; + = }, ∈ .

Si < 0, est vide,

Si = 0, est réduit à l’origine

Si > 0, est le cercle de centre l’origine et de rayon √

−√

Coupe de par rapport au plan =

Remarques

 La courbe de niveau ( , ) = s’identifie à la coupe du graphe de par le plan


d’équation = .
 Pour les fonctions de deux variables, la courbe de niveau est appelée ligne de
niveau.

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 Pour les fonctions de trois variables, la courbe de niveau est appelée surface de
niveau.
 Dans la théorie de production, les courbes de niveau sont appelées isoquantes
 Dans la théorie d’utilité, les courbes de niveau sont appelées courbes d’indifférence
(surface d’indifférence s’il y a trois variables).
Fonctions partielles
Soit ⊂ , ( , ) un point de et : ⊂ → .
Les fonctions de → telles

,( , ) : → ,( , ) ( )= ( , )

Et

,( , ) : → ,( , ) ( )= ( , )

définies sur des intervalles ouverts contenant et sont appelées fonctions partielles
associées à au point ( , ).
Exemple

Si : → est la fonction donnée par ( , ) = + , soit ( , ) = (1,2),


alors les fonctions partielles associées à au point (1,2) sont

( ) = ( , 2) = + 4 et ( ) = (1, ) = 1 +

Coupe de par rapport au plan =2 Coupe de par rapport au plan =1

Remarque
 Le graphe de la fonction partielle → ( , ) s’identifie à la coupe du graphe de
par le plan d’équation = .
 Le graphe de la fonction partielle → ( , ) s’identifie à la coupe du graphe de
par le plan d’équation = .
Généralisation
Soit
: ⊂ →
( ,⋯, ) → ( ,⋯, )
Soit = ( ,⋯, ) alors les fonctions ,⋯, définies par :

, ( )= ( ,⋯, , , ,⋯, ) pour ∈ { , ⋯ , }

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è
sont appelées fonctions partielles associées à au point ( est la composante
variable de ∈ ).
Exemple

Si : → est la fonction donnée par ( , , ) = , soit ( , , ) =


(1,2,0),
alors les fonctions partielles associées à au point (1,2,0) sont :

( ) = ( , 2,0) = ;

( ) = (1, , 0) =

( ) = (1,2, ) =

Nous allons maintenant généraliser à une fonction de plusieurs variables, ou à une


fonction définie sur un EVN, les notions de limites et de continuité bien connues pour les
fonction de dans . On remplace simplement dans les définitions la valeur absolue par la
norme. Tous les résultats classiques subsistent.

Limites
Soit une fonction d’une partie ⊂ à valeurs dans , définie au voisinage d’un
point , sauf peut être en et soit ∈ . L’ensemble est muni d’une norme quelconque
‖. ‖ des normes définies sur car celles-ci sont équivalentes.
Dans tout le chapitre, si aucune précision n’est donnée, ‖. ‖ désigne l’une quelconque
des trois normes connues ‖. ‖ , ‖. ‖ , ‖. ‖ .
Définition
On dit que : ⊂ → définie au voisinage de (a est un point intérieur à ∪
{ }), admet pour limite le nombre ∈ lorsque tend vers , si

∀ > ,∃ > : ∈ et <‖ − ‖< ⇒ | ( )− | <


On écrit alors ( )=

Remarque
 La notion de limite, ici, ne dépend pas des normes utilisées.
 La limite si elle existe elle est unique.
Proposition
Soit : → une fonction telle lim ( , )= .
( , )→( , )

Supposons de plus que pour tout ∈ , on a lim ( , ) existe et que pour tout ∈ , on a

lim ( , ) existe ; Alors

lim lim ( , ) = lim lim ( , ) =


→ → → →

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Remarques
a) Attention, ça peut arriver que les deux limites lim ( , ) et lim ( , ) n’existent pas
→ →

mais lim ( , ) existe.


( , )→( , )

Exemple
Considérons

( + ) sin sin si ≠0
( , )= et ( , ) = (0,0)
0 si =0

Comme sin n’admet pas de limite quand tend vers 0 alors

lim ( + ) sin sin n’existe pas


De même sin n’admet pas de limite quand tend vers 0 alors

lim ( + ) sin sin n’existe pas


Par contre

lim ( , )= lim ( + ) sin sin = 0


( , )→( , ) ( , )→( , )

Car

lim ( + ) = 0 et sin sin ≤1


( , )→( , )

b) Et il arrive aussi que les deux limites lim ( , ) et lim ( , ) existent mais
→ →
lim ( , ) n’existe pas.
( , )→( , )

Exemple
Considérons

( , )= et ( , ) = (0,0)
( )

Nous avons

lim ( , ) = ( )
= = 0 ⇒ lim lim ( , ) = 0
→ → →

lim ( , ) = ( )
= = 0 ⇒ lim lim ( , ) = 0
→ → →

Alors que

( , )= =1 , ( , 0) = 0

donc lim ( , ) n’existe pas.


( , )→( , )

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Remarque
Pour montrer que la limite d’une fonction vaut en , on pourra par exemple
majorer | ( ) − | par une fonction plus simple qui tend vers (construite à partir
d’une norme).
Exemple
Considérer

( , )= et = (0,0)

Déterminer la limite en (0,0) de .


Solution
Utilisons le fait que

| | ≤ ‖( , )‖ = + et | | ≤ ‖( , )‖ = +
donc
| −2 | ≤ | | + 2| | ≤ 3‖( , )‖
Et par suite
‖( , )‖
| ( , )| ≤ ≤ = 3‖( , )‖
‖( , )‖

Comme ‖( , )‖ tend vers 0 lorsque ( , ) tend vers (0,0), on en déduit que ( , )


tend également vers 0 .
Proposition
Soit : ⊂ → , supposons que est un voisinage de et soit ∈ .
Alors les deux propositions suivantes sont équivalentes :
1) ( )=

2) Si ( ) est une suite d’éléments de qui converge vers , alors la suite


( ) converge vers dans .

Remarque
Pour montrer qu’une fonction n’admet pas de limite au point a, il suffit de
trouver deux suites ( ) et ( ) d’éléments de qui convergent vers a, et que ( )
et ( ) convergent vers deux limites différentes.
Exemple
Considérer
( , )= et = (0,0)

Montrer que lim n’existe pas.


