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Écrire et Lire au CE1

Avant-Propos

Objectif général
« On apprend à lire toute sa vie », ai-je appris au cours de ma formation initiale et continue.
Personne ne peut nier cela, à condition de faire abstraction des vérités que nos formateurs nous
assenaient conjointement à cet axiome de base de la pédagogie moderne.
Pour appuyer leurs dires, ils intervertissaient volontiers son et sens, sens et son, jusqu'à faire
disparaître et l'un et l'autre ; ils démontraient, sans preuves concrètes, que l'étude de l'un contrariait
l'acquisition de l'autre ; ils allaient et vont toujours même jusqu'à assurer qu'il conviendrait de les
dissocier largement en cours d'apprentissage, jusqu'à ne travailler le son qu'à l'oral ou sur des
pseudo-mots alors que le sens devrait être décortiqué procédé par procédé, presque à vide, quand il
s'agit de la lecture faite par l'élève 1 ou laissé à sa libre interprétation au cours de lectures longues
souvent effectuées par le maître.

Pour nous expliquer comment il convenait d'amener nos élèves à l'écrit autonome, on appelait à
la rescousse une autre série de « compétences », qui, si elles devaient impérativement trouver leur
source dans les écrits lus, souvent par l'adulte, n'avaient pas cependant à y faire provision de repères
orthographiques, syntaxiques ou lexicaux à réinvestir à court et à long terme.
Seul le type d'écrit comptait et la libération des talents d'écrivain de l'enfant considéré comme
déjà capable de maîtriser la forme et le fond. L'orthographe surtout, parent pauvre de l'éducation
depuis une trentaine d'années, en était évacuée ; on s'appuyait pour justifier cela sur le principe des
compétences indépendantes des connaissances, un peu à la manière de Pierre Dac et Francis
Blanche qui, dans un sketch célèbre, affirmaient qu'ils pouvaient le faire mais ne le faisaient
jamais ! L'enfant peut écrire sans faire de fautes mais il n'a surtout pas à le prouver lorsqu'il écrit.
Dans la plupart des classes, on écrit d'ailleurs très peu malgré les « cahiers de l'écrivain » et les
grands projets destinés à être exposés en version papier ou numérique à travers les larges fenêtres
que l'école doit ouvrir sur l'extérieur. Il faut dire que le temps manque et qu'il est difficile, même
après de très nombreux allers-retours entre auto-évaluations et réécritures, d'obtenir de ses élèves
ces résultats dignes d'être exposés ! Surtout lorsqu'on commence par la fin et qu'on attend de petits
enfants sachant lire et écrire seulement depuis quelques mois des compétences dignes d'un Victor
Hugo ou d'un Daniel Pennac !
1 Les dernières « modes » sont la recherche d'inférences, sur des textes très courts, décontextualisés, et la fluence, sur
des textes lus et relus, jusqu'à obtenir une rapidité de façade, cachant parfois une récitation du texte que l'élève ne
regarde même plus.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 1


L'ambition de ce manuel est tout autre. Il procède pas à pas, rassemblant sur chacune de ses
pages, mille compétences différentes qui, prises individuellement, ne servent à rien mais qui,
associées les unes aux autres, triturées, malaxées ensemble, font des jeunes enfants de six à sept ans
de petits lecteurs, très vaguement écrivains, certes, mais des lecteurs écrivains qui maîtrisent ce
qu'ils sont capables de réaliser pour le moment.
Notre objectif, en écrivant cet ouvrage, est de voir la lecture et l'écriture faire peu à peu partie de
la vie quotidienne de nos élèves. À sa suite, ils navigueront de l'oral à l'écrit et de l'écrit à l'oral
selon les besoins et les moments : de la lecture de mots simples, destinés à renforcer les
compétences de bases, à la lecture à voix haute théâtralisée de scénettes, de la rédaction collective
de courtes phrases à l'écriture autonome de textes simples mais complets, tout est mis en œuvre
pour que les enfants quittent le CE1 en ayant intégré la langue écrite à leurs pratiques d'expression,
de documentation, d'instruction et de communication.
Grâce à une pédagogie basée sur l'écoute et l'expression orale développée lors de toutes les
séances, les élèves vont continuer à parfaire leur langage oral, chacun à son niveau mais tous
ensemble pour les progrès de tous : la langue écrite enrichit la langue orale qui, à son tour, s'enrichit
des savoirs lexicaux de chacun. La théâtralisation de certains textes, la lecture expressive et
l'apprentissage par cœur des poésies régulièrement présentées aident les élèves à corriger leur
articulation et à s'imprégner de mots, expressions et tournures recherchés.
L'organisation du manuel en fascicules, chacun axé autour d'un thème différent2, permet d'établir
une progression simple. Chaque fascicule sera étudié en trois semaines environ 3 ; deux fascicules de
32 pages sont donc prévus pour chaque période de l'année scolaire. Chaque fascicule comprend
plusieurs textes à caractère plus documentaire4 qui pourront être étudiés dans le cadre du domaine
Questionner le monde.
Enfin les illustrations, réalisées pour ce manuel par une artiste connaissant le monde de l'enfance
puisqu'elle est aussi professeur des écoles, servent à leur tour la méthode de perfectionnement de
l'écriture-lecture mise en œuvre. Elles ont pour mission d'éclairer le texte sans le déflorer, de
favoriser l'expression, orale et écrite, d'encourager les élèves à se servir eux-mêmes du dessin pour
suppléer momentanément à leurs difficultés d'expression écrite ou pour enrichir leur expression
plastique personnelle.

2 Voir Table des matières.


3 Pour les classes rapides, on pourra réserver un ou deux jours par semaine à d'autres lectures (lectures suivies d'un
roman, par exemple). La dernière semaine de la période a été laissée libre pour permettre d'y programmer des
évaluations.
4 Généralement un texte d'Histoire (Temps), un de Géographie (Espace) et un de Sciences (Matière ou Vivant).

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 2


Organisation pratique au quotidien5

1) Lecture du texte :

À la rentrée des classes, placés face à un texte de deux à trois lignes, nos élèves peuvent le
déchiffrer à voix haute, parfois très lentement, en hésitant beaucoup 6, parce que les deux mois de
vacances ont tassé leur fond de connaissances et qu'elles demandent à être réactivées doucement.
Après cette lecture oralisée, ils peuvent raconter, avec leurs mots, ce que cette courte lecture leur
a appris ; cela correspond bien entendu à ce que toute la classe et le maître ont aussi appris. Ils
pensent à demander des explications sur les mots qu'ils ne comprennent pas et savent, après
information, les réutiliser dans des phrases qu'ils inventent eux-mêmes.
Lors de la lecture du paragraphe suivant, sans qu'on ait besoin de travailler ces compétences à
part pendant un autre temps scolaire, ils font le lien avec le précédent, comprennent l'implicite des
situations simples qu'ils découvrent et reconnaissent les personnages, les animaux et les choses dans
les reprises nominales et pronominales qui évitent les répétitions.
C'est ainsi qu'après une relecture complète des quatre à cinq paragraphes de chaque texte, ils sont
prêts à aller plus loin et se pencher sur une analyse plus fine de ce qu'ils viennent de lire.

2) Analyse et synthèse à partir du texte lu :

• Nous savons lire : Ils vont d'abord réactiver ce fond de connaissances phonémiques
indispensable à une lecture plus rapide et plus fluide. Pour ce faire, surtout pas de pseudo-mots :
l’œil et le cerveau doivent apprendre à travailler conjointement. S'il a été une étape de
l'apprentissage où il fallait nécessairement passer par l'encodage lettre à lettre, nos élèves doivent
désormais dépasser ce stade et apprendre à déchiffrer très vite les mots les plus fréquents du
vocabulaire français, dans une reconnaissance presque instantanée. La lecture va ainsi nourrir

5 Bien que nous soyons souvent pris par le temps, il est impératif que la lecture, association du son produit et du sens
découvert, soit pratiquée au quotidien et qu'elle fasse toujours l'objet d'une exploitation visant à la rendre naturelle chez
les enfants. Chaque double page est conçue comme un tout qui doit faire l'objet d'une ou deux séances collectives
quotidiennes. Pour être efficace, l'étude de la page de droite doit suivre immédiatement la lecture effectuée sur la page
de gauche.
Dans les classes nombreuses, afin que tout le monde ait eu l'occasion de s'exprimer oralement et de lire à voix haute, on
peut scinder le travail en deux parties. On lira le matin : le texte (déchiffrage et relecture) ainsi que les trois premiers
exercices (révision de son, vocabulaire et questions de compréhension) ; l'après-midi, après une relecture, on abordera,
l'exercice d'approfondissement sur le vocabulaire et l'exercice d'expression). Le travail sur les deux pages ne doit pas
excéder 45 à 60 minutes, quitte à ne pas utiliser l'écriture manuscrite au cours de la phase d'analyse et de synthèse. Dans
les classes nombreuses, deux séances de 30 à 45 minutes peuvent être nécessaires. Certains textes, plus longs et plus
difficiles, pourront être étalés sur deux jours.
6 Pour les élèves qui n'en sont même pas encore là, nous développerons dans la description des premières leçons ce qu'il
conviendra de faire pour différencier l'apprentissage ou les aider à combler rapidement leur retard afin de les raccrocher
le plus vite possible au groupe.

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l'orthographe qui, à son tour, rendra la lecture plus rapide. S'il le faut, quelques indications feront
des mots inconnus, ravalés au rang de pseudo-mots par les élèves, de vrais mots, identifiables par le
décodage et identifiés par leur compréhension.

• Nous expliquons : Le déchiffrage et la compréhension sont à nouveau à l'honneur ensemble


dans l'exercice suivant. Les élèves relisent les mots et expressions rares qu'ils ont découverts dans la
lecture, puis en découvrent ou redécouvrent 7 le sens. Le langage oral est immédiatement appelé à la
rescousse pour des reformulations, des exemples, des anecdotes mettant en scène ces mots. Le
vocabulaire passif devient actif, il sera réemployé aussi souvent que possible dans la vie de la classe
les jours suivants.

• Nous réfléchissons : L'enrichissement de la compréhension continue avec l'exercice de la


réflexion. Autant que faire se peut, ces questions sont conçues pour être très ouvertes. Elles ne
reprennent pas mot à mot le sens exact du texte car il a été déblayé lors des lectures de paragraphes.
Leur but n'est pas non plus d'obtenir qu'un bon élève réponde très vite à la première par quelques
monosyllabes avant de passer à la suivante ; au contraire, elles cherchent à élargir le débat et
permettre à chacun de s'exprimer à son niveau avant de s'intéresser au débat collectif 8. Ces
questions constituent donc un guide non exhaustif pour le maître qui pourra en approfondir
certaines, en supprimer d'autres, rajouter les siennes et surtout toutes celles que leurs élèves
choisiront de débattre entre eux9.
Ces questions peuvent aussi faire l'objet d'un travail d'expression écrite, collectif en début
d'année, puis de plus en plus individualisé au fur et à mesure que les élèves acquièrent des réflexes
orthographiques et une vitesse d'écriture compatible avec un travail autonome de qualité. Cette
solution, après un temps d'apprentissage collectif obligatoire garantissant le respect de l'orthographe
et de la syntaxe, peut constituer une excellent solution lorsque le maître est à la tête d'une classe à
plusieurs niveaux et qu'il a intérêt à favoriser l'autonomie des élèves pour qu'ils puissent travailler
de front, même lorsqu'il s'occupe d'autres enfants.

• Nous nous exerçons : L'exercice suivant vise aussi à enrichir l'expression orale et écrite des
élèves en proposant un travail autour du vocabulaire ou de la syntaxe. Il travaille intuitivement
toutes les notions qui, plus tard, seront structurées de manière plus formelle au cours des leçons de
vocabulaire, d'orthographe et de grammaire du programme de français. Les notions reviennent

7 Voir dans la description des premières leçons.


8 Voir Pédagogie de l'écoute, Pierre Péroz , destiné à l'école maternelle, mais valable jusqu'à la fin du CE1 et même
plus : http://www.cndp.fr/crdp-reims/ressources/conferences/peroz/peroz.htm
9 Attention cependant à ne pas déborder du cadre horaire et délayer ainsi le bénéfice de la lecture quotidienne, devenue
lourde et pesante pour les élèves les plus éloignés de la culture scolaire.

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souvent, sous des habillages différents, afin que chacun puisse opérer les transferts nécessaires entre
ce qu'il pressent intuitivement et ce qu'il a déjà appris, à d'autres moments, parfois même dans
d'autres domaines du savoir scolaire. Son exécution sera soit orale, soit écrite, toujours selon le
niveau de la classe, le temps mobilisable et la disponibilité du maître.

• Nous nous exprimons : Le dernier exercice permet enfin de réutiliser tous ces nouveaux acquis
par l'expression personnelle ; de l'oral à l'écrit, en passant par le dessin, tout ce que les élèves savent
déjà faire est sollicité, réemployé en association avec ce qui n'est pour le moment que très
superficiellement connu. Le maître est là, tout proche, guidant le travail afin que, de plus en plus, et
toujours à petits pas, tous progressent et prennent une autonomie réelle car construite et étayée par
des savoirs sûrs qui s'automatisent progressivement.

Tout au long de l'année, ces exercices seront repris, enrichis, complétés par d'autres, toujours
dans le but d'offrir à tous l'occasion de progresser, d'enrichir leurs connaissances, de les assurer pour
pouvoir les mobiliser seuls mais de manière correcte et habituelle : lecture à haute voix fluide,
compréhension immédiate du sens général, utilisation du contexte pour pratiquer des inférences et
comprendre l'implicite, maîtrise du sens des mots et découverte de règles régissant leur
construction, acquisition de réflexes orthographiques et syntaxiques, rédaction autonome de
paragraphes de trois à quatre phrases correctement orthographiés et ponctués.
Les textes de lecture s'enrichiront, ils permettront la découverte d'autres lieux, d'autres temps,
d'autres connaissances ; ils élargiront le quotidien des enfants de CE1 en continuant à étoffer leur
connaissance du patrimoine littéraire accessible aux jeunes enfants.

Nous espérons qu'ainsi disparaîtra des classes l'horrible malédiction frappant depuis quelques
décennies la plupart des enfants qui n'ont que l'école pour découvrir la richesse de la langue
française, son écriture, sa lecture et sa littérature. Puisse ce manuel ouvrir la porte à de nombreux
autres, bien décidés à considérer comme lui que si l'on apprend à lire toute sa vie, il est nécessaire
que les enfants soient entraînés et guidés dans cet apprentissage et qu'il ne convient pas de les
précipiter tout jeunes encore dans une utilisation de moins en moins suivie des vingt-six lettres qui
constituent le fond de tous les possibles s'ouvrant à eux à l'aube de leur septième anniversaire.

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Retour de vacances

1. Lecture :
• Texte : Un texte court et simple pour débuter l'année scolaire. Aucune difficulté notable ni sur le
plan du vocabulaire, ni sur le plan de la syntaxe. Les phrases sont courtes, la plupart de mots sont
connus des enfants. Si les élèves sont très faibles lecteurs et que la lecture d'un paragraphe les
contraint à déployer une énergie épuisante, on pourra le faire lire phrase par phrase. Si cet effort est
encore trop important pour quelques élèves, il conviendra de ne leur demander que la lecture d'un
mot avant de constituer pour eux un groupe de soutien qui bénéficiera, en plus de cette séance de
lecture quotidienne, d'une ou deux autres séances de lecture à leur niveau10.
• Mots difficiles : domaine, cyprès, matou.
• Connaissance du code ; décodage : ou

Déroulement :

1) Observation rapide de l'illustration : Les élèves sont sollicités un à un pour exprimer ce qu'ils
voient, ce qu'ils croient comprendre, ce qu'ils trouvent remarquable. Certains pourront reconnaître
l'illustration qui débute Écrire et Lire au CP ; ce sera l'occasion de permettre aux élèves d'évoquer
la possibilité d'écrire ou de lire plusieurs textes, tous différents les uns des autres, à partir d'une
seule et même illustration.
Les mots cyprès, matou et peut-être domaine pourront éventuellement prononcés, au moins par
le maître. Leur signification sera alors expliquée par leur illustration.

2) Lecture du texte : Il est indispensable que, chaque jour, tous les élèves de la classe aient lu à
voix haute ne serait-ce qu'une phrase du texte, même dans les classes très nombreuses. Par ailleurs,
il est tout aussi indispensable qu'aucun des élèves ne récite, avec plus ou moins de fidélité, le texte
qu'il devrait être en train de déchiffrer.
Il va donc s'agir de s'organiser, surtout dans les classes nombreuses, pour que personne ne soit
lésé et que chacun puisse agir à égalité avec tous ses petits camarades.

Imaginons une classe de 26 élèves dont les prénoms débutent chacun par une lettre différente de
l'alphabet ; nous avons Abel, Bérénice, Camelia, … , Xavier, Yassine et enfin Zacharie. Aujourd'hui,
premier jour de l'année scolaire, c'est Abel qui va nous lire le premier paragraphe ou la première
phrase, selon sa rapidité : s'il lit vite, mot à mot, sans trop buter sur les mots, ce sera le paragraphe,
si sa lecture est lente et hésitant, il ne lira que la première phrase.
À l'issue de sa lecture, la classe expliquera ce qu'elle a retenu. Si la lecture de phrase a été très
10 Voir Annexe 1.

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hésitante, sans le formuler à voix haute, le maître sollicitera alors Bérénice qui relira la même partie
avant de continuer sur la deuxième, puis finira le paragraphe si elle-même lit facilement. Si
Bérénice est elle-même encore très faible lectrice, le maître l'arrêtera en fin de deuxième phrase.
Avant de passer à l'élève suivant, Camelia, puis Denis, puis Emma, …, l'extrait lu sera
commenté, son vocabulaire expliqué, par les élèves plutôt que par le maître qui veille cependant à
ce que l'intérêt de la classe ne s'éparpille pas et qui ramène au texte rapidement.

Lorsque le premier paragraphe est lu en entier, et que son sens général a été énoncé 11 c'est l'élève
suivant qui le relit entièrement quelle que soit sa lecture. Le maître l'encourage à accélérer, à se faire
confiance. Il lui propose de baliser sa lecture grâce à son double décimètre placé sous la ligne et son
index placé sous le mot ou la syllabe à lire. Il peut même venir à sa rescousse et placer lui-même
son doigt au-dessus du mot à lire en en dévoilant les syllabes une à une au besoin.

On continue de même avec les élèves suivants pour le paragraphe suivant, qui est expliqué,
phrase à phrase, mot à mot au besoin, puis relu dans son intégralité. Lorsque les cinq paragraphes
du texte ont été ainsi décortiqués, les cinq élèves suivants 12 les relisent une dernière fois, sans
interruption en cous de lecture cette fois.

Si toutefois dans la classe, quelques élèves n'avaient pas encore lu, on peut programmer une
nouvelle lecture intégrale du texte, en faisant très attention d'obtenir une vraie lecture et non une
récitation, plus ou moins fidèle du texte. Si l'on sent que c'est le cas, il vaut mieux passer à la
deuxième partie en prenant pour premiers lecteurs ceux qui n'ont pas lu le texte.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :

Nota Bene : Au cours des premières quinzaines, les sons complexes seront revus un à un, selon
la même progression que pour Écrire et Lire au CP. Il peut être intéressant, avec des élèves déjà
bons déchiffreurs, de donner l'orthographe des plus courants de ces mots à réviser à la maison. On
peut aussi se contenter, surtout dans les classes encore faibles, de dicter quotidiennement des
syllabes et quelques mots très faciles à écrire, car sans lettres muettes 13, pendant les deux semaines
que durera le premier chapitre de lecture. Il ne faut surtout pas hésiter à dicter plusieurs jours de

11 « Mimi est revenu de vacances. Il retrouve son jardin. Il a peur de ne pas le reconnaître », dit par un ou plusieurs
élèves.
12 Au besoin, on a repris la liste à partir d'Abel, une ou plusieurs fois selon le nombre d'élèves de la classe et leur
capacité à lire longtemps ou pas.
13 On peut aussi, pour des mots très courants qu'il nous semble important de présenter à cette occasion, signaler les
lettres muettes et les doubles consonnes ou les faire signaler par un élève à l'orthographe plus assurée que la plupart de
ses camarades.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 7


suite certains mots ; c'est ainsi qu'on en assurera l'orthographe. Cet exercice d'orthographe doit
être fait à un moment différent de la journée ou en rituel, avant le début de la séance de lecture.
Nous savons lire : le son ou
le retour – tout doux – il retrouve – un jour – le velours
lou – mou – tou – pou – chou – our – ous – oum -oul – ouc

On peut faire lire le titre à l'élève suivant 14 ; cependant, il faut qu'il ait autre chose à lire car, bientôt,
tout le monde connaîtra par cœur ces quelques mots qui reviendront chaque jour. Il lira donc le titre
et le premier mot : « le retour », qu'il épellera. Le suivant15 lira « tout doux » qu'il épellera. En
continuant ainsi, mot à mot, puis syllabe à syllabe, ce sont quinze élèves qui auront rapidement
réactivé leurs souvenirs de CP !

B. Lexique :

Nota Bene: Les mots ayant normalement été présentés une première fois lors de l'observation de
l'illustration puis une deuxième lors de la lecture commentée des paragraphes, ils ne devraient plus
être totalement inconnus des enfants.

Nous expliquons :
son domaine : l'endroit où il habite et qui lui appartient.
un cyprès : un arbre long et mince qui reste toujours vert.
un matou : un chat.

La lecture de chacune des définitions sera confiée aux élèves suivants. À l'issue de chaque
explication lue, on demandera aux élèves de la classe d'employer le mot vedette dans une phrase
qu'ils inventeront.

C. Réflexion :

Nota Bene: Les questions ne sont là qu'à titre indicatif. Elles sont conçues pour instaurer un
véritable dialogue entre les élèves et le maître. Dans la mesure du possible, elles ne traitent pas des
péripéties de l'action qui ont été commentées en cours de lecture mais plutôt de ce qui n'est pas
clairement dit dans le texte. Elles visent ainsi à rendre chaque élève actif pendant sa lecture en le
détachant des mots et en lui apprenant, modestement pour le moment, à créer des liens entre ces
mots, les idées qu'ils suggèrent, les interprétations qui peuvent différer d'un lecteur à l'autre et le
fond commun qui ne peut être contesté. Pour le moment, il ne saurait être question de répondre par
écrit à ces questions, même dans les classes à plusieurs niveaux. Tout au plus, le maître peut-il

14 Dans notre classe fictive, si chacun a lu une phase, nous en sommes revenus à Camelia.
15 Denis, pour notre classe fictive.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 8


choisir de demander aux élèves une phrase résumant le débat après chaque question et l'écrire,
sous leur dictée, au tableau. Le texte très court obtenu pourra éventuellement être donné à copier
aux élèves bons lecteurs pendant une des séances de lecture des élèves en difficulté. Il pourra aussi,
si on le souhaite, être i par le maître et donné en exercice de lecture à la maison aux élèves en
difficulté moyenne16.

Nous réfléchissons :
- Quel est le domaine de Mimi ? Que contient-il ?
- Quel est le langage de Mimi ? Comment dit-il bonjour ?
- Comment marche-t-on « sur ses pattes de velours » ?
- Qu'est-ce qui rassure Mimi ?

Ce premier texte étant très simple, il y aura peu d'occasions de polémiquer autour de grandes
idées ; cependant, déjà, l'idée d'un « domaine » qui serait la propriété exclusive de Mimi, anxieux
d'y trouver des changements, d'un « langage » propre aux animaux, ainsi que la recherche
d'éléments rassurants, peut permettre aux élèves de discuter entre eux, sous la surveillance du
maître qui veille à une distribution équitable de la parole, sachant qu'être équitable en terme de prise
de parole à l'école, c'est donner plus à ceux qui ont moins, leur réserver tout ce qui est du domaine
de leur possible et même un peu plus alors que les grands parleurs apprennent à écouter pour mieux
rebondir ensuite pour dépasser eux aussi leurs limites17.
La lecture se déroulera comme précédemment. Chaque enfant lira à son tour une question et la
classe cherchera à y répondre, chaque élève à sa manière. Cet exercice doit permettre à tous de
parler sans toutefois s'éterniser.

D. Exercice :

L'exercice proposé est le premier d'une longue série visant à apprendre intuitivement aux élèves
à se servir du mot radical (ou mot simple) pour comprendre et bientôt construire eux-mêmes des
mots qui en sont dérivés. Au cours de ces exercices, le maître peut parler de mots de la même
famille, de familles de mots, de mot simple et même pourquoi pas de radical, de mot dérivé, de
préfixe et de suffixe, à condition, bien entendu, de ne pas exiger ce vocabulaire spécifique de la
part des élèves.

Nous relions deux à deux :


les coudes – les genoux – le dos – les bras – les cheveux
agenouillé – échevelé – accoudé – embrassé – adossé

16 Élèves lisant tout juste mot à mot, avec nombreuses reprises.


17 Voir la conférence citée en note, page 3.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 9


Selon l'ordre adopté, un élève lit la consigne ; le suivant lit le premier mot ; etc. En fin de
première ligne, l'élève suivant relit la ligne entière ; la deuxième ligne est lue de même.
Les élèves associent ensuite les mots deux à deux. Le maître les écrit au tableau, en adoptant une
présentation claire :

le$ coude$ accoudé

le$ genoux agenouillé

le do$ adossé

le$ bra$ embrassé

le$ cheveux échevelé

E. Expression :

Pour ce premier jour de classe, nous n'avons prévu d'exercice d'expression à proprement parler.
Cependant, cette reconstitution de phrase permettra de faire ressurgir les souvenirs du CP dans
l'esprit des élèves qui n'ont pas rédigé de phrases pendant les vacances d'été.
Le maître insistera sur les mots phrase, majuscule, point et exigera des élèves une attention
appuyée à l'orthographe en demandant une épellation correcte. Dans les classes où la phrase
servira de matériel pour la copie, cette attention aux signes de ponctuation et à l'orthographe sera
contrôlée avec soin.

Nous reconstituons la phrase :

peut Une commencer année ! nouvelle

Selon l'ordre adopté, un élève lit la consigne ; le suivant lit le premier mot ; etc. En fin de ligne,
l'élève suivant relit tout.
Les élèves dictent alors les mots dans l'ordre, en les épelant, au maître qui écrit la phrase au
tableau.

Une nouvelle année peut commencer !

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 10


La drôle de maison
1. Cruchon, cruchette

1. Lecture :
• Texte : Un conte en trois parties, abordant le thème de la maison, sur le mode humoristique. Ce
conte, très connu, rappellera aux élèves celui de La Moufle, grand classique des écoles maternelles.
Dans les écoles où le vocabulaire est très pauvre, il pourra être utile d'avoir quelques photos
représentant une voiture à cheval (charrette, très certainement), un champ, une cruche ainsi que tous
les animaux qui apparaissent au cours des trois chapitres de l'histoire (souris, grenouille, lièvre,
renard, loup et ours). Un de ces animaux pourra être étudié lors des séances du domaine
Questionner le Monde afin de fixer le vocabulaire spécifique (museau, pattes, queue, fourrure,
pelage, trottiner, sautiller, ronger, grignoter, ...) et d'élargir les connaissances.
La première partie, étudiée aujourd'hui, est courte et simple. Sa forme se prête bien à une lecture
phrase par phrase qui, tout en simplifiant la tâche des lecteurs encore fragiles, préparera la classe
entière à la lecture des dialogues.
• Mots difficiles : cruche, museau
• Connaissance du code ; décodage : ou-ille

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Les élèves s'expriment librement. Les mots cruche, museau, souris et grenouille sont employés,
au moins par le maître et expliqués par l'illustration. Le maître peut les écrire au tableau sous la
dictée des élèves. Le mot grenouille sera alors épelé et on pourra, rapidement, faire trouver
quelques autres mots contenant le son ou-ille.
Si les élèves parlent de rat ou de crapaud, bien expliquer que ces deux animaux sont les cousins
respectifs des souris et des grenouilles mais que ce n'est pas le nom des mâles d'une espèce dont
elles seraient les femelles.

B. Lecture du texte :

Le texte est lu paragraphe par paragraphe ou phrase par phrase comme la veille mais aujourd'hui,
dans notre classe fictive, c'est Bérénice qui commence alors qu'Abel lira après Zacharie. Cela
permettra ainsi chaque jour à chaque élève d'avoir un rôle différent ; celui qui était premier lecteur
hier devient relecteur aujourd'hui avant de redevenir premier lecteur demain. Les relecteurs de
paragraphes qui pouvaient s'appuyer sur leur mémoire devront pendant quelques jours faire appel

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 11


à leurs capacités de déchiffrage pour comprendre ce qu'ils lisent sans compter sur une éventuelle
mémoire immédiate. La lecture phrase par phrase permet de préparer à la lecture de dialogue et
facilite la concentration de tous, le tour de lecture à voix haute revenant plus fréquemment
À l'issue de chaque phrase, un élève en explique le sens général. On explique au fur et à mesure
tous les mots qui ont semblé poser un problème de compréhension au lecteur18.
Paragraphe 1 : Ne pas oublier d'expliquer voiture qui n'aurait aucun sens s'il s'agissait d'une
automobile moderne d'où la cruche n'aurait pas pu tomber.
Paragraphe 2 : L'expression Eh bien peut être lue par le maître si les élèves hésitent trop. On
pourra alors faire lire au tableau : Eh oui ! Eh non ! Eh toi, là-bas !
Paragraphe 3 : Aider à lire grenouille et mouille. Rappeler à voix haute en épelant : « O, u, ça se
lit « ou » et i, 2 l, e, ça se lit « [j], « ou-ille, grenouille, mouille ».

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Le son « ou » a été vu la veille, on y ajoute « -ille ». Il faut bien considérer que si les élèves
savent le lire, ils ne savent sans doute pas encore l'écrire, du fait de la rareté d'emploi. Pour les
aider à mémoriser cette longue suite de lettres (6 lettres), il convient de la leur faire épeler à voix
haute aussi souvent que possible. On peut choisir de faire écrire la phrase Je suis la grenouille qui
se mouille en copie en faisant surligner la suite de lettres « ouille » au crayon de couleur.
Nous savons lire : le son ouille
une grenouille – elle se mouille – la rouille – il fouille

La lecture s'effectue comme la veille, expression après expression, grâce à quatre élèves
différents. On peut demander à quatre autres élèves, en les intercalant entre deux lectures ou à la fin
de la lecture des quatre mots, d'épeler les mots les yeux fermés. On peut aussi faire venir quatre
élèves différents au tableau pour écrire chacun l'une des quatre expressions.

B. Lexique :
Les mots ont déjà été expliqués deux fois. Lors de cette troisième explication, le maître peut
demander aux élèves s'ils connaissent d'autres synonymes des mots cruche et museau. Il parlera
lui-même de jarre, pichet, pot, vase, broc et de truffe, groin, hure, nez.

Nous expliquons :
une cruche : un gros pot à eau en terre cuite.
le museau : nous avons un nez, les animaux ont un museau.

18 On repère assez facilement les mots inconnus à la lecture à voix haute de l'enfant. S'il hésite longuement, bafouille
encore à la relecture, c'est généralement parce qu'il découvre le mot et qu'il ignore le sens.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 12


La lecture de chacune des définitions sera confiée aux élèves suivants. À l'issue de chaque
explication lue, on demandera aux élèves de la classe d'employer le mot vedette dans une phrase
qu'ils inventeront.

C. Réflexion :

Les deux questions sont très ouvertes ; elles devraient permettre à tous de s'exprimer. Penser à
commencer par interroger les moins à l'aise à l'oral même pour qu'ils ne disent que quelques mots.
Réserver la synthèse aux enfants les plus à l'aise à qui l'on peut demander d'aller un peu plus loin
et d'anticiper sur l'exercice suivant en citant le nom de quelques logis réels d'animaux domestiques
ou sauvages19.

Nous réfléchissons :
- Pourquoi la cruche fait-elle penser à une maison ?
- Quels autres objets pourraient servir de maison aux animaux ?

D. Exercices :
Ce conte prêtant aux animaux un logis commun permet de répertorier et d'enrichir le le champ
lexical des abris traditionnels des animaux. Les enfants sont friands de ces listes de mots et il est
souvent bien difficile de les arrêter lorsqu'ils ont commencé à en dresser une sur un sujet aussi
affectif que l'animal. Si l'on a le temps, on peut se servir de la note ci-dessous pour enrichir la liste
avec les animaux cités. On peut aussi enrichir la liste dans l'autre sens et trouver d'autres animaux
creusant un terrier (blaireau, renard, taupe, loir, loutre, belette, …), vivant dans une tanière (ours,
loup, lion, …)…

Nous relions deux à deux :


le chien – le cheval – le loup – le mouton – la vache – le lapin
le terrier – l'écurie – la niche – la bergerie – l'étable – la tanière

Chaque élève lit un nom d'animal, le septième relit toute la liste ; puis, sept nouveaux élèves
lisent la liste des abris ; enfin, les élèves associent ensuite les mots deux à deux et le maître les écrit
au tableau, en adoptant une présentation claire, sous la dictée des élèves qui épellent les mots :

le chien la niche

le cheval l'écurie

19 À la liste proposée dans l'exercice, on pourra ajouter l'abeille et sa ruche, l'aigle et son aire, le lièvre et son gîte, le
sanglier et sa bauge, la poule et son poulailler ou sa basse-cour, le porc dans la porcherie, l'oiseau et son nid, la fourmi
et sa fourmilière, l'araignée et sa toile…

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 13


le loup la tanière

le mouton la bergerie

la vache l'étable

le lapin le terrier

E. Expression :

Après la reconstitution de phrase, déjà abordée la veille, nous allons procéder à l'énonciation,
ou mieux à la rédaction du premier texte d'imagination de l'année scolaire. Le thème est simple, les
animaux étant fortement humanisés, l'exercice consiste à énoncer en une phrase une activité à
laquelle se prêtent volontiers les enfants lorsqu'ils invitent un de leurs camarades à la maison.

La recherche d'une expression orale correcte, inspirée par les règles d'énonciation de l'écrit,
sera le point de départ impératif du travail d'expression écrite, en optant au besoin pour un temps
plus ou moins long20 pour une production collective, écrite au tableau, sous la houlette du maître
qui prépare à l'écriture « au fil de la plume » des accords grammaticaux, explique et rappelle les
règles, aide les élèves à restituer l'orthographe des mots, encourage et félicite.
Cela ne se fera pas en un jour mais il est indispensable d'y revenir chaque fois que l'on
confronte les élèves à une production de phrase : on n'écrit jamais « comme on veut » pour se
corriger ensuite. Au CE1, le gain sera modeste et l'on désespérera souvent de voir un jour
l'orthographe de nos élèves progresser mais, à terme, si cette vigilance orthographique est
maintenue dans les classes supérieures, nous ne rencontrerons plus d'adolescents ou même
d'adultes obligés de se surveiller et se relire sans cesse pour écrire ne serait-ce qu'un court
paragraphe dans un message électronique…

Nous reconstituons la phrase :

Passe une en petite . sautant grenouille

Nous racontons et dessinons : ce que font la souris et la


grenouille dans leur nouveau domaine.

20 Temps qui pourra s'étaler jusqu'à la fin de l'année scolaire au besoin. Garder cette manière de fonctionner pendant
tout le premier trimestre ou même jusqu'à la moitié de l'année scolaire me semble tout à fait raisonnable et constituera à
terme du temps gagné plutôt que du temps perdu : bâtir droit est souvent beaucoup plus efficace que de laisser pousser
n'importe comment et démolir ensuite parce que le bâtiment est décidément bien trop inconfortable !

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 14


Exercice 1 : L'exercice de reconstitution de phrase sera traité comme la veille.

Exercice 2 : L'exercice d'expression proprement dit pourra être traité de deux manières
différentes, selon le temps disponible et le niveau des élèves.
L'objectif est d'obtenir une phrase correcte tant sur le plan syntaxique que sur le plan
orthographique. Les élèves les plus performants pourront aller jusqu'à deux ou trois phrases mais le
maître doit leur signaler qu'il préfère nettement une seule phrase, parfaitement écrite, qu'une
logorrhée mal ponctuée et bourrée de fautes. On peut pour cela user de métaphores et comparer
l'enfant à un bâtisseur quel qu'il soit (maison, voiture, vaisseau spatial, cabane, bateau) qui construit
de bric et de broc un objet non identifié qui prend l'eau de partout, cahote et part en morceaux dès
qu'on souhaite l'utiliser ; il est alors facile de démontrer qu'il aurait mieux valu être moins ambitieux
mais sûr de soi, ce qui aurait donné un résultat bien plus gratifiant.
1) Rédaction collective21 :
• Phase orale : L'élève dont c'est le tour de lecture lit la consigne à voix haute que le maître fait
reformuler par d'autres élèves.
Un dialogue s'instaure alors au sein de la classe pour décider de l'occupation choisie par les deux
animaux, dialogue dirigé par le maître qui évite les trop longue prises de parole et les digressions.
Lorsque le thème est trouvé, toujours sous la direction du maître, le débat s'oriente vers la façon
de tourner la phrase et les mots à employer. Le maître sollicite les élèves les plus fragiles, rappelle
éventuellement des règles de l'expression écrite (emploi de la négation, du pronom nous plutôt que
on, vocabulaire familier à proscrire, …), encourage à enrichir la phrase.
Lorsque la phrase est choisie, le maître la fait répéter à plusieurs élèves. Au besoin, dans les
classes où la lecture est encore très hésitante, il balise le tableau en réalisant autant de cadres que la
phrase comporte de mots.
Par exemple pour la phrase : « La souris balaie devant la cruche et la grenouille installe deux
lits. », il préparera le balisage suivant :

• Phase écrite : On peut, au choix, écrire soi-même, seul ou sous la dictée des élèves qui épellent,
ou faire écrire des élèves volontaires. On peut aussi mixer toutes ces méthodes, se réservant les
mots difficiles et réclamant l'aide des élèves pour ce qu'ils connaissent déjà.
La seule règle à respecter est d'obtenir dès le début une orthographe correcte. L'orthographe
grammaticale doit être évoquée en amont de l'écriture afin que, progressivement, elle fasse

21 Voir Annexe 2 pour une description de séance en classe, adaptée à ce début d'année, dans une classe d'un niveau
moyen.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 15


instinctivement partie de l'image du mot lorsque ce dernier se trouve utilisé dans les mêmes
conditions syntaxiques.
Une fois la phrase écrite au tableau, elle pourra être recopiée individuellement, collée après avoir
été dactylographiée et imprimée, ou tout simplement recopiée à un exemplaire pour illustrer un
Cahier de Vie de la classe qui circulera dans les familles jour après jour22.
Cette phrase, plus simple que le texte de lecture, pourra être gardée pour la relecture des élèves
en grande difficulté, lorsque ceux-ci auront toutefois acquis tous les sons qui en composent les
mots.
2 Rédaction individuelle :
• Phase individuelle : Un élève lit la consigne qui est reformulée par deux ou trois élèves différents.
Le maître indique qu'il s'agit d'écrire une phrase et une seule racontant simplement ce que font les
deux amies dans la cruche.
Il peut éventuellement écrire au tableau : Dans la cruche, afin que les élèves prennent confiance
et osent démarrer. Il rappelle qu'en regardant dans le livre, tout le monde peut écrire souris et
grenouille sans faire d'erreurs. Il rappelle aussi qu'il est disponible pour aider chacun à écrire
correctement les mots qu'il ne connaît pas.
Les élèves sortent alors leur cahier de brouillon et écrivent seuls leur phrase. Lorsqu'ils se
trouvent en difficulté, ils se rapprochent du maître selon les règles prévues dans la classe. S'il s'agit
d'une classe à plusieurs niveaux et que le maître n'est pas disponible immédiatement pour l'écriture
d'un mot, ils peuvent le remplacer par un cadre vide. En attendant la phase duelle, ils commencent
l'illustration de leur phrase sur leur cahier de rédaction.
• Phase duelle : Le maître se rapproche successivement de chacun des élèves pendant que les autres
continuent leur texte ou leur illustration23. Les élèves lisent ce qu'ils ont écrit et, selon la difficulté
d'explication de la règle, le maître corrige lui-même ou fait corriger par l'élève lui-même. Il peut
déjà laisser à la charge de l'élève : la majuscule et le point, les mots simples sans lettres muettes ni
doubles consonnes et, avec son aide, les lettres muettes faciles à retrouver grâce à un mot de la
même famille, les mots que l'on peut copier dans le texte lu et le pluriel en s des noms communs et
des adjectifs qualificatifs.

22 Principe du cahier de roulement d'autrefois : chaque soir un enfant emporte à la maison le cahier, complété et illustré
chaque jour par un enfant différent. Ce cahier reflète ainsi profil général de la classe et informe les familles du travail
quotidien.
23 On pourra soit s'installer dans un coin calme de la classe et faire venir près de soi chacun des élèves à son tour, en
évitant les longues files d'élèves qui attendent et s'agitent forcément, soit se déplacer avec une chaise et s'installer
successivement près de chaque élève assis à sa place.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 16


La drôle de maison
2. Une grande famille

1. Lecture :
• Texte : Dans ce texte, nous retrouvons la ritournelle que chante chaque animal en arrivant devant
la cruche (Oh ! la jolie maison, [...] . Cruchon, cruchette, qui habite dans la cruche ?), ainsi que la
liste des habitants de la cruche, chacun avec sa caractéristique (la souris grise, la grenouille qui se
mouille, le lièvre rapide comme le vent, le renard à la queue touffue). Cela pourra permettre aux
élèves les plus avancés de travailler l'intonation et la vitesse de lecture. Ne pas insister avec ceux
des élèves pour lesquels le saut est encore insurmontable afin de ne pas risquer une récitation plutôt
qu'une réelle lecture.
• Mots difficiles : lièvre ; touffue. Si l'on dispose de photographies, on pourra montrer un lièvre et
plusieurs animaux ayant la queue touffue (écureuil, renard, chat, certains chiens, etc.).
• Connaissance du code ; décodage : en ; e/na, e/no, … Apprendre à segmenter le mot écrit en
syllabes.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Les élèves décrivent les nouveaux animaux. C'est l'occasion de montrer les photos d'un lièvre et
d'un renard et d'évoquer la queue en forme de touffe de celui-ci. Si l'on a la photo d'autres animaux,
on pourra rapidement lister ceux qui, comme le renard, ont la queue touffue.

B. Lecture du texte :

Aujourd'hui, c'est Camelia qui commence, Abel est avant-dernier et Bérénice dernière. On
procède toujours plutôt phrase par phrase que paragraphe par paragraphe. Cela permet de canaliser
l'attention des élèves qui ont tendance à se disperser. On peut aussi demander aux élèves manquant
de concentration de relire systématiquement tout ce qui a été lu par leurs camarades.
Il est très important de conseiller aux élèves de suivre du doigt la lecture, en balisant leur page à
l'aide d'un marque-page en carton fort ou du double décimètre. On évitera ainsi bien des diagnostics
de dyspraxie visuo-spatiale alors qu'il ne s'agissait au départ que d'une simple fragilité qui s'est
enkystée faute de repères installés lors de l'apprentissage.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire en décomposant : en – e/na – e/no

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 17


gre/nouille ; en/tre ; vent ; en/trer ; re/nard ; en/ten/du

C'est une vraie difficulté pour la plupart des élèves de début de CE1. La règle doit être rappelée
souvent : « Les lettres e et n produisent le son « an » si elles sont placées avant24 une consonne. S'il
y a une voyelle après la lettre n, cette dernière s'associe à cette voyelle pour former une nouvelle
syllabe. »
Lorsque un élève hésite lors de la lecture d'une phrase d'un texte, on peut l'aider en lui disant :
« Regarde après25 ? Quelle lettre y a-t-il après la lettre n ? Te souviens-tu de la règle ? »
La séparation des syllabes par le signe / et l'emploi des caractères gras vont permettre aux élèves
une lecture aisée des mots proposés.

B. Lexique :

Nous expliquons :
un lièvre : un animal sauvage qui ressemble au lapin.
touffue : la queue du renard est épaisse, avec beaucoup de poils. Elle a la
forme d'une touffe.

Montrer des photos si possible (un lièvre et un lapin; la queue touffue d'un renard, d'un écureuil,
d'un chat, d'un chien ; une touffe d'herbe, une brosse à peinture aux poils touffus, une touffe de
cheveux…). Faire décrire rapidement les différences entre le lièvre et le lapin, les ressemblances
entre les sujets illustrant les mots touffu et touffe.

C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Quelle qualité se donne chaque animal ?
- Choisissez maintenant un défaut pour chacun d'entre eux.
- Avez-vous une idée de la suite de l'histoire ?

Laisser les élèves discuter librement. Réguler les temps de parole de chacun. Favoriser
l'expression des élèves les plus fragiles en leur donnant la parole en premier puis en les prenant à
témoin aussi souvent que possible.
L'exercice de création de défauts pour chaque animal permettra de commencer à dégager des
archétypes concernant les animaux dans les contes : le renard est rusé et fourbe ; la souris est sale et
envahit tous les lieux ; la grenouille a la peau visqueuse ; le lièvre est peureux et vantard.
La question d'une suite à envisager permettra de distinguer des suites logiques de suites qui le
24 On peut préférer l'expression « à gauche ». Les deux se valent. En revanche, je déconseille fortement de parler de
« devant », qui dans l'esprit de l'enfant se rapporte plutôt à la lettre de gauche qu'à celle de droite. Ainsi, pour lui, dans
le mot grenouille, la lettre qui est « devant » la lettre n, c'est la lettre e et non la lettre o.
25 Ou : « Regarde à droite. »

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 18


sont moins. Ce sera aux élèves de donner leur opinion sur le caractère plausible ou non de telle ou
telle suite.
Reprendre l'expression orale avec souplesse, ne pas transformer l'expression de réflexion sur le
texte en exercice de répétition appliquée de phrases modèles données par l'enseignant. En revanche,
reprendre soigneusement soi-même, dans le cours de la conversation les phrases mal construites, les
reprises pronominales fautives, l'emploi de mots familiers ou inventés. Féliciter toute expression
recherchée, tout emploi de mot acquis récemment.

D. Exercices :

Nous relions deux à deux :


la grenouille – le cheval – la chèvre - le chien – le chat – l'ours
bêle – miaule – coasse – aboie – hennit - grogne

Enrichissement du lexique. Chaque élève lit un nom d'animal, le septième relit toute la liste ;
puis, sept nouveaux élèves lisent la liste des verbes ; enfin, le maître écrit au tableau sous la dictée
épelée des élèves sollicités tour à tour, les phrases que l'on peut construire à l'aide de ces deux listes,
dans l'ordre proposé par les élèves. :

Le chien aboie. Le chat miaule. L'ours grogne.

Le cheval hennit. La chèvre bêle. La grenouille coasse.

E. Expression :

Nous reconstituons la phrase :

quatre la Et cruche . voilà dans les

Nous racontons : ce que fait le renard sur l'image ci-dessus.

Exercice 1 : L'exercice de reconstitution de phrase sera traité comme d'habitude. Dans les classes
multi-niveaux ou en cas de très grande disparité de niveaux en lecture, cet exercice pourra être
réalisé en autonomie par tous les élèves qui en semblent capables. Dans ce cas, la vérification de
l'orthographe par le maître ainsi que la maîtrise du geste d'écriture (taille et forme des lettres) seront
très attentives. Il demandera aux élèves de corriger eux-mêmes leurs fautes de copie après les avoir
soulignées dans leur travail ou, plus difficile, en indiquant seulement dans la marge leur nombre,
charge alors aux élèves de reprendre tout le travail de repérage pour les retrouver.

Exercice 2 : L'exercice d'expression proprement dit pourra être traité de deux manières
différentes, selon le temps disponible et le niveau des élèves. Dans les deux cas, se reporter à la

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 19


leçon précédente et à l'annexe 2 où le travail est décrit précisément. Tout comme lors de la lecture
orale, on ne dissocie pas le décodage de la compréhension, il est fondamental de ne pas dissocier la
correction de l'expression de la correction orthographique : écrire peu mais juste sera toujours
préférable à une logorrhée chaotique constellée de mots mal transcrits et mal accordés.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 20


La drôle de maison
3. Un gros lourdaud

1. Lecture :
• Texte : La structure répétitive du conte (ritournelle, dialogue, noms des personnages) permet une
lecture plus aisée.
L'auteur, Natha Caputo, née Nathalie Bernstein, est une auteur et adaptatrice de contes française
née en 1904 à Lyon et décédée en 1967 à Paris. Mariée à Gildo Caputo, un réfugié italien, et
influencée par les théories pédagogiques de Maria Montessori, elle commence sa carrière comme
institutrice, et écrit des contes pour enfants en s'inspirant des contes russes entendus pendant sa
propre enfance.
On lui doit notamment l'adaptation du conte Roule galette, inspiré du conte traditionnel russe de
Kolobok, pour le Père Castor (1950), L’histoire de Ho-l'archer dans les Contes des quatre vents
(1954) ou encore Les animaux qui cherchaient l'été (1960), sans oublier plusieurs autres volumes de
contes chez Nathan, illustrés notamment par Daniel Maja.
Elle a eu une importante activité de critique littéraire pour la jeunesse et a été membre des jurys des
prix Jeunesse et Jean Macé. Un prix « Enfance du monde » décerné chaque année à un album ou
documentaire pour enfants porte son nom.
• Mots difficiles : méfiant ; un taillis. On pourra éventuellement ajouter le mot velu qui est présent
dans l'exercice de vocabulaire. Une photographie de taillis peut être utile.
• Connaissance du code ; décodage : grenouille, grogna, taillis, s'asseyant, direction.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Les élèves retrouvent l'image qui ouvre le chapitre. On se servira de cette image pour évoquer les
mots taillis (au fond), velu et méfiant. Afin de faciliter la lecture et de la rendre plus rapide, on peut
demander aux élèves de rappeler la caractéristique de chacun des animaux déjà rencontrés et
d'énoncer la ritournelle que vont sans doute chantonner le loup et l'ours.

B. Lecture du texte :

Faire commencer l'élève suivant dans la liste de classe. La lecture par phrases doit devenir aisée
pour tous les élèves. Encourager ceux qui hésitent encore beaucoup à se faire confiance en se tenant
près d'eux et en les aidant à baliser le texte pour s'y retrouver. Ne pas forcer à une lecture courante
avec intonation mais la valoriser lorsqu'elle est présente. Certains élèves, plus lents ou plus réservés,

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 21


ont besoin de cette lecture encore hachée pour prendre confiance en eux ; les obliger à se précipiter
aurait l'effet inverse de celui recherché.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire des mots difficiles :
gre/nou/ille – ta/illis – gro/gna – s'a/ssey/ant – di/rec/tion

Les mots difficiles du texte, contenant une ou plusieurs suites de lettres rarement employées dans
la langue française, sont décomposés en syllabes, avec quelques aménagements, et leurs difficultés
sont signalées par des caractères gras. Les cinq élèves lecteurs 26 déchiffrent en détachant les
syllabes puis reprennent le mot en l'énonçant en entier : « gre… nou… ille… grenouille… ; ta…
illis… taillis… ; gro… gna… grogna... » On peut faire suivre la lecture du mot entier par un rappel
oral de la difficulté : « s'a… sey...ant… s'asseyant… e, y, ça se prononce « eil » ; di… rec… tion…
direction, e, c, ça se prononce « èk » et t, i, o, n, ça se prononce « sion ». »

B. Lexique :
Nous expliquons :
méfiant : le loup a peur, il se méfie, il est méfiant.
un taillis: partie d'un bois où les arbres sont petits et serrés, buisson, fourrés.

Amener les élèves à rappeler l'attitude du loup, tête basse, derrière la cruche, sur l'illustration
pour explique son caractère méfiant.
Montrer la photographie d'un taillis pour retrouver le taillis sur l'illustration. Si l'environnement
de l'école s'y prête, signaler la présence de taillis à proximité.

C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Citer tous les animaux de l'histoire dans l'ordre de leur arrivée.
- Les ranger par ordre de taille. Que constate-t-on ?

La première question fait appel au l'évocation du conte. Il ne pourra y avoir débat. On pourra
solliciter six élèves différents.
Après avoir répondu à la deuxième sollicitation (le rangement par ordre de taille) qui n'offrirait
d'occasion de débat que si les enfants ne connaissaient pas la taille respective de chacun des
animaux27. En la leur donnant, ils vont alors travailler dans le domaine mathématique.

26 Ou dix. On peut aisément faire relire ces mots par un deuxième groupe d'enfants afin d'en assurer le déchiffrage.
27 Dans ce cas, la leur donner en écrivant au tableau : ours : 150 à 300 cm ; souris : 8 cm ; renard : 60 cm ; lièvre 50
cm ; grenouille : 10 à 12 cm ; loup : 100 à 150 cm.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 22


Ils aboutiront rapidement à la conclusion : les animaux arrivent dans le conte par ordre croissant
de taille. S'ils se souviennent du conte de La Moufle, très souvent lu à l'école maternelle, ils
pourront établir une comparaison entre les deux puisque ce dernier fait apparaître les animaux par
ordre de taille décroissante.

D. Exercice :
Nous complétons par une qualité (grise, méfiant, touffue, pointue,
rapide, lourdaud, velu) :
La souris est … . Le lièvre est … . L'ours est … et … . Le loup est … . La voix de
la souris est … . La queue du renard est … .

C'est en plaçant les adjectifs qualificatifs dans les phrases que les élèves vont pouvoir en éclaircir
le sens. On fera lire chaque adjectif qualificatif par un élève différent puis relire la liste entière par
un huitième élève.
Les élèves suivants liront tour à tour les phrases que le maître aura préalablement écrites au
tableau. Puis, après une dernière relecture de la liste d'adjectifs, les élèves seront tous sollicités pour
compléter les phrases. On peut utiliser l'ardoise si on en a le temps : un élève relit la première
phrase ; les élèves cherchent l'adjectif qui convient dans la liste et le recopient sur leur ardoise ; le
maître copie la réponse convenable au tableau. Faire rappeler le sens de chaque adjectif après
écriture.

La souris est grise.

Le lièvre est rapide.

L'ours est lourdaud et velu.

Le loup est méfiant.

...

E. Expression :

Nous reconstituons la phrase :

paix là en vivaient . tous Ils

Nous racontons l'histoire en rangeant les animaux du plus gros au plus


petit.

Exercice 1 : Procéder comme précédemment.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 23


Exercice 2 : L'exercice est trop long pour être réalisé par écrit. On s'attachera à une expression
correcte proche du langage écrit soutenu.

Le maître notera rapidement le texte au tableau, phrase après phrase. Après chaque transcription
de phrase, faire relire le texte écrit par un ou plusieurs élèves.

Exemple de production :

Une cruche tombe un jour d'une charrette. Un gros ours décide d'en faire sa

maison. Passe alors le loup gris des taillis. Il dit : « Oh la jolie maison ! Cruchon,

cruchette, qui habite dans la cruche ? » L'ours l'invite à venir habiter avec lui.

Puis c'est le renard à la queue touffue qui arrive : « Oh la jolie maison !Cruchon,

cruchette, qui habite dans la cruche ? » Il entre dans la cruche et les voilà trois

maintenant.

Le lièvre rapide comme le vent et la grenouille qui se mouillent arrivent l'un après

l'autre, chantent la chanson et ils sont cinq dans la cruche.

C'est alors qu'arrive la souris grise. Les animaux sont déjà très serrés et ils ne

veulent pas qu'elle entre. Mais la souris insiste ! Elle pousse son museau dans la

cruche et patatras ! la cruche explose en mille morceaux !

Dans les classes multi-niveaux, on peut associer à cette rédaction collective les élèves des autres
niveaux.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 24


Maisons en poésies

1. Lecture :
• Textes : Deux poèmes sur le thème de la maison. Le premier est de Maurice Carême (12/05/1899 -
13/01/1978), écrivain et poète belge issu d'une famille modeste 28. Le second a été écrit par Eugène

Guillevic (5/08/1907 – 19/03/1997), poète français de la seconde moitié du XXe siècle29.


• Mots difficiles : tarin ; menu (adj.) ; chaulé ; tilleul. Préparer deux photographies : tarin et tilleul.
On peut y ajouter, à l'oral, le verbe luire qui n'est peut-être pas connu.
• Connaissance du code ; décodage : ciel ; pied ; vieille ; tilleul ; Eugène ; Guillevic.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

À compléter lorsque l'illustration définitive aura été choisie. A priori, ce sera une œuvre
d'art. Associer art poétique et arts visuels, parler d'ambiance artistique et de lecture plaisir.

28 En 1918, Maurice Carême devient instituteur à Anderlecht. Un an plus tard, il prend la direction d'une revue littéraire
appelée "Nos jeunes", qui deviendra en 1920 "La Revue indépendante". En 1925, il publie un recueil de poèmes, "63
Illustrations pour un jeu de l'oie". Cette période est pour lui marquée par un grand intérêt pour le surréalisme et le
futurisme. Entre 1926 en 1932, l'écrivain publie également "Hôtel bourgeois", "Chansons pour Caprine" et "Reflets
d'hélices".
À cette époque, la découverte de poèmes d'enfants le bouleverse et change profondément son style. Il publie deux essai
dédiés aux textes d'enfants, dans lesquels il accorde une importance particulière à la simplicité : "Poèmes de gosses"
(1933) et "Proses d'enfants" (1936). C'est en 1935 que Maurice Carême publie "Mère", le recueil qui connaît le plus
grand succès auprès du public. Critiqué par certains pour sa simplicité, "Mère" reçoit néanmoins en 1938 le prix triennal
de poésie en Belgique.
Maurice Carême finit par quitter son poste d'instituteur pour se consacrer pleinement à la littérature. Il reçoit plusieurs
prix en Belgique et à l'étranger, notamment le prix de l'Académie française à deux reprises, et le Grand Prix
international de poésie en 1968. L'écrivain s'éteint en 1978, laissant derrière lui plus de 80 poèmes, nouvelles, contes,
romans et essais. (L'internaute, Dictionnaire des Noms Propres).

29 Après avoir passé un baccalauréat de mathématiques, il est reçu au concours de 1926 dans l'administration de
l'Enregistrement (Alsace, Ardennes). Nommé en 1935 à Paris rédacteur principal à la Direction Générale au Ministère
des Finances et des Affaires économiques, il est affecté en 1942 au Contrôle économique. Il appartient de 1945 à 1947
aux Cabinets des ministres communistes François Billoux (Économie nationale) puis Charles Tillon (Reconstruction).
En 1947 après l'éviction des ministres communistes, il réintègre l'Inspection générale de l'Économie où il s'occupe
notamment d'études de conjoncture et d'aménagement du territoire, jusqu'à sa retraite en 1967.
Il devient dès avant guerre l'ami de Jean Follain qui l'introduit dans le groupe Sagesse. Puis il appartient au groupe de
l'École de Rochefort.
Catholique pratiquant jusque vers trente ans, il devient sympathisant communiste au moment de la Guerre d'Espagne,
adhère en 1942 au Parti communiste alors qu'il se lie à Paul Éluard et participe aux publications de la presse clandestine
(Pierre Seghers, Jean Lescure). Il demeure, malgré bien des réticences sur la fin des années 60, fidèle à son engagement
jusqu'en 1980.
Guillevic a reçu le Grand Prix de poésie de l'Académie française en 1976 et le grand Prix national de poésie en 1984.
(Wikipédia).

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 25


B. Lecture des poèmes :

La lecture des poèmes doit rester avant tout un plaisir même si l'on vérifie néanmoins que
décodage et compréhension sont concomitants et que tous les élèves sont présents et actifs lors de la
lecture d'un de leurs camarades. On peut envisager une lecture par le maître avant la lecture
fractionnée par les élèves.
Dans ce cas, le maître lit, très lentement, en articulant bien et en marquant les liaisons, le premier
poème (La petite maison). Il s'arrête à chaque point pour demander aux élèves s'ils ont compris
tous les mots et le sens général de la phrase (faire reformuler par un enfant). Puis il relit tout le
poème d'une traite, toujours très lentement, en articulant bien. Il vérifie que tous les élèves suivent
du doigt sa lecture en articulant à mi-voix.
Il fait ensuite lire la première phrase par l'élève prévu par la liste, la deuxième par le suivant, etc.
Lorsque le poème entier a été lu, l'élève suivant le relit en entier. On peut alors faire lire le poème à
toute la classe, en lisant soi-même à voix haute pour donner le tempo de la lecture.
On procède de même pour le second poème (Recette).

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
À nouveau quelques mots difficiles à déchiffrer en raison de suites de lettres rares ou de
difficultés cumulées (ciel, Eugène). Chaque élève à son tour en lit un ; on réexplique les règles de
combinatoire.
Accepter « le ci-el », « un pi-ed », « vi-eille ». Cette erreur due à une lecture un peu lente
disparaîtra d'elle-même lorsque l'enfant sera plus sûr de lui. On peut couper les mots en syllabes (ci-
el ; vi-ei-lle ; pi-ed ; Eu-gè-ne ; Gui-lle-vic) afin d'en faciliter le déchiffrage. Faire relire le mot
entier sans insister.

B. Lexique :
Le vocabulaire des poèmes est recherché ; il convient de faire lire les définitions sans pour cela
exiger que les élèves s'en souviennent. Lorsque, éventuellement, dans l'année le mot chaux sera lu
et expliqué, on pourra revenir sur le mur chaulé de la petite maison, dans le poème de M. Carême.
Cela suffira à rendre les enfants vigilants aux mots plus rares des textes poétiques ou littéraires.

C. Réflexion :

Suite à cette lecture expliquée, on peut laisser les élèves s'exprimer librement. Si personne ne
s'exprime, on peut leur demander de fermer les yeux et de regarder les images naître sous leurs yeux
pendant la relecture par le maître. Orienter alors la discussion sur ce que les élèves ont imaginé et

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 26


les amener à dire que le premier poème constitue lui aussi une recette pour imaginer un domaine qui
comprend une maison et son environnement proche.
On pourra aussi précéder ou accompagner les élèves sur l'impression de calme qui se dégage des
deux poèmes ; parler des rimes et du rythme de chaque vers ; discuter des images : que sont le front
et les yeux pour une maison ?

D. Exercices :
Pas d'exercice associé à la lecture de poésies. S'il reste du temps, on pourra faire copier tout ou
partie de l'un des deux poèmes et le donner à illustrer, plus tard, pendant la séance d'Arts Visuels,
par exemple.

E. Expression :
Pas d'exercice d'expression non plus. On peut faire dire le poème sans le lire, en expression
orale ; on peut aussi en faire inventer d'autres, à l'oral et les transcrire pour les élèves à l'écrit. Le
poème de Guillevic se prête bien à cet exercice.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 27


Les abeilles et la boue
1. Une souris très contrariée

1. Lecture :
• Texte : Un conte moderne d'Arnold Lobel30 qui entraînera un essaim d'abeilles cherchant à élire
domicile sur la tête d'une maline petite souris au fond d'un marécage boueux ! L'occasion de rire un
peu tout en apprenant ou révisant le nom des pièces d'une maison, des parties du corps ainsi que
quelques connaissances de zoologie et de géographie !
Conte court, en deux parties seulement.
• Mots difficiles : emplacement ; contrariée ; assourdissant ; marécage; logis. Les photographies
d'un marécage et d'un essaim d'abeilles seront utiles.
• Connaissance du code ; décodage : on/om. Selon le niveau de la classe et les règles abordées au
CP, les élèves consolideront ou découvriront la règle concernant l'écriture du son « on » lorsque la
lettre d'après est m, b ou p.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

L'illustration permet aux élèves de découvrir les personnages de cette histoire. Employer ou faire
employer les mots souris, tête, nid ou essaim d'abeille. Si quelques enfants emploient spontanément
le nom essaim, leur faire expliquer le mot en faisant attention à ne pas les laisser aller trop loin dans
leurs explications. La leçon de lecture doit rester le centre de la séance, d'autres occasions s'offriront
à eux de partager leurs connaissances avec leurs camarades et leur maître.

B. Lecture du texte :

Continuer à changer de lecteur à chaque phrase. Penser à faire expliquer chaque phrase au besoin
et chaque paragraphe systématiquement.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire : le son on / om
contrariée – il tomba – nous aimons ton nez – mon chez moi
pon – ton – chon – gon – fon – ompe – omba – tron – pron -cron

30 Dessinateur, auteur et illustrateur de livres pour enfants de nationalité américaine, né le 22 mai 1933 et mort le 4
décembre 1987. Les personnages d'Arnold Lobel sont principalement des animaux, souvent anthropomorphisés ou
vivant dans un monde d'humains.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 28


Procéder comme d'habitude. Expliquer ou faire expliquer pourquoi dans la ligne de syllabes a-t-
on écrit deux suites de lettres comportant deux syllabes (ompe- omba). Si la règle a déjà été évoquée
en classe, faire rappeler quelques mots appris à cette occasion. Si ce n'est pas le cas, on peut en
profiter (en regardant sa montre toutefois) pour faire lire : une pompe ; un pompier ; une trompe ;
une trompette ; une bombe ; il fait sombre.

B. Lexique :

Nous expliquons :
un emplacement : un endroit que les abeilles ont choisi pour poser leur nid.
contrariée : la souris est mécontente ; cela l'embête.
assourdissant : trop fort ; qui rend complètement sourd.
un marécage : un terrain où l'on trouve de l'eau, de la boue, des plantes d'eau.
un logis : une maison.

Faire lire chaque ligne par un élève différent. Faire reformuler l'explication et employer le mot
dans un autre contexte par d'autres élèves. Montrer la photographie du marécage et le faire décrire
sommairement.
Lorsque les élèves ont lu la définition du mot logis, leur faire chercher dans le paragraphe 5 un
synonyme de ce mot (un chez-moi). Demander comment a été formé ce mot composé, le faire
transformer en fonction de la personne qui parle : les abeilles parleront de ton chez-toi ; nous
parlerons du chez-soi de la souris.

C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Pourquoi la souris ne veut-elle pas d'un nid d'abeilles sur la tête ?
- Pourquoi les abeilles veulent-elles rester là ?
- Qu'apprend-on au dernier paragraphe ?

Les deux premières questions sont très ouvertes ; elles doivent permettre à chaque élève
d'émettre des hypothèses. Valoriser toutes les réponses et tout particulièrement celles des élèves peu
assurés, au vocabulaire pauvre, qui sont les premiers concernés dans ce type d'exercice. La
médiation est toujours plus efficace que la remédiation et c'est au milieu de leurs camarades, par la
valorisation de leurs efforts et de leurs progrès, qu'ils progresseront le plus.
La troisième question en revanche n'a qu'une seule réponse qui échappe d'ailleurs souvent aux
élèves. Au besoin, faire relire le paragraphe 5 et la définition du mot logis. Faire rappeler le
synonyme chez-moi. Puis demander où la souris veut entraîner les abeilles maintenant.

D. Exercices :

Nous construisons des mots :

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 29


bourdonner : le bourdonnement – miauler : le … - loger : le … - orner : un …

Juste trois mots en -ment dérivés d'un verbe. On peut en faire trouver d'autres, à l'oral, en laissant
les élèves chercher seuls ou à partir des verbes aboyer, hennir, rugir, vêtir, claquer, hurler, rouler,
gémir, siffler, gronder, ronfler, trembler, craquer, commander, frotter, déguiser…
Faire épeler le suffixe à chaque fois. On pourra écrire les mots dérivés au tableau si on le
souhaite.

E. Expression :

Nous racontons ce que nous voyons sur la couverture du livre d'où est tirée
cette histoire.

Un élève lit la consigne, un autre reformule. Si l'on possède le livre, le présenter aux élèves.
Sinon, travailler grâce à l'illustration.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 30


Les abeilles et la boue
2. Chez la souris

1. Lecture :
• Texte : Deuxième et dernière partie du conte. Attention, les élèves ont parfois de la peine à
comprendre ce qui se passe, sans doute parce que la notion de marécage est trop vague dans leur
tête. On peut leur mimer l'action, parler de piscine dont on descendrait les marches une à une,
dessiner les scènes au tableau, etc.
• Mots difficiles : salle de séjour ; à l'air libre.
• Connaissance du code ; décodage : on/om.

Déroulement :

A. Observation rapide des illustrations :

Faire décrire les deux images. Employer ou faire employer les mots marécage et nid d'abeille
(ou essaim). Faire rappeler l'épisode précédent en insistant sur le dernier paragraphe ; le faire relire
au besoin par le premier élève de la liste du jour.
Faire alors émettre quelques hypothèses en fonction de ces dessins.

B. Lecture du texte :

Procéder phrase par phrase, sauf dans les classes où les élèves lisent tous très couramment. La
partie dialoguée peut être lue à deux même lors de la relecture. Aider les élèves en leur expliquant le
rôle du saut de ligne et du tiret 31 puis en leur donnant la parole à chaque changement d'interlocuteur.
On peut donner à un troisième élève, chargé de surveiller les sauts de ligne et les tirets, le rôle de
celui qui donne la parole.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire : le son on / om
nous serons – accompagner – elle s'enfonça – elle plongea – non, non, mille fois non

– elles remontèrent

Après la lecture mot à mot, faire trier les mots dans lesquels on écrit on et celui qui contient om.
Faire expliquer pourquoi. Rappeler ou faire rappeler les autres consonnes qui induisent ce
changement d'écriture. Demander des exemples et les écrire au tableau (si des élèves proposent des
31 En reproduisant le dialogue au tableau, on peut repasser en vert les guillemets ouverts, en orange les tirets puis en
rouge les guillemets fermés. On parle alors comme dans le code de la route : vert, le dialogue commence ; orange :
attention on change d'interlocuteur ; rouge, le dialogue est terminé.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 31


mots contenant am, em, im, les accepter mais ne pas transformer la séance de lecture en séance
d'orthographe.

B. Lexique :

Nous expliquons :
ma salle de séjour : le salon, la pièce où l'on vit le plus souvent.
à l'air libre : dehors.

Pas de difficulté notable. On peut rapprocher salle de séjour de salle de bain, salle d'eau, salle
de sport.

C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Le marécage est-il vraiment la maison de la souris ?
- Alors pourquoi y a-t-elle mené les abeilles ?
- La souris est-elle maline ? Et les abeilles ?

La première question est difficile pour les enfants. Certains n'ont pas compris que la souris se
moque des abeilles. Laisser les enfants débattre et expliquer leur point de vue. La deuxième
question, redondante, finira (peut-être) de persuader les enfants qui sont convaincus, comme les
abeilles, que le marécage est le logis de la souris. La troisième question, très libre, permet
d'instaurer un véritable dialogue entre enfants. Surveiller les tenants du monopole de la parole !

D. Exercices :

Nous construisons des mots :


boue : il est boueux – danger : il est … - courage : il est … - peur : il est … - chance :
il est … - malheur : il est … - paresse : il est …

La compréhension aide à l'acquisition du vocabulaire, vocabulaire aide à la lecture, la lecture


stabilise l'orthographe, l'orthographe fixe l'acquisition de règles de création du vocabulaire qui
mènera à la compréhension. La boucle est bouclée.

E. Expression :

Nous faisons la liste de toutes les pièces de la maison et nous expliquons à


quoi elles servent.

Le travail est simple. Dans les classes où les élèves savent écrire en tenant compte de
l'orthographe, on peut partager le travail et charger des petits groupes de trois ou quatre
enfants de décrire une pièce en particulier. C'est un travail qui peut avoir lieu pendant l'horaire
réservé au domaine Questionner le monde (construire des repères spatiaux ; comprendre qu'un
espace est organisé).

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 32


Vivre autrefois : La vieille maison

1. Lecture :
• Texte : Ce texte est extrait d'un manuel scolaire de lecture paru pour la première fois en 1924 et
utilisé dans les écoles jusqu'aux années 1950. Ce manuel, écrit par Kléber Seguin (1882, 1961),
Inspecteur Primaire32 dans le département de la Seine. Il raconte chapitre après chapitre la vie de
deux enfants de Cours Élémentaire 1ère année dans un environnement très courant à l'époque : le
bourg rural où les générations se succèdent, reprenant tour à tour la maison de leurs pères. C'est le
chapitre concernant cette maison transmise de père en fils que nos élèves liront aujourd'hui.
• Mots difficiles : rez-de-chaussée ; bisaïeul ; clos.
• Connaissance du code ; décodage : pas de travail sur le code.

Déroulement :

A. Observation de l'illustration ; expression orale :

Cette illustration ornait le texte du manuel scolaire d'origine dont on parlera très brièvement en le
datant (presque 100 ans, c'est-à-dire un siècle 33). On pourra faire remarquer que c'est une gravure 34,
en noir et blanc. Remarquer les personnages sous l'arbre, qui sont-ils ?
Faire décrire l'environnement : on est à la campagne, les arbres du fond le prouvent, puis la cour,
le bâtiment, les dépendances (une cave près de l'escalier, un poulailler à droite, une grange à
gauche, grenier au-dessus). Compter le nombre de fenêtres, de portes, de cheminées.

B. Lecture du texte :

Faire lire phrase par phrase, en expliquant le vocabulaire au fur et à mesure. Faire reformuler
chaque paragraphe. Faire remarquer les différences entre l'illustration et le texte (fenêtre au rez-de-
chaussée), faire expliquer la basse-cour à gauche alors que nous la voyons à droite.
Expliquer soi-même au besoin le lavage du linge au ruisseau.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
le rez-de-chaussée : c'est la partie de la maison qui est à la même hauteur que la
chaussée, que la rue.

32 L'équivalent de nos IEN actuels.


33 On peut dire aux élèves qu'il est possible que leurs arrière-grands-parents aient eu ce livre en classe lorsqu'ils avaient
leur âge.
34 Image, estampe obtenue par impression, après encrage, d'une matrice ou d'une planche gravée.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 33


le bisaïeul : c'est le père du grand-père ou de la grand-mère.
le clos : c'est un jardin fermé par des murs ou des haies.

C'est le vocabulaire expliqué dans le livre d'origine qui y ajoute entretenir, façade et recoins. On
pourra y ajouter d'autres mots peut-être inconnus des enfants. Si les élèves ont eu le manuel Écrire
et Lire au Cp, ils se rappellent peut-être la définition du clos dans lequel la chèvre de Monsieur
Seguin s'ennuyait ; dans ce cas, les laisser s'exprimer quelques secondes sur ce thème.

