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Résistance des matériaux : Licence professionnelle Environnement & génie civil 2009-2010

INTRODUCTION

1-Définition de la Résistance des matériaux:

La résistance des matériaux (rdm) est une science consacrée à l'étude de la résistance et de la
déformation des solides (arbres de transmissions, bâtiments, diverses pièces mécaniques...) dans
le but de déterminer ou vérifier leurs dimensions afin qu'ils supportent les charges qu'ils
subissent, dans des conditions de sécurité satisfaisantes et au meilleur coût (optimisation des
formes, des dimensions, des matériaux...) . Pour cela, il est nécessaire de mener des études
prédictives, ou des essais réels. Son domaine d'application étant très large et les situations
rencontrées nombreuses et variées, il est nécessaire de mettre en place des hypothèses
simplificatrices dans le but de standardiser les cas d'étude.

2-les critéres usuels étudiés en rdm:

-la contrainte maximale   :

en tout point du solide, on doit s’assurer que la contrainte (force par unité de surface) ne dépasse
pas une valeur fixée par les possibilités du matériau et les résultats découlant de l’expérience de
constructions semblables ;

-le déplacement maximal  :

les déformations de la pièce ne doivent pas dépasser les limites au-delà desquelles ses fonctions
ne sont plus correctement assurées ;

-la rupture par fatigue  :

les pièces soumises à de fortes vibrations peuvent se rompre au bout d’un certain temps de
service si les amplitudes de contrainte sont trop élevées  ;

-la rupture par fissuration  :

un défaut du métal est parfois générateur d’une fissure susceptible de se propager brutalement
jusqu’à provoquer une rupture " catastrophique " si certaines conditions entre la contrainte et
la taille du défaut ne sont pas respectées ;

-l’instabilité par flambement  :

certains éléments, comme les colonnes droites élancées chargées en compression, peuvent subir
un changement de forme brutal (courbure) pour une valeur critique de la charge ;

-l’instabilité dynamique   :

certains types de vibrations s’auto-amplifient jusqu’à rupture des éléments si certaines


conditions entre la masse et la raideur desdits éléments sont remplies.

Pour vérifier que les constructions sont fiables par rapport à ces critères,il est fondamental de
savoir calculer les contraintes et les déformations, au moins dans les régions les plus
sollicitées :C’est l’aspect " analyse " de la résistance des matériaux .
La rdm étudie des solides dont les formes sont relativement simples. Ces solides sont désignées
sous le terme de « poutres  ».

3-définition de la Poutre:

On appelle poutre un corps solide dont la représentation géométrique est un volume engendré
par la surface å lorsque son barycentre G se déplace sur la courbeC, appelée ligne (fibre)
moyenne.

la courbe est une ligne droite ou une courbe à grand rayon de courbure R > 5 . d max-

la forme de la surface peut évoluer le long de la courbe, cette variation doit être faible et -
progressive

Si la fibre moyenne de la poutre (AB) est :

- contenue dans un plan : on parle de poutre plane,

- une droite :on parle de poutre droite,

- une courbe : on parle de poutre gauche.

Si le plan (AB) est un plan de symétrie géométrique et mécanique (la section de la poutre est
symétrique par rapport à ce plan et le chargement aussi), on parle de poutre à plan moyen.

Toutes les poutres étudiées seront planes (les problèmes étudiés sont des problèmes plans),
généralement droites et à plan moyen.
4- Hypothèses générales de la résistance des matériaux:

[H1] : Hypothèses sur Les matériaux: Les matériaux seront considérés comme homogènes,
isotropes, continus & élastiques linéaires:

-homogènes : en chaque point du solide, les propriétés mécaniques du matériau sont


identiques;

- isotropes : en un point du solide, les propriétés du matériau sont identiques dans toutes les
directions.

- continus : le matériau remplit entièrement le volume qu'il occupe; les propriétés varient de
manière continue d’un point à l’autre,

- élastiques linéaires : les déformations sont linéairement proportionnelles aux charges( loi
de HOOKE), c'est-à-dire que lorsque les charges disparaissent, les déformations s'annulent;

[H2] : hypothèses sur la géométrie des poutres :

- le rayon de courbure de la fibre moyenne est grand par rapport aux dimensions des sections
droites,

- la longueur de la fibre moyenne est grande devant les dimensions des sections droites
(longueur supérieure à 10 fois la plus grande dimension transversale), ( Pour une poutre
droite le rapport de la hauteur de la section à la longueur h/l de la poutre doit être compris
entre 1/5 et 1/30 ( valeurs courantes:1/10 à 1/15 ; pour les poutres courbes ( arcs), ce rapport
peut s’abaisser à 1/50 et même 1/100),

- les éventuelles variations de l’aire de la section droite sont faibles et progressives.

[H3] Hypothèses sur les déformations:

-Hypothèse de NAVIER & BERNOULLI : «


les sections planes normales aux fibres
avant déformation restent planes et
normales aux fibres pendant et après la
déformation. »
Ce qui est correctement vérifié par
l’expérience sous réserve d’avoir:

- de petits déplacements,
- de petites déformations.
- hypothèse de SAINT-VENANT : Dans une section droite S éloignée de la zone où
les charges sont appliquées, la répartition des déformations et des contraintes ne
dépend que des éléments de réduction du torseur des actions mécaniques extérieurs
appliquées. Par contre, dans une section droite S proche de la zone où les charges
sont appliquées, la répartition des déformations et des contraintes dépend de la
répartition des charges appliquées. En pratique on peut considérer que les résultats
sont valables à partir d’une distance égale à 2 fois la plus grande dimension
transversale.

- les déformations de la pièce sont faibles en regard des dimensions de celle-ci;


on en déduira que, lors de la déformation, les dimensions de la pièce ainsi que la
position des charges ne varient pas.

- seules les déformations d'ensemble de la pièce seront considérées. Les


déformations locales (dues à l'application des charges concentrées) seront
négligées.

Remarque: Tous les matériaux sont loin de répondre à ces hypothèses : par
exemple, le bois est anisotrope et le béton n'est pas élastique linéaire. L'acier, du
point de vue microscopique, ne répond pas non plus à ces hypothèses, mais
l'expérience prouve que les solutions obtenues par la résistance des matériaux
sont en accord avec la réalité (en quelque sorte, le matériau (acier) est, en
moyenne, continu, élastique linéaire, homogène et isotrope).

Après ce bref aperçu sur le but de la rdm & le dressage des hypothèses de cette
discipline.Nous allons, dans cette leçon : Etats de Contraintes;déterminer quels
sont les efforts qui se développent à l’intérieur de la matière, appelés efforts
intérieurs, efforts internes ou encore efforts de cohésion car il assurent la cohésion
(la liaison) entre les particules constitutives du matériau,& définir les types de
sollicitations possibles pour les détailler chacune à part dans les leçons
antérieures & aborder la notion de contrainte.

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