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Chapitre I

GENÉRALITÉS SUR LES MATÉRIAUX

I. Etat de la matière
La matière : est tout ce qui est substance, de la plus petite poussière à la plus gigantesque étoile.
Substance, réalité constitutive des corps, douée de propriétés physiques.

Trois états de la matière sont généralement distingués : solide, liquide et gazeux.

 A l’état gazeux, la matière est diluée et désordonnée. Les atomes sont en mouvement permanent
dans toutes les directions au gré des chocs entre atomes. Le désordre du système est alors maximal.
La pression peut être interprétée comme une conséquence de l’agitation des atomes. La pression est
la force moyenne par unité de surface due aux particules venant frapper une paroi. Prenons
l’exemple du gaz argon, dont la dimension des atomes est de 0.2 nm, à l’état gazeux, les atomes se
déplacent à une vitesse moyenne de 100 ms-1 et se trouvent à une distance d’environ 4 nm les uns
des autres.
 L’état liquide est un état plus ordonné qu’un gaz. Le liquide est plus dense, les particules
(atomes ou molécules) interagissent davantage les unes avec les autres, de ce fait il existe un ordre à
petite distance (quelques dizaines de particules). Beaucoup de particules se contentent de vibrer
sans changer leur position relative par rapport aux particules voisines. Cependant des échanges de
position restent possibles, c’est ce qui permet la diffusion, phénomène facile à mettre en évidence
dans le cas de deux liquides miscibles. Dans le cas de l’argon à l’état liquide, par exemple, les
atomes se déplacent à une vitesse moyenne de 10 ms-1 et se trouvent à une distance d’environ 0.4
nm les uns des autres.
 L’état solide est le plus ordonné et le plus dense. Les atomes interagissent beaucoup avec leurs
voisins et de ce fait l’ordre existe à grande distance. On parle alors de structure cristalline. Dans les
métaux courants, les cristallites (ou grains) ont des dimensions de l’ordre de quelques dizaines de
micromètres. Dans les solides, les atomes vibrent autour d’une position moyenne, la diffusion est
beaucoup plus difficile.

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II. Les changements d'état de la matière:
Définition : un changement d'état est le passage d'un état à un autre sous l'effet d'un changement de
température ou de pression.

La matière peut en général, passer d'un état à l'autre:

 La liquéfaction est le passage de l'état gazeux à l'état liquide.

 La condensation est une liquéfaction sous forme de gouttelettes.

 La vaporisation est un phénomène général du passage de l'état liquide à l'état gazeux.

 La vaporisation se fait soit par évaporation ou par ébullition.

 La fusion est le passage de l'état solide vers l'état liquide.

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 La solidification est le passage de l'état liquide à solide.

 La sublimation est le passage de l'état solide à gazeux. La glace peut s'évaporer de la même
façon que l'eau.

III. Les grandes classes de matériaux

III.1. Les métaux


Les métaux sont des matériaux basés sur des éléments chimiques ayant la particularité de pouvoir
former des liaisons métalliques et perdre des électrons pour former des cations (ex. : Fe -> Fe2+ ou
Fe3+). Les métaux se caractérisent par plusieurs particularités physiques. Ils sont de bons
conducteurs électriques, cette caractéristique se mesure soit grâce à la conductivité soit grâce à son
inverse, la résistivité. Ils sont aussi de bons conducteurs thermiques et possèdent un éclat lumineux.
Du point de vue mécanique, ils se caractérisent par des propriétés telles que leur module d'élasticité
(généralement élevé, de l'ordre de plusieurs G Pa), leur dureté, leur ductilité, etc.

III.2. Polymères
L'étymologie du mot polymère vient du grec « pollus » plusieurs et « meros » partie. Un polymère
est une macromolécule organique ou minérale constituée d'un enchaînement répétitif d'un même
motif appelé monomère. Les monomères sont reliés entre eux par des liaisons covalentes. Les
propriétés des polymères dépendent essentiellement du type des monomères, de la nature de leur
assemblage et du degré de polymérisation.

On peut classer les polymères selon leurs propriétés thermomécaniques. Ainsi on distingue :

 les thermoplastiques : qui deviennent malléables quand ils sont chauffés, ce qui facilite leur
mise en œuvre. Exple  : polypropylène PP, polyéthylène PE, …

 les thermodurcissables : qui durcissent avec la chaleur ou par ajout d'un additif. Ce
durcissement est en général irréversible. Exple  : Résine polyester ou polyépoxyde, …

III.3. Céramiques
Celles-ci sont composées d'éléments métalliques et non métalliques. Elles sont généralement
des oxydes, des nitrures, ou des carbures. Le groupe des céramiques englobe une vaste gamme de
matériaux, comme les ciments, les verres, les céramiques traditionnelles faites d'argile, etc.

Les céramiques ont de nombreux avantages :

 propriétés mécaniques : elles présentent, comme les métaux, un module d'Young bien défini,
c'est-à-dire que le module reste constant pendant l'application d'une charge (contrairement au

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polymère dont l'élasticité n'est pas linéaire). De plus, elles ont la plus grande dureté de tous les
matériaux, et sont d'ailleurs utilisées comme abrasifs pour couper (ou polir) les autres matériaux ;

 résistance aux chocs thermiques en raison d'un faible coefficient de dilatation ;

 bonne résistance chimique ;

 résistance à la corrosion ;

 isolation thermique et électrique.

Par contre, leur principale faiblesse est d'être prédisposées à rompre brutalement, sans
déformation plastique en traction (caractère fragile) ; les porosités « affaiblissent » le matériau en
entraînant des concentrations de contrainte à leur voisinage. La fragilité des céramiques rend
impossible les méthodes de laminage ou de forgeage utilisées en métallurgie.

