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Réf.

: D4425 V1

Lignes aériennes : matériels


Date de publication :
10 février 2004 - Fondations des supports

Cet article est issu de : Énergies | Réseaux électriques et applications

par Dominique NAUD

Résumé Les fondations des lignes aériennes sont des ouvrages enterrés dont le rôle est
d’ancrer dans le sol la superstructure constituée de différents supports complétés par les
câbles et tout le matériel complémentaire. Cet article décrit les critères de choix, en
termes de dimensionnement et de sécurité pour ces fondations. Puis il présente
différentes méthodes de calcul de ces massifs, en fonction des contextes.

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Lignes aériennes : matériels


Fondations des supports
par Dominique NAUD
Ingénieur d’études au Gestionnaire du Réseau de Transport de l’Électricité
Gestionnaire national fondations de lignes aériennes au Centre national d’expertise
des Réseaux

1. Catégories .................................................................................................. D 4 425 - 2


2. Critères de choix ...................................................................................... — 3
2.1 Critère de dimensionnement ...................................................................... — 3
2.2 Conditions de sécurité................................................................................. — 4
2.2.1 Notion de stabilité .............................................................................. — 4
2.2.2 Conditions de sécurité........................................................................ — 4
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2.2.3 Contexte géotechnique ...................................................................... — 4


3. Méthode de calcul ................................................................................... — 5
3.1 Fondation travaillant au renversement...................................................... — 5
3.2 Fondation travaillant à l’arrachement........................................................ — 5
3.3 Fondation travaillant à la compression ..................................................... — 6
Références bibliographiques ......................................................................... — 6

ne fondation est un ouvrage enterré dont le rôle est d’ancrer dans le sol
U la superstructure, constituée dans le cas d’une ligne aérienne, de diffé-
rents supports complétés par les câbles et tout le matériel complémentaire.
Le lecteur pourra utilement se reporter à l’article « Fondations pour pylônes
et mats » [C 2 682] du traité Construction.

Cet article fait partie d’une série sur le matériel des lignes aériennes :
— [D 4 422] - Lignes aériennes : matériels. Conducteurs et câbles de garde ;
— [D 4 423] - Lignes aériennes : matériels. Isolateurs ;
— [D 4 428] - Lignes aériennes : matériels. Accessoires.

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LIGNES AÉRIENNES : MATÉRIELS _________________________________________________________________________________________________________

1. Catégories

On appelle fondation, la partie d’un ouvrage qui se trouve en


contact direct avec le terrain d’assise et qui a pour fonction de
transmettre à celui-ci le poids et les différentes surcharges appli-
quées à la superstructure, appelées sollicitations.

Une fondation peut être unique (monobloc) (figure 1a) ou à


raison d’un massif par pied (multipode) (figure 1b ). Leur nature
dépend du type de pylône. On peut distinguer :
— les fondations massives de type monobloc, comme l’illustre
la figure 1a, destinées à ancrer soit des supports monopodes
(poteaux en bois, en béton ou métalliques dit « muguet », soit des
supports tétrapodes à petit empattement). Les poteaux sont encas-
trés dans des massifs bétonnés à pleine fouille, dont les valeurs a fondation à dalle b pieu à bulle
dimensionnelles sont fonction du terrain et des efforts à reprendre ;
— les fondations multipodes de type dalle(s) et cheminée
(figure 2a) destinées à ancrer les supports tétrapodes à pieds
séparés (supports treillis) dans le sol à raison d’une fondation par
pied. La particularité de ces fondations est d’être constituées d’un
massif, formé d’une semelle rectangulaire ou carrée en fond de
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fouille, munie d’un redan ou non, parfois rehaussée de une ou plu-