B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Quelles étaient les diverses parties de cette maison d'autrefois ? Que voyait-on autour
de la maison ?
- Qui a fait construire la maison ? Qui l'a entretenue ensuite ? À qui a-t-elle appartenu
ensuite ? Que recommande le père de Jeannot à son fils ?

Ce sont les questions posées35 aux écoliers du siècle dernier par Monsieur l'Inspecteur Primaire
Seguin lui-même. Les réponses sont simples. Au besoin, faire relire par l'élève dont c'est le tour le
paragraphe dans lequel se situent les réponses.

C. Exercices :
Nous complétons le texte : Dans la maison de Jeannot, il y avait quatre …
séparées par un … . Sous la maison, il y avait une … ; sous le toit, il y avait un … . Entre
la maison et la rue, il y avait une … . Le jardin s'étendait jusqu'à un … .

C'est l'exercice prévu dans le manuel d'origine. Il vise à faire réviser le vocabulaire relatif à la
maison.

D. Expression :
Pas d'exercice d'expression, ce qui permet de travailler l'expression orale de description de la
gravure en approfondissant. Si le texte est étudié pendant l'horaire du domaine Questionner le
monde, on pourra faire décrire quelques photographies anciennes 36 montrant des enfants à l'école,
en famille ou jouant ensemble dans les rues d'un village.

35 Seules les deux dernières ont été adaptées pour éviter le caractère injonctif du livre de 1924 : Que fera Jeannot à sont
tour, lorsqu'il sera grand ? Pourquoi ne devra-t-il pas oublier sa maison natale ?
36 Datées de 1900 à 1930, par exemple.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 34


Vivre ailleurs : Une case en Haute-Guinée

1. Lecture :
• Texte : Texte littéraire de l'auteur guinéen Camara Laye 37. Il montre une maison différente de la
maison traditionnelle européenne. Le vocabulaire en est un peu compliqué et le texte, malgré des
coupures, est relativement long. On aura avantage à le lire en deux séances. Comme c'est un texte
qui peut compléter une séance du domaine Questionner le monde, il pourra même faire l'objet de
plusieurs lectures, au cours de le semaine.
• Mots difficiles : forge ; kapok ; véranda ; cauris ; invulnérable. Photographies utiles : une ou
plusieurs forges ; du kapok ; des cauris (prononcer ko-ri).
• Connaissance du code ; décodage : pas de travail sur le code.

Déroulement :

A. Observation de l'illustration ; expression orale :

Décrire l'illustration. Employer les mots case, chaume ainsi que le mot véranda dont la définition
dans ce texte ne correspond pas à la description européenne de ce lieu. Observer les matériaux
utilisés pour bâtir cette case.

Sur un planisphère, situer la Haute-Guinée. Combattre vaillamment sa propre propension à parler


d'Afrique comme si cet immense continent ne comportait qu'un seul type d'environnement. Si
possible, montrer quelques photographies du paysage de savane de ce pays38.

Si certains de nos élèves sont originaire d'un pays d'Afrique sub-saharienne et qu'ils en ont des
souvenirs dont ils souhaitent parler, les laisser s'exprimer. S'ils préfèrent ne pas évoquer cette
origine, il est sans doute beaucoup plus sage de respecter ce désir. On sera peut-être amené à les
protéger de la curiosité des autres en expliquant qu'ils sont nés en France, n'ont jamais vécu dans le
pays d'origine de leurs parents ou bien qu'ils n'en gardent pas de souvenirs car ils étaient trop jeunes
lors de leur départ ou encore qu'ils n'ont pas envie de partager cela avec nous et qu'il convient de

37 Camara Laye est né en 1928 en Guinée et il est décédé en 1980 au Sénégal. Il est le descendant d'une famille très
attachée aux traditions. A la fin du lycée, il a quitté la Guinée pour suivre en France des études de mécanique qui lui
valurent un diplôme d'ingénieur. C'est dans ce pays qu'il écrivit en 1953 son premier roman, l'Enfant noir (1953), très
autobiographique et dans lequel il évoque son enfance guinéenne.
Ce roman, très apprécié en Europe et particulièrement en France, ne fut pas aussi vigoureusement acclamé en Afrique.
Certaines critiques furent même franchement hostiles. On lui reprocha par exemple d'avoir donné une image stéréotypée
et idyllique de l'Afrique coloniale, ceci en pleine période de combat pour la décolonisation. ( Blog Littérature africaine)
38 La Haute - Guinée (le Mandingue) : Pays de la savane arborée, où la température varie entre 20°C et 33°C. Ce
fragment du plateau mandingue est arrosé par le fleuve Niger et ses affluents. (Réseau Espace Volontariat)

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 35


respecter leur choix en faisant l'effort d'accepter leur point de vue sans y mêler le nôtre.

B. Lecture du texte :

Une lecture préalable de chaque paragraphe par le maître aidera à la lecture des phrases par les
élèves. Le vocabulaire sera expliqué et commenté. La relecture des paragraphes les plus longs
pourra être partagée entre plusieurs élèves.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
la forge : l'atelier où l'on travaille les métaux et tout particulièrement le fer.
le kapok : c'est une fibre produite par un arbre et qui ressemble à du coton.
une véranda : En Guinée, c'est un toit en pente sur le côté ou la façade de la maison.
des cauris : ce sont des coquillages qui servent de perles ou de monnaie.
invulnérable :qui ne peut être blessé.

Ces mots ne sont pas destinés à être retenus par des enfants de sept à huit ans. Ils sont présentés
pour être vus, entendus et expliqués déjà une première fois. Le mot véranda que certains élèves
connaissent certainement est vu dans un sens différent, ce qui est intéressant pour la construction
intuitive de règles générales sur le vocabulaire. Le mot forge sera sans doute revu si l'on aborde
dans la classe la période historique gauloise ; on pourra alors avec profit rassembler les souvenirs
des élèves et faire ainsi de l'interdisciplinarité naturelle.

B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Quelles étaient les différentes parties du domaine de Camara ?
- En quoi sont construits les bâtiments (murs, toit, véranda) ? Qu'abritent-ils ?
- Qui habite la case décrite ? Où doit habiter Camara ? Comment peut-on le deviner ?

Les deux premières questions amènent à des descriptions ; on pourra faire relire les paragraphes
correspondants soit pour répondre soit pour vérifier les réponses des élèves. La troisième série de
questions fait appel à la logique et permet de travailler sur l'implicite d'un texte. Dire aux élèves
qu'ils sont des explorateurs, capables de comprendre ce qu'ils ne voient pas en faisant appel à leur
intelligence.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 36


Observation : L'argile

1. Lecture :
• Texte : Le texte de cette leçon est clairement documentaire, extrait et adapté d'un livre intitulé
Sciences d'observation – Cours élémentaire, édité en France pour l'Institut Pédagogique Africain et
Malgache, en 1964. Il fait suite au texte précédent et explique aux habitants de la métropole que
nous sommes presque tous l'utilisation de l'argile dans la construction des bâtiments dans les pays
tropicaux. Il pourra être utilisé pendant le temps réservé au domaine Questionner le monde, en deux
ou trois séances (manipulations et expérimentations puis lecture du texte regroupant les
informations découvertes lors de la phase préalable).
• Mots difficiles : les mots difficiles sont expliqués au cours de la leçon, par l'observation et la
description des illustrations et du matériau lui-même.
• Connaissance du code ; décodage : pas de travail sur le code.

Déroulement :

A. Observation des illustrations et lecture des questionnaires :

Laisser d'abord les élèves décrire l'illustration, donner le matériel demandé lorsque cela est
possible39. Puis faire lire les questions une à une, pratiquer les expérimentations demandées et
laisser répondre les élèves.

B. Lecture du texte :

Le texte de la page 21 sera lu paragraphe par paragraphe et commenté comme d'habitude.

2. Analyse et synthèse :
A. Expression :
Nous dessinons et racontons : - comment on peut vérifier que l'argile est
imperméable ;
- comment on fabrique des briques de banco.

Textes collectifs dans la plupart des classes, destinés à être archivés dans le cahier et le classeur
réservés au domaine Questionner le monde. Une phrase ou deux pour chaque texte, selon le schéma
décrit dans l'Annexe 2.

39 On peut aussi rassembler tous les élèves autour d'une table d'expérimentation et travailler tous ensemble en prenant
les élèves un à un comme lecteurs ou expérimentateurs.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 37


La poursuite

1. Lecture :
• Texte : Un texte un peu plus long pour ce deuxième fascicule. Il évoque les vacances, le quartier
et la conquête d'une liberté de mouvement encore récente pour nos jeunes élèves : les déplacements
autonomes, à vélo.
• Mots difficiles : Pas de mots expliqués à la suite du texte. Le maître veillera néanmoins à ce que
certains élèves ne soient pas perdus en lisant des mots ou des tournures de phrases dont ils n'ont pas
l'habitude.
• Connaissance du code ; décodage : lire la lettre g.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Illustration connue par les élèves ayant appris à lire avec Écrire et Lire au CP. Pour les autres,
elle sera l'occasion de découvrir deux nouveaux personnages : Malo et Lucas.

B. Lecture du texte :

Lecture phrase par phrase, sauf dans les classes d'élèves très attentifs au niveau de lecture très
homogène. Expliquer le vocabulaire au fur et à mesure. Résumer chaque paragraphe après la
relecture.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire : la lettre g.
• égalité – un magazine – un toboggan – les grands-parents - elles glissent
ga – go – gu – gra – gro – gré – glu – glo
• la boulangerie – une image – un agenda – le visage rougi – génial
ge – gi – gé – gè – gê
• le guidon – la fatigue
gui – gue – gué – guè – guê
• la Bretagne – la montagne – gagné
gne – gné – gnou – gnon -gnan

Attention, il s'agit bien de lecture et non pas d'écriture. Les élèves de début de CE1 ont
certainement encore de la peine à répertorier toutes les règles d'écriture concernant la lettre g. En
revanche, en s'aidant du contexte, mais aussi en lisant, assez vite, des syllabes triées en fonction du
son produit par la lettre accompagnée de telle voyelle ou consonne, ils peuvent emmagasiner des

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 38


savoirs qui, d'ici quelques semaines ou quelques mois, leur permettront de ne plus se tromper.
Faire lire un mot, puis une syllabe par élève. Rappeler ou faire rappeler brièvement la règle 40
après la lecture de chaque ligne de mots. Lorsque les syllabes de la ligne ont été lues une à une, on
peut faire relire la ligne entière par l'élève suivant puis par toute la classe en chœur. On peut faire
épeler chaque syllabe mais ce n'est pas obligatoire41

B. Lexique :
Si toutefois, certains mots ou expressions ont posé problème à la lecture, demander une nouvelle
explication aux élèves, après relecture des phrases qui les contenaient.

C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Quels sont les deux mois des vacances d'été ?
- Qu'a dû faire Malo en Bretagne ? Et Lucas, au centre de loisirs puis à la montagne ?

La première question est une question fermée. Si les élèves n'ont pas la réponse, sortir un
calendrier et les faire procéder par déduction : En quel mois sommes-nous ? Avions-nous classe le
mois précédent ? Quel est son nom ? Et le mois d'avant ? Quel est son nom ? Qui peut répéter le
noms des deux mois des vacances d'été ? Interroger un élève différent pour chaque question. Faire
répéter la réponse produite par un ou plusieurs élèves qui ne semblent pas s'intéresser à la
recherche.
La série de questions suivantes est au contraire très ouverte. Elle va permettre à chacun de
s'exprimer. Solliciter les élèves les moins à l'aise en premier. Limiter la parole des élèves trop
bavards. Interdire toute moquerie contre les élèves qui ne sont pas partis en vacances et trouver pour
eux aussi un ou plusieurs événements qui ont égayé leurs vacances.

D. Exercices :

Nous construisons des mots et nous les expliquons :


égal : l'égalité – libre : la … - vrai : la … - fidèle : la … - agile : l'…

Nous étoffons notre connaissance des suffixes. Si la classe est rapide, on peut continuer
l'exercice en proposant les adjectifs qualificatifs suivants : réel ; bon ; méchant ; brutal ; fragile ;
pauvre ; léger ; tranquille ; clair ; timide ; simple ; fier ; curieux ; beau.

40 On peut se servir du personnage des Alphas (le gulu) pour rappeler que la lettre g produit le son [g] lorsqu'elle est
avant les les a, o, u, r et l ; que le gulu gicle comme le jet d'eau (lettre j) sur les lettres e et i ; que pour l'empêcher de
gicler, mademoiselle U se met entre le gulu et la voyelle E ou I ; que cette capacité à faire comme le jet d'eau est utilisée
pour écrire gea et geo (geu existe dans le mot « gageure » qui se prononce « ga-ju-re » mais au CE1, cette découverte
n'est pas urgente).
41 Il y a trop de syllabes différentes, les élèves ne mémoriseront pas.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 39


Il ne s'agit pas d'apprendre aux élèves à répéter comme des perroquets de longues listes de mots
mais de leur permettre de commencer à structurer leurs connaissances lexicales tout en continuant à
les approfondir. Répondre à toutes les questions de sens, donner la forme correcte du mot en cas de
créations personnelles approximatives (la claireté ou la réelleté par exemple).

E. Expression :

Nous racontons ce que nous verrions si nous nous promenions dans le quartier
de Lucas et Malo.

Il faudra peut-être faire relire le texte pour faire relever à mesure les éléments pertinents qui
permettront d'écrire cette phrase : rues calmes, jardin public avec toboggan, maison de Sacha et
véhicule du facteur42, marchand de journaux, boulangerie.

42 Il pourra être différent selon les classes : les uns verront un facteur à pied ou à bicyclette, d'autres l'imagineront en
scooter ou en camionnette, selon ce qu'ils ont l'habitude de voir près de chez eux.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 40


Le vent fou (1)

1. Lecture :
• Texte : Un teste en deux parties racontant comment le vent, personnifié et narrateur de l'histoire,
s'amuse à taquiner les gens. Pas de difficulté notable. Le texte est mis en page de façon très aéré, de
façon à faciliter la lecture des élèves.
• Mots difficiles : taquiner ; le trottoir
• Connaissance du code ; décodage : les gens ; ils s'emmêlent ; bien ; loin ; un monsieur ; derrière.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Après lecture du titre, on pourra confirmer que le personnage qui souffle est le vent. Cela peut
permettre de parler brièvement de la personnification des éléments météorologiques dans les
contes : Monsieur le Vent, Madame la Pluie, le Soleil, etc.

B. Lecture du texte :

Procéder comme d'habitude en décalant la liste d'un élève. Faire lire phrase par phrase ou
paragraphe par paragraphe, car le vocabulaire et l'intrigue sont simples. La ritournelle « Je suis le
vent, je suis le fou, je suis le vent fou. » revenant à quatre reprises, elle devrait être lue avec de plus
en plus d'aisance ; encourager les élèves qui hésitent encore tout en les félicitant de ne pas essayer
de deviner et de préférer vérifier qu'il s'agit bien exactement de la même chansonnette.
Le mot derrière apparaît deux fois dans le dernier paragraphe, il apparaîtra à douze reprises dans
la seconde partie du conte. On peut commencer à demander aux élèves de le lire plus vite en jetant
un coup d’œil vers la droite pour vérifier très rapidement si tout va bien. Ce travail sera systématisé
lorsque les élèves liront la suite.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire des mots difficiles :
les gens – ils s'em/mê/lent – bien – loin – un monsieur – der/riè/re

Procéder comme d'habitude.


Faire rappeler la règle pour la lettre g suivie de la lettre e. On peut faire déchiffrer à la suite de
gens les mots : gentil, gentille, gentiment, un gendarme.
Après avoir lu ils s'emmêlent, faire rappeler la règle consistant à remplacer la lettre n par la lettre
m avant m, p et b. On peut faire déchiffrer à la suite de s'emmêlent, les mots : emmagasiner,

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 41


emmailloter, emmitoufler, emmener ; emmurer.
Les mots bien, loin et monsieur seront épelés les yeux ouverts puis les yeux fermés. Le mot
derrière, lu syllabe par syllabe (on peut tolérer ri/è), sera aussi épeler, syllabe par syllabe : « der,
d.e.r… ri, r.i… è, e accent grave… re, r.e... » puis d'un seul coup : « derrière, d.e.deux r.i.e accent
grave.r.e ».

B. Lexique :

Nous expliquons :
taquiner : s'amuser sans méchanceté à agacer, ennuyer, faire enrager quelqu'un.
le trottoir : partie aménagée pour les piétons, de chaque côté de la rue.

Trouver quelques exemples de taquineries. Lorsque les élèves vivent dans un quartier où il y a
des trottoirs, expliquer que cette définition a été donnée pour les écoles de campagne où les enfants
ne voient pas de trottoirs tous les jours.

C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Qui parle dans cette histoire ?
- Quel est son caractère ?
- Quelle est la personne qu'il a le plus taquinée ?

Après deux questions très fermées, nous avons une question ouverte qui peut amener à débat.
Rappeler néanmoins après réponse à la première question que, dans les contes et les poèmes, les
éléments sont parfois personnifiés. Employer le mot sans tenir absolument à ce que les élèves le
retiennent.

D. Exercices :

Nous complétons des phrases à l'aide des mots : sur, sous, derrière, là-bas.
Voilà une dame … son parapluie. Le chapeau roule … le journal.
La pluie s'en va …, bien loin. Le journal roule … le trottoir.
Le monsieur court … le chapeau.

Certains élèves maîtrisent encore de manière trop fragile les prépositions de lieu. Cet exercice
leur permettra de les réviser. Pour les autres, c'est sur l'orthographe de ces mots invariables qu'il
conviendra de travailler.

E. Expression :

Nous récapitulons toutes les taquineries qu'a déjà faites le vent.

Nous dessinons et racontons une nouvelle taquinerie du vent.

Selon le temps disponible et le niveau de la classe, on s'attachera à l'une ou à l'autre de ces

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 42


propositions, à moins que l'on choisisse de traiter les deux successivement. La première pourra alors
être traitée uniquement par oral alors que la seconde fera l'objet d'un texte collectif, semi-collectif
(petits groupes de deux à quatre enfants) ou individuel.
On peut aussi demander aux élèves d'écrire la première seuls en s'aidant du texte de lecture et
choisir l'une des trois propositions ci-dessus pour le deuxième sujet. Ceci demandant du temps, il
vaudra mieux alors travailler sur deux journées de classe et réserver le deuxième sujet à la deuxième
de ces journées.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 43


Le vent fou (2)

1. Lecture :
• Texte : Suite du texte précédent. L'histoire et le vocabulaire sont simples. Les phrases sont très
répétitives. Les élèves vont pouvoir accélérer leur vitesse de lecture sans risques.
• Mots difficiles : lac. Utiliser une ou plusieurs photographies.
• Connaissance du code ; décodage : la lettre g.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Elle sera le prétexte à un résumé de la première partie. On rappellera la personnification du vent


et son caractère taquin.

B. Lecture du texte :

Comme précédemment. Insister sur la lecture de derrière qui doit devenir courante. Prêter une
attention toute particulière aux élèves pour lesquels ce ne serait pas le cas ; ceux-ci sont soit des
élèves manquant gravement de confiance en eux, soit des enfants ayant une prédisposition à la
dyslexie. Si, tout au long de l'année de CE1, le maître s'emploie à leur donner confiance, à les aider
à segmenter les mots, à l'aide d'outils au besoin 43, les cas les plus légers verront leurs difficultés
s'amoindrir jusqu'à disparaître et les cas moyens à lourds verront une amélioration notable de leurs
troubles.
Encourager les élèves qui lisent les phrases après Le journal plonge dans le lac à accélérer sans
toutefois les pousser à réciter. Attention à la relecture du paragraphe entier : l'élève doit lire, index
sous les mots et non dévider une rengaine qu'il connaît par cœur.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire la lettre g :
le garçon – les gens – il plonge – nous plongeons – une blague

Lecture mot à mot, en changeant d'élève à chaque mot. Après chacun des mots, faire énoncer la
règle et lire les mots suivants au tableau en épelant la syllabe contenant la lettre g :
- le garçon : la gare, un gamin, une gamine, garantir, gaver, une gamelle, un magasin, un

43 Double-décimètre sous la ligne et index qui suit la ligne, accompagné d'une lecture à mi-voix, dans les cas « légers »
et pour les cas plus lourds, surlignage des lignes en couleur auquel on ajoutera éventuellement d'un cache en carton avec
fenêtre, déplacé de gauche à droite, et lecture à voix haute, aidée par le maître qui est physiquement présent près de
l'enfant (ou AVS) et qui encourage en lisant lui-même à mi-voix.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 44


gâteau…
- les gens : gentil, gentille, gentiment, le genre, un gendarme…
- il plonge : il ronge, il songe, il corrige, une plage, une image, une orange, il mange, il range…
- nous plongeons : nous rongeons, nous songeons, nous corrigeons, nous mangeons, nous
rangeons
- une blague : longue, une bague, la langue, la fatigue, une algue, une figue, un orgue

B. Lexique :

Nous expliquons :
le lac : c'est une grande étendue d'eau entourée de terre de tous côtés.

Faire lire la définition, recueillir quelques souvenirs d'élèves le cas échéant, montrer les
photographies.

C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Le vent est taquin. À quoi le voyons-nous ?
- À quelle saison doit se passer cette histoire ? Pourquoi ?
- Sa taquinerie serait-elle drôle à une autre saison ? Pourquoi ?

La première question est simple et pousse à se remémorer l'histoire. Les deux autres questions
sont sans doute très difficiles pour des enfants qui n'ont pas encore vraiment conscience des
caractéristiques de chaque saison. Les faire évoquer à grands traits avant de laisser les élèves
conclure seuls. On peut avoir besoin de les leur citer à nouveau une à une : « Pensez-vous que la
taquinerie serait drôle au printemps ? Comment doit être l'eau du lac au printemps ?… Pensez-
vous que la taquinerie serait drôle en été ? Comment doit être l'eau du lac en été ?… etc. »

D. Exercices :

Nous complétons des phrases à l'aide des mots : court, roule, galope,
rampe, sautille.
La grenouille … au bord du lac. Le cheval … dans la prairie.
Le monsieur … derrière le chapeau. Le vélo … derrière le garçon.
Le serpent … dans les hautes herbes.

Enrichir le vocabulaire en répertoriant les verbes indiquant comment un animal se déplace.


Simple pour certains élèves, tout nouveau pour d'autres. On peut profiter de cette lecture pour
programmer une séance d'EPS où l'on mimera les déplacements des animaux en employant ces
verbes, à plusieurs reprises, dans des phrases.
Les élèves dont les connaissances orales sont plus étoffées profiteront de l'exercice pour parfaire
leurs connaissances écrites de la langue française.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 45


E. Expression :

Nous racontons l'histoire en images et nous inventons une fin.

Il va s'agir d'écrire au moins quatre phrases d'affilée. Première occasion pour utiliser des
substituts nominaux et des mots de liaison.
Travail collectif de préférence : les élèves proposent, le maître montre les répétitions éventuelles
et encourage à trouver autre chose, éviter la répétition sans pour cela donner la solution. En
dernière ressource, si vraiment cela ne vient pas, il sert de modèle en proposant quelque-chose.
Même attitude pour les liaisons entre phrases. Aider les élèves à chercher par eux-mêmes, à se
souvenir des écrits précédents, à confronter leurs idées avant de proposer, si vraiment personne n'a
rien à proposer.
On devrait obtenir un texte de ce genre :

Ce matin, le vent souffle fort et Monsieur Léon a mis son chapeau et son

manteau. Tout à coup, une rafale lui arrache son chapeau qui s'envole ! Vite,

notre ami se précipite à sa poursuite ! Hélas, le couvre-chef tombe dans une

flaque et le voilà tout mouillé et tout sale. Le pauvre homme est bien ennuyé.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 46


Poursuites en poésies

1. Lecture :
• Textes : Deux poèmes où l'on raconte une poursuite.
Le premier est de Max Jacob44. Il est une illustration parfaite à ces mots lu sur le site Babelio :
« Max Jacob est un grand classique. Il manie la langue avec précision et élégance. C'est aussi un
grand baroque par la constante invention qui va du loufoque au grave, en passant par le romantique.
Les mots, chez lui se rencontrent, fruit du hasard, s'accrochent, se choquent, s'aiment, et de ce coup
de foudre naît la magie des images. »
Le deuxième est de Paul Fort45. Il raconte, en mots très simples, la quête du bonheur qu'on
poursuit mais ne rattrape pas.
• Mots difficiles : à la poudrette ; champêtres ; un banquet ; l'ache ; le sourcelet ; la haie.
• Connaissance du code ; décodage : perdu ; bonheur ; serpolet ; sourcelet ; par-dessus.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Les illustrations de Marc Chagall ont été choisies pour accompagner les deux poèmes dans ce
qu'ils ont de commun : le loufoque et la simplicité. Après une très brève biographie46

B. Lecture du texte :

Envisager une lecture par le maître avant la lecture fractionnée par les élèves. Celui-ci lit, très
lentement, en articulant bien et en marquant les liaisons, le premier poème (Chanson). Il s'arrête à
chaque point pour demander aux élèves s'ils ont compris tous les mots et le sens général de la
phrase (faire reformuler par un enfant). Puis il relit tout le poème d'une traite, toujours très
lentement, en articulant bien. Il vérifie que tous les élèves suivent du doigt sa lecture en articulant à

44 Max Jacob, poète, romancier, essayiste, épistolier et peintre français, né le 12 juillet 1876 à Quimper, mort le 5
mars 1944, alors qu'il était emprisonné au camp de Drancy (Seine-Saint-Denis). Il eut de nombreux amis dont Picasso,
Braque, Matisse, Apollinaire, Modigliani, Jean Cocteau, Sacha Guitry, Jean Moulin…
45 Jules Jean Paul Fort, né à Reims (Marne) le 1er février 1872 et mort le 20 avril 1960 à Montlhéry (Essonne), est un
poète et dramaturge français. Paul Fort donna ses premiers poèmes au Mercure de France en 1896. Ils constitueront le
début des Ballades françaises (17 volumes écrits entre 1922 et 1958) dans une suite continue jusqu'à sa mort. Il fonda le
Théâtre d’Art, qui deviendra le Théâtre de l'Œuvre, créa en 1905 la revue Vers et prose et contribua à donner au quartier
du Montparnasse, à Paris, sa renommée artistique. Il est l'auteur d'une œuvre poétique abondante mêlée de
symbolisme,...
46 Peintre, graveur et décorateur russe naturalisé français (Vitebsk 1887-Saint-Paul-de-Vence 1985). Hors de tout
mouvement, l'art de Marc Chagall s'est formé sur fond d'influences issues de la double tradition slave et judaïque. Il a
séduit l'Occident par la vision poétique qu'il propose et par la diversité de ses moyens d'expression.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 47


mi-voix.
Il fait ensuite lire la première phrase par l'élève prévu par la liste, la deuxième par le suivant, etc.
Lorsque le poème entier a été lu, l'élève suivant le relit en entier. On peut alors faire lire le poème à
toute la classe, en lisant soi-même à voix haute pour donner le tempo de la lecture.
On procède de même pour le second poème (Le bonheur est dans le pré).

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire des mots difficiles :
per/du - le bo/nheur - le ser/po/let – le sour/ce/let – par-de/ssus

Lire syllabe par syllabe pour déchiffrer le mot ; on peut faire épeler chaque syllabe pour préparer
à l'orthographe. En profiter pour expliquer serpolet qui ne fait pas partie de la liste des mots
difficiles.

B. Lexique :

Nous expliquons :
à la poudrette : peut-être « dans la poussière » ou « un peu au hasard » ?
champêtres: les oiseaux qui vivent dans les champs ; les oiseaux sauvages.
un banquet : un grand repas, un festin.
l'ache : c'est une plante qui ressemble au persil.
le sourcelet : la petite source, le ruisseau.
la haie : c'est une clôture faite d'arbustes qui délimite un terrain.

Expliquer que Max Jacob a vraisemblablement inventé l'expression à la poudrette. Certains mots
reviendront dans de nombreux textes ou exercices de vocabulaire alors que d'autres comme l'ache
ou le sourcelet ne réapparaîtront jamais dans des lectures d'école primaire. Au maître de savoir faire
la différence entre des mots utiles dont il convient de faire mémoriser la définition et ceux plus
anecdotiques qu'on explique sur le coup sans chercher à ce qu'ils soient obligatoirement retenus.

C. Réflexion ; expression:
La compréhension linéaire des poèmes se fait en cours de lecture. On entraînera les élèves à une
lecture courante, théâtralisée. On pourra faire ressortir le côté surréaliste de la Chanson de Max
Jacob où l'on est vraiment dans l'imaginaire ; la personnification du bonheur que l'on poursuit de
place en place comme s'il était un être vivant pourra être évoquée par un enfant, il faudra alors la
rapprocher de la personnification du Vent dans le conte précédent.
Faire jouer sur le rythme, découvrir les rimes, évoquer la ritournelle qui ponctue le poème de
Paul Fort.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 48


L'oie d'or (1)

1. Lecture :
• Texte : Un conte des frères Grimm47 dans sa version française originale, sans coupures ni
adaptations. L'histoire est simple, ce qui facilitera la compréhension du vocabulaire et des tournures
de phrases. L'emploi du passé simple conditionne celui de l'imparfait du subjonctif dans certaines
subordonnées conjonctives. C'est par la lecture et l'imprégnation que les élèves retiennent ces
tournures sans avoir à apprendre à les utiliser eux-mêmes.
Le conte retrace l'histoire du cadet d'une famille de trois fils, passant pour un sot, qui se révèle
être bien plus malin que ses frères. Elle plaira forcément à nos petits élèves de CE1, victimes eux
aussi des moqueries des plus grands ou se sentant d'eux-mêmes bien peu capables de rivaliser avec
leurs aînés. Quel meilleur moyen de leur montrer qu'ils n'ont pas à se sous-estimer que le conte
traditionnel où le petit vainc les plus grands ! Quelle belle leçon de morale aussi, jamais pontifiante
ni abêtissante, qui fait sentir intuitivement à l'enfant quelles sont les attitudes qui nous attirent les
bonnes grâces de notre entourage !
Cette première partie amène les élèves de la présentation des personnages au premier événement
déclencheur. L'élève reconnaît, sans qu'il soit besoin de le lui faire verbaliser, le schéma du conte.
Comme celui-ci sera suivi de bien d'autres, et qu'il fait suite à de nombreux contes traditionnels lus
ou écoutés les années précédentes, les élèves sont en terrain connu et sauront sans leçon magistrale
trop précoce ou recherche tirée par les cheveux passer à l'analyse littéraire quand le moment en sera
venu pour eux.
• Mots difficiles : risée ; gnome ; s'entailla ; désinvolte. Attention, le mot gnome se prononce g-no-
me, comme gnou, diagnostic, stagnante… On pourra ajouter quelques expressions comme : le
prenaient de haut ; abattre des arbres ; le fait du hasard ; l’œuvre du petit homme ; une gorgée de
vin ; le tranchant de la hache.
• Connaissance du code ; décodage : Mots contenant une difficulté souvent encore mal maîtrisée
après un mois de CE1 : le fils ; surnommé ; délicieuse ; des œufs ; la faim ; un gnome ; il s'entailla ;
l'œuvre – le deuxième – une gorgée – la punition

Déroulement :

47 Les frères Grimm, c'est-à-dire Jacob Grimm (1785-1863) et Wilhelm Carl Grimm (1786-1859) sont des
linguistes et collecteurs de contes allemands populaires. Ils sont devenus célèbres pour leurs recueils de contes, mais
Jacob a également découvert une loi phonétique historique (c'est-à-dire un changement dans la prononciation), que l'on
a appelée loi de Grimm

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 49


A. Observation rapide de l'illustration :

La description doit permettre aux élèves les plus démunis de s'exprimer sur ce qu'ils voient alors
que d'autres pourront déjà faire remarquer l'époque (au temps passé, autrefois, il y a bien
longtemps), les éléments traditionnels d'un conte (personnage réel face à un personnage imaginaire)
et formuler quelques hypothèses.

B. Lecture du texte :

Utiliser la technique habituelle. Penser à expliquer tout de suite les mots et expressions dont la
compréhension semble mal maîtrisée et à faire reformuler les événements de façon à ne laisser
personne en plan face à une histoire qu'il ne comprend pas.
Lors de la relecture, la vitesse d'énonciation doit maintenant être plus rapide qu'à la première
lecture. Rassurer les élèves qui n'y arrivent pas encore en se tenant près d'eux et en les encourageant
à se faire confiance.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire des mots difficiles :
le fils – surnommé - délicieuse – des œufs – la faim – un g/nome – il s'entailla –
l'œuvre – le deuxième – une gorgée – la punition

Procéder mot par mot. Faire épeler la partie en gras. Expliquer les subtilités de prononciation :
un œuf / des œufs, comme un bœuf / des bœufs ; le fils qui est le frère de la fille et en a gardé la lettre
l ; le gnome qui viendrait d'un mot grec (genomos) signifiant « habitant souterrain ».

B. Lexique :
Nous expliquons :
la risée : c'est ce dont tout le monde se moque, ce qui fait rire.
un gnome : c'est un personnage des contes qui est laid et de petite taille.
il s'entailla : il se coupa.
désinvolte : le deuxième frère est insolent, impoli.

Dès que possible, relier les mots à d'autres de la même famille et montrer aux élèves qu'ainsi, on
peut comprendre un mot sans en avoir la définition au préalable : risée vient de rire, c'est donc une
chose qui fait rire ; s'entailler vient de tailler, cela signifie donc qu'on se taille, qu'on se coupe.

C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Qui est ce gnome ? À quoi le voyons-nous ?
- Pourquoi punit-il les deux frères aînés ?

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 50


Laisser débattre les élèves entre eux, en régulant la prise de paroles. On peut accepter quelques
histoires individuelles visant à corroborer la règle selon laquelle, lorsqu'on n'est pas aimable avec
quelqu'un, il est généralement pas aimable avec nous-mêmes, mais annoncer dès le départ qu'on
n'aura pas le temps d'écouter toutes les anecdotes personnelles.

D. Exercices :
Nous rétablissons l'ordre de l'histoire.
L'aîné rentre à la maison. L'aîné s'entaille le bras avec sa hache.
L'aîné va dans la forêt. La mère prépare un repas pour l'aîné.
L'aîné rencontre le gnome et refuse de lui donner à manger.

C'est un exercice difficile pour les élèves qui lisent encore lentement et ont de la peine à tout
mémoriser. Écrire les cinq phrases au tableau, l'une après l'autre, sous la dictée chacun des cinq
élèves désignés par la liste. Les faire alors relire au tableau par la série suivante de cinq élèves.
On peut alors faire énoncer la première phrase de l'histoire par un premier élève qui viendra
éventuellement la lire au tableau en s'aidant d'une baguette. Après validation, on pourra la désigner
par le chiffre 1 ou la recopier sur une autre partie du tableau, en haut.
Continuer de la sorte pour les quatre autres phrases, puis faire relire l'histoire entière par l'élève
dont c'est le tour de rôle.

E. Expression :

Nous dessinons et racontons comment on coupe un arbre à la hache.

Si les élèves semblent totalement ignorants, on peut leur faire visionner une vidéo ou leur faire
décrire une suite d'images séquentielles.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 51


L'oie d'or (2)

1. Lecture :
• Texte : Deuxième épisode sur quatre. On notera l'injustice de la mère, la façon dont le Bêta
s'adresse au gnome, la récompense qu'il reçoit et la fin de l'épisode marqué par un élément
perturbateur de l'action : lorsqu'un inconnu touche l'oie, il ne peut plus se décoller de ses plumes.
• Mots difficiles : céder ; une correction ; aigre ; somptueux. On peut ajouter : les cendres ; avoir
bon cœur ; les racines ; une oie. Le sens des mots auberge, aubergiste, intriguées, une
benjamine seront découverts grâce au contexte au plus tard lors de l'exercice de réflexion.
• Connaissance du code ; décodage : Lecture de la lettre g ; révision.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Description et hypothèses. Selon le niveau de langage des élèves, commencer à exiger une
reprise des phrases maladroites ; ne jamais tolérer de langage familier.

B. Lecture du texte :

Procéder comme d'habitude. C'est peut-être déjà au cours de cette lecture associant déchiffrage et
compréhension que le maître sollicitera la perspicacité des élèves afin qu'ils déduisent seuls le sens
des mots auberge, aubergiste, intrigué et benjamine, en s'aidant du contexte. Bien entendu, il
validera ou invalidera les définitions proposées par les enfants ; il ne s'agit en aucun cas de laisser
des élèves négocier entre eux les termes d'une définition mais bien de leur apprendre à faire appel à
leur logique, sans sanctionner les erreurs mais en valorisant les réussites. La bienveillance d'un
enseignant ne se mesure pas à l'aune des erreurs qu'il accepte mais à celle des occasions d'enrichir
les savoirs qui sont à portée de main des enfants.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire la lettre g :
une galette – aigre - un gâteau – mangeons – ils mangèrent – partager – le gnome –
une auberge – l'aubergiste – intriguées – étrange – garde – obligées – en compagnie

Lecture mot à mot, en changeant d'élève à chaque mot. Après chacun des mots, faire épeler la
syllabe contenant la lettre g et énoncer la règle. On peut profiter de cette épellation pour recopier les
mots dans un tableau48 qu'on confectionnera avec les élèves :

48 Tableau temporaire que l'on effacera à la fin de la journée. Ne pas constituer de listes interminables à relire à la

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 52


g gu ge, gi gn

galette intriguées mangeons compagnie

aigre mangèrent

gâteau auberge

gnome aubergiste

garde étrange

obligées
Deuxième occasion de découvrir ensemble le sens des mots auberge, aubergiste et intriguées.

B. Lexique :

Nous expliquons :
céder : accepter, dire oui.
une correction : son père le frappera pour le punir (on dit aussi pour le corriger).
aigre : désagréablement acide, au goût piquant.
somptueux : magnifique, extraordinaire.

Rapprocher corriger de correction. Faire évoquer l'autre sens connu par les élèves : corriger un
cahier, faire la correction d'un exercice, c'est en rectifier les erreurs.
Faire employer les mots dans des phrases que les élèves inventeront.

C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Pourquoi le gnome s'est-il comporté différemment avec le plus jeune frère ?
- Qu'est-ce qu'une auberge ? un aubergiste ? intriguées ?une benjamine ? Comment
peut-on comprendre ces mots tout seul ?

Laisser les élèves expliquer le traitement réservé par le gnome au plus jeune frère ; accepter
quelques anecdotes.
L'exercice de prise d'indices grâce au contexte sera accompagné et clairement balisé par le maître
qui donnera la parole (et la reprendra), rassurera les timides, exigera des preuves de la part des
enfants trop sûrs d'eux, aidera à repérer les indices ou à invalider des hypothèses en faisant relire
des parties du texte et sera, avec appui du dictionnaire, le garant de la réponse exacte, quoi que

maison, sous prétexte de « cahier de sons ». Le français se lit grâce à 26 lettres, ces difficultés reviendront suffisamment
souvent pour que les élèves acquièrent la rapidité et l'automatisme nécessaires sans être soumis au pensum des lectures
de listes ennuyeuses bien trop longues pour être mémorisables.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 53


puisse en pensée quelque élève un peu trop habitué à avoir toujours raison.

D. Exercices :

Nous qualifions les noms à l'aide des mots : benjamin, aigre, somptueux,
intrigué, désinvoltes.
Les deux frères aînés sont … . - Bêta est le … . - Il est … par ce que lui dit le gnome -
L'oie a un plumage … . - Ne bois pas ce jus de fruit, il est … .

Réinvestissement immédiat des mots que l'on vient de découvrir, le jour-même ou la veille.
Après lecture de chacun des mots, puis relecture des cinq, on fera lire les cinq phrases l'une après
l'autre, sans les compléter49. Faire alors relire une dernière fois la liste d'adjectifs qualificatifs à
utiliser et laisser les élèves compléter les phrases dans l'ordre qui leur convient.
Ne pas chercher à obtenir une mémorisation des cinq définitions mais la valoriser si un élève
réutilise l'un de ces adjectifs à bon escient.

E. Expression :

Nous écrivons ce que pourra dire l'aubergiste en voyant ses filles collées au
plumage de l'oie.

Procéder comme d'habitude. La rédaction collective prolongée assurera d'autant mieux la


rédaction individuelle autonome qu'elle est répétée longtemps et fréquemment.

49 Les points de suspension peuvent être remplacés par un bruit rappelant celui utilisé dans les jeux radiophoniques ou
télévisés ou par « quoi ? ». Éviter « comment ? » qui pourra induire les élèves en erreur lorsqu'ils apprendront à
analyser les mots (l'attribut du sujet étant alors confondu avec le complément circonstanciel de manière).

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 54


L'oie d'or (3)

1. Lecture :
• Texte : Troisième partie du texte d'un élément perturbateur au suivant. L'allusion à la religion
catholique (curé, sacristain, règles régissant l'attitude des filles par rapport aux garçons) peut être
délicate dans certaines écoles. En n'insistant pas sur le côté religieux et en resituant l'histoire dans
un passé lointain, on doit pouvoir instruire les élèves. Le maître doit être attentif à ne faire ni
prosélytisme, ni dénigrement :
« À l'époque des frères Grimm, en Europe, le curé était un prêtre de la religion catholique ; il
était presque toujours le seul religieux du village où il avait une grande importance ; tout le monde
lui obéissait ; il apprenait aux filles qu'elles ne devaient pas fréquenter les garçons et encore moins
courir derrière eux. Le sacristain était l'homme qui entretenait l'église où avait lieu les cérémonies
religieuses, sonnait les cloches pour appeler les villageois aux offices religieux et l'aidait pendant
ces derniers. »
L'école est laïque si elle respecte toutes les croyances, en instruit ses élèves de manière
historique et neutre et n'en privilégie aucune.
• Mots difficiles : curé ; sacristain ; impudentes.
• Connaissance du code ; décodage : Déchiffrer des mots difficiles en procédant syllabe par
syllabe : derrière ; impudentes ; croyez ; convenable ; sacristain ; baptême ; paysans ; sept ;
personne ; princesse.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Comme d'habitude.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude. Dans les classes où le débat s'instaure sur la religion, ramener au texte après
avoir expliqué brièvement le contexte historique de l'époque des frères Grimm. Penser à faire
reformuler les événements au fur et à mesure car les élèves auront besoin d'avoir compris l'histoire
pour l'exercice de Réflexion.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire des mots difficiles syllabe par syllabe :
der/ri/è/re - im/pu/den/tes – croy/ez – con/ve/na/ble – sa/cris/tain – bap/tê/me –

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 55


pay/sans – sept – per/so/nne – prin/ces/se

Nouvelle occasion de lire le mot derrière. Le mot impudentes s'il n'a pas été expliqué en cours de
lecture, le sera à ce moment avant que sa définition ne soit relue dans la partie Lexique. Rappel :
cet exercice vise à rendre la lecture plus aisée, ce n'est pas un exercice d'orthographe ; on n'exigera
pas l'écriture correcte de ces mots à ce moment-là. Si épellation il y a, c'est pour aider certains
élèves, très auditifs, à mémoriser les suites de lettres qui permettent de produire tel ou tel son ; ici,
par exemple, les élèves diront : « Croyez, o.y, ça se prononce « oi - ille ». Paysans, a.y, ça se
prononce « ai-i ». »

B. Lexique :

Nous expliquons :
un curé : c'est un prêtre qui dit des messes dans une église.
un sacristain : c'est une personne qui entretient l'église.
impudentes : les filles suivent un inconnu, elles sont mal élevées, sans-gêne.

Faire lire les définitions, rappeler le contexte de l'histoire en résumant brièvement la raison pour
laquelle le curé et le sacristain traitent les jeunes filles d'impudentes.

C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Pourquoi le Bêta se dirige-t-il tout droit vers le palais du roi ?
- Est-il aussi bêta qu'il en a l'air ?

Laisser les élèves débattre tout en jouant le rôle de régulateur de la parole.

D. Exercices :

Nous qualifions les noms à l'aide des mots : étrange, impudentes, convenables,
surpris, triste.
La princesse est … . - Le défilé est … . - Le sacristain est … par ce qu'il voit. – Les filles
de l'aubergiste sont …, elles ne sont pas … .

Même exercice que lors de la séance précédente. Procéder de la même façon.

E. Expression :

Nous dessinons et expliquons ce que l'on fait avec une bêche.

Si les élèves semblent totalement ignorants sur le sujet, on peut leur faire visionner une vidéo ou
leur faire décrire une suite d'images séquentielles.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 56


L'oie d'or (4)

1. Lecture :
• Texte : Dernier épisode du conte. Des élèves de CE1 savent normalement, au moins intuitivement,
qu'un conte finit bien. Ils s'attendent donc au mariage du Bêta avec la princesse. Les épreuves que le
roi fait traverser au jeune prétendant sont une surprise pour eux. Ils discuteront avec passion du
caractère fourbe du roi qui tente de faire chuter leur héros si près du but.
• Mots difficiles : étancher sa soif ; un fût ; il biaisait.
• Connaissance du code ; décodage : Valeurs de la lettre g.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Comme d'habitude.

B. Lecture du texte :

Lecture phrase par phrase ; relecture du paragraphe par un lecteur supplémentaire. S'attacher à
obtenir une lecture de plus en plus fluide tout en assurant toujours de son soutien les élèves moins
rapides et moins sûrs d'eux. Il n'y a aucune raison de priver de repères spatiaux (règle, doigt ou
même cache de carton évidé) les élèves que cela aide ou simplement sécurise. Nous sommes
suffisamment à l'aise désormais avec les consignes données ces dernières décennies en terme
d'apprentissage de la lecture pour se détacher d'elles et en tester d'autres. Aucune raison valable non
plus d'attendre la fin d'un texte pour en expliquer les difficultés d'ordre lexicale ou concernant
l'intrigue ; entrer dans l'écrit n'est agréable que si on peut suivre ce qui se passe en temps réel.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire la lettre g :
gris - le visage – j'ai grand-soif – le mariage – le gendre – manger – une montagne
– gaiement – englouti – il naviguait

Procéder de la même manière qu'aux pages 52, 53. Si un élève en fait la demande, expliquer très
brièvement l'orthographe du verbe naviguait en écrivant au tableau l'infinitif de ce verbe puis en
traçant un trait vertical séparant le radical navigu de la terminaison des verbes du 1er groupe er.
Montrer comment on a remplacé cette terminaison par celle de la 3 e personne du singulier de
l'imparfait, on obtient naviguait. Si personne ne demande rien, laisser passer ; rien ne sert
d'encombrer les élèves d'explications compliquées qui viendront, en leur temps, quand ils auront

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 57


déjà assimilé les cas généraux.

B. Lexique :

Nous expliquons :
étancher sa soif : calmer sa soif, apaiser sa soif en buvant.
un fût : c'est un très grand tonneau.
il biaisait : le roi trouvait des ruses pour empêcher le mariage.

Procéder comme d'habitude.

C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Le roi est-il honnête ? À quoi le voyons-nous ?
- Le Bêta a-t-il réussi seul ? Qui l'aidait sans cesse et pourquoi le faisait-il ?

Comme la plupart du temps, les réponses à ces questions ne sont pas dans le texte mais on peut
les deviner (2e question) ou se faire une opinion partagée de tous (1ère question) si l'on a compris
l'intrigue et qu'on s'appuie sur ses propres expériences et ses lectures antérieures.

D. Exercices :

Nous complétons les phrases à l'aide des mots : simplet, à satiété, gendre,
charitable, dadais.
Un bêta, c'est un … ou un … . - Le Bêta est le … du roi. - L'homme a mangé …, il n'a
plus faim. – Le Bêta a été … avec le gnome gris qui l'a récompensé.

Compréhension active du vocabulaire. C'est de la phrase complétée que naît la compréhension


du sens du mot. On peut très bien ne pas expliquer les mots un à un et attendre que les élèves aient
complété correctement une phrase pour demander la signification. Le tout est de ne pas jouer aux
devinettes en essayant tout et n'importe quoi au hasard mais bien de se servir du texte, de ses
souvenirs, de sa logique50 de la langue.

E. Expression :

Nous dessinons et racontons le mariage des deux jeunes gens.

Le sujet est simple ; si on en a le temps, on peut essayer de laisser les élèves écrire seuls, même
dans les classes où, depuis le début de l'année, l'écriture est collective. Ce sera l'occasion de voir si
les élèves ont atteint le degré de maîtrise d'eux-mêmes suffisant pour inhiber une écriture
automatique sans aucun contrôle orthographique. Ne pas être trop exigeant néanmoins, il est
normal qu'un élève de CE1 fasse encore beaucoup d'erreurs.

50 Faire la charité, c'est donner des choses à quelqu'un donc quelqu'un est charitable, s'il donne ou partage avec les
autres ce qui lui appartient.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 58


Vivre autrefois : À la Préhistoire,
dans la grande forêt

1. Lecture :
• Texte : Un extrait littéraire, sans doute difficile pour des élèves de CE1. Il est tiré du roman de J.
H. Rosny Aîné, La Guerre du Feu, publié en 1909 dont l’auteur situe l'action au cœur de la
Préhistoire, soit environ cent mille ans dans le passé51.
L'extrait que les élèves vont lire, avec l'aide appuyée de leur maître, se situe au moment où Naoh
et ses deux compagnons, à la recherche du feu, quittent la savane et entrent dans la grande forêt.
L'étude de ce texte peut être conduite sur le temps de Français et sur celui dévolu au domaine
Questionner le Monde.
• Mots difficiles : savane ; combes ; extinction ; farouche ; Nomades ; embûches. Photographies
utiles : savane, combe.
• Connaissance du code ; décodage : pas de travail sur le code.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Faire décrire l'image en s'appuyant, le cas échéant, sur les connaissances acquises pendant les
séances du domaine Questionner le monde.

B. Lecture du texte :

Ce texte est très difficile. Il est illusoire de penser que des enfants de sept à huit ans le liront de
manière fluide, en comprenant ce qu'ils lisent, sans l'accompagnement appuyé d'un adulte. De plus,
comme il s'agit pour la première fois de l'année d'un extrait d'œuvre, il convient, comme pour
51 Résumé (d'après Wikipédia) : Depuis des générations, la vie de la tribu des Oulhamrs s'est organisée autour du feu.
S'ils savent conserver les braises et attiser les flammes, ils sont en revanche incapables d'allumer le feu, qu’ils
conservent précieusement dans trois cages. Or un jour, au cours d'un affrontement sauvage avec une tribu ennemie, les
cages où brûlait le Feu sont détruites. C'est la catastrophe. Vaincu, le clan fuit derrière son chef Faouhm, en proie au
froid et à la nuit. En désespoir de cause, celui-ci promet alors sa nièce Gammla ainsi que le bâton du commandement au
guerrier qui rapportera le feu à la tribu.
Un volontaire se présente immédiatement : Naoh, fils du Léopard, le plus grand et le plus agile des Oulhamrs qui
depuis longtemps épiait et convoitait Gammla. Il choisit pour compagnons Nam et Gaw, deux jeunes guerriers légers et
rapides, plutôt que deux autres guerriers plus robustes. Par défi et goût du combat, Aghoo fils de l’Aurochs défie Naoh
en promettant qu’il sera celui qui conquerra la flamme.
Le lendemain, chaque groupe part de son côté affronter les multiples dangers du monde hostile qui les entoure… Au
cours de leur quête, Naoh, Nam et Gaw, devront échapper aux mammouths et aux aurochs, au Lion Géant et à la
Tigresse, aux Dévoreurs d'Hommes, aux Nains-Rouges et à l’ours Géant qu'ils croiseront en chemin. Après un ultime
combat contre Aghoo et ses frères, ils rapportent finalement le feu au peuple Oulhamr.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 59


Pinocchio dans Écrire et Lire au CP, de faire un rapide résumé de l’œuvre complète (voir note) puis
de situer l'extrait à l'intérieur de l’œuvre. Bien indiquer aux élèves qu'il s'agit d'un livre pour
adolescents et adultes et qu'ils ne pourront pas le lire avant longtemps.
La langue étant difficile, le plus simple sera, pour une fois, que le maître commence, lisant
phrase après phrase, les faisant commenter, reformuler et expliquer par les élèves. Après relecture,
toujours par le maître du paragraphe entier, derniers commentaires de sa part, les élèves reliront
chacun leur tour, une seule phrase du paragraphe. On peut alors relire une dernière fois le
paragraphe en demandant aux élèves de se créer des images mentalement pendant cette relecture.
On procède ainsi paragraphe par paragraphe, sur deux ou trois séances au besoin.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
la savane : c'est une plaine de hautes arbres, avec très peu d'arbres.
des combes : des petites vallées, longues et étroites.
son extinction : sa disparition. Le lion géant n'existera bientôt plus.
farouche : violent.
les Nomades : ils se déplacent sans cesse, ils n'ont pas de lieu d'habitation fixe.
embûches : pièges, difficultés qu'on ne voit pas.

Le vocabulaire est compliqué. Les mots combes, extinction, farouche, embûches ne sont pas à
retenir au niveau du CE1. En revanche, savane et nomades qui font partie du vocabulaire
géographique et historique pourront faire l'objet de plus d'attention afin d'en faciliter la
mémorisation.

B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Comment est la forêt ? Quel est le sens du mot « interminable » ?
- Qui vit dans la forêt ? Pourquoi les Nomades s'y sentent-ils bien malgré le danger ?
Quels dangers redoutent-ils le plus ?
- Quand se sentent-ils le moins en sécurité ? Que signifie le mot « terrifiantes » ? Que
font-ils pour se protéger pendant qu'ils dorment ?

Pas de questions ouvertes sur le sujet. Les élèves sont face à un texte littéraire, certes, mais à
forte connotation documentaire. Ils apprennent quels étaient l'environnement et la vie des hommes
il y a 100 000 ans, aucune interprétation n'est possible. Les élèves ayant des connaissances peuvent
bien entendu les exposer à condition qu'elles cadrent avec le sujet ; il est important de leur
apprendre à sérier les informations et à les croiser avec d'autres. Attention aux idées reçues
courantes chez de jeunes enfants : les hommes préhistoriques combattaient les dinosaures ; ils

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 60


avaient une intelligence très limitée ; ils ne parlaient pas ; ils étaient méchants. Donner peu
d'informations mais toujours exactes, ôter de la bibliothèque de classe tous les albums qui
entretiennent ces confusions.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 61


Vivre maintenant : Apprendre à se repérer

1. Lecture :
• Texte : Une « leçon de géographie », composée à partir d'extraits de manuels scolaires. Elle pourra
au choix servir de support à une ou deux séances de Français (Lecture et compréhension de l'écrit)
ou être étudiée pendant une ou deux séances du domaine Questionner le monde (Se situer dans
l'espace). Si l'on peut sortir de la classe, avoir une boussole et des photographies des constellations
de la Grande Ourse et de la Petite Ourse, la leçon sera plus vivante.
• Mots difficiles : Leur acquisition fait partie de la leçon.
• Connaissance du code ; décodage : pas de travail sur le code.

Déroulement :

A. Observation des illustrations, expérimentations et lecture du texte :

En suivant pas à pas le plan des deux pages, le maître sait exactement ce que les enfants doivent
faire et dire. La page de droite résume les acquis de la page de gauche. Elle pourra être lue au cours
d'une autre séance (Français ou Questionner le monde).

2. Analyse et synthèse :
A. Expression :
Nous expliquons les mots en caractères gras.

Nous dessinons et racontons comment devaient se repérer les Nomades de la


Préhistoire quand ils se déplaçaient.

Nous faisons la liste des repères que nous utilisons pour nous déplacer d'un
endroit à un autre dans notre quartier.

Ces trois exercices peuvent constituer le bilan des acquis 52 de cette séquence sur le repérage dans
l'espace. Le travail collectif, en groupe classe régulé par le maître, permet à chacun de s'exprimer à
sa mesure tout en s'enrichissant grâce aux acquis de ses camarades. Dans l'exercice qui consiste à
expliquer le vocabulaire géographique, on aura intérêt à faire reformuler les définitions produites
par un ou plusieurs élèves afin d'en assurer la mémorisation active.

52 Bilan des acquis ne signifie pas forcément évaluation normative. Au CE1, la scolarité est loin d'être finie et il s'agit
plus de développer le goût du savoir et de dégager l'enfant de la pensée magique qui l'anime souvent encore que de lui
faire passer un examen terminal dès qu'on aborde quelques ébauches de connaissances.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 62


Souvenir de vacances

1. Lecture :
• Texte : Un texte tout simple évoquant les vacances d'un enfant qui ne part pas en famille. Le
vocabulaire en est facile. Le langage d'évocation est largement employé sous la forme d'un dialogue
qui relance l'intérêt. On pourra avoir rassemblé quelques photographies représentant les situations
vécues par Lila et son jeune frère qui ne savait pas encore que la mer était salée !
• Mots difficiles : brandir (en brandissant) ; la gare routière ; accoster (ils accostaient).
• Connaissance du code ; décodage : an, am, en, em.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

La lecture du titre et l'observation de l'illustration doivent amener les élèves à penser que
l'ouvrage que Lila montre à ses amis est un album-photo. On pourra rapidement faire évoquer leurs
lieux de vacances aux enfants et rassurer ceux qui ont seulement fréquenté même peu de temps le
centre de loisirs : cette histoire est la leur, celles d'enfants qui ne partent pas forcément tous les ans
en vacances avec leur famille.

B. Lecture du texte :

Pas de difficultés majeures. Faire lire phrase par phrase, expliquer le vocabulaire le cas échéant,
après relecture complète du paragraphe, faire résumer les nouveaux éléments connus des vacances
de Lila.
La partie dialoguée encouragera les élèves qui lisent déjà avec facilité à travailler leur intonation.
Attention toutefois à ne pas remplacer la séance de lecture par une séance de récitation. C'est-en
apprenant à lire53 de plus en plus vite et avec de plus en plus de précision que nous arrivons à mettre
l'intonation souhaitée dès la première lecture.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire le son an – am – en - em : les vacances - en brandissant –
le centre – un camp – en se bousculant - attention – un banc - tes parents –
Gersende – Alexandre – semblant - on s'en va – sans lui – ensuite – chanter – un
camping – blanche – une tente - la chance – un camping-car – le lendemain –
remplies – les gens – en criant – l'endroit - un surveillant – content – une légende

53 Déchiffer et comprendre simultanément

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 63


Procéder comme d'habitude. Expliquer ou faire expliquer pourquoi nous trouvons parfois an ou
en et parfois am ou em. Faire rappeler quand la règle a déjà été évoquée en classe (on, om dans Les
abeilles et la boue, pages 13 et 15).
On peut parler de l'origine latine de notre langue qui a donné parfois la graphie an et parfois la
graphie en, si les élèves en demandent la raison.

B. Lexique :

Nous expliquons :
en brandissant : Lila tient le livre très haut en l'agitant.
la gare routière : une gare pour les autocars.
ils accostaient : ils s'approchaient du quai pour y être attachés.

Rien de compliqué. Donner ou faire donner l'infinitif des deux verbes conjugués et expliquer
que, lorsque les élèves se serviront d'un dictionnaire, c'est cette forme-là qu'ils devront chercher.
Rapprocher routière de route et accoster de côte. Expliquer l'accent circonflexe qui s'est substitué à
la lettre s qui a quant à elle disparu.

C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Qu'est-ce qui inquiète les amis de Lila ? Pourquoi son frère et elle ne voulaient-ils pas
pleurer ? Qu'est-il arrivé à Enzo quand il s'est baigné ?

Les questions sont fermées, les réponses simples. Cela permettra de rattraper le temps qui a été
passé à évoquer les souvenirs personnels des élèves avant la lecture.

D. Exercices :

Nous cherchons des mots de la famille de camp.


Lila et Enzo ont participé à un … . - Ils ont planté leur tente dans un … . Lucas a déjà
dormi dans un … . - Marie est allée à la …, elle a vu des vaches. La caravane de
chameaux s'arrête et les nomades montent leur … .

Si les élèves inventent des mots en se servant de leur intuition de règles de fabrication, on pourra
leur donner la liste des mots à utiliser : mini-camp ; camping ; camping-car ; campagne ;
campement.
Signaler les deux mots anglais. Parler de radical (racine) et de mots dérivés. Cet exercice peut
être fait sur un cahier. Attention cependant à la correction des fautes : laisser les élèves écrire
comme ils veulent en dehors des exercices de copie ou de dictée les encourage à croire que
l'orthographe, c'est si je veux, quand je veux. Il est beaucoup plus simple pour eux d'apprendre
qu'on ne peut pas, en aucune circonstance, choisir l'orthographe d'un mot. Par ailleurs, cette
exigence orthographique les encouragera à mobiliser leur attention et à mémoriser les mots les plus

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 64


courants rapidement afin de soulager leur mémoire à court terme.

E. Expression :

Nous dessinons et racontons la baignade d'Enzo, à la mer.

Travail collectif au tableau ou individuel, avec correction immédiate54.

54 Même principe : on ne laisse pas des orthographes erronées sous les yeux des élèves. C'est en les contraignant à la
vigilance qu'ils écriront de plus en plus correctement dès le premier jet.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 65


Le Petit Moulin (1)
1. Lecture :
• Texte : Un conte que l'on rencontre souvent, tronqué, dans les manuels de lecture. En voici sa
version intégrale, écrite par Miss Sara Cone Bryant55 et traduite par Élisée Escande, bien plus
longue, et où la caractéristique « conte des origines » est beaucoup moins marquée puisque ce n'est
que dans la toute dernière partie que ce moulin magique qui offre à son propriétaire tout ce qu'il
souhaite devient, en raison d'une mauvaise utilisation, la cause de la salinité de l'eau de mer.
Dans ce premier chapitre, les enfants découvriront des démêlés de Yannick avec le dangereux
Roi des Nains à queue.
• Mots difficiles : plus un rouge liard ; s'égarer ; une casaque. L'illustration du mot casaque sur un
tableau ancien pourra rendre service.
• Connaissance du code ; décodage : décomposer un mot pour pouvoir le déchiffrer aisément.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Les élèves découvrent les personnages de l'histoire, remarquent leurs différences, émettent des
hypothèses. Le titre, qui n'a rien à voir avec l'illustration, amène d'autres hypothèses dont certaines
ont trait au schéma classique d'un conte : peut-être que les personnages, qu'on nous présente ici,
vont gagner ou trouver ce petit moulin plus tard…

B. Lecture du texte :

Les phrases sont très courtes. Si les élèves commencent à lire plus couramment, leur faire
enchaîner deux ou trois phrases. Attention cependant à ce que tout le monde suive la lecture des
yeux, en se guidant de l'index au besoin. L'usage d'une bande de carton ou du double décimètre
pour situer la ligne de lecture restera indispensable pendant toute l'année scolaire. L'oralisation
silencieuse, soit en articulant les mots sans émettre de son, soit en utilisant un chuchoteur56, permet
aux élèves de rester actifs pendant la lecture à voix haute de leurs camarades, ce qui contribue à
maintenir leur attention et leur concentration.
Le maître continue à vérifier cette attention par les demandes fréquentes de reformulation, de
résumé, d'explication de vocabulaire.

55 Miss Sara Conne Bryant, née en 1873 aux États-Unis, est un auteur majeur de contes pour enfants. On lui doit
Souricette et Épaminondas. Elle a écrit des versions de Boucles d'or et les Trois Ours, Les Trois Petits Cochons et La
Petite Poule rousse. Son nom de plume est Miss Sara Cone Bryant, mais aussi Mrs. Theodore F. Borst et Sara Bryant
Borst.
56 Ou phonic phone : tube coudé au deux extrémités dont l'élève se sert pour chuchoter et s'entendre (voir :
http://maitressepatate.eklablog.com/les-phonics-phones-a109002506 que je remercie).

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 66


La relecture par un élève doit maintenant être aisée, sauf cas particulier : il vaut mieux un élève
qui syllabe encore un peu qu'un élève qui fait semblant de lire et récite parce qu'il n'est pas encore
capable de fournir cet effort. La relecture à la maison ou à l'étude, après déchiffrage en classe et non
avant, peut aider ces élèves-là à acquérir peu à peu cette capacité à oraliser rapidement ce qu'ils sont
en train de lire.
Dans certaines classes, on aura peut-être en plus à expliquer les mots qui font l'objet de la
troisième question de l'exercice de réflexion. Selon la pertinence des élèves dans leurs explications,
on pourra leur retourner la question en leur demandant de se servir du contexte pour comprendre,
les aiguiller sur la bonne piste en faisant appel à leur bon sens ou leur donner l'explication complète
du mot ou de l'expression. Le but est que toute la classe progresse dans ses capacités à déchiffrer et
comprendre simultanément ; tous les moyens sont bons, du moment qu'ils servent cette cause.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire des mots difficiles : Ya/nnick – m'en/nuy/er – il des/cen/dit –
quel/que – poin/tu – na/tu/relle/ment – en sau/till/ant

La césure des mots Yannick et sautillant est volontaire. Il s'agit d'aider les élèves à déchiffrer, non
à leur apprendre à couper un mot en syllabes. Si un élève demande pourquoi les mots sont mal
coupés, lui expliquer qu'il a raison mais qu'il s'agit là de découper le mot en sons et non en syllabes.
Faire rythmer la lecture : Ya… nnick…, puis relire le mot d'un seul coup : Yannick.

B. Lexique :

Nous expliquons :
plus un rouge liard : Yannick n'a plus d'argent, même pas une toute petite pièce.
s'égarer : se perdre.
une casaque : une veste ou une blouse large, boutonnée devant.

Procéder comme d'habitude. Certains élèves ont peut-être entendu parler de la casaque des
jockeys, on expliquera alors la différence.

C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Grâce au texte, donnons la signification des mots suivants : un avare ; des broches ;
il grommela ; attiser les flammes ; se chauffer à son aise.
- Maintenant que nous savons ce qui se passe chez les Nains à queue, trouvons la
raison pour laquelle Yvon y a envoyé son frère Yannick.
- Comment se comporte Yannick face à cette épreuve ?

Si les mots ont déjà été expliqués en cours de lecture, vérifier si cette explication a été
mémorisée. Sinon, faire le travail proposé dans la partie Lecture du texte.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 67


Après la lecture des deux autres questions57, laisser le plus possible les élèves débattre entre eux
en se contentant de reformuler les réflexions, d'empêcher le débat de s'écarter du sujet, de faire
synthétiser brièvement les réponses en fin de débat.

D. Exercices :

Nous relions les mots deux à deux.


une pile - une broche – un tas – un paquet – une pierre – un cadre
encadrer – entasser – empaqueter - empiler – empierrer – embrocher

Procéder comme d'habitude : chaque élève lit un mot, le dernier relit la ligne. Écrire les mots au
tableau et présenter l'exercice clairement. Les élèves remarqueront certainement le préfixe en ou em
et la terminaison er de l'infinitif des verbes du 1er groupe. Profiter de l'occasion pour lier lecture et
écriture, vocabulaire et orthographe. Employer le mot préfixe mais ne pas compter sur une
mémorisation immédiate.

Nous utilisons chacun des verbes ci-dessus dans une phrase.

Ne procéder à cet exercice que lorsque le précédent est fini, et peut-être même effacé du tableau
dans les classes où les élèves ont un bon niveau de langue, habituera les élèves à travailler pour
plus tard, ce qui n'est pas inné. Si certains ont de la peine à se souvenir ce que signifient les verbes
empierrer ou embrocher, on en profitera pour expliquer que faire un exercice juste mais
mécaniquement, c'est sans doute très bien mais que le faire pour réellement comprendre comment
ça marche et à quoi ça sert, c'est encore mieux et bien plus utile.

E. Expression :

Nous imaginons et racontons la réaction du roi des Nains.

Faire relire le dernier paragraphe pour que les élèves situent bien le moment que nous voulons
leur faire raconter. Travailler collectivement ou individuellement.

57 Nous sommes en plein cœur du programme d’Enseignement Moral et Civique de Cycle 2 dans ses parties intitulées
Droit et règles et Jugement.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 68


Le Petit Moulin (2)
1. Lecture :
• Texte : Suite du texte précédent. Le Roi des Nains, excédé, se débarrasse de Yannick en lui faisant
un cadeau. Les élèves se réjouiront de son énervement et de tous les bienfaits que leur héros, pauvre
et réprouvé, tire de ce présent.
• Mots difficiles : une hutte ; une basse-cour ; avide.
• Connaissance du code ; décodage : an, am, en, em.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Comme d'habitude. Privilégier les commentaires qui évoquent l'épisode précédent pour émettre
des hypothèses.

B. Lecture du texte :

Lecture phrase par phrase qui permettra de travailler l'intonation dans la lecture des dialogues.
Pour la relecture des paragraphes, nommer trois élèves (narrateur, Yannick, Roi des nains) pour le
paragraphe 1 et deux élèves (Yannick, Roi des nains) pour le suivant et les aider, ou les faire aider
par un élève supplémentaire, de manière à ce qu'ils ne manquent pas leur tour de rôle.
Ceci leur permettra d'apprendre le vocabulaire propre à l'étude d'un texte littéraire et de fixer les
notions de narrateur et de personnages intuitivement par l'action.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire le son an - am - en - em : va-t'en – t'en aller – m'en aller –
en voyant – en disant - tourmenter – gentiment – vitement - intéressant – devant
– de grandes fenêtres – il rangea – pendant ce temps

Procéder comme d'habitude. Expliquer ou faire expliquer pourquoi nous trouvons parfois an ou
en et parfois am ou em. Faire rappeler quand la règle a déjà été évoquée en classe (on, om dans Les
abeilles et la boue, pages 13 et 15).
On peut parler de l'origine latine de notre langue qui a donné parfois la graphie an et parfois la
graphie en, si les élèves en demandent la raison. On pourra aussi l'évoquer pour expliquer
l'orthographe du mot temps (tempus en latin) avant de l'associer aux mots tempête, température,
tempéré.

B. Lexique :

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 69


Nous expliquons :
une hutte : une petite cabane, couverte d'herbe ou de paille.
une basse-cour : la partie de la cour d'une ferme où on élève la volaille.
avide : qui a sans cesse envie de quelque chose.

Les mots hutte et basse-cour auront peut-être été déjà évoqués dans les classes où, dès la fin du
Cycle I ou le début du Cycle II, les enseignants intègrent l'histoire du monde occidental au
programme Questionner le monde, construction de repères chronologiques 58. Pour les autres,
quelques images aideront à la compréhension de ces termes.
Faire employer l'adjectif qualificatif avide dans des phrases. Montrer qu'on peut être avide de
toutes sortes de choses : nourriture, biens mais aussi pouvoir, honneurs, reconnaissance, etc.

C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Grâce au texte, donnons la signification des mots suivants : ils tinrent conseil ;
tourmenter ; nommer ; de beaux balcons ; à foison ; ses biens.
- Pourquoi le pauvre Yannick ne demande-t-il plus rien à son moulin ?
- Qu'aurait-il pu demander d'autre encore ?

La première question sera plus facile à traiter et permettra de mieux fixer le vocabulaire à définir
si, comme il est conseillé depuis le début de l'année, ce vocabulaire a déjà été expliqué lors de la
première lecture de chacun des paragraphes.
Les deux questions suivantes remettent le terme avide à l'honneur, veiller à le faire réemployer
en rappelant tout ce dont une personne peut être avide.

D. Exercices :

Nous relions chaque mot à son contraire.


haut – large – grand – beau – dernier – joli – merveilleux - intéressant
étroit – banal – laid – ennuyeux – bas – petit – horrible – premier

Exercice simple que les élèves pourront faire seuls sur un cahier après qu'on leur aura proposé
une présentation. Il peut aussi être fait à l'oral, en faisant employer chaque mot puis son contraire
dans des phrases qui en expliqueront le sens, surtout dans les classes où le niveau de langue des
élèves est faible.

Nous épelons le nom de tous les animaux qui sont apparus.

Dans les classes où le niveau de langue est faible, prévoir des photographies de chacun des
animaux cités. Faire épeler vise surtout à fixer l'intérêt des élèves sur un vocabulaire utile parce que
réemployable autant à l'écrit qu'à l'oral puisqu'on connaît aussi bien la définition que l'orthographe

58 Ce que je ne saurai trop conseiller : mieux vaut peu souvent et longtemps que trop tout à coup. La construction des
repères chronologiques s'inscrit d'autant mieux dans l'esprit qu'elle est liée à des repères historiques vivants bâtis chaque
année depuis la Grande Section.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 70


du mot.

E. Expression :

Nous imaginons et jouons le dialogue entre Yannick et Yvon.

Faire relire le dernier paragraphe avant de commencer le dialogue. Travailler ensuite au tableau,
en sollicitant les élèves sur le fond mais aussi la forme (lier oral et écrit, orthographe comprise).
Lorsqu'un dialogue de quatre ou cinq répliques est écrit, le faire lire et jouer par trois ou quatre
doublettes d'enfants successivement.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 71


Le Petit Moulin (3)
1. Lecture :
• Texte : Troisième et avant-dernière partie du conte. Les élèves vont découvrir la difficulté qui
découle, c'est le cas de le dire, d'une connaissance incomplète du mode d'emploi du moulin ! Et
comme les enfants sont cruels, cela va les faire beaucoup rire… Cette partie, qui annonce déjà sans
le dire la raison pour laquelle la mer est salée, va permettre aux élèves d'avancer en terrain connu
lors de la lecture du dernier chapitre de l'histoire. Ouvrir les élèves à la compréhension de texte
passe certainement plus facilement par ces aides informelles que par tous les exercices et jeux sur
les inférences que l'édition scolaire multiplie depuis quelque temps déjà.
• Mots difficiles : écuelle.
• Connaissance du code ; décodage : syllaber pour déchiffrer.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Comme d'habitude. Ne pas considérer les « petits parleurs » comme des enfants à protéger mais
au contraire leur montrer qu'ils sont capables, qu'ils progressent et que nous croyons en leurs
capacités les aidera à se dépasser et à vaincre leur handicap.

B. Lecture du texte :

Profiter des dialogues pour encourager les élèves à une intonation naturelle. Théâtraliser la
relecture et particulièrement celle des deux derniers paragraphes.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire syllabe par syllabe : der/ri/è/re – da/van/ta/ge – une
é/cu/el/le – dé/li/ci/eu/se – elle en/va/hit – ils bar/bo/taient – une a/ven/tu/re

Les mots derrière et délicieuse ont déjà été déchiffrés de la sorte. Les proposer à nouveau aidera
les élèves à en automatiser la lecture.

