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NOTATIONS PRINCIPALES

a : contrainte normale

T : contrainte tangentielle

a : contrainte maximum
max
a . : contrainte minimum
min
a : contrainte normale moyenne
m
a ., : contrainte normale alternée symétrique
a
T : contrainte tangentielle moyenne

T : contrainte tangentielle alternée symétrique


a
a : limite élastique en traction statique
e
T : limite élastique en torsion statique

a_ ou ^, : résistance à la rupture en traction


K nu
a-p : résistance à la rupture en compression

i: : résistance à la rupture en torsion


R
a : limite de fatigue en flexion alternée

: limite de fatigue en torsion alternée

: contrainte nominale
n
a : contrainte initiale
o
Sa : amplitude de la sollicitation alternée symétrique

S : valeur de la sollicitation moyenne

a : coefficient de sécurité

r : coefficient du cycle

k~D : coefficient de concentration de contrainte théorique

k : facteur effectif

es : coefficient de qualité de surface

£ T : facteur d'échelle
ech
q : facteur de sensibilité à l'entaille

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- 2 -

1 - INTRODUCTION :

Dans le texte q_ui suit, nous nous emploierons à faire


une synthèse des éléments qui peuvent servir de point de départ
au calculateur pour l'étude d f u n e structure soumise à la fatigue.

Nous examinerons donc comment nous parviennent les ré-


sultats des essais de fatigue en nous efforçant, chaque fois qu'il
sera nécessaire, de bien préciser les différentes définitions des
éléments du calcul. L f i d é e directrice a été de se ramener, quel
que soit le type de sollicitation, au seul diagramme d'endurance
obtenu à partir du résultat des essais en flexion rotative et
traction pure statique. Partout un souci constant de simplicité
et d'efficacité nous a permis de faire le choix dans l'utilisation
des faits expérimentaux.

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'- 3 -

2 - SOLLICITATIONS :

2 - 1 - Généralités (1)

Un corps est dit sollicite lorsqu'il est soumis à des


actions extérieures ou sollicitations qui sont d'ordre mécanique,
thermique, physico-chimique, ...

Suivant leur succession dans le temps, on distingue par-


mi les sollicitations : les sollicitations constantes et les sol-
licitations variables, parmi lesquelles on différencie :

- les sollicitations à variation régulière ;


"• les sollicitations à variation brusque ;
- les sollicitations à variation percussive ;
- les sollicitations périodiques ;
- les sollicitations non périodiques ou aléatoires.

On nomme cycle de sollicitations, ou par abrégé, cycle,


la succession des sollicitations appliquées au corps au cours d'une
période d'une sollicitation périodique considérée.

Une sollicitation périodique à variation régulière est


sinusoïdale lorsque les forces qui la constituent varient selon
une fonction sinusoïdale du temps.

Les sollicitations périodiques, sinusoïdales ou non,


peuvent être :

- ondulées, lorsque les valeurs extrêmes qu'elles


prennent ont le même signe ;
— répétées, lorsque les valeurs qu'elles prennent
varient, chacune entre zéro et une valeur donnée ;
- alternées, lorsque les valeurs qu'elles prennent
varient entre des limites données ayant des signes
opposés. Elles peuvent être symétriques ou dissy-
métri que s.

2 - 2 - Caractéri st iques d'une sollicitation périodique (2)

Considérons par exemple la loi de variation de la con-


trainte principale a en fonction du temps t . (fig. 1).

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- Il -

Soient
et a • ^ es contraintes maximale et mi-
a
max min
nimale du cycle. Leur rapport est le coefficient du cycle :
amin
r =
max

Si r = - 1 , le cycle est alterne symétrique.


r = 0 ou HH oo , le cycle est répété ( puisât oire ).

Des cycles qui ont même coefficient sont dits cycles


semblables.
Un cycle quelconque peut être représenté comme la super-
position d'une contrainte constante ou contrainte moyenne a et
d'une contrainte symétrique d'amplitude a ci :
+
a max a min /0 \
a (2j
m - ~
a g
a = max min , v
(:5}
a 2

On admet universellement que l'endurance d'une pièce ne


dépend pas de la loi de variation dans l'intervalle entre v et
a . . C'est pourquoi on ne distingue pas entre, par exemple, les

Figure 2

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- 5 -

sent des fluctuations irrégulières. Dans la majorité des cas, la


grandeur et la fréquence des sollicitations suivent une loi par-
ticulière de distribution qui peut être définie par analyse sta-
tistique d'un nombre suffisant de valeurs mesurées.

2 - 3 " 1 " Spectres de sollicitation.

La figure 3 représente la variation d f amplitude d'une


sollicitation (contrainte, déformation...) autour de sa valeur
moyenne S . si l'on porte sur un diagramme, en abscisse la compo-
sante alternative S et en ordonnées la fréquence f d'une valeur

particulière de S (nombre de fois où l'on rencontre cette valeur


de S divise par le nombre de fois où la sollicitation est maxi-
mun dans l'intervalle considéré, ou ce gui revient au même, le
nombre de "cycle à sollicitation alternative S Tî sur le nombre
total de cycles pour la période considérée) on obtient l'histo-
gramme de la loi de distribution des sollicitations alternatives
S , C'est le spe,ctre de sollicitation (fig. k) ; il caractérise
le type de sollicitation.