sieurs dalles et terminée par une cheminée en tronc de pyramide
ou cylindrique émergeant du sol et enrobant l’embase du pylône.
Elles peuvent être aussi un massif foré cylindrique avec élargis-
sement de la base, dit à bulbe (figure 2b). D’autres types particu-
liers correspondant à des développements localisés peuvent être
utilisés. À l’étranger (Pays scandinaves, en particulier), chaque pied
de pylône est fixé à une fondation dite à grille (figure 2c). Ce type
de fondation consiste en une grille placée au fond de la fouille sur c fondation à grille
laquelle vient s’adapter un assemblage métallique généralement en
forme de pyramide où est fixée l’embase du pylône. Cette fondation Figure 2 – Principaux types de fondations pour pylônes multipodes
ne possède que du terrain de remblai et ne peut reprendre que des
efforts faibles. En France, certains massifs peuvent être réunis par
des longrines lorsque les distances entre les pieds risquent de varier
du fait de la médiocrité du sol (figure 3).
On trouve aussi des dalles portantes en béton armé, qui permet-
tent de diminuer la pression sur le sol lorsque celui-ci n’admet
qu’une pression extrêmement faible (figure 4).

Longrines

Figure 3 – Fondation multipode à longrines

L’ensemble de ces fondations est classé dans la famille des fon-


dations superficielles.
Lorsque la portance du terrain est insuffisante, et qu’il n’est pas
possible de fonder l’ouvrage en surface, on a recours à la fondation
a fondation monobloc b fondation multipode
pour poteau pour pylône spéciale (ou profonde). Le massif de liaison permet de positionner
(massif unique) (pieds séparés) la superstructure (figure 5).
La fondation profonde est généralement constituée d’une arma-
ture métallique enrobée ou non d’injection de coulis ou de mortier.
Figure 1 – Fondations en béton Leur profondeur peut varier de 4 à plusieurs dizaines de mètres. Les

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D profondeur de la fondation
B largeur

Figure 6 – Rapport dimensionnel d’une fondation superficielle

Figure 4 – Dalle portante en béton armé


2. Critères de choix
Les fondations sont destinées à assurer la stabilité de l’ouvrage
en l’ancrant dans le sol quelles que soit la nature de ce dernier et
la valeur des sollicitations appliquées. Les sollicitations corres-
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pondent aux efforts issus des descentes de charges, lesquelles sont


majorées d’un coefficient de pondération. Elles sont les données de
base à tout dimensionnement d’une fondation. Elles permettent de
définir géométriquement et mécaniquement le type de fondation à
mettre en place (figure 7).

Massifs
de liaison 2.1 Critère de dimensionnement
Comme nous l’avons vu dans le paragraphe 1, la nature d’une
fondation dépend du type du pylône supporté. Les fondations
Vase doivent être dimensionnées pour les mêmes cas de charge que les
pylônes ; c’est-à-dire charges normales et charges exceptionnelles.
Pieu Les règlements tels que le BAEL [10] ou le Fascicule 62 titre V [6]
font appel à des notions d’états limites de service et d’états limites

Terrain
ferme 

L h
Figure 5 – Fondation profonde v
H
V L

L H
technologies les plus utilisées sur les ouvrages de ligne aérienne
V
sont :
H
— les pieux battus, injectés ou non ; V
— les pieux vissés, injectés ou non ;
— les pieux et micropieux forés injectés ;
— les micropieux autoforés.
La différence entre un pieu et un micropieu est le diamètre. On
parle de micropieux pour des diamètres inférieurs à 250 mm.
Le choix entre ces différentes technologies dépend des condi- Axe de
tions particulières des lieux, des moyens, des accès, du temps de la ligne
réalisation, des sollicitations à reprendre et de la nature des
couches de sols [1]. L,  efforts longitudinaux
La règle de dimensionnement retenue le plus souvent pour éta- H, h efforts horizontaux
blir si une fondation est superficielle ou profonde (figure 6) : V, v efforts verticaux
— si le rapport D /B < 6, c’est une fondation superficielle ;
— si le rapport D /B  6, c’est une fondation profonde. Figure 7 – Efforts appliqués à une fondation