( , )→( , )

Solution
Soient

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= , et = ,−

deux suites de − {(0,0)},


Il est clair que

= , ⎯⎯⎯ (0,0) et = ,− ⎯⎯⎯ (0,0)


→ →

Tandis que

( )= = ⎯⎯⎯ et ( )= =− ⎯⎯⎯ −
→ →

Donc d’après la remarque lim n’existe pas


( , )→( , )

Critère de Cauchy
Soit : ⊂ → une fonction définie au voisinage d’un point a . et soit ∈
. Alors les deux propositions suivantes sont équivalentes :
1) ( )=

2) ∀ > , ∃ > ∀ , ∈ ;
(‖ − ‖ < , ‖ − ‖ < ) ⇒ | ( ) − ( )| <
Définition (limite infinie)
Soit : ⊂ → une fonction définie au voisinage d’un point a .
 On dit que a pour limite +∞ au point si
∀ > ,∃ > : <‖ − ‖< ⇒ ( )>
 On dit que a pour limite−∞ au point si
∀ > ,∃ > : <‖ − ‖< ⇒ ( )<−
Application des coordonnées polaires au calcul des limites
Un des avantages du passage en coordonnées polaires dans une limite en (0,0) est
de changer la limite sur les deux variables et en une limite sur la seule variable :
( , )= ( , )
( , )→( , ) →

On conclut de la manière suivante :


a) Si la limite obtenue ne dépend pas de , alors cette limite est la limite en ( , ) de .
b) Si la limite obtenue dépend de , alors n’a pas de limite en ( , ).
Exemples
1) Considérons
( , )= et = (0,0)

Posons = cos et = sin


Donc

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( cos , sin ) = = cos sin

La limite lorsque → 0 dépend clairement de , donc n’admet pas de limite en (0,0)


2) Considérons maintenant

( , )= et = (0,0)

Posons = cos et = sin . Donc

| ( cos , sin )| = = |cos sin | ≤ ⎯ 0


Ici, la limite lorsque → 0 est 0 (ne dépend pas de ), on en déduit que

lim =0
( , )→( , )

Continuité
Définition
 Une fonction : ⊂ → définie sur un voisinage d’un point ∈ est
continue en si, et seulement si ( )= ( )

Remarque
doit être définie en et ( ) existe ;
, ∈ ⊂ donc = ( ,⋯, ) et = ( ,⋯, )
 Soit une partie non vide de ; on dit que est continue sur , si elle est
continue en tout point de .
Exemple
Soit = et ∀( , ) ∈ , ( , ) = +
est continue en tout point de car ∀( , ) ∈
0 ≤ | ( , ) − ( , )| = | + − − |
( , )→( , )
≤ | − | + | − | ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯ 0
Donc
lim ( , )= ( , )
( , )→( , )

On retrouve les théorèmes sur les fonctions continues.


Théorème 1
 Si sont continues sur ⊂ , il en est de même de + , .
 Si ne s’annule pas sur , sont continues sur .
 Si est définie et continue sur ( ), ∘ est continue sur .
On en déduit que
 Une fonction polynomiale de variables est continue sur .

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 Une fonction rationnelle (fraction de deux fonctions) de variables est


continue en tout point de n’annulant pas le dénominateur
 Les fonctions exponentielles, les fonctions logarithmes, les fonctions
circulaires, les fonctions hyperboliques et leurs fonctions réciproques sont
continues sur leur domaines de définition.
Prolongement par continuité
Soit : ⊂ → une fonction continue définie au voisinage d’un point mais ∉
. Si admet une limite finie quand tend vers , on peut prolonger par continuité
au point , si l’on pose
( ) ∈
( )=
=
La fonction est alors continue sur ∪ { }.
Exercice
1) Considérons
( )( )
( , )= et ≠0

Peut-t-on prolonger par continuité pour = 0 et quelconque ?


2) Considérons

( , )= et ( , ) ≠ (0,0)

Peut-t-on prolonger par continuité au point ( , ) = (0,0)?


3) Considérons
( , )= et ( , ) ≠ (0,0)

Peut-t-on prolonger par continuité au point ( , ) = (0,0)?


Solution
1) Nous avons
( )( ) ( )
lim = lim 2(1 + ) = 2(1 + )
→ →

Donc on peut prolonger par continuité aux points (0, ) , ∈ en posant


( )( )
, si ≠
( , )=
2(1 + ) , si =0
2) Nous avons

lim =1
( , )→( , )

Donc on peut prolonger par continuité au point (0,0) en posant

, si ( , ) ≠ (0,0)
( , )=
1 , si ( , ) = (0,0)

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3) Puisque lim n’existe pas, on ne peut pas prolonger par


( , )→( , )
continuité au point ( , ) = (0,0)
Théorème 2
Soit : ⊂ → . Les propositions suivantes sont équivalentes :
1) est continue sur
2) Si ( ) est une suite d’éléments de qui converge vers ∈ , alors la suite
( ) converge vers ( ) dans .

3) Si est un fermé de , alors ( )={ ∈ / ( ) ∈ } est un fermé de .


4) Si est un ouvert de , alors ( )={ ∈ / ( ) ∈ } est un ouvert de .
Démonstration
Il suffit de démontrer les implications successives 1) ⇒ 2) ⇒ 3) ⇒ 4) ⇒ 1).
) ⇒ ) On se donne une fonction continue en un point ∈ et une suite ( )
convergeant vers et il s’agit de montrer que ( ) converge vers ( ).
Pour tout ∈ , soit > 0, comme est continue en alors
∃ >0:‖ − ‖< ⇒ | ( ) − ( )| <
Or lim = c’est-à-dire

∀ > 0, ∃ >0∶ > ⇒‖ − ‖<


Donc pour = ,
∃ >0∶ > ⇒‖ − ‖< ⇒| ( ) − ( )| <
En résumé
∀ > 0, ∃ >0∶ > ⇒| ( ) − ( )| <
C’est-à-dire
lim ( )= ( )

D’où le résultat.
) ⇒ ) On suppose que 2) est vraie, c’est-à-dire
( lim = ) ⇒ ( lim ( ) = ( ))
→ →

Soit est un fermé. On veut montrer que ( ) est fermé. Autrement dit on veut montrer
que toute suite convergente d’éléments de ( ) a sa limite dans ( ).

Soit ( ) une suite de ( ) et soit sa limite, d’après l’hypothèse ( ) converge vers


( ).

