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C O L L E C T I O N

tm lerelle wrlKS^ruiïwïïruMm^
Bescherelle
La grammaire du latin

KJ
Bernard Bortolussi
Agrégé de Grammaire

Maître de conférences en latin

à l'université Paris X

• les déclinaisons
• la conjugaison
les règles de syntaxe BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE
GEORGES BRASSENS
des exemples littéraires MONTIGNY-LES-CORMEILLES

authentiques

HATIER

HATIER
Avant-propos
Le Bescherelle Grammaire du latin est une grammaire très simple
et complète de la langue latine. Il a pour objectif de permettre
la lecture, la traduction et l'interprétation des textes.

C o m m e n t l'ouvrage est-il construit ?


Le Bescherelle Grammaire du latin suit une progression méthodique,
des constituants élémentaires (le nom, l'adjectif, le verbe, etc.)
aux agencements les plus complexes (la proposition, la phrase, etc.).
Il comprend quatre parties:
• écriture et prononciation;
• morphologie;
• syntaxe ;
• grammaire de l'énoncé et du texte. Ce dernier chapitre permet
de dépasser le cadre traditionnel de la phrase; il prend en compte
les apports de la linguistique contemporaine.
La description de la langue s'appuie sur des exemples littéraires
authentiques, extraits de genres et de périodes historiques variés,
qui font régulièrement l'objet d'un commentaire. L'accent est mis
en priorité sur les constructions les plus fréquemment observées
dans les textes.

À qui l'ouvrage est-il destiné ?


Le Bescherelle Grammaire du latin s'adresse aussi bien aux latinistes
débutants, qui y trouveront toutes les informations permettant
de se repérer dans la langue (des tableaux clairs et en couleur,
des règles simples, de nombreuses synthèses), qu'aux latinistes
confirmés, soucieux d'une compréhension approfondie des textes.
Chacun y circulera selon ses besoins :
Pour un usage ponctuel, une question de déclinaison ou de conjugaison,
les index permettent de se rendre aux paragraphes concernés.
Pour une recherche plus approfondie, portant sur les différents types
© HATIER - Paris 1999 - ISBN 2-218-72753-6 - ISSN 0990 3771 de coordination par exemple, on peut utiliser directement le sommaire
Toute représentation, traduction, adaptation ou reproduction, même partielle, par tous procédés, en tous pays,
(—» paragraphes 245-259) ou aux index si le problème ne fait pas l'objet
faite sans autorisation préalable est illicite et exposerait le contrevenant à des poursuites judiciaires.
Réf. : loi du II mars 1957, alinéas 2 et 3 de l'article 41. d'un chapitre complet. Les renvois internes indiquent les paragraphes
Une représentation ou reproduction sans autorisation de l'éditeur ou du Centre Français d'Exploitation du droit où le point est également développé.
de Copie (20, rue des Grands Augustins, 75006 Paris) constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles
Une table des abréviations et un glossaire grammatical, en début
425 et suivants du Code Pénal.
d'ouvrage, facilitent la lecture et la compréhension.
SOMMAIRE

ECRITURE ET PRONONCIATION
L'ÉCRITURE DU LATIN LA PRONONCIATION DU LATIN

MORPHOLOGIE
LA DÉCLINAISON DES NOMS LES ADJECTIFS QUALIFICATIFS LES PRONOMS ET PRONOMS-ADJECTIFS 82-138 LA MORPHOLOGIE VERBALE
Les adjectifs de la l r e classe Les pronoms personnels 86-94 Le mode indicatif - les temps de

i 2G déclinaison Les adjectifs de la 2 e classe et les pronoms-adjectifs possessifs 95-101 Le mode indicatif - les temps d i

La 3 e déclinaison Le comparatif et le superlatif des adjectifs Les pronoms-adjectifs anaphoriques 102-106 Le mode subjonctif - les temps

La 4 e déclinaison Les pronoms-adjectifs démonstratifs 107-110 Le mode subjonctif - les temps


LES ADJECTIFS
La 5 e déclinaison Les pronoms-adjectifs relatifs "'-H7 Le
mode impératif
ET ADVERBES NUMÉRAUX
et interrogatifs 118-119 Le supin
Les pronoms-adjectifs indéfinis 120-125 Le mode participe

LES ADVERBES
Le mode gé

SYNTAXE
140-172 LES CONSTITUANTS SYNTAXIQUES 173-206 LA SYNTAXE DES CAS L'EMPLOI DES PRÉPOSITIONS 245-259 LA COORDINATION

140-150 Le groupe nominal 174-175 Le nominatif 248-250 coordonnants marquant l'addition


4 LA PHRASE COMPLEXE
251-253 Les coordonnants marquant la disjonctior
Les propositions subordonnées relatives
254-255 Les coordonnants marquant l'opposition
3 Les propositions subordonnées complétives
Le génitif 256-257 Les coordonnants marquant la cause
I Les propositions subordonnées
258-259 Les coordonnants marquant la conclusion

GRAMMAIRE DE L ' É N O N C É ET D U T E X T E
261-279 LES M O D A L I T é S D E LA PHRASE 280-301 L ' E M P L O I DES PRONOMS L'EMPLOI DES TEMPS 341-354 L'ORDRE DES MOTS ET L'ORGANISATION

262-270 La phrase déclarative 281-286 Les pronoms personnels Les temps absolus DES INFORMATIONS
271-275 Les phrases exclamative et interrogative 287-297 Les pronoms anaphoriques 345-352 L'organisation des informations
276-279 La phrase impérative et démonstratifs dans la phrase déclarative
40 LE DISCOURS RAPPORTé
298-301 Les pronoms-adjectifs 353-354 L'ordre des mots en poésie
et adverbes indéfinis

TABLEAUX DE S Y N T H È S E
355-358 L'EMPLOI DES MODES 359-362 L'EMPLOI DE UT, C U M , Q U O D , NI-

INDEX
de orat. : Sur l'orateur epod. : Les Épodes Truc. : Truculentus
LES SYMBOLES UTILISES div. : Sur la divination sat. : Les Satires
div. in CaeciL: Discours Plin. : Pline le Jeune
REM Juv. : Juvénal
contre Cécilius epist. : Lettres
renvoie a un ou notation d'une voyelle signale les exceptions, sot. : Les Satires
Fam. : Lettres aux familiers
plusieurs paragraphes brève propose un Prop. : Properce,
fat. : Sur le Destin Liv. : Tite-Live,
où la notion est approfondissement Elégies
fin. : Sur les biens extrêmes L'Histoire romaine
également t r a i t é e ; de la notion
(...) imp. Cn. Pomp. : Quint. : Quintilien
ou bien indique une interruption dans ou des compléments
Sur les pouvoirs de Pompée Lucr. : Lucrèce,
filiation e n t r e deux linguistiques tact : L'/nstrtution oratoire
la citation inv. : Sur l'invention Sur la nature des choses
formes ou deux mots
Lael. : Laelius, Sur l'amitié Sali. : Salluste
[ ] A N e p . : Cornélius Népos
Catil. : Catilina
leg. : Sur les lois Aris. : Ahstidès
attire l'attention
délimitation du groupe Manil. : Sur la loi Manilia Jug. : La Guerre contre Jugurtha
indique d'où vient une sur les erreurs Att. : Atticus
de mots ou Mil. : Pour Milon
f o r m e ou un m o t de traduction à éviter Chabr. : Chabrias
de la proposition Sen. : Sénèque
Mur. : Pour Muréna Epam. : Epaminondas
que l'on veut étudier benef. : Sur les bienfaits
nat. deor. : Sur la nature Eum. : Eumènes
epist. : Lettres à Lucilius
des dieux Hann. : Hannibal
en poésie, signe renvoi au glossaire ir. : Sur la colère
off. : Sur les devoirs Iph. : Iphicratès
de la fin du vers passage d'une f o r m e nat. : Questions naturelles
orat. : L'Orateur Pyr. : Pyrrhus
préhistorique (signalée o t ; Sur le loisir
Phit. : Les Philippiques Reg. : Les Rois
par * ) à une f o r m e Pis. : Contre Pison Tim. : Timothée Sen. Rhet. : Sénèque
notation d'une voyelle attestée en latin Plane. : Pour Plancius le Rhéteur
longue
p. red. in sen. : Discours Ov. : Ovide contr. ; Controverses
au Sénat après son retour am. : Les Amours
Suet. : Suétone
prov. : Sur les provinces ars : L'Art d'aimer
LES A B R E V I A T I O N S GRAMMATICALES Aug. : Auguste
consulaires met. : Les Métamorphoses
Tib. : Tibère
Abl. ablatif fut. ant. futur antérieur Quinct. : Discours pour Quinctius Pont. : Les Pontiques
n. neutre Claud. : Claude
Quir. : Discours devant le peuple, trist. : Les Tristes
Ace. accusatif G. génitif parf. parfait Ner. : Néron
adj. adjectif GN groupe nominal part. participe après son retour
Petron. : Pétrone, Tac. : Tacite
adv. adverbe GV groupe verbal pi. pluriel Rab. Post. : Discours
Le Satiricon ann. : Les Annales
attr. attribut imparf. imparfait p-q-p. plus-que-parfait pour Rabirius Postumus
hist. : Les Histoires
CC complément impér. impératif prés. présent rep. : Sur la République Plaut. : Plaute
circonstanciel ind. indicatif prop. proposition Q. Rose. : Pour Roscius Amph. : Amphitryon T e r . : Térence
compl. complément inf. infinitif rad. radical le comédien Asin. : Asinaria Ad. : Les Adelphes
D. datif Loc. locatif sg. singulier Sest. : Discours pour Sestius Aul. : Aulularia Andr. : L'Andrienne
f. féminin m. masculin subj. subjonctif S. Rose. ; Pour Roscius Amérinus Bacch. : Bacchides Eun. : L'Eunuque
fut. futur N. nominatif V. vocatif Sutl. : Pour Sylla Capt. : Les Captifs Haut. : L'Heautontimorouménos
Tim. : Timée Cas. : Casina Hec. ; Hécyre
top. : Les Topiques Cist. : Cistellaria Phor. : Phormion
LES AUTEURS ET LES ŒUVRES CITES Tusc. : Les Tusculanes Cure. : Curculio
Vatin. : Contre Vatinius Epid. : Epidicus V e r g . : Virgile
Apic. : Apicius Cato : Caton Att. : Lettres à Atticus
Verr. : Contre Verres Men. : Les Ménechmes Aen. : L'Enéide
ogr. ; Sur l'agriculture Balb. : Pour Balbus
Merc. : Le Marchand ecl. : Les Bucoliques
Apul. : Apulée Brut. ; Brutus C u r t . : Quinte-Curce
Mil. : Le Soldat fanfaron georg. : Les Géorgiques
met. ; Les Métamorphoses Catul. : Catulle Cael. : Pour Caelius
Gell. : Aulu-Gelle, Most. : Mostellaria
corm. ; Poèmes Catil. : Les Catilinaires Vit. Patr. : Vies des Pères
Aug. : Augustin Les Nuits Attiques Pers. : Persa
(Contre Catifina) de l'Église
Conf. : Les Confessions Cic. : Cicéron Poen. : Poenulus
Cato. ; Coton l'ancien,
oc. : Les Académiques Heren. (anonyme) : Pseud. : Pseudolus
Caes. : César Sur la vieillesse
ad Q. fr. : Lettres à son frère Rhétorique à Hérennius Rud. : Rudens
civ. ; La Guerre civile Cluent. : Pour Cluentius
Quintus H o r . : Horace Stich. : Stichus
Dejot. : Pour le roi Déjotarus
Go//. ; La Guerre des Gaules Arch. : Pour Archias Trin. : Trinummus
carm. ; Les Odes
GLOSSAIRE
ÉCRITURE ET PRONONCIATION
Anaphorique : Déontique Présentatif :
pronom-adjectif ou adverbe (modalité) : mot ou tournure qui sert
qui renvoie à un élément modalité qui marque à introduire un élément
du contexte antérieur. l'obligation. constituant une information
nouvelle.
Aspect : Dérivé :
indique le degré d'avancée mot formé à partir d'un Procès :
d'une action ou radical, par l'adjonction action ou événement qui
d'un événement, leur début de préfixes ou suffixes se déroule dans le temps.
(aspect inchoatif), leur (à ne pas confondre
Référence :
déroulement en cours (aspect avec "composé").
élément du réel désigné
progressif), leur achèvement
Focalisation : par un mot ou un syntagme.
(aspect accompli).
opération de mise en relief
Rhotacisme :
Auxiliaire : d'un élément important
transformation phonétique
verbe qui sert à former de l'énoncé, apportant une
de [s] en [r] (la lettre rho
les temps composés information généralement
en grec) entre voyelles.
d'un autre verbe. nouvelle (à ne pas confondre
avec la notion de "point Semi-auxiliaire :
Cataphorique : verbe qui sert à indiquer
de vue").
pronom-adjectif ou adverbe l'aspect ou la modalité
qui annonce un élément Incise : du verbe qu'il accompagne
du contexte postérieur. proposition indépendante (à l'infinitif).
Commutation insérée dans le discours
direct et qui l'introduit.
Sujet réel :
(commuter) : G N qui, pour le sens, est
opération de substitution Indéfini à polarité le sujet du verbe, mais qui
d'un syntagme par un autre négative : grammaticalement n'est pas
qui a la même valeur pronom ou pronom-adjectif au cas attendu pour le sujet.
dans le même contexte. indéfini qui ne se rencontre
que dans une proposition Syntagme :
Composé : groupe de mots qui a
mot formé à l'aide contenant une négation ou
une fonction dans la phrase.
de plusieurs radicaux de sens négatif.
(à ne pas confondre Mode personnel : Thème :
avec "dérivé"). élément, généralement
mode qui présente
des variations de personne connu, sur lequel l'énoncé
Corrélatif : apporte une information
(indicatif, subjonctif,
adverbe ou pronom-adjectif
impératif) par opposition nouvelle (un propos,
qui renvoie à une conjonction
aux modes dépourvus ou rhème).
ou un autre pronom-adjectif
de la même phrase. de variations de personne
(infinitif, participe, gérondif,
Défectif : supin).
mot auquel il manque
une ou plusieurs formes. Morphophonologique :
qui concerne à la fois
Déictique : la phonétique
terme qui sert à repérer et la morphologie.
l'énoncé dans l'espace
et dans le temps, par rapport Passivation :
au lieu et au moment modification syntaxique
de renonciation. provoquée par l'emploi
d'un verbe à la voix passive,
à la place d'un verbe à la voix
active.
L'ÉCRITURE D U LATIN l-S

L'ÉCRITURE AT I N L'écriture cursive


On a également trouvé des témoignages d'écriture cursive
(écriture dans laquelle les lettres sont attachées les unes aux autres).
Cette écriture était utilisée pour prendre des notes, rédiger des lettres,
ou dans les graffitis.

I L'alphabet latin 4 L'écriture et la ponctuation


Les Latins ont emprunté aux Étrusques un alphabet que ceux-ci tenaient
des Grecs, qui l'avaient eux-mêmes emprunté aux Phéniciens. L'écriture
Dès le Ve siècle avant J.-C, ils s'en sont tenus aux vingt et une lettres Jusqu'au IIe siècle après J.-C, les Latins séparaient les mots,
suivantes; ces lettres ont persisté jusqu'à la fin de la latinité (Ve siècle après puis ils sont passés à une écriture continue, probablement sur le modèle
J.-C), puis ont été utilisées par les langues romanes (langues issues du latin), des Grecs. Il en a résulté des difficultés de lecture et des problèmes
avant de servir dans quantité de langues très diverses. dans la transmission des textes: incultoloco, par exemple, doit-il se lire
in culto loco (dons un lieu cultivé), ou inculto loco (dons un lieu inculte) ?
majuscules A B C D E F G H I K L M N O P Q R S T V X
La ponctuation
minuscules b c d e f g h i l c l m n o p q r s t u x Les grammairiens de l'Antiquité (dont la plupart sont postérieurs
au IIIe siècle après J.-C.) ont essayé d'améliorer la notation en introduisant
Ces lettres servent de base à l'Alphabet Phonétique International, des rudiments de ponctuation : le point, suivant sa position (en haut
avec généralement la prononciation qu'elles avaient en latin ou en bas), servait à marquer des pauses.
(—» paragraphes 6 à 12).
5 Les abréviations
L'introduction de nouvelles lettres Par souci d'économie, des mots et des formules fréquents étaient abrégés
Plusieurs tentatives ont été faites par les Latins pour introduire de nouvelles dans les inscriptions; ce sont surtout des indications de parenté et des
lettres dans leur alphabet, en raison soit de l'évolution de la langue, soit fonctions politico-administratives :
de l'acclimatation de mots étrangers : F = fïlius (le fils) PRAE. = praetor
- La lettre G a été formée à partir de C, pour noter un son qui n'existait pas COS. = consul TR. PL. = tribunus plebis, etc.
en étrusque. Deux abréviations de prénoms présentent encore un C D'autre part, un certain nombre d'abréviations sont d'usage courant dans
qui vaut un G: C.= Gaius; Cn.= Gnaeus (—> paragraphe 5). les textes littéraires.
- Les lettres Y et Z, empruntées à l'alphabet grec, se sont installées
définitivement à partir du Ier siècle avant J.-C. L'abréviation d u p r é n o m
La dénomination complète des personnes citées comprend successivement
3 La f o r m e des lettres prénom, nom et surnom : M. Tullius Cicero (Cicéron).
Les prénoms sont en nombre limité et abrégés de la façon suivante:
Le f o r m a t A. = Aulus L. = Lucius Q. = Quintus
Il a existé des formats de lettres très différents: des lettres majuscules Ap. = Appius M. = Marcus Ser. = Servais
(capitales) créées par les Latins pour les inscriptions officielles; des lettres C. = Gaius M'. = Manius S(ex). = Sextus
minuscules, destinées notamment à l'édition des livres. Cn. = Gnaeus Mam. = Mamercus Sp. = Spurius
D. s Decimus N(um). = Numerius T. = Titus
K. = Kaeso - P. = Publius Ti(b). = Tiberius
Les abréviations p o l i t i c o - a d m i n i s t r a t i v e s
S. P. Q. R. = senatus populusque Romanus (le sénat et le peuple romains)
r A PRONONCIATION
P. C. = Patres Conscripti (Pères Conscrits = Sénateurs) DU LATIN
Quir. = Quirites (Quirites = citoyens)
Resp. = Respublica (l'État, la République)
Cos. = consul (consul)
Coss. a consules (consuls) 6 L'usage moderne et la prononciation latine
Procos. = proconsul (proconsul) Le principe général de prononciation latine est qu'à chaque lettre
correspond un son, et vice versa. Ce principe connaît des exceptions
Les abréviations utilisées dans la datation
qui figurent —» paragraphes 8, 9, II.
Les mois sont abrégés comme suit:
La prononciation moderne en usage en France est supposée reproduire
Jan. = Januarius (janvier) Quint. = Quintilis (juillet)
assez fidèlement la prononciation des Latins de la période classique (I er siècle
Febr. = Februarius (février) Sext. = Sextilis (août)
avant J.-C).
Mart. - Martius (mars) Sept. = September (septembre)
Apr. = Aprilis (avril) Oct. = October (octobre)
7 La prononciation des voyelles
Maj. = Majus (mai) Nov. = November (novembre)
Dans l'alphabet latin, il existe douze voyelles: six brèves et six longues
Jun. = Junius (juin) Dec. = December (décembre)
correspondantes.
La date est indiquée en comptant le nombre de jours qui restent VOYELLE PRONONCIATION EXEMPLE

(signalés par a. d. = ante diem) jusqu'à certains jours fixes du mois:


amat (// aime)
Kal. = Kalendae (les Calendes = le Ier du mois)
amas (tu aimes)
Non. = Nonae (les Nones = le 5 ou le 7, suivant le mois)
Id. = Idus (les Ides = le 13 ou le 15, suivant le mois)
legit (il lit)
Nos a te, ut scis, discessimus a. d. 1111. Non. Nov. ; Leucadem lëgit (/'/ a lu)
[e:]
venimus a. d. VIII Id^ Nov., a. d. VII Actium. (Cic, Fam., 16, 9,1)
Nous t'avons quitté, comme tu le sais, le quatrième jour avant les Nones de novembre [i] videt (// voit)
( = 2 novembre) ; nous sommes arrivés à Leucade le huitième jour avant les Ides DO vldit (/'/ a vu)
de novembre ( = 6 novembre), à Actium le septième jour (— 7 novembre).

o [o] populus (le peuple)


Le millésime est généralement calculé à partir de la fondation de Rome
[o:] pôpulus (le peuplier)
(a. V. C. = ab Urbe condita) ou en indiquant les consuls en exercice
cette année-là (—> paragraphe 231).
[u] senatus (le sénat; N. sg.)
Les abréviations utilisées dans la correspondance [u:] senatûs (du sénat; G. sg.)
SAL. = salutem
S. (P.) D. = salutem (plurimum) dat/dicit (Salut! en début de lettre) [y] lysis (la moulure)
S. v. b. (e. e. v.) = Si vales, bene (est; ego valeo). (Si tu vas bien, c'est bien; [y:] Lysis (Lysis •. prénom)
moi, je vais bien.)
Tullius s. d. Tironi suo (Cic, fam., 16,12)
Tullius salue son cher Tiron.
LA P R O N O N C I A T I O N DU LATIN 7-10

La notation des longueurs 9 Les diphtongues


Dans l'enseignement scolaire, on utilise traditionnellement le signe " placé Les diphtongues sont des voyelles qui changent de timbre au cours
au-dessus de la voyelle pour indiquer qu'elle est longue, et le signe " de leur prononciation.
pour indiquer qu'elle est brève.
Leur valeur
La différence de longueur n'était généralement pas notée par les Romains
Une diphtongue vaut une voyelle longue (—» paragraphe 7).
eux-mêmes. Seules les inscriptions la mentionnent occasionnellement,
La graphie combine deux voyelles:
soit par un accent, l'apex: MvRVS (le mur), soit par un allongement
-au-: [au]
de la hampe du - i - : PRlMVS (premier).
-ae-: [at]
Cette différence de longueur a disparu au cours du IVe siècle après J.-C.
-oe-: [oc]
Syllabes et voyelles en poésie
Leur évolution
La longueur des voyelles joue un rôle important en poésie: la place du mot
Au cours de l'histoire, les diphtongues sont devenues des voyelles simples.
dans le vers est en partie déterminée par la longueur des syllabes, et donc
Cette évolution s'accomplit en latin populaire avant notre ère:
des voyelles qui les composent (—» paragraphes 353 et 354).
haedus —» hedus (le chevreau).
Ainsi, explique Ovide, le nom propre Tûtïcânus ne peut pas entrer
Puis elle se produit progressivement dans les autres niveaux de langue:
dans un vers, sauf si on change la longueur des voyelles:
- La diphtongue -au- est devenue -ô-. Ainsi, Clodius est le nom d'une famille
Et pudeat, si te, qua syllaba parte moratur, plébéienne distincte de la famille noble Claudius. La diphtongue
artius adpellem, Tùtïcànumque vocem. -au- s'est conservée en latin soutenu jusqu'aux origines du français.
Et potes in versum Tùtïcâni more venire, - Les deux diphtongues -ae- et -oe- sont devenues -ë- [e:].

Jiat ut e longa syllaba prima brevis. (Ov„ Pont.. 4,12, 9-12)


10 La prononciation des consonnes
Et j'aurais honte si je te nommais en abrégeant une syllabe longue
LETTRE PRONONCIATION EXEMPLE COMME EN FRANÇAIS DANS
et que je t'appelais Tuticanus. Tu pourrais aussi entrer dans le vers sous la forme
Tuticanus, avec abrègement de la première syllabe longue. [b] barba (la barbe) bar

8 Les lettres u/v et i/j [k] collum (le cou) car


Consonne ou voyelle?
D [d] dea (la déesse) dard
Pour les Latins, V, u et I, i correspondaient tantôt à une consonne,
tantôt à une voyelle. Pour éviter que la même lettre note successivement
F [f] femina (la femme) fard
une consonne, puis une voyelle, comme dans seruus, les Latins ont parfois
conservé des graphies anciennes: seruos, mais avec une prononciation
[g] gula (la gueule) gare
[strwus]. De même, on rencontre souvent quom, forme ancienne de cum.

Les pratiques éditoriales modernes [j] janua (la porte) yaourt


La distinction graphique entre consonne et voyelle que l'on utilise souvent
est due à La Ramée, savant de la Renaissance; il a opposé j et i, d'une part, [I] luna (la lune) lard
et v et u, d'autre part (d'où le nom de "lettres ramistes").
Suivant les éditions, on peut donc rencontrer le même mot écrit M [m] murus (le mur) mare
de deux manières différentes: iuuenis/juvenis (le jeune homme).
LA P R O N O N C I A T I O N D U L A T I N 10-12

PRONONCIATION EXEMPLE COMME EN FRANÇAIS DANS


La fonction du H, dans la langue courante, est surtout de maintenir
N [n] novus (nouveau) non des voyelles en hiatus: dans nihil [niil] (rien), -h- évite la contraction

par des voyelles (mais cette contraction s'est opérée dans la langue familière,
P [P] purus (pur)
en nil).
R [r] rarus (rare) rare
La lettre K
S son Elle n'est pas d'un emploi courant; elle ne se rencontre que dans certains
M sum (je suis)
mots et surtout dans des abréviations:
T tuus (ton) tard K. = Kalendae (les Calendes: le Ier jour du mois —» paragraphe 4).
Le même son [k] se notait anciennement, par héritage étrusque, k- devant
V [w] vos (vous) western
-a-, c- devant -e- et -i-, et q- devant -o- et -u-. La graphie a neutralisé
X [ks] axe ces différences en généralisant la lettre c.
sex (six)
La lettre Q
z [ts, dz, z] zona (la ceinture) zone
Elle n'a plus d'emploi qu'en combinaison avec la lettre -u- pour noter
QU [k»] qui (qui) quatuor l'occlusive labio-vélaire [k w ]; on a parallèlement la combinaison -gu-
pour noter [g*].
GU guano
Erl sanguis (le sang)
12 L'évolution de la graphie et de la prononciation
Il Quelques consonnes particulières
D u latin classique a u x langues r o m a n e s
La l e t t r e X La graphie reste pratiquement stable jusqu'à la fin de l'Antiquité et même
Elle correspond à deux sons: [ks]. au-delà, alors que la prononciation a considérablement évolué, comme
en témoignent les "fautes" d'orthographe qu'un grammairien de la fin
La l e t t r e H
de l'Antiquité a cherché à relever:
Elle n'est pas prononcée comme une consonne aspirée de manière
systématique; son usage est incertain pour plusieurs mots: angulus non anglus (...) auctor non autor (Appendix Pwbi)
harena / arena (le sable) (Dire) angulus, et non anglus, auctor, et non autor.
pulcer / pulcher (beau) Cette évolution est également perceptible à travers la prononciation du latin
Elle sert souvent à identifier des mots issus du grec et caractérise véhiculé par l'Église et à travers les langues romanes, langues issues du latin.
des prononciations savantes ou affectées :
C o m m e n t prononcer le latin aujourd'hui?
Chommoda dicebat, si quando commoda vellet
La prononciation dite "restituée", utilisée dans l'enseignement
dicere, et insidias Arrius hinsidias, contemporain, s'efforce de reproduire la prononciation de la période
Et tutn mirifice sperabat se esse locutum, classique, avec les équivalences phonétiques indiquées —» paragraphes 7
et 10. Elle est fatalement assez éloignée de la façon dont le latin était
cum quantum poterat dixerat hinsidias. (Catui., Carm., 84)
prononcé à la fin de l'Antiquité.
"Havantages", disait Arrius, quand il voulait dire avantages et "hembûches", au lieu
de "embûches" ; il se figurait avoir parlé merveilleusement, quand il avait dit de toute
sa force "hembûches".
13 L'accentuation
Les mots toniques
MORPHOLOGIE
La plupart des mots présentent un accent: ce sont des mots toniques.
14 Définitions
La syllabe particulière sur laquelle porte l'accent s'est conservée
dans les langues romanes, où elle est souvent restée accentuée: Q u ' e s t - c e q u ' u n e langue f l e x i o n n e l l e ?
venire —» venir. En latin, la plupart des mots peuvent prendre des formes différentes selon
L'accent a progressivement changé de nature au cours de la période leur emploi. Cette variation dans la forme, qu'on appelle aussi flexion, affecte
impériale: d'accent de hauteur (dit "musical"), il est devenu accent la fin du mot: la désinence. La liste des formes d'un nom, pronom ou adjectif,
d'intensité (on prononce plus fort la syllabe accentuée). s'appelle la déclinaison; celle d'un verbe, la conjugaison.
Dans une langue flexionnelle, tous les mots ne connaissent pas des variations
Les mots atones
de forme. En latin, les noms, adjectifs, pronoms et verbes ont une flexion,
Il existe, cependant, des mots dépourvus d'accent, des mots atones, qui sont
à l'exception de rares noms et adjectifs invariables: l'as, n (le permis)/nefes, n
généralement des mots invariables et monosyllabiques. Deux catégories
(l'interdit), pondo, n (la livre), nequam (mauvais), frugi (vertueux).
sont distinguées:
Les adverbes, conjonctions et prépositions sont invariables.
- les proclitiques: ils se placent devant un mot accentué;
il s'agit, essentiellement des prépositions: ad ûrbem (vers la ville); Les six cas du latin
- les enclitiques: ils s'accolent à un mot accentué; Pour les noms, pronoms et adjectifs, la désinence donne à la fois
il s'agit de -ne (est-ce que?), -ve (ou) et -que (et): des indications morphologiques de nombre (et de genre pour les adjectifs)
senâtus populûsque Românus (le sénat et le peuple romains). et la fonction du mot.
La déclinaison comporte six cas différents: nominatif, vocatif, accusatif,
La place de l'accent
génitif, datif, ablatif, avec des formes différentes au singulier et au pluriel.
La place de l'accent dépend pour chaque mot de sa structure phonétique:
Il existe pour certains noms un septième cas, le locatif, qui sert à indiquer
- Les monosyllabes sont accentués: mes (la coutume).
le lieu où l'on est (—> paragraphes 18, 20, 23, 34).
- Dans les mots de deux syllabes, la première syllabe est accentuée:
âmo (j'aime). La d i s p a r i t i o n des cas
- Dans les mots d'au moins trois syllabes, la place est déterminée Les langues romanes modernes (langues issues du latin) ont perdu les
par la quantité de l'avant-dernière syllabe; si elle est longue (syllabe fermée déclinaisons: de six cas en latin, on est passé à deux en ancien français, puis
ou comportant une voyelle longue), elle porte l'accent: à une forme unique en français moderne. Quelques pronoms, cependant,
venimus (nous venons). présentent des vestiges de déclinaison: je Ime /moi, qui I que /quoi I dont.
Sinon, l'accent remonte sur la syllabe précédente (l'antépénultième):
vénïmus (nous sommes venus).
- La présence d'un enclitique "attire" l'accent sur la syllabe qui le précède:
pôpulus (le peuple)
senatus populûsque (le sénat et le peuple)
LA D E C L I N A I S O N DES N O M S 15-18

LA D E C L I N A I S O N DES N O M S Pour chaque mot, les dictionnaires donnent deux formes, le nominatif
et le génitif singuliers, qui permettent de connaître son type et donc
l'ensemble de sa déclinaison.
Grâce au génitif, on saura, par exemple, que dominus et manus
n'appartiennent pas à la même déclinaison.

2e DÉCLINAISON 3 e DÉCLINAISON 5 e DÉCLINAISON


15 Le genre des noms T- DÉCLINAISON 4 ' DÉCLINAISON

Les trois genres du latin f : la rose m : te martre m : te consul m : le citoyen f : la main f : la chose
Il existe trois genres: le masculin, le féminin et le neutre. Le genre des noms N rosa dominus consul civis manus res
est arbitraire, même s'il peut être influencé par le genre "naturel": G rosae dominl consulis civis manûs reï
pater, -tris (/e père) est masculin et mater, -tris (la mère) féminin. Le neutre
est généralement réservé à des objets inanimés : templum, -i (te temple).
LA I r e DEC LIN AIS ON
Repérer les noms neutres
Il n'existe pas de marque spécifique du genre pour les noms, contrairement 18 La lre déclinaison : type rosa, -ae, f (la rose)
aux adjectifs (—» paragraphes 36, 47, 55) ; mais à certains cas, la forme
de la désinence permet de repérer les neutres. De manière générale,
les nominatif, vocatif et accusatif neutres présentent la même désinence
SINGULIER PLURIEL
(—» paragraphes 21, 29, 30, 33).
N rosa rosae
16 Le nombre des noms V. rosa rosae
Ace. rosam rosas
Les deux nombres du latin G. rosae rosarum
Il existe deux nombres: le singulier et le pluriel. Certains noms
D. rosae rosis
Abl. rosa rosis
n'existent qu'au singulier, en particulier les noms abstraits:
rigor, -oris, m (la raideur). Les désinences
D'autres existent seulement au pluriel : castra, -orum, n (te camp). Les noms de la l re déclinaison sont identifiables à leurs désinences,
D'autres, enfin, changent de sens entre le singulier et le pluriel: qui commencent presque toutes par un a-.
Abl. pi. N. sg. N. sg. Abl. sg.
copia, -ae, f (l'abondance) I copiae, -arum, f pi (tes troupes).
Igitur ex divitiis juventutem luxuriâ atque avaritiâ cum superbiâ
Repérer le neutre pluriel
invasere. (Sali., Catii., 12, 2)
Il n'existe pas de marque spécifique de pluriel, comparable au -s français.
Donc, à la suite des richesses, le goût des plaisirs et la cupidité s'emparèrent, avec
Cependant, le neutre pluriel est caractérisé dans toutes les déclinaisons
l'orgueil, de la jeunesse.
par une désinence -a aux nominatif, vocatif et accusatif (—* paragraphes 21,
29, 30, 33). Le genre des noms
Les noms de la l re déclinaison sont généralement féminins. On rencontre
17 Les types de déclinaisons quelques masculins, surtout des noms de métiers, mais aucun neutre:
Les noms se répartissent en cinq grands types, distingués à la fois nauta, -ae, m (te marin), agricola, -ae, m (l'agriculteur), poeta, -ae, m (te poète).
par la forme de leur radical et par les désinences utilisées.
LA D É C L I N A I S O N DES NOMS 18-21

Les descendants de ces noms dans les langues contemporaines


20 Les noms masculins et féminins de la 2 e déclinaison:
sont généralement féminins avec, en français, le -e caduc caractéristique
type dominus, -ï, m (le maître)
des féminins: rosam —> rose.

REM - Quelques noms propres empruntés au grec ont un nominatif irrégulier: o m i n u s , -ï, m : te maître
Aeneas, -ae, m (Enée), Le reste de leur déclinaison, cependant, suit le modèle de rosa.
SINGULIER PLURIEL
- Des désinences archaïques se rencontrent pour quelques mots, surtout
N. dominus dominï
dans des écrits techniques ou en poésie; génitif singulier en -as: pater familias
V. domine dominl
(le père de famille); génitif singulier en -ai: viai (de la route); datif pluriel en -abus:
Arc dominum dominos
deis deabusque (aux dieux et aux déesses). G. dominl dominôrum
- Le locatif, cas qui sert à indiquer le lieu où l'on est, existe au singulier pour quelques D. domino dominïs
noms propres désignant des villes et pour le nom militia, -ae, f (la campagne militaire); Abl. domino dominïs
il est toujours identique au génitif singulier: REM - Le vocatif singulier des noms en -ius est le plus souvent en - i :
Romae (à Rome) filius, -ii, m (/efî/s)->V.:fili
militiae (sous les armes, en temps de guerre) Pour quelques mots, le vocatif est identique au nominatif:
deus, -i, m (le dieu) —> V. : deus
- Pour éviter la succession graphique -uu-, des formes archaïques de nominatif en -os
LA 2 e D É C L I N A I S O N (avec -ô- bref) ont été parfois conservées (—> paragraphe 8).
Il ne faut pas les confondre avec des accusatifs pluriels (avec -ô- long).
19 La 2 e déclinaison : généralités - On observe un génitif pluriel archaïque, surtout en poésie, pour deus, -i, m (le dieu) :
dans pater deum hominumque (le père des dieux et des hommes), deum = deorum.
L a f o r m a t i o n des n o m s
e - Le locatif, cas qui sert à indiquer le lieu où l'on est, existe au singulier pour quelques
La 2 déclinaison, appelée déclinaison thématique, contient des noms
noms propres désignant des villes et pour les noms humus, -i, f (la terre)
dont le radical se terminait originellement par une voyelle alternante
et bellum, n (la guerre) ; il est toujours identique au génitif singulier:
(dite "voyelle thématique"), tantôt -ë-, tantôt -ô-, qui s'est combinée
Tarenti (à lorente), humi (à terre), belli (en temps de guerre).
avec la désinence.

At cum régna senex caeli Saturnus haberet, 21 Les noms neutres de la 2 e déclinaison:
omne lucrum tenebris alta premebat humus. (Ov., am., 3, 8,35 36) type t e m p l u m , -ï, n (le temple)
Mais quand le vieux Saturne dirigeait les royaumes du ciel, la terre profonde tenait
enfermée dans les ténèbres toute la richesse. t e m p l u m , -î, n : te temple

SINGULIER PLURIEL
L e g e n r e des n o m s
e
La 2 déclinaison comprend majoritairement des noms masculins N. templum templa
(ici Saturnus, - i : Saturne) et des noms neutres (regnum, - i : te règne, V. templum templa
caelum, - i: /e ciel, lucrum, - i : la richesse), mais aussi quelques féminins
Ace. templum templa
G. templî templorum
(humus, - i : la terre). D. templô templîs
Les noms d'arbres, en particulier, sont féminins: Abl. templô templïs
pôpulus, -i (te peuplier), fagus, -i (te hêtre).
Modèles —» paragraphes 20 à 22.
LA D É C L I N A I S O N DES N O M S 21-24

Les noms neutres de la 2 e déclinaison présentent une désinence spécifique Les désinences
aux nominatif et vocatif singuliers e t aux nominatif, vocatif e t accusatif En dehors du nominatif singulier, les désinences de la 3 e déclinaison sont
pluriels (en grisé dans le tableau). communes, p o u r la plupart des cas, à l'ensemble des types.

REM Quelques noms neutres ont un nominatif et un accusatif singuliers en -us: virus, -i, n NOMS MASCULINS ET FÉMININS NOMS NEUTRES
(le poison), vulgus, -i, n (/e peuple), pelagus, -i, n (la mer). SINGULIER PLURIEL SINGULIER PLURIEL

N. -ës -(i)a
22 La 2 e déclinaison : types p u e r , -ï, m (l'enfant) V. -es -(i)a
et ager, -ï, m (/e champ) Ace. -em -ës -(i)a
G. -is -(i)um -IS -(i)um
m l'enfant ager, -i, m le champ n _i -ibus -î -ibus
Abl. -e -ibus -ibus
SINGULIER PLURIEL SINGUL ER PLURIEL
REM II existe un locatif (cas qui sert à indiquer le lieu où l'on se trouve) en -ï pour quelques
N. puer pueri ager agri
très rares noms :
V. puer puen ager agn
Carthagô, -inis, f (Carthage —> type natiô, -onis, paragraphe 26) —> Carthagini
Ace. puerum pueros agrum agros
G. puen puerorum agn agrorum (à Carthage)
D. puero puens agro agns rus, -ris, n (la campagne —> type flumen, -inis, paragraphe 29) —> ruri (à la campagne)
Abl. puero puens agro agns
Les désinences de nominatif e t vocatif singuliers -us e t -e de 2 e déclinaison 24 La 3 e déclinaison: type dux, -cis, m (le chef)
o n t disparu dans les m o t s d o n t le radical se t e r m i n a i t par un [ r ] :
puer, puer-ï, m (l'enfant).
En o u t r e , quand le radical se t e r m i n a i t par un groupe consonantique à [ r ] PLURIEL
SINGULIER
final, une voyelle intermédiaire s'est développée, p e r m e t t a n t
N. dux ducës
la p r o n o n c i a t i o n : *agr- > ager, -ï, m (le champ).
V. dux ducës
Ace. ducem ducës
G. ducis ducum
REM Le nom vir, -i, m (l'homme) suit la déclinaison de puer.
D. ducï duc ibus
Abl. duce ducibus

Les m o t s du type d u x , -cis sont caractérisés par une désinence -s


LA 3 e D É CLINAISON
23 La 3 e déclinaison : généralités de nominatif-vocatif e t par un génitif pluriel en - u m (en grisé dans le tableau).
La 3 e déclinaison est p a r t i c u l i è r e m e n t riche e t v a r i é e : elle c o m p o r t e , Le -s de nominatif a pu entraîner une modification de la consonne
en effet, des noms aux radicaux très différents et quelques variations qui t e r m i n a i t le radical, consonne que l'on r e t r o u v e à p a r t i r de l'accusatif:
dans les désinences. *reg-s > rex, régis, m (le roi) —» Ace. : reg-em
*egestat-s > egestâs, -âtis, f (la misère) —> Ace. : egestât-em
Le g e n r e des n o m s
La 3 e déclinaison c o m p r e n d des noms des t r o i s genres. Pour p o u v o i r
les identifier, il faut connaître quelques grands types (—» paragraphes 24 à 28
p o u r les masculins-féminins e t 29-30 p o u r les neutres).
LA D É C L I N A I S O N DES NOMS 25-28

25 La 3e déclinaison: type consul, -ulis, m (fe consul) civis, -is, m : le citoyen

SINGULIER PLURIEL
consul, -ulis, m : le cons
N. CIVIS cives
SINGULIER PLURIEL
V. CIVIS civës
N. consul consulês Ace. civem civës
V. consul consulês G. civis civium
Ace. consulem consulês D. civi civibus
G. consulis consulum Abl. cive civibus
D. consul! consulibus REM - Les noms de ce type présentent régulièrement une désinence -îs d'accusatif pluriel
Abl. consule consulibus
jusqu'au début de notre ère. Les éditions modernes la conservent surtout en poésie
Le radical des noms du type consul, -ulis se termine par -r ou -1. et chez les auteurs archaïsants:
Leur nominatif-vocatif ne présente pas de désinence et leur génitif pluriel Ex illis testis signatoresquefalsos commodare. (Sali., Catil., 16, 2)
est en -um (en grisé dans le tableau). Il faisait d'eux des faux témoins et des faux signataires.
- Quelques noms ont conservé, en outre, un accusatif en -im et un ablatif en - i :
26 La 3e déclinaison : type natiô, -ônis, f (la nation) febris, is, f (la fièvre), puppis, -is, f (la poupe), securis, -is, f (la hache),
HHHH^HHHIHHBHHHHHHHHHHHlHHIHHHHHiHMi turris, -is, f (la tour), tussis, -is, f (la toux).
natio, -ônis, f : la nation - Juvenis, -is, m (le jeune homme), canis, -is, m (le chien), senex, -is, m (le vieillard),
SINGULIER PLURIEL vates, -is, m (le devin, le poète) ont un génitif pluriel en -um.

N. natiô natiônês
V. natiô natiônês Vis, f (la force) appartient à ce type, mais II est irrégulier et défectif \
Ace. natiônem natiônês
G. natiônis natiônum vis, f la force
D. natiônï natiônibus
Abl. natiône natiônibus SINGULIER PLURIEL

Aux nominatif et vocatif singuliers, les noms du type natiô, -ônis n'ont pas N. vis vïrës
V. vires
de désinence et ont perdu la consonne finale du radical (-n-) ; cette
Ace. vim vires
consonne se retrouve dans le reste de la déclinaison: oratiô, oratiô-nis, f virium
G.
(le discours). Le génitif pluriel est en -um (en grisé dans le tableau). D. vïribus
Abl. vï vîribus
27 La 3e déclinaison : type civis, -is, m (fe cftoyen)
Le nominatif-vocatif singulier des noms du type civis, -is présente 28 La 3e déclinaison : type urbs, -is, f (fa Wffe)
la désinence -is (ou -es) et le génitif pluriel est en -ium (en grisé dans Le radical des noms du type urbs, -is se termine par deux consonnes;
le tableau). Il s'agit de noms présentant anciennement un radical en -i la désinence de nominatif-vocatif singulier est -s, mais le génitif pluriel est
qui ont conservé cette voyelle dans plusieurs désinences. en -ium (en grisé dans le tableau).
LA D É C L I N A I S O N DES NOMS 28-32

Les quelques noms neutres du type mare, -is présentent un radical en -r


SINGULIER PLURIEL et des désinences spécifiques : -e aux nominatif, vocatif et accusatif singuliers,
-ia au pluriel, -i à l'ablatif singulier, -ium au génitif pluriel.
N. urbs urbës
V. urbs urbës REM Quelques noms en -al ou -ar n'ont pas de désinence aux nominatif, vocatif, accusatif
Ace. urbem urbës singuliers: animal, -alis, n {l'animal}, exemplar, -aris, n (l'exemple).
G. urbis urbium
D. urbî urbibus
Abl. urbe urbibus
LA 4 e D É C L I N A I S O N
29 La 3 e déclinaison : type flumen, -inis, n (/e fleuve)
31 La 4 e déclinaison : généralités
La 4 e déclinaison comporte des noms des trois genres e t présente,
pour la majorité des désinences, la voyelle -u-. La plupart des noms
SINGULIER PLURIEL
sont des noms d'action dérivés de verbes:
N. flumen flumina cantus, -ûs, m (le chant) «— cano (chanter)
V. flumen flumina
jussus, -ûs, m (/'ordre) «— jubeo (ordonner)
Ace. flumen flumina
G. fluminis fluminum Galli occursant in ripa cum variis ululatibus cantuque
D. fluminî fluminibus
Abl. flumine fluminibus moris sui. (Liv., 21, 28,1)
Les Gaulois se précipitent sur la rive avec des hurlements variés et un chant
Le type flumen, -inis ne présente pas de désinence aux nominatif, vocatif, propre à leur race.
accusatif singuliers (en grisé dans le tableau). Leur ablatif singulier est en -e.
Modèles —> paragraphes 32 à 34.
Les nominatif, vocatif, accusatif pluriels sont en -a. Le génitif pluriel
est en -um.
32 La 4 e déclinaison : type manus, -ûs, f (la main)
REM Les noms de ce type présentent souvent un radical différent au nominatif-vocatif-
accusatif et aux autres cas : manus, -ûs, f la main
- avec changement de voyelle: flumen (N.), fluminis (G.);
SINGULIER PLURIEL
- avec changement de voyelle et alternance -s-/-r- ou -r-/-n- à la fin du radical : genus
(N.), generis (G.: le genre); iter (N.), itineris ( G : te chemin). N. manus manûs
V. manus manus
Ace. manum manûs
30 La 3 e déclinaison : type mare, -is, n (la mer) G. manus manuum
D. manuï manibus
mare, -is, n : la mer Abl. manu manibus
SINGULIER PLURIEL
REM - Le nominatif-vocatif singulier manus a un [u] bref, tandis que le génitif singulier
N. mare maria et le nominatif-vocatif-accusatif pluriel ont un [u:] long.
V. mare maria - Le datif singulier est parfois en -û, comme l'ablatif: manu.
Ace. mare maria - Le datif-ablatif piuriel est parfois en -ubus. Cette forme est usuelle pour quelques
G. maris marium
mari noms: arcus, -ûs, m (l'arc) —> D. et Abl. pi.: arcubus.
D. maribus
Abl. mari maribus
LA D É C L I N A I S O N DES N O M S 33-35

33 La 4 e déclinaison : type c o r n u , -ûs, n (la corne) LA 5 e DÉ Ç L I N A I S O N

cornu, -ûs, n : la cor 35 La 5 e déclinaison : type rës, reï, f (la chose)


SINGULIER PLURIEL
rës, reï, f : la chose
N. cornu cornua
V. cornu cornua SINGULIER PLURIEL
Ace. cornu cornua rës
N. rës
G. cornus cornuum
D. cornuî cornibus V. res res
Abl. cornu cornibus Ace. rem res
G. reï rerum
REM Le nominatif-vocatif-accusatif singulier de cornu présente un [u] dont la longueur D. reï rëbus
Abl. rë rëbus
est incertaine; l'ablatif lui, a un [u:] long.
R e p é r e r les n o m s d e l a 5 e d é c l i n a i s o n
34 La 4 e déclinaison: une exception, domus, -ûs, f La 5e déclinaison, qui contient peu de noms, est caractérisée
(la maison) par la voyelle -e-.
Quo minus mirandum est hommes egentis, malis moribus, maxuma
spe, rei publicae juxta ac sibi consuluisse. (Sali., Catii. 37,8)
SINGULIER PLURIEL
Il ne faut donc pas s'étonner si des hommes dans le besoin, aux m œ u r s dépravées, aux
N. domus domûs espérances immenses, ont fait aussi bon marché de la république que de leur personne.
V. domus domûs
Ace. domum domôs / domûs Le g e n r e des n o m s d e la 5e déclinaison
G. domûs / domî domôrum / domuum La 5e déclinaison ne comporte que des noms féminins, à l'exception
D. domuï / domô domibus de dies, -ei (le jour), qui est généralement masculin; mais il peut être féminin
Abl. domô / domû domibus
quand il signifie la date, notamment dans l'expression dies dicta (le jour fixé).
e e
Le mot domus hésite entre la 2 et la 4 déclinaison. Parfois, il présente e
REM - Hormis res, dies et spes, -ei, f (l'espoir), la 5 déclinaison ne présente guère
même deux formes pour le même cas: aux génitif, datif et ablatif singuliers, que des noms abstraits qui ne s'emploient pas usuellement au pluriel : canities, -ei, f
à l'accusatif pluriel et au génitif pluriel. (la blancheur), caesaries, -ei, f (la chevelure).
REM II existe un locatif (cas qui sert à indiquer le lieu où l'on se trouve) : domî (à la maison). - Dans le nom composé res publica (ou respublica), les deux éléments se déclinent:
Il entre souvent dans la locution domi bellique ou domi militiaeque (en temps de paix rempublicam (Ace), reipublicae (G.), etc.
et en temps de guerre). - Quelques noms hésitent entre la 3e et la 5e déclinaison: quies, -tis, f (le repos)
est de la 3e déclinaison avec un accusatif quietem, mais son dérivé" requies, -quietis, f
(te repos) présente des formes soit de 3e déclinaison, soit de 5e déclinaison.
Ace. : requietem ou requiem
Abl. : requiete ou requie
LES A D J E C T I F S QUALIFICATIFS 36-38

LES ADJECTIFS bonus, -a, -um bon

PLURIEL
HT^w - . . » • . . . . ,
MASCULIN FÉMININ NEUTRE

(type dominus) (type rosa) (type templum)


N, boni bonae bona
36 Les adjectifs qualificatifs: généralités V. boni bonae bona
Ace. bonôs bonâs bona
Les adjectifs qualificatifs sont variables en cas et en nombre, comme
G, bonôrum bonârum bonôrum
les noms, mais ils peuvent aussi avoir des formes différentes suivant le genre bonis bonis bonis
D.
Abl. bonis bonis bonis
La présentation des adjectifs dans les dictionnaires
Les dictionnaires indiquent, en général, les différentes formes de nominatif Les adjectifs de la l re classe suivent le modèle:
singulier (masculin, féminin et neutre): bonus, -a, -um (bon). - des noms de la 2e déclinaison pour le masculin
(type dominus —» paragraphe 20);
Deux classes d'adjectifs
- des noms de la l re déclinaison pour le féminin
Les adjectifs qualificatifs sont répartis en deux classes, suivant le type
(type rosa —» paragraphe 18);
de déclinaison qu'ils suivent:
- des noms neutres de la 2e déclinaison pour le neutre
- les adjectifs de la l re classe —» paragraphe 37;
(type templum —» paragraphe 21).
- les adjectifs de la 2e classe —» paragraphes 38 à 41.
N. n. sg. N. n. pi. N. m. pi.
Sur les différents degrés de l'adjectif (comparatif de supériorité et superlatif
—» paragraphes 42 à 46. Plénum estjorum, plena templa cheajorum, pleni omnes aditus
Sur la syntaxe des adjectifs qualificatifs —» paragraphes 144 à 149. hujus templi ac loci. (Cic, Cata, 4,14)
Le forum est plein, pleins les temples autour du forum, pleins tous les accès à ce temple
et à cette place.
LES A D J E C T I F S DE LA l r e CLASSE REM - Quelques adjectifs, comme pulcher, pulchra, pulchrum (beau), suivent au masculin le
modèle de ager (—> paragraphe 22).
37 Les adjectifs de la l re classe: type bonus, - a , - u m - Quelques adjectifs, comme miser, misera, miserum (malheureux), suivent au masculin
(bon) le modèle de puer (—> paragraphe 22).

bonus, -a, -um : bon

SINGULIER LES A D J E C T I F S DE LA 2 e CLASSE


MASCULIN FEMININ NEUTRE
38 Les adjectifs de la 2 e classe: généralités
(type dominus) (type rosa) (type templum)
Les adjectifs de la 2e classe suivent, pour les trois genres, des modèles
N. bonus bona bonum
de la 3e déclinaison. Ces modèles, au nombre de deux, sont indiqués
V. bone bona bonum
Ace, bonum bonam bonum dans les dictionnaires. On y trouve, en effet, pour chaque adjectif:
G. boni bonae boni - soit les différentes formes de nominatif (masculin-féminin, puis neutre) :
D. bonô bonae bonô fortis, forte (courageux) —» paragraphe 39 ;
Abl. bonô bonâ bonô
LES A D J E C T I F S QUALIFICATIFS 38-41

Les adjectifs du t y p e prudens suivent le modèle de urbs (—» paragraphe 28)


- s o i t le nominatif e t le génitif, quand le nominatif présente une f o r m e
au masculin e t au féminin. Le n e u t r e singulier ne se distingue des autres
unique p o u r les t r o i s genres : prudens, -tis (avisé) —» paragraphe 40.
genres qu'à l'accusatif. Le n e u t r e pluriel suit le modèle de mare
e (—» paragraphe 30).
39 Les adjectifs de la 2 classe: type fortis, -e
(courageux) REM - L'ablatif singulier est en -i lorsque l'adjectif s'accorde avec un nom d'inanimé et en -e,
lorsqu'il s'applique à un nom d'animé:
fortis, -e : courageux prudenti oratione (un discours avisé)
prudente homine (un homme avisé)
SINGULIER PLURIEL
- Les adjectifs en -x se déclinent sur le modèle de prudens: audax, -acis (audacieux),
MASCULIN ET FÉMININ NEUTRE MASCULIN ET FÉMININ NEUTRE
felix, -icis (heureux), ferox, -ocis (intrépide).
(type civis) (type mare) (type civis) (type mare)
- Les participes présents suivent également cette déclinaison, mais leur ablatif prend
N. fortis forte fortes fortia deux formes; il est en -i lorsque le participe a une valeur adjectivale (épithète, attribut
V. fortis forte fortes fortia
ou apposé) :
Ace. fortem forte fortes fortia
fortium Pugnat ardent; animo. // combat avec un esprit ardent.
G. fortis fortis fortium
n. fort! fortï fortibus fortibus Il est en -e dans l'ablatif absolu, où il a une valeur verbale :
Abl. fortï fortï fortibus fortibus Pugnant ardente urbe. Ils combattent, tandis que la ville brûle.
Morphologie du participe —> paragraphes 120 à 122.
Les adjectifs du type fortis se déclinent, au masculin et au féminin,
sur le modèle de civis (—» paragraphe 27), e t au n e u t r e , c o m m e mare
41 Les adjectifs de la 2 e classe: type major, -ius
(—» paragraphe 30).
(plus grand}
REM - L'ablatif singulier masculin et féminin est en -i (forti, en grisé dans le tableau),
contrairement à civis, qui fait cive. major, -ius : plus grand
- Quelques adjectifs, dont le radical se termine par -r-, ont un nominatif et un vocatif
SINGULIER PLURIEL
masculins différents du nominatif féminin :
MASCULIN ET FEMININ NEUTRE MASCULIN ET FEMININ NEUTRE
celer, céleris, celere (rapide) ; acer, acris, acre (vif).
Pour le reste de la déclinaison, ils suivent le modèle de fortis. N. major majus majorés majora
V. major majus majores majora
Acc. majôrem
40 Les adjectifs de la 2 e classe type prudens, -tis G.
majus majores majora
majôris majôris majorum majorum
(prévoyant) D. majôri majôri majôribus majôribus
Abl. majore majore majôribus majôribus
prudens, -tis : prévoyant
Les adjectifs de type major suivent la déclinaison de consul p o u r le masculin
SINGULIER PLURIEL
et le féminin (—» paragraphe 25) e t de f l u m e n (—* paragraphe 29)
MASCULIN ET FÉMININ NEUTRE MASCULIN ET FÉMININ NEUTRE p o u r le neutre.

