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Introduction

Comme un organisme vivant, l’entreprise nait, vit et peut être le siège de désordres divers, dont
les plus graves sont susceptibles de provoquer sa disparition, par arrêt de crédit et des flux
financiers. Les difficultés de l’entreprise ne pourraient laisser passif le législateur.

Le débiteur en difficulté va manquer à ses engagements et perturber l’ordre juridique, ce qui ne


peut être durablement toléré. Pour rétablir l’ordre, la solution traditionnelle consiste à éliminer, au
moins juridiquement, le perturbateur, dont la liquidation doit être organisée.

Si pour d’autres pays cette finalité est passée au second plan derrière le souci de la sauvegarde du
débiteur, pour nous en Haïti, elle occupe toujours la première place.

1- Définition de la faillite (art 477 du C. com.)


Au sens large et traditionnel, on appelle faillite la situation légale d’un débiteur qui, ne pouvant
plus faire face à l’ensemble de ses engagements se trouve à un moment donné en situation de
cessation de paiement (Pochet, 2001). Le dénouement de cette situation peut passer par la
liquidation des biens du débiteur au profit des créanciers ou par différentes formes
d’atermoiement ou de remises de dettes

2- Origine de la faillite
La sécurité des transactions a, dès l’origine, justifié l’institution du droit de la faillite. En effet c’est
seulement si les commerçants respectent scrupuleusement et ponctuellement leurs engagements
que la négociation peut être menée de façon rapide et peu formaliste. De cette constation est née
la création d’une procédure d’élimination des commerçants qui ne respectent pas leurs
engagements.

Pendant longtemps, le droit de la faillite a été dominé par deux traits : son caractère répressif et
l’intérêt porte au créancier victime de la défaillance du débiteur qui manque à ses engagements
Du latin fallere qui signifie tromper, le failli a trahi la confiance de ses créanciers. De ce fait il
encourt la réprobation, l’infamie, la mise au pilori et l’exclusion du monde des marchands auquel
le failli appartenait.

Dans l’empire romain, a l’arsenal des sanctions s’ajoute une procédure collective de vente des
biens du débiteur a l’initiative et au profit de ses créanciers, sous le contrôle de l’autorité publique.
La finalité essentielle de cette procédure était le paiement des créanciers.

Dans l’ancien droit, ce rôle de moteur des créanciers les autorise a rechercher éventuellement la
conclusion d’un accord collectif avec le débiteur (concordat, que devra homologuer le juge)
susceptible de leur permettre d’être payés plus vite et a moindre frais a l’issue d’une période de
liquidation judiciaire.

Le code de commerce 1807 (1826) n’a pas rompu avec ces principes et a renforce le rôle du juge,
dans le but, en particulier, d’assurer un traitement égal a tous les créanciers : puisque par
hypothèse, le débiteur n’est pas en mesure de régler tous ses créanciers, la procédure collective a
laquelle il est soumis doit faire supporter a chacun une part égale dans la perte commune, selon le
principe d’Egalite qui domine traditionnellement et dans toutes les législations, le droit de la
faillite.

Chapitre I : La faillite


Section I : L'ouverture des procédures en matière de faillite
Sous-Section I : Les conditions d’ouverture de la faillite
1- Débiteur commerçant
- Les règles de la faillite ne sont applicables qu'aux commerçants de profession (art. 1er
C.Com).

Hypothèses sur la profession habituelle :

 Cas des préposés, fondés de pouvoir, commis, capitaines de navires, directeurs,


administrateurs de sociétés anonymes (ils n'agissent pas en leur nom, mais au nom et
pour le compte de leur patron)
 Le prête-nom (à la différence du mandataire ou du préposé le prête-nom est un
commerçant)
 Celui qui prend à tort la qualité de commerçant et qui induit ainsi les tiers en erreur
peut être tenu de réparer le préjudice qu'il a causé à ceux-ci par sa faute - les
incompatibilités : notaire
 L'incapable, le mineur qui se livre à des opérations de commerce ne s'oblige pas
commercialement
 Sociétés commerciales, Associés : une société anonyme peut être déclarée en faillite
comme un simple commerçant
 Commerçant décédé

2- La cessation de paiement
Pour être déclaré en faillite, le commerçant doit avoir cessé ses paiements. (que ce dernier
soit solvable ou non)

Condition essentielle de la déclaration de faillite, certes, mais c'est également un fait


extérieur constatable

- définition: le débiteur est dans l'impossibilité de faire face au passif exigible avec
l'actif disponible
- caractères
 le passif exigible est le passif échu: la dette impayée doit être liquide (évaluée en
argent)
 exigible i.e. échue et susceptible d'exécution forcée - L'exigibilité ne suffit pas, il faut
que le paiement ait été demandé
 la dette doit être aussi certaine i.e. indiscutée dans son existence et dans son montant
 la dette non payée doit avoir un caractère commercial - Le créancier civil pouvant
profiter de la mise en faillite du débiteur.

La question de savoir s'il y a cessation de paiements se présente dans deux cas distincts
Quand il s'agit de savoir si la faillite peut-être déclarée?
- deux conséquences: Un commerçant qui a un passif supérieur à son
actif, mais qui jouit d'un crédit à l'aide duquel il parvient à acquitter ses
dettes exigibles
- à l'inverse, un commerçant qui n'acquitte pas ses engagements peut-
être déclaré en faillite bien qu'il prétende être solvable et qu'il le soit
effectivement
Sous-section II : La déclaration de la faillite (art 480 du c. co.)
1- Faillite volontaire
Déclaration de la cessation de payement au nom d'une société commerciale (en nom collectif :
tout associé solidaire, administrateur ou non peut faire la déclaration de la cessation de ses
payements puisqu'il est indéfiniment responsable (art. 478.2)

2- Faillite forcée
Les créanciers d'un débiteur insolvable peuvent, par voie de requête, demander au tribunal de
prononcer la faillite de ce dernier

3- Déclaration d’office de la faillite