D’autre part, ∀ ∈ , ∈ ( ) donc ( )∈ ; et comme est fermé alors ( ) ∈


c’est-à-dire ∈ ( ).
D’où le résultat.
) ⇒ ) Commençons par remarquer que pour toute partie ⊂ , on a

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( )= ( )
Supposons que ( ) est fermé quand est fermé.
Soit un ouvert, alors est un fermé et par suite ( ) est fermé, et comme
( )= ( ) ce qui donne ( ) est fermé et par suite ( ) est ouvert.
) ⇒ ) On suppose que 4) est vraie, et on cherche à montrer 1) c’est à dire
∀ ∈ , ∀ > 0, ∃? >0∶ ‖ − ‖< ⇒ | ( ) − ( )| <
Soient ∈ , et > 0, l’intervalle ] ( ) − , ( ) + [ est un ouvert de , comme 4) est
vérifiée, (] ( ) − , ( ) + [) est un ensemble ouvert, c’est-à-dire ∃ > 0 tel que
( , )⊂ (] ( ) − , ( ) + [)

Mais cette inclusion signifie que si ∈ ( , ) c’est-à-dire ‖ − ‖ < alors


∈ (] ( ) − , ( ) + [)
Donc
( ) ∈ ] ( )− , ( )+ [
c’est-à-dire | ( ) − ( )| < , ainsi
∀ ∈ , ∀ > 0, ∃ > 0 ∶ ‖ − ‖ < ⇒ | ( ) − ( )| <
D’où le résultat.
Cas de dimension (Passage en coordonnées polaires)

Pour étudier : ⊂ → au voisinage d’un point ( , ) ∈ , on passe en


coordonnées polaires en posant
= + = +
avec > et ∈[ , [.
Proposition
est continue au point ( , ) si, et seulement si ( + , + ) tend
vers ( , ) quand tend vers , uniformément par rapport à ; c’est à dire
∀ > ,∃ > :∀ ∈ , ∈[ , [⇒| ( + , + )− ( , )| <
Il suffit de remarquer que
‖( , ) − ( , )‖ = ‖( + cos , + sin ) − ( , )‖ =
Exercice
Soient , > 0, on pose
| | | |
si ( , ) ≠ (0,0)
( , )=
0 si ( , ) = (0,0)
On cherche une condition nécessaire et suffisante pour que soit continue en (0,0).
Solution
On a pour > 0 et ∈ [0,2 [,
| ( cos , sin ) − (0,0)| = |cos | |sin |

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Donc si + > 2, | ( cos , sin ) − (0,0)| tend uniformément vers 0 par rapport à
donc est continue en (0,0).
Si + ≤ 2, | ( cos , sin ) − (0,0)| ne tend pas uniformément vers 0 par rapport
à donc n’est pas continue en (0,0).

Théorème 3
Si : → est continue au point = ( , ⋯ , ), alors les fonctions
partielles , associées à au point sont continues en , , ∀ = , ⋯ , .
Démonstration
Faisant la démonstration pour = 2 , puisque toutes les normes sont équivalentes on
choisit la norme euclidienne

‖( , )‖ = +
Soit : → une fonction continue au point ( , ) donc
∀ > 0, ∃ > 0 ∶ ‖( , ) − ( , )‖ < ⇒ | ( , ) − ( , )| <
Montrons que les fonctions partielles de →

,( , ) ( ) = ( , ) et ,( , ) ( )= ( , )

sont continues respectivement en et


C’est-à-dire
∀ > 0, ∃? >0∶| − |< ⇒ | ( , ) − ( , )| <
∀ > 0, ∃? >0∶| − |< ⇒ | ( , ) − ( , )| <
Soit > 0, on a

| − |= ( − ) = ( − ) +0 = ( − ) +( − )

= ‖( − , − )‖ = ‖( , ) − ( , )‖
Si on prend = , alors
| − | = ‖( , ) − ( , )‖ < ⇒ | ( , ) − ( , )| <
De même, on a

| − |= ( − ) = 0 +( − ) = ( − ) +( − )

= ‖( − , − )‖ = ‖( , ) − ( , )‖
Si on prend = , alors
| − | = ‖( , ) − ( , )‖ < ⇒ | ( , ) − ( , )| <
Remarque
La réciproque de ce théorème est fausse, comme le prouve l’exemple suivant :
Exemple
Considérons la fonction

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si ( , ) ≠ (0,0)
( , )=
0 si ( , ) = (0,0)
Au point (0,0) les deux fonctions partielles ( , 0) et (0, ) sont égales à 0.
lim ( , 0) = lim (0, ) = 0 = (0,0)
→ →

C’est à dire , les fonctions partielles de par rapport à (0,0) sont continues au point
(0,0)
Cependant n’est pas continue en 0.

En effet, car si l’on pose = alors la limite en (0,0) est ≠ 0 = (0,0) pour ≠ 0.

Remarque
Pour montrer qu’une fonction n’est pas continue au point =( , ) il suffit de
trouver deux suites ( ) et ( ) telles que
( , ) ⎯⎯⎯ ( , )

et que
( , ) ⎯⎯⎯ ≠ ( , ).

Exercice :
Considérons la fonction

si ( , ) ≠ (0,0)
( , )=
0 si ( , ) = (0,0)
Montrer que n’est pas continue au point (0,0).
Solution
Soient

= et =

Il est clair que

= ⎯⎯⎯ 0 et = ⎯⎯⎯ 0
→ →

C’est-à-dire
( , ) ⎯⎯⎯ (0,0)

tandis que

( , )= ⎯⎯⎯ ≠ 0 = (0,0)

Donc n’est pas continue au point (0,0).


Théorème 4
Soit : ⊂ → (avec compact) une fonction continue sur , alors
1) est bornée sur

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2) atteint ses bornes : supérieure et inférieure sur .


Fonction uniformément continue
Définition
Soit : ⊂ → , on dit que uniformément continue sur si, et seulement si :
∀ > ,∃ > ∶ ∀ ∈ ,∀ ∈ ; ‖ − ‖< ⇒ | ( ) − ( )| <
Théorème 5
Une fonction uniformément continue sur ⊂ est continue sur .
La réciproque n’est pas vraie en général.
Théorème 6
Soit : ⊂ → (avec compact) une fonction continue sur , alors
est uniformément continue sur
Exemples
1) La norme est une fonction (uniformément) continue sur ⊂ .
Cela résulte de l’inégalité
|‖ ‖ − ‖ ‖| ≤ ‖ − ‖.
2) Si = , les fonctions coordonnées
: =( ,⋯, )→ ( )= , ≤ ≤
Sont (uniformément) continues sur .
Cela résulte du fait que
| − |≤‖ − ‖

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Chapitre 3 – Dérivabilité et différentiabilité des fonctions de


Dérivées partielles
Dérivée suivant un vecteur
Soit = ( , ⋯ , ) un vecteur de , et une fonction d’un ouvert ⊂ à
valeurs dans . Soit = ( , ⋯ , ) ∈ .
On dit que est dérivable au point suivant le vecteur , si le rapport
( + )− ( ) ( + ,⋯, + )− ( ,⋯, )
=

admet une limite finie quand tend vers .