La plupart des céramiques sont mises en forme à partir de poudre compactée puis chauffée à
haute température, c'est ce qu'on appelle le frittage. On utilisera surtout des poudres de
granulométrie très faible afin de réduire la porosité.

III.4. Composites
Un matériau composite est un mélange de deux matériaux de base, distincts à l'échelle
macroscopique, ayant des propriétés physiques et mécaniques différentes. Le mélange est effectué
de manière à avoir des propriétés optimales, différentes et en général supérieures à celles de chacun
des constituants. Un composite est constitué au moins d'une matrice (liant) et d'un renfort. Les
matrices peuvent être d'origine :

 organique : polymères thermoplastiques ou thermodurcissables (polyesters, époxydes,


phénoliques, polyimides, silicones...),

 minérale : carbone, céramique, béton, …

 métallique : Al, Mg, …

Des charges et additifs sont presque toujours incorporés à la matrice. Les renforts sont sous
forme :

 fibres courtes ou longues : ces dernières sont orientées dans le sens des sollicitations (fibres de
verre, de carbone, d'aramide, de bore, …)

 particules : gravier (additionné au ciment = béton), sable, particule de verre, …

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Le renfort peut être seul au sein d'une matrice (composite homogène) ou associé à un renfort de
nature différente (composite hybride). Ces renforts donnent au matériau de nombreuses qualités :
rigidité, résistance mécanique, tenue à la fatigue, résistance à la corrosion, étanchéité, tenue aux
chocs, au feu, isolations thermique et électrique, allègement des structures, conception de formes
complexes...

Rôles joués par chaque constituant :

 la matrice est un liant, protège les fibres et transmet également les sollicitations aux fibres,

 les fibres apportent la tenue mécanique (haute résistance, haute résistivité) et supportent les
sollicitations,

 les charges et additifs abaissent souvent le coût de la matière et améliorent les propriétés du
matériau (rôle des ignifugeants, anti UV, fongicides, antioxydants, etc.)

Les matériaux composites à base de fibres et de polymères constituent la classe la plus


importante (90% de l'ensemble des composites fabriqués actuellement). Les matériaux composites
sont grandement utilisés dans les domaines aéronautiques, automobile, ferroviaire...

Chapitre II
ARCHITECTURE ATOMIQUE

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I. Liaisons à l’état solide
A l’état solide on distinguera trois types de liaisons entre les atomes, qui permettent justement
de classer les matériaux en trois grandes familles (métaux, céramiques et polymères).

 Liaison ionique : Cette liaison se caractérise par l’échange d’électrons entre deux atomes. Cette
liaison est forte car elle sature la couche extérieure des atomes qui deviennent des ions. Cette liaison
concerne essentiellement les éléments qui ont peu d’électrons sur leur couche externe (colonnes 1 et
2 du tableau périodique) et les éléments qui ont des couches externes presque saturées (colonnes 16
et 17 du tableau périodique). Par exemple, le sodium Na, présente une structure électronique
comme suit : 1s2, 2s2, 2p6, 3s1. Il devient donc un ion Na+. Par ailleurs le Chlore Cl, présente une
structure électronique comme suit 1s2, 2s2, 2p6, 3s2, 3p5, il devient donc un ion Cl-, on obtient alors
le composé stable NaCl. Cette liaison est forte car elle stabilise fortement la structure électronique
des atomes en saturant leur couche électronique externe.
La réaction K+ + Cl- donne KCl libère ainsi une énergie de 374 kJ/mole.

 Liaison covalente : Cette liaison se caractérise par la mise en commun d’électrons afin de
saturer les couches électroniques externes de chacun des atomes de la molécule. Cette liaison
permet par exemple d’expliquer l’association de deux atomes d’hydrogène pour former la molécule
de di-hydrogène. La liaison covalente est également une liaison forte puisque elle permet de saturer
la couche électronique externe des atomes.
La réaction H+H donne H2 libère ainsi une énergie de 436 kJ/mole.

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 Liaison métallique : Cette liaison se caractérise aussi par la mise en commun d’électrons entre
plusieurs atomes afin de saturer les couches électroniques externes. A la différence de la liaison
covalente, la liaison métallique est délocalisée, c'est-à-dire que chaque atome peut être considéré
comme un ion baignant dans un gaz d’électron. Les orbitales externes des atomes « coalescent »
lorsque le cristal se forme. Ainsi les électrons de la couche externe ont-ils la liberté de se déplacer
partout dans le cristal. Le matériau est alors conducteur électrique et thermique. Les atomes qui,
isolés, présentent en couche externe des orbitales de type s ou d, dont la forme est assez isotrope,
ont davantage tendance, lorsqu’ils sont sous forme de cristaux, à former des liaisons métalliques.
Cette liaison est un peu moins forte que les liaisons covalente ou ionique mais elle reste une liaison
forte.

 Liaisons faibles (Van der Waals, liaison hydrogène) : Il existe également des liaisons
électrostatiques faibles entre les molécules (et non pas entre atomes). Divers mécanismes font que
les liaisons entre deux atomes d’une molécule peuvent être légèrement dissymétriques. La liaison se
comporte alors comme un dipôle électrique. Lorsque plusieurs molécules sont assemblées, les pôles
positifs et négatifs des dipôles auront tendance à s’attirer. Ainsi apparaissent des liaisons faibles
entre molécules.
Prenons par exemple le cas de la molécule HCl. L’atome d’hydrogène est de structure (1s 1), il
cède un électron et devient un proton H+. Par ailleurs, le Chlore (1s2, 2s2, 2p6, 3s2, 3p5) acquiert un
électron et devient un ion Cl-. Ainsi se forme une molécule stable de HCl. Cependant l’électron
cédé par l’atome d’hydrogène provient d’une couche très proche du noyau (la première) et est donc
fortement liée à son noyau. Cet électron doit s’insérer dans une couche externe de l’atome de
Chlore où il sera plus éloigné du noyau et donc moins attiré. La liaison covalente HCl n’est donc

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pas symétrique, l’électron reste finalement plus proche de l’atome d’hydrogène que de l’atome de
Chlore. Ceci conduit à la formation d’un dipôle électrique sur la liaison HCl. Lorsque plusieurs
molécules d’HCl sont mises en présence, le coté Cl d’une molécule attire le coté H d’une autre.
Cette interaction entre molécules est appelée une liaison faible. Selon ce mécanisme, le dipôle est
d’intensité maximale dans le cas d’une liaison hétérogène entre un atome d’hydrogène (très petit) et
un autre atome beaucoup plus lourd (liaison hydrogène) mais peut exister à priori pour toute autre
liaison hétérogène. Il existe également d’autres mécanismes de formation de dipôles électriques
dans une molécule.

