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BUREAU D’ETUDE DYNAMIQUE DES STRUCTURES 2019

ETUDE du comportement dynamique d’un plancher process d’une usine de production de haute
technologie

A) Description de la géométrie de la structure :

Le bâtiment étudié est une usine de fabrication de composants miniaturisés de l’industrie des hautes
technologies. Ce bâtiment est composé de 3 parties :

- Un plancher process,
- Deux ailes recueillant les fonctions supports,
- Une charpente métallique couvrant la zone process.

Nous restreignons notre étude au plancher process sur lequel reposent les outils les plus sensibles aux
vibrations de faible amplitude. Ce plancher est composé de 3 niveaux : RDC, niveau A et niveau B.

Les poteaux sont de section carrée de dimensions a*a. L’excentrement des poteaux dans les deux
directions (axe longitudinal et transversal de l’usine) est noté e.

Le plancher du niveau A (resp. B) est assimilé à une dalle pleine d’épaisseur ta (resp. tb).

Les poteaux sont supposés encastrés au niveau du sol et connectés aux dalles A et B par des
assemblages métalliques. La distance entre la fibre neutre du plancher niveau A et l’encastrement au
sol est notée h, tout comme celle entre les fibres neutres des planchers du niveau A et niveau B.

On néglige l’effet de la pesanteur dans tout le devoir.

• On notera 𝒌𝒌𝜽𝜽 la raideur en rotation des assemblages métalliques : correspond au coefficient


de linéarité entre le moment interne de l’assemblage et la rotation qu’il subit.
• On suppose que la raideur des dalles est très grande par rapport à la raideur en flexion du
poteau (qu’on notera EI) et par rapport 𝒌𝒌𝜽𝜽
• De plus, on suppose que la masse des poteaux est négligeable devant la masse des planchers.
On précise bien que :

• Le pied du 1er poteau est encastré au sol, et sa tête est connectée au plancher A par un
assemblage métallique de raideur 𝑘𝑘𝜃𝜃
• Le pied du 2ème poteau (resp. sa tête) est connecté(e) au plancher A (resp. B) par un assemblage
de raideur 𝑘𝑘𝜃𝜃

EI
Pour simplifier les écritures, on notera µ =
kθ h

Les données matérielles et géométriques sont :

- Module d’Young : E = 33 GPa


- Densité : 2500Kg/m3
- Hauteur h = 6m
- Côté a = 80cm
- Excentricité e = 6m
- Epaisseur ta = 30cm
- Epaisseur tb = 60cm

Etant donné la périodicité spatiale de la structure, nous limitons notre étude à l’étude d’un poteau
supportant une trame de e * e de dalles. De plus, nous ne regarderons que les déplacements
horizontaux dans l’axe transversal de l’usine.

On notera ma et mb les masses des trames des dalles des niveaux A et B.

On choisit comme degrés de liberté ua et ub : déplacements horizontaux respectivement de la dalle


du niveau A (1er niveau) et celle du niveau B (2ème niveau).

1) Expliquer brièvement à quoi correspondent physiquement les deux cas extrêmes µ=0 et µ=∞.
2) Calculer EI, ma et mb analytiquement et faire l’application numérique.

Dans la suite, on garde les formules analytiques en fonction de EI,h,ma,mb et µ

3) Calculer la raideur équivalente du 1er poteau entre le sol et la dalle A.


4) Calculer la raideur équivalente du 2ème poteau entre la dalle A et la dalle B.
5) Par la méthode de votre choix (équation de Lagrange, raideurs et masses généralisées k* et
m*, …), calculer les matrices de raideur et de masse.
6) Calculer les pulsations propres et modes propres de la structure (on les normera de manière à
avoir 1 au plancher A). Dessinez leur allure. (On tracera les courbes de variation des pulsations
et des modes en fonction de µ).
7) Que se passe-t-il quand µ=∞? Pourquoi ?
8) Dorénavant, les assemblages sont pris très raides (𝑘𝑘𝜃𝜃 infini). Synthétiser les résultats obtenus
dans ce cas (application numérique), ils serviront pour la suite du devoir.