La valeur de cette limite est appelée la dérivée de au point suivant le vecteur
(ou selon le vecteur ), on la note ( ).

Ce nombre réel dirige l’accroissement suivant la direction voisinage du point ,


lorsqu’on donne la direction .
( + )− ( )
( )=

Exemples
1) ( , ) = ln( + ) est dérivable au point = (1,0) selon le vecteur = (0,1)
En effet :
( ) ( ) ( , ) ( , )
lim = lim
→ →
( ) ( )
= lim = lim =1
→ →

On a donc (1,0) = 1

2) ( , , ) = + + 1 est dérivable au point = (0,0,0) selon le vecteur


= 1,1,1)
(
En effet :
( ) ( ) ( , , )
lim = lim
→ →

= lim = lim (ℎ + ℎ ) = 0
→ →

On a donc (0,0,0) = 0

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Dérivées partielles
Sachant calculer la dérivée selon n’importe quel vecteur ∈ de : ⊂ →
au point = ( , ) ∈ , il serait naturel de calculer cette dérivée suivant les deux vecteurs
= (1,0) et = (0,1) de la base canonique de .
( + )− ( ) ( , )+ ( , ) − ( , )
( )= =
→ →

( + , )− ( , )
=

( + )− ( ) ( , )+ ( , ) − ( , )
( )= =
→ →

( , + )− ( , )
=

Soit ( , ) ∈ , si l’on note

, ( )= ( , ) , ( )= ( , )
les deux fonctions partielles de par rapport au point = ( , ) qui sont des fonctions de
→ , la dérivabilité de ses deux fonctions par rapport à et respectivement est
définie par
, ( )− , ( ) ( , )− ( , ) ( + )− ( )
, ( )= = =
→ − → − →
( + , )− ( , )
= = ( ), ( = − ⎯⎯ )
→ →

Et
, ( )− , ( ) ( , )− ( , ) ( + )− ( )
, ( )= = =
→ − → − →
( , + )− ( , )
= = ( ) ,( = − ⎯⎯ )
→ →

, ( ) est appelée première dérivée partielle de par rapport à au point et est


notée

( )= , ( )= ( )= ( )= ( )

( ) est appelée deuxième dérivée partielle de


, par rapport à au point et est
notée

( )= , ( )= ( )= ( )= ( )

Généralisation
Soit : ⊂ → une fonction définie sur un ouvert de et soit =
( ,⋯, )∈ ,{ } ,⋯, la base canonique de .
Nous avons
( + )− ( )
( )=

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( ,⋯, , + , ,⋯, )− ( ,⋯, )


=

( ,⋯, , , ,⋯, )− ( ,⋯, )


= = , ( )
→ −
( = − ⎯⎯ )

è
C’est la dérivée de selon le vecteur , = ,⋯, ( = (0, ⋯ ,0,1,0, ⋯ ,0) le
vecteur de la base canonique de ).
è
Ce n’est autre que la dérivée de la fonction partielle de par rapport à a ,
( ) = ( ,⋯, è
, , , , ⋯ , ), au point , qu’on appelle dérivée partielle de
par rapport à au point et est notée :

( )= , ( )= ( )= ( )= ( ) , ∀ = ,⋯,

Exemples
1) Considérer
( , ) = ln( + ) et (1,1) ∈

Calculer les dérivées partielles de au point 1 , 1 .


Solution
Nous avons
(1,1) = ln 2 , ( , 1) = ln( + 1) et (1, ) = ln(1 + )
Donc
( , ) ( , ) ( , ) ( , )
(1,1) = lim = lim
→ →

( )
= lim = lim = lim =
→ → →

Et
( , ) ( , ) ( , ) ( , )
(1,1) = lim = lim
→ →

= lim = lim
→ →

lim = lim 1+ =1
→ →

2) Considérer

( , )= et ( , ) ∈

Calculer les dérivées partielles de au point , .


Solution
Nous avons

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( , )= , ( , )= et ( , )=

Donc
( , ) ( , ) ( , ) ( , )
( , ) = lim = lim
→ →

Après les calculs on trouve

( , )=
( )

Et
( , ) ( , ) ( , ) ( , )
( , ) = lim = lim
→ →

Après les calculs on trouve

( , )=
( )

3) Considérons
( , , )= + + et (1,0, −1) ∈
Calculer les dérivées partielles de au point (1,0, −1).
Solution
Nous trouvons
( , , ) ( , , ) ( , , ) ( , , )
(1,0, −1) = lim = lim =2
→ →
( , , ) ( , , ) ( , , ) ( , , )
(1,0, −1) = lim = lim =1
→ →

( , , ) ( , , ) ( , , ) ( , , )
(1,0, −1) = lim = lim = −2
→ →

Règle pratique
Pour déterminer une dérivée partielle de , il suffit de dériver l’expression de
par rapport à la variable considérée, les autres étant considérées comme constantes.
Exemple
Soit ( , ) = .
Alors nous avons

( , )=2 et ( , )=5

Et comme ( , ) et ( , ) sont continue au point (1,2), alors

(1,2) = 64 et ( , ) = 80

Remarque
 Une fonction peut avoir des dérivées partielles en un point sans être continue
en ce point.

38
Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

Exercice
Considérer les deux fonctions

si ( , ) ≠ (0,0) si ≠0
( , )= et ( , )=
0 si ( , ) = (0,0) 0 si =0
Montrer que et admettent des dérivées partielles au point ( , ) = (0,0), mais elles
ne sont pas continues au point( , ) = (0,0)
Solution
1) La fonction admet des dérivées partielles au point ( , ) = (0,0), car
(0,0) = 0 , ( , 0) = 0 et (0, ) = 0
( , ) ( , )
(0,0) = lim = lim =0
→ →

Et
( , ) ( , )
(0,0) = lim = lim =0
→ →

Mais n’est pas continue au point( , ) = (0,0) car

lim n existe pas


( , )→( , )

(On peut utiliser les coordonnées polaires pour s’en rendre compte).
2) La fonction admet des dérivées partielles au point ( , ) = (0,0), car
(0,0) = 0 , ( , 0) = 0 et (0, ) = 0
Donc
( , ) ( , )
(0,0) = lim = lim =0
→ →

Et
( , ) ( , )
(0,0) = lim = lim =0
→ →

Mais la fonction n’est pas continue en (0,0) car si on pose = on a ( , )=1


pour tout ∈ ∗
et par suite
lim ( , ) = 1 ≠ 0 = (0,0)
( , )→( , )

 Une fonction peut être continue en un point sans avoir des dérivées partielles
en ce point.
Exemple
Soit
( , )= | |+| |

Cette fonction est définie et continue sur .


