Vous êtes sur la page 1sur 33

Les

Techniques

Juridiques
CLASSIFICATION DES CONTRATS

1- Contrats 1.1 Contrats synallagmatiques ou bilatéraux


Synallagmatiques
Et contrats
Unilatéraux

Créent des obligations à Les obligations sont


la charge de chacune des réciproques : chaque partie est à
parties la créancière et débitrice de
l’autre

Exemple : le contrat de vente : le vendeur doit délivrer la chose : l’acquéreur doit payer le
prix.

1.2 Contrats unilatéraux

Ne créent d’obligation qu’à la charge de l’une des parties.

Exemple : le prêt d’argent. L’emprunteur est tenu de rembourser ; le prêteur n’assume aucune
obligation.

1.3 Intérêts de la distinction

Contrats synallagmatiques Contrats unilatéraux

L’écrit doit être rédigé Le montant de


La preuve en autant d’originaux qu’il y a de l’engagement doit être
parties. inscrit de la main du
débiteur, en toutes lettres

L’obligation de chaque partie a L’obligation de restituer a


pour cause l’obligation de l’autre pour cause la remise
Les causes des obligations
partie préalable de la chose au
vendeur

2
II. Contrats à titre onéreux et contrats à titre gratuit

II.1 Contrats à titre onéreux

Chaque partie reçoit un avantage en contrepartie de celui qu’elle


procure à son cocontractant

Exemple : le prêt à intérêt. L’emprunteur profite de la chose ; le prêteur perçoit les intérêts.

II.2. Contrats à titre gratuit

L’une des parties procure à l’autre un avantage sans rien recevoir


en contrepartie

III. Contrats consensuels, solennels et réels

III.1. Contrats consensuels

 Ils se forment par le seul consentement des parties. Aucune formalité n’est nécessaire
à leur validité

Ils ne sont valables que par l’accomplissement d’une


III.2. Contrats formalité déterminée : intervention d’un officier public
Solennels ou formels
ou ministériel (notaire, maire), exigence d’un écrit.

 Le contrat de mariage doit être passé devant l’officier d’état civil


 Le contrat de société doit être établi par écrit.

III.2. Contrats réels

3
Ils nécessitent, outre l’accord des parties, la remise d’une chose.

Exemples : Le prêt, le dépôt, le gage, ne sont valablement formés qu’après la remise


matérielle de la chose. Sans cette remise, l’obligation de restitution ne peut prendre
naissance.

IV. Contrats instantanés et contrats successifs

IV.1. Contrats
instantanés.

S’exécutent immédiatement en une seule fois.

Exemple : la vente au détail d’une denrée.

IV.2 Contrats successifs

Leur exécution s’étend sur une certaine durée.

Exemple : contrat de travail, location d’un appartement

V. Contrats à durée déterminée et contrats à durée indéterminée

V.1 Contrats à durée déterminée.

Le terme est fixé 4


dès la conclusion
du contrat
Ne peut être
modifié que par
l’accord des
parties

Exemple : location d’une villa pour 3 mois ; abonnement d’un an à un journal.


A l’expiration du terme, si le contrat continue de produire ses effets, il y a « tacite
reconduction ».

V.2. Contrats à durée


indéterminée Ils se poursuivent indéfiniment tant qu’ils ne sont
pas rompus par l’un des contractants

VI. Contrats de gré à gré, contrats d’adhésion

Sont négociés et discutés par les parties, qui


VI.1. Contrats de gré à gré.
en fixent les clauses d’un commun accord.

Leurs clauses sont imposées par la partie


VI.2 Contrats
économiquement la plus puissante, à l’autre
d’adhésion
qui ne peut que les accepter ou les refuser
globalement

La formation du contrat

Le contrat est défini par l’article 40 du COCC comme « un accord de volonté générateur
d’obligations ». La volonté joue donc un rôle essentiel dans la formation d’un contrat puisque
sans elle, il ne peut exister de contrat. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, le contrat est
gouverné par le principe de l’autonomie de la volonté. Ce principe permet aux parties à un
contrat d’adopter, la forme qui leur conviennent, mais également d’y insérer toute sorte de
clauses, sous réserve de respecter l’ordre public et les bonnes mœurs. C’est cette autonomie
de volonté qui a été à l’origine de la diversité des types de contrat qu’on rencontre dans la
pratique. Il fallait procéder à la classification des différents contrats.
Quelque soit le type de contrat envisagé, pour qu’il soit bien formé, le contrat doit respecter
certaines conditions (conditions de formation du contrat) ; c’est en ce moment qu’il produit
des effets (effets du contrat).

5
I- Les conditions de formation du contrat

Elles sont au nombre de 4 et sont relatives au consentement, à la capacité, à l’objet et à la


cause.

A- Le consentement

Le consentement est considéré dans une certaine mesure comme une manifestation de la
volonté de chacune des parties au contrat. Il doit exister et doit être intègre.

A-1 L’existence du consentement

Pour que le consentement existe, encore faudrait il qu’une offre soit exprimée et qu’elle soit
suivie d’une acceptation de la part de son destinataire.

A-1-1 L’offre

C’est une proposition ferme et précise de contracter. Elle a vocation à emporter la formation
du contrat par la seule survenance d’une acceptation. Pour avoir le caractère d’offre, une
proposition de contracter doit contenir tous les éléments qui peuvent permettre une
acceptation pure et simple, et donc respecter 2 conditions. En effet, l’offre doit être ferme et
précise. Elle est précise lorsque les éléments essentiels du contrat y sont clairement spécifiés
(nature et objet des prestations promises). D’un point de vue formel, l’offre pour qu’elle soit
valable doit être extériorisée. Elle doit être expresse et peut être adressée à une personne
déterminée ou au public.

A-I-2 L’acceptation

C’est la réponse positive du destinataire au sollicitant (l’offrant). L’acceptation doit être pure
et simple. A défaut, c'est-à-dire que si le destinataire entend modifier un des éléments
principaux du contrat proposé, il n’y a pas acceptation mais contre proposition qui est
analysée comme une nouvelle offre, classant l’offrant initial en position de destinataire.
L’acceptation peut être expresse ou tacite. Cependant le silence ne vaut pas en principe
acceptation. Le principe est que celui qui garde le silence après une offre qui lui est faite,
n’entend pas être engagé. Il faut néanmoins préciser que le législateur sénégalais a prévu deux
(02) exceptions à ce principe :
La première exception vise l’hypothèse où il existe des relations d’affaires
antérieures, un flux de contrat (plusieurs contrats) de nature commerciale le plus
souvent entre les intéressés. Dans ce cas, il appartient à celui qui veut rompre
l’habitude de le manifester.
La deuxième exception : c’est lorsque les usagers commerciaux réputent
acceptation, le défaut de réponse.

A-2 L’intégrité du consentement

Le consentement est intègre lorsqu’il est exempt de vices. A défaut, il est frappé de sanctions.

A-2-1 Les vices du consentement

6
Au terme de l’article 61 du COCC, «  il n’y a point de consentement valable s’il n’a été donné
que par erreur, s’il a été surpris par le dol ou extorqué par la violence ». L’erreur, le dol et la
violence constituent donc les vices du consentement.

A-2-1-1 L’erreur

L’erreur est une fausse représentation de la réalité. Elle entraîne la nullité du contrat
lorsqu’elle a déterminé la volonté de l’un des contractants (article 62 du COCC). Il doit s’agir
donc d’une erreur déterminante, c'est-à-dire qu’elle doit constituer le motif ayant déterminé la
volonté de l’errance. Elle peut porter sur l’un quelconque des éléments de l’accord, ou même
sur la personne du co-contractant, et doit consister soit en une erreur de fait, soit en une erreur
de droit. La difficulté réside cependant dans la preuve de l’erreur puisque s’agissant d’un
phénomène psychologique.

