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TROISIEME PARTIE : INTEGRITE DE L'ORGANISME

THEME 8 : IMMUNOLOGIE

L’immunologie est la science qui étudie les moyens de protection ou de défenses de l’organisme vis-à-vis
des corps qui lui sont étrangers appelés antigène du non-soi. Pour cela l’organisme doit posséder des moyens
de défense qui forment le système immunitaire. Lorsqu’un organisme possède un système immunitaire
efficace lui permettant de neutraliser ou de détruire un antigène, on dira alors que cet organisme est
immunisé contre cet antigène ou autrement dit l’organisme possède une immunité contre l’antigène.

Leçon 17: SYSTEME IMMUNITAIRE


L’organisme évolue dans un milieu peuplé par une infinité de corps étrangers inertes ou vivants susceptibles
de l’envahir et de déséquilibrer son milieu intérieur. Pour préserver son intégrité et la rétablir quand elle est
perturbée, il se développe un ensemble de réactions de défense. Ces réactions de défense résultent de
l’activité des leucocytes (cellules immunitaires) qui sont capables de reconnaitre les substances ou
organismes étrangers.
I. La reconnaissance du « soi » et du « non soi » (Figure)
a) Notion de « soi »
Le soi est l’ensemble des organes, tissus, cellules et molécules issus de la programmation génétique de la
cellule œuf. En effet, toutes les cellules d’un même organisme, sauf les cellules sans noyaux (les hématies),
sont marquées au niveau de leurs membranes par un ensemble de protéines qui leurs sont spécifiques et qui
constituent les marqueurs de l’identité biologique de l’individu ou marqueurs de soi. L’identité du soi est
donc assurée par ces marqueurs moléculaires spécifiques dont les principaux sont le CMH (Complexe
Majeur d’Histocompatibilité), appelé HLA (Human leucocytes Antigens) chez l’être humain. Si une cellule a
les même CMH que les autres cellules de l’organisme, on dira alors qu’on a affaire avec un antigène du soi,
ce qui ne déclenche pas de réaction immunitaire.
b) Notion de « non soi »
Si par contre le CMH est différent de celui des autres cellules, on a affaire à un antigène du non-soi ou
antigène qui va déclencher une réponse immunitaire.
Le non-soi est l’ensemble des molécules étrangères à l’organisme, c'est-à-dire non codées par le génome de
ce dernier et qui y déclenchent des réactions immunitaires les neutralisant ou les détruisant. Il s’agit :
 des agents infectieux : virus, bactéries, protozoaires, champignons, etc. ;
 des greffons de tissus ou d’organes (cas d’allogreffes c'est-à-dire des greffes entre des individus
d’espèce) ;
 des molécules du « soi modifié » : on appelle « soi modifié », le complexe moléculaire formé par
l’association entre une molécule HLA et un peptide étranger. Les cellules infectées par des virus ou des
bactéries, les cellules cancéreuses, les cellules mortes ou altérées présentent du soi modifié. Elles sont donc
la cible du système immunitaire.
Remarque
Pour l’être humain on peut utiliser le terme HLA pour désigner le CMA. Mais pour les globules rouges on a
un CMH différent des autres que nous allons appeler le système AB
On distingue deux groupes de CMH
 CMH classe I que l’on trouve sur la membrane de toutes les cellules qui n’interviennent pas dans la
réponse immunitaire.
 CMH classe II que l’on trouve sur la membrane des cellules immunitaires compétentes c’est-à-dire
cellules capables de défendre l’organisme.
On appellera déterminant antigénique ou épitope, la partie du CMH qui permettra la reconnaissance du soi
ou du non soi et si c’est le non-soi c’est l’épitope qui permettra à un antigène de se fixer sur une cellule
immunocompétente.

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Figure 1 : Soi et non soi

II. Notion d’intégrité


Lorsqu’un organisme est agressé c’est-à-dire en contact avec un corps étranger ou antigène, il déclenche
alors une réaction immunitaire qui consiste à utiliser son système immunitaire pour neutraliser l’antigène ou
le détruire. L’intégrité est donc la propriété de conserver intacte les différentes parties de l’organisme que ce
soit sur le plan organisationnel ou fonctionnel.

