Vous êtes sur la page 1sur 35

Transformée de Fourier-Laplace et

applications aux EDO et EDP

Mathématiques - Projet de semestre (été 2008)

Professeur : Philippe Metzener

Étudiants :

Abdelaziz Belqadhi
9 juin 2008
Table des matières

2
Introduction
Dans ce projet, nous avons étudié deux types de transformations intégrales,
la transformée de Fourier et celle de Laplace. Les deux ont de nombreuses
applications, et leur particularité est de rendre algébriques des problèmes
analytiques (équations diérentielles, équations aux dérivées partielles).

Dans un premier temps, nous allons dériver les propriétés de la transfor-


mée de Fourier, et énoncer les théorèmes principaux s'y rapportant. La for-
mule d'inversion sera prouvée et nous sera utile pour trouver les solutions
d'EDO et d'EDP. Ensuite, nous donnerons quelques applications de celle-ci
à des problèmes d'analyse. La solution du problème de la chaleur avec second
membre sera donnée. Enn, deux grands problèmes seront traités, à savoir
les problèmes de Stokes dans R2 et R3 et la propagation de ammes dans
des tubes fermés.

Pour nir ce projet, nous faisons un parallèle avec la transformée de


Laplace, qui jouit de propriétés similaires mais leurs domaines d'application
sont diérents. Nous allons expliciter la relation entre les deux transformées
à l'aide d'une fonction, et souligner un problème ouvert qui est celui de
l'inversion de Laplace.

3
Chapitre 1

Transformée de Fourier
1.1 Dénition et exemples de calculs
Nous commencons par dénir la norme L1 d'une fonction f : R → C inté-
grable au sens de Lebesgue :

Z
||f ||1 = |f (x)|µ(dx). (1.1)
R

Dénition 1.1.1. Soit f absolument intégrable au sens de Lebesgue, i.e,


f ∈ L1 (R). La transformée de Fourier de f : R → C est une fonction
F : R → C, dénotée F(f (x)) = F (k) = fb(k), k ∈ R, qu'on dénit :
Z
− 12
F (k) = (2π) exp(−ikx)f (x)dx.
R

Exemples (a) f (x) = exp(−ax2 ).


Z
− 12
F (k) = (2π) exp(−ikx − ax2 )dx
R
!
ik 2 k 2
Z  
− 12
= (2π) exp −a x + − dx
R 2a 4a
 2Z
− 12 k
= (2π) exp − exp(−ay 2 )dy (1.2)
4a R
 2
− 21 k
= (2a) exp − .
4a

(1.2) est obtenu par intégration sur un chemin rectangulaire où l'intégrale


sur l'axe des réels est égale à l'intégrale décalée sur x + 2a
ik
.

4
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

(b) f (x) = exp(−a|x|).


Z
1
F (k) = (2π)− 2 exp(−ikx − a|x|)dx
R
Z ∞ Z 0 
− 12
= (2π) exp(−(a + ik)x)dx + exp((a − ik)x)dx
0 −∞
 
− 21 1 1
= (2π) +
a + ik a − ik
r
2 a
= .
π a + k2
2

   
|x| |x|
(c) f (x) = 1 − a H 1− a , où H(x) = 1(x>0) .
   
|x| |x|
Z
− 21
F (k) = (2π) exp(−ikx) 1 − H 1− dx
R a a
Z a  
1 |x|
= (2π)− 2 exp(−ikx) 1 − dx
−a a
Z a  
− 12 |x|
= 2(2π) cos(kx) 1 − dx
0 a
Z 1
− 21 sin(akx)
= 2a(2π) dx
0 ak
a sin( ak 2 )
2
= √ .
2π ak 2

2

(d) f (x) = χ[−a,a] (x).

Z
− 12
Fa (k) = (2π) exp(−ikx)χ[−a,a] (x)dx
R
1
Z a
= 2(2π)− 2 cos(kx)dx
0
r
2 sin(ak)
=
π k

Nous nous inspirons du livre d'Analyse vectorielle de Chatterji pour les


preuves.

5
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

1.2 Propriétés et preuves


(a) Continuité et bornitude
Si f ∈ L1 (R), alors fb(k) est continue et bornée. On a aussi :
sup |fb| ≤ ||f ||1 .
Preuve :
Soit g(x,y) = exp(−ixy)f (x).
Alors, pour tout y ∈ R, x 7→ g(x,y) est mesurable ; pour presque tout x ∈ R,
y 7→ g(x,y) est continue pour tout y ∈ R.
|g(x,y)| = | exp(−ixy)f (x)| ≤ |f (x)| avec |f | ∈ L1 (R).
Montrons que pour toute suite (kn ) convergeant vers k , on a
lim fb(kn ) = fb(k).
n→∞

On pose : gn (x) = g(x,kn ). Les hypothèses du théorème de convergence


dominée étant vériées, on a donc :

Z
lim fb(kn ) = lim gn (x)dx
n→∞ n→∞ R
Z
= lim gn (x)dx
n→∞
ZR
= g( x,k)dx
R
= fb(k).
Pour tout k ∈ R :
Z Z
|fb(k)| ≤ | exp(−ixk)f (x)|dx ≤ |f (x)|dx = ||f ||L1 .
R R

D'où : sup |fb| ≤ ||f ||1 .


(b) Lemme de Riemann-Lebesgue
Si f ∈ L1 (R), alors
lim fb(k) = 0.
k→∞

Preuve :
Soit g ∈ C0∞ avec g(x) = 0 si |x| ≥ T .

Z T
gb(k) = g(x) exp(−ikx)dx
−T
Z T
exp(−ikx)
= g 0 (x) dx.
−T ik

6
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

On a donc :
1 0
|b
g (k)| ≤ ||g (x)||L1
|k|
d'où

lim gb(k) = 0.
k→∞

Soit f ∈ L1 . Comme C0∞ est dense dans L1 , il existe g ∈ C0∞ tel que :

||f − g||1 < .
2
On a, de plus :

|fb(k) − gb(k) ≤ ||f − g||1 < .
2
Il existe R > 0 tel que |b
g (k)| < 
2 dès que |k| > R. Alors :
 
g (k)| < + =  si |k| > R.
|fb(k)| ≤ |fb(k) − gb(k)| + |b
2 2
D'où : limk→∞ fb(k) = 0.