En particulier elle est définie et continue au point (0,0) et (0,0) = 0

39
Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

Montrons qu’elle n’admet pas de dérivées partielles au point (0,0).


En effet
( , ) ( , )
(0,0) = lim si elle existe. Or

( , ) ( , ) | | 1 si ℎ > 0
lim = lim =
→ → −1 si ℎ < 0
( , ) ( , )
Donc lim n’existe pas et par suite (0,0) n’existe pas.

( , ) ( , )
(0,0) = lim si elle existe. Or

( , ) ( , ) | | 1 si >0
lim = lim =
→ → −1 si <0
( , ) ( , )
Donc lim n’existe pas et par suite (0,0) n’existe pas.

Quelques propriétés des fonctions dérivables


Les dérivées partielles sont des dérivées de fonctions de → , elles ont donc
les mêmes propriétés qu’elles.
Proposition
 Soit et : ⊂ → deux fonctions définies sur un ouvert de et soit
= ( ,⋯, ) ∈
Si et admettent des dérivées partielles par rapport à au point , il en est de même
pour + , . , ( si ( ) ≠ 0 et on a :

( + )
) ( )= ( )+ ( )

( . )
) ( )= ( ) ( )+ ( ) ( )

( / )
) ( )= ( ) ( )− ( ) ( )
( )

 Si : → admet des dérivées partielles par rapport à au point et si est


une fonction d’une variable réelle dérivable au point ( ), alors ∘ est dérivable au
point ( : → et : → donc ∘ : → ), et on a

( ∘ )( ) = ( ) . ( )

Fonction dérivée partielle


On dit que ∈ admet des dérivées partielle sur ⊂ (ou que est
( )
dérivable sur ), si ∀ , ∈ :
( + , )− ( , )
( , )=

( , + )− ( , )
( , )=

40
Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

Ainsi les fonctions

: → : →

( , )→ ( , ) ( , )→ ( , )

sont appelées fonctions dérivées partielles de .


Généralisation
On dit que ∈ ⊂ admet des dérivées partielle sur ⊂ (ou que est
dérivable sur ), si ∀( , ⋯ , ) ∈ :
( ,⋯, , + , ,⋯, )− ( )
( ,⋯, )=

existent ∀ = , ⋯ ,
La fonction

: →

( ,⋯, )→ ( ,⋯, )

est la è fonction dérivée partielle de ; ou la fonction dérivée partielle de par


rapport à .
Exemples
1) Si ( , ) = + alors

( , )= ( , ) = 2 et ( , )= ( , )=2

2) Si ( , ) = 3 + − alors

( , , )= ( , , )=3 ; ( , , )= ( , , )=2

Et

( , , )= ( , , ) = −3

Fonction de classe
Soient : ⊂ → définie sur un ouvert de et ∈ .
On dit que est de classe au voisinage de , si toutes les dérivées partielles de
existent sur un voisinage de et sont continues au point .
La composée de fonctions de classe est une fonction de classe .
Exemple
La fonction ( , ) = ln( + ) est définie et continue sur
= {( , ) ∈ : + > 0}

Qui est un ouvert de . est dérivable sur , de dérivées partielles

41
Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

( , )= et ( , )=

On voit bien que ces deux fonctions sont continues sur . est de classe sur .

Dérivées partielles d’ordre supérieur à un


Soit : ⊂ une fonction qui admet des dérivées partielle sur ⊂ , on dit que
admet des dérivées partielles d’ordre 2 si les fonctions et admettent elles même des
dérivées partielles par rapport à et , c’est-à-dire si ∀( , ) ∈ :

( + , )− ( , )
( , )= ( , )=

( , + )− ( , )
( , )= ( , )=

( + , )− ( , )
( , )= ( , )=

( , + )− ( , )
( , )= ( , )=

Généralisation
Soit : ⊂ → une fonction qui admet des dérivées partielle sur ⊂ , si la
fonction

: →
= 1, ⋯ ,
→ ( )

admet elle même des dérivées partielles par rapport à , = 1, ⋯ , , au point ∈ , on


dira que est deux fois dérivable par rapport à et .
La dérivée partielle par rapport à ,
( )

de la fonction est appelée la dérivée partielle seconde (ou d’ordre ) de par


rapport à et on la note

( ) ≠ ( ) =

Par récurrence, on définit les dérivées partielles d’ordre comme étant les dérivées
partielles des fonctions dérivées partielles d’ordre ( − 1).

42
Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

Notation
La dérivée partielle d’ordre d’une fonction de variables , ⋯ , obtenue en
dérivant fois par rapport à , fois par rapport à ,⋯ , fois par rapport à où
,⋯, sont des entiers positifs ou nuls tels que + +⋯+ = et est notée


Exemples
Calculons quelque dérivées partielles d’ordre supérieur à un de ( , , ) =

( , , )= , ( =1; = 1, = 0 et = 0)

( , , ) = 0, ( = 2, = 2, = 0 et = 0)

( , , )=2 , ( = 2, = 1, = 1 et = 0)

( , , )=2 , ( = 3, =1, = 2 et = 0)

( , , )=6 , ( = 3, = 1, = 1 et = 1)

( , , )=0, ( = 4, =1, = 3 et = 0).

Fonction de classe
Soient : ⊂ → définie sur un ouvert de et ∈ .
 On dit que est de classe au voisinage de , si toutes les dérivées partielles
de jusqu’à l’ordre existent sur un voisinage de et sont toutes continues
au point .
 On dit que est au voisinage de , si admet des dérivées partielles de tout
ordre sur un voisinage de et sont toutes continues au point .

Il est naturel de se demander, si dans les dérivées partielles d’ordre au moins 2,


l’ordre des dérivations importe. Pour les fonctions usuelles dont toutes les dérivées existent
et sont continues sur leur domaine de définition, l’ordre n’importe pas. Plus précisément, on
a le résultat suivant :
Théorème de Schwartz
Soient : ⊂ → définie sur un ouvert de et ∈ .
Soient ≠ deux entiers compris entre .

Si les deux dérivées partielles à l’ordre de au point , ( ) et ( ) existent,


et sont continues au point (en particulier si est de classe au voisinage de )
alors :

( )= ( )

43
Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

Remarque
Cette propriété s’applique à une fonction de variables réelles, ≥ 2. Plus
généralement nous avons le résultat suivant :
On peut intervertir l’ordre des dérivations dans les dérivées partielles d’ordre d’une
fonction de plusieurs variables, en tout point où ces dérivées partielles sont continues.
Gradient
Soient : ⊂ → définie sur un ouvert de et ∈

Le vecteur ( ), ⋯ , ( ) est appelé gradient de au point , et est noté


( ) ou ( ), c’est-à-dire

( )= ( )= ( ), ⋯ , ( ) =∑ ( ).

où { , ⋯ , } est la base canonique de


Proposition
Si ∇ ( ) existe, alors

( )=〈 ( ), 〉

Remarquons que
( +ℎ )− ( )
( ) = lim
→ ℎ
La dérivée directionnelle est une fonction dans .