A-2-1-2 Le dol

Au terme de l’article 63 du COCC, « Le dol est une tromperie provoquée par des manœuvres
que l’un des contractants a pratiqué sur l’autre pour l’amener à donner son consentement. Il y
a également dol, lorsque ces manœuvres exercées par un tiers contre l’une des parties ont été
connues de l’autre ». Le dol est donc une erreur provoquée par des manœuvres exercées soit
par l’un des parties au contrat, soit par des tiers. Deux conditions doivent exister pour qu’il ait
dol. Il s’agit de l’existence d’un élément intentionnel et d’un élément matériel.
L’élément intentionnel existe lorsque l’auteur des manœuvres dolosives a eu l’intention
d’induire en erreur l’autre partie au contrat. L’élément matériel peut quant à lui se présenter
sous 3 formes. Il peut s’agir d’actes matériels ayant pour but de tromper l’autre, c’est peut-
être aussi un simple mensonge sur un élément du contrat. Il peut enfin consister en un silence
sur un élément du contrat que l’autre partie avait intérêt à connaître. C’est ce que l’on appelle
la réticence dolosive.

A-2-1-3 La violence

Il résulte des dispositions de l’article 64 du COCC que : « La violence est cause de nullité
lorsqu’elle inspire à un contractant une crainte que cette personne donne malgré elle, son
consentement ». Contrairement à l’erreur et au dol qui atteignent le consentement dans son
élément intellectuel, la violence est un vice qui atteint le consentement dans son élément de
liberté. En effet, la victime est tout à fait consciente qu’elle est en train de conclure un
mauvais contrat, mais elle s’y résout en raison de la crainte que la violence lui inspire. Pour
qu’elle puisse entraîner la nullité, du contrat, la violence doit être déterminante, c'est-à-dire
qu’elle doit déterminer le consentement de la victime de sorte que sans elle, cette dernière
n’aurait pas conclu le contrat. Elle peut être physique ou morale.

A-2-2 Les sanctions des vices de consentement

La sanction principale qu’encourt un contrat entaché de vices est la nullité. Elle est une
sanction civile qui entraîne l’anéantissement rétroactif du contrat lorsque les conditions de sa
formation n’ont pas été respectées. La nullité sanctionnant les vices du consentement est une
nullité relative puisque destinée à assurer la protection d’intérêt privé.

7
B- La capacité

La capacité est l’aptitude à être titulaire de droits et à les exercer. En principe, tout le monde
est capable. L’aptitude de contracter est donc la règle et l’inaptitude est l’exception. En droit,
certaines personnes sont frappées d’incapacité, et sont donc inaptes à conclure par elles
même un contrat. Il s’agit d’une part des personnes âgées de moins de 18 ans et de l’autre
des cléments.
Des mineurs sont frappés d’incapacité en raison de leurs inexpériences, alors que les
déments le sont du fait de l’alternation ou de la défectuosité de leurs facultés mentales. Pour
conclure valablement un contrat l’incapable doit être représenté ou assisté selon le cas.

C- L’objet

Parmi les conditions de validité du contrat, l’article 47 exige « un objet déterminé et licite
formant la matière du contrat et des obligations ». Dans cet article, il résulte que l’objet
recouvre donc deux réalités différentes : il s’agit d’une part de l’objet du contrat qui n’est rien
d’autre que l’opération juridique envisagée dans son ensemble, et d’autre part de l’objet des
obligations naissant du contrat .Trois (03) conditions sont exigées pour la validité de l’objet.
En effet celui-ci doit être possible, déterminé et licite.

C-1 La possibilité de l’objet

En pratique la question de la possibilité de l’objet se passe à posteriori au moment de


l’exécution du contrat. En effet, c’est au moment de la mise en œuvre de l’accord que le
débiteur peut se rendre compte de l’impossibilité ou non d’accomplir la prestation qu’il a
promise, si la prestation est impossible, le créancier ne pourra pas exiger son
accomplissement, ni engager la responsabilité du débiteur. Le contrat sera en effet annulé
faute d’objet. « A l’impossible, nul n’est tenu »

C-2 La détermination de l’objet

Contrairement à la première condition, celle-ci s’apprécie à priori au moment de la conclusion


du contrat. Il n’ y a pas de contrat valable si on ne sait pas à quoi le débiteur s’engage à faire
ou à donner. Il faut donc que l’objet soit déterminé, mais à défaut d’être déterminé, l’objet
doit être déterminable, c'est-à-dire que le contrat doit fournir les éléments nécessaires à sa
détermination. Si l’obligation née du contrat est une obligation de donner, c’est l’objet dont il
faut transférer la propriété qui doit être déterminé. S’il s’agit d’un corps certain, il doit être
déterminé de façon précise. Par contre, s’il s’agit d’une chose de genre, il suffit qu’il soit
déterminé quant à son espèce.

C-3 La licéité de l’objet

 La licéité de la chose

Certaines choses ne peuvent pour des considérations d’ordre public et de morale, faire l’objet
d’une obligation. On dit qu’elles sont en dehors du commerce. Sont ainsi hors du commerce :

8
 Les RES NULLUIS qui par leur nature même ne sont pas
susceptibles d’appropriation privée (eau de mer, air)
 Les biens du domaine public qui sont inaliénables
 Les choses dont le commerce est interdit en vue de la protection de
la santé publique

 La licéité de la prestation

Comme l’objet, la prestation promise doit également être licite. Est déclaré par conséquent
nul, tout contrat comportant un engagement d’exécuter une prestation illicite.

D- La cause

Si l’objet répond à la question qu’est ce qui est dû ? La cause, elle, répond à celle de savoir
pourquoi est elle due ?
La cause peut revêtir plusieurs sens. On distingue en effet la cause objective et la cause
subjective.

D-1 La cause objective

La cause objective est considérée comme le but immédiat du contrat. Elle a un caractère
abstrait et varié selon les contrats. Dans les contrats synallagmatiques, Elle correspond à la
contrepartie de la prestation fournie. La cause objective a pour fonction de justifier
l’annulation d’un acte juridique (contrat) pour absence de cause, lorsque la contrepartie fait
défaut ou n’est que dérisoire.

D-2 La cause subjective

La théorie objective de la cause ne permet pas cependant un contrôle efficace de la


conformité des contrats à l’ordre public et aux bonnes mœurs. En effet un contrat peut être
irréprochable au regard de la cause objective, mais avoir été subjectivement déterminé par la
recherche d’un objectif illicite ou immoral. Pour annuler ce genre de contrat, il était
nécessaire d’adopter une conception large de la cause en y intégrant les mobiles, les motifs
individuels subjectifs c'est-à-dire la cause subjective.
Le législateur sénégalais a adopté cette dernière conception lorsqu’il affirme dans l’article 76
du COCC : « Le contrat est nul pour cause immorale, illicite, lorsque le motif
déterminant de la volonté des parties est contraire à l’ordre public et aux bonnes
mœurs »

II-2 Les conditions de forme

Le contrat est gouverné dans sa forme par le principe du consensualisme. Ce dernier admet
cependant des exceptions.

II-2-1 Le principe du consensualisme

Il signifie que le seul échange de consentement suffit à former le contrat. Aucune autre
formalité n’est donc requise pour la validité de ce dernier. Le législateur sénégalais a consacré

9
ce principe à travers l’article 41 du COCC qui dispose « Aucune formalité n’est requise
pour la formation du contrat. »
Ce principe présente un avantage pratique certain dans la mesure où l’absence de forme rend
la conclusion du contrat plus simple, plus rapide, plus économique, et plus adapté aux besoins
du commerce. Il présente cependant des inconvénients. En effet, on peut donner sa parole à la
légère inconsciemment. En outre, l’absence de forme empêche de garder des traces de
l’accord. Ce sont ces inconvénients qui ont poussé le législateur à apporter des limites au
principe.

