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Rothschild, un certain art de vivre

Par  Véronique Prat (http://plus.lefigaro.fr/page/veronique-prat) Mis à jour le 16/12/2012 à 21:03

Ariane et Benjamin de Rothschild dans le salon vert et or de leur hôtel parisien. Bien qu'intéressés par l'art contemporain,
ils sont aussi amateurs de mobilier et de peinture du XVIIIe siècle. RAPHAEL GAILLARDE/Le Figaro Magazine

Ils sont banquiers, collectionneurs, mécènes, viticulteurs... Depuis près de trois siècles,
leur nom est inséparable de l'histoire, comme en témoigne une exposition à la Bibliothèque
nationale de France. Nous avons rencontré les héritiers de cette grande famille
européenne.

Il y eut un temps où, en langage courant, la référence à Crésus pour rendre compte de l'infinie richesse a
perdu de son pouvoir évocateur et cédé la place dans la mythologie des temps modernes à la référence à
Rothschild. Il y eut également un temps, dans l'histoire de la célèbre famille, où le sobriquet qui la
désignait fut rehaussé de la particule annonciatrice de l'anoblissement et du titre de baron. Ce n'était que
la reconnaissance officielle de la place éminente qu'ont occupée les «de Rothschild» au temps de la
Sainte-Alliance, sous la monarchie de Juillet, le Second Empire et les républiques à venir. Une ascension
aussi rapide avait évidemment frappé les imaginations. Stendhal, le premier, écrira «riche comme
Rothschild».

Leur arbre généalogique plonge ses racines dans le ghetto de Francfort-sur-le-Main, au milieu du XVIIIe
siècle. L'ancêtre Mayer Amschel Rothschild habite avec sa famille une ruelle sordide. On ne lui accorde
pas le droit d'exercer un métier noble, de vendre des étoffes ou même de devenir forgeron ou menuisier.
Alors, comme beaucoup d'autres Juifs, il spécule, vit du commerce de l'argent, accepte de parcourir les
routes d'Allemagne dans une mauvaise voiture pour recouvrer les intérêts dus à son protecteur, le
margrave de Hesse. La force de Mayer, c'est qu'il n'agit pas seul: il envoie chacun de ses cinq fils s'établir
dans une grande capitale d'Europe, organisant ainsi de solides réseaux d'information au sein de la famille.
Bientôt, les Rothschild père et fils vont développer un système de courrier privé plus rapide que celui des
Etats eux-mêmes. Les cinq frères mettent ainsi en place la première multinationale de l'histoire, devenant,
du même coup, des «Européens» avant la lettre. C'est la source de leur puissance. Les Rothschild de la
deuxième génération, parmi lesquels le cadet, James, que son père envoie à Paris, sont déjà des hommes
fort riches.

Dans les salons de Waddesdon Manor, panneaux sculptés et meubles


provenant de Versailles se succèdent. Aux murs, des portraits de l'école
anglaise, des toiles de Greuze et de Lancret. dans les vitrines et sur les
étagères, des porcelaines de Sèvres. Une abondance de bon ton. Crédits
photo : RAPHAEL GAILLARDE/Le Figaro Magazine

