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Bulletin

de la Commission Bancaire
de l'Afrique Centrale

N° 11
Juin
2009
Sommaire

Avant-propos. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2

1.Réglementation prudentielle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.Renforcement des fonds propres des établissements de crédit de la Communauté Economique et Monétaire de
l’Afrique Centrale. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.Classification des activités, formes juridiques et catégories des établissements de crédit de la Communauté
Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

2. Situation du système bancaire de la CEMAC au 30 juin 2009 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27


2.1. Situation d’ensemble . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.1.1. Evolution de la situation bilantielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.1.2. Respect des normes prudentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.1.3. Résultats de la cotation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34

2.2. Situation par pays . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36


2.2.1. Le système bancaire camerounais. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.2.2. Le système bancaire centrafricain . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.2.3. Le système bancaire congolais. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2.2.4. Le système bancaire gabonais . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
2.2.5. Le système bancaire équato-guinéen . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
2.2.6. Le système bancaire tchadien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53

ANNEXE : STATISTIQUE DU SYSTEME BANCAIRE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58

3.Règlements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65

Règlement COBAC R-2009/01 portant fixation du capital social minimum des établissements de crédit . . . . . . . . . . . . . . . . 65
Règlement COBAC R-2009/02 portant fixation des catégories des établissements de crédit, de leur forme juridique et
des activités autorisées. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67

3
Avant-propos

Ce onzième numéro du Bulletin de la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC)


met l’accent sur l’évolution de la réglementation prudentielle à travers l’élaboration des
règlements portant fixation du capital minimum social et des catégories des établissements de
crédit, de leurs formes juridiques et des activités autorisées dans la Communauté Economique
et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC).

Ce bulletin présente également la situation du système bancaire de la CEMAC au 30 juin


2009. Ainsi, les principaux agrégats de l’activité bancaire sont orientés à la hausse avec un total
des bilans cumulés en progression de 0,7 % comparé à leur niveau au 30 juin 2008. Les dépôts
collectés se sont accrus de 9,1 % et les crédits distribués ont augmenté de 19,4 %. L’excédent
de trésorerie dégagé s’est davantage confor té par rappor t au niveau obser vé
l’année dernière à la même date.

Les deux règlements adoptés par la COBAC lors de sa session du 1er avril 2009, à savoir
le Règlement COBAC R-2009/01 portant fixation du capital social minimum des établissements
de crédit et le règlement COBAC R-2009/02 portant fixation des catégories des établissements
de crédit, de leur forme juridique et des activités autorisées, figurent en dernière partie de ce
bulletin.

IDRISS AHMED IDRISS

Secrétaire Général de la COBAC

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1. Réglementation prudentielle

1.1. Renforcement des fonds propres des établissements de crédit de la Communauté


Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale

Présentation du Règlement COBAC R-2009/01 portant fixation du capital minimum des


établissements de crédit

Suite à la grave crise bancaire qui avait obéré les comptes des banques au cours des
dernières décennies, les Autorités de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique
Centrale (CEMAC) avaient décidé de créer le 16 octobre 1990, la Commission Bancaire de
l’Afrique Centrale (COBAC) avec pour mission de réglementer, contrôler et restructurer le
secteur bancaire. L’organe sous-régional de supervision bancaire s’est attelé, depuis sa création,
d’une part, à la mise en place d’un cadre réglementaire et prudentiel proche des standards
internationaux et, d’autre part, à la restructuration du secteur bancaire avec l’appui des
Pouvoirs publics et de la Communauté financière internationale.

La feuille de route prescrite alors à la COBAC par les Etats de la CEMAC a été entièrement
exécutée. La COBAC a non seulement achevé la restructuration bancaire, certes avec des retards
dans certains Etats, mais elle s’est dotée également d’un cadre réglementaire prudentiel unifié,
évalué à cinq reprises par le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale dans
le cadre des Programmes d’Evaluation du Secteur Financier (PESF/FSAP) du Cameroun (2000
et 2007), du Gabon (2001), du Centrafrique (2008) et de la sous-région (2006).

Si le secteur bancaire de la CEMAC s’est bel et bien raffermi au fil des années grâce au
travail réalisé par la Commission Bancaire et à la ferme volonté des Etats d’assainir le secteur,
il extériorise néanmoins des signes de vulnérabilité dont l’origine est imputable essentiellement
à la faiblesse des fonds propres. Les missions d’inspection ont souvent noté que le
provisionnement complémentaire recommandé par la COBAC se traduit souvent par un
effritement immédiat des fonds propres des banques avec pour conséquence le non-respect
des normes assises sur cet agrégat, notamment celle relative à la division des risques. Cet
effritement rapide des fonds propres est consécutif à la faiblesse des fonds propres de base qui
sont essentiellement constitués du capital social et des réserves.

Pour amener les banques de la CEMAC en infraction à respecter l’ensemble des normes
prudentielles assises sur les fonds propres, la Commission Bancaire a souvent invité les dirigeants
à ne pas opérer de distribution des dividendes ou à procéder, le cas échéant, à l’augmentation
du capital social. C’est ici donc le lieu de rappeler que le capital social est le véritable socle des

5
fonds propres de base. Or, le niveau du capital social des banques est à tout le moins
déterminé par le capital minimum requis pour exercer la profession bancaire. Capital minimum
dont la fixation est demeurée dans la CEMAC du ressort des Etats bien qu’ils aient entrepris
en janvier 1992, l’harmonisation de leur réglementation bancaire. Afin de corriger cette
anomalie, le Comité Ministériel de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC) a, en sa
séance du 6 octobre 2008, adopté le Règlement CEMAC donnant compétence à la
Commission Bancaire pour harmoniser et fixer le capital minimum, la forme sociale et les
activités autorisées des établissements de crédit de la CEMAC.

Après avoir situé le contexte, les développements qui suivent permettent de justifier la
fixation d’un capital minimum uniforme des banques et des établissements financiers dans
l’ensemble du territoire de la CEMAC.

1.1.1. Contexte

Selon l’article 34 de l’Annexe à la Convention Portant Harmonisation de la Réglementation


Bancaire dans les Etats de l’Afrique Centrale, l'Autorité Monétaire fixe, sur avis du Conseil
National du Crédit, le capital minimum des Établissements de crédit. En application de ce
dispositif, seuls, deux Etats, le Cameroun et le Gabon ont revu à la hausse leur capital minimum.
Les quatre autres Etats sont restés aux niveaux fixés il y a plus de trente ans 1 pour certains.

Au regard de l’environnement actuel, le niveau du capital minimum est loin de faire jouer le
rôle de stabilisateur qui incombe au capital social dans les établissements de crédit.
Le montant du capital minimum apparaît tout à fait dérisoire comparé à l’importance des risques
encourus par les banques et établissements financiers alors que l’environnement économique
et financier de la région a subi de nombreuses mutations, surtout depuis la dévaluation de la
monnaie commune. Les établissements de crédit restructurés ou nouvellement créés font face
à des risques aussi diversifiés que les risques de crédit, de marché et opérationnels voire
stratégiques pour lesquels les standards internationaux exigent une couverture suffisante en
termes de fonds propres. Au-delà de ces risques, les ressources permanentes essentiellement
constituées des fonds propres doivent, dans la CEMAC, couvrir totalement les immobilisations
incorporelles, corporelles et financières, sauf cas exceptionnels, pour éviter de les financer avec
les dépôts de la clientèle. Pour ces raisons, la Commission Bancaire se préoccupe, outre du niveau
du capital minimum, de sa représentation en déduisant les non-valeurs. Les établissements de
crédit de la CEMAC ont tous un capital social supérieur au capital minimum défini dans les
textes nationaux. Cependant, sa représentation n’a toujours pas été respectée dans son
ensemble.

_____________________________
1
Décret N° 90/1470 du 09 novembre 1990 au Cameroun
Ordonnance N° 75/053 du 12 juillet 1975 en Centrafrique
Loi N° 3/66 du 7 juin 1966 au Congo
Arrêté N° 01/99/MEFBP au Gabon
Décret N° 2/1987 du 02 juin 1987 en Guinée Equatoriale
Décret N° 20/PR.E.T du 04 février 1965 au Tchad

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Capital Minimum exigible et capital moyen dans la CEMAC en 2007

Capital Minimum Capital moyen

Banques Établissements Banques Établissements


financiers financiers
Cameroun 1000 250 5665 1911
Centrafrique 200 10 1667 -
Congo 150 10 3556 1000
Gabon 1000 500 15763 1273
Guinée-Équatoriale 300 10 2304 -
Tchad 150 10 2411 -

Il convient de rappeler que les législations du Cameroun et du Gabon ont fixé le niveau de
capital minimum à 1 milliard de Francs CFA pour les banques et entre 250 et 500 millions de
Francs CFA pour les établissements financiers. S’il varie entre 150 millions et 300 millions pour
les banques en Centrafrique, au Congo, en Guinée Equatoriale et au Tchad, le capital minimum
des établissements financiers est fixé à 10 millions de Francs CFA dans ces quatre pays. Comme
on peut le constater, ce capital minimum est demeuré à un niveau trop faible face aux risques
inhérents à l’exercice de l’activité bancaire.

Il apparaît clairement dans le tableau ci-dessus que le capital social moyen des banques dans
les différents pays varie en 2007 d’un minimum de 1 667 millions de francs pour la République
Centrafricaine à 15 763 millions de francs pour le Gabon. De même, il se situe, pour les
établissements financiers, dans l’intervalle compris entre 1 000 millions de Francs CFA pour le
Congo et 1 911 millions de Francs CFA pour le Cameroun excepté la Société Nationale
d’Investissement (SNI) et la Société de Recouvrement des Créances (SRC). Pour l’ensemble de
la CEMAC, le capital social moyen des banques et des établissements financiers ressort respec-
tivement à 5 228 millions de Francs CFA et à 1 592 millions de Francs CFA, bien au-delà du
minimum légal. Toutefois, l’examen de la représentation du capital minimum exigée par le
superviseur vient quelque peu tempérer ces résultats favorables.

La représentation du capital minimum mesurée par le passif interne net fait ressortir en 2007
des situations disparates. Quatre banques ne respectent pas la norme de la représentation du
capital minimum dans trois pays, à savoir : deux (2) au Cameroun, une (1) en Guinée
Equatoriale et une (1) au Tchad, renforçant ainsi l’argument selon lequel les fonds propres de
base des banques de la CEMAC résistent difficilement au poids des pertes générées par les
non-valeurs et les provisions pour dépréciation d’actifs. Si la moyenne de l’ensemble des

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banques de la CEMAC se situait en 2007 à 8 070 millions, le Gabon et le Cameroun affichaient
respectivement un passif interne net de 19 610 millions et 10 674 millions tandis que la
Guinée Equatoriale, le Congo, le Tchad et la République centrafricaine étaient en dessous de
la moyenne régionale. Toutefois, même si la représentation du capital minimum peut se
révéler globalement satisfaisante pour l’ensemble des banques, il n’en demeure pas moins que
neuf (9) banques sur trente six (36) dégageaient en 2007 une insuffisance de fonds propres pour
la couverture des risques et vingt sept (27) pour satisfaire la norme individuelle de division des
risques. Il apparaît que les banques qui respectent l’ensemble des normes réglementaires
assises sur les fonds propres se situent au Cameroun et au Gabon, pays qui ont, dans le passé,
relevé leur niveau du capital minimum.

Cette situation crée un biais sur le marché bancaire de la CEMAC. Même si le montant du
capital minimum n’est pas la seule condition pour limiter le nombre des banques violant les
normes assises sur les fonds propres, il convient néanmoins de reconnaître que le respect
desdites normes passe aussi par la détermination d’un niveau de capital minimum conséquent
et consistant.

Outre la faiblesse du capital minimum exigé, d’importantes disparités notées au niveau


national et régional pèsent sur l’efficacité de la réglementation bancaire de la CEMAC. A titre
d’exemple, le capital médian était de 3 686 millions de francs CFA en 2007 tandis que la
moitié des banques ont un capital supérieur à ce seuil. Cette situation commande une
harmonisation et un relèvement du capital minimum pour l’ensemble des pays de la CEMAC.

1.1.2 Fixation du capital minimum

Pour fixer le niveau optimal de capital minimum apte à couvrir de façon satisfaisante les risques
encourus par les établissements de crédit dans le cadre de leurs activités, il a été examiné un
ensemble d’hypothèses tenant compte de l’environnement sous régional et des évolutions de
la réglementation bancaire à l’échelle internationale. Il a été posé comme postulat le
caractère jugé assez difficile de l’environnement économique de la sous-région qui devrait
conduire le superviseur régional à être plus exigeant, voire intransigeant en matière de respect
de la norme de solvabilité notamment. Le chemin suivi par la COBAC depuis sa création a
souvent consisté à imposer le strict minimum alors que les efforts attendus pour l’environne-
ment de la CEMAC devraient être plus élevés. Les risques censés être couverts par les fonds
propres portent sur les crédits, reconnus pour l’heure comme le risque le plus important dans
la Communauté ; les risques opérationnels et, dans une moindre mesure, les risques de
marché commencent à poindre à l’horizon. Par ailleurs, il est indispensable de disposer
également d’un système bancaire offrant les mêmes garanties où que l’on se trouve dans la
sous-région et quelle que soit la nature de l’établissement de crédit, banque ou établissement

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financier. Des approches différentes ont été adoptées pour la fixation du capital minimum des
banques et pour celui des établissements financiers.

1.1.2.1. Capital minimum des banques

Pour déterminer le niveau du capital minimum des banques, deux approches ont été utili-
sées : l’approche par la fixation d’un ratio de couverture de risque optimal à atteindre par l’en-
semble des banques de la Communauté et l’approche empirique qui consiste à observer les
frais fixes des banques au moment de leur démarrage.

1.1.2.1.1. Approche par le ratio de couverture de risque optimal

Par souci de simplification, les simulations ont été réalisées sur la base d’un niveau de
couverture de risque pondéré à 15 %, moyenne légèrement supérieure à celle suggérée par
les récentes missions conjointes PESF/FSAP du Fonds Monétaire International et de la Banque
Mondiale et des données mensuelles de la période allant de 2001 à 2007. L’on a observé que
le capital minimum incompressible ressortirait à 7 184 millions de Francs CFA mais ne permettrait
de couvrir que 13 % du total des engagements pondérés. Cependant, même avec un tel
niveau, plusieurs banques de la Communauté ne respecteraient pas toujours la norme de la
division des risques pour laquelle une insuffisance moyenne de fonds propres, de l’ordre de 6
300 millions de Francs CFA, a été relevée en 2007. Un capital minimum de 13 484 millions de
Francs CFA serait requis pour satisfaire cette norme. Cependant, ce niveau pourrait être rapi-
dement dépassé pour que les banques aient des fonds propres suffisants pour couvrir égale-
ment les risques de marchés et les risques opérationnels.

En effet, bien que les missions d’inspection et les conclusions des FSAP successifs ont mis
en évidence l’importance du risque de crédit, elles ont également souligné le poids de la
gestion et de la gouvernance dans les difficultés des banques de la Communauté notamment
celles à capitaux locaux. Le Comité de Bâle exige du superviseur de s’intéresser aussi aux
autres risques tels que les risques de marché et les risques opérationnels. Si les risques de
marché semblent pour le moment limités, eu égard à la faiblesse des marchés financiers dans
la CEMAC, les risques opérationnels sont quant à eux bel et bien présents dans la région et
participent de plus en plus de l’accroissement des difficultés rencontrées par les banques. Pour
prendre en compte le risque opérationnel, il est fait recours à l’approche de Bâle II qui conseille
de le couvrir en considérant une fraction de 15 % du revenu moyen sur les trois années
précédentes. Pour la sous-région, cela correspond à un niveau de couverture de 1 140 millions
de Francs CFA. Quant aux risques de marché, seuls les risques de change ont été considérés
en guise de proxy. Pour ceux-ci, il est recommandé un niveau de couverture de 8 % en fonds
propres. Pour les valeurs moyennes des opérations en devises de 56 570 millions de francs CFA,
le besoin en fonds propres monterait alors à 4 525 millions de Francs CFA.

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Au total, pour l’ensemble des risques de crédit, de marché et opérationnels, un capital de
19 149 millions de Francs CFA conviendrait pour assumer entièrement leur couverture. Or, même
à ce niveau, les risques de réputation, les risques stratégiques et les risques pays resteraient exclus
du champ.