(c) Dérivabilité de fb
Supposons x 7→ xf (x) intégrable. Alors fb est dérivable et d b
dk f (k)
\
= −ixf (x).

Preuve :
Nous utiliserons un théorème qui permet la dérivation sous le signe intégrale.
Soit f : Ω × R → R tel que :
(i) x 7→ f (x,s) est intégrable.
(ii) Pour presque tout x, s 7→ f (x,s) est dérivable.
∂f (x,s)
(iii) Il existe g R∈ L1 (Ω,R+ ) tel que | ∂s | ≤ g(x).
Alors : I(s) = Ω f (x,s)dµ(x) est dérivable et :

∂f (x,s)
Z
dI
= dµ(x).
ds Ω ∂s
Dans notre cas, on considère la fonction exp(−ixy)f (x). On vérie facilement
que les hypothèses du théorème sont vériées. fb est donc dérivable et
Z
d b
f (k) = exp(−ixk)f (x)(−ix)dx
dk
= −ixf \ (x).

7
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

(d) Convolutions
Soient f ,g ∈ L1 , on dénit la convolution de f et g par :
Z
(f ∗ g)(x) = f (x − y)g(y)dy. (1.3)
R

Notons que cette dénition est bien posée par un petit exercice d'application
du théorème de Fubini. On a : f ∗ g ∈ L1 et ||f ∗ g||1 ≤ ||f ||1 ||g||1 .

De plus : f[
∗ g = 2π fbgb.

Preuve :
Z
1
∗g =
f[ f ∗ g(y) exp(−2iπxy)dy
2π R
√ Z Z
= 2π exp(−2iπxy)dy f (y − z)g(z)dz
R R
√ Z Z
= 2π dy exp(−2iπx(y − z))f (y − z) exp(−2iπxz)g(z)dz
R R
√ Z Z
= 2π exp(−2iπxu)f (u)du exp(−2iπxz)g(z)dz
R R

= 2π f gb.
b

(e) Règles de calcul

i) f (x
\ − a) = exp(−iak)fd (x).
ii) f (ax) = |a| f ( a ).
\ 1 b k

iii) f\(−x) = fd (x) si f est à valeurs complexes.


iv exp(−iax)f (x) = fb(k − a).
\

v) fd (x) = f (−k).
d

Preuves :

(i)
Z
1
\
f (x − a) = (2π)− 2 exp(−ikx)f (x − a)dx
ZR
1
= (2π)− 2 exp(−ik(y + a))f (y)dy
R
= exp(−iak)fd
(x).

8
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

(ii)
Z
1
f\
(ax) = (2π)− 2 exp(−ikx)dx
R
Z
− 12 1 k
= (2π) exp(−i y)f (y)dy
R a a
1 bk
= f ( ).
|a| a

(iii)
Z
1
(−x) = (2π)− 2
f\ f (−x) exp(−ikx)dx
ZR
1
= (2π)− 2 f (y) exp(iky)dy
R

= fd
(x).

(iv)
Z
\ (x) = (2π)− 12
exp(−iax)f exp(i(k − a)x)f (x)dx
R
= fb(k − a).

(v) On suppose pour l'instant la formule d'inversion vraie :


Z
− 21
f (x) = (2π) exp(ikx)fb(k)dk.
R

En interchangeant x et k :
Z
− 21
f (k) = (2π) exp(ikx)fb(x)dx
R

⇒ f (−k) = fd
(x).
d

(f) Formule d'inversion


Si f est dénie sur R, est inniment de fois diérentiable, et enn si limx→∞ xN f (n) (x) =
0 pour tous n, N dans , alors la transformée inverse est donnée par :
Z
1
f (x) = (2π)− 2 exp(ikx)fb(k)dk.
R

9
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

preuve :
∀ > 0,
Z Z
2 −1 2
F(exp(−x )F (−x)) = (2π) exp(−ikx − x ) exp(ixt)f (t)dtdx
ZR Z R

= (2π)−1 f (t)dt exp(−i(k − t)x − x2 )dx


R R
−(k − t)2
Z  
1
= (4π)− 2 f (t) exp dt
R 4
−(k − t)2
Z  
1
F(exp(−x2 )F (−x)) − f (k) = (4π)− 2 (f (t) − f (k)) exp dt
R 4
1 −(k−t)2
car (4π)− 2 = 1.
R
R exp( 4 )dt

−(k − t)2
Z  
2 − 21 0
|F(exp(−x )F (−x)) − f (k)| ≤ (4π) max |f (x)| |t − k| exp dt
x∈R R 4
Z
1
= (4π)− 2 max |f 0 (x)| 4|α| exp(−α2 )dα → 0
x∈R R
lorsque  → 0.
D'où :
Z
− 21
f (k) = F(F (−x)) = (2π) exp(−ikx)F (−x)dx
Z R
1
= (2π)− 2 exp(ikx)F (x)dx
ZR Z
−1
= (2π) exp(ikx)dx exp(−ixt)f (t)dt
ZR ZR
−1
⇒ f (x) = (2π) exp(ikx)dk exp(−itk)f (t)dt
ZR R Z
− 12 1
= (2π) exp(ikx)dk(2π)− 2 exp(−ikt)f (t)dt
Z R R
− 12
= (2π) exp(ikx)fb(k)dk.
R
Nous faisons référence au livre "Integral transforms and applications" de
Bhatta pour les applications.

1.3 Applications
1.3.1 Equations diérentielles ordinaires
On considère l'équation diérentielle ordinaire linéaire d'ordre n à coecients
constants : Ly(x) = f (x), où
L ≡ an Dn + an−1 Dn−1 + . . . a1 D + a0 .

10
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

Si on applique la transformée de Fourier, on obtient :

[an (ik)n + . . . a1 (ik) + a0 ] yb(k) = fb(k)


Xn
⇔ P (ik)by (k) = f (k), P (z) =
b ar z r .
r=0

fb(k)
D'où : yb(k) = P (ik) = fb(k)Q(k). On applique maintenant le théorème de
convolution :
Z
1
y(x) = (2π)− 2 f (t)q(x − t)dt
R

avec : q(x) = F −1 (Q(k)).

