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Bonjour, je m’appelle Marta Lledó et je suis psychologue clinicienne.

Ma mémoire a
par titre la : « MIGRATION ET TSPT : RÉACTIVATION DES SYMPTÔMES DU
TSPT CHEZ L’ÉMIGRANT​ »

Le choix du sujet de mémoire :

Le choix du sujet de mémoire a été motivé parce que moi-même je suis émigrante et je
me suis rendu compte des difficultés qui souffrent les émigrants. C’est pour ce motif
que j’ai décidé d’être psychologue bénévole dans une association qui accueille les
espagnols ayant émigré en France. L’objectif est d’accompagner, de soutenir et
d’orienter vers les structures de soins adéquates aux espagnols qui sont en souffrance.

À partir de mon expérience comme émigrante et comme psychologue dans


l’association, un fait clinique a retenu mon attention au point de vouloir l’étudier dans le
cadre de ce diplôme universitaire. Quand j’ai commencé comme psychologue bénévole
dans l’association j’avais constaté que certains sujets avaient commencé à développer
des troubles psychologiques après la migration. C’est à partir de commencer le DU en
psychotrauma que je me suis rendu compte que parmi ces sujets, certains montraient
une symptomatologie qui se ressemblait à la symptomatologie du TSPT. La première
chose que j’avais dans la tête été que la migration étais pathologique, mais En ce
moment je me suis posé différentes questions :

1) Pourquoi la migration cause des troubles psychologiques dans certains sujets et


pas dans les autres.
2) Pourquoi dans certains sujets la symptomatologie de ses troubles psychologiques
se ressemblait à la symptomatologie présente dans un TSPT ?

Ce à partir de ce moment que j’ai commencé une révision bibliographique de la


migration et du TSPT. Finalement j’ai eu une conclusion qui a été très important pour le
déroulement de ma mémoire :

1) la migration n’est pas en elle-même traumatique ni pathologique, mais plutôt un


processus stressant

Si la migration n’est pas traumatique ni pathologique, je me suis demandé l’origine de


la symptomatologie qui s’est ressemblé au TSPT. En ce moment pendant mes
entretiens cliniques j’ai commencé à chercher l’origine de la symptomatologie. Je
suis arrive à la conclusion que tous les sujets qui présentaient actuellement des
symptômes du TSPT avaient des antécédents traumatiques. En ce moment je me
suis posé une autre question : si les sujets, après la migration n’ont pas vécu des
événements traumatiques , es ce que c’est possible que la migration avait provoqué
une réactivation des la symptomatologie du TSPT vécu dans le passé ? Et si c’est
comme ça : ce quoi qui a provoqué exactement la réactivation ?

J’ai continué ma recherche bibliographique et je suis tombé sûr les modes


d’acculturation. En ce moment tout a eu sens pour moi car j’avais déjà observé pendant
les entretiens cliniques que les sujets avaient différentes stratégies d’acculturation. En
étudiant en approfondie l’acculturation, me ressemble raisonnable faire le lien entre la
stratégie d’acculturation des sujets et la réactivation de la symptomatologie du TSPT,
car j’ai pensé qu’il avait des stratégies d’acculturation moins adaptatives qui pouvaient
poser plus de problèmes à l’émigrant. Finalement j’ai eu mon hypothèse.

HYPOTHÈSE :

« Le processus migratoire vient réactiver une partie de la symptomatologie du TSPT


chez les personnes ayant un mode d’acculturation de ségrégation »

Mon objectif est d’analyser l’impact de la migration sur des personnes ayant des
antécédents traumatiques avant de migrer.

METHODOLOGIE :

-Outils :

J’ai utilisé le questionnaire PCL-5 pour évaluer s’il existe une réactivation de la
symptomatologie du TSPT après la migration.

J’ai utilisé « Life Events Chesklist » pour DSM-5 et le DSM-V pour savoir quelles
personnes ont vécu des antécédents traumatiques avant la migration pour constituer le
groupe de mon étude et pour connaître le type d’événement traumatique.
J’ai utilisé l’entretien clinique destiné à recueillir les données sociodémographiques,
s’assurer qu’ils remplissaient les critères d’inclusion pour l’étude et évaluer la stratégie
d’acculturation.

-Participants et contexte :

J’ai pris contact avec 42 personnes. Après les avoir évalués selon les critères d’inclusion
et d’exclusion de notre étude, seuls 10 sujets ont été retenus.

Caractéristiques des sujets :

Tous les sujets sont espagnols

ils ont vécu les mêmes conditions de migration

ils ont eu une migration sans événements traumatiques

ils ont vécu des antécédents traumatiques avant de la migration en France

Ils affirment avoir être asymptomatiques du TSPT au moment de la migration.

RÉSULTATS :

Comme on peut observer dans la graphique,

-Quatre sujets ont un score supérieur à 38 points (score entre 51 et 54). Avec une score
supérieur à 38 points le PCL-5 l’existence d’une TSPT.
-Les autres six sujets n’arrivent pas à 38 points (score entre 15 et 28).

Je me suis servis des résultats de l’entretien clinique pour analyser les différences entre
les sujets ayant un score très bas et les sujets au score très élevé.

J’ai eu comme conclusion qu’il avait des importantes différences d’acculturation.


En effet, les 6 sujets ayant les plus petits scores dans le PCL-5ont un type
d’acculturation intégratif selon le modèle d’acculturation de Berry (1989).

Par contre, nous observons que les quatre sujets ayant les scores les plus élevés au
PCL-5 ont, selon le modèle d’acculturation de Berry (1989), un type d’acculturation dit
de « ségrégation ».

Comme on peut observer dans la graphique la symptomatologie du TSPT qui se réactive


le plus c’est la symptomatologie dépressive.

On peut observer aussi dans la graphique qu’avec la migration, les 10 sujets ont montré
une symptomatologie dépressive et anxieuse. C’est pour ça que à été important me
questionnaire par rapport l’origine de la symptomatologie observée : est-elle une
réactivation d’un TSPT ou le résultat du stress d’acculturation ?

En tenant compte du fait que la migration n’est en soi ni pathogène ni traumatique et


sachant que le PCL-5 indique la présence d’un TSPT à partir de 38 points, nous avons
considéré que la symptomatologie des quatre sujets ayant un score supérieur à 38 est
une réactivation de la symptomatologie du TSPT.

A l’inverse, nous avons considéré que la symptomatologie des six sujets ayant les
scores les plus bas n’est pas une réactivation d’un TSPT mais plutôt une conséquence
liée au stress d’acculturation.

CONCLUSION :

Nous pouvons dire que cette étude corrobore notre hypothèse.

-Nous considérons que dans l’aspect clinique notre recherche, cette étude invite à
réfléchir au possible suivi de personnes ayant vécu des antécédents traumatiques et
ayant l’intention d’émigrer.

-Cette recherche peut aussi servir à informer d’autres professionnels, afin de faciliter
l’identification des problèmes et des symptômes liés à l’émigration et le TSPT et
d’établir ainsi des diagnostics plus justes.