En partant de cette approche basée sur la couverture des risques, le capital minimum
optimal pour les banques de la CEMAC devrait se situer à 20 000 millions de Francs CFA. Ce
montant paraît excessif au regard de l’effort à consentir et du niveau relativement très bas du
capital social des banques. Il est dans ce cas intéressant d’explorer une autre approche qui, elle,
est basée sur l’observation du comportement des banques nouvellement créées dans la
CEMAC au cours de leurs premières années d’exploitation.

1.1.2.1.2 Approche empirique

Au cours des dix dernières années, un certain nombre de banques ont obtenu leur
agrément et démarré leurs activités sous le régime actuel de capital minimum caractérisé par
des exigences variées d’un pays à l’autre. Il s’agit notamment de Citibank Cameroun, Commercial
Bank of Cameroon, Union Bank Cameroon, Ecobank Cameroun, United Bank for Africa
Cameroon, BGFIBANK Congo, Banque de l’Habitat du Gabon, BGFIBANK Guinée
Equatoriale, Banco Nacional de Guinea Ecuatorial et Banque Sahélo-saharienne pour
l’Investissement et le Commerce-Tchad. Les données comptables de ces banques de création
récente 2 comportent des éléments qui ont pu permettre d’orienter la décision de relèvement
du capital minimum à exiger aux banques de la CEMAC. De prime abord, il convient de
relever que toutes ces banques ont démarré leurs activités avec un montant de capital bien
supérieur au minimum exigible dans les pays concernés. Ce constat montre clairement que les
niveaux actuels de capital minimum sont, depuis longtemps, largement dépassés par la pratique
du secteur.

_____________________________
2
Sont exclues du champ de la présente analyse les banques issues des processus de restructuration et qui ont hérité d’une partie du
patrimoine des banques existantes (SCB, BICEC, Ecobank RCA, BCI, Crédit du Congo, LCB, SGBGE, SGTB, Ecobank Tchad, etc.) ou les banques
nées de la transformation d’anciens établissements financiers (Financial Bank Gabon et National Financial Credit Bank).

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Année Capital libéré ou dotation au
d’ouverture démarrage (en M FCFA)

Commercial Bank Cameroon 1997 3 000


Citibank N.A. Cameroon 1998 1 424
Union Bank of Cameroon 2000 1 300
Ecobank Cameroun 2001 1 500
United Bank for Africa Cameroon 2007 2 000
BGFIBANK Congo 2000 1 000
Banque de l’Habitat du Gabon 2006 2 550
BGFIBANK Guinée Equatoriale 2001 1 500
Banco Nacional de Guinea Ecuatorial 2006 1 857
Banque Sahélo-saharienne pour 2004 2 000
l’Investissement et le Commerce-Tchad

En dépit d’un capital ou d’une dotation de démarrage importante en apparence, comparé


au minimum légal requis, les premières années d’activité montrent que la marge initiale
s’amenuise très rapidement en limitant l’essor de ces banques qui se retrouvent souvent très
vite en marge de la réglementation prudentielle. L’une des raisons de cette situation est le niveau
d’immobilisations (corporelles et incorporelles) nécessaires au démarrage des activités. Même
si toutes les banques de création récente ne sont pas propriétaires de leurs sièges, il reste
néanmoins que le niveau des immobilisations totales nettes se trouve dès les premiers mois
d’activité supérieur au capital. Les immobilisations incorporelles ont pour effet de réduire le
montant retenu dans le cadre de la représentation du capital minimum. Elles apparaissent
importantes pour plusieurs banques du fait principalement de l’acquisition des logiciels
d’exploitation. Les banques issues de grands groupes bénéficient de l’effet de synergie leur
permettant de limiter le montant de leurs immobilisations incorporelles. Mais, il en est
autrement pour les banques à capitaux locaux et pour les banques étrangères détenues par
une ou plusieurs personnes physiques.

En plus d’être une barrière à l’entrée, le capital minimum doit pouvoir permettre
d’absorber les premières pertes inhérentes au démarrage des activités bancaires. L’examen des
résultats nets des banques analysées permet de constater que, hormis quelques cas exceptionnels,
les banques réalisent des pertes lors des trois premières années qui peuvent avoir pour effet
d’absorber tout le capital de départ. L’effet direct sur les fonds propres nets est donc

11
important. La majorité des banques analysées a éprouvé des difficultés à respecter l’ensemble
des normes assises sur les fonds propres. Un bon nombre d’entre elles a été amené à augmenter
leur capital dans les premières années d’activité.

En définitive, le capital de démarrage de la plupart des banques analysées s’avère insuffisant


pour leur permettre de mener leurs activités dans le respect de la réglementation
prudentielle. Bien que les données comptables analysées ne permettent pas de déterminer avec
exactitude un montant idéal, elles donnent néanmoins une indication claire sur l’orientation à
retenir. Un relèvement substantiel et une harmonisation tenant compte des autres contraintes
et éléments d’analyse (environnement régional et international, situation du système bancaire,
etc.) se sont avérés indispensables.

Le montant à retenir devrait dès lors se situer à un niveau permettant de faire face aux
premières pertes et d’honorer convenablement la réglementation prudentielle tout en
assurant un développement harmonieux des établissements concernés ainsi que la rentabilité
des capitaux investis. A cet égard, il ressort de l’examen de la situation des différentes banques
de la CEMAC que celles qui respectent en permanence l’ensemble des normes prudentielles
affichent généralement des niveaux de fonds propres nets supérieurs à 10 milliards. Le niveau
du capital minimum devrait raisonnablement se situer au-dessus de ce seuil.

Les deux approches ont permis de conclure sur la nécessité de fixer le capital minimum dans
un intervalle compris entre 10 et 20 milliards. Il aurait donc pu être situé à 15 milliards de FCFA.
Cette limite n’est d’ailleurs pas hors de la portée des banques de la région. L’on dénombre déjà
dans la Communauté quelques banques qui ont atteint voire dépassé cette limite3.

Par ailleurs, il est à noter que le Comité des Superviseurs de banques de l’Afrique de l’Ouest
et du Centre, suivant dans cette direction le Comité de Bâle, a recommandé de relever de façon
substantielle le capital minimum des banques dans les pays membres pour assurer la stabilité
des systèmes bancaires. Le Nigeria, qui partage la même frontière que la CEMAC, a porté le
capital minimum à 200 millions de dollars américains soit l’équivalent environ de 100 000 millions
de FCFA. Dans la même optique, la Commission Bancaire de l’Union Ouest-Africaine vient de
fixer le capital minimum à 10 000 millions de Francs CFA pour l’ensemble de la zone qui
compte des pays aussi différents que le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso, la
Guinée Bissau, le Bénin, le Togo et le Niger. Enfin, il faut ajouter que le capital minimum se situe
à 35 000 millions de FCFA au Ghana et la République Démocratique du Congo s’est engagée
à relever le sien dans les mêmes proportions.

_____________________________
3
BGFIBANK Gabon a porté son capital social à 50 000 millions de Francs CFA en 2007.

12
1.1.2.2. Capital minimum des établissements financiers

Pour les établissements financiers de la CEMAC, la moyenne du ratio de couverture des risques
s’établit à 31 % avec un niveau médian de 24 %. En adoptant la démarche suivie pour les banques,
il a été procédé à une simulation pour une couverture des risques d’au moins 25 %. Le
capital minimum incompressible se situerait à près de 1 500 millions. Pour couvrir les besoins
en fonds propres découlant de la division des risques estimés en moyenne à 159 millions, le
capital minimum aurait dû être fixé à au moins 1 659 millions. Or, celui-ci ne tient pas
compte des risques de marché et des risques opérationnels que les établissements financiers
devront affronter avec la création des marchés financiers dans la région. En intégrant les
exigences en fonds propres pour la couverture respective des risques de marché et des
risques opérationnels évalués à 486 millions et 20 millions, le capital minimum requis aurait dû
être fixé à 2 175 millions. Ce minimum ne tient pas compte des risques de réputation, des risques
stratégiques et des risques juridiques qui pourraient éventuellement survenir dans les
établissements financiers. Sachant que les établissements financiers occupent dans la CEMAC
le segment du financement à moyen et à long terme, leur capital minimum ne devrait
normalement pas être inférieur à 5 000 millions d’autant plus qu’il n’a fait l’objet d’aucune
modification dans tous les Etats. Dans l’UMOA, le capital minimum des établissements financiers
a été arrêté à 3 000 millions de Francs CFA.

Aussi, a-t-il été recommandé à la COBAC de fixer le capital minimum des établissements
financiers de la CEMAC à 3 000 millions. L’effort à consentir par les établissements financiers
aurait été plus élevé dans la mesure où le capital social moyen, hors SNI, Crédit Foncier et SRC,
se situe à 1 093 millions de Francs CFA.

En définitive, la Commission Bancaire a fixé le capital minimum des banques et des


établissements financiers respectivement à 10 000 millions et 2 000 millions. Toutefois, pour
éviter toutes perturbations qui pourraient se révéler néfastes et par dessus tout
contre-productives par rapport à l’objectif poursuivi, le rehaussement du capital minimum des
banques et des établissements financiers se fera graduellement dans une période ne devant pas
dépasser cinq ans à compter de 2009. A cet effet, le capital de toutes les banques devra être
porté à au moins 5 000 millions à fin 2010, à 7 500 millions à fin 2012 et à 10 000 millions à
fin 2014. Pour les établissements financiers, il devra être porté à 1 000 millions à fin 2010, à
1 500 millions à fin 2012 et à 2 000 millions à fin 2014.

13
1.2. Classification des activités, formes juridiques et catégories des établissements de crédit
de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale

Présentation du règlement COBAC R-2009/02 portant fixation des catégories des établissements
de crédit, leur forme juridique et des activités autorisées

Conformément aux dispositions de l’article 12 de l’Annexe à la Convention portant


harmonisation de la réglementation bancaire dans les Etats de l’Afrique Centrale du 17 janvier
1992, l’exercice à titre de profession habituelle d’opérations de banque par une entreprise requiert
un agrément de l’Autorité monétaire après avis conforme de la COBAC. Cet agrément
confère le label d’établissement de crédit.

Pour ce faire, l’entreprise bancaire implantée dans un Etat de la CEMAC doit en application
de l’article 16 de ladite Annexe être dotée d’une personnalité morale lorsqu’elle est de droit
local et disposer d’un capital ou d’une dotation divisé (e) en actions ou parts sociales.

Toutefois, comme il revenait à chaque Autorité monétaire, au-delà de la notion générique


d’établissement de crédit, d’en déterminer la classification au niveau national, ce régime a
donné naissance à une mosaïque d’institutions à fonctions, statuts ou activités fort diversifiés
dans l’ensemble de la Communauté.

L’adoption le 6 octobre 2008 par le Comité Ministériel de l’Union Monétaire de l’Afrique


Centrale (UMAC) du Règlement CEMAC confiant dorénavant à la COBAC la compétence en
matière de détermination des catégories des établissements de crédit, de la fixation du capital
minimum, de la forme sociale et des activités autorisées, permet d’instaurer une grille de
lecture identique dans chacun des Etats de la CEMAC.

La mise en application dudit Règlement CEMAC se traduit par un règlement COBAC


regroupant à la fois les catégories, la forme sociale et les activités autorisées, objet des
développements qui suivent.

Après un nécessaire état des lieux issu de la mise en application du régime réglementaire
en vigueur dans la CEMAC (I), l’étude présente l’architecture de la réforme (III) à la base du
Règlement COBAC portant fixation des catégories des établissements de crédit, leur forme
juridique et les activités autorisées, non sans avoir fait un rapide survol des expériences
étrangères (II).

14
1.2.1. Etat des lieux

L’état des lieux se décline à travers d’une part, l’examen du cadre légal fixant les activités
bancaires et d’autre part, la présentation de la mise en application dudit cadre dans chaque Etat
de la CEMAC.

1.2.1.1. Des activités

En application de l’article 4 de l’Annexe à la Convention du 17 janvier 1992, l’établissement


de crédit est une personne morale qui effectue à titre de profession habituelle des opérations
de banque. A travers cette définition légale de l’établissement de crédit, l’activité réalisée est le
critère fédérateur essentiel. A ces opérations de banque, il faut ajouter les opérations connexes
librement exercées et prévues à l’ar ticle 8. Par contre, l’ar ticle 9 offre sous cer taines
contraintes, la possibilité pour l’établissement de crédit d’exercer des prestations non
bancaires ainsi que des prises ou détentions de participations dans les entreprises. De ce
clivage, il ressort trois types d’activités susceptibles d’être accomplies par un établissement de
crédit : les opérations de banque, les opérations connexes et les prestations non bancaires.

1.2.1.1.1. Les opérations de banque

Ces opérations comprennent la réception de fonds du public, l’octroi de crédits, la délivrance


de garanties en faveur d’autres établissements de crédit, la mise à la disposition de la clientèle
et la gestion de moyens de paiement.

L’exercice d’une seule de ces opérations implique l’obtention préalable de l’agrément. La loi
établit le monopole des établissements de crédit en matière d’opérations de banque, à quelques
dérogations 4 près.

1.2.1.1.2. Les opérations connexes

Ces opérations sont déclinées comme suit :

- les opérations de change ;


- les opérations sur or, métaux précieux et pièces ;
- la location de compartiments de coffres-forts ;

_____________________________
4
Les comptables du Trésor Public, la BEAC, les services financiers de l’administration des Postes, les organismes financiers multilatéraux et les
institutions publiques étrangères d’aide et de coopération.

15
- le placement, la souscription, l’achat, la gestion, la garde et la vente de valeurs
mobilières et de tout produit financier ;
- le conseil et l’assistance en matière de gestion de patrimoine ou financière, l’ingénierie
financière, et d’une manière générale tous les services destinés à faciliter la création et
le développement des entreprises, sous réserve des dispositions législatives relatives à
l’exercice illégal de certaines professions ;
- les opérations de location simple de biens mobiliers ou immobiliers pour les
établissements habilités à effectuer des opérations de crédit-bail.

La plupart de ces opérations connexes relèvent de la prestation de service et sont


accomplies sans formalité. Si elles constituent l’unique objet de l’établissement, celui-ci ne peut
être classé parmi les établissements de crédit.

1.2.1.1.3. Les prestations non bancaires

a. La prise ou la détention de participations dans les entreprises

Elles sont soumises aux dispositions prudentielles strictes du Règlement COBAC R-93/011
relatif aux participations d’établissement de crédit dans le capital d’entreprises. En effet, pour
des raisons de sécurité financière, la participation des établissements de crédit dans des
entreprises non financières est limitée. Toutefois, chaque Autorité monétaire nationale, au
regard « d’impératifs nationaux spécifiques », peut édicter un seuil propre à son Etat.

b. L’exercice à titre habituel d’une activité autre que celles susvisées

Cet exercice obéit à un encadrement rigoureux par le Règlement COBAC R-93/12 relatif
à l’exercice d’activités autres que celles visées aux articles 4 à 7 de l’Annexe à la Convention
du 17 janvier 1992, afin d’éviter toute concurrence malsaine aux entreprises des autres secteurs
économiques. Toutefois, chaque Autorité monétaire nationale, au regard « d’impératifs
nationaux spécifiques », peut édicter un seuil propre à son Etat.

1.2.1.2. Cartographie des catégories dans la CEMAC

En application des articles 10 et 34 de l’Annexe à la Convention de 1992, il revenait jusqu’à


présent à l’Autorité monétaire de chaque Etat membre de la CEMAC, par Décret pris sur avis
du Conseil National du Crédit, de classer les établissements de crédit en plusieurs catégories avec
pour chacune d’elle, le capital minimum, la forme juridique et les activités autorisées (Annexe 1).

16
C’est ainsi que selon les catégories répertoriées, les activités sous-jacentes et les formes
juridiques admises, on peut distinguer les cas du Cameroun et celui des autres Etats : le
Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad.

1.2.1.2.1. Le cas du Cameroun

Au Cameroun, le cadre réglementaire est fixé par l’Ordonnance N°85/002 du 31 avril 1985
relative à l’exercice de l’activité des établissements de crédit modifiée et complétée par la loi
88/06 du 15 juillet 1988, la loi N°90/019 du 10 août 1990, le Décret N°90/1469 du 9
novembre 1990 portant définition des établissements de crédit et la loi 97/014 du 18 juillet 1997
portant loi de finances pour l’exercice 1997/1998.

La situation au Cameroun est donc différente de celle des autres Etats car l’ordonnance
N°85/002 de 1985 a été maintes fois enrichie pour tenir compte de l’évolution des métiers
de la banque. C’est ainsi que l’on trouve des termes aussi variés que banque de dépôts,
banque spécialisée, caisse d’épargne postale, établissement financier, compagnie financière,
société financière d’investissement et de participation etc.