N. prudens prudens prudentes prudent ia REM - Outre les comparatifs (—> paragraphe 43) comme major, ce type ne comprend
V. prudens prudens prudentes prudentia qu'un petit nombre d'adjectifs: vêtus, -eris (vieux), pauper, -eris (pauvre), memor, -oris
Ace. prudentem prudens prudentes prudentia
(qui se souvient), plures (plus nombreux: forme de pluriel).
G. prudentis prudentis prudentium prudentium
D. prudentï prudent! prudentibus prudentibus - Certains de ces adjectifs hésitent entre plusieurs types: memor a un ablatif singulier
Abl. prudentî/e prudentï prudentibus prudentibus en -i et plures un génitif pluriel en -ium, comme fortis (—> paragraphe 39).
LES ADJECTIFS Q U A L I F I C A T I F S 42-44

LE C O M P A R A T I F ET LE S U P E R L A T I F 44 Les comparatifs irréguliers


DES A D J E C T I F S Formation avec un radical différent
Quelques adjectifs très usuels ont un comparatif formé sur un radical
42 Le comparatif et le superlatif des adjectifs : différent:
généralités bonus (bon) —» melior (me/7/eur, assez... bon)
Les adjectifs qualificatifs peuvent prendre des formes différentes suivant magnus (grand) —» major (pluslassez... grand)
le degré de la qualité exprimée: comparatif de supériorité ou superlatif.
multi (nombreux) —» plures (pluslassez... nombreux)
Le c o m p a r a t i f de s u p é r i o r i t é malus (mauvais) —» pejor (pire, plus lassez... mauvais)
Formation —» paragraphes 43-44; emploi —> paragraphes 149, 206, 225, novus (nouveau) —» recentior (plus/assez... nouveau)
226, 238. parvus (petit) —» minor (plus!assez... petit)
propinquus (proche) —» propior (pluslassez... proche)
Nec enim melior virjuit Africano quisquam nec clarior. (Cic, Laei., 6)
vêtus (vieux) —» vetustior (pluslassez... vieux)
Et personne, en effet, ne fut meilleur que l'Africain, ni plus illustre.
Les adjectifs en -eus, -ius, -uus
Le s u p e r l a t i f Au comparatif, ils sont simplement précédés de l'adverbe magis (plus):
Formation —» paragraphes 45-46 ; emploi —• paragraphes 149, 187. pius (pieux) —> magis pius (pluslassez... pieux)
Hoc vere tamen licet dicere, P. Scipioni ex multis diebus, arduus (escarpé) —» magis arduus (pluslassez... escarpé)
Mais les adjectifs en -quus sont réguliers:
quos in vita celeberrimos laetissimosque vident, illum diem
antiquus (ancien) —» antiquior (pluslassez... ancien)
clanssimum fuisse. (Ctc, Laei, 12)
Mais on peut dire à coup sûr que, parmi les nombreux jours de très grande liesse Les adjectifs en -dicus, -ficus, -volus
et très grande joie que Scipion connut dans sa vie, celui-ci fut le plus brillant. Leur radical est accompagné, au comparatif, du suffixe -ent- :
magnificus (généreux) —> magmfïc-ent-ior (pluslassez... généreux)
Relatif o u absolu? maledicus (médisant) —» maledic-ent-ior (pluslassez... médisant)
Le comparatif relatif (plus... que) et le comparatif absolu (un peu, assez, benevolus (bienveillant) —» benevol-ent-ior (pluslassez... bienveillant)
trop...) ont la même forme, en latin. Le superlatif relatif (le plus...)
et le superlatif absolu (très) ont également la même forme. Autres formations
Quelques comparatifs ne correspondent à aucun adjectif, mais sont formés
43 La formation du comparatif de supériorité sur le même radical que des adverbes (ou prépositions):
La plupart des comparatifs sont formés à l'aide du suffixe -ior, -ius exterior (plus à l'extérieur) «— extra (à l'extérieur)
ajouté au radical. Ils se déclinent sur le modèle de major, -ius interior (plus à l'intérieur) <— intra (à l'intérieur)
(—> paragraphe 41): citerior (plus en deçà) <— citra (en deçà)
- les adjectifs de la l re classe (—» paragraphe 37): ulterior (plus éloigné) «— ultra (au-delà)
doct-us, -a, -um (savant) —» doct-ior, -ius (plus I un peu I assez I trop savant) prior (premier) <— prae (devant)
- les adjectifs de la 2e classe (—» paragraphes 39 et 40) : inferior (inférieur) «— infra (au-dessous)
fort-is, -e (courageux) —» {ort-ior (plus I un peu I assez I trop courageux) Quelques comparatifs ne correspondent à aucun adjectif, mais sont formés
prudens, -tis (avisé) —» prudent-ior (plus I un peu I assez Itrop avisé) sur le même radical que des noms:
junior (pluslassez... jeune) <— juvenis (le jeune homme)
senior (pluslassez... vieux) «— senex (le vieillard)
LES A D J E C T I F S QUALIFICATIFS 45-46

45 La formation du superlatif Les adjectifs en -er


Ils ont un superlatif en -rimus, -a, -um:
La formation des superlatifs réguliers miser (malheureux) —> miser-rimus (très/le plus malheureux)
Le superlatif est généralement formé à l'aide du suffixe -issimus, -a, -um acer (vif) —» acer-rimus (très/le plus vif)
ajouté au radical :
Les adjectifs en -lis
- les adjectifs de la lre classe (—> paragraphe 37):
Quelques adjectifs en -lis ont un superlatif en -limus, -a, -um.
doct-us (savant) —» doct-issimus (très/le plus savant)
Les plus fréquents sont facilis (facile), similis (semblable), humilis (humble)
- les adjectifs de la 2e classe (—> paragraphes 39 et 40):
et les dérivés difficilis, dissimilis:
fort-is (courageux) —» fort-issimus (trèsIle plus courageux)
facilis (facile) —» facil-limus (très!le plus facile)
Le superlatif se décline sur le modèle des adjectifs de la lre classe
(—> paragraphe 37). Les adjectifs en -eus, -ius, -uus
Le renforcement du superlatif
Au superlatif, ils sont simplement précédés de l'adverbe maxime (très,
La forme de superlatif peut être renforcée : le plus) :
- par quam (potest) et se traduit alors par le plus possible ; pius (pieux) —» maxime pius (très!le plus pieux)
arduus (escarpé) —> maxime arduus (très!le plus escarpé)
laitur Jugurtha quam maxumas potest copias armât. (S*H.,/ug., 13, 2)
En revanche, les adjectifs en -quus sont réguliers:
Donc Jugurtha arme le plus de troupes possible. antiquus (ancien) —> antiquissimus (très/le plus ancien)
- par unus :
Les adjectifs en -dicus, -ficus, -volus
Quem unum nostrae civitatis praestantissimum audeo Leur radical est accompagné, au superlatif, du suffixe -ent-:
dicere (Gc, Lue/., I) magnifïcus (magnifique) —> magnific-ent-issimus (trèsIle plus magnifique)
Lui que j'ose appeler l'homme le plus illustre de notre cité maledicus (médisant) —» maledic-ent-issimus (trèsIle plus médisant)
benevolus (bienveillant) —» benevol-ent-issimus (trèsIle plus bienveillant)
46 Les superlatifs irréguliers Autres formations
Formation avec un radical différent Quelques superlatifs ne correspondent à aucun adjectif, mais sont formés
Quelques adjectifs très usuels ont un superlatif formé sur un radical sur le même radical que des adverbes (ou prépositions) :
différent:
extremus (extrême) <— extra (à l'extérieur)
bonus (bon) —» optimus (très bon/le meilleur) intimus (le plus à l'intérieur) <— intra (à l'intérieur)
malus (mauvais) —» pessimus (très//e plus mauvais) ultimus (le dernier) <— ultra (au-delà)
magnus (grand) —» maximus (très I le plus grand) primus (le premier) <— prae (devant)
parvus (petit) —» minimus (très/le plus petit) infimus (le plus inférieur) «— infra (au-dessous)
multi (nombreux) —» plurimi (trèsIles plus nombreux)
novus (nouveau) —> recentissimus (trèsIle plus nouveau)
propinquus (proche) —» proximus (très / le plus proche)
vêtus (vieux) —» veterrimus (très / le plus vieux)
I E S A D J E C T I F S ET ADVERBES N U M E R A U X 47-48

très, tria: trois milia: milliers


LES A D J E C T I F S ET A D V MASCULIN FÉMININ NEUTRE

! ^ I L * J I y I • • L w â m * ^ K
N tres tres tria milia
Arc. tres tres tria milia
G trium tnum tnum miKum
n tribus tribus tribus miKbus
Abl. tribus tribus tribus miKbus
47 Les adjectifs et adverbes n u m é r a u x : généralités
Les numéraux comprennent quatre classes: Unus, -a, -uni (un)
- les adjectifs cardinaux: unus (un), duo (deux), etc. —» paragraphe 48; Unus suit la déclinaison de bonus, -a, -um (—> paragraphe 37),
- les adjectifs ordinaux: primus (premier), secundus (second), etc. sauf au génitif et au datif, où il présente des désinences caractéristiques
—» paragraphe 49; des pronoms-adjectifs (en grisé dans le tableau —» paragraphe 55).
- les adjectifs distributifs: singuli (un par un), bini (deux par deux), etc. Il ne se rencontre qu'au singulier, sauf quand il se rapporte à un nom
—> paragraphe 50; qui n'existe qu'au pluriel, tel castra, -orum (n. pluriel de 2e déclinaison):
una castra (un camp).
- les adjectifs et adverbes multiplicatifs: bis (deux fois), ter (trois fois), etc.
—» paragraphe 51. Duo, d u a e , d u o (deux)
On peut ajouter les différentes façons d'exprimer les fractions Duo présente, aux nominatifs masculin et neutre, une désinence -o
—> paragraphe 52. caractéristique d'un nombre disparu: le duel (utilisé pour ce qui va
par deux: yeux, oreilles, etc.).
48 Les adjectifs numéraux cardinaux
Pour l'accusatif et le génitif, il suit le pluriel de la déclinaison
Les adjectifs cardinaux sont invariables, sauf unus, duo, très, les multiples de
de bonus, -a, -um (—» paragraphe 37) et au datif-ablatif, il présente
cent et milia (utilisé pour les multiples de mille).
une désinence (o/a)bus.

m-. unus, -a, -um un Tres, t r i a (trois)


MASCULIN FÉMININ NEUTRE Tres se décline comme un adjectif de la 2e classe du type fortis au pluriel
una unum (—> paragraphe 39).
N. unus
Ace. unum unam unum Les multiples de cent
G. unius unius unius
uni uni Ce sont des adjectifs de la l re classe qui se déclinent sur le modèle
D. uni
Abl. unô una uno de bonus, -a, -um au pluriel (—» paragraphe 37) : ducenti, -ae, -a (deux cents),
trecenti, -ae, -a (trois cents), etc.
duo, duae, duo : deux Synthèse —» paragraphe 53.

MASCULIN FEMININ M i l i a (milliers) et les multiples de mille


N duo duae duo Milia est un nom neutre pluriel employé comme numéral; il est alors
Arr duos duâs duo précédé d'un autre nombre. Il se décline sur le modèle de mare au pluriel
G duôrum duârum duôrum (—» paragraphe 30).
n duôbus duâbus duôbus
Abl. duôbus duâbus duôbus Il se construit comme un nom, avec un complément au génitif:
çapitum Helvetiorum milia CCLXIII (Cat, Gaii, i, 29, 2)
263 000 Helvètes (littéralement : 263 milliers de têtes d'Helvètes)
LES A D J E C T I F S ET ADVERBES N U M É R A U X 4»-53

Les chiffres romains L'emploi d'adjectifs ordinaux


Le latin emploie les adjectifs ordinaux quand le numérateur est I : tertia pars
En dehors des petits nombres (jusqu'à 20) et des chiffres ronds (100, 1000),
(1/3, un tiers), quarta pars (114, un quart), etc.
on rencontre plutôt dans les textes les chiffres dits "romains":
Pour 1/2 (la moitié), on trouve dimidia pars (dimidius, -a, -um: demi).
Quarum omnium rerum summa erat capitum Helvetiorum milia
L'emploi d'adjectifs cardinaux
CCLXII1, Tulingorum milia XXXVI, Latobicorum XIV,
On rencontre les adjectifs cardinaux quand le numérateur est supérieur à I
Rauracorum XXIII, Boiorum XXXII; ex his, qui armajene possent, et immédiatement inférieur au dénominateur: duae partes (213), très partes
ad milia nonaginta duo. Summa omnium Juerunt ad milia (314), etc.
CCCLXVIII. (Caes., GalL, I, 29, 2-3)
L'emploi d'adjectifs cardinaux et ordinaux
Au total, il y avait 263 000 Helvètes, 36000 Tulinges, 14000 Latobices, 23 000
On trouve les adjectifs cardinaux suivis des adjectifs numéraux
Rauraques, 32 000 Boïens ; sur cet ensemble, il y avait environ 92 000 hommes capables
pour les autres fractions où le numérateur est supérieur à I ; le mot partes
de porter les armes. Cela faisait donc en tout 368 000 personnes.
est alors sous-entendu: duae quintae (215), très quintae (315), etc.
Synthèse —> paragraphe 53.

53 Récapitulatif des adjectifs e t adverbes n u m é r a u x


49 Les adjectifs n u m é r a u x o r d i n a u x
CHIFFRES ADJECTIFS ADJECTIFS ADJECTIFS ADVERBES CHIFFRES
Les adjectifs ordinaux se déclinent sur le modèle de bonus, -a, -um
ARABES CARDINAUX ORDINAUX DISTRIBUTIFS MULTIPLICATIFS ROMAINS
(—» paragraphe 37), à l'exception de alter, -a, -um (second —» paragraphe 76):
primus, -a, -um (premier), secundus, -a, -um (deuxième, second), etc.
1 unus, -a, -um primus / prior singuli, -ae, -a semel I
2 duo, - a e , - o secundus / alter bini bis II
Synthèse —> paragraphe 53.
3 très, -ia tertius terni ter III
4 quattuor quartus quaterni quater IIII ou IV
50 Les adjectifs d i s t r i b u t i f s quinque quintus
5 quini quinquies V
Les adjectifs distributifs se déclinent sur le modèle des adjectifs sex sextus
6 seni sexies VI
de la l re classe au pluriel (boni, -ae, -a —> paragraphe 37): terni, -ae, -a 7 septem septimus septeni septies VII
(chacun trois, par trois). 8 octo octavus octoni octies VIII
Synthèse —> paragraphe 53. 9 novem nonus noveni novies VIIII ou IX

51 Les adjectifs e t adverbes m u l t i p l i c a t i f s 10 decem decimus déni decies X


Les adverbes multiplicatifs sont invariables. Ils sont utilisés pour former II undecim undecimus undeni undecies XI
les adjectifs ordinaux à partir de 2000: bis millesimus (2000'). 12 duodecim duodecimus duodeni duodecies XII
Il existe également quelques adjectifs multiplicatifs, qui se déclinent 13 tredecim tertius decimus terni déni ter decies XIII
sur le modèle de prudens, -tis (—• paragraphe 40) : duplex, -icis (double), 14 quattuordecim quartus decimus quaterni déni quater decies XIIII ou XIV

triplex, -icis (triple), etc. 15 quindecim quintus decimus quini déni quin(quies) decies XV
16 sedecim sextus decimus seni déni se(xies) decies XVI
Synthèse —» paragraphe 53.
17 septemdecim septimus decimus septeni déni septies decies XVII
18 duodeviginti duodevicesimus duodeviceni duodevicies XVIII
52 Les f r a c t i o n s 19 undeviginti undevicesimus undeviceni undevicies XVIIII ou XIX
Les fractions sont exprimées à l'aide du nom pars, -tis, f (la partie),
qui se décline sur le modèle de urbs (-—» paragraphe 28), accompagné
d'adjectifs indiquant la quantième partie.
CHIFFRES

ARABES
NOMBRES
CARDINAUX
NOMBRES
ORDINAUX
ADJECTIFS
DISTRIBUTIFS
ADVERBES
MULTIPLICATIFS
CHIFFRES
ROMAINS
LES P R O N O M S
20 viginti vicesimus viceni vicies XX NQMS-ADIEC
ÊÊi;È}:ïM»M
21 viginti u n u s / vicesimus primus/ viceni singuli/ vicies semel/ XXI
unus et viginti unus et vicesimus singuli et viceni semel et uicies
22 viginti d u o / vicesimus alter/ viceni bini/ vicies b i s / XXII
duo et viginti alter et vicesimus bini et viceni bis et vicies
54 Les p r o n o m s e t pronoms-adjectifs : généralités
Les pronoms servent de substituts aux noms, aux GN et aux propositions.
28 duodetriginta duodetricesimus duodetriceni duodetricies XXVIII
undetriceni undetricies XXIX Ils peuvent les remplacer dans toutes leurs fonctions (—» paragraphe 142).
29 undetriginta undetricesimus
On appelle pronoms-adjectifs les mots qui peuvent s'employer soit comme
pronoms, soit comme adjectifs.
30 triginta tricesimus triceni tricies XXX
XL Quand ces pronoms-adjectifs sont employés comme adjectifs, ils servent
40 quadraginta quadragesimus quadrageni quadragies
de déterminants du nom (—» paragraphe 143).
50 quinquaginta quinquagesimus quinquageni quinquagies L
60 sexaginta sexagesimus sexageni sexagies LX
70 septuaginta septuagesimus septuageni septuagies LXX 55 Les désinences caractéristiques des p r o n o m s e t
80 octoginta octogesimus octogeni octogies LXXX pronoms-adjectifs
90 nonaginta nonagesimus nonageni nonagies XC Même si les pronoms-adjectifs ne constituent pas une classe entièrement
homogène, la plupart (les anaphoriques, démonstratifs, relatifs, interrogatifs

centum centesimus centeni centies C et certains indéfinis) présentent au singulier (plus rarement au pluriel)
100
101 centum unus centesimus primus centeni singuli centies semel CI quelques désinences spécifiques (—> paragraphes 59 à 76).

SINGULIER PLURIEL

200 ducenti, -ae, -a ducentesimus duceni ducenties ce


MASCULIN FÉMININ NEUTRE MASCULIN FÉMININ NE4JTRE
300 trecenti trecentesimus treceni trecenties ecc
quadringenti quadringentesimus quadringeni quadringenties CCCC ou CD N. -d -ae
400
quingentesimus quingeni quingenties D
V. -d -ae
500 quingenti
sesceni sescenties DC
Ace. -d -ae
600 sescenti sescentesimus
G. -1US -1US -1US
700 septingenti septingentesimus septingeni septingenties DCC
D. -1 -i -i
800 octingenti octingentesimus octingeni octingenties DCCC Abl.
900 nongenti nongentesimus nongeni nongenties DCCCC

Pour le reste, les désinences des pronoms-adjectifs sont comparables


mille millesimus singula milia milles M ou CI à celles des adjectifs qualificatifs, soit de la l re classe (—» paragraphe 37),
1000
2000 d u o milia bis millesimus bina milia bis milies MM ou S soit de la 2e classe (—» paragraphes 38 à 41).
5000 quinque milia quinquies quina milia quinquies milies V
millesimus
decies millesimus dena milia decies milies X
10000 decem milia
50000 quinquaginta quinquagies quinquagena quinquagies L
milia millesimus milia milies
100000 centum milia centies millesimus centena milia centies milies C ou lll

1 0 0 0 0 0 0 decies centena decies centies decies centena decies centies Ixl


milia millesimus milia milies
LES PRONOMS ET P R O N O M S - A D J E C T I F S 56-60

Les adjectifs traditionnellement appelés possessifs sont les formes


LES PRONOMS PERSONNELS
adjectivales correspondant aux pronoms personnels. Ils sont également
ET LES P R O N O M S - A D J E C T I F S;_PO; S! S; E S• S11IF S
employés comme pronoms possessifs (—» paragraphe 2 8 2 ) .
Ils se déclinent sur le modèle des adjectifs de la l re classe:
56 Les p r o n o m s personnels e t les pronoms-adjectifs
- type bonus, -a, -um (—» paragraphe 37) pour meus, tuus et suus;
possessifs: généralités
- type pulcher, -ra, -rum (—» paragraphe 37) pour noster et vester.
Les pronoms personnels et les pronoms adjectifs possessifs renvoient aux
personnes de renonciation (—» paragraphes 280 à 286). REM
- Les adjectifs possessifs peuvent être renforcés par une particule qui se place après

Les pronoms personnels ne varient pas en genre. la désinence: à l'ablatif singulier, on rencontre suopte (son propre, le sien propre), formé

Il n'existe pas de pronom personnel de 3e personne, sauf un pronom à partir de suus.

réfléchi. - Le vocatif masculin de meus est m i : mi fïli (mon fils).

57 Les p r o n o m s personnels
PLURIEL RÉFLÉCHI LE $ pRONOMS-ADJECTIFS ANAPHORIQUES
SINGULIER
e
l r e PERSONNE 2 e PERSONNE l r e PERSONNE 2 PERSONNE 3 e PERSONNE
Sf Les pronoms-adjectifs anaphoriques : généralités
ego : je, moi t û : tu, toi nos : nous vos : vous Les pronoms-adjectifs anaphoriques renvoient à un nom, un G N ou une
proposition présents dans le même énoncé (—» paragraphe 2 6 0 ) :
N. ego tû nos vos
V. tû vos Deum agnoscis ex operibus ejus. (Ck., Tinc, l, 70)
Ace. më të nos vos se t i
G. meî tuï nostri, nostrum vestrî, vestrum suî On reconnaît dieu à ses œuvres.
D. mihi tibi nôbïs vôbîs sibi
Abl. mê të nôbïs vôbïs se
Déclinaisons —» paragraphes 60 à 66 ; emplois —> paragraphes 287, 291 à 2 9 7 .
REM - Les pronoms personnels sont parfois renforcés par des particules :
egomet (moi-même), tute (toi-même), sese (soi-même, eux-mêmes). 60 Is, ea, i d (le, il, son}
- Le pronom de 3e personne réfléchi renvoie au sujet et ne peut donc se rencontrer
au nominatif (emplois —> paragraphes 284 à 286).
mmtmmMmmmmmmmm
SINGULIER PLURIEL
- La 3e personne non réfléchie peut être exprimée par les pronoms-adjectifs
MASCULIN FÉMININ NEUTRE
anaphoriques (is, ea, id —> paragraphes 60, 293) ou démonstratifs (—> paragraphes 63 à
66, 287 à 290). N. E ea id ï (d) eae ea
Ace. eum cam a eos eas ea
G. ejus ejus ejus eorum earum eorum
58 Les pronoms-adjectifs possessifs
D. a a a eis (ïs) as (Hs) as (ïs)
RÉFLÉCHI eo ea
SINGULIER PLURIEL Abl. eo eis (ïs) as (ïs) as (ïs)
; 2 e PERSONNE 3 e PERSONNE
l r e PERSONNE 2 e PERSONNE PERSONNE
L a déclinaison d e is, e a , i d
meus, -a, -um tuus, -a, -um noster, -ra, -rum vester, -ra, -rum suus, -a, -um Ce pronom-adjectif se décline comme un adjectif qualificatif de la l re classe
(mon, le mien) (ton, le tien) (notre, le nôtre) (votre, le vôtre) (son, le sien) (type bonus, -a, -um —» paragraphe 3 7 ) , à l'exception des formes grisées
du singulier.
LES PRONOMS ET P RO N O MS - ADJE C T i FS 60-63

Traduction par l'article défini 62 Ipse» ipsa, ipsum (lui-même)


Employé comme adjectif, is, ea, id sert de déterminant défini; il correspond
alors souvent à l'article défini du français. ipse, ipsa, ipsum : lui-même
SINGULIER PLURIEL
Traduction par la 3 e personne ou par l'adjectif possessif
MASCULIN FÉMININ NEUTRE MASCULIN FÉMININ NEUTRE
Employé comme pronom, is, ea, id remplit la fonction de pronom
N. ipso ipsa ipsum ipsï ipsae ipsa
anaphorique (—> paragraphe 293). Il correspond au pronom personnel
Ace. ipsum ipsam ipsum ipsos ipsas ipsa
de 3e personne du français (il, le, lui) ou à l'adjectif possessif (son, sa, ses).
G. ipsius ipsius ipsius ipsorum ipsarum ipsorum
D. ipsi ipsi ipsi ipsis ipsis ipsis
61 Idem, eadem, idem (le même) Abl. ipso ipsa ipsa ipsis ipsis ipsis

« * * * ^ « ^ ~ ^ Ipse, -a, -um est formé à partir de is, ea, id (—» paragraphe 60) suivi
HP idem, eadem, idem : le même
de la particule -pse; seule la fin du mot se décline, comme un adjectif
SINGULIER qualificatif de la l re classe, du type bonus, -a, -um (—» paragraphe 37;
MASCULIN FÉMININ NEUTRE sauf les formes en grisé).
idem Emplois —» paragraphe 295.
N. idem eadem
Ace. eumdem eamdem idem REM On rencontre des formes anciennes dans lesquelles, comme pour idem
G. ejusdem ejusdem ejusdem (paragraphe —> 61), c'est is qui se décline: eumpse (ace. m. sg.j, eampse (ace. f. sg.), etc.
D. eïdem eïdem eïdem
Abl. eôdem eâdem eôdem
PLURIEL LES P R O N O M S - A D J E C T I F S DÉMONSTRATIFS
N. eïdem (iidem) eaedem eadem
Ace. eôsdem easdem eadem 63 Les pronoms-adjectifs démonstratifs : généralités
G. eôrumdem eârumdem eôrumdem Les pronoms-adjectifs démonstratifs renvoient aux repères spatio-temporels
D. iisdem (eisdem) iisdem (eisdem) iisdem (eisdem)
de renonciation (—» paragraphes 260, 287).
Abl. iisdem (eisdem) iisdem (eisdem) iisdem (eisdem)
Leur f o r m e
Le pronom-adjectif idem, eadem, idem est formé du pronom-adjectif is, ea, i
Une particule déictique* -c(e) s'accole à ces pronoms; elle peut être fixe (hic
décliné (—» paragraphe 60), suivi de la particule invariable -dem.
—» paragraphe 64) ou facultative (istac pour ista—» paragraphe 65, illac pour
Emploi —» paragraphe 294.
illa —> paragraphe 66, etc.).
REM - Le nominatif masculin singulier idem < *is-dem a un [i:] long, alors que le neutre ide
Leur déclinaison
a un [i] bref.
Ces pronoms-adjectifs se déclinent pour une large part comme des adjectifs
- Le [m] des désinences est devenu [n] sous l'influence du [d] qui le suit. On a donc
de la l ra classe (type bonus, -a, -um —> paragraphe 37). Les formes
parfois eundem à la place de eumdem, eandem à la place de eamdem, etc.
particulières sont en grisé dans les tableaux ci-après (—» paragraphes 64
à 66).
LES PRONOMS ET PRO N O MS - ADJE CT I FS 64-68

64 H i c , h a e c , h o c (ce, celui-ci} , E S PRONOMS-ADJECTIFS


R E L A T I F S E I I N T E R R O G AT IF S
hic, haec, hoc : ce, celu
SINGULIER PLURIEL
67 Les p r o n o m s - a d j e c t i f s r e l a t i f s e t i n t e r r o g a t i f s :
MASCULIN FÉMININ NEUTRE MASCULIN FÉMININ NEUTRE
généralités
N. hic haec hoc hî hae haec O gui res hominumque deumque
Ace. hune hanc hoc hôs hâs haec
G. hujus hujus hujus hôrum hârum hôrum aeternis régis imperiis etjulmine terres,
D. huic huic huic ris hïs hïs guid meus Aeneas in te committere tantum,
Abl. hoc hâc hoc hîs hîs ris
quid Troes potuere, quibus totjunera passis
Emplois —> paragraphes 287 à 290.
cunctus ob Italiam terrarum clauditur orbis ? (Verg., Aen., i, 229-233)
Ô toi qui tiens sous ton pouvoir éternel les affaires humaines et divines et fais redouter
65 I s t e , i s t a , î s t u d (ce, celui-ci)
ta foudre, quel si grand forfait a pu commettre contre toi m o n cher Énée, quel grand
forfait les Troyens, eux à qui, malgré les si nombreux deuils endurés, l'ensemble
iste, ista, îstud
de l'univers fait obstacle sur la route de l'Italie ?
SINGULIER PLURIEL

MASCULIN FÉMININ NEUTRE


Les pronoms-adjectifs relatifs et interrogatifs sont formés sur une même
MASCULIN FÉMININ NEUTRE
racine qu-. La plupart de leurs formes sont identiques (—> paragraphes 68
N. iste ista istud isfi istae ista
à 71 ; sont signalées en grisé les formes spécifiques à chacun d'eux).
Ace. istum istam istud istôs istâs ista
G. istius istius istius istôrum istârum istôrum
D. isfi isfi isfi isfis isfis isfis 68 Le p r o n o m - a d j e c t i f r e l a t i f q u i , q u a e , q u o d
Abl. istô ista istô isfis isfis isfis {qui, lequel)

Emplois —> paragraphes 287 à 289. qui : qui, lequel


SINGULIER
6 6 111e» i l 1 a, i 11 ucl ( c e , celui-là) FEMININ

ille, illa, illud : ce, celui-là quae quod qui quae quae
quam quod quôs quâs quae
SINGULIER PLURIEL
cujus cujus quorum quârum quorum
MASCULIN FÉMINIh NEUTRE MASCULIN FÉMININ NEUTRE
cuî cuï quibus quibus quibus
N. ille ilh illud ilfi ilke ilh quâ quô quibus quibus quibus
Ace. illum illam ilkd illôs illâs ilh Emplois —> paragraphes 214 à 217, 297.
G. ilHus ilBus ilHus illôrum ilErum illôrum
D. ilfi ilS ilï ilïs ilïs ilïs REM - On rencontre deux formes archaïques pour qui: l'ablatif singulier qui (= quô)
Abl. illô ilË illô ilïs ilïs ilïs et le datif-ablatif pluriel quïs (= quibus).
- Le relatif indéfini quicumque (quiconque) est formé par adjonction de cumque à qui ;
Emplois—> paragraphes 287 à 290.
la première partie seule se décline: quicumque, quaecumque, quodeumque, etc.
A Le relatif indéfini quisquis (tout... qui) est formé par redoublement de l'indéfini quis;
es c eu><
' parties se déclinent: quidquid, quemquem, etc. (—* paragraphe 70).
LES P R O N O M S E T P R O N O MS - A D J E C T I FS 69-71

69 Les pronoms-adjectifs relatifs qualis, quant us U1S., quae, q u i d : qui, lequel ?


et quot
PLURIEL
Qualis, -e (teJ que)
MASCULIN
L'adjectif relatif qualis donne une indication sur la qualité. Il se décline
N. qui quae quae (rës)
sur le modèle de fortis, -e (—> paragraphe 3 9 ) .
Ace. quôs quâs quae (rës)
Q u a n t u s , - a , - u m (aussi grand que) G. quorum quârum quorum (rërum)
D. quibus quibus quibus (rébus)
L'adjectif relatif quantus d o n n e une indication sur la quantité. Il se décline
Abl. quibus quibus quibus (rëbus)
sur le modèle de bonus, -a, - u m (—» paragraphe 3 7 ) .
REM - Les formes de féminin sont utilisées seulement lorsqu'on sait que la personne
Q u o t (aussi nombreux que) à identifier est de sexe féminin:
L'adjectif relatif q u o t d o n n e une indication sur le n o m b r e . Il est invariable. Quis venit ? Qui est venu ? (On ne sait si c'est un homme ou une femme.)
Emplois —» paragraphes 214 à 2 1 7 . Quae venit ? Quelle femme est venue ?
- Il existe des formes renforcées de quis dans lesquelles seul quis se décline : ecquis,
70 Le pronom-adjectif interrogatif quis, q u a e , q u i d quisnam (qui donc ?).
(qui, quel ?) ecquis —> N. neutre: ecquid quisnam —> N. f.: quaenam, etc.
Quae tibi manet vita ?
La déclinaison d e l'adjectif
Quis nunc te adibit ? Cui videberis bella ? L'adjectif présente des f o r m e s spécifiques aux nominatifs masculin e t neutre :
Quem nunc amabis ? Cujus esse diceris ?
qui, quae, quod : quel ?
Quem basiabis ? Cui labella mordebis ? (Catui., 8, is-18)
Quelle vie t'attend ? Qui désormais s'approchera de toi ? A qui paraîtras-tu belle ?
Qui aimeras-tu désormais ? À qui dira-t-on que tu appartiens ? Qui embrasseras-tu ? N. qui quae quod
À qui mordras-tu les lèvres ? Ace. quem quam quod
G. cujus cujus cujus
La déclinaison d u p r o n o m
Emplois —» paragraphes 271, 273 à 275.
quis, quae, q u i d : qui, lequel ?

SINGULIER
71 Les pronoms-adjectifs interrogatifs uter, qualis,
quantus et quot
U t e r , - r a , - r u m (lequel des deux ?)
N. quis quae quid
Ace. quem quam quid
G. cujus (rei) er, -ra, - r u m : lequel des deux ?
cujus cujus
D. cui cui cifi (rei) MASCULIN FÉMININ
Abl. qu5 quâ quô ou quâ rê
N. uter utra utrum
Ace. utrum utram utrum
G. utrius utrius utrius
D. utrî utrî utrî
Abl. utrô utrâ utrô
LES P R O N O M S E T P R O N O M S - A D J E C T I FS 71-72

INDÉFINIS I N D I Q U A N T L'EXISTENCE DE MANIÈRE ABSOLUE


Le pronom-adjectif interrogatif uter, -ra, -rum ne s'emploie généralement
qu'au singulier. Il se décline sur le modèle de pulcher (—» paragraphe 37) nuis (quelque, quelqu'un) quispiam (quelque, quelqu'un)
mais présente les désinences spécifiques des pronoms au génitif et au datif aliquis (que/que, quelqu'un) quisquam (quelque, quelqu'un,
quidam (quelque, quelqu'un) dans une phrase négative)
Q u â l i s , -e (que/, de quelle sorte ?) quilibet (n'importe quel, n'importe lequel) quisquis (quelconque)
L'adjectif interrogatif quâlis, -e interroge sur la qualité. Il se décline quivis (n'importe quel, n'importe lequel)
sur le modèle de fortis, -e (—> paragraphe 39). INDÉFINIS I N D I Q U A N T L'EXISTENCE PAR RAPPORT À U N ENSEMBLE

alius, -a, -ud (un, un autre) uterque (les deux)


Quantus, - a , - u m (de quelle grandeur ?)
alter, -era, -erum (l'un, l'autre, uterlibet (l'un ou l'autre)
L'adjectif interrogatif quantus, -a, -um interroge sur la quantité. Il se décline dans une paire) utervis (l'un ou l'autre)
sur le modèle de bonus, -a, -um (—» paragraphe 37). alteruter, -ra, -um (un des deux)
Q u o t (combien ?) Les pronoms-adjectifs indiquant l'existence et la quantité
L'adjectif interrogatif quot interroge sur le nombre. Il est invariable.
Nulla est enim natio quam pertimescamus ; nullus rex qui bellum
Emploi des interrogatifs —» paragraphes 271, 273 à 275.
populo Romanojacere possit : omnia sunt externa unius virtute terra
marique pacata. (Cic, Cata, 2, il)
LES PRONOMS-ADJECTIFS INDÉFINIS ' Il n'y a aucune nation que nous craignions ; aucun roi qui puisse faire la guerre au peuple
romain : tout à l'extérieur, sur terre et sur mer, se trouve pacifié grâce à la valeur
72 Les pronoms-adjectifs indéfinis: généralités d'un seul.
Les pronoms-adjectifs indéfinis ne permettent pas d'identifier ce dont Les pronoms-adjectifs peuvent se répartir suivant la quantité indiquée.
on parle; ils en signalent seulement l'existence, avec éventuellement QUANTITÉ NULLE UNICITÉ
une indication de quantité.
nemo (personne) unus, -a, - u m (un)
Les pronoms-adjectifs indiquant seulement l'existence nihil (rien) solus, -a, - u m (seul)
nullus, -a, -um (aucun)
Ils peuvent être répartis en deux catégories:
ullus, -a, - u m (aucun)
- les indéfinis qui indiquent l'existence de manière absolue; neuter, -ra, - r u m (aucun des deux)
Nam difficile est non aliquem, nefas quemquam PLURALITÉ TOTALITÉ

praeterire. (Cic, p. red. in «n., 30) pauci, -ae, -a (peu nombreux) o m n i s , -e (tout)
Car il est difficile de ne pas omettre quelqu'un et impie d'omettre quelqu'un. aliquot (quelques) quisque, quaeque,
nonnulli, -ae, -a (quelques) quidque (chaque, chacun)
- les indéfinis qui indiquent l'existence par rapport à un ensemble. multi, -ae, -a (nombreux) totus, -a, - u m (tout entier)
Duaejuerunt Ariovisti uxores, una Sueba natione, quam plures, -a (plus nombreux)
plurimi, -ae, -a (un très grand nombre)
domo secum duxerat, altéra Norica, régis Voccionis soror, i
plerique, -aeque, -aque (la plupart)
quam in Gallia duxerat a Jratre missam: utraque in eajuga ceteri, -ae, -a (tous tes outres)

periit. (Caes., Gall., I, 53, 4) La déclinaison des pronoms-adjectifs indéfinis


Arioviste avait deux épouses : l'une d'origine suève, qu'il avait amenée de chez lui, Certains se déclinent simplement comme des adjectifs qualificatifs
l'autre originaire du Norique, qu'il avait épousée en Gaule, envoyée par son frère ; de lre classe (pauci, nonnulli, multi, plurimi, plerique, ceteri
toutes les deux périrent lors de cette déroute. —* paragraphe 37) ou de 2e classe (plures, omnis —> paragraphe 38).
LES P R O N O M S E T P R O N O MS - A D J E C T I FS 72-73

D'autres présentent les désinences -ius de génitif et -i de datif quisque, quaeque quidque : chaque, chacun
caractéristiques des pronoms (nullus, unus, alter, uterque et les dérivés
SINGULIER
de uter —» paragraphes 74 à 7 6 ) .
MASCULIN FÉMININ NEUTRE
Quelques-uns, enfin, présentent une déclinaison irrégulière ou lacunaire
(nemo, nihil, alius —» paragraphes 75 e t 76). N. quisque quaeque quidque
Ace. quemque quamque quidque
Emplois —> paragraphes 298 à 301.
G. cujusque cujusque cujusque
D. cuîque cuîque cuîque
73 Les pronoms-adjectifs indéfinis formés sur quis Abl. quôque quâque quôque
L'indéfini quis (quelque, quelqu'un) se décline comme l'interrogatif
PLURIEL
quis, -ae, -id (—> paragraphe 7 0 ) et présente pareillement des formes
N. quique quaeque quaeque
d'adjectif spécifiques au nominatif singulier.
Ace. quôsque quâsque quaeque
Il entre dans la formation d'une série d'indéfinis qui, tous, se déclinent
G. quôrumque quârumque quôrumque
sur son modèle. Les formes qui diffèrent de quis sont indiquées, D. quibusque quibusque quibusque
pour chacun, en grisé. Abl. quibusque quibusque quibusque

A l i q u i s , - a , - i d (quelque, quelqu'un)
iquis, -a, -id : quelque, quelqu'un
Aliquis est formé de ali- (alius, -a, -um —> paragraphe 76) et de quis qui, seul,
SINGULIER
MASCULIN FÉMININ NEUTRE
se décline. L'adjectif indéfini se distingue du pronom aux nominatifs masculin
et neutre : aliqui, aliqua, aliquod.
aliquis aliqua aliquid aliqui aliquae aliquae
aliquem aliquam aliquid aliquôs aliquis aliquae Q u i d a m , q u a e d a m , q u i d d a m (quelque, quelqu'un)
G. alicujus alicujus alicujus aliquôrum aliquârum aliquôrum
Quidam est formé de la particule -dam ajoutée à quis qui, seul, se décline.
D. alicuï alicuï alicuï aliquibus aliquibus aliquibus
Abl. aliquô aliqua aliquô aliquibus aliquibus aliquibus REM Devant -dam, le -m de la désinence a évolué vers - n : on trouve ainsi des formes
d'accusatif quendam, ou de génitif pluriel quorundam.
quidam, quaedam, quiddam : que/que, que/qu'un
Quisque, q u a e q u e , q u i d q u e (chaque, chacun)
SINGULIER L'indéfini quisque est formé par adjonction à quis de la particule invariable
-que.

N. quae dam quid dam REM - Les indéfinis quispiam (quelque, quelqu'un) et quisquam (que/que, que/qu'un)
aam
Ace. quamdam quiddam se déclinent comme quisque.
quemdam
G. cujus dam cujus dam - Aux nominatif et accusatif neutres singuliers de quisquam, on rencontre la forme
cujus dam
D. cil dam cuîdam
cuîdam quicquam; de même, on peut trouver quicquid pour quidquid.
Abl. quâdam quôdam
quôdam - L'adjectif indéfini quisquis (n'importe quel) est formé par redoublement de quis;
PLURIEL les deux parties du mot se déclinent sur le modèle de quis.
N. quidam quae dam quae dam
Emplois —» paragraphes 299 et 301.
Ace. quôs dam quâs dam quae dam
G. quorum dam quârumdam quorum dam
D. quibus dam quibus dam quibus dam
Abl. quibus dam quibus dam quibus dam
LES PRONOMS ET P RO N O MS - ADJE CT1 FS 74-76

74 Les pronoms-adjectifs indéfinis formés sur uter- Nihil (rien)


Le pronom nihil (neutre) est formé de la négation ne- et du nom hilum
U t e r q u e , - r a q u e , - r u m q u e (l'un et l'autre)
(petit point noir au bout des fèves). Hormis cette forme de nominatif-accusatif,
Bien qu'il désigne deux individus ou objets, uterque, -raque, -rumque
le reste de la déclinaison utilise la périphrase nulla res (aucune chose).
est généralement au singulier. Il se décline comme uter, -ra, -rum
REM On rencontre parfois la forme contractée nil, à la place de nihil
(—•paragraphe 71).
(langue familière —> paragraphe II).
REM II existe un pluriel, quand uterque est adjectif et se rapporte à un nom toujours
au pluriel, comme castra, -orum, n pi. (/e camp) : utraque castra (l'un et /'autre camps). Nullus (aucun)
Le pronom-adjectif nullus suit pour l'essentiel le modèle de bonus, -a, -um
Neuter, -ra, -rum (aucun des deux)
(—> paragraphe 37).
Neuter, -ra, -rum se décline comme uter, -ra, -rum (—» paragraphe 71).
REM II existe des formes de pluriel nulli, -ae, -a qui s'emploient:
A l t e r u t e r , u t e r l i b e t , utervis (l'un ou l'autre) - avec des noms toujours au pluriel, comme castra, -orum, n pi. (te camp) :
Dans alteruter, uterlibet e t utervis, seul uter se décline: alterutra, alterutrum, nulla castra (aucun camp) ;
utralibet, utrumlibet, etc. - quand nullus signifie nul. inexistant.
De mortuis loquor, qui nulli sunt. (Cit., Tusc. i, 87)
75 Nemo (personne), nihil (rien) et nullus (aucun) Je parle des morts, qui sont sans existence.

76 Alter, alius (l'un, l'autre) et leurs composés


N. nemo nihil
Ace. neminem nihil alter, -a, -um : l'un, l'autre alius, -a, -ud : /un, un autre
G. nullius nullius rei
(dans une paire) (dans un ensemble supérieur à deux)
D. neminï nulli rei
MASCULIN FÉMININ NEUTRE MASCULIN FÉMININ NEUTRE
Abl. nullo nullâ rë
N. alter altéra alterum alius alia aliud
nullus, -a, -um : aucun Acc. alterum alteram alterum alium aliam aliud
G. alterius alterius alterius alterius alterius alterius
MASCULIN FÉMININ NEUTRE
D. alterî alterî alterî alterî ou aliî alterî ou aliî alterî ou aliî
N nullus nulla nullum Abl. alterô altéra alterô aliô aliâ aliô
Arr nullum nullam nullum
nullius nullius A l t e r , - a , - u m (l'un, l'autre, dans une paire)
G nullius
n nulli nulË nulË Alter, -a, -um se décline comme les adjectifs de la lre classe, type miser
Abl. nullô nullâ nullô (—» paragraphe 43), sauf aux génitif et datif singuliers.

N e m o (personne) Alius, - a , - u d (''un, un autre, dans un ensemble supérieur à deux)


Le pronom nemo (masculin) est composé de la négation ne- et de la forme Alius, -a, -ud se décline sur le modèle de bonus (—> paragraphe 37).
ancienne de homo (l'homme) : *hemo. Il se décline donc comme homo (type Ce pronom-adjectif présente, outre les désinences spécifiques des pronoms
natio —> paragraphe 26) pour la majorité des formes du singulier, mais est (—» paragraphe 55), un génitif et souvent un datif singuliers empruntés
à alter.
remplacé par les formes de nullus pour le génitif et l'ablatif singuliers.
Emplois —» paragraphe 296.
REM Nemo s'emploie parfois comme adjectif; il équivaut alors à nullus.
LES ADVERBES 77-79

LES ADVERBES 79 Les adverbes issus de noms, d'adjectifs


et de pronoms-adjectifs
Les adverbes issus de noms ou d'adjectifs
Certains adverbes de manière sont des formes déclinées figées de noms
ou d'adjectifs:
certus, -a, -um (certain) —> Abl. : certo —» adv. certo (certainement)
77 Les adverbes : généralités
pars, -tis (la partie) —» Ace. : partim —» adv. partim (en partie)
Les adverbes sont des mots invariables. Ils présentent, en latin,
des terminaisons très diverses (—» paragraphes 78 et 79). REM La finale -(t)im que l'on trouve dans partim est devenue un suffixe permettant
Comme les adjectifs qualificatifs, certains adverbes peuvent avoir de former des adverbes (souvent distributifs) à partir de noms: vir (homme) —> viritim
un comparatif et un superlatif, qui sont également invariables (par homme).

(—» paragraphe 80). Les adverbes issus de pronoms-adjectifs


Praeterea modestissume parendo et saepe obviam eundo periculis, La plupart des pronoms-adjectifs quantitatifs (en incluant certains adjectifs
in tantam claritudinem brevi pervenerat ut nostris vehementer carus numéraux —» paragraphe 47 à 53) donnent des adverbes. Ces adverbes
sont des formes figées d'accusatif, de génitif ou d'ablatif singuliers:
(...) eSSet. (Sall.Jug., 7, 4)
primus, -a, -um (premier) —» primum, primo (d'abord)
En outre, en obéissant très modestement et en affrontant souvent le péril, il était
multus, -a, -um (nombreux) —» multum, multi, multo (beaucoup)
parvenu rapidement à une si grande célébrité qu'il devint très cher à nos soldats.
nihil (rien) —» nihil (en rien)
La forme de l'adverbe dépend généralement de sa fonction :
78 Les adverbes dérivés d'adjectifs qualificatifs - forme d'accusatif, quand il modifie un verbe (—» paragraphe 182);
La plupart des adverbes de manière sont dérivés des adjectifs qualificatifs.
Tu si me amas tantum quantum profecto amas... (Oc., Att, 2, 20,5)
Les dérivés d'adjectifs qualificatifs de la l r e classe Si tu m'aimes autant qu'assurément tu m ' a i m e s . . .
Les adverbes dérivés des adjectifs qualificatifs de la I™ classe - forme de génitif, quand il est complément d'un verbe évaluatif
(—» paragraphe 37) présentent généralement un -e final: (—» paragraphe 185) ;
malus, -a, -um (mauvais) —» maie (mal)
Id quanti aestimabat tanti vendidit. (Cic, Verr. 2. 4,10)
Non maie dixit régi, nullum emisit ne calamitosi quidem verbum,
Il l'a vendu aussi cher qu'il l'estimait.
cum aeque cor suum quamjilii transfixum videret. (Sen., fr., 3,14,5)
- forme d'ablatif, quand il modifie un comparatif ou une locution
Il ne parla pas mal au roi ; il ne laissa même pas échapper un m o t de plainte, bien qu'il
comparative.
vît son cœur transpercé autant que celui de son fils.
Quanto erat in dies gravior (...) oppugnatio, tanto crebriores
Les dérivés d'adjectifs qualificatifs de la 2 e classe litterae (...) ad Caesarem mittebantur. (Caes., Gaii., 5. 45, i)
Les adverbes dérivés des adjectifs qualificatifs de la 2e classe Plus le siège devenait pénible de jour en jour, plus nombreuses étaient les lettres
(—» paragraphes 38 à 41) présentent généralement une finale -ter: qui étaient envoyées à César.
fortis, -e (courageux) —» fortiter (courageusement)
prudens, -tis (prévoyant) —» prudenter (avec prudence)
REM Un petit nombre d'adverbes dérivés d'adjectifs de la 2e classe se terminent par -e:
facilis, -e (facile) —> facile (facilement).
LES ADVERBES 80-81

80 Le comparatif et le superlatif des adverbes Les adverbes de lieu sont formés sur le pronom-adjectif anaphorique
is, ea, id (—• paragraphe 60) et sur les pronoms-adjectifs démonstratifs
Le comparatif
hic, iste, ille (—» paragraphes 64 à 66).
Le comparatif des adverbes est généralement formé avec le suffixe -ius:
docte (savamment) —» doctius (plus savamment) LIEU O Ù L'ON EST LIEU O Ù L'ON VA LIEU D ' O Ù L'ON VIENT LIEU PAR O Ù L'ON PASSE

fortiter (courageusement) —» fortius (plus courageusement) ubi? quo ? unde ? qua ?


saepe (souvent) —> saepius (plus souvent) is ibi eo inde ea
Il existe des comparatifs irréguliers; ils correspondent aux adjectifs hic hic hue hinc hac
qualificatifs dont le comparatif est lui-même irrégulier (—» paragraphe 44) : iste istic istuc istinc istac
malus, -a, -um (mauvais) I maie (mal) ille illic illuc illinc illac
pejor, -jus (pire, plusIassezItrop mauvais)Ipejus (pluslassez, trop mal)
Ils répondent aux questions ubi ? (où ?), quo ? (vers où ?), unde ? (d'où ?),
A Le comparatif de l'adverbe est identique au nominatif neutre singulier du comparatif qua ? (par où ?).
de l'adjectif: fortius peut donc, en fonction du contexte, signifier plus courageux ou plus Emplois —» paragraphe 288.
courageusement. REM - Il existe une série d'adverbes relatifs identiques aux adverbes interrogatifs: ubi (où),
quo (vers où), unde (d'où), qua (par où) —> paragraphe 214.
Le superlatif
Inveniebat ex captivis (...) mulieres (...) in eum locum conjecisse quo propter
Le superlatif des adverbes est généralement formé avec le suffixe -issime
paludos exercitui aditus non esset. (Caes., Gall., 2, 16, 5)
(suffixe -issim- du superlatif des adjectifs qualificatifs + -e) :
docte (savamment) —» doctissime (très savamment) Il apprit par des prisonniers que les femmes avaient été rassemblées en un lieu auquel
l'armée ne pouvait accéder en raison des marais.
fortiter (courageusement) —» fortissime (très courageusement)
saepe (souvent) —» saepissime (très souvent) - Il existe de nombreux adverbes indéfinis dérivés des pronoms-adjectifs. Ils présentent
Il existe des superlatifs irréguliers; ils correspondent aux adjectifs les finales -bi pour le lieu où l'on est, -o pour le lieu où l'on va. -unde pour le lieu d'où
qualificatifs dont le superlatif est lui-même irrégulier (—» paragraphe 46) : l'on vient et -a pour le lieu par où l'on passe :
malus, -a, -um (mauvais) I maie (mal) Si quando Romam ahove quo mitterent legatos... (Liv., 38, 30, 7)
pessimus, -a, -um (le pire, très Ile plus mauvais) I pessime (très Ile plus mal) S'ils envoyaient un jour des ambassadeurs à Rome ou en quelque autre endroit...

