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Diagnostic approfondi.

Évaluations détaillées des risques

par Dominique DARMENDRAIL


Chef du service Environnement et Procédés du Bureau de recherches
géologiques et minières (BRGM)

G 2 591 -
1. Présentation générale............................................................................. 2
2. Un des outils de la politique nationale.............................................. — 2
3. Principes de base ..................................................................................... — 3
4. Informations nécessaires....................................................................... — 4
5. Analyse des incertitudes ....................................................................... — 5
6. Niveaux de risques acceptables ................................................. — 5
7. Concertation.............................................................................................. — 6
Références bibliographiques ......................................................................... — 6

armi les outils développés dans le cadre de l’approche nationale de ges-


P tion et de réhabilitation des sites et sols pollués, figurent les guides rela-
tifs au diagnostic approfondi et aux évaluations détaillées des risques (EDR)
permettant d’apprécier l’existence effective ou potentielle de risques, de définir
les objectifs de réhabilitation d’un site pollué et ainsi de déterminer les scéna-
rios de traitement et de réhabilitation qui peuvent être envisagés.
L’article s’attache à présenter l’approche méthodologique développée ayant
conduit à la publication de la version 0 des guides en septembre 2000, tout en
la resituant dans son contexte réglementaire.

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1. Présentation générale complément

S/T/C s
Les deux guides présentés dans cet article ont pour objectif prin- EDR é
cipal d’identifier les sites devant être réhabilités pour l’usage envi- DI d
sagé et ceux qui, présentant moins de risques, seront considérés
comme rendus à leur usage sans action particulière (banalisables -
classe 3) ou à surveiller (classe 2). Comme pour les guides
« diagnostic initial » et « évaluation simplifiée des risques (ESR) »
(cf. [G 2 590], figure 1), ils doivent être utilisés, en tout ou partie,
lorsqu’ils sont susceptibles d’apporter une réponse pertinente aux
problèmes posés par le site (figure 1).
Le tableau 1 met en évidence les différences entre ESR et EDR.
Un test sur plusieurs sites pilotes industriels est en cours afin
d’apprécier les difficultés d’application et les compléments néces-
saires. Les premiers retours d’expérience permettront de procéder
à des modifications et à des nouvelles versions de ces guides.
Le détail des principes, objectifs des diagnostics approfondis et
évaluations détaillées des risques pour les différentes cibles
considérées (santé humaine, ressources en eau, écosystèmes et
biens matériels) sont décrits dans un classeur « Gestion des sites
pollués », version 0, publié par les éditions du BRGM [1]. (0)

Tableau 1 – Différences entre « évaluation simplifiée


des risques (ESR) » et « évaluations détaillées
des risques (EDR) »
Figure 1 – Synthèse des modalités d’approche spécifiques
Caractéristiques ESR EDR au diagnostic appronfondi