Toutefois, à l’examen de ce cadre juridique, il faut noter l’existence de catégories contraires


au cadre légal fixé par les articles 4 à 9 de l’Annexe à la Convention de 1992.

En effet, au regard des dispositions de la loi bancaire ne sont pas établissements de crédit
les compagnies financières 5 et les sociétés financières d’investissements et de participations 6,
compte tenu de leurs activités axées sur les prises de participations et les métiers du titre
boursier.

De même, les caisses d’épargne postale ne peuvent avoir le label d’établissements de


crédit puisque les services financiers de la Poste sont hors du champ d’application de la
réglementation bancaire.

S’agissant de la forme juridique, le Cameroun retient exclusivement deux formes de


sociétés commerciales : la société anonyme et la société en commandite par actions. Cette
seconde forme n’est pas retenue par l’Acte uniforme OHADA relatif au droit des sociétés
commerciales et du groupement d’intérêt économique.
_____________________________
5
Les compagnies financières « sont des sociétés commerciales qui ont pour activité principale de prendre et gérer des participations et qui, soit
directement, soit par l’intermédiaire de sociétés ayant le même objet, contrôlent au moins une banque. »
6
les sociétés financières d’investissements et de participations « sont des entreprises dont l’objet social est : la prise de participations au
capital de sociétés dans les domaines financier, industriel et commercial, l’octroi de prêts ou d’avals à leurs filiales pour le financement
d’investissements d’intérêt économique et social, la garantie de placement et de vente dans le public des titres de sociétés, la gestion d’un
portefeuille de valeurs mobilières cotées ou non cotées et l’appel au marché financier par voie d’émissions d’actions, d’obligations ou de bons
d’équipement. »

17
Le Cameroun se distingue en prévoyant en sus la forme coopérative ou mutuelle7.

Au total, la réforme a consisté essentiellement à éliminer du champ de la réglementation


bancaire la présence d’entreprises n’obéissant pas aux conditions imposées par la loi bancaire
et des formes sociales incompatibles avec l’Acte uniforme OHADA relatif au droit des
sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique.

1.2.1.2.2. Le cas des autres pays de la CEMAC

Les Décrets pris au Centrafrique, au Congo, au Gabon, en Guinée Equatoriale et au Tchad


datent du début des années 60 et s’inspirent de la loi française du 2 décembre 1945. Ils ont
introduit une distinction entre les banques de dépôts, banques d’affaires et banques de crédit
à long et à moyen terme. Ils n’ont pas connu en général d’amendements substantiels et sont
conformes au cadre légal fixé par les articles 4 à 9 de l’Annexe à la Convention de 1992.

a. les banques de dépôts : elles reçoivent du public des dépôts à vue ou à terme qui ne
peuvent être supérieurs à deux ans. La prise de participations dans des entreprises
autres que les banques, établissements financiers ou sociétés immobilières, est limitée à
10 % du capital social.

b. les banques d’affaires : leur activité principale est la prise et la gestion de participations
dans des affaires existantes ou en formation et l’ouverture de crédit sans limitation de
durée aux entreprises publiques et privées, qui bénéficient, ont bénéficié ou doivent
bénéficier desdites participations. Elles investissent sur fonds propres ou sur des dépôts
stipulés avec deux ans au moins de terme ou de préavis. La clientèle est limitée.

c. les banques de crédit à moyen et long terme : leur activité principale consiste à ouvrir
des crédits dont le terme est au moins égal à deux ans. Elles ne peuvent recevoir des dépôts
pour un terme inférieur à deux ans. La prise de participations dans des entreprises
autres que les banques, établissements financiers ou sociétés immobilières, est limitée à
10 % du capital social.

d. les banques étrangères : elles sont sous le contrôle de personnes physiques ou morales
étrangères.

Quant aux formes juridiques acceptées, tous ces Etats ont retenu celles des sociétés
commerciales suivantes : la société anonyme, la société en commandite simple et par actions,
la société en nom collectif et plus largement toute société à capital fixe.
_____________________________
7
la loi N°92/006 du 14 août 1992 relative aux sociétés coopératives et aux groupes d’initiative commune.

18
En résumé, l’objectif de la réforme a été de « dépoussiérer » les textes pour une
meilleure prise en compte de l’évolution des activités bancaires dans l’économie
contemporaine et de retenir les formes sociales les plus adaptées pour le développement d’un
établissement de crédit dans un tel contexte.

1.2.2. Expériences étrangères

Pour mieux cerner les évolutions dans la CEMAC, il importe de s’intéresser aussi aux
expériences française et de l’UMOA.

1.2.2.1. En France

Le système bancaire français a connu une évolution de la liberté d’établissement vers la


réglementation de l’activité bancaire à travers plusieurs étapes : l’absence de réglementation
particulière, un début d’encadrement dans les années 30/45 par des législations complexes et
hétérogènes qui établissaient des banques spécialisées puis l’arrivée de la loi bancaire de 1984
ayant pour objet de mettre fin à la disparité de situations et de statuts particuliers et
d’organiser le contrôle du secteur. Cette loi a été modifiée à plusieurs reprises pour tenir
compte du passage de l’économie d’endettement à l’économie de marchés de capitaux dans
un contexte de mondialisation des marchés. Enfin, le cadre juridique de l’activité bancaire en
France s’est affranchi en 2000 d’une loi bancaire spécifique pour être fondu dans un instrumentum
plus large, le Code monétaire et financier.

Le concept d’ « opérations de banque » forme l’ossature du cadre juridique. Ces opérations


de banque sont la réception de fonds du public, l’octroi de crédits, la délivrance de garanties
en faveur d’autres établissements de crédit, la mise à la disposition de la clientèle et la gestion
de moyens de paiement.

Les opérations dites connexes sont les opérations de change, les opérations sur or, métaux
précieux et pièces, le placement, la souscription, l’achat, la gestion, la garde et la vente de valeurs
mobilières et de tout produit financier, le conseil et l’assistance en matière de gestion
financière, l’ingénierie financière, et d’une manière générale tous les services destinés à faciliter
la création et le développement des entreprises, sous réserve des dispositions législatives
relatives à l’exercice illégal de certaines professions et enfin les opérations de location simple
de biens mobiliers ou immobiliers pour les établissements habilités à effectuer des opérations
de crédit-bail.

19
C’est ainsi que dans le paysage bancaire français actuel, figurent les établissements de
crédit, les établissements financiers et les compagnies financières. La discrimination instaurée par
le législateur repose sur le niveau d’habilitation pour la réalisation d’opérations de banque,
d’opérations qui leur sont connexes et d’autres activités économiques par les acteurs du
secteur bancaire.

1.2.2.1.1. Les établissements de crédit

La loi française du 2 décembre 1945 établissait une distinction entre les banques de dépôts,
banques d’affaires et banques de crédit à long et à moyen terme. Toutefois, les lois bancaires
françaises de 1966 puis de 1984 ont abandonné ce type de classement pour s’adapter à la
mutation vers la banque universelle. Désormais, apparaît la notion générique d’établissement
de crédit.

L’établissement de crédit est une personne morale et l’entreprise personnelle en est exclue.
A coté des sociétés anonymes ou de sociétés par actions simplifiées et de sociétés de personnes
(sociétés en nom collectif ou en commandite), figurent des sociétés à caractère coopératif.

A l’établissement de crédit est réservé le monopole d’effectuer « à titre de profession


habituelle des opérations de banque. ». Par la suite, la loi établit un classement en plusieurs
catégories dont le clivage essentiel est celui des entreprises bancaires autorisées à recevoir
librement des fonds du public « les banques » de celles qui ne le sont pas « les sociétés
financières ». Elle maintient par ailleurs les établissements de crédit à statut particulier, fruit de
l’histoire de l’organisation du secteur bancaire et financier français. C’est ainsi qu’à côté des banques
« stricto sensu » existent notamment les banques mutualistes ou coopératives dont les
sociétaires émanent de secteurs économiques précis.Toutefois, pour les banques coopératives,
la tendance générale est celle d’un abandon de leurs spécificités pour l’adoption de dispositions
de droit commun et donc réaliser la mutation vers la banque universelle.

Les établissements de crédit réalisent les opérations de banque pour leur propre compte,
les intermédiaires ont un traitement particulier.

1.2.2.1.2. Les établissements financiers

L’établissement financier est une entreprise qui n’a pas l’agrément d’établissement de crédit
dans l’Etat d’implantation de son siège social mais qui a pour activité principale : les opérations
de change, le placement, la souscription, l’achat, la gestion, la garde et la vente de valeurs
mobilières et de tout produit financier, le conseil et l’assistance en matière de gestion de

20
patrimoine ou financière, l’ingénierie financière, les prises de par ticipations dans les
établissements de crédit.

1.2.2.1.3. Les compagnies financières

La compagnie financière est un établissement financier qui a pour filiales, exclusivement ou


principalement, un ou plusieurs établissements de crédit ou entreprises d’investissement 8 ou
établissements financiers. L’une au moins de ces filiales est un établissement de crédit ou une
entreprise d’investissement.

Au total, si le législateur instaure bien des catégories parmi les établissements de crédit, sous
la pression de la déréglementation liée à la mondialisation des marchés de capitaux et les
mutations technologiques, les spécificités qui les caractérisaient tendent à disparaître pour
établir la prépondérance de la banque universelle.

1.2.2.2. Dans l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA)

« La loi cadre portant réglementation bancaire » est à l’instar de la Convention bancaire de


1992 dans la CEMAC, la norme juridique communautaire de l’UMOA. Elle légifère sur les
activités, catégories et formes sociales autorisées.

1.2.2.2.1. Les activités

Il n’existe pas de définition d’opérations de banque pour en reconnaître le monopole


d’exercice aux entreprises bancaires agréées. Toutefois, la loi identifie deux opérations
fondamentales, les opérations de crédit et les opérations de placement, qu’elle définit
strictement :

- opérations de crédit : les opérations de prêt, d’escompte, de prise en pension,


d’acquisition de créances, de garantie, de financement de ventes à crédit et de crédit bail ;

- opérations de placement : les prises de participations dans les entreprises existantes ou


en formation et toutes les acquisitions de valeurs mobilières émises par toutes
personnes publiques ou privées.

Il convient de noter que la mise à la disposition de la clientèle et la gestion de moyens de


paiement ne sont pas mentionnées.

21
1.2.2.2.2. Les catégories

Il n’existe pas un vocable commun « établissement de crédit ». C’est la loi cadre qui fixe deux
catégories d’entreprises bancaires « les banques » et « les établissements financiers » pour la
délivrance de l’agrément par l’Autorité monétaire nationale. L’Autorité monétaire nationale
intervient pour classer les établissements financiers en diverses catégories compte tenu de leurs
activités respectives.

Ce système a pour avantage d’assurer l’existence de dénominations communes dans toute


la zone mais présente l’inconvénient d’une nécessaire intervention du législateur communau-
taire pour tout amendement.

La loi cadre met en opposition les deux catégories « banque » et « établissement de


crédit » et énumère pour chacune des deux catégories d’entreprises bancaires, les activités
exercées :

- « Sont considérées comme banque, les entreprises qui font profession habituelle de
recevoir des fonds dont elles peuvent disposer par chèque ou virement et qu’elles
emploient pour leur propre compte ou pour le compte d’autrui, en opération de crédit
ou de placement » ;
- « Sont considérés comme établissement financier, les personnes physiques ou morales,
autres que les banques, qui font profession habituelle d’effectuer pour leur propre
compte des opérations de crédit, de vente à crédit ou de change, ou qui reçoivent
habituellement des fonds qu’elles emploient pour leur propre compte en opération de
placement, ou qui servent habituellement d’intermédiaires en tant que commissionnai-
res, courtiers ou autrement dans tout ou parties de ces opérations ».

Toutefois, les établissements financiers ne peuvent recevoir des dépôts du public que dans
le cadre de leur activité et s’ils y ont été autorisés par Décret et dans les conditions fixés par
ledit Décret. A contrario, les banques sont autorisées à recevoir tous dépôts du public.

C’est ainsi que l’établissement financier se distingue d’une banque, d’une part, par une
restriction sur les modalités de collecte des fonds du public et, d’autre part, par un champ
d’activités élargi aux opérations de vente à crédit ou de change.

Enfin, la notion d’établissement financier du système juridique de l’UMOA absorbe les


notions d’établissement de crédit, d’établissements financiers et de compagnies financières du
système juridique français.

22
1.2.2.2.3. Les formes sociales

La loi cadre reconnaît aux personnes physiques la faculté d’exercer en qualité d’établisse-
ment financier. Toutefois, l’Autorité monétaire peut par décret exclure cette possibilité. Si la loi
cadre précise les formes sociales requises pour être un établissement financier, il n’en
demeure pas moins que l’Autorité monétaire peut par décret retenir d’autre formes.

Les banques sont constituées sous forme de sociétés mais peuvent exceptionnellement
revêtir la forme d’autres personnes morales. En principe, une banque est constituée sous forme
de société anonyme. Toutefois, la société coopérative ou mutualiste est admise sous condition
d’obtenir l’avis conforme de la Commission. Cette forme sociale est donc exceptionnelle.

Ainsi, la forme sociale peut connaître de nombreuses variantes d’un Etat à un autre.

En résumé, la loi cadre peut, de prime abord, paraître rigide en édictant des principes et
concourir à un système harmonisé des activités, des catégories et des formes sociales qui est
absent de la Convention bancaire de 1992.

Toutefois, l’introduction de nombreuses dérogations en faveur d’une intervention de


l’Autorité monétaire entraîne une certaine confusion et aboutit finalement à l’existence d’une
cartographie variée dans l’UMOA.

1.2.3. ARCHITECTURE DE LA REFORME

L’adoption du Règlement CEMAC confiant dorénavant à la COBAC, la compétence en


matière de détermination des catégories des établissements de crédit, de la fixation du capital
minimum, de la forme sociale et des activités autorisées ne remet pas en question les acquis
de la Convention portant harmonisation de la réglementation bancaire dans les Etats de
l’Afrique Centrale dite Convention bancaire de 1992. C’est pourquoi, le Règlement COBAC
portant fixation des catégories des établissements de crédit, leur forme juridique et les
activités autorisées s’appuie sur la notion d’établissement de crédit et l’articulation autour de
l’identification admise d’opérations dites « opérations de banque ».

Du fait de la nouvelle compétence d’attribution de la COBAC, il lui revient désormais de


fixer seule le niveau maximum autorisé pour la prise de participations dans les entreprises par
un établissement de crédit et l’exercice d’activités non-bancaires. La dualité de compétences
avec l’Autorité monétaire est dorénavant supprimée.

23
Ce Règlement CEMAC s’inscrit sans conteste dans l’optique d’une adhésion parfaite aux
standards internationaux à travers le respect des « Principes fondamentaux révisés pour un
contrôle bancaire efficace » élaborés par le Comité de Bâle. Par conséquent, les dispositions
retenues dans le Règlement COBAC prennent en compte les exigences des principes 2 à 5
relatifs aux « agrément et structure » à travers aussi bien le classement que le type social
envisagés.

En sus, le phénomène de déréglementation qui touche les secteurs bancaires étrangers depuis
le milieu des années 80 sur fond de mondialisation de l’économie et de nouvelles
technologies de la communication, ne saurait être occulté. En effet, la déréglementation ou
libéralisation vise le changement ou l’atténuation des règles appliquées aux établissements de
crédit dans le domaine de la concurrence à travers le décloisonnement des statuts et la
banalisation des produits pour mettre tous les établissements de crédit sur un même plan.

Compte tenu de ce qui précède, l’élaboration du classement des établissements de crédit


(1.2.3.1) repose sur les opérations et prestations de service entrant dans le champ d’activités
d’un établissement de crédit telles qu’énoncées par la loi bancaire.

Enfin, les formes juridiques (1.2.3.2) des entreprises commerciales retenues sont, quant à elles,
conformes au cadre juridique fixé par l’Acte uniforme OHADA relatif au droit des sociétés
commerciales et du groupement d’intérêt économique.

1.2.3.1. Les catégories retenues

Au regard de la loi bancaire, les métiers de la banque recouvrent deux aspects principaux,
d’une part l’intermédiaire financier qui s’intercale entre les agents à capacité et les agents à besoin
de financement et d’autre part, le prestataire de services en matière de gestion des moyens de
paiement, de valeurs mobilières, de change, de conseil, ingénierie financière, et de produits non
bancaires.Toutefois, dans les économies contemporaines, les métiers de la banque peuvent aussi
se décliner en fonction du mode de collecte des ressources, de la clientèle visée, de la zone
d’exercice du métier, de l’exigence en fonds propres, etc. C’est ainsi que la diversification des
métiers se traduit par une évolution vers une séparation nette entre les établissements
généralistes avec une large gamme de clientèles, produits ou services et les établissements
sectorisés concentrés sur un créneau précis.