81 Les adverbes de lieu


Quocumque respexeris, ibi malorum Quel que soit le lieu vers où tu te
tournes, là se trouve la fin de tes
finis est. Vides illum praecipitem maux. Tu vois ce précipice ? C'est
locum ? Mac ad libertatem par là qu'on descend vers la
descenditur. Vides illud mare, illud liberté. Tu vois cette mer, ce
fleuve, ce puits ? La liberté est Jà
Jlumen, illum puteum ? Libertas illic in au fond. Tu vois cet arbre
imo est. Vides illam arborem brevem, rabougri, sec, misérable ? La
liberté y pend.
retorridam, infelicem ? Pendet inde
libertas. (Sen„ ir„ 3, 15, 4)
LA M O R P H O L O G I E VERBALE 82-84

LA M O R P H O L O G I E VERBALE - 3e conjugaison: verbes dont le radical se termine tantôt par une consonne,
tantôt par une voyelle, -i bref ou -e bref (leg-o, legï-s, legë-re: lire);
- 3e conjugaison mixte: verbes dont le radical se termine tantôt par -i bref,
tantôt par -e bref (capï-o, capï-s, capë-re : prendre) ;
- 4 e conjugaison: verbes dont le radical se termine tantôt par -i long, tantôt
par -i bref (audï-o, audï-s, audï-re : écouter).
82 La conjugaison l a t i n e : généralités Conjugaisons —» paragraphes 86, 89, 102, 105.
La conjugaison du verbe est marquée par les variations suivantes: Identifier le radical de p e r f e c t u m
- la personne: il existe six personnes; La première personne du parfait suffit à reconnaître le radical utilisé
- le temps; au perfectum: celui de amo est amav-. Chaque type de conjugaison contient
- le mode: il existe trois modes dits personnels (indicatif, subjonctif, des radicaux de perfectum très variés; il n'est donc pas toujours possible
impératif) et quatre modes insensibles à la personne (infinitif, participe, de déduire d'une forme de perfectum le type de conjugaison: par exemple,
gérondif, supin); lêg-i et cêp-i présentent des formations de perfectum identiques, mais lëgo
- la voix: elle peut être active ou passive; appartient à la 3e conjugaison et câpio à la 3e mixte (—» paragraphes 95, 96,
- la forme du radical: le radical du verbe peut être différent suivant 98, 100, 107, 109).
que l'on est à l'infectum (présent, imparfait, futur), au perfectum (parfait,
plus-que-parfait et futur antérieur) ou au supin. Identifier le radical du participe parfait passif
Le supin (—» paragraphes 118, 119) donne le radical du participe parfait passif
83 Les c i n q conjugaisons d u l a t i n (—> paragraphe 125): celui de amo est amât-. Ce radical est très utilisé
dans des formes composées telles que amâtus sum (j'ai été aimé).
Les temps primitifs
Les verbes sont regroupés en cinq types de conjugaison. Pour identifier 84 Les désinences de personne
le type de chacun, on se reporte aux temps primitifs donnés Il existe quatre séries de désinences:
dans les dictionnaires: chaque verbe est accompagné des cinq formes
SÉRIE 1 SÉRIE 2 SÉRIE 3 SÉRIE 4 a SÉRIE 4 b SÉRIE 4 c SÉRIE 4 d
verbales suivantes, souvent abrégées.
amo {aimer) —> amo: première personne du présent de l'indicatif actif -ô ou -m -ï -(o)r
-s -isti -ris -e -to -re -tor
amas: deuxième personne du présent de l'indicatif actif
-t -it -tur -to -tor
amare: infinitif présent actif -mus -îmus -mur
amavi: première personne du parfait de l'indicatif actif -tis -istis -mini -te -tote -mini
amatum: supin -(u)nt -erunt -(u)ntur -(u)nto -(u)ntor

Identifier le radical d ' i n f e c t u m - La série I est utilisée pour tous les temps et modes personnels* de la voix
Les trois premières formes des temps primitifs permettent d'identifier active, sauf le parfait de l'indicatif et l'impératif.
le radical d'infectum: ici ama-. C'est la forme du radical d'infectum - La série 2 est réservée au parfait de l'indicatif actif.
qui détermine le type de conjugaison suivi par le verbe: - La série 3 est employée pour l'infectum de la voix passive, ainsi qu'à l'actif
- Ire conjugaison: verbes dont le radical se termine par -a; pour des verbes dits déponents (—> paragraphe 137).
- 2e conjugaison: verbes dont le radical se termine par -e (dele-o, dele-s, - La série 4 est limitée à l'impératif, avec des variations suivant le temps
dele-re : détruire) ; et la voix: 4a s'emploie pour le présent actif, 4b pour le futur actif,
4c pour le présent passif et 4d pour le futur passif.
LA M O R P H O L O G I E VERBALE 85-87

85 Les verbes irréguliers 87 L'indicatif présent actif des verbes irréguliers


Les verbes irréguliers sont des verbes qui n'appartiennent pas à l'un des cinq
sum possum prosum : eo : fero :
types de conjugaison: leurs temps primitifs ne p e r m e t t e n t pas de r e t r o u v e r être être utile porter
pouvoir aller
l'ensemble de la conjugaison o u ils n'utilisent pas les désinences ordinaires.
C e s o n t généralement des verbes usuels; les plus fréquents s o n t : sum (être),
sum possum prosum eo fero
es potes prodes 1S fers
eo (aller), volo (vouloir) e t fero (porter).
est potest prodest it fert
sumus possumus prosumus îmus ferimus
estis potestis prodestis itis fertis
LE M O D E I N D I C A T I F - LES T E M P S DE L ' I N F E C T U M sunt possunt prosunt eunt ferunt

86 L'indicatif présent actif des verbes réguliers


vouloir refuser préférer
l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON

audio : volo nolo malo


an»: deleo : lego: capio :
vis non vis mavis
aimer détruire lire prendre écouter non vult
rad. leg-/legi- rad. capi- rad. audi-
vult mavult
rad. ama- rad. dele-
volumus nolumus malumus
amo deleo lego capio audio vultis non vultis mavultis
amas delës legis capis audîs volunt nolunt malunt
amat delet legit capit audit
amâmus delëmus legimus capimus audimus S u m ( ê t r e ) , ses d é r i v é s e t ses c o m p o s é s
amâtis delêtis legitis capitis auditis La plupart des verbes d é r i v é s ' de sum suivent sa conjugaison:
amant delent legunt capiunt audiunt absum (être absent), adsum (être présent), desum (monquer), insum

Emplois —» paragraphes 304 à 309. (être dans), i n t e r s u m (être dans l'intervalle), o b s u m (être nuisible),
praesum (être à la tête), subsum (être dessous).
REM La conjugaison de capio est qualifiée de mixte, parce que ses formes tiennent à la fois
Le verbe composé* possum (pouvoir) présente une p r e m i è r e partie de radical
du type lego et du type audio.
changeante : pos- devant les f o r m e s de sum c o m m e n ç a n t par [s] e t pot-
- Les verbes du type capio (3 e mixte) et les verbes du type audio (4e) ne se distinguen
devant les f o r m e s c o m m e n ç a n t par [ e ] .
qu'à trois personnes, par la longueur du -i- du radical :
Le verbe dérivé p r o s u m (être utile) présente également une alternance: p r o -
capîs / audîs
devant [s] e t p r o d - devant voyelle.
capïmus / audimus
capïtis / audïtis E o (aller) e t ses d é r i v é s
- Les verbes du type capio (3e mixte) et les verbes du type lego (3e) ne se distinguent Les n o m b r e u x verbes dérivés* de eo se conjuguent de la m ê m e f a ç o n :
qu'à la première personne du singulier et à la troisième personne du pluriel : abeo (s'en aller), adeo (aller vers), exeo (sortir de), intereo (disparaître),
capio / lego subeo (aller sous), transeo (passer), etc.

capiunt / legunt
F e r o (porter) e t ses d é r i v é s
Le v e r b e fero se rattache à la 3 e conjugaison, sauf p o u r les f o r m e s en grisé.
Les verbes dérivés* de fero suivent e x a c t e m e n t sa conjugaison :
adfero (apporter), aufero (emporter), infero (jeter dans), offero (présenter),
refera (reporter), suffero (supporter), etc.
LA M O R P H O L O G I E VERBALE 87-91

Volo (vouloir) e t ses c o m p o s é s Les formes d'imparfait présentent un suffixe (e)ba- caractéristique.

nolo < *ne-volo C e suffixe a la forme -ba- aux deux premières conjugaisons et la forme -ëba-

malo < *magis-volo aux trois autres.


Emplois —» paragraphes 310 à 315.
Dans les composés' nolo et malo, les formes de volo ne sont reconnaissables
qu'à certaines personnes (en grisé dans le tableau). REM - À l'imparfait, la 3e conjugaison mixte est indiscernable de la 4 e conjugaison.
- La forme -ba- du suffixe se rencontre parfois à la 4e conjugaison dans les textes
A Es, est, et estis peuvent être des formes irrégulières du verbe edo {manger).
poétiques: saevio, -is, -ire (être cruel) —> saevibam.

88 L'indicatif présent passif


l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON
90 L'indicatif imparfait actif des verbes irréguliers

capior : audior :
être aimé être détruit être lu être pris être écouté être aller
rad. er- rad. i-
amor delëor legor capïor audïor erâm ibâm
amâris delëris legëris cape ris audlris erâs ibâs
amâtur delëtur legïtur capïtur audîtur erât ifcât
amâmur delëmur legïmur capïmur audïmur erâmus ibâmus
amâmini delëmini legïmini capïmini audîmini erâtis i/bâtis
amântur delëntur leguntur capïuntur audïuntur erânt ibant
L'indicatif présent passif présente les désinences de la troisième série
S u m (être), ses d é r i v é s e t ses c o m p o s é s
(—» paragraphe 84) ajoutées au radical d ' i n f e c t u m .
L'imparfait du verbe sum, de ses dérivés* et de ses composés*
REM - Parmi les verbes irréguliers, seul fero (porter) présente une conjugaison complète, (—> paragraphe 87) est caractérisé par un suffixe -a- et par un radical er-.
avec comme seules formes irrégulières ferris (deuxième personne du singulier) Possum (pouvoir) présente à l'imparfait le radical p o t - suivi de e r a m : p o t e r a m ,
et fertur (troisième personne du singulier). poteras, etc. Prosum (être utile) présente à l'imparfait le radical p r o d - suivi de
- Eo (aller) a une troisième personne du singulier itur, qui est un passif impersonnel eram : p r o d e r a m , proderas, etc.
(—> paragraphe 160).
Eo (aller) e t ses d é r i v é s
- Sum (être), volo (vouloir), leurs dérivés* et leurs composés* (—> paragraphe 87)
Eo est le seul verbe où le i- du radical est suivi de -ba-, au lieu de -eba-.
n'ont pas de passif.

91 L'indicatif imparfait passif


89 L'indicatif imparfait actif des verbes réguliers
l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON
l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON j
amor : deleor : legor
deleo : lego: audioMBj
être aimé être détruit être lu
aimer détruire prendre écouter
rad. ama- rad. dele- rad. leg/legi- rad. capi- rad, audi-

capiefcar audiebam amafcâr deleibâr legebâr capieibâr audiebâr


amabam dele/bam legebam jm
audiebâ s ama/bôris dele/bûris legefbâris capiebâris audie/bâris
amabûs delebâs legebâ s capiebâïss
audiebât amafcâtur deleèâtur legebâtur capiebâtur audietâtur
amabât delebât legebât capiebât
audiefcâmus amabâmur delefcâmur legefbâmur capiefcâmur audie/bâmur
amafcâmus deleiwmus legebamus capiebômus
audiebâtis amaiâmini delebâmini legebâmini capiebamini audie/bâmini
amabâtis delefcâtis legebâtis capiebôtis
audieMnt amaWntur deleibântur legefbantur capieMntur audiebantur
amabânt delefcânt legeba nt capiefcânt
LA M O R P H O L O G I E VERBALE 92-95

92 L'indicatif futur actif des verbes réguliers 94 L'indicatif futur passif


I r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON
l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON

prendre être aimé être détruit être lu être pris être écouté
aimer détruire

amaio delebo legâm capiam audiâm amabor delebor legar capiar audiar
amabis delebis legês capies audiês amaberis deleberis legeris capiêris audiêris
amabit delebit legët capiët audiët amabitur delebitur legêtur capiêtur audiêtur
amabimus delebimus legêmus capiemus audiêmus amabimur delebimur legêmur capiëmur audiëmur
amabitis delebitis legêtis capietis audiëtis amabimini delebimini legëmini capiêmini audiëmini
amabunt delebunt legënt capiënt audiënt amabuntur delebuntur legëntur capiëntur audiëntur
Le futur est caractérisé, soit par le suffixe -b(i)- dans les deux premières
Le futur est caractérisé, soit par le suffixe -b(i)- dans les deux premières
conjugaisons, soit par le suffixe -a-/-e- dans les autres.
conjugaisons, soit par le suffixe -a-/-e- dans les autres.
Emplois —» paragraphes 316 à 320. REM - On ne peut distinguer la première personne du futur legar, capiar, audiar
de la première personne du subjonctif présent (—> paragraphe 104).
A On ne peut distinguer la première personne du futur legam, capiam, audiam
- Legeris peut être soit un présent passif, soit un futur passif de l'indicatif
de la première personne du subjonctif présent (—> paragraphe 102).
mais la voyelle -e- est brève au présent (—> paragraphe 88) et longue au futur.

93 L'indicatif futur actif des verbes irréguliers

LE M O D E INDICATIF - LES T E M P S DU PERFECTUM


être aller
rad. er- rad. i- 95 Le radical du perfectum
ero ibo
eris ibis Populus Romanus quascumque urbis Le peuple romain fit don au roi
erit iiu't et agios manu ceperat régi dono dédit, de toutes les cités et de tous
erimus ibimus les territoires qu'il avait conquis
eritis ibitis lgitur amicitia Masinissae bona par la force. Ainsi, l'amitié
erunt ibunt
atque honesta nobis permansit. Sed de Massinissa resta pour nous sûre
et fidèle. Mais la fin de sa vie fut
Sum (être), ses dérivés e t ses composés imperi vitaeque ejusfinis idemjuit.
en même temps la fin de
Le futur de sum est caractérisé non par un suffixe, mais par la forme
Dein Micipsajïlius regnum solus son empire. Ensuite; son fils
du radical er-/eri-. Micipsa obtint seul le trône.
obtinuit. (Sall.Jug., s, 4-5)
Possum {pouvoir) présente le radical pot- suivi de ero: potero, etc.
Prosum (être utile) présente le radical prod- suivi de ero : prodero, etc.
Pour retrouver, à partir d'une forme de perfectum (parfait, plus-que-parfait,
Eo {aller) et ses dérivés futur antérieur), l'entrée du verbe dans le dictionnaire, il faut connaître
Eo est le seul verbe où le suffixe -b- suit un [i].
les différents types de formation du radical.
LA M O R P H O L O G I E VERBALE 9S-96

Radical de l'infectum + -u-/-v- C h a n g e m e n t c o m p l e t de radical (supplétisme)

C'est le type le plus f r é q u e n t e t le plus r é g u l i e r ; presque t o u s les verbes Pour quelques verbes, peu n o m b r e u x mais usuels, le radical du p e r f e c t u m

de la p r e m i è r e conjugaison suivent cette f o r m a t i o n : est c o m p l è t e m e n t indépendant du radical de l'infectum (—» paragraphe 8 3 ) :

amo (j'aime) —» ama-v- sum (je suis) —» fu-i (je fus)


Mais o n t r o u v e ce m ê m e t y p e de f o r m a t i o n dans d'autres conjugaisons : fer-o (je porte) —» t u l - i (j'ai porté)

deleo (je détruis) —» dele-v- REM - Le même radical de perfectum peut servir pour deux verbes différents:
audio (/'écoute) —» audi-v- sustul-i pour toll-o (je lève) et suffer-o (je supporte)
Parfois, l'adjonction de ce suffixe - u - / - v - s'accompagne d'une modification pepend-i pour pend-o (je pèse) et pende-o (je su/s suspendu)
du radical : - Les verbes irréguliers à l'infectum ont généralement des conjugaisons
obtine-o (j'obtiens) —> obtin-u-i (j'ai obtenu) et des formations régulières au perfectum:
vol-o (je veux) —> vol-u-i (j'ai voulu)
Radical + -s-
nol-o (je refuse) —> nol-u-i (j'ai refusé)
Le suffixe -s- est rare ailleurs que dans la 3 e conjugaison:
mal-o (je préfère) —i mal-u-i (j'ai préféré)
permane-o (je reste) —> perman-s-i (je suis resté)
e-o (je vais) —i i-v-i (je suis allé)
L'adjonction de -s- a souvent modifié les consonnes finales du radical:
Possum (je peux) est le seul verbe formé à partir de sum (—> paragraphe 87) qui cesse
scrib-o (/'écris) —* *scrib-s-i > scrip-s-i (j'ai écrit)
complètement de suivre sa conjugaison; il a au perfectum un radical propre: pot-u-,
reg-o (je dirige) —» *reg-s-i > rex-i (j'ai dirigé)
m i t t - o (j'envoie) —> * m i t - s - i > mis-i (j'ai envoyé)
96 L'indicatif parfait actif
Redoublement
l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON
C'est un phénomène isolé qui modifie le d é b u t du radical:
amo : deleo : lego : capio : audio :
c u r r o (je cours) —» c u c u r r i (j'ai couru)
aimer détruire lire prendre écouter
t o n d e o (je tonds) —» totondi (j'ai tondu) rad. amav- rad. delev- rad. lëg- rad. cëp- rad. audiv-
d o (/e donne) —» d e d i (j'ai donné)
amavi delevi legi cepi audivi
C h a n g e m e n t de voyelle du radical amavisti delevisti legisti cepisti audivisti
amavit delevit legit cepit audivit
C e changement peut se p r o d u i r e :
amavimus delevimus legimus cepimus audivimus
- soit par simple allongement, ce qui ne pose pas de p r o b l è m e amavistis delevistis legistis cepistis audivistis
d'identification; amaverunt deleverunt legerunt ceperunt audiverunt
vënio (/e viens) —» vëni (je suis venu)
lëgo (je lis) —* lêgi (j'ai lu) Les désinences de parfait suivent simplement le radical du p e r f e c t u m .

- soit par allongement, avec changement de t i m b r e . REM - La troisième personne du pluriel peut présenter une désinence archaïque -ère, au lieu
c | p i o (/e prends) —» cëpi (j'ai pris) de -erunt:
accïpio (je reçois) —> accëpi (j'ai reçu) amavêre = amaverunt (ils ont aimé)
La voyelle [ e : ] caractéristique du parfait remplace alors soit [ a ] , soit [ i ] . - On rencontre des formes "écrasées" (syncopées) qui ont perdu le -u-/-v-
caractéristique du perfectum:
amasti = amavisti (tu as aimé)
LA M O R P H O L O G I E VERBALE 96-100

Pour les verbes de la 4e conjugaison, ces formes écrasées se confondent parfois


99 L'indicatif plus-que-parfait passif
avec des formes de présent, mais elles ont un - i - long, contrairement au présent audit l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON

(il entend), qui a un - i - bref:


audivit —> audit (il a entendu) être aime être détruit être lu être pris être écoute
Emplois —» paragraphes 321 à 323.
amatus eram deletus eram lectus eram captus eram auditus eram
amatus eras deletus eras lectus eras captus eras auditus eras
97 L'indicatif parfait passif amatus erat deletus erat lectus erat captus erat auditus erat
l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISC amati eramus deleti eramus lecti eramus capti eramus auditi eramus
audior : amati eratis deleti eratis lecti eratis capti eratis auditi eratis
amor : deleor : legor : capior : deleti erant
être écouté amati erant lecti erant capti erant auditi erant
être aimé être détruit être lu être pris
L'indicatif plus-que-parfait passif est formé du participe parfait passif

deletus sum lectus sum captus sum auditus sum (—» paragraphe 125), accordé en genre et en nombre avec le sujet,
amatus sum
deletus es lectus es captus es auditus es et de l'auxiliaire sum à l'imparfait (—» paragraphe 90).
amatus es auditus est
deletus est lectus est captus est
amatus est auditi sumus
deleti sumus lecti sumus capti sumus
amati sumus
capti estis auditi estis 100 L'indicatif futur antérieur actif
deleti estis lecti estis
amati estis auditi sunt
deleti sunt lecti sunt capti sunt l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON
amati sunt
L'indicatif parfait passif est formé du participe parfait passif
écouter
(—» paragraphe 125), accordé en genre e t nombre avec le sujet, rad. amav rad. audiv-
et de l'auxiliaire sum au présent (—» paragraphe 8 7 ) :
amavero delevero legero cepero audivero
Ea res est Helvetiis per indicium enuntiata. (Caes., Gaii., i, 4, i) amaveris deleveris legeris ceperis audiveris
La chose fut révélée aux Helvètes par une dénonciation. amaverit deleverit legerit ceperit audiverit
amaverimus dele veri mus legerimus ceperimus audiverimus
amaveritis deleveritis legeritis ceperitis audiveritis
98 L'indicatif plus-que-parfait actif amaverint deleverint legerint ceperint audiverint
3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISC
l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON
L'indicatif futur antérieur actif est caractérisé par un suffixe -er(i)- suivi
deleo : lego : capio : audio : des désinences de la première série (—> paragraphe 84).
détruire lire prendre écouter
aimer rad. audiv- REM L'indicatif futur antérieur se distingue du subjonctif parfait (—> paragraphe 107)
rad. delev- rad. lëg- rad. cëp-
rad. amav-
audiveram à la première personne du singulier:
amaveram deleveram legeram ceperam
legerâs ceperâs audiverâs amavero (j'aurai aimé) I amaverim (que j'aie aimé)
amaverâ s deleverâs
deleverat legerat ceperat audiverat Cette distinction se fait parfois aussi par la longueur du - i - :
amaverat
deleverâmus legerâmus ceperâmus audivewmusf amaveris (futur antérieur)/amaveris (subjonctif parfait)
amaverâ mus
amaverâtis deleverâtis legerâtis ceperâtis audiveratis
audiverant Emplois —» paragraphes 325, 328 à 331.
amaverant deleverant legerant ceperant

L'indicatif plus-que-parfait actif est caractérisé par un suffixe era- suivi


des désinences de la première série (—> paragraphe 84).
Emplois —» paragraphes 325, 328 à 331.
LA M O R P H O L O G I E VERBALE 101-104

103 Le subjonctif présent actif des verbes irréguliers


101 L'indicatif futur antérieur passif
l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON sum r • • * volo:
être vouloir
amor :
être détruit être lu être pris être écoute
être aimé si m velim
sis vells
deletus ero lectus ero captus ero auditus ero velit
amatus ero sit
deletus eris lectus eris captus eris auditus eris velîmus
amatus eris sïmus
deletus erit lectus erit captus erit auditus erit j sîtis
amatus erit velJtis
auditi erimus
amati erimus deleti erimus lecti erimus capti erimus sint velint
deleti eritis lecti eritis capti eritis auditi eritis
amati eritis
deleti erunt lecti erunt capti erunt auditi erunt Sum (être), ses dérivés e t ses composés
amati erunt
L'indicatif futur antérieur passif est formé du participe parfait passif Au subjonctif présent, le verbe sum, ses dérivés* et ses composés*
(—» paragraphe 125), accordé en genre et en nombre avec le sujet, (—» paragraphe 87) présentent un suffixe - i - caractéristique: sim, possim
et de l'auxiliaire sum au futur (—» paragraphe 93). (de possum: pouvoir), prosim (de prosum: être utile), etc.

Volo (vouloir) et ses composés


Le verbe volo et ses composés*, nolo (refuser) et malo (préférer), présentent
LE M O D E S U B J O N C T I F - également le suffixe -i- : v e l i m , nol-i-m, mal-i-m, etc.
LES T E M P S DE L ' i N F E C T U M
REM Eo (aller) et fero (porter) ont des formations régulières: eam, feram.

102 Le subjonctif présent actif des verbes réguliers


104 Le subjonctif présent passif
l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4e CONJUGAISON]
l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON
•MMgpgpp- deleo : lego: capio : audio W/A
détruire lire prendre écouter
aimer rad. audi- être aimé être détruit être lu être pris être écouté
rad. am- rad. dele- rad.leg- rad. capi-

deleam legam capiam audiam


amem amer delear legar capiar audiar
deleâs legâs capiâs audiâs
amës amêris deleâris legâris capiâris audiâris
deleat légat capiat audiat
amet amêtur deleatur legâtur capiâtur audiâtur
deleâmus legâmus capiâmus audiâmus
amêmus
deleatis legâtis capiâtis audiâtis amëmur deleâmur legâmur capiâmur audiâmur
amêtis amêmini deleâmini legâmini capiâmini audiâmini
deleant legant capiant audiant
ament amentur deleantur legantur capiantur audiantur
Le subjonctif présent est caractérisé par un suffixe -a- suivi des désinences
de la première série (—» paragraphe 84), sauf pour les verbes
de la lre conjugaison où le suffixe -e- se substitue à la voyelle [a] du radical.
REM On ne peut distinguer la première personne de l'indicatif futur legam, capiam, audiam
(—i paragraphe 92) de la première personne du subjonctif présent.
Parfois, même le contexte ne permet pas de décider entre les deux:
Quid dicam ? Que vais-je dire ? ou Que pourrais-je dire ?
Emplois —» paragraphes 243, 264, 277 à 279, 328 à 331.
LA M O R P H O L O G I E VERBALE 105-108

LE M O D E S U B J O N C T I F -
105 Le subjonctif imparfait actif
LES T E M P S D U P E R F E C T U M
2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON
l r e CONJUGAISON

amo: deleo : 107 Le subjonctif parfait actif


détruire lire prendre écouter
aimer l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE
rad. lege- rad. cape- rad. audi- 4 e CONJUGAISON
rad. ama- rad. dele-

amarem delerem légère m caperem audirem audio :


amarês delerês légères caperês audirês aimer détruire //re prendre écouter
er
amaret deleret legeret caperet audiret rad. amav- rad. delev- rad. lëg- rad. cëp- rad. audii

amarêmus delerëmus legerêmus caperêmus audirëmus amaverim deleverim legerim ceperim audiverim
amarêtis delerêtis legerêtis caperêtis audirêtis amaveri s deleveris legeris ceperis audiveris
amarent delerent légère nt caperent audirent amaverit deleverit legerit ceperit audiverit
Le subjonctif imparfait est caractérisé par le suffixe -re-; aussi donne-t-il amaverimus deleverimus legerimus ceperimus audiverimus
amaveritis deleveritis legeritis ceperitis audiveritis
l'illusion d'être constitué de l'infinitif présent (—» paragraphe 127) amaverint deleverint legerint ceperint audiverint
et des désinences de la première série (—> paragraphe 84).
Le subjonctif parfait actif est caractérisé par le suffixe -eri-.
De fait, par ce moyen mnémotechnique, même les verbes irréguliers
sont facilement reconnaissables: REM Le subjonctif parfait actif se distingue du futur antérieur de l'indicatif (- paragraphe 100)

essem <— sum (être; infinitif: esse) à la première personne du singulier:

irem «— eo {aller; infinitif: ire) amaverim (que j'aie aimé) I amavero (j'aurai aimé)

vellem «— volo (vouloir; infinitif: velle) À certaines personnes, il se distingue aussi parfois par un - i - long:

ferrem «— fero (porter; infinitif: ferre) amaverîs (futur antérieur) /amaveris (subjonctif parfait)

Emplois —> paragraphes 243, 277, 328 à 331. Emplois —» paragraphes 243, 264, 277 à 279, 328 à 331.

106 Le subjonctif imparfait passif 108 Le subjonctif parfait passif


re
l re
CONJUGAISON e
2 CONJUGAISON e
3 CONJUGAISON e
3 CONJ. MIXTE e
4 CONJUGAISONI CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON

être aime être détruit être lu être pris être i


amor :
être aimé être détruit être lu être pris
msm
être écouté
écouté

delerer legerer caperer audirer amatus sïm deletus sim lectus sim captus sim auditus sim
amarer
delerêris legerêris caperêris audirêris amatus sis deletus sis lectus sis captus sis auditus sis
amarêris
delerêtur legerêtur caperêtur audirêtur amatus sit deletus sit lectus sit captus sit auditus sit
amarêtur
delerêmur legerêmur caperêmur audirêmur amati si mus deleti simus lecti simus capti simus auditi simus
amarêmur
delerêmini legerêmini caperêmini audirêmini amati sitis deleti sitis lecti sitis capti sitis auditi sitis
amarêmini
delerentur legerentur caperentur audirentur amati sint deleti sint lecti sint capti sint auditi sint
amarentur
Le subjonctif parfait passif est formé du participe parfait passif
(—> paragraphe 125), accordé en genre et nombre avec le sujet, accompagné
de l'auxiliaire sum au subjonctif présent (—» paragraphe 103).
LA MORPHOLOGIE VERBALE 109-113

109 Le subjonctif plus-que-parfait actif LE M O D E IMPERATIF


re e e e e
l CONJUGAISON 2 CONJUGAISON 3 CONJUGAISON 3 CONJ. MIXTE 4 CONJUGAISON
III L'impératif: généralités
Il n'existe que deux temps au mode impératif: le présent et le futur.
détruire lire prendre écooter
aimer rad. audiv- L'impératif n'existe pas à toutes les personnes: il existe toujours pour
rad. amav- rad. delev- rad.lëg rad. cëp-
la deuxième personne (singulier et pluriel) et se rencontre, au futur seul,
amavissem delevissem legissem cepissem audivissem
audivissës pour la troisième personne.
amavissës delevissès legissës cepissës
amavisset delevisset legisset cepisset audivisset Il présente une série de désinences spécifiques (quatrième série
amavissëmus delevissèmus legissëmus cepissëmus audivissëmus —» paragraphe 84).
amavissëtis delevissêtis legissëtis cepissëtis audivissëtis
amavissent delevissent legissent cepissent audivissent
112 L'impératif présent actif des verbes réguliers
Le subjonctif plus-que-parfait actif est caractérisé par le suffixe -isse; aussi l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON
donne-t-il l'illusion d'être constitué de l'infinitif parfait (—» paragraphe 127)
amo : deleo : lego: capio : audio
et des désinences de la première série (—» paragraphe 84).
aimer détruire lire prendre écoute,
sr
De fait, par ce moyen mnémotechnique, même les verbes irréguliers rad. ama- rad. dele- rad. leg-/legi- rad. capi- rad. aud
(—» paragraphe 85) sont facilement reconnaissables: dele lege cape audi
ama
fuissem <— sum (être; infinitif parfait: fuisse), etc. amate delete legite capite audite
Emplois —» paragraphes 243, 277, 325, 328 à 331.
REM - La forme de deuxième personne du singulier se termine simplement par la voyelle
du radical. Mais pour la 3e conjugaison et la 3e mixte, la voyelle brève finale -i
110 Le subjonctif plus-que-parfait passif
s'est changée en -e: lege (fis), cape (prends).
l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON!
- Les verbes dico (dire), duco (conduire) et facio (faire) ont perdu la désinence -e
deleor : legor : de deuxième personne du singulier: die (dis), duc (conduis), fac (fais).
aimé être détruit être lu
Emplois —» paragraphes 250, 259, 276, 278, 279.
amatus essem deletus essem lectus essem captus essem auditus essem
amatus esses deletus esses lectus esses captus esses auditus esses 113 L'impératif présent actif des verbes irréguliers
amatus esset deletus esset lectus esset captus esset auditus esset
amati essemus deleti essemus lecti essemus capti essemus auditi essemus
amati essetis deleti essetis lecti essetis capti essetis auditi essetis être refuser aller porter
amati essent deleti essent lecti essent capti essent auditi essent
es noli i fer
Le subjonctif plus-que-parfait passif est formé du participe parfait passif nolite ite ferte
este
(—» paragraphe 125), accordé en genre et en nombre avec le sujet,
REM - Le verbe volo (vouloir) et son composé" malo (préférer) sont dépourvus d'impératif.
et de l'auxiliaire sum au subjonctif imparfait (—» paragraphe 105).
- L'impératif noli, nolite sert de semi-auxiliaire" dans l'expression de la défense
(—i paragraphes 279, 362).
LA M O R P H O L O G I E VERBALE 114-118

114 L'impératif présent passif 117 L'impératif futur passif


l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON

audior :
être aime être détruit être lu être pris être écouté être aimé être détruit être lu être pris être écouté

amare delere légère capere audire amator deletor legitor capitor auditor
amamini delemini legimini capimini audimini amator deletor legitor capitor auditor
amantor delentor leguntor capiuntor audiuntor
A - La deuxième personne du singulier est identique à l'infinitif présent actif:
amare (sois aimé) I amare (aimer) REM - L'emploi de l'impératif futur passif est très rare; il concerne seulement les deuxième
et troisième personnes du singulier et la troisième personne du pluriel.
- La deuxième personne du pluriel est identique à la deuxième personne du pluriel
- Parmi les verbes irréguliers (—> paragraphe 85), seul fero (porter) présente
de l'indicatif présent passif (—< paragraphe 88) :
un impératif futur passif: fertor, feruntor.
amamini (soyez aimés) / amamini (vous êtes aimés)
REM Parmi les verbes irréguliers (—> paragraphe 85). seul fero (porter) présente un impératif
présent passif: ferre, ferimini.
LE SUPIN

115 L'impératif futur actif des verbes réguliers


118 Le supin : généralités
l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON
Le supin est une forme d'origine nominale (c'est un ancien nom d'action)
deleo : lego: capio : audio : caractérisée par un suffixe -tu-.
détruire lire prendre écouter
rad. ama- rad. dele- rad. legi- rad. capi- rad. audi- L e s u p i n se d é c l i n e

deletô legitô capitô auditô Le supin ne présente aucune des marques verbales: ni de personne,
amatô
amatô deletô legitô capitô auditô ni de temps, ni de voix. Il ne varie ni en genre, ni en nombre,
amatôte deletôte legitôte capitôte auditôte mais se présente à deux cas : accusatif et ablatif.
amantô delentô leguntô capiuntô audiuntô Il est donné dans les temps primitifs (—> paragraphe 83) :
REM Le futur est le seul temps de l'impératif actif où le verbe peut aussi être employé amo, -as, -are, -avi, -atum (aimer) —» supin : amatum
à la troisième personne, singulier et pluriel.
L e radical d u supin
Emplois —» paragraphes 250, 259, 276, 278, 279. Il est identique à celui des participes futur et parfait
(—» paragraphes 123 à 125):
116 L'impératif futur actif des verbes irréguliers amo —» supin: amatum
participe futur: amaturus, -a, -um
participe parfait: amatus, -a, u m
Quelques verbes (volo: vouloir, par exemple) sont dépourvus de supin;
ils sont également dépourvus de participe futur, et donc d'infinitif futur
estô nolito itô fertô
itô fertô (—> paragraphes 127, 128).
estô
estôte nolitôte itôte fertôte Emplois —> paragraphes 148, 170, 358.
suntô euntô feruntô
LA M O R P H O L O G I E VERBALE 119-123

119 La déclinaison du supin Le participe présent est formé à l'aide du suffixe -(e)nt- ajouté au radical
- CONJUGAISON 2' CONJUGAISON 3= CONJUGAISON 3" CONJ. MIXTE 4= CONJUGAISON d'infectum. Il se décline comme un adjectif de la deuxième classe
sur le modèle de prudens (—» paragraphe 40).
aimer détruire lire prendre écouter
rad. ama- rad. dele- rad.lec- rad. cap- rad. audi- 122 Le participe présent actif des verbes irréguliers
Acc. amatum deletum lectum captum auditum
Sum (être), ses dérivés et ses composés
Abl. amatû deletû lectû captû auditû
Le verbe sum et la majorité de ses dérivés' (—» paragraphe 87) sont
REM - Comme pour le participe parfait passif (—> paragraphe 125), le suffixe de supin peut dépourvus de participe présent actif. Il existe un participe présent pour:
se présenter sous la forme -su-: mitto (envoyer) —i missum. absum (être absent) —» absens, -entis
- Il reste trace pour quelques verbes d'une forme de datif en -tui: memoro (rappeler) praesum (être présent) —» praesens, -entis
—> memoratui. La forme potens, -entis (de possum: pouvoir) est devenue un adjectif
Parmi les verbes irréguliers (—• paragraphe 85) , seul eo (aller) a un supin: itum. qualificatif (puissant).

Eo (aller) et ses dérivés


Le verbe eo a pour participe présent iens, euntis, dont le radical est eunt-
LE MODE P A R T 1 1 C I. F' E
à tous les cas autres que le nominatif singulier. Ses dérivés* se déclinent
de la même façon.
120 Le mode participe : généralités
Les autres verbes irréguliers
Les participes se déclinent
Les autres verbes irréguliers ont des formations régulières:
Les participes sont des formes adjectivales du verbe. Ils se déclinent donc
fero (porter) —> ferens, -entis
comme des adjectifs et s'accordent en genre, nombre et cas avec le nom
volo (vouloir) et ses composés —» volens, -entis; nolens, -entis (nolo: refuser);
auquel ils se rapportent.
malens, -entis (malo: préférer).
Voix et temps
Il existe des participes à l'actif et au passif. Ils se conjuguent au présent, 123 Le participe futur actif des verbes réguliers
au parfait et au futur, mais chaque temps n'existe pas à chaque voix.
l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON

amo : aimer deleo : lego : capio


détruire lire prendre
PRÉSENT rad. ama- rad. dele- rad. lec- rad. cap- rad. audi-
actif amans (aimant) amaturus (allant aimer) amaturus, deleturus, lecturus, capturus, auditurus,
passif
rif .. amatus (ayant été aimé) . -a, -um -a, -um -a, -um -a, -um -a, -um
Le participe futur est formé du radical du supin
121 Le participe présent actif des verbes réguliers
(—» paragraphes 118-119)et du suffixe -turus:
l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON
venio (venir) —> supin : ventum —» participe futur: venturus
Il se décline comme un adjectif de la l re classe, type bonus, -a, -um
aimer détruire lire prendre ecouter (—» paragraphe 37).
rad. ama- rad. dele- rad. leg- rad. capi- rad. audi-
Il entre dans la formation de l'infinitif futur (—» paragraphe 127).
amans, -ntis delens, -ntis legens, -entis capiens, -entis audiens, -enfl
LA M O R P H O L O G I E VERBALE 124-127

124 Le participe futur actif des verbes irréguliers LE M O D E INFINITIF

Sa formation
126 Le mode infinitif: généralités
Le participe futur des verbes irréguliers se forme, comme pour les autres
L'infinitif est un mode non personnel, c'est-à-dire qu'il ne varie pas suivant la
verbes, à partir du radical du supin (quand il existe —» paragraphes 118-119):
personne du sujet. Il varie suivant la voix (actif, passif) et suivant le temps
fero (porter) —-» supin: latum —> participe futur: laturus
(présent, parfait, futur).
eo (aller) —» supin: itum —» participe futur: iturus
inf. parf, passif
Sum (être), ses dérivés et ses composés Divico respondit : ita Helvetios a majoribus suis institutos esse
Le verbe sum et ses dérivés* (—» paragraphe 87) ont pour participe futur inf prés, actif mf. prés, actif
futurus, -a, -um: adsum (être présent) —» adfuturus, etc. uti obsides accipere, non dare consuerint; ejus rei populum
Seul le composé' possum (pouvoir) est dépourvu de participe futur. inf. prés.
Romanum esse testera. (Caes., Gaii, i, 14,7)
125 Le participe parfait passif Divico répondit que les Helvètes avaient été éduqués dans cette coutume par leurs
l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON ancêtres : recevoir des otages, et non en donner ; le peuple romain en était témoin.

amo :
aimer détruire lire prendre écouter 127 L'infinitif actif des verbes réguliers
rad. dele- rad. lec- rad. cap- rad. audi-
rad. ama- l re CONJUGAISON 2' CONJUGAISON 3e CONJUGAISON 3e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON
amatus, deletus, lectus, captus, auditus,
-a, -um -a, -um "*"" delco : lego: capio : audio :
-a, -um -a, -um -a, -um
détruire lire prendre écouter
Le participe parfait passif est formé par adjonction du suffixe -tus, -a, -um
au radical du supin (—> paragraphes 118-119): présent amare delere légère capere audire
capio —» supin: captum —» participe parfait passif: captus, ^ , -um, etc. parfait amavisse delevisse legisse cepisse audivisse
Il se décline comme un adjectif de la I™ classe (type bonus, -a, -um futur amaturum, deleturum, lecturum, capturum, auditurum,
- am, -am, -am, -am, -am,
—» paragraphe 37).
-um esse -umesse -um esse -um esse -um esse
Il entre dans la formation des temps du perfectum des verbes déponents
(parfait, plus-que-parfait, futur antérieur —* paragraphe 137) et du passif L'infinitif présent
(—> paragraphes 97, 99, 101, 108, 110). Il est caractérisé par un suffixe -rë, qui provient du suffixe -se
REM La forme du suffixe peut être modifiée au contact de la consonne finale du radical par rhotacisme' après voyelle.
et se présenter, comme au supin (—< paragraphe 119), sous ia forme -sus: L'infinitif parfait
mitto (envoyer) —> supin : missum —> participe parfait passif: missus, ^, -um Il est caractérisé par le suffixe -isse ajouté au radical de perfectum
(—» paragraphe 95).

L'infinitif futur
Il est formé du participe futur (—> paragraphe 123) suivi de esse
(infinitif présent de l'auxiliaire sum —» paragraphe 128).
LA M O R P H O L O G I E VERBALE 127-130

L'auxiliaire est souvent omis: L'infinitif présent


Il est caractérisé par les deux suffixes -ï et -ri.
Scribis (...) te ad me venturam. (Oc., Fom, 14,3, 5)
Tu écris que tu viendras me voir. L'infinitif parfait
Les verbes qui n'ont pas de participe futur (comme possum Il est formé du participe parfait passif (—» paragraphe 125), accompagné
—» paragraphe 124) n'ont pas d'infinitif futur. de esse (infinitif présent de l'auxiliaire sum —» paragraphe 128). Cet auxiliaire
est souvent omis:
128 L'infinitif actif des verbes irréguliers Cognoscit missum in Hispaniam a Pompeio Vibullium
Rllfum. (Caes., av., I, 34, I)

vouloir porter aller Il apprend que Vibullius Rufus a été envoyé en Espagne par Pompée.
être pouvoir

posse velle ferre ire L'infinitif futur


présent esse
parfait fuisse potuisse voluisse tulisse i(v)isse Son emploi est rare. Il est formé du supin (—» paragraphes 118-119),
futur futurum, laturum, iturum, accompagné de l'infinitif présent passif du verbe eo (iri). Il n'a pas
-am, -um -am, -um -am, -um d'équivalent en français.
esse esse esse Cette forme est parfois remplacée par possum + infinitif présent passif,
ou fore
surtout quand le verbe n'a pas de supin:
Le suffixe ancien -se de l'infinitif présent se maintient après un radical
Sperant sibi (...) rem publicam sine praesidio obici posse. (Oc., Mur., 82)
terminé par [s] : es-se. Mais il subit l'influence des autres consonnes finales
Ils espèrent que l'État leur sera livré sans défense.
du radical:
*vel-se > vel-le
*fer-se > fer-re
Les verbes composés* à partir de volo présentent, à l'infinitif présent, LE M O D E GERONDIF

le même suffixe -le:


nolo (refuser) —» nolle 130 Le gérondif et l'adjectif verbal : généralités
malo (préférer) —» malle Temporis tantajuit exiguitas hostiumque tam paratus ad
gérondif adj. verbal
129 L'infinitif passif dimicandum animus, ut non modo ad insignia adcommodanda, sed
l re
CONJUGAISON 2 e
CONJUGAISON 3 e
CONJUGAISON 3 e
CONJ. MIXTE 4 e
CONJUGAISON adj. verbal adj. verbal
etiam ad galeas induendas scutisque tegimenta detrudenda tempus
être aime defuerit. (Caes., Go//., 2, 21, 5)
Les délais furent si courts et les ennemis si disposés à se battre que le temps manqua
présent amari deleri legi capî audin non seulement pour arborer les insignes, mais aussi pour enfiler les casques et enlever la
(être aimé) (être détruit) (être lu) (être pris) (être écouté) housse des boucliers.
parfait amatum, deletum, lectum, captum, auditum,
-am, -um -am, -um -am,-um -am, -um -am, -um
esse esse esse esse esse
(avoir été aimé) (avoir été détruit) (avoir été iu) (avoir été pris) (avoir été écouté)
futur amatum irî deletum iri lectum iri captum iri auditum iri
LA M O R P H O L O G I E VERBALE 130-134

Le gérondif L'adjectif verbal a t o u j o u r s un sens passif, y c o m p r i s p o u r les verbes


Le g é r o n d i f est une f o r m e nominale du v e r b e , c'est-à-dire qu'il se décline, déponents (—» paragraphe 137):
mais il n'existe qu'au singulier. Il est insensible à la personne, au genre, puer amandus (un enfant aimable s susceptible d'être aimé)
au n o m b r e , à la voix e t au temps. Employé avec l'auxiliaire sum, il marque l'obligation (—> paragraphe 2 6 6 ) :
Il est f o r m é à l'aide du suffixe - n d ( u m ) . Déclinaison —» paragraphe 131. Non paranda nobis solum ea, sedfruenda etiam est^ (Cfc., fin., i, 3)
L'adjectif verbal Il nous faut non seulement nous la procurer (la sagesse), mais aussi en tirer profit.
Parallèlement au gérondif, f o r m é à l'aide du même suffixe, existe un adjectif A u t r e s emplois —» paragraphes 148, 170, 192, 356.
verbal. Il se décline c o m m e un adjectif de la l r e classe (type bonus, -a, - u m
—» paragraphe 37) et s'accorde en genre e t en n o m b r e avec le n o m auquel
il se r a p p o r t e (déclinaison —> paragraphe 132). LES VERBES D E F E C T I F S

131 La déclinaison du gérondif 133 Les verbes défectifs: généralités


re e e e e
Les verbes défectifs s o n t des verbes auxquels manquent certaines f o r m e s .
l CONJUGAISON 2 CONJUGAISON 3 CONJUGAISON 3 CONJ. MIXTE 4 CONJUGAISON
Il peut ainsi leur m a n q u e r :
capio : audio :
- certaines personnes (—» paragraphe 134);
aimer détruire prendre écouter
- certains temps (—» paragraphes 135 e t 136);
- certains modes ( s u r t o u t le supin —» paragraphes 118-119, e t certains
Ace. amandum delendum legendum capiendum audiendum
G. amandi delendi legendi capiendi audiendi participes —» paragraphes 120 à 125);
D. amando delendo legendo capiendo audiendo - l'opposition e n t r e v o i x active e t v o i x passive (—> paragraphes 136-137).
Abl. amando delendo legendo capiendo audiendo Certains verbes irréguliers sont en m ê m e temps défectifs: sum, volo,
leurs composés* e t leurs dérivés*.
REM - Il n'existe pas de nominatif du gérondif; on rencontre à la place l'infinitif
(—i paragraphe 126).
134 Les verbes dépourvus de certaines personnes
- Le verbe sum (être), ses dérivés* et ses composés* (—> paragraphe 87),
ainsi que le verbe volo (vouloir) et ses composés, nolo (refuser) et malo (préférer), Les v e r b e s i m p e r s o n n e l s
sont dépourvus de gérondif. O n appelle verbes impersonnels des verbes qui ne se présentent
- Le verbe eo (aller) a pour gérondif eundum, eundi, eundo. qu'à la 3 e personne du singulier:

Emplois —> paragraphes 148, 170, 200, 356. - les verbes météorologiques : p l u i t (/'/ pleut), calet (;7 fait chaud),
tonat (il tonne), grandinat (il g r ê l e ) ;

132 La déclinaison de l'adjectif verbal - quelques verbes e x p r i m a n t un sentiment, d o n t le sujet r é e l *

e e e e
est à l'accusatif: me miseret (j'ai pitié), m e paenitet (j'en ai assez),
,re CONJUGAISON 2 CONJUGAISON 3 CONJUGAISON 3 CONJ. MIXTE 4 CONJUGAISO^
me piget (j'ai de la peine), m e pudet (j'ai honte), m e taedet (j'ai du dégoût) ;
deleo : lego: capio : audio :
- des verbes e t locutions e x p r i m a n t la convenance o u l'obligation :
détruire lire prendre écouter
rad. dele- rad. leg- rad. capi- rad. audi- decet (/'/ convient), licet ( i est permis), o p o r t e t (il faut), necesse est (il faut).
rad. ama-
Ces verbes apparaissent à la plupart des temps conjugués e t à l'infinitif.
amandus, delendus, legendus, capiendus, audiendus,
-a, -um -a, -um -a, -um -a, -um -a, -um
LA M O R P H O L O G I E VERBALE 134-137

Les verbes d ' e m p l o i l i m i t é 136 Fio ( d e v e n i r ) / f a c i o (faire)


Quelques verbes utilisés en incise* o u dans des formules présentent Le verbe fio, -is, fieri, factus sum (devenir) se conjugue sur le modèle
seulement certaines f o r m e s : de audio (écouter, 4 e conjugaison) p o u r les t e m p s de l'infectum, sauf
- aio {dire) est employé au p r é s e n t : aio, ais, ait, aiunt; à l'imparfait: aiebam, au subjonctif imparfait (fierem) e t à l'infinitif présent, qui est de f o r m e
aiebas, e t c . ; passive (fieri). Ces f o r m e s d ' i n f e c t u m servent de passif à facio.
- i n q u a m n'apparaît qu'en p r o p o s i t i o n incise: i n q u a m (dis-je), inquis, i n q u i t , Inversement, au p e r f e c t u m , fio e m p r u n t e les f o r m e s passives de facio: factus
i n q u i u n t o n t une valeur de présent aussi bien que de parfait; sum (je suis devenu), etc.
- quaeso (je vous prie) se r e n c o n t r e aussi au p l u r i e l :
INFECTUM PERFECTUM
quaesumus (nous vous prions) ;
fio fio (je deviens) factus s u m (je suis devenu)
- salve, salvete (salut) s o n t des impératifs utilisés dans la c o r r e s p o n d a n c e ;
facio fio (je suis fait) factus sum (j'ai été fait)
- ave, avete (bonjour) s o n t également des impératifs.
REM - Les verbes composés* de facio suivent son modèle de conjugaison:
135 Les verbes dépourvus des temps de l ' i n f e c t u m patefacio (oumr)/patefio (être ouvert). En revanche, les verbes dérivés*, comme perficio
(achever), ont une formation régulière de passif: perficior, etc.
Coepi, memini et odi
- Quelques verbes emploient comme passif des formes actives empruntées à d'autres
Quelques verbes n'apparaissent qu'aux t r o i s temps du p e r f e c t u m , mais avec
verbes:
le sens du temps de l ' i n f e c t u m c o r r e s p o n d a n t :
doceo (instruire) I disco (être instruit = apprendre)
- parfait = présent —» coepi {je commence) ;
vendo (de venum do : vendre) / veneo (de venum eo : être mis en vente)
- p l u s - q u e - p a r f a i t = imparfait —» coeperam (je commençais) ;
verbero (frapper) I vapulo (être frappé)
- f u t u r antérieur = futur —» coepero 0e commencerai).
Ces verbes sont donnés dans les dictionnaires aux l r e e t 2 e personnes
137 Les verbes déponents
du singulier du parfait de l'indicatif e t à l'infinitif parfait:
coepi, coepisti, coepisse (commencer) Définition
m e m i n i , m e m i n i s t i , meminisse (se souvenir) Les verbes déponents s o n t des verbes d o n t la plupart des f o r m e s
o d i , o d i s t i , odisse (hoir) appartiennent à la v o i x passive, mais qui s o n t de sens actif.

Nosco et consuesco Non irascetur sapiens peccantibus. Quare? Quia scit neminem nasci
Quelques verbes du t y p e de coepi présentent aussi, e x c e p t i o n n e l l e m e n t , sapientem, sedfieri. (Sen., ir., i, IO, 6)
les formes de l'infectum: Le sage ne s'emportera pas contre les gens qui commettent des fautes.
nosco (j'apprends à connaître) —* novi (j'ai appris à connaître, donc je connais), Pourquoi ? Parce qu'il sait que personne ne naît sage, mais qu'on le devient.
novisti, novisse, notum
consuesco (je m'accoutume à) —» consuevi (je me suis accoutumé, Les cinq conjugaisons

donc j'ai l'habitude d e ) , consuevisti, consuevisse Les verbes déponents se conjuguent sur le modèle des verbes amo (aimer),

À l'infectum, l'action est à son c o m m e n c e m e n t (aspect i n c h o a t i f ) ; deleo (détruire), lego {lire), capio (prendre) et audio (écouter) à la voix passive

le p e r f e c t u m donne le résultat présent, une fois cette action achevée (—» les paragraphes indiqués p o u r chaque t e m p s ) .

(aspect accompli). REM - Les participes présent et futur suivent les modèles de la voix active :
imitans (imitant) /amans (aimant), etc.
- L'adjectif verbal a un sens passif: imitandus, -a, -um (devant être imité), etc.
LA M O R P H O L O G I E VERBALE 137

l r e CONJUGAISON 2 e CONJUGAISON 3 e CONJUGAISON 3 e CONJ. MIXTE 4 e CONJUGAISON

imitor : imiter vereor : craindre patior : supporter blandior : flatter


—> amor —> deleor —> capior —» audior
indicatif
présent (—» 88) imitor vereor utor patior blandior
imparfait (—> 91) imitaiwr verebar utefcar patiebar blandieba r
futur (—> 94) imitabor verebor utar patiar blandia r
parfait (— 97) imitatus sum veritus sum us us sum pas us sum blanditus sum
plus-que-parfait (—> 99) imitatus eram veritus eram usus eram passus eram blanditus eram
futur antérieur (—» 101) imitatus ero veritus ero usus ero passus ero blanditus ero

subjonctif
présent (—> 104) imiter verear utar patiar blandia r
imparfait (—» 106) imitarer vererer uterer paterer blandirer
parfait (—» 108) imitatus si m veritus si m usus si m passus si m blanditus si m
plus-que-parfait (—> MO) imitatus essem veritus essem usus essem passus essem blanditus essem

impératif
présent (—» 114) imitare verere utere patere blandire
futur (—117) imitator veretor utitor patitor blanditor

supin
(-119) imitatum veritum usum pas sum blanditum

participe
présent (—> 121) imitans verens utens patiens blandiens
futur (— 123) imitaturus veriturus usurus passurus blanditurus
parfait (—» 125) imitatus veritus usus passus blanditus

infinitif
présent (—» 129) imitari vereri uti pati blandiri
parfait (—> 129) imitatum esse veritum esse usum esse pas sum esse blanditum esse
futur (— 129) imitaturum esse veriturum esse usurum esse passurum esse blanditurum esse

gérondif
(-131) imitandum verendum utendum patiendum blandiendum

adjectif verbal
( - 132) imitandus verendus utendus patiendus blandiendus
138 Les verbes semi-déponents

Définition
r SYNTAXE
Quelques verbes, appelés semi-déponents, présentent des f o r m e s actives
à l ' i n f e c t u m (présent, imparfait, f u t u r ) e t des f o r m e s passives au p e r f e c t u m
(parfait, plus-que-parfait, f u t u r a n t é r i e u r ) : 139 Définitions
audeo (j' ose ) / ausus sum (j'ai osé) La syntaxe étudie l'organisation des t e r m e s à l'intérieur de la phrase.
gaudeo O'e rne réjouis) I gavisus sum (je me suis réjoui)
D u t e r m e au syntagme
soleç (j'ai l'habitude) I solitus sum (j'ai eu l'habitude)
L'organisation des t e r m e s est hiérarchisée: les mots se c o m b i n e n t en
fïdo O'e rne fie ô)/fisus sum O'e me suis fié à)
groupes (ou syntagmes).
U n e e x c e p t i o n : r e v e r t o r (revenir)
Erat in (rallia ultcriore legio una. (Caes., Gait. I, 7,2)
Le verbe revertor (revenir) présente des f o r m e s passives à l'infectum e t
Il v avait en Gaule ultérieure une seule légion.
des f o r m e s actives au p e r f e c t u m : revertor O'e reviens)Ireverti Oe suis revenu)
Chaque groupe est organisé a u t o u r d'un noyau qui lui donne son n o m : legio
una est un groupe nominal ( G N ) d o n t le noyau est le n o m legio. Les autres
constituants remplissent une f o n c t i o n par r a p p o r t à ce n o y a u : una
d é t e r m i n e le n o m legio.

D u s y n t a g m e à la p r o p o s i t i o n
Les syntagmes se c o m b i n e n t p o u r f o r m e r une p r o p o s i t i o n . La p r o p o s i t i o n
est généralement composée d'un groupe nominal ( G N ) sujet et d'un groupe
verbal ( G V ) accompagné de ses expansions (les compléments
circonstanciels):

Erat in Gallia ultcriore leqio una.


La f o n c t i o n des groupes nominaux se déduit dans une large mesure du cas
p o r t é par le n o m qui en est le n o y a u : le cas nominatif indique ici que legio
una est sujet.

Phrase simple et phrase c o m p l e x e


La phrase simple est f o r m é e d'une seule p r o p o s i t i o n :

Erat in Gallia ultcriore leqio una.


La phrase complexe est f o r m é e de plusieurs p r o p o s i t i o n s :

[Intcrca, [Juin hacc cjcruntur], (...) hostium

copiac conveniunt]. (Caes.. Go»., 1.66. i)


LES C O N S T I T U A N T S SYNTAXIQUES 140-141

Leur fonction
LES CONSTITUANTS Les constituants du GN peuvent remplir des fonctions:
- de déterminants du nom (hoc angulo) ;
JUftïïAïKl - d'expansion du nom: épithète (corpus fessum—» paragraphe 145),
complément du nom (Carthaginis horror—» paragraphe 184);
- d'expansion du G N : apposition, épithète détachée
(—» paragraphes 146 et 147).