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ultimes pour lesquels des combinaisons d’actions de base sont


déterminées. Ces actions, qui sont calculées à partir d’hypothèses

Fluage (min)
probabilistes, peuvent être permanentes, variables ou accidentelles.
Les effets des phénomènes climatologiques, vent et givre notam-
Palier plastique
ment, engendrent des sollicitations pouvant affecter indifférem- 140
ment n’importe quel pied. Les fondations pour supports tétrapodes
à pieds séparés peuvent être soumises alternativement à des
efforts d’arrachement et de compression combinés aux efforts hori- Palier pseudo-élastique
zontaux correspondants. Celles des supports monopodes à fonda- 20
tion unique à des moments de renversement combinés à des Qc Ql
efforts de compression et des efforts horizontaux.
400 500
Effort d'arrachement appliqué à
la fondation superficielle (kN)
2.2 Conditions de sécurité Fluage mesuré pour un temps d'application de la charge compris
entre 5 et 15 min
La notion de sécurité est introduite par le fait que pour tout cas
de charge défini sur l’ouvrage, les fondations doivent pouvoir trans- Figure 8 – Phénomène de fluage d’une fondation superficielle
mettre les charges de celui-ci dans le sol concerné avec une sécu-
rité suffisante.
On peut dire que les conditions de sécurité des fondations sont
assurées en tenant compte :
2.2.1 Notion de stabilité — du comportement du sol (à travers la géotechnique) ;
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— de la qualité intrinsèque des massifs (règlements sur les


D’une manière générale, le comportement de l’interface bétons) ;
sol-fondation peut être représenté, compte tenu du caractère hété- — du retour d’expérience du comportement des ouvrages.
rogène du sol par la succession d’un état pseudo-élastique et d’un L’actuelle méthode de dimensionnement évalue l’effort d’arra-
état plastique (cf. Analyse des règles de conception mécanique des chement en fin de palier pseudo-élastique.
lignes électriques aériennes [3]).
L’arrêté technique [7] introduit, suite à la tempête de décembre
La charge Q c correspond à l’effort au-delà duquel on assiste à 1999, une précision supplémentaire sur la corrélation entre les
une instabilité de la fondation si elle est soumise à des efforts per- efforts et les paramètres géotechniques. La notion de cohésion et
manents (phénomène de fluage). d’angle de frottement interne (cf. § 3.2) à court terme et long
La charge limite Q l correspond à la désorganisation complète de terme est appliquée aux efforts des hypothèses climatiques reflé-
l’interface sol-massif qui se traduit par des grands déplacements tant ce phénomène. Ainsi, les nouveaux ouvrages doivent s’affran-
irréversibles. chir de justificatifs suivant la théorie des états limites associés à des
phénomènes de sols drainés ou non drainés. Sont utilisés donc les
La figure 8 montre le phénomène de fluage d’une fondation paramètres de sol à long terme, pour les calculs avec les hypo-
superficielle soumise à l’effort d’arrachement. thèses qui correspondent à un chargement permanent (givre, hypo-
Une fondation est considérée comme satisfaisante lorsque les thèses de dimensionnement), assimilable aux calculs aux états
deux critères suivants sont remplis : limites de service et les paramètres de sol à court terme, pour les
calculs avec les hypothèses qui correspondent aux chargements
— la tenue intrinsèque de la fondation est suffisante : la qualité brefs ou accidentels (vent, froid, anticascade), assimilables aux
originelle des matériaux employés (béton, acier) et la conception calculs aux états limites ultimes [4].
de la fondation (géométrie, ferraillage, dispositif d’ancrage de
l’embase) garantissent que sous des efforts déterminés en nature Anticascade : hypothèse justifiant la rupture complète de tous les câbles d’un côté du
support sous l’effet d’une charge de vent. Pour les câbles en ancrage : simulation d’une
(arrachement, compression, renversement) et en intensité, la struc- rupture franche. Pour les câbles en suspension : on tient compte du balancement des
ture interne de la fondation ne subira pas de dommage et sera apte chaînes qui amortie l’intensité de l’effort de 25 %. Cette hypothèse est calculée sans coef-
à transmettre les efforts au sol ; ficients de sécurité sur les tenues à la rupture des supports.
— la tenue géotechnique de la fondation est suffisante : le
résultat issu des méthodes de calculs associées à la géométrie de la
fondation, aux paramètres géotechniques, aux modes opératoires 2.2.3 Contexte géotechnique
garantissent que sous les efforts déterminés en nature (arrache-
ment, compression, renversement) et en intensité, la mobilisation Avant chaque construction de fondation, la détermination du
de l’interface sol-fondation s’effectuera sans déformation excessive contexte géotechnique précis dans lequel doit être implantée une
du sol. fondation est incontournable. Les données recensées et néces-
saires sont issues de deux domaines techniques complémentaires :
— la géologie qui permet la détermination de la nature des
2.2.2 Conditions de sécurité terrains rencontrés. Cette opération est réalisée au niveau de la
phase qualitative d’une étude de sols ;
L’arrêté technique de mai 2001 [7] demande que les massifs de — la mécanique des sols qui permet la détermination exacte des
fondation assurent un coefficient de stabilité suffisant, c’est-à-dire paramètres de sols nécessaires aux calculs de dimensionnement.
garantissent le rapport : tenue/effort > 1 (coefficients de sécurité et Cette opération est réalisée au stade de la phase quantitative d’une
de pondération intégrés) et le non-renversement de l’ouvrage. Les étude de sols.
coefficients de pondération des charges et les coefficients de En pratique, le géotechnicien procède à une étude de sol
sécurité appliqués aux caractéristiques des sols sont complexes et complète décomposée en :
dépendent du type de fondation (superficielle ou spéciale) et
du mode de sollicitation (arrachement, compression ou renverse- 1 une phase d’étude qualitative ;
ment) [2]. 2 une phase d’étude quantitative.