Mais, en imposant la même réglementation à tous types d’établissements de crédit, la loi


bancaire contribue à décloisonner un univers où se multipliaient les types de banques (banques
de dépôt, banques d’affaires, banque nationale, banques étrangères, banque de détail, banque
de financement et d’investissement…) au profit d’une déspécialisation bancaire et du
développement des banques universelles.

24
Par ailleurs, les différents textes nationaux convergent pour asseoir leur nomenclature
essentiellement sur l’opposition entre les banques qui collectent leurs ressources par l’intermédiaire
d’un réseau d’agences et donc autorisées à recevoir librement des fonds du public pour le
financement de leurs activités et celles qui collectent leurs ressources par bien d’autres façons,
notamment sur des marchés de capitaux.

Selon le « Principe 2 » du Comité de Bâle, « les activités autorisées des établissements agréés
et soumis à la surveillance prudentielle en tant que banques doivent être clairement définies,
et l’emploi de la dénomination « banque » devrait être autant que possible contrôlé ».

En tenant compte de ce qui précède, le Règlement COBAC confirme la déspécialisation et


le clivage basé sur la réception ou non des fonds provenant du public. Le Règlement COBAC
rejette la fracture et opte pour le maintien d’une certaine continuité du système antérieur et
plébiscité par tous les Etats pour préserver une cohérence nécessaire entre le passé et
l’avenir. Les spécificités peuvent persister au niveau des statuts régissant l’établissement de
crédit, mais elles concerneront moins leurs activités bancaires.

A cet effet, le Règlement COBAC prévoit deux grands groupes, avec à l’intérieur une seule
subdivision qui se décline en établissements régis par le droit commun et en établissements
bénéficiant d’un statut particulier pour introduire une certaine souplesse. Un établissement qui
développe une stratégie de généraliste exerce plusieurs métiers simultanément et un
établissement spécialiste se concentre sur un seul de ces métiers. Cette dichotomie donne
naissance à quatre grandes catégories distinctes dans laquelle l’établissement de crédit doit
s’inscrire. La grille, bien qu’unique, assure ainsi la diversité des modèles.

Par conséquent, les établissements de crédit sont divisés en établissements bancaires et en


établissements financiers.

1.2.3.1.1. Les établissements bancaires

Ils sont habilités, d’une façon générale, à recevoir du public des fonds à vue ou à moins de
deux ans de terme. Ils sont habilités à réaliser toutes opérations de banque ainsi que toutes
opérations connexes ou non bancaires autorisées par la loi. C’est ainsi que tout établissement
qui dispose des moyens adéquats peut recevoir un agrément qui l’autorise à effectuer tous les
types d’opérations dans la limite, le cas échéant, de son statut particulier. Cette option n’exclut
cependant pas la délivrance d’agrément restreint lorsque l’établissement de crédit veut se
spécialiser dans certaines formes d’opérations ou développer ses activités dans un territoire donné.
Les établissements bancaires se divisent en deux sous-groupes : les banques universelles et les
banques spécialisées.

25
a. Les banques universelles

Elles sont dites banques universelles et peuvent recevoir des dépôts de toutes formes et de
toute durée et consentir toute opération de crédit sans limitation de clientèle. Elles sont donc
libres de choisir leur clientèle, leurs produits ou leur mode d’organisation.

Ce sont essentiellement des banques à réseau ou banque de proximité car la collecte des
ressources se réalise grâce à un réseau de guichets et aux nouveaux canaux de distribution
(banque à distance ou en ligne). La clientèle visée est celle des particuliers, des petites et
moyennes entreprises et de professionnels.

Elles disposent d’un agrément de plein exercice.

b. Les banques spécialisées

Elles peuvent effectuer certaines opérations de banque encadrées par des statuts, des
textes législatifs et réglementaires qui leur sont propres. Ce sont donc des établissements
bancaires à statut particulier pour lesquels les Autorités locales ou les promoteurs ont souhaité
instaurer des règles et des missions spécifiques dans le respect toutefois des prescriptions
communes de la réglementation bancaire.

Ils obtiennent un agrément restreint en vertu de leur statut propre.

1.2.3.1.2. Les établissements financiers

Il leur est interdit de recevoir des fonds du public à vue et à moins de deux ans de terme.
Ils collectent leurs ressources sur les marchés ou autrement. Leur activité consiste essentielle-
ment à consentir des financements à moyen et long terme et intervenir pour des opérations
assimilées telles que le crédit-bail ou la location avec option d’achat. Ils accompagnent leurs clients
sur les marchés des capitaux. Ils obtiennent un agrément restreint.

Les établissements financiers se divisent en deux sous-groupes : les sociétés financières et


les institutions financières spécialisées.

a. Les sociétés financières

Ce sont des établissements financiers de droit commun. Ils assurent le financement de leur
activité par leurs capitaux propres et des emprunts auprès des autres établissements de
crédit ou sur les marchés.

26
Elles réalisent les opérations de banque prévues par leur agrément.

b. Les institutions financières spécialisées

Ce sont des établissements financiers à statut particulier pour lesquels les Autorités locales
ont souhaité instaurer des règles spécifiques dans le but notamment d’assumer une mission
d’intérêt public.

Elles peuvent effectuer les opérations de banque, connexes et non bancaires encadrées par
des textes législatifs et réglementaires qui leur sont propres mais dans le respect strict des
prescriptions définies par la réglementation bancaire. De même, leurs modalités de financement
sont régies par ces textes particuliers.

1.2.3.2. les formes juridiques retenues

L’établissement de crédit ne peut être une entreprise personnelle. La personne morale dont
elle emprunte la forme doit disposer de deux dirigeants au moins. Mais, la loi bancaire
n’impose aucune forme juridique particulière. La réunion des différents critères et des
vocables employés dans l’article 16 sus visé permet notamment de puiser la forme sociale d’un
établissement de crédit parmi les sociétés commerciales régies par l’Acte uniforme OHADA
relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique à savoir
strictement, les sociétés en nom collectif, les sociétés en commandite simple, les sociétés à
responsabilité limitée, les sociétés anonymes. La société en commandite n’a pas été retenue.

Par ailleurs, la loi n’excluant pas expressément l’adoption d’une forme juridique autre que
celle de société commerciale pour l’exploitation de l’activité bancaire, il est possible
d’adjoindre aux sociétés commerciales ayant pour objet exclusif le profit, les groupements
d’affaires qui n’ont pas statutairement pour objectif premier la réalisation de bénéfices mais la
réalisation d’une économie, la société coopérative ou mutuelle.

Toutefois, cette relative liberté sur le choix de la structure sociale doit être contenue par les
contraintes énoncées dans les « Principes fondamentaux pour un contrôle bancaire efficace »
élaborés par le Comité de Bâle, notamment en matière de bonne gouvernance. En effet, une
répartition claire des pouvoirs de gestion, de direction et de contrôle entre les organes sociaux
et ainsi qu’une distinction entre les rôles d’apporteurs de capitaux et de dirigeants sociaux sont
absolument indiquées.

27
1.2.3.2.1. La société en nom collectif

Sur le plan du droit des sociétés, la société en nom collectif présente divers inconvénients
qui ne devraient pas inciter à retenir cette forme sociale pour créer un établissement de
crédit. A titre d’exemple, les associés encourent sur l’ensemble de leur patrimoine, les risques
financiers de l’exploitation et l’unanimité est requise pour céder les titres, sauf à prévoir une
clause statutaire de rachat.

Toutefois, au regard de la réglementation bancaire et des principes de bonne gouvernance,


ce choix peut être retenu sous deux réserves : interdire à la fois la désignation d’une person-
ne morale comme gérant et celle d’un associé comme gérant, afin de garantir la séparation entre
l’organe de gestion et l’organe de contrôle et le respect des critères régissant la délivrance de
l’avis conforme du dirigeant de l’établissement de crédit.

1.2.3.2.2. La société en commandite simple

Sur le plan du droit des sociétés, la société en commandite simple n’est pas la forme
sociale idéale pour créer un établissement de crédit. A titre d’exemple, la coexistence
d’associés soumis à deux régimes juridiques différents en matière de responsabilité est source
de difficultés pour la réparation des dommages liés à une mauvaise gestion assumée par
l’associé commandité.

Toutefois, au strict regard de la réglementation bancaire et des principes de bonne


gouvernance, ce choix peut être retenu sous deux réserves : interdire à la fois la désignation
d’une personne morale comme gérant et celle d’un associé comme gérant, pour les mêmes
raisons que celles évoquées pour la société en nom collectif.

1.2.3.2.3. La société à responsabilité limitée pluripersonnelle

Sur le plan du droit des sociétés, la société à responsabilité limitée offre peu d’attraits pour
créer un établissement de crédit. A titre d’exemple, l’existence d’un fort intiutu personae à
travers l’absence de libre cessibilité des titres qui limite l’expansion du nombre d’associés.

Toutefois, au strict regard de la réglementation bancaire et des principes de bonne


gouvernance, ce choix peut être retenu sous une réserve : interdire la forme unipersonnelle
car l’associé unique est gérant. Il est alors impossible de dissocier les fonctions de gestion de
celle de contrôle par un organe collégial.

28
1.2.3.2.4. La société anonyme dotée d’un Conseil d’administration

Sur le plan du droit des sociétés, la société anonyme présente le plus d’avantages pour créer
un établissement de crédit. A titre d’exemples, la négociabilité de ses titres permet l’ouvertu-
re de son capital à travers le placement des actions en Bourse des valeurs ou dans le cadre
d’une émission et l’organisation sociale est la mieux adaptée pour le respect des dispositions
en matière de bonne gouvernance.

Toutefois, le type d’administration mériterait d’être précisé. En effet, l’article 414 de l’Acte
uniforme sus visé stipule que les statuts de la société anonyme doivent retenir soit une
administration conduite par un Conseil d’administration soit celle confiée à un Administrateur
général. Dans la seconde hypothèse, visée par l’ar ticle 494 dudit Acte et réser vée
exclusivement à la société anonyme pourvue d’un nombre d’actionnaires inférieur ou égal à
trois, l’Administrateur général assume sous sa responsabilité les fonctions d’administration et de
direction.

Sur le plan de la réglementation bancaire, aucun mode d’administration n’ayant été


expressément exclu ou imposé par le législateur, la société anonyme avec au plus trois
actionnaires peut opter pour la désignation d’un Administrateur général et d’un Administrateur
général adjoint pour respecter l’exigence d’avoir au moins deux dirigeants aux commandes de
la banque.

Cependant, cette configuration exclurait la dissociation entre les fonctions de contrôle et de


gestion dévolues respectivement au Conseil d’administration et à la Direction générale et serait
donc contraire aux dispositions du Règlement CEMAC sur le Gouvernement d’entreprise dans
les établissements de crédit.

Par ailleurs, le fait que le Conseil d’administration soit le type d’administration expressément
évoqué dans la Convention bancaire de 1992 notamment en ses articles 27 et 42, semble
indiquer une préférence du législateur pour cette forme sociale.

De plus, de façon générale, la société anonyme dotée d’un Conseil d’administration est le
type d’administration sociale le plus répandu pour un établissement de crédit dans la CEMAC.

Enfin, la désignation de l’Administrateur Général de l’article 494 a un caractère facultatif.

Par conséquent, la société anonyme a été retenue sous une réserve significative : interdire
la désignation d’un Administrateur général par la prescription d’un Conseil d’administration
indépendamment du nombre d’actionnaires.

29
1.2.3.2.5. Autre forme sociale

La société coopérative ou mutuelle d’épargne et de crédit a pour principal objet de collecter


l’épargne de ses membres et de leur consentir des crédits. En règle générale, cette société
fonctionne sur les principes d’union, de solidarité et d’entraide mutuelle et donc en vase clos.

L’absence d’Acte uniforme OHADA sur la société coopérative ou mutuelle est partiellement
comblée par l’application stricte de l’article 3 de l’Acte uniforme relatif au droit commercial
général qui reconnaît aux opérations de banque un caractère commercial.

C’est pourquoi l’exercice à titre de profession habituelle des opérations de banque est une
activité commerciale. La société coopérative sera donc commerciale en raison de son objet mais
ne pourra cependant pas faire appel à l’épargne publique en l’état actuel de la législation.

Au strict regard de réglementation bancaire, cette option implique de vérifier la cohérence


des dispositions retenues dans la législation nationale régissant les coopératives de l’Etat
concerné par la demande d’agrément avec les contraintes de la réglementation bancaire et les
« Principes fondamentaux » du Comité de Bâle.

1.2.4. Conclusion

La réforme permet de rapprocher les deux situations extrêmes constatées dans les six Etats
de la CEMAC, en une grille unique qui intègre à la fois la variété du système camerounais et la
simplicité de lecture adoptée par les autres pays. Les catégories retenues sont au nombre de
quatre (4) : la banque universelle, la banque spécialisée, la société financière, l’institution
financière spécialisée.

De plus, la compétence de l’Autorité monétaire est désormais abrogée en matière de seuil


pour la prise de participations des établissements de crédit dans les entreprises et l’exercice à
titre habituel d’activités non-bancaires au profit d’un pouvoir exclusif de la COBAC.

Par ailleurs, en considération d’importantes réserves spécifiques à chaque type de sociétés,


la seule forme sociale admise est celle de la société anonyme dont la direction est dévolue à
un Directeur Général et un Directeur Général Adjoint agréés et l’administration au Conseil
d’administration. La société anonyme est en effet la forme sociale la plus à même d’épouser
toutes les modifications susceptibles d’intervenir en cours de vie d’un établissement de crédit
et de respecter les exigences des « Principes fondamentaux » établis par le Comité de Bâle.

30
2. Situation du système bancaire de la
CEMAC au 30 juin 2009

Au 30 juin 2009, le système bancaire de la Communauté Economique et Monétaire de


l'Afrique Centrale (CEMAC) compte 43 banques en activité. Elles sont réparties au Cameroun
(12 banques), en Centrafrique (4 banques), au Congo (6 banques), au Gabon (9 banques), en
Guinée Equatoriale (4 banques) et au Tchad (8 banques).

La présente analyse ne couvre que les banques qui se conforment aux dispositions du
système de Collecte, Exploitation et Restitution aux Banques des Etats Réglementaires
(CERBER). En sont exclues : United Bank for Africa - Tchad (UBA - TCHAD) et United Bank
for Africa - Gabon (UBA - GABON).

2.1. Situation d’ensemble

2.1.1. Evolution de la situation bilantielle

2.1.1.1. Evolution des principaux agrégats

Les principaux indicateurs de l’activité bancaire se sont inscrits en hausse sur la période. En
effet, le total agrégé des bilans s'établit à 5 593 Mds FCFA, en progression de 8,7 % par
rapport au 30 juin 2008.

Les dépôts collectés s'élèvent à 4 914 Mds FCFA (87,9 % du total du bilan). Ils sont en
hausse de 9,1 % en variation annuelle par rapport à 2008. Les crédits bruts à la clientèle
ressortent à 3 002 Mds FCFA, en expansion de 19,4 % par rapport à juin 2008.

31
Les provisions pour dépréciation des comptes clientèle se sont accrues de 4,9 % par
rapport au niveau atteint l'année précédente à la même date. Elles s'établissent à 250 Mds FCFA.
En conséquence, les crédits nets se fixent à 2 751 Mds FCFA (49,2 % du total du bilan), soit
une variation annuelle de 20,9 %.

32
Les créances en souffrance s'élèvent à 301 Mds FCFA et représentent 10,0 % des crédits
bruts, contre 10,7 % douze mois auparavant. Ainsi, la qualité apparente du portefeuille s'est
légèrement améliorée, comparée à la situation qui prévalait en juin 2008.

Le taux de couverture des créances en souffrance par les provisions se situe à 83,1 %,
contre 89,1 % en juin 2008. Les déclarations des banques et les résultats des dernières
vérifications font ressortir un besoin de provisions complémentaires de 20 Mds FCFA, contre
9 Mds un an plutôt.

La couverture des crédits par les dépôts s'établit à 163,7 % (contre 198,0 % en juin 2008).
Ainsi, les opérations avec la clientèle dégagent un excédent de ressources de 2 163 Mds FCFA.
On relevait un excédent de 2 230 Mds FCFA en juin 2008.