À travers le destin de la famille Rothschild, l'exposition présentée à la BNF


(http://plus.lefigaro.fr/tag/bibliotheque-nationale-de-france) s'attache à la personnalité de James. Quand il
arrive à Paris en 1812, il a 20 ans. Ivre de liberté, il se jette dans le travail avec une espèce de sauvagerie.
Son ascension est fulgurante et l'on croise bientôt chez lui tout ce que Paris compte de diplomates, de
ministres, d'aristocrates qu'il traite avec une certaine ironie. Les grands négociants fréquentent le cercle
de la rue de Gramont? Lui se fera élire en 1829 au cercle de l'Union, le plus noble, le plus snob, et le plus
rigoriste. Ses concurrents forment une bourgeoisie jalouse de ses conquêtes? James deviendra l'intime
des Noailles, des Ligne, des princes d'Orléans. Rêvera-t-il alors de marier sa fille à un duc? Justement pas.
Les Rothschild ne se mariaient qu'entre eux, préférant aux grandes alliances flatteuses des mariages
entre cousins et nièces qui permettaient à la dot de rester dans le patrimoine familial commun. Dès le
début de sa carrière, James, qui avait épousé sa cousine Betty, se rangea dans le camp de la contre-
révolution, ce qui l'amena à combattre Napoléon en qui il voyait la résurgence de l'esprit jacobin, à choisir
la Sainte-Alliance des monarques et donc à soutenir tout ce qui ressemblait à une Restauration après la
tempête révolutionnaire. La longue guerre qui déchira l'Europe de 1792 à 1815 fut à l'origine de sa fortune.
James devint le banquier de Louis XVIII et de Charles X, avant de devenir celui de Louis-Philippe et son
homme de confiance. La faveur royale lui permit de bien se placer dans la grande révolution industrielle
qui allait faire de lui le magnat des chemins de fer.
Comme ses frères, James sera pris de la passion de construire. Il demandera à l'architecte britannique
Joseph Paxton de restaurer le château de Ferrières. C'était une propriété de légende, où 120 domestiques
servaient plusieurs fois par semaine des dîners de 60 couverts, où on lessivait 80.000 pièces de linge à
l'année, où les écuries pouvaient accueillir 80 chevaux et où un système de wagonnets en sous-sol
permettait d'acheminer les plats des cuisines dans la salle à manger. Typique de ce que l'on a appelé le
«style Rothschild», la décoration de Ferrières était un mélange savamment dosé d'opulence et de confort,
de goût du gigantesque et de passion vraie pour les œuvres d'art. James sera le premier Rothschild à
collectionner des tableaux. Son premier achat sera une toile de Jean-Baptiste Greuze, La Laitière,
aujourd'hui au Louvre (http://plus.lefigaro.fr/tag/Louvre). L'école française n'était pourtant pas sa préférée,
son intérêt le portait surtout vers les primitifs flamands tels que Jan Van Eyck (la Vierge et l'Enfant avec
saints et donateurs) ou Hans Memling (La Fuite en Égypte), deux chefs-d'œuvre eux aussi légués au
Louvre.

À Mouton, Philippine de Rothschild s'est entourée de peintures et de


sculptures des XVIIIe et XIXe siècles, de «curiosités» en pierre dure et en
porcelaine. Un mélange très réussi de beauté et d'originalité, qui fait le
charme de Mouton. Crédits photo : ERIC SANDER/Le Figaro Magazine

Chaque Rothschild mériterait une biographie. Nathan, le frère de James, passait pour avoir de l'humour.
Comme sa fille Hannah aimait la musique, il se laissa convaincre de donner un concert où Paganini vint
jouer. Il le félicita en prenant l'accent yiddish: «Foilà une cholie muzique.» Il fit alors tinter des pièces de
monnaie dans sa poche: «Za, z'est ma muzique à moi. Le monde l'égoute avec adention mais ne la
respecte pas autant.» Les cousins Rothschild redoutaient la tante Alice, jardinière émérite mais redoutable
bougon, qui agrippa un jour le bras de la reine Victoria en lui criant: «Arrêtez de marcher sur mes
pelouses.» Il faudrait des volumes entiers pour expliquer les Rothschild et leurs châteaux, les Rothschild
et les chevaux de course, les Rothschild et le vin. Des livres et des livres pour dresser la liste de leurs
fondations. Et bien d'autres ouvrages encore pour énumérer les splendides œuvres d'art dont ils ont fait
don aux musées. Aujourd'hui encore, le nom de Rothschild est lié à l'origine du système bancaire
international, à de fabuleuses richesses, à de la croissance sociale et à la montée sans pareille
d'entreprises, ainsi qu'à un style de vie servant de critère. Est-ce pour cela que James de Rothschild, le vrai
James, est cent fois plus passionnant que tous les Nucingen, Lucien Leuwen et autres Gundermann que,
dit-on, il inspira à Balzac, Stendhal ou Zola?
«Les Rothschild en France au XIXe siècle», Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, 5, rue Vivienne,
75002 Paris, jusqu'au 10 février 2013.

une toile du peintre chinois


Yue Minjun, que Benjamin et
Ariane ont été parmi les
premiers à collectionner.