IV. Structures cristallines


On appelle structure atomique la répartition spatiale des atomes ou des molécules dans un corps
et les relations géométriques existant entre les positions de tous les atomes. En effet, si un matériau
à l’état liquide est refroidi au-dessous de sa température de fusion, il se solidifie. Le passage de
l’état liquide à l’état solide peut se faire suivant une répartition spatiale ordonnée, désordonnée ou
intermédiaire. Le choix est tout à fait naturel. Il dépend de plusieurs paramètres tels que la vitesse
de refroidissement, la composition, etc.

Il existe de nombreuses structures cristallines. Mais, pour les matériaux métalliques, seules trois
structures sont rencontrées, la structure cubique à faces centrées CFC (ex. Cuivre, Aluminium,
Nickel, Argent, Platine, Or), la structure cubique centrée CC (Fer α, Chrome, Tantale, Vanadium,
Molybdène) et la structure hexagonale compacte HC (Titane, Zirconium, Cadmium, Zinc,
Hafnium).

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     
avec  : ( y , z ) ;  : (z , x ) ;  : (x , y )

(a)

(a) structure cubique à faces centrées

(b)

(b) structure cubique centrée (CC)

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(c)

(c) structure hexagonale compacte (HC)

 Structure cubique centrée CC

Définie par une maille élémentaire de 2 ions (un au centre et 8 aux sommets du cube mais
appartenant chacun à 8 mailles).

-Paramètre de la maille : a

da=a
√3
-Distance inter atomique : 2

a
√3
-Rayon atomique : Ra= 4

-Indice de coordination : Ic :=8 (c’est le nombre d’atomes voisins d’un atome donné).

8
1+ =2
-Nombre d’atomes par maille : 8

4
2. . .  Ra 
3
V olume des atomes de la maille
C   3 3
-Compacité : V olume de la maille a =0.678

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 Structure cubique à faces centrées CFC

Définie par un motif élémentaire de 4 ions (6 sur les


faces appartenant chacun à 2 mailles et 8 aux
sommets du cube mais appartenant chacun à 8
mailles).

-Paramètre de la maille : a

=a
√2
-Distance inter atomique : da 2

a
√2
-Rayon atomique : Ra = 4

- Indice de coordination : I C  12 (c’est le nombre d’atomes voisins d’un atome donné).

8 6
+ =4
- Nombre d’atomes par maille : 8 2

4
4. . .  Ra 
3
V olume des atomes de la maille 3
C  
- Compacité : V olume de la maille a3 =0.74

 Structure hexagonale compacte HC

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Définie par un motif élémentaire de 2 ions. La maille représentative contient 6 ions (3 à l’intérieur
et 2 sur les bases, communs chacun à 2 mailles, et 12 sur les sommets, communs chacun à 6
mailles).

-Paramètre de la maille : a et c
2 2
a c 2
da = +
-Distance inter atomique : 3 4

a
-Rayon atomique : Ra= 2

c
⇒ =1 , 63
L’empilement est dit idéal lorsque d=a a

- Indice de coordination  : I C  12  6  6

(à la distance a) (à la distance d)

12 2
3+ + =6
- Nombre d’atomes par maille : 6 2

4
6. . .  Ra 
3
V olume des atomes de la maille 3

V olume de la maille a 3
3a. .c
- Compacité : C= 2 =0.74

Remarque : La compacité des deux structures CFC et HC est la même du fait que les plans sont
définis par un arrangement hexagonal sauf que l’empilement de ces plans est différent :

HC : empilement ABAB

CFC : empilement ABC ABC

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V. Sites dans les réseaux cristallins
Dans un réseau cristallin, on appelle sites (interstitiels) les espaces laissées entres les atomes du
réseau. Il existe deux types de sites

a- sites tétraédriques (volume formé par quatre faces donc quatre sommets)

b- sites octaédriques (volume formé par huit faces donc six sommets).

Les sites interstitiels peuvent être occupés par des atomes étrangers plus petits que ceux qui forment
le cristal.

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VI. Repérage des directions et des plans
Le système d’axe de repérage des directions et des plans dans un réseau cristallin est celui qui
  
correspond aux trois vecteurs principaux, a b et c , de la maille élémentaire.

Une direction est désignée par trois indices [u v w], ce qui signifie une droite passant par
l’origine et par l’atome de coordonnées u, v et w ; avec u, v et w des entiers. Lorsque l’indice est

négatif, le signe moins est porté dessus et on note [ u v w ]. Une famille de directions équivalentes,
obtenues par des opérations de symétrie, est désignée par <u v w>.

Pour une structure cubique, du fait de la périodicité du réseau, on peut repérer tout atome du
réseau cristallin à l’aide d’indices entiers (x, y et z), et tout plan du réseau cristallin par des indices
entiers (indices de Miller), notés généralement (h, k, l).