II-2-2 Les limites au principe du consensualisme

Deux types de limites ont été apportés au principe. Il s’agit d’une part des formalités requises
pour la validité du contrat. Ce sont les formalités dites « ad solemnitatem ». Ces dernières
sont celles dont l’inobservation entraîne la nullité du contrat. Il s’agit d’autre part d’un
formalisme atténué ou indirect. C’est le formalisme « probatoire ». Dans ce cas, l’écrit n’est
requis qu’à titre de preuve. Exemple : l’article 14 du COCC qui impose de reconstituer la
preuve de tout acte juridique dont l’objet excède 20 000 francs.

Principe du consensualisme

Significations Avantages Inconvénients


Formation du contrat par - Simplicité
- Absence de trace de
l’échange des - Plus économique
l’accord
consentements - Plus adapté au commerce
- Difficulté de preuve

Exception au principe

Formalités de validité → contrats solennels

Formalité indirecte → Preuve → Objet > 20 000 (art 14 COCC)

Chapitre - II: Les effets du contrat


Nous allons distinguer les effets entre les parties de ceux à l’égard des tiers.

10
I- Les effets entre les parties : la force obligatoire du contrat

Les rapports entre les parties sont gouvernés par le principe de la force obligatoire du contrat.
Elles sont tenues d’appliquer le contrat comme la loi elle-même (article 96 du COCC).
Cependant, certaines difficultés peuvent apparaître au moment de l’exécution du contrat.

I-1 La paralysie du contrat : l’exception d’inexécution

Il, s’agit d’une application de la maxime « donnant – donnant ». Chacune des parties peut
avoir refusé d’exécuter son obligation lorsque l’autre n’exécute pas la sienne. Exemple : En
matière de contrat de vente le vendeur peut refuser de livrer la marchandise tant qu’il n’aura
pas été payé. Aucune autorisation n’est nécessaire pour cela.

I-2 La résolution du contrat

Contrairement à l’exception d’inexécution, la résolution est forcement judiciaire. Elle doit


donc être autorisée par le juge. Ce dernier dispose d’ailleurs en la matière d’un large pouvoir
d’appréciation, il peut même accorder un délai d’exécution au débiteur en fonction de sa
situation.

Conditions du contrat Effets du contrat

Mal formé Mal exécuté Rétroactivité


Nullité
X X
Résolution
X X
Résiliation
X

II- Les effets à l’égard des tiers

A l’égard des tiers, le contrat obéit au principe de l’effet relatif. Cela veut dire que le contrat
ne peut en principe faire naître des obligations à l’égard de ces derniers. Cependant, les tiers
ne doivent pas méconnaître la situation contractuelle que le contrat a crée, mais à titre
exceptionnel, il existe des contrats qui font naître des droits aux tiers.
Exception : La stipulation pour autrui ; il ne fait pas naître des obligations. C’est une
opération juridique ayant pour objet de créer un droit au profit d’un tiers qui n’a pas été partie
du contrat.

Exister

Consentement
Être intègre

Condition de formation
du contrat
11
Capacité : absence d’incapacité

Licite, possible, déterminé ou


Objet : déterminable

Lésion

Objective exister
Cause
Subjective licite

Chapitre III – Le contrat d’entreprise ou de prestation de service


L’entreprise est un contrat par lequel l’entrepreneur s’engage à effectuer un travail pour le
compte d’un maître d’ouvrage moyennant une rémunération.

III-1 Les principaux caractères du contrat.

Le contrat d’entreprise présente essentiellement quatre (04) caractères. Il est synallagmatique,


consensuel, institue personae, et onéreux. Le caractère bilatéral du contrat tient au fait que les
obligations qu’il contient sont réciproques. Il est consensuel car aucune condition n’est
requise pour sa validité. Le seul échange de des consentements entre l’entrepreneur et le
maître d’ouvrage suffit à le former. L’institue personae s’explique par le fait que le contrat
d’entreprise est conclu en considération de la personne de l’entrepreneur. Pour le caractère
onéreux enfin, il résulte du fait que les parties tirent chacune un avantage du contrat.

12
III-2 L’objet du contrat d’entreprise

Le contrat d’entreprise peut porter sur l’exécution d’une prestation matérielle ou


intellectuelle. Exemple : production d’objet, expertise comptable, conseil juridique. Il faut ce
pendant noter que la prestation ne peut en aucune manière consister dans l’accomplissement
d’acte juridique, sinon il y aurait une représentation. La prestation doit par ailleurs avoir un
caractère spécifique accompli, en vertu d’indications particulières rendant impossible de
substituer aux produits commandés un autre produit du marché. Si la prestation n’est pas
spécifique, on est en présence d’un contrat de vente et non d’un contrat d’entreprise.

III-3 Les obligations des parties

III-3-1 L’obligation de l’entrepreneur

L’entrepreneur organise et exerce son activité en toute liberté. Il n’est pas subordonné au
maître de l’ouvrage dont il n’est d’ailleurs pas le salarié. Les obligations principales consister
à :
 Exécuter l’ouvrage (par lui-même ou le sous traitant) conformément aux indications
du maître de l’ouvrage et à la date prévue.
 Livrer l’ouvrage en le remettant au maître de l’ouvrage. L’entrepreneur est
responsable des males façons.

III-3-2 Les obligations du maître d’ouvrage

Il suppose deux types d’obligations. Il s’agit d’une part de la réception de l’ouvrage et d’autre
part du paiement du prix. La réception consiste à vérifier que l’ouvrage a été correctement
exécuté. Elle affranchit l’entrepreneur de la responsabilité pour mal façon, à moins que les
vices soient apparents. Pour les vices cachés, sa responsabilité subsiste, mais le client doit
agir dans un bref délai. En ce qui concerne le paiement du prix, il existe diverses modalités
de fixation de service. On distingue ainsi : le marché sur facture, le marché sur devis et le
marché à forfait. En ce qui concerne le marché sur facture, le prix n’est pas fixé à la formation
du contrat ; mais une fois le travail accompli. C’est le cas des petits travaux. Pour ce qui est
du marché sur devis, le prix est fixé d »avance avec le détail des différents éléments : le prix
unitaire et la quantité. Pour que le contrat soit conclu, le devis doit être accepté par le donneur
d’ouvrage. S’agissant enfin du marché à forfait, le prix est fixé à la conclusion du contrat,
globalement à une somme fixe. L’entrepreneur non payé bénéficie d’un droit de rétention sur
l’objet, même si la matière a été fournie par le client. Les ouvriers de l’entrepreneur ont une
action directe contre le donneur d’ouvrage jusqu’à concurrence de ce dont ils se trouvent
débiteurs envers l’entrepreneur.

Article 96 du COCC : « le contrat légalement formé crée un lien irrévocable entre les parties »

13
Chapitre III – Le contrat de mandat

Il résulte des dispositions de l’article 457 du COCC que le mandat est « un contrat par lequel
le mandat donne au mandataire le pouvoir de faire en ces lieu et place un ou plusieurs actes
juridiques »
Le contrat de mandat peut être conclu à titre gratuit ou à titre onéreux. Par ailleurs, comme
tout contrat, le mandant obéit à des conditions de formation et produit des effets.

1) Les conditions de formation du contrat

1.1) Le consentement

Il doit exister et ne doit pas être vicié. Il doit être apprécié du coté du mandataire qui doit
accepter le contrat. Cette acceptation peut être expresse ou tacite. Dans ce dernier cas, il
résulte de l’exécution du mandat par le mandataire.

1.2) La capacité

On va s’intéresser ici uniquement à la capacité du mandant, puisque celle du mandataire


n’aura d’importance que dans les relations avec le mandat. On peut choisir comme
mandataire un incapable (un mineur). Dans ce cas, le mandant ne peut pas être demandé des
droits au mandataire.

1.3) L’objet du contrat

Le mandant donne au mandataire le pouvoir d’effectuer les actes nécessaires à son exécution.

1.4) La cause

14
Elle doit exister et être licite. La cause lointaine constitue le motif du contrat, alors que celle
proche est l’obligation de la partie adverse.

