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Cadre Européen Commun de Référence des Langues

La perspective privilégiée ici est, très généralement aussi, de type actionnel en ce qu’elle
considère avant tout l’usager et l’apprenant d’une langue comme des acteurs sociaux ayant à
accomplir des tâches (qui ne sont pas seulement langagières) dans des circonstances et un
environnement donnés, à l’intérieur d’un domaine d’action particulier.
Domaines d’utilisation de la langue :

– le domaine personnel, qui est celui de la vie privée du sujet, centrée sur le foyer, la famille et
les amis et dans lequel il s’engage également dans des activités proprement individuelles telles
que lire pour le plaisir, tenir un journal, pratiquer un passe-temps ou se consacrer à un intérêt
particulier, etc.
– le domaine public, qui est celui où le sujet est engagé, comme tout citoyen, ou comme
membre d’un organisme, dans des transactions diverses pour des buts différents
– le domaine professionnel dans lequel le sujet est engagé dans son métier ou sa profession
– le domaine éducationnel dans lequel le sujet est impliqué dans un système éducatif,
notamment (mais pas obligatoirement) dans une institution d’enseignement.
Tâches communicatives et finalités :

La communication professionnelle :

Les apprenants en situation de résidents temporaires devront être capables de


– faire les formalités nécessaires à l’obtention d’un permis de travail ou de tout autre papier de
ce type
– se renseigner (par exemple auprès d’une agence pour l’emploi) sur la nature des emplois, les
ouvertures et les conditions (par exemple le profil du poste, le salaire, le droit du travail, les
horaires et congés, la durée du préavis, etc.)
– lire les offres d’emploi
– écrire des lettres de candidature et avoir un entretien de recrutement. Fournir des informations
orales ou écrites sur soi, sa formation et son expérience et répondre à des questions sur ces
mêmes points
– comprendre et suivre les règles d’embauche
– comprendre les tâches à accomplir au moment de l’entrée en fonctions et poser des questions
à ce sujet
– comprendre les règles de prudence et de sécurité et leurs consignes d’application
– signaler un accident, faire une déclaration d’assurance
– bénéficier de la protection sociale
– communiquer de manière appropriée avec les supérieurs, les collègues et les subordonnés
– participer à la vie sociale de l’entreprise ou de l’institution (par exemple le restaurant
d’entreprise, les clubs sportifs et les associations,
etc.).

Dans le domaine éducationnel :

– les types de tâche, par exemple, simulations, jeux de rôle, interactions en classe, etc.
– les finalités, par exemple, les objectifs d’apprentissage du groupe en relation aux objectifs
différents et moins prévisibles des différents membres du groupe
– les supports, par exemple, les consignes, le matériel sélectionné ou produit par les enseignants
et/ou les apprenants
– les produits, par exemple, des objets langagiers tels que des textes, des résumés, des tableaux,
des documents, etc., et des produits d’apprentissage tels que la prise de conscience, l’intuition,
la stratégie, l’expérience à prendre des décisions et à négocier, etc.
– les activités, par exemple, cognitives/affectives, physiques/réflexives, en groupe/par
deux/individuelles, etc.
– le rôle des participants dans les activités, leur planification et leur organisation
– le contrôle et l’évaluation du succès relatif de la tâche dans sa conception et dans sa réalisation
selon des critères tels que la pertinence, les contraintes et les attentes en termes de difficulté et
l’applicabilité.

Utilisation ludique de la langue :

• des jeux de société


– oraux (histoires erronées ou « trouver l’erreur » ; comment, quand, où, etc.)
– écrits (le pendu, etc.)
– audiovisuels (le loto d’images, etc.)
– sur cartes et damiers (le Scrabble, le Lexicon, etc.)
– charades et mimes, etc.
• des activités individuelles
– des devinettes et énigmes (mots croisés, rébus, anagrammes, charades, etc.)
– des jeux médiatiques (radio et télévision : Des chiffres et des lettres, Questions pour un
champion, Le Jeu des mille francs, etc.)
• des jeux de mots (calembours, etc.)
– dans la publicité, par exemple, pour une voiture : La 106, un sacré numéro
– dans les titres de journaux, par exemple, à l’occasion d’une grève du métro parisien : La
galère sans les rames
– dans les graffitis, par exemple : Dessine-moi un jour plus vieux.