Benjamin et Ariane de Rothschild, un couple atypique


«Je préfère parler de sport plutôt que de finance.» Le ton est donné: Benjamin de Rothschild est un
passionné de voile. «Il y a plus de cent ans, mon arrière-grand-tante pulvérisait le record de vitesse des
bateaux à vapeur qui parcouraient le lac Léman dans un panache de fumée. Aujourd'hui, la passion
continue, sans voiles et sans fumée, mais, je l'espère, toujours avec panache.» C'est dans le salon de son
hôtel parisien, à quelques mètres de l'Élysée, décoré d'un superbe mobilier du XVIIIe siècle et de tableaux
de Boucher et de Goya que Benjamin poursuit: «J'ai été immergé dans le milieu de la voile de compétition
dès mon enfance. Mon père m'a emmené sur un bateau avant même de m'apprendre à marcher.» La
passion nautique est une affaire de famille chez les Rothschild, propriétaires d'une fantastique lignée de
voiliers. Parmi eux, Benjamin a une tendresse toute particulière pour Gitana 11, avec lequel il a gagné la
Route du rhum en 2006. À côté de ses catamarans de course, de ses vignobles, de ses domaines hôteliers
et... de sa ferme laitière en Seine-et-Marne où l'on produit le seul brie de Meaux bénéficiant du label
fermier, les affaires de Benjamin regroupent banque et finance. Il travaille main dans la main avec sa
femme, Ariane, vice-présidente de la holding familiale. «Chez mes parents, se souvient Benjamin, la devise
était «a child is to be seen, not heard» (un enfant, on doit le voir, pas l'entendre). Ariane et moi élevons au
contraire nos quatre filles pour qu'elles aient des opinions et les expriment.» Si l'on en juge par les murs de
leurs chambres, celles-ci manifestent déjà un grand intérêt pour l'art chinois contemporain.
Philippine de Rothschild.
Crédits photo : ERIC
SANDER/Le Figaro Magazine

Philippine de Rothschild, de la vie de théâtre à la vie de château


Durant trente ans, le théâtre a été la grande affaire de ma vie. Pensionnaire à la Comédie-Française
(http://plus.lefigaro.fr/tag/Com%c3%a9die-Fran%c3%a7aise), j'excellais dans les rôles de soubrette: il paraît que
mon caractère vif et pétillant faisait merveille. Cela ne m'empêchait pas d'admirer passionnément
Claudel», raconte Philippine avec humour. «Pourtant, en 1988, à la mort de mon père, je n'ai pas envisagé
un seul instant de laisser à un quelconque «maire du palais» la gestion du domaine et de la société de
négoce familial.» Dans l'univers si particulier qu'est le Bordeaux des grands vins, Philippine impose son
personnage, elle est «Madame la baronne». Être invité chez elle à Mouton est un grand moment où chaque
plat est choisi pour accompagner le vin avec un soin jaloux, le filet de bœuf rôti, forestière de
champignons et purée de petits pois avec un Mouton Rothschild 1983 en magnum ou le méli-mélo de la
mer avec un Château Haut-Brion blanc 1985. Quant au dessert, la spécialité des Rothschild depuis
plusieurs générations est le soufflé au Grand Marnier et fruits confits. À cet extrême raffinement,
Philippine joint une autre passion, l'amour du beau. Mouton abrite un musée du Vin dans l'art où
d'admirables pièces d'orfèvrerie allemandes des XVIe et XVIIe siècles côtoient des tapisseries de
Beauvais et des faïences d'Urbino. «Jusque-là, les collections Rothschild réunies par mes ancêtres durant
tout le XIXe siècle étaient encloses dans notre hôtel parisien et n'étaient visibles que par nos amis. Mon
père décida d'ouvrir toutes grandes les portes de ses trésors et de les exposer à Mouton afin de les
partager avec tous.» Ce musée est en effet un pur moment de bonheur.
Jacob Rothschild dans la
«baron's room» de
Waddeston. Au sol, un
magnifique tapis de la
Savonnerie. Crédits photo :
Anna Clopet/© Anna
Clopet/CORBIS

Jacob Rothschild, la passion des demeures historiques


Quand, en 1989, à la mort de ma cousine Dorothy, j'ai hérité de Waddesdon Manor, un château qui, d'une
aile à l'autre, a la taille de Trafalgar Square, ce n'est pas du plaisir que j'ai ressenti, mais de l'angoisse.»
Jacob Rothschild aime pourtant la vie de château et il a su rendre les appartements privés de Waddesdon
très cosy, mais il n'a pas oublié le triste état de la propriété quand il en a hérité. «Sans même parler des
installations de chauffage central, d'électricité, de plomberie qu'il a fallu refaire, il y avait les 70 paires de
rideaux à poser et les tapis à rafistoler», se souvient Jacob. «Finalement, j'ai demandé à un atelier de
restauration de textiles de s'installer à demeure, mais cela a tout de même duré plus de un an. Quant aux
jardins, il a fallu entièrement les redessiner afin de retrouver leur agencement de l'époque victorienne.» En
revanche, en ce qui concerne les meubles, les tableaux, l'orfèvrerie, la porcelaine de Sèvres, le décor est
aujourd'hui le même qu'en 1884, quand Ferdinand de Rothschild fit bâtir Waddesdon. Est-ce à dire que l'on
vit ici comme au XIXe siècle? «Pas tout à fait, répond Jacob. Nous ne dînons dans la salle à manger
d'apparat, qui accueille 60 couverts, que le soir de Noël alors que, du temps de Ferdinand, le souper y était
servi tous les soirs!»
David de Rothschild devant le
portrait de son père par
Anthony Palliser. Crédits
photo : RAPHAEL
GAILLARDE/Le Figaro
Magazine