LE GROUPE NOMINAL
141 La cohésion du groupe nominal
La cohésion du GN est assurée par l'ordre des mots et l'accord.
140 Les constituants du groupe nominal
In hoc angulo ille Carthaginis horror, Dans cet angle (de la pièce], L'ordre des mots
c e t ob et d e t e r r e u r Les différents constituants du GN peuvent se suivre: hoc angulo (cet angle
cui Roma débet quod tantum semel capta J Pour Carth;
—> paragraphe 140), ille Carthaginis horror (cet objet de terreur pour Carthage).
[Scipion], à qui Rome doit
est, abluebat corpus laboribus rusticis d e n-avoir é t é prise q u w fois>
Ils sont souvent emboîtés: le complément du nom se place souvent entre
Jessum (...)• Sub hoc ille tecto tam lavait son corps fatigué des trava le déterminant et le nom. De même, le complément de l'adjectif se place
agricoles. Il se tenait sous ce toit souvent entre le nom et l'adjectif: corpus laboribus rusticis fessum (son corps
sordido stetit ; hoc illum pavimentum
si modeste ; ce pavement si huti fatigué par les travaux agricoles).
tam vile SUStinuit. (Sen., epist, 86, 5) le portait. Cependant, il est tout à fait usuel que le GN soit discontinu: hoc illum
pavimentum tam vile sustinuit (ce pavement s[ humble le portait).
Leur nature Les constituants du GN sujet (hoc pavimentum tam vile) sont séparés
Le groupe nominal (GN) est constitué d'un noyau nominal: un nom (anguk
par le complément d'objet (illum).
ou un substitut du nom (—> paragraphe 142).
Pour identifier les constituants du G N , on peut s'appuyer sur le phénomène
Il peut, en outre, comporter les constituants suivants:
de l'accord.
- des déterminants (—> paragraphe 143) : hoc angulo (cet angle),
ille (...) horror (cet objet de terreur), hoc tecto (ce toit), hoc pavimentum L'accord
(ce pavement) ; Les déterminants et les adjectifs qualificatifs s'accordent en genre, nombre
- des adjectifs qualificatifs ou participes (—» paragraphes 144 à 147): et cas avec le nom noyau du GN : hoc et vile sont au nominatif neutre
corpus (...) fessum (son corps fatigué), laboribus rusticis (les travaux agricoles), singulier comme pavimentum (—» paragraphes 144, 162). Les GN apposés
tecto tam sordido (ce tort si modeste), pavimentum tam vile (ce pavement s'accordent en cas (—» paragraphe 146).
si humble) ; REM Plusieurs possibilités d'accord se présentent quand des déterminants et adjectifs
- des groupes nominaux (GN) compléments, éventuellement introduits se rattachent à plusieurs noms coordonnés:
par des prépositions (—» paragraphes 207 à 212): Carthaginis horror - Le déterminant et l'adjectif s'accordent généralement en genre et nombre
(cet objet de terreur pour Cartilage) ; avec le nom le plus proche.
- des propositions compléments (propositions relatives, le plus souvent Cum \ vitam tuam ac studia ] considero... (Cic, de orat, 3, 82)
—» paragraphes 214 à 217) : ille (...), cui Roma débet quod tantum semel cap Quand je considère ta vie et tes occupations...
est (lui, à qui Rome doit de n'avoir été prise qu'une fois).
Tuam est au féminin singulier comme vitam, bien qu'il se rapporte également à studia,
L'ensemble du GN commute avec les pronoms anaphoriques qui est au neutre pluriel.
(—» paragraphes 59 à 62, 290 à 297).
LES C O N S T I T U A N T S SYNTAXIQUES 141-143

Pugnantia te loqui non vides ? (Cic Tusc, I, 13)


- Le nom ou l'adjectif apposé s'accordent généralement au pluriel.
Legati a Ptolemaeo et Cleopatra, regibus Aegypti, (...) venerunt. (Liv., 37. 3, 9) Tu ne vois pas que tu dis des choses contradictoires ?

Des ambassadeurs vinrent de la part de Ptolémée et Cléopâtre, les souverains d'Egypte. Pugnantia est le participe présent du verbe pugno (se battre), à l'accusatif
neutre pluriel.
Morphologie du participe —» paragraphes 120 à 125.
142 Le noyau du groupe nominal
Le noyau du GN est généralement un nom, mais il peut également être U n infinitif substantivé
constitué d'un pronom ou d'un adjectif, participe ou infinitif substantivés. L'infinitif substantivé ne se rencontre que dans les fonctions de sujet
ou de complément d'objet; il est rarement accompagné de déterminants:
Un pronom
Il peut éventuellement être accompagné d'une apposition ou d'une relative Istuc nihil dolere non sine magna mercede contingit. (Cic, Tusc, 3,12)
(—> paragraphes 146, 214 à 217): Ce fait de ne pas souffrir ( = cette absence de souffrance) ne s'obtient pas sans payer
pronom apposition le prix fort.

Cum una legione et ea vacillante Luciumfratrem Morphologie de l'infinitif—» paragraphes 126 à 129).

exspectat. (Cic, Phi/., 3, 31) L'absence de n o m noyau


Avec une seule légion et encore, celle-ci vacillante, il attend son frère Lucius.
Parfois, le GN ne comporte pas de nom noyau exprimé:

U n adjectif substantivé Supra septingentos capti. (Liv., 27,42, 7)


Les adjectifs qualificatifs (morphologie —> paragraphes 36 à 46) peuvent Plus de sept cents (hommes) furent faits prisonniers.
être substantivés à tous les genres, aussi bien au singulier qu'au pluriel,
et être accompagnés de déterminants, adjectifs et compléments 143 Les déterminants
(—» paragraphe 148):
Généralités
Doctissimi illi veteres (Oc, fin., 2, ii4)
Les déterminants contribuent à l'identification, éventuellement quantitative,
Les hommes les plus savants du passé
du nom. Leur nombre est limité; ils forment une classe fermée.
Le même adjectif peut être substantivé au masculin : boni, -orum (/es gens Ils sont facultatifs.
de bien) et au neutre: bona, -orum (les biens). Mais la distinction Ils sont combinables avec les adjectifs qualificatifs et parfois entre eux.
morphologique entre les genres disparaît pour les génitif, datif et ablatif; Ils sont classés en adjectifs possessifs (morphologie —> paragraphe 58),
aussi utilise-t-on souvent une forme périphrastique, à ces cas, anaphoriques* (—> paragraphes 59 à 62), démonstratifs (—» paragraphes 63
pour le neutre: à 66), relatifs (—> paragraphes 67 à 69), interrogatifs (—» paragraphes 67, 70,
bonorum (G. pi. m.: les gens de bien)Ibonarum rerum (G. pi. n.: les biens) 71), indéfinis (—» paragraphes 72 à 76).

U n participe substantivé L'absence de d é t e r m i n a n t


Praecipiemus ut naufrago manum porrigat, erranti viam monstret, En l'absence de déterminant, un GN peut être soit défini, soit indéfini:

cum esuriente panem suum dividat. (Sen., ep/st., 95, 51) Vocat interea praetor; poscit scyphos.(C\z., Verr., 2, 4,32)
Nous lui prescrirons de tendre la main au naufragé, de montrer le chemin à celui Cependant, le préteur appelle ; il réclame les coupes.
oui erre, de partager son pain avec celui qui a faim. On ne peut savoir, hors contexte, s'il faut comprendre ici un préteur ou
Erranti, ici, est le participe présent du verbe erro (errer), au datif masculin te préteur, des coupes ou les coupes. C'est le contexte qui permet de trancher.
singulier; esuriente est le participe présent du verbe esurio (avoir faim),
à l'ablatif masculin singulier.
LES C O N S T I T U A N T S SYNTAXIQUES 143-146

REM II n'existe pas d'article en latin. Progressivement, le démonstratif ille a perdu sa valeur Lex est recta ratio imperans honesta, prohibens
pour marquer simplement le caractère défini du nom ; il a ainsi donné naissance contraria. (Gc, nat deon, i, 36)
à l'article défini des langues romanes: La loi est la raison droite qui ordonne le bien et interdit le contraire.
Macarius ille Aegyptius (VStot Potr, 6.3, 4) Le participe présent imperans commute avec une proposition relative
Macarius l'Égyptien comme quae imperat honesta. Le participe prohibens commute avec quae
prohibet contraria.
144 Les adjectifs qualificatifs: généralités C a s p a r t i c u l i e r : l ' e m p l o i d u p a r t i c i p e p a r f a i t passif
Les adjectifs qualificatifs désignent les p r o p r i é t é s , ou qualités, des noms
Parfois, le G N c o m p o r t a n t un participe parfait passif ( m o r p h o l o g i e
( m o r p h o l o g i e —» paragraphe 36 à 46).
—» paragraphe 125) épithète peut c o m m u t e r avec une p r o p o s i t i o n en q u o d

Leur accord + indicatif:

Les adjectifs qualificatifs s'accordent en cas, genre et n o m b r e avec le n o m Angebant (...) virum Sicilia Sardiniaque amissae. (Uv„ 21,1,5)
auquel ils se r a p p o r t e n t : La perte de la Sicile et de la Sardaigne angoissait cet homme.
N. n. sg. N. n. sg.
Le GN Sicilia Sardiniaque amissae, ici, peut commuter avec la proposition
Hoc illum pavimentum tam vile sustinuit. (San, epot, 86,5)
quod Sicilia Sardiniaque amissae erant.
Ce pavement si humble le portait.
C e t t e c o n s t r u c t i o n se r e t r o u v e dans des expressions usuelles:
Les participes peuvent s'employer c o m m e adjectifs qualificatifs, v o i r e devenir ab U r b e condita (depuis la fondation de Rome), post reges exactes
de véritables adjectifs (—» paragraphe 150). (après l'éviction des rois).

Leurs fonctions e t leurs expansions


146 L'apposition
Les adjectifs qualificatifs remplissent, à l'intérieur du G N , les fonctions
d'épithète (—» paragraphe 145), d'apposition (—» paragraphe 146) Sa n a t u r e
e t d'épithète détachée (—» paragraphe 147). Ils peuvent, en o u t r e , La f o n c t i o n apposition peut ê t r e remplie soit par un adjectif qualificatif,
ê t r e attributs (—» paragraphe 155). soit par un n o m , soit par un G N :
Ils peuvent avoir des expansions: adverbes, c o m p l é m e n t s , p r o p o s i t i o n s ou N. m. sg. N. m. sg. N. m. sg.
verbes au supin (—» paragraphe 148). Nunc Laelius et sapiens et amicitiae gloria excellens de amicitia
Il existe, enfin, des c o m p l é m e n t s spécifiques p o u r les f o r m e s de comparatif
loquetUT. (Cic, LaeL, 5)
e t de superlatif des adjectifs qualificatifs (—» paragraphe 149).
Lélius, à la fois sage et célèbre pour son amitié, parlera maintenant de l'amitié.

N. f. sg. N. m. sg. N. f sg. N. f. sg.


145 L'épithète
Historia vero, testis temporum, lux veritatis, vita memoriae,
Définition N. f. sg. N. f. sg.
L'épithète est un adjectif qualificatif o u un participe qui c o m m u t e * magistra vitae, nuntia vetustatis, qua voce alia nisi oratoris
avec une p r o p o s i t i o n relative (—» paragraphe 214):
immortalitati commendatur ? (Oc de orat, 2,36)
Abluebat corpus laboribus rusticisjessum. (Sen., ep/st. 86,5) Mais l'histoire, témoin des siècles, flambeau de la vérité, vie du souvenir, école de la
Il lavait son corps fatigué par les travaux des champs. vie, messagère du passé, par quelle autre voix que celle de l'orateur peut-elle être
L'adjectif fessum, ici, c o m m u t e avec une p r o p o s i t i o n relative c o m m e q u o d confiée à l'immortalité ?

fessum erat.
LES C O N S T I T U A N T S SYNTAXIQUES 146-148

Son accord Lupus gregibus nocturnus obambulat. (Verg., Geor., 3,538)


L'apposition s'accorde en cas, et éventuellement en genre et nombre, Le loup nocturne tourne autour des troupeaux.
avec le nom auquel elle se rapporte. Elle peut être omise sans que = Le loup tourne la nuit autour des troupeaux.
l'identification du GN soit remise en cause. L'adjectif nocturnus, ici, commute avec nocte ou noctu.
REM - Un GN apposé désigne la même chose que le GN auquel il se rapporte: Valeur d'un gérondif à l'ablatif
dans le deuxième exemple, testis temporum, lux veritatis, vita memoriae, magistra vitae
Quand l'épithète détachée est un participe présent, il peut aussi commuter
et nuntia vetustatis désignent la même chose que le mot historia.
avec un gérondif à l'ablatif (morphologie —» paragraphes 130-131):
- On classe parmi les appositions la construction suivante :
Plato qui uno et octogesimo anno scribens est mortuus. (Cic, Cato, 13)
Gallos ab Aquitanis Garumnajlumen dividit. (Caes., GaiL, I, I, 2)
Platon est mort en écrivant, à l'âge de quatre-vingt un ans.
Le fleuve Garonne sépare les Gaulois des Aquitains.
Le participe présent scribens, ici, commute avec le gérondif scribendo.
Dans cette construction, l'apposition commute' avec le génitif de définition
(—> paragraphe 184):
Ceham Buthroti accedimus urbem. (Verg., Aen., 3, 293) 148 Les adjectifs qualificatifs et leurs expansions
L'adjectif qualificatif peut être accompagné d'adverbes, de compléments,
Nous nous dirigeons vers la haute ville de Buthrote.
d'une proposition ou d'un verbe au supin.

147 L'épithète détachée Des adverbes


L'épithète détachée peut avoir la valeur d'une proposition circonstancielle, Les adverbes (—» paragraphes 77 à 81) qui accompagnent l'adjectif
d'un complément circonstanciel ou d'un gérondif à l'ablatif. modifient son sens:
Habetis sermonem bene longum. (Cic, de orot, 2, 361)
V a l e u r d'une p r o p o s i t i o n c i r c o n s t a n c i e l l e
Vous venez d'essuyer un discours bien long.
L'épithète détachée est un adjectif ou un participe commutant* avec
une proposition circonstancielle en cum + subjonctif (—» paragraphe 360). Des compléments
Sed ego adulescentulus initio (...) studio ad rem Les compléments de l'adjectif peuvent être:
publicatn latus sum. (Sali., Cata, 3,3) - un GN au génitif, datif ou ablatif (paragraphes —» 187, 195, 206).
Quant à moi, alors que j'étais encore tout jeune, dès le départ je m'intéressai G, G.
par goût aux affaires publiques. Habetis ducem memorem vestri, oblitum sui. (Cic, Gâta, 4,19)
L'adjectif adulescentulus, ici, commute avec la proposition concessive cum Vous avez un chef qui se souvient de vous et oublieux de lui-même.
adulescentulus essem (—> paragraphe 236). Les adjectifs se construisent souvent avec le même cas que le verbe
Hanc epistulam dictavi sedens in raeda, cum in castra de la même famille: ici, memor est un adjectif de la même famille
que memini (se souvenir + génitif—» paragraphe 185) et oblitus
proficiscerer. (Cit., Att, s, 17)
est le participe de obliviscor (oublier), employé comme adjectif qualificatif;
Cette lettre je l'ai dictée, assis en voiture, alors que je me rendais au camp.
- un GN introduit par une préposition (—> paragraphes 207 à 212);
Le participe présent sedens, du verbe sedeo (être assis), commute avec
Erat ei consilium adjacinus aptum. (Cic, Cata, 3,16)
la proposition temporelle (—» paragraphes 230, 231) cum sederem (in raeda).
Il avait une aptitude au crime.
Valeur d'un c o m p l é m e n t circonstanciel - un GV, dont le verbe prend la forme du gérondif (génitif, datif ou ablatif
L'épithète détachée commute souvent avec un complément circonstanciel —> morphologie, paragraphes 130-131).
(adverbe, GN à l'ablatif—» paragraphes 166 à 172).
LES C O N S T I T U A N T S SYNTAXIQUES 148-151

Qui ineunte aetate venandi aut pilae studiosi fuerunt... (Cic Laei, 74) REM Le superlatif peut être renforcé par l'adverbe quam (/e plus possible):
Quam plurimas civitates suo sibi beneficio habere obstrictas
Ceux qui dans leur jeunesse se sont adonnés à la chasse et aux jeux de balle...
volebat. (Caes., Gall., I, 9, 3)
Le gérondif est concurrencé par l'adjectif verbal en -ndus quand le verbe
Il voulait tenir liées à lui par ses bienfaits le plus de cités possible.
est accompagné d'un complément d'objet (—» paragraphe 356).

U n e proposition 150 Les substituts de l'adjectif qualificatif


La proposition qui accompagne l'adjectif est le plus souvent relative Les participes (morphologie —» paragraphes 120 à 125) peuvent se substituer
(—> paragraphes 214 à 217): aux adjectifs qualificatifs, voire devenir de véritables adjectifs qualificatifs,
111e servos non putat dignos quibus irascatur. (Sen., k., 3,10, 4) avec un comparatif et un superlatif. Seul le participe présent donne lieu
Celui-ci ne juge pas les esclaves dignes de susciter la colère. à des constructions particulières.

Le participe présent à valeur adjectivale


U n verbe au supin
Quand le participe présent est devenu un véritable adjectif, il désigne
Le supin qui accompagne l'adjectif est à l'ablatif (morphologie
une qualité permanente, peut avoir un comparatif et un superlatif
—» paragraphe 118):
et il se construit le plus souvent avec le génitif:
Quod optimum factu videbitur, faciès. (Cic, Au., 1, 22, 2)
Corpus patiens inediae, algoris, vigiliae (Sali., Cota, 5,3)
Tu feras ce qu'il te semblera le mieux à faire.
Un corps capable de supporter la faim le froid, le manque de sommeil

Le participe patiens, ici, vient du verbe patior (supporter) ; il est accompagné


149 Les compléments du comparatif et du superlatif
des noms au génitif inediae, algoris et vigiliae.
Morphologie du comparatif et du superlatif —> paragraphes 42 à 46.
Le participe présent apposé
Le complément du comparatif
Le participe présent apposé, dans son emploi verbal, a la construction
Il est soit à l'ablatif, soit introduit par quam (—> aussi paragraphe 206) :
ordinaire du verbe:
Luce sunt clariora nobis tua consilia omnia. (Gc, Caui., 1,6)
Videtis ut senectus (...) sit operosa, et semper agens aliquid
Tous tes projets sont pour nous plus clairs que la lumière.
et moliens. (Cic, Cato, 26)
Hominem callidiorem vidi neminem I quam Vous voyez comme la vieillesse est industrieuse, toujours occupée à faire
Phormionem. (Ter., Phor., 591-592) et à entreprendre quelque chose.

Je n'ai jamais vu un homme plus malin que Phormion. Les participes agens et moliens sont suivis de l'accusatif (aliquid), comme
Quam introduit une proposition comparative (—» paragraphes 237 à 239) le demande l'emploi des verbes ago et molior.
elliptique : q u a m P h o r m i o n e m (vidi).

Le c o m p l é m e n t du superlatif
Il est soit au génitif, soit introduit par une préposition (ex + ablatif ou inter ^i...9..!*.9..u..f.i...y..l.?..?.^.!r.
+ accusatif—> aussi paragraphe 187): 151 Les constituants du groupe verbal
Horum omnium fortissimi sunt Belgae. (Caes., Go»., 1,1, 2) Milites e loco superiore puis missisfacile hostium
Les Belges sont les plus forts d'eux tous.
phalangem perfregerunt. (Caes., Gall., I, 25, 2)
Tu ex amicis certis mihi es certissimus. (Piaut, T*»., 94) Les soldats, lançant leurs javelots depuis leur position dominante, brisèrent facilement
Toi, tu es le plus sûr de mes amis sûrs. la phalange ennemie.
LES C O N S T I T U A N T S SYNTAXIQUES 151-154

Le verbe (ici perfregerunt) est le noyau du groupe verbal (GV). 154 Les verbes transitifs à complément unique
Le GV peut être constitué d'un verbe seulement (—» paragraphe 152). Le complément d'objet des verbes transitifs peut prendre la forme
Il peut aussi comporter, outre des adverbes (facile), les syntagmes suivants: soit d'un GN (éventuellement introduit par une préposition), soit d'un GV,
soit d'une proposition complétive.
GN à divers cas (phalangem) ou introduits par une préposition
(e loco superiore), propositions subordonnées (pilis missis). U n G N à l'accusatif
Ces syntagmes remplissent les fonctions soit de compléments du verbe Le GN complément d'objet porte le plus souvent la marque d'accusatif:
(complément unique ou double complément—» paragraphes 153 à 156),
Cum tabulas, signa, toreumata emunt, nova diruunt, alia
soit de compléments circonstanciels (expansions du GV —» paragraphes 166
à 172). aedificant, postremo omnibus modis pecuniam trahunt, vexant,
tamen summa lubidine divitias suas vincere nequeunt. (Sali.. Catit., 20,12)
152 Les verbes sans complément Ils ont beau acheter tableaux, statues, vases, démolir des maisons neuves, en édifier
d'autres, bref gaspiller, dilapider leur argent de toutes les façons, ils ne peuvent
Les verbes intransitifs pourtant, malgré toutes leurs folies, venir à bout de leurs richesses.
Certains verbes s'emploient normalement sans complément:
- les verbes impersonnels : pluit (// pleut —» paragraphe 134) ; U n G N à d'autres cas
- les verbes n'exprimant pas une activité: maneo (rester), vivo (vivre), dormio Quelques verbes se construisent avec un GN à un autre cas que l'accusatif:
{dormir) ; - au génitif, des verbes signifiant se souvenir (memini), oublier (obliviscor),
- les verbes exprimant une activité: pugno (combattre), etc. remplir (impleo —» paragraphe 185) ;

L'emploi absolu de certains verbes Vivorum memini, nec tamen Epicuri licet oblivisci. (Cic, fin., 5,3)
Certains verbes qui admettent ordinairement un complément d'objet Je me souviens des vivants, mais pourtant je ne peux oublier Épicure.
peuvent s'employer sans complément: - au datif, des verbes marquant diverses relations à autrui: obéissance
Veni, vidi, vici. (Suet,/ul., 37) (pareo: obéir, servio: être esclave), jalousie (invideo: envier), hostilité
Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu. (noceo: nuire), faveur (faveo: favoriser—» paragraphe 189) ou des verbes
signifiant arriver (accido, contingo, evenio);
Les verbes video et vinco, ici sans complément, supposent ordinairement
quelque chose que l'on voit et que l'on vainc. Philosophiae serviat oportet, ut tibi contingat
REM Exceptionnellement, certains verbes intransitifs admettent un complément d'objet, vera libertas. (Sen., epist, 8, 7)
appelé objet interne parce qu'il s'agit d'un nom de même sens que le verbe: Il faut servir la philosophie pour que t/échoie la vraie liberté.
Mirum atque inscitum somnium somniavi. (Haut., Rud., 597) - à l'ablatif, des verbes signifiant disposer de (utor: utiliser, fruor: profiter de)
J'ai rêvé un rêve (= j'ai fait un rêve) étonnant, absurde. ou manquer de (careo: manquer de, egeo: être privé de —» paragraphe 203);
Commoda quibus utimur, lucemque quajruimur, (...) ab eo nobis
153 Les verbes à complément unique: généralités
daii (...) videmus. (Cic., s. Rose, 131)
Parmi les verbes qui se construisent avec un seul complément, on distingue
Les biens que nous utilisons, la lumière dont nous jouissons, nous voyons que c'est lui
les verbes qui demandent un complément d'objet (verbes transitifs
(Jupiter) qui nous les a donnés.
—» paragraphe 154) et les verbes qui demandent un attribut
L'accusatif, cependant, peut apparaître avec la plupart des verbes ci-dessus,
(—» paragraphe 155).
à la place du cas indiqué.
LES C O N S T I T U A N T S SYNTAXIQUES 154-155

155 Les verbes demandant un attribut


REM - Certains verbes sont tantôt intransitifs (—> paragraphe 152), tantôt transitifs: Les verbes demandant un attribut sont le verbe sum (être) et des verbes
sémantiquement apparentés à sum: videor (être en apparence, d'où sembler),
Ubi consulueris... (Sali., Catil., I, 6)
fio (commencer à être, d'où devenir), maneo (continuer d'être, d'où rester).
Quand on a pris une décision...
L'attribut s'accorde en cas avec le sujet du verbe; il s'accorde aussi en genre
Rem nulïi obscuram consulis. (Verg,, Aen., Il, 344)
et nombre, s'il est un adjectif (—» paragraphe 144).
Tu consultes sur une chose qui n'est obscure pour personne.
L'attribut peut être un G N , un adjectif, un verbe ou un G V à l'infinitif.
- L'adjonction d'un préfixe aux verbes intransitifs les rend souvent transitifs:
Ego tecum in eo non pugnabo. (Cic, drv. in Cotcll., 58) Un GN

Je ne combattrai pas sur ce point contre toi. Legatos ad eum mittunt. Cujus legationis Divico princepsjuit, qui
Noviodonum oppugnare instituerai. (Caes., Gali, 7, 12) bedlo Cassiano dux Helvetiorumjuerat. (Caes., Gali., 1,13, 2)
Il avait entrepris d'assiéger Noviodonum. Ils lui envoient une ambassade. Divico qui, lors de la guerre contre Cassius, avait été
le chef des Helvètes, fut le chef de cette ambassade.
- Suivant le cas de son complément, un verbe peut changer de sens:
Cave canem. (Petron., 29) Le nom princeps, ici, est l'attribut du nom Divico. Le nom dux est l'attribut
Prends garde au chien. (z= Méfie-toi du chien.) du pronom relatif qui, qui a pour antécédent le nom Divico.

Cave tibi. (Plaut, Capt, 558) REM - Quand le sujet est un pronom, il arrive qu'il s'accorde en genre et nombre avec son
Prends garde à toi. ( = Prends soin de toi.) attribut:
Non est ista mea culpa. (Cic, Catil., 2, 3)
U n G N introduit par une préposition Ce n'est pas de ma faute.
Présentation des prépositions —> paragraphes 207 à 212. Le sujet, ici, est le pronom ista, accordé au féminin singulier avec l'attribut culpa; la
De amicitia disputons. (Cic, Laei. lé) phrase équivaut à Non est istud mea culpa (istud: neutre singulier).
Tu débats de l'amitié. - On rencontre parfois, en position d'attribut, un GN introduit par une préposition
(—> paragraphes 207 à 212) :
Virtutes omnes certant cum iniquitate. (Oe, Catil., 2, 25)
Aristoteles ait affectus quosdam (...) pro armis esse. (Sen., ir.. I, 17, I)
Toutes les vertus combattent contre l'injustice.
Aristote dit que certaines passions servent d'armes.

UnGV
U n adjectif qualificatif
Le verbe du GV complément d'objet est à l'infinitif
N. m, sg. N. m. sg.
(—» paragraphes 126 à 129):
Apud Helvetios longe nobilissimus fuit et ditissimus
Vincere scis, Hannibal ; Victoria uti nescis. (i_iv., 22,51,5) N. m. sg.
Tu sais vaincre, Hannibal ; tu ne sais pas profiter de la victoire. Orgetorix. (Caes., Gali, 1, 2, l)
Chez les Helvètes, Orgetorix était de loin le plus noble et le plus riche.
U n e proposition complétive
Présentation des propositions complétives —» paragraphes 218 à 223. Morphologie de l'adjectif —» paragraphes 36 à 46.

Nescire mefateor. (Cic, **., 1, 23) U n v e r b e o u un G V à l'infinitif

Je reconnais que je l'ignore. Vivere, Lucili, militare est. (Sen., epist, 96, 5)
La proposition nescire me, ici, est une proposition infinitive qui commute* Vivre, Lucilius, c'est être soldat.
avec un pronom à l'accusatif: id fateor (je l'avoue). Morphologie de l'infinitif—> paragraphes 126 à 129.
LES C O N S T I T U A N T S SYNTAXIQUES 155-156

156 Les verbes à deux compléments Hunç (...) civitate ceterisque praemiis donarent. (Cic, Arch., 5)
Certains verbes sont accompagnés de deux compléments. Il s'agit Qu'ils le gratifient de la citoyenneté et de toutes les autres faveurs.
le plus souvent de verbes d'action réclamant un objet de cette action Le verbe dono (donner), dans la première phrase, est suivi de compléments à l'accusatif
et une personne concernée par elle (destinataire, bénéficiaire, victime, etc.).
et au datif; dans la seconde, de compléments à l'accusatif et à l'ablatif.

C o m m e n t d i s t i n g u e r les d e u x c o m p l é m e n t s ? U n cas p a r t i c u l i e r : le d o u b l e a c c u s a t i f
Les deux compléments sont généralement faciles à distinguer. Ils peuvent
Il arrive parfois que les deux compléments du verbe soient à l'accusatif:
être de nature différente:
Roga me viginti minas. (Piaut, Pseud, 1070)
GN proposition
Demande-moi vingt mines.
Is civitati persuasit ut de finibus suis exirent. (Caes., Gaii., i, 2, i)
Il (Orgétorix) persuada sa cité de quitter son territoire. Dans la plupart des exemples, l'un de ces accusatifs est un pronom neutre
(morphologie —» paragraphe 54) :
O u bien, quand il s'agit de deux G N , ils peuvent être à des cas différents
(complément d'objet et complément d'objet second). O n rencontre, Face quod te rogamus. (Pt*ut, Pseud, 315)
par ordre de fréquence, les combinaisons de cas suivantes: Fais ce que nous te demandons.

- accusatif + datif;
Les v e r b e s qui d e m a n d e n t un c o m p l é m e n t d ' o b j e t e t un a t t r i b u t
Ace. D.
Certains verbes se construisent avec un complément d'objet et un attribut
Ejus disputationis sententiasmemoriae mandavi. (Oc, Laei., 3)
du complément d'objet. L'attribut s'accorde à l'accusatif avec le complément
J'ai confié à ma mémoire les pensées exprimées dans ce débat.
d'objet:
- accusatif + ablatif;
Unum te sapientem et appellant et existimant. (Cic, Laei., 6)
Ace. Abl.
Tu es le seul qu'ils appellent et estiment sage.
Magno me metu liberabis. (Gc, Cata, i, io)
Tu me délivreras d'une grande crainte. O n rencontre en particulier des participes (morphologie —» paragraphes 120
à 125) en fonction d'attribut:
- accusatif + génitif;
Audiam te disputantem. (Cic, fat, 4)
Ace. G.
EPS peccatorum maxime paenitet. (Cic. */., i, 63) Je t'écouterai en train de discuter. ( = Je t'écouterai discuter).

Ils ont horriblement honte de leurs fautes. Docemur (...) auctoritate nutuque leguni domitas
- accusatif + complément précédé d'une préposition (surtout habere libidines. (Gc, de orat, i, 194)
avec des verbes de mouvement; emploi des prépositions
Les lois nous apprennent de manière autoritaire et impérative à tenir nos passions
—» paragraphes 207 à 212). domptées ( = à dompter nos passions).
Ace. ab + Abl.
Quand le verbe est au passif (emploi —> paragraphes 346 à 348), l'attribut
Iter ab Arare Helvetii aveiterant. (Caes., Go»., i, 16,3)
s'accorde au nominatif avec le sujet:
Les Helvètes avaient dévié leur trajet de la Saône.
Consules declarantur M. Tullius et C. Antonius. (Sali., Catu., 24, i)
REM Quelques verbes admettent plusieurs combinaisons:
M. Tullius Cicéron et C. Antonius sont élus consuls.
Praedam militibus donat. (Caes., Go//., 7, II, 9)
Sur l'attribut —» aussi paragraphe 155.
Il fait don du butin aux soldats.
LES C O N S T I T U A N T S SYNTAXIQUES 157-160

LA PROPOSITION Une proposition


Accedit quod mirifice ingeniis excellentibus delectatur. (Gc, Fam., 6, 6, 8)
157 La proposition : généralités À cela s'ajoute le fait qu'il apprécie par-dessus tout les talents exceptionnels.
La proposition constitue l'organisation minimale des syntagmes* entre eux,
produisant une phrase. Ad Appii Claudii senectutem accedebat ut caecus esset. (Gc., Sest., 16)
Elle est généralement formée d'un sujet (un GN ou un substitut du GN À la vieillesse d'Appius Claudius s'ajoutait le fait qu'il était aveugle.
—» paragraphe 158) et d'un GV, éventuellement accompagné d'expansions
(compléments circonstanciels —> paragraphes 162, 166 à 172). 159 Le cas du G N (ou pronom) sujet
CC GN sujet CC GV Le cas du GN sujet dépend du type de proposition.
Propter frigora Jiumenta in agris matura non erant. (Caes., Go//., 1.16, 2)
A u nominatif
À cause du froid, le blé dans les champs n'était pas mûr.
Le GN sujet est au nominatif dans les propositions à un mode personnel*
La relation entre le GN sujet et le GV peut se marquer par l'accord
(indicatif, subjonctif) :
grammatical entre le sujet et le verbe (—» paragraphes 162 à 165).
Urbs antiquafuit (Tyrii tenuere coloni), /Karthago (Verg„ Aen., i, 1213)
Il y avait une ville antique (des colons tyriens l'habitaient), Carthage.
158 Le sujet
Le sujet est constitué par un GN ou par un substitut du G N : pronom,
À l'accusatif
infinitif substantivé, GV ou proposition.
Le GN sujet est à l'accusatif dans les propositions infinitives
UnGN (—» paragraphe 219) :
Erat in Gallia ulteriore legio una. (Caes., Gaii, i, 7, 2) Sciebam [megenuisse mortalem]. (Gc., fuse, 3,30)
Il y avait en Gaule ultérieure une légion. Je savais que [j^avais engendré un m o r t e l ] .

—> paragraphes 140 à 150. À l'ablatif


U n pronom Le GN sujet est à l'ablatif dans les participiales circonstancielles (on parle
Sub hoc ille tecto tam sordido stetit. (Sen., ep/st, 86,5) alors d'ablatif absolu —» paragraphe 235):

Il se tenait sous ce toit si modeste. Alexander, [veste deposita], descendit injlumen. (Curt, 3, 5, 2)
Alexandre, [son vêtement enlevé], descendit dans le fleuve.
—> paragraphes 54 à 76, 280 à 301.

U n infinitif substantivé
160 Les propositions sans sujet
Cujusvis hominis est errare. (Gc, Phi/., 12, 2) Il arrive qu'une proposition ne présente pas de sujet, soit parce qu'il s'agit
Se tromper est le lot de tout h o m m e . d'une phrase nominale, soit parce que le GV contient un verbe impersonnel
—> aussi paragraphe 142; morphologie —> paragraphes 126 à 129. ou un verbe au passif impersonnel, soit parce qu'il est inutile de rappeler
le sujet.
UnGV
La phrase nominale
Summum profecto malum est vivere cum dolore. (Gc fin., i, 41)
La proposition peut se présenter sous la forme d'un simple G N ,
Le plus grand malheur, c'est assurément de vivre dans la douleur.
au nominatif. On parle alors de phrase nominale.
—* paragraphe 151.
LES C O N S T I T U A N T S SYNTAXIQUES 160-163

Iterum clamor, iterum reticuit. (Piin., tpist, 2,14, il) Haec illi placet experientia veri. /
A nouveau des cris, à nouveau il se tut. Nec contentus eo est. (Ov„ met, 1, 225-226)
Le G N commute* avec un GV: ici, clamor commute avec clamatur (on crie). Cette façon de connaître la vérité lui plaît. / Mais il n ' e n est pas satisfait pour autant.

L'emploi d'un verbe impersonnel Le sujet de est, ici, n'est pas exprimé. Il renvoie à illi. Son attribut contentus
La proposition ne présente pas de sujet quand le GV contient un verbe s'accorde au nominatif masculin singulier avec ce sujet sous-entendu.
(ou une locution) impersonnel: pluit (i/ pleut), oportet (/'/ fout), pudet (avoir
honte, etc. —* paragraphe 134). 161 La fonction du G V dans la proposition
Le GV constitue le noyau de la proposition (—» paragraphes 151 à 156).
L'emploi d'un verbe au passif impersonnel
Il ne comporte pas nécessairement de verbe. Le verbe sum est notamment
La proposition ne présente pas de sujet quand le GV contient un verbe
omis:
au passif impersonnel. Ce verbe, aussi bien transitif qu'intransitif, est alors - dans les proverbes et maximes;
à la 3e personne du singulier de la voix passive; il est normalement dépourvu
Omnia praeclara rara. (Gc., Laei, 79)
de complément d'objet.
Tout ce qui est remarquable est rare.
Ita ancipiti proelio diu atque acriter pugnatum est. (Caes., Cad., 1. 26, i)
- dans le compte rendu brut d'événements.
Ainsi, on combattit longtemps et avec acharnement dans une lutte incertaine.
Iterum clamor, iterum reticuit. (Plin., epist, 2,14, il)
In totis aedibus I (...) bibitur, estur, quasi in popina. (Piaut, Poen., 834-835)
A nouveau des cris, à nouveau il se tut.
Dans toute la maison on boit, on mange, comme dans une taverne.
Le GV peut recevoir des expansions de formes diverses: les compléments
Parfois, l'agent est indiqué, sous la forme d'un complément d'agent: circonstanciels (—» paragraphes 166 à 172).
Cum item ab hostibus constanter ac non timide
pugnaretur... (Caes., Go»., 3, 25, i) 162 L'accord sujet - G V : généralités
Comme on combattait du côté des ennemis avec acharnement et sans frémir... La cohésion de la proposition est assurée par le phénomène de l'accord
entre le sujet et le GV.
L'inutilité de rappeler le sujet Deux constituants du GV peuvent porter des marques d'accord :
Le sujet de la proposition n'est pas répété quand il est identique à celui le verbe et l'attribut (—» paragraphe 155). Ils s'accordent en personne
de la proposition précédente ou quand il est présent dans la proposition (—» paragraphe 163) et en genre et nombre (—» paragraphe 164).
précédente : Certaines constructions entraînent des accord particuliers
Sed consul (...) in agrumfertilem et praeda onustum proficiscitur; (—> paragraphe 165).

omnia ibi capta militibus donat. (Saii,jug., 87, l)


163 L'accord en personne
Mais le consul s'avance dans un pays fertile et riche en butin ; il abandonne à ses soldats
Le verbe se met à la personne réclamée par le sujet:
tout ce qui y a été pris.
Quis homo est ? Ego sum. (Piaut., Men., i}7)
En fait, il existe bien un sujet : il pourrait être repris par un pronom
Qui est-ce ? C'est moi.
anaphorique' (is, par exemple —• paragraphe 293) et recevoir
une apposition (—» paragraphe 146); l'attribut ou le participe (dans les temp Quot sunt ? Totidem quot ego et tu sumus. (Piaut,, Rud, 564)
composés) s'accordent en cas, genre et nombre avec lui. Combien sont-elles ? Autant que nous sommes, toi et moi.

Le verbe sum, ici, est accordé à la première personne du pluriel,


car je + tu = nous.
LES C O N S T I T U A N T S SYNTAXIQUES 163-165

Si le sujet n'est pas une personne du dialogue, le verbe se met - Au genre du sujet le plus proche:
à la 3e personne: n. sg. n. sg.

Sed consul (...) in agrumjertilem et praeda onustum Et salis Ausonii lustrandum navibus aequor /
m. pi.
pioficisCitUI'. (Sali., _/ug, 87, I)
infernique lacus. (verg., Aen., 3,385-386)
Mais le consul s'avance dans un pays fertile et riche en butin.
Doivent être aussi franchis par tes navires la mer d'Ausonie et les lacs infernaux.

- Au genre commun à l'ensemble des sujets:


164 L'accord en genre et en nombre
f. sg. f. sg
L'accord en nombre avec un seul sujet Agrippina et Acerronia eminentibus lecti parietibus (...)
Le verbe et l'attribut s'accordent toujours en nombre avec le sujet: f.pi.
N. pi. 3e pi. N. pi. protectae SUnt. (Tac, onn„ 14, 5, 2)
Omnia mihi tempora sunt misera. (Cic, Fam., 14, 4, i) Agrippine et Acerronia furent protégées par le mur formé au-dessus d'elles par le lit.
Tous les instants sont pour moi malheureux.
- A u masculin pluriel, quand les sujets sont des noms animés masculins
et féminins:
L'accord en nombre avec plusieurs sujets
m. f. m. pi.
Quand le GV a plusieurs sujets, l'accord peut se faire:
Pater mihi et mater mortui sunt. (Ter., Eun, 518)
- avec un seul sujet, le plus proche;
Mon père et ma mère sont morts.
Mens enim et ratio et consilium in senibus est. (Cic., Cow, 67)
- Au neutre pluriel, quand les sujets sont des noms abstraits (quel que soit
En effet, la pensée, la raison et le jugement se rencontrent chez les vieillards.
leur genre grammatical) :
- avec l'ensemble des sujets, au pluriel. n. f. m. m. m, m.
Temeritas et libido et ignavia semper animum excruciant. (Oc., fin., I Sub metum autem subjecta sunt pigritia, pudor, terror, timor, pavor,
L'irréflexion, la passion et la paresse torturent toujours le cœur. f. f. f. n.
exanimatio, conturbatio,Jormido et similia. (Cic, T'use, 4,16)
L'accord en genre avec un seul sujet
À la crainte sont rattachés la paresse, la honte, la terreur, la peur, la crainte, l'effroi,
L'attribut s'accorde toujours en genre avec le sujet: le saisissement, l'appréhension et des sentiments semblables.
N. f. N. f.
Maximaest vis enim vetustatis et consuetudinis. (Cic, Laei., 68)
165 Les accords particuliers
La puissance de l'ancienneté et de l'habitude est en effet très grande.
Le verbe et l'attribut, au lieu de s'accorder d'après le genre et le nombre
Le verbe s'accorde aussi en genre aux temps formés avec un participe: grammaticaux du sujet, peuvent s'accorder d'après le sens.
N. f. N. f.
L'accord au pluriel avec des noms collectifs (syllepse)
Utilitates multae et magnae consecutae sunt. (Cic Laei., 30)
N. f. sg. 3e pi.
Des avantages nombreux et importants ont été obtenus.
Cum tanta multitudo lapides ac tela coicerent, in muro consistendi
L'accord en genre avec plusieurs sujets potestas erat nulli. (Caes., Go//,, 2, 6,3)
Quand le GV a plusieurs sujets, l'accord en genre de l'adjectif attribut Comme un si grand nombre lançait des pierres et des traits, il était impossible de tenir
(et du participe) peut se faire de différentes manières. sur le rempart.
LES C O N S T I T U A N T S SYNTAXIQUES 165-167

La construction m i h i n o m e n est + a t t r i b u t (mon nom est...) Les compléments circonstanciels peuvent être omis. Ce sont:
Dans cette construction, l'attribut peut s'accorder soit avec le sujet - des adverbes: intérim (pendant ce temps), cotidie (choque jour), publiée
au nominatif (nomen), soit avec le possesseur (mihi) au datif: (officiellement) ;
sujet au N. attr. au N.
- des GN : flumine Arare (sur le fleuve Saône), navibus (par bateaux) ;
Hic habitat mulier nomen cui est Phronesium. (Piaut. Truc, 12) - des GN introduits par une préposition: propter frigora (à cause du froid),
sub Septentrionibus (ou nord), in agris (dans les champs) ;
Ici habite une femme qui s'appelle Phronésie.
- des GV ;
attr. au D. D. - des propositions: quod Gallia sub Septentrionibus (...) posita est (parce que
Nomen Arcturo est mihi. (Plaut, Rud., 5) la Gaule est située au nord) ; ut ante dictum est (comme je l'ai dit).
Je m'appelle Arcturus. Ils sont classés d'après leur sens, c'est-à-dire le type de circonstance:
temps, lieu, cause, etc. (—» paragraphes 167 à 172).
La construction m i h i l i c e t esse + attribut (il m'est permis
d'être...)
167 Les compléments circonstanciels de temps
Dans cette construction, l'attribut de la proposition infinitive
Les compléments circonstanciels de temps peuvent être constitués
(—> paragraphe 219) peut s'accorder soit à l'accusatif avec le sujet
d'un adverbe, d'un G N , ou d'une proposition.
sous-entendu de l'infinitive, soit au datif avec le GN exprimé de la
proposition principale auquel il renvoie: U n adverbe
D. attr. à l'Ace. Morphologie des adverbes —» paragraphes 77 à 80.
Civi Romano licet esse Gaditanum. (Oc Baffe., 29)
Intérim cotidie Caesar AeduosJrumentum quod essent publiée
Il est permis à un citoyen romain d'être citoyen de Gadès.
polliciti jlagitare. (Caes., Go»., i, 16, i)
attr. au D. D. Pendant ce temps. César réclamait chaque jour aux Éduens le blé qu'ils avaient promis
Licuit esse otioso Themistocli. (Oc., ruse., i, 33) officiellement.
Il était permis à Thémistocle d'être oisif.
UnGN
166 Les compléments circonstanciels généralités Le GN complément circonstanciel de temps peut être:
- à l'accusatif (—» paragraphe 180);
Intérim cotidie Caesar Aeduos Pendant ce temps, César
Terra dies duodequadraginta movit. (Liv.. 35, 40, 7)
réclamait chaque jour aux Éduens
frumentum quod essent publiée polliciti le blé qu'ils avaient promis La terre trembla pendant trente-huit jours.
Jlagitare. Nam propterjrigora, quod officiellement. En effet, à cause - à l'ablatif (—» paragraphe 198) ;
Gallia sub Septentrionibus, ut ante du froid (parce que la Gaule,
Postero die, luce prima, movet castra. (Caes.. Gati., s, 49, 5)
comme je l'ai dit, est située
dictum est, posita est, non modo au nord), non seulement le blé Le lendemain, à la première heure, il lève le camp.
Jrumenta in agris matura non erant, sed n'était pas mûr dans les champs, - précédé d'une préposition (—> paragraphes 207 à 212).
mais le fourrage lui-même n'était
ne pabuli quidem satis magna copia Ludi per decem dies facti sunt. (Oc, Gâta, 3, 20)
pas en quantité suffisante ; quant
suppetebat ; eo autemjrumento quod au blé qu'il avait fait transporter
Les jeux furent célébrés pendant dix jours.

Jlumine Arare navibus subvexerat, (...) sur la Saône par bateaux,


il ne pouvait pas l'utiliser.
minus uti poterat. (Caes, Gaii., I, 16,1-2)
LES C O N S T I T U A N T S SYNTAXIQUES 167-170

Une proposition Erat in Gallia ulteriore legio una. (Caes., Gaii., 1, 7, 2)


Emploi —> paragraphes 230 à 234. Il y avait en Gaule ultérieure une seule légion.
Is cum Argos oppugnaret (...), lapide ictus interiit. (NeP„ Reg, 2)
Une proposition
Alors qu'il assiégeait Argos, il (Pyrrhus) reçut une pierre et en mourut.
Il s'agit de propositions relatives (—» paragraphes 214 à 217):
/5 ita cum Caesare egit : (...) ibifuturos Helvetios ubi eos Caesar
168 Les compléments circonstanciels de lieu
Les compléments circonstanciels de lieu peuvent être constitués COnStitUJSSet. (Caes., Gall., I, 13, 3)

d'un adverbe, d'un G N , ou d'une proposition. Il tint à César ce discours : les Helvètes s'installeront là où César l'aura décidé.

Un adverbe
169 Les compléments circonstanciels de cause
Morphologie des adverbes de lieu —» paragraphe 81.
Les compléments circonstanciels de cause peuvent être constitués d'un GN
Ipse in Italiam magnis itineribus contendit duasque ibi legiones ou d'une proposition.
COnscribit. (Caes., Go»., I, 10, 3)
Un G N
Lui-même gagne l'Italie à grandes étapes et il y lève deux légions.
Le GN complément circonstanciel de cause peut être:
UnGN - à l'ablatif (—» paragraphe 204) ;
Le GN complément circonstanciel de lieu peut être: Qui officia deserunt mollitia animi (Oc, fin,, i, 33)
- à l'accusatif (—» paragraphe 179) ; Ceux qui manquent à leurs devoirs à cause de leur mollesse
Romam Fregellanus nuntius (...) ingentem attulit terrorem. (Liv., 26, 9,i - précédé d'une préposition (—» paragraphes 207 à 212).
Un messager de Frégelles apporta à Rome une immense panique.
Nam propterjrigora (...)Jrumenta in agris matura
- à l'ablatif (—» paragraphe 199) ; non erant. (Caes., Gall., i, 16, 2)
Omnibus lotis fit caedes. (Caes., Go//,, 7, 67,6) En effet, à cause du froid, le blé dans les champs n'était pas mûr.
En tous lieux c'est le carnage.
Une proposition
- au locatif. Le locatif est utilisé pour exprimer le lieu où l'on se trouve
Emploi —» paragraphes 228, 229.
(morphologie —» paragraphes 18, 20, 23). Il ne se rencontre qu'au singulier,
pour les noms de villes des première et deuxième déclinaisons et pour Nam quia vos tranquillos video, gaudeo. (Piaut, Amph.. 958)
quelques noms communs: domus, rus, humus, militia; En effet, c'est parce que je vous vois tranquilles, que je m e réjouis.

Cogitandum (...) tibi esset Romaene an Mitjlenis aut Rhodi malles


Vivere. (Cic, Fam., 4. 7, 4)
170 Les compléments circonstanciels de but
Les compléments circonstanciels de but peuvent être constitués d'un GN
Il t'aurait fallu réfléchir si tu préférais vivre à Rome, à Mitylène ou à Rhodes.
au datif, d'un GN au génitif introduit par causa ou gratia, d'un supin,
Vos dormitis domi. (Piaut, Asm., 430) d'un gérondif ou d'un adjectif verbal introduit par ad, ou bien encore
Vous, vous dormez à la maison. d'une proposition.

- précédé d'une préposition (—» paragraphes 207 à 212). U n G N au d a t i f


Cum Caesar in Galliam venit... (Caes., Gaii., 6,12, i) Caesar receptui cani jussit. (Caes., Gall., 7, 47, i)
Lorsque César zrrv/dL en Gaule... César ordonna de sonner pour la retraite ( = de sonner la retraite).
LES C O N S T I T U A N T S SYNTAXIQUES 170-172

Un GN au génitif introduit par causa ou gratia Tabulas (...) removere honeste nullo modo potuerunt. (Cic, Ve«., 2,184)
Emploi des prépositions (—» paragraphe 211). Ils ne purent en aucune manière faire disparaître les registres d'une manière honnête.
Honoris tui causa ad te venimus. (Piaut, Poen., 638) - précédé d'une préposition (—» paragraphes 207 à 212).
Nous sommes venus chez toi pour t'honorer.
Fit plexumque sine sensu, non numquam cum voluptate. (Cic., Ti*c, l, 82)
Cela se fait généralement sans qu'on le sente, et parfois avec plaisir.
U n supin
Morphologie du supin (—» paragraphes 118-119).
Rus habitatum abii. (Ter., Hec, 224) 172 Les compléments circonstanciels de moyen
Les compléments circonstanciels de moyen se présentent sous la forme
Je suis parti habiter à la campagne.
d'un G N :
U n gérondif ou un adjectif verbal introduit par a d - à l'ablatif (—> paragraphe 200) ;
Morphologie —•* paragraphes 130 à 132. Cornibus tauri, apri dentibus, cursu leones
Fuit (...)facilis et expeditus ad dicendum T. Junius. (Cic. Ban, 180) Se tUtantUT. (Cic, nat. deor.. 2, 127)
Titus Junius avait de la facilité et de l'aisance pour parler. Les taureaux se défendent avec leurs cornes, les sangliers avec leurs défenses,
les lions en courant.
Vivis non ad deponendam, sed ad confirmandam
- introduit par une préposition (—» paragraphes 207 à 212).
audaciam. (Oc. Catu., i, 4)
Tu vis non pour abandonner, mais pour renforcer ton arrogance.
Décima legio per tribunos militum Caesari
gratias egit. (Caes., Gaii., i, 41, 2)
U n e proposition La dixième légion remercia César par l'intermédiaire des tribuns militaires.
Emploi —» paragraphe 225.
Esse oportet ut vivas, non vivere ut edas. (Heren., 4,39)
Il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger.

171 Les compléments circonstanciels de manière


Les compléments circonstanciels de manière peuvent être constitués
d'un adverbe ou d'un G N .

U n adverbe
Morphologie des adverbes —» paragraphes 77 à 80.
Acriter utrimque usque ad vesperum pugnatum est. (Caes., Gaii, I, 50, 2)
O n se battit de part et d'autre avec acharnement, jusqu'au soir.

UnGN
Le G N complément circonstanciel de manière peut être:
- à l'ablatif (—» paragraphe 201) ;
LA S Y N T A X E DES CAS 173-175

A X E DES CAS L'attribut du sujet


Emploi —» paragraphe 155.
L. Custidius est tribulis et municeps et familiaris meus. (Gc, Fam.,i3.se.i>
L. Custidius est un homme de ma tribu, de mon municipe, de mes amis.

Le sujet de l'infinitif de narration


173 La syntaxe des cas : généralités
Emploi —> paragraphe 263.
Parmi les sept cas répertoriés en latin, nominatif, accusatif, génitif, datif
et ablatif recouvrent chacun plusieurs fonctions syntaxiques. Ces fonctions Refero ad Scaptium. Homo clamare. (Gc, Att, 5, 21,12)
sont présentées par ordre de fréquence (—» paragraphes 174 à 204). J'en réfère à Scaptius. L'homme pousse les hauts cris.
Le vocatif est hors phrase : il ne correspond pas à une fonction, mais est
la trace de la présence d'un destinataire dans l'énoncé (—> paragraphe 176). 175 Le nominatif hors phrase
Le locatif n'est représenté que pour quelques mots et il ne correspond Le nominatif est employé dans l'exclamation, dans les titres, pour citer
qu'à une seule fonction: complément circonstanciel de lieu, plus rarement un nom, dans les phrases nominales et dans les énumérations.
de temps (—» paragraphe 168).
L'exclamation
Ojortunati mercatores ! (Hor., sot., i, I, 4)
LE NOM1NATIF Ô les heureux marchands !

