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Présentation

définition
la lettre de change ou traite est un titre informatisé par lequel le tireur invite le tiré à
payer une somme d’agent à un bénéficiaire dénommé preneur (initial ou auquel le
titre à été transmis) ou à son ordre à une date déterminée

fonction
instrument de change
pour éviter les transferts et réaliser des conversions de fonds
fonction tombée en désuétude en ce qui concerne les particuliers mais a conservé
un certain rôle dans les relations internationales entre entreprise où elle permet de
garantir le paiement de prix
instrument de paiement
rôle conservé dans les relations internationales mais décru en commerce intérieur
(particuliers l’utilisent peu / petites entreprises recherche du crédit / interdite aux
consommateurs pour le remboursement du prêt en cas de contrat de crédit)
instrument de crédit
elle est payable à terme: le fournisseur fait donc crédit pour le temps correspondant
à l’échéance
le principale instrument de crédit inter entreprises qui caractérise le commerce au
maroc
le preneur de la lettre de change qui a besoin des fonds correspondants avant
l’échéance la cède à sa banque qui lui verse le montant immédiatement. le banquier
peut lui même se refinancer en réescomptant la tarte auprès d’un autre
établissement de crédit
effet commercial et effet financier
commerciaux: ceux qui représentent une créance résultant d’une vente ou d’une
prestation de service (car elle vient pour payer un rapport commercial)
financiers: correspondent à des opérations financières

droit applicable
art 159 et suivant du code de commerce

nature juridique
caractère commercial
la lettre de change est un acte de commerce par la forme autrement dit la signature
d’une traite est un acte de commerce peu importe la qualité de la personne qui
s’engage
celui qui tire régulièrement des lettres de change n’acquiert pas la qualité de
commerçant
montant du litige dépasse les 20000 des = compétence du tribunal de commerce
mécanisme
la lettre est émise ou transmise pour que son paiement éteigne les dettes des
signataires envers les bénéficiaires successifs
A l’origine des traites il y a les rapport fondamentaux: le tireur tire une traite sur le tiré
parce qu’il a une créance à son égard (provision). il tire la lettre au profit du preneur
parce que ce dernier est son créancier de la valeur fournie. si le tiré accepte la traite
c’est parce qu’il est débiteur du tireur. lorsque le preneur est débiteur d’un tiers, il
peut transmettre la lettre à ce dernier qui en devient porteur.
son originalité tient au particularités de l’obligation cambiaire (engagement de
chaque signataire)
cette obligation est abstraite (inopposabilité des exceptions) / rigoureuse (tous les
signataires sont solidairement responsables) / autonome (indépendance des
signatures)

création
créée par le tireur

règles de forme

titre

support et graphisme
c’est un écrit
les blanc de la formule pré-imprimée peuvent être remplis à la main ou par un
procédé d’écriture automatique
la signature doit être manuscrite et portée par celui qui s’engage

altérations
c’est une modification du texte de la traite intervenue en dehors du consentement
des intéressés et interdite par la loi
ses conséquences pénales relèvent des incriminations du faux et de l’usage de faux
ses conséquences civiles sont: les signataires postérieurs sont tenus dans les
termes du texte altéré / les signataires antérieurs ne sont tenus que dans les termes
du texte originaire
sa preuve incombe à celui qui l’invoque mais peut se faire par tout moyen

mentions

mentions obligatoires
diverses mentions obligatoires art 159 du code de commerce
dénomination: insérée dans le texte du titre
mandat (ordre) pur et simple de payer une somme déterminée: exprimé par ‘veuillez
payer’ / doit porter une somme déterminée (exprimée en lettres et en chiffres)
nom de celui qui doit payer: le tiré (peut être le tireur) / en théorie sans domicile n’est
pas nécessaire et en pratique elles portent toutes le relevé d’identité bancaire du tiré
échéance: nécessaire / payable à sa présentation au tiré ou payable à un certain
délai de vue ou payable à un certain délai de date ou payable à jour fixe
lieu de paiement: en pratique toutes domiciliées auprès d’un établissement bancaire
nom du bénéficiaire: possible d’en désigner plusieurs alternativement ou
cumulativement / interdite en théorie au porteur mais fréquente en pratique (le tireur
se désigne comme bénéficiaire puis l’endosse en blanc)
date et lieu de création: la date : permet de vérifier la capacité du tireur / fait courir le
délai de présentation / permet de déterminer l’échéance / opposable aux tiers qui
peuvent prouver son inexactitude
signature du tireur: nom et signature exigés / figure au recto / son domicile en
pratique est indispensable

sanctions du défaut de mention obligatoire


nullité
mention obligatoire fait défaut: le titre ne vaut pas comme lettre de change mais peut
être considérer comme un titre ordinaire établissant une créance si ses conditions
sont remplies (billet à ordre)
le juge ne dispose pas d’un pouvoir d’appréciation, elle est absolue
équivalence
art 160 du CDC écarte la nullité pour certaines mentions :
pas d’échéance: considérée comme payable à vue
lieu désigné à coté du nom du tiré est réputé être le lieu de paiement et le lieu du
domicile du tiré
pas de lieu à coté du tire : le lieu de paiement est celui où le tiré exerce son activité
ou celui où il est domicilié
pas de lieu de création: considérée comme souscrite dans le lieu désigné à coté du
nom du tireur
pas de lieu à coté du tireur: considérée comme souscrite dans le lieu du domicile du
tireur
date de création: considérée être celle de la remise du titre au bénéficiaire
régularisation
procédé de la technique juridique qui permet d’éviter l’annulation d’un acte juridique
en réparant le vice qui l’atteint
possible de la part d’un porteur légitime de la traire
doit intervenir avant la présentation au paiement
doit correspondre à l’accord des protagonistes
défauts graves pour pouvoir être réparés: mention de la lettre de change / signature
du tireur / montant de la traite
la régularisation effectuée à l’accord des parties produit effet à l’égard de tous et
opère rétroactivement à partir de la création de l’effet