 Les moyens de défenses de l’organisme


L’organisme s’oppose à la pénétration d’éléments étrangers par des moyens de défenses adaptés à chaque
type d’agresseur.
a) La coagulation du sang par les plaquettes sanguines qui permettent de colmater les lésions des vaisseaux
et l’arrêt des hémorragies puis la cicatrisation est assurée par régénération des tissus qui forment la peau.
b) Les barrières naturelles : l’Homme et les animaux possèdent des barrières qui empêchent les infections
par les micro-organismes.
 La peau et les sécrétions contenant du mucus agissent comme des barrières physiques ou anatomiques.
 Il existe également des barrières chimiques et biochimiques : des enzymes (enzymes protéolytiques)
présentes dans les sucs digestifs ont le pouvoir de détruire certains organismes envahisseurs ; la sueur, qui a
un pH acide, arrête le développement de certaines bactéries ; les larmes, la salive, le mucus nasal contiennent
des substances bactéricides.
 Les bactéries non pathogènes, qui vivent dans le tube digestif et empêchent le développement d’autres
microbes pathogènes, constituent des barrières écologiques
III. Notion d’immunité
Lorsque, par l’intermédiaire des cavités naturelles, d’une piqûre ou d’une plaie, des microbes virulents
entrent en contact avec les tissus de l’organisme. Ils endommagent ces tissus, s’y multiplient en tendant à
envahir l’organisme, de plus ils y sécrètent des toxines : ce processus constitue l’infection.
Si grâce à son système immunitaire, l’organisme parvient à neutraliser les microbes, on dit que l’organisme
possède une immunité.
L’immunité est donc le pouvoir que possède l’organisme à résister contre les microbes ou leurs toxines grâce
à des réactions inhibitrices. Cette immunité est naturelle ou acquise.
III.1) Immunité naturelle
L’organisme réagit contre une agression par ses moyens de défense qui lui confèrent un état de résistance
appelé immunité naturelle qui est caractéristique de l’espèce. Elle est donc innée et génétique. Elle n’est pas
spécifique du microbe agresseur et le déroulement toujours identique est stéréotypé.
III.2) Immunité acquise ou adaptative
Un bébé guéri de la coqueluche ne la contractera plus jamais : on dit alors qu’il a acquis une immunité contre
le germe de cette maladie.

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On appelle immunité acquise l’état de résistance de l’organisme à un antigène déterminé, consécutive à un
contact avec ce dernier, qu’il soit virulent ou atténué : c’est une immunité spécifique.
Cette immunité acquise se développe lentement et est durable. Sa durée varie avec l’identité de l’antigène
agresseur. Par exemple sa durée est très longue avec les germes de la coqueluche, mais elle est très brève
avec les staphylocoques.
L’immunité acquise se développe grâce à un ensemble de réactions de l’organisme, dites réactions
immunitaires.
Remarque : Notion d’antigène
On appelle antigène, tout élément étranger susceptible d’être reconnu comme étranger par le système
immunitaire et de déclencher une réaction spécifique contre elle. On distingue :
o les antigènes cellulaires, portés par les cellules étrangères comme les bactéries, les parasites ;
o les antigènes non cellulaires comme les particules virales, les allergènes responsables d’allergies ;
o les antigènes solubles comme les toxines microbiennes.