33
Les banques de la CEMAC parviennent à financer leurs emplois longs par leurs ressources
longues. Ainsi, elles dégagent un excédent de capitaux permanents de 262 Mds FCFA par
rapport aux valeurs immobilisées. A fin juin 2008, cet excédent s'élevait à 91 Mds FCFA.

2.1.1.2. Evolution des opérations avec la clientèle

2.1.1.2.1. Les ressources collectées

La structure des ressources collectées n’a pas fondamentalement changé. Les dépôts à vue
(y compris les comptes d'épargne sur livrets) sont en augmentation de 9,0 % par rapport à juin
2008. Ils s'établissent à 3 891 Mds FCFA, soit 79,2 % des dépôts collectés, comme l’année
précédente. Constituées des comptes à terme et des comptes de dépôts à régime spécial (bons
de caisse notamment), les ressources à terme collectées auprès de la clientèle s'établissent à
828 Mds FCFA, soit 16,9 % du total des dépôts, comme à fin juin 2008. Elles sont en
augmentation de 8,9 % par rapport au niveau atteint l'année précédente à la même date.

34
Structure
Structuredes
desDépôts
Dépôtspar
partype
typede
decomptes
comptes- -
Ensemble
Ensembledes
desbanques
banques

Les dépôts des administrations publiques sont en hausse de 38,4 % en comparaison avec
leur niveau de juin 2008. Ils s'élèvent à 808 Mds FCFA, soit 16,4 % du total des dépôts contre
13,0 % en juin 2008. De leur côté, les dépôts des entreprises publiques se fixent à 269 Mds FCFA,
soit 5,5 % des dépôts collectés contre 5,1 % douze mois plus tôt. Ils se sont accrus de 16,7 %
comparés à la situation de juin 2008. Enfin, les dépôts du secteur privé représentent 70,2 % du
total des dépôts contre 72,2 % un an plus tôt. Ils se sont établis à 3 450 Mds FCFA à fin juin
2009. Par rapport à leur niveau de juin 2008, ils sont en hausse de 6,1 %.

Structure des Dépôts par type de déposants -


Ensemble des banques

35
2.1.1.2.2. Les crédits distribués

Les crédits aux administrations publiques ressortent à 120 Mds FCFA, soit 4,0 % du total
des crédits bruts contre 2,7 % en juin 2008. Ils sont en expansion de 75,1 % par rapport à leur
niveau de juin 2008. Les crédits aux entreprises publiques s'établissent à 178 Mds FCFA, soit
5,9 % des crédits distribués contre 6,5 % douze mois plus tôt. Ils ont progressé de 12,6 %
comparés à la situation de juin 2008. Quant aux crédits au secteur privé, ils s'élèvent à
2 455 Mds FCFA, et représentent 81,8 % du total des crédits bruts contre 81,9 % douze mois
plus tôt. Ils se sont accrus de 19,2 % comparés à leur niveau de l’année écoulée.

Structure des crédits bruts par type de bénéficiaires - Ensemble des banques

2.1.1.3. Evolution des opérations de trésorerie

Les ressources de trésorerie se fixent à 312 Mds FCFA contre 263 Mds FCFA douze mois
auparavant. Elles sont constituées de ressources à terme à concurrence de 38,2 % et de
ressources à vue à hauteur de 61,4 %. Les contributions étaient de 66,6 % en juin 2008.

36
Les ressources de trésorerie, augmentées de l'excédent des ressources clientèle, alimentent
les emplois de trésorerie qui s'élèvent à 2 757 Mds FCFA, dont 47,8 % d'emplois à terme et
51,0 % d'emplois à vue (y compris l'encaisse). A juin 2008, les emplois de trésorerie se fixaient
à 2 683 Mds FCFA et étaient constitués d’emplois à terme à hauteur de 54,0 % et d’opéra-
tions à vue de l’ordre de 44,1 %.

Les opérations avec la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC) se caractérisent par
un placement net des banques primaires de 1 199 Mds FCFA. Le solde de ces opérations a chuté
de 26,7 % par rapport au niveau atteint l'année précédente à la même date.

37
Quant aux opérations avec les correspondants associés (autres établissements de crédit
implantés dans la CEMAC ou correspondants extérieurs appartenant, dans les deux cas, au même
réseau), elles se traduisent par un placement net de 321 Mds FCFA. Ce solde est en hausse de
16,6 % comparé au niveau atteint en juin 2008.

2.1.2. Respect des normes prudentielles

Au plan de l'analyse prudentielle, sur les 41 banques figurant dans le champ d'analyse
(contre 38 banques l'année précédente à la même date) :

- 37 banques sont en conformité avec les dispositions relatives à la représentation du


capital minimum (contre 34 un an auparavant) ;
- en matière de solvabilité, 34 banques extériorisent un ratio de couverture des risques
pondérés par les fonds propres nets supérieur ou égal au minimum de 8 %, contre 31
banques l'année précédente à la même date ;
- dans le cadre des normes de division des risques, 35 banques parviennent à respecter
la limite globale en maintenant en dessous de l'octuple des fonds propres nets la somme
des risques pondérés supérieurs à 15 % desdits fonds propres (contre 33 banques
l'année précédente à la même date) et 34 banques sont en conformité par rapport à la
limite individuelle en n'entretenant pas de risques pondérés encourus sur un même
bénéficiaire excédant 45 % des fonds propres nets (contre 19 banques l'année
précédente à la même date) ;
- s'agissant de la couverture des immobilisations par les ressources permanentes, 28
banques réalisent un ratio supérieur ou égal au minimum de 100 % (comme l'année
précédente à la même date) ;

- en ce qui concerne le rapport de liquidité, les disponibilités à vue ou à moins d'un mois
sont supérieures ou égales au minimum réglementaire de 100 % des exigibilités de même
terme pour 37 banques (contre 35 banques l'année précédente à la même date) ;
- quant au respect du coefficient de transformation à long terme, 32 banques parviennent
à financer à hauteur de 50 % au moins (minimum réglementaire) leurs emplois à plus de
cinq ans de durée résiduelle par des ressources permanentes (le nombre de banques en
conformité était de 33 l'année précédente à la même date) ;
- enfin, 33 banques maintiennent la somme des engagements sur les actionnaires,
administrateurs et dirigeants ainsi que sur le personnel en dessous du plafond réglementaire
de 15 % des fonds propres nets (le nombre de banques en conformité était de 32
l'année précédente à la même date).

38
Au total, 30 banques seulement disposent de fonds propres nets suffisants pour honorer
l'ensemble des normes prudentielles assises sur cet agrégat (contre 18 banques l'année
précédente à la même date). La norme prudentielle respectée par le plus grand nombre
d'établissements est celle se rapportant au rapport de liquidité. La norme relative à la limitation des
risques encour us sur un même bénéficiaire constitue celle à l'égard de laquelle on
observe le plus grand nombre de banques en infraction.

39
2.1.3. Résultats de la cotation

La situation des banques analysées à travers le système de cotation (SYSCO) de la


Commission Bancaire se présente comme suit :

- 4 banques présentent une situation financière solide (cote 1) ; elles étaient au nombre
de 3 au 30 juin 2008 ;
- 25 banques sont classées en cote 2 (bonne situation financière), sans changement par
rapport au 30 juin 2008 ;
- 3 banques figurent en cote 3 (situation financière fragile) ; au 30 juin 2008, cet effectif était
de 4 banques ;
- A l’instar du résultat de fin juin 2008, la situation financière est critique (cote 4) pour une
banque.

En somme, la situation d'ensemble du système bancaire de la CEMAC apparaît satisfaisante.

40
2.2. Situation par pays

2.2.1. Le système bancaire camerounais

Le système bancaire camerounais compte 12 banques en activité au 30 juin 2009. Il s'agit


de : Afriland First Bank (First Bank), Banque Atlantique du Cameroun (BAC), Banque
Internationale du Cameroun pour l'Epargne et le Crédit (BICEC), Citibank Cameroon
(CITI-C), Commercial Bank of Cameroon (CBC), Ecobank Cameroun (ECOBANK), National
Financial Credit Bank (NFC Bank), Société Commerciale de Banque Cameroun (CA-SCB, ex
Crédit Lyonnais), Société Générale de Banques au Cameroun (SGBC), Standard Chartered Bank
Cameroun (SCBC), Union Bank of Cameroon (UBC) et United Bank For Africa Cameroon (UBA).

2.2.1.1. Evolution de la situation bilantielle

L’activité bancaire poursuit sa croissance constatée les années précédentes. Le total agrégé
des bilans des banques camerounaises s'établit à 2 177 Mds FCFA, en hausse de 5,8 % par
rapport au 30 juin 2008.

Les opérations d’intermédiation financière progressent. Les dépôts collectés s'élèvent à 1 963
Mds FCFA (90,2 % du total du bilan). Ils se sont accrus de 5,9 % en variation annuelle. Les
crédits bruts à la clientèle sont de 1 340 Mds FCFA. Ils sont en expansion de 17,1 % par
rapport à juin 2008.

41
Les créances en souffrance s'élèvent à 171 Mds FCFA. Elles représentent 12,8 % des
crédits bruts contre 12,5 % douze mois auparavant et attestent d’une exposition au risque de
crédit encore relativement élevée. Ainsi, la qualité apparente du portefeuille de crédits s'est
légèrement dégradée, comparée à la situation qui prévalait en juin 2008.

Les provisions pour dépréciation des comptes clientèle se sont accrues de 1,6 % par
rapport au niveau atteint l'année précédente à la même date. Elles s'établissent à 139 Mds FCFA.
En conséquence, les crédits nets se fixent à 1 201 Mds FCFA (55,2 % du total du bilan), soit
une variation annuelle de +19,2 %.

Le taux de couverture des créances en souffrance par les provisions se situe à 81,3 %
contre 95,4 % en juin 2008. Les déclarations des banques et les résultats des dernières
vérifications font ressortir un besoin de provisions complémentaires de 13 Mds FCFA. Ce besoin
était estimé à 3 Mds FCFA l'année précédente à la même date.

42
La couverture des crédits par les dépôts s'établit à 163,5 % (contre 184,1 % en juin 2008).
Ainsi, les opérations avec la clientèle dégagent un excédent de ressources de 762 Mds FCFA,
en baisse par rapport à juin 2008 (847 Mds FCFA).

Les banques camerounaises dégagent un excédent des capitaux permanents de 21 Mds FCFA
par rapport aux valeurs immobilisées. A fin juin 2008, les capitaux permanents étaient
déficitaires de 9 Mds FCFA.

L'excédent de trésorerie se situe à 799 Mds FCFA (36,7 % du total du bilan). Il a reculé de
8,2 % par rapport à la situation qui prévalait douze mois plus tôt.

43
Evolution de la situation bilantielle (en millions de Francs CFA)

30/06/2007 30/06/2008 30/09/2008 31/12/2008 31/03/2009 30/06/2009


DEPOTS DE LA CLIENTELE 1 633 775 1 854 448 1 944 104 1 971 603 1 916 906 1 963 404
Crédits bruts 985 852 1 144 234 1 185 153 1 318 402 1 336 131 1 340 027
Créances en souffrance 131 250 143 374 170 439 152 018 160 911 170 994
Provisions pour dépréciation
des comptes de la clientèle 113 277 136 773 133 782 138 472 141 717 138 985
CREDITS NETS 872 575 1 007 461 1 051 371 1 179 930 1 194 414 1 201 042
CAPITAUX PERMANENTS 179 293 169 862 186 028 204 325 209 633 198 120
VALEURS IMMOBILISEES 179 916 179 269 176 289 175 973 175 170 177 008
AUTRES POSTES NETS 28 049 33 318 - 12 376 18 585 13 113 15 119
EXCEDENT / DEFICIT DE
TRESORERIE 788 626 870 898 890 096 838 610 769 874 798 616
TOTAL DU BILAN 1 841 117 2 057 628 2 130 132 2 194 513 2 139 652 2 176 643

2.2.1.2. Respect des normes prudentielles

Au plan de l'analyse prudentielle, la situation des 12 banques en activité se présente comme


suit :

- 10 banques sont en conformité avec les dispositions relatives à la représentation du


capital minimum. La situation était identique un an plus tôt ;
- en matière de solvabilité, 11 banques extériorisent, comme l’année dernière, un ratio de
couverture des risques pondérés par les fonds propres nets supérieur ou égal au
minimum de 8 % ;
- dans le cadre des normes de division des risques, 10 banques parviennent à respecter
la limite globale en maintenant en dessous de l'octuple des fonds propres nets la somme
des risques pondérés supérieurs à 15 % desdits fonds propres (comme un an
auparavant) et 10 banques sont en conformité par rapport à la limite individuelle, en
n'entretenant pas de risques pondérés encourus sur un même bénéficiaire excédant
45 % des fonds propres nets (comme un an auparavant) ;
- s'agissant de la couverture des immobilisations par les ressources permanentes, 9 banques
réalisent un ratio supérieur ou égal au minimum de 100 % (situation identique qu’à celle
de l’année écoulée) ;
- en ce qui concerne le rapport de liquidité, les disponibilités à vue ou à moins d'un mois
sont supérieures ou égales au minimum réglementaire de 100 % des exigibilités de
même terme pour 10 banques ;

44
- quant au respect du coefficient de transformation à long terme, 8 banques parviennent
à financer à hauteur de 50 % au moins (minimum réglementaire) leurs emplois ayant plus
de cinq ans de durée résiduelle par des ressources permanentes ;
- enfin, 10 banques maintiennent la somme des engagements sur les actionnaires,
administrateurs et dirigeants ainsi que sur le personnel en dessous du plafond réglementaire
de 15 % des fonds propres nets.

Au total, 10 banques disposent de fonds propres nets suffisants pour honorer l'ensemble
des normes prudentielles assises sur cet agrégat (comme douze mois auparavant). Les normes
prudentielles respectées par le plus grand nombre d'établissements sont celles se rapportant
au coefficient de transformation et au rapport de liquidité. La norme relative à la limitation des
risques encourus sur un même bénéficiaire constitue celle à l'égard de laquelle on observe le
plus grand nombre de banques en infraction.

2.2.1.3. Résultats de la cotation

La situation du système bancaire camerounais apparaît, dans l'ensemble, satisfaisante au regard


du système de cotation (SYSCO) de la Commission Bancaire. A fin juin 2009, la situation des
différents établissements de crédit se présente de la manière suivante :

- une banque affiche une situation financière solide (cote 1) ; au 30 juin 2008, cet effectif
était respectivement 3 ;
- 8 banques sont classées en cote 2 (bonne situation financière), contre 5 banques au 30
juin 2007 ;
- aucune banque ne figure en cote 3 (situation financière fragile) ; au 30 juin 2008, cet
effectif était de d’une banque ;
- la situation financière est critique (cote 4) pour une banque à l’instar de la situation qui
prévalait il y a un an.

2.2.2. Le système bancaire centrafricain

Le système bancaire centrafricain compte 4 banques en activité au 30 juin 2009. Il s'agit de :


Banque Populaire Maroco-Centrafricaine (BPMC), Banque Sahélo-Saharienne pour l'Investissement
et le Commerce - Centrafrique (BSIC - RCA), Commercial Bank Centrafrique (CBCA) et
Ecobank Centrafrique (ECOBANK - RCA).

45
2.2.2.1. Evolution de la situation bilantielle

Le volume des activités a progressé sur la période susmentionnée ainsi que l’atteste la
hausse de 9,4 % du total des bilans (102 Mds FCFA). Les dépôts collectés s'élèvent à 80 Mds
FCFA (78,3 % du total du bilan). Ils se sont accrus de 9,5 % en variation annuelle. Les crédits
bruts à la clientèle sont de 92 Mds FCFA, en expansion de 3,7 % par rapport à juin 2008.

Les créances en souffrance s'élèvent à 18 Mds FCFA. Elles représentent 19,5 % des crédits
bruts contre 26,3 % un an plus tôt. Ainsi, la qualité apparente du portefeuille s'est améliorée
par rapport à la situation prévalant en juin 2008.

46
Les provisions pour dépréciation des comptes clientèle fléchissent de 16,9 % par rapport
au niveau atteint l'année précédente à la même date. Elles se sont établies à 16 Mds FCFA. En
conséquence, les crédits nets se fixent à 76 Mds FCFA (74,7 % du total du bilan), soit une
variation annuelle de + 9,3 %.

Le taux de couverture des créances en souffrance par les provisions se situe à 88,9 %
contre 82,6 % en juin 2008.