Cibles prises • Santé humaine • Santé humaine (toutes


en considération (certaines voies voies d’exposition).
— un traitement adapté à l’impact effectif du site sur l’environ-
d’exposition). • Ressources en eau nement et à l’usage auquel il est destiné, basé sur une démarche
• Ressources en eau (usage actuel et futur).
d’évaluation des risques.
(usage actuel et • Écosystèmes.
futur). • Biens matériels.
Nota : pour plus d’informations, on se reportera aux références [2] [3] et aux articles
concernant la pollution des sols de ce traité « Environnement ».
Objectifs • Classer les sites • Identifier les risques
dans l’une des trois inacceptables.
catégories en fonc- • Déterminer des objec- L’évaluation détaillée des risques (EDR) vis-à-vis de l’homme
tion des actions à tifs de réhabilitation si et de son environnement est en fait la première étape de la
réaliser. besoin est. démarche nationale conduisant à une réelle quantification du
risque, contrairement à l’ESR (évaluation simplifiée des risques)
Types • Identification des • Définir l’extension de qui sert à classifier les sites en utilisant les principes de l’analyse
d’informations sources de pollu- la pollution. du risque (le risque étant le résultat de la présence concomitante
devant être tion. • Comprendre les méca- de trois facteurs, une source dangereuse, des possibilités de
acquises • Identification des nismes de propaga- transfert, des cibles identifiées).
cibles potentielle- tion de la pollution.
ment exposées. • Déterminer les
• Mesures de concentrations Le diagnostic approfondi, puis l’évaluation détaillée des risques,
l’impact dans les d’exposition. si elle doit être menée, permettront, suivant la méthodologie natio-
principaux milieux • Évaluer les scénarios nale, d’apprécier le niveau de risques généré par le site étudié
d’exposition. d’exposition perti- compte tenu de l’usage auquel son détenteur le destine et de son
nents relatifs à l’usage environnement.
actuel et/ou futur du
site. Le diagnostic approfondi doit viser à aussi collecter des données
en relation avec l’évaluation détaillée des risques tout en cherchant
à définir l’extension de la pollution, à comprendre les mécanismes
de propagation des polluants dans les différents milieux de trans-
2. Un des outils fert, qu’ils soient atteints (impact déjà constaté) ou susceptibles de
l’être (impact potentiel). Il faut garder à l’esprit que, dans certains
de la politique nationale cas, la réalisation de mesures simples permettra de supprimer les
risques sans qu’une étude approfondie soit nécessaire (exemple :
mise en place d’une clôture pour restreindre l’accès à un sol pol-
La politique nationale dans le domaine des sites et sols pollués lué, enlèvement d’une source d’extension limitée...).
s’appuie sur un nombre limité de principes permettant d’aborder L’EDR (évaluation détaillée des risques) doit conduire à :
ce problème de manière claire et raisonnée, à savoir :
— l’identification des sites présentant des risques importants
— une démarche de prévention des pollutions futures ; inacceptables pour l’homme et son environnement, et nécessitant,
— une connaissance des risques potentiels aussi complète que de ce fait, une réhabilitation pour limiter, voire éliminer les risques
possible et accessible au plus grand nombre ; connus ;