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- 6 -

Dans les essais d'endurance, on réalise des programmes


qui reproduisent le plus fidèlement possible le spectre de solli-
citation obtenu en service réel. Deux méthodes peuvent être em-
ployées :

- réalisation continue ;
- réalisation par blocs d f o n d e s sinusoïdales d'ampli-
tude constante.

2 -* 3 ~ 2 - Réalisation continue :

'Nous renvoyons à la conférence de M. DARREL R. HARTING


et signalons aussi l'article de HEAD , A.K. et HOOKE, H.F. (3).

2' - 3 - 3 - Réalisation par blocs d'ondes sinusoïdales d'am-


plitude constante :

Mous raisonnons sur un exemple emprunté à.GASSNER, E.(U

Partant du spectre de contrainte, on trace sur papier


s emi -logar i t hmi que la courbe, des fréquences cumulées obtenue en
portant a (ou a / cf , cf étant la contrainte alternative
maximum)en fonction du nombre total de cycles pour lesquels la
contrainte alternative est ^ * cr a (fig. 5)-

CUHUiAirVE STUESS FHEQUENCY,//


a *«/?« «fsittst //.

Figure 5

Ensuite cette distribution continue des contraintes est


remplacée par une distribution à plusieurs niveaux (ici 8) qui
permet d T o b t e n i r un cycle à programme (fig. 6).

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- 7 -

Figure 6

La sollicitation aléatoire est alors caractérisée par le


cycle à programme et la contrainte"
a

3 - LIMITE DE FATIGUE OU D'ENDURANCE :

La plupart des ruptures dans les machines et les v é h i c u -


les sont le résultat de la fatigue due à des sollicitations varia-
bles et sont rarement le résultat d f u n e charge constante imprévue.
Les ruptures dues à un défaut dans le matériau sont aussi peu fré-
quente s .

La contrainte limite d'endurance ou de fatigue a pour


un matériau, est la valeur de la contrainte alternée symétrique
q_u f une éprouvette peut supporter un nombre illimité de fois sans
se rompre par fatigue (fig. 7).

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Le symbole cr ^ représentera dans ce qui suit , la con-
trainte déterminée par machine de flexion rotative avec l'éprou-
vette chargée en flexion pure.

Parfois l ! essai est fait sur des machines qui appliquent


une contrainte axiale alternée symétrique en traction-compression.
Cette contrainte est différente de celle obtenue en flexion rotati-
ve et est inférieure de 10 à 20 % a o (voir paragraphe $)•

Les êprouvettes'ont généralement une surface rectifiée


et sont sans entaille.

En portant sur un diagramme le nombre N de cycles en


abscisses et la contrainte correspondante en ordonnée, on obtient,
avec une assez forte dispersion, la courbe a- N ..(ou courbe S - Ijl ,
S : stress, N : number of cycles) ou courbe de WOHLER (5) (fig- 8).

Figure 8

Les métaux ferreux ont une valeur bien définie pour a


Par contre, les non ferreux, tels que les alliages d'aluminium,
n'atteignent jamais une valeur limite pour la limite d T e n d u r a n c e
et la contrainte qui peut être supportée reste une fonction du
nombre de cycles de ! T essai. Pour ces matériaux, on a été amené
a définir une limite conventionnelle de fatigue, pour laquelle il
n'y ait pas rupture avant 108 cycles.

Pour des contraintes de flexion alternée, la courbe a - N|


peut être approchée, d'après PETERSON (6), par une ligne droite
sur papier bilogarithmique, allant de la charge de rupture a R a
1C)3 cycles à la limite de fatigue a a 10° cycles (fig. 9).

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- 9 -

Figure 9

Les équations reliant alors la contrainte symétrique a


et le nombre de cycles a la rupture N sont :
a
= R (/1\0\
CTa

__ 1 ige l ( a /a )
I NH 3 R ' -r
|_1000_|

-a ~ 3 / 1g (a /a )
N = 1000 — A I
(5)
L°aJ

En fait, souvent on approche la courbe de WOHLER par


une droite, non pas en coordonnées bilogarithmiques, mais en
coordonnées semi-logarithmiques, la contrainte a étant portée
a
en fonction.de 1g N.

Pour des aciers traités, ° est approximativement


égale à la moitié de la charge de rupture a .
R

Remarques :

1) Le diagramme qui vient d ! être défini pour la sollici-


tation alternée symétrique se généralise pour tous les genres de
sollicitations périodiques. Il suffit par exemple de choisir^
constant et d f é t u d i e r comme ci-dessus la variation de a
max

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' - 10 -

avec le nombre de cycles. On constate encore l'existence d'une


limite d f endurance correspondant à, la valeur de a qu'on s'est
impos ée.