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_________________________________________________________________________________________________________ LIGNES AÉRIENNES : MATÉRIELS

Tableau 1 – Choix des caractéristiques de cisaillement des sols [8]


Caractéristiques de cisaillement

Type
Type de sol Calcul Comportement Paramètres Expression Essai
d’essai

Triaxial
Cohérent saturé Court terme Non drainé UU cu , ϕ u σ t = cu Scissomètre
CU Pressiomètre
Phicomètre

Cohérent non Triaxial


Court terme Non drainé UU cu , ϕ u σ t = cu + σ n tan ϕ u Boîte de cisaillement
saturé
Phicomètre

CD Triaxial (CD et CU+u)


Cohérent Long terme Drainé c ′, ϕ ′ σ t = c′ + σ n′ tan ϕ ′ Boîte de cisaillement (CD)
CU+u
Phicomètre

Pulvérulent Long terme Drainé CD c ′, ϕ ′ σ t = c′ + σ n′ tan ϕ ′ Triaxial


Court terme Boîte de cisaillement

Pour la définition des grandeurs c, ϕ et σ, le lecteur se reportera au § 3.2.


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Pour l’étude 1, le géotechnicien : 3.1 Fondation travaillant au renversement


— consulte les cartes géologiques et les études antérieures ;
— effectue une reconnaissance obligatoire du site avec ou sans Les formules donnant la résistance d’une fondation travaillant au
l’aide d’instruments portables (tarière) ; renversement sont nombreuses. Suivant les auteurs, les réparti-
— détermine la nature des couches et leurs épaisseurs, les tions dans le sol sont différentes. De plus, certaines formules ne
zones d’homogénéité, la présence de nappe phréatique ; prennent en compte que la butée des faces perpendiculaires à la
— rédige un rapport dans lequel est proposé un choix qualitatif direction de l’effort, d’autres considèrent aussi le frottement du sol
de dimensionnement des fondations. sur les autres faces verticales [C 2 682], réf [11].
Le maître d’œuvre peut ainsi décider du type de fondation à réa- C’est la méthode du réseau d’état qui est employée en France.
liser globalement sur son ouvrage. Par cette méthode, le principe de dimensionnement d’une fonda-
Pour l’étude 2, le géotechnicien s’attache à la réalisation d’essais tion soumise au renversement nécessite trois vérifications :
in situ ou en laboratoire à partir d’échantillons de sols prélevés. Les — actions des terres ; la méthode du réseau d’état suppose que
essais sont optimisés en fonction des besoins de paramètres de le massif mobilise à 100 % le terrain. Les efforts de poussée et de
sols pour le calcul de la tenue géotechnique. Le tableau 1 montre butée sont pris intégralement en compte. La hauteur active D ′
les essais de laboratoire nécessaires à la détermination de para- (hauteur sur laquelle s’exercent les efforts de poussée) dépend des
mètres géotechniques. valeurs de cohésion et des poids des terres ;
— vérification de la contrainte sous la semelle ; la vérification
nécessite deux calculs : le calcul de la contrainte p sous le massif
′ . La méthode est
et celui de la contrainte de référence du sol q réf