David de Rothschild, le baron français de la City


Ma vie est calme, presque austère, assure David de Rothschild. Je me lève tôt, pour prendre le petit
déjeuner en famille. En allant à la banque, rue de Messine, je lis le Herald Tribune, le Wall Street Journal et la
presse quotidienne française.» Il enchaîne ensuite les rendez-vous dans son bureau aux murs presque
nus, sobres, n'était la lumière qui pénètre à flots par deux grandes baies vitrées qui se font face. Sans
nostalgie, avec un sourire, David précise: «En 1982, il m'a paru impensable que le nom de Rothschild
disparaisse de la banque. J'aime ce pays, j'y suis profondément attaché, j'entends y vivre, y travailler et
participer à son développement. C'est pourquoi j'ai décidé, avec mon cousin Eric, de créer une nouvelle
firme qui, en 1986, prit le nom de Rothschild & Cie.» Sans fausse modestie, David pourrait ajouter que c'est
aussi lui qui a eu pour tâche de mener à bien l'association entre les deux branches de la dynastie
financière, la famille britannique et le rameau français, en prenant le titre de deputy chairman. Une
première dans l'histoire de la dynastie. Au-delà de la banque, on perçoit le rôle joué par les Rothschild
comme bâtisseurs, décorateurs et ordonnateurs de fêtes en évoquant ce que fut le château de Ferrières,
édifié pour James de Rothschild, merveilleux exemple de ce que l'on appelle le «style Rothschild» par son
exubérance ornementale et ses objets exceptionnels, son mélange de faste et de confort. Des
raffinements inconnus à l'époque (1859) avaient été prévus: chauffage central et eau courante chaude et
froide, baignoires d'argent. Les cuisines, situées dans un bâtiment particulier, étaient reliées au château
par un petit chemin de fer souterrain. C'est dans ce décor spectaculaire qu'eut lieu en 1971 le mémorable
bal Proust donné par Guy et Marie-Hélène de Rothschild, le père et la belle-mère de David. On en parle
encore.
Eric de Rothschild. Crédits photo :
RAPHAEL GAILLARDE/Le Figaro
Magazine

Eric de Rothschild, vigneron et poète


En août 1868, devant le tribunal civil de première instance de la Seine, le baron James de Rothschild
achetait Lafite. Cent quarante ans plus tard, ses descendants y sont toujours», aime rappeler Eric de
Rothschild. En 1982, quand les cousins David et Eric de Rothschild décidèrent de relancer les activités
françaises de la maison familiale, David prit en charge le secteur bancaire tandis qu'Eric se chargea du
domaine de Lafite et de son merveilleux vignoble. «J'aime cette terre et sa diversité, confie-t-il, j'aime nos
vignes, nos marais à bécassines, nos bois à cèpes, nos jardins, la maison, belle sous sa vieille patine et
cet air de sérénité que seul le temps accorde aux bâtiments humains.» Quant au style intérieur de Lafite,
contemporain du second Empire, c'est à Betty de Rothschild, la veuve de James, qu'on le doit. Ici encore,
on retrouve l'esprit Rothschild, ce style célèbre qui distinguait dans toute l'Europe les demeures familiales
depuis le milieu du XIXe siècle. Comment le définir? «C'est l'alliance chaleureuse, insolite, colorée et
parfois même étrange de meubles et d'objets que nul n'avait encore osé réunir avant les Rothschild et
qu'ils furent les premiers à rassembler, à mettre en concurrence et ainsi à révéler», remarque Eric. C'est
aussi un art de vivre, fait d'harmonie et de raffinement. Ici, comme chez Philippine à Mouton, les plats sont
faits pour les vins qui sont servis dans l'étincelante batterie de verres disposée devant chaque convive. «À
Lafite, rappelle le baron Eric en citant l'historien E. Deschodt, lever son verre, c'est déjà ne plus toucher
terre.»