174 Le sujet et ses expansions Les titres


Le nominatif est employé dans les titres ou en tête d'un énoncé
Le nominatif est le cas du GN sujet d'un verbe à un mode personnel",
pour en indiquer le thème' (—» paragraphe 345):
de l'attribut du sujet et du sujet de l'infinitif de narration.
LaellUS de amicitia (ouvrage de Cicéron)
Le G N sujet
Lélius, (au sujet) de l'amitié
Le nominatif est la marque du nom sujet des verbes à un mode personnel*
Collis erat leniter ab infimo acclivis. (Caes., Gaii., 1,19, i) La citation de nom
La colline était en pente douce depuis le bas.
Est via sublimis (...) Lactea nomen habet. (Ov., met, i, 168)
Sont également au nominatif les constituants du GN qui s'accordent Il existe au-dessus de nous une voie ; elle porte le n o m de (Voie) Lactée.
avec le nom: déterminants, adjectifs, appositions (—» paragraphes 143,
144, 146). Les phrases nominales (—» paragraphe 160)

Ea tempestate in exercitu nostrofuere conplures novi atque Clamor inde concursusque populi. (Uv., i, 41, i)

nobiles {...)Jactiosi domi, potentes apud socios, clari magis D ' o ù des cris et une affluence populaire.

quam honesti. (Saii.jug., 8, i) Les énumérations


Il y avait à cette époque, dans notre armée, beaucoup d'hommes nouveaux et de 1
Et profecto dis juvantibus omnia matura sunt : Victoria, praeda,
intrigants à Rome, puissants auprès des alliés, plus célèbres qu'honorables.
laUS. (Sall.Jug., 85, 48)
Et, c'est sûr, avec l'aide des dieux tous les fruits de la guerre sont déjà mûrs : la victoire,
le butin, la gloire.
LA S Y N T A X E DES CAS 176-178

LE VOCATIF L'ACCUSATIF

176 Le vocatif: un cas hors phrase


177 L'accusatif complément d'objet
Le vocatif est le cas porté par le destinataire de l'énoncé
L'accusatif est la marque ordinaire du complément d'objet des verbes
(—> paragraphe 260) :
transitifs (—> paragraphe 154):
Vare, redde legiones. (Suet, Aug, 23)
Cum tabulas, signa, toreumata emunt... (Sali.. Cotit, 20,12)
Varus, rends-moi mes légions.
Lorsqu'ils achètent des tableaux, des statues, des vases...
On rencontre souvent, dans la même phrase, un pronom personnel
de 2e personne (morphologie —» paragraphe 57) et un GN au vocatif: Les verbes à deux compléments
Tuque, o sanctissima vates, /praescia venturi, da, (...) / Latio Quand le verbe a deux compléments, il sont parfois tous deux à l'accusatif
(—» paragraphe 156):
Considère TeUCWS. (Verg., Aen., 6, 65-67)
Et toi, très sainte prophétesse, toi qui sais l'avenir, accorde aux Troyens de s'établir
Catilina juventutem malafacinora edocebat. (Sali., Catu., 16, i)
dans le Latium. Catilina enseignait à la jeunesse les pires forfaits.
C'est le nom animé qui généralement devient sujet du passif,
La f o n c t i o n e t la p l a c e du G N au v o c a t i f tandis que l'autre GN reste à l'accusatif:
Le GN au vocatif ne remplit pas de fonction syntaxique dans la phrase
Ace. m. pi. N. f. sg.
où il figure. Il est inséré n'importe où dans la phrase: Motus doceri gaudet Ionicos/matura virgo. (Hor., œrm.. 3, 6, 21-22)
Quando omnia vere / heu nimium de te vates, Misene, Une jeune fille nubile aime apprendre les danses ioniennes.
lûCUta est. (Verg., Aen., 6, 188-189)
L'attribut du c o m p l é m e n t d'objet
En effet, tout ce que la prophétesse a dit à ton sujet, Misène, était, hélas ! bien trop vra
L'attribut du complément d'objet s'accorde à l'accusatif:
L'identité de l'énonciateur et du destinataire Ancum Martium regem populus creavit. (Uv. 32, i)
L'énonciateur peut être le destinataire de son propre énoncé: Le peuple nomma Ancus Martius roi.
Miser Catulle, desinas ineptire. (Catul., corm.. 8. i)
REM Les verbes impersonnels de sentiment (miseret: avoir pitié, paenitet: regretter, piget: être
Mon pauvre Catulle, cesse tes sottises.
contrarié, pudet: avoir honte, taedet: avoir du dégoût) se contruisent avec l'accusatif;
REM On peut rencontrer des formes de nominatif à la place du vocatif: celui-ci désigne la personne qui éprouve le sentiment et qui joue le rôle de sujet réel*
Da, meus ocellus, mea rosa, mi anime, mea voluptas, Leonida, (morphologie —> paragraphes 133, 134):
argentum mihi. (Plaut, Asm., 664-665) Taedet omnino eqs vitae. (Oc, Alt, 5, 16, 2)
Donne-moi, prunelle de mes yeux, ma rose, mon âme, mon plaisir, Léonidas, Ils sont tout à fait fatigués de la vie.
donne-moi mon argent. Le deuxième complément est au génitif (—> paragraphe 185).
Le GN meus ocellus, ici, commute* avec le GN au vocatif mi ocelle.
178 L'accusatif sujet
Le sujet de la proposition infinitive (—» paragraphe 219) se met à l'accusatif:
Scit neminem nasci sapientem, sedfieri. (Sen., «., 2, 6)
Il sait que personne ne naît sage, mais qu'on le devient.
LA S Y N T A X E DES CAS 179-182

179 Le complément circonstanciel de lieu à l'accusatif En dehors de telles expressions, où il devient un complément de l'adjectif
L'accusatif est employé pour indiquer le lieu vers lequel on se dirige natus, l'accusatif est accompagné de l'adverbe abhinc (littéralement:
et la distance parcourue. en comptant à partir de maintenant) :

Le lieu vers lequel on se dirige Demosthenes (...) abhinc annos prope trecentosfuit. (Cic, div., 2, us>
Démosthène a vécu il y a environ trois cents ans.
Il s'agit de la question quo ? (—> paragraphe 81) ; l'accusatif est alors précédé
des prépositions marquant le mouvement (—» paragraphes 207 à 212): L'emploi d'un adjectif numéral ordinal
Cum Caesar in Galliam venit... (Caes., Gaii., 6,12, i) L'accusatif indique le temps écoulé depuis le début de l'événement;
Lorsque César arriva en Gaule...
il est souvent accompagné de l'adverbe jam (déjà) :
Les noms de villes, cependant, sont à l'accusatif seul : Annum jam tertium et vicesimum régnât. (Cic, Manil., 7)
Romam (...) nuntiatum est Veios captos. (Liv., 5, 23, i) C'est la vingt-troisième année qu'il règne. ( = Il règne depuis vingt-deux ans.)
La nouvelle parvint à Rome que Véies avait été prise.
A Les Latins comptaient à la fois l'année de départ et l'année en cours, alors que nous
ne comptons que les années achevées.
La distance parcourue
Ambulat milia passuum tria. (Piin., epist., 3, i, 4)
181 L'accusatif exclamatif
Il se promène pendant trois milles.
L'accusatif concurrence le nominatif (—» paragraphe 175)
dans les exclamations:
180 Le complément circonstanciel de temps à l'accusatif
0 nos beatos, o rem publicamjortunatam, o praeclaram laudem
L'accusatif s'emploie pour les compléments exprimant la durée. Il faut,
consulatus mei ! (Oc Cata. 2, io)
cependant, distinguer les compléments constitués d'un adjectif numéral
cardinal de ceux contenant un adjectif numéral ordinal. Quel bonheur pour nous, quelle chance pour l'Etat, quelle illustre gloire pour mon
consulat !
L'emploi d'un adjectif numéral cardinal
L'accusatif peut indiquer la durée de l'événement (question quamdiu?
182 L'accusatif adverbial
pendant combien de temps ?) :
Certains pronoms anaphoriques* (morphologie —» paragraphe 59;
Terra dies duodequadraginta movit. (Liv., 35, 40, 7) emplois —» paragraphes 291 à 297) et indéfinis neutres (morphologie
La terre trembla pendant trente-huit jours. —» paragraphe 72) à l'accusatif, accompagnant des verbes intransitifs,
On rencontre aussi per + accusatif: se comportent comme des adverbes:

Ludi per decetn dies facti sunt. (Cic, Catx., 3, 20) Jam idgaudeo. (Ter., Andr., 362)

Les jeux furent célébrés pendant dix jours. Je m e réjouis déjà quant à cela, = Je m ' e n réjouis déjà.

L'accusatif peut également indiquer le temps écoulé depuis que l'événement Ils commutent* parfois avec des adverbes:
a eu lieu: Nihiljam Caesaris imperium exspectabant. (Caes., Gaii., 2, 20, 4)
Quinque et viginti annos natus (Gc, Tusc, 5, 57) Ils n'attendaient en rien les ordres de César.

Né depuis vingt-cinq ans ( = âgé de vingt-cinq ans) Nihil jam c o m m u t e ici a v e c n o n j a m .


Quelques locutions comportant un GN ont le même comportement
adverbial: part(i/e)m (en partie), id aetatis (à cet âge), id/omne genus
(de ce/tout genre), etc.
LA S Y N T A X E DES CAS 183-184

183 L'accusatif "grec" - les relations familiales ou sociales;


Par imitation du grec, dans les textes de l'époque impériale et les textes Incipit (...) loqui (...) Diodorus Timarchidi. (Cic., vem, 2, 4,138)
poétiques, les noms désignant des parties du corps peuvent se mettre Le premier à parler est Diodore, fils de Timarchide.
à l'accusatif: - ce que recouvre un nom, sa définition.
- quand il sont compléments d'adjectifs qualificatifs (—» paragraphes 144, I4£
Absumptis enimjrugum alimentis carnisque omnis generis (...)
Os umerosque deo similis (Verg., Aen„ i, 589)
Semblable à un dieu par son visage et ses épaules expugnati sunt. (Liv., 23,30,3)
Après avoir épuisé les réserves de grains et de viandes de toutes sortes, ils furent
Galanthis, /JJava comas, aderat. (Ov., met., 9,306-307) vaincus.
Galanthis, blonde quant aux cheveux (~ aux cheveux blonds), était auprès de moi.
REM - Le complément au génitif commute* avec l'adjectif possessif, quel que soit le rapport
Cette construction concurrence le génitif et l'ablatif de qualité
sémantique:
(—> paragraphes 184 et 205); De summa salute vestra populique Romani (...) decernite
- après certains verbes intransitifs (—• paragraphe 152) ou avec des verbes diligenter. (Cic, Catil., 4, 24)
au passif à valeur pronominale (—> paragraphe 346). À propos de votre salut et de celui du peuple romain, rendez un jugement
Micat auribus et tremit artus. (Verg., georg., 3, 84) consciencieux.
Il agite les oreilles et tressaille de tous ses membres. - Pour les première et deuxième personnes, on emploie les adjectifs possessifs (meus,
Lacrimis Lavinia (...) / perfusa gênas (Verg., Aen., 12, 64-65) tuus, noster, vester —1 paragraphe 58) ; pour la troisième personne non réfléchie,
on emploie le génitif de l'anaphorique* is, ea, id (—> paragraphe 60).
Lavinia inondée de larmes quant à ses joues (= les joues inondées de larmes)
- Un même nom peut être accompagné de deux compléments au génitif, recouvrant
chacun une relation sémantique différente :
Signum Cupidinis marmoreum Praxiteli (Cic, Verr., 2, 4, 4)
LE G É N I T I F Une statue en marbre de Cupidon (= représentant Cupidon) de Praxitèle (= sculptée
par Praxitèle)
184 Le génitif complément de nom
Génitif subjectif et génitif objectif
Le génitif est la marque caractéristique du complément du nom.
Avec les noms "verbaux" (noms d'action), le complément au génitif
Nihilne te nocturnum praesidium Palati, nihil urbis vigiliae, nihil correspond tantôt au sujet du verbe actif (génitif subjectif), tantôt
timor populi, nihil concursus bonorum omnium, nihil hic à son objet (génitif objectif) :
munitissimus habendi senatus locus, nihil horum ora vultusque Post moïtem Africani (Cic, Laei, 5)
moverunt ? (Cic, Catii, 1, i) Après la mort de l'Africain
Est-ce que ne t'ont rien fait, ni la garde nocturne du Palatin, ni les vigiles de la ville, Il s'agit ici du génitif subjectif; dans la proposition postquam Africanus
ni la peur du peuple, ni les attroupements des honnêtes gens, ni ce lieu si bien protégé mortuus est, Africanus est, en effet, sujet.
pour réunir le sénat, ni le visage et l'air de ces gens ?
His levabat omnem volnerum metum nobilitas mortis
Les différentes valeurs du c o m p l é m e n t du nom
et gloria. (Cte„ Tusc 2,59)
Tous les. rapports sémantiques (de sens) peuvent être exprimés
La gloire et la perspective d'une mort noble leur enlevaient toute crainte des blessures.
par le complément du nom, en particulier:
- la possession : horum ora (le visage de ces gens) ; Il s'agit ici du génitif objectif; dans l'expression volnera metuere (craindre
les blessures), volnera est, en effet, objet de l'action.
LA S Y N T A X E DES CAS 184-185

Il en résulte des risques d'ambiguïté, dont les Latins eux-mêmes étaient Tanta universae Galliae consensioJuit libertatis
conscients: rindicandae. (Caes., Go//., 1, 76, 2)
"Metus hostium" recte dicitur et cum timent hostes et cum Telle fut l'unanimité de toute la Gaule pour reconquérir la liberté.

timentm. (Geii., 9,12,13) Ce complément est parfois si peu dépendant du nom qu'on a fini
Il est correct de dire " la crainte des ennemis " aussi bien quand les ennemis craignent par le considérer comme un complément circonstanciel:
que quand on les craint. Germanicus Aegjptum proficiscitur cognoscendae
L'ambiguïté est parfois levée par l'emploi d'un G N précédé antiquitatis. (Tac, am., 2, 59, I)
d'une préposition: Germanicus part pour l'Egypte, pour se faire une idée des antiquités.
Odiumjuisse illius injnmc acerbissimum. (Gc, Mit., 52)
Sa haine pour lui était très vive. 185 Le génitif complément de verbe
Un certain nombre de verbes demandent un complément au génitif.
Le génitif partitif
On parle de génitif partitif quand le complément au génitif désigne Les verbes signifiant se souvenir/oublier
l'ensemble dont on isole un élément ou une partie: Vivorum memini. (Cîc, fin,, 5,3)
Pertinent ad inferiorem partemjluminis Rheni. (Caes., Gaii, I, l, 6) Je me souviens des vivants.

Ils s'étendent jusqu'au cours inférieur du Rhin.


Les verbes impersonnels de sentiment
Cette relation partitive est à l'origine du complément du superlatif
Morphologie —» paragraphe 134; emploi —» paragraphe 177 (remarque).
(—> paragraphes 149, 187). Elle se rencontre également avec des génitifs
Eos peccatorum maxime paenitet. (Gc., *»., 1, 63)
dépendant de pronoms ou d'adverbes quantitatifs (—» paragraphes 72, 79)1
Ils regrettent très vivement leurs fautes.
Nihil novi novus annus attulerat. (Liv., 3,15, i)
La nouvelle année n'avait rien apporté de nouveau. Les verbes signifiant accuser ou condamnerI acquitter

Satis eloquentiae, sapientiae parum. (Sali., Cad, 5, 4) C. Verrem insimulat avaritiae et audaciae. (Oc., Verr., 1,128)
Assez d'éloquence, peu de sagesse. Il accuse Verres d'avidité et d'impudence.

Judices sic exarserunt ut capitis hominem innocentissimum


Le génitif de qualité
On appelle génitif de qualité un GN au génitif comportant un adjectif condemnarent. (Gc, de mat, 1, 233)
et indiquant une propriété caractéristique: Les juges s'emportèrent tant qu'ils condamnèrent à m o r t un homme complètement
innocent.
Ego autem homo iracundus, animi perditi. (Piaut, Men, 269)
Moi, je suis un h o m m e coléreux, d^rijsrm^érarnentexcessif.
Les verbes signifiant estimer, valoir, acheterI vendre
Ce complément commute' avec un simple adjectif qualificatif (ici, iracundu Le complément est alors le plus souvent un pronom-adjectif indéfini
dont il remplit les diverses fonctions, et concurrence l'ablatif de qualité (morphologie —» paragraphes 72 à 76) :
(•—» paragraphe 205). là quanti aestimabat tanti vendidit. (Gc Verr., 2, 4,10)
Le génitif de but Il l'a vendu au prix auquel il l'estimait.

On appelle génitif de but un GN au génitif comportant un adjectif verbal


(morphologie—> paragraphes 130 et 132). •
LA S Y N T A X E DES CAS 186-189

186 Le génitif employé avec su m 188 Le génitif exclamatif


Les cas les plus généralement utilisés dans les exclamations sont le nominatif
Avec le verbe sum, le génitif marque l'appartenance:
(—» paragraphe 175) et l'accusatif (—> paragraphe 181). On peut trouver
Duaejuerunt Ariovisti uxores. (Caes., Gaii., i, 53, 4) exceptionnellement, à la place, le génitif:
Arioviste avait deux épouses.
Di immortales, mercimoni lepidi ! (Haut, Most. 912)
Quand le sujet est un infinitif ou un groupe verbal (—» paragraphe 158),
Dieux immortels, l'excellent marché !
le génitif marque l'appartenance spécifique:
Cujusvis hominis est errare. (Oc PM , 12, 2)
Se tromper est propre à tout homme. (= Tout homme est sujet à l'erreur.)
LE DATIF

187 Le génitif complément d'adjectif 189 Le datif complément de verbe


Les adjectifs suivis du génitif On trouve au datif le complément d'objet de verbes marquant diverses
Un complément au génitif se rencontre après les adjectifs semantiquement relations à autrui et le complément d'objet second.

apparentés aux verbes construits avec le génitif (—» paragraphe 154): Le complément d'objet de verbes marquant diverses relations
Habetis ducem memorem vestri, oblitum sui. (Gc, CotflL, 4,19) à autrui
Vous avez un chef qui se souvient de vous et oublieux de lui-même. Il s'agit des verbes marquant l'obéissance (pareo: obéir, servio: être esclave),
la jalousie (invideo: envier), l'hostilité (noceo: nuire), la faveur (faveo:
Memor est un adjectif de la même famille que memini (se souvenir + génitif
favoriser), etc.:
—» paragraphe 185) et oblitus est le participe de obliviscor (oublier), employé
ici comme adjectif qualificatif. Probus (...) invidet nemini. (Oc, Tm., 9)
Le génitif se rencontre aussi avec d'autres adjectifs dont la construction L'homme honnête n'envie personne.
est indiquée dans les dictionnaires (similis: semblable, avidus: avide, etc.)
REM - Certains verbes intransitifs deviennent transitifs et se construisent avec le datif,
et avec quelques participes présents:
quand ils sont préfixés (notamment les dérivés' de sum —> paragraphes 87, 154) :
Semper appetentes gloriae (...) atque avidi laudisjuistis. (Cic, Mann., 7) Te precor, Alcide, coeptis ingentibus adsis. (Verg., Aen., 10, 460)
Vous avez toujours été amoureux de la gloire et avides d'éloges. Je t'en prie, Alcide, seconde mon immense entreprise.
Puer adnatat delphino. (Plia, epist, 9, 33)
Le c o m p l é m e n t de l'adjectif au superlatif
L'enfant nage vers le dauphin.
Le complément de l'adjectif au superlatif peut se mettre au génitif:
Le verbe nato (nager) est un verbe intransitif; son dérivé adnato (préfixe : ad-)
Indus (...) est omnium fluminum maximus. (Cic, not deor., 2,130)
est transitif et suivi d'un complément au datif.
L'Indus est le plus grand de tous les fleuves. - Avec les verbes de mouvement, le datif remplace, surtout en poésie, ad + accusatif
Le génitif est concurrencé par ex + ablatif ou inter + accusatif: (—> paragraphe 179) :

Vidit (...) acerrumum autem ex omnibus nostris sensibus esse sensum It clamor caelo. (Verg., Aen., 5, 451)
Une rumeur monte vers le ciel.
videndi. (Cic, de ont, 2,357)
Il constata que le plus aiguisé de tous nos sens est le sens de la vue. Le nom au datif caelo, ici, commute* avec ad caelum.
LA SYNTAXE DES CAS 189-194

Le complément d'objet second - la personne (généralement l'interlocuteur) qu'on veut faire participer
Lorsqu'un verbe est suivi de deux compléments (—» paragraphe 156), à l'événement ou au procès.
le complément au datif est le plus souvent un animé, tandis que
Alter tibi descendit de Palatio et aedibus suis. (Cic s. Rose, 133)
le complément à l'accusatif est un inanimé:
Tiens, voilà l'autre qui descend du Palatin et de sa demeure.
Ace. D.
Qui pecuniam Dioni dederunt... (Oc., Verr., i, 28)
Ceux qui donnèrent de l'argent à D i o n . . .
192 Le datif complément circonstanciel de but
Quand le GN au datif est un inanimé, il indique le but recherché dans
l'accomplissement du procès':
190 L'expression de la possession : sum + datif
Caesar receptui cani jussit. (Caes., Go//., 7, 47, i)
La construction sum + GN animé au datif indique la possession:
César ordonna de sonner pour la retraite ( = de sonner la retraite).
Amplissimae tibi divitiae sunt. (Cifc, nu, IO, 4)
Cette valeur finale est renforcée par l'emploi de l'adjectif verbal
Tu as de très grandes richesses.
(morphologie —» paragraphes 130 et 132; emploi —> paragraphe 266):
Cette construction est concurrencée par habeo + accusatif: Decemviros legibus scribendis (...) creavimus. (Liv„ 4, 4,3)
Crura sine nodis articulisque habent. (Caes., Gaii, 6, 27, i) Nous avons créé les décemvirs pour la rédaction des lois.
Ils ont des pattes sans articulations.
Le GN au datif commute* avec ad + accusatif: ici, ad leges scribendas.
Le G N au datif peut apparaître même quand le verbe sum est suivi d'un
attribut (—> paragraphe 155):
193 Le double datif
Ei (...) morbo nomen est avaritia. (Go, fuie, 4, 24) La construction appelée "double datif" associe un G N qui indique
Cette maladie a pour nom cupidité. la personne concernée par le procès" (datif d'intérêt —> paragraphe 191)
et un G N indiquant le but (—» paragraphe 192). Cette construction
Tu mihi erus nunc es, tu patronus, tu pater. (Piaut, Capt, 444)
ne se rencontre usuellement qu'avec quelques verbes: sum (être),
Maintenant, tu es pour moi un maître, un protecteur, un père.
do (donner) et mitto (envoyer).
= J'ai en toi un maître, un protecteur, un père.
Funditores Baléares subsidio oppidanis mittit. (Caes., Go//., 2, 7, i)
Il envoie des frondeurs Baléares en renfort aux habitants.
191 Le datif d'intérêt
Un GN au datif, désignant généralement une personne, peut être Quod mihi magnae voluptatijuit. (Cic Fam., 2, io, 2)
une expansion du GV (—» paragraphe 154). Il indique: Ce fut pour moi grande source de joie.
- le bénéficiaire ou la victime de l'événement ou du procès*;
Tibi aras, tibi occas, tibi seris, tibi item metes. (Piaut, /vierc, 71) 194 Le datif complément d'agent
C'est pour toi que tu laboures, pour toi que tu herses, pour toi que tu sèmes, c'est pou Un GN animé au datif peut servir de complément d'agent
toi aussi que tu récolteras. (—» paragraphe 346) ; c'est le cas dans la construction sum + adjectif verbal,
- la personne qui est prise comme point de référence; avec les temps du perfectum passif et, plus rarement, avec des formes
d'infectum.
Nihil difficile amanti puto. (Qc, orat., 33)
Rien n'est difficile, à mon avis, pour celui qui a de l'affection.
LA S Y N T A X E DES CAS 194-197

La construction s u m + adjectif verbal ILATIF


Caesari omnia (...) erant agenda. (CKL, GOH., 2, 20 ,1)
Tout était à faire par César. ( = César devait tout faire.)
196 Les compléments circonstanciels à l'ablatif:
généralités
Morphologie de l'adjectif verbal —• paragraphes 130 et 132.
Dans la majorité de ses emplois, l'ablatif est la marque des compléments
Avec les t e m p s du p e r f e c t u m passif circonstanciels. Ces compléments se rencontrent souvent en début
Le complément d'agent au datif est fréquent avec les temps du perfectum de proposition, pour indiquer les circonstances de l'événement principal:
passif (parfait, plus-que-parfait, futur antérieur —> paragraphes 97, 99, 101), temps, lieu, cause, manière (—» paragraphes 197 à 202).
surtout pour insister sur le résultat acquis: CC de temps CC de temps CC de manière
Ea re constituta, secunda vigilia, magno cum strepitu ac tumultu,
Mihi consilium captum jam diu est. (Cic, Fom, 5,19. 2)
CC de lieu CC de manière
C'est pour moi une décision prise depuis déjà longtemps.
= Il y a déjà longtemps que j'ai pris cette décision. castris egressi nullo certo ordine neque imperio (...)Jecerunt ut
consimilisjiigae prqfectio videretur. (Caes., Gaii, 2,11, i)
Avec des formes d ' i n f e c t u m Après avoir pris ces dispositions, à la seconde veille, sortant du camp avec beaucoup de
Le complément d'agent au datif peut parfois se rencontrer avec des forme bruit et d'agitation, sans ordre ni discipline, ils firent en sorte que leur départ
d'infectum (présent, imparfait, futur—> paragraphes 88, 91, 94), surtout ressemblât complètement à une fuite.
en poésie: Les compléments circonstantiels peuvent être introduits
Neque cernitur ulli. (Verg.. Aen., 1, 440) par des prépositions (—» paragraphes 207 à 212).
Et il n'est aperçu de personne.
197 L'ablatif absolu
195 Le datif complément d'adjectif On appelle ablatif absolu un syntagme* à l'ablatif qui commute* avec
une proposition circonstancielle exprimant le temps (—» paragraphes 230
Certains adjectifs se construisent avec un GN au datif:
à 234), la cause (—» paragraphes 228-229), la condition (—» paragraphes 240
Canis nonne est similis hrpo? (Oc., not. deor., 1,197) à 244) ou la concession (—» paragraphe 236) :
Le chien n'est-il pas semblable au loup ?
Ea re constituta, (...)Jecerunt ut consimilisjugae profectio
Sic omnem voluptatem dicimus honestati esse
videretur. (Caes., Gaii., 2,11, i)
contrariam. (Oc., off, 3, H9) Après avoir pris ces dispositions, ils firent en sorte que leur départ ressemblât
Ainsi disons-nous que tout plaisir est contraire à la beauté morale. complètement à une fuite.
Les adjectifs similis et contrariam, ici, ont pour compléments respectifs Ea re constituta, ici, commute* avec la proposition circonstancielle de temps
les GN au datif lupo et honestati. postcjuam ea res constituta est.
Quelques-uns de ces adjectifs sont apparentés avec des verbes eux-mêmes L'ablatif absolu peut être considéré comme une véritable proposition
construits avec le datif (—» paragraphe 189): participiale (—» paragraphe 235).
noxius (nuisible) I noceo (nuire)
fïdus (fidèle) I fldo (avoir confiance)
198 Le complément circonstanciel de temps à l'ablatif
L'ablatif donne généralement un repère chronologique, mais il peut aussi
T Abl,
Videon ego Telestidem (...) / natam Thebis,
LA S Y N T A X E DES CAS

Loc.
Epidauri
198-200

indiquer la durée d'une action ou le point de départ. Satam ? (Plaut, Epid, 635-636)
U n repère chronologique (question quando? quand?) Ne vois-je pas Télestidès, qui est née à Thèbes, conçue à Épidaure ?

Postero die, luce prima, movet castra. (Caes., Gaii., 5,49,5)


Le point de départ
Le lendemain, à la première heure, il lève le camp. Il s'agit de répondre à la question unde ? (d'où ? —» paragraphe 81).
L'ablatif est parfois précédé d'une préposition, particulièrement pour donn L'ablatif est alors le plus souvent précédé des prépositions de, ex ou ab:
le cadre temporel d'un événement: Loco ille motus est, cum est ex urbe depulsus. (Cic, Catii., 2, i)
Quae in civili bello in maximis rei publicae miseriis Il a été délogé de sa position, quand il fut chassé de Rome.

Jecit.. . (Cic, Phil., 2,47) L'ablatif seul suffit pour les noms de villes:
Ce qu'il a fait pendant la guerre civile, au_plus^fort des malheurs de l'État...
Roma subito ipse prqfectus pridie est. (Cic, MU, 27)
Lui-même a soudain quitté Rome la veille.
La durée d'une action
Ille cum universa Graecia vix decem annis unam Le lieu par où l'on passe
cepit Urbem. (Nep„ Epam.. 5, 6) Il s'agit de répondre à la question qua ? (par où ? —» paragraphe 81):
Avec toute la Grèce, il mit presque dix ans à prendre une seule ville. Aurélia via profectus est. (Cic, Catii., 2, 6)
L'ablatif alterne alors avec per + accusatif (—• paragraphe 180). Il est parti par la voie Aurélia.

Le lieu par où l'on passe, généralement, est un moyen de communication


Le point de départ H
(route, pont, etc.)
Précédé des prépositions de, ex ou ab, l'ablatif indique le point de départ:
a prima pueritia (depuis la plus tendre enfonce).
Le complément circonstanciel de moyen à l'ablatif
199 Le complément circonstanciel de lieu à l'ablatif Le moyen de nature concrète
L'ablatif s'emploie pour indiquer le lieu où l'on est, mais il peut aussi Le GN à l'ablatif peut avoir un réfèrent concret, désignant un instrument
marquer le point de départ ou le lieu par où l'on passe. de l'action:

Le lieu où l'on est Cornibus tauri, apri dentibus (...) se tutantur. (Cic, nat deor., 2,127)

Il s'agit de répondre à la question ubi ? (où ? —» paragraphe 81). Les taureaux se défendent avec leurs cornes, les sangliers avec leurs défenses.

L'ablatif est alors souvent précédé de la préposition i n :


Le moyen de nature abstraite
Erat in Gallia ulteriore legio una. (Caes., GaiL, I, 7, 2) Quand le moyen est de nature abstraite, on rencontre soit des GN
Il y avait en Gaule ultérieure une seule légion. à l'ablatif, soit des gérondifs à l'ablatif (morphologie —» paragraphes 130, 131):
Mais l'ablatif peut se rencontrer seul: GN gérondif
Omnibus lotis fit caedes. (Caes., Go//., 7, 67, 6) Benevolentiam civium (...) blanditiis et adsentando colligere turpe

Partout c'est le carnage. est. (Cic, Lael., 61)


Pour les noms de villes, on rencontre le locatif (—> paragraphes 18, 168) Il est honteux de gagner l'estime de ses concitoyens par les caresses et en les flattant.

quand la forme existe, sinon l'ablatif.


LA S Y N T A X E DES CAS 200-203

Dans ce genre de construction, le GN à l'ablatif recouvre à la fois le moyen Le GN à l'ablatif peut être précédé d'une préposition marquant le point
de départ (de référence) :
et la manière (—> paragraphe 201):
Haec omnia summa cura et diligentia recognita surit. (Cic Verr., 2, 2.190) Te non exjortuna, sed ex virtute tua pendimus. (Cic, Fam., 5,17. 5)
Tout cela a été révisé avec le plus grand soin et avec la plus grande précision. Nous t'apprécions non en fonction de ta fortune, mais de ta valeur.

Cette valeur circonstancielle se retrouve dans des locutions usuelles,


Le c o m p l é m e n t d'agent inanimé comme (ex) sententia (de mon point de vue), (ex) consuetudine (selon
Les GN à l'ablatif désignant des objets inanimés peuvent être considérés l'habitude).
comme des compléments d'agent du passif, quand ils deviennent sujets Quand c'est une personne qui est prise comme point de référence,
de la phrase active correspondante : on rencontre un GN au datif (—» paragraphe 191).
Dura tamen molli saxa cavantur aqua. (Ov., ars, 1, 474)
Cependant, les pierres dures sont creusées par l'eau inconsistante. 203 L'ablatif complément de verbe
Dans la phrase active correspondante, mollis aqua dura saxa cavat, le GN Quelques verbes demandent un complément à l'ablatif. Il peut s'agir
d'un complément d'objet, d'un complément d'objet second
aqua dura est le sujet du verbe cavat.
ou d'un complément précédé d'une préposition.
Vi victa vis. (Oc, MU, 30)
La force a été vaincue par la force. Le c o m p l é m e n t d'objet

Dans la phrase active correspondante, vis vim vicit, le nom vis est sujet Emploi—«paragraphes 153-154.

du verbe vicit. Commoda quibus utimur, lucemque qua fruimur, (...) ab eo nobis
dari (...) videmus. (Cic, s. Rose, 131)
201 Le complément circonstanciel de manière à l'ablatif Les biens que nous avons, la lumière dont nous jouissons, nous voyons que c'est lui
La manière dont se déroule une action est indiquée à l'aide d'un GN (Jupiter) qui nous les a donnés.
à l'ablatif (comportant le plus souvent un nom abstrait) :
Le complément d'objet second
Laudant enim eos qui aequo animo moriantur. (Oc, Tusc, 3, 72)
Emploi—«paragraphe 156.
Ils louent, en effet, ceux qui peuvent mourir avec impassibilité.
Ace. Abl.
Ce GN est généralement introduit par la préposition cum, quand le nom Magno me metu liberabis. (Cic., Catii, i, io)
n'est pas accompagné d'un adjectif ou d'un déterminant: Tu me délivreras d'une grande crainte.
Fit plerumque sine sensu, non numquam cum voluptate. (Cic, fuse, 1,
Cela se fait généralement sans qu'on le sente, et parfois avec plaisir. Le complément précédé d'une préposition
De amicitia disputaris. (Cic Laei., 16)
202 Le complément circonstanciel de point de vue Tu débats de l'amitié.

à l'ablatif Les verbes de mouvement, en particulier, demandent des compléments


Un GN à l'ablatif complément d'un verbe évaluatif (est/mer, mesurer, peser, de lieu précédés d'une préposition (—> paragraphes 207 à 212):

etc.) peut indiquer de quel point de vue on se place pour faire l'évaluation: Paulatim ex castris discedere et suos clam ex agris deducere
Magnos homines virtute metimur, nonjortuna. (Nep., Eum., I, i) COeperunt. (Caes., Gall.. 4, 30, 3)
Nous mesurons les grands hommes d'après leur valeur, non d'après leur fortune.
Ils se mirent à quitter progressivement le camp et à rappeler en secret les leurs des
champs.
LA S Y N T A X E DES CAS 203-206

L'ablatif peut, cependant, se rencontrer seul pour les compléments de lieu 205 L'ablatif complément de nom
(—» paragraphe 199), surtout en poésie:
L'ablatif de qualité
ColumbaeIIpsa sub ora viri caelo venere volantes. (Verg., Aen., 6,190-191) Un GN à l'ablatif complément de nom peut exprimer une qualité
Des colombes, sous ses yeux mêmes, vinrent en volant du ciel. remarquable et constante.
Aristoteles, vir summo ingenio, scientia, copia (Cic, Tusc. I, 7)
204 Le complément d'agent et de cause à l'ablatif Aristote, h o m m e si éminent par le génie, le savoir, la production littéraire

Le complément d'agent Ce GN peut être attribut:


On appelle traditionnellement complément d'agent le GN à l'ablatif Nerojuit valetudine prospéra. (Suet, Ner, 5!)
qui accompagne un verbe passif et indique la source du procès*. Néron était d'une santé florissante.
Ce complément est généralement précédé de la préposition a(b): L'ablatif de qualité est concurrencé par le génitif (—» paragraphe 184).
Nostri a duce et a Fortuna deserebantur. (Caes., Go//., 5,34, 2)
L'ablatif précédé d'une préposition
Les nôtres étaient abandonnés de leur chef et de la Fortune,
Quelques compléments de nom se présentent à l'ablatif précédé
L'ablatif correspond au nominatif de la phrase active: ici, dux et Fortuna
d'une préposition (—» paragraphes 207 à 212):
nostros deserebant (le chef et la fortune abandonnaient les nôtres).
Ibi est ex aère simulacrum ipsius Herculis. (Cic, Verr., 2, 4, 94)
L'expression de la cause Il y a là une statue en bronze d'Hercule lui-même.
Le complément d'agent est dérivé d'un emploi circonstanciel de l'ablatif.
En effet, on rencontre des GN à l'ablatif indiquant la cause, la source
206 L'ablatif complément d'adjectif
d'un procès avec des verbes actifs :
Qui officia deserunt mollitia animi... (Oc., fin., i, 33) Les adjectifs suivis de l'ablatif
Quelques adjectifs, parmi lesquels les adjectifs apparentés aux verbes
Ceux qui manquent à leurs devoirs à cause de leur mollesse...
demandant un complément à l'ablatif (plenus: plein I impleo: remplir
De la valeur causale, on glisse parfois à l'expression de la manière:
—> paragraphe 203), se contruisent avec un GN à l'ablatif:
Quod Aedui Jormidine Lugdunenses gaudiofecere. (Tac, hat, i, 64,8)
L. Philippus vir pâtre, avo, majoribus suis dignissimus (Cic., Phii., 3, 25)
Ce que les Éduens ont fait par peur, les Lyonnais l'ont fait avec joie.
Lucius Philippus, un h o m m e si digne de son père, de son aïeul, de ses ancêtres
Ce GN complément de cause à l'ablatif est parfois introduit
par une préposition marquant l'origine (ex, ab): Le complément du comparatif
Le complément du comparatif se met à l'ablatif. Il commute' avec quam suivi
Cum Tarquinius ex vulneie aegerjuisse (...)Jalso diceretur...
du nominatif ou de l'accusatif (—» paragraphe 149):
(Cic, rep., 2, 38)
Luce sunt clariora nobis tua consilia omnia. (Ce, Cosi, i, 6)
Comme Tarquin, disait-on de façon mensongère, était souffrant à cause
Tes projets sont pour nous plus clairs que la lumière.
d'une blessure...
L'EMPLOI DES P R É P O S I T I O N S 207-208

L'EMPLOI DES PRÉPOSITIONS Certaines expressions avec un relatif de liaison (—> paragraphe 297) se sont
ainsi figées pour devenir des connecteurs (—> paragraphes 245, 259): quam
ob rem (pour cette raison) s'écrit aussi en un seul mot (quamobrem).

Loin du G N
La préposition peut être séparée du GN qu'elle introduit, essentiellement
en poésie:
207 La place des prépositions Saevum cupiens contra contendere monstrum (Catui., 64, loi)
Avant le G N Désireux de combattre contre le monstre cruel
La plupart des prépositions précèdent immédiatement le G N qu'elles
introduisent: 208 Le classement des prépositions
Abl. Ace.
Aquitania a Garumna flumine ad fyrenaeos montes et eam partem Distinguer les prépositions des adverbes
Ace.
De nombreuses prépositions ont une origine adverbiale. La plupart peuvent
Oceani quae est ad Hispaniam pertinet. (Caes., Gai/., i, i, 2) encore se rencontrer comme adverbes de lieu (morphologie
—» paragraphe 81) ou de temps:
L'Aquitaine s'étend de la Garonne jusqu'aux Pyrénées et à la partie de l'Océan qui
touche à l'Espagne, Caedere incipiunt ejus servos, qui post étant. (Oc, m., 29)
Ils se mettent à tuer ses esclaves, qui étaient derrière.
Après le GN
Les prépositions causa et gratia (pour) suivent immédiatement le GN A Un préfixe séparé de son radical (tmèse) ne doit pas être confondu avec
une préposition :
qu'elles introduisent: honoris causa (pour honorer —» paragraphe 211).
Miraris, cum tu argento post omnia ponas, I si nemo praestet quem non mereahs
Les autres prépositions peuvent aussi, surtout en poésie, se trouver
amorem ? (Hor„ sat, I, I, 86-87)
après leur complément:
Et tu t'étonnes, en faisant tout passer après l'argent, que personne ne te témoigne
Amissos longo socios sermone requirunt, /spemque metumque inter
un amour que tu ne mérites pas ?
dubii. (Verg., Aen„ 1,217-218)
Le verbe pono, ici, est séparé de son préfixe ; il faut donc lire : cum tu argento omnia
Ils s'interrogent longuement sur leurs compagnons perdus, hésitant entre l'espoir
postponas.
et la crainte.
Les cas demandés par les prépositions
Le cas de eu m Seuls trois cas peuvent se rencontrer après les prépositions: l'accusatif
La préposition cum (avec) s'accole aux pronoms personnels et relatifs (—> paragraphe 209), l'ablatif (—> paragraphe 210) et exceptionnellement
qu'elle introduit: mecum (avec moi), tecum (avec toi), secum (avec lui), le génitif (—» paragraphe 211). Un petit nombre d'entre elles admettent
nobiscum (avec nous), vobiscum (avec vous), quoeum (avec lequel), quacum alternativement l'accusatif et l'ablatif (—» paragraphe 212).
(avec laquelle), quibuscum (avec lesquels —» paragraphes 56, 68, 69).
Les valeurs des prépositions
À l'intérieur du G N Les prépositions peuvent être classées en trois grands types de relations
Les prépositions peuvent s'intercaler à l'intérieur du GN sémantiques: expression du lieu, du temps, rapport logique.
qu'elles introduisent: On retrouve ces valeurs pour chacun des cas mentionnés.
Maxima cum cura (Gc verr., 4,74)
Avec le plus grand soin
L ' E M P L O I DES PRÉPOSITIONS 209-210

L'expression du t e m p s
Les prépositions suivies de l'accusaitif
Elle découle de l'expression du lieu et suppose pareillement un mouvement
TEMPS RAPPORT LOGIQUE
PRÉPOSITION LIEU
vers un domaine, mais temporel cette fois.
près de, vers vers, jusqu'à pour
ad Le rapport logique
contre à l'égard de
adversus Il découle également de l'expression du lieu; le GN introduit
devant avant plus que
ante par la préposition n'est pas un repère spatial, mais un nom abstrait ou animé
apud auprès de
qui est visé par une action:
circa autour de vers environ
Non enim adjudiciorum certamen, sed ad voluptatem aurium
circum autour de
citra en deçà sans scripserat. (Gc, «ut, 38)
en face de contre Il avait écrit non pour les combats judiciaires, mais pour le plaisir de l'oreille.
contra
à l'égard de
erga
hors de excepté
extra 210 Les prépositions suivies de l'ablatif
infra au-dessous de
PREPOSITION LIEU TEMPS RAPPORT LOGIQUE
inter entre, parmi pendant

intra à l'intérieur de avant • ab(a) en venant de depuis par


près de juste après d'après coram devant
juxta
devant à cause de, pour cum avec
ob
entre les mains de de en descendant pendant juste après d'après, au sujet de
pênes de
per à travers pendant au moyen de ex (e) à partir de, après d'après
prae hors de en raison de
pone derrière
après, depuis pro devant à la place de, en raison de
post derrière
contre, excepté sine devant sans
praeter devant
prope près de
à côté de à cause de L'expression du lieu
propter
le long de après d'après Ces prépositions indiquent soit la proximité d'un espace (coram, cum, prae,
secundum
au-dessus de avant en plus de pro), soit un mouvement d'éloignement par rapport à un lieu, avec ou non
supra
au-delà de
sortie de ce lieu (ex, de/ab). Elles sont donc associées avec des verbes
trans
après plus que de mouvement.
ultra au-delà
usque jusqu'à jusqu'à
L'expression du temps
Elle découle de l'expression du lieu et suppose pareillement un mouvement
L'expression du lieu d'éloignement par rapport à un domaine, mais temporel cette fois.
Ces prépositions indiquent un mouvement vers un lieu, avec ou non entrée
Le rapport logique
dans ce lieu. Elles se rencontrent donc particulièrement avec des verbes
Il découle également de l'expression du lieu; le GN introduit par
de mouvement.
la préposition n'est pas un repère spatial, mais un nom animé ou abstrait:
ex omnium sententia (de l'avis de tous).
211 Les prépositions suivies du génitif PHRASE COMPLEXE
Les prépositions causa e t gratia (pour) s o n t accompagnées d'un G N
au génitif, qui généralement précède la p r é p o s i t i o n (—• paragraphe 207).
Il s'agit d'emplois figés des noms causa, -ae, f (la cause) e t gratia, -ae, f
(la reconnaissance); c'est p o u r q u o i ces d e u x prépositions peuvent avoir
c o m m e c o m p l é m e n t soit un G N au génitif, soit un adjectif possessif:

adj. poss. GN au G.
213 La phrase complexe: généralités
Vestra reique publicae causa (Cic ven-., 5,173) Une phrase complexe comporte au moins deux propositions.
À l'intérieur d'une phrase complexe, les propositions peuvent être
Dans votre intérêt et celui de l'Etat
coordonnées (—» paragraphe 245) ou subordonnées.

212 Les prépositions admettant deux cas La subordination


Les prépositions in, sub, subter, super se construisent tantôt avec l'accusatif, La subordination d'une proposition à une autre se marque:
- par la présence d'un mot subordonnant: conjonction, adverbe, pronom
tantôt avec l'ablatif.
relatif, interrogatif (morphologie —> paragraphes 67 à 71) ;
Avec l'accusatif - par la forme imposée à l'un des constituants de la subordonnée:
Le contexte contient l'idée d'un mouvement vers un lieu ou un domaine
temps et mode du verbe, forme du sujet, forme des anaphoriques'
temporel. •
(—» paragraphes 59 à 62), forme des indéfinis (—» paragraphes 72 à 76).
PRÉPOSITION LIEU TEMPS RAPPORT LOGIQUE
Negant enim \quemquam esse virum bonum nisi
dans jusqu'à pour, envers
in
sous
sapientem]. (Gc, Laet, 18)
sub sous vers
Ils disent, en effet, que personne n'est homme de bien s'il n'est sage.
subter sous
super sur pendant outre Le verbe nego (nier) contient une négation qui détermine la forme
du pronom indéfini dans la proposition subordonnée: en effet, quisquam
est l'indéfini qui se substitue à aliquis après une négation
Avec l'ablatif
Il s'agit simplement de localiser (sans mouvement). (—» paragraphe 300).

TEMPS RAPPORT LOGIQUE


PRÉPOSITION LIEU Le classement des propositions subordonnées
pendant à propos de, étant donné Les propositions subordonnées sont classées d'après leur fonction;
in dans
sub sous au moment de sous on distinguera les propositions relatives, qui sont des expansions du nom
subter sous ou du GN (—» paragraphes 214 à 217), les propositions complétives,
super sur pendant au sujet de qui sont des expansions du verbe (—» paragraphes 218 à 223),
et les propositions circonstancielles, qui sont des expansions du GV
REM La préposition tenus (jusqu'à) se construit soit avec l'ablatif, soit avec le génitif,
(—» paragraphes 224 à 244).
sans changement de sens.
LA PHRASE COMPLEXE 214-215

[Quam quisque norit artem], in hac se exerceat ! (Cic, Tusc, i, 4i)


LES P R O P O S I T I O N S S U B O R D O N N É E S RELATIVES
Le métier que chacun connaît, qu'il s'y exerce !
= Q u e chacun pratique le métier qu'il connaît !
214 La proposition relative : généralités
On appelle proposition relative une proposition introduite par un adjectif, La proposition relative explicative
un pronom ou un adverbe relatifs (morphologie —» paragraphes 67 à 69, 81). Quand elle est apposée, la proposition relative ne détermine pas
Ces mots remplissent la double fonction d'anaphoriques* (emploi la référence* du GN auquel elle se rapporte, mais donne une information
—» paragraphe 291) et de subordonnants. supplémentaire:
La fonction de la proposition relative Graeci illi, quorum copiosior est lingua quam nostra... (Cic, Tusc, 2,35)
La proposition relative remplit le plus souvent une fonction à l'intérieur Ces Grecs, dont la langue est plus riche que la n ô t r e . . .
du G N ; elle commute* alors avec l'un des constituants du G N : déterminant,
Quand la proposition relative est apposée à un pronom, elle définit
adjectif qualificatif, apposition (—> paragraphe 215); mais elle peut également
ce que recouvre ce pronom:
commuter avec un GN (—> paragraphe 216).
Exclusi eqs quos tu ad me salutatum mane miseras. (Cic Cata, i, io)
Les modes employés J'ai chassé ceux que tu avais envoyés pour me saluer le matin.
Le verbe de la proposition relative peut être soit à l'indicatif,
soit au subjonctif.

215 La proposition relative complément du nom


L'ensemble de ceux qui ont été chassés, ici, est identique à celui qui est
défini par la proposition relative quos tu ad me salutatum mane miseras.

La proposition relative à valeur circonstancielle


I
La proposition relative qui complète le nom peut être déterminative, La proposition relative peut présenter une valeur circonstancielle
explicative ou présenter une valeur circonstancielle. et commuter* avec les propositions subordonnées correspondantes.
Elle est alors généralement au mode subjonctif.
La proposition relative déterminative
- Valeur finale ou consécutive:
Elle sert à déterminer la référence* du nom qu'elle complète et commute*
Exploratores centurionesque praemittit, qm locum idoneum castris
avec un déterminant (—» paragraphe 143):
deligant. (Caes., Go//., 2, 17, I)
Cives Romanos [gui negotiandi causa ibi constiterant] (...)
Il envoie en avant des éclaireurs et des centurions, pour qu'ils choisissent un endroit
interficiunt. (Caes., Go//., 7,3. i) favorable pour établir le camp.
Ils tuent les citoyens romains qui s'étaient établis là pour faire du commerce.
La proposition relative, ici, commute avec la proposition circonstancielle
La proposition relative, ici, permet de déterminer quel sous-ensemble
de but (—» paragraphe 225) ut locum idoneum castris deligant.
des citoyens romains est tué. - Valeur causale:
L'antécédent est souvent accompagné de l'adjectif cataphorique* is, qui
Tu es lapide silice stultior, gui banc âmes. (Piaut., Poen.. 29i)
équivaut à l'article défini du français:
Tu es plus stupide qu'un caillou, toi qui aimes ( = d'aimer) cette fille.
Caesar ei (...) munitioni [guamjecerat] T. Labienum
La proposition relative, ici, commute avec la proposition circonstancielle
legatum praefecit. (Caes., Golf., i, IO, 3)
de cause (—» paragraphe 228) quia hanc amas.
César mit le légat Labiénus à la tête de la fortification q u j l avait faite.
Le pronom-adjectif relatif est alors souvent accompagné d'un adverbe
Le nom déterminé peut figurer dans la proposition relative et être repris (quippe, ut ou utpote) qui renforce la valeur causale:
dans la proposition principale par un anaphorique* (—» paragraphe 291).
Satin nequam sum, utpote qui hodie amare inceperim ? (Piaut, Rud, 462)
Suis-je assez scélérat, moi qui suis ( = d'être) tombé amoureux aujourd'hui ?
LA PHRASE COMPLEXE 215-217

La fonction c o m p l é m e n t d'objet
- Valeur concessive :
Quae disputari de amicitia possunt, ab eis censeo petatis qui ista
Nam qui luxuriae immoderatissimae esset, ter omnino per
prqfitentur. (Cic., Laei, 17)
quattuordecim annos languit. (Suet, Ner., 51)
Ce qu'on peut dire sur l'amitié, demandez-le, à m o n avis, à ceux qui se disent
En effet, bien qu'il s'adonnât sans aucune retenue aux plaisirs, il ne fut malade en tout spécialistes.
que trois fois en quatorze ans.
La proposition relative, ici, est complément d'objet du verbe petatis
La proposition relative, ici, commute avec la proposition circonstancielle (demandez).
de concession (—> paragraphe 236) quamquam luxuriae immoderatissimae
La fonction complément d'adjectif
erat.
- Valeur conditionnelle: Quelques adjectifs, comme dignus (digne de), idoneus (capable de) ou aptus
(apte à), peuvent se construire avec une relative au subjonctif qui commute'
Qui vider et, equum Trojanum introductum, urbem captam
avec un G N :
diceret. (Oc, Ven-., 2, 4,52)
Et qui modeste paret, videtur [gui aliquando imperet] dignus
Si quelqu'un avait vu ce spectacle, il aurait dit qu'on avait laissé rentrer le cheval
esse. (Cic, /eg, 3, 5)
de Troie, qu'on avait pris la ville.
Et celui qui obéit avec discipline semble digne [de commander un jour].
La proposition relative, ici, commute avec la proposition circonstancielle
de condition (—> paragraphe 243) si quis videret. De l'adjectif dignus, ici, dépend la relative qui aliquando imperet.

216 La proposition relative sans antécédent 217 La coordination des propositions relatives
Une proposition relative ne dépendant pas d'un antécédent constitue à elle Les propositions relatives peuvent être coordonnées entre elles par simple
seule un G N . Les pronoms relatifs indéfinis (—» paragraphe 68) introduisent juxtaposition ou par l'emploi d'une conjonction de coordination
des propositions relatives qui sont toujours dépourvues d'antécédent: (—» paragraphe 245).
Quemcumque rogaveris, hoc respondebit. (Oc., Ou«nt, 90) La simple juxtaposition
Tout homme que tu interrogeras te répondra cela.
Chaque proposition relative est introduite par un pronom-adjectif relatif:
Ces propositions peuvent remplir les diverses fonctions d'un G N .
De his qui dissimulant, qui Romae rémanent, qui nobiscum sunt,
La fonction sujet nihil dicimus ? (Cic., Catu., 2,17)
Quam qui appetiverunt, adplicant se et proprius Au sujet de ceux qui dissimulent, qui restent à Rome, qui sont avec nous,
nous ne disons rien ?
admovent. (Cic Laei., 32)
Ceux qui la (l'honnêteté) recherchent se rapprochent et se réunissent. L'emploi d'une conjonction de coordination
On rencontre notamment une relative sujet au subjonctif, dans les - Avec reprise du relatif:
expressions sunt qui... (il y a des gens qui) et quis est qui... ? (qui estee Sed credo deos immortalis sparsisse animos in corpora humana, ut
qui... ?).
essent qui terras tuerentur, quique caelestium ordinem contemplantes
At etiam sunt qui dicant (...) a me ejectum in exsilium esse
imitarentur eum. (Cic, Cato, il)
Catilinam. (Oc„ Cotu., 2,12) Mais je crois que les dieux immortels ont répandu les âmes dans les corps humains,
Mais il y en a pour dire que j'ai poussé Catilina à l'exil. pour qu'il y en ait gui gardent la terre et qui, en contemplant l'ordre céleste, l'imitent.
A En l'absence d'antécédent, les deux relatives coordonnées peuvent désigner les mêmes
T LA PHRASE COMPLEXE

Dans la proposition infinitive correspondante, omnia est à l'accusatif neutre


pluriel; le verbe, fieri, est un infinitif présent:
217-219

personnes (comme dans l'exemple précédent) ou des personnes différentes.