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— la définition des objectifs de réhabilitation, sur la base des fiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de
connaissances scientifiques et techniques du moment, compatibles mesures visant à prévenir des risques de dommages graves et
avec un usage préétabli du site et de son environnement : elle doit irréversibles à l’environnement à un coût économiquement
être adaptée aux cibles à protéger : l’homme, les ressources en acceptable » (loi no 95-101 du 2 février 1995) ;
eau, les écosystèmes et les biens matériels. Elle doit être basée sur — la concertation entre les différents partenaires intervenant
les principes de la circulaire ministérielle du 10 décembre 1999. Si dans la gestion des sites et sols pollués (responsables des sites,
à l’issue de l’EDR, les risques présentent un niveau jugé inaccep- administrations compétentes, experts...).
table, cette évaluation conduira à définir des scénarios de réha-
bilitation fonction de l’usage envisagé pour le site et son L’évaluation détaillée des risques liés aux sites pollués a pour
environnement, la réhabilitation devant conduire à des niveaux de but d’évaluer l’impact des substances chimiques constituant la
risques acceptables. source de pollution sur :
— l’homme, en tenant compte cette fois-ci des diverses expo-
sitions possibles aux différentes sources de pollution (expositions
L’évaluation détaillée des risques, vis-à-vis de l’homme et son directes et/ou indirectes) ;
environnement, sera donc l’outil d’aide à la décision pour gérer — les ressources en eau (souterraines et/ou superficielles),
le risque. considérées comme une cible prioritaire au même titre que la
santé humaine ;
Les objectifs définis à l’issue de l’EDR devront être confrontés — mais aussi l’environnement (faune, flore et biens matériels),
aux limites (techniques, économiques) des filières de traitement du fait des concentrations rencontrées dans les différents milieux
disponibles au moment des travaux. L’orientation vers une straté- d’exposition.
gie de réhabilitation adaptée aux risques identifiés, et de fait la Les cibles prises en considération sont celles identifiées sur le
définition d’objectifs de réhabilitation transposables dans un arrêté site étudié et à proximité de celui-ci, et correspondant à l’usage
complémentaire d’exploitation, ne pourra être déterminée qu’à actuel et/ou futur du site et de son environnement. Le schéma
l’issue de l’étude de faisabilité des différentes techniques. Les conceptuel élaboré (figure 2) servira de base de travail.
décisions prises à l’issue de cette étape le sont à un moment
donné, dans des conditions technico-économiques données, sur la Ainsi, des objectifs de réhabilitation pourront être définis au tra-
base des informations alors disponibles. Aussi, cette étape d’éva- vers d’une évaluation des risques pour la santé humaine, et/ou
luation détaillée des risques doit être conduite de façon itérative pour les ressources en eau, et/ou les écosystèmes, et/ou les biens
afin de prendre en considération toutes les modifications envisa- matériels.
geables dans les hypothèses de travail, en particulier celles liées à L’individualisation des quatre différentes cibles correspond à un
l’usage du site et de son environnement. but opérationnel, justifié par :
En fonction des résultats de l’évaluation détaillée des risques, il — les différences de compétences et d’outils devant être mis en
pourra être envisagé de : œuvre ;
— réhabiliter le site pour l’usage prévu sur la base du niveau de — l’existence de deux cibles considérées comme prioritaires, la
risque tolérable (défini dans la circulaire ministérielle du 10 décem- santé humaine et les ressources en eau qu’il convient de protéger ;
bre 1999) ; — un degré de connaissances scientifiques et techniques dif-
— changer l’usage envisagé pour un autre compatible avec les férentes.
concentrations résiduelles dans les milieux d’exposition, ce qui
conduira à la prise de servitudes visant à limiter l’usage du site au Cependant, dans l’étude des différentes cibles, pourront être
type de celui pour lequel il aura été traité ; introduits des éléments communs ou issus de l’analyse des effets
— surveiller le site qui ne présentera pas de risques jugés sur une autre cible (exemple : dans le cadre d’une EDR pour la
inacceptables ; santé humaine, la contamination de la ressource en eau ou de la
chaîne alimentaire peut être un élément important).
— rendre le site à un usage banalisé.

3. Principes de base
L’EDR, qui est un des éléments de la politique nationale en
matière de gestion et de réhabilitation des sites et sols pollués,
doit respecter les principes généraux de cette politique et en parti-
culier : Limite
— la recherche systématique et organisée des sites pollués et du site
potentiellement pollués ;
— une définition de la notion de pollution sur une base Point d'exposition
d’évaluation des risques, à appliquer site par site ; Point de conformité
— une réhabilitation adaptée à l’impact effectif du site sur son Puits
Varie de l'intérieur du site
environnement et à l’usage connu et identifié auquel ces derniers jusqu'à une certaine distance
sont destinés ; du point d'exposition
— une nécessaire hiérarchisation des priorités d’action pour
intervenir en premier sur les sites présentant les risques les plus
importants ;
— la proportionnalité des études et travaux aux impacts effecti- Source "Sort et transport" le long
de la voie d'exposition
vement constatés et aux incidences prévisibles.
Aux principes généraux évoqués précédemment, il convient
d’ajouter des principes plus généraux, tels que :
— le recours éventuel au principe de précaution « selon lequel
l’absence de certitudes, compte tenu des connaissances scienti- Figure 2 – Schéma conceptuel élaboré pour le site étudié

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4. Informations nécessaires Encadré 1 – EDR pour les ressources en eau