1.5) La durée du contrat

La durée du contrat n’est pas prévue car elle s’arrête avec la réalisation de l’opération. C’est
l’exécution du contrat qui met fin à ce dernier. Il existe de cas où la durée est prévue.
Exemple : Un dirigeant de société nommé pour 4 ans. La liberté du mandataire de mettre fin
au mandat est très grande. En contrepartie, le mandant a la possibilité de révoquer le
mandataire. Cette possibilité trouve sa limite dans l’abus de droit.

2) Les effets du contrat de mandat

2.1) L’obligation du mandataire

Il est tenu d’exécuter ses prestations (prestations juridiques), et la jurisprudence insiste sur la
loyauté que doit apporter le mandataire à l’exécution de cette mission. La loi a ajouté
certaines interdictions à des mandataires devenus partie (contractant) aux actes conclus au
nom et pour le compte du mandant. Par ailleurs, la reddition des comptes est obligatoire. En
effet le mandataire doit rendre compte au mandant à la fin de sa mission. Il est responsable de
l’inexécution totale ou partielle, de l’exécution défectueuse ou tardive du mandat. Lorsque le
contrat de mandat est conclu à titre gratuit, la responsabilité du mandataire est appréciée de
façon plus souple puisqu’il est tenu compte de la diligence qu’il apporte à ses propres affaires.

2.2) L’obligation du mandant

Si le mandat est rémunéré, le mandant doit le régler. Par conte si le mandat est gratuit, le
mandant est seulement tenu de rembourser les frais occasionnés par l’exécution du contrat.
Par ailleurs, le mandant doit dans les mêmes conditions indemniser le mandataire des
dommages subis à l’occasion de sa gestion.

15
Chapitre IV – Le contrat de travail

Le contrat de travail ou le louage de service est un contrat par lequel, une personne s’engage à
travailler moyennant un salaire pour le compte d’un employeur dans une situation de
subordination juridique.

1 : La formation du contrat de travail

La formation du contrat de travail est gouvernée par le principe de la liberté contractuelle qui
admet quelques exceptions.

I-1 Le principe de la liberté contractuelle

Selon l’article L-31 du code du travail, « les contrats de travail sont librement et dans les
formes qu’il convient aux parties contractantes d’adopter sous réserve des dispositions
dérogatoires prévu au présent code ». C’est cette liberté contractuelle qui permet aux parties
de discuter librement des conditions de travail et de rémunération. Le contrat de travail est un
contrat consensuel, conclu « institue personae » c'est-à-dire en considération de la personne.

I-2 Les dérogations au principe de la liberté contractuelle

La première dérogation est relative à l’interdiction faite aux employeurs d’engager un


travailleur encore sous contrat avec un autre. En effet le débauchage est formellement interdit.
La deuxième dérogation concerne la forme du contrat de travail.
La loi requiert l’écrit pour certains contrats comme le contrat d’engagement à l’essai et le
contrat à durée déterminé.

I-3 Les formes du contrat de travail

Nous avons deux (02) catégories de contrat de travail. Il s’agit d’une part du contrat à durée
déterminée, et d’autre part du contrat à durée indéterminée.

I-3-1 Le contrat à durée déterminé (CDD)

Selon l’article L 41 du code du travail, « le contrat à durée déterminée est un contrat
dont la durée est précisée à l’avance suivant la volonté des parties. » le CDD doit être
constaté par écrit. A défaut il est présumé conclu pour une durée indéterminée. Il faut
cependant préciser que le CDD ne peut excéder deux (02) ans. Lorsque le contrat prévoit un

16
terme, qui dépasse 3 mois, il doit être soumis aux visas de l’inspection du travail et de la
sécurité sociale. Il faut noter par ailleurs que dans un souci de protection du travailleur,
l’article L 42 du code du travail interdit la conclusion de plus de 02 contrats de travail avec le
même employeur.

I-3-2 Le contrat à durée indéterminée (CDI)

Le CDI est celui qui ne répond pas aux définitions du contrat à durée déterminée, du contrat
d’apprentissage, ou du contrat d’engagement à l’essai. C’est donc un contrat de travail qui
n’est pas affecté d’un terme précis. Il y a engagement à l’essai lorsque l’employeur et le
travailleur en vue de conclure un contrat définitif verbal ou écrit décident au préalable
d’apprécier notamment le premier v la qualité de service du travailleur et son rendement, le
second les conditions de travail, de rémunération, d’hygiène et de sécurité.
Le contrat d’engagement à l’essai ne peut excéder 6 mois.

II: L’exécution du contrat de travail 


2-1 Les obligations du travailleur

L’obligation principale du travailleur est la fourniture d’une prestation de travail prévue dans
le contrat. En effet, en contrepartie du salaire qui lui est dû, le salarié est tenu à une prestation
de nature variable. En plus de cette obligation principale, d’autres obligations pèsent
également sur le salarié. Il s’agit de :
- l’obligation de non concurrence : L’article L 35 interdit aux travailleurs de
concurrencer son employeur. Il doit toute son activité professionnelle à son employeur
sauf dérogation stipulée au contrat.
- L’obligation de discrétion et de réserve : Le travailleur ne doit pas en principe
divulguer hors de l’entreprise les informations présentant un caractère confidentiel
dont il a eu connaissance en raison de ses fonctions.

2-2 Les obligations de l’employeur

Deux types d’obligation pèsent sur l’employeur : les obligations légales et les obligations
contractuelles.
- Au plan légal, l’employeur est tenu de faire affilier le travailleur au régime de sécurité
sociale ou à une caisse de retraite. Il doit également assurer au travailleur des
conditions d’hygiène et de sécurité au sein de l’entreprise.
- Pour ce qui est des obligations contractuelles, il s’agit à titre principal du paiement du
salaire et de la fourniture du travail au salarié.

III : Les éléments perturbant l’exécution du contrat de travail


Plusieurs événements sont susceptibles de perturber l’exécution du contrat de travail. Certains
viennent suspendre l’exécution du contrat, tandis que d’autres le modifient.

3-1 La suspension du contrat de travail

La suspension du contrat de travail peut être aussi bien du fait du travailleur que de celui de
l’employeur.

17
3-1-1 La suspension du fait du travailleur

Les causes de suspension du contrat du travailleur du fait du salarié les plus courantes sont la
maladie du travailleur, la maternité.
- La suspension due à la maladie du salarié : Au terme de l’article L70 du code du
travail « le contrat du travail est suspendu pendant la durée de l’absence du
travailleur en cas de maladie dûment constatée par un médecin agrée. » En
principe, la durée maximale de suspension est de 6 mois ; mais ce délai peut être porté
à 8 mois lorsque la maladie du travailleur nécessite un traitement de longue durée pour
le travailleur comptant 7 à 15 ans d’ancienneté et à 10 mois au-delà.
- La suspension due à la maternité : Selon l’article L 70.5 du code du travail, « le
contrat de travail est aussi suspendu pendant le repos de la femme salariée en
état de grossesse. » En effet à l’occasion de son accouchement toute femme a le droit
de suspendre pendant 14 semaines consécutives dont 8 semaines postérieures à la
délivrance de son contrat. Le délai peut d’ailleurs être prolongé de 3 semaines en cas
de maladie dûment constaté et résultant de la grossesse ou des couches. Pendant toute
cette durée, il est formellement interdit à l’employeur de licencier la femme enceinte
quelque soit le motif.
- La suspension pour cause de grève : Au terme de l’article L 70.6, « le contrat de
travail est suspendu pendant toute la durée de la grève à condition que celle-ci ait
été déclenchée dans le respect de la procédure légale ». En effet, la grève ne peut
suspendre le contrat de travail que lorsqu’elle est licite.

3-1-2 La suspension du fait de l’employeur

Une telle suspension intervient dans deux (02) cas principalement :


- La mise à pied : Elle est une sanction disciplinaire individuelle consistant à interdire
l’accès dans l’entreprise au salarié.
- La mise en chômage : Les difficultés économiques peuvent obliger l’employeur à
abaisser les coûts et les charges, soit en diminuant les effectifs, soit en réduisant les
horaires de travail.

