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MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR-DES UNIVERSITES-DES CENTRES

UNIVERSITAIRES REGIONAUX ET DE LA RECHERCHRE SCIENTIFIQUE


DIRECTION DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Exposé Aspects Légaux des Affaires


Électroniques

Thème : La preuve électronique

Groupe2 :
Mohuilane Issaili
Jeanne C.Coly
Assane Seck
Glen Ledoux

PLAN
INTRODUCTION

I. Définition de la preuve électronique


II. Définition de la preuve informatique
III. Conditions à la recevabilité de preuve informatique
IV. Force probante de la preuve informatique
V. Comment utiliser la preuve informatique ?
VI. La reconnaissance de l’écrit électronique
VII. La signature électronique : clé de voûte de l’écrit
électronique
VIII. L’équivalence entre la preuve écrite traditionnelle et la
preuve électronique
IX. Risques et doutes portant sur la preuve informatique
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INTRODUCTION
L'émergence et l'utilisation des nouvelles technologies, spécifiquement de l'outil électronique
dans les rapports humains, engendrent nécessairement des litiges. En telle circonstance, la
logique voudrait que, pour le triomphe de leurs prétentions, les parties aient recours à des
preuves produites par l'électronique. La preuve électronique s'entend alors de toute preuve
produite au moyen des procédés électroniques (fax, télécopie, informatique, télématique,
internet...). Or, ce type de preuve suscite la défiance.

Définition
La question de la preuve des actes juridiques revêt une importance particulière en procédure
civile. En effet, le succès d’une action dépend de la manifestation de la légitimité de ses
prétentions. Pour mettre en place un cadre juridique sûr, il a fallu s’assurer de la prise en
compte de la preuve électronique par les juges, et plus largement, de son opposabilité à
l’égard de tout contractant.

Définition de la preuve informatique

Le régime de la preuve diffère selon les domaines. En droit pénal, commercial ou


administratif, la preuve se fait par tous moyens. En droit civil, le nouvel article 1358 (issu de
la réforme du droit des contrats du 10 février 2016) dispose que « hors les cas où la loi en
dispose autrement, la preuve peut être apportée par tous moyens ».

La loi n° 2000-230 du 13 mars 2000 transposant la directive 1999/93/CE portant adaptation


du droit de la preuve aux technologies de l’information et relative à la signature électronique a
modifié les articles 1316 ancien et suivants du Code civil, fondant la recevabilité des preuves
informatiques. Ces dispositions résident aujourd'hui aux articles 1363 et suivants du Code
civil. Cette loi a conféré à l’écrit électronique la qualité de preuve légale.

Conditions à la recevabilité de preuve informatique


Deux conditions sont nécessaires à la recevabilité de l’écrit électronique (article 1366 du Code
civil) :

 La personne dont elle émane doit pouvoir être dûment identifiée.


 Il doit être établi et conservé dans des conditions de nature à en garantir l’intégrité.

Force probante de la preuve informatique

L’article 1366 du Code civil dispose « l'écrit sur support électronique a la même force
probante que l'écrit sur support papier » : les preuves informatiques ne souffrent pas de leur
caractère immatériel en termes de force probante. Toutefois, la force probante peut être mise à
mal par les doutes relatifs à l’intégrité de la preuve informatique. Transmission ». La
définition, extrêmement large, vise surtout n’importe quel mode de transmission.
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Comment utiliser la preuve informatique ?


La preuve informatique peut être utilisée pour montrer la validité d’un accord entre deux
personnes (conclusion d‘un contrat…). Pour certains documents, des procédures
d’identifications complexes existent également. Elles peuvent nécessiter un certificat
d’authenticité afin de garantir l’identité « électronique » des intervenants (logiciel à
télécharger sur l’ordinateur avec mot de passe spécifique…) et l’impossibilité de modifier
toute pièce transmise. On parle alors de signature électronique, de coffre-fort électronique…
A titre d’exemple, lorsque vous déclarez vos impôts sur Internet, il est parfois demandé
certaines informations permettant de s’assurer que vous êtes bien le déclarant et le reçu de
l’administration fiscale contient un numéro spécifique vous assurant qu’elle en est bien
l’auteur. De ce fait, ce document pourra être utilisé si l’on vous reproche de ne pas avoir
effectué votre déclaration à temps.

Dans ces cas, la preuve électronique, telle qu’elle est encadrée, ne pose pas de problème. Le
souci concerne la possibilité d’utiliser comme preuve tout écrit électronique.

Un simple mail peut-il ainsi faire office de preuve pour établir la réalité d’un fait, d’une
discussion, d’un accord ? La réponse est non.