Proposition
Soient et deux fonctions de dans telles que leurs gradients existent, alors
1) ( + ) = +
2) ( )= ( ) où ∈
Fonctions homogènes
Cône
Une partie ⊂ est un cône si pour tout ∈ et pour tout > , on a aussi
∈ .
Exemple
Dans , les parties suivantes sont des cônes :
a) ;

b) ( , )= ( , )∈ : ≤ arctan ≤ , ù0≤ ≤ ≤

Fonction homogène
Soit un réel quelconque. Soit un cône de , une fonction définie sur est
dite homogène de degré , si pour tout ∈ et pour tout > , on a

44
Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

( )= ( )
Exemple
∗)
Soit sur ( les fonctions , , définies par :

( , ) = ln , ( , )= + , ( , )=

1) Nous avons

∀ > 0, ( , ) = ln = ln = ( , )= ( , )

Donc est homogène de degré 0.


2) Nous avons

∀ > 0, ( , )= ( ) +( ) = ( + )= + = ( , )

Donc est homogène de degré 1.


3) Nous avons

∀ > 0, ( , )= ( ) = = = ( , )

Donc est homogène de degré 2.


Propriété 1
Si une fonction homogène est de degré , ses dérivées partielles, si elles existent,
sont homogènes de degré − 1.
En effet
Soit : ( , ⋯ , ) → ( ,⋯, ) homogène de degré c’est-à-dire , pour tout > 0
( ,⋯, )= ( ,⋯, )
Pour tout = 1, ⋯ , calculons la è dérivée partielle des deux membres de cette équation,
nous obtenons :

( ,⋯, )= ( ,⋯, )

d’où

( ,⋯, )= ( ,⋯, )

Attention

( ,⋯, ) désigne la valeur de au point ( ,⋯, ), ce n’est pas la dérivée partielle


par rapport à de la fonction ( , ⋯ , )→ ( ,⋯, ) qui, elle, est ( ,⋯, )
(dérivée d’une fonction composée).
Propriété 2
Si une fonction homogène est de degré , les fonctions
( ,⋯, )
:( ,⋯, )→ , i = 1, ⋯ , n

45
Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

sont homogènes de degré − 1.

En effet
Nous avons, pour tout > 0
( ,⋯, ) ( ,⋯, )
( ,⋯, )= = = ( ,⋯, ), ∀i = 1, ⋯ , n

Théorème d’Euler
Soit une fonction homogène de degré sur un cône de , admettant des
dérivées partielles par rapport à toutes les variables. Alors pour tout ∈ , on a :

( )= ( )

Exemple

Considérons la fonction ( , ) = définie de dans .


On sait d’après l’exemple précédent que est homogène de degré 2. De plus

( , )= et ( , )=

alors

( , )+ ( , )= + =2 ( , )

Développement limité d’ordre 1


Définition
Soit : → , =( , )
On dit que admet un développement limité d’ordre un au voisinage de =( , ), s’il
existe deux réels et et une fonction tels que
( , )= ( , )+ ( − )+ ( − ) + ‖( − , − )‖ ( − , − )
avec ( − , − )=
( , )→( , )

en posant ℎ = − et = − on aura
( , )= ( , )+ + + ‖( , )‖ ( , )
avec ( , )=
( , )→( , )

Généralisation
En dimension , la définition devient :

( ,⋯, )= ( ,⋯, )+ ( − ) + ‖( − )‖ ( − )

46
Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

avec ( − )= .

Remarquons que = ( ,⋯, ), = ( ,⋯, ) et ∈ , ∀ = 1, ⋯ ,


Si on pose ℎ = ( − ) pour = 1, ⋯ , , et ℎ = (ℎ , ⋯ , ℎ ) on aura

( + ) = ( )+ +‖ ‖ ( )

avec ( )=

Cette écriture fait apparaitre une forme linéaire sur , à savoir l’application linéaire
: →

=( ,⋯, )→ ( )=

On peut écrire
( + ) = ( )+ ( )+‖ ‖ ( )
avec ( )=

Théorème
Si est une fonction définie sur une partie ouverte non vide de de admet
en un point = ( , ) de , un développement limité d’ordre un, alors elle admet en
= ( , ), des dérivées partielles d’ordre un par rapport à et à et on a :

( + ) = ( )+ ( ). + ( ). +‖ ‖ ( )

avec ( )= , =( , )

En effet
Supposons que admet un développement limité d’ordre un au point =( , ) de
, alors
( +ℎ , +ℎ )= ( , ) + ℎ + ℎ + ‖(ℎ , ℎ )‖ (ℎ , ℎ )
avec lim (ℎ , ℎ ) = 0
( , )→( , )

a) Si on prend ℎ = 0, on a
( +ℎ , )= ( , ) + ℎ + |ℎ | (ℎ )
avec lim (ℎ ) = 0

d’où
( +ℎ , )− ( , )
lim = lim + (ℎ ) =
→ ℎ →

c’est-à-dire ( )=

b) Si on prend ℎ = 0, on a
( , +ℎ )= ( , ) + ℎ + |ℎ | ( ℎ )

47
Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

avec lim (ℎ ) = 0

d’où
( , +ℎ )− ( , )
lim = lim + (ℎ ) =
→ ℎ →

c’est-à-dire ( )=

ainsi

( +ℎ , +ℎ ) = ( , )+ℎ ( )+ℎ ( ) + ‖(ℎ , ℎ )‖ (ℎ , ℎ )

avec lim (ℎ , ℎ ) = 0
( , )→( , )

 La quantité ‖(ℎ , ℎ )‖ (ℎ , ℎ ) est encore notée (‖(ℎ , ℎ )‖) = ‖(ℎ , ℎ )‖ (1)


 Le développement limité d’ordre un peut s’écrire
( + ℎ ) = ( ) + 〈∇ ( ), ℎ 〉 + ‖ℎ ‖ (ℎ )
avec lim (ℎ ) = 0

Remarque
La réciproque est fausse, on peut avoir des fonctions qui admettent des dérivées
partielles sans avoir un développement limité d’ordre un.
Théorème
Si est une fonction de classe sur une partie ouverte non vide de ,
alors admet en tout point de un développement limité d’ordre un.
Exemple
Considérons
( , )= +3 + et = (−1,1)
La fonction est de classe sur , donc admet un développement limité d’ordre un
au voisinage du point (−1,1) :