Exemple :
Soit l'équation diérentielle :
d2 u
− + a2 u = f (x)
dx2
fb(k)
(−(ik)2 + a2 )b
u(k) = fb(k) ⇒ u b(k) = .
−(k 2 + a2 )
Z  
− 21 −1 1
u(x) = (2π) f (y)F (x − y)dy
R k 2 + a2
Z r
− 12 1 π
= (2π) f (y) exp(−a|x − y|)dy
R a 2
Z
1
= f (y) exp(−a|x − y|)dy
2a R

1.3.2 Equations intégrales


(a) Equation intégrale de Fredholm
Z
λf (x) + f (t)g(x − t)dt = u(x)
R

où g ,u et λ sont connues. En appliquant la transformée de Fourier :


1
λfb(k) + (2π) 2 fb(k)b
g (k) = u
b(k)

Ceci implique :
Z
1 u
b(k) exp(ikx)
f (x) = (2π)− 2 1 dk
R (2π) 2 gb(k) + λ
Par exemple, résolvons l'équation intégrale :
Z
1
f (x − y)f (y)dy = 2 .
R x + a2

11
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

La transformée donne :

r
π 1
2π fb(k)fb(k) = exp(−a|k|)
2 a
1 a
⇒ fb(k) = √ exp(− |k|).
2a 2

L'inversion nous donne la solution :


Z
− 12 − 12 a
f (x) = (2π) (2a) exp(ikx − |k|)dk
R 2
1 1 4a
= (πa)− 2 2
2 4x + a2
r
a 2
=
π 4x + a2
2

1.3.3 Equation aux dérivées partielles : l'équation de Schrö-


dinger en mécanique quantique

2
" #
h
ihψt = V (x) − ∇2 ψ = Hψ
2m

Si V (x) = V est constante, on peut chercher une solution de la forme :

ψ(x,t) = A exp(i(kx − ωt))

En substituant :

h2
 
ih(−iω)ψ(x,t) = V − (ih ) ψ(x,t)
2
2m

h2 2
La solution existe si : hω = V + 2m h . Pour une particule libre, V ≡ 0, on
a:

h2
ψxxihψt = −
2m
ψ(x,0) = ψ0 (x) et ψ(x,t) → 0 lorsque |x| → ∞

La transformée de Fourier donne :

−ihk 2 b
φbt (k ,t) = φ(k ,t) ⇒ φ(k
b ,t) = φ
c0 (k) exp(−iαk 2 t)
2m
car φ(k
b ,0) = φc0 (k)

12
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

2
avec α = 2m
h
.
La solution est donc :
Z
− 21
ψ(x,t) = (2π) c0 (k) exp(ik(x − αkt))dk
φ
ZR Z
−1
= (2π) ψ(y ,0) exp(−iky)dy exp(ik(x − αkt))dk
ZR Z R
−1
= (2π) ψ(y ,0)dy exp(ik(x − y − αkt))dk
R R

x−y 2 (x − y)2
exp(ik(x − y − αkt)) = exp(−iαt(k − ( )) + i )
2αt 4αt

On pose : z = k − ( x−y
2αt ).

(x − y)2
Z Z
−1
ψ(x,t) = (2π) exp(i )ψ(y ,0)dy exp(−iαtz 2 )dz
R 4αt R
1−i
Z
(x − y) 2
= √ ψ(y ,0) exp(i )dy
4απt R 4αt

où l'on a utilisé les notes cours du professeur Metzener pour le calcul de


l'intégrale suivante :
Z r
π
2
exp(−iαtz )dz = (1 − i) (1.4)
R 2αt

1.4 Analyse de Fourier et théorèmes


1.4.1 Théorème de Plancherel
Si f ∈ L1 (R) ∩ L2 (R), alors ||fb||2 = ||f ||2 .

Preuve :

y2
Z r
2 π
exp(ixy − tx )dx = exp(− )
R t 4t

2
exp( −y )
∀ > 0, v (x) = exp(−x ) ⇒ v[2
 (y) = √ 4
2
−x2
Z Z
1
⇒ b exp(−y 2 )dy = √
w(y) w(x) exp( )dx
R 2 R 4

13
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

Soit u ∈ L1 (R) ∩ L2 (R), v(x) = u(−x), w = u ∗ v ∈ L1 ∩ C 0 .


Mais :
1
Z √
vb(y) = √ exp(−ixy)u(−x)dx = u b(y) ⇒ wb = 2π|b u|2
2π R

Comme w est continue :

1
Z
−|x2 | √
lim √ w(x) exp( )dx = 2πw(0)
→0 2 R 4

par ce qu'on avait montré dans le cours d'EDP. D'où :


Z Z Z
2
|b
u| dy = w(0) = u(x)v(−x) = |u|2 dx
R R R

1.4.2 Théorème d'inversion de Fourier : version plus forte


Soit f ∈ L1 (R) et continue sauf sur un nombre ni de points sur tout inter-
valle ni, f (t) = 21 (f (t+) + f (t−))∀t. Alors :

Z A
1
f (t0 ) = lim exp(iωt0 )fb(ω)dω
A→∞ 2π −A

preuve :

Z ∞
sin(Au) π
du =
0 u 2

Z A
1
s(t0 ,A) = fb(ω) exp(iωt0 )dω
2π −A
Z AZ
1
= f (t) exp(iω(t0 − t))dωdt
2π −A R
Z Z A
1
= f (t) exp(iω(t0 − t))dωdt
2π R −A
f (t)sin(A(t0 − t))
Z
1
= dt
π R t0 − t
f (t0 − u)sin(Au)
Z
1
= du.
π R u

∞ ∞
f (t0 − u)sin(Au) (f (t0 − u) − f (t0− ))sin(Au)
Z Z
2 2
du − f (t0− ) = du
π 0 u π 0 u

14
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

Puisque f ∈ L1 (R), il existe X tel que :