Leçon 18: La Réponse immunitaire

La reconnaissance par l’organisme des antigènes du non soi et du soi modifiés déclenche des réactions
immunitaires qu’on peut classer en deux catégories :
- une réponse non spécifique qui est indépendante de la nature de l’antigène.
- une réponse spécifique qui est dirigée contre un antigène bien déterminé.
I. La réponse non spécifique
Elle se déroule dans les tissus. Le mécanisme de la réponse non spécifique fait appel à des facteurs
cellulaires et à des facteurs humoraux.
I.1) Les facteurs cellulaires
a) La réaction inflammatoire
C’est une réaction physiologique de l'organisme aux lésions des tissus ou aux infections.
Lorsque des microbes franchissent les barrières naturelles par suite d’une blessure, il se produit localement
une réaction inflammatoire qui résulte de l’action de diverses substances dont les unes sont produites par les
tissus lésés et les autres sécrétées par les cellules immunitaires. L’inflammation se manifeste par différents
symptômes : rougeur, chaleur, œdème (gonflement) et douleur.
On observe aussi de nombreux polynucléaires qui sont attirés par les substances chimiques libérées par les
tissus lésés.
Remarque
Le pus qui se forme est le résultat de la destruction des bactéries par les polynucléaires. Il contient des
bactéries mortes et des leucocytes plus ou moins altérés dont les débris sont responsables de sa couleur jaune
clair caractéristique.
b) La phagocytose
C’est la propriété qu’ont les phagocytes (granulocytes neutrophiles, monocytes et macrophages) de
reconnaître, d’ingérer puis de digérer un élément étranger.
La phagocytose comporte quatre phases : le rapprochement, l’adhésion, l’ingestion et la digestion (fig. 2).
A l’issu de ces quatre phases, trois cas peuvent se présenter :
- 1er cas : destruction des bactéries et libération des débris par exocytose, d’où une guérison rapide.
- 2ème cas : résistance des bactéries qui peuvent se multiplier ultérieurement d’où un état stationnaire de
l’infection.
- 3ème cas : le phagocyte meurt et déverse les bactéries qui se sont multipliées. C’est la septicémie ou
infection généralisée.

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Remarque
Si ces défenses locales sont débordées, l’inflammation s’étend aux vaisseaux lymphatiques. Puis les
ganglions lymphatiques gonflent et deviennent douloureux : c’est l’adénite. Une légère fièvre accompagne
généralement ce stade de l’infection.
I.2) Les facteurs humoraux
a) Le système du complément
C’est un ensemble de protéines enzymatiques circulant dans le milieu intérieur. Il peut être activé par la
pénétration des microbes en vue d’assurer la lyse d’une cellule étrangère ou d’une cellule infectée (cytolyse)
ou de faciliter la phagocytose des bactéries par opsonisation ou alors d’activer certaines cellules
immunitaires.
b) Les interférons
Une cellule infectée par un virus sécrète des protéines, les interférons, qui se fixent sur les récepteurs
membranaires des cellules voisines. Ces dernières, ainsi sensibilisées, produisent dans leur cytoplasme des
protéines antivirales qui, en cas d’une nouvelle infection virale, s’oppose à la multiplication des virus.
L’interféron est donc un signal non spécifique qui prépare les cellules non encore infectées à se défendre
contre les virus.
II. La réponse spécifique
II.1) Cellules responsables de la réponse spécifique
Les cellules responsables des réactions immunitaires sont les globules blancs ou leucocytes. On distingue
parmi eux : les granulocytes, les lymphocytes et les monocytes.

Figue :……………………………………………
a) Origines et maturation
Chez le fœtus, les cellules du système immunitaire naissent dans le foie et dans la moelle rouge des os. A la
naissance, de même que chez l’adulte, elles naissent dans la moelle osseuse rouge des os (notamment les os
longs) à partir de cellules souches qui se renouvellent en permanence par des mitoses successives. Les

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cellules se différencient et acquièrent leur immunocompétence (capacité de réagir à un antigène) dans les
organes lymphoïdes centraux :
- le thymus, organe situé à la base du cou et en avant de la trachée artère, est le lieu de différenciation et de
maturation des lymphocytes T provenant de la moelle osseuse ;
- la moelle osseuse, organe localisé dans la cavité des os, est le lieu de maturation des granulocytes, des
monocytes et des lymphocytes B.
Ensuite, les lymphocytes B et T gagnent les organes lymphoïdes périphériques (zones spécialisées de la rate
et les ganglions lymphatiques). Dans ces organes, sera réalisé le contact avec l’antigène provoquant la
réponse immunitaire spécifique.