A, B, C atomes d’un
cristal de structure
cubique. ex, ey, ez,
vecteurs de base du

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Si a, b, et c sont les distances entre atomes dans le motif de base du réseau cristallin, la position
M d’un atome quelconque du réseau cristallin se définit à partir des vecteurs de base du réseau
   
comme suit : OM  x  a  e x  y b e y  z c e z

On peut alors repérer tout plan du cristal par ses indices de Miller (voir Fig. 4.). Posons par
exemple OA = x.a, OB = y.b et OC = z.c, où x, y, z sont des entiers, le plan (ABC) est défini par
l’équation (a) et tout plan parallèle au plan (ABC) par l’équation (b) où P est un nombre entier.

x a  y b  z c  1 (a) x a  y b  z c  P (b)

Prenons les inverses 1 x , 1 y , 1 z des indices des points A, B et C, et multiplions les par leur
plus petit commun multiple. On obtient alors trois nombres entiers (h, k, l) qui sont les indices de
Miller du plan considéré. L’équation du plan (ABC) et des plans qui lui sont parallèles s’écrit alors
hx  ky  lz  N , où N est entier.

Les indices de Miller d’une famille de plans parallèles sont notés entre parenthèses : (h, k, l).

Illustration de la dénomination
de plans cristallins à l’aide des
indices de Miller, (a) plan (100),
(b) plan (010), (c) plan (200), (d)

Les céramiques ioniques ou covalentes ont souvent des structures plus complexes, il existe
jusqu’à quatorze structures cristallines (ou réseaux de Bravais), qui consistent en quatorze manières
de paver l’espace avec des motifs de base, qui sont bien plus nombreux.

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VII. Défauts dans les matériaux
Nous allons dans ce passage nous intéresser essentiellement aux matériaux cristallins pour
lesquels l’ordre parfait n’existe pas. Certaines propriétés macroscopiques (modules d’élasticité,
coefficient de dilatation, ...) qui résultent de moyenne spatiale sont peu affectées par ces
imperfections ; ce n’est pas le cas pour les phénomènes de plasticité.

VII.1. Défauts ponctuels


L’ordre régulier d’un cristal peut être perturbé par la présence soit :

 d’atomes interstitiels (de même nature que les atomes du cristal) qui créent une forte distorsion
du réseau,
 d’atomes manquants (lacunes) dont le nombre est régit par une loi de type Arhenius dans les
métaux. Ces lacunes jouent un rôle important dans les phénomènes de diffusion,
 de solutions solides. Un corps pur pouvant dissoudre une certaine proportion d’un autre corps,
on trouve donc deux cas (voir Fig. 4.) :
– des atomes « étrangers » qui occupent des nœuds du maillage (en substitution) et conduisent à
une distorsion et à des modifications de propriétés électriques,

– des atomes « étrangers » qui sont en insertion. C’est le cas du carbone dans le fer.

Illustration (a) réseau parfait, (b) un


élément d’alliage en substitution (c) un
élément d’alliage en insertion.

VII.2. Défauts linéiques


Il s’agit de dislocations dont l’existence a été imaginé par Voltera avant même de pouvoir en
observer. Il existe deux types de dislocations : vis et coin.

 Dislocation coin. Elle correspond à l’interruption d’un plan atomique le long d’une ligne ce qui
conduit à une forte distorsion du réseau atomique avec des zones en tension et d’autres en
compression. Une dislocation se caractérise par son vecteur de Burgers b.

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Celui d’une dislocation coin est perpendiculaire à la ligne de dislocation.

 Dislocation vis. Dans ce cas on a un cisaillement du réseau qui donne un vecteur de Burgers
parallèle à la ligne de dislocation.

Dislocation coin et vecteur de Burgers.


Dislocation vis.

VII.3. Défauts surfaciques


On trouve dans cette catégorie les joints de grains et les macles.

 Les joints de grains correspondent à la limite entre les différents grains d’un matériau poly-
cristallin. Les joints de grains ont une épaisseur de quelques couches atomiques, sont des zones
fortement distordues ce qui permet l’insertion d’atomes. Si les grains sont systématiquement
élastiquement anisotropes le poly-cristal peut être isotrope en raison de l’orientation aléatoire des
orientations cristallines.
 Les macles correspondent à des défauts dans l’ordre d’empilement des couches d’atomes. On
peut donc trouver à l’intérieur d’un même grain des traces de maclage.

Joint de grain (MET). Macl


age

VII.4. Défauts volumiques


On a de tels défauts lorsqu’une partie du cristal est remplacé par un volume d’un composé
différent ; la différence est de nature chimique et peur être accompagnée de différences
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cristallographiques. La partie étrangère du cristal est soit un précipité, soit une inclusion. Ils jouent
un rôle très important pour la modification des propriétés des matériaux (limite élastique).

 Les précipités sont de petites particules de seconde phase qui se sont formées entre le métal de
base et un élément d’alliage. Ils peuvent être de divers types. Les précipités cohérents (voir Fig. 9a.)
sont ceux qui présentent une continuité cristallographique avec la matrice. Les réseaux cristallins de
la matrice et des précipités sont semblables, et leurs paramètres cristallins peuvent être légèrement
différents. Cela entraîne des distorsions élastiques à l'interface matrice/précipité. Les précipités
semi-cohérents (Fig. 9b.) ne présentent de cohérence cristallographique avec la matrice que sur
certains plans, et les précipités incohérents (Fig. 9c.) n'ont aucune relation cristallographique avec
la matrice.

(a) (b) (c)

Représentations
schématiques de précipités
dans les solides cristallins :
(a) précipité cohérent avec

 Les inclusions sont des « saletés » dans le métal qui proviennent de son élaboration à l’état
liquide ; ce sont le plus souvent des oxydes, des sulfures ou des silicates. Les inclusions sont
toujours incohérentes.