Z ∞
2
|f (t0 − u)|du < 
π X


(f (t0 − u) − f (t0− ))sin(Au) 2 X (f (t0 − u) − f (t0− ))sin(Au)
Z Z
2
du = du
π 0 u π 0 u
2 ∞ f (t0 − u)sin(Au)
Z
+ du
π X u
Z ∞
2 f (t0− )sin(Au)
− du
π X u
= I1 + I2 + I3

Z ∞ Z ∞
sin(Au) sin(t)
lim du = lim dt = 0
A→∞ X u A→∞ AX t
⇒ I3 → 0 lorsque A → ∞.
Z ∞ Z ∞
2 f (t0−u )sin(Au) 2
|I2 | = | du| ≤ |f (t0−u )|du < 
π X u π X

f (t0 −u)−f (t0− )


u est continue sur (0,X) sauf pour un nombre ni de points et
elle est bornée, donc intégrable. Par le lemme de Riemann-Lebesgue, I1 →
0 lorsque A → ∞. D'où :
Z ∞
2 f (t0−u )sin(Au)
du → f (t0− ) lorsque A → ∞
π 0 u

Sur (−∞,0), le meme argument donne la convergence vers f (t0+ ). Or :

A
f (t0 − u)sin(Au)
Z Z
2 1
du = fb(ω) exp(iωt0 )dω
π R u π −A

Finalement :
Z A
1
fb(ω) exp(iωt0 )dω → f (t0 ) lorsque A → ∞
2π −A

1.4.3 Formule de Parseval


Soient f ,g ∈ L1 ∩ L2 (R). Alors :
Z Z
f (x)g(x)dx = fb(k)b
g (k)dk
R R

15
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

preuve :

Z Z Z Z
1
fb(k)b
g (k)dk = dk exp(−iky)f (y)dy exp(−ikx)g(x)dx
R R Z 2π R Z Z R
1
= f (y)dy g(x)dx exp(ik(x − y))dk

Z R Z R R

= g(x)dx f (y)δ(x − y)dy


ZR ZR
= g(x)dx f (y)dy
R R

1.4.4 Equation de la chaleur avec second membre


Nous référons au livre "Partial dierential equations" d'Evans. Soit le pro-
blème :

ut − ∆u = f sur Rn × (0,∞)
u = 0 sur Rn × (t = 0)

Soit :

1 |x|2
φ(x,t) = n exp(− ) pour t > 0
(4πt) 2 4t

qui est la solution fondamentale de l'équation de la chaleur. Comme w =


w(x,t ;s) = Rn φ(x − y ,t − s)f (y ,s)dy résoud le problème
R

ut (· ;s) − ∆u(· ;s) = 0 dans Rn × (s,∞)


u(· ;s) = f (· ;s) sur Rn × (t = s)

On utilise ensuite le principe de Duhamel pour construire la solution du pro-


blème inhomogène à partir du problème précédent en intégrant par rapport
à s. Considérons :
Z t
u(x,t) = w(x,t,s)ds
0
Z tZ
= φ(x − y ,t − s)f (y ,s)dyds
0 Rn
Z t
|x − y|2
Z
1
= n exp(− )f (y ,s)dyds
0 4π(t − s) 2 Rn 4(t − s)

On obtient, par le cours d'équations aux dérivées partielles, que u satisfait


l'équation de la chaleur avec second membre et qu'elle est de classe C 2 .

16
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

1.5 Problème de Stokes dans R2 et R3 et résolution


Pour le problème de Stokes, nous avons étudié les notes écrites par le pro-
fesseur Metzener.

1.5.1 Problème de Stokes dans R3


Etant donné une fonction f : R3 → R3 , on cherche la pression p : R3 → R et
le champ de vitesse u : R3 → R3 . L'équation de Stokes est une équation aux
dérivées partielles qui décrit le mouvement des uides dans l'approximation
des milieux continus. 
∆u − ∇p + f = 0
∇·u=0
Appliquons l'opérateur divergence à la première équation :
∇ · (∆u) + ∇ · ∇p + ∇f = 0 ⇒ ∆(∇ · u) − ∆p + ∇f = 0
⇒ ∆p = ∇f
En appliquant la transformée de Fourier, on obtient :
ω |2 pb = i~
− |~ ω |−2 i~
ω · fb ⇒ pb = −|~ ω · fb (1.5)
Ceci donne l'expression suivante pour la pression p :
Z
− 23
p = (2π) ω |−2 i~
−|~ ω fbexp(i~ω · ~x)dω
Z Z
= (2π)−3 −|~ω |−2 i~ ω · (~x − ~y ))dωdy
ω fbexp(i~

qui est assez complexe à calculer donc on va emprunter un autre chemin qui
passe par le noyau de Poisson. On observe que :

ω |−2 ∇
pb = −|~ [ ·f
et d'après le cours d'équations aux dérivées partielles, on obtient :
Z
1 dy
p=− ∇y · f (y)
4π |~x − ~y |
En intégrant par parties :
Z
1 1
p = f (y)∇y · dy
4π |~x − ~y |
Z
1 1
= − f (y) · ∇x dy
4π |~x − ~y |
Z
1 1
= − ∇x · f (y) dy
4π |~x − ~y |
~x − ~y
Z
1
= f (y) · dy
4π |~x − ~y |3

17
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

Pour trouver u, nous allons employer deux méthodes. La première est d'uti-
liser nos résultats obtenus pour l'équation de Laplace :

∆u = g = ∇p − f

Comme on connait p et f , on peut facilement résoudre l'équation ci-dessus :


∇p − f
Z
1
u = − dy
4π |~x − ~y
Z ∇( 1 R f (z) · ~x−~z dz) − f
1 4π |~
x−~ z |3
= − dy
4π |~x − ~y |

Nous utilisons maintenant la méthode de Fourier. Appliquons la transformée


de Fourier à la première équation du problème de Stokes et utilisons (1.5) :

u ω |−2 fb − |~
b = |~ ω |−4 ω ω · fb)
~ (~

Par la formule d'inversion et la connaissance du noyau de Poisson, on obtient :