3-2 Les modifications du contrat de travail

Il résulte des dispositions de l’article L 67 du code du travail : «  Le présent contrat de


travail peut être modifié soit à l’initiative du travailleur, soit à l’initiative de
l’employeur. Toute proposition de modification de caractère individuel apporté à l’un
des éléments du contrat de travail, au préalable doit faire l’objet d’une notification
écrite ». Les modifications apportées au contrat peuvent être substantielles ou non
substantielles. Lorsque la proposition de modification présentée par le travailleur est
substantielle, si elle est refusée par l’employeur, le travailleur peut rompre le contrat, mais
cette rupture lui est imputable. La proposition de modification non substantielle peut
également provenir de l’employeur. Dans ce cas deux (02) hypothèses se présentent :
- Soit le travailleur donne son accord de principe, la modification ne peut alors
intervenir qu’à l’issue d’une période équivalente à la période de préavis.
- Soit il refuse la modification, la rupture du contrat est imputable à l’employeur qui est
alors tenu de respecter les règles de procédure de licenciement.

Section 4 La rupture du contrat de travail

18
Il faut distinguer la rupture du CDD de celle du CDI.

4-1 la rupture du CDD

Au terme de l’article 48 « Il ne peut être mis fin avant terme à un CDD qu’en cas de faute
lourde d’accord des parties constatées par écrit ou de force majeure. La
méconnaissance de l’employeur des dispositions de l’alinéa précèdent ouvre droit pour
le travailleur à des dommages et intérêts. » Dans cet article, il résulte que les parties à un
CDD ne sont pas libres de rompre unilatéralement leur relation de travail.

4-2 La rupture du CDI

Selon les dispositions de l’article L 49 du code du travail, « le CDI peut toujours cesser
par la volonté de l’une des parties sous réserve des règles sur le préavis et en ce qui
concerne les formes de licenciement des dispositions spécifiques concernant les délégués
du personnel et le licenciement pour motif économique ». Cette rupture peut donc émaner
soit du salarié, soit de l’employeur. La rupture lorsqu’elle émane du salarié est considérée
comme une démission tandis qu’elle s’analyse comme un licenciement si c’est l’employeur
qui en prend l’initiative.

LES

19
TECHNIQUES

SOCIÉTAIRES

Chapitre 1 : Les règles communes à toutes les sociétés


Commerciales

1.1 : Définition et classification des sociétés commerciales


1.1.1 : Définition

Selon l’article 4 de l’acte uniforme sur les sociétés commerciales et les GIE de l’OHADA « 
La société est créée par 2 personnes qui conviennent par un contrat d’affecter à une activité
des biens en numéraire ou en nature dans le but de partager le bénéfice et de profiter de
l’économie qui pourra en résulter. Les associés s’engagent à contribuer aux pertes dans les
conditions prévues par le présent acte uniforme. La société commerciale doit être créée dans
l’intérêt commun des associés. »
La société commerciale est donc définie par l’acte uniforme à travers les éléments importants
que sont : la nature de l’acte constitutif, les éléments constitutifs et les objectifs. Pour ce qui

20
est de la nature de l’acte constitutif, il doit en principe consister en un contrat (accord au
moins de 2 personnes).Mais à titre exceptionnel un acte unilatéral de volonté peut être à
l’origine de la création d’une société commerciale (expression de la volonté d’une seule
personne dans le cadre de la SUARL). Concernant les éléments constitutifs, il s’agit des
apports et de l’affectio societatis. Pour ce qui est enfin de l’objectif, la société commerciale
doit avoir pour but le partage d’un bénéfice entre les associés ou la réalisation d’une
économie.

1.1.2 : La classification

Il existe plusieurs critères de classification des sociétés commerciales, mais nous n’en
retiendrons que deux (02). C’est d’une part le critère fondé sur la responsabilité des associés
et d’autre part celui fondé sur l’importance de la personne des associés.

A) Classification fondée sur la responsabilité des associés

En fonction de ce critère, nous avons des sociétés dans lesquelles la responsabilité des
associés est indéfinie et celles dans lesquelles cette responsabilité est limitée.

A-1 La responsabilité indéfinie

Ce type de responsabilité oblige les associés à payer le passif social sans limitation sur le
patrimoine personnel. Sont concernées par cette responsabilité : les sociétés en nom collectif,
les commandités dans les sociétés en commandite, ainsi que les sociétés civiles.

A-2 La responsabilité limitée

Ici les associés ne sont tenus du passif social que dans la limite de leur apport. Sont
concernés : les sociétés anonymes (SA) ; les sociétés à responsabilité limitée (SARL) ; et les
commanditaires dans les sociétés en commandite.

B) Classification fondée sur l’importance de la personne des associés 

Ce critère nous permet de distinguer les sociétés de personne des sociétés des capitaux.

B-1 Les sociétés de personnes

Dans ce genre de sociétés, les associés font partie de la structure en considération des qualités
des coassociés (intuitu personae, crédit, solvabilité et compétence).

B-2 Les sociétés de capitaux

Ici la personne des associés n’est pas prise en considération. Seuls importent les capitaux.
L’exemple type de ce genre de société est la société anonyme (S.A.).

B-3 Les sociétés hybrides

21
Elles sont constituées par les SARL, où les associés sont liés par un intuitu personae atténué et
les sociétés en commandite dans lesquelles l’intuitu personae ne concerne que les
commandités.

2-1 Les règles relatives à la constitution des sociétés.

On distingue les conditions générales de validité de la société des conditions particulières.

2-1-1 Les conditions générales de validité de la société commerciale

Ce sont celles exigées pour la validité des actes juridiques. Il s’agit notamment du
consentement, et de la capacité des associés ainsi que de l’objet de celle-ci.

A) Le consentement

Il doit être exempt de vices et les associés ne doivent pas par conséquent faire partie de la
société parce qu’ils se sont trompés ou parce qu’ils ont été trompés.

B) La capacité

Cette condition n’a d’intérêt que pour ce qui concerne certaines sociétés ou les associés
deviennent des commerçants. Exemple : Société en nom collectif, commandité d’une
commandite. En effet le mineur ne peut faire partie de ces sociétés.

C) L’objet social

C’est l’activité poursuivie par la société. Il est déterminé dans les statuts. L’objet doit être
licite.

2-1-2 Les conditions particulières de validité de la société commerciale

22
Elles sont constituées d’une part des éléments de fonds spécifiques à la société commerciale
énumérés à l’article 4 de l »acte uniforme (apport, but lucratif, affectio societatis), d’autre part
des exigences de forme.

A) Les apports

A-1 Les différents types d’apport

Il existe trois catégories d’apports : il s’agit de l’apport en numéraire, de l’apport en nature et


de l’apport en industrie :

 Apport en numéraire : c’est un apport d’argent. Le versement peut avoir lieu


suivant les prescriptions légales et statutaires soit en en une seule fois lors de la
constitution (SARL), soit en une ou plusieurs fois à la constitution ou
ultérieurement (S.A.)
 Apport en nature : c’est l’apport d’un bien autre que l’argent. Exemple :
immeuble, terrain, fonds de commerce, brevet. L’apport en nature peut être
réalisé en propriété ou en jouissance. L’apport en propriété entraîne la
transmission à la société de tous les droits que l’associé apporteur détient sur
les biens (cet apport est comparable à la vente mais le prix est payé par la
remise de titres sociaux). Par contre l’apport en jouissance ne transfert à la
société que certains attributs de la propriété notamment l’usage et la jouissance
du bien apporté. L’apporteur conserve la propriété. L’apport en nature pose le
problème de l’évaluation des biens apportés. En effet la question se pose de
savoir comment doit on procéder pour évaluer ces derniers. Dans les S.A. et
dans certaines SARL, l’évaluation des biens apportés fait l’objet d’un contrôle
budgétaire par les commissaires aux comptes.

