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Risque sécheresse : retrait-

gonflement des sols argileux

Les dommages aux biens


La prévention

Service Aménagement et Risques Naturels


Impact financier du phénomène
> Aléa pris en compte en France depuis 1989 au titre de la loi sur les
catastrophes naturelles (principales périodes : 1989-92, 1996-97 et 2003)
> Coût global en France : 3,3
milliards d’euros entre 1989 et
2002 (2ème poste après les
inondations)
> Coût moyen d’un sinistre : 10
k€ (1 à 50 k€) => plus de 300
000 maisons sinistrées entre
1989 et 2002
> Arrêtés de sept. 2000 :
augmentation de la franchise
(montant porté à 1520 €) et
système de modulation pour
inciter à la prévention (PPR)

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Réunion d’information Cergy - 29 juin 2005
Répartition géographique en France
> 5 800 communes
reconnues cat nat
sécheresse dans 83
départements pour
la période 1989-
2002 ; 7400
demandes pour l’été
2003
> Bonne corrélation
avec la carte
géologique : le
facteur principal de
prédisposition est lié
à la géologie des
formations
superficielles

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Réunion d’information Cergy - 29 juin 2005
Nature et
manifestations
du phénomène
Mouvements de terrain différentiels provoqués par des variations
de volume de certains minéraux de la phase argileuse, soumis
à des variations de teneur en eau

> Concerne uniquement des sols « argileux », avec une ampleur


particulière en présence de minéraux gonflants
> En climat tempéré, phénomène consécutif surtout aux périodes de
sécheresse (lié à l’évapotranspiration)
> Se manifeste surtout sur des constructions individuelles légères,
ancrées peu profondément
> C’est un risque naturel qui coûte très cher à la collectivité mais
qu’on peut facilement prévenir sans limiter la constructibilité des
secteurs concernés
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Facteur de prédisposition :
nature du sol
Le phénomène de retrait-gonflement
n’affecte que les sols riches en
minéraux argileux « gonflants »
> Un sol d’assise de fondation est toujours un mélange de différents
constituants. Un sol argileux contient au moins 30 % d’argiles (éléments
fins < 2 µm à structure phylliteuse)
> Toutes les argiles sont sujettes au retrait-gonflement (gonflement inter-
particulaire, lié à l’adsorption d’eau entre les micro-agrégats de feuillets et
dépendant de l’état de consolidation) mais certaines le sont beaucoup plus
que d’autres (gonflement intra-cristallin, lié à l’adsorption d’eau à la surface
des feuillets élémentaires : concerne surtout smectites et interstratifiés)
> Une formation géologique sera d’autant plus sujette au retrait-gonflement
qu’elle est riche en argiles (proportion, épaisseur et continuité des bancs
argileux) et que sa phase argileuse est riche en minéraux gonflants

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Les facteurs de
déclenchement : rôle
prépondérant de l’évapo-transpiration,
aggravée par de multiples facteurs
d’ampleur locale
> L’évaporation (température, ensoleillement, vent) affecte une tranche de
sol très superficielle (1 à 2 m) et se traduit par l’apparition de succion. Il y a
retrait => fissuration (mouvement horizontal) et surtout tassement
(mouvement vertical), souvent non uniforme (sol hétérogène, zones
imperméabilisées)
> Les racines d’arbres soutirent l’eau et assèchent le sol en profondeur. Elles
peuvent s’étendre jusqu’à 1 à 1,5 fois la hauteur de l’arbre, en direction
préférentielle des zones plus humides. L’influence des arbres se fait sentir
jusque vers 3 m de profondeur, voire 4 ou 5 m selon les espèces et leur
stade de croissance.
> Certaines variétés sont très avides d’eau (saule, peuplier, chêne...). En été,
un saule consomme jusqu’à 300 l par jour...

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Facteurs locaux d’aggravation du
phénomène
> Végétation
> Hydrogéologie
! une nappe pérenne peu profonde limite la succion
! un rabattement temporaire accentue la dessiccation en surface
! rôle des nappes alluviales et des nappes perchées temporaires
> Topographie
! accentuation de la dessiccation sur les versants au midi
! ancrage souvent insuffisant côté aval
! rôle de barrière hydraulique des fondations côté amont
> Défaut de fondation et/ou de structure
> Actions anthropiques :
!modification des écoulements,
!imperméabilisation des sols ,
!drainage ou fuite de réseaux,
!pompages,
!sources de chaleur enterrées
!plantations d’arbres
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Mécanisme du retrait-gonflement
Sous une maison, l’évaporation
ne peut se produire qu’en
périphérie. Il apparaît un
gradient entre le centre du
bâtiment (équilibre hydrique) et
les façades, et par suite des
mouvements différentiels.

Contrairement aux
phénomènes de tassement par
consolidation, les effets ne
s’atténuent pas avec le temps
mais augmentent quand la
structure perd de sa rigidité.