B. Lexique :
Nous expliquons :
une écuelle : une assiette creuse sans rebord.

La photographie présente dans le livre aidera à la compréhension de la description. On pourra


dire que, de nos jours, on emploie surtout le mot écuelle en parlant du plat dans lequel on donne
leur nourriture aux animaux.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 72


C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Grâce au texte, donnons la signification des mots suivants : le fromage filait ; elle
envahit ; les fils se mêlaient dans ses cheveux ; pénétrer dans la terre.
- Pourquoi Yannick sourit-il quand Yvon ne le laissa pas finir sa phrase ?
- Pourquoi Yvon ne s'intéressa-t-il plus au Petit Moulin après son aventure ?

Comme d'habitude. Laisser les élèves dialoguer entre eux en sollicitant ceux qui ne s'expriment
pas d'eux-mêmes. Chercher avant tout la compréhension fine, même si le vocabulaire et la syntaxe
employés sont légèrement familiers mais corriger les phrases mal dites en les reformulant ou en
demandant aux élèves qui saurait le dire de manière plus recherchée.

D. Exercices :
Nous relions chaque nom d'animal au verbe qui lui convient.
les poules – les canards – les lapins – les chiens – les cygnes – les escargots
se noyaient. barbotaient.

Où le vocabulaire rejoint le domaine de l'exploration du vivant 59 ! L'interdisciplinarité, reine de


l'école primaire…
Bien expliquer aux élèves que les lapins, contraints et forcés, nagent mais que, contrairement aux
canards, aux chiens et aux cygnes, ils n'aiment pas ça du tout et qu'ils craignent énormément le
froid : baigner leur lapin nain est un acte de barbarie que la loi punit.
Nous épelons le nom des lieux que la soupe a envahis.

Voir Le Petit Moulin (2).

E. Expression :
Nous dessinons et citons les légumes que nous mettons dans la soupe.

Un exercice court et ludique. Pour les classes dont les élèves demandent plus, prévoir d'écrire
ensemble la recette de la soupe de légumes.

59 Correction de l'exercice : Les poules, les escargots se noyaient. Les canards, les lapins, les chiens, les cygnes
nageaient.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 73


Le Petit Moulin (4)
1. Lecture :
• Texte : La conclusion de cette longue histoire dont, comme souvent dans les contes, on peut
dégager une morale, simple et accessible aux enfants. Les envieux et les jaloux se sont punis eux-
mêmes car, dans leur précipitation, ils n'ont pas attendu que Yannick leur explique comment arrêter
le moulin. Ce texte après avoir été un conte traditionnel se transforme en conte des origines que les
élèves repéreront peut-être en tant que tel.
• Mots difficiles : un navire, un vaisseau ; les écoutilles.
• Connaissance du code ; décodage : an, am, en, em.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Comme d'habitude.

B. Lecture du texte :

Utiliser les dialogues pour travailler l'intonation. Laisser les élèves s'exprimer s'ils émettent des
hypothèses sur la suite de l'histoire à la fin de chaque paragraphe. Surtout ne pas sanctionner les
élèves qui auraient lu le texte à l'avance : cela nous prouve qu'ils ont pris le goût de la lecture et
qu'ils commencent à gagner en autonomie. Cependant ne pas encore programmer cette lecture
préparatoire à la maison afin de ne pas condamner à la double peine les élèves en difficulté dont les
familles ne sont pas forcément les mieux documentées pour pouvoir les aider à vaincre leur
handicap. Si les élèves qui ont déjà lu l'histoire en racontent la fin, se contenter de leur dire que
leurs camarades auraient peut-être aimé la découvrir eux-mêmes le moment venu et qu'il serait bon
que dorénavant ils tiennent leur langue. Puis encourager tout le monde en disant que la lecture sera
d'autant plus facile maintenant que tout le monde sait comment l'histoire finit.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire le son an – am – en - em : une aventure – je pense – d'en
entendre – prendre – il s'en retourna – il s'enfonça – il descendit – du vent –
vitement – pourtant – étonnant – davantage – le temps – longtemps – la tempête

Comme d'habitude. Faire participer autant que possible les élèves qui étaient en grande difficulté
à la rentrée.

B. Lexique :

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 74


Nous expliquons :
un navire, un vaisseau : un grand bateau.
les écoutilles : des ouvertures dans le pont du bateau qui permettent de descendre dans
les cales.

Le mot écoutilles n'est pas destiné à être retenu par les élèves qui ont encore devant eux dix
années de scolarité obligatoire pour en mémoriser le sens. En revanche, les mots navire et vaisseau
doivent faire partie des connaissances d'un enfant de 8 à 11 ans ; on pourra employer, sans exiger
que les élèves le retiennent, le terme de synonyme.

C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Grâce au texte, donnons la signification des mots suivants : au long cours ; ils
voguèrent ; s'épuiser ; le pont du navire ; l'entrepont ; il pestait.
- Pourquoi Yannick sourit-il à nouveau quand le capitaine l'interrompt dans sa phrase ?
- Pourquoi Malo voulait-il lire justement cette histoire-là à Lila, Marie et Lucas ?

Employer les termes de contexte et parler de comprendre à demi-mot.


Laisser les élèves réfléchir entre eux, en dirigeant le débat pour éviter le silence de certains, le
monopole de la parole d'autres ainsi que les sorties du sujet. Si les élèves ne se souviennent plus,
faire relire les parties concernées dans les textes évoqués (Le Petit Moulin, 3, paragraphe 1 ;
Souvenir de vacances, paragraphe 5).

D. Exercices :
Nous relions chaque verbe à son infinitif.
il vint – il fit – il prit – il se souvint – elle fut – il y eut – il moulait
se souvenir – moudre – faire – être – venir – avoir

La présence de verbes au passé simple dans un texte constitue parfois un obstacle à sa


compréhension. Ce n'est pas parce que nos élèves ne savent pas lire le passé simple mais tout
simplement parce que ce dernier étant un temps de l'écrit, un enfant de sept à huit ans ne l'a pas
encore rencontré assez souvent pour en avoir mémorisé les formes.
Deux solutions s'offrent à nous : couper nos élèves de toute la littérature car celle-ci emploie ce
temps très souvent ou commencer gentiment et tranquillement à faire déchiffrer quelques formes
verbales très courantes et aider nos élèves à comprendre de quel verbe très connu il s'agit.
Vous aurez compris que ce manuel privilégie la seconde méthode, propre à égaliser les savoirs de
tous nos élèves et à les rendre capables de maîtriser ce temps verbal, à la lecture tout du moins,
assez longtemps avant de savoir eux-mêmes l'employer et l'écrire.
Cet exercice, qui comprend aussi un verbe à l'imparfait60, pourra être repris à l'oral dans tous les
textes au passé dans lesquels une forme du passé simple reste énigmatique aux élèves. On donnera
60 Il moulait, à rapprocher de moulin.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 75


le nom de passé simple et on en expliquera brièvement l'utilisation : c'est un temps du passé,
exclusivement employé à l'écrit, dans les contes, les romans et la poésie. Cette définition, reprise
pendant toute la durée du CE1 et du CE2, rend possible l'apprentissage de la conjugaison des verbes
au passé simple à toutes les personnes dès la fin du CE2 61 et se prolongeant sur les deux années du
CM.
Nous recherchons les noms qui désignent le bateau ou une de ses parties.
Exercice qui sera rendu plus intéressant par l'affichage d'une illustration de bateau au tableau.
Penser à faire épeler les mots afin d'aider les élèves les plus auditifs à en mémoriser non seulement
le sens mais aussi la forme écrite.

E. Expression :
Nous dessinons et racontons une autre catastrophe provoquée par le moulin.

Cet exercice peut, dans certaines classes, être réalisé en autonomie. Les élèves risquent d'être
enclins à rédiger leur texte62 au passé simple car ils comprennent intuitivement que c'est le temps
normal pour l'écriture d'un conte. Il conviendra de les y aider en leur fournissant les formes qu'ils ne
peuvent pas déduire en se servant de leurs connaissances actuelles.
Pour tout ce qu'ils pourront déduire 63, procéder comme d'habitude, en dialoguant avec eux, en
leur rappelant leurs connaissances, en les encourageant à consulter telle ou telle partie des
affichages de la classe.

61 Verbes du 1er groupe.


62 Texte d'une à deux phrases pour le moment, obligatoirement correct au point de vue orthographique et syntaxique
(forme des phrases, ponctuation). La contrainte de venir montrer son travail à la fin de chaque phrase peut être
nécessaire avec certains élèves très prolixes. L'enseignant lui-même peut être ennuyé d'avoir à limiter un élève, en allant
jusqu'à employer les grands moyens (gommer une partie du texte, faire recommencer le travail par étapes, …) ; c'est
cependant un service à lui rendre et cela l'aidera à valider certaines compétences d'Éducation Morale et Civique :
régulation ses émotions et ses sentiments ; comprendre les raisons de l'obéissance aux règles et à la loi ; différencier son
intérêt particulier (immédiat) de l'intérêt général (à long terme).
Comme l'indique le programme d'EMC du Cycle 2, il est important qu'un élève de Cycle 2 comprenne que la règle
commune peut interdire et obliger et que cela, à terme, pourra l'autoriser à aller plus loin, plus facilement.
63 Par exemple, les terminaisons s et ent aux 2e personnes du singulier et 3e personnes du pluriel

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 76


La mer en poésies
et en chansons

1. Lecture :
• Textes : Trois poèmes et une chanson très simples pour raconter la mer. Le premier joue sur les
mots et donnera l'occasion de parler de ceux qui ont deux sens ou plus. Les suivants la décrivent,
simplement, pour le plaisir de la voir même quand elle n'est pas là.
• Mots difficiles : azur ; dentelle ; nul (personne) ; amarré ; rivage ; brise ; courlis ; marsouin ;
vermeille. Avoir un morceau de dentelle à montrer aux élèves ainsi que la photographie d'un courlis
et d'un marsouin rendra la séance de vocabulaire plus efficace.
• Connaissance du code ; décodage : aide au déchiffrage de mots longs contenant un son rare.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Laisser les élèves s'exprimer. Situer les tableaux dans leur époque64.

B. Lecture du texte :

Les deux premiers poèmes65 seront lus directement par les élèves, vers par vers. On notera
l'alternance de questions et de réponses du premier, le côté descriptif du second. Penser à faire
marquer les liaisons et à ne pas élider la lettre e si le mètre du vers le rend nécessaire.
Le troisième, de Jules Supervielle66, est plus difficile à lire. Faire remarquer la ponctuation, en

64 L’École de Pont-Aven est le nom qui a été donné a posteriori pour grouper sous une même étiquette des artistes très
différents qui sont venus régulièrement peindre à Pont-Aven, qui n’était alors qu’un petit bourg breton de 1 500
habitants situé entre Concarneau et Quimperlé dans le sud-est du Finistère en Bretagne. Les artistes les plus en vue ont
été Paul Gauguin (arrivé en 1886), Émile Bernard, Paul-Émile Colin, Paul Sérusier, Charles Filiger, Maxime Maufra,
Henry Moret, Ernest de Chamaillard. Différents styles ont été pratiqués, dont le synthétisme de Félix Jobbé-Duval et
l’impressionnisme, né avec Claude Monet, et représenté par Maxime Maufra. (Wikipédia)
65 Jacques Charpentreau est né le 25 décembre 1928 aux Sables d'Olonne (Vendée). Il a été instituteur, puis
professeur de Français. Son œuvre d'écrivain compte une trentaine de recueils de poèmes, une dizaine de volumes de
contes et nouvelles, trois dictionnaires, deux livres de traductions poétiques, trois pamphlets, une quinzaine d'essais. Il a
rassemblé une quarantaine de florilèges poétiques. Il a dirigé diverses collections de poésie (Enfance heureuse, Éditions
ouvrières; Pour le Plaisir, EVO; Fleurs d’encre, Hachette, Livre de Poche Jeunesse) et des collections de disques. La
poésie de Jacques Charpentreau s'est développée en dehors de toute chapelle, privilégiant le plaisir du lecteur, le chant,
le rythme, sans jamais s'enfermer dans un système. Elle a reçu plusieurs Prix littéraires. (Wikipédia).
66 Jules Supervielle est un auteur uruguayen-français né en 1884 et mort en 1960. Petit, Supervielle perd ses parents à
huit mois dans un accident. Il vit entre la France et l'Amérique du Sud. Les grands espaces et l'océan de l'Uruguay lui
laissent une impression de vide et d'isolement. De 1902 à 1906, Jules suit des études de lettres. Puis il s'installe à Paris
après la première guerre mondiale. Il écrit beaucoup de poésie pendant cette période. Supervielle retourne en Uruguay
pendant la seconde guerre mondiale (1939-45). De retour en France à nouveau, il continue à écrire mais il est gêné par
des problèmes de santé. Il meurt le 17 mai 1960, cinq ans après avoir reçu le grand prix de l'Académie française (en
1955). Contemporain des Surréalistes, Supervielle n'a jamais été influencé par leurs productions, préférant suivre sa
propre voie. L'écrivain fait très vite le choix d'un vocabulaire simple et clair. Ses premières publications, les Poèmes de
l'humour triste (1919) et L'homme de la pampa (1925), un roman désinvolte et fantaisiste, masquent encore les
angoisses du poète. Mais c'est avec Gravitations, paru en 1925, que l'auteur révèle son style et son originalité. (Babelio)

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 77


écrivant par exemple le poème au tableau, et distribuer alors les parties à lire aux élèves en fonction
des propositions :
La mer secrète /
Quand nul ne la regarde
La mer n’est plus la mer, /
Elle est ce que nous sommes
Lorsque nul ne nous voit. /
Elle a d’autres poissons,
D’autres vagues aussi. / (faire marquer la liaison)
C’est la mer pour la mer
Et pour ceux qui en rêvent
Comme je fais ici. / (faire marquer la liaison)

Jules Supervielle /
Faire expliquer ou expliquer soi-même le vocabulaire et le sens après chaque proposition.
Procéder à une relecture magistrale intégrale avant de proposer à des élèves volontaires de faire de
même.
Enfin, la chanson d'Auguste Brizeux67, bien plus difficile à lire sera d'abord lue par le maître,
proposition par proposition. Un peu d'analyse grammaticale, adaptée aux élèves de CE1, sera sans
doute nécessaire pour retrouver le sujet du verbe se balançaient. Si l'on a écrit le poème au tableau,
on pourra par exemple, faire procéder à la relecture de cette manière :
Le chant des pêcheurs /
Un petit port breton devant la Mer-Sauvage

S’éveillait ;/ les bateaux amarrés au rivage,/ (faire marquer la liaison)


Mais comme impatients de bondir sur les flots,/
De sentir sur leurs bancs ramer les matelots,/

Et les voiles s’enfler,/ et d’aller à la pêche,/ (faire marquer la liaison)


Légers, se balançaient devant la brise fraîche ;/
Tout était bleu, le ciel et la mer ;/ les courlis,
Tournoyant par milliers, de l’eau rasaient les plis ;/

Des marsouins se jouaient en rade,/ et sur les plages, (faire marquer la liaison)

Mollement au soleil s’ouvraient les coquillages,/ (faire marquer la liaison)


Qu’il vienne au bord des flots,/ à ton miroir vermeil,/
Celui-là qui veut voir ton lever, ô soleil./

67 Julien Pélage Auguste Brizeux, né le 12 septembre 1803 à Lorient (Morbihan) et mort le 3 mai 1858 à Montpellier
(Hérault), est un poète romantique breton. C'est à la capitale, au contact de Victor Hugo, sainte Beuve, Alfred de Vigny,
Auguste Lacaussade et quelques autres, qu'il se passionne pour un mouvement romantique en plein essor. De retour en
Bretagne, il signe « Marie », salué par Victor Hugo et Sainte-Beuve, qui connaîtra un immense succès. Il y dépeint la
Bretagne de son enfance, vécue et rêvée. Plus confidentielles, car écrites en breton, ses œuvres « Telenn Arvor » et «
Furnez Breiz » font de lui un modèle d'écrivain bilingue.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 78


Auguste Brizeux

Expliquer le vocabulaire et le sens après chaque proposition. Après la lecture faite par les élèves,
selon le schéma indiqué ci-dessus, le maître peut faire une dernière lecture en demandant aux élèves
de suivre sa lecture de l'index en essayant de lire à mi-voix en même temps que lui.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire des mots difficiles : un coquillage – une coquille – il
s'éveillait – impatient – les courlis tournoyant – des marsouins – vermeil

On pourra en profiter pour faire épeler les parties des mots contenant une graphie rare encore
mal mémorisée par les élèves de CE1 du fait, justement, de la rareté de son emploi (ill ; eill ; tien =
sian ; oy ; ouin).

B. Lexique :

Nous expliquons :
d'azur : bleu comme le ciel.
la dentelle: un tissu ajouré constitué de fils entremêlés pour dessiner des motifs.
nul ne la regarde : personne ne la regarde.
amarrés au rivage: attachés au bord de la côte, à la plage ou à la jetée.
la brise : un vent frais, léger et régulier.
les courlis : des oiseaux à long bec fin et recourbé vers le bas.
les marsouins : des mammifères marins ressemblant aux dauphins.
vermeil :d'un rouge un peu foncé, comme les cerises ou le sang.

Le lexique aura été expliqué en cours de lecture. On pourra faire relire le vers correspondant
après chaque définition. Ne pas compter que les élèves retiennent tous ces mots ; on se contentera
d'insister sur les plus fréquents.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 79


La mer autrefois : Ulysse et les Sirènes (1)

1. Lecture :
• Texte : Un beau texte, bien difficile pour des tout petits de sept à huit ans mais tellement beau qu'il
serait dommage de ne pas leur faire découvrir quelques prémisses, en les y accompagnant. Il
convient cependant de bien baliser la future l'histoire en racontant 68 l'histoire pour que les enfants,
connaissant déjà 80 % des informations contenues dans l'extrait, puissent se consacrer au
déchiffrage intelligent des phrases qui le composent. Il conviendra aussi de n'être pas très exigeant
sur la lecture à haute voix et de rassurer les hésitants en les félicitant d'être déjà capables de ces
prouesses encore bien imparfaites.
Après avoir brièvement situé le thème général de l'Odyssée, le maître expliquera donc aux
élèves, en des termes qu'ils peuvent tous comprendre, qu'ils vont lire tous ensemble l'épisode où
Ulysse et ses marins abordent pour la deuxième fois l'île où vit Circé la magicienne car ils doivent y
enterrer un de leurs amis, Elpénor, laissé mort ici à leur première visite.
Il explique : « Le navire d'Ulysse aborde l'île au soir. Le lendemain, à l'aube, Ulysse et ses
compagnons enterrent Elpénor puis la journée se passe en repos et en festins. Au soir, Circé fournit
à Ulysse d'autres indications sur la navigation qui l'attend. Elle évoque les sirènes et le moyen de
se prémunir de leur chant mortel qui attire les marins vers des rochers dangereux. »
• Mots difficiles : chœurs ; ensevelir ; les sombres demeures de Pluton ; écueils ; auguste ; cire.
• Connaissance du code ; décodage : Mots difficiles contenant un son rare.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Dire qu'il s'agit d'un vase grec datant de l'Antiquité. Faire décrire la scène autant que l'objet lui-
même et que les techniques utilisées.

B. Lecture du texte :

Avant chaque lecture de paragraphe, rappeler en quelques mots ce que les élèves vont y lire. Ne
pas oublier de dire que c'est Ulysse lui-même qui raconte son aventure.
68 L’Odyssée (en grec ancien Ὀδύσσεια / Odússeia) est une épopée grecque antique attribuée à l’aède Homère, qui
l'aurait composée après l’Iliade, vers la fin du VIIIe siècle av. J.-C. Elle est considérée comme l’un des plus grands
chefs-d’œuvre de la littérature et, avec l’Iliade, comme l'un des deux poèmes fondateurs de la civilisation européenne.
L’Odyssée relate le retour chez lui du héros Ulysse, qui, après la guerre de Troie dans laquelle il a joué un rôle
déterminant, met dix ans à revenir dans son île d'Ithaque, pour y retrouver son épouse Pénélope et son fils Télémaque.
Au cours de son voyage sur mer, rendu périlleux par le courroux du dieu Poséidon, Ulysse rencontre de nombreux
personnages mythologiques, comme la nymphe Calypso, la princesse Nausicaa, les Cyclopes, la magicienne Circé,
Pluton, le dieu des enfers, et les sirènes. C'est cet épisode-là que l'extrait choisi nous raconte.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 80


- Ainsi, pour le paragraphe 1., on pourra dire : « Ulysse explique que son navir aborde l'île où
habitent l'aurore et le soleil au soir. Ses compagnons tirent leur bateau sur la plage et tous
s'endorment. »
Lire alors le paragraphe soi-même, phrase par phrase, très lentement, en demandant aux élèves
de suivre eux-mêmes du doigt ce qu'on est en train de lire. Après la première phrases, expliquer
brièvement que fleuve Océan signifie la haute mer, qu'ils arrivent sur l'île d'Ea où leur semblent
habiter le soleil et l'aurore car c'est en direction de cette île qu'ils ont vu le soleil se lever le matin.
La seconde phrase est plus simple et après la lecture magistrale, les élèves peuvent l'expliquer eux-
mêmes.
Relire le paragraphe en entier puis en faire lire chacune des phrases à un élève différent.

- Pour le paragraphe 2 : « Le lendemain, à l'aube, Ulysse dit qu'avec ses compagnons, ils
enterrent Elpénor puis le brûlent et lui font une belle tombe. »
Continuer la lecture magistrale en premier, phrase à phrase. Laisser les élèves commenter chaque
phrase. Expliquer les funérailles en parlant de cérémonie en l'honneur du mort. Les élèves reliront
une phrase chacun après la relecture magistrale.

- Pour le paragraphe 3 : « Circé les invite alors à un festin et leur promet qu'elle leur
expliquera comment échapper à tous les dangers. »
Continuer la lecture magistrale en premier, phrase à phrase. Laisser les élèves commenter chaque
phrase. Expliquer l'allusion de Circé aux sombres demeures de Pluton en rappelant qu'Ulysse et ses
compagnons ont, au cours de leur voyage, visité les Enfers dont le dieu est Pluton et qu'ils sont les
seuls êtres humains à être revenus du royaume des morts. Les élèves reliront une phrase chacun
après la relecture magistrale.

- Pour le paragraphe 4 : « Ulysse et ses compagnons mangent et boivent toute la journée. Au


soir, quand les marins se sont endormis, Circé attire Ulysse à l'écart pour qu'il lui raconte son
voyage avant de lui dire à son tour un secret. »
Continuer la lecture magistrale en premier, phrase à phrase. Laisser les élèves commenter chaque
phrase. Expliquer le vocabulaire de chacune au fur et à mesure. Les élèves reliront une phrase
chacun après la relecture magistrale.

- Pour le paragraphe 5 : « Circé explique à Ulysse qu'ils ne doivent surtout pas entendre le
chant des Sirènes qui font mourir tous ceux qu'elles attirent. Il doit boucher les oreilles de ses
compagnons avec de la cire et se faire attacher au mât de son bateau pour les entendre sans risquer
de se laisser entraîner à les rejoindre. » Procéder comme pour les quatre autres paragraphes.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 81


2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire des mots difficiles : les chœurs – Elpénor – les écueils -
enchanteresses

Procéder comme d'habitude. Expliquer les mots inconnus des élèves.

B. Lexique :
Nous expliquons :
les chœurs: groupe de personnes qui chantent et qui dansent (Antiquité).
nous ensevelissons : nous recouvrons, nous enfouissons.
les sombres demeures de Pluton : l'enfer.
les écueils : des rochers qui affleurent à peine la surface de l'eau.
l'auguste Circée: Circé est une déesse magicienne respectable, importante.
la cire : une pâte molle que produisent les abeilles pour bâtir leurs alvéoles.

Même si les mots ont été expliqués en cours de lecture, il est fondamental de faire lire et
commenter ces définitions, non pas pour que les élèves retiennent absolument ces termes mais pour
leur montrer l'importance que nous accordons à la compréhension fine d'un texte et à l'usage d'un
vocabulaire riche et étendu.

C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Grâce au texte, donnons la signification des mots suivants : un tombeau ; un délicieux
nectar ; les ténèbres ; séductrices ; elles captiveront ; leurs voix harmonieuses ; des
liens.
- Pourquoi Aurore, la déesse qui fait naître le jour, a des doigts de rose ?
- Selon Circé, les Sirènes sont-elles de bonnes ou de mauvaises créatures ?

Les mots à expliquer auront sans doute déjà été évoqués lors de la lecture commentée. Certains
sont plus simples et plus courants que d'autres, insister sur l'emploi de ceux-là.
Les élèves trouveront plus facilement une réponse à la première question si on rappelle que l'on
peut personnifier des éléments du climat (le vent, l'automne et maintenant l'aurore et le soleil) et si
on a une photographie d'un lever de soleil où l'on voit les rayons roses de l'aurore.
Les élèves chercheront la réponse à la troisième question dans le paragraphe 5 qu'ils reliront.

E. Expression :
Nous dessinons et racontons le repas d'Ulysse et de ses compagnons.

Se contenter bien entendu d'un texte court et simple. On pourra aider les élèves en leur montrant
des illustrations, antiques ou actuelles, de banquets dans la Grèce Antique.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 82


La mer autrefois : Ulysse et les Sirènes (2)

1. Lecture :
• Texte : Suite du texte, toujours à préparer en amont pour que tous les élèves se sentent en terrain
connu. Après avoir demandé un résumé rapide du premier épisode, on expliquera : « Le lendemain,
Ulysse et ses compagnons repartent en mer. Grâce aux conseils de Circé, ils évitent sans encombre
les sirènes, car Ulysse a bouché les oreilles de ses marins avec de la cire ; lui-même, désireux
d'écouter le chant, s'est fait attacher au mât pour ne pas être tenté de se jeter à la mer sous le
charme. Ainsi, ils arrivent à dépasser l'île des Sirènes et peuvent continuer leur voyage. »
• Mots difficiles : ondoyant ; proue ; agrès ; nymphes ; Achéens.
• Connaissance du code ; décodage : Mots difficiles contenant un son rare.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Comme pour la première partie du texte.

B. Lecture du texte :

Procéder de la même manière que la veille. Résumer chaque paragraphe, grâce à des mots
simples, avant de le lire aux élèves phrase à phrase. Faire alors commenter chaque phrase puis,
après une relecture magistrale de tout le paragraphe, faire lire une phrase à chaque élève dont c'est
le tour.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire des mots difficiles : ondoyant – les prédictions – les harmonieux
accents – des nymphes – les Achéens – Eurylogue

Penser à expliquer les mots inconnus aux élèves même s'ils ont déjà été expliqués lors de la
lecture commentée.

B. Lexique :
Nous expliquons :
les cheveux ondoyants : qui ondulent, comme l'onde sur la mer.
la proue : l'avant du bateau.
les agrès : ce qui sert à manœuvrer le navire (cordages, voiles, etc.).
les nymphes : des créatures imaginaires qui animent la nature.
les Achéens: les Grecs de la Grèce antique ; ils combattirent les Troyens.

Voir première partie du texte.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 83


C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Donnons la signification des mots suivants : azurée ; un vent favorable ; les
prédictions ; nous périrons ; les flots assoupis ;avec plus d'ardeur.
- Ulysse est-il Troyen ou Achéen ? Comment le sait-on ?
- Qui sont Eurylogue et Périmède ? Comment le sait-on ?

Au besoin, faire relire la première phrase du paragraphe 4 pour aider les élèves à répondre à la
deuxième question puis, dans le paragraphe 5, la phrase dans laquelle sont cités les noms des deux
compagnons d'Ulysse sur lesquels porte la troisième question.

E. Expression :
Nous dessinons et racontons comment Ulysse et ses compagnons ont résisté
aux sirènes.

On pourra, au choix, faire rédiger en autonomie une ou deux phrases aux élèves ou prévoir un
texte collectif plus long et plus fouillé.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 84


Géographie : La plage

1. Lecture :
• Texte : Cette double page est écrite à l'imitation des livres de géographie en usage dans les petites
classes de l'école élémentaire avant la réforme qui consacra les activités d'éveil en lieu et place de
ces activités d'observation, d'analyse et de synthèse collective des éléments qui composent un
paysage ou des phénomènes qui le font évoluer.
• Mots difficiles : Ils sont l'un des objets de la leçon et seront expliqués par l'observation et le
dialogue afin d'en rendre plus aisée la mémorisation.
• Connaissance du code ; décodage : pas de travail sur le code.

Déroulement :

A. Observation des illustrations, expérimentations et lecture du texte :

En suivant pas à pas le plan des deux pages, le maître sait exactement ce que les enfants doivent
faire et dire. La page de droite résume les acquis de la page de gauche. Elle pourra être lue au cours
d'une autre séance (Français ou Questionner le monde).

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons seuls: une étendue ; le niveau ; le rivage ; des plantes sous-
marines ; écumantes ; la houle ; la jetée ; les courants.

Procéder comme d'habitude.

B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Comment s'appelle une étendue d'eau douce ?
- Citons des animaux marins, des plantes sous-marines.
- Comment fait-on pour récupérer le sel qui est contenu dans l'eau de mer ?

Surtout si l'on étudie cette double-page pendant l'horaire consacré au domaine Questionner le
monde, il sera judicieux d'avoir des illustrations ou des photographies de plantes et d'animaux
marins, des schémas ou une vidéo relatant les étapes de la récolte du sel de mer.

C. Expression :
Nous dessinons et racontons les loisirs et les travaux que les gens peuvent
pratiquer lorsqu'ils sont sur une plage.

Recenser de nombreuses activités qui se pratiquent à la mer, en faire choisir une à chaque élève
qui l'illustrera et la commentera d'une ou deux phrases correctement rédigées et orthographiées.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 85


Géographie : Le littoral

1. Lecture :
• Texte : Même type de texte que le précédent.
• Mots difficiles : Ils sont signalés en caractères gras dans la lecture. La plupart d'entre eux seront
repris dans les exercices qui suivent l'observation.
• Connaissance du code ; décodage : pas de travail sur le code.

Déroulement :

A. Observation des illustrations, expérimentations et lecture du texte :

En suivant pas à pas le plan des deux pages, le maître sait exactement ce que les enfants doivent
faire et dire. La page de droite résume les acquis de la page de gauche. Elle pourra être lue au cours
d'une autre séance (Français ou Questionner le monde).

2. Analyse et synthèse :
C. Réflexion :
Les deux premiers exercices proposés sont à faire collectivement, à la suite de la leçon ou le
lendemain après une relecture rapide du texte de la page de gauche.
Le troisième exercice pourra servir de bilan écrit dans le cahier réservé au domaine Questionner
le monde.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 86


Jeux d'automne
1. Lecture :
• Texte : Un texte simple pour débuter le nouveau module. La partie dialoguée permet aux élèves de
théâtraliser leur lecture. Quelques noms d'arbres pour élargir le lexique des élèves. Un panneau sur
lequel on aura affiché des photographies d'arbres avec leurs noms encouragera les élèves à lire et
observer.
Les jeux d'enfants, l'un très remuant, l'autre très calme, pourront donner lieu à un débat sur les
goûts personnels. Le maître veillera alors à ce qu'aucun jugement de valeur ne soit émis. L'objectif
d'Éducation morale et civique à dégager sera le respect des différences, l'interconnaissance, la
tolérance69.
• Mots difficiles : clôture ; lotissement ; éventail. Les noms d'arbres (tilleul, platane, marronnier,
cèdre, cyprès, épicéa, acacia) feront l'objet de l'exercice de vocabulaire.
• Connaissance du code ; décodage : la lettres s à l'intérieur d'un mot.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Comme d'habitude. Laisser parler les élèves en variant l'ordre de passage ; encourager les
dialogues.

B. Lecture du texte :

Aucune difficulté notable. Si certains élèves non-lecteurs à la rentrée peuvent suivre


l'enseignement donné à tous, privilégier pour eux les phrases courtes contenant peu de sons
complexes. Continuer néanmoins à les prendre à part pour leur permettre de suivre sans
aménagements. Les élèves ayant un bon niveau de lecture à voix haute pourront commencer à
surveiller leur intonation au cours des dialogues entre enfants.

Montrer les photographies des arbres lorsque les noms de ceux-ci apparaissent dans le texte.
Expliquer que le lotissement des Cèdres s'appelle certainement ainsi car il doit y avoir plusieurs de
ces arbres sur le terrain. Faire la distinction rapide entre arbres à feuilles caduques et résineux, en
expliquant que nous en reparlerons dans les textes de lecture suivants.
Faire remarquer les ritournelles inventées par les élèves en les leur faisant chantonner. On pourra
aussi leur faire compter le nombre de syllabes et remarquer qu'il y a un rythme.

2. Analyse et synthèse :
69 Programme d'enseignement moral et civique pour l'école élémentaire et le collège (cycle 2) – BOEN n°6 du 25 juin
2015

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 87


A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire la lettre s au milieu d'un mot : presque – aussi - Vassili –
Rosine – un lotissement - Mélissa – Lisa – Gaspard – Augustin – Aïssa – Lisandre – un
poste – poussez-vous – laissez-moi – passer - ils ramassent – elles jaillissent – une
casquette
Faire lire les mots un à un et les ranger au fur et à mesure dans un tableau. On peut colorier les
voyelles en rouge afin de dégager la règle de lecture 70 : Si la lettre s est entre deux voyelles, elle se
lit « zzz ». Pour qu'elle se lise « sss », il faut qu'elle soit doublée. »
Bien faire remarquer que les mots tels que presque, Gaspard, Augustin, poste, casquette n'ont
besoin que d'une lettre s puisque celle-ci n'est pas entre deux voyelles.

B. Lexique :

Nous expliquons :
une clôture : une barrière ou un grillage qui ferme l'accès à un terrain.
un lotissement : un ensemble de maisons construites sur le même terrain.
un éventail : un objet qui tient dans la main que l'on secoue pour s'éventer, se faire du
vent.

Penser à faire réemployer le vocabulaire dans d'autres phrases. Raccrocher les élèves à des
souvenirs communs : la clôture de leur école ou de leur terrain de sport, éventuellement celle d'un
parc public ou de leurs propres terrains ; le lotissement où habitent certains des élèves de la classe.
Pour les classes dans lesquelles on peut être sûr que les enfants n'ont jamais vu d'habitat de ce type,
montrer une photographie.

C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Retrouver tous les noms d'arbres du texte. Il y en a sept.
- À quoi voit-on que les enfants qui sont sous le gros tilleul sont plus calmes ?

C'est le moment de remontrer toutes les photos d'arbres vues pendant la lecture. Employer soi-
même les termes aiguilles, résineux, feuilles persistantes, feuilles caduques mais ne pas s'attendre à
ce que les élèves les retiennent aussi vite.
Le débat sur jeux calmes et jeux plus violents doit être contrôlé afin d'éviter les jugements de
valeur. En décentrant les élèves grâce à la littérature, on rendra bien plus aisé l'adhésion de tous aux
valeurs que l'école doit transmettre : liberté, égalité, fraternité, respect et absence de toutes formes
de discriminations71. Le débat évoquera les goûts de chacun et leur légitimité.

D. Exercices :

70 Qui deviendra aussi une règle d'écriture pour les plus avancés des élèves. Pour les autres, une bonne assise en
lecture leur permettra de mémoriser plus facilement la règle un peu plus tard.
71 Mais aussi : laïcité, solidarité, esprit de justice qui ne peuvent être évoqués grâce à ce texte.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 88


Nous complétons les phrases par le verbe qui convient : tourbillonnent –
jaillissent – récoltent – répliquent – se précipitent.
Marie et Lila … des feuilles pour faire des bouquets.
Rosine et Vassili … dans le tas de feuilles.
Les feuilles … en tombant, on dirait des toupies.
Je secoue la bouteille, j'enlève le bouchon et les bulles … .
Aïssa et Mélissa envoient des feuilles, Malo et Rosine … .

Un élève lit la liste de verbes. Les suivants lisent chacun une phrase. Le dernier élève relit la liste
des verbes puis toute la classe cherche quel verbe complète quelle phrase. On peut faire ensuite
expliquer chacun des verbes de la liste.

E. Expression :

Nous relisons le paragraphe 4 et nous inventons d'autres chansons.

Faire remarquer le rythme72 et les rimes avant de demander aux élèves d'inventer d'autres
chansons.
Lors du comptage des syllabes, insister sur la nécessité de dire :
J'en mets u-ne sur ma tête,
ça me fait une casquette.
Le travail sera plus riche et plus gratifiant pour les élèves si l'on peut travailler avec le groupe-
classe et si le maître joue son rôle d'animateur savant du groupe.

72 En faisant compter les syllabes :deux fois sept syllabes.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 89


Pourquoi les arbres résineux gardent leurs feuilles en hiver (1).

1. Lecture :
• Texte : Un « conte des origines » qui explique comment le rejet d'un pauvre petit oiseau blessé a
condamné les arbres à feuilles caduques à perdre leurs feuilles à l'automne. Les enfants sont friands
de ce genre d'histoires et savent très bien faire la part du vrai et du faux ; si ce n'est pas encore le cas
pour certains, on profitera de cette occasion pour les encourager à poser un pied prudent dans le
« monde des grands » et son implacable principe de réalité…
Ce texte va par ailleurs permettre d'étoffer le répertoire mental des noms d'arbres de chaque
élève. On pourra compléter « solennellement » l'affiche en y collant de nouvelles photographies et
en y copiant de nouveaux noms d'arbres.
• Mots difficiles : migrateur ; lisière ; croître (il croissait).
• Connaissance du code ; décodage : la lettres s à l'intérieur d'un mot.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Faire lire le titre avant de recueillir les observations des élèves. Favoriser toute réflexion portant
sur la présence d'un arbre résineux au milieu d'arbres à feuilles caduques.

B. Lecture du texte :

Dans les classes où la lecture s'effectuait jusqu'alors phrase par phrase, on peut commencer à
demander aux élèves d'enchaîner deux phrases à la suite, quitte à faire relire ces deux phrases
immédiatement par l'élève suivant dans les classes nombreuses où le nombre de relectures rendrait
le travail fastidieux pour que tout le monde ait lu à voix haute à chaque séance.
Continuer à tout expliquer à la demande, au fur et à mesure, en attendant la fin de la phrase
toutefois, et à entraîner les élèves à se servir du contexte pour comprendre.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire la lettre s au milieu d'un mot : résineux – il faisait – les oiseaux
– jusqu'au – il restait – cassée – laisser – jusqu'à – assez – une question – je vous
laisse – il croissait – s'adresser
Même travail que la veille. Réexpliquer ou faire réexpliquer le vocabulaire nouveau quand il se
présente (résineux ; il croissait). Faire remarquer il faisait et le faire épeler ; en écrivant en-dessous
l'infinitif du verbe, que les élèves auront trouvé et épelé seuls, on pourra expliquer l'écriture
étonnante de ce verbe. On pourra écrire et faire lire : je faisais, ils faisaient, nous faisons, nous

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 90


faisions, vous faisiez.

B. Lexique :

Nous expliquons :
un oiseau migrateur : c'est un oiseau qui change de région selon les saisons.
la lisière : le bord.
il croissait : il poussait. C'est le verbe croître qui signifie pousser, grandir.

Attention aux représentations mentales erronées au sujet des oiseaux migrateurs : tous ne vont
pas passer l'hiver en Afrique, comme on se l'imagine souvent ; certains passent l'été en Scandinavie
et l'hiver en Europe, d'autres viennent des montagnes et migrent vers les plaines, … Par ailleurs, les
oiseaux ne sont pas les seuls à migrer, certains mammifères et certains poissons le font aussi.

C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Retrouver tous les noms d'arbres du texte. Il y en a quatre. Décrire ces arbres.
- Quelle différence y a-t-il entre les trois premiers et le dernier ?
- Quelles sont les raisons invoquées par le bouleau, le chêne et le saule ? Que peut-on
en penser ?
Donner les photographies d'arbres aux élèves pour qu'ils puissent les décrire. Faire expliquer
pourquoi le texte parle du bouleau argenté et du chêne au feuillage touffu. Accepter à nouveau la
distinction feuilles/aiguilles pour la deuxième question. Ajouter les mots feuillage persistant,
résineux, feuilles caduques. Expliquer que le sapin perd bien ses aiguilles mais qu'il en perd un peu
tout au long de l'année et qu'elles repoussent aussi tout au long de l'année.
La deuxième partie de la troisième question est une question ouverte qui doit susciter le débat. Si
la séance dure plus longtemps que prévu, ce temps sera imputé à l'horaire d'EMC : ce débat pris sur
le vif, relié à des événements extérieurs au monde de l'enfant, sera bien plus sincère et ses effets
bien plus tangibles sur l'éducation morale des élèves que tout débat apporté de l'extérieur et créé à
partir d'une situation trop sensible pour les enfants73. Au cours de ce débat, le maître est le garant de
la Loi qu'il définit clairement et dont il signale les contraventions. ; il laisse les élèves s'exprimer
mais les encourage à examiner la situation avec empathie et selon les valeurs que l'école transmet.
Dans le cas de ce conte, la réaction du saule, par exemple, ramène à l'accueil des étrangers sur son
propre territoire ; certains élèves pourront lui donner raison, appuyés par le discours familial. C'est
en les encourageant à s'identifier au petit oiseau, sans brutalité ni moqueries bien entendu, qu'ils
découvriront qu'eux aussi, un jour, pourraient être condamnés à errer à la recherche d'un refuge. La
leçon de morale s'arrêtera là ; le répertoire littéraire est suffisamment fourni à ce sujet pour qu'il ne

73 Ce type de débat apporte deux types de réponses : celles qui consistent à réciter une réponse censée plaisante pour
l'adulte et celles qui masquent les émotions pour se protéger, soit en se refermant, soit en fanfaronnant. Le conte, au
contraire, situé dans un ailleurs et un autre temps, permet la réflexion, le débat et la décentration.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 91


soit pas besoin de marteler pendant des heures une opinion qui, émise dans ces conditions, ne
pourra que heurter ou glisser sans laisser de traces. Utiliser les mots accueil, accueillir, accueillant
dont on aura besoin lors de l'exercice d'expression écrite.

D. Exercices :

Nous rendons à chaque nom le mot qui le qualifie : argenté – migrateurs –


cassée – touffu – pleureur - résineux
des oiseaux … - un chêne … - un sapin … - une aile … - un bouleau … - un saule … .

Un exercice d'enrichissement du répertoire des adjectifs qualificatifs pour commencer. La


définition peut venir après, donnée par les enfants. Procéder comme d'habitude. Encourager les
élèves à revenir au texte pour associer noms et adjectifs qualificatifs deux à deux. La définition peut
venir après.

Nous fabriquons des mots de la même famille en suivant le modèle.

migrer, migrateur - pêcher, … - chasser, … - pleurer, … - voler, … - marcher, … - courir, … -


ronger, … - jouer, … - voyager, … - coiffer, … - chanter, …

Ce deuxième exercice aide les élèves à préparer le CE2 en comprenant intuitivement la notion de
suffixe. On pourra faire épeler ou écrire sur l'ardoise les adjectifs qualificatifs (qui peuvent aussi être
des noms). Si l'on a du temps, on pourra demander aux élèves de trouver d'autres verbes auxquels on
peut associer un adjectif qualificatif ou un nom en -eur.

E. Expression :

Imaginons et écrivons ce que va répondre le sapin, s'il est accueillant et s'il ne


l'est pas.

Les élèves pourront écrire eux-mêmes une phrase au brouillon et la faire corriger au niveau
orthographique et syntaxique avant que chacun ne lise sa proposition.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 92


Pourquoi les arbres résineux
gardent leurs feuilles l'hiver (2).

1. Lecture :
• Texte : La suite et fin du conte commencé la veille. Deux nouveaux arbres à découvrir ainsi que
deux éléments personnifiés : le vent du nord et son père le Roi du Givre. Les élèves pourront
débattre de la vérité de ce conte et le rapprocher de celui du petit moulin qui moud du sel au fond de
la mer. Certains enfants évoqueront peut-être la personnification du vent et de l'hiver ; sinon, le
maître pourra la rappeler en demandant dans quelle histoire, les élèves ont déjà entendu parler de
Monsieur le Vent ou bien du Bonheur qui court dans le pré.
• Mots difficiles : garantir du vent ; fortifiant ; orgueilleusement ; le givre. Le mot orgueilleusement
est de plus difficile à déchiffrer. Une photographie de paysage givré pourra être montrée aux élèves.
Dans l'exercice de vocabulaire, on évoquera les fruits de certains arbres : prévoir des photographies.
• Connaissance du code ; décodage : oi, oin

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Comme d'habitude. Toujours diriger le dialogue vers une première émission des mots difficiles
du texte et entraîner les élèves à formuler des hypothèses.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude. Aider au déchiffrage du mot orgueilleusement.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire les sons oi et oin : moi – choisir – je crois – un oiseau – des
baies noires – trois – voir – le roi – un coin – loin
Suite des révisions de sons. Cela permettra peut-être d'intégrer plus facilement les élèves qui
étaient non-lecteurs au mois de septembre à certaines des activités de lecture de la classe. Le mot
baies peut être expliquer, même s'il fait l'objet d'une question plus tard. Nous ne sommes pas là pour
évaluer nos élèves mais pour les aider à apprendre.

B. Lexique :

Nous expliquons :
garantir du vent : protéger du vent.
fortifiant : qui donne de la force.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 93


orgueilleusement : de manière vaniteuse, prétentieuse.
le givre : fine couche de glace qui se forme sur le sol, les plantes, les objets.

Le lexique doit peu à peu se rapprocher de la formulation en usage dans les dictionnaires. Cela
peut être difficile pour certains élèves. Penser à toujours faire reformuler la définition donnée et à la
doubler de la création de phrases qui serviront d'exemples. Cela peut se faire sous forme de
devinettes : Qu'est-ce qui nous garantit de la pluie ? du froid ? du soleil ? Trouvez cinq aliments
fortifiants. Que fait-on lorsqu'on se comporte orgueilleusement ?
Exiger des réponses complètes réemployant systématiquement le mot à retenir : Un parapluie ou
une capuche nous garantissent de la pluie. Un manteau, un bonnet, une écharpe, un blouson, des
gants nous garantissent du froid. Etc.

C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Nous apprenons deux nouveaux noms d'arbres. Lesquels ? Décrivons-les.
- Qui est le Roi du Givre ? Comment le comprenons-nous ?
- En relisant le texte, définissons les expressions suivantes : des branches pas très
fournies, il fournirait de la nourriture, les baies de genièvre, son haleine glacée, les
arbres dépouillés, le petit oiseau infirme.

Comme d'habitude. La deuxième question peut avoir plusieurs réponses (le froid, l'hiver, le gel,
etc.). Laisser les élèves débattre entre eux plutôt que les interrompre dès la première réponse. Veiller
toutefois à ce que le débat ne s'écarte pas du sujet.
L'adjectif qualificatif fourni a un sens un peu différent de celui du verbe fournir, le souligner si
les élèves le remarquent. Faire chercher le point commun entre les deux (idée d'abondance, de
garnir).

D. Exercices :

Nous rendons à chaque arbre ses fruits : glands – baies de genièvre – pignes –
châtaignes - marrons
Le marronnier produit des … . - Le chêne produit des … . - Le pin produit des … . - Le
genévrier produit des … . - Le châtaignier produit des … .

L'exercice sera plus profitable si les élèves peuvent voir les photographies de ces fruits. On
pourra les coller sur les panneaux qui ont été confectionnés. Attention à combattre l'idée reçue du
fruit obligatoirement comestible : tous les arbres produisent des fruits qui sont le réceptacle où se
développent leurs graines. Si des élèves parlent d'arbres qui nous donnent leurs fruits, corriger en
expliquant qu'il n'y a que dans les histoires que les arbres réagissent comme des personnes, l'arbre
produit des fruits pour se reproduire

E. Expression :

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 94


Imaginons et écrivons la joie des arbres à feuilles caduques au printemps
lorsque leurs feuilles se sont mises à pousser.

On peut faire jouer la scène avant de l'écrire en commun.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 95


Enfants d'autrefois : Les feuilles mortes
1. Lecture :
• Texte : Texte d'Anatole France74 , tiré d'un recueil de courtes histoires racontant la vie quotidienne
d'enfants du début du XXe siècle, illustré par Bernard Boutet de Monvel. Encore une occasion de
découvrir des arbres mais aussi de comparer les amusements et les tâches des enfants à un siècle de
distance exactement.
• Mots difficiles : aigre, litière, hotte, à l’œuvre, naguère. Quatre nouveaux noms d'arbres à
collectionner : châtaignier, charme, tremble, hêtre. Prévoir les photographies et les étiquettes pour
les noms. Suite aux exercices de vocabulaire, on peut aussi noter le nom de leurs fruits : la
châtaigne bien sûr mais aussi akène du charme, capsule du tremble et faine du hêtre.
• Connaissance du code ; décodage : yer, ier, ière, ierre, ienne, ion

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Décrire la scène, les vêtements, l'action. Préparer la lecture en évoquant l'époque et le fait que
cette enfant effectue une tâche utile plutôt qu'un travail, ce qui sous-entendrait une rémunération.

B. Lecture du texte :

Lecture phrase à phrase, reprise paragraphe par paragraphe. Expliquer le vocabulaire au fur et à
mesure, faire relever le nom des arbres et en montrer les photographies.
Les élèves s'étonneront sans doute déjà sur le fait que ces enfants qui semblent jeunes travaillent.
Ils pourront croire qu'ils ne vont pas à l'école et sont esclaves de personnes mercenaires. Resituer le
contexte historique : école obligatoire depuis déjà 35 ans, classe les lundis, mardis, mercredis,
vendredis et samedis entiers, pas de classe le jeudi et le dimanche, agriculture et tâches ménagères
peu ou pas mécanisée, nécessitant beaucoup de bras, enfants chargés de corvées, responsabilités,
tâches simples (cueillettes de fruits et légumes, de champignons, récolte et glanage (feuilles mortes,
épis de blé, orge, avoine, etc.), soins aux volailles, gardiennage des troupeaux, traite des vaches ou
des chèvres, conduite des bœufs pendant que le père pousse la charrue mais aussi tâches

74 Jacques Anatole François Thibault, dit Anatole France (1844 – 1924) est un des écrivains français les plus
populaires de la Troisième République. Fils de libraire, d'abord tenté par la poésie, il abandonne cette vocation et se
tourne progressivement vers la prose. Écrivain reconnu, Anatole France est aussi une voix politique majeure de la
Troisième République et un proche de Jaurès. Il s'est notamment distingué par ses positions pro-Dreyfus uniques à
l'Académie française. Il apporte son soutien à Émile Zola au moment de la parution de "J'Accuse...!", allant jusqu'à
rendre sa Légion d'honneur. Il fut avec Zola le premier signataire d'une pétition d'intellectuels révisionnistes appelant à
la réhabilitation du capitaine français accusé de trahison. Il s'engage également pour la reconnaissance du génocide
arménien aux côtés de l'écrivain Archag Tchobanian et signe des textes pacifistes pendant la Première Guerre mondiale.
Il meurt le 12 octobre 1924 à l'âge de 80 ans.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 96


domestiques : garder les frères et sœurs plus jeunes, rentrer le bois, balayer, éplucher les légumes,
coudre, tricoter, réparer les outils, tresser des paniers, rempailler les chaises, etc.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire les sons yer, ier, ière, ierre, ienne, ion : tournoyer – les
châtaigniers – par milliers – la litière – ils viennent – des provisions – des paniers –
des ouvriers – Pierre
Certains élèves de CE1 ont encore de la peine à lire les diphtongues et ont tendance à prononcer
« Pi-erre, pa-ni-ers » ou même ils vi-ennent, c'est bi-en. Si nous devons bien entendu les
encourager à aller plus vite ou dire d'un seul coup, ne nous focalisons pas sur cette petite difficulté
sans doute due à une maîtrise des saccades oculaires encore un peu flottante. C'est en faisant
pratiquer quotidiennement la lecture à haute voix, sans contraindre mais aussi sans abandonner 75
que, petit à petit, ce léger défaut disparaîtra de lui-même.

B. Lexique :

Nous expliquons :
un vent aigre : un vent froid qui pique.
litière : lit de feuilles mortes ou de paille sur lequel les bêtes couchent.
une hotte : un panier que l'on porte sur le dos à l'aide de bretelles.
à l'œuvre : à l'ouvrage, au travail.
naguère :il y a peu de temps, récemment.

Faire utiliser aigre pour qualifier d'autres mots (une boisson, un aliment, un ton ou un propos).
Les élèves parleront peut-être de la litière de leur chat, où celui-ci fait ses besoins. Expliquer que le
premier sens a dévié jusqu'à signifier produit absorbant destiné à absorber les déjections d'un
animal domestique.
La hotte évoquera sans doute celle du personnage du Père Noël. Naguère, dans son sens
littéraire, signifie il y a peu de temps comme dans ce texte alors que l'usage familier lui attribue
plutôt le sens de passé plus lointain. Expliquer aux élèves qu'il vaut mieux n'utiliser ce mot que
pour situer dans le temps des événements récents.

C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Nous apprenons deux nouveaux noms d'arbres. Lesquels ? Décrivons-les.
- Quelles différences entre les occupations des enfants du texte Jeux d'automne et
ceux-ci ?
- En relisant le texte, définissons les expressions suivantes : dépouillés, leur tâche ; des

75 Faire lire et relire jusqu'à obtenir cette émission glissée d'une voyelle à l'autre, reprendre systématiquement sans
bienveillance ou au contraire, laisser tomber en considérant l'élève comme en difficulté à jamais ou externaliser en le
médicalisant (orthoptie) un prétendu échec scolaire.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 97


fumées légère comme des haleines ; la soupe est trempée.

Grâce à la première question, enrichir le répertoire de noms d'arbres de nouvelles photographies


et de nouveaux noms.
Pendant le débat suscité par la deuxième question 76, bien insister sur la différence entre la vie de
ces enfants vivant en France en 1915 et celle d'autres, bien plus malheureux, condamnés à travailler
pour subsister. Rapprocher les tâches de celles qu'accomplissent ces enfants de 1915 pour leurs
familles aux responsabilités que l'école ou les familles confient aux élèves de la classe. On
préparera ainsi le travail d'expression orale et écrite.

D. Exercices :

Nous rendons à chaque fruit son arbre :


Le marron est le fruit du … . - La châtaigne est le fruit du … . - La pomme est le fruit du
… . - La cerise est le fruit du … . - La poire est le fruit du … . - La banane est le fruit du
… . - La prune est le fruit du … .

Vocabulaire et orthographe ou orthographe et vocabulaire : quand le français écrit vient à l'aide


de la compréhension du français oral et réciproquement.

E. Expression :

Répertorions et racontons des tâches d'enfants d'aujourd'hui, à la maison, à


l'école ou dans le jardin.

Ce travail pourra avoir été préparé en amont pendant l'exercice de réflexion. Après un temps de
débat commun, chaque élève pourra, en respectant les normes de l'écriture, rédiger une ou deux
phrases sur une responsabilité qu'on lui confie habituellement.

76 Débat dont le temps pourra être comptabilisé en partie dans l'horaire d'EMC : Se sentir membre d'une collectivité,
s'engager et assumer des responsabilités.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 98


L'automne en poésies
1. Lecture :
• Poèmes : Parmi ces quatre poèmes d'automne, trois évoquent la mort. Le premier, très connu, d'un
poète que les élèves ont sans doute déjà rencontré : Jacques Prévert77, raconte le cortège précédant
l'enterrement d'une feuilles d'automne, tellement long qu'il est immédiatement suivi de la
résurrection de toutes les feuilles d'arbres quelques mois après. Le deuxième, très court, écrit par
Jean Moréas78, porte sur le même thème. Quant au troisième, d'Alphonse de Lamartine 79, sans doute
difficile pour des élèves de CE1, c'est par l'automne tout entier qu'il évoque la mort et la tristesse.
Le quatrième, de Victor Hugo80, évoque quant à lui, sous la forme d'une chanson à refrain, les
travaux d'automne.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Les deux tableaux de maîtres choisis pour illustrer ces poèmes montrent des arbres au feuillage
coloré. Laisser les élèves s'exprimer et s'imprégner de l'ambiance.

B. Lecture des textes et compréhension :

Lors de la lecture de ces quatre poèmes, être très attentif aux liaisons. Si, dans les lectures de

77 Jacques Prévert, poète français, né le 4 février 1900, mort le 11 avril 1977. Auteur d'un premier succès, le recueil de
poèmes, Paroles, il devint un poète populaire grâce à son langage familier et à ses jeux sur les mots. Ses poèmes sont
depuis lors célèbres dans le monde francophone et massivement appris dans les écoles françaises. Il a également écrit
des scénarios pour le cinéma où il est un des artisans du réalisme poétique. (Wikipédia)
78 Jean Moréas, né à Athènes le 15 avril 1856 et mort à Saint-Mandé (Seine) le 30 avril 1910, est un poète symboliste
grec d'expression française. Issu d'une famille distinguée d'Athènes,1,2 fils de magistrat, Jean Moréas reçoit une
éducation française et vient à Paris en 1875 pour y faire ses études de droit. Il y fréquente les cercles littéraires,
notamment les Hydropathes. Il rentre brièvement en Grèce avant de revenir se fixer à Paris vers 1880. (Wikipédia)
79 Alphonse de Lamartine, né à Mâcon le 21 octobre 1790 et mort à Paris le 28 février 1869 est un poète, romancier,
dramaturge et prosateur en même temps qu'un homme politique français qui participa à la Révolution de février 1848 et
proclama la Deuxième République. Il est l'une des grandes figures du romantisme en France. (Wikipédia)
80 Victor Hugo, né le 26 février 1802 à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris, est un poète, dramaturge et prosateur
romantique considéré comme l’un des plus importants écrivains de langue française. Il est aussi une personnalité
politique et un intellectuel engagé qui a joué un rôle majeur dans l’histoire du XIX e siècle. Victor Hugo occupe une
place marquante dans l’histoire des lettres françaises au XIX e siècle. Il est poète lyrique ou encore poète épique. Il est
également un romancier du peuple qui rencontre un grand succès populaire . Au théâtre, il expose sa théorie du drame
romantique. Son œuvre multiple comprend aussi des discours politiques à la Chambre des pairs, à l'Assemblée
constituante et à l'Assemblée législative, notamment sur la peine de mort, l’école ou l’Europe, des récits de voyages et
une correspondance abondante. Ses choix, à la fois moraux et politiques, durant la deuxième partie de sa vie, et son
œuvre hors du commun ont fait de lui un personnage emblématique, que la Troisième République a honoré à sa mort le
22 mai 1885 par des funérailles nationales, qui ont accompagné le transfert de sa dépouille au Panthéon de Paris, le 31
mai 1885. (Wikipédia)

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 99


textes en prose, elles peuvent être facultatives, cela n'est généralement pas possible lorsqu'on lit un
poème dans lequel le rythme des vers est d'une importance capitale. De même, veiller à ne pas
laisser faire d'élision qui romprait le rythme de la lecture.
Si ces poèmes sont copiés dans un cahier et donnés à apprendre par cœur à la maison, penser à
faire marquer les liaisons (arc de cercle reliant les deux mots) et les lettres qui pourraient être
muettes à prononcer (point sous la lettre) afin d'aider les familles à respecter ces obligations.

a) Chanson des escargots qui vont à l'enterrement d'une feuille morte :

Expliquer que ce poème est écrit en deux colonnes et qu'il convient de lire toute celle de gauche
avant d'entamer la lecture de celle de droite. Expliquer aussi que l'auteur a choisi de ne pas utiliser
de ponctuation et que c'est donc le sens qui va nous guider pour découvrir les propositions81.
On peut ensuite laisser les élèves lire tour à tour une proposition en les guidant pour en trouver la
fin. Faire remarquer que chaque vers est composé de six syllabes orales. Faire respecter les « e » qui
se prononcent (marqués en gras) :
A l'enterrement d'une feuille morte Ça noircit le blanc d(e) l’œil /
Deux escargots s'en vont / Et puis ça enlaidit /
Ils ont la coquille noire Les histoires de cercueils
Du crêpe autour des cornes / C'est triste et pas joli /
Ils s'en vont dans le soir Reprenez vos couleurs
Un très beau soir d'automne / Les couleurs de la vie /
Hélas quand ils arrivent Alors toutes les bêtes
C'est déjà le printemps / Les arbres et les plantes
Les feuilles qui étaient mortes Se mettent à chanter /
Sont toutes ressuscitées / A chanter à tue-tête
Et les deux escargots La vrai chanson vivante
Sont très désappointés / La chanson de l'été /
Mais voila le soleil Et tout le mond(e) de boire /
Le soleil qui leur dit / Tout le monde d(e) trinquer /
Prenez prenez la peine C'est un très joli soir
La peine de vous asseoir / Un joli soir d'été /
Prenez un verre de bière Et les deux escargots
Si le cœur vous en dit / S'en retournent chez eux /
Prenez si ça vous plaît Ils s'en vont très émus /
L'autocar pour Paris / Ils s'en vont très heureux /
Il partira ce soir / Comme ils ont beaucoup bu /
Vous verrez du pays / Ils titub(ent) un p(e)tit peu /
Mais n(e)82 prenez pas le deuil / Mais là-haut dans le ciel
C'est moi qui vous le dit / La lune veille sur eux. /
Jacques Prévert
Éclaircir au fur et à mesure le vocabulaire et le sens général. Laisser les élèves rire de cette
histoire qui ne veut rien dire de sérieux mais qui prend le prétexte d'un événement réel, la chute des

81 Une proposition est un ensemble de mots groupés autour d'un verbe pour exprimer une idée, un fait. Elle comporte
généralement un verbe, un sujet et des compléments.
82 Mais n'prenez pas le deuil ou Mais ne prenez pas l'deuil.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 100


feuilles à l'automne et la pousse de nouvelles feuilles au printemps, pour s'amuser.

Voir comment on pourrait jouer ce poème, par exemple pendant une séance d'EPS, ou le chanter
à l'exemple des Frères Jacques ou de Cora Vaucaire. À moins qu'on ne fasse les deux…

b) La feuille des forêts

Lire une première fois en expliquant soi-même les mots bise, guérets, berceaux83. Puis faire relire
par un élève différent chacune des deux strophes en insistant sur les lettres à prononcer pour
respecter le rythme. Demander aux élèves s'ils peuvent répondre aux deux questions. Laisser les
élèves s'exprimer, ce qui les mènera sans doute à reparler du premier poème où, comme ici, les
feuilles sont censées ressusciter au printemps. L'idée de cycle de vie peut aussi être évoquée.

c) Chanson d'automne

Faire lire les élèves tour à tour, un vers chacun. Insister sur les liaisons. Expliquer le brin d'herbe
des toits en montrant la photographie d'un toit de chaume couvert de verdure à la cime, montrer un
bûcheron, un charbonnier, un fagot84. Faire expliquer et montrer des pas inégaux.
Demander pourquoi l'auteur a choisi le titre Chanson d'automne. Si les élèves ne l'ont pas
remarqué eux-mêmes, faire trouver les trois couplets et leur refrain. Puis faire relire le poème par
trois élèves successifs en les aidant à trouver le moment où ils doivent passer le relais.
d) L'automne

Lire la première strophe. Expliquer deuil. Demander aux élèves s'ils voient un rapport entre ce
poème et d'autres lus aujourd'hui. Faire expliquer. La relire soi-même, en respectant
scrupuleusement le rythme85 et les liaisons, avant de demander à quatre élèves de lire chacun une
proposition. Faire remarquer que l'une d'entre elles est à cheval sur deux vers.
Les deux autres strophes sont difficiles à lire pour des élèves de CE186. Cependant, après les
avoir lues et expliquées, et avoir pris pour repères les virgules qui les ponctuent87, on peut tenter une
lecture, d'abord par autant d'élèves que ce qu'il y a de signes de ponctuation, puis par un ou deux
volontaires.
L'explication générale portera sur l'automne, encore une fois comparé à la mort d'une personne
proche qu'on regrette et qu'on pleure. La nature pousse un dernier soupir, les pâles rayons du soleil
83 Vent froid qui souffle en hiver ; terre qui a été labourée en attendant les semailles d'automne ; voûtes arrondies.
84 On peut aussi montrer la page suivante du livre où ces termes seront réemployés et expliqués.
85 Ce sont des alexandrins : deux fois six syllabes par vers avec césure au milieu.
86 Comme lors de la lecture d'Ulysse et les Sirènes, il convient de ne pas plus négliger la présence dans nos classes
d'élèves au niveau de langage très élevé que celle d'élèves qui n'ont que l'école pour découvrir ce langage. Ce poème
ambitieux donnera aux premiers l'occasion de se dépasser un peu tout aux proposant aux seconds l'occasion de
découvrir un monde qu'ils ne soupçonnaient pas.
87 En les écrivant au tableau par exemple et en repassant les virgules en rouge.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 101


sont des regards voilés qui ressemblent à ceux d'un ami qui sourit en disant adieu.

Si les quatre poèmes sont proposés au choix pour un apprentissage par cœur, laisser les élèves la
responsabilité de leur choix en signalant à ceux qui prendront la Chanson de Prévert ou L'automne
de Lamartine que la longueur de la première et la difficulté de la seconde risquent de les décourager.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 102


La forêt autrefois
Bûcherons et charbonniers (1)
1. Lecture :
• Texte : Ce texte est tiré livre de lecture courante de Cours Élémentaire, publié en 1930, à la
Libraire Armand Colin : Claude et Antoinette à la maison forestière, de Maurice et Marcelle
Tarnier88. Comme Jeannot et Jeannette, il raconte en épisodes la vie de Claude, un petit citadin en
visite chez son oncle, garde-forestier, afin de reprendre des forces après avoir été longtemps malade.
Là, sa cousine Antoinette va, avec toute sa famille, lui faire découvrir un monde différent de celui
qu'il connaît.
Ce chapitre, lu en deux épisodes, fera découvrir à nos élèves du XXI e siècle l'exploitation d'une
coupe de bois en forêt, à la fin du premier tiers du XXe siècle.
• Mots difficiles : taillis ; futaie ; exploitation ; locomobile ; bille (de bois) ; clairière ; stère. La
photographie d'un taillis sous futaie, d'une locomobile et d'une scie circulaire rendrait service lors
de la lecture.
Nouvelle série de noms d'arbres, dont certains exotiques : peuplier (peut-être vu lorsqu'on aura
parlé du tremble) ; noyer ; acajou ; palissandre ; ébène. Prévoir des photographies.
• Connaissance du code ; décodage : la lettre i prononcée en tant que diphtongue.

Déroulement :

A. Observation de l'illustration :

L'observation attentive des deux illustrations, guidée par le maître qui a déjà lu le texte,
permettra d'éclaircir certains éléments. On y voit par exemple les grands fûts (troncs) des arbres de
la futaie, on distingue au fond les baliveaux ; on comprend que ces hommes sont venus exploiter la
forêt et qu'ils sont donc sur le lieu de l'exploitation. Les scieurs de long sont en plein effort. On
trouvera facilement par ailleurs grâce à un moteur de recherche une vidéo montrant des concours de
sciage de long organisés lors des foires à l'ancienne dans les régions de tradition forestière.

B. Lecture du texte :

Situer la lecture : « Elle est tirée d'un livre de classe d'il y a 85 ans environ. Les deux héros sont
un garçon, Claude, et sa cousine, Antoinette. Claude a été malade donc on l'a envoyé en vacances
chez son oncle, M. Guillemin, garde-forestier (expliquer ou faire expliquer). Aujourd'hui, le garde-

88 Maurice et Marcelle Tarnier (1884-1939) (1890-1959) : Auteurs scolaires. Maurice Tarnier , inspecteur primaire
puis professeur à l’École normale de Commercy. Son épouse, Marcelle Tarnier a travaillé plusieurs années à
l’inspection académique de La Rochelle à la mort de son mari Maurice, décédé à 54 ans.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 103


forestier va visiter une coupe de bois (expliquer ou faire expliquer) en forêt, avec Claude et
Antoinette. »

Interrompre la lecture après chaque mot difficile. Reprendre la lecture de la même phrase après
avoir expliqué le mot. Cela donnera :
- Abel : « L'oncle Guillemin, accompagné des deux enfants, a décidé de se rendre aux étangs de la
Forge où les scieurs et les bûcherons sont installés. »

- Expliquer étangs, scieurs, bûcherons.


- Bérénice : « L'oncle Guillemin, accompagné des deux enfants, a décidé de se rendre aux étangs de la
Forge où les scieurs et les bûcherons sont installés. On part un beau jeudi de mars. »
- Camélia : « Cette partie de la forêt, explique le garde, est un taillis sous futaie. »
- Expliquer taillis sous futaie.
- Denis : « Cette partie de la forêt, explique le garde, est un taillis sous futaie. Tous les trente ans,

l'Administration met en vente les arbres bons à abattre. »


- Expliquer l'Administration, met en vente, abattre.
- Emma : « Tous les trente ans, l'Administration met en vente les arbres bons à abattre. Les gardes les
ont auparavant marqués au marteau. »
etc.
Ne pas oublier de faire expliquer le sens général de chaque paragraphe avant relecture. L'explicite
doit toujours être travaillé pendant la lecture afin de conforter les élèves que l'acte de lire ne dissocie
pas la compréhension du déchiffrage.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire la lettre i : les scieurs – l'administration – le mobilier - le
peuplier – confectionner – le noyer – précieux – ils viennent – une exploitation – elle
actionne – la patience – la clairière – la sciure
Voir Enfants d'autrefois, les feuilles mortes, lu récemment.

B. Lexique :

Nous expliquons :
un taillis sous futaie : le taillis est constitué de petits arbres de moins de vingt ans, il
pousse sous une futaie de grands arbres espacés.
la partie en exploitation: la partie que les bûcherons sont en train de couper.
une locomobile : une machine à vapeur montée sur roue qui servait à faire fonctionner
des outils mécaniques (ici, une scie circulaire).
une bille de bois : un tronçon d'arbre découpé.
une clairière : un endroit de la forêt qui est dégarni d'arbres.
un stère : quantité de bois empilé d'un mètre de long sur un mètre de large et un mètre

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 104


de haut.

À part le mot clairière, les mots expliqués ne sont pas à retenir absolument. Certains seront relus
dans le texte Les hommes des bois qui fait suite à celui-ci. On dit souvent qu'il faut avoir entendu
un mot sept fois pour le retenir. Nos élèves de sept à huit ans les auront déjà entendus deux fois et il
leur reste environ dix années de scolarisation obligatoire : nous aurons fait notre part du chemin !

C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Nous apprenons cinq nouveaux noms d'arbres. Lesquels ? Décrivons-les.
- Qu'est-ce qui a déjà fait changer le métier des bûcherons ?
- En relisant le texte, définissons les expressions suivantes : les baliveaux, le mobilier
de choix, le halètement de locomotive, métrer, un fagot.

Nous pouvons continuer notre collection de noms d'arbres. Si les élèves ne trouvent pas la
réponse à la deuxième question, faire relire le paragraphe 4. Le vocabulaire actif, expliqué pendant
la lecture, est repris. On fera relire les paragraphes concernés, si cela est nécessaire.

E. Expression :

Observons les scieurs de long de la photographie et expliquons comment ils s'y


prennent pour débiter la bille de bois en planches.

On peut compléter cette observation en visionnant une vidéo. Le travail de rédaction sera
collectif. Il pourra avoir lieu pendant l'horaire consacré au domaine Questionner le monde.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 105


La forêt autrefois
Bûcherons et charbonniers (2)
1. Lecture :
• Texte : Le texte parle plus des conditions de vie de la famille du charbonnier que de son métier,
souvent méconnu des enseignants eux-mêmes. Ceux-ci auront intérêt à se documenter 89 avant
d'aborder la lecture avec les élèves afin de pouvoir guider leur observation, leurs suppositions et les
mener vers les déductions qui conviennent. La leçon sera plus vivante si on a pu apporter quelques
morceaux de charbon de bois qui évoqueront sans doute à quelques élèves au moins les pique-
niques autour d'un barbecue auxquels ils ont peut-être participé.
• Mots difficiles : charbonnier ; fougères; escabeau ; appentis ; claie.
• Connaissance du code ; décodage : pas de travail sur le code.

Déroulement :

A. Observation attentive des illustrations :

L'observation attentive des trois photographies est indispensable avant la lecture du texte. Elle ne
pourra être menée à bien que si le maître a une petite avance culturelle sur ses élèves et qu'il sait lui-
même de quoi il parle. Si le temps est trop compté, il conviendra de lire ce texte pendant le temps
réservé au domaine Questionner le monde dans la rubrique Évolution des sociétés à travers des
modes de vie (alimentation, habitat, vêtements, outils, ...) et des techniques à diverses époques.
Pour chacune des trois photographie, on amènera les élèves à tout observer et à émettre des
hypothèses que l'on validera lorsqu'elles seront correctes. Ne pas entamer la lecture du texte tant
que les élèves n'auront pas dit que :
- sur la première photographie, on voit, dans une clairière bien dégagée au milieu d'une futaie, un
tas de bois empilé avec beaucoup de soin90 ;
- sur la deuxième photographie, la meule semble recouverte de terre car on ne voit plus les
bûches et le charbonnier est monté dessus à l'aide d'une échelle ; cette meule fume mais on ne voit
89 Une charbonnière est le nom populaire de l'endroit où se fabrique le charbon de bois par cuisson de la « meule ». La
désignation précise est « loge charbonnière », emplacement sur lequel se trouvent l'aire de charbonnage, la cabane du
charbonnier et l'aire de stockage. On fabriquait le charbon de bois de cette manière jusqu'aux années 1960 environ.
Le charbon de bois est obtenu en carbonisant du bois en atmosphère contrôlée par pyrolyse (en l'absence d'oxygène) :
il fallait chauffer le bois à une certaine température, pas trop élevée, et en évitant de l'enflammer, car sinon il en résulte
des cendres ou un mauvais charbon de bois. Celui-ci s'obtenait en empilant du bois en un tas recouvert d'une couche
d'argile, appelé meule, que l'on enflammait. Une partie du bois étant consumée en consommant tout l'oxygène, la
chaleur produite transformant le reste du bois en charbon.
La production industrielle actuelle est de plus en plus effectuée dans des fours. Un des enjeux contemporains est d'en
limiter ou éviter les rejets dans le milieu naturel et d'utiliser des matières organiques qui n'augmentent pas la pression
sur les forêts, tropicales et primaires notamment. (Wikipédia)
90 On complétera l'information en donnant le nom meule et en expliquant que cet empilement soigneux a été réalisé par
le charbonnier en vue de transformer ce bois en charbon de bois.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 106


pas de flammes ;
- sur la troisième photographie, on voit une hutte de branchages devant laquelle se trouve toute
une famille ; ce n'est pas une meule. À droite, on voit des murs et une porte alors qu'à gauche, dans
la partie qui n'a qu'un seul toit 91, il n'y a pas de murs mais des branches posées horizontalement 92.
Sans doute ces gens habitent-ils là à moins qu'ils y viennent pour passer la journée de travail et
qu'ils ne rentrent chez eux le soir.