Dans la suite du devoir, nous considérerons un amortissement constant sur l’ensemble des modes
propres de ξ = 5%, ainsi qu’une raideur 𝒌𝒌𝜽𝜽 infinie.
B) Dimensionnement de la structure au séisme :

On suppose que le bâtiment repose sur un sol de classe C pour un bâtiment de catégorie d’importance
3 (coefficient d'importance γI = 1.2) dans une zone sismique 4 (agr = 1.6m/s2). La réglementation
Française donne le spectre de réponse ci-dessous définit par les caractéristiques :
Avec :

Ag = γΙ agr = 1.6 * 1.2 = 1.92 m/s²

S = 1.5

η=1

TB = 0.06 s ; TC = 0.4 s ; TD = 2 s.

On suppose que le système ne répond que suivant son premier mode propre.

1) Calculer le déplacement du niveau B


2) Calculer les diagrammes d’effort tranchant et de moment de flexion en ne considérant que le
premier mode.
3) Que deviennent-ils (déplacement, tranchant et moment de flexion) lorsqu’on considère les
deux modes ?

C) Etude d’un dispositif de limitation des déplacements : Oscillateur harmonique accordé :

Afin de limiter les déplacements, il est possible d’installer des systèmes oscillants positionnés
directement sur la dalle supportant les équipements les plus sensibles aux vibrations. Ces systèmes
sont représentés dans la photo ci-dessous.

(Source : www.ihi.co.jp)

Ces systèmes sont conçus afin d’avoir une masse mobile connectée au reste de la structure par
l’intermédiaire de ressort dont la raideur est définie de manière que la pulsation propre de l’oscillateur
soit celle du mode propre de la structure le plus pénalisant. On parle d’oscillateur harmonique accordé.

Dans notre cas d’étude, le mode prépondérant est le mode 1. On suppose que la masse mobile de
𝑚𝑚
l’oscillateur est 𝑚𝑚0 = 10𝐵𝐵 où (mB est la masse du plancher du niveau B).
1) En déduire la raideur de l’oscillateur.
2) On suppose que l’installation de l’oscillateur harmonique accordé se fait directement au
niveau de la masse mB. Représenter sur un schéma le système intégrant l’oscillateur
harmonique accordé à l’aide de masses et de ressorts.
3) Quels sont les nouveaux modes propres et les nouvelles pulsations propres ?

On applique le spectre de dimensionnement sismique de la partie précédente.

4) Quel est le déplacement maximal de la masse mB en considérant l’ensemble des modes


propres ?
5) En déduire l’intérêt de l’oscillateur harmonique accordé.

D) Calcul d’un spectre de réponse élastique aux vibrations de faible amplitude :

Pour cette partie D, on revient dans le cas sans oscillateur harmonique accordé.

Les exigences des machines outil de process étant très contraignantes, il est nécessaire de faire une
étude de comportement de la structure aux vibrations de faibles amplitudes. Les sources des vibrations
sont multiples : Vibrations ambiantes (autoroute, circulation automobile et piétonne, survol d’avions,
écoulements de vents sur les façades, …), vibrations liées aux équipements (pompes, transformateurs,
…) ou à la marche des opérateurs (modélisation du comportement d’un ou plusieurs piétons).

Afin de pouvoir quantifier l’impact de ces vibrations dont l’amplitude et la fréquence d’excitation n’est
pas connue, nous allons calculer un spectre de réponse élastique du plancher de l’étage B pour
l’application d’un balayage fréquentiel appliqué au premier étage.

Nous considérerons ainsi une vibration sinusoïdale horizontale appliquée au niveau du plancher du
niveau A. Cette vibration est modélisée par une force horizontale d’amplitude 𝐹𝐹0 :

𝐹𝐹 = 𝐹𝐹0 𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠(Ω𝑡𝑡)
Où :

- Ω est la pulsation du balayage fréquentiel en rad/s


On ne s'intéresse qu'à la réponse stationnaire de la structure

1) En supposant que la structure ne répond que suivant son 1er mode, tracer numériquement le
spectre de réponse élastique en déplacement du plancher de l’étage B ?
2) Que devient ce spectre élastique lorsque les 2 modes sont considérés ?