- Sans reprise du relatif: Concedendum est \Jato omnia fieri]. (Gc, fat, 26)
Equidem efferor studio patres vestros, quos colui et dilexi, Il faut admettre [que tout arrive par le destin].

videndi. (Gc, Caeo, 83) La proposition infinitive c o m p l é m e n t d'objet


Pour ma part, je brûle du désir de voir vos pères, que j'ai aimés et chéris. La proposition infinitive est complément d'objet de verbes déclaratifs (dico:
Dans ce cas, et coordonne les verbes et non la proposition entière. dire, nuntio: annoncer, etc.), de verbes d'opinion (puto: penser, existimo:
estimer, etc.), de connaissance (scio: savoir, etc.), de volonté (sino: laisser,
- Avec un pronom anaphorique* (morphologie —> paragraphes 59 à 62;
patior: accepter).
emploi —> paragraphes 291 à 297) à la place du relatif:
Species pulchritudinis eximia quaedam, quam intuens in eaque Fatetur [se esse hostem]. (Cic, CatA., 2, \i)
Il reconnaît [qu'il est un ennemi].
defixus ad illius similitudinem manum dirigebat... (Cit., orat, 9)
Un idéal de beauté, qu'il regardait et sur lequel il fixait son regard pour diriger sa main Elle peut également être complément d'objet de locutions impersonnelles
en essayant de l'imiter...
(—» paragraphes 134 et 160):
[Interfectum esse L. Catilinam] (...) oportebat. (Gc, Catu., 2,3)
Il fallait [que L. Catilina fût t u é ] .
LES PROPOSITIONS SUBORDONNÉES
COMPLÉTIVES La proposition infinitive sujet
La proposition infinitive peut être sujet de verbes déclaratifs au passif
218 Les propositions complétives: généralités ou de diverses locutions:
Les propositions complétives remplissent la fonction de complément d'objet Romam erat nuntiatum \fracto animojugisse
Elles peuvent aussi être sujet de certaines locutions verbales. Antonium]. (Cic, Fam., Il, 12, I)
Elles commutent* avec l'anaphorique* id (morphologie —> paragraphe 60;
Il avait été annoncé à Rome [qu'Antoine, abattu, avait pris la fuite].
emploi —» paragraphe 293).
Il arrive alors fréquemment que le sujet de la proposition infinitive passe
Elles sont classées en proposition infinitive (—» paragraphe 219),
au nominatif et devienne sujet du verbe principal employé au passif
proposition directe au subjonctif (—> paragraphe 220), proposition
(c'est ce qu'on appelle le "passif personnel" —» paragraphe 347) :
conjonctive au subjonctif (—> paragraphe 221), proposition introduite
par quod (—» paragraphe 222), proposition interrogative indirecte Thaïes primus [defectionem solis praedixisse]fertur. (Gc, d/v., i, 112)
(—» paragraphe 223). Il est raconté que Thaïes fut le premier à prédire une éclipse du soleil.
= Thaïes fut le premier, dit-on, à prédire une éclipse du soleil.
219 La proposition infinitive
L'annonce de la proposition infinitive
La proposition infinitive est constituée d'un verbe au mode infinitif
La proposition infinitive peut être annoncée par un pronom ou un adverbe
(morphologie —» paragraphes 126 à 129) et d'un sujet à l'accusatif.
cataphorique* (id, hoc, illud, sic —» emploi: paragraphe 291):
Dans la proposition indépendante suivante, le sujet, omnia, est au nominatif
neutre pluriel; le verbe, fiunt, est à l'indicatif présent: Si hoc optimum Jactu judicarem, Patres Conscripti, [Catilinam morte
Fato omniaJiunt. (Cic, fat, 21) multari]... (Cic, Catil., I, 29)
T o u t arrive par le destin. Si je considérais, Pères Conscrits, comme l'action la meilleure [de punir de m o r t
Catilina]...
LA PHRASE COMPLEXE 219-221

Optemus potius [ut eat in exsilium]. (Oc, Catii., 2,16)


Elle est parfois apposée à un G N (sémantiquement apparenté à l'une
Souhaitons plutôt [qu'il parte en exil].
des classes de verbes énumérés précédemment), dont elle développe
le contenu : Eadem nocte accidit [ut esset luna plena]. (Caes., Gaii, 4, 29, i)
Cette nuit-là, il se trouva que c'était la pleine lune.
Spes tamen una est, [aliquando populum Romanum majorum
Lorsque la subordonnée est négative, la négation est amalgamée
similemforé]. (Ck, Fam.. 12,22,2)
à la conjonction, qui prend la forme ne:
Il y a cependant un espoir [qu'un jour, le peuple romain ressemble à ses ancêtres].
Moneo [nejaciatis]. (Gc, Rob. Post, 18)
L'expression spes est, ici, équivaut à spero (j'espère), verbe qui se construit
Je vous engage à ne pas le faire.
avec une proposition infinitive.
I - Quand la subordonnée contient une négation partielle portant sur un adverbe
210 La proposition (complétive) directe au subjonctif ou un pronom-adjectif indéfini, la conjonction prend la forme ne et elle est
Dans la langue de la conversation familière (dialogues de comédie, lettres) accompagnée d'un indéfini à polarité négative* (umquam-.jamais, usquam: quelque part,
et de l'administration, certains verbes se construisent directement ullus: aucun, quis: quelqu'un, quid: quelque chose —» paragraphe 300),
avec une proposition subordonnée au subjonctif qui n'est pas introduite Caesar (...) suis imperavit ne quod omnino telum in hostes
par un subordonnant: volo (vouloir) et ses composés (nolo: refuser, reicerent. (Caes., Goli, I, 46, 2)
malo:préférer), fac (fais), sine (permets) et certains verbes impersonnels César ordonna à ses soldats de ne jeter absolument aucun trait sur les ennemis.
(licet: il est permis, necesse est: il faut nécessairement que). Cette proposition - Quand la subordonnée négative est elle-même coordonnée, le subordonnant prend
concurrence les autres formes de complétives que l'on rencontre la forme neve/neu (—> paragraphe 250) :
généralement avec de tels verbes: Pompeius suis praedixerat ut Caesahs impetum exciperent neve se loco
Velim [mi/12 ignoscas]. (Gc, Fam., 13,75, i) moverent. (Caes., av., 3, 92, 2)

[e voudrais [que tu me pardonnes]. Pompée avait enjoint à ses troupes cTattendre l'attaque de César et de ne pas quitter
leurs positions.
Volo est généralement suivi d'une proposition infinitive: Velim te mihi
ignoscere. Les propositions introduites par ne / n o n
Sine modo [adveniat senex]. (Piaut, Most, H) ^"^™ Les verbes signifiant craindre (timeo, metuo, vereor) confèrent une forme
Laisse seulement [arriver le vieillard]. négative (ne) à la conjonction qui introduit la subordonnée;
mais la subordonnée n'est pas elle-même négative:
Sino peut aussi se construire avec une proposition infinitive
(—> paragraphe 219): Vereor etiam [ne durior sim]. (Gc, ad Q. fr., 1,1,17)

Sine modo [venue salvom]. (Piaut., Most., 12) Je crains aussi (Têtre trop exigeant.

Laisse-le seulement [arriver sain et sauf]. Quand la subordonnée est négative, la négation est exprimée de manière
autonome par non:

121 Les propositions conjonctives au subjonctif Vereor [ne non liceat]. (Gc, Att. 2,19,3)
Je crains que ce ne soit pas permis.
Les p r o p o s i t i o n s i n t r o d u i t e s p a r u t / n e
Certains verbes sont suivis d'une proposition complétive introduite par ut Les propositions introduites par n e / q u i n
dont le verbe est au subjonctif. Ce sont des verbes exprimant le souhait Les verbes signifiant empêcher (impedio: empêcher, obsto: s'opposer à) sont
(opto: souhaiter), la volonté (impero: ordonner, rogo: demander), ou bien suivis d'une subordonnée introduite par ne ou quin.
des verbes événementiels (accidit: il arrive que; accedit: il s'ajoute que).
LA PHRASE COMPLEXE 221-223

- Ne (ou quominus), si la principale est positive: Q u o d + indicatif, à la place d'une proposition infinitive
Impedior dolore animi [ne plura dicairi]. (Cic, Suit.. 92) Dans la langue familière, la proposition introduite par quod commute*
Le chagrin m'empêche cTen dire plus. avec la proposition infinitive, après les verbes déclaratifs (dico: dire,
- Quin (ou quominus), si la principale est négative ou interrogative: nuntio: annoncer, etc.) ou de connaissance (scio: savoir, etc.).
Equidem sciojamjilius [quod amet meusIistanc
Non possumus [quin alii a nobis dissentiant] recusare. (Cic oc, 2, 7)
meretricem]. (Piaut, A«n, 52-53)
Nous ne pouvons refuser que d'autres soient en désaccord avec nous.
Moi, je sais déjà que m o n fils est amoureux de cette courtisane.
REM - Les verbes d'empêchement peuvent aussi se construire avec une proposition infinitive
(—> paragraphe 219).
223 La proposition interrogative indirecte
- Quelques locutions impersonnelles marquant l'impossibilité ou le doute
se construisent avec quin + subjonctif: non potest quin (il n'est pas possible que), Les modes e t temps employés
non dubito quin (je ne doute pas que). La proposition interrogative indirecte est introduite par les mêmes mots
- Dans la locution impersonnelle fieri non potest quin (il n'est pas possible que... interrogatifs que la phrase interrogative (—> paragraphe 271), mais son verbe
ne... pas), la conjonction quin a une valeur négative. est au subjonctif, avec le temps exigé par la concordance des temps
(—> paragraphes 328 à 331):
222 Les propositions introduites par q u o d "Quid negoti est ?
Le pronom relatif neutre quod, lorsqu'il n'a pas d'antécédent et qu'il
— [Quid negoti sit] rogas ?"(Piaut, Aui., 296)
introduit une proposition, signifie le fait que... Cette proposition peut être
"Quel est le problème ?
complément de certains verbes, ou employée à la place d'une proposition
— Tu me demandes quel est le problème ?"
infinitive.
Haudjacile discerneres [utrum imperatori an exercitui carior
Q u o d + indicatif, c o m p l é m e n t d e c e r t a i n s verbes
La proposition introduite par quod peut être complément des verbes essei]. (Liv., 21,4,3)

événementiels (accidit: il arrive que, accedit: il s'ajoute que, etc.): On aurait du mal à distinguer si c'est au général ou à l'armée qu'il était le plus cher.

Accedit [quod mirifice ingens excellentibus delectatur]. Les verbes introducteurs


(Cic, Fam.. 6, 6, 8) La proposition interrogative indirecte est introduite par des verbes signifiant
À cela s'ajoute (le fait) qu'il apprécie par-dessus tout les talents exceptionnels. demander (rogo, quaero), des verbes de perception (video: voir, sentio: sentir,
ou de verbes qui admettent l'accusatif adverbial id (gaudeo: se réjouir, etc.), de déclaration (dico: dire, scribo: écrire) ou de connaissance
(scio: savoir).
accuso: accuser—> paragraphe 182):
Sane gaudeo [quod te interpellavï]. (Ck.,teg.,3, i) Quaesivi cognosceretne signum. (Ck., Cota., 3,10)
Je suis très heureux de t'avoir interrompu. Je lui ai demandé s'il reconnaissait le sceau.

Id gaudeo. (Ter., An*., 362) Quid ad Statium scripserit nescio. (Cic, Att. 6, 2, 2)
l'ignore ce qu'il a écrit à Statius.
Je m ' e n réjouis.
LA PHRASE COMPLEXE 223-226

REM Dans l'interrogation double, le second membre prend la forme annon ou necne, La présence d'un comparatif
quand ce second membre est l'exact contraire du premier: Quand la subordonnée de but comprend un comparatif (adjectif ou adverbe
Quaesivi a Catilina [in nocturno conventu ad M. Laecamjuisset —» paragraphes 42 à 44, 80), la conjonction est généralement quo:
necne). (Cic, Catil, 2, 13)
Expectabat, quo aequiore loco proelium committeret. (Caes., av., 2,34, i)
l'ai demandé à Catilina s j l avait participé à une entrevue nocturne chez Laeca ou pas.
Il attendait pour engager le combat sur un terrain plus favorable.

226 Les propositions circonstancielles de conséquence


LES P R O P O S I T I O N S S U B O R D O N N É E S Comme les propositions de but, les propositions consécutives
CIRCONSTANCIELLES sont caractérisées par le mode subjonctif et la conjonction ut:

224 Les propositions circonstancielles : généralités Mons altissimus impendebat [utjacile perpauci iter prohibere
Les propositions subordonnées circonstancielles sont des expansions du GV. pOSSent]. (Caes., Gall., I, 6, I)
Elles commutent" avec des G N , éventuellement introduits par des Une très haute montagne était en surplomb, [de sorte qu'une poignée d'hommes
prépositions, qui sont compléments circonstanciels (—» paragraphes 166 pouvait facilement bloquer le passage].
à 172). Elles sont classées d'après leur sens (—» paragraphes 225 à 244).
L'annonce de la subordonnée dans la principale
La proposition consécutive est souvent annoncée dans la proposition
225 Les propositions circonstancielles de but
principale par des adverbes (adeo, ita, sic, tam, tantum) ou des pronoms-
Les propositions de but sont introduites par la conjonction ut et leur verbe
adjectifs (talis, tantus) corrélatifs* :
est au subjonctif:
Sunt ita multi ut eos carcer capere non possit. (Cic CaOL 2, 22)
Esse oportet [ut vivas], non vivere [ut edas]. (Heren., 4,39)
Ils sont si nombreux que la prison ne peut les contenir.
Il faut manger [pour vivre], et non pas vivre [pour manger].
Tantos processus efficiebat ut evolare, non excurrere
L'annonce de la subordonnée dans la principale
videretur. (Cic, Brut., 272)
La proposition subordonnée de but peut être annoncée dans la proposition
Il faisait de si grands progrès qu'il semblait voler, et non courir.
principale par un adverbe (ideo, idcirco) ou une locution (ad eam rem) :
Idcirco in hanc urbem venisti, ut hujus urbis jura et exempla La f o r m e négative

corrumperet ? (Gc Dejot, 32) Quand la proposition subordonnée contient une négation, celle-ci
ne s'amalgame pas au subordonnant:
C'est ppui^cela que tu es venu à Rome, pour ruiner les lois et les coutumes
de cette ville ? Dabo egenti, sed ut ipse non egeam. (Sen., benef, 2, (S, i)
Je donnerai à l'indigent, mais en faisant en sorte de ne pas tomber moi-même
La forme négative dans l'indigence.
Quand la subordonnée de but est négative, la négation est amalgamée
La négation peut être ne, surtout dans les consécutives restrictives
à la conjonction, qui prend la forme ne:
(—» paragraphe 227) :
Vercingetorix jubet portas claudi, ne castra
Verum tamen hoc ita est utile, ut ne plane illudamur ab
nudentur. (Caes., Goft, 7, 70,7)
accusatoribus. (Cic, S. Rose, 55)
Vercingétorix fait fermer les portes, pour que le camp ne se vide pas.
Cela est assurément utile (l'abondance des accusateurs), mais sans que nous soyons
maltraités par les accusateurs.
LA PHRASE COMPLEXE 226-229

Quand la proposition contient une locution négative (nemo est: // n'y a Le rapport de subordination peut être parfois inversé; la conséquence
personne qui) ou interrogative (quis est ? y a-t-il quelqu'un qui ?), constitue alors la proposition principale et tantum abest ut devient
le subordonnant peut prendre la forme quin: une locution subordonnante:
Nemo est tamfortis quin rei novitate perturbetur. (Caes., Gaii, 6,39,3) [Tantum qfuit ut inflammares nostros animos], somnum vix
Personne n'est si courageux q u j l ne soit troublé par la nouveauté. tenebamus. (Cic, brut., 278)
REM La proposition consécutive peut être complément du comparatif: Bien loin que tu aies enflammé nos cœurs, c'est à peine si nous pouvions nous empêcher
de dormir.
Indulgebat sibi liberalius, quam ut invidiam vulgi posset
ejfugere. (Nep.. Chabr., 12, 3, 2) On peut rencontrer la conjonction nedum + subjonctif avec le même sens:
Il avait atteint un degré de luxe supérieur à celui qui a pour conséquence qu'on échappe
Vix in ipsis tectis et oppidisjrigus vitatur, [nedum in mari sitjacile
encore à la jalousie générale.
abesse ab injuria temporis]. (Cic., font., 16,8, 2)
= Il se complaisait dans une vie trop luxueuse pour pouvoir échapper à la jalousie
Bien loin qu'il soit facile en m e r d'être à l'abri du mauvais temps, c'est à peine
générale.
si on évite le froid à l'intérieur m ê m e de la maison et en ville.

227 Les propositions circonstancielles de conséquence:


tours particuliers 228 Les propositions circonstancielles de cause
à l'indicatif
La restriction de la principale par i t a ou sic La proposition subordonnée à l'indicatif énonce un fait qui est présenté
Ita ou sic, signifiant proprement dons de te/les conditions, peuvent annoncer comme la cause de de la proposition principale. On peut rencontrer
une consécutive qui restreint la portée de la principale: les conjonctions quia, quod ou quoniam.
Ita probanda est clementia, ut adhibeatur rei publicae causa Q u i a ou q u o d + indicatif
severitas. (Cic, off., I, 88)
Nam quia vos tranquillos video, gaudeo. (Piaut, Amph,, 958)
Il faut priser la clémence, tout en usant ( = de telle sorte q u ' o n use cependant)
En effet, c'est parce que je vous vois tranquilles, que je m e réjouis.
de sévérité dans l'intérêt de l'État.
Quoniam + indicatif
L'emploi de t a n t u m abest (tant s'en faut)
Tantum abest est suivi de deux propositions en ut + subjonctif, une Vos, Quirites, quoniam est nox, (...) in vestra tecta
complétive (—> paragraphes 218, 221) et une consécutive: discedite. (Cic Cata, 3, 29)
prop. complétive prop. consécutive Vous, citoyens, puisque c'est la nuit, rentrez chez vous.
Tantum abest [ut scribi contra nos nolimus], [ut id etiam maxime
Quoniam indique la condition suffisante pour la réalisation de la principale.
Optemus]. (Cic, Tusc, 2, 4)
Tant s'en faut que nous refusions qu'on écrivît contre nous, que nous le souhaitons 229 Les propositions circonstancielles de cause
au plus haut point. au subjonctif
= Loin de refuser qu'on écrivît contre nous, au contraire, nous le souhaitons
au plus haut point. C u m + subjonctif
Une proposition subordonnée présentant un fait logiquement antérieur à
celui de la principale peut avoir une valeur explicative ou causale.
LA PHRASE COMPLEXE 229-231

Dolo erat pugnandum, cum par non esset armis. (Nep., Hann., 10, 4) Le verbe de la subordonnée temporelle peut être soit à l'indicatif,
soit au subjonctif.
Il fallait combattre par la ruse, étant donné qu'il n'y avait pas d'égalité dans les forces.
Les propositions temporelles commutent* avec des GN, éventuellement
Q u o d + subjonctif introduits par une préposition, à l'accusatif (—» paragraphe 180) ou à l'ablatif
Quand la cause n'est pas assumée par l'énonciateur, mais par un sujet (—» paragraphe 198).

interne à l'énoncé (—> paragraphe 260), le verbe se met au subjonctif:


231 Le repérage temporel simple
Décima legio ei gratias egit quod de se optimum judicium
fecisset. (des., Gall., I, 41, 2) Cum, ubi, ut(i) + indicatif
La dixième légion le remercia d'avoir eu à son sujet une opinion si bonne. Cum, ubi, ut(i) + indicatif servent à repérer la proposition principale à partir
d'un autre événement:
N o n q u o d (ou q u i a ) + subjonctif Cum Artaxerxes Aegyptio régi bellum inferre voluit, Iphicraten ab
Quand on oppose vraie et fausse causes, la cause niée est généralement
Atheniensibus ducem petivit. (Nep., rph., 2, 4)
exprimée au subjonctif:
Lorsqu'Artaxerxes voulut attaquer le roi d'Egypte, il demanda Iphicrate aux Athéniens
subj. prés.
pour lui donner le commandement.
In jactandis caestibus ingemescunt, non quod doleant (...), sed quia
ind. prés.
La relation temporelle peut être soulignée par la présence de tum ou tune
prqfundenda voce omne corpus intenditur. (Oc, Tusc 2,56) (alors) dans la principale:

En brandissant leurs cestes, ils gémissent, non qu'ils souffrent, mais parce qu'en Nam cetera maleficia tum persequare [ubifacta sunt]. (Sali., Cata, 52, 4)
poussant un cri ils tendent tout leur corps. Car on ne peut poursuivre les autres crimes que lorsqu'ils sont accomplis.
On rencontre non quo + subjonctif avec la même valeur:
Valeur particulière de c u m + indicatif
In quo ego, non quo libenter maie audiam, sed quia causam Quand la proposition temporelle introduite par cum suit la proposition
non libenter relinquo, nimium patiens et lentus principale, elle présente fréquemment un événement nouveau, alors que
existimor. (Cic, de orat., 2, 305) la proposition principale constitue l'arrière-plan:
Dans ce cas, j'accepte de passer pour trop patient et trop flegmatique, non que j'aime Hannibal jam subibat muros \cum repente in eum (...) erumpunt
entendre dire du mal de moi, mais parce que j'aime encore moins abandonner ma cause.
Romani]. (Uv, 19, i)
Hannibal s'approchait déjà des murs quand soudain les Romains se ruent sur lui.
230 Les propositions circonstancielles de t e m p s :
généralités C u m + subjonctif
Les propositions temporelles donnent un repère temporel Cum + subjonctif, en revanche, indique le cadre qui sert d'arrière-plan
(moment ou période) qui permet de situer la proposition principale aux événements de la principale:
(—» paragraphe 231). Pyrrhus [cum Argos oppugnaret], lapide ictus interiit. (Nep., Reg., 2)
Les événements ou situations contenus dans la proposition principale Alors qu'il assiégeait Argos, Pyrrhus reçut une pierre et en mourut.
peuvent être spécifiés comme simultanés (—» paragraphe 232), postérieurs
(—» paragraphe 233) ou antérieurs (—» paragraphe 234) à ceux [Cum advesperasceret], occulte ad pontem Mulvium
de la subordonnée. pervenerunt. (Oc Catii., 3,5)
Comme le soir approchait, ils se rendirent en cachette au pont Mulvius.
LA PHRASE COMPLEXE 231-233

Cet arrière-plan peut avoir une fonction explicative (—» paragraphe 229): Dum, donec, quoad + subjonctif
Dum (ou donec, quoad) + subjonctif peut indiquer que la fin des événements
Dolo erat pugnandum, [cum par non esset armis]. (Nep., Hann., 10.4)
de la principale dépend de l'achèvement des événements de la subordonnée;
Il fallait combattre par la ruse, étarrt donnéjju'il n'y avait pas d'égalité dans les forces
la relation temporelle se double alors d'une nuance finale:

L'ablatif absolu Exspecta, amabo te, dum Atticum conveniam. (Cic, Ait, 7, i, 4)
Quelques tours figés indiquant les magistrats en exercice servent à dater Attends, je te prie, (jusqu'à ce) que je rencontre Atticus.
les faits rapportés : Cette même valeur se rencontre parfois, chez les auteurs archaïques,
1s ML_ MéSSOIçLÊL Pisone consulibus conjurationem nobilitatis pour dum + indicatif:
Jecit. (Caes., Gai/., I, 2, I) Exspectabo dum venit. (Ter., Eun., 206)
Celui-ci, sous le consulat de M. Messala et M. Pison (= 61 avant J.-C), forma J'attendrai jusqu'à ce qu'il arrive.
une conjuration de la noblesse.
Sur la structure de l'ablatif absolu —> paragraphe 235.
Simul (ac) + indicatif
Simul (ac) + indicatif indique une antériorité si faible que les deux
propositions sont perçues comme quasi simultanées:
232 Les propositions temporelles marquant
la simultanéité Simul atque de Caesaris legionumque adventu cognitum est, ad eum
venit. (Caes., GalL, 5, 3, 3)
Dum, donec, quoad, quamdiu + indicatif
Dès que fut connue l'arrivée de César avec ses légions, il vint le trouver.
Dum (ou donec, quoad, quamdiu) + indicatif indique que la durée
des événements de la principale est égale à celle des événements
de la subordonnée: 233 Les propositions temporelles marquant
la postériorité
Dumjuit, dediU (Plaut, Truc, 217)
Tant qu'il y en eut, il donna. Postquam + indicatif
Donec erisjelix, multos numerabis amicos. (Ov., tria, I, 9, 5) La proposition subordonnée introduite par postquam (post... quam)
+ indicatif rend explicite la postériorité de la principale:
Tant que tu seras riche, tu compteras de nombreux amis.
Postquam omnes Belgarum copias (...) ad se venire vidit, Jlumen
Valeur particulière de dum + indicatif Axonam (...) exercitum traducere maturavit. (Caes., Gaii, 2, 5, 4)
l„,i
Dum + indicatif présent indique la période à l'intérieur de laquelle est situé Après avoir vu venir vers lui toutes les troupes belges, il résolut de faire traverser
l'événement de la principale, que ce soit dans le passé, dans le présent l'Aisne à son armée.
ou dans l'avenir:
Ubi primum, ut primum, cum primum + indicatif
Archimedes dum in pulvere quaedam describit attentius, ne patriam
Ubi primum, ut primum, cum primum indiquent que la principale
quidem captam esse sensit. (Cic, fin., 5, 50) est immédiatement postérieure:
Pendant qu'il dessinait attentivement certaines figures dans la poussière, Archimède Qui ubi primum adolevit, (...) non se luxu neque inertiae
ne se rendit même pas compte que sa patrie avait été prise.
corrumpendum dédit. (Sa»., Jus,. 6, i)
Dès qu'il fut adolescent, il ne se laissa corrompre ni par le luxe ni par l'oisiveté.
LA PHRASE COMPLEXE 234-236

234 Les propositions temporelles marquant l'antériorité Les valeurs de l'ablatif absolu
La proposition subordonnée est introduite par antequam (ante... quam) L'ablatif absolu a diverses valeurs circonstancielles. Il commute*
ou priusquam (prius... quam), suivis soit de l'indicatif, soit du subjonctif: généralement avec des propositions circonstancielles de temps
(—» paragraphes 230 à 234), de cause (—» paragraphes 228-229),
Neque priusfugere destiterunt quam adjlumen Rhenum
de condition (—» paragraphes 240 à 244) ou de concession
pervenerunt. (Caes., Gaii, i, 53, i)
(—> paragraphe 236).
Ils ne cessèrent pas de fuir avant d'avoir atteint le Rhin.
Quand il contient un participe (présent ou parfait passif), l'ablatif absolu
Caesar, priusquam se hostes ex terrore acjuga reciperent, in fines combine souvent une valeur temporelle et une valeur causale:
Suessionum (...) exercitum duxit. (Caes, Go»., 2,12, i) [Quibus rébus (...) cognitis] cunctatus non sum. (Cic, fam., 10,15, 2)
Avant que les ennemis ne se reprennent de leur effroi et de leur fuite, César conduisit Après avoir (= et parce que j'avais) appris cette nouvelle, je ne me suis pas attardé.
ses troupes chez les Suessions.
REM - Les verbes ou locutions impersonnels (—> paragraphe 134) peuvent constituer le GV
d'un ablatif absolu ; il n'y a alors pas de sujet à l'ablatif:
235 L'ablatif absolu : proposition participiale Cognito [vivere Ptolemaeum]... (Liv., 33, 41, 5, 2)
L'ablatif absolu est une proposition participiale constituée d'un GN sujet Comme on savait que Ptolémée vivait...
à l'ablatif et d'un GV participial à l'ablatif (syntaxe des cas —» paragraphe
Le participe cognito, ici, n'a pas de sujet à l'ablatif; l'ablatif absolu commute'
197).
avec la proposition temporelle cum cognitum esset vivere Ptolemaeum.
La constitution du G V participial - Lorsque le sujet de l'ablatif absolu est une proposition (infinitive ou relative
Le GV peut contenir, par ordre de fréquence: —> paragraphes 214, 219), il n'est pas à l'ablatif:
- un participe parfait passif (morphologie —» paragraphe 125); Terga dantibus [qui modo secuti erant]... (Liv., 31, 37, 7)
Alors que prenaient la fuite, [ceux qui venaient de le suivre],..
[His rébus cqgnitis] Caesar Gallorum animos verbis
COriflrmavit. (Caes., Soft, 1,33, i)
Ces choses ayant été apprises (= ayant appris la situation), César releva en quelques 236 Les propositions circonstancielles de concession
mots le courage des Gaulois. Une proposition concessive est une proposition qui laisse attendre
une conséquence inverse de ce qu'exprime la principale. Cette opposition
- un participe présent (morphologie —> paragraphes 121-122);
entre la conséquence attendue et la réalité observée est souvent soulignée
Cum, [Superbo régnante], in Italiam venisset... (Cic, Jusc, 1,38) par l'adverbe tamen (cependant).
Comme il était venu en Italie, sous le règne de Tarquin le Superbe...
C u m + subjonctif
- un adjectif qualificatif attribut (avec ellipse du verbe sum),
Non poterant tamen, cum cuperent, Apronium
dans des locutions usuelles;
imitari. (Cic, Verr., 2,3, 78)
Hostibus victis, civibus suivis, re placida, I bello exstincto, integro
Ils ne pouvaient, bien qu'ils le désirassent (= malgré leur désir), imiter Apronius.
exercitu et praesidiis... (Piaut, Pers., 753-754)
Une fois les ennemis vaincus, les citoyens sauvés, la situation tranquille, la guerre finie Q u a m q u a m + indicatif
l'armée et les garnisons intactes...
Quamquam excellebat Aristides abstinentia, tamen exilio decem
- un nom attribut, dans des tours figés.
annorum multatus est. (Nep., Ans., i)
[Natura duce] errari nullo pacto potest. (Cic, ieg„ 1, 20) Bien qu'Aristide fût d'un remarquable désintéressement, il fut pourtant condamné
La nature étant le guide (= avec la nature pour guide), il n'y a pas moyen de se troniper à un exil de dix ans.
LA PHRASE COMPLEXE 236-238

Quamvis + subjonctif - la proposition de comparaison (—> paragraphe 237).


Per quoà tempus, ut quies certaminum erat, ita ab apparatu operum
Quamvis s'emploie de préférence avec un adjectif ou un adverbe :
ac munitionum nihil cessatum. (Liv., 21, 8, I)
Illa quamvis ridicula essent (...), mihi tamen risum non Pendant ce temps, si on fit trêve dans les combats, pourtant, on ne cessa nullement
moverunt. (Cic, Fom., 7,32,3) de préparer travaux et fortifications.
Si gaies qu'elles fussent, ces choses ne m'ont pas fait rire.
Quamvis (et parfois quamquam) peut s'employer dans des constructions 237 Les propositions circonstancielles de comparaison :
elliptiques; il devient un simple adverbe: généralités
Les propositions circonstancielles de comparaison établissent un rapport
Quamvis pauci adiré audent. (Caes., Gali., 4, 2,5)
généralement d'équivalence, soit entre deux propositions qui composent
Bien qu'en petit nombre, ils osent attaquer.
la phrase (—» paragraphe 238), soit entre des constituants
Etsi, tametsi + indicatif de ces propositions (—» paragraphe 239).
Etsi et tametsi introduisent des propositions hypothético-concessives : Les subordonnées sont introduites soit par des conjonctions (ut, quo),
soit par des pronoms-adjectifs (qualis, quantus, quot —> morphologie :
Nostri tametsi a duce et a Fortuna deserebantur, tamen omnem spei
paragraphe 69).
salutis in virtute ponebant. (Caes., Goii, 5,34, 2) La proposition principale contient souvent un adverbe (sic, ita)
Bien qu'ils fussent abandonnés de leur chef et de la Fortune, nos hommes n'en mettaient
ou un pronom-adjectif corrélatif* (talis, tantus, tôt) qui annonce ou rappelle
pas moins tous leurs espoirs de salut dans leur courage. le terme introducteur de la subordonnée.
L i c e t + subjonctif Le mode employé est l'indicatif.
Le verbe impersonnel licet, suivi du subjonctif, est l'équivalent de etsi:
Fremant omnes licet, dicam quod sentio. (Oc, de orat, 1,195) 238 La comparaison globale entre deux propositions
La comparaison entre deux propositions peut être simple ou
Ils auront beau tous protester, je dirai ce que je pense.
proportionnelle.

Etiamsi La comparaison simple


Etiamsi est une variante de si: la distribution des temps et des modes
La subordonnée comparative est introduite par ut + indicatif:
est la même que dans les propositions conditionnelles (—» paragraphes 240
Quamobrem, ut saepejam dixi, prqficiscere. (Cic, Cata, i, 23)
à 243). •
C'est pourquoi, comme je l'ai déjà dit, va-t'en.
REM La concession peut être exprimée par d'autres propositions:
La comparaison entre deux propositions peut être soulignée par la reprise
- l'ablatif absolu (—> paragraphe 235);
de sic (ou ita) dans la principale, soulignant la dépendance réciproque
là (...) paucis àefenàentibus expugnare non potuit. (Caes., Gali, 2, 12, 2)
(rapport causal) entre les deux propositions:
Malgré le petit nombre de défenseurs, il ne put s'en emparer (de cette place).
- la proposition relative au subjonctif (—> paragraphe 215),
Ut sementemjeceris, ita metes. (Oc., de orat, 2, 26i)
Nam qui luxuriae immoàeratissimae esset, ter omnino per quattuoràecim annos Comme tu auras semé, ainsi tu récolteras.
languit. (Suet, Ner., 51) Mais ut peut mettre en parallèle deux propositions qui sont logiquement
En effet, bien qu'il s'adonnât sans aucune retenue aux plaisirs, il ne fut malade en tout indépendantes l'une de l'autre; l'effet de sens produit est assez souvent
que trois fois en quatorze ans. l'opposition.
La proposition relative, ici, commute avec la proposition concessive quamquam luxuriae
immoderatissimae erat ;
LA P H R A S E COMPLEXE 238-240

Per quod tempus, ut quies certaminum erat, ita ab apparatu operum L'identité des constituants
L'identité est exprimée par le pronom-adjectif idem (le même
ac munitionum nihil cessatum. (Liv., 21, 8, i)
—> paragraphes 61, 294), accompagné de ac ou qui qui introduisent le second
Pendant ce temps, si on fit trêve dans les combats, pourtant, on ne cessa nullement
terme de la comparaison :
de préparer travaux et fortifications.

U t . . ita... est concurrencé par cum... tum...


Idem sum in re publica gui fui semper. (Gc, Pfanc, 93)
Je suis en politique le m ê m e que j'ai toujours été.
Cum autem omnium rerum simulatio vitiosa est (...), tum amicitiae
répugnât maxime. (Oc., Laei.. 92) La qualité des constituants
Si la simulation est un défaut en toutes circonstances, c'est surtout avec l'amitié La comparaison qualitative est exprimé par talis... qualis...
qu'elle est incompatible. ou similis... ac... :
Si quis est talis, quaies esse omnes oportebat... (Gc, Cata, 2, 3)
La comparaison proportionnelle
Si quelqu'un est tel que devrait être tout le m o n d e . . .
La comparaison proportionnelle établit une comparaison entre les différents
degrés de deux qualités. Elle est exprimée par eo (tanto) + comparatif dans La quantité des constituants
la proposition principale et quo (quanto) + comparatif dans la proposition La comparaison quantitative est exprimée par t ô t . . quot... quand il s'agit
subordonnée (morphologie du comparatif —> paragraphes 42 à 44) : d'une quantité dénombrable, et par tantus... quantus... quand la quantité
Eo crassior est aer quo terris est propior. (Sen., nat, 7. 22) n'est pas dénombrable:
L'air est d'autant plus dense qu'il est plus proche de la terre. Tôt et tantas res optare quot et quantas di immortales ad Cn.
En l'absence de comparatif dans la subordonnée, la conjonction prend Pompeium detulerunt... (Gc, Rab. Post, 48)
la forme quod : Souhaiter des succès aussi nombreux et aussi grands que les dieux immortels en ont
Haec eqjacilius (...)faciebant, quod nostrae naves tempestatibus apporté à P o m p é e . . .

detinebantur. (Caes., 6o»„ 3.12,5) Le degré d'une qualité ou d'une action


Ils faisaient cette manœuvre d'autant plus facilement que nos vaisseaux étaient retenus L'égalité de degré ou d'intensité est exprimée par tam... quam...:
par la tempête.
Non tam praeclarum est scire Latine quam turpe nescire. (Gc, Brut, 140)
On rencontre avec la même valeur ut, répondant à sic (ou ita), quand
Il n'est pas aussi glorieux de savoir le latin qu'il est honteux de l'ignorer.
la proposition comporte le pronom-adjectif distributif quisque
( _ , paragraphes 73, 301) accompagné d'un superlatif (—» paragraphes 42, REM La proposition comparative est souvent elliptique. Il n'en subsiste alors que le terme
45-46): sur lequel porte la comparaison:
Ut quaeque res est turpissima, sic maxime vindicanda est. (Cic, Caei., 7) Tam ego homo sum quam tu. (Plaut, Asm., 490)
Je suis autant un homme que toi.
Plus un acte est odieux, plus il doit être châtié.

239 La comparaison entre deux constituants d'une 240 Les propositions circonstancielles de condition :
proposition généralités
On appelle système conditionnel une phrase dans laquelle la proposition
La comparaison peut concerner l'identité, la qualité, la quantité
subordonnée constitue l'hypothèse qui rend possible ou nécessaire
des constituants, ou bien le degré d'une qualité ou d'une action.
la vérification de la proposition principale.
Les conjonctions sont généralement dérivées de si—» paragraphe 241.
LA PHRASE COMPLEXE 240-241

Les modes employés La f o r m e négative


Les systèmes conditionnels sont soit à l'indicatif (—» paragraphe 242), Quand la proposition conditionnelle est niée, la négation est amalgamée
soit au subjonctif (—> paragraphe 243). À l'indicatif, la condition constitue à la conjonction, sous la forme nisi ou n i :
une supposition: on peut paraphraser par s/ on suppose que... Au subjonctif, Nec vero habere virtutem satis est, quasi artem aliquam, nisi
la condition constitue une hypothèse: on peut paraphraser par au cas où... utare. (Oc,ref>„i, 2,1)
La condition et les autres circonstances Et il ne suffît pas de posséder la vertu, comme un art quelconque, si on ne la m e t pas
Le rapport conditionnel recouvre deux autres rapports: un rapport causal en pratique.

et un rapport temporel. Nisi sert souvent à introduire une condition restrictive; il est alors
Inversement, les subordonnées temporelles peuvent également exprimer fréquemment accompagné de l'adverbe forte (par hasard) :
une condition. C'est le cas notamment de l'ablatif absolu Nemo enimjere saltat sobrius, nisi forte insanit. (Cic Mur., 13)
(—» paragraphe 235) :
En effet, en général, personne ne danse sans être ivre, à moins d'avoir perdu la raison.
Maximas vero virtutes jacere omnis necesse est voluptate
On rencontre également si minus:
dominante. (Cic, fin., 2,1(7)
Epistulam Caesaris misi si minus legisses. (Cic., Ait, 13, 22, 4)
Il est inévitable que toutes les plus grandes vertus gisent abattues quand (si) le plaisir
Je t'ai envoyé la lettre de César, pour le cas où tu ne l'aurais pas lue.
l'emporte.
Si non est employé pour insister sur la négation, en particulier quand
on oppose deux systèmes conditionnels: •
241 Les conjonctions introduisant les propositions
circonstancielles de condition Si mala sunt, is qui erit in iis beatus non erit ; si mala non sunt,
jacet omnis ratio Peripateticorum. (Cic, fin., 5, 86)
L'emploi de si
Si ce sont des maux, celui qui en sera affligé ne sera pas heureux ; si ce ne sont pas
Si est la conjonction usuelle qui introduit une proposition subordonnée
des maux, tout le raisonnement des Péripatéticiens est par terre.
conditionnelle. Elle peut être renforcée par quod, accolé ou non, en début
d'énoncé: L'emploi de sive... sive... (ou s e u . . . seu...)
Quod si fou quodsi) curamfugimus, virtusJugienda est. (Go, Lad.. 47) Sive... sive... (ou seu... seu...) coordonne deux propositions conditionnelles
Etjii nous fuyons les soucis, il faut fuir les vertus. qui forment une alternative :

La conjonction sin introduit une seconde hypothèse contradictoire Perspicitis genus hoc quam sitjacetum, (...) sive habeas vere quod
de la précédente: narrare possis, sivefingas. (Cic, de orat, 2,24i)
Si domi sum,Joris est animus; sinforis sutn, animus Vous voyez combien ce genre est plaisant, que l'on ait réellement de quoi raconter
ou que l'on invente.
domi est. (Plaut, Merc. 589)
Si je suis à la maison, m o n cœur est dehors, mais si je suis dehors, mon cœur L'emploi de etsi, tametsi et etiamsi
est à la maison.
Etsi, tametsi et etiamsi introduisent des conditions dont l'effet restrictif
est nié (elles équivalent alors à des propositions circonstancielles
L'emploi de u t
de concession —> paragraphe 236):
U t introduit une hypothèse présentée comme une restriction:
Ista veritas etiamsi jucunda non est, mihi tamen grata est. (Go, Ait, 3, 24, 2)
Prudentiam, ut cetera auferat, adfert cette senectus. (Go, Tusc., I, 94)
Cette vérité, même si elle n'est pas agréable, m'est chère.
La vieillesse, à supposer qu'elle emporte tout le reste, apporte du moins la sagesse.
LA P H R A S E COMPLEXE 241-242

L'emploi d e q u a s i , u t si, t a m q u a m si ind. parfait ind. présent


Quasi, ut si, tamquam si + subjonctif introduisent une comparaison Si aquam gelidam biberunt, primo relevari videntur, deinde multo
conditionnelle: ind. présent

Aedes totae confulgebant tuae quasi essent aureae. (Piaut, Amph., 1096) gravius vehementiusque adflictantur. (Cic Catii., i, 31)
Toute ta demeure resplendissait, comme si elle était en or. Si on boit de l'eau glacée, d'abord on semble aller mieux, puis on est beaucoup
plus gravement et plus durement atteint.
L'emploi de d u m , d u m m o d o , m o d o
Dum, dummodo, modo + subjonctif introduisent une temporelle Au futur
conditionnelle; la proposition principale est soumise à une condition L'antériorité de la condition par rapport à la proposition principale est
nécessaire qui est la réalisation simultanée (dum —» paragraphe 232) souvent exprimée par le futur antérieur dans la subordonnée:
de la proposition subordonnée: ind. futur antérieur ind. futur

Sifeceris id quod ostendis, magnam habebo gratiam. (Cic, Fam., 5,19, 2)


Oderint dum metuant ! (Oc., o/f, i, 97)
Si tu fais ce que tu indiques, je t ' e n aurai une grande reconnaissance.
Qu'ils haïssent, pourvu qu'ils craignent !
Mais la condition d'un événement futur peut être située dans le présent de

242 Les propositions conditionnelles à l'indicatif


On peut se trouver dans un système conditionnel au présent, au futur
ou au passé.

A u présent
l'énonciateur:
ind. futur
Faciam ego hodie te superbum,
j n d. présent
nisi hinc abis. (Piaut, Amph., 357)
Je ferai de toi un grand seigneur, si tu ne t ' e n vas pas d'ici.

Au passé
n
- Valeur causale: la proposition conditionnelle commute' avec quoniam
(—> paragraphe 228). Quand le système conditionnel est situé dans le passé, il a généralement pu
être vérifié :
Abeo, Si jubés. (Plaut, Amph., 857)
Je m ' e n vais, si tu l'ordonnes ( = puisque tu l'ordonnes).
- Au parfait, la subordonnée a le plus souvent une valeur causale.

-Valeur temporelle: la proposition conditionnelle commute avec Si quidem Homerusjuit et Hesiodus ante Romam conditam, serius
cum + indicatif (—» paragraphe 231). Elle peut notamment indiquer poeticam nos accepimus. (Oc, fuse, I, 3)
une éventualité qui peut se renouveler: S'il est vrai que ( = puisque) Homère et Hésiode ont vécu avant la fondation de Rome,
nous, nous avons connu la poésie plus tard.
Si adsunt amici, honestissimi sermones explicantur. (Ptin., epist, 3, i, 4)
S'il y a des amis (— quand il y a des amis), des entretiens très élevés se développent.
- Au plus-que-parfait, on a plutôt une valeur de répétition dans le passé.
Si quod erat grande vas et majus opus inventum, laeti
Elle peut aussi avoir une valeur de vérité générale:
adferebant. (Cic., Verr., 2, 4, 47)
Nam si amitti vita beata potest, beata esse non potest. (Cic, fin., 2,86)
Car si le bonheur peut être perdu, ce ne peut pas être le bonheur. Si ( = chaque fois q u ' ) ils trouvaient quelque grand vase, quelque œuvre au-dessus
de l'ordinaire, tout joyeux ils l'apportaient.
L'antériorité de la condition par rapport à la proposition principale peut être
soulignée par l'emploi du parfait.
LA PHRASE COMPLEXE 243-244

244 Les systèmes conditionnels avec deux modes


243 Les propositions conditionnelles au subjonctif
différents
La proposition subordonnée et la proposition principale sont généralement
au même temps. Subordonnée à l'indicatif/principale au subjonctif ou à l'impératif
Après une subordonnée indiquant une supposition, la principale peut
A u présent: le potentiel
présenter n'importe quelle modalité, exclamative, interrogative, déontique*;
L'hypothèse est présentée comme possible dans l'avenir:
le verbe de la principale est alors au mode employé pour marquer
Perfecta quidem sapientia simus, si nihil habeat res viti. (Ce Laei., 38) cette modalité (—» paragraphes 271 à 279):
Nous atteindrions la sagesse parfaite, si nous ne commettions aucune faute. ind. présent

Mais il peut s'agir aussi d'une hypothèse dont la réalisation est Si et in urbe et in eadem mente permanent, ea quae merentur
invraisemblable: subj. présent

Si existât hodie ab inferis Lycurgus, gaudeat ruinis eorum. (Liv., 39,37,3) exspectent. (Cic, Catu., 2, il)
Sjls demeurent à Rome et dans les mêmes dispositions, qu'ils s'attendent
Si Lycurgue sortait des enfers, il se réjouirait de leur ruine.
à ce qu'ils méritent.

À l'imparfait: l'irréel du présent Le subjonctif présent est ici la marque de l'ordre (—» paragraphe 278)
L'imparfait signale une hypothèse qui n'est pas réalisée au moment présent et non du potentiel (—» paragraphe 243).
(sa possible réalisation future n'est pas prise en compte) ; sa conséquence ne
Subordonnée au subjonctif/principale à l'indicatif
l'est donc pas non plus: •
L'emploi de l'indicatif dans la principale, après l'expression de l'irréel
Servi mei (...) si me istofacto metuerent, ut te metuunt omnes cives, dans la subordonnée (—» paragraphe 243), donne un caractère quasi effectif
domum meam relinquendam putarem. (Cic, Catu, i, 17) à un événement (généralement menaçant) qui était sur le point de se
produire:
Si mes esclaves me craignaient pour cette raison, comme te craignent tous les citoyens,
j'estimerais devoir quitter ma maison. Ni tam in tempore subvenisset, victoribus victisque pariter perniciosa
Cet énoncé de faits contraires à la réalité précède souvent une expression James instabat. (Liv., 25, JI, 14)
de ce qui est effectif au moment présent: Sjl (le blé) n'était pas arrivé si à propos, c'était, pour les vainqueurs comme pour
les vaincus, une famine pareillement désastreuse.
(Semina virtutum) quae si adolescere liceret, ipsa nos ad beatam
vitam natura perduceret. Nunc autem (...) in omni continuo
pravitate (...) versamur. (Oc Ttac, 3, 2)
(Les germes de vertu) s^il leur était permis de se développer, la nature nous conduirait
d'elle-même au bonheur. Mais, en réalité, nous nous trouvons immédiatement dans uni
complète fausseté.

A u plus-que-parfait: l'irréel du passé


La non-réalisation de l'hypothèse dans le passé entraîne la non-réalisation
de sa conséquence:
Si quiessem, nihil evenisset mali. (Ter, An*., 604)
Si je m'étais tenu tranquille, rien de mal ne serait arrivé.
LA C O O R D I N A T I O N 24S-246

LA C O O R D I N A T I O N 246 La coordination non marquée (asyndète)


La relation entre des constituants peut ne pas être marquée
grammaticalement. Les constituants sont alors juxtaposés, qu'il s'agisse
d'adjectifs, de noms, de G N , de GV, de propositions ou de phrases.

L'absence de conjonction de coordination


245 La coordination : généralités Nam pro pudore, pro abstinentia, pro virtute, audacia, largitio,
La coordination est un procédé syntaxique qui a une double fonction:
avaritia vigebant. (Sali., CatU,, 3,3)
- placer sur le même plan syntaxique deux constituants (ou plus);
Au lieu de l'honneur, du désintéressement, du mérite, c'était l'audace, la corruption,
ces constituants sont généralement de même nature et remplissent la même
la cupidité qui régnaient.
fonction syntaxique (exceptions —> paragraphe 247) ;
- établir un lien sémantique entre les deux constituants reliés (rapport Les trois noms, audacia, largitio, avaritia, ne sont pas explicitement
coordonnés, mais remplissent bien la même fonction syntaxique de sujet
de sens: cause, conséquence, etc.)
du verbe vigebant; il en va de même pour les trois GN introduits
La coordination peut, cependant, ne pas être marquée grammaticalement;
par la préposition pro.
on parle alors d'asyndète (—» paragraphe 246).
Abiit, excessit, evasit, erupit. (Oc CatU., 2, i)
Sur quoi la coordination porte-t-elle ?
Il est parti, il s'en est allé, il s'est échappé, il a brisé ses chaînes.
La coordination peut relier tous les types de constituants, du plus petit
au plus grand : des mots, des syntagmes", des propositions, des phrases. Le rapport logique implicite entre les propositions est ici l'addition. *
Mais l'asyndète peut marquer des rapports variés, comme:
La nature des coordonnants
- la succession temporelle;
Les conjonctions de coordination relient des constituants ayant la même
fonction syntaxique à l'intérieur d'une même phrase.
Veni, vidi, vici. (Suetju/., 37)
Les connecteurs relient des phrases entre elles. Ils ne placent pas Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu.

les phrases sur le même plan syntaxique (les phrases n'ont pas de fonction - l'opposition.
les unes par rapport aux autres), mais établissent la nature du lien Amicitiae nomen tollitur, propinquitatis manet. (Cic, Laei., 19)
sémantique entre ces propositions. Le nom d'amitié disparaît, tandis que la parenté subsiste.
Un certain nombre de coordonnants sont à la fois des conjonctions
de coordination et des connecteurs; d'autres sont propres à chacune Video meliora proboque, détériora sequor. (Ov., met, i, 20)
de ces catégories. Je vois le bon parti et je l'approuve ; je suis pourtant le mauvais.

Ces différents rapports logiques peuvent être exprimés par des propositions
La valeur logique des coordonnants
Les coordonnants peuvent être classés selon leur valeur logique: subordonnées circonstancielles (—» paragraphes 224 à 244).

- les coordonnants marquant la simple addition des constituants REM Quelques locutions usuelles ne présentent pas de coordination: dies noctes (jour
(—» paragraphes 248 à 250) ; et nuit), velim nolim (bon gré mal gré), hue illuc (çà et là). De même, les noms
- les coordonnants marquant la disjonction, qui supposent un choix des consuls ne sont pas obligatoirement coordonnés:
entre des constituants (—» paragraphes 251 à 253); L. Pisone A. Gabinio consulibus (Caes., Go//., I, 6, 4)
- les coordonnants marquant l'opposition (—» paragraphes 254 et 255); Sous le consulat de Pison et de Gabinius
- les coordonnants marquant la cause (—» paragraphes 256 et 257);
- les coordonnants marquant la conclusion (—» paragraphes 258 et 259). i
LA COORDINATION 246-248

L'ablatif absolu turbatis omnibus et la proposition introduite par quod


L'absence de connecteur
remplissent la même fonction de complément circonstanciel de cause
L'absence de connecteur dans la succession des phrases est un effet (—» paragraphes 169, 228-229, 235).
stylistique, signalant la neutralité de l'énonciateur (volonté d'objectivité):
La différence de fonction
Cum Valentio (...) epistula Agrigento dilata esset, casu insignum iste
Deux syntagmes de fonction syntaxique différente peuvent
animadvertit in cretula. Placuit ei. Quaesivit unde esset epistula. exceptionnellement être coordonnés, s'ils remplissent la même fonction
Respondit Agrigento. (Cic, vea., 2,4,58) sémantique :
Comme Valentius avait reçu une lettre d'Agrigente, il (Verres) remarqua par hasard
Sol quoque et exoriens et cum se condet in undas
le cachet sur la cire. Il lui plut. Il demanda d'où venait la lettre. L'autre répondit :
Signa dabit. (Verg., georg., I, 438-439)
"d'Agrigente".
Le soleil aussi, à la fois à son lever et lorsqu'il se couchera dans les flots, permettra
Mais l'absence de connecteur peut indiquer diverses relations sémantiques
des prévisions.
entre les phrases:
Le participe présent oriens (se levant) est apposé au nom sol, tandis que cum
Omnia sunt externa unius virtute terra manque pacata ; domesticui se condet in undas est une proposition circonstancielle de temps, dépendant
bellum manet ; intus insidiae sunt, intus inclusum periculum est, du GV signa dabit. Mais les deux syntagmes apportent le même type
intUS est hostis. (Cic, Catii, 2, II) d'indication temporelle (—» paragraphes 146, 167, 230).
Tout dans les affaires extérieures, sur terre et sur mer, se trouve en paix grâce •
à la valeur d'un seul h o m m e ; reste une guerre civile ; c'est à l'intérieur qu'il y a
des embuscades, un danger caché, un ennemi. LES C O O R D O N N A N T S MARQUANT L'ADDITION
O n t r o u v e ici, par e x e m p l e , une relation d ' o p p o s i t i o n : O m n i a s u n t e x t e r n a
(...) p a c a t a ; d o m e s t i c u m b e l l u m m a n e t . . . (Tout dans les affaires extérieures 248 Les coordonnants positifs d'addition
se trouve en paix; en revanche^ il reste une guerre civile...). Puis on trouve Certaines conjonctions de coordination et certains connecteurs (définition
une relation causale: d o m e s t i c u m b e l l u m m a n e t ; i n t u s insidiae s u n t . . . (Reste —» paragraphe 245) ne supposent aucune autre relation logique entre
une guerre civile; en effet, c'est à l'intérieur qu'il y a des embuscades...) constituants que la simple addition:
Rem publicam, Quirites, vitamque L'État, citoyens, et votre vie à
247 La coordination de syntagmes différents tous, vos biens, votre richesse,
omnium vestrum, bona,Jbrtunas,
vos épouses et vos enfants, et ce
La différence de nature
Deux syntagmes de nature différente peuvent être coordonnés,
conjuges liberosque vestros, at^ue hoc domicile d u p o u v o i r , e plus
domicilium clarissimi imperii, illustre, la ville la plus fortunée et
s'ils remplissent la même fonction syntaxique:
r A A. . 7 / • la plus belle, aujourd'hui, grâce à
Quam ignavus ac sine animo miles ! (Cic, Att., 1, is, 5) u
fortunatissimam lpulcnernmamque
l
/ , ,
1 immense amour des dieux
Quel soldat lâche et sans courage ! Urbem, hodierno die, deorum immortels envers vous, grâce à
mes
L'adjectif qualificatif ignavus et le GN introduit par une préposition immortalium summo erga vos amore, efforts, mes décisions, les
i T ., .».. ,. . dangers que j'ai courus, vous les
sine animo sont deux expansions du nom (—» paragraphe 140).
labonbus, consuus, pericuhs mets, e •. „
Nec dissolutio navigii sequebatur, turbatis omnibus et quod plerique ' voyez arraches aux flammes et au

ignari etiam conscios impediebant. (Tac, ann., 14,5, 2) Jlamma atque ferro ac paene exfaucibus fer et presque à la gueule du
drendus.
e s t i n e t ê t r e sauvés vous ê t r e
Le navire n'arrivait pas à se disloquer, parce que le trouble était général et que quantité fati ereptam et vobis conservatam ac - <*
d'ignorants gênaient même les complices. ^* restitutam videtis. (Cic, Cata. 3.1)
LA C O O R D I N A T I O N 248-249

249 Les valeurs particulières des coordonnants d'addition


Les compléments d'objet de videtis s'additionnent et certains sont
Des trois conjonctions et, atque et -que, et est la plus neutre : elle marque
explicitement coordonnés par les conjonctions et, atque (variante: ac)
simplement l'addition de deux constituants; atque indique, en outre,
et -que qui remplissent globalement le même rôle.
qu'il existe une unité entre les constituants ; -que englobe les deux valeurs
La place des coordonnants précédentes en ajoutant éventuellement l'idée d'une équivalence.
Quand il y a coordination d'addition entre deux constituants, la conjonction
Valeur particulière de e t
relie le second au premier en se plaçant devant (et, atque) ou en s'accolant
Et peut marquer le renchérissement:
à lui (-que) :
Sed de Lucullo dicam alio loco, et ita dicam,
— e flamma atque ferro (aux flammes et au fer) ;
— ereptam et (...) conservatam (arrachés et sauvés) ; Quirites, ut... (Oc, prav., 10)
— Rem publicam (...) vitamque omnium vestrum (l'Etat et votre vie à tous). Mais je parlerai à un autre moment de Lucullus, et j'en parlerai, citoyens, de telle sorte
que...
L'addition de plus de deux constituants
Quand plus de deux constituants sont coordonnés, le coordonnant peut: Avec cette valeur de renchérissement, et prend une valeur adverbiale
— introduire le dernier constituant: bona, fortunas, conjuges liberosque et ne coordonne pas:
vestros (vos biens, votre richesse, vos épouses et vos enfants) ; Timeo Danaos et donajeientes. (Verg., Aen., 2, 49)
— introduire chacun des constituants ajoutés : e flamma atque ferro ac paene Je redoute les Grecs, même quand ils apportent des présents.
ex faucibus fati ereptam (arrachés aux flammes et au fer et presque à la gueule ^
Valeurs communes de a t q u e et -que
du destin).
Atque et -que sont équivalents pour lier deux notions, objets ou êtres,
Les effets stylistiques proches ou complémentaires:
Quand chacun des deux membres est accompagné de la conjonction et
Qui studeat omnium rerum divinarum atque
(plus rarement de -que), l'expression devient emphatique:
humanarum vim... (Cic, de orot., i, B2)
Cognorit et signum et manutn suam. (Cic, CatH., 3, io)
Celui qui étudierait l'essence de toutes choses divines et humaines...
Il a reconnu et son sceau et sa main.
Omnium divinarum humanarumque rerum (...) consensio (Cic, Laei. 20)
Ipsos etiam pedibusque manuqueIturbavere lacus (o., met, 6,363-364)
L'accord sur toutes les choses humaines et divines
Et avec leurs pieds et avec leurs mains, ils troublèrent l'étang lui-même.
-que est particulièrement fréquent dans des expressions usuelles:
Quand deux phrases sont reliées par un connecteur d'addition, on peut
senatus populusque Romanus (le sénat et le peuple romains), domi bellique (en
paraphraser celui-ci par et en plus:
temps de paix, comme en temps de guerre), terra marique (sur terre et sur mer).
Sunt igiturfirmi et stabiles et constantes eligendi, cujus generis
Valeur particulière de - q u e
est magna penuria. Etjudicare difficile est sane nisi
-que peut ajouter l'idée d'une équivalence en reliant deux termes quasi
expertlim. (Cic, LaeL, 62) synonymes: peto quaesoque (je te demande et je te prie de). Le second
Ce sont donc des caractères fermes, solides, constants qu'il faut choisir — espèce constituant présente ainsi parfois un rapport logique avec le précédent
particulièrement rare. Et (en plus) il est bien difficile de les juger sans les avoir mis (causal, consécutif).
à l'épreuve.
REM La coordination peut également se faire par l'emploi d'un relatif de liaison
(—> paragraphe 297).
LA COORDINATION 249-251

- deux propositions subordonnées conjonctives (—> paragraphe 221),


Ipsos etiam pedibusque manuqueIturbavere lacus imoque e gurgite
quand la seconde est négative.
mollem Ibue illuc limum saltu movere maligno. (Ov., met., 6,363-365)
Pompeius suis praedixerat ut Caesaris impetum exciperent neve se
Avec leurs pieds et leurs mains, ils troublèrent l'étang lui-même ; en effet, en sautant
par méchanceté de-ci de-là, ils firent remonter du fond la vase molle. loco moverent. (Caes., ck., 3, 92, 2)
Pompée avait demandé à ses hommes de résister à l'attaque de César et de ne pas céder
du terrain.
250 Les coordonnants négatifs d'addition
Il existe deux coordonnants négatifs: neque (ou nec, généralement devant REM - La simple juxtaposition (asyndete) des syntagmes négatifs est également possible

consonne) et neve (neu). pour additionner des propositions négatives:


Non avaritia ab instituto cursu ad praedam aliquam devocauit, non libido ad
L'emploi de n e q u e (ou n e c )
voluptatem, non amoenitas ad delectationem, non nobilitas urbis ad cognitionem,
Neque s'emploie dans les phrases déclaratives (—» paragraphe 269) : non denique labor ipse ad quietem. (Cic, prov., 40)
- pour relier un GV, une proposition ou une phrase négatifs à un autre La cupidité ne l'a pas détourné en cours de route vers quelque pillage, ni la fantaisie
constituant de même nature; vers quelque jouissance, ni la beauté vers quelque agrément, ni la notoriété d'une ville
Omnes hostes terga verterunt neque priusjugere destiterunt quam ad vers quelque visite, ni enfin la fatigue même vers quelque repos.

jlumen Rhenum (...) pervenerunt. (Caes., Go»., 1,53, i) - Quand deux termes forment contraste, un positif et un négatif, ils peuvent être
Tous les ennemis prirent la fuite et ne s'arrêtèrent pas avant d'avoir atteint le Rhin. coordonnées par et (ou atque) :
Amat et non sentit amorem. (Ov„ met., 10, 637)
Et ob eadem haec non si miliens senati consulto populique jussu
Elle aime et ne se rend pas compte qu'elle aime.
revocaretis rediturus unquamjuerim. Nec nunc me ut redirent mea - Quand on coordonne une phrase impérative négative à une phrase impérative
voluntas mutata, sed vestrajortuna perpulit. (i_iv„ 5, 51,1-2) positive (—> paragraphes 276 à 279), le coordonnant est neque, et non neve:
Et pour cette même raison, m ê m e en étant rappelé mille fois par sénatus-consulte Studeamus nec desidiae nostrae praetendamus aliénant. (Plin., epist, 4, 16, 3)
ou par ordre du peuple, j'avais l'intention de ne jamais revenir. Et aujourd'hui, ce qui Travaillons et ne prenons pas prétexte de la paresse d'autrui.
me fait revenir, ce n]est pas un changement dans mes intentions, mais un changement
dans votre fortune.
Neque peut avoir la même valeur logique (cause, conséquence) que -que
LES C O O R D O N N A N T S MARQUANT
(—» paragraphe 249). LA D I S J O N C T I O N
- en corrélation, pour relier deux syntagmes négatifs.