Z Z Z
1 f (y) −3
u= dy − (2π) ω |−4 ω
|~ ω · f (y)) exp(i~
~ (~ ω · (~x − ~y ))dωdy
4π |~x − ~y |
Nous avons l'égalité :
Z Z
−3
(2π) ω |−4 ω
|~ ω · f (y)) exp(i~
~ (~ ω · (~x − ~y ))dωdy
Z Z
= (2π)−3 ∇x (∇x · f (y)|~ω |−4 exp(i~
ω · (~x − ~y ))dωdy)

Le noyau est obtenu en résolvant l'équation :

∆2 Ψ = h

qui après transformation de Fourier devient :


b = |Ω|−4b
Ψ h (1.6)

On se souvient que pour l'équation de Laplace, l'équation radiale s'écrit :


1 2
(r Ψr )r = 0
r2
Donc, l'équation radiale devient :
1 2 1 2
(r ( 2 (r Ψr )r )r )r = 0
r2 r
On trouve :
C3
Ψ = C1 r + C2 r 2 + + C4
r

18
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

Le seul noyau singulier possible est : r = |~x − ~y |. Par suite, on obtient la


solution pour l'équation aux dérivées partielles de la même facon que pour
l'équation de Laplace :
Z
1
Ψ(x) = ∆2 Ψ|~x − ~y |dy

Z
1
= h(y)|~x − ~y |dy

On identie le noyau :
Z
1
|~x − ~y | = (2π)−3 ω |−4 exp(i~
|~ ω · (~x − ~y ))dω

Par suite on arrive à :
 
~x − ~y
Z Z
1 f (y) 1
u= dy + (~x − ~y ) · f (y) · dy
8π |~x − ~y | 8π |~x − ~y |3

1.5.2 Problème de Stokes dans R2


Comme dans R3 , on peut exprimer p sous forme la intégrale suivante :
Z Z
p = (2π)−2
ω |−2 (~
−i|~ ~ exp(i~
ω · f (y)) ω · (~x − ~y ))dωdy
R2 R2

On calcule l'intégrale suivante :

Z
I = −i(2π)−2 ω |−2 (~
|~ ~ exp(i~
ω · f (y)) ω · (~x − ~y ))d
R2

Posons :

x − y = rRe~2 , R une rotation du plan


~η = ρe~r
ω
~ = R~η
e~r = cos(θ)e~1 + sin(θ)e~2

En passant aux coordonnées polaires, on obtient :


Z ∞ Z 2π
−2
I = −i(2π) dρ (e~r · RT f ) exp(iρr sin(θ))dθ (1.7)
ρ=0 θ=0
Z ∞
−2
= −i(2π) 2πiJ1 (ρr)(e~2 · RT f )dρ
ρ=0
f · (~x − ~y ) ∞
Z
= (2π)−1 J1 (ρ)dρ
|~x − ~y |2 0

19
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

Notons que (1.8) est obtenue en notant qu'on obtient :

sin(θ) exp(iρr sin(θ)) = J1 . (1.8)

Ceci implique :
f (y) · (~x − ~y )
Z
1
p= dy
2π R2 |x − y|2

Z Z
1
f (y)|σ|−2 − σ(σ · f (y))|σ|−4 exp(iσ · (x − y))dσdy

(2π)2 R2 R2

qu'on peut récrire :


Z Z
1
u= f (y) log(|x − y|) + ∇x ∇x f (y)K(x,y)dy
2π R2 R2

où K(x,y) est le noyau décrivant l'équation biharmonique :


Z
2
∆ ψ = h(x) ⇒ ψ = h(y)K(x,y)dy
R2

Comme :
1
K= |x − y|2 (log(|x − y|) − 1),

on vérie que
Z Z
h(y)K(x,y)dy = ∆2 ψK = ψ(x)
R2 R2

1.6 Propagation de ammes dans des tubes fermés :


étude d'un article de recherche
Nous étudions le problème de la propagation dans un tube (dans l'article
de recherche écrit par les professeurs Metzener et Matalon) dont la forme
et la direction de propagation de la amme sont données dans le dessin ci-
après. La dérivation l'équation intégro-diérentielle qui donne la position de
la amme, qu'on exprime en terme de la distorsion ϕ(y ,t) par rapport à une
amme plate, s'écrit :

∂ 2 ϕ 1 ∂ϕ 2 1
 
1 ∂ϕ
=α 2 + − ϕ + L(ϕ),
q ∂t ∂y 2 ∂y L
où L est une constante dépendant de l'aspect du tube, α est un paramètre
donné, et L est un opérateur linéaire intégral. On exprime la pression par :

p(x,t) = P (t) + γM2 p0 (x,t) + · · ·

20
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

Fig. 1.1  Schéma explicatif

où M << 1 représente la constante de Mach.


 
−1 ∂F
Vf = |F | (1.9)
∂t

On peut introduire le paramètre de Markstein :

α = Vf · n − n · ∗(v ∗ n) (1.10)

Les équations qui gouvernent la propagation des ammes est :

1 dP
∇·v =− , (1.11)
γP dt
Dv
ρ = −∇p0 , (1.12)
Dt
D −1 γ1
(ρ P ) = 0, (1.13)
Dt
ρT = P , (1.14)

où v désigne la vitesse, ρ la densité, T la température, Dt D


est la dérivée
convective. Si la amme est décrite par F (x,t) = 0, avec n = − |∇F
∇F
| , on peut
écrire également les relations de saut à x = xf (t,y) :

[ρ(v · n − Vf )] = 0,

[p0 + ρ(v · n − Vf )(v · n)] = 0,

[v × n] = 0,

[T ] = q.