Les emplois longs des banques centrafricaines sont largement couver ts par leurs
ressources longues. Ces banques dégagent ainsi un excédent des capitaux permanents de
11 Mds FCFA par rapport aux valeurs immobilisées. A fin juin 2008, cet excédent s’élevait à 12
Mds FCFA.

La couverture des crédits par les dépôts s'établit à 104,9 % (contre 104,6 % en juin 2008).
Ainsi, les opérations avec la clientèle dégagent un excédent de ressources de 9 Mds FCFA
contre 3 milliards FCFA en juin 2008.

47
Evolution de la situation bilantielle (en millions de Francs CFA)

30/06/2007 30/06/2008 30/09/2008 31/12/2008 31/03/2009 30/06/2009


DEPOTS DE LA CLIENTELE 54 863 73 035 70 640 74 199 82 785 80 008
Crédits bruts 74 593 88 690 98 971 86 704 89 014 91 970
Créances en souffrance 22 520 23 324 20 626 18 503 18 711 17 968
Provisions pour dépréciation
des comptes de la clientèle 18 803 18 894 19 082 15 331 15 525 15 693
CREDITS NETS 55 790 69 796 79 889 71 373 73 489 76 277
CAPITAUX PERMANENTS 13 943 18 387 20 007 19 145 22 054 20 334
VALEURS IMMOBILISEES 5 564 6 307 6 252 7 815 9 255 8 950
AUTRES POSTES NETS 2 227 2 009 5 899 1 090 3 708 1 831
EXCEDENT / DEFICIT DE
TRESORERIE 9 679 17 328 10 405 15 246 25 803 17 004
TOTAL DU BILAN 71 033 93 431 96 546 94 434 108 547 102 173

2.2.2.2. Respect des normes prudentielles

Au plan de l'analyse prudentielle, sur les 4 banques figurant dans le champ d'analyse :
- 4 banques sont en conformité avec les dispositions relatives à la représentation du
capital minimum (comme un an auparavant) ;
- en matière de solvabilité, 3 banques extériorisent, comme l’année dernière, un ratio de
couverture des risques pondérés par les fonds propres nets supérieur ou égal au
minimum de 8 % ;
- dans le cadre des normes de division des risques, 3 banques parviennent à respecter la
limite globale en maintenant en dessous de l'octuple des fonds propres nets la somme
des risques pondérés supérieurs à 15 % desdits fonds propres (comme un an aupara-
vant) et 3 banques sont en conformité par rapport à la limite individuelle en n'entrete-
nant pas de risques pondérés encourus sur un même bénéficiaire excédant 45 % des fonds
propres nets ;
- s'agissant de la couverture des immobilisations par les ressources permanentes, 3 banques
réalisent un ratio supérieur ou égal au minimum de 100 %, comme l’année écoulée ;
- en ce qui concerne le rapport de liquidité, les disponibilités à vue ou à moins d'un mois
sont supérieures ou égales au minimum réglementaire de 100 % des exigibilités de
même terme pour 3 banques (comme l'année précédente à la même date) ;
- quant au respect du coefficient de transformation à long terme, 3 banques parviennent
à financer à hauteur de 50 % au moins (minimum réglementaire) leurs emplois à plus de

48
cinq ans de durée résiduelle par des ressources permanentes (le nombre de banques en
conformité était également de 3 l'année précédente à la même date) ;
- enfin, 3 banques maintiennent la somme des engagements sur les actionnaires, adminis-
trateurs et dirigeants ainsi que sur le personnel en dessous du plafond réglementaire de
15 % des fonds propres nets (nombre identique à celui de l'année précédente à la même
date).

Au total, 3 banques disposent de fonds propres nets suffisants pour honorer l'ensemble des
normes prudentielles assises sur cet agrégat (sans changement par rapport à l'année précédente
à la même date).

2.2.2.3. Résultats de la cotation

Selon le système de cotation (SYSCO) de la Commission Bancaire, la situation des


établissements de crédit de la RCA se présente comme ci-dessous :
- une banque présente une situation financière solide (cote 1) ; au 30 juin 2008, cet
effectif était nul ;
- une banque est classée en cote 2 (bonne situation financière) ; deux banques y étaient
classées au 30 juin 2008 ;
- une banque figure en cote 3 (situation financière fragile) ; la situation était identique au
30 juin 2008 ;
- aucune banque ne se trouve dans la zone critique (cote 4), comme à fin juin 2008.

2.2.3. Le système bancaire congolais

Le système bancaire congolais compte 6 banques en activité au 30 juin 2009. Il s'agit de :


Banque Commerciale Internationale (BCI), Banque Congolaise de l’Habitat (BCH), BGFIBANK
Congo (BGFI-Congo), Crédit du Congo (Crédit du Congo), Ecobank Congo (Ecobank Congo)
et La Congolaise de Banque (LCB).

2.2.3.1. Evolution de la situation bilantielle

Le total agrégé des bilans des banques congolaises s'établit à 718 Mds FCFA. Il a progressé
de 19,2 % par rapport au 30 juin 2008.

Les dépôts collectés s'élèvent à 646 Mds FCFA (90,0 % du total du bilan). Ils sont en
hausse de 20,7 % en variation annuelle. Les crédits bruts à la clientèle sont de 232 Mds FCFA.
Ils sont en expansion respectivement de 32,7 % par rapport au 30 juin 2008.

49
Les provisions pour dépréciation des comptes clientèle sont en baisse de 32,3 % par
rapport au niveau atteint l'année précédente à la même date. Elles s'établissent à 2 Mds FCFA.
En conséquence, les crédits nets se fixent à 230 Mds FCFA (32,1 % du total du bilan), soit une
variation annuelle de + 33,8 %.

50
Les créances en souffrance s'élèvent à 3 Mds FCFA. Elles représentent 1,3 % des crédits bruts
contre 2,0 % douze mois auparavant. Ainsi, la qualité apparente du portefeuille s'est améliorée,
comparée à la situation qui prévalait en juin 2008.

La couverture des crédits par les dépôts s'établit à 280,6 % (contre 311,1 % en juin 2008).
Ainsi, les opérations avec la clientèle dégagent un excédent de ressources de 416 Mds FCFA.
Cet excédent est ressorti à 363 Mds FCFA en juin 2008.

Les ressources longues des banques parviennent à financer leurs emplois longs. Ainsi, elles
dégagent un excédent des capitaux permanents de 20 Mds FCFA par rapport aux valeurs
immobilisées contre un excédent de 11 Mds FCFA observé à fin juin 2008.

L'excédent de trésorerie se situe à 453 Mds FCFA (63,1 % du total du bilan). Il s’est inscrit
en hausse de 15,4 % par rapport à la situation de juin 2008.

51
Evolution de la situation bilantielle (en millions de Francs CFA)

30/06/2007 30/06/2008 30/09/2008 31/12/2008 31/03/2009 30/06/2009


DEPOTS DE LA CLIENTELE 443 387 535 265 676 376 598 759 592 678 646 121
Crédits bruts 107 642 175 035 186 953 202 063 216 045 232 313
Créances en souffrance 6 758 3 529 3 253 3 132 3 258 3 040
Provisions pour dépréciation
des comptes de la clientèle 2 104 2 969 3 164 2 783 3 253 2 009
CREDITS NETS 105 538 172 066 183 789 199 280 212 792 230 304
CAPITAUX PERMANENTS 36 089 48 598 58 265 62 396 55 076 54 700
VALEURS IMMOBILISEES 29 143 37 696 38 122 31 778 34 197 34 630
AUTRES POSTES NETS 14 492 18 250 11 605 3 564 20 836 17 018
EXCEDENT / DEFICIT DE
TRESORERIE 359 287 392 351 524 335 433 661 421 601 452 905
TOTAL DU BILAN 493 968 602 113 746 246 664 719 668 590 717 839

2.2.3.2. Respect des normes prudentielles

Il ressort de l'analyse prudentielle que :

- 6 banques sont en conformité avec les dispositions relatives à la représentation du


capital minimum (comme un an auparavant) ;
- en matière de solvabilité, 4 banques extériorisent à l’instar de 30 juin 2008 un ratio de
couverture des risques pondérés par les fonds propres nets supérieur ou égal au
minimum de 8 % ;
- dans le cadre des normes de division des risques, 5 banques parviennent à respecter la
limite globale en maintenant en dessous de l'octuple des fonds propres nets la somme
des risques pondérés supérieurs à 15 % desdits fonds propres (comme un an aupara-
vant) et 6 banques sont conformité par rapport à la limite individuelle, en n'entretenant
pas de risques pondérés encourus sur un même bénéficiaire excédant 45 % des fonds
propres nets, comme un an auparavant ;
- s'agissant de la couverture des immobilisations par les ressources permanentes, 4 banques
réalisent un ratio supérieur ou égal au minimum de 100 % comme l’année dernière ;
- en ce qui concerne le rapport de liquidité, les disponibilités à vue ou à moins d'un mois
sont supérieures ou égales au minimum réglementaire de 100 % des exigibilités de
même terme pour 6 banques (comme un an auparavant) ;
- quant au respect du coefficient de transformation à long terme, 6 banques parviennent
à financer à hauteur de 50 % au moins (minimum réglementaire) leurs emplois ayant plus

52
de cinq ans de durée résiduelle par des ressources permanentes (nombre identique à celui
de l'année précédente) ;
- enfin, 6 banques maintiennent comme l'année précédente à la même la somme des
engagements sur les actionnaires, administrateurs et dirigeants ainsi que sur le person-
nel en dessous du plafond réglementaire de 15 % des fonds propres nets.

Au total, 5 banques disposent de fonds propres nets suffisants pour honorer l'ensemble des
normes prudentielles assises sur cet agrégat (sans changement par rapport à l'année précédente
à la même date).

2.3.3. Résultats de la cotation

Selon le système de cotation (SYSCO) de la Commission Bancaire, la situation des


établissements de crédit du Congo se présente comme suit pour les quatre banques cotées :

- aucune banque n’affiche la situation financière solide (cote 1) ; au 30 juin 2008, cet effectif
était d’une banque ;
- 4 banques sont classées en cote 2 (bonne situation financière), contre 3 au 30 juin 2008 ;
- aucune banque ne figure en cote 3 (situation financière fragile) comme au 30 juin 2008 ;
- aucune banque ne se trouve dans la zone critique (cote 4), comme à fin juin 2008.

2.2.4. Le système bancaire gabonais

Le système bancaire gabonais compte 9 banques en activité au 30 juin 2009. Il s'agit de : Banque
de l'Habitat du Gabon (BHG), Banque Gabonaise de Développement (BGD), Banque
Internationale pour le Commerce et l'Industrie du Gabon (BICIG), BGFIBANK (BGFI-Gabon),
Citibank, N.A. (CITI-G), Ecobank Gabon (Ecobank-Gab), Financial Bank Gabon (FBG), United
Bank for Africa-Gabon9 (UBA-GABON) et Union Gabonaise de Banque (UGB).

2.2.4.1. Evolution de la situation bilantielle

L’activité bancaire est en évolution par rapport au 30 juin 2008. Le total agrégé des bilans
des banques gabonaises s'établit à 1 281 Mds FCFA, en hausse de 5,2 %.

Les dépôts collectés s'élèvent à 1.004 Mds FCFA (78,4 % du total du bilan). Ils ont augmenté
de 2,7 % en variation annuelle. Les crédits bruts à la clientèle sont ressortis à 716 Mds FCFA.
Ils sont en hausse de 11,6 % comparés à leur niveau de juin 2008.
_____________________________
9
UBA-GABON ne se conformant pas au disposition ne fait pas parti du champ d’analyse.

53
Les provisions pour dépréciation des comptes clientèle se sont accrues de 21,5 % par
rapport au niveau atteint il y a un an. Elles se sont établies à 47 milliards FCFA. En conséquence, les
crédits nets ressortent à 669 milliards FCFA contre 603 Mds FCFA un an plus tôt.

54
Les créances en souffrance s'élèvent à 58 Mds FCFA. Elles représentent 8,0 % des crédits
bruts. Ainsi, la qualité apparente du portefeuille s'est dégradée par rapport à la situation
prévalant en juin 2008. Le taux de couverture des créances en souffrance par les provisions se
situe à 81,8 % contre 76,9 % à juin 2008. Les déclarations des banques et les résultats des
dernières vérifications font ressortir un besoin de provisions complémentaires de 4 Mds FCFA,
contre 2 milliards FCFA l'année précédente.

La couverture des crédits par les dépôts s'établit à 150,1 % (contre 162,2 % en juin 2008).
Ainsi, les opérations avec la clientèle dégagent un excédent de ressources de 335 Mds FCFA.
On relevait un excédent de 375 Mds FCFA en juin 2008.

Les banques gabonaises dégagent un excédent des capitaux permanents par rapport aux
valeurs immobilisées de 134 Mds FCFA. Il ressortait un excédent de 32 Mds FCFA à fin juin
2008.

L'excédent de trésorerie se situe à 440 Mds FCFA (34,4 % du total du bilan). Il reste stable
par rapport à la situation de juin 2008.

55
Evolution de la situation bilantielle (en millions de Francs CFA)

30/06/2007 30/06/2008 30/09/2008 31/12/2008 31/03/2009 30/06/2009


DEPOTS DE LA CLIENTELE 903 958 977 507 1 038 852 985 955 1 075 554 1 004 080
Crédits bruts 673 911 641 622 588 264 644 235 762 217 716 239
Créances en souffrance 48 348 52 975 47 353 47 881 51 136 57 646
Provisions pour dépréciation
des comptes de la clientèle 37 518 38 825 38 959 39 419 39 348 47 175
CREDITS NETS 636 393 602 797 549 305 604 816 722 869 669 064
CAPITAUX PERMANENTS 197 159 205 633 216 785 277 018 279 898 276 602
VALEURS IMMOBILISEES 144 197 173 688 137 772 140 190 132 387 142 779
AUTRES POSTES NETS 15 445 33 992 31 380 17 229 13 797 - 28 734
EXCEDENT / DEFICIT DE
TRESORERIE 335 972 440 647 599 940 535 196 513 993 440 105
TOTAL DU BILAN 1 116 562 1 217 132 1 287 017 1 280 202 1 369 249 1 280 682

2.2.4.2. Respect des normes prudentielles

De l'analyse prudentielle, il ressort que :

- 7 banques sont en conformité avec les dispositions relatives à la représentation du


capital minimum, comme un an auparavant ;
- en matière de solvabilité, 7 banques extériorisent, à l’instar de l’année écoulée, un ratio
de couverture des risques pondérés par les fonds propres nets supérieur ou égal au
minimum de 8 % ;
- dans le cadre des normes de division des risques, 7 banques parviennent à respecter la
limite globale en maintenant en dessous de l'octuple des fonds propres nets la somme des
risques pondérés supérieurs à 15 % desdits fonds propres (comme un an auparavant) et
7 banques sont en conformité par rapport à la limite individuelle, en n'entretenant pas de risques
pondérés encourus sur un même bénéficiaire excédant 45 % des fonds propres nets comme
l'année précédente à la même date ;
- s'agissant de la couverture des immobilisations par les ressources permanentes, 5 banques
réalisent un ratio supérieur ou égal au minimum de 100 % (comme un an auparavant) ;
- en ce qui concerne le rapport de liquidité, les disponibilités à vue ou à moins d'un mois
sont supérieures ou égales au minimum réglementaire de 100 % des exigibilités de
même terme pour 6 banques (comme l’année écoulée) ;
- quant au respect du coefficient de transformation à long terme, 7 banques parviennent

56
à financer à hauteur de 50 % au moins (minimum réglementaire) leurs emplois ayant plus
de cinq ans de durée résiduelle par des ressources permanentes (nombre identique à celui
du mois précédent et de l'année précédente à la même date) ;
- enfin, 7 banques maintiennent, comme l'année précédente à la même date, la somme des
engagements sur les actionnaires, administrateurs et dirigeants ainsi que sur le
personnel en dessous du plafond réglementaire de 15 % des fonds propres nets ;

En définitive, les 6 banques disposent, comme au 30 juin 2008, de fonds propres nets
suffisants pour honorer l'ensemble des normes prudentielles assises sur cet agrégat.

2.2.4.3. Résultats de la cotation

Selon le système de cotation (SYSCO) de la Commission Bancaire, la situation des


établissements de crédit du Gabon se présente comme suit :

- aucune banque n’affiche une situation financière solide (cote 1) ; au 30 juin 2008, cet
effectif était d’une banque ;
- 6 banques sont classées en cote 2 (bonne situation financière) ; cet effectif était de 5 au
30 juin 2008 ;
- aucune banque ne figure en cote 3 (situation financière fragile), comme à fin juin 2008 ;
- aucune banque ne se trouve dans la zone critique (cote 4) ; situation identique à celle
de 30 juin 2008.