Ea sola neque datur dono neque accipitur. (S*fl.,/ug., 85,34) 251 Aut
C'est la seule chose qu'on ne puisse ni donner ni recevoir. Aut présente une alternative (ou une série de possibilités) à laquelle on ne
peut échapper:
L'emploi de neve (ou neu) Hic vincendum aut moriendum, milites, est. (Liv., 21, 43,5)
Neve s'emploie pour coordonner:
C'est ici, soldats, qu'il faut vaincre ou mourir.
- deux phrases impératives négatives (—» paragraphe 279);
Mulier ad rem divinam ne adsit neve videat quo Aut... aut...
La répétition de aut devant chaque membre donne un caractère emphatique
modofiât. (C*to, agr., 83)
Que l'épouse n'assiste pas au sacrifice ni n e voie comment il se déroule. au tour.
LA C O O R D I N A T I O N 25I-2S4

Quis navigavit, qui non se aut mortis aut servitutis


L ES Jr:..9..9.!?.P..9.. NNANTS M A R Q U A N T L'OPPOSITION
periculo committeret, cum aut hieme aut referto praedonum
mari navigaret ? (Cic, pmv., 3i) 254 Les coordonnants marquant l'opposition à l'intérieur
Qui a jamais navigué sans courir le risque soit de périr, soit d'être esclave, étant donné
de la phrase
qu'on naviguait soit l'hiver, soit dans une m e r remplie de pirates ? Sed et verum
Sed et verum introduisent un second constituant qui corrige le premier.
A u t entre deux questions
On les trouve donc, préférentiellement, après un premier constituant
Aut s'emploie également pour coordonner les constituants interrogatifs
accompagné d'une négation :
(—» paragraphes 271, 273 à 275):
Mithridates autem omne reliquum tempus non ad oblivionem veteris
Ubi sunt ergo ii quos miseros dicis, aut quem
belli sed ad comparationem novi contulit. (Cic, pmv., 9)
locum incolunt ? (Cic., Tutc.. i, il)
Mithridate a consacré tout le temps disponible non à oublier la première guerre,
O ù sont donc ceux que tu nommes malheureux e^en quel endroit habitent-ils ?
mais à préparer la nouvelle.

Cette correction s'accompagne fréquemment d'un renchérissement,


252 Vel en particulier dans l'expression non solum... sed etiam:
Vel présente les deux membres d'une alternative comme également
Imminent duo reges toti Asiae, non solum vobis inimicissimi sed
acceptables :
etiam vestris sociis atque amicis. (Gc„ pmv., (2)
Vel pace vel bello clarumfieri licet. (Sali., Cata, 3, i)
Deux rois font peser une menace sur toute l'Asie, en étant les ennemis les plus acharnés
O n peut s'illustrer soit dans la paix, soit dans la guerre.
non seulement contre vous, mais aussi contre vos alliés et amis.
Il peut coordonner deux expressions de sens très proche:
La présence d'une négation dans le premier membre n'est pas obligatoire;
Venit Epicurus, homo minime malus vel potius la correction par sed ou verum signale que le second membre efface
vir optimus. (Cic, Tac., 2, 44) la portée du premier:
Voici venir Épicure, un homme pas du tout mauvais, ou plutôt un homme excellent. Lucius Catilina, nobili génère natus,Juit magna vi et animi
Ici, minime malus est une litote, qui est explicitée par vir optimus. et corporis, sed ingenio malo pravoque. (Sali., Cata, 5,1)
Lucius Catilina, issu d'une famille noble, avait une grande vigueur intellectuelle
253 -ve et physique, mais une âme mauvaise et dépravée.
-ve, parallèlement à -que (—» paragraphe 249), réunit des termes qui forment
couple: Tamen
Tamen apporte une correction à l'intérieur de la phrase:
Nec enim satis esse judicare quidjaciendum non
Naturam expellasjurca, tamen usque recurret. (Hor., epfst, l, 10, 24)
Jaciendumve sit. (Cic fin., i, 47)
Il n e suffit pas de déterminer ce qu'il faut faire ou ne pas faire. Chasse la nature à coups de fourche, elle reviendra pourtant aussitôt.

Il peut être répété avec chaque membre: On rencontre donc tamen souvent après une proposition circonstancielle
de concession (—» paragraphe 236).
Quodfuimusve sumusve... (Ov., met, is, 215)
Ce que nous fûmes ou ce que nous s o m m e s . . .
LA C O O R D I N A T I O N 25S-2S7

255 Les coordonnants marquant l'opposition entre deux Cum illo quidem (...) actum optume est, mecum incommodius, quem
phrases Juerat aequius, ut prius introieram, sic prius exire de vita. Sed tamen
Sed recordatione nostrae amicitiae sicjruor, ut béate vixisse videar, quia
Sed, placé en tête de phrase, peut exprimer: cum Scipione vixerim. (Cic, Laei., 15)
- un simple changement de sujet entre les deux énoncés (définition Il a été comblé par le sort ; moi, il m'a plus mal traité : il aurait été plus juste qu'étant
—» paragraphe 260) ; entré le premier dans la vie, j ' e n sortisse le premier. Toutefois, le souvenir de notre
amitié m e comble suffisamment pour que j'aie l'impression d'avoir vécu heureux,
Infacie voltuque vecordia inerat. Sedjuventutem quam, (...)
puisque j'ai vécu avec Scipion.
inlexerat, multis modis malafacinora edocebat. (Sali., Catil., 15-16)
Son visage et son air reflétaient son égarement. Quant aux jeunes qu'il avait séduits (...) ) Vero et autem
il leur enseignait le crime de multiples façons. Vero et autem indiquent la prise en compte de deux données coexistantes:
- une véritable opposition, surtout après un premier énoncé négatif; Quid tu ais, Gnatho ? Quid tu autem, Thraso ? (Ter., Eun., 474)
Nemo vestrum condicionis meae oblitum me hue processisse putet. Que dis-tu, Gnathon ? Et toi, Thrason ?
Sed res ac periculum commune cogit quod quisque possit in re trépida Ces données peuvent présenter un certain degré d'opposition :
praesidii in médium conferre. (Liv, 5. 44, i) Ipse nihil scribo ; lego autem libentissime. (Cic, Fam., 16, 22, i)
Que personne, parmi vous, ne pense que j'oublie ma condition en me présentant ici. Pour ma part, je n'écris rien, mais je lis bien volontiers.
Mais notre intérêt et notre péril communs font un devoir à chacun de contribuer de son
mieux dans une circonstance critique à la défense de tous.
Haec populi oratio est; mea vero haec. (Cic, Plane, 14)
Tel est le discours du peuple, tandis que le mien est ainsi.
- une objection.
Nam et praeclara res est et sumus (...) otiosi. Sed quis ego sum
aut quae est in mejacultas ? (Cic., Loe/., 17) LES C O O R D O N N A N T S MARQUANT LA CAUSE
En effet, c'est un beau sujet et nous avons du loisir. Mais en suis-je capable et en ai-je
la compétence ? 256 Nam
Nam (ou namque), placé en tête de phrase, introduit une information
At et atqui
inconnue du destinataire, qui éclaire ou explique la phrase précédente:
At et atqui, en tête de phrase, marquent une opposition forte, qui crée
souvent un effet de dramatisation:
Is pagus appellabatur Tigurinus : nam omnis civitas Helvetia in
quattuor pagos divisa est. (Caes., Go//,, i, 12,4)
Brevis a natura vita nobis data est ; at memoria bene redditae vitae
Ce canton s'appelait Tigurin : en effet, tout le territoire helvète est composé
sempiterna. (Cic, PM., w, 32) de quatre cantons.
Brève est la vie que nous a donnée la nature ; mais le souvenir d'une vie bien rendue
est éternel. 257 Enim
Tamen M^^ Enim (ou etenim) se place après le premier mot ou le premier syntagme
Tamen, souvent en deuxième position dans la phrase, figure dans un énoncé (groupe de mots) de la phrase. Il introduit comme élément d'explication
qui constitue généralement une suite inattendue de l'énoncé précédent. un fait supposé connu du destinataire.
Il renforce fréquemment sed et at.
Cum his enim amicitiam natura ipsa peperit. (Oc Laei., 19)
Entre parents, en effet, existe une amitié créée par la nature. G R A M M A I R E DE L'ÉNONCÉ
REM Employé dans une réponse, enim est une interjection, non un connecteur:
ET D U T E X T E
Uxor ducenda est domum ; /quidfiet ? — Non enim ducet ! (Ter., Phor., 693-694)
Il doit emmener l'épouse à la maison ; que se passera-t-il ? — Eh bien ! il n'épousera pas | |

260 L'énoncé et le t e x t e : définitions


LES C O O R D O N N A N T S MARQUANT Distinguer l'énoncé du texte
LA C O N C L U S I O N L'énoncé est une unité de sens qu'un énonciateur produit pour
un destinataire à un moment particulier, dans un lieu particulier
258 Ergo et igitur et avec une intention particulière: informer, interroger, ordonner, etc.
Le texte est un ensemble d'énoncés reliés entre eux.
Ergo, généralement en tête de phrase, et igitur, placé après le premier mot
ou syntagme", introduisent les conséquences logiques de l'énoncé précédente 0 di immortelles ! Ubinam gentium sumus? (Gc Cota, i, 9)
Mus syllaba est; mus autem caseum rodit; sjllaba ergo
Cet extrait de texte contient deux énoncés avec leur intonation propre.
caseum rodit. (Sen., tpfct, 48,6)
Ces deux énoncés sont formés chacun d'une phrase: la première se réduit
"Souris" est une syllabe ; la souris grignote le fromage ; donc la syllabe grignote
le fromage.
Summum a vobis bonum voluptas dicitur. Aperiendum est igitur La situation d'énonciation et la cohésion de l'énoncé
L'énoncé et le texte contiennent des éléments spécifiques qui assurent,
quid sit voluptas. (Go, fin., 2,18)
d'une part, le rattachement à la situation d'énonciation et, d'autre part,
Vous définissez le plaisir comme le bien suprême. Il faut donc découvrir
la cohésion de l'énoncé: pronoms et adverbes divers (—> paragraphes 280
ce qu'est le plaisir.
à 301), formes temporelles (—» paragraphes 302 à 327), concordance des
temps (—> paragraphes 328 à 331), attraction modale (—> paragraphe 332),
259 Itaque, quamobrem, proinde connecteurs (—> paragraphe 245).
Itaque, quamobrem et proinde, placés en tête de phrase, introduisent
la conséquence d'une réalité avérée: Les types de textes
L'énonciateur, le destinataire et les repères spatio-temporels qui leur sont
Quam plurimas civitates suo beneficio habere constrictas volebat.
liés peuvent ou non figurer dans l'énoncé, suivant le type de textes:
Itaque rem suscipit. (Caes., Gaii., r, 9,3-4) textes argumentatif (—> paragraphe 283), descriptif (—> paragraphe 311),
Il voulait s'attacher par ses bienfaits le plus de cités possible. Ç^est pourquoi il se charge]
narratif (—> paragraphe 320), explicatif ou injonctif.
de l'affaire.
Proinde présente, en guise de conclusion, une exhortation (avec impératif j Le discours rapporté

ou subjonctif) : Un énoncé peut contenir l'énoncé produit par un autre énonciateur: il s'agit
du discours rapporté. Le discours rapporté peut être autonome (discours
Quae resecanda erunt, non patiar ad perniciem civitatis manere.
direct —> paragraphes 333-334), ou bien être intégré à l'énoncé principal
Proinde aut exeant aut quiescant. (Oc Catii., 2, il) (discours indirect—> paragraphes 333 à 340).
Les éléments qu'il faudra élaguer, je n'accepterai pas qu'ils subsistent pour nuire
à la cité. En conséquence, qu'ils partent ou qu'ils se tiennent tranquilles.
LES M O D A L I T É S D E LA PHRASE 261-264

LES M O D A L I T E S DE LA PHRASE 263 La phrase déclarative à l'indicatif


La phrase déclarative présente généralement la proposition comme vraie.
Elle est le plus souvent à l'indicatif.

Le temps du verbe
Il varie selon que l'action se situe avant, après ou au moment
de renonciation (—» paragraphe 302):
261 Les modalités : généralités
La phrase peut présenter différentes modalités: suivant le point de vue Passer mortuus est meae puellae. (Catul., 3,3)
de l'énonciateur sur son énoncé (la destination qu'il donne à son énoncé Le moineau de mon amie est mort.
et sa façon de le présenter), la phrase prend des formes différentes. La proposition, ici, est présentée comme vraie et l'événement est antérieur
L'énonciateur peut: au moment de renonciation.
- apporter une information: la phrase est déclarative et on parle
Le rôle des adverbes et des interjections
de modalité assertive (—» paragraphes 262 à 270);
La vérité de la proposition peut être renforcée par divers adverbes:
- solliciter une information: la phrase est interrogative et on parle
perfecto, certe (assurément), quidem (du moins).
de modalité interrogative (—» paragraphes 271 et 273 à 275);
- manifester un sentiment: la phrase est exclamative et on parle de modalité Quod si de Antonio non laboratis, mihi certe (...) consulere
exclamative (—» paragraphes 271 et 272); debetis. (Cic, Phii.. 12,19)
- provoquer une (ré)action du destinataire: la phrase est impérative Si vous ne vous souciez pas d'Antoine, vous devez, en tout cas, veiller à mes intérêts.
et on parle de modalité déontique (—> paragraphes 276 à 279).
L'infinitif de narration
Dans le récit, l'indicatif est concurrencé par l'infinitif dit de narration,
LA P H R A S E DÉCLARATIVE qui équivaut à un imparfait ou à un parfait:
Clamor permixtus hortatione, laetitia, gemitu ; strepitus armorum
262 La phrase déclarative: généralités
ad caelum ferri ; tela utrimque volare. (Safl.,jug., é0> 2)
La phrase déclarative apporte une information. Elle est généralement
Des cris mêlés aux exhortations, de la joie, des gémissements ; le fracas des armes
à l'indicatif (—» paragraphe 263). Quand elle est au subjonctif, l'assertion s'élevait jusqu'au ciel ; des traits volaient de part et d'autre.
est nuancée (—» paragraphe 264).
La phrase déclarative peut s'employer pour présenter quelque chose
264 La phrase déclarative au subjonctif
comme possible (—» paragraphe 265) ou obligatoire (elle concurrence
L'emploi du subjonctif dans une phrase déclarative indique que l'énonciateur
alors la phrase impérative —> paragraphe 266).
ne donne pas l'assertion comme absolument certaine; celle-ci se présente
L'information apportée peut être négative : la proposition contient alors
alors comme une possibilité ou une atténuation.
une négation. La négation peut être totale (—» paragraphe 267) ou partielle
(—» paragraphe 268). Elle peut également se combiner avec une coordination La possibilité (ou éventualité)
additive (—» paragraphe 269) ou une autre négation (—> paragraphe 270). Elle s'exprime au subjonctif présent:
La phrase déclarative a, enfin, une intonation neutre.
Reverearis occursum, non reformides. (Piin., epist. 1,10, 7)
Tu aurais du respect en le rencontrant, tu n'en aurais pas peur.
LES M O D A L I T É S DE LA PHRASE 264-267

La possibilité ainsi envisagée constitue parfois une objection potentiell L'emploi de verbes impersonnels
introduite dans une argumentation: Licet + infinitif (// est permis) et diverses locutions contenant possum
Nunc aliquis dicat tnihi... (Hor., »ot, i, 3,19) (non possum facere quin + subjonctif: je ne peux pas m'empêcher de, fieri
potest ut + subjonctif: // peut arriver que) marquent la possibilité ou
Maintenant, quelqu'un pourrait m e d i r e . . .
l'impossibilité:
On rencontre le subjonctif parfait dans quelques tours usuels, comme-
Id fiainon potest quin sentiant. (Ter., Hec, 397)
Dixerit quispiam... (Gc, not deor., 3, 76)
Il n'est pas possible qu'ils ne s'en rendent pas compte.
O n dira sans d o u t e . . .

La possibilité est alors souvent soulignée par des adverbes, comme fortas
266 La phrase déclarative marquant l'obligation
forsitan (peut-être) :
L'emploi de decet, oportet, necesse est
Riserit aliquisJortasse hoc praeceptum. (Gc. de orat, 2,99)
Quelques locutions indiquant divers degrés d'obligation constituent
Peut-être r i r a - t o n de ce précepte.
des variantes de l'expression de l'ordre (—» paragraphe 278) : decet
L'atténuation (il convient), oportet, necesse est (// faut) + infinitif ou + subjonctif.
subj.
Le subjonctif présent peut atténuer une affirmation ou une demande.
Faber haecfaciat oportet. (Cat, ogr., 14, i)
Il est une marque de politesse et de respect:
Il faut que le constructeur fasse cela.
Velim mihi ignoscas. (Gc, Fam., 13, 75, i)
Je voudrais que tu me pardonnes. L'adjectif verbal employé avec l'auxiliaire s u m
Morphologie de l'adjectif verbal —» paragraphes 130 et 132.
265 La phrase déclarative marquant la possibilité Ce tour a un sens passif, y compris avec les verbes déponents
L'emploi de certains verbes ou locutions a pour effet de nuancer l'assertion (—» paragraphe 137). Il peut avoir un sujet ou non (passif impersonnel
contenue dans la phrase déclarative. Celle-ci n'est plus présentée comme —> paragraphe 160).

1
certaine, mais seulement comme possible. Praeponenda est divitiis gloria. (Gc, top,, 84)
L'emploi de p o s s u m + infinitif La gloire doit être préférée aux richesses.

Minor est Serenus meus : quid ad rem pertinet ? Post me mon débet, Vivamus, moriendum est. (Sen. Rhet, comr., 2, 6,3)
sed ante me potest. (Sen„ epist, 63,15) Vivons, il nous faut mourir,

Sérénus est plus jeune que moi : quelle importance ? Il doit mourir après moi, mais iust
possible que ce soit avant moi. 267 La phrase déclarative négative : négation totale
Possum à l'indicatif s'emploie même quand l'énonciateur renonce La négation totale de la phrase est marquée par l'adverbe non.
à la possibilité: La négation porte sur l'ensemble de la phrase
Multosque possum bonos viros nominare. (Gc, ruse, 2, 45) Non est alors le plus souvent en tête de la phrase et signifie // n'est pas vrai que:
Et je pourrais citer beaucoup d'honnêtes gens.
Non si Opimium defendisti, Carbo, ideirco te isti bonum civem
L'affirmation de cette possibilité équivaut ici à un irréel du présent
putabunt. ( G c , de oral. 2, 170)
et sous-entend mais je ne le fais pas.
^SJLSâLgM parce que tu as défendu Opimius, Carbo, qu'ils vont t'estimer bon citoyen.

Non nie, ici, l'ensemble du système conditionnel (—» paragraphes 240 à 244).
LES M O D A L I T É S DE LA PHRASE 267-269

La négation porte sur une proposition La négation des adverbes e t pronoms-adjectifs indéfinis
Non porte alors plus spécifiquement sur le GV et se place fréquemment Quand la négation porte sur un adverbe ou pronom-adjectif indéfini,
devant le verbe (—> paragraphes 151 à 156): la négation est intégrée à la forme de l'indéfini: nemo (personne), nihil (rien),
Non est ergo natura hominis poenae appetens. (Sen., ir., i, 6, 4) nullus (aucun), numquam (jamais), nusquam (nulle part).
Donc la nature humaine n'est pas avide de châtiment. Morphologie des pronoms-ajectifs indéfinis —» paragraphes 72 à 76.

268 La phrase déclarative négative: négation partielle 269 Négation et coordination dans les phrases
déclaratives
Lorsque la négation ne porte que sur l'un des constituants de la proposition,
Quand une proposition contient une négation et est introduite
elle peut prendre des formes diverses.
par une coordination additive (et, atque), la négation peut être amalgamée
La négation de m o t à la coordination: celle-ci prend alors la forme neque/nec (—» paragraphes
Non se place devant le mot sur lequel il porte: 248 à 250).
Conduxit in Palatio non magno domum. (Gc., Caei., 18) La négation totale
Il loua pas cher une maison sur le Palatin. Quand la négation porte sur l'ensemble de la proposition ou de la phrase,
Il concurrence les préfixes négatifs in- et ne-: elle est amalgamée:
gratus (reconnaissant) I ingratus (ingrat) Hostes terga verterunt nec priusjugere destiterunt quant adjlumen
scio (savoir) /nescio (ignorer)
Rhenum pervenerunt. (Caes., Go//., i, 53, i)
On rencontre également l'adverbe haud, surtout dans des expressions
Les ennemis prirent la fuite et ne s'arrêtèrent pas avant d'avoir atteint le PJiin.
figées : haud scio an (je ne sais pas si).

La négation de syntagme La négation partielle


La négation de syntagme" est généralement non. - Quand la négation non porte sur un seul syntagme', elle n'est pas
- Quand un syntagme nié précède un syntagme positif auquel il s'oppose, amalgamée :
on rencontre non (solum)..., sed (etiam)... : Patior, judices, me laboris mei (...)fructum esse laturos et non
Ambitio multos mortalis (...) subegit (...) amicitias inimicitiasque non molesteJew. (Cic, Verr.. 2, I, 2)
ex re, sed ex commodo aestumare. (Sali.. Catft, IO, 5) Je souffre, juges, de tirer profit de mes efforts et je le supporte sans acrimonie.
L'ambition amena bien des gens à régler leurs amitiés et inimitiés non sur le mérite, - Quand la négation porte sur un adverbe ou un pronom-adjectif indéfini,
mais sur l'intérêt. elle est amalgamée à la coordination et elle est accompagnée d'un indéfini
- Quand deux ou plusieurs syntagmes niés sont coordonnés, à polarité négative* (umquam-.jamais, usquam: quelque part, ullus: aucun,
chacun des syntagmes est précédé de nec/neque: quisquam: quelqu'un, quicquam: quelque chose —» paragraphe 300).
Neque modum neque modestiam victores habere. (Sali., Catu., H, 4) Veni Athenas (...) neque me quisquam ibi adgnovit. (Cic, ruse, 5,104)
Les vainqueurs n'avaient ni mesure ni modération. Je suis arrivé à Athènes, et là, personne ne m'a reconnu.

- La négation ne... quidem indique que la négation de la proposition s'étend


jusqu'au syntagme qu'elle encadre:
Ne adventu quidem novi principis commotus est. (Plin., epist., 3, 7, 6)
Il ne fut pas troublé, pas même par l'arrivée du nouvel empereur.
LES M O D A L I T É S D E LA P H R A S E 270-272

270 Les combinaisons de négations dans les phrases


LES PHRASES EXCLAMATIVE ET I N T E R R O G A T I VE
déclaratives
Deux négations totales 271 Les phrases exclamative et interrogative : généralités
Dans une même proposition, deux négations totales s'annulent: Exclamation et interrogation présentent la même intonation, les mêmes
adverbes et les mêmes pronoms-adjectifs introducteurs (morphologie
Nec hoc ille non vidit. (Cic, fin., 4, 60)
—» paragraphes 67, 70, 71).
Et il n'est pas vrai qu'il n^a pas vu cela.
= Et il a vu cela. L'exclamation
Emploi —» paragraphe 272.
U n e négation totale e t une négation partielle
Une négation totale et une négation partielle annulent la valeur négative L'interrogation
de la proposition, mais l'interprétation varie suivant leur place respective. La véritable modalité interrogative suppose une demande d'information
- Négation totale + négation partielle : auprès d'un tiers. Elle peut être totale (—» paragraphe 273), double

Non nihil commoveor. (Oc., Qumct, i) (—» paragraphe 274) ou partielle (—» paragraphe 275).

Il r^'est pas vrai que je ne suis ému en rien.


Sinon, la forme interrogative est un moyen d'exprimer une réaction
= Je suis fortement ému. émotionnelle (interrogation oratoire) ; on ne peut alors la distinguer
de l'exclamation (les éditeurs hésitent souvent sur la ponctuation):
- Négation partielle + négation totale:
Hic tu qua laetitia perfruere ! /? quibus gaudiis
Nemo ergo non miser. (Cic, Tusc, I, 9)
exsultabis ! /? (Ck„ Cata, i, 26)
Il nj a donc personne qui ne soit pas malheureux.
Toi, de quel bonheur jouiras-tu ici !/? Quelles joies te feront e x u l t e r ! / ?
= Tout le monde est donc malheureux.

L'emploi de n e . . . q u i d e m et d e n e q u e . . . n e q u e . . . 272 La phrase exclamative


Deux négations se renforcent, quand la seconde est ne... quidem L'exclamation est une modalité qui peut concerner n'importe quel type
ou la double négation neque... neque... de constituant: du plus réduit (un mot) jusqu'à la phrase dans son ensemble.
Numquam illum ne minima quidem re qffendi. (Cic, Laei, 103) Outre l'intonation, elle est souvent signalée par des interjections
Je ne l'ai jamais heurté, pas même sur le plus petit sujet. ou des syntagmes* plus ou moins figés indiquant différents états affectifs :
vae! (malheur), (e)heu!, a! (hélas), hercle (par Hercule), (ede)pol (par Pollux),
L'emploi d'indéfinis à polarité négative di immortales ! (par les dieux immortels), etc.
La présence d'un seul terme négatif (conjonction, adverbe ou Vae tibi ! (Plaut, Aon., 306)
pronom-adjectif) permet l'accumulation d'indéfinis à polarité négative* Malheur à toi !
(—> paragraphes 269, 300)qui se renforcent:
La phrase exclamative peut avoir la forme d'un GN, d'un GV à l'infinitif
Nec enim cuiquam bono mali quicquam evenire potest. (Cic, Tusc i, W| ou d'une proposition.
Et il ne peut rien arriver de mal à aucun homme de bien.
UnGN
On rencontre des G N exclamatifs:
- au nominatif (—» paragraphe 175) ;

Di immortales ! Quae superbia, quanta ignoratio sui (...) / (Cic, Ciuent., 109)
Dieux immortels ! Quelle arrogance, quelle fausse opinion de soi !
LES M O D A L I T É S DE LA PHRASE 272-274

- au vocatif, parfois précédé de o ou pro; L'énonciateur ne recherche pas une information, mais pousse souvent
0 catenarum colone ! — 0 virgarum lascivia ! (Piaut,ton.,298) l'interlocuteur à abonder dans son sens.

O vieil habitué des fers ! — O délice des coups de bâton ! - L'adverbe num indique que l'énonciateur s'attend à une réponse négative:

- à l'accusatif (—» paragraphe 181). Num negare audes? (Cic, Cota, i, 8)


Tu oses le nier ?
L. Paulum (...) quem civem ! quem virum ! (Cic, Vatm.. 25)
Il ne s'agit pas d'obtenir une information, mais plutôt d'énoncer
Lucius Paulus, quel citoyen ! quel homme !
une interdiction sous une forme vaguement menaçante.
U n G V à l'infinitif ou une proposition infinitive - L'adverbe an introduit une possibilité, généralement refusée
Foras aedibus me eici ! (Ptaut, Asin., 127) par l'énonciateur, après une phrase interrogative:

Me faire jeter hors de la maison ! Quid dicis? An bellojugitivoium Siciliam virtute tua
liberatam ? (Cic, verr., 2, 5, 5)
U n e proposition à un mode personnel*
Que dis-tu ? Q u e la Sicile a été délivrée par ta vaillance de la guerre contre les esclaves
Obsecro herele, quantus et quam validus est ! (Piaut., Amph.. 299) fugitifs ?
Miséricorde, qu'il est grand et fort ! L'interrogation sert à repousser par avance un argument de l'adversaire,
en le présentant comme incroyable.
273 La phrase interrogative : interrogation totale
La réponse à l'interrogation totale
L'interrogation totale peut ne pas comporter de mot interrogatif ;
Elle peut prendre la forme d'un adverbe:
ou bien elle est introduite par un adverbe ou une particule interrogative
La réponse peut prendre des formes variées. Haeccine tua domust? — ha, inquam. (Piaut, Amph., 362)
C'est ici ta maison? — Oui, te dis-je.
L'interrogation sans m o t interrogatif
L'intonation peut suffire à caractériser une phrase comme interrogative Cognoscin tu me saltem, Sosia ? — Propemodum. (Piaut, Amph.. 822)
Tu m e reconnais, du moins, Sosie ? — À peu près. ^ ^ ^ ^
Etiam clamas, carnufex? (Piaut, Amph.. 376)
Tu cries encore, bourreau? Elle peut aussi être constituée par la reprise partielle, sous forme déclarative
(—> paragraphe 262), de la proposition interrogative:
L'interrogation introduite par un adverbe ou une particule
Tuae fidei credo ? — Meae. (Piaut., Amph., 39i)
interrogative
J'ai ta parole ? — Tu l'as.
- L'enclitique -ne, adjoint généralement au premier mot de la phrase,
s'emploie quand l'énonciateur ignore la réponse ou bien comme forme Ain heri nos advenisse hue? — Aio... (Piaut, Amph., 799)
neutre d'interrogation, quelle que soit la réponse supposée: Tu affirmes que nous sommes venus ici hier ? — fe l'affirme...

Visne (...)Jortunam experiri meam ? (Cic, Tusc, 5, 61) Jam nunc irata non es? — Non sum. (Piaut., Amph.. 937)
Veux-tu faire l'expérience de ma situation? Et maintenant, tu n ' e s plus en colère ? — |e ne le suis plus.
- L'adverbe nonne indique que l'énonciateur s'attend à une réponse
positive : 274 La phrase interrogative : interrogation double
Canis nonne est similis lupo? (Cic, nat. deor.. i, 97) Quand l'interrogation porte sur une alternative, la première proposition
Le chien n'est-il pas semblable au loup ? est introduite par utrum ou -ne, et la seconde par an.
LES M O D A L I T E S D E LA PHRASE 274-278

Utrum enim defenditis plebem an impugnatis? (Uv„ 5,3, 7) 277 La phrase impérative : le souhait et le regret
Est-ce que, en effet, vous défendez la plèbe ou est-ce que vous l'attaquez ? Le souhait est marqué à la fois par la présence d'un adverbe (utinam, quam,
quantum) et par le mode subjonctif.
Romamne venio an hic maneo? (Oc., Att, 16, 8, 2)
L'emploi du subjonctif présent
Est-ce que je viens à Rome ou est-ce que je reste ici ?
Au subjonctif présent, le souhait porte sur l'avenir:
Mais la simple présence de an peut suffire:
Utinam illum diem videam ! (Cic Att, 3,3, i)
Tibi ego an tu mihi servus es? (Piaut., Bocch., 162)
Pourvu que je voie ce jour !
Est-ce que je suis ton esclave, ou toi le mien ?

L'emploi du subjonctif imparfait


275 La phrase interrogative : interrogation partielle Le subjonctif imparfait signale qu'au moment de renonciation, le souhait
Dans l'interrogation partielle, la demande d'information porte sur une partie n'est pas réalisé; il s'agit alors d'un regret:
seulement des constituants de la proposition (généralement un seul Quam vellem Panaetium nostrum nobiscum haberemus ! (Cic, rep., i, 10)
à la fois). Ce constituant est habituellement en tête de la proposition
Comme je voudrais avoir notre cher Panétius avec nous !
et accompagné d'un mot interrogatif (adverbe, pronom-adjectif
—> paragraphes 67, 70, 71): L'emploi du subjonctif plus-que-parfait
Quam rem publicam habemus? In qua urbe vivimus? (Cic, Catu., I, | Quand le verbe est au subjonctif plus-que-parfait, le regret concerne
Quel État avons-nous ? Dans quelle ville vivons-nous ? le passé :
Utinam omnes M. Lepidus servare potuisset ! (Cic Phi/., 5,39)
Quid ais ? Quid nomen tibi est ? (Piaut., Amph., 364)
Ah]_si Marcus Lépidus avait pu les sauver tous !
Q u e dis-tu ? Quel est ton nom ?
La réponse à l'interrogation partielle est généralement constituée Quantum nos lusissemus, risissemus, studuissemus ! (Ptîn., epfct, l, 15,3)
par un syntagme* apportant l'information souhaitée: Comme nous eussions plaisanté, ri, causé doctement !

Quis me tenet?/— Tua Bromia ancilla. (Piaut, Amph., 1076-1077)


Qui me tient ? — Ta servante Bromilla.
278 La phrase impérative : l'ordre
L'ordre s'exprime soit à l'impératif, soit au subjonctif présent.

À l'impératif
LA PHRASE I M P E R A T I V E L'impératif est employé pour l'ordre donné à la 2e personne. On rencontre
généralement l'impératif présent (morphologie —» paragraphes 112 à 114):
276 La phrase impérative: généralités Verge auo coepisti : egredere aliquando ex urbe !
La phrase impérative vise à obtenir de l'interlocuteur l'action que l'on
Vurga urbem ! (Cic, Catu., i, 10)
souhaite. Cette demande connaît plusieurs degrés, qui vont du souhait
Continue sur la route que tu as prise : quitte un jour la ville ! Débarrasse la ville !
à l'ordre catégorique (—> paragraphes 277-278). Cet ordre peut être négatif;
on parle alors de défense (—» paragraphe 279). L'impératif futur s'emploie pour un ordre qui n'est pas à exécuter
La phrase impérative a son verbe à l'impératif ou au subjonctif. immédiatement (morphologie —» paragraphes 115 à 117); il est fréquent,
en particulier, dans les prescriptions générales (textes de lois, recettes
de cuisine).
LES M O D A L I T É S DE LA PHRASE 278-279

Si in Formiano non erimus, in Pompeianutn venito. (Ce., Att, 2, 4, 6) N o l i / n o l i t e + infinitif


Si nous ne sommes pas dans notre propriété de Formies, viens à celle de Pompéi. Cette construction concerne la 2e personne du singulier et la 2e personne
du pluriel et constitue à l'origine une forme polie d'interdiction:
Amicitia régi Antiocho cum populo Romano his legibus et
Noli, amabo, irasci Sosiae causa mea. (Pteut, Amph., 540)
condicionibus estq^ (liv., 38,38, 2)
Ne va pas, je te prie, te mettre en colère contre Sosie, à cause de moi.
Q u e l'amitié entre le roi Antiochos et le peuple romain soit scellée en ces termes
et à ces conditions. Ne + impératif (présent ou futur)
Cette construction appartient à la langue familière et à la langue technique:
A u subjonctif présent
impér. prés.
Le subjonctif présent concurrence l'impératif pour la 2e personne
Nejle ! (Plaut, Copt, 139)
(morphologie —» paragraphes 102 à 104):
Ne pleure pas !
Miser Catulle, desinas ineptire. (Catui., e, i)
impér. futur
Malheureux Catulle, cesse de te faire des idées.
Impius ne audeto placare donis iiam deorum. (Gc.,teg.,2, 21)
Le subjonctif présent constitue la forme la plus usuelle pour les autres Q u e l'impie n'ose pas apaiser la colère des dieux par des cadeaux.
personnes:
REM L'impératif cave suivi du subjonctif constitue une mise en garde valant interdiction:
Quare secedant improbi ; secernant se a bonis ; unum in locum
Cave putes quicquam esse verius. (Cic, fin., 2, 71)
congregentur. (Gc, Cm»., i, 32) Garde-toi de penser qu'il y a quelque chose de plus vrai.
Que les méchants se retirent à l'écart ; qu'ils se séparent des bons ; qu'ils se rassemblent
en un m ê m e lieu.

REM Certaines locutions c o m m e fac (ut), vide (ut), velim + subjonctif


(—> paragraphes 220-221) concurrencent l'impératif et le subjonctif:
Fac ut omnia scribas. ( G c Att, 3, IS, 18)
Fais en sorte de tout m'écrire en détail.

279 La phrase impérative: la défense


L'expression de la défense est symétrique de l'ordre (—» paragraphe 278);
on retrouve les modes subjonctif et impératif accompagnés d'une négation

N e + subjonctif
Le verbe peut être au :
- subjonctif présent à toutes les personnes;
Ne difflcilia optemus ! (Oc, Vert, 2, 4,15)
Ne demandons pas des choses difficiles !

- subjonctif parfait pour la 2e personne du singulier ou du pluriel.


Ne mortem timueritis ! (Cic, Tusc, I, 98)
Ne craignez pas la m o r t !
L'EMPLOI DES PRONOMS 280-282

L'EMPLOI DES P R O N O M S L'insistance est encore soulignée par l'emploi de formes renforcées: egomet,
tute (—» paragraphe 57).
Jute introspice in mentem tuam ipse. (Gc de omt, 2, ii8)
Toi, regarde dans ton propre esprit.

282 Les pronoms personnels: les particularités du génitif


280 L'emploi des pronoms: généralités
Parmi les pronoms, certains servent à introduire dans l'énoncé l'énonciateur P r o n o m s personnels e t adjectifs possessifs
et le destinataire: les pronoms personnels (—-» paragraphes 281 à 286). À l'intérieur du G N , le génitif des pronoms personnels commute*
Ils partagent cette fonction énonciative avec les adjectifs possessifs avec l'adjectif possessif de la même personne (—» paragraphe 58),
(morphologie —» paragraphe 58; emploi —* paragraphe 282) quand le nom dont il est complément est dérivé d'un verbe ou apparenté
et les désinences verbales (—» paragraphe 84). sémantiquement à un verbe:
D'autres servent à représenter la (ou les) personne(s) extérieure(s) Quintus misitjilium non solum sm deprecatorem, sed etiam
à la situation d'énonciation : ce sont les pronoms démonstratifs accusatorem mei. (Gc Att, i, 20,7)
(—» paragraphes 287 à 290), les pronoms anaphoriques (—» paragraphes 287,
Quintus envoya son fils non seulement comme son intercesseur ( = pour intercéder
291 à 297) et les pronoms indéfinis (—» paragraphes 298 à 301). en sa faveur), mais aussi comme m o n accusateur ( = pour m'accuser).

L. Papirius Paetus, vir bonus amatorque noster (Cic, Att. il,8, 2)


LES PRONOMS PER SO N N E L S I Lucius Papirius Paetus, un homme de bien et qui nous aime ( = et notre ami)

Les deux formes (le pronom personnel au génitif et l'adjectif possessif)


281 Les pronoms personnels: les particularités du peuvent coexister à l'intérieur du G N :
nominatif Grata mihi vehementer est memoria nostri tua. (Gc., ad Q. fr., 1, 2,8)
Les pronoms personnels au nominatif constituent un renforcement
Je te sais beaucoup de gré de ton souvenir de nous ( = du souvenir que tu as gardé
dans l'expression de la personne. Ils correspondent à la forme d'insistance
de nous).
du français : moi, toi, etc.
L'adjectif possessif a alors une valeur subjective et le génitif une valeur
At ego nunc, Amphitruo, dico... (Piaut, Amph., 612)
objective (—> paragraphe 184).
Et moi, Amphitryon, je te dis ceci...
Nostrum et vestrum
Ils s'emploient fréquemment pour souligner la violence des sentiments
Les formes de génitif en -um, nostrum et vestrum, sont de véritables
et des émotions:
pluriels: ils désignent plusieurs individus de l re et 2e personnes. Ce génitif
Ego Maenas, ego mei pars, ego vir sterilis ero ? (OrtuL, 63, 69) a une valeur partitive: il indique l'ensemble dont on isole un ou plusieurs
Moi, je serai une Ménade, une part de moi-même, un homme stérile? éléments (—» paragraphe 184).
Le nominatif est également fréquent en parallèle avec un pronom de l'autre Quis est vestrum, judices, quin intellegat? (Cic, Verr.. 2, 5, 57)
personne de renonciation: Y a-t-il quelqu'un parmi vous, juges, qui ne le comprenne ?
Ego vero te quam primum, mea vita, cupio videre et in tuo complexu
Nostri et vestri
emori. (Cic, Fam., 14, 4, I)
Les formes de génitif en - i , nostri et vestri, s'emploient quand
Moi, je désire te voir le plus tôt possible, toi ma vie, et mourir dans tes bras.
un seul individu dans un ensemble de l re ou de 2e personne est désigné.
L'EMPLOI DES PRONOMS 282-284

On peut paraphraser assez souvent par de notre /votre personne: Ce pluriel peut donner une tonalité particulière à l'énoncé:
- la dignité;
Habetis ducem memorem vestri, oblitum sui. (Cic, CM., 4,19)
Vous avez un chef qui pense à votre personne, et oublieux de la sienne. Nos prima imperii spatia ingredimur. (Tac, a™, H, 56, i)
Nous (~ moi, Néron) faisons nos premier pas d'empereur.
Ces génitifs peuvent prendre une valeur partitive:
- la modestie (de l'écrivain).
Nostri melior pars animus est. (Sen., net, i, 14)
L'âme est la meilleure partie de nous. Cum esset Caesar in citeriore Gallia legionesque essent collocatae
Nostri renvoie ici à chaque individu pris en particulier, dont on isole in hibernis, ita uti supra demonstravimus... (Caes., Gaii, 2,1, i)
une partie (—» paragraphe 184). Tandis que César était en Gaule citérieure et que ses légions étaient installées dans
leurs quartiers d'hiver, comme nous l'avons dit plus h a u t . . .

283 Les pronoms personnels: leur emploi suivant


la personne 284 Les emplois de se et suus comme réfléchis directs
Certaines personnes présentent des valeurs particulières: la 2e du singulier Se et suus sont appelés "réfléchis directs" lorsqu'ils renvoient à l'un
et la l re du pluriel. des constituants de la proposition dans laquelle ils se trouvent.

La 2 e personne du singulier Le renvoi au sujet de la proposition


Elle peut s'employer avec une valeur indéfinie (quelqu'un) ou générique (tout Se et suus (morphologie —» paragraphes 57-58) renvoient généralement au
le monde); elle peut alors se traduire en français par on. Cet emploi est sujet de la proposition dans laquelle ils se trouvent, que ce sujet soit
fréquent dans les textes argumentatifs: singulier ou pluriel:
Quid dulcius quant habere quicum omnia audeas sic loqui, Veritas se ipsa defendet. (Cic. œ., 2,36)
ut tecum ? (Cic, Uef., 22) La vérité se défendra d'elle-même.

Quoi de plus doux que d'avoir quelqu'un à qui l'on ose parler de tout, comme Pueri mulieresque (...) suo more pacem a Romanis
avec soi-même ?
petierunt. (Caes., Gall.. 2, 13, 3)
La 2e personne commute* avec le passif impersonnel (—» paragraphe 160),
Les femmes et les enfants demandèrent à leur façon la paix aux Romains.
voire les trois personnes du pluriel:
Ils sont en concurrence avec is, ea, id (—» paragraphe 293), qui ne renvoie
Quod si curam fugimus, virtusfugienda est. (Cic., Laei., 47) pas au sujet de la proposition :
Si nous fuyons ( = si on fuit) les soucis, il faut fuir la vertu.
Ciceroni in omnibus periculis ejus singularemjidem
re
La l personne du pluriel praebuit. (NeP, Att, 4,4)
Nos et noster se rencontrent, surtout en poésie, à la place du singulier. Il (Atticus) témoigna à Cicéron une fidélité exceptionnelle dans tous les dangers
On parle de pluriel poétique: qu'il courut.

Vos nolite pati nostrum vanescere luctum, Ejus r e n v o i e à C i c e r o n i , non au sujet d e praebuit (Atticus).

sed quali solam Theseus me mente reliquit, REM Se et suus s'emploient également quand le sujet est indéterminé:

tali mente, deae, Junestet seque suosque. (Catui., 64,199-201) Imperare sibi maximum imperium est. (Sen., epist., 113, 30)
Commander à soi-même est le commandement suprême.
Vous, n'acceptez pas que notre ( = mon) infortune s'évanouisse,
mais, comme il m'a abandonnée dans la solitude,
ô déesses, (faites) que Thésée, pareillement, fasse tomber le malheur sur lui et les siens.
L'EMPLOI DES P R O N O M S 284-286

Le renvoi à un autre constituant - relatives ;


Le réfléchi peut renvoyer à un constituant autre que le sujet: foetus (...) omnes libros quosjrater suus reliquisset
- au complément à l'accusatif des verbes impersonnels de sentiment
mihi donavit. (Cic, Au., 2, i, 12)
(—» paragraphe 134);
Paetus m ' a donné tous les livres que (disait-il) son frère lui avait laissés.
Neque eam umquam sui paenitet. (Oc Tusc, 5,54)
- temporelles.
Et elle (la sagesse) n'a jamais honte d'elle-même.
Silvis se occultare jubet neque inde ante moveri quam ab se
- à un constituant mis en relief (thématisé —> paragraphe 345); le réfléch
se traduit alors par "son propre"; acceperint signum. (i_iv., 7,14,8)
Il leur ordonne de se cacher dans les forêts et de ne pas bouger avant d'avoir reçu de lui
Hune sui cives e civitate ejecerunt. (Cic, Sut, 142)
le signal.
Cet h o m m e , ce sont ses propres concitoyens qui l'ont chassé de la cité.

- à n'importe quel constituant, quand le réfléchi dépend de prépositions


286 Présence simultanée du réfléchi direct et du réfléchi
comme per, propter, inter.
indirect
Ratio et oratio (...) quae conciliât inter se hommes... (Cic, off., i, 50) En cas de double occurrence de se ou suus, seul le contexte permet
La raison et le discours qui unissent les hommes entre e u x . . . de distinguer le réfléchi direct du réfléchi indirect:
Patres conscripti legatos in Bithjniam miserunt qui a rege peterent,
285 Les emplois de se et suus comme réfléchis indirects ne inimicissimum suum secum haberet. (Nep., Hann., 12, 2)
Quand se et suus figurent dans une subordonnée, ils peuvent renvoyer
Les sénateurs envoyèrent des émissaires en Bithynie pour demander au roi
au sujet de la proposition principale; on parle alors de "réfléchis indirects". de ne pas garder avec lui leur ennemi.
Ce phénomène se vérifie pour les propositions complétives et pour
Suum est un réfléchi indirect, renvoyant au sujet de la proposition principale,
les subordonnées représentant l'opinion, les paroles ou la volonté du sujet
Patres Conscripti; se est un réfléchi direct, renvoyant au sujet du verbe
de la principale.
haberet (rex).
Les propositions complétives (—» paragraphe 218) Dans le discours indirect (—» paragraphe 335), l'ambiguïté est parfois levée
Sentit animus se moveri. (Cic, Tusc, i, 55) par l'emploi de ipse comme réfléchi indirect:

L'âme sent qu'elle se meut. Caesar eosincusavit : (...) cur de sua virtute aut de ipsius diligentia
Se renvoie à animus, sujet du verbe principal sentit. desperarent? (Caes., Gaii., 1, 40,4)
César les accusa : pourquoi désespéraient-ils de leur propre courage et de sa vigilance
Les subordonnées représentant l'opinion, les paroles
à lui?
ou la volonté du sujet de la principale
Elles peuvent être au subjonctif ou à l'infinitif. Il peut s'agir Sua est un réfléchi direct renvoyant au sujet de desperarent; ipsius est
de subordonnées: un réfléchi indirect renvoyant au sujet de la proposition principale, Caesar.
- causales;
Décima legio per tribunos militum ei gratias egit, quod de se
optimum judiciumjecisset. (Caes., Gall., i, 41, 2)
La dixième légion, par l'intermédiaire des tribuns militaires, le remercia d'avoir
une si bonne opinion d'elle.
L'EMPLOI DES PRONOMS 287-289

LES P R O N O M S A N A P H O R I Q U E S Les trois pronoms-adjectifs démonstratifs hic, iste, ille (morphologie


ET D É M O N S T R A T I F S —> paragraphes 64 à 66), ainsi que les adverbes de lieu correspondants
(—» paragraphe 81), servent à repérer les éléments ou personnes de l'énoncé
287 Les pronoms anaphoriques et démonstratifs: par rapport à celui qui parle: hic désigne ce qui est proche de l'énonciateur,
généralités iste ce qui est proche de la personne à laquelle il s'adresse (destinataire)
et ille ce qui est éloigné.
Les pronoms-adjectifs et adverbes qui assurent le rattachement de l'énoncé
à la situation d'énonciation (—» paragraphe 260) sont appelés déictiques. Le sens de hic
Ceux qui assurent la cohésion de l'énoncé sont les pronoms-adjectifs Hic désigne ce qui est proche dans l'espace ou dans le temps ; hac barbula
anaphoriques et les pronoms-adjectifs cataphoriques (—» paragraphes 291 (ce duvet) renvoie au moment présent.
à 297). Les pronoms-adjectifs démonstratifs peuvent alternativement
fonctionner comme déictiques (—» paragraphes 288-289) et comme Le sens de ille

anaphoriques (—» paragraphe 290). Ille renvoie à ce qui est lointain dans l'espace et dans le temps:

REM Le repérage spatio-temporel est souligné par l'adjonction d'une particule déictique -c(e) illo austero more ac modo (ce ton et cette manière austères), illa (barba)
horrida (cette barbe drue).
(morphologie —> paragraphe 63) aux adverbes ou pronoms-adjectifs renvoyant
aux personnes de renonciation. Cette particule s'emploie pour: Le sens de iste
- le repérage temporel : nunc (maintenant) ; Iste s'emploie pour la sphère du destinataire: il est souvent utilisé
- le repérage local : hic (ici), hue (vers ici), hinc (d'ici), hac (par ici), etc. pour désigner l'adversaire dans un procès ou ses partisans. (Ista, ici, désigne
(—i paragraphe 81). Clodia, sœur d'un adversaire acharné de Cicéron.)
Elle entre également dans l'adverbe présentatif ecce + nominatif ou accusatif:
Ace. 289 Les pronoms-adjectifs e t adverbes démonstratifs :
Ecce postridie Cassio litterae. (Cic, Att, 7, 24,1) Ecce me. (Plaut., Mil663)
valeurs affectives
Voilà, le lendemain, une lettre pour Cassius. Me voici.
Le sens de iste
Cet adverbe s'accole parfois aux démonstratifs:
Eccillum. (Plaut., Merc, 435)
Iste, désignant particulièrement l'adversaire dans un procès
(—» paragraphe 288), prend une connotation péjorative:
Le voilà.
Hac barbula, qua ista delectatur... (Gc, Caei., 33) •
Eccillum est mis pour ecce illum.
Ce duvet dont cette femme raffole...

