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THEME 6 : LE MILIEU INTERIEUR

Leçon : Le sang et le milieu intérieur

Les êtres unicellulaires vivent dans des liquides où ils trouvent leur nourriture, et où ils éliminent leurs
déchets. Ils sont ainsi totalement dépendants de ce milieu extérieur.
Chez les vertébrés terrestres, les cellules ne sont plus directement tributaires de ce milieu ambiant et
trouvent toutes les conditions nécessaires à leur vie dans le milieu intérieur.
Le milieu intérieur est le milieu liquide dans lequel baignent les cellules de l’organisme ; il est
constitué du plasma sanguin, de la lymphe et du liquide interstitiel. Le sang est composé d’un liquide
(50% de plasma) où sont en suspension des éléments solides (les globules blancs, les globules rouges
et les plaquettes).

I. Rôles du milieu intérieur


A. Transport du milieu extérieur vers les cellules
● Au cours de l’absorption intestinale, les molécules (acides aminés, oses, acides gras, glycérol, eau,
sels minéraux, vitamines) traversent la paroi du tube digestif, elles seront véhiculées par le sang
jusqu’aux cellules qui vont les utiliser comme éléments plastiques ou énergétiques. Le glucose, quant
à lui, passe dans le foie où il sera stocké sous forme de glycogène et libéré sous forme de glucose
suivant les besoins de l’organisme.
● L’oxygène de l’air passe dans le sang sous forme combinée à l’hémoglobine (oxyhémoglobine) ou
sous forme dissoute (5% seulement). Il sera libéré au niveau des organes par les oxydations cellulaires
(réactions productrices d’énergies).
B. Transport des cellules vers le milieu extérieur
● Au niveau des cellules, le sang se charge de CO2 sous forme dissoute (5%), sous forme combinée à
l’hémoglobine (la carbohémoglobine : 25%) et sous forme d’hydrogénocarbonate (70%) :

Au niveau des poumons, les réactions inverses se produisent et CO2 passe dans l’atmosphère.
● L’utilisation par les cellules des aliments tels que les protides aboutit à la formation des déchets
azotés tels que l’urée et l’acide urique. Ces déchets sont véhiculés par le sang puis rejetés par l’urine
dans le milieu extérieur.
C. Transport interne
Les hormones, les enzymes et les anticorps sont transportés par le milieu intérieur depuis leur lieu
d’origine jusqu'à l’endroit de leur utilisation, de leur destruction ou de leur excrétion.

Conclusion : Le sang assure un lien entre les divers organes. Ainsi, il transporte les gaz respiratoires
et les aliments des organes vers les cellules et les déchets des cellules vers l’extérieur. Il est aussi un
intermédiaire entre nos cellules car véhicule les hormones.

La constance du milieu intérieur : l’homéostasie


A. Importance de l’homéostasie
1. Perturbation du milieu intérieur
Lors d’un repos ou de l’ingestion d’une boisson, il y a passage à des vitesses diverses dans le sang,
d’eau, de sels minéraux, de glycose, d’acides aminés etc. Il existe d’autres facteurs qui peuvent
contribuer à la perturbation du milieu intérieur (sudation, hémorragie, diarrhée, exercices
musculaires…).

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2. Conséquences des variations du milieu intérieur
a. Variation minérale
● Une déshydratation de 15 à 20% entraîne le coma et la mort. Cependant, quand la quantité d’eau est
excessive, la pression osmotique baisse, les cellules entrent en turgescence et il y a risque d’hémolyse.
● Les ions Na+ et K+ d’une part, et Ca2+ d’autre part, ont une action antagoniste. Les ions Na+ et K+
arrêtent le cœur en diastole et les ions Ca2+ l’arrêtent en systole.
En fait, une disproportion entre l’eau et les sels minéraux entraîne une baisse ou une augmentation de
la pression osmotique, ce qui provoquerait une plasmolyse ou une turgescence des cellules de
l’organisme.

b. Variation organique
Les cellules de l’organisme sont très sensibles à la glycémie (teneur en glucose du sang) :
● Une hypoglycémie de 0,5g/l entraine le coma et la mort ;
● Une hyperglycémie de 1,8g/l entraine le diabète sucré et la glycosurie (glucose dans l’urine).

c. Variation du pH
Le milieu intérieur possède un pH proche de la neutralité [pH = 7,4 (± 0,05)], mais certains facteurs
respiratoires ou métaboliques sont susceptibles d’apporter des modifications à cette valeur :
● L’acidose ou acidification du milieu intérieur est due à l’augmentation de CO2 par suite d’une
insuffisance respiratoire, une élimination rénale défectueuse, une surproduction de déchets acides.
● L’alcalose ou alcalinisation du milieu intérieur est provoquée, entre autres, par une hyperventilation
respiratoire.