(−1 + ℎ , 1 + ℎ ) = (−1,1) + ℎ (−1,1) + ℎ (−1,1) + ‖ℎ ‖ (ℎ )

Avec lim (ℎ ) = 0
→( , )

Nous avons (−1,1) = 3,

( , )=2 + donc (−1,1) = −1

( , )=3+ donc (−1,1) = 2

Et par suite
(−1 + ℎ , 1 + ℎ ) = 3 − ℎ + 2ℎ + ‖ℎ ‖ (ℎ )
Avec lim (ℎ ) = 0
→( , )

48
Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

Remarque
On peut le vérifier directement
(−1 + ℎ , 1 + ℎ ) = (−1 + ℎ ) + 3(1 + ℎ ) + (−1 + ℎ )(1 + ℎ )
= 3 − ℎ + 2ℎ + ℎ ℎ + ℎ
On prend

(ℎ , ℎ ) =

Or

| |
| (ℎ , ℎ )| = ≤

≤ =2 ℎ +ℎ ⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯ 0
( , )→( , )

Donc lim (ℎ , ℎ ) = 0.
( , )→( , )

Exercice
Soit la fonction définie sur par ( , ) = .
Déterminer le développement limité d’ordre un de au point (1,1).
Solution
La fonction définie sur par ( , ) = est de classe sur , et la
fonction exponentielle est de classe sur , donc est de classe sur .
De plus

∀( , ) ∈ , ( , )= et ( , )= , alors

∀ℎ = (ℎ , ℎ ) ∈ ,

(1 + ℎ , 1 + ℎ ) = (1,1) + ℎ (1,1) + ℎ (1,1) + ‖ℎ ‖ (ℎ )

avec lim (ℎ ) = 0
→( , )

Et comme (1,1) = , (1,1) = , (1,1) = ,

On peut donc conclure que :


∀ℎ = (ℎ , ℎ ) ∈ ,
(1 + ℎ , 1 + ℎ ) = +ℎ +ℎ + ‖ℎ ‖ (ℎ )
avec lim (ℎ ) = 0
→( , )

49
Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

Différentiabilité
Définition
Soit une fonction définie au voisinage de ∈ , à valeurs dans .
On dit que est différentiable en s’il existe une application linéaire sur
et une fonction définie au voisinage de tels que :
( + ) = ( )+ ( )+‖ ‖ ( )
avec ( )=

ce qui est équivalent à :


est différentiable au point si on peut trouver une application linéaire
: →
=( ,⋯, )→ ( )
telle que
( + )− ( )− ( )
=
‖ ‖→ ‖ ‖
Cette application linéaire s’appelle différentielle de au point et se note souvent ,
ou .
: →

=( ,⋯, ) → ( )= ( )= ( )=

En pratique
est différentiable au point si, et seulement si elle admet un développement
limité d’ordre un au voisinage de .
Proposition
Si est différentiable en alors est continue en .
En effet
Si est différentiable en alors
( + ℎ) = ( ) + (ℎ ) + ‖ℎ ‖ (ℎ )
avec lim (ℎ ) = 0
‖ ‖→

d’où
lim ( + ℎ ) − ( ) = lim (ℎ) + ‖ℎ ‖ (ℎ )
‖ ‖→ ‖ ‖→

= lim ℎ + ‖ℎ ‖ (ℎ ) = 0
‖ ‖→

Remarque
On fera attention que la différentielle en un point n’est pas un nombre ni un
point, mais une application linéaire.

50
Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

 Soit un ouvert de et une fonction de dans .


On dit que est dite différentiable sur , si elle est différentiable en tout point ∈ .
Dans ce cas pour tout ∈ la fonction possède une différentielle au point qui est
une application linéaire :
: →
=( ,⋯, ) → ( )
Exemples
1) Soit ∈ . La fonction constante sur (∀ ∈ , ( ) = ) est
différentiable au point et la différentielle en est l’application identiquement nulle
: →
ℎ = (ℎ , ⋯ , ℎ ) → (ℎ ) = 0
En effet

Soit une fonction définie sur ⊂ par ∀ ∈ , ( ) = ;


donc pour ∈ , ( ) = , et par suite
( + ℎ) = = ( ) + 0 + ‖ℎ ‖. 0
on prend (ℎ ) = (ℎ ) = 0 et (ℎ ) = 0

2) Si : → est une application linéaire, alors elle est différentiable en ∈


et sa différentielle est
: →
ℎ = (ℎ , ℎ ) → (ℎ ) = (ℎ )
En effet
Soit ∈ . Si est linéaire, on a
( + ℎ ) = ( ) + (ℎ ) = ( ) + (ℎ ) + ‖ℎ ‖. 0
avec (ℎ ) = (ℎ ) (application linéaire) et (ℎ ) = 0 donc lim (ℎ ) = 0.

Proposition
Soit : ⊂ → une fonction définie sur un voisinage de ∈ .
Si est différentiable au point , alors elle admet toute ses dérivées partielles
en ce point. De plus la différentielle de quand elle existe est donnée par :
: →
=( , ,⋯, )→ ( , ,⋯, )= ( ). + ⋯+ ( ).

Preuve
Nous allons faire la démonstration dans qui est généralisable à .
a) Si est différentiable au point , on a
( + ℎ) − ( ) − (ℎ )
lim =0
‖ ‖→ ‖ℎ ‖

51
Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

En particulier si on fait tendre ℎ vers 0 suivant la direction du premier vecteur et


suivant le vecteur de la base canonique de (c’est-à-dire on prend ℎ = ou ℎ =
et on fait tendre vers 0). On aura
( + , )− ( , )− ( , 0)
lim =0
→ ‖( , 0)‖
on en déduit alors
( + , )− ( , )− (1,0) ( + , )− ( , )− ( )
lim = lim =0
→ →

et donc
( + , )− ( , )
lim = ( )

et d’une manière analogue on trouve


( , + )− ( , )
lim = ( )

Ceci veut dire que admet des dérivées partielles par rapport à et à au point et que

( )= ( ) et ( )= ( )

b) Soit ℎ = (ℎ , ℎ ) ∈ donc ℎ = ℎ +ℎ
Si est différentiable au point =( , ), alors
(ℎ ) = (ℎ +ℎ )=ℎ ( )+ℎ ( )

=ℎ ( )+ℎ ( )

Remarque
La réciproque de ce résultat n’est pas vraie en général.
Soit : ⊂ → une fonction définie sur un voisinage de ∈ , admettant des
dérivées partielles au point ; considérons l’application
: →
ℎ = (ℎ , ℎ , ⋯ , ℎ ) → (ℎ , ℎ , ⋯ , ℎ ) = ( ). ℎ + ⋯ + ( ). ℎ

L’application est bien linéaire.