2) Dans les essais de fatigue courants, on ne réalise


que des essais correspondants à plus de 10000 cycles avant rup~
ture. Cependant, pour des matériaux destinés à des structures tel-
les que les réservoirs sous pression, l'étude de la courbe a - N
dans le domaine des petits nombres de cycles ( 1 < n < 1C)M où
le phénomène de fatigue est accompagné de déformations plastiques,
est intéressante. C'est la fatigue plastique.

^ - SENSIBILITE D'ENTAILLE :

Nous donnons ici uniquement les définitions principales


et renvoyons pour les détails a la conférence de M. BARROIS.

Des expériences ont montré que la réduction réelle de


la résistance à la fatigue à partir de la concentration de con-
trainte due aux entailles et d'une façon générale, aux changements
brusques de section, est souvent moins importante que la quantité
indiquée par le facteur théorique de concentration de contrainte.

THUM et BANTZ (7) ont défini les premiers plusieurs


coefficients ou indices caractérisant l'entaille et la sensibili-
té du métal à l'effet d'entaille.

- le facteur de concentration de contrainte théorique


ou indice de forme k est défini comme étant le rapport de la
contrainte statique maximum au fond de l'entaille à la contraint
nominale déduite des formules de résistance des matériaux. Soit p

k = ° max (6)
t a
n

Un exemple de ces contraintes est donné (fig. 10) pour


une êprouvette entaillée, en flexion.

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Ce facteur théorique s'applique à un matériau idéal
qui est parfaitement homogène, isotrope et élastique. Les valeurs
numériques sont obtenues mathématiquement ou par photoêlasticité
et jauges. PETERSON (8) donne des tableaux de variation du fac-
teur k pour différents types d'entailles.
"G

- le facteur effectif de concentrât ion de contrainte


ou indice d'effet d ' e n t a il1e k est défini comme étant le rapport
de la limite d f e n d u r a n c e d'un échantillon lisse a par la li-
mite d'endurance de l'échantillon possédant des foyers de concen-
tration de contraint es G)' soit :
a
k, = ^1 (Y)
a'-i

Le facteur effectif est donc obtenu dans les matériaux


réels. Il dépend largement de la grosseur du grain du métal et
par conséquent de la résistance à la traction du matériau.

Il est très difficile d'extrapoler les résultats des


données de fatigue et de les appliquer à des conditions différent
tes de celles de l'essai réel. La question peut être mieux abordée
en introduisant un troisième coefficient:

- le facteur de sensibilité d'entaille ou indice de


sensibilité à l'entaille q.
La sensibilité d'entaille est la susceptibilité d'un
matériau de succomber aux effets de dommage des entailles en char-
gement de fatigue. Le facteur de sensibilité d'entaille q est le
rapport de l'accroissement de la contrainte réelle par rapport à
la contrainte nominale, à l'accroissement de la contrainte théori-
que par rapport à la contrainte nominale, soit :

k
f CT n -°n (8)
q
k a - a
t n n

d'où la relation liant les 3 coefficients :

kf = 1 + q (kt - 1) (9)

La grandeur du coefficient q dépend principalement des


propriétés du matériau. Ainsi, on peut poser pour les aciers alliés
que q est voisin de l'unité. Pour les aciers de contruction, en
moyenne, q = 0,6 à 0,8, les plus grandes valeurs de q correspon-
dant aux aciers plus résistants. Pour la fonte, q- 0 et k_p - 1.

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- 12 -

5 - EFFET D'ECHELLE ET DE SURFACE :

5 - 1 - Influence de l'état de surface (2 ) .

La rupture en fatigue ayant son origine dans la formatior


d f u n e faille locale, on comprend le rôle de l'état de surface quant
à l'endurance. Il est tout a fait évident que l f e n d u r a n c e d f u n e
pièce croît dans le cas d'une surface propre et finement usinée et
que 5 pour les matériaux très sensibles aux contraintes locales,
l'influence de l'état de la surface est plus notable.

Lors des calculs d'endurance, les particularités d'usi-


nage de la surface d'une pièce entrent en ligne de compte au moyen
du coefficient de qualité de la surface e défini -par :
s
0
!
-1 s (10)
£ —
s a _1

a étant la limite de fatigue pour des éprouvettes d'usinage


standard de la surface ; on prend d'ordinaire pour tel usi-
nage le rectifiage*
a es
_- ^
~t la limite ri 'endurance d'une éprouvette dont l'état de
s u r f a c e c o r r e F; p o n d à 1 'état de s u r f a c e de la p i è c e calcu-
lée. On a regroupé sur la fig. 11 les valeurs approximatives du
coefficient de qualité de la surface de différents aciers en
fonction de la limite de résistance.

Le coefficient de qualité des éprouvettes rectifiées a


'été posé égal à l'unité (droite 1), La droite 2 concerne les éprou-
vettes à surface polie. La droite 3 concerne les éprouvettes dont

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- 1 3 -

la surface a été usinée à l'outil de coupe. La droite k donne


les valeurs du coefficient de qualité d'une surface possédant de
fins sillons et la droite 5 est relative aux surfaces non usinées
après laminage. Les droites 6 et 7 donnent les valeurs de e s
pour des surfaces qui ont sub'i la corrosion dans l'eau potable et
1'eau de mer.