 Apport en industrie : il consiste à mettre à la disposition de la société des


connaissances techniques, professionnelles et de services divers. L’apport en
industrie ne pouvant être évalué au moment de la constitution de la société
n’est pas intégré dans le capital social. Il ne peut par conséquent être rémunéré
par des parts sociales ou des actions. Ce type d’apport n’est pas admis dans les
sociétés où la responsabilité des associés est limitée à leurs apports.

A-2 La contrepartie de l’apport

Les apports en numéraire et en nature forment le capital social. En contrepartie de leur apport,
les associés ont un droit dans la société. Ce dernier est généralement proportionnel au capital
apporté. Sa nature varie en fonction du type de société considéré.

- Il est fonction de la catégorie de la société en cause. Dans les sociétés de capitaux on


parle d’actions alors que dans les autres, les associés disposent de parts sociales.
- Les prérogatives attachées au droit d’associés : Deux types de prérogatives sont
généralement attachés au droit d’associés. C’est d’une part le droit de gestion et
d’autre part le les droits pécuniaires. Le droit de gestion permet à l’associé de
participer à la gestion de la société et s’exerce par le droit de vote. En général le
nombre de voix dont dispose chaque associé est égal au nombre de titres qu’il
détient dans la société. En ce qui concerne les droits pécuniaires, ils sont
représentés par le quote-part du patrimoine social. Ce dernier ne s’exerce qu’à la

23
liquidation de la société. Les biens restant après paiement des créanciers sociaux
sont partagés entre les associés en proportion de leurs droits.

B) Le but lucratif

B-1 La réalisation d’un profit

Il se traduit par la réalisation d’un profit et le partage des bénéfices et pertes. Le


bénéfice est représenté par tout gain pécuniaire ou matériel qui s’ajoute à la fortune des
associés. Le partage des bénéfices et des pertes permet de distinguer la société commerciale
de l’association.

B-2 Le partage des bénéfices et des pertes

Les associés doivent se partager les résultats qu’ils soient positifs ou négatifs. Les règles de
partage sont généralement déterminées dans les statuts, mais à défaut, la loi impose le partage
des bénéfices et des pertes en proportion des apports. Il faut cependant noter le cas particulier
de l’apporteur en industrie qui perçoit une part égale à celle de l’associé qui a le moins
apporté.

C) L’affectio societatis

C’est un élément psychologique qui consiste en une collaboration active volontaire et


égalitaire des associés. La collaboration active traduit la participation des associés à la vie
sociale (information, droit de vote etc.). La contribution volontaire permet de distinguer la
société de l’indivision qui est un état généralement subi et peu organisé. Un bien est indivis
lorsqu’il appartient à un ensemble de personnes sans que l’on puisse le répartir en lots entre
elles, ni qu’elles puissent vendre leurs parts sans l’accord des autres. La collaboration
égalitaire signifie que les droits attachés aux titres sociaux sont égaux. Il n’y a pas de
subordination de certains associés à certains autres.

D) Les conditions de forme de la société commerciale

L’acte constitutif de la société doit être rédigé par écrit. Ce sont les statuts. D’autres
formalités doivent également être accomplies :

D-1 Les statuts

L’écrit qui constate la société peut être un acte écrit authentique ou un acte sous seing privé.
L’acte authentique est obligatoire lorsque les statuts constatent l’apport de bien soumis à la
transcription hypothécaire (immeuble) dans les autres cas, les statuts peuvent être rédigés par
acte sous seing privé. Pour ce qui est du contenu des statuts, certaines mentions sont
obligatoires. Il s’agit de la forme de la société, de l’objet social, de la durée, du siège social,
du montant du capital, et des modalités de fonctionnement.

D-2 Les formalités de publicité

24
Les statuts doivent être enregistrés dans le mois de leur signature. Les autres formalités
concernent l’information des tiers et l’immatriculation au RCCM.

3-1 Les règles relatives à la dissolution de la société commerciale

Si la personnalité juridique des personnes physiques prend fin par le décès, celle des
personnes morales cesse par la dissolution. Cette dissolution est suivie de la liquidation et de
la radiation du RCCM ; La dissolution se produit soit à l’expiration de la durée statutaire soit
de manière anticipée.

3-1-1 Dissolution à l’expiration de la durée statutaire

Toute société a une durée qui doit nécessairement être prévue dans les statuts. Cette dernière
ne peut excéder 99 ans (article 28 de l’acte uniforme). Toutefois, la société peut être prorogée
par une décision de l’assemblée générale extraordinaire.

3-1-2 Dissolution par anticipation

Elle intervient dans le cas de disparition de l’objet social de volonté commune des parties et
de dissolution judiciaire.

a) Disparition de l’objet

Elle met fin à la société commerciale. Elle peut résulter :


- D’une décision telle que la nationalisation, l’interdiction d’exploitation par création
d’un monopole ou par mesure de police. Exemple : les produits chimiques fabriqués
par la société se révèlent toxiques et sont interdits. Si la société n’a pas d’autres
activités et ne peut se reconvertir elle doit se dissoudre.
- De la réalisation de l’objet. Cela suppose que la société a été constituée en vue d’une
activité unique et limitée dans le temps.

b) La volonté commune des parties

La décision de dissolution avant l’arrivée du terme de la société est une modification


statutaire qui est prise aux conditions propres à chaque type de société (unanimité ou
majorité).

c) La dissolution judiciaire

C’est une décision imposée aux associés par le juge. Elle peut être prononcée dans les cas
suivants :
- lorsque le nombre d’associés devient inférieur au minimum légal
- sur demande d’un associé pour juste motif
Ce dernier cas qui relève de l’appréciation souveraine du juge du tribunal régional le juste
motif peut consister en une mésentente entre associés paralysant le fonctionnement de la
société (disparition de l’affectio societatis).

25
Chapitre 2 : Les règles particulières à la société
commerciale
2.1 La société à responsabilité limitée (SARL)

Au terme de l’article 309 de l’acte uniforme sur les sociétés commerciales et le GIE « la Sarl
est une société dans laquelle les associés ne sont responsables des dettes sociales qu’à
concurrence de leur apport et dont les droits sont représentés par des parts sociales ». La Sarl
a un caractère hybride et emprunte ses caractéristiques aux sociétés de personnes et pour
l’essentiel aux sociétés de capitaux. Son capital doit être égal à 1 000 000 de francs CFA au
moins.

2-1-1 : Les caractères généraux de la SARL

A) Un intuitu personae

La SARL est une société relativement formée. Les titres sociaux sont des parts dont la cession
est réglementée. En effet, l’article 319 de l’acte uniforme permet certes aux associés
d’organiser librement les modalités de transmission des parts sociales à titre onéreux à des
tiers étrangers à la société, mais à défaut celle-ci ne sera possible que lorsque la majorité des
associés non cédant et représentant les ¾ des parts sociales n’aura consenti. La SARL ne peut
émettre des titres négociables, elle ne peut non plus faire appel public à l’épargne.

B) La qualité de non commerçants des associés

Les associés de la SARL n’étant pas des commerçants, l’obligation aux pertes sociales est
limitée à leur apport. Par ailleurs, la capacité civile suffit pour faire partie d’une SARL. Le
mineur émancipé, le majeur protégé peuvent donc être associés dans une SARL.

2.1.2 Le fonctionnement de la SARL

La SARL est administrée par un ou plusieurs gérants associés ou non. Le contrôle de la SARL
est effectué éventuellement par des commissaires aux comptes ou par les associés.

A) La gérance

A-1 Le statut de gérant

Le gérant peut être statutaire ou non statutaire. Dans ce dernier cas, la décision de nomination
est prise à une majorité des associés représentant plus de la moitié du capital. Cependant, les
statuts peuvent exiger une majorité supérieure. Le ou les gérants sont nommés pour une durée
de 4 ans renouvelables, mais les statuts peuvent prévoir une autre durée. Le gérant est par les
associés ou par une décision judiciaire.