Chapitre III

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DIAGRAMME DE PHASE

I. Introduction

Les métaux purs sont très rarement utilisés dans les constructions industrielles car ils présentent
souvent des caractéristiques mécaniques très limitées. La plupart des matériaux de construction sont
constitués de différents éléments : on parle alors d'alliages.

Lorsque ces éléments ne sont que partiellement miscibles, le matériau est constitué de plusieurs
phases de structures cristallines et de compositions différentes. Il en résulte une influence très
importante sur les caractéristiques mécaniques du matériau et son comportement.

L'étude de la microstructure du matériau consiste à déterminer la nature des différentes phases en


présence, leur proportion et leur constitution. Cette analyse se fait à partir des diagrammes
d'équilibre de phases qui traduisent les états d'équilibre entre les différentes phases.

VIII. Définitions

VIII.1. Phase

On appelle phase toute partie homogène d’un système qui peut être dans un état gazeux, liquide,
solide amorphe ou solide cristallisé

VIII.2. Diagramme de phase 

Le diagramme de phase est une « carte » représentant l'état d'un système (corps pur ou mélange de
corps purs), pour des conditions de pression, de température ou de composition donnée.

VIII.3. Alliage

Initialement, le terme d'alliage était réservé aux métaux. Dans ce cadre, un alliage est une
combinaison d'au moins deux éléments dont l'un est métallique, par exemple le fer. Les autres
éléments peuvent être soit métalliques, soit non métalliques, par exemple le carbone.

Par extension, il est possible de parler d'alliages pour les céramiques ainsi que pour les polymères.

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On dit d'un alliage qu'il est binaire s'il combine uniquement deux éléments (Fe-C), et ternaire s'il
combine trois éléments (Fe-C-Ni). Dans la plupart des cas, les alliages associent souvent plus de
trois éléments afin de présenter un bon compromis entre les différentes caractéristiques mécaniques
(Fe-C-Ni-Cr-Mo).

VIII.4. Constituants

Les éléments constitutifs de l'alliage sont appelés constituants de l'alliage. L'alliage est alors défini
par la nature de ses constituants et par leur concentration. Ils sont repérés par leur symbole
chimique. La proportion d'un constituant B peut être définie soit par sa concentration massique :

mB% =

soit par sa concentration atomique ou molaire :

xB% =

IX. Diagramme de phases d'un corps pur

Un corps pur peut être présent sous plusieurs formes : solide liquide ou gazeux, selon la pression et
la température. Généralement, à l'équilibre, le corps pur n'existe que sous une seule forme pour une
pression et une température données, mise à part à son point triple (coexistence des trois phases) et
au-delà du point critique (coexistence gaz-liquide à haute pression et haute température). Comme ici
la notion de phase est identique à celle d'état, on parle parfois de diagramme de changement d'état.

Pression

C
Solide Liquide

T Gaz

Température

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Exemple d'un diagramme de phase de corps pur : l'eau

X. Diagramme binaire et ternaire

Lorsque l'on a un composé de deux corps purs, le système peut être sous plusieurs formes :

 Entièrement solide, chaque corps cristallisant séparément ;


 Entièrement solide, les deux corps étant parfaitement mélangés sous la forme d'un composé
défini, appelé « eutectique », « eutectoïde », péritectique ou péritectoïde selon la manière
dont il se décompose en chauffant ;
 Mélange solide-liquide ;
 Entièrement liquide, sous la forme de deux liquides non miscibles (émulsion), ou d'un seul
liquide parfaitement homogène (une seule phase) ;
 Mélange liquide-gaz (aérosol, ou bien gaz au-dessus d'un liquide) ;
 Gaz (un gaz est toujours homogène pour de faibles variations d'altitude).

Les états ci-dessus sont composés soit d'une phase unique (par exemple liquides miscibles ou gaz),
soit de plusieurs phases hétérogènes. On peut tracer de même l'état d'un système en fonction de la
pression, de la température et de la composition.

Lorsque l'on a n corps purs, on a n concentrations, soit n+1 paramètres indépendants : On a en plus
la pression et la température, mais comme la somme des concentrations vaut 100 %, une des
concentrations ne "compte pas" puisqu'elle peut se déduire des autres. Il faudrait donc un
diagramme à n dimensions (3 dimensions pour deux corps purs, 4 dimensions pour trois corps
purs...). Pour simplifier l'étude, on fixe un ou plusieurs paramètres afin de tracer un diagramme à
deux dimensions ; on considère souvent les diagrammes suivants :

 Pour une composition donnée, le diagramme de phase pression-température (P,T), similaire


à ce qui a un diagramme de corps pur ;
 Pour une pression donnée et deux corps purs, le diagramme binaire composition-température
(c,T) ;

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 Pour une pression et une température données et trois corps purs, le diagramme ternaire
(c1,c2), c'est à dire la phase en fonction de la composition ; par habitude, et bien que l'on ait
c3 = 1-c1-c2, on trace ce diagramme dans un triangle équilatéral (c1,c2,c3)

Chapitre IV
DIAGRAMME D’EQUILIBRE BINAIRE

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I. Définition

Le diagramme d’équilibre binaire est un système formé de deux composants (Fe-C, Cu-Zn, AL 2O3-
Cr2O3, Cu-Mg,...) et qui permet de représenter les domaines de stabilité des phases et des conditions
d’équilibre entre plusieurs phases en fonction de la température et la composition (exprimée en
pourcentage massique, atomique ou molaire).

Suivant la miscibilité des éléments du système, on distingue deux types de diagrammes binaires.

- Diagramme d’équilibre binaire d’un système à miscibilité totale à l’état solide,

- Diagramme d’équilibre binaire d’un système à miscibilité partielle à l’état solide.