5 - 2 - Influenee des dimensions de la pièce.

La valeur de la limite de fatigue dépend des dimensions


absolues des êprouvettes. L'explication en est que la rupture par
fatigue est déterminée non seulement par les contraintes aux
points les plus vulnérables mais encore par le gradient de con-
traintes en ces points.

Le rapport de la limite de fatigue d'une pièce ^ _,


et de la limite de fatigue de pièces de dimensions standard
(d = 8 à 12 mm) est appelé facteur d'échelle :

r - ^ -1P / -\
£ ( 11 1 )
éch - a /
—1

L'influence du gradient de contrainte a pour effet de


diminuer la limite de fatigue des pièces quand leurs dimensions
augmentent. C'est aussi la même influence du gradient de con-
trainte qui donne des limites de fatigue plus élevées en flexion
rotative qu'en traction - compression altern.ée, cette différence
étant en général comprise entre 10 et 20 % .

L'allure de la dépendance du facteur d'échelle en fonc-


tion du diamètre d'un arbre travaillant à la flexion et à la tor-
sion est donnée sur la figure 12.

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- 11+ -

La courbe 1 a été obtenue pour l'acier au carbone en


l'absence de contraintes locales. La courbe 2 correspond à l"'a-
cier allié ( a - 10 000 à 12 000 kg/cm 2 ) en l'absence de con-
centration de contraintes et a l'acier au carbone pour des concerr
trations modérées. La courbe 3 concerne l'acier allié ayant des
concentrations de contraintes et la courbe h des aciers avec un
grand degré de concentration de contraintes. Comme il résulte de
ces courbes ? le facteur d'échelle est plus accentué lorsque les
contraintes locales sont plus grandes.

6 - MATERIAUX DUCTILES — SOLLICITATIONS SIMPLES :

6 - 1 - Contraintes normales alternées symétriques.

Quand le matériau est chargé par une contrainte normale


alternée symétrique (fig. 1 3 ) » la

Figure 13

limite d'endurance cr est le critère de rupture.

La contrainte de travail doit être calculée en tenant


compte du facteur de concentration de contrainte en fatigue, et
des coefficients de surface et d'échelle. Il y a lieu de distin-
guer deux cas :

1) Flexion pure :

La contrainte de travail est prise égale à :

k
f °a
— — (12)
e £
s éch

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- 15 -

2 ) Traction - compression pure :


La contrainte de travail est aussi donnée par la formu-
le précédente, mais en prenant un facteur d'échelle qui soit le rap-
port des limites de fatigue obtenues respectivement en traction -
compression et en flexion rotative. Ce facteur d'échelle est alors
généralement compris entre 0,9 et 0,8.

En définitive, le coefficient de sécurité est donné par


.a . -,
a = !
k
f °a (13)
e £
s éch

6 - 2 - Contraintes normales, statique et alternée symétrique,


c omb inée s.

Nous avons vu (paragraphe 2) que lorsque la contrainte


n'est pas alternée symétrique, elle peut être divisée en une compo-
sante moyenne a et une composante alternée symétrique ° telle
que la contrainte maximum soit o + o et la contrainte minimum
a . a m a
m a*
Nous avons vu aussi (paragraphe 3) q u f à chaque valeur de
a correspondait une limite de fatigue a . L f ensemble de ces
n limites,
u.., ^ . ^ • ,
pour un même matériau, peut semax ^
représenter ,. «
sur dif-
T
férents diagrammes appelés diagrammes d endurance.

6 - 2 - 1 - Diagramme de GOODMAN (9) et SMITH (10).

On porte a
et a . en fonction de a . La figure 1^
max ' min m
schématise un tel diagramme (11).

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• - 16 -

On a suppose sur la figure précédente que le diagramme de


GOODMAN était symétrique par rapport à l'origine des coordonnées,
c'est-à-dire que le matériau présentait la même résistance à la fa-
tigue quand $ > 0 ou G < 0.
m m
L'expérience montre que la résistance à la fatigue est
plus grande pour a < o. Pour les aciers, l ? ê c a r t est d'environ
15 %• Pour les aciers très doux, il devient malaisé de définir la
position de F (pas de contrainte de rupture en compression).

Dans la zon e où a > 0, on peut utiliser le diagramme


de GOODMAN modifié. Il donne une bonne forme approchée du diagramme
réel (fig. 15).

Figure 15

On connaît G et a . . L f hori zont aj_e passant par a coupe


la 1ère b i s s e c t r i c e en G. La courbe AB est approchée par la droite
AB faisant un angle de U0° avec 1 ! horizontaie. De
a a
max min
=
°m 2

on déduit les points D et A f .

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- 17 -

En définitive, dès que a et ° sont connus, on peut


construire le diagramme modifie. Les normes allemandes (12) don-
nent ces valeurs pour une série d f a c i e r s normalisés utilisés en
construction mécanique.

Une variante du diagramme de GOODMAN est celle utilisée


par W. BARROIS (13) ; il rend celui-ci adimensionnel en divisant
toutes les contraintes par la résistance à la rupture.