Remarque : Si dans les conditions normales ces perturbations n’ont pas lieu, malgré les innombrables
facteurs pouvant provoquer les variations du milieu intérieur, cela veut dire que le milieu a la
possibilité de régler son équilibre : c’est un milieu tamponné.

B. Rôle du rein dans la constance du milieu intérieur

1. Comparaison plasma-urine

a. Du point de vue qualitatif

● Caractère :

Plasma Urine
Jaune Jaune
Opalescent Clair
pH = 7,4 Légèrement acide
50% du sang Elimination : 1,5l / 24h

● Construction chimique :
 Recherche des sels minéraux

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Mode
Addition de
opératoire
quelques
Addition de Addition de
Addition d’un gouttes de
Quelques quelques
volume égal de HCL
gouttes de gouttes d’une
réactif concentré et
HNO3 puis solution
nitromolybdique. d’un volume
d’une solution d’oxalate
Chauffage léger égal d’une
d’AgNO3 d’ammonium
solution de
Liquide
BaCL2
analysé
Précipité Précipité Précipité
Précipité jaune de
blanc d’AgCl blanc de blanc
phosphomolibdate
URINE noircissant à sulfate de d’oxalate de
d’ammonium
la lumière baryum calcium
Idem mais Idem mais
Idem mais
SERUM Idem précipité précipité
précipité direct
direct direct
L’urine et le sérum contiennent : des ions
L’urine et le
phosphates (PO43-), des ions sulfates (SO42-) et des
sérum
Conclusion ions calcium (Ca2+).
contiennent
Mais la concentration des ions est plus faible dans
les chlorures
le sérum que dans l’urine.
 Recherche des protides et du glucose
Mode opératoire
Réaction Réaction de Action de la
Chauffage xanthoprotéique sur biuret sur le liqueur de
le liquide liquide Fehling à chaud
Liquide analysé
Coloration jaune
Le contenu du
avec HNO3 virant Le sérum prend
tube prend en Précipité rouge
SERUM SANGUIN au rouge orangé une coloration
masse : il se forme brique
sous l’action de violacée
un caillot
l’ammoniaque
Pas de coloration Pas de précipité
URINE Pas de caillot Réaction négative
violacée rouge brique
Le sérum contient
un sucre
Le sérum sanguin contient des protides.
Interprétation réducteur (le
L’urine n’en contient pas
glucose). L’urine
n’en contient pas.

b. Du point de vue quantitatif

Concentration Quantité (dans 170


Quantité excrétée par l’urine
Constituants Plasmatique en litres de filtrat glomérulaire) =
en 24 h = urine définitive
g/l urine primitive
Eau 170 l 1,5 l
Cl- (chlorures) 3,65 620 g 9g
K+ (potassium) 0,17 29 g 2,2 g
HCO3- 1,5 255 g 0,1 g
PO4- (phosphate) 0,03 5,1 g 1,2 g
Ca++ (calcium) 0,1 17 g 0,2 g
Glucose 1 1 g/l 0
Protéines 70 0 0
Lipides 5 0 0

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Urée 0,3 0,3 20
Créatinine 0,01 1
Acide hippurique 0 0,5
Hormones,
Traces Traces Traces
vitamines

2. Que nous apprend cette comparaison sur le rôle des reins ?


a. Les protéines, lipides et glucose se trouvent dans le sang et non dans l’urine normale. Donc les reins
jouent le rôle de filtre sélectif, ces éléments sont complètement réabsorbés quand ils passent dans
l’urine primitive.
b. L’urée, l’acide urique, la créatinine et les ions sont du milieu intérieur par les reins, en particulier les
ions qui passent dans l’urine primitive sont réabsorbés par les reins.
c. L’acide hippurique et l’ammoniaque sont présents dans l’urine définitive mais pas dans le plasma, ils
sont donc fabriqués par les reins.
3. Structure et fonctionnement du rein
a. Schéma d’un rein (fig. 1 et 2)