XI. Réalité de la solidification des alliages

Les diagrammes d’équilibre sont élaborés en supposant une série d’hypothèses telles que une
solidification à l’équilibre, une vitesse de refroidissement suffisante pour que la diffusion s’effectue
à l’état solide, une vitesse de refroidissement homogène pour tout le mélange, une composition pure
en A et B,… Mais la pratique montre qu’il est difficile de respecter ces hypothèses notamment à
l’échelle industrielle. En conséquence, plusieurs phénomènes d’hétérogénéité peuvent
éventuellement apparaître.

XI.1. Ségrégation mineure 

En pratique, une solidification entièrement à l’équilibre ne peut jamais se produire : le temps requis
pour que la composition du solide s’uniformise continuellement par diffusion serait excessivement
long. Lorsqu’on dit qu’un alliage de composition C0 ce n’est que la moyenne. En réalité elle varie
ce C1, composition du premier germe solide formé, à CF, composition du dernier solide formé. De
ce fait, au sein d’un grain on trouve une variation de composition. Ce phénomène est appelé
ségrégation mineure. On observe donc une température de fin de solidification différente de celle
prévue par le diagramme d’équilibre.

23
XI.2. Ségrégation majeure 

Le centre de la pièce se solidifie en dernier. Sa composition est différente de celle de la zone qui
s’est solidifié en premier (parois). Cette différence dans certains cas n’est pas négligeable. Par
exemple pour un lingot d’acier de teneur moyenne en carbone de 0,44%, elle peut atteindre 0,36%
en surface et jusqu’au 0,61% au cœur. On peut donc conclure que les propriétés mécaniques varient
de façon importante de la surface du lingot à son cœur.

XI.3. Différence de structure 

Une pièce brute de solidification présente en général trois zones distinctes dont la formation dépend
des conditions de refroidissement :

 Zone de peau : quand le matériau en fusion entre en contact avec un moule de température
très inférieure à celle du liquidus, il est brusquement refroidi. Il se forme alors de nombreux cristaux
dendritiques orientés au hasard,

 Zone basaltique : une fois la zone de peau formée, la vitesse de refroidissement diminue, la
croissance dendritique des grains se poursuit. Les grains formés ont la même section et la même
orientation. La longueur du grain basaltique peut attendre plusieurs centimètres.

 Zone équiaxe : en fin de solidification l’évolution de la zone basaltique est limitée par la
germination de nombreux cristaux au sein du liquide restant. Les grains sont orientés au hasard.

Ces trois zones ne sont pas toujours présentes. Leur présence est liée à l’épaisseur de la pièce, à la
pureté du matériau ou de l’alliage,…

XI.4. Eléments d’addition 

Dans l’industrie, les alliages ne sont jamais purs c’est à dire, ils ne sont jamais formés de deux types
d’atome A et B mais ils contiennent des éléments d’addition. Ces éléments d’addition dont le

24
pourcentage faible ont dans certains cas pratiques une influence sur la stabilité de la solidification et
sur les températures des transformations. Ils influent notamment sur la répartition des domaines de
stabilité des phases.

Bien que les alliages industriels contiennent toujours des impuretés et des éléments d’additions, la
solidification est faite hors équilibre au sein du grain et au sein de la pièce, il est toujours nécessaire
d’étudier le diagramme du système binaire en équilibre qui servira de référence à l’étude pratique
de l’alliage concerné.

XII. Système à miscibilité totale à l’état solide

XII.1. Condition de miscibilité

En général, pour que deux éléments A et B puissent être entièrement miscibles (soluble en toute
proportion), à l’état solide, quatre conditions doivent être remplies :

 les diamètres atomiques des éléments A et B ne diffèrent pas plus que 15%,

 les éléments doivent avoir la même structure cristalline,

 les valences des deux éléments doivent être égales (nombre d’électrons sur la couche
extérieure de l’atome pouvant faire une liaison avec un autre atome),

 Une électronégativité semblable.

XII.2. Allure et lecture du diagramme d’équilibre

Dans ces conditions, le diagramme binaire prend une forme très simple : la solution solide est
monophasée. Deux phases sont présentes (phase liquide et une autre solide). Alors seulement trois
domaines sont présents :

 Domaine d’une phase liquide (L),

 Domaine d’une phase solide (S),

 Domaine intermédiaire contenant les deux phases en équilibre (L+S). Ce domaine est limité par
la courbe au-dessus appelée liquidus, et par la courbe au-dessous appelée solidus.
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Pour présenter la lecture de ce diagramme, examinons un mélange entièrement liquide de
composition C0 au cours de son refroidissement :

Température Etat du mélange


 > L Le mélange est entièrement liquide (L),la composition du mélange est C0% de
B et (100-C0)% de A.
 = L Le mélange commence à entrer dans le domaine biphasé formé par une phase
liquide et une autre solide (L+S). la composition du premier solide formé à
cette température est égale à (CS)1 de B et la composition du liquide est très
proche de C0% de B.
s<  = i <L Dans l’intervalle de solidification, la composition de la phase solide est C is
% de B et celle de la phase liquide est CiL% de B.

Le pourcentage du solide formé est donné par l’équation suivante :

C i −Co
L
fs( % )=
C iL−Cis *100

Le pourcentage du liquide restant est donné par l’équation suivante :

C 0−C is
f L ( % )=
  C iL−C is *100 avec fs + fL =1
 = s Le mélange est presque solidifié. La composition du solide est C 0% de B alors
que celle du dernier liquide restant est (CL)F % de B.

On remarque que ce phénomène nécessite une redistribution des atomes entre


les deux phases pour que l’équilibre soit maintenu en tout temps ; c’est le
phénomène de la diffusion : déplacement des atomes à l’état solides.
 < s  une fois la solidification est terminée, le mélange solide se trouve avec une

26
composition uniforme C0 à une température inférieur à s.

Les deux diagrammes suivants présentent respectivement le diagramme d’équilibre binaire Ni-Cu et
AL2O3-Cr2O3.