Les diagrammes précédents conduisent à des formules com-


plexes de dimensionnement dans le cas où a ^ 0.
m

6 - 2 - 2 - Diagramme de SODERBERG.

Une autre façon de représenter les phénomènes es~c de por-


ter a en fonction de a . Diverses approximations peuvent être
, ._ . a m ^ *
uti11 s ee s .

- Sur le diagramme de GOODMAN, la courbe AC peut être


remplacée par la droite AC. On obtient le diagramme de la figure
16 (2). Ce diagramme est aussi utilisé pour les ° < 0. Enfin,
notons que 1 f on peut approcher aus.si la courbe réelle d f e n d u r a n c e
ABC dans le plan v , v par une parabone (Parabole de GERBER).
a m

- SODERBERG (iM a proposé de simplifier le problème en


remplaçant, sur le diagramme de GOODMAN, ABG par la droite AG (fig*
17).

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Figure 17

II existe moins d f a g r ê m e n t quant à la forme du diagramme


de rupture a gauche de l'origine où la contrainte moyenne est une
compression (10). Nombre d f e s s a i s ont montre que le diagramme ne
chute pas aussi rapidement quand la pression moyenne augmente que
lorsque la tension moyenne augmente et de nombreuses formes ont
été proposées pour cette partie du diagramme d'endurance. Les cal-
culs de contrainte peuvent, dans ce cas, être compliqués par la
possibilité de flambage. Toutefois, avec ces réserves, nous uti-
liserons aussi le diagramme dans la partie négative destf obtenue
en joignant A à G f , limite d'élasticité à la compression?

6 - 2 - 3 - Contrainte de travail et facteur de sécurité


(15) (2) :

Construisons la droite de SODERBERG en partant des ca-


ractéristiques mécaniques du matériau : cr et a (fig. 18).

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droits réservés.
- 19 -

On porte sur ce diagramme les contraintes de travail,


c'est-à-dire en a b s c i s s e s , la contrainte moyenne et en ordonnées,
la contrainte symétrique alternée, corrigée par les divers coef-
ficients k ,c et e c'est-à-dire :
i s ech

k
f °a
£
s €
' ech
^

Soit P le point ainsi obtenu sur le diagramme d'endu-


rance. Si P se trouve en dessous de AG, il est considéré apte à
un service continu.

Le facteur de sécurité (ou coefficient d'endurance) peut


être défini comme le rapport :

Qpt
a = (1^)
OP

P' étant l'intersection de OP avec AG.

Ainsi tous les points du segment QR passant par P


et parallèle à AG ont même coefficient de sécurité. Ceci inclut
le point R de sorte que le coefficient de sécurité est égal à —.
Un

Le segment OR représente la contrainte statique équiva-*


lent e G^
equ. vK
fr, O
a -
a e q u -_ a 4.
+ . e MO
U5;
m
e e a
s ech -1

ou encore :
a am + B aa f .^,
equ - l io;

k
f
avec B = • -
£ £ Q
s êch -1

Cette équation est parfois appelée l'équation de SODERE^R(


Le coefficient de sécurité devient alors :

a = °e / °equ (17)

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20 -

Notons que, si au lieu d'utiliser la droite de SODERBERG


on utilise le diagramme de la figure 16 et si le point P ! est
sur la partie AB f , on peut utiliser les formules précédentes en
remplaçant ° par ° .

6 - 2 - k - Effet des contraintes initiales.

Parfois il existe une contrainte initiale & 5 due au


traitement thermique par exemple, dans la section pour laquelle
les calculs sont faits. Les contraintes de travail sont super-
posées à a .

Le facteur de sécurité doit être considéré comme le


rapport par lequel il faut multiplier les contraintes de travail
a
m et cr a pour amener le chargement au point de rupture. La
contrainte ° reste évidemment constante (fig. 19).

Figure 19

0? P ' = 0 'G
0fP 0 !R

,oit « . "* - °° . °e ' % (18)


a + Ba ^
m a ° equ

6 - 3 - Contraintes tangentielles.

Le diagramme d f e n d u r a n c e de la figure 18 de même que

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- 21 -

l'équation de SODERBERG s'applique aussi aux contraintes tangen-


tielles. Il est seulement nécessaire de remplacer les contraintes
normales par les contraintes tangentielles. Pour le calcul de B,
on suppose généralement :

Te a
—— = -B-2- (19)
-1 -1

où T et T sont respectivement la limite d'écoulement en


torsion et la limite d'endurance en torsion alternée.

Ce qui revient à dire qu'il existe entre T et a


le même rapport qu'entre T et a . L'expérience montre que""
pour l'acier et l'acier couîé, la limite d'endurance en torsion
alternée vaut en moyenne 0,58 fois la limite d'endurance en fle-
xion alternée. ( 1 1 ) , (16) ; ce qui semble indiquer que le critère
de la cission octaédrique s'applique aux sollicitations alternées.
Nous reviendrons sur ce point dans le paragraphe suivant.

7 - MATERIAUX DUCTILES - SOLLICITATIONS COMPOSEES :

7 - 1 - Contrainte équivalente et facteur de sécurité.