Figure 1 : Coupe longitudinale d’un rein


humain

Figure 2 : Le néphron : unité fonctionnelle du rein des mammifères

b. Les rôles du néphron


 La filtration
Elle est assurée, au niveau du glomérule, grâce à la pression qui règne dans les capillaires sanguins.
L’analyse du filtrat montre que les concentrations de Cl-, Na+, K+, glucose, urée, sont les mêmes que
dans le plasma. (14)
Tous les solutés sont filtrés sans variation de concentration, seule la taille des molécules et des ions
interviennent, ce qui explique l’absence de substances non dialysables dans le filtrat (protéines,
lipides) : les reins sont des filtres sélectifs.

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 La réabsorption
L’urine définitive diffère beaucoup du filtrat glomérulaire. Au fur et à mesure de son passage dans le
tubule, le filtrat subit d’importantes modifications quant à son volume et sa composition chimique :
 100% du glucose et des ions HCO3- sont réabsorbés dans les conditions normales ;
 98 à 99% de l’eau, Na+, K+, Ca2+ et acides aminés sont réabsorbés
La réabsorption des solutés se fait par transport actif. Le sang est alors rendu hypertonique et par
osmose, l’eau tubulaire est réabsorbée dans la partie proximale du tubule.
Si la glycémie est supérieure à 1,8g/l, le glucose apparait dans l’urine car la réabsorption ne s’accroit
plus au-delà de cette limite : on dit que le glucose est une substance à seuil, comme le NaCl dont le
seuil est de 5,6g/l.
Pour le NaCl, puisque le taux normal dans le sang est un peu supérieur à ce seuil, on en trouve
normalement dans l’urine.
Les substances sans seuil sont en général des substances de déchets. Elles ne sont presque pas
réabsorbées et passent dans l’urine quelle que soit leur concentration dans le plasma : il s’agit de
l’urée, l’acide urique et de la créatine ; les reins ont donc un rôle d’épurateur.

 La sécrétion tubulaire
L’acide hippurique, l’ammoniaque et la créatine (chez l’homme) sont présents dans l’urine alors qu’ils
n’existent pas dans le plasma. Ces substances apparaissent comme des produits sécrétion : les reins se
comportent comme des organes sécréteurs.

4. Rôle des reins et du sang dans l’équilibre hydrominéral :


a. Observation
 En cas d’augmentation de la pression osmotique du milieu intérieur (fig. 3)
Une perte ou un manque d’eau, ainsi qu’un excès de sels minéraux sont dangereux, car par osmose, les
cellules se plasmolysent. On constate alors une baisse de la diurèse : le mammifère élimine une urine
peu abondante mais très concentrée (la réabsorption de l’eau est maximale et celle des sels minéraux
réduite).

Le chien est en surcharge hydrique car au temps t0, on lui fait boire de l’eau
Figure 3 : Effet de l’injection intracarotidienne d’une solution
de NaCl hypertonique chez le chien

 En cas de baisse de la pression osmotique du milieu intérieur (fig. 4)


Un apport excessif d’eau ou un déficit en sels minéraux va entraîner un mouvement d’eau des liquides
extracellulaires vers le milieu intracellulaire et les cellules deviennent turgescentes. L’organisme réagit

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en augmentant sa diurèse et en éliminant une urine abondante mais peu concentrée : la réabsorption de
l’eau est réduite et celle des sels minéraux quasi totale.

Figure 4 : Modification de la pression osmotique plasmique et de la diurèse


après ingestion d’un litre d’eau chez l’homme

b. Interprétation
L’hypothalamus élabore une hormone l’ADH (antidiuretic hormone) stockée dans la post-hypophyse.
L’hypovolémie et la diminution de la pression s’exerçant à l’intérieur des vaisseaux entraînent la
sécrétion accrue de cette hormone. Son rôle est de favoriser la réabsorption tubulaire de l’eau (c’est un
réflexe neuro-hormonal).
Ce dernier phénomène arrête la stimulation des osmorécepteurs (récepteurs sensibles aux variations de
la pression osmotique) et donc la libération d’ADH : il y a rétrocontrôle ou feed-back.