B. Lecture du texte :

La lecture du texte va éclaircir les suppositions au sujet de la famille que nous avons observée
sur la troisième photographie. Faire expliquer les mots dont l'explication est demandée dans la
partie Analyse et synthèse en cours de lecture. Faire aussi rappeler le sens des mots taillis et hutte,
vus récemment. Les élèves rappelleront peut-être le poème de Victor Hugo, lu il y a peu et que
certains sont en train d'apprendre. On relira soi-même la strophe consacrée au charbonnier.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
un charbonnier : une personne qui prépare du charbon à partir du bois.
des fougères : des plantes à grandes feuilles qui poussent dans les sous-bois.
fouler le sol : piétiner, marcher sur.
un escabeau : une sorte de tabouret.
un appentis : un petit bâtiment dont le toit a une seule pente et qui est adossé à un
bâtiment plus important.
une claie : un plateau en branches tressées servant à faire sécher des fruits, élever des
vers à soie, etc.

On n'insistera pas sur les mots rares dont les élèves n'auront plus usage avant longtemps et on
focalisera leur attention sur ceux plus courants comme escabeau ou fougères. Les élèves évoqueront
peut-être l'autre sens du mot escabeau plus courant aujourd'hui : petite échelle ne comportant que
quelques marches. En profiter pour évoquer rapidement quelques mots ayant deux, trois ou même
parfois quatre sens93 ou plus.

B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- En relisant le texte, définissons les expressions suivantes : la scierie forestière, des
branchages, la terre battue, joufflus, un chanteau de pain de ménage .
- Comment est la vie de la famille du charbonnier ? À quoi le voyons-nous ? Pourquoi

91 Donner le mot appentis.


92 Expliquer qu'il s'agit de claies et donner la définition de ce mot.
93 Comme la pièce de monnaie, de puzzle ou de théâtre dont le nom peut aussi désigner un morceau de tissu ou de
toute autre chose que l'on peut mettre en pièces…

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 107


nous dit-on que le bois ne coûte rien ?
- Ce métier n'a pas totalement disparu. Comment pouvons-nous en être sûrs ? Les
charbonniers d'aujourd'hui mènent-ils la vie de ceux de jadis ?

La première question vise à juste évoquer le sens des mots et la possibilité de comprendre à
demi-mot en s'appuyant sur le contexte. Ces mots ne sont pas à retenir absolument. Aider les élèves
à prendre des repères en recherchant des mots de la même famille : scierie → scier ; forestière →
forêt ; branchages → branche ; joufflus → la joue… Le chanteau de pain de ménage sera considéré
comme compris si les élèves parlent d'une tartine ou d'un quignon de pain ; faire déduire de
ménage94 en demandant s'il y a beaucoup de boulangeries dans les forêts.
Si les élèves évoquent une vie trop misérable, leur faire relire le paragraphe 3 avant de les diriger
vers des remarques sur leur santé et leur alimentation. Les rassurer en leur expliquant que le
charbon de bois se fabriquait à la belle saison et que ces charbonniers possédaient par ailleurs une
maison en dur et un magasin dans lequel ils vendaient leur production de l'été ainsi que du bois en
bûches pour le chauffage.
La question du prix du bois est une question de logique qui n'a rien à voir avec une quelconque
capacité supposée de lecteur expert. Cependant, il est important d'habituer les élèves à se
questionner après la lecture d'un texte tout en sachant que la réponse à ces questions ne se trouvera
pas en relisant le texte. Après avoir fait lire la question, resituer la phrase dans le texte (juste après
une phrase parlant d'une soupe aux choux qui mijote sur un bon feu) puis aider les élèves à se
souvenir que la hutte des charbonniers se trouve au plein cœur de la forêt, que leur métier consiste à
couper du bois, l'empiler et le faire cuire pour obtenir du charbon de bois et qu'ils n'ont donc qu'à se
baisser pour trouver le combustible qui alimentera leur foyer.
La troisième question sera plus intéressante à débattre si certains élèves ont participé à des
barbecues et si l'on a pu apporter quelques morceaux de charbon de bois. Sinon, on leur expliquera
qu'on utilise toujours du charbon de bois et qu'il y a donc forcément des gens pour le produire. Ils
évoqueront certainement la mécanisation, dont ils ont déjà parlé la veille au sujet de la locomobile
et des scieurs de long : si l'on ne voit plus de charbonniers dans les forêts actuellement, c'est
certainement parce que, désormais, cette production a lieu en usine. Montrer une photographie de
fours produisant ce combustible à grande échelle.

C. Expression :
Observons la meule et expliquons comment on transforme le bois en charbon
de bois.

On trouvera facilement des schémas de fabrication du charbon de bois grâce à un moteur de

94 Cuit dans un four privé : les charbonniers fabriquent et cuisent leur pain eux-mêmes.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 108


recherche. Si on choisit de traiter ce texte pendant le temps réservé au domaine Questionner le
monde, on pourra même visionner des vidéos qui expliquent le travail des charbonniers.
Le texte produit doit être simple et court, correct orthographiquement et syntaxiquement. Un
travail collectif sera le garant d'un apprentissage correct. Les élèves peuvent commencer à venir
écrire eux-mêmes au tableau et leurs erreurs, s'il y en a, feront alors l'objet d'un débat menant à en
améliorer la forme.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 109


Vivre aujourd'hui : Les hommes des bois

1. Lecture :
• Texte : Un texte extrait d'un livre pour enfant, co-édité par Actes Sud Junior et l'Office National
des Forêts. Les élèves y comprendront que si les techniques ont évolué depuis 1930, le métier du
forestier comporte toujours les mêmes tâches. Ce texte contribuera à la construction d'un rapport au
temps concret, basé sur des événements vécus grâce à la lecture, entre lesquels les élèves pourront
tisser des liens, établir des comparaisons, calculer des durées et étalonner ainsi peu à peu leur
échelle du temps.
• Mots difficiles : la plupart font l'objet de la leçon qui les explique. Nous avons retenu cependant :
primitive ; impénétrable ; futaie ; taillis ; sylviculture.
• Connaissance du code ; décodage : Mots difficiles à déchiffrer en raison de leur longueur.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Les élèves doivent se sentir en terrain connu et les acquis relatifs aux deux textes précédents
doivent être réactivés. L'idéal serait que les enfants emploient les mots bûcherons, forestiers, futaie,
taillis.

B. Lecture du texte :

On n'est pas obligé de faire lire le texte écrit dans l'illustration. On pourra le faire à la fin,
lorsqu'on répondra aux questions.

La lecture doit se faire phrase par phrase, le vocabulaire étant expliqué à la fin de chaque phrase.
Une relecture du paragraphe par un élève pourra être envisagée.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire des mots longs et difficiles : considéré - primitives –
impénétrables – ils envahissent – majestueuse - constitué – régulièrement – la
sylviculture – le renouvellement – une éclaircie – une génération
Les mots seront déchiffrés, expliqués, relus après explication. On pourra en faire employer
certains dans d'autres phrases.

B. Lexique :

Nous expliquons :
la forêt primitive : forêt naturelle comme on en trouvait à la préhistoire.
impénétrable : où l'on ne peut pas pénétrer, entrer.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 110


la futaie : une forêt de grands arbres aux fûts élevés et droits.
le taillis: forêt constituée d'arbres de petite taille issus de rejets.
la sylviculture : l'entretien et l'exploitation des forêts.

Procéder comme d'habitude. Faire retrouver le mot-racine dans impénétrable, parler de préfixe et
de suffixe. Faire employer les deux adjectifs qualificatifs dans d'autres contextes, sous forme de
devinettes, par exemple.

C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Qui va récolter le bois des arbres plantés par M. Guillemin, en 1930 ?

Une seule question qui va lier lecture, français, sciences et mathématiques. Inciter les élèves à
rechercher seuls la partie du texte qui donne l'âge des arbres au moment de leur récolte, les
encourager à calculer la date qui correspond à cet âge pour ces arbres-là, les engager à comparer la
date trouvée avec la date actuelle et à tirer les conclusions qui s'imposent. Tout au long de
l'exercice, être celui qui pousse à chercher, fournit juste l'étrier dans lequel mettre le pied, adapte
son aide au plus juste pour être un soutien sans être celui qui assiste complètement, allant jusqu'à se
garder toute la partie réflexion pour ne laisser aux enfants que l'exécution des tâches mécaniques95.

D. Expression :

Observons l'illustration et décrivons les deux forestiers.

L'observation de l'illustration, déjà menée avant la lecture, pourra être rapide et collective. La
rédaction pourra être individuelle96.

95 À ne pas faire : « Lisez la deuxième phrase du paragraphe 4. À quel âge coupe-t-on un arbre ? Sur votre ardoise,
posez ces deux opérations en colonnes : 1930 + 100 et 1930 +150 ; les deux dates ne sont pas encore passées car
nous sommes en 2017. Calculez ces deux opérations en colonnes : 2030 – 2017 et 2080 – 2017. Quel âge aurez-
vous dans 13 ans ? Quel âge aurez-vous dans 63 ans ? Pourrez-vous être ceux qui récolteront ces arbres-là ? Est-ce
que vos enfants pourront récolter ceux-ci ? »
96 Deux à trois propositions maximum. Correction après chacune d'entre elles.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 111


La légende du tilleul (1)
1. Lecture :
• Texte : Un dernier texte racontant, à la manière d'un conte des origines, comment les arbres se
sont partagé l'espace. Quelques noms d'arbres supplémentaires qu'on collectionnera si les élèves le
désirent. Si l'on sent que la lassitude s'installe, ne pas insister et se contenter de les faire relire
comme le propose l'une des question de la partie Réflexion.
• Mots difficiles : favorable ; languissamment ; le climat ; fertile ; inculte.
• Connaissance du code ; décodage : le son « in » seul ou associé à une diphtongue : in, im, ain,
oin, ien,
Déroulement :
A. Observation rapide de l'illustration :

Faire décrire le tilleul, remarquer sa feuille et son fruit. Dire ou faire dire que sa fleur, très
odorante, est récoltée pour être utilisée en parfumerie et en pharmacie, pour ses vertus apaisantes et
sédatives.
B. Lecture du texte :

Lecture phrase à phrase, explications et relecture par paragraphes. Les verbes au passé simple
seront associés à leur infinitif, si possible par les élèves eux-mêmes. Les aider pour les formes
difficiles : ce fut ; il fallut ; il l'interrompit.

Penser à faire expliquer en la reformulant toute phrase qui semble mal comprise par certains
élèves de la classe. Une fois le sens de la phrase éclairci, la faire relire par un nouvel élève.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire les sons in, im, ain, oin et ien : le sapin – je tiens – je crains
– enfin – il l'interrompit – bien – un terrain – le moins - inculte
Faire lire et épeler les différentes graphies du son révisé. Faire remarquer que les sons oin et ien
contiennent en réalité deux sons dont un qu'on n'entend pas bien. On pourra rajouter si on le
souhaite deux ou trois mots contenant la graphie ein pour compléter la série. Cependant, ce n'est pas
indispensable, l'année scolaire n'est pas finie et les élèves auront d'autres occasions de le lire.
B. Lexique :

Nous expliquons :
favorable : qui convient bien.
languissamment : de manière languissante, sans force ; très faiblement.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 112


le climat : le temps qu'il fait dans un lieu donné.
un terrain fertile : un terrain riche, où les plantes poussent facilement.
une lande inculte : un terrain pauvre qui n'est pas cultivé.

Travailler comme d'habitude. Faire employer les mots dans d'autres contextes et les faire
expliquer sur des exemples que l'on donnera soi-même.
C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Nous apprenons deux nouveaux noms d'arbres. Lesquels ? Décrivons-les.
- Citons quelques bestioles des ruisseaux que le Saule aime regarder.
- En relisant le texte, définissons les expressions suivantes : une assemblée, des
bruissements, un vacarme, la royauté, cet air précieux, sans ménagement, rider la
surface de l'eau, prospérer.

La question sur les noms d'arbres pourra être abrégée. Cependant, puisqu'il n'y a que deux
nouveaux noms, il est intéressant de fournir des photographies pour que les élèves puissent les
décrire.
La deuxième question est aussi une question de vocabulaire. Si les élèves ne sont pas très férus
en faune et flore des ruisseaux, on trouvera facilement des encyclopédies pour enfants, des albums,
des magazines qui, en quelques photos, leur présenteront têtards et grenouilles, goujons, épinoches,
écrevisses et même tortues d'eau ainsi qu'algues, joncs et roseaux.
Les élèves savent désormais comment procéder pour rechercher ensemble les définitions des
mots proposés. Toujours profiter de cet exercice pour établir des liens entre les mots dérivés et le
mot-racine. Ne pas hésiter à parler de préfixes, de suffixes, de synonymes et d'antonymes.
D. Exercices :

Nous rendons à chaque arbre son habitat : les pieds dans l'eau - sur les pentes
des montagnes – sur un terrain calcaire – sur une lande inculte – sous le climat le plus
doux – tel le roi de la forêt.
Le sapin pousse … . - Le citronnier et l'oranger poussent … . - Le chêne pousse … . - Le
saule pousse … . - Le pin pousse … . - Le noyer pousse … .

Exercice liant lecture, écriture, vocabulaire, sciences et géographie. Il peut être fait à l'écrit si le
temps de l'enseignant est pris par des élèves d'un autre niveau.
E. Expression :

Imaginons que des animaux arrivent et réclament un arbre près duquel ils veulent
vivre. Lequel choisirait chacun d'eux et pourquoi ?

Après un débat commun où des noms d'animaux seront suggérés par les élèves, on pourra soit
écrire un texte collectif long, soit des textes individuels courts employant l'expression parce que
écrite au tableau pour éviter toute graphie fantaisiste !

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 113


La légende du tilleul (2)
1. Lecture :
• Texte : La suite et fin du texte étant un peu courte, nous avons rajouté deux poèmes évoquant le
tilleul. Le premier, écrit en allemand par le poète Wilhelm Müller 97, est une traduction. On pourra
faire écouter la version allemande mise en musique par Schubert 98, si on le souhaite. Le second ne
donne que les deux premières strophes du Roman, écrit par Arthur Rimbaud99, en 1870.
• Mots difficiles :
• Connaissance du code ; décodage : Lire les sons « in » et « un », seul ou associé à une
diphongue : in, im, ain, ien, oin, un, um.
Déroulement :
A. Observation rapide de l'illustration :

Le tableau de Vincent Van Gogh100 présente deux arbres, un cyprès et un olivier. Laisser les
élèves s'exprimer. Situer brièvement le peintre.
B. Lecture du texte :

Finir d'abord la lecture du conte, après en avoir résumé le premier épisode. La lecture des deux
poèmes sera faite proposition par proposition, après lecture magistrale et explications.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire les sons in, ain, ien, oin et un, um: le chemin de fer – un
terrain – je deviendrai – ainsi – il s'installa – foin – le mois de juin – loin
un tilleul, une fontaine –un parfum, parfumé
Selon les régions, il arrive que même les enseignants n'arrivent pas à distinguer le son « in », qui
se prononce en nasalisant le son « è » ou « i » du son « un », nasalisation du son « u ». Nous
laissons donc aux maîtres la charge de les faire distinguer aux élèves ou non.
97 Wilhelm Müller (1794 - 1827) est un poète allemand auteur de nombreux textes à l'époque romantique. Müller est
généralement connu pour ses textes ayant servi à Franz Schubert lors de la composition de ses lieder (La Belle
Meunière, Voyage d'hiver).
98 Der Lindenbaum : https://www.youtube.com/watch?v=NXBNePEDTEo&feature=youtu.be
99 Poète français (Charleville 1854-Marseille 1891). Adolescent rebelle, poète précoce et génial, Arthur Rimbaud est
un phénomène de la littérature. Son abandon de la poésie à l’âge de vingt et un ans, puis sa disparition aux confins de
l’Afrique et de l’Asie, ajoutent à l’attrait du personnage qu’il s’est créé et qui obsède l’époque moderne. Véritable
« voyant » – suivant le terme qu’il a choisi – il exprime les vertiges de l’hallucination dans une langue audacieuse et
pure, et apparaît comme un jalon essentiel entre romantisme et surréalisme.
100 Vincent Van Gogh Né à Groot-Zundert (Hollande) le 30/03/1853 ; Mort à Auvers-sur-Oise (France) le 29/07/1890
Artiste non reconnu et incompris de son vivant, Van Gogh est l’un des grands peintres du XIXème siècle. Hésitant un
temps entre la vocation artistique et religieuse, il choisit de se consacrer à la peinture. On peut dire aujourd’hui qu’il a
eu raison. Son style très coloré a une vitalité et une tension particulière qui n’ont pas fini de marquer les esprits.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 114


B. Lexique :

Nous expliquons :
mélancolique : triste, abattu.
un talus : terrain en pente qui borde souvent une construction (route, voie ferrée,
champ, ...)
rugueux : rêche, rude au touché.
tapageur : qui fait du tapage, du bruit et de l'agitation.
un bock : un verre à bière.

Comme d'habitude. Expliquer éventuellement les noms grâce à des photographies. Employer ou
faire employer les adjectifs qualificatifs dans un autre contexte.
C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Relevons tous les noms d'arbres : combien y en a-t-il ?
- Le tilleul a-t-il la plus mauvaise place, finalement ?
- En relisant le texte, définissons les expressions suivantes : l'homme s'établira ;
j'ombragerai ; foin des bocks.

Ne continuer la collection d'arbres que si elle intéresse toujours les enfants. Dans ce cas, on
pourra ensuite découper les photos et les noms pour constituer un jeu de mémory, utilisable pendant
les temps libres.
La deuxième question doit susciter le débat entre les élèves. Les laisser s'exprimer en se
chargeant impérativement du rôle de régulateur afin de donner sa chance à chacun et
particulièrement à ceux qui n'ont que l'école pour parfaire leur expression orale, enrichir leur culture
ou pour adopter un comportement social.
La découverte du vocabulaire grâce au contexte sera menée comme d'habitude.
D. Exercices :

Nous fabriquons des mots selon le modèle :

une place, un emplacement – mêler, un … - une pierre, un … - un poison, un … - une


bête, un … - le ménage, un … .

La fabrique des mots va permettre aux élèves de découvrir intuitivement les modifications de
sens que provoquent préfixes et suffixes. Il ne convient pas de les formaliser, encore moins de les
apprendre ; cependant, si un élève montre par ses réflexions qu'il en perçoit certaines, l'aider à
formuler sa pensée.
E. Expression :

Nous dessinons un emplacement pour l'arbre que nous aimerions être et nous le
décrivons.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 115


Travail en autonomie. Commencer à institutionnaliser une règle d'écriture :
1) Je réfléchis à une phrase.
2) Je l'écris, au crayon à papier, en sautant des lignes, en faisant attention à l'orthographe de chaque
mot.
3) Je montre mon travail à mon professeur.
4) Il corrige les erreurs que je ne peux pas corriger seul et entoure ou souligne les autres.
5) J'effectue les corrections et lui montre à nouveau mon travail.
6) Je recommence le même travail pour la deuxième phrase.
7) Lorsque tout est corrigé, je recopie mon travail au stylo sur le cahier de rédaction.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 116


Sciences : Une vie d'arbre

1. Lecture :
• Texte : Un texte documentaire, tiré à nouveau d'un livre pour enfants récent, qui explique, avec
des mots simples la croissance de l'arbre de sa « naissance » à l'âge adulte. En bas des deux pages,
un encadré vert explique, à l'infinitif, comment procéder soi-même à la plantation d'un jeune arbre.
Il pourra être lu avant que la classe, peut-être avec l'aide des services techniques municipaux, réalise
elle-même cette activité.
La lecture oralisée de ce texte aura lieu pendant l'horaire réservé au Français ou pendant celui
qui est attribué au domaine Questionner le monde.
• Mots difficiles : Pas de lexique, le texte et les illustrations occupant tout l'espace de la double-
page.
• Connaissance du code ; décodage : pas de travail sur le code.

Déroulement :

A. Observation attentive de l'illustration et lecture du texte :

Après la lecture phrase à phrase de l'introduction et l'explication des termes difficiles


(représentants, visibles, végétale) et sa relecture par un élève supplémentaire, on fera lire, expliquer
et compléter en observant l'illustration s'y rapportant chacun des quatre paragraphes dont le titre
apparaît en gras (La naissance ; L'arbre grandit ; L'arbre grossit ; L'arbre se reproduit).

On s'attachera tout particulièrement à faire rappeler aux élèves tout ce qu'ils avaient déjà compris
au cours des lectures précédentes (âge des arbres, fruits, graines, naissance de nouveaux arbres) et
on fera le lien entre les connaissances rappelées par le texte et d'autres qu'il n'évoque pas mais peut
donner à comprendre (rôle de l'homme dans le renouvellement de la forêt, sylviculture, solidité des
troncs d'arbres et débitage des fûts, existence de fruits comestibles mais aussi de fruits que l'être
humain ne consomme pas).

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique, réflexion :
Pas d'exercices prévus, ce qui ne veut pas dire qu'il faut laisser les élèves lire comme des
perroquets. Toute lecture est réflexive et il convient bien entendu de soutenir la compréhension par
des questions, des demandes de compte-rendus ou d'explications.

E. Expression :

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 117


Elle aussi pourra avoir lieu soit sur le temps de Français soit sur celui réservé à l'étude des
sciences (Questionner le monde, domaine du vivant). On pourra programmer soit un compte-rendu
collectif après la plantation de l'arbre de la classe, soit la copie soigneuse des dessins de la page de
gauche du manuel et la rédaction individuelle d'une ou deux phrases explicatives.
Si l'école édite un journal scolaire, le compte-rendu de la plantation de l'arbre pourra prendre la
forme d'un texte injonctif. Cela donnera l'occasion aux élèves de fréquenter ce mode de manière
informelle avant de l'étudier plus précisément à partir du CM1.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 118


Qu'il fait sombre

1. Lecture :
• Texte : Une histoire du quotidien, en cette fin de premier trimestre de l'année scolaire, qui
permettra aux enseignants de choisir quelle place ils comptent réserver à Noël dans leur classe. Tout
en évoquant une ville qui se prépare à une fête, sans préciser si celle-ci est commerciale, religieuse
ou laïque, le texte permet de focaliser l'attention, si on le souhaite, sur les jours les plus courts de
l'année et donc le cycle des saisons en région tempérée. La petite Laurine évoque le côté
merveilleux de ces illuminations, se rapprochant sans le savoir de ses lointains ancêtres qui
organisaient des cérémonies en l'honneur d'êtres imaginaires chargés de faire revenir la lumière du
jour.
• Mots difficiles : étude ; préau ; « Pédibus » ; fluorescent.
• Connaissance du code ; décodage : au, eau.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Comme d'habitude. Penser à faire remarquer aux élèves qu'il fait nuit.

B. Lecture du texte :

Le texte est simple. On peut faire lire plusieurs phrases d'affilée au même élève. Le premier
paragraphe sera ainsi lu en trois parties ; le deuxième et le troisième en deux parties chacun ; le
quatrième en trois partie. Une relecture entière du texte sera effectuée dans les mêmes conditions.
On aura ainsi fait lire 20 élèves. Dans les classes plus nombreuses, on pourra organiser une
troisième lecture ou charger les élèves qui n'auront pas lu le texte de lire la partie Analyse et
synthèse.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire les sons au, eau: Monsieur Bruneau – le préau – Margaux –
Aurélie – Arnaud – Thibault – jusqu'au – Guillaume – Augustin – jaune – un autobus
– aux – Laurine
Comme d'habitude. Les prénoms Aurélie et Augustin sont compliqués à lire car les élèves
peuvent se focaliser sur l'initiale écrite en majuscule. Les entraîner alors à lire d'autres noms propres
commençant par Au ou Eau : Aurélien ; Autriche ; Australie ; Eaux-Bonnes ; Les Eaux-Vives ; …

B. Lexique :

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 119


Nous expliquons :
l'étude : c'est un service organisé pour que les élèves puissent étudier leurs leçons, le
soir, à l'école, avec l'aide d'un adulte payé par la mairie.
le préau : la partie couverte d'une cour d'école.
obscur : sombre.
le Pédibus : nom propre d'un service organisé pour accompagner les élèves qui rentrent
à pied chez eux.
fluorescent : qui émet de la lumière en recevant des rayonnements.

Les mots étude et préau seront sans doute connus dans certaines écoles mais pas dans d'autres.
De même le service Pédibus existera peut-être sous une autre dénomination et ce sera aux élèves de
comprendre qu'il s'agit du même service désigné différemment. L'adjectif qualificatif fluorescent
passé dans le langage courant est difficile à expliquer en gardant un vocabulaire simple ; l'aide d'un
objet comportant une partie fluorescente aidera à faire comprendre à quelle qualité cet adjectif
renvoie.

C. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Selon ce que dit Thibault, à quelle heure arrive-t-il à l'école et à quelle heure en
repart-il ?
- Qu'est-ce qui est amusant dans la phrase que crie Guillaume tous les soirs ?

- En hiver, qui illumine réellement la ville et pourquoi ?

Deux premières questions où le concept d'inférences, tant à la mode actuellement, joue à plein :
qu'est-ce que le texte nous dit sans toutefois l'écrire ? Nos élèves y sont entraînés à longueur de
journée, aussi bien en lecture que dans les autres matières. Ici, on les sollicite directement, en
fonction de leur vécu personnel pour la première question101, en général pour la deuxième.
La troisième question vise à rétablir la réalité après l'envolée poétique de Laurine qui peut gêner
certains élèves très terre-à-terre. Pour eux, on pourra néanmoins débattre, au cours des prochaines
séances de lecture, sur le monde de l'imaginaire et du merveilleux puisque c'est le thème des textes
de ce module.

D. Exercices :

Nous rangeons dans l'ordre chronologique : Thibault se lève ; il voit arriver


maîtres et maîtresses ; il arrive à la garderie ; il déjeune ; il joue avec ses camarades ;
il fait sa toilette et s'habille.
À sept heures, … . - À sept heures quinze minutes, … . - À sept heures trente minutes,
… . - À sept heures quarante-cinq minutes, … . - À huit heures, … . - À huit heures
quinze minutes, … .

101 On félicitera chaudement l'élève qui affirmera qu'on ne peut pas le savoir puisqu'on ne connaît pas les horaires du
matin dans l'école de Thibault. On conviendra cependant qu'il faut se fixer sur les horaires de l'école où on lit l'histoire.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 120


Un exercice de rangement chronologique, à égale distance de la lecture, du français en général,
des mathématiques et de la découverte du temps social, celui qu'indiquent les pendules.
Attention, si l'on veut faire écrire cette exercice, il est assez long et les élèves peuvent s'y perdre.
Il vaudra mieux leur fournir une partie photocopiée à compléter que risquer qu'ils se perdent entre
les différentes fractions de l'heure comprise entre sept et huit heures du matin.

E. Expression :

Nous dessinons une vitrine illuminée et nous la décrivons.

Comment évoquer Noël sans froisser la susceptibilité de ceux qui ne le fêtent pas pour des
raisons sociales ou religieuses ? Peut-être en sortant du contexte familial, de l'expérience
individuelle. Ici, on demande de décrire une vitrine illuminée, sans plus de précisions. Les élèves
pourront tout aussi bien décrire une vitrine de Noël que tout autre décor lumineux installé par un
commerçant pour attirer l'intérêt des passants.
Commencer par le dessin et faire écrire une ou deux phrases, parfois trois pour les élèves les plus
rapides (tout en étant performants au niveau de l'orthographe et de la ponctuation) qui commentent
ce dessin.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 121


La Légende du Feu (1)

1. Lecture :
• Texte : Un conte indien, raconté par Miss Mary Austin, dans La Femme à la Corbeille, repris et
adapté par Miss Sara Cone Bryant, dans le recueil de contes Comment raconter des histoires aux
enfants. Un petit ajout a été fait au conte original qui ne parle pas de la brièveté des jours et se
contente d'évoquer le froid de l'hiver. Le Coyote est un personnage de la mythologie amérindienne
basé sur l'animal éponyme (Canis latrans). Le mythe du Coyote présente des ressemblances avec
ceux d'autres cultures : Loki en Scandinavie ; Prométhée en Grèce ; Anansi en Afrique de l'Ouest et
dans les Caraïbes. Ces personnages partagent avec lui le fait d'avoir volé le feu aux dieux et de
l'avoir offert aux Hommes. Il a également quelques similitudes avec la divinité polynésienne Māui
qui a elle aussi volé le feu pour le donner à l'Homme tout en apportant la mort dans le monde.
• Mots difficiles : tribu, caverne, préserver, serviteur.
• Connaissance du code ; décodage : Le son « ill ».

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Faire décrire le Coyote. Expliquer qu'il sera l'un des personnages centraux de cette histoire.

B. Lecture du texte :

Les paragraphes sont plus longs que précédemment, les lignes plus rapprochées. Ne pas hésiter à
baliser clairement la page à l'aide de caches pour les élèves ayant encore des difficultés à contrôler
leurs saccades oculaires. Faire lire les dialogues par deux enfants en les aidant à repérer leurs
répliques. La relecture des paragraphes entiers sera aussi distribuée entre autant d'enfants qu'il le
faut pour que les passages du narrateur et de chacun des personnages ne soient pas lus par le même
élève. Comme toujours, expliquer le vocabulaire à la demande et prévoir un temps de résumé ou de
reformulation après chaque paragraphe.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire les sons ien, ienne, ierre, eill, y, oy, il, ill : bien – un chien
– il vous tient chaud – un Indien – une Indienne – le coyote – ils voyaient – un
moyen – un conseiller – l’œil – des pierres

Comme d'habitude. Expliquer la prononciation de coyote par son origine amérindienne. Les mots
sont triés par graphies, le faire remarquer en épelant. En fin de travail, on peut demander aux élèves

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 122


de fermer le livre et de citer toutes les graphies différentes accompagnées chacune d'un ou deux
exemples102.

B. Lexique :
Nous expliquons :
une tribu : un groupe de personnes rassemblées sous l'autorité d'un chef.
une caverne : un abri sous un rocher, une grotte peu profonde.
préserver : protéger d'un danger.
un serviteur: celui qui est au service de quelqu'un, celui qui le sert.

Ces mots seront sans doute connus par de nombreux élèves. On les fera utiliser, à l'oral, dans
d'autres contextes.

C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- À quoi voit-on que ce jeune garçon est très courageux ?
- Que doit être cette montagne brûlante où l'on trouve le feu ?
- Quand le feu est-il dangereux et méchant ? Trouver plusieurs exemples.

Pour répondre à la première question, il faudra glaner des exemples dans tout le texte. Aider les
élèves à ne rien oublier : il courait les bois avec le Coyote ; son peuple avait froid et peur mais on
ne nous dit pas que lui aussi ; il décide de trouver une solution ; il pense que rien n'est trop
difficile ; il n'a pas peur de ce feu que le Coyote décrit comme destructeur, dangereux et méchant ;
il ne s'épuise pas alors que les cent coureurs sont laissés en route.
La deuxième question est une question fermée, qui n'offre pas prétexte à interprétation. La
réponse a sans doute été donnée au cours de la lecture. Il est néanmoins nécessaire pour permettre à
tous nos élèves d'accéder à la lecture intelligente de la poser à nouveau pour les encourager à
toujours chercher à comprendre ce qu'ils lisent.
La troisième question est très ouverte et pourra donner lieu à une collecte de souvenirs
personnels. La longueur du débat dépendra du temps disponible. On pourra le reporter sur le temps
du domaine Questionner le Monde où il permettra de travailler les règles élémentaires de sécurité et
la préservation de l'environnement.

D. Exercices :

Nous rangeons selon la saison : le garçon courait les bois avec le Coyote ; les
gens couraient nus dans la neige ; les femmes déterraient des racines avec des pierres
aiguës ; les pêcheurs attrapaient des poissons avec la main ; les Peaux-Rouges se
blottissaient au fond des cavernes ; les jours étaient courts.
C'était l'été : …, …, ... . - C'était l'hiver : …, .., … .

Exercice à pratiquer plutôt à l'oral en raison de la vitesse de copie des élèves de CE1.

102 Attention cependant à ne pas transformer la séance de lecture en une séance d'écriture (orthographe), ici le but visé
est la lecture fluide associant déchiffrage rapide et compréhension simultanée.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 123


Nous trouvons le contraire des verbes suivants :
enterrer, déterrer – emballer, … – embarquer, … – embarrasser, … – embobiner, … –
emboîter, … – enchaîner, … – encourager, … – engager, …

Une fois les premiers mots trouvés ensemble et l'orthographe assurée pour tous, cet exercice peut
être réalisé en autonomie.

E. Expression :
Nous dessinons un feu et nous le décrivons.
Le travail pourra être réalisé en autonomie ou collectivement. Dans ce second cas, collecter
plusieurs phrases, en demandant aux élèves de s'inspirer de la description faite par le Coyote qui
compare le feu à une fleur, à un animal et enfin à un bon serviteur.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 124


La Légende du Feu (2)

1. Lecture :
• Texte : Suite du texte précédent. Les élèves reconnaîtront peut-être la structure de conte des
origines. Leur faire rappeler Le Petit Moulin et d'autres contes qu'ils auront peut-être lus ou vus
représentés. Les esprits du feu seront rapprochés des Nains à queue qui avaient offert le Petit
Moulin à Yannick pour s'en débarrasser.
• Mots difficiles : cône, esprits, tison, efflanqué, inoffensif, pantelant, hors d'haleine.
• Connaissance du code ; décodage : le son « ê ».

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Laisser les élèves s'exprimer. Faire décrire la scène en comparaison avec ce qui a été lu dans la
première partie sur la façon de vivre des Indiens l'hiver avant l'arrivée du feu (nus dans la neige,
blottis dans des cavernes, effrayés par la nuit).

B. Lecture du texte :

Les phrases de cette deuxième partie sont plus longues et le vocabulaire en est plus difficile. Il
faudra peut-être revenir à la lecture phrase à phrase, suivie d'explications immédiates.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire le son ê : ai, ei, e, è, ê : ils restèrent – descendre –des
esprits – la dernière – ils traversèrent – ils s'aperçurent – des pierres – une forêt –
une plaine – elle ressemblait – épais – ils dansaient – elle paraissait – un conseiller –
hors d'haleine – des abeilles – la neige

Voir La Légende du Feu (1).

B. Lexique :
Nous expliquons :
un cône : un objet dont la base est un cercle et qui se rétrécit régulièrement pour finir
en pointe.
des esprits : des êtres imaginaires, le plus souvent malfaisants.
un tison : un morceau de bois brûlé qui rougeoie encore, une braise.
efflanqué : qui a les flancs, les côtés du corps, creux et resserré ; maigre.
inoffensif : qui n'est pas dangereux, qui n'attaque pas.
pantelant, hors d'haleine : qui n'a plus de souffle, essoufflé.

Montrer un cône, solide utilisé en mathématiques ; laisser les élèves évoquer les cônes glacés
qu'ils ont sans doute déjà dégustés. Ne pas s’appesantir sur les esprits en gardant fermement ses

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 125


positions : il s'agit de personnages imaginaires, le plus souvent malfaisants, très présents dans la
culture fantastique (livres, films, jeux vidéos, bandes dessinées, …). Les enfants en ont peur et
seront intarissables sur le sujet si l'École, représentée par le maître de la classe, ne les aide pas à
sortir de ce monde inquiétant en éludant rapidement après les avoir rassurés.
Les mots tison, efflanqué, inoffensif, pantelant ou hors d'haleine seront employés dans un autre
contexte.

C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Était-ce pour les abandonner que le garçon et le Coyote avaient laissé les cent
coureurs en chemin ?

Laisser les élèves dialoguer autour de cette unique question. Il leur faut opérer un retour en
arrière, revenir sur des explications faites a priori, comprendre que le Coyote et le garçon avaient
dès le début préparer un retour qui serait sans aucun doute dangereux et difficile. Cela leur
permettra sans doute de se rendre compte qu'il y a certainement eu une préparation de l'expédition
qui ne nous a pas été racontée dans le conte. Certains élèves auront envie de savoir pourquoi et
différentes hypothèses seront débattues : le manque de place ; la lourdeur ; la disparition de l'effet
de surprise ou même pourquoi pas l'esprit de l'escalier du conteur…

D. Exercices :

Nous trouvons la définition des mots suivants en nous servant du contexte : il


déroba – un larcin – enragés – franchir – ses descendants.

Comme d'habitude. Encourager les élèves à adopter le style des définitions de dictionnaires.
Nous trouvons dans la liste l'infinitif des verbes suivants : ils se mirent – ils
s'aperçurent – il le vit – il atteignit – ils durent – ils firent
atteindre – faire – voir – se mettre – devoir – s'apercevoir

Nouvel exercice sur le passé simple dont les élèves maîtriseront facilement la conjugaison orale
et écrite103 avant l'entrée en 6e si l'école primaire joue son rôle d'acculturation aussi souvent que
possible, par petites touches insensibles.

E. Expression :
Nous imaginons ce que font les Indiens grâce au feu et nous le racontons.
Travail en autonomie ou collectif.

103 Verbes du premier et deuxième groupes, verbes avoir, être, faire ; savoir, pouvoir, vouloir, devoir ; falloir ; aller,
venir, partir ; dire, croire, lire, écrire ; voir, sentir, connaître ; prendre, rendre, tenir, recevoir ; vivre.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 126


Poésies : Nuits d'hiver

1. Lecture :
• Textes : Trois poèmes pour évoquer l'époque où les jours sont si courts que les hommes ont
cherché à les rendre plus gais par des fêtes, des cadeaux, des lumières et de la chaleur, sans pour
cela faire de la fête de Noël un événement incontournable 104. Le premier, de Jean-Louis Vanham105,
rappellera aux enfants le texte d'introduction du module en évoquant les illuminations des
magasins ; le second, de Jacques Prévert106, raconte l'histoire d'un bonhomme de neige poursuivi par
le froid de l'hiver et qui se réfugie là où il fait jour ; enfin, le troisième, d'Arthur Rimbaud107, évoque
les cadeaux, la chaleur et la douceur du foyer familial.
• Mots difficiles : poêle ; étrennes ; affriandée ; effleurer.
• Connaissance du code ; décodage : Pas de travail sur le code.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Les deux premières illustrations sont tirées de livres ou magazines pour enfants de la deuxième
moitié du XIXe siècle108 et du début du XXe109.. La troisième, montrant des jeux d'enfants dans la
neige, est un détail du Dénombrement de Bethléem, de Pieter Brueghel l'Ancien 110, datant de 1566.
On laissera les enfants s'exprimer librement. On pourra, en resituant très brièvement l'époque à
laquelle ces œuvres ont été réalisées, diriger les échanges la comparaison entre les époques et laisser
les élèves conclure d'eux-mêmes que les enfants jouent dans la neige depuis au moins 5 siècles et
que, déjà au début du XXe siècle, les petites filles aimaient se faire belles pour les fêtes familiales.

B. Lecture des textes :

1) Le premier poème est très simple, il se déroule, racontant une histoire que les enfants
comprendront tous, sans difficulté. On peut faire lire chaque strophe de deux vers à un enfant
104 Nous laissons ainsi le choix aux enseignants ou aux familles d'évoquer ou non cette fête, à la fois religieuse et
commerciale.
105 Né à Etterbeek le 23 juillet 1937. Poète, critique littéraire, conteur pour enfants.
106 Voir Module 4 : L'automne en poésies.
107 Voir Module 4 : La légende du tilleul (2).
108 Gustav Süs (1823 – 1881), peintre allemand, illustrateur de livres pour enfants. (Wikipédia)
109 Carl Olaf Larsson, né le 28 mai 1853 à Stockholm et mort le 22 janvier 1919 à Sundborn, près de Falun, est un
artiste suédois, principalement dessinateur et illustrateur, peintre et aquarelliste, peintre de cartons de tapisserie et de
compositions murales, fresquiste et décorateur d'intérieur. (Wikipédia)
110 Pieter Brueghel ou Bruegel dit l'Ancien est un peintre brabançon né vers 1525 et mort le 9 septembre 1569 à
Bruxelles. Avec Jan van Eyck, Jérôme Bosch et Pierre Paul Rubens, il est considéré comme l'une des quatre grandes
figures de l'École flamande, et l'une des principales de l'École d'Anvers. (Wikipédia)

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 127


différent. On remarquera que chaque vers a dix syllabes qui peuvent être lues en deux groupes de
cinq. On pourra alors faire relire le poème à vingt élèves lisant chacun un demi-vers. Cet exercice
exercera la vigilance de tous et obligera chaque enfant à une attention et une concentration
importantes.

2) Dans La chanson pour les enfants l'hiver, les vers vont par deux, sauf dans la partie suivante
où le premier vers doit être lu seul :

Il arrive au village
Voyant de la lumière,
le voilà rassuré.

Ainsi que dans celle-ci où l'on fera lire les trois vers au même élève :

Et pour se réchauffer
S’assoit sur le poêle rouge
Et d'un coup disparaît.

À l'issue de chaque lecture, expliquer ou faire expliquer l'histoire et le vocabulaire. Une fois
toute la poésie lue, la relire une fois soi-même, en demandant aux élèves d'imaginer l'histoire sous
forme de film ou de bande dessinée. Enfin, faire relire le poème entier par neuf élèves différents,
toujours en suivant le fil de l'histoire (2 vers, 2 vers, 2 vers, 1 vers, 2 vers, 2 vers, 3 vers, 2 vers, 2
vers).

3) Le matin des étrennes est beaucoup plus difficile à lire : vers longs s'enchaînant les uns aux
autres, vocabulaire recherché, allusions à une vie quotidienne différente de celles de nos élèves 111.
C'est le maître qui lira le poème le premier après avoir averti les élèves de ce qu'ils vont y trouver :
« Arthur Rimbaud avait six ans l'année où Gustav Süs a peint le tableau des enfants qui font un
bonhomme de neige, il y a 150 ans environ. À cette époque-là, en France, les enfants recevaient des
cadeaux pour le Jour de l'An. Ces cadeaux s'appelaient les étrennes. Dans ce poème, il se rappelle
le matin des étrennes, le 1er janvier, quand, avec son frère et ses deux sœurs, ils avaient le droit de
venir dans la chambre de leurs parents, habituellement très sévères, pour découvrir leurs cadeaux.
Vous verrez qu'il y a un siècle et demi, les vêtements de nuit étaient différents, car les pyjamas
n'existaient pas encore, et les cadeaux étaient moins nombreux et coûteux qu'aujourd'hui : Arthur
Rimbaud nous parle juste de joujoux, de bonbons dans du papier doré et de bijoux qui brillent. »
Il lira ensuite lentement groupe de vers par groupe de vers, en entrecoupant sa lecture
d'explications de mots et de reformulations : 1 vers, 1 vers, 4 vers, 2 vers, 4 vers, 2 vers. Relire
ensuite chaque partie, avant de la faire relire à un ou deux enfants successifs.

111 Cadeaux pour le Jour de l'An, cadeaux désuets, relations familiales très hiérarchisées, chemises de nuit…

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 128


2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
un poêle : un appareil de chauffage dans lequel on fait brûler du bois, du charbon, du
fioul.
les étrennes : des cadeaux offerts le Jour de l'An.
affriandée : attirée, alléchée.
effleurer : toucher légèrement, frôler.

Procéder comme d'habitude.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 129


La naissance du Soleil (1)
1. Lecture :
• Texte : Un conte adapté d'après plusieurs légendes des pays nordiques. L'histoire évoque le rôle
du soleil dans la vie des êtres vivants, sa disparition totale pendant plusieurs jours lorsqu'on se situe
à l'intérieur du cercle polaire, les fêtes traditionnelles qui se pratiquaient pour saluer son départ et
fêter son retour. Les enfants découvriront ou compléteront leurs connaissances dans ces domaines,
aidés de leur maître.
• Mots difficiles : ténacité ; seigle, orge, blé ; krill
• Connaissance du code ; décodage : les suites de lettres i.l ou i.l.l.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

La première photographie montre la nuit polaire, lorsque le soleil ne fait plus qu'affleurer à
l'horizon quelques minutes dans la journée avant de disparaître complètement pendant plusieurs
jours du ciel polaire112. Après avoir laissé les élèves décrire ce qu'ils voient, le maître expliquera
brièvement ces données. Il combattra l'idée reçue d'une nuit de six mois immédiatement suivie d'un
jour de six mois en expliquant, globe terrestre à l'appui, que cela dépend de la proximité du lieu
avec le Pôle Nord ou Sud, seuls lieux où le phénomène est total. Il montrera rapidement le Cercle
Polaire et expliquera comment plus on s'éloigne du Pôle et moins le phénomène de nuit totale dure.

La deuxième photographie représente une aurore boréale113. Après avoir laissé les élèves décrire

112 La nuit polaire est une période de l'année durant laquelle le Soleil ne se lève pas. Ce
phénomène est observable dans les régions polaires au-delà des cercles polaires Arctique et
Antarctique. Le nombre de jours de 24 heures pendant lesquels ce phénomène a lieu augmente avec
la latitude. Il atteint son minimum, un jour, au niveau du cercle polaire et son maximum, six mois,
au pôle et a lieu en automne et en hiver : septembre à mars dans l'hémisphère nord, mars à
septembre dans l'hémisphère sud. Pendant plusieurs semaines après l’équinoxe d’automne et avant
l’équinoxe de printemps, aux pôles et dans les régions s’en rapprochant, on peut ainsi assister à un
crépuscule permanent qui dure jusqu’à ce que le Soleil atteigne une hauteur suffisante sous
l’horizon (6° pour le crépuscule civil, 12° pour le crépuscule nautique). En réalité, en raison de la
réfraction de la lumière du Soleil dans l'atmosphère, celui-ci reste visible quelques minutes par jour,
au moment du solstice d'hiver, jusqu'à quelques dizaines de kilomètres au-delà du cercle polaire. De
plus, comme le Soleil est un disque et non un point, et que la durée du jour se mesure entre
l'apparition du bord supérieur du disque et la disparition du bord inférieur, il en résulte que le jour
polaire au pôle est légèrement plus long que la nuit polaire. (Wikipédia)
113 Une aurore polaire (également appelée aurore boréale dans l'hémisphère nord et aurore
australe dans l'hémisphère sud1) est un phénomène lumineux caractérisé par des voiles

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 130


ce qu'ils voient, le maître expliquera brièvement que ce phénomène a lieu le plus souvent dans les
zones proches des cercles polaires arctiques et antarctiques qu'il montrera du doigt sur le globe. Il
pourra ensuite parler du texte que les enfants vont découvrir et qui parle justement du soleil à la fin
de l'automne dans un pays de la région polaire arctique.

B. Lecture du texte :

Une lecture paragraphe par paragraphe peut être envisagée si tous les élèves lisent désormais
facilement, au moins mot à mot. Cela n'empêchera pas d'expliquer immédiatement le vocabulaire si
l'on sent que certains élèves en ont besoin.
On peut ainsi faire lire le texte entier de cette manière :
- l'élève 1 lit le premier paragraphe
- le vocabulaire et le sens sont expliqués et reformulés
- l'élève 2 relit le premier paragraphe et l'élève 3 enchaîne avec le deuxième
- le vocabulaire et le sens sont expliqués et reformulés
- les élèves 4, 5 et 6, relisent chacun leur tour les paragraphes déjà lus suivis du dernier déchiffré
par le dernier d'entre eux
- lorsque tous les paragraphes ont été lus et expliqués, cinq nouveaux élèves relisent le texte
entier

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire les lettres i.l et i.l.l. : le soleil – il avait travaillé – des millions
d'années – le krill

Si le niveau des élèves en déchiffrage le nécessite, on pourra établir deux listes au tableau et faire
lire aux élèves celle des mots dans lesquels les suites de lettres se lisent [j] et celle des mots où elles
se lisent [il].

B. Lexique :
Nous expliquons :
la ténacité : le caractère d'une personne tenace, d'une personne qui ne renonce pas
facilement à ses idées ou à son travail.

extrêmement colorés dans le ciel nocturne, le vert étant prédominant. Provoquées par l'interaction
entre les particules chargées du vent solaire et la haute atmosphère, les aurores se produisent
principalement dans les régions proches des pôles magnétiques, dans une zone annulaire justement
appelée « zone aurorale » (entre 65 et 75° de latitude). Les régions les plus concernées par ce
phénomène restent le Groenland, la Laponie, l'Alaska, l'Antarctique, le nord du Canada et l'Islande.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 131


le seigle, l'orge, le blé : trois plantes de la famille des céréales avec lesquelles on peut
faire de la farine pour faire du pain.
le krill : une crevette relativement petite qui vit dans les eaux froides.

Faire employer les mots tenace et ténacité dans plusieurs phrases qu'on composera avec les
élèves114.
Si l'on dispose de photographies d'épis et grains des céréales citées, de pain tranché laissant
apparaître la mie caractéristique à chacune d'elle et de krill (en précisant qu'il a été photographié
agrandi grâce à une loupe puissante), les élèves fixeront mieux le vocabulaire.

C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Comment fait le soleil pour nourrir les habitants de la Terre ?
- Où se passe cette histoire ? Comment le sait-on ?
- Pourquoi les enfants disent-ils que le soleil fait naître le vent ?

On ne demandera pas que les élèves fassent un cours sur la photosynthèse mais qu'ils sachent
que les plantes ont besoin à la fois de lumière et de chaleur pour pousser, qu'elles nourrissent les
hommes qui les cultivent ou les récoltent dans la nature et les animaux qu'ils élèvent ou chassent
eux-mêmes pour se nourrir.
Dans la deuxième question, si les élèves ne trouvent pas eux-mêmes, on les dirigera vers les
photographies qu'on a observées dans le livre afin qu'ils réactivent leurs connaissances toutes
fraîches dans le domaine. On sortira alors de nouveau le globe terrestre et on lira rapidement le nom
des pays dont une partie au moins est située à l'intérieur du cercle polaire arctique : Norvège, Suède,
Finlande, Russie, États-Unis (Alaska), Canada, Islande, Danemark (Groenland). Bien faire
comprendre que le pays n'est pas cité dans le conte et qu'il s'agit d'un de ceux-là, sans plus de
précision.
Enfin, la troisième question, difficile, peut ne pas avoir de réponse connue des enfants. Les aider
à « l'avouer » : entre sept et neuf ans, il est normal de ne pas tout savoir, l'école a justement été
inventée pour leur permettre de s'instruire, de se cultiver. Après quelques essais manqués, refuser
rapidement toute idée farfelue supplémentaire, née de leur imagination fertile en précisant que des
savants ont depuis longtemps trouvé ce qui cause le vent et affirmer que, dans la classe, une
personne sait leur expliquer le rôle que tient le soleil dans ce phénomène. Expliquer alors
brièvement que, sous l'effet de la chaleur du soleil, des masses d'air se déplacent allant d'une zone
chaude vers une zone plus froide et que ce phénomène est l'un de ceux qui créent les vents. Ne pas
aller plus loin et expliquer que les autres phénomènes créant des courants d'air seront étudiés en leur
temps au cours de leur scolarité.
114 L'idéal sera de penser à les employer soi-même à différentes occasions (EPS, travail écrit, réflexion mathématiques,
constructions plastiques) au cours des jours qui suivent cette lecture puis, de temps en temps, à partir de là.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 132


D. Exercices :

Nous associons chaque verbe à son contraire : refroidir – raccourcir –


envelopper – commencer – rajeunir
vieillir – déballer – réchauffer – finir - allonger

Nous trouvons dans la liste à quelle famille appartiennent ces êtres vivants : un
enfant – une crevette – un sapin – une baleine – une laitue
… et … sont des plantes. - … est un être humain. - … et … sont des animaux.

Deux exercices simples à mettre en œuvre, à l'oral comme à l'écrit.

E. Expression :
Nous imaginons et nous racontons à quoi rêvait le Soleil dans les bras de la
Nuit.

Selon le niveau de la classe, envisager un travail individuel en autonomie, avec correction


immédiate bien entendu, ou un exercice collectif au tableau.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 133


La naissance du Soleil (2)
1. Lecture :
• Texte : Suite de la première partie. On y retrouvera la personnalisation des phénomènes naturels,
la Nuit, l'Aurore qu'on a déjà rencontré dans l'Odyssée.
• Mots difficiles : indigo ; horizon.
• Connaissance du code ; décodage : le son eil.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Deux évocations des fêtes traditionnelles accompagnant l'arrivée de l'hiver dans la zone
tempérée de l'hémisphère nord : les bougies de Noël et de la Sainte Lucie. Dans le cadre d'un
enseignement respectant strictement la laïcité de l'école, on évoquera ces fêtes sous leur angle
historique uniquement. Le maître se gardera de tout prosélytisme quel qu'il soit et se contentera
d'expliquer que « certaines personnes pensent ou pensaient... » et que cette histoire fait partie de la
culture et de l'instruction qu'un enfant doit recevoir pour comprendre le monde où il vit.

B. Lecture du texte :

Si l'on opte pour la lecture paragraphe par paragraphe, ce sera le même enfant qui lira les
dialogues. Il convient donc d'encourager les élèves à moduler leur intonation pour que les auditeurs
comprennent qu'ils ne font plus parler le même personnage que précédemment.
Pour le reste de l'organisation, procéder comme la veille.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire le son eil : éveillés – le soleil – elle veillera – ils réveillèrent
-il s'éveille

Les élèves savent maintenant généralement lire, surtout s'ils peuvent s'aider du contexte. En leur
faisant épeler les mots lus, ils commenceront à pouvoir en fixer l'orthographe ce qui les aidera à
écrire mais aussi à lire plus rapidement et plus intelligemment.

B. Lexique :
Nous expliquons :
indigo : couleur bleu foncé.
l'horizon : une ligne qui semble séparer le ciel de la terre ou de la mer, à la limite de la
vue.

Pour le mot indigo, faire référence à l'arc-en-ciel. Pour le mot horizon, rappeler la photographie

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 134


illustrant la première partie du texte.
L'usage de photographies rendra les explications plus parlantes pour les élèves.

C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Les bougies allumées par les enfants ont-elles réellement fait renaître le Soleil ? Alors,
comment les adultes ont-ils su la date à laquelle le soleil allait reparaître ?
- Que va-t-il se passer, désormais, jour après jour ? Jusqu'à quand ?

La première question pourra donner lieu à débat entre les enfants, d'autant que ceux-ci se situent
tous plus ou moins dans la tranche d'âge où l'on passe, progressivement, du merveilleux au principe
de réalité. On amènera les élèves à concevoir que les adultes ont utilisé un calendrier qui, grâce à
des constats faits depuis bien longtemps, donne la date du solstice d'hiver et calcule grâce à cela les
dates entre lesquelles la nuit polaire s'installera selon la latitude où l'on se situe. On sera ainsi
comme lors de la lecture du premier texte dans la construction par les élèves d'une estime de soi
justifiée, basée sur des connaissances réelles et éprouvées, au cœur du programme d'EMC115.

D. Exercices :

Nous cherchons dans le texte tous les mots de la famille de veille et nous les
employons dans des phrases.

Nous trouvons parmi les mots suivants ceux qui appartiennent aussi à la famille du mot
veille et nous expliquons pourquoi.
un réveil – surveiller – endormir – une veilleuse – une vieille

Deux exercices qui se suivent et nécessitent un travail collectif.

E. Expression :
Nous racontons le coucher du soleil, chaque soir.

Dans certaines classes de milieu très urbanisés, certains élèves n'ont peut-être jamais vu le soleil
se coucher. Dans ce cas, il conviendra de leur faire visionner une vidéo avant de programmer une
rédaction collective au tableau.

Dans les autres classes, selon les classes, partir des souvenirs des élèves, en collectif ou en
individuel.

115 Citations : Il n'existe pas de culture morale et civique sans les connaissances qui instruisent. Développer les
dispositions morales et civiques, c'est développer une disposition à raisonner. Apprendre à s'affirmer dans un débat sans
imposer son point de vue aux autres.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 135


Sciences : La bougie

1. Lecture :
• Texte : Le texte de cette leçon est clairement documentaire, extrait et adapté d'un livre intitulé
Sciences d'observation – Cours élémentaire, édité en France pour l'Institut Pédagogique Africain et
Malgache, en 1964. Il pourra être utilisé pendant le temps réservé au domaine Questionner le
monde, en deux ou trois séances (manipulations et expérimentations puis lecture du texte regroupant
les informations découvertes lors de la phase préalable).
• Mots difficiles : les mots difficiles sont expliqués au cours de la leçon, par l'observation et la
description des illustrations et du matériau lui-même.
• Connaissance du code ; décodage : pas de travail sur le code.

Déroulement :

A. Observation rapide de l'illustration :

Laisser d'abord les élèves décrire les illustrations, donner le matériel demandé lorsque cela est
possible116. Puis faire lire les questions une à une, pratiquer les expérimentations demandées et
laisser répondre les élèves.

B. Lecture du texte :

Le texte de la page de droite sera lu paragraphe par paragraphe et commenté comme d'habitude.

2. Analyse et synthèse :
A. Expression :
Nous dessinons une bougie enflammée et nous expliquons notre dessin.
L'exercice est simple, il pourra, la plupart du temps, être réalisé en autonomie. Veiller à la
correction syntaxique et orthographique des phrases recopiées.

116 On peut aussi rassembler tous les élèves autour d'une table d'expérimentation et travailler tous ensemble en prenant
les élèves un à un comme lecteurs ou expérimentateurs.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 136


Géographie : Nomades du Grand Nord

1. Lecture :
• Texte : Un texte documentaire simple racontant la vie d'un enfant sami, quelque part au nord de la
Norvège, de la Suède, de la Finlande ou de la Russie. Inspiré de l'album de D. Darbois Aslak, le
petit Lapon, édité chez F. Nathan en 1965, il a été corrigé pour s'adapter à la réalité contemporaine.
Nous avons néanmoins gardé l'élevage du renne, encore présent même si de nombreux Sami n'en
vivent plus, et évoqué le nomadisme de ce peuple qui perdure encore en partie.
On aura tout avantage à afficher le planisphère au tableau avant la lecture du premier paragraphe
et à présenter la Laponie aux élèves en citant le nom des pays concernés afin que la lecture soit
facilitée et allégée des explications nécessaires.
• Mots difficiles : à adapter selon l'étendue du vocabulaire des élèves de la classe. Quelques
photographies pourront illustrer certains mots sans doute inconnus des élèves (lichen, bouleaux
nains)
• Connaissance du code ; décodage : pas de travail sur le code. Le mot lichen sera lu par
l'enseignant en première lecture.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Procéder comme d'habitude. La partie du globe présentée sur la carte géographique sera située
sur le planisphère et sur le globe terrestre de la classe. Même si l'on ne peut demander à des élèves
de CE1 de comprendre la notion d'échelle de carte, on peut commencer à leur présenter plusieurs
cartes ou portions de cartes représentant le même espace et les laisser ainsi découvrir intuitivement
cette notion.

B. Lecture du texte :

Les élèves peuvent désormais lire un paragraphe chacun. Lorsque celui-ci est long, l'enseignant
peut le scinder en deux. Le vocabulaire sera expliqué au fur et à mesure, selon les besoins des
élèves.

2. Analyse et synthèse :
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Combien de ramifications ont les bois du plus vieux renne d'Aslak ?
- Nous comparons notre vie et celle d'Aslak : qu'est-ce qui est semblable ? qu'est-ce qui
est différent ?

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 137


La première question fait appel à la logique des élèves. Au besoin, si personne ne trouve, faire
relire les paragraphes 4 et 6.

La deuxième question est très ouverte. Penser à faire parler tout le monde, solliciter les élèves
les moins bavards et apprendre à ceux qui sont intarissables à laisser de la place à leurs
camarades.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 138


Histoire : Les Vikings

1. Lecture :
• Texte : Ce texte ne raconte pas l'histoire des voyages et conquêtes territoriales de ce peuple du
VIIIe au XIe siècles mais sa vie quotidienne, en Scandinavie. Il est tiré d'un livre 117 de la collection
Quelle Histoire !, éditée par Casterman. Il sera sans doute plus facile à apprécier pour les élèves si
l'enseignant leur propose régulièrement une première initiation à l'histoire chronologique en plus du
programme de compréhension du temps qui passe des programmes scolaires de CE1.
Si ce n'est pas le cas, il pourra profiter de l'occasion pour présenter aux élèves une grande
illustration représentant le débarquement d'un drakkar et leur raconter brièvement l'histoire de ces
guerriers, explorateurs et commerçants qui, grâce à leur flotte et à leurs qualités de navigateurs, ont
exploré l'Atlantique nord jusqu'en Amérique, ont établi un commerce important sur la mer Baltique
et sur la mer du Nord et ont mené des raids de pillages et de conquêtes dans toute l'Europe.
On aura tout avantage à afficher le planisphère au tableau avant la lecture du premier paragraphe
et à présenter la Scandinavie aux élèves en citant le nom des pays concernés afin que la lecture soit
facilitée et allégée des explications nécessaires.
• Mots difficiles : à adapter selon l'étendue du vocabulaire des élèves de la classe. Quelques
photographies pourront illustrer certains mots sans doute inconnus des élèves (fjord, orge, seigle,
blé, saumons, harengs, perdrix).
• Connaissance du code ; décodage : pas de travail sur le code. Le mot fjord sera lu par
l'enseignant en première lecture.

Déroulement :

A. Observation des illustrations et lecture des textes :

Chaque illustration sera commentée par les élèves avant la lecture du texte qui y est associé puis
commentée à nouveau à la lumière de ce que les élèves auront lu. L'enseignant provoquera la
réflexion des élèves en les aidant à s'intéresser à l'implicite de chaque petit texte.

Un village scandinave, au VIIIe siècle :


- On parle d'hommes et de femmes libres mais aussi d'esclaves. Qu'est-ce qu'un esclave, d'où peut-
il venir ?
- On parle de dieu de la chasse. Est-il le seul dieu auquel croit ce peuple ? Quels peuvent être les
autres dieux ? Comment les Vikings honorent-ils leurs dieux lorsqu'ils ont été généreux ? Expliquer
sacrifice et favorable.
117 Les Vikings, texte de René Ponthus, illustrations de Jean-Marie Michaud.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 139


Des maisons enterrées :
- Le premier texte (un village scandinave au VIIIe siècle) se trouve-t-il au Groenland ou en
Islande ? Comment le sait-on ?

- Comment les Vikings se protègent-ils du froid ? Comment économisent-ils le bois ?

- Pourquoi le bois est-il si rare au Groenland et en Islande ?


De longs hivers
- Pourquoi les activités se déroulent-elles à l'intérieur pendant les longs mois d'hiver ?

- La maison est commune ; expliquer, commenter.

- On n'explique pas les occupations des enfants. Quelles pouvaient-elles être ?

Fileuses et tisserandes

- Où doivent-être les moutons pendant l'hiver ? De quoi doit-on les nourrir ? Quelle occupation
d'été ne nous a-t-on pas citée dans le premier texte ?

- À quoi doit servir ce tissu fabriqué par les tisserandes ?

Le sculpteur sur os

- Parmi les objets fabriqués par le sculpteur, plusieurs nous indiquent des occupations qui n'ont
pas été citées dans le textes De longs hivers, lesquels et quelles occupations permettaient-ils ?

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 140


Mon chien

1. Lecture :
• Texte : Texte simple destiné à lancer le thème du module, consacré aux animaux familiers. Rien
de difficile.
• Mots difficiles : interstice ; clos/close ; verso ; s'enhardir ; halage.
• Connaissance du code ; décodage : les sons [ɛ̃] et [œ̃].

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Décrire le chien. Parler des autres animaux familiers.

B. Lecture du texte :

Lecture paragraphe par paragraphe. Lorsque le paragraphe est long, le partager entre deux ou
trois lecteurs. Faire reformuler l'histoire et expliquer le vocabulaire après chaque lecteur. Effectuer
une relecture de chaque paragraphe en entier par un lecteur supplémentaire. Lorsque tout le texte a
été lu, faire effectuer une dernière relecture par cinq à sept élèves (selon l'effectif de la classe).

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous cherchons ensemble les mots dans lesquels nous entendons le son
« in » ou « un » et nous les trions par graphies : in, ain, ien, un.
Exercice inverse de ceux effectués jusqu'alors. La lecture oralisée et l'orthographe se rejoignent :
pour certains élèves, c'est en voyant les mots écrits qu'ils sauront les orthographier, pour d'autres,
c'est en les épelant. Ne pas transformer la séance de lecture en séance de mémorisation des mots
mais en profiter pour apprendre aux élèves à focaliser leur attention sur un point précis.
B. Lexique :
Nous expliquons :
un interstice : un petit espace vide entre les parties d'un tout.
clos/close : fermé/fermée.
le verso : le revers d'une feuille. C'est le contraire du recto.
s'enhardir: devenir hardi, courageux.
le chemin de halage : chemin situé sur les rebords d'une rivière. Il sert de passage aux
hommes et aux animaux. Autrefois, il servait au passage de ceux d'entre eux qui
tractaient les péniches.
Procéder comme d'habitude. Demander aux élèves de chercher des interstices dans la classe, de
maintenir leur bouche, leur trousse, leur cartable clos, de montrer le verso de la page de lecture, le
verso du livre. Montrer la photographie d'un chemin de halage.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 141


C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- À quoi voit-on que Maximilien est ému ? Qu'est-ce qui l'enhardit ?
- Est-ce un gros chien ? Comment s'appelle-t-il ?
- Quelles sont les caractéristiques qui différencient Mimi et Pinpin ?

Questions simples. Procéder comme d'habitude.


D. Exercices :

Nous retrouvons l'habitat de chaque animal : le chenil ; la basse-cour ; la cage ;


le clapier ; le pigeonnier ; l'écurie ; la ruche.
Le chien vit dans … . - L'abeille … . - Le cochon d'Inde … . - L'âne … . - Le pigeon … . -
Les volailles vivent … . - Le lapin … .

Cet exercice est un exercice d'apprentissage et non d'évaluation ; si les élèves ne connaissent pas
ces mots, ils ne peuvent pas les inventer. Notre rôle est alors de les aider : quelques photographies
des différents abris et éventuellement des animaux cités permettront aux élèves de visualiser ce
qu'ils sont en train d'apprendre.
Nous mettons les mots suivants au féminin et nous les épelons :
un chien, une … - le mien, la … - le tien, la … - le sien, la … - le gardien, la …

Exercice d'orthographe visant à mémoriser des graphies peu courantes de la langue française. S'il
est effectué à l'oral, faire épeler les mots et les écrire au tableau.

E. Expression :
Nous choisissons un animal et nous le décrivons.

À pratiquer en autonomie ou en groupe-classe, au tableau.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 142


Sans Famille
1. Chiens de cirque

1. Lecture :
• Texte : Au cours de ce module, les élèves vont lire plusieurs extraits 118 de Sans famille, un roman
français d’Hector Malot119, paru en 1878 chez Eugène Dentu à Paris dont l'histoire se situe au

XIXe siècle. Un enfant abandonné, Rémi, est vendu par ses parents adoptifs à un saltimbanque.
Parcourant les routes françaises et anglaises, l'enfant exerce différents métiers avant de découvrir le
secret de ses origines. L'œuvre a été de nombreuses fois adaptée au cinéma et à la télévision et il est
possible que certains enfants connaissent l'une ou l'autre de ces versions.
L'extrait proposé se situe au début de l'ouvrage lorsque, après son retour de Paris où il avait
trouvé Rémi huit ans plus tôt, le maçon Barberin, handicapé, trouve que l'enfant coûte trop cher à
nourrir et décide de le placer.
Les enfants seront sans doute révoltés par l'attitude du père adoptif, il convient de les rassurer en
situant l'extrait dans le contexte de l'époque120.
• Mots difficiles : signor, saltimbanque, stupéfaction.
• Connaissance du code ; décodage : les sons [ɛ̃] et [œ̃].

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

La première est l'affiche du film le plus récent (2000). Lorsqu'on lira l'extrait suivant, on pourra
faire remarquer aux enfants que le réalisateur a pris des libertés avec le roman puisque le caniche
Capi est devenu dans le film un énorme patou, sans doute bien incapable de réaliser les tours décrits
par Hector Malot dans son roman.

La deuxième, un tableau de Zacharie Noterman121, semble avoir été créée pour illustrer ce
chapitre du roman d'Hector Malot.
118 Ici, le chapitre III du tome 1 : La troupe du Signor Vitalis.
119 Hector-Henri Malot dit Hector Malot, né le 20 mai 1830 à La Bouille, non loin de Rouen, et décédé le 18 juillet
1907 à Fontenay-sous-Bois, est un romancier français. Hector Malot est à la tête d'une œuvre importante : une
soixantaine de romans. Les plus connus aujourd'hui sont ses romans pour enfants : Romain Kalbris, Sans famille, En
famille. Un autre roman pour enfants est paru à titre posthume, intitulé Le Mousse. Le reste de son œuvre est composée
de romans pour les adultes. S'ils sont oubliés aujourd'hui, ils connurent de son vivant et jusque dans les années 1930, un
succès certain.
120 XIXe siècle, pas d'allocations familiales, pas d'aides sociales en cas d'accident, l'école n'est pas encore obligatoire
et tous les enfants pauvres, même élevés par leurs parents, commencent à aider leur famille en travaillant vers l'âge de
huit ans.
121 Zacharie Noterman, 1808 – 1863, était un peintre animalier belge, spécialisé dans les scènes faisant intervenir des
singes et autres animaux dans des occupations humaines.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 143


B. Lecture du texte :

Faire lire un paragraphe par élève, le faire expliquer et commenter, puis faire relire chacune des
cinq parties (en comptant l'introduction) par cinq à dix élèves différents selon l'effectif de la classe.
On peut aussi choisir de procéder à deux relectures successives de manière à ce que chaque élève ait
lu une dizaine de lignes consécutives.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous cherchons ensemble les mots dans lesquels nous entendons le son
« in » ou « un » et nous les trions par graphies : in, ain, ien, un.
Même travail que la veille.
B. Lexique :
Nous expliquons :
signor : mot italien qui signifie « monsieur ».
un saltimbanque : artiste spécialiste des spectacles de rue.
la stupéfaction : un très grand étonnement.
Travailler comme d'habitude. On pourra prendre un petit moment pour apprendre à dire
« monsieur » dans quelques langues connues des élèves, mimer la stupéfaction, trouver quelques
événements qui étonnent et d'autres qui stupéfient pour bien marquer la différence entre les deux.
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Que peut-on penser de ce qui arrive à Rémi ?

- Les animaux du signor Vitalis ont-ils l'air bien traités ? À quoi le voit-on ?

La première question sera l'occasion d'un dialogue autour de l'enfance, autrefois et aujourd'hui,
ici et ailleurs. Nous recoupons une fois encore le programme d'EMC 122. Certains élèves pourront à
cette occasion évoquer le « travail » scolaire. Leur faire alors prendre conscience du fait que le
travail qu'ils fournissent n'est pas rémunéré, qu'il ne contribue pas à la richesse immédiate de la
société et qu'il ne s'agit donc pas réellement d'un travail ou d'un métier mais d'un soin que la société
leur procure afin de leur permettre d'étudier et de s'instruire.
Laisser les élèves dialoguer et trouver eux-mêmes les signes d'une bienveillance du maître envers
ses animaux. Le débat naîtra peut-être entre pro-dressage et anti-dressage. Encore une fois, c'est de
la culture littéraire que naîtra l'éducation à la sensibilité réclamée par le programme d'EMC. On
veillera juste à rester dans le sujet et à ne pas tourner en rond trop longtemps en assurant aux élèves
que tous leurs arguments ont été entendus et qu'il convient de laisser tout cela reposer afin que
chacun puisse réfléchir en paix à leur pertinence et faire ses choix.

122 Les droits et les devoirs de l'enfant, la Convention internationale des droits de l'enfant. Savoirs littéraires et
historiques nécessaires à l'appropriation de connaissances qui instruisent et éclairent les choix et l'engagement éthiques
et civiques des personnes.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 144


D. Exercices :

Nous retrouvons le nom des artistes : le jongleur ; l'acrobate ; l'écuyère ; le


dompteur ; le clown ; la funambule.

Elle fait son numéro à cheval, c'est … . - Il dresse des fauves, c'est … . - Il lance et
rattrape divers objets, c'est … . - Il amuse les enfants, c'est … . - Il exécute des figures
d'adresse et d'équilibre, c'est … . - Elle marche sur un câble tendu entre deux poteaux,
c'est … .

Cet exercice est un exercice d'apprentissage et non d'évaluation ; si les élèves ne connaissent pas
ces mots, ils ne peuvent pas les inventer. Notre rôle est alors de les aider : quelques photographies
des différents artistes de cirque cités permettront aux élèves de visualiser ce qu'ils sont en train
d'apprendre.
Nous construisons des noms à partir des adjectifs qualificatifs suivants :
poli, la … - sage, la … - jeune, la … - rude, la … - triste, la … - vieux, la … - délicat, la … -
juste, la … - fin, la … - noble, la … .

Entre vocabulaire et orthographe, cet exercice aide les élèves à s'y retrouver dans la jungle de la
dérivation. En ne proposant qu'une terminaison possible, l'enseignant structure le savoir et en
permet la mémorisation.