Dans un domaine où les connaissances scientifiques et tech- L’évaluation détaillée des risques pour les ressources en eau
niques sont partielles et les sources d’incertitude sont nombreuses, liés aux sites et sols pollués a pour objectif de quantifier le
l’évaluation des risques est une méthode d’analyse structurée où risque pour lesdites ressources (souterraines et/ou superfi-
les éléments d’information sont collectés, ordonnés, évalués afin cielles) compte tenu de l’usage actuel ou reconnu de celles-ci.
de quantifier le risque d’une manière transparente et de permettre Les cibles à prendre en considération pourront être très
ainsi au gestionnaire du site d’agir avec la meilleure lisibilité pos- diverses :
sible sur la situation rencontrée. L’EDR doit être comprise comme — ressources en eau captées, au moment des études, pour
une démarche visant à structurer les éléments de connaissance un usage entraînant un contact direct avec l’homme, tel que
pour les mettre en perspective par rapport aux incertitudes. l’alimentation en eau potable, l’irrigation, la baignade, etc. ;
L’évaluation des risques, en intégrant les données relatives aux — celles captées pour un usage moins sensible (exemple :
dangers et aux expositions, détermine les possibilités d’apparition eaux de procédés, eaux de refroidissement...) mais suscepti-
d’effets toxiques, nocifs, physiques, sur les différentes cibles prises bles d’être affectées par une modification de la qualité de la
en compte et identifiées dans la zone d’étude. ressource, nécessitant un traitement approprié pour une pour-
Elle comporte trois grandes étapes : suite de l’utilisation ;
— celles considérées et déclarées comme une ressource
— l’identification et la caractérisation des dangers en relation future pour l’alimentation en eau potable dont il convient de
avec la présence de substances attribuables au site étudié ; préserver la qualité (cf. schémas d’aménagement et de gestion
— l’évaluation des expositions des différentes cibles liées à des eaux - SAGE, SDAGE : documents à caractère réglemen-
l’usage du site et de son environnement ; taire élaborés à l’échelle d’une région ou d’un bassin versant) ;
— la caractérisation des risques pour les différentes cibles — celles susceptibles d’être considérées comme des res-
devant être prises en compte dans le cas particulier du site étudié sources en eau pour d’autres usages (exemple : eaux indus-
(cf. schéma conceptuel élaboré dès les étapes précédentes et trielles, eaux d’irrigation, etc.) ; dans certains cas, il conviendra
complété par les éléments d’information recueillis au cours du dia- de se préoccuper des capacités réelles de production desdits
gnostic approfondi). aquifères avant de se lancer dans une estimation des concen-
Cela suppose de déterminer pour l’évaluation des dangers liés à trations des substances.
la source de pollution : Le processus itératif utilisé pour une évaluation détaillée des
— les substances dangereuses présentes sur le site (et leurs pro- risques, adaptée à la problématique du site étudié, conduit à
duits de transformation), qu’elles soient liées/dérivées des activités mettre en œuvre en règle générale une première phase basée
pratiquées sur le site, ou transférées depuis l’extérieur (exemple : sur l’emploi d’hypothèses simplificatrices mais majorantes
par pollution de la nappe d’eau souterraine), ou du fait d’un projet (basé sur des constatations/mesures au droit des cibles identi-
de développement dudit site (exemple : matériaux rapportés pour fiées ou sur des modèles simples de transfert). S’il en résulte
la construction, carburants...) ; un risque jugé inacceptable, alors des outils plus performants,
— les caractéristiques physico-chimiques de ces substances permettant une appréciation plus fine du risque, pourront être
dangereuses, notamment en termes de nature des dangers asso- employés. Ainsi, un second niveau intégrant les principaux
ciés, de types d’effets sur les différentes cibles, sur les divers orga- processus intervenant dans le comportement et le transport
nes des cibles potentielles... ; des polluants (processus physiques, chimiques, biologiques),
— les relations doses-effets pour chacune des substances rete- soit au travers d’un facteur de retard, soit au travers d’équa-
nues dans le cadre de l’évaluation détaillée des risques. tions plus complexes, pourra être rendu nécessaire.
(0)
De même pour l’évaluation du potentiel d’exposition (tableau 2),
Tableau 2 – Exemple de voies d’exposition possibles il faudra déterminer :
de populations dans le cas d’un site pollué — les concentrations (dans les différents milieux) auxquelles
par des solvants chlorés peuvent être exposées les différentes cibles prises en compte ;
Populations — les modes de transport, les mécanismes de transformation
Habitants dans l’environnement des substances identifiées, qui dépendront
Travailleurs éloignées
Voie d’exposition vivant tant des caractéristiques des substances que de conditions particu-
sur le site alimentées
près du site lières du site (type et composition des sols au droit du site, teneur
par la nappe
en eau, pH...) ;
Inhalation directe de polluant — la nature et les quantités de populations, de ressources ou de
sous forme gazeuse + + –
biens susceptibles d’être exposés, et ce pour toutes les étapes de
Inhalation de polluant adsorbé + + – la gestion du site jugées pertinentes (situation actuelle, projet de
sur les poussières développement, personnel travaillant sur le site pendant les tra-
Inhalation de polluant à partir vaux de réhabilitation...) ;
d’eau contaminée (douche) – + +
— les scénarios d’exposition les plus pertinents pour chacune
Ingestion directe de sol ou de des cibles identifiées dans chaque cas d’usage du site et de son
poussières du sol + + – environnement, ce qui permettra de définir les concentrations
Ingestion d’eau contaminée + + + d’exposition.
Absorption cutanée Selon le schéma conceptuel élaboré, il conviendra d’établir les
de sol et de poussières + + – différentes approches d’analyses de risques à mener : évaluation
des risques pour la santé humaine et/ou pour les ressources en
Absorption cutanée à partir
d’eau contaminée (bain, – + + eau (encadré 1), et/ou pour les écosystèmes, et/ou pour les biens
douche...) matériels.
Absorption cutanée de polluant Il conviendra, dans la phase ultime d’appréciation des résultats
+ + – des diverses approches, de prendre en considération :
sous forme gazeuse
+ : voie prise en compte dans cet exemple. — les différents risques, en séparant ceux jugés inacceptables
– : voie non prise en compte dans cet exemple. pour l’ensemble des cibles identifiées sur le site étudié ;