Utilisation esthétique ou poétique de la langue :

– le chant (comptines, chansons du patrimoine, chansons populaires, etc.)


– la réécriture et le récit répétitif d’histoires, etc.
– l’audition, la lecture, l’écriture ou le récit oral de textes d’imagination (bouts rimés, etc.)
parmi lesquels des caricatures, des bandes dessinées, des histoires en images, des romans
photos, etc.
– le théâtre (écrit ou improvisé)
– la production, la réception et la représentation de textes littéraires comme
– lire et écrire des textes (nouvelles, romans, poèmes, etc.)
– représenter et regarder ou écouter un récital, un opéra, une pièce de théâtre, etc.

Activité de production et stratégies :

Production orale :

– les annonces publiques (renseignements, instructions, etc.)


– les exposés (discours dans des réunions publiques, conférences à l’université, sermons,
spectacles, commentaires sportifs, etc.).
Elles peuvent inclure, par exemple :
– de lire un texte écrit à haute voix
– de faire un exposé en suivant des notes ou commenter des données visuelles (diagrammes,
dessins, tableaux, etc.)
– de jouer un rôle qui a été répété
– de parler spontanément
– de chanter.
Une échelle est proposée pour illustrer la production orale générale et des sous-échelles pour
illustrer
– le monologue suivi : décrire l’expérience
– le monologue suivi : argumenter (par exemple lors d’un débat)
– des annonces publiques
– s’adresser à un auditoire.
Production écrite :
Activités de réception et stratégies :

Écoute ou compréhension orale :

– écouter des annonces publiques (renseignements, consignes, mises en garde, etc.)


– fréquenter les médias (radio, télévision, enregistrements, cinéma)
– être spectateur (théâtre, réunion publique, conférences, spectacles, etc.)
– surprendre une conversation, etc.
Dans chacun de ces cas l’utilisateur peut écouter afin de comprendre
– l’information globale
– une information particulière
– l’information détaillée
– l’implicite du discours, etc.
Une échelle est proposée pour illustrer la compréhension générale de l’oral
et des sous-échelles pour illustrer
– comprendre une interaction entre locuteurs natifs
– comprendre en tant qu’auditeur
– comprendre des annonces et instructions orales
– comprendre des émissions de radio et des enregistrements.
Lecture ou compréhension de l’écrit :
– lire pour s’orienter
– lire pour information, par exemple en utilisant des ouvrages de référence
– lire et suivre des instructions
– lire pour le plaisir, etc.
L’utilisateur de la langue peut lire afin de comprendre
– l’information globale
– une information particulière
– une information détaillée
– l’implicite du discours, etc.
Une échelle est proposée pour illustrer la compréhension générale de l’écrit et des sous-échelles
pour illustrer
– comprendre la correspondance
– lire pour s’orienter
– lire pour s’informer et discuter
– lire des instructions.
Réception audiovisuelle :

Activités d’interaction :

Á l’oral :

– les échanges courants


– la conversation courante
– les discussions informelles
– les discussions formelles
– le débat
– l’interview
– la négociation
– la planification conjointe
– la coopération en vue d’un objectif
Á l’écrit :
– transmettre et échanger des notes, des mémos, etc., dans les cas où l’interaction orale est
impossible et inappropriée
– correspondre par lettres, télécopies, courrier électronique, etc.
– négocier le texte d’accords, de contrats, de communiqués etc. en reformulant et en échangeant
des brouillons, des amendements, des corrections, etc.
– participer à des forums en-ligne et hors-ligne.