E. Expression :
Nous imaginons un tour de Joli-Cœur nous le décrivons.

Travail individuel selon le protocole habituel ou collectif, au tableau.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 145


Sans Famille
2. Trois chiens savants

1. Lecture :
• Texte : Suite du texte précédent. Attention à la prononciation de Dolce (Doltché, avec
accentuation sur la première syllabe). Seule la fin du texte est difficile et nécessitera qu'on s'y arrête
pour que chacun comprenne ce que sera le rôle de Rémi dans cette troupe.
• Mots difficiles : signora ; transmettre ; galant.
• Connaissance du code ; décodage : Mots d'origine italienne à prononcer correctement. Si l'on
peut, rouler les r et accentuer convenablement ces mots. On peut s'aider d'un dictionnaire en ligne
qui donnera la prononciation correcte de chacun de ces mots123

Déroulement :

A. Observation de l'illustration :

Laisser les élèves décrire cette ancienne affiche de cirque. Après lecture de l'extrait, on pourra
jouer au « jeu des erreurs » et chercher les différences entre la scène décrite et celle que l'on a sous
les yeux.

B. Lecture du texte :

Aider les élèves pour la prononciation des mots d'origine italienne. Procéder comme d'habitude.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous cherchons ensemble les mots italiens du texte et nous apprenons à les
prononcer.
S'aider éventuellement d'une application numérique qui prononce les mots. On peut profiter de
l'occasion pour demander aux élèves s'ils connaissent d'autres mots étrangers qu'on utilise
couramment en français.
B. Lexique :
Nous expliquons :
signora : mot italien qui signifie « madame ».
transmettre : faire passer quelque chose de quelqu'un à quelqu'un d'autre.
galant : empressé et poli auprès des dames.
Procéder comme d'habitude. Faire chercher la manière de dire « madame » dans d'autres langues
connues des élèves, d'autres dérivés du verbe mettre et rappeler aux élèves qui ont appris à lire dans

123 Et nous apprendra que, contrairement à ce que nous dit Hector Malot, « zerbino » ne signifie pas « galant » mais
« paillasson » !

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 146


Écrire et Lire au CP que, dans la Chèvre de Monsieur Seguin, Alphonse Daudet évoque la galanterie
des chamois qui laissèrent à la petite chèvre la plus belle place à la lambrusque !
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Relisons les mots italiens et traduisons-les. Pourquoi le signor Vitalis a-t-il donné les
noms de Capitano, Zerbino et Dolce à ses chiens ?
- Quel rôle va jouer Rémi dans la troupe ? Pourquoi Vitalis veut-il lui donner ce rôle
- Grâce à cela, expliquons maintenant : « Mais l'intelligence ne s'apprécie à toute sa
valeur que par comparaison ».

Pour la première question, nous ferons abstraction de ce que nous avons appris grâce aux
dictionnaires en ligne et continueront à dire, avec Vitalis et Hector Malot, que Zerbino est Le
galant, même si on rétablit la vérité auprès des élèves.
En commençant par la fin et en demandant d'abord de comprendre quel sera le rôle de Rémi dans
la troupe, la proposition citée dans la troisième question sera plus simple à expliquer ensuite. Il
faudra peut-être néanmoins faire relire à un ou plusieurs élèves les trois propositions de la dernière
phrase du texte pour que tous comprennent au moins le rôle attribué à Rémi : celui de faire-valoir de
l'intelligence des animaux.
Si les élèves peinent trop à exprimer ce qu'ils comprennent de la proposition « Mais l'intelligence
ne s'apprécie à toute sa valeur que par comparaison », l'enseignant l'illustrera de plusieurs exemples
tirés des lectures précédentes ou de la vie courante des enfants.
D. Exercices :

Nous utilisons des mots d'origine étrangère pour compléter les phrases : pizza,
soda, football, opéra, hamburger, week-end, baby-sitter, spaghetti, paella, fast-food,
match.
Mes parents vont à l'… ce soir alors ils me font garder par une … . - Je suis ravi car je
mangerai un repas italien : … et … !
Ce …, nous irons voir un … de … au Stade de France, puis nous irons au … et nous
commanderons un … avec des frites et du ... en boisson !
Cet exercice est un exercice d'apprentissage et non d'évaluation ; si les élèves ne connaissent pas
ces mots, ils ne peuvent pas les inventer. Notre rôle est alors de les aider : quelques photographies
des lieux, plats et personnes cités permettront aux élèves de visualiser ce qu'ils sont en train
d'apprendre.
Nous définissons des verbes de la famille du verbe mettre : remettre, démettre,
transmettre, permettre.
Autoriser, c'est … . - Faire passer, c'est … . - Donner en mains propres, c'est … . -
Déboîter, c'est … .
Ici, en revanche, c'est par déduction que les élèves devront travailler, en faisant appel à leur
logique et à leur connaissance intuitive des préfixes qu'ils utilisent sans même s'en rendre compte en
employant d'autre verbes très connus. On pourra faire employer les verbes dans des phrases pour en

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 147


assurer un début de mémorisation.

E. Expression :
Nous imaginons une bêtise que fera Rémi et nous la racontons.

Le sujet est difficile car il faut que la « bêtise » serve de faire-valoir aux animaux. Mieux vaut
faire travailler le groupe-classe au tableau, avec l'aide de l'enseignant, que valider tout et n'importe
quoi parce qu'individuellement, les élèves ne sont pas arrivés à répondre à la consigne.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 148


Sans Famille
3. Que va devenir Rémi ?

1. Lecture :
• Texte : Suite des textes précédents. L'orientation de Rémi pourra réactiver les réflexions des
élèves suite à la lecture de l'introduction : est-il « normal » de faire travailler un enfant de huit ans ?
Son « père » a-t-il le droit de le céder ainsi à quelqu'un ? Pourquoi Rémi n'a-t-il pas son mot à dire ?
Il conviendra d'y répondre en situant l'extrait dans son contexte de l'époque et commencer ainsi à
apprendre aux élèves à se détacher des réactions épidermiques pour se pencher sur des
informations, des vestiges, des sources qui nourriront la compréhension et la rendront plus
profonde.
Ce comportement de l'enseignant aidera les élèves à sortir de ces réflexes primaires et dégagera
du temps pour les aiguiller dans la compréhension de la phrase difficile 124 que tous ne pourront
expliquer seuls mais qui prendra du sens lorsque, régulés par l'enseignant, ils en débattront.
• Mots difficiles : interrompre ; hospice ; compréhension ; exécution ; assurément ; troublé.
• Connaissance du code ; décodage : Mots difficiles à déchiffrer car associant des graphies rares et
un sens méconnu des élèves.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Cette gravure d'Ivan Loewitz125 est tirée de l'édition Ernest Flammarion du roman, datant de
1918. L'enseignant le signalera aux élèves et expliquera brièvement la technique de la gravure : c'est
une technique artistique qui utilisent le creusement pour produire une image ou un texte. Le
principe consiste à creuser à l'aide d'un outil une plaque, le plus souvent en cuivre. Après encrage,
celle-ci est imprimée sur du papier ou sur un autre support. L'œuvre finale ainsi obtenue s'appelle
une estampe.
L'observation de cette gravure et sa description par les élèves les aidera à prendre des repères
dans l'époque que ce roman décrit.

B. Lecture du texte :

Contrairement aux deux extraits précédents, ce texte est difficile pour des élèves de huit à neuf
ans. Il conviendra donc de revenir à la lecture phrase par phrase, particulièrement pour la longue

124 « Mais de la compréhension à l’exécution, il y avait une terrible distance à franchir. »


125 Léon Jean-Baptiste Alexandre Blanchot (dit Ivan Loewitz), né le 25 novembre 1868 à Bordeaux et mort le 27
juin 1947 à Paris, est un sculpteur et un illustrateur français.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 149


réplique de Vitalis, dans la partie 1. Ne pas hésiter à tout expliquer, proposition par proposition, car
les phrases sont très longues, et tout reformuler soi-même très brièvement si les enfants ne
comprennent pas.
Ainsi, dès les premiers mots126, il est nécessaire de comprendre que Vitalis répond à Barberin et
qu'il s'oppose à lui en considérant d'une part qu'on ne peut jouer le rôle d'un idiot que si l'on est soi-
même intelligent et d'autre part que Rémi en est capable. Il continue en expliquant quelles sont les
trois choix possibles pour l'avenir de Rémi, choix qu'il développe un à un en donnant l'avantage au
premier, celui où Rémi lui est confié. Si les élèves n'ont pas compris cela, ils n'entreront pas dans
l'histoire et ne tireront pas profit de sa lecture.
De même, dans la partie 2., la proposition expliquant que, même s'il a compris, Rémi a de la
peine à se faire à l'idée d'une séparation brutale doit être comprise, au moins intuitivement, par tous
les élèves. Ils sauront sans doute trouver des anecdotes personnelles 127 où la compréhension n'aide
pourtant pas à l'exécution ; si des situations douloureuses vous sont connues, évitez de les exposer
en public et découragez discrètement les élèves « faussement bienveillants » d'évoquer le cas de
leur camarade devant tout le monde. Si les élèves concernés en parlent spontanément, laissez les
s'exprimer très brièvement mais recentrez l'intérêt général sur Rémi ; ceci leur permettra d'intégrer
leur cas personnel à la longue liste des difficultés qu'un être humain peut subir et ainsi de se sentir
moins étranger et exclus. Vous pourrez les réconforter en leur racontant comment Rémi arrive peu à
peu à surmonter toutes ces difficultés, à trouver une famille, un métier et un avenir, allant même
jusqu'à retrouver sa « maman Barberin », la remercier de tout ce qu'elle a fait pour lui et lui offrir
amour filial et aisance matérielle.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire des mots difficiles : il interrompit – intelligent – un pays – des
bœufs – il l'emmènera – la compréhension – l'exécution – assurément.
Souvent, lorsqu'un élève de CE1 n'arrive pas à déchiffrer un mot, c'est parce qu'aux graphies
rares qu'il contient s'ajoute un manque de vocabulaire. Il est toujours plus facile de déchiffrer un
mot familier à l'oral qu'une suite de lettres dont on ne comprend pas le sens.
Ici, on aidera tout autant les élèves à « jongler avec les syllabes » qu'à s'appuyer sur des mots de
la même famille et des préfixes ou suffixes connus, au moins intuitivement, pour en éclairer le sens.
Il est donc impératif de faire suivre le déchiffrage d'explications portant sur la signification du mot,
ainsi qu'éventuellement sur sa construction.

126 « Il faut avoir de l'esprit, continua Vitalis, et je crois que ce garçon n’en manquera pas quand il aura pris quelques
leçons. »
127 Changement d'école, déménagement d'un ami ou personnel, perte d'un doudou, parfois même perte d'un proche ou
changement brutal de vie…

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 150


B. Lexique :
Nous expliquons :
interrompre : arrêter quelqu'un de continuer ce qu'il fait.
l'hospice : maison où on recueillait les enfants perdus, orphelins ou abandonnés par leur
famille.
la compréhension : l'action de comprendre.
l'exécution : l'action d'exécuter.
assurément :certainement, sûrement.
troublé : triste, angoissé.
Procéder comme d'habitude. La plupart de ces mots en sont à leur troisième définition, ce qui est
normal si nous cherchons à les faire connaître durablement, sans apprentissage par cœur de listes de
définitions. Il ne faudra pas hésiter à les réemployer encore très souvent si nous voulons qu'ils
entrent dans le vocabulaire actif de nos élèves.
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Que fera Rémi avec le signor Vitalis ?
- Quel autre métier pourrait-il exercer s'il n'allait pas avec Vitalis ?
- Que pourrait-il lui arriver d'autre qui lui fait très peur ?
- Et Rémi, lui, que souhaiterait-il le plus au monde ? Est-ce que cela sera possible ?
- Grâce à cela, expliquons maintenant : « mais de la compréhension à l’exécution, il y
avait une terrible distance à franchir ».

Le plaidoyer en sa faveur du Signor Vitalis est à nouveau décortiqué ici. Laisser les élèves
répondre un à un, ne pas oublier de solliciter ceux qui ne cherchent pas à intervenir spontanément,
faire relire la partie 1. à voix haute jusqu'à ce qu'ils trouvent la réponse à la question posée s'ils
butent encore sur la compréhension.
La dernière question sera accompagnée d'exemples tirés du quotidien des élèves (voir note 127)
et des contes, récits lus précédemment128.
D. Exercices :

Nous construisons des noms à partir des verbes :

comprendre, la … - exécuter, l'… - interrompre, l'… - punir, la … - créer, la … -


soustraire, la … - multiplier, la … - réclamer, la … - transformer, la … .

Entre vocabulaire et orthographe, cet exercice aide les élèves à s'y retrouver dans la jungle de la
dérivation. En ne proposant qu'une terminaison possible, l'enseignant structure le savoir et en
permet la mémorisation. Aider les élèves pour la fabrication du mot « interruption »129 et, si on fait
épeler les mots, pour le choix entre « ssion » et « tion » . Faire ensuite définir chacun de ces mots :
« …, c'est l'action de … . » puis les faire employer à l'oral dans une phrase.
Nous employons des mots de la famille du mot hospice : hôpital, hospitalité,
hôtel, hôte.

128 Par exemple, La Chèvre de Monsieur Seguin qui, elle, bien qu'ayant très bien compris, refuse de s'exécuter,
trouvant la distance à franchir trop grande.
129 L'occasion était trop belle d'employer une fois de plus le verbe interrompre, nous ne pouvions pas la manquer.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 151


Un lieu où on reçoit des voyageurs, c'est un … . - Un lieu où on reçoit des personnes
qui ont besoin de soins médicaux, c'est un … . - Une personne qui vous reçoit chez lui,
c'est un … . - L'action de recevoir quelqu'un chez soi, c'est l'… .

Ici, on fera appel à la logique autant qu'aux connaissances en vocabulaire.

E. Expression :
Nous imaginons ce que pourrait dire Mère Barberin si elle était là, et nous
l'écrivons.

Selon le niveau des élèves, l'écriture sera collective au tableau ou individuelle, avec correction
orthographique et syntaxique immédiate. Comme pour la rédaction précédente, il vaut mieux
un travail collectif cohérent qu'un travail individuel totalement hors-sujet qu'on validera
quand même.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 152


Sans Famille
4. Vendu

1. Lecture :
• Texte : Fin du chapitre La Troupe du Signor Vitalis. En fin de lecture, il conviendra d'expliquer
aux élèves que Vitalis a bel et bien acheté Rémi et que Barberin va envoyer sa femme faire des
commissions loin de chez elle afin qu'elle ne voie pas Rémi partir. Il faut aussi rassurer les enfants
et leur expliquer que, grâce à Vitalis, Rémi apprendra à lire et à jouer de la musique, que ses
voyages l'amèneront à retrouver sa famille et qu'il deviendra un homme riche et heureux.
• Mots difficiles : fripon, friponnerie ; fidèle ; le sort ; l'angoisse.
• Connaissance du code ; décodage : la graphie er.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Nouvelle gravure d'Ivan Loewitz est tirée de l'édition Ernest Flammarion du roman, datant de
1918. En plus de réactiver immédiatement les connaissances sur la technique de la gravure, cette
illustration permettra à l'enseignant de parler du destin de Rémi qui reste incertain à la fin de ce
chapitre. Les enfants sensibles sont certainement mal à l'aise face au destin de ce petit garçon
auquel ils s'identifient ; il convient de les rassurer et de leur donner de l'espoir. On montrera que
Vitalis est un brave homme qui ne fait pas usage de sa force pour dresser ses animaux et on
confortera les enfants dans l'idée qu'il sera aussi bon et attentif au bien-être de Rémi.

B. Lecture du texte :

L'épisode de la friponnerie de Joli-Cœur est simple à lire, il détend l'atmosphère entre les deux
moments de débat autour du destin de Rémi. On pourra le faire lire paragraphe par paragraphe et
pourquoi pas, le donner à jouer à quatre élèves qui tiendront chacun le rôle d'un des protagonistes
de l'histoire.
La suite n'est pas difficile non plus, il conviendra cependant de bien éclaircir les raisons pour
lesquelles Vitalis tient à ce que l'enfant sorte dans la cour. Le débat devra être ouvert de façon à ce
que les élèves expriment plusieurs hypothèses de la plus terre à terre à la plus fine
psychologiquement. L'enseignant n'interviendra que pour maintenir les règles maintenant bien
connues de tous au sujet de la prise de parole et du respect du thème.
Au cours de la lecture et des reformulations et explications, il s'emploiera à rassurer les élèves
que la situation de Rémi émeut, calmera ceux qui montrent leur angoisse en ricanant ou en

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 153


surjouant leur insensibilité, rappellera à tous que le roman a une fin heureuse130.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire la suite de lettres e.r. : vers moi - le verre – vider – une
friponnerie – un serviteur – empêcher – Zerbino – je serre – fier – il l'interrompit –
s'ennuyer – s'amuser – Barberin – une pierre – grelotter – chercher – je quitterais –
interroger – arriver – tu payeras
Trois sons différents pour la seule graphie e.r, cela fait parfois encore beaucoup pour certains
élèves de CE1. On fera lire chaque mot ou expression par un élève différent qui finira sa lecture par
l'une des phrases suivantes : « Les lettres E.R. se prononcent [əʀ]… [ɛʀ]… [e]. »
Si on a du temps, on pourra classer les mots dans un tableau et remarquer que le son [e] est
toujours situé en fin de mot, qu'on prononce [əʀ] quand la lettre R est suivie d'une voyelle et donc,
qu'on prononce [ɛʀ] quand c'est une consonne qui suit la lettre R.
B. Lexique :
Nous expliquons :
friponnerie : action d'être fripon.
fidèle : dévoué, qui garde son amitié pour quelqu'un.
fripon : filou, coquin, malhonnête.
mon sort : mon avenir, mon destin.
angoisse : inquiétude très profonde, peur intense.
Le mot friponnerie est expliqué… comme dans un dictionnaire. Cela permettra à l'enseignant,
en plus d'habituer les élèves à reconnaître et comprendre des mots grâce à leur mot-racine, de
montrer aux élèves cette particularité qui amène parfois à consulter plusieurs articles lorsqu'on veut
connaître le sens d'un mot.
Le mot sort, en revanche, n'est expliqué que pour son sens dans le texte, tout comme les mots
fripon et fidèle. Nous sommes au début de la scolarité élémentaire et nous demandons déjà
beaucoup à nos élèves. Laissons-leur du temps.
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Comment les animaux du signor Vitalis montrent-ils à nouveau leur intelligence ?
- Vitalis veut-il seulement que Rémi aille jouer ? Alors, pour quelle raison demande-t-il
que Rémi sorte dans la cour de l'auberge ? À quoi le voit-on ?
- Barberin a fait affaire avec Vitalis. Pourquoi ne dit-il rien à Rémi et ne veut-il pas que
ce dernier en parle à la mère Barberin ?

La première question permettra aux élèves de raconter l'épisode amusant de l'histoire. La deuxième
retrace pas à pas le cheminement intellectuel fait lors de la lecture pour prendre conscience que
Vitalis veut épargner à Rémi un moment douloureux où on marchande sa propre existence. Quant à
la troisième, après l'explication de l'expression « faire affaire », elle permettra aux enfants de

130 Comme il y a peu de chance que des enfants de CE1 entreprennent seuls la lecture de ce roman, il n'est pas
nécessaire de leur apprendre que cette fin heureuse arrivera après bien des événements dramatiques. Préserver l'enfance,
c'est aussi penser à ne pas la charger trop tôt de toute la misère du monde de la littérature.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 154


réfléchir en toute quiétude sur le sort de Rémi puisqu'ils auront déjà été rassurés. Rappeler qu'à la
fin de l'histoire, Rémi vient retrouver sa vieille nourrice et la combler de bienfaits et d'affection131.
D. Exercices :

Nous construisons des noms à partir des verbes :

fripon, une … - taquin, une … - plaisant, une … - pitre, une ... - niais, une … - filou, une
… - étourdi, une … - drôle, une …

Exercice de construction de mots. Faire simple et avancer pas à pas pour assurer la
compréhension et ne laisser personne sur le bord du chemin.
Nous choisissons le mot qui désigne le sentiment éprouvé : la peur, l'angoisse.
Vitalis crie après Joli-Cœur. - Barberin entraîne Rémi sans rien dire. - Capi aboie. - Joli-
Cœur lui tire les cheveux. - La mère Barberin attend le retour de son mari. - Rémi doit
dire bonjour à un inconnu. - Barberin parle de l'hospice.

Percevoir intuitivement la notion de degrés d'intensité dans l'emploi de mots de sens voisin.
Laisser les élèves exprimer leur sentiment lorsqu'ils ne sont pas d'accord avec le reste de la classe.
Ce sera peut-être une occasion de permettre à l'un des « faux-durs » évoqués plus haut de laisser
tomber une de ses nombreuses défenses !

E. Expression :
Nous imaginons ce que racontera Rémi à ses enfants plus tard et nous
l'écrivons.

C'est un court résumé que nous attendons là. Ce travail est difficile pour des enfants jeunes
qui ont tendance à être pointillistes et à commencer par la fin. C'est donc un travail collectif
au tableau, avec fort aiguillage par l'enseignant qu'il conviendra de faire si l'on souhaite
obtenir réellement un résultat dont les élèves peuvent être contents.

131 L'affreux Barberin, lui, décède dans un mauvais coup, ce qui ne manquera pas de réjouir nos élèves…

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 155


Des chiens en poésie

1. Lecture :
• Textes : Trois poèmes, deux simples et courts, de P. Menanteau 132 et M. Carême, qui pourront être
donnés à apprendre, le troisième, plus long et plus difficile d'accès qui permettra aux élèves de
découvrir ou redécouvrir une grande figure du panthéon littéraire : Jean de La Fontaine133.
Tout en ayant en commun la particularité de donner la parole aux chiens eux-mêmes, ces trois
poèmes présentent chacun trois visions du rôle d'un chien très contrastées : le chien, meilleur ami
d'un vieil homme, dans le premier, le jeune chiot sans aucune utilité si ce n'est de faire rire, pour le
deuxième, et enfin le mâtin, animal utile et responsable, mais peut-être un peu ennuyeux et
moralisateur, dans la fable de La Fontaine. Aux élèves ensuite de choisir et se représenter leur
chien, en le comparant à ces trois portraits.
• Mots difficiles : À adapter au niveau réel des élèves de la classe.
• Connaissance du code ; décodage : pas de travail sur le code.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Encore deux autres visions du chien. Celle de la tapisserie de la Dame à la Licorne 134 où un gentil
petit chien voisine sans chercher à lui nuire avec un lapin et celle de la meute, représentée sur le

132 Pierre Menanteau (1895 - 1992) est un poète français. Fils d'instituteur, Pierre Menanteau est enseignant lui-
même, puis directeur de l’École normale d’instituteurs d’Évreux et enfin inspecteur d’Académie à Paris. Il est auteur de
contes, d'anthologies et de florilèges. Il est aussi critique littéraire, membre du jury du Prix Jeunesse, et peintre. Il
entretient une correspondance avec des hommes de lettres aussi divers que Georges Duhamel, Jules Supervielle, Gaston
Bachelard, Max Jacob, Maurice Fombeure, Tristan Klingsor, Maurice Carême. (d'après Wikipédia)
133 Jean de La Fontaine (1621 - 1695) est un poète français de grande renommée, principalement pour ses Fables et
dans une moindre mesure ses contes licencieux. On lui doit également des poèmes divers, des pièces de théâtre et des
livrets d'opéra qui confirment son ambition de moraliste. Proche de Nicolas Fouquet, Jean de La Fontaine reste à l'écart
de la cour royale mais fréquente les salons comme celui de Madame de La Sablière et, malgré des oppositions, il est
reçu à l'Académie française en 1684. Mêlé aux débats de l'époque, il se range dans le parti des Anciens dans la fameuse
Querelle des Anciens et des Modernes. C'est en effet en s'inspirant des fabulistes de l'Antiquité gréco-latine et en
particulier d'Ésope, qu'il écrit les Fables qui font sa renommée. Le premier recueil qui correspond aux livres I à VI des
éditions actuelles est publié en 1668, le deuxième (livres VII à XI) en 1678, et le dernier (livre XII actuel) est daté de
1694. Le brillant maniement des vers et la visée morale des textes, parfois plus complexes qu'il n'y paraît à la première
lecture, ont déterminé le succès de cette œuvre à part et les Fables de La Fontaine sont toujours considérées comme un
des plus grands chefs-d’œuvre de la littérature française. Le fabuliste a éclipsé le conteur d'autant que le souci
moralisant a mis dans l’ombre les contes licencieux publiés entre 1665 et 1674. (d'après Wikipédia)
134 La tapisserie dite de La Dame à la licorne est une composition de six pièces du début du XVIe siècle, c'est-à-dire
postérieures de moins d'une génération de La Chasse à la licorne. Chef-d'œuvre des débuts de la Renaissance française,
elles sont visibles au musée national du Moyen Âge de l'hôtel de Cluny, à Paris. Il s'agit d'un millefleurs qui reprend sur
chaque pièce les mêmes éléments. Sur une sorte d'île parsemée d'animaux et de fleurs en rinceaux, plantée de touffes
végétales où la couleur bleu sombre contraste avec le fond rouge vermeil ou rose, une jeune femme, vêtue de velours et
de riches brocarts, parfois accompagnée d'une suivante et d'autres animaux, pose entourée d'emblèmes héraldiques, une
licorne à droite et un lion à gauche. La reproduction des drapés, de leurs chatoiements et de leurs transparences, est
d'une très grande finesse. (d'après Wikipédia)

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 156


manuscrit du Livre de Chasse de Gaston Phébus135.
Situer ces reproductions dans le temps, expliquer brièvement les techniques employées, puis
laisser les élèves décrire les chiens et leur activité.

B. Lecture des textes et réflexion :

1) Le vieux et son chien est très simple. Faire lire la première strophe par un élève, la faire
reformuler et expliquer, puis après relecture, effectuée par un autre élève, passer à la suivante et
procéder de même. Lorsque toute la poésie aura été ainsi expliquée, la faire relire en entier par deux
ou trois élèves successifs.
Les élèves remarqueront sans doute que c'est le chien qui s'exprime dans la première strophe
alors que c'est son maître qui le fait dans la deuxième. Pour la troisième, on pourra laisser chercher
les élèves jusqu'à ce qu'ils trouvent que c'est à nouveau le chien qui parle.
2) Le petit chien sera aussi lu et expliqué strophe par strophe puis relu intégralement par deux
ou trois élèves. On expliquera peut-être bas, heurter, miche ; les élèves s'exprimeront d'eux-mêmes,
racontant des anecdotes vécues avec leurs propres chiots ou ceux qu'ils ont rencontrés.
3) Le loup et le chien, bien plus difficile à lire, nécessite une explication préalable puis une
lecture magistrale fractionnée et entrecoupée d'explications, de reformulations et de relectures
enfantines.
L'enseignant donnera brièvement quelques renseignements sur Jean de La Fontaine, le situera
dans son époque et racontera comment il se servait des animaux pour parler des relations humaines,
dans sa société, celle de la noblesse sous Louis XIV, monarque absolu. Puis il expliquera que la
fable décrit la rencontre entre un mâtin, autrement dit un gros chien de garde, de la race des dogues,
bien nourri, et un loup, maigre et affamé. L'un explique à l'autre comment devenir aussi gras que lui
mais une des conditions ne conviendra pas au loup qui, finalement, prendra la décision de rester tel
qu'il est.
Il lira alors la fable en la fractionnant, proposition par proposition. La difficulté pour les élèves
réside dans le vocabulaire, bien entendu, qui sera expliqué au fur et à mesure, mais aussi dans la
lecture des propositions écrites sur plusieurs vers enchaînés. L'enseignant lui-même aura d'ailleurs
intérêt à s'entraîner d'abord s'il ne veut pas commettre d'erreurs.
L'histoire, en revanche, est simple et la moralité rappelle le choix devant lequel Rémi aurait pu
être mis si toutefois Barberin et Vitalis lui avaient donné le choix : vivre en suivant ses envies du

135 Le Livre de chasse est un livre de vénerie médiévale ; il fut rédigé, ou plus exactement dicté à un copiste entre
1387 et 1389 par Gaston Phébus (Gaston III de Foix-Béarn, 1331-1391), comte de Foix et vicomte de Béarn et dédié à
Philippe le Hardi, duc de Bourgogne.Il a été considéré comme un ouvrage de référence jusqu'au XIX e siècle. (d'après
Wikipédia)

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 157


moment, quitte à mourir de faim ou à risquer sa vie, ou suivre la voix de la raison mais perdre
quelque chose qui lui est cher. Les élèves la comprendront aisément et sauront même sans doute
dialoguer autour de la proposition du chien, confortable matériellement mais être à la merci d'un
maître, et le choix du loup, garder sa liberté quoi qu'il lui en coûte.
Découpage à adopter , le vocabulaire écrit en gras est à expliquer, dans les parties dialoguées les
paroles du chien sont écrites en italiques. Une fois expliquées, les parties dialoguées pourront être
lues par trois enfants, l'un jouant le narrateur, les deux autres, chacun l'un des animaux.
Le Loup et le Chien
Un Loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde. /
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde. / [perdu sans le faire exprès]
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ; /
Mais il fallait livrer bataille, / [se battre]
Et le Mâtin était de taille [le gros chien de garde] (prononcer mâââtin)
A se défendre hardiment. /
Le Loup donc l'aborde humblement, / [qui montre un grand respect]
Entre en propos, / et lui fait compliment [engage la discussion]
Sur son embonpoint, qu'il admire. / [sa corpulence, sa grosseur]
« Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien. /
Quittez les bois, vous ferez bien : /
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim. / [paresseux, misérables]
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l'épée. / [rien de sûr, point de bon repas, tout en chassant]
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. » /
Le Loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ? /
‒ Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ; /
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire : /
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons : / [beaucoup de restes de toutes sortes]
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. » /
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse. / [un bonheur]
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé. /

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 158


« Qu'est-ce là ? lui dit-il. ‒ Rien. - Quoi ? rien ? ‒ Peu de chose.
‒ Mais encor ? / ‒ Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause. / (changer de voix lorsqu'on change de personnage)
‒ Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? / ‒ Pas toujours ; mais qu'importe ? /
‒ Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. » /
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor. /

Les Fables, Livre I


Lorsque la fable aura été lue, expliquée et commentée tout entière, l'enseignant la relira
intégralement, en changeant de voix lorsqu'il change de personnage, en demandant aux élèves de
suivre avec leur doigt sur leur livre. Si le niveau de la classe le permet, on pourra tenter une
relecture par les enfants, avec ou sans jeu scénique.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 159


Comment le chien devint l'ennemi du chat (1)

1. Lecture :
• Texte : Un conte asiatique, souvent utilisé en CE1 et que l'on retrouve dans plusieurs manuels et
albums pour enfants, avec des héros aux noms différents. Ici, c'est la version publiée en 2007 dans
le Hors-Série du magazine Mille et Une Histoires, édité chez Fleurus. Les élèves retrouveront avec
plaisir un conte des origines qui explique la rivalité entre chiens et chats par une fourberie féline en
réponse à un dévouement tout ce qu'il y a de plus canin, bien mis en valeur dans cette première
partie.
• Mots difficiles : écuelle ; tenir conseil ; flair.
• Connaissance du code ; décodage : les valeurs de la lettre e suivie d'une consonne.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Un chien de bois, sculpté en Chine, pendant l'Antiquité, et un panneau de soie, originaire lui
aussi de Chine.

B. Lecture du texte :

Lecture paragraphe par paragraphe. À part élève en grande difficulté, commencer à insister pour
que les élèves s'essaient à respecter une intonation naturelle.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire la lettre e suivie d'une consonne : autrefois – petite – une
femme – un chien – certain – manger – chez – une merveille – elle entre – ils se
remplissent – ils se mettent – une écuelle – un enchantement – cet anneau – la
richesse – il est – nous ferions bien
Pour chaque mot lu, on demandera aux élèves d'épeler les lettres écrites en gras puis de donner le
« son » qu'elles produisent. On pourra aussi faire trier les mots dans un tableau collectif provisoire
destiné à la lecture. Lorsqu'on fera relire ce tableau, on demandera aux élèves de s'intéresser aux
lettres qui suivent la partie en gras et d'en tirer des conclusions :
- lorsque la lettre e finit la syllabe, elle se lit [ə]
- les lettres e et n (ou e et m, devant m, b ou p), placées avant une consonne, se lisent
généralement [ã] sauf si elles finissent un verbe à la troisième personne du pluriel
- les lettres e, m, m se lisent parfois [am]
- les lettres i, e, n se lisent [jɛ̃] quand elles sont dans la dernière syllabe du mot

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 160


- lorsque la lettre e n'est pas la dernière de la syllabe, et que la syllabe n'est pas la dernière du
mot, elle se lit [ɛ]
- lorsque la lettre e est juste avant les lettres r ou z et que la syllabe est la dernière du mot, ces
deux lettres se lisent [e]
- lorsque la lettre e est juste avant la lettre s et que la syllabe est la dernière du mot, ces deux
lettres se lisent [ɛ]

B. Lexique :
Nous expliquons :
écuelle : assiette creuse sans rebord.
tenir conseil : délibérer, discuter pour trouver une solution.
flair : odorat du chien et d'autres animaux.
Procéder comme d'habitude. Rappeler le mot écuelle déjà vu précédemment (Le Petit Moulin).
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Comment le chien se montre-t-il vis à vis du chat ?
- Lequel des deux trouve les solutions ?
Les élèves n'auront peut-être pas remarquer que le chien est très prévenant avec le chat et que
c'est toujours lui qui trouve les solutions. En relisant l'histoire pour chercher la réponse à ces
questions, ils trouveront facilement qu'à part dire qu'il faudrait retrouver le voleur et lui prendre
l'anneau, le chat ne brille pas par son esprit d'initiative.
D. Exercices :

Nous cherchons dans le texte des dérivés des verbes suivants :


porter, …, ... - emplir, … - prendre, … , … - pendre, … - trouver, …

L'exercice exige une nouvelle relecture, à voix basse si les élèves en sont capables, à voix haute
si cela est encore nécessaire. La lecture totalement silencieuse est souvent encore très difficile pour
des élèves de CE1 et exige un apprentissage sur de toutes petites quantités d'écrit (jeu des ordres
Borel Maisonny ou Montessori, lecture des consignes lors des exercices écrits) ; la demander dans
un exercice de ce type où il convient de balayer tout le texte risque fort de ne concerner que les
élèves les plus scolaires pendant que les autres feront semblant, parfois en toute bonne foi, de
survoler le texte.
Si l'on tient absolument à faire pratiquer cette lecture silencieuse pour cet exercice, on repérera
au préalable la partie et le paragraphe dans lequel se trouve le verbe dérivé 136. Par exemple, pour le
verbe porter, on demandera aux élèves de suivre du doigt le paragraphe 2 de la partie 1. en
prononçant les mots « dans leur tête » jusqu'à trouver le verbe dérivé du verbe porter qui s'y trouve.
On procédera de même pour apporter (partie 2., § 2), remplir (partie 1., § 2), comprend (partie 2, §
136 Mot à prononcer et à faire lire sans toutefois en exiger la mémorisation qui viendra d'elle-même au CE2.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 161


1), reprendre (partie 3., réponse du chat), suspendre (partie 2., dernier §), retrouver (partie 2.,
réponse du chat).
Nous attribuons ces qualités et ces défauts à l'un des deux animaux : le chat, le
chien.
Il a peur de l'eau. - Il aime l'eau. - Il remue la queue quand il est content. - Il remue la
queue quand il est en colère. - Il miaule. - Il aboie. - Il attrape les souris. - Il court après
les voleurs. - Il grimpe aux arbres. - Il creuse la terre avec ses pattes. - Il a des griffes
rétractiles. - Il a des griffes apparentes.
Exercice simple visant à enrichir les connaissances des élèves. Bien entendu, lorsque les élèves
ne savent pas, c'est l'enseignant qui répond et explique. Dans ce cas, après une première lecture des
questions, procéder immédiatement à une relecture où chaque élève répondra à son tour à la
question qu'il aura lue.

E. Expression :
Nous imaginons ce qui se passerait si le voleur revenait chez lui à ce moment et
nous l'écrivons.

Travail individuel en autonomie avec correction immédiate ou, si cela est nécessaire, travail collectif au
tableau.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 162


Comment le chien devint l'ennemi du chat (2)

1. Lecture :
• Texte : Fin du texte précédent. Pas de difficulté notable si ce n'est le comportement du chat. Nous
revoilà une nouvelle fois devant une situation d'EMC qui permettra aux élèves de débattre sur
l'égoïsme et la mauvaise foi sans se sentir personnellement accusés ou soupçonnés. À l'enseignant
d'en faire un débat « d'éducation positive », dans lequel il jouera son rôle d'adulte en leur demandant
de préciser leur opinion, en posant des questions éclairantes, en reformulant et en vérifiant qu’ils
ont compris
• Mots difficiles : rive, épuisé, flair.
• Connaissance du code ; décodage : les valeurs de la lettre e suivie d'une consonne.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Un chat de Foujita et le même bandeau que la veille, pour rester dans le domaine de l'art venu
d'Asie.

B. Lecture du texte :

Lecture paragraphe par paragraphe en travaillant l'intonation, dès la première lecture si possible.
Cela ne devrait généralement pas poser de problème car le texte est simple et l'histoire facile à
suivre.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire la lettre e suivie d'une consonne : décrocher – attraper –
obliger – grignoter – arriver – tomber – demander – le premier – assez – le pied – il
tombera – nous le récupérerons – perdre – il traverse – la traversée – la terre – une
espèce – le reste – sa maîtresse – en le caressant – un paresseux – il est – tu es –
ses dents – elle commence – content – gaiement – il prend – la défense – la
conscience – tremblant – trempé – la femme – viens – le chien – un bon à rien
Même travail que la veille mais cette fois, les mots ne sont plus dans l'ordre donné par le texte
mais regroupés selon leurs graphies et leurs sons. Mener le même travail.
B. Lexique :
Nous expliquons :
rive : bande de terre qui borde une étendue d'eau, on dit aussi : la berge.
épuisé : très fatigué, on dit aussi : exténué, à bout de force.
traître : qui commet une trahison, trompeur.
Travailler comme d'habitude.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 163


C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Le chat avait-il préparé son coup à l'avance ?
- Pourquoi le chat se sauve-t-il sans demander son reste ?
- Selon ce conte, pourquoi les chiens courent-ils après les chats ?
La première question est ouverte, chaque élève pourra donner son opinion en argumentant. La
deuxième question traite de la culpabilité du chat, sa fuite signalant sa faute. Quant à la troisième,
très simple, elle se contente de reprendre l'histoire.
Penser à interroger tous les élèves, dans un ordre aléatoire, de façon à ne pas réserver les
questions « difficiles » aux élèves qui lèvent le doigt mais, au contraire, de faire en sorte que tous se
sentent concernés et cherchent à se poser des questions face à un texte écrit, comme ils le feraient
face à une situation vécue ou filmée.
D. Exercices :

Nous employons les mots suivants pour compléter la phrase : rives –


parvenu – héros – conscience - traversée
Christophe Colomb est un … : il a réussi le premier la … de l'Océan Atlantique et il
est … jusqu'aux … de l'Amérique mais il n'en avait pas … .

Pour la première fois, les mots lus dans le texte et compris dans son contexte vont être réemployés
ailleurs, dans un texte parlant peut-être d'un événement totalement inconnu des enfants. Ils seront
donc obligés de se remémorer leur signification et de faire appel à leur logique pour compléter la
phrase proposée.
Là aussi, il convient de suivre un ordre aléatoire pour :
1) faire lire un à un les mots proposés (chaque élève interrogé rappelle alors la définition du
mot qu'il vient de lire) ;
2) faire lire la phrase incomplète en remplaçant les points de suspension par un bruit (tatata)
ou un mot interrogatif (quoi?) par un élève, l'enseignant l'écrit au tableau ;
3) l'élève suivant relit le segment de phrase qu'il sait compléter (il n'est pas obligé de choisir le
début de la phrase) et l'enseignant recopie le mot qu'il épelle à l'endroit qui convient ;
4) on continue, élève après élève, jusqu'à ce que tous les segments soient complets ;
5) l'élève suivant relit toute la phrase écrite au tableau ;
6) la phrase du tableau est effacée, l'élève suivant la relit sur son livre en en complétant tous
les segments.
Nous choisissons le mot qui qualifie l'état du chien : fatigué – épuisé
Il a couru après le chat. - Il a traversé la rivière à la nage, avec le chat sur son dos. - Il a
joué dans le jardin. - Il a poursuivi le voleur pendant des heures. - Il s'est promené avec
son maître. - Il a recherché les survivants de l'avalanche dans la neige. - Il a rattrapé le
bâton que lui envoyaient les enfants.
Exercice déjà pratiqué visant à faire percevoir intuitivement l'idée de variation d'intensité entre

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 164


deux mots presque synonymes. Certaines situations évoquées peuvent être perçues pour les uns
comme simplement fatigantes alors que les autres les considéreront comme épuisantes. Faire
justifier le choix.

E. Expression :
Nous imaginons les excuses que présente le chat au chien et nous les
écrivons.

Choisir le travail collectif si l'on n'est pas sûr que tous les élèves sauront écrire ces excuses. Il vaut
mieux un travail collectif réussi, avec la participation de tous, que de mauvaises productions individuelles
qui découragent et n'apprennent rien.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 165


Histoire : La domestication du chien

1. Lecture :
• Texte : Quelques courts textes documentaires accompagnés de photographies d’œuvres d'art. Ce
texte sera étudié pendant l'horaire de français réservé à la lecture ou en tant qu'activité du domaine
« Questionner le monde ».
• Mots difficiles : à adapter au niveau des élèves.
• Connaissance du code ; décodage : pas de travail sur le code.

Déroulement :

A. Observation des illustrations et lecture des textes :

Procéder comme d'habitude. Le texte concernant la chasse au Moyen Âge étant plus long, il
pourra être partagé entre plusieurs lecteurs. Si l'on a dans la classe une frise chronologique, il sera
intéressant de montrer aux élèves de quand datent les vestiges présentés.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 166


Observation : Doit-on parler du chien ou des chiens ?

1. Lecture :
• Texte : Ce document, inspiré des leçons de choses traditionnelles, a été composé pour ce manuel.
Il pourra être étudié au cours d'une seule séance, soit de lecture, soit de la partie « Questionner le
monde » de l'emploi du temps ou étalée sur deux séances, la première portant sur l'observation des
caractéristiques physiques du chien alors que la seconde sera consacrée à l'étude des tâches confiées
au chien dans notre société. On aura tout intérêt à lire soi-même le texte que les enfants liront en fin
de séance pour être capable d'orienter les réponses aux questions d'observation vers celles qui sont
données dans le texte. On pourra compléter ses connaissances sur le sujet en consultant quelques
sites encyclopédiques137 qui compléteront les explications données138.
• Mots difficiles : à adapter au niveau des élèves.
• Connaissance du code ; décodage : pas de travail sur le code.

Déroulement :

A. Observation des illustrations et lecture des textes :

Procéder comme d'habitude. Penser à faire reformuler les phrases du texte final et à en expliquer
tout ce qui peut rester obscur pour certains élèves. En donnant soi-même la parole aux élèves, de
manière organisée, en s'appliquant à ce que tous soient sollicités régulièrement 139, on évitera de
laisser un écart se creuser entre les enfants à la parole facile et aux connaissances étendues et les
autres, qui n'ont que l'école pour apprendre et s'exprimer.

137 Ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chien#Alimentation ou encore, si l'on a moins de temps à consacrer à sa propre


formation : https://fr.vikidia.org/wiki/Chien
138 Par exemple, sur le chocolat : Le chocolat contient de la théobromine, substance mal tolérée par les chiens : des
doses faibles (deux grammes suffisent pour les plus petits), peuvent leur être mortelles.
139 Quitte à préparer une liste à l'avance et à s'y tenir, même si certains élèves sont plus demandeurs que d'autres.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 167


7. Quel froid, ce matin !

1. Lecture :
• Texte : Comme d'habitude, le texte introductif est simple. Il permet à chaque élève de se sentir en
confiance pour aborder le nouveau thème tout en apportant déjà quelques pistes de discussion et de
recherches. Ici, on pourra noter la température, la formation de vapeur lorsque l'air chaud échappé
des poumons se retrouve au contact du froid extérieur, la différence entre vapeur et fumée, quelques
disciplines sportives se pratiquant sur une surface gelée.
C'est volontairement que nous n'avons pas évoqué le danger des jeux sur glace autrement que par
la chute d'Arturo, qui fait rire plutôt qu'autre chose. Nous souhaitons que les enfants lisent les textes
par plaisir, comme s'ils les vivaient. Si au cours de la lecture, certains évoquent ces dangers, la
classe en débattra pour en calculer les risques réels.
• Mots difficiles : vapeur ; prise au vent ; se trémousser.
• Connaissance du code ; décodage : oin, ion.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Une première occasion de décrire plaisirs et dangers de l'hiver. Procéder comme d'habitude.

B. Lecture du texte :

Chaque élève peut désormais lire un paragraphe entier. Les parties dialoguées peuvent être lues
par un seul enfant ou à plusieurs. On procède à deux relectures des parties du texte : une immédiate
après explications des paragraphes qu'elle contient et une finale, à l'issue de la lecture paragraphe
par paragraphe.
On pourra profiter de ce module pour commencer à demander aux élèves de préparer leur lecture
à la maison au lieu de leur demander une relecture qui commence à les lasser et que les familles
laissent souvent tomber. Cette technique ne sera mise en place que si l'on est sûr que les familles ou
les organismes d'aide aux devoirs joueront le jeu. Il est important de les avertir par écrit de ce
changement de procédure afin qu'ils prennent conscience de son enjeu et qu'ils l'appliquent
consciencieusement.
Dans le courrier à leur transmettre, préciser qu'il est important d'expliquer le vocabulaire et qu'on
peut pour cela lire le lexique de la page de droite. Ne pas interdire aux parents de faire préparer les
exercices ni le leur demander : nous sommes dans la coéducation, tous unis pour que leurs enfants
apprennent à « lire intelligemment » ; comme nous ne sommes pas dans l'évaluation, peu nous chaut

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 168


que les enfants aient déjà réfléchi au contexte de l'histoire et qu'ils aient eu une première approche
des exercices de vocabulaire et d'expression. Cependant, afin de ne pas pénaliser les enfants dont les
familles n'auraient pas les capacités nécessaires (temps, goût, compétences) pour « faire l'école à la
maison », nous nous devons de garder notre rôle d'enseignant qui explique, approfondit, encourage
et transmet.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire les sons oin et ion : moins 5° - rejoindre -ils ont rejoint – les
pingouins – attention – un champion – la récréation – nous puissions

Les mots sont triés, ceux contenant la graphie oin en premier, ceux contenant la graphie ion

ensuite. Le mot pingouins est à observer, il est le seul où le son [wɛ̃] est transcrit par o.u.i.n.

B. Lexique :
Nous expliquons :
vapeur (nom féminin) : Fines gouttelettes d'eau en suspension dans l'air .
la prise au vent (expression) : son corps le ralentit, comme un parachute.
se trémousser (verbe) : gigoter, s'agiter, bouger son corps en tous sens.

Procéder comme d'habitude.

C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- À quoi voyons-nous qu'il fait très froid ?
- Pensez-vous qu'à la récréation, les enfants pourront encore jouer sur leur patinoire
improvisée ?

La première question amène plusieurs réponses. Une relecture paragraphe par paragraphe peut
s'avérer nécessaire.
La deuxième question est très ouverte et les élèves pourront donner libre cours à leur imagination
et faire état de leur expérience personnelle.
D. Exercices :

Nous cherchons des noms en -oire dérivés des verbes suivants :


patiner, une … - patauger, une … - écrire, une … - manger, une … - glisser, une … -
baigner, une … - balancer, une … - nager, une …

Nous cherchons cinq noms masculins en -eur qui correspondent à cinq noms
féminin en -euse.

Deux exercices portant l'un sur la dérivation et l'autre sur le masculin et le féminin. Le premier
aurait avantage à être écrit au tableau afin de faire rappeler l'obligation d'ajouter une cédille à la
lettre c et la lettre e après la lettre g devant la lettre o.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 169


E. Expression :
Nous imaginons un jeu sur la flaque gelée et nous le racontons.

Travail individuel avec correction immédiate ou travail collectif, selon le niveau de la classe. Si
l'on dispose de temps, on pourra faire dessiner la scène avant écriture pour aider les élèves à mettre
en forme leurs idées.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 170


La glissade

1. Lecture :
• Texte : Les élèves retrouvent Jeannot, enfant de 1924, et ses petits camarades, un jeudi d'hiver. Ce
texte permettra de faire découvrir aux enfants un mode de vie différent (vêtements, emploi du temps
scolaire) mais des jeux et une « organisation sociale » similaires : ce sont toujours « les grands » qui
organisent les jeux, en préparent le terrain et en établissent les règles, en n'oubliant pas de se servir
en premier ! Il y a toujours des leaders charismatiques, dont la charité bien ordonnée commence
souvent par eux-mêmes, des gentils suiveurs qui se cachent derrière le chef pour rire des faibles et
des membres du groupe souvent moins voyants mais se débrouillant pour aider à l'intégration des
faibles et des réprouvés.
• Mots difficiles : étrenner ; à croupetons ; pèlerine ; riposter
• Connaissance du code ; décodage : lire avec expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Si les élèves ont lu le texte à la maison, on peut débuter la séance en demandant aux élèves de
raconter le texte en s'aidant de la gravure extraite de l'édition de 1938 du manuel de lecture suivie
Jeannot et Jeannette. Les élèves observeront les vêtements et l'environnement. Ils s'amuseront peut-
être des longs tabliers des garçons qui, pour certains, feront croire que filles et garçons jouent
ensemble sur cette glissade.
Le débat pourra par la suite se prolonger sur l'absence des filles du village. On veillera à éclairer
le contexte de l'époque : les enfants étaient séparés en classe, souvent dès le CP (jamais avant), les
filles restaient auprès des femmes de la famille, jouaient entre elles avec leurs petites voisines,
pendant que les garçons bénéficiaient de plus de liberté d'action. Cependant, déjà, des associations
de femmes et d'hommes réclamaient l'égalité et s'efforçaient de l'obtenir.
On veillera à ne rien dire qui pourrait heurter certains enfants tout en rappelant la loi en vigueur
sur le territoire où vivent les enfants.

B. Lecture du texte :

Lecture paragraphe par paragraphe. Si les élèves lisent déjà bien à voix haute, en mettant
l'intonation, on peut leur faire lire tout le paragraphe même si celui-ci comporte un dialogue. On
veillera alors à ce qu'ils changent d'intonation lorsqu'ils changent de personnage. Le vocabulaire,
même déjà « dégrossi » à la maison, sera réexpliqué, les mots réemployés, les idées débattues,

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 171


comme précédemment. Les relectures permettront que tous les élèves aient lu à voix haute,
cependant, surtout si les enfants sont désormais tous bons lecteurs, on peut, toujours en respectant
l'ordre de passage tournant de jour en jour, faire lire à certains élèves les consignes et textes des
exercices plutôt que d'entamer une deuxième ou troisième relecture du texte, ce qui risque de lasser
de bons lecteurs. La lecture à voix haute des documents utilisés en histoire, géographie ou sciences
pourra compléter la quantité d'écrit déchiffrée intelligemment chaque jour et elle sera réservée en
priorité aux élèves n'ayant pas lu le texte de lecture littéraire du jour.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire avec expression, en nous aidant de la ponctuation :
Arrivé en bas, / il plie un peu les genoux et, / pour conserver son équilibre, / il rejette
les bras en arrière. // Comme on l'admire ! //

Nouvel exercice. En effet, sauf élève en grosse difficulté (dyslexie, élève n'ayant découvert la
lecture qu'au CE1), tous les enfants connaissent désormais l'ensemble des graphies du français 140.
Nous pouvons profiter des acquis pour travailler sur la ponctuation en situation grâce à la lecture
oralisée : ainsi, lorsque le temps sera venu d'étudier grammaticalement les valeurs des signes de
ponctuation, nos élèves disposeront depuis longtemps de leur usage intuitif et mémoriseront
facilement ce qu'ils fréquentent depuis si longtemps.
Attention cependant : expliquer, comme le faisaient certains instituteurs de jadis, qu'il faut
« lever la voix et compter mentalement jusqu'à 3 » lorsqu'on rencontre une virgule et « baisser la
voix et compter mentalement jusqu'à 5 » en voyant un point, ce n'est pas favoriser le déchiffrage
intelligent que nous recherchons ! Il vaut bien mieux faire lire le texte aux élèves en leur disant que
les barres obliques ont été placées de manière à séparer les unités de sens 141. Après deux ou trois
lectures d'enfant différents, les aider à expliquer pourquoi telle ou telle lecture est plus convaincante
que les autres et donner soi-même un exemple de lecture expressive, avant de demander à deux ou
trois autres élèves de lire à leur tour le passage. Ainsi, c'est par l'usage que les élèves comprendront
que chaque signe de ponctuation a son rôle et qu'ils servent l'intelligence du texte avec autant
d'importance que les mots.

B. Lexique :
Nous expliquons :
étrenner (verbe) : être le premier à utiliser une chose ou l'utiliser pour la première fois.
à croupetons (expression) : assis sur les talons, accroupi.

140 Des graphies très rares seront expliquées ou rappelées en cours de lecture car il n'y a pas lieu de « faire une leçon »
sur quelque chose d'aussi ponctuel qui sera maîtrisé peu à peu, par l'usage.
141Employer l'expression « ce qui va ensemble », par exemple.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 172


pèlerine (nom) : vêtement à capuchon sans manche ; synonyme : cape.
riposter (verbe) : répondre aussitôt, et sur un ton vif.
Procéder comme d'habitude. Une illustration de pèlerine sera la bienvenue, même si l'enfant
placé le plus à droite sur la gravure en porte une.
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Pour quelle raison Bastien a-t-il arrosé la neige qu'il avait piétinée ?
- Comment voit-on que Bastien est plus agile que Jeannot ?
- Pourquoi mettait-on des clous sous les semelles des sabots ?
- Expliquons et commentons la dernière phrase de Bastien.
- Expliquons et commentons la solution trouvée par Jeannot.

Procéder comme d'habitude. Les trois premières questions font appel à la logique des élèves, on
les aidera au besoin à réaliser que la couche d'eau gelée est forcément plus lisse que la neige
piétinée qui est en-dessous et que les semelles de bois des sabots duraient plus longtemps si le bois,
tendre, était renforcé par des têtes de clous de métal, bien plus dures. On reviendra au texte qu'on
fera relire pour comparer les attitudes sur la glace de Bastien et de Jeannot.
Les deux dernières ouvrent au débat d'EMC. Veiller à ce que les propos de chacun soient
entendus et donner son propre avis. Ne pas hésiter à faire comprendre aux élèves que l'attitude de
Bastien est compréhensible puisqu'il est le garant du bien commun mais que celle de Jeannot qui
trouve une solution pour ne pas exclure l'enfant qui n'a pas choisi que sa famille, par économie, lui
ferre ses sabots. Bastien fait preuve d'égalité et Jeannot d'équité.
D. Exercices :

Nous cherchons des noms en -ade dérivés des verbes suivants :


glisser, une gliss… - ruer, une ru… - promener, une prom… - rouler, une roul… -
peupler, une peupl… - peler, une pel… - noyer, une noy… - griller, une grill…

Nous cherchons les neuf parties du corps citées dans ce texte. Nous en
trouvons d'autres en nous aidant des lettres et des points.
c......e– é....e– c.u– d...t– m..n– o....l–o.....e

Les élèves sont habitués au premier exercice. Le deuxième est nouveau. Après la recherche des
neuf parties du corps citées dans le texte, sa deuxième partie gagnera à être effectuée au tableau en
traçant une case par lettre et en remplissant la première et la dernière case des lettres proposées sur
le livre. Les mots à trouver sont : cheville – épaule – cou – doigt – main – orteil – oreille.
E. Expression :
Nous observons la gravure et nous décrivons Jeannot et ses amis.

Procéder comme d'habitude.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 173


Poésies : Givre, neige et glace

1. Lecture :
• Textes : Quatre poèmes, le premier de Maurice Carême, déjà rencontré, le deuxième de Marcelle
Vérité142, le troisième de Paul Verlaine 143 et le dernier de Pierre Gamarra144. Celui de Verlaine donne
une image moins positive de la neige et permettra aux élèves de découvrir qu'il existe des êtres
vivants qui, contrairement à eux, appréhendent sa venue.
• Mots difficiles : À voir selon le niveau de la classe.
• Connaissance du code ; décodage : pas de travail sur le code.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Les photographies permettront aux élèves de comprendre les paysages qu'observent M. Carême
et M. Vérité en regardant le givre sur une vitre. Le tableau de Raphaël Toussaint donnera une
troisième image de la neige après celle angoissée de P. Verlaine et celle plus positive de P. Gamarra.
On notera que R. Toussaint et P. Gamarra lui prêtent des teintes bleues alors que P. Verlaine lui
attribue des couleurs cuivrées.

B. Lecture des textes et réflexion :

1) Le givre, de M. Carême est simple à lire. La première lecture, en plus de l'explication des
mots et expressions inconnues, sera l'occasion de travailler l'appui sur la ponctuation en changeant
de lecteur à chaque signe rencontré. La relecture se fera en ne changeant de lecteur qu'en cas de
ponctuation forte.

2) Le givre, de M. Vérité est plus difficile à lire car les élèves devront enchaîner plusieurs vers
sans interruption ce qui est difficile pour eux. Favoriser les lectures lentes plutôt que rapides et
hachées. Attention au vers « Quelque mystérieuse bête » qui doit, comme les autres contenir 8
142 Marcelle Vérité (Marcelle Vigneron), née le 10 août 1904 à Pau, est un auteur français pour la jeunesse. Elle est
décédée en 1994. Directrice pendant vingt ans de la collection « Plaisir des Contes » chez Casterman, elle a écrit près de
200 titres pour les enfants. Marcelle Vérité est lauréate de l'Académie française, et a reçu en 1937 le prix du Ministère
de l'Éducation nationale.
143 Paul Verlaine est un poète français, né à Metz (Moselle) le 30 mars 1844 et mort à Paris le 8 janvier 1896 (à
51 ans). Archétype du poète maudit, Verlaine est reconnu comme un maître par la génération suivante. Son style - fait
de musicalité et de fluidité jouant avec les rythmes impairs - et la tonalité de nombre de ses poèmes - associant
mélancolie et clairs-obscurs - révèlent, au-delà de l'apparente simplicité formelle, une profonde sensibilité, en résonance
avec l'inspiration de certains artistes contemporains, peintres impressionnistes ou compositeurs (tels Reynaldo Hahn,
Gabriel Fauré ou Claude Debussy, qui mettront d'ailleurs en musique plusieurs de ses poèmes).
144 Pierre Gamarra est un écrivain français né à Toulouse le 10 juillet 1919 et mort à Argenteuil le 20 mai 2009. Il est
romancier, poète et critique. Il est aussi l'auteur d'essais et de pièces de théâtre. Pierre Gamarra est particulièrement
connu à travers son œuvre pour la jeunesse, fréquemment enseignée dans les écoles, ainsi que pour les liens que son
œuvre poétique et ses romans entretiennent avec Toulouse, le Languedoc et la France du Sud-Ouest.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 174


syllabes : on prononce donc « mys-té-ri-eu-se » tout comme on prononce « hom-me » et non
« homm' » dans le vers « Un homme chaussé de raquettes ».
De nombreux mots commencent par une voyelle, il conviendra de bien faire prononcer les
liaisons : sapins – et ; des – étoil's – et des – animaux ; je vois – aussi ; un – homme ; un –
Esquimau ; adieu sapins – et animaux ; mon – Esquimau.

1) Dans l'interminable, poésie sans titre de P. Verlaine, extrait de Romances sans paroles
(1874) peut dérouter les enfants par son vocabulaire peu connu 145. Dans les classes où cela est
nécessaire, procéder soi-même à la première lecture, strophe par strophe, et aider les élèves à
comprendre le vocabulaire et les sens général. Insister sur l'ambiance terne de l'ensemble, la
sensation de monotonie, d'immobilisme. La relecture par les élèves sera facilitée par la brièveté des
vers et la ponctuation.

1) Octosyllabes, de P. Gamarra, a un titre qu'il est nécessaire d'expliquer. C'est le moment rêvé
pour faire un peut d'étymologie en évoquant les racines romaines de la langue française auxquelles
se sont ajoutées des emprunts au gaulois, au grec, à l'arabe ainsi qu'à d'autres langues européennes.
Une fois que le préfixe « octo » est connu, on peut parler du mois d'octobre146, de l'octave en
musique et de l'octogone en géométrie.
Les élèves ayant été avertis du nombre de syllabes de chaque vers, on pourra travailler avec eux
la diction respectant exactement ce nombre.
Il faudra sans doute expliquer les mots : hermine – fleur de farine - corolle – impalpable –
dentelle. Le mot « bleuâtre » pourra donner l'occasion de faire construire sur le même modèle les
adjectifs signifiant « qui tire sur telle couleur » à partir des mots : rouge – jaune – vert – gris – blanc
– noir - …
Un court rappel des images qu'évoque la neige au poète permettra qu'elles sont tirées aussi bien
du règne animal que végétal et minéral.

145 Interminable, incertaine, luire, cuivre, lueur, nuées, buées, poussive, bises aigres.
146 Qui était le huitième mois de l'année dans le calendrier romain.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 175


Le Roman de Renart (1)
Le poisson des charretiers

1. Lecture :
• Texte : Ce texte très connu est tiré de la version en français moderne du Roman de Renart 147. Les
élèves comprendront facilement cette histoire très simple dans laquelle les animaux ressemblent aux
humains. Ils découvriront le pouvoir des contes et romans qui peuvent s'ils sont suffisamment
connus faire disparaître le nom d'un animal (goupil, tiré du latin vulpes) en le remplaçant par le
prénom d'un de ses héros (Renart, prénom d'origine germanique à rapprocher du prénom Renaud et
des noms de famille Reynart ou Reynard).
Cette première partie ne présentant pas le personnage, faire précéder la lecture par une courte
présentation de l’œuvre et de ses personnages principaux 148. Expliquer que chaque récit appartient à
une « branche » et que celui-ci se trouve dans la branche III, ce qui fait que tout le monde sait déjà
que Renart est149 … rusé, malin, voleur et qu'il aime beaucoup faire des mauvais tours à ceux qui
l'entourent.
• Mots difficiles : déconvenue ; jonchère ; se vautrer ; goupil
• Connaissance du code ; décodage : lire avec expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

La première est une enluminure du Moyen Âge, la seconde est tirée d'un livre pour enfants. Si les
élèves ont préparé la lecture à la maison s'appuyer sur ces illustrations pour les aider à résumer leur
lecture.

B. Lecture du texte :

Lecture paragraphe par paragraphe. Expliquer ou faire expliquer le vocabulaire et le sens général
au fur et à mesure.

147 Le Roman de Renart est un ensemble disparate de récits animaliers en octosyllabes de longueurs variables et
composés par différents auteurs, appelés dès le Moyen Âge « branches ». Les branches les plus anciennes (vers 1174)
sont attribuées à un certain Pierre de Saint-Cloud. Dès le XIII e siècle, les branches sont regroupées en recueils,
apportant une certaine unité. Les auteurs du Roman de Renart sont principalement anonymes sauf quelques auteurs
nommés : Pierre de Saint-Cloud, Richard de Lison, et un Prêtre de la Croix-en-Brie1,2,3. C'est du nom de Renart que
provient le mot renard, qui a remplacé le mot goupil dans la langue française. (Wikipédia)
148 Renart, le goupil, Hermeline, son épouse, Percehaie et Malebranche, ses fils ; Ysengrin, le loup ; Maître Constant
des Granges, le vavasseur… mais aussi Tibert, le chat ; Noble, le lion ; Brun, l'ours ; Chantecler, le coq… dont les noms
ont traversé les siècles.
149 Laisser un moment aux élèves qui connaîtraient déjà le personnage prendre votre relais.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 176


2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire avec expression, en nous aidant de la ponctuation :
Renart qui trompe tout le monde, / ferme les yeux, / montre les dents en grimaçant, /
puis retient son souffle. //

Insister sur le sens de chacun des groupes de sens, puis sur leur enchaînement. Les élèves
trouveront certainement que chaque virgule, sauf la première, sépare une action de la suivante.
Donner le terme « énumération » et en faire produire quelques-unes à l'oral sur des thèmes tels que le
lever du matin, la préparation de son bureau d'écolier en arrivant en classe, la confection d'une recette
très simple (la tartine de beurre, le bol de chocolat, le jus d'orange, …).

B. Lexique :
Nous expliquons :
déconvenue (nom féminin) : déception, désappointement.
jonchère (nom féminin) : endroit où poussent des joncs.
se vautrer (verbe) : se coucher de tout son long.
goupil (nom masculin) : ancien nom du renard.
paletot (nom masculin) : gilet, veste ; ici, il s'agit de la fourrure de Renart.

Procéder comme d'habitude. Insister sur les termes qui seront réutilisés (déconvenue, se vautrer).
Lorsque « paletot » est connu, faire expliquer aux élèves la phrase du texte : « ils se disent déjà ce qu'ils
feront de lui, et que ce soir dans leur maison ils lui retourneront le paletot. »

C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Si goupil est l'ancien nom du renard, qu'est-ce que le nom Renart désigne ?
- À quoi voyez-vous que cette histoire est très ancienne ?

La première question a peut-être déjà été évoquée lors de la présentation. Elle doit néanmoins être
posée pour s'assurer que tout le monde a compris. On pourra s'aider des œuvres cinématographiques ou
littéraire bien connues des enfants 150 pour leur faire comprendre ce glissement au cours duquel un nom
propre est devenu un nom commun.
La deuxième question nécessite un retour au texte. Trier les données pertinentes des autres suggestions
faites par les élèves en s'appuyant au besoin sur une recherche rapide sur internet ou dans un dictionnaire.
L'adulte est la personne référente de la classe en matière de déroulement du temps, les élèves doivent en
être conscients.

D. Exercices :

Nous relevons les noms de poissons et nous en cherchons une image.


Nous cherchons d'autres noms de poissons en nous aidant des lettres mélangées
(la première et la dernière sont à leur place).

150 Titi qui dit « J'ai cru voir un Grosminet » au lieu de dire « J'ai cru voir un chat. », les Moldus chez Harry Potter,
mais aussi la poubelle du préfet Poubelle ou les volts de la pile Volta…

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 177


mruoe– ttriue– tohn– smuoan– srndaie

Les deux exercices se suivent. Les élèves doivent commencer à apprendre à balayer rapidement
chaque paragraphe de l’œil, en s'aidant au besoin d'un doigt qui suit la ligne de gauche à droite, sans
forcément prononcer tous les mots. Pour certains, c'est encore très difficile et ils auront besoin de
temps pour arriver à « lire des yeux » sans oraliser mais en faisant réellement l'effort d'exécuter ce
travail qui ne se voit pas et dont ils n'ont aucune conscience. On peut le leur montrer en écrivant un
ordre simple et court au tableau que l'on cachera dès le dernier mot écrit et qu'ils devront alors
exécuter151.
Le vocabulaire étant moins connu, l'exercice de recherche de mots est plus simple que lors de
l'exploitation du texte « La glissade ». Faire les cases au tableau et placer la première et la dernière
lettre puis laisser les élèves chercher, sur leur ardoise par exemple.

E. Expression :
Nous imaginons et racontons la surprise des marchands qui découvrent que
Renart est vivant.

Si les élèves ont beaucoup d'imagination, le texte risque d'être long ; s'ils n'ont pas trop d'idées, le
travail risque d'être laborieux ; je conseille donc de travailler avec toute la classe, au tableau, en
sollicitant les élèves pour les problèmes orthographiques qu'ils peuvent résoudre eux-mêmes.
Si le texte produit est intéressant, le reproduire grâce au traitement de texte et le faire coller aux
élèves dans leur cahier de rédaction en leur proposant de l'illustrer eux-mêmes.

151 Porter une attention particulière aux enfants qui ont un court décalage dans l'exécution de la consigne ; ils n'ont très
certainement pas lu la phrase et se contentent de copier les gestes de leurs camarades. Leur montrer qu'eux aussi sont
capables de cet exploit du moment où ils « contraignent leurs yeux et leur cerveau » à faire le travail demandé à l'aide
de jeux, par exemple lors des exercices d'échauffement ou de retour au calme des séances d'EPS ou de musique. Si le
trouble persiste malgré un entraînement régulier, proposer à la famille de demander à faire un bilan en orthoptie.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 178


Le Roman de Renart (2)
Renart vole les anguilles

1. Lecture :
• Texte : Suite du précédent. Pas de difficultés notables. Quelques jeux de mots qu'il faudra élucider
avec le concours des élèves : « Il ne réclame ni sel ni sauge » ; « il va jeter son hameçon ailleurs » ;
« sa monture est trop rapide ». Il sera sans doute utile d'expliquer le caractère religieux de la vie au
Moyen Âge afin que les élèves ne s'étonnent pas des nombreuses expressions comportant le mot
Dieu. Enfin, l'imprécation « Qu'une sale colique lui torde les boyaux ! » risque de bien faire rire les
élèves qui sont encore à l'âge où toute allusion aux fonctions d'élimination prête à la plaisanterie.
• Mots difficiles : chapelet ; butin ; ébahi ; vigilance.
• Connaissance du code ; décodage : lire avec expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Une enluminure du Moyen Âge et une illustration tirée d'un album pour enfant. Elles pourront
être comparées et servir par ailleurs à aider au résumé de la lecture faite à la maison.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude. Veiller à ne pas heurter les sensibilités lors de l'explication des expressions à
connotation religieuse ainsi qu'en expliquant le mot chapelet. Le cas échéant, expliquer que l'école
publique est laïque, qu'elle présente toutes les religions sans les juger et qu'elle accepte l'absence de
religion. Situer le texte dans son époque , en s'inspirant des phrases suivantes152 : « Au Moyen Âge,
tous les Européens croient en Dieu. Pour la plus grande partie, ils sont chrétiens. Ils sont inquiets du
sort qui arrivera à leur âme après la mort. Les conditions de vie difficiles poussent les Européens à
chercher protection et réconfort auprès de la divinité. La religion imprègne la vie quotidienne. »

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire avec expression, en nous aidant de la ponctuation :
Puis Percehaie et Malebranche, / les deux frères, / se lèvent à l'arrivée de leur père, /
qui arrive par petits bonds, / gros et rassasié, / joyeux et content, / les anguilles autour
de son cou.

Comme d'habitude. Veiller à ce que tout le vocabulaire soit éclairci avant de réclamer une lecture
expressive. C'est par la compréhension qu'on assurera une diction intelligente de la phrase.
152 Extraites de Vikidia.org.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 179


B. Lexique :
Nous expliquons :
chapelet (nom masculin) : ensemble d'objets enfilés qui forment un collier.
butin (nom masculin) : ce qui est pris à l'ennemi après une victoire.
ébahi (adjectif qualificatif) : surpris, étonné.
vigilance (nom féminin) : Concentration particulière qui vise à surveiller un individu.

Comme d'habitude. Les quatre mots pouvant être utilisés relativement fréquemment aux élèves
lorsqu'ils s'expriment par oral ou par écrit, les faire réemployer dans des phrases qu'ils inventeront
ou qu'on leur donnera, charge à eux de les compléter par le mot qui convient.
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Que signifie l'expression « Il ne réclame ni sel, ni sauge » ?

- Renart est-il à cheval ? Alors pourquoi dit-on dans le texte : « mais ils ne l'attraperont
pas aujourd'hui, car sa monture est trop rapide » ?

La compréhension générale ayant été travaillée en cours de lecture et le texte n'appelant pas au
débat, ce sont les expressions imagées ou « jeux de mots » qui vont occuper la réflexion des élèves.
On pourra leur faire chercher d'autres expressions du texte ou fréquentes dans la vie courante qui
prêtent à sourire.
D. Exercices :

Nous construisons des noms en nous servant du modèle.

L'ensemble des habitants de la maison, c'est la maisonnée. - Le contenu de la cuiller,


c'est la … . - La durée d'un an, c'est une … . - Le contenu d'une assiette, c'est une … . -
La durée d'un jour, c'est une … . - Le contenu d'une brouette, c'est une … . - La durée
d'une nuit, c'est une … .

Exercice d'imprégnation fixant l'usage du suffixe -ée indiquant un contenu ou une durée (=
contenu d'un laps de temps). Faire épeler les mots créés et les écrire au tableau, puis les faire relire,
épeler et définir quand la liste est complète : « Une cuillerée, c.u.i.l.l.e.r.é.e, c'est le contenu d'une
cuiller. »

E. Expression :
Nous imaginons et racontons le repas pris par la maisonnée grâce au butin
de Renart.

Le texte produit peut être très simple. Exercice individuel corrigé immédiatement par l'élève
guidé par l'enseignant.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 180


Le Roman de Renart (3)
La pêche aux anguilles

1. Lecture :
• Texte : Ce texte, situé dans la branche III, comme le précédent, n'en est pas la suite immédiate. On
pourra lire aux élèves le textes intermédiaire153 ou le leur résumer : « Alléché par l'odeur des
anguilles grillées, Ysengrin le loup vient frapper à la porte de Renart qui lui fait croire qu'il les
reçoit des moines. Le loup crédule se ferait bien moine pour en goûter lui aussi. Alors Renart
l'ébouillante sous le prétexte d'une nécessaire tonsure puis lui parle d'un trou creusé dans l'étang
gelé où il l'assure avoir pêché le poisson. »
• Mots difficiles : compère ; ustensile ; sceller ; vavasseur.
• Connaissance du code ; décodage : lire avec expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Même principe que pour les extraits précédents du Roman de Renart. Les illustrations actuelles
pourront aider les élèves à comprendre que ce roman a traversé les siècles et continue à être
apprécié de nos jours.