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— les objectifs de réhabilitation proposés au travers des dif- Le diagnostic approfondi et l’évaluation détaillée des risques
férentes approches menées, tout en considérant les incertitudes doivent permettre d’apprécier l’existence effective ou potentielle
associées à l’ensemble de la démarche ; les valeurs objectifs de risques ou de nuisances, et conduire à une proposition d’objec-
considérées comme les plus sûres devront être proposées ; tifs de réhabilitation (figure 3) qui seront prescrits par arrêté pré-
— les éventuelles contraintes, aisément identifiables, liées à la fectoral dans le cadre d’une démarche réglementaire.
mise en œuvre des opérations de réhabilitation destinées à
réduire, voire éliminer les risques. ■ La circulaire ministérielle précise les niveaux de risques accep-
tables.
Pour les sites devant faire l’objet d’une évaluation détaillée des
risques pour un projet de requalification déclaré à court ou moyen ● Santé humaine
terme, une attention toute particulière devra être portée à l’adéqua-
Pour les substances toxiques pour lesquelles une dose admissi-
tion des campagnes d’investigations (orientées en fonction de la
ble est reconnue, le critère retenu est la dose journalière admis-
localisation des différentes installations projetées et non seulement
sible.
en fonction des anciennes activités pratiquées).
Pour les substances toxiques sans seuil, le critère est un excès
de risque individuel de l’ordre de 1 × 10–5 (une probabilité de 1 sur
Tout changement d’usage projeté devra faire l’objet d’une 100 000 de contracter un cancer lié à la pollution du site).
nouvelle évaluation détaillée des risques.
● Ressources en eau
Ce sont les concentrations maximales admissibles pour la distri-
bution d’eau potable qui sont retenues pour les nappes utilisées à
5. Analyse des incertitudes cette fin (actuellement ou pour le futur).
Dans les autres cas d’usage des ressources en eau, ce sont les
L’EDR comprend de nombreuses incertitudes, de par l’état des concentrations permettant le maintien des usages qui doivent pré-
connaissances, le nombre de paramètres à considérer et la diffi- valoir.
culté parfois de les appréhender finement. Toutefois, cette absence ■ Cette circulaire présente par ailleurs d’autres principes à appli-
de certitudes ne doit pas être un obstacle à la prise de décision qui, quer dans ce cadre :
basée sur l’appréciation réaliste du risque, devra aussi prendre en
compte l’évaluation des incertitudes afin de s’assurer que c’est — la mise en place de mesures de surveillance et de travaux
bien une approche raisonnablement majorante qui a été suivie. de dépollution devant prévenir l’apparition ou la persistance de
risques ou de nuisances pour l’homme et l’environnement ;
Les principaux facteurs d’incertitude sont liés :
— une bonne identification des cibles à protéger ;
— au niveau du diagnostic : — une prévention du transfert des polluants vers les nappes
• à la qualité des données recueillies au cours des différentes puis de l’extension de la pollution ;
phases d’investigations (visite de terrain, diagnostic initial, — une information du public et des collectivités, tant sur les
diagnostic approfondi), résultats des diagnostics approfondis et des évaluations détaillées
• à l’éventuel recours à des données bibliographiques ou des risques que sur les expertises réalisées (documents consul-
de paramètres proposés par défaut dans certains outils de tables sur simple demande auprès des services de l’administration
modélisation, en lieu et place de données spécifiques au site ; concernée) ;
— au niveau de l’évaluation des risques pour la santé et des res- — le recours, si besoin est, à des restrictions d’usage pour pré-
sources en eau : server un usage du site compatible avec les concentrations rési-
• à l’évaluation de la toxicité des substances présentes (identi- duelles en polluants.
fication des substances, définition des relations doses-effets,
interactions possibles entre substances...),
• à l’évaluation de l’exposition (définition des cibles et des
usages à prendre en considération, utilisation des modèles),
• à la prise en compte de la variabilité spatio-temporelle des
paramètres considérés.
Concentration dans le sol : Csol
Quel que soit le type d’incertitudes rencontrées, il convient de
les mettre en perspective avec les résultats obtenus afin d’apporter
les éléments nécessaires à la discussion, et de mettre en évidence
les points où un effort supplémentaire dans l’acquisition de don- Calcul des doses journalières d'exposition : DJE
Calcul des concentrations inhalées : CI Réhabilitation
nées ou la modélisation peut réduire de façon substantielle l’incer-
titude entourant le résultat final.