Compétences générales :

Savoirs socioculturels :

1. La vie quotidienne, par exemple :


– nourriture et boisson, heures des repas, manières de table
– congés légaux
– horaires et habitudes de travail
– activités de loisir (passe-temps, sports, habitudes de lecture, médias).
2. Les conditions de vie, par exemple :
– niveaux de vie (avec leurs variantes régionales, ethniques et de groupe social)
– conditions de logement
– couverture sociale.
3. Les relations interpersonnelles (y compris les relations de pouvoir et la solidarité) en fonction
de, par exemple :
– la structure sociale et les relations entre les classes sociales
– les relations entre les sexes (courantes et intimes)
– la structure et les relations familiales
– les relations entre générations
– les relations au travail
– les relations avec la police, les organismes officiels, etc.
– les relations entre races et communautés
– les relations entre les groupes politiques et religieux.
4. Valeurs, croyances et comportements en relation à des facteurs ou à des paramètres tels que
– la classe sociale
– les groupes socioprofessionnels (universitaires, cadres, fonctionnaires, artisans et travailleurs
manuels)
– la fortune (revenus et patrimoine)
– les cultures régionales
– la sécurité
– les institutions
– la tradition et le changement
– l’histoire
– les minorités (ethniques ou religieuses)
– l’identité nationale
– les pays étrangers, les états, les peuples
– la politique
– les arts (musique, arts visuels, littérature, théâtre, musique et chanson populaire)
– la religion
– l’humour.

Compétences communicatives langagières :


Compétence lexicale :

Compétence grammaticale :

Compétence phonologique :

– les unités sonores de la langue (phonèmes) et leur réalisation dans des contextes particuliers
(allophones)
– les traits phonétiques qui distinguent les phonèmes (traits distinctifs tels que, par exemple
sonorité, nasalité, occlusion, labialité)
– la composition phonétique des mots (structure syllabique, séquence des phonèmes,
accentuation des mots, tons, assimilation,
allongements)
– la prosodie ou phonétique de la phrase :
- accentuation et rythme de la phrase
- intonation
- réduction phonétique
- réduction vocalique
- formes faibles et fortes
- assimilation
- élision.

Compétence orthoépique :

Réciproquement, les utilisateurs amenés à lire un texte préparé à haute voix, ou à utiliser dans
un discours des mots rencontrés pour la première fois sous leur forme écrite, devront être
capables de produire une prononciation correcte à partir de la forme écrite. Cela suppose
– la connaissance des conventions orthographiques
– la capacité de consulter un dictionnaire et la connaissance des conventions qui y sont mises en
œuvre pour représenter la prononciation
– la connaissance des implications des formes écrites, en particulier des signes de ponctuation,
pour le rythme et l’intonation
– la capacité de résoudre les équivoques (homonymes, ambiguïtés syntaxiques, etc.) à la lumière
du contexte.
Compétences sociolinguistiques :

Compétence pragmatique :

La compétence discursive
C’est celle qui permet à l’utilisateur/apprenant d’ordonner les phrases en séquences afin de
produire des ensembles cohérents.
Elle recouvre
• la connaissance de l’organisation des phrases et de leurs composantes
• la capacité à les maîtriser en termes
– de thème/rhème
– d’information donnée/information nouvelle
– d’enchaînement « naturel » (par exemple, temporel : Il est tombé (et) je l’ai frappé. – Je l’ai
frappé (et) il est tombé.)
– de cause/conséquence (par exemple, Les prix montent ; les gens réclament une augmentation
de salaire.)
• la capacité de gérer et de structurer le discours en termes
– d’organisation thématique
– de cohérence et de cohésion
– d’organisation logique
– de style et de registre
– d’efficacité rhétorique
– de principe coopératif (maximes conversationnelles de Grice, 1975) « faites en sorte que votre
contribution corresponde à ce qui est exigé, au niveau où elle a lieu, par la finalité ou le sens
acceptés de l’échange conversationnel dans lequel vous êtes engagé(s), en observant les
principes suivants :
– la qualité (essayez de rendre votre contribution véridique) ;
– la quantité (rendez votre contribution aussi informative que possible mais pas plus) ;
– la pertinence (ne dites que ce qui est approprié) ;
– la modalité (soyez bref et précis ; évitez l’obscurité et l’ambiguïté). »

• la capacité à structurer ; le plan du texte


C’est la connaissance des conventions organisationnelles des textes dans une communauté
donnée, par exemple :
– comment est structurée l’information pour réaliser les différentes macro-fonctions
(description, narration, argumentation, etc.)
– comment sont racontées les histoires, les anecdotes, les plaisanteries, etc.
– comment est construite une argumentation (dans un débat, une cour de justice, etc.)
– comment les textes écrits (essais, lettres officielles, etc.) sont mis en page, en paragraphes, etc.