B. Lecture du texte :

Lecture paragraphe par paragraphe. Insister sur l'intonation qui doit être de plus en plus naturelle,
particulièrement lors des dialogues. Rappeler souvent qu'il convient de regarder la ponctuation à
l'avance pour s'assurer d'être « dans le bon ton ». On peut utiliser une petite brindille que l'élève
poser sous la ponctuation suivante pour s'aider à suivre le rythme de l'histoire. Ne pas utiliser de
« trucs pédagogiques » déconnectés du sens général de l'histoire qu'on lit, ils contribuent à éloigner
les élèves des fonctions fondamentales de la ponctuation154 en ne privilégiant que la première de
celles-ci.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire avec expression, en nous aidant de la ponctuation :

153 Ysengrin fait moine.


154 La ponctuation a pour but l'organisation de l'écrit grâce à un ensemble de signes graphiques. Elle a trois fonctions
principales. Elle indique des faits de la langue orale, comme l'intonation ou les pauses de diverses longueurs
(indications prosodiques). Elle marque les degrés de subordination entre les différents éléments du discours (rapports
syntaxiques). Enfin elle précise le sens et définit les liens logiques entre ces éléments (informations sémantiques).
Destinée à faciliter la compréhension du texte, elle est un élément essentiel de la communication écrite. (Wikipédia)

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 181


Ysengrin, / lui, / reste dans l'embarras, / et il fait de grands efforts, / et il tire, / peu
s'en faut que sa peau ne s'arrache. //
Comme d'habitude.
B. Lexique :
Nous expliquons :
compère (nom masculin) : complice en supercheries, en astuces.
ustensile (nom masculin) : outil très simple, accessoire.
sceller (verbe) : fixer.
vavasseur (nom masculin) : un petit seigneur qui obéit à d'autres seigneurs plus
puissants que lui.
Le mot « vavasseur » n'a pas à être retenu. Le verbe « sceller » est donné à l'infinitif alors qu'il est
employé comme adjectif au participe passé. Le faire employer dans une phrase où il sera conjugué,
au passé composé par exemple. L'exercice de vocabulaire porte sur la notion d'ustensile, on pourra
déjà le préparer en demandant aux élèves de citer des ustensiles de cuisine, de pâtisserie, de
cheminée, de coiffure, de toilette, etc.
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Pourquoi Renart a-t-il raconté ce mensonge à Ysengrin ?

- Que penser de son comportement pendant la pêche puis quand Monseigneur Constant
part pour la chasse ?

Deux questions portant sur le comportement et les intentions de ces animaux humanisés. Les
élèves pourront débattre et donner chacun son interprétation des faits. Ne pas laisser le débat
s'éterniser, rappeler le droit, la justice.
D. Exercices :

Nous trouvons des noms d'ustensiles.

…, …, … et … sont des ustensiles de cuisine. - …, …, … et … sont des ustensiles scolaires.


- …, …, … et … sont des ustensiles de pêche.

Trois emplacements réservés pour citer au moins trois ustensiles. Il est évident que les élèves
pourront en citer plus, à condition de respecter leur tour de parole et que tout le monde soit sollicité.
Prévoir éventuellement un accès internet pour pouvoir montrer à quoi cela ressemble aux élèves qui
n'en connaissent pas certains.

E. Expression :
Nous imaginons et racontons l'arrivée de Maître Constant à l'étang.

Travail individuel si possible. Correction par l'élève aidé de l'enseignant avant que le texte soit
recopié et illustré.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 182


Le Roman de Renart (4)
Ysengrin perd sa queue

1. Lecture :
• Texte : Suite du texte précédent. La conclusion signale que la lecture des autres « branches » du
roman permettra de croiser à nouveau Ysengrin. Rappeler aux élèves cette notion de « branche »
expliquée lors de la lecture du premier extrait. Le vocabulaire de la chasse à courre est très présent
dans ce texte. On l'expliquera sans insister. Les élèves évoqueront peut-être le rejet de leur famille
et de leur entourage pour la chasse. L'enseignant, s'il en est capable, s'en abstiendra. Il remettra le
texte dans le contexte de l'époque, déjà évoqué lors du module 6, consacré aux chiens : au Moyen
Âge, la chasse était un moyen de subsistance mais aussi un art de vivre pour les seigneurs qui
chassaient à courre et au faucon. Chaque époque a ses rites, ses coutumes qu'il convient de
connaître pour mieux comprendre ceux et celles qui régissent la nôtre.
• Mots difficiles : lévrier ; veneur ; découpler ; tertre.
• Connaissance du code ; décodage : lire avec expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Même principe que pour les trois autres extraits.

B. Lecture du texte :

Lecture paragraphe par paragraphe. Encourager les élèves à la lecture expressive, les aider à
repérer les liaisons, particulièrement celles qui les aideront ensuite à orthographier correctement les
marques grammaticales (il voit ͜ ͜ Ysengrin sur la glace ; ils sortent ͜ ͜ aussitôt ; puis ͜ ͜ à travers une
haie ; …)

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire avec expression, en nous aidant de la ponctuation :
Ysengrin ne s'attarde point, / il s'en va en fuyant, / tout en regardant derrière lui, / droit
vers le bois à grande allure. //
Comme d'habitude.
B. Lexique :
Nous expliquons :
lévrier (nom masculin) : chien très rapide qu'on utilisait notamment pour la chasse.
veneur (nom masculin) : personne qui pratique la chasse à courre.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 183


découpler (verbe) : détacher les chiens attachés deux à deux.
tertre (nom masculin) : petite élévation de terre à sommet plat.

Comme d'habitude. Une photographie de lévrier pourra être nécessaire. En France, la chasse
avec des lévriers est interdite : cette interdiction est due à la grande vitesse de course des lévriers
qui permettrait une capture trop facile de certaines espèces gibiers.
Faire réemployer les mots « lévrier » et « tertre » dans d'autres phrases.
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Comment Ysengrin pourrait-il se venger de Renart ?

Question faisant appel à l'imagination des élèves. Pour certains enfants, cet exercice est difficile
et les amène pour les uns au mutisme et pour d'autres à la surenchère. Encourager les plus timides
en leur assurant qu'on ne demande pas de solution extraordinaire et calmer les plaisantins en leur
rappelant qu'ils pourront plus tard exercer le noble métier de clown mais qu'ils devront alors faire
preuve d'un humour plus fin que celui dont ils nous gratifient s'ils veulent pouvoir gagner leur vie
avec leur art.

D. Exercices :

Nous trouvons des mots se rapportant à la chasse : meute, flairent, découplent,


chiens, piste, veneurs, cheval, gibier, poignard, aboient, cor, chasse, encerclent, épée,
attaque.
Maître Constant joue du … pour appeler sa ... à la … . Les… … la ... du … . Les … les … et
les voilà partis ! Ils … et … l'animal. Maître Constant sort son … et son … et … le pauvre
loup !

Un exercice difficile qui sera fait collectivement au tableau. Si les élèves savent chercher
relativement rapidement dans un dictionnaire, leur faire trouver et lire les définitions des mots
proposés. On peut très bien faire balayer le texte et le compléter d'abord avec les mots que les
élèves connaissent et procéder par élimination pour placer les mots difficiles ensuite.

Solution : Maître Constant joue du cor pour appeler sa meute à la chasse. Les chiens flairent
la piste du gibier. Les veneurs les découplent et les voilà partis ! Ils aboient et encerclent l'animal.
Maître Constant sort son épée et son poignard et attaque le pauvre loup !

E. Expression :
Nous imaginons et racontons l'arrivée d'Ysengrin chez lui.
Comme d'habitude.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 184


Observation : La glace

1. Lecture :
• Texte : Les élèves sont désormais habitués à ces textes où on lit pour faire et comprendre. En
raison de la manipulation de glaçons, il sera prudent de placer les livres à l'intérieur d'un pochette
plastique transparente et à munir les élèves de chiffons ou de papier absorbant pour éviter qu'ils ne
dégradent les livres. On peut aussi installer une surface d'expérience dans un autre secteur de la
salle de classe mais cela entraînera des déplacements nombreux.
• Mots difficiles : Ils sont intégrés au texte et sont l'objet de la leçon. Variable selon les
connaissances des élèves.
• Connaissance du code ; décodage : Pas de travail de décodage.

Déroulement :

A. Observation des illustrations et lecture des textes :

Procéder comme d'habitude. Si certains élèves ont déjà effectué les expérimentations à la
maison, leur signaler que vous ne leur aviez pas demandé de le faire et que, de toute façon, ils vont
les refaire avec leurs camarades, en classe. Ne pas l'interdire formellement mais ne pas le favoriser
non plus.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 185


Géographie : Glaciers et torrents

1. Lecture :
• Texte : L'observation porte cette fois sur des photographies. Si l'on dispose d'un TBI, ne pas
hésiter à remplacer les photos du livre par d'autres plus grandes qu'on projettera aux élèves. Si des
élèves ont déjà observé de visu un glacier ou un torrent de montagne, faire appel à leur expérience
et au matériel qu'ils pourraient apporter en classe (photographies, vidéos, …).
• Mots difficiles : Ils font l'objet de la leçon et peuvent varier selon les connaissances des élèves de
la classe.
• Connaissance du code ; décodage : Pas de travail de décodage.

Déroulement :

A. Observation des illustrations et lecture des textes :

Procéder comme d'habitude. Veiller à solliciter tous les élèves tant pour la lecture que pour les
réponses aux questions. Si on utilise ce texte dans le cadre du domaine « Questionner le monde »,
les textes en gras pourront être appris par cœur et donner lieu à une évaluation, si cela est l'usage
dans la classe ou dans l'école.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 186


8. Poussez-vous, les enfants !

1. Lecture :
• Texte : Un texte prévu pour commencer un chapitre sur les métiers qui s'adaptera sans doute très
bien à un débat dirigé d'EMC sur la place de l'enfance dans la société civile. L'enseignant pourra
ainsi aider les élèves à prendre conscience du fossé qui existe entre leur « travail » qui n'en est pas
un155 et celui des adultes, rémunérateur mais contraignant. On pourra aussi évoquer le rôle de la
mairie dans l'organisation de la commune et faire prendre conscience aux élèves du coût de
l'installation puis de l'entretien des édifices et parcs publics.
• Mots difficiles : élagage ; occasionner ; répertorier.
• Connaissance du code ; décodage : lire avec expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :


Comme d'habitude.

B. Lecture du texte :
Texte presque totalement dialogué. Après une première lecture, on pourra avantageusement faire
jouer chaque paragraphe par plusieurs élèves, dont un narrateur , après que les élèves auront éclairci
qui parle dans telle ou telle réplique. Pour certaines, c'est possible après lecture du paragraphe
entier, pour d'autres, le mystère demeure et on pourra alors parler d'interprétation du texte.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire avec expression, en nous aidant de la ponctuation :
Oui, / j'ai le ballon, / les crosses… // Et puis Lucas a pris un casque et des gants. // Et
puis, / là, / il y a le goû… // Mais pourquoi restez-vous devant la porte ? // Et qu'est-ce
que c'est que ce ruban rouge et blanc ?//

Faire éclaircir tout de suite la présence des points de suspension après « goû » : Lila est
interloquée, elle ne comprend pas ce qui arrive ; elle abandonne son idée de faire l'inventaire de
leurs possessions pour interroger ses camarades sur ce qui la surprend. Les comparer aux points de
suspensions après « crosses » qui sont là parce que Lila s'interrompt dans sa liste, sans doute à la
recherche des éléments suivants.

155 L'habitude veut que nous employions le mot « travail » lorsque nous parlons des exercices que les élèves pratiquent
en classe pour découvrir, apprendre, mémoriser et automatiser les notions et concepts. Il vaudrait beaucoup mieux,
après un débat comme celui suscité par celui-ci par exemple, remplacer ce terme par celui d'étude. À l'école, l'élève
étudie pour sa formation future, il comble donc un besoin et ne mérite donc aucune rémunération ; c'est le professeur
qui est rémunéré puisque c'est lui qui offre un service à des personnes dans le besoin.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 187


B. Lexique :
Nous expliquons :
élagage (nom masculin) : action qui consiste à couper certaines branches d'un arbre.
occasionner (verbe) : être l'occasion de quelque chose. Provoquer, produire.
répertorier (verbe) : inscrire quelque chose dans une liste ou un fichier.

Faire trouver le verbe « élaguer » à partir du nom « élagage ». Faire trouver les noms dont sont
dérivés les verbes « occasionner » et « répertorier ».
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- De quoi doit parler Lila lorsqu'elle dit : « Et puis là, j'ai le goû... » ?

- Répertorions toutes les occupations des adultes de cette histoire. En connaissons-nous


d'autres ? Comparons-les aux occupations des enfants.

La première question sera l'occasion de reprendre l'explication au sujet des points de suspension
et de faire relire la phrase avec l'intonation qui convient par quelques volontaires.
C'est au cours de la deuxième question qu'il faudra être vigilant et ne pas laisser les élèves dire
n'importe quoi au prétexte que leur opinion vaut celle de tous. Notre rôle d'adulte n'est pas de
répertorier tous les lieux communs qui circulent autour de l'école, des études et de leur utilité mais
bien de défendre un droit à l'instruction et à l'éducation 156 ; il n'est pas de laisser croire à des enfants
que, seuls, sans adultes pour organiser et gérer les structures sociales qui les accueillent, ils seraient
autonomes.
Il sera intéressant de débattre autour de la dernière réflexion d'un des enfants : « Il n'y a qu'à
l'école qu'on ne nous dit jamais : poussez-vous, les enfants ! »

D. Exercices :
Nous trouvons les verbes dérivés des noms suivants :
un répertoire, répertorier – l'élagage, … - une occasion, … - un téléphone, … - un nerf, …
- une affiche, …

Nous expliquons grâce au texte : les services techniques municipaux -


exceptionnellement.

Le premier exercice est simple, il convient de le faire à l'écrit, au tableau ou sur l'ardoise, avec
correction immédiate.
Le second sera certainement une reprise des éclaircissements effectués au cours de la lecture. Il
donnera une occasion supplémentaire d'employer et d'expliquer des mots et expressions plus rares
que certains élèves n'utilisent qu'à l'école.

E. Expression :

156 L'école primaire a toujours éduqué car, sans cette éducation à l'écoute, à l'attention, à la curiosité, au respect des
savoirs, nulle instruction ne serait possible.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 188


Nous imaginons et racontons la suite : Que vont décider nos amis ? Où iront-
ils ? Que feront-ils ?

Les élèves peuvent répertorier quelques lieux possibles de manière collective. Chacun
choisira alors le lieu qui l'inspire le plus et écrira deux à quatre phrases de son cru, corrigées
immédiatement.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 189


Le Petit Prince (1)
Dessine-moi un mouton !

1. Lecture :
• Texte : Le Petit Prince, d'Antoine de Saint-Exupéry157 est l'ouvrage de littérature le plus vendu au
monde et le livre le plus traduit après la Bible158. Il était indispensable que ce manuel en renferme au
moins un extrait. Comme il s'agit du chapitre II, il sera intéressant de se procurer l'ouvrage et de
résumer rapidement le chapitre I, tout en montrant les illustrations aux élèves, afin d'éclaircir
l'épisode du « boa fermé » qui clôt cette première partie du chapitre II.
Les élèves découvriront dans un langage simple une « belle histoire » plutôt qu'un conte à portée
philosophique. Cependant, cet extrait qui oppose monde de l'enfance et monde des adultes
permettra d'approfondir le thème abordé grâce aux déboires de Malo, Marie, Lucas et Lila : les
priorités des adultes peuvent-elles se comparer à celles des enfants et jusqu'où les unes peuvent-
elles aller à l'encontre des autres ?
• Mots difficiles : mille (unité de mesure) ; égarer ; stylographe/
• Connaissance du code ; décodage : lire avec expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Cette illustration de l'auteur sera l'objet de l'exercice de rédaction. Si l'on commence la séance de
lecture par le résumé rapide du premier chapitre, on pourra faire décrire l'illustration de couverture
ainsi que celles contenues dans ce chapitre et garder celle du manuel de lecture « pour la fin » en en
expliquant les raisons aux élèves.

157 Antoine de Saint-Exupéry, né le 29 juin 1900 à Lyon et disparu en vol le 31 juillet 1944 en mer, au large de
Marseille, mort pour la France, est un écrivain, poète, aviateur et reporter français. Dès son plus jeune âge il est fasciné
par les avions ; il fait son baptême de l'air à 12 ans à l'aérodrome d'Ambérieu-en-Bugey. Si ses résultats scolaires son
médiocres, le jeune Antoine se consacre à l'écriture et remporte le prix de narration de son lycée. Après son baccalauréat
en 1917 suivi d'un échec au concours de l’École Navale, il fait son service militaire dans un régiment d'aviation à
Strasbourg puis à Casablanca. Suite à un accident d'avion en 1923 il est démobilisé et ne se remet à voler qu'en 1926
pour effectuer le transport du courrier entre Toulouse et Dakar ; c'est à ce moment qu'il publie son premier livre,
"L'Aviateur". Suivent "Courrier sud", "Vol de nuit" et surtout "Terre des hommes" (récompensé par le prix de
l'Académie Française en 1939), ouvrages qui relatent la vie de Saint-Exupéry, ses vols et ses rencontres avec les
hommes. Jusqu'en 1939 Antoine De Saint-Exupéry effectue de très nombreuses liaisons pour l'Aéropostale où il a
rencontré Jean Mermoz et Henri Guillaumet. Pendant la seconde Guerre Mondiale il cherche à s'engager pour piloter un
avion de combat moderne aux côtés des Alliés. De nombreux accidents et sa mauvaise santé le font mettre "en réserve
de commandement". On lui confie des missions mineures d'inspection aérienne et de cartographie en vue du
débarquement en Provence. C'est au cours d'une de ces missions, le 31 juillet 1944, que son avion disparaît au-dessus de
la Méditerranée. Saint-Exupéry est reconnu "Mort pour la France". Un an plus tôt est paru "Le Petit Prince", son œuvre
la plus connue, un conte poétique et philosophique. Le narrateur est un aviateur en panne dans le Sahara : il va
rencontrer un petit prince qui s'interroge sur l'absurdité du monde des adultes.
1581 300 éditions et 145 millions de copies vendues.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 190


B. Lecture du texte :

Après la lecture du texte par les élèves, en procédant comme d'habitude, avec explications « en
direct » au moment où elles sont nécessaires, on pourra faire écouter la version dite par Gérard
Philipe et Georges Poujouly159. Cette audition, fragmentée pour s'assurer de l'écoute de tous,
permettra par ailleurs de compléter l'espace entre les deux extraits présentés dans le manuel
(chapitres II et V).

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire avec expression, en nous aidant de la ponctuation :
— Mais… / qu'est-ce que tu fais là ? //
Et il me répéta alors, / tout doucement, / comme une chose très sérieuse : /
— S'il vous plaît... / dessine-moi un mouton... //

Procéder comme d'habitude. Reprendre l'interprétation de l'utilisation des points de suspension


selon le contexte.

B. Lexique :
Nous expliquons :
mille (nom masculin) : unité de longueur valant 1852 mètres dans les airs.
considérer (verbe) : regarder avec attention.
égarer (verbe) : perdre.
stylographe (nom masculin) : stylo.

Procéder comme d'habitude.


Le verbe égarer est employé au participe passé dans le texte, il conviendra de le faire remplacer
dans la proposition du texte et de faire remarquer que le verbe « perdre » devient « perdu » alors
que le verbe « égarer » se prononce toujours [egɑre] tout en changeant d'orthographe. Parler de
participe passé, même si le passé composé n'a pas encore été étudié en grammaire. C'est en rendant
la grammaire « habituelle » et quotidienne que les élèves prendront conscience de son importance
de son étude.
L'abréviation « stylo » pour « stylographe » sera repris dans les exercices de vocabulaire. La
préparer en employant à plusieurs reprises les termes « abrégé » et « abréviation ».
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Quel est le but de l'aviateur ? Et celui du petit bonhomme ?
- Relevons tout ce qui surprend l'aviateur et expliquons pourquoi.

Le rapprochement entre les employés des services techniques ou de la bibliothèque contraints par
leur travail à se dépêcher et l'aviateur dont la vie sensu stricto dépend de son travail sera peut-être
fait par les élèves eux-mêmes. Sinon, l'enseignant s'emploiera à le leur faire découvrir.

159 Téléchargeable gratuitement sur Deezer. Attention, cette version ne reprend pas intégralement le texte du livre.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 191


Lors de la deuxième question, les enfants les plus terre-à-terre s'étonneront certainement autant
que l'aviateur de la présence de cet enfant en bonne santé en plein désert « à mille milles de toute
terre habitée ». Les plus créatifs de leurs camarades sauront sans doute seuls leur faire comprendre
qu'ils lisent un conte poétique et qu'il ne faut pas y chercher plus de réalité que lorsqu'on lit Le Petit
Poucet ou Le Roman de Renart.

D. Exercices :
Nous trouvons les verbes dérivés des noms suivants :
réparer, une … - apparaître, une … - finir, une … - habiter, une … - inventer, une … -
décrire, une … - hésiter, une … - démolir, une … - agir, une ...
Nous cherchons l'abréviation qui s'emploie de nos jours : un stylographe – un
vélocipède – une motocyclette – un métropolitain – un autobus – une photographie –
une télévision – un pneumatique – le foot

Deuxième exercice sur le suffixe -tion. La répétition fixe la notion, disaient nos collègues du
temps jadis !… Elle permet de sécuriser les élèves les moins rapides, elle oblige ceux qui
papillonnent à se concentrer et à revenir sur leurs acquis, elle amène les plus performants à chercher
toujours un peu plus loin. On pourra ramener ces derniers à la page 110 et leur faire retrouver les
noms en « tion » qu'ils avaient alors découverts.
L'exercice sur les abréviations amusera sans doute les élèves qui chercheront peut-être d'autres
mots plus ou moins familiers qu'on emploie couramment dans leur forme abrégée tant et si bien
qu'on a parfois oublié qu'elle n'est pas la forme d'origine (frigo – ado – hand – basket – auto - …).

E. Expression :
Nous décrivons le Petit Prince tel que l'aviateur l'a dessiné.

Selon le niveau de la classe, l'exercice sera fait en autonomie, individuellement, ou au tableau,


collectivement, ce qui permettra à l'enseignant d'apprendre aux élèves à organiser leur
description plutôt que de s'attacher aux détails de manière désordonnée.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 192


Le Petit Prince (2)
C'est tout à fait comme ça que je le voulais.

1. Lecture :
• Texte : Suite du texte précédent. Les illustrations sont indispensables à la compréhension de ce
texte dialogué qui pourra être joué par les enfants.
• Mots difficiles : indulgence.
• Connaissance du code ; décodage : lire avec expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Pour une fois, elles ne seront pas observées avant la lecture mais « lues » au même titre que le
texte, en cours de lecture.

B. Lecture du texte :

Lecture dialoguée, à trois. Le texte est très court et présente peu de difficultés. Après une
première lecture d'une image à la suivante plutôt que paragraphe par paragraphe, dialoguée, elle
aussi, l'enseignant pourra faire lire successivement plusieurs « triplettes » d'élèves d'un bout à l'autre
de l'extrait.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire avec expression, en nous aidant de la ponctuation :
— C'est tout à fait comme ça que je le voulais ! // Crois-tu qu'il faille beaucoup d'herbe
à ce mouton ? //
— Pourquoi ? //
— Parce que chez moi c'est tout petit... //
Comme d'habitude. Insister sur la différence d'intonation selon le point (interrogation ou
exclamation).
B. Lexique :
Nous expliquons :
indulgence (nom féminin) : caractère de ce qui n'est pas sévère.
Comme d'habitude. On fera trouver plusieurs situations de la vie courante où l'un des
protagonistes fait preuve d'indulgence envers les autres acteurs de la scène.
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- À quoi voit-on que l'aviateur est pressé d'en finir avec ses dessins ?
- Le mouton de la caisse est celui que le Petit Prince préfère. Pourquoi ?

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 193


La première question est fermée. Les élèves penseront peut-être à relire des portions du texte.
Sinon, le leur suggérer.
La seconde est au contraire très ouverte et doit permettre aux élèves d'avancer de nombreuses
hypothèses avant d'en venir à la conclusion générale que ce mouton est le préféré parce qu'il est le
fruit de l'imagination du Petit Prince lui-même.

D. Exercices :
Nous trouvons les adjectifs grâce auxquels on a construit les adverbes suivants :
attentivement, il est … - gentiment, il est … - sûrement, il est … - justement, il est … -
joyeusement, il est … - légèrement, il est … - lentement, il est … - certainement, il est …
- vraiment, il est … - patiemment, il est …
Nous trouvons l'infinitif des verbes suivants : je refis mon dessin – il fut refusé –
je fus surpris – qu'il faille beaucoup d'herbe – je fis la connaissance

Si les élèves connaissent déjà très certainement le terme « adjectif », il n'en est pas forcément de
même pour celui d' « adverbe ». L'enseignant pourra au choix l'expliciter ou non. Cette explicitation
sera mieux venue après l'exécution de l'exercice grâce à la connaissance intuitive qu'on les enfants
de la construction de l'adverbe à partir d'un adjectif qualificatif. Il suffira alors de demander aux
élèves ce que signifient les mots « attentivement, gentiment, sûrement, ... » pour que, par déduction,
ils puissent expliquer que ces adverbes servent à dire « de quelle manière » l'action est réalisée.
Ceci n'est pas une leçon, mais une première approche, il y en aura bien d'autres avant que les élèves
soient considérés comme capables de définir cette nature de mots.
L'exercice suivant a déjà été pratiqué en début d'année ; on notera cependant que la consigne a
évolué et que, désormais, on estime les élèves capables de trouver seul l'infinitif d'un verbe
conjugué alors que précédemment nous demandions juste qu'ils associent les infinitifs proposés aux
formes verbales données. Profitons-en pour rappeler qu'il s'agit bien de tous les élèves et non de
ceux qui, ayant la réponse, lèveraient le doigt : le tour de rôle, instauré en début d'année, doit être
poursuivi, dans toutes les matières si possible. L'enseignant, sollicitant ou non la collaboration des
autres élèves, aidera l'élève en difficulté afin qu'il réussisse à son tour l'exercice demandé mais, en
aucun cas160, il ne le laissera s'extraire des activités collectives de recherche.

E. Expression :
Nous décrivons l'un des trois moutons de manière à ce que nos camarades
puissent le reconnaître.

On pourra sans doute, grâce à la description réalisée lors de l'épisode précédent, laisser les élèves
réaliser seuls cet exercice. L'enseignant est seul juge de cette possibilité.

160 Sauf celui de l'élève lourdement handicapé « en inclusion » dans la classe pour lequel l'objectif visé par l'exercice
serait incompatible avec les conséquences de ses troubles.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 194


Le Petit Prince (3)
Les épines, à quoi servent-elles ?

1. Lecture :
• Texte : Ce texte, qui semble être la suite du précédent, se situe en réalité trois chapitres plus loin.
Entre temps, l'aviateur aura appris d'où vient le Petit Prince 161 et la vie qu'il y menait. L'enseignant
pourra résumer tout cela rapidement, en s'aidant des illustrations de l'auteur, le proposer en lecture
offerte ou encore, le faire écouter en choisissant une version intégrale ou la version résumée que
nous avons évoquée précédemment.
Les textes d'observation géographique et scientifique de ce chapitre (Vivre au Sahara – Le sable,
les dunes) pourront être lus et étudiés, pendant le temps consacré à la lecture ou pendant celui
dévolu au domaine Questionner le Monde juste après cet extrait du livre d'Antoine de Saint-
Exupéry.
• Mots difficiles : à voir en classe, en cours de lecture.
• Connaissance du code ; décodage : pas d'exercice spécifique.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :


L'illustration ne sera pas déflorée avant que les élèves aient lu le texte qui éclaire sa présence.

B. Lecture du texte et réflexion :


Le texte est proposé à la lecture cursive, sans exploitation ultérieure. L'enseignant encouragera
donc le dialogue et le débat entre élèves afin de dégager l'essentiel du texte après la lecture de
chacune des parties. Il pourra par exemple orienter la discussion vers162 :
Partie 1. : l'humeur de l'aviateur ; l'insistance du petit prince.
Partie 2. : la dégradation de l'humeur de l'aviateur ; hypothèses sur le sens du « oh ! » du petit
prince.
Partie 3. : les raisons de la réponse très agressives de l'aviateur ; la naïveté du petit prince qui ne
semble pas voir à quel point l'aviateur est préoccupé.
Partie 4. : la confrontation entre les deux personnages, l'incompréhension du petit prince, sa
colère.

161 L'astéroïde B612.


162 Sachant qu'il n'est bien entendu pas question de réaliser le programme de philosophie de Terminale L au CE1 ! Les
enfants donneront un avis, l'enseignant les aidera à sérier leurs réponses, à s'écouter les uns les autres, à admettre les
réponses des autres, à ne pas émettre de jugement définitif et, pour certains, à supporter l'idée que leur jeune âge leur
donne une vision tronquée du monde, de la vie et de ses obligations matérielles.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 195


Partie 5. : Les actions qui paraissent importantes au petit prince (respirer les fleurs, regarder les
étoiles, aimer ce qui l'entoure) et celle qui préoccupe l'homme sérieux ; le qualificatif de
« champignon ».
Partie 6. : L'argumentation du petit prince, l'importance qu'elle revêt à ses yeux.
Partie 7. : L'existence d'une fleur qui semble beaucoup lui importer, son caractère unique.
Partie 8. :La réaction de l'aviateur, ses promesses, leur peu de poids face à la tristesse du petit
prince.
L'enseignant pourra rassurer les élèves en leur expliquant que le petit prince va se consoler en
racontant à l'aviateur qui est cette fleur, pourquoi il l'a quittée, en quoi, malgré le grand nombre de
fleurs de la même variété, elle est et restera unique pour le Petit Prince.
Il pourra ensuite résumer le reste du roman, les encourager à écouter le texte résumé proposé par
le disque enregistré par G. Philipe et insister auprès des élèves pour qu'ils apprennent à faire la
différence entre une interprétation s'inspirant, parfois très librement, du texte original et sa
transcription fidèle, sans condamner pour cela l’œuvre cinématographique mais en permettant aux
élèves de remettre tout cela dans l'ordre163.

163 En Primaire, nous nous heurtons souvent à cette inversion des droits de création : pour nos élèves, le « vrai » Petit
Prince est celui du film d'animation de Mark Osborne, sorti en 2015, et non celui de Saint-Exupéry, le titre de « vraie »
Reine des Neiges est attribué au film des studios Walt Disney et non à l’œuvre de H.C. Andersen, etc. Si l'enseignant ne
combat pas cela dès la maternelle et jusqu'au CM2, il prive certains de ses élèves d'égalité des chances avec ceux d'entre
eux dont la famille se charge de rendre à César ce qui lui appartient.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 196


Enfants et adultes en poésies

1. Lecture :
• Textes : Une chanson d'Anne Sylvestre164 et trois poèmes, le premier de Maurice Carême 165, le
deuxième d'Eugène Guillevic166 et le dernier de Guillaume Apollinaire 167. Ils ont en commun de
présenter des activités d'adultes, telles que les verrait un enfant.
• Mots difficiles : Selon les classes et leurs élèves.
• Connaissance du code ; décodage : pas d'exercice spécifique.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Après la lecture des quatre poèmes on fera observer aux élèves la Grande Parade sur Fond
Rouge, de Fernand Léger168 dans laquelle l'artiste s’emploie à représenter les hommes dans leur
fraternité laborieuse et joyeuse. Dans une série consacrée aux loisirs et notamment au cirque, le
peintre représente clowns, équilibristes, écuyères... animant l’espace dans une totale allégresse et la
couverture du disque d'Anne Sylvestre composée volontairement par le graphiste (?) dans un style
enfantin propre à faire croire aux élèves qu'il s'agit de dessins d'enfants.

B. Lecture des textes et réflexion :

1) Dans ma fusée, d'Anne Sylvestre est très simple. Chaque élève lira une strophe et le débat
portera sur la vision de l'espace vu par l'enfant et sur le brutal retour à la réalité infligé par son père.
On pourra faire écouter la chanson qu'on trouve facilement en écoute gratuite sur internet.

2) Pêcheur de crevettes, très court, sera aussi lu strophe par strophe avant d'être relu en entier

164 Anne Sylvestre, de son vrai nom Anne-Marie Beugras, née le 20 juin 1934 à Lyon, est une chanteuse française,
auteur-compositrice-interprète. Amoureuse des mots et des belles mélodies, tant pour les enfants que pour les adultes,
Anne Sylvestre est, à l'instar de Barbara ou de Juliette Gréco, une grande dame de la chanson française. Elle reçoit le
prix de l’Académie de la chanson française en 1960 et, entre 1963 et 1967, elle remporte quatre fois le grand prix
international du disque de l’académie Charles Cros.
165 Voir Module 1.
166 Voir Module 1.
167 Wilhelm Apollinaris de Kostrowitski dit Guillaume Apollinaire (25/08/1880 ; 09/11/1918). Guillaume
Apollinaire, grand poète du XXe siècle, participe aux révolutions littéraires et esthétiques de son époque. Défenseur de
l'art moderne et conteur, il est l'inventeur du mot "surréalisme" et ouvre une nouvelle voie poétique.
168 Fernand Léger (1881 - 1955). Après avoir étudié pendant deux ans l’architecture à Caen, il se rend à Paris pour
entrer à l’école des Arts Décoratifs. Il se lie d’amitié avec Robert Delaunay et participe à la première exposition cubiste
en 1911. Mobilisé durant la Guerre 1914 - 1918, il exécute des croquis pris sur le vif. De retour à la vie civile, fasciné
par la civilisation industrielle, il intègre l’homme dans son univers mécanique. Il s’intéresse aux objets, inscrits dans de
vigoureuses constructions géométriques et provoquant de surprenantes rencontres (La Joconde aux clés, 1930). Réfugié
aux Etats-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, il entreprend à son retour de grandes peintures d’inspiration
populaire sur les thèmes des constructeurs et des loisirs. De retour en France, il adhère au Parti Communiste et tente
d’affronter la réalité sociale et humaine.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 197


par quelques élèves. On veillera à entraîner les élèves dans une critique de cette vision idyllique du
métier de pêcheur à pied, sans doute bien moins amusant que ce qu'en dit l'auteur.

3) Le menuisier, d'Eugène Guillevic montre aussi un menuisier ravi de son métier, s'amusant à
assembler les planches comme d'autres assemblent les mots. Chaque élève lira une strophe en
faisant en sorte qu'on voie réellement ce menuisier avancer son ouvrage geste après geste. L'élève
qui lira la dernière strophe pourra être placé ailleurs dans la classe de manière à ce qu'on se rende
compte qu'il s'agit d'un autre point de vue. Cette poésie pourra aussi être théatralisée : un élève sera
le menuisier et mimera ses actions, lues par un narrateur, le poète, occupé à écrire, interviendra lui-
même pour dire la dernière strophe.

4) Les saltimbanques, de Guillaume Apollinaire, après la lecture expliquée de chaque strophe,


pourra être rapproché, par les enfants si possible, de l'histoire de Rémi, acheté par le signor Vitalis
et emmené sur les routes pour jouer dans sa troupe d'animaux. On rappellera l'histoire, on
comparera le vol des fruits à celui du verre de vin commis par Joli-Cœur.
On trouve ce poème, chanté par Yves Montand, sur Youtube. À écouter avant pour juger si l'effet
d'une musique un peu désuète ne risque pas de provoquer l'hilarité… On le trouve aussi, plus sobre,
dit par Fernand Ledoux.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 198


Les lutins et le cordonnier (1)
Un cordonnier bien malheureux

1. Lecture :
• Texte : Un conte de Grimm qui s'éloigne du thème des relations entre enfants et adultes pour se
rapprocher du thème des responsabilités des adultes : s'organiser pour gagner sa vie. Ici, les enfants
sont remplacés par des lutins bienfaisants qui utilisent des pouvoirs magiques pour fabriquer ce
qu'un être humain n'obtient qu'à la sueur de son front et s'éloignent dès qu'on leur a fait plaisir.
Quelques références religieuses seront à resituer dans le contexte de l'époque des frères Grimm,
lorsque la religion dominait largement la vie des Européens tant et si bien qu'il était inconcevable de
se coucher sans avoir fait ses prières. Encore une occasion de croiser littérature et EMC, avec
délicatesse et sans prosélytisme, afin de respecter la laïcité.
• Mots difficiles : établi ; au surplus (d'autres mots ou expressions peu courants seront expliqués
par les élèves eux-mêmes grâce au contexte).
• Connaissance du code ; décodage : lire avec expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Procéder comme d'habitude.

B. Lecture du texte :

Lecture paragraphe par paragraphe avec relecture immédiate par un deuxième élève afin d'affiner
l'intonation, juste après les explications et reformulations des élèves et de l'enseignant. On
s'attachera à enrichir le vocabulaire des élèves de toutes ces formes verbales au passé simple (et à
l'imparfait du subjonctif) qui, fréquentées de manière courante dès le cycle 2, deviennent simples à
systématiser et à mémoriser dès la première année du cycle 3.
La multiplication des paires de chaussures pourra donner lieu à un exercice de calcul mental sur
les puissances de 2, juste pour le plaisir des jeunes « matheux » qui préfèrent les calculs aux contes
à dormir debout !

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire avec expression, en nous aidant de la ponctuation :
Et comme par la suite, / il en alla toujours de même / et que ce qu'il avait coupé le soir
se trouvait fait le lendemain matin, / le cordonnier se trouva non seulement tiré de la
misère, / mais bientôt dans une confortable aisance / qui touchait presque à la

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 199


richesse.//
Comme d'habitude. Faire remarquer que la conjonction de coordination 169 et le pronom relatif
permettent comme la virgule de « séparer les groupes de mots qui vont ensemble » en en
« ponctuant » un et en en introduisant un autre.
B. Lexique :
Nous expliquons :
établi (nom masculin) : table de travail utilisée par certains artisans.
au surplus (expression) : de plus, mais aussi.
Comme d'habitude. Faire trouver quels artisans utilisent un établi.
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Expliquons : il alla se coucher, l'âme en paix et la conscience en repos ; un chef-
d’œuvre ; il se trouva dans une confortable aisance.
- Formulons des hypothèses : qui peut bien faire le travail à la place du cordonnier ?

La définition de l'âme et de la conscience resteront très succinctes 170. Toutes les hypothèses
seront recevables pour la deuxième question : nous ne sommes pas dans un jeu-concours où gagnec
celui qui connaît déjà le conte mais dans un moment où il s'agit de faire travailler son imagination
sans jugement de valeur.

D. Exercices :

Nous trouvons des noms de la famille des noms de métiers suivants :


Le cordonnier et la … travaillent dans une … . - Le boucher et la … travaillent dans une
… . - Le pâtissier et la … travaillent dans une … . - Le boulanger et la … travaillent dans
une … . - Le bijoutier et la … travaillent dans une … . - Le charcutier et la … travaillent
dans une … . - Le plombier fait de la … . - Le charpentier construit et répare des … . - Le
pompier utilise une … pour … l'eau qu'il envoie sur le feu. - Le chevalier … un … pour
aller à la guerre.
Nous trouvons l'infinitif des verbes suivants : il y eût – il fut étonné – il vit les
souliers – il prit les chaussures – il put acheter
Nous conjuguons comme le modèle :
examiner, il examina – rester, il … - acheter, il … - couper, il … - trouver, il …

Le premier exercice est connu des élèves, il vise à assurer la connaissance des suffixes qui
permettent de transformer un mot de base pour lui associer d'autres mots selon des règles de
dérivation précises qui seront étudiées une à une dans les classes supérieures. Ici, ces règles sont
utilisées de manière intuitive dans un univers balisé où l'erreur est quasiment impossible. Cela
169 On peut employer le terme si on ne demande pas aux élèves d'apprendre déjà par cœur la liste des conjonctions
ainsi que leur rôle dans la phrase. Les élèves aiment les mots, ils apprécient de pouvoir les nommer et classer . Ils
entendront le terme, tout comme ils entendront celui de pronom relatif, ils le relieront à des mots précis et se prépareront
ainsi à savoir le définir quand le temps en sera venu.
170 Pour l'âme, on pourra parler d'esprit, c'est-à-dire de ce qui dans l'être humain n'est pas le corps, tout ce qui permet
de penser et de sentir les choses ; pour la conscience, on évoquera l'idée qu'on se fait de ce qui est bien et de ce qui est
mal et du jugement de ses propres actes. On pourra, si les élèves connaissent le dessin animé « Pinocchio » rapprocher
cette conscience de Jiminy Criquet qui joue ce rôle chez un pantin de bois qui n'a pas d'âme.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 200


évitera bien des déboires plus tard et évitera que nos élèves parlent de « bravitude » ou de
« mairerie » à l'âge adulte !
Les deux exercices suivants sont aussi des exercices de préparation du futur de nos élèves, sans
précipitation ni volonté de faire du bourrage de crâne ; nous cherchons juste à profiter de cet intérêt
pour les mots et les contes pour commencer une analyse très succincte des bizarreries des temps
rares ne s'employant qu'à l'écrit. Cette analyse peut déjà aboutir sur un exercice dans un univers
clairement balisé, celui des verbes du 1er groupe au passé simple, à la 3e personne du singulier et du
pluriel. En procédant par imitation, les élèves ne peuvent pas se tromper ; on leur fera toutefois bien
remarquer que ce sont des « verbes en -er » et que ce qui fonctionne pour eux171 ne fonctionne pour
aucun des verbes de l'exercice précédent.

E. Expression :
Nous dessinons un paire de chaussures et nous la décrivons.
On peut aussi choisir de trouver une illustration montrant une paire de chaussures extraordinaire
et la donner comme modèle à décrire.

171 Ajouter -a et -èrent au radical du verbe.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 201


Les lutins et le cordonnier (2)
Les lutins récompensés

1. Lecture :
• Texte : Suite du texte précédent. On y retrouvera les mêmes difficultés et les mêmes explications à
susciter.
• Mots difficiles : prestesse ; dandy (d'autres mots ou expressions peu courants seront expliqués par
les élèves eux-mêmes grâce au contexte).
• Connaissance du code ; décodage : lire avec expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Comme d'habitude.

B. Lecture du texte :

Procéder de la même manière que pour la première partie. La relecture totale du texte sera faite
en lisant les deux parties successivement si le temps nécessaire peut être dégager. On peut envisager
un échange avec une classe de Grande Section ou de CP.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire avec expression, le paragraphe 2,en nous aidant de la
ponctuation.
Comme d'habitude. Les élèves pourront se servir d'un petit bâtonnet (allumette sans pointe, par
exemple) qui leur permettra d'avancer de point de repère en point de repère. Ne pas négliger le sens
du texte et transformer nos élèves en « robots à lire » qui n'ont aucune idée de ce qu'ils lisent et
réagissent mécaniquement à des stimuli visuels vides de raison d'être.
B. Lexique :
Nous expliquons :
prestesse (nom féminin) : grande facilité, rapidité.
dandy (nom masculin) : homme élégant qui soigne son apparence et ses manières.
Procéder comme d'habitude.
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Expliquons : prestement ; un chef-d’œuvre ; nous devrions leur montrer notre
reconnaissance.
- Discutons : est-ce dommage que les lutins ne soient jamais revenus ? Pourquoi ?

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 202


Le premier exercice demandera peut-être de revenir au texte. Les mots seront réutilisés dans des
contextes différents pour s'assurer de leur compréhension.
La discussion pourra être animée. Le rôle de l'enseignant est de réguler la parole en sollicitant les
moins intéressés le plus souvent possible, d'empêcher les « prises de pouvoir » de certains, de faire
appel à la raison et au recul. Il rappellera qu'il s'agit de lutins, n'ayant pas les mêmes codes que
nous, et que leur manque de reconnaissance apparent est tempéré par ce que nous disent les
auteurs : « mais pour le cordonnier tout alla bien jusqu'à son dernier jour, et tout lui réussit dans ses
activités comme dans ses entreprises. », ce qui semble prouver que les lutins sont toujours là, même
s'ils n'agissent plus dans la cordonnerie-même.

D. Exercices :
Nous trouvons l'infinitif des verbes suivants : elle en fut heureuse – ils se mirent
à coudre – nous devrions les remercier – ils eurent leurs cadeaux
Nous conjuguons comme le modèle :
aller, ils allèrent – arriver, ils … - trouver, ils … - marquer, ils … - tarder, ils … - danser,
ils … - chanter, ils … - remercier, ils …

Mêmes objectifs que pour les exercices proposés dans la première partie du conte. Même façon
de les aborder et de les compléter d'explications et de réflexion.

E. Expression :
Nous racontons l'histoire en quelques phrases.
L'exercice de résumé a encore été très peu pratiqué. Il sera peut-être plus « rentable » de le
pratiquer avec le groupe-classe, au tableau, quitte à solliciter énormément les élèves sur
l'orthographe172 des mots qu'on utilise : c'est en voyant leur enseignant se préoccuper de
l'orthographe à tous moments, quotidiennement, que les élèves comprendront son importance et
fourniront les efforts nécessaires pour réaliser le même exploit !

172 Orthographe lexicale et surtout grammaticale : s'il est encore normal que des élèves écrivant le français depuis
moins de deux années scolaires se trompent encore très souvent dans la jungle des doubles consonnes et autres
particularités orthographiques (an/en – in/ain/ein/yn/ym – ê/è ai/ei/es/est/e - …), il est inacceptable que les marques
grammaticales simples (s du pluriel, e du féminin, terminaisons des verbes étudiés) ne soient pas systématiquement
écrites au moins après demande de réflexion de la part de l'enseignant. Attention aux écritures du premier jet truffées de
fautes « parce que pour le moment, il faut se concentrer sur le sens » : ce sont elles qui provoquent cette difficulté
durable à utiliser les morphèmes grammaticaux comme marques du sens à part entière.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 203


Histoire : Enfants et adultes au Moyen Âge

1. Lecture :
• Texte : Un texte clair et informatif sur l'enfance au Moyen-Âge. Tiré d'un site web pour enfants, il
ne présente pas de difficultés. Le contexte religieux est à nouveau évoqué, dans le cadre de l'Europe
de l'époque. L'ouverture culturelle habituelle depuis le début de ce manuel aidera l'enseignant à
présenter les faits de manière objective sans jugement de valeur inapproprié compte-tenu de
l'époque.
• Mots difficiles : Selon les classes, il pourra être utile d'expliquer certains mots ou expression.
Penser à habituer les élèves à chercher seuls en s'aidant du contexte en les aiguillant au besoin (mots
de la même famille, logique du propos, etc.), ne pas hésiter à recourir soi-même au dictionnaire
pour donner une définition précise du mot pour confirmer l'explication trouvée par les élèves.
• Connaissance du code ; décodage : lire avec expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Comme d'habitude. Expliquer le terme enluminure déjà rencontré dans le chapitre consacré aux
chiens. Une illustration montrant un atelier de moines copistes pourra aider à faire comprendre
comment les livres étaient reproduits et diffusés il y a de cela cinq à quinze siècles.

B. Lecture du texte :

On situera l'époque sur une frise chronologique avant de commencer la lecture, particulièrement
dans les classes où l'on ne pratique pas l'enseignement par l'image de l'histoire de la Préhistoire au
XXe siècle depuis la GS.
Lecture paragraphe par paragraphe, entrecoupée d'explications et de reformulations. Interdire les
jugements de valeur et aider les élèves à comprendre pourquoi on le fait. Ne pas entrer non plus
dans un apitoiement de façade devant des faits qui, à l'époque, semblait normal à tous ; expliquer
combien il a fallu des siècles de réflexions, de recherches, de progrès techniques et scientifiques, de
régressions parfois, d'écrits et de diffusion de ces écrits pour, peu à peu, en arriver à la société que
nous connaissons aujourd'hui, dans le pays où nous vivons.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 204


Géographie : Vivre au Sahara

1. Lecture :
• Texte : Texte documentaire inspiré par une encyclopédie pour enfants. Il sera intéressant de le lire
juste après la lecture de l'extrait du Petit Prince afin d'en expliquer les quelques allusions au désert.
• Mots difficiles : selon les classes.
• Connaissance du code ; décodage : lire avec expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Un planisphère affiché devant les élèves les aidera à se situer et à mesurer l'étendue de ce désert
(8 millions de km², dont 20 % de désert de sable, soit plus de trois fois celle de la France
métropolitaine).
Les photos seront observées et commentées en cours de lecture avant ou après avoir lu le
paragraphe auquel chacune d'elle est rattachée.

B. Lecture du texte :

Lecture paragraphe par paragraphe entrecoupée d'explications et de commentaires. Interdire tout


jugement de valeur et rappeler qu'à situation différente, solution différente. Une vie sédentaire dans
un lieu où l'eau est rare est l'assurance d'une mort rapide, la solution du nomadisme est bien mieux
adaptée aux conditions climatiques. Expliquer que les enfants sont de plus en plus souvent
scolarisés même si d'immenses efforts restent encore à faire dans ce domaine.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 205


Observation : Le sable, les dunes.

1. Lecture :
• Texte : Une leçon de choses à la fois pratique et documentaire qui amènera les élèves à lire pour
exécuter les expériences proposées à leur sagacité. C'est en lisant, avec leur enseignant, des textes
injonctifs et en répondant aux questions posées que les élèves acquerront les compétences du Socle
liées à la lecture173. L'enfant, comme l'adulte, n'aime pas travailler à vide et faire semblant
d'apprendre. Les compétences indispensables à la pratique intelligente de la lecture s'acquièrent en
lisant, « pour de vrai » des textes variés, avec l'aide d'un lecteur-expert qui guide les apprentis-
lecteurs et les aide à mobiliser et affiner les diverses compétences aux moments où elles sont utiles.
• Mots difficiles : Selon les classes.
• Connaissance du code ; décodage : lire avec expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations et lecture du texte :

Comme d'habitude. On alternera lectures, observations d'images, expérimentations et


explications. L'enseignant aura peut-être intérêt à se documenter sommairement sur la fabrication
du mortier et du béton174 ainsi que sur celle du verre 175. La possibilité de recycler le verre, qui sera
sans doute évoquée par certains élèves, ainsi que les procédés de filtration de l'eau grâce au sable
permettra de traiter par la même occasion quelques aspects du programme de sciences liés au
développement durable.

173 Dans le cas présent, pour le Palier 1 : Lire seul et comprendre un énoncé, une consigne simple.
174 Le béton est un assemblage de matériaux de nature généralement minérale. Il met en présence des matières inertes,
appelées granulats ou agrégats (graviers, sables, etc.), et un liant (ciment, bitume, argile), c'est-à-dire une matière
susceptible d'en agglomérer d'autres ainsi que des adjuvants qui modifient les propriétés physiques et chimiques du
mélange. Mêlés à de l'eau, on obtient une pâte, à l'homogénéité variable, qui peut selon le matériau, être moulée en
atelier (pierre artificielle), ou coulée sur chantier. Le béton fait alors « prise », c'est-à-dire qu'il se solidifie. Lorsque
l'argile est employée, on parle traditionnellement de « pisé », de « torchis » ou, plus récemment, de « béton de terre1 »,
probablement le plus ancien de tous les bétons. Lorsque le ciment est employé comme liant, on obtient un « béton de
ciment ». Lorsque les granulats utilisés avec le liant hydraulique se réduisent à des sables, on parle alors de mortier. On
peut largement optimiser la courbe granulaire du sable, auquel cas on parlera de « béton de sable ». Dans le langage
courant, béton, sans précision, désigne le béton de ciment.
175 L'élément de base du verre est le sable, ou plus exactement la silice fondue. D'ailleurs, on trouve du verre "naturel"
qui se forme lors d'éruptions volcaniques. L'obsidienne, une roche noire et coupante, en est un exemple bien connu. Le
problème, c'est que la silice fond à une température très élevée (1 750°C environ). Pour faire baisser cette limite, on
ajoute donc des "fondants", comme la soude, la potasse ou la chaux. Les ingrédients sont ensuite mélangés à de l'eau et
du calcin (débris de verre recyclé) selon des proportions très précises. On enfourne le tout dans un four à 1 550°C en
moyenne ; c'est l'une des températures les plus élevées dans l'industrie.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 206


9. Tous uniques ! Tous exceptionnels !

1. Lecture :
• Texte : Le prétexte du Carnaval va donner l'occasion aux élèves de découvrir quelques héros de la
littérature enfantine. Si certains, très connus des enfants, sont déjà cités dès ce texte-ci, les autres
apparaîtront au cours des pages, dans des extraits souvent courts, propres à susciter l'intérêt des
élèves vers une lecture plus approfondie des œuvres dont ils sont tirés.
• Mots difficiles : littérature ; attrait ; mythologie.
• Connaissance du code ; décodage : lire avec expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Pas d'illustration pour ce texte.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire avec expression, le paragraphe 1, en nous aidant de la
ponctuation.

On encouragera les élèves à théâtraliser la lecture de l'affiche, à la manière des


crieurs d'autrefois ou de M. Loyal, au cirque.
B. Lexique :
Nous expliquons :
littérature (n. fém.) : ensemble des œuvres écrites par des écrivains.
attrait (n. masc.) : qualité de ce qui attire, de ce qui charme.
mythologie (n. fém.) : ensemble des récits et légendes d'un peuple ou d'une civilisation.
Comme d'habitude. Faire employer « attrait » dans une ou plusieurs phrases. Rappeler Ulysse et
les Sirènes lorsqu'on lira l'explication du mot « mythologie ».
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Expliquons : la bibliothèque municipale ; un éventail d'enveloppes ; tirer au sort ; un
extrait de roman ; une notice explicative ; l’œuvre originale.
- Recherchons d'autres noms de héros de romans, contes et bandes dessinées. Lesquels
chacun de nous aimerait recevoir ?
- Dans la partie n° 4, nous ne savons pas qui parle. Imaginons qui est l'auteur de
chaque réplique et complétons le dialogue par : répondit alors ... - interrogea ... -
expliqua … - s'inquiéta …

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 207


La première question a peut-être été traitée en cours de lecture. On y reviendra néanmoins afin
d'aider les élèves plus lents à mémoriser mots et expressions.
La deuxième question pourra donner lieu à une liste écrite qui pourra rendre service aux élèves
indécis lors de l'exercice de rédaction. L'enseignant jugera en fonction de la physionomie de sa
classe de l'opportunité d'opérer une sélection parmi les héros cités par les élèves. Il pourra par
exemple signaler qu'il n'acceptera pas les héros trop violents ou trop grossiers (héros de jeux vidéos
pour adultes, ou certains héros de BD, par exemple) car l'école est là pour donner à tous les élèves
une culture littéraire de qualité et leur montrer autre chose que des personnages construits pour
choquer ou rabaisser.
La dernière est très ouverte et les signes sont suffisamment ténus pour qu'on puisse attribuer
n'importe laquelle de ces reparties à n'importe lequel de nos héros. L'intérêt de l'exercice réside
plutôt dans le placement d'incises à l'intérieur du dialogue, travail qui pose problème à nos élèves
gavés d'audiovisuel qui ont tendance à procéder à l'écrit comme cela se passe à l'oral.
On sait cependant que la première ne peut être dite par Lucas puisque c'est lui qui pose la
question au sujet de Guillaume Tell. Pour les autres, tout est possible, sachant que chaque enfant ne
parle qu'une fois.

D. Exercices :

Nous trouvons des verbes de la même famille et nous les épelons à l'infinitif :
l'offre, offrir – un éventail, … - le défilé, … - la boisson, … - le déguisement, se … - une
explication, … - un extrait, … - une illustration, …
Nous conjuguons comme le modèle :
murmurer, elle murmura – s'enchanter, elle … - s'étonner, elle … - compléter, elle … -
tirer au sort, elle … -s'inquiéter, elle …

Premier exercice simple, l'usage du dictionnaire pourra permettre aux élèves de trouver les
verbes éventer, extraire, éventuellement illustrer ainsi que l'orthographe des verbes boire et
expliquer.
Deuxième exercice devenu habituel désormais.

E. Expression :
Nous choisissons un héros et nous décrivons son costume.

Exercice simple qui pourra, dans la plupart des cas, être demandé en autonomie. Attention à
rester très exigeant sur l'orthographe et sur la ponctuation ; l'idéal est de pouvoir intervenir phrase
après phrase plutôt que de corriger d'un coup un texte de plusieurs lignes. Limiter le travail à quatre
ou cinq phrases.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 208


Riquet à la Houppe (1)
Trois enfants bien différents

1. Lecture :
• Texte176 : Le texte peut sembler difficile a priori, ainsi que les idées qu'il développe. Cependant
une lecture « au premier degré » en est possible si l'enseignant ne cherche pas à tout faire
comprendre aux élèves. Le thème est intéressant, Charles Perrault 177 n'a pas encore eu les honneurs
du manuel et ce conte-ci est moins connu des enfants que Le Petit Poucet, Cendrillon, la Belle au
Bois Dormant ou Peau d'Âne.
On s'attachera surtout à faire suivre les péripéties de l'action aux enfants qui trouveront d'eux-
mêmes les mots pour dire le malaise de la Princesse belle mais stupide et celui de Riquet à la
Houppe, très intelligent mais laid à faire peur.
Si chaque partie est donnée à lire la veille à la maison, penser à avertir les élèves que c'est un
texte long et difficile et qu'ils ne sont pas obligés d'en avoir compris tous les mots.
On n'oubliera pas de rattacher l'histoire au thème du module (tous uniques, tous exceptionnels) et
on fera recenser aux élèves les différents personnages uniques et exceptionnels du conte.
• Mots difficiles : aimable ; spirituel ; appréhender.
• Connaissance du code ; décodage : lire avec expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Comme d'habitude.

B. Lecture du texte :

Les parties étant très longues, il conviendra d'en fractionner la lecture et d'en donner une partie
seulement à chaque élève. Lorsque des phrases sont très longues, après l'élève chargé de la « lecture
découverte », l'enseignant pourra en faire une lecture complémentaire, en séparant nettement les
« groupes de souffle » les uns des autres afin de faire sentir la cohérence à l'intérieur de chaque
groupe, ; il demandera alors à l'élève de relire la phrase en l'aidant à relier entre eux les mots qui
conviennent d'être reliés. Ne pas s'attacher à tout expliquer littéralement ; au contraire, faire résumer

176 Cette présentation concerne les cinq parties du conte.


177 Charles Perrault, né le 12 janvier 1628 à Paris où il est mort le 16 mai 1703, est un homme de lettres français,
célèbre pour ses Contes de ma mère l’Oye. Auteur de textes religieux, chef de file des Modernes dans la Querelle des
Anciens et des Modernes, Charles Perrault est l'un des grands auteurs du XVII e siècle. L'essentiel de son travail consiste
en la collecte et la retranscription de contes issus de la tradition orale française. Il est l'un des formalisateurs du genre
littéraire écrit du conte merveilleux. (Wikipédia)

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 209


chaque paragraphe rapidement, juste pour s'assurer que les élèves ont compris le sens général. Le
vocabulaire « daté » sera expliqué sommairement par un équivalent actuel.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire avec expression, le paragraphe 3, en nous aidant de la
ponctuation, chacun jouant le rôle d'un personnage.
Charger un élève de la lecture des incises, afin de faire ressortir celles-ci, au milieu des propos
des locuteurs.
B. Lexique :
Nous expliquons :
aimable (adj. qual.) : que l'on peut aimer.
spirituel (adj. qual.) : qui a de la vivacité d'esprit, de la finesse et de l'humour.
appréhender (v.) : craindre, redouter.

Comme d'habitude. Les mots « aimable » et « spirituel » reviendront plusieurs fois au cours des
épisodes suivants ; penser à les employer aussi souvent que possible de façon à ce que leur sens
devienne évident aux élèves.
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Expliquons : il ne laisserait pas d'être aimable ; la Reine était affligée ; cela mortifia la
Reine ; leurs perfections crûrent avec elles.
- Lequel des trois enfants exceptionnels risque de choisir Malo. Pourquoi ?

Revenir au texte et faire relire les phrases voisines au besoin pour faciliter l'explication des
expressions en fonction du contexte.
La deuxième question peut paraître évidente mais il convient néanmoins de laisser s'exprimer les
élèves afin qu'ils donnent les raisons de leur choix. S'interdire tout commentaire, dans quelque sens
que ce soit, si toutefois un élève pense que Malo va choisir d'être l'une des princesses ; le laisser
parler et justifier son opinion sans plaquer forcément des réactions d'adultes sur un choix d'enfant.

D. Exercices :

Nous trouvons des verbes de la même famille et nous les épelons à l'infinitif :
laid, enlaidir – beau, … - sage, s'… - rouge, … - jaune, … - grand, … - lent, … - noir, … -
bleu, … - brun, … - lourd, … - bête, …
Nous complétons les phrases grâce à ces mots : esprit – charmé – afflige –
perfection - défauts
Je suis … de faire votre connaissance. - Ce mauvais temps qui persiste nous … . - Elle
fait toujours des remarques pleines d'… . - La … n'existe pas, tout le monde a des … .

Deux exercices désormais habituels pour les élèves. Penser à suivre l'ordre de passage des élèves
et à ne jamais laisser certains élèves, au vocabulaire plus riche et à l'expression plus facile,
monopoliser la parole. C'est ainsi que l'école creuse les écarts bien plus qu'en proposant à tous des

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 210


contenus exigeants.

E. Expression :
Nous inventons et nous racontons une autre bêtise de l'aînée des Princesses.

Travail collectif ou individuel selon la physionomie de la classe.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 211


Riquet à la Houppe (2)
La rencontre

1. Lecture :
• Texte : Voir Riquet à la Houppe (1).
• Mots difficiles : mélancolique ; cela vous plaît à dire et en demeure là ; interdit ; se résoudre.
• Connaissance du code ; décodage : lire avec expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Comme d'habitude.

B. Lecture du texte :

Procéder comme pour le texte précédent : fractionner la lecture, s'attacher au sens général,
expliquer sommairement les expressions datées, aider les élèves à « ponctuer oralement » les
phrases longues en s'appuyant sur le sens, la cohérence à l'intérieur des « groupes de souffle », la
ponctuation.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire avec expression, le paragraphe 4, en nous aidant de la
ponctuation, chacun jouant le rôle d'un personnage.
Même travail que sur le texte précédent. Théâtraliser les répliques et séparer nettement les
incises en les faisant lire par un « narrateur ».
B. Lexique :
Nous expliquons :
mélancolique (adj. qual.) : vaguement triste, maussade.
cela vous plaît à dire et en demeure là (exp.) : c'est simple pour vous de le dire mais je
ne partage par votre opinion.
interdit (adj. qual.): stupéfait, ébahi, très étonné.
se résoudre (v.) : se décider, se résigner.
Comme d'habitude. L'expression « cela vous plaît à dire et en demeure là » est expliquée autant
pour l'enseignant que pour les élèves car son sens est vraiment difficile. Il est bien entendu qu'on ne
demandera pas aux enfants de la retenir.
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Expliquons avec l'aide d'un adulte : Il n’y a rien, Madame, qui marque davantage
qu’on a de l’esprit, que de croire n’en pas avoir, et il est de la nature de ce bien-là, que

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 212


plus on en a, plus on croit en manquer.
- Donnons des exemples de situations où cette phrase est vraie.

L'explication recherchée doit être la plus simple possible. On aidera les élèves au besoin à
l'exprimer : plus on sait de choses et plus on se rend compte qu'il nous reste beaucoup à apprendre,
plus on les comprend et plus on se dit que, finalement, on n'est pas sûr de tout savoir sur la question.
Les exemples seront très terre à terre, tirés de la vie quotidienne des enfants. On pourra leur
demander de se souvenir de leur entrée au CP, de leurs premiers essais à vélo ou dans un club de
sport, de comparer tout cela à ce qu'ils savent désormais et de se projeter dans l'avenir quand ils
seront dans les classes supérieures, puis au collège, au lycée, adultes.

D. Exercices :

Nous remplaçons le mot fort par l'un des mots suivants : robuste – forteresse –
extrêmement – gros - doué
Elle était fort belle mais fort stupide. - Cet haltérophile a été le plus fort de la
compétition. - Djibrill est très fort en mathématiques. - Les assaillants attaquèrent le
fort au lever du soleil. - Cet homme était si fort qu'il ne pouvait s'asseoir sur une
chaise sans risquer de la casser.
Nous trouvons l'infinitif des verbes conjugués suivants et nous les employons
dans une autre phrase : elle ne put s'empêcher – elle vit venir à elle – quoique je
puisse me vanter – qu'il y ait rien – autant qu'on en saurait avoir – que vous n'ayez
autant d'esprit

Expliquer éventuellement l'adjectif « robuste » et le nom « forteresse » avant de commencer le


premier exercice.

E. Expression :
Nous dessinons le portrait de la Princesse et nous le décrivons.
Travail individuel de préférence. Continuer si possible la correction en cours d'écriture, phrase
après phrase.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 213


Riquet à la Houppe (3)
Une année passa…

1. Lecture :
• Texte : Voir Riquet à la Houppe (1).
• Mots difficiles : aisé ; subit ; galante et soutenue ; guenon ; ouïr.
• Connaissance du code ; décodage : lire avec expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Comme d'habitude.

B. Lecture du texte :

Procéder comme pour les textes précédents : fractionner la lecture, s'attacher au sens général,
expliquer sommairement les expressions datées, aider les élèves à « ponctuer oralement » les
phrases longues en s'appuyant sur le sens, la cohérence à l'intérieur des « groupes de souffle », la
ponctuation.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire avec expression, le paragraphe 2, en nous aidant de la
ponctuation.
Ce paragraphe est constitué de phrases très longues, sans forcément de ponctuation séparant les
« groupes de souffle ». L'idéal sera de l'écrire au tableau et de le lire soi-même à voix haute devant
les enfants en faisant des pauses longues entre les différentes unités de sens 178, avant de demander à
plusieurs élèves de relire la phrase au tableau, aidés par un baguette qui suit les lignes et s'arrête aux
moments opportuns.
B. Lexique :
Nous expliquons :
aisé (adj. qual.) : facile.
subit (adj. qual.) : soudain, brusque, imprévu.
galante et soutenue (adj. qual.) : charmante et recherchée.
guenon (n. fém.): femelle du singe.
ouïr (v.) : entendre.
Comme d'habitude.
C. Réflexion :

178 On expliquer chacune de ces unités de sens sommairement pour que les élèves, comprenant ce qu'ils disent, lisent
avec intelligence.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 214


Nous réfléchissons :
- Expliquons avec l'aide d'un adulte : Comme plus on a d’esprit et plus on a de peine à
prendre une ferme résolution, elle demanda, après avoir remercié son père, qu’il lui
donnât du temps pour y penser.
- Donnons des exemples de situations où cette phrase est vraie.

Même type de réflexion que la veille. Aider les élèves à prendre conscience qu'eux aussi, ils
réfléchissent plus avant d'agir que lorsqu'ils étaient plus jeunes et que leurs nouvelles connaissances
les obligent à « penser » avec plus de profondeur avant d'agir179.

D. Exercices :

Nous relevons tous les mots du dernier paragraphe ayant un rapport avec la
cuisine et nous en donnons la définition en nous aidant d'un dictionnaire.
Nous trouvons le contraire des adjectifs qualificatifs suivants et nous les
épelons :
croyable, … - visible, … - possible, … - connu, … - mangeable, … - prudent, ...

Exercices simples qui ne nécessitent pas de longues explication. La queue de renard est sans
doute un chiffon attaché au bout d'un bâton qu'on humidifiait et dont on se servait pour essuyer la
sole du four avant d'y enfourner les aliments à faire cuire.

E. Expression :
Nous dessinons un plat du festin et nous le décrivons.
Travail individuel de préférence. Continuer si possible la correction en cours d'écriture, phrase
après phrase.

179 Aider à trouver des exemples en orthographe lexicale où, grâce aux connaissances en lecture et en vocabulaire, les
élèves comprennent le pourquoi du comment de l'écriture d'un mot, en mathématiques où ils savent désormais qu'il faut
d'abord comprendre la situation pour choisir l'opération qui convient pour résoudre le problème, etc.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 215


Riquet à la Houppe (4)
Une promesse difficile à tenir…

1. Lecture :
• Texte : Voir Riquet à la Houppe (1).
• Mots difficiles : tomber de son haut ; résolution ; user de même ; venir au fait.
• Connaissance du code ; décodage : lire avec expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Comme d'habitude.

B. Lecture du texte :

Procéder comme pour les textes précédents : fractionner la lecture, s'attacher au sens général,
expliquer sommairement les expressions datées, aider les élèves à « ponctuer oralement » les
phrases longues en s'appuyant sur le sens, la cohérence à l'intérieur des « groupes de souffle », la
ponctuation.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire avec expression, le paragraphe 2, en nous aidant de la
ponctuation, chacun jouant le rôle d'un personnage.
Procéder comme pour Riquet à la Houppe (1) et (2).
B. Lexique :
Nous expliquons :
tomber de son haut (exp.) : s'évanouir.
résolution (n. fém.) : décision.
user de même (exp.) : agir de la même façon.
venir au fait (exp.) : arriver à la conclusion.

Comme d'habitude. Ces expressions ayant encore cours aujourd'hui, les faire employer dans des
phrases.
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Expliquons avec l'aide d'un adulte : pourquoi la princesse avait oublié sa promesse –
ce que la princesse dit pour s'excuser – ce que Riquet lui répond
- Riquet change de sujet et lui révèle son secret. Pourquoi ?
Procéder comme d'habitude pour la première question.
Pour la deuxième, plusieurs hypothèses sont possibles. Laisser les élèves débattre en les aidant à

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 216


rester dans le sujet et à se partager la parole.

D. Exercices :

Nous relevons dix adjectifs qualificatifs dans le texte et nous les employons
chacun dans une phrase.
Nous trouvons le synonyme et le contraire des adjectifs qualificatifs suivants :
aisé – malheureux – gaie - superbe – difficile – stupide – comblé – spirituel – peureux –
mécontente – horrible - courageux
Facile, …, … - heureux, …, … - contente, …, … - brave, …, … - bête, …, … - magnifique,
…, …

Deux exercices où grammaire, vocabulaire, compréhension de texte et expression orale se


rejoignent, un domaine servant les trois autres.

E. Expression :
Nous observons la gravure et nous la décrivons.
Travail individuel reprenant le travail d'observation fait en début de séance.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 217


Riquet à la Houppe (5)
Tout est beau dans ce qu'on aime,
Tout ce qu'on aime a de l'esprit.

1. Lecture :
• Texte : Voir Riquet à la Houppe (1).
• Mots difficiles : métamorphose ; persévérance; martial ; gendre.
• Connaissance du code ; décodage : lire avec expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Comme d'habitude.

B. Lecture du texte :

Procéder comme pour les textes précédents : fractionner la lecture, s'attacher au sens général,
expliquer sommairement les expressions datées, aider les élèves à « ponctuer oralement » les
phrases longues en s'appuyant sur le sens, la cohérence à l'intérieur des « groupes de souffle », la
ponctuation.

2. Analyse et synthèse :
A. Connaissance du code, décodage :
Nous savons lire avec expression, le paragraphe 1, en nous aidant de la
ponctuation, chacun jouant le rôle d'un personnage.

Comme pour les trois lectures précédentes (1, 2 et 4).


B. Lexique :
Nous expliquons :
métamorphose (n. fém.) : transformation, changement complet d'appaence.
persévérance (n. fém.) : patience, constance, entêtement.
martial (adj.qual.) : décidé, combatif.
gendre (n. masc.) : mari de sa fille.

Comme d'habitude.
C. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Expliquons avec l'aide d'un adulte : Quelques-uns assurent que ce ne furent point les
charmes de la Fée qui opérèrent, mais que l’amour seul fit cette métamorphose.
- Cherchons le paragraphe que Malo doit relire pour composer son personnage et
faisons la liste de tous les détails physiques de celui-ci.

Comme d'habitude pour la première question. On pourra relever au tableau les détails qui

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 218


permettraient à Malo de se grimer en Riquet à la Houppe. Cela permettra aux élèves d'observer la
mise en page d'une liste (tirets, passage à la ligne, absence de majuscules et de ponctuation) avant
qu'ils aient eux-mêmes l'occasion d'en écrire seuls.

D. Exercices :

Nous cherchons les verbes de la même famille que les noms suivants, en nous
aidant au besoin d'un dictionnaire.

le don, … - le chant, … - la danse, … - l'amour, … - la parole, … - la réflexion, … - le


consentement, … - la promesse, ... - le plaisir, …
Nous complétons les phrases à l'aide des mots suivants : aimable –
métamorphose – louches – héroïque - gendre
Ma grand-mère maternelle aime beaucoup mon père, elle dit qu'elle a un … très … . -
Nous avons observé la … d'un têtard en grenouille et celle d'une chenille en papillon. -
Comme ma petite sœur avait les yeux …, on l'a opérée ; maintenant, ses deux yeux
regardent bien droit devant. - Ce policier a reçu une médaille pour sa conduite … le jour
de la tentative d'attentat.
Nous cherchons le nom de ces membres de la famille :
Le père de ma mère, c'est mon … . - Le frère de mon père, c'est mon … . - La fille de
ma tante, c'est ma … . - Moi, pour mon oncle, je suis son … ou sa … .

Trois exercices simples. Le deuxième sera plus facile s'il est écrit au tableau. Le troisième pourra
donner lieu à d'autres recherches de noms (frère, sœur, cousin, cousine, oncle, tante, père, mère,
grand-père, grand-mère, neveu, nièce, gendre, bru, beau-frère, belle-sœur, …).

E. Expression :
Nous dessinons le déguisement de Malo nous le décrivons.
Travail individuel de préférence. Si possible correction en cours d'écriture, phrase après phrase.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 219


Carnaval en poésies

1. Lecture :
• Textes : Trois poèmes, le premier de Georges Jean 180, le deuxième de Robert Desnos181 et le
dernier de Florian182. Les élèves y trouveront l'imaginaire tel qu'ils le pratiquent eux-mêmes, allant
jusqu'à s'identifier au personnage qu'ils jouent et le trouver réel.
• Mots difficiles : Selon les classes et leurs élèves.
• Connaissance du code ; décodage : pas d'exercice spécifique.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

A. On pourra observer les illustrations avant ou après la lecture. On pourra introduire la séance
par quelques renseignements sur l'origine du Carnaval183 et sur les personnages de la Commedia
dell'Arte184

B. Lecture des textes et réflexion :

1) Le Temps des Contes, de Georges Jean, permet de rencontrer une dizaine de personnages,
réels ou imaginaires, « uniques et exceptionnels », comme les enfants du texte d'introduction. Le
vocabulaire est riche et les références littéraires nombreuses. À chaque enseignant, dans sa classe,
d'expliquer ou de laisser expliquer, de commenter, d'enrichir dans les jours à venir d'extraits lus ou
visionnés et de livres laissés en consultation libre dans la bibliothèque de classe.