A-2 Les pouvoirs du gérant

26
Il faut apprécier les pouvoirs du gérant dans ses rapports avec les associés et ses pouvoirs
dans ses rapports avec les tiers. Les rapports entre le gérant et les associés sont déterminés par
les statuts. En revanche, à l’égard des tiers chacun des gérants est investi des pouvoirs les plus
étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société. La société est donc engagée
même par les actes qui ne rentrent pas dans l’objet social ou qui excèdent les clauses
statutaires limitant les pouvoirs des gérants. Dans l’exercice de leur pouvoir, les gérants sont
responsables individuellement ou solidairement des fautes (fautes de gestion, inobservation
de la loi sur les SARL et des statuts).

B) Les associés

Les associés de la SARL participent à la vie sociale en prenant des décisions collectives. Ces
dernières peuvent être adaptées soit en assemblée (approbation annuelle des comptes de la
société), soit par le, biais des consultations écrites. On distingue les décisions prises pendant
les assemblées générales ordinaires, et, celles prises pendant les assemblées générales extra
ordinaires. Les décisions prises pendant les assemblées générales extra ordinaires concernent
notamment la modification des statuts, l’agrément de la cession de parts à des tiers etc. Les
associés ont également un droit d’information qui porte sur :
- les états financiers de synthèse de l’exercice et le rapport de gestion établi par les
gérants.
- Le texte de résolution proposé
- Le rapport général du commissaire aux comptes le cas échéant .

C) Les commissaires aux comptes (organe de contrôle)

Dans les SARL importantes (notamment celles dont le capital est supérieur à 10 millions et le
chiffre d’affaires supérieur à 250 millions, l’effectif permanent supérieur à 50 personnes), le
contrôle de la gestion sociale doit être exercé par un commissaire aux comptes. Le
commissaire aux comptes est nommé pour 3 exercices par un ou plusieurs associés
représentant plus de la moitié du capital social.

2.2 La société en nom collectif (SNC)


La SNC est au terme de l’article 70 de l’acte uniforme « celle dans laquelle tous les associés
sont commerçants et répondent indéfiniment et solidairement des dettes sociales ».
Il s’agit donc d’une société de personnes où les associés sont liés par un fort intuitu personae
puisqu’ils n’acceptent de prendre part à la société qu’en considération des qualités de leurs
coassociés. Il en résulte des caractères généraux des règles de fonctionnement et de
dissolution particulière.

2-2-1 Caractères généraux de la société en nom collectif

A) L’intuitu personae : fondement de la société en nom collectif

L’intuitu personae étant le fondement de la société, la société en nom collectif est une société
fermée. Il en résulte les conséquences importantes suivantes :
- les titres sociaux qui sont constitués par les parts sociales ne peuvent être cédés
qu’avec le consentement unanime de tous les associés.
- La société est en principe dissoute par le décès, la survenance d’une incapacité, la
liquidation ou le règlement judiciaire, la faillite personnelle de l’un des associés.

27
- L’erreur sur la personne entraîne la nullité.

B) La qualité de commerçants de tous les associés

Les associés sont tenus indéfiniment et solidairement des dettes sociales de la société lorsque
celle-ci ne peut pas les payer. Les créanciers peuvent ainsi poursuivre le paiement des dettes
sociales contre un associé après une mise en demeure de 60 jours restée vaine. Ce délai peut
être prorogé de 30 jours par ordonnance du président du tribunal régional compétent.
Les associés doivent avoir la capacité de faire du commerce. C’est pourquoi le mineur même
émancipé ne peut faire partie d’une société en nom collectif.
Enfin, concernant le montant du capital social, aucun chiffre minimal ni maximal n’est
imposé. Celui-ci peut d’ailleurs ne pas être libéré au moment de la constitution de la société.

2.2.2 Le fonctionnement de la SNC

La SNC est gérée par des gérants mais les associés qui sont tenus des dettes sociales ont des
droits étendus.

A) La gérance

A-1 Le statut de gérant

Le gérant est nommé par les statuts ou par une délibération des associés à l’unanimité ou
même à la majorité si les statuts le permettent Le gérant est révocable par décision des
associés ou par décision judiciaire.

A-2 Les pouvoirs du gérant

A l’égard des associés, les statuts déterminent librement les pouvoirs du gérant. Ils peuvent :
- limiter ses pouvoirs,
- repartir ses pouvoirs entre les gérants
Cependant, les clauses statutaires limitant les pouvoirs du gérant ne sont pas opposables aux
tiers.
A l’égard des tiers, le gérant dispose légalement des pouvoirs nécessaires pour engager la
société dans les limites de l’objet social.

B) La situation des associés

Les associés en nom collectif sont tenus indéfiniment et solidairement des dettes sociales. En
contrepartie, il leur est accordé des droits d’information et d’intervention étendus.

B-1 Les droits d’information

Les associés peuvent consulter au siège deux fois par an tous les documents sociaux (factures,
correspondances, contrats, comptabilité etc.) et l’inventaire. Le gérant doit leur adresser avant
l’assemblée générale annuelle, un rapport de gestion, le compte de résultat, le bilan, et les
annexes.

28
B-2 Le droit d’intervention

Le droit d’intervention concerne la manière dont les décisions sont prises dans le cadre d’une
société en nom collectif. Ces dernières sont prises soit par correspondance, soit en assemblée
générale (approbation des comptes, ou sur demande d’un associé). Elle requiert l’unanimité
des associés dans les cas suivants :
- révocation du gérant associé statutaire en continuation de la société
- autorisation de cession des parts sociales
- continuation de la société malgré la faillite personnelle, l’incapacité ou l’interdiction
d’exercer une profession commerciale frappant un associé. Dans les autres cas,
l’unanimité peut être écartée par les statuts.

2-2-3 La dissolution de la société en nom collectif

A) les causes de dissolution

Il existe les causes communes à toutes les sociétés (conférer partie générale), et des causes
affectant la personne des associés. Ces dernières concernent :
- la révocation du gérant associé statutaire
- la faillite personnelle, la liquidation, le redressement judiciaire, l’incapacité ou le
décès d’un associé.

B) La continuation de la société en nom collectif

Elle pose des problèmes particuliers en cas de décès d’un associé. Deux hypothèses peuvent
se présenter :
- la société continue entre les seuls survivants. Dans ce cas, les héritiers exclus doivent
être indemnisés. Les parts de leur auteur leurs sont remboursées comptant sur la base
d’un prix évalué par un expert.
- La société continue avec les héritiers : Dans ce cas, cette continuation peut être prévue
par les statuts soit avec tous les héritiers, soit avec certains héritiers désignés à
l’avance ou devant être agrées après le décès par les associés survivants.

2.3 La société anonyme (sa)

La S.A. est définie par l’article 385 de l’acte uniforme comme « une société dans laquelle les
actionnaires ne sont responsables des dettes sociales qu’à concurrence de leurs apports et dont
les droits sont représentés par des actions ».

2-3-1 La constitution de la société anonyme

Certaines règles de constitution sont communes à toutes les sociétés anonymes alors que
d’autres sont spécifiques à certains types particuliers de S.A.

A) Les règles communes à toutes les S.A.

Ces règles concernent les sociétés qui se constituent sans appel public à l’épargne ou sans
apport en nature. Il s’agit des sociétés anonymes dont le capital est constitué essentiellement
d’apport en numéraire et dont les associés se connaissent à l’avance. Sous réserve de cette

29
précision liminaire 5 phases peuvent être distingués dans la constitution de la société
anonyme. Il s’agit de l’établissement des bulletins de souscription, du dépôt de fonds et de la
déclaration notatrice de souscription et de versement, de l’établissement des statuts, de
l’immatriculation au RCCM, et de retrait de fonds.

A-1 1ère phase : Etablissement des bulletins de souscription

Ils sont établis par les fondateurs de la société et ont pour rôle de constater la souscription des
apports en numéraire. Ils sont établis en 2 exemplaires originaux ; l’un pour la société en
formation, et l’autre pour le notaire qui dressera la déclaration de souscription et de
versement. Les bulletins sont signés et datés par les souscripteurs qui doivent mentionner en
toute lettre le nombre d’actions souscrites.