Prenons le cas du diagramme Ni-Cu et considérons un alliage composé de 40% de Cu et 60% de


Ni :

 La solidification débute à 1350°C et se termine à 1280°C


 L’intervalle de solidification est 70°C
 Le premier solide se forme à une composition de 23% de Cu
 Le dernier liquide présent à une composition de Cu de 58%
 A 1300°C la composition de la phase liquide est de 53% de Cu et la composition de la phase
solide est de 35%
53−40
fs= =0 ,72=72 %
=> 53−35

f L=100−72=28 %

XIII. Système à miscibilité partielle à l’état solide

Quand les règles de miscibilité ne sont pas respectées, le cas le plus fréquent, la miscibilité est donc
partielle. Alors dans certains domaines de compositions, on obtient des solutions solides biphasées.
Le diagramme d’équilibre prend donc une forme plus complexe. Il existe trois types de diagrammes
spécifiques (typiques) :

 Diagramme eutectique caractérisé par une transformation eutectique,

 Diagramme péritectique caractérisé par une transformation péritectique,

 Diagramme monotectique caractérisé par une transformation monotectique.

27
XIII.1. Diagramme eutectique

Son appellation est déduite de la transformation eutectique présente dans le diagramme. Ce type de
diagramme a une importance particulière car il conduit à des microstructures de morphologie
caractéristique. En plus, sa connaissance aide beaucoup à comprendre des diagrammes binaires
souvent utilisés : Fe-C, Al-Si, Cu-Zn, H2O-NaCl,…).

Les phases présentes sont :

1- Un liquide (L),

2- Une solution solide (α) de B dans A,

3- Une solution solide (β) de A dans B.

Six domaines sont donc présents (L, L+α, L+β, α, β, α+β). L’allure générale du diagramme
d’équilibre est présentée par le diagramme ci-contre. On définit les entités suivantes :

1- le segment [S1,S3] est appelé l’horizontale eutectique,

2- le point (E) est appelé point eutectique,

3- pour un alliage concerné par l’horizontale eutectique, la partie de la phase (α ou β) formée avant
l’horizontale eutectique est appelée proeutectique

4- pour un alliage concerné par l’horizontale eutectique, la partie de la phase (α ou β) formée après
l’horizontale eutectique est appelée eutectique.

5- l’alliage dont la verticale caractéristique passe par le point (E) est appelé alliage eutectique,

6- l’alliage dont la verticale caractéristique passe entre les points (S 1) et (E) est appelé alliage
hypoeutectique,

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7- l’alliage dont la verticale caractéristique passe entre les points (E) et (S 3) est appelé alliage
hypereutectique,

La lecture de ce diagramme est relativement différente du précédent, mais tout en conservant le


même principe de lecture. Examinons l’évolution de quatre types de mélanges entièrement liquides
de composition (C0) au cours de leur refroidissement. Pour cela, on note

 θL : la température du début de solidification,

 θS : la température de la fin de solidification,

 θE : la température de l’horizontale eutectique,

 θt : la température d’une transformation au-dessous de l’horizontale eutectique.

Alliage non concerné par l’horizontale eutectique : C0 < C(S1)

Température Etat du mélange


θ > θL Le mélange est à l’état liquide de composition homogène C0% de B.
θ = θL C’est le début de la solidification. Les premiers cristaux de la phase (α) sont
apparus.
s <  < L La solidification continue. La détermination de la composition et du
pourcentage du solide (α) et du liquide (L) est analogue à celle présentée pour
le type précédent du diagramme d’équilibre.
θ = θs C’est la fin de la solidification
t <  < s Une fois la solidification est terminée, le mélange se trouve avec une
composition uniforme C0 sous la forme d’une solution solide de B dans A.
 < t Une fois la température baisse au dessous de θt, une partie de la phase (α) se
transforme en une solution solide de A dans B d’où la formation d’une
nouvelle phase (β). On obtient donc un domaine biphasé (α+β).

Alliage hpoeutectique : C(S1) < C0 < C(E)

Tempéra. Etat du mélange


 > θL  le mélange est à l’état liquide de composition homogène C0% de B.
 = θL  C’est le début de la solidification. Les premiers cristaux de la phase (α) sont

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apparus. Les grains de la phase (α) formés avant l’eutectique sont dits
proeutectiques.
E <  < L La solidification continue et la détermination de la composition et du
pourcentage du solide (α) et du liquide (L) est analogue à celle présentée pour le
type précédent du diagramme d’équilibre.
 = θE C’est la fin de la solidification. La solution solide proeutectique ne subit aucune
transformation. Seul le liquide va subir la transformation en phase (α) et (β). 
θ < θE  Une fois la température baisse au-dessous de θE, l’alliage est biphasé. Il comporte
des cristaux de solution solide (α) (proeutectique et eutectique) et des cristaux de
solution solide (β) eutectique.

Alliage hpereutectique : C(E) < C0 < C(S3)

L’étude du refroidissement est similaire à celle faite pour l’alliage hpoeutectique, la phase
proeutectique étant cette fois-ci la phase (β).

Alliage eutectique : C0 = C(E)

La composition de l’alliage est égale à celle du point eutectique. C’est lui qui demeure liquide à la
température la plus basse de tous les alliages A-B. La description du refroidissement est la
suivante :

Températur Etat du mélange


e
θ > θ E  le mélange est à l’état liquide de composition homogène C0% de B.
θ = θ E  Deux nouvelles phases (α) et (β) apparaissent par germination à partir du
liquide.
θ < θ E  La composition et la quantité des deux phases (α) et (β) de l’alliage évoluent
suivant les règles décrites précédemment. Les deux phases apparaissent sous
forme de très fins agrégats. Les microstructures les plus rencontrées sont la
structure lamellaire et globulaire, aciculaire et en bâtonnets.