180 Georges Jean, né le 16 septembre 1920 à Besançon (Franche-Comté) et décédé le 19 décembre 2011 à l'âge de 91
ans, est un poète et essayiste français spécialisé dans le domaine de l'enfance. Il fut dirigeant du Centre international
poésie-enfance, participa à la commission ministérielle d'aide à la création théâtrale, fut enseignant à l'École Nationale
Supérieure des Bibliothèques, tout en publiant plus de 70 ouvrages dont des poèmes, essais et théories sur la poésie et la
pédagogie. (Wikipédia)
181 Robert Desnos est un poète français, né le 4 juillet 1900 à Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 à 44 ans. Fils d’un
banquier, Desnos grandit dans un quartier populaire de Paris. Il débute sa carrière de poète en se faisant publier dans la
revue d’avant-garde « Trait d’union ». Il rejoint les surréalistes en 1922, empruntant la voie de l’écriture automatique. Il
écrit notamment Rrose Sélavy. Mais dès 1927, il s'éloigne d'André Breton après que ce dernier a rejoint le Parti
communiste. Il participe d’ailleurs au pamphlet "Un cadavre". Sans renier les innovations auxquelles il a participé,
Desnos adopte une écriture plus classique et rédige parallèlement des scénarios pour le cinéma. Engagé contre le
gouvernement de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale, il est déporté en 1944 et meurt au camp de concentration
de Térézin, en Tchécoslovaquie, la veille de sa libération. De nombreux textes, à l’image de Chantefables et
Chantefleurs seront publiés après sa mort. (Linternaute)
182 Jean-Pierre Claris de Florian, né à Sauve le 6 mars 1755 et mort à Sceaux le 13 septembre 1794, est un auteur
dramatique, romancier, poète et fabuliste français. En 1792, Florian publie un recueil de cent fables réparties en cinq
livres, auxquelles s’ajouteront 12 fables publiées à titre posthume. Ce sera son principal titre de gloire et la raison de sa
survie littéraire. Ses fables sont unanimement considérées comme les meilleures après celles de Jean de La Fontaine.
(Wikipédia)
183 Voir les sites : Tête à modeler ; Professeur Phifix ; Wikipédia.
184 Voir : http://paularbear.free.fr/commedia-dell-arte/heritage/personnages.html; Vikidia ; Tête à modeler.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 220


2) La chauve-souris, extraite des Chantefables et Chantefleurs, de Robert Desnos, présente elle
aussi quelques difficultés tant au niveau du lexique que de la culture. À l'enseignant de les exposer
brièvement aux élèves si aucun d'entre eux ne peut le faire. Il pourra aussi, s'il le souhaite,
compléter l'identification entre le loup de Carnaval et la chauve-souris en faisant décalquer la photo
d'une chauve-souris ailes déployées pour faire réaliser des loups de papier Canson noir (180 g au
moins).

3) L'habit d'Arlequin, de Florian, emmène l'imaginaire encore plus loin puisque les élèves
découvriront la notion de points de vue. La fable pourra être jouée par quatre élèves et l'enseignant
qui gardera pour lui le rôle du narrateur. Les élèves comprendront alors mieux le rôle de la morale
placée à la fin, morale qui permettra de rappeler la définition de la fable, vue récemment, avec Le
Chien et le Loup, de Jean de La Fontaine.
Rien n'empêchera de la retravailler lors d'une séance d'EMC 185 où elle sera prétexte à débattre de
l'intérêt que « les gens d'esprit et de savoir » auraient à voir autre chose que « la couleur qui sait
[leur] plaire ».

185 Compétences : Accepter les différences - S'affirmer dans un débat sans imposer son point de vue aux autres et
accepter le point de vue des autres - Différencier son intérêt particulier de l'intérêt général

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 221


Fifi Brindacier

1. Lecture :
• Texte : Premier texte d'une série de trois permettant aux élèves de « faire connaissance » avec
trois personnages de la littérature pour enfants sans pour cela leur imposer une lecture trop longue et
trop compliquée pour leurs capacités actuelles de lecteurs. Ces extraits courts ont pour but de
donner envie d'aller plus loin, de mettre en mémoire quelques traits caractéristiques d'un roman
pour que, plus tard, en le rencontrant sur les rayonnages d'une bibliothèque, les élèves aient envie de
l'ouvrir, de le feuilleter, de s'y plonger.
La présentation de l'auteur et du roman, en quelques phrases, sera prétexte à expliquer qu'il
existe une littérature internationale dont les auteurs et les œuvres sont connus de tous et de
répertorier avec les élèves quelques titres et auteurs qu'ils connaissent déjà.
Il n'y aura pas d'exploitation du texte (Analyse et synthèse). Cela permettra de garder un côté
« lecture-plaisir » plus propre à donner aux élèves l'envie de lire « pour eux » tout en dégageant de
la place permettant l'accès à un extrait plus long, sans coupures.
Fifi Brindacier, créée par Astrid Lindgren, ouvre le bal. Son côté frondeur, son franc-parler, ses
capacités physiques exceptionnelles séduiront les garçons comme les filles.
• Mots difficiles : Selon les classes et leurs élèves.
• Connaissance du code ; décodage : pas d'exercice spécifique. On pourra choisir un extrait à faire
lire avec expression si on le souhaite.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, de Daniel Maja, est extraite de l'édition 1995 parue dans le Livre de Poche. On
pourra en trouver d'autres grâce à un moteur de recherche. On pourra aussi visionner de courts
extraits de différents films mettant en scène le personnage.

B. Lecture du texte :

Le texte sera lu comme d'habitude, à voix haute, selon les capacités des élèves. On exigera si
possible une lecture expressive dès la découverte. Les extraits à lire doivent être de plus en plus
long et les élèves doivent, tout au long de la lecture, se concentrer sur le sens de ce qu'ils lisent.
Le sens des mots et expressions inconnus sera expliqué en cours de lecture. À la fin de chaque
paragraphe, on demandera aux élèves ce qu'ils ont compris et retenu.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 222


Tistou les Pouces Verts

1. Lecture :
• Texte : Deuxième texte de la série avec un chapitre « allégé » – mais pas « adapté » – du roman
pour enfants de Maurice Druon. L'enseignant pourra, s'il le souhaite, lire la version originale et tout
particulièrement la fin qui annonce les chapitres suivants, ceux dans lesquels Tistou, grâce à son
don, va transformer la vie de son village et celle de sa famille.
• Mots difficiles : Selon les classes et leurs élèves.
• Connaissance du code ; décodage : pas d'exercice spécifique. On pourra choisir un extrait à faire
lire avec expression si on le souhaite.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, de Jacqueline Duhème, est extraite de l'édition 2006 parue dans le Livre de Poche.
On pourra en trouver d'autres grâce à un moteur de recherche.

B. Lecture du texte :

Le texte sera lu comme d'habitude, à voix haute, selon les capacités des élèves. On exigera si
possible une lecture expressive dès la découverte. Les extraits à lire doivent être de plus en plus
long et les élèves doivent, tout au long de la lecture, se concentrer sur le sens de ce qu'ils lisent.
Le sens des mots et expressions inconnus sera expliqué en cours de lecture. À la fin de chaque
paragraphe, on demandera aux élèves ce qu'ils ont compris et retenu.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 223


La rose

1. Lecture :
• Texte : Nouvel extrait du Petit Prince, d'Antoine de Saint-Exupéry. Les élèves comme Lila
reconnaîtront un héros désormais familier. Cela pourra être l'occasion pour l'enseignant de lire
quelques autres extraits du roman ou de faire réécouter la version enregistrée par G. Philippe que
nous avons évoquée précédemment.
• Mots difficiles : Selon les classes et leurs élèves.
• Connaissance du code ; décodage : pas d'exercice spécifique. On pourra choisir un extrait à faire
lire avec expression si on le souhaite.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration originale de l'auteur sera observée avant lecture.

B. Lecture du texte :

Le texte sera lu comme d'habitude, à voix haute, selon les capacités des élèves. On exigera si
possible une lecture expressive dès la découverte. Les extraits à lire doivent être de plus en plus
long et les élèves doivent, tout au long de la lecture, se concentrer sur le sens de ce qu'ils lisent.
Le sens des mots et expressions inconnus sera expliqué en cours de lecture. À la fin de chaque
paragraphe, on demandera aux élèves ce qu'ils ont compris et retenu.
L'absence d'exploitation du texte (Analyse et Synthèse) ne dispense pas, bien au contraire,
l'expression orale qui permet à l'enseignant de savoir si ses élèves ont bien compris ce qu'ils lisent et
s'ils maîtrisent le lexique employé.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 224


Tu le crois, ça ?

1. Lecture :
• Texte : Un texte simple dans son écriture, comme d'habitude pour les têtes de chapitre, mais dont
le contenu peut étonner certains de nos élèves, encore très centrés sur eux-mêmes et peu au fait des
événements du monde. Selon les classes, on pourra sans problème sauter ce chapitre, ou le réserver
pour la fin de l'année scolaire s'il reste du temps. Il pourra aussi être lu, ainsi que les deux parties
texte suivant (Le travail des enfants 1 et 2) pendant l'horaire d'EMC186
J'ai tenu néanmoins à le faire figurer dans le manuel parce qu'il me semble que la littérature est la
la meilleure manière d'aborder les grands problèmes liés à l'Éducation morale et civique. Ce texte
introduit donc trois autres textes ayant trait au travail des enfants : un article à vocation instructive
traitant de la condition enfantine en ce début de XXI e siècle suivi d'un long texte composé d'extraits
des Misérables de Victor Hugo puis d'un texte extrait de Tistou, les Pouces Verts, de Maurice
Druon.
• Mots difficiles : s'estomper, réprimande.
• Connaissance du code ; décodage : À partir de ce chapitre, il n'y aura plus de travail spécifique
lié au décodage. Bien entendu, l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec
expression en s'appuyant sur la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Les illustrations, des photos de presse, serviront de base au commentaire du paragraphe après sa
lecture à voix haute par les élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :

Nous expliquons :
s'estomper (v.) : devenir flou, s'effacer.

réprimande (n. fém.) : avertissement, rappel à l'ordre, blâme.

186 Le droit et la règle : des principes pour vivre avec les autres – la Convention des Droits de l'Enfant.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 225


Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi
des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Pourquoi Monsieur Derien a-t-il attendu que ses élèves se calment avant de les
envoyer devant leurs camarades expliquer les documents qu'il leur avait donnés ?
- Comment les élèves se sont-ils calmés ?
- Que pensons-nous du titre de ce texte ? Est-il approprié ?

La première question permettra aux élèves de se rendre compte que leur côté encore
primesautier, peu au fait des réalités de ce monde, est tout à fait naturel, en raison de leur âge.
L'enseignant pourra les aider à se dédouaner en donnant l'étymologie du mot « enfant »187, en
racontant comment dans le passé, on fixait à sept ans, le passage dans l'âge de raison, en les
rassurant sur le côté « normal » de leur existence protégée, qui est le but à atteindre, partout sur
Terre.
La deuxième conforte la première : les enfants de la classe étaient des enfants, comme nous, qui
ne se rendaient pas compte de ce que signifiait le mot « travail ». C'est en étant confrontés à la
réalité, en voyant les photos et en lisant les textes qu'ils ont mieux compris ce dont il s'agit
vraiment. Le débat doit être mené par l'enseignant qui doit laisser s'exprimer les élèves sans les
laisser dévier. On combattra avec vigueur les réflexions visant à dénigrer les enfants photographiés,
ainsi que toute tentative de minimiser ou justifier leurs difficultés ; on fera taire les élèves assurant
que leur travail personnel est largement aussi pénible que celui de ces enfants.
Le débat suscité par la troisième question est très ouvert. À chacun de prendre position et de la
défendre avec ses propres arguments.

C. Exercice :
Nous complétons les phrases à l'aide des mots suivants : huile de palme –
caféier – cirage – tâche
La pâte à tartiner chocolatée contient de l'… . - Partout dans le monde, les enfants sont
employés à des … difficiles au lieu d'aller à l'école. - On récolte les fruits du … en
Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. - Pour entretenir le cuir, on l'enduit avec du … .

Exercice court et simple qui permettra de passer du temps sur les questions de réflexion.

D. Expression :
Nous choisissons l'une des photos nous la décrivons.

Travail individuel, collectif ou par petit groupe. Quelle que soit la forme de travail adopté,
l'acquisition d'une orthographe et d'une syntaxe soignées reste un but indissociable de celui
d'expression. L'enseignant fournira toute l'aide nécessaire pour qu'il soit atteint, dès le brouillon.

187 Du latin « infans » : qui ne parle pas.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 226


Le travail des enfants (1)

1. Lecture :
• Texte : Texte adapté d'après un texte informatif trouvé sur le site « La Case aux Enfants, La
solidarité et développement durable expliqué aux enfants »188.
• Mots difficiles : concerner ; pays en voie de développement ; agriculture ; artisanat ; industrie
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, une photo de presse, servira de base au commentaire après la lecture à voix haute
par les élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
concerner (v.) : avoir rapport à.
pays en voie de développement (exp.) : pays dans lequel le niveau de vie s'élève
encore difficilement du fait de la pauvreté.
agriculture (n. fém.) : culture de la terre pour produire des aliments pour l'homme ou
les animaux.
artisanat (n. masc.) : ensemble des métiers manuels traditionnels.
industrie (n. fém.) : ensemble des entreprises, des usines qui fabriquent des objets en
grande quantité.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves. L'explication des mots « agriculture –
artisanat – industrie » sera suivie d'une liste de travaux et productions réalisés au sein de chacune de
ces branches professionnelles.
B. Réflexion :

Nous réfléchissons :

188 http://www.lacaseauxenfants.org/droits/droits-travail.htm

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 227


- Citons des métiers de l'artisanat.
- Trouvons un mot de la famille de mort, un de la famille de nourrir et un de la famille
d'alphabet dans le paragraphe 2. et expliquons-les avec l'aide de notre professeur.
- Comment appelle-t-on un être humain qui a été acheté ? Selon ce texte, quels sont les
enfants qui sont dans ce cas ?

1re question : lister les métiers anciens, connus par la lecture des contes, et les métiers modernes,
peut-être connus des enfants mais mal identifiés en tant qu'artisanat.
2e question : elle permet d'exercer une autre façon de découvrir du vocabulaire, sans consultation
de dictionnaires ou lexiques, celle qui consiste à trouver un mot de la même famille, puis d'étudier
les préfixes et suffixes qui lui ont été ajoutés pour en comprendre le sens.
3e question : si les élèves ne connaissent pas le sens du mot « esclave », le donner. Les aider à
retrouver dans le texte le paragraphe où ce phénomène de l'enfant-esclave est clairement mentionné.

C. Exercices :
Nous complétons les phrases à l'aide des mots suivants : artisans – emploi –
agriculture – pauvreté – main-d’œuvre
C'est grâce à la … qui travaille dans l'… que nous pouvons manger de la pâte à tartiner
chocolatée. - Il y a sur Terre plus de 246 millions d'enfants dont la … est si grande qu'ils
doivent trouver un … pour survivre. - Les plombiers, les électriciens, les maçons, les
cordonniers, les forgerons sont des … .
Nous associons les mots par familles des mots suivants : règle – alphabet –
nourrir – mort
mortalité – analphabétisme – malnutrition – réglementation – mortel – régler –
alphabétique – nutrition – nourriture – immortel – nutriment – alphabétisation – dénutri
– règlement – réglementaire – mortuaire – nourrice

Exercices connus des élèves. Le deuxième aborde des notions compliquées qui pourront être
expliquées brièvement par l'enseignant, sans chercher à ce que les élèves les retiennent. L'important,
c'est de travailler la notion de familles de mots et de mettre en lumière quelques règles de
dérivation.

D. Expression :
Nous décrivons la photo.

Travail individuel, collectif ou par petit groupe. Quelle que soit la forme de travail adopté,
l'acquisition d'une orthographe et d'une syntaxe soignées reste un but indissociable de celui
d'expression. L'enseignant fournira toute l'aide nécessaire pour qu'il soit atteint, dès le brouillon.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 228


Le travail des enfants (2)

1. Lecture :
• Texte : Suite du texte précédent. À étudier comme les deux premiers pendant l'horaire de français
ou pendant celui consacré à l'EMC.
• Mots difficiles : contracter ; détérioration ; séquelles ; boycott ; UNICEF.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, une photo de presse, servira de base au commentaire après la lecture à voix haute
par les élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
contracter (v.) : attraper, être victime de.
détérioration (n. fém.) : mise en mauvais état, dégradation.
séquelles (n. fém.) : troubles qui durent longtemps après un accident physique ou
affectif.
boycott (n. masc.) : refus d'acheter un produit pour obliger le fabricant à changer ses
habitudes de production.
UNICEF (acronyme) : organisme humanitaires créé par les Nations Unies après la
Seconde Guerre Mondiale pour la défense des droits de l'enfant.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.
B. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Citons les troubles de santé qui affectent les enfants qui travaillent.
- Quels sont les avantages et les inconvénients du boycott des produits fabriqués par
des enfants ?
- Relisons les propositions de l'UNICEF et commentons-les.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 229


Les deux premières questions sont fermées, la réponse est dans le texte. Habituer les élèves à
balayer rapidement la page pour trouver le renseignement demandé. Pour certains d'entre eux, c'est
un travail difficile, ne pas hésiter à leur donner des « trucs » : suivre les lignes avec son doigt,
murmurer rapidement un mot par ci par là, fermer les yeux et essayer de se souvenir la position du
renseignement dans la page (en haut à gauche, au milieu, près de la photo, tout en bas, plutôt vers le
bord de la page, …).
La troisième question appelle au débat après lecture. Sa place sera peut-être mieux située si elle
est traitée pendant l'horaire d'EMC.

C. Exercices :

Nous cherchons tous les noms se terminant par -tion contenus dans le texte et
nous donnons le verbe à partir duquel ils sont fabriqués.
détérioration, détériorer - …
Nous cherchons tous les noms se terminant par -ment du texte et nous
donnons le verbe à partir duquel ils sont fabriqués.
enseignement, enseigner - …

Deux exercices inverses de l'exercice présenté la veille : il s'agit ici d'étudier successivement
deux suffixes en revenant aux motx « racines ». Ce travail , fait systématiquement, permet
d'engranger du vocabulaire et, peu à peu, d'éviter les pataquès du style « bravitude » ou
« encolèrement », normaux à six ans, moins justifiables ensuite.

D. Expression :
Nous décrivons la photo.

Travail individuel, collectif ou par petit groupe. Quelle que soit la forme de travail adopté,
l'acquisition d'une orthographe et d'une syntaxe soignées reste un but indissociable de celui
d'expression. L'enseignant fournira toute l'aide nécessaire pour qu'il soit atteint, dès le brouillon.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 230


Cosette chez les Thénardier (1)

1. Lecture :
• Texte : Long texte en quatre épisodes constitué d'extraits du Tome II, livre troisième, des
Misérables189, Victor Hugo190. Si aucun mot n'a été ajouté au texte original, de nombreuses coupures
y ont été effectuées. Cette technique, très décriée ces dernières années, a permis pendant des
décennies aux enfants de l'école primaire d'arriver dans les classes supérieures, de niveau « collège,
avec un bagage important d' « histoires » glanées dans la Littérature, française ou étrangère. Ce
bagage réactivé années après années leur avait fait connaître pêle-mêle Cosette, Gavroche,
Pinocchio, Croc-Blanc, Moby Dick, Gargantua, Le Petit Prince, Harpagon cherchant sa cassette,
Scapin, les Trois Mousquetaires et bien d'autres. C'était une entrée en matière sur laquelle ils
pouvaient s'appuyer lorsqu'ils les abordaient, vraiment, dans ces grandes classes.
C'est avec cette tradition que j'ai voulu renouer sans toutefois aller jusqu'à réécrire l’œuvre
comme certains de mes collègues rédacteurs de manuels le faisaient alors.
L'histoire, tout le monde la connaît. On en trouvera de nombreux résumés et commentaires sur la
Toile. Elle plaît aux enfants du moment où on les aide à lire une langue exigeante et riche car elle
traite de l'enfance et présente des caractères marqués facilement reconnaissables : les méchants y
sont réellement méchants et les gentils véritablement gentils. De plus, comme les gentils gagnent à
la fin, tout est pour le mieux dans le monde des « sept à neuf ans » !
• Mots difficiles : en cette qualité ; colporteur ; fourneau ; drôlesse ; sou.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, fusain de Émile Antoine Bayard 191 de 1866, servira de base au commentaire après

189 Les Misérables est un roman de Victor Hugo paru en 1862. Il a donné lieu à de nombreuses adaptations au cinéma.
Dans ce roman emblématique de la littérature française qui décrit la vie de miséreux dans Paris et la France provinciale
du XIXe siècle, l'auteur s'attache plus particulièrement au destin du bagnard Jean Valjean. C'est un roman historique,
social et philosophique dans lequel on retrouve les idéaux du romantisme et ceux de Victor Hugo concernant la nature
humaine. (Wikipédia)
190 Voir Note 80.
191 Émile-Antoine Bayard, né à La Ferté-sous-Jouarre le 2 novembre 1837 et mort au Caire en décembre 1891, est un
peintre, décorateur, dessinateur et illustrateur français. Ce sont principalement ses dessins pour des commandes
éditoriales qui retiennent aujourd'hui l'attention des amateurs. L'éditeur Louis Hachette, qui l'apprécie beaucoup, fait
souvent appel à lui pour mettre en image des romans, notamment ceux de la Bibliothèque rose. Il illustre ainsi Les
Misérables de Victor Hugo, La Case de l'oncle Tom de Harriet Beecher Stowe, L’Immortel d’Alphonse Daudet, De la

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 231


la lecture à voix haute par les élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
en cette qualité (exp.) : comme, en tant que.
jaser (v.) : babiller, pépier comme un petit oiseau.
colporteur (n. masc.) : marchand qui transportait des marchandises de village en village
et les vendait au porte à porte.
fourneau (n. masc.) : cuisinière à bois servant à cuire les aliments.
drôlesse (n. fém.) : enfant rusée, friponne ; gamine.
sou (n. masc.) : le sou était une pièce de monnaie, un sou valait 5 centimes.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.
B. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Cosette n'est pas la seule enfant de cette histoire. Qui sont les autres ? Comparons
leur vie.
- Expliquons : « En voilà une qui est grosse comme le poing et qui ment gros comme la
maison. » puis trouvons les causes de ce mensonge.

La première question entraîne à nouveau les élèves à balayer rapidement le texte pour trouver
l'évocation de deux enfants riant et jouant, à la fin du paragraphe 2. L'extrait en dit peu de la vie
d'Éponine et Azelma Thénardier mais le simple fait qu'elles rient et jasent prouve qu'elles vivent
heureuses et insouciantes, contrairement à Cosette.
La deuxième question pourra mener au débat : « Avons-nous le droit de mentir lorsque la vérité
nous dérange ou risque de nous attirer de graves difficultés ? » À voir selon le temps disponible et
l'envie de l'enseignant de rentrer dans des distinctions infimes entre ce qui est justifiable et ce qui ne
l'est pas. Les enfants sont jeunes, ils ont peut-être encore du mal à se décentrer suffisamment pour
sortir de leur petit confort personnel qui justifie tout, ou presque.

C. Exercices :

Nous trouvons la définition des mots suivants en nous aidant du texte et de


l'illustration : en haillons - des bas de laine – blottie – Mamzelle Chien-faute-de-nom –

Terre à la Lune et Autour de la Lune de Jules Verne. Pour Pierre-Jules Hetzel, il se charge d'illustrer Romain Kalbris,
d'Hector Malot. (Wikipédia)

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 232


une pièce-quinze-sous
Nous fabriquons le féminin des noms suivants grâce au modèle.
un drôle et une drôlesse – un âne et une … - un tigre et une … - un maître et une … -
un pauvre et une … - un prince et une … - un traître et une … .

Le premier exercice a déjà été souvent pratiqué. Aider au besoin les élèves à s'orienter dans la
bonne direction. Faire réemployer les mots dans d'autres contextes.
Le deuxième exercice fait partie de la série « Apprenons à fabriquer des mots ». Il est facile à
mener à l'oral ou à l'écrit. Si on travaille à l'oral, il est intéressant de faire épeler les mots et de les
écrire soi-même au tableau pour aider les élèves à fixer l'orthographe du suffixe « -esse ».

D. Expression :
Nous décrivons l'illustration.

Travail individuel, collectif ou par petit groupe. Quelle que soit la forme de travail adopté,
l'acquisition d'une orthographe et d'une syntaxe soignées reste un but indissociable de celui
d'expression. L'enseignant fournira toute l'aide nécessaire pour qu'il soit atteint, dès le brouillon.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 233


Cosette chez les Thénardier (2)

1. Lecture :
• Texte : Suite du texte précédent. Le marché forain décrit pourra être rapproché des marchés de
Noël qu'on voit désormais partout.
• Mots difficiles : bimbeloterie ; clinquant ; ébahissement ; prodigue.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, une gravure d'Émile-Antoine Bayard 192 extraite de l'édition de 1862 des
Misérables, servira de base au commentaire après la lecture à voix haute par les élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :

Nous expliquons :
bimbeloterie (n. fém.) : petits objets de bazar, bijoux de fantaisie, etc.
clinquant (n. masc.) : imitation de pierres précieuses au brillant trompeur.
ébahissement (n. masc.) : étonnement extrême ; émerveillement.
prodigue (adj.) : très dépensière.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.
B. Réflexion :

Nous réfléchissons :
- Comment fabriquait-on des guirlandes lumineuses avant l'invention de l'électricité ?
- Relisons les deux parties de la description de la poupée et essayons de la dessiner.
- La Thénardier n'a décidément pas de cœur. Comment le voyons-nous ?
- Pourquoi Cosette agitait-elle l'anse du seau en marchant ? Qu'aurait-elle pu faire
d'autre qui l'aurait réconfortée aussi ?

192 Voir note 191.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 234


1re question : Relecture en « balayage rapide » du texte pour trouver la réponse.
2e question : Relecture attentive de la deuxième phrase du paragraphe 2 et de la quatrième phrase
du paragraphe 3 pour dessiner, chacun de son côté ou tous ensemble au tableau, la merveilleuse
poupée.
3e et 4e questions : interprétation et appropriation du texte. Les élèves raconteront sans doute
comment ils combattent la peur en chantant, en criant à tue-tête, en se répétant une phrase rituelle, à
voix basse, etc.

C. Exercices :

Nous trouvons la définition des mots suivants en nous aidant du texte et de la


gravure : baraques - verroteries – péronnelle – l'anse.
Nous trions les objets : ceux qui ont une anse, comme le seau et ceux qui ont
une poignée, comme le cartable.
la porte – le panier – la valise – la casserole - la cruche – la cafetière – la théière – la
tasse – la poêle

Deux exercices de vocabulaire simples. Faire employer les mots du premier exercice dans des
phrases. En classe, profiter de toute rencontre de mots précis désignant des objets ou des parties
d'objets proches les uns des autres pour les faire définir et employer par les enfants. Ne pas hésiter
soi-même à désigner très précisément les objets en les détaillant, partie par partie.

D. Expression :
Nous décrivons la gravure.
Nous imaginons que le marchand offre la poupée à Cosette. Jouons la scène

Le premier exercice sera fait à l'écrit, sous la forme d'un travail individuel, collectif ou par petit
groupe. Quelle que soit la forme de travail adopté, l'acquisition d'une orthographe et d'une syntaxe
soignées reste un but indissociable de celui d'expression. L'enseignant fournira toute l'aide
nécessaire pour qu'il soit atteint, dès le brouillon.
Le deuxième exercice doit être fait à l'oral, de façon à ce que les élèves observent, en la
pratiquant eux-mêmes, la forme du dialogue. L'écriture, si elle a lieu, sera uniquement du fait de
l'adulte qui expliquera et commentera l'usage des guillemets, des tirets, des passages à la ligne, ainsi
que l'emploi d'incises permettant de déterminer quel personnage parle et comment il s'exprime 193.
Ne pas laisser les élèves écrire de dialogue tant que la forme n'en est pas bien intégrée.

193 Insister sur le caractère presque obligatoire de ces incises car les élèves, particulièrement ceux qui regardent
énormément la télévision, s'imaginant voir la scène qu'ils transcrivent les omettent, rendant le plus souvent leur
production totalement incompréhensible pour le lecteur. Un truc pédagogique amusant à faire consiste à leur coller leur
cahier sur l'oreille et à leur demander s'ils entendent et voient quelque chose avant de leur rappeler qu'un texte n'a rien à
voir avec un film, qu'il manque l'image pour donner la cohérence et qu'ils doivent donner à voir à leur lecteur pour qu'il
comprenne les circonstances qui provoquent le dialogue.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 235


Cosette chez les Thénardier (3)

1. Lecture :
• Texte : Texte qui peut inquiéter les élèves sensibles. Ne pas hésiter à les rassurer, quitte à dévoiler
la suite : un homme, très gentil, qui s'appelle Jean Valjean et qui est justement à la recherche de
Cosette pour voir si elle est bien traitée chez les Thénardier, la rencontre sans savoir qui elle est et
l'aide à porter son seau. Plus tard, quand il connaîtra son identité, il lui fera même deux très belles
surprises.
• Mots difficiles : ténèbres ; indécis ; éperdu ; insurmontable.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, une photographie d'Étienne Carjat194 datant de 1877, servira de base au


commentaire après la lecture à voix haute par les élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
ténèbres (n. fém.) : obscurité épaisse, profonde ; noir.
indécis (adj.) : qui n'arrive pas à se décider.
éperdu (adj.) : affolée, égarée par la peur.
insurmontable (adj.) : tellement difficile que c'est infaisable ; impossible.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.
B. Réflexion :

Nous réfléchissons :

194 Étienne Carjat, né à Fareins (Ain) le 28 mars 1828 et mort à Paris le 9 mars 1906, est un photographe, journaliste,
caricaturiste et poète français. L'un de ses clichés les plus connus est un portrait d'Arthur Rimbaud, réalisé en octobre
1871. (Wikipédia)

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 236


- Pourquoi Cosette trouve encore plus difficile de dépasser la dernière maison que de
dépasser la dernière boutique ?
- Comment s'y prend-elle pour échapper à la peur qui l'envahit ? Qu'aurait-elle pu faire
d'autre ?
- Qu'est-ce qui la fait repartir après avoir puisé l'eau dans la source ? Relisons le
passage où elle prévoit sa fuite en nous appliquant sur l'intonation.

Trois questions d'interprétation du texte après va-et-vient entre le texte et ce qu'il dit et l'esprit du
lecteur et ce que cela évoque pour lui. Les élèves apprennent à considérer les personnages du texte
comme des êtres vivants qui, comme eux, agissent mais aussi pensent, anticipent, choisissent en
fonction de ce qu'ils sont. Ce travail sur les inférences, en action, répété chaque jour, à partir de
chaque texte, les rend « lecteurs-experts » bien plus sûrement qu'en réservant cette recherche des
inférences à quelques textes particuliers, très courts, construits pour cela.

C. Exercices :
Nous construisons des adverbes en nous aidant du modèle :
hardi, hardiment – lent, … - ordinaire, … - pauvre, … - triste, … - malheureuse, … -
brutal, … - calme, … - dur, …
Nous construisons des noms en nous aidant du modèle :
un rayon, le rayonnement – frémir, un … - émerveiller, un … - ébahir, un …

1. Deux exercices sur deux rôles différents du suffixe « -ment » : transformer un adjectif
qualificatif en adverbe et fabriquer un nom masculin à partir d'un verbe ou d'un autre nom.

D. Expression :
Nous dessinons le plan qui mène de l'auberge des Thénardier à la source de
Chelles puis nous expliquons le trajet par écrit.

Travail collectif au tableau. Les élèves pratiquent pour la première fois la rédaction d'un texte
injonctif ; il n'est pas question de les laisser procéder seuls. Choisir de préférence l'infinitif. Si
toutefois, l'impératif présent s'impose, opter pour la deuxième personne du pluriel afin d'éviter la
confusion – qui risque de durer jusqu'à l'âge adulte – entre la terminaison de la deuxième personne
du singulier différente de celle du présent de l'indicatif pour les verbes du 1er groupe195

195 L'impératif présent se conjugue comme l'indicatif présent mais à la 2e personne du singulier, on supprime le 's' de
'vas' et des verbes dont le son final est 'e' : les verbes du premier groupe et verbes du troisième groupe tels que: couvrir,
cueillir, offrir, ouvrir, souffrir…

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 237


Cosette chez les Thénardier (4)

1. Lecture :
• Texte : Fin de la suite d'extraits des Misérables. L'histoire s'arrête au moment où Jean Valjean
laisse Cosette entrer seule chez les Thénardier afin de ne pas susciter la colère de sa maîtresse.
En toute fin de séance, lorsque l'extrait sera lu et compris et que les élèves auront joué les scènes
d'imagination, on pourra résumer rapidement les raisons de l'intérêt de Valjean pour Cosette ainsi
que la fin de l'épisode : Jean Valjean, qui n'a pas aidé la mère de Cosette au moment où il aurait pu,
regrette ses actes en la voyant mourir de faim, de fatigue et de misère. Il promet alors à cette femme
qu'il s'occupera de sa fille. Il part à la recherche de la petite et se rend à Montfermeil. Après
l'épisode que les élèves viennent de lire, il entre dans l'auberge et assiste à la punition de Cosette qui
a osé toucher la poupée d'Éponine et Azelma. À la grande surprise des Thénardier, Jean Valjean sort
alors de l'auberge et revient avec la magnifique poupée de porcelaine qu'il offre à la fillette. Puis,
pour libérer Cosette des affreux Thénardier, il va leur donner une grosse somme d'argent. Lorsqu'il
aura arraché Cosette aux Thénardier, elle l'appellera "père" et il la considérera comme sa fille.
• Mots difficiles : engourdir ; instinct; morne ; gargote.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, publiée sans source dans un article du Parisien consacré au village de Montfermeil,
servira de base au commentaire après la lecture à voix haute par les élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :

Nous expliquons :
engourdir (v.) : rendre insensible ; endormir ; paralyser.
instinct (n. masc.) : faculté de sentir les choses ; intuition.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 238


morne (adj.) : sombre ; triste ; monotone.
gargote (n. fém.) : restaurant où l'on mange une mauvaise nourriture.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Relisons la dernière phrase du premier paragraphe. Pourquoi l'auteur précise-t-il que
Cosette est un enfant de huit ans ?
- Cosette souffre de deux frayeurs différentes ; lesquelles ?
- Qui peut être cet homme qui aide Cosette ? Comment pourrait-il encore l'aider ?

1re question : Cette question est difficile pour nos élèves les plus terre-à-terre. Elle pourra quand
même être abordée, avec l'aide de l'adulte qui, grâce à un questionnement progressif, essaiera de
faire émerger l'idée de toucher la corde émotionnelle du lecteur afin de le convaincre de
l'importance d'un changement de mentalité dans la population française du XIX e siècle qui acceptait
encore l'idée du travail des enfants comme naturelle.
2e question : La réponse est dans le texte. Un balayage rapide du paragraphe 2 permettra aux
élèves de retrouver ces deux peurs.
3e question : Question ouverte. Laisser les élèves s'exprimer, émettre des hypothèses, les rassurer
s'ils n'osent pas, « de peur de se tromper » : il s'agit d'imaginer des raisons, pas « d'avoir juste ».
Lire, c'est aussi se faire plaisir, cultiver son imaginaire, jouer avec les idées, etc. Rappeler
simplement que Victor Hugo a eu plaisir à faire de même il y a plus de 150 ans et que c'est sa
version de l'histoire qu'il conviendra ensuite de garder en mémoire.

C. Exercices :

Nous expliquons en nous servant du texte : la durée des stations – harassée de


fatigue
Nous cherchons des synonymes du nom peur dans le texte et nous les
employons dans des phrases.

Le premier exercice est classique, les élèves le pratiquent aisément désormais. Le second, en
revanche, est nouveau : il permet de réinvestir un vocabulaire acquis ou en passe d'être acquis en
étude de la langue et d'aborder la notion de degré d'intensité d'un mot. C'est au cours de la création
de phrases que le degré d'intensité des mots « peur », « angoisse », « épouvante » sera évoqué et
utilisé.

D. Expression :
Nous imaginons et jouons l'accueil que la Thénardier réserve à Cosette dans
l'un des deux cas suivants :
- l'homme l'accompagne ;
- il la laisse entrer seule dans l'auberge.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 239


Travail oral, collectif ou par petit groupe. On pourra réserver ce travail à l'horaire d'Éducation
Physique et Sportive, dans le domaine S'exprimer devant les autres par une prestation artistique.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 240


Victor Hugo, un grand écrivain

1. Lecture :
• Texte : Texte extrait du site Web « 1 jour, 1 actu, l'actualité à hauteur d'enfant ». Il résume à
grands traits la vie, la carrière et les engagements de Victor Hugo.
• Mots difficiles : dramaturge ; esquisse ; censure.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Deux illustrations. La première est une photographie de Victor Hugo, âgé, et la deuxième, un
lavis réalisé par l'auteur représentant Gavroche, l'autre enfant des Misérables que les élèves
rencontreront sans doute un jour. .

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions… Relecture « cursive », toujours
paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.
On pourra faire suivre la lecture du visionnage d'autres photographies de l'écrivain à différentes
époques de sa vie et tout particulièrement celles en compagnie de ses enfants et petits-enfants. On
pourra aussi montrer des photographies de ses obsèques qui ont rassemblé plus de deux millions de
personnes dans les rues de Paris.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi
des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 241


Victor Hugo, poèmes

1. Lecture :
• Texte : Trois poèmes du même auteur, n'évoquant absolument pas le travail des enfants. Le
premier, Demain, dès l'aube, extrait des Contemplations, est évoqué dans la biographie lue
précédemment ; le deuxième, Chanson de grand-père, est très souvent appris par les élèves de
CE1 ; quant au troisième, Chanson pour faire danser en rond les petits enfants, il s'agit d'un poème
en forme de chanson que plusieurs compositeurs ont mis en musique. Cette mélodie se trouve
facilement sur la Toile ; l'enseignant pourra donc s'il le désire la faire écouter et même chanter à ses
élèves. Ces deux derniers sont tous deux extraits de L'Art d'être Grand-père.
• Mots difficiles : Selon le niveau de la classe.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

La première illustration est une esquisse de l'auteur, représentant sa fille Léopoldine. On


reviendra à la biographie lue la veille pour donner les circonstances qui ont accompagné l'écriture
de ce poème.
La deuxième est d'origine inconnue. Le troisième est un dessin de L. M. Boutet de Monvel paru
en 1904 dans Le costume des enfants au XIXe siècle.

B. Lecture du texte :

Chaque poème sera lu phrase par phrase par des élèves différents puis relu strophe par strophe,
après explications et relecture par l'enseignant.
Demain dès l'aube : Si l'on a connaissance d'un décès récent dans l'entourage d'un élève, on
pourra lui demander avant, en l'absence de ses camarades (ou demander à un membre de sa
famille), s'il souhaite qu'on lise ce poème. S'il ne le souhaite pas, on trouvera un prétexte pour ne
pas le lire et l'expliquer en classe (sa difficulté, le retard pris, le choix de travailler plus à fond l'un
des deux autres, …).
Si l'on n'est pas confronté à ce problème, après avoir fait relire le paragraphe intitulé « Mon
activité préférée » dans la biographie de Victor Hugo lue la veille, on fera lire le poème, phrase
après phrase pour la première strophe, vers après vers pour la deuxième et la troisième, en les
expliquant une à une. Penser à faire respecter les virgules et en expliquer l'importance, marquer les
liaisons et à ne pas élider la lettre e si le mètre du vers le rend nécessaire (particulièrement « Ni les
voilesˬau loin... »).

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 242


Laisser les élèves s'exprimer sur la tristesse du poète et découvrir seuls qu'il se dirige vers le
cimetière. Les laisser parler des rituels qui entourent la mort.
Chanson de grand-père : Un registre plus gai pour cette chanson avec refrain et couplets. Faire
lire chaque strophe par deux élèves, chacun lisant deux vers. Les élèves remarqueront d'eux-mêmes
que la structure « Dansez les …, Toutes en rond » se répète à chaque strophe et constitue donc un
refrain. Expliquer le vocabulaire au fur et à mesure. Faire relire le poème entier, strophe par strophe,
par six élèves différents.
Chanson pour faire danser en rond les petits enfants : À lire strophe par strophe, en marquant
nettement le refrain et le rythme. L'écoute musicale de la chanson aidera les élèves à respecter le
rythme du poème. Le vocabulaire sera expliqué à la première lecture, on pourra brosser un tableau
rapide de la scène au tableau pour la rendre plus vivante.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 243


Tistou prend une leçon de misère

1. Lecture :
• Texte : Un texte plus léger malgré le titre pour conclure un chapitre difficile pour les enfants. Ils
retrouveront Tistou, de Maurice Druon, qu'ils connaissent maintenant un peu. Le texte est composé
d'extraits successifs du texte original afin de l'alléger et de rendre sa longueur compatible avec la
durée d'une séance de lecture quotidienne. Comme c'est une lecture-plaisir, il n'y aura aucune
exploitation lexicale, on cherchera néanmoins à s'assurer que tout le monde a compris l'histoire, tant
au point du vue explicite qu'implicite.
• Mots difficiles : Selon le niveau de la classe.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Pas d'illustration.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.
En cours de lecture, les enfants débattront librement sur l'histoire, le dialogue entre Tistou et M.
Trounadisse, le caractère et les valeurs morales des deux personnages, … On veillera à ne pas
laisser le débat dévier, à permettre à tous les élèves de s'exprimer, à ne pas encourager les « beaux
parleurs » à croire que leur opinion est plus justifiable que celle des autres.
On pourra prendre pour prétexte l'absence d'illustration pour demander aux élèves d'en produire
une retraçant un des épisodes de l'histoire qui les a marqués.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 244


Printemps (1)
NOTA BENE : Le dernier texte du module est une « leçon de géographie » visant à faire constater et mémoriser quelques
données climatiques saisonnières relatives au printemps en climat tempéré. Elle nécessite un relevé de température quotidien
pendant plusieurs jours ainsi qu'un relevé hebdomadaire de la longueur de l'ombre d'un bâton à heure fixe.
Il peut être judicieux de préparer cette séance en commençant ces relevés dès le début de ce module.

1. Lecture :
• Texte : Un texte plus léger, en deux épisodes, sans doute plus simple à faire lire en classe que le
texte introductif précédent. Il en sera de même pour tout le module qui renoue par ailleurs avec les
« leçons de choses » (observation scientifique, géographie physique) qui pourront être traitées aussi
bien pendant l'horaire consacré au français que pendant celui réservé au domaine « Questionner le
monde ».
Les élèves liront le texte et le commenteront facilement, surtout si cette lecture a lieu quelque
part entre la mi-mars et la fin avril.
• Mots difficiles : alentours ; se nicher ; identifier ; réceptacle.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, une photo, servira de base au commentaire après la lecture à voix haute par les
élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
alentours (n. m. plur.) : les environs, lieux situés autour d'un lieu donné.
se nicher (v.) : se cacher ; se blottir.
identifier (v.) : reconnaître ; pouvoir donner le nom et la nature.
réceptacle (n. m.) : endroit ou chose qui reçoit des objets de provenances diverses.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 245


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Relevons tous les signes du printemps qui sont évoqués dans le texte et comparons-
les à ceux que nous avons nous-mêmes constatés.
- Relevons les noms de fleurs et cherchons des illustrations dans un dictionnaire, une
encyclopédie ou l'internet.
- Quelle sorte de nouveaux-nés peut abriter la boîte aux lettres ? Pourquoi ?

Les deux premières questions sont simples. Elles visent à relier, encore une fois, ce que nous
trouvons dans les livres avec ce que nous vivons, démarche encore essentielle pendant toute la
scolarité élémentaire, surtout si nos élèves sont issus de milieu peu ou pas lecteurs.
La troisième question est très ouverte. Laissons les enfants débattre entre eux en évitant qu'il
dévie ou tourne à l'exercice d'imagination stérile ou l'on dit tout et n'importe quoi pour attirer
l'attention sur soi. Si un « petit malin » a tourné la page et clos le débat en annonçant qu'il s'agit de
mésanges, on pourra le relancer en demandant de quels autres animaux il aurait pu s'agir.

C. Exercices :
Nous expliquons en nous servant du texte : plus besoin de se regrouper autour
de … pour se rassurer ; transformés en nuages de fleurs ; la boîte aux lettres a changé
de fonction.
Nous trouvons des noms féminins en -té construits à partir des adjectifs
suivants.
nouveau, une nouveauté - maternel, une … - beau, la … - libre, la … - responsable, la
… - bon, la … - curieux, la … - fragile, la … - humide, l'… - propre, la … ; vrai, la …

Exercices habituels. Faire s'exprimer plusieurs élèves sur chaque expression du premier et un
élève différent pour chacun des mots du second.

D. Expression :
Nous choisissons une des fleurs citées dans le texte, nous la dessinons
puis nous la décrivons le plus précisément possible.

Travail individuel, collectif ou par petit groupe. Quelle que soit la forme de travail adopté,
l'acquisition d'une orthographe et d'une syntaxe soignées reste un but indissociable de celui
d'expression. L'enseignant fournira toute l'aide nécessaire pour qu'il soit atteint, dès le brouillon.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 246


Printemps (2)

1. Lecture :
• Texte : Suite du texte de la veille. Quelques allusions à la vie des animaux domestiques qui nous
entourent (accouplement, sans plus de précision ; consommation de viande d'élevage ; euthanasie
des petits), à négocier selon le public et sa propre sensibilité.
• Mots difficiles : prompt ; fier-à-bras ; s'accoupler ; euthanasier.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, une photo, servira de base au commentaire après la lecture à voix haute par les
élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
prompt (adj.) : qui agit vite ; qui est vite prêt.
fier-à-bras (n. m.) : fanfaron ; personne sans compétences particulières qui joue un
rôle avantageux pour elle.
s'accoupler (v.) : s'unir pour avoir des petits.
euthanasier (v.) : action que pratique un vétérinaire pour supprimer un animal sans le
faire souffrir.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves. Les deux derniers mots peuvent être à
peine effleurés ou au contraire expliqués de manière plus approfondie, au choix de l'enseignant.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Pendant combien de jours la boîte aux lettres sera inutilisable ? À quoi va servir ce
temps ?
- Quels problèmes pose la naissance de jeunes animaux domestiques aux enfants ? et à
leurs parents ?

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 247


- Relevons les noms de fleurs et cherchons des illustrations dans un dictionnaire, une
encyclopédie ou l'internet.

1re question : bien faire différencier la période de couvaison de la période d'élevage des jeunes.
Faire rappeler aux élèves qu'ensuite, comme le dit Mme Personne, le nid sera abandonné. En effet,
les enfants croient souvent que le nid est « la maison des oiseaux » alors qu'il n'est qu'une
« maternité » destinée à abriter les jeunes et leur famille tant que dure la période d'élevage.
2e question : Amener les élèves, par le dialogue et le débat, à faire une nette différence entre les
enfants qui voudraient garder tous les animaux qu'ils élèvent et les adultes qui ne l'envisagent pas.
Aider les enfants à réaliser ce qui se passerait très vite du moment où les poussins et les chatons
nouveaux-nés se seraient transformés en adultes capables de se reproduire. On peut même en faire
l'occasion d'un travail interdisciplinaire où les mathématiques seraient appelées à la rescousse pour
calculer tant le nombre d'animaux au bout d'une, deux, trois générations (sachant que les premières
continuent elles aussi à procréer) que la durée de passage d'une génération à la suivante ou même la
quantité de nourriture ou l'espace à prévoir pour que ces animaux vivent dans de bonnes conditions.
3e question : à mener pendant l'horaire de français ou pendant celui du domaine « questionner le
monde » ; en faire l'objet d'une recherche en classe peut être aussi très intéressant, en revanche, si
cette recherche ne sera demandée à la maison que si l'on est sûr que tous les élèves de la classe
trouveront chez eux l'encadrement et le matériel nécessaire. L'égalité des chances, c'est ne rien
externaliser qui puisse être clivant selon le milieu familial.

C. Exercices :
Nous rangeons dans l'ordre les propositions suivantes en utilisant pour les
séparer des virgules et la conjonction et.
Après la parade du mâle, les parents s'accouplent – ils nourrissent les oisillons – ils
fabriquent un nid à l'aide de mousse et de brindilles – la mère couve les œufs – ils
apprennent à voler à leurs petits – la femelle pond de 7 à 16 œufs dans le nid – adultes
et jeune abandonnent le nid
Après la … , …, …, …, …, …. et … .
Nous cherchons les noms des jeunes animaux.
oiseau, oisillon – chat, … - ours, … - oie, … - canard, … - aigle, … - âne, … - rat, …

Le premier exercice est à mener au tableau, en groupe-classe, après que la consigne ainsi que
chacune des propositions en ont été lues par les élèves. Deux ou trois relectures des propositions
pourront être nécessaires pour que les élèves les aient toutes en tête.
Le deuxième exercice est simple et a peut-être déjà été pratiqué, en lecture, en étude du vivant ou
en grammaire. Il est normal de le reprendre pour fixer ce vocabulaire dans l'esprit des élèves. La
mémoire a besoin de nombreuses répétitions pour être sûre.

D. Expression :

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 248


Nous écrivons l'affichette que le propriétaire de Musette veut placarder partout. Nous
l'illustrons d'une photo ou d'un dessin de chatons.

Travail individuel, collectif ou par petit groupe. Quelle que soit la forme de travail adopté,
l'acquisition d'une orthographe et d'une syntaxe soignées reste un but indissociable de celui
d'expression. L'enseignant fournira toute l'aide nécessaire pour qu'il soit atteint, dès le brouillon.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 249


Printemps en poésies

1. Lecture :
• Texte : Quatre poèmes simples pour célébrer le printemps. Le premier (Au printemps) et le dernier
(Premier sourire de printemps) sont de Théophile Gautier 196, que les élèves n'ont pas encore
rencontré cette année. Le deuxième (Joie du printemps) a été écrit par Lucie Delarue-Mardrus 197.
Quant au troisième, les enfants retrouveront Maurice Carême198 qu'ils connaissent déjà bien.
• Mots difficiles : Selon les classes et le niveau des élèves
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Deux tableaux impressionnistes, de Monet 199 et Pissarro200. Les enfants noteront certainement le
travail par petites touches des deux peintres et apprécieront le résultat, tout particulièrement au
niveau des arbres fruitiers en fleurs (voir « il neige des fleurs », dans Au printemps, de T. Gautier).

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, strophe par strophe, ou
196 Théophile Gautier, né à Tarbes le 30 août 18111 et mort à Neuilly-sur-Seine le 23 octobre 1872, est un poète,
romancier et critique d'art français. Admirateur des romantiques, il s'en détache pour professer la recherche du beau à
travers une perfection technique, selon la théorie de l'art pour l'art des parnassiens. (L'internaute)
197 Lucie Delarue-Mardrus, née à Honfleur le 3 novembre 1874, et morte à Château-Gontier le 26 avril 1945, est une
poétesse, romancière, journaliste, historienne, sculptrice et dessinatrice française. Elle considère ses productions en
prose comme alimentaires, seule sa poésie a de la valeur à ses yeux. Des Années folles aux Trente Glorieuses (soit
jusqu'en 1974), presque tous les petits écoliers français auront appris au moins une poésie d'elle. Elle a d'ailleurs en plus
donné quelques romans relevant de la littérature de jeunesse. (Wikipédia – Babelio)
198 Voir note 28.
199 Claude Monet, né le 14 novembre 1840 à Paris et mort le 5 décembre 1926 (à 86 ans) à Giverny, est un peintre
français et l’un des fondateurs de l'impressionnisme. Monet peint devant le modèle sur l'intégralité de sa toile dès les
premières ébauches, il retouche ensuite de nombreuses fois jusqu'à ce que le résultat le satisfasse. Contrairement à ce
qu'il affirme, il termine la plupart de ses toiles en atelier, prenant modèle sur les premières peintures d'une série pour
peindre les autres. D'un caractère parfois difficile, prompt à la colère comme au découragement, Claude Monet est un
grand travailleur qui n'hésite pas à défier la météo pour pratiquer sa passion. Monet résume sa vie ainsi de la meilleure
manière : « Qu'y a-t-il à dire de moi ? Que peut-il y avoir à dire, je vous le demande, d'un homme que rien au monde
n'intéresse que sa peinture - et aussi son jardin et ses fleurs ? » (Wikipédia)
200 Jacob Abraham Camille Pissarro, dit Camille Pissarro, né à Saint-Thomas (Îles Vierges), alors possession
danoise, le 10 juillet 1830 et mort à Paris le 13 novembre 1903, est un peintre impressionniste puis néo-impressionniste
franco-danois. Connu comme l'un des « pères de l'impressionnisme », il a peint la vie rurale française, en particulier des
paysages et des scènes représentant des paysans travaillant dans les champs, mais il est célèbre aussi pour ses scènes de
Montmartre, et ses scènes autour du Louvre et des Tuileries, où il descendait. À Paris, il eut entre autres pour élèves
Paul Cézanne, Paul Gauguin, Jean Peské et Henri-Martin Lamotte. (Wikipédia)

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 250


proposition après proposition, avec interruptions pour explications, questions, courts débats…
Relecture « cursive », toujours strophe par strophe, sans interruption cette fois. Comme il s'agit de
poèmes à dire, à haute voix, on pourra ensuite demander à chaque élève de relire celui de son choix,
même s'il faut être conscient que sa diction devra sans doute plus à sa mémoire qu'à sa capacité à
lire de manière fluide et expressive.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 251


Renart et la mésange

1. Lecture :
• Texte : Les élèves ont déjà rencontré Renart et ses tours au module 7. Il conviendra bien entendu
de le leur faire rappeler. Ils résumeront brièvement l'histoire qu'ils avaient lue et, s'ils s'en
souviennent, situeront le Roman de Renart dans le temps. Sinon, l'enseignant le fera brièvement,
sans procéder pour autant à un cours d'histoire. Il pourra à l'occasion leur faire sortir leur cahier ou
leur manuel d'histoire et le leur faire feuilleter afin que, dans leur esprit, le Moyen Âge s'inscrive
comme la période de 1 000 ans située entre l'Empire Romain et l'époque des Grandes Découvertes.
• Mots difficiles : étreindre ; escroc ; filleul ; vassal.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, tirée d'un livre de littérature de jeunesse, servira de base au commentaire après la
lecture à voix haute par les élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
étreindre (v.) : serrer douloureusement ; tenailler ; oppresser.
escroc (n. m.) : personne malhonnête ; trompeur.
filleul (n.m.) : celui dont on est le parrain ou la marraine lors d'un baptême.
vassal (n. m.) : personne liée à un chef auquel elle doit service et obéissance.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Expliquons les mots et expressions en nous servant du contexte : Messire Noble le lion
a décrété (§ 2) – les contrées (§ 2) – la paix est maintenue (§ 2) – vous me redoutez

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 252


(§ 3) - enfreindre (§ 4) - elle fait la sourde oreille (§ 5)
- Dans cette histoire, qu'est-ce qui diffère des autres contes dont Renart est le héros ?
1re question : travail connu désormais des élèves et de leur enseignant. Penser à ne pas laisser
s'exprime toujours les mêmes élèves en pérennisant l'habitude du tour de rôle immuable.
2e question : aboutir à la conclusion que, cette fois, c'est Renart qui est trompé, par deux fois, et que,
malgré son insistance, il n'arrive pas à persuader la mésange de sa bonne foi.

C. Exercices :
Nous trouvons et épelons le verbe qui correspond aux noms suivants.
glapissement, … - frémissement, … - gémissement, … - rugissement, … - aboiement, …
- bégaiement, … - paiement, … - tutoiement, …
Nous cherchons et épelons le nom féminin qui correspond.
compère, … - bienvenu, … - fils, … - filleul, … - messire, … - parrain, …

Le premier exercice permet une petite incursion, rapide et informelle, dans le programme de CE2
en faisant découvrir un groupe de verbes qui se terminent par -ir à l'infinitif et dont les noms dérivés
utilisent la syllabe -iss-. De même, il permet de rassembler quelques verbes en -yer dont les noms
dérivés utilisent les lettres -ie- en remplacement de la lettre y.
Le deuxième exercice permet de rappeler la règle générale de formation d'un nom féminin à
partir d'un nom masculin ainsi que quelques-unes de ses nombreuses exceptions.

D. Expression :
Nous imaginons, jouons et écrivons ensemble un mauvais tour que
jouerait Renart à un autre oiseau.

Travail nécessairement collectif. L'enseignant s'attachera à ce que les élèves produisent un


dialogue court comportant une situation initiale, un « débat », une fin. C'est lui qui transcrira le
dialogue au tableau, tout en exposant la présentation qu'il convient de lui donner. Ce dialogue ne
devra en aucun cas dépasser les dix à douze répliques.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 253


Renart et Tiécelin, le corbeau (1)

1. Lecture :
• Texte : Les élèves connaissent peut-être déjà la fable de La Fontaine. Dans ce cas, la faire réciter
par un ou plusieurs volontaires et proposer un « jeu des différences » : Jean de La Fontaine a repris
l'histoire, déjà racontée par Ésope pendant l'Antiquité201. Lire rapidement l’œuvre d'Ésope. Situer
ces trois œuvres dans le temps et travailler sur qui s'est inspiré de qui.
• Mots difficiles : amont ; villégiature ; avoir loisir de.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, une enluminure, servira de base au commentaire après la lecture à voix haute par
les élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
amont (n. m.) : partie du cours d'eau qui se trouve plus près de la source que celui où
on se trouve (contraire : aval).
villégiature (n. f.) : séjour de repos à la campagne, à la mer ou à la montagne.
avoir loisir (exp.) : avoir la possibilité ; avoir le temps.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves. Le mot amont sera rapprochée de la
géographie si une leçon sur les cours d'eau a été effectuée ; on se reportera alors au cahier ou au

201 LE CORBEAU ET LE RENARD (Ésope) : Un corbeau, ayant volé un morceau de viande, s’était perché sur un
arbre. Un renard l’aperçut, et, voulant se rendre maître de la viande, se posta devant lui et loua ses proportions élégantes
et sa beauté, ajoutant que nul n’était mieux fait que lui pour être le roi des oiseaux, et qu’il le serait devenu sûrement,
s’il avait de la voix. Le corbeau, voulant lui montrer que la voix non plus ne lui manquait pas, lâcha la viande et poussa
de grands cris. Le renard se précipita et, saisissant le morceau, dit : « Ô corbeau, si tu avais aussi du jugement, il ne te
manquerait rien pour devenir le roi des oiseaux. » Cette fable est une leçon pour les sots.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 254


manuel de géographie et le vocabulaire (source, amont, aval, affluent, confluent, embouchure)
pourra être revu rapidement.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Expliquons les mots et expressions en nous servant du contexte : logé à bonne
enseigne (§ 1) - par nécessité (§ 2) – vous ne l'emporterez pas au paradis (§ 2) -
mauvaise garde nourrit le loup (§ 3) – l'un mange et l'autre bâille (§ 3)
- Comment voyons-nous que Renart se plaît sous le hêtre ?

La première question sera traitée comme la veille. Pour la seconde, il sera intéressant de faire
relire les paragraphes concernés par les élèves après ou avant débat, selon qu'on privilégiera la
recherche par balayage rapide du texte ou la mémorisation de la lecture.

C. Exercices :
Nous recherchons dans le texte, tous les noms qui désignent un lieu pour
compléter ces définitions.
… : petite élévation de terrain de faible altitude
… : cours d'eau naturel qui se jette dans un autre cours d'eau ou un lac
… : grande élévation de terrain de haute altitude
… : grande surface de terre plane et unie
Nous replaçons dans les phrases des mots de la famille du mot enclos : clôturé
– clôture – clos
Une … entourait le jardin. - C'est un terrain … par un grillage de 2 m de haut. - Les
volets sont …, ils dorment.

Le premier exercice montre à nouveau combien la lecture est au service des disciplines et les
disciplines au service de la lecture : comment lire sans culture, comment découvrir une culture sans
lire ? On fera à nouveau appel au cahier ou au manuel de géographie (et à défaut, au dictionnaire)
pour vérifier les réponses faites.
Famille de mots pour le second exercice. On ne cherchera pas à obtenir une mémorisation
durable de ces mots, en revanche, la méthode sera rappelée lors d'exercices ultérieurs.

D. Expression :
Dessinons le lieu où se trouvent Renart et Tiécelin en nous aidant du texte puis
décrivons-le par écrit.

Travail individuel, collectif ou par petit groupe. Quelle que soit la forme de travail adopté,
l'acquisition d'une orthographe et d'une syntaxe soignées reste un but indissociable de celui
d'expression. L'enseignant fournira toute l'aide nécessaire pour qu'il soit atteint, dès le brouillon.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 255


Renart et Tiécelin, le corbeau (2)

1. Lecture :
• Texte : Suite du texte précédent. Rappel du nom de l’œuvre dont est tirée ce texte et situation dans
le temps.
• Mots difficiles : mainte ; octave ; rouspéter.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Pas d'illustration.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
mainte (adj. ind.) : en grand nombre.
octave (n. f.) : intervalle de huit notes. Monter d'une octave, c'est chanter huit notes
plus haut.
rouspéter (v.) : râler ; ronchonner. ; récriminer.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves. Si l'on possède un instrument de
musique en classe, jouer plusieurs gammes, en démarrant chaque fois d'une note différente et en
finissant par l'intervalle d'octave (do → do ; ré → ré ; mi → mi ; etc.) pour faire percevoir ce que
c'est qu'une octave.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Selon Renart, quel fruit est dangereux pour la voix ?
- Relisons les flatteries de Renart en travaillant notre intonation. Pourquoi faut-il
exagérer le ton ?
- Qu’apprenons-nous au sujet de la patte de Renart ? Comment se sert-il de cela ?
- Est-ce vrai que le fromage n'est pas recommandé pour les plaies ? Pourquoi Renart
dit-il cela ?

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 256


- Comment Renart se console-t-il de n'avoir pas réussi à attraper Tiécelin ? Qu’est-ce
que cela nous apprend sur son caractère ?

1re question : Simple relecture du texte ; un élève fera peut-être remarquer que les noix sont âpres
et qu'après en avoir mangé, nous avons l'impression d'avoir la langue chargée : peut-être est-ce la
raison de la réflexion de Renart à leur sujet.
2e question : Jouer sur l'effet comique d'une diction exagérée ; Renart est mielleux, obséquieux,
c'est un flatteur prêt à toutes les bassesses pour obtenir ce qu'il veut.
3e et 4e questions : On pourra expliquer brièvement que, dans un épisode précédent du Roman,
Renart a eu la patte prise dans un piège et qu'il se remet à peine de sa blessure. Les enfants
évoqueront peut-être les personnes qui se cachent derrière un problème sans rapport avec la
situation actuelle pour en tirer des avantages. Les laisser dire sans les entraîner vers des digressions
longues qui feraient perdre le fil du travail en cours.
5e question : Là aussi, les élèves auront envie de raconter comment certaines personnes réelles ou
imaginaires tournent casaque à peine remis d'une difficulté en l'occultant complètement. On pourra
raconter, toujours brièvement, comment la Thénardier a procédé de même lorsqu'elle a remarqué
que Jean Valjean tenait énormément à Cosette et qu'elle pourrait tirer profit de la situation en
montrant l'affection qu'elle aurait toujours témoignée à l'enfant.

C. Exercices :
Nous trouvons les noms féminins terminés par -ie qui correspondent à chacun
des adjectifs qualificatifs suivants.
flatteur, une … - étourdi, une … - malade, une … - jaloux, la … - boudeur, la … - bizarre,
une … - brusque, une … - rêveur, une … - sonneur, une …

Exercice simple à mettre en œuvre.

D. Expression :
Jouons et racontons la colère de Tiécelin.

Travail collectif. Après le dialogue, un petit monologue, raconté au style direct ou indirect, au
choix de la classe ou de l'enseignant.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 257


Maître Renard, vu par Jean de La Fontaine

1. Lecture :
• Texte : Trois fables, mettant en valeur trois facettes de Renard, tel que le racontent tant Ésope que
le Roman de Renart.
• Mots difficiles : Selon les classes.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Les illustrations, quatre gravures de Granville202 et Gustave Doré203 et un tableau contemporain


d'Isabelle Brent204, à la manière des enluminures du Moyen Âge, serviront de base au commentaire
après la lecture à voix haute par les élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, phrase par phrase, avec
interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive », toujours
paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.
Après chaque lecture, des liens seront tissés entre les textes du Roman de Renart et la Fable que
l'on vient de lire. Le portrait de Renard, rusé, malin, vantard, sans pitié pour ceux qu'il présente
pourtant comme ses « amis » se précisera. On pourra le compléter de lectures plus contemporaines
telles que Fantastique Maître Renard, de Roald Dahl205 dont on pourra lire de larges extraits aux
élèves avant de le laisser en accès libre à la bibliothèque de classe.

202 Granville (pseudonyme de Jean-Ignace-Isidore Gérard) nait en 1803. Artiste, dessinateur, caricaturiste et
lithographe, son inspiration baroque lui fait traiter des thèmes inédits où la caricature la plus cruelle cotoie des
illustrations "visionnaires" et/ou poétiques. (Google)
203 Paul Gustave Louis Christophe Doré dit Gustave Doré, né le 6 janvier 1832 à Strasbourg et mort le 23 janvier
1883 à Paris dans son hôtel de la rue Saint-Dominique, est un illustrateur, graveur, bédéiste, peintre et sculpteur
français. Il a été reconnu internationalement de son vivant. (Wikipédia)
204 Les Vélins d'Or, Isabelle Brent. (site de l'artiste)
205 Roald Dahl, né le 13 septembre 1916 à Llandaff, au pays de Galles, et mort le 23 novembre 1990 à Oxford, en
Angleterre, est un écrivain britannique et scénariste, auteur de romans et de nouvelles, qui s'adressent aussi bien aux
enfants qu'aux adultes, mais mieux connu pour ses ouvrages de littérature d'enfance et de jeunesse.Parmi ses œuvres les
plus célèbres, on peut citer (Charlie and the Chocolate Factory, 1964), adapté plusieurs fois au cinéma, ainsi que des
recueils de nouvelles grinçantes : Bizarre ! Bizarre ! (Someone Like You, 1948) qui obtint le prix Edgar-Allan-Poe en
1954, et Kiss Kiss (1959).

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 258


La naissance des oiseaux

1. Lecture :
• Texte : Deux textes documentaires à lire, expliquer et commenter aussi bien pendant l'horaire de
lecture que pendant celui dédié au domaine « Questionner le monde ». Certains élèves découvriront
peut-être à ce moment-là que les poules et autres volailles sont des oiseaux au même titre que les
mésanges, les aigles ou les pingouins.
Le premier texte permettra par ailleurs de fixer la lecture à voix haute des nombres ordinaux.
• Mots difficiles : Selon les classes
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Les illustrations, une photo pour la première partie, deux aquarelles de Marie-Laure Viriot,
aident les élèves à comprendre le texte qu'ils lisent. On instaurera un va-et-vient constant entre les
unes et les autres.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.
Suite à la lecture, on pourra envisager la rédaction collective d'un texte résumant les acquis,
recopié dans le cahier d'Observation et illustré par les élèves eux-mêmes.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 259


La fleur de cerisier

1. Lecture :
• Texte : Leçon d'observation telle que les élèves en ont déjà lu plusieurs. L'enseignant n'a qu'à se
laisser guider par la présentation et suivre l'organisation pour permettre aux élèves de découvrir,
comprendre et enfin mémoriser, le tout de manière active, des faits botaniques simples. Si l'on a pu
se procurer quelques fleurs d'arbres fruitiers (ou ornementaux de type « pommier du Japon ») dont
les élèves pourront observer et disséquer les éléments de visu, c'est l'apprentissage actif assuré !
Il va sans dire que cette lecture sera tout aussi bien placée en français que pendant le temps
d'apprentissages scientifiques.
• Mots difficiles : Selon les classes.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Illustrations et questions s'y rapportant font partie intégrante de la lecture. Va-et-vient entre les
deux obligatoire !

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.
Suite à la lecture, on pourra envisager la rédaction collective d'un texte résumant les acquis,
recopié dans le cahier d'Observation et illustré par les élèves eux-mêmes.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 260


Géographie : Le printemps

1. Lecture :
• Texte : Leçon d'observation, à visée géographique cette fois, telle que les élèves en ont déjà lu
plusieurs. L'enseignant n'a qu'à se laisser guider par la présentation et suivre l'organisation pour
permettre aux élèves de découvrir, comprendre et enfin mémoriser, le tout de manière active, des
faits géographiques simples.
On aura nécessairement récupérer au moins un calendrier du style de ceux distribués par La
Poste par groupe de trois ou quatre élèves. La partie relative au calendrier pourra être mise en œuvre
pendant l'horaire de mathématiques.
Certains exercices sont à mener sur la durée. S'ils ont été commencé en début de module, on
pourra procéder à la conclusion ce jour-là. Sinon, il faudra envisager de continuer à parler du
printemps pendant encore quelques semaines. Attention à la lassitude qui vient vite quand on n'a
que huit ans !
• Mots difficiles : Selon les classes.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Illustrations et questions s'y rapportant font partie intégrante de la lecture. Va-et-vient entre les
deux obligatoire ! La photo du calendrier n'est là que pour illustrer la lecture ; il est nécessaire
d'avoir un calendrier sur lequel on peut trouver les horaires de lever et coucher du soleil au 21 mars
et au 21 juin afin de procéder aux calculs demandés dans la leçon.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.
Suite à la lecture, on pourra envisager la rédaction collective d'un texte résumant les acquis,
recopié dans le cahier de Géographie et illustré par les élèves eux-mêmes.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 261


Je serai bâtisseur (1)

1. Lecture :
• Texte : Tout un chapitre sur les cabanes, l'envie de se construire un lieu à soi, forcément beau et
parfaitement semblable à ses rêves les plus fous. Mais aussi un chapitre qui parle des bandes de
gosses, éternelles, et de l'envie de grandir. C'est pourquoi ce premier texte (en deux parties) débute
avec nos petits amis de CE1 alors que le suivant présentera des enfants de neuf à dix ans et le
dernier, issu de la Littérature, présentera des héros de dix à quatorze ans, les Longeverne de la
Guerre des Boutons.
• Mots difficiles : cité ; voie rapide ; friche ; terrain vague.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, une photo, servira de base au commentaire après la lecture à voix haute par les
élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
cité (n. f.) : groupement de logements ou d'immeubles ayant une unité.
voie rapide (exp.) : route qui ressemble à une autoroute.
friche (n. f.) : terrain non cultivé, le plus souvent abandonné.
terrain vague (exp.) : terrain d'une ville ou proche d'une ville qui n'est ni construit, ni
aménagé pour la promenade.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Expliquons grâce au contexte : la municipalité ; des lopins, des parcelles ; en priorité ;

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 262


au bled ; des savoir-faire de jardiniers ; des rigoles ; des projectiles qu'ils propulsent ;
des jérémiades ; l'accès à la voie rapide.
- Expliquons ce qu'a organisé la mairie pour les habitants de la cité. Quels avantages en
tireront-ils ?
- Comment les enfants finissent-ils par se faire renvoyer des jardins ? Que pensent-ils
alors des parents ?
- Commentons cette phrase avec l'aide de notre professeur : Les adultes sont
décidément bien ennuyeux… rien d'important à faire.

1re question : quelques mots et expressions à expliquer grâce au contexte. Exercice habituel pour
les élèves.
2e question : les élèves apprennent à revenir au texte, à synthétiser une réponse puis à débattre
autour d'un projet extérieur à leur univers d'enfants. Ce débat peut avoir lieu pendant l'horaire
consacré à l'Éducation Morale et Civique206.
3e et 4e question : Cette fois-ci, le débat porte sur le monde des enfants. Il peut aussi être
comptabilisé dans le temps d'Éducation Morale et Civique207.
C. Exercices :
Nous trouvons des mots (noms, verbes, adjectifs) de la même famille :
des plants – un jardin – un terrain
Nous donnons le contraire des mots suivants :
inattentif, … – inattendu, … – inachevé, … – inactif, … – inaperçu, … – inadapté, … –
inanimé, … – inattaquable, … – inévitable, … – inexcusable, …- inhabituel, …

1er exercice : aider les élèves à répertorier le maximum de mots de la même famille en se servant
de leurs connaissances grammaticales (chercher des noms, des adjectifs qualificatifs, des verbes) et
en vocabulaire méthodique (utiliser des préfixes et suffixes connus, trouver des diminutifs, des
contraires, …).
2e exercice : travail habituel, bien connu des élèves. Certains remarqueront que la suite de lettres
« in » se lit systématiquement [in] et non [ἕ] dans tous ces mots. On pourra leur faire trouver la
raison eux-mêmes.

D. Expression :
Imaginons et expliquons des jeux que les enfants peuvent organiser dans le
petit bois.

Travail individuel, collectif ou par petit groupe. Quelle que soit la forme de travail adopté,
l'acquisition d'une orthographe et d'une syntaxe soignées reste un but indissociable de celui
d'expression. L'enseignant fournira toute l'aide nécessaire pour qu'il soit atteint, dès le brouillon.

206 Programme 2015, Cycle 2 : Le jugement, penser par soi-même et avec les autres – L'engagement, agir
individuellement et collectivement.
207 Programme 2015, Cycle 2 : La sensibilité, soi et les autres – Le droit et la règle : des principes pour vivre avec les
autres.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 263


Je serai bâtisseur (2)

1. Lecture :
• Texte : Suite du texte précédent. On pourra voir comme la construction de la cabane prend peu de
temps par rapport à tout celui consacré au jeu, aux discussions, au rêve.
• Mots difficiles : responsable de chantier ; opter ; meneur d'hommes ; chœur.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, une photo, servira de base au commentaire après la lecture à voix haute par les
élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
responsable de chantier (n. m.) : personne qui anime l'équipe des ouvriers, répartit les
tâches, dirige les travaux.
opter (v.) : faire un choix entre plusieurs possibilités.
meneur d'hommes (exp.) : personne qui a des qualités pour diriger un groupe.
chœur (exp.) : ensemble de personnes qui chantent ou parlent exactement en même
temps.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Expliquons grâce au contexte : cela nécessite une certaine organisation ; où les
grands ont établi leur « quartier général » ; le « gros œuvre » ; la collecte ; une
luxueuse demeure ; ils ont rétabli la situation ; ils ont proclamé.
- Expliquons pourquoi les enfants ont choisi un emplacement invisible des parents, de la
voie rapide et des grands.
- Expliquons pourquoi des enfants de huit ans ne peuvent pas construire une luxueuse

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 264


demeure.
- Expliquons pourquoi l'auteur a écrit que Assim et Arturo sont des « meneurs
d'hommes… et de femmes ! ».