5. Quel est le rôle du sang et des reins dans l’équilibre acido-basique ?


a. Equilibre acido-basique :
Le milieu intérieur possède un pH proche de la neutralité (pH = 7, 4 ± 0,05) mais certains facteurs
respiratoires ou métaboliques sont susceptibles d’apporter des modifications à cette valeur :

 L’acidose
L’acidification du milieu intérieur ou acidose est provoquée par des substances qui vont
momentanément faire baisser le pH :
 l’acide lactique qui s’accumule dans le sang suite à un travail musculaire intense et prolongé ;
 le CO2 qui se trouve en quantité importante dans le plasma, suite à une ventilation pulmonaire
insuffisante ;
 les acides tels que H2SO4, et H3PO4 qui s’accumulent dans le milieu intérieur suite à un régime
alimentaire trop riche en protéines animales.
Une très forte acidose entraîne le coma et la mort.

 L’alcalose
L’alcalinisation du milieu intérieur ou alcalose est due à une augmentation du pH provoquée par :
 une hyperventilation pulmonaire qui abaisse ma pression partielle de CO2 ;
 les sels de Na+ et de K+ des aliments végétaux, qui, une fois métabolisés, sont transformés en radicaux
alcalins (NaHCO3 et KHCO3).
L’alcalose provoque des troubles respiratoires et neuromusculaires.

b. Rôle du sang dans la régulation de l’équilibre


Observation

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 Il faut 50 fois plus de soude dans le plasma que dans l’eau distillée pour faire virer au rose la
phénolphtaléine ;
 Il faut verser 320 fois plus d’HCl dans le plasma que dans l’eau distillée pour faire vire au rouge
l’hélianthine.
Les systèmes tampons du sang
Ils sont formés par :
 Le couple acide carbonique – hydrogénocarbonate

 Le couple acide dihydrogénophosphate – monohydrogénophosphate

 Le couple protéine - protéinate

L’efficacité d’un système tampon, c'est-à-dire la quantité d’acide ou de base qu’on peut lui ajouter
sans changer le pH notablement, dépend de la concentration des constituants.
 En cas d’acidose, des ions H+ sont ajoutés au plasma et l’équilibre de la solution acide carbonique –
hydrogénocarbonate se déplace dans le sens (2) :
La dissociation de l’acide faible diminue alors.
 En cas d’alcalose, des ions OH- sont apportés par une base forte ; OH- et H+ se combinent et cette
disparition d’ions H+ déplace l’équilibre dans le sens (1) : une grande quantité de H2CO3 se dissocie.
Si cette régulation locale par le système tampon du sang n’est pas suffisante, certains organes
interviennent alors.
c. Les autres moyens de régulation de l’équilibre acido-basique
 Au niveau des reins :
 En cas d’acidose, les reins éliminent beaucoup d’ions H+ et réabsorbent beaucoup d’ions HCO3- :
l’urine devient acide et le pH du milieu intérieur stabilise.
 En cas d’alcalose, les reins éliminent peu d’ions H+ et réabsorbent peu d’ions HCO3- : l’urine devient
alcaline et le pH plasmatique diminue.
 Au niveau des poumons :
 En cas d’acidose : les ions H+ dans le plasma stimulent la respiration et entrainent une
hyperventilation. Ainsi, H2CO3 qui se forme est converti en CO2 et H2O selon la réaction suivante :

Ces corps sont rapidement éliminés par les poumons ;


 En cas d’alcalose : il y a hypoventilation ; le CO2 retenu dans le plasma conduit à la formation d’ions
H+ selon la réaction :

CONCLUSION
La composition du milieu intérieur est remarquablement maintenue constante grâce à l’action des
organes d’excrétion (reins, poumons). Ainsi, l’unité et la stabilité (homéostasie) du milieu intérieur
sont assurées par les multiples relations entre ces organes.
Grâce à cette régulation, nos cellules baignent dans un milieu qui assure les conditions de vie
optimales (seuls les Oiseaux et Mammifères disposent d’un mécanisme qui leur assure une
température constante) et les affranchit des aléas des conditions extérieures.

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