A-2 2ème phase : Dépôt des fonds et déclaration notariée de souscription et


deVersement

Les fonds reçus doivent être déposés chez un notaire ou dans une banque domiciliée dans
l’état partie du siège de la société en formation. Une fois les fonds déposés et munis d’un
certificat ad hoc et des bulletins de souscription, le fondateur doit se présenter chez le notaire
pour la déclaration de souscription de versement. Par cet acte, le notaire affirme que le
montant des souscriptions déclaré est conforme au montant figurant sur les bulletins de
souscription et que celui de versement est conforme au montant porté au certificat bancaire
délivré ou alors déposé en son étude.

A-3 3ème phase : L’établissement des statuts

Les statuts doivent être signés par tous les souscripteurs en personne ou par mandataire après
la déclaration de souscription et de versement. En plus des mentions obligatoires que doivent
prévoir tous les statuts de société commerciale, les statuts doivent aussi contenir les
énonciations suivantes :

- le mode d’administration et de direction retenu


- la désignation des premiers responsables de la société (membre du conseil
d’administration ou l’administrateur général, commissaires aux comptes et leurs
suppléants)
- stipulation relative à la composition, au fonctionnement et au pouvoir des organes de
la société.

4ème et 5ème phase : immatriculation du RCCM et retrait des fonds

Le retrait des fonds ne peut intervenir qu’après l’immatriculation de la société au RCCM.


C’est cette dernière faculté qui donne pleins pouvoirs aux dirigeants de retirer les fonds
déposés.

B) Les règles particulières da la société anonyme

Ces règles particulières concernent l’intervention du commissaire aux apports et la tenue de


l’assemblée générale constitutive.

B-1 L’intervention du commissaire aux apports

30
Le commissaire aux apports est choisi à l’unanimité par les futurs associés. Il peut également
être choisi par le président du tribunal régional du lieu du siège de la société sur demande des
fondateurs ou de l’un d’eux. Le commissaire aux apports qui peut se faire assister par un ou
plusieurs experts de son choix est chargé de l’évaluation des apports en nature. Il s’établit à
cet un rapport qui décrit chaque apport ou indique la valeur et précise le mode d’évaluation
retenu. Le rapport est déposé 3 jours au moins avant l’assemblée générale constitutive.

B-2 L’assemblée générale constitutive

Elle constitue l’acte de naissance des sociétés anonymes. Elle doit se prononcer sur
l’évaluation des apports en nature faite par le commissaire aux apports. Elle est par ailleurs
chargée de :
- constater que le capital social est entièrement souscrit et que les actions numéraires
sont libérées au moins du ¼
- adopter les sauts
- nommer les premiers dirigeants sociaux et les commissaires aux comptes
- reprendre éventuellement pour le compte de la société en formation des engagements
souscrits par les fondateurs
- donner le cas échéant aux premiers administrateurs un mandat de prendre des
engagements pour le compte de la société avant l’acquisition de la personnalité
juridique c'est-à-dire avant l’immatriculation au RCCM.

2-3-2 L’organisation et le fonctionnement de la société anonyme

Les organes qui interviennent dans le fonctionnement de la société anonyme sont au nombre
de trois (03). Il s’agit des organes de gestion, des organes de délibération et des organes de
contrôle.

A) Les organes de gestion

Deux systèmes de gestion peuvent être adoptés par les fondateurs de la société anonyme.
C’est d’une part la société anonyme avec un conseil d’administration, et d’autre part la société
anonyme avec un administrateur général.

A-1 La société anonyme avec conseil d’administration

Elle est l’œuvre du conseil d’administration qui a à sa tête un président disposant de


prérogatives propres.

 Le conseil d’administration : Il est composé de 3 membres au moins et de 12 au plus.


Les membres du conseil d’administration sont désignés soit par les statuts soit par
l’assemblée générale constitutive. Cependant en cours de la vie sociale, les
administrateurs sont désignés par l’assemblée générale ordinaire. La durée de leur
mandat est fixée par les statuts mais elle ne peut excéder 6 ans. Concernant la
rémunération, les membres du conseil d’administration reçoivent les indemnités de
fonds. Enfin en ce qui concerne les pouvoirs du conseil d’administration, il faut noter
que les statuts peuvent limiter ces derniers en subordonnant l’accomplissement de
certains actes à l’autorisation de l’assemblée. Toutefois, les limitations ne sont

31
opposables au 1/3. En effet, dans leur relation, avec les tiers, les administrateurs ont
les pouvoirs les plus étendus pour engager la société même en dehors de l’objet social.

 La direction générale : Les actionnaires ont la possibilité de faire assurer la direction


de leur société soit par le président du conseil d’administration, il est alors appelé
PDG, soit par un directeur général différent du président du conseil d’administration et
nommé par le conseil d’administration parmi ses membres. Il est révocable à tout
moment par le conseil d’administration. Il s’agit d’une révocation « ad nutum ». Le
directeur général est nommé par le conseil d’administration à la différence du PDG. Il
n’est pas nécessairement un administrateur ou même un actionnaire de la société
anonyme.

A-2 La société anonyme avec un administrateur général

C’est une innovation de l’acte uniforme pour attirer les investisseurs étrangers à simplifier la
structure de cette forme de société anonyme. Cependant, cette structuration n’est pas possible
que dans les sociétés anonymes comprenant un nombre d’actionnaires inférieur ou égal à 3.
L’administrateur général est la cheville ouvrière de cette forme. Il convoque et préside les
assemblées d’actionnaires. Il est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute
circonstance au nom de la société.

B) Les organes de délibération

Ils sont constitués par les assemblées des actionnaires (assemblée générale ordinaire et
assemblée générale extraordinaire).

B-1 Assemblée générale ordinaire

Elle est chargée de :

- approuver les comptes (résultat, bilan, annexe)


- affecter le bénéfice ou la perte de l’exercice
- nommer et révoquer les administrateurs et les commissaires de comptes. Elle se réunit
au moins une fois par an dans les six mois de la clôture de l’exercice.

B-2 Assemblée générale extraordinaire

L’assemblée générale extraordinaire est compétente pour :

- modifier les statuts de toutes leurs dispositions


- autoriser fusions et les
- transférer le siège social
- dissoudre par anticipation la société

32
Elle ne délibère valablement que si les actionnaires présents et représentés possèdent au moins
la moitié des actions sur la première convocation et le ¼ sur la deuxième convocation.

C) Les organes de contrôle

Le contrôle de la société anonyme est renforcé par l’acte uniforme. En effet, la société
anonyme est soumise à un double contrôle ; un interne et un autre externe.

C-1 Le contrôle interne

Il est assuré par les actionnaires qui disposent d’un droit des documents (états financiers, de
synthèse, liste des administrateurs, lorsqu’un conseil d’administration a été désigné, rapport
du commissaire aux comptes soumis à l’assemblée générale etc.), du droit de déclencher la
procédure d’alerte en posant au plus deux fois par an des questions écrites aux dirigeants et
surtout du droit de recourir à une expertise de gestion.

C-2 Le contrôle externe

Il est assuré par les commissaires aux comptes. L’institution du commissaire aux comptes est
obligatoire dans les sociétés anonymes. Chaque société anonyme doit designer au moins un
commissaire aux comptes titulaires et un suppléant. Le commissaire aux comptes est nommé
par l’assemblée générale ordinaire pour 6 exercices et a pour mission :

- de contrôler les comptes


- de certifier la régularité et la sincérité de ceux-ci

Le commissaire aux comptes doit obligatoirement porter à la connaissance des actionnaires


au moyen des rapports qu’il est tenu de présenter à l’assemblée générale le résultat de ses
contrôles. Il doit également dénoncer les infractions pénales qu’il découvre au cours de ses
investigations et respecter le secret professionnel.

33