Cette application existe chaque fois que les dérivées partielles existent au point .
Mais le quotient

( + ℎ) − ( ) − (ℎ ) ( + ℎ) − ( ) − ( ). ℎ + ⋯ + ( ). ℎ
=
‖ℎ ‖ ‖ℎ ‖
N’a aucune raison à priori de tendre vers 0 quand ℎ → 0.
Ainsi, il y a des fonctions qui possèdent des dérivées partielles sans être
différentiables.

52
Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

Néanmoins dans certains cas, la réciproque reste vraie comme par exemple lorsque
les dérivées partielles de existent et sont continues c’est-à-dire est de classe .
Proposition
Si est une fonction de classe sur un voisinage de a , alors est
différentiable au point .
Exemple
Considérons la fonction ( , , ) = + + et = (1,1,0)
La fonction est de classe sur , donc elle est différentiable au point (1,1,0) et sa
différentielle est

(ℎ, , ) → ( , , ) (ℎ, , )=ℎ (1,1,0) + (1,1,0) + (1,1,0) = 2ℎ + 2 +

Remarque
Une fonction de classe est donc différentiable, mais il se peut qu’une fonction soit
différentiable en un point sans que ses dérivées partielles ne soient continues (c’est-à-dire
sans qu’elle ne soit de classe ).
Proposition
Soit un ouvert de , : → une fonction et ∈ . Si est différentiable en ,
alors pour tout ∈ , est dérivable en dans la direction du vecteur et on a :

( )= ( )= ( )

Preuve
Supposons différentiable en . Cela nous donne en particulier, pour tout ∈
( + ) = ( )+ ( )+‖ ‖ ( )

Où lim (ℎ ) = 0 , ℎ = ⎯ 0
→ →

Alors
( + )− ( ) ( ) + | |‖ ‖ ( )
=

= ( )+ ( ) ( )
Et il est clair que
( + )− ( )
lim = ( )

C’est-à-dire

( )= ( )

Il est naturel de se demander si la réciproque est vraie.


Elle est fausse dans le cas général.

53
Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

Exemple
Considérer la fonction

si ( , ) ≠ (0,0)
( , )= ( )
0 si ( , ) = (0,0)
Il est facile de montrer que est continue sur .
Il est clair que est différentiable en tout point de − {(0,0)}.
Examinons ici ce qui se passe en (0,0).

Pour ∈ , soit = (cos , sin ), alors pour tout ∈ , nous avons
( , ) ( , ) ( , ) ( , )
=
( ) ( )
= ( ( ) ( ) )

( ) ( )
= (( ) ( ) )
= 3(cos ) sin − (sin ) = sin 3

Nous voyons que cette quantité est indépendante de , donc en particulier admet une
limite quand → 0 égale à sin 3 . Or cette limite n’est pas une application linéaire de ,
donc ne peut pas être différentiable au point (0,0).
En effet supposons que soit différentiable en (0,0).
Alors d’après la proposition précédente, on devrait avoir
( , )
lim = ( , ) (cos , sin )

C’est-à-dire
3(cos ) sin − (sin ) = ( , ) (cos , sin )

Ce qui est impossible puisque ( , ) doit être linéaire, on doit avoir

( , ) (cos , sin ) = cos + sin

Donc n’est pas différentiable au point (0,0).

Proposition
Si sont deux fonctions différentiables au point , alors pour tout ,
la fonction + est différentiable au point et on a :
( + ) = +
Ecriture classique de la différentielle
Soit : ⊂ → une fonction définie sur un voisinage de ∈ .
Nous savons que si est différentiable au point , alors elle admet toute ses dérivées
partielles en ce point. De plus la différentielle de quand elle existe est donnée par :
: →
ℎ = (ℎ, ) → (ℎ, ) = ( ). ℎ + ( ).

54
Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

En particulier, si l’on note


: → l’application linéaire ( , ) → ( , )=
et
: → l’application linéaire ( , ) → ( , )=
Donc ∀( , ) ∈ ,

( , )( , )= ( , ). ( , )+ ( , ). ( , )

= ( , ). + ( , ). ( , )

Ou encore

( , ) = ( , ). + ( , ).

Ou brièvement

= +

Exemple
La fonction : ( , ) → sin + est différentiable sur , car c’est une
fonction
composée de fonctions qui le sont et sa différentielle est

( , ) = (sin ) + ( cos + 2 )

Et en particulier au point 1,

,
= +

Nous avons

= + =〈 , ,( , )〉 = 〈 ,( , )〉

∇ = grad = ,

Généralement
Si : ⊂ →
Si l’on note
: → l’application linéaire → ( )=
alors la différentielle de quand elle existe est donnée par :

= ( ). + ⋯+ ( ).

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Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

Où = ( ,⋯, ).
Ou brièvement
= +⋯+ =〈 ,( ,⋯, )〉

Différentielle d’ordre supérieur


Si est différentiable sur ⊂ , alors

( , ) = ( , ). + ( , ).

Chacune des fonctions et est elle-même une fonction de → ; Si elle-même est


différentiable de différentielle continue ( c’est-à-dire de classe ), alors est aussi
différentiable et on a :

= + + +

Comme les différentielles sont continues alors

D’où

= ( ) + + ( )

= +

Où + devient un opérateur agissant sur .

Plus généralement

= +

!
+ = =
! ( − )!

56
Analyse 4 Hameida Ali & Bessila Khaled

Tableau à retenir

continue

∈ differentiable

admet des dérivées


partielles
Contres exemples

Soit : → définie par


( , ) ( , )≠( , )
( , )=
( , )=( , )

1) Si ( , )= , est de classe (0,0)

2) Si ( , )=( + ) , n’est pas de classe (0,0) mais elle


est différentiable au point (0,0).
3) Si ( , )= , n’est pas différentiable au point (0,0) mais elle est
continue et admet des dérivées partielles au point (0,0).
4) Si ( , )= , n’est pas différentiable au point (0,0), elle n’est pas
continue au point (0,0) mais elle admet des dérivées partielles au point (0,0).
5) Si ( , ) = | | + | |, n’est pas différentiable au point (0,0), elle n’admet
pas de dérivées partielles au point (0,0), mais elle est continue au point (0,0).
6) Si ( , )= , n’est pas continue au point (0,0) et elle n’admet pas
des dérivées partielles au point (0,0).

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