Figure :…………………………………………………………
b) Acquisition de l’immunocompétence
L’immunocompétence est la propriété de distinguer le non soi. Elle est acquise lors de la maturation des
lymphocytes dans les organes lymphoïdes centraux.
Pendant la maturation, les lymphocytes développent à leur surface des récepteurs membranaires spécifiques
capables de reconnaître un déterminant antigénique donné. Les récepteurs membranaires diffèrent selon les
lymphocytes.
 les récepteurs de lymphocytes B
Ce sont des anticorps membranaires qui sont de grosses molécules de nature protéique appelés
immunoglobulines (Ig) capables de se combiner spécifiquement à l’antigène qui a conduit à leur synthèse. Ils
reconnaissent directement l’antigène.
- Structure des anticorps
Les molécules d’anticorps sont en forme d’Y et sont constitués de 4 chaînes polypeptidiques semblables
deux à deux dont 2 chaînes lourdes et 2 chaînes légères réunies par des ponts disulfures. Chaque type de
chaîne présente une partie constante caractéristique de chaque classe de Ig et une partie variable
caractéristique de chaque anticorps. Une molécule d’anticorps présente trois régions fonctionnelles :

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Deux sites de fixation spécifiques des déterminants antigéniques. Ils se trouvent sur les extrémités des bras
d’Y et reconnaissent l’antigène.
Un site de fixation sur la membrane de la cellule (macrophage ou lymphocyte) situé à l’extrémité du pied
d’Y.
Un site de fixation du complément situé sur la partie constante d’une chaîne lourde.
- Diversité des anticorps
Suivant la configuration de leur molécule, on distingue 5 classes d’immunoglobulines chez l’homme : les
IgG (Gamma) sont les plus abondantes (70 à 75%) dans le plasma et la lymphe, les IgA (Alpha), les IgM
(Macromolécule), les IgE (Epsilon) et les IgD (Delta).
 Les récepteurs lymphocytes T
Ce sont également des protéines fixées sur la membrane des lymphocytes T. Leur structure moléculaire
comporte deux chaînes peptidiques.
Chaque chaîne comporte une région constante enchâssée dans la membrane plasmique et une région variable
tournée vers l’extérieur.
Les récepteurs T ne reconnaissent l’antigène que lorsqu’il est associé à une molécule du système HLA. C’est
pour cette raison que les lymphocytes T réagissent seulement lorsqu’ils sont en contact avec une cellule de
l’organisme qui leur présente le soi modifié. C’est le cas des cellules présentatrices comme les macrophages
qui portent le soi modifié d’une cellule de l’organisme infectée par un virus ou une cellule cancéreuse.

c) Sélection des clones immunocompétents


Un clone est un ensemble de cellules provenant d’une cellule unique. Lors d’une maturation, les futurs
lymphocytes subissent une sélection dans la moelle (lymphocytes B) et dans le thymus (Lymphocytes T).
-Dans la moelle osseuse, les lymphocytes B qui portent des anticorps qui ne se lient pas aux antigènes du soi
sont sélectionnés et les autres éliminés
-Dans le thymus, il y a une double sélection : pour la première, les lymphocytes T qui portent des récepteurs
T reconnaissant les molécules HLA du soi sont sélectionnées, les autres éliminés ; et pour la deuxième
sélection, les lymphocytes qui portent les récepteurs T reconnaissant les protéines du « non-soi » sont
sélectionnés, les autres éliminés.
Ainsi, les lymphocytes B et T immunocompétents sont sélectionnés et migrent dans les organes lymphoïdes
périphériques ou alors circulent dans le sang et dans la lymphe.
II.2) Mécanisme de la réponse spécifique
Il comporte 3 phases successives :
……………………………………………………………………………………………..
…………………………………………………Il nécessite une coopération entre les cellules immunitaires.
a) La phase d’induction
La réponse immunitaire spécifique débute par ………………………………………………. par les
lymphocytes qui a lieu au niveau des organes lymphoïdes périphériques. Cette reconnaissance aboutit à la
sélection de clones de lymphocytes qui ont des récepteurs spécifiques :
-Les lymphocytes B sont sélectionnés directement par les antigènes libres ou exposés à la surface des
cellules étrangères.
-Les lymphocytes T sont sélectionnés au contact des cellules présentatrices de l’antigène,
………………………………...
Les lymphocytes B et T sélectionnés sont activés par la présence de l’antigène.
b) La phase d’amplification
Elle comporte une étape de multiplication par mitoses successives des lymphocytes activés et une étape de
différenciation au cours de laquelle certains lymphocytes activés se transforment en cellules effectrices dont :
-les LB qui évoluent et deviennent des lymphocytes à cytoplasme riches en ergastoplasme et sécrètent des
anticorps circulant dans le sang et la lymphe.
-les LT4 activés qui deviennent des lymphocytes T auxiliaires (LTa) secrètent des messagers chimiques
appelés interleukines ou lymphokines qui assurent la coopération entre les cellules immunitaires et
contribuent à la multiplication et à la différenciation des différents lymphocytes.