3. Méthode de calcul analogue à celle utilisée pour les fondations superficielles à la
compression ;
— stabilité au renversement ; la stabilité au renversement est
On peut distinguer, parmi les différents types de fondations obtenue en comparant les moments renversants (dus au moment
décrits au paragraphe 1, deux modes de travail principaux : de renversement et à la poussée des terres) aux moments résis-
— les fondations en massif unique, travaillant essentiellement tants (dus au poids du massif, à l’effort de compression et à la
au renversement, accompagné de charges de compression et butée des terres).
horizontales ;
— les fondations en massifs à pieds séparés qui doivent supporter
essentiellement des charges verticales de compression ou d’arrache- 3.2 Fondation travaillant à l’arrachement
ment et horizontales.
Les efforts d’arrachement sont des sollicitations propres aux Coulomb a énoncé les lois selon lesquelles la contrainte tangen-
lignes aériennes de transport d’électricité. En France, EDF a validé tielle σ t au moment de la rupture est une fonction linéaire de la
une méthode de calcul (tenue aux efforts d’arrachement) par des contrainte normale σ n sur la surface de glissement :
essais. En revanche, les sollicitations de compression et de renver-
sement appartiennent à un domaine général de la construction — pour un sable, on a la relation :
pour lesquels de nombreuses recherches sont faites et des textes σ t = σ n tan ϕ
officiels nationaux et internationaux existent [5] [6] [10].
Dans les deux cas, une vérification de la contrainte de analogue à celle du frottement d’un solide sur un autre ; aussi
compression sous la semelle est réalisée. appelle-t-on ϕ angle de frottement interne ;

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— pour un argile, on a la relation :


Remblai Sol en
place
σ t = c + σ n tan ϕ
Massifs coulés pleine
avec c cohésion contrainte de cisaillement quand la contrainte nor- fouille avec redan
male est nulle. Vb
D
Pt = Vb ρb + ab D – Vbe γ
Ces deux relations sont semblables. Elles font apparaître les
sables comme des sols particuliers ; ils ont une cohésion nulle et
 
Qft = p D c + 1 k0 ρ D tan ϕ + Pt ab h
sont appelés pulvérulents. Ceux qui ont une cohésion non nulle 2
sont dits cohérents. Ces deux lois expriment la valeur de la Redan
contrainte de rupture. Si la contrainte tangentielle reste inférieure
aux valeurs ci-dessus, il y aura équilibre. Massifs coulés pleine Remblai Sol en
fouille sans redan place
La méthode EPRI Electric Power Research Institute [9] est la
méthode de calculs actuellement utilisée en France. Elle considère Pt = Vb ρb + ab D – Vbe γ
deux analyses : une en comportement drainé et l’autre non drainé.
Elle évalue la résistance à l’arrachement en supposant une sur- 
Qft = p h c + 1 k0 ρ 2D – h tan ϕ
2  D
face de glissement verticale et à l’aplomb du bord de la dalle infé-
rieure ou du redan. Un redan permet d’ancrer la base du massif
dans le sol et de ce fait, crée les conditions favorables au soulève-