En effet, l’équivalence de la preuve électronique par rapport à une preuve écrite classique
réside dans la certitude de son auteur et dans l’impossibilité de modifier le document. Or, un
simple mail ne répond pas à ces conditions, son contenu pouvant être facilement modifié et
toute personne pouvant usurper, ne serait-ce que temporairement, l’ordinateur d’autrui. Cela
ne signifie pas pour autant que ce document est sans valeur. Il peut constituer ce que l’on
nomme un commencement de preuve de sorte que si le fait est confirmé par d’autres moyens
(témoignages, par exemple), le juge disposera de suffisamment d’éléments pour apprécier ou
non la validité de la demande.

La reconnaissance de l’écrit électronique


L’article 1163 du Code civil définit pour la première fois la preuve écrite, ou plus largement
l’écrit [3], comme étant une « suite lisible de lettres, de caractères, de chiffres ou de tous
autres signes ou symboles dotés d’une signification intelligible quels que soient leur support
ou leurs modalités de transmission ». Le code civil s’affranchit ainsi du monopole du papier
[4] et rompt avec la tradition. Si certains auteurs regrettent cette déformation de la « notion
millénaire d’écrit » [5], cette acception présente, au moins, l’intérêt d’être technologiquement
neutre [6].Les actes authentiques n’échappent pas à cette dématérialisation législative.
Désormais, selon l’article 1164 alinéa 2 du Code civil, un acte authentique peut être dressé
électroniquement, à condition d’être conforme aux exigences qui devront être ultérieurement
définies par ordonnance souveraine.

La signature électronique : clé de voûte de l’écrit électronique

Cinq alinéas relatifs aux écrits électroniques sont ajoutés à l’article 279 du Code de procédure
civile traitant de la vérification d’écritures des actes sous seing privé. La force probante de
l’écrit électronique est diminuée lorsqu’il ne respecte pas toutes les conditions des articles
1163-1 et 1163-3 du Code civil. Le défaut de signature électronique aura pour conséquence
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d’exclure des preuves littérales parfaites tout écrit électronique, mais il pourra éventuellement
être retenu comme commencement de preuve par écrit. Ce formalisme rigoureux apparaît
comme justifié compte tenu de la nature du support, facilement altérable, mais surtout parce
que le nouvel article 963-1 du Code civil, réitérant ces exigences formelles, affirme que
« lorsqu’un écrit est exigé pour la validité d’un acte juridique, il peut être établi et conservé
sous forme électronique ».

L’équivalence entre la preuve écrite traditionnelle et la preuve électronique

L’article 1163-1 du Code civil précise les conditions auxquelles l’écrit électronique doit
répondre afin d’être « admis en preuve au même titre et avec la même force probante que
l’écrit sur support papier ». La personne dont l’écrit émane doit pouvoir être dûment identifiée
et il doit avoir été établi et conservé dans des conditions qui en garantissent l’intégrité.

Le législateur n’ayant pas créé de hiérarchie entre l’écrit électronique et l’écrit papier, il
précise comment résoudre un éventuel conflit de preuves. Selon l’article 1163-2 du Code
civil, en présence d’un tel conflit, le juge devra déterminer quel est le titre le plus
vraisemblable. En pratique, ces conflits seront rares, dans la mesure où les exigences
formelles requises pour qu’un écrit électronique soit considéré comme une preuve littérale
sont telles qu’elles seront, il semble, rarement remplies. La prédominance de l’écrit papier
devrait subsister encore quelque temps

Risques et doutes portant sur la preuve informatique


Les risques de falsification de la preuve ne sont pas l’apanage des supports informatiques. La
notion de faux apparue dans le droit romain a été successivement reprise par le droit d’Ancien
régime et le code pénal de 1810.
Toutefois, la preuve informatique peut être facilement altérable et difficilement traçable,
c’est pourquoi des obligations entourant la collecte de cette preuve incombant aux experts et
huissiers permettent d’en garantir l’authenticité.

C’est le cas des huissiers de justice qui doivent se conformer à une série de mesures
techniques lors d’un constat électronique. Ainsi, une capture d’écran nécessite par exemple
que l’huissier mentionne l’adresse IP, vide les mémoires caches, vérifie l’absence de
connexion à un serveur proxy, décrive le matériel utilisé… Des normes AFNOR encadrent la
collecte des preuves électroniques. En matière de preuve électronique, droit et technique
s’associent afin de garantir une efficience procédurale.

Dans les relations commerciales, en propriété intellectuelle ou pour défendre son e-réputation,
le recours à la preuve électronique est devenu à la fois commun et indispensable. Pour faire
valoir ses droits, la preuve électronique n’est pas à négliger, bien que son constat soit soumis
au respect de mesures veillant à garantir son authenticité.

Conclusion
Si la preuve électronique est effectivement admise en droit français, ce n’est que dans des
conditions bien précises et strictes afin que l’identité des personnes concernées et le contenu
du document soient garantis. En revanche, le simple échange de mails est insuffisant en soi et
doit être complété par d’autres éléments afin d’établir la réalité d’un fait ou d’un acte.
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