1re question : quelques mots et expressions à expliquer grâce au contexte. Exercice habituel pour
les élèves.
2e, 3e et 4e questions : questions ouvertes menant à une compréhension fine de l'implicite du
texte. Quand plusieurs interprétations sont possibles, laisser le débat se dérouler en veillant toutefois
à ce qu'il reste ouvert, tolérant envers les opinions contraires, que personne ne mobilise la parole et
que le groupe ne perde pas trop de temps en digressions.

C. Exercices :
Pas d'exercices sur ce texte afin de laisser du temps à la compréhension de l'implicite.

D. Expression :
Imaginons et expliquons comment les enfants vont aménager l'intérieur de
leur cabane.

Travail individuel, collectif ou par petit groupe. Quelle que soit la forme de travail adopté,
l'acquisition d'une orthographe et d'une syntaxe soignées reste un but indissociable de celui
d'expression. L'enseignant fournira toute l'aide nécessaire pour qu'il soit atteint, dès le brouillon.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 265


Jeux d'enfants en poésie

1. Lecture :
• Texte : Une chanson contemporaine de Nino Ferrer208 suivie de deux poèmes, le premier d'Arthur
Rimbaud209 et le second, traduit du turc par Charles Dobzynski, de Nazim Hikmet Ran 210. Ces trois
poèmes évoquent plutôt l'univers de l'enfance, avec sa façon de rendre importantes de toutes petites
choses qui resteront gravées dans la mémoire comme des moments inoubliables, que la construction
des cabanes en particulier. Cette réflexion sur le caractère souvent très anecdotique des priorités des
enfants doit rester « entre nous », adultes, et ne pas être expliqué aux enfants qui, eux, trouveront
sans doute parfaitement normal de trouver très important la contemplation d'un nid de bêtes
blanches ou une baignade avec des canards !
• Mots difficiles : selon la classe.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Les illustrations, deux tableaux contemporains, le premier de Louis Toffoli 211, le second de Pablo
Picasso212, servira de base au commentaire après la lecture à voix haute par les élèves.

208 Nino Agostino Arturo Maria Ferrari, dit Nino Ferrer, né le 15 août 1934 à Gênes, en Italie, et mort le 13 août
1998 à Montcuq, dans le Lot en France, est un chanteur, auteur et compositeur italo-français. Certaines de ses chansons,
dont celles-ci sont passées dans le répertoire scolaire et peuvent être écoutées et apprises en classe. (Wikipédia)
209 Voir Module 4 : La légende du tilleul (2).
210 Nâzım Hikmet Ran, né le 21 novembre 19011 à Salonique, et mort le 3 juin 1963 à Moscou, est un poète turc, puis
citoyen polonais, longtemps exilé à l'étranger pour avoir été membre du parti communiste turc. Nâzım Hikmet est l'une
des plus importantes figures de la littérature turque du XXe siècle, et l'un des premiers poètes turcs à utiliser des vers
libres comme le fit Orhan Veli. Hikmet est devenu, de son vivant, l'un des poètes turcs les plus connus en Occident et
ses travaux ont été traduits dans plus de cinquante langues. (Wikipédia)
211 Louis Toffoli est un peintre français né à Trieste (Italie), le 16 octobre 1907, d’un père italien et d’une mère
slovène, et mort le 18 février 1999 à Paris. Louis Toffoli utilise différentes techniques pour ses œuvres : peinture à
l'huile, lithographie, tapisseries. Les sujets se retrouvent ainsi sur différents supports, la lumière transparaissant de
manière différente selon le support. Louis Toffoli consacre une période de son œuvre au travail sur la lumière à la
lithographie. Il dédie aussi une œuvre au travail du lithographe avec La Presse à bras.
212 Pablo Ruiz Picasso, né à Malaga (Espagne) le 25 octobre 1881 et mort le 8 avril 1973 à Mougins (, France), est un
peintre, dessinateur et sculpteur espagnol1 ayant passé l'essentiel de sa vie en France.Artiste utilisant tous les supports
pour son travail, il est considéré comme le fondateur du cubisme avec Alpes-Maritimes et un compagnon d'art du
surréalisme. Il est l'un des plus importants artistes du XXe siècle, tant par ses apports techniques et formels que par ses
prises de positions politiques. Il a produit près de 50 000 œuvres dont 1 885 tableaux, 1 228 sculptures,
2 880céramiques, 7 089 dessins, 342 tapisseries, 150 carnets de croquis et 30 000 estampes (gravures, lithographies,
etc.). (Wikipédia)

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 266


B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, phrase par phrase ou
strophe par strophe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture
« cursive », toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.
Penser à surveiller l'intonation et les liaisons.
Le jardin près de la fontaine (vers libres) : Pas d'obligation au niveau de la métrique.
L'enseignant pourra écouter la chanson préalablement pour aider les élèves à adopter le même
rythme que l'auteur-compositeur avait choisie.
On pourra par ailleurs, après la première lecture consacrée au décorticage, faire écouter la
chanson et même la faire apprendre dans le cadre d'un projet interdisciplinaire français et musique.
Cette chanson fait allusion à des enfants qui se baignaient nus. Souvent, ce genre de propos
provoque l'hilarité chez les enfants de 5 à 12 ans, ce qui leur permet de cacher leur gêne. Chaque
enseignant verra, en fonction de sa propre sensibilité, comment traiter le problème. Je conseille
quant à moi de respecter leur pudeur et de ne pas les obliger à expliquer leur gêne ; on pourra par
exemple dire que c'étaient des enfants pauvres qui n'avaient pas forcément les moyens d'acheter une
tenue de bain appropriée ou expliquer que dans de nombreux lieux au monde, la nudité n'est pas
tabou comme elle l'est dans d'autres puis passer rapidement à autre chose. On n'hésitera pas à
couper court à tous les ricanements en cours d'audition et de relecture en disant que cette expression
a déjà été commentée et qu'il serait temps maintenant de passer à autre chose.
Enfance (vers libres) : Pas d'obligation au niveau de la métrique. Les phrases sont simples, très
évocatrices. Se laisser porter. Les enfants très réalistes auront sans doute de la peine à « croire » à ce
poème. Parler de rêve, d'imaginaire… Rapprocher ces images oniriques de celles qui peuvent naître
quand on contemple la course des nuages dans un ciel bleu.
On pourra éventuellement demander aux élèves de continuer le poème à leur manière, en leur
rappelant néanmoins qu'il n'y eut qu'un Arthur Rimbaud et que ce qu'ils feront risque d'être moins
apprécié des amateurs de littérature que ce poème-là.
On pourra aussi les amener à se questionner sur les éléments du bois qui peuvent avoir évoquer à
l'enfant Arthur Rimbaud une horloge, une cathédrale, …
Le globe (vers libres) : Pas d'obligation au niveau de la métrique. Comme chez Rimbaud, les
phrases sont simples et évocatrices. Laisser parler les élèves. Un débat d'Éducation Morale et
Civique peut suivre cette lecture.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 267


Le chalet (1)

1. Lecture :
• Texte : Ce texte est extrait d'un manuel de lecture suivie des années 1960, écrit par un instituteur
et romancier : Paul-Jacques Bonzon213. Destiné aux élèves de CE2 et CM1, ce roman scolaire
raconte l'histoire du jeune Marco, petit banlieusard de Clichy, qui retourne dans la Savoie natale de
son père et apprend à vivre à la montagne. Cet extrait, situé au début du roman, raconte la
construction d'un « chalet » semblable à ceux qu'il a vus en Savoie au cours de ses vacances
précédentes. Il ne sait pas encore que, suite à des événements douloureux, il va déménager.
• Mots difficiles : exaltant ; entrailles ; épargner ; alerter.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, une photo, permettra aux élèves de se faire une image du chalet qu'imagine Marco
pendant qu'il construit sa cabane en planches.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
exaltant (adj.) : passionnant ; qui donne beaucoup d'entrain et de courage.
entrailles (n. f. plur.) : contenu du ventre.
épargner (v.) : mettre de côté ; protéger.
alerter (v.) : avertir en cas de danger ; donner l'alerte.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi

213 Paul-Jacques Bonzon (1908-1978) est un instituteur et écrivain français de romans pour la jeunesse. Plusieurs fois
lauré, il est connu principalement pour la série Les Six Compagnons parue chez Hachette dans la collection
Bibliothèque verte. C'est aussi l'auteur des séries La famille HLM et Diabolo ainsi que d'ouvrages scolaires, publiés
chez Delagrave, et destinés à la lecture suivie : du Château de Pompon, destiné aux enfants de CP, à La Roulotte du
Bonheur, pour ceux de CM2, les élèves pouvaient chaque année s'identifier toute l'année aux jeunes héros de ces
manuels.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 268


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Pourquoi Marco veut bâtir un chalet plutôt qu'une simple cabane ?
- Pourquoi le quincaillier lui donne-t-il la scie ?

Deux questions mettant en jeu l'implicite et la compréhension fine de la personnalité des


personnages. Engager et mener le débat avec tous les élèves. Comme toujours, ne pas se contenter
d'une bonne réponse validée par l'enseignant.

C. Exercices :
Pas d'exercices pour laisser le temps de débattre sur l'intrigue, les personnages, leur personnalité.

D. Expression :
Nous décrivons la photographie le plus précisément possible pour pouvoir à
notre tour imaginer le chalet bâti par Marco et ses camarades.

Travail individuel, collectif ou par petit groupe. Quelle que soit la forme de travail adopté,
l'acquisition d'une orthographe et d'une syntaxe soignées reste un but indissociable de celui
d'expression. L'enseignant fournira toute l'aide nécessaire pour qu'il soit atteint, dès le brouillon.
Aucun travail d'expression n'étant programmé pour la deuxième partie de ce texte, on pourra
étaler sur deux jours, en se servant des deux illustrations le travail proposé ici.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 269


Le chalet (2)

1. Lecture :
• Texte : Suite du texte précédent. Si les élèves demandent pourquoi Marco est le seul à ne pas
partir en vacances, leur expliquer qu'il a un petit frère malade, Philou, dont la santé nécessite qu'il
soit suivi par le médecin régulièrement et que c'est pour cela que sa famille n'a pas pu, comme
chaque été, partir en Savoie. À la fin de l'extrait, on pourra aussi leur expliquer que, suite à un léger
accident, le père de Marco devra quitter son métier de chauffeur d'autobus et qu'il retournera dans
son village natal avec sa famille pour reprendre l'épicerie de sa tante.
Le texte étant un peu long, il n'y aura pas d'exploitation. Rien n'empêche l'enseignant de pallier
ce manque en cherchant lui-même à inciter ses élèves à s'interroger sur le sens, la fabrication des
mots et des phrases. Il pourra aussi programmer un travail d'expression écrite ou continuer celui
entamé la veille.
• Mots difficiles : déambuler ; à claire-voie ; illusion; enthousiasme.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, une photo, aidera les élèves à évoquer l'image du chalet dont rêve Marco.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
déambuler (v.) : marcher lentement ; se promener sans but.
à claire-voie (exp.) : espacé ; laissant du jour entre les éléments.
illusion (n. f.) : vision qui n'est pas réelle.
enthousiasme (n. m.) : grande émotion due à une grande joie.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 270


La guerre des boutons
La construction de la cabane (1)

1. Lecture :
• Texte : Texte en quatre épisodes, constitué d'extraits du Livre III, chapitres I et II, de l’œuvre de
Louis Pergaud214 : La Guerre des Boutons. Ce roman, difficile, souvent grossier, n'est pas destiné à
des élèves de CE1. Ils peuvent néanmoins commencer à le découvrir, dans un cadre précis (ici, voir
comment d'autres enfants peuvent, comme eux, constituer une bande et se servir de la force qu'elle
leur procure pour s'associer autour d'un grand projet : la construction d'une cabane).
Par ailleurs, deux films récents ont été tirés de ce roman et un troisième, plus ancien, fait partie
des « classiques » du cinéma français. Certains enfants les ont peut-être vus et ont déjà une idée de
l'histoire.
Cette première partie explique très précisément la genèse du projet de cabane depuis les causes
de sa construction jusqu'à la liste des matériaux nécessaires à sa construction. L'enseignant pourra
déjà diriger les élèves vers l'organisation et la logistique des trois projets : les petits du CE1 qui,
partent bille en tête dans le bois, ramassent quelques branchages ; la bande de Marco, dans le Carré,
à Clichy, qui s'engage vers et un projet précis (construire un chalet savoyard) à l'aide de quelques
outils de bâtisseurs (planches, scie, clous) ; et enfin les Longevernes, proches de l'adolescence, qui
maîtrisent déjà leur projet depuis son organisation jusqu'à un résultat final très abouti.
Cependant, il serait bon d'attendre la fin du quatrième épisode pour procéder à la synthèse de
cette conclusion.
• Mots difficiles : propice ; se ménager ; retraite ; dissimulé ; labyrinthe ; carrière; excavation ;
abonder.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, une photo tiré du film d'Yves Robert (1962), servira aux élèves à se faire une
image des personnages et de leur personnalité.

214 Louis Émile Vincent Pergaud est un instituteur et romancier français né le 22 janvier 1882 à Belmont (Doubs) et
mort pour la France le 8 avril 1915 à Fresnes-en-Woëvre (Meuse). Il est l'auteur de De Goupil à Margot, prix Goncourt
1910, et de La Guerre des boutons, paru en 1912.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 271


B. Lecture du texte :

Ce texte est un texte d'auteur, même s'il a été tronqué pour le rendre lisible par des enfants de 7 à
9 ans. Il ne s'agit pas de tout expliquer ni surtout qu'ils retiennent toutes les explications, toutes les
définitions nécessaires à sa compréhension.
On procédera comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe
par paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… La relecture
« cursive », sans interruption, ne sera faite que si le niveau des élèves le permet. Sinon, ce sera
l'enseignant qui la fera, en ayant soin de donner à sa lecture toute la vivacité nécessaire pour capter
l'intérêt de ses élèves, ce qui peut nécessiter une préparation. Il encouragera les élèves à suivre du
doigt (ou en mettant leur double décimètre sous la ligne en cours de lecture).

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
propice (adj.) : qui convient parfaitement ; favorable.
se ménager (v.) : s'organiser ; s'arranger ; préparer avec soin.
retraite (n. f.) : marche en arrière pour échapper à un ennemi.
dissimulé (adj.) : caché.
labyrinthe (n. m.) : réseau compliqué de chemins d'où il est difficile de se retrouver.
carrière (n. f.) : lieu dont on extrait la pierre qui servira à construire ou à sculpter.
excavation (n. f.) : trou ; creux ; caverne.
abonder (v.) : exister en grande quantité.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.
Rappel : ces définitions ne sont pas destinées à être retenues par cœur par tous les enfants.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Expliquons en cherchant un mot de la même famille : s'affronter ; entreposer ;
momentanément ;consolider ;prolongée
- Expliquons en nous servant du contexte : le sac confectionné par la Marie Tintin ;
furetant ; précédée
- Expliquons pourquoi les Longeverne cherchent un emplacement ni trop près du
chemin, ni trop loin du Gros Buisson et disposant d'une possibilité de fuir.
- Les Longevernes vont-ils construire une petite cabane ? À quoi le voyons-nous ?

1re et 2e questions : définir grâce aux familles de mots ou au contexte. Travail devenu habituel
pour les élèves. Rappel : ces définitions ne sont pas destinées à être retenues par cœur par tous les
enfants.
3e question : Les élèves feront peut-être le rapprochement avec la recherche d'un emplacement
dans le texte Je serai bâtisseur. Les laisser conclure par eux-mêmes.
4e question : La recherche des éléments passe par un travail de balayage rapide du texte.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 272


Rappeler la technique aux élèves qui l'auraient oubliée.

C. Exercices :
Pas d'exercices pour laisser le temps de comprendre l'intrigue, les personnages, leur personnalité.

D. Expression :
Relevons les noms d'outils, dessinons-les et expliquons comment ils
fonctionnent.

Travail collectif, éventuellement avec l'aide d'un dictionnaire. Dans le cadre de


l'interdisciplinarité, ce travail pourra être comptabilisé en partie sur le temps dévolu au domaine
« Questionner le monde215 ». L'enseignant choisira lui-même s'il pratique un travail collectif ou s'il
le partage, outil par outil, entre plusieurs groupes ou élève par élève.

215 Les objets techniques : Observer et utiliser des objets techniques et identifier leur fonction – Identifier des activités
de la vie quotidienne ou professionnelle faisant appel à des outils et objets techniques.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 273


La construction de la cabane (2)

1. Lecture :
• Texte : Suite du texte précédent. Les Longevernes ont choisi l'emplacement et réparti les tâches de
préparation. Après avoir caché leur trésor de guerre, sur le chemin du retour et chez eux, ils rêvent à
leur grand projet, sans oublier cependant de rester actifs. Les matériaux et les outils sont vite
collectés et rejoignent leur point de ralliement sans difficultés majeures.
• Mots difficiles : édifier ; improbable ; butin ; hétéroclite.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, une photo tiré du film d'Yves Robert (1962), servira aux élèves à se faire une
image des personnages et de leur personnalité.

B. Lecture du texte :

Rappel : Ce texte est un texte d'auteur, même s'il a été tronqué pour le rendre lisible par des
enfants de 7 à 9 ans. Il ne s'agit pas de tout expliquer ni surtout qu'ils retiennent toutes les
explications, toutes les définitions nécessaires à sa compréhension.
On procédera comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe
par paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… La relecture
« cursive », sans interruption, ne sera faite que si le niveau des élèves le permet. Sinon, ce sera
l'enseignant qui la fera, en ayant soin de donner à sa lecture toute la vivacité nécessaire pour capter
l'intérêt de ses élèves, ce qui peut nécessiter une préparation. Il encouragera les élèves à suivre du
doigt (ou en mettant leur double décimètre sous la ligne en cours de lecture).

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
édifier (v.) : bâtir ; élever.
improbable (adj.) : qui a peu de chances de se produire ; invraisemblable.
butin (n. m.) : profit d'un vol.
hétéroclite (adj.) : composé d'objets très différents.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 274


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.
Rappel : ces définitions ne sont pas destinées à être retenues par cœur par tous les enfants. Les
mots butin et édifier qui réapparaîtront dans la suite du texte peuvent faire l'objet d'une première
mémorisation.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Expliquons en nous servant du contexte ou de mots de la même famille : intrigué par
ce cube de pierre ; en venant à la besogne ; hantaient leur cerveau en ébullition ; les
boîtes à clous paternelles subirent un terrible assaut.
- Comment voyons-nous que Lebrac est à la fois malin et méfiant ?
- Les Longevernes ont un point commun avec Marco et les Indiens du Carré comme
avec Assim, Arturo et les enfants de la cité ; lequel et pourquoi ?
- Comment dissimulent-ils leurs trouvailles ? Pourquoi serait-il ennuyeux de les laisser
voir aux passants ?

Après un travail de retour au texte pour en réexpliquer le vocabulaire 216, les élèves vont devoir
affiner leur compréhension pour répondre aux trois questions suivantes, après débat, retours au texte
et confrontations des points de vue.
Ils exerceront encore une fois leur capacité à balayer rapidement le texte, à restituer en mémoire
immédiate le sens des mots nouveaux, à se créer une image des personnages et des événements de
manière à pouvoir comprendre l'implicite du texte. Ce travail, systématisé jour après jour, rend
inutile l'utilisation d'autres textes, déconnectés du projet de lecture, pour travailler isolément ces
compétences de lecteur-expert.

C. Exercices :
Relisons la première partie du paragraphe 4 en travaillant l'intonation. Relever
tous les verbes : combien y en a-t-il ? Quel effet cela donne-t-il ?
Cherchons d'autres phrases de ce texte ou du texte précédent dans lesquelles
l'auteur accumule ainsi des mots de même nature pour donner l'impression que tout va
très vite et dans tous les sens. Puis lisons-les en travaillant l'intonation.

Ces deux exercices auraient tout autant leur place dans la partie « Nous réfléchissons ».
Cependant, comme ce travail va être poursuivi, il m'a paru plus judicieux de le présenter comme un
exercice travaillant pour la première fois la notion de « style » et liant compréhension et expression.

D. Expression :
Imaginons un épisode de la construction où tout le monde travaille et écrivons une longue
phrase qui donnera l'impression de foisonnement.

Travail obligatoirement collectif car nouveau. L'enseignant veillera à ce que tous participent et
fera procéder à de nombreuses relectures en cours et après rédaction pour aider les élèves à
s'imprégner du travail à faire et du résultat obtenu.
216 Je rappelle que la première lecture doit être autant que possible explicative et que le vocabulaire présenté dans cette
question a obligatoirement été déjà expliqué une fois.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 275


La construction de la cabane (3)

1. Lecture :
• Texte : Suite du texte précédent. Les Longevernes recensent leur butin, se répartissent le travail et
nomment des chefs, puis l'auteur nous décrit, toujours avec beaucoup de précisions, les étapes de la
construction du toit principalement. Il use à plusieurs reprises du style coupé, qui donne cette
impression de rapidité et de vivacité. Les élèves alertés la veille en parleront peut-être dès la lecture.
On pourra à nouveau créer un lien entre le texte introducteur Je serai bâtisseur et celui-ci
lorsque les « chefs de chantier » se désigneront d'eux-mêmes comme les plus qualifiés pour ce rôle.
Le mot « culotte » employé ici dans son sens de l'époque (pantalon) risque de provoquer
l'hilarité. Rappeler brièvement son sens ou le donner s'il n'a pas encore été vu dans la classe et
signaler gentiment mais fermement que nous revenons au texte maintenant que tout le monde a
compris.
• Mots difficiles : culotte ; sentinelle; charpentier ; claie.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Pas d'illustration.

B. Lecture du texte :

Rappel : Ce texte est un texte d'auteur, même s'il a été tronqué pour le rendre lisible par des
enfants de 7 à 9 ans. Il ne s'agit pas de tout expliquer ni surtout qu'ils retiennent toutes les
explications, toutes les définitions nécessaires à sa compréhension.
On procédera comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe
par paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… La relecture
« cursive », sans interruption, ne sera faite que si le niveau des élèves le permet. Sinon, ce sera
l'enseignant qui la fera, en ayant soin de donner à sa lecture toute la vivacité nécessaire pour capter
l'intérêt de ses élèves, ce qui peut nécessiter une préparation. Il encouragera les élèves à suivre du
doigt (ou en mettant leur double décimètre sous la ligne en cours de lecture).

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 276


Nous expliquons :
culotte (n. f.) : pantalon.
sentinelle (n. f.) : soldat chargé de faire le guet et d'avertir en cas de danger.
charpentier (n. m.) : artisan qui prépare la charpente sur laquelle les couvreurs
poseront le toit.
claie (n. f.) : panneau à claire-voie obtenu en tressant des branches. L'ensemble des
claies formera le lattis sur lequel on pourra poser le toit.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves. Les mots sentinelle et claie ne
nécessitent pas d'être mémorisés par des élèves de CE1. Cependant, le mot claie sera réutilisé dans
le texte suivant : le signaler aux élèves. On pourra éventuellement dessiner ou afficher au tableau
une photographie de claie de branchages pour que les élèves aient une image précise de ce dont il
s'agit.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Expliquons en nous servant du contexte ou de mots de la même famille : intrigué par
ce cube de pierre ; en venant à la besogne ; hantaient leur cerveau en ébullition ; les
boîtes à clous paternelles subirent un terrible assaut.
- Comment voyons-nous que Lebrac est à la fois malin et méfiant ?
- Les Longevernes ont un point commun avec Marco et les Indiens du Carré comme
avec Assim, Arturo et les enfants de la cité ; lequel et pourquoi ?
- Comment dissimulent-ils leurs trouvailles ? Pourquoi serait-il ennuyeux de les laisser
voir aux passants ?

Après un travail de retour au texte pour en réexpliquer le vocabulaire 217, les élèves vont devoir
affiner leur compréhension pour répondre aux trois questions suivantes, après débat, retours au texte
et confrontations des points de vue.
Ils exerceront encore une fois leur capacité à balayer rapidement le texte, à restituer en mémoire
immédiate le sens des mots nouveaux, à se créer une image des personnages et des événements de
manière à pouvoir comprendre l'implicite du texte. Ce travail, systématisé jour après jour, rend
inutile l'utilisation d'autres textes, déconnectés du projet de lecture, pour travailler isolément ces
compétences de lecteur-expert.

C. Exercices :
Relisons la première partie du paragraphe 4 en travaillant l'intonation. Relever
tous les verbes : combien y en a-t-il ? Quel effet cela donne-t-il ?
Cherchons d'autres phrases de ce texte ou du texte précédent dans lesquelles
l'auteur accumule ainsi des mots de même nature pour donner l'impression que tout va
très vite et dans tous les sens. Puis lisons-les en travaillant l'intonation.

Même travail que la veille : un exercice travaillant la notion de « style » et liant compréhension
et expression. En poursuivant le travail sur trois jours (voir texte 4), la compréhension s'assure et

217 Je rappelle que la première lecture doit être autant que possible explicative et que le vocabulaire présenté dans cette
question a obligatoirement été déjà expliqué une fois.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 277


s'affine tant et si bien qu'il est possible que, dans les jours suivants, des élèves remarquent d'eux-
mêmes des phrases de style coupé dans des textes lus ou écoutés en classe. Si cette notion n'est plus
travaillée jusqu'à la fin de l'année, elle restera quand même à l'état de germe dans l'esprit des élèves
et ne demandera qu'à être réactivée année après année.

D. Expression :
Imaginons un épisode de la construction où tout le monde travaille et écrivons
une longue phrase qui donnera l'impression de foisonnement.

Travail obligatoirement collectif car encore très instable chez la plupart des élèves. Comme la
veille, l’enseignant veillera à ce que tous participent et fera procéder à de nombreuses relectures en
cours et après rédaction pour aider les élèves à s'imprégner du travail à faire et du résultat obtenu.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 278


La construction de la cabane (4)

1. Lecture :
• Texte : Fin de l'extrait choisi. Après la mise en place du toit, les Longevernes contemplent leur
œuvre et procèdent à la pose solennelle du bouquet, comme ils l'ont vu faire par les artisans du
bâtiment. Puis ils aménagent l'intérieur, veillant à ce que tous aient leur place. Le style coupé,
employé très souvent dans les trois extraits précédents se complète d'une partie en style affectif,
lorsque Lebrac dirige les travaux de ses ouvriers. On pourra faire remarquer aux élèves combien ses
propos sont désorganisés par l’émotion : rapides, hachés, ils contiennent de nombreux tours
exclamatifs, impératifs, des formes d’insistance, des propositions indépendantes brèves, des phrases
nominales.
• Mots difficiles : ahaner ; hérissé ; rectiligne; gui ; chatoyant.
• Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, une photo de presse, servira de base au commentaire après la lecture à voix haute
par les élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
ahaner (v.) : respirer bruyamment pendant un violent effort.
hérissé (adj.) : garni d'éléments pointus (comme les piquants du hérisson).
rectiligne (adj.) : disposé selon une ligne droite parfaite.
gui (n. m.) : plante aux fruits blancs poussant uniquement sur les branches de certains
arbres où elle forme des boules.
chatoyant (adj.) : éclatant ; brillant ; coloré.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves. Certains de ces mots, comme le verbe

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 279


« ahaner » par exemple, n'ont pas à être obligatoirement retenus par des enfants de CE1.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Expliquons en nous servant du contexte ou de mots de la même famille : formaient un
tas respectable ; procéder à l'aménagement intérieur ; le lendemain, l’œuvre fut
parachevée.
- Comment voit-on que Lebrac est le chef de la bande des Longeverne et que Camus est
son sous-chef ?
- La Crique est aussi un des chefs mais il a un rôle différent. Que fait-il dans cet
épisode ? Son rôle nous semble-t-il important ? Pourquoi ?
- Rangeons par ordre d'âge les trois bandes d'enfants qui ont construit les trois
cabanes. Justifions notre réponse avec l'aide de notre professeur.

Même type de travail que pour les deux extraits précédents. Après avoir rappelé les détails qui
montrent la fonction de Lebrac et celle de Dumas, les élèves s'intéresseront à celui de La Crique,
l'intellectuel de la bande, qui raccroche ses camarades à la longue chaîne de l'humanité grâce à ses
connaissances historiques, ses ressources documentaires et ses capacités d'écrivain public.
La dernière question, qui peut gêner ceux de nos élèves qui n'ont pas conscience des différences
liées à l'âge, sera faite avec l'aide de l'enseignant qui usera de psychologie élémentaire pour les
amener à admettre, au moins provisoirement, que le côté sommaire de la cabane de la bande
d'enfants menée par Assim et Arturo n'est lié qu'aux faiblesses propres à l'enfance et qu'ils ont toutes
les raisons d'espérer être un jour aussi compétents que Lebrac, Camus et La Crique pour planifier et
réaliser une construction presque digne de celle d'un groupe d'adultes. On pourra pousser les élèves
à se souvenir d'un conte bien connu où les trois personnages bâtissent eux aussi trois cabanes et
débattre ensuite des similitudes et différences entre ce conte et les trois récits que nous venons de
lire.

C. Exercices :
Cherchons des phrases qui donnent une impression de foisonnement. Que
pouvons-nous dire ? Quelles peuvent en être les raisons ?

Les élèves prendront peut-être la tirade de Lebrac, en style affectif, pour une phrase en style
coupé. L'enseignant les aidera alors à réaliser les différences (encore plus haché, moins organisé,
présence de phrases sans verbes). Il les aidera aussi à conclure en leur faisant sentir la détente de
nos héros après l'effort : la cabane est invisible de l'extérieur et « hors d'eau », il n'y a plus à se
presser ni à s'affoler.

D. Expression :
Imaginons un festin que prépareraient les Longevernes et écrivons une longue phrase qui
donnera l'impression de foisonnement.

Sauf groupe d'élèves très à l'aise, le travail continuera à être collectif afin de permettre à tous les

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 280


élèves de se faire plaisir. L'enseignant, en veillant à ce que tous participent et en encourageant les
relectures les confortera dans l'idée qu'ils avancent et qu'un jour, ils sauront le faire seuls, comme
Assim et Arturo, ou les petits de la bande des Longevernes qui ramassent de la mousse et des
feuilles mortes pendant que les grands organisent et bâtissent.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 281


Sciences : Le castor, un grand bâtisseur

1. Lecture :
• Texte : Un texte documentaire composé d'une introduction suivie de cinq parties indépendantes
les unes des autres. Ce texte est tiré d'un document publié sur le site web Pro Natura qu'on a adapté
aux capacités de lecture et de compréhension des élèves.
La lecture de ce document, ainsi que la rédaction collective éventuelle d'un résumé destiné au
cahier de Sciences, pourra être tout aussi bien attribuée à l'horaire de Français qu'à celui du domaine
« Questionner le monde »218.
• Mots difficiles : Selon les classes.
Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Les illustrations, des dessins explicatifs, aide à la lecture du texte qui leur est associé.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, va-et-vient entre image et texte…
Relecture « cursive », toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.
On pourra conclure la lecture par la rédaction collective de quelques phrases de « résumé »
destinées au cahier de sciences que les élèves recopieront et illustreront librement.

218 Connaître des caractéristiques du monde vivant, ses interactions, sa diversité : Identifier les interactions des êtres
vivants avec leur milieu.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 282


Devinettes

1. Lecture :
• Texte : Nous retrouvons les élèves de la classe de Monsieur Derien qui jouent aux devinettes. Les
élèves devront successivement trouver le nom de trois moyens de transport un peu atypiques : le
pédalo, la brouette et la montgolfière. Un texte simple qui permettra aux élèves de décrire à leur
tour de manière précise le moyen de transport, classique ou plus étonnant, de leur choix.
• Mots difficiles : thème ; matériau.
Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, une photo , servira de base au dialogue autour des moyens de transport et permettra
aux élèves en manque d'imagination de choisir un moyen de transport à décrire.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
thème (n. m.) : sujet ; idée commune.
matériau (n. m.) : type de matière qui entre dans la construction d'un objet fabriqué. Le
sable, la terre, le plastique, le bois, …, sont des matériaux.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Pourquoi M. Derien souhaite-t-il que ses élèves aient des occupations calmes ? Quelles
autres occupations calmes les enfants de la classe auraient-ils pu trouver ?
- À quoi servent les récréations ? Pourquoi vaut-il mieux qu'elles aient lieu à
l'extérieur ?
- Trouvons la réponse aux différentes devinettes.
- Comment nomme-t-on la grande poche dont parle Malika ?

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 283


Le traitement des deux premières questions pourra être décompté du temps consacré à
l'Éducation Morale et Civique219.
Les deux questions suivantes sont des questions de vocabulaire. La partie en toile de la
montgolfière se nomme « l'enveloppe ».

C. Exercices :
Cherchons les différentes caractéristiques qui permettent de reconnaître un
moyen de transport.
Cherchons une représentation de la première montgolfière. Décrivons-la.
Trouvons des mots de la famille de « moyen », épelons-les et définissons-les.
Le premier exercice est encore un exercice de réflexion. Il est à mener sous forme de débat
collectif, peut-être par petits groupes si on a une classe habituée à ce type de fonctionnement 220. Il
doit pouvoir être comptabilisé dans le temps réservé au domaine « Questionner le monde ». On
pourra les aider à synthétiser les caractéristiques en leur fournissant un grand nombre de
photographies différentes ou en leur faisant d'abord répertorier ensemble au tableau le plus possible
de moyens de transports. Ils en déduiront que cela désigne un « véhicule » tracté ou propulsé par un
être vivant (humain ou animal), l'énergie éolienne (voile) ou un moteur (thermique ou électrique).
On pourra débattre de la marche à pied qui est un moyen de locomotion tant que la personne se
déplace seule et devient un moyen de transport dès que celle-ci porte une charge, pousse ou tracte
un objet.
La représentation des premières montgolfières est reprise à la fin du chapitre. Cette question
sera reprise à ce moment-là. Cette question peut être traitée pendant le temps réservé au domaine
« Questionner le monde ».
Le dernier exercice concerne le vocabulaire. On pourra se servir des connaissances
grammaticales des enfants pour les aider à n'oublier aucun mot de la famille en leur demandant s'ils
connaissent un ou plusieurs noms, un adjectif, un verbe, un adverbe. Faire employer chaque mot
trouvé dans une phrase aide souvent à formuler la définition. L'épellation est importante : elle
permet de fixer la graphie « oy » qui, très peu présente dans le lexique du français, est difficilement
mémorisée par les enfants ayant peu de mémoire visuelle.

D. Expression :
Imaginons à notre tour une devinette qui décrira le plus précisément possible un
moyen de transport et écrivons-la.

On demandera aux élèves de s'inspirer du travail fait pour arriver à définir ce qu'est un « moyen
219 Développer les aptitudes à la réflexion critique. – Différencier son intérêt particulier de l'intérêt général. –
Comprendre les raisons de l'obéissance aux règles et à la loi dans une société démocratique.
220 Fonctionnement à éviter avec des classes nombreuses, des élèves très bavards et peu disciplinés.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 284


de transport ». Travail individuel, collectif ou par petit groupe. Quelle que soit la forme de travail
adopté, l'acquisition d'une orthographe et d'une syntaxe soignées reste un but indissociable de celui
d'expression. L'enseignant fournira toute l'aide nécessaire pour qu'il soit atteint, dès le brouillon.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 285


Le petit navire (1)

1. Lecture :
• Texte : Une histoire toute simple, inspirée des contes traditionnels, qui raconte comment une
vulgaire coque de noix en vient à se prendre pour un fier vaisseau triomphant. Ce conte est extrait
d'un manuel scolaire ancien (Lisons, CE2, Fernand Nathan) et est tiré d'un recueil de contes écrits
par Pernette Chaponnière221.
• Mots difficiles : achevé ; côtoyer ; fringant ; se rengorger.
Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, tirée du manuel original, servira de base au commentaire après la lecture à voix
haute par les élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
achevé (adj.) : fini, terminé.
côtoyer (v.) : passer à côté.
fringant (adj.) : vif ; alerte ; bien éveillé.
se rengorger (v.) : faire le fier, l'important.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Cherchons la définition du nom « triomphe » et expliquons ce que signifie le nom du

221 Pernette Chaponnière, née le 9 mai 1915 à Genève et décédée le 24 juin 2008 à Genève, est une femme de lettres
genevoise. Bibliothécaire et écrivain publie, à côté de ses romans, elle publie plusieurs pièces de théâtre ainsi que de
nombreux livres pour enfants. Responsable de la section de littérature enfantine du Bureau international d'éducation à
Genève, elle décide de se consacrer à l'écriture à partir de 1947.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 286


petit bateau.
- Où se passe cette histoire et à quelle époque ? Citons les passages du texte qui nous
ont permis de donner ces réponses.
- Est-ce un récit réaliste ou un conte ? À quoi le voyons-nous ?

La première question permet de comprendre la personnalité du petit navire grâce à la définition


même de son nom.
La question suivante nécessite une relecture attentive qui fera appel à la compréhension fine de
plusieurs détails pour conclure que cette histoire se passe dans une ville, autrefois. Le débat entre
enfants, relancé par le maître, aidera l'ensemble de la classe à tirer cette conclusion seul, sans
hésitations.
Quant à la dernière question, elle nécessitera sans doute de définir rapidement les différences
entre un récit réaliste et un conte avant de laisser à nouveau s'engager un débat dirigé entre les
enfants.

C. Exercices :
Cherchons dans le texte deux synonymes du mot « bateau ». En connaissons-
nous d'autres ? Citons-les.
Cherchons une représentation de bateau à voiles. Décrivons-la.
Trouvons des noms qui désignent les différentes parties d'un bateau, dans le texte
ou ailleurs. Définissons-les seuls ou à l'aide d'un dictionnaire.
Trouvons dans le texte une phrase dans laquelle un nom est sujet de trois verbes.
Quelle impression cela donne-t-il ?

La première question est une question de vocabulaire. Le maître sera peut-être amené à donner
une définition de la notion de synonyme, accompagnée d'exemples.
Les deux questions suivantes vont ensemble. Elles pourront être traitées pendant le temps réservé
au domaine « Questionner le monde ».
La dernière question est une réactivation rapide de la notion intuitive de style coupé, étudiée à
plusieurs reprises dans le chapitre précédent (voir La construction de la cabane in La Guerre des
Boutons, L. Pergaud).

D. Expression :
Imaginons une suite et une fin à ce conte et écrivons-la.

Travail individuel, collectif ou par petit groupe. Quelle que soit la forme de travail adopté,
l'acquisition d'une orthographe et d'une syntaxe soignées reste un but indissociable de celui
d'expression. L'enseignant fournira toute l'aide nécessaire pour qu'il soit atteint, dès le brouillon.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 287


Le petit navire (2)

1. Lecture :
• Texte : Suite du texte précédent. Le schéma du conte se poursuit. Avec toutefois une fin
malheureuse pour le héros. Les élèves le remarqueront peut-être et on associera alors plutôt ce récit
à une fable, avec sa morale, qu'à un conte merveilleux.
• Mots difficiles : resplendir.
Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, toujours tirée du manuel de lecture d'où est tiré, servira de base au commentaire
après la lecture à voix haute par les élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
resplendir (v.) : renvoyer la lumière ; briller d'un vif éclat.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Comment le petit navire prend-il naissance ?
- Quelles raisons a-t-il d'être fier ?
- Quelles réflexions fait-il qui montrent son orgueil ?
- Pourquoi dit-on qu'il est en or ?
- Expliquons comment le roi a pu croire qu'il s'agissait d'un vrai navire d'or pur.
- Comment finit cette histoire ? Pourquoi était-ce obligé qu'il finisse ainsi ? Comment se
nomme une histoire qui finit ainsi par une « moralité » ?

La première question nous permet de revenir à la réalité : ce navire impressionnant n'est qu'une
coquille de noix sur laquelle un petit enfant à fixé une allumette et un morceau de papier.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 288


Les deux questions suivantes sont très ouvertes. À chacun d'y répondre selon ses propres
sentiments.
La quatrième question pourra amener à comprendre pourquoi il est souvent important d'employer
des mots précis pour être sûr d'être compris. Le petit navire est peint avec de la peinture couleur
d'or, et non pas en or.
La cinquième question prépare l'exercice portant sur la définition du nom « rumeur ». On
essaiera déjà d'enclencher la réflexion dans ce sens.
En revenant aux moralités des différentes fables de La Fontaine qui ont été lues depuis le début
de cet ouvrage222, on arrivera aisément à faire donner le nom « fable » par les élèves. Certains
croiront peut-être qu'une fable est forcément écrite en vers. On parlera des fables d'Ésope pour
tenter de dissiper cette confusion, courante aussi chez bien des adultes.

C. Exercices :
Cherchons des mots de la famille du nom « orgueil ». Employons-les chacun
dans une phrase et épelons-les.
Cherchons dans le dictionnaire la définition du nom « rumeur » puis trouvons
dans le texte le paragraphe qui explique quelle est la rumeur qui se propage dans ce
conte.
Trouvons la ligne du texte où l'auteur nous rappelle qui est vraiment ce petit
bateau. Où se trouve cette ligne ? Pourquoi ?

Le premier exercice vise autant à travailler la notion de famille de mots que la notion de nature
de mot et l'apprentissage de la graphie rare « gueil ».
Les deuxième est un débat qui peut être comptabilisé dans le domaine de l'Éducation Morale et
Civique.
Le troisième exercice relève tout autant de l'Éducation Morale et Civique 223 qu'à celui de
l'analyse d'un récit. Le professeur aidera ses élèves à essayer d'exprimer pourquoi, juste avant la fin,
l'auteur rappelle que ce navire dont elle nous a conté l'histoire n'est en réalité qu'une vulgaire
coquille de noix.

D. Expression :
Résumons ce conte puis écrivons et illustrons ce résumé.

Travail individuel, collectif ou par petit groupe. Quelle que soit la forme de travail adopté,
l'acquisition d'une orthographe et d'une syntaxe soignées reste un but indissociable de celui
d'expression. L'enseignant fournira toute l'aide nécessaire pour qu'il soit atteint, dès le brouillon.

222 Le Loup et le Chien ; Le Corbeau et le Renard.


223 Se connaître et connaître les autres.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 289


Le bateau vert (1)

1. Lecture :
• Texte : Roman issu de la littérature de jeunesse contemporaine. L'auteur et illustrateur, Quentin
Blake224, a été si « prolifique » qu'il serait bien étonnant que la bibliothèque de classe ne renferme
pas au moins une de ses ouvrages. On peut profiter de cette lecture intégrale pour le mettre un
temps à l'honneur et présenter aux élèves sa biographie et son œuvre. Cela compensera le fait que ce
roman est reproduit intégralement et présenté sans coupures.
Avoir au moins un exemplaire de ce roman en classe permettra aux élèves de le feuilleter pour
retrouver toutes les illustrations de l'auteur et mieux comprendre certaines descriptions. Par ailleurs,
les élèves apprécient souvent de pouvoir relire seuls un livre lu en classe, que ce soit une lecture
offerte par l'enseignant ou lue collectivement.
• Mots difficiles : être à l'affût ; lierre ; proue ; poupe ; souche.
Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, tirée du livre original, servira de base au commentaire après la lecture à voix haute
par les élèves.

B. Lecture du texte :

224 Quentin Blake est né non loin de Londres, en 1932. Il était encore écolier lorsque le célèbre magazine
humoristique "Punch" publia pour la première fois un dessin de lui. Ses premières illustrations pour enfants datent de
1960 et son œuvre, qui compte aujourd'hui plus de 250 livres, en fait l'un des illustrateurs les plus célèbres et les plus
appréciés au monde.
Sa collaboration étroite et complice avec Roald Dahl a marqué des millions de jeunes lecteurs. Comme le dit Roald
Dahl lui-même : «Ce sont les images de Quentin Blake plutôt que mes descriptions qui donnent vie à mes personnages,
ce sont les visages et les silhouettes qu'il a dessinés qui restent dans la mémoire des enfants du monde entier.»
Il a été associé à de nombreux auteurs modernes comme John Yeoman et Russell Hoban, ou anciens, comme Charles
Dickens. Il illustre aussi ses propres textes, et son œuvre littéraire personnelle est très importante.
Quentin est aussi le Professeur Blake, qui a longtemps dirigé le département Illustration du Royal College of Art –
l'équivalent anglais de nos Beaux-Arts. Il a quitté cette fonction il y a une dizaine d'années pour se consacrer à
l'illustration et pour passer de plus en plus de son temps en France, dans la maison qu'il a achetée dans le Sud-Ouest, et
dans les bibliothèques et écoles de l'Hexagone où il est souvent invité.
Cet éternel adolescent au regard pétillant et malicieux aime partager ses réflexions et expériences sur l'illustration,
donnant avec clarté et modestie quelques-unes des clés de son style enlevé, élégant, vif, à l'esprit et à l'humour
inimitables.
Il est devenu, en 1999, le premier Ambassadeur du livre pour enfants ("Children’s Laureate"). Nommé Chevalier de
l’ordre des Arts et des Lettres en 2002, il a aussi reçu le Prix Andersen 2002, «prix Nobel» du livre de jeunesse. En
2007, Il est également nommé Officier des arts et des lettres.
(Source : Gallimard Jeunesse)

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 290


Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
être à l'affût (exp.) : guetter ; attendre avec impatience.
lierre (n. m.) : plante grimpante à feuillage toujours vert se fixant sur les troncs
d'arbres et le long des murs.
proue (n. f.) : avant d'un bateau.
poupe (n. f.) : arrière d'un bateau.
souche (n. f.) : partie d'un arbre qui reste en terre quand l'arbre a été coupé.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Ce bateau vert est-il un vrai bateau ? Relevons tous les indices qui prouvent ce que
nous affirmons.
- Combien sont les personnages de cette histoire ? Qui sont-ils ? Sans l'illustration,
pourrions-nous l'affirmer ?
- Expliquons l'expression : mettre aux fers. Pensons-nous vraiment que cette dame est
sérieuse lorsqu'elle fait cette proposition à son maître d'équipage.
- Qu'est-ce qu'un maître d'équipage ? un faubert ? Formulons des hypothèses et
justifions notre choix.

Les deux premières questions amènent à des relectures rapides pour confirmer ou affirmer des
assertions émises au cours du débat qui doit être organisé entre les élèves. Tenter de faire dire aux
enfants que rien ne nous permet de dire, sauf l'illustration, que les deux visiteurs sont des enfants et
que celui qui ne se prénomme pas Alice est un garçon.
Les deux suivantes portent sur des points de vocabulaire. C'est encore en pratiquant le balayage
rapide que les élèves pourront justifier leurs définitions ou leurs hypothèses.

C. Exercices :
Donnons l'infinitif des verbes suivants et le temps (passé, présent ou futur) auquel
ils sont conjugués : nous nous enfonçâmes – nous vîmes – nous fûmes surpris
Conjuguons au même temps les verbes suivants :
aller, nous allâmes – chanter, nous .. - donner, nous … - regarder, nous …
Trouvons tous les termes qui ont un rapport avec les bateaux et définissons-
les.
Les deux premiers exercices montrent comment l'étude de la conjugaison peut venir en appui à
celui de la littérature et comment cette dernière apporte un éclairage à la première. Nous resterons

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 291


bien entendu dans le fortuit et l'intuitif à cette étape de la scolarité. Les personnes qui le souhaitent
pourront néanmoins donner le nom de ce temps (le passé simple) et expliquer très brièvement qu'il
est le plus souvent associé à l'imparfait, ce dernier relatant les actions de description qui ont lieu à
l'arrière-plan alors que le premier présente des faits précis, isolés et nettement délimités.
La troisième question ressurgira dans les autres parties du récit. On peut donc avoir avantage à
noter ces mots et expressions dans un lieu où elles pourront demeurer jusqu'à la fin de l'étude de ce
texte.

D. Expression :
Relisons attentivement les différentes descriptions du bateau et dessinons-le
puis écrivons seuls une description.

Le professeur pourra choisir de montrer les illustrations du livre montrant ce bateau ou au


contraire de ne les faire voir qu'après l'exercice.
Travail individuel, collectif ou par petit groupe. Quelle que soit la forme de travail adopté,
l'acquisition d'une orthographe et d'une syntaxe soignées reste un but indissociable de celui
d'expression. L'enseignant fournira toute l'aide nécessaire pour qu'il soit atteint, dès le brouillon.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 292


Le bateau vert (2)

1. Lecture :
• Texte : Suite du texte précédent. Le cinquième personnage, appelé « le capitaine » par Madame
Trédégar, restera mystérieux jusqu'à la fin. Les enfants auront le choix de l'interprétation ; il est
important de leur faire comprendre que cet implicite-là est à la convenance de chacun et qu'aucune
interprétation n'est « la bonne ».
• Mots difficiles : madère ; atlas ; contrée ; iceberg ; équateur.
Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, tirée du livre original , servira de base au commentaire après la lecture à voix haute
par les élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
madère (n. f.) : vin produit dans l'île de Madère, en Espagne.
atlas (n. m.) : livre recueillant des cartes géographiques.
contrée (n. f.) : étendue d'un pays ; région.
iceberg (n. m.) : bloc de glace, souvent de grande taille, flottant à la surface de la mer.
Ce mot, d'origine néerlandaise puis anglaise, peut se prononcer : « is-ber-g » ou « a-is-
ber-g ».
équateur (n. m.) : ligne imaginaire qui partage la Terre en deux hémisphères
(hémisphère nord et hémisphère sud).

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.
Les mots atlas et équateur seront plus faciles à expliquer si l'on possède un atlas et qu'on y
montre la ligne imaginaire nommée « équateur », ainsi que les deux hémisphères terrestres. Ces
explications sont d'autant plus importantes que le programme de géographie ainsi que celui de

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 293


sciences du cycle 3 peuvent ne pas aborder réellement ces notions.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Qui peut être ce capitaine dont parlent Madame Trédégar et le maître d'équipage ?
Discutons.
- Comment est Madame Trédégar ? À quoi le voyons-nous ?
- Regardons sur un globe terrestre ou un planisphère où se trouvent les destinations
des voyages ? Ces voyages sont-ils réels ou imaginaires ?
- Cherchons qui est le roi Neptune. Pourquoi est-ce ce « roi » qui se charge de la
cérémonie du passage de la ligne ?

Les deux premières questions amènent à nouveau à interpréter le texte. C'est du débat que naîtra
l'idée qu'il n'y a pas une vérité mais autant que de lecteurs.
Les deux questions suivantes pourront être traitées pendant le temps dévolu au domaine
« Questionner le monde ». Parler du dieux Neptune et rappeler brièvement ce qui a été dit sur
l'Antiquité grecque et romaine et la mythologie, soit en histoire, soit en littérature, permettra de
préparer les élèves à l'étude du dernier texte de ce chapitre (Dédale et Icare).

C. Exercice :
Donnons l'infinitif des verbes suivants et le temps (passé, présent ou futur) auquel
ils sont conjugués : nous escaladâmes – nous prîmes – nous fîmes – il s'avéra – elle
apporta – il devint – elle monta – ils devinrent – ils furent chauds et ensoleillés.

Voir « Le bateau vert - 1 ». Ne pas négliger l'importance de la répétition d'un exercice sous une
forme exactement semblable plusieurs jours d'affilée. On rappellera le travail effectué il n'y a pas si
longtemps sur le même temps (voir chapitre 9 : Tous uniques, tous exceptionnels).

D. Expression :
Relisons attentivement la cérémonie de passage de la ligne puis jouons-la et
racontons-la par écrit.

Si l'on possède le livre original, il pourra être intéressant de montrer aux élèves les illustrations
de Quentin Blake afin qu'ils comprennent bien la scène et puissent la jouer.
Travail de rédaction individuel, collectif ou par petit groupe. Quelle que soit la forme de travail
adopté, l'acquisition d'une orthographe et d'une syntaxe soignées reste un but indissociable de celui
d'expression. L'enseignant fournira toute l'aide nécessaire pour qu'il soit atteint, dès le brouillon.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 294


Le bateau vert (3)

1. Lecture :
• Texte : Fin du livre de Quentin Blake. Les élèves comprendront à la fin pourquoi le récit est rédigé
au passé. Ils auront même la charge d'expliquer pourquoi le dernier paragraphe est au présent
contrairement à tous les précédents. Cela permettra de leur faire comprendre pourquoi l'étude du
français oral et écrit nécessite quelques petits repères grammaticaux, si possible ordonnés et
structurés, afin d'être efficaces et explicites pour tous.
• Mots difficiles : timonerie ; gouvernail ; inlassablement ; arrimer.
Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, tiré du livre original, servira de base au commentaire après la lecture à voix haute
par les élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
timonerie (n. f.) : partie couverte d'un navire où sont abrités les instruments de
navigation.
gouvernail (n. m.) : dispositif qui permet de diriger un bateau ; barre.
inlassablement (adv.) : sans se lasser ; continuellement ; toujours.
arrimer (v.) : attacher.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves. Les termes ayant trait aux bateaux
pourront être compilés dans une liste gardée pendant toute la durée de la lecture.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Définissons avec l'aide de notre professeur : essuyer une tempête – l’œil de la

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 295


tempête – le pauvre bateau, bien éprouvé – les arbres reprennent leur forme initiale
- Comment et pourquoi le bateau vert disparaît-il progressivement ?

La première question montrera aux élèves comment la compréhension fine d'un texte permet d'en
comprendre le vocabulaire à demi-mots.
La deuxième question peut amener les élèves à réaliser que si le bateau disparaît, c'est aussi
parce que les enfants grandissent et qu'il perd ce côté merveilleux qu'il avait dans leurs souvenirs
d'enfants jeunes. Si ce n'est pas le cas, ne pas insister.

C. Exercices :
Donnons l'infinitif des verbes suivants et le temps (passé, présent ou futur) auquel
ils sont conjugués : il prit – elles se mirent – elle balaya – elle prit – nous ouvrîmes
l’œil – elle se tourna – elle nous regarda – elle s'éloigna – elle arrima
Trouvons les autres verbes du texte et, avec l'aide de notre professeur, donnons
le temps auquel ils sont conjugués.
Trouvons pourquoi les verbes du paragraphe 5 sont presque tous au présent alors
que les verbes des autres paragraphes sont au passé.

Trois exercices de conjugaison active, ou si l'on préfère d'observation réfléchie de la langue, qui
aident à l'apprentissage de la conjugaison en lui apportant l'appui de la réalité de l'usage mais qui
néanmoins ne suffiront jamais à assurer une bonne connaissance de la langue en usage dans les pays
francophones. Nous sommes au Cours Élémentaire, ce contact avec le passé simple suffira ; pour le
présent, évoqué dans la troisième question, il est inutile de vous dire qu'il faut absolument que vos
élèves en soient bien plus loin qu'une vague rencontre au détour d'un paragraphe d'un roman de
Quentin Blake, traduit de l'anglais, qui plus est…
Dans le texte, quelques verbes sont à des temps, modes et voix qui n'ont pas été étudiés par les
élèves (nous étions invités, imparfait, voix passive ; nous allons essuyer, futur proche ; qu'aurait fait
le capitaine et le capitaine aurait été, conditionnel passé 1 re forme ; il avait atteint, plus-que-
parfait ) ; le professeur donnera rapidement ces renseignements, sans insister, en rappelant que les
élèves ont encore devant eux bien du temps pour apprendre tout cela.

D. Expression :
Relisons attentivement la description de la tempête puis jouons-la et racontons-la par écrit.

Si l'on possède le livre original, il pourra être intéressant de montrer aux élèves les illustrations
de Quentin Blake afin qu'ils comprennent bien la scène et puissent la jouer.
Travail individuel, collectif ou par petit groupe. Quelle que soit la forme de travail adopté,
l'acquisition d'une orthographe et d'une syntaxe soignées reste un but indissociable de celui
d'expression. L'enseignant fournira toute l'aide nécessaire pour qu'il soit atteint, dès le brouillon.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 296


Poésies : bateaux, voitures, trains et sous-marins

1. Lecture :
• Texte : Trois poèmes sur le thème des moyens de transport. Le premier, très contemporain, de
Jacques Charpentreau225, un deuxième, en octosyllabes, d'Alfred de Vigny 226 relie nos élèves du
XXIe siècle au patrimoine littéraire du pays dans lequel ils vivent. Le troisième enfin, de Jacques
Prévert227, mis en musique par Joseph Kosma228, enrichit lui aussi l'anthologie poétique que sont en
train de se constituer nos élèves.
• Mots difficiles : Selon les classes et les élèves.
Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

La première illustration, une planche de Jean-Jacques Sempé 229, met à l'honneur la bande
dessinée qui n'a pas encore été présentée dans cet ouvrage. La seconde, anonyme, est tirée d'un
ouvrage de marine du XIXe siècle. La troisième, qui illustre le poème dans un album de la collection

225 Voir Chapitre 3, La mer.


226 Alfred Victor Vigny puis comte de Vigny, né le 27 mars 1797 à Loches (Indre-et-Loire), et mort le 17 septembre
1863 à Paris, 8e, est un écrivain, romancier, dramaturge et poète français. Figure influente du romantisme, il écrit
parallèlement à une carrière militaire entamée en 1814 et publie ses premiers poèmes en 1822. Il fréquente les milieux
littéraires parisiens et notamment le cénacle romantique de Victor Hugo. De 1822 à 1838, il écrit des poèmes ( Poèmes
antiques et modernes), des romans (comme Stello), des drames (comme La Maréchale d’Ancre) et des nouvelles
(Servitude et grandeur militaires) qui lui apportent la célébrité. En 1838, après une rupture sentimentale avec Marie
Dorval et la mort de sa mère, Alfred de Vigny s'installe pour la première fois au Maine-Giraud, son domaine situé en
Charente. Il goûte à la solitude et prend soin de sa femme malade et constamment alitée. De retour à Paris, il se mêle de
nouveau à la vie politique et littéraire. Il parvient en 1845 à se faire élire, au bout de la cinquième tentative, à
l'Académie française. En revanche, candidat en Charente, il échoue à la députation lors des élections de 1848.
(Wikipédia)
227 Voir Chapitre 4, Feuilles d'automne.
228 Joseph Kosma (en hongrois Kozma József), né le 22 octobre 1905 à Budapest et mort le 7 août 1969 à La Roche-
Guyon, est un compositeur français d'origine hongroise (naturalisé français en 1949). Il a composé un grand nombre de
musiques de films, notamment pour Marcel Carné et Jean Renoir. Joseph Kosma est aussi le compositeur de
nombreuses chansons populaires, souvent sur des paroles de Jacques Prévert. Certaines de ses chansons (notamment
Barbara et Les Feuilles mortes) ont été immortalisées par Germaine Montero, Cora Vaucaire, Marianne Oswald, les
Frères Jacques, Juliette Gréco, Yves Montand ou encore Nicole Martin. Sous le nom de Autumn Leaves, Les Feuilles
mortes poursuivent même une seconde vie internationale, avec la complicité des plus grands musiciens de jazz.
(Wikipédia)
229 Jean-Jacques Sempé, dit Sempé, né le 17 août 1932 (84 ans) à Pessac (France), près de Bordeaux1, est un
dessinateur humoriste français. Il est notamment l'illustrateur des aventures du Petit Nicolas dont l'auteur est René
Goscinny.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 297


Enfance en poésie, édité par Gallimard, est dû au talent de Jacqueline Duhême230.

B. Lecture des poèmes :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, strophe par strophe, ou
proposition par proposition, avec interruptions pour explications, questions, courts débats…
Relecture « cursive », sans interruption cette fois, en prenant soin de bien articuler, de respecter les
liaisons et le rythme des vers, sans éluder les « e » muets, tout particulièrement pour le poème
d'Alfred de Vigny.
On pourra faire écouter aux élèves la version chantée du poème de Prévert qui pourra être
étudiée et apprise pendant les horaires d'Éducation musicale.
Après lecture, laisser les élèves s'exprimer et les amener à comparer les trois styles de poésie, en
toute simplicité. On pourra, si on le souhaite, leur demander quel style chacun d'entre eux préfère,
tout en leur faisant clairement comprendre qu'ils manquent encore de repères, en raison de leur
jeune âge, pour avoir une opinion qui doit faire autorité parmi les critiques littéraires. C'est
néanmoins une occasion supplémentaire de mettre en place une éducation morale et civique en
action et d'exercer les jeunes enfants à : Identifier et exprimer et les régulant ses émotions et ses
sentiments – Accepter les différences – Développer les aptitudes à la réflexion critique en
confrontant ses jugements à ceux d'autrui au cours d'une discussion.

230 Jacqueline Duhême, née à Versailles le 15 novembre 1927, est une écrivaine et illustratrice française. Elle a débuté
comme aide d'atelier chez Henri Matisse, à Vence. Les grands poètes qu'elle a illustrés, Paul Éluard, Jacques Prévert,
Blaise Cendrars, Claude Roy, entre autres, elle a eu le mérite de les amener à écrire pour la jeunesse. Elle a illustré aussi
ses propres textes comme Le Noël de Folette, Hadji ou Irma et Igor sur le France. Artiste aux talents multiples,
Jacqueline Duhême construit une œuvre qui fait l'objet d'expositions en France comme à l'étranger et qui a été
couronnée par de nombreux prix. (Wikipédia)

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 298


Dédale et Icare (1)

1. Lecture :
• Texte : Un texte adapté de la mythologie grecque, remanié à partir de deux sources 231 de
manière à le rendre lisible pour des élèves de cours élémentaire. On aura tout intérêt à le préparer
par quelques rappels se reliant à la lecture d'Ulysse et les sirènes, au chapitre 3. Il est en effet
nécessaire de rappeler aux élèves qu'en cette époque très reculée, les Grecs adoraient de nombreux
dieux et déesses, à la « vie de famille » très agitée, et que leurs pratiques religieuses étaient parfois
extrêmement cruelles. Avoir une carte du bassin méditerranéen permettra de situer la Grèce,
Athènes et l'île de Crète ; avoir quelques reproductions de bas-reliefs, statues et poteries décorées
permettra aussi de prépare les enfants à la nudité des modèles. Rappeler aussi ce qu'est un mythe 232
et expliquer que, bien entendu, tous ces événements ne se sont pas déroulés tels qu'ils sont racontés.
Le texte est à nouveau au passé et contient de nombreux verbes au passé simple ; cette
particularité n'est volontairement pas étudiée afin de ne pas obséder les élèves sur une notion qu'on
voudrait évaluer au plus vite avant de l'évacuer du programme d'enseignement. Pour l'instant, elle a
été vue, deux fois au cours de l'année de CE1, sans compter, sans doute d'autres rencontres en
éducation musicale, en « histoire » ou en lectures offertes par le professeur ; cela suffit pour que
chaque enfant l'ait à l'esprit, prête à être réactivée l'année scolaire suivante.
Les élèves découvriront à la lecture que pour arriver au mythe d'Icare, il faut d'abord dérouler
successivement l'histoire de Talos et Dédale, puis celle de la construction du labyrinthe destiné à
enfermer le Minotaure, puis enfin celle de Thésée et Ariane qui provoque la colère de Minos et
l'emprisonnement de Dédale et Icare dans le labyrinthe.
Dans cette première partie, nous nous arrêterons au milieu du mythe de Thésée et Ariane de
manière à ménager le suspense…
• Mots difficiles : architecte ; vanneau ; vaste ; sacrifice ; s'éprendre.
Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la

231 Mille ans de contes, tome 2, éditions Milan et Il était une histoire, site en partenariat rue des écoles et Maif
232 Un mythe est une construction imaginaire (récit, représentation, idées) qui se veut explicative de phénomènes
cosmiques ou sociaux et surtout fondatrice d'une pratique sociale en fonction des valeurs fondamentales d'une
communauté à la recherche de sa cohésion.
Il est porté à l'origine par une tradition orale, qui propose une explication pour certains aspects fondamentaux du
monde et de la société qui a forgé ou qui véhicule ces mythes : la création du monde (cosmogonie) ; les phénomènes
naturels ; le statut de l'être humain, et notamment ses rapports avec le divin, avec la nature, avec les autres individus
(d'un autre sexe, d'un autre groupe), etc. ; la genèse d'une société humaine et ses relations avec les autres sociétés.
(Wikipédia)

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 299


compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, une mosaïque romaine représentant le labyrinthe créé par Dédale dans le palais du
roi Minos, servira de base au commentaire après la lecture à voix haute par les élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
architecte (n. m.) : personne qui réalise les plans et dirige la construction des
bâtiments.
vanneau (n. m.) : oiseau commun en Europe.
vaste (adj.) : très étendu ; très grand.
sacrifice (n. m.) : offrande que l'on faisait à une divinité ; la personne ou l'animal
sacrifiés étaient mis à mort.
s'éprendre (v.) : tomber amoureux.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves.
La définition du mot sacrifice peut choquer quelques enfants très sensibles. Expliquer que ces
pratiques étaient très anciennes et que, déjà à l'époque, elles commençaient à choquer puisque
Thésée lui-même est venu en Crète pour tuer le Minotaure afin que les sacrifices s'arrêtent.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Cette partie de l'histoire de Dédale et Icare contient en réalité trois histoires
successives. Avec l'aide de notre professeur, retrouvons chacune d'elle et donnons-lui
un titre ? Laquelle n'est pas encore finie ?
- Où se passent ces trois histoires ? Retrouvons ces lieux sur une carte d'Europe.

La première question nécessite une relecture mot à mot du texte afin de trouver l'endroit exact où
commence et se termine chacune des trois histoires.
La deuxième question est un parfait exemple de l'interdisciplinarité bien comprise entre la
littérature, l'histoire et la géographie, chacune servant la compréhension des deux autres.

C. Exercices : .
Trouvons grâce au contexte la définition des mots et expressions suivantes :

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 300


douées de vie – l'ingéniosité – les fortifications – mettre fin aux jours de quelqu'un –
favorablement – cette barbarie – éperdument – un glaive.

Exercice connu. Les élèves savent désormais revenir au texte, trouver l'extrait concerné, lire les
phrases qui environnent le mot ou l'expression et déduire du sens général le sens particulier de la
partie à définir. Bien entendu, le recours au dictionnaire est toujours possible et peut servir à
« départager » des opinions contraires.

D. Expression :
Observons des représentations de labyrinthes puis écrivons une définition de ce
qu'est ce type d'édifice.

Travail individuel, collectif ou par petit groupe. Quelle que soit la forme de travail adopté,
l'acquisition d'une orthographe et d'une syntaxe soignées reste un but indissociable de celui
d'expression. L'enseignant fournira toute l'aide nécessaire pour qu'il soit atteint, dès le brouillon.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 301


Dédale et Icare (2)

1. Lecture :
• Texte : Suite du texte précédent. La fin du texte, comme dans le cas de la fable, offre une morale
que les élèves auront à énoncer. On pourra les aider en cours de lecture en les aiguillant vers le
défaut d'obéissance d'Icare, sa prise de risque et son inconséquence. Les enfants raconteront alors
certainement quelques anecdotes personnelles, s'étant déroulées chez eux ou dans un lieu collectif
qu'ils fréquentent (école, périscolaire, centre de loisirs, séjour en camp de vacances) où ils ont eux-
mêmes eu à subir les conséquences d'une désobéissance ou d'une mauvaise appréciation des risques
qui leur avaient pourtant été signalés par les adultes ayant autorité sur eux. On les laissera faire un
moment sans toutefois y passer trop de temps.
• Mots difficiles : trahison ; clémence ; grisé.
Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, un bas-relief grec, servira de base au commentaire après la lecture à voix haute par
les élèves. La nudité des personnages risque de prêter à rire ; comme d'habitude, on expliquera qu'à
autres époques et autres lieux, autres mœurs et on demandera aux plaisantins de bien vouloir garder
leurs ricanements qui ne les honorent pas pour d'autres circonstances et d'autres lieux.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :
trahison (n. f.) : action de trahir, de tromper la confiance de quelqu'un.
clémence (n. f.) : grâce ; charité ; bonté.
grisé (adj.) : excité ; exalté ; ivre.

Comme d'habitude : lecture des définitions, commentaires et reformulations suivis du réemploi


des mots expliqués dans des phrases imaginées par les élèves. Les élèves suivant par ailleurs un

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 302


programme d'histoire auront sans doute plus de facilité à employer les mots trahison et clémence
dans des phrases.
B. Réflexion :
Nous réfléchissons :
- Dans cette partie, il n'y a que deux histoires. Lesquelles ? Quel titre leur donner à
chacune ?
- L'histoire d'Icare, « celui qui s'est brûlé les ailes pour avoir voulu voler trop près du
soleil », contient une morale, comme dans les fables. Discutons pour savoir quelle est-
elle.

Suite de la question posée la veille puis travail collectif interdisciplinaire : littérature, histoire et
éducation morale et civique. Le débat doit être comme d'habitude équilibré, les prises de parole
minutées afin que tous s'expriment et soumises à des règles de bienveillance et empathie envers les
opinions de ses congénères.

C. Exercices :
Trouvons grâce au contexte la définition des mots et expressions suivantes : sans
encombre – implorer – entravée – spectaculaire – méticuleusement – les liens se
rompirent.
Trouvons des mots de la famille du mot « vol » dans le texte et ailleurs et
épelons-les puis employons-les dans des phrases.
Deux exercices bien connus des élèves qui ne devraient désormais poser plus aucune difficulté ni
à leur professeur ni à eux-mêmes.

D. Expression :
Dessinons Icare volant près du soleil puis écrivons de mémoire son histoire.

Travail individuel, collectif ou par petit groupe. Quelle que soit la forme de travail adopté,
l'acquisition d'une orthographe et d'une syntaxe soignées reste un but indissociable de celui
d'expression. L'enseignant fournira toute l'aide nécessaire pour qu'il soit atteint, dès le brouillon.

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 303


Histoire : Les premières montgolfières

1. Lecture :
• Texte : Un texte adapté de celui que l'on trouve sur le site de la mairie d'Annonay, ville des frères
Montgolfier, qui vit la première s'élever dans ses cieux un aérostat233. Le texte résume rapidement
les premiers essais de vol en ballon, d'abord vide, puis habité par trois animaux et enfin recevant
deux hommes, Pilâtre de Rozier et le Marquis d'Arlandes qui furent ainsi les premiers êtres
humains234 à « voler ».
• Mots difficiles : Selon les classes et les élèves
Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

Les illustrations, une photo de la statue des frères Montgolfier érigée à Annonay et quatre
gravures ayant illustré les journaux et almanachs lors de ces premiers vols, serviront de base au
commentaire après la lecture à voix haute par les élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par
paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.
Si l'on possède une frise chronologique dans la classe, on montrera aux élèves à quelle époque se
situe cette suite d'événements et on fera calculer le nombre d'années qui nous en sépare. On
procédera de même si l'on a un manuel d'histoire. Si la classe n'est équipée ni de l'un ni de l'autre,
seul le calcul pourra permettre aux élèves de commencer à se rendre compte de l'échelle du temps et
de la succession chronologique des événements.
Un plan de Paris pourra aussi permettre aux élèves de se rendre compte de la longueur toute
relative de ces premiers vols habités.

233 Appareil qui se maintient dans l'atmosphère grâce à un gaz plus léger que l'air.
234 Après Dédale et Icare, bien sûr !

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 304


En préparant la fête (1)
La fin de l'année scolaire approche. Dans la plupart des écoles, le rythme de travail est perturbé.
Entre les jours fériés et les ponts qui les relient entre eux, les rencontres sportives, les sorties et la
fête de l'école, tout le monde est généralement débordé. Sans parler de la lassitude qui naît après
huit à neuf mois passés ensemble ! Et des programmes scolaires qui sont maintenant bouclés, au
moins dans leur partie « les indispensables ».
La lecture n'échappe pas à cette règle et enseignant comme élèves ont envie de changer un peu et
d'abandonner les routines bien installées désormais. Ce dernier chapitre essaie de répondre à cette
attente. Les élèves de M. Derien bavardent en classe parce que, quand on découpe, colle, crée, le
silence n'est pas indispensable. Et s'ils découpent, collent et créent, c'est parce qu'ils préparent la
fête de l'école.

1. Lecture :
• Texte : Et cette fête de l'école, de quoi parle-t-elle ? D'enfants, de voyages, d'ouverture sur le
monde ; de coopération et de respect mutuel entre les différentes classes de l'école et entre les
élèves d'une même classe. Les enfants dialoguent et le lecteur est amené à dialoguer avec eux.
Encore une fois la lecture amène à l'éducation morale et civique et celle-ci est nourrie par les
lectures et l'expression orale qui en découle. Les enfants n'ont pas simplement appris à lire et à
écrire au cours de leur année de CE1, ils ont aussi appris à ne pas se couper la parole, à respecter
certaines formes, à ne pas se dévaloriser et cela se sent dans leur dialogue.
Enfin, ce dialogue amène à se remémorer l'année écoulée, les textes lus, les leçons apprises et à
en faire un rapide bilan, nuancé d'esprit critique.
• Mots difficiles : désormais ; s'intituler ; planisphère ; migration.
Connaissance du code ; décodage : Plus de travail spécifique lié au décodage. Bien entendu,
l'enseignant continuera de demander à ses élèves de lire avec expression en s'appuyant sur la
compréhension et la ponctuation.

Déroulement :

A. Observation des illustrations :

L'illustration, un planisphère pour enfants, servira de base au commentaire après la lecture à voix
haute par les élèves.

B. Lecture du texte :

Comme d'habitude : lecture à voix haute, préparée ou non à la maison, paragraphe par

C. Huby, Lecture et expression au CE – Livre du maître – 305


paragraphe, avec interruptions pour explications, questions, courts débats… Relecture « cursive »,
toujours paragraphe par paragraphe, sans interruption cette fois.

2. Analyse et synthèse :
A. Lexique :
Nous expliquons :