c) La phase effectrice
Elle comporte deux types de réponse : une réponse à médiation humorale et une réponse à médiation
cellulaire.

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- La réponse à médiation humorale
Elle est assurée par les plasmocytes spécifiques de l’antigène inducteur d’où une liaison anticorps-antigène
formant les « complexes immun » qui neutralisent l’antigène mais ne le détruisent pas. Donc la réponse
humorale doit être complétée par la phagocytose des « complexes immun » et l’activation du complément.
La réponse à médiation humorale intervient contre les antigènes solubles (toxines) et la plus part des
bactéries.
- La réponse à médiation cellulaire
Elle est assurée par les lymphocytes cytotoxiques (LTc) et aboutit à la destruction des cellules-cibles :
cellules infectées par les virus, cellules cancéreuses ou greffons. Outre les LTc, il existe d’autres cellules
tueuses capables de lyse cellulaire, ce sont cellules K (Killer) et les cellules NK (Naturel Killer) qui sont les
interleukines sécrétés par les lymphocytes T auxiliaires. Enfin, lorsque l’antigène est neutralisé, interviennent
les lymphocytes T suppresseurs (LTs) qui arrêtent les réponses humorales et cellulaires.

II. 3 Mise en mémoire de la réponse spécifique


Lors d’un 1er contact avec un antigène, l’organisme réagit par une réponse immunitaire spécifique appelée
réponse primaire qui est lente. Au cours de la réponse primaire, lors de la phase d’amplification certains
lymphocytes B et T deviennent des lymphocytes mémoires capables de répondre immédiatement lors d’un
second contact avec l’antigène et cette réponse immunitaire appelée réponse secondaire est plus rapide, plus
intense et plus efficace. La mise en mémoire confère donc à l’organisme une immunité spécifique durable.

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Leçon 19: Un exemple de dysfonctionnement du système
immunitaire : le SIDA.

Dans certains cas, le système immunitaire n’accomplit pas son rôle : les réponses peuvent être exagérées ou
au cas contraire insuffisantes. On parle pour ces dernières d’immunodéficiences dont certaines existent dès la
naissance (immunodéficiences primitives ou congénitales) et d’autres sont acquises au cours de la vie,
notamment lorsque l’organisme est infecté : on parle d’immunodéficiences secondaires ou acquises.

I. Définition du sigle et présentation du virus


Le SIDA ou Syndrome d’Immuno-Déficience Acquise est une maladie du système immunitaire, due à un
virus.
Le virus a été isolé pour la première fois le 20 mai 1983 par une équipe de chercheurs de l’Institut Pasteur.
Il est désigné par le sigle VIH (Virus d’Immuno-déficience Humaine) et présente deux variantes appelées
VIH1 etVIH2.
Le VIH1 est fragile et ne résiste pas la chaleur, ni aux antiseptiques courants (eau de javel et alcool). Il est
détruit par les milieux acides, et ne vit pas longtemps à l’air libre.
Le virus s’attaque aux cellules portant le marqueur membranaire T4, en particulier les lymphocytes LT4 qui
contrôlent les réponses immunitaires, mais aussi les monocytes et les cellules du système nerveux. La
protéine T4 permet la liaison avec l’enveloppe du virus et la pénétration de l’ARN viral.
Le VIH est un rétro-virus c'est-à-dire un virus à ARN de type particulier. Il est capable d’intégrer son
information génétique aux molécules d’ADN des cellules infectées. Une enzyme contenue dans le virus, la
transcriptase inverse, permet de copier l’ARN viral en ADN. Ainsi, plusieurs copies d’ADN contenant
l’information nécessaire à la production de centaines de virus sont placées en « attente » dans les
chromosomes des T4.