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Exemples de diagrammes eutectiques

Prenons le cas du diagramme Pb-Sn:

Remarques :

- La solubilité de l’étain dans le plomb à l’état solide est de18% à la température 183°C (point
A)
- La solubilité de l’étain dans le plomb passe de18% à la température 183°C à 2% environ à la
température ambiante.
- La solubilité du plomb dans l’étain à l’état solide est limitée à 2,5% à la température 183°C
(point C)
- Nous avons au point eutectique : deux phases solides, α (18% Sn) et β (97,5%), sont en
équilibre avec une phase liquide (62% Sn) à 183°C.

31
Considérons un alliage de composition eutectique (62%Sn, 38%Pb) et examinons ce qui se passe au
cours de sa solidification :

- Tant que la température est supérieure à 183°C, l’alliage est entièrement liquide

- An cours de la solidification pour T<183°C deux phases solides distinctes se forment


simultanément, la phase α (18%Sn) et la phase β (97.5%Sn) donc on est en présence d’un
solide biphasé. La proportion de chacune de ces phases peut alors se calculer par la règle des
segments inverses :

C β −C E 97 , 2−62
f α= = =0 , 45
C β −C α 97 , 2−18 et
f β =1−f α=0 ,55

Considérons un alliage de composition comprise entre 18% et 97,5% de Sn par exemple 30% de Sn
et 70% de Pb et examinons ce qui se passe au cours de sa solidification :

- La solidification débute à la température 262°C par la formation d’une première phase


solide α contenant10% de Sn

- A 183°C+dθ il y a deux phases en présence : un solide α contenant 18%de Sn et un liquide


qui contient 62%de Sn ; la proportion de chacune de ces phases, calculée par la règle des
segments inverses, est de 0,73pour la phase α et de 0,27 pour la phase liquide

- A la température eutectique, le liquide restant, de composition eutectique, se solidifie et


donne un constituant eutectique.

- A 183°C-dθ on est en présence d’un alliage biphasé, qu’on peut décrire comme suit :

C β −C E 97 , 2−30
f α= = =0 ,85
* phase α : Cα=18% de Sn, et C β −C α 97 , 2−18

* phase β : Cβ=97,5% de Sn, et


f β =1−f α=0 ,15

Nous pouvons considérer que cet alliage formé de deux constituants : (α primaire ou α
proeutectique), c’est à dire la partie de la phase α qui s’est formé avant l’eutectique, à une
température θ > 183°C et eutectique :

 α primaire : Cα1 = 18% Sn, fα1 = 0,73

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 eutectique : CE = 62% Sn, fE = 0,27

Le même raisonnement peut s’appliquer à un alliage riche en étain : 70% par exemple. Dans ce cas
après solidification, il existe deux constituants, du β primaire dont la proportion est de 0,33 et de
l’eutectique.

XIII.2. Diagramme péritectique 

Son appellation est déduite de la transformation péritectique présente dans le diagramme. L’allure
générale du diagramme d’équilibre est présentée par le diagramme ci-contre. Le segment [S 1,P] est
appelé l’horizontale périeutectique. Le point (P) est appelé point péritectique. Par rapport au
diagramme eutectique, les deux branches du liquidus et du solidus sont situés de part est d’autre de
l’horizontale péritectique. Ce type de diagramme est moins important que le diagramme eutectique.
Cependant il est caractéristique des systèmes Ag-Pt, Ag-Au, Cu-Sn,… Les lois de refroidissement
d’un alliage de concentration donnée C0 restent analogues à celles décrites pour un diagramme
eutectique.

XIII.3. Diagramme monotectique 

Son appellation est déduite de la transformation monotectique présente dans le diagramme. Il est
caractérisé par l’existence d’un domaine à deux phases liquides non miscibles. Deux éléments de
masses volumiques très différentes comme le cas de Cu et Pb pourront s’allier suivant un
diagramme de ce type. Le raisonnement de refroidissement sur ce diagramme de phase est de la
même façon que pour les diagrammes
eutectique et péritectique.

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XIV. Diagrammes d’équilibre binaires réels

Dans le cas général, les diagrammes d’équilibre sont plus complexes que ceux présentés. Cette
complexité survient surtout lorsque les alliages donnent naissance à des composés définis (Fe 3C par
exemple pour le Fe-C), ou à plusieurs solutions solides (α, β, , , …). En effet les diagrammes
peuvent présenter entre les composants situés à chaque extrémité du diagramme des phases
intermédiaires. De ce fait,

 Un diagramme peut associer à la fois plusieurs transformations simples de même types (3


transformations eutectiques, 5 transformations péritectiques,…),

 Un diagramme peut associer à la fois deus types de transformations simples (une


transformation eutectique associée à une autre péritectique,…),

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 Même une fois solidifié, un matériau peut subir des transformations qui se traduisent par des
changements de phases ou l’apparition de nouvelles phases. Ce phénomène est expliqué par le fait
que les atomes cherchent la structure la plus stable sous l’effet de l’agitation thermique. Nous
pouvons même assister à des transformations analogues aux trois déjà présentées mais à l’état
solide. Dans ce cas le principe de description reste toujours le même, seule la terminaison de
l’appellation change : transformation eutectoïde, péritectoïde et monotectoïde.

Cependant, les règles exposées pour les diagrammes simples s’appliquent toujours : détermination
de la nature, la composition et la fraction des constituants de tout alliage. Toutefois, trois règles
restent généralement applicables

 Un diagramme d’équilibre donne les limites des domaines d’existence, en température et en


composition des mélanges monophasés,

 Deux domaines monophasés sont séparés par une région à deux phases,

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 Dans un domaine à deux phases la composition de chacune des phases en équilibre à une
température est donnée par l’intersection de l’horizontal et des frontières qui séparent ce domaine
des deux domaines monophasés adjacents

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