Quand l'état de contrainte est général et les différentes


composantes des contraintes variables (fig. 20) , l T équation de
SODERBERG donne les composantes du tenseur des contraintes équiva-
lentes statiques sous la forme :

= CT
°11equ 11m + B
1 1 °11a (20)

a = a + B (21)
i2equ i2m 1 2 °12a

k_p a
ÛB =
° ,, sHr-
ech
-r-
-1
<22>
k T
B f
< 23)
0
,2 = ^ - ^v
s ech -1

Appliquant alors le critère de la cission octaédrique ou


de VON MISES ( 1 T ) 9 nous pouvons en déduire la contrainte statique

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- 22 -

uniaxiale é q u i v a l e n t e telle que :

°^ " ?|[ f t M. q » - « M . lu ] 2
+ [« 22eîu - 033eqJ 2

+ + 6
[•»--•"...] * [-a.a.W +
'8.3.,.*.',,.J <2

«fcj

Le coefficient de sécurité est alors :

(25)
~°eqù

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- 23 -

Remarquons que la formule précédente appliquée à la flexion


et torsion statique, a et T désignant les contraintes normale et tan-
gentielle, conduit pour la limite d'élasticité (a = 1 ) à l'expres-
sion :

/ a 2 + 3 T2 = ae (26)

et pour un essai de torsion, à la relation entre les limites d'élas-


ticité en traction f et torsion T :
e e

T0 = 0,577 a e (27)

L'expérience montre (paragraphe 6 - 3 ) que les limites


d'endurance en flexion alternée a . et torsion alternée T
agissarît en phase, vérifient la même relation que a et T . On
pourrait donc pour le calcul, utiliser une contrainte alternée
symétrique équivalente a
—•* * *— — equ,a
Le c a l c u l en s e r a f a i t au p a r a g r a p h e 9 et est de la forma :

a = —' a„ „ - a + . ..
equ,a 11equ,a 22equ,a

+ 6 + (28)
[°12equ,a '•• i
~J

k
°-1 f
Ù a CT +
° l1equ,a ~ .0 11m ë
e s l ech
~ °11
a (29)

T k
=
-i +
f (3
°12equ,a T~ ° 12m e e , °i2a °)
e s ech

Le coefficient de sécurité était alors :

a , -^LL_ (31)
equ , a

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Les deux méthodes sont équivalentes puisque nous avons t
a T
-JL_ = -Ê- (32)
T
°-1 -1

Parfois, dans des chargements "bi ou tridimensionnel, la


valeur maximum d'une contrainte intervient au même instant que la
valeur minimum de l'autre contrainte. Cette situation devra être
étudiée par le calculateur.

7 - 2 - Formule de GQUGH et POLLARD.

Un cas particulier important est celui d'une pièce sou-


mise simultanément à flexion et torsion alternées agissant en pha-
se. Si l ! on désigne alors par a et T les contraintes normales
et tangentielles alternées, la contrainte statique équi-
valente e s t , en prenant le coefficient kf / égal à 1
is j j type)
(eprouvette j \ : ^s e cn

/_ _ _ T r ^ £
+ 3 T
°equ = // a-£- ~a
a
. ^--£- aa (^)
UJ;

/ L-u L-U
ou e n c o r e , p u i s q u e :

xe =.oe / /~ (3^)

a = o /"!jJ2 +
+ "IsJ 2
(35)
equ et/ a_ T_
y "~ i ""I

Par conséquent, à la limite d'endurance (o , T ) a = 1 et


a a

"a 1 2 + FT " 2
_q [^J - 1
Cette loi a été trouvée expérimentalement par GOUGH et
POLLARD (18), (19) et est souvent appelée formule de GOUGH et
POLLARD.

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- 25 -

7 " 3 - Autre aspect du problème.

Certains auteurs (20), (21) ont proposé de passer par


l'intermédiaire de contraintes équivalentes, moyenne et alternée
symétrique, définies de la façon suivante :

2
a
2 _ 1 L - 1 +
equ,m 2 M 1m a22mj

+ 6 "o^m * ...J (3T)

I "*~ P

et a'2 = ^ a
1 1 a " a
ppo + . . .
equ,a ^ 11 ^^^

+ (38>
*'• [",2a •••]

Dans le diagramme d ! endurance, les coordonnées du point


de travail sont alors :

am = o eq_u ,m
(39)
1
aa = a equ,a

Nous pensons que le cheminement n f e s t pas correct, car


il ne permet pas en particulier, de tenir compte dans un cas réel,
des facteurs de correction sur les composantes alternatives qui
peuvent être différentes d'une contrainte à l'autre ; et d'après
les auteurs eux-mêmes, les résultats d'essais sont approximative-
ment en accord avec l'expérience,

8 - MATERIAUX FRAGILES :

8 - 1 - Contrainte de travail et facteur de sécurité,

Le calcul est identique au calcul relatif aux maté-

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- 26 -.

riaux ductiles mais évidemment compte tenu des particularités re-


latives aux matériaux fragiles :

1 - Ceux-ci se rompent avec peu ou pas d f élongation.


La résistance à la rupture a remplacera dans le diagramme de
S-ODERBERG la limite d'élasticité.