II. Infection à VIH


1. Mode de transmission
Le virus a été isolé dans le sang, dans le sperme, dans les ganglions, dans les secrétions vaginales, dans le
liquide céphalo-rachidien, dans le lait maternel. Par conséquent, la transmission peut se faire par :
 voie sanguine (transfusion sanguine avec du sang contaminé, circoncision, excision, piqûre avec des
instruments souillés) ;
 voie sexuelle (relations sexuelles non protégées avec des séropositifs) ;
 voie placentaire (mère-fœtus) ;
 allaitement.

2. Les étapes de l’infection au VIH


a. Séropositivité et porteur sain
Comme pour toute infection virale, l’organisme réagit : les cellules infectées produisent des interférons et les
lymphocytes B sensibilisés fabriquent des anticorps. Ceux-ci sont décelables dans le sang après un délai
variant de 2 semaines à quelques mois.
Un sujet est dit séropositif quand les tests identifient dans son sérum la présence d’anticorps anti-VIH, c’est
la preuve que le sujet a été contaminé. Les anticorps anti-VIH produits ne neutralisent que faiblement le
virus et la maladie peut continuer à évoluer.
Le virus reste à l’état latent dans les lymphocytes pendant plusieurs années (on ne sait pas encore combien) :
on dit que le virus est dormant. Le sujet est séropositif mais ne manifeste aucun signe de la maladie, il est
porteur saint ou porteur « asymptomatique ».

b. Le SIDA déclaré
Le virus peut utiliser la cellule hôte pour faire transcrire ses gènes en ADN et fabriquer les constituants qui
sont libérés.
Le mécanisme peut être lent : la contamination se développe progressivement entraînant la phase du para-
sida.

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Il peut être rapide : de très nombreux virus sont libérés entraînant la mort de la cellule hôte, une
contamination explosive des lymphocytes LTa et les symptômes du SIDA typique. La mort des LTa peut être
due à la sortie simultanée de nombreux virus ou au fait que ces cellules infectées expriment sur leur
membrane des protéines de l’enveloppe virale qui peuvent se lier aux protéines T4 des lymphocytes : il se
forme des associations de cellules qui fusionnent en un ensemble incapable de survivre.
Les TLa dont le rôle régulateur dans le système immunitaire est essentiel étant détruits de façon explosive,
l’organisme ne parvient plus à se défendre contre les maladies auxquelles il faisait habituellement face. Ce
sont les maladies « opportunistes » dont certaines deviennent mortelles.

Les manifestations (symptômes) les plus fréquentes du SIDA sont :


Des atteintes pulmonaires causées par des agents divers (le protozoaire Pneumocystis, Bacille de Koch, des
virus, des champignons microscopiques), des infections du tube digestif (causes de diarrhées), de la peau (le
virus de l’herpès forme des lésions cutanées), ou du système nerveux (troubles de la vue, paralysie, trouble
mentaux).
Le VIH favorise également l’apparition de certains cancers : les lymphomes qui se développent à partir des
ganglions lymphatiques et le sarcome de Kaposi, cancers cutanées (cette dernière maladie frappe un tiers des
malades du SIDA). Leur survie moyenne est de deux ans.

III. Prévention
Il n’existe actuellement aucun vaccin contre le SIDA, la meilleure défense pour freiner l’épidémie reste pour
l’instant la prévention. Il faut donc éviter tout contact (sexuel ou sanguin) avec un sujet séropositif. Ainsi,
s’imposent les moyens de prévention suivants :
 l’utilisation de seringues aseptisées ;
 la chasteté complète ;
 la fidélité des couples ;
 l’utilisation des préventifs.

Conclusion
L’organisme assure la constance des constituants physico-chimiques d’un milieu intérieur, de même il lutte
contre tout ce qui est reconnu comme étranger « le non soi » pour le neutraliser sans détruire ses propres
constituants « le soi ». Ces réactions de défense ou réactions immunitaires préservent l’intégrité de
l’organisme.