21
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

Nous allons nous intéresser au cas des ammes planes. La vitesse axiale
v = ui est donnée par :

(

−( γP )x pour 0 < x < xf
u= (1.15)

( γP )(L − x) pour xf < x < L

et la position de la amme est donnée par :


 
Pe − P −1
xf (t) = L 1 − P γ (1.16)
Pe − 1

γqt
P =1+ (1.17)
L
La fonction ψ(η) est déterminée par les relations implicites :
−(γ−1)
ψ(η) = 1 + qP γ , (1.18)
1
η = xf P . γ (1.19)

Pour des petites valeurs de q , on peut donner une forme simpliée de la


vitesse axiale :
2
(
qx
+ γqL2xt + · · · pour 0 < x < xf
u≈ L (1.20)
q(1 − L ) − γq (1 − L )( L ) + · · · pour xf < x < L
x 2 x t

avec la position de la amme qui s'exprime :

t
xf ≈ t(1 + q(1 − ) + ···) (1.21)
L
La fonction ψ(η) a la forme :
η
ψ(η) ≈ 1 + q − q 2 (γ − 1) + ··· (1.22)
L
et comme la densité et la température sont données par :
(γ−1) 1
T =P γ ψ(xP γ ) (1.23)
1
P γ
ρ= 1 (1.24)
ψ(xP γ )

alors une substitution nous donne les solutions explicites.

22
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

Dans le cas des ammes non planaires, on introduit les développements sui-
vants :

u = ū + q 2 U (x,y ,t) + · · ·
v = q 2 V (x,y ,t) + · · ·
p0 = p̄0 + q 2 Π(x,y ,t) + · · ·

où p̄0 et ū sont les solutions dans le cas des ammes planaires. Les équations
à l'ordre O(q) sont :

∂U ∂V
+ = 0,
∂x ∂y
∂U ∂Π
=− ,
∂t ∂x
∂V ∂Π
=− .
∂t ∂y

A la position x = t, on a :

∂φ
[U ] = [Π] = 0, [V ] = .
∂y

Il reste de l'équation pour le taux de combustion et le "ame stretch" :


!
∂ 2 φ 1 ∂φ 2 1
 
∂φ ∗
=q α 2 + − φ+U
∂t ∂y 2 ∂y L

où U ∗ = U (x = t,y ,t). On résout ce système d'équations aux dérivées par-


tielles en appliquant une transformée de Fourier en y . Par souci de simplier
les notations, on note u = (U ,V ) et p = Π, et on récrit le système :

∇·u = 0
ut = −∇p

On a, en appliquant le rotationnel à la seconde équation :

∂t ∇ × u = 0
(
0 pour t < x < L
⇒ ∇×u=
f (x,y) pour 0 < x < t

par le théorème de Heimholtz.


Comme ∇ · u = 0, u peut donc s'exprimer par un rotationnel :

u = ∇ × ψ = (−ψy ,ψx )

23
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

Pour t < x < L (2), on a :

∇ × u = ∇ × (∇ × φ) = ∆φ = 0.

Pour 0 < x < t (1), on a :

∇ × u = ∆ψ = f (x,y)

Dans le premier cas, on a une équation de Laplace à résoudre, dans le second,


une équation de Poisson. Pour les pressions dans les 2 régions, nous avons :

−py = φxt et − py = ψxt .

En prenant les transformées de Fourier dans (2), on obtient :

φbxx − σ 2 φb = 0

La solution est :

b sinh(σ(x − L))
φb = A

par les conditions au bord.


Ceci nous permet d'écrire, sachant la relation entre φ et u, p :

Ub b sinh(σ(x − L)),
= −iσ A
Vb b cosh(σ(x − L)),
= σA
−iσb ct cosh(σ(x − L)).
p = σA

Ecrivons l'équation de Poisson avec la transformée de Fourier dans (1) :

ψbxx − σ 2 ψb = fb(x)

La solution est donnée en utilisant la méthode de la variation des constantes :

ψb = B
b sinh(σx) + C \
b cosh(σx) + ψparticulière

avec la solution particulière donnée par :


Z x
1
\
ψparticulire = sinh(σ(x − ξ))fb(ξ)dξ
2σ 0

On en déduit, par dérivation :


h
b = −iσ B
U b sinh(σx) + C
b cosh(σx)+

24
CHAPITRE 1. TRANSFORMÉE DE FOURIER

Z t
[U ] = 0 ⇒ A b sinh(σt) + 1
b sinh(σ(t − L)) = B sinh(σ(t − ξ))fb(ξ)dξ
2σ 0
(1.26)

∂φ
[V ] = − ⇒V
c1 − V
c2 = iσ φb
∂y
Z t
b cosh(σt) + 1
σB cosh(σ(t − ξ))fb(ξ)dξ = σ A
b cosh(σ(t − L)) + iσ φb
2 0
En dérivant par rapport au temps, on obtient :

ct cosh(σ(t − L)) + σ A
A b sinh(σ(t − L)) + iφbt = B b sinh(σt) + 1 fb(t)
ct cosh(σt) + σ B

Z t
1
+ sinh(σ(t − ξ))fb(ξ)dξ
2 0
Mais par (1.26), on simplie :

ct cosh(σt) + 1 fb(t)
ct cosh(σ(t − L)) + iφbt = B
A

Par (??)
fb(t) = 2iσ ϕbt
Maintenant qu'on a éliminé fb(t), on va pouvoir résoudre le système d'équa-
tions suivant :
B ct cosh(σ(t − L))
ct cosh(σt) = A
Rt
A sinh(σ(t − L)) = B sinh(σt) + i sinh(σ(t − ξ))ϕ(ξ)dξ
b b
0b
On trouve :
Z t
cosh(στ )
A
b=i (1.27)
0 sinh(σL)
On en déduit Bb puis les solutions Ub et Vb , qui se trouvent dans l'article de
recherche :

2 t cosh(σ(L−τ )) e 2 x
−σ 0 sinh(σL) φ(σ ,τ )dτ + σ 0 cosh(σ(x − ξ))φ(σ ,ξ)dξ pour x < t
R R

 b
U
b=
−σ 2 t cosh(στ ) φ(σ
e ,τ )dτ sinh(σ(L − x)) pour x > t

 R
0 sinh(σL)

 Rt Rx
cosh(σ(L−τ )) e
sinh(σL) φ(σ ,τ )dτ
b ,x) + σ b ,ξ)dξ pour x < t
−σ 0 cosh(σx) + φ(σ sinh(σ(x − ξ))φ(σ

 0
Vb =
−σ t cosh(στ ) e
sinh(σL) φ(σ ,τ )dτ pour x > t
 R
cosh(σ(L − x))

0

25
Chapitre 2

Transformée de Laplace
Une technique assez puissante pour résoudre les équations diérentielles et
aux dérivées partielles est la transformée de Laplace, qui transforme ces
équations en expressions algébriques élémentaires. Pour cette partie, nous
avons étudié "The Laplace transform" de Schie.