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Manifestation des désordres
> Concerne surtout les
maisons individuelles
!constructions légères de
plain-pied
!dallage sur terre-plein
!fondations continues peu
profondes (< 80 cm)
!arbres à proximité

>Désordres observés
!fissuration des structures
!distorsion des ouvertures
!rupture de canalisations
!décollement des bâtiments
annexes
!etc…
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Désordres sur les réseaux routiers

Madagascar Mormoiron (Vaucluse)

!Manifestations surtout sensibles en climat semi-aride


!Fissuration longitudinale sur chaussées souples
!Fissuration longitudinale et transversale sur chaussées semi-
rigides avec couches de base ou de fondation traitées aux
liants hydrauliques (variations d’appui, d’où flexions
parasites)
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Exemples de solutions confortatives
1- Concernant l’environnement du bâti
> Reprise du système de collecte des eaux pluviales et/ou de drainage
et des raccords de canalisation
> Abattage ou élagage des arbres - Écrans anti-racines
2- Concernant les fondations
> Reprise en sous-œuvre des fondations par pieux
et longrines ou par plots alternés (attention si
traitement partiel ou dissymétrique)
> Micropieux répartis sous dalle de radier fracturée
3- Concernant le gros-œuvre
> Rigidification de la structure par longrines armées
ancrées au soubassement, chaînage des murs,
longrines nervurant les radiers
> Dallages sur terre-plein : injection sous dallages ou
reprise du dallage après traitement ou substitution et
éventuellement création d’un vide sanitaire
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Exemples de solutions
confortatives
3- Concernant le gros-œuvre (suite)
> Reprise des murs en maçonnerie
fissurés - Traitement des fissures
(mortier souple)
4- Concernant le second-œuvre et les
bâtiments annexes
> Ragréage des fissures et jointoiement des décollements de cloisons
> Démontage et rectification des huisseries
> Remplacement des conduites enterrées fracturées et mise en place de
joints souples de connexion
> Mise en place de joints de désolidarisation pour les bâtiments annexes -
reprise en sous-œuvre des fondations et rigidification des structures

=> solutions coûteuses et de mise


en œuvre délicate
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Des règles constructives simples permettent
de limiter considérablement les désordres

=> intérêt de délimiter les zones d’aléa potentiel pour y


diffuser des règles préventives afin de diminuer la
sinistralité
Service sans
Aménagement limiter
et Risques l’urbanisation
Naturels
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Comment construire sur sol sensible au
retrait-gonflement ?
Différentes possibilités selon nature du projet (combinaisons
possibles…), mais quelques principes de base à respecter

> Bien reconnaître le sol avant construction (capacité de retrait-


gonflement, hétérogénéités locales, …)
> Éventuellement procéder à des substitutions ou à des traitements
du sol (stabilisation possible à la chaux, préhumidification, ...)
> Adapter les fondations (ancrage profond et homogène, bonne
liaison avec la superstructure, ...)
> Rigidifier la structure pour l’adapter aux sollicitations attendues
(poteaux d’angle, chaînages et plancher haut, …)
> Désolidariser les bâtiments accolés de nature différente (joints de
rupture sur toute la hauteur)
> Maîtriser les variations saisonnières d’humidité
> Éloigner les plantations arborées
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Identification des sols
avant projet
Reconnaissance géotechnique
classique, complétée par certains
essais d’identification
> Analyse du contexte géologique et hydrogéologique local (cartes, BSS,
observations de voisinage, …)
> Reconnaissance visuelle et échantillonnage des terrains de fondation en
sondages (forage, pelle, tarière…). Le nombre de sondages et leur profondeur
doivent être adaptés au projet
> Caractérisation du comportement des sols vis-à-vis du retrait-gonflement :
essais Vb, granulométrie, RX, retrait linéaire, Ip, Cg
> Détermination de la capacité portante des sols (essais in situ)
> Examen du rôle de la végétation arborée éventuelle (attention aux
rééquilibrages si défrichement récent)
> Analyse des circulations d’eaux (superficielles et souterraines)

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Adaptation des
fondations
> Les profondeurs d’ancrage sont à
adapter en fonction des
caractéristiques locales du sol mais
doivent être suffisantes pour
s’affranchir des variations
saisonnières d’humidité

> Les fondations continues doivent être armées et bétonnées à pleine


fouille. En cas de poteau isolé, prévoir des longrines pour renforcer
la raideur du système de fondation
> Éviter toute dissymétrie dans l’ancrage des fondations (ancrage
aval au moins aussi important que l’ancrage amont en cas de
construction sur pente, éviter les sous-sol partiels)
> Préférer les sous-sols complets, les radiers ou les planchers sur
vide sanitaire plutôt que les dallages sur terre-plein
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Éviter les variations saisonnières d’humidité
> Éviter tout rabattement de nappe ou tout drainage à proximité
immédiate des fondations
> Maîtriser et éloigner les circulation d’eaux superficielles et
souterraines (drains, caniveau) et les rejets d’eaux pluviales et usées
(si possible, privilégier un raccordement au réseau)
> Assurer l’étanchéité des canalisations enterrées (joints souples)
> Ne pas planter d’arbre trop près de la maison (distance minimale
fonction de la hauteur de l’arbre adulte) ou prévoir un écran anti-
racine - attention aux constructions sur terrain récemment défriché

> Si possible, réaliser une forme périphérique


étanche (dallage ou géomembrane enterrée)
pour limiter l’évaporation près des façades
> Prévoir une isolation thermique si chaudière
en sous-sol

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