6. Niveaux de risques Niveau de risque acceptable ?


Non

acceptables
Les principes applicables pour la prescription de travaux de Oui
réhabilitation sur des sites pollués sont décrits dans la circulaire Objectif = Csol
ministérielle du 10 décembre 1999 prise dans le cadre de la loi du
19 juillet 1976 (installations classées pour la protection de l’envi-
ronnement) et relative aux principes de fixation des objectifs de
réhabilitation. Figure 3 – Calcul des objectifs de réhabilitation

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7. Concertation utilisés, estimation de la fiabilité des informations, poids des


incertitudes sur le calcul des concentrations acceptables...), doit
être validée dans la cellule de concertation mise en place (com-
Comme dans le cas de l’évaluation simplifiée des risques prenant au moins le responsable du site, l’inspecteur des instal-
(ESR), l’ensemble de la démarche, en particulier des hypothè- lations classées, les experts). Dans certains cas, la concertation
ses simplificatrices prises pour la quantification du risque (choix pourra être élargie autant que de besoin au propriétaire du site
des voies d’expositions, précision des modèles de simulation et au maire.

Références bibliographiques

[1] Ministère de l’Aménagement du Territoire et [2] Ministère de l’Aménagement du Territoire et [3] Ministère de l’Aménagement du Territoire et
de l’Environnement. – Classeur « Gestion des de l’Environnement. – Mode d’emploi des de l’Environnement. – Classeur « Gestion des
sites (potentiellement) pollués ». Version 2.
sites pollués ». Version 0. Éditions du BRGM outils méthodologiques applicables aux sites Éditions du BRGM (ISBN 2-7159-0899-7),
(ISBN 7159-0900-4), septembre 2000. et sols pollués (2000). juillet 2000.

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