+ p D – h cr + 1 ka ρ D – h tan ϕ + Pt
2  h
ment du terrain naturel lors des essais réalisés.
avec :
cr cohésion du remblai p périmètre de la base de
la fondation (2a + 2b)
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k0 coefficient des terres au repos


Pour les fondations superficielles, la résistance à l’arrache-
ment, notée Q ft , est déduite des paramètres de sol effectifs de h hauteur de la semelle
cohésion c et d’angle de frottement interne ϕ du sol ainsi que de Nature du sol k0 (fond de fouille)
sa masse volumique. Sable lâche 0,45 à 0,5 D profondeur de la fondation
Sable compact 0,4 Pt poids du massif et du remblai
La résistance globale du massif Q ft est obtenue par la somme Argile normalement 0,5
consolidée Vb volume de béton
d’un terme de poids propre (terres sus-jacentes et béton) P t et d’un
terme de frottement sur la surface de rupture Q 1 . La formule est la Argile molle, vase 1 ρb masse volumique du béton
suivante (figure 9) :
Vbe volume de béton enterré
Q ft = Q 1 + P t ka coefficient de poussée
Qft tenue à l'arrachement
π ϕ
ka = tan2 4 – 2  γ masse volumique du sol

Pour les hypothèses de vent, froid et anticascade sont utilisés les


paramètres de sol à court terme ϕu , cu .
3.3 Fondation travaillant
Pour les hypothèses de givre sont pris les paramètres de sol à long
à la compression terme ϕ' , c '.
Pour les sols multicouches, la moyenne des paramètres est calculée
La vérification de la contrainte admissible du sol sous la semelle sur la profondeur enterrée.
fait appel aux règles de dimensionnement du DTU 13.1 [5] et Fasci-
cule 62 titre V [6]. Figure 9 – Expressions numériques de la méthode EPRI 2001

Références bibliographiques

[1] Directives techniques pour l’étude et la aériennes HTB. Projet d’arrêté technique supports de lignes aériennes à haute et très
construction des lignes aériennes. Fondations (2001). haute tension. CNER, janv. 2003.
de pylônes. Tome 5 des directives de lignes [5] DTU 13-1. – Règles de calculs des fondations [9] Travaux de l’EPRI EL2870RP1491-1.
aériennes, Électricité de France. CERT, déc. superficielles. CSTB, mars 1988.
1993. [10] BAEL : DTU Règles BAEL 91 révisées 99 (DTU
[6] Règles techniques de calcul et de conception P18-702) (mars 1992, février 2000) : règles
[2] NAUD (D.). – Guide d’expertise des fondations des fondations des ouvrages en génie civil. techniques de conception et de calcul des
de supports de lignes aériennes - Réseau du Fascicule 62, titre V. Ministère de l’Équipe- ouvrages et constructions en béton armé
Transport. CNER (2003). ment, du Logement et des Transports (1993). suivant la méthode des états limites. CSTB,
[3] BACH (A.). – Analyse des règles de conception [7] Arrêté technique du 17 mai 2001. Union Tech- fév. 2000.
mécanique des lignes électriques aériennes à nique de l’Électricité et la Communication qui
haute et très haute tension - Mise en évidence fixe les conditions techniques auxquelles doi-
d’une philosophie de dimensionnement. Élec-
Dans les Techniques de l’Ingénieur
vent satisfaire les distributions d’énergie élec-
tricité de France. CERT, nov. 1993. trique C11-001 de juillet 2001. [11] PHILIPPONNAT (G.). – Constructions métal-
[4] LE VERGER (C.). – Évolution des règles de [8] COLSON (V.). – Tenue géotechnique des liques. Fondations pour pylônes et mâts.
calculs des fondations des supports des lignes fondations superficielles à l’arrachement des C 2 682. Traité Construction, fév. 1992.

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