mentions facultatives
généralités
le formalisme cambiaire ne s’oppose pas à ce que le tireur ou un signataire
postérieur insère des mentions qui complètent l’information ou infléchissent certains
mécanismes
la liberté d’insérer des mentions facultatives est limitée
les textes prohibent la clause d’intérêts (sauf pour la traite à vue ou à un certain délai
de vue) / la clause de non garantie de paiement de la part du tireur / la clause
d’échéance multiple

clauses et mentions relatives au paiement


domiciliation (indication du domicile d’un tiers auprès duquel sera fait le paiement)
(le tribunal compétent reste celui du domicile du tiré)
clauses relatives à l’acceptation qui ont pour effet d’interdire de présenter une traite
à l’acceptation ou d’imposer de le faire dans un certain délai
la recommandation (indication d’une personne chargée d’accepter ou de payer à la
place du tireur s’il refuse)
la clause de paiement contre documents (impose au porteur de présenter des
documents au tiré)
la clause de non garantie ne peut concerner que la garantie de l’acceptation en ce
que qui concerne le tireur, en revanche, un signataire postérieur peut s’exonérer de
la garantie du paiement

règles de fond
la sanction concrète des irrégularités de fond est largement paralysée par la règle de
l’inopposabilité des exceptions

consentement
le consentement exempt de vices de celui qui s’engage (le signataire dont le
consentement a été vicié ne peut opposer cette exception au porteur de bonne foi
consentement fait totalement défaut : signataire dont la signature a été contrefaite
peut opposer cette cause de nullité de son engagement même à un porteur de
bonne foi

capacité
(matière commerciale et civile)

représentation et pouvoir
la traite peut être tirée par un mandataire à qui il appartient de prouver qu’il s’est
engagé seulement en tant que mandataire
le droit commun du mandat s’applique en principe
mandataire agissant sans pouvoir ou excédant : engagé / mandant: non engagé
le tirage pour compte est une application de la commission: tireur signe la traire en
son nom mais agit pour le compte du donneur d’ordre. il est engagé cambiairement
mais pour les rapports entre tireur pour compte et donneur d’ordre, les règles du
mandat s’appliquent

cause
problèmes généraux
il ne saurait y avoir de cause puisqu’elle peut porter différentes signatures et réaliser
des paiements et/ou crédits divers et que l’irrégularité de l’une d’entre elles n’affecte
pas celle des autres ni la validité du titre. seule est envisageable la cause de
l’obligation de chaque signataire
c’est un objet de controverses qui est largement artificielle
l’engagement du signataire de la traite a nécessairement une cause qui tient compte
des rapports fondamentaux
pour assurer la sécurité de la circulation de la traite: la cause de l’engagement du
signataire est considérée indifférente à l’égard du porteur de bonne foi
la cause de l’engagement de chaque signataire réside dans la créance du partenaire
au rapport fondamental / l’engagement du tireur a sa cause dans la valeur fournie /
l’engagement du tiré a la sienne dans la provision
sera nul l’engagement cambiaire souscrit pour réaliser une donation prohibée, une
opération de contrebande, une dissimulation fiscale ..

effets de complaisance
lorsque la lettre de change est créée pour procurer du crédit sur la base d’une
opération fictive, il s’agit d’un effet de complaisance
« effets destinés à tromper les tiers sur les relations existant entre les signataires et
qui dans l’esprit des parties ne doivent pas contraindre le complaisant à décaisser
effectivement la somme indiquée »
exemple: commerçant (le complu) qui en proie à des difficultés demande à son ami
(le complaisant) d’accepter une traite tirée sur lui en promettant de lui fournir les
fonds pour payer à l’échéance de quoi ce tireur porteur escompte la traite auprès
d’une banque pour se procurer des fonds. si à l’échéance il ne peut pas fournir les
fonds au tiré, il se les procure en tirant une autre traite de complaisant d’un montant
plus élevé
il y’a pas de traire de complaisance mais ouverture d’un crédit lorsque le tiré accepte
une traite tirée sur lui pour permettre à son client de se procurer des fonds
escomptant la traite
sont également valables les effets de renouvellement: pour mobiliser une créance à
échéance lointaine plusieurs effets sont émis qui se succèdent dans le temps
ces effets sont à tous égards dangereux: complaisant (risque de devoir payer)
complu (qui fait aggraver sa situation) porteur de bonne foi (risque de retrouver face
à deux insolvables) tiers (abusés sur la situation réelle du complu)
ces effets sont nuls pour illicéité de la cause (la nullité produit ses effets à l’égard du
complaisant et du complu mais pas au porteur de bonne foi)
ces effets appellent des sanctions personnelles à l’égard des protagonistes :
peuvent encore se prêter aux qualification de faux et d’escroquerie et dans tous les
cas le complaisant est complice
complaisant et complu coupables de fautes civiles qui engagent leur responsabilité