2.1 Préliminaires
Dénition 2.1.1. Une fonction est dite continue par morceaux sur [0,∞)
si :
 limt→0+ f (t) = f (0+ ).
 f est continue pour tout intertvalle ni (0,b) sauf sur un nombre ni de
points où f a des sauts.

Une conséquence importante de la continuité par morceaux est que sur


chaque sous-intervalle de continuité, la fonction f est bornée :

|f (t)| ≤ Mi , ti < t < ti+1 , i = 1, 2,...,n − 1.

Dénition 2.1.2. Une fonction f a un ordre exponentiel α s'il existe des


constantes M > 0 et α tel que pour un certain t0 ≥ 0,

|f (t)| ≤ M exp(αt), t ≥ t0 .

Dénition 2.1.3. On dénit la classe Talpha des fonctions continues par


morceaux et d'ordre exponentiel α.

2.2 Dénition de la transformée et propriétés


Dénition 2.2.1. Pour toute fonction f à valeurs réelles ou complexes dans
l'espace fonctionnel Talpha , on dénit une fonction F : D ⊂ C → C, qu'on
dénomme la transformée de Laplace : L(f ) = F (s) de f par :

26
CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE LAPLACE

Z ∞
L(f ) = exp(−st)f (t)dt = F (s)
0

où le paramètre s = x + iy est dans le domaine : x = Re(s) > α.

Exemple 2.2.2.
Z ∞
L(exp(at)) = exp(−(s − a)t)dt
0
1
=
s−a
Théorème 2.2.3. Si f ∈ Talpha , alors la transformée de Laplace existe pour
x = Re(s) > α et l'intégrale de Laplace converge absolument.

preuve :
On a, d'une part :

|f (t)| ≤ M1 exp(αt), t ≥ t0 .

f est de plus continue par morceaux sur [0,t0 ] et donc bornée sur cet inter-
valle, disons :

|f (t)| ≤ M2 , 0 < t < t0 .

Puisque exp(αt) a un minimum positif sur [0,t0 ], on peut choisir une constante
M susamment grande pour que :

|f (t)| ≤ M exp(αt), t > 0.

D'où :
Z τ Z τ
| exp(−st)f (t)|dt ≤ M exp(−(x − α)t)dt
0 0
M M exp(−(x − α)τ )
= − .
x−α x−α
Lorsque τ → ∞ et notant que Re(s) = x > α, on obtient :

Z ∞
M
| exp(−st)f (t)|dt ≤ .
0 x−α

L'intégrale de Laplace converge donc absolument pour Re(s) > α.

27
CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE LAPLACE

Application :
f (t) = t est continue et d'ordre exponentiel, sa transformée de Laplace se
calcule :
Z ∞
L(t) = t exp(−st)dt
0
Z ∞
1
= exp(−st)dt
s 0
11
=
ss
1
= 2.
s
Montrons par récurrence que :

n!
L(tn ) =
sn+1
C'est vrai pour n = 1.
Z ∞
L(tn+1 ) = tn+1 exp(−st)dt
Z0 ∞
exp(−st)
= (tn+1 )0 dt
0 s
Z ∞
(n + 1)
= tn exp(−st)dt
s 0
(n + 1) n!
=
s sn+1
(n + 1)!
=
sn+2
ce qui achève la récurrence.
Linéarité de la transformée de Laplace :

Z ∞
L(c1 f1 + c2 f2 ) = exp(−st)(c1 f1 (t) + c2 f2 (t))dt
0
Z ∞ Z ∞
= c1 exp(−st)f1 (t)dt + c2 exp(−st)f2 (t)dt
0 0
= c1 L(f1 ) + c2 L(f2 ).

Application :

28
CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE LAPLACE

1
L(cosh(ωt)) = [L(exp(ωt)) + L(exp(−ωt))]
2
1 1 1
= ( + )
2 s−ω s+ω
s
= .
s2 − ω 2

Séries innies

Théorème 2.2.4. Si

X
f (t) = an tn
n=0

converge pour tout t ≥ 0, avec

Kαn
|an | ≤
n!
pour tout n susamment grand and α > 0, K > 0, alors :

X
L(f (t)) = an L(tn )
n=0

X an n!
= (Re(s) > α.
sn+1
n=0

Preuve :
Puisque f (t) est représentée par une série de puissance convergente, alors
elle est continue sur [0,∞). On veut montrer que la diérence

N N
!
X X
n n
L(f (t)) − an L(t ) = L f (t) − an t


n=0 n=0
!
XN
≤ Lx f (t) − an tn


n=0

converge vers 0 lorsque N → ∞, où


Z ∞
Lx (h(t)) = exp(−xt)h(t)dt, x = Re(s).
0

29
CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE LAPLACE



N
X X
f (t) − an tn = an t n


n=0 n=N +1

X (αt)n
≤ K
n!
n=N +1
N
!
X (αt)n
=K exp(αt) −
n!
n=0

Comme :
h ≤ g ⇒ Lx (h) ≤ Lx (g)
quand les transformées existent,
!
N N
!
X X (αt)n
Lx f (t) − an tn ≤ KLx exp(αt) −

n!
n=0 n=0
N
!
1 X αn
= K −
x−α xn+1
n=0
N 
!
1 1 X α n
= K − (x > α)
x−α x x
n=0

Ceci converge vers 0 lorsque N → ∞. D'où :

N
X
L(f (t)) = lim an L(tn )
N →∞
n=0

X an n!
= (Re(s) > α.
sn+1
n=0

Exemple 2.2.5.

sin t X (−1)n t2n
f (t) = =
t (2n + 1)!
n=0
1 1
|a2n | = <
(2n + 1)! (2n)!