2 - Inexpérience montre que la résistance à la com-


pression est plus grande que la résistance à la traction. Nous
noterons : tf _ , la résistance à la traction et a ^ la résistance
v ., Et Rc
a la compression.

< ( 0)
°Rt °RC ^
3 - Inexpérience montre ( 1 1 ) , (16) que pour les fon-
tes, par exemple , le rapport entre les limites d f endurarice en tor-
sion alternée et en flexion alternée, varie entre 0,77 et 1.

Ce rapport est égal a celui qui existe entre la charge


de rupture en torsion et la charge de rupture en traction statique»
On pourra donc admettre :

T T
-1 „ R (In)
a
-1 " ° Et

k - Ce qui précède montre que les composantes alter-


nées n f o"béissent plus au critère de VON HISES mais qu f elles peu-
vent se rattacher :

- au critère de RANKINE (ou de la contrainte prin-


cipale) ;

- au critère de MOHR-COULOMB (en approchant la


courbe intrinsèque par deux droites).

Mais finalement nous proposons d'employer ici le cr i t ère


de STASS1 (17) :

(*n - *22)2 +
(^22 ~ a33)2 +
(a33~all)2 + 6
^122 + a
232 + a
312>

+ +
+ 2 (*Rc " * Rt ) (°n *r>2 -33) = 2 aRc a Rt (U2)

5 - Les coordonnées du point de travail seront prises


de la façon suivante pour chaque composante de la contrainte :

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- 27 -

k 0
t 11m
(U3)
k
t °11a
e e ,
v- s ech

k au lieu de k puisque l'écoulement plastique n f a pas lieu.


Tj -L

k^ a., au lieu de a,,, par mesure de sécurité,


t 11m 11m

Nous pouvons alors passer aux composantes du tenseur


des contraintes équivalentes statiques :
(
- k , , TRt °U g R c } k
t 0 (U)
k + 144J
°11equ ~ t °11m a r e ^ 11a
-1 s ech

T k
1 R t
= k Q +
°12equ t 12m 7~ ê T™~ai2a U5)
-1 s ech

! ——————— ———— -.-, — — — -.——-._ — _ — -. « _.


L

II y a lieu dans la première formule de prendre a^,, /a


nu — I

si a „ „ est > 0 et a^ / a , si a „ „ est < 0.


11m / Rc -1 11m

Le coefficient de sécurité a est alors la valeur par


laquelle il faut multiplier les contraintes équivalentes précé-
dentes pour que l ! équation (U2) soit vérifiée. Soit :

« 2 [(°11equ - °22ec1u)2 +
"• + 6
(°12equ +
' ' ' )]

+ 2a
(°Rc - °Rt) ( a i 1 e q u + "O = 2 a
Rt °Rc (U6)

8 - 2 - Formules de GOUGH et POLLARD.

Dans le cas de la flexion alternée et torsion alternée

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- 28 -

symétriques, les contraintes étant a et T , nous avons à la li-


mite d'endurance pour une êprouvette type :

2
(^) °a2+ 3
C-~)2 T
a2 +
(°Rc - °Rt) ^ °a = °Rt a
Rc (
^T)
-1 -1 -1

Transformons cette expression en tenant compte que le


critère de STASSI implique :

3 T 2 = (W)
R °Rt °Rc

a a
et que : -Jli. = -il (1*9)
T T
R -1

II vi ent :

a ,2 a "21 T ^P , T ,P v
-1 a + a + /1 - "1 ) a = -j (50)
3T.12 ^.^ T^^ \ 3TM12 a^ 1

Cette formule peut être comparée avec celle de GOUGH et


POLLARD (22) obtenue expérimentalement sur des fontes spéciales
et des aciers coulés.

2 ?
o , a T ^ a a
(«II -1) «à + _a + (2 - -II ) _§L- = 1 (51)
T 0
-1 -1 2 T
-1 2 T
-1 a
-1

L'analogie est alors frappante "bien que les coefficients


ne soient pas identiques pour les teOrftes en a ^ / a 2 et
/
a /a a ™" i
a -r
Nous nous proposons d'approfondir cette question.

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- 29 -

9 - DOMMAGES CUMULES EN FATIGUE.

9 ~ 1 - L'équation de MINER.

Le diagramme conventionnel de fatigue a - N donne l'in-


formation suivante :

a) la plus haute contrainte réversible (limite d'en-


durance c ) à laquelle le matériau peut être soumis un nombre in
ni de fois sans se rompre ;

"b ) le nombre de cycles de contrainte, N, pour des


contraintes plus grandes que c r , , que le matériau peut supporter
avant que n'intervienne la rupture par fatigue.

Des contraintes de travail peuvent donc être plus élevées


que a ; dans ce cas, l'organe a une vie finie, la rupture de fa-
tigue n'intervenant pas avant que la vie requise soit obtenue.