Édouard de Rothschild dans les


bureaux de Libération, dont il a pris le
contrôle en 2005. Crédits photo :
DENIS ALLARD/REA/DENIS
ALLARD/REA
Édouard de Rothschild, l'anticonformiste
En 2005, on apprenait avec surprise que, grâce à un premier apport de 20 millions d'euros, Édouard de
Rothschild devenait l'actionnaire de référence de Libération. En 2010, il prenait la présidence du conseil de
surveillance du journal dont, disait-il, «la survie et l'avenir étaient désormais assurés». Décidément,
Édouard avait le don d'être imprévisible et de ne jamais être là où on l'attendait. En 2003 déjà, il s'était
montré capable de renoncer à une carrière d'associé-gérant à la banque Rothschild & Cie, dirigée par son
demi-frère David, pour se consacrer à son hobby, le concours hippique. Trente ans après avoir renoncé à
la compétition à la suite d'une disqualification lors du championnat de France junior en 1973, il entendait
revenir à son meilleur niveau et, selon un proche, «aller jusqu'au bout d'un rêve que ses parents avaient
autrefois brisé». Édouard s'impose alors une discipline de fer qui passe par cinq heures d'entraînement
quotidien dans sa propriété de Ferrières-en-Brie, mitoyenne du château érigé par son ancêtre James de
Rothschild. Son objectif? Être sélectionné en équipe de France de jumping et participer aux Jeux
olympiques. Faute d'être qualifié dans l'équipe de France, Édouard ne se décourage pas: il prend la
nationalité israélienne. Une décision qui fait parler, mais il coupe court: «Je n'ai fait cela que pour des
raisons sportives, j'espère simplement intégrer l'équipe équestre d'Israël.» Édouard ne vivra donc qu'une
partie du temps dans sa maison de Tel-Aviv, située dans le quartier huppé de Kfar Shmaryahou et, à
défaut de médaille, l'épisode aura été pour lui l'occasion de se replonger dans l'histoire des Rothschild en
Israël: «Mes ancêtres ont contribué à la création de la ville de Rishon Lezion, ils ont investi dans des
vignobles, des entreprises et des œuvres philanthropiques. Je vois moi aussi dans ce pays de vraies
opportunités d'investissements dans les nouvelles technologies.» Édouard de Rothschild va-t-il reporter
ses ambitions sur ce nouveau projet?

Le chai de Lafite construit par Ricardo


Bofill. «On a beaucoup jasé sur sa
forme ronde, raconte Eric en souriant:
‘le baron est fou, disait-on dans le
Bordelais, le vin va tourner'. En fait,
nous étions des précurseurs: le vin
vieillit ici dans le calme et la
pénombre.» Crédits photo : LAFITE
ROTHSCHILD

Des vins de seigneurs


Un mot suffit pour définir le bordeaux des Rothschild: élégance. Comme celle d'un meuble signé d'un
ébéniste du XVIIIe siècle ou le drapé d'un tissu d'aujourd'hui tissé par Lelièvre, Château Lafite Rothschild,
vin du roi sous Louis XV; Château Mouton Rothschild, empereur actuel des pauillacs, possède le racé du
cercle restreint des premiers crus classés. Lafite, 103 hectares, depuis 1868 dans la famille ; Mouton, 84
hectares, acquis en 1933, deux fleurons de la viticulture de notre pays, ambassadeurs permanents du goût
français, du goût Rothschild. Des vins d'une grande profondeur, parfaitement constitués, jeunes et frais
après des dizaines d'années de repos dans l'obscurité d'une cave. L'ouverture d'une bouteille de 30 ans
d'âge, la dégustation, goutte après goutte, reste une cérémonie païenne inoubliable. La félicité Rothschild!
Château Clarke, 54 hectares de vignes abandonnées, rachetées en 1973 par le baron Edmond, est devenu
la tête d'affiche de l'appellation Listrac, dans le Médoc. Son fils, le banquier Benjamin, et sa mère Nadine y
mettent toute leur énergie. Chaque millésime nouveau progresse, les 240.000 bouteilles sont vendues
avant même d'être élaborées. Un exemple de la ténacité de la dynastie qui, en trente-cinq ans, a réinventé
un vin devenu grand.

LIRE AUSSI:

» À Waddesdon Manor, chez lord Rothschild (http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2012/06/29/03015-


20120629ARTFIG00510--waddesdon-manor-chez-lord-rothschild.php)

» David de Rothschild réorganise son empire (http://www.lefigaro.fr/societes/2012/04/04/20005-


20120404ARTFIG00751-david-de-rothschild-reorganise-son-empire.php) 

Véronique Prat
(http://plus.lefigaro.fr/page/veronique-prat)

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