2.2.5. Le système bancaire équato-guinéen

Le système bancaire équato-guinéen compte 4 banques en activité au 30 juin 2009. Il s'agit


de : Banco Nacional de Guinea Ecuatorial (BANGE), BGFIBANK Guinée Equatoriale (BGFIGE),
CCEI BANK GE (CCEI GE) et Société Générale de Banques en Guinée Equatoriale (SGBGE).

2.2.5.1. Evolution de la situation bilantielle

Le total agrégé des bilans des banques équato-guinéennes s'établit à 1 019 Mds FCFA. Il a
progressé de 18,8 % par rapport au 30 juin 2008. Les dépôts collectés s'élèvent à 931 Mds FCFA
(91,4 % du total du bilan). Ils sont en hausse de 18,4 % en variation annuelle. Les crédits bruts
à la clientèle sont de 384 Mds FCFA. Ils sont en expansion de 53,3 % par rapport à juin 2008.

57
Les créances en souffrance s'élèvent à 32 Mds FCFA. Elles représentent 8,3 % des crédits
bruts contre 11,1 % douze mois auparavant. Ainsi, la qualité apparente du portefeuille s'est
améliorée comparée à la situation qui prévalait en juin 2008.

58
Les provisions pour dépréciation des comptes clientèle se sont accrues de 25,1 % par
rapport au niveau atteint l'année précédente à la même date. Elles s'établissent à 33 Mds FCFA.
En conséquence, les crédits nets se fixent à 351 Mds FCFA (34,5 % du total du bilan), soit une
variation annuelle de + 56,6 %.

Le taux de couverture des créances en souffrance par les provisions se situe à 103,4 %
contre 94,8 % en juin 2008. Les déclarations des banques et les résultats des dernières
vérifications ne font ressortir aucun besoin de provisions complémentaires.

La couverture des crédits par les dépôts s'établit à 265,2 % (contre 350,7 % en juin 2008).
Ainsi, les opérations avec la clientèle dégagent un excédent de ressources de 580 Mds FCFA.
En juin 2008, cet excédent s’était établi à 562 Mds FCFA.

Les banques équato-guinéennes disposent de ressources longues suffisantes pour couvrir les
emplois longs. Elles dégagent alors un excédent des capitaux permanents de 59 Mds FCFA par
rapport aux valeurs immobilisées. En juin 2008, cet excédent ressortait à 27 Mds FCFA.

L'excédent de trésorerie se situe à 644 Mds FCFA (63,2 % du total du bilan). Il a


progressé de 7,3 % par rapport à la situation observée en juin 2008.

59
Evolution de la situation bilantielle (en millions de Francs CFA)

30/06/2007 30/06/2008 30/09/2008 31/12/2008 31/03/2009 30/06/2009


DEPOTS DE LA CLIENTELE 436 785 786 455 749 843 784 877 905 101 931 157
Crédits bruts 193 517 250 469 324 888 420 606 318 213 383 990
Créances en souffrance 23 247 27 693 27 599 41 475 36 003 31 768
Provisions pour dépréciation
des comptes de la clientèle 21 040 26 245 28 882 31 878 31 202 32 844
CREDITS NETS 172 477 224 224 296 006 388 728 287 011 351 146
CAPITAUX PERMANENTS 39 626 60 850 69 621 79 208 89 932 88 042
VALEURS IMMOBILISEES 16 309 33 583 34 373 29 652 29 757 29 357
AUTRES POSTES NETS 6 403 10 820 5 173 - 68 291 - 244 453 - 292 895
EXCEDENT / DEFICIT DE
TRESORERIE 294 028 600 318 494 258 377 414 680 168 644 281
TOTAL DU BILAN 482 814 858 125 824 637 864 085 995 033 1 019 199

2.2.5.2. Respect des normes prudentielles

De l'analyse prudentielle, il ressort que :

- toutes les banques sont en conformité avec les dispositions relatives à la représentation
du capital minimum (comme un an auparavant) ;
- en matière de solvabilité, 3 banques extériorisent comme l’année dernière un ratio de
couverture des risques pondérés par les fonds propres nets supérieur ou égal au
minimum de 8 % ;
- dans le cadre des normes de division des risques, toutes les banques parviennent à respec-
ter la limite globale en maintenant en dessous de l'octuple des fonds propres nets la somme
des risques pondérés supérieurs à 15 % desdits fonds propres (comme un an auparavant) et
3 banques sont en conformité par rapport à la limite individuelle, en n'entretenant pas de risques
p o n d é r é s e n c o u r u s s u r u n m ê m e b é n é fi c i a i r e e x c é d a n t 4 5 % d e s f o n d s
propres nets contre une banque l'année précédente à la même date ;
- s'agissant de la couverture des immobilisations par les ressources permanentes, 3 banques
réalisent un ratio supérieur ou égal au minimum de 100 % ; comme l’année dernière ;
- en ce qui concerne le rapport de liquidité, les disponibilités à vue ou à moins d'un mois
sont supérieures ou égales au minimum réglementaire de 100 % des exigibilités de
même terme pour toutes les banques (comme un an auparavant) ;
- quant au respect du coefficient de transformation à long terme, 3 banques parviennent

60
à financer à hauteur de 50 % au moins (minimum réglementaire) leurs emplois ayant plus
de cinq ans de durée résiduelle par des ressources permanentes (nombre identique à celui
de l'année précédente) ;
- enfin, 3 banques maintiennent la somme des engagements sur les actionnaires, adminis-
trateurs et dirigeants ainsi que sur le personnel en dessous du plafond réglementaire de
15 % des fonds propres nets (nombre identique à celui de l'année précédente à la même
date).

En somme, parmi les banques analysées, 2 établissements disposent de fonds propres nets
suffisants pour honorer l'ensemble des normes prudentielles assises sur cet agrégat (sans
changement par rapport à l'année précédente à la même date).

2.2.5.3. Résultats de la cotation

Selon le système de cotation (SYSCO) de la Commission Bancaire, la situation des


établissements de crédit de la Guinée Equatoriale se présente comme suit :

- une banque affiche une situation financière solide (cote 1) ; au 30 juin 2008, cet effectif
était nul ;
- 2 banques sont classées en cote 2 (bonne situation financière) comme au 30 juin 2008 ;
- comme au 30 juin 2008, aucune banque ne figure en cote 3 (situation financière fragile) ;
- aucune banque ne se trouve dans la zone critique (cote 4), situation identique à celle
prévalant à fin juin 2008.

2.2.6. Le système bancaire tchadien

Le système bancaire tchadien compte 8 banques en activité au 30 juin 2009. Il s'agit de : Banque
Agricole et Commerciale (BAC (ex - BAST)), Banque Commerciale du Chari (BCC), Banque
Sahélo-Saharienne pour l'Investissement et le Commerce (BSIC), Commercial Bank Tchad
(CBT), ECOBANK TCHAD (ECOBANK ex - BIAT), Financial Bank Tchad (FBT), Société
Générale Tchadienne de Banque (SGTB) et United Bank for Africa Tchad (UBA - TCHAD).

2.6.1. Evolution de la situation bilantielle

Le système bancaire a évolué positivement par rapport au 30 juin 2008. Le total agrégé des
bilans des banques tchadiennes a ainsi progressé de 6,6 % pour s'établir à 339 Mds FCFA.

61
L’intermédiation financière est en constante augmentation. Les dépôts collectés s'élèvent à
289 Mds FCFA (85,4 % du total du bilan). Ils se sont accrus de 3,8 % en variation annuelle. Les
crédits bruts à la clientèle sont de 237 Mds FCFA. Ils sont en expansion de 11,1 % par rapport
à juin 2008.

Les provisions pour dépréciation des comptes clientèle fléchissent de 8,4 % par rapport au
niveau atteint l'année précédente à la même date. Elles s'établissent à 14 Mds FCFA. En consé-
quence, les crédits nets se fixent à 224 Mds FCFA (66,0 % du total du bilan), soit une variation
annuelle de +12,5 %.

Les créances en souffrance s'élèvent à 20 Mds FCFA. Elles représentent 8,4 % des crédits
bruts contre 8,0 % douze mois auparavant. Ainsi, la qualité apparente du portefeuille s'est
améliorée, comparée à la situation de juin 2008.

62
Le taux de couverture des créances en souffrance par les provisions se situe à 68,2 %
contre 87,5 % en juin 2008. Les déclarations des banques et les résultats des dernières
vérifications font ressortir un besoin de provisions complémentaires de 3 Mds FCFA, contre
2 Mds FCFA l'année précédente à la même date.

63
La couverture des crédits par les dépôts s'établit à 129,4 % (contre 140,3 % en juin 2008).
Ainsi, les opérations avec la clientèle dégagent un excédent de ressources de 66 Mds FCFA.
On relevait un excédent de 80 Mds FCFA en juin 2008.

Le système bancaire tchadien dégage un excédent des capitaux permanents de 17 Mds FCFA
par rapport aux valeurs immobilisées. A fin juin 2008, il s'élevait à 19 Mds FCFA.

L'excédent de trésorerie se situe à 91 Mds FCFA (27,0 % du total du bilan). Il a enregistré


des fluctuations de - 6,9 % par rapport au 30 juin 2008.

Evolution de la situation bilantielle (en millions de Francs CFA)

30/06/2007 30/06/2008 30/09/2008 31/12/2008 31/03/2009 30/06/2009


DEPOTS DE LA CLIENTELE 201 788 278 804 254 612 268 957 301 487 289 435
Crédits bruts 166 378 213 540 210 396 221 534 223 105 237 215
Créances en souffrance 17 439 16 992 16 565 17 731 18 077 19 964
Provisions pour dépréciation
des comptes de la clientèle 14 824 14 863 14 502 12 450 12 707 13 617
CREDITS NETS 151 554 198 677 195 894 209 084 210 398 223 598
CAPITAUX PERMANENTS 34 041 39 012 45 868 47 231 47 759 41 023
VALEURS IMMOBILISEES 20 260 20 319 20 680 22 301 23 667 23 844
AUTRES POSTES NETS 2 224 - 696 - 311 3 128 6 117 8 334
EXCEDENT / DEFICIT DE
TRESORERIE 66 239 98 124 83 595 87 931 121 298 91 350
TOTAL DU BILAN 238 053 317 816 300 480 319 316 355 363 338 792

2.2.6.2. Respect des normes prudentielles

Au plan de l'analyse prudentielle, il ressort ce qui suit :

- 6 banques sont en conformité avec les dispositions relatives à la représentation du


capital minimum (comme l'année précédente à la même date) ;
- en matière de solvabilité, 6 banques extériorisent un ratio de couverture des risques
pondérés par les fonds propres nets supérieur ou égal au minimum de 8 % ; ce chiffre
était identique à la même date à l'année précédente ;
- dans le cadre des normes de division des risques, 6 banques parviennent à respecter la
limite globale en maintenant en dessous de l'octuple des fonds propres nets la somme

64
des risques pondérés supérieurs à 15 % desdits fonds propres (comme l'année
précédente à la même date) et 5 banques sont en conformité par rapport à la limite
individuelle en n'entretenant pas de risques pondérés encourus sur un même bénéficiaire
excédant 45 % des fonds propres nets (nombre identique à celui relevé l'année
dernière à la même date) ;
- s'agissant de la couverture des immobilisations par les ressources permanentes,4 banques
réalisent un ratio supérieur ou égal au minimum de 100 % (comme un an auparavant) ;
- en ce qui concerne le rapport de liquidité, les disponibilités à vue ou à moins d'un mois
sont supérieures ou égales au minimum réglementaire de 100 % des exigibilités de
même terme pour toutes les banques (comme un an auparavant) ;
- quant au respect du coefficient de transformation à long terme, 5 banques parviennent à
financer à hauteur de 50 % au moins (minimum réglementaire) leurs emplois à plus de cinq
ans de durée résiduelle par des ressources permanentes (comme l'année précédente) ;
- enfin, 5 banques maintiennent la somme des engagements sur les actionnaires,
administrateurs et dirigeants ainsi que sur le personnel en dessous du plafond réglementaire
de 15 % des fonds propres nets (comme l'année précédente à la même date).

Au final, 4 banques disposent de fonds propres nets suffisants pour honorer l'ensemble des
normes prudentielles assises sur cet agrégat (sans changement par rapport à l'année précédente
à la même date).

2.2.6.3. Résultats de la cotation

Selon le système de cotation (SYSCO) de la Commission Bancaire, la situation des


établissements de crédit du Tchad se présente de la manière suivante :

- une banque présente une situation financière solide (cote 1) ; au 30 juin 2008, cet effec-
tif était nul ;
- 4 banques sont classées en cote 2 (bonne situation financière), comme au 30 juin 2008 ;
- Aucune banque ne figure en cote 3 (situation financière fragile) ; contre 2 banques au 30
juin 2008 ;
- une banque se trouve dans la zone critique (cote 4) ; cet effectif était nul au 30 juin 2008.

65
ANNEXE : STATISTIQUES DU SYSTEME BANCAIRE

CEMAC

Evolution de la situation bilantielle (en millions de Francs CFA)

30/06/2007 30/06/2007 30/06/2007


DEPOTS DE LA CLIENTELE 3 674 556 4 505 514 4 914 205
Crédits bruts 2 201 893 2 513 590 3 001 754
Créances en souffrance 249 562 267 887 301 380
Provisions pour dépréciation des comptes de la clientèle 207 566 238 569 250 323
CREDITS NETS 1 994 327 2 275 021 2 751 431
CAPITAUX PERMANENTS 500 151 542 342 678 821
VALEURS IMMOBILISEES 395 389 450 862 416 568
AUTRES POSTES NETS 68 840 97 693 -279 327
EXCEDENT / DEFICIT DE TRESORERIE 1 853 831 2 419 666 2 444 261
TOTAL DU BILAN 4 243 547 5 145 549 5 593 026

Evolution des dépôts de la clientèle par type de comptes (en millions de Francs CFA

30/06/2007 30/06/2008 30/06/2009

Comptes à vue 2 815 107 3 567 961 3 890 796


Comptes à terme 485 768 542 022 617 752
Comptes de dépôts à régime spécial 225 531 218 643 210 600
Autres comptes 134 329 162 443 181 024
Dettes rattachées 13 821 14 445 14 033
TOTAL DES DEPOTS 3 674 556 4 505 514 4 914 205

67
Evolution des dépôts de la clientèle par type de comptes (en millions de Francs CFA

30/06/2007 30/06/2008 30/06/2009

Comptes à vue 2 815 107 3 567 961 3 890 796


Comptes à terme 485 768 542 022 617 752
Comptes de dépôts à régime spécial 225 531 218 643 210 600
Autres comptes 134 329 162 443 181 024
Dettes rattachées 13 821 14 445 14 033
TOTAL DES DEPOTS 3 674 556 4 505 514 4 914 205

Evolution des dépôts de la clientèle par type de déposants (en millions de FCFA)

30/06/2007 30/06/2008 30/06/2009

Crédits à l'Etat 80 310 68 553 120 067


Crédits aux entreprises publiques 146 365 164 249 178 383
Crédits au secteur privé 1 828 354 2 058 761 2 454 749
Crédits aux non résidents 97 312 150 958 180 607
Encours financier des opérations de crédit-bail 15 739 26 822 31 217
Autres créances (valeurs non imputées et 33 812 44 245 36 734
TOTAL CREDITS BRUTS 2 201 893 2 513 590 3 001 754

68
Evolution des opérations de trésorerie (en millions de Francs CFA)

30/06/2007 30/06/2008 30/06/2009


Caisse 127 402 166 146 186 403
Opérations à vue 1 094 138 1 016 806 1 220 741
Opérations au jour le jour et à terme 885 837 1 447 531 1 317 948
Titres de placement et de transaction 28 926 39 233 21 845
Créances en souffrance nettes 8 837 8 569 7 341
Créances rattachées 3 664 4 708 2 230
Emplois de trésorerie 2 148 804 2 682 993 2 756 508
Opérations à vue 166 978 173 757 191 838
Opérations au jour le jour et à terme 127 146 88 622 119 306
Dettes rattachées 849 948 1 103
Ressources de trésorerie 294 973 263 327 312 247
EXCEDENT / DEFICIT DE TRESORERIE 1 853 831 2 419 666 2 444 261

Evolution des opérations avec la BEAC (en millions de Francs CFA)