!
(−1)n t2n
 
sin t X
⇒L = L
t (2n + 1)!
n=0

30
CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE LAPLACE

Théorème 2.2.6. Si f ∈ Talpha , et telle que


f (t)
lim
t→0+ t
existe, alors
Z ∞  
f (t)
F (x)dx = L (s) (s > α).
s t
preuve :

Z ∞ Z ∞ Z w Z ∞ 
F (x) = exp(−xt)f (t)dt ⇒ F (x)dx = lim exp(−xt)f (t)dt dx
0 s w→∞ s 0
R∞
Comme 0 exp(−xt)f (t)dt converge uniformément pour α < s ≤ x ≤ w, on
peut permuter l'ordre d'intégration :

Z ∞ Z ∞ Z w 
F (x)dx = lim exp(−xt)f (t)dx dt
s w→∞ 0 s
Z ∞ Z ∞
f (t) f (t)
= exp(−st) dt − lim exp(−wt) dt
0 t w→∞ 0 t
 
f (t)
= L
t
où on a utilisé le fait que :
Z ∞
f (t) M
exp(−st) dt ≤ →0

0 t x−α
lorsque x → ∞.
La transformée de Laplace jouit de propriétés similaires à la transformée de
Fourier, qu'on va énoncer sans démonstration, car les preuves sont analogues.
Exemple 2.2.7.
  Z ∞
sin t
L (s) (s) = L(sin t)dt
t s
1
L(sin t)(s) = (L(exp(it)) − L(exp(−it)))(s)
2i  
1 1 1
= −
2i s − i s + i
1
= 2
s +1
  Z ∞
sin t dx
⇒L (s) = 2
t s x +1
π
= − arctan(s).
2

31
CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE LAPLACE

En supposant les fonctions assez régulières, on a les propriétés suivantes pour


la transformée de Laplace :
Théorème 2.2.8 (Formule d'inversion de la transformée de Laplace).
Z c+i∞
−1 1
L (F (s)) = f (t) = exp(st)F (s)ds
2πi c−i∞

où c est une constante plus grande que la partie réelle des singularités de
F (s).
Proposition 2.2.9 (Translation). Si L(f (t)) = F (s), alors :

L(exp(−at)f (t)) = F (s + a).

Exemple 2.2.10.
n!
L(tn exp(at)) =
(s − a)n+1
 
−1 1 1 n
⇒L = t exp(at)
(s − a)n+1 n!
Proposition 2.2.11 (Dilatation).
1 s
L(f (at)) = F .
|a| a
Proposition 2.2.12 (Transformée de Laplace des dérivées).
n−1
X
L(f (n) (t)) = sn L(f (t)) − sk f (n−1−k) (0)
k=0

Proposition 2.2.13 (Transformée de Laplace d'une convolution).

L(f (t) ∗ g(t)) = L(f (t))L(g(t))

Exemple 2.2.14. On utilise le théorème de convolution pour prouver :


Γ(m)Γ(n)
B(m,n) = , où
Γ(m + n)
Z 1
B(m,n) = xm−1 (1 − x)n−1 dx, (m > 0, n > 0).
0

On considère :

f (t) = tm−1 et g(t) = tn−1 .

Comme on a :
Γ(m) Γ(n)
F (s) = m
et G(s) = n
s s

32
CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE LAPLACE

Par la formule de convolution, on a :


Z t
f ∗g = τ m−1 (t − τ )n−1 dτ = L−1 (F (s)G(s))
0
= Γ(m)Γ(n)L−1 (s−(m+n)
Γ(m)Γ(n) m+n−1
= t
Γ(m + n)
En prenant t = 1, on obtient le résultat à démontrer.

Proposition 2.2.15 (Dérivées de la transformée de Laplace). Si L(f (t)) =


F (s), alors
dn
L(tn f (t)) = (−1)n F (s).
dsn
Exemple 2.2.16. On veut trouver :
  
−1 s+a
f (t) = L log( ) .
s+b
Puisque :
 
d s+a 1 1
log = −
ds s+b s+a s+b
 
1 −1 1 1
⇒ f (t) = − L −
t s+a s+b
1
= (exp(−bt) − exp(−at))
t
Deux propriétés de la transformée de Laplace sont très utiles lorsqu'on veut
déterminer des limites d'une fonction lorsqu'elle tend vers 0 ou ∞, même si
la fonction n'est pas connue explicitement.
Théorème 2.2.17. Si f ∈ Tα , f 0 est continue par morceaux et L(f (t)) =
F (s), alors :

lim f (t) = lim sF (s)


t→0+ s→∞

Preuve :
On sait que :

L(f 0 (t) = G(s) → 0 lorsque s → ∞

Or, par le théorème sur la transformée de Laplace des dérivées :

G(s) = sF (s) − lim f (t)


t→0+

33
CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE LAPLACE

En prenant la limite, on obtient le résultat.

Théorème 2.2.18. Si f ∈ Tα , f 0 est continue par morceaux, L(f (t)) = F (s)


et limt→∞ f (t) existe, alors :
lim f (t) = lim sF (s)
t→∞ s→0

Preuve :

lim G(s) = lim sF (s) − lim f (t)


s→0 s→0 t→0

De plus :
Z ∞
lim G(s) = lim exp(−st)f 0 (t)dt
s→0 s→0 0
Z ∞
= f 0 (t)dt,
0
Z ∞
f 0 (t)dt = lim [f (τ ) − lim f (t)]
0 τ →∞ t→0

D'où :
lim f (t) = lim sF (s).
t→∞ s→0

2.2.1 Relation entre les deux tranformées


Dans cette partie, nous allons voir comment écrire la transformée de Laplace
en fonction de la transformée de Fourier. La transformée de Laplace d'une
fonction f existe pour z = x + iy , x > γ , on suppose
(
0, t < 0
f (t) =
f (t), t ≥ 0

Z ∞
F(f )(z) = f (t) exp(−xt) exp(−iyt)dt
√0
= 2πF(h(t,x))
où la fonction h de transfert est :
(
exp(−xt)f (t), t ≥ 0
h(t,x) =
0, t < 0

34
Bibliographie
[1] Evans, Partial dierential equations.
[2] Chatterji, Cours d'Analyse.
[3] Dambaru Bhatta, Integral transforms and applications.
[4] Schie, The Laplace transform.
[5] Philippe Metzener, Notes et article de recherche.

35

Vous aimerez peut-être aussi