La valeur péjorative de ista peut être rendue par un adjectif: cette femme
emploi comme déictiques dégénérée.
Avec cette valeur, iste est compatible avec n'importe quelle personne,
Si illo austero more ac modo (me Si elle préfère que j ' u s e de ce ton
y compris la première:
et de cette manière austères, il
agere malit), aliquis mihi ab inferis Iste meus stupor nil videt, nihil audit. (Catui., 17, 21)
me faut évoquer des enfers l'un
excitandus est ex barbatis ilhs, non de ces barbus, non avec ce duvet Mon stupide abruti ne voit rien, n'entend rien.
hac barbula, qua ista delectatur, sed dont elle raffole, mais avec cette
barbe drue que nous voyons sur Le sens de ille
illa horrida, quam in statuïs antiquis les statues et les portraits Ille, renvoyant à un passé paré de qualités disparues, prend une valeur
atque imaginibus videmus. (Cic., Caei., 33) antiques. emphatique compatible avec n'importe quelle personne.
L'EMPLOI DES PRONOMS 289-292

Ego vehemens iUe consul (Cic, Coto., 2,13) Hoc primum videamus, [quid sit id ipsum quod
Moi, ce fameux consul si emporté quaerimus]. (Oc,rep.,1,38)
On rencontre le même ille combiné avec un autre démonstratif dont Voyons d'abord ceci : [quel est l'objet même de notre recherche ?]

la valeur est seulement déictique (—> paragraphes 287 et 288): Loci natura erat haec, quem nostri castris delegerant :
Hic est iïïe Demosthenes. (Cic, Tusc, 5,103) [collis, ah summo aequaliter declivis, adjlumen Sabim
C'est lui, le fameux Démosthène. (...) vergebat]. (Caes., Gaii, 2,18, i)
Hic, ici, est un déterminant à valeur déictique, tandis que ille ajoute Voici quelle était la nature de l'emplacement que les nôtres avaient choisi pour le camp :
une valeur emphatique. [une colline descendait depuis le sommet, en pente régulière, jusqu'au fleuve Sabis].

290 Les pronoms-adjectifs et adverbes démonstratifs : 291 Anaphoriques et cataphoriques : généralités


emploi comme anaphoriques et cataphoriques L'anaphore et la cataphore sont la reprise d'un constituant (nom, GN,
Hic et ille peuvent servir de simples anaphoriques, mais ils s'emploient
proposition...) présent dans le contexte. Mais la reprise explicite
également comme cataphoriques (—> paragraphe 291). n'est pas systématique (—> paragraphe 292).
Emploi c o m m e anaphoriques - L'anaphore constitue la reprise d'un élément mentionné antérieurement,
soit dans la même phrase, soit dans une phrase précédente.
Itaque Marcellus (...) ad Euryalum signa refera jussit (...). Praeerat
- La cataphore est l'annonce d'un élément mentionné ultérieurement,
huic arci Philodemus. (Liv., 25. 25, 2-3) dans la même phrase.
C'est pourquoi Marcellus ordonna de faire retraite à Euryale. Philodème commandait L'anaphore et la cataphore sont généralement assurées par
cette place. des pronoms-adjectifs ou adverbes (anaphoriques, démonstratifs, indéfinis,
Defertur ea res ad Caesarem. Ille (...) L. Plancum celeriter relatifs —» paragraphes 293 à 297 ; morphologie —» paragraphes 54 à 76).

in Carnutes proficisci jubet. (Caes., Gaft, 5, 25. 4)


292 L'omission des pronoms anaphoriques
O n rapporte la nouvelle à César. Il/celui-ci ordonne à Plancus de partir rapidement
La reprise explicite des pronoms anaphoriques n'est pas systématique
chez les Carnutes.
à l'intérieur d'une même phrase, ni dans la succession des phrases.
Quand ils sont employés dans la même phrase, hic reprend généralement
l'élément le plus proche et ille le plus éloigné: À l'intérieur d'une m ê m e phrase
Lorsqu'un GN est sujet de plusieurs verbes successifs, il n'est pas repris
Pullo pilum in hostes immittit atque unum ex multitudine
systématiquement par un pronom anaphorique, comme c'est le cas
procurrentem traicit; (...) hune scutis protegunt hostes, in illum en français (—» les propositions sans sujet, paragraphe 160). Cette ellipse
universi tela coniciunt. (Caes., Gait., 5, 44, 6) du sujet (on parle souvent d'anaphore nulle) est très fréquente à l'intérieur
Pullo lance son javelot vers les ennemis et en atteint un qui courait en avant de la masse ; de la même phrase:
les ennemis protègent ce dernier de leurs boucliers et tous envoient vers Pullo Arpineius et Junius, quae audierunt, ad legatos
leurs traits.
deferunt. (Caes., Gall., 5, 28, I)
Emploi c o m m e cataphoriques Arpineius et lunius rapportent aux légats ce qu'ils ont entendu.
Hic et ille peuvent annoncer une proposition ou un ensemble Bien qu'il ne soit pas exprimé, le sujet de audierunt est identique à celui
de propositions. de deferunt; il ne peut s'agir des légats.
L'EMPLOI DES PRONOMS 292-294

Dans la succession des phrases Is en position de cataphore


L'anaphore nulle s'observe également dans la succession des phrases, Flavus Lucanusjuit, caput partis ejus Lucanorum (...) quae cum
avec progression à thème constant* (—» paragraphe 352) : Romanis stabat. (Uv„ 25,16, 5)
Ambiorix statim cum equitatu in Aduatucos (...) profiscitur ; Il y avait un Lucanien du nom de Flavus, chef de l a / c e t t e partie des Lucaniens qui était
neque noctem neque diem intermittit, peditatumque se subsequi du côté des Romains.

jllbet. (Caes., Golf., 5, 38) REM - Les adverbes de lieu ibi, eo, inde, ea (—> paragraphe 81) servent d'anaphoriques
Ambiorix part aussitôt avec la cavalerie, chez les Aduatuques ; il ne s'arrête, l'intervalle et de cataphoriques pour les compléments circonstanciels de lieu:
ni d'un jour ni d'une nuit ; il ordonne à l'infanterie de le suivre. Te Syracusis natum esse dixisti : hic natus est ibi. ( plaut -, Men., I 097)
Ambiorix est le sujet grammatical des verbes successifs; chacun des énoncés Tu as dit que tu étais né à Syracuse : lui aussi y est né.
consécutifs apporte une information nouvelle le concernant. - Les formes de génitif ejus, eorum, earum sont souvent employées comme possessif
REM L'anaphore nulle s'observe aussi pour le complément d'objet: de 3= personne non réfléchi :
Saepe legitflores. Et tune quoquejorte legebat, / cum puerum In Haeduorum fines pervenerant eorumque agros populabantur. (Caes., GalL, I, II, I)
vidit. (Ov„ met, 4, 315-316) Ils étaient parvenus sur le territoire des Eduens et ravageaient les champs de ceux-ci
Souvent elle cueille des fleurs. Et justement, il se trouvait qu'elle en cueillait, ( = leurs champs).
lorsqu'elle vit le jeune h o m m e .
294 Idem, eadem, idem
293 Is, ea, id Morphologie —» paragraphe 61.
Morphologie —» paragraphe 60.
I d e m (le même ou ce même)
Is est le pronom-adjectif le plus neutre pour renvoyer à un autre élément
Idem indique l'identité d'un élément avec un élément déjà mentionné:
de l'énoncé: soit il renvoie à un élément déjà mentionné et on parle
d'anaphore; soit il renvoie à un élément qui va être précisé ensuite
111e dies acerbissimusjuit, qui idem tibi laetissimus. (Oc Vatin.. 6)
et on parle de cataphore. Ce jour fut pour eux très pénible, le même qui fut pour toi très heureux.
= Le m ê m e jour fut très pénible pour eux et très heureux pour toi.
Is en position d'anaphore
Il s'emploie, en particulier, quand un même individu présente simultanément
Itaque Hasdrubal extemplo litteras Carthaginem mittit (...). deux caractéristiques dont la coexistence est rare ou inattendue :
Eae litterae (...) primo admodum moverunt senatum. (Liv„ 23, 27-28) Cur avunculus meus, vir innocentissimus idemque doctissimus,
C'est pourquoi Hasdrubal envoie aussitôt une lettre à Carthage. Cette lettre ébranla
P. RutiliUS in exsiliO est? (Oc, nat. deor., 2, I)
d'abord beaucoup le sénat.
Pourquoi mon oncle, Publius Rutilius, un h o m m e parfaitement innocent et le même
Le pronom is sert souvent à combler l'absence de pronom personnel homme ( = en même temps) très savant, est-il en exil ?
de 3e personne:
Planifies erat magna et in ea tumulus terrenus satis Idem atque et idem qui (le même que)
Dans son emploi cataphorique (—» paragraphe 291), idem forme
grandis. (Caes., Goft, i, 43, i)
des locutions servant à la comparaison : idem atque, idem qui (/e même que).
Il y avait une grande plaine, et sur elle, un tertre assez élevé.
Nemo nostrum idem est in senectute quijuit juvenis. (Sen., epist, 58, 22)
Aucun de nous n'est dans la vieillesse le m ê m e qui fut jeune.
= Aucun de nous n'est le m ê m e dans la vieillesse que dans la jeunesse.
L'EMPLOI DES P R O N O M S 29S-297

295 Ipse, ipsa, ipsum -Alius par rapport à un autre élément d'un ensemble non défini:
Morphologie —» paragraphe 62. Res sérias omnes extollo ex hoc die in alium diem. (Piaut, Poen., 500)
Le pronom-adjectif d'insistance Toutes les affaires sérieuses, je les reporte d'aujourd'hui à un autre jour.
Ipse est un pronom-adjectif d'insistance, signifiant lui-même. Il peut — Alter par rapport à l'autre élément d'un ensemble de deux unités:
s'employer seul ou s'adjoindre à des noms, GN ou d'autres pronoms:
Alter consulum (X Fulvius ex Liguribus triumphavit. (Liv., 40,59, i)
Habebat hoc a natura ipsa. (Gc, Brut, 112) L'autre des deux consuls ( = l'autre consul), Quintus Fulvius, triompha des Ligures.
Il tenait ce don de la nature elle-même.
Leur répétition au m ê m e cas
L'élément souligné par ipse est isolé, opposé à d'autres éléments (souvent
Alius et alter répétés au même cas servent à énumérer: chacun des éléments
implicites) :
est défini par rapport à l'autre, à l'intérieur d'un ensemble prédéterminé.
Res ipsa loquitur. (Cic, Mil., 53)
Numquam aliud natura, aliud sapientia dicit. (Juv., sot, 14, -ni)
La cause elle-même parle. (— La cause parle d'elle-même.)
Jamais la nature ne dit une chose et la sagesse une autre.
Ipsa sous-entend sans l'aide de quelqu'un d'autre.
Eorum neuter triumphavit, quod alteri illum honorem collega, alteri
Le pronom-adjectif anaphorique
mors praeripuit. (Gc, Pis., 62)
Dans le discours indirect (—» paragraphe 335), ipse sert de pronom
anaphorique et permet de distinguer réfléchi direct et réfléchi indirect: Aucun des deux ne triompha, parce que cet honneur fut enlevé à l'un par son collègue,
à l'autre par la mort.
Vehementer eos incusavit (...) cur de sua virtute aut de ipsius
diligentia desperarent. (C*es., Gaii, I, 40) Leur répétition à des cas différents
Il (César) leur fît de violents reproches : pourquoi désespéraient-ils de leur propre Alius et alter répétés à des cas différents ont une valeur:
courage et de sa vigilance à lui ?
- réciproque;

Sua est un réfléchi direct renvoyant au sujet de desperarent; ipse est Alius alium percontamur. (Piaut, Stkh.. 370)
un réfléchi indirect renvoyant au sujet de incusavit. Nous nous interrogeons L u ^ l V u t r e .

REM Ipse renforce souvent un pronom réfléchi; il s'accorde alors soit avec le sujet, - distributive.
soit avec le pronom réfléchi. Cette différence d'accord s'accompagne d'une différence Alius in alia est re magis utilis. (Gc, 5. Rose ni)
de sens: L'un est plus utile dans une chose, l'autre dans une autre.
Ace. N.
Se ipsi interficiunt. (Caes., Gall., 5, 37, 6)
Eux-mêmes se tuent. ( = Ils se tuent de leurs propres mains.)
297 Le relatif de liaison
On rencontre fréquemment, à la place de l'anaphorique is
Ace. Ace.
Pompeianus milesJratrem suum, dein (...) se ipsum interfecit. (Tac, hist, 3, 51, 5) (—» paragraphe 293), un relatif appelé "relatif de liaison":
Un soldat de Pompée tua son frère, puis se tua lui-même. Legatos ad eum mittunt. Cujus legationis Divico princeps
Juit. (Caes., Gall, I, 13, 2)
296 Alius, -a, -ud et alter, -era, -erum Ils envoient des émissaires vers lui. À la tête de cette délégation était Divico.
Morphologie —» paragraphe 76. Ce relatif de liaison sert à la fois de connecteur d'addition
Le sens d'alius et d'alter (—» paragraphe 248) et d'anaphorique: cujus équivaut ici à et ejus.
Alius et alter indiquent, au contraire de idem, la non-identité. Morphologie de qui —» paragraphe 68.
L'EMPLOI DES PRONOMS 298-300

LES PRONOMS-ADJECTIFS ET ADVERBES Aliquis, -a, -id


INDÉFINIS Aliquis s'emploie dans les phrases déclaratives, pour affirmer l'existence
de quelque chose d'indéterminé.
298 Les pronoms-adjectifs et adverbes indéfinis :
Exspectabam aliquem meorum. (Gc, Att, 13,15, 2)
généralités
J'attendais quelqu'un de ma famille.
L'emploi de certains indéfinis est déterminé par la modalité de la phrase
dans laquelle ils se trouvent (—» paragraphe 261) et/ou par la présence Aliquis peut s'opposer à des adjectifs quantitatifs (—» paragraphe 72)
de certains mots. et indiquer une quantité minimale, mais réelle:
Quidam, aliquis et quis (que/que, quelqu'un) ne supposent pas la même Forsitan exiguas, aliquas tamen, aicus et ignis / ingenii vires
assurance concernant l'existence d'un être (—> paragraphe 299). comminuere mei. (Ov., Pont, 3,3,33-34)
Les indéfinis à polarité négative* s'emploient dans des contextes négatifs
Ton arc et tes flammes ont diminué les forces peut-être réduites, mais qui existent,
(—> paragraphe 300). de m o n esprit.
L'indéfini distributif quisque ne s'emploie qu'après des catégories de mots
bien spécifiques (—> paragraphe 301). Quis, quae, quid
Quis s'emploie quand l'existence de quelque chose de non identifié
299 Quidam, aliquis, quis n'est pas assurée:
Morphologie —> paragraphe 73. - dans les propositions conditionnelles (—> paragraphes 240 à 244)
Les indéfinis quidam, aliquis et quis signifient tous que/que, quelqu'un, ou de valeur conditionnelle;
mais ils ne s'emploient pas dans les mêmes contextes.
Timorem si quem habetis, deponite. (Gc, MU, 4)
Quidam, q u a e d a m , q u i d d a m Si vous éprouvez quelque crainte, abandonnez-la.
Le pronom quidam sert à désigner quelque chose d'indéterminé, mais - dans les phrases interrogatives introduites par num (—• paragraphe 273);
d'identifiable par l'énonciateur:
Num quid vis ? (Piaut, Amph., 344)
Accurrit quidam notus mihi nomine tantum. (Hor., sat, i, 9,3) Veux-tu encore quelque chose ?
Quelqu'un m'aborde, que je connaissais seulement de nom.
- dans les propositions introduites par une conjonction négative
Quand l'adjectif quidam s'adjoint à quelque chose d'identifié, il atténue (—» paragraphe 221).
son identité:
Dent operam consules (...) ne quid res publica detrimenti
Quaedam etiam neglegentia est diligens. (Cit., om„ 78)
capiat. (Caes., av., I, 5, 3)
Il existe une sorte de négligence apprêtée.
Q u e les consuls veillent à ce que l'État ne subisse aucun dommage.
Quand le nom est à la fois accompagné de quidam et d'un adjectif qualificatif,
Ne quis équivaut alors à nemo (personne), ne quid à nihil (rien).
l'indéfini souligne le caractère inattendu de l'expression:
Ardeo incredibili quodam amore patriae. (Gc., prov., 23) 300 Les indéfinis à polarité négative
Je brûle d'une sorte d'amour incroyable de la patrie. Les indéfinis à polarité négative s'emploient après une négation ou dans
= Je brûle d'un amour de la patrie vraiment incroyable. des expressions de sens négatif; il s'agit de quisquam, quicquam, ullus,
umquam, usquam (morphologie —» paragraphes 72 et 73).
L'EMPLOI DES PRONOMS 300-301

Après une négation Q u i s q u e après un ordinal


Numquam nocet cuiquam. (Cic, fin, i, 50) Vix decimus quisque est qui ipsus sese noveiit. (Piaut, Pseud, 973)
Jamais elle ne nuit à personne. À peine chaque dixième personne est telle qu'elle se connaît elle-même.
Négation + quisquam = nemo (personne). = À peine une personne sur dix se connaît elle-même.
Négation + quicquam = nihil (rien). Morphologie des adjectifs ordinaux —> paragraphes 49, 53.

Après la conjonction de coordination n e q u e Q u i s q u e après un réfléchi ( p r o n o m ou adjectif possessif)


Nec enim cuiquam bono mali quicquam evenire potest Trahit sua quemque voluptas. (Verg., éd., 10, 69)
nec vivo nec mortuo, nec umquam ejus tes a dis immortalibus Son propre plaisir entraîne chacun.
— Chacun est entraîné par son propre plaisir.
neglegentur. (Cic- T'use, i. 99)
En effet, il ne peut rien arriver de mal à aucun honnête homme, ni dans la vie, ni dans Morphologie des pronoms-adjectifs possessifs —» paragraphe 58;
la mort ; et jamais ses affaires ne sont négligées par les dieux immortels. emploi —» paragraphes 284-285.

Neque + quisquam = et + nemo (et personne). Q u i s q u e après un relatif ou un interrogatif


Neque + quidquam = et + nihil (et rien).
Videndum est, non modo quid quisque loquatur, sed etiam quid
Neque + umquam = et + numquam (et jamais).
quisque sentiat. (Cic, off., 1,147)
De même, neque + ullus = et nullus (et aucun).
Neque + usquam = et nusquam (et nulle part). Il faut examiner non seulement ce que chacun dit, mais aussi ce que chacun pense.
Morphologie des pronoms-adjectifs relatifs et interrogatifs
Dans des phrases qui présentent un événement c o m m e incertain
—* paragraphes 67-71; emploi —» paragraphes 214 à 217, 271, 273 à 275.
Quando enim Socrates (...) quicquam talejecit? (Cic., fin, 2,1)
Q u i s q u e après une conjonction ou un adverbe, dans un système
Quand donc Socrate a-t-il fait quelque chose de tel ?
comparatif
Il s'agit, ici, d'une interrogation oratoire: l'énonciateur doute
de cette éventualité.
Ut quisque optime dicit, ita maxime dicendi difficultatem
pertimescit. (Cic, de oral, 1,120)
301 Quisque, quaeque, quidque Suivant que chacun est excellent orateur, ainsi il redoute le plus la difficulté de parler.
Morphologie —» paragraphe 73. = Meilleur on est orateur, plus on éprouve de crainte et de difficulté à parler.
Quisque (chaque, chacun) a une valeur distributive: il indique Sur les propositions circonstancielles de comparaison —> paragraphes 237
que les éléments d'un ensemble sont pris un par un et que chaque élément à 239.
est doté de la propriété requise pour faire partie de cet ensemble.
Q u i s q u e a p r è s u n u s (parfois é c r i t u n u s q u i s q u e )
Quisque est un enclitique (—» paragraphe 13); il n'apparaît qu'après des mots
bien spécifiques. Una quaque de re dicam. (Cic, ciuent, 6)
Je parlerai de chaque chose une à la fois.
Q u i s q u e après un superlatif
= Je reprendrai chaque point successivement.
Optimum quidque rarissimum est. ( O c fin., 2,81)
Morphologie de unus —» paragraphe 72.
Chaque chose qui est excellente est très rare.
= Tout ce qui est excellent est très rare.
Morphologie du superlatif —» paragraphes 42, 45-46.
L'EMPLOI DES TEMPS 302-306

L'EMPLOI DES T E M P S 304 Le présent: généralités


Les formes verbales de présent (morphologie —> paragraphes 86 à 88)
renvoient à des périodes temporelles plus ou moins brèves, qui ont en
commun d'être considérées par l'énonciateur comme relevant du moment
où il parle (présent dit actuel —> paragraphe 305).
Quand le moment désigné et le moment de renonciation ne sont pas
302 L'emploi des temps : généralités
strictement simultanés, on obtient des effets de sens (—» paragraphes 306
La valeur des temps est déterminée par le point de repère qui permet
à 309).
de situer l'événement.
On parle de "temps absolu" quand l'axe temporel prend pour point
de repère le moment de renonciation (—» paragraphes 303 à 323).
305 Le présent actuel
On parle de "temps relatif" quand l'axe temporel renvoie à un point Le présent actuel indique une simultanéité presque complète entre
de repère interne à l'énoncé (—» paragraphe 260); les relations temporelles le moment de renonciation et le moment désigné:
ainsi tissées contribuent à la cohérence textuelle (—» paragraphes 324 Timeo, totus torpeo. (Plaut, Amph., 335)
à 327). l'ai peur, je suis tout paralysé.
Dans la majorité des emplois, la durée de l'événement ou de l'état
au présent excède celle de renonciation proprement dite. Cet événement
LES TEMPS ABSOLUS ou état peut avoir commencé depuis un moment et se poursuivre encore
dans l'avenir:
303 Les temps absolus: généralités
Jam dudum, Pistoclere, tacitus te sequor. (Plaut, èacch.. 109)
Quamdiu quisquam erit, qui te Tant qu'il y aura quelqu'un pour Voilà un bon moment, Pistoclere, que je te suis sans rien dire.
defendere audeat, vives, et vives ita ut t e défendre, tu vivras, et tu vivras
. r .. comme tu vis, sous la surveillance
306 Le présent à valeur de futur
vivis, multis meis etjirmis praesidiis étroite de mes nombreuses garnison
Un événement très proche dans le futur peut être exprimé au présent pour
pour que tu ne puisses pas t'agiter
obsessus, ne commovere te contra rem indiquer qu'il est déjà pris en charge par l'énonciateur au moment présent:
contre l'État. Il y aura quantité
publicam possis. Multorum te etiam d'yeux et d'oreilles qui, sans que tu Cras est mihi/judicium. (Ter., tun.. 338-339)
oculi et aures non sentientem, sicut t'en rendes compte, comme ils l'ont
Demain, j'ai un procès.
adhuc JeceTUnt, speculabuntur atque fait jusqu'à maintenant, pépieront
. j. Cela peut aussi signifier que sa réalisation est absolument certaine:
u „_ _.„,.. et te surveilleront.
çustodient. (Oc.. Catii, \, 6) Ad patrem ibo, ut matris iram sibi esse sedatam sciât.
Par rapport au moment de renonciation (le 8 novembre 63), le passé est Jam redeo. (Plaut, Merc. 962-963)
ce qui est antérieur à ce moment (fecerunt), le présent, ce qui en est Je vais trouver mon père pour qu'il sache que la colère de ma mère contre lui
contemporain (vivis) et le futur, ce qui lui est postérieur (erit, vives, s'est calmée. Je reviens tout de suite.
speculabuntur, çustodient).
Les temps absolus sont le présent (—> paragraphes 304 à 309), l'imparfait
(—» paragraphes 310 à 315), le futur (—» paragraphes 316 à 320) et le parfait
(—» paragraphes 321 à 323).
L'EMPLOI DES TEMPS 307-312

307 Le présent historique ou de narration De l'aspect inaccompli, découlent certains effets de sens: valeurs d'effort
Dans un récit au passé, l'emploi du présent rompt la cohérence temporelle (—> paragraphe 313) ou d'atténuation (—> paragraphe 314).
de la narration et crée une simultanéité fictive par rapport au moment Dans le genre épistolaire, enfin, l'imparfait prend une valeur particulière
de renonciation. Le destinataire est ainsi supposé avoir une plus grande (—» paragraphe 315).
proximité avec l'événement:
parfait 311 L'imparfait de durée
Accipe, em ! / Ut modo argentum tibi dedimus apudforum, La valeur durative vient de ce qu'en l'absence de bornes temporelles,
parfait présent l'accent est mis sur le déroulement même de l'événement. L'imparfait est
recta domum I Sumus profecti. Interea mittit erus me ad uxorem souvent accompagné d'adverbes ou de compléments de temps exprimant
tUam. (Ter., Phor., 857-859) la durée:
Ecoute. Voici : dès que je t'ai donné l'argent sur la place, nous sommes allés Jamque alternis conatibus libratis bracchiis in avem similis
directement à la maison. Entre-temps, le maître m'envoie auprès de ta femme.
gestiebam. (Apul., met., 3, 24)
Les historiens utilisent régulièrement le présent de narration, dans un souc Et déjà, en balançant alternativement les bras, je me démenais semblable à un oiseau.
stylistique de variété.
Son emploi dans les descriptions
308 Le présent de répétition L'imparfait dénote, pour les mêmes raisons, un état stable et se rencontre
Le présent peut s'employer pour tout événement qui se répète et qui est dans les descriptions:
susceptible de se produire au moment présent: Humi sedebat scissili palliastio semiamictus. (Apul., met, i, 6, i)
Rex Creo vigiles nocturnos singulos semper locat. (Piaut, Amph., 351) Il était assis par terre, à moitié couvert d'un manteau déchiré.
Le roi Créon met toujours, chaque nuit, une sentinelle.
Son emploi dans le récit
Dans le récit, l'imparfait s'emploie pour l'arrière-plan sur lequel se détachent
309 Le présent de vérité générale
les événements au parfait:
Les énoncés atemporels, vérifiables à tout moment et donc au moment
de renonciation en particulier, sont au présent: Cum Caesar in Galliam venit, alteriusjactionis principes erant
Furem signata sollicitant. (Sen., tpist, 68, 4) Aedui, alterius Sequani. (Caes., Go//., 6,12,1)
Lorsque César arriva en Gaule, les Éduens étaient à la tête de l'un des partis,
Ce qui est bien enfermé attire le voleur.
les Séquanes de l'autre.
Pour les vérités d'expérience, vérifiées à plusieurs reprises dans le passé,
le parfait est également possible (—» paragraphe 322).
312 L'imparfait de répétition dans le passé
Un énoncé à l'imparfait relatant un événement sans autre indication
310 L'imparfait: généralités
temporelle peut indiquer une répétition dans le passé:
L'imparfait (morphologie —» paragraphes 89 à 91) situe un événement
ou un état dans le passé, sans indication ni de son début ni de sa fin. Princeps in proelium ibat, ultimus conserto proelio
Cet événement présente donc un aspect inaccompli, auquel peuvent excedebat. (Uv, 21, 4,8)
s'ajouter des notions de durée et de répétition dans le passé 11 marchait le premier au combat, il repartait le dernier à la fin de l'engagement.
(—» paragraphes 311 et 312).
L'EMPLOI DES TEMPS 313-319

313 L'imparfait d'effort 317 Le futur de postériorité


La notion d'effort se déduit des contextes indiquant que le procès* n'est pas
Le futur s'emploie pour les événements postérieurs à renonciation,
parvenu à son accomplissement:
qui se dérouleront dans un avenir plus ou moins déterminable:
Nostros intra munitiones ingredi prohibebant. At milites (...) locum "Die quinto, inquit, victor in Capitolio epulaberis. " (Liv.. 22, si, 2)
ceperunt. (Caes., Gali, 5, 9, 6) "Dans quatre jours, dit-il, tu banquetteras en vainqueur, sur le Capitole."
Ils essayaient d'empêcher les nôtres de pénétrer dans le retranchement. Mais les soldats
prirent la place. 318 Le futur proche
Pour l'avenir immédiat, on peut rencontrer le futur:
314 L'imparfait d'atténuation polie
Nunc pergam eri imperium exequi. (Piaut, Amph., 262)
En employant l'imparfait, on fait commencer dans un passé proche
Maintenant, je vais continuer d'exécuter les ordres de mon maître.
une action qui dure encore au moment présent. L'énonciateur en diminue
ainsi l'intensité: Mais on peut aussi bien trouver la forme périphrastique participe futur
(morphologie —» paragraphes 123-124) + sum au présent:
Sed quid venis? Quid quaeritas?
Sed, mibi crédite, non est iturus. (Cic. Cata, 2.15)
— Demaenetum volebam. (Piaut, Asm., 392)
Mais, croyez-moi, il ne va pas partir.
Pourquoi viens-tu ? Q u e cherches-tu ?
— Je voulais voir Déménète. La valeur temporelle de futur proche peut se doubler d'une nuance
d'intentionnalité ou d'obligation:
L'imparfait (volebam) donne un caractère plus poli à la demande que
le présent: Demaenetum volo (je veux voir Déménète). Bellutn scripturus sum quod populus Romanus cumjugurtha (...)
gessit. (Saii.jug., 5.1)
315 L'imparfait dans le style épistolaire Je m e propose d'écrire la guerre que le peuple romain a menée contre Jugurtha.
L'énonciateur écrit en se projetant au moment de la réception de la lettre;
il adopte ainsi le repère temporel du destinataire: ce qui est présent pour
319 Le futur de souhait ou d'ordre
l'énonciateur devient passé pour le destinataire.
Le futur de souhait
Ante diem VIII. Kal. ego scribebam hora noctis nona. (Gc, Au., 4,3,5)
Dans des formules stéréotypées de la langue parlée, le futur exprime
Je t'écris le 8' jour avant les Calendes, à la neuvième heure de la nuit.
un souhait:
Le présent peut cependant s'employer, surtout quand l'événement dure
Di te amabunt, quisquis es. (Piaut, Men., 278)
encore au moment de la réception.
Q u e les dieux te bénissent, qui que tu sois !

316 Le f u t u r : généralités Le futur d'ordre


Les formes de futur (morphologie —» paragraphes 92 à 94) indiquent
En considérant un fait comme nécessairement accompli dans un futur assez
qu'un événement est postérieur au moment de renonciation
proche, l'énonciateur peut en imposer son accomplissement au destinataire:
(—» paragraphes 317 et 318).
Tu, miles, apud me cenabis. (Piaut, Cure, 728)
En posant sa réalisation comme assurée au moment où il parle, l'énonciateur
Toi, soldat, tu dîneras chez moi.
peut conférer à l'énoncé des valeurs autres que strictement temporelles
en particulier le souhait ou l'ordre (—» paragraphe 319).
Il existe, enfin, un futur historique (—» paragraphe 320).
T L'EMPLOI DES TEMPS 319-324

Le futur s'emploie en particulier pour les recettes, à la place de l'impératif: Le parfait situe dans le passé et s'emploie notamment dans l'énumération
Postea patinam perunges et eam importes cineri calido, et sic des actions ou événements successifs.
impensam supra scriptam mixtes. (Apic, 4,136) Il peut également indiquer la répétition d'un événement dans le passé;
il peut conférer à l'énoncé une portée de vérité générale, compatible
Ensuite, tu enduiras un plat et tu le poseras sur la cendre chaude, et tu mettras
avec le présent et même l'avenir:
la préparation décrite ci-dessus.
présent futur
Omne humanum genus, quodque est, quodque erit, morte
320 Le futur historique parfait.
Le futur historique, comme le présent historique, marque un arrêt
damnatum est. (Sen„ epist, 7i, 15)
dans la progression du récit; le narrateur place fictivement le point
Tout le genre humain, d'aujourd'hui comme de demain, est condamné à mort.
de repère temporel dans le passé:
h pavor perculit Romanos auxitque pavorem consulis vulnus
323 Le parfait à valeur d'accompli
periculumque intercursu tum primum pubescentisfilii
Nunc intellexi. (Piaut, Gst, 624)
propulsatum. Hic erit juvenis pênes quem perfecti hujusce belli Maintenant, j'ai compris.
lûUS est. (Liv„ 21, 46, 7-8)
Le parfait indique que l'accomplissement d'une action passée débouche
Cette peur ébranla les Romains, et ce qui l'accrut, ce fut la blessure du consul sur un résultat présent (ce qui autorise l'adverbe nunc). Cette valeur
et le danger dont il fut préservé par l'intervention de son fils, alors à peine adolescent.
de résultat présent est particulièrement nette dans les phrases passives
Ce jeune homme sera celui à qui revient la gloire d'avoir mis un terme à cette guerre.
sans agent (—» paragraphe 204) :

Gallia est omnis divisa in partes très. (Caes., Gaii., i, i, i)


321 Le parfait: généralités
L'ensemble de la Gaule est divisé en trois parties.
Le parfait latin (morphologie —» paragraphes 96-97), comme le passé
composé français, s'emploie pour un événement situé dans le passé Le verbe est divisa, ici, doit être traduit par un présent et non par
a été divisé.
et accompli (achevé) au moment présent:
Ainsi, certains verbes au parfait ne renvoient plus à un événement passé:
Filium unicum adulescentulum/habeo — at quid dixi habere? Immo
vixit signifie il est mort, plutôt que il a vécu ; novi, parfait de nosco (chercher
habui, Chrême ; Inunc habeam necne, incertumst. (Ter., Haut., 93-95) à connaître), signifie je sais. D'autres n'ont plus de formes d'infectum:
J'ai un fils unique, tout jeune — que dis-je, j ' a i ? Non, j'ai eu, C h r ê m e s ; maintenant, coepi (commencer), odi (hoir), memini (se souvenir) renvoient au présent
l'ai-je ou non, je l'ignore. de renonciation (morphologie —» paragraphe 135).
Ces deux valeurs, valeur temporelle de simple passé (—> paragraphe 322)
et valeur aspectuelle d'accompli (—* paragraphe 323), peuvent être
dissociées. LES T E M P S RELATIFS

322 Le parfait à valeur de passé 324 Les temps relatifs: généralités


Fuisti igitur apud Laecam illa nocte, Catilina ; distribuisti partes Définition
Italiae. (Cic, Caa„ i, 9) À l'intérieur d'un énoncé, certains événements sont situés par rapport à un
Tu étais donc, Catilina, chez Laeca, cette nuit-là ; tu as fait la distribution de égions autre événement qui leur sert de repère. On parle alors de "temps relatif.
de l'Italie.
L'EMPLOI DES TEMPS 324-327

Les temps relatifs expriment l'antériorité (—» paragraphe 325), On peut également trouver le présent de l'indicatif:
la simultanéité (—» paragraphe 326) ou la postériorité (—» paragraphe 327) ind. prés. ind. fut.
par rapport à ce repère. Si bellum omittimus, pace numquam fruemur. (Gc, Phi/., 7,19)
Si nous renonçons à la guerre, nous ne jouirons jamais de la paix.
La concordance des temps
On appelle "concordance des temps" les contraintes pesant sur l'emploi —> aussi les propositions circonstancielles de temps : paragraphes 230 à 234.
des temps dans certaines propositions subordonnées: le temps du verbe
de la proposition principale détermine le temps du verbe des propositions 326 La simultanéité
complétives conjonctives, interrogatives indirectes et, de manière partielle, L'événement repéré est généralement au même temps que l'événement
des circonstancielles de but et de conséquence, ainsi que des relatives qui sert de repère (—» paragraphe 232) :
à valeur finale (—» paragraphes 328 à 331). ind. prés. ind. prés.
Romae videor esse, cum tuas litteras lego. (Gc, Att.. 2,15, i)
325 L'antériorité l'ai l'impression d'être à Rome, lorsque je lis ta lettre.

Par rapport à un repère présent md. fut. ind, fut.

On rencontre le plus souvent le parfait, l'imparfait, voire le plus-que-parfait Quamdiu quisquam erit, qui te defendere audeat, vives. (Gc, Catii., i. 6)
de l'indicatif ou du subjonctif: Tant qu'il y aura quelqu'un pour oser te défendre, tu vivras.

md. prés.
Video enim esse hic in senatu quosdam, qui tecutn 327 La postériorité
ind. parf.
Par rapport à un repère présent
una fuerunt. (Gc, Catii., /, 8)
On rencontre le futur ou le participe futur (—» paragraphes 123-124)
J'en vois, en effet, ici au sénat, certains qui étaient avec toi.
+ auxiliaire sum au présent:
Par rapport à un repère passé ind. fut. ind. prés.

Le plus-que-parfait de l'indicatif ou du subjonctif marque l'antériorité VîT omnium qui sunt, Juerunt, erunt virtute princeps (est). (Gc, Quir., 16)
par rapport à l'imparfait ou au parfait de l'indicatif: Parmi tous les hommes qui existent, ont existé ou existeront, c'est le prince de la vertu.

ind. p-q-p. ind. parf. subj. prés.


Mi quod nemo fecerat fecerunt. (Gc, Wtf., 2,114) Dei isti Segulio malejaciant homini nequissimo omnium qui sunt,
Ceux-ci firent ce que personne n'avait fait. part. fut.

subj. p-q-p. ind. parf.


qui Juerunt, qui futuri sunt ! (Gc, Fam„ il, 21, i)
Cum ille (...) primo reticuisset, patefeci cetera. (Gc, Catii., 2,13) Q u e les dieux nuisent à ce Ségulius, l'homme le pire de tous ceux qui existent,
ont existé ou existeront !
Comme d'abord il s'était tu, j'ai révélé tout le reste.

Par rapport à un repère futur Par rapport à un repère passé


On rencontre le futur antérieur de l'indicatif: On rencontre le participe futur (—» paragraphes 123-124) + auxiliaire sum
à l'imparfait:
ind. fut. ant. ind. fut.
Quocumque jusseris, ibimus. (Curt, 9, 6,13) part. fut. ind. parf.
Terra quicquid utile futurum nobis erat protulit. (Sen„ benef., 7,10, 2)
O ù tu l'auras ordonné, nous irons.
= O ù tu l'ordonneras, nous irons. La terre nous a donné tout ce qui nous serait utile.
L'EMPLOI DES TEMPS 327-329

Par r a p p o r t à un r e p è r e futur REM - La concordance des temps peut s'appliquer dans des propositions subordonnées
O n rencontre le futur ou le participe futur (—» paragraphes 123-124) qui ne dépendent pas directement du verbe principal:
+ auxiliaire sum au futur: Chius Aristo dixit [solum bonum esse [quod honestum esset}]. (Cic, Att, 10, I, 4)
impér. fut. ind. fut. Ariston de Chios a dit que seul était bien ce qui était honnête.
Observatote quam Mande mulieri palpabitur. (Piaut, Ampb., 507) La forme d'imparfait esset est un effet de la concordance avec le verbe principal
Observez avec quelles flatteries il cajolera la dame. au parfait dixit: elle marque, en même temps, la simultanéité par rapport à sum.
—» aussi les propositions circonstancielles de temps : paragraphes 230 à 234. - La postériorité n'est marquée par la forme périphrastique participe futur + sum
que dans les interrogatives indirectes (—> paragraphe 223) et dans certaines
328 La concordance des temps propositions introduites par quin (—> paragraphe 221). Dans les autres propositions
Définition —» paragraphe 324. au subjonctif, on rencontre le subjonctif présent:
La concordance des temps s'observe dans certaines propositions Moneo nefaciatis. (Cic, Rab. Post., 18).
subordonnées à l'infinitif et au subjonctif: propositions complétives Je vous engage à ne pas le faire.
conjonctives (—-» paragraphe 221), interrogatives indirectes L'action exprimée par faciatis est logiquement postérieure à celle de moneo.
(—» paragraphe 2 2 3 ) ; de manière partielle, dans les circonstancielles de but
L a c o n c o r d a n c e d a n s les s u b o r d o n n é e s à l ' i n f i n i t i f
(—» paragraphe 225) et de conséquence (—> paragraphe 2 2 6 ) , ainsi que
Le choix du temps de la proposition infinitive dépend uniquement de son
dans les relatives à valeur finale (—» paragraphe 215). Elle se rencontre aussi
rapport avec la proposition principale: antériorité, simultanéité, postériorité.
dans le discours indirect (—> paragraphes 333, 335 à 339).
PRINCIPALE SUBORDONNÉE À L'INFINITIF
L a c o n c o r d a n c e d a n s les s u b o r d o n n é e s à u n m o d e p e r s o n n e l *
antériorité simultanéité postériorité
Le choix du temps de la proposition subordonnée au subjonctif dépend
de deux critères: PRESENT, PASSE O U FUTUR PARFAIT PRÉSENT FUTUR

- le temps du verbe principal: présent (ou futur)/passé;


Scio / sciebam / sciam t e venisse. t e venire. t e v e n t u r u m esse,
- le rapport temporel avec le verbe principal: antériorité, simultanéité, (je sais Ije savais I (que tu es I (que tu viens! (que tu viendras!
postériorité. je saurai) étais les venu.) venais I viens.) viendrais I viendras.)
PRINCIPALE SUBORDONNÉE À U N MODE PERSONNEL REM A la place de l'infinitif futur passif ou quand le verbe est dépourvu d'infinitif futur,
antériorité simultanéité postériorité on rencontre la périphrase fore ut + subjonctif:
An non putamusfore ut eos paeniteat ? (Cic, Phii, 12, 7) 1
PRESENT O U FUTUR PRÉSENT O U -TURUS SIM
Ne pensons-nous pas qu'ils auront honte ?
Scio / sciam quid fecerit. quid faciat. quid facturus sit.
(je sais Ije saurai) (ce qu'il a fait) (ce qu'il fait) (ce qu'il fera.)
329 La concordance au présent
PASSÉ PLUS-QUE-PARFAIT -TURUS ESSEM
La forme du verbe principal est considérée comme un repère présent
Sciebam / scivi quid fecisset. quid f a c e r e t quid facturus esset. (—» tableau du paragraphe 328) aux modes et temps suivants.
(Je savais!j'ai su) (ce qu'il avait (ce qu'il faisait) (ce qu'il ferait)
fait.) Le présent d e l'indicatif
ind. prés. subj. prés. subj. prés.
Non ego istuc euro, qui sit, unde àt. (Piaut, Mm., 627)
Je ne me soucie pas de savoir qui il est, d'où il vient.
Les deux verbes sit, ici, marquent la simultanéité par rapport à euro.
L'EMPLOI DES TEMPS 329-330

Le futur de l'indicatif 330 La concordance au passé


ind. fut La forme du verbe principal est considérée comme un repère passé
Quamquam est scelestus, non committet hodie umquam iterum (—> tableau du paragraphe 328) aux modes et temps suivants.
subj. prés. L'imparfait, le parfait, le plus-que-parfait de l'indicatif
Ut vapulet. (Ter., Ad., 159) e t du subjonctif, le futur antérieur de l'indicatif
Bien que ce soit une canaille, il ne se comportera pas aujourd'hui de façon à recevoir
ind. parf. subj. imparf.
à nouveau des coups.
Eadem nocte accidit ut esset luna plena. (Caes., Coi/., 4, 29, i)
Cette même nuit, il se trouva que la lune était pleine.
Le présent du subjonctif
subj. prés. subj. prés. Le verbe esset marque la simultanéité par rapport au verbe accidit.
Optemus potius ut eat in exsilium. (Cic., Cata, 2,16) subj. imparf. subj. p-q-p.

Souhaitons plutôt qu'il parte en exil. Cum interrogaretur, cur nullutn supplicium constituisset in eum,
subj. p-q-p.
Le parfait du subjonctif exprimant la défense ou l'atténuation qui parentem necasset, respondit se id neminemjacturum
subj. parf. putasse. (Cic, S. Rose, 70)
Tu ne quaesieris quem mihi, quem tibijinem
C o m m e on lui demandait pourquoi il n'avait pas prévu de châtiment contre celui
subj. parf. qui avait tué son père, il répondit qu'il avait pensé que personne ne commettrait
di dederint. (Hor., corm., i, il, i) ce crime.
Toi, ne cherche pas quel terme les dieux ont fixé à ma vie, quel terme ils ontflxé
Les verbes constituisset et necasset, ici, marquent l'antériorité par rapport
à la tienne.
à interrogaretur.
Le verbe dederint marque l'antériorité par rapport au verbe quaesieris.
L'infinitif de narration
L'impératif inf. prés. subj. imparf.
impér. prés. subj. prés. Vociferari Decius quo Jugèrent quamve injuga spem
Cogita qUO ÎOCO SIS. (Cic, Verr., I, 51)
subj. imparf.
Songe à la place que tu occupes. haberent. (Liv., 10, 28,12)
Le verbe sis marque la simultanéité par rapport au verbe cogita. Décius leur demandait à grands cris où ils fuyaient et quel espoir ils mettaient
dans leur fuite.
L'infinitif présent exclamatif
Les verbes fugerent et haberent marquent la simultanéité par rapport
inf. prés.
à vociferari.
Essene quemquam tanta audacia praeditum, qui id petere
subj. prés. L'infinitif parfait exclamatif
audeat ! (Cic, Q. Rose, 4) inf. parf. subj. imparf.
Y avait-il quelqu'un d'une si grande audace pour oser demander cela ! Quemquamne fuisse tam sceleratum qui hocjmgeret ! (Cic. Wt»„ 14,14)
Le verbe audeat marque la simultanéité par rapport à esse. Peut-il y avoir eu quelqu'un d'assez scélérat pour imaginer cela !

Le verbe fingeret marque la simultanéité par rapport à fuisse.


L'EMPLOI DES TEMPS 331-332

331 L a c o n c o r d a n c e s o i t au passé, soit au p r é s e n t L'attraction entre deux propositions de modalité identique


La forme du verbe principal est considérée soit comme un repère présent, L'attraction modale signale une cohésion forte des deux propositions,
soit comme un repère passé (—* tableau du paragraphe 328), aux modes et en particulier une modalité identique:
temps suivants. subj. subj.
Si solos eos diceres miseros quibus moriendum esset, neminem (...)
Le présent de narration
subj. subj.
subj. imparf. ind. prés. subj. prés. eorum qui viverent exciperes. (Cic. ruse, i, 9)
Virais ne caederetur monet ut caveat. (Cic, yen., 2,5, ii6) Si tu qualifiais de malheureux seulement ceux qui doivent mourir, tu n'exclurais aucun
Il avertit de veiller à ce qu'il ne soit pas battu de verges. de ceux qui sont actuellement vivants.
Caveat et caederetur marquent la simultanéité par rapport à monet, le verbe Le subjonctif imparfait employé dans le système conditionnel
principal, mais caveat est au présent (concordance d'après la forme (diceres/exciperes) indique un irréel du présent (—» paragraphe 243);
de monet: présent) et caederetur est à l'imparfait (concordance d'après cette modalité est répercutée sur les propositions relatives
la valeur temporelle de monet: passé). qui en dépendent: quibus moriendum esset et qui viverent.
Le parfait à valeur d'accompli Les exceptions à l'attraction modale
subj. prés. ind. parf. L'attraction modale n'est pas systématique :
De te homines quid sentiant experti sumus. (Cic, Vatin., 10) ind, ind. inf.
Nous avons mesuré (= nous savons) ce que les gens pensent de toi. Omnia quaejiunt quaequefutura sunt, definita dicis esse
ind. parf. subj. imparf. Jataliter. (Cic, <**., 2,19)
Saepe expertus sum quantum me amares. (Cic Fam., 9,13, 2) Tout ce qui arrive et arrivera, tu dis que c'est fixé par le destin.
J'ai souvent mesuré à quel point tu m'aimais.
L'indicatif se conserve dans les subordonnées relatives et temporelles,
Sentiant et amares marquent tous deux la simultanéité par rapport à experti surtout quand elles précèdent la proposition principale ou qu'elles ne sont
sumus et expertus sum; mais, dans le premier exemple, la concordance pas étroitement liées à elle.
se fait d'après la valeur de présent du verbe principal, dans le second,
A La présence du subjonctif dans une proposition relative dépendant d'une autre
d'après sa forme de parfait.
proposition au subjonctif peut s'expliquer de plusieurs manières différentes:
subj. subj.
332 L ' a t t r a c t i o n m o d a l e Di tibi dent quaecumque optes ! (Plaut, Asm., 45)
On appelle "attraction modale" l'emploi du subjonctif dans des propositions Q u e les dieux te donnent tout ce que tu souhaites ! (attraction modale)
régulièrement à l'indicatif (relatives, temporelles), quand elles dépendent
Q u e les dieux te donnent tout ce que tu peux souhaiter ! (valeur modale d'éventualité
d'une autre proposition au subjonctif ou à l'infinitif: —> paragraphe 264)
subj. subj.
Itajit ut, quod bonum sit, id etiam honestum sit. (Oc fin., 3, 27)
Il s'ensuit que ce qui est bon est aussi moral.

Le subjonctif dans la proposition relative (quod bonum sit) n'a pas de valeur
circonstancielle (—» paragraphes 214-215); il indique seulement
que cette proposition dépend d'une proposition elle-même subordonnée.
Si la proposition principale était à l'indicatif, on aurait: quod bonum est,
id honestum est.
LE D I S C O U R S RAPPORTE 333-335

LE D I S C O U R S RAPPORTE Le discours direct et la situation d'énonciation


Le discours direct reproduit exactement l'énoncé de l'énonciateur.
Les marques de personne (pronoms personnels, adjectifs possessifs
—> paragraphes 281 à 286, et formes verbales) et les repères
spatio-temporels renvoient à cet énonciateur et à la situation d'énonciation:
Saepe pater dixit : "Generum mihi, filia, debes. " (Ov„ met.. I, 481)
333 Le discours rapporté : généralités Souvent, son père lui a dit : "Tu dois me trouver un gendre, ma fille."
On appelle "discours rapporté" l'insertion par dénonciateur de l'énoncé
La première personne (mihi) renvoie au sujet de renonciation (pater);
d'autrui dans son propre énoncé (définition —» paragraphe 260): la deuxième personne (debes) renvoie à son interlocuteur (filia) ; le temps
- On parle de "discours direct" lorsque l'énoncé inséré prend pour repère présent (debes) indique la simultanéité par rapport au moment
son propre énonciateur; il contient alors des éléments qui renvoient de renonciation (—» paragraphe 326).
à sa propre situation d'énonciation (—» paragraphe 334).
- On parle de "discours indirect" lorsque l'énoncé inséré prend pour repère L'intonation du discours direct
l'énonciateur principal (—» paragraphes 335 à 339). Le discours direct présente une intonation propre, indépendante de celle
- On parle de "discours indirect libre" quand un énoncé est intégré dans de l'énoncé dans lequel il est inséré.
un autre énoncé, sans marque de subordination, mais avec une concordance
des temps et une intonation propres (—» paragraphe 340). 335 Le discours indirect: généralités
< Caesar > petit ah utroque (...) ne < César > les prie tous deux
334 Le discours direct graventur sua ad eum postulata déferre : de bien vouloir transmettre
Le discours direct est explicitement rapporté à l'énonciateur qui produit à Pompée ses demandes : (...)
le discours:
(...) Tota Italia dilectus haberi, retineri dans toute l'Italie on lève des

Tum Venus : "Haud equidem tali me dignor honore. " (Verg., Aen., i. 335) legiones II quae ab se simulatione troupes, on retient les deux

Parthici belli sint abductae, civitatem légions qui lui ont été enlevées
Alors Vénus : "Je ne m'estime certes pas digne d'un tel honneur."
sous prétexte de guerre contre les
esse in armis. Quonam haec omnia nisi Parthes, la cité est en armes. À
L'introduction du discours direct
ad suam perniciem pertinere ? Sed tamen quoi donc tendent ces préparatifs,
La plupart du temps, le discours direct est introduit par un verbe *
sinon à sa perte ? Et pourtant, il
ou une locution signifiant dire ou penser: ad omnia se descendere paratum atque
est prêt à consentir à tout, et à
"Ojortunati, quorum jam moenia surgunt !"I Aeneas omnia pati rei publicae causa. tout supporter dans l'intérêt de

ait. (Verg., Aen., !, 437-438) Prqficiscatur Pompeius in suas l'Etat. Que Pompée parte pour
ses provinces, qu'ils licencient
" O bienheureux, dont les remparts déjà s'élèvent !" dit Enée. provincias, ipsi exercitus dimittant. (...)
leurs armées. Que, pour y
Ce verbe peut être inséré dans l'énoncé sous la forme d'une incise: Haec quojacilius certisque parvenir plus facilement, pour

"Quid? Tu"inquit "ignoras latronibus infestari vias, qui hoc noctis condicionibus fiant et jure jurando régler les conditions du pacte et
le sanctionner par un serment, il
iter incipis ?" (Apui., met, i, 15, 2) sanciantur, aut ipse propius accédât aut
se rapproche ou accepte que lui
"Quoi ? Tu ne sais pas, dit-il, que les routes sont infestées de brigands, pour te mettre en se patiatur accédere ; fore uti per se rapproche ; tous les litiges
route à cette heure de la nuit ?" conloquia omnes controversiae seront réglés par des
conversations.
conponantur. (Caes., av., i, 9)
LE DISCOURS RAPPORTÉ 335-333

Le discours indirect est un procédé littéraire, bien représenté chez 336 Les propositions à l'infinitif du discours indirect
les historiens. Il est d'un emploi beaucoup moins aisé que le discours direct, Les propositions à l'infinitif du discours indirect correspondent:
se conforme à des règles complexes et est source d'ambiguïtés. - à des assertions à l'indicatif du discours direct (—» paragraphe 263).
Ceci explique qu'il ait peu survécu sous la forme stricte illustrée ci-avant.
Tota Italia dilectus haberi, civitatem esse in armis. (Caes, *., I, 9, 4)
Le fonctionnement du discours indirect Dans toute l'Italie, des levées de troupes sont faites, la cité est sous les armes.
Le discours indirect est constitué de propositions subordonnées dépendant Au discours direct, ici, on aurait: Tota Italia dilectus habentur, civitas est
grammaticalement d'un verbe ou d'une locution signifiant dire ou, du moins, in armis ;
impliquant un discours. - à des interrogations oratoires du discours direct, valant une assertion
Par rapport au discours direct, les oppositions de personne sont (—> paragraphe 271);
neutralisées: on ne rencontre que des formes verbales et pronominales
Cui enim non apparere, affectare eum imperium in Latinos? (Liv., i, 50,4)
de 3e personne. La valeur des modes est modifiée.
Qui, en effet, ne voyait pas qu'il aspirait à régner sur les Latins ?
L'emploi des temps est soumis à la concordance par rapport au verbe
- à des propositions infinitives du discours direct (—> paragraphe 219).
principal (—«paragraphes 328à 331).
Sciie se [illa esse verd]. (Caes., Go»., 1, 20, 2)
Comparaison des formes du discours indirect et du discours
Il savait que cela était vrai.
direct
If>, La phrase équivalente au discours direct serait: Scit [illa esse vera].
FORMES DU DISCOURS FORMES CORRESPONDANTES
INDIRECT DU DISCOURS DIRECT
337 Les propositions au subjonctif du discours indirect
PRONOMS PERSONNELS Dans la proposition principale
ipse, ipsi ego, nos En proposition principale du discours indirect, les propositions au subjonctif
se, sibi, se ego, me, mihi, me/te, tibi, te correspondent à:
nos, nobis/vos, vobis - des injonctions du discours direct (à l'impératif ou au subjonctif
ADJECTIFS POSSESSIFS —» paragraphe 278). 1
suus meus, tuus, noster, vester - fret, ea consulibus nuntiaret. (Liv., 2,36, 2)
MODE D U VERBE EN PROPOSITION PRINCIPALE Qu'il parte, qu'il l'annonce aux consuls.

infinitif indicatif Au discours direct, on aurait des verbes à l'impératif: I, ea consulibus nuntia.
subjonctif subjonctif ou impératif Ceteri sibi consulerent. (Liv., 3, 50, 9)
MODE DU VERBE EN PROPOSITION SUBORDONNEE Que les autres pensent à eux.
infinitif