La courbe a- N est établie uniquement pour une contrainte


complètement réversible. Or la plupart des organes sont chargés,
avec des composantes de contrainte moyennes et alternées. Celles-ci
peuvent être ramenées à une contrainte équivalente alternée symé-
trique a
equ,a

En effet reprenons le cas des matériaux ductiles et con-


sidérons une composante quelconque de la contrainte, par exemple
a
ii ii m i. a 1l1i a« Portons le point P correspondant sur le diagramme
d'endurance (fig. 21).

Figure 21

Tous les points de QR peuvent être considérés d'égale


sécurité et le segment OQ peut être pris comme la contrainte al-

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ternêe symétrique (T équivalente à la contrainte considéré^
Les triangles OAG 1 1 e c l u > a et SQP étant semblables, on a :

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- 31 -

Figure 22

dans chacun desquels la contrainte moyenne et la. contrainte al-


ternée symétrique peuvent être considérées constantes. Pour cha-
que palier, la contrainte équivalente alternée symétrique a
est calculée par l ? équation (28). Celle-ci est maintenant 5

appliquée à la courbe de fatigue a - N (fig. 23).

Figure 23

Soit N le nombre de cycles a la rupture si seulement


la contrainte a e qu 9 a -j agit. Un cycle de fatigue consomme 1/N 1 d
la vie de fatigue et s'il y a n 1 cycles à cette contrainte, le
dommage proportionnel est :

D, = 11 (5U)
1 N
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- 32 -

On fait un calcul semblable pour les autres paliers de


chargement.

Il y aura rupture lorsque la somme des dommages attein-


dra 100 % , c ! est-à-dire lorsque :

D 1 + D2 + = 1 (55)
de sorte que :

n n
+ + (56)
?7 sf •••• • '
C'est l'équation de MINER (23), (2'h) .

Parfois le nombre de cycles .n 1 , n . .. à chaque niveau


est inconnu. Le calculateur essaie alors d'estimer la propor-
tion a du temps total qui figurera à chaque niveau. Si N est
la vie réelle de l'organe, alors :

n1 = a N

n2 = a 2 N ... (57)

En substituant dans l f êquation de MINER, on obtient :

11 + là + ...= 1 (58)
N1 N2 N

L'équation de MINER suppose que le dommage de l'éprouvet-


te à une contrainte donnée dépend directement du nombre de cycles
à cette contrainte, c'est-à-dire que la relation est linéaire.

Par conséquent aucun compte n'est tenu de l'ordre dans


lequel les contraintes sont appliquées. Si une contrai.nte élevée
est appliquée en premier, l'éprouvette peut être endommagée dans
la première partie de sa vie de sorte que le nombre total de cy-
cles de contrainte qu'elle peut soutenir est réduit. D'un autre
coté, si des contraintes plus faibles sont d'abord appliquées, le
matériau peut être durci par effet d'écrouis sage.

Toutefois il semble bien que si les différents niveaux


de contrainte, tous plus grands que la limite d'endurance, sont
successivement décroissants, % ^ est inférieure à 1 tandis que
cette somme est supérieure à 1 si les contraintes sont suc-
cessivement croissantes.

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- 33 -

La loi n'est pas très précise, mais elle a l'avantage


d'une grande simplicité. D'après les propres résultats de MINER,

0,61 < Z '


| < 1 ,1*5 (59)

n
avec Z /N moyen = 0,98.

Notons toutefois que la méthode du dommage cumulatif


peut être utilisée pour la détermination de la limite d'endu-
rance (Méthode de LOCATl) (16), (25).

9 - 2 - Loi de GASSNER.

Nous avons vu au paragraphe 2-3~3 comment remplacer


une sollicitation en service réel par des blocs d'ondes sinusoï-
dales d'amplitudes constantes. La sollicitation aléatoire est
alors définie par le cycle programmé et le nombre N de
cycles de ce programme et par l'amplitude de contrainte a
a
correspondant au plus haut palier.

Si alors on porte les couples de valeurs correspondan-


tes a et N , relatives à différents essais, sur un papier
bilogarithmique , on obtient une droite appelée fonction de vie
(GASSNER (M ) .

C'est en somme la généralisation, aux sollicitations


aléatoires, de la courbe a- N.

10 - EXEMPLES :

Des exemples numériques seront traités sur les diffé-


rentes parties précédentes.

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- 3l* -

BIBLIOGRAPHIE

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(18) GOUGH, H. «T. et POLLARD , H.V.


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N.A.C.A. Technical Note 3^95, Nov. 1 9 5 5 -

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International conférence on fatigue of metals.
(1956) - (Voir (3))•

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- 36 -

(22) GOUGH, H.J. et POLLARD , H-. V .


Propriétés de quelques matériaux pour arbres-vilebrequins
coulés.
Proc. Inst. of Automobile Engineers, vol XXXI, Mars 1937>
p . 82 1 .

(23) MINER, M.A.


Cumulative Damage in Fatigue.
Trans. ASME, 67, 19^5, p. A - 1 5 9 -

(2M MARCO, S.M. et STARKEY, W.L.


A concept of Fatigue Damage,
Trans, ASME, 76, 195^, P- 627-

(25) LOCATI, L.
L'essai de fatigue pour l'étude des projets et le contrôle
La Metallurgica, n° 9, 1955, P - 301.

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