30/06/2007 30/06/2008 30/06/2009

+ BEAC Compte-courant débiteur 641 847 512 321 542 036


+ Placements à la BEAC 619 547 1 129 209 669 029
- BEAC Compte-courant créditeur 24 935 1 731 1 389
- Refinancement BEAC 4 000 4 000 11 155
SOLDE DES OPERATIONS AVEC LA BEAC 1 232 459 1 635 799 1 198 521

Evolution des opérations avec les correspondants associés (en millions de Francs CFA)

30/06/2007 30/06/2008 30/06/2009

+ Comptes à vue débiteurs 234 945 230 037 256 976


+ Prêts et comptes à terme 125 785 131 432 180 783
- Comptes à vue 57 475 67 797 82 577
- Emprunts et comptes à terme 40 017 18 497 34 434
SOLDE CORRESPONDANTS ASSOCIES 263 238 275 175 320 748

69
Nombre de banques en conformité avec les normes prudentielles

Norme prudentielle 30/06/2007 30/06/2008 30/06/2009


Capital minimum 34 34 37
Couverture des risques 29 31 34
Plafond global des risques 29 33 35
Plafond individuel des risques 15 19 34
Couverture des immobilisations 25 28 28
Rapport de liquidité 36 35 37
Coefficient de transformation 30 33 32
Engagements sur les apparentés 27 32 33
Adéquation des fonds propres 17 18 30
Nombre total de banques 36 38 41

Evolution de la cotation SYSCO

Nombre de banques ayant obtenu la Cote 30/06/2007 30/06/2008 30/06/2009

1 - Situation financière solide 3 3 4


2 - Situation financière bonne 23 25 25
3A - Situation financière légèrement fragile 3 1 0
3B - Situation financière moyennement fragile 2 2 1
3C - Situation financière très fragile 2 1 1
4A - Situation financière critique 0 1 1
4B - Situation financière très critique 1 1 1
Non cotées 2 4 8
Nombre total des banques 36 38 41
COTE MOYENNE 2 2 2

70
CAMEROUN

Evolution de la situation bilantielle (en millions de Francs CFA)

30/06/2007 30/06/2008 30/06/2009

DEPOTS DE LA CLIENTELE 1 633 775 1 854 448 1 963 404


Crédits bruts 985 852 1 144 234 1 340 027
Créances en souffrance 131 250 143 374 170 994
Provisions pour dépréciation des comptes
de la clientèle 113 277 136 773 138 985
CREDITS NETS 872 575 1 007 461 1 201 042
CAPITAUX PERMANENTS 179 293 169 862 198 120
VALEURS IMMOBILISEES 179 916 179 269 177 008
AUTRES POSTES NETS 28 049 33 318 15 119
EXCEDENT / DEFICIT DE TRESORERIE 788 626 870 898 798 616
TOTAL DU BILAN 1 841 117 2 057 628 2 176 643

RCA

Evolution de la situation bilantielle (en millions de Francs CFA)

30/06/2007 30/06/2008 30/06/2009

DEPOTS DE LA CLIENTELE 54 863 73 035 80 008


Crédits bruts 74 593 88 690 91 970
Créances en souffrance 22 520 23 324 17 968
Provisions pour dépréciation des comptes
de la clientèle 18 803 18 894 15 693
CREDITS NETS 55 790 69 796 76 277
CAPITAUX PERMANENTS 13 943 18 387 20 334
VALEURS IMMOBILISEES 5 564 6 307 8 950
AUTRES POSTES NETS 2 227 2 009 1 831
EXCEDENT / DEFICIT DE TRESORERIE 9 679 17 328 17 004
TOTAL DU BILAN 71 033 93 431 102 173

71
CONGO

Evolution de la situation bilantielle (en millions de Francs CFA)

30/06/2007 30/06/2008 30/06/2009

DEPOTS DE LA CLIENTELE 443 387 535 265 646 121


Crédits bruts 107 642 175 035 232 313
Créances en souffrance 6 758 3 529 3 040
Provisions pour dépréciation des comptes
de la clientèle 2 104 2 969 2 009
CREDITS NETS 105 538 172 066 230 304
CAPITAUX PERMANENTS 36 089 48 598 54 700
VALEURS IMMOBILISEES 29 143 37 696 34 630
AUTRES POSTES NETS 14 492 18 250 17 018
EXCEDENT / DEFICIT DE TRESORERIE 359 287 392 351 452 905
TOTAL DU BILAN 493 968 602 113 717 839

GABON

Evolution de la situation bilantielle (en millions de Francs CFA)

30/06/2007 30/06/2008 30/06/2009

DEPOTS DE LA CLIENTELE 903 958 977 507 1 004 080


Crédits bruts 673 911 641 622 716 239
Créances en souffrance 48 348 52 975 57 646
Provisions pour dépréciation des comptes
de la clientèle 37 518 38 825 47 175
CREDITS NETS 636 393 602 797 669 064
CAPITAUX PERMANENTS 197 159 205 633 276 602
VALEURS IMMOBILISEES 144 197 173 688 142 779
AUTRES POSTES NETS 15 445 33 992 -28 734
EXCEDENT / DEFICIT DE TRESORERIE 335 972 440 647 440 105
TOTAL DU BILAN 1 116 562 1 217 132 1 280 682

72
GUINEE EQUATORIALE

Evolution de la situation bilantielle (en millions de Francs CFA)

30/06/2007 30/06/2008 30/06/2009

DEPOTS DE LA CLIENTELE 436 785 786 455 931 157


Crédits bruts 193 517 250 469 383 990
Créances en souffrance 23 247 27 693 31 768
Provisions pour dépréciation des comptes
de la clientèle 21 040 26 245 32 844
CREDITS NETS 172 477 224 224 351 146
CAPITAUX PERMANENTS 39 626 60 850 88 042
VALEURS IMMOBILISEES 16 309 33 583 29 357
AUTRES POSTES NETS 6 403 10 820 -292 895
EXCEDENT / DEFICIT DE TRESORERIE 294 028 600 318 644 281
TOTAL DU BILAN 482 814 858 125 1 019 199

TCHAD

Evolution de la situation bilantielle (en millions de Francs CFA)

30/06/2007 30/06/2008 30/06/2009

DEPOTS DE LA CLIENTELE 903 958 977 507 289 435


Crédits bruts 673 911 641 622 237 215
Créances en souffrance 48 348 52 975 19 964
Provisions pour dépréciation des comptes
de la clientèle 37 518 38 825 13 617
CREDITS NETS 636 393 602 797 223 598
CAPITAUX PERMANENTS 197 159 205 633 41 023
VALEURS IMMOBILISEES 144 197 173 688 23 844
AUTRES POSTES NETS 15 445 140 455 8 334
EXCEDENT / DEFICIT DE TRESORERIE 335 972 440 647 91 350
TOTAL DU BILAN 1 116 562 1 323 595 338 792

73
3. Règlements
Règlement COBAC R-2009/01 portant fixation du capital social
minimum des établissements de crédit

La Commission Bancaire de l’Afrique Centrale réunie le 1er avril 2009 à Bata (Guinée Equatoriale) ;

Vu le traité instituant la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC)


ainsi que ses différentes annexes ;

Vu la Convention régissant l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC) ;

Vu la Convention du 16 octobre 1990 portant création d’une Commission Bancaire de l’Afrique


Centrale notamment le premier alinéa des articles 8 et 9 de son Annexe ;

Vu la Convention du 17 janvier 1992 portant Harmonisation de la Réglementation Bancaire dans


les Etats de l’Afrique Centrale ;

Vu le Règlement N° 02/08/CEMAC/UMAC/COBAC Relatif à la modification de l’attribution de


compétence pour la détermination des catégories des établissements de crédit, de la fixation
de leur capital minimum, de leur forme juridique et des activités autorisées ;

Vu les dispositions de l’Acte uniforme OHADA relatif au droit des sociétés commerciales et
du groupement d’intérêt économique.

DECIDE

Article 1er – Les établissements bancaires ayant leur siège social sur le territoire de la CEMAC
doivent disposer d’un capital social minimum égal à 10 milliards de FCFA.

Article 2 – Les établissements financiers ayant leur siège social sur le territoire de la CEMAC
doivent disposer d’un capital social minimum égal à 2 milliards de F CFA.

Article 3 - Le présent règlement abroge et remplace toutes dispositions nationales contraires


portant sur le même objet.

74
Article 4 – Les établissements de crédit de la CEMAC en activité avant l’entrée en vigueur du
présent règlement bénéficient d’une période transitoire de cinq ans à compter du 1er juin 2009
pour s’y conformer.

A cet effet, toutes les banques doivent porter leur capital social à au moins 5 000 millions à fin
juin 2010, 7 500 millions à fin juin 2012 et 10 000 à fin juin 2014 tandis que les établissements
financiers devront porter leur capital à au moins 1 000 millions à fin juin 2010, à 1 500 millions
à fin juin 2012 et 2 000 millions à fin juin 2014.

Article 5 – Le présent règlement dont les modalités seront précisées par instruction en tant
que besoin sera notifié aux Ministres en charge de la monnaie et du crédit ainsi qu’à l’ensem-
ble des établissements de crédit assujettis et à leurs associations professionnelles et publié dans
le journal officiel de tous les Etats.

Article 6 - Le Secrétaire Général de la COBAC est chargé de l’exécution du présent règlement


qui entre en application à compter du 1er juin 2009.

Pour la Commission Bancaire de


l’Afrique Centrale,
Le Président,

Philibert ANDZEMBE
.

75
Règlement COBAC R-2009/02 portant fixation des catégories des établissements de
crédit, de leur forme juridique et des activités autorisées

La Commission Bancaire de l’Afrique Centrale réunie le 1er avril 2009 à Bata (Guinée Equatoriale) ;

Vu le traité instituant la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC)


ainsi que ses différentes annexes ;

Vu la Convention régissant l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC) ;

Vu la Convention du 16 octobre 1990 portant création d’une Commission Bancaire de l’Afrique


Centrale notamment le premier alinéa des articles 8 et 9 de son Annexe ;

Vu la Convention du 17 janvier 1992 portant Harmonisation de la Réglementation Bancaire dans


les Etats de l’Afrique Centrale ;

Vu le Règlement N° 02/08/CEMAC/UMAC/COBAC Relatif à la modification de l’attribution de


compétence pour la détermination des catégories des établissements de crédit, de la fixation
de leur capital minimum, de leur forme juridique et des activités autorisées ;

Vu les dispositions de l’Acte uniforme OHADA relatif au droit des sociétés commerciales et
du groupement d’intérêt économique.

DECIDE

Article 1er . – Les Etablissements de crédit sont les organismes qui effectuent à titre habituel des
opérations de banque. Celles-ci comprennent la réception de fonds du public, l’octroi de
crédits, la délivrance de garanties en faveur d’autres Etablissements de crédit, la mise à la
disposition de la clientèle et la gestion de moyens de paiement.

Article 2. – Sont considérés comme fonds reçus du public, les fonds qu’une personne recueille
d’un tiers, notamment sous forme de dépôts, avec le droit d’en disposer pour son propre
compte, mais à charge pour elle de les restituer.Toutefois, ne sont pas considérés comme fonds
reçus du public :

1) – Les fonds reçus ou laissés en compte par les associés en nom ou les commanditaires
d’une société de personnes, les associés ou actionnaires détenant au moins 5 pour 100 du
capital social, les administrateurs, les membres du directoire et du conseil de surveillance ou
les gérants ainsi que les fonds provenant de prêts participatifs.

76
2) – Les fonds qu’une entreprise reçoit de ses salariés sous réserve que leur montant
n’excède pas 10 pour 100 de ses capitaux propres. Pour l’appréciation de ce seuil, il n’est pas
tenu compte des fonds reçus des salariés en vertu des dispositions législatives particulières.

Article 3. – Constitue une opération de crédit pour l’application du présent texte tout acte par
lequel une personne agissant à titre onéreux met ou promet de mettre des fonds à la
disposition d’une autre personne ou prend, dans l’intérêt de celle-ci, un engagement par
signature tel qu’un aval, un cautionnement, ou une garantie.

Sont assimilés à des opérations de crédit le crédit-bail, et, de manière générale, toute
opération de location assortie d’une option d’achat.

Article 4. - Sont considérés comme moyens de paiement tous les instruments, qui, quel que soit
le support ou le procédé technique utilisé, permettent à toute personne de transférer des fonds.

Article 5. – Les Etablissements de crédit peuvent effectuer les opérations connexes à leur
activité telles que :

1) – Les opérations de change ;

2) – Les opérations sur or, métaux précieux et pièces ;

3) – La location de compartiments de coffres-forts ;

4) – Le placement, la souscription, l’achat, la gestion, la garde et la vente de valeurs


mobilières et de tout produit financier ;

5) – Le conseil et l’assistance en matière de gestion de patrimoine ou financière, l’ingénierie


financière, et d’une manière générale tous les services destinés à faciliter la création et le
développement des entreprises, sous réserve des dispositions législatives relatives à l’exercice
illégal de certaines professions ;

6) – Les opérations de location simple de biens mobiliers ou immobiliers pour les


établissements habilités à effectuer des opérations de crédit-bail.

Article 6. – Les Etablissements de crédit ne peuvent :

- prendre ou détenir des participations dans les entreprises,

- exercer à titre habituel une activité autre que celles visées aux articles 1 à 4, que dans les

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conditions définies par Règlements de la Commission Bancaire qui définiront le niveau
maximal autorisé pour ces opérations.

Article 7 - Un établissement de crédit est obligatoirement constitué sous la forme juridique d’une
société anonyme dotée d’un Conseil d’administration, au sens de l’Acte uniforme OHADA
relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique, à l’excep-
tion des succursales d’établissements de crédit ayant leur siège à l’étranger.

Article 8. – Les établissements de crédit sont agréés en qualité de banques universelles,


banques spécialisées, sociétés financières ou institutions financières spécialisées.

Article 9. – Les banques universelles sont des établissements bancaires. Elles sont habilitées d’une
façon générale à recevoir du public des fonds à vue ou à moins de deux ans de terme. Elles
peuvent effectuer toutes opérations de banque et toutes opérations connexes telles que
visées aux articles 1 à 5 ainsi que les opérations non bancaires dans les conditions prévues par
l’article 6.

Article 10. – Les banques spécialisées sont des établissements bancaires. Elles sont habilitées
d’une façon générale à recevoir du public des fonds à vue ou à moins de deux ans de terme.

Elles réalisent les opérations de banques dans la limite de la décision d’agrément qui les
concernent ou des dispositions statutaires, législatives et réglementaires qui leur sont propres
dans le respect toutefois des prescriptions communes de la réglementation bancaire.

Article 11. – Les sociétés financières sont des établissements financiers. Elles ne peuvent
recevoir des fonds du public à vue et à moins de deux ans de terme. Elles assurent le
financement de leur activité par leurs capitaux propres, des emprunts auprès des autres
établissements de crédit, sur les marchés de capitaux ou toute autre voie non contraire à la loi.

Elles réalisent les opérations de banques résultant de la décision d’agrément qui les concernent
ou des dispositions statutaires, législatives et réglementaires qui leur sont propres.

Article 12. – Les institutions financières spécialisées sont des établissements financiers. Elles ne
peuvent recevoir des fonds du public à vue et à moins de deux ans de terme.

Elles assument une mission d’intérêt public décidée par l’Autorité nationale et les modalités de
financement de leurs activités ainsi que les opérations bancaires, connexes et non bancaires
autorisées sont régies par des textes législatifs et réglementaires qui leur sont propres dans le
respect toutefois des prescriptions communes de la réglementation bancaire.

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Article 13- Le présent règlement remplace toutes dispositions nationales contraires portant sur
le même sur le même objet.

Article 14- Le présent règlement sera notifié aux Ministres en charge de la Monnaie et du cré-
dit ainsi qu’à l’ensemble des établissements de crédit assujettis et à leurs associations profes-
sionnelles et publié dans le Journal Officiel de tous les Etats.

Article 15 - Le Secrétaire Général de la COBAC est chargé de l’exécution du présent règle-


ment qui entre en application à compter du 1er juin 2009.

Pour la Commission Bancaire de


l’Afrique Centrale,
Le Président,

Philibert ANDZEMBE

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COMMISSION BANCAIRE DE L’AFRIQUE CENTRALE
Secrétariat Général
B.P. 1917 Yaoundé – Cameroun
Tél. (237) 22 23 40 30 / 22 23 40 60 - Fax (237) 22 23 82 16 / 22 23 82 56
Télex 8343 KN / 8505 KN
Site internet : www.beac.int

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